Journal des débats (Hansard) of the Committee on Transportation and the Environment
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, October 1, 2024
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Vol. 47 N° 59
Clause-by-clause consideration of Bill 61, An Act enacting the Act respecting Mobilité Infra Québec and amending certain provisions relating to shared transportation
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Intervenants par tranches d'heure
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St-Louis, François
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Derraji, Monsef
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St-Louis, François
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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St-Louis, François
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Derraji, Monsef
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Derraji, Monsef
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St-Louis, François
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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St-Louis, François
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Morin, André Albert
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Morin, André Albert
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St-Louis, François
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Derraji, Monsef
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Guilbault, Geneviève
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Thouin, Louis-Charles
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Tardif, Marie-Louise
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Grondin, Agnès
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Bernard, Daniel
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Blouin, Catherine
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Grandmont, Etienne
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Maccarone, Jennifer
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Grandmont, Etienne
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Derraji, Monsef
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Maccarone, Jennifer
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Morin, André Albert
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Thouin, Louis-Charles
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Tardif, Marie-Louise
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Grondin, Agnès
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Bernard, Daniel
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St-Louis, François
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Grandmont, Etienne
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Maccarone, Jennifer
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Morin, André Albert
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Morin, André Albert
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Maccarone, Jennifer
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Arseneau, Joël
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Thouin, Louis-Charles
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Bernard, Daniel
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St-Louis, François
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Blouin, Catherine
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Grandmont, Etienne
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Morin, André Albert
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Maccarone, Jennifer
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Maccarone, Jennifer
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Morin, André Albert
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Morin, André Albert
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Maccarone, Jennifer
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Arseneau, Joël
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Derraji, Monsef
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Thouin, Louis-Charles
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Tardif, Marie-Louise
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Bernard, Daniel
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St-Louis, François
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Blouin, Catherine
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Arseneau, Joël
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Maccarone, Jennifer
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-neuf minutes)
Le Président (M. St-Louis) : À
l'ordre, s'il vous plaît, Mmes, MM. députés!
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : M.
le député, je... On a pris un peu de retard.
Donc, ayant constaté le quorum, je déclare
la séance de la Commission des transports et de l'environnement ouverte. La
commission est réunie afin d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et
modifiant certaines dispositions relatives au transport collectif.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M.
le Président. M. Lemay (Masson) est remplacé par M. Thouin (Rousseau);
Mme Dufour (Mille-Îles), par M. Morin (Acadie); et M. St-Pierre
Plamondon (Camille-Laurin), par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Avant de débuter, je dépose le mémoire qui a été reçu depuis la fin des
consultations particulières, soit celui <de la Société de
transport...
Le Secrétaire :
...et
M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin); par
M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine).
Le Président (M. St-Louis) :
Merci.
Avant de débuter, je dépose le mémoire qui a été reçu depuis la fin des
consultations particulières, soit celui >de la Société de transport de l'Outaouais.
Nous en sommes maintenant aux remarques
préliminaires pour lesquelles chaque membre dispose de 20 minutes, et
j'invite maintenant la ministre à faire ses remarques préliminaires. Mme la
ministre, la parole est à vous.
• (9 h 50) •
Mme Guilbault :Oui. Bien, bonjour, M. le Président. Salutations à vous, à
votre équipe, toujours, les gens qui vous entourent, grâce à qui on est en
mesure de mener nos travaux, de faire avancer le Québec et de permettre à nos
citoyens de pouvoir suivre lesdits travaux, que ce soit à la télévision ou sur
Internet. Alors, salutations à toute votre équipe, à nos équipes à nous, à nous
tous autour de la table, nos équipes qui nous accompagnent, les gens de nos
leaders, les gens de nos whips, on le sait, c'est toujours très important, eux
aussi sont nécessaires pour la conduite de nos travaux.
Salutations bien sûr à mes collègues, mes
collègues ici de la banquette gouvernementale, qui sont impatients d'entamer
cette étude détaillée tout comme moi. Un sujet aussi passionnant que Mobilité
Infra Québec, n'importe qui serait impatient, vous me direz, M. le Président.
Je suis bien d'accord avec vous. Salutations à mes collègues des oppositions,
le député de Nelligan, le député de Taschereau, toujours un plaisir, des
collègues avec qui on a déjà passé plusieurs heures sur différents travaux
parlementaires, aujourd'hui, sur le... Mobilité Infra Québec et le transport
collectif, mais on a fait aussi un projet de loi en sécurité routière, on en a
fait un sur l'expropriation. Donc, on a été très, très productifs, je trouve,
pour cette première... presque deux ans aux Transports pour ma part, troisième
projet de loi. Donc, c'est toujours excitant, M. le Président.
Remerciements aussi, encore une fois, à
ceux qui sont venus en consultations particulières. Important de le dire, 27 groupes
qui ont pris le temps de venir nous rencontrer ici ou, des fois, en Teams, mais
qui ont pris du temps dans leur journée, qui sont des journées chargées pour
tout le monde, pour venir nous présenter les mémoires. Vous le disiez, on a eu
aussi, depuis le mémoire de la Société de transport de l'Outaouais, qui fait
partie des 27 groupes qui étaient venus prendre le temps de nous rencontrer.
Donc, je l'ai dit et redit, je pense que
c'est important de bien placer le fait que 23 de ces 27 groupes-là étaient
très favorables à la création de Mobilité Infra Québec. Parmi les quatre que
j'exclus, il y en a deux qui étaient, on peut le dire, relativement contre,
mais, pour les deux autres, c'était plus nuancé. Mais toujours est-il qu'il y
en a 23 qui étaient... qui étaient très, très, très favorables à la création de
Mobilité Infra Québec, c'est ça, et, quand on prend connaissance de l'ensemble
de la documentation et, je dirais, aussi du discours ambiant...
Et il y avait hier ou avant-hier un
dîner-conférence de la <i>Chambre de commerce de Montréal où il y avait
Mme Léonard de la STM, qui était l'invitée, il y avait aussi M. Gendron de
l'ARTM, il y avait monsieur... Yelle aussi, pardon, d'Exo. Et je lisais un
article de journal qui nous relatait que Mme Léonard a rappelé que les sociétés
de transport étaient pour la création de Mobilité Infra Québec, parce que ça va
dans le sens de leur volonté d'avoir plus de... plus de développement ou plus
de capacité pour le transport collectif en général au Québec. Donc, ça, c'est
pour les... je dirais des acteurs importants du transport collectif dans la
CMM, dans une conférence à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, et
ça fait écho, je l'ai dit, à un discours ambiant qui, de toute façon, est
largement partagé par l'ensemble des gens qui sont concernés ou intéressés de
près ou de loin par le transport collectif.
Ça fait des années que, je dirais, c'est
en latence, cette question-là : Que fait-on pour prendre le contrôle du
développement du transport collectif au Québec? Et, comme je l'ai dit, puis je
pense que c'est important de toujours bien le placer, étant donné qu'on entame
une étape importante d'étude détaillée du projet de loi article par article,
c'est quelque chose qui aurait pu être pris en charge avant l'arrivée... Nous,
on est arrivés en 2018 et, avant 2018, on parlait déjà de transport collectif,
c'est quelque chose qui aurait pu être pris en charge par les précédents
gouvernements. Le Parti québécois a eu des velléités de le faire, n'a rien
fait, finalement, ou en fait a déposé un projet de loi, mais n'a pas donné
suite. Et le Parti libéral a créé une filiale à la Caisse de dépôt<i> qui
a permis de faire le REM dans l'Ouest-de-l'Île de Montréal. Et je l'ai dit
souvent, la CDPQ Infra, c'est une bonne chose, une belle capacité de
réalisation, le REM, c'est un très beau projet. Mais il faut pouvoir offrir des
projets en dehors du West Island, comme je me plais à le dire, ou de l'Ouest-de-l'Île,
bien sûr, en bon français, M. le Président.
Donc, aujourd'hui, la CAQ prend les choses
en main. On prend le leadership qui est nécessaire en 2024 pour prendre le
contrôle du destin du transport collectif sur notre vaste territoire du Québec,
et je suis heureuse de l'engouement, de l'engouement que suscite le dépôt de ce
projet de loi là. Je le dis souvent, c'est toujours plus facile de ne rien
faire que de faire quelque chose. Ça prend du temps, de l'énergie, des efforts
pour mener à bien des projets de loi, pour faire ce travail-là avec nos équipes.
Puis j'en profite, d'ailleurs, vous voyez,
je suis toujours aussi bien accompagnée par mes équipes du ministère des
Transports et de la Mobilité durable, qui travaillent là-dessus avec moi,
évidemment. Donc, ça prend du temps et de l'énergie pour changer les choses au
Québec, M. le Président, mais ça me fait toujours plaisir de le faire, c'est
ça, notre rôle, d'ailleurs. C'est pour ça qu'on est tous ici ce matin,
ensemble, pour faire avancer ce projet de loi, je l'espère, <à une
cadence...
Mme Guilbault :
...ça me fait toujours plaisir de le faire, c'est
ça, notre rôle, d'ailleurs. C'est pour ça qu'on est tous ici ce matin,
ensemble, pour faire avancer ce projet de loi, je l'espère, >à une
cadence qui nous permettra d'en arriver à une adoption et éventuellement à la
mise en place de Mobilité Infra Québec pour pouvoir faire plus de projets.
Donc, je m'arrête là-dessus, étant
tellement impatiente de commencer et d'entendre mon collègue de Nelligan, sans
doute, qui va prendre la parole après moi. Donc, simplement réitérer de très
bons travaux à tous mes collègues. Merci à vous tous d'être présents pour cette
belle étape qui s'amorce aujourd'hui. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. J'inviterais maintenant le porte-parole de
l'opposition officielle à faire ses remarques préliminaires. M. le député, la
parole est à vous.
M. Derraji : Combien j'ai, M.
le Président, combien...
Le Président (M. St-Louis) : 20 minutes,
20 minutes.
M. Derraji : OK. Bon. Bien,
premièrement, merci, M. le Président. Mes salutations, mes salutations aux
membres de... qui vous accompagnent. Salutations à Mme la ministre, à M. le
sous-ministre. Merci à vous, surtout pour le briefing d'hier. Je tiens à vous
remercier, le fait d'être très généreuse et de nous expliquer le... où on s'en
va avec ce projet de loi. Salutations à l'ensemble des collègues de Mme la
ministre. Salutations à mon collègue de Québec solidaire.
Oui, très heureux de prendre la parole
dans ce projet de loi important, oui, important, parce que, malheureusement,
contrairement à Mme la ministre, le Parti libéral, dans un seul mandat, il a pu
réaliser le <i>REM de l'Ouest. Et je tiens à rappeler que les gens qui
habitent l'Ouest-de-l'Île — j'habite l'Ouest-de-l'Île — ce
sont des Québécois aussi, ils méritent le transport en commun. Et, dans un
mandat de quatre ans, nous étions capables d'avoir une solution concrète,
initiée, réalisée, budgétée et même lancée. Ça fonctionne. ç fonctionne, M. le
Président, ça fonctionne. Le REM roule. On le voit. C'est du concret. Ce n'est
pas une maquette. Ce n'est pas un bitube.
Donc, vous savez, M. le Président, on peut
toujours faire des farces avec la ligne rouge, le REM de l'Ouest-de-l'Île, mais,
au bout de la ligne, les Québécoises et les Québécois s'attendent de nous du
concret en matière de transport collectif. Et, oui, c'est un important projet
de loi, parce que, malheureusement, après six ans de ce gouvernement, six ans
de la CAQ au pouvoir... Et ça risque d'être le cas même pour les deux prochaines
années. Parce que, vous le savez, même si on s'entend aujourd'hui, regardez,
nous avons eu un échange ce vendredi, mais on ne sait pas à quel moment on va
avoir le début du commencement du tramway à Québec.
Donc, l'arrivée de ce projet de loi, dans
un moment où on constate l'échec de ce gouvernement en matière de transport
collectif... Je tiens à le mentionner, si le projet de loi a été déposé la
première année de l'arrivée de ce gouvernement, je peux dire que ce
gouvernement a une vision. Mais permettez-moi de réutiliser des informations
que... qui sont publiques. C'est un ex-chef de cabinet de la CAQ qui s'inquiète
du statu quo au gouvernement. Et, vous savez, il était très éloquent de
critiquer le manque de vision, hein, mais ais ça rejoint un peu ce que je viens
de dire. Je veux vous dire qu'est-ce qu'il a dit dans le cadre du balado Question
d'intérêt, Philippe Gougeon, que, j'en suis sûr et certain, les collègues
caquistes connaissent de qui je parle... de qui je parle, c'est l'ancien chef
de CAQ au ministre des Finances. Donc il a... ce monsieur s'est également
permis de commenter les difficultés du gouvernement en matière de transport
collectif, alors que le gouvernement a du mal à articuler une vision claire sur
ce sujet et à mettre en branle les projets pourtant nécessaires.
Donc, Mme la ministre a raison de dire
qu'après six ans, finalement, ils pensent que ça prend une agence pour réaliser
les projets. Mais il faut dire que nous avons perdu six ans, parce que le
gouvernement n'avait tout simplement pas de vision en matière de transport
collectif. Je continue sur les propos de M. Gougeon : «Oui, ils ont de la
misère — de qui il parle, de ses collègues caquistes — le
tramway, ça a été tellement difficile à Québec, trop de monde avait sa voix,
trop de monde était écouté. Je parle ici des élus et du personnel. Trop de gens
disaient "voici ce qu'on devrait faire".» Ça, M. le Président, c'est
un ancien collègue à Mme la ministre. C'est un chef de cab caquiste. «Et tout
le monde s'est braqué, dit-il, si bien que nous sommes encore aujourd'hui à la
case départ. Nous sommes toujours à la case départ en matière de transport
collectif.»
Et je vais... je vais vous épargner un peu
un rappel des promesses, lors de la dernière campagne électorale, où la CAQ promettait
des REM un peu partout, Chambly, Saint-Jean, <i>plan structurant de
l'Est, donc, énormément, énormément de projets, mais malheureusement peu de
réalisations. Donc, M. le Président, avant de <commencer à critiquer...
M. Derraji :
...Chambly,
Saint-Jean, plan structurant de l'Est, donc, énormément, énormément de projets,
mais malheureusement peu de réalisations. Donc, M. le Président, avant de >commencer
à critiquer le dernier gouvernement... pas le dernier, mais le dernier
gouvernement libéral, il faut avoir l'audace et le courage de dire on se
compare avec qui. Six ans, zéro projet initié en matière de transport collectif,
quatre ans du Parti libéral, le projet était déjà sur les rails et ça a été
inauguré il y a quelques... il y a quelques mois. Et les autres... les autres
lignes vont bien, M. le Président. Et on oublie, parce que Mme la ministre
tient toujours à le rappeler, c'est la Rive-Sud, notamment dont son collègue
ministre de la Santé, les gens de son comté utilisent le REM de la Rive-Sud. On
l'oublie, on parle toujours du REM de l'Ouest, mais on oublie qu'il y a aussi
le REM... sur la Rive-Sud.
• (10 heures) •
Bon, une fois j'ai dit cela, M. le
Président, je tiens à rappeler un point très important : Le projet de loi
ramène une nouveauté, une nouveauté, à ce que le ministère des Transports veut
déléguer un pouvoir à une agence, et cette agence devrait dorénavant s'occuper
des projets complexes de transport. Et je l'ai mentionné au début, c'est que,
nous, tout au long de cet échange, nous aimerions beaucoup de clarification
surtout en lien avec la mission de l'agence. Pour nous, la mission de l'agence
n'est pas encore claire. L'agence a comme mission la réalisation de projets
complexes de transport, mais ce... on n'a pas encore défini, c'est quoi, un
projet complexe de transport, comment on va le définir. Et est-ce que l'agence,
la future agence, vise seulement les projets de transport collectif ou bien
l'agence va avoir comme mission de faire d'autres projets? Il y a aussi la
notion de mobilité durable à définir dans le cadre du projet de loi qui est
extrêmement important. Il y a beaucoup d'acteurs qui nous ont parlé de
l'indépendance de l'agence. L'agence ne peut agir que si le gouvernement lui
confie le mandat.
Donc, on parle beaucoup, depuis le début
de l'ingérence politique et on l'a vu, hein, la cause du retard, de l'absence
de projets structurants au niveau de la Capitale-Nationale, c'est qu'au début
le gouvernement caquiste a vendu un rêve aux citoyens de la Rive-Sud en matière
de troisième lien. Et, tout au long de l'analyse de ce projet de loi, on doit
toujours se rappeler de ce qui a été dit par ce gouvernement en termes de
lignes de communication par rapport au troisième lien. La même chose, on peut
l'appliquer, les mêmes arguments, on peut appliquer les mêmes arguments par
rapport au tramway. Et le résultat, c'est que cette ingérence politique dans le
processus du transport collectif ou d'un projet complexe retarde les projets.
Mais, au-delà du retard des projets, ça a des conséquences sur le coût et c'est
pour cela que nous sommes rendus à plusieurs versions du troisième lien.
Et, souvenez-vous, M. le Président, la
fameuse sortie sur le pont par million. Le PPM, ça me rappelle, moi, dans une
ancienne vie, c'est un prix qu'on applique à des médicaments, mais on a trouvé
une innovation géniale au ministère pour expliquer que... écoutez, pour qu'on
se compare, on doit même innover le pont par million. Après, il y avait le bitube.
Là, maintenant il y a des raisons de sécurité économique. Donc, c'est quoi, la
garantie que, demain, on va avoir ce genre de discussion même si on a une
agence? Parce que, si on ne définit pas les projets complexes, est-ce que les
projets complexes de transport collectif ou autres projets complexes? Mais j'ai
entendu Mme la ministre, sur les ondes de la radio, une radio à Québec, parler que...
ouvre la porte aussi à des projets autres que transport collectif. Puis ça, ça
a besoin d'être très, très clarifié au niveau de la mission.
Un autre point, M. le Président, que je
dois mentionner, le financement, c'est l'éléphant dans la pièce, c'est le cœur
du problème. Si on vit avec un zéro résultat, c'est parce que, sur la table,
au-delà du laxisme, au-delà que c'était brouillon, la façon avec laquelle le gouvernement
gérait les projets complexes en matière de transport, tantôt on voulait le
troisième lien. Tantôt on arrivait avec une pile de documents pour justifier
pourquoi on doit enterrer le troisième lien. Et, quelques mois plus tard, après
que la caisse a fait son travail, on revient à la case de départ pour justifier
que l'étude, que nous avons étudiée au départ, ne tenait plus la route et que,
oui, on a besoin d'un tramway, mais on a besoin d'un troisième lien. Vous
savez, M. le Président, là, les gens...
10 h (version révisée)
M. Derraji : ...pour justifier
que l'étude que nous avons étudiée au départ ne tenait plus la route et que,
oui, on a besoin d'un tramway, mais on a besoin d'un troisième lien.
Vous savez, M. le Président, là, les gens
ne se retrouvent plus dans les paroles de ce gouvernement caquiste en matière
de mobilité et de transport. Donc, est-ce qu'on veut vraiment une agence
indépendante où on va continuer à avoir les mêmes scénarios, hein? Et d'ailleurs
Mme la ministre nous a très bien dit qu'il n'y a plus d'argent. Donc, il n'y a
plus d'argent. D'ailleurs, les coupures sont là. On les voit un peu partout
dans les programmes.
Donc, il n'y a rien dans le projet de loi
pour régler le problème. Comme je l'ai mentionné, je ne l'ai pas avec moi, mais
il y a un bon projet de loi sur la table. J'invite Mme la ministre à le copier
à 100 % et à le mettre. Ça pourrait être un bon... un bon point de départ
pour régler la question du financement. Mais il n'y a rien dans ce projet de
loi pour régler le problème du financement. Tout le monde veut du transport
collectif, mais il faut que l'argent soit au rendez-vous et qu'on puisse
aussi... qu'on pense aussi à l'entretien, au maintien d'actif. Et on a passé
beaucoup de temps, M. le Président, à parler du financement.
Moi, je suis en contact avec beaucoup d'intervenants
en matière de transport collectif, et tous me confirment qu'on retarde des
projets majeurs qui risquent de coûter cher aux Québécois en matière de
mobilité. Parce qu'au moment où on a un problème de financement des opérations
des sociétés de transport, au moment où il y a un désengagement aussi de la
part du gouvernement fédéral, on a un problème au niveau du maintien d'actif.
Et ça, c'est très, très, très important, l'entretien, maintien d'actif.
Donc, c'est bien beau, avoir une agence
demain, mais est-ce que cette agence va résoudre l'ensemble des problèmes que
nous avons devant nous en termes de financement du transport au Québec?
Dans le cadre de ce projet de loi, il y a
aussi l'enjeu de l'autonomie des municipalités. Que ça soit la FQM ou l'UMQ,
ils l'ont mentionné, c'est important de collaborer et de ne... et de ne pas
imposer. D'ailleurs, vous étiez là et vous avez vu la Société de transport de
l'Outaouais, qui, elle, ne voyait aucun intérêt avec ce projet de loi. Ils ont
leur bureau de projet. Ils étaient capables d'avoir les compétences
nécessaires. Ils étaient capables de mener très bien l'étude de leur tramway.
Et même eux, ils se demandent... Bien, écoutez, là, nous, ce qu'on veut, c'est
le financement pour faire avancer notre projet. Et donc eux, ils ne voient pas
l'utilité du... de cette agence. Une société de transport dans une région
extrêmement importante qui ne voit pas l'utilité d'une agence.
Vous avez vu, M. le Président, que j'ai
mentionné, il y a quelques jours, l'absence de l'analyse d'impact réglementaire,
qui n'a pas été réalisée. Le gouvernement n'a pas cru bon demander une analyse
d'impact réglementaire, comme il a l'habitude de le faire. On l'a mentionné. On
va en revenir un peu plus tard. Nous avons eu des échanges avec beaucoup de
représentants d'entreprises, notamment la Fédération des chambres de commerce
du Québec, le Conseil du patronat<i>, il y avait Pomerleau
aussi, mais on n'a pas eu le temps de voir une analyse d'impact réglementaire
dans le cadre de ce projet de loi.
Je ne peux pas aujourd'hui ne pas parler
du mode collaboratif. Mme la ministre, depuis le début... d'ailleurs, ça a été — excusez-moi
d'utiliser le terme — le spin médiatique, que, dans le cadre de ce projet
de loi n° 61, la ministre a besoin du 62 pour pouvoir fonctionner le 61.
Or que le 62 est presque terminé, il n'y a pas d'ouverture pour le mode
collaboratif dans le 62, qui parle d'aller dans les contrats collaboratifs.
Dans le 61 non plus, on n'en parle pas. Donc, c'est quelque chose qu'on doit
clarifier, mais comment? C'est la question qui reste, au niveau du manque
collaboratif.
Depuis le début, M. le Président, on
parlait beaucoup d'expertise, manque d'expertise. C'est pour cela qu'on doit
avoir une agence, c'est parce qu'on n'a pas d'expertise. On crée une agence
pour avoir l'expertise, pour pouvoir gérer les projets. Mais on peut. La société
de l'Outaouais, ils ont démontré le contraire. Ils avaient un projet, un bureau
de projet. Ils ont un bureau de projet. Ils l'ont dit, aucune plus-value par
rapport à eux, aucun, aucun ajout. Québec, bureau de projet tramway... D'ailleurs,
ils sont en attente de l'entente intérimaire et qu'ils avancent. Maintenant, c'est
le gouvernement qui n'arrive pas à s'entendre avec la Caisse de dépôt<i>.
C'est ce qu'il y a sur la table. La Caisse dépôt sont venus en commission
parlementaire. Ils nous ont dit : Oui, on est en discussion, le temps
presse. 1er octobre, pas de signature.
Donc, est-ce qu'on a besoin d'une
structure <supplémentaire...
M. Derraji :
...le
temps presse. 1er octobre, pas de signature.
Donc, est-ce qu'on a besoin d'une
structure >supplémentaire — et c'est ça que je questionne — pour
pouvoir faire avancer les projets, sachant que, pendant deux heures, Mme la
ministre avait le luxe de nous dire : Ça me prenait mon agence? Deux
heures vendredi. Mais elle avait... elle avait un point intéressant,
d'ailleurs, où j'étais d'accord en partie avec elle : l'argent du fédéral.
Donc, ça tourne autour de l'argent, pas autour de l'agence.
Québec a démontré que... comme ville,
comme structure, est capable de mener des projets. C'est les... les... J'arrive
toujours à mal prononcer ce mot. C'est les reculs du gouvernement en lien avec
ce projet qui ont fait retarder le tramway à Québec. Et on est devant le fait
que, maintenant, il y a une offre de la Caisse de dépôt. Mais le retard, il est
dû à l'absence d'entente avec le gouvernement encore, mais pas à l'absence
d'une agence. Donc, on arrive quand même à avoir des projets, M. le Président.
Et, de ce que j'entends, la signature de l'entente est imminente, mais il n'y
avait pas besoin d'une agence pour signer l'entente.
• (10 h 10) •
Donc, dire qu'on manque d'expertise, je
pense que la ministre peut chercher d'autres arguments beaucoup plus forts pour
nous convaincre que, vraiment, ce qu'elle veut, c'est vraiment de l'expertise
centralisée qui va aider dans la réalisation des projets complexes. Mais, si je
fais le lien, les projets complexes, on va les faire où? Donc, on crée une
agence pour créer quelques projets complexes. Ce n'est pas ça, une vision, M.
le Président. Une vision... ça a été mentionné par le dernier groupe qui sont
venus en commission parlementaire nous parler de l'aménagement de territoire, une
vision, c'est une vision sur 50 ans, une vision sur 30 ans, une vision sur 20
ans, une vision sur 10 ans. C'est ça, avoir une réelle planification.
L'aménagement du territoire est extrêmement important. J'aimerais bien le voir
dans le projet de loi. C'est ce que le dernier groupe nous a mentionné.
Alors, M. le Président, il y a pas mal de
questions qui restent encore. Nous avons bien hâte à commencer l'étude
détaillée article par article, je tiens à le mentionner et à le préciser. Je
sais qu'on va avoir des amendements. Nous avons reçu l'assurance qu'on va les
recevoir en temps et lieu, qu'il va y avoir une série d'amendements. Mais
j'espère, M. le Président, qu'avant qu'on commence l'analyse détaillée... qu'au
moins, la question de la mission de l'agence, la ministre l'a réglée, parce
que, sur la mission de l'agence, on n'est pas... il n'y a pas de place à
négocier. Si c'est pour autre chose que le transport collectif, on tombe dans
la cannibalisation. Le ministère du Transport, il y a des ingénieurs, il y a
des gens qui font un excellent travail en matière des routes.
Donc, la notion du projet complexe,
j'espère qu'on va avoir une bonne définition. C'est quoi, un projet complexe de
transport? Et aussi est-ce que la ministre veut que l'expertise qu'on doit
avoir soit uniquement par rapport au transport collectif?
Bien entendu, il y a des sujets que je
considère importants, notamment l'indépendance de l'agence, la gouvernance de
la société de transport, le lien avec les municipalités, le mode de
financement. Et je vais saisir l'occasion, du moment qu'on ouvre la <i>loi
sur les sociétés de transport, je l'annonce à tous mes collègues, ça va être
mon cheval de bataille, c'est : offrir aux sociétés de transport des
revenus autonomes, avec l'exemple que j'ai utilisé, avec le dépôt de mon projet
de loi, qui permettra à des sociétés de transport pas uniquement de vendre les
terrains, comme mentionné dans le projet de loi actuel, mais faire du
développement qui va nous aider à avoir une densification, tel que demandé par
pas mal d'intervenants, mais aussi assurer des revenus autonomes à l'ensemble
des sociétés de transport.
Donc, en gros, M. le Président, ce sont
les grandes lignes qui vont nous guider tout au long de l'analyse de ce projet
de loi. Je demeure ouvert à toute suggestion de la part de mes collègues, que
ça soit mon collègue de Québec solidaire ou Parti québécois ou même Mme la
ministre, mais, s'il vous plaît, si on veut vraiment bien travailler, j'espère
qu'il va y avoir de l'ouverture et de l'écoute aussi, M. le Président, parce
qu'en s'écoutant on va se comprendre et on va aller plus vite en faisant les
choses d'une manière intéressante.
Alors, M. le Président, j'ai terminé ma...
mes remarques préliminaires. Bien hâte à <commencer...
M. Derraji :
...intéressante.
Alors, M. le Président, j'ai terminé
ma... mes remarques préliminaires. Bien hâte à >commencer avec l'ensemble
des collègues et toute l'équipe du ministère, qui va nous épauler tout au long
de cet échange sur cet important projet de loi, je tiens à rappeler, une
nouvelle agence du gouvernement. Après celle en santé, voilà, nous sommes,
encore une fois, avec une autre agence, en matière de transport. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous remercie, M. le député. J'inviterais maintenant le porte-parole du
deuxième groupe d'opposition à faire ses remarques préliminaires. M. le député
de Taschereau, la parole est à vous pour... vous disposez de 20 minutes.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, M. le Président. D'abord, salutations à vous, qui allez officier...
qui allez présider nos travaux, c'est une tâche importante. Salutations à Mme
la ministre, aux collègues de la banquette gouvernementale, à mon collègue de
Nelligan. Puis, évidemment, aussi, je tiens à saluer et à remercier à l'avance
toutes les personnes qui accompagnent Mme la ministre, les experts des
différents secteurs, en fait, du ministère des Transports, notamment, qui
seront amenés à nous amener des réponses, à fournir des explications, à nous
aider à comprendre. Salutations également aux gens qui sont à la technique, c'est
important. Sans leur présence, on n'a pas de possibilité de bien fonctionner
non plus et d'être entendus par les gens à l'extérieur de cette salle.
Je suis bien content d'être ici aujourd'hui
pour commencer l'étude détaillée. On a rencontré, quand même, beaucoup de
groupes pendant les audiences préliminaires, ils nous ont éclairés. Je les
remercie également, là, de leur... du temps qu'ils ont consacré et du sérieux
qu'ils ont consacré à cet... à cet exercice-là. Les mémoires ont... sont... ont
tous une grande, grande valeur. C'était important, pour nous, d'avoir leur
éclairage, leur avis, leur expertise sur ce projet de loi là, parce qu'on nous
présente le projet de loi n° 61, qui va venir créer Mobilité Infra Québec,
comme la révolution, une reprise en main de la destinée des transports
collectifs. Heureusement, il y a plusieurs groupes qui ont été... ont été à
même de souligner, comme on le suspectait d'ailleurs aussi, qu'il y a beaucoup
de nuances dans ce projet de loi là, il y a beaucoup d'éléments qui, à certains
égards, pourraient ne pas aider à réaliser davantage de transport collectif au
Québec, des éléments aussi sur lesquels ils se sont largement entendus.
Je me permettrai de souligner, là, que la
quasi-totalité des groupes présents disaient donner un accord à la création de
Mobilité Infra Québec, sous condition de modifications, parfois profondes, du
projet de loi n° 61, et donc je m'en ferai... je m'en ferai le porteur,
évidemment, parce que, comme eux, je redoute cette agence-là, si elle est
adoptée, si elle entre en fonction telle qu'elle a été planifiée, pour l'instant,
par la ministre des Transports.
D'abord, on pourrait se poser la question :
Pourquoi une agence? C'est une question, je pense, qui est tout à fait
légitime. D'une part, ce qu'on remarque de ce gouvernement, c'est que, quand on
n'arrive pas à livrer, après six ans de gouvernement, bien, donner... créer une
agence donne l'impression qu'on peut... qu'on avance, qu'on est en train de
faire bouger les choses. On a vu ça dans d'autres... à d'autres ministères.
Donc, après six ans à ne pas avoir livré de projets initiés par le gouvernement
lui-même, bien, on a la création... on propose, du côté ministériel, la
création d'une agence : Mobilité Infra Québec.
Donc, je disais, on peut se poser la
question : Pourquoi une agence? La question est bonne, puisqu'on aurait
pu, en six ans, décider de la... de la créer, cette expertise-là, à l'interne
du ministère des Transports et de la Mobilité durable. C'est un ministère dont
le... dont la ministre a délibérément choisi d'ajouter la particule «et de la
Mobilité durable», là, la fonction «Mobilité durable», au nom de son ministère.
Alors, c'est tout à fait étonnant de voir que, finalement, ce n'est pas ce
ministère-là lui-même qui va faire de la mobilité durable, c'est plutôt une
agence qu'elle crée en parallèle de ce ministère-là. Donc, c'est tout à fait
étonnant de remarquer cela, d'une part. Ça a été, d'ailleurs, aussi souligné
par un groupe qui représentait un syndicat, donc, un syndicat qui est... qui
est venu, qui a dit : Bien, on aurait pu la créer, cette expertise-là, à l'interne
du ministère. Pourquoi créer une agence en parallèle? Pourquoi créer cette
agence-là? D'autant plus que cette agence-là pourra non pas, comme l'a mentionné
à plusieurs reprises Mme la ministre, créer uniquement du transport collectif,
elle pourra faire des projets routiers aussi.
Alors, quand on regarde comment se
dessinent les intentions gouvernementales sur les... la création
d'infrastructures routières au Québec pour les 10 prochaines <années...
M. Grandmont :
...sur les... la création d'infrastructures routières au
Québec pour les 10 prochaines >années, donc dans le programme...
dans le Plan québécois des infrastructures, bien, on voit bien qu'il y a une
disproportion en faveur du transport routier à la hauteur de 70 %. Donc,
70 % des argents prévus, donc, dans les intentions du gouvernement pour
les projets d'infrastructures en transport vont... sont dédiés au transport
routier, alors que 30 % seulement vont au transport collectif. Donc, on
est en droit — je pense que c'est tout à fait légitime — de
se poser des questions.
Est-ce que cette agence-là servira
vraiment à atteindre ce que la ministre a nommé elle-même, c'est-à-dire les
intentions de créer... de reprendre en main les destinées du transport
collectif? On peut en douter, si cette agence-là peut, elle aussi, tout comme
le ministère des Transports, faire à la fois des projets de transport routier
et des projets de transport collectif. Donc, c'est une question assez
fondamentale et peut-être un peu philosophique, mais concrètement, sur le
terrain, ce qui va se développer, il n'y a rien qui nous garantit que ça va
être du transport collectif prioritairement, absolument rien pour l'instant.
• (10 h 20) •
Ça fait que j'ai hâte d'entendre la
ministre là-dessus parce que je vais la questionner et je vais aussi proposer des
amendements qui vont aller dans le sens de ce que plusieurs groupes nous ont
mentionné. Le mandat, la mission même de cette agence-là est problématique. Si
on veut développer du transport collectif, c'est une chose, soit, mais prenons
le temps de spécifier que c'est son unique objet à l'intérieur de... des
premiers articles qui viennent définir son mandat.
Le mandat aussi porte... apporte
certains... un certain lot de problèmes, puis je pense que ça tourne autour à
la fois du mandat lui-même et de la notion de projet complexe. Ça aussi, il y a
eu une belle unanimité là-dessus chez les groupes qu'on a entendus.
D'abord, définir la notion de projet
complexe est un élément sur lequel il va falloir, évidemment, travailler. On va
être là pour, évidemment, questionner la ministre là-dessus, proposer des
amendements si nécessaire. Mais il nous apparaît évident que, pour... à la fois
pour les entrepreneurs, les gens qui construisent du transport collectif et des
routes, ils puissent savoir qu'est-ce qui s'en vient. C'est-à-dire que, si tout
peut devenir du projet complexe...
Puis on s'entend bien, on a entendu des
groupes qui ont apporté aussi des notions de projet complexe. Je me souviens,
entre autres, la FQM qui disait : Bien, pour nous, un projet complexe, ce
n'est pas un métro, c'est peut-être une ligne d'autobus interrégionale. C'est
complexe pour nous. Est-ce que... Dans le fond, est-ce que l'agence va
travailler là-dessus ou pas?
Ça fait qu'il y a... il y a clairement
quelque chose à définir, parce que, si tout peut l'être... bien, déjà, pour les
entrepreneurs, de savoir... en termes de prévisibilité, ça va être nécessaire
de venir le clarifier, d'une part, mais aussi en termes d'attentes pour les
municipalités qui vont vouloir des projets de transport collectif. Donc, je
pense que c'est quelque chose d'important.
Mais aussi, sur le mandat, donc, je
reviens encore aux premiers articles, il va falloir bien s'assurer que le
mandat de Mobilité Infra Québec ne vient pas en concurrence avec le mandat d'autres
organisations déjà existantes. Si, par exemple, l'ARTM ou des sociétés de
transport ont des mandats sur lesquels il peut y avoir un chevauchement avec le
mandat de Mobilité Infra Québec, bien, on risque d'avoir du tiraillement
politique, ce qui peut être perçu comme de l'ingérence politique. Et je nous
rappellerai... je pense, c'est Jacques Roy de HEC Montréal qui nous disait :
L'ingérence politique est un des facteurs qui freinent beaucoup le
développement... de tout type de projet, là, mais, dans le cas qui nous occupe,
de transport collectif. Donc, il y a clairement quelque chose là de
fondamental, et à peu près tout le monde nous en a parlé, donc je tiens à le
souligner.
Un autre élément sur lequel, évidemment,
on va, évidemment, travailler et qui faisait... et qui revenait, mais tellement
souvent pendant les audiences, c'est la notion d'imposition d'une facture, d'un...
d'une participation financière au budget de réalisation d'un projet. Je pense
que tout le monde était d'accord pour dire que négocier avec une épée de
Damoclès au-dessus de la table, ce n'est certainement pas la bonne façon d'aborder
une négociation, d'une part : Si on ne s'entend pas, je t'impose. Donc, il
y a quelque chose là-dedans qui ne fonctionne pas. Je vois ma collègue qui
opine du bonnet de l'autre côté. Ça semble... Ça semble être une façon un peu
non fonctionnelle d'arriver à des résultats puis de travailler en collaboration
avec les municipalités.
Donc, à voir d'abord, d'une part, si les
municipalités ont à contribuer à la réalisation et au budget... pas d'opération,
mais au budget d'infrastructures d'un projet. Mais ici, en plus, Mobilité Infra
Québec peut l'imposer à une municipalité. Parce qu'il y a deux choses : l'imposer,
bon, déjà, c'est une chose qu'il va falloir... il va falloir questionner la
ministre là-dessus, parce que ça a été unanime, tous les groupes nous ont
mentionné que ça n'avait juste aucun sens, mais, de l'autre côté, les
municipalités participent déjà beaucoup, on va prendre un exemple de projet de
transport collectif, contribuent ne serait-ce que par tout l'aménagement
urbanistique qui va être fait autour du prochain projet de transport collectif
à réaliser, par exemple les... l'aqueduc, les... le réseau d'aqueduc, le réseau
d'égouts, le... la réorganisation des services de transport collectif et actif
autour du projet de transport collectif. Parce que, Mobilité Infra Québec, ce
qu'on <comprend...
M. Grandmont :
...du
projet de transport collectif. Parce que, Mobilité Infra Québec, ce qu'on >comprend,
c'est qu'ils ne vont pas s'occuper des trottoirs, ils ne vont pas s'occuper de
l'aqueduc, des égouts, ils ne vont pas s'occuper de la réorganisation du
transport collectif. C'est déjà une charge importante pour les municipalités. Donc,
d'abord, il faut avoir ça en tête, d'une part.
Et, d'autre part, il faut aussi — puis
ça a été demandé par plusieurs acteurs aussi — comprendre... ajouter
ou incorporer l'ensemble du cycle de vie d'une infrastructure de transport
collectif dans le budget dans lequel on va réaliser ce projet-là. Par exemple,
une tendance qui pourrait exister puis qui pourrait être dangereuse pour les
finances d'une municipalité... bon, sachant que Mobilité Infra Québec,
normalement, ne devrait pas toucher à l'opération et ne devrait pas toucher non
plus à l'entretien, donc au maintien des actifs, bien, une tendance, ça
pourrait être de dire : Bien, on va réaliser rapidement des projets et pour
lesquels la qualité va être de moins... va être moins grande. Donc, on réussit
à faire... à livrer des projets de moins... avec des budgets plus bas, dans des
échéanciers, peut-être, resserrés, mais, si la qualité est moins bonne, bien, les
risques que l'opération puis les travaux d'entretien augmentent sont décuplés.
Évidemment, ce qu'on veut, c'est avoir des projets qui vont passer l'épreuve du
temps. Donc, il faut avoir cette réflexion-là, je pense, pour Mobilité Infra
Québec, c'est-à-dire penser l'ensemble du cycle de vie dans la... dans
l'élaboration du budget. Je pense qu'on ne peut pas se permettre de bâtir ou de
construire en faisant de la mauvaise qualité. Je pense que c'est pelleter en
avant des coûts prohibitifs et aussi pelleter dans la cour des municipalités
ces dépenses-là.
La question fondamentale aussi, là... je
l'ai dit tantôt, là, mais Mobilité Infra Québec devrait, évidemment, se
consacrer uniquement au transport collectif. Je l'ai mentionné tantôt, je n'y
reviendrai pas.
Le lien entre les transports collectifs et
les transports routiers et l'aménagement du territoire, je pense que c'est
important de prendre quelques secondes pour discuter de cela, et aussi des
compétences municipales en termes d'aménagement du territoire. D'un côté, les
municipalités ont un grand... une grande responsabilité : celui d'aménager
leur territoire. Les municipalités ont à produire un schéma d'aménagement qui
va être en concordance avec les orientations gouvernementales, mais c'est
clairement une responsabilité des municipalités. Le gouvernement peut donner
des orientations, peut soumettre des critères à atteindre, des indicateurs à
atteindre, des densités à respecter... de protéger certaines parties de leur
territoire, évidemment, protéger les milieux humides, protéger le milieu
agricole, protéger le milieu forestier, c'est évident, le gouvernement a un
rôle important à jouer, mais, en bout de ligne, ce qui se passe sur le
territoire d'une municipalité relève de la municipalité. Or, M. le Président,
vous n'êtes pas sans savoir que, si on décide de construire des routes dans un
axe x ou y ou si on décide de construire du transport collectif, ça va orienter
la façon dont on va occuper le territoire.
On a juste à penser, un exemple très
simple, au croisement de deux autoroutes. Bien, il n'est pas rare de voir
apparaître des «power centers», des municipalités qui vont se développer à
proximité de cette autoroute-là. Donc, évidemment, s'il n'y avait pas eu ces
autoroutes-là à cet endroit-là, bien, la municipalité ou les «power centers» ne
se seraient pas installés à cet endroit-là. De la même façon, si on décide de
déployer du transport collectif, un tramway par exemple, dans la ville de
Québec, bien, c'est clair que les endroits qui sont moins développés
actuellement, puis même des endroits où il y a une densité assez basse, bien, vont
voir un... une tendance à augmenter les densités puis à construire le long du
tracé, particulièrement autour des stations, parce que les gens sont prêts à
payer pour habiter autour d'un service qui leur est utile.
Donc, les liens entre transport et
aménagement du territoire sont vraiment très importants. Or, il n'y a rien
actuellement dans le projet de loi qui oblige Mobilité Infra Québec à
collaborer avec les municipalités. D'abord, sur le financement, sur le budget,
je l'ai dit tantôt, on peut imposer un budget. D'autre part, bien, il n'y a
rien qui oblige à une collaboration claire. Mme la ministre dit : Ah! oui,
non, mais on n'ira pas faire des projets de transport là où les municipalités
n'en veut pas... n'en veulent pas. Bien, si c'est ça, l'intention, qu'on
l'écrive clairement, qu'on demande à obliger une collaboration entre Mobilité
Infra Québec et les municipalités.
La FQM, pour reprendre encore une de leurs
propositions, avait parlé de créer un comité dans lequel, dans le fond, le
projet... dans le fond, un comité au sein ou, tu sais, en marge du bureau de
projet qui livre un projet de transport collectif ou routier. Moi, je trouve ça
intéressant, s'assurer qu'on a cette collaboration-là entre le municipal et
Mobilité Infra Québec. Moi, je pense que ce serait vraiment une bonne... une
bonne idée. Autrement, si on ne le fait pas, bien, on risque d'avoir,
effectivement, sur le long terme... puis je ne dis pas que c'est l'intention de
la ministre, mais, si ce n'est pas son intention, bien, qu'on vienne le
clarifier là, ça serait important.
Même chose pour les sociétés de transport,
évidemment, hein? Les sociétés de transport vont devoir le plus souvent opérer...
pourraient opérer, en fait, un projet de transport collectif, il faut absolument...
et, évidemment, ont déjà des services <offerts...
M. Grandmont :
...en
fait, un projet de transport collectif, il faut absolument... et, évidemment,
ont déjà des services >offerts sur un territoire donné. Il va y avoir
des connexions à faire. Il faut absolument obliger Mobilité Infra Québec à
collaborer aussi avec les sociétés de transport. Mais c'est le corollaire, là,
de l'obligation de collaborer avec les municipalités.
• (10 h 30) •
Mon collègue en a parlé tantôt, mais c'est
revenu assez souvent aussi, beaucoup de la part des municipalités et des
sociétés de transport. On est en train... En fait, on a terminé l'étude
détaillée, là, du projet de loi n° 62, qui vient modifier le mode
d'approvisionnement gouvernemental. On souhaite aller, du côté du gouvernement,
vers un mode collaboratif. Il semblerait qu'il y aurait des avantages en termes
d'économies de temps et d'argent. Il va falloir s'assurer que le projet de loi
n° 62 puisse bénéficier aussi aux sociétés de transport et aux municipalités,
sans quoi on va se retrouver avec deux régimes d'approvisionnement au Québec,
ce qui est potentiellement un risque pour les municipalités.
On est... Je veux dire, on les a entendus,
là, puis Mme la ministre aussi, on a entendu deux groupes, là, qui étaient...
qui représentaient des promoteurs, là, des constructeurs : Pomerleau et <i>l'association
des constructeurs de grands projets et de routes. Ils nous disaient :
Nous, ça nous intéresse, ce qu'il y a dans le projet de loi n° 62. On
sentait qu'il y avait vraiment une volonté de... il y avait un désir que ce
projet de loi là voie le jour et il y avait un désir aussi d'aller vers ce
type-là de mode de réalisation. Le risque est moins grand pour eux, les temps
sont réduits, ils vont pouvoir livrer plus facilement, plus rapidement, en
collaboration avec le porteur du projet.
Si on n'offre pas ces possibilités-là aux
sociétés de transport puis aux municipalités, il y a des projets pour lesquels
il n'y aura peut-être aucun soumissionnaire. Puis il y a des projets pour
lesquels on ne peut pas se passer d'avoir des soumissionnaires. Je pense entre
autres au métro de Montréal. Il y en a pour 10 milliards de maintien d'actif,
ce n'est pas un petit projet. Il va falloir vraiment y voir. Et il semblerait
que Mobilité Infra Québec ne fera pas ce type de projet là, de maintien d'actif.
Donc, il faut absolument qu'on aille donner ces possibilités-là aux sociétés de
transport et aux municipalités.
Peut-être un mot sur la composition du
conseil d'administration. On n'en a pas beaucoup parlé, mais moi, je vais y
revenir quand même, parce que c'est intéressant.
J'ai fait quelques recherches pour savoir
comment ça se passe dans d'autres sociétés d'État ou dans d'autres agences du
même type, dans d'autres juridictions, à Toronto, à Vancouver. Il semble que le
conseil d'administration de Mobilité Infra Québec, d'une part, est très petit,
seulement neuf membres. Et, d'autre part, bien, il y a des... il y a des postes
qu'on réserve, dans d'autres législatures, qui sont intéressants. Par exemple,
on va réserver des postes pour des personnes de moins de 35 ans, on va
réserver un poste pour les usagers au sein de ce conseil d'administration là,
on va réserver un poste pour les personnes en situation de handicap, par
exemple. Je donne des exemples, là, mais ça peut être... ça peut être plus
large que ça.
Et ce qui est intéressant, c'est que, dans
la réalisation des projets, on se donne l'opportunité d'avoir un oeil un peu
externe d'usager, un savoir expérientiel. Moi, je trouve ça vraiment
intéressant, et j'y crois, et je pense que c'est important. Et aussi, surtout,
c'est que — puis Mme la ministre va peut-être être d'accord avec moi — quand
on s'entoure de gens qui pensent juste comme nous, si on a un groupe qui pense
tout pareil, il y a un danger. Ça prend tout le temps des gens qui jouent
l'avocat du diable ou qui pensent différemment, tout simplement, pour être
capable de se remettre en question, pour prendre les bonnes décisions. Puis
c'est un peu le rôle des oppositions aussi, là, de penser différemment, pour
challenger, pour confronter, pour questionner. Je pense que c'est une bonne
pratique. Et, chez Mobilité Infra Québec, je pense qu'on devrait se donner les
mêmes... les mêmes pouvoirs... en fait, les mêmes... on devrait avoir les mêmes
réflexes, avoir des gens qui pensent différemment. Puis valoriser le savoir
expérientiel au sein du conseil d'administration peut être une chose
intéressante.
Dernière chose sur laquelle j'aimerais
intervenir, c'est la question du financement. Je sais que ce n'est pas le sujet
du projet de loi n° 61, mais tous les groupes nous en ont parlé. C'est un
enjeu important auquel ne répondra pas le projet de loi n° 61. Il va
falloir trouver des façons de régler la question du financement des opérations
de façon importante. C'est un enjeu trop majeur. On ne peut pas créer des
nouveaux projets de transport collectif, si c'est effectivement ce que va faire
Mobilité Infra Québec, sans avoir tout l'argent nécessaire pour être capables de
se payer des chauffeurs, des chauffeuses qui... et des mécaniciens, des
mécaniciennes qui vont faire en sorte qu'on est capables de les faire rouler.
Il y a des exemples dans le monde où, malheureusement, c'est arrivé. On a livré
des tramways puis il n'y a personne pour les faire rouler, ils restent dans le
garage. Je ne pense pas que ça nous fait avancer, M. le Président. Ça ne fait
avancer personne, en tout cas pas en transport collectif. Les gens continuent
d'aller en automobile.
Donc, je vais conclure en disant que, pour
l'instant, tel que le projet de loi a été... est dessiné, est écrit, je note
encore que c'est un projet de centralisation très important. Il y a une très,
très grande...
10 h 30 (version révisée)
M. Grandmont : ...note encore
que c'est un projet de centralisation très important. Il y a une très, très
grande centralisation. On donne beaucoup de pouvoir à Mobilité Infra Québec. On
n'est pas en mode collaboratif avec les municipalités. On est en mode
collaboratif sur l'approvisionnement, mais pas avec les municipalités. Et ça,
je pense qu'il va falloir corriger ça, notamment. Autrement, les... Autrement, je
suspecte et je crains que ça pourrait même potentiellement ralentir la création
de projets de transport collectif. Donc, beaucoup d'amendements probablement à
déposer, à moins que Mme la ministre en ait elle-même de son côté. Mais on
va... on va assister et participer avec beaucoup d'aplomb, mais aussi d'intérêt
sur ce projet de loi n° 61.
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous remercie, M. le député. Y a-t-il d'autres membres qui souhaiteraient faire
des remarques préliminaires? Donc, comme personne ne souhaite faire de
remarques, avant de débuter l'étude article par article, est-ce qu'il y a des
motions préliminaires? M. le député.
Des voix :
M. Derraji : Oui. Je peux la
lire ou vous voulez attendre?
Le Président (M. St-Louis) : Si
vous... si vous souhaitez la présenter...
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
je vous laisse la présenter, puis entretemps, on va l'afficher sur l'écran pour
les autres membres de la commission.
M. Derraji : Merci, M. le
Président. Donc :
«Conformément à l'article 244 du
Règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin que la Commission des
transports et de l'environnement, dans le cadre de l'étude détaillée du projet
de loi n° 61, Loi édictant la loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant
certaines dispositions relatives au transport collectif, demande au ministère
des Transports et de la Mobilité durable de transmettre, au plus tard avant la
séance prévue ce jeudi 3 octobre après les affaires courantes, des
documents permettant d'apporter un éclairage supplémentaire à la Commission
dans l'exécution de son mandat.
«Qu'enfin... Qu'à cette fin, le ministère
des Transports et de la Mobilité durable dépose toutes les analyses, notes
ministérielles ou documents explicatifs portant sur les impacts du projet de
loi envers les entreprises ainsi que les sociétés de transports.»
Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Est-ce que vous souhaitez poursuivre?
M. Derraji : Oui, oui, je
peux... je peux poursuivre, aucun problème. Donc...
Le Président (M. St-Louis) : Allez-y.
Vous disposez de 30 minutes, M. le député.
M. Derraji : Oui. Donc, juste
pour rafraîchir la mémoire des collègues autour de la table, j'ai devant moi
notre demande d'accès, où on demandait l'étude d'impact réglementaire. En fait,
M. le Président, c'est tout à fait normal d'avoir une étude d'impact
réglementaire sur une bonne partie des projets de loi. À notre grande surprise...
Et je vais vous lire... Donnez-moi juste une seconde. Oui, je l'ai ici. Merci
beaucoup, collègue. Bon, nous avons envoyé une demande d'accès au ministère, et
la réponse que nous avons reçue : Nous donnons suite à votre demande d'accès...
Et ce qu'on nous a envoyé, c'est un document recensé répondant au libellé de
notre demande. C'est le mémoire concernant la Loi édictant la Loi sur Mobilité
Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport
collectif. Et ce qu'on nous a dit : «Ils ne peuvent vous être divulgués,
et ce, pour motifs suivants... Par ailleurs, nous vous informons qu'aucune analyse
d'impact réglementaire n'a été produite dans le cadre de ce dossier.»
Quand on regarde, M. le Président, les
projets de loi déposés par le même gouvernement, Code de sécurité pour les
travaux de construction, santé et sécurité du travail, on trouve l'analyse d'impact
réglementaire. Contenu obligatoire de l'avis de modification du bail d'un
logement, analyse d'impact réglementaire. Règles en matière de copropriété
divise, analyse d'impact réglementaire. Possession et vente d'un animal,
enfouissement et incinération de matières résiduelles et activités de chasse,
analyses d'impact réglementaire présentes. Ça, c'est juste au mois de septembre 2024.
Vente, location et octroi des droits immobiliers, analyse d'impact
réglementaire.
Août 2024, contrôle du plomb dans l'eau
chez les prestataires de services de garde éducatifs, analyse d'impact
réglementaire a été réalisée. Remboursement des taxes foncières des producteurs
forestiers reconnus, analyse d'impact réglementaire a été réalisée. Code de
sécurité, le même projet de loi que Mme la... projet de <loi...
M. Derraji :
...Code
de sécurité, le même projet de loi que Mme la... projet de >loi de Mme
la ministre, et il y avait une analyse d'impact réglementaire.
Bon, on remonte un peu plus loin, Juillet 2024.
Parc national Nibiischii, autres modifications, impact... étude d'impact
réglementaire a été réalisée. Code de gestion des matières résiduelles, analyse
d'impact réglementaire réalisée. Transport des élèves, analyse d'impact
réglementaire réalisée.
Je peux continuer, M. le Président, la
liste, elle est très longue, mais je peux juste revenir un peu en arrière et
parler de l'agence de santé. Projet de loi visant la réduction de la charge
administrative des médecins, il y avait une analyse d'impact réglementaire. L'agence...
pour la création de l'agence santé. Et, M. le Président, projet de loi n° 62,
où j'ai siégé, analyse d'impact réglementaire.
Donc, je ne sais pas, M. le Président,
comment aujourd'hui on peut bien faire notre travail et analyser tous les
éléments de ce projet de loi si on n'a pas une analyse d'impact réglementaire.
Je me rappelle de... pas mal de projets de loi que l'analyse d'impact...
• (10 h 40) •
Une voix : ...
M. Derraji : ... — oui,
merci — qu'on me confirme. Système de santé et services sociaux plus
efficace, d'ailleurs ça vous rappelle quelque chose, on a eu aussi... c'est le
projet... loi... Ça, c'est le projet de loi n° 15? Oui. Projet de loi n° 15,
il y a aussi une analyse d'impact réglementaire. Et, dans l'analyse d'impact
réglementaire...
Des voix : ...
M. Derraji : C'est un
document de 32 pages. Juste par rapport à... par rapport... c'est bon, par
rapport à... Juste pour que les gens clarifient ça mange quoi l'hiver, une
analyse d'impact. «Justification de la nécessité de l'intervention de l'État»,
c'est dans l'analyse d'impact. Ça, c'est la table de matière de l'agence, la
dernière agence créée par le gouvernement caquiste, l'agence de santé. «Définition
du problème», «Nature de la problématique», «Contexte», «Constats», «Causes des
problèmes rencontrés». Si j'enlève la santé, je peux appliquer la même table de
matière, la même table de matière, mais gardez en tête qu'on parle du transport
et de mobilité durable, gardez en tête qu'on parle de projets complexes, hein,
projets complexes. «Causes des problèmes rencontrés», «Justification de la
nécessité de l'intervention de l'État», justification de l'intervention de
l'État, «Proposition», «Analyse... options non réglementaires», «Analyse des
options non réglementaires».
Moi, je ne sais pas. Est-ce que... Est-ce
que, pour le contribuable québécois, c'est mieux d'aller avec la Caisse de
dépôt<i> ou créer une agence? J'aimerais bien avoir une analyse. Parce
que ce sont les arguments de Mme la ministre tout à l'heure. Le Parti libéral a
lancé la ligne rouge dans le West Island. Je tiens à rectifier, ce n'est pas
uniquement le West Island. J'espère qu'on va commencer à parler des gens de la
Rive-Sud. C'est très important. Je pense qu'on doit commencer à parler aussi de
<i>l'aéroport de Montréal, qui est un aéroport international très
important pour le Québec. Donc, c'est juste mettre dans le contexte ce que le
Parti libéral a réalisé de bon avec ce projet.
Et là on le voit. Est-ce qu'il y avait
d'autres options sur la table à part l'agence? On ne peut pas le savoir
aujourd'hui. Je n'ai aucune idée aujourd'hui, pour commencer mon travail de législateur,
de bien le faire, parce que je n'ai pas cette analyse d'impact réglementaire.
«Évaluation des impacts». Et je vous le
dis, M. le Président, je peux continuer toute la table des matières, mais
gardez en tête qu'on parle du transport, mais cette table de matière concerne
l'agence de santé. «Coûts pour les entreprises». C'est quoi... C'est quoi,
l'impact pour l'ensemble des sociétés de transport? «Synthèse des coûts et des
économies», «Hypothèses utilisées pour l'estimation des coûts et des économies».
Ça, c'est ce que... ce qu'on fait dans n'importe quel ministère si on veut
déposer un projet de loi.
«Consultation des parties prenantes sur
les hypothèses de calcul des coûts et d'économies». Souvenez-vous, M. le
Président, c'est un moment où je disais à la blague aux <collègues...
M. Derraji :
...un
moment où je disais à la blague aux >collègues de Mme la ministre, sur
son projet de loi, mais c'est une blague, je disais que son projet de loi était
éclipsé. Vous savez, le ministre, il a le grand coeur par rapport à son projet
de loi n° 62. Je lui dis : Ton projet de loi est important, mais ce
qu'on a retenu, et la tournée médiatique, on parlait que de l'agence. Parce que
les deux projets de loi étaient déposés. Mais le malheur, c'est que le ministre
avait en face de lui Mme la ministre du Transport avec le projet de l'agence,
61.
Mais qu'est-ce qu'on disait au début? On
disait à tout le monde : Écoutez, on parle d'une réforme majeure. Ça
prenait le projet de loi n° 62 pour pouvoir réaliser les projets dans un
temps... diminution du temps, mais aussi un impact sur le coût, hein, parce que
les Québécois sont tannés de payer plus cher leurs infrastructures. Mais, au
fait, s'ils sont tannés, c'est parce que le gouvernement n'a rien réalisé en
matière de transport. Et, rendu à trois, quatre versions de tramway, c'est
normal que les coûts explosent.
Mais qu'est-ce qu'on disait sur la place
publique? On disait qu'avec le projet de loi n° 62... que la ministre a
besoin de ce projet de loi. Elle n'a pas arrêté de le dire sur toutes les
tribunes : Si vous voulez que je réalise ma mission de relancer l'agence,
j'ai besoin du 62, que mon collègue doit le faire, hein? Mais on parlait de
quoi? De coûts. Qu'on va réaliser une économie sur les coûts, et les délais
vont être des délais plus courts. Cet argument, je l'ai démoli au début, vous
étiez là, parce qu'au niveau international, il n'y a pas une... la littérature,
ce qu'elle nous enseigne, c'est que, oui, il y a un gain en termes de délais,
mais il n'y a pas un gain... un gain en termes de coûts. Mais l'analyse
d'impact, justement, permet... nous permettait ça.
Et là, je vous le dis, dans la table des
matières de l'analyse d'impact réglementaire sur l'agence, si on voulait bien
faire notre travail : «Consultation... Hypothèses utilisées pour
l'estimation des coûts et des économies.» D'ailleurs, on doit vendre aux
Québécois que ça prenait une agence. Cette agence, on a vu les coûts, dans un
contexte de... on serre la ceinture parce qu'il n'y a plus d'argent. Mme la
ministre elle-même le mentionne.
Donc, au même moment, j'ai la ministre du
Transport qui me dit : J'ai peu d'argent, je n'ai pas d'analyse d'impact
réglementaire qui doit, elle, nous informer sur les options et les choix pour
qu'on puisse avoir un choix éclairé. Donc, c'est comme si je commence l'étude
détaillée handicapé, handicapé d'un élément hyperimportant, sachant que cet
élément existait un peu partout dans les anciens projets de loi.
Mais je peux continuer, parce que c'est
très important pour le bénéfice des gens qui m'ont vu sortir d'une manière
assez forte, que je ne peux pas avoir de l'information sur l'étude d'impact
réglementaire pour qu'il puisse... Pourquoi, aujourd'hui, le Parti libéral
demande? Et, je comprends, on ne peut pas faire une étude d'impact
réglementaire, malheureusement, c'est trop tard, je comprends. Mais il y a un
argumentaire, il y a des documents explicatifs portant sur les impacts du
projet de loi. Bien, que la ministre nous les dévoile. Qu'ils nous informent du
cheminement qui l'a convaincu que c'est la meilleure option. Mais je ne peux
pas aujourd'hui, M. le Président, sans avoir ces éléments, commencer mon
travail de législateur. C'est ça, notre rôle. Que la partie gouvernementale
l'aime ou le déteste, c'est... On ne peut pas. On doit faire notre travail
correctement.
Je continue, M. le Président. Donc, Synthèse
des coûts et des économies, aucune idée. Hypothèses utilisées pour l'estimation
des coûts et des économies, aucune idée. Consultation des parties prenantes sur
les hypothèses de calcul des coûts et d'économie, aucune idée. Autres avantages,
bénéfices et inconvénients de la solution projetée. Regardez cette phrase... ce...
Je salue les gens qui ont travaillé. Écoute, on peut critiquer l'agence, mais
au moins, le travail a été bien fait. Les gens qui ont travaillé sur cette
étude d'impact réglementaire ont bien préparé le terrain. Qu'on soit d'accord
ou contre l'agence de santé, ils ont préparé le terrain pour une bonne analyse
du législateur.
Et les gens qui nous... qui nous suivent
doivent savoir ça. C'est qu'on est en train d'étudier la création d'une
nouvelle agence, et cette agence vient après six ans d'un gouvernement qui
a livré zéro projet en matière de transport collectif. Mais on a le droit de se
poser des <questions...
M. Derraji :
...Mais
on a le droit de se poser des >questions. Est-ce que ça prend
obligatoirement une agence, aujourd'hui, après avoir échoué à livrer zéro
projet en matière de transport collectif? Mais, pour qu'on puisse le faire, la
question qu'on doit tous se poser aujourd'hui : Est-ce que c'est la seule
option qu'on a devant nous? La seule option, c'est créer une nouvelle agence.
Ce n'est pas une agence de revenus, c'est une agence de dépenses, et une agence
où on va essayer, selon les dires, regrouper les compétences et l'expertise
pour gérer les projets complexes. Mais ne me posez pas la question sur les...
la définition des projets complexes, même moi, je ne le sais pas. Je vais poser
les questions et je veux savoir comment le gouvernement va le définir.
• (10 h 50) •
Autres avantages, bénéfices et
inconvénients de la solution projetée. Aujourd'hui, on vient vendre aux
Québécois : Écoutez, tous vos problèmes de transport collectif, si ça ne
marchait pas avant, si ça ne roulait pas bien, si ça coûtait cher, oubliez tout
cela aujourd'hui, ça va bien aller, parce qu'on a le projet de loi n° 62,
on va accélérer les projets, on va avoir les contrats collaboratifs, on va
instaurer une agence de mobilité, et ça va bien aller. Il n'y a personne qui va
croire ça, M. le Président. Je n'ai pas... je n'ai pas une analyse des
avantages et des inconvénients de la solution projetée.
Je peux continuer, hein? Appréciation de l'impact
anticipé sur l'emploi. Il y a un volet petites et moyennes entreprises. Et là,
ça va vous dire quelque chose, là, un des premiers groupes qui est venu en
commission parlementaire s'appelle Pomerleau. C'est parce qu'ils voyaient qu'il
va y avoir un impact. On ne peut pas dire aujourd'hui : Il n'a pas d'impact
sur les entreprises. Et d'ailleurs les réponses de Mme la ministre, vendredi, m'ont
convaincu. En fait, c'est grâce à elle que je dépose cette motion aujourd'hui,
parce qu'elle nous a dit pour le tramway : Il n'y avait pas de personnes
qui ont soumissionné. Ça veut dire qu'il y a un enjeu avec les entreprises.
Pourquoi les entreprises ne soumissionnaient pas?
Donc, on commence l'étude détaillée d'un
projet de loi qui crée une agence sans faire une étude, une analyse d'impact
réglementaire. On écoute donc les partenaires qui sont venus, une entreprise,
deux représentants d'entreprises, mais on n'a pas d'étude d'impact
réglementaire. Voyons donc, M. le Président, sérieux? Est-ce que c'est comme ça
qu'on va convaincre les Québécois, que, pendant que le gouvernement a perdu le
contrôle des finances publiques, qu'il y a 11 milliards de déficit, que
Mme la ministre ferme des projets maintenant, qu'il y a des routes qu'on ferme
parce qu'on dit aux entrepreneurs : On n'a plus d'argent, attendez l'année
prochaine, ou bien, ce que j'ai entendu, ça, et c'est la meilleure :
Attendez la mise à jour économique au mois de novembre, et après, probablement,
on va réouvrir des programmes, réouvrir les programmes... Mais on veut bien
paraître au niveau de l'opinion publique, on se serre la ceinture. C'est ça, le
contexte, M. le Président.
Donc, moi, aujourd'hui, je ne peux pas
accepter qu'on commence l'étude détaillée de ce projet de loi sans avoir le
portrait réel. Si Mme la ministre a cheminé à l'intérieur et a pu vendre que...
à ses collègues, au Conseil des ministres, que ça prenait obligatoirement une
agence, bien, qu'ils nous dévoilent les notes explicatives sur les impacts du
projet de loi sur les entreprises ainsi que sur les sociétés de transport. Je
pense que mon collègue député de Taschereau l'a entendu vendredi, il n'y avait
pas de soumissionnaire. C'est pour cela qu'on a retardé le lancement du
tramway.
Donc, on sait qu'il y avait un problème au
niveau des soumissionnaires ou des consortiums, on met un projet de loi n° 62
qui règle les contrats, mais au bout de la ligne, on parle toujours qu'il y a
une partie tierce qui doit gérer les projets complexes, mais on ne veut pas
faire d'analyse d'impact réglementaire. J'essaie juste de voir les variables.
On crée une agence. Le problème, on n'a pas de soumissionnaires pour le tramway,
c'est pour cela que ça a été retardé. On a un problème de projets complexes
parce qu'on n'a pas beaucoup d'entreprises intéressées, on règle le problème au
niveau des contrats, mais les contrats, c'est pour tout, sauf le transport. Ça,
ce n'est pas moi. Ça, c'est la ministre... le collègue de la ministre qui dit :
Demandez à la ministre du Transport. On vient... Si on regarde le projet de
loi, ce n'est pas dans le projet de loi. Ah! attendez un omnibus. Ça commence à
faire beaucoup de choses très brouillonnes, M. le Président. J'essaie de me
convaincre moi-même que j'ai tous les éléments pour commencer l'étude
détaillée, mais, malheureusement, je n'en trouve pas.
Je continue. Et pourquoi je parle de la
table des matières? C'est public. Les gens qui veulent aller fouiller ça, là,
c'est très public, la table des <matières...
M. Derraji :
...qui
veulent aller fouiller ça, là, c'est très public, la table des >matières.
C'est une perle que ma collègue vient de me montrer. Ce n'était pas prévu dans
le plan, mais je l'aime. Je l'aime parce que ça démontre hors de tout doute qu'il
fallait faire ça. Si j'enlève juste le nom de Santé et je parle du Transport, j'en
suis sûr et certain que les collègues autour de la table et mon estimé collègue
de l'Acadie vont aimer avoir une liste d'impacts réglementaires pour bien faire
le travail.
Je continue les éléments. «Autres
avantages, bénéfices et inconvénients de la solution projetée», page 23.
Ça, c'est pour l'agence de santé. «Appréciation de l'impact anticipé sur l'emploi»,
«Petites et moyennes entreprises», «Compétitivité des entreprises, «Coopération
et harmonisation réglementaires», «Fondements et principes de bonne
réglementation», les mesures d'accompagnement. Il y a tellement d'éléments, M.
le Président, j'aurais aimé, aimé les avoir.
Là, on parle... on parle de l'agence de
santé, mais j'ai le goût... j'ai juste le goût de vous lire un beau... On parle :
«Cause des problématiques rencontrées». C'est vrai que je vais parler de la
santé, mais ça s'applique aussi au transport parce que les arguments de la
ministre qui me dit et qui nous dit qu'il y a un problème de compétence, qui a
été démoli par la Société de transport de l'Outaouais... Je tiens à le
rappeler, une excellente présentation où ils disaient : Nous, notre équipe
roulait bien, on n'a pas besoin du MIQ. Bureau de projet de Québec, ça roule. Ils
avaient beaucoup de projets. D'ailleurs, on revient à la version initiale de
2018 ou presque du tramway. Donc, les équipes fonctionnent.
Et comme je vous... je viens de vous le
mentionner, M. le Président, le bout que j'aime : «Justification de la
nécessité de l'intervention de l'État». Ça, c'est une analyse qu'on trouve dans
l'analyse d'impact réglementaire de l'agence de santé. Est-ce que c'est
justifié? Est-ce que c'est justifié une intervention de l'État par une agence?
On ne le sait pas. On ne le sait pas parce que, malheureusement, l'étude d'impact
réglementaire n'a pas été réalisée. Et je vais continuer dans la même logique,
M. le Président. La réponse que nous avons eue : «Les mesures législatives
proposées ne concernent pas les entreprises, aucune analyse d'impact
réglementaire n'est requise.» Ça, ça a été la réponse... la réponse que nous
avons eue de la part du cabinet de Mme la ministre.
Donc, M. le Président, quand j'analyse...
quand j'analyse ces éléments et je regarde l'ampleur de l'échec caquiste en
matière de transport collectif, et compte tenu qu'on essaie maintenant de dire
à l'ensemble des Québécois que c'est fini, les problèmes en matière de mobilité
durable et transports et projets complexes, en fait, le gouvernement a fait
lui-même son constat d'échec, qu'ils sont incapables de livrer des projets
structurants en matière de transport collectif.
Moi, ce que je demande aujourd'hui... je
sais que c'est impossible de faire une analyse d'impact réglementaire très
rapidement avant jeudi, mais concrètement, ce que je demande, c'est que... Clairement,
il y a des notes, au sein du ministère, sur l'impact de la création de l'agence.
Je connais très bien la rigueur de nos fonctionnaires et surtout du
sous-ministre qui nous écoute. C'est sûr qu'il a élaboré des notes sur la
création de l'agence, c'est sûr qu'il a fait une bonne analyse sur la création
de l'agence. Moi, ce que je veux savoir, c'est qu'est-ce qu'on peut nous
partager ces notes. Qu'on nous partage, comme ça, on va savoir de quoi on
parle.
Je vous ai partagé la table des matières
de l'agence de santé. Vous pouvez me dire, M. le député : Ce n'est pas à
100 % cette table de matière qu'on aurait dû voir. Pas de problème, <j'accepte...
M. Derraji :
...qu'on
aurait dû voir. Pas de problème, >j'accepte. Mais on doit faire preuve
de plus de rigueur et de transparence, qu'il y a un cheminement à l'intérieur
du ministère, il y a des notes rédigées par les conseillers, ou par le
sous-ministre, ou par ses équipes pour créer une nouvelle structure. C'est
impossible, connaissant un peu la machine, qu'on demande aux Québécois
aujourd'hui de payer pour une agence... de payer une agence et ne pas avoir
pris le temps de bien faire une analyse d'impact réglementaire. Les Québécois
vont payer cette structure, et on leur doit des explications.
Donc, je comprends que ça n'a pas été
fait, l'analyse d'impact réglementaire. Ça, c'est un fait. Je le déplore. Parce
que, dans d'autres projets de loi, il y avait une étude d'impact réglementaire,
il y avait une analyse d'impact réglementaire. Mais ce que je ne vais jamais
acheter, c'est qu'on arrive dans un coin de table, et on va arriver et dire :
Mme la ministre, vous devez déposer un projet de loi pour créer une agence.
C'est impossible. Ça ne marche pas de même. C'est impossible. Et, ayant
moi-même siégé dans d'autres projets de loi, je reconnais la rigueur, et que
c'est impossible qu'il n'y ait pas de notes.
• (11 heures) •
Donc, ce que je leur demande, d'ici
jeudi... je sais que demain on ne siège pas, demain, j'espère qu'il va y avoir
des amendements qui vont passer au Conseil des ministres, et qu'on va les
recevoir rapidement pour qu'on puisse faire notre travail pour jeudi. Je pense
que l'équipe du ministère a bien travaillé. Ils ont produit des notes pour
faire avancer la structure de l'agence à l'intérieur du ministère et convaincre
Mme la ministre. Maintenant, moi, j'aimerais bien être convaincu du bien... du
bien de la création de l'agence, et est-ce qu'à l'intérieur du ministère, ils
ont analysé tous les aspects. C'est ça, le rôle du législateur. Notre rôle de
l'opposition officielle, c'est contrôler l'action gouvernementale. Mais, si on
veut la contrôler, bien, il faut avoir accès à ces documents, M. le Président.
Donc, je peux accepter l'oubli, je peux
accepter l'oubli et quand le ministère a omis ou a oublié de faire une analyse
d'impact, mais je ne peux pas laisser passer qu'on ne peut pas partager avec
nous les notes portant sur les impacts du projet de loi envers les entreprises
ainsi que les sociétés de transport. Et ce n'est pas inhabituel de faire des
analyses d'impact réglementaire. C'est très, très, très fréquent. M. le
Président, je ne voulais pas passer... Écoutez, là, tout ça, là, ce sont les
projets du gouvernement. Et, quand un ministre arrive au Conseil des ministres
pour présenter son projet autour de la table, il dépose un mémoire et une
analyse d'impact réglementaire. C'est comme ça que ça marche. Donc, est-ce
qu'on est en train de me dire que Mme la ministre est allée au Conseil des
ministres sans analyse d'impact réglementaire? Je pense, le mémoire, je l'ai
vu. On l'a vu quelque part. Il y avait un mémoire qui a été déposé.
(Interruption) Merci, mon cher collègue.
Ce que je vous aime, M. le député de l'Acadie. Vous êtes très organisé. Ah!
Voilà. Il arrive... il arrive avec le mémoire qui a été déposé au Conseil des
ministres.
Mais ce que je ne peux pas tolérer, le
collègue de Mme la ministre, qui était responsable, lui, du projet de loi sur
les contrats, il est arrivé au Conseil des ministres avec le mémoire et avec
l'analyse d'impact réglementaire. Il a déposé son projet de loi en même temps
que Mme la ministre. Lui, il a déposé l'analyse d'impact, mais pas Mme la
ministre.
Alors, M. le Président, moi, je vous dis,
je suis ouvert à écouter Mme la ministre pour me convaincre que, dans un temps
où son gouvernement a perdu le contrôle des finances publiques, au même moment
qu'elle-même dit : Je n'ai plus d'argent, elle accepte même que des
entreprises comme... en aéronautique puissent ramener des employés et payer
pour le transport, et qu'il dit à toutes les sociétés de transport :
Faites un audit, gérez vos finances, et chacun gère sa fougère... Alors, M. le
Président, que chaque personne gère sa fougère, mais nous aimerions voir la
fougère qu'elle gère en matière d'impact réglementaire, comment elle est gérée.
Je veux m'impliquer dans cette fougère, M. le Président, mais ça me prenait absolument
une analyse d'impact réglementaire. Je sais que ça fait rire...
11 h (version révisée)
M. Derraji : ...absolument,
une analyse d'impact réglementaire. Je sais que ça fait rire, mais je l'ai
mentionné mercredi : j'adore les propos de Mme la ministre. Elle manipule
très bien le verbe et la phrase. Elle a toute mon admiration, mais faisons les
choses correctement. Je sais qu'on ne peut pas avoir une analyse d'impact
réglementaire, mais j'en suis sûr et certain qu'elle est bien épaulée d'un
excellent sous-ministre, qui a cheminé depuis très longtemps avec cette idée.
Qu'on nous partage les notes en commission. Qu'on nous partage les notes. Qu'on
nous partage ce qui a été rédigé. On va s'entendre. Parce que j'en suis sûr et
certain que la qualité qu'on a au niveau du ministère du Transport doit être
reflétée dans les notes. Et j'en suis sûr et certain, ils vont nous faciliter
la tâche de bien faire notre travail avec une bonne analyse d'impact
réglementaire.
Alors, M. le Président, c'est ma première
motion préliminaire. J'ai bien fait d'exposer devant tous les collègues la
table des matières de la création d'une nouvelle agence. Je fais confiance aux
gens qui ont travaillé pour cheminer ce projet de loi, mais nous aimerions l'avoir
pour bien débuter notre projet... notre analyse de l'étude détaillée de ce
projet de loi. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, M. le député. Mme la ministre, est-ce que vous souhaitez intervenir à
ce stade-ci sur la motion déposée par le député de Nelligan?
Mme Guilbault :Non. Non, merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : M.
le député de Taschereau, vous souhaitez intervenir, donc je vous cède la
parole.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, M. le Président. Je suis très content de voir mon collègue de
Nelligan déposer cette motion préliminaire, pour la bonne raison qu'effectivement,
moi aussi, ça m'avait étonné que cette analyse d'impact réglementaire ne fasse
pas partie du travail préparatoire qui nous mène à l'étude, là, du projet de
loi n° 61, qui vise la création de Mobilité Infra Québec.
J'ai l'impression de revivre un épisode qu'on
a déjà vécu au projet de loi n° 48 en sécurité routière, quand on
parlait... vous vous souviendrez, quand on parlait d'alcool au volant, on a
demandé sur quelle base la ministre décidait de ne pas réduire la limite d'alcool
permise au Québec à 0,05 sachant que la Santé publique, sachant que beaucoup d'acteurs,
les sondages même montraient que la population était prête à réduire cette
limite-là à 0,05. Donc, il y avait une acceptabilité sociale. Puis on demandait :
Bien, pourquoi, sur quelle base scientifique ou sur quelles études... On se
rendait compte finalement que... du côté gouvernemental, qu'on ne descendrait
pas cette limite-là à 0,05, puis on n'a jamais obtenu aucun dépôt de documents,
aucun document, aucune étude, aucune assise sur laquelle on pouvait justifier
ce refus-là du côté gouvernemental. Bon, après, on a appris, là, que,
finalement, la SAAQ avait procédé à des analyses, là, mais il y a quelque chose
là-dedans qui me dérange profondément, parce qu'on crée un nouveau projet de
loi, une nouvelle agence qui va avoir un impact certain au Québec, évidemment,
qui va avoir... j'ose croire qui va avoir un impact sur les entreprises.
On en a reçues ici. On en a entendues
deux, une entreprise, Pomerleau, d'une part, puis <i>l'association des
constructeurs de grands projets, qui étaient ici pour nous parler des bénéfices
qu'eux voyaient. Donc, je ne peux pas croire qu'on évalue qu'il n'y a pas d'impact,
ou, en tout cas, que ça ne vaut pas la peine de le mesurer. Il y a quelque
chose là-dedans qui ne fonctionne pas. Des gens sont venus nous dire :
Oui, oui, allons de l'avant avec cette agence-là, soutenue par le projet de loi
n° 62, ça va être bon pour nous. Puis de l'autre côté, bien, on
justifie... puis c'est ça, hein, la réponse de la ministre, là. La ministre n'a
pas commandé une étude... une analyse d'impact réglementaire parce qu'elle
disait : Ça ne concerne pas les entreprises. Mon projet de loi, le projet
de loi n° 61, ne concerne pas les entreprises. Puis ce que je comprends, c'est
que la ministre a fait venir elle-même deux entreprises, à ma connaissance. C'est
la partie gouvernementale qui a invité Pomerleau et... donc, ce regroupement d'entreprises
aussi. S'il n'y a pas de... S'il n'y a pas d'impact, bien, pourquoi les avoir
fait venir pour dire... pour appuyer le projet de loi? Il y a quelque chose
qui, fondamentalement, ne fonctionne pas là-dedans.
Et je trouve ça d'autant plus particulier
que le projet de loi n° 62, sur lequel la ministre insiste beaucoup, a
produit une analyse d'impact réglementaire, une analyse qui a été publiée, là,
facilement accessible, là, qui vise, là, à mesurer l'impact réglementaire sur
le projet de loi visant principalement à diversifier les stratégies d'acquisitions
des organismes publics et à leur offrir davantage d'agilité dans la réalisation
de leurs projets d'infrastructure. Ça a été rendu... Ça a été déposé en avril
par le Secrétariat du Conseil du trésor, en <avril...
M. Grandmont :
...Ça
a été rendu... Ça a été déposé en avril par le
Secrétariat du Conseil du
trésor, en >avril 2024. Donc, on ne peut pas dire que ça ne concerne pas
les entreprises, si, de l'autre côté, le projet de loi n° 62, qui est
tellement important pour le projet de loi n° 61, en fait, ils sont
intimement liés, là, a produit lui-même... on a produit de ce côté-là une
analyse.
Évidemment, on ne pourrait pas dire non
plus que l'analyse produite dans le 62 est suffisante pour expliquer l'impact
que ça aura sur les entreprises dans le projet de loi n° 61, parce que ça
déborde. Évidemment, il y a sûrement des éléments du projet de loi... de
l'analyse d'impact sur le projet de loi n° 62, qu'on peut reprendre et
inclure dans une éventuelle analyse du projet de loi n° 61, mais de dire,
là — c'étaient les mots de la ministre, là — que ça ne
concerne pas les entreprises, difficiles à acheter, M. le Président. Les
entreprises vont être au cœur de ce processus-là qui est supposé nous aider à
accélérer la réalisation de projets.
• (11 h 10) •
Vous savez comment ça fonctionne, on ne
fait pas ça en régie, là, les projets de transport collectif puis les grands
projets routiers, là. On a des consortiums, on a des entreprises qui vont
soumissionner, qui vont agir avec le gouvernement qui demeure le porteur du
projet et qui vont réaliser ces projets-là. Bon, dans un mode collaboratif, ils
vont même y participer, ils vont participer à la conception afin de réduire les
risques, c'est la prétention du gouvernement. Mais ils sont directement
impliqués dans le projet de loi n° 61 et dans le projet de loi n° 62.
Alors, dire que ça ne concerne pas les entreprises, là, je ne comprends pas. Je
ne comprends juste vraiment pas.
D'autant plus que la Politique, là,
gouvernementale sur l'allègement réglementaire et administratif — Pour
une réglementation intelligente, c'est un document qui a été déposé en février
2022, donc par le gouvernement actuel. Donc, je comprends qu'il n'y a rien
d'obligatoire, c'est une politique, là, ce n'est pas une loi, mais en même
temps, si on veut être un peu raccord avec les principes qu'on émet nous-mêmes
comme gouvernement, il me semble qu'on devrait être cohérent puis faire des
analyses d'impact réglementaire. Parce qu'on a, en février 2022, donc, créé
cette politique gouvernementale dans laquelle — je le rappelle, parce
que c'est quand même intéressant, là — le préambule, il résume un
peu, là, le fondement, en fait, l'essence de cette politique. Ça dit : «La
réglementation est un outil essentiel qui permet à l'État de réaliser sa
mission. Toutefois, le respect des lois et des règlements, de même que le temps
alloué aux formalités administratives engendrent des coûts pour les entreprises
et accaparent des ressources humaines qui pourraient être utilisées à des fins plus
productives.»
Donc déjà, ça, c'est intéressant quand
même, là, parce que d'une part, on dit les lois ou les règlements qu'on va
mettre en œuvre au gouvernement peuvent avoir un impact. Et, évidemment, je
pense que ça a toujours été une volonté assez importante du côté
gouvernemental, puis je pense que c'est un souhait qu'on partage tous aussi,
là, dans les oppositions, s'assurer que les argents qui sont déboursés par le
gouvernement sont utilisés à des fins les plus productives possibles, qu'il n'y
ait pas de gaspillage, qu'il n'y ait pas d'argent jeté par les fenêtres. Puis
on cherche une certaine efficacité, en fait, dans la mise en œuvre des lois,
des règlements du gouvernement du Québec, mais aussi chez les entreprises, hein?
C'est un peu ça l'analyse d'impact, c'est d'évaluer quel sera l'impact pour les
entreprises qui vont travailler de manière conjointe avec le gouvernement.
Donc, «le fardeau cumulatif de la
réglementation peut ainsi entraîner des effets défavorables sur la croissance
économique, la création d'emplois, l'investissement, l'innovation et la
compétitivité des entreprises, ce qui est contraire au principe de
développement durable.» Donc, c'est un peu ce que je disais, là, chaque fois
qu'on crée une loi, qu'on crée un règlement du côté gouvernemental, bien, évidemment,
il faut... il faut avoir une idée juste de l'impact que ça aura sur les
entreprises. Est-ce qu'on est en train de favoriser la saine compétition entre
les entreprises? Est-ce qu'on est en train d'alourdir le fardeau administratif
ou on est en train de l'alléger tout en se protégeant par ailleurs? Tu sais,
c'est des questions quand même assez fondamentales à se poser, là. On pourrait
référer à la commission Charbonneau. On ne pourrait pas avoir un enlèvement,
finalement, des charges de suivi, par exemple, sur les différents projets. Mais
en même temps, on ne veut pas non plus alourdir indûment. Donc, c'est quand
même assez important, puis c'est une analyse qui est drôlement importante pour
être capable d'avoir un impact positif, mais aussi transversal, parce que c'est
pas juste le projet de loi en lui-même, mais c'est l'effet que ça aura entre
les entreprises elles-mêmes.
Donc, je poursuis : «Avec cette
politique, le gouvernement se dote de moyens et d'outils qui permettent de
mieux réglementer et de contrer le fardeau réglementaire et administratif
imposé aux entreprises, contribuant ainsi à maintenir un environnement
d'affaires favorable à leur développement. À cet égard, la présente politique
est basée sur les meilleures pratiques de réglementation et s'inspire notamment
du concept de réglementation intelligente. Élaboré à la fin des années 90
et au cours des années 2000, le concept de réglementation intelligente <consiste...
M. Grandmont :
...années 90
et au cours des années 2000, le concept de réglementation intelligente >consiste
à élaborer la réglementation de façon à faciliter l'activité économique tout en
protégeant l'intérêt du public.»
Donc, essentiellement, c'est ce que je
disais, c'est-à-dire alléger tout en maintenant des garde-fous pour être
capable de se protéger, M. le Président. C'est extrêmement important dans le
contexte. Là, on va, à travers le 62 et le 61, faire un petit... faire des
changements quand même substantiels, importants dans la façon dont on va non
seulement s'approvisionner au Québec sur différents types de projets, mais,
d'autre part, plus spécifiquement à travers le 61, sur les enjeux de transport
collectif et de transport routier.
Puis ce n'est pas des petits contrats, là.
J'aimerais le rappeler quand même, là. Tu sais, la commission Charbonneau
portait beaucoup sur la question des contrats octroyés par le ministère des
Transports. C'est un grand donneur d'ouvrage, le ministère des Transports et de
la Mobilité durable au Québec. Et moi, de voir que cette analyse d'impact
réglementaire est escamotée dans le cadre de l'étude de ce projet de loi n° 61,
ça me pose beaucoup de questions, surtout qu'on a eu des groupes qui sont venus
ici, l'entreprise privée est venue nous dire que, pour eux, c'étaient des
changements importants.
Donc, je me pose beaucoup de questions,
d'autant plus que le ministère des Transports et de la Mobilité durable nous
avait quand même habitués à des analyses d'impact réglementaire dans ses
précédents projets de loi. On en a eu un sur... On a eu une analyse d'impact
réglementaire concernant le projet de loi <i>modifiant principalement le
Code de la sécurité routière afin d'introduire des dispositions relatives aux
systèmes de détection et d'autres dispositions en matière de sécurité routière.
Ça, c'était en novembre 2023, c'était le projet de loi n° 48, sur lequel
j'ai eu la chance de travailler avec la ministre, avec les collègues, notamment
de Nelligan. On en a eu une autre aussi, une analyse d'impact réglementaire,
concernant le projet de loi <i>modifiant la Loi sur l'assurance
automobile, le Code de la sécurité routière et d'autres dispositions, en mai
2022. On a eu une analyse d'impact réglementaire concernant le projet de
règlement modifiant le Règlement sur le transport rémunéré de personnes par
automobile en juin 2022. On a eu une analyse d'impact réglementaire concernant
l'obligation d'utiliser un dispositif de consignation électronique par les
conducteurs et exploitants de véhicules lourds en mai 2022. On a eu une analyse
d'impact réglementaire concernant le projet de règlement modifiant le Règlement
d'application de la Loi concernant les propriétaires, les exploitants et les
conducteurs de véhicules lourds en janvier 2022. Je n'ai pas fait de demande
d'accès à l'information pour avoir ces informations-là, M. le Président, là,
c'est directement sur le site du ministère des Transports et de la Mobilité
durable.
Donc, il y avait une pratique de réaliser
ces analyses d'impact réglementaire, puis là on n'en a pas pour le projet de
loi n° 61. Donc, je me demande qu'est-ce qui se passe au ministère des
Transports et de la Mobilité durable. Est-ce qu'on a décidé de ne plus faire ce
genre d'analyse d'impact là? Est-ce qu'on a décidé de ne pas la faire parce
qu'on se dit : Bah! dans le projet de loi n° 62, ça a été fait, donc
pas besoin d'en faire un sur le 61? Est-ce que c'est un oubli? Ça se peut
aussi, je l'ignore. Mais moi, je... Ça me pose beaucoup de questions.
Vous savez, il y a un livre, là, que Mme
la ministre aimait beaucoup trimballer avec elle, plusieurs de ses collègues
aussi le trimballaient, là, Comment les grands projets finissent par se
faire réussir, là, dans lequel on disait, puis ça a été repris aussi, par
ailleurs, là, dans une analyse qu'on a eue, là, de Jacques Roy, là, de HEC
Montréal, c'était très intéressant, l'importance de réfléchir longuement et
d'agir rapidement. Réfléchir longuement, ça, ça veut dire soulever toutes les
pierres pour s'assurer que le projet, là, il est bien ficelé; que le projet,
puis, dans ce cas-ci, c'est le projet de loi, là, que le projet de loi, il est
bien attaché; que le projet de loi aura des impacts positifs; que le projet de
loi n'aura pas trop d'impacts négatifs et que, s'il en a, bien, on les aura,
là, le plus possible, amenuisés; s'assurer que le public va être protégé à
travers ce projet de loi là; s'assurer que les entreprises n'auront pas une
charge administrative indue; s'assurer que, tu sais, le projet de loi, là,
qu'on dépose, le projet de loi n° 61, il est... il répond non seulement à
un besoin, mais il ne créera pas plus de problèmes qu'il veut en régler.
C'est un peu ça, l'enjeu, aussi. On ne
veut pas avoir des projets de loi qui créent des problèmes qu'on va devoir
corriger par la suite. C'est quelque chose qui m'apparaît être d'une bonne
pratique. Ça m'apparaît... Puis ce n'est pas juste moi qui le dis, là, c'est...
je veux dire, je me base directement sur la politique du gouvernement actuel,
la Politique gouvernementale sur l'allègement réglementaire et administratif — Pour
une réglementation intelligente. Bien, je ne sais pas c'est quoi, le contraire
d'«intelligent», mais là, on n'a pas fait cette politique-là. On a décidé de ne
pas la réaliser dans le <cadre...
M. Grandmont :
...mais
là, on n'a pas fait cette politique-là. On a décidé de ne pas la réaliser dans
le >cadre d'un projet de loi qui va avoir un impact certain, sur
l'entreprise privée notamment. Ils sont au cœur de ces projets-là, ils sont à
la racine même, là. C'est ce qu'on veut faire avec le projet de loi n° 62.
Parlant du projet de loi n° 62, moi
aussi, je me référerai, là, à la table des matières. Ça aussi, c'est facile à
trouver, là, on va sur le site du Conseil... du Secrétariat du Conseil du
trésor, ça a été déposé en avril 2024, analyse d'impact réglementaire sur le
projet de loi <i>visant principalement à diversifier les stratégies
d'acquisition des organismes publics et à leur offrir davantage d'agilité dans
la réalisation de leurs projets d'infrastructure. Bon. (Interruption)
Excusez-moi.
• (11 h 20) •
Donc, la première des choses, on va
définir le problème. On ne cherche pas à créer des politiques... des nouveaux
projets de loi si ce n'est pas pour corriger des problèmes, évidemment. Donc,
dans le cadre du projet de loi n° 62, on a pris le temps de définir le
problème. On peut être d'accord ou pas d'accord, là, mais force est de
constater que, dans l'analyse du projet de loi n° 62, avant même de
commencer à entendre des groupes, avant même de commencer à faire l'étude
détaillée, on s'est donné la peine, au Secrétariat du Conseil du trésor, de se
poser la question : À quels problèmes on veut référer, quels problèmes on
veut régler avec notre projet de loi? C'est la base. Ensuite, on y est allé
d'une proposition de projet, donc les grandes lignes. Le projet de loi
n° 62 va répondre à ce problème-là en proposant des modifications à notre
mode d'approvisionnement au Québec. On juge qu'il y a des enjeux au niveau du
mode traditionnel, avec des appels d'offres basés sur une conception de réponse
à un problème, là, de transport ou dans le milieu de l'éducation ou de la
santé, et on bâtit en régie ce projet-là. Et on demande aux marchés de répondre
à cet appel d'offres là. Là, on s'était... Du point de vue gouvernemental, il y
a peut-être d'autres façons d'envisager l'approvisionnement au gouvernement du
Québec et de revoir, finalement, la façon dont on y répond, notamment en
impliquant l'entreprise privée dans la conception, ce qui pourrait, selon les
prétentions du gouvernement, réduire les risques.
Ensuite, dans la table des matières
toujours, l'analyse des options non législatives, on fait une évaluation des
impacts, on fait une appréciation de l'impact anticipé sur l'emploi. Donc, ce
n'est quand même pas inintéressant aussi, là, de voir quel impact ça aura sur
non seulement les entreprises, mais sur l'emploi au Québec. Est-ce que ça va
nous permettre d'aller chercher ou de stimuler un secteur d'emploi? Est-ce que
ça va nous permettre... Est-ce qu'il y aura des risques d'une part aussi...
est-ce que... On sait qu'on vit une pénurie de main-d'oeuvre, est-ce qu'il y
aura un risque à combler éventuellement des postes qui pourraient être créés
dans le contexte où on vient modifier le processus d'approvisionnement au
Québec? On fait une évaluation aussi de l'impact sur les petites et moyennes
entreprises. On fait une évaluation de l'impact sur la compétitivité des
entreprises. On regarde aussi la coopération et l'harmonisation réglementaire.
On travaille sur... On fait une analyse des fondements et principes de bonne
réglementation, etc. On conclut.
Donc, je m'explique mal pourquoi d'un
côté, au Secrétariat du Conseil du trésor, on a... on s'est donné la peine de
faire une analyse d'impact réglementaire, alors que dans le projet de loi
n° 61, on ne l'a pas fait. Mais j'irais dans le même sens que mon collègue
de Nelligan, s'il y a des documents existants qui ont été... d'une manière ou
d'une autre qui ont aidé à évaluer le risque réglementaire sur les entreprises
québécoises, bien, qu'on nous les partage. On se contentera de ça pour cette
fois-ci. Peut-être que c'est un oubli, peut-être qu'on a mal évalué la
situation, mais au moins qu'on ait accès à cette information-là. Je pense que
ça peut... ça ne peut pas nuire dans notre appréciation du projet de loi.
Autrement, on va passer notre temps à poser des questions là-dessus tout au
long du projet de loi. Tu sais, si on veut faire notre travail comme il faut,
il faut avoir accès à l'ensemble des documents. Donc oui, le mémoire de la
ministre, mais aussi cette analyse-là qui est extrêmement importante.
Moi, je m'adresse aussi aux députés de la
banquette gouvernementale. Je vous suggère bien humblement de faire cette même demande-là
à Mme la ministre, si on veut être capable de bien évaluer l'impact positif — c'est
ce qu'on souhaite tous savoir, finalement, là — il faut avoir
l'ensemble de l'information, il faut avoir l'ensemble des documents qui ont
servi à analyser ce projet de loi là. Là, on a des groupes qui sont venus en
audiences nous dire qu'il y avait beaucoup de choses à changer. Donc, on aura
beaucoup de travail, certainement plusieurs amendements, des trucs, des
éléments qui sont assez fondamentaux dans le projet de loi, je ne peux pas croire
qu'on n'a pas pensé, du côté <gouvernemental...
M. Grandmont :
...fondamentaux
dans le
projet de loi, je ne peux pas crois qu'on n'a pas pensé, du côté
>gouvernemental, à réfléchir à l'impact que ça aurait.
Donc, je m'arrêterai là, M. le Président,
parce que je veux laisser, là, mon collègue aussi, là, amener peut-être
d'autres arguments supplémentaires, mais ça me semblerait tout à fait opportun
qu'on puisse nous partager, d'ici les délais les plus courts, l'ensemble des
analyses qui ont été produites pour être capables d'avoir le meilleur éclairage
possible et être capables de mesurer quelle analyse fait la ministre de son
projet de loi sur les entreprises québécoises. Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, je vous remercie, M. le député. M. le député des Îles-de-la-Madeleine,
est-ce que vous souhaitez intervenir?
M. Arseneau : Oui, avec
plaisir, M. le Président. Alors, j'accueille de façon extrêmement positive et
enthousiaste la proposition, la motion préliminaire de mon collègue député de
Nelligan. Donc, ce qui est... ce qu'il demande, c'est que l'on puisse avoir
accès à toutes les analyses, les notes ministérielles, les documents
explicatifs portant sur les impacts du projet de loi que l'on étudie à l'heure
actuellement... à l'heure actuelle, le projet de loi n° 61, qui aura pour
objectif de créer une agence, une agence qu'on appellera Mobilité Infra Québec
et qui va quand même changer passablement le paysage et les façons de faire, de
l'aveu même du gouvernement et de la ministre. Donc, c'est un changement de
paradigme important. C'est un changement d'approche qui est assez fondamental,
qui peut être extrêmement lourd de conséquences.
On souhaite que les conséquences soient
positives, que les retombées soient extrêmement enthousiasmantes et que l'on
puisse effectivement atteindre les objectifs de construire davantage, de
construire plus rapidement et de respecter donc les délais, mais aussi les
budgets qui sont impartis à des grands projets d'infrastructure, ce qu'on appelle
les projets complexes. Or, force est de constater qu'au-delà des vœux pieux,
au-delà des affirmations que l'on peut échanger sur la portée du projet de loi,
bien, l'analyse scientifique, les avis d'experts nous manquent pour
véritablement déterminer si les objectifs qui sont associés au projet de loi
sont véritablement réalistes, si... comment ils peuvent se transposer en
résultats. Et évidemment, ce qu'on... ce qu'on n'a pas à l'heure actuelle les
moyens de mesurer, c'est quelles peuvent être aussi les conséquences négatives
ou encore les effets collatéraux d'un changement d'approche aussi fondamental.
On a souvent fait référence au projet de
loi n° 62 en parlant du projet 61. Évidemment, c'est beaucoup trop
court, on ne peut pas s'arrêter là puis dire : Bien, en fonction du... On
adopte un projet de loi qui, sans le projet de loi n° 62, n'aurait pas
d'effet significatif, et faire appuyer les prétentions d'une amélioration
sensible des résultats sur le plan de la construction d'infrastructures et de
projets complexes sur le dos du projet de loi n° 62. C'est deux projets de
loi qui se complètent, certes, mais qui sont autoportants.
Alors, moi, je n'ai pas assisté aux
audiences, ni même au début de la discussion sur le projet de loi n° 62,
mais je pense que notre responsabilité, en tant que parlementaires, c'est de
s'assurer que le projet de loi qui est devant nous se tienne et qu'on puisse en
mesurer toute la portée. Et il y a un outil pour ça, mon collègue député de
Taschereau en a fait mention abondamment, c'est l'analyse d'impact
réglementaire. C'est, en fait, une façon de faire, c'est une pratique, une
bonne pratique que le gouvernement a incluse dans un document qui est
disponible évidemment pour tous les parlementaires et pour le grand public sur
le site web du gouvernement et qui a été déposé en février 2022. On ne parle
pas d'une ancienne pratique qui est révolue puis qu'on peut mettre de côté
parce qu'on a tellement amélioré les façons de faire qu'on peut se passer de
faire des analyses en profondeur sur les impacts réglementaires d'un projet de
loi. Ça date d'à peine deux ans et déjà on semble en faire fi. On le met de
côté et ça, moi, je trouve ça passablement troublant, voire inquiétant qu'un
projet de loi qui semble actuellement essentiel pour sortir de notre torpeur
après six ans d'inaction en ce qui concerne les grands dossiers
d'infrastructure en matière de transport collectif, bien, que ce dossier-là,
depuis le temps qu'on en parle, ça fait d'ailleurs depuis le début du mandat,
du présent mandat, donc près de <deux...
M. Arseneau :
...parle,
ça fait d'ailleurs depuis le début du mandat, du présent mandat, donc près de
>deux ans maintenant qu'on annonce le dépôt d'un projet de loi, bien il
faut faire ses devoirs. Il faut s'assurer qu'on puisse avoir mesuré l'ensemble
des aspects qui vont découler de ce... de l'adoption du projet de loi.
Et force est de constater, une fois de
plus, que, lorsqu'on a rencontré des groupes, bien, il y avait de multiples
questions. Il y avait beaucoup de failles dans l'élaboration du projet de loi
en ce qui concerne, par exemple, ce n'est qu'un exemple, la définition même du
mandat de l'agence. Alors article 4, là, déjà on ne sait pas à quoi va
servir l'agence plus précisément lorsqu'il est question de définir des projets
complexes. Alors, je veux bien qu'on se donne toute la marge de manœuvre au
sein du ministère pour voir à l'évolution des projets et puis l'évolution de la
vision du ministère dans un contexte qui pourrait être différent dans
10 ans ou dans 25 ans, sauf que, pour cela, il y a des amendements
réglementaires ou législatifs qui peuvent être faits. Mais on ne peut pas avoir
un projet de loi aussi vaste et aussi peu précis qu'il laisse place à toutes
les interprétations, y compris des interprétations contradictoires qui
pourraient mener à des débats juridiques ou judiciaires qui n'en finissent
plus.
• (11 h 30) •
On parle quand même de gros sous, on parle
de projets majeurs d'infrastructures, de projets d'infrastructures qui mettent
en action non seulement le ministère des Transports et de la Mobilité durable,
mais également des entreprises du secteur privé, de multiples entreprises qui
vont vouloir contribuer à l'avancement du développement des infrastructures en
matière de transport collectif au Québec, qui ont une expertise qui
actuellement, malheureusement, n'est pas mise à contribution à la hauteur de
tout son potentiel, ici même sur le territoire du Québec. Mais on voit ces
entreprises-là qui sont appelées à répondre à des appels d'offres ou à des
appels à projets un peu partout à travers la planète. Donc, ce n'est pas... ce
n'est pas qu'on n'a pas cette expertise-là, c'est que malheureusement, à l'heure
actuelle, on n'a pas eu la volonté politique d'investir massivement dans le
développement d'infrastructures de transport collectif, de développer ces
projets majeurs ou ces projets complexes. Mais aujourd'hui, on voit que cette
volonté-là pourrait se traduire notamment par la modification des façons de
faire à travers un projet de loi qui crée une agence, mais on n'a pas mesuré à
quel point cette modification législative peut avoir des impacts sur,
justement, les entreprises qu'on voudra mettre à contribution.
Je parle d'entreprises de construction,
évidemment, mais tout ce qui est firmes d'ingénierie également, et puis on
pourrait même parler, au-delà de la construction, d'un aspect du projet de loi
qui a fait l'objet d'ailleurs de plusieurs commentaires de la part des
intervenants qui sont venus nous rencontrer, la question de la captation
immobilière, là, tout ce qui est la valorisation immobilière autour des projets
de transport collectif, et on le prévoit déjà pour Mobilité Infra Québec et les
sociétés de transport. Les municipalités ont dit : Il ne faut pas que ça
se limite, là, il faut pouvoir développer cette source de financement là pour
le transport collectif, que ce soit pour la construction des infrastructures
comme pour ses opérations, il faut aller chercher cette capacité-là de générer
des revenus. Et ça, bien, ça se fait évidemment sur le marché immobilier. Donc,
il y aura nécessairement des interactions avec des entreprises qui sont déjà
actives dans le marché immobilier dans les centres où on va devoir... et on est
vraiment en retard sur le développement de projets de transport collectif.
Alors, évidemment qu'une analyse d'impact doit toucher notamment le domaine
immobilier, en plus du domaine de la construction.
C'est un exemple, je pense, frappant du
fait qu'on a voulu peut-être aller trop vite. Je dirais même que, en voyant le
nombre très grand de points d'interrogation ou de questionnements qui ont été
formulés par l'ensemble des groupes qu'on a rencontrés, on a un peu l'impression
qu'on a voulu faire vite, puis on a peut-être tourné les coins ronds un peu. Et
là, si on ne peut pas avoir les...
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous rappelle que vous disposez d'une minute, M. le député.
M. Arseneau : Une minute pour
compléter?
Le Président (M. St-Louis) : Oui.
M. Arseneau : D'accord.
Alors, je voudrais compléter, M. le Président, en formulant à nouveau cet appui
vraiment formel et je ne sais pas avec quel qualificatif suffisamment fort je
pourrais dire que cet élément-là...
11 h 30 (version révisée)
M. Arseneau : ...je ne
sais pas avec quel qualificatif suffisamment fort je pourrais dire que cet
élément-là est fondamental, de la même façon que l'on dit qu'on ne peut pas
développer des projets de mobilité, des projets d'infrastructure sans avoir une
vision, sans avoir fait une planification, une analyse approfondie du contexte
actuel, du portrait de la situation, mais également un... une espèce d'analyse
prospective sur ce qu'on veut faire, et dans quel contexte on devra évoluer au
cours des 10, 15 ou 25 prochaines années. Bien, de la même façon, je pense
que le projet de loi, qui se situe en amont et qu'on a devant les yeux, doit
faire l'objet du même genre d'analyse approfondie de ses impacts, à tous
égards, et c'est la raison pour laquelle, M. le Président, j'appuie la motion
qui est devant nous.
Le Président (M. St-Louis) :
Je vous remercie, M. le député. Prochaine intervention, du député de l'Acadie.
M. Morin : Alors,
bonjour, M. le Président, merci. Permettez-moi d'intervenir, avec humilité, au
nom du chef de l'opposition officielle, ce qui devrait me donner un maximum de
30 minutes dans le cadre de mon intervention. Je... je vous en... je vous
en remercie. Mme la ministre, chers collègues de la banquette gouvernementale,
cher député de Nelligan, députés des oppositions, je suis très heureux de
pouvoir intervenir ce matin afin d'appuyer la... la motion préliminaire que mon
collègue le député de Nelligan a déposée, une motion excessivement importante,
puis je vais vous expliquer pourquoi dans les minutes... les minutes qui
suivent.
Le Parlement étudie présentement un projet
de loi, le projet de loi n° 61, qui s'intitule Loi édictant la Loi sur
la... Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au
transport collectif. Donc, ma compréhension du... du projet de loi, c'est que
le gouvernement du Québec, le gouvernement de la CAQ veut créer une autre
agence, qui aura pour mandat — puis j'en... j'en parlerai tantôt — de
s'occuper particulièrement de grands chantiers de construction. Donc, c'est
un... c'est un changement de cap important, en fait, moi, c'est comme ça que je
le perçois. Je n'ai pas eu le... le privilège, M. le Président, d'assister à
toutes les consultations particulières, mais il y a quand même des... des
résumés qui nous ont... qui nous ont été faits. Mais c'est un changement de cap
important.
Et je comprends mon collègue le député de Nelligan,
avec sa motion préliminaire, qui dit : Écoutez, nous, là, on aimerait
avoir, du ministère des Transports et de la Mobilité durable, toutes les
analyses, notes ministérielles, documents explicatifs portant sur les impacts
du projet de loi envers les entreprises ainsi que les sociétés de transport. Et
c'est une demande qui était excessivement pertinente, et elle est importante
pourquoi? Bien, parce que, quand on veut opérer un changement de cap aussi
important, bien, il me semble que, nous, qui sommes députés, qui faisons partie
du législatif, il faut avoir... il faut avoir tous les documents, pour être en
mesure, d'abord, de poser des questions, évidemment, qui ont un impact auprès
de Mme la ministre, et, après ça, bien, être capables d'obtenir des réponses à
ces questions, des réponses qui vont permettre, évidemment, à la population de
voir exactement où veut aller le... le gouvernement avec... avec son projet de
loi, avec la création de cette agence.
Changement de cap important, puis,
permettez-moi, permettez-moi, M. le Président, de... de citer une analyse
sommaire qui a été faite par le... le cabinet d'avocats <i>Gowling en
lien avec le projet de loi 61. Peu de temps après le... le dépôt du projet
de loi par la ministre des Transports, en fait, pour informer le public en
général, Gowling disait, et je les cite, que «ces projets de loi — parce
qu'il y avait également une référence au projet de loi 62, dont on a fait
mention précédemment, mais le projet de loi n° 61... et 62, mais... mais
revenons au 61 — va venir substantiellement changer le droit au
Québec concernant le mode d'octroi des contrats pour la réalisation de projets
majeurs d'infrastructures publiques.»< Ce...
M. Morin :
...concernant
le mode d'octroi des contrats pour la réalisation de projets majeurs
d'infrastructures publiques.» >Ce n'est pas banal comme énoncé, je le répète :
«...viendraient substantiellement changer le droit au Québec.» Donc, si le
gouvernement de la CAQ veut opérer un changement aussi important, bien, il me
semble que la première chose à faire dans une législature comme celle que nous
avons au Québec, c'est de faire preuve de transparence et d'être capables
justement de partager avec l'ensemble des collègues députés, mais
particulièrement les collègues des oppositions, toute la documentation pour
qu'on soit à même de bien saisir l'impact que ce projet de loi aura
éventuellement sur la société.
C'est d'autant plus important, M. le
Président, parce qu'avec la majorité du gouvernement, je vous dirais que les
chances que ce projet de loi devienne loi sont quand même pas mal bonnes.
Alors, raison de plus pour permettre aux oppositions, et en particulier à mon
collègue le député de Nelligan, d'avoir toute l'information pour qu'on soit
capables, comme parlementaires, de faire notre travail efficacement.
• (11 h 40) •
Donc, je reprends... je reprends les informations
que partageait Gowling. Donc, le PL 61 et le PL 62... Puis le PL 62,
permettez-moi simplement de rappeler que c'est un projet de loi qui vise
principalement à diversifier des stratégies d'acquisition des organismes
publics et à leur offrir davantage d'agilité dans la réalisation de leurs
projets d'infrastructure. Donc, encore là, j'y reviens... deux projets de loi
qui vont avoir des impacts majeurs sur les différents processus d'attribution
des projets complexes de bâtiments institutionnels et d'infrastructures liées
aux transports.
Et permettez-moi de rappeler comment le
transport collectif doit être une priorité pour un gouvernement. Ce n'est
malheureusement pas le cas avec le gouvernement actuel. Mais... mais, écoutez,
la mobilité... Au moment où les provinces, les pays doivent multiplier les
efforts pour assurer que nous aurons dans le futur un environnement sain, donc
utilisons... faisons en sorte que le transport collectif puisse être
adéquatement financé pour être efficaces.
Et je reviens... je reviens plus
particulièrement au projet de loi n° 61. Simplement pour rappeler et puis
pour vous dire comment ce projet-là va opérer une différence fondamentale sur
la façon de voir et éventuellement de construire des infrastructures en matière
de transport. Le gouvernement de la CAQ, en créant <i>Mobilité Infra, va
créer une nouvelle personne morale mandataire de l'État. On souligne que cette
nouvelle personne morale sera assujettie à la Loi sur la gouvernance des
sociétés d'État. Donc, on change le cadre de gouvernance et on met en place une
nouvelle personne morale.
Puis, par la suite, on nous rappelle que
cette personne morale aurait pour mission principale de réaliser des analyses
d'opportunité ainsi que la planification et la réalisation de projets complexes
de transport lorsque le gouvernement lui en confie la responsabilité. Donc,
cette personne morale va avoir comme mandat d'analyser, planifier, réaliser les
projets complexes de transport, bon, évidemment lorsque le gouvernement lui en
confie la responsabilité, mais on peut d'ores et déjà savoir, penser
raisonnablement que le gouvernement va confier ces responsabilités à,
évidemment, Infra Québec.
Et, un tel projet de loi, c'est ce qu'on
nous dit, pourrait viser l'un des objets suivants : construction,
reconstruction ou réfection d'un immeuble ou d'un ouvrage de génie civil
destiné au transport ou utile à un système de transport. Alors <là...
M. Morin :
...ou
d'un ouvrage de génie civil destiné au transport ou utile à un système de
transport. Alors >là, dans un cas comme ça, on parle d'une foule d'infrastructures
dans des projets excessivement importants. Et également, développer l'amélioration
d'un système de transport intelligent, autre dossier fondamental. Et, à part de
ça, le projet de loi créerait une compétence exclusive et donnerait de nombreux
pouvoirs dans le cadre de la planification ou de la réalisation d'un projet
complexe, en plus de pouvoir établir des partenariats avec toute filiale pour
la planification de projets, encore là, complexes. Donc, vous voyez l'impact qu'aura
Mobilité Infra Québec lorsqu'elle verra le jour.
Et j'aimerais également, M. le Président,
attirer votre attention sur certaines dispositions du projet de loi n° 61. Je vais... je vais réserver mes commentaires et mon
intervention, dans un premier temps... à partager avec vous et avec les membres
de la commission, au chapitre 2, la mission, la fonction et les pouvoirs
généraux de ce que sera Mobilité Infra Québec. Et, dans le projet de loi, qui, éventuellement,
sera étudié article par article, hein, on dit clairement... l'intention du
gouvernement de la CAQ, c'est de faire de Mobilité Infra Québec... il aura ou
elle aura comme «mission principale d'effectuer, dans une perspective de
mobilité durable, lorsque le gouvernement lui en confie la responsabilité, l'analyse
d'opportunité, la planification ou la réalisation de projets complexes de
transport.»
Alors, on parle toujours... et ça, c'est
important, M. le Président, on parle toujours de projets complexes. «Le
gouvernement, lorsqu'il lui confie une responsabilité en vertu du premier
alinéa et afin de favoriser la mise en valeur des espaces à proximité des
bâtiments ou des ouvrages de génie civil d'un projet complexe de transport,
peut permettre à Mobilité Infra Québec» de faire une foule de situations, et je
vais vous en énumérer quelques-uns, ils sont dans le projet de loi. Puis, si je
vous brosse ce tableau-là, M. le Président, c'est pour que les gens, les gens
qui nous écoutent puissent bien comprendre quels sera le mandat, la mission,
les fonctions de cette agence, éventuellement.
Donc, je reprends. Le gouvernement pourra
permettre à Mobilité Infra Québec «de vendre un immeuble ou une partie d'un
immeuble qu'elle ne prévoit plus utiliser et qui a été acquis pour le projet», donc,
pouvoir de céder, le pouvoir de vendre, «d'aménager un immeuble ou un ouvrage
de génie civil afin qu'il puisse soutenir ou accueillir un bâtiment ou une
structure souterraine qu'un tiers pourrait construire, et ce, dans les limites
prévues par la loi.» Donc, écoutez, ce n'est quand même pas banal comme
possibilité, là. On parle, là, à aménager un ouvrage de génie civil qui
pourrait soutenir ou même accueillir un bâtiment ou une structure souterraine
même qu'un tiers pourrait construire. Donc, vous voyez comment, au fond, la
mission ou le mandat de Mobilité Infra Québec va être grande.
«Le gouvernement peut aussi déterminer les
conditions relatives à l'application du premier ou du deuxième alinéa» et, aux
fins de la présente loi, parce que là, on parlait beaucoup d'un projet complexe
de transport qui va être confié à Mobilité Infra Québec, donc, viser l'un des
objets suivants : construction, reconstruction ou réfection d'un immeuble
ou d'un ouvrage de génie civil destiné au transport ou utile à un système de
transport, le développement ou l'amélioration d'un système de transport
intelligent. Et le projet visé comprend l'acquisition de tous les biens requis
à l'exploitation d'un système de transport, notamment le matériel roulant.
Donc, c'est vaste. Est-ce qu'on parle, de train, <de...
M. Morin :
...de
transport, notamment le matériel roulant. Donc, c'est vaste. Est-ce qu'on
parle, de train, >de métro, de tramway? En fait, ça semble tout inclure
ces différentes possibilités et ces différents systèmes de transport qui, bien
sûr, utilisent, évaluent du matériel roulant.
• (11 h 50) •
Mais ce n'est pas tout, M. le Président.
Dans le projet de loi n° 61, on dit également que Mobilité Infra Québec,
et je... je lis l'article 5 du projet de loi, «exerce également les
fonctions suivantes : la réalisation des analyses en transport que le
ministre lui confie moyennant rémunération, dont la planification en mobilité»,
ce qui est aussi excessivement vaste, et, en plus, une espèce de... de clause
résiduaire, si vous me permettez l'expression, «l'exécution de tout autre
mandat que le gouvernement lui confie.»
Donc, au fond, quand on regarde rapidement
la mission, les fonctions et les pouvoirs généraux de Mobilité Infra Québec,
j'en arrive à la... à la conclusion que cette agence aura éventuellement toute
la responsabilité d'aménager, construire, organiser, vendre, analyser tout ce
qui touche les... en fait, je vous dirais, les... tous les projets complexes de
transport.
Et c'est important... c'est important de
le souligner, parce que, évidemment, une telle agence, avec de tels pouvoirs...
il est difficile d'imaginer, M. le Président, qu'une telle agence n'aura pas un
impact important sur ce qui se fait présentement dans le domaine des transports,
au Québec en général. Et justement, pour appuyer... pour appuyer mon propos, je
vous réfère, quand il y a eu les consultations particulières, notamment à la Fédération
des chambres de commerce du Québec, hein, pour savoir, pour être capables de
déterminer si, oui ou non, ça va avoir un impact. Bien, la Fédération des
chambres de commerce du Québec, lorsqu'ils sont venus pour les consultations
particulières, se sont fait poser la question : Est-ce que le projet de
loi 61 aura un impact sur les entreprises? La réponse, M. le Président :
absolument. Absolument. Donc, il y aura...
Puis là, évidemment, la <i>fédération
des chambres de commerce, bien sûr, c'est... c'est le Québec des villes, des
régions, c'est le Québec au complet... et qui sont en lien... ils sont en
constante, évidemment, correspondance avec les différentes entreprises, bien
sûr. Alors, est-ce que ça va avoir un impact sur les entreprises? La réponse
claire : absolument.
Et là vous... vous me voyez... vous me
voyez arriver, M. le Président. Si j'ai pris la peine de... de ce faire... de
faire ce préambule-là, de partager ce préambule-là puis de ce que va être
éventuellement Mobilité Infra Québec, bien, c'est pour revenir... c'est pour
revenir à la motion préliminaire de mon collègue le député de Nelligan, et dans
sa demande où il souhaite obtenir des documents permettant d'apporter un
éclairage supplémentaire à la commission dans l'exécution de son mandat, et, à
cette fin, que le ministère des Transports et de la Mobilité durable dépose
toutes les analyses, notes ministérielles ou documents explicatifs portant sur
les impacts du projet de loi envers les entreprises ainsi que les sociétés de
transport.
Quand on regarde ce qui a été dit pendant
les consultations parlementaires, bien oui, il va y en avoir, un impact sur les
entreprises, absolument, puis qu'après ça... M. le Président, j'aimerais...
j'aimerais attirer votre attention sur une réponse qu'on a obtenue de
Transports et Mobilité durable suite à une demande d'accès aux documents. Et
ça, c'est très... c'est très intéressant, parce que, dans cette lettre du
13 septembre 2024, le secrétariat général et soutien à la
gouvernance, <ainsi...
M. Morin :
...dans
cette lettre du 13 septembre 2024, le secrétariat général et soutien
à la gouvernance, >ainsi que le secrétariat général adjoint, nous
écrivaient en disant, et je cite : «Nous donnons suite à votre demande d'accès
aux documents, reçue le 23 août 2024, visant à obtenir des notes d'informations
concernant la création de Mobilité Infra Québec, ainsi que les analyses du
projet réalisées depuis le 1er janvier 2023, comprenant, notamment, l'analyse
d'impact réglementaire du projet de loi 61, ainsi que les coûts estimés et
détaillés, par année, pour les 10 prochaines années, pour l'implantation
de Mobilité Infra Québec.»
Pourquoi cette demande des coûts estimés
détaillés pour les 10 prochaines années? Bien, c'est parce que, nous,
comme parlementaires, on a aussi un rôle fondamental, c'est celui... c'est un
rôle de contrôleur. Donc, évidemment, si on veut contrôler ce que fait l'action
gouvernementale, ce que fait l'activité gouvernementale, bien, il faut être
capables, évidemment, d'obtenir des documents, puis être capables, bien sûr, d'avoir
des chiffres, pour savoir quels vont être les coûts estimés.
Et voilà, par la suite, ce qu'on a reçu :
«Voici le lien vers le document recensé, répondant au libellé de votre demande,
pouvant vous être transmis.» Et là ce qu'on a obtenu, c'est le mémoire
concernant la Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant
certaines dispositions relatives au transport collectif. Donc, on a obtenu une
copie, évidemment, en partie, publique — c'est bien indiqué dans le
document — du mémoire qui a été présenté au Conseil des ministres par
Mme la ministre des Transports et de la Mobilité durable. Mais où ça devient
intéressant, M. le Président, c'est par la suite : «Quant aux autres
documents recensés, ils ne peuvent vous être divulgués, et ce, pour les motifs
suivants.» Et puis je vais y revenir dans mon intervention. «Par ailleurs, nous
vous informons qu'aucune analyse d'impact réglementaire n'a été produite dans le
cadre de ce dossier.» Et là, M. le Président, permettez-moi d'être surpris.
Enfin, moi, je lis la lettre qu'on nous envoie : aucune analyse d'impact
réglementaire. Puis je me suis dit, quand j'ai lu la lettre : Ça ne se
peut pas, ça doit être une erreur.
Rappelez-vous ce que je disais, hein, en
consultations particulières, Fédération des chambres de commerce du
Québec : Est-ce qu'il va y avoir un impact sur les entreprises? Réponse :
absolument. Rappelez-vous la mission, fonction, pouvoirs généraux de Mobilité
Infra Québec. Écoutez, ce n'est pas compliqué, M. le Président, Mobilité Infra
Québec, quand ça va voir le jour, là, ça va s'occuper de tous les projets
complexes. En fait, le projet de loi prend la peine de le souligner carrément,
précisément : réalisation, planification, analyse d'opportunité des
projets complexes de transport. Et là on nous dit : Aucune analyse d'impact
réglementaire n'a été produite. C'est surprenant, voire inquiétant.
Mais là ça continue, ce n'est pas tout. On
nous dit : «Certains renseignements contenus dans ces documents ne sont
pas accessibles, puisqu'il s'agit de renseignements personnels qui ne peuvent
être divulgués sans le consentement des personnes concernées.» C'est possible.
Effectivement, une institution gouvernementale doit protéger les renseignements
personnels qu'elle recueille.
De plus, et là ça devient intéressant :
«D'autres documents qui ne sont pas visés par la loi sur l'accès... En effet,
les brouillons, esquisses, ébauches, notes préparatoires ou tout document de la
même nature ne peuvent pas faire l'objet d'une demande d'accès à l'information,
en vertu de l'article 9, alinéa 2, de la <i>loi sur l'accès.»
Bien, j'en conviens. Alors, prenons une analyse juridique serrée, hein, bien
précise de la loi, et il est possible, très possible que ces documents-là,
brouillons, esquisses, ébauches, notes préparatoires ou tout document de la
même nature ne peuvent pas faire l'objet d'une demande d'accès. Soit, d'accord.
Alors, c'est la réponse qu'on a eue.
Sauf que, M. le Président, là, aujourd'hui,
on n'est pas dans le cadre d'une demande d'accès. Là, on est en commission
parlementaire, et, compte tenu de la mission de l'organisme et de son impact
que ça va avoir — parce qu'il va y en avoir un, impact, ça a été dit
clairement — nous, ce qu'on veut avoir maintenant, l'opposition
officielle, mon collègue le député de Nelligan, c'est les analyses, les notes,
les documents explicatifs portant sur les impacts du projet de loi envers les
entreprises ainsi que les sociétés de <transport...
M. Morin :
...portant
sur les impacts du projet de loi envers les entreprises ainsi que les sociétés
de >transport. Là, ce que la lettre de Transports et Mobilité durable
nous dit, ce n'est pas qu'il n'y en a pas. Ça nous dit : Écoutez, ces
documents-là ne peuvent pas faire l'objet d'une demande d'accès à
l'information.
• (12 heures) •
D'où la pertinence de la motion que
présente mon collègue le député Nelligan. Nous, là, ces documents-là, ça nous
apparaît fondamental pour voir ce qui va arriver, que ce soit envers les
entreprises ou envers les sociétés de transport. Et, la réponse du ministère
des Transports et de la Mobilité durable ne nous dit pas qu'il n'y en a pas.
Ils disent : Non, ça, ça ne rentre pas dans le cadre strict de la loi.
Soit, mais ici, on est en commission parlementaire, puis nous, comme députés,
pour faire notre travail, il nous faut ces documents. C'est essentiel, M. le
Président, pour être capables d'en cerner l'impact puis faire notre travail de
député, et particulièrement dans l'opposition officielle.
Je vais faire une hypothèse, M. le
Président. On verra quelle sera la... la position de la ministre. Mais, quand
j'ai regardé rapidement certaines statistiques sur le nombre d'employés au
ministère des Transports, puis je peux me tromper, là, mais j'ai dénombré... en
fait, les chiffres qu'on a obtenus, c'est 7 860 fonctionnaires, à peu
près. J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de difficultés à comprendre, M. le
Président, qu'avant de déposer ce projet de loi, compte tenu de ce que Mobilité
Infra Québec va faire, qu'il n'y ait pas un fonctionnaire quelque part dans le
ministère qui n'ait pas écrit une note, une analyse, un document explicatif
concernant Mobilité Infra Québec.
Puis je vais vous dire pourquoi je serais
bien surpris. Puis là, évidemment, je vais vous parler un petit peu de mon
expérience personnelle. Moi, j'ai été privilégié dans ma vie, M. le Président.
J'ai travaillé toute ma vie pour la fonction publique, fonction publique
québécoise d'abord, puis après ça, la fonction publique fédérale. Et les gens
que j'ai côtoyés au sein des différents ministères, dans les deux fonctions
publiques, étaient des gens excessivement compétents, dévoués, loyaux envers
leur organisation, et je tiens à le souligner, des gens, là, qui avaient le
cœur sur la main puis qui travaillaient fort. Mais il y a une chose, par
exemple, que je peux vous dire, puis là, ça a peut-être changé, parce que,
depuis deux ans, bon, évidemment, je ne suis plus fonctionnaire, j'ai donné ma
démission, mais, pendant toutes ces années-là, là, quand on allait dans des
réunions, on prenait des notes. Sincèrement, là, M. le Président, là, moi, là,
je ne me souviens pas d'être allé dans une réunion... puis là on parle d'un
projet de loi important, là, on ne parle pas de planifier quelque chose qui est
un peu... qui est un peu banal, là, au quotidien. Non, non, on parle, là, d'un
projet de loi qui va venir changer considérablement la façon dont on va faire
des projets de construction au Québec.
Et là, vous avez des... écoutez, c'est
clair, des députés, un ministre... si on peut être efficaces, bien, c'est parce
qu'on a des équipes avec nous. Nous, dans l'aile parlementaire de l'opposition
officielle, c'est toute l'équipe de la recherche, les ministres, c'est leur...
c'est leur ministère. Donc, on va venir me dire que, quoi, c'est arrivé
soudainement comme ça, quelqu'un a écrit ça en 24 heures sur le coin d'une
table puis la ministre l'a présenté? Permettez-moi d'en douter, avec respect,
M. le Président.
Alors donc, il y a sûrement eu des
réunions, des réunions importantes. Et donc les fonctionnaires qui ont assisté
à ces réunions-là sont arrivés pas de notes, pas de cahiers, pas de petits
livres noirs, rien, puis ils sont tous repartis avec rien. Wow! non, non, bien,
écoutez, c'est possible, mais c'est fort. Parce qu'à un moment donné, il y a
quand même des légistes, qui, eux aussi, soit dit en passant, font un travail
exceptionnel... ont rédigé ça. Ils ont dû prendre leurs instructions quelque
part. Ils n'ont pas... ils n'ont pas dit à un légiste : Écoutez donc,
faites-nous donc Mobilité Infra Québec, vous avez carte blanche. Ce n'est pas
comme ça que ça fonctionne. Je peux vous le dire. Moi, j'en ai travaillé, des
projets de loi, quand j'étais, woups!, fonctionnaire, et ce n'est pas comme ça
que ça fonctionne.
Alors, c'est assez étonnant. C'est assez
étonnant que la <i>loi sur l'accès à l'information ne puisse nous
aider... bien, peut-être, oui, ça se peut. Mais la ministre, avec son équipe,
elle est là, elle, elle peut nous aider, et ça, c'est fondamental. Alors, je
réitère l'importance de la motion préliminaire qui a été déposée par mon
collègue. Moi, je ne peux pas croire...
12 h (version révisée)
M. Morin : ...l'importance de
la motion préliminaire qui a été déposée par mon collègue. Moi, je ne peux pas
croire que ces documents-là n'existent pas, et il est hyperimportant, pour les
parlementaires... puis, quand je dis «les parlementaires», je parle aussi de
mes collègues de la banquette gouvernementale, et je les invite à demander
également à la ministre ces documents-là pour qu'on puisse tous faire notre
travail, et donc je lui dis : S'il vous plaît, partagez ces
informations-là avec nous afin que nous puissions, dans un souci de
transparence, être capables... faire en sorte que les Québécois et les
Québécoises vont le savoir, vont avoir tout le background, et on pourra ainsi
continuer à travailler dans ce projet de loi.
Donc, c'est une excellente motion que j'appuie
entièrement, M. le Président. Je vous remercie.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Est-ce que d'autres membres de la commission souhaitent
intervenir sur la motion préliminaire déposée par le député de Nelligan? Il
semble clair qu'il n'y aura pas d'autre intervention sur cette motion. Donc,
nous allons procéder à la mise aux voix. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
Le Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :Contre.
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
Le Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
Le Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
Le Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
Le Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
M. le secrétaire?
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : La
motion est rejetée. Donc, je crois que nous avons une seconde motion du second
groupe d'opposition, la motion ayant été déposée sur Greffier. Est-ce que la
motion a été envoyée par courriel?
M. Grandmont : Je crois que
oui.
Le Président (M. St-Louis) : Si
vous souhaitez en faire la lecture, durant ce temps, nous allons procéder au
dépôt sur Greffier et nous allons afficher la motion, là, sur les écrans. Donc,
la parole est à vous, M. le député.
M. Grandmont : Oui, d'accord.
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, voilà, je vous dépose cette motion
préliminaire : «Qu'en vertu de l'article 244 du Règlement de l'Assemblée
nationale la Commission des transports et de l'environnement, avant d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité
Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport
collectif, tienne des consultations particulières et qu'à cette fin elle
entende les groupes suivants : Trajectoire Québec, Accès transports
viables, ainsi que tout autre groupe qu'elle jugera pertinent.»
Donc, voilà, elle apparaît? Bon, parfait,
excellent. Donc, évidemment, c'est une invitation, là. Si Mme la ministre pense
qu'il y a d'autres groupes en plus qu'on devrait inviter, je l'invite à nous en
faire part, évidemment, là. La motion est ouverte ainsi. Donc, je vais aller de
quelques explications, si vous le permettez, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Oui,
allez-y.
M. Grandmont : Donc, j'ai une
demi-heure, c'est ça, hein?
Le Président (M. St-Louis) : Vous
avez 30 minutes, oui.
• (12 h 10) •
M. Grandmont : Parfait. Merci
beaucoup. Bien, d'accord, essentiellement, M. le Président, là, c'est que j'espère
que nous puissions... j'aimerais que nous puissions entendre, avant d'entreprendre
l'étude détaillée, des groupes qui, pour moi, sont extrêmement importants à
entendre, des groupes qui représentent les usagers et les usagères du transport
collectif au Québec. Ça me semble, pour moi, d'une évidence très grande. On ne
peut pas faire un projet de loi sans entendre les premières personnes qui
seront impliquées ou qui bénéficieront des avantages allégués du projet de loi
n° 61. On ne fait pas... En tout cas, il me semble que c'est la base, d'inviter
les groupes qui représentent les personnes qui seront au cœur des changements
entrepris par Mme la ministre.
Et nous avions proposé, à cet effet-là,
que nous puissions entendre le groupe Trajectoire Québec. Cette possibilité-là
n'a pas été rendue possible par la partie gouvernementale. On a fini par
entendre Trajectoire Québec, mais comme membre de l'Alliance Transit, ce qui n'est
pas du tout la même chose. À cet effet-là, je vais d'ailleurs me permettre,
pour être... pour être absolument très clair dans mon propos... rappeler les <missions
des trois organismes auxquels...
M. Grandmont :
...pour
être absolument très clair dans mon propos... rappeler les >missions des
trois organismes auxquels je réfère.
D'abord, l'Alliance Transit, qui est un...
qui est un regroupement, là, comme c'est mentionné dans le... dans son
sous-titre, en fait, Transit, l'Alliance pour le financement des transports
collectifs au Québec : «La mission de Transit est de favoriser le
développement et l'amélioration des services de transport collectif au Québec
en s'assurant qu'ils reçoivent le financement nécessaire pour permettre au plus
grand nombre possible de citoyens d'en bénéficier.»
Donc, on est vraiment dans une perspective
de travailler spécifiquement sur la notion du financement autant des
infrastructures que le financement des opérations de transport collectif. Je
pense que Mme la ministre connaît bien cette organisation-là, ce regroupement
d'organisations, dont, évidemment, font partie, là, Trajectoire Québec et...
Trajectoire Québec et Accès transports viables, mais ce sont... Ils se
regroupent, en fait, à plusieurs organisations, sous le chapeau, sous l'enjeu
bien particulier du financement.
Donc, évidemment, quand on... quand on
traite de l'arrivée de Mobilité Infra Québec dans le paysage québécois, on ne
parle pas uniquement que de financement. Il y a la place des usagers. Il y a
comment ce sera déployé. Donc, évidemment, on ne couvre pas beaucoup d'aspects
de ce que le transport collectif représente pour beaucoup de gens au Québec et,
à mon sens, on aurait dû recevoir les groupes, là, Trajectoire Québec et Accès
transports viables, Trajectoire Québec dont la mission est la suivante : «Trajectoire
Québec est une association qui intervient dans la représentation des citoyens
et la promotion de leurs intérêts en matière de transport collectif partout au
Québec. L'association rassemble et mobilise citoyens, associations et
corporations grâce à son expertise en mobilité citoyenne. Trajectoire Québec
agit par des représentations, des campagnes de mobilisation, des interventions
médiatiques et par la remise annuelle des prix Guy-Chartrand.»
Donc, c'est de faire vraiment la promotion
des droits des usagers et usagères et de contribuer au développement global des
transports collectifs partout au Québec, tandis qu'Accès transports viables, sa
mission : «Accès est une... Accès transports viables est un organisme à
but non lucratif ayant pour mission de défendre les droits des utilisatrices et
utilisateurs des transports collectifs (transport en commun, covoiturage,
autopartage), et actifs (marche et vélo), ainsi que de promouvoir la mobilité
durable dans les régions de la Capitale-Nationale et de la
Chaudière-Appalaches.»
Bon, pourquoi, pour moi, c'est important
qu'on entende... avant de commencer l'étude détaillée, pourquoi c'est important
qu'on entende les organisations? Donc, il y en a une qui est plus à l'échelle
de la région de la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches et l'autre plus à
l'échelle du Québec. Bien, d'une part, parce que moi, je me réfère à un
document que Mme la ministre, sûrement, a sur sa table de chevet parce que
cette loi est au cœur de ses préoccupations, la <i>politique
québécoise de mobilité durable, dans laquelle on avait choisi de placer les
usagers au cœur de cette politique-là.
Dans ce document-là, on disait : «Cap
sur la mobilité durable pour relever les défis associés aux enjeux de mobilité
durable et répondre adéquatement aux besoins des usagers.» Donc, on comprend que
les usagers sont le point de chute, là, le principal bénéficiaire de l'action
gouvernementale en matière d'amélioration de l'offre de transport collectif au
Québec. Que ce soit à travers les opérations, le service qu'on donne ou, de l'autre
côté, l'augmentation du nombre de projets d'infrastructure qu'on déploie au
Québec, donc, les usagers est au cœur de ça.
Donc, pour relever les défis associés aux
enjeux de la mobilité durable et répondre adéquatement aux besoins des usagers,
le gouvernement du Québec propose un ensemble de priorités d'intervention à
l'horizon... à l'horizon 2030. Ça, ça s'en vient vite, M. le Président.
Celles-ci sont classées en cinq dimensions, qui touchent le milieu municipal et
le citoyen, les chaînes logistiques et les entreprises, les infrastructures en
appui à une mobilité durable, l'électrification et les énergies alternatives,
ainsi que le leadership en mobilité durable.
Toujours dans cette politique de mobilité
durable du Québec, on dit : «Les usagers, soit les citoyens et les
entreprises, sont au cœur de cet écosystème. Ils adoptent des comportements de
déplacement répondant à leurs besoins de mobilité en fonction des
caractéristiques de l'ensemble de l'écosystème et de leur culture de mobilité.»
Moi, je trouve ça très intéressant et important.
Et finalement on résume l'ensemble de
ce... de cette volonté de placer l'usager au cœur de la mobilité durable en le
schématisant, puis je me permets de le montrer, M. le Président, c'est <assez
simple...
M. Grandmont :
...en
le schématisant, puis je me permets de le montrer, M. le Président, c'est >assez
simple, c'est un graphique autour duquel on a évidemment toutes les parties
impliquées. Donc, on a évidemment, là, l'ensemble des... C'est la gouvernance,
le financement. On a l'innovation qui est superimportante. On a un territoire
qui est favorable à la mobilité, des systèmes performants, puis, au cœur de
tout ça, bien, évidemment, les usagers. Je vois M. le sous-ministre opiner. Je
pense qu'il a participé aussi à la rédaction, là, de cette importante
politique.
Évidemment, moi, j'aimerais, pour ces
raisons-là, qu'on puisse revenir à... qu'on prenne le temps, en fait, de les
entendre parce que ce qui est important là-dedans puis ce qui est écrit dans la
politique, c'est qu'on s'appuie sur l'identification de leurs besoins, de leurs
besoins à la fois comme usagers du transport collectif, d'une part, mais, de
l'autre côté, aussi en termes de sécurité routière.
Il y a... il y a un élément, plus tard, où
on dit qu'évidemment... parce que la politique de mobilité durable, évidemment,
ce n'est pas que du transport collectif, là, c'est, bien entendu, offrir des
alternatives aux gens pour qu'ils puissent se déplacer. On a des indicateurs
puis des cibles. On veut que les gens puissent avoir accès à plusieurs types de
mobilité à proximité de chez eux. L'automobile, évidemment, demeure, pour
plusieurs... même si on espère que ça tende à diminuer, là, la proportion de
gens qui sont dépendants de leur automobile pour se déplacer tende à diminuer
dans le temps, mais la notion de sécurité routière, notamment, automobile, puis
évidemment tous les autres modes de transport, là, que ce soient les transports
actifs, transport, donc, à pied et transport en vélo...
On en a eu un projet de loi n° 48 sur
lequel on a beaucoup jasé de ces enjeux-là. On n'a peut-être pas été assez loin
à notre point de vue, mais, au moins, on a eu quand même certaines avancées et
des pas qui ont été faits dans la bonne direction. Mais c'est hyperimportant de
s'appuyer sur les besoins des gens qui vont l'utiliser, le transport collectif,
ou encore des gens qui ne l'utilisent pas encore, mais pour qui avoir une
augmentation de l'offre de transport collectif, notamment, est très importante,
c'est-à-dire pour les personnes qui sont prises dans le trafic et qui
aimeraient bien que leur voisin pour qui ça serait possible de l'utiliser,
bien, puisse l'utiliser, puis ça libérerait peut-être de l'espace un petit peu,
puis ça faciliterait le déplacement en automobile pour ces personnes-là ou
encore beaucoup de gens qui utiliseraient le transport collectif.
Vous savez, quand on voit l'offre
diminuer, de transport collectif... On a eu un exemple récemment, là, du côté
de Lévis, notamment, là. Il y a certains express qui ne se rendent plus...
certains Lévisiens qui ne se rendent plus jusqu'à la colline Parlementaire,
arrêtent dans le secteur <i>Laurier, donc, Laurier ou Université Laval, bien,
pour des gens, cette correspondance forcée là sur leur tracé, parce qu'on leur
demande, dans le fond, de sortir du bus de la STLévis, plutôt d'embarquer
dans... sur un autobus du RTC, bien, c'est une perte de temps puis ça a un
facteur pénalisant, ce qui fait que plusieurs d'entre eux qui utilisaient le
transport collectif, bien, utilisent dorénavant leur voiture parce qu'à un
moment donné, dans la vraie vie du vrai monde, comme se plaît à le rappeler Mme
la ministre, les gens font des choix qui sont économiquement viables pour eux.
Si l'automobile devient plus compétitive
que le transport collectif parce qu'on a ajouté une correspondance sur leur
trajet qu'ils utilisaient depuis des années, bien, évidemment qu'à un moment
donné on ne leur reprochera pas de choisir ce qui est le plus avantageux pour
eux en termes de temps, notamment. Bon, en termes de coût, peut-être qu'ils
sont perdants, mais le temps est important pour les gens. Le temps est
important, parce qu'on avait des remarques et on avait des... une courte
discussion au début de... hors micro, Mme la ministre et moi, tout à l'heure,
avant de commencer, puis les tâches sont importantes dans une vie, s'occuper
des enfants, c'est important, passer du temps avec eux autres, c'est important
aussi, puis les transports, c'est beaucoup de temps passé dans une journée. Donc,
si mon trajet qui me prenait 45 minutes m'en prend 1 h 15 min
dorénavant juste pour aller travailler, on fait ça deux fois, bien là c'est
beaucoup de temps de moins que j'ai pour être capable de faire l'épicerie,
m'occuper de mes enfants, prendre du temps pour relaxer pour moi aussi. Tu
sais, le temps, c'est quand même important.
Donc, les gens font des choix en fonction
de ce qui est avantageux pour eux d'un point de vue soit économique soit d'un
point de vue de temps, mais moi, j'aurais aimé ça, entendre ces organismes-là, Trajectoire
Québec, que j'avais proposé, que, malheureusement, on nous a refusé, et Accès
transports viables. Je n'élaborerai pas beaucoup, mais, tu sais, je sais que
cette organisation-là a un très, très bon... une bonne expertise, puis, en
plus, agit sur un territoire qui est au cœur de l'actualité. On parle beaucoup
du tramway. On a passé quelques heures ensemble, vendredi passé, la ministre et
moi, nos collègues aussi, à discuter de ce qui se passe dans la grande région
de Québec pour le développement du transport collectif.
Donc, je suis persuadé que ces
organismes-là qui ont un mode de fonctionnement bien particulier... Ils sont
réseautés avec les organismes sur le terrain. Trajectoire, c'est une
organisation, c'est un regroupement aussi. Il y a des membres individuels, mais
il y a des membres, évidemment, là, associatifs, donc, des organisations, des
organismes qui sont membres de Trajectoire Québec, Accès transports viables
agit un peu de la même façon aussi, des <membres organisationnels...
M. Grandmont :
...Québec,
Accès transports viables agit un peu de la même façon aussi, des >membres
organisationnels puis des membres individuels, mais la façon de fonctionner de
ces organismes-là, pour les connaître un peu, c'est qu'on va vraiment chercher
l'expertise des gens, des usagers qui l'utilisent, qui expérimentent le
transport collectif ou encore qui en auraient besoin, qui y verraient un
avantage, qui aimeraient que ce soit développé dans leur communauté pour être
capables de mieux se déplacer. Donc, il y a une expertise de... un savoir,
disons, expérientiel qui est important d'aller chercher, et malheureusement on
ne l'a pas obtenu.
• (12 h 20) •
Je vais peut-être revenir un peu sur les
organismes qu'on a rencontrés. On a reçu, lors de la journée, là, du mardi
10 septembre, <i>l'Union des municipalités. Évidemment, il faut les
avoir, ces groupes-là, là. Les municipalités sont au cœur aussi, évidemment,
des enjeux de mobilité. D'ailleurs, elles ont... comme je le disais tout à
l'heure, elles ont un grand rôle à jouer sur l'organisation de l'occupation de
leur territoire, donc sur l'aménagement du territoire. C'était évidemment
hyperimportant de les entendre, mais c'est des habitués de nos audiences
particulières. Ils produisent des mémoires de très grande qualité. Et donc on
les reçoit, c'est toujours avec un grand plaisir, et on tient vraiment en
compte leurs propositions d'amendements.
Pomerleau, on a reçu Pomerleau, là, en ce
mardi 10 septembre dernier. C'est intéressant de les entendre. Moi,
j'ai trouvé... je trouvais bien d'avoir l'expertise concrète des organismes, en
fait, de l'entreprise privée, qui travaillent à réaliser, conjointement avec
différents autres partenaires, au coeur de consortiums, en collaboration avec
le gouvernement... J'étais content d'entendre leur expertise, de voir comment
ils voyaient ça, ce projet de loi là, d'entendre combien le projet de loi
n° 62 pourrait être pertinent pour eux aussi de leur point de vue. Je
pense qu'on aurait manqué quelque chose à ne pas les entendre.
On a entendu l'Association des
constructeurs de routes et grands travaux du Québec. Bien, un peu le même genre
de commentaire que pour Pomerleau, ils représentent plusieurs organisations. C'est
un regroupement d'entreprises privées qui réalisent, comme son nom l'indique,
là, des grands projets au Québec, notamment au niveau des routes. Donc, encore
une fois, c'était très pertinent de les entendre. Ils vont être impliqués
directement, normalement, dans ce genre... dans les projets qui seront... qui
seront soutenus, portés par Mobilité Infra Québec. Donc, c'est tout à fait
évident qu'on les entende dans le cadre de nos... des audiences particulières.
On a entendu <i>l'Autorité régionale
du transport métropolitain. Évidemment, c'est des planificateurs de ce qui se
passe au niveau du transport collectif. C'est des organisateurs de l'ensemble...
des chefs d'orchestre, en fait, de la planification et des opérations de
transport collectif dans la grande région de Montréal. Donc, évidemment, ils
étaient... il était tout à fait opportun de les entendre, notamment aussi pour
bien comprendre leur rôle. Quand je parlais de chevauchements, tout à l'heure,
dans mes remarques préliminaires, là, il y aurait... il y aurait
potentiellement des... un chevauchement important entre leur mandat, leur
mission puis ce que Mobilité Infra Québec peut faire, mais on y reviendra. Évidemment,
là, il y a toute la notion de projet complexe, d'une part, puis il y a aussi,
là, les premiers articles qui traitent vraiment du mandat de cette nouvelle
agence à créer.
L'Association du... l'Association du
transport urbain du Québec, bien, évidemment, c'est les grandes sociétés de
transport au Québec, c'était une évidence qu'il fallait les entendre, recevoir
leur point de vue.
Exo, évidemment, qui déploie des services
de transport collectif dans les... dans la périphérie, en fait, de la région
métropolitaine de Montréal, évidemment, ils seront touchés au premier plan.
La Pre Catherine Morency, qui est une
sommité, là, mondiale, je ne sais pas si c'est elle qui avait fourni ce
titre-là, mais c'est une personne avec une très, très grande intelligence et
connaissance au niveau du génie des transports, toujours un grand, grand
plaisir de l'entendre, évidemment.
Et puis on a terminé la journée,
évidemment, avec la Fédération québécoise des municipalités. Bien, pas de
surprise, M. le Président, il fallait absolument les entendre parce que le
transport collectif, comme ils l'ont dit, ça ne touche pas que les grands
centres urbains. Il faut... il faut les aider. Il faut... il faut trouver des
moyens de développer l'offre de transport collectif aussi parce qu'il y a aussi
une demande importante de transport collectif soit à l'intérieur de leurs
régions soit interrégionale.
Puis on sait combien le transport
interrégional, le transport interurbain, notamment par autocar, c'est ce qui se
passe beaucoup au Québec, là, un peu de trains, mais disons que le train, ce
n'est pas... ce n'est pas ce qu'il y a de mieux, d'une part, manque de
fréquence, manque de fiabilité, puis, bon, on verra... on verra si on a... avec
le changement de ministre qu'on aura à ce niveau-là, si on aura une
amélioration de ce côté-là, au niveau du transport interurbain par train, mais,
d'autre part, il y a plusieurs sociétés de transport qui sont des régies
intermunicipales, notamment, qui, en fait, se créent puis qui ont des besoins
bien particuliers pour lesquels, malheureusement, pour l'instant, on <n'arrive
pas à donner...
M. Grandmont :
...besoins
bien particuliers pour lesquels, malheureusement, pour l'instant, on >n'arrive
pas à donner des outils, notamment financiers, pour être capables de bien
développer cette offre de transport collectif.
Le 11 septembre, on a reçu le Syndicat
de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec, encore une
fois, des personnes qui vont être impliquées directement au cœur... qui sont au
cœur de la transformation, je dirais, organisationnelle de Mobilité Infra
Québec. Donc, c'était très évident et très clair qu'on devait les entendre. Ils
ont été là pour défendre aussi, à quelque part, l'expertise existante au ministère
des Transports et de la Mobilité durable. Ils nous ont affirmé qu'on aurait pu
entendre... on aurait pu décider de créer cette expertise-là au sein d'un
ministère déjà existant plutôt que d'aller vers une agence.
Bon, après ça, on a entendu évidemment la
ville de Québec, la ville de Montréal, des villes où il y a énormément de
projets de transport collectif qui sont discutés depuis plusieurs années. Elles
sont au premier... sont au front, en fait, pour le développement de cette
mobilité qui est hyperimportante. On parle des deux plus grandes villes du
Québec. Alors, c'est évident que, comme cette agence-là se propose de
développer des projets de transport collectif... Puis Mme la ministre a quand
même rappelé, là, aussi que le premier projet qu'elle voudrait voir déployer
par Mobilité Infra Québec serait le Projet structurant de l'Est, si ma mémoire
est bonne. Bien, il était évident que ces grandes villes là doivent être
entendues au cours des audiences.
La Société de transport de Montréal, le Réseau
de transport de la Capitale, évidemment, des incontournables aussi, encore une
fois, les deux plus grandes sociétés de transport au Québec. Elles vont avoir à
travailler, à court, à moyen, à long terme, avec l'agence Mobilité Infra
Québec. Donc, c'était évident qu'on devait les entendre au cours de cette
audience.
Vivre en Ville, qui n'a pas une mission de
défense, là, des droits ou de représentation des usagers du transport collectif,
c'est vraiment une organisation qui a une... qui... disons, qui a un mandat
large, qui voit les enjeux de manière large, mais avec une grande... un grand
savoir, une grande expertise, notamment en ce qui a trait... pour ce qui nous
concerne, là, en ce qui a trait au lien entre les transports collectifs,
transport routier et l'aménagement du territoire, j'en ai souvent parlé ici
puis je vais continuer de le faire parce que c'est important, mais c'est un
organisme qui apporte, avec son... son expertise, son intelligence, son savoir,
un angle d'impact un peu plus transversal sur les impacts du transport au
Québec.
Le 12 septembre, on a entendu CDPQ
Infra. Je pense que c'est intéressant de les entendre aussi parce que c'est
l'organisation qui a réussi à livrer un projet, là, au Québec, dans les
dernières années. Ils ont un modèle bien particulier. Bon, moi, j'y vois
certains enjeux, là, mais, aussi, elle pourrait être impliquée dans
l'éventuel... dans la réalisation du tramway de Québec, dont on attend
toujours, évidemment, la signature d'une entente avec le gouvernement du Québec.
Donc, c'était quand même intéressant de l'entendre parce que, dans les
dernières années, c'est l'organisation qui a réussi à livrer un projet.
On a reçu l' l'Association professionnelle
des ingénieurs du gouvernement du Québec. Bien, comme l'autre syndicat dont
j'ai parlé tout à l'heure, elle est venue nous rappeler l'importance d'essayer
de développer une expertise à l'intérieur du ministère des Transports. Ils vont
être impliqués directement, pourraient voir certains de leurs membres quitter
le ministère des Transports et de la Mobilité durable pour aller vers Mobilité
Infra Québec. Donc, d'un point de vue d'organisation du travail, c'est clair
qu'ils avaient des choses intéressantes à dire. C'était très intéressant de les
entendre, notamment, aussi sur le projet de loi n° 62. Ils avaient des
grandes, grandes, grandes réserves par rapport à ce projet de loi là. Je n'y
reviendrai pas, là, mais, encore une fois, la pertinence des ententes, moi, je
ne la remets pas du tout, du tout en question, là. C'était intéressant et
pertinent.
La Société
de transport de Laval, je n'élaborerai pas beaucoup plus que ça, même chose
pour la Société de transport de Sherbrooke, ce sont des villes d'importance, M.
le Président. Elles vont avoir à travailler éventuellement avec Mobilité Infra
Québec. Donc, c'était tout à fait opportun de les entendre ici.
Finalement,
cette journée-là du 12 septembre, on a entendu aussi Mme Florence
Junca-Adenot, qui est professeure associée au Département d'études urbaines à
l'Université du Québec à Montréal. C'est une dame avec énormément d'expérience.
Elle a été une des fondatrices, idéatrice et première directrice générale, il
me semble, de l'AMT, l'ancêtre de l'ARTM. Donc, on avait la chance d'entendre
une personne qui avait un regard historique sur le développement du transport
collectif dont on n'aurait pas pu se passer. Je pense, c'est un éclairage qui
était très, très, très pertinent pour le travail qu'on va faire, qui va suivre,
qui est l'étude détaillée.
On a terminé, là, l'étude... les audiences
particulières, le mardi 17 septembre, en entendant d'abord
Pierre-André Hudon, professeur agrégé du Département de management à
l'Université Laval, et Jacques Roy, professeur titulaire du Département de la
gestion des opérations et de la logistique...
Le Président (M. St-Louis) : Je
m'excuse, M. le député.
M. Grandmont : Oui?
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous remercie. Compte tenu de l'heure, je suspends les travaux. La commission
reprendra ses travaux cet après-midi suite aux affaires courantes...
12 h 30 (version révisée)
Le Président (M. St-Louis) : ...suspends
les travaux. La commission reprendra ses travaux cet après-midi, suite aux
affaires courantes. Alors, merci à tous.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
15 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 43)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
bonjour à tous. La Commission des transports et de l'environnement reprend ses
travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi
édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions
relatives au transport collectif.
Lors de la suspension de nos travaux cet
après-midi, nous étions à l'étude d'une motion préliminaire du député de
Taschereau. M. le... M. le ministre... non, pas M. le ministre, M. le député,
la parole est à vous, il vous reste 7 min 45 s.
M. Grandmont : Un jour,
peut-être, Mme la ministre... Présidente. Donc, effectivement, j'en étais
rendu... Oui, je rappelle un peu, pour nous remettre dans le bain, là, bien, en
fait, ce que je demandais, c'était que la motion préliminaire... qu'on entende,
avant de commencer l'étude détaillée du projet de loi n° 61 qui édicte la <i>loi
sur Mobilité Infra Québec et certaines dispositions relatives au transport
collectif, bien... qu'on tienne des commissions... des audiences particulières,
des consultations particulières et qu'on entende des groupes qui représentent
des usagers, des personnes qui utilisent le transport collectif.
Donc, j'en étais rendu, tu sais... je
repassais en revue les différentes journées, les audiences qu'on a eues avec...
avec les collègues et, donc, j'étais rendu à l'ordre du jour, là, du mardi 17 septembre,
dans lequel on avait rencontré, là... J'en étais là, à ce moment-là, là, on a
rencontré deux professeurs qui, évidemment, sont venus nous apporter un
éclairage d'experts, un éclairage scientifique, disons, là, sur les bonnes
pratiques en matière de gouvernance, donc Pierre-André Hudon, au Département de
management de l'Université Laval, puis Jacques Roy, qui est... Département de
la gestion des opérations et de la logistique à HEC Montréal. Encore une fois,
ça me semble tout à fait opportun... ça m'a semblé opportun de les entendre,
considérant les enjeux qui sous-tendent la création de cette agence. On veut bien
faire les choses. C'est bien d'avoir un éclairage, disons, scientifique sur cet
enjeu-là.
On a, évidemment, rencontré des acteurs
qui sont plus au niveau des enjeux économiques, notamment, bien, la Fédération
des chambres de commerce du Québec, le Conseil du patronat du Québec. Encore
une fois, intéressant. Puis je ferais peut-être un lien avec la motion de mon
collègue de Nelligan aussi, là, sur les aspects économiques des retombées ou
des enjeux économiques rencontrés par les... les différentes... les différentes
parties <prenantes qui...
M. Grandmont :
...
ou des enjeux économiques rencontrés par les... les différentes... les
différentes parties >prenantes qui pourraient être éventuellement
impliquées par la création de cette agence-là. Donc, d'un côté, tout à l'heure,
on a bien compris qu'il n'y avait pas de volonté, là, du côté de la ministre,
de réaliser une analyse d'impact réglementaire. Or, on a quand même eu des
acteurs de nature économique qui sont venus nous entretenir de leur point de
vue lors des audiences particulières. Donc, il y a peut-être une contradiction
à ce niveau-là, là. Mais en tout cas, bref, moi, je pense que c'était
intéressant.
Donc, comme j'ai souscrit, finalement,
puis comme j'ai adopté... je n'ai pas adopté, mais j'ai soutenu la motion de
mon collègue, bien, je pense que c'était pertinent, encore une fois, d'avoir,
dans ces consultations particulières, des acteurs qui représentent le monde
économique. Je pense que c'est intéressant et important d'avoir leur son de
cloche par rapport à cette création d'une agence.
Bon, Société de transport de l'Outaouais,
je ne m'étendrai pas très longtemps, je pense que j'ai... j'en ai bien parlé
avec les autres acteurs qui étaient nommés plus tôt.
<i>Transit, l'Alliance pour le
financement des transports collectifs, là, comme je l'ai dit tantôt, d'entrée
de jeu, là, la mission n'est pas de défendre les usagers et usagères du
transport collectif. La mission de Transit, comme je le disais, c'est de
regrouper des organisations qui sont intéressées à voir le financement du
transport collectif augmenter au Québec, au bénéfice, certes, des citoyens.
Mais, encore une fois, ce n'est pas uniquement au financement que ça tient,
quand on défend les droits des personnes qui utilisent le transport collectif.
Donc, on ne peut pas dire qu'on avait, disons, une couverture large avec... des
usagers, j'entends, là, avec la présence de Transit, même si, évidemment, leur
éclairage à eux aussi, à cette organisation-là aussi, était tout à fait
pertinent, et j'étais très content de les entendre dans le cadre du projet de
loi n° 61.
Sinon, on a reçu Propulsion Québec. Bien,
c'est un acteur évidemment important, là, c'est un regroupement de plusieurs
organisations qui travaillent à l'électrification, en fait, là, des transports
au Québec. Donc, évidemment, c'est un.... c'est un éclairage, aussi, qui est
très important.
Et puis, finalement, l'Ordre des
urbanistes du Québec, qui intervient souvent dans les projets de loi auxquels
je participe, évidemment aussi. Je n'irai pas dans le détail, mais, tu sais, je
rappellerai encore une fois qu'il y a des liens évidents et importants entre
les enjeux de transport, l'urbanisme, l'aménagement du territoire. Donc, leur
éclairage, leurs connaissances sont toujours extrêmement pertinents, et il
allait de soi qu'on devait les entendre.
Donc, je reviens avec ma motion
préliminaire. Donc, dans ce projet de loi là, dans les consultations
particulières qu'on a eu en préparation, là, du... dans cette première phase du
projet de loi n° 61, on a entendu à peu près tout le monde, sauf les
principaux concernés, les personnes qui vont l'utiliser ou qui l'utiliseront...
ou qui l'utilisent déjà ou qui vont l'utiliser éventuellement. Je me dis :
On est passés à côté de quelque chose d'important, là, on est vraiment passés à
côté de quelque chose de très, très, très important. On n'a pas... On n'a pas,
disons, eu comme préoccupation, du côté gouvernemental, à moins qu'on me
détrompe... on n'a pas eu une évaluation de leurs besoins, on n'a pas eu la
chance d'entendre leurs perceptions par rapport à ce que ça peut donner comme
avantages ou non ou comme bénéfices au niveau de l'augmentation de l'offre de
transport collectif.
Moi, je pense que c'est important d'avoir
des gens qui... qui savent de quoi ils parlent parce qu'ils le vivent. J'y
crois. Dans ma pratique professionnelle des dernières années, ça a beaucoup été
au cœur de ma façon de travailler, évidemment, encore une fois, en m'assurant
d'avoir le savoir... d'avoir, tu sais, à proximité... de recevoir le savoir
scientifique, le savoir économique, le savoir social. Tout ça en fait partie. Mais
le savoir expérientiel, là, le savoir de vécu des gens qui sont au cœur de ce
que... puis je le rappelle encore une fois, qui sont nommément au cœur de la <i>Politique
de mobilité durable du gouvernement du Québec... Bien, on a choisi de ne pas
les recevoir ici. Puis c'est quand même fascinant parce que, bon, Accès
transports viables, à ma connaissance, ils n'ont pas fait de demande formelle
pour participer à l'audience... aux audiences. Mais Trajectoire Québec, ils ont
fait... on a fait... on a fait la demande pour qu'on puisse les entendre.
Alors, je comprends mal la décision de refuser de les entendre, sachant
l'expertise qu'ils ont, sachant ce qu'ils représentent. Je pense qu'on est
passés vraiment à côté de quelque chose d'important.
Donc, j'inviterai mes collègues, autant du
côté de l'opposition que du côté de la banquette ministérielle, à faire une
pause. On peut le faire, évidemment. Quand on veut, tu sais, on peut. On peut
recevoir l'organisme Trajectoire Québec, qui par ailleurs a déposé un mémoire.
Mais vous savez comme moi que ce n'est pas exactement la même chose que de le
défendre, de pouvoir creuser, de pouvoir poser des questions. Mais donc ils ont
déjà un mémoire de prêt. Ce que je demande, en fait, c'est simplement de les
recevoir pour une dizaine de minutes pour <pouvoir enfin...
M. Grandmont :
...
en fait, c'est simplement de les recevoir pour une dizaine de minutes pour >pouvoir
enfin, ensemble, avoir cette discussion-là ensemble pendant l'heure qui
pourrait leur être consacrée, tout ça pour ne pas oublier l'objet principal de
la Politique de mobilité durable du Québec, l'usager, qui doit être au cœur des
préoccupations. Merci.
• (15 h 50) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec la motion
préliminaire? Oui, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Bien, premièrement, je vais juste dire à mon collègue que je vois
ça d'un bon oeil. Surtout que, quand on regarde les éléments évoqués par
surtout Trajectoire Québec, c'est... le sommaire et recommandations est très
important : «Circonscrire le champ d'action de Mobilité Infra Québec
exclusivement aux projets d'infrastructure de transport collectif», je pense
que j'ai été très clair, ce matin, que c'est un élément important qu'on doit
garder en tête si on veut déterminer la mission de Mobilité Infra Québec. «Définir
plus spécifiquement ce qui constitue un projet complexe de transport et les
rôles — et les rôles — et responsabilités des différents
organismes», je pense, c'est le résumé de ce que j'ai dit ce matin pendant
presque une trentaine de minutes, lors de mes remarques préliminaires. Donc,
Mme la Présidente, c'est un autre organisme qui confirme un peu ce qu'on dit
sur ce projet de loi. Et, dans ce projet de loi, si on ne détermine pas d'une
manière très claire la mission de Mobilité Infra Québec et aussi la définition
des projets complexes, c'est comme si on va avoir une agence qui ne va pas
avoir une mission beaucoup plus claire.
Et d'ailleurs, et d'ailleurs, et
d'ailleurs, ce qui est très important, et j'aurais aimé avoir une discussion
directe avec ce groupe, c'est la recommandation 3, et je vais vous lire la
recommandation 3 : «Que l'article de mission du projet de loi
n° 61 soit amendé pour qu'il respecte l'arrimage avec les plans
métropolitains d'aménagement et de développement ainsi que schémas
d'aménagement et de développement.» Souvenez-vous que, vers la fin de notre
consultation, nous avons reçu deux experts en aménagement du territoire, et les
deux experts, ils ont beaucoup insisté sur l'importance de l'aménagement du
territoire. Et là on voit encore une fois l'importance, l'importance de donner
suite à ce genre de recommandation. Donc, à part la définition de la mission, à
part la définition de c'est quoi, un projet complexe de transport et les rôles
et responsabilités des différents organismes, voilà qu'encore une fois
l'organisme ramène un point qui est très important, c'est l'arrimage entre
l'agence et l'ensemble des centres urbains. Donc, je pense à l'ARTM, je pense à
Québec au niveau de la CMQ. Donc, il y a quand même pas mal, pas mal d'éléments
importants.
Et la recommandation 4, «accorder un
pouvoir d'initiative à Mobilité Infra Québec pour faire les études
d'opportunité qu'elle juge pertinentes et dans l'intérêt collectif», là, encore
une fois, quelle est l'autonomie... quelle est l'autonomie qu'on va... qu'on
va... qu'on va donner à cette agence? Donc, ce sont des éléments extrêmement
importants qu'on doit garder en tête.
Et je pense que l'échange avec Trajectoire
Québec, et ma collègue me fait penser qu'ils étaient là avec d'autres groupes,
c'est un échange qui est extrêmement important. La base même, la base même,
même de départ de ce projet de loi, c'est la définition claire et nette de la
mission de Mobilité Infra Québec. Mais on ne peut pas définir... on ne peut pas
voir les actions de Mobilité Infra Québec qui sont... définir et sa mission...
définir c'est quoi, les projets complexes et aussi respecter les plans
d'aménagement. Et, quand on parle de respecter les plans d'aménagement
métropolitains, ce n'est pas le seul groupe qui l'a mentionné, Mme la
Présidente.
Un autre point important dans ce qu'ils
ont mentionné, c'est tout ce qui est autonomie municipale. Et ça, on le voit
pas mal dans la recommandation 6 : «Permettre aux municipalités ou
sociétés de transport de jouir des avantages et allègements dans la gestion
d'un projet collectif tel que permis dans le projet de loi n° 62 et que
les compétences requises au conseil d'administration de Mobilité Infra Québec
incluent une expertise en transport collectif et en urbanisme et aménagement du
territoire.» Ça, c'est un autre aspect qu'on va aborder lors de l'étude
détaillée.
Donc, somme toute, Mme la Présidente, je
suis favorable, par rapport à cette demande d'entendre les deux groupes. Je
pense qu'on va nourrir... nourrir notre réflexion, et ça va bonifier... ça va
bonifier... ça va bonifier l'ensemble... bien, en fait, ça va bonifier... ça va
bonifier <clairement le...
M. Derraji :
... bonifier...
ça va bonifier l'ensemble... bien, en fait, ça va bonifier... ça va bonifier
>clairement le projet de loi, mais ça va nourrir les réflexions autour
de la table. Surtout que l'organisme a une crédibilité, c'est des acteurs
depuis plusieurs années au niveau de la mobilité durable, ils l'ont démontré,
c'est une association qui intervient dans la représentation des citoyens et la
promotion de leurs intérêts en matière de transports collectifs un peu partout
au Québec.
Donc, si on veut bien faire, Mme la
Présidente, et vous m'avez entendu ce matin parler... Non, à vrai dire, ce
n'est pas vous. Vous avez manqué toute une présentation, par exemple, Mme la
Présidente, vous avez manqué quelque chose d'extrêmement important.
Une voix : ...
M. Derraji : Oui, c'est parce
que j'ai parlé pendant 30 minutes sur l'analyse d'impact réglementaire.
La Présidente (Mme Maccarone) : OK.
Je suis persuadée que c'était excellent.
Une voix : ...
M. Derraji : Et c'était...
Oui, mon cher collègue. Je reçois les éloges de mon collègue, je dois les
prendre. Vous savez, on a même parlé de la fougère, Mme la Présidente. Je
disais à Mme la ministre que j'aimais le sens du verbe qu'elle utilise. Elle
est performante, vraiment, j'apprécie, j'apprends, j'apprends avec elle. Et je
lui ai dit : Pour bien gérer la fougère, il faut qu'on s'en occupe, hein, il
faut qu'on s'en occupe.
Mme Guilbault :...
M. Derraji : Hein?
Mme Guilbault :...dans cette fougère.
M. Derraji : Vous voulez
m'impliquer?
Mme Guilbault :Non, vous, vous avez dit ça.
M. Derraji : Ah oui! Moi, je
veux m'impliquer.
Mme Guilbault :
Dans cette fougère.
M. Derraji : Bien, c'est pour
vous aider. Je veux vous aider. Mais vous savez, on a du fun, Mme la
Présidente. Et c'est ça, je sais que vous veillez sur une... la bonne ambiance
en commission parlementaire. Je vous connais assez pour... Je pense que vous
avez hâte à venir à notre commission. Je le sens, je le sens.
Alors, Mme la Présidente, j'appuie mon
collègue le député de Taschereau, par rapport à sa motion, qu'il demande un
échange avec Trajectoire Québec, Accès transports viables. Et je pense que... je
le sens que Mme la ministre est en train de voir le cheminement de ses
amendements au Conseil des ministres. Et, pendant que cheminent les
amendements, je pense qu'on peut prendre le temps d'entendre d'autres groupes,
d'échanger avec eux, de nourrir, de... qu'on puisse se nourrir tous ensemble
avec des acteurs du milieu.
Alors, Mme la Présidente, et c'est vrai,
je vais revenir à la fougère, parce que je l'aime tellement, parce que c'est
une vivace. Elle prend beaucoup de place, et si on... et si on ne s'en occupe
pas, je vous laisse conclure. Mais c'est pour cela, je veux m'impliquer. Parce
que cette vivace va prendre beaucoup de place.
Mme la ministre ne fait jamais les choses
à moitié, elle les fait d'une manière grandiose. Souvenez vous, hein, le
troisième lien, hein? Moi, je lui lève mon chapeau. Sérieux, je ne sais pas
pourquoi on ne la nomme pas la superministre. C'est elle, la superministre.
Annoncer le troisième lien avec bitube, revenir avec beaucoup d'études,
1 000 pages. Je ne sais pas combien de temps vous avez passé pour
lire, mais je vous lève mon chapeau, et tous mes respects.
Alors, Mme la Présidente, il faut qu'on
s'en occupe. Et on est au début, on est au début de l'étude sur le MIQ, et je
sens une ouverture, une volonté. D'ailleurs, on attend avec impatience les
amendements. C'est sûr que ça va nous aider à nourrir nos réflexions, ça va
nous aider beaucoup. J'espère que je vais retrouver mon projet de loi, à
l'intérieur, qui va donner beaucoup de revenus autonomes. D'ailleurs, ça, je
vais l'applaudir, je vais crier victoire pour les sociétés de transport, pas
pour moi. Donc, ça, c'est un élément important, je l'attends avec impatience,
Mme la Présidente.
Mais je reviens à l'idée de mon collègue.
Donc, on a le temps, Mme la Présidente, de bien faire les choses, on a le temps
de bien faire les choses. Et, j'en suis sûr et certain que Mme la ministre doit
absolument appuyer la motion de mon collègue. On a le temps. Demain, on va
attendre les recommandations du Conseil des ministres par rapport aux amendements.
On va les recevoir probablement en fin de journée pour recommencer le travail
jeudi. Mais on a le temps d'écouter d'autres groupes. Elle a le choix. Ils ont
refusé l'étude d'impact et les notes. Moi, je suis juste un peu déçu sur les
notes, parce que je sais que je ne vais pas voir des notes très bien rédigées.
Je sais qu'on a les bonnes personnes au ministère. Je vois le sourire du
sous-ministre, c'est comme s'il appuyait mes propos. Mais on a du bon monde, il
faut le dire, on a du bon monde dans l'appareil gouvernemental. Mais
malheureusement, aujourd'hui, je me vois... comme on me prive de cette
information, il me manque quelque chose.
Vous savez, ça veut dire quoi, ça?
• (16 heures) •
La Présidente (Mme Maccarone) : «20 minutes.»
M. Derraji : Moi, ça veut
dire que «tu es beau».
La Présidente (Mme Maccarone) :
Ça aussi, mais ça, c'est vraiment... Mais vas-y...
16 h (version révisée)
M. Derraji : ...moi, ça veut
dire que tu es beau. Pas grave.
La Présidente (Mme Maccarone) : Ça
aussi. Mais ça, c'est vraiment... Mais vas-y. Continuez, M. le député.
M. Derraji : Ah! OK. C'est
bon. Donc, je vais continuer, Mme la Présidente. Mais vous savez, ce matin, j'étais
un peu déçu, parce que je me dis : Avec la qualité qu'on a, j'aimerais
bien, hein, mon collègue député de l'Acadie aussi, mon collègue de Taschereau,
nous faire rêver avec les notes ministérielles. On n'a pas d'étude d'impact
réglementaire, malheureusement, mais on aurait dû, Mme la Présidente. Je tiens
à exprimer ma déception parce que je sais que c'est des documents, heille, pour
faire avancer rapidement une agence au sein du gouvernement... ça devrait être
béton. Écoute, 1 000 pages pour justifier les études sur le troisième
lien, il faut le faire. Ça veut dire qu'il y a du monde qui travaille, Mme la
Présidente. Et moi, je le reconnais, on a du bon monde. D'ailleurs, <i>l'Association
des ingénieurs, quand ils sont venus en commission parlementaire, nous l'ont
dit clairement : Il faut s'occuper du monde qu'on a à l'intérieur du
ministère, on a du bon monde, qui font un excellent travail, au ministère du
Transport du Québec. Il faut leur donner les moyens, par exemple, parce que,
là, on est en train de fermer des chantiers. Là, on reçoit des appels :
Fermez le chantier, on a... on n'a plus d'argent.
Donc, Mme la Présidente, Trajectoire
Québec, Accès transports viables, comme les documents du ministère, moi, je pense
que je vais le marteler tout au long de l'étude détaillée, j'ai quelque chose
qui me manque pour nourrir ma réflexion parce que... du moment que je n'ai pas
l'étude... l'analyse d'impact réglementaire.
Et mon collègue, tout à l'heure, l'a fait
d'une manière extrêmement importante, il nous disait, il nous sensibilisait,
comme personne qui naviguait dans l'appareil pendant plusieurs années, que c'est...
ce n'est pas inacceptable, c'est impossible, ne pas avoir des notes. C'est
impossible que, pendant les discussions... Parce que, souvenez-vous au début,
il y avait un seul projet de loi. Après, le projet de loi a été, excusez-moi le
terme, splitté sur deux, une partie pour Mme la ministre responsable du
Transport et l'autre, c'est pour son collègue responsable des Infrastructures.
À un certain moment, je lui ai dit : Écoute, à votre place, je serais un
peu jaloux parce que votre projet de loi a été éclipsé par la sortie du MIQ, parce
qu'on ne parlait que du MIQ, on ne parlait plus des contrats collaboratifs.
Mais, suite à l'intervention de mon
collègue, de ce matin, je me disais : Est-ce qu'on n'est pas en train de
manquer quelque chose d'extraordinaire, à savoir ces notes produites dans le
cadre de la prise de décision que c'est une bonne chose, d'aller avec le MIQ? C'est
la même chose avec Trajectoire Québec et Accès transports viables. Ce sont des
acteurs, des collaborateurs avec qui le ministère travaille, qui font un
travail exceptionnel. Excusez-moi. Je dois boire.
(Interruption) Donc, ils font un travail
exceptionnel, Mme la Présidente, Trajectoire Québec, Accès transports viables.
C'est des acteurs du milieu.
Donc, j'espère que cette fois-ci...
Écoutez, je peux comprendre qu'on ne veut pas nous partager quelques documents.
Dieu merci, on a toujours les demandes d'accès. Et toujours, au niveau des
demandes d'accès, on a des surprises, tu sais, des surprises par des pages
noires. Et, Mme la Présidente, je formule le voeu encore une fois qu'en
attente, parce que je sais qu'il va y avoir des amendements et que demain, moi,
je suis prêt à travailler, demain... D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi
on ne siège pas demain et on va siéger jeudi. On a le temps demain. Je pense,
la décision de mon collègue est juste, on peut inviter les deux groupes, avoir
un échange avec eux sur la mission. Ça va nous nourrir, ça va nourrir Mme la
ministre aussi, ses collègues, sur la mission. Ça va les nourrir sur la
définition des projets complexes et ça va les nourrir aussi sur la composition
du conseil d'administration.
Alors, Mme la Présidente, je pense que je
vais quand même insister sur ce point. J'espère, j'espère vraiment que la
partie gouvernementale et Mme la ministre va nous permettre d'avoir le travail
des fonctionnaires qui ont travaillé dans l'élaboration de ce projet de loi et
mettre en valeur les études qu'ils ont réalisées tout au long de la rédaction
de ce projet de loi. Mais, encore une fois, je tiens à préciser que Trajectoire
Québec et Accès transports viables sont des... des acteurs et des groupes qui
peuvent nous aider à nourrir notre réflexion, et j'invite les membres de la
commission à <voter...
M. Derraji :
...et
j'invite les membres de la commission à >voter pour les entendre. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur la motion préliminaire?
Oui, M. le député de l'Acadie, la parole est à vous.
M. Morin : Merci, merci, Mme
la Présidente. Alors, je suis très heureux de prendre la parole cet après-midi.
J'ai écouté avec beaucoup d'attention ce
matin mon collègue présenter sa motion. Je dois vous dire, en fait, je fais un
aparté rapide, Mme la Présidente, ce matin, j'ai été... je trouvais ça très
intéressant, la discussion qu'on a eue à propos des fougères, parce que ce
matin aussi, on a parlé des fougères. Et, je vais vous dire, Mme la Présidente,
quand j'ai été élu député, je m'attendais à ce qu'on parle beaucoup de choses de
lois, de projets de loi, enfin, de motions, de débats parlementaires, mais de
botanique, non. Et ça, j'avoue que ça a été quand même toute une surprise, de
voir que dans ce parlement, on avait autant d'intérêt pour les fougères. Et
c'est une plante magnifique, magnifique. En fait, savez-vous, il y a
13 000 espèces de fougères. Alors... Alors, quand Mme la ministre
fait référence aux fougères, je ne sais pas, en tout cas, c'est lesquelles,
parce que ça fait beaucoup. C'est beaucoup. C'est beaucoup, mais c'est
magnifique. Vous marchez dans le bois, vous avez une... en fait, dans un
sous-bois, vous avez de la fougère, c'est reposant, c'est calme. C'est
vraiment, vraiment fascinant. Moi, j'ai toujours eu un faible pour la
botanique, alors je dois vous dire qu'entendre Mme la ministre parler de
fougères, et mon... mon collègue, le député de Nelligan, je tenais... je tenais
à le souligner. Très important.
Une voix : ...
M. Morin : Ah! ça, c'est bon
à manger, en plus. C'est excellent. Ça commence comme ça. Tout à fait.
Alors, mais pour revenir à la motion préliminaire
du collègue, moi, je prends ça un petit peu... un petit peu différemment parce
que ce n'est pas la première fois qu'on dépose des motions préliminaires pour
faire entendre des groupes. En fait, je vous dirai, ce qui me fascine... Parce
qu'à chaque projet de loi, c'est... c'est comme ça : on nous demande, il
va y avoir des consultations particulières, ça éclaire énormément les
parlementaires, surtout ceux de l'opposition, et ça nous aide. Moi, en tout
cas, ça m'aide énormément dans mon travail. Mais ce qui est fascinant, c'est
qu'à chaque fois qu'on soumet une liste, souvent, le gouvernement revient puis
dit : Non, ceux-là, non, non, non. Je trouve ça... Je me demande toujours
pourquoi. Parce que je me dis, si, comme parlementaires, on est ici pour faire
la meilleure des choses, le meilleur projet de loi, aider finalement à ce
qu'éventuellement une loi soit adoptée puis qu'elle soit bonne pour l'ensemble
de la population québécoise, bien, pourquoi on ne peut pas entendre un ou deux
ou trois groupes de plus?
Là, aujourd'hui, avec la motion qui est
présentée par mon collègue, on parle de deux groupes, mais pas n'importe
lesquels. Et quand... Et, quand je parlais ce matin du projet de loi et de la
mission qu'aura éventuellement Mobilité Infra Québec, écoutez, «mission
principale d'effectuer, dans une perspective de mobilité durable, lorsque le
gouvernement lui en confie la responsabilité, l'analyse d'opportunité, la
planification ou la réalisation de projets complexes de transport», il me
semble, il me semble que demander que deux groupes soient entendus, ce n'est
quand même pas abusif.
Puis permettez-moi, pendant les quelques
minutes qui me sont... qui me sont allouées, un peu de vous parler d'Accès
transports viables et de Trajectoire Québec puis vous démontrer la pertinence,
au fond, d'entendre ces groupes en commission parlementaire.
Accès transports viables, ma
compréhension, c'est que c'est un groupe qui est très actif dans la région de
la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches. Et, écoutez, notre capitale nationale,
c'est hyperimportant qu'on ait des experts qui viennent nous parler sur,
évidemment, les modes de transport actif et collectif, c'est fondamental pour
la fluidité. Or, ce que j'ignorais, c'est qu'en fait Accès transports viables
existe depuis 1978, mais il portait un autre nom. À l'époque, ça s'appelait
CRUTEC, et ça a été incorporé comme organisme à but non lucratif. Et ses
actions portent uniquement, je prends la peine de le souligner, uniquement sur
le transport en commun, et les revendications visent principalement à contrer
des hausses de tarifs et assurer le maintien des services et améliorer l'offre
à Québec. Alors, quand on prend évidemment l'objectif, ce pour quoi l'organisme
existe, et puis qu'on le... on regarde le projet de loi, bien, <évidemment...
M. Morin :
...on
regarde le projet de loi, bien, >évidemment, il me semble que c'est
hyper, hyperpertinent de faire entendre un groupe comme Accès transports
viables. C'est devenu Accès transports viables en 2003. Et là, non seulement
ils ont inclus le transport en commun, mais aussi les transports actifs,
l'aménagement du territoire. Et puis ça s'est agrandi, comme je vous disais, à
Chaudière-Appalaches. Puis c'est important qu'on ait de la mobilité, de la
fluidité puis du transport collectif, non seulement uniquement dans Québec, la
région, mais que ça puisse s'étendre pour que des gens puissent évidemment
venir, que ce soit visiter, travailler, en fait, qu'il y ait un système de
transport qui soit fiable avec la capitale nationale.
• (16 h 10) •
L'autre groupe, c'est Trajectoire Québec.
Et moi, j'ai été... j'ai été privilégié, parce qu'à un moment donné j'étais le
porte-parole en matière de transport et j'ai eu à échanger, travailler avec
Trajectoire Québec. Et Trajectoire Québec, là, leur mandat est hyperimportant.
C'est une association qui intervient dans la représentation des citoyens et la
promotion de leur intérêt en matière de transport collectif partout au Québec.
Alors, encore là, regardons la mission de Trajectoire Québec, appliquons-la à
la mission de Mobilité Infra Québec, il y a, écoutez... il y a... il y a une
juxtaposition. C'est parfait. En fait, je vous dirais qu'il y a des liens entre
Trajectoire Québec, leur mandat puis ce qu'éventuellement le gouvernement veut
faire, d'où l'importance, évidemment, de les faire venir.
D'ailleurs, je ne comprends pas comment ça
se fait qu'ils ne soient pas venus en commission parlementaire. Moi, j'ai...
j'ai raté malheureusement les consultations particulières, j'avais d'autres...
d'autres dossiers, mais moi, j'étais sûr que la Trajectoire Québec avait...
avait... était déjà venu, parce qu'ils sont excessivement pertinents, utiles et
ils sont capables de parler de transport collectif, mais pas uniquement dans
les milieux urbains, mais partout au Québec. Parce que... Parce que, bien,
c'est sûr qu'il faut du transport collectif dans les villes, ça, c'est évident,
mais il faut être capables aussi d'avoir du transport collectif interurbain,
être capables de connecter nos régions. Et Trajectoire Québec, hein, ils sont
absolument spécialistes là-dedans. Leur mission, là, «faire la promotion des
droits des usagers, contribuer au développement global des transports
collectifs partout au Québec»... Donc, on aurait la chance, avec ce groupe-là,
d'entendre un groupe, un expert... un groupe d'experts qui pourrait nous...
avoir, en fait, une analyse globale de ce qu'il faut faire au Québec. Et leur
vision, imaginez, «que les Québécoises et les Québécois aient un accès à des
services de transport collectif abordables, de qualité et sécuritaires partout
sur le territoire, donc une meilleure mobilité citoyenne», si vous regardez ce
que va faire Mobilité Infra Québec, normalement, ce qu'ils devraient faire,
c'est exactement ça, des transports collectifs abordables, de qualité et
sécuritaires pour une meilleure mobilité citoyenne.
Donc, est-ce qu'il y a un groupe plus
pertinent que Trajectoire Québec pour aider les parlementaires dans la
continuité, l'élaboration de ce projet de loi? Je ne le vois pas. C'est un
essentiel. C'est un incontournable. Et c'est la raison pour laquelle, quand mon
collègue a déposé sa motion, et que je l'écoutais attentivement ce matin, il me
semblait que ça tombait sous le sens, qu'il faudrait évidemment que Trajectoire
Québec vienne nous entretenir. D'autant plus qu'en commission parlementaire,
habituellement, quand les groupes viennent, là, ça ne prend pas une
demi-journée, ça ne prend pas des heures, hein? C'est une intervention de
quelques minutes. On peut poser des questions. Ça aide tout le monde.
Alors, compte tenu évidemment de ce que le
gouvernement veut faire avec son projet de loi, il me semble que si on prenait
un 15, 20, 30 minutes, être capables de discuter avec Trajectoire Québec, je
ne crois pas, au contraire, que ça ralentirait les travaux, ça pourrait même
les améliorer grandement. Puis c'est la raison pour laquelle nous,
parlementaires, on est ici, au parlement, pour donner et produire des projets
de loi de qualité. Alors, c'est la raison pour laquelle, sans réserve, je vais
appuyer la motion de mon collègue. Je vous remercie, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup pour votre intervention. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants sur la
motion préliminaire du député de Taschereau? Je vois qu'il n'y en a pas. Alors,
on va procéder au mise aux voix.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Un
vote par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :Contre.
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Contre.
Le Secrétaire : <
Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?...
Le
Secrétaire :
...>
Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
Le Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
Le Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
Le Secrétaire :
M. St-Louis (Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
Le Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
Le Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, la motion est rejetée. Nous sommes toujours à l'étape du dépôt. M. le
député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci.
J'ai une autre motion préliminaire que j'aimerais déposer. J'imagine que vous
l'avez reçue?
La Présidente (Mme Maccarone) : Est-ce
qu'elle est déjà sur le Greffier?
M. Grandmont : Qui concerne
le Réseau FADOQ puis l'AQDR.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
pense que oui. Je pense que vous pourriez procéder pendant que nous sommes en
train de l'afficher. Allez-y.
M. Grandmont : Parfait. Merci
beaucoup. Donc, cette motion qui va comme suit :
«Qu'en vertu de l'article 244 du
Règlement de l'Assemblée nationale la Commission des transports et de
l'environnement, avant d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi 61,
Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines
dispositions relatives au transport collectif, tienne des consultations
particulières et qu'à cette fin elle entende les groupes suivants :
«le Réseau FADOQ;
«l'Association québécoise de défense des
droits des personnes retraitées et préretraitées (l'AQDR).
«Ainsi que tout autre groupe qu'elle
jugera pertinent.»
La Présidente (Mme Maccarone) : Allez-y.
Vous pourriez continuer.
M. Grandmont : Parfait. Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
Effectivement, encore une fois, là,
j'invite Mme la ministre à ajouter des groupes à la liste que j'ai fournie.
J'en ai peut-être oublié. Ce sont deux groupes, moi, que j'avais suggéré qu'on
entende au cours des audiences particulières, des consultations particulières, deux
groupes qui représentent les personnes aînées. Je pense que ce serait
important, pour des raisons similaires aux groupes représentant les personnes
qui utilisent des transports collectifs, qu'on entende aussi les... les groupes
qui représentent les personnes de 65 ans, des fois, de 50 ans et
plus, dépendamment de la mission, là, de chacun des organismes, mais donc les
personnes plus âgées de notre société.
Peut-être une statistique pour d'abord
appuyer mon propos, Mme la Présidente, là. On estime que d'ici 2031, le
quart, donc 25 %, de la population québécoise va être âgé de 65 ans et
plus. Et, d'ici 2066, on prévoit que 27 % de la population sera des aînés.
C'est quand même des morceaux assez grands de notre société qui a des besoins
particuliers, notamment en termes de mobilité, donc qui est appelée à croître
également aussi. Et, pour ça, on a deux groupes que j'ai nommés plus tôt, là, donc
le Réseau FADOQ puis l'AQDR, qui en sont des représentants, parce
qu'évidemment, comme n'importe quelle partie de la population, évidemment, on
cherche à être représentés par des organisations, là.
Le réseau FADOQ d'abord. Peut-être
rappeler que c'est le plus grand organisme... d'aînés au Canada, ce n'est quand
même pas rien, avec plus de 580 000 membres. Il y a 801 clubs,
16 regroupements régionaux, près de 4 700 administrateurs
bénévoles. Ça fait donc plus de 50 ans que ça existe. Puis en même temps,
bien, comme ils le mentionnent eux-mêmes, ils arrivent à être encore de leur
temps puis d'être un joueur indispensable sur l'échiquier du Québec en lien
avec la... les enjeux liés au vieillissement. La mission de la FADOQ, c'est «faire
partie de la vie des 50 ans et plus en défendant leurs droits — donc
c'est un organisme de défense de droits — en valorisant leur apport à
la société, en les accompagnant avec une offre de service et des activités
adaptées».
Du côté de l'AQDR, donc, c'est un
organisme complémentaire, je dirais. Il y a comme plusieurs volets, en fait,
là, dans la mission de l'AQDR, l'Association québécoise de défense des droits
des personnes retraitées et préretraitées. Il y a une... Il y a un volet défense,
il y a un volet d'accompagnement, un volet de développement puis un volet
d'information.
Au niveau de la défense, l'AQDR Québec...
l'AQDR, pardon, est le seul organisme à but non lucratif qui a pour mission
directe, là, la défense collective et... individuelle des droits économiques,
politiques et sociaux, culturels... sociaux et culturels, pardon, des aînés.
Ils offrent différents services d'accompagnement individuel pour soutenir les
personnes aînées en difficulté ou vulnérables. Donc, c'est aussi une façon
d'aller chercher beaucoup d'information aussi. Vous savez... Vous savez comme
moi, Mme la Présidente, là, quand on a, par exemple, dans nos bureaux de
circonscription... On a des gens qui viennent nous voir pour toutes sortes
d'enjeux. À un moment donné, quand on se rend compte que c'est la
40e personne qui vient nous voir< pour...
M. Grandmont :
...que
c'est la 40e personne qui vient nous voir >pour le même enjeu,
souvent, il y a... il y a quelque chose de gros. Il y a un os, là. Il y a
quelque chose sur lequel on peut peut-être travailler avec le gouvernement pour
changer les choses à une échelle plus... plus collective, je le dirais comme
ça.
• (16 h 20) •
Il y a un volet développement, comme je le
disais tantôt, aussi. L'AQDR participe activement au développement des milieux
de vie des personnes aînées de la grande... du Québec, en fait. Elle contribue
également au développement communautaire avec des activités, des conférences,
des événements. Puis évidemment, bien, elle... l'AQDR informe. On mentionne
qu'«il est de première importance de contribuer à l'éducation des personnes
aînées en leur fournissant des informations sur des thèmes qui peuvent les
concerner au quotidien». Évidemment, ça augmente le pouvoir que les personnes
aînées ont sur leur capacité à agir, capacité à se défendre puis la maîtrise
sur leur propre vie.
Et évidemment, moi, je m'accrocherai à ce
dernier aspect, en fait, à la fois sur la partie défense, puis sur la partie
information, puis le pouvoir d'agir, le pouvoir de maîtriser sa vie. On le dit
souvent, le transport au Québec n'est pas reconnu comme un droit fondamental.
Ce n'est pas reconnu comme tel. En même temps, pour certaines organisations, ça
devrait l'être, parce qu'en quelque part, si on n'est pas capables de se
déplacer de manière sécuritaire, de manière abordable aussi, je dirais, et de
façon efficace, puis on pourrait... parler de confortable aussi, bien, il y a
beaucoup de droits qu'on ne peut pas exprimer, qu'on ne peut pas... qu'on ne
peut pas atteindre. C'est le droit à l'éducation, par exemple, le droit à une
alimentation saine. Il y a plusieurs Québécois, Québécoises qui vivent
malheureusement dans des déserts alimentaires.
Donc, un désert alimentaire, là, je le rappelle
au bénéfice de tous et toutes, là, c'est un... c'est un secteur à l'intérieur
duquel il n'y a malheureusement pas d'offre alimentaire de qualité. Et donc on
a malheureusement des gens au Québec qui sont pris dans les déserts
alimentaires et qui se retrouvent dans l'incapacité de se déplacer vers l'offre
alimentaire de qualité, donc à distance à pied de chez eux, par exemple, quand
c'est leur seul moyen de transport, parce que... parce qu'il y a une incapacité
à utiliser l'automobile, pour une raison économique ou une raison physique,
cognitive, peu importe, ou encore parce que l'offre de transport collectif
n'est pas adaptée, ou parce que l'offre d'aménagement cyclable, par exemple, en
période estivale, pour les aînées qui pourraient se déplacer, bien, elle n'est
pas sécuritaire. Bon. Bien, on se retrouve avec une offre alimentaire qui
consiste bien souvent en un dépanneur.
Et ça touche beaucoup, beaucoup de régions
aussi. Ce n'est pas juste dans les centres-villes qu'on a ça. Il y a... Il y a
beaucoup de régions au Québec où l'offre alimentaire, on l'a vu péricliter dans
les dernières années. Il y a une sorte de... une forme de dévitalisation des
régions. Et plusieurs aînés qui ont fait le choix, ou qui n'ont pas choisi
aussi, par ailleurs, de rester chez eux, bien, ils se retrouvent finalement
avec, des fois, une offre alimentaire très pauvre ou encore juste pas d'offre
alimentaire. Et là, c'est la... c'est la grande débrouille, là. C'est le
système D. Puis ce n'est pas compliqué puis ce n'est pas ce qu'on pourrait
identifier comme donner les chances à tout un chacun, aux personnes âgées
particulièrement, d'avoir une maîtrise sur leur vie. Ils dépendent du bon
vouloir d'équipes de bénévoles, dépendent du bon vouloir de la famille, des
amis, tout le temps en train de quémander. Puis ça crée des situations où les
personnes aînées, bien, elles se retrouvent dans une situation de vulnérabilité
ou encore de dépendance. Et évidemment, ce n'est pas ça qu'on souhaite pour
personne.
Puis, par ailleurs, bien, il y a des...
L'AQDR est très active sur la question du transport en commun. Il est facile de
trouver des communiqués de presse de l'AQDR, notamment sur la question de la
gratuité du transport en commun. On peut être d'accord ou pas en accord avec
cette idée-là, reste quand même que la gratuité du transport en commun, dans
certains États, dans certaines... chez certaines nations ou même dans certaines
provinces, certaines villes... la gratuité peut donner des résultats positifs.
Il y en a qui sont plutôt de l'avis qu'avoir une tarification sociale pour les
personnes aînées et pour les populations moins nanties, c'est correct aussi.
Bref, il y a... Mais ce n'est pas... ce n'est pas ça le débat de toute façon
aujourd'hui. Ce que je veux dire, c'est que l'AQDR est beaucoup impliquée sur
l'enjeu du transport collectif, notamment sur cet enjeu-là, de la gratuité du
transport en commun. Donc, l'idée, ce n'est pas de savoir si on est pour ou
contre la gratuité, mais simplement de remarquer que l'AQDR, c'est déjà un dossier
sur lequel ils sont très actifs.
Bon. Alors, vous comprendrez, Mme la
Présidente, que j'ai été très étonné, encore une fois, de recevoir une réponse
négative à une demande que j'ai faite d'entendre la FADOQ puis l'AQDR lors des
audiences particulières, un peu pour les mêmes raisons que j'ai évoquées
tantôt. Ils sont au coeur... C'est les usagers au cœur du système, en fait. Ils
ont... Contrairement aux usagers réguliers, je dirais qu'ils ont... qu'ils ont
quand même aussi une <approche...
M. Grandmont :
...qu'ils
ont quand même aussi une >approche ou un savoir qui est différent de
celui des usagers réguliers, des attentes, des besoins différents également
aussi. Tu sais, je prendrais juste l'exemple, là, des bus à Québec. N'eût été
du fort travail des groupes en défense de droits des personnes aînées à Québec,
dans la grande région de Québec, bien, peut-être que le RTC n'aurait pas adapté
ses bus, n'aurait pas adapté aussi avec autant d'empressement, parce que je
pense qu'ils ont fait un très bon travail ce côté-là, là, mais adapté aussi...
demandé aux chauffeurs d'adapter leur conduite aussi. Je ne sais pas si vous
avez déjà vu des personnes aînées entrer dans le bus, ça se tient sur les
poteaux, ça ne veut pas tomber évidemment. On veut éviter une chute,
évidemment. Mais, quand on est dans un bus, puis le bus repart, puis on n'est
pas encore assis, bien, c'est ça. Il faut savoir que le transport en commun a
su quand même... les opérateurs ont su trouver une façon d'accommoder les
personnes aînées, les femmes enceintes, les personnes avec des handicaps, en
situation de handicap également aussi, là, mais là, spécifiquement sur la
question de l'âge. Et ce n'est pas pour rien que maintenant, bien, il y a des
messages très clairs qui sont indiqués dans le métro, dans les bus, que les
chauffeurs aussi font beaucoup plus attention maintenant. Puis ça, on ne peut
que le souligner. Mais ça, c'est grâce au travail des associations en défense
des droits des personnes aînées. Il ne faut pas... On ne peut pas nier leur
grand apport à l'amélioration des services, qui bénéficie à tout le monde, là,
évidemment, là. Plus les bus sont accessibles pour les personnes aînées, plus
les chauffeurs conduisent de manière douce sur leur parcours, bien, plus ça
profite à l'ensemble des gens qui prennent le bus de toute façon aussi, là.
Donc, ce qui est bon pour... Vous savez, il y a des... il y a un principe, là...
il y a une organisation qui s'appelle les villes 8-80, donc une ville
construite, on pourrait étendre aussi aux transports collectifs parce que ça
fait partie de la ville... une ville conçue pour les moins de huit ans puis les
plus de 80 ans est bonne pour tout le monde dans la ville. Donc, c'est un
peu le principe.
Mais donc l'AQDR puis la... la FADOQ font
un travail immense sur cette... sur cette question-là, et malheureusement, la
ministre a préféré... la partie gouvernementale a préféré ne pas les entendre,
ne pas acquiescer à notre demande. Et pourtant, des liens entre aînés et
transport en commun, il y en a. J'ai nommé ceux-là, ceux... Il y a ceux que
j'ai nommés à l'instant et il y a aussi, par exemple, la tarification. Il y a
dans la plupart des villes une tarification, une forme d'abonne-bus, là, une
réduction offerte pour les personnes de plus d'un certain âge. Ça peut varier
selon les villes. Pourquoi on fait ça? Bien, parce que... parce que les aînés,
c'est reconnu, ils sont... ils sont moins riches. S'ils utilisent les
transports en commun, ils peuvent être potentiellement moins riches. Puis
d'autant plus qu'un laissez-passer offert à moitié prix, par exemple, dans une
société de transport ne va pas venir ajouter des clients en heures de pointe,
là où le bus... Tu sais, vous le savez, là, ceux qui prennent le transport en
commun, on est tous debout dans le transport en commun, ce n'est pas évident,
difficile d'avoir une place assise. Bien, les aînés, souvent, vont choisir de
prendre un transport en commun entre les heures de pointe. Donc, il n'y a pas
de... il n'y a pas d'enjeu, on n'ajoute pas de la clientèle en heures de
pointe. Ils vont simplement venir combler les heures creuses, comme on les
appelle, et, dans le fond, c'est un plus. Donc, même s'il est à moitié prix,
c'est quand même de l'argent qui rentre de plus pour les sociétés de transport,
puis ça aide, évidemment. Tout le monde est gagnant.
La ville de Montréal, c'est un enjeu
important, ils ont choisi d'offrir la gratuité pour les aînés sur le... sur le territoire,
dans la zone 1, là, vraiment l'île. Encore une fois, moi, je suis plutôt
d'accord avec cette mesure-là pour les raisons évidentes, là. Mais on peut ne
pas être d'accord avec ça. Mais ce qui est...
(Interruption)
Une voix : ...
• (16 h 30) •
M. Grandmont : C'est cher,
c'est cher, beaucoup d'argent.
Une voix : ...
M. Grandmont : Je m'excuse,
Mme la Présidente, j'ai été dérangé par l'intelligence... artificielle de mon...
de mon collègue, le robot ou l'ordinateur qui parlait, là.
Donc, c'est ça. Donc, ce que je disais,
c'est que, sur la gratuité, on peut être d'accord ou pas, mais reste quand même
que ça démontre qu'en quelque part c'est un enjeu important dans notre société,
quelle place on laisse aux aînés dans le transport en commun. Parce qu'il ne
faut pas se détromper, là. Moi, j'ai travaillé, bon, dans une organisation qui
faisait la promotion du transport collectif et actif puis qui faisait la
défense de droits aussi. Puis, à travers la pratique, on a développé des
programmes aussi pour accompagner les aînés vers la mobilité durable. Puis le
constat tenait à plusieurs éléments. Je vous explique ça simplement, mais
encore une fois, pour démontrer l'importance d'entendre les groupes qui
représentent les aînés dans le cadre de cette commission. D'abord, il y a
plusieurs aînées qui perdent l'accès à la voiture. Des fois, c'est parce que
les capacités physiques...
16 h 30 (version révisée)
M. Grandmont : ...des fois, c'est
parce que les capacités physiques ou cognitives ne sont plus au rendez-vous,
puis, là, on va avoir un billet du médecin qui va informer la SAAQ, puis, bon,
il n'y aura pas de renouvellement, on coupe le permis, c'est fini. Puis, à
quelque part, moi, je pense... tu sais, il faut que ce processus là,
évidemment, existe. Je pense que c'est un enjeu de sécurité publique aussi.
Mais il ne faut pas que l'enjeu de sécurité publique devienne, aussi, pour la
personne qui perd son permis, une voie directe vers l'isolement social. Ce qu'on
veut, c'est que les gens puissent garder leur capacité à se déplacer parce qu'encore
une fois, ça soutient plusieurs droits, dont celui de pouvoir, bien, s'épanouir
puis avoir des amis, une vie sociale, faire du bénévolat, donc d'avoir une
participation sociale intéressante. Si on garde des aînés isolés qui ne sortent
plus de chez eux, bien, c'est aussi des conséquences importantes pour la santé,
le budget de la santé par la suite. Les gens qui restent coincés chez eux à ne
pas pouvoir se déplacer, c'est des gens qui, ultimement, vont dépérir chez eux
tout seuls, puis, pour vrai, c'est des gens aussi dont la santé physique et
cognitive peut se dégrader rapidement. Moi, je nous souhaite tous et toutes,
collectivement, ici, d'avoir une vie, comme aînés qui soit la plus active, la
plus stimulante possible parce qu'on veut... je pense que c'est un des facteurs
les plus importants pour rester en santé très, très, très longtemps. Je ne sais
pas si ça fait rire Mme la ministre, mais moi, je pense que c'est quelque chose
d'important. Oui, merci. Je pense que c'est quelque chose d'important. Et d'ailleurs
il y a un lien très évident avec Mobilité Infra Québec.
Mme la ministre a dit : Mobilité
Infra Québec va créer des projets complexes de transport. On s'entendra sur «transport»
ou «transport collectif», là. Moi, je pense que ça devrait aller juste du côté
transport collectif. Si on veut vraiment reprendre les destinées du transport
collectif au Québec, je pense qu'on devrait aller là-dessus puis laisser au
ministère des Transports et de la Mobilité durable — c'est drôle que
ça s'appelle comme ça, mais c'est ça, c'est comme ça, c'est un fait — mais
qu'elle continue à s'occuper de ce qu'elle fait déjà, c'est-à-dire faire des
routes, faire des projets complexes d'échangeur Turcot, troisième lien, si
jamais Mme la ministre veut vraiment aller de l'avant avec ça. Donc, qu'on
fasse du transport collectif complexe. On n'a pas encore défini ce que c'était,
un projet complexe de transport collectif. Par contre, je pense qu'on peut s'entendre
sur le fait que là-dedans, là, il doit y avoir quelque chose comme, peut-être,
des prolongements de métro, des tramways, des SRB. Dans mon esprit à moi, il y
a cette notion-là, là. Les grands projets de transport collectif rentrent
probablement dans la notion de la définition de «projet complexe». Mais encore
une fois, on vérifiera avec Mme la ministre, là.
Or, il se trouve — et c'est ça
qui est vraiment super intéressant — que les projets de tramways, les
projets de métro, les projets de SRB, souvent, ce sont des projets de
transports collectifs qui sont d'emblée accessibles universellement. C'est
vraiment intéressant, ça. Vous savez, le transport collectif a beaucoup évolué
dans les dernières années. Moi, quand j'ai commencé à le prendre, au début des
années 90, quand je rentrais au secondaire, tu sais, les bus qu'il fallait
prendre, il fallait monter des marches. C'était quand même compliqué. J'imagine
que plusieurs d'entre nous ici l'ont déjà vécu. Il n'y avait pas vraiment de
place pour des gens avec des marchettes, des fauteuils roulants, des poussettes
aussi, par ailleurs, c'était pour des gens qui avaient des capacités physiques
quand même assez assez avancées. Et, bien, les sociétés de transport ont réussi
à évoluer, ont réussi, à... Déjà, on est arrivés avec les autobus à plancher
bas, avec des rampes qui peuvent se déployer. Bon, il y a toujours des enjeux,
là, l'hiver, la garnotte, la rouille qui peut pogner là-dedans, mais... Puis le
bus peut s'agenouiller aussi, Mme la Présidente. Je ne sais pas si vous le
saviez, mais le bus peut baisser pour se mettre au niveau du trottoir. Il faut
que la personne le sache et le demande au chauffeur, mais, quand même, ça
existe. Donc, les sociétés de transport font un gros effort pour améliorer ça.
Des fois, les personnes aînées, bien, il y
a des enjeux de mobilité, puis, des fois, c'est les arrêts qui ne sont pas
accessibles. Le bus, le parcours est accessible, mais les arrêts ne le sont
pas. Puis encore une fois, là, il y a une grande volonté, puis on le remarque,
puis on le félicite, puis on l'encourage. Les sociétés de transport travaillent
avec les villes parce que, là, on tombe plus du côté... tu sais, quand on est
dans la rue, c'est plus la municipalité. Bien, on travaille avec un plan d'accessibilité
universelle, avec un plan Municipalité amie des aînés. On travaille à ce que l'arrêt
d'autobus aussi soit accessible. Parce que si le bus l'est, ce n'est pas nécessairement
l'arrêt, à un moment donné, ça limite les choix, ça limite les possibilités de
déplacements pour les gens. Et ça, les sociétés de transport le font pour deux
raisons. D'une part parce que, comme je le disais tantôt, ils ont des plans d'accessibilité
universelle, ils ont des plans Municipalité amie des aînés, c'est déjà... c'est
fort louable, mais, aussi, pour des raisons économiques. Moi, dans ma pratique
antérieure, ce qu'on nous disait, ce qu'on nous rapportait souvent c'était que,
dans des résidences pour personnes aînées, bien, il arrivait souvent que, dès
leur <arrivée...
M. Grandmont :
...c'était
que, dans des résidences pour personnes aînées, bien, il arrivait souvent que,
dès leur >arrivée, dès qu'une personne aînée arrivait dans une résidence
pour personnes aînées, là, peu importe le statut ou la forme, logement social
ou encore une résidence pour personnes avec un peu plus de moyens, peu importe
le système, souvent, il y avait une rencontre avec la personne, entre le
médecin puis la personne qui arrivait comme nouvelle personne résidente, puis
on remplissait assez rapidement un billet à l'effet que cette personne-là était
admissible au transport collectif adapté. Donc, les services de transport
adapté, c'est quand même intéressant, c'est un bon service puis c'est super intéressant,
là. C'est un service qui est porte-à-porte. Il y a des enjeux, évidemment,
parce que ça ne répond pas à tous les... à tous les besoins très rapidement.
C'est-à-dire que souvent, il faut le commander d'avance, il y a un certain
délai. Mais de manière générale, les personnes aînées semblent satisfaites par
ce... par ce programme-là, ce service-là, parce que c'est du porte-à-porte puis
c'est du transport collectif qui leur permet de remplacer l'utilisation d'une
voiture. J'y ai fait référence tantôt.
Or, il apparaît qu'avec le vieillissement
de la population et le sous-investissement dans le transport collectif dans les
dernières années, bien, il y a une explosion de la demande en transport adapté.
Et opérer du service de transport adapté, pour des sociétés de transport, c'est
extrêmement cher comparé à du transport collectif régulier. On parle, là, d'à
peu près 20 $ par trajet effectué en transport adapté, alors qu'on peut
descendre à 5 $, 6 $, 7 $, 8 $, dépendamment des villes,
des régions, par passager avec du transport collectif régulier. Donc, il y a
vraiment une grande disparité, une grande différence dans le prix que ça coûte
à la société de transport d'opérer un mode ou l'autre mode. Et donc, les
sociétés de transport veulent aller de plus en plus vers un transport collectif
qui va être... qui va répondre aux besoins de tous les segments de la
population, donc les usagers réguliers, bien, les plus jeunes, les plus âgés,
les personnes en situation de handicap, évidemment, pour réduire les coûts,
pour réduire la pression que le transport adapté a sur les sociétés de
transport. Donc, c'est la première des choses.
Puis, comme je le disais tantôt, bien, une
des façons d'augmenter ou d'améliorer l'accessibilité universelle dans le
transport collectif pour les personnes aînées, notamment, bien, c'est d'aller
vers des modes de transport plus lourds. Et comme je le disais tantôt, bien, Mobilité
Infra Québec va vraisemblablement réaliser de ces modes de transport plus
lourds : tramway, métro et SRB, qui sont, par leur nature même,
entièrement accessibles. Je prendrais l'exemple du tramway, parce que le
tramway, c'est... on en parle beaucoup à Québec, notamment, mais aussi parce
que peut-être qu'en ce moment même, le premier ministre, qui est à Paris,
utilise un tramway. Il est peut-être dans un tramway en ce moment. Je ne sais
pas. Peut-être que Mme la ministre suit les déplacements du premier ministre.
Mais, la beauté de la chose, c'est qu'en ayant un mode...
Mme la Présidente, vous semblez douter. De
quelle partie? Qu'elle le sait ou qu'il prend le tramway?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
M. Grandmont : Je continue.
D'accord. Vous m'excuserez cette boutade.
Pour ceux et celles qui ont déjà eu
l'occasion d'utiliser un tramway, c'est super intéressant parce que, bien,
d'abord, le véhicule est entièrement à plancher bas, donc déjà, c'est... il n'y
a pas de difficulté d'accès. Le tramway, quand qu'il s'avance dans le... pour
s'installer vis-à-vis le quai...
Ma collègue en perd son équilibre.
Attendez de voir la suite. Donc, quand le tramway arrive à proximité du quai,
bien, il est sur des rails. Il ne peut pas être à un pied du trottoir, il ne
peut pas être trop... tu sais, il va toujours être à la même distance. Donc,
généralement, là, le plancher du tramway, il est à peu près à quelque chose
comme un pouce et demi, deux pouces du quai, le quai qui est entièrement
accessible aussi. Donc, la personne rentre tout simplement en continuant son
trajet du quai vers l'intérieur du tramway. Ça fonctionne extrêmement bien.
Mieux que ça : dans le projet qui
était prévu pour Québec, et j'espère qu'on gardera éventuellement ces
innovations-là, qui étaient, à mon sens, très intéressantes, non seulement les
quais sont accessibles, mais en plus, ils étaient... c'étaient des planchers
chauffants pour les quais. Donc, jamais d'enjeux de glace ou de neige, la neige
fond, la glace fond automatiquement, est canalisée vers l'extérieur, plus loin.
Donc, le quai en lui-même, à Québec, dans ce qui était prévu initialement, est
toujours bien entretenu, toujours dégagé. Il n'y a jamais de... jamais de
besoin de mettre du sable ou du gravier. Le quai, évidemment, est entièrement
accessible. C'est... C'est une évidence.
• (16 h 40) •
Et, en plus, ce qu'on avait pensé, pour le
tramway de Québec, c'est qu'il y avait des sections réservées pour certains
wagons. Donc, pour le wagon, il me semble que c'était le wagon à l'avant, les
wagons à l'avant, c'est pour les personnes qui ont des enjeux de mobilité.
Donc, on pourrait rentrer là-dedans les personnes à mobilité réduite aînées,
donc les personnes aînées vont vers l'avant, les gens qui sont plus de
clientèle... qu'on pourrait qualifier de clientèle régulière vont plus au
centre, puis les gens qui voyagent avec un vélo, par exemple, se dirigent vers
l'arrière, parce que c'était aussi un des <intérêts...
M. Grandmont :
...qui
voyagent avec un vélo, par exemple, se dirigent vers l'arrière, parce que
c'était aussi un des >intérêts, de pouvoir combiner ces modes-là en mode
intermodalité. Mais ça, c'est une belle façon de penser l'intermodalité. Donc,
si ces modes-là sont entièrement accessibles, bien, il faut les penser, il faut
les réfléchir en fonction des utilisateurs qui vont venir éventuellement. A
priori, en ce qui concerne cette motion préliminaire, bien, les personnes
aînées, et, donc, leur représentant, le réseau FADOQ et l'Association
québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraités, l'AQRD.
Parce que je pense que leurs connaissances, leur savoir, leurs connaissances
fines, je dirais même, de ce que c'est, le transport collectif, de quels besoins
ça peut répondre, mais, aussi, de qu'est-ce qu'on doit s'assurer d'avoir comme
réflexe, à Mobilité Infra Québec, pour créer du transport collectif qui va
répondre à leurs besoins. Je pense qu'on aurait eu besoin ou qu'on en aura
besoin, si, évidemment, on peut les entendre avant le début de l'étude
détaillée, je pense que ce serait pertinent de les entendre. Alors, c'est pour
ça que je demande qu'on rencontre, avant les audiences particulières, le réseau
FADOQ est l'AQDR.
Vous savez, au RTC, par exemple, parce que
c'est une société de transport que je connais bien, là, on a des comités
internes où les personnes aînées discutent régulièrement avec les dirigeants,
avec les planificateurs, les équipes de planification, les équipes
d'utilisation du... de la société de transport en question. Puis je suis pas
mal sûr que dans nombre de sociétés de transport, on a ce même réflexe-là.
Quand on achète un nouveau bus, par exemple, quand on va vers des nouveaux...
un nouveau type, un nouveau fournisseur, en fait, d'autobus, par exemple, quand
on a «designé» les nouvelles rames de métro Azur, je suis pas mal sûr que la
STM avait ses groupes représentant les personnes aînées pour l'essayer en mode
préparatoire, donc ne pas attendre d'avoir livré le système de transport
collectif pour se rendre compte, finalement, que : Ah! câline, on aurait
dû les entendre, on aurait donc dû prendre le temps de les écouter pour
avoir... pour éviter des erreurs.
Peut-être qu'ils nous auraient conseillé,
aussi, d'avoir, sur le conseil d'administration de Mobilité Infra Québec, une
personne de plus de 65 ans ou représentante de ces organisations-là, du
réseau FADOQ ou de l'AQDR. Je ne sais pas, mais on ne les a pas entendus. Moi,
c'est ce que j'aimerais. Je pense qu'il y a un lien très fort. Si on veut
garantir la mobilité pour tous et toutes dans un avenir le plus long possible,
considérant que la population est vieillissante, au Québec, considérant
l'importance d'offrir des réseaux qui conviennent pour tout le monde, moi, je
suggère très fortement que, d'ici le début de l'étude détaillée du projet de
loi n° 61, on puisse recevoir et entendre le réseau
FADOQ et l'AQDR. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur la motion? Oui, M. le
député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Et je voudrais intervenir humblement au nom du chef de
l'opposition. Donc, ça devrait me donner une plage de 30 minutes, n'est-ce
pas?
La Présidente (Mme Maccarone) :
...
M. Morin : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, vous comprendrez que j'ai écouté avec beaucoup
d'attention mon collègue en ce qui a trait à sa motion pour faire entendre deux
groupes, le réseau de la FADOQ et l'AQDR. Et je dois vous dire que mon collègue
a le sens de la politique, le sens de présenter une motion dans un moment
qui... une journée qui doit nous faire réagir parce qu'aujourd'hui, c'est la journée
internationale des personnes aînées, telle que décrétée par l'ONU. Est-ce qu'on
peut choisir...
Une voix : ...
M. Morin : Non, non, mais je
tiens à le souligner. Est-ce qu'on peut choisir une meilleure journée pour
présenter une telle motion? Alors, je remercie le collègue. Vraiment, c'est
super. Puis là, bien, je vais évidemment me tourner vers Mme la ministre et lui
dire : Écoutez, Mme la ministre, en cette journée internationale des
personnes aînées, vous ne pouvez pas refuser une telle motion. Écoutez, il y a
tellement d'aînés qui nous écoutent, en fait, tellement d'aînés, puis c'est
tellement pertinent de les entendre. Ma collègue, ici, de la recherche me
faisait remarquer que, statistiquement parlant, pour les personnes de
65 ans et plus, au Québec, il y en a 1,9 million. Mais quand on va regarder
les critères d'admission de la FADOQ, alors, c'est là qu'on se rend compte
qu'au Québec, on devient un aîné très rapidement, très jeune, en fait, parce
qu'à 50 ans, on peut devenir membre de la FADOQ. Je vous fais une <confidence...
M. Morin :
...jeune,
en fait, parce qu'à 50 ans, on peut devenir membre de la FADOQ. Je vous
fais une >confidence, Mme la Présidente, je suis éligible, je pourrais
devenir membre après-midi, hein? Non, non, puis on est quand même en forme,
hein, on est au Parlement puis on n'arrête pas. Mais savez-vous combien il y a
de Québécois puis de Québécoises de plus de 50 ans, au Québec? 3,6 millions.
Non, non, mais ce n'est pas banal, 3,6 millions. Donc, au fond, là, la
demande du collègue, c'est de dire : Mme la ministre, si vous écoutez la
FADOQ, si vous l'invitez — —puis ça ne prendra pas quatre jours, là,
ils sont super efficaces — vous allez entendre un organisme qui
représente 3,6 millions de Québécois puis de Québécoises. Ce n'est quand
même pas banal. En fait, je vous dirais que c'est fondamental puis c'est
important, c'est important d'en parler, parce que ça représente, à part de ça,
à peu près un tiers de la population, et on parle de transport collectif, on
parle de transport interurbain.
Alors, est-ce que vous savez c'est quoi,
le mot... en fait, ce qu'a retenu la FADOQ pour décrire la journée
internationale des personnes aînées? Eh bien, cette année, leur lettre, c'est :
Vieillir n'est pas un frein. Et il y a-tu quelque chose de plus pertinent, en
transport collectif, de ne pas freiner? On ne veut quand même pas freiner
l'élan du Québec, l'élan de nos personnes aînées quand on parle de transport
collectif. Retenons ça : Vieillir n'est pas un frein. Et la présidente du
réseau de la FADOQ nous dit : Aujourd'hui, vieillir, ce n'est pas grave,
c'est la vie. Bien, c'est vrai, hein, on n'a pas le choix, on va tous vieillir.
Et, vous savez, quand on regarde... et qu'on regarde la population et
l'espérance de vie, ce matin, justement, je faisais une intervention, en
Chambre, au salon rouge, sur le Musée de l'histoire du Québec<i>, je
parlais de la Nouvelle-France. Donc, en tout cas, moi, mes ancêtres étaient là,
en Nouvelle-France, mais leur espérance de vie, c'était 30, 35, 40 ans, 45 ans.
Mais aujourd'hui, l'espérance de vie, c'est en haut de 80, là.
Donc, si on revient à la FADOQ, 50 ans
et plus, là, pour les gens, il leur reste une trentaine de vies à vivre. C'est
jeune, Mme la Présidente. Donc, il faut tenir compte de ça quand on a à
regarder et à étudier un projet de loi qui est aussi important que celui qui va
créer Infra Québec... ou Mobilité Infra Québec. Ça, c'est pour la... la FADOQ,
pardon, et ils représentent 580 000 personnes. Mais il y a aussi
l'AQDR — puis, après ça, je vais vous reparler des aînés — mais
l'AQDR, souvent, ils vont représenter des gens, et eux, c'est 65 ans et
plus. Ils ont une mission qui est un peu plus ciblée, à savoir la protection et
la défense des droits des aînés, toute la question des rapports sociaux fondée
sur la justice — puis vous comprendrez que ça m'interpelle
particulièrement — mais, aussi, toute la question de la liberté,
l'autonomie, regrouper des personnes aînées, retraitées et préretraitées.
• (16 h 50) •
Et donc, pour ces deux groupes, quand on
cumule leurs membres ou le nombre de membres, ça devient excessivement
important. C'est beaucoup, beaucoup de gens, et c'est des gens qui sont encore
très actifs dans notre société, et ça, je pense qu'il ne faut pas l'oublier. Et
ça, c'est hyper important, là, quand on parle de gens, par exemple, qui
pourraient être membres de la FADOQ, et c'est 50 ans et plus, donc, à 55,
56, il y a plein de gens qui sont... qui sont retraités. Il y en a d'autres qui
continuent à travailler. Il y en a qui commencent une autre carrière, mais ils
ont tous besoin de se déplacer. Et je vais vous donner... je vais vous donner
quelques exemples de gens que je rencontre puis qui utilisent, effectivement,
des transports collectifs pour se déplacer et qui pourraient être membres de la
FADOQ ou de l'AQDR, visiblement, qui ont plus que 55 ans ou 60 ans.
Donc, c'est, pour moi, hyper important de tenir compte de leur réalité, parce
que — et ça, ça vient évidemment avec le
vieillissement — c'est sûr que, parfois, notre <mobilité...
M. Morin :
...parce
que — et ça, ça vient évidemment avec le vieillissement — c'est
sûr que, parfois, notre >mobilité diminue quand on est rendu à 65, 70,
80, si on la compare à la mobilité de quelqu'un qui a 20, 25 ou 30 ans. Et
puis, pour plusieurs, le transport collectif ou les sociétés de transport
deviennent des organisations vers lesquelles elles vont se retourner pour être
capables de se mouvoir, que ce soit à l'intérieur d'une ville ou que ce soit
entre des villes.
Puis je vais vous donner des exemples très
précis de gens qui vont prendre l'autobus ou qui vont prendre le métro. Et je
pense que quand on a un projet de loi qui va créer un organisme, hein, qui va
être capable de travailler en matière d'ouvrage de génie civil dans des projets
complexes de transport, bien, il me semble que tenir compte de nos aînés, c'est
un minimum. Je ne reviendrai pas avec les statistiques, mais vous le savez, je
vous en parlais tout à l'heure, le nombre de gens, c'est phénoménal. Puis ces
gens-là ont besoin... ces gens-là ont besoin du transport collectif. Je vais
vous donner quelques exemples. Il y en a qui touchent directement ma
circonscription.
Pas très loin de mon bureau de
circonscription, à Montréal, on a ce qu'on appelle un club de «botche» ou de
bocce, et il y a plein de gens de la communauté italienne qui viennent jouer au
bocce. Il y en a qui ne sont pas très âgés, mais il y en a d'autres qui
avancent en âge, puis il y en a, là-dedans, qui prennent, évidemment, le
transport collectif. C'est d'ailleurs l'autobus, le 179, qui les amène et qui
passe sur l'Acadie, une artère importante dans ma circonscription. Bien, avoir
un transport qui est adapté à leur réalité, c'est fondamental. Puis ces
gens-là, là, bien, ils jouent à 70, 75, 80, 85, là, ils n'arrêtent pas, là,
mais à un moment donné, comme le soulignait mon collègue, à un moment donné,
des fois, ils ne sont plus capables de conduire ou ils n'ont plus d'auto, alors
le transport collectif devient, pour eux, le moyen de se mouvoir à l'intérieur — notamment
ici, dans un cas comme celui-là — d'une ville.
Donc, si on a à développer, avec les
sociétés de transport... Si Mobilité Infra Québec a à développer des projets,
il me semble que c'est fondamental, qu'on puisse entendre ces associations,
pour que le gouvernement, mais l'ensemble des parlementaires, aient une
véritable connaissance des enjeux. Souvent, les gens ne vont prendre que
l'autobus. L'autobus peut être adapté. Comme le soulignait mon collègue, on
peut adapter, ça peut un peu baisser, c'est plus facile. Il y en a qui ont même
des rampes d'accès. Mais il y en a, aussi, qui doivent se déplacer en métro. Et
le métro, à Montréal, bien, ils n'ont pas encore des ascenseurs partout, là, alors,
c'est un enjeu de taille. Donc, quand on parle de projets complexes dans le
domaine des transports, je pense que ça, ça devrait devenir une priorité. Puis
c'est un endroit — le club de bocce dans mon comté — où,
justement, les aînés sont capables de se regrouper, d'être plus actifs. Parce
que c'est aussi un sport, ça brise l'isolement puis ça améliore leur qualité de
vie, et en améliorant leur qualité de vie, ces gens-là vivent heureux plus
longtemps et, heureusement, on leur souhaite, souvent, ils ont moins recours
aux services de santé. Donc, il y a un bénéfice pour la population en général.
Mais je vous donne... je vous donne deux
ou trois autres exemples. Dans ma circonscription, on a aussi un CHSLD qui
est... qui est très important, le CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci, c'est un...
c'était un hôpital, avant. D'ailleurs, j'y ai travaillé plus jeune, mais là,
maintenant, c'est un CHSLD. Or, il y a beaucoup de gens qui vont visiter leurs
parents, qui sont là, puis qui prennent l'autobus. Cette fois-ci, c'est le 69
qui passe sur Gouin et... mais évidemment qui est hyper, hyper utile. Donc,
d'où l'importance, évidemment, de rencontrer des sociétés, des associations qui
vont être capables de représenter et de faire valoir, et de démontrer au
gouvernement l'importance, évidemment, de s'occuper, bien sûr, de nos aînés.
Mais j'ai deux autres exemples à vous
donner. Il y en a un, et vous allez voir, je vais faire un lien avec les fougères :
le Jardin botanique, à Montréal. Je ne sais pas si vous le <savez...
M. Morin :
...je
vais faire un lien avec les fougères : le Jardin botanique, à Montréal. Je
ne sais pas si vous le >savez, mais le Jardin botanique de Montréal, c'est
le troisième plus grand jardin botanique au monde. C'est un endroit magnifique.
Il n'y a pas que des fougères. Il y a une série de plantes, d'espèces de
plantes magnifiques. Mais ils ont des bénévoles, et, souvent, les personnes qui
vont être bénévoles, bon, évidemment, ils vont avoir plus que 50 ou
55 ans, ça va être des préretraités ou des retraités qui vont accueillir
des groupes, bien, ils prennent le transport en commun pour se rendre. Ils vont
utiliser du transport collectif pour se rendre. Et, justement, la FADOQ et l'AQDR
sont là pour les représenter.
Je vais vous donner un dernier exemple,
puis là, vous allez... vous allez bien le visualiser, Mme la Présidente, parce
qu'il est dans votre circonscription, je pense, le Musée des beaux-arts de
Montréal, sur la rue Sherbrooke. Ils ont un programme fantastique de bénévoles
et ils ont des centaines de bénévoles. Moi, j'en connais plusieurs, et ce sont
tous des retraités. Ils suivent, d'abord, une formation qui est très sérieuse,
c'est vraiment... c'est vraiment très bien fait. Mais moi, j'en connais
plusieurs qui prennent l'autobus puis le métro pour se rendre au Musée des
beaux-arts puis être bénévoles. De toute façon, si vous vous promenez un peu
sur la rue Sherbrooke, vous allez voir que c'est une très bonne idée, de
prendre l'autobus et le métro pour se rendre au jardin... pas au jardin, mais
au Musée des beaux-arts de Montréal, parce que les espaces de stationnement
sont plutôt rares, puis c'est bien qu'on prenne du transport collectif dans les
grands centres, dans les grandes villes. Il n'en demeure pas moins que ces
gens-là vont être bénévoles, et il y en a qui sont bénévoles pendant des années
et des années, et ils utilisent le transport collectif. Ils tombent tout à fait
dans les critères de l'AQDR ou de la FADOQ, ils peuvent en être membres, et
donc, le fait de pouvoir écouter ces groupes, sensibiliser le gouvernement à la
réalité, c'est quelque chose qui m'apparaît tout à fait fondamental.
Mais il n'y a pas juste les grands
centres. Tu sais, on le sait, le Québec, c'est aussi des régions, puis
malheureusement, entre les régions, le transport collectif, ce n'est pas
toujours efficace, ce n'est souvent pas efficace. Et donc, nos aînés... Puis,
tu sais, quand je dis «nos aînés», là, ce n'est pas des gens qui sont âgés, là.
Tu sais, je vous en parlais tout à l'heure, là, FADOQ : 50 ans. Tu
sais, 52, 53, là, ce n'est pas vieux, là, c'est même jeune. Et puis, là, bien,
vous voulez vous déplacer d'une région à l'autre, bien, il n'y en a pas ou ce n'est
pas prévu. Alors, quand on regarde ce que va faire Mobilité Infra Québec et
puis quand on regarde sa mission principale, qui est d'effectuer, dans une
perspective de mobilité durable, lorsque le gouvernement lui en confie la
responsabilité, l'analyse d'opportunités, de planification ou de réalisation de
projets de transport complexes, bien, je me dis : À un moment donné, ils
vont sûrement plancher sur des projets de mobilité, des projets de construction
entre des régions, entre des villes, et je pense que ce serait vraiment une
opportunité manquée si ces groupes-là n'étaient pas entendus parce que je vous
le disais d'entrée de jeu, les 50 ans et plus, au Québec, c'est
3,6 millions de personnes. C'est un chiffre qui est quand même important,
là, qui est... qui est significatif. Et leur expertise, leur expérience, c'est
d'être capables de partager avec d'autres — puis dans ce cas-ci, bien
évidemment, c'est avec des décideurs, le gouvernement — comment
adapter un réseau pour qu'il soit pertinent pour nos personnes aînées, pour que
le transport soit plus accessible, pour que le transport collectif devienne
efficace et que ce soit une façon de briser l'isolement social que peuvent
vivre nos aînés entre différentes régions, entre différents villages.
• (17 heures) •
Ça m'apparaît tout à fait fondamental.
Donc, quel organisme est le mieux placé, pour nous parler de ces réalités-là,
que la FADOQ et l'AQDR? Écoutez, il y en a peut-être d'autres, mais mon
collègue, le député de Taschereau, dans sa motion, a identifié ces deux
groupes. Et il m'apparaît...
17 h (version révisée)
M. Morin : ...il y en a
peut-être d'autres, mais mon collègue le député de Taschereau, dans sa motion,
a identifié ces deux groupes, et il m'apparaît qu'ils sont particulièrement
pertinents pour les fins de l'analyse et les fins de l'étude de ce projet de
loi. Donc, quant à moi, il faudrait absolument les entendre. D'autant plus que
ces groupes-là, avec les études qu'ils font, sont à même... sont à même de
proposer des options importantes en matière de transport collectif. Ça pourrait
être, par exemple, sur toute la question de la tarification. Ils sont capables
de nous démontrer, de nous expliquer quelle est la réalité... quelle est la
réalité, quels sont les budgets souvent de personnes aînées. D'ailleurs, l'AQDR
a fait des études sur les différentes pensions de retraite puis l'impact de l'inflation.
Donc, quelle pourrait être, dans le cas d'établissement de projet ou de
transport collectif, quelle pourrait être, par exemple, une tarification
appropriée pour faire en sorte que nos aînés puissent bien sûr utiliser ces
modes de transport, mais tout en s'assurant qu'ils vont être abordables, et qu'ils
vont être en mesure évidemment de les utiliser. Et ça, je pense que c'est... c'est
hyperimportant, on ne peut pas y faire abstraction. Donc, quand le collègue
souligne qu'il veut faire entendre ces groupes, bien, je me dis, prenons...
prenons cette opportunité-là, ce sont deux groupes qui sont excessivement
connus, qui sont excessivement pertinents et qui sont en mesure, évidemment, de
nous conseiller.
Moi, dans ma circonscription, je suis
souvent en contact avec les gens de l'AQDR. Ils viennent me voir au bureau de
circonscription. On discute d'enjeux pour nos aînés. Et je dois vous dire qu'il
y a toute la question, bien sûr, malheureusement, de la maltraitance, on en a
parlé aujourd'hui, mais il y a aussi la question de l'inflation, des finances.
Et c'est très important d'être capable, évidemment, d'avoir des moyens de
transport qui vont faire en sorte que nos aînés, tous nos aînés vont être
capables de se mouvoir d'un endroit à l'autre. Et, quand on regarde la mission
de Mobilité Infra Québec, bien, ça va être justement ça, faire en sorte qu'il
va y avoir des projets, des ouvrages de génie civil dans des projets complexes
de transport.
Puis, quand on regarde ce qu'ils vont
devoir faire, on dit, entre autres, «aménager un immeuble ou un ouvrage de
génie civil afin qu'ils puissent soutenir ou accueillir un bâtiment ou une
structure souterraine qu'un tiers pourrait construire, construction,
reconstruction ou réfection d'un immeuble ou d'un ouvrage de génie civil
destiné au transport ou utile à un système de transport». Donc, quand on
reparle... quand on parle, quand on fait référence à de la construction, de la
reconstruction ou de la réfection d'un immeuble, bien, il me semble que tenir
compte de la réalité de nos aînés, c'est essentiel. Si on veut faire un travail
utile pour l'ensemble de la population, il faut absolument être capables de
tenir compte de cette réalité-là. Ça m'apparaît essentiel.
Et, vous savez, je reviens un peu à ce que
la FADOQ publiait sur la Journée internationale des personnes aînées, et puis c'est
très juste, ce qu'ils disent, permettez-moi de les citer : «Le
vieillissement a un visage différent à notre époque. Vieillir en 2024 ne se vit
pas de la même manière qu'il y a 50 ans. Évidemment, on est chanceux. Il y
a eu des progrès de la médecine, et les personnes aînées sont plus actives que
jamais.» Mais évidemment, pour être actifs, bien sûr, il y en a qui vont
prendre leur voiture, qui vont prendre leur automobile, mais il y en a qui n'ont
pas cette possibilité-là ou qui n'ont pas ce luxe-là. Ça arrive, c'est une
réalité, puis il faut en tenir compte. On ne peut quand même pas dire à ces
personnes-là : Bien, écoutez, restez chez vous. Vous avez votre retraite,
là, woup, un peu moins d'argent, restez chez vous. Ça n'a aucun bon sens.
Donc, il faut être capable de bien saisir
l'impact de ce que pourrait faire éventuellement Mobilité Infra Québec pour les
aînés, hein, on prend la peine de le dire. Plusieurs aînés <font du sport...
M. Morin :
...de
bien saisir l'impact de ce que pourrait faire éventuellement Mobilité Infra
Québec pour les aînés, hein, on prend la peine de le dire. Plusieurs aînés >font
du sport, même parfois du sport de haut niveau. Il y a même des jeux
provinciaux qui sont organisés. Ils sont actifs à travers leurs occupations
quotidiennes. Puis ça, c'est intéressant, parce que ça dit, «notamment en
faisant du jardinage». Alors, vous voyez, Mme la Présidente, tout le long de la
journée, hein, il y a un thème, il y a une idée maîtresse qui se dégage de la
fougère. On y revient tout le temps. On ne s'en sort pas. Promener son chien,
ça peut être parfois dangereux. Il faut faire attention, ou encore veiller à de
l'activité physique, donc c'est superimportant. Puis ça permet aussi de bien se
déplacer entre les villes.
Et, avec le temps qui me reste, je vais...
je vais conclure, mais sur un autre volet, mais vous allez voir, il y a un
lien, hein, on parle, 3,6 millions de personnes de 50 ans et plus,
espérance de vie en 2023 au Québec, pour les femmes, 84 ans; les hommes,
80 ans; la moyenne, c'est 82 ans. Alors, dans le réseau de la FADOQ,
si vous devenez membre à 50 ans, là, le réseau, il va vous avoir comme
membre longtemps si on regarde les statistiques. Et c'est bien qu'il en soit
ainsi, c'est bien, mais compte tenu du nombre et compte tenu de l'espérance de
vie en 2023, bien, il faut tenir compte de ces gens-là.
Puis, savez-vous, je comprends mon
collègue député de Taschereau de présenter sa motion, parce que, peut-être que
le ministère en tient compte, des aînés. Ça se peut, mais on ne le sait pas, c'est
ça, le problème. Ce matin, là, on a fait un débat superimportant, parce qu'on a
demandé accès à des documents, des notes, entre autres. Est-ce que le ministère
en a tenu compte? Est-ce qu'ils ont fait une analyse de ce que pouvait être la
mission de Mobilité Infra Québec en lien avec nos aînés? Bien, on ne le sait
pas parce qu'ils nous ont dit qu'ou bien ce n'était pas visé par la <i>loi
sur l'accès à l'information, brouillons, esquisses, ébauches, notes
préparatoires, ou il y a peut-être d'autres documents, mais ceux-là, ils ne les
divulgueront pas. Donc, on est dans le noir. Pas très utile pour un
parlementaire qui veut être en mesure de travailler. Puis je sais que mon
collègue le député de Nelligan a travaillé très, très fort dans ce projet de
loi, avec toute sa préparation, ses interventions, mais on ne le sait pas.
Alors, la seule façon de s'assurer que le
gouvernement va le savoir, bien, évidemment, c'est de faire venir des groupes
qui représentent ces gens-là. Alors, ça me semble tout à fait essentiel. Ça me
semble évident, et il faut absolument les entendre. Moi, c'est l'appel que je
lance à Mme la ministre, d'autant plus que, tu sais, je vous en ai parlé un peu
plus tôt dans mon intervention, Mme la Présidente, et d'ailleurs, la FADOQ en
fait état, tu sais, quand je vous parlais des bénévoles, que ce soit dans les
hôpitaux, dans les musées, au jardin botanique, évidemment, c'est... On ne
souhaite pas être malades, mais, malheureusement, de temps à autre, on doit
aller à l'hôpital. Moi, toutes les fois où je me suis rendu au CHUM ou au CUSM,
puis qu'il y avait des bénévoles qui nous accueillaient, bien, visiblement
c'étaient des aînés, en tout cas, ils n'avaient pas l'air d'avoir 24,
25 ans, là, ça, c'était clair. Bien, ces gens-là, il faut qu'ils se
déplacent vers les hôpitaux, il faut qu'ils se rendent, il faut qu'ils
reviennent chez eux.
• (17 h 10) •
Et d'ailleurs, c'est ce que la FADOQ nous
dit dans sa lettre d'aujourd'hui, puis ça prend la peine... je prends la peine
d'en parler, parce que justement, on est dans la Journée internationale des
personnes aînées : «Nous constatons quotidiennement à quel point les
bénévoles sont essentiels. Plusieurs organismes ne pourraient tout simplement
pas survivre sans le dévouement et l'apport des personnes aînées bénévoles.» Et
c'est vrai, dans notre société, si on n'avait pas autant de bénévoles... de
bénévoles, il y a une foule d'organismes qui ne pourraient pas exister, tu
sais, ce n'est quand même pas banal. Donc, est-ce qu'on peut s'assurer <que
ces gens-là...
M. Morin :
...de
bénévoles, il y a une foule d'organismes qui ne pourraient pas exister, tu
sais, ce n'est quand même pas banal. Donc, est-ce qu'on peut s'assurer >que
ces gens-là... Et puis ça, là, ça le dit, hein, bénévole, ça ne coûte pas cher,
on s'entend, là, mais c'est essentiel.
Donc, est-ce qu'on peut au moins s'assurer
que ces gens-là, qui sont actifs, qui aiment ce qu'ils font vont être capables
de se déplacer, que ce soit entre des régions ou au sein d'une municipalité,
pour qu'ils soient capables de remplir leurs heures de bénévolat qu'ils font
avec beaucoup, beaucoup d'attention, beaucoup de dévouement? Et la FADOQ
conclut de cette façon-là, et je vais me permettre de le lire : «La Journée
internationale des personnes aînées est un bon moment pour rappeler que l'âge
n'est qu'un chiffre — c'est vrai — continuons de valoriser
les personnes aînées, de saluer leur contribution à la société et d'encourager
la solidarité intergénérationnelle.» Et ça aussi, c'est un élément qui est très
important.
Donc, quand j'entends mon collègue le
député de Taschereau qui présente sa motion et qui demande à la ministre :
Écoutez, on voudrait entendre deux groupes, deux groupes qui représentent des
millions de personnes. Je ne peux pas croire que les collègues de la banquette
gouvernementale... Et je fais appel, je fais appel à leur sens, évidemment, de
vouloir travailler activement, d'une façon progressiste à ce projet-là, je ne
peux pas croire qu'ils vont dire non à une telle motion, en cette journée
internationale des personnes aînées, alors que nous-mêmes, au salon rouge,
aujourd'hui, on a débattu d'une motion qu'on a adoptée à l'unanimité. Quel beau
geste, hein, non, mais soyons cohérents, quel beau geste, en cet même
après-midi, que d'adopter une telle motion. Là, il me semble que ça tombe... ça
tombe sous le sens. On ne peut pas faire... on ne peut pas faire autrement.
Alors, en concluant, en concluant, moi, je
vous dirais qu'au nom des 3,6 millions de Québécois puis de Québécoises
qui ont 50 ans et plus, bien, je remercie mon collègue d'avoir présenté sa
motion. Et il me semble que le minimum, ça serait qu'on accepte cette motion et
qu'on fasse entendre ces deux associations qui vont être capables de nous raconter,
de nous dire, au fond, comment, comment Mobilité Infra pourrait être
hyperpertinente dans son mandat, dans sa mission, parce que, comme je le disais
ce matin, le projet de loi va être adopté, c'est certain, mais de faire en
sorte qu'on n'oubliera pas 3,6 millions de Québécois puis de Québécoises,
Mme la Présidente. Donc, c'est la raison pour laquelle, moi, je vais appuyer la
motion du collègue de Taschereau. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup, M. le député. M. le député, vous souhaitez intervenir? Allez-y, la
parole est à vous.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. À mon tour d'intervenir sur la motion qui est déposée par mon
collègue député de Taschereau, une motion extrêmement pertinente parce qu'elle nous
ramène à l'essentiel de notre travail. Pourquoi on veut développer des réseaux
de transport collectif? Pourquoi on veut le faire plus vite, à meilleur coût,
respecter les délais? Pour qui on fait ça? C'est évidemment pour les usagers.
Qui sont ces usagers-là? Évidemment, ce sont les citoyens. Et on n'en a pas
entendu beaucoup, de groupes citoyens aussi représentatifs d'une catégorie
d'utilisateurs comme celle... comme ces groupes qu'on nous présente ici, la
FADOQ et l'AQDR, là, l'Association québécoise de défense des droits des
personnes retraitées et préretraitées. Et je pense que, si on y réfléchit bien,
ce sont effectivement des millions d'utilisateurs potentiels de ces services de
transport collectif, qui ont des besoins particuliers, et surtout qui ont une
expertise, qui ont une expérience aussi de travail et, à l'heure actuelle, qui
peuvent nous éclairer sur les façons de faire pour développer des services qui
répondent véritablement aux besoins et aux attentes des usagers.
Alors, j'en profite également pour
mentionner qu'aujourd'hui, évidemment, c'était la journée internationale...
c'est la Journée internationale des aînés. On a adopté une motion à l'unanimité
de l'Assemblée nationale, justement, pour reconnaître que, très bientôt, là,
dans cinq ans, le groupe des 65 ans et plus, les aînés du Québec vont
composer le quart de la population. Alors, vous imaginez le potentiel
d'utilisation des services de transport collectif que l'on a dans cette
catégorie de population là, qui cherchent justement, puis j'y reviendrai tout à
l'heure, à combattre l'âgisme, qui veulent combattre justement les préjugés, <qui
veulent s'assurer...
M. Arseneau :
...que
l'on a dans cette catégorie de population là, qui cherchent justement, puis j'y
reviendrai tout à l'heure, à combattre l'âgisme, qui veulent combattre
justement les préjugés, >qui veulent s'assurer de pouvoir demeurer
actifs dans toutes sortes de sphères, au travail, bien sûr, mais également,
pour certains, par choix, là, pour certains d'entre eux, mais également à
travers leur participation active à mille et une activités. Et évidemment,
vient avec ça des besoins... viennent avec ça des besoins de mobilité. Et c'est
un enjeu, là, en soi qu'il faudra absolument aborder au cours des prochains
mois et des prochaines années si on veut véritablement que notre société
québécoise soit au diapason des besoins des citoyens et puisse être
suffisamment inclusive aussi pour s'assurer que les services publics, dont les
services de transport, services de transport collectif soient adaptés et
répondent aux besoins des citoyens.
On a une catégorie de personnes aînées ici
qui lèvent la main, qui disent : Nous voulons faire partie de la solution.
Nous voulons être partie prenante aux débats de société qui nous touchent
directement ou indirectement. Nous sommes actifs sur le plan économique, sur le
plan politique, sur le plan social, sur le plan culturel et évidemment à
travers des milliers d'heures de travail, ou de bénévolat, ou d'implication, ou
d'engagement. Et de tendre l'oreille, de s'assurer qu'on puisse prendre en
compte les propos, en fait, et la vision des choses, leur approche, je pense
que c'est une excellente initiative. Et c'est... c'est un groupe qui n'est pas
homogène. Évidemment, il y a une multiplicité d'histoires de vie, d'expérience,
d'expertise, de talents. Et, en fait, on a la chance, à travers les
associations qui regroupent ces personnes-là, de pouvoir justement avoir un
éventail de points de vue qui enrichiraient définitivement les travaux de la
commission dans l'élaboration de notre étude article par article du projet de
loi pour pouvoir le bonifier, pour pouvoir s'assurer qu'essentiellement on
couvre tous les angles du travail qu'on a à faire.
Et c'est... c'est, il me semble, faire
preuve de, je dirais, de clairvoyance, également de respect, et accueillir leur
point de vue, puis je pense qu'ils souhaiteraient véritablement être invités,
parce que c'est ce qu'on a eu l'occasion de voir aussi dans les discussions
qu'on a tenues avant la période de questions tout à l'heure et même après,
c'est de voir à quel point, quand on arrive à l'âge de 65 ans, lorsqu'on
est dans cette catégorie de personnes aînées, on veut encore et on peut encore
surtout contribuer, y aller d'une participation active dans le débat
démocratique et, pourquoi pas, dans la discussion législative, autour justement
du cadre dans lequel on souhaite développer des projets, des projets complexes
de transport, des transports collectifs plus particulièrement, pour les 25, 30,
50 prochaines années.
• (17 h 20) •
Un des éléments qui touche évidemment de
plus près la question des personnes âgées, c'est le maintien de l'autonomie. Et
on a fait valoir à de nombreuses reprises, mais, malheureusement, ce n'est pas
encore, je dirais, compris de tous, le fait que les aînés ne sont pas que des
consommateurs de services de santé et de services sociaux, ce sont des citoyens
à part entière. Et si on veut avoir une société en santé dynamique et justement
pouvoir bénéficier de la collaboration et de la contribution de cette catégorie
de personnes qui, je le répète, là, va composer le quart de notre population
d'ici cinq ans, bien, il faut se donner la peine de les écouter, parce qu'ils
ont justement une expertise qui est incomparable, et ils ont aussi, je pense,
une sagesse puis une réflexion qui peut être extrêmement... qui peuvent être
extrêmement bénéfiques pour les travaux de la commission, mais ils ont aussi
des besoins particuliers. Je pense à la question, je l'ai abordée brièvement
tout à l'heure, la question du vieillir, de vivre et vieillir dans la dignité
chez soi.
Ça peut vouloir dire qu'une vaste partie
de la population, qui, aujourd'hui, est institutionnalisée, demeure à la
maison, mais doivent quand même être capables de pouvoir bénéficier <d'un
certain nombre...
M. Arseneau :
...dignité
chez soi.
Ça peut vouloir dire qu'une vaste
partie de la population, qui, aujourd'hui, est institutionnalisée, demeure à la
maison, mais doivent quand même être capables de pouvoir bénéficier >d'un
certain nombre de services et pouvoir néanmoins se déplacer. Parce qu'en fait
c'est... c'est la notion même d'autonomie qui est... qui est en jeu lorsqu'il
est question de transport, parce qu'on doit justement s'assurer d'une
participation active, et cette participation-là ne se fait pas que
virtuellement par l'intermédiaire d'un écran de téléphone ou d'ordinateur. Et
Dieu sait que c'est important, la socialisation des personnes aînées, c'est
important de combattre l'isolement, la solitude. Et ça, ça passe par des moyens
de transport collectif qui sont robustes, qui sont efficaces, qui correspondent
aux besoins des citoyens et de différentes catégories de citoyens, qui soient
adaptés aussi.
Je n'ai pas beaucoup de temps, mais
j'aimerais aussi mentionner que c'est le cas dans les grandes villes, puis
c'est le cas dans les... dans les territoires ruraux également du Québec, où,
depuis le projet de loi n° 17, qui a bouleversé la question du transport
des personnes et du transport collectif, les transports par taxi, le taxibus et
puis les questions de transport adapté, et tout ça, ont été lourdement et
négativement impactés par les changements de la loi, donc, les services aussi
dans les régions. Et certains y ont fait référence, notamment la Fédération
québécoise des municipalités, à l'intérieur des communautés régionales rurales,
mais également dans le transport interurbain. Et ça, c'est une dimension,
malheureusement, qu'on n'a pas abordée suffisamment, parce que je pense que ce
sont des besoins qui sont justifiés et qui ne sont pas actuellement pris en
compte.
La question également, je dirais, de la
capacité financière des personnes aînées. On sait qu'elles représentent, là, dans
la catégorie de personnes les plus vulnérables sur le plan financier, les aînés
sont surreprésentés. Et évidemment il faut prendre en compte leurs besoins, je
l'ai mentionné, adapter les modes de transport, mais également les rendre
accessibles sur le plan financier pour une catégorie de personnes qui a peu de
moyens et souhaite néanmoins... avec la dimension participative qu'on veut
insuffler à cette catégorie de population là, doit pouvoir compter sur des
modes de transport collectif qui soient abordables, fiables et évidemment
accessibles à tous. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur la motion préliminaire du
député de Taschereau? Je vois qu'il n'y en a pas. Alors, nous allons procéder à
la mise aux voix par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :Contre.
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Contre.
Le Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
Le Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
Le Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
Le Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
Le Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, la motion est rejetée, car nous sommes toujours à l'étape du dépôt des
motions préliminaires. Oui, M. le député de Taschereau, vous en avez une autre
à déposer?
M. Grandmont : Oui, j'ai une
autre motion préliminaire à déposer, s'il vous plaît. Je pense qu'elle vous a
été envoyée également.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Vous pourriez commencer tout de suite avec votre...
M. Grandmont : Parfait. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors : «Qu'en vertu de l'article 244 du
règlement de l'Assemblée nationale, la Commission des transports et de
l'environnement, avant d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi
n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines
dispositions relatives au transport collective... collectif — pardon — tienne
des consultations particulières; et
«Qu'à cette fin elle entende les groupes
suivants : l'Office des personnes handicapées du Québec, Ex aequo,
Regroupement des usagers du transport adapté et accessible de l'île de
Montréal, qu'on appelle aussi RUTA Montréal, ainsi que tout autre groupe
qu'elle jugera pertinent.» Voilà.
Donc, je vais commencer quelques
explications, si vous voulez bien, Mme la Présidente. Bien, d'abord, je n'ai
pas le choix de revenir un peu sur la motion précédente, là. On a décidé de ne
pas entendre des organismes qui représentent 3,6 millions de personnes au
Québec, donc, 3,6 millions de personnes de 50 ans et plus. Alors que
nous sommes... nous avons adopté une motion aujourd'hui à l'Assemblée
nationale, en cette Journée internationale des personnes aînées, peut-être que
ça va jouer contre moi ou peut-être que ça va <se jouer pour moi...
M. Grandmont :
...adopté
une motion aujourd'hui à l'Assemblée nationale, en cette Journée internationale
des personnes aînées, peut-être que ça va jouer contre moi ou peut-être que ça
va >se jouer pour moi, en ma faveur, en faveur de la motion, en fait,
là, les personnes en situation de handicap, c'est moins de personnes, donc, peut-être
que ça va nous aider. Puis la Journée internationale des personnes handicapées,
c'est le 3 décembre. Donc, je ne sais pas si j'ai comme un mauvais timing
ou un bon timing, peut-être que ça va m'aider aujourd'hui. Il me semblait qu'on
avait un alignement des planètes qui était particulièrement bon, et on aurait
dû entendre... on aurait dû prendre la décision d'entendre les... les
organismes qui représentaient les personnes aînées. Donc, voilà.
Trois groupes, trois groupes parmi
lesquels on avait fait la proposition d'en entendre deux. Dnc, dans les
propositions qu'on a formulées à la partie gouvernementale, on avait recommandé
d'entendre, dans le cadre de l'étude du projet de loi 61, qui verra la
création de Mobilité Infra Québec, on avait recommandé, on avait suggéré d'entendre
l'Office des personnes handicapées du Québec et le Regroupement des usagers du
transport adapté et accessible de l'île de Montréal, le RUTA Montréal. Pour ce
qui est d'Ex aequo, on ne les avait pas mis dans notre liste. Par contre,
le groupe nous avait mentionné avoir fait des démarches directement auprès de
la commission pour être entendu. On n'a pas... on n'a pas le suivi de cela,
mais je voulais quand même tenir à le souligner, donc, les trois groupes, soit
ont été proposés par, à tout le moins, là, ma formation politique et le
troisième, Ex aequo, avait d'office choisi, là, de faire eux-mêmes la
démarche de contacter la commission pour être entendus, parce que, bon,
évidemment, j'en parlais tantôt, mais c'est pile dans leur mission, puis ils
ont des enjeux... des campagnes, en fait, qu'ils mènent directement en lien
avec ce qu'on pourrait, pour l'instant, appeler des projets complexes de
transport collectif.
Quelques statistiques d'abord pour
commencer mon intervention. En 2022, 21 % des Québécoises et des Québécois
de 15 ans ou plus, vivant en ménage privé, ont une incapacité. C'est quand
même beaucoup de monde, 21 %. Donc, une personne sur cinq au Québec de 15 ans
et plus, on s'entend, là. Donc, on n'augmenterait évidemment peut-être, là...
pas le pourcentage, mais on augmenterait la quantité de personnes, ont une
incapacité. Cette proportion représente environ donc 1 422 020 personnes.
Ça, c'était en 2022. Et, parmi cette population-là, le taux d'incapacité est
significativement plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Donc, chez
les femmes, on parle d'un taux d'incapacité qui est de 23,6 % de la
population et de 18,2 % chez les hommes. C'est quand même important donc
de souligner que les femmes sont plus touchées par des incapacités. Je sais la
ministre très sensible aux enjeux qui touchent les femmes, on l'a déjà vu agir,
là, dans d'autres projets de loi, dans d'autres ministères aussi évidemment.
Donc, peut-être que cela saura attirer son attention.
Il faut savoir aussi que c'est une... il
semble y avoir une augmentation du nombre de personnes qui vivent avec une
incapacité. Au Québec, on a eu une augmentation de 4,8 %, entre 2017 et
2022, selon Statistique Canada. Et puis vous ne serez pas surprise, Mme la
Présidente, d'apprendre que le taux d'incapacité augmente avec l'âge
évidemment. Donc, on peut avoir une incapacité qui peut soit s'aggraver avec l'âge
ou encore apparaître avec l'âge évidemment. Donc, je vais certainement utiliser
des arguments aussi que j'ai utilisés tout à l'heure, qui touchaient davantage
les personnes aînées. Pour moi, il y a un lien assez clair entre les deux
évidemment. Donc, le taux d'incapacité augmente avec l'âge. Les personnes âgées
de 65 ans et plus affichent un taux d'incapacité entre 40 % et
45 %, selon Statistique Canada. Donc, on vient doubler, en fait, la
proportion de la population qui est atteinte de ce qu'on appelle dans les...
chez Statistique Canada, là, une incapacité. Encore une fois, les femmes
affichent le taux le plus élevé.
• (17 h 30) •
De 2017 à 2022, le taux d'incapacité a
augmenté... a augmenté dans toutes les provinces et au Québec, j'imagine, c'est
ce qu'on voulait dire chez Statistique Canada, et dans la plupart des
territoires. Toujours selon la même période, donc 2017 à 2022, les incapacités
liées à la santé mentale, parce que c'en est un aussi, un enjeu, évidemment, on
ne parle pas seulement d'incapacité physique, mais aussi cognitive, à la douleur
et à la vision, ont affiché les plus fortes augmentations contribuant le plus à
la hausse du taux d'incapacité au sein de la population canadienne, et donc, au
Québec, évidemment, aussi. On n'est pas tant que ça différents sur cet
enjeu-là, du moins, au Québec, par rapport au reste du Canada, il y a d'autres
choses qui nous distinguent. Ce n'est pas l'objet de la motion d'aujourd'hui.
Maintenant, j'ai demandé...
17 h 30 (version révisée)
M. Grandmont : ...sur cet
enjeu-là, du moins, au Québec, par rapport au reste du Canada. Il y a d'autres
choses qui nous distinguent, mais ce n'est pas l'objet de la motion aujourd'hui.
Maintenant, j'ai demandé, là, j'ai
proposé, en fait, qu'on entende trois groupes. Le premier, c'est l'Office des
personnes handicapées du Québec. Ce n'est pas tout le monde qui sait ce que c'est,
l'Office des personnes handicapées du Québec. C'est un organisme gouvernemental
qui contribue à accroître la participation sociale des personnes handicapées au
Québec. Donc, c'est vraiment une instance qui appartient au gouvernement, dans
le fond, c'est un genre de... je ne sais pas si on peut qualifier ça comme... dans
le fond, c'est un office, ce n'est pas une société d'État, là, mais... Donc, ça
appartient... ça fait partie du corpus gouvernemental.
Ex aequo. Ex aequo, c'est une organisation
très intéressante, fondée en 1980. C'est un organisme montréalais qui se
consacre à la promotion et à la défense des droits des personnes ayant une
déficience motrice. Il promeut l'accessibilité universelle comme moyen de
rendre possible l'inclusion sociale. Donc, exactement ce qu'on disait tantôt,
là. Quand on s'assure de créer des systèmes de transport ou une communauté qui
est entièrement accessible, bien, évidemment, on s'assure de la participation
sociale, de l'inclusion sociale de toutes les personnes qui composent cette
communauté-là, et je pense que c'est un... c'est une mission qui est tout à
fait noble.
«Les différentes facettes de l'inclusion
défendues par Ex aequo sont le transport, la vie municipale, la santé et les
services sociaux, l'habitation, la parentalité et l'action citoyenne.» C'est
intéressant parce qu'Ex aequo, dans la liste des champs d'action, pardon, sur lesquels
il intervient, mentionne le transport en premier lieu, en premier, c'est le
premier élément sur lequel il travaille, avant la vie municipale, avant la
santé et les services sociaux, avant l'habitation, avant la parentalité et l'action
citoyenne. Moi, je pense que c'est quand même assez évocateur. Puis d'ailleurs
je parlerai d'une de leurs campagnes, notamment, pour bien montrer comment
cette organisation-là est impliquée et aurait dû être entendue.
Je continue sur la mission, là, d'Ex
aequo. «La promotion et la défense des droits chez Ex aequo se réalise par des
activités par et pour les membres, qui peuvent prendre différentes formes :
information, formation, sensibilisation, représentation, concertation,
mobilisation et revendication.» C'est intéressant, hein, parce qu'on fait du...
de la défense des droits par et pour les membres, c'est-à-dire qu'on implique
les gens qui sont en situation de handicap. Ce n'est pas des gens qui parlent
au nom «de» seulement. C'est aussi des gens qui peuvent parler au nom «de»,
mais en les faisant parler eux-mêmes, ou encore, en les faisant participer à la
prise de décision, en les faisant participer à la rédaction d'un mémoire, à l'idéation
d'une campagne de sensibilisation, par exemple.
Donc, on a vraiment, chez Ex aequo... Si
on... si on peut entendre, avant l'étude détaillée du projet de loi n° 61,
les gens qui représentent... les dirigeants, là, d'Ex aequo lors d'une audience
particulière, on peut être sûrs que ce qu'ils vont nous rapporter, ce qu'ils
vont nous dire est le reflet de ce que les personnes en situation de handicap
vivent tous les jours dans... en ce qui nous concerne aujourd'hui là, dans...
sur l'enjeu du transport. Donc, c'est des gens qui parlent au nom de personnes
qui sont directement, là... qui vivent la réalité d'une vie en étant en
situation de handicap.
Je finis la mission en lisant : «Ex
aequo développe des... ses dossiers en concertation avec d'autres organismes de
personnes ayant des limitations fonctionnelles. De plus, il représente l'ensemble
de ces personnes auprès de plusieurs instances publiques. Sur des mobilisations
plus larges, Ex aequo s'allie au grand communautaire et aux groupes de la
société civile afin de porter des revendications au niveau local, régional et
provincial.»
Donc, Ex aequo fait de la représentation.
Ex aequo serait venu ici nous dire, nous rapporter la parole directe des
personnes en situation de handicap sur l'enjeu des transports, en lien avec le projet
de loi n° 61, qui verra à la création de Mobilité Infra Québec. C'est un
groupe qui est habitué de faire des représentations. C'est un groupe... Je ne
crois pas me tromper en affirmant qu'on a déjà dû les entendre, j'imagine, dans
des commissions, pas depuis 2022, pas depuis de... que moi, je... j'officie
comme député mais je les sens absolument très solides et très bons dans ce qu'ils
font, pour leur avoir parlé notamment. J'y reviendrai tantôt.
Je vais enchaîner, en fait, avec le RUTA
Montréal, le Regroupement des usagers du transport adapté et accessible de l'île
de Montréal. «Le Regroupement des usagers du transport... donc, c'est la
mission, là, que je vais lire... «le Regroupement des usagers du transport
adapté et accessible de l'île de Montréal se consacre à la promotion et à la
défense des droits des usagers et usagères des transports collectifs
montréalais ayant des limitations fonctionnelles. Le RUTA Montréal lutte pour l'accessibilité
universelle des réseaux de transport adapté et <régulier...
M. Grandmont :
...l'accessibilité
universelle des réseaux de transport adapté et >régulier.»
Donc, encore une fois, c'est un organisme
qui est certainement très connaissant des enjeux vécus par les personnes en
situation de handicap. Encore une fois, une opportunité très grande d'entendre
un regroupement nous parler de ce que vivent les personnes en situation de
handicap dans le transport collectif, et aussi, de nous aiguiller, nous, comme
législateur, dans les meilleurs réflexes à développer, dans les meilleurs
amendements à inclure dans le projet de loi n° 61,
pour s'assurer que leur réalité n'est pas oubliée, n'est pas occultée. Ça me
semble, évidemment, une... un incontournable si on veut s'assurer que Mobilité
Infra Québec couvre tous les angles, s'assure de développer des projets de
transport collectif routier, mais qui réponde aux besoins de tous les membres
qui composent la société québécoise.
Je veux aller sur une campagne pour
montrer, effectivement, là, combien, par exemple, Ex aequo est un acteur
incontournable des revendications des personnes en situation de handicap en ce
qui a trait au transport collectif. Et je vais vous parler, en fait, d'une
campagne qui s'appelle Financement pour les ascenseurs du métro : la CAQ
dit non. Bon, c'est le choix du nom de leur campagne. Donc, la CAQ dit non aux
ascenseurs du métro de Montréal. Il faut savoir que le métro de Montréal... Moi,
je pense que le métro ou, comme je l'ai dit tantôt, le tramway, ou des SRB,
bien qu'on n'ait pas encore une définition très claire de ce qu'est un projet
complexe sur lequel pourrait travailler éventuellement, Mobilité Infra Québec,
on peut certainement penser s'avancer sur le fait que le métro pourrait se
retrouver, éventuellement, dans un... dans une catégorie qu'on pourrait appeler
de projets complexes de transport collectif sur lesquels Mobilité Infra Québec
pourrait travailler.
Donc, ce que dit la campagne, je vais vous
le lire, parce que ce sera plus simple : «La Table de concertation sur
l'accessibilité des transports collectifs de Montréal — dont fait
partie Ex aequo, évidemment, là, c'en est un des leaders importants, là — lance
une campagne cruciale pour défendre l'accessibilité universelle de notre métro.
Le gouvernement du Québec a malheureusement décidé de ne pas poursuivre le
financement de nouveaux ascenseurs dans le métro de Montréal, et il est temps
de faire entendre notre voix.
«Depuis plus... depuis quelques mois, nous
sommes tous témoins d'un désengagement du gouvernement du Québec dans le
transport collectif. Les sociétés de transport en commun anticipent un
important déficit et elles réclament un soutien financier. Le financement de
nouveaux ascenseurs dans le métro n'y échappe pas. La CAQ dit non.» Évidemment,
non pour l'instant. Je comprends que la campagne vise à faire changer le
gouvernement d'idée. «Le formulaire — donc, c'est un formulaire, là,
qu'on peut remplir en fait, là — permet d'envoyer automatiquement une
lettre à votre député», blablabla, l'idée étant qu'on fait entrer en action les
membres ou les personnes intéressées par cette campagne-là.
Ce qui est intéressant, Mme la Présidente,
c'est qu'effectivement on réfère à un programme d'accessibilité pour le métro
qui est à l'arrêt actuellement. J'en avais parlé à Mme la ministre lors des
crédits, si ma mémoire est bonne. Le plan 2024‑2028, là, le troisième plan
d'accessibilité, le plan accessibilité, là, le PA 3, exigeait au moins
300 millions pour des travaux... je pense que c'était 320, là... dans cinq
nouvelles stations, ce qui permettrait, finalement, de trouver... de rendre
accessibles certaines stations. Parce qu'il faut savoir qu'il y a plusieurs
stations du métro, considérant le moment où il a été fait, les enjeux
d'accessibilité universelle n'étaient pas aussi bien soutenus par des organismes.
Bien, on n'avait pas rendu, on n'avait pas conçu le métro de manière
entièrement accessible, universellement, à l'époque de son... de la
construction de plusieurs de ses stations, donc on a un rattrapage, évidemment,
à faire. On doit faire ce financement-là, parce que c'est un maintien... En
fait, c'est... c'est de... on a besoin de sommes importantes, évidemment, pour
rendre accessible le métro. Donc, on parle de 320 millions de dollars.
Évidemment, sans soutien gouvernemental, bien, c'est très difficile d'y
arriver.
Et on ne peut que se réjouir de voir des
organisations mobilisées comme ça, parce que, si la société a évolué au point
tel que, maintenant, quand on fait des stations de métro, par exemple, à la
STM, ou quand on fait, par exemple, des projets de tramway, ou quand on en fera,
éventuellement, bien, le réflexe... Puis j'en ai parlé tantôt, avec l'exemple
de comment on organise le tramway, comment les gens sont dirigés vers certaines
rames plutôt que d'autres, combien ce mode-là est bien pensé, combien le quai,
en fait, est pensé, même, pour éviter que les gens aient de la difficulté à y <circuler...
M. Grandmont :
...quai,
en fait, est pensé, même, pour éviter que les gens aient de la difficulté à y >circuler.
Mais sans le travail de ces groupes-là, comme Ex aequo, ou encore, comme RUTA,
RUTA Montréal, bien, évidemment qu'on n'aurait pas le... on n'aurait pas
développé ce réflexe-là au Québec.
• (17 h 40) •
Alors, évidemment, il y a du travail à
faire pour rattraper ce qui avait été mal conçu au départ. On peut, évidemment,
déplorer que ça s'est... ça se soit passé comme ça, mais, en même temps, moi,
je préfère voir ça de façon positive. On n'avait pas le réflexe, on l'a
développé, et c'est grâce à ces organismes-là qu'on l'a fait et, pour moi, ça
démontre bien... ça démontre bien combien leur point de vue, leur parole est
extrêmement importante, elle est essentielle. Si on fait... si on donne des
mandats à Mobilité Infra Québec et qu'on ne s'est pas assuré que le réflexe
accessibilité universelle soit présent, bien, on va être en train de passer à
côté de quelque chose de fondamental, non seulement fondamental, mais pour
lequel le gouvernement lui-même s'engage de façon importante.
Vous savez, le gouvernement du Québec a
lui-même, dans ses orientations, une volonté de rendre accessibles ces
différents... les différents services qu'elle offre ou, en tout cas, que
l'accessibilité universelle devienne un réflexe partout. Alors, je pense qu'à
chaque fois qu'on crée une pièce législative, à chaque fois qu'on vient
modifier un code du bâtiment ou qu'on vient créer Mobilité Infra Québec, ou
qu'on vient... peu importe l'angle sur lequel on travaille je pense qu'il
faut... on ne peut jamais se priver d'entendre les groupes qui défendent
l'accessibilité universelle.
Sur le site du ministère des Transports et
de la Mobilité durable, là, Mme la Présidente, il y a une section dédiée au
transport adapté, puis ça dit : «Le Ministère — donc, des
Transports et de la Mobilité durable — a pour mission d'assurer, sur
tout le territoire québécois, la mobilité des personnes par des systèmes de
transport efficaces et sécuritaires. Ainsi, il contribue, d'un point de vue
financier et législatif, à la mise en place de services de transport adapté et — à
l'accessibilité universelle, c'est moi qui l'ajoute, là — à
l'accessibilité des véhicules afin de favoriser l'intégration sociale — ce
dont on parlait tantôt, là, donc la participation sociale, l'intégration,
l'inclusion sociale — l'intégration professionnelle et économique des
personnes handicapées.
«Cette section comprend de l'information
sur les programmes d'aide et la politique d'accessibilité au transport adapté.»
Bien, évidemment, après ça, il y a tout le soutien et le transport adapté. C'est :
«un service de transport collectif qui, comme son nom l'indique, est adapté aux
besoins des personnes handicapées, qui est sous la responsabilité des
organismes publics de transport en commun ou des municipalités. Le Ministère
offre un soutien financier au milieu municipal afin de lui assurer la
mobilité... d'assurer la mobilité des personnes handicapées du Québec.» Puis,
après ça, bien, il y a différents autres programmes.
Le... Il y a déjà ce réflexe-là de penser
accessibilité au ministère des Transports et de la Mobilité durable, puis on
doit le souligner, puis c'est important. Mais comment s'assurer que, dans la
nouvelle agence, ce réflexe-là va être aussi présent? Moi, je pense que c'est
en entendant les gens qui sont touchés par cet enjeu-là, en les écoutant, en
recevant leurs mémoires, en les laissant nous challenger sur les différents
articles du projet de loi n° 61.
Tout à l'heure, mon collègue député de l'Acadie
citait quelques... quelques articles du projet de loi dans lesquels on peut...
Mobilité Infra Québec pourrait travailler à développer des immeubles sur
lesquels... donc livrer des immeubles, livrer des systèmes de transport
collectif. Donc, il faut s'assurer que le transport collectif qu'on va créer
puis les immeubles qui seraient créés, aussi, parallèlement à cette... au
matériel roulant, soient aussi universellement accessibles. Ça me semble
absolument essentiel.
Je pense que les groupes... je ne veux
pas... je ne veux pas prétendre de ce qu'on va entendre de leur bouche, si on
les entend, si Mme la ministre accepte évidemment, de rencontrer les groupes,
là, l'Office des personnes handicapées, Ex aequo et RUTA Montréal, mais il me
semble évident que, si on veut... si on veut s'assurer qu'ils sont au cœur de
la réflexion on devra... on devra les entendre.
Je suis en train de chercher une... vous
m'excuserez, là, je suis en train de chercher une citation, que je trouve très
intéressante aussi, qui provient de la politique de mobilité durable. C'est à
la page 27, ah! oui, c'est ça. À la page 27 de la politique de
mobilité durable du Québec, que le gouvernement de la CAQ a faite sienne, hein,
évidemment, là, ça dit qu'un des <objectifs...
M. Grandmont :
...que le gouvernement de la CAQ a faite sienne, hein, évidemment, là, ça dit
qu'un des >objectifs c'est de miser sur la mobilité durable pour
stimuler la vitalité des régions. Alors, je vais le lire parce que ça va être
plus simple : «Le gouvernement du Québec accorde une attention
particulière aux régions dans la Politique de mobilité durable et compte être
proactif sur plusieurs fronts pour offrir aux citoyens et aux entreprises des
options de mobilité durable adaptées à leurs besoins.
«La planification des transports, le
transport collectif régional et interurbain, le transport adapté,
l'accessibilité aux régions isolées ou éloignées, la mise à niveau des
infrastructures régionales et le déploiement d'équipements soutenant
l'électrification des transports, l'utilisation d'énergies propres sont autant
de domaines s'adressant aux régions où le gouvernement entend intervenir pour
stimuler leur vitalité».
Moi, je trouve ça intéressant, parce que
la première partie de mon discours était plus sur les projets complexes d'un
point de vue complexité de projets, donc métro, tramway, SRB. On peut
s'attendre à ce que ça rentre dans la définition, mais il y a un côté, aussi,
régional, que je trouve intéressant de souligner. Quand on a entendu la FQM,
là, bon, ils ont été très, très clairs sur le fait que Mobilité Infra Québec
doit aussi être un outil qui permettra de développer du transport collectif en
région. Je me souviens qu'une des choses qu'ils ont mentionnées c'était que,
bon, encore une fois, la notion de projet complexe n'était pas... n'était pas
très claire, on devrait... on devrait la clarifier. Mais ce qu'on disait aussi,
c'est que cet outil-là, en fait, là, Mobilité Infra Québec, devrait, d'une part,
pouvoir agir en région. Puis aussi, bien, pour eux autres, la notion de
complexité, des fois, ça ne tenait pas juste à des choses qui sont construites,
mais à l'organisation, à la planification, au fait de réunir plusieurs acteurs
ensemble.
Donc, la notion de complexité est
différente un peu, mais c'est pour ça qu'il faudra la définir cette notion de
complexité. Mais ça pourrait, effectivement, donc, peut-être entrer dans le
mandat de Mobilité Infra Québec. Si ça n'y rentre pas sous l'angle de
complexité, je pense qu'il faudra quand même regarder à comment Mobilité Infra
Québec permettra de réaliser des projets ou encore, de dégager des ressources
pour être capables de faire des projets intéressants dans les régions. Mais,
chose certaine, pour l'instant, le ministère des Transports et de la Mobilité
durable n'a pas été très facilitant dans la réalisation de projets régionaux, donc,
soit interurbains, ou encore, des projets, par exemple, des régies
intermunicipales. Il y en a un superintéressant à Rimouski, dans la région du
Bas-Saint-Laurent. Et donc...
(Interruption)
M. Grandmont : Je vais
attendre, là, qu'on puisse retrouver un certain calme. Donc, voilà.
Mais je prends le temps de souligner ça
puis de parler, en fait, des régions, parce que, pour de nombreuses régions ou
plus petites municipalités, en fait, le transport collectif, souvent, ça
commence par le transport adapté, ça commence par ça, puis, après, bien, dépendamment,
des fois, de la disponibilité, ou du système, ou de la façon dont on déploie le
système, on crée des lignes nouvelles, qui sont aussi, des fois, utilisées par
d'autres usagers de transport collectif, là, des étudiants ou des travailleurs.
Un exemple qui est très près de nous, là, c'est ce qui se passe du côté de la
Côte-de-Beaupré, le réseau PluMobile, qui a commencé vraiment avec du transport
adapté, puis, finalement, c'est devenu un système de transport collectif, dans
le fond, pour tout le monde, et adapté, et aussi pour les étudiants, les
travailleurs, ceux qui ont à se déplacer soit à l'intérieur de la
Côte-de-Beaupré ou vers la colline Parlementaire, parce qu'il y a quand même
pas mal de gens qui travaillent sur la colline Parlementaire.
Donc, ce que je veux dire, c'est que si on
pouvait entendre l'Office des personnes handicapées du Québec, Ex aequo, RUTA
Montréal, ça nous permettrait d'avoir un bon aperçu de l'enjeu de
l'accessibilité universelle, puis nous sensibiliser pour s'assurer que Mobilité
Infra Québec développera les bons réflexes. Je reviens toujours à ça, là.
Puis je donnerais encore un autre exemple,
que je trouve superintéressant. Quand une société, quand une compagnie comme
Alstom ou Bombardier..., bien, en fait, c'est pas mal la même chose, là, mais
quand une compagnie comme Alstom Bombardier livre un projet de transport
collectif, ça peut être un métro, ça peut être un tramway, souvent, ils vont
faire une maquette grandeur nature, en bois, qui va être livrée à la
municipalité. Éventuellement, ça peut devenir une pièce de musée, là, c'est
quand même intéressant, là, mais, au départ, c'est conçu puis c'est produit
pour que des personnes avec des... qui vivent avec certaines particularités, déficit
de mobilité, notamment, donc les personnes en situation de handicap puissent
l'essayer, puissent entrer à l'intérieur, l'essayer avec leur marchette, si
c'est des personnes plus âgées puis qui sont avec cet outil-là d'aide à la
mobilité, ou encore, des personnes en situation de handicap, puis ça peut être
un fauteuil roulant manuel comme ça peut être un quadriporteur ou un triporteur,
qui sont autorisés dans le bus, là. Et donc tout ça pour que les gens puissent
l'essayer, comme s'ils étaient en situation <réelle...
M. Grandmont :
...dans
le bus, là. Et donc tout ça pour que les gens puissent l'essayer, comme s'ils
étaient en situation >réelle, tout ça pour que les gens puissent donner
leur feedback, faire une rétroaction sur l'utilisation. Est-ce qu'il manque
d'espace entre les bancs? Est-ce que j'ai de la place pour être capable de
tourner? Est-ce que je vais devoir entrer par la porte à l'avant ou entrer par
la porte en arrière? Est-ce que je vais pouvoir entrer par en avant puis sortir
à l'arrière ou est-ce que je vais devoir faire un «U-turn»? C'est quoi, le
terme en français?
• (17 h 50) •
M. Morin : Un virage en U.
M. Grandmont : Un virage en U.
Merci beaucoup, mon cher collègue de l'Acadie, la journée commence à être
longue. Mais donc est-ce que je vais devoir revenir sur mes pas pour sortir par
la porte d'en avant? Ce sont toutes des questions hyperimportantes que les
sociétés de transport, à ma connaissance, en tout cas, pour celles avec lesquelles
j'ai travaillé plus étroitement, ont déjà intégrées dans leurs pratiques.
Là, on est en train de créer Mobilité
Infra Québec, je veux bien, mais est-ce qu'on peut s'assurer qu'elle aura les
bons réflexes? Est-ce qu'on peut s'assurer que, par exemple, il y aura
peut-être une personne sur le conseil d'administration, qui représente les
personnes en situation de handicap, s'assurer, encore une fois, que les projets
sont bien développés et qu'on développe le réflexe ou, en fait, qu'on le
maintienne chez Mobilité Infra Québec? Il est là, normalement, chez... au
ministère des Transports et de la Mobilité durable. Moi, je veux que ce
réflexe-là, qui est identifié sur le site Web du ministère, soit aussi
transféré à Mobilité Infra Québec. Si on est pour créer des projets, je veux
que le réflexe soit là, pour ne pas qu'on ait à corriger par la suite comme
pour le métro. Le métro, c'est ça, le problème, là, c'est ce qui se passe,
c'est qu'on n'a pas eu le réflexe au début et, aujourd'hui, on se retrouve à
corriger les erreurs du passé, les erreurs de bonne foi, là, Mme la Présidente,
évidemment, on n'avait pas la même... la même conscience, la même empathie
envers les gens en situation de handicap, puis le débat sociétal n'était
peut-être pas rendu là à cette époque-là. Donc, c'est des erreurs de bonne foi,
mais ça montre quand même que ça coûte beaucoup plus cher, c'est beaucoup plus
compliqué, corriger les erreurs, que de prévoir à l'avance la mise en place des
bonnes infrastructures pour que l'accessibilité universelle soit présente dès
le départ.
Partout dans le monde, là, les métros, les
tramways qu'on construit, là, sont accessibles universellement. Il n'y a
personne qui veut... qui ne veut pas faire ça. Mais je suis persuadé que, dans
toutes ces juridictions-là, on s'assure que le réflexe accessibilité
universelle est présent dès l'idéation, avant même les premières esquisses, là,
de conception. Donc, c'est superimportant.
J'ai l'impression un peu de redire des
choses que j'ai déjà dites pour les autres... les autres usagers, là, que
j'avais ciblés, c'est-à-dire les usagers, disons, réguliers, entre gros
guillemets, là, puis les personnes aînées, mais ça me semblait important
d'intervenir là-dessus en motion préliminaire, Mme la Présidente, parce que je
pense qu'en ne couvrant pas... en n'invitant pas, en n'entendant pas les
groupes qui représentent les personnes en situation de handicap on risque
d'échapper quelque chose à Mobilité Infra Québec, et, si jamais ce réflexe-là
n'est pas là, bien, on se rappellera qu'on avait fait une motion préliminaire
pour le souligner, Mme la Présidente, les oppositions ont fait leur job. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup, M. le député.
Avant de céder la parole au prochain
intervenant, nous allons suspendre les travaux pour cinq minutes pour une
courte pause. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 53)
18 h (version révisée)
(Reprise à 18 h 04)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous sommes de retour, et je crois que, M. le député de l'Acadie, vous
souhaitez prendre la parole.
M. Morin : Oui, merci, Mme la
Présidente. Et je vais prendre la parole au nom du chef de l'opposition, donc
ça me donne une période de 30 minutes, n'est-ce pas? Merci, Mme la
Présidente.
Alors, ceci étant, mon collègue le député
de Taschereau a déposé une autre motion préliminaire pour faire entendre d'autres
groupes dans le cadre de consultations particulières, notamment l'Office des
personnes handicapées du Québec, ex aequo, Regroupement des usagers du
transport adapté et accessible de l'île de Montréal, RUTA Montréal. Et, bien,
je trouve que c'est une excellente... une excellente initiative, une excellente
idée de sa part, parce que tout à l'heure, on est intervenu, on a fait le débat
en lien avec nos aînés, mais les personnes handicapées ont également un besoin
de pouvoir se mouvoir, <et c'est loin, dans leur cas...
M. Morin :
...mais
les personnes handicapées ont également un besoin de pouvoir se mouvoir, >et
c'est loin, dans leur cas... loin d'être évident. Et c'est la raison pour
laquelle la motion est importante, et je pense et je vous soumets qu'on devrait
entendre ces groupes, ces groupes-là.
Je vais commencer mon intervention en
rappelant que le gouvernement du Québec, en 2018, s'est doté de la Politique de
mobilité durable — 2030, et que... et je cite la page 21, et ça,
c'est dans le rapport de RUTA Montréal qui a été déposé ici à la
commission : «Les personnes vulnérables à faible revenu à mobilité réduite
et handicapés doivent avoir accès aux différents modes de transport afin de
bénéficier d'une mobilité comparable à celle du reste de la population. Elles
doivent avoir accès, en toute égalité, aux différents lieux d'activités et aux
différents... aux divers points de service dans une approche inclusive. Et
c'est tout à fait exact, Mme la Présidente, et c'est important. Et c'est
important que ces personnes-là aient accès aux transports collectifs.
Et donc quand Mobilité Infra Québec verra
le jour et qu'elle aura ses premiers mandats pour développer des projets
complexes de transport — et dans les projets complexes de transport,
je demeure convaincu qu'il y aura des projets complexes de transport collectif — donc
que Mobilité Infra Québec et que le gouvernement soient bien équipés pour tenir
en compte les besoins des personnes handicapées, mais je vous dirais également,
et j'irais plus loin, leurs droits, parce qu'ils ont le droit de se mouvoir et
que ce soit fait en toute sécurité. Et ça, ça m'apparaît excessivement
important. Donc, il faut développer ce réflexe.
Heureusement, heureusement, notre société
a beaucoup évolué dans ce domaine-là. Quand le métro de Montréal a été
inauguré, en 1966, il n'y avait aucune station où on pouvait avoir accès si on
avait un problème de mobilité ou si on était en fauteuil roulant. C'était
absolument impossible. À l'époque, il n'y avait pas de documents internationaux
qui reconnaissaient des droits ou encore des politiques internes des différents
gouvernements qui reconnaissaient des droits aux personnes handicapées de
pouvoir se mouvoir. Ce qui fait qu'aujourd'hui la Société de transport de
Montréal est obligée de corriger la situation, et donc est obligée, station de
métro, édicule après édicule, d'installer des ascenseurs pour permettre aux
gens à mobilité réduite d'avoir accès au métro. Évidemment, les coûts sont
beaucoup plus élevés parce que ça... c'est fait maintenant. Donc, c'est
évidemment plus compliqué. D'où l'importance pour une société ou une
agence du gouvernement de développer le réflexe, dès qu'on débute un projet, de
penser à l'accessibilité pour les personnes handicapées. Ça, c'est vrai dans le
transport au sein des villes, mais ça doit être aussi vrai en ce qui a trait au
transport entre les villes parce qu'évidemment les personnes handicapées ont le
droit de se mouvoir et de se déplacer d'une région à l'autre du Québec.
Et on le... on en parlait un peu plus tôt,
quand j'ai fait mon intervention relativement aux aînés, et on constatait, et
je le mentionnais d'ailleurs devant cette commission, que, maintenant, les gens
vivent plus longtemps. Il arrive que des gens aient des accidents
malencontreux, des accidents terribles qui vont les priver de leur mobilité,
mais, évidemment, ces gens-là vont vivre longtemps. On le voit, que ce soit
dans le domaine des sports, les sports paralympiques, les gens sont
excessivement actifs, et il est bien, il est très bien qu'il en soit ainsi, mais,
évidemment, si ces gens-là n'ont pas, par exemple, les fonds pour acheter un
véhicule adapté, bien, il faut qu'ils soient capables de se mouvoir. Puis, à ce
moment-là, bien, ils vont devoir utiliser le transport collectif, ce qui est
tout à fait essentiel pour leur mobilité.
• (18 h 10) •
Dans le rapport qui a été... le mémoire
qui a été déposé par RUTA, on dit également, à la page 27, et c'est à...
de la politique gouvernementale, mais à la page 5 du rapport, que «le
gouvernement prévoit continuer à soutenir les services personnalisés <pour
les personnes à mobilité réduite...
M. Morin :
...gouvernementale,
mais à la page 5 du rapport, que «le gouvernement prévoit continuer à soutenir
les services personnalisés >pour les personnes à mobilité réduite, tout
en convergeant vers l'accessibilité universelle aux services réguliers de
transport qui offrent plus de flexibilité dans les déplacements que le
transport adapté. L'accessibilité universelle permet une utilisation comparable
des services de transport collectif par l'ensemble de la population, tant pour
les personnes handicapées que pour celles représentant des incapacités
temporaires, les aînés ou les parents de jeunes enfants. Il reste beaucoup à
faire pour que les véhicules, les infrastructures et les services
complémentaires soient universellement accessibles et préviennent les
inégalités entre les femmes et les hommes.»
Alors, il y a deux éléments ici importants
sur lesquels je veux revenir. D'abord, prévenir, enrayer les inégalités entre
les femmes et les hommes. Il n'est pas normal, il n'est pas logique qu'il y ait
une inégalité en ce sens-là, et donc il faut absolument tout mettre en œuvre
pour que cette inégalité-là disparaisse. Premier élément que je tenais à
souligner.
Mais, en plus, il faut s'assurer qu'il y
aura une accessibilité universelle. Et ça, pour moi, c'est excessivement
important. Il faut que le gouvernement... que Mobilité Infra Québec développe
ce réflexe et fasse en sorte que, dès qu'il y aura un projet complexe de
transport à développer, et on parle de projets complexes de transport, bien,
qu'il y ait ce réflexe de dire, d'associer, d'inclure, dis-je, dans le projet
toute la question de l'accessibilité pour des personnes handicapées. Il ne peut
pas en être autrement. Alors, ça, c'est tout à fait fondamental.
Et donc quand on regarde les groupes que
le collègue, le député de Taschereau, suggère, bien, moi, je... j'ai retenu
particulièrement le premier, Office des personnes handicapées du Québec. Je le
disais un peu plus tôt aujourd'hui, dans le cadre de mes interventions,
malheureusement, je n'ai pas eu l'opportunité d'assister aux consultations
particulières. Je vous dirais que, quand j'ai à étudier, quand on me confie le
mandat de regarder pour l'opposition officielle et de participer à l'analyse
d'un projet de loi, les consultations particulières sont pour moi une étape
très importante. Et on est chanceux, comme parlementaire, de pouvoir entendre
des groupes, de lire des mémoires pour éventuellement faire notre travail de
législateur et être capables de bonifier des projets de loi, et, en ce sens, de
dialoguer et de discuter avec le gouvernement pour qu'évidemment on puisse les
bonifier.
Donc, raison de plus d'entendre des
organismes qui ont une expertise spécifique dans certains aspects. Et, compte
tenu de la motion que présente le collègue, le député de Taschereau, quand je
vois au départ l'Office des personnes handicapées du Québec, mon premier réflexe,
ça a été de dire : Ah! bien ça, c'est vraiment étrange, ils n'ont pas été
entendus. Il me semble que, s'il y a un organisme qui a développé une expertise — c'est
sa mission — de s'assurer qu'il n'y aura pas de discrimination envers
les personnes handicapées au Québec, c'est bien l'office. Alors, pourquoi, pourquoi,
jusqu'à maintenant, on s'est privé de leur expertise unique? Ça m'apparaît... ça
m'apparaît être une erreur qu'il faut corriger. Et, en préparant mon
intervention, je suis allé voir — puis je vais le partager avec vous — la
mission et les mandats de l'Office des personnes handicapées du Québec, et
c'est tout à fait pertinent pour l'étude de ce projet de loi. Parce que moi, je
demeure convaincu que Mobilité Infra Québec va avoir à travailler dans des
projets de... projets complexes de transport et, tôt ou tard, ils vont être
confrontés à toute la question de l'accessibilité des personnes handicapées.
Donc, regardons... regardons quel est le
travail de l'office qui, je le répète, est un organisme gouvernemental. Donc,
pourquoi s'en priver? Il me semble que poser la question, c'est y répondre, on
devrait les inviter. <Mais voyons un peu ce qu'ils font...
M. Morin :
...c'est
y répondre, on devrait les inviter. >Mais voyons un peu ce qu'ils font.
l'Office des personnes handicapées du
Québec exerce une combinaison unique de fonctions, et je tiens à le souligner,
une combinaison unique. Il agit, l'office, de manière proactive afin
d'améliorer les possibilités offertes aux personnes handicapées et à leurs
familles de contribuer pleinement à la vie en société. Et ça, je pense que
c'est hyperimportant. Ce n'est pas parce que quelqu'un a un problème de
mobilité, ce n'est pas parce que quelqu'un est en chaise roulante qu'il ne peut
pas contribuer pleinement à la vie en société. Ça n'a pas de sens. Mais encore
là, faut-il leur permettre d'avoir accès à un endroit où ils vont travailler, et
ce n'est pas tout le monde qui a les moyens d'avoir, par exemple, un véhicule
adapté, ça coûte excessivement cher.
Donc, à ce moment-là, qu'est-ce qu'il
reste? Bien, évidemment, il reste le transport collectif, il reste l'accès au
métro, il reste l'accès à l'autobus, et ce sont autant de défis, autant de
défis, parce qu'évidemment ici, on le sait, au Québec, l'hiver, il y a de la
neige, particulièrement dans plusieurs régions du Québec. Il y en a beaucoup à
Québec, il y en a à Montréal, donc il faut être capables de construire, de
mettre en place des systèmes de transport collectif où ces personnes vont être
capables d'y avoir accès, être capables ainsi de se mouvoir et de contribuer
pleinement à la vie en société puis avoir aussi des loisirs. Ce n'est pas... Je
veux dire, ce n'est pas parce qu'on est handicapé qu'il faut qu'on reste chez
nous, là, ce temps-là est passé depuis bien longtemps. Et il est bien qu'il en
soit ainsi, puis on ne veut surtout pas revenir en arrière.
Donc, si on regarde... parce que mon
collègue député de Taschereau dit : Bien, écoutez, dans cette motion, on
devrait entendre l'Office des personnes handicapées du Québec... J'ai cherché
leur mémoire, je ne l'ai pas vu. Puis, quand on regarde ce que fait l'office...
entre autres, «informe et accompagne les personnes handicapées et leurs
familles, mène des travaux d'évaluation et de recherche sur leur participation
sociale — ça revient à ce que je vous disais tantôt, on peut
participer pleinement, activement à la vie en société, encore faut-il être
capable de se mouvoir — soutient et conseille le gouvernement, les
ministères, le réseau, les organismes publics et privés ainsi que les
municipalités.»
Je reviens là-dessus, «conseille le
gouvernement et les ministères.» Quoi de plus pertinent à cette étape du projet
de loi que justement de recevoir les conseils de l'office. Il me semble que
c'est évident. Et ça permettrait également au gouvernement, avec le projet de
loi, de s'assurer que toutes les dispositions du projet de loi n° 61
rencontrent la possibilité pour les personnes souffrant d'un handicap de
pouvoir se déplacer, pas uniquement à l'intérieur des villes, mais même à
l'extérieur ou entre les régions.
«Travaille avec les organisations
concernées à la recherche de solutions efficaces et applicables afin de rendre
la société plus inclusive.» Est-ce qu'on peut être contre ça, avoir une société
qui est plus inclusive? C'est ce qu'on veut, c'est notre travail, ça fait
partie de ce qu'une société doit être. Et donc quand on parle de mobilité et
quand on parle de projets complexes de transport, il me semble qu'on peut
difficilement se priver de l'Office des personnes handicapées du Québec.
Mais ce n'est pas tout, ce n'est pas tout.
Ils ont... et là, c'est dans leur mandat, et je les cite : «Il possède une
fine compréhension des enjeux relatifs à la participation sociale des personnes
handicapées.» Et, tôt ou tard, évidemment, si on veut avoir une participation
sociale, ça veut dire nécessairement qu'on a à se déplacer, parce que, sinon,
on va rester dans notre maison ou dans un appartement puis on ne bougera pas
nulle part. Donc, ça fait partie de leur expertise. Puis je prends la peine de
le répéter, «une fine compréhension des enjeux relatifs à la participation
sociale.»
• (18 h 20) •
La commission a pour mandat d'étudier le
projet de loi qui va créer Mobilité Infra Québec et qui va modifier certaines
dispositions relatives au transport collectif. Nous avons une opportunité
unique de nous assurer, <nous, comme parlementaires...
M. Morin :
...dispositions
relatives au transport collectif. Nous avons une opportunité unique de nous
assurer, >nous, comme parlementaires, que, quand on va travailler, quand
va arriver l'étape de l'étude article par article du projet de loi, on aura...
on aura en main toutes les recommandations pour s'assurer justement que ce
projet de loi là va bien s'appliquer, va bien s'intégrer et va être capable d'aider
à résoudre les enjeux relatifs à la participation sociale des personnes
handicapées, non seulement au sein des villes, mais, je vous dirai, entre les
villes et entre les régions du Québec.
Mais ce n'est pas tout. Dans leur
expertise, l'Office dit : «Ceci s'applique à tout type d'incapacité et
concerne tous les domaines d'activité». Et, par la suite, on nous décrit d'où
provient cette expertise, «entre autres de l'expérience que nous acquérons dans
l'exercice de nos différentes fonctions, de la contribution de leur conseil d'administration
et d'échanges réguliers avec différentes organisations du mouvement d'action
communautaire autonome des personnes handicapées». Alors, vous voyez... vous
voyez la richesse de l'expertise de l'office qui fait en sorte que se priver,
se priver de leur témoignage en commission parlementaire ou même d'un de leurs
mémoires, bien, c'est se priver des échanges réguliers qu'ils ont avec
différentes organisations du mouvement d'action communautaire autonome des
personnes handicapées.
Ils sont un accès privilégié à l'ensemble
de ces organisations et du mouvement communautaire autonome, ils sont là pour
les écouter, ils pourraient nous transmettre toute cette information d'un seul
coup. On n'aurait pas besoin d'attendre trop longtemps, hein? On écoute l'Office
des personnes handicapées<i>, et la commission parlementaire, le
gouvernement, la ministre va être capable, évidemment, d'avoir tout ce bagage d'information
là en un seul coup. Et, vous le savez, Mme la Présidente, quand les groupes
viennent en commission parlementaire, leur temps est quand même délimité. Ils n'ont
pas 3 heures, ils n'ont pas 4 heures, ça ne prend pas une
demi-journée, hein? C'est quelques minutes à peine. Et puis, évidemment, ils
peuvent produire un mémoire, ce qui est hyper, hyperimportant.
Permettez-moi de rappeler leur vision :
«Agir en tant qu'acteur central dans la recherche, la promotion et la mise en
œuvre de solutions pour réduire les obstacles que rencontrent les personnes
handicapées et leurs familles». Quoi de plus pertinent, quoi de plus pertinent
quand l'agence aura à travailler à des projets complexes de transport? Ils l'ont,
la solution : Agir en tant qu'acteur central dans la recherche, la
promotion et la mise en œuvre de solutions pour réduire les obstacles. C'est ça
qu'on veut faire. Quand on parle de mobilité, quand on parle de transport
collectif, quand on parle de mobilité entre les régions, évidemment, on veut
réduire tous les obstacles que rencontrent les personnes. Quand les gens ont à
se mouvoir, à voyager à l'intérieur d'une ville, bien, on ne veut pas qu'ils
rencontrent des obstacles.
Et la réalité présentement, c'est que,
dans différents modes de transport collectif... et je reprends l'exemple du
métro de Montréal parce qu'il n'y a pas un accès partout. Et je ne vous dis pas
que la STM ne travaille pas, ce n'est pas que je dis, au contraire, ils
travaillent, ils sont au courant des enjeux. D'ailleurs, ils essaient de les
corriger, mais ça prend quand même du temps, ça prend de l'argent. Et donc
est-ce que Mobilité Infra Québec aura travaillé à compléter... à travailler à l'extension
du métro? Bien, je ne sais pas exactement ce qu'ils vont faire, mais on
pourrait penser que oui. D'autant plus que... d'autant plus que, quand on
regarde leur mission, on dit : «Aménager un immeuble ou un ouvrage de génie
civil afin qu'ils puissent soutenir ou accueillir un bâtiment ou une structure
souterraine qu'un tiers pourrait construire, et ce, dans des limites prévues
par la loi». Visiblement, le métro de Montréal est une structure souterraine.
Contrairement à d'autres villes du monde où il y a des métros qui vont à l'extérieur,
celui de Montréal reste à l'intérieur. Donc évidemment, il me semble que ça
rentre directement dans la vision de l'Office des personnes handicapées du
Québec.
À part de ça, ce qui est magnifique, bien,
c'est un office gouvernemental, donc des gens hyper... <des gens
hyperimpartiaux...
M. Morin :
...à part
de ça, ce qui est magnifique, bien, c'est un office gouvernemental, donc des
gens hyper... >des gens hyperimpartiaux, hypercompétents. Et d'ailleurs,
c'est dans leurs valeurs : la compétence, l'impartialité, l'intégrité, la
loyauté et le respect. Donc, pourquoi se priver de l'Office des personnes
handicapées du Québec? Pourquoi se priver de leur expertise? Ça m'apparaît...
En fait, je vous dirais, particulièrement, ça m'apparaîtrait une erreur de ne
pas les entendre en commission. Moi, je pense qu'on devrait le faire. Et
évidemment, ils ont... ils sont très mobilisés et ils sont capables de
travailler avec des partenaires pour unir leurs forces et s'engager dans une
société plus inclusive. C'est exactement ce qu'on veut. Et, personnellement, je
ne peux pas croire que Mobilité Infra Québec, en développant des projets
complexes de transport, ne voudra pas contribuer à bâtir une société plus
inclusive. Il semble que, là, ça n'a pas de sens. Donc, pourquoi se priver de
l'expertise de l'office?
Alors, pour les raisons que je vous
souligne, il me semble qu'on ne devrait pas se priver de leur expertise, mais
mon collègue, dans sa motion, mentionne l'office, mais mentionne également un
autre organisme qui s'appelle Ex aequo. Et, évidemment, cet organisme-là, hein,
le mot le dit, «ex aequo»... on parle moins souvent le latin de nos jours, mais
ce n'est pas grave, il y a encore des groupes qui utilisent le latin, «ex
aequo», hein, ça signifie quoi? Être égal, être sur le même rang dans un
classement, être dans une position égale. C'est quand même un très beau mot
pour un organisme qui s'occupe de personnes souffrant avec un handicap. Parce
qu'effectivement c'est ce qu'on veut, on veut être tous sur un pied d'égalité.
On ne sait pas, hein, ce qui va nous arriver. On ne souhaite pas de malheur à
personne, on ne souhaite pas d'accident à personne, c'est sûr, mais on sait que
ça arrive.
Je vous parlais... je vous parlais un peu
plus... un peu plus tôt aujourd'hui... moi, j'ai travaillé dans ce qui est un
CHSLD, mais ce qui était, à l'époque, l'hôpital Notre-Dame-de-la-Merci, j'étais
préposé aux bénéficiaires. C'est comme ça que je payais mes études. Alors, moi,
j'en ai eu, des patients en chaise roulante, et, évidemment, ils n'étaient pas
tous très, très âgés, là. Mais c'était difficile, à l'époque, pour eux de se
promener, de se mouvoir. Donc, si on peut faire quelque chose qui va faire en
sorte qu'aujourd'hui ça serait plus facile puis, quand on va être capables de
planifier des travaux complexes dans le domaine des transports, qu'on soit
capables de les inclure immédiatement, bien, c'est un plus, c'est un plus.
Et évidemment, contrairement à l'office,
qui est un organisme gouvernemental, dont je vous le mentionnais tantôt puis
j'ai pris la peine de le mentionner, bon, évidemment, ils sont impartiaux, ils sont
neutres, c'est un office gouvernemental, Ex aequo, eux, ils ont un mandat,
évidemment, c'est de mobiliser, c'est de défendre les droits et de travailler à
la défense collective des droits. Ce qui est bien, parce que, malheureusement,
il y a des fois... il faut évidemment parler et parler fort pour que des droits
soient entendus, soient respectés. Et ils sont utiles parce que, quand on parle
de transport... Quand on parle de mobilité, de transport collectif puis de
personnes handicapées, moi, je peux vous dire que, pour avoir parlé à des gens
dans ma circonscription, oui, il y a des mécanismes de transport collectif,
mais c'est très difficile. Il y a eu des coupures gouvernementales dans ce
domaine-là. Les gens sont obligés de réserver leur mode de transport des fois
48 heures à l'avance, ce n'est pas évident. Après ça, bien, des fois, pour
les... à la fin d'une soirée ou d'une sortie, revenir à la maison, ce n'est pas
évident non plus. Puis évidemment, une fois que quelqu'un est sorti et qui est
en fauteuil roulant, bien, il ne pourra pas rentrer dans un taxi ordinaire,
donc d'où l'importance d'avoir ce service-là. Donc, c'est la raison pour
laquelle, évidemment, Ex aequo joue un rôle... joue un rôle qui est très
important.
• (18 h 30) •
Et je vais terminer avec le dernier
organisme que mon collègue le député de Taschereau mentionne, c'est-à-dire RUTA
Montréal, le Regroupement des usagers du transport adapté et accessible de
l'île de Montréal. Ce qui m'a surpris, c'est qu'ils ont déposé un mémoire, qui
est très pertinent, mais pourquoi on ne pourrait pas les entendre en
commission? Ça prendrait quoi, ça prendrait quelques minutes? Ça leur donnerait
une voix, ça permettrait, à cet organisme, comme à l'office et comme à Ex
aequo, de voir qu'au Parlement...
18 h 30 (version révisée)
M. Morin : ...voix, ça
permettrait à cet organisme, comme à l'<i>office et comme à Ex aequo, de
voir qu'au Parlement, les parlementaires, on est là pour les écouter, on est là
pour prendre en considération ce qu'ils ont à nous dire. Et ça, ça m'apparaît
tout à fait fondamental. C'est très important.
D'ailleurs, dans leur rapport, dans leur
mémoire, ils parlaient de l'apport concret de mesures d'accessibilité
universelle. Et, quand on regarde ce qu'ils soulignent, bien, évidemment, ça
touche ce qu'aura à faire éventuellement Mobilité Infra Québec.
Aménagement et architecture, j'en ai
parlé, et là je suis à la page 3 de leur mémoire. Présence d'ascenseurs
dans le métro, c'est apprécié, évidemment, c'est essentiel. Mon collègue le
député de Taschereau en parlait. Oui, il y a les ascenseurs, mais, après ça,
une fois que la personne est rendue sur le quai, s'assurer que les rails, les
wagons, il y a le REM, tout ça va être bien, bien, bien aligné pour qu'évidemment
les personnes puissent entrer. Ça peut être en fauteuil roulant, ça peut être
avec des marchettes, ça peut être un autre problème de mobilité, mais il faut
aider ces gens-là.
Places prévues dans l'autobus pour les
personnes en fauteuil roulant, ou encore ça peut être utilisé pour la poussette
d'un enfant. Ça, je l'ai vu, ce n'est pas toujours évident, je vais vous le dire
franchement. Moi, je me promène en autobus dans ma circonscription puis il y a...
des fois, il y a plein de monde, puis c'est normal, mais les gens ne sont juste
pas capables. Ils arrivent en fauteuil roulant, il n'y a aucune place. Ce n'est
pas normal, ce n'est pas normal.
S'assurer... s'assurer qu'il y aura aussi
une signalisation qui est adéquate. Puis ça peut être pour des gens qui ont une
déficience, que ce soit de la vue, que ce soit de l'ouïe. Ça peut être aussi
une déficience intellectuelle à s'orienter. Et donc <i>RUTA travaille à s'assurer
que ces éléments-là seront pris en compte.
Vous savez, ils mentionnent dans leur
mémoire quelques statistiques. Au Québec, 1,1 million personnes en
situation de handicap en 2017, 521 000 enfants et 1,75 million
de personnes de 65 ans et plus en 2021. C'est quand même bien du monde.
...ce que... Tantôt, la motion, elle a été
rejetée quand on parlait d'aînés, des aînés, c'étaient 3,6 millions de
personnes. Si on avait accepté, si le gouvernement avait accepté, là, on aurait
pu consacrer même pas une demi-journée à entendre des groupes puis on aurait pu
rejoindre des millions de personnes dans la population québécoise. Alors, ce qu'on
dit à la population du Québec, à tous ces millions-là : Bien, écoutez, pas
si important que ça, on vous écoutera une autre fois. Puis moi, je pense, Mme
la Présidente, que, quand ça va voir le jour, Mobilité Infra Québec... je ne
pense pas qu'ils vont être là pour trois semaines, un mois, je pense, ils vont
être là pour bien des années, raison de plus pour faire notre travail d'une
façon adéquate.
Alors, pour toutes ces raisons-là, je ne
vois pas pourquoi on refuserait d'entendre l'Office des personnes handicapées
du Québec, Ex aequo puis le <i>Regroupement des usagers du transport
adapté, ils ont déjà soumis un mémoire. Et c'est la raison pour laquelle je
suis tout à fait en faveur de la motion qui a été déposée par mon collègue le
député de Taschereau. Je vous remercie, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Oui, M.
le député des Îles-de-la-Madeleine, la parole est à vous.
M. Arseneau : Oui. Bien,
je voudrais ajouter ma voix à celle de mon collègue député de Taschereau et
appuyer sa motion préliminaire qui consiste, effectivement, à tenir des
consultations particulières pour inviter des groupes qu'on n'a pas eu l'occasion
d'entendre et qui sont des grands utilisateurs, des grands usagers des
transports collectifs, et j'allais même dire, dans... dans une vaste mesure,
qui dépendent du transport collectif pour leur participation pleine et entière
à la société québécoise, des gens qui représentent quand même un groupe de
population qui n'est absolument pas à négliger.
On a évoqué les statistiques tout à l'heure,
là. C'est... c'est quand même... En fait, selon ce que moi, j'avais comme
information, on parle de personnes en incapacité, là, qui représentent quand
même 1,4 million, un peu plus, de citoyens au Québec et qui souhaitent
évidemment, comme nous tous, qu'on puisse doter le Québec d'un réseau de
transport collectif qui soit accessible, bien entendu, tant sur le plan, là, de
la conception universelle que sur le plan financier, mais qui soit... qui soit
efficace, qui réponde à leurs besoins, à leurs attentes et qui leur permette
justement de jouer pleinement leur rôle dans la société québécoise. C'est un...
c'est un point de vue qui n'a pas été entendu. C'est un point de vue
complémentaire aux consultations <particulières...
M. Arseneau :
...québécoise.
C'est un... c'est un point de vue qui n'a pas été entendu. C'est un point de
vue complémentaire aux consultations >particulières qui ont été tenues
il y a déjà quelques... quelques semaines.
Et c'est encore une fois de la même façon
qu'on le présentait pour les personnes aînées, c'est... c'est une façon aussi
de se reconnecter sur les besoins des... des utilisateurs, de pouvoir
comprendre justement de quelle façon ces services-là peuvent se développer tout
en favorisons... favorisant, plutôt, la... la pleine et entière participation
des personnes avec des incapacités, et que l'on puisse le faire en amont de la
construction de ces projets complexes dont on parle sans définir spécifiquement
ce que c'est dans le projet de loi 61.
Alors, il ne faut pas que les projets
complexes de transport collectif deviennent d'utilisation complexe pour ceux
qui en ont absolument besoin. Et je pense que pour ça, c'est nécessaire de
s'accorder le temps voulu pour pouvoir les entendre. Parce que, que ce soit l'Office
des personnes handicapées<i>, Ex aequo ou encore le Regroupement des
usagers du transport adapté et accessible de l'île de Montréal, ce sont des...
des regroupements qui justement représentent des milliers, voire des centaines
de milliers de... d'usagers, d'utilisateurs et de citoyens qui ont une
expérience terrain que... qui est incomparable, qui est exceptionnelle et qui
est complémentaire au travail de législateur qu'on peut faire ici et qui nous
guide, je pense, dans la recherche du... du meilleur projet de loi possible,
mais également, là, du meilleur outil législatif pour pouvoir faire en sorte
que cette... cette loi-là et cette agence qu'on... qu'on souhaite mettre en
place puissent livrer des résultats à la hauteur des besoins et des attentes,
donc, des... des citoyens.
On a entendu, au cours des... des
consultations, évidemment, de nombreuses sociétés de transport de différentes
agglomérations, on a entendu les municipalités également, les... les
associations ou les fédérations représentant les municipalités, mais, encore
une fois... les constructeurs aussi, mais quelques... quelques experts, mais je
pense qu'il ne faut pas diminuer ou sous-estimer la capacité de ces... ces
experts, dans... dans l'utilisation des... des systèmes actuels, de nous
éclairer sur la façon dont on doit justement se gouverner lorsqu'il est
question de... de changer d'approche pour favoriser la construction et... et
l'élaboration, même la planification des réseaux.
Parce qu'évidemment il y a... mes
collègues l'ont mentionné, il y a bien évidemment le... le matériel roulant qui
doit être conçu, élaboré, construit en fonction justement de ces usagers qui
ont des besoins particuliers et que nous devons reconnaître et inclure dans...
dans le design, mais il y a aussi toute l'infrastructure qui entoure ces... ces
infrastructures de transport, là. On parle... Que l'on parle par exemple de...
de tramway ou que l'on parle de... de la prolongation du... d'une rame de
métro, que l'on parle également, là, des... en fait, des stations où l'on va
avoir justement une interconnexion de différents modes de transport, où souvent
et malheureusement beaucoup trop souvent, les besoins des personnes à mobilité
réduite, les besoins des personnes qui souffrent d'incapacités ne sont... ne
sont pas toujours pris en compte et ne sont pas toujours... Et ce n'est pas
toujours de la mauvaise foi, là.
• (18 h 40) •
Mais je prends pour exemple le... le fait
que, depuis nombre d'années, on a, dans différentes municipalités au Québec,
des politiques d'accessibilité universelle, mais qui sont un peu laissées à la
bonne volonté des... des constructeurs, des promoteurs, des entreprises, donc
la municipalité. Et, pour avoir déjà été représentant d'une municipalité qui
avait accepté de s'inscrire au rang des municipalités qui étaient à
l'avant-plan pour promouvoir l'accessibilité universelle, même si elle n'était
pas assujettie à ces... à ces règles-là, étant en bas de
15 000 habitants, on <avait...
M. Arseneau :
...même
si elle n'était pas assujettie à ces... à ces règles-là, étant en bas de
15 000 habitants, on >avait décidé de s'inscrire, la
municipalité des Îles-de-la-Madeleine, dans une démarche comme celle-là, mais
très rapidement, on s'est heurté, je dirais, à la réalité des... de la
complexité de la situation et du manque de connaissances et de... souvent de
ressources, mais souvent, bien plus encore, le manque de compréhension, de
connaissances et d'expertise pour véritablement que nos projets de... de
réaménagement, de... de réfection ou de construction, ceux de... évidemment, de
l'institution, mais également des autres institutions du milieu, des
entreprises, des particuliers qui pouvaient avoir... mais particulièrement des
entreprises qui avaient tous cette volonté-là de bien faire, mais qui n'avaient
pas cette... cette connaissance-là, fine, des enjeux vécus par les personnes
qui sont dans une situation d'incapacité.
Bien, ça a fait en sorte que les
investissements ont été consentis pendant de nombreuses années, puis parfois il
a fallu tout démolir, puis refaire, ou parfois on... on a investi des sommes
importantes avec pour... malheureusement, pour résultat que le gain était
extrêmement marginal, quand il n'était pas totalement nul, tout simplement
parce qu'on n'avait pas fait toute... on n'avait pas pris en compte, en fait,
toute la dimension de l'adaptation, et des... à la fois des... des accès, des...
des portes, des... des étages, des différents paliers étagés dans les... dans
les commerces.
Et là, lorsqu'il est question des... du
système de transport collectif, bien, on peut penser effectivement qu'il y a de
nombreuses sections à travers lesquelles les... les gens qui ont des
difficultés de mobilité ou encore des incapacités peuvent avoir donc à se
mouvoir, à se déplacer d'une section à l'autre, d'un transport à l'autre, d'un
mode de transport à l'autre. Et ce qu'il faut absolument éviter, c'est que,
malgré toute la bonne volonté, on ne... on n'arrive pas à faire les bons choix
pour éviter que ce soit essentiellement un parcours du combattant.
Et ça, je pense que ce serait la plus
grande faillite de... de la société québécoise et du législateur qu'on
représente aujourd'hui, si on ne prend pas en compte de façon véritablement
approfondie... de la situation actuelle qui est vécue par... par ces personnes
pour l'intégrer au cœur même de la mission de Mobilité Infra Québec pour que ce
ne soit pas facultatif ou accessoire, mais véritablement que ce soit au cœur
des préoccupations constantes de... de l'agence avec ses partenaires pour
s'assurer qu'on aille chercher le plein potentiel de nos infrastructures puis
de nos projets complexes, mais surtout donner accès au plein potentiel de
participation et d'engagement et de... de... justement, d'implication de ces
personnes dans la société québécoise. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Oui,
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui, Mme la
Présidente. Je ne sais pas si je dois commencer à parler de la motion ou
demander une motion, parce que le froid, je pense, on va... il va nous rendre
tous malades. Sérieux, je vous... je vous le dis sincèrement, je pense que vous
voyez l'état de beaucoup de collègues. Moi, personnellement, je veux... je suis
venu pour travailler. Là, je risque de tomber malade après la commission...
Aucun problème. Ce n'est pas pour me plaindre, mais ce ne sont pas des
conditions idéales pour travailler. Je vous le dis, je me sens plus malade que ce
que j'ai commencé ce matin. À regarder les collègues autour de la table, je
pense qu'on est pas mal, pas mal plus malades que ce matin. Donc, s'il y a,
s'il vous plaît, quelque chose à faire... Surtout, je le sens dans mon... dans
mon dos.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Oui. Le secrétaire a déjà envoyé le message.
M. Derraji : Et on l'a
dit depuis ce matin.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci.
M. Derraji : Bon. Donc,
désolé, chers collègues, mais je pense que vous voyez tous l'état... et je n'ai
pas envie que les gens tombent malades dans le cadre de ce projet de loi. Je
pense que Mme la ministre a besoin de nous tous en forme, elle aussi.
Alors, Mme la Présidente, encore une fois,
une très bonne motion préliminaire de mon collègue le député de Taschereau. Et
je vais me permettre... Je sais qu'il a... il a parlé de trois groupes, mais le
groupe qui m'interpelle le plus, l'Office des personnes handicapées du Québec...
et je vais vous dire pourquoi. Du moment qu'on parle d'une mission, d'une
société, d'une agence, de... de Mobilité Infra, la notion de mobilité <rime...
M. Derraji :
...Du
moment qu'on parle d'une mission, d'une société, d'une agence, de... de
Mobilité Infra, la notion de mobilité >rime avec accessibilité. Et... et
je sais que c'est quelque chose que... vous aussi, vous insistez beaucoup sur
l'accessibilité, et la plupart des groupes que j'ai rencontrés et que vous avez
vous aussi l'occasion de rencontrer parlent beaucoup de l'accessibilité.
Et au début, quand j'ai eu le mandat de...
d'être porte-parole en transport et j'ai commencé à parler avec les sociétés de
transport, la plupart, ils ont insisté sur l'aspect de l'accessibilité.
Pourquoi l'accessibilité? C'est parce que la plupart des infrastructures, que
ce soit autobus, navettes ou autres, il y a un enjeu d'accessibilité. Et, quand
j'ai commencé à lire le... le rapport de RUTA Montréal, qui est le Regroupement
des usagers du transport adapté et accessible de l'île de Montréal, dans la
page 2, ils parlaient de la table qui milite depuis plusieurs années,
depuis au moins 20 ans : «La table milite pour que les transports
collectifs soient universellement accessibles. La table promeut ce concept car
les normes existantes ne répondent pas à tous les besoins.»
Et là, vous savez, le gouvernement veut
aller de l'avant avec une agence qui va s'occuper, si sa mission est conforme à
ce qu'on souhaite nous aussi sur des projets de mobilité et de transport
collectif... mais on ne peut pas enlever de la mobilité du transport collectif
la notion d'accessibilité. Et ils le disent clairement : «L'accessibilité
universelle consiste à concevoir dès le départ des programmes, des services et
des infrastructures qui tiennent compte des besoins de tous.» Donc, c'est très
important. Donc, ils veulent être impliqués en amont, et j'espère qu'on va
avoir de l'ouverture par rapport à entendre ce groupe.
Mais je sais qu'aussi, dans le cadre des...
des discussions de... lors de l'étude article par article, on va avoir
l'occasion de parler, même au niveau de la représentativité, au niveau du
conseil d'administration. Moi, je pense qu'un représentant des... des usagers
qui va veiller à une meilleure accessibilité, ça aiderait dans le futur si on
voulait se doter d'une bonne vision en matière de mobilité durable. Pourquoi?
Premièrement, les aînés, aussi les
personnes handicapées, qu'elles soient aînées ou pas, ils veulent rester actifs
dans la société. Il y a aussi beaucoup de bénévoles qui sont aussi des
représentants des personnes handicapées. Ils veulent continuer leur vie, mais
ça prend du transport adapté à leurs besoins. Et là, aujourd'hui, je vais aussi
prendre quelques instants pour parler d'un ami que je connais très bien, qui
vit une situation de handicap et il me partage son quotidien et son combat avec
le transport adapté à Montréal. Donc, je me mets à la place de personnes
handicapées à l'extérieur de Montréal, comment ils vivent des difficultés
importantes. Parce que ce n'est pas toujours facile, trouver le transport
disponible pour répondre à leurs besoins.
Donc, Mme la Présidente, le transport
collectif, c'est aussi une façon de briser l'isolement, mais c'est aussi une
façon pour aider ces personnes à vivre leur pleine citoyenneté. Je dis «vivre
leur pleine citoyenneté» : il n'y a pas de différence entre vous et eux.
Nous sommes tous Québécois, nous avons tous le droit à un accès universel si on
aimerait ou si on a le souhait d'utiliser le transport collectif. Et, du moment
qu'on parle d'une agence avec une mission, j'ose espérer que ça va être du
transport collectif. Je vous le dis, je déclare... je dirais mon jeu, par
rapport à ça, je veux que la mission de... de l'agence se concentre davantage
sur le transport collectif.
• (18 h 50) •
Mais RUTA, qu'est-ce qu'ils nous ont
partagé dans leur mémoire? Des chercheurs ont défini ce concept comme suit :
l'accessibilité universelle est le caractère d'un produit, procédé, service, information
ou environnement qui, dans un but d'équité et dans une approche inclusive,
permet à toute personne de réaliser des activités de façon autonome et
d'obtenir des résultats équivalents, définitions auxquelles les membres de la
table adhèrent. Dans le domaine du transport collectif, la prise en compte de
l'accessibilité universelle doit inclure les domaines des équipements et
installations. Et là je les nomme : gares, stations, abribus, appareils de
vente et de perception des titres, aménagements des véhicules, entre autres,
trains, autobus, métros, tramways. Les moyens utilisés pour informer les
usagers : signalétique, sites Web, applications Web, services <téléphoniques...
M. Derraji :
...Les moyens utilisés pour informer les usagers : signalétique, sites
Web, applications Web, services >téléphoniques notamment, sans oublier
la formation du personnel, attitudes et comportements appropriés.
L'accessibilité universelle touche donc les aspects... plusieurs aspects, Mme
la Présidente, et c'est pour cela... pour nous, c'est très important d'écouter
ce groupe. Mais surtout si c'est... notre vision, c'est remplir la mission de
l'agence. Et, quand on dit «remplir la mission de l'agence», c'est que l'agence
puisse avoir tous les éléments... d'avoir une stratégie beaucoup plus globale,
incluant, incluant l'accès universel pour les personnes qui le demandent, qui
le souhaitent.
Et ça, ça a été soulevé par la Table de
concertation sur l'accessibilité universelle des transports collectifs qui, je
dois le rappeler... ils ont fait un excellent rapport. Et leurs demandes, ça,
c'est un point qui est très important, j'espère qu'on va le noter aussi dans le
cadre du projet de loi... produire un plan... Ce qu'ils demandent : «Nous
demandons que l'agence Mobilité Infra Québec ait les obligations suivantes — puis
je trouve ça intéressant — : produire un plan d'action annuel visant
l'élimination des obstacles, et ce, à titre d'organisation, comme prévu à
l'article 66.1 de la Loi assurant l'exercice des droits des personnes
handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale, appliquer
l'accessibilité universelle lors de la réalisation des mandats qui lui seront
confiés... Plusieurs municipalités et sociétés de transport intègrent le
concept de l'accessibilité universelle dans leurs programmes, services et
infrastructures, et il est donc important que les projets qui seront réalisés
par l'agence Mobilité Infra soient universellement accessibles afin d'éviter
des ruptures dans la chaîne du déplacement.»
Donc, on le voit très bien, c'est un
groupe extrêmement important qui aimerait que l'universalité et l'accessibilité
ne soient pas uniquement des valeurs qu'on retrouve dans des énoncés de
mission, mais qu'on puisse les voir concrètement. Et, pour qu'on puisse les
voir concrètement, on doit voir dans le projet de loi des éléments qui vont
leur permettre de dire que demain l'agence sera, au fait, va... va pouvoir agir
en conséquence. Donc, j'appuie la demande de... d'accueillir en commission l'Office
des personnes handicapées du Québec, Mme la Présidente.
Le Regroupement des usagers du transport
adapté accessible de l'île de Montréal, je viens de le mentionner, ils ont pas
mal de bons éléments sur l'accessibilité. Ils étaient très clairs sur leurs
recommandations. C'est la page 5 au niveau de leurs demandes, et même...
et même au niveau de leur conclusion, ils considèrent qu'il est essentiel que
l'accessibilité universelle soit prise en compte dans les travaux qui
découleront des activités de ce nouvel organisme. Donc, même si on veut aller
de l'avant, c'est absolument nécessaire que l'accessibilité, l'accessibilité
universelle, ils insistent beaucoup... et c'est un enjeu que l'on voit dans pas
mal de sociétés.
On va avoir l'occasion d'en revenir, parce
que, quand on parle avec les sociétés de transport, Mme la Présidente, elles me
parlent qu'il n'y a pas assez d'argent, il n'y a pas assez de fonds pour
pouvoir mettre tout en ordre et surtout améliorer l'accessibilité pour les
personnes à mobilité réduite. C'est inconcevable qu'en 2024 on va continuer à
parler qu'il y a deux classes de citoyens, ceux qui ont l'accessibilité parce
qu'ils n'ont pas besoin d'infrastructures, et d'autres à qui on doit... qui
doivent toujours militer, travailler fort pour pouvoir avoir accès. On ne
devrait pas se poser ce genre de questions, Mme la Présidente, qu'elles soient
personnes handicapées ou pas, l'accès aux transports et l'accessibilité...
Là, je parle au niveau de l'île de
Montréal, parce que RUTA Montréal est très présent au niveau de... de l'île de
Montréal. Mais la question se pose en dehors de Montréal : Est-ce que
vraiment nos... nos sociétés de transport, ou le citoyen qui a besoin d'un
service accessible, est-ce qu'il va avoir le droit de... de l'avoir? Et c'est
pour cela que je pense que c'est très important, du moment qu'on veut aller de
l'avant avec une agence, somme toute, d'avoir tous les éléments et... et écouter
tous les groupes.
Je ne sais pas s'il me reste du temps...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Six secondes.
M. Derraji : OK. Bien,
écoutez, j'appuie la demande de mon collègue le député de Taschereau, et
j'espère qu'on va entendre les trois groupes, Mme la Présidente. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants sur la motion de le
député de Taschereau? Je vois que ce n'est pas le cas. Nous allons procéder à
la mise aux voix par vote nominal, M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :
Contre.
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
Le Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard :
<Contre...
Le Secrétaire :
...
M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)T?
M. Bernard :
>Contre.
Le Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
Le Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
Le Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
Le Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
Le Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) :
Abstention. Alors, la motion est rejetée.
Et je crois que nous avons reçu une
dernière motion de le député des Îles-de-la-Madeleine. La parole est à vous.
M. Arseneau : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je ne sais pas si la motion sera affichée sur l'écran.
J'aimerais vous en faire la lecture.
Donc, conformément à l'article 244 du
règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin :
«Que la Commission des transports et de
l'environnement, dans le cadre de l'étude détaillée du projet de loi 61, Loi
édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions
relatives au transport collectif, tienne des consultations particulières et;
«Qu'à cette fin, elle entende l'ancien
ministre des Transports et ministre des Affaires municipales, des Régions et de
l'Occupation du territoire de 2012 à 2014, M. Sylvain Gaudreault.»
Alors, c'était d'ailleurs la proposition
que nous avions faite au moment des consultations particulières, parce qu'on
voyait que la mention d'une agence pour le transport s'apparentait à l'idée qui
avait été formulée par l'ancien superministre des Transports et des Affaires
municipales. Donc, il y a eu d'autres superministres avant l'avènement de nos
superministres actuels. Il était non seulement superministre des Transports,
mais également ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation
du territoire, des appellations qui ont malheureusement été sacrifiées au fil
des... des élections successives et des nominations de ministres qui ont suivi.
Mais je reviens à la question de... du
transport, qui était sa responsabilité. C'était aussi dans la foulée des
travaux de la commission Charbonneau, et j'y reviendrai tout à l'heure, évidemment,
ce spectacle quotidien auquel beaucoup de Québécois, des centaines de milliers
de Québécois se sont abonnés au cours des... des audiences. Mais on a vu que
les façons de faire, notamment l'octroi de contrats pour la construction de
routes, devaient être réformées de façon importante, puis on avait vu aussi et
tiré certaines conclusions sur la collusion, la corruption qui était existante
dans le domaine de... de l'octroi de contrats et de la construction d'infrastructures
routières notamment. Et c'était donc dans cette optique-là qu'on avait élaboré
une façon de faire qui aurait pu nous... nous prémunir contre de tels... de
tels agissements de personnes avec des motivations suspectes.
Et ce... ce projet de loi là, en fait, il
a été déposé pour la première fois en décembre 2013, donc trois mois après l'élection
d'un gouvernement dirigé par la première ministre Pauline Marois. Et ce projet
de loi, malheureusement, n'a pas pu être dûment étudié, bonifié, amendé et
promulgué en tant que loi, parce que, dans une situation de gouvernement
minoritaire, bien, le gouvernement de l'époque n'a pas pu avoir la
collaboration, notamment la collaboration de la Coalition avenir Québec, qui a
exprimé, avec beaucoup de véhémence, son opposition à la mise en place d'une
agence de transport par le gouvernement de... de l'époque.
• (19 heures) •
Donc, c'est un peu la même réaction à
laquelle on a eu droit quelques années plus tard, c'est-à-dire en octobre 2021,
lorsque moi-même porte-parole de ma formation politique en matière de
transport, j'ai proposé une nouvelle mouture du projet de loi de mon collègue
Sylvain Gaudreault, le projet de loi 796, qui reprenait les grandes lignes
de la première version du projet de loi pour la mise en place et la création d'une
agence. Et je me souviens très bien de la réaction du... du ministre titulaire
des Transports de l'époque, qui avait pour ainsi dire levé le nez sur cette
proposition-là en disant que, un peu comme on l'avait entendu la première fois,
c'était une mauvaise idée, parce que cette agence allait vraisemblablement
servir de paravent pour les élus du gouvernement du Québec qui s'en servirait,
justement, pour ne pas assumer...
19 h (version révisée)
M. Arseneau : ...de paravent
pour les élus du gouvernement du Québec qui s'en serviraient justement pour ne
pas assumer pleinement leurs responsabilités ministérielles. Évidemment, cet
argument-là, selon nous, n'était pas recevable parce qu'en fait l'objectif
était beaucoup plus noble. Et il a d'ailleurs été repris, pas plus tard que l'an
dernier, mais dans une autre sphère, celle de la santé et des services sociaux,
par le ministre titulaire actuel de la Santé et des Services sociaux, Christian
Dubé, qui a créé cette agence Santé Québec qui, dans ses... en fait, dans l'orientation
générale, pourrait s'apparenter à l'agence que mon collègue député de Jonquière
et moi-même avons... avions proposée dans le domaine des transports. Alors, c'est...
c'est quand même intéressant de voir comment les choses peuvent évoluer et
comment la réflexion peut... peut également avancer.
Mais j'ai quand même hésité avant de
proposer d'entendre l'ex-ministre Gaudreault et d'amener cette motion-là, jusqu'à
ce que j'entende une fois de plus la ministre, dans le cadre de nos
consultations particulières, évoquer le souvenir du dépôt de ce projet de loi
là, le projet initial, disant que le ministre de l'époque avait proposé cette
agence-là, et, je paraphrase, disait ne pas comprendre pourquoi ma formation
politique, aujourd'hui, avait des réserves sur le dépôt du projet de loi n° 61.
Alors, je pense que c'est important que nous remettions les pendules à l'heure
et que nous puissions véritablement, là, faire une comparaison entre les
intentions qui étaient contenues et les objectifs visés dans le projet de loi
de 2013, celui de 2021 et le projet de loi n° 61 créant Mobilité Infra
Québec, que nous avons devant nous.
Tout d'abord, la question de l'intention,
la question des principes, si on veut, qui sont diamétralement opposés, je dois
quand même le mentionner, avec ce qu'on veut faire aujourd'hui. C'est-à-dire qu'à
l'époque, je l'ai... je l'ai abordé tout à l'heure, ce qu'on disait, c'était qu'on
voulait essentiellement séparer, parce que c'était la formule qu'on avait
trouvée à l'époque pour illustrer, là, les bienfaits d'un projet de loi comme
celui-là, on voulait séparer le béton de la politique. Alors, qu'est-ce que ça
veut dire, séparer le béton de la politique, bien, ça veut dire éviter de façon
absolue et totale toute ingérence politique dans le choix des projets
d'infrastructures prioritaires pour la population du Québec, pour les
différentes agglomérations du Québec, non seulement dans le choix, mais
également... dans le choix des projets, mais dans le choix également des
entreprises qui seront appelées à collaborer à l'élaboration de projets de
loi... — de projets de loi! — de projets complexes comme ceux-là,
et, bien entendu, de séparer la politique de l'évolution, puis de la
réalisation, et de la mise en opération de ces systèmes de transport complexes
que l'on souhaite voir émerger et réaliser, au Québec, de façon plus rapide,
avec un nouveau mode, d'ailleurs, de collaboration ou d'appel d'offres avec les
entreprises, qui déjà peut poser un certain problème, mais, bon, je vais
laisser nos collègues discuter du projet de loi n° 62, mais essentiellement
d'éviter toute ingérence politique dans ces projets-là, ce qui est
essentiellement contraire à ce que l'on a vu depuis déjà six ans, depuis
l'avènement au pouvoir de la Coalition avenir Québec, où les points de vue, les
interventions politiques dans les dossiers qui étaient portés par, notamment,
la ville de Québec ont eu un impact majeur sur l'absence de progression du
projet de tramway, là, ou du projet de transport structurant, les multiples
versions qui ont été déposées et qui n'ont jamais abouti, jusqu'à ce que,
finalement, on confie le mandat, comme vous le savez tous, à CDPQ Infra qui a
fait un <rapport qui a été...
M. Arseneau :
...
finalement, on confie le mandat, comme vous le savez tous, à CDPQ Infra qui a
fait un >rapport qui a été déposé et qui recommande, encore une fois,
d'aller de l'avant avec le projet de transport structurant et pour lequel on
attend encore la suite.
Comme on l'a vu lors de la période
d'interpellation, vendredi dernier, beaucoup de questions se posent encore et
très peu de réponses sont offertes par la partie gouvernementale. Et on suppose
que, si une agence indépendante et autonome s'occupait de faire la
planification et... du transport dans une approche globale et déposait un
certain nombre de priorités documentées et chiffrées sur les projets à réaliser...
que l'on pourrait vraisemblablement aller de l'avant de façon beaucoup plus
rapide, efficace et gagner aussi en efficacité sur le plan de... des
investissements, donc sur les coûts qui sont associés à de tels projets. Je ne
mentionnerai pas, même si j'en aurais envie, l'autre projet-phare de la région
de Québec, porté par la Coalition avenir Québec, qui actuellement semble dans
les limbes, et on ne sait pas trop, trop comment il aboutira. Mais ce qu'on
sait par contre, c'est qu'une agence indépendante, CDPQ Infra, a recommandé que
l'on n'aille pas de l'avant avec un projet comme celui-là.
Donc, la vertu de l'agence qui était
prévue, qui... dont la création était prévue à travers le projet de loi
n° 796 de 2020 et celui de 2013, dont j'oublie le numéro, là, je...
Une voix : ...
M. Arseneau : Le 68, c'est
bien ça, hein, je l'avais aperçu. Bien, c'était... justement, sa plus grande
vertu, c'était de séparer la politique du béton, comme je l'ai mentionné, mais
aussi s'assurer de l'indépendance et de l'autonomie totale des... de l'agence
pour réaliser son travail, ses analyses et faire des recommandations au
gouvernement, qui, évidemment, aura le dernier mot, mais qui devra, justement,
prendre acte de ce qui a été déposé comme expertise basée sur la science pour
pouvoir prendre ses décisions dans l'intérêt commun et à long terme, dans
l'intérêt général et à long terme des Québécoises et des Québécois, et qu'on
s'éloigne définitivement et pour de bon de toute... de toute intervention qui
pourrait avoir un caractère, disons, là, de politique partisane, de près ou de
loin.
Parce qu'on a vécu des époques, dans le
passé, où on menait des campagnes électorales, et certains disaient qu'on
pouvait même gagner des élections, avec des promesses de construction d'ouvrages
routiers, autoroutiers et de ponts. Et je pense qu'aujourd'hui le Québec doit
migrer vers autre chose, et on n'a pas la garantie que le projet de loi
n° 61 nous permette de s'éloigner complètement de ces... de ces intérêts
partisans qui pourraient se manifester. Et la différence, je pense, pourrait
être exprimée de façon encore plus claire, limpide et éloquente que ce que je
tente de faire présentement, et ce que je ferai au cours de l'étude du projet
de loi article par article, par le ministre qui avait élaboré le projet de loi
initial, M. Gaudreault, l'ex-député de Jonquière.
• (19 h 10) •
Mais je vous illustrerai quand même à quel
point on a une différence fondamentale de points de vue et de visions et qu'il
vaudrait la peine de clarifier dès le départ pour éviter toute confusion, là.
Mais, juste avant, je veux mentionner que l'ex-collègue, M. Gaudreault, a
quand même réagi à une intervention de la ministre sur son apparente adhésion
au projet de loi n° 61, et essentiellement, c'est assez simple, là, il a
mentionné, lorsqu'on en a discuté au salon bleu il y a de ça une dizaine de
jours... il s'est exprimé sur le réseau X en disant, et je le cite : «Je
suis flatté d'être parmi les premiers anciens parlementaires cités dans le salon
bleu, depuis qu'il est devenu rouge, par la ministre des Transports, mais il
faudrait préciser que j'appuie l'idée d'une agence de transport qui dépolitise
les travaux, pas le modèle que vous proposez dans le projet de loi n° 61.»
Je pense que ça a toute sa pertinence, puis c'est très clair, mais je pense que
ça mérite aussi que la <commission puisse...
M. Arseneau :
...
sa pertinence, puis c'est très clair, mais je pense que ça mérite aussi que la >commission
puisse l'entendre pour qu'il puisse élaborer sur les grandes différences
fondamentales et de visions qui séparent les deux projets de loi. Il y a
évidemment le temps qui passe, et donc une dizaine d'années nous séparent du
projet de loi initial, mais je pense que la vision, elle, qui était portée est
encore plus différente et divergente. Que nous puissions en prendre en compte
aujourd'hui est absolument essentiel.
Et ce que j'allais dire, c'est que c'est
parce que les rôles ne sont pas les mêmes, les responsabilités dévolues ne sont
pas les mêmes. On a longuement discuté, lors de la consultation... des
consultations particulières, de la définition, par exemple, des projets
complexes, mais de la mission de Mobilité Infra Québec et de sa mission en lien
avec la mission des autres acteurs de l'écosystème en matière de transport
collectif, sociétés de transport, évidemment, les municipalités et même le
ministère, aussi, qui continue d'exister puis d'avoir des milliers d'employés
et qui pourrait, justement, se voir cannibaliser par un rôle qui pourrait être
encore plus grand par le... confié par le gouvernement du Québec,
éventuellement, à Mobilité Infra Québec, qui ne sera pas, actuellement, selon
la définition actuelle du mandat, limitée à des projets de transport collectif.
Donc, on pourrait embarquer et faire concurrence, essentiellement, au reste du
ministère pour faire des transports routiers ou autoroutiers.
Mais, dans tous les cas, les rôles sont
inversés dans la mesure où l'agence qui était proposée par ma formation
politique avait un rôle-conseil auprès du ministre ou de la ministre, notamment
par la production d'avis — et ça, c'est l'article 9 du projet de
loi que vous pouvez consulter encore sur le site de l'Assemblée nationale — donc,
la production d'avis sur toute question que le ministre lui soumet et la
responsabilité de formuler des recommandations. C'est fondamental que l'on
puisse avoir les coudées franches pour élaborer des recommandations à
l'attention du ministre titulaire du portefeuille des transports et de la
mobilité durable. Mais plus encore, l'agence, à l'article 10, consulte le
ministre ou la ministre sur les projets d'infrastructures qui requièrent des
investissements publics.
Je ne sais pas si vous voyez, là, la
différence fondamentale, là. C'est l'agence qui a le leadership, c'est l'agence
qui fait la planification, qui développe la vision globale, qui élabore les
recommandations, la priorisation, et consulte le ministre, évidemment, pour
qu'il puisse identifier, le ministre, là où on veut intervenir comme gouvernement.
Donc, on ne va pas usurper le pouvoir politique du ministre pour... ou du
gouvernement quant aux investissements qui doivent être consentis, mais le
ministère est alimenté par une agence indépendante qui a fait son travail en
amont et qui va devoir avoir, évidemment, les autorisations de procéder lorsque
la liste des projets est soumise et la priorisation faite. Et il faudra,
évidemment, que le travail pour contre-argumenter ou pour aller à l'encontre de
ces propositions-là soit fait de façon très approfondie, éclairée.
Et ça, pour nous, bien, c'est une garantie
supplémentaire dont on a absolument besoin pour que l'exercice ne soit pas un
simple exercice de coupure de rubans puis de lancement de projets, mais que ce
soit un exercice qui soit démocratique, qui repose sur une expertise déjà
reconnue par l'ensemble des citoyens québécois, qui vont évidemment se payer
cette expertise-là, et qu'on puisse y faire confiance. De la même façon, pour
faire un parallèle, que d'autres agences ou d'autres sociétés d'État élaborent
des plans d'action et qui sont soumis au gouvernement qui, bien souvent, plus
souvent qu'autrement, va les approuver parce que ce sont les experts qui les
ont déposés. Pensez à Hydro-Québec, par exemple. Alors...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci, M. le député...
M. Arseneau : Je pense
que je n'ai plus le temps, Mme la Présidente. Je continuerai.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Il vous reste du temps, mais nous, nous n'avons
plus de temps.
Alors, compte tenu de l'heure, la
commission ajoute ses travaux sine die. Merci.
(Fin de la séance à 19 h 15)