(Onze heures vingt et une minutes)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la Loi édictant la
Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au
transport collectif.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Il n'y a aucun
remplacement, Mme la Présidente.
Document déposé
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Mme la ministre, juste avant qu'on débute nos échanges et que je
rappelle aux collègues où nous étions hier, vous avez partagé un document en ce
qui concerne la notion de complexité en contexte de gestion de projet. Je
souhaite seulement vérifier avec vous que vous souhaitez que ce soit déposé ou
distribué.
Mme
Guilbault : Bien, c'est parce que j'avais... en tout cas, on
était supposés attendre que je le contextualise au micro, mais s'il vous
a été remis, oui, on peut le partager.
La Présidente (Mme Maccarone) : Ça
fait que distribué uniquement aux membres ou déposé pour que ça soit publié?
Mme Guilbault : Bien, si je fais juste le distribuer, ils vont me demander
pourquoi je ne le dépose pas. Ça fait que déposons-le.
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
Alors, ce sera déposé. Merci beaucoup.
Mme Guilbault : Quelle clairvoyance parlementaire.
Étude détaillée (suite)
La
Présidente (Mme Maccarone) : Alors, lors de l'ajournement de nos travaux, hier,
nous en étions à l'étude d'un sous-amendement présenté par le député de Masson à
un amendement dans le cadre de l'étude de l'article 4 de la loi édictée.
M. le député de Taschereau, vous disposez de 4 min 30 s pour
terminer vos remarques. Allez-y.
M. Grandmont : Parfait. Bien, merci
beaucoup. D'abord, j'aimerais saluer tout le monde qui est présent ici,
aujourd'hui encore, pour poursuivre l'étude détaillée de ce projet de loi. Je
remercie le député de Masson pour sa proposition. Encore une fois, j'espère que
c'est un signe qu'on s'en va vers une décentralisation, finalement, de cette
agence que la ministre veut créer.
Je voulais dire... Hier, je disais, quand je
parlais, là, quand j'ai terminé... Quand on a terminé la séance, hier, on était
sur pourquoi avoir fait le 62 avant, pourquoi c'était important pour nous, pour
l'opposition, mais aussi pour les groupes
qui ont à travailler souvent sur les deux enjeux, sur les deux projets de
loi... parce que, disons, un des gros donneurs d'ouvrage au Québec,
évidemment, c'est le ministère des Transports. Donc, tous les groupes liés au
transport, évidemment, étaient intéressés à la fois par le 62 et le 61. Les
municipalités, les sociétés de transport, évidemment,
aussi étaient intéressées par les deux projets de loi, puis ils ont participé,
généralement, aux deux projets de loi, aux audiences des deux projets de loi.
La ministre, elle-même, a lié fortement les deux projets de loi dans
plusieurs de ses remarques qu'elle a faites.
Donc, évidemment, ça tombait sous le sens qu'on
fasse le 62 avant le 61. Un peu comme quelqu'un qui veut faire un gâteau aux
carottes, ça prend des carottes avant pour être capable de faire le gâteau
après. Ça nous semblait assez logique. Donc, c'est pour ça, en fait, qu'on a
insisté pour que les deux projets de loi se fassent de manière séparée et
donc... et dans l'ordre suivant : 62 avant le 61. Maintenant,
j'aimerais... Hier, Mme la ministre a quand même
ouvert quelque chose d'intéressant sur la bretelle d'autoroute 440, à
Laval. J'aimerais la questionner là-dessus. Comment on a pu arriver à
livrer ça dans les délais puis à un coût inférieur?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme
Guilbault : Bien, Mme la Présidente, ça
arrive quand même, là, régulièrement qu'on fasse les projets dans les temps
et/ou dans les coûts, puis, des fois, même les deux. Alors, c'est arrivé hier.
J'ai des équipes très compétentes, moi, au ministère des Transports et de la
Mobilité durable, ça fait que... Je ne savais pas que QS était impatient
d'avoir plus d'autoroutes, mais si c'est le cas, c'est... je suis heureuse pour
lui qu'il soit heureux qu'on ait livré cette bretelle d'autoroute là dans les
temps prévus.
M. Grandmont : Est-ce que cette
bretelle d'autoroute a été bâtie dans un mode collaboratif?
Mme Guilbault : Bien là, écoutez, je n'ai pas le fin détail puis je n'ai
pas de gens sur mes équipes de projet ici,
là. Alors, si le député veut plus d'informations sur un chantier routier, on
pourra lui revenir soit plus tard ou peut-être plus en parallèle de la
commission puisque ça n'a évidemment rien à voir avec le projet de loi. Mais,
juste pour revenir aussi...
M.
Grandmont : Bien oui, oui. Oui, ça a rapport avec le projet de
loi, je m'excuse, parce qu'on parle du 62, 61. C'est ensemble, c'est
deux projets de loi qui sont intrinsèquement liés, là, c'est assez clair.
Mme Guilbault : Bien, exactement, moi, je veux revenir là-dessus, parce
qu'hier, ça a été ajourné, puis le député était en train d'expliquer que ce
n'est pas possible pour tout le monde, ou à peu près, sauf moi, de faire deux projets de loi en même temps, selon ses dires,
puis là il en reparle ce matin. Ça fait que je veux juste expliquer, Mme la
Présidente, là.
Il y a plusieurs des groupes qui sont venus sur
nos consultations qui n'étaient même pas allés sur le projet de loi n° 62.
Donc, premièrement, là, ces groupes-là ne sont même pas forcément allés sur les
deux projets de loi. Donc, je pense que ça les rend tout à fait... puis
probablement qu'il y a eu des gens sur le projet de loi n° 62 qui ne sont
pas venus ici. Alors, je pense que les gens, comme n'importe qui qui va en
consultation, sont capables d'aller en consultation
sur un projet de loi, seulement un des deux. Pour ceux qui auraient fait les
deux, je pense qu'il y a moyen, dans la vie, de s'arranger pour qu'ils ne
soient pas dans la même case horaire en même temps, le même jour. Tu sais, on
n'est pas... on est tous intelligents ici, là, alors, il y a moyen de moyenner,
comme on dit en bon français.
Donc, d'essayer de partager ou même de
transférer la responsabilité de l'étalement des travaux parlementaires sur les
groupes... à moins qu'ils ne me donnent des noms précis de gens qui lui ont
dit : Nous, on ne veut pas que les deux projets de loi se fassent en même
temps... de noms en dehors du Parti libéral puis de Québec solidaire,
évidemment. Je trouve ça un petit peu glissant de mettre ça sur le dos des
groupes ou de la société civile qui ne seraient pas prêts, ou qui ne serait pas
disposés, ou qui n'auraient pas le temps, ou qui n'auraient pas l'envie de
faire deux projets de loi en même temps, d'autant plus, comme je l'ai dit, que
ce n'est même pas forcément les mêmes gens qui vont sur les deux commissions.
Donc les seules... les deux seules personnes, moi, que je connais que ça dérangeait de faire deux choses en même temps,
c'est le député de Taschereau et son parti, et le député de Nelligan et son parti.
Je veux juste mettre ça au clair, Mme la
Présidente, parce que le collègue de Nelligan, hier, a essayé de diluer sa
responsabilité là-dedans en mettant la collègue de Saint-Laurent, enceinte,
là-dedans, toutes des choses connexes, sans rapport direct avec le fait qu'en
enlevant les chefs et en enlevant la députée de Saint-Laurent qui, à juste
titre, avait d'autres chats à fouetter que venir ici, il restait
15 députés libéraux compétents et 11 députés solidaires compétents
pour faire deux commissions, deux, Mme la Présidente. Ils auraient pu se rendre
disponibles. S'ils jugent que leurs... tous leurs... l'ensemble de leurs
collègues ne sont pas assez compétents pour venir ici, ça, c'est leurs
affaires, sauf que la CAQ était prête à mener ces deux projets de loi là.
On aurait pu faire les consultations sur le 61
en même temps que les consultations sur le 62. Et pour les quelques groupes
qui... oui, peut-être, j'en conviens, des groupes auraient pu vouloir
aller sur les deux projets de loi. On aurait arrangé les horaires. On a des gens
très compétents dans nos bureaux de leaders, ils auraient arrangé les horaires
pour que ça se fasse. Donc, je ne crois pas que ce soit un argument qui tienne.
La seule raison pour laquelle je n'ai pas pu avancer mon projet de loi plus
vite, c'est à cause du Parti libéral qui a demandé de faire un après l'autre et
de Québec solidaire qui a demandé de faire après l'autre. C'est l'évidence, Mme
la Présidente.
M. Grandmont : Parfait. Le projet de
bretelles sur l'autoroute 440, là, ça a commencé en 2023 — j'ai
un communiqué de presse devant moi, là — commencé... d'ailleurs, émis
par votre cabinet, là. Ça a commencé en 2023. Le projet de loi n° 62 a été
bâti, il a été essayé sur 13 projets d'écoles secondaires qui ont été
bâties en mode collaboratif. Donc, forcément, l'autoroute n'a pas été livrée,
n'a pas été conçue en mode... n'a pas été réalisée en mode collaboratif, mais on a réussi quand même à arriver en delà... en
dessous des budgets prévus puis des échéanciers prévus aussi.
Comment ça s'explique, si on est obligés de
faire en mode collaboratif... d'en faire un projet de loi dans le 62 qui va
être utile pour le projet de loi n° 61 avec Mobilité Infra Québec? On fait
la démonstration avec cette autoroute-là,
dont vous étiez très fière. Vous nous en avez parlé hier, qu'on n'a pas besoin
d'avoir le projet de loi n° 62 pour être capables de faire des
projets en deçà des budgets prévus.
Mme Guilbault : Mais premièrement, dans le projet de loi n° 61, il est
question de transport collectif et de...
M. Grandmont : Et routier.
Mme Guilbault : ...projets
de transport complexes. Non, il est question de projets de transport complexes.
M.
Grandmont : Oui, c'est ça.
• (11 h 30) •
Mme
Guilbault : Mais oui, c'est ça. Alors, je
ne vois pas ce que la bretelle d'autoroute vient faire là-dedans, parce qu'en
dehors de... en dehors de Québec solidaire qui fait une fixation sur le
troisième lien, et, en fait, les autres aussi, de l'opposition, il y a... il
n'a jamais été question, dans les propos de la banquette gouvernementale ni à
aucun endroit dans le projet de loi, de mettre un projet routier,
spécifiquement, dans l'agence. Alors, quand il vient me parler d'une
bretelle... J'ai même déjà dit souvent : Le ministère est déjà compétent
pour faire du routier, faire des viaducs, faire des bretelles, faire des
routes, faire de l'asphaltage.
Donc, Mme la
Présidente, c'est... L'opposition essaie de créer une espèce d'obsession,
autour du troisième lien dans l'agence, qui n'existe que dans leur tête. Donc,
il peut me parler de plein de projets de routes qui ont été bien réussis par
mon ministère, puis, à chaque fois, je vais lui répondre la même chose :
Effectivement, mon ministère est compétent pour faire du routier. Donc, est-ce
qu'on peut se concentrer sur le transport collectif complexe qui est la raison
pour laquelle on crée Mobilité Infra Québec? Est-ce que quelqu'un pense ici que
je viendrais m'enfermer des heures ici pour
faire une agence pour faire du routier? J'ai beaucoup d'autres choses à faire.
Vous voyez, moi, je
suis capable de faire presque deux choses en même temps. Mais ça, je n'en
reviens pas, Mme la Présidente. Est-ce qu'ils réalisent la quantité de choses
différentes que j'ai à faire, moi, simultanément, en même temps? Puis je suis
capable de toutes les faire tout en étant assise ici, à la journée longue,
comme eux. Donc, de penser que les gens ne sont pas capables de faire deux
choses en même temps, à part ces deux partis-là, moi, je n'ai jamais entendu
une excuse comme ça, Mme la Présidente. On ne peut pas faire deux projets de
loi en même temps, je n'en reviens pas encore.
M.
Grandmont : C'est vrai. J'ai de la difficulté à faire deux choses en
même temps. J'essaie de rester concentré. J'ai de la misère à être sur mon
cellulaire, je ne peux pas fouiller dans mon sac en pensant vous écouter en
même temps. J'ai de la difficulté, moi, personnellement, à faire ça.
Ce projet-là de la
bretelle d'autoroute, là, dorénavant, va se faire en mode collaboratif. C'est
comme ça qu'on va fonctionner au MTQ dorénavant?
Mme
Guilbault : Bien, on va avoir la
possibilité de le faire. On va prendre le bon mode pour chacun des projets. En ce moment, on en fait, par exemple, en
conception-construction, puis, bon, c'est juste une question, souvent,
du taux de conception avant d'aller sur le marché, mais tout va être possible
au moins. Ça fait qu'ils vont avoir la marge de manoeuvre de prendre le
meilleur mode pour le meilleur projet... selon le projet.
M.
Grandmont : Parfait. Et donc, dans l'article 4, quand on dit que
Mobilité Infra Québec va pouvoir s'occuper de projets complexes de transport,
pour vous, ça exclut les projets routiers.
Mme
Guilbault : Non. Ça donne toute la marge
de manoeuvre pour faire n'importe quel projet de transport complexe, comme j'ai déjà expliqué souvent, et
pour la pérennité de cette loi-là, avec laquelle plusieurs gouvernements vont
vivre après nous. Et ils seront libres de changer, s'ils le veulent, mais pour
l'instant, moi, je privilégie toujours la marge de manoeuvre. Ce que je
dis, c'est que la raison de base pour laquelle on a créé ça, c'est pour faire
du transport collectif d'envergure, notamment un projet dans l'est de Montréal,
dont j'aurais imaginé que tout le monde serait impatient de le voir se
réaliser, mais ce n'est peut-être pas le cas, finalement.
M.
Grandmont : Donc, il n'est pas tout à fait juste de dire que Mobilité
Infra Québec, ici, le travail qu'on fait, c'est uniquement pour réaliser du
transport collectif.
Mme
Guilbault : C'est pour pouvoir se donner
les moyens de réaliser du transport collectif d'envergure sans dépendre de la
CDPQ Infra systématiquement.
M.
Grandmont : Et donc, on pourra éventuellement faire du transport
routier.
Mme
Guilbault : Ce n'est pas impossible. C'est
des projets de transport complexes, mais mon objectif... puis, pour moi, ce qui
est le plus important à court terme, c'est de trouver quelqu'un pour faire un
projet dans l'est de Montréal, puis sur la couronne nord, puis éventuellement,
j'en suis certaine, sur la Rive-Sud de Montréal. Je pensais que c'était assez
clair, mais je peux... En fait, je pense, je vais le répéter encore souvent
d'ici...
M.
Grandmont : Non, non, mais on pourra... on pourra appuyer ça aussi,
l'amendement, éventuellement, pour venir
préciser que le transport collectif, c'est là-dessus qu'on veut travailler. Je
vais m'arrêter là pour l'instant. Merci.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Je vois
qu'il n'y a pas d'autre intervention. Alors,
nous allons passer à la mise aux voix de le sous-amendement du député de
Masson. Est-ce que le... Un vote par appel nominal?
M. Grandmont : Oui.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Lemay (Masson)?
M. Lemay : Pour.
La Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault : Pour.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Pour.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
La Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire : Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, le sous-amendement est adopté. Et nous revenons à notre amendement
amendé, et je crois que, M. le député de Taschereau, vous avez un autre
sous-amendement à nous partager.
M. Grandmont : Exactement. Donc, je
crois qu'il vous a...
La Présidente (Mme Maccarone) : ...au
Greffier. Ça fait que nous allons le projeter.
M. Grandmont : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
pourriez faire la lecture, si vous voulez.
M. Grandmont : Oui. Je vais juste
aller le chercher. Vous pouvez suspendre deux minutes, là...
La Présidente (Mme Maccarone) : Est-ce
qu'on peut le projeter?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Voilà. Alors, nous allons suspendre juste une...
(Suspension de la séance à 11 h 35)
(Reprise à 11 h 37)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
M. le député de Taschereau, pour la lecture de votre sous-amendement à
l'article 4, s'il vous plaît.
M. Grandmont : Oui. Alors, ça va
comme suit, et j'irai de quelques explications par la suite. On propose de modifier, donc, l'amendement à l'article 4 de
la loi édictée... après les mots «ou le cumul», les mots «et
l'interdépendance». Donc, l'article... l'amendement à l'article 4
de la loi édictée, tel que sous-amendé, se lirait comme suit : «Aux fins
de la présente loi, un projet complet de transport est un projet dont les
composantes, ou le cumul et l'interdépendance de celles-ci, notamment la portée, l'échéancier,
l'intégration de nouvelles technologies, les parties prenantes concernées, la
localisation, la stratégie de financement, les risques associés ou la nécessité
de recourir à une expertise de pointe, présentent un degré élevé
d'intensité ou de variabilité.»
Si je peux me
permettre, Mme la Présidente, quelques explications, d'abord, on était très
contents de voir qu'effectivement on ajoutait, là, une définition de ce qu'est
un projet complexe. On ne saurait trop le dire, c'est au coeur de plusieurs des
réflexions qu'on a eues lors des audiences particulières. Plusieurs groupes
qu'on a entendus nous en ont parlé. Ils
trouvaient ça très, très important de venir définir ce qu'était un projet
complexe parce que c'est ce qui va faire la différence entre un projet qui
sera... donc, qui pourrait être confié à Mobilité Infra Québec ou ne pas
l'être.
Évidemment, ça, c'est
un... Donc, c'est assez fondamental, là, dès le choix... Dans le fond, dès le
début, on va venir utiliser cette assise-là, cette définition-là avec... comme
grille d'analyse pour venir déterminer comment travaillera ou sur quoi
travaillera Mobilité Infra Québec. Évidemment, on pourrait aussi, là, après ça,
essayer de voir... Mon collègue le député collègue des Îles-de-la-Madeleine
parlait de comment on évalue les différentes composantes
de la définition, est-ce que... c'est quoi, le degré de variabilité. Je pense
que c'est un petit peu difficile ici, dans un projet de loi, de vraiment
statuer là-dessus parce que c'est aussi un processus qui risque d'évoluer.
La notion de
complexité pourrait évoluer dans le temps, au fur et à mesure qu'on bâtirait une
expertise, par exemple, ici, au Québec, mais il y a une chose qui manquait, en
tout cas, puis c'est basé sur une étude que je vous... je pense qu'on pourrait la... on va la partager, là. Je veux juste, ici,
la retrouver. Ah! elle est ici. C'est une étude qui s'appelle Gestion
des projets complexes, par Annie Chouinard, de Sherpannie, de décembre
2018. On va vous la partager pour que vous puissiez en avoir... pour que vous
puissiez en avoir connaissance.
• (11 h 40) •
Je ne sais pas si,
Mme la ministre, vous êtes familière avec le concept, là, de... ce n'est pas
une question piège, là, mais avec le concept
de boucle de rétroaction positive. C'est un concept qu'on utilise beaucoup,
notamment dans les changements climatiques, pour montrer combien les composantes
d'un système peuvent interagir entre elles puis créer des réactions plus
importantes que ce qui avait été prévu au départ. Donc, la question de
l'interdépendance des composantes d'un projet qui sera considéré comme complexe
peut avoir, évidemment, des effets qu'on ne soupçonnerait pas au début.
Donc,
c'est pour ça qu'on propose d'ajouter tout simplement, là, la notion
d'interdépendance entre les différentes composantes d'un projet
complexe, parce que, oui, le cumul, c'est évidemment quelque chose qui est
important. Évidemment, plus il y a d'éléments complexes, plus... dans un
projet, plus le projet en lui-même est complexe, mais l'interdépendance crée
des systèmes dans les systèmes. Et donc, à partir de là, ce qui est compliqué à
évaluer, mais ce qui peut être important
d'avoir comme réflexion chez Mobilité Infra Québec puis au gouvernement, qui va
donner des contrats à Mobilité Infra
Québec, c'est d'essayer de mesurer comment ces systèmes-là vont interagir entre
eux-mêmes pour, peut-être, des fois, augmenter la complexité.
Donc, on pourrait
évaluer, par exemple, qu'un projet n'est pas considéré comme complexe, mais, si
on fait une analyse plus approfondie en
ayant en tête la question de l'interdépendance, bien, je veux dire, on pourrait
se rendre compte que, finalement, ce
projet-là pourrait se qualifier pour Mobilité Infra Québec. Bref, c'est un
critère supplémentaire qu'on veut ajouter parce que la notion de
complexité est quelque chose de... bien, effectivement, c'est complexe, la
complexité, puis, donc, c'est un peu ça.
Donc, ce que je vous
propose, c'est peut-être... On peut en discuter, mais, comme je vous... comme
je vous propose la lecture de l'étude de Sherpannie en même temps que je vous
dépose mon amendement, bien, peut-être... En tout cas, à vous de voir, là, mais
je vous offre même de déposer mon amendement, quitte à prendre connaissance de
l'étude, puis, après ça, on pourrait y revenir. Je vous laisse ça de votre
côté, évidemment, s'il y a de l'intérêt, évidemment, à discuter de cette
possibilité d'ajouter quelque chose qui me semble appuyé par la science,
notamment, là, par l'étude, là, qu'on a réussi à dénicher sur la question de la
complexité des projets.
Alors, voilà pour les
explications, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Bien, est-ce que mon collègue
de Nelligan veut intervenir?
M. Derraji : ...j'ai
bien hâte à vous écouter. C'est son amendement.
Mme
Guilbault : Je ne voudrais pas le priver
de ce précieux temps de parole.
M. Derraji : ...l'avoir,
ne vous inquiétez pas.
Mme
Guilbault : Non, non, non.
M. Derraji : Je
suis prêt. J'ai hâte à vous entendre.
Mme
Guilbault : Bien, écoutez, Mme la
Présidente, moi, je suis très ouverte. Pour moi, ça ne limite en rien... ça n'altère pas la portée juridique. Tu
sais, je veux dire, non pas que ça ne change rien, mais, en même temps, ça tombe
sous le sens puis ça contribue... C'est ça. Alors, moi, je suis tout à fait
favorable à l'amendement.
M.
Grandmont : Bien, écoutez, moi, comme je vous l'ai dit, on l'a préparé
comme on pensait être le plus... On l'a placé à l'endroit le plus... mais de la
façon qu'il est placé... Dans le fond, vous êtes d'accord avec la façon qu'il
est formulé aussi. Ça fait que, si c'est correct pour vous, moi, je vais
peut-être continuer plus longtemps sur la proposition d'amendement.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Député de Nelligan.
M. Derraji : Juste
une remarque. Je ne suis pas un expert dans la rédaction, mais je... On se
parle, on jase par rapport à ça. Si on peut
juste vérifier est-ce que... «Un projet complexe de transport est un projet
dont les composantes, l'interdépendance ou le cumul de celles-ci...» On dirait
que le mot «cumul» vient... Il y a l'interdépendance, mais le cumul...
Est-ce que le cumul doit venir avant ou après? Si vous me dites que les gens
qui travaillent avec les lois trouvent que c'est bon, je n'ai aucun problème,
mais j'ai l'impression, c'est une impression, que l'interdépendance doit venir avant «ou le cumul». Je comprends ce
que vous avez expliqué, cher collègue, par rapport à l'interdépendance,
mais l'interdépendance vient avant le cumul, mais probablement qu'on...
La Présidente (Mme
Maccarone) : M. le député de Taschereau.
M.
Grandmont : Oui, bien, la question est pertinente, là, puis
effectivement, là, c'est pour ça que je veux juste m'assurer que les juristes
aussi sont à l'aise avec la façon dont je l'ai formulé, mais, pour moi, la
façon dont on voulait le placer, en fait, c'est qu'il n'y a pas
d'interdépendance, il n'y a pas de cumul de différentes composantes complexes.
Donc, ça prend un cumul, au moins deux composantes, dans un projet complexe,
pour commencer à parler d'interdépendance.
S'il y a juste une composante, il n'y
a pas d'interdépendance, mais
écoutez, en même temps, c'est une proposition.
Mme
Guilbault : ...non plus s'il y en a juste
une.
M.
Grandmont : Non, exactement, c'est ça. Donc, le cumul est nécessaire à
l'interdépendance. C'est pour ça qu'on l'a placé après.
Mme
Guilbault : Mais vice versa.
M.
Grandmont : Bien, il ne peut pas y avoir...
Mme
Guilbault : L'interdépendance est
nécessaire au cumul aussi.
M.
Grandmont : Bien, en fait, non... moi, je pense que non.
Mme
Guilbault : En fait, dans ma tête, on
pourrait...
M.
Grandmont : Mais je pense que non.
Mme
Guilbault : Je veux dire, on peut le
laisser de même ou le changer, mais...
M.
Grandmont : Mais, respectueusement, je pense qu'il doit venir après,
mais, encore une fois, comme je vous dis, on peut vérifier avec vos juristes,
là.
Mme
Guilbault : Bien, moi, je le laisserais
comme ça, là, mais... tu sais, comme le collègue a amené ça.
M. Derraji : Non,
non, non mais, vraiment, je suis à l'aise avec... Ah oui! Désolé.
La Présidente (Mme
Maccarone) : ...tout le monde qui parle en même temps, ça va être
impossible pour la rédaction... toute la suite. Ça fait que, Mme la ministre,
allez-y, puis, si vous voulez la parole, juste faites-moi signe.
Mme
Guilbault : Non, bien, en fait, je vais la
redonner peut-être au député de Nelligan. Moi, je comprends ce qu'il veut dire.
De prime abord, je dirais que les deux sont possibles, les deux ordres, mais
rédigé comme ça... puis on a revérifié, puis on est à l'aise juridiquement.
Alors, je le laisserais comme ça, mais...
M. Derraji : Non,
non, aucun, aucun enjeu. Non, non, mais aucun enjeu. Si les légistes disent que
c'est d'accord... J'ai bien entendu ce que vous avez dit, cher collègue, je
n'ai pas de problème. La question se pose, mais on a été très rassurés par
rapport à la réponse. C'est bon.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons passer à la
mise aux voix.
Une voix : ...
La
Présidente (Mme Maccarone) :
Un vote par appel nominal sur le sous-amendement de l'article 4, Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :
Pour.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Pour.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Pour.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
La Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, le sous-amendement est adopté, et nous revenons à l'amendement amendé de
l'article 4. Est-ce que nous avons des interventions? Oui, M. le député.
M. Derraji : ...une courte
suspension pour déposer un amendement, s'il vous plaît... sous-amendement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
nous allons suspendre. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 47)
(Reprise à 11 h 57)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous sommes de retour, et, juste avant que je vous cède la parole, M. le député
de Nelligan, pour la lecture de votre sous-amendement, je demande le
consentement pour que le député des Îles-de-la-Madeleine remplace le député de
Camille-Laurin.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. M. le député, allez-y.
M. Derraji : Oui, merci, Mme la
Présidente. Donc, l'amendement proposé à l'article 4, introduit par
l'article 1 du projet de loi, est modifié par l'ajout, après «un projet
complexe de transport», du mot «collectif».
Donc, Mme la Présidente, donc, pourquoi je
ramène cet amendement... ce sous-amendement pour être beaucoup plus précis,
c'est à la lumière même de ce que Mme la ministre vient de dire par rapport à
l'expertise. Et, quand on parle de projets complexes, de ce que j'ai compris
depuis le début, projets complexes d'infrastructures de transport collectif, je me suis référé au mémoire déposé au Conseil des
ministres. Le mémoire, il est public, Mme la Présidente. Donc, pour les
gens qui veulent le voir, ça a été déposé le 30 avril 2024, et ce mémoire
parle de la Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant
certaines dispositions relatives au transport collectif, donc déjà dans le
titre du projet de loi, mais on le retrouve, tout au long de l'analyse, six
fois.
Donc, quand on regarde le mémoire déposé au
Conseil des ministres, on parle... l'alternative 1, viser les projets complexes d'infrastructure de transport
collectif seulement, la page 17, on parle d'évaluation intégrée des
incidences. On parle de projets complexes
d'infrastructures de transport collectif, mais, quand on regarde l'article que
nous avons devant nous, malheureusement, le mot «collectif» ne figure pas, et,
pour nous, c'est très important, surtout si on veut que la mission de Mobilité
Infra Québec soit liée à des... à un projet complexe de transport collectif.
Voilà, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci beaucoup. Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Oui, bien là, on tombe dans le
débat d'exclure ou, en tout cas, de limiter la mission de Mobilité Infra Québec
à des projets de transport collectif seulement, et là, bon, le député de
Nelligan est arrivé avant, mais possiblement que Québec solidaire avait une
proposition similaire. Enfin, donc, je vais répondre là-dessus une première
fois puis, de toute façon, je l'ai déjà dit souvent, je souhaite que le projet
de loi ménage et protège une marge de manoeuvre pour le futur, pour cette
agence-là, pas seulement pour notre gouvernement actuel, mais pour les
gouvernements qui vont suivre, et j'ai toujours la même philosophie dans tous
mes projets de loi, là.
J'ai déjà évoqué...
On avait eu une discussion similaire, dans le temps, au dernier projet de loi,
sur la sécurité routière, où on voulait nous enfermer dans des libellés précis
de choix de technologies précis, avec même des marques précises de bus
patrouille, avec des gens avec qui mes collègues d'en face parlaient, puis
qu'ils voulaient faire mettre ça dans le projet de loi, des choses qui étaient
beaucoup trop limitatives pour un document qui est de niveau légal. On parle
d'une loi qui va guider une foule d'actions dans le futur, pour des années et
des années à venir, pour plusieurs autres gouvernements après nous.
• (12 heures) •
Donc, la latitude est
beaucoup plus souhaitable que la prescription ou la proscription. C'est, du
moins, ma philosophie. Alors, je vais transposer cette même philosophie dans
l'actuel projet de loi et affirmer hors de tout doute qu'on va maintenir la
mission telle qu'elle est, c'est-à-dire faire des projets de transport
complexes.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. M. le député.
M. Derraji : Bien,
écoutez, Mme la Présidente, la ministre a le droit de penser que c'est
limitatif, moi, je ne partage pas ce point de vue, au contraire. Parce que,
depuis le début, ce qu'on a essayé de vendre à tout le monde, ce qu'elle a vu
depuis son expérience — il
y a quelque... je ne sais pas, ça fait deux ans qu'elle est ministre du
Transport — qu'on
n'arrive pas à livrer des projets de transport collectif. Donc... et elle
donnait... elle-même, elle donnait l'exemple que, s'il n'y avait pas la caisse
de dépôt Infra, on ne va rien avoir, avec raison. Parce que le Parti libéral,
au bout de quatre ans, il y a un projet initié et financé et la pelletée de
terre a commencé.
Donc... et là on
voit, c'est pour de vrai, on voit le REM circuler. Et figurez-vous, Mme la
Présidente, même dans mon comté, l'Ouest-de-l'Île de Montréal, «you know», le West Island de Montréal, on
voit maintenant le REM, que la ministre aime beaucoup. D'ailleurs, je l'invite
à venir voir le REM dans mon comté. C'est très beau. Il passe à côté de
l'autoroute 40. C'est vraiment beau. Bien hâte à le voir inauguré. Mais
vous avez raison, Mme la ministre, de dire : Écoute, voilà, c'est
la caisse de dépôt Infra qui l'a livré pour les Montréalais.
Et je suis aussi...
je vais être aussi tout heureux de voir le même projet aller vite à Québec pour
le tramway de Québec, que les gens veulent. Si elle a besoin de nous pour
aider, je lui ai dit et je vais le répéter, s'il y a des choses à aller
chercher du fédéral, on va embarquer ensemble, je suis proche à Ottawa... que
Mme la ministre, de chez moi, à Ottawa, c'est plus rapide. Je pense, c'est
1 h 20 ou 1 h 30. Ça va me faire un grand plaisir d'aller
faire front commun pour aller chercher le
plus d'argent pour les gens de la capitale
nationale. Vous m'avez vu, hier,
parler de la capitale nationale pas mal, Mme la Présidente.
Donc, pourquoi
j'insiste sur un projet complexe de transport collectif? Moi, je suis juste Mme
la ministre dans son raisonnement. Je m'inspire de ce qu'elle nous a partagé.
Depuis le début, il n'y a même pas quelques secondes, elle nous parlait qu'au
ministère... D'ailleurs, en réponse à mon collègue le député de Taschereau,
parce qu'il était curieux de savoir est-ce que c'est un contrat collaboratif,
comment ça se fait que... C'est très bien que le ministère ait respecté et le
délai et le budget au niveau de la bretelle, et elle lui a dit : Écoute,
j'ai pleine confiance dans mon ministère. Et d'ailleurs, les ingénieurs l'ont
mentionné, ils étaient capables de livrer le projet. Mais le problème que... Et elle disait depuis le début,
Mme la ministre : C'est en lien avec le transport collectif. Même le PSE,
le plan structurant de l'Est, il y a pas mal de... je dirais, de ce que j'ai
vu, c'est du transport collectif.
Donc, pour moi, Mme
la Présidente, le définir et le mettre dans le projet de loi, ce n'est pas
limiter l'action, parce qu'on ne peut pas rêver qu'on va donner à Mobilité
Infra Québec tous les projets. On va tomber dans une autre contradiction, c'est
que les gens du ministère, ils vont faire quoi? Et d'ailleurs, les ingénieurs
l'ont dit, je ne sais pas, Mme la ministre, si elle se rappelle, mais les
ingénieurs, ils nous ont dit clairement : Il faut être beaucoup... Ça, les
ingénieurs de l'État, du ministère, qui l'ont très bien dit, qu'on doit rester
sur le transport collectif et que le ministère s'occupe déjà des routes, des
autoroutes.
Donc,
sérieux, je ne comprends pas pourquoi, aujourd'hui, on va aller créer une
nouvelle agence. Et d'ailleurs, dans tous les exemples que Mme la
ministre utilise, tous, tous, sans exception... elle donne l'exemple de la
caisse de dépôt Infra, CDPQ Infra, qu'elle livre maintenant le REM à Montréal,
il a été mandaté par la ministre pour faire le tramway à Québec. Donc, si son
but, c'est ne pas être dépendant de CDPQ Infra... mais la CDPQ Infra ne ferait
que du collectif, transport collectif, donc, je ne sais pas, Mme la Présidente,
pourquoi, au-delà des arguments que Mme la ministre vient de partager, pourquoi
elle veut que l'agence fasse autre chose que le transport collectif.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Oui.
Bien, j'ai répondu, tout à l'heure, Mme la Présidente. J'ai même dit : Je
vais répondre une première fois en me doutant que ça va revenir souvent. Ça
fait que, là, je vais répondre une deuxième fois, mais je veux tout de suite
dire au collègue que, là, s'il me pose quatre fois la même question sur le même
amendement, je ne vais pas répondre quatre fois, là. Je pense qu'on a tous
convenu hier qu'on souhaite une certaine cadence, ici.
Donc, je le répète,
il n'y a aucune bonne raison de limiter la portée de la mission de Mobilité
Infra Québec en l'enfermant dans du transport collectif à tout prix. Il n'y a
aucune bonne raison de faire ça. Aucune, aucune, aucune, à part, comme je l'ai nommée tout à l'heure,
l'obsession anti troisième lien dans la tête de mes collègues des trois partis
d'opposition. Mais ça, ça demeure quelque chose de très virtuel et
d'imaginaire. Donc, dans la vraie vie de la réalité juridique de la pièce
législative qui est sous nos yeux, il faut avoir des considérations qui
dépassent les rêves ou les fixations des uns et des autres, là. Il faut penser
à la pérennité puis à la portée à long terme de ce projet de loi là.
Or, la raison pour
laquelle il dépose cet amendement-là — il me corrigera si ce n'est
pas ça — bien,
j'ai l'impression que c'est qu'il souhaite que cette agence-là fasse du
transport collectif. Or, le libellé actuel de la loi prévoit déjà qu'elle peut
en faire. Donc, pourquoi l'empêcher de faire autre chose? Puis j'ai dit, et
redit, et redit, et redit que, pour moi,
l'objectif... le tout premier objectif de créer Mobilité Infra Québec, je l'ai
même dit tout à l'heure, quand on parlait de l'autoroute 40, je ne
créerais pas une agence puis un projet de loi, passer des heures là-dessus pour venir faire des projets routiers. Je l'ai
dit, j'ai beaucoup de choses à faire, moi, dans la vie. J'aurais bien d'autres choses à faire qu'être ici. Je fais ça pour qu'on
puisse faire du transport collectif d'envergure et qu'on ait, éventuellement, un
porteur de projet pour un projet dans l'est de Montréal, la couronne nord, qu'on
s'est engagés à faire.
Alors, il n'y a
absolument au-cu-ne, puis vous voyez comment j'insiste sur les syllabes, là, il
n'y a au-cu-ne plus-value et il n'y a au-cu-ne logique à vouloir limiter et
proscrire quoi que ce soit de la mission de Mobilité Infra Québec à ce
stade-ci, sinon, comme je le disais, nourrir une fixation anti-troisième lien,
mais qui n'est que virtuelle, Mme la Présidente, qui n'a aucune assise ou
aucune matérialisation dans la réalité du projet de loi. Merci.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Oui, M. le député.
M. Derraji : Bon,
je vais régler quelques points, Mme la Présidente, parce que Mme la ministre
n'arrête pas de dire... et je sais qu'elle est multitâches, donc elle peut
faire beaucoup de choses en parallèle. On est tous occupés, Mme la Présidente, et on a tous beaucoup de choses
à faire, là. Donc, je pense que Mme la ministre le comprend très bien.
D'ailleurs, rien que les groupes qui ne sont pas du tout satisfaits de ce qu'il
se passe avec le ministère des Transports, je
peux vous dire que l'agenda, il est pas mal, pas mal rempli. D'ailleurs, ils
veulent tous venir au Parlement. Je vais avoir l'occasion de vous les
présenter. Donc, par rapport à ça, là, nous aussi, on a des choses à faire, Mme
la ministre.
Et, par rapport à
l'amendement, en fait, je reviens à tout ce que vous avez dit, là. Vous voulez
regrouper, à l'intérieur du MIQ, des équipes ultraspécialisées, et vous avez
vous-même dit que... ultraspécialisées en transport collectif. Donc, techniquement,
la plupart des projets complexes de transport vont être du collectif, Mme la
ministre, parce que vous-même...
Mme
Guilbault : ...
M. Derraji : Bien,
c'est excellent. Donc, si on veut lancer des projets complexes de transport,
vous devez vous-même... ne pas attendre que
je le fasse et que je le propose. C'est du transport collectif. C'est là où on
a un problème.
Par rapport au
troisième lien, je pense, pour le bien de la commission... à moins, si vous
voulez, déposer un autre projet de loi, troisième lien, ça va me faire un grand
plaisir d'en discuter, parce qu'à chaque fois, vous ramenez la fixation sur le
troisième lien. On n'est pas les seuls. La Caisse de dépôt, Mme la ministre l'a
dit clairement, vous avez mandaté la caisse.
Vous avez eu le rapport de la caisse. Qu'est-ce que la Caisse de dépôt disait
sur le troisième lien? Parce que moi,
je ne le ramène pas, Mme la Présidente. C'est Mme la ministre, à chaque fois,
qui le ramène, le troisième lien.
Mais si elle souhaite avoir une bonne discussion avec moi et les collègues des
autres partis, autres formations politiques,
sur le troisième lien, ça va me faire plaisir, passer un temps de qualité avec
elle sur le troisième lien. Je suis prêt.
• (12 h 10) •
D'ailleurs,
je tiens juste à lui rappeler, qui a inventé les ponts par million, PPM? Ce
n'est pas moi, là. Qui a annulé le
troisième lien? Ce n'est pas moi. Qui a déclaré : Lâchez-moi avec les GES?
Ce n'est pas moi. Qui a mis son siège de député en jeu, s'il n'y a pas
de troisième lien? C'est son collègue.
Donc, Mme la
Présidente, je pense que la commission doit parler du MIQ, Mobilité Infra
Québec. À chaque fois, Mme la ministre essaie de nous dire : Écoutez,
fixation anti-troisième lien. Ça, là, je pense que cet argument, on doit le mettre de côté, si elle veut avancer,
parce que moi aussi, je veux avancer et j'ai plein de trucs à faire dans la vie
aussi, répondre, justement, à des groupes qui nous contactent. Mais, Mme la
Présidente, tu sais, aujourd'hui, là, parler du troisième lien, parler
de la sécurité économique, parler des ponts par million, parler de l'étude de
1 000 pages que la ministre a lue pour enterrer le troisième lien,
revenir après... le troisième lien, je pense que ce débat est dépassé. Et d'ailleurs, elle... Mme la ministre elle-même le
disait, problème de crédibilité de la CAQ par rapport au troisième lien, il
est là. Elle l'a avoué.
Donc, le troisième
lien, c'est un projet de transport collectif. Il passerait par l'agence. Donc,
si c'est un projet de transport collectif,
il passerait par l'agence, le troisième lien? L'appel à l'international a été
lancé, Mme la Présidente. Mais vous
savez quoi? Je ne vais pas embarquer dans le jeu du troisième lien parce que,
même moi, ça ne m'intéresse pas. À moins que la ministre dépose un
projet de loi, ça va me faire... Ça va faire...
Mme Guilbault : ...
M. Derraji : Bien,
écoutez, vous le savez, Mme la ministre, vous avez fait deux conférences de
presse. Sérieux, je vous ai dit que je vous donne le titre de la
superministre. Vous avez... Vous êtes venue, avec vos cartables, enterrer le
troisième lien. Et là vous venez me dire que, vous, vous avez une fixation sur
le troisième lien. Bien, voyons donc! Mme la Présidente, je pense que, par
rapport au troisième lien, j'ai hâte de voir la suite. Puis là Mme la ministre
le disait clairement, là, il y a un problème de crédibilité. Je vous ai dit,
volte-face, re-re-volte-face, mais ça, on va le mettre de côté. Je vais
venir... revenir sur «projet complexe de transport collectif».
J'ai lu le mémoire
que Mme la ministre a déposé au Conseil des ministres. C'est clairement... «Les
mesures proposées par ce mémoire permettent l'instauration d'une vision
nationale des projets complexes en transport et favorisent le développement et la conservation d'une expertise de pointe
en matière de réalisation et de gestion — écoutez la suite — de
projets complexes d'infrastructures de transport collectif.» Ça, là, ce n'est
pas le député de Nelligan qui a inventé ça,
chers collègues. Ça, c'est le mémoire que vous avez déposé au Conseil des
ministres. Je n'invente rien. C'est
écrit noir sur blanc, dans le mémoire déposé au Conseil des ministres, que les
projets complexes d'infrastructures de transport collectif...
Alors, Mme la
Présidente, oui, il y a d'autres projets complexes. C'est mentionné dans le
même document, je tiens à le mentionner, mais si le but... Depuis le début, la
ministre compare l'offre de CDPQ Infra, qui est bonne, qui arrive à livrer des
projets, mais on n'arrive pas à avoir d'autres projets ailleurs. Et c'est pour
cela que l'argument essentiel qu'on avait sur la table depuis le départ, c'est
que le gouvernement de la CAQ voulait lancer une agence. Et cette agence est spécialisée en transport
collectif, mais parce qu'on voulait centraliser l'expertise. C'est ça, le but
du départ.
Donc,
est-ce que Mme la ministre pense... et peut-être que c'est ça, le plan. L'appel
est lancé à l'international. L'agence, vu la majorité gouvernementale, peu
importe ce qu'on va faire... il sera, le projet de loi, adopté. Est-ce que le troisième
lien va faire partie des projets que l'agence doit gérer? Est-ce que c'est ça,
son souhait, Mme la Présidente? Juste qu'on soit clairs. Comme ça, on va
comprendre l'argument pourquoi elle refuse d'ajouter le collectif après le
transport.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Bien, j'ai répondu deux fois,
là, et j'ai déjà dit que toutes les variations sur le même thème, c'est-à-dire
toutes les questions qui vont revenir à la même question, je ne répondrai pas à
chaque fois, mais je ne m'explique pas la volonté absolue des députés de
vouloir exclure... Qu'est-ce qui les dérange, dans la perspective où, un jour, il y aurait peut-être un projet routier
dans l'agence? Qu'est-ce qui les dérange tellement? Les routes, ça existe.
Les routes, ça existe. Et donc, tu sais... Mais les routes sont faites au
ministère. L'agence est créée pour faire du transport collectif d'envergure...
complexe, pardon. Mais si, un jour, il y avait un projet routier qui était
confié, ça ne dérange que les deux personnes en face.
Il n'y en a aucun,
problème, avec cette perspective-là en ce qui nous concerne. Mais encore une
fois, comme bien des choses, à commencer par la rentabilisation des fonds
publics qui paient nos salaires, la position de la CAQ est différente de la
position du Parti libéral. On verra, mais, en tout cas, j'ai l'impression que
ça va se ressembler, les deux autres aussi. Mais pour nous, on va protéger la
marge de manoeuvre de cette agence-là avec le premier objectif de faire du
transport collectif complexe. Et pour nous, le premier projet qui presse, c'est
dans l'est de Montréal et la couronne nord.
La Présidente (Mme
Maccarone) : M. le député.
M. Derraji : On
avance, Mme la Présidente. On avance, et je vais laisser les Québécois juger.
Premièrement, on ne veut pas de deux ministères des Transports, clairement. Là,
j'aimerais bien qu'elle réponde aux Québécois. Est-ce qu'on a un problème de
routes, au Québec? Il y a le ministère des Transports, que je tiens à saluer
parce qu'ils font un travail exceptionnel.
Vous venez même de dire que la bretelle qui vient d'être réalisée a été faite
dans un temps record avec un respect du budget. Aujourd'hui, les compétences
que le ministère des Transports a... sont capables de s'occuper de nos routes.
Et vous voulez parler, Mme la Présidente...
Qui a dit qu'il
voulait couper 5 000 postes dans la fonction publique? C'est le
premier ministre du Québec. Je ne savais pas que la CAQ... C'est loin de son
ADN. Donc là, si le but est de juste... de créer des agences pour créer des
agences... et on voit ce que ça donne dans la santé. Et six ans plus tard, ce
qu'on voit, Mme la Présidente, c'est qu'on voit plus de fonctionnaires que
jamais. Je laisserais les gens juger, parce que c'est ça le fond du débat.
Est-ce qu'on veut la même chose, une autre structure qui fait la même chose que
le ministère des Transports? Et c'est là, le point de divergence. Et la
ministre a raison de dire : Moi... et je pense que mes collègues aussi,
ils vont prendre la parole plus tard. Mais ce que je ne réalise pas encore...
Est-ce
qu'on a un problème de faire des routes au Québec? C'est ça, le vrai débat.
Pourquoi on veut circonscrire les projets complexes de transport au
collectif? Là, on parle de l'argent des contribuables. Est-ce que, vraiment,
les contribuables québécois, aujourd'hui, veulent voir une agence dupliquer la
même chose que le ministère des Transports? Est-ce que les Québécois, aujourd'hui,
veulent payer pour une agence qu'on va payer, à 450 000 $ ou
400 000 $, le salaire d'un autre «top gun» avec des vice-présidents
pour faire des routes? C'est ça, la question que la ministre doit répondre aux Québécoises et aux Québécois, aujourd'hui.
Donc, le ministère des Transports va continuer de faire des routes. Je
n'ai pas vu un changement dans la mission du ministère des Transports, Mme la
Présidente. L'agence, si c'est ça la volonté du ministère, de la ministre, elle
doit avoir une fixation sur le transport collectif.
Bien, la question qui reste :
Est-ce que, vraiment, Mme la ministre est consciente qu'il y aura un
dédoublement de travaux? Si on va donner des projets d'autoroute et de
route à l'agence, est-ce qu'on n'est pas en train de cannibaliser le rôle du
ministère des Transports? Qu'elle me réponde juste sur cette question.
Je vais aller plus
loin. Elle ne veut pas mettre le collectif. Elle veut laisser pour tous les
projets. C'est quoi, la garantie,
aujourd'hui, qu'on ne va pas avoir une cannibalisation entre la mission de
l'agence et le ministère des Transports, que... eux, ils font déjà des routes. Est-ce qu'on n'est pas encore...
de dédoubler les structures? Le sous-ministre va gérer un projet avec
l'agence ou avec son propre ministère. Ah! là, rendu à un projet d'autoroute...
Non, non, on va le donner au MIQ. Sur quels critères on va donner à l'agence un
projet d'autoroute, mais on va donner un autre projet d'autoroute au ministère des Transports. Qu'elle nous... Qu'elle
clarifie, Mme la Présidente, ce qu'elle voulait faire. Je suis bien
ouvert, aucun problème. Quel projet d'autoroute elle compte donner à l'agence?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Mme la ministre.
Mme
Guilbault : J'ai dit et redit que notre intention,
c'est de donner des mandats de transport collectif. Et j'ai ajouté que je ne
comprends pas l'obsession antiroutier de mon collègue. Bien, notre intention a
toujours été de confier à l'agence des projets de transport collectif
complexes, notamment un projet dans l'est de Montréal et dans la couronne nord.
• (12 h 20) •
Des voix :
...
M. Derraji : ...Mme
la Présidente, parce que je ne voulais pas intervenir pour dire qu'elle me fait
dire des choses. Bien, je veux juste le
clarifier avec vous, Mme la Présidente, je n'ai pas une obsession antiroute. Je
vais clarifier, là. Les gens nous
écoutent, ils nous suivent. Je n'ai pas une obsession. L'obsession,
probablement, existe dans l'imaginaire de Mme la ministre. Je n'ai pas
d'obsession. Je pose des questions très simples.
Elle
veut donner des projets d'autoroute à l'agence. J'ai déjà un ministère qui fait
ce genre de projets. Je laisserai les Québécois juger. J'ai déjà un
ministère qui fait des autoroutes et des routes, mais on crée une agence avec
des fonctionnaires, avec des «top guns»,
avec une structure qui va nous coûter de l'argent. D'ailleurs, on a posé des
questions. On ne sait pas c'est quoi, le salaire de la nouvelle ou du
nouveau PDG. On sait que ça va nous coûter 12 millions de dollars pour les prochaines années, mais je n'ai
pas entendu un argument... Quelle autoroute? Quelle route Mme la ministre
espère donner à l'agence? Et pourquoi? On a
déjà un ministère qui fait ça. Est-ce qu'on va créer une agence pour leur
donner quelque chose qu'on fait déjà au ministère? Juste qu'elle nous clarifie
ça.
Je veux juste
savoir pourquoi on va créer une agence pour lui donner quelque chose qui
se fait déjà. On fait déjà des routes, Mme
la Présidente. Et en date d'aujourd'hui, je n'ai pas entendu Mme la ministre
dire publiquement : On a un problème de compétence, au sein du
ministère, en matière de routes. Ce que j'ai entendu Mme la ministre dire sur
toutes les tribunes : On a un problème de compétence en matière de
transport collectif, chose qui a été, je dirais... Écoutez, la société de
transport de Gatineau, ils l'ont dit : On n'a pas besoin de votre agence,
on a les compétences au niveau local. J'ai posé la question : Combien ça
coûte, l'ensemble des bureaux de projets? J'attends toujours la réponse, mais
la question demeure.
Les Québécois qui
nous écoutent, ils voient le contexte actuel. Mme la ministre parle beaucoup de
l'argent. Notre temps est précieux, il est très précieux parce que, déjà, on a
un trou de 11 milliards de dollars. Ce n'est pas moi qui l'ai créé, c'est
votre propre gouvernement. On n'a pas de plan pour le retour à l'équilibre
budgétaire. On veut créer une agence, très
bien, essaye de nous convaincre. Ça m'intéresse, voter pour ce projet de loi.
Mais ne me dites pas que vous voulez créer une agence et vous ne voulez pas
circonscrire la mission de l'agence dans du transport collectif, mais vous voulez lui donner la possibilité de
faire des routes et des autoroutes que le ministère fait lui-même. Ça ne tient
pas la route, Mme la Présidente. Ça ne tient vraiment pas la route.
Donc, quand nous, on
dit que l'argument de la ministre tient la route, quand elle dit que : Je
n'ai pas de l'expertise en matière de transport collectif, on l'achète. C'est
pour cela qu'on a toujours fait des projets avec la Caisse de dépôt. Mais dire
que : Je veux aussi donner à mon agence le fait de faire des routes, je
pense qu'on s'éloigne de l'objectif lui-même et on tombe dans une
cannibalisation entre la mission du ministère du Transport et l'agence, et on
dédouble les structures. C'est ça qui est grave. Ce qui est grave, avec
l'agence, c'est qu'on dédouble les structures. Ce qui est grave, avec l'agence,
c'est qu'on dédouble les structures, le fait de faire aussi des routes et non
pas se concentrer sur du transport collectif. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Mme la ministre.
Mme
Guilbault : ...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Non. Parfait. M. le député de Taschereau, la parole est à
vous.
M.
Grandmont : Merci, Mme la Présidente.
Document déposé
La Présidente (Mme Maccarone) : Avant
que vous preniez la parole, M. le député, je veux juste aviser tout le monde
que votre document est maintenant déposé sur le Greffier pour les membres.
Merci. Allez-y.
M.
Grandmont : Ah! super, excellent. Donc, ça fait référence au
sous-amendement qu'on avait proposé tantôt, là, à l'interdépendance.
La Présidente (Mme
Maccarone) : La gestion des projets complexes, synthèse, document sur
Internet.
M. Grandmont :
Parfait. Excellent. Oui, donc,
effectivement, bien, écoutez, je suis heureux de pouvoir prendre la
parole sur le sous-amendement déposé par mon collègue le député de Nelligan. Je
ne sais pas si Mme la ministre se souvient qu'en octobre 2024, elle
disait : L'expertise en transport collectif manque au gouvernement. Bon,
pour faire des routes, moins pour concevoir des projets en transport collectif,
c'est le dur constat que fait la ministre au sujet de son ministère. Ça,
c'était quand, ça? En mai de 2024 aussi. Selon elle, «les projets se font de
manière trop lente et trop coûteuse, et le MTQ n'a pas l'expertise pour s'en
occuper, comme en fait foi le recours à CDPQ Infra pour réaliser des projets
comme le REM dans la région de Montréal.» Donc, on a clairement un problème au
niveau du transport collectif. On a raison, Mme la ministre?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Bien là, j'ai déjà dit que je
répondais pour le bénéfice de tout le monde, ça fait que je ne vais pas rerépondre
trois fois au député de Taschereau pour un total de six fois la même réponse,
là. Mais j'ai dit et redit qu'on a un manque d'expertise en transport collectif
au gouvernement, que c'est la raison pour laquelle il fallait qu'un jour un
gouvernement puis un ministre des Transports prennent le leadership et le
contrôle du développement du transport
collectif sur le territoire du Québec. Le PQ a échoué à son époque. Le Parti
libéral a choisi de contourner le
problème en créant une filiale à la Caisse
de dépôt. Et là on est rendus avec la
CAQ, donc la CAQ prend ce leadership, prend cette responsabilité. On
crée Mobilité Infra Québec pour se doter d'une expertise au niveau national, au
niveau gouvernemental, sur le territoire de la nation du Québec pour contrôler
le développement du transport collectif, pas seulement à la pièce, à la faveur
d'un bureau de projet par ci par là, puis de l'éparpillement des ressources,
mais dans une petite équipe spécialisée,
experte du transport collectif, qui va être capable d'avoir une vision, puis
une planification, puis une réalisation nationale, et c'est exactement
l'objectif de Mobilité Infra Québec.
Donc, effectivement,
à plus d'une reprise, publiquement et en privé, et partout, tout le temps, j'ai
identifié le problème du manque d'expertise,
au sein du gouvernement, en transport collectif complexe, et aujourd'hui, je
propose la solution à ce problème-là en créant une équipe qui va être
capable de faire du transport collectif complexe. Donc, encore une fois, je m'explique mal l'opposition des oppositions à cette
mission-là qui va nous permettre enfin de faire du transport collectif
d'envergure au sein du gouvernement.
M. Grandmont :
Vous avez dit aussi, donc, qu'on
a... Vous l'avez répété à plusieurs reprises qu'on a l'expertise au sein
du MTQ pour faire des projets de transport routier. C'est vrai? Vous le pensez
toujours aujourd'hui?
Mme
Guilbault : Oui.
M.
Grandmont : Donc, les projets complexes de transport routier peuvent
être faits par le MTMD.
Mme Guilbault : Bien, non seulement peuvent être faits, mais sont faits. C'est le
ministère des Transports qui fait les
projets routiers au Québec sur notre réseau. Évidemment, il y a des projets
routiers sur les réseaux municipaux, mais c'est nous.
M. Grandmont :
OK. Donc, les projets
complexes... Puis votre volonté, vous, quand vous dites : La mission,
on n'a pas besoin de la changer, là, de Mobilité Infra Québec... On ne veut pas
fermer, on ne veut pas restreindre en ajoutant
le mot «collectif» parce qu'on veut garder cette possibilité-là pour
d'éventuels gouvernements qui pourraient être intéressés à travailler
sur du routier réalisé par Mobilité Infra Québec, et vous dites que, vous, ce
n'est pas votre intention.
Mme
Guilbault : En fait, je vais le libeller
autrement. L'objectif de tout le monde, ici, en tout cas, c'est supposé être
ça, c'est qu'on puisse faire du transport collectif d'envergure avec une
meilleure capacité de réalisation au sein de l'État. C'est ça, l'objectif. En
tout cas, moi, c'est le mien. Qu'est-ce qui, selon les partis d'opposition,
dans le libellé de la mission, telle qu'elle est explicitée à l'article 4,
qu'est-ce qui empêche Mobilité Infra Québec de faire du transport collectif,
qui est précisément l'objectif? Moi, mon objectif, c'est que Mobilité Infra
Québec fasse du transport collectif. L'objectif est atteint avec cette
mission-là. Alors, tout le reste de ce débat-là, pour moi, est un faux
problème. C'est pour ça que je ne vais pas répondre éternellement à la même
question.
M.
Grandmont : Donc, votre priorité puis la mienne aussi, je dois le
dire, c'est d'augmenter la cadence pour la réalisation de transport collectif
au Québec, là. On voit bien le résultat après six ans, là, de CAQ, là, il n'y a
pas eu grand-chose qui a été fait. Mais donc, vous, votre intention, c'est que
d'ici 2026, aucun projet de transport routier complexe ne soit réalisé par
Mobilité Infra Québec.
Mme
Guilbault : Mon intention, c'est que d'ici 2026, on puisse
confier à Mobilité Infra Québec, au minimum, un projet dans l'est de
Montréal, de transport collectif, dans l'est de Montréal et sur la couronne
nord, mais, pour ça, il faut commencer par adopter le
projet de loi. Ensuite de ça, il faut mettre en place l'équipe, puis ensuite de
ça, on pourra lui confier un mandat. Et le
temps passe vite comme en témoignent les travaux enthousiastes sur cette
commission.
M.
Grandmont : Donc, je comprends, par votre réponse, que vous n'excluez
pas d'utiliser vous-même Mobilité Infra Québec pour réaliser des projets de
transport routier complexes.
Mme
Guilbault : J'ai dit que mon objectif,
c'est de leur confier des projets de transport collectif complexes, et que, par
ailleurs, je pense que, comme législateurs, on doit protéger la marge de
manoeuvre dans les lois et non succomber à la tentation de... comment je
pourrais dire, de subordonner les intérêts supérieurs des lois à des fixations
personnelles.
• (12 h 30) •
M. Grandmont :
Je ne pense pas que c'est une
fixation personnelle, mais vous ne répondez pas à ma question. Est-ce que vous
excluez que d'ici 2026, Mobilité Infra Québec travaille sur un projet de
transport routier complexe?
Mme
Guilbault : Vu le rythme auquel vont les
choses, je pense qu'on va avoir juste assez de temps pour confier le mandat dans l'est puis sur la couronne
nord. Puis si on a le temps de faire autre chose, tant mieux, mais moi,
si je réussis à faire ça, je vais déjà être heureuse.
M. Grandmont :
...référence à la rapidité des
travaux, ici, dans cette salle, je peux vous rassurer, ça m'étonnerait qu'on
se rende jusqu'en 2026. C'est la première des choses.
L'autre chose, je
rappelle qu'on fait toujours un travail d'opposition, de surveiller l'action
gouvernementale et s'assurer d'avoir le meilleur projet de loi, comme je l'ai
fait tantôt, en proposant un amendement que vous avez par ailleurs accepté. Mon objectif, c'est d'améliorer le projet de loi.
C'est juste ça. Puis, je veux dire, de mon point de vue, puis peut-être que
vous ne partagez pas les... la même opinion que moi là-dessus, on ne peut pas
régler des problèmes de congestion en
ajoutant des voies de circulation automobile. La demande induite... Puis je
vous ai déjà transmis plusieurs documents là-dessus, en début du mandat.
Mme
Guilbault : C'est des fixations
personnelles, ça, qui n'ont pas rapport avec le projet de loi.
M.
Grandmont : Ce n'est pas une fixation personnelle. Ce n'est pas une
fixation personnelle.
La Présidente (Mme
Maccarone) : ...excusez-moi, collègues, je veux juste nous ressaisir
un peu. J'ai toléré beaucoup d'échanges hier, où on a, des deux bords, dit des
propos... moins respectueux que nous devons avoir ici en commission. On va ne
pas, s'il vous plaît, parler de personnel.
M. Grandmont :
Je suis d'accord.
La Présidente (Mme Maccarone) : On ne va pas personnaliser les choses. On a,
c'est sûr, deux côtés de la table, deux opinions, puis c'est sain. Ça,
c'est la démocratie. Alors, un débat constructif, s'il vous plaît. Merci.
Allez-y.
M. Grandmont :
...vos propos, Mme la Présidente. On est là aussi pour représenter, des
fois, une voix aussi, dans la population, qui existe et que Mme la
ministre doit, bien entendu, entendre.
Alors, je répète ce
que je disais sur la demande induite. J'avais transmis à la ministre des
Transports et de la Mobilité durable un ensemble de documents qui parlaient de
demande induite, qui lui expliquaient... en fait, qui expliquaient... pas lui
expliquaient, mais qui expliquaient que, quand on ajoute des voies de
circulation, on pellette le problème en avant, on augmente la congestion dans
les six à 10 ans qui suivent l'élargissement d'une infrastructure ou l'ajout d'une nouvelle infrastructure. Ça, c'est
démontré partout, partout, partout. Ici, au Québec aussi, c'est comme ça
que ça se passe.
Donc,
d'un point de vue scientifique puis d'un point de vue empirique, on arrive à
démontrer que ça fonctionne, cette théorie-là. C'est concret, là. Donc,
c'est pour ça qu'on propose des alternatives à un troisième lien autoroutier,
c'est pour ça qu'on s'inquiète de voir une agence, potentiellement, réaliser
des projets d'infrastructures routières, mais pas que pour ça, parce qu'il y a
déjà cette possibilité-là de le faire. Et on ne manque visiblement pas
d'expertise au sein du ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Alors, je reviens sur
le point, avant qu'on prenne une petite pause, là, je reviens sur le point que
j'essayais de comprendre, là, dans la logique de Mme la ministre. Est-ce
que, d'ici 2026, vous vous engagez à ce que Mobilité Infra Québec ne réalise
pas de projets de transport routier complexes?
Mme Guilbault : Bien, Mme la Présidente, là, en tout respect, on vient de
passer cinq minutes à écouter le député de Taschereau faire un plaidoyer contre
les routes en disant que ce n'est pas une bonne idée, les routes, ça ne désengorge pas, ce n'est pas la solution aux problèmes,
etc., on ne veut pas de troisième lien. Donc, il vient de lui-même
trahir la propre... la fixation à laquelle je faisais référence tout à l'heure,
là. En quoi la littérature sur... pour ou contre plus de routes a un rapport
avec créer une agence en transport collectif? Mais c'est exactement ce que je
disais tout à l'heure, là. Mon soupçon était
que cette fixation-là, sur le fait de ne pas créer plus de routes au Québec,
est transposée de manière illogique, inexplicable dans les débats sur un
projet de loi qui vise à faire du transport collectif. Ça fait qu'il devrait se
réjouir qu'on crée Mobilité Infra Québec.
Tu
sais, qui, certainement pas lui, aurait pensé que la CAQ... lui qui me
surnomme, des fois, affectueusement j'en suis certaine, la ministre de la
Voirie... Et je prends de mon temps pour venir créer une agence pour faire du
transport collectif. Pensez-vous que je ne pourrais pas faire d'autres choses,
hein? On le dit depuis tout à l'heure, on a tous d'autres choses à faire, mais
je le fais en sachant que je vais être ici des semaines de temps, parce qu'au
minimum ils peuvent me garder jusqu'à Noël ici, là... bien, jusqu'au
9 décembre, mais je le fais quand même.
Tu sais, on n'est pas
obligés de faire ce qu'on fait, là. On n'est pas obligés de faire des
changements. Moi, je ne suis pas obligée. Je pourrais, là, moi, avoir les pieds
sur le pouf puis attendre quatre ans comme d'autres ministres ont fait avant moi puis, tu sais, mon chèque
rentre pareil. Je suis à mon troisième projet de loi en deux ans. Je veux que
les choses changent. Je fais des choses qui
sont compliquées, mais ça prend quelqu'un pour les faire, à un moment donné.
Puis je suis étonnée
que Québec solidaire, d'entre tous, ne soit pas le premier à dire que c'est une
bonne chose qu'enfin un gouvernement prenne les rênes du transport collectif
puis fasse une équipe qui va être capable d'en faire au lieu qu'on... tu sais,
qu'on dépense systématiquement... d'autres organisations, des filiales de la Caisse
de dépôt, la Caisse de dépôt, qu'il y a des considérations de rentabilité. Pas
exactement dans l'idéologie de Québec solidaire, ça, faire fructifier l'argent.
Ça fait que, tu sais,
vous voyez, Mme la Présidente, là, que je le prenne sous n'importe quel angle,
je suis surprise de la posture, d'une part,
et, d'autre part... et là c'est vrai que je vais terminer là-dessus, parce que,
là, ça tourne en rond, je vais laisser le libellé de la mission tel quel,
«protéger la marge de manoeuvre du futur». Ce n'est pas aujourd'hui, le
22 octobre 2024, qu'on va prendre des engagements sur les mois à venir,
les années à venir. Puis il disait tout à l'heure : Elle dit... tu sais,
parce que j'ai dit que je serais heureuse, si j'ai le temps de confier au moins
un premier mandat d'ici 2026. Il dit : Ça fait référence à la cadence des
travaux. Oui, mais pas juste à ça. Je l'ai expliqué, une fois qu'il va être
adopté, le projet de loi, il va falloir qu'on la mette en place. Il faut qu'on
nomme les gens. Il faut qu'on organise ça. Tu sais, ce n'est pas... Le jour où
on va sanctionner ça chez le gouverneur général, ce ne sera pas, le lendemain
matin, en fonction dans les bureaux, là.
Alors, tu sais, il y
a un... puis on prépare tout ce qu'on peut d'avance. Mais ce que je veux dire,
Mme la... Puis là il va y avoir Noël puis,
bon, à un moment donné, il y a la vie. Donc, le temps que ça s'organise... Moi,
je voudrais que ce soit en fonction
en 2025, ce qui me laisserait le temps raisonnablement de confier au moins un
premier mandat avant 2026. Ça fait que
moi, c'est ça mon plan. Je le dis en toute transparence, là, c'est exactement
ça mon plan. Il reste deux ans, puis, pour moi, le plan, il est très
clair, puis la mission va rester telle quelle.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Merci. M. le député.
M. Grandmont :
...en tout cas, je m'étonne qu'on me prête des intentions anti-Caisse de
dépôt et placement du Québec, mais bon, je vais laisser la ministre élaborer
sur ses suppositions. Peut-être que si on se méfie... peut-être que si on se
méfie de l'approche de la ministre des Transports et de la Mobilité durable,
c'est peut-être parce que les résultats n'ont pas été très, très
présents dans les six ans où la CAQ a été au pouvoir.
Je veux dire, le
projet du troisième lien, évidemment, nous, on propose des alternatives à ce
projet-là, parce qu'on pense que ce n'est pas le bon projet pour la grande
région de la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. Mais le gouvernement lui-même est allé de l'avant,
a reculé, l'a enterré pour de bon, est finalement revenu. Je veux dire,
on n'a juste pas avancé. Même chose pour le projet de tramway.
Là, on dirait qu'on
avance, mais, je veux dire, on a eu combien de bâtons dans les roues de ce beau
projet là, dont on a besoin ici, à Québec?
Ça fait six ans. Je veux dire, le projet était prévu pour être livré en 2026 au
départ. On est rendus en 2024. Dans le meilleur des cas, ça va être en
2030, 2031, la livraison finale. Je ne sais pas, là, mais la démonstration d'efficacité puis de vouloir changer
les choses, elle n'a juste pas été présente, à ce jour, du côté de la CAQ.
Je pose la question
quand même, parce que je note quand même que Mme la ministre n'a pas répondu à
ma question. Elle se n'est pas engagée à ne
pas réaliser des projets de transport routier complexes avec l'aide de Mobilité Infra Québec, alors que, par
ailleurs, elle dit partout : On a l'expertise au sein du ministère des
Transports et de la Mobilité durable.
Le 7 août 2024,
Mme la ministre promettait une mise à jour à l'automne sur le troisième lien.
On l'a eue, cette mise à jour là, il n'y a
pas longtemps. Mme la ministre disait... la ministre des Transports a réaffirmé
la décision du gouvernement de continuer à examiner le projet,
soulignant qu'il y a plusieurs étapes et que les chantiers majeurs sont
complexes. Le projet de troisième lien, Mme la ministre le caractérise
elle-même comme un projet routier, parce qu'il appert que ce sera routier, là,
complexe. Pour moi... puis si on regarde la définition sur laquelle on est en
train de travailler en ce moment,
actuellement, là, il est très clair qu'on peut dire, qu'on peut affirmer que le
troisième lien se qualifie pour être réalisé par Mobilité Infra Québec.
Ça me paraît très clair.
On regarde la
définition, une définition qu'on a bonifiée tantôt avec la notion
d'interdépendance, c'est un projet où il y a
plusieurs... Je vais retourner sur le... parce que c'est très intéressant, là,
de revenir là-dessus, oui. «Un projet complexe de transport est un
projet dont les composantes, ou le cumul de celles-ci, ou l'interdépendance de
celles-ci, notamment la portée,
l'échéancier, l'intégration de nouvelles technologies, les parties prenantes
concernées, la localisation, la stratégie
de financement, les risques associés — puis il y en aura, des risques, avec un
troisième lien — ou la nécessité [de requérir à...] de
recourir à une expertise de pointe, présentent un degré élevé d'intensité ou de
variabilité.» Il me semble que le troisième
lien se qualifie d'emblée, d'autant plus que la ministre elle-même disait,
donc, en août 2024, que ce projet-là, c'est un chantier majeur complexe.
• (12 h 40) •
Qu'est-ce qui
nous garantit que la ministre ne va pas utiliser ce... la nouvelle agence pour
faire le troisième lien? Un projet qui lui est très cher, un projet
qu'elle veut absolument réaliser, semble-t-il, quoiqu'on n'est pas trop sûrs. En 2023, elle l'avait abandonné. Mais qu'est-ce qui nous dit
que cette agence-là ne va pas venir, dans le fond, cannibaliser les ressources pour réaliser des projets de transport
collectif? Si la volonté est réelle de prendre le contrôle, la destinée
des transports collectifs au Québec, sortons du modèle dans lequel on est
depuis des années. Parce que, depuis des années, la vraie réalité, là, l'aspect
concret des choses, là, c'est que des projets routiers, on en fait tout le temps. Depuis six ans, on n'a rien livré du côté
de la CAQ. Au PQI, on a 70 % des investissements qui sont mis en transport
routier et 30 % seulement au niveau du
transport collectif. Si l'agence peut faire les deux... si l'agence peut faire
les deux, on ne fera jamais de transport collectif.
La réalité, là, c'est que la CAQ n'a jamais
livré du transport collectif. Et, si l'agence peut faire comme le MTMD fait actuellement, on ne fera jamais de
transport collectif, d'où l'intérêt du sous-amendement apporté par mon
collègue député de Nelligan. Est-ce que vous pensez encore, Mme la ministre,
que le projet de troisième lien, c'est un projet majeur complexe, comme vous
l'avez dit en août dernier?
Mme Guilbault : Est-ce que... Bien, n'importe quel projet de structure...
Bien, pas n'importe quel, mais, tu sais,
plusieurs projets de structure... On ne sait même pas... Forcément, il va être
complexe, parce que c'est un lien interrives. On ne sait pas encore la
forme qu'il va prendre, on ne sait pas où, et tout ça, sauf que... Je veux
dire, c'est sûr, là, le projet de l'île...
le pont de l'île-d'Orléans, en ce moment, c'est un projet complexe. Le projet
du tunnel, c'est un projet complexe.
Le terme «projet complexe»... puis en plus...
Bon, non, je n'embarquerai pas là-dedans, mais oui, forcément, il va être
complexe. Le terme «complexe», là, ce n'est pas... ce n'est pas un nouveau
terme qui est automatiquement associé à Mobilité Infra Québec puis que là on va commencer à être pour ou contre
tel projet, il est-tu assez complexe, elle
va-tu l'envoyer là. Il faut... Ce n'est pas une logique de fixation, cette
agence-là. C'est une logique de se donner une nouvelle expertise au Québec... bien, pas... au Québec, elle existe
déjà, mais au gouvernement du Québec, et c'est ça. Alors...
Puis vous voyez, Mme la Présidente, là, ce que
j'avais dit au tout début, là, avant même que mes collègues parlent, j'avais dit que tout ça va tourner autour
d'une fixation sur le troisième lien, et l'avenir me donne raison. C'est
exactement ce qui se produit. Et là j'avais dit : Moi, je ne vais pas
répondre huit fois aux mêmes affaires, je vais les laisser peut-être parler
entre eux de... qui sont contre le troisième lien puis qu'il ne faut absolument
pas faire de troisième lien. Puis en passant, là, je veux dire, on parle ici de
l'agence, mais le troisième lien, il va se faire de toute façon. Ça fait que,
si leur objectif, c'est qu'il n'y ait pas de troisième lien, ça n'a aucun
rapport avec le projet de loi. Donc, je vais
laisser ces discussions-là avoir lieu entre les trois partis d'opposition qui
sont contre le troisième lien. Moi, je me préoccupe du transport
collectif, je me préoccupe de créer Mobilité Infra Québec et je vais laisser sa
mission telle quelle à l'article 4.
M. Grandmont : ...si
on questionne autant la ministre puis si ça la rend aussi inconfortable, c'est
que... peut-être parce qu'on met le doigt sur quelque chose aussi, à
quelque part, hein? On est quand même trois partis d'opposition, plus tous les
groupes qu'on a entendus aussi, qui nous ont dit que la mission devrait être
entièrement dédiée au transport collectif. Peut-être qu'il y a quelque chose
qui dérange, puis qui est assez évident, puis que la ministre soit refuse de voir, soit elle décide que, dans le
fond, éventuellement, bien, le troisième lien ou tout autre projet de transport
routier... parce que ce n'est pas seulement du troisième lien dont je parle...
et tout autre projet de transport routier complexe pourra être réalisé par Mobilité
Infra Québec.
Tout à l'heure, je lui ai posé la question à au
moins trois reprises. Elle ne s'est pas engagée à ne pas réaliser des projets
de transport routiers et complexes avec Mobilité Infra Québec d'ici la fin de
son mandat en 2026. Ce sera tout pour l'instant. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres... Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui, bien, en
fait, la proposition de sous-amendement, c'est bien un sous-amendement, de la
part de mon collègue de Nelligan est intéressante et elle amène
effectivement... elle nous amène au coeur du sujet de la pertinence de mettre
sur pied une toute nouvelle agence en matière de transport. Et j'ai retenu de
la ministre, outre le fait qu'elle dit
qu'elle aurait bien d'autres choses à faire... comme si nous, effectivement, on
avait décidé de déposer un projet de loi... en fait, c'est son projet de
loi... Et je pense qu'il faut avoir suffisamment de considération et de respect
pour les institutions parlementaires pour pouvoir passer le... tout le temps
pour discuter d'où on s'en va avec un projet comme celui-là, dont on ne sait pas,
actuellement, là, quand on parle de l'agence, combien de personnes seront recrutées, seront requises pour pouvoir la
faire fonctionner. On ne sait pas non plus combien ça coûtera. On nous a
donné un chiffre qu'on a évité de ventiler.
Puis là on nous dit que le mandat de l'agence,
bien, il va porter essentiellement sur le transport collectif, mais sans
exclure la possibilité qu'on fasse également des projets routiers. Alors, c'est
un peu comme si on avait cette espèce de fourre-tout qui pourra faire tout, et
n'importe quoi, et son contraire, alors qu'on a déjà un ministère des Transports qui... dont la compétence a déjà été
reconnue en matière de construction d'ouvrages routiers ou autoroutiers. Et
c'est là où je me dois d'intervenir sur la question de la plus-value. C'est ce
qui a été évoqué par la ministre.
La question qu'elle nous pose : Quelle est
la plus-value d'ajouter le mot «collectif» pour préciser la mission de l'agence? Bien, moi, je pense qu'il y a
effectivement une valeur ajoutée. La valeur ajoutée, j'y ai fait référence
hier, c'est de préciser l'intention du législateur. Et actuellement,
l'intention exprimée verbalement, c'est de faire du transport collectif.
Il faut traduire cette expression de la volonté de la ministre et de ce
gouvernement dans les textes qui sont devant nous et les interpréter à leur
face même comme étant la volonté du gouvernement de développer une expertise en matière de transport collectif. Mais on ne peut pas à la
fois faire ça et dire qu'on fera peut-être d'autres choses. À ce moment-là, je
pense qu'on dilue la proposition.
Donc, la plus-value,
la valeur ajoutée, c'est une valeur de clarté, une valeur de clarté qui est
fondamentale pour, comme d'autres de mes collègues l'ont dit avant moi, pour
éviter le dédoublement. On a déjà un ministère. De mémoire, il y a plus de
10 000 employés qui travaillent au ministère des Transports. On va
créer une agence pour rassembler une expertise qui n'existe pas au ministère
des Transports, de l'aveu de la ministre, mais on n'exclut pas de faire des
travaux pour lesquels on a déjà reconnu que les employés du ministère des
Transports, actuellement, sont compétents.
Alors, pour moi, s'il
y a un risque important qu'il faut éliminer pour éviter le gaspillage des
ressources et les dédoublements, c'est bien d'ouvrir la porte à ce qu'on aille
créer une structure qui va faire ce que le ministère des Transports fait déjà.
Et je pense que, si la ministre, souvent, ramène la question de la saine
gestion des fonds publics sous l'angle, à mon point de vue, assez limité, là,
du temps que l'on passe à débattre d'un projet de loi, je pense qu'il est
fondamentalement beaucoup plus important d'aborder cette question-là d'usage
des fonds publics sous l'angle des dédoublements que l'on doit à tout prix éviter
et savoir précisément quel est le rôle des uns et des autres dans la machine
administrative québécoise, tant au ministère des Transports qu'à l'éventuelle
agence Mobilité Infra Québec.
Le dédoublement est
ce qui coûte probablement le plus cher en ressources, en finances, en budgets
et encore en temps dans l'ensemble des projets, des... des projets collectifs
qui n'en finissent plus de ne pas aboutir. Prenez l'exemple de ce qui se passe
autour de la... du Grand Montréal et des projets pour lesquels on a de
multiples joueurs qui, selon leurs
responsabilités respectives et les chevauchements qui sont souvent mis de
l'avant, n'arrivent pas à leurs fins et à produire des résultats, tant
sur le plan de la mise en opération... en fait, de développement de projets,
leur réalisation et leur mise en opération.
Alors, si on ne
retient pas ça comme une leçon dans le travail qu'on fait actuellement comme
parlementaires, je pense qu'on passe à côté d'une valeur ajoutée extrêmement
importante. C'est de mieux définir le rôle de l'agence et de ceux qui y seront embauchés pour travailler sur un certain nombre
de projets, des projets pour lesquels, je le répète, on nous dit que l'État n'a pas les compétences,
mais c'est spécifiquement sur le transport collectif qu'il faut travailler. Et
c'est possible... il n'est pas impossible qu'un jour un gouvernement,
éventuellement, décide que l'agence fait du bon travail en matière de
planification, de vision, d'élaboration de projets de transport collectif et
que ce modèle-là, il devient intéressant également de l'élargir au transport
routier ou autoroutier.
• (12 h 50) •
La question pourra se
poser, et, si elle se pose, elle devra faire l'objet d'un débat démocratique.
Elle devra faire l'objet d'un retour ici, devant les parlementaires, qui sont
les représentants des contribuables du Québec et des citoyens, pour s'assurer que ce geste-là, s'il doit être posé,
c'est-à-dire de transformer ce qui va rester du ministère des Transports en agence, bien, qu'on le fasse de
façon ordonnée par un projet de loi qui permettra, justement, de transformer
le ministère des Transports en agence des transports avec, essentiellement,
deux grands rôles : celui de développer la mobilité durable... sous le
chapeau de la mobilité durable, donc le transport collectif, et le transport
routier.
C'est d'ailleurs à
peu près la proposition qui avait été déposée par mon collègue député de Jonquière,
alors qu'il était ministre sous le gouvernement de Mme Marois en 2013.
Lorsqu'il proposait de créer une agence, c'était essentiellement de transformer
le ministère des Transports de l'époque en agence des transports qui soit
éloignée des considérations politiques et qui soit à l'abri de toute manoeuvre
de collusion ou de corruption, qu'on puisse éloigner, justement, ces
spectres-là qu'on avait vécus de façon traumatique, au Québec, avec toutes les
révélations de la commission Charbonneau et qu'on puisse véritablement développer une
vision en matière de mobilité, qui inclut à la fois le transport routier
et le transport collectif.
Alors,
si c'est ce que la ministre veut faire, après que son parti politique ait
saboté les efforts du gouvernement de l'époque pour mettre en place
cette agence-là, alors, c'est une précision qui est quand même importante à
noter au procès-verbal. Quand la ministre répète, à chaque fois qu'elle a une
occasion de dire... que le PQ a échoué dans sa proposition de mettre en place
une agence, la CAQ a fait échouer le projet du PQ à cette époque-là, et
aujourd'hui, révélation, trouve que c'est une excellente idée, une excellente
idée au point de la mettre en place par étapes, avec d'abord le transport
collectif, mais sans fermer la porte aujourd'hui à l'étendre au transport
routier. Et c'est là que le bât blesse,
parce que l'intention du législateur n'est pas claire et va entraîner,
nécessairement, des dédoublements, une cannibalisation, comme le disait
mon collègue député de Taschereau, des ressources ou, pire encore, une
confusion. Et qui dit confusion,
dédoublements, dit également gaspillage de fonds publics. Alors, c'est la
totale. Il est absolument impératif de préciser les rôles des uns et des
autres lorsqu'il est question de développer des projets de mobilité.
Et, en fait, je sais
que la ministre nous dit : Bien, je ne répondrai pas inlassablement aux
mêmes questions, mais je pense qu'elle l'a déjà mentionné qu'on avait besoin
d'une expertise qu'on n'a pas actuellement en... pour l'État du Québec, en matière de transport collectif, de projets
complexes de transport collectif. Alors, moi, ma question, c'est
vraiment important, à ce moment-ci, de le clarifier : Est-ce que la
ministre estime qu'en mettant sur pied une agence qui est principalement, à
court ou moyen terme, dévouée, dédiée au développement du transport
collectif... est-ce que les ressources que l'on va aller recruter pour
développer du transport collectif... mais est-ce qu'ils ont la même expertise
que les ressources qui sont au ministère, qui développent des projets routiers?
Est-ce qu'il s'agit de la même expertise pour le développement de transports
complexes en transport collectif que l'expertise nécessaire pour les projets
complexes en matière de transport routier? Est-ce qu'il s'agit de la même expertise?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Bien, là-dessus, manifestement, non, là, parce
qu'actuellement on en fait déjà, des projets routiers complexes. Donc, on a
déjà cette expertise-là. Les modes... les nouveaux modes collaboratifs vont
nous permettre de faire les choses différemment, avec, on l'espère, des projets
livrés plus rapidement, moins chers, mais, du routier, on en fait déjà. Ça fait
1 000 fois que je répète ça. Ce qui nous manque, c'est le transport
collectif. Donc, c'est une nouvelle expertise qui actuellement n'existe pas
dans le ministère et dont on va se doter dans Mobilité Infra Québec pour faire
des projets de transport collectif complexes, qu'actuellement on n'est pas en
mesure de faire.
Puis je veux revenir aussi, parce que
l'intervention du député a été... a couvert plusieurs éléments. Puis là, au
tout début, il disait : La ministre nous dit, là, on a d'autres choses à
faire, et tout ça, mais je lui rappelle que c'est elle qui prend le temps puis
qui prend la peine de venir déposer le projet de loi, ça fait que, tu sais, il
faut prendre le temps de le faire. Bien, effectivement, puis je le remercie de
le souligner, parce que, tout à l'heure... en tout cas, tout à l'heure, je l'ai
dit à mes collègues. Alors... Et vous voyez, lui, il arrive puis il vient dire
la même chose que moi, là. J'aurais pu ne pas déposer ce projet de loi là pour
économiser du temps puis pouvoir faire autre chose, mais je prends le temps de
le faire, je fais le choix de le faire. J'aurais pu faire comme les libéraux,
ne pas le faire. J'aurais pu faire comme le PQ, ne pas le faire. Mais moi, je
le fais, et je prends le temps, et je mets l'énergie. Donc, c'est bien, s'il y
a une... Tu sais, à un moment donné, les actions... en anglais... mais les
actions parlent plus fort que les mots. Alors, moi, je n'ai pas juste dit des
mots, là. Tu sais, mes collègues, souvent, ils parlent, ils parlent, ils
veulent du transport collectif, du transport collectif, mais qu'est-ce qu'ils
ont fait? Pas grand-chose. La caisse a fait le REM, mais sinon le gouvernement
est au même point qu'il était dans le temps des libéraux puis dans le temps du
PQ, pas plus capable de faire des projets de transport collectif.
Une voix : ...
Mme Guilbault : Bien, grâce au Parti libéral, on a la filiale de la Caisse
de dépôt...
La Présidente (Mme Maccarone) : Et,
sur ces paroles, je suis désolée de vous...
Mme Guilbault : ...mais on n'est pas autonomes. Mais nous, on le fait.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
suis désolée. Je suis désolée de vous interrompre, mais compte tenu de l'heure,
nous allons suspendre les travaux... caucus qui nous suit. Et on reprend à
15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 57)
(Reprise à 15 h 07)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
la Commission des transports et de l'environnement reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant
certaines dispositions relatives au transport collectif.
Lors de la suspension de nos travaux, cet
avant-midi, nous étions à l'étude de le sous-amendement de l'article 4 de M. le député de Nelligan.
Il reste du temps pour les oppositions, et c'était M. le député des Îles-de-la-Madeleine qui avait la parole.
M. Arseneau : Combien de temps
reste-t-il, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
disposez de neuf minutes.
M. Arseneau : D'accord. Merci
beaucoup.
Alors, effectivement,
on discutait, tout à l'heure, de la... du sous-amendement du député de
Nelligan, d'ajouter le mot «collectif» pour préciser le rôle de l'agence
et sa mission de façon à éviter, disions-nous, les dédoublements, les
chevauchements, le gaspillage de ressources, la cannibalisation des ressources
par l'agence auprès du ministère des
Transports. Donc, la valeur ajoutée d'une proposition comme celle-là servant
essentiellement à clarifier l'objectif du projet de loi... un projet de
loi qui pourrait, à ce moment-là, être beaucoup plus clair dans l'esprit des
parlementaires, mais également du public qui veut savoir où s'en va le
gouvernement avec une proposition comme celle-là, alors qu'un ministère des
Transports existe déjà et a, selon, évidemment, tous les commentaires qu'on a
entendus depuis le début de la discussion, les compétences pour gérer des
projets de transport routier et autoroutier.
Alors, bien qu'on puisse apprécier la
sollicitude de la ministre envers les gouvernements qui suivront et leur donner
toute la marge de manoeuvre nécessaire pour pouvoir élargir le rôle de
l'agence, disons que, de façon démocratique, il nous semble plus à propos de
clarifier et de préciser l'objectif du législateur maintenant pour les fins qui
sont celles qui sont identifiées par la ministre et tous ceux qui travaillent
au projet de loi. Et éventuellement, dans un autre contexte, à un autre moment,
si on décide de faire une agence qui recouperait à la fois la responsabilité de
développer des projets collectifs et... des projets de transport collectif et
des projets routiers, à ce moment-là, bien, ce serait un geste majeur. Le
gouvernement devrait rapatrier l'ensemble des ressources vers l'agence. Et ce
n'est pas impossible qu'un gouvernement décide de le
faire. C'était d'ailleurs l'intention que nous avions manifestée en 2013 et à
nouveau en 2021 et une intention contre laquelle la CAQ avait manifesté son
opposition.
• (15 h 10) •
Alors, évidemment, on apprécie aussi le fait
qu'on puisse évoluer et ouvrir, je dirais, son esprit à de nouvelles façons de
faire, mais, à un moment donné aussi, il ne faut pas avoir des projets devant
nous qui entraînent une confusion des rôles,
parce que ce ne sera pas intéressant, ou productif, ou efficient, et je pense
que c'est le contraire de ce qu'on recherche. Alors, pour ces raisons,
superposer des structures à ce qui existe déjà sans clarifier leur rôle de façon la plus précise possible, bien, c'est
vraisemblablement s'ouvrir à toutes sortes d'interprétations et de confusion. Et
c'est la raison pour laquelle je pense qu'il est opportun, à ce stade-ci, de
retenir la proposition qui a été faite par le député de Nelligan et c'est la
raison pour laquelle aussi je vais l'appuyer, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions? M. le député de Taschereau.
M.
Grandmont : Oui. Bien, c'est ça, on est toujours sur l'ajout
du mot «collectif». Il me reste combien de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
M.
Grandmont : 9 min 50 s. Parfait. Oui, toujours sur cet ajout,
là, d'un point... du mot «collectif», finalement, à l'amendement qui était proposé, là, d'ajouter
une définition du mot «complexe»... donc, d'une définition des «projets complexes».
Donc, on ajouterait, à «transport», «collectif». Bien, écoutez, je suis
toujours un petit peu... Quand même, j'y ai réfléchi, là, depuis qu'on a eu ces
échanges-là avec Mme la ministre, là, dans la session précédente, puis je
n'arrive pas à comprendre. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi cette
fermeture apparente de la ministre à dédier l'agence Mobilité Infra Québec au
transport collectif. Je ne comprends pas son refus.
Tu sais, elle
nous renvoie beaucoup la balle en disant : Je ne comprends pas les
oppositions de vouloir contraindre. Bien, moi, je... quand je lis la
revue de... pas la revue de littérature, mais la revue de presse de la ministre
et de son intention très, très ferme de vouloir améliorer l'offre de transport
collectif au Québec, en tout cas, c'est ce qu'elle laisse transparaître à
travers ses entrevues, là, j'ai de la misère à comprendre qu'elle ne voie pas,
en fait, le risque associé au fait de laisser ça ouvert. Comme je le disais
tantôt, depuis des années, malgré les propres orientations du gouvernement, on
investit toujours davantage dans le transport routier que dans le transport
collectif.
On peut regarder les chiffres, là, du Plan
québécois des infrastructures du Québec et on est toujours à 70 %
d'investissements dans le routier versus 30 % dans le transport collectif.
Ça n'a pas changé depuis plusieurs années. Ça tourne tout le temps autour de
ça. En Ontario, c'est complètement l'inverse, là, c'est 30 % dans le
routier puis 70 % dans le transport collectif. Puis, dans le Plan pour une
économie verte, qui est le document qui oriente... en fait, qui... une
création, finalement, du gouvernement actuel, il y a une volonté d'aller vers
du 50-50. Donc, de l'aveu même du gouvernement, dans ce document-là, là, le
Plan pour une économie verte, on reconnaissait qu'on doit faire davantage
d'efforts pour inciter davantage de personnes à utiliser le transport
collectif, et que ça passait notamment par une augmentation des investissements
dans les infrastructures de transport collectif.
Puis je reprendrais les mots de mon collègue des
Îles-de-la-Madeleine, qui disait tantôt : Un projet de loi doit refléter
les intentions du gouvernement ou de la porteuse du projet de loi. Clairement,
ses intentions, puis c'est ce qu'elle répète, ses intentions sont de réaliser
des projets de transport collectif. Elle l'a dit : Mes deux projets... Les
deux premiers projets sur lesquels je veux travailler, c'est un projet
structurant de l'Est et la couronne nord avec Mobilité
Infra Québec. Bien d'accord, mais... Puis elle dit aussi : Bien, il faut
laisser la latitude nécessaire au prochain gouvernement de pouvoir faire
peut-être, éventuellement, des projets de transport routier complexes.
Or, en même temps, elle dit d'autre chose qui
est assez contraire à cette affirmation-là. Elle dit qu'il y a déjà
l'expertise, au sein du ministère des Transports et de la Mobilité durable,
pour réaliser des projets complexes de transport, d'une part, puis d'autre
part, elle refuse en même temps aussi de dire... de s'engager à ce qu'il n'y
ait pas de projet de transport routier
complexe réalisé par Mobilité Infra Québec d'ici la fin du présent mandat de ce
gouvernement-là, en 2026. Donc, c'est
vraiment dur de s'y retrouver. Donc, elle dit une chose et elle dit son
contraire. Une chose est certaine, elle se ferme à l'idée d'aller
clairement définir le mandat de Mobilité Infra Québec au transport collectif.
Donc, je lui repose encore la question, mais
peut-être d'une façon différente. C'est quoi la plus-value, en fait, de garder
le mandat de Mobilité Infra Québec le plus large possible, disons, d'ici 2026?
Parce qu'il n'y a rien qui empêche un prochain gouvernement de modifier
Mobilité Infra Québec s'il voulait, par exemple, l'amender, la loi qui crée Mobilité Infra Québec, pour lui donner le
pouvoir de faire du transport routier complexe. Donc, si son intention,
c'est réellement ça, quelle est la valeur ajoutée pour ce projet de loi là,
d'ici 2026, de donner le mandat à Mobilité Infra Québec de réaliser des projets
de transport routier complexes?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Bien, c'est les mêmes questions que ce matin, là. Alors là,
moi, j'ai répondu plus d'une fois à chacun des trois députés d'opposition, donc
je maintiens mes réponses.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député.
M. Grandmont : ...poser
une question sur laquelle vous n'avez pas répondu. Est-ce que vous vous
engagez, d'ici 2026, à ce que Mobilité Infra Québec ne réalise aucun projet, ne
soit mandaté pour aucun projet de transport routier complexe?
Mme Guilbault : J'ai répondu très exactement à cette question-là, Mme la
Présidente. J'invite le collègue à aller revisionner, ce matin, sa propre
question, qui est telle quelle, et la réponse que j'ai donnée.
M. Grandmont : Alors, je vais vous
demander d'y répondre par oui ou par non. Est-ce que vous vous engagez à ce que
d'ici 2026, donc la fin du mandat de ce gouvernement, aucun projet complexe
routier ne soit donné à Mobilité Infra Québec? Oui ou non?
Mme Guilbault : J'ai répondu. Et là, Mme la Présidente, puis je le dis, là,
puis je l'annonce, ça va être la même chose à chaque article, amendement,
sous-amendement. À chaque fois qu'ils vont produire une nouvelle façon de faire
20 autres minutes, je vais répondre patiemment à chacun des trois, mais,
s'ils me reposent les mêmes questions, je vais les référer à ma précédente
réponse, parce que sinon ça n'aura jamais de fin. Je pense qu'on a fait le
tour, hier, de la volonté supposément partagée d'adopter une cadence. Donc,
quand on dépose un amendement et que chacun, pendant 20... chacun de vos
20 minutes, vous me posez, les trois, les mêmes questions, non seulement
je pourrais dire aux deux autres de se référer à la réponse que j'ai donnée au
premier, mais néanmoins, malgré tout, patiemment, je réponds à chacun des
trois.
Ça fait que, tu sais, là, moi, j'ai été très
claire, et la mission va rester telle quelle.
M.
Grandmont : Mais, avec respect, Mme la ministre, je vous ai
posé la question, je vous ai demandé d'y répondre par oui ou par non. Est-ce que, Mobilité Infra
Québec, vous vous engagez à ne pas lui donner des contrats, des mandats
qui seraient des projets de transport routier complexes? Je n'ai jamais eu de
réponse, oui ou non. C'est ça, la réalité.
Mme
Guilbault : Ma réponse, c'est que la mission va rester telle
quelle. Puis ça va être la même réponse tant et aussi longtemps qu'on va
être sur cet amendement-là.
M. Grandmont : Mais ce n'est pas
une... ce n'est pas la réponse à ma question.
Mme Guilbault : C'est mon droit de répondre.
M. Grandmont : Oui, oui.
Mme Guilbault : Vous posez les questions que vous voulez, je donne les
réponses que je veux. J'ai...
M. Grandmont : Mais surprenez-vous
pas...
Mme
Guilbault : J'ai passé une demi-heure, ce... Je ne sais pas à
quelle heure on a déposé cet amendement-là, mais depuis qu'il a été déposé, au moins une demi-heure au total, là...
si vous faites chacun 20 minutes, 30, 40 minutes, à répondre à la
même question. À chaque intervention que j'ai faite depuis à peu près
12 h 30, ça a été la même intervention, la même réponse à la même
question. Là, il est rendu 15 h 18. Ça, ça fait au moins, là, 38...
35 minutes qu'on parle de la même
affaire. Là-dessus, j'ai répondu au moins cinq fois et je considère que c'est
plus que légitime, et que ça remplit
la fonction que j'ai de répondre aux questions, puis que j'accepte de répondre
plusieurs, plusieurs fois depuis le début de l'étude détaillée.
M. Grandmont : Encore une fois, avec
respect, si Mme la ministre est tannée d'avoir les mêmes questions, c'est
peut-être parce qu'elle ne donne pas des réponses... Elle ne donne pas de
réponse. Là, là-dessus, là, moi, j'ai demandé de répondre par oui ou par non,
Mme la Présidente. On est tournés autour, puis Mme la ministre est très bonne
pour faire ça. Elle n'a pas répondu à la question. Je lui ai demandé...
Puis mon collègue a été très éloquent en disant
qu'un projet de loi doit refléter l'intention. Si c'est ça, l'intention, là, on
aimerait comprendre pourquoi elle veut absolument garder une porte ouverte.
Puis ma question... la sous-question à ça est très simple. Est-ce qu'elle
s'engage, elle, comme ministre, à ne pas donner de mandat de projets de
transport routier complexes à Mobilité Infra Québec? À ça, on n'a jamais eu la
réponse. Puis je lui ai posé plusieurs fois,
je suis d'accord, mais, à un moment donné, si les questions se répètent, c'est
aussi parce que les réponses ne sont pas là.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Masson.
M. Lemay : Mme la Présidente, je
rappellerais au député de Taschereau que l'article 81 de notre règlement
prévoit que... Ils disent, pour des réponses insatisfaisantes, qu'aucun rappel
au règlement... on ne peut pas insister non
plus, on ne peut pas juger de la qualité de la réponse de la ministre. Donc, la
ministre a répondu, et moi, je crois que l'article 81 s'applique
ainsi pour cette situation précise.
• (15 h 20) •
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci, M. le... Oui. M. le député de Nelligan.
1 min 20 s.
M. Derraji : Oui. Mais vous savez,
Mme la Présidente, je pense que je vois qu'il y a un blocage, mais un blocage
avec... En fait, c'est un choc de visions, je vais le dire comme ça. Et, si Mme
la ministre ne l'aime pas, bien, malheureusement, c'est ça, le travail
parlementaire, comme elle a le droit de prendre son cellulaire et...
multitâche. Elle a le droit, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
M. Derraji : Oui, pas de problème.
Oui, oui, je vais revenir au sujet.
Et le choc de visions, il est très clair, c'est
qu'on refuse aujourd'hui de définir la nature des projets de transport. C'est ça, là. Le collègue pose la
question et il a raison. L'amendement que j'ai déposé, c'est parce que depuis
le début, pour vendre aux Québécois une nouvelle structure... Les Québécois qui
nous regardent aujourd'hui... La ministre veut créer une nouvelle structure, ça
s'appelle Mobilité Infra Québec. Il y a déjà un ministère qui s'occupe des
routes et des autoroutes, et ils le font très bien, à condition qu'on leur
donne les moyens et qu'on n'arrête pas les chantiers comme c'est le cas
maintenant. Ça, c'est un autre sujet. Mais elle veut créer une agence, on ne
sait pas combien ça va coûter exactement, ni le salaire du prochain PDG. C'est
la réalité.
Donc, on va
continuer à parler. La ministre va avoir le droit, si elle veut, si elle
souhaite contribuer au débat... Mais c'est la seule chose qu'on a,
malheureusement, dans notre Parlement, c'est de déposer des amendements, d'avoir
une discussion avec le ou la ministre. Dans ce cas, je comprends que la
ministre ne va pas répondre et... va nous répondre une seule fois. Bien, Mme la
Présidente, la question demeure. Est-ce que le mot «collectif» doit être ajouté
au «projet complexe de transport» dans ce cas? C'est là où on en est, Mme la
Présidente.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Oui, M. le
député des Îles-de-la-Madeleine.
M.
Arseneau : Quand on arrive avec un projet de loi,
normalement, c'est pour régler un enjeu, pour essayer de solutionner un
problème. Et le problème, il est identifié comme étant le transport collectif.
Et là, moi, j'ai beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi on va mettre une
structure qui peut être extrêmement extensible, parce qu'on n'a pas défini les
contours de ce que serait l'agence en tant que telle, nombre d'employés, le
budget, la structure, et ainsi de suite, et là qu'on dit que, bien, on va
ouvrir toutes les portes dans sa mission pour qu'elle puisse empiéter sur les
responsabilités du ministère des Transports, qui fait déjà très bien son
travail.
Alors, je pense que c'est une question qui est
absolument essentielle et tout à fait responsable, de la part des porte-parole
de chacune des oppositions, de vouloir connaître, mieux comprendre, savoir quel
est l'enjeu auquel la ministre veut répondre, quel est le problème auquel elle
veut apporter une solution en élargissant le mandat au-delà des compétences qu'on souhaite aller chercher en
matière de développement de transport collectif, et d'empiéter, ce faisant,
sur une responsabilité qui est déjà assumée de façon compétente et régulière
par les gens de son ministère.
Alors, c'est une question fondamentale, parce
qu'on nous répond par ailleurs qu'il faut optimiser les ressources à l'intérieur de l'appareil de l'État du Québec. On nous
répond qu'il faut dégraisser, là, la fonction publique. On nous répond qu'il faut être efficients. On nous
répond que le déficit historique qu'on a créé, bien, on veut le résorber.
Bon, on a reporté les échéances, mais on veut quand même le résorber. Il y a
des nouvelles qui nous viennent quotidiennement sur le resserrement des
dépenses du gouvernement, même dans ses missions les plus importantes, les plus
cruciales, en matière de santé, notamment, en matière d'éducation, en matière
de services à la petite enfance. Là, maintenant, il est question de transport,
et c'est comme si toutes ces notions-là étaient évacuées. On nous dit qu'on
passe beaucoup de temps puis que ça coûte de l'argent, de travailler sur un
projet de loi.
On veut faire
sauver de l'argent au gouvernement et aux contribuables du Québec en s'assurant
que la mission soit précisément orientée sur le problème qu'on veut
régler à travers ces discussions-ci. La ministre, au contraire, dit : On va l'élargir de sorte qu'on puisse
tout faire ce que le ministère fait déjà. Mais ça, c'est un dédoublement, c'est
un chevauchement qui est absolument inacceptable. Si on ne précise pas
les rôles, on crée de la confusion. On veut créer
une expertise puis dire... donner à ces gens, qui auront... ou à cette
agence-là qui aura une expertise pointue... on va leur donner
potentiellement des mandats pour lesquels ils n'ont pas d'expertise ou bien
encore on va rapatrier l'expertise d'ailleurs, c'est-à-dire du ministère, et on
va dégarnir les ressources du ministère pour engraisser une agence. Il y a
quelque chose là qu'on n'arrive pas à comprendre.
À moins qu'on ait déjà en tête ce que plusieurs
ont évoqué avant moi, c'est-à-dire l'idée qu'on réalise un projet, un grand projet complexe d'infrastructure
routière ou autoroutière et puis qu'on ne souhaite pas aujourd'hui en parler ouvertement, auquel cas, bien, je pense
qu'on a un sérieux problème, à l'heure actuelle, en matière de transparence.
Parce qu'il faut savoir, pour clarifier les raisons pour lesquelles on est
prêts à investir du temps, des efforts, de l'énergie et surtout des ressources
humaines et financières dans une agence... savoir à quoi elle va servir. Mais
on ne peut pas dire qu'elle pourra servir à tout et n'importe quoi. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. M. le député de Taschereau, deux minutes.
M. Grandmont : Oui, d'accord. Merci.
Bien, d'abord, j'aimerais revenir sur l'intervention du député de Masson.
J'aimerais juste savoir : Est-ce que j'ai fait un appel au règlement? Non.
Ah! je ne peux pas... je ne peux pas interpeler le député de Masson. D'accord.
En tout cas, je vais le... je vais y aller par l'affirmative dans ce cas-là. Je
n'ai pas fait d'appel au règlement. L'article 81, c'est
exactement ça qu'il dit : Aucun rappel au règlement ne peut être fondé
sur... que la... l'opinion que la réponse à une question posée à un ministre
est insatisfaisante. Ça, c'est la chose que
je n'ai pas faite. Donc, l'article 81 ne pouvait pas être invoqué. Je peux
me plaindre que la réponse est insatisfaisante. Évidemment, ça, je peux
le faire et je vais encore le faire, évidemment, parce que, visiblement, la
ministre n'est pas prête à répondre.
Par
contre, l'article 82, dit : «Le ministre auquel une question est
posée peut refuser d'y répondre, notamment :
«1° s'il juge
contraire à l'intérêt public de fournir les renseignements demandés; ou
«2° si les
renseignements ne peuvent être colligés qu'à la suite d'un travail considérable
et que leur utilité ne justifie pas.»
Ce n'est aucun... Ce n'est aucunement le cas dans
les questions que nous posons actuellement à Mme la ministre. Elle refuse
obstinément, je dirais, de répondre à une question fort simple. Est-ce que, oui
ou non, d'ici 2026, elle va ou pas autoriser Mobilité Infra Québec à
travailler sur un projet de transport routier complexe? On n'a jamais eu cette
réponse-là.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Et je comprends votre déception, M. le député, mais ça
reste que c'est à la ministre de répondre de la façon qu'elle souhaite.
M.
Grandmont : Absolument.
La Présidente (Mme Maccarone) : On
ne peut pas l'obliger. Vous, vous pouvez revenir à la charge comme vous voulez.
M.
Grandmont : Exactement, vous avez raison, et c'est pour ça que je l'ai
fait.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Y a-t-il d'autres... Oui, M. le député de Masson.
M. Lemay : ...du député de Taschereau, simplement rappeler
aussi qu'à l'article 82, qu'il est précisé que le refus de répondre
ne peut pas être discuté. Ça, il n'a pas fait la lecture de cette petite
phrase. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement de... excusez-moi, le
sous-amendement de l'article 4? Vous n'avez... Vous ne disposez plus de
temps, désolée, M. le député. Je vois qu'il n'y a plus de... Je vois qu'il n'y
a plus d'intervention, alors nous allons passer à la mise aux voix par appel
nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Oui. Pour, contre, abstention. M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La
Secrétaire : Mme Guilbault (Louis-Hébert)?
Mme
Guilbault : Contre.
La
Secrétaire : M. Lemay (Masson)?
M. Lemay : Contre.
La
Secrétaire : Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La
Secrétaire : M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La
Secrétaire : M. St-Louis (Joliette)?
M. St-Louis :
Contre.
La
Secrétaire : M. Grandmont (Taschereau)?
M.
Grandmont : Pour.
La
Secrétaire : Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
La
Présidente (Mme Maccarone) : Abstention. Alors, le sous-amendement est
rejeté. Et nous avons déjà un autre sous-amendement. Non, on n'a pas un autre
sous-amendement? D'abord, nous revenons à l'amendement en question. Alors,
est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement? M. le député de
Nelligan, vous disposez de 50 secondes.
M. Derraji : ...un
autre amendement. Je demande une suspension... sous-amendement.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Nous allons suspendre. Merci.
(Suspension de la séance à
15 h 29)
(Reprise à 16 h 13)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous sommes de retour et nous sommes maintenant sur l'amendement de l'article 4, tel qu'amendé. Y a-t-il des
interventions? M. le député de Taschereau, souhaitez... Non? Alors, s'il n'y a pas
d'intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 4, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Maccarone) : Adopté.
Merci beaucoup. C'est adopté. Alors, nous procédons à l'article 4
tel qu'amendé. Y a-t-il des interventions? Oui, M. le député de Taschereau.
M.
Grandmont : Oui, effectivement. Bien, écoutez, on a plusieurs... puis
je pense que c'est en train de partir, là... on a plusieurs organisations, là,
qui avaient proposé des modifications à l'article 4 pour venir clarifier
cet article-là, qui est, évidemment, très important, qui touche la mission, les
fonctions, les pouvoirs généraux, là, de Mobilité Infra Québec. Donc, on aura
un amendement à proposer.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Ça fait que, vous aussi, vous avez un amendement à
proposer.
M.
Grandmont : Oui.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Est-ce que l'amendement est déjà prêt et envoyé?
M.
Grandmont : Il est sur le point de partir.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Alors, nous allons suspendre, s'il vous plaît. Merci.
(Suspension de la séance à
16 h 15)
(Reprise à 16 h 18)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous sommes de retour. M. le député de Taschereau, pour la lecture de
votre amendement.
M. Grandmont :
Oui, merci beaucoup, Mme la
Présidente. Alors, ma proposition d'amendement à l'article 4 va comme
suit :
Ajouter, au premier
alinéa de l'article 4 de la loi édictée, introduit par l'article 1 du projet de
loi, après les mots «de transport», les mots «, excluant les projets
opérationnels en lien avec les activités des sociétés de transport tel que
l'agrandissement ou la construction de garage, le maintien des actifs, ou le
développement ou l'amélioration de systèmes
de transport intelligent au coeur des opérations des sociétés, telles que les
systèmes de gestion de parc ou la billetique.»
Donc, l'article se lirait
comme suit : «Mobilité Infra Québec a pour mission principale d'effectuer,
dans une perspective de mobilité durable, lorsque le gouvernement lui en confie
la responsabilité, l'analyse, l'opportunité, la planification ou la réalisation
de projets complexes de transport, excluant les projets opérationnels en lien
avec les activités des sociétés de transport tel que l'agrandissement ou la
construction de garages, le maintien des actifs ou le développement ou
l'amélioration de systèmes de transport intelligents au coeur des opérations
des sociétés, telles que les systèmes de gestion de parcs ou la billettique.»
Voilà.
J'y vais avec quelques explications, Mme la Présidente. En fait, c'est une
proposition qui nous venait de l'ATUQ, l'association des transporteurs urbains
du Québec, qui représente, bien, les 11 sociétés de transport, là, donc...
La Présidente (Mme
Maccarone) : ...d'entendre, je suis désolée. Merci. Allez-y.
M.
Grandmont : Donc, cette demande... cette proposition, là, d'amendement
provenait, là, de l'ATUQ, qui est l'Association du transport urbain du Québec,
qui représente l'ensemble des sociétés de transport au Québec, ainsi qu'Exo. Et donc la proposition, en fait, elle
venait du fait que... bien, elle se disait : tant qu'à partir d'une page
blanche, parce qu'on est en train de créer une nouvelle agence, aussi
bien l'enligner correctement sur les bonnes bases, dans la bonne track, comme
on dit en bulgare, donc, afin de ne pas laisser planer de doute, dans la loi
sur la mobilité... sur Mobilité Infra Québec, sur les possibilités que cette
nouvelle entité puisse, éventuellement, prendre en charge de tels types de projets opérationnels puis que ça
entraîne un risque de duplication ou de conflit de compétence. Il y a déjà des
sociétés de transport qui effectuent un
travail sur... qui, en fait, déploient déjà des opérations qui ne sont pas...
ou dont la volonté...
Puis, encore une
fois, je reviens aux intentions de Mme la ministre, là, qui parlait de projets
de transport, en fait, là. Puis, si on
parle... si on prend juste le volet transport collectif, là, parce que c'est
une demande qui touche, effectivement, le transport collectif, il y
avait l'idée de projets structurants de transport collectif sur la voie
publique, ou, en tout cas, ce qui
s'apparente à la voie publique. Donc, ça peut être souterrain, mais ça peut
être aussi sur des viaducs, des pilotis, un peu comme on a avec le REM.
Et donc il y a un paquet de projets, il y a un paquet d'opérations ou de
projets d'infrastructure qui ne se... qui ne relèveraient pas, selon les
intentions de la ministre, à tout le moins, de... qui ne pourraient pas être
donnés à Mobilité Infra Québec. Et ce que l'ATUQ proposait, c'est de venir
juste clarifier que certains projets qui
relèvent, en tout cas, selon les intentions, encore une fois, des sociétés de
transport... bien, qu'on vienne statuer que ça n'en fait pas partie.
• (16 h 20) •
Ce qu'elle disait, en
fait, aussi, c'est que... l'ATUQ, ce qu'elle disait, c'est que, si l'objectif
de la création de Mobilité Infra Québec était de concentrer l'expertise sur un
mandat assez précis, là... encore une fois, je parle juste de transport
collectif, là... mais donc de développer des projets de transport collectif
complexes, l'ATUQ soulignait qu'on voyait mal comment l'octroi d'un mandat
aussi large, en termes de projets à réaliser, pourrait être compatible avec
cette volonté de développer et de concentrer une expertise spécifique.
Donc, c'est
simplement pour venir clarifier, venir dire qu'effectivement le mandat de
Mobilité Infra Québec, quand il s'agira de transport collectif complexe qui
sera déployé, bien, ce sera uniquement pour le volet plus matériel roulant lorsqu'il se déploie puis qu'il transporte
des passagers et non pas les garages puis l'aspect billettique, qui sont aussi des
projets d'infrastructure, mais que les sociétés de transport veulent pouvoir
garder dans leur cour, finalement. Grosso modo, c'est les explications.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Oui, bien, j'ai lu la
proposition du collègue. Je comprends un peu ce qu'il nous dit, mais, vous voyez, ça, pour moi, c'est un exemple d'une
modification, d'un libellé dans un texte de loi qui serait inadéquatement,
à mon sens, restrictif, précis et, j'ajouterais, en quelque sorte, aléatoire.
Non pas que ce n'est pas intelligent, ce qui est écrit là, puis je comprends que c'est un extrait du mémoire de l'ATUQ,
puis, tu sais, c'est en tout respect, mais, tu sais, tel que l'agrandissement
ou la construction de garage, maintien d'actif... Là, tu sais, maintien
d'actif, déjà, c'est comme une espèce de métacatégorie. Là, après ça, on
va dans les... avant ça, justement, les garages, c'est un exemple précis.
Développement ou amélioration du système intelligent au coeur des opérations
des sociétés... bon, qu'est-ce que ça veut
dire... telles que système de gestion ou billettique. Donc, ce n'est même pas
exhaustif, c'est très, très, très aléatoire, cette liste-là d'exemples. Et, comme disait ma collègue ici, elle me
dit : Ça va mal vieillir. C'est une autre façon de dire ce que j'ai
souvent dit, là.
Puis
je vais ramener l'exemple du projet de loi de la sécurité routière. On parlait
tout le temps de BusPatrouille. Ils
disaient : Il faut que BusPatrouille puisse être utilisé sur des autobus,
si, un jour, on veut l'utiliser. Ce n'est pas dans une loi qu'on va venir
mettre BusPatrouille, tu sais. Dans la loi, on va se donner une marge de
manoeuvre. C'est toujours l'idée de la marge de manoeuvre puis de laisser
aussi, à un moment donné, au pouvoir exécutif la capacité de gouverner avec ces
lois. C'est ça aussi, le principe, là. Il y a le législatif ici, mais, après
ça, il faut que l'exécutif puisse fonctionner avec ces lois-là à long terme.
Parce que, tu sais, quand on nous dit : On pourra toujours venir modifier la loi, si on change d'idée, bien,
justement, ce n'est pas l'idée, là. Le Parlement... venir à tout bout de champ
en commission. à chaque fois que tu veux prendre une décision, ce n'est pas
fonctionnel, tu sais.
Alors donc, moi, je
vais garder... puis je l'ai dit, là, tantôt, je l'ai dit et redit, je vais garder
la mission telle quelle, avec la latitude
qu'elle procure à l'exécutif. Mais, en même temps, je vous dis ça, mais j'ai le
sentiment, sans pour autant en être
sûre, que ça se pourrait qu'il y ait peut-être, finalement, une petite
modification sensible au premier alinéa de la mission. Mais bref... mais
c'est ça.
Et les garages, en
passant, là, je ne sais pas si le collègue est au courant de combien ça coûte
puis le fait que le gouvernement les paie à
au moins 85 %... juste une parenthèse comme ça... en n'ayant pas de
contrôle sur les coûts, je fais juste
dire ça comme ça... Puis là je ne suis pas en train de dire que Mobilité Infra
Québec va faire des garages, là. Comme
j'ai dit, il va avoir d'autres chats à fouetter à court terme, mais il faut
bien comprendre que les garages nous coûtent des centaines de millions de dollars. On ne gère pas ces projets-là
directement, mais, par contre, on les paie. C'est dit.
M. Grandmont :
Est-ce que, Mme la ministre, vous
parlez... je reviendrai sur le fond tantôt, mais sur les garages, là,
vous parlez des garages pour... en lien avec l'électrification des transports?
Mme
Guilbault : Pas seulement l'électrification. Il y a des
garages que, de toute façon, on doit refaire, alors... Mais oui, tu
sais, tant qu'à les refaire, souvent, ils vont les faire hybrides ou, en tout
cas, avec des aménagements qui peuvent accueillir des autobus électriques. Mais même quand on prend la
liste des projets de garage, il y en a là-dedans que, de toute façon, on était obligés de refaire. Alors là, il y a toute
cette question-là des garages qui coûtent une fortune.
M.
Grandmont : Sur la proportion des garages qui sont... sur lesquels le
gouvernement investit en ce moment, là, il y
en a combien que c'est pour le projet d'électrification puis que d'autres,
c'est... de toute façon, on les remplaçait?
Mme
Guilbault : Bien, je n'ai pas la donnée
actuellement, puis des... Tu sais, comment je pourrais dire,
l'électrification... Puis je vois où il veut aller, là, puis moi, j'ai déjà dit
que l'électrification, on est parlables là-dessus,
là, parce que, tu sais... Mais l'électrification, le fait d'avoir... On a signé
le contrat... les 2 229 autobus, maximum, avec le contrat,
donc, mais c'est des remplacements d'autobus, ce n'est pas une flotte
supplémentaire qu'on a imposée aux sociétés de transport. Donc, leur flotte...
la gestion de la flotte, globalement, demeure avec le même volume de flotte. Ce n'est pas clair, comment je m'exprime en ce
moment, mais, autrement dit, ils ont une flotte avec x véhicules. On ne
leur impose pas, par exemple,
30 nouveaux autobus électriques de plus juste pour dire qu'ils ont des
autobus électriques. Tu sais, c'est
par remplacement, et donc, globalement, ils auraient eu les mêmes besoins d'espace
pour une flotte d'un même volume. C'est juste que, là, il y a les
aménagements électriques à prévoir de plus.
M. Grandmont :
Bien, c'est ça, le principe,
effectivement, là. C'est des nouveaux... souvent, c'est des nouveaux garages, parce que les anciens garages... En tout
cas, ça revient probablement moins cher de faire des nouveaux garages
entièrement électriques que d'essayer de modifier des garages conventionnels
puis les transformer en des garages électriques, là. Mais, bon, c'est ma perception
à moi, là, je ne sais pas si je suis dans l'erreur par rapport à ça. Mais c'est
clair que... Bien, de toute façon, je pense que vous l'avez déjà dit, vous êtes
parlable là-dessus, puis tant mieux, parce
que, comme on le disait tantôt, c'est simplement du remplacement d'autobus, là.
Ce n'est pas des nouveaux autobus qu'on
ajoute, donc ce n'est pas des nouveaux services, donc des nouveaux usagers non
plus, là. Mais, bon, je pense qu'on s'entend bien là-dessus.
Maintenant, sur le
fond, cette proposition-là, en fait, peut-être qu'elle est... elle peut être
révisée, là. La façon dont c'est libellé, effectivement, là, on a repris
essentiellement ce qui était proposé directement par l'ATUQ, l'association des transports urbains du Québec. Ce
qui m'apparaît important, là-dedans, c'est de venir un peu clarifier le
mandat. Parce qu'entre autres, vous vous souviendrez, là, de... c'était Jacques
Roy, le professeur de... Jacques Roy, professeur
de HEC Montréal, là, qui disait notamment qu'un des enjeux... en
fait, je ne sais plus si c'était lui ou si c'était un autre expert qu'on a reçu, mais en tout cas,
peu importe, un des... une des personnes qu'on a reçues nous a dit qu'un des
risques à avoir une mission très large chez Mobilité Infra Québec, c'est
d'avoir du chevauchement de missions. Des
chevauchements de missions, ça va entraîner, potentiellement, des tiraillements
politiques entre, bien, différentes parties prenantes impliquées dans la
réalisation de projets. Et, en même temps, ce qu'on sait puis ce qu'on a pu
observer, puis ça, je suis pas mal sûr que c'était Jacques Roy qui l'avait dit,
c'est que ce tiraillement politique là peut causer des retards, et les retards
causent des augmentations de coûts. Puis on ne livre pas des projets, puis on
n'arrive pas à offrir, dans le fond,
davantage de services pour les usagers du transport... les usagers, en fait,
qui veulent... ou qui sont déjà utilisateurs.
Donc,
le point, c'est : Comment on s'assure d'avoir une mission qui, à quelque
part, a une certaine flexibilité... parce que je comprends que ça peut,
tout ça, évoluer dans le temps, puis il faut se garder une certaine marge de
manoeuvre... mais, en même temps, pour une mission qui est assez resserrée,
pour éviter que ça empiète sur les compétences des autres acteurs qui sont déjà
présents sur le terrain, d'autant plus qu'il y a plusieurs moyens qui sont à la
disposition de Mobilité Infra Québec, on y viendra plus tard dans le projet de
loi, à l'effet qu'elle peut imposer... elle peut passer un peu par-dessus les compétences
des municipalités et compétences des sociétés de transport. Évidemment, on aura
des aménagements ou des propositions d'aménagement pour essayer de clarifier,
encore une fois, là, les rôles de chacun.
Mais comment on fait pour trouver cette espèce de flexibilité là sans empiéter
trop puis avoir des risques de tiraillements politiques? C'est un peu
ça, là, la question de base, là, de cette proposition-là.
Mme
Guilbault : Oui, bien, je ramène, en fait,
au premier alinéa de la mission, là, l'analyse d'opportunité, la planification
ou la réalisation de projets complexes de transport. Nous, avec MIQ, on n'a
absolument aucun intérêt ou volonté de s'occuper de la billetterie, ou du
système de carte à puce, ou, tu sais... puis même, on le voit, excluant les projets opérationnels en lien avec les
activités des sociétés de transport. On est dans les opérations, on est dans
des systèmes de gestion,
d'organisation des services ou, en tout cas... C'est parce que c'est à la fois
précis et très vaste, là. Quand on lit ça, là, ça couvre à peu près
tout, là. Tu sais, c'est...
• (16 h 30) •
Alors, le but, c'est
de faire des projets de transport collectif complexes qu'actuellement on n'a
pas la capacité de faire. Ce n'est pas de se
substituer ou de rafler, là, graduellement ou insidieusement, les activités, ou
les opérations, ou la gestion des sociétés de transport. Elles le font
déjà. Puis souvent... tu sais, on donnait l'exemple de l'ARTM. Des fois, on
nous disait : Il y a déjà l'ARTM à Montréal, puis tout ça, puis je
disais : L'ARTM a des fonctions de coordination,
de tarification que nous, on ne veut pas. Et c'est la même chose pour
l'exploitation. L'exploitation n'est pas
dans la mission de Mobilité Infra Québec, parce que ce n'est pas dans notre
intérêt non plus. Nous, on veut bâtir des projets, livrer les projets, redonner
l'exploitation à ceux qui en font déjà puis qui sont bons là-dedans, puis c'est
ça.
Ça
fait que, tu sais, il n'y a pas de... il n'y a aucune volonté d'empiéter sur
les compétences des OPTC, qui ont déjà leurs propres lois, qui ont déjà
leurs propres règles de fonctionnement. Nous, on vient s'ajouter à tout ça avec
une vision puis des... c'est ça, une vision puis une espèce de leadership
national, en collaboration.
M.
Grandmont : Je suis bien content d'entendre... Je suis bien content
d'entendre la ministre dire que ceux qui font l'opération le font bien, qu'ils
sont bons là-dedans. On attend avec impatience les audits de performance. Très hâte de voir. J'espère que, d'ailleurs, comme
vous m'aviez mentionné lors de l'étude des crédits, que les sociétés de
transport auront l'occasion, avant que ce soit rendu public, là, que le rapport
soit rendu public par vous ou votre ministère... que les sociétés de transport
auront pu avoir accès à l'audit de performance pour être capable d'expliquer ou
de... d'expliquer certains postes de dépenses, par exemple, avec la firme qui
aura été embauchée pour être capable d'expliquer, justement, là, pourquoi à tel
chiffre, pourquoi à tel poste budgétaire.
Normalement, là, dans
les bonnes pratiques, on a toujours ce moment-là pour être capable de discuter
avec la firme comptable qui est engagée pour
être capable d'expliquer certains choix ou certaines lignes qui apparaissent
dans les états financiers. C'est ce que vous m'aviez dit, là, qu'ils...
lors des crédits, qu'ils auraient cette opportunité-là. Pour l'instant, je pense qu'ils n'ont pas eu... Le son de cloche que
j'ai eu de leur part, c'est que ce n'est pas encore le cas, ils n'ont pas eu accès, et que ce n'est pas prévu
encore pour l'instant, là, le moment où ils pourraient parler avec la firme
comptable.
Mme Guilbault : Bien, je rassure mon collègue, de toute façon, le rapport en question
est basé sur un échange de données puis d'informations avec les sociétés de
transport. Donc, il y a déjà eu beaucoup d'échanges, mais bien sûr que
le rapport va leur être partagé avant d'être public.
M.
Grandmont : Ce n'est pas juste un partage dans un sens, là. C'est
vraiment une discussion.
Mme
Guilbault : On va faire les choses comme
il se doit, dans le respect de ce que j'ai dit aux crédits.
M.
Grandmont : Parfait. Mais donc, pour revenir à ça, il n'y avait pas
juste l'ATUQ, là, qui nous en avait parlé de l'importance de bien séparer les
différentes missions. La STM, souvenez-vous, avait dit, là, que le maintien
d'actif, ils étaient bons là-dedans. Puis notamment on parlait beaucoup du
métro avec le président de la STM, quand il
est venu parler ici, en audience, puis il disait : C'est complexe, le
maintien des... le maintien du métro, son état est... bien, il commence à ne plus être plus très jeune
non plus, déjà en partant, puis on a une... on a déjà l'expertise pour être capable
de le faire. Puis entre vous et moi, c'est sûr que ça se qualifie comme un
projet potentiellement complexe de transport
collectif. Donc, en même temps, il y a une volonté très grande du côté de la
STM de pouvoir maintenir cette... ces opérations-là à l'interne de la
STM.
Donc, qu'est-ce qu'on
dit à la STM, si jamais vous refusez cet amendement-là... qu'on pourrait
simplifier par ailleurs, là, moi, ça ne me
dérange pas, là, je suis ouvert à réécrire des amendements qu'on dépose. Mais
qu'est-ce qu'on dit à la STM qui veut s'assurer que, dans le temps, pas
juste sous votre gouverne, mais que, dans le temps, Mobilité Infra Québec ne
s'occupera pas, finalement, du maintien du... en état du métro?
Mme
Guilbault : Bien, le choix des projets
puis la réalisation des projets va se faire en collaboration avec la STM, là.
J'ai déjà dit ici, par exemple, probablement entre autres quand ils étaient là,
la ligne bleue, ils sont déjà en train de la faire. Bon, ça fait que ce n'est
pas dans mon idée de reprendre ça à Mobilité Infra Québec, à moins qu'ils le
souhaitent, ou à moins qu'il y ait un problème, ou... tu sais. Donc, on va
voir, là, pour le métro. Pour l'instant, tu sais,
je veux dire, effectivement, là, c'est complexe, l'entretien du métro. Donc, le
plan d'investissement, le plan de maintien, alors tout ça, c'est du...
c'est sur du long, long, long terme, là.
M. Grandmont :
...succédera, là, pourrait
dire : Bon, à la STM, là, vous êtes une gang de pas bon, ça ne marche
pas, le métro, là, on va le faire, nous autres, on s'en occupe. Puis même si,
tu sais... puis on va le voir plus loin dans les différents articles, là, même
si la STM était rentrée en appel d'offres pour aller chercher une expertise...
Tu sais, on peut aller loin, là, dans la
réalisation d'un projet, puis Mobilité Infra Québec peut intervenir puis
dire : Non, non, on récupère ça,
nous, c'est nous qui nous en occupons. La STM, ce n'est pas ça qu'elle veut.
Ils ont l'expertise à l'interne.
Comment
qu'on fait pour garantir que, dans le long terme, là, Mobilité Infra Québec va
rester dans son champ de compétence tel que vous voulez le définir?
Mme
Guilbault : Encore une fois, c'est de
prévoir la latitude dans la mission, et, quel que soit le projet complexe de
transport collectif que Mobilité Québec va réaliser, forcément, il va être sur
le territoire d'une ville tôt ou tard et d'une société de transport. Donc, si
on dit : Il faut que les... il faut que chaque... il faut que chaque
société de transport continue de s'occuper
de tout ce qui est sur son territoire, ça ne sert à rien de faire Mobilité
Infra Québec. Or, ce n'est pas
réaliste. Et le dénominateur commun de tout ça, que ce soit l'entretien du
métro, que ce soit de n'importe quel projet dans n'importe quelle municipalité,
c'est que c'est le gouvernement du Québec qui paie la très, très grande
majorité de tout ça.
Et dans le cas du
maintien d'actif... puis là je l'invite, puis je lui dis, là, très amicalement,
là, précisément, le maintien d'actif, je l'invite à parler avec ses amis de la
STM, là, les chiffres sur le maintien d'actif, là. Les investissements fédéraux
dans le maintien des actifs, c'est famélique. Tu sais, ils mettent de l'argent
un peu sur la ligne bleue, là, ils mettent de l'argent quand il y a un projet
pour aller, tu sais, couper un ruban, là, mais l'entretien du métro... parce qu'il y avait un texte, là, les
rubans, là, l'entretien du métro, ils ne mettent pas d'argent, très, très peu,
très, très peu.
Donc, avant de penser qu'on va être capable...
Tu sais, je veux dire, on est tout seul à payer, le gouvernement du Québec. Je
pense, le collègue réalise, là, on a un déficit en ce moment. Il faut payer la
santé, l'éducation, il faut payer plein de choses, qu'on
paie seul aussi, mais parce que ça, c'est notre vraie fougère. Là, quand on n'a
pas d'aide pour des investissements aussi conséquents, c'est problématique. Ça
fait que c'est une parenthèse, puisqu'on parle du maintien d'actif, parce que je... Si jamais il a le goût d'en jaser
avec la STM, là, ils pourraient leur montrer... lui montrer leurs
chiffres, peut-être que... tu sais, ça va être un complément à ce que je viens
de lui dire.
Et donc c'est
ça. Alors, pourquoi je disais ça, donc? Oui, c'est ça, mais... c'est ça,
c'est... Globalement, n'importe quel projet que va faire MIQ va être,
tôt ou tard, sur le territoire d'une société de transport. Mais le principe,
c'est, oui, de prendre un certain leadership. Leadership, veux veux pas, ça
nécessite d'avoir une vision puis d'avoir une portée qui est nationale. Parce
que, sinon, on continue à avoir des bureaux de projets à gauche, à droite, une
fois de temps en temps un projet à la STM, puis chacun va faire ses affaires.
Ça va nous coûter une fortune, puis on n'aura pas l'effet synergique et
d'économie d'échelle d'avoir des ressources concentrées, capables de voir plus
large puis de travailler sur plus d'une chose en même temps.
Puis oui, c'est vrai en plus, si... bien, ça, je
pense que je l'ai déjà dit, là. Pour le fameux projet de l'est, là,
imaginez-vous quand tu tombes sur le territoire de deux sociétés de
transport, de deux ou trois municipalités, la CMM
par-dessus ça, qui est sa propre structure en soi, l'ARTM qui est sa propre
structure, en plus d'Exo puis de la STM, toutes sortes d'élus, de maires
d'arrondissement, de... toutes sortes de monde là-dedans et toutes sortes de
groupes. Donc, de gros enjeux d'acceptabilité qui vont venir. Alors, faites
juste... puis c'est vrai, ce que je dis, là. Puis le REM de l'Est, c'est comme
ça que ça a avorté, des groupes revendicateurs, beaucoup d'élus autour de ça,
des enjeux de communication, puis tout ça, et ça a fait avorter un projet.
Donc, quand on parlait du risque tantôt, là,
mais du risque... bien, c'est ça, du risque, là, dans mes éléments de définition de complexité, là, tu sais, parties
prenantes puis risque, moi, là, ça, ce que je suis en train de décrire, là,
c'est très, très, très déterminant dans le succès d'un projet, tout... juste
cet aspect-là. On n'est même pas sur l'infrastructure, là, puis les
rails, puis tout ça. On est juste sur la planification, la collaboration, la
prise en compte de plusieurs parties prenantes,
avec des intérêts qui ne sont pas toujours convergents, qui veulent chacun
avoir leur mot à dire, leur part du crédit, mais qui ne veulent pas trop
payer non plus.
Ça fait que c'est tout concilier ça, là. Juste
ça, c'est très, très, très complexe. Tu n'as pas le choix d'avoir quelque chose
de supra, tu sais. Puis la Caisse... c'est ça, on a utilisé la Caisse pour le
REM. REM de l'est, tu vois, ça n'a pas
marché. Mais dès que tu tombes, là, dans des juridictions croisées, ou
additionnées, ou juxtaposées, ça devient très, très compliqué. Alors,
Mobilité Infra Québec, c'est un autre... Puis c'est vrai, c'est un angle, des
fois, qu'on aborde moins, juste d'avoir
quelqu'un de neutre qui va être capable de prendre tout ce monde-là ensemble
puis, tu sais, d'un peu chapeauter ça. Moi, je pense que ça va nous
aider aussi au succès des projets, surtout... Puis, comme j'ai déjà parlé, la toile de mobilité durable, là,
qu'on veut se construire éventuellement, graduellement, là, bien, à chaque fois
que tu fais ça, tu ajoutes, tu sais, des nouveaux territoires, puis, à un
moment donné, woup, tu changes de juridiction, tu changes de société de transport, tu changes d'élu, tu changes de
groupe, tu changes de citoyen, tu sais. Alors, c'est... juste ça, là,
c'est une grosse, grosse, grosse gestion, et ça, MIQ va pouvoir le faire.
• (16 h 40) •
Des voix : ...
Mme Guilbault : Non, bien, on... il me signalait... C'est ça, pour le REM,
là, justement, ça a pris une loi. Le REM a eu sa propre loi, comme le tramway à
l'époque, la loi sur le Réseau de transport structurant... de la capitale.
C'est ça, ça a pris... C'est 90 articles?
Une voix : ...
Mme Guilbault :
90 articles, une loi pour pouvoir faire le REM, tu sais, parce que, pour des
aménagements, il n'y a pas juste des affaires d'acceptabilité puis de gestion
de parties prenantes là-dedans. Mais, tu sais, c'est que... C'est très
complexe.
M. Grandmont : ...c'est complexe
puis...
Mme Guilbault : Ce n'est pas pour rien qu'on fait ça.
M.
Grandmont : C'est vrai que c'était... c'est complexe. Puis
d'ailleurs les pouvoirs qui étaient là-dedans, les municipalités et les
sociétés de transport ont demandé aussi, parce que le REM avait des pouvoirs
qui s'apparentaient un petit peu à ce qui
est octroyé... à ce que le gouvernement s'octroie à travers le projet de loi
n° 62 aussi, là. D'ailleurs, on
va en parler plus tard, évidemment, là, mais... puis je... Non, ce n'est pas
là-dessus que vous avez ouvert une porte. Vous avez ouvert une porte sur la
question de la valorisation immobilière. Ça, on pourra s'en reparler éventuellement,
là, ça a quand même été souvent soulevé par les groupes.
Pour ce qui est du projet de loi n° 62, le
donner aux municipalités et/ou aux sociétés de transport pour éviter de créer deux classes de marché, dans le
fond, là, pour les entrepreneurs, ça, je ne pense pas vous avoir entendu bien
gros là-dessus. On pourra y revenir,
mais votre collègue aux Infrastructures avait dit que c'était ici que ça allait
se passer. 62, lui, il ne voulait pas
toucher à ça. Ça fait qu'on... en tout cas, on pourra s'en reparler, à moins
que ce soit dans un omnibus. Je pense que, pendant le briefing des...
Mme Guilbault : Aux Affaires municipales, c'est ça.
M.
Grandmont : Oui, c'est ça, Affaires municipales. Bien, en tout cas, il
va quand même falloir se reparler pour s'assurer... parce qu'à tout le temps
pelleter à l'autre, à un moment donné, on finit par ne plus le faire. En tout cas, bref, on va quand même... on va quand même
avoir les... là-dessus. Oui, vous avez parlé du fédéral. J'ai trouvé ça
intéressant. J'aime ça, le fédéral.
Mme
Guilbault : Je n'en avais pas encore parlé
aujourd'hui, je pense.
M.
Grandmont : Bien non, c'est ça. Il faut toujours, comme, sonner la
cloche du fédéral...
Mme
Guilbault : J'attends une question à la
période de questions.
M.
Grandmont : ...à tous les jours, au moins une fois par jour.
Mme
Guilbault : J'attends une question pour
mon nouveau tableau puis je n'en ai pas.
M.
Grandmont : Bien, c'est ça, justement, que je voulais vous proposer,
Mme la ministre. Je...
Une voix :
...
M.
Grandmont : Hé! non, attendez une minute. Attends un peu, attends un
peu. Je voulais vous proposer...
Mme
Guilbault : Il faut que ce soit le bon
sujet pour mon bon tableau.
M. Grandmont :
Je voulais vous proposer de faire
un deux en un. Je voulais vous proposer de faire un deux en un. Vous avez votre tableau, là, fétiche, là, celui
que je vous avais trouvé ici, justement, à votre place, puis que je vous avais
ramené. C'est moi qui l'avais...
Mme
Guilbault : Ce n'est pas le même, mais
j'en...
M.
Grandmont : Non, mais...
Mme
Guilbault : ...mais ils sont beaux eux
autres aussi.
M.
Grandmont : Non, mais celui, là, que vous avez... Bien, vous avez changé
les couleurs. On est passé de gris à bleu. Bien, le tableau que vous sortez le
plus souvent. Vous savez lequel je parle.
Mme
Guilbault : Bien, je ne l'ai pas, lui, là.
M.
Grandmont : Non, je sais. Je sais que vous ne l'avez pas, mais, vous
savez, auquel je réfère...
Mme
Guilbault : Oui.
M.
Grandmont : Je peux vous le montrer. Je l'ai dans mes photos. Je
l'ouvre plusieurs fois par jour.
Mme
Guilbault : Non, non. Bien, c'est ça, tout
le monde l'a, je pense. Le député de Nelligan l'avait hier sur un papier.
M.
Grandmont : Oui, c'est ça. Bien, c'est parce que...
Mme
Guilbault : Tout le monde le sait par
coeur, je pense, maintenant.
M.
Grandmont : Bien, encore une fois... encore une fois...
Mme
Guilbault : Tout le monde sait que la CAQ
a investi plus que n'importe qui.
M. Grandmont : ...puis je vais quand même le
montrer pour... au bénéfice des gens parce
que... on est entre nous
autres, mais les gens...
Mme Guilbault : Vous voyez...
M.
Grandmont : C'est celui-là.
Mme
Guilbault : Regarde, comment il est fier
de la CAQ.
M. Grandmont : Mais
c'est la vieille version que j'ai. Vous voyez, il n'est pas un bleu, il est en
gris, la partie des gouvernements.
Mme
Guilbault : Ah oui! OK, c'est vrai.
J'avais mis le bleu à la CAQ, au gouvernement.
M.
Grandmont : Exact. Mais c'est parce qu'il y a du rouge aussi dans la
partie gouvernement, si on fait des associations de couleurs, là. Non, parce
que le gouvernement... la partie...
Mme
Guilbault : Beaucoup sur deux années,
là...
M. Grandmont :
Mais la partie gouvernement... Tu
sais, dans votre légende, là, il y a un «s», ça fait que c'est les
gouvernements. C'est ce qu'on comprend.
Mme
Guilbault : Oh! Ah! je ne l'ai pas
celui-là.
M.
Grandmont : Puis ce que je vous... Ce que j'allais vous suggérer,
c'est que vous auriez pu mettre... vous auriez pu mettre, dans votre tableau,
vraiment, les parts détaillées pour qu'on comprenne mieux la part du fédéral,
notamment, puis des municipalités évidemment aussi, là.
Mme Guilbault : Non, mais les deux colonnes plus hautes, c'est parce que la part du
fédéral a été plus haute. C'est les années de la pandémie.
M.
Grandmont : Oui.
Mme
Guilbault : Puis ça, on l'a toujours dit,
là, ils ont mis de l'argent. Ils ont un 800 quelques millions sur deux ans,
puis, dès que ça a été fini, ça n'a pas été long, regarde, fini, arrangez-vous.
M.
Grandmont : Oui. Bien, c'est ça, c'est qu'on passe de 51 % dans
les années 2020 et 2021...
Mme
Guilbault : Bien, on est quand même à
48 %.
M.
Grandmont : Bien, c'est les années pandémiques, puis, après ça, on
revient à 43 %, 48 %.
Mme Guilbault : C'est ça, mais là c'est en 2023. On était à 48 %, puis avant nous,
les libéraux, 30 %, 33 %, 36 %.
M.
Grandmont : Ah! c'est plus... Il y a eu un 30%, là, mais il y a eu du
36 %, 39 % en 2018. En 2018, c'était-tu vous ou c'était eux? C'était eux autres qui avaient budgété,
j'imagine. Oui, parce que l'élection est à l'automne.
Mme
Guilbault : Bien, c'est nous qui avions
budgété, mais nous, on est arrivés à l'automne.
M. Grandmont :
Non, c'était eux autres. 2018,
c'est eux autres qui l'ont budgété puis ils étaient à 39 %. Après
ça, ça a baissé à 35 % en 2019 pour votre premier PQI.
Mme
Guilbault : Mais, après ça, les sommes
sont décaissées jusqu'au 31 mars, là, puis nos programmes...
M. Grandmont :
Puis après ça, ça a été la
pandémie deux ans, puis là on est tombé à 51 %, puis après ça
43 %, 48 %. Puis là on comprend qu'on avait du résiduel
pandémique, dans le fond, qui a peut-être fait en sorte que ça a augmenté aussi. Puis il faut ajouter là-dedans
probablement des sommes qui sont dédiées à l'électrification aussi, j'imagine.
Mme
Guilbault : Bien, dans quel sens?
M.
Grandmont : Bien, dans le sens où le projet...
Mme
Guilbault : Bien, c'est les programmes qui
sont au transport collectif.
M.
Grandmont : Oui, c'est ça, mais il y a un programme d'électrification
qui est au transport... qui est dédié au transport collectif. J'imagine qu'il
n'est pas comptabilisé juste à l'Environnement. Il doit apparaître au PQI pour
les transports collectifs, les garages, puis tout ça, là.
Mme
Guilbault : Bien, oui, mais c'est que, de
façon générale, on a augmenté, nous, la CAQ, les montants des programmes comme
le PAUTC, qui est redevenu le PADTC.
Une voix :
...
Mme Guilbault : PAUTC, c'est ça? Mais là on a enlevé le... C'est
ça. Bien, la SOFIL, c'est avec le fédéral, ça, par exemple, là, mais, tu
sais, ils ne mettent pas beaucoup...
M.
Grandmont : Ça, c'est pour...
Mme
Guilbault : ...c'est le peu d'argent
qu'ils mettent encore pour la SOFIL.
M.
Grandmont : Puis ça, c'était...
Mme
Guilbault : Le PAGDTC.
M.
Grandmont : PAGDTC. Ça, c'était pour le financement des opérations,
non?
Mme
Guilbault : Ça, c'est le programme d'aide
gouvernementale au développement du transport collectif.
M.
Grandmont : Au développement, donc c'est infrastructures. C'est ça.
Mme Guilbault : C'est tous les mêmes noms qui se ressemblent, là, mais c'est plein de
programmes, puis nous, on a augmenté les montants dans ces
programmes-là.
M.
Grandmont : C'est ça, mais il y avait quand même... en 2022‑2023, il y
avait un résiduel parce que l'achalandage
n'est pas revenu à ses niveaux prépandémiques. Donc, les sociétés de transport
ont demandé une aide pour compenser le manque à gagner par le manque
d'achalandage.
Mme
Guilbault : Non, mais nous, là, on a mis
énormément d'argent, là.
M.
Grandmont : Oui, oui, oui.
Mme Guilbault : Tu sais, quand je suis arrivée, moi, c'est en 2022, on a donné
400 millions. Ma première année aux
Transports, là, un extra... Tu sais, quand je suis arrivée aux Transports, là,
on était en train de sortir de la... on était sortis de la pandémie, mais là
les sociétés de transport avaient gardé l'habitude de dire : On a besoin
d'argent d'extra. Mais, pendant la
pandémie, ça s'expliquait parce qu'il n'y avait plus de monde dans les autobus,
on était confinés chez nous. Mais là,
maintenant, l'achalandage, il revient, mais c'est comme s'il faudrait continuer
de payer les déficits, alors que le
trou tarifaire n'existe plus. Oui, il existe encore pour certaines, mais il y
en a qui ont retrouvé leur achalandage. Il y en a même qui ont un
achalandage plus grand qu'avant la pandémie. Mais là il faudrait quand même
assumer les déficits des...
Puis là on tombe dans
un autre débat, là, mais, en tout cas, tu sais, on en a souvent parlé, de
ça : Est-ce que le gouvernement du Québec devrait systématiquement éponger
des déficits d'opération sur des sociétés de transport qu'il ne contrôle pas, alors que le principe de l'aide pandémique était
de combler un trou tarifaire tout à fait compréhensible parce qu'il n'y
avait plus personne dans le transport, parce qu'ils étaient confinés chez eux?
Là, ils sont retournés dans le transport, ils paient à nouveau leurs cartes
d'usager, mais il faudrait quand même compenser un tarif qui est pourtant
récupéré. Ça fait que, là, le problème, il est ailleurs, il est... Ce n'est
plus une question de perte tarifaire... encore
là, oui, encore un peu pour certains qui sont peut-être à 85 %, bon, mais
ce n'est pas ça, là, les montants qu'on nous demande, là. Quand on nous
demande 560 millions à l'ARTM, juste cette année, imaginez-vous...
Imaginez-vous.
Alors, bref,
400 millions la première année, puis là j'ai... Puis là je suis arrivée en
octobre. Ça fait que là j'ai découvert ce psychodrame-là de fin d'année,
là : Nous autres, nos budgets arrivent, il faut absolument régler ça. Bon,
on a donné 400 millions, mais j'ai
dit : Là, l'année prochaine, ça va être la même chose. On a donné
265 millions l'année passée. Là, cette année, ils ont eu leur
montant de bonne heure, c'est juste que, là, je suis en train de clore ma négo
pour mon deal global, parce qu'eux veulent de la prévisibilité, puis je les
comprends, puis nous autres aussi, ça nous arrange. Ça fait que, là, on est en
train de finaliser pour avoir notre cadre financier sur cinq ans et c'est
ça.
Alors, encore une
fois, on est au rendez-vous. Et le principe même... Tu sais, non seulement,
nous, on a augmenté l'argent dans les programmes réguliers, mais en plus, là, à
chaque année... parce qu'il y a eu une pandémie au début puis parce que, depuis
la pandémie, ils sont restés accrochés à cette idée-là d'aide systématique
annuelle en surplus. On a continué, nous, la
CAQ, de donner un montant annuel supplémentaire, en plus des programmes
réguliers qui étaient déjà bonifiés. Alors, mathématiquement parlant, ça
n'a pas le choix de faire plus d'argent qu'avant la CAQ. Vous comprenez? Les
programmes ont été augmentés, et, en plus, on ajoute systématiquement des
centaines de millions à chaque année d'aide
comme ça, ponctuelle, pour boucler le budget. Donc, mathématiquement, ça ne
peut pas faire autrement qu'être plus élevé qu'avant. Ça ne peut pas
être autrement.
M.
Grandmont : Donc, je comprends que, pour vous, là, il y a une
séparation très nette à mettre sur la question, là, des déficits puis des
opérations entre la responsabilité des villes puis du gouvernement.
Mme Guilbault : Dans quel sens?
M. Grandmont : Bien,
c'est ce que vous expliquez un peu, là. J'essaie juste de résumer un peu, là,
mais vous dites : À un moment donné, notre capacité de payer n'est pas
infinie, et il faut mettre... il faut mettre une ligne à quelque part. On la
trace, puis il faut qu'elle soit claire.
Mme Guilbault : Bien, on la trace... c'est-à-dire qu'à nulle part il est
écrit que le gouvernement doit assumer des déficits. Si on applique la
politique de financement de l'ARTM de manière stricte, là, on ne devrait pas
payer autant qu'on paie, mais on le fait quand même. Alors, je ne sais pas s'il
y avait une insinuation d'intransigeance dans la ligne claire que le député
nous dit, mais, s'il y a un gouvernement qui a été conciliant, ouvert et
généreux, c'est bien le nôtre.
• (16 h 50) •
Maintenant, c'est vrai que la capacité de payer
n'est pas infinie. Puis le même citoyen qui paie des taxes à la ville de
Montréal, il en paie aussi au gouvernement du Québec puis il en paie aussi au
gouvernement fédéral. Alors, tu sais, il faut trouver une solution à ça, là,
donc... Puis l'argent n'apparaît pas par magie. Puis là, effectivement, on aura
le... Tu sais, on va... en tout cas, on va laisser les choses se dérouler, mais
moi, j'aurai des choses à proposer pour le
développement immobilier. Voilà un bel exemple de nouvelle source de revenus
potentiels, mais ça ne réglera pas des déficits de 560 millions, tu
sais.
En tout cas... Mais tout ça... Tu sais, je ne
veux pas m'autofilibuster en parlant trop longtemps de d'autres choses, là. Puis, de toute façon, on va avoir, là,
cet automne, les audits, puis des choses, puis plein d'autres belles occasions
de parler de financement de transport collectif. D'ailleurs, c'est le colloque
de l'ATUQ cette semaine, je ne sais pas si mon collègue y va, et... alors,
c'est ça, sans doute qu'ils vont parler de ça.
Tu sais, on
a... C'est un même défi qu'on partage, là, ça fait qu'il faut le relever
ensemble. Ça ne peut pas être juste,
justement : Je te pitche ce problème-là, tu me le repitches. Ça ne peut
pas... ça ne peut... Tu sais, ce n'est pas viable à long terme.
M.
Grandmont : Non. Puis mon objectif, aujourd'hui, n'était pas
de faire un débat sur la question du financement des opérations puis des
déficits structuraux qu'il y a dans le transport collectif, mais je trouvais ça
intéressant quand même de vous entendre
là-dessus, parce que vous... dans votre esprit, on dirait qu'il semble qu'il
faut qu'il y ait une limite, à un moment donné, qui est tracée, alors
que, si on revient au projet de loi, bien, on décide d'offrir une vision très
large de ce que potentiellement Mobilité Infra Québec peut faire, alors que les sociétés de transport
demandent, elles, de leur côté, que ce soit très clair.
Par exemple, le maintien d'actif, on ne veut pas
que Mobilité Infra Québec traite ou puisse réaliser des projets de maintien
d'actif, puis ça, ça ne semble pas recevoir votre bénédiction. Donc, il y a
comme quelque chose là-dedans que je trouve un peu paradoxal. Si les sociétés
de transport disent : Nous, on veut garder cette partie-là, cette chasse
gardée, cette partie-là de la réalisation de l'ensemble des opérations qui
mènent à la réalisation d'un bon service de transport collectif, bien, c'est ce
qu'ils demandent... c'est exactement la même chose que pour vous, du côté des opérations, c'est qu'on trace la ligne,
qu'elle soit très claire, pour éviter les ambiguïtés, éviter les tiraillements
politiques aussi par la suite.
Je pense que,
dans votre volonté, là... vous l'avez bien expliqué, dans votre volonté, au
niveau du financement, de ne pas se
pitcher le problème puis que ça... na, na, na, puis trouver des solutions, mais
il y a aussi, en quelque part tracer, la ligne de la responsabilité.
C'est un peu... Puis, comme je vous dis, je suis ouvert à revoir le libellé,
là. Ça ne me dérange vraiment pas, mais et la STM et l'ATUQ ont mentionné, de
leur côté, qu'ils seraient intéressés à ce qu'on trace cette ligne-là puis que certains des éléments ne puissent pas
éventuellement être couverts par Mobilité Infra Québec. Elles veulent le
garder. C'est juste ça.
Mme Guilbault : Oui. Bien, c'est parce que je trouve sa comparaison... Là,
je cherche, j'ai ma politique de financement ici, mais en tout cas, je ne
prendrai pas trop de temps, là, que je traîne toujours avec moi, entre autres
documents.
M. Grandmont : C'est... qu'est-ce
que vous traînez toujours avec vous?
Mme
Guilbault : Ça, c'est la politique de financement de l'ARTM...
bien, qu'il faut réviser, d'ailleurs, qu'on est en train de réviser.
M.
Grandmont : Ah! je pensais que c'était... OK. Je pensais que
c'était la politique de Mobilité durable du Québec que vous traîniez
toujours avec vous.
Mme
Guilbault : Mais j'ai mon plan d'action en sécurité routière,
j'ai mon plan... j'ai une dizaine de documents que je traîne toujours
avec moi, puis c'est ce que j'ai besoin pour vivre ma vie.
M.
Grandmont : C'est parce que j'ai hâte qu'on aille... toujours
avec nous, c'est notre plan d'action en mobilité durable, là. Ça se
révise, là. Ça se révise, là.
Mme
Guilbault : Bien, j'ai plein de choses importantes sur
lesquelles je travaille. Bien, je suis allée au forum de mobilité... Ah! non, c'était au vélo, mais je
suis allée au forum de mobilité durable aussi avec mon collègue dernièrement.
Bref, je ne suis pas sûre
que la comparaison tienne, là, parce que la ligne très claire dont il parle,
que je te tracerais dans les affaires de déficit, justement, elle n'est pas si
claire que ça. C'est ça que je lui explique depuis tantôt. Elle est devenue très poreuse depuis la pandémie. Et, si on s'en
tenait à dire : Il existe des programmes de soutien, le PADTC, le
PAUTC, le PAGDTC, la SOFIL, appliquez sur les programmes, vous allez avoir
votre part, puis ça va être ça, comme ça a
toujours été... comme ça a toujours été, ça, ce serait une ligne très claire.
Puis après ça, arrangez-vous avec vos déficits, augmentez vos tarifs,
coupez vos services, arrangez-vous.
Or, ce que la CAQ a fait, c'est plutôt
l'inverse, dire : Regardez, nous, on ne peut pas prendre tous les déficits
systématiquement au complet, là, chacun a sa
responsabilité là-dedans. Mais néanmoins, plutôt que de dire :
Arrangez-vous avec vos troubles, on va en prendre une partie de vos déficits,
une partie importante. L'année passée, c'était 70 %, à peu près. Ça
équivalait à peu près à 70 % du déficit cumulé. On couvrait tout le
conjoncturel, là, ce qui est la perte
tarifaire, qui est de moins en moins grand, parce que la perte tarifaire est de
moins en moins grande, parce que les gens sont retournés vivre leur vie
et...
Ça fait qu'on tombe dans le conjoncturel, là. Le
conjoncturel, c'est des déficits d'exploitation, d'opération et qui sont... dont
les dépenses sont principalement de la masse salariale, donc liées à des
salaires qui sont plus élevés dans les
villes qu'au gouvernement et qui sont le fruit aussi de renouvellement de
conventions collectives sur lesquelles, évidemment, on n'est pas impliqués dans les négociations. On n'a aucun
contrôle. Autrement dit, nous, au gouvernement, on paie nos gens moins
cher qu'à la ville puis, en plus, il faut financer les hausses salariales de la
ville, si on résume, entre autres.
Donc, peu importe l'angle sous lequel on prend
ça, ça n'a aucun sens de penser que le gouvernement peut assumer
systématiquement des déficits d'opération de sociétés qu'il ne contrôle pas.
Malgré tout, on a été plus qu'au rendez-vous. Donc, plutôt de dire la ligne...
la ligne claire ou la ligne dure que mon collègue dit : Arrangez-vous avec vos déficits, on a donné énormément d'argent,
énormément d'argent. C'est pour ça que le tableau qu'il aime tant, la
colonne de la CAQ est si grande. C'est parce qu'on a donné beaucoup d'argent
puis là, en plus, on va ajouter de la prévisibilité avec un cadre financier à
long terme. Ça fait que ça va être encore mieux. On n'aura même plus besoin, à
chaque année, de se taper ça, la... Parce qu'il peut en parler à ses amis élus,
là, à Montréal, là, ou à Québec, c'est... tu sais, tout le monde, là, a hâte
d'avoir de la prévisibilité. Alors, j'ai bien hâte que ça se conclue.
M. Grandmont : Avez-vous des amis
élus à Montréal, vous?
Mme Guilbault : Bien oui. Moi, j'ai des amis partout.
M. Grandmont : Parfait. Excellent.
Non, c'est parce que vous en parlez comme si moi, j'avais des amis élus à
Montréal. Puis on essaie de faire des associations...
Mme
Guilbault : Bien, je tiens pour acquis que les élus de
Montréal et de Québec sont vos amis. Mais, encore là, j'ai... c'est
peut-être présomptueux.
M. Grandmont : Ah! le plus possible,
le plus possible.
Tantôt, vous avez dit que ce serait bon d'avoir
un acteur neutre. Je ne sais pas si vous vous souvenez, là, vous avez dit : MIQ, Mobilité Infra Québec va
être un acteur neutre dans la réalisation des projets de transport collectif et
routier, là, évidemment, aussi, là. Mais en quoi Mobilité Infra Québec sera neutre
plus que les acteurs qu'on a?
Mme Guilbault : Mais en quoi ils ne seraient pas neutres?
M.
Grandmont : Non, mais plus que... En fait, je vais compléter,
mais plus que les acteurs qu'on a actuellement, là.
Mme Guilbault :
Mais c'est qui les acteurs qu'on a actuellement? On n'en a pas. C'est justement
ça l'idée.
M. Grandmont : Mais non. Non, vous
en avez...
Mme Guilbault : C'est la Caisse de dépôt.
M.
Grandmont : Non, vous en avez nommé plusieurs, là. Vous avez
dit : Les sociétés de transport, l'ARTM... Vous avez nommé ce que
je pourrais résumer par certains lobbies, là, des groupes, puis, après ça, il y
a les villes, évidemment, aussi. Là, vous
dites : MIQ... Mobilité Infra Québec va arriver puis va être un acteur
neutre dans le débat, puis ça, ça va faire du bien.
Mme Guilbault : Oui.
M. Grandmont : En quoi MIQ est
neutre?
Mme Guilbault : Mais c'est parce que c'est un acteur supra, ce n'est pas
son territoire à lui. Lui, là, il va avoir un rôle de coordination, puis
d'arbitrage, puis d'harmonie, de... tu sais. Ce n'est pas son territoire à lui.
Quand tu es, par exemple, la STM, tu n'es pas neutre dans la mesure où tu
arrives dans ce projet-là. Oui, tu veux le bien, puis tu
veux que le projet fonctionne, mais tu veux surtout t'assurer que, sur ton
territoire, tu as ce que tu veux puis que... Tu sais, je veux dire, mettons
que, globalement, le gouvernement dit : On a un budget de tant puis on
prévoit tant de stations... mais là tu veux
t'assurer que, selon toi, ce que tu évalues des besoins de ta population sur
ton bassin, dans... sur ton territoire, tu as tant de stations. L'autre
veut des stations aussi, il veut que ça se rende à telle place. Par exemple, je ne sais pas moi, tu es à Terrebonne,
tu es à Repentigny, tu es à Mascouche. Moi, je voudrais que ça se rende
chez nous. Non, moi je voudrais que ça vienne chez nous.
Alors, tout ça, là, il n'y a aucun des acteurs
individuellement concernés qui peut et qui doit jouer le rôle du conciliateur
ou du coordinateur... du coordonnateur global, puis ce n'est pas son rôle, puis
c'est normal, ce serait un conflit de loyauté. Lui, il faut qu'il s'arrange
pour... Il faut qu'il défende les intérêts de ses citoyens puis qu'il s'occupe de
son...
C'est vraiment un enjeu de fougère, cette
affaire-là, là, sans vouloir utiliser à outrance cette expression-là, mais on est en plein là-dedans. Tu as plein de
gens qui ont chacun leur fougère, qui ont été élus pour gérer une certaine
fougère ou qui ont été nommés pour gérer une certaine fougère à la tête d'une
société de transport, puis là, bien, tu leur demanderais tout à coup de
travailler avec plein de monde qui ont des fougères différentes, d'essayer de
faire marcher un projet que, de toute façon, ce n'est même pas ce monde-là qui
paie, c'est le gouvernement au-dessus, mais le gouvernement n'a aucun contrôle
là-dessus. On tombe encore dans le même principe de dire : C'est plein de
monde ensemble, avec des intérêts pas toujours convergents, avec, des fois
même, des intérêts divergents, avec pas nécessairement
les... tu sais, comment je pourrais dire, pas les bonnes compétences, mais, tu
sais, c'est-tu à quelqu'un de
Montréal d'aller décider, dans un projet, comment ça va se passer sur la
couronne de Montréal? Non. À juste titre, Exo puis... Tu sais, tout ça
n'est pas viable.
Juste en parler, je m'imagine ce que ça
donnerait, ce genre de situation là. Puis, comme j'ai dit, on l'a connu dans le
REM de l'Est et pourtant on l'avait l'acteur neutre. La Caisse de dépôt, ce
n'est pas des élus, ces gens-là, là. Ils sont... tu sais, ils n'ont pas de
tiraillements politiques, justement. Ils sont nommés, ils ont leur salaire, eux
autres, ils veulent juste qu'un projet marche
puis qu'il soit rentable, puis malgré tout, ils ont été empêtrés dans tous ces tiraillements-là. Alors, imaginez, si tu n'avais
même pas eu la Caisse, tu avais juste eu un de ceux-là qui essaie de gérer les
autres. Impossible.
Ça fait que, si on veut des vrais projets
complexes puis, encore une fois, de transport collectif complexes, qui, encore
une fois, est la mission de MIQ, il faut avoir cette entité-là, neutre, parce
que... je n'aime pas l'expression «au-dessus», parce que ce n'est pas dans un
sens de supériorité, c'est dans un sens de supra, c'est dans le sens de pas
personnellement concerné par les intérêts particuliers d'un territoire ou d'un
autre, ou d'un élu ou d'un autre. Tu sais, c'est une compétence territoriale
élargie, donc il n'y a pas d'enjeu de territorialité, justement, pour elle.
L'enjeu, c'est qu'il faut que ça marche. Sur ce territoire-là, j'ai déterminé
que le besoin, il est là, je planifie un projet sur ce territoire-là, indépendamment de changer de MRC, ou de changer de ville,
ou de changer de maire ou de mairesse, là, tu sais. Alors donc, c'est
ça, c'est... Plus j'en parle, plus je trouve ça emballant.
• (17 heures) •
Une voix : ...
Mme Guilbault : Non, c'est ça. Mais ça, je l'ai dit tantôt, c'est ça...
Puis ils ne font pas l'exploitation, donc éventuellement,
tout ça va être... mais, tu sais... Donc, cette fougère-là de l'exploitation,
vous voyez, ils ne se mêlent pas de ça, là, chacun va reprendre ses
affaires, mais... c'est ça.
M. Grandmont : Mais MIQ, là, prend
des mandats que le gouvernement lui donne? Est-ce que vous pensez que le
gouvernement est neutre?
Mme Guilbault : Bien, il est neutre, oui, dans le sens où le gouvernement,
il veut un projet, il identifie, par exemple,
un besoin, il dit : Moi, je veux un projet depuis... Aïe! ça
fait combien de fois que je le dis? L'est de Montréal, la couronne nord, ça prend un projet là-bas. Je ne
m'en cache pas, là, je l'ai... je ne sais pas combien de fois j'ai dit ça.
Ça fait qu'après ça, MIQ part, puis là, en plus, il y a du travail qui a déjà
été fait. Tu sais, on a ramassé ce que la Caisse avait fait à l'époque. Après
ça, c'est allé dans le comité ARTM, STM, ville de Montréal, ministère. Après
ça, on a redemandé à l'ARTM de repasser, quand ils ont sorti le projet à
36 milliards, puis que tout le monde a trouvé que c'était fou, puis ils ont refait un autre projet. Là, le dernier
tramway, c'est 18 milliards, je pense, 31 kilomètres ou 33 kilomètres,
en tout cas, bon... mais ça fait qu'ils vont partir de quelque chose qui a déjà
été fait. Mais c'est quand même du travail
qui a avancé, mais c'est ça, tu sais, MIQ... Je ne me rappelle plus c'était
quoi, la question, mais, tu sais, MIQ n'a pas de...
Une voix : ...
Mme Guilbault : Bien, c'est ça. Bien, oui, le gouvernement est neutre,
parce que c'est... Nous, là, on n'a pas de
considération territoriale. Nous, quand on traverse la rivière, là, pour aller
de l'autre côté ou pour aller à Repentigny, pour nous, tu sais, on n'est
plus avec le même élu. On change de maire ou de mairesse, on change de... Mais
nous, on veut juste que les citoyens
puissent se déplacer, globalement, sur un territoire donné parce qu'on sait
qu'ils ont besoin de se déplacer
au... tu sais, au sein de ce territoire-là, indépendamment des considérations
territoriales, ou électorales, ou, tu sais... Nous, on veut que sur ce
bassin-là... que ce bassin de gens là, sur ce territoire-là, puisse se déplacer
de cette façon-là.
M. Grandmont : Je
suis d'accord avec vous sur le rôle, disons, macro.
Mme Guilbault : Macro, c'est ça.
M. Grandmont : C'est peut-être
l'expression que j'utiliserais, là. Mais c'est sur le fait que c'est neutre que
j'ai plus de difficulté. On peut prendre
deux exemples tout près d'ici : le tramway, le troisième lien. Je veux
dire, s'il y a quelque chose d'électoraliste puis de politique dans
l'air, je veux dire, c'en est deux bons exemples. Donc, est-ce que le gouvernement
est neutre?
Mme
Guilbault : Mais selon le... Je ne comprends pas. Le député
devrait être content qu'on fasse un tramway. Il trouve ça électoraliste?
M. Grandmont : Bien, je pose la
question...
Mme Guilbault : Il me donne l'exemple du tramway de Québec puis du
troisième lien. C'est deux projets nécessaires à Québec et fortement désirés
par les gens de Québec.
M. Grandmont : Mais est-ce que c'est
une décision neutre que de dire ça?
Mme Guilbault : Est-ce que c'est...
M. Grandmont : Est-ce que c'est une
décision neutre que de vouloir réaliser ces deux projets-là?
Mme
Guilbault : Bien, il y a une décision du gouvernement... Quand
j'ai dit que le gouvernement et MIQ sont neutres dans le sens où ils
n'ont pas de...
Une voix : ...
Mme Guilbault :
Bien oui, effectivement, ils ont une mission de service public qui n'est pas
celle de la Caisse de dépôt, de la CDPQ Infra, ce que j'ai souvent expliqué. Ça
fait qu'on ne peut pas éternellement dépendre d'eux
autres, parce qu'eux autres, ils ont d'autres considérations tout à fait compréhensibles. Mais on est... étant donné qu'on est macro, on n'a pas besoin... Puis le
tramway, là... bien, disons, le Plan CITÉ au complet, c'est un bon exemple, là.
Nous, on voit régionalement le mandat qu'on avait donné à la caisse, ici, dans
la CMQ. Tu sais, la ville de Québec s'occupe de la ville de Québec, elle
ne va pas aller s'occuper de comment on va connecter ça à Lévis puis comment on
va aménager les autobus à Lévis, mais nous,
oui, ça va être pris en compte dans le projet, tout ça. C'est le même exemple
que dans le Montréal métropolitain puis c'est le même... Là, après ça, tu sais,
je parle des fois qu'il va y avoir, éventuellement,
une volonté, peut-être à Sherbrooke, d'avoir aussi... En Outaouais, là, c'est
moins métropolitain là-bas, mais, tu sais, encore là, Gatineau... tu
sais, un jour, un projet qui partirait de Gatineau puis qui va à Ottawa, ce
n'est peut-être pas métropolitain au sens
québécois, mais c'est deux territoires, tu sais, c'est... C'est des choses compliquées,
là.
M. Grandmont : Ce que je veux vous
dire, c'est que, pour moi, la neutralité est toute relative, parce qu'en
quelque part c'est tout le temps le gouvernement qui va décider, qui va donner
des mandats à Mobilité Infra Québec et
que... ultimement vont payer aussi. Donc, en quelque part, il y a une certaine
forme de neutralité sur l'échelle à laquelle elle travaille, parce qu'on
est au-dessus de certaines... certains tiraillements qu'il peut y avoir, dû à
son rôle macro. Mais ça reste quand même un
acteur qui va... qui ne sera pas entièrement neutre non plus, parce qu'il y a
du décisionnel là-dedans, parce qu'il y a des orientations
gouvernementales qui sont très claires. C'est le gouvernement qui mandate
Mobilité Infra Québec. Donc, ça, c'est très clair pour moi, là. Je ne sais pas
si ça l'est pour Mme la ministre aussi, là.
Mme Guilbault : Oui, mais, tu sais, le gouvernement, il est élu pour
gouverner aussi, là. Qu'un gouvernement prenne des décisions, je pense que
personne ne va se surprendre de ça, encore moins s'en insurger. En tout cas, j'espère, sinon, tant qu'à, ça on ne
nommera plus d'élus, puis les sous-ministres vont gérer le gouvernement,
là, tu sais. Mais une fois que la décision est prise, MIQ est neutre dans le
sens où non seulement il a les compétences pour
le faire, mais il a le... c'est ça, il a la vision puis le pouvoir
extraterritorial, là, tu sais. Comment on a dit ça tantôt?
Une voix : ...
Mme Guilbault : Compétences territoriales élargies.Bon, ils ont
débordé, ils ont débordé les compétences des sociétés de transport, qui sont
limitées à des considérations... à des compétences territoriales parce que...
sur des territoires donnés puis... non pas parce qu'elles ne sont pas
compétentes, parce que depuis...
L'exemple que
j'ai... le premier exemple que j'ai donné, du REM de l'Est, qui tombe dans au
moins deux sociétés de transport, plein d'élus, plein de monde, plein de
parties prenantes, plein de groupes, plein de ci, plein de ça, des citoyens, à
juste titre, vont venir s'exprimer là-dessus. Ça devient très, très, très
rapidement fastidieux, ces choses-là. Et ce
n'est même pas... c'est ça, ce n'est même pas possible. Ça ne devrait même pas
être normal, par exemple, de dire... la ville de Montréal, on lui demande
de développer un projet dans l'est de son île, puis de s'arranger pour que ça
aille se ramifier, puis arrange-toi avec Exo, puis trouve
une façon que ça marche dans le nord. Imaginez-vous comment c'est sûr que ça ne
marcherait pas. Ça nous prend ça, puis ce n'est pas pour...
Puis là on tombe un peu, quasiment, dans la
remise en question du bien-fondé de MIQ. En tout cas, j'espère que je me
trompe, parce que, si mon collègue de Taschereau ne pense toujours pas que
c'est nécessaire d'avoir une agence pour faire du transport collectif puis
avoir des projets qui dépassent des lignes d'autobus ou des petits projets sur
un territoire donné, parce que c'est toujours trop compliqué quand on sort de
ça, je ne sais pas ce que ça va lui prendre, là. Si c'est rendu que la CAQ doit
convaincre Québec solidaire qu'il faut faire plus de transport collectif
d'envergure au Québec, je pense, ça va nous prendre du vin québécois avant
longtemps, de la carte du Parlementaire. Parce que, tantôt, on faisait cette
proposition-là...
M. Grandmont : D'accord. Bien,
écoutez...
Mme Guilbault :
Pour le bien du vin québécois.
M. Grandmont : ...je vous rassure...
Non, non, je veux dire, nous, ce qu'on veut, c'est des outils pour être
capables de développer plus de transport collectif, mais encore faut-il que ces
outils-là soient les plus efficaces possibles.
Puis pour l'instant, comme je l'ai dit déjà, il y a des améliorations notables
à apporter, en tout cas, on pense, au projet de loi n° 61.
Quand je disais tantôt : Le mandat de
Mobilité Infra Québec est trop large, c'est là où on risque d'avoir des
recoupements puis du tiraillement, parce que les décisions sont prises par le
gouvernement. Le mandat est confié par le
gouvernement, il va donc s'ingérer sur un territoire, potentiellement, il va
peut-être déployer des projets sur lesquels il y aura de l'opposition.
Puis son mandat aussi est très large. Alors, c'est pour ça, moi, je...
Je ne sais pas combien de temps il me reste...
Il me reste deux minutes? Tantôt, vous avez répondu à une de mes questions en parlant de... c'est sûr qu'il y
aura toujours des projets... on va toujours être sur le territoire d'une ville,
quand on va vouloir déployer un projet de transport collectif ou un
projet de transport routier complexe, évidemment. Le territoire est à peu près
couvert par des villes, partout, à peu près, en tout cas, là où on a des
besoins de transport. Et c'est pour ça qu'il
faut absolument que le mandat de Mobilité Infra Québec soit clarifié, parce que
les villes veulent avoir le respect de leurs compétences. Et, tu sais...
En fait, est-ce que vous êtes capable de me dire que Mobilité Infra Québec ne
s'occupera jamais de maintien d'actif?
Mme Guilbault : Mais non, mais les termes comme «toujours» et «jamais» ne
peuvent pas être utilisés dans le cadre d'une étude détaillée, surtout pas,
surtout...
M. Grandmont : Je ne pense pas que
c'est un propos non parlementaire.
Mme Guilbault : Non, pas dans ce sens-là, mais dans le sens que... surtout
de la bouche, en tout cas, d'une ministre qui plaide continuellement la marge
de manoeuvre. Donc, moi, je ne serai pas ici éternellement. Moi, ce que je dis, c'est qu'à court terme ou, en tout cas,
dans les deux ans qui me restent, j'aimerais qu'on donne un mandat pour
l'est de Montréal. Mais, un jour, ce ne sera plus moi, le ministre. Ce sera
peut-être le député de Taschereau, un jour. Ça fait que, tu sais... Alors, je
ne sais pas, moi, ce qui va arriver dans 50 ans.
Ce que je dis, c'est qu'on a besoin de ça. Qui
que soit le ministre des Transports du Québec, on a besoin de Mobilité Infra
Québec. Ça fait que ça prenait, un jour, un ministre des Transports qui le
fasse. Et moi, je propose de le faire avec une mission qui soit large,
suffisamment large pour donner une marge de manoeuvre, mais qui, surtout,
permet à court terme de faire du transport collectif complexe. Parce que, tel
qu'abondamment illustré dans notre conversation précédente, ça devient
rapidement compliqué quand tu veux faire un projet de transport collectif, au
Québec, autre que des autobus.
• (17 h 10) •
M. Grandmont : Mais donc vous ne
vous engagez pas à rassurer la STM ou l'ATUQ sur des champs de compétence pour
lesquels ils veulent garder la mainmise?
Mme Guilbault : Bien, je l'ai dit tout à l'heure, notre intention n'est
aucunement de se substituer aux opérations
des sociétés de transport. Mais là il me parle du maintien des actifs.
L'entretien du métro, ça va se faire sur des décennies. Est-ce que... Je
veux dire, je ne sais pas, moi, si, dans 40 ans, peut-être que le
gouvernement va faire du maintien d'actif, tu sais. C'est des questions... Des
fois, on nous pose des questions en essayant d'obtenir une réponse, pour dire : La ministre a dit ça.
Mais ça... En tout cas, je le dis en tout respect, là, pour moi, ça n'a pas de
pertinence, ce genre de questions là, parce que c'est des choses un peu
comme... C'est tellement du long terme, ces affaires-là. Tu tombes quasiment, tu sais, dans des notions
mathématiques, c'est quasiment... Ce n'est même pas une durée finie, là, tu
sais, c'est comme un jour, dans la vie. Ça me fait penser à l'UMPP, avant
qu'on réforme l'expropriation, tu sais. Tu calculais ça un peu, genre : Un
jour, il pourrait peut-être se passer ça avec mon immeuble, ça fait que, là,
dans ce cas-là, puis si j'ai telle, telle, telle circonstance — tout
ça, imaginaire, là — ça
vaudrait tant, ça fait que je me base là-dessus. C'est des choses qui, pour
moi...
Puis ce n'est pas pour rien qu'on l'a encadré,
d'ailleurs, dans la réforme d'expropriation. On ne peut pas présumer de décennies à venir. Ce qu'on peut
faire, par contre, et ce que moi, je me propose de faire, c'est de donner la
marge de manoeuvre d'une manière
intelligente. Je ne pense pas qu'on peut dire que ce n'est pas intelligent, le
libellé de la mission, actuellement, là. Puis
ensuite de ça, moi, mon objectif, c'est de faire du transport collectif
d'envergure et complexe, puis on a besoin
d'un projet dans l'est. C'est tout, puis on va le faire dans le respect des
compétences puis des capacités des sociétés de transport qui sont déjà
là.
M. Grandmont : Bien, écoutez, moi,
j'aimais mieux l'approche du...
Mme Guilbault : Qui sont toutes en faveur, en passant, de MIQ.
M. Grandmont : Avec des
conditionnels, évidemment. J'aimais mieux l'approche du député de Masson qui
avait, grâce à son amendement, amené une notion de collaboration avec les
municipalités. Les municipalités vous demandent de venir un peu mieux cadrer.
Vous savez, la ministre dit qu'elle trouve
incohérent... manque de pertinence, la discussion... en fait, de la façon dont
je l'apporte. Je trouve ça un petit peu... un petit peu insultant, mais, bon,
je passerai. Mais moi, ce que je pourrais dire, c'est que je ne vois pas la
cohérence entre les intentions affichées de la ministre et le résultat, ce qui
est écrit dans le projet de loi. Puis on
l'a, d'un côté, sur la notion de transport collectif versus transport routier,
elle insiste toujours pour dire «transport collectif complexe». Or, ce
que la loi dit, c'est qu'elle pourra faire du collectif et du routier ou toute
autre chose, là, qu'on n'a pas encore imaginée.
Puis la même chose aussi pour le travail avec,
par exemple, le maintien des actifs. La ministre dit : Ce n'est pas mon intention que Mobilité Infra Québec fasse
du maintien d'actif. En même temps, elle refuse mon amendement qui
viendrait statuer et tracer la ligne. À un moment donné, je ne sais pas, il y a
cet aspect-là, là, de cohérence que je trouve non fonctionnel, en quelque part.
C'est comme si on fait de la com, puis, après ça, il y a le projet de loi, puis
c'est deux choses qui ne se parlent pas.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Il vous reste 20 secondes.
M. Grandmont : Je pense que j'ai
conclu.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Parfait. Merci. Y a-t-il d'autres interventions
sur l'amendement du député de Taschereau? Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. J'essaie, moi
aussi, de comprendre la résistance de la ministre à circonscrire le rôle de
l'agence. Parce que je l'ai entendue dire, tout à l'heure : On ne va pas
s'occuper de la billetterie, ou de la billettique, ou de la gestion de parcs.
Bien, à ce moment-là, quel est l'enjeu, quel est le problème à l'exclure
d'emblée?
Je conçois qu'on peut donner une marge de
manoeuvre à l'exécutif, mais le pendant de ça, c'est d'essayer de préciser à
quoi sert l'agence et à quoi sert le projet de loi que l'on est en train
d'élaborer. Et j'ai entendu la ministre dire,
tu sais : Pour moi, ça n'a pas de pertinence. Mais je pense qu'il faut
élargir la réflexion au-delà de ce que la ministre peut penser qui est
pertinent ou pas. On a entendu, dans les consultations particulières, qu'il
fallait que l'agence, son rôle soit circonscrit, soit distinct de ce qui existe
déjà, éviter les chevauchements, éviter les empiétements. Et c'est exactement
ce à quoi doit servir la précision que vient apporter mon collègue député de Taschereau.
Est-ce que, si on n'exclut pas un certain nombre d'éléments qui sont nommés,
évidemment, la question qui peut se poser, c'est qu'on n'exclut pas le fait
d'embarquer là-dedans éventuellement? C'est essentiellement la question qui est
posée. Et, si oui, dans quel but?
Je comprends qu'il y a un élément de
financement. Il y a comme cette espèce d'approche qui dit que, bon, le
gouvernement du Québec contribue à la réalisation d'un certain nombre de
projets, dans l'agrandissement ou la construction de garages, l'électrification
notamment. Ça va de soi que le gouvernement du Québec va contribuer, puis ce n'est pas exceptionnel, dans le cadre du
gouvernement... l'exercice du pouvoir par le gouvernement actuel. Ça a toujours été le cas, que le gouvernement a des
programmes de financement à travers ses missions de soutenir différents
partenaires. Il y a des programmes aussi de financement dans les
infrastructures municipales, par exemple, mais les rôles sont assez bien
circonscrits entre le ministère des Affaires municipales et les municipalités
elles-mêmes. Et le ministère des Affaires
municipales n'a pas aucune velléité, malgré le fait qu'il peut soutenir des
projets d'infrastructure à hauteur de 50 %, 75 %, 80 %,
90 % parfois, dans l'assainissement des eaux, aucune velléité de faire le
job pour les municipalités, ou prendre la place des municipalités, ou les
mettre en tutelle.
Alors,
pourquoi est-ce que ce serait différent en matière de transport collectif? Si
la ministre et le gouvernement se reconnaît une responsabilité, j'ose
espérer que c'est le cas, responsabilité en matière de mise en place de
systèmes de mobilité efficients, efficaces,
et qui répondent aux besoins des citoyens, et qui soient le plus... évidemment
qu'on... qui soient le plus rentables possible, socialement,
environnementalement et économiquement, pourquoi est-ce qu'on devrait
nécessairement ouvrir la porte à ce qu'il y ait une certaine ingérence, je
dirais, dans les responsabilités qui appartiennent
d'emblée, qui sont reconnues par le gouvernement comme étant des compétences
dévolues aux sociétés de transport ou aux municipalités?
Moi, ce que
j'ai retenu des consultations particulières, c'était de dire : Chacun doit
assumer ses responsabilités. Et c'est ce que l'on souhaite faire, et que
le mégabureau de projets qui porte le nom de Mobilité Infra Québec, bien, qu'il
fasse ce qu'on n'est pas capables de faire et ce qui ne rentre pas dans nos
responsabilités. Mais pour ce qui est de
celles qu'on assume avec compétence, même si le gouvernement du Québec peut
être appelé à contribuer sur le plan financier, bien, qu'on nous le
laisse faire, parce qu'on le fait déjà très bien. Et pourquoi ouvrir cette
porte-là à ce que le gouvernement le fasse à la place...
ou l'agence gouvernementale le fasse à la place des sociétés de transport?
Bien, la question demeure entière, et puis je ne pense pas qu'on y réponde de
façon frontale. Si on n'exclut pas, dans la proposition
qui est faite, ces projets-là, ma question à la ministre, c'est : Est-ce
que vous n'excluez pas le fait que l'agence le fasse?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre...
M.
Arseneau : Est-ce que vous pouvez envisager que l'agence
prenne la responsabilité des sociétés de transport en matière d'agrandissement
de garages? Est-ce que c'est ce que vous voulez vous réserver à vous, aux
gouvernements qui viendront, la possibilité de faire les garages pour
les sociétés de transport parce que le gouvernement du Québec en assume une
partie du financement, partie importante? Est-ce que c'est ça que ça veut dire?
• (17 h 20) •
Non, mais je pense que c'est important de dire
ça. Vous n'êtes pas obligés... le gouvernement du Québec n'est pas obligé de financer tout ce qu'on lui
demande de financer. À preuve, il refuse la majorité des projets d'infrastructure,
par exemple, dans le milieu hospitalier, ou on refuse d'inscrire, même si on
s'y est engagés, des projets au PQI pour des rénovations d'hôpitaux comme à
Maria, ou comme au Centre-du-Québec, ou comme en Abitibi. Alors là, c'est comme si vous aviez les pieds et les mains liés
parce que les sociétés de transport ont besoin d'agrandir un garage, puis on
n'a pas le choix de dire oui, ça fait qu'on va se garder la possibilité de
prendre le contrôle du projet. Est-ce que c'est ça que ça veut dire?
Mme Guilbault : Bien, un... Bien, oui, un garage peut être complexe pour un
ou pas pour l'autre, là, mais même la...
Parce qu'on se rappelle, c'est des projets complexes, donc il faut voir aussi
quel genre de garage. Évidemment qu'un garage dans une certaine ville ne
sera peut-être pas comme un garage dans une autre ville. Mais il me dit : Vous n'êtes pas obligés de les faire, les garages.
Bien, je l'invite... je ne sais pas s'il rencontre les sociétés de transport, de
temps en temps, mais je l'invite à aller leur dire ça, aux sociétés de
transport : Vous n'êtes pas obligés de faire les garages, le gouvernement
ne devrait pas être obligé de faire vos garages, puis il reviendra me dire la
réponse qu'il a reçue. Tu sais, c'est sûr
que c'est facile à dire, en principe, sauf que c'est comme de dire : J'ai
juste à ne pas les payer, les déficits des sociétés de transport. On
voit ce que ça donne.
Puis le même député qui vient de dire ça, si
jamais je disais : Bien, le PQ me suggère de ne plus payer les garages, si ça ne me tente pas, si je manque
d'argent, après ça, il serait le premier à se lever pour dire : Ça n'a pas
de bon sens qu'elle ne paie plus les garages. Mais vous voyez, ça, c'est
le genre d'univers dans lequel on évolue. Mais passons là-dessus.
Donc, oui, les garages coûtent une fortune, une
fortune. Puis là, que ce soit sur les garages, le maintien du métro et le
reste, n'importe quel exemple de projet d'infrastructure qui pourrait
potentiellement être complexe, qu'on va me présenter en disant : Est-ce
qu'elle s'engage à faire ça un jour, est-ce qu'elle va le faire avant... toute
cette ligne de questions là, je vais répondre la même chose. Moi, à court
terme, en deux ans, considérant le temps que les choses prennent, je ne prévois
pas, en ce moment, à la création de MIQ, à la mise en place de MIQ... je ne
prévois pas lui confier un garage. En ce
moment, là, ce n'est pas dans mon intention. Mais qu'est-ce qui peut arriver
dans la vie? C'est pour ça qu'il faut prévoir des marges de manoeuvre.
Tu sais, le Parti québécois a déjà été au
gouvernement. Eux, ils devraient comprendre ça, là, les marges de manoeuvre. Tu
sais, on ne sait pas ce qui peut arriver. Il faut se donner les pouvoirs
généraux d'agir, il faut donner des pouvoirs
généraux aux ministres. Souvent, on va mettre, dans des lois, des pouvoirs, des
directives, des pouvoirs... tu sais, c'est général, pour que les
ministres, les ministères, les gouvernements puissent agir quand c'est le
temps, sans être toujours en train d'aller modifier une loi pour un oui ou pour
un non. C'est ça, le concept, projets de transport complexes. Mais le but, non,
ce n'est pas de faire un deuxième ministère des Transports déguisé en agence,
puis non, ce n'est pas de devenir une société de transport déguisée en agence.
Ça ne m'intéresse pas de faire de la billettique.
Pensez-vous que j'ai envie de gérer des billets d'autobus, tu sais? Puis on me
met ça dans un amendement.
Alors, il faut revenir à la base, là. On crée
une nouvelle équipe pour faire ce qu'on n'est pas actuellement capables de
faire. Mais moi, n'étant pas... Puis c'est drôle, sur chaque projet de loi, je
finis par sortir ce mot-là, la preuve qu'on m'amène toujours dans les mêmes
angles, je ne suis pas devineresse — le féminin de «devin» — je ne
suis pas devineresse et je ne sais pas ce
qui va arriver. Moi, j'en ai encore pour deux ans peut-être, peut-être moins, j'espère
que deux ans... et donc, après ça, tu sais, je ne le sais pas ce qui va
arriver. Ça fait que, tu sais, je ne me considère pas, moi, tu sais, le début et la fin de tout ce qui se passe avec cette
loi-là, là. Moi, je ne suis que le début, et les gens après moi vont
s'administrer avec cette loi-là. Et si, dans cinq ans, dans 10 ans, dans
22 ans, il y a des nouveaux besoins qui
sont apparus, les choses ont évolué, bien, le ministre de l'époque puis le
gouvernement qui aura été élu pour gouverner, il va prendre ses
décisions puis, s'il veut modifier la loi, il le fera. Mais pour l'instant,
moi, je pense que c'est sain de faire ça comme ça.
M. Arseneau : ...Mme la Présidente,
je voudrais revenir sur la question du financement des infrastructures. Ce que
j'ai dit, là, puis je pense qu'on peut en convenir, le financement par le
gouvernement du Québec de projets d'infrastructures, il répond à un certain
nombre de critères que se donne le gouvernement, et le gouvernement n'est
jamais contraint d'accepter une demande de financement de quelque organisme que
ce soit. Il juge de la pertinence et il
inscrit ces projets-là. C'est ce que j'ai dit tout à l'heure. Je n'ai pas dit,
d'aucune façon, ce que la ministre essaie de me faire dire, c'est qu'on
ne refuse aucun projet. Ce n'est pas ça du tout ce que j'ai dit, c'est
exactement l'inverse. En fait, ce que j'ai dit, c'est que
ce n'est pas parce que le gouvernement du Québec finance la mise en oeuvre de
certains projets, des projets d'infrastructures, notamment, à travers
différents ministères, qu'il doit prendre le contrôle de tous les chantiers. Il
doit... exactement. Donc, la ministre me fait signe que ça va de soi, alors...
Mme Guilbault : ...complexes seulement.
M. Arseneau : Mais l'argument qui
semble servir à la ministre pour dire «on n'exclura rien», elle l'a fait valoir
tout à l'heure, c'est parce que, dans certains cas, elle a nommé les garages,
on peut aller jusqu'à 80 % du financement. Bien, on peut aller à 80 %
de financement pour un garage et laisser la société de transport qui est
compétente pour le construire le faire, avec, évidemment, un certain nombre de
critères d'imputabilité, de reddition de comptes. Et c'est comme ça,
habituellement, que le gouvernement gère ses affaires, tout en laissant les
sociétés de transport gérer les siennes, en collaboration avec un financement
qui peut être collaboratif, différents paliers de gouvernement. Et je ne vois pas où est le problème à exclure du projet
de loi actuel les compétences qu'on reconnaît déjà à des sociétés de
transport.
Et l'élément que je voulais amener, c'est sur la
partie divinatoire. Personne ne peut prévoir ce qui va se passer dans l'avenir,
à moyen et long terme, mais il y a quand même une certaine prévisibilité, je
pense, que le gouvernement essaie de se donner dans différents projets de loi,
différents secteurs, et c'est également la même chose pour les sociétés de transport. Et là ce qu'on vient créer, c'est
une espèce d'incertitude à savoir si, dans l'avenir, sans pouvoir deviner l'avenir... est-ce qu'on aura
la capacité de réaliser les projets pour lesquels on a des compétences,
puis on a des projets... parce qu'il y a une agence qui pourrait
potentiellement venir faire le travail à notre place. Bien, ça, ça veut dire
quoi pour nos équipes, ça veut dire quoi pour notre planification de travaux,
et ainsi de suite, s'il y a l'agence qui n'a pas ce rôle-là mais pourrait se
l'octroyer ou se le voir octroyer par le gouvernement?
Donc, il y a,
à travers le refus d'exclure les compétences qui sont déjà dévolues aux
sociétés de transport, un facteur d'incertitude
qui me semble inutile pour avancer et faire des projets de transport collectif,
comme ce à quoi doit servir l'agence de façon prioritaire. Non?
Mme
Guilbault : J'ai-tu le temps de répondre? Oui? Bien là,
premièrement, là, les garages, là... ça commençait encore par les
garages, puis il me dit... Là, il nous parle des garages. Moi, je parle des
garages uniquement parce que c'est dans le texte de l'amendement du député de
Taschereau, là. Je n'ai pas... Parce que je l'ai dit tantôt, moi, en ce moment,
dans ma tête, je n'ai pas dans l'idée de confier un garage à MIQ, là,
aujourd'hui, là. Maintenant, qu'est-ce qui va arriver dans... Qu'est-ce qui va
arriver, même, dans les deux prochaines années? Moi, je ne le sais pas.
Imaginons, je ne sais pas, moi, là, si on veut
tomber là-dedans, dans le divinatoire... J'aime ça parce que ça me fait penser
au Grimoire, désormais célèbre, feu Le Grimoire. Tu sais, imaginons, je ne sais
pas, moi, un désastre ou je ne sais pas,
imaginons qu'une société de transport elle-même dise : Je suis tannée de
m'occuper de ça, justement, ça coûte cher, je suis tannée de revenir
demander de l'argent, c'est long puis, tu sais, c'est compliqué pour rien, de
toute façon, c'est déjà le gouvernement qui paie. Ça fait qu'au lieu de
m'obstiner avec le gouvernement pour aller chercher de l'argent à chaque fois
que j'ai des dépassements de coûts, je vais laisser s'en occuper. Tu sais, on
peut le voir à l'inverse aussi, peut-être qu'un jour des sociétés de transport
vont voir des opportunités.
Quand MIQ, là, tu sais, parce que là c'est tout
nouveau puis c'est très conceptuel... mais quand ça va arriver dans la vraie
vie puis qu'ils vont travailler avec MIQ, puis la collaboration... Tu sais, il
me dit... puis là je fais le lien avec le facteur d'incertitude, puis tout ça.
MIQ, là, c'est un acteur qui va avoir besoin de travailler en collaboration
avec les gens. Il ne pourra pas, tout seul dans son bureau, dire : Toi,
untel, j'arrive là, je fais ça telle date, ça fait que tu peux venir à la réunion, si tu veux, mais c'est déjà décidé, puis on
s'en sacre pas mal de ce que tu en penses; puis toi, l'autre, on s'en va
là puis... Ça ne pourra jamais fonctionner.
Tout à l'heure, je ne sais pas si le collègue a
entendu, là, mais on a longuement parlé de juste l'aspect gestion des parties
prenantes, acceptabilité. Quand tu arrives avec un projet qui est sur deux
territoires, deux municipalités, deux maires, des maires... tu sais, mettons,
Montréal, des maires d'arrondissement, deux sociétés de transport, des groupes à travers ça, des citoyens qui ont... à
juste titre, veulent se faire entendre, juste ça, là, c'est une grosse, grosse,
grosse quantité de travail. Tu n'es même pas dans la construction de
l'infrastructure, là, c'est juste la gestion de tout ça dans le cadre de la
planification.
• (17 h 30) •
Alors, pourquoi je disais ça, donc? Bien, c'est
ça, le facteur... Alors, il a besoin de développer des bonnes relations, des relations fructueuses avec
l'ensemble de ces partenaires-là. Puis, tu sais, on... spontanément, on pense à
certains territoires plus que d'autres, au Québec, là, tu sais. Je veux
dire, je ne veux pas... Non, je ne prendrai pas l'exemple des Îles-de-la-Madeleine, mais, tu sais, on ne
fera pas un REM aux Îles-de-la-Madeleine, à court terme. Je pense que le
député n'a pas non plus ça dans son esprit, tu sais. Alors, c'est les centres
urbains densifiés, tu sais...
Une voix : ...
Mme
Guilbault : Bien, il ne faut
jamais dire jamais. Encore là, je ne suis pas devineresse, mais, pour
l'instant, en tout cas, ce n'est pas dans mes projets d'ici deux ans, je
lui confirme ça. Tu sais, on pense à certains territoires spontanément, là, où
il va y avoir...
M. Arseneau : ...les exclusions.
Mme
Guilbault : Les Îles... Bien non, bien,
regardez, on est mieux pas... on ne sait jamais. Tout à coup que quelqu'un
arrive après moi puis il veut faire un REM aérien aux Îles-de-la-Madeleine avec
la vue sur le fleuve... Mais, tu sais, c'est ça, alors... Puis dans ces
territoires-là auxquels on pense spontanément pour du transport collectif
complexe, bien, c'est ça, il y a beaucoup d'élus, il y a beaucoup de groupes,
il y a beaucoup de parties prenantes. Donc,
forcément que MIQ, les équipes vont développer des relations de travail avec, à
un moment donné, les mêmes gens qui reviennent ou les mêmes instances,
tu sais, là. Un élu peut changer, à la tête d'une ville, mais la
municipalité... Alors, il n'est pas... Puis
souvent ça revenait... tu sais, nous, on veut s'assurer qu'on travaille en
collaboration. C'est sûr que oui, parce que MIQ a besoin d'être supra ou
macro. MIQ a besoin d'être macro, puis c'est parce qu'on a fait un long exposé
tout à l'heure sur tout ça, là, tu sais, a besoin d'être l'acteur neutre,
macro, qui va avoir une compétence territoriale élargie, qui ne sera pas
attaché à son territoire à lui, à ses électeurs à lui, à son budget à lui ou,
tu sais, à ses enjeux à lui, à sa propre fougère seulement puis qu'on lui
demanderait... puis qu'on lui demanderait, après ça, de peut-être envisager que
ça se ramifie dans, tu sais, par exemple, l'est de Montréal puis dire : On
va aller sur la couronne nord. Là, c'est-tu
à Montréal à s'occuper de Repentigny puis tout ça? Bien non. Mais là tu tombes
rapidement dans de la complexité. Tu as besoin d'une entité comme MIQ
qui va être macro puis qui va être le coordonnateur de... puis l'arbitre de
toutes ces relations-là, tu sais, puis cette coordination-là qu'il y a à faire
pour que le projet fonctionne, puis la gestion des parties prenantes, puis tout
ça.
Donc, pour toutes ces raisons-là, il est
impensable que MIQ cultive des relations autoritaires ou péremptoires avec ces partenaires-là, puis il arrive, à un
moment donné, puis il dit : Heille! tassez-vous, la STM, je m'occupe de
votre métro. Dans la vraie vie, là, dans le test de la vraie vie, les
choses ne peuvent pas fonctionner comme ça, parce que, sinon, c'est un échec. Après ça, à un moment donné, il faut que
quelqu'un décide aussi puis surtout il y a quelqu'un qui paie.
Ça fait que c'est pour ça que je dis qu'il faut
laisser les coudées franches, parce qu'à l'usage on va... puis l'usage va
prendre plus que deux ans, là. Moi, je suis là encore juste deux ans, ça fait
que ça va être après moi, puis on pourra tous l'observer, je ne sais pas où on
va être, tous et chacun, dans 10 ans, mais on va observer ça vivre puis
prendre forme. Puis il ne faut pas exclure, là, qu'il y ait des opportunités
qui puissent être saisies, des façons de travailler ensemble qui vont se
développer puis que les sociétés de transport elles-mêmes pourraient un jour
vouloir en faire peut-être plus qu'ils
pensaient avec MIQ, vouloir prendre... utiliser l'expertise de MIQ puis
peut-être éventuellement se débarrasser de certains... Je dis ça, là, je
ne suis pas en train de dire que ça va arriver. Je dis que c'est un exemple de choses qui pourraient arriver dans le temps,
dans l'infinité du temps, puis qu'on n'est pas en mesure aujourd'hui de prescrire
ou de proscrire quoi que ce soit dans la loi, parce que je trouve que ce serait
inutilement limitatif, tu sais. C'est tout ça, la philosophie qui est
sous-jacente à la mission.
M. Arseneau : ...là où il y a
un enjeu, même si la ministre se défend bien d'être devineresse, elle
présuppose que MIQ va nécessairement, pendant toute sa vie utile, être en mode
collaboratif avec toutes les parties prenantes, dans tous les projets, sur tous
les enjeux, ce qui, si on regarde le passé récent et plus reculé, n'a pas
toujours été le cas dans les organisations... dans les sociétés d'État, dans
les... même dans le rôle du ministère des Transports. Et c'est
vraisemblablement précisément la raison pour laquelle le projet de loi prévoit,
par exemple, qu'à défaut d'une entente avec... entre les parties, et avec le
gouvernement, et avec l'agence, on peut imposer un certain nombre de décisions.
C'est donc dire que le pouvoir d'imposition de la décision par le gouvernement
ou par l'agence, le cas échéant, il est déjà prévu. On s'attend à ce que tout
ça se fasse en mode collaboratif, mais il y a là-dedans, en tout respect, un
espoir qui relève peut-être un petit peu aussi, peut-être... parce que ces
projets-là, souvent, sont des projets complexes, sont aussi complexes parce
qu'il y a une notion financière, une notion de faisabilité technique,
technologique et opérationnelle. Il y a une question d'acceptabilité sociale
aussi qui fait qu'on peut avoir des litiges.
Et c'est la raison pour laquelle, à mon point de
vue, selon ma compréhension, les sociétés de transport et les municipalités
également ont dit : Tentons de préciser les rôles et responsabilités de
chacun pour éviter les litiges, pour éviter
les empiétements puis les coups de force, éventuellement. Donc, si on sait
quelles sont nos responsabilités et qu'elles sont respectées par le
gouvernement à travers la création de son agence, on a davantage de chances
d'éviter les conflits et l'imposition de décisions qui seraient
vraisemblablement négatives pour la suite de l'évolution des projets. Alors, moi, je veux bien qu'on imagine que
l'agence, dans ses opérations, soit extrêmement ouverte et collaborative, elle a
un pouvoir décisionnel, en bout de ligne,
qui va pouvoir être exercé et qui sera vraisemblablement exercé, à un moment
donné, dans l'avenir, dans les opérations, dans la réalisation des projets qui
viendront.
Alors, pour éviter ces conflits-là, pour éviter
qu'à chaque fois on ait à imposer une décision puis pour qu'on puisse maintenir
de bonnes relations avec les partenaires, pourquoi ne pas clarifier au mieux
les responsabilités et reconnaître les responsabilités dévolues à la société...
aux sociétés de transport? Parce que moi, je suppose... en fait, je soupçonne
que l'agence en aura déjà plein les bras, c'est un peu ce que la ministre nous
dit aussi, avec les projets qu'on imagine qu'elle... qu'on lui confiera au
cours des prochaines... des prochains mois ou des prochaines années. On a nommé l'est de Montréal, par exemple. Alors,
pourquoi ne pas simplement rassurer les sociétés de transport en disant :
Écoutez, à l'heure actuelle, on n'entrevoit pas d'aller dans vos compétences?
Par contre, je trouve ça intéressant d'ouvrir la
possibilité à ce qu'une multiplicité d'instances, comme des agences de
transport, des sociétés de transport ou encore des villes, souhaitent
l'intervention de mobilité... l'agence Mobilité Infra Québec pour coordonner,
pour rassembler un petit peu, là, les différentes parties et qu'elle agisse,
justement, de façon plus globale, de façon plus intégrée. Ça, ça peut être
intéressant. Et je trouve que, là, il y a une idée
qui est porteuse dans la mesure où la demande provient des instances locales,
qui disent : Bien, avec ce niveau de complexité ou avec les
différentes conditions à réunir pour que tout ça se fasse au-delà du territoire
que chacun représente ou sur lequel chacun a la responsabilité d'opérer, bien
là, on va se tourner vers un bureau de projets ou une
agence qui, elle, peut prendre ça. Mais la différence est dans le respect des
compétences. Si les sociétés de transport ou les municipalités veulent déléguer
leurs compétences dans un contexte donné, ça, on peut le prévoir dans le projet de loi, mais l'inverse, de bafouer
les compétences selon le gré de l'agence, ça, c'est un peu moins porteur.
Alors, moi, la
question que j'ai pour la ministre, à ce stade-ci, c'est : Est-ce que...
en n'excluant pas de ne pas s'ingérer dans les compétences des sociétés de
transport, est-ce qu'on n'est pas en train de dire que les compétences de ces sociétés-là, bien, on ne les... on ne leur
donne pas la garantie de les respecter? Est-ce qu'on s'engage à respecter
les compétences, en fait, des sociétés de transport en mettant sur pied une
agence comme celle-là? On le ferait, si on excluait
ces activités-là, mais si on ne le fait pas, ça veut dire qu'on n'exclut pas le
fait de bafouer leurs compétences, c'est ce qu'on dit essentiellement,
dans un avenir imprévisible, parce... avec leur assentiment. On va le faire
parce qu'on décide de le faire par décrets.
• (17 h 40) •
Mme Guilbault : Bien, premièrement, les sociétés de transport, puis les
municipalités qui sont venues, puis les
unions municipales étaient toutes favorables à MIQ, reconnaissaient toutes
qu'il y avait un besoin que MIQ venait combler en transport collectif.
M. Arseneau :
...
Mme Guilbault : C'est ça. Après ça, il y avait une série de commentaires,
mais sur le fond, là, tu sais... Bien, c'est
parce qu'il a dit : Elle va imposer par décrets sans leur appui. Bien, en
tout cas, peut-être, j'ai mal compris, mais je voulais juste placer que
ces gens-là appuient MIQ.
Maintenant, comme je
l'ai dit plusieurs fois cet après-midi, l'objectif n'est pas de se substituer
aux sociétés de transport. Je l'ai dit tantôt, même. Même, je pense, je l'ai
dit au député des Îles-de-la-Madeleine, je ne veux pas rafler graduellement ou
insidieusement les compétences ou les opérations des sociétés de transport.
Mais c'est sain d'avoir des libellés de missions fondatrices qui sont... qui
aménagent une marge de manoeuvre à l'exécutif, qui va devoir se gouverner puis
vivre sa vie au quotidien avec ces lois-là qu'on fait ici.
M. Arseneau :
Mais c'est là où on a un petit différend. Si on ne veut pas, justement,
rafler les compétences, les responsabilités des sociétés de transport et des
villes, si on dit que ce n'est pas l'objectif, bien, pourquoi ne pas le nommer? Pourquoi ne pas le dire? Pourquoi ne pas
l'inscrire pour les rassurer puis justement stabiliser, là, leurs rôles,
puis leurs compétences, puis leurs équipes, et tout ça, en disant : Nous,
ce qu'on va faire, c'est autre chose de complémentaire à ce que vous faîtes
déjà, puis on va le faire, justement, de façon plus experte encore, parce qu'on
va se concentrer là-dessus, plutôt que d'ouvrir la porte à ce
qu'éventuellement, bien, on aille un peu rafler, comme vous l'avez mentionné,
ou s'inscrire, ou s'ingérer dans ce que vous faites déjà? Si on ne veut pas le
faire, pourquoi on ne le dit pas?
Mme Guilbault : Mais les prescriptions... Bien, les prescriptions peuvent, des fois,
être adéquates dans les lois, mais les proscriptions, souvent, quant à
moi, sont inutilement limitatives... limitatrices?
M. Arseneau :
Limitatives.
Mme Guilbault :
Limitatives. Et je donnais l'exemple, tout à l'heure, puis je trouve que c'est
un... c'est un bon exemple, en tout cas, ça
me semble, là, dans plusieurs lois : il y a un pouvoir de directive ou il
y a des pouvoirs au ministre, là. Tu sais, tu as différents libellés,
là, mais le ministre a le pouvoir d'ordonner telle chose ou de demander telle chose, tu sais, dans des cas qui ne sont
justement pas prévus explicitement parce que c'est des... ou un pouvoir de directive.
Quand
j'étais ministre de la Sécurité publique, le ministre de la Sécurité publique
avait un pouvoir de directive, puis ça m'est arrivé de l'utiliser dans
des situations où j'ai eu besoin... je pense que c'était dans les fusillades ou
je ne sais... je ne sais plus, là, ce n'est peut-être pas ça. Mais ça m'est
arrivé, moi, de l'utiliser, le pouvoir de directive générale de la ministre
pour une situation. Mais, si c'est moi qui avais... si on avait fait la loi
ici, ensemble, mettons, deux ans avant, je
n'aurais pas pu savoir que j'en ai besoin dans deux ans, parce que telle
situation est survenue, mais j'ai utilisé le pouvoir général de
directive du ministre. Pour moi, c'est similaire à ça. C'est des pouvoirs
généraux qu'on donne à des ministres. Là, ici, on les donne, parce que, là, ça
se veut justement une agence qui, oui, relève du ministre, mais qui est
indépendante.
Des voix : ...
Mme Guilbault : Oui, oui, non, mais c'est ça, en adéquation avec des besoins, mais en
adaptation à des situations qui peuvent survenir puis qu'on ne peut pas
anticiper nécessairement longtemps d'avance. Parce que tout va vite, on le sait, plein de choses se passent, puis, des
fois, on a besoin d'agir, ou de réagir, ou de prendre des décisions, des fois,
on a besoin de faire des choses qu'on n'aurait pas pensé devoir faire, des
fois, des choses qu'on pensait devoir faire, finalement, on ne les fait pas,
puis ainsi va la vie.
Alors, pour moi,
c'est un peu l'équivalent des pouvoirs généraux qu'on donne à des ministres,
dans plus d'une loi, là, et sûrement que j'en ai une dans ma loi sur le
transport, quelque chose comme ça.
Une voix : ...
Mme Guilbault : C'est ça. J'ai des pouvoirs exécutifs généraux, pouvoirs
spéciaux. Donc, tu sais, c'est... puis c'est fait comme ça, puis ces choses-là
existent, puis ce n'est pas pour en abuser, bien sûr. Parce qu'un ministre de
la Sécurité publique qui invoquerait son pouvoir de directive à tout bout de
champ, à un moment donné, ses corps policiers puis ses partenaires
diraient : Là, tu sais, tu sais-tu où tu t'en vas, là? À un moment donné,
tu sais... mais c'est fait pour être adaptatif puis, pour moi, c'est la même
chose.
M. Arseneau : Mais, si je vous
suis bien, la ministre a déjà ce pouvoir de composer avec des situations qui
pourraient être exceptionnelles et imprévisibles au moment où on en parle, ce
qui fait que, même si on incluait cet amendement-là, que... avec son pouvoir de
directive, dans une situation particulière, le ministre pourrait y déroger.
Est-ce que c'est ça que je dois comprendre?
Mme Guilbault : Bien non, c'est ça, ça ne fonctionne pas comme ça. Puis, de
toute façon, ce n'est pas... ce n'est pas le genre de pouvoir qu'on utilise
pour confier un mandat à une agence de transport collectif, là. La raison pour
laquelle on donne ces pouvoirs-là au ministre... La comparaison, c'est que la
raison pour laquelle on donne ces pouvoirs-là, c'est pour pouvoir permettre au
ministre une marge de manoeuvre puis une capacité d'agir ou de réagir dans des
circonstances qui n'étaient pas nécessairement prévues. Donc, je transpose
exactement ce même objectif là, d'avoir une marge de manoeuvre, de pouvoir agir
ou réagir dans des circonstances pas prévues puis de pouvoir... de pouvoir,
c'est ça, s'adapter à des situations, à des circonstances qui n'étaient
peut-être pas prévues. Et...
Une voix : ...
Mme Guilbault :
Quoi?
Une voix : ...
Mme Guilbault : Dans le respect des compétences, oui, mais, je veux dire,
on ne sait pas ce qui va arriver en termes
de projets d'infrastructure dans les prochaines décennies. On le sait, on a
notre PQI en ce moment, là, 2024-2034, et
on sait que moi... on sait que nous, on voudrait avoir un projet dans l'est de
Montréal qui va aller sur la couronne nord. J'ai déjà parlé de la
Rive-Sud de Montréal qui va avoir besoin aussi... Tu sais, on tourne toujours
autour des mêmes affaires, là, mais... Donc, c'est ça, la raison pour laquelle
on crée Mobilité Infra Québec. Ce n'est pas pour aller gérer la billetterie qui
est déjà gérée par l'ARTM, ce n'est pas pour ça. Pensez-vous que je viendrais
en commission pendant des heures pour aller gérer des... Tu sais, je veux
dire... Puis là ça fait déjà quand même deux heures qu'on parle de ça, là. Alors, j'envisage qu'on
commence... De toute façon, on achève, mais, tu sais, je considère qu'à
18 heures, on va avoir fait le
tour de ça, là. Puis, tu sais, moi, je... Bien, je pense que peut-être mon
collègue de Nelligan va avoir un autre amendement, mais
beaucoup moins substantiel, là. Ça fait que je ne sais pas... Puis peut-être
d'autres auront d'autres amendements, mais
j'aurai toujours la même réponse là-dessus, sur la marge de manoeuvre et la
collaboration avec les municipalités.
M. Arseneau : Mais, Mme la
Présidente, la ministre a dit d'entrée de jeu, je pense, tout à l'heure, là, à
mon collègue de Taschereau que son amendement était... C'est un
sous-amendement, ça, c'est... ou c'est un amendement? C'est un sous-amendement?
Des voix : ...
M. Arseneau : Un amendement. On
s'y perd parfois. Donc, que l'amendement est à la fois trop vague et trop
précis, ou, en tout cas...
Mme Guilbault : Aléatoire, un petit peu.
M. Arseneau : «Aléatoire»,
c'est le mot que vous avez utilisé, mais c'est... Donc, l'idée, moi, que je
retiens, c'est peut-être que vous... on ne
souhaite pas identifier des projets opérationnels tels que l'agrandissement ou
la construction d'un garage puis le maintien des actifs. On a des
éléments, une nomenclature qui pourrait être incomplète ou qui pourrait être
restrictive éventuellement dans des situations pour lesquelles la ministre veut
se garder une certaine marge de manoeuvre. Bien, à ce moment-là, est-ce qu'il y
a une ouverture du côté de la ministre pour indiquer que la réalisation de projets complexes de transport doit
se faire, puis on l'a suggéré tout à l'heure, là, on lui a soufflé à l'oreille,
dans le respect des compétences des sociétés de transport et des
municipalités?
Mme Guilbault : Mais qu'est-ce qu'on entend par là? Parce qu'on va
toucher... Tu sais, par exemple, si un jour
on décide de faire un projet, puis fort probablement que ça va arriver, qui
touche le territoire de la ville de Montréal... puis la ville de
Montréal va être d'accord qu'on le fasse, là, ils aimeraient ça, eux autres,
là, qu'enfin on «déclutch», si vous me passez l'expression, sur le projet de
l'Est de Montréal. Mais on a besoin d'un porteur. Ils le réalisent, ça. C'est pour ça que Mme Plante, qui est venue
en commission, en Teams, nous l'a dit : C'est une bonne chose. Donc là,
on aurait un projet dans l'est de Montréal. Alors, à ce moment-là, on serait en
contravention des compétences de la STM théoriquement.
Mais, tu sais, c'est ça
que je vous dis, Mme la Présidente, quand on met quelque chose dans une loi, il
faut vivre avec dans toutes les
circonstances. C'est beaucoup mieux de faire l'inverse, de mettre ça général
puis de s'adapter à chacune des circonstances. Et, en l'occurrence, les
projets vont être confiés par décrets, et, dans les décrets... Puis c'est là
que je dis que c'est impensable qu'on impose... qu'on n'ait pas des décrets
avec des projets qui sont préalablement souhaités. Tu sais, souvent, je l'ai
dit aux gens en consultations, j'ai dit : Nous, on n'a... tu sais, on n'a pas
assez d'argent pour dire qu'on va vous imposer un projet chez vous, là. Quand
on va faire un projet, c'est parce que les
partenaires, les municipalités, les citoyens, les parties prenantes vont le
vouloir. Ça, ça va être attaché dans le décret.
Tu sais, quand on va passer un décret au Conseil
des ministres, là... puis ça, c'est nécessaire pour que MIQ fasse un projet.
Donc, quand MIQ va faire un projet, forcément, le décret va avoir passé au Conseil
des ministres. Et, quand le décret va passer
au Conseil des ministres, forcément, les partenaires concernés vont avoir
été convenablement, tu sais, consultés puis la collaboration va être
enchâssée dans le décret puis le partage aussi du financement. Puis tout ça, là, ça va être dans le décret. Ça fait que le
jour où MIQ fait un projet, forcément, ça a déjà été tout attaché avec les
parties prenantes. Ça fait qu'il n'y a pas d'invasion ou de risque d'invasion
ou... ce n'est pas ça, l'objectif de MIQ. Ce n'est pas ça, l'objectif de MIQ.
C'est de combler un vide.
• (17 h 50) •
M. Arseneau : Moi, je pense que
cette vision-là a un aspect peut-être un peu, encore une fois, là, optimiste,
je vais dire ça comme ça, et il faut, et c'est ce qu'on essaie de faire, je
dirais, baliser le rôle et la capacité de l'agence d'agir. Parce qu'il y a déjà plusieurs partenaires, parties prenantes
dans l'écosystème et... qui se sentent et qui pourraient éventuellement
se sentir bousculés. Et lorsqu'on dit qu'on n'ira jamais faire un projet sur un
territoire sans attacher tous les partis... toutes les parties prenantes, bien,
c'est intéressant, parce qu'on vient dire que, pour le troisième lien, si Lévis
était d'accord et que Québec s'y opposait, on ne le ferait pas. C'est ce que je
comprends.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à l'article tel qu'amendé? Le
20 secondes... Non. Alors, voilà. Ça fait que, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons passer à la mise aux voix.
M. Grandmont : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Bon, bien, allez-y.
M. Grandmont : Bien, c'est ça,
ce que j'entends de la ministre, c'est que les intentions vont dans une direction, il y a un refus clair de l'inscrire
dans son projet de loi. Quelque part, la ministre dit : Après moi, le
déluge... ce qui se passera après moi, ce n'est pas grave, je n'en
porterai pas le fardeau.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...je
vois qu'il n'y a pas d'autre intervention, alors nous allons passer à la mise
aux voix.
M. Grandmont : Je pense qu'il a
une intervention.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui, désolé. J'ai
eu l'occasion de suivre un peu les échanges via télévision, Mme la Présidente.
Une voix : ...
M. Derraji : Oui, bien, voilà.
La seule chose... et c'est une excellente remarque de mon collègue. Je vous le dis, moi, j'adore travailler avec les ingénieurs.
Je vais vous dire ce qu'il vient de dire. Il vient de dire que je faisais
beaucoup de choses en parallèle.
C'est vrai, chers collègues, la seule chose que... je ne peux pas faire tout
ici, donc j'étais en mode virtuel. Je vous suivais.
Et je suis
avec grand intérêt les interventions de mes deux collègues par rapport à
l'amendement de mon collègue. Moi, je
pense que l'enjeu qui reste sur la table, c'est que... et ça revient à ce qu'on
disait tout à l'heure au niveau des projets entre le ministère du
Transport et la future agence.
Et j'ai
entendu Mme la ministre, tout à l'heure, parler de la construction des garages.
Mais, quand on rencontre l'ensemble
des sociétés de transport, Mme la Présidente, quand on leur parle au niveau des
opérations, l'agrandissement des garages, le maintien des actifs ou le
développement ou l'amélioration du système de transport intelligent, qui sont
au coeur, au coeur des opérations des sociétés de transport... Moi, je pense
que ça... Le collègue, pourquoi il ramenait
cet enjeu, c'est... au-delà de le ramener dans la définition de ce qu'il
voulait faire au niveau des projets complexes... mais je pense que ça
mérite une clarification, parce que les sociétés de transport qui étaient là...
et ce qui me vient à l'esprit, c'est la Société de transport de l'Outaouais. Société de transport de l'Outaouais, eux, ils
ont, avec leur bureau de projets...
avec leur bureau de projets, ils étaient capables... ils étaient capables, Mme
la Présidente, d'aller de l'avant avec un projet de tramway.
Et, quand je regarde la mission principale,
«d'effectuer, dans une perspective de mobilité durable, lorsque le gouvernement
lui en confie la responsabilité, l'analyse d'opportunité, la planification ou
la réalisation de projets complexes de
transport», c'est là où ce que... ce que je lis entre les lignes, c'est
exactement ce que la Société de
transport de
l'Outaouais nous disait. Et je
comprends, à un certain moment, la ministre disait que, si une société de
transport a déjà entamé quelque chose, ils peuvent la continuer. Mais,
en précisant ces informations, je pense que ça va donner des arguments autres
concernant la mission principale de Mobilité Infra Québec.
Je vous le dis, je sais que c'est dans une
perspective de mobilité durable et l'analyse d'opportunité, la planification ou
la réalisation de projets complexes de transport. Nous avons défini la
complexité des projets complexes tout à
l'heure. Ça a pris quand même beaucoup de temps. J'aurais aimé voir «projets
complexes de transport collectif». Ce
n'est pas le cas, mais, Mme la Présidente, le fait d'exclure ce genre
d'opération, ça va encore une fois aider à circonscrire d'une manière
très claire, très, très claire la mission principale de Mobilité Infra Québec.
Donc, moi, je vois d'un bon oeil le fait de dire
que tout ce qui touche les projets opérationnels avec les activités des
sociétés de transport, ils le font déjà. Et moi, j'ai eu l'occasion, Mme la
Présidente, depuis que j'ai eu l'immense plaisir d'être porte-parole en
transport et mobilité durable pour bientôt neuf mois, depuis janvier, de faire
le tour de l'ensemble des sociétés de transport. La plupart, ils ont déjà des
projets opérationnels. La plupart, ils ont des projets de construction de
garages. Prenons juste le cas, l'exemple de la ville de Québec. Tout ce qui
touche le développement ou l'amélioration de systèmes de transport
intelligents, ils ont ça, Mme la Présidente. Je dirais même qu'il ne faut pas
qu'on tombe dans une surenchère des études, une surenchère de personnes qui
font presque la même chose. La société de transport, qui était plus directe
dans ce sens, ça a été la Société de transport de l'Outaouais. Eux, ils étaient
très clairs. Ils l'ont dit d'une manière assez directe. C'est ce qu'ils
voulaient, ils voulaient continuer à faire une... ce qu'ils faisaient déjà. Et
eux, le problème qu'ils guettaient un peu et qui les empêchait de continuer,
c'est le financement. C'est le financement, ce n'est pas le développement des
projets. Ce n'est pas le fait de ne pas avoir des idées par rapport à la
construction de garages en lien avec l'électrification du transport.
Donc, encore une fois, je pense que cet
amendement clarifie, encore une fois, la mission principale de la... de Mobilité
Infra Québec, qui, je tiens à le rappeler... que le gouvernement lui donne la
responsabilité d'analyser, de faire des
analyses d'opportunité, de planifier ou... la réalisation de projets complexes.
Mais l'exclusion de ces projets, ça va juste nous éviter demain... Je
sais, c'est clair dans la tête de Mme la ministre, ce qu'elle veut faire par Mobilité
Infra Québec, mais, si demain on a quelqu'un qui aime ça faire du micro... je
ne dirai pas micro... microgestion? Oui, c'est de la microgestion... va aller
chercher, dans chaque société de transport... Là, je veux faire l'agrandissement
du garage. Quelqu'un... On ne sait pas, on ne peut pas prétendre... M. le
ministre libéral, péquiste ou solidaire, ça peut arriver, mais ce n'est pas exclu. Bien, au moins, au moins dire
aujourd'hui : Bien, écoutez, probablement, mon collègue solidaire, demain, ministre des Transports, il va
s'intéresser à la construction des garages. Bien, lui, au moins, il est clair.
Il dit qu'il veut... il n'est pas intéressé par la construction des garages.
Mais encore une fois, moi, je pense que ce libellé, Mme la
Présidente, de cet amendement... sous-amendement plutôt, de mon collègue, vient
clarifier davantage la mission principale qu'on veut tous donner à Mobilité Infra Québec. Donc, encore une
fois, je pense que c'est un sous-amendement intéressant, qui va donner... bien,
pas donner, clarifier la mission principale
de Mobilité Infra Québec. C'est très important, et les sociétés de
transport, ils exercent déjà leurs fonctions. Rien qu'à Montréal, Mme la
Présidente, figurez-vous, on a la Société de transport de Montréal, on a la Société de transport de Laval, on a la société de transport de Longueuil et on
a l'ARTM. Est-ce qu'aujourd'hui, autour de la table, on veut que Mobilité
Infra Québec commence à faire autre chose que les trois sociétés de transport
font au niveau de la CMM... rajoute l'ARTM?
Donc, c'est
là où c'est très important avoir ce genre de débat. C'est enregistré. Je pense
que... J'espère que demain on ne sera pas obligés de refaire le débat que
Mobilité Infra Québec n'est pas fait pour gérer l'agrandissement, ou la
construction de garages, ou bien...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député.
M. Derraji : Ah! OK.
La
Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Compte tenu de l'heure,
nous allons ajourner nos travaux sine die. Merci.
(Fin de la séance à 18 heures)