Journal des débats (Hansard) of the Committee on Transportation and the Environment
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, November 5, 2024
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Vol. 47 N° 68
Clause-by-clause consideration of Bill 61, An Act enacting the Act respecting Mobilité Infra Québec and amending certain provisions relating to shared transportation
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Intervenants par tranches d'heure
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Maccarone, Jennifer
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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Maccarone, Jennifer
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Maccarone, Jennifer
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Derraji, Monsef
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Derraji, Monsef
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Maccarone, Jennifer
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Guilbault, Geneviève
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Arseneau, Joël
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Lemay, Mathieu
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Grondin, Agnès
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Lamothe, Denis
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Bernard, Daniel
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Provençal, Luc
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Grandmont, Etienne
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Maccarone, Jennifer
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Maccarone, Jennifer
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Arseneau, Joël
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Derraji, Monsef
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Maccarone, Jennifer
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Rizqy, Marwah
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Maccarone, Jennifer
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Guilbault, Geneviève
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Rizqy, Marwah
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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Maccarone, Jennifer
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Rizqy, Marwah
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Lemay, Mathieu
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Provençal, Luc
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Lamothe, Denis
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Bernard, Daniel
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St-Louis, François
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Maccarone, Jennifer
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Rizqy, Marwah
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Maccarone, Jennifer
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Rizqy, Marwah
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Guilbault, Geneviève
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Lemay, Mathieu
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Provençal, Luc
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Lamothe, Denis
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St-Louis, François
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Bernard, Daniel
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures cinquante et une minutes)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
bon matin. À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission des transports et de l'environnement ouverte. La
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 61,
Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines
dispositions relatives au transport collectif.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Blouin (Bonaventure) est remplacée par M. Lamothe
(Ungava); M. Montigny (René-Lévesque) est remplacé par M. Thouin
(Rousseau); Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice) est remplacée par M. Provençal
(Beauce-Nord); et M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin) est remplacé par
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Je suis maintenant prête à rendre ma décision sur la question de
recevabilité soulevée par le député du Masson, concernant le sous-amendement
déposé par le député des Îles-de-la-Madeleine à l'article 4, introduit par
l'article 1 du projet de loi, jeudi dernier. Je vous rappelle, par
ailleurs, que la présidence des commissions ne rend aucune décision écrite. Ma
décision sera toutefois conciliée au Journal des débats.
J'ai bien pris connaissance de vos
interventions sur la recevabilité du sous-amendement du député des Îles-de-la-Madeleine,
et j'ai attentivement considéré vos arguments dans l'analyse de ma décision. D'une
part, le député de Masson soulève que le sous-amendement proposé emploie des
mots similaires et traite du même sujet que le sous-amendement précédemment
rejeté par la commission. Le député des Îles-de-la-Madeleine affirme, pour sa
part, que le sous-amendement se distingue de manière fondamentale par l'introduction
du concept de priorisation des mandats gouvernementaux. Je vous rappelle que
chaque amendement et sous-amendement dont la recevabilité est remise en
question doit être considéré au cas par cas.
Dans son évaluation, la présidence tient
compte des critères élaborés par la jurisprudence avant de statuer sur sa
recevabilité. Ces règles sont notamment confiées aux articles 197 et 244
de notre règlement. La jurisprudence parlementaire a, effectivement, déjà établit
que pour qu'un amendement ou un sous-amendement soit recevable, il ne doit pas
avoir le même effet qu'une motion présentée précédemment. Elle a également
précisé que l'objet d'un amendement doit être suffisamment différent de l'amendement
précédemment rejeté.
À ce titre, dans le cadre de la décision 244-22,
avait jugé irrecevable une motion d'amendement afin d'introduire à l'article la
notion de «travailleur non organisé». La commission avait alors déjà rejeté un
amendement proposant que le ministre du Travail porte une attention
particulière à la participation des porte-parole du monde non organisé du
travail. En 2015, la présidence de la Commission de la santé et des services
sociaux a également jugé irrecevable une motion de sous-amendement qui avait le
même objet qu'un autre sous-amendement précédemment rejeté. En l'espèce, dans
le cadre de l'étude de l'article 4 introduit par la loi édictée à l'article 1
du projet de loi n° 61, plusieurs amendements et sous-amendements ont été
présentés par les membres de la commission, puis rejetés.
Il importe de se pencher sur l'objet de
chacun d'eux. Ainsi, un premier amendement à l'article 4, coté Am-b,
proposait d'exclure certains projets opérationnels de la mission de Mobilité
Infra Québec. Pour sa part, l'amendement coté c portait sur la priorisation de
produits qui réduiraient l'utilisation de véhicules individuels. L'amendement coté
Am-d suggérait, quant à lui, l'analyse et la proposition de projets complexes
par Mobilité Infra<i>. Une proposition de sous-amendement a été déposée
pour ajouter le concept de demande de la part des municipalités ou MRC. L'amendement
en cours de discussion vise à retirer certaines responsabilités au
gouvernement. Un sous-amendement <ajoutant...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...vise à retirer certaines responsabilités
au gouvernement. Un sous-amendement >ajoutant la possibilité d'une
initiative provenant soit de Mobilité Infra<i>, soit du gouvernement, a
été proposé. Enfin, le sous-amendement du député des Îles-de-la-Madeleine
introduit le concept de priorisation de Mobilité Infra<i> des mandats
confiés par le gouvernement. Chaque amendement et sous-amendement présentait
ainsi un objet distinct des autres. En l'occurrence, ils n'ont pas le même effet
que les motions présentées précédemment.
Enfin, je rappelle que la présidence doit
évaluer la recevabilité en toute neutralité. Ainsi, à la lumière de ces
éléments, je juge que la motion de sous-amendement présentée par le député des
Îles-de-la-Madeleine est recevable. Alors, je vous remercie, collègues, pour
votre attention. Vous avez tous reçu des petits cadeaux, des bagues
sensorielles pour garder nos échanges constructifs et sages entre nous, comme
élus. Alors, je propose qu'on continue, maintenant, le débat. M. le député des
Îles-de-la-Madeleine, pour votre sous-amendement. Vous disposez, en passant, de
14 min 20 s.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, je suis très heureux de prendre acte de votre
décision, parce qu'effectivement, les arguments qu'on a fait valoir ont été
retenus par la présidence, et c'est tant mieux, ce qui nous permet de revenir,
donc, au débat de fond sur la mission de Mobilité Infra Québec, de cette agence
qu'on veut créer. Et il est important, je l'ai déjà mentionné, que l'on puisse
avoir... ou donner à cette agence une mission qui lui appartienne, en dehors
des mandats qui pourront lui être confiés par le gouvernement du Québec. J'ai
mentionné le concept de mission autoportante, ce qui n'exclut pas, évidemment,
le fait que le gouvernement a un rôle fondamental à jouer dans l'octroi, si on
veut, de ressources financières, de ressources humaines, mais également dans
l'idée qu'on puisse avoir une certaine prédominance dans les projets qui sont confiés
à l'agence par le gouvernement.
On pense que le gouvernement prendra des
décisions, adoptera des décrets et pourra confier à l'agence un certain nombre
de mandats, à une agence qui existe déjà et qui est... et dont la mission est
effectivement l'analyse d'opportunités, la planification, la réalisation de
projets complexes de transport. C'est une agence qui... donc, qui existe déjà
avec sa propre mission, à laquelle se greffent, évidemment, des mandats qui lui
sont confiés par le gouvernement. Et elle doit... C'est ça, l'idée du
sous-amendement proposé... souvenons-nous que la version originale, c'est que
Mobilité Infra Québec a, pour mission, lorsque le gouvernement lui en confie la
responsabilité, de faire un certain nombre de choses. Nous, on pense qu'elle
devrait avoir cette mission-là en dehors des mandats qui lui sont confiés.
Donc, avoir pour mission, si on va retirer par l'amendement qui a été
proposé... retirer la condition, à savoir que c'est lorsque le gouvernement lui
en confie la responsabilité que sa mission prend effet. Nous, on estime que la
mission, elle est là, elle est acquise, elle est donnée, elle est octroyée et
elle existe.
Et, donc, il était important pour nous, je
pense que ça répond également aux intentions et aux souhaits de la ministre,
que le gouvernement demeure maître d'oeuvre des projets sur lesquels on va se
pencher à l'agence. Et nous reconnaissons cette responsabilité du gouvernement.
Et le pouvoir exécutif doit s'exercer en fonction, justement, de cette
responsabilité-là. Donc, le concept, ici, veut que l'agence peut faire son
travail de veille, peut faire son travail d'appui également, là, à d'autres
partenaires dans l'écosystème des transports et de la mobilité au Québec, peut,
essentiellement, avoir sa propre existence et ses propres... ses propres
tâches, ses propres initiatives, également.
• (10 heures) •
Parce que de là découle, effectivement,
l'idée que cette agence-là peut avoir, un peu, son propre libre arbitre
lorsqu'il est question de développer des compétences, d'acquérir de
l'information, aller chercher des données, essentiellement de pouvoir continuer
de perfectionner son <expertise...
M. Arseneau :
...chercher
des données, essentiellement de pouvoir continuer de perfectionner son >expertise.
Et c'est la raison principale pour laquelle on la... on la constitue, on la met
en place. Pour que ce soit le creuset de l'expertise en matière de mobilité au
Québec, bien, il faut admettre que ces gens que... qui sont embauchés
peuvent... on peut, en fait, admettre qu'ils ont, justement, une expertise qui
peut aussi être mise en œuvre, être utilisée, tout en... par le gouvernement,
là, par la priorisation de projets, mais tout en reconnaissant une certaine
autonomie professionnelle à la fois à ceux qui y travaillent et une certaine
autonomie à l'agence, qui, à moins qu'on m'indique le contraire, sera quand
même gérée de façon indépendante et autonome du gouvernement, un peu comme
d'autres agences gouvernementales le sont, c'est-à-dire qu'on engagera... on
embauchera vraisemblablement un ou une PDG. On ne sait pas encore l'ampleur
de... du traitement, des indemnités qui lui seront versées. C'est une des
failles, là, qui... qu'on voit, actuellement, dans le débat, parce qu'on est un
peu devant une grande inconnue, à savoir, là, quelle sera la... quels seront
les coûts de la mise en place de l'agence et quelle sera la structure de
gouvernance, de façon plus précise, et quels en seront les coûts. Mais
essentiellement, on aura des gens qu'on embauchera parce qu'ils sont compétents
pour gérer une agence, mais ils doivent être compétents pour gérer une agence
qui a une mission en propre, c'est-à-dire celle d'analyser des opportunités,
planifier et, justement, aller chercher, comme je le disais, des données, mener
des études, et ainsi de suite, mais...
Puis la portion, là, qui est dans le
projet de loi actuellement, qu'on peut lire à l'article 4, qui a trait à
la réalisation de projets complexes de transport. On nous dira : Bien,
elle ne peut pas réaliser des projets complexes de transport sans avoir l'aval
du gouvernement, je pense que c'est... ça va de soi. Je pense que c'est
effectivement une mission, ou des éléments de la mission, qui lui sont confiés à
condition, évidemment, qu'elle reçoive... qu'elle en reçoive le mandat et les
ressources pour le réaliser. Donc, ce n'est pas comme si le fait qu'on a...
Parce que je vois déjà venir une certaine objection en disant : Bien, tu
sais, on ne peut pas imaginer que, de façon autonome et autoportante, cette
mission-là définisse les projets qui vont être choisis par l'agence. Ce n'est
pas ça, l'idée, là. La réalisation de projets complexes de transport, bien,
c'est clair que ça doit procéder, au départ, par une décision gouvernementale,
de son exécutif, qui va y mettre les ressources nécessaires, va l'inscrire au
PQI et va confier le mandat du gouvernement, un mandat qui deviendrait, selon
les... la proposition qu'on fait, donc le sous-amendement et l'amendement, qui
devient, de facto, prioritaire selon le souhait du gouvernement, par décret.
Pour moi, il s'agit, en fait, d'une
bonification qui est extrêmement importante parce qu'il permet également...
elle permet également de répondre à une certaine inquiétude qui avait été manifestée,
lors des consultations particulières, sur la capacité de l'agence à devenir un
partenaire de l'ensemble des intervenants en matière de mobilité et de
transport au Québec. On parle évidemment des villes, des municipalités, on
parle des intervenants de la société civile qui sont impliqués dans ces
projets-là également, à travers toutes sortes d'organisations, et, bien
entendu, les sociétés de transport. Et je dirais même que ça répond, aussi,
jusqu'à un certain point, à une inquiétude qui avait été... qui avait été
manifestée par certains, dont les membres de la Coalition avenir Québec, qui
étaient... qui avaient comme porte-parole, à une certaine époque, en 2013, le
député de La Peltrie, qui voyait, dans la constitution d'une agence une espèce
de voie vers des... l'adoption de décisions discrétionnaires qui pourraient
entraîner un favoritisme. Alors, je pense qu'on s'en éloigne. Donc, on répond
essentiellement à cette objection-là, qui avait été soulevée par la CAQ pendant
des années sur la question d'une agence, puis la question de la transparence,
puis la question de la reddition de comptes, en disant, effectivement, que
cette agence-là est indépendante, a un certain degré d'autonomie, mais tout en
reconnaissant que le gouvernement demeure maître d'oeuvre des grands projets,
des projets complexes qui devront être priorisés par l'agence...
10 h (version révisée)
M. Arseneau : ...tout en
reconnaissant que le gouvernement demeure maître d'œuvre des grands projets,
des projets complexes qui devront être priorisés par l'agence. Cette
définition-là me semble, en tout cas, être améliorée avec l'amendement et le sous-amendement.
Puis il y a encore un élément, pour moi,
qui... je l'ai mentionné tout à l'heure, qui est particulier, puis c'est celui
de la mission principale. Je n'ai pas vu ça souvent... Je faisais la
comparaison, justement, avec la mission de l'agence Santé Québec. On ne parle
pas d'une agence qui a une mission principale. On parle, en fait, d'une agence
qui a pour mission d'offrir, essentiellement, des services de santé et des
services sociaux dans différentes régions par l'entremise des établissements
publics. La mission, elle est claire, elle est limpide, on l'aborde directement,
et il n'y a pas de mission principale et de mission secondaire pour ce qui est
de l'agence dont on vient de débattre en commission parlementaire il y a de cela...
il y a de cela moins d'un an.
Alors là, on revient à la charge avec une
nouvelle agence, et ce qu'on dit c'est que cette agence-là aura une mission
principale. J'ai déjà posé la question : Quelles seront les missions
secondaires, quels seront les autres éléments de la mission? Je ne les retrouve
pas, actuellement, dans le projet de loi. Mais cette mission principale là est
associée à... aux vœux du gouvernement de lui confier des responsabilités, mais
là il y a quelque chose qui est de l'ordre, là, du... espèce de... de l'élastique
qui n'en finit plus de s'étirer.
Et c'est la raison pour laquelle je
reviens sur un argument de fond qui a été évoqué, puis ce débat-là, il est
extrêmement important, il est fondamental. On ne peut pas nous reprocher ici de
vouloir clarifier la mission d'un organisme. C'est le rôle primordial des
députés ici, en cette Chambre, et particulièrement dans cette commission, de
clarifier quelle est l'intention du législateur. Cette intention-là doit être
limpide, elle doit être claire, parce qu'elle va engendrer un changement de
paradigme et un changement de structure évidemment, elle va entraîner également
des dépenses de fonds publics importantes. Alors, qu'on prenne, justement, un pas
de recul puis qu'on se dise : À quoi servira cette agence-là? Pour quelle
raison fondamentale on dépose ce projet de loi là? Et quelle sera l'étendue du
rôle de Mobilité Infra Québec? Et ça ne peut pas être, selon l'analyse qu'on en
fait, uniquement en fonction du désir des gouvernements qui se succéderont au
cours des prochaines années, voire des prochaines décennies de déterminer jusqu'à
quel point cette mission-là est plus ou moins importante, d'autant plus qu'elle
n'agit pas dans un vacuum, dans un espace où il n'existe personne.
Il y a déjà, on l'a mentionné à plusieurs
reprises, dans le vaste secteur de la mobilité et du transport au Québec, d'autres
joueurs, il y a d'autres intervenants, j'y faisais référence tout à l'heure, et
ces intervenants, qui sont venus nous dire qu'ils ne voyaient pas d'un mauvais
œil le fait de rassembler, regrouper une certaine expertise au sein de l'administration
gouvernementale veulent pouvoir interagir avec elle et veulent aussi... puis
ça, je l'ai mentionné tout à l'heure, ils veulent voir l'agence comme un
partenaire, mais l'agence doit être un partenaire qui a les coudées franches
pour créer ces partenariats-là. Mais là où le gouvernement décidera qu'il y a
des priorités, selon le sous-amendement qu'on vient de déposer, bien là l'agence
devra, effectivement, obtempérer, devra, justement, prioriser. C'est dans le
cadre de l'article 4 de la loi, si on décidait de l'adopter.
Puis l'autre élément que je voulais
ramener sur l'importance de définir la mission par rapport aux autres
intervenants, c'est exactement ce qui... ce qu'on a entendu, c'est d'éviter...
entendu de la part des différents intervenants... d'éviter les dédoublements, d'éviter
les chevauchements, d'éviter la confusion. Alors, si ce sous-amendement-là a
une raison d'être, c'est celle de pouvoir clarifier en quoi est-ce que la
mission, bon, qu'on a qualifiée de principale... en quoi la mission de Mobilité
Infra Québec elle est octroyée, de façon à pouvoir à la fois lui donner, à cette
agence, une certaine autonomie, qu'on accorde, je le rappelle, à toutes les
agences là, qui sont <gérées...
M. Arseneau :
...cette
agence, une certaine autonomie, qu'on accorde, je le rappelle, à toutes les
agences là, qui sont >gérées par des PDG puis qui ont des conseils
d'administration, ce qui sera le cas pour l'agence dont on parle, mais qu'elles
doivent donc procéder à différentes... différentes fonctions... on les définit
brièvement à l'article 4 puis on y revient à l'article 5... mais sans s'éloigner
du fait que le gouvernement a tout à fait, de façon légitime, le droit
d'adopter, de choisir des priorités et confier des mandats très clairs à son
agence. Merci, Mme la Présidente.
• (10 h 10) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien, je peux intervenir... j'imagine, les autres
collègues vont parler aussi, mais je vais intervenir tout de suite, là, puis ce
sera bon pour les autres interventions futures sur le même sous-amendement,
s'il y en a.
Bien, salutations à vous, Mme la
Présidente, bien sûr. Merci pour le cadeau. Malheureusement, la bague est un
peu petite pour... même pour mon auriculaire, mais j'espère qu'elle fait
peut-être aux autres collègues. Mais je la garde tout près, pour que votre
tempérance et votre sagesse nous inspirent tout au long de cette journée et...
Alors, salutations à tous les collègues, à nos équipes, à mes amis, ici, de la
banquette, à mes amis de l'autre côté de la table.
Donc, alors, on a pris note de votre
décision, Mme la Présidente, là, quant à la recevabilité, et on a écouté la
question ou l'intervention du député des Îles-de-la-Madeleine, mais il reste
que, quant à nous, et notamment mon collègue de Masson et moi, mais,
certainement, les autres collègues de la banquette gouvernementale aussi, ce
sous-amendement-là est, je crois, le cinquième ou le quatrième d'une même
lignée. Et, jeudi dernier, j'ai fait une intervention au micro, qui est
enregistrée, alors je ne vais pas répéter l'entièreté de tout ce que j'ai dit.
Mais, comme on commence une nouvelle semaine, je veux juste remettre à l'esprit
un peu, ou partager avec les collègues autour de la table, un peu les... mon
état d'esprit, actuellement, par rapport à... par rapport, d'une part, à la
redondance des sous-amendements qui sont déposés sur l'article 4 et, d'autre
part, sur la cadence des travaux. Je veux juste placer un petit peu ce
contexte-là. Donc, on a pris note de votre décision, mais il reste que, quant à
moi, c'est la même chose que les quatre autres d'avant.
Je note que, dans l'intervention
d'aujourd'hui, le député des Îles-de-la-Madeleine a évité de parler de mission
inconditionnelle, parce que je pense qu'on a été plusieurs à sursauter la
semaine dernière, quand il a parlé d'une mission inconditionnelle. Et je lui ai
rappelé que, s'il existe une condition sine qua non à toute action
gouvernementale, c'est bien la capacité de payer des contribuables. Et de
penser que n'importe qui, du jour au lendemain, pourrait confier des mandats à
une agence gouvernementale avec aucune considération pour la manière dont ce
serait financé, et qui le financerait, quant à nous, ça n'a pas de sens. C'est
un des nombreux éléments sur lesquels je pourrais... je pourrais élaborer en
réponse à l'intervention. Mais, comme je disais dernièrement, je ne vais pas
m'autofilibuster en répétant sans arrêt, longuement, les mêmes choses puis
contribuer au fait que les travaux n'avancent pas, donc.
Alors, je vais éviter... Et, je le dis,
s'il y a d'autres sous-amendements de la même nature, qui disent à peu près la
même chose, je ne vais pas réintervenir. Et ce n'est pas un manque de respect,
ce n'est pas de ça, au contraire, c'est par respect pour les fonds publics, qui
paient nos salaires. On est précisément... trois, quatre, cinq, six, sept, 10
élus dans... 11 élus dans la salle, actuellement, avec des salaires
financés par les fonds publics. On est encore à l'article 4 et, en date de
jeudi dernier, on était à 63 h 34 min de travaux. Donc là, on
s'en va vers 64 heures de travaux et on est à l'article 4 sur 120. Donc,
je vais rappeler, pour les collègues, là... je ne sais pas si tout le monde a
entendu quand je l'ai dit la semaine dernière, mais c'est toujours aussi vrai,
il y a deux choses... il y a plusieurs choses importantes dans ce projet de loi
là, évidemment, la création de Mobilité Infra Québec. Et, peut-être, ce serait
bon que tout le monde écoute ce que je suis en train de dire, indépendamment du
va-et-vient autour de la table.
Mais il y a deux choses particulièrement
importantes dans ce projet de loi là, qui sont des éléments pas seulement
importants pour le gouvernement, mais aussi, et surtout, pour des partenaires
que sont les sociétés de transport et les municipalités. Il y a, premièrement,
tous les amendements que je vais déposer par rapport au développement
immobilier. C'est revenu, ça, à plusieurs reprises dans les consultations
particulières, de manière unanime, tout le monde veut qu'on puisse enfin avoir
des avancées. C'est des choses qui auraient pu se faire avant, mais donc là, on
est rendus là, en 2024, il faut donner des moyens supplémentaires pour faire du
développement puis générer des retombées financières à même les... que ce soit
les actifs déjà en possession des sociétés de transport ou les futurs projets
de transport structurant. Donc, j'ai des amendements à déposer, mais encore
faudrait-il se rendre à une étape du projet de loi qui me permettrait de les déposer.
Ça, c'est la première chose.
La deuxième chose, j'ai besoin de déposer
des amendements qui vont modifier la loi sur le Réseau structurant de transport
de la Capitale, qui va nous permettre d'avoir la gouvernance du projet de
tramway de Québec, une nouvelle forme de gouvernance par rapport à ce qui était
<prévu...
Mme Guilbault :
...gouvernance du projet de tramway de Québec, une
nouvelle forme de gouvernance par rapport à ce qui était >prévu à
l'origine dans cette loi-là, qui était uniquement la ville de Québec. Mais tout
le monde sait que, maintenant, on a une gouvernance partagée avec la CDPQ Infra.
Le ministère aussi fait partie des comités puis de la structure de gouvernance
du projet. Donc, c'est important pour pouvoir aller de l'avant, Mme la
Présidente.
Alors, je le dis, là, je ne pourrais pas
le dire plus clairement, là, si les collègues des oppositions continuent de
faire en sorte qu'on reste toujours sur le même article ou font en sorte que le
6 décembre, quand on va tous quitter le parlement pour le... la période
des fêtes... s'ils font en sorte que, le 6 décembre, on n'aura pas pu
adopter le projet de loi, ça aura été extrêmement bien documenté, de jour en
jour et de semaine en semaine, que nous, le gouvernement, tentons, par le peu
de moyens qu'on a à notre disposition ici de faire en sorte qu'on passe à
d'autres étapes.
On a réussi, pour les motions
préliminaires... quand ils étaient rendus à huit motions préliminaires, on a
réussi à faire en sorte que la présidence a décidé que c'était... ça avait
assez duré, puis qu'il fallait passer à autre chose pour le bien commun. Là, on
a tenté une motion, la semaine dernière, puis, bon, c'est correct aussi, là,
dans le respect des règles du parlementarisme, mais ça fait en sorte qu'on peut
continuer de passer des heures et des heures et des minutes et des minutes sur
la même chose et que, ce faisant, on n'en arrive pas à une étape du projet de
loi où on est capables de faire avancer des choses qui sont importantes pour la
société civile, mais aussi, surtout, pour les partenaires du transport
collectif.
Donc, une fois de plus, ce sera au micro.
Alors, je ne vais pas m'étendre plus que ça, mais, si, un jour, les députés de
l'opposition, en face de moi, décident qu'on a assez parlé de ça et qu'on peut
passer à autre chose, je serai heureuse de discuter avec eux, notamment du
développement immobilier, parce qu'on aura des amendements à déposer, je l'ai
dit, et le premier est justement, à l'article 4, un peu plus loin. Alors,
on pourrait peut-être, éventuellement, envisager de changer de sujet, de
l'autre côté de la table, pour passer à un sujet qui est cher aux sociétés de
transport. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions? Oui, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : ...merci
beaucoup, Mme la Présidente. D'abord, salutations à tous et toutes, content de
reprendre les travaux sur le projet de loi n° 61, qui vise à créer
Mobilité Infra Québec, notamment. Bien, heureux, moi, du... de la décision que
vous avez rendue, parce qu'effectivement le sous-amendement apporté par le
collègue député des Îles-de-la-Madeleine apporte quand même des... une
proposition qui est particulière, qui est unique, sur le fond. Et, je le
rappelle, on est sur l'article 4. Pas pour rien qu'on y accorde autant
d'importance, c'est que c'est un article fondamental dans la création de
Mobilité Infra Québec. On touche la mission, ses fonctions, ses pouvoirs
généraux. Donc, c'est vraiment au cœur de la création de Mobilité Infra Québec.
C'est vraiment, bien, la mission, en fait, là, ça ne peut pas être plus
fondamental que ça quand on traite, là, de la création d'une nouvelle agence,
d'une nouvelle organisation, d'une nouvelle... d'une nouvelle entité. Donc,
très heureux qu'on puisse poursuivre la discussion.
J'irais peut-être, Mme la ministre, si
vous permettez... En mars 2023, vous êtes allée en mission en France et en
Suède. Je me souviens, pendant l'étude des crédits, on s'était parlé, là, de la
possibilité d'avoir le journal ou, en fait, un compte rendu de la mission que
vous aviez faite là-bas. Vous m'aviez dit que ce serait possible de nous le
partager. On n'a jamais reçu ce document-là. Je veux juste savoir : Est-ce
que c'est quelque chose qu'on peut s'attendre à avoir éventuellement, ou si
c'est... la porte est fermée à ce moment-ci?
Mme Guilbault :C'est quoi? Un compte rendu de la mission en Europe?
M. Grandmont : Oui, oui, on
avait discuté de ça à l'étude des crédits. On avait discuté de la possibilité
de nous fournir, aux oppositions, un compte rendu de la mission que vous aviez
faite en France et en Suède.
Mme Guilbault :Bien là, c'est parce que moi... C'est les fonctionnaires...
c'est les gens du ministère des Relations internationales qui gèrent ça. Nous,
on a pris nos propres notes de travail, avec les deux seules personnes qui
m'accompagnaient, de mon cabinet et des Transports, parce qu'on voyage léger
évidemment. Alors, c'est ça. Mais je ne l'ai pas, ce document-là. Je ne sais
pas comment ça fonctionne au MRI.
M. Grandmont : Bien, c'est
ça. Bien, vous aviez... vous aviez dit, donc, à l'étude des crédits... ça
devait être en avril qu'on s'était... qu'on avait discuté de ça, là... vous
aviez dit que vous regarderiez à la possibilité de nous fournir le document qui
résumerait un peu les visites, les apprentissages, parce que c'était surtout
là-dessus que j'avais insisté, là, les apprentissages qui avaient été faits à
travers ce... cette mission d'étude, parce que c'est un peu ça, dans le fond,
une mission d'étude.
Mme Guilbault :Bien, c'est ça. On peut... on peut vérifier avec le MRIF.
Mais je pense qu'indépendamment de cette mission-là on a un projet de loi très
intéressant devant nous, et qu'on devrait peut-être se concentrer à le faire
avancer.
M. Grandmont : Oui, moi, je
suis très d'accord avec vous. Est-ce que vous avez eu l'occasion de
rencontrer... Parce qu'il y a plusieurs partenaires qui ont été rencontrés,
là... bien, pas des partenaires, là, en fait, mais des... En fait, je veux vous
amener sur... bon, la France, on en a déjà parlé un petit peu, là, mais sur la Suède.
Je sais que vous avez dû écourter votre visite, votre mission en Suède, mais
est-ce que vous <aviez...
M. Grandmont :
...Suède.
Je sais que vous avez dû écourter votre visite, votre mission en Suède, mais
est-ce que vous >aviez rencontré des gens de Trafikverket, qui est
l'agence suédoise de planification des transports?
• (10 h 20) •
Mme Guilbault :Il faudrait que je vérifie dans l'agenda, là, je n'ai pas
accès... C'était la... c'était en mars 2023. Parce que j'avais beaucoup,
beaucoup de rencontres, là, dans une journée. Puis, effectivement, la
dernière... c'était peut-être dans la dernière journée, tu sais, parce que j'ai
manqué une journée, parce que je suis revenue pour SAAQclic. Mais je pourrais
le vérifier.
M. Grandmont : Parce que,
bon, on a regardé un peu... Parce que j'imagine que, si vous avez fait une
mission d'étude en Suède, c'était un des... une des organisations qui, à mon
sens, aurait pu être intéressante à rencontrer, surtout dans l'éventualité de
la rédaction d'un projet de loi qui vise la création d'une agence de mobilité infra...
de Mobilité Infra Québec. Parce que Trafikverket, en fait, moi, je me suis
penché un peu sur sa mission, sa façon de travailler, puis je trouve qu'il y a
des choses intéressantes là-dedans.
Et donc je nous ramène au projet de loi
n° 61. D'abord, la mission de Trafikverket, il faut savoir que c'est
l'agence suédoise qui est en charge de planifier, de développer et entretenir
un système de transport durable, efficace et sûr pour la Suède. C'est un
organisme gouvernemental, donc, qui est sous la tutelle du ministère des
Infrastructures, puis qui est responsable de l'ensemble des infrastructures de
transport national, incluant les routes, les chemins de fer, les voies
navigables puis même, dans certains cas, là, des aéroports, puis ses objectifs
sont alignés avec les priorités nationales de durabilité, d'accessibilité et de
sécurité. Donc, vous comprenez que je fais un lien quand même assez évident
avec ce qu'on est en train de discuter, bien notamment, en plus, l'article 4,
qui vise à créer, à donner une mission à Mobilité Infra Québec.
Donc, les principales missions de
Trafikverket comprennent la planification et le développement des
infrastructures. Donc, Trafikverket conçoit et supervise les projets de
construction, de modernisation des infrastructures de transport. Ça inclut les
autoroutes, les réseaux ferroviaires, les ponts, les tunnels. Elle planifie les
projets en tenant compte des besoins de mobilité à long terme et des impacts
environnementaux, travaille aussi sur la sécurité et la fluidité des
déplacements. Donc, elle peut travailler notamment... elle a une mission plus
large, je pense, là, que Mobilité Infra Québec... elle peut travailler... en
tout cas, pour l'instant, parce qu'évidemment ça pourrait évoluer, là, Mobilité
Infra Québec... mais elle met en œuvre des mesures de sécurité pour réduire les
accidents de la route, surveille l'état des infrastructures pour assurer un
trafic fluide. Elle travaille sur la transition écologique, la réduction des
émissions de gaz à effet de serre. Donc, elle est chargée de développer des
solutions de transport qui sont plus écologiques. Donc, déjà, il y a une
perspective de proaction envers les pratiques durables dans la conception de
ses projets. Puis elle vise aussi un transfert modal.
Donc, ça, c'est quand même quelque chose
qu'on a trouvé, qu'on a discuté précédemment, sur la notion d'est-ce qu'on doit
contraindre Mobilité Infra Québec à travailler sur des enjeux de transport
collectif seulement ou plus larges. Aussi, on voulait mettre des critères... en
tout cas, on a discuté de différents critères dans la définition... ou un
amendement, ou un sous-amendement qu'on avait apporté aussi qui amenait à
réaliser des projets qui allaient dans le sens de la mobilité durable ou voire
même, d'un transfert modal. On avait discuté de ça. Donc, c'est un peu dans ce
sens-là que Trafikverket semble travailler. Il y a aussi un volet, évidemment,
d'innovation, de modernisation, les technologies innovantes, les solutions de
mobilité de pointe, telles que les systèmes de transport intelligents,
l'électrification des routes, les véhicules autonomes. Puis il y a aussi tout
un travail, évidemment, de coordination et de partenariat.
Puis là où je veux vous amener, Mme la
ministre, c'est sur la notion d'initiative que peut avoir Trafikverket dans la
réalisation de ses mandats. Donc, ce qu'on dit, c'est que Trafikverket peut
initier elle-même l'étude et la planification de projets de transport. Elle a
l'autorité pour proposer et développer des projets d'infrastructures qui
répondent aux besoins de mobilité à l'échelle nationale, notamment pour les
routes et les chemins de fer. Cependant, cette initiative se fait souvent dans
le cadre d'objectifs nationaux, en coordination avec d'autres instances, et en
tenant compte des directives politiques fixées par le gouvernement suédois.
Donc, le gouvernement demeure toujours le grand maître d'œuvre, là, le
planificateur, si on veut, général, mais on donne cette possibilité-là à
Trafikverket de faire de l'initiative dans l'étude et la planification de
projets.
Donc, dans le processus
d'identification... de planification, pardon, Trafikverket peut identifier des
besoins d'infrastructure qui sont basés sur les analyses des tendances de
mobilité, donc, encore une fois, ce qu'on disait, là, être capables de se
servir de cette réserve d'expertise pour être capables de comprendre les
tendances de la mobilité. Elle peut aussi faire des prévisions de croissance
démographique, des besoins économiques. Elle peut évaluer où des améliorations
ou des extensions d'infrastructure pourraient être nécessaires. Elle peut mener
des études de faisabilité. Donc, Trafikverket réalise des études de faisabilité
pour évaluer les impacts techniques, économiques et environnementaux de nouveaux
projets. Ces études-là permettent de déterminer si un projet est viable, et
comment il pourrait être <intégré...
M. Grandmont :
...Ces
études-là permettent de déterminer si un projet est viable, et comment il
pourrait être >intégré dans le réseau existant.
Trafikverket peut également proposer des
projets et demander des financements. Donc, une fois les besoins identifiés et
les études menées, Trafikverket peut soumettre ses propositions de projets au
gouvernement pour obtenir des financements nécessaires. Donc, le gouvernement a
toujours cette possibilité d'accepter ou de refuser, évidemment, ces projets-là,
en fonction de ses orientations ou de... même, de ses promesses, de ses... de
sa planification gouvernementale. Ces propositions sont ensuite... ou des...
tout simplement, des finances, tout simplement... ces propositions sont ensuite
examinées dans le cadre des budgets d'infrastructures nationaux. Donc, on a
toujours un mécanisme de supervision budgétaire, évidemment.
Et, finalement, Trafikverket peut
coordonner avec les régions et les municipalités... parce que les municipalités
sont toujours responsables de l'aménagement du territoire, donc c'est similaire
à ce qui se passe ici. Je pourrais en parler, éventuellement, là. Bien que
Trafikverket puisse initier un projet, elle doit travailler en partenariat avec
les autorités régionales et locales... donc, c'est un autre amendement qu'on
avait suggéré récemment... qui génèrent souvent les services de transport
public au niveau local... qui gèrent, pardon, souvent les services de transport
public au niveau local. Donc, cette collaboration-là est essentielle pour les
projets de Trafikverket, pour que les projets de Trafikverket soient bien
intégrés aux besoins locaux et régionaux.
En somme, Trafikverket a une autonomie
pour initier des projets de transport et en assurer la planification initiale,
mais elle doit toujours opérer en cohérence avec les priorités nationales, et
en concertation avec les partenaires locaux et régionaux, pour assurer une
réponse efficace aux besoins de transport de Suède. Par ailleurs, j'ajouterais
à ça aussi que le gouvernement peut confier, évidemment, des mandats à
Trafikverket, qui devra donc, sachant que c'est une priorité nationale, les
étudier, les planifier et les réaliser pour, enfin, les livrer et peut-être
même, dans certains cas, les opérer.
Donc, je trouve ça intéressant, parce que
la mission qui a été faite en Suède... là, on ne sait pas si Mme la ministre a
rencontré des gens de Trafikverket ou pas, mais moi, je vois des similitudes,
sur le fond, avec l'agence Mobilité Infra Québec. Puis je vois aussi une façon
de travailler qui ressemble beaucoup aux amendements que nous faisons, nous,
membres de l'opposition, dans la façon d'opérer cette agence-là. Donc, j'arrive
difficilement à comprendre, d'une part, si, effectivement, on a eu cette
rencontre-là en Suède, pourquoi, finalement, on ne s'inspire pas d'un système
qui semble fonctionner en Suède.
Les taux d'appréciation sont élevés. Je
veux dire, le seul moment où il y a des... il y a des scandales, je dirais, là,
liés à Trafikverket, c'est vraiment en lien avec... puis ce n'est pas vraiment
des scandales, c'est des gens qui sont excédés, des fois, par la durée des
travaux ou des travaux qui sont... qui sont effectués dans des villes ou des
sections d'autoroute, par exemple, qui sont... qui sont refaites, ou des
bretelles d'autoroute qui sont refaites. Je pense que, Mme la Présidente, on ne
réinvente pas la roue, on comprend que les gens ne sont... ne sont jamais
contents d'être pris dans une congestion causée par des travaux routiers ou
être incommodés par des travaux effectués pour de l'amélioration de transport
collectif, interurbain ou local. Il y a toujours des désagréments liés au
trafic. Mais il semblerait que ça fonctionne bien, cette façon-là de
fonctionner, où on donne, justement...
Et c'est pour ça que je suis content de
voir l'amendement et le sous-amendement de mes collègues, donner une certaine
forme d'autonomie, demander une certaine forme d'autonomie, là, à Mobilité
Infra Québec, tout en s'assurant qu'évidemment les mandats donnés par le
gouvernement soient prioritaires, soient sur le début... le dessus de la piste...
de la pile, pardon. Donc, il me semble qu'on se rapproche en quelque sorte, de
la façon de fonctionner de cette agence Trafikverket, en Suède, et c'est pour
ça que je demandais à Mme la ministre si elle avait rencontré les gens de
Trafikverket, là, quand elle est allée en Suède en mars 2023.
Mme Guilbault :Non, bien, comme j'ai dit, je peux vérifier dans l'agenda,
là, mais, de mémoire, comme ça, je ne sais pas, parce que j'ai rencontré
plusieurs groupes qui étaient actifs en transport collectif.
M. Grandmont : Mais, Mme la
ministre, on a discuté de plusieurs... En fait, quand on crée une agence comme
Mobilité Infra Québec, on s'inspire un peu des pratiques à l'étranger ou au... bon,
le Canada, on peut dire que c'est à l'étranger, là, donc à Toronto et à
Vancouver. On a parlé de Metrolink, Translink. Là, j'amène l'idée, là, de
discuter, là, d'une source d'inspiration, qui a peut-être été la vôtre, en
fait, là. Trafikverket, est-ce que ça a servi, ça, d'inspiration à la création,
à la proposition de la rédaction du projet de loi n° 61 visant à la
création de Mobilité Infra Québec?
Mme Guilbault :Non, mais de façon générale, cette mission-là a servi
d'inspiration. Tu sais, des fois, on se demande, les missions, à quoi ça sert.
Bien, ça, c'est un bon exemple d'une mission. Puis j'en ai fait juste une, moi,
une mission, et de là a découlé... pas seulement de la mission, c'était déjà
quelque chose qui était en gestation dans notre esprit, mais on s'est dit :
On va aller voir ce qui se fait. Tu sais, quand on dit : Il y a des
nations qui sont plus avancées... Je suis allée à Paris puis je suis allée à
Stockholm. Et là on a un projet de loi devant nous. <Après...
Mme Guilbault :
...Je suis allée à Paris puis je suis allée à
Stockholm. Et là on a un projet de loi devant nous. >Après, est-ce que
l'idée, c'est de copier-coller forcément ce qui se fait dans un autre modèle?
Puis, encore là, il faudrait que je voie le... Mon collègue nous a lu des
extraits, puis je fais confiance que ce qu'il nous lit ça doit être sur le site
Internet ou ce sont des choses véridiques, mais, après, est-ce qu'on
copie-colle forcément un modèle précis quelque part? Non. C'est une... c'est
une inspiration générale.
• (10 h 30) •
Puis, en gros, de ce que je comprends de
l'agence à laquelle il fait référence ou, en tout cas, de l'organisation à
laquelle il fait référence, oui, ils peuvent par eux-mêmes proposer des choses,
mais il me semble avoir entendu un extrait où c'est bien noté : Dans le
respect des orientations gouvernementales, ou des plans d'action
gouvernementaux, ou... en tout cas, il y a une phrase comme ça, là. Alors,
c'est une autre façon de l'opérationnaliser là-bas, en Suède. Mais ça revient
au même que ce que je décrivais la semaine dernière. On ne peut pas avoir,
comme ça, des équipes qui, spontanément, vont proposer une foule de choses au
gouvernement qui n'est pas alignée sur les orientations, les priorités, les
choix d'investissement, etc.
Mais là où je rejoins le collègue, puis
l'agence en question, puis un peu, je dirais, le gros bon sens, c'est qu'il
faut que le gouvernement puisse... il faut que ces équipes-là puissent
travailler sur des analyses d'opportunité, puis c'est pour ça que c'est dans la
mission de Mobilité Infra Québec. Moi, j'insiste beaucoup sur la réalisation,
là, parce qu'en ce moment ce qui me dérange, c'est qu'on n'est pas capables de
réaliser des gros projets puis c'est tout le temps compliqué quand...
Justement, on est en planification, en études, puis, bon, il y a des rapports,
des rapports, des rapports, mais il y a comme un cul-de-sac au... à l'étape de
la réalisation. Alors, ça, pour moi, c'est la grosse priorité avec Mobilité
Infra Québec. Mais c'est sciemment et délibérément qu'on a ajouté l'analyse
d'opportunité puis la planification pour pouvoir faire le genre de travaux
auxquels réfère le collègue. Donc, c'est sûr que, tu sais...
Puis je parle souvent de la toile de
mobilité durable. Le gouvernement, puis pas juste celui actuel de la CAQ, là...
un jour, les autres gouvernements... Cette loi-là va durer longtemps, là, plus
longtemps que nous tous autour de la table. Donc, un gouvernement peut dire :
Moi, pour toutes sortes de raisons, je veux élargir, je veux développer un peu
plus, je ne sais pas, moi, sur la Rive-Nord de Montréal, sur la Rive-Sud de
Montréal, je veux développer en Estrie, je veux développer... quel que soit le
coin, puis décider de confier à Mobilité Infra Québec un mandat d'analyse
d'opportunité. Ou même, un grand territoire, prend... tu sais, il peut décider
de confier à Mobilité Infra Québec... prend toute cette section-là du Québec,
ou cette région-là, ou ce territoire-là, puis il analyse qu'est-ce qui serait
bon en matière de transport, en matière de services de mobilité, etc., par
rapport aux projets qui sont déjà existants ailleurs puis à la... un peu à
la... pas à la... oui, la ramification, là, finalement, la fameuse toile, là,
qu'on veut créer graduellement. Mais ce sera au gouvernement de prendre ces
décisions-là. Sauf que la manière dont la mission est rédigée, on peut
exactement atteindre le même objectif que ce que semble nous décrire... ce que
nous décrit, en fait, puis ce que je perçois de ce que nous rapporte le député
de Taschereau par rapport à l'organisation suédoise.
M. Grandmont : Moi, j'essaie
juste de comprendre qu'est-ce qui a pu orienter Mme la ministre à rédiger son
projet de loi dans le sens qu'elle le propose sans donner un pouvoir d'initiative
à Mobilité Infra Québec. Est-ce qu'il y a des agences qui vous ont inspirée,
qui fonctionnaient de la façon que vous voulez voir travailler Mobilité Infra
Québec que vous pourriez nous fournir? Est-ce qu'il y a des exemples dans le
monde qui montrent que la façon un peu plus «top-down», je dirais, là, a
fonctionné?
Parce que moi, quand je regarde, là, ce
que Trafikverket a fait dans les deux dernières décennies, là, donc juste
20 ans, là... Quelques projets significatifs. Le tunnel d'Hallandsås, en 2015.
C'est un projet qui consistait à la construction de deux tunnels ferroviaires
de 8,7 kilomètres chacun sous la... dans le sud-ouest de la Suède. Ça a
été inauguré en 2015. Le pont de Sundsvall en 2014. C'est un pont à haubans de
deux... un peu plus de deux kilomètres qui enjambe la baie Sundsvall, qui
facilite le trafic sur l'autoroute E4, qui réduit la congestion dans le
centre-ville de Sundsvall. Le Cityban... le Citybanan, pardon, de... à
Stockholm, s'est ouvert en 2017. C'est un tunnel ferroviaire de six kilomètres
sous le centre de Stockholm, qui a ajouté deux voies dédiées aux trains de
banlieue. La route européenne E4, qui a été inaugurée en 2015. C'est un
projet achevé en 2015, donc, qui a consisté en la construction d'une nouvelle
section d'autoroute E4 entre Sundsvall et Härnösand. L'extension de
l'autoroute E6 en 2013. Le projet de la ligne ferroviaire Botnia en 2010,
inaugurée en 2010, cette ligne ferroviaire de 190 kilomètres qui longe la
côte est de la Suède. Le tunnel de Norra Länken, à Stockholm, en 2014. C'est un
tunnel routier de cinq kilomètres ouvert en 2014.
C'est énormément de projets qui, on le
voit, là, se réalisent indépendamment des cycles électoraux, qui permettent,
comme on l'a déjà dit par le passé, de planifier sur le long terme. Parce qu'on
le voit, là...
10 h 30 (version révisée)
M. Grandmont : ...indépendamment
des... des cycles électoraux, qui permet, comme on l'a déjà dit par le passé,
de... de planifier sur le long terme, parce qu'on le voit, le nombre de projets
qui sont réalisés, le... le modèle de... de Trafikverket semble fonctionner.
Donc, est-ce qu'on a des projets... est-ce qu'on a des agences ailleurs dans le
monde qui sont au moins aussi performantes, qui fonctionnent selon le régime
que veut élaborer Mme la ministre dans le projet Mobilité Infra Québec?
Mme Guilbault :Oui. C'est ça, c'est parce que là, j'ai un extrait pour...
j'essaie de trouver le bon extrait qui va être le plus pertinent, là, pour l'Ontario...
OK, bien, c'est ça. Alors, tu sais, selon... «Plus précisément, la directive sur
les grands projets d'infrastructure publique sert actuellement de source unique
et faisant autorité pour les orientations du Conseil du trésor et du conseil de
gestion du gouvernement de l'Ontario sur la planification et la réalisation des
grands projets d'infrastructure en Ontario... La directive établit un processus
d'approbation en deux étapes, planification et construction, etc. La directive
exige que les ministères demandent l'approbation du Conseil du trésor et du conseil
de gestion du gouvernement avant de planifier, de construire ou de fournir un
financement important pour un grand projet d'infrastructure publique. La
directive définit également les critères selon lesquels les ministères ne
doivent pas autoriser des modifications importantes au projet avant de demander
l'approbation du Conseil du trésor et du conseil de gestion du gouvernement. Un
grand projet...»
Bon... Là, là, il y a les fourchettes
au-delà duquel tu as un projet... un grand projet ou un... ici, ça s'appelle
les projets complexes, là, mais c'est le seuil de 100 millions pour les
transports. Parmi... «Pour les actifs détenus et financés par la province, et
lorsque les coûts en capitaux estimés dépassent 100 millions, les
ministères doivent fournir une analyse des options.» Bon, bien, c'est ça.
Alors, bref, c'est ça. Il y a un processus
d'approbation avant de... de planifier, de construire ou de modifier un... ce
qu'eux appellent un grand projet, qui revient à un projet complexe pour nous.
M. Grandmont : ...
Mme Guilbault :Infrastructure Ontario. Bon, excusez, je ne l'ai pas dit.
Infrastructure... «Description sommaire de l'encadrement légal applicable à la
réalisation des projets complexes de transport. Infrastructure Ontario joue un
rôle clé dans la réalisation d'infrastructures en Ontario, blablabla...» Alors
donc, tu sais... Mais c'est juste un exemple pour montrer qu'en Ontario, ici, à
côté... On peut choisir les exemples qui nous arrangent, là, mais le... l'intention
pour un gouvernement de garder un contrôle sur les décisions et la priorisation
des projets qui mettent en jeu des sommes extrêmement importantes, des sommes d'argent
extrêmement importantes, est, je pense, normale et saine.
Bien, après, on peut avoir toutes sortes
de variations, là. Ce qu'il me décrivait tout à l'heure, justement, quant à
moi, ça atteint le même objectif que notre mission, c'est juste qu'ils ont
décidé de procéder différemment en s'assurant de préciser que ça doit être
conforme aux orientations gouvernementales. Nous, on décide de le faire d'une
manière où les mandats vont découler directement des... des orientations
gouvernementales plutôt que de se faire offrir quelque chose, de juger si c'est
conforme aux opportunités et d'avoir la possibilité de dire non, où, là, potentiellement,
il y aurait même une perte de temps, puis de... d'heures ouvrables, puis d'investissement.
Veut, veut pas, quand quelqu'un travaille, c'est quand même de l'argent qui est
engagé, c'est des salaires, et tout ça. Alors, de dire : On a la possibilité
de le refuser, alors que quelqu'un a travaillé dessus, pour nous, on décide d'y
aller dans le sens inverse.
M. Grandmont : Bien, écoutez,
en Ontario, là, l'agence... l'agence, là, s'appelle Metrolinx. Donc, c'est l'agence
de planification, c'est... En fait, l'agence Metrolinx, c'est... c'est l'agence
provinciale responsable de la planification, du développement puis de l'exploitation
du réseau de transport en commun de la région du Grand Toronto et de Hamilton.
Bien, Metrolinx a aussi un pouvoir d'initiative,
Mme la ministre. Le pouvoir d'initiative de Metrolinx, il se déploie comme suit :
il peut faire de la planification de projets stratégiques, il peut identifier
des besoins en infrastructures de transport dans la région du Grand Toronto et
Hamilton et proposer des projets stratégiques pour y répondre. Par exemple,
elle peut planifier des extensions de lignes de train <i>GO, ça, c'est les...
les trains de... de banlieue, des corridors de transport... de transport en
commun rapides, là, les «light-rail transit», puis des projets qui visent à
améliorer l'interconnectivité du réseau. Elle peut... elle peut faire des...
des études puis des recommandations. Elle est en mesure de mener des études de
faisabilité, des consultations publiques, des analyses de coûts-avantages, donc
coûts-bénéfices pour des projets potentiels. Ces études peuvent être initiées
par Metrolinx elle-même pour identifier les projets prioritaires et fournir des
recommandations : elle peut soumettre des projets au gouvernement de l'Ontario.
Donc, bien que Metrolinx puisse initier la
planification, elle dépend du gouvernement de l'Ontario pour l'approbation
finale et le financement <des...
M. Grandmont :
...puisse
initier la planification, elle dépend du gouvernement de l'Ontario pour l'approbation
finale et le financement >des projets. De la même manière aussi, le
gouvernement de l'Ontario peut donner des mandats clairs et directs à
Metrolinx. Les propositions de Metrolinx doivent être approuvées par le ministère
des Transports de l'Ontario, qui examine les projets en fonction des priorités
budgétaires puis des objectifs de l'Ontario. Puis évidemment, aussi, il y a
toujours la notion de collaboration avec les municipalités puis les autres
partenaires. Donc, elle peut initier des partenariats avec les municipalités
locales et d'autres agences de transport pour développer des projets intégrés.
Elle a le pouvoir de coordonner et de proposer des projets qui impliquent
plusieurs parties prenantes dans la région.
• (10 h 40) •
En résumé, Metrolinx a un certain pouvoir
d'initiative, notamment dans la planification et l'étude de projets de
transport. Cependant, la réalisation des projets dépend de l'approbation et du
financement du gouvernement provincial, et le gouvernement de l'Ontario peut
aussi donner des mandats à Metrolinx pour la réalisation de projets bien
précis.
Alors, je veux dire... en tout cas, moi,
ça fait deux... deux études... ou deux agences, en fait, que je donne, comme
exemples, à Mme la ministre, pour lui dire ce qu'on essaie de faire sur l'article 4,
là, sur la mission de Mobilité Infra Québec, en demandant, notamment, un
pouvoir d'initiative, en demandant, notamment, qu'on puisse finalement, aider
cette agence-là à alimenter en continu le gouvernement. Ce qui n'empêche
jamais, évidemment, que le gouvernement demeure le... le bailleur de fonds
principal, évidemment, avec des arrangements avec, éventuellement, le
gouvernement fédéral, puis une contribution potentielle — on pourra
en discuter plus tard — des pouvoirs locaux, municipaux. Il reste
quand même que ça semble être des modèles qui fonctionnent bien, Trafikverket,
en Suède, que, peut-être, la ministre a rencontrée lors de sa mission écourtée
en France et en Suède, et puis de l'autre côté, Metrolinx, qui est juste de l'autre
bord de la frontière.
Puis, on va se le dire, Toronto est
capable quand même de livrer des projets de transport collectif, notamment, de
façon... de façon assez impressionnante. On sait combien, en Ontario,
notamment, le... leur plan... leur plan d'infrastructures... ce n'est pas un
plan québécois, là... leur plan d'infrastructures est beaucoup mieux garni que
celui du Québec. Je le rappelle, ici, au Québec, on investit 70 % de
notre... de notre budget, sur 10 ans, transport... au transport routier et
30 % au transport collectif, alors qu'en Ontario c'est exactement l'inverse,
30 % va au transport routier et 70 % au développement du transport
collectif. Bien, c'est ça, c'est ce qu'on fait. Ce qui arrive, c'est que Toronto,
aujourd'hui, est une métropole qui est mieux pourvue en transport collectif que
peut l'être, notamment, Montréal. Ses infrastructures sont en meilleur... sont
en... sont mieux entretenues, sont en meilleur état.
Donc, j'essaie de voir qu'est-ce qui... qu'est-ce
qui a orienté les choix finaux de Mme la ministre, mais moi, je n'ai pas trouvé
d'agences, là, qui, dans ceux que je connais puis qui pourraient avoir
influencé la réflexion de Mme la ministre, qui iraient dans le sens de ce qu'elle
propose dans son projet de loi 61, à savoir que tout le pouvoir
décisionnel relève uniquement du gouvernement du Québec.
Mme Guilbault :...Non, mais, c'est ça, en fait, ce que j'ai dit tout à l'heure
vaut encore, là, tu sais. Nous, ce qu'on a besoin, c'est... c'est... comme le
résume bien mon collègue ici, c'est un bras agissant. On a besoin de quelqu'un
qui est capable de réaliser des projets. Réfléchir au transport collectif, on a
déjà bien du monde qui font ça, là. On a les sociétés de transport, qui ont des
idées de projets, on a déjà, au... au ministère, l'ARTM, des comités, là, pour
réfléchir à des projets de transport collectif. On en a eu plein, là. Tu sais,
l'ARTM, avec la ville de Montréal puis tout ça, réfléchissent au <i>projet
de l'Est depuis des mois, depuis que la <i>caisse s'est retirée du
projet. Là, on a besoin de quelqu'un qui va être capable de passer en
réalisation.
Alors, de... de penser que l'objectif du
projet de loi, c'est de créer une agence qui va pouvoir soumettre au
gouvernement, à l'année longue, toutes sortes d'idées, qu'on sera libres,
ensuite, de refuser... mais il y aura des gens qui ont... qui auront travaillé
inutilement là-dessus pendant ce temps là... ce n'est pas l'esprit du projet de
loi. L'esprit du projet de loi, c'est de se donner une capacité de réaliser des
projets. Mais il reste que l'analyse d'opportunité puis la planification, c'est
effectivement important aussi, puis c'est important aussi de la canaliser. Tu
sais, je disais, là, d'avoir une planification plus nationale, au lieu que,
justement, à gauche, à droite, chacun ait son bureau de projet, son idée, sa
réflexion, son équipe, son comité. Donc, c'est pour ça que ça fait partie de la
mission, parce que le gouvernement va pouvoir le confier, ces mandats-là, à Mobilité
Infra Québec, s'il le souhaite. Mais... mais l'important, c'est surtout la
réalisation.
Puis je notais, au passage, tu sais, juste
comme ça... Parce que beaucoup d'interventions ont eu lieu sur la question des
salaires des PDG, et on a fait beaucoup de temps là-dessus, peut-être qu'on en
refera, du temps, là-dessus aussi, mais je note que mon... mon collègue de Taschereau
trouve que Metrolinx fait un excellent travail, puis ils livrent des projets,
puis ils sont efficaces, et tout ça. Je veux juste lui noter que le PDG, M. Verster,
l'an dernier, avait un salaire de 856 000 $. Alors, je ne suis pas en
train de dire que le PDG de Mobilité Infra Québec va gagner ça, là. Même Mme Biron
ne gagne pas ça à Santé Québec. <Mais...
Mme Guilbault :
...le PDG de
Mobilité Infra QuébecT va gagner
ça, là. Même Mme Biron ne gagne pas ça à
Santé QuébecT. >Mais,
tu sais, quand les députés d'en face s'insurgent contre les salaires puis après
ça viennent nous vanter les mérites de gens qui gagnent encore plus cher que le
maximum que ce qu'on donne au Québec, il y a, quant à moi, quelque chose de
très contradictoire, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci.
M. Grandmont : Il me
reste combien de temps, Mme la ministre?
La Présidente (Mme Maccarone) :
...
M. Grandmont : Oui.
Bien, je... Moi, ce qui m'intéresse surtout, en fait, c'est de savoir... Mme la
ministre dit : On a besoin d'avoir un bras agissant. Puis là, en fait, ce
que je comprends, c'est que, dans le fond, le travail de... d'étude et de
planification... en fait, d'étude puis de préparation de la planification va
continuer de relever essentiellement, là, des... uniquement, en fait, des
sociétés de transport. Et donc, après ça, c'est les villes qui vont devoir
faire leur lobby auprès du gouvernement du Québec, qui, après ça, dans son
expertise — on comprend que ça va se décider, mais ça va se décider
de manière politique — va décider si des projets vont de l'avant ou
ne vont pas de l'avant. Donc, dans tous les cas, Mme la ministre, il faut que
des gens réfléchissent à planifier des projets.
Si on est capables d'avoir, au sein de Mobilité
Infra Québec, des gens qui sont une espèce d'escouade, un peu, d'excellence,
là, en fait, en termes de développement de projets de transport collectif ou de
transport routier complexes, donc des gens qui sont... qui sont des «top guns»,
on les a appelés aussi par le passé... il me semble qu'on aurait là, disons, un
premier déblayage qui peut être fait par cette... cette équipe-là pour, après
ça, soumettre des projets au gouvernement du Québec. Là, on va se retrouver
avec toutes sortes de demandes qui vont venir de toutes sortes de municipalités,
puis ça va passer beaucoup par le politique.
Et j'ai de la misère à concevoir
combien... comment on peut être plus efficaces comme ça qu'en ayant des experts
au sein de Mobilité Infra Québec, qu'on fait travailler puis qu'on... qui ont
pour mission aussi, c'est le souhait qu'on essaie de faire ajouter au projet de
loi... qui auraient cette expertise-là pour aider le gouvernement à prendre les
bonnes décisions et gagner en efficacité. On l'a déjà dit, là, cette réserve
d'expertise là peut aider le gouvernement, sur le long terme, à gagner en
efficacité, et ça semble fonctionner en Ontario, et ça semble fonctionner en
Suède. Je ne sais pas, je ne sais pas pourquoi on se prive de ce... de cette
expertise-là. Je ne vois pas les freins, moi, que Mme la ministre... Au
contraire, je pense qu'on gagnerait, au Québec, à donner... à se donner ce
pouvoir-là d'initiative, qui est non contraignant, évidemment, aussi.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Merci beaucoup. Oui, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, Mme
la Présidente. Merci de présider nos travaux. J'ai plusieurs points. Je vais
commencer par le premier point, parce que je l'ai entendu tout à l'heure, je
vais le mettre au clair... Du moment que les gens nous suivent, et c'est un
canal pas mal... très convoité, les gens veulent savoir où on est rendus.
Je tiens à rappeler... je tiens à rappeler
comment ça marche dans une commission parlementaire. Je pense que c'est
l'élément de base, règle 101, comment ça marche. Le gouvernement dépose un
projet de loi...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...merci.
M. Derraji : Merci, Mme
la Présidente. Le gouvernement dépose un projet de loi, vient en commission
parlementaire travailler avec les oppositions pour l'améliorer, parce qu'il n'y
a aucun projet de loi qui est à 100 % fiable, et c'est ce qu'on fait. On
fait notre travail, on dépose des amendements. Je tiens à rappeler que la
partie gouvernementale a aussi la possibilité de demander la recevabilité des
amendements, chose que le député de Masson a fait la semaine dernière, ce qui a
poussé la commission à ajourner et à ne pas terminer l'étude détaillée. On
était prêts à terminer à 4 h 30. On... Je pense, vous avez ajourné à
15 heures. Donc, si on veut commencer à faire le calcul, faisons-le très
bien. Et malheureusement, aujourd'hui... malheureusement...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...continuez, M. le député.
M. Derraji : Malheureusement,
aujourd'hui, même si le collègue a demandé... même... même si le collègue... OK,
16 heures. Moi... Ça a été... ça a été...
Des voix : ...
M. Derraji : Non, pas
l'ajournement à 16 h 15, mais je pense qu'à 15 h 30
l'amendement a été déposé par mon collègue ou à 15 heures. Je parle de
dépôt de l'amendement. Et après, le collègue Masson a eu l'idée géniale de
demander la recevabilité, que malheureusement aujourd'hui, Mme la Présidente,
vous avez tranché qu'il est recevable, l'amendement. Donc, même dans la demande
de recevabilité, encore une fois, le gouvernement n'a pas bien fait ses devoirs,
parce que le... l'amendement était recevable, et c'est pour cela qu'on en parle
aujourd'hui.
Donc, c'est très bien de clarifier, Mme la
Présidente, les enjeux de commission parlementaire. Comme le gouvernement a le
droit de demander la recevabilité, nous avons le droit de déposer des
amendements. Je comprends que ça ne plaît pas, mais, <malheureusement...
M. Derraji :
...nous
avons le droit de déposer des amendements. Je comprends que ça ne plaît pas,
mais, >malheureusement, c'est comme ça que ça marche, une commission
parlementaire, Mme la Présidente. Et Dieu sait que, depuis que je siège, j'ai
eu pas mal de collègues, ministres et collègues de Mme la ministre, avec qui
nous avons collaboré d'une manière extrêmement cordiale, où nous avons eu tous
les amendements. Je tiens juste à citer un exemple, le leader du gouvernement,
qui a déposé tous les amendements de pas mal de projets de loi, et il est sur
le point, probablement, de mériter le titre du plus grand législateur avec ses
projets de loi qu'il dépose.
• (10 h 50) •
Donc, Mme la Présidente, il y a une façon
de travailler. Chacun travaille à sa manière, mais, nous, on va continuer à le
faire, parce que nous sommes dans un débat extrêmement important. Et, pour les
gens qui nous ont... qui nous suivent, on est sur un débat sur la mission de
l'agence, et c'est très important, cette mission, parce qu'au moment où le
gouvernement a perdu le contrôle des finances publiques avec un 11 milliards de
déficit... Figurez-vous, on est passés d'un surplus de 7 milliards à un
déficit de 11 milliards, il faut le faire, en même pas un mandat et demi,
six ans. Donc, c'est pour cela que, nous, on va continuer à faire notre
travail, Mme la Présidente. Pourquoi? Parce que c'est très important, l'argent
public, c'est très, très, très important. On ne va pas signer un chèque en
blanc pour un gouvernement qui a démontré son incapacité à livrer des projets
structurants en matière de transport collectif et qui se réveille, après six
ans, pour dire : Ça me prend une agence pour vous faire livrer des
projets.
Maintenant, la ministre vient de dire,
tout à l'heure, qu'elle a besoin de quelqu'un pour réaliser les projets, en
d'autres mots, des exécutants. C'est exactement ça que je disais, depuis le début,
on est contre. Je suis contre une agence où on va mettre que des exécutants, et
c'est là le fond du problème, et je le sais parce que je l'ai vu, aucune
ouverture à donner l'esprit d'initiative à cette agence. Et on peut lire les
lois, les lois des autres provinces qui ont créé des agences, et on voit qu'ils
n'ont pas recruté uniquement des agences, et que Mme la ministre disait tout à
l'heure qu'il y a du monde en masse pour réfléchir à des projets. Absolument,
on l'a vu avec les trois versions du troisième lien, un bitube, deux étages.
Là, maintenant, on ne sait plus, si c'est à l'est ou à l'ouest, un tunnel ou un
pont. Donc, ça se voit, Mme la Présidente, que c'est vraiment... Il y a
beaucoup, beaucoup de monde... PPM, ponts par million, il y a de l'innovation,
Mme la Présidente. Et d'ailleurs, Mme la ministre était... est rendue la
championne à présenter plusieurs versions du troisième lien.
Alors... et c'est là le débat de fond. Si
on veut des exécutants, Mme la Présidente, bien, pourquoi ne pas juste faire
une direction au ministère? Si on veut juste des exécutants, on ne veut pas des
experts... Parce que, moi, je veux juste suivre la logique gouvernementale. Et
permettez-moi d'aller chercher un paragraphe que je trouve très, très
intéressant. Je l'ai utilisé à plusieurs reprises et je vais continuer à
l'utiliser malgré que je pense que ce que je dis ne fait pas beaucoup d'écho,
et on essaie de demander des recevabilités sur des amendements. C'est
Pierre-André Hudon, c'est un expert, monsieur... Mme la Présidente, c'est un
professeur agrégé à l'Université Laval. Et c'est là le débat de fond entre nous
et le gouvernement. Mme la ministre veut des exécutants, cherche des
exécutants. Je tiens à rappeler les notes de Pierre-André Hudon : «Mobilité
Infra Québec n'a pas de pouvoir d'initiative interne pour analyser
indépendamment les bonnes idées. Il se trouvera nécessairement à la remorque du
gouvernement.»
Bien, c'est ce qu'on ne veut pas, Mme la
Présidente, on ne veut pas une agence qui est à la remorque du gouvernement ou
du politique. Et d'ailleurs je n'ai pas besoin de rappeler les citations du
collègue de Mme la ministre, le... le député et le ministre actuel de la
Cybersécurité sur une agence de transport. Ses paroles résonnent encore à
l'intérieur de cette Assemblée. Je tiens encore à rappeler que M. Hudon,
qui est un expert, il disait : Si on veut réellement constituer Mobilité
Infra Québec comme une réserve d'expertise... Et c'est là le fond du problème,
c'est pour cela qu'on n'est pas d'accord. Et tant qu'on n'a pas réglé ce
problème, c'est vrai qu'on risque de ne pas avancer, parce qu'il faut régler ce
problème de mission avant d'aller voir les choses.
Et, tout à l'heure, Mme la ministre
parlait des sociétés de transport. En tout respect, Mme la Présidente, j'ai
déposé un projet de loi, ça fait plusieurs mois, qui donnait ce pouvoir, qui
donnait ce pouvoir aux sociétés de transport. Le gouvernement n'a qu'à
l'appeler, puis je peux leur donner s'ils veulent même mettre <leur...
M. Derraji :
...sociétés
de transport. Le gouvernement n'a qu'à l'appeler, puis je peux leur donner
s'ils veulent même mettre >leur nom. Il est prêt, le projet de loi qui
va régler le problème de financement dès demain. On n'a pas besoin d'attendre
l'alinéa 1. D'ailleurs, on va... on va s'y rendre, à l'alinéa 1. On a
beaucoup d'amendements par rapport à ça, Mme la Présidente, parce que, oui,
c'est vrai que c'est très important, mais ça ne date pas d'aujourd'hui. Le
projet de loi a été rédigé même avant même le dépôt de ce projet de loi de Mme
la ministre. Donc, oui, on est pour donner des leviers. Et d'ailleurs, ça a été
salué, le projet de loi que j'ai déposé, par plusieurs acteurs. Pourquoi le
gouvernement ne l'appelle pas? On va régler le problème très rapidement.
On est tous d'accord sur le principe de
permettre aux sociétés de transport d'avoir du financement et de l'autonomie au
niveau du financement. Tout le monde est d'accord, tout le monde veut ça. On
n'a pas besoin de Mobilité Infra Québec pour permettre aux sociétés de
transport d'avoir des leviers financiers. Voyons donc, Mme la Présidente.
Donc, je vais... je vais revenir à M. Hudon,
parce que je le trouve vraiment un des rares intervenants qui a mis le doigt
sur le problème majeur de la mission de Mobilité Infra, surtout en lien avec
les experts versus les exécutants. Qu'est-ce qu'il disait? Si on veut
réellement constituer Mobilité Infra Québec comme une réserve d'expertise, un
peu comme la SQI pour le bâtiment, il semble qu'une certaine autonomie dans
l'analyse des opportunités est nécessaire. Or que, dans le texte que j'ai
devant moi, ça... qui est très important pour les gens qui disent :
Pourquoi on est en train de passer autant de temps avec la ministre sur cet
enjeu? Parce qu'il n'y a pas de flexibilité, c'est parce qu'on n'avance nulle
part. Quand j'ai des experts qui sont venus en commission parlementaire
insister sur l'autonomie... Des experts, bien, il faut que ce soit reflété dans
le projet de loi. Sinon... si la volonté, comme elle a été mentionnée par Mme
la ministre, c'est d'avoir des exécutants, bien, pourquoi créer une agence, créer
une division à l'intérieur du ministère et on leur donne le mandat d'être des
exécutants?
M. Pierre Hudon : «Il semble qu'une
certaine autonomie dans l'analyse des opportunités est nécessaire pour que les
experts de la future agence puissent faire leur travail», puisqu'il s'agit
d'experts, ne l'oublions pas. On ne recrute pas des experts pour leur dire :
Vous allez être des exécutants. C'est une définition du gouvernement caquiste,
il veut des experts exécutants. «Sans attendre un mandat explicite, cela
supposerait un pouvoir d'initiative où l'agence peut étudier des solutions
qu'elle juge pertinentes», pour ce qu'il s'agit... puisqu'il s'agit d'experts,
ne l'oublions pas. Il insiste beaucoup : «sans attendre un mandat
explicite».
Alors, Mme la Présidente, je viens de
répéter pour la énième fois les propos de M. Hudon, qui est un expert,
que... lui est venu en commission parlementaire nous parler de cet enjeu qui
est... Au fond, la réflexion profonde par rapport à l'agence, c'est se dire :
Quelle agence on veut pour les transports, Mme la Présidente? Et cette agence,
on ne peut pas créer cette agence, réserver un budget, dire aux gens : On
veut des experts, et, par la suite, on va juste leur donner le mandat
d'exécuter les mandats du ministère. À ce que je sache, Mme la Présidente, au
ministère, il y a pas mal de division, on exécute des mandats. C'est tout à
fait le contraire au niveau d'une agence. Et c'est cette certaine... c'est
cette autonomie qu'on ne voit pas.
• (11 heures) •
Et c'est pour cela que j'appuie
l'amendement de mon collègue du Parti québécois, parce que ça va dans le sens
même de ce que je disais au début. Là, maintenant, le collègue parle de la
priorisation des mandats qui lui ont... confiés par le gouvernement. Parce
qu'on ne veut pas juste avoir une sorte de : Je vous donne quoi faire ou
une exécution. Donc, la question qui se pose : C'est quoi, la valeur ajoutée
d'une agence? Si l'agence n'a comme seul rôle que d'exécuter les mandats de la
ministre, est-ce que vraiment c'est ça qu'on cherche au Québec? Est-ce que
c'est comme ça qu'on va gérer d'une manière responsable les fonds publics?
Est-ce que c'est comme ça qu'on va créer une double structure, le ministère
d'un côté et une agence de l'autre côté? Et, si c'est le cas et ce gouvernement
a la conscience de l'argent des contribuables, pourquoi dédoubler ce qu'on fait
déjà à l'intérieur...
11 h (version révisée)
M. Derraji : ...et ce
gouvernement a la conscience de l'argent des contribuables, pourquoi dédoubler
ce qu'on fait déjà à l'intérieur du ministère? Ce sont des questions légitimes
que malheureusement, pour les gens qui nous écoutent, on n'a pas les réponses,
et jusqu'à maintenant, ce qu'on a, c'est que la mission va rester telle quelle,
il n'y aura aucun changement. Nous avons essayé à plusieurs reprises de
sensibiliser la partie gouvernementale sur l'autonomie des experts, jusqu'à
maintenant, nous avons échoué. Mon collègue, le député du Parti québécois,
ramène un autre élément en priorisant les mandats qui lui sont confiés par le
gouvernement. Encore une fois, c'est dans un esprit où on va dire à des experts :
Venez, venez à l'agence. Votre autonomie serait respectée, et vous allez le...
la possibilité de prendre des mandats.
Donc, Mme la Présidente, la ministre va
passer une commande au CA de mobilité, le CA de mobilité va donner le mandat à
son équipe, et bon, voilà, nous, on va juste applaudir et on va voir...
assister à un gouvernement qui, pendant son mandat et son règne, a rencontré
des problèmes majeurs en matière de santé et en matière de transport, et sa
seule solution, dans un contexte de perte de contrôle des finances publiques, c'est
créer des agences.
C'est ça, Mme la Présidente, ce qu'on a devant
nous, et, encore une fois, c'est à l'encontre même de tout ce qui a été dit,
même à l'intérieur de cette commission. Je me dis juste : Si on prend
juste le temps de revoir les notes de ceux qui ont pris la peine d'écrire des
mémoires, de venir en commission parlementaire, de nous dire : Écoutez, si
c'est la volonté... c'est vraiment créer une agence, où cette agence va
utiliser des fonds publics, et on l'a vu, hein, on a vu la PDG de Santé Québec
avec un demi-million de dollars comme salaire, donc créer une agence, avec des
vice-présidents, pour devenir l'exécutant en chef du gouvernement...
Donc, le débat, Mme la Présidente, il est
extrêmement important, pour la simple et unique raison qu'aujourd'hui, il y a
deux visions, et ces deux visions, malheureusement... on n'arrive pas à s'entendre.
Donc, la ministre peut continuer à dire qu'elle maintient ce qu'elle a dit
depuis quelques jours, comme nous, on a le droit de dire... Et d'ailleurs, ce n'est
pas par hasard que les trois partis de l'opposition sont d'accord, à savoir le
Parti libéral, le... Québec solidaire et le Parti québécois, comme par hasard
les trois partis sont unanimes qu'on fait fausse route avec la mission.
Mais, encore une fois, c'est un choix, c'est
un choix dans une étude détaillée que le gouvernement maintient son point de
vue. Les oppositions ont d'autres façons de travailler et faire avancer les
travaux de la commission, c'est déposer les amendements. Et tant qu'on n'a pas
réglé cet enjeu, Mme la Présidente, je ne veux pas dire qu'on tourne en rond,
mais on va continuer à défendre notre position que pour nous, la mission de
Mobilité Infra<i> doit... doit permettre à ses experts une certaine
autonomie.
Sinon, nous sommes en train de perdre l'argent
des contribuables, et, à la place, je propose à la ministre de retirer son
projet de loi et de créer une agence. Elle vient de sauver au trésor 12 millions de
dollars, et elle va faire sa part par rapport à ce qu'on lui demande au niveau
du Conseil du trésor, de couper et de réduire les dépenses, et du gel d'embauche.
Donc, si la ministre avait fait le choix
de créer une direction d'experts en transports au ministère, cette équipe-là
serait en place depuis des mois, on ne va pas attendre la création d'agence,
là. Donc, si on veut juste des exécutants, bien, créons une direction à l'intérieur
du ministère. Je ne sais pas, le sous-ministre, il pense quoi, mais créons une
direction à l'intérieur du sous-ministère, regroupons tous les experts, et ils
vont être des exécutants. Pourquoi créer une agence? Pourquoi créer une agence,
Mme la Présidente? Les gens vont pouvoir trouver la réponse. La ministre, elle
n'aura pas besoin d'écrire un projet de loi, de venir nous supporter avec des
motions préliminaires, <écouter...
M. Derraji :
...La ministre, elle n'aura pas besoin d'écrire un projet de
loi, de venir nous supporter avec des motions préliminaires, >écouter
les groupes, écouter les amendements, redéposer des amendements. Ça va être
très facile, Mme la Présidente, créons une direction à l'intérieur du ministère
avec des experts qui vont être des exécutants. C'est quoi, la valeur ajoutée
d'une agence, si elle n'a pas aucune autonomie? La question se pose.
Alors, Mme la Présidente, comme je l'ai
mentionné, pour nous, c'est un débat de fond. On ne partage pas la lecture de
Mme la ministre. Je pense qu'on a le droit, jusqu'à nouvel ordre, nous sommes
dans une société démocratique. Le gouvernement dépose son projet de loi, on a
le droit de l'amender jusqu'à nouvel ordre, n'est-ce pas, M. le député de Masson?
Comme il a le droit de demander la recevabilité de chaque amendement. Et on l'a
vu aujourd'hui, même la demande de recevabilité, ce n'était pas irrecevable. Et
on est là, en train de parler de l'amendement qui a été complètement arrêté la
semaine dernière. C'est ça, la démocratie, Mme la Présidente. Et chaque
ministre gère sa fougère comme il veut, comme nous, on gère notre fougère comme
on veut, avec des amendements qui vont dans le sens même de la mission. Mais
est-ce qu'on a le droit de ne pas partager la vision de Mme la ministre? Je
pense qu'on a le droit de ne pas être d'accord avec les collègues de la partie
gouvernementale. C'est ça, la démocratie. C'est ça, la démocratie. Et, en
commission parlementaire, l'opposition a aussi un rôle à jouer. Si elle n'est
pas d'accord avec l'orientation d'un projet de loi, elle dépose un amendement.
Et c'est dans les négociations qu'on arrive à avancer. Donc, si les
négociations n'arrivent pas à avancer, il ne faut pas blâmer une seule partie,
Mme la Présidente. J'en ai vu, des projets de loi, beaucoup plus complexes,
beaucoup plus difficiles, où on arrive toujours à trouver des terrains
d'entente.
Maintenant, la question se pose :
Est-ce que le gouvernement veut diluer son verre de vin et mettre un peu plus
d'eau? Je ne veux pas parler du 0,05, croyez-moi, Mme la Présidente, je ne veux
pas revenir sur ce débat, mais je pense qu'il est temps de diluer les verres de
vin autour de la table si on veut avancer, surtout par rapport à la définition
de la mission et est-ce qu'on veut avoir des experts autonomes ou pas.
C'est ça, la question, pour les gens qui
nous suivent. Le débat bloque, parce que nous, au Parti libéral comme au Parti
québécois et à Québec solidaire, on veut des experts autonomes et le
gouvernement veut des exécutants. Donc, si vous vous demandez pourquoi on parle
encore de cet article, je vais vous le résumer en une seconde : un
gouvernement qui veut une agence d'exécutants qui va nous coûter beaucoup,
beaucoup, beaucoup de sous dans un contexte où on coupe tout et on gèle des
embauches partout...
La Présidente (Mme Maccarone) : En
terminant.
M. Derraji : ...et nous, ce
qu'on veut, c'est de l'autonomie. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions sur le sous-amendement? Oui. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Merci. Simplement, peut-être, pour faire certaines
précisions par rapport à l'intervention du collègue.
D'abord, sur les heures, là, je veux juste
préciser que jeudi dernier, la présidence a décidé d'ajourner à
16 h 13, et ça finissait de toute façon à 16 h 30. Donc,
oui, il y a une différence de 17 minutes. Mais là, Mme la Présidente, le
député de Nelligan m'oblige, encore une fois, à ramener la question du cadre
temporel. À quel moment précisément, le gouvernement, la CAQ était prête à
commencer les travaux sur le projet de loi? Le 10 mai. Le 10 mai, Mme
la Présidente, le lendemain du dépôt de mon projet de loi, le 9 mai. Et à
quel moment est-ce qu'on a commencé les consultations particulières? Le
10 septembre. 10 septembre, ça, c'est précisément quatre mois plus
tard. Et pourquoi ça a pris quatre mois, Mme la Présidente, avant qu'on
commence à travailler sur le projet de loi? Parce qu'entre autres, le Parti
libéral a demandé qu'on ne fasse pas le projet de loi n° 61 en même temps
que le projet de loi n° 62, prétextant qu'ils ne peuvent pas être à deux
places en même temps. Parce qu'il fallait que le député de Nelligan, son corps
soit assis dans la salle de la commission parlementaire du projet de loi
n° 62, donc ne pouvait pas être assis en même temps dans celle du 61. Or,
Mme la Présidente, en excluant son chef et sa collègue de Saint-Laurent, qui
était partie s'occuper de ses enfants, à très juste titre, il y a
15 autres députés libéraux qui auraient pu être disponibles pour venir
s'asseoir dans la salle. Mais le Parti libéral a demandé que ça se passe comme
ça, voulait que soit retardé le projet de loi n° 61 et qu'il commence
après le projet de loi n° 62. Donc, on s'est retrouvés à perdre quatre
mois... bien, enfin, un mois de travaux parlementaires jusqu'au 10 juin,
où la session a été ajournée et où on aurait pu faire les consultations
particulières, à tout le moins, puis réfléchir à nos amendements pendant l'été
puis arriver déjà en étude détaillée au début de l'automne. Mais ça ne s'est
pas fait, entre autres à la demande du Parti libéral qui voulait faire un
projet de loi <après...
Mme Guilbault :
...Mais ça ne s'est pas
fait, entre autres à la demande du Parti libéral qui voulait faire un projet de
loi >après l'autre. Ça fait que ça, c'est la raison principale pour
laquelle on n'a pas commencé plus tôt les travaux sur le projet de loi
n° 61. Et là, encore là, c'est lui qui m'oblige à dire ça, là, en
prétextant qu'on a perdu 17 minutes la semaine dernière à cause d'une
motion. Je pense qu'on est loin du quatre mois qu'ils nous ont fait perdre.
• (11 h 10) •
Deuxième chose, il me parle de M. Hudon
qui... je ne sais plus exactement de quoi il parlait. M. Hudon qui est un
éminent chercheur, qui fait partie des gens qui sont venus nous rencontrer dans
les consultations particulières, qui a fait des propositions intéressantes dont
on s'est inspiré pour certains de nos amendements, entre autres sur la
définition du projet complexe et sur... Il y en a un autre aussi, là, le...
préciser la fonction des filiales. Donc, il y a des choses qui, évidemment, si
on finit par se rendre là, des amendements qui vont être présentés, qui sont
inspirés des propos de M. Hudon, tout comme inspirées des propos de plusieurs
autres personnes. Et on est à près d'une quarantaine d'amendements, nous. Parce
que nous, évidemment, on sait un peu, là, où on s'en va. On connaît bien le
projet de loi, et tout ça, on l'a travaillé, on a travaillé les amendements à
la suite des consultations, en s'inspirant, effectivement, de ce que les
groupes sont venus nous dire, les chercheurs et toutes les personnes qui sont
venues, et celles qui ont déposé des mémoires aussi, d'ailleurs, qui ne sont
pas forcément venus en personne. Et on est à près d'une quarantaine
d'amendements inspirés des consultations particulières. Donc, quand on nous dit,
de manière simpliste : Vous n'acceptez pas telle idée que moi, je trouve
importante et qui vient de tel chercheur, donc vous faites fi complètement des
consultations particulières, c'est un raisonnement fallacieux, Mme la
Présidente. N'oublions pas, fallacieux, qui est destiné à tromper. Mais je
pense que fallacieux est parlementaire, ça fait que je ne pense pas que je
pourrais dire : Destiné à tromper, mais je peux dire fallacieux. Donc,
c'est un raisonnement fallacieux.
Ce n'est pas parce qu'on ne prend pas une
des idées des centaines de pages de mémoires reçus de dizaines de groupes et
d'intervenants, qu'on n'en prend aucune. Il n'y a personne ici qui pense que ça
fait du sens, ce raisonnement-là. La preuve en est d'ailleurs qu'on est à près
d'une quarantaine d'amendements inspirés des consultations particulières, dont
la présentation de M. Hudon. Alors, ça, c'est pour les amendements.
Ensuite de ça, il nous dit : On a un
désaccord de fond, le gouvernement et nous. Bien, effectivement, Mme la
Présidente, mais ça arrive souvent dans la vie. Et il y a une raison pour
laquelle on élit des gouvernements pour gouverner. Ils sont là pour faire des
propositions, présenter des projets de loi puis ensuite de ça, oui, il faut les
bonifier. On est rendus à l'article quatre, Mme la Présidente, imaginez-vous.
Ça, ça veut dire qu'on a seulement adopté trois articles, trois articles, et
déjà deux amendements acceptés, un de Québec solidaire puis un du Parti
libéral, sur trois articles. Ça fait qu'imaginez la moyenne. Ça fait quand même
une moyenne élevée par article, ça, là, c'est quasiment un par article. Ça fait
que, quand on nous dit : Il y a un désaccord de fond... Et là, il a... il
a osé dire, je ne sais pas si c'était volontaire de le formuler comme ça, je
paraphrase, ce n'est peut-être pas les mots exacts, là, disons qu'il n'y a pas
de guillemets nécessairement, mais... Et là, il dit : Là, on n'est pas
d'accord avec le gouvernement, mais là, s'ils continuent de vouloir garder leur
position, nous, on va continuer aussi. Et là, on va peut-être dire qu'on tourne
en rond, mais nous, on va continuer tant et aussi longtemps que le gouvernement
ne fait pas ce qu'on veut. Donc là, il est en train de nous confirmer au micro
qu'il n'a aucunement l'intention de faire avancer le projet de loi, à moins
qu'on lui concède son projet de loi à lui, parce que, là, il dit, Mme la
Présidente... Je sens qu'il va faire une intervention.
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
ne faut pas prêter les intentions, s'il vous plaît. C'est ça. On va faire
attention aux propos. Alors, prudence, s'il vous plaît.
Mme Guilbault :Effectivement. Alors, je vais... Je vais... J'enchaînais
avec l'autre idée, parce qu'il nous dit : Ce n'est pas un bon argument de
dire qu'il faut travailler sur le développement immobilier, parce que moi, j'en
ai un, projet de loi, elle a juste à l'utiliser. Alors, là, on tombe dans une
espèce de négociation à peine voilée, légèrement puérile, quant à moi, Mme la
Présidente, mais c'est mon opinion de citoyenne et députée de Louis-Hébert,
où il vient nous dire : Si vous me donnez mon projet de loi, je vais
arrêter de bloquer.
M. Derraji : Mme la
Présidente, s'il vous plaît, c'est la deuxième fois. On me prête des
intentions. S'il vous plaît.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
vous allez me laisser gérer...
M. Derraji : Pas de problème.
Oui.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre, vous le savez, c'est la deuxième fois, on ne peut pas prêter
les intentions. S'il vous plaît, prudence dans vos propos. La critique est
permise, mais on ne peut pas induire la commission en erreur. C'est pour ça que
le député a dit... S'il vous plaît, continuez.
Mme Guilbault :Donc, je réitère autrement. Il nous dit qu'on n'a pas à
faire avancer le projet de loi nécessairement pour pouvoir travailler sur le
développement immobilier, parce qu'on pourrait utiliser son projet de loi à
lui. C'est ça qu'il nous a dit, là, c'est ça qu'il nous a dit. Il a dit :
J'ai déposé un projet de loi, ils pourraient l'appeler, on pourrait prendre mon
projet de loi et on réglerait la question du développement immobilier. Or, Mme
la Présidente, on est déjà dans une commission parlementaire où on pourrait
s'occuper de ce sujet-là. Alors, si on place le bien commun et le bien du
développement immobilier dans des projets de transport collectif, avant tout le
reste, là, avant toute considération partisane ou autre, on devrait tous, en ce
moment, saisir l'opportunité qu'on <partage...
Mme Guilbault :
...reste, là, avant toute considération partisane ou
autre, on devrait tous, en ce moment, saisir l'opportunité qu'on >partage
dans cette pièce pleine d'harmonie et de collégialité, et je dirais même
d'affection et d'amitié. On devrait tous saisir cette opportunité-là de le
faire avancer, le projet de loi, et de le régler, le développement immobilier.
Si le député de Nelligan veut déposer des amendements sur le développement
immobilier, qui sont inspirés de son projet de loi, puis qu'on les accepte pour
pouvoir dire qu'il a contribué à l'avancement du développement immobilier, ça
me ferait plaisir, Mme la Présidente. Si c'est ça, son objectif, là, puis c'est
ça qu'en ce moment, peut-être, qui le fâche, là, bien, on va le faire, on va
trouver une façon de lui donner des amendements. Sauf qu'il faut qu'on se rende
là, Mme la Présidente. Ça fait que, si lui dit : Moi, je reste fâché puis
je vais continuer à parler de la même chose...
M. Derraji : Mme la
Présidente, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
je comprends. Encore une fois, Mme la ministre, très attention dans vos propos.
M. Derraji : C'est la
troisième fois.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
comprends. On ne peut pas dire qu'il est fâché. Ce n'est pas la façon de se comporter
ici. Vous avez tous vos bagues sensorielles, je vous propose de les utiliser
pendant que vous êtes en train...
Mme Guilbault :J'en ai même deux, moi, grâce à vous.
La Présidente (Mme Maccarone) : Voilà.
Je propose de les utiliser pendant que vous êtes en train de partager votre
opinion puis la réponse à l'intervention de M. le député. Continuez, s'il vous
plaît, avec prudence.
Mme Guilbault :Mais je suis très calme, moi, là, je vous dirais même que
je suis de bonne humeur. Alors, donc... Disons, si son intention — puis
c'est un peu ce qu'il nous communique — c'est de rester campé sur sa
position, campé sur sa position actuelle à savoir qu'il faut modifier la
mission de Mobilité Infra Québec, etc., bon. Alors, si c'est ça, le principe,
je lui annonce, moi, là, je lui tends une main en disant : Si on se rend
au développement immobilier, je suis prête à ce qu'on puisse adopter des
amendements qui viendraient du Parti libéral et qui s'inspireraient du projet
de loi que le député de Nelligan a déposé. Moi, là, je veux juste que ça avance
puis je veux juste que les sociétés de transport, entre autres la STM, puissent
faire du développement immobilier, entre autres dans la ligne bleue, et tout ça.
Donc, les gens ont besoin de ça. Et moi, je place le bien commun au-dessus de
toute considération qui serait autre que le bien commun. Donc, ça, c'était ma
main tendue au député de Nelligan.
Et dernier point, parce que ça, je trouve
ça important. Je l'ai déjà dit, mais moi, ça me... Il y a quelque chose qui
m'agace quand je l'entends dire : Si on veut juste des exécutants, bien,
là, on fera juste une direction dans le ministère, puis ta, ta, ta. Je trouve
ça très réducteur, Mme la Présidente, très, très, très réducteur. Ils l'ont
fait, là, il y a... Je ne sais pas qui exactement a tenu quel propos, mais
c'est un peu le même principe, puis je ne sais plus à quel article... bien,
forcément article 1, 2 ou 3, on n'a pas beaucoup de choix d'articles. Alors,
de penser que c'est simple... Tu sais, quand je disais : On a besoin d'un
bras agissant puis de gens pour réaliser des projets de transport, puis on me dit :
Bien, si c'est juste ça, c'est simple, mettez quelques autres employés dans le
ministère puis ça va se faire tout seul. Voyons, Mme la Présidente! Si c'était
simple de réaliser des projets de transport, ça se ferait déjà par le
gouvernement, ça se ferait déjà, là. Il y a eu des gens intelligents qui sont
passés avant nous, là, mais les seuls qui ont fait quelque chose pour le projet
de transport collectif structurant, ils ont créé une filiale à la Caisse de
dépôt<i>. Ils ne l'ont même pas fait dans le gouvernement, parce que,
probablement, ils se disaient : C'est tellement compliqué qu'on ne mettra
pas ça dans le gouvernement.
Ça fait qu'après ça, quand c'est les gens
de ce même parti-là... viennent nous dire : Bien, non, c'est tellement
simple, là, tu as juste à demander ça au ministère puis ça va se faire tout
seul. Moi, je ne suis pas d'accord, Mme la Présidente. C'est une expertise à
part entière. C'est une expertise fine dans un contexte où on est rendus en
2024 et que la mouvance mondiale, du moins, pour plusieurs nations, là, qui
développent le transport collectif puis la mobilité, c'est de plus en plus
complexe de faire atterrir des projets de transport. C'est de plus en plus
nécessaire, mais aussi de plus en plus complexe de faire atterrir, dans la
vraie vie, des projets de transport collectif structurants, complexes parce
que, et ça aussi, je l'ai dit souvent, il y a toute une question... puis la
définition de complexe, là, mes huit indicateurs, souvenons-nous que j'ai
présenté... je ne sais même plus si c'est dans cet article-là ou un autre,
mais, en tout cas, tu sais, gestion des parties prenantes, l'acceptabilité
sociale, la notion de risque, les notions environnementales, les places où on
veut développer ça, les expropriations. Il y a beaucoup de choses qui viennent
avec ça.
Donc, quand on vient me dire : C'est
vraiment simple, faire de la réalisation, ça fait que si c'est juste ça,
faites-le comme... faites-le comme vous pouvez, puis ça ne vaut pas la peine de
perdre du temps sur un projet de loi puis de créer une agence pour ça, moi, je
ne suis pas d'accord. Encore là, on a un désaccord de fond. Moi, je pense que
c'est suffisamment complexe et important pour avoir une équipe dédiée avec une
expertise à la fine pointe qui va être capable de réaliser des projets de
transport collectif structurants au Québec. Parce que si c'était si simple que ça,
ça se ferait déjà. Il y a une raison pour laquelle ça ne se fait pas, je l'ai
dit souvent : Ils ont contourné le problème, Parti Québécois ne l'a pas
fait non plus. Et, évidemment, ça serait beaucoup plus simple de ne rien faire
puis de laisser ça de même. Mais regardez où on est rendus, à 60... Combien
j'ai dit tantôt, 65 heures? Je ne sais plus, là. Bon. En tout cas, plus de
60 heures ici, là, à écouter les mêmes affaires parce qu'on y tient. Ce
sera tout pour l'instant, Mme la Présidente.
• (11 h 20) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres <interventions...
Mme Guilbault :
...Ce sera tout pour l'instant, Mme la Présidente.
• (11 h 20) •
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Y a-t-il d'autres >interventions sur le
sous-amendement? Je vois qu'il n'y en a pas. Alors, nous allons passer à la
mise aux voix. Vote par appel nominal, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire
: Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire
: M. Lamothe
(Ungava)?
M. Lamothe : Contre.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Contre.
La Secrétaire
: M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Présidente (Mme Maccarone) : Moi,
je dois abstenir.
La Secrétaire : Pardon. Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
merci beaucoup. Alors, le sous-amendement est rejeté. Ça fait que nous sommes
de retour à l'amendement de M. le député de Nelligan. Juste pour la gouverne
des collègues, il ne reste plus de temps pour les oppositions. Alors, est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Je vois qu'on n'a pas d'autre intervention.
Alors, nous allons passer à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à
l'article 4 est adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Votre
amendement, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Ah! mon
amendement, OK. Vote appel nominal, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Maccarone) : Un
vote par appel nominal, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La Secrétaire
: Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :
Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire
: M. Lamothe
(Ungava)?
M. Lamothe : Contre.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Contre.
La Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire
: Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté, et nous sommes de retour à l'article 4 tel
qu'amendé. Y a-t-il des interventions?
Mme Guilbault :...je ne sais plus, excusez, là. Si je veux déposer des
amendements, à quel moment je le fais?
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
un amendement à l'article 4?
Mme Guilbault :Oui.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui?
Alors, ce serait le moment de déposer votre amendement, Mme la ministre...
Mme Guilbault :Mais là, on est-tu dans un sous-amendement sur la mission?
La Présidente (Mme Maccarone) : Non,
nous sommes... nous sommes sur l'article 4 tel qu'amendé.
M. Derraji : Premier alinéa.
Mme Guilbault :Bien là, on n'a pas établi ça. Je ne me rappelle pas qu'on
ait...
Des voix : ...
Mme Guilbault :Juste pour être sûre, est-ce qu'on a adopté un
fonctionnement par alinéa? Je ne m'en rappelle pas, si c'est le cas.
La Présidente (Mme Maccarone) : Nous
allons suspendre juste quelques instants, s'il vous plaît. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 22)
11 h 30 (version révisée)
(Reprise à 11 h 39)
La Présidente (Mme Maccarone) : Nous
sommes de retour, et, si je crois bien, M. le député de Taschereau, vous avez
un amendement à déposer.
M. Grandmont : Oui, merci, Mme
la Présidente. Alors, mon amendement va comme suit, c'est à l'article 4 : Ajouter,
au premier alinéa de l'article 4 de la loi édictée par l'article 1 du projet de
loi, après les mots «de transport», les mots «, en tenant compte des plans d'urbanisme
et de mobilité des municipalités et des communautés métropolitaines lorsqu'elle
planifie ou réalise des projets complexes de transports».
L'article 4 de la loi édictée, tel qu'amendé,
se lirait comme suit : «Mobilité Infra... a pour mission principale d'effectuer,
dans une perspective de mobilité durable, lorsque le gouvernement lui en confie
la responsabilité, l'analyse d'opportunité, la planification ou la réalisation
de projets complexes de transport, en tenant compte des plans d'urbanisme et de
mobilité des municipalités et des communautés métropolitaines lorsqu'elles
planifient ou réalisent des projets complexes de transports.»
• (11 h 40) •
Voilà, Mme la Présidente, essentiellement,
ce qui est important, pour moi, là, de dire par rapport à mon amendement, c'est
qu'on le sait, combien... Puis ça a été souligné par plusieurs, là. Je
reviendrai tantôt, peut-être, dans... pas dans mes explications, mais dans
mon... dans mon... la <prise de parole que je ferai...
M. Grandmont :
...pas
dans mes explications, mais dans mon... dans mon... la >prise de parole
que je ferai subséquemment, il y a plusieurs... il y a plusieurs organismes,
municipalités, sociétés de transport aussi, là, je pense que ça a été évoqué
par certaines, qui, lors des audiences particulières, ont insisté sur le fait
qu'une des grandes compétences qu'ont les municipalités au Québec, c'est
l'aménagement de leur territoire. Il y a une loi là-dessus qui vient le
définir, qui vient encadrer, en fait, le travail des municipalités, cette
compétence qu'elles ont. On sait aussi, et c'est de plus en plus documenté, Mme
la Présidente, les liens entre les infrastructures de transport et l'occupation
du territoire, là, l'aménagement du territoire.
Et c'est donc, évidemment, extrêmement
important que, lorsque Mobilité Infra Québec sera mandatée pour déployer des
projets de transport collectif sur un territoire donné, bien, que ça se fasse
en cohérence, en concordance avec l'aménagement du territoire, parce qu'un seul
projet d'autoroute complexe déployé sur un territoire, un seul projet de
transport collectif décidé par Mobilité... bien, par le gouvernement, donc, mandaté,
donné en mandat à Mobilité Infra Québec peut complètement changer la façon dont
le territoire se développe.
Et donc c'est important, là, d'avoir, dès
la mission de Mobilité Infra Québec, là, donc, à l'article 4, une indication
que le travail qui est fait par cette agence-là doit se faire en concordance
avec, évidemment, la responsabilité qui incombe aux municipalités et aux MRC,
là, celui de l'aménagement et l'occupation de leur territoire. Donc,
essentiellement, c'est la raison de pourquoi je dépose cette proposition
d'amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien, attendez, c'est parce que ça m'a fait penser à
d'autres discussions qu'on a eues, là, similaires, mais plus sur... bref, sur
d'autres articles. Il faut juste voir ce qu'on entend par «en tenant compte»,
là, tu sais, c'est parce qu'il y a l'article 24, entre autres, puis je sais
que mon collègue connaît bien le projet de loi ou cet aspect-là du projet de
loi. Tu sais, il faut... il ne faut pas, comment je pourrais dire, restreindre
ou limiter l'agilité dont on veut doter Mobilité Infra Québec pour pouvoir
réaliser, effectivement, les projets de transport collectif. Donc, tu sais,
étant entendu que, de toute façon, ces projets-là vont se faire en partenariat
avec les municipalités concernées, notamment... bien, essentiellement... mais
ça peut être d'autres municipalités aussi, mais essentiellement celles sur les
territoires desquels va... va se développer ledit projet de transport collectif
structurant, c'est sûr que ça va se faire en collaboration avec les
municipalités.
Donc, quand, éventuellement, Mobilité
Infra Québec agirait à titre... comme en sa qualité, si on veut, de
propriétaire, sans, pour autant, être propriétaire, là, parce qu'on fait
référence, entre autres, à l'article 24, mais il y a... il y a d'autres
articles dans le projet de loi qui... qui parlent de ça, l'idée, c'est de lui
donner la latitude puis l'agilité nécessaires pour faire les projets en
question, mais, comme c'est en partenariat avec les municipalités de toute
façon, tu sais, ça se peut qu'on doive déroger, des fois, à des schémas
d'aménagement, mais ce sera fait de manière transparente puis de manière
consensuelle, parce qu'on va vouloir ce projet-là puis on va avoir besoin, des
fois, peut-être, oui, de faire des modifications ou de prendre des mesures d'exception,
mais, tu sais...
Puis je donnais l'exemple, dans d'autres
forums ou d'autres conversations, l'expropriation. C'est des mesures
d'exception, l'expropriation, mais c'est des choses qui sont nécessaires pour
faire des projets de transport collectif. Alors, ça se peut qu'on doive
recourir à des mesures d'exception en termes d'aménagement ou de conformité au
schéma d'aménagement, mais ce sera... ce sera pour le bien du projet.
M. Grandmont : Mme la
ministre évoque l'article 24, là, puis c'est quand même intéressant parce
que ça vient ajouter quand même... Ça vient me faire questionner, là. À
l'article 24, on dit : «Mobilité Infra Québec pose, à l'égard des
biens visés par la planification ou la réalisation d'un projet complexe de
transport qui lui est confiée en vertu de l'article 4, tous les actes et exerce
les droits... exerce tous les droits d'un propriétaire même si elle n'en est
pas propriétaire. Elle est alors investie des pouvoirs nécessaires à ces fins
et assume les obligations qui en découlent. Les biens visés au premier alinéa
s'entendent de tout bien faisant partie du domaine de l'État ou appartenant à
une municipalité locale, à une société de transport en commun, au Réseau de
transport métropolitain ou à l'Autorité régionale de transport métropolitain.»
C'est donc dire que, par exemple, si un
projet se déploie... Encore une fois, on peut parler d'un projet d'autoroute
complexe ou encore un projet de transport collectif complexe. Mobilité Infra
Québec détermine qu'un projet se déploie sur un axe x, elle a le droit de <faire
de l'expropriation...
M. Grandmont :
...détermine
qu'un projet se déploie sur un axe x, elle a le droit de >faire de
l'expropriation, elle a le droit, donc, de s'approprier... C'est difficile à
comprendre, en fait, l'article 24, là, parce que c'est comme si elle devient
propriétaire à l'égard des biens visés par la planification ou la réalisation
d'un projet complexe. Est-ce que ça comprend aussi... Puis, je m'excuse, on
doit... j'ai l'impression qu'on doit faire la discussion sur le 24 en lien
avec, finalement, ma proposition d'amendement. Est-ce que ça inclut des
terrains ou des immeubles appartenant à des tiers, donc des municipalités ou
encore des propriétaires privés?
Comment je dirais ça? C'est comme un
accaparement, c'est comme... On exerce tous les droits d'un propriétaire même
si on n'en est pas propriétaire. Ça veut dire quoi concrètement, parce qu'après
ça, moi, ma question, ça va être : Est-ce que, dans le fond, on est
capables de passer outre le zonage? Si, par exemple, c'est d'être propriétaire
sans être propriétaire, là, exercer les droits d'un propriétaire sans être
propriétaire, est-ce que ça veut dire aussi que, dans ce contexte-là, on est
assujettis au zonage en place sur, par exemple, les terrains aux abords d'une
station de transport collectif? J'ai de la misère à comprendre la mécanique qui
me permettrait de voir si, effectivement, mon amendement... comment il peut se
déployer.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Non, mais, c'est ça, exact, c'est de pouvoir prendre
des mesures d'exception sur des terrains qui pourraient être nécessaires pour
développer le projet de transport collectif, donc, en ne devenant pas
nécessairement propriétaire du terrain. Tu sais, oui, par exemple, ça pourrait
être un terrain d'une municipalité. Ça fait que Mobilité Infra Québec ne va pas
nécessairement acheter le terrain, mais il va pouvoir agir dessus pour le bien
du développement du projet.
M. Grandmont : OK, mais,
donc, sans nécessairement... en respect du zonage qui est établi par la
municipalité.
Mme Guilbault :Bien, c'est sûr que, tu sais, les schémas d'aménagement
découlent de la LAU, qui est une loi du gouvernement. Alors, c'est sûr qu'il y
aurait quelque chose d'un peu contre nature de vouloir, dans une loi du
gouvernement, encourager la dérogation ou la non-conformité à une autre loi du
gouvernement, mais, dans la réalité de la vraie vie puis du gros bon sens, ça
peut arriver. Pardon?
Une voix : ...
Mme Guilbault :Il y a déjà des exceptions, mais c'est parce que je sais
que mon collègue connaît bien aussi la LAU, là, donc, tu sais, alors.... mais
ça se peut que, des fois, on doive déroger parce que c'est des projets de... En
fait, je parle de mesures d'exception, mais les projets de transport collectif
structurant, c'est... les projets complexes, c'est des projets d'exception
aussi, dans le sens que, tu sais, des projets complexes, oui, on en fait
plusieurs, pas juste en transport, mais ça reste que c'est des gros projets,
des gros chantiers avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à gérer de
manière connexe.
Alors, si, des fois... Puis je prends un
exemple d'expropriation parce que, pour moi, c'est similaire. Exproprier
quelqu'un, c'est une mesure d'exception. Tu ne fais pas ça pour le plaisir, tu
sais, idéalement, tout le monde continuerait de vivre sa vie, puis on ne
dérangerait personne, sauf que, des fois, c'est nécessaire pour le bien d'un
projet. C'est la même chose si, éventuellement, on doit déroger à des schémas
d'aménagement qui découlent, comme je le disais, par ailleurs, d'une autre loi
gouvernementale à laquelle on souhaite se conformer, mais, des fois... des
fois, c'est nécessaire.
M. Grandmont : Bon, ça, c'est
une chose, là, vraiment, ce qui se passe au coin d'une rue, là, le respect d'un
zonage, par exemple, mais la loi sur l'aménagement puis l'urbanisme, c'est
beaucoup plus large que ça aussi, là. Dans un plan métropolitain d'aménagement
et de développement, par exemple... On en a deux au Québec. Il y a à Montréal
et à Québec. Il y a des schémas d'aménagement dans les autres villes. On
identifie aussi, à l'intérieur de ces PMAD là, parce que je trouve que c'est
quand même important d'au moins traiter ces deux... ce volet-là important, là.
On couvre quand même des régions dans lesquelles il risque d'y avoir des
projets de transport complexes qui soient déployés éventuellement. À
l'intérieur de ces PMAD, on identifie aussi des pôles de développement, donc,
est-ce que, dans le fond... puis des espaces à protéger ou à mettre en valeur
autrement.
• (11 h 50) •
Donc, est-ce que, dans le fond, on a une
garantie que Mobilité Infra Québec va être tenue de respecter aussi le plan
métropolitain d'aménagement, dans lequel on trouve des pôles de développement,
des pôles à développer, à protéger? C'est beaucoup plus large que juste la
notion d'expropriation, là, selon moi. Donc, est-ce qu'on a une certaine
garantie que Mobilité Infra Québec va être tenue de respecter, par exemple, les
plans métropolitains d'aménagement et de développement, ou, si jamais ce n'est
pas le cas, c'est quoi, le mécanisme qui oblige Mobilité Infra Québec à
travailler en collaboration avec les instances appropriées, dans le cas
présent, bien, la Communauté métropolitaine de Québec puis la Communauté
métropolitaine de Montréal, pour, éventuellement, modifier les plans
métropolitains <d'aménagement et de développement...
M. Grandmont :
...métropolitaine
de Montréal pour, éventuellement, modifier les plans métropolitains >d'aménagement
et de développement mais quel est... quel est le mécanisme par lequel on
pourrait arriver à une collaboration et non pas une imposition d'une
modification du PMAD... des PMAD?
Mme Guilbault :Des quoi, là, juste le dernier...
M. Grandmont : Les PMAD, les
plans métropolitains d'aménagement et de développement, dans lesquels il y a
des pôles. Tu sais, ça va beaucoup plus loin que juste l'expropriation. Vous
avez donné une réponse tantôt pour l'expropriation. Je parlais de zonage. On
était vraiment aux coins des rues, là, mais d'une échelle beaucoup plus large.
Le respect des pôles de... Les PMAD, ça, c'est quand même quelque chose de
fondamental, qui fait le fruit d'un consensus métropolitain à Québec ou à
Montréal, dans lequel on va déterminer que certains endroits sont à développer
en priorité. C'est le fruit d'une réflexion, d'une consultation de la société
civile, des processus qui sont quand même très, très, très complexes, qui s'échelonnent
sur plusieurs années, des processus obligatoires, par ailleurs, qui sont en
concordance avec la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme que notre collègue
ministre des Affaires municipales a dans sa cour.
Mais comment on s'assure, finalement, que
tout projet piloté, déployé par Mobilité Infra Québec va être en concordance
avec ce qui est déjà inscrit dans le PMAD? Et, sinon, comment on fait pour être
capables d'obliger cette collaboration-là pour modification du PMAD? Et, si on
fait ça, comment on arrive à être respectueux des processus d'élaboration des
PMAD, sachant que c'est des processus qui prennent plusieurs années, et
comment, donc, on réussit à rester efficaces dans la livraison des projets? J'ai
de la misère à voir comment Mobilité Infra Québec arrive à être cohérent avec
ce qui se passe et ce qui est décidé à l'échelle métropolitaine, notamment.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre, souhaitez-vous répondre?
Mme Guilbault :Bien, c'est ça, je voulais juste trouver la référence plus
précise, là, puis on l'a dans la LAU. Tu sais, il y a l'article 149, le
chapitre VI, en fait, les interventions gouvernementales, ça commence avec l'article
49, les articles... 149, pardon, qui dit : «Les articles 150 à 157 s'appliquent
à l'égard des interventions qui consistent dans le fait que le gouvernement, l'un
de ses ministres ou un mandataire de l'État...» Et là il y a huit situations
qui sont énumérées, des types de situations, dont 3° : «Construit,
installe, démolit, retire, agrandit ou déplace un bâtiment, un équipement ou
une infrastructure.» Ça pourrait être... bien, en fait, c'est le genre de
situations auxquelles on s'expose avec Mobilité Infra Québec. Il y en a même un
pour le chemin de fer. Ça se peut-tu que j'ai vu ça?
En tout cas, peu importe, là, on n'est pas
dans... on n'est pas dans le ferroviaire, mais tout ça pour dire qu'ensuite les
articles 150 à 157... Donc... C'est drôle, des fois, certaines choses dans
notre cerveau, là, le cerveau, qui a beaucoup de capacité, puis comme moi, je n'ai
pas le sens de l'orientation. Bon, 150, ça n'a pas de rapport, mais, en tout
cas, vous le savez maintenant : «Le gouvernement, l'un de ses ministres ou
un mandataire de l'État ne peut faire une intervention à l'égard de laquelle s'applique
le présent article, sur un territoire où est en vigueur un plan métropolitain,
un schéma ou un règlement de contrôle intérimaire adopté par le conseil d'un
organisme compétent, que si cette intervention est réputée, en vertu de l'article
157, conforme au plan métropolitain, au schéma ou au règlement. Pour l'application
du présent chapitre, la conformité au schéma est établie eu égard aux objectifs
de ce schéma et la conformité...»
Bon, en tout cas, puis 151 : «Lorsqu'une
intervention visée à l'article 50 est projetée, le ministre doit notifier à l'organisme
compétent un avis qui décrit l'intervention. L'avis demeure valide pendant
trois ans. Si l'intervention n'est pas commencée...» Bien, c'est ça, puis là la
réponse, à 152, c'est ça, puis, si elle est réputée non conforme, il y a un
droit de réponse.
En tout cas, bref, là, je ne lirai pas les
sept articles, mais, bien, c'est ça. Alors, il y a déjà ces précautions-là qui
sont prévues à même la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
Une voix : ...
Mme Guilbault :
Oui, oui, c'est ça, exact. Bien, en fait, on me signale, puis juste par intérêt
général, à l'article 59 de mon projet de loi, il y a une modification qui est
faite à certains articles de la LAU, mais c'est juste pour raccourcir certains
délais, dans un souci d'efficacité, comme dans le REM, d'ailleurs, puis comme
dans... comme on souhaite le faire, en général, pour nos projets d'infrastructure.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député.
M. Grandmont : Oui. Donc, oui,
c'est ça, mais en fait je veux savoir... Est-ce que, dans le fond, de votre
interprétation, le 150 à 157 vient encadrer les interventions du gouvernement
dans les... dans les compétences des communautés métropolitaines, donc, de
Québec et de Montréal, et c'est ces articles-là qui viennent encadrer la façon
dont ça doit se faire? C'est un peu ça que vous dites.
Mme Guilbault :
Pardon, excusez, je suis en train de valider s'il y a peut-être d'autres <extraits
qui pourraient être...
Mme Guilbault :
...pardon, excusez, je suis en train de valider s'il
y a peut-être d'autres >extraits qui pourraient être pertinents pour
répondre...
M. Grandmont : Bien, vous
nous avez...
Mme Guilbault :Pouvez-vous juste répéter la question?
M. Grandmont : En fait,
peut-être résumer... Vous nous avez dit que les... Vous avez lu des extraits
des articles 149 à 157, mais quelle est votre interprétation de ces
articles-là, au regard de mon amendement?
Mme Guilbault :Bien, c'est qu'en temps... En temps normal, il faut
respecter justement les plans, les RCI, les schémas, et tout ça, mais, comme je
disais, il peut arriver des situations d'exception, entre autres des gros
projets de transport collectif complexes, où on doive déroger, malgré la LAU
qui s'applique, malgré les articles 149 à 157, et, si jamais ça devait
être le cas, je ne pense pas qu'il faut venir nous emprisonner dans la Loi sur
Mobilité Infra Québec en l'empêchant d'avoir la flexibilité nécessaire pour pouvoir...
pour pouvoir réaliser les projets en question.
Puis, encore une fois, tu sais, quand on
parle de PMAD, quand on... Tu sais, des règlements de contrôle intérimaire,
entre autres, il y en a beaucoup à la CMM. Tu sais, on parle des milieux où,
spontanément, on pense à développer du transport collectif. Tu sais, je parle
souvent du projet de l'est. Bon, il y a déjà un REM dans l'ouest, etc. C'est
des milieux densifiés. C'est des milieux avec, justement, une organisation de
l'aménagement du territoire, avec, tu sais, des... une vision aussi de comment
ils veulent... comment ils veulent développer, mettre du logement, mettre des
espaces verts, etc.
Alors, c'est sûr que, quand tu fais des
projets de transport collectif avec ces milieux-là, forcément, tu le fais en
collaboration. Ça revient à ce que je disais. Un gouvernement ne peut pas
débarquer sur un territoire puis imposer un projet de transport collectif en
disant : Peu importe tous vos schémas, peu importe ce que vous pensez,
voici le dessin, ça va être ça, puis vous vous arrangez avec ça. Impossible, impossible,
Mme la Présidente, dans le contexte dans lequel on vit de nos jours, avec
toutes les parties prenantes, avec tous les processus aussi, parce qu'on en
parle moins, mais, tu sais, il y a tous les processus d'autorisation
environnementale qui prévoient des consultations, qui prévoient des BAPE. Tu
sais, il y a beaucoup, beaucoup de forums institués pour que les gens puissent
s'exprimer.
Donc, quand on... quand on veut donner une
latitude pour des mesures d'exception à Mobilité Infra Québec, ce n'est pas
dans le sens de faire tout ce qu'elle veut comme elle veut puis de passer
par-dessus tout le monde en faisant fi des points de vue de tout un chacun,
entre autres des municipalités principalement concernées, parce que c'est sur
leur territoire qu'on fait le projet. Ça n'a aucun sens, tu sais, c'est
impensable, en 2024, de réussir à faire quelque chose comme ça. Donc, c'est sûr
que ça va se faire en collaboration puis en consultation, mais il reste que,
des fois, on peut avoir besoin de déroger.
Alors, je pense qu'il faut se laisser
cette latitude-là. Notamment, par exemple, pensons justement à des projets de
logement qu'on voudrait faire, à des projets de développement, puis là, peut-être,
on va arriver, à un moment donné, le prochain... En tout cas, le prochain
amendement que moi, je veux déposer de notre côté, ça va être justement pour
prévoir la possibilité de faire des projets de développement. Alors, c'est
aussi en lien avec ça même si ce n'est pas encore déposé, là. Je l'ai annoncé à
plusieurs reprises et je le réitère, que j'ai cette intention-là.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député.
M. Grandmont : Oui. Moi, je
suis quand même un peu... En fait, au niveau des orientations,
l'article 1.2 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme stipule que les
plans métropolitains, les schémas d'aménagement puis le règlement de contrôle
intérimaire lient le gouvernement dans la mesure prévue aux articles 150 à
157.
Alors, pour moi, mon interprétation, c'est
que ça signifie que le gouvernement doit tenir compte de ces documents de
planification locaux dans ses interventions. D'après ma compréhension de 150 à
157, il faudrait peut-être juste le relire pour... de notre côté, là, pour voir
si on a la même interprétation, mais ma compréhension, c'était que ça obligeait
le gouvernement à tenir compte des documents d'orientation, des documents de
planification, qui avaient été élaborés par les instances métropolitaines, puis
là, évidemment, on parle des métropolitaines... des métropoles, là, donc, des
communautés métropolitaines de Québec et de Montréal, mais, avec ces
articles-là, on ne touche pas non plus aux schémas d'aménagement dans les
villes qui ne sont pas membres d'une communauté métropolitaine, par ailleurs,
là. Donc, le même problème peut survenir, mais ma compréhension, c'était que
150 à 157, on en tient compte.
• (12 heures) •
Donc, je ne vois pas l'apport d'une
dérogation, mais, dans tous les cas, si jamais c'était une interprétation, Mme
la ministre, qui a... qui est la bonne, mon... ma proposition d'amendement est
assez simple et ne fait que réaffirmer l'importance de tenir compte des plans
d'urbanisme et de mobilité des municipalités. Là, si, à un moment donné,
Mobilité Infra Québec débarque comme un chien dans un jeu de quilles puis vient
déstabiliser l'organisation de l'occupation du territoire, on est en train
d'enlever une compétence importante aux municipalités. Je pense que c'est un
peu ça qui est le fondamental de ma proposition. Il y a plusieurs acteurs qui
nous avaient dit que c'est important d'aller de l'avant avec ce respect de la Loi
sur l'aménagement et l'urbanisme, de respect des compétences des municipalités.
La ville de Sherbrooke disait... en fait,
elle insistait sur le fait que la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme...
12 h (version révisée)
M. Grandmont : ...Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme de respect des compétences des municipalités. La ville
de Sherbrooke disait... en fait, elle insistait sur le fait que la Loi sur l'aménagement
et l'urbanisme confère aux municipalités des compétences claires en matière d'aménagement
du territoire. Elle recommandait que Mobilité Infra Québec tienne compte de ses
compétences et collabore avec les municipalités dans la planification des
projets.
C'est une... C'est une proposition de
collaboration avec les municipalités, ma proposition, là. Évidemment, si, après
ça, dans la discussion entre Mobilité Infra Québec et les municipalités ou la Communauté
métropolitaine de Montréal ou de Québec, on se rend compte qu'il y a un
potentiel intéressant à développer un projet x ou y et que ça va... ça
va... ça va inciter à modifier... ça aura comme impact de modifier
éventuellement, bien, l'obligation de faire des modifications au <i>plan
métropolitain d'aménagement, par exemple, bien, ça, ça peut se faire de concert
avec la municipalité. Mais la loi est très claire sur le rôle que les
municipalités et les communautés métropolitaines, les MRC ont sur leur
territoire. On est en train d'aller au-dessus d'eux puis d'outrepasser leurs
pouvoirs.
<i>L'Ordre des urbanistes, bien,
sans surprise, aussi, abondait dans ce sens-là, en soulignant que Mobilité
Infra Québec doit prendre en compte les documents de planification en vigueur
tel que les schémas d'aménagement et de développement et les plans d'urbanisme.
Et l'ordre recommandait également d'inscrire dans la loi 61, donc le
projet loi 61, l'obligation pour Mobilité Infra Québec de respecter ces
documents. Là, on est en train d'enlever des pouvoirs aux municipalités.
Vivre en Ville, évidemment, sans surprise
aussi, insistait sur la nécessité d'arrimer les projets de Mobilité Infra
Québec avec les documents de planification territoriale des municipalités et
des communautés métropolitaines. Vivre en ville proposait un amendement à l'article 4,
ce que je fais en ce moment, de la Loi sur Mobilité Infra Québec pour obliger l'agence
à s'arrimer au Plan métropolitain d'aménagement et de développement, aux schémas
d'aménagement et de développement et aux plans d'urbanisme. Trajectoire Québec,
Accès transports viables, et autres, allaient d'une recommandation qui était
similaire.
Il y a plusieurs mémoires aussi qui
exprimaient des inquiétudes quant aux pouvoirs nouveaux qu'on donnait à
Mobilité Infra Québec, des pouvoirs qui allaient directement dans les
compétences des municipalités. La ville de Québec, notamment, s'inquiétait des
mesures qui permettaient à Mobilité Infra Québec de déroger à la planification
locale et recommande que l'agence soit assujettie à la réglementation
municipale. Et... Donc, essentiellement, c'est ça. Donc, il y a plusieurs des
mémoires qu'on a reçus, des gens qu'on a entendus pour... qui disaient que
Mobilité Infra Québec devait respecter la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme et
les documents de planification municipale et régionale, puis qu'il fallait
inscrire cette obligation-là dans la loi pour limiter les pouvoirs ou, en fait,
éviter d'enlever des pouvoirs aux municipalités et aux communautés
métropolitaines ou, à tout le moins, s'assurer qu'il y ait une forme d'obligation
de collaboration. Je pense que ce serait comme un gros, gros, gros minimum.
J'ai l'impression qu'on est en train de
revoir la <i>loi sur les municipalités, à travers ça, en enlevant un
pouvoir, un peu comme le pouvoir sur les mines, qui est au-dessus de la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme, là, qui est décrié, par ailleurs, là, depuis
plusieurs années. La Loi sur les mines a préséance sur la Loi sur l'aménagement,
ce qui permet de claimer à peu près tout le territoire du Québec, et il n'y a à
peu près rien à y faire tant qu'on ne modifiera pas cette loi-là ou qu'on ne
renverserait pas la... Tu sais, la loi qui devrait être au-dessus de tout, c'est
la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, et là, on est en train de dire :
Bien, Mobilité Infra Québec, avec la loi... le projet de loi n° 61, ça va
être comme les mines, ça va être au-dessus de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
Il y a quelque chose qui, fondamentalement, ne fonctionne pas. J'espère qu'on
arrivera à trouver une voie de passage parce que c'est quelque chose qui va
directement dans les compétences du municipal.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Mme la
Présidente, je trouve que cet élément que rajoute mon collègue député de Taschereau
est extrêmement important. Comme il vient de le mentionner, c'est une demande
qu'on a entendue d'un nombre important de groupes d'intervenants qui ont
participé aux consultations particulières. Et nous dire très franchement :
Je pense que ce serait difficile d'imaginer qu'on rejette cette proposition-là.
Une proposition qui pourrait être beaucoup plus contraignante qu'elle ne l'est
actuellement. On aurait pu dire, par exemple, comme on vient de le mentionner,
le libellé sous la forme d'une exigence de se conformer ou de respecter les
plans d'urbanisme et de mobilité des municipalités et des communautés
métropolitaines, alors que là, on y va, je pense, dans une formulation qui
est... qui est beaucoup plus ouverte et qui donne une certaine latitude, je
crois, et à l'agence, bien entendu, et au gouvernement de pouvoir en tenir
compte, des plans d'urbanisme et de mobilité des municipalités et des
communautés métropolitaines. Ça... À mon sens, ça va de soi. Mais est-ce que ça
veut dire nécessairement qu'on s'empêche d'aller de l'avant avec des
amendements ou avec une négociation puis des <ententes...
M. Arseneau :
...des
amendements ou avec une négociation puis des >ententes puis... je ne
crois pas qu'il faille aller jusque là.
Ce qu'on veut éviter, je pense, par la
proposition... enfin, je ne veux pas interpréter, là, les motivations de mon
collègue, mais moi, si je l'appuie, c'est dans le sens où on ne peut pas
ignorer ce qui existe déjà en matière de plans d'urbanisme et de mobilité, et
reconnaître qu'il y a des compétences qui sont exercées par les municipalités,
les communautés métropolitaines, et qu'en l'espèce on doit tenir compte de ce
travail-là. On ne fonctionne pas, on l'a mentionné à plusieurs reprises, là,
dans un... dans un environnement qui est inhabité, inoccupé. Au contraire,
souvent, on a dit que plusieurs des projets de mobilité avaient pu être
retardés, parce qu'il n'était pas clair qui devait faire quoi, à quel moment puis...
et qui prenait le leadership, et comment on pouvait avancer, qui devait le
financer, financer ces projets de loi... ces projets de transport, et ainsi de
suite.
S'il y a une façon dont le projet de loi
peut être positif, c'est de nous permettre de savoir, de façon la plus précise
possible, et on l'a répété à de nombreuses reprises, qui fait quoi, en évitant
les chevauchements puis les conflits de compétence et de juridiction, et le
faire dans un mode collaboratif non seulement avec les entrepreneurs, les
entreprises qui y seront sélectionnées pour la réalisation de projets
complexes, mais le mode collaboratif, dont on vante les vertus et qui sont...
qui est inscrit dans la nouvelle loi 62, mais je pense que cette
philosophie-là, elle doit s'appliquer également dans le rôle de l'agence Mobilité
Infra Québec, en lien avec les municipalités, avec les communautés
métropolitaines, avec les sociétés de transport. Et on ne peut pas faire fi de
ce qui existe déjà dans le paysage, dans l'écosystème des transports et de la
mobilité.
• (12 h 10) •
Et encore une fois, si on... les mots ont
un sens, «en tenant compte», ça veut dire qu'il faut que ça fasse partie de la
réflexion, que ça fasse partie des discussions. Et, si un enjeu est soulevé,
s'il y a un problème qui est révélé, à travers cette analyse-là, de ce qui
existe déjà en matière de plans d'urbanisme et de mobilité, bien, à ce
moment-là, il faut... il faut s'y pencher et régler la question de façon, je
dirais, négociée, le plus consensuel possible, mais dans le respect justement
des compétences de chacun. Donc, ça évite, je pense, là, l'idée qu'un projet de
loi, là, soit imposé de façon, tu sais, verticale sans nécessairement prendre
en compte les travaux qui ont été faits aussi préalablement. Parce qu'on l'a
dit souvent, il y a d'autres amendements qui avaient été proposés, qui allaient
dans le sens, là, d'une initiative d'une indépendance de la part de Mobilité
Infra Québec, qui, en amont du choix et de la réalisation des projets
complexes, devait se mettre en mode collaboratif avec les instances locales et
régionales.
Bon, on en a discuté longuement, mais
c'est un peu, encore une fois, dans le même esprit. À défaut de vouloir
justement mettre dans le coup les différents paliers de gouvernance et les
différentes expertises qui existent déjà et qui sont reconnues par les lois,
celles qui ont trait à l'urbanisme, bien évidemment, et aux compétences
municipales et celles des sociétés de transport, mais à défaut de vouloir le
faire explicitement, je pense qu'il faut au moins le faire de façon implicite,
c'est-à-dire en reconnaissant qu'il existe de façon préalable des plans
d'urbanisme qui ne sont pas apparus, là, de façon spontanée, mais qui sont le
fruit d'un travail d'analyse, un travail aussi d'évaluation de la mobilité des
gens et des... à l'intérieur des villes et des municipalités, et que tout ce
travail-là puis toute cette planification-là, bien, il faut, comme le dit
l'amendement, en tenir compte. Je pense que c'est en fait <l'élément...
M. Arseneau :
...en
tenir compte. Je pense que c'est en fait >l'élément essentiel si on veut
véritablement, comme le dit la ministre souvent, aller de l'avant de façon plus
efficace, plus efficiente, avec de meilleurs résultats, à meilleur coût, plus
rapidement. Mais ce n'est pas en balayant du revers de la main ce qui a été
fait dans le passé ou ce qui existe déjà dans nos municipalités, nos villes,
nos communautés métropolitaines qu'on va y arriver. Nécessairement, on va
retarder les échéances.
Donc, tenir compte de ce qui existe déjà en matière d'urbanisme, ça
bonifie les éventuels projets complexes, ça bonifie le processus dans lequel va
s'inscrire Mobilité Infra Québec et le gouvernement du Québec. Et ça favorise
aussi l'adhésion, ça favorise la collaboration, ça favorise aussi la participation
des instances et des intervenants locaux et régionaux dans la réalisation de
projets complexes de transport et de mobilité. Et je pense que c'est aussi la
clé du succès, pour éviter justement de perdre du temps, d'éviter les conflits,
les litiges et les choses qu'on a vues déjà, une espèce d'avancement, là,
chaotique avec quelques pas de l'avant puis quelques pas de recul dans un
projet de transport complexe, comme on l'a d'ailleurs vécu ici, dans la Capitale-Nationale,
avec le tramway. C'est... Ce n'est pas que l'agence qui, magiquement, va
pouvoir imposer ses vues et sa façon de faire sans tenir compte de ce qui
existe déjà et des partenaires qui ont aussi une expertise qui peut... qui
peuvent ou qui peut être mise à contribution dans la réalisation du projet.
On a souvent entendu la ministre nous dire
que... Il est clair qu'avec l'ensemble des besoins qui sont exprimés dans
toutes les régions, particulièrement les milieux urbains du Québec, on n'irait
pas enfoncer à travers la gorge aux municipalités, aux villes, aux communautés
métropolitaines des projets dont ils ne veulent pas. Bon, d'accord. Mais je
pense qu'il faut aller plus loin. Au-delà de dire qu'on ne les forcera pas à
adhérer à un projet dont ils ne voudraient pas, retournons la situation et
disons : Bien, voici l'approche qu'on va emprunter, voici l'ouverture dont
on va faire preuve et voici la façon dont on va procéder, c'est-à-dire que,
oui, le gouvernement et l'agence vont se préoccuper d'analyser les
opportunités, de faire la planification et la réalisation de projets complexes,
mais on va le faire en collaboration et en... avec... en misant sur la
participation et l'adhésion des intervenants locaux et, bien entendu, du
travail qui a été effectué par toutes ces parties prenantes en amont d'une
décision gouvernementale ou de la mise en oeuvre d'un projet par Mobilité Infra
Québec, donc, en reconnaissant qu'il existe quelque chose, une réflexion
préalable des travaux qui ont été établis, une réglementation et des plans,
comme les plans d'urbanisme et de mobilité qui ont été élaborés.
Et ce n'est pas simple, je sais que
d'autres autour de la table ont aussi une expérience municipale, faire des
plans d'urbanisme et de mobilité. C'est comme faire des plans d'aménagement et
de développement d'un territoire, c'est lourd, c'est long, c'est complexe.
Mais, une fois qu'il existe, ne pas en tenir compte, ce serait absolument
inacceptable et fort peu pratique pour assurer les conditions de réussite pour
un projet comme celui-là.
Alors, je vais m'arrêter ici, Mme la
Présidente, pour l'instant, là. Mais je pense que, d'entrée de jeu, je n'ai pas
entendu de la part de la ministre une résistance ou une... peut-être certaines
réserves, mais une résistance au fondement de l'amendement qui est proposé par mon
collègue. Donc, j'ai hâte d'en savoir davantage, donc je vais me réserver
quelques... quelques minutes. Mais il me semble qu'en ouvrant la porte à un
amendement comme celui-là, ça devient constructif et pas mal plus positif, là,
pour la suite des choses, Mme la Présidente. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Voilà encore une fois un amendement très constructif de la part de
mon collègue député de Taschereau, qui prend en considération un des rapports
que j'ai devant moi. Mais avant d'aller de l'avant, pour... juste pour les gens
qui nous suivent, le collègue de Taschereau nous <invite...
M. Derraji :
...qui
nous suivent, le collègue de Taschereau nous >invite à prendre en
considération les plans d'urbanisme et de mobilité des municipalités et des
communautés métropolitaines lorsqu'elles planifient ou réalisent des projets
complexes de transport. Là, on parle d'une agence, et on le sait parce que... Écoutez,
je... On va juste prendre quelques secondes, Mme la Présidente. Le temps, il
est précieux. Mais je vais juste quand même aller référer les collègues au
rapport de l'Ordre des urbanistes du Québec. Et je tiens juste à les
rappeler... à rappeler, Mme la Présidente, leur mémoire... Qu'est-ce que je
disais?
Une voix : ...
M. Derraji : Mémoire.
Mémoire. Leur mémoire. Et, ce week-end, j'ai eu l'occasion de parler avec une
mairesse qui m'a parlé du rôle des urbanistes. Et, si ma mémoire, elle est
bonne, c'est le dernier groupe qui est venu en commission parlementaire, et on
a eu une très bonne discussion avec eux.
Et, regardez, Mme la Présidente, leur
page... page 17. Là, c'est pour ça que je vous dis que j'appuie à
100 % l'amendement de mon collègue. «Le projet de loi n° 61 tire son
inspiration du modèle de la Caisse de dépôt Infra et des pouvoirs spéciaux qui
lui ont été confiés pour la réalisation du REM.» Et là c'est là où ça devient
important : «Dans le milieu de l'urbanisme — et je pense
qu'autour de la table il y a une... il y a quand même une sensibilité par
rapport à l'urbanisme, que c'est très important —, la perception
répandue est que la priorité absolue de la <i>caisse de dépôt et de
placement... est de livrer ses projets le plus rapidement et le plus
économiquement possible; l'urbanisme étant considéré comme un enjeu facultatif.
Or, les projets majeurs de transport collectif ont un énorme potentiel comme
levier de transformation et de redéveloppement urbain.»
Et on est, Mme la Présidente, encore une
fois, dans le vif du sujet par rapport à la mission de la nouvelle agence. C'est
là où on est, là, c'est là où on se parle. Donc, on parle de la mission
principale. Et mon collègue, le collègue de Taschereau, ce qu'il ramène, c'est
qu'il faut prendre en considération les plans d'urbanisme et les plans de
mobilité des municipalités et des communautés métropolitaines. On ne peut pas
faire abstraction à tout ça.
Quand je prends cet amendement, et
j'essaie de faire le lien avec le mémoire de l'Ordre des urbanistes du Québec,
et je regarde la page 17, «les projets majeurs de transport collectif ont
un énorme potentiel comme levier... comme levier de transformation et de
redéveloppement urbain. Des coûts ou un temps de réalisation supplémentaires
peuvent être justifiés si les retombées urbanistiques sont multipliées, par
exemple en choisissant un tracé plus compliqué ou dispendieux sur le plan
technique, mais offrant des possibilités nettement plus intéressantes de
consolidation urbaine.», c'est ça qu'il nous manque, Mme la Présidente, c'est
que... cette approche.
Je continue : «Même si ce n'est pas
toujours possible de répondre à toutes les attentes et que des compromis sont
parfois nécessaires, l'urbanisme doit être au coeur de la conception des
infrastructures de transport.» Moi, rien que cette phrase dans le mémoire de l'Ordre
des urbanistes du Québec... je pense qu'on doit tous voter pour l'amendement de
mon collègue. Je dirais, je ne comprends même pas pourquoi on va parler autant
pour convaincre que «l'urbanisme doit être au coeur de la conception des
infrastructures de transport».
Les enjeux qu'on voit de mobilité, les
enjeux d'occupation de territoire, l'absence de vision... Souvenez-vous, à un
certain moment, on parlait d'est-ce que c'est la mission de l'État s'occuper du
transport et tout ce qui tient... tout ce qui vient avec. Mais là l'Ordre des
urbanistes vient de le dire et l'écrire noir sur blanc, Mme la Présidente, que,
même, «le projet de loi prévoit un minimum de prise en compte des enjeux
d'aménagement par la consultation des municipalités — là, on parle de
l'article 29, ça a été dit — mais ces exigences sont minimales
et limitées au mandat touchant la planification et non la réalisation
d'infrastructures».
• (12 h 20) •
Donc, même l'argumentaire qu'on nous a dit
tout à l'heure, l'Ordre des urbanistes vient de le démolir ou presque. Quand je
vous dis que l'Ordre des urbanistes... page 17, encore une fois, pour les
curieux : «Le projet de loi prévoit un minimum de prise en compte — c'est
un minimum — des enjeux d'aménagement par la consultation des
municipalités — là, on parle de l'article 29 — mais
ces exigences sont minimales et limitées en mandat touchant la planification et
non la réalisation <d'infrastructures...
M. Derraji :
...et
limitées en mandat touchant la planification et non la réalisation >d'infrastructures.»
Donc, ce que le collègue de Taschereau
vient aujourd'hui faire, c'est encore une fois bonifier la mission principale
de Mobilité Infra Québec. Et je sais, Mme la Présidente, on a parlé beaucoup de
l'autonomie, des experts, mais là, c'est un autre enjeu qui est complètement
absent à la lumière de la première lecture de la mission de Mobilité Infra
Québec. Et encore une fois, Mme la Présidente, je sais qu'on a parlé de...
beaucoup de <i>M. Hudon, parce que, pour moi, M. Hudon est une inspiration,
c'est un expert, mais on ne peut pas juste choisir une partie de ce qu'il veut.
Et vous avez raison de dire : On a choisi quelques bouts. Mais quand je
reviens à l'Ordre des urbanistes, l'Ordre des urbanistes, il est très clair.
Ils ont analysé... ils ont analysé le projet de loi.
Et je continue, Mme la Présidente : «L'obligation
de consultation et de prise en compte de l'urbanisme, y compris des documents
de planification, doit être inscrite dans la loi.» Je vais le répéter :
«L'obligation de consultation et de prise en compte de l'urbanisme, y compris
des documents de planification, doit être inscrite dans la loi. Cela est
primordial...» Ce ne sont pas les propos du député de Nelligan, ce sont les
propos de l'Ordre des urbanistes, qui sont venus en commission parlementaire. Je
continue, Mme la Présidente : «Cela est primordial, d'autant plus dans le
contexte de la nouvelle génération de schéma d'aménagement et de développement — le
fameux SAD, ce n'est pas soin à domicile, on parle de schémas d'aménagement et
de développement, si jamais quelqu'un se trompe, mais je tiens juste à le
clarifier — et, ultimement, des plans d'urbanisme qui devront miser
davantage sur la mobilité durable et la consolidation urbaine.»
Donc, Mme la Présidente, un certain
moment, on parlait d'un bitube entre la Rive-Sud et la Capitale-Nationale, à un
certain moment, on parlait de la sécurité, sécurité économique, on parlait de
pas mal, pas mal, pas mal d'enjeux. Mais là, quand on voit que le gouvernement
veut lancer une agence, une agence qui va réfléchir sur la mission future de la
mobilité durable dans une perspective où le gouvernement veut confier la
responsabilité, l'analyse d'opportunité, la planification et la réalisation de
projets complexes à cette agence, ce que l'Ordre des urbanistes a fait, c'est
prendre le projet de loi, de l'analyser, mais aussi d'émettre des
recommandations.
Et, quand je prends... d'ailleurs, c'est
ce qu'on fait souvent, Mme la Présidente, dans le projet de loi, vous savez à
quel point nous sommes très rigoureux comme équipe, très important, quand on
regarde les projets de loi et les rapports, on essaie de voir quel groupe a
ramené cet amendement. Et moi, j'en suis sûr, que le collègue de Taschereau a
fait le même exercice, et le collègue du Parti québécois, député des
Îles-de-la-Madeleine. Pourquoi? Parce que, quand on regarde la page 17 du
mémoire présenté par l'ordre, l'Ordre des urbanistes, c'est très clair que pour
eux, l'article 29... juste pour qu'on ne l'évoque pas à chaque fois, l'article 29,
c'est le minimum de prise en compte des enjeux d'aménagement par la
consultation des municipalités. Ce qu'ils disent aussi, Mme la Présidente,
c'est que ces exigences sont limitées en mandats touchant uniquement la
planification et non pas la réalisation d'infrastructures.
Donc, moi, je dirai même, et la question,
je la pose à mon collègue député de Taschereau, quand il parle «en tenant
compte des plans d'urbanisme et de mobilité des municipalités et des
communautés métropolitaines, lorsqu'elles planifient ou elles réalisent des
projets complexes...», donc là, il vient, au-delà de la planification, rajouter
la réalisation d'infrastructures. Donc, ça reprend un peu ce qui a été dit par
l'Ordre des urbanistes. Est-ce que j'ai bien compris?
Mme la Présidente, je pense qu'on a une
très bonne solution qui reprend parfaitement les propos de l'Ordre des
urbanistes, un excellent amendement, très bien rédigé, que je vais appuyer pour
la simple et unique raison que la faille détectée et décelée par l'Ordre des
urbanistes dans le projet de loi, notamment que c'est un minimum qui a été
ajouté dans l'article 29 et que le fait de voir qu'on ne peut pas juste
cibler la planification, mais aussi la réalisation. Je pense que c'est un bon <amendement...
M. Derraji :
...mais
aussi la réalisation. Je pense que c'est un bon >amendement qui vient
confirmer encore une fois le rôle de l'urbanisme et... Quand même, c'est des
propos, Mme la Présidente, très clair de la part de l'Ordre des urbanistes. Ce
qu'ils ont dit : Dans le milieu de l'urbanisme, la perception répandue est
que la priorité est à livrer les projets le plus rapidement et le plus
économiquement possible; et ils ne veulent pas que l'urbanisme soit considéré
comme un enjeu facultatif. Parce que ce qu'on... ce que les... ce que les gens
veulent, c'est cette intégration, c'est cette intégration dans le plan global
de l'urbanisme. Et c'est ce que mon collègue vient de faire, Mme la Présidente,
donc, en tenant compte... en tenant compte des plans d'urbanisme et de mobilité
des municipalités, des communautés métropolitaines lorsqu'elles planifient ou
réalisent des projets complexes de transport.
Et, quand on vient à la page 17, moi,
je pense que c'était encore une fois clair, je dirais même que «l'obligation de
consultation et de prise en compte de l'urbanisme, y compris les documents de
planification, doit être inscrite dans la loi.» Donc, en fait, c'est comme une
proposition très claire. Il y a... Il n'y avait pas... il n'y a pas l'ombre
d'un doute, Mme la Présidente, que c'est primordial, et je vois le mot
«primordial» très bien dans le mémoire présenté par l'Ordre des urbanistes,
d'autant plus dans le contexte de la nouvelle génération de schéma
d'aménagement et de développement. Donc, déjà, un contexte de la nouvelle
génération du schéma d'aménagement et de développement, ce que j'ai dit tout à
l'heure par rapport SAD.
Et aussi, quand on parle de plans
d'urbanisme... Et, sérieux, Mme la Présidente, ça a été le dernier groupe, et
moi, cette... la présentation de ce groupe m'a marqué. Parce que, quand on voit,
juste au niveau de la CMM, les enjeux de congestion qui ont un coût énorme
économique, parlez aux gens de la CMM et... encore une fois, vous me voyez
parler au nom des gens de Montréal parce qu'il faut que quelqu'un parle au nom
de Montréal, hein, certainement, parce que ça fait longtemps qu'on ne parle
plus de Montréal, et surtout de l'ouest, mais aussi de la Rive-Sud et de la Rive-Nord,
Laval et aussi la Rive-Sud, les problèmes de congestion sont énormes, énormes.
Et donc, du moment qu'on entend qu'il va y
avoir un plan à l'Est, et, probablement, ce plan structurant de l'Est risque
d'être un des projets sur lesquels l'agence va statuer, je mets dans le
contexte ce que l'Ordre des urbanistes est venu nous dire... l'Ordre des
urbanistes du Québec est venu nous dire en commission parlementaire :
«Dans une optique de cohérence et de valorisation de la planification — eux
aussi, ils ont un souci de planification et de cohérence, l'Ordre des urbanistes
a, a cette conscience — de valorisation de la planification, Mobilité
Infra Québec doit prendre en compte les documents en vigueur sur les
territoires dans lesquels il intervient.» C'est pour cela que l'ajout du
collègue, qu'il y ait des municipalités, il y ait des communautés
métropolitaines. Mais les plans d'urbanisme doivent être utilisés par Mobilité
Infra.
Je continue, Mme la Présidente : «De
plus, de la même manière que le MIQ doit planifier dans une optique de
développement durable et de réduction des émissions de GES, il serait pertinent
d'inscrire à même son mandat — on parle du mandat — que ses
projets doivent concourir à un aménagement plus durable du territoire et
s'inscrire en complémentarité des orientations gouvernementales en aménagement
du territoire. Les projets doivent également respecter les orientations de la
Politique nationale de l'architecture et de l'aménagement du territoire.»
Ils ont bien formulé une
recommandation 9, pour le bénéfice de nos collègues : «Inscrire dans
le projet de loi que Mobilité infra Québec doit prendre en compte les SAD — ce
n'est pas les soins à domicile, c'est schémas d'aménagement et de
développement, très, très importants — et les plans d'urbanisme lors
de la réalisation de ses mandats, que ses projets doivent concourir à un
aménagement durable et respecter les orientations de la Politique nationale de
l'architecture et de l'aménagement du territoire et de la politique-cadre sur
les changements climatiques.»
Donc, Mme la Présidente, j'appuie mon
collègue dans cet excellent amendement qui vient, encore une fois, bonifier
d'une manière très claire l'article 4. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député.
Compte tenu de l'heure, je
suspends les travaux jusqu'après les affaires courantes. Merci beaucoup...
12 h 30 (version révisée)
La Présidente (Mme Maccarone) : ...affaires
courantes. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
15 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 39)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
bonjour à tous et à toutes. La Commission des transports et de l'environnement
reprend ses travaux.
Mes collègues, je dois vous demander le
consentement pour que la députée de Saint-Laurent remplace la députée de Mille-Îles.
Consentement? Merci beaucoup.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet
de loi n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant
certaines dispositions relatives au transport collectif. Et, lors de la
suspension de nos travaux ce midi, nous étions à l'étude de l'amendement du
député de Taschereau à l'article 4 de la loi édictée. Est-ce qu'il y a des
interventions? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup. Donc... Oui. Donc, sur l'amendement que je proposais : «en
tenant compte des plans d'urbanisme», et donc... d'urbanisme et des plans de
mobilité déjà en place sur... Je l'ai ici, là : «plans d'urbanisme et de
mobilité des municipalités et des communautés métropolitaines lorsqu'ils
planifient ou réalisent des projets complexes de transports». Ce matin, j'ai
parlé... j'ai donné des exemples à Mme la ministre...
En fait, Mme la Présidente, il me reste
combien de temps, juste pour savoir?
La Présidente (Mme Maccarone) : Environ
6 min 30 s.
M. Grandmont : 6 min
30 s?
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
• (15 h 40) •
M. Grandmont :
D'accord. Merci. Oui, ce matin,
j'ai parlé avec Mme la... j'ai parlé à la ministre des différentes agences, en
fait, là, qui auraient pu servir d'inspiration, là, à la rédaction, là, du projet
de loi n° 61. Il y avait notamment TransLink, Metrolinx, donc TransLink,
qui est dans... dans l'agglomération de Vancouver, donc en Colombie-Britannique,
Metrolinx, qui est dans la région métropolitaine de Toronto et d'Hamilton, et
aussi de l'agence suédoise Trafikverket <qui...
M. Grandmont :
...
Metrolinx, qui est dans la région métropolitaine de Toronto et d'Hamilton, et
aussi de l'agence suédoise Trafikverket >qui a à agir, en fait, là, sur
le territoire suédois, là où est allée Mme la ministre en mission d'étude en
mars 2023. J'ai parlé, là, des différents projets qui avaient été livrés par
ces différentes agences là. J'ai parlé aussi de leur façon de travailler, les
pouvoirs qu'elles avaient, notamment au niveau du pouvoir d'initiative,
c'est-à-dire étudier, planifier différents projets de transport collectif ou
routier.
Par ailleurs aussi, en Suède, notamment,
c'est le cas, il y a cette possibilité-là qui est offerte à Trafikverket.
Mais, dans tous les cas aussi, j'aimerais
rappeler que, dans ces trois cas-là aussi, les municipalités sont responsables
de l'aménagement de leur territoire. Donc, dans ces trois territoires-là, ces
trois juridictions-là, les municipalités sont responsables de l'aménagement du
territoire. Et, dans tous les cas, ces agences-là ont à travailler de concert,
en collaboration avec les municipalités puis les communautés métropolitaines,
donc ce qui serait l'équivalent quand on arrive dans les grandes villes. J'imagine
qu'ils ont un système similaire à une échelle où les villes prennent une
certaine importance. On organise la planification du territoire à l'échelle un
peu plus métropolitaine que simplement très locale, avec évidemment des
nuances, là, dans chacune des juridictions, mais le point est que, dans tous
les cas, les agences ont à travailler, à collaborer et donc à tenir compte
des... des orientations d'occupation du territoire qui sont décidées par les
municipalités.
Donc, encore une fois, je rappelle ces
trois exemples-là, qui ont pu servir d'inspiration à la rédaction du projet de
loi n° 61, qui vise à créer Mobilité Infra Québec,
c'est-à-dire, on en a déjà parlé, Toronto, on a déjà parlé de Vancouver. On
sait que Mme la ministre est allée en Suède, donc peut-être a-t-elle été
rencontrer les gens de Trafikverket ou, en tout cas, des gens qui étaient en
autorité de pouvoir parler de cette agence-là, qui a des parallèles vraiment
très importants avec ce qui est mis dans le projet de loi n° 61,
mis à part certains points qu'on essaie de ramener sur cet article 4, qui
est très fondamental à la création de Mobilité Infra Québec. On est vraiment
sur la mission, donc on est sur le fond et sur probablement un des articles les
plus importants sur les 120 qui font ce projet de loi là.
Donc, ma question est : Est-ce
qu'on... Est-ce qu'on ne pourrait pas s'inspirer de ce qui se fait de bien
ailleurs, à Toronto, à Vancouver et en Suède, pour demander à cette agence, Mobilité
Infra Québec, de tenir compte, au minimum, des plans d'urbanisme et de mobilité
des municipalités et des communautés métropolitaines lorsqu'elles planifient ou
réalisent des projets complexes de transport?
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Bien, j'ai déjà répondu, par contre, là, à ça ce matin,
sur le fait que tous doivent se conformer à la Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme. Et tout ça est déjà prévu dans les articles 149 à 157 et, je
pense... en tout cas, est prévue la procédure en cas de non-conformité à un
plan ou à un règlement. Et là, c'est ça, il y a toute une procédure, là, où il
faut aviser, puis ensuite de ça... En tout cas, si on le trouve, je pourrai
vous lire le règlement, mais... Donc, la façon dont on déroge à la LAU pour un
projet est déjà prévue à même la LAU, qu'en plus on a révisée il n'y a pas
longtemps, en 2023, je pense, qu'on a révisée en 2023. Peut-être même que mon
collègue de Taschereau a participé aux travaux de ma collègue des Affaires
municipales.
Une voix : ...
Mme Guilbault :
Bon, c'est ça. Alors, c'est très long. Je ne vais pas le lire, là, mais, tu
sais, c'est l'article 156 de la LAU, si les gens... si les gens veulent
s'y référer.
Donc, c'est déjà prévu. Alors... Et Mobilité
Infra Québec va être assujetti à la LAU. Donc, il n'y a pas de nécessité
d'ajouter cet élément-là dans la mission parce que... et comme d'autres lois
aussi qu'on fait sur d'autres types de... tu sais, qui peuvent être chapeautées
par d'autres ministères, mais qui ont en commun d'être... d'encadrer des projets
ou d'être liés à des projets. On est tous soumis à la LAU, tu sais, qui est
aussi une loi du gouvernement. Alors, pour moi, ça répond à l'objectif.
M. Grandmont : Mme la
ministre a fait elle-même référence, ce matin, là, à l'article 59 où on va
reparler, en fait, là, de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, puis la
loi n° 59 dit : «Dans le cadre de la planification
ou de la réalisation d'un projet complexe de transport qui est confiée à Mobilité
Infra Québec en vertu de l'article 4, le gouvernement peut déterminer d'autres délais
que ceux prévus aux articles 152 à 155 de la Loi sur l'aménagement et <l'urbanisme...
M. Grandmont :
...articles 152
à 155 de la Loi sur l'aménagement et >l'urbanisme.» Puis elle a
elle-même dit, là, que... en tout cas, en fait, de ses paroles, on a compris
qu'elle voudrait raccourcir ces délais-là, qui sont déjà prévus, par ailleurs,
dans la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, arguant qu'on voudrait réduire,
gagner en efficacité, livrer plus rapidement des projets. Comment ça va
s'opérer, Mme la ministre? Je ne veux pas faire le débat avant le débat, là,
sur le 59, mais, comme j'évoque un amendement qui y fait référence en quelque
sorte, comment on va réduire? Est-ce que c'est à la pièce que les délais pourraient
être revus à la baisse?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Oui, effectivement, l'article 59, où on vient... mais ça,
c'est similaire à ce qui avait été... On cherche la loi sur le REM, là. On a
nos différents documents de travail qu'on ressort de séance en séance, donc...
Mais l'objectif, puis, ça, on l'a toujours dit, c'est d'être le plus efficace
possible. Donc, pour moi, il n'y a rien d'exagéré à se donner des moyens
similaires à ce qu'on avait accordé pour le projet du REM, d'autant plus qu'à
maintes reprises ici on a dit à quel point le REM était un bon projet, qu'on
est contents que ça ait été... tu sais, que ça a été rapide ou, en tout cas,
qu'on ait déjà la mise en service d'une première branche, que ce projet-là
avance, que la CDPQ Infra a été la seule à avoir des capacités de réalisation
de projets complexes de transports collectifs dans les dernières décennies. Alors...
Alors, je pense que de s'inspirer des moyens ou des outils qui avaient été mis
à la disposition ou disons de l'encadrement, du type d'encadrement qui avait
été mis à la disposition de la CDPQ Infra pour réaliser le REM et de vouloir le
transposer, en termes d'agilité, puis de flexibilité, puis de possibilité, de
le transposer dans Mobilité Infra Québec, qui va aussi, comme la CDPQ Infra,
faire des projets de transports collectifs complexes d'envergure, moi, je
trouve que c'est logique puis je trouve que c'est une bonne chose, là. Parce
qu'encore une fois j'ai beaucoup insisté là-dessus : la capacité de
réalisation, c'est pour moi une des grandes priorités, sinon la grande priorité
de ce projet de loi là, et l'efficacité.
M. Grandmont : Je ne me suis
pas encore prononcé moi-même, là, sur les délais, mais Mme la ministre disait
que c'était pour accélérer les délais, donc modifier ce qui était prévu à la
LAU. Et, dans l'article 59, on ne parle pas des délais eux-mêmes,
c'est-à-dire on ne donne pas d'indication sur quel... comment ils vont être
modifiés. Est-ce que... Ma question, c'est : Est-ce que ça va être modifié
par règlement? Est-ce que ça va être dans les décrets? Est-ce que ça va être
par projet qu'on va adapter et qu'on va décider des délais qui seront impartis
aux municipalités pour donner les réponses, en fait, assurer le processus? Ces
délais-là vont apparaître comment puis ils vont être décidés quand?
Une voix : ...
Mme Guilbault :Oui. Merci. Bien, ça va... ça va faire partie du décret. Parce
que quand on dit : «le gouvernement peut déterminer», quand on dit «le
gouvernement», c'est... généralement, c'est le Conseil des ministres , donc
c'est l'Exécutif, là, comme on dit souvent. Et ça pourra être déterminé dans les
décrets qui vont être... qui vont être passés au Conseil des ministres pour les
projets qui vont être confiés à Mobilité Infra Québec. Ça va faire partie des
modalités qui vont être dans le décret.
Une voix : ...
Mme Guilbault :...pardon, «les projets complexes de transport qui sont
confiés à Mobilité Infra Québec en vertu de l'article 4», bien, c'est ça,
en fait, les projets de transport complexes qui sont précisément à
l'article 4 de la mission sur lequel on... dont on parle depuis maintenant
plusieurs dizaines d'heures.
M. Grandmont : Donc, chaque
projet pourrait avoir des délais différents, mais, dans tous les cas, ils
pourraient être raccourcis. Moi, je voudrais juste quand même faire une belle
mise en garde à Mme la ministre, là, sur le fait que, déjà, on... Je comprends
qu'on a des possibilités, à travers la LAU, d'outrepasser, en fait, en quelque
sorte, là, les compétences des municipalités sur l'aménagement de leur
territoire, mais là, en plus, on planifie de peut-être raccourcir les délais.
On risque non seulement d'empiéter sur les compétences municipales et
métropolitaines, mais, en plus, de leur donner moins de temps pour être capables
d'analyser eux-mêmes, de leur côté, puis de produire des réponses adéquates.
Moi, je m'inquiète quand même de cette disposition-là, qui vient... comment je
dirais, qui déjà empiète sur les compétences municipales, mais qui, en plus,
viendrait les mettre sous pression sous prétexte qu'on veut réaliser des
projets. Je rappellerais encore le livre que Mme la ministre a lu elle-même. À
partir du moment où on veut mettre les municipalités et les communautés
métropolitaines dans le coup, on doit s'assurer de bien collaborer et bien
planifier ensemble des projets pour agir rapidement par la suite.
La Présidente (Mme Maccarone) : D'autres
interventions?
Mme Rizqy : Moi, oui.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la députée de Saint-Laurent.
• (15 h 50) •
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Juste avant de commencer, je vais me permettre... les propos
qui ont été portés à mon égard lorsque j'étais dans... pas dans cette
commission, mais dans une autre commission. Alors, j'aimerais juste rétablir
certains faits, vu que la ministre a souligné que c'était... m'imputait le
fait, grosso modo, que je n'étais pas disponible au mois de mai et juin pour
siéger en même temps sur les différents projets de loi. C'était de notoriété
publique que j'avais un retrait préventif. <C'est...
Mme Rizqy :
...les
différents projets de loi. C'était de notoriété publique que j'avais un retrait
préventif. >C'est de notoriété publique que je ne pouvais être au
Parlement. J'ai transmis à la commissaire à l'éthique<i>
mon billet d'absence médical. C'est de notoriété aussi publique que j'ai perdu
un des deux que je portais. C'est de notoriété publique que j'ai pris un très,
très bref congé d'absence de maternité durant l'été et je suis revenue en deux
mois et demi ici. C'est de notoriété publique.
Avec une masse salariale de 1,3
million de dollars, si la vice-première ministre du Québec n'a pas le
temps de faire sa revue de presse, je pense qu'un de ses membres peut lui en
faire une.
Maintenant, la bonne foi se présume. Une
fois que j'ai dit ça, j'espère qu'à l'avenir on ne m'imputera pas, directement
ou indirectement, mon absence du mois de mai et de juin ici, au Parlement. Je
suis là et je crois beaucoup à la bonne foi. Et je tiens aussi à remercier la
grande solidarité de plusieurs collègues féminines de la banquette
gouvernementale, qui, elles, m'ont envoyé de très bons mots d'encouragement
pendant cette période un petit peu plus difficile pour moi. La bonne foi se
présume, et j'espère qu'une fois que j'ai dit ça, qu'à l'avenir on ne
m'imputera plus jamais mon absence durant cette période-là.
Maintenant, je vais aller sur l'amendement
de mon collègue le député de Taschereau. Moi, je suis d'avis que c'est un très
bon amendement pour plusieurs raisons. Prenons l'exemple, Mme la Présidente, du
projet de l'Est. Au départ, les gens nous parlaient d'une voie aérienne
jusqu'au centre-ville, mais aussi qui allait passer dans le Vieux-Montréal, qui
aurait complètement défiguré un endroit, un site patrimonial.
Et moi, je connais très bien Hochelaga,
excessivement bien : née et grandie là, je connais les rues, les ruelles
d'Hochelaga. Il y a un parc qui s'appelle Morgan. À une certaine époque, le
parc Morgan, là, on trouvait des seringues. Le gouvernement a investi de
l'argent, plus de 1 million de dollars pour le revitaliser, pour qu'il y
ait vraiment un sentiment, là, dans Hochelaga, qu'eux aussi méritent des beaux
endroits.
Juste de l'autre côté du parc Morgan, il y
a un terrain de soccer, Saputo. Savez-vous qu'est-ce qu'ils font, Mme la
Présidente? Ils prennent des jeunes d'un peu plus loin, ils les amènent en
autobus sur un magnifique terrain de soccer. Il y a de l'aide aux devoirs, mais
aussi du sport pour ces jeunes en milieu défavorisé.
Mais, tout ça pour un projet qui n'allait
pas nécessairement desservir les gens d'Hochelaga, mais des gens de l'extérieur
de Montréal, on aurait défiguré complètement ce quartier sans consultation. Puis,
en les mettant sur un fait accompli, on aurait créé une immense fracture
sociale, en fait, à un endroit que, pendant des années, on a essayé, à coups de
millions de dollars, de revitaliser, en une baguette magique, parce qu'il y
avait un besoin urgent, pressant de faire... aller vite, vite, vite, et pour le
moins cher. Mais, des fois, vite et moins cher, ce n'est pas nécessairement ce
que les gens ont besoin.
Alors, moi, ici, je pense que le cas de...
justement, du projet de l'Est, avec cet amendement-là, ça permettrait justement
d'avoir non seulement de l'urbanisme, la ville, mais les citoyens qui
pourraient s'exprimer puis parler de leur réalité au quotidien. Parce qu'il y a
des impacts quand on commence à dessiner des projets, et ça le dit, complexes
de transport. Mais, à plus forte raison, si c'est complexe, aussi bien
s'assurer d'avoir toutes les bonnes parties prenantes autour de la table pour
avoir cette discussion.
Alors, moi je ne comprends pas pourquoi
qu'aujourd'hui on ne va pas de l'avant. Et d'ailleurs, dans l'ouvrage How
big things get done, que mon collègue de Taschereau citait, il y a un
passage à l'effet que, justement, plus vous allez consulter, plus vous allez
avoir une adhésion de groupe, et avec cette adhésion de groupe, par la suite,
oui, vous allez être capable d'aller plus vite parce que vous avez fait
vraiment une vraie consultation, qui a mené à un vrai consensus et non pas à un
faux consensus.
Alors, moi, à ce stade-ci, je pense que
c'est quelque chose de favorable et je ne m'expliquerais pas pourquoi qu'on
dirait non, d'autant plus qu'on a donné de l'autonomie aux municipalités.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault :...je vais répondre, certainement, Mme la Présidente. Je
vais revenir sur le dossier comme tel, là, mais... mais je suis très surprise
de son introduction, parce que la députée de Saint-Laurent est une femme très
intelligente. Donc, si elle a décidé de dire ce qu'elle a dit, en sachant
peut-être... Parce que, tu sais, à sa décharge, c'est vrai qu'elle est sur
d'autres commissions. Puis, bon, là, elle est ici cet après-midi. Je ne sais
pas si elle a eu le temps d'écouter tout ce qui s'est dit dans les presque
70 heures de la commission ici, mais toutes les autres personnes dans la
salle ou presque ont été <là...
Mme Guilbault :
...dans les presque 70 heures de la commission
ici, mais toutes les autres personnes dans la salle ou presque ont été >là
presque pendant toutes ces heures-là et savent toutes que ce que je vais dire
est la stricte vérité. D'ailleurs, c'est tout enregistré. Ça fait que même si j'essayais
de mentir, ça ne serait pas possible. Jamais, jamais, je n'ai imputé un motif d'absence
ou un caractère inapproprié en quoi que ce soit au comportement de la députée
de Saint-Laurent.
Puis, à l'inverse, à chaque fois que je me
suis exprimée sur les stratégies de retardement des travaux de la part du
leader du Parti libéral<i>, j'ai toujours précisé, incluant ce matin, là...
On a siégé, quoi, à 10 h 30 ce matin, à 9 h 30,
incluant ce matin, quand j'ai été obligée de reparler de ça, parce que... Puis
c'est ce qu'elle fait encore, là, elle m'oblige à revenir sur la cadence des
travaux. Donc, à chaque fois, j'ai précisé : Il y a des députés libéraux
autres que le député de Nelligan qui auraient pu être sur les deux commissions
en même temps, 61 et 62. Et à chaque fois je précise, là, ils sont
18 libéraux, en excluant le chef, on comprend bien que les chefs ne sont
pas sur les commissions, et en excluant la députée de Saint-Laurent, qui, à
juste titre, avait autre chose à faire, puis elle est en congé parental tout à
fait légitime, ça fait quand même 16 députés libéraux disponibles pour
être sur deux commissions en même temps. C'est ça, le raisonnement, Mme la
Présidente.
Et, s'il y a quelqu'un qui a de la solidarité...
de la solidarité, pardon, parentale ici, c'est bien moi. Et, comme je l'ai déjà
dit, personne ne va me donner de leçons de conciliation travail-famille ou de
solidarité parentale, tu sais.
Et quand elle dit : Les collègues
féminines, elles, m'ont soutenue, je lui rappellerai — c'est privé,
normalement je n'en aurais pas parlé, mais, écoutez, elle nous oblige — le
26 mars à 7 h 14, je lui ai envoyé un message de soutien privé
avec un coeur auquel elle a répondu avec un coeur.
Donc, Mme la Présidente, je ne sais pas
quelle mouche l'a piquée, là, parce que tout ce que je suis en train de dire, d'après
moi, elle le sait déjà, mais elle accepte quand même de se prêter à ce jeu-là.
Alors, tu sais, je n'ai...
Une voix : ...
Mme Guilbault :Non, mais je n'ai jamais, jamais, jamais insinué d'une manière
ou d'une autre qu'elle aurait dû être au Parlement. Voyons, Mme la Présidente!
Ce que je dis, par contre, et que je maintiens, c'est que, même en l'excluant,
puis en excluant son chef, puis en excluant le député de Nelligan, qui,
mettons, aurait été occupé sur le 62, ça laisse 15 députés libéraux
réputés compétents. Moi, là, je les vois, ces gens-là, ils sont assis en face
de moi au bleu, toutes des personnes compétentes.
Mais la stratégie du gouvernement libéral,
ça a été de dire : Nous, on ne veut pas faire deux projets de loi en même
temps. On veut faire un après l'autre. Parce que, comme je l'ai expliqué, puis
pour le bénéfice de tous, peut-être ceux qui ne sont pas habitués d'être ici, moi,
j'ai déposé mon projet de loi en même temps que celui de mon collègue, le 62,
le 9 mai. Le lendemain, le 10 mai, j'étais prête à travailler, mais
les libéraux, entre autres, ont dit : Non, nous, on va faire un après l'autre,
il ne faudrait surtout pas que ça avance trop vite. Et là ils ont prétexté :
Il faut que le député de Nelligan... il faut que le même député soit dans les
deux commissions absolument. Comme on ne peut pas être assis dans deux pièces
en même temps, il faut faire un après l'autre. C'était ça, l'argument.
C'est pour ça que je réponds que, même en
enlevant le député de Nelligan, le chef et la députée de Saint-Laurent, ça
laisse 15 personnes. Donc, par déduction, ça veut dire qu'aucune de ces
15 personnes là, aucun de ces 15 députés libéraux là n'était assez
bon pour venir s'asseoir ici pendant que le député de Nelligan était dans le
62. Je veux dire... Bien, disons que c'est une déduction que quelqu'un pourrait
faire. Je ne dis pas que c'est ça, mais quelqu'un pourrait l'interpréter de
cette façon-là, puis ça se tiendrait comme raisonnement.
Donc, quand on fait le choix... Je ne sais
pas si elle veut intervenir?
La Présidente (Mme Maccarone) :
Oui?
Mme Rizqy : En vertu de l'article 71...
71, là, ce que j'ai fait tantôt, l'intervention personnelle ne peut pas mener à
un débat.
D'autre part, maintenant, c'est un autre
article que je vais invoquer, 35, propos blessants. Vous... Même si vous dites
«déduction», vous insinuez qu'ils sont incompétents.
Un chef a le droit de donner les mandats
qu'il veut à ses députés. Par exemple, au gouvernement, Mme la Présidente, ils
ont décidé de ne pas faire monter qui que ce soit au Conseil des ministres et
de donner les superpouvoirs de l'exsuperministre à la nouvelle ministre. Ça...
C'est une prérogative d'un chef qu'un jour j'espère vous... je vous souhaite
que ça vous arrive. On connaît tous votre ambition.
Maintenant que j'ai dit ça, le
26 mars et la semaine dernière, c'est la semaine dernière que les propos
ont été tenus de votre part. C'était moi, la porte-parole en la matière d'infrastructures.
La raison que... pourquoi je ne pouvais pas siéger au mois de mai, vous la
connaissez. Et c'est pour ça que j'ai dit : La bonne foi se présume et qu'à
partir de maintenant, j'espère qu'une fois que j'ai fait l'état des lieux, que
ça va... on ne va pas répéter la même chose, que j'étais indisponible au mois
de mai.
• (16 heures) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme Rizqy : La bonne foi se
présume.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme Rizqy : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Je vous invite, collègues, s'il vous plaît, de revenir sur l'amendement.
Vous avez chacun eu la chance de vous exprimer, alors moi, je souhaite vous entendre
en ce qui concerne l'amendement très intéressant du député de Taschereau, hein,
pour qu'on puisse continuer le débat sur le projet de loi, s'il vous plaît.
Mme la ministre, souhaitez-vous continuer...
16 h (version révisée)
La Présidente (Mme Maccarone) :
...continuer le débat sur le projet de loi, s'il vous plaît. Mme la
ministre, souhaitez-vous continuer?
Mme Guilbault :Oui, je vais continuer parce que je n'ai pas encore répondu
sur l'amendement. Mais c'est parce que c'est important, parce que, là, dans l'intervention
qu'elle vient de faire, elle vient de rajouter autre chose. Ça...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Comme je dis...
Mme Guilbault :
C'est une étrange stratégie, que de parler successivement de fausses
accusations que j'aurais portées contre elle, qui n'ont jamais existé, puis, là,
ensuite, d'aller sur l'ambition.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Je...
Mme Guilbault :C'est toutes des...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Je comprends. Comme j'ai dit, je vous entends. S'il vous plaît, collègues,
vous êtes des députées de l'Assemblée nationale du Québec, je vous demande d'avoir
un peu de décorum. Vous avez chacun eu la chance de vous exprimer. Je vous
demande, s'il vous plaît, de revenir sur l'amendement en question pour qu'on
puisse continuer le débat, il y a des gens qui nous écoutent, qui nous entend, à
avoir un débat sur le projet de loi. Alors, s'il vous plaît, si on peut
continuer sur cet amendement, s'il vous plaît.
Mme Guilbault :Bien, je pense que c'est important que les gens sachent que
le projet de loi a été retardé de quatre mois à cause des libéraux, et que, là,
ça fait 70 heures qu'on tourne en rond sur la même chose, entre autres, à
cause des libéraux. Ça, c'est... c'est quand même... important, Mme la
Présidente. Parce qu'il y a 11 salaires financés avec les fonds publics
ici de gens qui font juste attendre que le temps passe parce qu'on nous garde
toujours sur le même paragraphe du même article. Et la députée de Saint-Laurent
arrive sur cette commission, et tout ce qu'elle trouve à faire, c'est des
attaques et des interventions personnelles au lieu de faire...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Madame... Mme la ministre, attends. On... Oui.
Mme Rizqy : ...la
Présidente. On... La semaine passée, il a été question de moi dans cette
commission. J'ai rétabli les faits et j'ai même spécifié, la bonne foi se
présume. Alors, je n'impute aucun motif, je dis maintenant c'est réglé. Je le
dis. À partir de maintenant, je vous demande de ne pas le refaire.
Maintenant, juste si on va sur le
Greffier, Mme la Présidente, parce que, là, ici, on induit la Chambre en
erreur, c'est marqué, état de situation, vous êtes à... 37 heures et non
pas à 70 heures. Sur Greffier.
Troisième des choses, une fois que vous
avez parlé, Mme la Présidente, que vous avez rendu votre décision, on ne peut
plus argumenter. Je vous demanderais d'appliquer l'article 211.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Encore une fois, je vous demande d'avoir des propos respectueux. Je
comprends qu'on a... S'il y a quelque chose à discuter à l'extérieur du projet
de loi, je vous demande de le faire quand nous ne sommes pas en commission, s'il
vous plaît. Mais je souhaite qu'on continue à en débattre, du projet de loi, l'article
en question, l'amendement du député de Taschereau, s'il vous plaît. Il vous a
posé des questions, Mme la ministre. Souhaitez-vous répondre ou...
Mme Guilbault :Non, mais c'était... Ce n'est pas le député de Taschereau, là.
On était rendus à la députée de Saint-Laurent.
La Présidente (Mme Maccarone) :
C'est vrai. Je m'en excuse.
Mme Guilbault :...et donc, c'est ça. Mais c'est quand même un fait établi
qu'il y aurait eu 15 députés libéraux disponibles pour venir sur le 61,
mais aucun n'est venu. Mais, après ça, les gens jugeront, là. Ils ont préféré
retarder de quatre mois.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Oui, c'est vrai.
Mme Guilbault :Mais, sur l'amendement, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci.
Mme Guilbault :
...ou le... (panne de son) ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Le sous-amendement.
Mme Guilbault :Je crois qu'on a coupé mon micro.
La Présidente (Mme Maccarone) :
L'amendement. L'amendement.
Mme Guilbault :En fait, je ne sais pas c'était quoi, la question, mais si
la députée... Non, mais si la députée a suivi les travaux, a réécouté les
travaux, parce que ça fait déjà plusieurs dizaines d'heures qu'on parle de ça,
j'ai répondu abondamment à cette question-là. Je viens juste de répondre au
député de Taschereau. Je viens juste de répondre au député de Taschereau que
tout ça est couvert dans la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
Ou peut-être ils ont trouvé un député
libéral pour aller sur cette commission-là quand on l'a réformée en 2023.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la députée.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Vous pouvez faire preuve d'honnêteté
intellectuelle puis nous... vous n'avez pas saisi le sens de la question. Mais
il y avait une question. Donc, c'est difficile de répondre à ma question en
disant que vous avez répondu au député de Taschereau, par conséquent, vous ne
répondez pas à ma question.
C'est simple, je vous donnais un cas
pratique : Est-ce que vous trouvez qu'avec le cas pratique, dans l'est de
Montréal, il aurait été souhaitable de justement s'assurer, avec les plans d'urbanisme,
que les projets qui sont dits justement complexes de transport soient bien
travaillés avec les communautés métropolitaines?
Mme Guilbault :Encore une fois, ça doit faire 22 fois minimum que je
répète ça, là. Mme la Présidente, j'ai déjà fait des interventions là-dessus.
Je comprends qu'il y a du va-et-vient autour de la table, mais quand ça fait 20 fois,
tu sais... Puis on a justement des spectateurs — bonjour, mesdames,
messieurs — qui sont ici. Quand on est 11 élus payés dans une
salle, et qu'on nous garde ici des dizaines d'heures à parler de la même chose,
et qu'on nous envoie des nouvelles personnes nous poser les questions qui ont
déjà été posées 10 fois, auxquelles j'ai répondu 10 fois, puis que
tout ça est enregistré, mais qu'on me la repose une 11e fois, ce n'est pas
rentabiliser les fonds publics qui paient nos salaires, Mme la Présidente. J'ai
répondu à la question de la députée de Saint-Laurent. J'ai dit 1 000 fois
que tous les projets vont, à l'évidence, se faire en collaboration avec les <municipalités...
Mme Guilbault :
...se faire en collaboration avec les >municipalités
sur les territoires desquels les projets vont être déployés. C'est une
évidence. Et j'ai parlé souvent, là... parce que je ne sais pas si elle a suivi
l'article, c'était-tu à l'article 3 ou 4...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Je m'excuse...
Mme Guilbault :
...en tout cas, la définition de «complexe»...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
m'excuse de vous interrompre. Nous allons suspendre juste pour quelques
instants, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 06)
(Reprise à 16 h 08)
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Mme la ministre.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
La parole est à vous, Mme la ministre.
Mme Guilbault :Pardon?
La Présidente (Mme Maccarone) : La
parole est à vous.
Mme Guilbault :Oui. Donc, c'est ça, j'étais en train d'expliquer que ça
fait déjà plusieurs, plusieurs fois que je réponds à la même question. Donc,
j'invite mes collègues qui ne sont peut-être pas toujours ici à aller voir les
enregistrements ou sinon peut-être à faire... à accepter de faire avancer le
projet de loi, parce qu'après près de 70 heures, on est à l'article 4
sur 120. Je le rappelle, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Mme Rizqy : ...souligner
l'absence des élus.
Et certainement pas 70 heures sur
l'état de situation. J'invite la vice-première ministre du Québec à rectifier
les faits et à être certaine des heures qu'elle avance. Il y a un état de
situation qui est sur le site Greffier. On ne peut pas non plus induire la
Chambre en erreur. C'est marqué 37 heures.
Maintenant que j'ai dit ça, elle semble
très soucieuse de l'argent des contribuables. Je comprends. Avec un déficit
historique, moi aussi, je serais dans la même situation qu'elle, très gênée. Si
elle est si soucieuse, est-ce qu'elle trouve que c'est un bon usage de l'argent
des... des Québécois, avec une masse salariale de 1,3 million de
dollars, d'utiliser son personnel pour faire ses cartes de Noël? Parce qu'il y
a une magnifique vidéo sur les réseaux sociaux à cet effet.
La Présidente (Mme Maccarone) : Est-ce
qu'il y a une question?
Mme Rizqy : Elle parle des...
Elle a parlé des fonds des contribuables, alors il me semble que c'est une
question légitime, à ce stade-ci.
Une voix : ...
Mme Rizqy : ...la vice-première
ministre suit de façon très judicieuse nos travaux. On va revenir sur
l'amendement.
Mme Guilbault :...
La Présidente (Mme Maccarone) : Allez-y,
Mme la ministre.
Mme Rizqy : Allez-y. On vous
écoute.
• (16 h 10) •
Mme Guilbault :Je tiens à dire que la présidente elle-même se demandait
quelle était la question, donc, je pense, tout le monde se le demande. Alors,
peut-être, la députée de Saint-Laurent pourrait préciser quelle est la
question.
Mme Rizqy : Vous parliez des
fonds des contribuables, bien oui, alors j'ai rappelé votre déficit historique
et que, moi aussi, je serais gênée. Maintenant, si vous voulez utiliser les
fonds des contribuables. Qui fait vos cartes de Noël? Hier, vous avez fait une
publication avec l'ensemble de votre équipe à faire des cartes de Noël sur les
heures de <bureau...
Mme Rizqy :
...de
Noël sur les heures de >bureau. Est-ce que ça, c'est une dépense
judicieuse pour vous?
La Présidente (Mme Maccarone) : Allez-y.
Mme Guilbault :Est-ce que vous trouvez que c'est sur le sujet? Mais là, je
vais... Mais je vais répondre, Mme la Présidente. Les cartes de...
La Présidente (Mme Maccarone) : Non.
Mais, vous avez raison, ce n'est pas sur le sujet.
Mme Guilbault :Mes cartes de Noël ne sont payées avec aucun fonds public.
Je ne sais pas celles des députés libéraux, mais les miennes, non.
Quant à mes heures ouvrables, je rassure
la députée de Saint-Laurent, là, elle peut venir me suivre pendant une semaine,
si elle s'inquiète du fait que je ne travaillerais pas assez. Je l'invite à me
suivre une semaine, par curiosité, elle va voir c'est quoi aussi, la
conciliation travail-famille. Ça n'existe pas juste au Parti libéral<i>.
Donc... Et, Mme la Présidente, sur les
fonds publics, le déficit, là, il a servi à payer des salaires plus élevés aux
profs puis aux infirmières. Et la députée de Saint-Laurent elle-même est allée
piqueter sur les lignes de piquetage, faire la grève avec les profs pour qu'on augmente
les salaires. Puis, une fois qu'on augmente les salaires, elle se plaint de la
conséquence du fait qu'on a augmenté les salaires. Alors, tu sais, là, là, je
ne sais pas c'est quoi, le...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Juste un instant.
Mme Guilbault :
Je ne sais pas c'est quoi, les limites que, peut-être, le Parti libéral s'est
données pour écouler le temps sur n'importe quel sujet connexe, là. Après ça,
peut-être le troisième lien va venir ou je ne sais trop quel autre sujet. Mais
Mme la Présidente, moi, ce que je dis, c'est qu'on a à peu près 11... 10, 11 députés
ici, tous payés avec les fonds publics, et incluant les consultations
particulières et les huit motions préliminaires qui nous ont fait attendre
jusqu'à tant que vous, Mme la Présidente, vous... vous disiez aux partis d'opposition :
C'est assez, il faut passer à autre chose, parce que ça faisait trop longtemps
qu'ils épuisaient le temps parlementaire à nous faire perdre justement notre
temps, à retarder l'étude détaillée. Au total, ça fait presque 70 heures
qu'on est ici avec 11 personnes payées dans une salle, toujours juste une
qui parle, et qu'on est à l'article 4 sur 120. Ça, c'est des faits, Mme la
Présidente. On est à l'article 4 sur 120 après 70 heures. Le dernier projet
de loi qui a suivi cette cadence-là, avec un taux d'adoption... d'articles
similaires, c'est le projet de loi n° 15 de mon collègue de la Santé, qui
a fini en bâillon. Parce que c'est ça qu'ils ont fait, ils ont... ils ont gardé
le ministre de la Santé en commission des centaines d'heures. Pendant ce
temps-là, il ne peut pas faire autre chose. Puis, après ça, tu sais, on dit :
Il faut que le ministre de Santé... Bien oui. Puis ils le de gardent enfermé
ici des centaines d'heures pour qu'après ça on fasse le bâillon. Et là ils font
un petit peu la même chose.
Donc, Mme la Présidente, je ne pense pas
qu'on a de leçons à recevoir quand on a enfin augmenté les salaires des profs.
Elle trouve ça drôle, mais elle était sur les lignes de piquetage. Puis là on
augmente les salaires, elle devrait dire : Bien, bravo, moi, j'ai pris la
peine d'aller faire la grève avec les profs. Et là on augmente les salaires,
puis elle dit : Bah! Vous n'auriez pas dû parce que, là, il y a un
déficit.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci.
Mme Guilbault :
Mais pourquoi on a été obligés de faire ça? À cause des coupes sauvages du Parti
libéral<i>.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Je comprends. Merci...
Mme Guilbault :Je l'invite à appeler Carlos Leitão puis à lui demander ce qu'il...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Merci beaucoup, Mme la ministre. Je souhaite qu'on revient sur le
projet de loi et l'amendement, s'il vous plaît. Je comprends, on est en train
de parler du budget. Moi, je souhaite vous entendre, Mme la députée, en ce qui
concerne le député de Taschereau, en tenant compte des plans d'urbanisme et de
mobilité des municipalités et des communautés métropolitaines lorsqu'elles
planifient ou réalisent des projets complexes de transport. La parole est à
vous.
Mme Rizqy : Mme la
Présidente, c'est important de rectifier les faits. J'ai parlé de son
personnel. Il n'y a personne ici qui remet en question qu'elle travaille fort.
Tout le monde sait qu'elle travaille fort. Elle nous en parle constamment qu'elle
travaille fort. Moi, je parlais de son personnel qu'elle avait mis pour ses
cartes de Noël.
Maintenant, moi, oui, effectivement, j'ai
été invitée à aller voir les enseignants sur les lignes de piquetage. J'ai reçu
une invitation. Je suis allée. Je ne suis pas certaine que vous, vous avez reçu
une invitation.
Maintenant, pour l'amendement, si j'ai
posé la question pour l'amendement, je n'ai toujours pas eu ma réponse. Je lui
ai donné un exemple concret, un cas pratique, le projet de l'est, et je lui ai
posé la question suivante : Le projet de l'est, est-ce que, oui ou non... trouvez-vous,
ça aurait été pertinent pour le projet de l'est d'avoir eu un plan d'urbanisme
qui aurait été étoffé en partenariat avec les communautés métropolitaines? C'est
une question claire.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Mais je ne comprends pas. C'est quoi, le rapport entre le
développement d'un futur projet dans l'est et est-ce qu'il devrait y avoir des
plans d'urbanisme étoffés en collaboration avec les municipalités? Ça n'a pas
rapport avec... avec Mobilité Infra Québec. Les plans... d'urbanisme sont
préexistants à Mobilité Infra Québec puis à tout nouveau projet, là. Ça ne suit
pas le sens de l'amendement, là. L'amendement dit que les projets devraient
tenir compte des plans d'urbanisme. Ça fait que quand on me dit : Est-ce
qu'elle est d'accord qu'il devrait y avoir des plans d'urbanisme étoffés en
collaborant avec les municipalités, ce n'est pas Mobilité Infra Québec va faire
des plans d'urbanisme avec les municipalités, là. Ça fait que... Puis, de toute
façon, tout ça est couvert dans la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : OK. Donc, si je
comprends bien, pour vous, c'est que c'est... il y a un sous-entendu que c'est
déjà tenu compte, les plans d'urbanisme, alors pourquoi qu'on ne l'écrit pas?
Mme Guilbault :J'ai dit d'innombrables fois que tout ça est prévu dans la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Je l'invite... Je peux lui laisser deux minutes,
qu'elle ouvre la loi, là, ici, là, tu sais. Donc... Bien, 0.1. L'article... Il
y a comme 0.1 avant l'article 1, là, de la LAU. C'est tout prévu, les <modalités...
Mme Guilbault :
...de la LAU. C'est tout prévu, les >modalités
de respect des schémas des RCI, des plans d'urbanisme, de tout ça. C'est des
choses... Mettons... Mettons que je n'aurais pas le projet de loi 61, là,
toutes ces choses-là existeraient : la LAU existerait, les villes ont des
plans, des schémas d'aménagement, les villes ont tout ça, là. Il y a des PPU,
des fois, comme on en fait un avec la ville de Québec pour la zone ouest du
tramway, il y a toutes sortes d'outils d'aménagement du territoire qui
existent, qui sont prévus dans la LAU.
Donc, quand elle me dit : Est-ce
qu'elle trouve ça normal qu'il y ait des plans d'urbanisme, je veux dire, ça
n'a pas de rapport avec Mobilité Infra Québec. Ce qu'on dit, c'est que Mobilité
Infra Québec, à l'évidence, va devoir travailler en collaboration avec les
municipalités en tenant compte de tout ça. Mais, si un jour...
Puis c'est là que je dis, là, j'ai tout
dit ça. Vous étiez là, Mme la Présidente, j'ai tout dit ça ce matin. Ça fait
que, peut-être, l'équipe de recherche ou quelqu'un pourrait faire l'effort de
regarder ce qui a été dit ce matin puis peut-être en tenir compte dans les
questions de l'après-midi aussi, là. J'ai dit...
Mme Rizqy : ...le verbe
intégrer. «Tenir compte», c'est une chose, «intégrer», c'est différemment. Ce
n'est pas le même verbe, là. «Tenir compte», OK, je vais consulter, «intégrer»,
c'est que vous avez une obligation de le faire. Là, ici, vous me citez une
autre loi. Ça permettrait justement d'avoir une concordance entre les deux
lois. Vous me suivez?
Mme Guilbault :Je vous suis très bien. Mais est-ce que vous, vous
comprenez que la LAU est comme un peu parapluie ou, tu sais, elle s'applique à
tout? Donc, articles 149 à 157, je l'invite, là, je lui laisse le temps
d'aller lire les articles 149 à 157, tout est prévu là-dedans. Et ce qu'on
disait...
Une voix : ...
Mme Guilbault :Bon. Regarde ici... (panne de son) ... l'article... c'est
ça, «partager les responsabilités en matière d'aménagement et d'urbanisme entre
le gouvernement, les communautés métropolitaines, les municipalités régionales
de comté et les municipalités locales, assurer la cohérence des décisions
prises par les différents acteurs, conférer aux documents de planification
territoriale un rôle prépondérant et fédérateur, offrir aux municipalités des
outils d'urbanisme», ta, ta, ta. Bon. En tout cas, il y a plein de choses... «favoriser
un aménagement réfléchi et durable du territoire». C'est toutes des choses qui
sont dans la LAU.
Donc, 2023, c'est ça, elle a été réformée
en 2023, cette loi-là, là. Donc, fort probablement qu'il y a un député libéral
qui a participé à cette commission-là, donc, puis ça a été adopté comme ça.
Alors, je pense que le député libéral en question devait trouver ça intelligent,
de réformer la loi de cette façon-là, en sachant, entre autres choses, que ça
allait s'appliquer dans, justement, tout ce qu'il peut y avoir comme projet ou
comme initiative de développement qui peut avoir un impact sur l'aménagement du
territoire. Donc...
Mme Rizqy : Vous allez à
l'article 0.1 de la loi que vous citez. Qui vise la loi?
Mme Guilbault :Qui vise la loi?
Mme Rizqy : La loi vise qui?
Mme Guilbault :Bien, la loi vise tous les...
Des voix : ...
Mme Guilbault :Bien non, mais... Elle s'applique, oui, au gouvernement,
mais je veux dire... Je ne suis pas sûre de comprendre la question. C'est une
loi sur l'aménagement du territoire, donc c'est le territoire, les entités, les
MRC, les... tu sais, dépendant comment tu le découpes, là, parce qu'il y a
diverses entités.
Mme Rizqy : OK. «Partager les
responsabilités entre l'aménagement et l'urbanisme entre le gouvernement, les
communautés métropolitaines, les municipalités régionales de comté et les
municipalités locales.»
Mme Guilbault :Exact.
Mme Rizqy : Là, vous, vous
créez une agence. Est-ce que vous avez un avis pour savoir si l'agence, que
vous n'arrêtez pas de dire qui est indépendante... est-elle dans le terme
«gouvernement»?
Mme Guilbault :L'agence relève ultimement du ministre des Transports.
Mme Rizqy : Ultimement.
Mme Guilbault :Et ça fait plusieurs fois, même juste cet après-midi, là,
en répondant à la députée de Saint-Laurent, que je dis que l'agence va être
assujettie à la LAU. Donc, quand elle me dit : Ça vise qui, bien, ça vise
le gouvernement, ça vise, entre autres, Mobilité Infra Québec. Je ne comprends
pas la question.
Mme Rizqy : Bien... Bien,
l'agence... Moi, je veux juste être certaine. Peut-être, est-ce que, si vous
avez le juriste qui est avec vous, il pourrait nous répondre est-ce que
l'agence, qui est dite justement indépendante du gouvernement... Légalement,
c'était le gouvernement, à l'article 0.1, paragraphe 1°, de la loi
que vous citez. Parce qu'une agence, c'est une entité légale différente.
Mme Guilbault :Bien oui.
Mme Rizqy : Bien, si c'est
une entité légale... si c'est...
Mme Guilbault :
Elle est assujettie à la LAU.
Mme Rizqy : Bien non. Les
parties visées ont été spécifiées dans l'article 0.1. Si vous me référez à
la loi puis vous me dites de suivre, parfait, pas de problème, on va aller à la
loi. Moi, je veux juste m'assurer, si c'est une entité légale que vous créez,
qui est nouvelle, votre objectif, c'est qu'elle soit apolitique, sortie du
gouvernement, cette agence-là, n'est-ce pas? Donc, les personnes visées, je
veux juste m'assurer... Si vous avez juste un juriste qui nous le confirme,
parfait. Une fois que vous nous confirmez ça avec un juriste, il n'y a pas de
problème, je vais avoir compris. C'est une question légitime.
• (16 h 20) •
Mme Guilbault :Bien oui, mais ça fait déjà plusieurs fois que je réponds
oui.
Mme Rizqy : Bien, vous
dites...
Mme Guilbault :Les juristes sont ici avec moi. Ils confirment aussi.
Mme Rizqy : Parfait. Mais
est-ce qu'ils peuvent prendre la parole? Est-ce que le juriste peut prendre la <parole?...
Mme Rizqy :
...Est-ce
que le juriste peut prendre la >parole?
Mme Guilbault :Mais, dans la mesure où je... Il ne faut pas prendre la
parole d'un élu ici ou... Ça fait six fois, là. Les gens sont témoins, là, ça
doit faire six ou sept fois que je réponds oui, qu'il est assujetti, tu sais,
alors...
Mme Rizqy : Bien, ce n'est
pas ça que la loi dit. Une «agence», par définition, est-ce que vous êtes
d'accord avec moi, c'est une entité légale séparée du gouvernement?
Mme Guilbault :Bien oui, mais séparée du gouvernement... Oui, c'est une
structure qui est différente d'un ministère ou d'un organisme, mais c'est dans
le gouvernement. C'est financé avec des fonds publics.
Mme Rizqy : ...que c'est
financé avec le... avec les fonds publics que c'est dans le gouvernement.
Légalement, est-ce que, oui ou non, c'est une entité légale séparée du
gouvernement?
Mme Guilbault :Mme la Présidente, là, ça fait plusieurs fois que je lui
confirme que l'agence va être assujettie à la Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme. Si elle ne veut pas nous croire, c'est son choix, mais là, moi, je
considère que j'ai... j'ai répondu à un nombre suffisamment élevé de fois à la
même question.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci.
Mme Rizqy : ...question, parce
qu'ici on... Ici, la loi dit à qui elle s'applique. On prend le temps de
spécifier gouvernement, les villes. Et moi, je pose une question juste légale,
là. Puis, une fois que je l'aurai compris, puis qu'un juriste nous confirme que
l'entité qui va être créée par cette loi, est-ce que c'est une entité légale
séparée du gouvernement, si c'est le cas, bien, à ce moment-là, oui, il va
falloir juste qu'on ajoute un petit amendement pour ajouter, soit dans la <i>Loi
sur l'aménagement ou dans la loi qu'on étudie présentement, le projet de loi, pour
venir spécifier que ça s'applique aussi à une entité légale autre que le
gouvernement. Parce que ce n'est pas parce que vous êtes 100 % financé par
le gouvernement que ça veut dire que vous êtes une entité légale du
gouvernement.
Je vais vous donner un exemple. Moi, dans
mon comté, j'ai l'école Vanguard, 100 % financée par le gouvernement, mais
c'est une... c'est une entité privée, c'est une école privée... avec des
enfants à besoins particuliers. Alors, c'est 100 %... 100 % financé
par le gouvernement, mais ce n'est pas le gouvernement. C'est pour ça que c'est
une petite question légale. Puis, une fois qu'on va l'avoir, la vraie réponse,
ça va nous permettre de savoir comment on veut bien modifier puis amender le
projet de loi. Ça, ce n'est pas une question piège, c'est une vraie question
légitime.
Mme Guilbault :J'ai déjà répondu. Elle est assujettie à LAU.
Mme Rizqy : En vertu de quel paragraphe,
quel alinéa précis?
Mme Guilbault :Bien, en vertu de... Le statut de MIQ est prévu à
l'article 2, premièrement, qui a déjà été adopté. Ça fait que, si c'était
possible de ne pas trop revenir, on a assez des 116 qui restent.
Puis deuxièmement...
(Consultation)
Mme Guilbault :Il faut qu'ils écoulent leurs 20 minutes.
Mme Rizqy : ...je peux passer
la parole à mon collègue. Moi, une fois qu'un juriste fait juste nous le
confirmer, ça va être clair pour moi. Je veux juste savoir si, oui ou non, on a
besoin d'amender pour avoir... ajouter une petite affaire pour s'assurer que ce
que vous dit est traduit dans le texte de loi. Si vous me dites que non,
effectivement, ça fait partie du gouvernement, qu'un juriste nous l'atteste,
pas le problème. Mais ce n'est pas pour écouler mon temps. Inquiétez-vous pas,
là, j'ai plein d'autres questions puis j'ai déjà d'autres amendements pour
d'autres projets. Mais, si vous voulez, je peux passer la parole à mon collègue
de... je pense, le collègue des Îles-de-la-Madeleine, ça va me faire plaisir, en
attendant que les juristes nous trouvent la réponse, parce que manifestement,
vous ne l'avez pas, l'article.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député, souhaitez-vous intervenir?
M. Arseneau : Oui, Mme la
Présidente. Il me reste combien de temps sur cet amendement?
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
disposez de 11 min 5 s.
M. Arseneau : 11 min 5 s.
Parfait.
Bien, je pense que la question est
pertinente. En fait, si je comprends bien, là, on rejetterait l'amendement qui
demande de tenir compte des plans d'urbanisme et de mobilité des municipalités
et des communautés métropolitaines parce que la Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme prévoit déjà qu'un organisme comme celui-là est assujetti à la loi.
Donc, je pense que la question est légitime : Selon quel article? Est-ce
qu'on peut avoir la référence? Puis, ensuite, on va passer à autre chose, là.
Tu sais, moi, je suis d'accord qu'on ne va pas nécessairement ajouter des
artifices légaux, là, à une provision qui est déjà prévue dans la loi. Mais
c'est un nouvel organisme, c'est une nouvelle agence, alors est-ce qu'on...
est-ce qu'on peut juste avoir la confirmation de ça? Puis, peu importe qui
le... qui l'amène, quelle est la référence qui nous permet de dire que c'est
réglé puis que l'amendement est caduc? Je pense, c'est ça, ma question.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Bien, comme je l'ai dit, le statut de MIQ est prévu à
l'article 2, mandataire de l'État. Et, à l'article 2 de la LAU, il
est écrit : «Un plan métropolitain, un schéma et un règlement de contrôle
intérimaire lié au processus de modification ou de révision d'un tel plan ou
schéma lient le gouvernement, ses ministres et les mandataires de l'État
lorsque <ceux-ci...
Mme Guilbault :
...et les mandataires de l'État lorsque >ceux-ci
projettent de faire une intervention à l'égard de laquelle s'appliquent les
articles 150 à 157 — dont j'ai parlé je pense 15 fois
depuis ce matin — dans la seule mesure prévue à ces articles.»
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député.
• (16 h 30) •
M. Arseneau : Bien, on... Ça
a été vite. On va faire la vérification.
Je voulais juste, puisque tout le monde
est allé un petit peu sur les questions du temps qu'on prenait, et tout ça, là...
moi, je maintiens que... en tout cas, on peut faire la vérification, là, mais
que ce n'est pas contraignant de tenir compte des plans d'urbanisme et de
mobilité des municipalités et des communautés métropolitaines. Mais je veux
juste recadrer nos interventions par rapport à la cadence des travaux, que la ministre
semble déplorer. On est dans le coeur du projet de loi, dans sa mission, et on...
je pense qu'on représente fidèlement les inquiétudes, ou les préoccupations, ou
les interventions qui ont été faites par tous les intervenants qu'on a
rencontrés, et que c'est notre responsabilité de s'assurer qu'on ait au moins
fait les propositions qui auraient pu permettre d'améliorer le projet de loi.
Puis de dire qu'on a répondu à toutes les
questions, moi, je ne suis pas certain. D'ailleurs, nos amendements sont
reconnus recevables. Encore ce matin, la présidence a statué que la proposition
qui était faite de considérer qu'on... la priorisation des projets, ce n'était
pas redondant. Ensuite, on a entendu la ministre dire que c'était redondant.
Moi, je regrette, mais il y a des procédures puis il y a des décisions qu'on
doit... qu'on doit reconnaître. Et ce n'est pas parce que la ministre a décidé
que son projet de loi, on n'y changerait rien, que nous, on ne va pas faire
notre travail pour essayer de la convaincre qu'on peut le bonifier, puis qu'on
peut l'améliorer, puis qu'on peut avoir l'heure juste sur l'intention de la
ministre avec son projet de loi actuellement.
Puis on a fait la comparaison, tout à
l'heure, là, avec le projet de loi n° 15 qui a été étudié pendant tout
l'automne dernier. J'y étais. Et, de faire la comparaison, c'est un peu
particulier. Le projet de loi comptait 1 180 articles. On a réussi à
en adopter 769 dans l'espace d'une session. Le gouvernement a voulu précipiter
les choses, et on a adopté le projet de loi sous bâillon avec 400 articles
qui n'avaient jamais été étudiés par les parlementaires. Alors, j'espère que,
quand elle évoque le bâillon, ce n'est pas son intention d'adopter un projet de
loi sans qu'on ait pu regarder... on n'ait pu l'étudier, l'analyser sous toutes
ses coutures.
Alors, je pense qu'à un moment donné,
lorsqu'on regarde, par exemple, je pense, un mémoire qui est assez rigoureux,
qui est complet, qui est signé par l'Ordre des urbanistes du Québec, qui compte
quand même, là, 25 pages et qui nous dit : Bon, voici comment le
projet de loi est perfectible, puis que la réponse de la ministre, c'est :
Non, mon projet de loi, il n'est pas perfectible, il est ceci et restera comme
tel, bien, moi, je pense qu'on ne peut pas, nous, accepter cette réponse-là et
se bâillonner, justement, lorsqu'il est question de voir comment il serait
possible d'introduire des dispositions qui nous permettent justement de
clarifier les... non seulement les intentions gouvernementales, mais également
s'assurer qu'on puisse éviter les écueils qui pourraient venir et que la
mouture initiale du projet de loi n'aurait pas pris en considération.
Puis la mission actuelle, là, le problème
fondamental, c'est qu'elle est tellement liée à des mandats gouvernementaux
qu'on est en train de refaire ou peut-être même de consolider encore davantage
l'emprise politique sur les choix budgétaires et les choix de projet de loi
sans nécessairement qu'on ait en amont une vision du transport structurant de
la mobilité. Et c'est exactement ce que déplore l'Ordre des urbanistes du
Québec, qui nous dit : «Retenez bien que l'un des grands problèmes en
matière de développement d'infrastructures en mobilité au Québec, c'est la
surpolitisation des projets d'infrastructure.» Donc, il faut absolument, là,
s'assurer que l'agence, elle a... elle ait un bras de distance...
16 h 30 (version révisée)
M. Arseneau : ...elle ait
un bras de distance avec l'exécutif et qu'elle soit à l'abri des ingérences.
Alors, moi, je pense que de ne pas considérer ce... cette question-là
fondamentale, moins de 10 ans après les travaux de la commission Charbonneau, c'est...
bien, je pense que ce n'est pas responsable. Alors, ce n'est pas moi qui le
dis, c'est... c'est <i>l'ordre des urbanistes et d'autres intervenants
également. Et c'était, d'ailleurs, l'esprit du projet de loi qui avait été
déposé en 2013 par mon collègue député de Jonquière, qui était ministre, à l'époque,
des Affaires municipales et du Transport et qui, justement, disait : Il
faut séparer la politique du béton et des projets d'infrastructures. Puis ce qu'on
veut simplement, c'est de se donner des garde-fous, se donner des balises. Et
là ce que je comprends, c'est que toutes les balises qu'on tente de proposer
sont rejetées parce qu'on n'en veut pas, on ne veut pas de balises, on veut
cette espèce d'ouverture complète aux interventions et aux mandats
gouvernementaux, sans définir la mission en propre de l'agence.
Et puis j'en profite d'ailleurs, parce que...
quelques secondes qui me restent, pour mentionner que, si, tout à l'heure, la
ministre a relevé le fait que je n'avais pas réutilisé le mot «inconditionnelle»,
moi, je relève que, quand je parle d'une mission autoportante, bien, elle ne
semble rien avoir à redire. C'est pour ça que j'utilise des termes sur lesquels
on va pouvoir s'entendre. Mais, si elle insiste pour que je revienne sur la
question de la mission inconditionnelle... C'est simplement parce qu'elle... la
mission ne doit pas être conditionnée par les mandats. Et ça, c'est très simple
à comprendre. Et, à l'heure actuelle, si on a une agence et qu'on ne lui donne
pas de mandat, l'agence n'a plus de mission. Il me semble, c'est simple à
comprendre. Donc, une agence sans mission, c'est une agence qui ne sert à rien.
Et ensuite on va donner des mandats et on ne sait pas sur quelle base on va
donner les mandats...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci.
M. Arseneau : ...quelle vision
on va avoir en amont. Et c'est ce qu'on essaie de déterminer puis de définir.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Oui. Je voulais
juste savoir si on avait eu une réponse depuis, de la part des juristes, juste
pour confirmer le tout.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre.
Mme Guilbault :J'ai répondu au micro. Je ne sais pas si... Je ne sais pas
si tout le monde écoute, là, quand je parle, là. J'ai dit que le statut de
mandataire de l'État était prévu à l'article 2 du projet de loi n° 61
et j'ai lu l'article 2 de la LAU, qui couvre les mandataires de l'État.
Mme Rizqy : Et moi, je
vous ai lu l'article 0.1, qui est Objet et interprétation, qui indique la
chose suivante, et je cite : «partager les responsabilités en matière
d'aménagement et d'urbanisme entre le gouvernement, les communautés
métropolitaines, les municipalités régionales de comté et les municipalités
locales». Et ma question était la suivante : Est-ce qu'on aurait besoin,
selon les juristes, d'avoir peut-être un léger amendement pour ajouter, après
«le gouvernement», «ainsi que ses mandataires», pour le partage des
responsabilités?
Puis, en temps normal, dans plusieurs
commissions où j'ai siégé, Mme la Présidente, les juristes avaient le droit de
répondre. C'est une question vraiment simple. Ce n'est même pas une question
piège. C'est juste pour s'assurer qu'on a bien couvert et que, même au niveau
du partage de responsabilités, qui est prévu à 0.1... Vous savez comment les
lois sont faites au Québec, Mme la Présidente, les titres et les sous-titres
sont importants. L'objet et interprétation, c'est la première chose qu'on
regarde lorsqu'il y a un litige, qui sont les personnes visées, quelle est la
portée et quels sont leurs rôles et responsabilités. On est en plein l'article 0.1.
Et là-dessus, pour le partage des
responsabilités, c'est vraiment marqué «gouvernement». Il n'y a pas par la
suite, virgule, «et mandataires de l'État». Moi, je veux savoir est-ce que les
juristes seraient d'avis que peut-être... qu'on devrait faire un petit
amendement pour ajouter justement les mandataires de l'État. Ou sinon, à ce
moment-là, par souci de concordance, l'amendement de mon collègue de Taschereau
serait pertinent. Comme ça, on est certains... on serait... C'est, en fait, une
expression consacrée en droit, on appelle ça être ceinture et bretelles, tout
simplement. Puis, moi, c'est juste... Ou est-ce que la ministre peut peut-être
prendre cette question-là en réserve puis de s'assurer... et de prendre l'engagement
de nous revenir avec une réponse des juristes là-dessus? Parce que ça reste une
question qui n'a pas été répondue pour le 0.1 de la <i>loi sur les
aménagements.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Bien, je comprends que la députée de Saint-Laurent
n'est peut-être pas habituée de faire des <commissions...
Mme Guilbault :
...je comprends que la députée de Saint-Laurent
n'est peut-être pas habituée de faire des >commissions avec moi, mais
mes équipes parlent abondamment quand c'est le temps de répondre à des
questions.
Maintenant, ça fait 10 fois que je lui
explique que c'est couvert. J'ai lu deux fois la référence à l'article 2
de MIQ. J'ai répété l'article 2 de la LAU. Les juristes sont ici avec moi.
Ici, la manière dont ça fonctionne, c'est les élus qui parlent, mais, au
besoin, il n'y a aucun problème à poser des questions aux équipes. Comme je le
dis, sur mes commissions, mes collègues parlent souvent. D'ailleurs, mon
collègue ici est bien connu sur mes commissions puis...
Là, je ne sais pas qu'est-ce qu'elle ne
comprend pas. Ça fait plusieurs fois que je lui réponds, donc on ne va pas le
prendre en délibéré, on n'a pas besoin de demander d'avis juridique à je ne
sais qui, tout ça a déjà été réfléchi, j'ai répondu au moins 10 fois. Les
juristes sont à côté de moi, ça fait que je pense que, depuis les 20 minutes
qu'on a passées là-dessus, si quelqu'un s'était trompé quelque part, on nous
l'aurait signalé. Alors là, moi, le sujet va être clos. La LAU s'applique à
MIQ, à Mobilité Infra Québec, et le sujet est clos.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la députée.
Mme Rizqy : Bien, c'est
difficile de prétendre qu'il est clos parce que, si, là, elle me réfère à
l'article 2, bien, l'article 2 ne porte pas sur l'objet puis
l'interprétation.
On va lire l'article 2, parce qu'elle
me demande de prendre le temps de le lire : «Un plan métropolitain, un
schéma et un règlement de contrôle intérimaire — donc "et un
règlement de contrôle intérimaire", c'est ça, l'objectif de l'article 2 — lié
au processus de modification ou de révision d'un tel plan ou d'un schéma liant
le gouvernement, ses ministres et les mandataires de l'État lorsque ceux-ci
projettent de faire une intervention à l'égard de laquelle s'appliquent l'article 150
à 157, dans la mesure prévue à ces articles.»
L'article 2 est un article spécifique
pour le contrôle intérimaire lié à un processus de modification ou de révision
d'un tel plan ou d'un schéma. L'article 4 est sur un projet de transport
complexe. Ça n'a pas la même visée, ça n'a pas la même portée. C'est pour ça
que c'est... c'est une question vraiment juridique que j'ai.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :J'ai répondu plusieurs fois.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la députée.
Mme Rizqy : Bon. Juste qu'il
sera noté qu'on ne m'a jamais répondu, Mme la Présidente, et je pense que mes
collègues aussi le remarquent. Maintenant, je comprends que c'est plus,
peut-être, important de faire des textos. Alors... Moi, Mme la Présidente, j'ai...
je suis là à temps plein, là, puis je suis... c'est vraiment la première fois
que je vois ça, là, que les juristes ne peuvent pas parler, mais je vais
limiter mes interventions à ce stade-ci, mais en espérant qu'éventuellement on
aura une réponse avec un article précis.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
quand même le choix de la ministre de céder la parole. Elle a dit non. Alors,
je vous invite de continuer.
Mme Rizqy : Ah! non, mais
j'ai terminé. Moi, j'aurais juste aimé entendre... comme c'est une pratique
courante dans nos us et coutumes, ça arrive très fréquemment que les ministres
sont très à l'aise à laisser les juristes parler. Et évidemment ça se fait en
très grand respect. On pose des questions qui sont légitimes, on a des
réponses, et, bien souvent, en fait, dès lors qu'on a la réponse des juristes,
ça nous permet de clarifier le propos et de finir une question. La semaine
passée, j'ai fait un projet de loi avec la présidente du Conseil du trésor en
30 minutes.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il autres interventions sur l'amendement de M. le député de Taschereau? S'il
n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Par
appel nominal, s'il vous plaît, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Contre.
La Secrétaire : M. Lamothe
(Ungava)?
M. Lamothe : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : Mme Rizqy
(Saint-Laurent)?
Mme Rizqy : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. Juste avant la suspension de nos travaux, plus
tôt cet après-midi, Mme la ministre, vous avez évoqué votre souhait de déposer
un amendement à l'article 4. Est-ce que nous poursuivons avec votre
amendement?
Mme Guilbault :Bien, à moins qu'il y ait d'autres sous-amendements sur le
même sujet. Peut-être que le Parti québécois veut en déposer un.
M. Arseneau : Pas pour
l'instant, non.
La Présidente (Mme Maccarone) : Est-ce
que... La ministre vous l'offre, est-ce qu'il y a des amendements à déposer à
l'article 4 tel qu'amendé? Sinon, nous pourrions poursuivre avec
l'amendement de la ministre.
Mme Rizqy : ...à transmettre,
alors je vais demander la suspension, le temps de vous le transmettre, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Nous allons suspendre... Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 40)
(Reprise à 16 h 45
)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous sommes de retour, et, si je comprends bien, M. le député des Îles-de-la-Madeleine,
vous avez l'intention de déposer un amendement.
M. Arseneau : Oui, Mme la
Présidente. En fait, la ministre avait généreusement tendu la main vers moi
pour que je dépose une motion que j'avais déjà transmise au secrétariat, mais
je pensais que ma collègue voulait déposer sa propre... son propre amendement.
Mais, finalement, elle aussi me permet, donc, d'aller de l'avant avec l'amendement
que je souhaitais déposer. Alors, allons-y, si vous le permettez.
L'objectif... En fait, je vais... je vais vous
le lire :
L'article 4 introduit par l'article 1
du projet de loi est modifié par l'ajout de «de renforcement du savoir-faire de
l'État,» après les mots «dans une perspective».
Si on descend un peu, l'article modifié se
lirait ainsi :
«Mobilité Infra Québec a pour mission
principale d'effectuer, dans une perspective de renforcement du savoir-faire de
l'État, de qualité et de mobilité durable, lorsque le gouvernement lui en
confie la responsabilité, l'analyse, l'opportunité... d'opportunité, la
planification ou la réalisation de projets complexes de transport.»
Encore une fois, dans l'objectif... si
vous permettez que j'explique brièvement, là, ce que je propose. Un peu de la
façon dont mon collègue de Nelligan a voulu s'assurer de la qualité des travaux
qui sont effectués par Mobilité Infra Québec, puis cette proposition-là a été
retenue par la partie gouvernementale, par la ministre, moi, il me semble
absolument essentiel de signifier la raison d'être du projet de loi et de
Mobilité Infra Québec et sa... la justification du projet de loi. On en a parlé
souvent à l'effet qu'on n'avait pas la capacité, au ministère des Transports et
de la Mobilité durable, de développer des projets complexes de transport.
Alors, puisqu'on ne parle pas de cet objet-là, de renforcer le savoir-faire de
l'État à cet égard, ça me semble être une lacune à corriger, et c'est le sens
de la proposition que je fais aujourd'hui.
Et je vous dirais que mon inspiration par
rapport à cette proposition d'amendement là vient du projet de loi que j'avais
déposé en 2021, le projet de loi n° 796, qui,
malheureusement, n'a jamais été appelé par le gouvernement, qui proposait de
créer une agence sur les infrastructures de transport et qui était inspiré d'un
premier projet de loi en 2013. On y a parfois fait référence depuis le début
des travaux dans cette commission. Et ce travail-là avait été fait, vous le
comprendrez, avec des légistes de l'État du Québec, et l'objectif de l'agence à
cette époque-là, et je pense qu'il demeure aujourd'hui plus présent que jamais,
était inscrit de la même façon : «Afin de renforcer le savoir-faire de l'État,
l'Agence privilégie...», blablabla. Et cet élément-là n'a pas été réintroduit
ou n'a pas été inscrit dans le projet de loi qui est devant nous, et il me
semble que ce... cette modification-là, cet amendement-là nous permet
minimalement de comprendre quelle est la faille, quelle est la lacune qu'on
observe aujourd'hui et que l'on veut tenter de régler. C'est la raison d'être
du projet de loi, me semble-t-il, de renforcer le savoir-faire de l'État en
matière de projets complexes de transport. Et c'est la proposition, humblement,
que je dépose à la commission.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Bien, je suis d'accord avec l'amendement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
M. le député.
M. Arseneau : Que dire de
plus que nous allons dans la bonne direction, Mme la Présidente? Et j'espérais
que l'on puisse s'entendre sur cet élément-là. Alors, si mes collègues des deux
partis d'opposition sont également d'accord, moi, je ne passerai pas de temps à
argumenter davantage parce que je pense qu'on est... on est d'accord avec ça.
Mais j'aimerais quand même entendre mes deux collègues, à savoir s'ils
acceptent aussi, pour être certain qu'on puisse l'adopter à l'unanimité.
• (16 h 50) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions?
Mme Rizqy : C'est très
pertinent et c'est cohérent avec les propos de la vice-première ministre du
Québec quant aux compétences, notamment en matière de transport collectif, au
sein de l'État.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
Mme la députée. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Tout à
fait d'accord avec cette proposition <d'amendement...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...le député de Taschereau.
M. Grandmont :
Tout
à fait d'accord avec cette proposition >d'amendement.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions? Je vois qu'il n'y a pas d'autre
intervention, alors nous allons passer à la mise aux voix. Vote par appel
nominal, s'il vous plaît, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire
: Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :
Pour.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Pour.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Pour.
La Secrétaire
:
M. Ungava... M. Lamothe (Ungava)? Pardon.
M. Lamothe : Pour.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour.
La Secrétaire
: Mme Rizqy
(Saint-Laurent)?
Mme Rizqy : Pour.
La Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) :
Abstention. Alors, l'amendement est accepté... adopté, excusez-moi. Mme la
députée de Saint-Laurent, est-ce que nous avons votre amendement?
Mme Rizqy : Il va
falloir qu'on le modifie puisque l'amendement a été accepté. Donc, il y a une
petite modification qu'on vous transmet immédiatement, tel que nous l'avons
faite.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Parfait. Nous allons suspendre pour quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 51)
17 h (version révisée)
(Reprise à 17 h 04)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous sommes de retour, et, Mme la députée de Saint-Laurent, pour la lecture de
votre amendement.
Mme Rizqy : Oui. Est-ce
possible peut-être de le réduire à l'écran pour qu'on puisse le lire?
La Présidente (Mme Maccarone) : De
le réduire un peu pour qu'elle puisse lire... de l'écran parce que c'est trop
grand, ça sort de l'écran.
Mme Rizqy : L'article 4...
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
merci. Allez-y.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Donc, article 1 : L'article 4, tel qu'amendé,
introduit par l'article 1 du projet de loi est modifié par l'ajout, dans
le premier alinéa, après les mots «du savoir-faire de l'État,», des mots «d'accessibilité
universelle, ».
L'article modifié se lirait ainsi : «Mobilité
Infra Québec a pour mission principale d'effectuer, dans une perspective de
renforcement du savoir-faire de l'État, d'accessibilité universelle, de qualité
et de mobilité durable, lorsque le gouvernement lui en confie la
responsabilité, l'analyse d'opportunité, la planification ou la réalisation de
projets complexes de transport.»
Avec le consentement, je m'arrêterais ici
pour la lecture. Ça va, tout le monde, vu que c'est seulement le premier alinéa
qui est modifié? Donc, consentement?
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
y a consentement? Consentement.
Mme Rizqy : Parfait. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Donc, il y a eu un mémoire qui a été déposé par la
Table de concertation sur l'accessibilité universelle des transports collectifs
de l'île de Montréal, et on peut lire dans ce mémoire qu'il serait intéressant
de faire une modification pour s'assurer que, dans le plan et dans le <projet
de loi...
Mme Rizqy :
...intéressant
de faire une modification pour s'assurer que, dans le plan et dans le >projet
de loi... de vraiment s'assurer que tout le monde puisse avoir accès, incluant
ceux qui ont des mobilités réduites. Il faut savoir que ce n'est pas seulement les
personnes qui, par exemple, sont en fauteuil roulant. Ça peut être aussi, par
exemple, des aînés, des personnes non voyantes, mais également des femmes
enceintes que leur mobilité est plus restreinte ou qui sont avec une poussette,
tout simplement. Donc, je pense, c'est un article qui... une modification qui
tombe sous... sous le sens.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Bien oui, tout à fait. Est-ce que c'est l'endroit pour le
mettre? Je suis en train d'y penser. On a déjà eu des... J'ai déjà eu des
échanges informels avec... ou diverses conversations avec des gens intéressés
par la question du projet de loi n° 61 et du transport
collectif, et il est peut-être envisagé de faire des modifications ailleurs
dans le projet de loi, qui vont dans le sens de... pardon, l'accessibilité
universelle, donc, mais on partage le souci... mais on partage ce souci-là,
évidemment, puis, tu sais, ça va de soi, un peu... puis dans... tu sais, un peu
comme, comment je pourrais dire, les projets qui sont faits en ce moment, le
REM. Le dernier projet d'envergure, on le dit souvent, qui est fait, c'est le
REM. Alors, l'accessibilité est un... est un souci du projet, là, tu peux
rentrer directement dans le REM. Alors, pour moi, c'est une des choses qui vont
de soi, mais, malgré tout, on envisageait de l'inclure plus tard dans le projet
de loi.
Mme Rizqy : À quel
endroit?
Mme Guilbault :Bien, c'est qu'on est en train de finaliser des discussions,
mais j'y reviendrai le moment venu.
Mme Rizqy : Bien, moi,
je pense, ce serait peut-être pertinent à l'article 4 parce que c'est la
mission de Mobilité Infra Québec dont il est question dans cet article, et ici
il faut le lire dans son ensemble, dans une perspective, donc, dans une... une
perspective, pardon, d'accessibilité universelle, puis, comme vous l'avez dit
si bien, de toute façon, c'est quelque chose que vous avez déjà envisagé.
Je vais aussi déposer, Mme la Présidente...
l'INSPQ, c'est une recherche qui a été faite par Ariane St-Louis, conseillère
scientifique, qui a été faite et commanditée, évidemment, par le gouvernement
du Québec en 2021, qui porte sur l'accessibilité universelle, et là-dedans,
c'est clair que c'est important puisque c'est une condition que je vais citer :
«L'accessibilité est une condition déterminante de la participation à la vie
économique, sociale et communautaire et, de ce fait, de la santé et du
bien-être de tous.» Je crois, sincèrement, ce serait l'endroit pertinent, au
niveau de la mission... que, dans une perspective d'accessibilité universelle,
évidemment, Mobilité Infra, ce sera aussi dans sa mission de s'assurer de faire
ça. Je ne pense pas qu'on peut être... en fait, on ne peut pas être contre la
vertu.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Juste pour valider, Mme la députée, vous pourriez l'envoyer à l'adresse de
la secrétaire de la commission, et c'est pour être distribué ou déposé?
Mme Rizqy : Déposé.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Parfait. Merci.
Mme Rizqy : On peut le
mettre... De toute façon, c'est déjà public.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Super. Parfait. Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Non, bien, c'est ça, comme j'ai dit, on réfléchit à la
possibilité d'inclure la notion d'accessibilité universelle dans le projet de
loi, mais on est en train de... parce que ça nous a été soulevé, par ailleurs,
là. Tu sais, là, la députée dépose cet amendement-là aujourd'hui. Par hasard ou
non, ça fait suite au fait que ça nous a été soulevé aussi dernièrement par
d'autres tiers avec qui on a des échanges. Donc, alors, c'est ça, on est en
train de mûrir la réflexion à savoir quel est le meilleur endroit pour insérer
cette notion-là, mais en partage le souci, je le réitère.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Mme la députée ou...
Mme Rizqy : Non, non,
allez-y.
La Présidente (Mme Maccarone) :
M. le député de Taschereau.
• (17 h 10) •
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup. Bien, c'est un argument... c'est un amendement que je trouve
intéressant. Évidemment, la notion d'accessibilité universelle est à placer le
plus haut possible dans la... soit dans la mission, dans la chaîne de
commandement, mais, en tout cas, ça doit être placé comme une priorité. Souvent,
c'est perçu un peu comme la cinquième roue du carrosse, là. Malheureusement,
tout le monde est pour la vertu, tout le monde est pour la tarte aux pommes,
puis, à la fin, bien, l'accessibilité universelle est souvent traitée comme... bien,
en fait, pas traitée, tout simplement. Ça arrive malheureusement trop souvent,
puis il y a plein d'exemples qui... qui permettent de le démontrer, de
l'expliciter, de l'exemplarifier, en tout cas, peu importe.
je prendrais, par exemple, là, les...
toutes les municipalités qui sont municipalités <amies des aînés...
M. Grandmont :
...je
prendrais, par exemple, là, les... toutes les municipalités qui sont
municipalités >amies des aînés, qui veulent mettre en place des... par
exemple, utiliser le transport collectif pour faire se déplacer les gens à
mobilité réduite. Ça peut être à la fois des personnes à mobilité réduite de
tous âges, mais aussi des personnes aînées. Puis on se retrouve, à la fin de
l'année, avec un beau plan d'action, mais qui n'est jamais mis en action,
justement, sur les articles qui traitent d'utiliser le transport collectif pour...
l'utiliser.
On a des politiques gouvernementales qui
existent actuellement au Québec. Je ne les ai pas sous les... sous les yeux,
mais, notamment, je pourrais quand même rappeler la Politique de mobilité
durable — 2030, qui met l'emphase sur la notion d'accessibilité universelle.
C'est quand même écrit à l'intérieur de ce document-là. Puis, bien, récemment,
le gouvernement a décidé de ne pas renouveler ou de ne pas débloquer les fonds
des plans d'accessibilité, notamment, pour mettre à niveau, pour rendre
accessible une série de stations de métro qui auraient besoin, par ailleurs,
d'être... d'être modernisées, mais rendues accessibles.
Et c'est drôle, parce que je parlais avec
les sociétés de transport récemment, puis ils me disaient : Bien, tu sais,
non seulement il y a ça, mais il y a ce qui vient autour, parce que, quand on
améliore une station de métro, on ne peut pas... C'est du vieux matériel. Il y
a certaines stations de métro... puis c'est souvent les plus vieilles aussi qui
ne sont pas accessibles, et, même si on avait l'argent, là, pour être capables
de mettre un ascenseur en plein milieu d'une station de métro qui est quand
même vieille, bien, ça nécessiterait des travaux autour... que d'autres
enveloppes, par ailleurs, nous ne sont pas données, parce que je pense à Réno-Stations
ou <i>Réno-Infra, ne sont pas renouvelées non plus.
Donc, on épuiserait le budget du plan
d'accessibilité, là, en une seule station, alors que les besoins sont beaucoup
plus larges que ça, puis, tu sais, s'il y a bien un moyen de transport qui
mériterait d'être rendu accessible aux Montréalais et aux Montréalaises, c'est
vraiment le métro, parce que les bus, ça va toujours prendre beaucoup de temps,
ça va toujours être compliqué à rendre accessible. Les tramways,
malheureusement, on n'en a pas encore qui circulent dans les rues de Montréal,
parce que... Je parle des tramways parce qu'ils sont, de facto, entièrement
accessibles et universels... universellement, mais le métro, ça nécessite des investissements
puis c'est probablement le mode de transport qui serait le plus pertinent à
utiliser dans ce contexte-là, si on pouvait le rendre accessible, mais encore
faut-il avoir les moyens de le faire.
Bref, moi, je pense que c'est un... Puis
évidemment je ne peux pas passer sous silence, là, l'ensemble des bénéfices
pour les usagers. Souvent, quand on pense à l'accessibilité universelle, on
pense aux personnes à mobilité réduite qui ont une incapacité physique de se
déplacer, les gens en fauteuil roulant, par exemple, les gens qui,
temporairement, vont être à mobilité réduite aussi. Donc, des gens qui sont
en... qui ont des béquilles, qui se déplacent, c'est plus difficile. Dans ce
temps-là, généralement, on va prendre les ascenseurs. On va prendre des moyens
pour se déplacer qui vont être facilitants. Mais aussi les personnes âgées, que
j'ai nommées tantôt, qui vont perdre cognitivement ou physiquement leur
capacité à se déplacer...
Et donc l'universalité de l'accessibilité
dans les transports collectifs demeure très importante. On peut très bien
imaginer qu'une personne âgée va aussi avoir... avec le temps, peut-être, avoir
tendance à vouloir utiliser le transport collectif plutôt que leur automobile. À
partir d'un certain âge ou à partir d'une certaine perte cognitive, bien, l'automobile
devienne officiellement... devient officiellement non utilisable. Il y a
beaucoup de gens qui perdent... qui perdent leur mobilité suite à un accident
de la route, par exemple. Il y a des gens qui, suite à un accident de la route,
vont avoir à utiliser le transport collectif. Puis ce n'est pas vrai que le
transport adapté peut répondre à tous les besoins, d'autant plus que ça coûte
quand... quand même relativement cher, là, par déplacement, le transport
collectif adapté.
Donc, ça pourrait permettre de répondre à
des... aux besoins de bien des gens, Mme la Présidente. Les familles avec des
poussettes, bon, moi, ça fait longtemps que je suis passé par là, mais, qui
sait, peut-être serais-je grand-père dans un avenir que j'espère le peu plus
lointain possible, mais, quand même, ça pourrait arriver que je me repromène
avec des poussettes, mais, c'est ça, en fait, je veux dire, c'est quand on vit
ça qu'on se rend compte aussi des enjeux de l'accessibilité universelle.
Bref, tout ça pour dire que les bénéfices
sont beaucoup plus larges que ce à quoi on pense, généralement, instinctivement,
et c'est une large portion de la population qui pourrait en bénéficier. Encore
une fois, les personnes âgées, les personnes accidentées de la route, par
exemple, accidentées du travail, qui ne peuvent plus conduire de voiture, mais
qui peuvent utiliser le transport en commun, y gagnent parce qu'elles sont plus
actives, peuvent sortir de chez elles, avoir une participation sociale...
peuvent permettre d'être même aussi... avoir une participation active dans la
société aussi, peuvent continuer à travailler. Si on ne donne pas aux gens
cette possibilité-là d'avoir des moyens de transport qui sont entièrement
accessibles universellement, c'est des gens qui, un, vont être plus isolés,
donc ne participeront pas <socialement et activement au travail
québécois...
M. Grandmont :
...c'est
des gens qui, un, vont être plus isolés, donc ne participeront pas >socialement
et activement au travail québécois, si vous voulez, mais en plus c'est des gens
qui vont... vont s'isoler et, potentiellement, vont nous coûter plus cher en
soins de santé.
Ça fait que, oui, on regarde ça, des fois,
là, du point de vue, simplement, là, stricto sensu, là, de vraiment, là, des
colonnes comptables en se disant : Oui, OK, ça coûte 320 millions de
dollars pour mettre à niveau ou rendre accessibles des stations de métro, mais,
dans les faits, on oublie de vérifier les bénéfices qu'il y a autour puis les
coûts que ça permettrait d'éviter aussi.
Donc, moi, je pense que c'est un... c'est
un amendement qui est pertinent dans la mesure où il nous amène assez rapidement
dans l'idée qu'on se fait d'une société d'État qui va travailler au
développement des transports collectifs complexes, mais aussi des transports
routiers complexes, tout de suite, sur une perspective de rendre le plus
possible notre société, puis, a priori, là, le monde des transports, là, le
merveilleux monde des transports, plus accessible, et donc d'offrir, et je
pense que, là, ça vient rejoindre les missions fondamentales de l'État, là...
d'offrir au plus grand nombre des moyens de transport qui seront adaptés à tout
un chacun.
Donc, moi, je pense que c'est un
amendement qu'on devrait accepter et, si, évidemment, là, on n'y va pas, bien,
je pense qu'on essaiera de voir comment on peut le réintégrer ailleurs dans le
projet de loi, parce que c'est un enjeu quand même très, très important. Puis
je terminerais en disant que c'est une... c'est un amendement qui nous
permettrait... Entre autres, aussi, comme je le disais tantôt, c'est souvent
négligé. Donc, ça nous permettrait peut-être d'éviter des erreurs du passé.
Je prendrais un exemple dans... qui vient
du milieu de l'habitation. On m'avait expliqué à un moment donné que de prévoir
l'adaptabilité d'un logement coûte moins cher que d'adapter un logement.
C'est-à-dire que, par exemple, un exemple très concret, quand je... quand je
fais une bâtisse puis que je veux la prévoir adaptable pour sauver des coûts
plus tard, bien, je prévois déjà de mettre des contreplaqués, des «studs», là,
du bois derrière les endroits... à côté de la toilette, à côté du bain, pour
qu'un jour je sois capable de mettre des barres pour que la personne puisse se
lever, s'aider. Quand on sait qu'il y a déjà ça derrière les murs, bien, on a
juste à visser nos barres, puis la maison ou, en tout cas, la pièce est déjà
comme immédiatement adaptée. Si ça n'a pas été prévu d'avance, bien là on est
obligés d'ouvrir le mur. C'est plus long. Il faut poser les «studs» en arrière,
mettre les contreplaqués, puis après ça refermer ça, puis après ça tirer les
joints, faire la peinture, l'apprêt, après ça, la peinture, la couche finale,
la couleur, puis après ça installer les barres. Ça a coûté plus cher, Mme la
Présidente, d'y avoir pensé au début permet des économies sur le long terme.
Puis c'est exactement ça avec le métro. Ce
que je disais tantôt, avec le métro... Puis on peut... on peut s'excuser, là,
je veux dire, dans les années 60, 70, on pensait peut-être moins à la notion
d'accessibilité universelle, si on y avait pensé. On avait déjà prévu au
minimum... sans mettre les ascenseurs, au moins prévoir les cages où ils
allaient être disposés. On aurait pu penser évidemment à les mettre directement...
Ce qu'il faut éviter, c'est les erreurs
qui répéteraient ce qu'on... en fait, ce qu'il faut éviter, c'est de répéter
ces erreurs-là, c'est-à-dire qu'aujourd'hui il faut déjà... c'est un peu le
sens de l'amendement, de ce que je comprends, il faut déjà penser immédiatement
à l'accessibilité universelle. Ça nous permet de sauver des coûts. Ça nous
permet juste de sauver des coûts. Puis, évidemment, bien, en faisant ça, bien,
on vient confirmer, comment je dirais ça, le réflexe, déjà, d'une part, mais
aussi le développement du savoir-faire chez Mobilité Infra Québec. Si, au
Québec, on se dote d'une agence qui aura pour mission de travailler sur des
projets de transport complexes, aussi bien penser tout de suite à avoir
développé cette expertise-là dès le début, à l'article 4, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions? Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
• (17 h 20) •
M. Arseneau : Très
intéressant, cet amendement-là, parce qu'il vient compléter un certain nombre
d'éléments que... qu'on a déjà mis de l'avant, là, parce qu'effectivement si
Mobilité Infra Québec a pour mission d'améliorer la... en fait, de renforcer le
savoir-faire de l'État en matière de mobilité durable, il faut que ce soit la
mobilité durable de toutes les personnes. Évidemment, il faut que ces
projets-là... on l'a dit, il faut que ce soient des projets de qualité, mais
une des qualités de ces projets-là, c'est qu'ils puissent être les plus ouverts
à toutes les personnes qui... qui en ont besoin et, au premier chef, les
personnes, justement, qui ont des limitations fonctionnelles ou qui ont des
enjeux en ce qui concerne la mobilité et qui <dépendent bien souvent
des...
M. Arseneau :
...limitations
fonctionnelles ou qui ont des enjeux en ce qui concerne la mobilité et qui >dépendent
bien souvent des transports collectifs, notamment, là.
Moi, je pense surtout à des ouvrages en
matière de transport collectif, puis effectivement il y a... il y a quelque
chose d'intéressant là-dedans, parce que je pense que ça ne peut pas être
inclus dans l'idée que les projets sont des projets de qualité. Bien sûr qu'on
veut la qualité, mais là on va plus loin en disant : Il faut que ces
projets-là, ils soient accessibles universellement et qu'ils soient dans...
dans l'optique des projets de mobilité durable. Ça me semble... et ce n'est pas
comme si on pouvait ajouter, là, toutes sortes de catégories. Ce n'est pas une
catégorie, disons, banale ou insignifiante. Je pense que c'est au cœur de ce qu'on
veut comme société québécoise égalitaire, c'est de favoriser la participation
pleine et entière de l'ensemble des citoyennes et des citoyens, et cette
catégorie de gens...
On a parlé de... J'ai parlé tout à l'heure
de gens qui pouvaient avoir des problèmes en ce qui concerne la mobilité, donc,
des enjeux de mobilité qui peuvent être permanents, mais on a raison de dire
également que, sur une base temporaire, il y a des gens qui subissent toutes
sortes de blessures, d'accidents, et il faut l'avoir vécu à un moment donné
pour se rendre compte à quel point ce n'est pas adapté, là. Si on doit être...
être dépendant d'un fauteuil roulant ou de béquilles pendant une période de
temps, on voit très rapidement que la société n'a pas pensé à nous.
C'est la même chose pour, effectivement,
les personnes aînées du Québec et c'est un élément clé. On a fait des
représentations, il n'y a pas si longtemps, sur la participation des personnes
aînées, qui ont encore beaucoup à nous... à nous apporter, et on a parlé
évidemment de la question financière, qui les heurte souvent, là, quand on est
à l'âge de la retraite, puis on n'a pas nécessairement les rentes qui
facilitent, je dirais, le bien-être des personnes aînées, les enjeux liés au
logement, bien entendu, mais les enjeux liés à la mobilité reviennent toujours
avec force, notamment parce que nos ouvrages, nos infrastructures n'ont pas été
planifiés pour permettre la mobilité des personnes de toutes... de toutes les
catégories, de toutes les provenances et qui peuvent avoir des limitations
fonctionnelles, comme je le mentionnais tout à l'heure.
Et puis, comme le député de Taschereau,
moi, j'ai passé l'âge où je promenais mes enfants en poussette, mais je suis
maintenant rendu à l'âge où je peux promener mes petits-enfants en poussette.
Alors, je pense qu'on est assez nombreux dans cette situation-là, mais ce n'est
vraiment pas une question personnelle, cet... cet argument-là que je veux... je
veux développer, mais véritablement un argument de... je dirais, d'équité puis
d'accès, de donner, en fait, les mêmes opportunités à tous.
Encore une fois, là, je pense que la
participation sociale, la participation citoyenne, la participation
professionnelle, aussi, au travail, dans une période où on a des pénuries de
main-d'œuvre, notamment, là, à peu près dans tous les domaines... je pense qu'il
faut se donner toutes les possibilités de faire en sorte que les gens puissent
se déployer, réaliser leur plein potentiel, et ça passe notamment par une
mobilité qui est justement ouverte et qui... et par l'accès... en tout cas, la
conception universelle et l'accessibilité universelle des différents modes de
transport.
Et ça me permet aussi de mentionner que
peut-être qu'on pourrait argumenter encore davantage avec des exemples à l'appui
si la motion préliminaire qu'on avait déposée et qu'on a longuement débattue, à
l'effet d'inviter l'Office des personnes handicapées<i> à venir s'entretenir
avec nous des enjeux de mobilité et de transport... Je pense qu'on serait
encore plus habiles et plus instruits en ce qui concerne les gestes qu'on doit
poser à cet égard.
Donc, pour toutes ces raisons, Mme la
Présidente, je pense que cette bonification-là à l'article 4 va dans le sens...
en fait, nous permet, à mon point de vue, là, de compléter cette première
partie qui concerne, là, tu sais, la perspective... c'est-à-dire, une
perspective... dans quelle perspective on crée Mobilité Infra Québec. Moi, je
suis très heureux de voir qu'on a adopté
de façon unanime, là, la perspective de <renforcer
le savoir-faire de l'État...
M. Arseneau :
...heureux
de voir qu'on a adopté de façon unanime, là, la perspective de >renforcer
le savoir-faire de l'État. Ça me semble évident. Que l'on dise que les ouvrages
sont de qualité, je pense qu'il faut le réitérer. On peut penser que ça va de
soi, mais il faut que, ces projets-là, on insiste sur leur qualité et sur leur
durabilité, comme quoi on a justement un souci à cet égard-là, de pérennité
également, là.
Donc, ces investissements-là sont majeurs
dans les projets complexes, mais il faut qu'ils puissent durer le plus
longtemps possible, et la qualité doit être absolument impeccable.Que
l'on parle de transport puis d'infrastructures en matière de transport puis de
transport collectif dans une perspective de mobilité durable en lien avec
l'environnement, ça me semble important, mais l'environnement dont on parle,
c'est aussi les gens qu'on dessert, et, au premier chef, en sus de se
préoccuper, je pense, de nos écosystèmes, je pense que le plus important, c'est
de se préoccuper de ceux qui sont dépendants du transport collectif, donc les
gens qui ont des enjeux de mobilité.
Donc, pour toutes ces raisons, Mme la
Présidente, l'accessibilité universelle, même si on peut le... je dirais, s'y
engager par de multiples politiques, le faire ici, une fois de plus, dans le
cadre de la mission de Mobilité Infra Québec, me semble une bonification
intéressante.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien, je disais qu'on est en train de mûrir la
réflexion puis, peut-être, on l'envisageait à d'autres endroits, mais,
finalement, en consultation avec les équipes, on pourrait effectivement le
placer là. Alors, bien, moi, je le lisais puis je trouvais que... je ne sais
pas pourquoi, je trouvais que c'était plus beau ou, en tout cas, c'était mieux
de dire : «A pour mission principale d'effectuer, dans une perspective de
renforcement de savoir-faire de l'État, de qualité, d'accessibilité universelle
et de mobilité durable». J'aurais juste inversé «accessibilité universelle» et «qualité»,
«qualité», d'ailleurs, qui est un amendement du député de Nelligan, mais, tu
sais, je ne ferai pas un combat là-dessus puis je ne veux pas faire un nouveau
20 minutes en faisant un nouveau sous-amendement, là. Ça fait que j'offre
les deux options à mes collègues.
Mme Rizqy : Si vous me
permettez, rapidement, parce que c'était exactement comme ça qu'on l'avait
écrit, mais on ne pouvait pas l'amender hors la table. Donc, si, avec votre
consentement, on peut faire... c'était exactement, mot pour mot, ce que nous,
on avait envoyé, mais on nous avait dit qu'il n'était pas recevable, mais, avec
votre consentement, nous, on prendrait exactement... Vous avez dû lire dans mon
esprit, Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault :Ça fait qu'on inverse «accessibilité universelle» et «qualité»?
Mme Rizqy : Ça va
prendre notre consentement, parce que la table nous avait dit qu'on ne pouvait
pas le faire parce qu'il avait déjà été amendé. Donc, s'il y a un consentement,
moi, je suis d'accord avec la vice-première ministre. Ça se lirait de façon
beaucoup plus fluide.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Parfait. Alors, est-ce qu'il y a consentement?
Mme Guilbault :Oui.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Parfait. Merci. Alors, pour l'amendement de la députée de Saint-Laurent,
est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme Rizqy : Bien là, ce
serait juste au niveau de l'opération, là, comment qu'on... est-ce que c'est...
Moi, je ne veux pas faire 20 minutes. Est-ce qu'il y aurait consentement
pour tout simplement prendre le premier qu'on avait envoyé? Comme ça, on peut
l'adopter tel qui a été lu par la vice-première ministre.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre.
Mme Guilbault :C'est qu'il faut, je pense, peut-être retirer lui. Moi, je
n'ai pas vu l'autre. C'est sûr qu'on va le regarder, s'assurer, mais, tu
sais...
Mme Rizqy : C'est
exactement... Là, c'est juste...
Mme Guilbault :C'est ça, exactement, ça doit être conforme.
Mme Rizqy : C'est
exactement juste une permutation, tout simplement.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Ils vont envoyer une version corrigée, mais vous avez tous consenti pour
faire la modification ici. Ça fait qu'il n'y a pas de trouble, mais on attend
juste la modification de l'opposition officielle puis on pourra poursuivre.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Eh oui, effectivement, je me fais dire que nous devons retirer l'amendement
et poursuive avec l'autre, mais je pense qu'on n'a pas besoin d'attendre
pour... pour le dépôt étant donné qu'il nous reste une minute. Ça fait qu'est-ce
qu'il y a consentement pour retirer?
Mme Rizqy : Consentement.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Et nous avons déjà en main la révision.
Mme Rizqy : Le nouveau amendement.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement de la députée de
Saint-Laurent?
Mme Rizqy : Non, mais
j'imagine que la vice-première ministre pourrait quand même le lire pour être
certaine, là... c'est ce qu'elle avait indiqué, mais c'est vraiment juste une
permutation. Sinon, moi, je serais prête à aller au vote.
Mme Guilbault :Bien, si on peut nous l'afficher dans la minute qui nous reste,
je veux juste le voir, puis après on pourrait l'adopter avant la fin de la
séance...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Oui, on est justement en train de le faire.
Mme Guilbault :...mais c'est correct, moi... on peut dépasser de quelques
secondes 17 h 30. Moi, je ne veux pas stresser les équipes
inutilement.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Ça va prendre un consentement.
Mme Rizqy : Consentement.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Parfait. Merci.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
OK. Nous allons suspendre juste 30 secondes. Ce ne sera pas long.
Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 30)
17 h 30 (version révisée)
(Reprise à 17 h 37)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Nous sommes de retour, et juste pour votre gouverne, le document de la
députée de Saint-Laurent est maintenant accessible sur le site de l'Assemblée
nationale ainsi que sur le Greffier.
Mme la députée de Saint-Laurent, pour la
lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
Mme Rizqy : Merci, Mme
la Présidente. Donc : L'article 1 tel qu'amendé, introduit l'article 1
du projet de loi est modifié par l'ajout,
dans le premier alinéa, après les mots «de
qualité» des mots «, d'accessibilité universelle».
L'article modifié se lirait ainsi... Avec
le consentement, je vais simplement lire l'article 4, alinéa 1 :
«Mobilité Infra Québec a pour mission
principale d'effectuer, dans une perspective de renforcement du savoir-faire de
l'État, de qualité, d'accessibilité universelle et de mobilité durable, lorsque
le gouvernement lui en confie la responsabilité, l'analyse d'opportunité, la
planification ou la réalisation de projets complexes de transport.»
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Y a-t-il des interventions? Je vois qu'il n'y a pas d'intervention,
alors nous allons passer à la mise aux voix. Vote par appel nominal, Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention.
Mme Rizqy (Saint-Laurent)?
Mme Rizqy : Pour.
La Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre, votre vote?
Mme Guilbault :Pour.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Pour.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Pour.
La Secrétaire : M. Lamothe
(Ungava)?
M. Lamothe : Pour.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour.
La Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) :
Abstention. Alors, l'amendement est adopté. Je vous remercie tous pour
votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux sine die. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 39)