Journal des débats (Hansard) of the Committee on Transportation and the Environment
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, January 29, 2025
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Vol. 47 N° 75
Special consultations and public hearings on Bill 81, an Act to amend various provisions relating to the environment
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Intervenants par tranches d'heure
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Blouin, Catherine
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Charette, Benoit
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Tardif, Marie-Louise
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Dufour, Virginie
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Leduc, Alexandre
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Leduc, Alexandre
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Blouin, Catherine
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Arseneau, Joël
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Bernard, Daniel
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Charette, Benoit
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Lemay, Mathieu
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Lemay, Mathieu
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Bernard, Daniel
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Dufour, Virginie
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Leduc, Alexandre
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Arseneau, Joël
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Blouin, Catherine
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Charette, Benoit
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Lemay, Mathieu
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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Blouin, Catherine
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Leduc, Alexandre
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Arseneau, Joël
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Charette, Benoit
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Charette, Benoit
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Blouin, Catherine
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Grondin, Agnès
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Dufour, Virginie
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Leduc, Alexandre
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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Blouin, Catherine
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Charette, Benoit
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Tardif, Marie-Louise
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Tardif, Marie-Louise
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Blouin, Catherine
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Dufour, Virginie
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McGraw, Désirée
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Leduc, Alexandre
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Arseneau, Joël
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Blouin, Catherine
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Charette, Benoit
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Grondin, Agnès
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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McGraw, Désirée
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Blouin, Catherine
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Leduc, Alexandre
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Arseneau, Joël
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-sept minutes)
La Présidente (Mme Blouin) : Bonjour
à tous. Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre les consultations particulières et les auditions publiques sur le projet
de loi n° 81, Loi modifiant diverses dispositions en matière
d'environnement.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Derraji (Nelligan) est remplacé par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve); et M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin) est
remplacé par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
La Présidente (Mme Blouin) : Merci.
Alors, nous entendrons ce matin les organismes suivants : le Conseil des
entreprises en technologies environnementales du Québec et l'Association
canadienne des constructeurs de véhicules conjointement avec la Corporation des
concessionnaires automobiles du Québec et les Constructeurs mondiaux d'automobiles
du Canada.
Je souhaite donc, d'entrée de jeu, la
bienvenue aux représentants du Conseil des entreprises en technologies
environnementales du Québec. Alors, je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, après quoi on va procéder avec l'échange avec les membres de
la commission. Alors, je vous invite à vous présenter et à enchaîner avec votre
exposé.
Mme Messih (Sandra) : ...merci,
Mme la Présidente. M. le ministre, Mmes, MM. les membres de la commission,
merci de nous accueillir, vraiment, aujourd'hui pour cette importante
consultation sur le projet de loi. Alors, mon nom est Sandra Messih, je suis
coprésidente du CETEQ et je suis également vice-présidente Services-conseil
chez Cyrculia. Je suis accompagnée aujourd'hui par M. Kevin Morin, directeur
général du CETEQ, également, David Landry, directeur des affaires publiques au
CETEQ.
Alors, le CETEQ est une association qui
regroupe plus de 200 entreprises privées dans l'industrie de l'environnement
au Québec. Ces entreprises emploient plus de 55 000 personnes, qui
génèrent plus de 3 milliards de dollars en chiffres d'affaires
annuels au Québec. Nous faisons la promotion de l'expertise privée de l'économie
verte en s'appuyant sur les principes de développement durable, de l'économie
circulaire, des standards de performance élevés et d'un contexte d'affaires
concurrentiel propice à l'innovation. Nos entreprises membres sont des actrices
incontournables de l'économie verte au Québec, que ce soit dans la gestion des
matières résiduelles, de la transition énergétique ou de la lutte contre les
changements climatiques.
Le CETEQ souhaite, via notre mémoire et
notre présence aujourd'hui, souligner les opportunités et défis que ce projet
de loi représente pour ses membres et pour le Québec. D'abord, sachez que nous
saluons les ambitions environnementales portées par ce projet de loi, tout en
proposant des recommandations visant à en maximiser la portée et la
faisabilité. Dans le cadre de cette présentation, nous souhaitons partager avec
vous les recommandations phares de notre mémoire, regroupées selon cinq
thématiques : les véhicules zéro émission, les évaluations
environnementales, la conciliabilité réglementaire municipale-provinciale, les
matières résiduelles et, finalement, le contrôle... les mesures de contrôle
environnementales.
• (11 h 30) •
Donc, je vais débuter tout de suite avec
les véhicules zéro émission. Comme vous le savez, bon, le transport, c'est
vraiment un secteur clé dans la lutte contre les changements climatiques, et la
transition vers les véhicules lourds zéro émission est une étape importante
pour y arriver. Toutefois, il nous apparaît important de revoir la définition
de ce que c'est, un véhicule zéro émission, et de développer une approche plus
globale en intégrant des carburants alternatifs comme le gaz naturel
renouvelable au sein de celle-ci. Ce carburant, produit notamment à partir de
matière organique résiduelle, représente...
11 h 30 (version révisée)
Mme Messih (Sandra) : ...ce
carburant produit notamment à partir de matières organiques résiduelles
représente une solution concrète pour favoriser une économie circulaire tout en
réduisant l'impact environnemental.
De plus, pour que cette transition soit
accessible, il est crucial de relancer et de bonifier le programme
Écocamionnage d'ici à ce que les effets de cette mesure soient bien réalisés.
Ce programme joue vraiment un rôle clé en aidant les entreprises à surmonter
les coûts d'acquisition élevés des VZE et en leur offrant la prévisibilité
nécessaire pour planifier cette transition. Nous insistons également sur l'importance
d'une introduction progressive des exigences afin de tenir compte des réalités
de régions rurales où les infrastructures de recharge sont souvent limitées et
où la couverture territoriale n'est généralement pas optimale.
Concernant l'aspect des évaluations
environnementales, le CETEQ reconnaît l'importance de maintenir le processus
des évaluations environnementales de façon rigoureuse afin d'intégrer les
enjeux environnementaux et sociaux dans la planification des projets.
Toutefois, nous constatons que certaines propositions pourraient générer des
incertitudes pour les promoteurs, notamment l'ajout d'une étape d'admissibilité
qui doit être accompagnée de critères clairs et transparents afin d'éviter l'ajout
de délais inutiles, de coûts supplémentaires ou de décisions arbitraires.
Nous proposons également la mise en place
d'un mécanisme d'appel pour résoudre les différends et garantir une équité dans
les décisions dans le cas d'une demande de production d'une nouvelle étude d'impact,
advenant le cas où des modifications dénatureraient le projet initial. En
effet, un... un demandeur qui se voit contraint de déposer une nouvelle étude d'impact
devra-t-il repartir de la case départ ou d'une étape précise dans le processus?
Pour le moment, il y a matière à clarification. Par ailleurs, le projet de loi
introduit des mécanismes d'exception pouvant lancer certains... permettant de
lancer certains travaux publics avant la fin du processus. Nous saluons cette
initiative, mais nous croyons que les projets privés qui contribuent à la
transition énergétique devraient également bénéficier de cette flexibilité.
Après tout, ces initiatives privées jouent un rôle central dans l'atteinte de
nos cibles climatiques et méritent un soutien équitable.
Concernant la conciliabilité de la
réglementation provinciale et municipale, nous considérons que la transition
écologique requiert une gouvernance cohérente. Et c'est pourquoi nous croyons
fermement à l'importance de maintenir la préséance des règlements provinciaux
pris en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement. Le CETEQ insiste sur
le rôle central que doit jouer le gouvernement du Québec dans la mise en œuvre
des politiques environnementales. Une gouvernance provinciale forte garantit
des visions... une vision harmonisée et des objectifs communs, et ce, à l'échelle
du Québec. Avec plus de 1 100 municipalités au Québec, dont plus de
la moitié ont moins de 1 000... de 2 000 habitants, et qui sont
composées de petites équipes déjà très sollicitées, le CETEQ craint une
fragmentation des cadres législatifs et des disparités dans l'application des
mesures environnementales, ce qui... ce qui compliquerait assurément la
planification pour les entreprises opérant dans plusieurs régions, ce qui est d'ailleurs
le cas de plusieurs de nos membres.
Bien que nous reconnaissions le rôle des
municipalités dans le déploiement de projets de nature locale, nous nous
interrogeons sur les effets pervers que pourrait avoir cette mesure sur les
projets régionaux, voire nationaux. Conséquemment, nous estimons que le projet
de loi devrait intégrer une notion de projets à valeur régionale afin qu'ils
puissent être exclus de l'application des futurs règlements municipaux. Nous
invitons aussi le gouvernement à inscrire plus souvent qu'autrement la
préséance des règlements pris en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement
pour assurer une prévisibilité réglementaire et une homogénéité des
règlements... de la réglementation, et ce, sur l'ensemble du Québec.
Concernant les matières résiduelles, la
gestion des matières résiduelles est, sans aucun doute, un levier très
important pour favoriser une économie circulaire, mais des ajustements sont
nécessaires pour renforcer la traçabilité et le contrôle. Étant en retard
comparativement à certaines juridictions limitrophes, pensons notamment à l'Ontario,
il est nécessaire de bonifier notre système de traçabilité des matières
dangereuses en s'inspirant des meilleures pratiques dans le secteur. Nous
soutenons ainsi la volonté du gouvernement de moderniser les mécanismes de
traçabilité et de suivi concernant ces matières.
L'intégration d'un système à l'image de
celui mis en place en Ontario constituerait une avancée positive pour le suivi
des activités environnementales. Mais nous soulignons, au passage, la
pertinence d'aller plus loin et d'assurer que ce nouveau système puisse s'harmoniser
avec celui mis en place par le gouvernement fédéral afin de s'assurer d'une
certaine cohérence et efficacité optimale dans le partage et l'analyse des
données. En attendant la mise en place d'un nouveau système, il est essentiel
de maintenir le bilan annuel actuel qui assure un suivi des pratiques des
entreprises.
Notre dernier point sur les mesures de
contrôle environnemental, eh bien, la protection de l'environnement repose sur
un contrôle rigoureux et <des sanctions adaptées...
Mme Messih (Sandra) :
...qui
assure un suivi des pratiques des entreprises.
Notre dernier point sur les mesures de
contrôle environnemental, eh bien, la protection de l'environnement repose sur
un contrôle rigoureux et >des sanctions adaptées. Toutefois, le système
actuel présente des lacunes, tant au chapitre des pénalités, que de
l'application des règlements sur le terrain, nuisant à sa crédibilité et à son
efficacité. Le CETEQ reconnaît toutefois les efforts récents du gouvernement
pour renforcer ce cadre. Nous estimons que des ajustements... supplémentaires
sont nécessaires pour assurer une véritable approche, une véritable protection
environnementale et prévenir les comportements délinquants. Nous proposons
d'ajuster les pénalités en fonction des revenus des entreprises et du risque
environnemental afin de s'assurer qu'elles soient véritablement dissuasives.
Cela pourrait passer par des sanctions inspirées du modèle fédéral qui impose
des sanctions pouvant atteindre 3 % des revenus des entreprises en cas
d'écoblanchiment.
Nous croyons également que les entreprises
sous enquête devraient voir leurs demandes d'autorisation suspendues jusqu'à ce
que les allégations soient réglées. Une telle mesure renforcerait la
crédibilité du système et enverrait un signal clair contre les pratiques non
conformes. Comme le CETEQ le dit toujours, le meilleur contrôle environnemental
est celui qui n'a pas besoin d'être exercé. C'est pourquoi nous saluons
l'intention de tenir compte des sanctions antérieures infligées aux
administrateurs, dirigeants ou actionnaires d'une entreprise. Enfin, un
meilleur contrôle sur le terrain est indispensable pour garantir l'application
stricte des règlements. Cela permettrait de lutter efficacement contre les
pratiques inégales... illégales et de protéger l'environnement de manière
concrète.
En conclusion, les recommandations
formulées par le CETEQ, dans le cadre de cette consultation, illustrent une
vision ambitieuse et équilibrée pour un... un Québec plus respectueux de
l'environnement, tout en répondant aux réalités des entreprises détenant une
expertise dans ce domaine. Une collaboration étroite entre le gouvernement et
les acteurs privés reste indispensable pour atteindre les objectifs
environnementaux fixés par ce projet de loi. Voilà. Merci de votre écoute.
La Présidente (Mme Blouin) : Un
grand merci pour votre exposé. Alors, on va tout de suite débuter la période
d'échange avec vous, M. le ministre. On a 10 min 30 s.
M. Charette : C'est bien
gentil, merci, Mme la Présidente. À vous trois, un gros merci de votre
présence, d'une part, ce matin, mais également de votre éclairage. Et on peut
aisément vous présenter comme des partenaires de premier plan. Vous nous aidez,
et quand je dis «nous», pas forcément le gouvernement, mais la société
québécoise, d'améliorer ses bilans en matière d'environnement. Donc, merci pour
ce travail-là. Je vais commencer par des petits commentaires sur les différents
points que vous avez soulevés. Ensuite, n'hésitez pas à compléter votre point.
J'ai des collègues aussi qui souhaiteront intervenir.
Vous avez d'abord abordé la question de la
VZE pour les véhicules lourds. On a pu le réitérer, hier, mais depuis... depuis
un certain temps aussi. Le projet de loi 81, c'est, d'abord et avant tout,
un pouvoir habilitant qui va nous permettre, oui, de réglementer la question
éventuellement, mais ce n'est pas un projet de réglementer à court terme cette
question-là. On veut réellement consolider nos efforts au niveau des voitures,
des véhicules légers, mais le pouvoir nous sera accordé, mais ça interviendrait
dans un deuxième temps. Est-ce que c'est dans... d'ici la fin de 2026? Vous
savez que 2026 sera aussi l'occasion d'évaluer la performance, là, de la VZE
actuelle où, par la suite... Bref, le pouvoir sera là, mais ce n'est pas une
intervention que l'on souhaite faire à court terme pour toutes les bonnes
raisons que vous avez évoquées au niveau technologique, au niveau adaptation,
au niveau réalités qui... géopolitiques qui changent, malheureusement, à
vitesse grand V ces derniers mois. Donc, pour toutes ces considérations,
c'est quelque chose, là, qui interviendrait certainement plus tard.
• (11 h 40) •
Vous avez parlé de délais, vous avez parlé
de coûts pour éviter normalement, et notamment, l'arbitraire au niveau des
évaluations environnementales. Naturellement, c'est un des souhaits que le
ministère exprime. C'est quelque chose que l'on vise aussi à travers l'actuel
projet de loi. Les délais, je pense, seront raccourcis, pour certains types
d'évaluation, de façon intéressante, sans pour autant sacrifier les normes
environnementales. Je pense qu'on sera tout simplement plus efficaces. Les
coûts, très conscients que ça peut représenter, des coûts parfois importants
pour les promoteurs. C'est là où le degré de préparation, avant de soumettre un
projet, fait toute la différence.
On reçoit, au ministère, clairement des
projets qui ne sont pas matures et qui n'auraient pas dû être présentés à cette
étape-là, ça engendre des coûts, ça engendre des frais aussi pour le promoteur.
Et c'est la raison dans laquelle... pour laquelle, dans le projet de loi, on se
donne le droit, à un moment donné, d'interrompre l'évaluation, non pas que
c'est un non définitif, mais c'est de <dire aux promoteurs...
M. Charette :
...le
projet de loi, on se donne le droit, à un moment donné, d'interrompre
l'évaluation, non pas que c'est un non définitif, mais c'est de >dire
aux promoteurs : Faites vos devoirs pour ne pas que vous perdiez trop de
temps et investissiez indûment des sommes, avec un jeu de yoyo, et, pour le
ministère, ça nous permet aussi d'économiser du temps de ressources, et
revenez-nous lorsque le projet sera davantage ficelé, sans présumer, là, qu'il
sera refusé par... par la suite.
La question des travaux préalables, elle a
été évoquée par plusieurs groupes avant vous. En fait, c'est la deuxième
journée, aujourd'hui, pour la consultation, mais je pense que chacun des groupes
est intervenu. Je pense que c'est bien reçu, pour la plupart, bien reçu, pour
la plupart, mais tous voudraient en bénéficier plus directement, notamment les
promoteurs privés. Ce que je mentionnais, même si ces travaux-là devaient viser
des ouvrages pour développer des énergies renouvelables, par exemple, on veut
réellement se faire la main avec des promoteurs publics, dans un premier temps.
On pense à Hydro-Québec, notamment, certains ministères, éventuellement. Avec
l'exercice, peut-être qu'on pourra conclure qu'on peut aussi étendre à des
promoteurs privés qui travailleraient aussi à développer des projets d'énergie
renouvelable. Mais ce sera dans un deuxième temps, on ne veut pas bousculer
trop les choses, mais c'est bien reçu, là, pour l'essentiel.
Au niveau des pouvoirs municipaux, c'est
aussi un élément très tranché du projet de loi, on est soit très en faveur ou
contre. Pour les organismes qui sont contre, j'ai posé la question aux
fédérations municipales, autant UMQ et FQM, leur disant : Écoutez, c'est
une revendication historique de la part du milieu municipal, c'est demandé
depuis plusieurs années, mais est-ce que vous êtes conscientes, comme
associations, que ça génère des inquiétudes? Ils pensent avoir les bons mots
pour rassurer, donc, n'hésitez pas à partager des craintes auprès des grandes
fédérations. Et eux ont été invités à avoir un dialogue plus ouvert aussi avec
les regroupements, là, qui pourraient être inquiets. Ce qui est important de
mentionner, par contre, ce n'est pas un pouvoir qui est... qui est étendu au
point où le ministère de l'Environnement n'a pas de responsabilités. Au
contraire, il a encore des responsabilités d'encadrement, et, dans certains
cas, l'approbation du ministère de l'Environnement sera toujours requise.
Et la traçabilité, un dossier qu'on a eu à
travailler ensemble au cours des dernières années, ce n'est pas parfait, très
conscient, on s'améliore. Mais vous avez raison, on partait de loin. En fait,
pour tout ce qui est gestion des matières résiduelles, on partait de très, très
loin au Québec. On aime se targuer que le Québec est un leader en
environnement. C'est vrai dans plusieurs dossiers, mais au niveau de la gestion
de la matière résiduelle, là, on a, encore aujourd'hui, un rattrapage important
à faire. C'est la raison pour laquelle on est venu moderniser. Et plusieurs de
vos membres ont pu participer directement, que ce soit le système de consigne,
également, le système de collecte sélective. On parle de matières organiques,
on parle... on élabore ensemble ou on réfléchit ensemble au niveau des CRD.
Donc, il y a un rattrapage à faire. On va clairement dans la bonne direction,
mais, non, tout n'est pas encore réglé, et on veut continuer dans cette
direction-là.
Au niveau des amendes, il y a des
dispositions dans le projet de loi. Si vous avez suivi nos travaux au cours des
dernières années, on avait déjà augmenté, dans un précédent projet de loi, de
façon assez significative, les amendes permises. On fait un autre tour de roue,
mais, ultimement, et ça, ce n'est pas un reproche que je fais aux procureurs de
la couronne, on a beau avoir un guide de référence, les sanctions, elles sont
imposées au moment des jugements et lors des représentations qui sont... qui
sont faites. Donc, moi le premier, je vais souhaiter que les jugements soient
plus sévères auprès des fautifs après leur reconnaissance de culpabilité.
Donc, je voulais vous rassurer avec ces
quelques points que vous avez soulevés, mais surtout, intéressé à échanger avec
vous. Si vous avez des questions particulières ou des points sur lesquels vous
voulez revenir, ça me fera plaisir, sinon, je sais que j'ai des collègues aussi
qui souhaitent intervenir.
M. Morin (Kevin) : ...apporter
une nuance. Vous avez dit tout à l'heure, pour ce qui est de la conciliabilité
des règlements municipaux et ceux du gouvernement du Québec, en fait,
évidemment, notre position s'inscrit beaucoup par rapport à celles de nos
partenaires, de nos... des autres associations qui se sont présentées devant
vous. Il faut comprendre que, oui, des entreprises qui opèrent partout au
Québec doivent avoir un cadre qui est similaire, sinon, ça fait un modèle
d'affaires qui est difficilement applicable <sur le terrain...
M. Morin (Kevin) :
...que,
oui, des entreprises qui opèrent partout au Québec doivent avoir un cadre qui
est similaire, sinon, ça fait un modèle d'affaires qui est difficilement
applicable >sur le terrain.
Donc, nous, évidemment, ce qu'on souhaite,
c'est avoir une homogénéité sur le territoire, dans un contexte, notamment, où
les municipalités... Puis on l'a abordé brièvement, on l'aborde plus dans le
mémoire, mais la disponibilité des ressources au niveau des municipalités, je
pense que les unions municipales qui sont passées hier vous ont témoigné un peu
de cette inquiétude-là, disons, les plus petites municipalités, peut-être,
moins de ressources internes pour pouvoir les appliquer correctement.
Donc, la prémisse de pouvoir aborder ou de
vouloir décentraliser cette responsabilité-là à l'échelle des municipalités,
bien, il faut qu'elle parte avec le principe que l'expertise elle est présente.
Oui, les MRC le sont, donc, c'est pour ça qu'on dit : Si vous souhaitez
vraiment décentraliser à l'échelle de la MRC... à l'échelle de la municipalité,
pardon, mais, peut-être, préférer l'échelle de la MRC, qui regroupe quand même
une base d'expertise à l'échelle municipale. Dans le cas contraire, bien, ce
qu'on va avoir, c'est des freins, pour les entreprises, d'investir dans
certaines régions, plutôt que d'autres, alors qu'on veut un modèle qui favorise
l'économie circulaire.
Donc, on dit «économie circulaire», donc, on
implique des municipalités qui sont dans différentes régions du Québec, des
fois, dans les régions plus éloignées. Donc, ce qu'on veut éviter, c'est que ça
se rapproche nécessairement des grands centres, parce que le modèle d'affaires
est plus propice, par exemple. Donc, évitons cette approche-là, permettons au
gouvernement de faire la bonne approche.Puis, dans le contexte, bien, ce qu'on
vous dit, c'est : Favorisez le plus possible. Celui qui nous vient en
tête, évidemment, c'est toute la question des autorisations, le REAFIE, donc,
qui est la pierre d'assise de tout le développement économique au Québec, au
niveau de développement environnemental, donc, de préférence, le garder dans
votre giron. Le reste, bien, on vous fait confiance pour l'appliquer à
l'échelle de la MRC, mais on accepterait difficilement que ça descende en bas,
à l'échelle des municipalités.
M. Charette : C'est bien
entendu. Mais sachez qu'il y a beaucoup, beaucoup de gens qui pensent que le
ministère de l'Environnement prend trop de place aussi, donc, on essaie de
trouver le bon équilibre à travers tout ça.
Donc, bien, merci pour vos commentaires.
Je vais laisser la parole à mes collègues, tout simplement.
La Présidente (Mme Blouin) : Oui,
merci beaucoup. Alors, je vais céder la parole à la députée de Laviolette—Saint-Maurice,
pour un peu plus d'une minute.
Mme Tardif : J'ai bien aimé
votre exposé, j'ai bien aimé prendre connaissance aussi de votre rapport,
merci. Certains points m'ont particulièrement interpellée. Vous parlez
d'ajouts, au niveau de valeur régionale, vous parlez d'homogénéité entre les
municipalités, d'autres nous en ont parlé aussi de s'harmoniser avec le
gouvernement fédéral. Je vais aller vitement à ma question, parce que vous
n'aurez pas le temps de répondre : Par rapport à l'ajout de la valeur
ajoutée régionale, est-ce que vous avez des exemples de qu'est-ce que vous
voulez dire?
M. Morin (Kevin) : Bien, je
peux commencer, puis, Sandra, tu pourras compléter. En fait, ce qu'on veut
faire référence, c'est qu'il y a certaines entreprises au Québec qui ont une
expertise particulière, qui sont souvent les seules à avoir cette expertise-là
pour desservir l'ensemble du Québec. Donc, si on dit... on permet à une
municipalité d'encadrer ou de réglementer une entreprise qui opère sur un
terrain, bien, c'est non seulement l'entreprise, la municipalité ou le
territoire, mais c'est souvent l'ensemble du Québec qui va être... qui va en
subir les contrecoups. Donc, ce qu'on veut, c'est éviter que ce soit
décentralisé, pour empêcher certains types d'entreprises... Donc, on dit :
Si on ramène ça à l'échelle du ministère, bien, sa vision d'ensemble va faire
en sorte qu'il va être en mesure de juger si, oui, effectivement, c'est une
bonne chose, ou une moins bonne chose. L'échelle de la MRC, ça peut être un
palier, mais l'échelle municipale, pour des raisons, des fois, de trop grande
proximité, c'est plus difficile.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. Alors, c'est tout le temps qu'on a pour cette portion.
Mme Tardif : Merci.
La Présidente (Mme Blouin) : On
va poursuivre avec l'échange avec la porte-parole de l'opposition officielle,
pour 9 min 54 s.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Alors, merci à vous trois pour votre présence ici et pour votre
présentation. Je vais commencer par vos commentaires, vraiment, très
intéressants, sur les véhicules lourds. Vous parlez notamment, là, de l'enjeu
des coûts. Vous mentionnez dans votre mémoire, là, qu'un véhicule lourd
électrique coûterait 1 million de dollars versus
500 000 $ pour un diesel. Donc, on parle de... du simple au double,
là, c'est gigantesque, ce n'est pas le différentiel qu'on voit dans les
véhicules légers, donc. Et vous parlez aussi de l'autonomie qui est moindre,
parce qu'il y a plusieurs des processus automatisés et robotisés qui sont très
énergivores.
• (11 h 50) •
Et là vous amenez un point qu'en toute
franchise je n'avais jamais pensé, c'est qu'en période de gel, dégel les
camions, avec le poids des batteries que ça représenterait, ça viendrait
limiter beaucoup, beaucoup la possibilité de chargement au Québec dans cette
période-là. Donc, pour vous, le marché, avec de l'électrique, ce n'est pas...
on est loin d'être prêts, là, pour ça, là, puis ce n'est peut-être même pas le
meilleur modèle, là, actuellement, pour le véhicule lourd, là.
M. Landry (David) : Non. Puis
je pense que l'erreur de compréhension que je pense que — bon, il y a
différents groupes — qu'on peut facilement faire là, finalement, là,
c'est de penser tout de suite à l'électrique quand on parle de VZE, alors que,
dans le projet de loi, on parle vraiment de... vraiment, véhicules zéro
émission, on parle notamment d'hydrogène. La technologie, au niveau de
l'électrique, n'est pas rendue là, non seulement pour la durée de travail,
donc, un 10 heures de travail, mettons, de collecte pour les
transporteurs. Donc, oui, ça va diminuer, ça va diminuer la charge de la
quantité, le poids <qu'il est possible...
M. Landry (David) :
...la
durée de travail, donc, un 10 heures de travail, mettons, de collecte pour
les transporteurs. Donc, oui, ça va diminuer, ça va diminuer la charge de la
quantité, le poids >qu'il est possible d'être pris, quand c'est
d'aller-retour aussi. Donc, pour palier, il faut aussi augmenter la quantité
de... la quantité de la flotte, donc augmenter la quantité de véhicules. Puis c'est
pour ça qu'il est intéressant de considérer d'autres types d'énergie pour
alimenter ce type de véhicule lourd là. Donc, l'électrique, si la technologie
un jour est rendue là, tant mieux. Mais, d'ici là, il y a d'autres types d'énergie
à considérer. Dans notre mémoire, on parle de considérer des moteurs alimentés
par le GNR qui permettrait d'alimenter une batterie. C'est des choses qui
existent. Il y a des modèles qui ont déjà été essayés, là, au Québec.
Donc, on vous invite à considérer aussi,
là, cet autre type d'énergie, parce qu'autrement, malheureusement,
l'électrique, ça ne sera pas possible d'y arriver à court terme.
Mme Dufour : Parfait.
Puis, actuellement, le projet de loi, la façon qu'il est écrit, est-ce qu'il inclut
le GNR?
M. Landry (David) : Non,
non.
Mme Dufour : Donc, ça,
c'est une amélioration qu'il faudrait inclure au programme, là, de la façon que
c'est écrit, là. Et vous n'êtes pas les premiers à mentionner que le GNR est
une option intéressante pour les véhicules lourds. On nous disait, par contre, qu'il
y avait quand même un certain délai avant que les camions soient, disons,
adaptés à ça. Mais ce que je comprends, c'est que ce serait quand même plus
rapide et plus facile d'accès que des véhicules électriques lourds.
M. Landry (David) : Bien,
en fait, le système de gaz naturel, le réseau de distribution peut s'appuyer, entre
autres, sur le réseau de distribution d'Énergir. Donc, quand on parlait tantôt
de la capacité peut-être des régions à avoir des bornes, à installer de
l'équipement pour pouvoir soutenir l'électrique pour des véhicules lourds,
bien, on a déjà un système qui est en place à l'échelle du Québec pour ça.
Donc, on peut déjà s'appuyer sur quelque chose, on n'a pas tout à bâtir dans ce
contexte-là. Donc, oui, ça serait intéressant de le considérer.
Mme Messih (Sandra) : Si
je peux ajouter, il y a de nos membres qui ont... qui l'utilisent déjà de par
leurs installations, qui produisent leur propre gaz naturel renouvelable, puis
ils nourrissent leurs camions. Donc, on sait que ça fonctionne.
Mme Dufour : Excellent.
Puis d'ailleurs, vous avez aussi une portion de votre mémoire qui parle du
cycle de vie complet des véhicules, ça aussi, c'est un angle très intéressant.
Vous dites qu'actuellement, la définition actuelle qui se fonde sur des
émissions du réservoir à la roue exclut les impacts environnementaux liés à la
production et la distribution de l'énergie. Donc, peut-être nous parler
davantage de cet aspect-là parce que c'est vraiment intéressant.
M. Landry (David) : Oui.
Bien, en fait, ça, c'est un élément qui a été soulevé aussi hier par différents
intervenants. Ce qui est à considérer, en fait, c'est de voir si les
investissements qu'on va faire, comme société, dans, par exemple, des véhicules
lourds... par exemple de l'électrique, en termes d'économie de GES, si ce n'est
pas mieux, peut-être, de passer à un autre type de mécanisme ou à un autre type
de véhicule, donc... Puis la réflexion, c'est déjà appliqué aussi. On a déjà
entendu ça dans l'espace public, là, concernant les véhicules électriques pour
les particuliers. Donc, quand on pense à des matières plus lourdes pour
constituer la batterie, le recyclage, par la suite, est-ce que l'électricité
pour l'alimenter... Nous, au Québec, on a la chance d'avoir Hydro, mais, dans
d'autres... dans d'autres juridictions, c'est peut-être un peu moins la
réalité.
Donc, si on est capables d'avoir une
définition qui est plus large, qui prend vraiment l'ensemble du cycle de vie et
de la consommation d'énergie d'un véhicule, bien, peut-être qu'à ce moment-là
ça permettrait d'ajuster l'appui qui est donné à certains types de
technologies.
Mme Dufour : Oui, merci. Puis
vous avez mentionné, un petit peu plus loin, votre inquiétude concernant
l'ajout de critères liés à un parc de VZE pour les entreprises privées qui
répondraient à des appels d'offres publics. Est-ce que vous pouvez préciser
davantage cette pensée?
M. Landry (David) : Oui.
En fait, on a eu un... en consultant nos membres, c'est déjà quelque chose qui
existe. Il y a déjà un contrat qui a été signé, là, concernant ça. Donc,
l'idée, c'est de... La proposition de la municipalité dans le contrat, c'était
d'avoir un certain pourcentage de la flotte qui était alimentée par des... on
va dire, un type VZE, là, véhicules lourds zéro émission. Par contre, la
technologie, le parc, l'offre présentement, au niveau des constructeurs, n'est
pas là. Donc, l'entreprise n'a pas le choix de payer des frais pour non-respect
de cette clause-là dans le contrat. Donc, la crainte, en fait, c'est de voir
cette... de voir cette clause-là intégrée dans différents contrats d'ici à ce qu'au
moins la technologie soit rendue là. Donc, c'est un peu... c'est un peu
l'attention, finalement, qu'on veut soulever.
Mme Dufour : OK. Donc,
actuellement, il y a, au moins, une municipalité qui a fait ça au Québec, qui a
mis ça pour des véhicules lourds dans ses critères d'appel d'offres.
M. Landry (David) : À
notre connaissance, oui.
Mme Dufour : OK. Je
serais intéressée de savoir laquelle, vous pouvez me le dire après. Je vais
venir à un autre élément. Vous parlez du délai entre le rapport du BAPE et la
décision gouvernementale que vous aimeriez qu'elle soit normée. C'est quoi,
actuellement, que vos membres vivent, là, comme, tu sais, est-ce que les délais
sont très longs? Est-ce que ça varie beaucoup d'un projet à l'autre, juste pour
avoir une idée?
M. Morin (Kevin) : Bien, en
fait, oui, les projets vont varier, les délais de réponse vont varier d'un
projet à l'autre, parce qu'il n'y a jamais deux projets pareils. Dans le cas
qui nous occupe, bien évidemment, à certains égards, là, certains délais sont
paramétrés dans le projet de loi. Par contre, ce qui ne l'est pas, c'est au-delà...
après que le ministère ait pris connaissance du rapport du BAPE, bien, à quel
moment la décision va être prise, parce qu'on rajoute un processus en amont,
mais on ne le balise pas dans le temps. On comprend, actuellement, comme les
projets ne sont pas pareils, c'est difficile d'établir un standard, mais, à
tout le moins, on peut redonner <une échelle de grandeur...
M. Morin (Kevin) :
...actuellement,
comme les projets ne sont pas pareils, c'est difficile d'établir un standard,
mais, à tout le moins, on peut redonner >une échelle de grandeur. Parce
que les entreprises, comme c'est une étape qui s'ajoute, bien oui, on peut dire
que ça va... ça va permettre de raccourcir les autres, mais on n'en est pas
certain non plus.
Donc, si on peut l'encadrer en amont pour
s'assurer que les entreprises, quand ils... sont prêtes à investir, mais que
l'investissement soit encore là au moment où ils obtiennent leurs autorisations.
Quand il s'écoule deux, trois, quatre, cinq, six ans, des fois ce n'est pas
rare, plus le projet est gros, évidemment, plus ça peut être long d'obtenir une
autorisation, bien, si, à chaque étape, on ne balise pas le délai, ça va faire
en sorte que les entreprises vont être inquiètes, voire même certaines
entreprises du Québec vont faire le choix d'investir dans d'autres provinces du
Canada, parce qu'il y a un contexte qui permet d'avoir une plus grande
prévisibilité.
Mme Dufour : Et quelle serait
votre recommandation de délai normé à ce moment-là?
M. Morin (Kevin) : Bien, en
fait, on fait confiance au ministère sur le délai normal. Comme c'est une
nouvelle initiative, est-ce que c'est une question de semaines, est-ce que
c'est une question de mois? Je pense que c'est peut-être entre les deux. Mais,
compte tenu que c'est un nouveau mécanisme, ce serait hasardeux, à ce moment-là,
de donner un chiffre précis. Je vous dirais, le plus court serait le mieux,
mais, en même temps, on ne veut pas non plus escamoter une décision rapide qui
serait négative pour respecter les délais.
Mme Dufour : Merci. Je vais
vous amener sur votre portion du mémoire qui traite de traçabilité. Vous
mentionnez que le contrôle environnemental au Québec présente d'importantes
lacunes. Est-ce que c'est un manque d'inspecteurs, manque de volonté? Qu'est-ce
que vous constatez sur le terrain pour affirmer une telle chose?
M. Morin (Kevin) : Bien, en
fait, il y a plusieurs... plusieurs éléments. En fait, est-ce que c'est le
nombre d'inspecteurs? La réponse, c'est non, il y en a... il y en a
sensiblement assez sur le terrain pour le constater. L'enjeu actuellement,
c'est que, souvent, l'intérêt ou les interventions des inspecteurs sont
davantage portées sur des éléments qui sont peut-être moins structurants ou
moins porteurs pour l'environnement, c'est-à-dire des délais, des quantités qui
excéderaient, par exemple, un délai d'autorisation, une autorisation obtenue.
Mais, de l'autre côté, il y a des interventions qui se passent sur le terrain
pour des entreprises qui n'ont pas d'autorisation. Et là, à ce moment-là, bien,
les inspecteurs sont davantage... sont moins enclins à aller rencontrer ces
entreprises-là qui n'ont pas d'autorisation, qui ne respectent pas les règles
environnementales.
Donc, ce n'est pas tant la quantité que
le... ce n'est pas tant le quantitatif que le qualitatif. Donc, si on peut
orienter les efforts vers des entreprises qui opèrent souvent à visage
découvert avec... en faisant fi des règles environnementales, là on gagnerait à
ce moment-là. Par la suite, une fois qu'on a passé cette étape-là puis que
l'entreprise, elle est découverte, bien, on a parlé des sanctions, des
pénalités. Évidemment, si une entreprise a des millions de chiffre d'affaires
puis les sanctions sont de 2 000 jusqu'à 10 000 $, bien, clairement,
ça ne sera pas... ça ne sera pas dissuasif pour les faire rentrer dans le rang.
Par la suite, il y a toute la question que M. le ministre a évoquée, le fait...
Est-ce qu'on va se rendre jusqu'au bout de l'exercice? Est-ce qu'on va pouvoir
vraiment les faire reconnaître coupables d'une infraction? Ça, c'est l'autre
élément.
Donc, la présence sur le terrain, le coût
de la pénalité et est-ce qu'ultimement on va leur faire retirer leurs
autorisations, c'est sur trois volets qu'on souhaite une intervention.
Mme Dufour : Oui. Puis
d'ailleurs vous mentionnez plus loin, là, justement, dans votre mémoire, que
les sanctions devraient être supérieures au coût de la décontamination. Ça fait
que les amendes devraient varier selon les cas de contamination, c'est ce que
je comprends?
M. Morin (Kevin) : Bien, une
des raisons, effectivement, parce que ce n'est pas normal que, collectivement,
on assume le coût de la facture, que ce soit directement ou indirectement, par
rapport à une entreprise qui, elle, a souvent engrangé des profits par une
méthode un peu délinquante de procéder à la gestion environnementale. Donc, non
seulement elle engrange des profits, mais, à la fin, souvent, le passif va retomber
sur la collectivité. Donc, nous, ce qu'on se dit, c'est que...
La Présidente (Mme Blouin) : Merci...
M. Morin (Kevin) : ...il
faudrait que la sanction soit en conséquence de ça.
La Présidente (Mme Blouin) : ...merci
beaucoup. On poursuit avec le porte-parole du deuxième groupe de l'opposition
pour 3 min 18 s.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour à vous trois. Bienvenue au Parlement. D'abord, votre
recommandation n° 4 : intégrer les carburants
alternatifs comme le gaz naturel renouvelable, une solution favorisant une
économie circulaire dans la définition des VZE. Mais l'électricité, n'est-ce
pas aussi quelque chose qui serait de l'économie circulaire au Québec?
M. Landry (David) : Bien, en
fait, la définition actuelle prévoit, là, qu'on... que l'électricité soit
considérée comme une technologique pour les VZE. En fait, la... comme on le
mentionnait tantôt, le problème, c'est que la capacité des batteries par
rapport à la réalité des véhicules lourds, notamment dans les collecteurs, ne
permet pas de répondre aux besoins opérationnels sur le terrain. Donc,
considérant le fait que la technologie n'est pas rendue là, ça serait
intéressant de considérer l'ajout de d'autres types de technologies, notamment
le GNR, le GNR qui — bien, il y a certaines études, on pourra vous
les envoyer — qui démontrent que l'utilisation de GNR, en fait, a une
émission moindre, donc, au niveau de la consommation, donc permettrait même une
économie d'émission de GES, bien, ça rentre dans l'économie circulaire.
• (12 heures) •
M. Leduc : Mais une
initiative comme celle-ci ne va pas participer un peu à forcer la technologie à
aller plus vite plutôt que, si on dit : Non, non, laissez faire, on va
vers le gaz naturel, ça ne va pas aller plus vite, la technologie, il me
semble.
M. Landry (David) : Mais il y
a peut-être une façon de le moduler, puis mes collègues pourront compléter, je
pense qu'il y a une façon de le moduler. Cela étant dit, à court terme, disons
qu'on... je ne sais pas, disons que, demain matin, là, c'est adopté puis qu'on
a... il y a une obligation d'avoir des véhicules... la technologie n'est pas
là. Donc là, d'ici là, qu'est-ce qu'on fait pour se conformer à la
réglementation qui serait... qui serait adoptée, finalement? Donc, c'est un peu
la question.
M. Morin (Kevin) : ...juste complément
d'information, effectivement, c'est, compte tenu qu'il y a une urgence
climatique, appelons ça comme ça, bien, il y a des solutions qui existent à
très court terme en attendant que les autres solutions émergent puis se
développent. Donc, on ne dit pas non, on dit juste : Oui, mais donnez un
temps de prévisibilité...
12 h (version révisée)
M. Morin
(Kevin) : ...climatique, appelons ça comme ça, bien, il y a des
solutions qui existent à très court terme en attendant que les autres solutions
émergent puis se développent. Donc, on ne dit pas non. On dit juste : Oui,
mais donnez un temps de prévisibilité. Puis ça va permettre aux constructeurs...
Comme vous dites, s'ils n'ont pas cette pression-là, évidemment, probablement
que ce ne sera jamais fait, donc le geste de commencer de leur imposer quelque
chose est correct, là. Puis, je pense, ils sont prêts à le faire, mais il faut
leur donner le temps. Parce que la limite technologique ne rencontrera pas l'urgence
climatique dans tous les cas, donc juste de trouver un bouquet énergétique qui
permet de développer d'autres technologies avant celles de l'électricité.
M. Leduc : Parce que je me
rappelle que, quand on... il y avait des premières mesures pour un peu forcer
les autos électriques... pas forcer, mais en tout cas inciter les autos
électriques, le réflexe de bien du monde, c'était : Ah! bien, on a encore
besoin du gaz pour cinq, 10, 15, 20 ans. Mais, cet argument-là, on dirait
qu'il revient toujours, tu sais. On l'a entendu au début des années 2000,
on l'entend en ce moment, puis j'ai bien l'impression qu'on va l'entendre
encore dans 20 ans, qu'on va encore... besoin du gaz pour 50 ans. Ça
fait que c'est pour ça, je vous dis : Bien, il faudra peut-être, à un
moment donné, comme donner un petit coup pour la... pour la bouger, l'aiguille,
là.
M. Landry (David) : ...l'objectif
long terme. Puis on... Mais on produit déjà du GNR au Québec à partir des...
des résidus alimentaires notamment.
M. Leduc : Est-ce qu'on en
produit assez pour les objectifs qui seraient là?
M. Landry (David) : Bien, en tout
cas, on a... on a des membres qui sont... qui sont prêts à contribuer pour ça.
M. Morin (Kevin) : ...dans
le... avec... dans le réseau d'Énergir, c'est d'augmenter la cible jusqu'à
10 %, ce qui est prévu à court terme. Donc, il n'y a pas d'enjeu, actuellement.
Non seulement, en plus qu'il pourrait être créé dans cette optique-là, mais ce
gaz-là est déjà généré. Donc, ce n'est pas du nouveau, là. C'est... C'est déjà
une matière première qui... qui existe. Donc, dans ce contexte-là, elle est
disponible à court terme dans une approche d'économie circulaire.
M. Leduc : C'est tout.
La Présidente (Mme Blouin) : Ça
complète?
M. Leduc : Oui. Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme Blouin) : Parfait.
Merci beaucoup. M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Vous avez 3 min 18 s.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. Madame messieurs, merci pour votre présentation.
Je voudrais aborder la question de la
traçabilité des... des matières résiduelles. Qu'est-ce que l'Ontario a qu'on n'a
pas? Pouvez-vous synthétiser, là, les bonnes pratiques qu'on pourrait importer
de chez nos voisins?
M. Landry (David) : ...rapidement,
en fait, le... Présentement, dans toute la gestion des... de la traçabilité des
matières résiduelles dangereuses au Québec, là, il n'y a pas de système
électronique, là, en place, donc c'est un rapport annuel qui est produit par
les entreprises qui... qui sont dans ce secteur-là. Donc, en important un
système qui est comparable à l'Ontario, un système électronique dans lequel il
y a à la fois le transporteur, le producteur puis finalement l'entreprise qui
va gérer la matière à la fin, ce serait vraiment intéressant. Ça faciliterait
aussi l'approche et le... la traçabilité.
Nous, ce qu'on recommande, par contre, c'est
que c'est bien de s'inspirer des meilleures pratiques, mais il faut aussi l'arrimer
pour... avec le fédéral, notamment, pour éviter une surcharge de travail.
M. Arseneau : Puis justement
comment procéderaient ces... on procédait pour cet arrimage? Encore une fois,
qu'est-ce que le fédéral fait? En fait, c'est quoi? Le dédoublement? C'est ça? C'est
ce qu'on doit refaire? Ou on fait les choses différemment de...
M. Morin (Kevin) : ...est
un... assurément un frein à ça. L'enjeu, c'est que les matières, notamment dans
ce secteur-là, il y a une... il y a une circularité ou il y a une forme de
transport qui se fait entre différentes juridictions parce que ce n'est pas
chaque juridiction qui est capable de traiter certains types de matières. Donc,
comme il y a une grande circularité sur le territoire canadien. Mais, notamment
auprès des juridictions qui nous entourent, bien, là, c'est là... c'est d'autant
plus pertinent de discuter avec eux de comment l'implanter. On a eu des
matières qui ont eu une traçabilité au Québec, mais comme il y a un grand...
moins grand transport entre les provinces, bien, la question se pose moins. Là,
dans ce contexte-là, considérant que ça prend une expertise précise, c'est... c'est
vraiment précis, l'élément particulier sur lequel il devrait y avoir une... un
arrimage avec l'Ontario, on ne pourrait pas vous dire actuellement, mais on
pourrait vous revenir sur l'élément particulier ou plus significatif.
M. Arseneau : Excellent.
Merci beaucoup pour votre réponse. La conciliabilité de la réglementation
provinciale et municipale, bon, les unions municipales sont venues nous dire qu'il
fallait non seulement saluer cette nouvelle mesure, mais qu'il fallait aussi
permettre à certaines municipalités de faire valoir leurs particularités. Qu'est-ce
qui vous agace là-dedans précisément? Est-ce que vous ne reconnaissez pas que,
dans différentes régions du Québec, on peut avoir différents enjeux,
écosystèmes, difficultés ou contraintes d'approvisionnement, ainsi de suite?
Mme Messih (Sandra) : On le
reconnaît. On le reconnaît. On le sait. On sait très bien qu'il y a des
municipalités qui ont leurs particularités. C'est l'enjeu de prévisibilité
aussi que l'on veut, d'homogénéité et de contrôle, ne serait-ce que... que le ministère
puisse faire pour approuver les particularités.
Alors, nous, on proposait, si vous allez
dans ce sens-là, d'avoir une approche peut-être plus régionale et de... si les
municipalités concernées démontrent le pourquoi du comment elles ont besoin de
spécificités, et qu'elles vont au-delà de la réglementation, et que c'est
approuvé par le ministère, bien, que... qu'on puisse avoir cette vue d'ensemble
là. Parce que beaucoup de nos membres travaillent partout au Québec, et ce qu'on
a peur, c'est que ça devienne un peu... très, très hétéroclite et que, dans le
fond... Mais on reconnaît très bien qu'il peut y avoir des particularités au
niveau des municipalités. L'enjeu aussi, c'est... c'est les ressources pour...
pour gérer ça, faire le suivi. Puis on le sait qu'en région du moins c'est plus
difficile.
M. Arseneau : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Blouin) : Un
grand merci pour votre contribution à nos travaux.
On va suspendre quelques instants, le
temps d'accueillir le prochain groupe. Merci!
(Suspension de la séance à 12 h 06)
(Reprise à 12 h 12)
Le Président (M. Bernard) : Bonjour,
tout le monde. La commission va reprendre, donc, ses travaux. Nous accueillons
l'Association canadienne des constructeurs de véhicules conjointement avec la
Corporation des concessionnaires automobiles du Québec et avec les Constructeurs
mondiaux d'automobiles du Canada. Pour les gens qui nous écoutent, nous aurons
la traduction simultanée que vous aurez accès, donc, vous-mêmes, également.
Premièrement aussi je voudrais avoir le
consentement pour pouvoir dépasser l'heure allouée pour avoir notre bloc au
complet de 45 minutes.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Bernard) : Consentement.
Merci. Donc, j'invite les membres de la commission à se présenter, s'il vous
plaît. Vous allez par la suite disposer d'une période de 10 minutes pour
les échanges, et nous passerons par... par la suite à la période d'échange avec
les collègues de la... les membres de la commission. Merci. Allez-y.
M. Sam Yue Chi (Ian P.) : Alors,
Ian Sam Yue Chi, président-directeur général de la Corporation des
concessionnaires automobiles du Québec.
Patrice.
M. Maltais (Patrice) : Patrice
Maltais. Je suis directeur pour les parties prenantes et les affaires
québécoises pour Constructeurs mondiaux d'automobiles du Canada.
M. Kingston
(Brian) :
Et
Brian Kingston. «President and CEO of the Canadian Vehicle Manufacturers'
Association.»
Le
Président (M. Bernard) : Alors, merci. Vous pouvez... Vous disposez,
pardon, de 10 minutes pour... pour faire votre présentation.
M. Sam Yue Chi (Ian P.) : Merci.
Merci, Mmes et MM. les élus. Je vais me permettre de cadrer ma présentation
dans... dans mon texte. Je vais lire, cette fois-ci, puisqu'on est trois associations,
vous le constatez, devant vous, alors le temps est limité, puis on a des choses
à vous dire, les trois.
Alors, merci d'abord de nous donner
l'occasion de vous entretenir sur nos... nos enjeux, nos préoccupations en lien
avec la loi n° 81... plutôt le projet de loi n° 81, qui vise... qui
est une composante supplémentaire dans l'électrification des transports, dans
ce cas-ci le camionnage, les camions lourds, bien sûr.
En tant que PDG de la Corporation des
concessionnaires automobiles du Québec, je tiens à souligner l'engagement de
notre industrie à participer activement à la transition énergétique. Cependant,
nous croyons fermement que cette transition doit être guidée par une approche
équilibrée, pragmatique et cohérente avec les réalités économiques et
technologiques de notre époque. L'électrification des transports, notamment
pour les véhicules lourds, représente une ambition noble, mais elle
s'accompagne de défis complexes, des technologies encore émergentes, des coûts
élevés, un manque d'infrastructures adaptées et une... une adoption, pardon,
limitée à ce jour.
Nous plaidons pour une démarche
progressive et une vision agnostique sur le plan technologique. Cela signifie
que, plutôt que de privilégier une solution unique, nous devons encourager un
éventail de technologies afin de maximiser nos chances de succès tout en
répondant au défi unique du transport lourd. L'harmonisation avec les autres
juridictions nord-américaines est également essentielle. Nos marchés sont
profondément interconnectés, et des normes mal alignées pourraient non
seulement isoler le Québec, mais aussi nuire à sa compétitivité économique, en
particulier pour nos concessionnaires et nos transporteurs. Enfin, il est
impératif que cette transition soit accompagnée de mesures concrètes, des
incitatifs financiers pour... encourager, pardon, l'adoption de nouvelles
technologies, des investissements massifs dans les infrastructures de recharge
et de ravitaillement et un dialogue continu avec l'industrie.
Ces éléments sont indispensables pour que
nous puissions atteindre nos objectifs climatiques tout en préservant la
vitalité économique de notre province. Nous ne sommes pas ici pour freiner la
transition, bien au contraire, nous sommes ici pour proposer des solutions
réalistes adaptées aux besoins du marché et des consommateurs. Nous sommes
convaincus que, par la collaboration, nous pouvons transformer les défis en
opportunités et faire du Québec un leader nord-américain en matière de mobilité
durable. Merci.
Brian, si tu veux poursuivre.
M. Kingston (Brian) : Merci
beaucoup. Et, tous les membres de la commission, nous vous remercions de nous
donner l'occasion d'exprimer notre point de vue sur le projet de loi n° 81.
Les constructeurs automobiles se sont
engagés dans l'électrification <des...
M. Kingston (Brian) :
...se
sont engagés dans l'électrification >des transports. Les membres de
l'ACCV, «which is» l'Association canadienne des constructeurs de véhicules, ont
annoncé des investissements de plus de 1 milliard de dollars au
Québec pour construire la chaîne d'approvisionnement nord-américaine de
véhicules électriques, les VE.
Nous sommes ici aujourd'hui pour inviter
le gouvernement à reconsidérer l'obligation d'imposer des mandats pour la vente
de véhicules lourds à zéro émission. La technologie pour les véhicules
électriques lourds est encore à ses débuts et nécessitait une approche plus
réfléchie et nuancée. Les obstacles techniques comme la densité énergétique,
l'autonomie et les temps de recharge ainsi que les différents cas de
l'utilisation de ces véhicules sont plus complexes à surmonter. Les mandats de
vente du gouvernement pour les véhicules légers devraient servir de mise en
garde. La technologie des véhicules légers est beaucoup plus mature, mais
l'approche réglementaire du gouvernement pose des défis majeurs qui auront des
conséquences économiques pour le Québec. La même erreur ne doivant pas être
répétée pour les véhicules lourds. La transition vers l'électrique dépend de
conditions de marché favorables, de l'infrastructure de recharge et des
ravitaillements qui sont fiables et accessibles ainsi qu'une capacité de réseau
et d'une production d'électrique accrues.
Nous recommandons donc au gouvernement de
concentrer ses efforts sur la résolution de ce défi, qui sont des facteurs clés
de l'adoption des VE, plutôt que d'imposer des mandats pour la vente des
véhicules dans la province. Si le gouvernement décidait de mettre en place une
norme zéro émission pour les véhicules lourds, nous recommandons néanmoins des
modifications pour améliorer la faisabilité du projet de loi, y compris des
changements concernant la définition d'un «véhicule automobile lourd», la
flexibilité pour le système de crédit et l'inclusion d'un mécanisme de
révision.
Plus important encore, nous recommandons
au Québec de maintenir la cohérence de ses normes avec le marché nord-américain
dans son ensemble. Une approche réglementaire isolée ou mal alignée
compromettra l'intégration du Québec dans la chaîne d'approvisionnement, le
maintien, ainsi ses perspectives économiques. Merci beaucoup.
M. Maltais (Patrice) : Bien,
d'abord, merci aux membres de la commission de nous accueillir aujourd'hui. Les
Constructeurs mondiaux d'automobiles du Canada appuient les efforts de décarbonisation
du gouvernement. Les investissements de nos membres au niveau mondial et au
Canada témoignent de notre engagement pour réduire la facture carbone de
l'industrie automobile.
Cela dit, la proposition d'y introduire un
nouveau mandat VZE, cette fois visant les véhicules lourds, nous apparaît
prématurée. Encore plus que pour les véhicules légers à l'époque de
l'introduction du mandat les concernant, l'offre de... réduite en carbone pour
les véhicules lourds n'en est qu'à ses balbutiements. Notre inquiétude première
est toujours qu'on mandate une technologie plutôt que de placer l'emphase sur
le but ultime du gouvernement, et j'ajouterais l'intérêt industriel, même, la
réduction des gaz à effet de serre. La solution tout électrique n'est peut-être
pas la meilleure à ce stade-ci pour les véhicules lourds.
Nous privilégions une approche agnostique
au niveau technologique afin de laisser une place aux solutions alternatives
existantes ou à venir pour répondre à la problématique des GES pour le transport
lourd. À tout le moins, on ne devrait pas oublier la place des piles à
combustible comme étant une piste de solution au problème des émissions.
Nous renouvelons également notre demande
pour qu'une consultation annuelle soit mise sur pied pour évaluer le marché,
les cibles de réduction de GES et les moyens pour y arriver pour favoriser
l'atteinte des objectifs communs du gouvernement et de l'industrie,
consultation qui aurait avantage à exister également pour les véhicules légers.
Merci beaucoup.
• (12 h 20) •
Le Président (M. Bernard) : ...pour
votre présentation. Merci, M. Kingston, pour votre présentation en
français. Nous allons maintenant procéder avec les échanges avec les
parlementaires en débutant par le groupe gouvernemental. M. le ministre, vous
disposez d'une période de 16 min 30 s.
M. Charette : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci à vous trois. Très, très intéressant. Et merci de... de votre
présence. J'allais faire comme le président, vous remercier pour l'effort en
français. C'est très, très apprécié. Et aux deux autres personnes qui vous
accompagnent, je vous félicite, votre français est également fort bon. Mais
c'est... c'est très, très apprécié.
Ceci dit, c'est un des éléments importants
du projet de loi ou à tout le moins qui fait réagir beaucoup. C'est peut-être
l'occasion d'apporter certaines précisions que j'ai faites à quelques <reprises...
M. Charette :
...certaines
précisions que j'ai faites à quelques >reprises, là, depuis le début des
consultations, mais également au cours des dernières semaines. C'est un projet
de loi qui touche l'ensemble de nos lois, plusieurs de nos règlements
également. Et, lorsqu'il est question de norme VZE pour les véhicules lourds,
c'est un pouvoir essentiellement habilitant, c'est-à-dire, ça va donner le
droit et la possibilité de réglementer cette question-là. Cependant, il n'est
pas question, dans un avenir prévisible ou à court terme, de passer à l'étape
suivante, c'est-à-dire d'adopter une réglementation à ce niveau-là. Vous avez
fait valoir des éléments qui sont importants, d'autres ont pu faire valoir des
éléments semblables au niveau technologie, au niveau des disparités régionales
et autres, donc ce sont des éléments pour nous, là, qui sont naturellement pris
en compte. Mais c'est sans doute important à ce moment-ci d'envoyer le signal
que dans les prochaines années, c'est quelque chose sur quoi on devra réfléchir,
d'où le pouvoir habilitant qu'on se donne à travers ce projet de loi là.
Et il y a déjà des avancées technologiques
importantes qui ont été réalisées, qui ont été faites ces dernières années au
niveau des véhicules plus lourds, donc peut-être vous rassurer à ce... à ce
niveau-là. Et, si éventuellement il y avait une réglementation qui était
développée, naturellement, c'est tout le cycle des consultations qui... qui se
fera, et autant l'industrie que les différentes parties prenantes auront la
possibilité, là, de réagir à cette réglementation-là. Mais, encore une fois, on
a fixé un petit peu l'échéancier pour les prochains mois, la prochaine année,
avec un rendez-vous important, début 2026, pour les véhicules lourds,
donc... les véhicules légers, c'est-à-dire, donc nos efforts sont consacrés
davantage à cette question-là à ce moment-ci.
En même temps, je vous invite à continuer
vos efforts pour faire améliorer cette technologie. Vous allez me permettre de
vous taquiner. C'est sans aucune méchanceté. Mais, à la lecture de votre
mémoire, on retrouve essentiellement les arguments que vous aviez en 2016 quant
aux véhicules légers. Vous disiez que ce n'était pas le bon moment, que la
technologie n'était pas prête, que ce n'était pas une bonne idée. Et au final,
au niveau des véhicules légers, il y a énormément de progrès qui ont été
réalisés au cours des dernières années. Et les objectifs qui ont été fixés à
travers la réglementation VZE et qui vous ont été imposés en quelque sorte ont
tous été largement dépassés. Donc, il ne faut pas partir avec la prémisse que
c'est impossible. Mais on comprend qu'à ce moment-ci on serait mal avisés
d'aller avec une réglementation stricte pour les véhicules davantage lourds.
Votre présence nous offre une belle
occasion de déborder légèrement la question du projet de loi lui-même. Ces
derniers jours, ces dernières semaines, on est en quelque sorte frappés par...
par une nouvelle réalité géopolitique au niveau de l'électrification des... des
transports. Et ce que l'on a dit au moment de l'adoption de la loi il y a
quelques années, et avec les ajustements : Il faudra toujours être habiles
et il faudra toujours être agiles pour réagir à la situation. Et c'est la
raison pour laquelle, en fin d'année dernière, on a mentionné, au moment de
l'édiction de la réglementation pour 2035, que 2026 sera une année justement
pour évaluer où on en est au niveau de notre réglementation, est-ce que les
objectifs sont encore d'actualité, est-ce qu'ils sont surtout réalistes, est-ce
qu'ils sont réalisables, est-ce que le système de sanctions, le système
d'obligations qui a été adopté est encore applicable. Donc, peut-être vous
envoyer le message suivant : en début 2026, on procédera à cette... à
cette évaluation-là. Et, dans les faits, on lit l'actualité comme vous, nous
sommes en communication avec différentes parties prenantes, et on comprend bien
que c'est un domaine, là, qui est passablement bouleversé.
On parle beaucoup de l'élection
américaine, mais il y a d'autres acteurs aussi qui sont intervenus, du côté
européen notamment. Et, le Québec, quoiqu'un leader en matière
d'électrification des transports, et le Québec entend le demeurer très
certainement, on ne peut pas, à nous autres seuls, comme... comme État, dicter
un marché nord-américain. Donc, on a des partenaires importants dans cette...
dans ce défi-là. On est, avec la Californie, avec la Colombie-Britannique, avec
d'autres États aussi, solidaires avec une certaine réglementation qui est... sans
dire uniforme, mais qui est relativement homogène. Donc, on ne pourra pas faire
cavalier seul. Donc, avec les partenaires, avec l'évaluation du marché au cours
de la prochaine année, on sera en mesure de confirmer en début d'année
prochaine où on va pour les prochaines étapes.
Je sais que de vos membres, certains aimeraient
que, dès aujourd'hui ou dès les <prochaines...
M. Charette :
...aimeraient
que, dès aujourd'hui ou dès les >prochaines semaines, on enlève la date
de 2035, qu'on enlève les obligations qui vous sont adressées, mais il est
beaucoup trop tôt pour arriver à cette conclusion-là à ce moment-ci. 2024 a été
une année record en termes de ventes des véhicules électriques. Dans les
prochaines semaines, on va publier nos chiffres, on sait qu'on se rapproche de
40 % des véhicules légers vendus qui étaient... qui étaient conformes à la
norme VZE. Donc, c'est une belle année. En même temps, on sait que 2024, il y
avait eu ce signal-là pour la réduction des subventions et la fin progressive des
subventions, donc ça a sans doute permis à certains acteurs, à certains
joueurs, c'est-à-dire, de devancer leurs achats, donc 2024 est un petit peu
artificiel. 2025 va nous permettre d'avoir un véritable portrait, et c'est
après qu'on sera en mesure, là, de voir est-ce que l'on peut tenir la route
avec les exigences et les obligations qui nous ont... qui nous ont guidés, là,
au cours des dernières années.
Donc, c'est le signal que je voulais vous
réitérer. Mais il serait certainement et assurément trop tôt d'envoyer ce
signal-là maintenant parce qu'il y a un élan qui a quand même été créé, là, au
cours des dernières années. Et naturellement vous serez consultés au cours de
la prochaine année. Vous serez interpelés, vous serez sollicités pour nous transmettre
certaines informations, et on sera intéressés à entendre votre expertise. Je ne
sais pas si, à ce moment-ci, vous voulez réagir à mes propos. Sinon, j'ai des
collègues qui seront très intéressés à vous... à vous entretenir pour les
minutes qui nous... qui nous restent.
M. Sam Yue Chi (Ian P.) : ...puisque
vous m'y invitez, M. le ministre, bien oui. Puis on est d'accord, ça a bien été
jusqu'ici au niveau du véhicule léger, j'oserais dire en raison de l'effort
collectif. Toutes les parties prenantes ont joué leur rôle là-dedans, incluant
les manufacturiers et les concessionnaires, qui étaient là pour servir les
Québécois, expliquer le produit aussi et même faire preuve d'un certain...
d'une certaine compétence didactique pour éduquer le grand public quant à
l'opportunité de transiter vers le véhicule électrique. Le gouvernement du
Québec a été là comme... comme personne en termes d'incitatifs à l'achat de ces
véhicules électriques là aussi, puis on le reconnaît. Puis l'effort a été... a
été massif du côté du gouvernement du Québec. Puis aussi j'oserais dire que,
même au niveau de l'infrastructure de recharge, le Québec a fait preuve d'un
très grand leadership lorsqu'on se compare aux États américains et aux autres
provinces canadiennes. Donc, jusqu'ici, chaque partie prenante a joué son rôle.
Ce qui nous a inquiétés dans les derniers
temps et ce qui nous inquiète pour les prochains mois, c'est justement le
retrait, dans ce cas-ci progressif, du Québec quant aux incitatifs. Quand on
regarde ce qui s'est passé dans d'autres marchés, notamment le marché européen,
lorsque des décisions semblables ont été prises, alors oui, comme... comme industrie,
on est préoccupés. Oui, on reçoit positivement votre message de prudence et de
pragmatisme aujourd'hui de dire : Bien oui, on va se... on va prendre une
période de temps pour voir où on en est début 2026. Puis nous, on sera
toujours là pour collaborer avec vous, pour... pour échanger, pour vous dire où
on en est lorsque vous nous inviterez à le faire. Alors, comptez sur nous, M.
le ministre.
Le Président (M. Bernard) : ...nous
allons céder la parole au député de Masson. Vous disposez de 7 min 30 s.
M. Lemay (Masson) : Merci, M.
le Président. Merci, M. Maltais, M. Sam Yue Chi, M. Kingston, d'être avec nous
ce matin. Ce n'est pas la première fois qu'on a la chance de discuter ensemble,
mais très heureux de vous revoir aujourd'hui.
Juste à savoir, vous avez plusieurs inquiétudes,
vous avez... Donc, parmi vos premiers problèmes que vous mentionnez dans votre
mémoire, là, je crois que c'est à la page 5, là, vous... avec... en lien
avec l'article 2, vous mentionnez la différence de poids avec les
véhicules. Vous dites qu'il y aurait une différence dans la définition avec le
PNBV versus le GCWR, là, avec le poids. Mais, tu sais, je comprends que c'est
technique, là, mais en même temps, je voudrais savoir, tu sais, comme, si nous,
notre intention... Par exemple, est-ce que vous croyez que ça pourrait être
intéressant que, dans un premier temps, si on allait de l'avant, on irait... tu
sais, si on visait plus les petits camionnages locaux, là, tu sais, comme les
camions de livraison pour de la livraison plus locale, est-ce que vous croyez
que ce serait une bonne idée de débuter par ce type de camions?
• (12 h 30) •
M. Kingston (Brian) :
Sure. Yes. And,
apologies, I'll have to respond in English.
M. Lemay
(Masson) :Yes. No
worries. Go ahead.
M. Kingston (Brian) :
So, yes, on that… And we have a
specific recommendation in our brief around the definition that is used. But
right now, in the definition in the bill, it's based on a vehicle... «gross
vehicle weight rating, including that of any trailer, semi-trailer or detachable
axle towed by that vehicle». We are suggesting removing that so that it's
focused on what... what is, in the industry term, the definition of a «heavy-duty
vehicle», and that's using the «gross vehicle weight rating»...
12 h 30 (version révisée)
M. Kingston (Brian) :
...vehicle, and that's using the gross vehicle
weight rating and that's any vehicle over 4 500 kg. So, we think, with that
change, it will be much clearer for the industry what is classified as heavy
duty. And, that way, you don't accidentally capture vehicles which in fact are
not heavy duty, but they may be pulling a trailer that puts them over that
weight rating. So, we have a very specific recommendation that we'd like to
make there to clarify that.
M. Lemay : OK, puis, en
sous-question, si vous croyez que si on allait... si... admettons, si on visait
plus le camionnage pour la livraison locale, donc les petits camions de
livraison, est-ce que vous croyez que ce serait une bonne idée de débuter par
cibler ce type de camions lourds?
M. Sam Yue Chi (Ian P.) : ...je
pense que ce serait une bonne idée, parce que c'est deux réalités, le circuit
court, le circuit long, deux types de camions aussi et des technologies qui n'ont
pas atteint jusqu'ici le même degré de maturité. Alors, oui, la réponse, très
clairement, ça ferait... ça ferait du sens. Patrice ou Brian?
M. Maltais (Patrice) : En
fait, oui, ce serait une bonne idée, parce qu'au niveau de ces camions-là, vu
que ce n'est pas des camions qui sont très, très lourds puis encore là qui
font... ils font des circuits plus courts, il y a déjà une offre qui a commencé
à être établie sur le marché. Donc, ça... d'avancer avec ces... avec ces
véhicules-là en premier, ce serait très... ce serait une très, très bonne idée,
parce qu'on est déjà... on a déjà commencé avec ces véhicules-là à être capables
de les électrifier. Ça va nous permettre d'apprendre beaucoup sur les types d'usages
que les... que les consommateurs vont faire de ces véhicules-là pour être
capables de justement avancer la technologie pour d'autres classes plus tard.
M. Lemay : D'accord. Puis je
pourrais regarder tous vos neufs problèmes que vous avez identifiés dans votre
mémoire, là, mais allons directement au problème numéro neuf, là, vous parlez
des autres modifications législatives. On a eu la chance de se parler aussi de
la REP puis des batteries des véhicules électriques. Là, vous en faites
mention. Je ne sais pas si vous voulez faire de quoi... parler plus
spécifiquement de ce point-là au micro. Je comprends que c'est connexe au projet
de loi n° 81, là, puis ce n'est pas identifié spécifiquement dans le projet
de loi n° 81, mais vous le... vous le mentionnez dans votre mémoire. Si
vous voulez peut-être nous faire un petit mot sur ce point-là, je serais
intéressé de vous entendre.
M. Maltais (Patrice) : En
fait, l'industrie a établi, en collaboration, d'ailleurs, avec le ministère
puis RECYC-QUÉBEC, un programme de récupération et de recyclage, de
réutilisation aussi des véhicules... des batteries de véhicules électriques. C'est
un... c'est un programme qu'on a... qu'on s'est engagés avec le gouvernement à
faire. Ce n'est pas un... ce n'est pas un country club, là, que c'est... une
fois qu'on est... une fois qu'on est engagés, on doit vraiment remplir ces
obligations-là. On l'a fait de façon transparente avec le gouvernement. Puis d'ailleurs
on va commencer à donner des rapports cette année sur les résultats qu'on a...
qu'on a eus avec ce... avec ce programme-là.
C'est un programme d'ailleurs qui est...
sur lequel on apprend beaucoup, mais qui fait des petits. Il y a d'autres... il
y a d'autres provinces puis il y a d'autres juridictions, même aux États-Unis,
qui regardent à faire... à faire soit une copie ou une adaptation de ce
programme-là. Donc, on est... on est fiers que le Québec ait embarqué avec nous
autres là-dessus, parce qu'on fait figure de proue. En fait, on est... on est
leader là-dessus au Québec, avec l'industrie, puis c'est... Puis on aimerait ça
autant que possible de pouvoir continuer à peaufiner ce programme-là plutôt qu'avoir
une réglementation qui nous imposerait une REP qui pourrait éventuellement
endiguer un peu, là, ce qu'on est en train d'essayer de faire.
M. Kingston
(Brian) :
Yes,
just very quickly… this is a very innovative program, it's industry led in
collaboration with the Government. It gets rid of the need for a regulatory
approach. We don't need a regulatory approach, because the industry is managing
this and we will be submitting our report on the success of the program, some
of the early findings in the near future. So, I think it's a great example of
turning to industry to solve this problem. And we're doing it, and we'll
continue to do so.
M. Sam
Yue Chi (Ian P.) : En français, on dit : «If it's not broken, don't
fix it», quelque chose comme ça.
M. Lemay : ...pour la
traduction. Dites-moi, avec ce qui se passe du côté des États-Unis, puis la fin
des subventions fédérales américaines, est-ce que... dans la prévisibilité que
vous avez ou vos hypothèses, est-ce que vous ne croyez pas justement que la fin
des subventions fédérales américaines va... Est-ce que ça va faire en sorte que
ça va rendre les véhicules électriques disponibles pour des marchés où c'est qu'on...
l'électrification est déjà très avancée? Est-ce que vous avez cette vision que
vous voudriez partager avec nous?
M. Maltais (Patrice) : On
est... on évolue dans un marché nord-américain qui est quand même relativement
intégré. Puis généralement ce qu'on... ce qu'on apporte au Québec, ce qu'on
apporte au Canada, c'est aussi la flotte de véhicules ou l'offre de véhicules
qui est offerte aux États-Unis. Là où on a une inquiétude sur ce qui se passe
aux États-Unis, c'est qu'avec la... avec la réduction des incitatifs aux
États-Unis puis la réduction, en fait, de la demande, ça risque en fait de
diminuer l'offre ou de diminuer le choix des véhicules disponibles pour l'ensemble
de l'Amérique du Nord. Donc, ça ne va pas nécessairement faire en sorte qu'on a
plus de véhicules qui sont disponibles au Québec, peut-être en termes de
nombre, mais... mais pas nécessairement en termes de choix.
M. Kingston (Brian) : Yes, I would just add that the... as the incentive decreases
towards the limit made in the US, that will have an impact on demand for
electric vehicles, but it will not have an impact on the <current...
M. Kingston
(Brian) :
...made in the US, that will have an impact on demand for electric
vehicles, but it will not have an impact on the >current production of the American manufacturers of these vehicles.
And the reason I say that is because the industry is highly regulated on its
emissions and the emission standards in the United States are becoming
increasingly complex and stringent. And the only way for a manufacturer to
comply is through electrification, and that includes full electric but also plug-in
hybrids, hybrid technology, fuel cell, you name it. So, regardless of the
incentives, that will impact the current consumer demand in the market, but
manufacturers are moving in this direction. The question is just what is the
pace and what is the timeline.
M. Sam Yue Chi (Ian P.) : ...
Le Président (M. Bernard) : Merci.
Oh! Excusez. 15 secondes.
M. Sam Yue Chi (Ian P.) : ...réponse
très concessionnaire. Le risque, c'est justement que... encore une fois, je
vais parler en français, que le marché du Québec devienne un marché de dumping
de véhicules électriques pour les manufacturiers, de sorte que les
concessionnaires québécois, les 890 PME que je représente, pourraient
avoir une difficulté à faire tourner ces inventaires-là sur le marché du Québec
avec la pression manufacturière, messieurs, je suis obligé de le mentionner.
Le Président (M. Bernard) : Parfait.
Merci, messieurs. La période d'échange est maintenant terminée. Nous allons
passer la parole à l'opposition officielle. Mme la députée, vous disposez d'une
période de 9 min 54 s.
Mme Dufour : Merci, M.
le Président. Peut-être...et merci à vous trois, là, d'être ici, mais peut-être
continuer sur ce que vous mentionniez juste à l'instant, le dumping chez les
concessionnaires. Peut-être nous expliquer qu'est-ce que ça... qu'est-ce que...
comment ça se passerait exactement, puis l'impact.
M. Sam Yue Chi (Ian P.) : Un
cours rapide de l'industrie automobile détail, les manufacturiers, ils «design»,
produisent des véhicules pour les mettre dans les lots, dans les inventaires
des concessionnaires. À partir du moment où le véhicule est sur le lot du
concessionnaire, le concessionnaire assume les coûts financiers reliés à
l'inventaire et le risque associé aussi.
Alors, les manufacturiers vont toujours
chercher à faire tourner les inventaires, les modèles là où ça va le mieux.
Advenant un isolement québécois avec une norme bien spécifique dans un contexte
nord-américain, il est à risque qu'effectivement les véhicules viennent. Puis
les véhicules sont déjà ici, en passant, ça va très bien, les inventaires sont
bien garnis, malgré toutes les ventes qu'on a faites en fin d'année. Et là la
conséquence, c'est que des concessionnaires pourraient avoir des coûts
financiers trop élevés pour pouvoir continuer d'opérer strictement sur le
marché du Québec. Alors, il y a un risque de coût financier pour les
concessionnaires du Québec.
Mme Dufour : Est-ce que
ça pourrait mener des concessionnaires à fermer à ce moment-là?
M. Sam Yue Chi (Ian P.) : Tout
à fait. Les manufacturiers, avec les normes VZE, sont toujours devant un choix
de dire : On pousse l'inventaire d'électrique parce qu'il est disponible
en fonction du déploiement mondial ou dans certaines situations... puis je ne
nommerai pas de marque, mais dans certaines situations, les manufacturiers font
aussi le choix de réduire leurs allocations complètes sur le marché. Ça a été
le cas pour certains manufacturiers déjà ici, au Canada et au Québec, de sorte
que les concessionnaires ont beaucoup moins de véhicules, globalement, tant à
essence qu'électriques, à vendre. Et ça devient un plan d'affaires un peu plus
difficile à soutenir et parfois insoutenable. Donc, il y a un risque. C'est un
risque qui est théorique pour le moment, mais qui pourrait devenir très, très
réel avec un isolement réglementaire québécois.
Mme Dufour : Moi,
j'avais une question concernant s'il y a moins de véhicules électriques qui se
vendent parce que, par exemple, les aides gouvernementales ne sont plus là,
mais que les coûts ne sont pas encore au même niveau qu'un véhicule à essence.
Est-ce qu'il y a un risque que, finalement, pour respecter les objectifs de
vente, bien, qu'on réduise le parc de véhicules à essence, et donc que,
finalement, ça fasse augmenter le coût des véhicules dans leur ensemble? Je
voudrais vous entendre là-dessus, je ne sais pas...
• (12 h 40) •
M. Kingston
(Brian) :
Yes.
Thank you. That absolutely is a risk. And that's a risk that we see with the regulation
in Québec, as well as in BC. In Québec, the target for 2025 is 22%. That ramps
up, it doubles to 45 % in 2027. That is a huge increase in the stringency
of this target. If a manufacturer cannot meet that target, if they can't meet
the 45% because there is no consumer demand for that many electric vehicles,
they can comply with credits that they've earned, but those are limited. The
only compliance pathway is to start restricting vehicles into the Québec
market, gas powered vehicles. Because they will comply, they will never be out
of compliance with the Government regulation. They will restrict the inventory.
And that means there will be less vehicles for sale in Québec, prices could
increase. And this very damaging for the… for the economy, we must avoid that
outcome.
Mme Dufour : Et donc, si
je comprends bien, votre crainte, ce n'est pas l'objectif de 2035, mais c'est
plutôt la vitesse à laquelle ça augmente jusqu'en 2030. Est-ce que c'est bien
ça? Parce< que...
Mme Dufour :
...vitesse
à laquelle ça augmente jusqu'en 2030. Est-ce que c'est bien ça?
Parce >que... it's very steep.
M. Kingston (Brian) :
...steep and it really starts to steep
in starting with next year, where we see this ramping up towards that goal of
getting to 100%, and it's going to move faster than the market is willing to
bear, in our opinion.
M. Sam
Yue Chi (Ian P.) : Et il y a plusieurs effets pervers, si je peux me
permettre, Brian, puis certains effets pervers sont très peu connus, dont un...
On peut... on peut le nommer, là, le rapport sur l'exécution de la norme VZE
est sorti hier, puis on peut constater que les grands gagnants de tout le plan,
d'un point de vue financier, c'est Tesla, avec 31 000 crédits qui ont
été vendus à d'autres manufacturiers, qui sont là depuis parfois plus de
60 ans au Canada, qui devaient, eux, réinvestir pour faire cette
transition-là, alors que ce n'était pas le cas pour Tesla.
Donc, parfois, dans le design, une bonne
idée qui existait en 2016 peut devenir une très mauvaise idée aujourd'hui, en
2025. Donc, je pense qu'à titre de parlementaires vous devrez vous poser la
question : Dans le design de votre action gouvernementale, l'action
bénéficie à qui? Puis, dans ce cas-ci, bien, Tesla, une entreprise qui a très
certainement un produit appréciable pour les Québécois, mais qui n'investit pas
ni dans les collectivités, ni dans... ni dans le bâti au Québec, ni dans tout
ce qui est médias traditionnels. Donc, il y a d'autres effets pervers
collatéraux à des normes VZE. On ne dit pas que la norme VZE n'est pas... n'est
pas utile. Je pense qu'elle a porté certains fruits jusqu'ici, pairés avec les
incitatifs, mais là, présentement, par design, on a peut-être un enjeu ici.
Mme Dufour : Et, si je ne me
trompe pas, génère très peu d'emplois au Québec ou même au Canada, là.
M. Sam Yue Chi (Ian P.) : Vous
ne vous trompez pas.
Mme Dufour : Parfait. Alors
que votre industrie, les trois, en génère beaucoup, beaucoup, beaucoup,
d'emplois ici.
M. Sam Yue Chi (Ian P.) : Chez
les concessionnaires, c'est... c'est 60 000 emplois au Québec, bien
rémunérés, tant les emplois techniques que de vente. Alors, oui, tout à fait.
Mme Dufour : 60 000
emplois, ce n'est pas rien. Je voudrais vous entendre sur le risque
d'isolement, là. Vous avez mentionné... En fait, bien, il y a un risque
d'isolement, mais est-ce que ça pourrait faire en sorte que des acteurs,
finalement, se retirent carrément du marché si la norme... Parce que le marché
québécois n'est pas si grand que ça quand on... on est une goutte à comparé du
reste de l'Amérique du Nord, là. Donc, je voudrais vous entendre sur ce
risque-là de voir des acteurs partir.
M. Maltais (Patrice) : Oui.
Ce risque-là est réel, je veux dire, j'ai... surtout de... parmi mes membres,
j'ai des membres qui sont plus petits que d'autres en termes... en termes de
volume. C'est toujours une question à savoir... il y a... Il faut faire la
balance entre... entre ce qu'on est capables de vendre, ce qu'on est capables
aussi de faire en termes de... en termes de marge, puis d'être capables de
faire aussi... faire vivre les concessionnaires qu'on a sur le terrain, puis
aussi ce qu'on est capables de vraiment produire puis ce qu'on est capables de...
de rencontrer la courbe en tant que telle.
Je veux dire, la courbe au Québec est plus
agressive que celle de la Californie, c'est... ce n'est pas peu dire, là. Donc,
j'ai des... j'ai des membres qui y pensent puis ils pensent sérieusement :
Est-ce qu'on va prendre le risque d'avoir à payer des grosses, grosses
pénalités ou d'avoir à acheter des crédits à d'autres pour être capable de
rester... de rester sur le territoire ou est-ce qu'on va plutôt décider, bien,
qu'on va... on va malheureusement faire une croix sur ce marché-là, on n'est
pas capables de faire... de faire un profit ici?
Mme Dufour : Et je voudrais
vous entendre... parce qu'il ne me reste pas beaucoup de temps, mais je
voudrais vous entendre sur deux points. D'abord, le cycle de développement des
produits, là, vous le mentionnez, on parle de combien d'années? Puis là autant
pour... ma question vaut autant pour le véhicule léger que le véhicule lourd, là.
Ça prend combien de temps, développer un nouveau véhicule?
M. Kingston
(Brian) :
It's
a very long lead time industry. So, you could be talking anywhere from four to
five years for a model a year cycle to take place, from original design through
to full scale manufacturing. In the heavy-duty space, it can take even longer,
particularly with these new technologies that are coming into the market now.
Mme Dufour : Donc, une
norme... il faut nous... vous laisser beaucoup de temps pour que le marché soit
prêt pour arriver. Dans le cas des véhicules lourds, est-ce que c'est à peu
près les mêmes délais ou c'est... c'est plus long? Parce que, là, de... on a eu
un groupe juste avant vous qui nous disait que le marché n'était pas du tout,
du tout prêt. Donc là, on parle peut-être d'une décennie avant qu'on soit prêts
à avoir des véhicules lourds?
M. Kingston
(Brian) :
Yes.
It very much depends on the segment of heavy-duty, and that's what makes heavy-duty
so complicated. You know, as we said earlier, things like intracity delivery
vans, the technology is coming along quite nicely, and we're even manufacturing
one of those here, in Canada, now. But when you talk about long haul transport,
or, you know, fire trucks, or other sorts of heavy-duty vehicles with specific
purposes, it can take longer and in some instances we don't have technology yet
that is suitable.
M. Sam
Yue Chi (Ian P.) : ...sans les <nommer...
M.
Kingston (Brian) :
...we don't have technology yet that is suitable.
M.
Sam Yue Chi (Ian P.) :
...sans les >nommer, certains
manufacturiers nord-américains rendent leurs chiffres disponibles et, pour la
majorité des manufacturiers, actuellement, leur ligne de produits électriques
n'est toujours pas profitable aujourd'hui, en 2025. Et les chiffres que j'ai
sont très récents, datent de l'an dernier, après la fermeture des états
financiers de certains manufacturiers. Alors, ça vous donne quand même une idée
du cycle d'amortissement et de rentabilité des véhicules, puis là on parle de
véhicules légers, bien sûr.
Mme Dufour : Exact, qui ont
commencé à arriver sur notre marché il y a quand même fort longtemps, puis ils
ne sont toujours pas profitables. Je voudrais...
Le Président (M. Bernard) : 30 secondes,
Mme la députée.
Mme Dufour : Oui, je voulais
juste vous entendre sur l'idée d'inclure le... les véhicules lourds au gaz
renouvelable. Est-ce que ça aiderait à amener le marché peut-être un peu plus
en avant?
M. Maltais (Patrice) : Oui.
Mme Dufour : Parfait. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Bernard) : Merci.
Je cède maintenant la parole au porte-parole du deuxième groupe d'opposition.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous disposez de 3 min 18 s.
M. Leduc : Merci, M. le Président.
Bonjour à vous trois. À la page quatre de votre mémoire, vous faites référence
à un terme que j'entends souvent ces temps-ci... bien, que j'entends souvent
dans le domaine de... économique, qui est l'impératif d'harmoniser les
modalités d'application d'une norme, dans ce cas-ci la norme VZE, mais on
dirait qu'à chaque fois que j'entends ce terme-là, «harmoniser», ce n'est
jamais pour rehausser la norme, c'est toujours pour baisser la norme par
rapport à des voisins, des législatures qui seraient moins avancées en matière
de protection de l'environnement. Ça fait que je comprends que vous utilisez ce
terme-là, puis c'est bien correct, mais est-ce que je dois bien quand même
comprendre que, quand vous dites «harmoniser» ici, c'est... dans les faits,
c'est la baisser pour qu'elle soit au même niveau, plus basse, que les voisins?
M. Sam Yue Chi (Ian P.) : ...que
le verbe a été mal choisi, je dirais «concerter», pour harmoniser, bien sûr,
c'est l'objectif, qu'il y ait une norme VZE à l'échelle nord-américaine dans un
contexte de camionnage lourd, où on vise le transport de marchandises ici, là.
Vous comprenez que ça peut passer d'une province à l'autre, et d'un État
américain à l'autre, et d'un pays à l'autre aussi. Pour nous, ça devient une
préoccupation de premier plan, encore plus que... Et, M. le ministre avait
raison, en 2016, on avait à peu près le même argumentaire, mais j'ai envie d'en
rajouter une bonne couche ici dans le contexte du véhicule lourd. Alors, pour
nous, c'est une question de zones nord-américaines, qui, sauf avis contraire,
existent encore aujourd'hui en termes d'intégration de marchés. On pense que
c'est une bonne affaire, on espère que ça va être maintenu comme ça, mais ça
présuppose aussi qu'on se concerte avec nos voisins pour être certains d'avoir
quelque chose d'arrimé, et qui est cohérent, et qui fait du sens d'un point de
vue manufacturiers et concessionnaires aussi.
M. Leduc : Mais est-ce que
vos vis-à-vis américains ou dans d'autres législatures ne pourraient pas
plaider aussi d'harmoniser ces autres législatures à la nouvelle norme
québécoise? Est-ce que ça marche des deux bords?
M. Maltais (Patrice) : ...ça
marche, ça marche dans les deux directions. Mais ce qu'on a... ce qu'on a
souvent dit au gouvernement du Québec puis à la Colombie-Britannique, c'est :
Travaillez ensemble pour faire des grands groupes pour être capables d'avancer
une norme... une norme ensemble. Parce que ça permet, en tant que tel, d'avoir
plus de volume pour être capables de pouvoir amortir ces technologies-là. Le
Québec, en tant que tel, c'est à peu près... c'est à peu près 1 % du
marché nord-américain. Ce n'est pas 1 % du marché nord-américain qui va
influencer le reste.
Ceci dit, vous... il y a des bonnes idées
au Québec, puis je pense... puis on vous appuie là-dessus. Allez faire des
petits, allez parler à d'autre monde puis essayez de... ramassez du monde à
votre groupe pour qu'effectivement, quand on parle d'harmonisation, bien, on
parle d'harmonisation en montant, pas en descendant. Mais, à l'heure actuelle,
oui, je vous dirais qu'il faut travailler avec... avec les réalités du marché
qu'on a, puis les véhicules qu'on apporte aux... en Amérique du Nord ou qui
sont manufacturés ici, ils sont faits pour le marché nord-américain. Le marché
nord-américain, bien, c'est tout le monde avec les mêmes normes en Amérique du
Nord.
M. Kingston
(Brian) :
Can I
just add a quick point from a manufacturer perspective? When we talk about
harmonization, the reason that it's so important is because we want to win
investment and jobs in Canada. And what makes Canada attractive for these
companies, to manufacturers here, is the fact that they send their product to
the United States, 90% of what comes out of our factories goes to the United
States. And so, it's so important that our regulatory environment is harmonized,
because, if it's not harmonized...
• (12 h 50) •
Le Président (M. Bernard) : Merci...
M. Kingston
(Brian) :
...it's
very difficult to have that... make the case for investment here…
Le Président (M.
Bernard) :
Sorry,
but time… time is over.
M. Kingston (Brian) :
Oh! yes, sorry. Thanks.
Le Président (M.
Bernard) :
Thank
you very much. Je cède maintenant la parole au député des Îles-de-la-Madeleine
pour 3 min 18 s.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Merci à vous trois pour votre présentation. C'est une discussion qui
est très intéressante. Vous avez donné des pourcentages, tout à l'heure, là,
sur les objectifs de l'année prochaine et de l'année suivante, 2027, là, le
45 %, le pourcentage de vente, véhicules légers, là, c'est de ça qu'on
parle, issu de la loi de <2017...
M. Arseneau :
...là,
le 45 %, le pourcentage de vente, véhicules légers, là, c'est de ça qu'on
parle, issu de la loi de> 2017. Ma question est simple... faire écho aux
propos du ministre plus tôt, est-ce qu'on aurait à... En fait, ma question,
d'abord, c'est : Aujourd'hui, on en est où, là, en 2024? L'objectif,
c'était 19,5 %, les chiffres que vous avez par rapport à ça.
M. Kingston
(Brian) :
We
don't have the end of year for 2024, but, by the third quarter, it was... just
hit 34%... third quarter of 2024.
M.
Arseneau : Donc, ma question serait : Si on n'avait pas eu cet
environnement réglementaire là, est-ce qu'on aurait obtenu cet objectif?
M. Sam Yue Chi (Ian P.) : ...en
premier chef ou en premier lieu, les incitatifs, et aussi de la façon que ça a
été communiqué dans le grand public, à savoir que ça régresserait dès le
1er janvier, a eu un effet immédiat, mais réellement immédiat sur le
marché. On est dans une situation où les marques, il y avait une belle
disponibilité, puis c'est le cas pour la majorité, ont fait des belles ventes,
des belles ventes en 2024. Et, selon nos... en bon français, nos «forecasts»,
il y a des ventes qui ont été précipitées, qu'on aurait dû faire, dans les
prochains mois, en 2025.
Alors, la question, est-ce que la norme
VZE a un rôle à jouer? Oui, ça existe au Québec depuis 2017, en mise en
vigueur, et ça a certainement joué un rôle. Maintenant, quel est... quels sont
les paramètres qui permettent d'atteindre ces résultats? Ce n'est pas que la
norme VZE. Ça ne peut pas survivre sans un incitatif à l'achat soutenu. Et
nous, on regarde tout ce qui se passe dans le monde, je sais que vous le faites
aussi, le meilleur cas d'école, actuellement, c'est celui de l'Allemagne, où
les incitatifs à l'achat se sont terminés du jour au lendemain, et il y a eu
une baisse drastique de 43 % de ventes de véhicules électriques.
M. Arseneau : Bien, c'est mon
autre question. Suite à l'abandon annoncé du programme Roulez vert, est-ce que
vous avec des... est-ce que vous faites des projections? Est-ce que vous pouvez
nous en parler, si vous en faites, à savoir quels seront les résultats pour
2027, par exemple?
M. Kingston
(Brian) :
…for
the first... given that the incentive is pausing on February 1st, we're
expecting it to come back in the spring after the budget, but effectively no
electric vehicles will be sold in Québec for that period, because any consumer
would wisely wait and see what the Government reintroduces. So, you're going to
see sales in the first quarter of this year go close to zero. And then the
question is : Can they recover to hit the 22% over the remainder of the
year? There's a big question mark, the headwind of the US situation, obviously,
if we're facing 25% tariffs and economic recession, that will be a huge factor
in whether or not these targets are feasible.
M.
Arseneau : Merci beaucoup.
Le Président (M. Bernard) : Merci,
messieurs. Merci, M. Kingston. Merci, M. Sam Yue Chi. Merci, M. Maltais. Le
temps est maintenant épuisé. Merci pour votre contribution aux travaux. La
commission est suspendue jusqu'à 15 heures. Merci. Bon dîner.
(Suspension de la séance à 12 h 54)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 01)
La Présidente (Mme Blouin) : Bonjour
à tous. Donc, la Commission des transports et de l'environnement reprend ses
travaux.
Nous poursuivons les consultations
particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 81, Loi modifiant
diverses dispositions en matière d'environnement.
Cet après-midi, nous entendrons les
organismes suivants : Propulsion Québec, la Société pour la nature et les
parcs, Québec, la Fédération des chambres de commerce du Québec et la Fondation
Rivières.
Alors, sans plus attendre, je souhaite la
bienvenue aux représentants de Propulsion Québec. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour faire votre exposé, après quoi suivra la période
des... d'échange, pardon, avec les membres de la commission. Alors, je vous
invite à vous présenter et à enchaîner avec votre exposé.
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:Merci, Mme la Présidente. Bonjour à tous. M. le ministre,
Mmes et MM. les députés, je me présente, Michelle Llambías Meunier, présidente-directrice
générale chez Propulsion Québec. Et je suis accompagnée aujourd'hui de trois de
mes collègues, donc, Romain Gayet, directeur filière véhicules zéro émission,
Marie-Josée Côté, directrice des affaires gouvernementales et des politiques
publiques, et Stéphane Pascalon, chargé de sénior... chargé de projet sénior,
pardon, chez Propulsion Québec, et c'est avec enthousiasme que nous prenons
part à ces consultations particulières sur le projet de loi n° 81.
Alors, quelques mots sur Propulsion Québec,
d'abord. Nous sommes la grappe des transports terrestres zéro émission et nous
sommes nés en 2017 avec l'ambition de faire croître notre industrie et de
renforcer sa compétitivité internationale. On peut dire que beaucoup de chemin
a été parcouru depuis, depuis 2017. Notre secteur est maintenant reconnu comme
étant stratégique d'un point de vue du développement économique, mais surtout
en tant qu'une solution efficace pour contribuer à répondre au défi climatique.
Nous comptons, chez Propulsion Québec, plus
de 215 membres actifs dans des créneaux stratégiques de l'économie québécoise.
On parle ici d'industriels, d'opérateurs, de propriétaires de parcs de
véhicules, d'organisations institutionnelles du Québec, particulièrement dans
les créneaux des transports terrestres zéro émission, de la filière recharge et
de la filière batterie, des mines jusqu'aux entreprises qui font de la
récupération et du recyclage de batteries.
Alors, entrons dans le vif du sujet. D'emblée,
nous souhaitons dire que nous appuyons la volonté du gouvernement du Québec de
décarboner le transport lourd. Aujourd'hui, le Québec franchit une étape
cruciale qui va nous permettre non seulement de nous rapprocher de l'atteinte
des cibles climatiques, mais aussi de consolider notre leadership en matière de
transport terrestre zéro émission.
Le Québec s'engage ainsi dans une démarche
similaire à celle qui est adoptée par de nombreuses autres juridictions dans le
monde qui ont déjà fait de la mobilité durable une priorité et qui ont déjà,
par ailleurs, des exigences de ventes pour les véhicules lourds. On peut penser
à une quinzaine d'États américains, comme l'Oregon, Washington, le New Jersey,
le Nouveau-Mexique, le Rhode Island, la Californie, New York, le Vermont, sans
oublier le Royaume-Uni, l'Autriche et la Norvège.
Permettez-moi d'abord de rappeler des
faits qui justifient une action immédiate. Le secteur du transport lourd
représente près de 30 % des émissions du transport routier au Québec, soit
plus de 7 millions de tonnes de CO2 par année.
Le parc du transport lourd continue d'augmenter. Les émissions de GES liées à
ce secteur sont aussi en augmentation malgré une amélioration de l'efficacité
énergétique des véhicules de manière individuelle.
Actuellement, environ 182 000 camions et tracteurs
routiers sont en circulation au Québec et seulement 650 d'entre eux sont
propulsés par des moteurs électriques, on parle de moins de 1 %, et, bien
qu'ils soient moins largement utilisés dans certaines classes de véhicules, il
est faux de dire qu'il n'y a pas de disponibilité de véhicules moyens lourds
électriques au Québec. Je peux citer, par exemple, l'eCascadia Freightliner,
Volvo VNR, Peterbilt et Kenworth, du groupe PACCAR, et BrightDrop, de
Chevrolet. Ce sont toutes des marques, des compagnies qui circulent au Québec
présentement et qui ont des véhicules électriques.
Alors, la transition vers des modes de
transport plus écologiques n'est plus une option, mais une nécessité. Le projet
de loi n° 81 représente ainsi une véritable occasion pour réduire la
consommation d'énergie fossile, valoriser notre énergie renouvelable, rendre le
transport lourd plus durable et bâtir une économie plus verte et plus locale.
Nous allons concentrer aujourd'hui nos
commentaires sur deux grands thèmes du projet de loi, soit la mise en place d'une
norme VZE pour les véhicules lourds puis la récupération et le recyclage des
batteries de véhicules électriques pour le segment du projet de loi qui est
dédié à la valorisation des matières résiduelles.
Alors, sur le premier thème, je dois dire
que Propulsion Québec défend depuis plusieurs années l'ambition d'élargir la
norme VZE aux véhicules lourds des classes 3 à 8. Une telle norme pourrait
permettre non seulement de réduire les émissions de <GES, mais aussi
d'améliorer...
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:
...pourrait permettre
non seulement de réduire les émissions de >GES, mais aussi d'améliorer
la qualité de l'air dans les zones urbaines et les corridors de transport,
d'ouvrir la voie à une plus grande disponibilité de véhicules lourds zéro
émission, d'améliorer la prévisibilité du marché pour les manufacturiers et de
stimuler l'innovation et la commercialisation des solutions de transport
durables.
Cela étant dit, pour que cette nomme...
cette norme, dis-je, ait l'impact souhaité, il est impératif de l'accompagner
de mesures complémentaires qui vont viser à stimuler la demande. Cela est
d'autant plus crucial compte tenu des mouvements géopolitiques actuels, de la
volatilité des marchés et de l'incertitude politique, et, bien que cela puisse
affecter la cadence et l'adoption élargie des véhicules électriques lourds,
l'effet Trump ne doit pas nous faire reculer, mais nous motiver à poursuivre
sur la décarbonation des transports et saisir les opportunités qui sont offertes
par cette transition énergétique.
Les orientations de la nouvelle présidence
américaine, combinées au fait que nos deux... nos deux marchés sont intégrés,
viendra probablement ralentir l'adoption des véhicules lourds par des modes
zéro émission en Amérique du Nord, mais la décarbonation de l'économie est une
tendance lourde, mondiale et reconnue, comme évoqué, d'ailleurs, encore par la
majorité des dirigeants lors du Forum économique mondial de Davos il y a
quelques jours. Nous devons voir plus loin que la parenthèse des quatre
prochaines années et miser sur des solutions durables qui vont bénéficier à
notre économie, à notre environnement et à notre compétitivité à long terme et
mettre en place des actions complémentaires pour assurer le succès de cette
norme.
Ainsi, nous devons, en parallèle, soutenir
l'offre et la demande, tout en palliant à certains obstacles. Nous encourageons
donc le gouvernement du Québec à maintenir et à prolonger des programmes
incitatifs tels qu'Écocamionnage, à accélérer le déploiement d'infrastructures
adaptées au transport lourd de marchandises, à garantir la compétitivité des
tarifs d'électricité, à inclure systématiquement, par souci d'exemplarité, des
critères de développement durable dans les appels d'offres gouvernementaux de
manière à encourager les transports durables comme modes de livraison et à
favoriser une meilleure adéquation entre les compétences de la main-d'œuvre en
transport et celles qui sont exigées dans les transports électriques
intelligents.
Il sera également essentiel de concilier
ambition et pragmatisme. Nous recommandons ainsi aux législateurs de prendre en
compte dans l'élaboration de la norme de la disponibilité des modèles et les
capacités technologiques des véhicules lourds zéro émission sur le marché.
L'électrification est, dans bien des cas, segments et usages, possible dès
maintenant et à court terme pour, par exemple, les camions de poids moyen pour
la livraison régionale, urbaine ou pendulaire, pour les camions de livraison du
dernier kilomètre et pour des véhicules spécialisés qui opèrent sur des courtes
et des moyennes distances journalières.
En revanche, les camions lourds pour le
transport de longue distance et les camions à lourde charge ne seront pas
utilisés en grande quantité en modèles zéro émission à court terme. Ces
véhicules lourds, souvent de classe 7 et 8, n'ont pas encore atteint des
performances suffisantes pour de nombreux cas d'utilisation, particulièrement
sur des trajets de longue distance allant, par exemple, au-delà de 200 à
250 kilomètres. La parité opérationnelle sera ainsi atteinte à plus long
terme.
Nous recommandons donc d'ajouter dans le
projet de loi la mention à l'effet que les règles et conditions doivent prendre
en considération le niveau de disponibilité et les capacités technologiques des
véhicules lourds zéro émission sur le marché et d'inclure des dispositions qui
permettent au gouvernement d'évaluer régulièrement la maturité du marché et des
infrastructures pour atteindre les objectifs de la norme. Le règlement
d'application du gouvernement devrait aussi, et c'est très important, faire une
distinction évidente entre les exigences de vente des véhicules zéro émission
des classes 3 à 6 et celles des classes 7 et 8, un peu comme le fait
la Californie présentement, et, dans le 7 et 8, il y a le 7 et 8 qu'on... aux
États-Unis, qu'on appelle straight, et le 7 et 8 remorque, donc tracteur.
Accompagné d'incitatifs et des
infrastructures nécessaires, il est réaliste que le Québec... le Québec mette
en place des exigences de vente pour les fabricants de véhicules lourds. Une
gamme de modèles existe et est d'ailleurs disponible au Québec. Les avancées
technologiques ont également permis une amélioration de l'autonomie des
batteries. Dans le cadre de son projet pilote de corridor décarboné, Propulsion
Québec a d'ailleurs suivi, le 20 janvier dernier, tout récemment, un essai
réussi d'un véhicule de classe 8 qui a circulé entre Québec et Montréal
sans une goutte d'essence. Même par grand froid, je vous assure que la
transition est non seulement possible, mais est déjà en marche.
• (15 h 10) •
Maintenant, sur le thème de la
valorisation des matières résiduelles, nous sommes témoins d'une accélération
de l'électrification des parcs de véhicules légers, lourds, ainsi que des
autobus urbains et scolaires, et, bien que ralentie par le contexte
géopolitique et économique actuel, cette croissance demeure soutenue, surtout
au Québec. Nous nous attendons donc à ce que ce mouvement augmente de manière
significative le nombre de batteries en fin de vie dans les années à venir. Il
est stratégique et opportun de continuer de réfléchir et d'agir dès maintenant
à la manière dont nous pourrons récupérer, revaloriser et réutiliser ces
batteries dans une optique circulaire car, au-delà de l'impératif
environnemental, la gestion de ces batteries recèle un potentiel <économique
significatif pour notre province...
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:
...de l'impératif
environnemental, la gestion de ces batteries recèle un potentiel >économique
significatif pour notre province.
La Présidente (Mme Blouin) : Il
vous reste une minute.
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:Le projet de loi n° 81 prévoit certaines dispositions
visant à limiter la génération de matières résiduelles, tout en assurant leur
récupération et valorisation. Nous recommandons, donc, dans ce cas-ci, de poursuivre
l'élaboration de mécanismes de récupération et de valorisation spécifiques aux
batteries de véhicules électriques et de stockage en collaboration avec... avec
l'industrie et de créer un environnement réglementaire favorable à la
circularité des batteries des véhicules électriques.
Merci. Nous sommes maintenant prêts à
répondre à vos questions.
La Présidente (Mme Blouin) : Un
grand merci pour votre présentation. On va débuter avec M. le ministre. Vous
avez 16 min 30 s.
M. Charette : C'est bien
gentil, temps que je vais partager, naturellement, avec mes collègues. Donc, un
plaisir, merci d'être avec nous cet après-midi, merci de nous partager votre
éclairage.
Vous avez sans doute entendu... Le groupe
qui vous a précédés était l'association autant des concessionnaires que des
constructeurs automobiles du Canada. Naturellement, ils ont des inquiétudes. Je
leur ai mentionné, avec un certain sourire, sans mesquinerie, que les réserves
qu'ils ont aujourd'hui sont aussi les réserves qu'ils avaient en 2016, au
moment de l'adoption, là, sur la loi zéro émission, et que les objectifs qu'ils
jugeaient inatteignables ont été dépassés depuis, là, pour ce qui est des
voitures... des voitures passagers.
Ceci dit, il y a un contexte particulier
que l'on doit considérer. Vous avez mentionné dans votre propos de ne pas nous
arrêter à l'effet Trump. Moi, je ne l'appellerai pas l'effet Trump. Je vais
l'appeler l'effet géopolitique. On a... on a une réalité qui est très
incertaine. Il n'y a aucune confirmation, à l'heure où on se parle, par rapport
à des tarifs. Ce que l'on sait, par contre, c'est qu'il y a plusieurs mesures
d'appui importantes qui étaient destinées à l'industrie automobile américaine,
qui, elles, ont déjà été abandonnées, et qui aidaient les constructeurs à
développer des usines de batteries, qui aidaient les constructeurs à développer
des nouveaux modèles, qui offraient aussi des subventions à l'achat, et ce sont
des mesures, là, qui ont... qui ont pris fin à peine une semaine après l'entrée
en fonction du nouveau président.
Donc, ça a une incidence sur la réalité
nord-américaine. Du côté canadien, il y a une certaine incertitude aussi qui
plane sur la suite des mesures d'appui et les obligations qui seront données
aux constructeurs et aux concessionnaires. Bref, il y a un effet de
géopolitique que l'on ne peut pas ignorer et que l'on ne peut pas évacuer
d'emblée.
C'est la raison pour laquelle je suis
intimement convaincu que ces articles-là dans le projet de loi sont
nécessaires. C'est effectivement un pas dans la bonne direction. On va se
donner les moyens d'agir, mais ce que l'on a mentionné, par contre, c'est qu'il
n'y a pas de réglementation à court terme qui va permettre l'application de ces
nouveaux pouvoirs là. On va vraisemblablement, au cours de la prochaine année
et, souhaitons-le, les suivantes, se consacrer sur... se concentrer sur les
voitures plus petites, ce qui ne veut pas dire qu'on laisse tomber toutes les
mesures d'appui pour les véhicules plus lourds.
D'ailleurs, on s'est engagés à ramener
Écocamionnage. Cependant, ce sont des programmes qui sont très dispendieux,
autant Écocamionnage que Roulez vert. On parle de centaines de millions de
dollars, et, là aussi, dans l'effet géopolitique, il faut penser à l'effet
budgétaire. Tous les gouvernements, que ce soit canadien, que ce soit celui des
provinces, que ce soit des États-Unis, que ce soit celui des États, font face à
des déficits extrêmement, extrêmement importants. Donc, oui, on veut ramener
Roulez vert, oui, on veut ramener Écocamionnage, mais on n'a plus les budgets
qu'on a déjà eus. L'année 2024 a coûté très cher, et je sais d'emblée, sans
pouvoir confirmer de budget pour la prochaine année budgétaire, on n'aura pas
les budgets qu'on a eus l'année dernière. Donc, ça fait partie aussi de
l'équation.
Donc, l'on veut avancer, on veut adopter
ces articles-là à travers le projet de loi n° 41, mais il n'y aura pas de
réglementation, là, à court terme, là, qui va rendre applicables ces nouvelles
modalités. Vous nous dites : Il y a l'effet Trump, il faut l'oublier, mais
quelle est la place que vous faites justement à cette nouvelle réalité
géopolitique, autant canadienne, potentielle, qu'américaine, dans la suite de
cette nécessaire, et j'insiste pour dire «cette nécessaire», électrification
des transports?
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:Merci, M. le ministre. Effectivement, puis ce n'est pas
tant que l'effet Trump, je me permets de reprendre les mots, il faut l'oublier,
mais je pense qu'il <faut être, puis je le répète, ambitieux et
pragmatiques...
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:
...reprendre les mots,
il faut l'oublier, mais je pense qu'il >faut être, puis je le répète,
ambitieux et pragmatiques. C'est-à-dire, il y a de l'incertitude, et on a
plusieurs entreprises et propriétaires opérateurs de parcs qui ressentent cette
incertitude-là.
Donc, la première chose que j'ai envie de
répondre, c'est : Trouvons les moyens d'offrir de la prévisibilité. Et,
lorsqu'on s'engage sur quelque chose, il est possible effectivement qu'il y ait
des ajustements en cours de route, des ajustements notamment dans la cadence,
dans l'adoption, mais il faut garder le cap parce que les autres juridictions
dans le monde vont garder le cap elles aussi. Les GES, eux, n'ont pas
d'incertitude, et donc c'est fondamental, si on veut maintenir notre position
de leader, au Québec, dans l'électrification des transports, qu'on continue
d'envoyer le message à nos entreprises, aux citoyens qu'on est engagés dans
cette voie-là pour, entre autres, réduire les émissions de gaz à effet de
serre, mais aussi parce qu'il y a un impact économique positif.
On oublie que, dans le secteur de
l'électrification des transports, il y a énormément d'entreprises qui gravitent
autour, au-delà des manufacturiers, au-delà des propriétaires et des opérateurs
de parcs. On peut penser à toutes les entreprises qui travaillent dans les
infrastructures, dans la recharge, dans la batterie. Ce sont aussi des créneaux
qu'on encourage et qui n'auront pas le même succès si on décide de mettre le
frein ou d'appuyer sur la pédale du frein de l'électrification.
Donc, je suis bien consciente et on est
bien conscients qu'on doit s'ajuster dans le contexte géopolitique actuel, il y
a des contractions économiques également, et tout ça combiné dans un contexte
où nos marchés sont pleinement intégrés ou très intégrés dans le secteur des
transports, on ne peut pas faire abstraction de ça. C'est pour ça qu'on dit :
Il doit y avoir de la réglementation combinée à des incitatifs, à des aides
pour que ça fonctionne.
Puis l'autre chose qu'on dit, qui est très
importante, c'est qu'il y a des segments de véhicules, pour certains usages,
qui sont électrifiables très rapidement, dès maintenant, on le voit déjà, alors
qu'en revanche des segments de véhicules de classe 7 et 8, pour des usages
différents, sur du très longue distance, pour du transport lourd, là, c'est
effectivement le cas, c'est vrai, ça va prendre plus de temps, c'est plus long
puis ce ne serait pas nécessairement positif d'imposer dès maintenant une
réglementation pour ces types de véhicules là, donc c'est de faire la
distinction entre les différentes classes de véhicules.
M. Charette : Je ne veux pas
accaparer tout le temps. Juste pour revenir sur ce que vous mentionniez, vous
dites : Les incitatifs ont une importance, et j'en conviens, mais, à
partir du moment où on a un programme Écocamionnage qui est déjà passablement
onéreux sans norme VZE, à partir du moment où on la met en place, cette
norme-là, avec des obligations de résultats ou de pourcentage de ventes, les
entreprises vont s'attendre à ce que les budgets d'incitatifs soient
passablement plus élevés qu'ils ne le sont maintenant, et c'est déjà très
dispendieux.
Donc, c'est géopolitique, oui, vous l'avez
mentionné. C'est budgétaire également. Donc, c'est des considérations qu'on
doit avoir de notre côté. Moi, je serais sans doute mal avisé d'imposer des
restrictions importantes qui engendrent des coûts importants, puis certains... il
reste à savoir si les chiffres se défendent, mais certains groupes ont essayé
d'établir un parallèle entre un modèle x thermique versus son équivalent à
l'électricité. Pour les voitures passagers, il y a un surcoût, mais qui serait
beaucoup, beaucoup plus petit que pour des véhicules plus... plus spécialisés.
Donc, ça, il faut en tenir compte, et, si
on devait imposer demain matin ces restrictions-là, les gens de l'industrie
vont nous dire : Très bien, sauf que ce n'est plus 7 000 $ le véhicule
qui ferait une différence, mais c'est 100 000 $, c'est 200 000 $,
c'est 300 000 $, c'est 400 000 $, c'est 500 000 $. Multiplié par
x véhicules, ce n'est pas long qu'on serait sans doute à coût de plusieurs
centaines de millions dollars. Donc, il faut le calculer dans cette
démarche-là.
• (15 h 20) •
Et vous dites : Il n'y a pas de recul
à ce moment-ci. C'est vrai en partie, en partie parce que je sais que, parmi
les États nord-américains qui ont des normes VZE, plusieurs sont dans notre
position. C'est-à-dire, ils veulent continuer, ils tiennent à l'électrification
des transports, mais, en même temps, ils sont à évaluer le marché comme on le
fait de notre côté, mais il y a déjà eu des reculs, par contre. Sur le côté de
l'Europe, il y a certains pays qui ont changé leurs cibles.
Au niveau des constructeurs, plusieurs des
grands constructeurs mondiaux s'étaient engagés, il n'y a pas si longtemps, il
y a deux, trois ans, à dire : Après 2035, on ne vendra plus de véhicules
thermiques, certains s'étaient même risqués à dire : Après 2030, on n'en
vendra plus, mais ils sont pas mal tous revenus sur leur... sur leur...
j'allais dire «engagement», ce n'était pas un engagement, mais c'était un <objectif
qu'ils s'étaient fixé...
M. Charette :
...j'allais
dire «engagement», ce n'était pas un engagement, mais c'était un >objectif
qu'ils s'étaient fixé. Donc, ça fait aussi partie de l'équation.
Et, en disant ça, moi, je ne veux pas me
défiler, je ne veux pas laisser entendre qu'on est moins soucieux de
l'électrification des transports, mais ça fait partie de la donne, et on n'a
vraisemblablement pas des centaines de millions, voire des milliards, parce
qu'au final Roulez vert aura aussi franchi le cap des milliards au fil des
années. On n'aura vraisemblablement pas cette disponibilité-là à court terme
pour des véhicules plus... plus importants.
Donc, à travers ça, je vous dis : Ces
articles du projet de loi sont fondamentaux, on y tient. Même s'il n'y aura pas
d'application immédiate, je pense que c'est important d'envoyer le signal. On
va vouloir les défendre, on va vouloir les adopter, mais avec une entrée en
vigueur sans doute pas aussi rapide qu'on l'aurait souhaitée au départ. Donc,
c'est un petit peu...
Et le recyclage des batteries, très, très
rapidement, c'est un point important. On a eu à travailler et à collaborer,
d'ailleurs, merci, avec... avec vous et vos équipes sur la question. Là aussi,
ce n'est pas si simple, on l'a vu, parce qu'on était prêts, vous vous
souviendrez, il y a peut-être deux ou trois ans, à arriver avec une
réglementation, une forme de REP sur les batteries, et à peu près tout le monde
ne l'aimait pas. En ce sens, même les constructeurs, même les gens de
l'industrie du véhicule électrique y voyaient plus d'inconvénients que
d'avantages. Donc, on n'a pas trouvé la formule idéale à ce moment-ci, mais on
est conscients, là, qu'il faudra trouver une solution.
Peut-être finir par une petite question
rapide puis après laisser la parole à mes collègues. Vous avez sans doute entendu
les constructeurs dire à ce niveau-là : Laissez-nous le champ libre, on
veut développer quelque chose d'efficace. Ils semblent avoir trouvé une formule
intéressante au niveau de la récupération et du recyclage des batteries.
Peut-être, en terminant, nous dire un petit peu quelle est l'appréciation du
rôle qu'ils se donnent à ce niveau-là, et après mon collègue va prendre la
relève, et j'ai déjà pris trop de temps. Je vois le temps qui file et j'ai mon
collègue qui me regarde avec des yeux bien déçus, donc une réponse rapide pour
lui permettre d'entrer dans l'échange.
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:Merci, M. le ministre. Rapidement, sur la question de la
récupération des batteries, c'est vrai, la batterie, c'est la composante qui a
le plus de valeur dans le véhicule. Donc, les constructeurs n'ont pas tendance
à vouloir les laisser aller, et donc, naturellement, ont tendance plutôt à
s'engager dans une démarche de récupération de ces batteries-là parce que c'est
une matière qui est d'une grande... ou une composante qui est d'une grande
valeur. Ceci dit, d'avoir un cadre qui serait élaboré en collaboration avec
l'industrie permettrait d'envoyer un signal clair, de créer une traction aussi,
d'assurer une prévisibilité pour le marché puis d'assurer que des batteries de
moins grande valeur ou des batteries orphelines soient également récupérées ou
recyclées de manière responsable. Alors, je ne sais pas si je réponds, dans ce
sens-là, à votre question.
La Présidente (Mme Blouin) :
M. le député de Masson, vous avez quatre minutes.
M. Lemay : Très bien. Merci.
Bien, écoutez, puisque vous parlez de ce sujet-là, allons-y, et ça fait partie
de votre recommandation 18 à la page 21 de votre mémoire. Justement,
vous mentionnez qu'on devrait s'inspirer de d'autres juridictions. Tu sais,
tout à l'heure, les constructeurs mondiaux puis l'association canadienne des
constructeurs automobiles sont venus nous parler justement qu'il y avait un
programme volontaire qui faisait en... qu'ils avaient mis en place, puis qu'on
pouvait s'en inspirer. Je ne sais pas si vous avez des exemples que vous voulez
nous citer de d'autres juridictions, mais, bref, je vous ai déjà entendus sur
ce sujet-là, mais ça pourrait être intéressant si vous voulez détailler
davantage, là, sur le sujet, ça me... on est intéressés.
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:
Merci, M. Lemay. Je vais laisser ma collègue Marie-Josée...
Mme Côté (Marie-Josée) : Oui,
merci pour la question. En fait, je pense qu'il faut reconnaître que
l'industrie a fait un travail quand même important pour élaborer leur programme
de récupération. Ils sont venus combler un certain vide aussi. Actuellement,
c'est un programme qui est intéressant, qui répond à certains besoins, mais qui
pourrait être traduit en réglementation pour s'assurer que l'ensemble des
manufacturiers et que l'ensemble des producteurs récupèrent leurs batteries qui
sont... qui sont disponibles à récupération, parce que la réalité, c'est que
les batteries vont trouver preneur sur le marché de la revalorisation étant
donné leur très grande valeur économique. Ce qu'il faut créer, c'est une espèce
de filet de sécurité pour s'assurer que les batteries qui auraient moins grande
valeur, les batteries hybrides, par exemple, soient récupérées. Donc, s'il y a
une batterie qui est disponible, en sol québécois, à être récupérée, il
faudrait s'assurer qu'il y a quelqu'un qui aille la récupérer puis qui s'assure
d'une saine gestion de fin de vie de cette batterie-là. Donc, ce serait un peu
un programme de reprise obligatoire pour les batteries disponibles. Donc,
c'est...
M. Lemay : En d'autres...
en d'autres mots, ce que vous dites, c'est de regarder ce serait quoi,
l'étendue, tu sais, jusqu'à quel point on devrait inclure quels types de
batteries.
Mme Côté (Marie-Josée) :
Bien, je pense qu'il faudrait un mécanisme spécifique et adapté aux batteries
de véhicules électriques. C'est des produits qui sont très distincts de par
leur forte valeur économique résiduelle, mais aussi de par leur <poids et
leur volume...
Mme Côté (Marie-Josée) :
...qui
sont très distincts de par leur forte valeur économique résiduelle, mais aussi
de par leur >poids et leur volume. Donc, est-ce que ça prend une... est-ce
qu'on... Je pense que de simplement inclure les batteries dans la REP actuelle
n'est peut-être pas la meilleure avenue, mais de créer un mécanisme spécifique
et adapté, qui va répondre aussi aux besoins de l'industrie, qui va prendre en
compte la grande valeur de ces produits-là... serait adapté. Donc, moi,
j'encourage le ministère à poursuivre cette réflexion-là avec l'ensemble des
parties prenantes pour vraiment identifier le meilleur mécanisme qui serait
adapté.
M. Lemay : J'ai lu votre
document que vous avez fait en 2020. Déjà, 2025, ça a évolué beaucoup. Donc, je
crois qu'on est... on est rendus ailleurs, la science évolue, puis les
connaissances, mais merci pour les précisions d'aujourd'hui. Vous finissez,
dans votre mémoire, à la page 27, dans votre annexe, vous avez le n° 19, là... vous parlez qu'on devrait modifier
l'article 136 de notre projet de loi, qui vise l'article 70.6 de la
LQE, justement pour exempter certaines matières dangereuses de la
réglementation sur les matières dangereuses résiduelles. On est allés visiter
Lithion aussi, qui nous mentionnait ce point-là. Qu'est-ce que vous avez à
mentionner spécifiquement? Ça serait quoi, votre idée qu'on devrait faire de ce
côté-là? Est-ce que vous avez plus de détails que vous voulez apporter?
Mme Côté (Marie-Josée) : Oui,
bien sûr. En fait, une batterie intacte destinée à un véhicule est considérée
comme une matière dangereuse, ce qui est... ce qui est le cas. À partir du
moment où la batterie est en fin de première vie et sortie du véhicule, ça
devient une matière dangereuse résiduelle, et cette désignation-là, du résiduel,
entraîne une lourdeur administrative puis des contraintes quand même
importantes, notamment en matière de transport, d'entreposage et de
manutention, pour des entreprises ou un écosystème qui voudraient faire de la
récupération ou même du recyclage. Il y a certaines juridictions, notamment
l'Ontario, les États-Unis, qui ont exempté des matières résiduelles dangereuses
d'intérêt de certaines dispositions pour justement encourager cette économie
circulaire. Donc, c'est un peu ça qu'on propose, de créer une réglementation
adaptée pour encourager l'économie circulaire des batteries.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. Le temps est écoulé pour cette portion. On va poursuivre avec la
députée des Mille-Îles pour 9 min 54 s.
Mme Dufour : Merci. Merci
beaucoup pour votre présentation. Vous avez mentionné plusieurs noms
d'entreprises qui étaient, dans le fond, spécialisées dans le transport lourd
pour dire qu'il y avait une disponibilité, et là vous avez nommé plusieurs
groupes, dans votre mémoire, il y en a un petit peu davantage, mais certains de
ces noms-là qu'on voit là ont des difficultés financières quand même
importantes. On pense à Lion qui est listé ici, il y a eu un mémoire hier qui
nous a fait part de Nikola qui ne pourrait pas poursuivre ses activités, et, de
ce que je comprends, ce ne sont pas les seules qui ont des difficultés
financières, et même les gens qui sont venus ce matin nous disaient qu'il y en
avait plusieurs... qu'en fait ces lignes de montage là n'étaient pas encore
rentables, puis on était très, très, très loin même de cette rentabilité-là.
Donc, oui, ça existe, mais ce qu'on... ce
qu'on comprend, c'est que ce n'est pas encore... personne ne fait ses frais
encore là-dedans. Alors, avant d'arriver avec... Tu sais, je voudrais vous
entendre là-dessus, parce qu'il y a une réalité, là, aussi, économique où, là,
il y a beaucoup de ces entreprises-là qui existent parce que les gouvernements
ont mis des sous, des sommes faramineuses là-dedans, mais jusqu'où il faut
qu'on aille, quand il existe d'autres technologies qui pourraient peut-être
atteindre les mêmes objectifs que l'électrification, là, quand on cherche le
zéro émission?
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:Bien, d'abord, il faut dire, nous, on prône une stratégie
où chaque type d'énergie renouvelable peut avoir une utilisation propre, donc
c'est d'évaluer pour quel type d'utilisation on devrait proposer quel type
d'énergie. Si je prends l'exemple de l'hydrogène vert pour des camions de
classe 8, qui font du très longue distance, on pourrait même aller jusqu'à
du gaz naturel renouvelable, ça pourrait être une option à envisager.
• (15 h 30) •
Ce qu'on dit, toutefois, c'est qu'à
l'argument de dire qu'il n'y a pas de véhicules électriques, au Québec, comme
on l'a entendu ici de la part de différents groupes, qui ont... qui ont... qui
semblaient dire qu'il n'y avait aucune disponibilité de véhicules électriques
pour des classes... lourds, là, donc, du 3 à 8, la réalité, c'est que c'est
faux. Vous avez raison de dire qu'il y a certaines entreprises qui ont... qui
ont moins le vent dans les voiles qu'elles l'ont eu il y a quelques années,
mais il y en a d'autres qui continuent d'être présentes.
Nous, ce qu'on dit, c'est qu'il faut quand
même faire une distinction entre ce qui est électrifiable à très court terme
dans certaines utilisations, pour certains usages, je les mentionnais tout à
l'heure, versus d'autres types d'usages pour d'autres classes de véhicules,
comme des véhicules de classe 8, où, là, c'est vrai qu'à court terme la
parité opérationnelle, la parité au niveau du coût va être plus difficile à
atteindre. Et donc c'est compréhensible de voir que ces entreprises-là ou ces
opérateurs-là ne vont pas aller vers ce type de technologie là. Peut-être que,
Stéphane, tu voudrais ajouter...
15 h 30 (version révisée)
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:...c'est compréhensible de voir que ces entreprises-là ou
ces opérateurs-là ne vont pas aller vers ce type de technologie là.
Peut-être que, Stéphane, tu voudrais
ajouter quelque chose.
M. Pascalon (Stéphane) : Oui.
Bien, je vais rajouter rapidement. Ce qui est superimportant pour les
manufacturiers, pour qu'ils puissent éviter de faire face à des difficultés, c'est
d'être capables d'avoir une prévisibilité sur le marché. Donc, c'est pour ça qu'une
norme qui fixe des objectifs à long terme, avec une certaine prévisibilité sur
la courbe d'adoption, ça va aider beaucoup l'industrie à réussir à atteindre ces
objectifs. Parce que vous aviez nommé l'exemple de Lion, puis l'exemple de
Lion, c'est qu'en fait ils ont voulu se diversifier dans plusieurs créneaux en
espérant qu'il y ait une demande qui soit là, et ils ont fait trop de choses en
même temps, ce qui les a pénalisés.
Par contre, on regarde d'autres
manufacturiers de véhicules, comme Volvo, qui continuent à avancer. Donc, les
Européens, Volvo, Scania avancent de ce côté-là. On voit qu'il y a... il y a
quand même une possibilité pour les manufacturiers de véhicules lourds de créer
des camions. Et puis on le voit aussi avec les véhicules moyens, avec
Chevrolet, qui a son BrightDrop sur le marché. Et donc ce qui est important, c'est
la prévisibilité pour les manufacturiers. Donc, l'importance de cette loi est
essentielle pour ça.
Mme Dufour : Excusez, je n'ai
pas beaucoup de temps, ça fait que je vais vous demander juste de répondre
plus... plus... peut-être plus court pour les prochaines. Donc, je vais... je
vais passer à d'autres sujets, parce que, vraiment, j'ai plusieurs choses que
je voudrais toucher, mais les différences de prix sont quand même... peuvent être
importantes, là, le ministre l'a mentionné. Là, il y a différence entre les
petits camions, là ce que je comprends, peut-être, le différentiel est moins
important, mais les gros camions, ce qu'on nous dit, c'est que les rares
options qui existent, c'est peut-être 500000 $
de plus. Est-ce que c'est votre compréhension du marché?
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:Alors, on peut... on peut aller jusqu'à à peu près trois
fois... trois fois plus dispendieux pour certaines classes de camions.
Mme Dufour : ...c'est quand
même majeur.
M. Pascalon (Stéphane) : Les
différences... Les différences de prix sont toujours importantes en début de
production, et puis, au fur et à mesure où il y en a de plus en plus, cette
différence se réduit.
Mme Dufour : Oui. Est-ce qu'il
y a certains types de camions que peut-être que ça n'arrivera pas que... l'électrification,
ce n'est pas ce qui serait optimal? Parce que vous avez parlé de... tu sais, de
longues distances, les bennes à ordures, on a... on a parlé de ça. Le... Des
fois, le poids des batteries, ce qu'on comprend, ça peut être problématique sur
nos routes aussi, au printemps notamment. Donc, ça, c'est votre lecture aussi
du marché?
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:Certains types de véhicules, mais je dirais certains
usages. Donc, il peut y avoir des classes de véhicules 8, par exemple, dans
les... dans les plus lourds, même, tracteurs, les remorques, là, les gros, gros
53 pieds remorques qu'on voit sur l'autoroute, qui pourraient transporter,
sur des plus courtes distances, des charges plus légères, puis ça irait, mais,
pour des très longues distances, avec des très lourdes charges, effectivement,
ça pourrait être d'autres énergies renouvelables. On peut penser à l'hydrogène
vert. Certains vont nous parler de gaz naturel renouvelable. Donc, il faut
envisager toutes les énergies pour chaque application.
Mme Dufour : Exactement. Et,
de ce que je comprends, c'est que le projet de loi actuellement ne donne pas d'ouverture
pour l'énergie... le gaz naturel renouvelable. Donc, ça, c'est quelque chose
que vous croyez qui pourrait faire une différence pour ces catégories d'usages
là.
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:Chez Propulsion Québec, on s'est moins penchés sur cette
question-là. Donc, je serais... je serais probablement mal avisée de vous dire
qu'il faut aller dans cette direction-là présentement, mais ce que je peux vous
dire, c'est qu'il existe plusieurs types d'énergies renouvelables puis qu'il
faut envisager ou être dans une stratégie de chaque type d'énergie pour les
meilleures utilisations possible.
Mme Dufour : Parfait. Merci.
Je vais vous amener sur les infrastructures de recharge. On n'en a pas parlé
avec les autres groupes, mais c'est quelque chose qu'on a... on a discuté. Plusieurs
groupes en privé m'ont mentionné qu'on avait un enjeu avec les infrastructures
de recharge actuelles pour les véhicules légers. Vous, vous le mentionnez, que
ça va être essentiel aussi pour les véhicules lourds. On en est où actuellement
dans l'infrastructure de recharge?
M. Pascalon (Stéphane) : Bien,
aujourd'hui, les infrastructures de recharge pour les véhicules lourds ne
permettent pas un usage opérationnel équivalent aux opérations du... du
véhicule thermique, pardon. Donc...
Mme Dufour : ...
M. Pascalon (Stéphane) : Pardon?
Mme Dufour : Ce n'est pas les
mêmes infrastructures. Pour... Pour ceux qui nous écoutent, là, ce n'est pas
les mêmes chargeurs pour...
M. Pascalon (Stéphane) : Alors,
ça peut être les mêmes chargeurs que pour les véhicules automobiles, c'est
simplement qu'ils ne sont pas assez rapides et puissants pour que les camions
puissent se recharger dans des durées raisonnables. Et les camions, au niveau
de la manœuvrabilité, ont besoin d'accès à ces bornes de recharge, et la façon
dont elles sont disposées nécessite des aménagements différents des
stationnements. Donc, on peut, dès à présent... Puis c'est déjà le cas, Hydro-Québec
a déjà déployé des bornes de recharge pour camions lourds le long de la 20.
Donc, on peut déployer des infrastructures de recharge pour camions lourds sans
aucun problème. C'est simplement que, les puissances de recharge nécessaires et
les coûts de ces infrastructures, s'il n'y a pas de volume de camions associé à
ça, ils n'ont pas de rentabilité. Donc, on est encore dans un problème de la
poule et l'oeuf où il faut savoir est-ce qu'il faut développer des
infrastructures de recharge avant de mettre des camions sur la route ou est-ce
qu'il faut mettre des camions sur la route avant de développer des
infrastructures de recharge.
Mme Dufour : Oui. Et, au
niveau des véhicules légers, les infrastructures de recharge, c'est... votre <compréhension...
Mme Dufour :
...Oui.
Et, au niveau des véhicules légers, les infrastructures de recharge, c'est...
votre >compréhension du marché actuel? Parce que, nous... moi, ce que
j'entends, c'est qu'il en manque, il en manque beaucoup, puis on est en retard
sur le programme. J'aimerais avoir... vous entendre là-dessus.
M. Pascalon (Stéphane) : Alors,
c'est la même chose. Il y a une croissance importante du marché automobile qui
est vue. On voit qu'on... Ce que disait tout à l'heure M. le ministre, c'est
que l'adoption est plus rapide que les objectifs qui étaient ciblés. Donc, la
prévisibilité pour les fournisseurs de recharges, c'était de suivre une
certaine courbe de croissance, puis l'adoption des véhicules est plus rapide
que prévue, donc eux doivent fournir un petit peu plus vite. Et puis, bien,
malheureusement pour les bornes de recharge, il y a toujours des délais dans
les constructions. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, d'installer des
bornes de recharge. Donc, ils sont en train un tout petit peu de rattraper, mais
il n'en manque pas tant que ça, d'accord? Donc, ce n'est pas vrai que les files
d'attente aux bornes de recharge sont impossibles, là. C'est chargé pendant les
heures de pointe, mais ça marche bien quand même.
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:Si je peux juste ajouter, c'est aussi la question de la
fiabilité des bornes de recharge. Donc, au-delà de la présence ou de la
disponibilité des charges... des bornes, c'est de s'assurer qu'elles sont
fonctionnelles. Et puis ça, c'est... c'est important de s'y pencher également.
Mme Dufour : Et ça, je
le confirme, que ce n'est pas toujours le cas. Et... Mais là, là, on a quand
même pris, dans... tu sais, dans les 10 dernières années, là, il y a quand
même un certain nombre de bornes qui ont été installées. Là, on est rendus,
vous dites dans votre mémoire, 10 000 bornes de recharge publiques, mais,
pour les cinq prochaines années, il faudrait augmenter ça à 100 000, donc
dupliquer en... tu sais, dans les cinq prochaines années ce qui nous a pris
cinq ans à faire. Est-ce qu'on a la capacité, même la main-d'oeuvre, pour
installer tout ça, toutes les bornes qui seraient nécessaires d'ici 2030?
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:C'est sûr que ça nécessiterait des efforts importants d'un
point de vue des investissements pour les infrastructures, d'un point de vue
des investissements ou de la recherche, justement, pour la maintenance, la
fiabilité des bornes. Par contre, il y a quand même une économie d'échelle dans
le temps, c'est-à-dire l'innovation, elle se fait de manière exponentielle.
C'est un peu comme l'autonomie des batteries, à chaque année on réalise à quel
point il y a des progrès rapides qui se font. La même logique pourrait
s'appliquer également pour d'autres types d'innovations comme... comme ce qui
est lié aux infrastructures de recharge. Donc, est-ce qu'on va avoir atteint
exactement les cibles d'ici cinq ans...
La Présidente (Mme Blouin) :
Merci. Merci beaucoup. Donc, ça conclut cette portion de l'échange.
Maintenant, M. le député de la deuxième opposition, vous avez 3 min 18 s.
M. Leduc : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour à vous quatre. Bienvenue. On parlait des
bornes rapides pour les camions lourds sur le long de la 20. Où est-ce qu'elles
sont exactement?
M. Pascalon (Stéphane) : La
sortie, c'est Saint-Étienne-de... je ne sais pas, c'est...
M. Leduc : ...
M. Pascalon (Stéphane) : Il y
a un site pour l'instant, puis il y en a un deuxième du côté de
Sainte-Hélène-de-Bagot qui est en développement. Donc, il y en aurait deux, il
y aurait deux sites le long de la 20 actuellement qu'on utilise pour le projet
qu'on est en train de faire actuellement pour les camions lourds. Donc, on a
des camions qui, quotidiennement, font des aller-retour Montréal-Québec et on
utilise ces bornes de recharge actuellement.
M. Leduc : Tantôt, on...
en fait, avant que vous passiez, avant le dîner, on avait un échange avec vos
prédécesseurs, avec lesquels vous semblez être un petit peu en dissonance sur
l'efficacité de ce genre de mesures là, que vous souhaitez, dans le fond, aller
encore un peu plus vite, ou du moins que vous avez confiance en l'efficacité de
ces mesures-là. Vous faites un bilan positif, donc, des mesures sur les
voitures électriques. Vous dites : Rien ne nous permet de penser que ça
n'ira pas la même chose avec les véhicules lourds. Est-ce que je comprends
bien, un peu, le... votre propos?
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:Oui et non. Il faut quand même faire une distinction dans
les usages puis les types de véhicules. Ce qu'on dit, par contre, c'est qu'il y
avait des appréhensions par rapport aux véhicules passagers, aux véhicules
légers, aux voitures, et puis force est de constater qu'on a quand même des
bons... de très bons résultats au Québec, on ne peut pas le nier, mais c'est la
combinaison d'un cadre réglementaire et d'incitatifs qui permettent, justement,
le succès d'une norme comme celle-là quand on est dans un secteur innovant.
Donc, la même logique s'applique ici, c'est de dire : Bien, on... nous, on
encourage une norme comme celle-là, mais on demande à ce qu'il y ait une
distinction dans certaines classes de véhicules, parce que certaines classes
pour certains usages ne sont tout simplement pas rendues. Puis, justement, la
différence de coût est encore trop... trop importante, le manque
d'infrastructures est encore trop important. Mais, dans d'autres classes et
pour d'autres usages, c'est tout à fait réaliste de penser qu'on pourrait
électrifier ou, au-delà d'électrifier, s'assurer d'avoir des véhicules
terrestres zéro émission.
M. Leduc : ...donner
plus de détails, justement, sur ces types de classes là? Je pense qu'il y a des
classes 5 ou 6, il y a des classes 7, 8. Est-ce que... Les
proportions de l'une et l'autre au Québec, par où il faut commencer, etc.
• (15 h 40) •
M. Gayet (Romain) : En
effet, principalement, les classes, c'est évidemment plutôt pour les poids
moyens, 5, 6 peuvent en être des exemples, mais aussi, dans les usages, la
distinction est à faire, parce que toute la livraison régionale, la livraison
locale, avec des kilométrages de l'ordre de 200 kilomètres par jour, sont
assez simplement électrifiables et surtout, très souvent, peuvent même
permettre à l'opérateur d'économiser face à un véhicule diesel, d'où
l'importance de vraiment commencer par les cas plus faciles, évidemment.
M. Leduc : Les
classes 5, 6, moyennes.
M. Gayet (Romain) : 3 à
6 principalement, 3 à 6.
M. Leduc : C'est les 7,
8 qui est le plus gros défi, là...
M. Gayet (Romain) : Exactement,
exactement.
M. Leduc : ...les
longues distances plus massives. Je comprends.
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:Exact. Puis, dans les 7, 8, il y a même une distinction à
faire entre des 7, 8 réguliers puis des 7, 8... ou, en <anglais...
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:
...il y a même une distinction à faire entre des 7, 8
réguliers puis des 7, 8... ou, en >anglais, ils disent «straight», et
des 7, 8 remorques, tracteurs, donc qui vont être dans des charges plus
lourdes, plus longues.
M. Leduc : Je comprends.
Mme
Llambías
Meunier
(M
ichelle)
:Donc, c'est vraiment encore une autre distinction à intégrer,
probablement, dans le projet.
M. Leduc : Et, en terminant,
les grosses bornes auxquelles on fait référence tantôt, c'est pour les 7, 8 en
particulier ou ça peut toucher les autres aussi?
M. Pascalon (Stéphane) : Bien,
en fait, pour les gros camions, pour qu'ils puissent y accéder, en termes de
manœuvrabilité, ils ne peuvent pas stationner en marche avant, repartir en
marche arrière, donc il faut... il faut organiser le stationnement pour qu'ils
puissent... Donc, c'est particulièrement pour les camions-remorques que...
M. Leduc : ...
M. Pascalon (Stéphane) : ...qui
sont les 7, 8 en question.
M. Leduc : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. On va terminer avec le député des Îles-de-la-Madeleine pour 3 min 18 s.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. Merci, mesdames, messieurs, pour votre présentation, les réponses
que vous nous offrez également. C'est une... Enfin, c'est... c'est complexe. Et
puis, bon, visiblement, chaque témoignage nous permet de comprendre davantage
la situation actuelle.
J'aimerais savoir. Vous venez de parler
des classes 3 à 6, où on pourrait faire un bout de chemin, ce qui ne semblait
pas être l'opinion de gens qui ont comparu avant vous. Est-ce qu'il y a des
exemples dans d'autres juridictions qui nous... qui pourraient nous inspirer,
justement, là, pour... pour aller de l'avant avec des mesures véhicules zéro
émission, des véhicules lourds?
M. Pascalon (Stéphane) : Bien,
en fait, ce qu'on peut regarder, c'est quand même ce qui est fait en Amérique
du Nord, chez nos voisins américains, avec le... leur programme qui est mis en
place en Californie sur... le Clean Act pour les camions, là, le Advanced Clean
Trucks Act. Et puis... Ce que vous disiez, c'est que, pour certains types de
camions... Ce qu'on voit, puis on l'a vu avec le succès d'Écocamionnage, c'est
qu'aujourd'hui des véhicules de livraison locale en ville... il y a des
véhicules accessibles sur le marché qui ont un coût qui n'est pas excessif et
qui permet de faire la tâche de travail, donc il y a... Pour ces véhicules-là,
l'usage est clair, les véhicules... l'offre est disponible. Il y a des
manufacturiers qui offrent des véhicules à des coûts qui ne sont pas exorbitants,
parce qu'on n'est pas à 500 000 $ au-dessus, on est à un véhicule qui
coûte à peine 60 000 $ plus cher qu'un véhicule à essence. Donc, il y
a une compétitivité rapide. Tout l'enjeu, c'est toujours sur la compétitivité
économique des véhicules disponibles.
M. Arseneau : Quand les... Le
groupe avant vous nous disait qu'il fallait faire attention, là, dans la
réglementation, pour ne pas être un régime d'exception, là, d'être intégrés,
d'harmoniser, tout ça, vous les avez peut-être entendus. Vous en pensez quoi?
Est-ce qu'on... Est-ce qu'on peut quand même être relativement harmonisés dans
le milieu mais aussi être innovants puis être précurseurs?
Mme
Llambías
Meunier
(
Michelle)
:C'est exactement ça, c'est d'avoir l'ambition de demeurer
leaders dans ce secteur-là qu'on développe et qu'on... dans lequel on investit
aussi effort et financement pour un secteur stratégique, sans être déconnectés,
justement, des mouvements géopolitiques ou des contractions économiques qu'on
connaît. Mais, comme le disait mon collègue Stéphane ou, tout à l'heure, mon
collègue Romain, il y a plusieurs États américains qui, malgré tout, ont des
exigences au niveau des ventes. J'en ai nommé une quinzaine tout à l'heure qui,
pour le moment, vont poursuivre. Est-ce que ça pourrait évoluer? Peut-être. Il
ne faut pas oublier... Puis je le nommais... je le mentionnais lors de mon
allocution, encore, lors de la conférence à Davos, les dirigeants dans le monde
entier, que ce soit au niveau des entreprises ou de différentes juridictions,
reconnaissent la décarbonation des transports, la décarbonation de l'économie
comme étant une tendance qui est lourde et qui est... et qui est présente,
qu'on doit maintenir. Donc, est-ce qu'il va y avoir une parenthèse, un ajustement
dans les quatre prochaines années au niveau de la vitesse de l'adoption?
Certainement. Est-ce que ça veut dire qu'on doit tout arrêter, voire reculer?
Non.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. Un immense merci de votre présence parmi nous aujourd'hui.
On va suspendre les travaux quelques
instants, le temps de permettre au prochain groupe de s'installer. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 45)
(Reprise à 15 h 49)
La Présidente (Mme Blouin) : Alors,
nous reprenons les travaux. Je souhaite maintenant la bienvenue aux
représentants de la Société pour la nature et les parcs, Québec. Je vous
rappelle que vous avez 10 minutes pour faire votre exposé, après quoi il y aura
une période d'échange, bien sûr, avec les membres de la commission. Alors, je
vous invite à vous présenter et à enchaîner avec votre exposé.
M. Branchaud (Alain) : Merci.
Mme la Présidente de la commission, M. le ministre, membres de la commission,
considérez-vous salués. Mais je me... je me présente : Alain Branchaud. Je
suis directeur général de la SNAP-Québec, la Société pour la nature et les
parcs. Aujourd'hui, je suis accompagné de mes collègues Marie-Pierre Beauvais,
qui est directrice, Aires protégées, sud du Québec, et Jean-Philippe Lemay, qui
est avocat à la SNAP-Québec.
La SNAP-Québec, c'est un organisme à but
non lucratif dédié à la protection de la nature et à la création d'aires
protégées à travers tout le Québec. Notre démarche repose sur la collaboration
et la recherche de solutions avec les peuples autochtones, les gouvernements,
les acteurs de l'industrie et les communautés locales. Depuis plus de 20 ans,
notre équipe accompagne des porteurs de projets d'aires protégées dans leurs
démarches, notamment dans le cadre du récent appel à projets du gouvernement du
Québec à travers... et également à travers l'initiative Plein aire, rendue
possible grâce à un financement du gouvernement du Québec. La conservation des
espèces menacées et vulnérables et de leurs habitats est aussi au cœur de la
mission de la SNAP-Québec.
• (15 h 50) •
M. Lemay (Jean-Philippe) : Bonjour
à tous et toutes. Comme vous le savez, en décembre 2022, le Québec s'est engagé
à protéger 30 % de ses milieux terrestres et marins d'ici 2030. Dans la dernière
année, le gouvernement et l'ensemble de la société civile ont mis en place les
chantiers nécessaires pour atteindre cette cible ambitieuse. Cependant, cette
volonté risque d'être insuffisante si le régime législatif n'est pas, lui
aussi, mis à jour pour assurer le maintien des milieux naturels les plus
prioritaires, et par là on parle évidemment des milieux humides dans la région
des basses terres du Saint-Laurent et des habitats d'espèces à statut précaire.
Donc, le projet de loi est une <occasion...
M. Lemay (Jean-Philippe) :
...des
habitats d'espèces à statut précaire. Donc, le projet de loi est une >occasion
de répondre à ce besoin-là.
Dans son ensemble, le projet de loi
accorde une plus grande flexibilité au gouvernement du Québec et aux municipalités
pour agir en matière d'environnement. Dans certains cas, la flexibilité, ça
permet d'agir plus rapidement pour les efforts de conservation, comme c'est...
comme ce qui est proposé, par exemple, pour les milieux naturels désignés sur
plan. Par contre, dans d'autres domaines, la même flexibilité pourrait mener à
des reculs importants, comme pour l'autorisation de travaux préalables à
l'évaluation de leurs impacts. La SNAP-Québec encourage les membres de la
commission à trouver un équilibre entre le maintien d'un minimum de garanties
de protection et la flexibilité gouvernementale.
À la lecture du projet de loi, un constat
général s'impose : ce qui est proposé ne suffira pas ni à éviter la
destruction des milieux naturels les plus importants ni à compenser
véritablement leur perte. Pour cette raison, il nous semble nécessaire
aujourd'hui de mettre l'accent sur une nouvelle approche d'évitement et de
compensation des pertes de ces milieux naturels.
Vous trouverez dans notre mémoire nos
recommandations sur les autres enjeux contenus au projet de loi, y compris pour
les milieux naturels désignés sur plan, les outils d'évaluation
environnementale et la compétence accrue des municipalités. Nous remercions
évidemment la commission de nous avoir invités à partager sa réflexion.
Mme Beauvais (Marie-Pierre) : Donc,
la SNAP-Québec est d'avis que la législation québécoise devrait renforcer
l'encadrement de certains milieux naturels afin d'atteindre l'objectif de zéro
perte nette. La science est claire sur le rôle que les milieux humides et
hydriques et les habitats d'espèces menacées et vulnérables jouent dans le
maintien de la biodiversité et dans la lutte et l'adaptation aux changements
climatiques. Bien que le gouvernement du Québec ait plusieurs fois rappelé
l'importance de la cible de zéro perte nette pour les milieux humides et que la
loi prévoie une séquence d'évitement, de minimisation et de compensation, sur
le terrain la destruction de ces milieux naturels se poursuit.
Le rapport de la Commissaire au
développement durable publié en 2023 est sans équivoque : l'étape de
l'évitement est trop souvent ignorée, alors que les efforts de compensation
sont loin d'être suffisants ou efficaces. Pour les habitats d'espèces en
situation précaire, notamment en raison du manque d'inventaire en territoire
public, nous ne savons même pas ce qui est détruit ou perdu.
Pour les rares habitats légalement
protégés, le projet de loi propose des avancées intéressantes mais ne... mais
ne va pas assez loin pour garantir aucune perte nette. La SNAP-Québec propose
donc d'agir en deux étapes, en renforçant d'abord les critères permettant
l'autorisation de détruire ces milieux naturels, notamment pour les habitats
d'espèces fauniques menacées ou vulnérables, qui sont les grands oubliés du
présent projet de loi. En deuxième temps, nous proposons que, sauf exceptions
prévues par règlement, l'autorisation de détruire un milieu humide dans la région
des basses terres du Saint-Laurent ou l'habitat d'une espèce à statut soit
conditionnelle à l'aménagement d'un milieu de remplacement jugé fonctionnel et
efficace en amont des travaux. Compte tenu des coûts importants et de
l'incertitude scientifique quant à l'efficacité de la restauration ou de la
création d'écosystèmes aussi sensibles, la personne qui souhaite détruire un
milieu existant devrait être responsable de son remplacement. Si les coûts
risquent d'être rébarbatifs pour plusieurs projets, ils ne feront que refléter
la juste valeur de ce qui est perdu et le caractère occasionnel des projets qui
devraient être autorisés dans ces milieux. De cette façon, l'évitement
deviendrait réellement la norme plutôt que l'exception.
M. Branchaud (Alain) : Plus
spécifiquement pour les habitats d'espèces menacées ou vulnérables, le projet
de loi propose de resserrer les critères d'autorisation en incluant de nouveaux
éléments qui doivent être pris en compte par le ministre ainsi que les
conditions pour autoriser des modifications à ces habitats, mais seulement pour
les habitats floristiques. Nous recommandons d'appliquer les mêmes standards
aux habitats fauniques d'espèces menacées ou vulnérables. On ne devrait pas
avoir plus de protection pour les plantes que pour les animaux.
Pour les deux catégories d'espèces, les
critères d'autorisation proposés au projet de loi devraient être bonifiés pour
inclure, entre autres, la prise en compte de la possibilité d'éviter
l'atteinte, d'intégrer la notion d'effet cumulatif, par exemple on ne peut pas
juger un même projet si 90 % de l'habitat d'une espèce est déjà détruit
dans une région que s'il n'y a eu aucune entrave à ces habitats-là dans une
autre région, et de prévoir que l'activité ne soit pas... ne peut pas... ne doit
pas être susceptible de ne nuire qu'à la survie mais également au
rétablissement de l'espèce. L'objectif de la loi ne doit pas être de maintenir
une espèce sur le respirateur artificiel, c'est-à-dire juste la maintenir à sa
survie, mais d'œuvrer pleinement à préserver les conditions de son
rétablissement. Le projet de loi n° 81 doit refléter cette intention.
Pour les rares activités qui ne peuvent
pas être évitées dans ces habitats, le projet de loi prévoit déjà d'accorder
plus de flexibilité au ministre en lui permettant d'exécuter l'exécution de
mesures de conservation comme l'aménagement d'habitats de remplacement. Le
paiement d'une contribution financière n'offre aucunement la certitude que
l'atteinte à l'habitat et à l'espèce sera réellement compensée. Pour assurer
aucune perte, nous... un demandeur devrait être responsable de fournir ou <d'acquérir...
M. Branchaud (Alain) :
...assurer
aucune perte, nous... un demandeur devrait être responsable de fournir ou >d'acquérir
un terrain de remplacement, y effectuer les travaux nécessaires pour restaurer
ou créer les... et/ou créer les fonctions écologiques à l'habitat à détruire, y
transférer les individus et faire indépendamment vérifier la
fonctionnabilité... fonctionnalité du nouvel habitat avant de pouvoir débuter
les travaux modifiant l'habitat original. Quand on remblaie un milieu humide ou
que l'on détruit un habitat d'une espèce en péril, c'est une communauté entière
d'espèces et d'individus que l'on fait disparaître, que l'on enterre
littéralement vivants.
De façon plus générale, nous profitons de
notre présence ici pour rappeler qu'une réforme en profondeur de la Loi sur les
espèces menacées ou vulnérables est essentielle afin d'assurer la transparence
et l'imputabilité des processus et pour moderniser l'approche globale du Québec
en matière de protection des espèces en péril. Le cadre législatif actuel ou
post-PL 81 ne permettra pas un encadrement suffisant pour assurer la protection
des habitats et des individus de nos espèces menacées ou vulnérables. L'attente
à réformer la loi est devenue ridicule, et c'est peut-être l'exception qui
confirme la règle que le ridicule ne tue pas.
M. Lemay (Jean-Philippe) : Pour
ce qui est des milieux humides et hydriques, la loi prévoit déjà des
obligations d'éviter de leur porter atteinte ainsi que de compenser
financièrement leur perte. Pourtant, en pratique, la Commissaire au
développement durable a indiqué que, dans la majorité des autorisations
évaluées, elles n'avaient pas réellement démontré que la perte du milieu humide
était inévitable. Le projet de loi propose de clarifier la notion d'évitement,
mais, selon notre analyse, il réduit plutôt le fardeau du demandeur, qui ne
sera plus tenu de démontrer qu'il n'y a pas d'autre terrain disponible ou que
la nature du projet exige qu'il soit réalisé dans un milieu humide ou hydrique.
La SNAP-Québec recommande de ne pas modifier le libellé de la loi mais de
plutôt l'appliquer avec diligence.
En matière de compensations, le projet de
loi fait un pas dans la bonne direction en accordant une plus grande
flexibilité dans la gestion des programmes de compensations financières.
Cependant, pour les régions avec un seuil de milieux humides et hydriques
critique, notamment les régions des basses terres du Saint-Laurent, les
compensations financières ne sont tout simplement pas adéquates. L'atteinte de
l'objectif de zéro perte nette exige que le demandeur soit responsable de
restaurer ou créer des milieux humides avant le début des travaux.
Mme Beauvais (Marie-Pierre) : Mesdames
et messieurs de la commission, merci beaucoup pour votre écoute. En terminant,
nous souhaitons vous rappeler que nous ne sommes pas contre la possibilité
d'offrir davantage de flexibilité à l'État. Il nous appert essentiel de bien baliser
cette flexibilité pour assurer que la biodiversité en ressorte gagnante. Nous
vous invitons à lire notre mémoire pour de plus amples recommandations et nous
sommes également heureux de répondre à vos questions.
La Présidente (Mme Blouin) : Un
grand merci à vous. Alors, nous allons débuter la période d'échange avec M. le
ministre pour 16 min 30 s.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Aux gens et partenaires de la SNAP, bonjour. Merci d'être avec nous
cet après-midi. Merci de vous offrir... de nous offrir votre éclairage. Vous
êtes effectivement de précieux partenaires sur bon nombre de projets que l'on
mène conjointement, et ce partenariat-là vous amène à... comment dire, vous
êtes conscients que c'est souvent le grand, grand défi de convaincre les
milieux eux-mêmes qui vont déterminer... qui va déterminer le succès ou non
d'un projet. On peut avoir de très bonnes idées, des idées qui sont même
nécessaires, mais, si le milieu est rébarbatif, ça va retarder la mise en place
du projet ou ça peut carrément compromettre les projets en question. Et c'est
un petit peu dans cette perspective-là qu'on a développé le projet de loi
n° 81, c'est-à-dire un projet de loi qui est très équilibré, qui nous
permet d'avancer, sans s'assurer... sans, au contraire, créer des blocages qui
nous empêcheraient d'avancer.
• (16 heures) •
Vous avez nommé des sujets qui ont été
repris par bon nombre des groupes qui vous ont précédés. Les fameux travaux
préalables, c'est un bel exemple. C'est relativement bien accueilli par les
différents groupes que nous avons entendus jusqu'à maintenant. Un des reproches
qu'on nous fait, c'est qu'on devrait étendre ça à tous les types de projets,
autant publics que privés, en matière de développement des ressources renouvelables,
et... des énergies renouvelables, et c'est là où on y va d'une position
équilibrée de dire : Non, on n'étend pas ça à tous les projets, mais bien
ceux qui sont pilotés par des organisations publiques et principalement Hydro-Québec.
Donc, il y a cette quête d'équilibre qui nous a guidés.
C'est la même chose au niveau des milieux
humides. Je pense qu'on fait des avancées intéressantes dans le projet de loi.
Depuis quelques années, je le dis, je le répète, et c'est le constat de tout le
monde, actuellement on engrange des fonds suite à des compensations qui sont
versées, et ce n'est pas du tout, du tout l'objectif des lois et des règlements...
16 h (version révisée)
M. Charette : ...compensations
qui sont versées. Ce n'est pas du tout, du tout l'objectif des lois et des
règlements qui ont été adoptés au fil des années. Ce n'est pas de faire de l'argent
avec ça, c'est de pouvoir utiliser cet argent-là pour réhabiliter des sites.
Donc, clairement, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas avec la
réglementation actuelle. On veut permettre et faciliter les décaissements, on
veut s'assurer qu'on puisse rétablir des milieux humides. Et l'élément
intéressant, c'est qu'on va demander davantage d'explications sur les mesures d'évitement
qui ont pu être adoptées.
Mais en même temps, ce que vous proposez,
pour moi, l'idée sur papier, elle est intéressante, mais c'est impossible de
dire à un promoteur : Vous voulez empiéter sur un milieu humide, donc vous
devez non seulement identifier un terrain avant, procéder à un rétablissement
ailleurs, avec la même... avec le même transfert d'espèces, et tout ça... on
ajouterait des mois, sinon des années dans bien des cas. Donc, on viendrait
empêcher la réalisation de projets.
Et ces projets-là, ce ne sont pas que... J'ai
vu au fil des années différents articles, ce n'est pas uniquement pour
construire des magasins de grande surface ou autre. C'est souvent des écoles, c'est
souvent des logements, c'est souvent des bâtiments d'intérêt public qui doivent
être au cœur des communautés. Une école qui est très, très excentrée de la
population qu'elle dessert, ce n'est pas une école qui répond aux besoins de la
communauté. Tout ça pour vous dire que par moment, et ça peut être déchirant,
oui, mais par moment, il faut effectivement empiéter sur les milieux humides,
malgré les bienfaits qu'on veut leur associer et qu'on doit leur associer.
Donc, c'est un défi qui n'est pas toujours
simple. Et, dans certaines régions, là où il nous faut une nouvelle école... Et
j'ai des collègues par le passé qui m'ont interpelé sur la nécessité du
logement aussi, là où il nous faut du nouveau logement social, on ne peut pas
les envoyer toujours à l'autre bout d'une région ou d'un village, parce qu'on n'arriverait
pas à desservir cette clientèle-là qui a des besoins particuliers.
Bref, cette quête d'équilibre là est à la
base du projet de loi, et on va souhaiter, au gré des commentaires que l'on
reçoit, ensuite le bonifier, le projet de loi. C'est ce qui est fascinant avec
l'étude d'un projet de loi, j'en ai quelques-uns, et nos collègues ici, les
collègues ici en ont quelques-uns derrière la cravate ou, sinon, à travers les
années d'expérience qu'ils ont. Moi, je n'ai pas vu un projet de loi qui a été
déposé dans une forme x et qui a été adopté dans la même mouture à la fin.
Donc, l'exercice qui nous attend après,
celui de l'étude article par article, va nous permettre de le bonifier très certainement.
Donc, il y a des commentaires qui nous parviennent de différents groupes qui
nous permettront de l'améliorer, mais on ne pourra pas retenir toutes les
propositions. D'une part, elles sont souvent contradictoires d'un groupe à l'autre
et, dans d'autres cas, les impacts seraient trop importants.
Donc, le rétablissement avant l'autorisation,
malheureusement, on ne pourra pas aller là, on se couperait de l'adhésion des
milieux, et ces milieux-là sont nécessaires pour pouvoir avancer. Donc, ça vous
est dit en toute, toute transparence, mais vous pouvez être certains qu'on
travaillera à améliorer le projet de loi.
Donc, je vous ai lancé quelques éléments,
peut-être pour vous rassurer, peut-être que ça génère des réflexions de votre
côté, si oui, on peut échanger et se partager des commentaires. Mais je sais
que j'ai ma collègue d'Argenteuil qui meurt d'envie de compléter, d'échanger
plus directement avec vous, mais très, très ouvert à prendre quelques instants
pour suivre l'échange avec vous, tout en ayant en tête que chaque seconde que l'on
prend ensemble, c'est un petit pincement au cœur de ma collègue d'Argenteuil.
M. Branchaud (Alain) : ...qu'on
construit des écoles pour assurer un avenir à nos enfants. Aujourd'hui plus que
jamais, on protège nos milieux humides pour assurer un avenir à nos enfants
aussi. Donc, il faut aussi...
M. Charette : Aussi,
aussi. Non, tout à fait.
M. Branchaud (Alain) : Il
faut aussi prendre ça en considération. Dans le cas de notre idée de mettre...
de transférer la prise en charge par le secteur privé du... de la
réhabilitation d'un milieu, on pense que c'est une bonne idée qui mérite
peut-être davantage de considération. On dit souvent que le milieu privé est
plus efficace. Si on veut poursuivre la logique, là, de zéro perte nette
dans... même dans le programme qui est en place, que... dont vous assurez une
plus grande flexibilité, là, pour faire décaisser l'argent, ce à quoi on adhère
et on salue cette... ces modifications-là... Donc, si on veut poursuivre cette
logique-là, il va falloir aussi que l'État et les mandataires de cet argent-là
trouvent des terrains, il va falloir qu'il fasse la réhabilitation.
Donc, il va y avoir ce travail-là qui va
devoir être fait de toute façon. Et on propose cette situation-là vraiment dans
deux cas d'exception, les cas où il y a des <espèces...
M. Branchaud (Alain) :
...de
toute façon. Et on propose cette situation-là vraiment dans deux cas
d'exception, les cas où il y a des >espèces menacées ou vulnérables pour
vraiment forcer l'évitement et des cas où il y a des milieux humides dans des
secteurs où vraiment on a perdu une grande majorité de nos milieux humides et
où on ne peut plus s'en permettre. Donc, on ne propose pas cette mesure-là mur
à mur, mais on pense que ça mérite d'être exploré.
M. Charette : Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme Blouin) :
Mme la députée d'Argenteuil.
Mme Grondin : Merci
beaucoup. Combien de temps il reste?
La Présidente (Mme Blouin) :
8 min 45 s.
Mme Grondin : Parfait.
Tout d'abord, je voulais... Très belle tourbière sur votre page de votre
mémoire. Est-ce qu'il y en a un d'entre vous qui a eu le bonheur de marcher
dans cette tourbière-là par hasard?
Une voix : C'est laquelle?
Mme Grondin : C'est juste
pour vous faire rire. En fait, moi, je vais me concentrer... On n'a pas
beaucoup de temps. Je vais me concentrer sur la question des milieux humides et
hydriques, puis ça va être deux grandes questions, une question sur l'approche
de la conservation puis l'autre sur la restauration, création.
Sur la question de la conservation, bon,
vous amenez... Tu sais, dans le fond, ce qu'on constate, c'est que malgré tout
le travail qui est fait depuis 2017, cette volonté-là de dire : On protège
nos milieux humides et hydriques, on constate que ce n'est pas si simple. Puis
les... le zéro perte nette, on ne l'a pas encore atteint. Puis là il y a
différents groupes qui proposent des solutions. Ça tourne autour de la question
de l'évitement. Là, vous, vous en proposez une jusqu'à un certain point.
Avez-vous... Parce que ce n'est effectivement pas si simple, puis, dans les
basses terres du Saint-Laurent, ce l'est encore moins, de conjuguer tous les
usages, ou les besoins, ou...
Et donc là, cette recherche d'équilibre-là,
du point de vue de la conservation des milieux humides et hydriques, est-ce
qu'il y a quelque chose de plus concret? Là, tu sais, là, il y a une
proposition qui est sur l'évitement où on demande au promoteur dorénavant de
démontrer qu'il a fait l'exercice. Parce que, le constat sur le terrain, c'est
vraiment ça, là, c'est qu'il n'y a pas d'effort qui est mis pour éviter dans le
cadre des projets. Donc, est-ce que vous avez d'autres propositions?
M. Branchaud (Alain) : ...dans
notre mémoire, on propose, entre autres, l'établissement d'un registre qui
permettrait d'identifier des endroits alternatifs pour soit aller faire de la
réhabilitation ou de la restauration d'habitat ou encore de transférer le
projet qui est prévu à un site A vers le site B. Comme ça, on aurait un
processus dynamique qui éviterait peut-être toutes ces discussions-là.
Un exemple très concret :
Mme Lamothe veut faire son projet sur le site A, c'est un milieu humide, elle
doit faire les démarches nécessaires pour aller faire son projet, il y a un
registre qui existe qui lui permettrait de compenser sur le site B. Mais elle
pourrait aussi avoir l'alternative de transférer son projet vers le site B, si
ça convient à ses prérogatives ou ses critères de développement économique.
Donc, ça, c'est une approche qui pourrait être faite.
Autrement, de façon très concrète aussi,
on pense que, dans les milieux qui sont rendus pauvres, les secteurs qui sont
rendus pauvres en milieux humides et les secteurs où il y a des espèces menacées
ou vulnérables, si on doit absolument faire le projet à cet endroit-là,
justement... que le privé prenne en charge la restauration et la
réhabilitation. Et, à ce moment-là, on aura le prix juste à payer. Souvent, le
secteur privé dit qu'il paie trop cher pour les compensations. S'il pense
pouvoir faire réaliser ce projet-là à coût moindre, bien, il a l'occasion de le
faire.
Donc, je pense que c'est deux éléments
très concrets qui pourraient être faits. Je ne sais pas si vous voulez
compléter?
• (16 h 10) •
Mme Beauvais (Marie-Pierre) :
J'ai envie de compléter en disant aussi peut-être que, des fois, les
contraintes peuvent devenir des opportunités. Donc, peut-être que les
promoteurs pourraient aussi voir ça comme une occasion de faire des bâtiments
de différentes façons, d'avoir des projets mieux ficelés qui intègrent
davantage la biodiversité. Peut-être que, dans certains cas, c'est trop facile
encore de détruire les milieux naturels. Donc, on y va avec la solution de
moindre coût. Mais peut-être que, si on ajoute des contraintes, les promoteurs
vont peut-être aussi devenir innovateurs et avoir des projets mieux ficelés qui
intègrent davantage la biodiversité au lieu de simplement la détruire. Même
chose si on parlait des écoles, pourquoi ne pas faire des milieux humides,
restaurer des milieux humides près des écoles pour intégrer le processus dans
le cursus scolaire, par exemple? Donc, ça pourrait peut-être aussi créer des...
finalement, des nouveaux projets encore plus positifs pour les communautés.
Mme Grondin : Je suis
quand même surprise que vous... Parce que vous avez accompagné... Je le vois au
niveau des aires protégées, vous avez parlé du programme Plein aire dans la <région...
Mme Grondin :
...vois
au niveau des aires protégées, vous avez parlé du programme Plein aire dans la >région
des Laurentides, des milieux qui ont encore beaucoup plus à investir, à
conserver ce qui existe qu'à penser à restaurer tout de suite ou créer, là. Je
ne dis pas qu'il n'y a pas ça, mais, dans la région des Laurentides, c'est
beaucoup ça. Vous avez accompagné de nombreux acteurs sur la question des aires
protégées en terres publiques. Je suis surprise que vous ne nous parliez pas
des plans régionaux des milieux humides et hydriques, des endroits qui sont
déjà... qu'il y a un potentiel de conservation de nos milieux humides et
hydriques.
Mme Beauvais (Marie-Pierre) :
...en fait, je pense que c'est sûr qu'il faut passer par... c'est peut-être
la première étape, mais, dans certains cas, les plans régionaux des milieux
humides et hydriques sont aussi parcellaires, au sens où, dans certains... dans
certaines MRC, il n'y a pas d'informations nécessairement très complètes sur
les milieux existants. Les MRC n'ont pas nécessairement non plus les ressources
pour aller valider sur le terrain. Il manque aussi de l'information sur les
territoires publics. Donc, les PRMHH sont certainement des outils. Là où il y a
encore des grands complexes de milieux humides, bien sûr qu'on devrait agir
pour les conserver tels quels.
Nous, je pense que ce dont on parle, c'est
vraiment plus dans les basses terres du Saint-Laurent, là où les milieux
humides ont été réduits comme peau de chagrin, mais autrement, bien sûr que
dans les régions où il y a encore de... des milieux humides existants, en
santé, tout ça, bien sûr qu'il faudrait s'appuyer sur l'expertise des MRC pour
venir protéger ce qu'il y a déjà, là, en premier lieu.
Mme Grondin : Effectivement...
les basses terres du Saint-Laurent. C'est mon erreur, je suis désolée.
M. Branchaud (Alain) : Bien,
la loi prévoit déjà, hein, d'éviter puis d'avoir une reconnaissance... d'éviter
les endroits où il y a déjà des milieux humides d'importance, mais les
méthodologies qui ont été utilisées pour identifier ces milieux humides
d'importance là excluent d'emblée plein de milieux humides qui sont hyper importants
pour la biodiversité. Une des grandes victimes de cette approche et de cette
méthodologie-là, c'est la rainette faux-grillon, où les milieux humides
temporaires ont été exclus de ces... de l'identification de ces secteurs-là.
Donc, il faut avoir une approche flexible,
mais dynamique aussi, adaptée à chaque situation. Et c'est là où les deux cas
d'exception que nous, on propose, c'est vraiment dans des secteurs où il n'y a
vraiment plus beaucoup de milieux humides et où il y a des habitats d'espèces
menacées ou vulnérables. Là, on devrait élever notre seuil, notre critère et
donner la flexibilité au gouvernement de pouvoir agir de façon plus musclée
dans ces situations-là ou de permettre des alternatives qui sont peut-être plus
contraignantes en termes de temps et en termes d'argent, mais qui garantissent
quand même la possibilité à un projet de se faire dans des conditions plus
difficiles.
La Présidente (Mme Blouin) :
1 min 30 s.
Mme Grondin : 1 min 30 s.
On a une 1 min 30 s pour finir notre... juste aujourd'hui, là.
La question de restauration, création, on a eu Canards illimités qui est venu
hier ou avant-hier, là, hier, je crois, puis qui indiquait, tu sais, qu'il y a
un problème d'espace, notamment dans les basses terres du Saint-Laurent, là,
pour trouver des endroits, justement, intéressants pour restaurer, réhabiliter
ou même créer des milieux humides. Mais ils nous ont aussi parlé de banque de
projets. Ils nous ont aussi parlé de transfert d'expertise, d'accompagnement.
Est-ce que vous, vous considérez que, sur la question de la restauration puis
pourquoi les projets ne lèvent pas... Est-ce que vous voyez d'autres obstacles
ou d'autres défis auxquels on serait confrontés?
M. Branchaud (Alain) : Bien,
en fait, si on entraînait davantage les projets vers de la restauration
obligatoire et donc... dans les cas où on ne peut éviter, on créerait aussi une
économie autour de ça, on développerait de l'expertise au Québec, eh oui, donc
on favorise cet élément-là. Puis cette idée-là d'un registre est super importante
selon nous pour, justement, rendre ça possible, la restauration dans les basses
terres du Saint-Laurent. Puis plus on se rapproche des grands centres urbains,
ça devient de plus en plus important d'appliquer ce principe-là de zéro perte
nette. En ce moment, on l'applique de façon théorique, mais, dans les faits,
sur les chiffres, ça ne colle pas. Donc, il faut...
La Présidente (Mme Blouin) :
Merci.
M. Branchaud (Alain) : ...il
faut développer ces outils-là, il faut développer l'expertise puis...
La Présidente (Mme Blouin) :
Merci beaucoup.
M. Branchaud (Alain) : Oui,
excusez.
La Présidente (Mme Blouin) :
Ça complète cette portion de l'échange. Je me tourne vers la députée des Mille-Îles,
pour 9 min 54 s.
Mme Dufour : Merci, Mme
la Présidente. D'abord, merci à vous trois d'être présents. Et je pense que ce
n'est pas la première fois qu'on se rencontre, on se voit souvent dans des
commissions parlementaires, et vous avez toujours un éclairage fort pertinent,
particulièrement sur les milieux humides et hydriques. On a beaucoup échangé
là-dessus. Moi, c'est quelque chose qui m'interpelle beaucoup.
La loi, lorsqu'elle a été adoptée en 2017,
avait pour objectif zéro perte nette. Là, actuellement, on est, de... selon ce
que je comprends de votre mémoire, à un déficit de pertes de près de
10 millions de mètres carrés, là, de ce que je comprends, là, selon vos <chiffres...
Mme Dufour :
...de
pertes de près de 10 millions de mètres carrés, là, de ce que je
comprends, là, selon vos >chiffres, là, qu'on en a détruit près de
15 millions. Il y en a eu quelques-uns qui ont été conservés et
quelques-uns qui ont été créés, mais, au total, près de 10 millions de
mètres carrés. On est très... de pertes, là, nettes. Donc, on est très, très,
très loin du zéro perte nette. Est-ce qu'à votre opinion les fonds qui sont
dans le programme actuellement pourront permettre de reproduire ces
10 millions de mètres carrés détruits?
M. Branchaud (Alain) : Bien,
selon notre évaluation, non, parce que juste le coût d'achat de terrains pour
aller réaliser ces projets-là, dans les... la région des basses terres du
Saint-Laurent, dépasse, selon notre estimation, le coût... l'enveloppe totale.
Donc là, on n'a même pas pris en compte les travaux à réaliser. Et c'est là où
l'idée qu'on propose de donner la responsabilité au secteur privé et à ceux qui
veulent détruire ce milieu-là, de prendre en charge complètement tout le cycle
nécessaire pour pouvoir arriver à zéro perte nette. Donc, c'est... La réponse
courte, c'est non.
Mme Dufour : Parfait.
Donc, c'est... Puis on comprend que, dans les basses terres du Saint-Laurent,
c'est encore plus dramatique, là, les coûts des terrains sont plus élevés, la
disponibilité est moins grande. Vous avez parlé d'un registre, et vous n'êtes
pas le premier groupe à parler d'un registre de terrains disponibles, mais,
est-ce que c'est réaliste, dans les basses terres du Saint-Laurent, d'avoir un
registre qui puisse vraiment... tu sais, compenser des... de nouvelles
destructions?
M. Branchaud (Alain) : Bien,
en fait, on pense que oui. Il y a déjà le Groupe Habitat qui a développé un
registre exploratoire, justement, pour mettre en œuvre ce genre d'idée là. Ils
n'avaient pas nécessairement le même genre d'idée qu'on avait à ce moment-là,
mais ils ont établi un registre pour la CMM. Donc, ils ont eu un contrat de la
Communauté urbaine de Montréal, donc... et c'est sûr qu'il y a des défis autour
de ça. Mais, si on fusionne trop cette idée-là d'éviter, minimiser et
compenser, puis qu'on a un glissement toujours vers la compensation et vers la
minimisation des impacts, puis qu'on n'a pas de contraintes suffisantes pour
l'évitement, on va se retrouver toujours dans la même situation.
Donc, on est d'accord avec la flexibilité.
On pense que ça peut rendre un gouvernement plus agile, mais il faut que cette
flexibilité-là soit bien encadrée. Et il faut aussi, en contrepartie, pour
avoir un meilleur équilibre, donner aux législateurs puis au gouvernement la
possibilité d'imposer des correctifs en amont de la destruction des milieux
naturels. On pense que c'est la seule façon d'envoyer ce signal-là fort et
clair. Et, si le milieu privé, encore une fois, dit que ça lui coûte trop cher
en compensation, bien, il peut faire la preuve avec ce modèle-là qui pourrait
réaliser cette compensation-là à moindre coût.
Mme Dufour : Dans votre
mémoire, vous mentionnez qu'en fait ce n'est pas... le problème n'est pas la
loi actuelle, c'est plutôt la façon qu'elle est appliquée. Puis c'est
sensiblement ce que la Commissaire au développement durable disait en 2023.
Donc, vous suggérez de ne pas adopter deux articles, les articles qui,
finalement, modifieraient le régime, mais que finalement ça ne changerait pas
la situation, là, c'est ce que je comprends, si on les adoptait, là.
M. Lemay (Jean-Philippe) : Bien,
effectivement, pour nous, l'enjeu, ce n'est pas tant le libellé en ce moment de
la loi... plutôt la façon dont c'est appliqué. Quand on regarde le rapport de
la commissaire, c'est un peu la conclusion à laquelle elle arrive. Quand on
compare les deux libellés de ce qui est proposé en ce moment, il y a des choses
qui sont intéressantes. On parle des scénarios qui doivent être évalués par le
demandeur, donc ce n'est pas inintéressant.
Par contre, pour nous, on semble un peu
réduire le fardeau qui est mis sur le demandeur. D'un point de vue un peu
juridique, ça ressemble un peu à une obligation de résultats, dans la loi
actuelle, alors que, là, c'est un peu plus une obligation de moyens.
C'est-à-dire qu'on vient nous dire : Montrez-nous que vous avez fait vos
devoirs, demandeurs, vous avez regardé le PRMHH, vous avez regardé les options
qui étaient disponibles pour minimiser au maximum l'évitement. Alors que, dans
la loi, si on l'appliquait comme c'est prévu en ce moment, bien, il y a très
peu de situations où est-ce qu'on peut dire que c'est inévitable, c'est-à-dire
quand il n'y a pas de terrains qui sont disponibles et quand le projet comme
tel doit être dans un milieu humide et hydrique.
Donc, si on s'en tient à ce texte de loi
là, bien, pour nous, ça répond aux critères de l'évitement, là.
• (16 h 20) •
Mme Dufour : Parfait.
Merci...
Mme Beauvais
(Marie-Pierre) : ...
Mme Dufour : Oui? Non,
non, allez-y.
Mme Beauvais (Marie-Pierre) :
Je me permets un petit complément pour répondre également à la question de
Mme Grondin. Je fais un petit clin d'oeil, là, il reste quand même encore
du territoire public dans les basses terres du Saint-Laurent. Ça vaudrait
peut-être la peine aussi de les mettre à profit. Il y a encore des terres
publiques sans nécessairement de gestionnaire. Il y a les terrains aussi d'Hydro-Québec,
du MTQ. Donc, il y a peut-être aussi possibilité d'aller faire des projets
aussi de restauration, de création en territoire public dans <les...
Mme Beauvais (Marie-Pierre) :
...possibilité d'aller faire des projets aussi de restauration, de
création en territoire public dans >les basses terres du Saint-Laurent,
donc à ne pas sous-estimer non plus en termes de superficie.
Mme Dufour : Parfait.
Merci beaucoup. Dans... À la page 18 de votre mémoire, vous conseillez de...
au gouvernement de définir clairement ce qu'est l'utilisation durable d'un
milieu humide et hydrique. Est-ce que vous, vous avez une proposition de
qu'est-ce que ce serait, une utilisation durable?
Mme Beauvais (Marie-Pierre) :
En fait, c'est... Pour avoir justement beaucoup accompagné le milieu
municipal, c'était une grande question et, pour avoir aussi participé à
différents forums, c'était une grande question du milieu municipal de... en
fait, de définir qu'est-ce que pourrait être l'utilisation durable d'un milieu
humide et hydrique. Évidemment, ça dépend aussi des différents milieux. Donc,
la question est vaste.
Mais l'idée ici, c'est de définir des
lignes directrices pour aiguiller le milieu municipal qui, dans bien des cas,
n'a pas nécessairement les ressources pour réfléchir ou... à toutes ces
questions-là, n'a pas nécessairement le temps. Donc, sans nécessairement avoir
une réponse claire aujourd'hui, l'idée, c'est surtout d'outiller au maximum les
MRC, parce que ça émane d'un besoin, là, qui a été exprimé à plusieurs
reprises.
Mme Dufour : Bien... Et,
de ce que je comprends, c'est qu'en laissant chacune des MRC, des municipalités
déterminer ce que c'est, bien, aussi, ça n'amène pas de vision uniforme, là,
sur le territoire. Donc, vous recommandez que ce soit fait au niveau du
gouvernement, là.
Mme Beauvais (Marie-Pierre) :
Bien, disons que dans le cadre de l'appel à projets, on a quand même
parcouru l'ensemble du Québec, là, à la rencontre justement des élus dans les
MRC. Puis évidemment, les contextes sont très différents en termes de ressources,
en termes de capacités, en termes de temps. Donc, si on peut au moins définir
des lignes de base pour déjà démarrer leur réflexion... Puis, oui,
effectivement, pour avoir une uniformité, avoir une... disons, des critères
d'excellence, là, de base, ça devrait venir du ministère, à notre avis, pour
éviter justement peut-être que les MRC soient prises avec ces grandes questions
d'aménagement du territoire, alors qu'elles ont plein d'autres dossiers aussi à
gérer.
Mme Dufour : Oui. Merci.
Il ne me reste pas beaucoup de temps, mais je voudrais vous entendre sur les
travaux préalables. Vous mentionnez, là, que... bien, en fait, ça pourrait être
des travaux potentiellement irréversibles qui seraient effectués. Le ministre a
mentionné que c'étaient seulement des ministères ou Hydro-Québec. Hydro-Québec
semblait minimiser les impacts de tels travaux. Moi, je voudrais vous entendre...
votre expérience du terrain. Est-ce que les travaux des ministères et d'Hydro-Québec
sont toujours, disons... tu sais, n'ont pas d'impact ou ils ont des impacts?
Puis, est-ce que c'est arrivé qu'il y ait eu des travaux qui ont été faits,
mais finalement le projet ne s'est pas réalisé?
M. Branchaud (Alain) : Bien,
nous, on milite certainement pour qu'il y ait une clause d'espèces menacées ou
vulnérables dans cette disposition-là, justement pour éviter qu'il y ait des
travaux qui soient faits de façon irréversible pour des habitats qui sont hyper
importants pour une espèce qui est au bord du gouffre. Donc, ça, minimalement,
on pense que ça devrait être inclus dans cette flexibilité-là que se donne le
gouvernement. On ne peut pas se permettre d'aller détruire des habitats
importants si, au final... Tu sais, on ne peut pas lutter contre la crise
climatique au détriment, là, de la crise de la biodiversité. Donc, d'une façon
générale, on n'est pas nécessairement complètement fermés à cette idée-là, mais
ça doit être mieux balisé.
Mme Dufour : Oui. Puis
vous mentionnez... Puis là, vraiment, il ne me reste vraiment pas beaucoup de
temps, vous mentionnez que, malheureusement, il n'y a pas la protection des
habitats actuellement. Quand on protège une espèce, on protège l'espèce, mais
pas son habitat.
M. Branchaud (Alain) : Le
processus d'identification des habitats protégés dans la législation québécoise
pour les espèces menacées ou vulnérables est compliqué, il y a vraiment besoin
d'avoir une grande modernisation de ça.
Mme Dufour : ...est
épuisé, je crois.
La Présidente (Mme Blouin) :
Merci.
Mme Dufour : Merci.
La Présidente (Mme Blouin) :
Donc, on poursuit avec M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, pour 3 min 18 s.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour à vous trois. Je poursuis sur la lancée de ma collègue, la
question des travaux préalables. Il y a des groupes qui sont passés avant vous
qui souhaitaient que ça soit élargi au secteur privé. Est-ce que... J'imagine
que vous pensez que ce n'est pas une bonne idée, déjà si vous proposez de
retirer... Si j'ai bien compris, vous voulez que ça ne soit pas adopté, cet
article-là?
M. Lemay (Jean-Philippe) : Dans
un monde idéal, effectivement, ce ne serait pas adopté. J'entends, on est
rassurés, d'une certaine façon, des propos du ministre et d'Hydro-Québec, comme
quoi que ce serait appliqué de façon très limitée. Par contre, l'enjeu, c'est
que les termes dans la loi sont très larges. On parle de transition écologique,
on parle d'intérêt public, donc possiblement, dans un autre gouvernement ou
dans une autre... à une autre période, ces termes-là pourraient être utilisés
pour beaucoup de projets dont, comme on parlait tantôt, des travaux qui
pourraient être dans des habitats d'espèces menacées où, je pense, c'est assez
clair, la science... c'est assez clair qu'une fois qu'on rentre là-dedans puis
qu'on fait des travaux, bien, <c'est...
M. Lemay (Jean-Philippe) :
...c'est assez clair qu'une fois qu'on rentre
là-dedans puis
qu'on fait des travaux, bien, >c'est irréversible, là, pour des habitats
qui sont très fragiles. Donc, non.
Évidemment, nous, c'est sûr qu'on demande
à ce que ce ne soit pas adopté et évidemment pas élargi. Si ça a à être adopté,
effectivement, comme mon collègue Alain le mentionnait, il pourrait y avoir des
clauses pour spécifier que, dans des habitats d'espèces menacées, ça ne
pourrait pas avoir lieu.
M. Leduc : Où là, c'est
beaucoup plus clair, ce qui est une espèce menacée, contrairement à la
définition de participer à l'atteinte des cibles climatiques, là.
M. Lemay (Jean-Philippe) :
Oui.
Mme Beauvais (Marie-Pierre) :
...ce qui concerne Hydro-Québec et l'éolien, peut-être encourager à une
évaluation régionale stratégique ou à une réflexion sur la façon dont les
projets sont déployés sur le territoire. À l'heure actuelle, il y a beaucoup de
projets qui se déploient un peu partout, sans nécessairement avoir une vision
globale, autant sur les espèces menacées ou vulnérables qui sont perdues, parce
que, des fois, ces projets sont en territoire public.
Et ce n'est pas l'objet de la commission,
mais reste que la foresterie en territoire public entraîne énormément de pertes
d'habitats, d'espèces menacées et vulnérables, parce qu'on sait très peu de
choses sur les territoires publics et qu'il n'y a pas nécessairement
d'inventaire en bonne et due forme en amont des travaux. Dans certains cas,
c'est des travaux qui sont quand même très sévères.
M. Leduc : J'aimerais
vous offrir le temps qu'il me reste pour voir s'il y avait un aspect de votre
mémoire qu'on n'a pas abordé jusqu'à ce moment-ci puis que vous pensez qu'il
serait important de traiter.
M. Lemay (Jean-Philippe) :
...qui est quand même intéressant, qui est à développer peut-être avec les
milieux naturels désignés sur plan. Donc, dans le projet de loi, c'est
intéressant, parce que le gouvernement vient proposer de faire un cadre
réglementaire. À la SNAP-Québec, on pense que c'est vraiment un outil qui
aurait un potentiel dans le sud du Québec, où il y a beaucoup de terres
privées, d'aider à atteindre la cible du 30 %. Par contre, on encourage le
gouvernement à ce que ces normes-là, qui vont être prévues par règlement,
soient conformes aux normes internationales pour que ça puisse être
comptabilisé, pour qu'il y ait des gains pour la biodiversité.
M. Leduc : Il reste une
trentaine de secondes. Un autre aspect de votre mémoire que vous voulez mettre
de l'avant? Vous aviez 27 recommandations, 25 recommandations?
Mme Beauvais (Marie-Pierre) :
Vive les espèces menacées et vulnérables!
M. Branchaud (Alain) :
Oui, bien, peut-être... La Loi sur les espèces menacées ou vulnérables a été
adoptée en 1989. Moi, quand j'étais fonctionnaire, au début des
années 2000, on parlait déjà de mettre en place une réforme. On est rendus
en 2025. Je pense qu'il y a une nécessité d'aller de ce côté-là.
M. Leduc : ...M. le
ministre. On a un devoir qui nous est...
La Présidente (Mme Blouin) :
Merci à vous. Alors, on va conclure avec le député des Îles-de-la-Madeleine,
pour 3 min 18 s.
M. Arseneau : Merci
beaucoup. Merci, mesdames, messieurs. Moi, je veux revenir sur la question du
zéro perte nette, parce que je pense que votre point de vue est assez clair,
mais, dans le temps long, là, si on se projette dans 10 ans, est-ce que
vous pensez qu'il est possible avec une somme qui a été cumulée, puis compte
tenu du fait que le coût des terrains, le coût des projets, tout ça, qu'on
résorbe un jour l'équilibre avec ce qui nous est présenté aujourd'hui? Est-ce
qu'on est tous dans une espèce de comédie où on dit : L'objectif, c'est ça,
mais les moyens ne sont pas là puis on n'y arrivera jamais, là? Je ne veux pas
être trop cynique, mais la proposition que vous faites, ça ne permet même pas
de faire la récupération des sept dernières années. Ça permet peut-être de
minimiser ce qu'on peut anticiper de perdre au cours des 10 prochaines.
Votre commentaire.
• (16 h 30) •
M. Branchaud (Alain) :
Bien, c'est une question très large. Puis c'est une bonne question. Dans le
nouveau cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité, il y a un
objectif quand même auquel adhère le gouvernement du Québec, de restaurer
30 % des terres à restaurer. Bon, première chose à faire, c'est... C'est un
30 % de quoi? Il faut l'identifier, ça. Il faut identifier ces secteurs-là
à restaurer. Donc, ça vient s'ajouter à l'idée d'un registre, d'une certaine
façon. Si on adhère à cet objectif-là, je pense qu'à la base, il va falloir
aller identifier des terres. Donc, ça serait la première... le premier endroit
à commencer, selon moi.
Après, on... Nous, on pense qu'on a
répondu tantôt à la question de la députée sur est-ce qu'il y a assez
d'argent pour vraiment arriver à zéro perte nette. On pense que non. Les coûts
sont prohibitifs, juste de l'acquisition des terrains. Donc, il faut trouver
davantage de solutions maintenant pour stopper l'hémorragie. Et ça, c'est de
mettre l'accent sur l'évitement. Ça fait partie de la politique du gouvernement
du Québec. Ça fait partie de la loi, d'éviter de détruire des milieux naturels,
d'éviter de détruire des milieux humides, d'éviter absolument de détruire des
habitats d'espèces menacées ou vulnérables.
Donc, c'est pour ça que nous, on pense
vraiment qu'en transférant la responsabilité, on va trouver cet équilibre-là.
Parce qu'en ce moment, on n'est pas dans un équilibre. On est dans un
déséquilibre, il y a des... On parle de pourcentages, là, de 80 % et
90 % dans certaines régions de milieux, d'habitats d'espèces menacées ou
vulnérables qui ont disparu ou de milieux humides qui ont disparu. Donc,
l'équilibre, c'est 50 %, selon moi, là, autour de ça. On est loin de ça.
Donc, allons vers des mesures qui vont
faire en sorte que la société au grand complet, les partenaires...
16 h 30 (version révisée)
M. Branchaud (Alain) : ...loin
de ça. Donc, allons vers des mesures qui vont faire en sorte que la société au
grand complet, les partenaires de tous les... de tous horizons, incluant le
secteur privé, prennent en charge cette... partagent la responsabilité.
M. Arseneau : ...est-ce que
ce n'est pas un peu, là, le parallèle qu'on pourrait faire... Parce qu'on en a
déjà discuté avec d'autres intervenants, on parle souvent de la responsabilité
élargie des producteurs, mais pourquoi on ne parle pas de la responsabilité
élargie et directe des destructeurs? C'est un peu la question qu'on peut se
poser aujourd'hui, parce que c'est la responsabilité de tout le monde puis de
personne à la fois, puis on n'a même pas les montants nécessaires ni les
projets à réaliser pour résorber le... les pertes. Réflexion.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. C'est tout le temps qu'on a. Donc, un grand merci de votre présence
parmi nous aujourd'hui. Je vais suspendre les travaux le temps d'une courte
pause.
(Suspension de la séance à 16 h 32)
(Reprise à 16 h 36)
La Présidente (Mme Blouin) : Alors,
je souhaite maintenant la bienvenue aux représentants de la Fédération des
chambres de commerce du Québec. Je vous souhaite la bienvenue. Je vous rappelle
que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, après quoi nous allons
procéder à la période d'échange avec les membres de la commission. Alors, je
vous invite d'abord à vous présenter et à enchaîner par la suite.
Mme Proulx (Véronique) :...bonjour à tous. Véronique Proulx, je suis la
présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du
Québec, et je suis accompagnée de mon collègue.
M. Lavigne (Mathieu) : ...publiques
et économiques.
Mme Proulx (Véronique) :...merci à tous de nous avoir invités pour qu'on puisse
présenter notre perspective sur le projet de loi n° 81. Alors, la
Fédération des chambres de commerce du Québec représente plus de 40 000 entreprises
exerçant leurs activités dans tous les secteurs de l'économie et sur l'ensemble
du territoire québécois. On est le plus important réseau des gens d'affaires et
des entreprises du Québec et on compte parmi nos membres les chambres de
commerce régionales et locales, ainsi que des entreprises. Alors, tous poursuivent
le même but, soit de favoriser un environnement d'affaires innovant et
concurrentiel.
Alors, ce projet de loi de type omnibus
propose des modifications importantes à plusieurs éléments de notre cadre
législatif et environnemental qui ont et qui auront un impact sur la compétitivité
de nos entreprises. Alors, bien que nous saluons plusieurs des mesures
envisagées, nous croyons fermement que des ajustements seront nécessaires pour
maximiser ses retombées positives, tout en préservant la compétitivité des
entreprises québécoises.
Notre mémoire et notre intervention
porteront plus spécifiquement sur trois volets du projet de loi qui
interpellent plusieurs secteurs économiques parmi nos membres. Alors, les
évaluations environnementales, la conciliabilité des réglementations et la
norme VZE pour les véhicules lourds. Alors, vous constaterez que notre mémoire
compte neuf recommandations. Lors de l'allocution, j'en... je présenterai la
un, la deux, la cinq et la six, pour ceux qui ont le mémoire avec eux, il nous
fera plaisir de répondre à vos questions dans la période d'échange sur
l'ensemble des recommandations.
Alors, dans un premier temps, puis avant
de se lancer dans les recommandations, je voulais prendre un pas de recul pour
parler du contexte dans lequel on débat de ce projet de loi. Alors, on revient
d'une mission d'une semaine à Washington, où on a rencontré des entreprises
américaines, des élus républicains et démocrates, également des regroupements
de gens d'affaires. Les États-Unis, c'est notre principal partenaire, mais c'est
également notre principal compétiteur économique. Alors, la nouvelle
administration américaine a déjà amorcé une série d'actions pour alléger le
fardeau réglementaire des entreprises américaines, notamment en matière
environnementale. Elle s'est aussi engagée à réduire le fardeau fiscal des
entreprises, sans parler de la menace tarifaire qui plane sur nous.
Au niveau canadien, on a vu un engagement
politique très fort de certaines provinces, notamment l'Ontario, pour réduire
le fardeau administratif des entreprises. Et le Québec, bien, il doit en être conscient
et adapter ses actions en conséquence. On a un tout petit marché, on est collés
sur le géant américain. Alors, il faut considérer l'ensemble de ces éléments
lorsqu'on regarde notre compétitivité à l'échelle de notre continent.
Alors, je me lance dans nos
recommandations; la première... pardon : rendre optionnelle la nouvelle
procédure d'évaluation et d'examen des impacts environnementaux afin que les
entreprises puissent choisir la procédure convenant le mieux à leur réalité.
Alors, on accueille favorablement la volonté de réduire les délais
d'approbation, qui varient actuellement de 13 à 18 mois, à environ neuf
mois. Donc, ça, c'est très positif. Une telle amélioration répond à une demande
cruciale des entreprises qui ont besoin de prévisibilité pour attirer des
investissements et démarrer leurs projets à temps pour qu'il y ait encore un
marché pour eux lorsque le projet sera complété.
Cependant, la création d'un nouvel avis
d'intention qui viendrait remplacer l'avis de projet risque de déplacer le
fardeau administratif vers les premières étapes du processus, sans garantir que
ça va réellement simplifier les choses ou raccourcir les délais. Ce mécanisme
pourrait pénaliser les projets dont les spécifications évoluent en cours de
route, comme c'est souvent le cas dans certains secteurs comme l'éolien.
• (16 h 40) •
Pour répondre aux besoins variés des
promoteurs, on pense qu'il est essentiel que cette nouvelle procédure demeure
optionnelle. Les entreprises devraient pouvoir choisir entre la méthode
actuelle et la nouvelle, on doit leur donner de la flexibilité. De plus, les
exigences de ce nouvel avis doivent être clairement définies et adaptées pour
éviter les ambiguïtés qui pourraient ralentir le projet. Aujourd'hui, on ne
sait pas encore de quoi il... comment il sera établi, comment il sera défini.
Alors, et malgré tout ce que je viens de dire, puis encore une fois on réitère
qu'on avance dans la bonne direction, je tiens quand même à rappeler qu'au
Québec c'est beaucoup plus long de faire des projets d'investissements majeurs
que c'est le cas en Ontario et aux États-Unis.
Deuxième recommandation, recommandation 2
dans le mémoire : étendre à tous les promoteurs privés et publics
l'autorisation de débuter les travaux avant d'avoir une autorisation
environnementale prévue dans le nouvel article 31.4.2 de la LQE. En ce qui
concerne les projets liés directement à la transition énergétique, on soutient
l'initiative qui permettrait à certains promoteurs publics de démarrer les
travaux avant d'avoir obtenu toutes les autorisations environnementales.
Pourquoi? Parce que <cette...
Mme Proulx
(Véronique) :
...les travaux avant
d'avoir obtenu toutes les autorisations environnementales. Pourquoi? Parce que
>cette mesure est cruciale pour accélérer la transition énergétique et
atteindre nos cinq...nos cibles, pardon, climatiques. En contrepartie, il est
impératif d'élargir cette disposition aux promoteurs privés qui jouent un rôle
clé dans le développement des énergies renouvelables et le développement
économique régional.
Tel que c'est dit présentement, ces
acteurs ne bénéficieraient pas des mêmes avantages, alors que leurs projets
sont tout aussi nécessaires à l'atteinte des objectifs de décarbonation et de
développement des énergies vertes que le gouvernement s'est fixés. C'est
notamment le cas des projets de production d'énergie propre, minéraux critiques
et stratégiques. Dans un contexte où nos voisins américains, avec des
initiatives comme le plan d'accélération des permis et licences, lié à
l'Inflation Reduction Act, ont pris de l'avance. Le Québec ne peut pas se
permettre de rester en retrait. De plus, on le sait, la création de richesse,
elle va venir du secteur privé. Il faut leur ouvrir le chemin pour leur
permettre de jouer leur plein rôle dans la transition énergétique et dans la
croissance économique du Québec.
Cinquième recommandation : retirer
les articles 149 à 141 du projet de loi et conserver le principe de préséance
de la réglementation nationale sur la réglementation municipale. Alors, le
projet de loi propose essentiellement de remplacer la préséance accordée à la
réglementation nationale en matière d'environnement par ce qu'on appelle la
conciliabilité. En pratique, cette mesure risque de fragmenter le cadre
réglementaire et d'accroître la complexité pour les entreprises. Alors,
rappelons qu'au Québec il existe près de 1 100 municipalités. Au
Québec, une entreprise, qui, de façon... de façon fictive, là, ferait affaire
dans les 1 100 municipalités, aurait 1 100 règlements
différents à suivre. Alors, c'est simplement pour illustrer que plus on permet
de fragmenter la réglementation, plus il y a un coût, et ça devient difficile
pour nos entreprises de faire affaire.
La multiplication de la réglementation
locale pourrait entraîner une surenchère réglementaire, puisque l'autonomie qui
leur est accordée ne vise qu'à être plus restrictifs que la norme nationale,
jamais moins. Cela risque de freiner les projets et d'en augmenter les coûts
pour les entreprises, je le mentionnais. Il est donc essentiel pour nous de
maintenir la préséance de la réglementation provinciale qui garantit un cadre
cohérent, stable et prévisible. Et, dans le contexte actuel, alors que les... on
l'a vu avec l'arrivée du président Trump, les premiers ministres cherchent à
aplanir les barrières au commerce interprovincial, on demande... on demande au
ministre, à la commission de retirer ces articles pour s'assurer d'une
cohérence puis maintenir notre compétitivité.
Recommandation six, concernant les
véhicules lourds à zéro émission, alors la norme VZE, on demande au ministre de
présenter les intentions réglementaires du gouvernement concernant cette norme
pour les véhicules lourds, ainsi qu'une véritable analyse d'impact réglementaire
présentant un portrait de tous les impacts économiques possibles, notamment
l'ensemble des coûts d'opération potentiels pour les entreprises concernées.
Alors, les véhicules lourds représentent, au Québec, environ 6,7 mégatonnes
de GES par année, soit 9 % des émissions totales du Québec. La mise en
place d'une norme zéro émission pour ce secteur est donc pertinente dans ce
contexte. Cependant, les défis sont quand même nombreux. Alors, dans un premier
temps, les véhicules lourds électriques coûtent actuellement deux à trois fois
plus cher que leurs équivalents conventionnels. Et, deuxièmement, les
infrastructures de recharge adaptées à ces véhicules sont limitées et les
entreprises de transport qui réalisent plus des deux tiers de nos exportations
vers les États-Unis ne peuvent supporter à elles seules le poids financier de
cette transition.
Pour accélérer l'adoption des véhicules
lourds à zéro émission, il est essentiel de réintroduire le programme de
soutien financier, comme Écocamionnage, qui a été suspendu l'année dernière. De
plus, une approche technologique diversifiée, incluant le biodiesel, le gaz
naturel renouvelable, l'hydrogène, doit être encouragée pour maximiser la
résilience et réduire les coûts. La solution technologique, elle n'est pas encore
claire. Par contre, on doit privilégier le mix énergétique qui nous permettra
d'être le plus efficients et le plus efficaces. Et, enfin, l'harmonisation des
normes avec celles de nos principaux partenaires nord-américains est cruciale
pour garantir une concurrence équitable et éviter, encore une fois, les
obstacles au commerce.
Alors, en conclusion, le projet de loi n° 81
constitue, pour nous, dans son ensemble, une avancée, mais son succès dépendra
de notre capacité à intégrer flexibilité, soutien financier et cohérence
réglementaire. Alors, je vous remercie de votre attention, et ça me fera
plaisir... ça nous fera plaisir de répondre à vos questions.
La Présidente (Mme Blouin) : Un
grand merci pour votre présentation. Nous allons débuter les échanges avec M.
le ministre pour 16 min 30 s.
M. Charette : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. À vous deux, merci pour votre présence, merci pour votre
éclairage. La façon dont j'aime bien procéder, c'est commenter les différents
éléments que vous avez soulevés, ensuite échanger, si vous le souhaitez
davantage, sur ces questions-là. Mais le problème, c'est qu'on a plus de
questions que de temps, et je sais que j'ai des <collègues...
M. Charette :
...questions-là.
Mais le problème, c'est qu'on a plus de questions que de temps, et je sais que
j'ai des >collègues qui vont vouloir intervenir, donc je vais aussi
partager ce temps de parole.
Vous avez de façon très, très juste
commencé votre propos en parlant du contexte actuel. On serait très mal avisés
de ne pas prendre acte de ce contexte actuel, et je ne fais pas uniquement
référence à la récente élection présidentielle américaine. Il y a un contexte
nord-américain qui est changeant et qui a un impact sur notre marge de manoeuvre,
qui a un impact sur... sur l'économie québécoise, qui a un impact sur bon
nombre de notre... d'éléments de notre quotidien. Et c'est la raison pour
laquelle, ne serait-ce qu'au niveau des véhicules zéro émission, au cours des
derniers jours, on parle beaucoup de la possibilité de revoir certains
objectifs, je dis «possibilité» parce que c'est encore théorique, mais, à tout
le moins, la porte, elle est ouverte pour devoir s'ajuster à cette nouvelle
donne qui se présente. Et la période d'évaluation qui était déjà prévue début 2026
va... s'y prête bien. Donc, juste vous mentionner qu'on est très conscients,
là, du contexte actuel, et on ne veut pas défavoriser nos entreprises.
À ce niveau-là, par contre, je dois
ajouter un contre... une contrepartie. Vous avez mentionné à quelques reprises
que c'est important de se... de normaliser la réglementation avec le contexte
nord-américain. Je ne veux pas créer de compétition ou de concurrence déloyale,
mais en même temps on ne sera pas là pour essayer de se rapprocher des moins
bons élèves, là, parce qu'il y a... cette normalisation souhaitée pourrait
vouloir nous amener vers une déréglementation complète, et on n'est pas là du
tout. Mais on est conscients, là, de devoir... et c'est notre souhait, devoir
favoriser, là, la compétitivité des entreprises québécoises.
La fameuse question des travaux
préalables, c'est mentionné par la plupart des groupes qui se présentent à la
consultation, et ce sont des perspectives souvent très, très tranchées.
Généralement, c'est bien accueilli par la plupart, sinon la quasi-totalité des
groupes, mais plusieurs souhaiteraient que ce soit élargi aussi aux promoteurs
privés. On n'en est pas là à ce moment-ci. Je ne dis pas que ça ne se fera
jamais, mais c'est quand même un... une étape ou un pas assez franc par rapport
à ce qui se fait maintenant. Donc, on veut réellement, au niveau du ministère,
se faire la main avec les promoteurs publics, avec qui on est en contact
direct. Hydro-Québec s'est montrée très intéressée à ces dispositions-là. Donc,
éventuellement, peut-être que ce sera élargi, mais ce n'est pas l'intention
d'élargir davantage que ce qui est permis actuellement. Mais la beauté de la
chose, c'est qu'au cours des prochaines semaines on sera en étude article par
article, donc avec les collègues de l'ensemble des formations politiques, on
pourra discuter de cet élément-là.
La fameuse préséance des droits ou des...
oui, des possibilités du milieu municipal versus les règlements du gouvernement
du Québec, c'est une très vieille revendication du milieu municipal. C'est...
c'est demandé, là, depuis la création, en quelque sorte, de la Loi sur la
qualité de l'environnement. On veut reconnaître le... les gouvernements
municipaux comme des gouvernements locaux, mais en même temps, je leur ai mentionné,
lorsqu'ils sont venus en commission hier, je leur ai mentionné qu'il y avait
des inquiétudes de différents secteurs, des inquiétudes par rapport à ces
nouveaux pouvoirs là. Donc, je leur ai demandé d'être très ouverts à la
discussion, être très ouverts aux échanges avec les groupes qui se montreront
intéressés.
• (16 h 50) •
Cependant, peut-être préciser que ce ne
sont pas des pouvoirs illimités, ce sera balisé. Ce ne sont pas dans tous les
domaines qu'il y aura préséance de la réglementation municipale, et dans tous
les cas il y a une réglementation qui sera nécessaire, une réglementation qui
n'est pas encore développée. Et, à partir du moment où cette réglementation-là
sera prête, elle va faire l'objet de consultations. Donc, là aussi, ce sera une
façon, là, d'exprimer des commentaires et voir comment qu'on va pouvoir
améliorer la réglementation qui sera présentée.
Vous avez parlé des véhicules zéro
émission lourds, autre sujet qui a été largement abordé ces derniers jours. Je
pense qu'on a été assez clairs sur les intentions. C'est un bon moment, à
travers le projet de loi actuel, d'introduire ce pouvoir habilitant là.
Cependant, ce n'est pas un pouvoir que l'on souhaite appliquer à court terme.
Vous avez évoqué des facteurs qui sont à considérer, qui sont <indéniables...
M. Charette :
...souhaite
appliquer à court terme. Vous avez évoqué des facteurs qui sont à considérer,
qui sont >indéniables, l'avancée technologique, les coûts. Vous avez
mentionné le programme Écocamionnage. C'est un programme qu'on veut ramener,
oui, mais avec de nouvelles modalités, mais c'est un programme qui coûte
extrêmement cher déjà. Donc, si on devait implanter maintenant une règle zéro
émission, il faudrait, pour les premières années, développer des programmes
d'appui financier, un petit peu comme on l'a fait pendant des années avec Roulez
vert, et ça représenterait des sommes colossales que nous n'avons pas
l'intention d'investir à ce moment-ci. Donc, oui, on se donne le pouvoir, mais
ce n'est pas une entrée en vigueur, là, qui est prévue à court terme.
Donc, je pense avoir couvert les points
importants. Vous avez demandé... et vous avez parlé de l'AIR pour la norme des
véhicules zéro émission. C'est déjà en partie développé, mais à partir du
moment où on va avoir un règlement en bonne et due forme, il va y avoir une
étude d'impact spécifique sur le règlement qui sera présenté. Bref, ce sera
l'occasion, là, de commenter et de participer à la consultation à ce moment-là.
Donc, j'essaie de vous rassurer en vous disant ceci, très ouvert à échanger
quelques instants avec vous là-dessus, en réitérant que j'ai aussi quelques
collègues qui vont vouloir faire partie de l'échange, là, dans les prochaines
minutes.
Mme Proulx (Véronique) :Excellent. Merci. Alors, peut-être quelques mots, Mathieu,
je vais te laisser poursuivre. Le... notre objectif, ce n'est pas de ramener la
réglementation vers le bas ou de se comparer à ceux qui font moins bien, mais
c'est vraiment, lorsque les décisions seront prises, lorsqu'on regarde le
projet de loi, de tenir compte de ce qui est autour de nous. Vous l'avez
mentionné, vous l'avez évoqué, la situation financière n'est pas évidente, tant
au Québec qu'au niveau fédéral. Et, dans le contexte où on a une administration
américaine qui est très, très agressive, on va devoir envoyer un signal à nos
entreprises qu'elles doivent rester ici, qu'elles doivent investir ici, puis
qu'il y aura un commerce intérieur, qu'ils auront accès aux contrats publics,
là j'élargis à d'autres secteurs. Mais je reviens à l'environnement, c'est
excessivement difficile pour nos entreprises, notamment nos industriels, de
faire des projets. Les délais sont très longs, sont très lourds. Alors, l'idée,
ce n'est pas de passer certaines étapes, c'est de s'assurer qu'on puisse faire
les choses plus rapidement, de leur ouvrir la voie.
Alors, je reviens à l'exemple des
promoteurs privés qui pourraient avoir accès autant qu'aux promoteurs publics,
il faut... il faut voir comment on peut permettre certains...
«assouplissements» n'est pas le bon terme, là, mais permettre à nos entreprises
d'investir plus facilement, avec plus de prévisibilité, pour pouvoir créer de la
richesse et travailler sur la ligne des revenus.
M. Charette : ...tout à fait,
je suis d'accord avec vous. Vous avez parlé... nous avons parlé des travaux
préalables, mais, dans le projet de loi n° 81, il n'y a pas que la
question des travaux préalables. On revoit la procédure d'évaluation
environnementale justement pour travailler à diminuer les délais, et ça peut
représenter plusieurs mois en moins, ce qui est proposé actuellement. Donc,
oui, les travaux préalables pour certains types de projets, mais la procédure
d'évaluation environnementale, elle est... elle est aussi revue, là, dans ce
qui est proposé avec le projet de loi. Et, ça fait six ans que je suis dans les
fonctions que j'occupe présentement, il y a eu beaucoup d'efforts pour alléger.
Ça peut toujours sembler trop lourd, et, moi, le premier, je concède que ce
n'est pas toujours simple de faire affaire avec le ministère de
l'Environnement, mais c'est une réglementation que l'on doit pouvoir défendre.
Et, lorsqu'il y a des règlements qui sont trop contraignants, bien, on regarde
à moderniser cette réglementation-là.
Et, au cours des dernières années, il y a
eu plusieurs efforts, que ce soit le REAFIE, que ce soit... Bon, il y a eu
plusieurs... il y a plusieurs initiatives qui ont été développées. Mais, pour
ce qui est de la durée ou la longueur des évaluations, on est les premiers à
souhaiter améliorer le bilan à ce niveau-là, sans pour autant renoncer à
certains principes importants, là, de protection de l'environnement, mais on
peut certainement être plus efficaces. Et une des façons qui est proposée dans
le projet de loi, c'est de pouvoir faire plus d'une étape à la fois, à... faire
moins d'étapes et faire plus d'une étape à la fois pour ne pas attendre qu'une
étape soit terminée avant de passer à l'autre. Et c'est ce qui nous permet, là,
sans doute, de faire un gain appréciable en termes de mois. Mais c'est un défi
que l'on partage, et on veut le relever, là, celui de l'efficacité en matière
des procédures d'évaluation.
J'ai deux collègues, je pense, qui veulent
intervenir. Donc, déjà, je vous remercie. J'irai vous saluer après la période
d'échange.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. Alors, on va poursuivre avec la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Mme Tardif : ...bonjour.
Merci d'être là. C'est quand même impressionnant, et on vous connaît, vous
représentez quand même 120 chambres de commerce et près de... c'est quoi,
1 000, je crois, membres corporatifs et probablement plus de 45 000 entreprises
qui exercent, là, leurs <activités...
Mme Tardif :
...membres
corporatifs et probablement plus de 45 000 entreprises qui exercent,
là, leurs >activités dans tous les secteurs de l'économie, mais sur
l'ensemble du territoire du Québec.
Et vous avez émis des recommandations qui
sont générales, qui sont globales et qui englobent probablement, là, l'opinion
de vos membres, mais j'aimerais pousser un peu plus davantage pour connaître
vos opinions ou l'opinion de vos membres qui demeurent en région par rapport, justement,
à l'électrification des véhicules lourds.
M. Lavigne (Mathieu) : C'est
une bonne... c'est une bonne question. Vous pointez effectivement le fait qu'on
représente 120 chambres de commerce, on salue les gens de la chambre du
Haut-Saint-Maurice dans votre secteur. Oui, dans le cas de... du véhicule
lourd, c'est important que vous mentionniez les... la réalité en région. Le
véhicule lourd, c'est un univers qui est assez hétérogène. Il y a... il y a
autant la livraison courte distance, avec des véhicules de taille plus ou moins
grande, et il y a également les camions forestiers qui vont dans le Nord-du-Québec,
il y a ceux qui font de la livraison jusqu'aux États-Unis. Donc, c'est une
réalité qui est très hétérogène. C'est pour ça que...
Bien, d'abord, on accueille favorablement
le fait qu'il y ait une ouverture à une norme VZE, je pense que c'était la
tendance qui était... qui était inévitable, mais de s'assurer de tenir compte,
et c'est l'objet de nos recommandations, des différentes réalités. Donc, la
réalité des camions plus lourds, des classes de véhicule sept et huit, qui font
des très longues distances, c'est beaucoup plus difficile de les électrifier.
Par contre, il peut y avoir d'autres options, comme le gaz naturel
renouvelable, comme le biodiesel, comme l'hydrogène, qui permettraient de
réduire leur bilan carbone, mais tout en leur permettant de toujours franchir
les mêmes distances et d'aller dans des régions où il n'y a peut-être pas
autant de capacité de recharge, dans une terre à bois quelque part dans le Nord-du-Québec,
là.
Mme Tardif : Excellent. Merci.
Ça me conforte. Un des principes de développement durable est celui de
subsidiarité, c'est-à-dire que les pouvoirs et les responsabilités vont être
délégués, là, à un niveau approprié, mais à un niveau qui va être plus près du
citoyen, on parle des municipalités. Par rapport à ça, qu'est-ce que vos
membres en pensent? Comment vous vous positionnez, là? Quels éléments vous
apparaissent positifs? Et comment on devrait faire ça de façon harmonieuse?
Parce que beaucoup de vos membres sont... sont en ville, sont dans les
municipalités.
Mme Proulx (Véronique) :Oui, je vais... je vais y aller à haut niveau, puis après
je te laisserai compléter. Comme je le mentionnais tout à l'heure, pour une
entreprise qui fait affaire dans plusieurs régions du Québec, qui fait affaire
dans plusieurs provinces puis à l'international, l'harmonisation de la
réglementation, c'est vraiment clé. Parce que le coût, le coût administratif,
le coût de faire affaire devient de plus en plus élevé. Puis, j'ai envie de
vous dire, ça devient un frein encore plus important pour nos petites
entreprises qui sont en région pour être capables de sortir de leur région,
parce qu'elles ont souvent moins de moyens et moins de capacité de s'adapter.
Alors, à très haut niveau, une harmonisation de la réglementation nous
permettrait de renforcer notre économie puis assurer une certaine pérennité de...
la... en fait, augmenterait la résilience de notre économie. Après ça, de façon
plus granulaire, Mathieu.
M. Lavigne (Mathieu) : Oui.
Bien, c'est ça, en fait, le... On a évidemment le plus grand respect pour le...
pour les élus municipaux puis le monde municipal, c'est juste qu'il y a
tellement de municipalités au Québec, et, de plus en plus, on sent une volonté
de réglementer en matière d'environnement, puis on comprend, là, pourquoi le...
pourquoi elles vont dans cette direction-là.
C'est juste que, pour une entreprise qui
opère dans plusieurs secteurs, comme... comme Mme Proulx le disait, ça implique
quand même des complexités supplémentaires, mais c'est aussi que l'autonomie
qui leur est accordée, via la mesure qui est mise en place dans le projet de
loi, la conciliabilité, ce n'est pas une vraie autonomie, selon nous. Parce que
tout ce qu'on leur permet, c'est d'aller plus haut que la norme, mais jamais
plus bas. Donc, une municipalité qui... par exemple, pour des raisons qui pourraient
être tout à fait légitimes, c'est un cas fictif que je ne connais pas, mais qui
pourrait dire : Moi, dans mon... dans mon milieu, cette norme-là est trop
élevée, elle ne correspond pas à ma réalité, j'aimerais aller plus bas, on ne
lui permet pas de le faire, on permet seulement d'aller plus haut. Donc,
essentiellement, ce que ça ferait, c'est non seulement une fragmentation, mais
aussi une surenchère des règlements. On irait toujours vers le plus restrictif,
mais, pour les entreprises, ce que ça veut dire, c'est donc un alourdissement
du fardeau réglementaire. Donc, c'est mathématique, là, on ne peut pas aller
dans une autre direction que celle-là.
• (17 heures) •
Mme Tardif : ...d'un cadre de
loi, dans ce sens-là, là, vous parlez d'un cadre de loi cohérent et stable.
C'est intéressant, c'est effectivement ce qu'on veut. Mais votre première
recommandation est de rendre optionnel pour que les entreprises puissent
choisir la procédure qui convient le mieux à leur réalité. Vous ne pensez pas
que le mot «optionnel», justement, ça n'occasionne pas des disparités puis des
inégalités envers vos membres?
M. Lavigne (Mathieu) : C'est
une très bonne question. Effectivement, on a aussi mentionné la flexibilité
dans l'allocution au départ. En fait, c'est que la procédure en ce moment
s'applique de la même manière pour tous les types de projets et d'entreprises.
Et, en consultant nos membres, ce qu'on se rend compte, c'est que, dépendant
des secteurs et du type de projet, parfois, la nouvelle procédure,
effectivement, permettrait de faire des gains. Dans le cas d'un projet...
17 h (version révisée)
M. Lavigne (Mathieu) : ...de
projet, parfois, la nouvelle procédure, effectivement, permettrait de faire des
gains. Dans le cas d'un projet, par exemple, sur lequel on a déjà travaillé, on
a déjà beaucoup de données d'amassées, on est prêts à avancer rapidement, la
nouvelle procédure est très intéressante.
Par contre, quand on démarre un projet de
zéro, qui souvent évolue en cours de définition, la nouvelle procédure, qui
demande d'avoir davantage d'informations en amont, dès le début du projet, bien
là, en fait, on fait juste transférer la charge de travail, qui était plus
tard, elle arrive plus tôt, mais c'est la même charge de travail.
Donc, c'est pour ça que l'idée de la
nouvelle procédure est intéressante, mais, en consultant nos membres, ce qu'on
voit, c'est qu'en fait il y a peut-être une opportunité, ici, d'avoir un gain
de flexibilité en ayant la procédure actuelle qui fonctionne pour certains
types de projets et la nouvelle qui pourrait être offerte pour d'autres types
de projets. Ça répondrait à différentes réalités, là.
Mme Tardif : C'est à voir.
Oui, effectivement, on va évaluer ça, là.
Vous voulez aussi... votre recommandation
nous parle d'étendre à tous les promoteurs, tous les promoteurs, l'autorisation
de débuter les travaux avant...
La Présidente (Mme Blouin) : Malheureusement,
c'est tout le temps qu'on a. Donc, on va poursuivre les échanges avec la
députée des Mille-Îles pour 9 min 54 s.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Alors, merci, Mme Proulx et M. Lavigne, pour votre présence
ici. Je vais... Je vais aller sur les véhicules lourds. Je ne m'attarderai pas
très longtemps parce que, comme l'a dit le ministre, on en a beaucoup parlé,
mais je voudrais juste vous entendre sur la... l'écocamionnage. Le programme,
vous l'avez écrit, là, ça a été suspendu sans préavis le 6 septembre 2024.
Qu'est-ce que vous avez constaté sur le terrain comme impact pour les
entreprises qui étaient touchées?
M. Lavigne (Mathieu) : Bien,
c'est sûr que ça a jeté beaucoup de désarroi dans le secteur parce que, bon, il
y l'enjeu du préavis, mais c'était un programme qui était... puis le ministre l'a
souligné à juste titre, qui était extrêmement apprécié, qui fonctionnait bien,
qui répond à un besoin réel et qui illustre la volonté des entreprises de
décarboner leurs opérations. Si des programmes comme celui-là ou Roulez vert
fonctionnent autant, c'est qu'il y a un... il y a un appétit pour ça. Donc, c'est
sûr que de voir le programme être stoppé, ça envoie un signal aux entreprises
comme quoi leurs efforts et leur volonté n'est pas pleinement accompagnée.
Donc, très intéressant, effectivement, les
propos du ministre, qui disait que la norme éventuelle viendrait avec un
nouveau programme financier, puis le retour, éventuellement, de l'écocamionnage
parce que c'est ce que les entreprises souhaitent sur le terrain.
Mme Dufour : ...ça. Mais,
est-ce qu'on se comprend, ce qu'on comprend, c'est qu'il ne faudrait pas qu'il
soit suspendu? Parce que ça, c'est comme une épée de Damoclès, là, sur les...
pour les entreprises.
Mme Proulx (Véronique) :C'est la prévisibilité.
Mme Dufour : C'est ça.
Mme Proulx
(Véronique) : C'est l'enjeu de prévisibilité. Alors, je vous
dirais que, quand il y a des programmes qui sont... comme ça, qui sont mis en
place, c'est intéressant d'avoir la prévisibilité sur le début et la fin pour
que les entreprises puissent prévoir leurs investissements en conséquence.
Mme Dufour : Parfait. Vous
avez aussi mentionné, toujours sur des véhicules lourds, que les... bien, c'est
généralement les entreprises qui les achètent, ces véhicules-là. Vous avez
mentionné que l'analyse d'impact réglementaire, elle, ne prenait pas en compte
les investissements majeurs que ça pourrait représenter. Est-ce que ça, c'est
quelque chose que vos membres vous ont parlé? Est-ce qu'il y en a qui ont
commencé puis que c'est assez rébarbatif comme coût?
M. Lavigne (Mathieu) : En
fait, on le mentionne, parce que l'analyse d'impacts réglementaire fait
ressortir ça comme étant une mesure qui serait... qui serait bénéfique,
financièrement, pour les entreprises, comme si c'était... Si c'était... En
fait, si c'était si évident que ça, que c'était bénéfique pour elles sur le
plan financier, elles abonderaient dans ce sens-là. Manifestement, il y a des
freins financiers qui ne demeurent pas pris en compte dans l'analyse d'impacts
réglementaire, notamment. On parle des coûts d'acquisition, mais aussi ça
demande des changements aux habitudes et au fonctionnement. Les routes doivent
changer. S'il faut s'arrêter à des infrastructures de recharge, tout ça a un
coût.
Donc, il y a une foule de ramifications à
des changements technologiques comme ça qui doivent être pris en compte. C'est
pour ça qu'on demande à ce que l'analyse d'impacts réglementaire, qui va venir
avec le règlement, intègre l'ensemble de ces coûts-là pour avoir le vrai
portrait ou, en tout cas, le plus juste possible sur l'impact financier.
Mme Dufour : Merci. Vous avez
mentionné être allés aux États-Unis récemment. Les véhicules lourds ne viennent
généralement pas du Québec, rarement sont-ils construits chez nous. Donc, dans
un cas comme ça, est-ce que des entreprises pourraient... Si une norme
existait, est-ce que des entreprises, pour réduire les coûts... parce qu'il y a
un différentiel de coût assez important qu'on nous a souligné, est-ce qu'elles
pourraient être tentées d'acheter ailleurs, ces entreprises-là? Une question
économique, à un moment donné, ça peut... est-ce que ça peut même être un
élément de survie, pour certaines entreprises?
M. Lavigne (Mathieu) : Je
dirais, par rapport aux États-Unis, il y a quand même un travail réglementaire
qui se fait déjà, de norme VZE pour les véhicules lourds, notamment en
Californie. Mais donc la crainte pour nous, c'est plus par rapport à l'Ontario,
notamment, parce que l'industrie du camionnage, on le sait, la compétition est
surtout entre le Québec et l'Ontario. Donc, c'est... Quand on parle d'harmonisation,
ce n'est effectivement pas regarder les moins bons joueurs, mais regarder ceux
qui sont pertinents et qui sont vraiment autour de nous. Donc, qu'est-ce que l'Ontario
fait en ce moment? Ce serait intéressant de savoir où sont les discussions du
gouvernement ou quelles pourraient être ces discussions-là sur une éventuelle
harmonisation des règles avec notre principal partenaire et concurrent dans
l'industrie du camionnage.
Mme Dufour : <
Donc...
M. Lavigne (Mathieu) :
...des
règles avec notre principal partenaire et concurrent dans l'industrie du
camionnage.
Mme Dufour : >
Donc,
c'est vraiment l'Ontario... Des entreprises québécoises pourraient aller
acheter en Ontario des...
M. Lavigne (Mathieu) : Absolument.
Mme Dufour : OK. Je vais
vous amener complètement ailleurs. Vous parlez de l'avis de projet versus
l'avis d'intention. Vous en avez parlé tout à l'heure. Mais.... Mais ce que ce
qui m'a interpelée dans votre mémoire, c'est que vous constatez que ce n'est
pas vraiment un allègement réglementaire, mais que c'est plutôt un transfert,
du moment que cette même réglementation-là s'appliquerait. C'est qu'on dit...
Puis vous dites, je vais le lire, là : «Il est important de rappeler que
l'objectif de l'allègement réglementaire n'est pas d'améliorer les statistiques
de durée d'analyse d'un projet par un ministère, mais plutôt de réellement
réduire le fardeau imposé aux entreprises.» Donc, votre compréhension, c'est
que le nouvel avis d'intention, ce n'est pas plus simple pour les entreprises,
là. Ça n'amène pas de bénéfices, à moins qu'elle sache déjà exactement tous les
paramètres de son projet, là, l'entreprise.
M. Lavigne (Mathieu) : Comme
je l'expliquais tantôt, c'est... effectivement, ça dépend des cas de figure. Le
problème, c'est qu'il y a tellement de types de projets et d'entreprises que ce
n'est pas si évident que ça. Pour plusieurs projets, on pense que... et c'est
même dans l'analyse d'impact réglementaire, on va souligner les bons coups qui
sont dedans : «Cette modification entraîne un transfert de charge de
travail en amont.» Donc, on déplace la charge de travail, un élément qui n'est
pas tenu en compte dans les statistiques, mais qui est très réel pour les
entreprises, ça, on vous l'assure.
Pour certains projets, par contre, si, par
exemple, je ne sais pas, on développe... prenons un projet éolien, et on veut
ensuite en développer un nouveau juste à côté. Peut-être qu'on a déjà accumulé
des données et qu'on est déjà prêts à fournir un avis d'intention très détaillé
par rapport à ce secteur-là. Donc là, dans cette... dans ce cas de figure là,
il y aurait un gain de temps, parce que l'avis d'intention, comme on demande
d'être plus détaillée au départ pour ensuite accélérer l'analyse par la suite,
il y a des cas de figure où on pense qu'il y a réellement un gain de temps.
C'est juste que ce n'est pas le cas pour tous les projets.
Mme Dufour : C'est ça.
Et donc ce que je comprends, c'est qu'il y a des projets que c'est... en fait,
ça nuirait, même, de devoir faire un avis d'intention si ça devenait
obligatoire, là.
M. Lavigne (Mathieu) : Le
meilleur exemple, c'est un projet éolien, justement, parce que, quand on
commence le projet, on le fait sur une zone, on définit le projet en cours de
route en le raffinant avec les consultations, l'évolution également de la
technologie, pour en arriver à... Pour fournir, par exemple,
300 mégawatts, bien, finalement, on se rend compte qu'on a peut-être
besoin de moins d'éoliennes parce qu'on en trouve des nouvelles plus performantes,
on est capables de changer un peu la configuration des éoliennes pour tenir
compte des impacts locaux.
Donc, ce type d'évolution là, il est réel
dans le secteur éolien, puis c'est quand même des projets qu'on a beaucoup au
Québec en ce moment et qu'on va avoir encore plus dans les prochaines années.
Donc, c'est un bon exemple de secteur où la nouvelle procédure ne convient pas
à leur réalité.
Mme Dufour : Et c'est
pour ça que vous suggérez, là, que les deux soient possibles.
Moi, ça complète, Mme la Présidente. Je
vais passer la parole à ma collègue.
La Présidente (Mme Blouin) :
Merci. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, on poursuit.
Mme McGraw : Merci, Mme
la Présidente. Alors, merci d'être là en présentiel et aussi pour votre
présentation. Avec le temps qu'il me reste, j'aimerais m'attarder à la
recommandation n° 2, c'est-à-dire que... justement,
l'allègement pour des projets liés à la transition énergétique. Il y a d'abord
des groupes qui se sont prononcés en faveur de cet allègement, il y a des
groupes, notamment environnementaux et communautés autochtones, qui sont
contre. Mais, selon vous, c'est... non seulement c'est une bonne chose,
surtout, entre autres, suite à l'élection du président Trump, qui fait en sorte
que le Québec a une belle opportunité de vraiment devenir un chef de file en
matière de... de l'éolien, etc., et des énergies renouvelables, mais vous
suggérez qu'effectivement ça devrait aussi être le cas pour des projets menés
par des promoteurs privés. Donc, pas juste l'État, pas juste le gouvernement, Hydro-Québec.
J'aimerais vous entendre là-dessus.
Mme Proulx
(Véronique) :Bien, vas-y. Peut-être
donner un exemple concret.
• (17 h 10) •
M. Lavigne (Mathieu) : Oui.
Bien, en fait, le meilleur exemplaire, bien, c'est ma... c'est ma thématique du
jour, mais parce que c'est des projets qui existent au Québec en ce moment, les
projets éoliens, il n'y a pas vraiment de différence entre un projet éolien qui
serait porté par un promoteur public ou un promoteur privé. Le promoteur privé
le fait, par exemple, pour répondre à un appel d'offres d'Hydro-Québec, dans un
cas, c'est ce qu'on observe le plus couramment au Québec. Bien, c'est des promoteurs
qui sont... qui connaissent les réalités des évaluations environnementales au
Québec. Ils mènent ces projets-là en tenant compte de l'acceptabilité sociale.
Donc, c'est cette ouverture... cette distinction-là, qui est créée, entre le
promoteur privé et le public, pour nous, on ne la comprend pas, surtout que les
travaux préalables qui seraient permis, c'est quand même très... très
restreint, là. Il faut que ça n'ait pas d'impact ou que ça puisse être
entièrement remis en état. Il faut que ça soit encadré. Donc, il y a... c'est
déjà très balisé.
Donc, par exemple, faire l'inventaire de
la présence de chauves-souris sur un terrain où on veut faire un parc éolien,
ça n'a pas d'impact environnemental, mais parfois il faut le faire à une
période de l'année très précise. Donc, de pouvoir le faire à un moment où on
n'a pas encore l'autorisation environnementale, <mais...
M. Lavigne (Mathieu) :
...de
pouvoir le faire à un moment où on n'a pas encore l'autorisation
environnementale, >mais on souhaite le faire tout de suite pour ne pas
rater la fenêtre de travaux de l'année prochaine, ça nous semble pertinent, que
ce soit pour un projet privé que public, dans le cadre qui est donné dans le
projet de loi.
Mme McGraw : Donc, selon
vous, c'est... ça serait justifié, parce que, si l'objectif, c'est vraiment la
transition énergétique et la réduction des GES, cela pourrait se justifier que
ça soit public ou privé.
Est-ce que vous aurez...
Je pense qu'il ne me reste pas beaucoup de
temps?
La Présidente (Mme Blouin) : ...
Mme McGraw : Est-ce que vous
avez d'autres choses à ajouter avant que je passe la parole au collègue?
M. Lavigne (Mathieu) : Non,
mais, en fait... Donc, vous avez parlé de la recommandation 2. Moi, je vous
amènerais sur la recommandation 3. Dans le même ordre d'idées, pour nous, quand
on parle de projets liés à la transition énergétique, c'est important de bien
les définir. Donc, le projet de loi ne définit pas, de notre compréhension,
assez précisément ce que ça veut dire, mais, dans l'esprit du gouvernement,
quand on parle de transition énergétique, on peut parler, par exemple, de
projets liés aux minéraux critiques et stratégiques, de projets de la filière
batterie. Donc, nous, c'est sûr qu'on souhaite que...
La Présidente (Mme Blouin) : Merci.
M. Lavigne (Mathieu) : ...l'ensemble
de ces projets-là puissent bénéficier de la même... de la même mesure.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. On poursuit avec le porte-parole du deuxième groupe d'opposition pour
3 min 18 s.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour à vous deux. On se voit souvent sur des projets de loi en
droit du travail. Là, on se voit sur des projets de loi environnement. C'est
bien.
Continuons sur la discussion que vous
venez d'amorcer, la recommandation 3. Bien, j'ai l'impression qu'on part d'un
même constat, à savoir que c'est un peu flou, qu'est-ce que ça veut dire,
l'objectif de... atteindre des objectifs de réduction de gaz à effet de serre,
de lutte aux changements climatiques, mais je pense qu'on n'atterrit pas
nécessairement à la même place, dans le sens où, de ce flou-là, moi, j'aurais
l'impression qu'il faudrait plus soit s'en débarrasser complètement ou soit le
baliser, le clarifier, qu'est-ce que sont des travaux préalables, qu'est-ce que
c'est, les objectifs, etc., mais vous, vous dites : Dans le fond, il faut
rendre automatique l'autorisation des travaux. Ce n'est pas une pente
glissante, un peu, de dire : On y va un peu bar ouvert, en quelque sorte?
M. Lavigne (Mathieu) : Sur la
définition, nous, on s'en est tenus à ce qui est indiqué sur... ce que le
ministère de l'Environnement a communiqué, entre autres sur son site,
explicatif par rapport au projet de loi, c'est-à-dire, donc, comme je le
disais, doit être... de n'avoir aucun impact ou pouvoir être remis
intégralement en état, encadré. Donc, il y a une série de petites... de petites
définitions, donc, qu'on comprend comme étant les intentions du gouvernement en
cette matière-là. Pour nous, c'est tellement balisé que c'est... il n'y a pas
beaucoup de travaux qui peuvent rentrer dans cette définition-là, sauf, comme
je le disais, des inventaires fauniques, des prélèvements de sol, des éléments
qui sont vraiment très localisés, qui n'ont pas d'impact, parce que, tout le
reste, on ne voit pas comment il s'inscrirait dans cette dynamique-là. Et, si
on veut que des projets, par exemple, de production d'énergie renouvelable
avancent et aillent plus vite, bien, il faut prendre ces petites opportunités
là, de les accélérer pour qu'on puisse atteindre nos objectifs énergétiques,
nos objectifs climatiques. En ce moment, on ne se donne pas tous les outils
pour y parvenir, là.
M. Leduc : Ces outils-là, ce
serait quoi?
M. Lavigne (Mathieu) : Bien,
en fait, nous, ce qu'on... on le mentionne dans le mémoire, ce qu'on demandait,
c'était un plan d'accélération des autorisations environnementales de manière
plus... plus...
Mme Proulx (Véronique) :Ambitieuse.
M. Lavigne (Mathieu) : ...plus
ambitieuse, plus générale. Donc, on...
Par exemple, dans l'IRA, aux États-Unis,
c'est ça qu'ils ont mis de l'avant. L'IRA, on a parlé beaucoup des subventions,
mais il y a un plan qui a été mis en place par l'administration Biden et qui
est en vigueur, qui met des délais obligatoires pour le traitement des
dossiers. Il y a une série de mesures qui sont très, très sévères pour
accélérer ces projets-là. Donc, pour nous, on était intéressés de voir que,
dans le projet de loi, il y avait l'ouverture à quelque chose qui est un peu
dans le même esprit, qui est beaucoup plus balisé, mais qui permet de répondre
à cet impératif-là.
M. Leduc : ...aller plus vite
sans sacrifier la qualité du travail, évidemment, il va falloir qu'il y ait plus
de personnel, donc des embauches de fonctionnaires. Ce n'est pas nécessairement
des idées qui sont peut-être populaires dans des chambres... des cocktails de
chambres de commerce, l'embauche de plus de fonctionnaires.
Mme Proulx (Véronique) :...plus de personnes, mais on peut aussi regarder
l'efficience, on peut regarder ce qui est fait, on peut parler de productivité.
Je veux dire, il y a plusieurs éléments, là, qui nous permettraient peut-être
de faire des gains rapides.
Puis l'exemple qu'on a donné tout à
l'heure, de permettre aux promoteurs privés tout comme publics, bien, il y a
des gains qui nous permettraient de... des petits gains qui nous permettraient
d'aller plus rapidement dans les délais de traitement aussi.
M. Lavigne (Mathieu) : ...les
différences notoires de délai d'autorisation environnementale entre régions.
Donc, manifestement, ce n'est pas seulement le nombre de fonctionnaires qui
change l'impact, parce qu'en ce moment, on le voit dans la région de Laval...
La Présidente (Mme Blouin) : Merci.
M. Lavigne (Mathieu) : ...c'est
presque trois fois plus long que dans les Laurentides. Donc, il y a un enjeu...
M. Leduc : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci.
Ça passe vite, 3 min 18 s. Alors, on va terminer avec M. le député
des Îles-de-la-Madeleine, pour le même temps.
M. Arseneau : Oui. On va
s'essayer avec trois questions pour trois minutes, madame, monsieur. Donc,
question courte. Ce que vous demandez, essentiellement, pour la procédure
d'évaluation, c'est de maintenir la procédure actuelle, qui est décriée, qui
est longue, qui est inefficace, mais... donc de statu quo là-dessus, mais avec
une option de la nouvelle procédure qu'on nous présente.
M. Lavigne (Mathieu) : Oui. Les
procédures ne sont jamais parfaites, sont toujours un peu... un peu trop longue
à notre goût, sauf qu'elle répond quand même à certains... à certaines
réalités. <Je...
M. Lavigne (Mathieu) :
...un
peu trop longue à notre goût, sauf qu'elle répond quand même à certains... à
certaines réalités. >Je vous parlais des projets éoliens. Parce qu'elle
permet une certaine évolution du projet, la procédure actuelle, elle convient.
La réalité, c'est qu'on a témoigné au BAPE deux fois l'année dernière dans des
projets éoliens qui ont été... qui ont été acceptés par le gouvernement. Donc,
il y a quand même... On n'est pas là pour dire que la procédure ne fonctionne
pas non plus.
M. Arseneau : Non, mais vous
souhaiteriez qu'on l'améliore mais tout en la conservant, à toutes fins
pratiques, intacte, si on était plus efficients. C'est ça que je dois
comprendre de votre proposition.
Deuxième question, c'est concernant la
conciliabilité de la réglementation municipale. Je suis un peu surpris de voir
comment vous présumez que toutes les municipalités vont renforcer leur
réglementation, alors que, si on regarde certains grands projets récents, je
pense à Northvolt, les municipalités n'ont pas dit non. Au contraire, elles ont
applaudi chaleureusement. Puis je pense que, s'ils avaient pu adopter un
règlement pour abolir toute la réglementation environnementale, ils l'auraient
fait pour accélérer le projet.
Alors, qu'est-ce qui vous permet de
présumer que les municipalités seraient beaucoup plus sévères pour des projets
de développement économique de vos membres?
Mme Proulx (Véronique) :...deux choses. On dit que les municipalités ne peuvent pas
aller en dessous, donc on ne leur donne pas la pleine autonomie. Ça, c'est le
premier point. Puis le deuxième, c'est pour une entreprise qui fait affaire
dans plusieurs régions du Québec, alors ça devient excessivement complexe et
lourd, puis il y a un coût de faire à faire lorsque la réglementation est
fragmentée et est différente.
M. Arseneau : Oui, ça, je le
comprends. Mais c'est qu'à un moment donné on a dit : Il y aura comme une
spirale à la hausse infinie. Il me semble que les municipalités,
habituellement, veulent du développement économique, de la création d'emplois,
comme le gouvernement, comme nous tous autour de la table.
M. Lavigne (Mathieu) : En
fait, c'est que la réalité actuelle... en ce moment, elles ne peuvent pas aller
en deçà de la norme.
M. Arseneau : Oui, oui. C'est
ça.
M. Lavigne (Mathieu) : Et le
projet de loi ne prévoit pas non plus qu'elles puissent aller en deçà de la
norme.
M. Arseneau : C'est ça. Mais,
marginalement...
M. Lavigne (Mathieu) : Et on
ne demande pas ça non plus.
M. Arseneau : Bien, tu sais,
c'est ça, mon point. C'est que, marginalement, on peut décider de le faire pour
des bonnes raisons, non? D'avoir des réalités différentes dans différents
milieux, dans différentes régions, pour protéger différents lacs, différentes
sources d'approvisionnement en eau, et ainsi de suite, puis que le gouvernement
n'ait pas pensé à ce cas particulier en Abitibi, sur la Côte-Nord, en Gaspésie?
M. Lavigne (Mathieu) : C'est
pour ça qu'on met de l'avant cette recommandation-là. C'est que, souvent, pris
individuellement, chacune de ces réglementations-là, on la comprend, elle est
justifiée dans l'esprit des élus municipaux en question, mais c'est parce que,
quand on l'additionne de municipalité en municipalité, et, à chaque fois, elle
est différente, il y a un élément de plus, un paragraphe de moins, une norme de
plus, ça devient très difficile à suivre pour les municipalités.
Donc, parlons de la norme nationale. Si la
norme nationale n'est pas la bonne, parlons-en, ayons ces forums-là à
l'Assemblée nationale, les processus réglementaires équivalents, pour débattre
de ces enjeux-là.
M. Arseneau : Ma dernière
question, l'harmonisation des règles nord-américaines avec le nouveau
gouvernement aux États-Unis : Est-ce que vous ne craignez pas qu'on aille
au plus petit commun dénominateur, y compris pour nuire à certaines des
entreprises qui veulent développer, innover dans le sens de la transition
énergétique?
Mme Proulx (Véronique) :C'est effectivement un risque. C'est un risque. Ce qu'on
dit, c'est qu'il faut tenir compte de ce qui se fait autour de nous pour
pouvoir s'adapter. Mais, vous avez raison, les entreprises qui ont beaucoup
développé au niveau des énergies renouvelables, des technologies vertes
pourraient ne plus avoir de partenaire de marché.
La Présidente (Mme Blouin) : C'est
complet. Merci beaucoup pour votre contribution à nos travaux.
Alors, on va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 19)
(Reprise à 17 h 30)
La Présidente (Mme Blouin) : Alors,
je souhaite maintenant la bienvenue aux représentants de la Fondation Rivières.
Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour faire votre exposé, après
quoi, il y aura la période d'échange avec les membres de la commission. Donc,
je vous invite tout de suite à vous présenter et à enchaîner avec votre exposé.
M. Bélanger (André) : Merci
beaucoup. Je suis André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières.
Je suis accompagné de Maëlle Tripon, chargée de projet, et Gabriel...
M. Cliche (Gabriel) : ...
M. Bélanger (André) : ...Cliche,
excusez-moi — il est là avant moi — Gabriel Cliche, qui
est...
M. Cliche (Gabriel) : Conseiller
en valorisation de données et qualité de l'eau.
M. Bélanger (André) : Voilà.
Donc, c'est Gabriel qui a fait les analyses, donc, qu'on a rendues publiques sur
les performances du programme de compensation...
17 h 30 (version révisée)
M. Bélanger (André) : ...qui a
fait les analyses, donc, qu'on a rendues publiques sur les performances du
programme de compensation. Je laisse la parole à Maëlle qui va vous présenter
les recommandations quant aux milieux humides.
Mme Tripon (Maëlle) : Bonjour,
tout le monde. Merci beaucoup de nous accepter de venir... pour qu'on puisse
venir témoigner aujourd'hui. À la Fondation Rivières, depuis plus de 20 ans,
on s'occupe de la protection des rivières et par extension de milieux humides.
Et aujourd'hui, c'est donc ce point de vue là que je vais... dont je vais vous
parler et que je vais vous présenter.
Donc, les milieux humides, vous le savez,
ce sont des habitats précieux pour la faune et la flore, mais ce sont aussi des
milieux qui sont importants parce qu'ils nous rendent des services, à nous, les
communautés humaines. Notamment, par exemple, ils permettent de réduire les
pics de crues, d'absorber du carbone, etc. Donc, c'est un peu notre assurance
collective d'adaptation aux changements climatiques.
Et premier constat, le même que faisait M. Charette
dans Le Devoir, il y a quelques mois, c'est qu'actuellement la
protection des milieux humides et hydriques au Québec n'est... est inefficace.
La réglementation ne les protège pas bien. Et le PL 81 essaie d'apporter
des solutions pour essayer de les mieux... mieux les protéger, mais on pense
que ces solutions ne sont pas les bonnes. Et on va venir aussi vous parler d'autres
solutions que, nous, on entrevoit pour améliorer justement la protection des milieux
humides et hydriques au Québec.
Donc, la protection des milieux humides et
hydriques, ça se passe en trois phases au Québec, et le PL 81 s'intéresse
seulement... ou en tout cas principalement à la troisième phase qui est la
compensation, mais il ne faut pas oublier qu'avant tout, les phases un et deux
sont prioritaires. La première phase, c'est d'éviter avant tout l'atteinte aux
milieux humides et hydriques, et la seconde, c'est de minimiser l'impact que
peut avoir les travaux sur ces derniers. Et, pour l'instant, ce n'est
absolument pas pris en compte par le PL 81. Et on n'a aussi aucun
indicateur qui indique si ces mesures sont efficaces ou non, actuellement, si
elles sont bien mises en place par le ministère de l'Environnement, si les
promoteurs les respectent. Est-ce qu'il y a par exemple des projets qui ont été
refusés ou modifiés pour mieux respecter les mesures de minimisation? On n'a
aucun chiffre là-dessus et on pense que c'est un des angles morts du PL 81.
Il faudrait vraiment réaffirmer la priorité de la mesure «éviter» pour vraiment
venir protéger les milieux humides et hydriques.
Mais je vais m'intéresser maintenant à la
troisième phase de la protection des milieux humides et hydriques, donc la
phase de compensation. La compensation financière au Québec, on le voit, elle
ne fonctionne pas. Donc, depuis 2017, on a à peu près 760 hectares de
milieux humides et hydriques qui ont été détruits et compensés financièrement
et il y a à peine 30 hectares qui ont été restaurés actuellement.
On s'est intéressé plus précisément au cas
de la région de l'Abitibi-Témiscamingue et de la Montérégie, et les constats
sont similaires. Donc, dans les deux cas, c'est principalement l'industrie et
le commerce qui viennent détruire la majorité des milieux, même si on a aussi
le secteur domiciliaire qui est important en Montérégie, et on a une
restauration qui est presque inexistante. En Montérégie, on a à peine 5 %
de milieux humides qui ont été restaurés. Et en Abitibi, actuellement, on n'a
aucun projet de restauration qui a été mis en place via ce fonds de
compensation financière.
Le PL 81, il essaie de répondre à
cette inefficacité-là, mais on pense qu'il apporte une réponse administrative,
donc il essaie d'augmenter la superficie des milieux restaurés, mais ça ne fait
pas de sens écologiquement. En fait, ce qu'il fait, c'est qu'il essaie d'amollir,
de rendre plus flexibles les besoins de restauration. Donc, par exemple, on va
pouvoir restaurer plus loin que ce qui est autorisé actuellement et on va aussi
pouvoir compenser plus facilement. Donc, par exemple, des travaux qui
impacteraient à la fois un milieu humide, mais aussi des habitats fauniques,
pourraient finalement compenser juste les milieux humides sur décision du
ministre. On pense qu'il y a un vrai danger d'un point de vue écologique à ce
niveau-là et qu'il faut vraiment changer, bien, la façon dont la compensation
est faite, mais pas à ce niveau-là et qu'il y a d'autres moyens de le faire
plus efficacement. Et je vais vous parler, donc, de certaines des solutions que
nous, on entrevoit pour permettre une restauration efficace de nos milieux.
Une des choses qu'on oublie souvent, c'est
qu'au-delà de la compensation financière dont je viens de parler, il y a aussi
la compensation par travaux qui existe au Québec. Donc, le principe, c'est que
le promoteur peut choisir de faire directement lui-même des travaux de
restauration, soit sur son site, soit sur un site à proximité. C'est par
exemple ce que font beaucoup de minières. Ils restaurent des... d'anciens sites
miniers. Mais c'est aussi ce qu'a fait le REM à Montréal. Donc, ils ont détruit
une partie de milieux humides et ils en ont restauré sur l'île de Montréal,
alors qu'on peut se dire que parfois, justement, on manque d'espace dans des
milieux densément peuplés, mais c'est possible.
Donc, la première chose qu'on voit, c'est
que ce qui semble ne pas fonctionner, dans la compensation financière, c'est
vraiment la déresponsabilisation des promoteurs. C'est comme si on transférait
cette responsabilité-là à la société civile, au gouvernement du Québec, alors
que ce sont vraiment les <promoteurs...
Mme Tripon (Maëlle) :
...société
civile, au gouvernement du Québec, alors que ce sont vraiment les >promoteurs
qui devraient être responsabilisés puisque ce sont eux les premiers qui
bénéficient de la destruction de ces milieux en faisant leurs projets.
Donc la première piste qu'on entrevoit, ce
serait vraiment d'exiger que les promoteurs puissent identifier des endroits où
faire la restauration, soit sur leur site, soit à proximité et que ce soit
validé par le ministère de l'Environnement. Ça ne demanderait pas beaucoup plus
de délais et ça ne demanderait pas non plus beaucoup plus de moyens puisque les
biologistes sont déjà engagés sur ce genre de... sur ce genre de projets, pour
des évaluations environnementales, etc.
Et la deuxième mesure qu'on peut poser,
qui va plus loin, ce serait d'interdire ou en tout cas de limiter fortement la
compensation financière pour se diriger plutôt vers une compensation par
travaux. On voit que ça fonctionne, comme je le disais tout à l'heure avec le
REM, même dans des régions densément peuplées. Donc, nous, on voit ça vraiment
comme une avenue pour s'assurer que ce qui est détruit soit restauré et donc
d'atteindre le zéro perte nette qui est promue par le gouvernement et s'assurer
aussi de restaurer localement les milieux, et donc dans les régions qui en ont
besoin.
Puis j'en parlais justement, d'espace, de
possibilité de restauration, etc. Il y a une opportunité qui s'offre à nous
avec la nouvelle cartographie des zones inondables. Donc, on le sait, cette
cartographie-là, elle va venir encadrer de plus... plus de zones qui sont des
zones à risque et donc des zones qui éventuellement ne vont plus être
habitables ou en tout cas ne vont plus être exploitables. On proposerait de
mettre en place un répertoire public dans lequel les propriétaires qui habitent
dans ces zones pourraient s'inscrire. Et les promoteurs, quand ils ont besoin
de faire de la restauration, pourraient consulter ce répertoire et décider de
racheter des terrains pour ensuite faire de la restauration. Donc, on serait,
là, je le rappelle, en zone inondable, donc dans des plaines inondables ou en
tout cas dans des endroits où il y aurait possibilité de créer des milieux
humides riverains. Et ça répondrait à deux grands besoins du gouvernement qui est
à la fois celui de compenser éventuellement les propriétaires qui vont se
retrouver dans ces zones très à risque dans les zones inondables et aussi de
trouver de l'espace pour faire de la restauration de milieux humides et
hydriques. On pense vraiment qu'en mettant en place, bien, ces moyens-là, en
mettant en commun nos intelligences collectives, on peut arriver à voir le
problème de façon plus systémique et à apporter des solutions qui sont
innovantes.
La deuxième chose, on dit souvent que
justement en intelligence collective, c'est quand on se met des contraintes
qu'on peut arriver à trouver des solutions plus innovantes. On proposerait de
mettre un moratoire sur la destruction des milieux humides et hydriques, en
tout cas ceux qui sont détruits pour des compensations financières. Ce qui
obligerait aussi les promoteurs à trouver des solutions pour véritablement
restaurer les milieux et s'assurer de conserver les milieux humides sur le
territoire québécois.
Et je vais céder la parole à André, qui va
poursuivre.
M. Bélanger (André) :
Bien, je vais juste aborder assez rapidement les modifications proposées pour
le mandat et les processus d'évaluation et d'examen d'impact. On partage les
craintes du CQDE, du Centre québécois de droit en environnement,
particulièrement sur les travaux préalables qui pourraient être autorisés.
Alors qu'on démarre une consultation publique, ça risque d'avoir deux effets.
Le premier, c'est que d'une part, ça va être...
La Présidente (Mme Blouin) :
Il vous reste une minute.
M. Bélanger (André) :
Une minute? Parfait. C'est bon. Ça fait que ça risque de démobiliser les
citoyens qui vont avoir l'impression que les dés sont pipés d'avance. Quand les
travaux commencent, ça veut dire que le projet va de l'avant.
Et deuxièmement, bien, si, ça s'était appliqué,
par exemple, dans le cas de Northvolt, on pourrait se retrouver dans une
situation où un promoteur fait faillite ou est sur le bord de faire faillite,
les milieux sont détruits et on ne pourra pas les reconstruire, à moins que ça
soit fait aux frais des contribuables. Donc, c'est un risque... ça risque de
dénaturer les perspectives, en tout cas la capacité du BAPE de réellement
obtenir le consensus et l'acceptabilité sociale nécessaire pour les projets.
Ça fait que l'autre, la question des évaluations
sectorielles et régionales aussi, le principe est intéressant, mais ça
devrait... Il faudrait juste s'assurer que ça soit sur les enjeux et les défis
d'une filière et non pas sur des... que ça ne mène pas à des normes ou des
directives contraignantes pour... de manière à permettre un paquet de
réalisation de projets par la suite.
• (17 h 40) •
La Présidente (Mme Blouin) :
Je vous invite à conclure.
M. Bélanger (André) : Voilà.
Donc, c'est ça, d'éviter que ça soit une façon d'éviter d'avoir des analyses
par projet, puisque les citoyens ne s'impliqueront pas sur des concepts
abstraits et s'impliquent lorsque ça les touche directement.
La Présidente (Mme Blouin) :
Merci beaucoup. Alors, on va débuter la période d'échange, M. le ministre, pour
16 min 30 s.
M. Charette : C'est bien
gentil, avec la collaboration de ma collègue d'Argenteuil qui va prendre le
relais par la suite. Merci d'être avec nous cet après-midi. Merci pour votre
éclairage.
Peut-être revenir sur un des derniers éléments
que vous avez mentionnés, les <fameux...
M. Charette :
...Peut-être
revenir sur un des derniers éléments que vous avez mentionnés, les >fameux
travaux préalables. Beaucoup ont eu à commenter, la plupart des groupes se sont
montrés favorables, certains auraient... Et plusieurs souhaiteraient que l'on
élargisse cette notion de travaux préalables, ce à quoi on a pu répondre que
c'est un pas qui était important et que l'on souhaite baliser. C'est la raison
pour laquelle on le limite aux travaux publics. Et, par la même occasion,
l'exemple que vous donnez, avec Northvolt, ne s'applique pas d'aucune façon. On
parle de travaux réalisés par des organisations publiques, principalement Hydro-Québec.
Donc, la crainte qu'un Northvolt fasse
faillite ne s'applique pas du tout, là, dans le cas des travaux publics... des
travaux préalables, étant donné que Northvolt n'est pas une organisation
publique. Donc, peut-être vous rassurer à ce niveau-là. Et vous parliez de
confiance du public, c'est la raison pour laquelle on y va, dans un premier
temps, avec les organismes publics. Et pour certains types de projets en
particulier, on parle beaucoup d'intérêts liés à la protection ou à la lutte
contre les changements climatiques, donc, c'est assez bien balisé à ce
niveau-là.
Pour le reste, concernant les milieux
humides, l'article que vous citiez dans Le Devoir, et j'ai eu
l'occasion de répéter la même chose à plusieurs occasions, le système actuel de
compensation, le fonds qui est constitué ne fonctionne pas. Le but n'est pas
d'engranger des sommes, et, je vous rassure, le ministère des Finances n'a pas
de yeux sur ces montants-là, donc on n'a pas de crainte de les perdre.
Cependant, ce sont des sommes assez importantes qui se sont accumulées au fil
des années. On a, il y a un petit peu plus d'une année, près de deux ans,
apporté certaines modifications pour favoriser le décaissement. Ça a produit
certains résultats, mais force est de constater que, malgré tout, on ne réalise
pas suffisamment de projets de réhabilitation. Donc, c'est la raison pour
laquelle on arrive avec ces propositions-là aujourd'hui.
Et, dans la réalisation des projets, on va
aussi insister sur les efforts qui sont faits pour éviter, et ça, peut-être
insister sur une partie du travail du ministère qui est moins connue. On voit
année après année, il y a des articles aussi qui évoquent un très, très haut
pourcentage des projets ont finalement été acceptés. C'est vrai qu'un très haut
pourcentage de projets est accepté, ce que l'on dit moins, par contre, et que
j'aimerais lire dans ces articles-là, c'est que le projet qui est adopté, qui
est accepté en bout de ligne, n'est pas souvent, et dans bien des cas, celui
qui a été présenté au départ. En ce sens que le promoteur pouvait avoir des
visées sur une superficie x, avec des échanges, donc, avec le promoteur et
ministère de l'Environnement, il y a un projet effectivement qui a été accepté,
mais sur une superficie beaucoup plus petite ou sinon à des endroits différents
du terrain qui avait été ciblé. Donc, c'est aussi le rôle que se donne le
ministère de l'Environnement, d'accompagner le promoteur pour minimiser les
impacts. En bout de ligne, oui, il y a un haut pourcentage de projets acceptés,
mais, dans bien des cas, ce n'est pas le projet dans sa forme initiale, là, qui
l'est. Donc, c'est important de rappeler ce rôle-là du ministère.
Et vous parliez d'un certain nombre de
types de projets. Moi, je peux vous dire qu'on a beaucoup, beaucoup de villes
aussi qui sont en demande, et pas uniquement pour bâtir des entrepôts. Dans
bien des cas, c'est pour une école, dans d'autres cas, c'est pour du logement
social, dans d'autres cas, ça peut être pour des établissements de santé. C'est
là où on doit se garder une certaine flexibilité dans la capacité d'accepter ou
de refuser un projet. Si on refuse systématiquement ou si on pose des
contraintes importantes, dans certains cas, ce sont des établissements
d'utilité publique qui ne pourraient pas être déplacés. Puis on l'évoquait dans
un... avec un groupe un petit peu plus tôt, si c'est pour une école, cette
école-là, elle doit être la plus proche possible des enfants. Et si le milieu
aux alentours est développé, souvent, c'est la seule option. Ce n'est jamais de
gaieté de cœur ou ce n'est jamais avec une lunette fermée, là, que l'on finit
par accepter ces projets-là, mais, souvent, c'est pour des projets d'utilité
publique.
Donc, on a pu prendre et apprécier les
différentes recommandations que vous faisiez. Ça va certainement faire partie
des discussions que l'on aura à l'étape suivante, c'est-à-dire à l'étude
article par article. La seule réserve que je pourrais exprimer à ce moment-ci,
c'est de dire, et je l'ai exprimé aussi avec un des groupes qui vous a
précédés, c'est une proposition certainement constructive et appréciée, mais ce
sera difficile d'interdire un projet tant que le lieu de remplacement <n'aura...
M. Charette :
...mais
ce sera difficile d'interdire un projet tant que le lieu de remplacement >n'aura
pas été identifié, pour différentes raisons : ça peut complexifier le
processus de décision, ça peut retarder des projets, qui, autrement, sont
importants pour les communautés.
Mais, très ouvert, vous allez suivre nos
discussions, convaincu, au moment de l'étude article par article, pour voir
comment on peut bonifier cette protection-là avec la certitude qu'on fait déjà
un pas intéressant, là, dans la bonne direction.
Je vois ma collègue qui veut intervenir.
On peut quand même échanger un petit peu ensemble, si vous le souhaitez. Sinon,
c'est ma collègue d'Argenteuil qui va prendre le relais.
M. Bélanger (André) : Mais
c'est une... Je comprends votre préoccupation. Puis oui, effectivement, les
institutions scolaires, bon. On n'est pas en train de dire qu'il faut... qu'il
faut arrêter. C'est impossible d'arrêter toute destruction de milieux humides.
Par contre, on n'a pas d'idée encore de ce qui est l'éviter. Ce que vous dites,
le ministère fait peut-être bien son travail, mais publiquement c'est difficile
de le constater de nous-mêmes parce que ce n'est pas transparent, les critères
ne sont pas clairement établis et... ou, s'ils le sont, du moins, ils ne sont
pas clairement communiqués.
Et le mécanisme de compensation
déresponsabilise les entreprises, les entrepreneurs et les porteurs de projets.
Ça, il faut... il faut s'y attaquer parce que c'est... c'est clairement... À
partir du moment où le REM, si on le considère, le REM, organisation publique
bien sûr, qui a eu à... réussi à le faire, d'autres peuvent le faire. Donc,
c'est en établissement de ce type de contrainte là qu'on va avoir des projets
qui vont être... qui vont soit réduire, minimiser ou du moins compenser ce qui
est... ce qui n'est pas le cas présentement, là.
M. Charette : ...
M. Cliche (Gabriel) : Si je
peux me permettre un commentaire aussi, là, pour un indicateur à utiliser, là,
sur l'évitement que le ministère arrive à réaliser, je crois que ça pourrait
être pertinent d'indiquer les superficies de milieux humides qui ont été
initialement demandées par le promoteur ou le demandeur, et puis ensuite de
fournir à côté la superficie de milieux humides réellement atteints suite aux
interventions faites par le ministère de l'Environnement. Je crois que ça
permettrait justement de bien mesurer, là, l'effort qui est réalisé par votre
équipe sur ce sujet-là.
M. Charette : Merci de la
suggestion.
La Présidente (Mme Blouin) : Donc,
Mme la députée d'Argenteuil, il vous reste 8 min 44 s.
Mme Grondin : Merci, Mme la
Présidente. Madame, Messieurs, c'est toujours un plaisir d'échanger avec
Fondation Rivières. Puis là j'ai vu qu'Eau Secours! aussi avait contribué?
Probablement...
M. Bélanger (André) : Eau
Secours! a fourni...
Mme Grondin : Moi, j'aime
beaucoup et j'apprécie, Madame, j'aime beaucoup l'approche de dire : On va
essayer de trouver des solutions novatrices, j'apprécie. Vous en avez amené une
que je trouve intéressante de dire, dans ce besoin-là, d'aller peut-être
inventer une banque de projets pour la restauration, création de milieux
humides, peut-être que l'avenue des zones inondables pourrait être
intéressante. Je ne suis pas en train de dire que c'est une bonne idée ou pas,
mais j'apprécie cet effort-là de dire : On sort des sentiers battus puis
on regarde la réalité.
J'ai deux questions en fait, puis ça
rejoint les efforts dont vous parlez, que le ministère... que le ministre a dit :
On fait des efforts pour accompagner les promoteurs. Moi, je suis de celles qui
croient beaucoup à renforcer les compétences locales puis que ce n'est pas
juste la responsabilité du ministère de l'Environnement de porter tout ça. Vous
le savez, pour avoir... avant d'être députée, j'en ai vu passer, des projets,
là, surtout quand j'étais dans le milieu municipal. Je pense qu'il y a tout un
travail d'accompagnement à faire auprès des promoteurs, en termes d'éducation
puis de... et aussi des consultants qui les accompagnent pour leur proposer de
concrétiser les projets qu'ils ont dans leur tête. Est-ce que vous êtes
d'accord avec moi?
• (17 h 50) •
M. Bélanger (André) : Oui,
est-ce que c'est... est-ce que c'est le rôle du ministère de l'Environnement?
C'est là... Ça, là, je pense que non. Par contre, d'accompagner les
organisations à gérer les contraintes qui leur sont présentées, oui,
effectivement.
Par contre, ce qu'on dit, c'est qu'à...
Pour l'instant, quand on parle de compensation financière, on déresponsabilise,
on donne... vous donnez un chèque, puis ça y est, vous n'avez plus besoin de
vous en occuper. C'est compliqué après. Ce n'est pas compliqué avant, c'est
compliqué après. Mais là ça a de l'air... Là, on vient de privatiser... on
vient de privatiser les profits puis socialiser les pertes et les complexités,
là.
Mme Grondin : Mais vous êtes
d'accord avec moi qu'aussi un scénario où on doit accompagner le terrain pour
que le meilleur projet soit <déposé...
Mme Grondin :
...un
scénario où on doit accompagner le terrain pour que le meilleur projet soit
>déposé au ministère de l'Environnement au départ, là, ça va éviter
aussi, tu sais...
M. Bélanger (André) :
Absolument. Oui, oui.
Mme Grondin : Bon. Ça, c'est
la première question. L'autre question que j'ai pour vous, c'est que, bon, vous
êtes Fondation Rivières, je ne peux pas faire autrement que vous poser la
question... On parle de restauration ou on parle de création ou de conservation
des milieux humides et hydriques. Je trouve qu'on met énormément d'emphase sur
la question des milieux humides, mais, moi, pour avoir marché le nombre de
kilomètres de cours d'eau dans mon comté, là, ils ont besoin d'amour aussi,
puis on n'en parle pas beaucoup.
Mme Tripon (Maëlle) : Bien,
c'est sûr que les milieux hydriques sont souvent cachés par rapport aux milieux
humides. Puis ce n'est aussi pas une opposition, dans le sens où les milieux
humides riverains font partie de l'écosystème du milieu hydrique. Mais je suis
d'accord qu'il y a des opportunités de restauration au niveau des milieux
hydriques, puis on le voit déjà. Il y a... Je pense à certains projets, par
exemple, de restauration de méandres de cours d'eau, de restauration de plaines
inondables. C'est des projets aussi dont on voit immédiatement l'impact sur les
communautés riveraines. Ça se passe souvent dans des espaces qui sont habités.
Donc, effectivement, quand on a amené notre idée, par exemple, de restauration
dans des zones inondables, ça rejoint cette idée de restauration en milieu
hydrique, on en a besoin. C'est des milieux qui sont également impactés, tout à
fait.
Mme Grondin : Est-ce que je
me trompe... parce que c'est vous, les experts, là, est-ce que je me trompe
quand je dis : Il semble, dans la perception, que c'est plus facile de
restaurer des milieux hydriques? Le terrain est là, l'espace est là. Tu sais,
on ne va pas remblayer un cours d'eau, là, mais le restaurer ou créer autour
d'un milieu hydrique, ça semble plus simple ou je me trompe, on n'a pas
vraiment d'expertise à ce niveau-là?
Mme Tripon (Maëlle) : Ça
dépend de quelle restauration on parle. Donc, c'est quand même des questions
qui sont très techniques. Donc, même restaurer un milieu humide, ça peut être
relativement simple, et je mets plein de guillemets à ce mot-là. Pour les
milieux hydriques, ça dépend énormément de ce qu'on souhaite faire. Créer des
nouveaux méandres, on parle quand même de retracer un cours... le chenal d'un
cours d'eau. C'est quand même des travaux qui sont des gros travaux, des
travaux lourds, prenants. Mais il y a effectivement des petits aménagements qui
peuvent être mis en place. C'est toujours selon le type de milieu.
Donc, je ne pense pas que ce soit lié au
fait que ce soit un milieu hydrique ou un milieu humide, ça dépend toujours de
l'état de départ du milieu et de l'espace aussi qui est disponible autour de
celui-ci.
Mme Grondin : OK. Mme la
Présidente, il reste combien de temps?
La Présidente (Mme Blouin) : ...
Mme Grondin : Trois minutes.
Donc, justement, je voulais vous poser une question. Vous avez amené cette
idée-là de dire : Dans les banques de projets potentiels, on pourrait
aussi regarder qu'est-ce qu'il est possible de faire, justement, dans les zones
inondables. Mais là on a le Centre québécois du droit de l'environnement qui
nous ramène en disant : Si on cible certains milieux plus que d'autres, on
va... Tu sais, il ne faut pas privilégier la superficie ou le gain en
superficie par rapport aux différents types, puis là ils l'ont dit, là, «par
rapport aux fonctions écologiques», par exemple. Donc, la proposition que vous
amenez dans les zones inondables demeure juste un ajout de plus, il faut
bien...
M. Cliche (Gabriel) : ...répondra
pas à l'ensemble du problème que de se... que de faire un répertoire de
terrains en milieux riverains, là. C'est certain qu'il y a d'autres milieux
humides qui vont être ailleurs qu'à côté de rives que ça, il faudrait trouver
d'autres façons pour aider à la restauration, mais, c'est certain, on souhaite
quand même suggérer ça, là, le répertoire.
M. Bélanger (André) : Je
rappelle que le projet de loi prévoit la possibilité de recréer des milieux
humides ou hydriques ou, en tout cas, des milieux détruits beaucoup plus loin
que l'endroit où ça a été fait. Ici, quand on parle de zones inondables, on est
beaucoup dans des zones urbanisées, dans des zones en Montérégie, autour de
l'île de Montréal, là où il y a une difficulté de trouver des espaces et des
terrains. Donc, ce n'est pas rédhibitoire, ce n'est pas un critère absolu,
parce que le critère absolu, c'est : Est-ce qu'on est capable de
reconstituer, avec les mêmes contraintes, un milieu humide qui a... qui a
perdu... hydrique et humide qui a perdu ses fonctions? Ça, c'est la vraie
question. Après ça, quel est le... quel est le potentiel d'espaces sur lesquels
on pourrait le faire? Il faut augmenter cette tarte-là, mais il y aurait
effectivement des critères importants à associer à ça, là. Je ne sais pas si
c'est clair, mais...
Mme Grondin : Est-ce que...
Pour le temps qu'il me reste, est-ce qu'il y a... il y a quelque chose dans
votre mémoire... Là, moi, je vous ai amenés beaucoup sur la question des
milieux humides et hydriques, mais est-ce que vous souhaitez ajouter quelque
chose?
Mme Tripon (Maëlle) :
Peut-être pour revenir sur le point des fonctions <écologiques...
Mme Grondin :
...ajouter
quelque chose?
Mme Tripon (Maëlle) :
Peut-être
pour revenir sur le point des fonctions >écologiques, pour l'instant,
c'est pris en compte par le ministère dans l'évaluation des projets de
restauration, mais il devait y avoir une évaluation financière des différents
services écologiques qui sont rendus... et des fonctions écologiques qui sont
rendues par ces milieux humides et hydriques. Et, à ma connaissance, ça n'a pas
encore été fait. Donc, c'est aussi difficile de savoir quoi restaurer quand on
ne sait pas forcément ce qu'on perd et d'évaluer justement les besoins de
restauration. Donc, je pense que ce serait quelque chose à mener.
Et des milieux devaient aussi... des
milieux humides d'importance devaient aussi être désignés pour la protection.
Et, à ma connaissance, ça n'a pas non plus été fait encore pour le moment, même
si le ministère a fait ce travail de recension et de priorisation des milieux
humides et hydriques à l'échelle de la province. Donc, ce serait pour moi deux
avenues vraiment importantes pour assurer la protection des milieux humides et
hydriques.
Mme Grondin : Merci beaucoup.
Mme la... ça va?
La Présidente (Mme Blouin) : Oui,
c'est bon. Merci beaucoup. Alors, on va poursuivre avec la porte-parole de
l'opposition officielle pour 9 min 54 s.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Merci à vous trois pour votre présence ici avec nous et merci pour
votre mémoire.
Un élément m'a frappé, quand j'ai regardé
le tableau, ou plutôt le graphique à la page 12, c'est l'augmentation
fulgurante des hausses des autorisations de destruction. On voit vraiment qu'il
y a une tendance à la hausse. Et il y a un tableau qui suit qui est fort
intéressant, là, qui donne dans le fond les compensations qui se sont faites
par contribution financière et par travaux. Il y a une chose qui me frappe,
quand je regarde ce tableau-là, c'est que là... en fait, là où les terrains
probablement coûtent les plus chers, c'est l'endroit où on choisit la
compensation financière, majoritairement, et les régions plus éloignées, vous
l'avez mentionné plus loin, bien là, on... Il y a... il y a un petit peu plus
de compensation par travaux.
Donc, est-ce que ça nous indiquerait
peut-être que, dans le fond, les montants sont trop élevés dans certaines
régions, ou du moins, en tout cas, c'est plus favorable de restaurer
directement par travaux dans ce cas-là, mais que, dans les régions où c'est...
les terrains sont plus chers, bien, finalement c'est plus favorable, c'est plus
intéressant économiquement de le faire par compensation financière? Est-ce que
c'est ce que vous constatez?
Mme Tripon (Maëlle) : C'est
une tendance qu'on peut observer, effectivement, surtout dans des régions où on
a une tenure qui est majoritairement privée. Donc, le promoteur ou le
développeur de projets n'a pas forcément de terrain sur lequel il peut
restaurer. Donc, ça implique soit l'achat d'un terrain, soit en tout cas une
entente avec une autre organisation, etc. Donc, c'est une des raisons qui
pourraient expliquer justement le fait de se diriger vers une compensation financière.
Mais, quand on regarde quand même des régions qui peuvent... qui sont
éloignées, comme l'Abitibi, même si on a effectivement beaucoup de compensation
par travaux, on a aussi énormément de compensation financière.
Donc, je ne pense pas que la question du
coût d'achat des terrains... si, bien sûr, c'est un facteur explicatif, ce
n'est sûrement pas le seul. C'est aussi juste de laisser la possibilité aux
promoteurs de faire cette... de faire cette compensation financière là. C'est
sûrement beaucoup plus simple pour des questions logistiques, etc., aussi.
Mme Dufour : À l'exception de
Montréal, et c'est probablement le cas du REM, là, qu'on voit dans le tableau,
si je regarde à Laval, la région d'où je viens... Mais Laurentides, Lanaudière,
ce sont des chiffres faméliques, là, de travaux... de compensation par travaux.
Et donc, dans ce cas-là, c'est clairement économiquement plus intéressant, la
compensation. Il y a eu un moment donné où la compensation a été réduite, le
montant a été réduit, était plus élevé lorsque la loi a été adoptée, est-ce
qu'on aurait eu intérêt à ne pas faire ce changement-là, puisque ça aurait pu
changer un peu la tendance dans ces régions-là?
• (18 heures) •
M. Cliche (Gabriel) : Très
certainement, là. Tu sais, je pense que les chiffres le démontrent clairement
que'on... Bien, de manière générale, l'humain va tendre à choisir l'option la
plus facile, entre devoir investir temps et trouver un terrain sur lequel faire
de la restauration ou tout simplement signer un chèque et dire : Voici,
j'ai compensé et vous pouvez utiliser cet argent pour, vous, mener des projets
de restauration. Je crois que c'est tout le temps vers la facilité qu'on va...
qu'on va se tourner, surtout si c'est économiquement viable, là.
Je pense que vous l'avez assez bien
mentionné, là, effectivement, ce règlement-là, qui fournissait des taux pour la
compensation, là, par mètres carrés, là, de milieux humides par région,
c'est... Moi, personnellement, je trouve que ça a été une erreur que de réduire
ces coûts... ces taux-là.
Cela dit, je peux comprendre qu'il y avait
eu beaucoup de pression à ce moment-là qui avait été faite par des promoteurs,
justement. Puis ah! mon Dieu, on ne pourra plus rien développer suite à ça.
C'est quelque chose que j'avais observé, là, du temps où ces changements-là
s'étaient effectués.
Donc, oui, pour répondre à votre question,
je pense que si on avait maintenu les taux initiaux...
18 h (version révisée)
M. Cliche (Gabriel) : ...pour
répondre à votre question, je pense que, si on avait maintenu les taux
initiaux, ça aurait pu aider à ce que la courbe que vous avez vue en page 12
soit moins... soit moins brupte que ce qu'on voit là.
Mme Dufour : Oui, abrupte,
effectivement. Vous mentionnez, d'ailleurs, qu'il y a un risque de
concentration des milieux humides restaurés, dans certaines régions, et
détruits dans d'autres, bien, parce qu'il y a des endroits qui sont plus
favorables. Puis ça, ça, c'est une inquiétude, j'imagine, qui vient du fait que
les fonds pourraient être transférés. Malgré tout, vous êtes favorables à cette
mesure-là, ça me... le fait qu'il y ait une portion des sommes, 15 %, qui
peut être... qui pourrait être utilisée ailleurs.
Mme Tripon (Maëlle) : On
trouvait ce projet intéressant, tant qu'on reste dans du 15 % et que ça ne
va pas au-delà, parce qu'on trouvait ça intéressant effectivement, par exemple,
dans le cadre des PRMHH, donc des plans régionaux de milieux humides et hydriques
mis en place par les MRC. On aurait des projets d'envergure dans lequel... qui
pourraient se mener sur plusieurs milieux, d'avoir une enveloppe qui est gérée
par le ministère pour déployer ce genre de grands projets quand il n'y a pas de
fonds de restauration suffisant, par exemple, à mettre en place. Oui.
M. Cliche (Gabriel) : Il faut
garder en tête aussi ce règlement-là qui balisait, en fait, les frais de
compensation pour les milieux humides et hydriques détruits. C'est arrivé, si
ma mémoire est bonne... c'était en 2015, 2016, je ne me souviens plus
exactement la date, mais dans ses environs-là. Puis on peut s'entendre pour
dire que la destruction de milieux humides s'est faite bien avant l'entrée en
vigueur de ce règlement-là. Il faut comprendre qu'il y a plusieurs endroits où
des milieux humides ont été détruits sans aucune forme de compensation. Puis c'est
juste à partir de l'entrée en vigueur du règlement que, là, on s'est dit :
OK, il faut arrêter de perdre des milieux humides, zéro perte nette. Mais il y
a certainement certains endroits où il y a eu beaucoup d'urbanisation, où le
mal était déjà fait, où on n'avait aucune mesure du dégât qui avait réellement
été appliqué sur les milieux humides. Donc certaines régions, effectivement, n'auront
pas beaucoup d'argent dans ce fonds-là, dû au fait que les milieux humides ont
déjà été détruits et qu'il n'y a plus vraiment façon de... Bien, tu sais, les
milieux humides qui restent sont tellement éparses qu'il n'y a pas beaucoup d'argent
à tirer de leur compensation financière, vu que c'est déjà passé.
Mme Dufour : Intéressant. Je
voudrais vous entendre sur un sujet qui n'a pas du tout été abordé jusqu'à
maintenant, les canneberges. Vous appelez ça, la production de canneberges, vous
avez tout un... oui, c'est ça, cannebergière. Vous avez tous un... C'est à
dire, vous avez une section complète sur ce sujet-là. Et j'aimerais vous
entendre parce que c'est quand même 240 hectares, sur les 760 détruits des
dernières années, qui viennent des... de la production de canneberge. C'est
énorme. Donc, pourquoi c'est un enjeu? Peut-être nous l'expliquer davantage.
Mme Tripon (Maëlle) : En
fait, ce sont des chiffres qui viennent, donc, de nos partenaires, Eau Secours!
Et en fait l'enjeu qu'ils voulaient mettre en lumière dans cette portion-là qui
a été écrite par eux, c'est le fait que les cannebergières, actuellement, sont,
sauf dans des cas extrêmement rares, complètement... en fait, elles n'ont pas
besoin de compenser l'impact qu'elles ont sur les milieux humides et hydriques,
que ce soit de façon financière ou par des travaux. Donc, on pense que c'est un
véritable problème, c'est-à-dire qu'elles ne sont même pas, forcément, prises
en compte dans les compensations actuelles, financières et dans les chiffres qu'on
voit de destruction, puisqu'elles ne sont plus... pas soumises à la
compensation. Comme je le dis, c'est complexe. Il y a quand même des cas
particuliers où c'est le cas. Mais on pense que le fait d'avoir des exemptions
pour certaines... certaines industries, comme les cannebergières, ou c'est le
cas, par exemple, des bleuetières, etc... C'est vraiment un problème parce que
ça a un impact sur les milieux humides et hydriques, qui, pour l'instant, n'est
pas pris en compte.
Mme Dufour : Et justement
peut-être nous l'expliquer, quel genre d'impact. Parce que je comprends qu'ils...
c'est comme inondé, les terrains pour faire des canneberges. Mais peut-être
nous expliquer exactement qu'est-ce que ça fait.
M. Bélanger (André) : Bien, d'abord,
il faut comprendre que l'industrie de la cannebergière, c'est d'abord une
industrie du sable. C'est l'extraction du sable pour la production de... l'utilisation
dans différentes industries, qui est une grande partie des revenus des
cannebergières. Ce sont des zones très sablonneuses qui sont aussi des
milieux... des milieux humides. Et donc, quand on inonde, bien, on vient de
transformer les milieux humides. Mais ensuite, quand on a cessé d'inonder
pour... c'est juste pour cueillir la canneberge, bien là, on creuse puis on
ramasse le sable qu'il y a à cet endroit-là. Donc, c'est une industrie qui a
comme deux... deux modèles d'affaires, le modèle apparent et le modèle réel et
c'est... ça a été documenté dans plusieurs, plusieurs reportages, ça, au niveau
de la... de cette industrie spécifique qui est très différente du bleuet, où là
on est dans le bleuet puis le bleuet, là, on n'est pas autre chose.
Mme McGraw : Et très vite,
pour enchaîner, parce qu'il ne nous reste pas beaucoup de temps. Donc, vous
parlez de... Vous proposez un moratoire temporaire sur la <destruction...
Mme McGraw :
...
temps. Donc, vous parlez de... Vous proposez un moratoire temporaire sur la
>destruction des milieux humides hydriques, tant pour avoir une
meilleure efficacité. Vous proposez, entre autres, que les... de
responsabiliser les promoteurs, les demandeurs, pour qu'ils choisissent ou
identifient les lieux de restauration. Que pensez-vous de l'idée qui a été
proposée?, j'oublie qui... mais c'est l'idée d'avoir comme un répertoire. Donc,
ce ne seraient pas juste les promoteurs, les demandeurs, mais ce seraient,
effectivement, les MRC, les municipalités qui proposeraient. Est-ce que ça
pourrait rendre plus efficace le processus?
M. Bélanger (André) : ...bien,
le marché du carbone, c'est un peu... Mais l'équivalent, le marché de la
protection des milieux humides et hydriques pourrait très bien être un
mécanisme qui serait mis en place. On ne demande pas... On est conscients qu'un
moratoire sur la destruction des milieux humides et hydriques... Ce n'est pas
ça, notre demande réelle, c'est vraiment de dire... Bien, c'est-à-dire que oui,
c'est dans le document, mais c'est... c'est-à-dire que ça, c'est la mesure
extrême...
La Présidente (Mme Blouin) : Ça
conclut...
M. Bélanger (André) : Ce qui
serait une mesure plus... très acceptable, ce serait un moratoire sur toute
forme de destruction, avec compensation financière.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci.
Ça complète. Donc, on va poursuivre avec le porte-parole du deuxième groupe
d'opposition, pour 3 min 18 s.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour à vous trois. Vous êtes les derniers valeureux, valeureuses
de la journée. On espère être assez énergiques pour vous.
Une voix : ...
M. Leduc : Parfait.
Merveilleux. Je veux vous entendre sur le 15 %, là, des sommes perçu en
compensation pour l'atteinte de milieux humides et hydriques. Si j'ai bien
compris, le projet de loi dit : Ce 15 % là, on devrait permettre de
ne pas nécessairement le redéployer dans la MRC où il a été perçu, mais plutôt
à l'échelle du Québec. Et vous, vous dites bravo à ça. Vous voulez un peu
expliquer la problématique? Qu'est-ce qui se passe avec ça?
M. Cliche (Gabriel) : Bien,
dans le fond, effectivement, là, le fonds accumule énormément d'argent depuis
plusieurs années, et le fait est qu'il n'est pas du tout dépensé en ce moment. Ce
15 % là, de notre compréhension, à la lecture du mémoire qui a été déposé
sur le projet de loi n° 81, indiquait que c'étaient des sommes qui
seraient utilisées par le ministère de l'Environnement pour démarrer des
projets de restauration de milieux humides et hydriques, des projets de grande
envergure. À ce niveau-là, on comprend que c'est des argents qui sont retirés à
certains milieux pour être distribués ailleurs, mais ça va être pour des ...pardon,
pour des gros milieux humides, là, des milieux qui vont permettre d'accomplir
beaucoup de services écologiques. Alors que, si on maintenait ces argents-là
uniquement dans la région ou la MRC, pour être plus précis, là, où l'argent a
été perçu, bien, peut-être que cette région-là en question n'aurait pas de
terrains avec autant de valeur à restaurer que ça pourrait l'être dans une
autre région, si on se donnait la peine de monter un gros projet.
Puis je le mentionne aussi, ces fonds-là
qui sont perçus par MRC, oui, je comprends qu'on se dit : C'est pour des
milieux qui ont été détruits à cet endroit-là. Mais je réitère que ça fait
depuis longtemps qu'on détruit des milieux humides, depuis bien avant l'entrée
en vigueur du fonds. À mon avis, il y a quand même un certain... une certaine
conscience à prendre là-dessus, que, s'il y a des endroits où on peut réaliser
des projets d'envergure, ce serait important de le faire, là, pour des milieux
qui auront été détruits, qui sont passés sous le radar parce que ça fait trop
longtemps qu'ils l'ont été. Je comprends que c'est important de garder les
argents pour restaurer les milieux à proximité, mais, c'est ça, gardons en tête
que ça fait longtemps qu'on en détruit, donc il faut...
M. Leduc : C'est mieux
d'avoir un objectif global.
M. Cliche (Gabriel) : Oui,
c'est ça, un objectif global.
M. Leduc : Ça nous aiderait
plus à atteindre le zéro perte nette. C'est un peu ça, la lecture? OK.
Mme Tripon (Maëlle) : Oui,
c'est ça. Puis l'idée, ça pourrait aussi être de prioriser des régions qui sont
en déficit de milieux humides et hydriques, même s'il n'y a pas de destruction.
Je pense à des régions dans le sud du Québec, dont... comme la Montérégie, où
il y a moins de 0,1 % de milieux humides. Ça pourrait être des régions
prioritaires pour la restauration, au-delà des fonds qui sont déjà disponibles,
avec des projets qui seraient bien mis en place par le ministère de
l'Environnement.
• (18 h 10) •
M. Leduc : ...des chicanes
entre les préfets de MRC, c'est le ministre qui va devoir arbitrer tout ça.
Mme Tripon (Maëlle) : Exactement.
Une voix : ...
M. Leduc : Ah! il faut que je
m'implique là-dedans, moi aussi?
Une voix : ...
M. Leduc : En médiateur? OK.
Parfait. Merci beaucoup. Bonne soirée à vous.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. Alors, on va conclure cette journée d'échange avec le député des Îles-de-la-Madeleine
pour 3 min 18 s.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. Merci, madame, messieurs, pour votre présentation. Ça finit bien la
journée. Je trouve que vous résumez bien plusieurs des éléments qui ont été
discutés depuis hier. Votre mémoire et votre présentation sont très clairs sur
le fait qu'on s'est donné de grands objectifs et que la protection,
malheureusement, des milieux humides et hydriques est parfaitement inefficace. Et,
bon, votre prétention, c'est que les solutions ne sont pas les bonnes. Mais les
solutions que vous proposez me semblent très intéressantes, mais j'aimerais
mieux les comprendre. Par exemple, lorsque l'on demande de colliger, <mesurer...
M. Arseneau :
...
j'aimerais mieux les comprendre. Par exemple, lorsque l'on demande de colliger,
>mesurer et analyser la performance des actions du ministère, j'aimerais
savoir, vous avez parlé d'indicateurs, mais ce n'est pas simplement de se doter
d'indicateurs. Pouvez-vous expliciter un peu comment on pourrait véritablement
améliorer les choses?
Mme Tripon (Maëlle) : L'idée,
c'est que, pour l'instant, c'est un peu comme si on naviguait dans le noir. Ce
qu'évoquait M. le ministre au début, c'est qu'il y a déjà des mesures qui sont
mises en place par le ministère pour, justement, faire respecter les principes,
éviter, minimiser, mais on ne s'en rend absolument pas compte, quand on est
dans le grand public, puisqu'on n'a aucun indicateur là-dessus. Donc, avoir des
indicateurs, ça permettrait aussi également à la société civile de voir à quel
point est-ce que ces mesures sont mises en place ou non et ensuite de prendre
éventuellement des mesures correctives, si on s'aperçoit qu'on n'évite pas
assez l'atteinte aux milieux humides ou qu'on ne minimise pas assez l'impact
des travaux. Comment est-ce qu'on peut améliorer ces mesures-là, pour
l'instant, c'est difficile à dire puisqu'on n'a pas d'indicateur clair
là-dessus.
M. Bélanger (André) : J'aurais
tendance aussi à rajouter que, tu sais, les intentions et les gestes posés par
le ministère de l'Environnement sont très... C'est très intéressant ce qui se
passe, quand on fait des PRMHH, on prévoit, on promet, on promeut. Mais là il y
a des petits gestes qui doivent être faits rapidement, et le premier, c'est
justement d'être capable de rendre compte de ce qui est protégé, ce qui a été
évité. Et ça, ça ne demande pas d'avoir... ça demanderait de protéger aussi
certains milieux. On parlait tantôt de milieux qui sont plus menacés, des
milieux aussi qui ont une contribution plus importante en captation de gaz à
effet de serre. On a comme une connaissance partielle de ça, et ça devrait être
la priorité du ministère de l'Environnement que de faire le ménage là-dedans
puis de nous proposer une lecture du territoire qui est plus complète.
M. Arseneau : Je pense que
vous... Merci beaucoup. Vous touchez à un élément extrêmement important, à mon
point de vue, là, responsabiliser davantage les demandeurs. Mais lorsqu'il est
question d'une compensation financière, vous dites : Il faudrait quand
même qu'on puisse les impliquer dans l'identification d'un site, et tout ça. Je
me demande comment la mécanique pourrait être mise en place, parce que...
Est-ce que, préalablement, ça prendrait le répertoire que vous proposez aussi?
Les deux mesures sont interreliées et... inextricablement?
Mme Tripon (Maëlle) : Oui, ça
pourrait effectivement prendre la forme d'un répertoire. Mais ce qu'on voudrait
avant tout, c'est qu'il y ait éventuellement une compensation par travaux,
qu'elle soit prioritaire sur la compensation financière. Ce serait vraiment la
mesure-phare numéro un à mettre en place...
M. Arseneau : ...il faudrait
revenir un peu vers ça.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. Merci pour votre présence et votre contribution à nos travaux.
Alors, compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux jusqu'au jeudi 30 janvier 2025, 8 heures, où
elle se réunira en séance de travail. Merci.
(Fin de la séance à 18 h 14)