Journal des débats (Hansard) of the Committee on Transportation and the Environment
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, February 25, 2025
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Vol. 47 N° 81
Clause-by-clause consideration of Bill 81, An Act to amend various provisions relating to the environment
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Intervenants par tranches d'heure
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St-Louis, François
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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St-Louis, François
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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McGraw, Désirée
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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St-Louis, François
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Leduc, Alexandre
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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St-Louis, François
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Leduc, Alexandre
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St-Louis, François
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Charette, Benoit
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Leduc, Alexandre
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McGraw, Désirée
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St-Louis, François
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
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Charette, Benoit
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Lemay, Mathieu
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Provençal, Luc
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Tardif, Marie-Louise
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Blouin, Catherine
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Guillemette, Nancy
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Leduc, Alexandre
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
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Charette, Benoit
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
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St-Louis, François
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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McGraw, Désirée
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Provençal, Luc
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
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Leduc, Alexandre
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
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Leduc, Alexandre
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures cinquante minutes)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi
modifiant diverses dispositions en matière d'environnement.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Grondin (Argenteuil) est remplacée par Mme Guillemette
(Roberval); M. Montigny (René-Lévesque) est remplacé par M. Provençal
(Beauce-Nord); M. Derraji (Nelligan) est remplacé par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve); et M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin) est
remplacé par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la secrétaire. Alors, lors de l'ajournement de nos travaux, la semaine
dernière, nous en étions à l'étude de l'article 8.3 de la Loi visant
l'augmentation du nombre de véhicules automobiles zéro émission au Québec afin
de réduire les émissions de gaz à effet de serre et autres polluants, introduit
par l'article 11 du projet de loi. Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 8.3?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
Mme Dufour : Juste... Juste
une question.
Le Président (M. St-Louis) :
Oui?
Mme Dufour : Est-ce qu'on
avait déjà tout regardé? Parce que, là...
Le Président (M. St-Louis) : De
mémoire, là, puis j'ai vérifié avec l'équipe de la banquette gouvernementale,
on en était... les discussions étaient pas mal terminées. On a manqué à peu
près une minute pour la mise aux voix du 8.3. Mais, si vous avez... vous avez d'autres
interventions...
Mme Dufour : C'est ça, parce
qu'on était... on était dans des questions sur les crédits, là, dans le 8.3,
là, les crédits pour les constructeurs automobiles. Je pense que ça continue
dans les prochaines... les prochaines... ça fait que je pourrai peut-être poser
des questions dans les prochains articles, à ce <moment-là...
Mme Dufour :
...dans
les prochains articles, à ce >moment-là.
Le Président (M. St-Louis) : OK.
Donc, nous allons donc procéder à la... à la mise aux voix, oui, de
l'article 11, qui introduit le 8.3, parce que, là, on a fait 8.1, 8.2 et
8.3. Donc, est-ce que l'article 11 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
Donc, l'article 11 étant adopté... Je sais qu'on avait suspendu
l'article 9, il y avait des corrections à faire sur certains amendements.
Donc, est-ce que c'est à ce moment-ci que vous souhaitez le faire, monsieur...
M. Charette : On pourrait,
avec, naturellement, le consentement des collègues. D'abord, bonjour à tout le
monde. En espérant que vous ayez passé chacun, chacune une belle fin de
semaine. On pourrait effectivement procéder à de petites corrections sur des
amendements qui avaient été adoptés et des articles qui s'en trouvent
influencés ou impactés. Donc, ce n'est rien de majeur, mais on pourrait
procéder dans un premier temps. Aussi, on avait suspendu l'article 9, qui
découlait en partie de l'article 11. Donc, on pourrait, dans un premier
temps, corriger les petites erreurs, et, par la... les petites coquilles
plutôt, et, par la suite, le 9, et reprendre notre étude article par article
par la suite.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
que j'ai consentement de la commission pour procéder de la façon dont propose
le ministre?
Mme Dufour : Je veux juste
m'assurer, là. Dans le fond, nous, on va retirer notre... ce qu'on avait déposé,
qui a déjà été adopté?
M. Charette : Sans... Sans
nécessairement le retirer, tout simplement apporter la correction. Et le crédit
vous reviendrait aussi, là, ça demeure votre amendement, qui est bon en soi.
Cependant, dans le libellé, on apporterait une petite correction. Et, adopté
tel quel, il faut corriger aussi, du coup, quelque chose qui avait déjà été
adopté, mais c'est... c'est des changements, là, mineurs. C'est juste pour
assurer la cohérence, là, du texte de loi.
Mme Dufour : Et c'est quoi
d'autre qu'il faut modifier, quel autre article?
M. Charette : En modifiant...
En corrigeant l'amendement que vous avez apporté, ça a une incidence sur
l'article 6. On avait exclu ou on n'avait pas fait une référence qui est
maintenant dans le texte adopté, là, par votre amendement. Et ce sont des
amendements qui sont déjà déposés, je pense, donc ils sont disponibles à travers...
à travers le Greffier.
Mme Dufour : OK. Parfait.
Le Président (M. St-Louis) : ...de
la commission?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Consentement.
Merci. Alors, M. le ministre, si vous voulez proposer le changement à la
coquille.
M. Charette : Peut-être, on
va suspendre une petite minute, si ça vous va.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
nous allons suspendre quelques instants, nous allons...
(Suspension de la séance à 9 h 54)
10 h (version révisée)
(Reprise à 10 h 09)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
la commission reprend ses travaux. Au moment de la suspension, nous nous étions
entendus sur une procédure pour modifier un amendement déposé à l'article 8.
Donc, afin de procéder, nous devons réouvrir l'article 8. Donc, j'ai
besoin du consentement de la commission pour ce faire.
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Il y a consentement. Donc, l'étape suivante étant de retirer l'amendement qui
avait été déposé par l'opposition officielle, j'ai aussi besoin du consentement
de la commission.
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Maintenant, nous pouvons procéder au dépôt du nouvel amendement. Donc, Mme la
députée, la parole est à vous.
• (10 h 10) •
Mme Dufour : Oui. Donc, c'est...
c'est un ajustement, là, de ce que je comprends, qui devra aussi être répliqué
après ça dans un autre amendement, mais cette fois du gouvernement, mais je
vais lire celui-ci. Donc, pour l'article 8 :
Insérer, après le paragraphe 1° de l'article 6.1
de la Loi visant l'augmentation du nombre de véhicules automobiles zéro
émission au Québec afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et
autres polluants proposé par l'article 8 du projet de loi, le paragraphe
suivant :
«1.1° de la façon et aux conditions
prévues au paragraphe 2° de l'article 6, mais dans ce cas au moyen de
la vente ou de la location, au Québec, de véhicules automobiles lourds remis en
état;».
Dans le fond, ce que moi, j'avais déposé
comme amendement, c'était pour permettre, justement, que des véhicules lourds
remis en état puissent être vendus au Québec et accumuler des crédits, ce qui n'était
pas prévu dans le projet de loi. Donc... Donc là, il y a eu un ajustement.
Nous, la façon qu'on l'avait fait, on l'avait associé au paragraphe 3°, c'était
2° et 3°, mais là ce que je comprends, c'est qu'il y avait des distinctions
entre le 2° et le 3°, et donc, c'est ça, on est venus préciser ça. Ça fait
que... Mais ça fait exactement la même chose que l'amendement qui avait été
déposé la semaine dernière. Là, je ne lirai pas l'article tel qu'amendé, là, je
pense qu'on a tous compris.
Le Président (M. St-Louis) : C'est
bon comme ça.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, Mme la députée. Donc, il... comme il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement. Est-ce que cet
amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : L'amendement
étant adopté, est-ce que l'article 8, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
Adopté. Ce qui maintenant nous amène à la réouverture de l'article 6 pour
un amendement déposé par M. le ministre. Est-ce que j'ai le consentement de la commission
pour réouvrir l'article 6? Consentement. Donc, M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc, nous y allons avec <celui-ci...
Le Président (M. St-Louis) :
...
l'article 6? Consentement. Donc, M. le
ministre.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Donc, nous y allons avec >celui-ci :
Remplacer l'article 6 du projet de loi par l'article suivant :
6. L'article 5 de cette loi est
modifié par l'insertion, après «automobiles», de «légers et des véhicules
automobiles lourds».
Cette modification a pour objet de donner
au ministre la possibilité d'ajouter à la liste visée à l'article 5 de
cette loi des véhicules automobiles lourds remis en état dont la vente ou la location
permet d'accumuler des crédits.
Donc, c'est en droite ligne avec ce que la
collègue vient de mentionner. C'est par souci de concordance, tout simplement.
Le Président (M. St-Louis) :
Donc, j'en déduis qu'il n'y a pas d'autre intervention. Donc, est-ce que
l'amendement, tel que déposé, est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
Adopté. Est-ce que l'article 6, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
Adopté. Alors, nous en sommes maintenant à l'article 9.
M. Charette :
...suspendu.
Le Président (M. St-Louis) :
Nous avions suspendu. Donc, j'ai besoin encore une fois du consentement de la
commission pour reprendre l'article 9, suspendu précédemment. Est-ce qu'il
y a consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci. Donc, comme il y a consentement, M. le ministre, la parole est à vous
pour la lecture de l'article 9.
M. Charette : Merci, M.
le Président. Donc :
L'article 7 de cette loi est modifié :
1° par l'insertion, dans le premier alinéa
et après «peut», de «, sauf dans les cas et aux conditions que le gouvernement
détermine par règlement,»;
2° par le remplacement, dans le troisième
alinéa, de «l'article 8» par «des articles 8 et 8.1».
Et le commentaire : Cet article
modifie le premier alinéa de l'article 7 de cette loi afin de permettre au
gouvernement de limiter, dans certains cas et à certaines conditions,
l'aliénation de crédits entre constructeurs automobiles et d'assurer ainsi la
concordance avec les modifications proposées au paragraphe 3° de
l'article 6.
De plus, il modifie le troisième alinéa
pour qu'il s'applique aux crédits aliénés par un constructeur automobile de
véhicules automobiles lourds.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 9?
Mme Dufour : Oui.
Le Président (M. St-Louis) : Mme
la députée, la parole est à vous.
Mme Dufour : Oui. Bien,
en fait, c'est ça, je pense qu'on l'a... on a déjà fait le débat, là, sur un
autre article, mais je veux juste revenir parce qu'il y avait un article ce
matin... puis... puis, tu sais, c'est... c'est par rapport aux crédits, les
revenus aussi qui peuvent venir avec ça, puis là, ici, on va éventuellement,
c'est ça, là, contraindre certaines aliénations de crédits, mais il y avait un
article ce matin qui parlait du coût des véhicules électriques qui allait être
plus élevé. Je ne sais pas si vous voulez qu'on en parle plus loin, mais
j'aurais aimé vous entendre là-dessus, parce qu'on en a discuté, on disait :
Bien, les coûts, éventuellement, devraient arriver puis être... d'ici deux,
trois ans, être à un équilibre. Puis là ce qu'on comprend, c'est que non. Selon
divers experts qui étaient cités ce matin, on parlait de 6 000 $ à
7 000 $ de plus par véhicule. C'est quand même beaucoup de sous, là,
pour les Québécois. Donc, je voudrais entendre peut-être votre...
M. Charette : ...rapidement.
L'occasion, effectivement, peut être pertinente de le faire à ce moment-ci. C'est
une étude de l'IEDM pour laquelle je ne partage pas les conclusions, je vais le
mentionner comme ça. Bloomberg, entre autres, fait des évaluations à ce
niveau-là, depuis quelques années, qui démontrent qu'on arrivera à une parité
éventuellement. C'est vrai qu'au cours des dernières années, cette année de
référence de possible parité a quelque peu été décalée. Mais 2035, c'est loin,
et la plupart des études laissent davantage entendre, là, qu'on y serait à
2027, 2028, 2029. Donc, il n'y a rien qui laisse entendre qu'en 2035 il y
aurait un surcoût important pour les voitures électriques. Mais, encore une
fois, c'est loin. C'est dans une dizaine d'années. Comment la technologie va
évoluer, comment le marché va évoluer entre-temps, c'est difficile à prévoir,
et on se donne toute la souplesse nécessaire pour pouvoir réagir, pour être
certains, là, que les consommateurs ne soient pas pénalisés, le cas échéant.
Mme Dufour : Il y avait
quand même des experts qui se prononçaient. Donc, ce que vous nous dites... que
ce n'est peut-être pas basé sur des études ou... qui sont... En tout cas, je ne
sais pas si l'enjeu, c'est les paramètres des études que les experts
mentionnaient ce matin ou... Tu sais, je comprends qu'on va le réévaluer, mais
c'est quand même 6 000 $ à 7 000 $ de plus, c'est quand
même beaucoup de sous, là.
M. Charette : Oui. Non,
effectivement. Puis, en tout respect pour l'IEDM, c'est un institut qui est
très critique à la base contre l'électrification des transports. Donc, ils vont
évaluer avec... avec des paramètres qui sont les leurs. Mais... Mais, en même
temps, la plupart des agences qui font des évaluations semblables, notamment <Bloomberg...
M. Charette :
...Mais...
Mais, en même temps, la plupart des agences qui font des évaluations
semblables, notamment >Bloomberg, qui, au fil des années, n'a pas montré
de parti pris, qui a su s'ajuster, qui a... qui a su revoir ses propres
analyses, n'arrivent pas à une conclusion de cette nature-là. Bloomberg est
encore confiant qu'il y aura parité au cours des prochaines années. Et notre
réglementation à nous offre la souplesse nécessaire pour, justement, ne pas
s'emprisonner dans un échéancier ou avec des cibles qui seraient irréalistes et
qui, ultimement... ultimement, pénaliseraient, là, les consommateurs québécois.
Mme Dufour : Donc, est-ce
qu'on peut s'attendre qu'en 2026, quand on va réévaluer, on va regarder et
faire une étude à ce niveau-là pour s'assurer que la parité est vraiment près
de se faire? Parce qu'autrement, c'est ça, on ne peut pas non plus forcer les
Québécois à payer 6 000 $ à 7 000 $ de plus pour un
véhicule, là.
M. Charette : Effectivement,
l'évaluation qui sera faite dans les prochains mois, en début d'année
prochaine, va prendre en compte différents facteurs. Il faut savoir que ce
qu'on oublie de mentionner, c'est que le Québec a 2035 comme année de
référence, là, pour la fin des voitures thermiques, mais le Québec fait partie
du Canada, et le Canada a aussi 2035 au niveau de ses cibles. Donc, ce n'est
pas le Québec qui est parti seul de son côté. On a une courbe de croissance
différente, par contre, de ce qui est imposé par le gouvernement fédéral.
Donc, il y a plusieurs facteurs : les
conséquences, et on en a parlé, de l'élection américaine, voir dans quelle
mesure il y aura un frein à l'électrification du côté américain; il y aura...
bien, pas «vraisemblablement», assurément une élection fédérale aussi d'ici le
début de l'année 2026, donc ça aussi, ça va peut-être avoir une incidence.
Donc, ce sont tous des éléments, là, qui seront pris en considération pour
évaluer et les échéanciers et les courbes qui sont actuellement déterminés par
la réglementation. Et, comme on l'a mentionné, depuis 2008, la réglementation a
été modifiée à deux reprises. Donc, on verra s'il y a lieu de modifier de
nouveau, avec des paramètres qui seraient... qui seraient nouveaux, tout
simplement.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Merci, Mme la députée. S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons passer à la mise aux voix de l'article 9. Est-ce que l'article 9
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : L'article 9
étant adopté, et les articles 10 et 11 aussi, nous en sommes maintenant à
l'article 12. M. le ministre.
M. Charette : ...Donc :
L'article 9 de cette loi est modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par l'insertion, après «constructeur
automobile», de «visé au premier alinéa de l'article 3»;
b) par le remplacement de «ou les aliéner
ultérieurement» par «dans la mesure prévue par un règlement pris en application
de l'article 9.1, ou il peut les aliéner ultérieurement, sauf dans les cas
et aux conditions que le gouvernement détermine par règlement»;
2° par le remplacement du deuxième alinéa
par le suivant :
«Un constructeur automobile visé au
premier alinéa de l'article 3.1 qui, pour une année modèle, a accumulé un
nombre de crédits supérieur à celui qui est exigé pour remplir ses obligations
prévues par la présente loi ou ses règlements peut, outre ce qui est prévu à
l'article 8.2, les aliéner ultérieurement, sauf dans les cas et aux
conditions que le gouvernement détermine par règlement.».
• (10 h 20) •
Et le commentaire : Cet article
modifie le premier alinéa de l'article 9 de cette loi afin de préciser
qu'il ne s'applique qu'aux véhicules automobiles légers et que l'utilisation
des crédits supplémentaires qui y sont visés doit se faire dans la mesure
prévue par un règlement. Les modifications proposées à cet alinéa, en outre...
ont en outre pour objet d'assurer la concordance avec celles proposées à
l'article 7 de cette loi par l'article 9 du projet de loi, qui
concerne l'aliénation ultérieure de crédits accumulés en surplus.
De plus, il remplace le deuxième alinéa de
l'article 9 pour prévoir qu'un constructeur automobile de véhicules
automobiles... automobiles lourds qui a accumulé davantage de crédits que ce
que la loi lui impose peut, outre les utiliser afin de combler un manque pour
une année donnée, comme le permet l'article 8.2, les aliéner
ultérieurement. Le gouvernement peut cependant déterminer par règlement des cas
où cette aliénation ne pourra être faite ainsi que les conditions qui s'y
appliquent.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Oui. Merci, M.
le Président. Juste pour... Au niveau des règlements, on ajoute ces <phrases-là...
Mme McGraw :
...M.
le Président. Juste pour... Au niveau des règlements, on ajoute ces >phrases-là :
«déterminé par règlement». Est-ce que le ministre pourrait nous éclairer sur
les intentions réglementaires qui pourraient être pertinents... pertinentes
vis-à-vis ce texte?
M. Charette : C'est une
occasion que le projet de loi nous offre de faire des bonifications à la loi,
mais il n'y a pas d'intention à ce moment-ci, c'est par mesure de prudence, se
donner les outils nécessaires dans l'avenir, là, pour bonifier notre loi sur
les véhicules zéro émission.
Mme McGraw : Et, dans le
commentaire, on dit : C'est une question de concordance, en outre. Donc,
en outre, à part de la concordance, l'objectif visé, c'est... très concrètement,
encore une fois, pour les gens qui nous écoutent, le public qui nous écoute à
la maison, concrètement, ça serait en... à part de la concordance, l'objectif
de ce sous-amendement?
M. Charette : Bien, c'est... comme
je le mentionnais à la question précédente, c'est plutôt rare ou, à tout le
moins, les occasions de modifier une loi sont moins fréquentes qu'une
modification réglementaire. Donc, on se donne les outils nécessaires pour... pour
être encore plus agiles, là, au niveau de l'application de notre loi, mais, à
ce moment-ci, il n'y a pas d'intention gouvernementale de recourir à ces... à
ces nouvelles dispositions là, mais on vient moderniser la loi en quelque
sorte.
Mme McGraw : Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Merci, Mme la députée. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci beaucoup.
On vient enlever... Il y avait quelque chose qui disait : «fixer un
facteur de conversion applicable aux crédits». Ça, on vient l'enlever
complètement. Peut-être nous rappeler pourquoi on enlève ça.
M. Charette : ...facteur de
conversion des crédits, là, qui avait été discuté aux articles précédents. On
avait expliqué, là, entre autres, que, par le passé, un véhicule électrique,
100 % électrique pouvait donner quatre crédits. Là, on vient le transposer
en un seul crédit et un demi-crédit, là, pour les véhicules hybrides
branchables.
Mme Dufour : Mais... OK. Mais
je vais juste revenir. Ici, celui-là, est-ce que ça s'applique uniquement aux
véhicules légers, cet article-là, ou ça touche aussi les véhicules lourds?
M. Charette : Là, on est aux
véhicules légers, là, pour ce qui est de l'article présentement étudié.
Mme Dufour : OK. Au premier
alinéa de l'article 3.1, ça, c'est les véhicules légers.
Une voix : ...
M. Charette : Effectivement.
Pour ce qui est de la... de la conversion, c'est les légers, le premier... le
premier alinéa. Le deuxième, avec l'article 3.1, là, ce sont les lourds.
Mme Dufour : OK. Moi, ce que
je veux juste m'assurer, c'est qu'on a vraiment... on encourage vraiment les
constructeurs, finalement, à vouloir accumuler des crédits, puis c'est le même
concept pour les véhicules lourds. Ça fait que c'est sûr qu'il y a une
inquiétude quand on lit : Les aliéner... Il pourrait les aliéner
ultérieurement, sauf dans les cas et aux conditions que le gouvernement
détermine. Bien, ça laisse beaucoup de possibilités. Je sais que ma collègue a
posé des questions, mais ce serait quels cas où il ne pourrait pas aliéner
ultérieurement les crédits? Parce que, tu sais, on... Certains qu'on a
rencontrés nous disaient : Bien, tu sais, on n'a, des fois, pas
l'impression qu'on veut nous encourager à en accumuler, parce que, finalement,
si, au bout du compte, ils tombent tous à échéance, bien, il dit : Bien,
on ne va pas devancer le moment, tu sais.
L'enjeu, notamment, avec la période fixe
du trois ans, là... c'est un peu ça qu'on nous expliquait, tu sais, quand c'est
une période fixe un peu plus flexible, on nous disait : Bien, on a un
intérêt à peut-être faire mieux, tu sais, dès... dès le début, alors que, dans
la période fixe, il faut faire bien mais à la troisième année, ça fait qu'on va
attendre sur la première puis la deuxième année, on n'ira pas trop vite parce
qu'on... si cycliquement le marché réduit, bien là, on risque de ne pas
l'atteindre au... à la troisième année, alors que la période flexible, bien, ça
encourage à tout moment de faire mieux que l'objectif.
Ça fait que... Ça fait que ça, je... en
tout cas, ça, c'est ma crainte avec, ici, «sauf dans les cas», là, qu'on pourrait,
finalement, empêcher d'aliéner. On veut encourager les entreprises à accumuler
des crédits si elles le peuvent, pour... pour vendre plus de véhicules
électriques si elles le peuvent, devancer l'objectif. Je pense qu'on est tous
d'accord <là-dessus...
Mme Dufour :
...devancer
l'objectif. Je pense qu'on est tous d'accord >là-dessus, là.
M. Charette : La question,
elle est effectivement pertinente, mais c'est pour éviter des cas où on aurait
tellement de crédits accumulés qu'il n'y aurait plus d'effort requis, pendant
un certain nombre d'années, pour certains constructeurs. Donc, c'est ce
scénario-là que l'on souhaite éviter. C'est des ajustements qu'on a faits,
d'ailleurs... C'est un parallèle, là, qui peut sembler lointain mais qui est...
qui est de mise malgré tout. Au niveau du marché du carbone, on a fait ce type
d'ajustement là aussi pour éviter que les grands émetteurs qui ont beaucoup de
crédits accumulés se disent : Moi, dans le fond, mon travail est fait, je
n'ai plus à m'améliorer pendant un certain nombre d'années, sinon une période
de temps x. Donc, c'est ce type de scénario là que l'on souhaite éviter. Donc,
oui, permettre l'accumulation, mais, si on voit que le nombre est trop grand,
bien, dire : Non, il faut... il faut continuer l'effort malgré tout.
Mme Dufour : Oui. Mais...
Mais il y a effectivement certains constructeurs qui font moins d'efforts que
d'autres. Je comprends l'enjeu de... qu'on veut encourager ceux qui en font
moins à en faire plus, mais on veut aussi que ceux qui en font beaucoup... on
ne veut pas les freiner dans leur élan. Ça fait qu'il y a un équilibre à
trouver là-dedans. Mais, tu sais, si on leur dit : Bien, vous faites des
beaux efforts, là, mais ça ne comptera pas, dans trois ans, vos beaux efforts
d'aujourd'hui, ils sont... peut-être qu'ils se disent : Bien, je ne vais
pas accélérer mes efforts, je vais juste faire le minimum qu'on me demande.
Des voix : ...
M. Charette : La collègue a
mentionné exactement l'esprit derrière... derrière cette formulation-là, c'est
de préserver l'équilibre, s'assurer que nous sommes en situation d'équilibre à
travers une réglementation qui peut être développée de façon plus souple qu'un
article, ou une loi, ou un texte de loi. Et c'est un petit peu ce que l'on
s'est donné comme latitude avec les voitures... les véhicules légers, et ça
fonctionne... ça fonctionne bien. Donc, on veut éviter qu'il y ait trop de
crédits sur le marché, comme on l'a fait pour le marché du carbone, et faire en
sorte qu'on n'a plus de levier, là, pour rehausser l'ambition. Mais tout ça se
fait par modification réglementaire, avec des consultations, avec la
possibilité aux parties prenantes de s'exprimer. Ça ne se fait pas du jour au
lendemain avec la seule volonté gouvernementale.
Donc, l'expression retenue par la collègue
est la bonne, c'est de préserver l'équilibre au niveau des forces en présence.
Mais, encore là, c'est un pouvoir qui est... qui est assujetti, là, et à une
consultation et avec une analyse du marché.
Mme Dufour : Mais,
aujourd'hui, ce serait quels cas qu'on voudrait, finalement, empêcher de
pouvoir aliéner ultérieurement les crédits?
• (10 h 30) •
M. Charette : Bien, c'est
difficile de... On disait à la blague tout à l'heure que l'avenir est long. Le
meilleur exemple, c'est de dire : On aurait beaucoup trop de crédits
accumulés et on vient stagner au niveau de la... de la progression. Donc, il
n'y aurait plus de pression ou il n'y aurait plus d'incitatif à vouloir
s'améliorer, c'est le cas de figure le plus... le plus éloquent. Mais
n'oublions pas qu'au niveau des véhicules lourds, ça va se développer sur
plusieurs, plusieurs, plusieurs années, avec des objectifs...
Mme Dufour : ...
M. Charette : Non, je
comprends, mais la discussion, ça s'applique aussi pour les véhicules lourds,
avec des... avec des objectifs et des cibles qui vont progresser plus... plus
lentement que pour les véhicules légers, vraisemblablement. Donc,
l'accumulation de crédits ne se fera pas au même rythme. Si, encore là, on
avait une situation de surplus de crédits accumulés, il faudra... il faudra
avoir la possibilité, là, d'y répondre.
Puis, pour les voitures légers... les véhicules
légers, c'est-à-dire, c'est... c'est la même logique. On a vendu beaucoup,
beaucoup, beaucoup de véhicules au cours de la dernière... de la dernière
année, ce qui fait qu'il y a des constructeurs... et ce n'est pas problématique
pour autant, là, mais il y a beaucoup de crédits disponibles, et ça laisse de
la marge de manœuvre pour... pour les prochaines années. On l'a dit, on l'a
répété, 2025... compte tenu du marché, compte tenu de la suspension pendant
deux mois du programme Roulez vert et autres, on peut s'attendre à ce que 2025
connaisse des ventes plus... plus faibles que 2024, mais les constructeurs ne
seront pas pénalisés pour autant compte tenu, là, des crédits accumulés.
Mme Dufour : Mais, tu sais,
dans le fond, les... pour les constructeurs qui vont avoir fait au-delà de la
norme ou de la... de l'objectif en 2024, bien, ce n'est pas... tu sais, ce
n'est pas reconnu en 2025, il faut... ils peuvent reporter...
10 h 30 (version révisée)
Mme Dufour : ...ce n'est pas
vrai, tu sais, ce n'est pas reconnu en 2025. Ils peuvent reporter une partie,
mais, tu sais, les beaux efforts en 2024 ne sont pas récompensés en 2025. Ils
recommencent à zéro parce que c'est un nouveau cycle en 2025.
M. Charette : La collègue l'a
mentionné, il y a une partie du report qui est possible. Mais il y a eu
tellement de ventes en 2024 que, dans certains cas, pour certains
constructeurs, ils pourraient ne pas en vendre un seul, et le simple report des
crédits serait suffisant pour... pour atteindre leurs objectifs. Ce n'est pas
leur souhait, parce qu'à partir du moment où les modèles sont disponibles ils
veulent les vendre, à juste titre. Donc, je ne pense pas qu'un bon élève, en
2024, devienne un cancre le lendemain ou en 2025. Mais le report leur permettra
assurément, là, d'atteindre les cibles, même si leur banque devait diminuer,
là, de façon importante.
Mme Dufour : Une dernière
question mon côté. Si un constructeur voit, là, l'enthousiasme et remplit sa
cour, là, les cours de ses concessionnaires, de véhicules et que là, pouf!
arrive quelque chose comme des tarifs, puis là, pouf!, ça... ça ne se vend plus
ou une incertitude économique, etc., puis ça ne se vend plus. On est en fin d'année,
c'est arrivé, 2024, il y a des cours qui sont encore pleines de véhicules de
2024. Qu'est-ce qui... Ils ont combien de temps... je sais qu'on l'a abordé,
là, mais ils ont combien de temps pour les écouler pour que ce soit calculé en
2024? Est-ce qu'à un certain moment ils vont tomber comme en 2025, ces
ventes-là, même si c'est des modèles 2024?
M. Charette : C'est la... C'est
l'année modèle. Mais en même temps, tout à l'heure, on parlait des... de l'avantage
ou l'inconvénient pour les consommateurs, parce que c'est aussi ça, notre
préoccupation, que les consommateurs ne soient pas pénalisés. C'est très bon
pour les consommateurs qu'il y ait eu beaucoup de modèles sur le marché. Puis
on se le disait, je pense, à micro ouvert pendant les consultations, sinon en
privé, je ne me souviens plus, mais c'est amusant de voir à quel point la
proportion de publicités sur les voitures, ces derniers mois, au cours de la
dernière année, est passée à l'avantage des véhicules électriques. La plupart
des publicités que l'on entend à la radio, que l'on voit à la télé ou que l'on
voit sur... dans les journaux ou ailleurs font la promotion de véhicules
électriques avec des taux d'intérêt nettement plus bas pour l'électrique que
pour le thermique, avec des rabais nettement plus intéressants pour l'électrique
que pour le thermique. Donc, c'est à l'avantage... cette loi-là, elle est
beaucoup à l'avantage du client. Étant donné que les constructeurs ont des
obligations à rencontrer, ils veulent vendre, et lorsque la demande nécessite d'être...
d'être en quelque sorte moussée, bien, c'est à travers des réductions, soit
taux d'intérêt soit prix de vente, et autres. Donc, les consommateurs,
consommatrices sont avantagés, là, par les effets de cette... de cette loi-là.
Mme Dufour : Merci beaucoup.
Mais je vais reposer ma question : Qu'est-ce qui arrive avec un véhicule 2024
qui n'est pas vendu encore aujourd'hui? Il y a... Ils doivent, là, déclarer, là,
je pense, de mémoire, là, c'est... Je ne me souviens plus, là, c'était quoi, les
dates qu'on avait établies, là. Est-ce que c'était au mois de juin ou quelque
chose comme ça, là? Je ne le sais plus.
M. Charette : J'ai peut-être
répondu trop rapidement, mais c'est l'année modèle qui fait foi de tout, même
si c'est vendu en... Les dates à laquelle la collègue fait référence, c'est
pour la production des rapports.Mais c'est l'année modèle. Donc, même
si un modèle 2024 est vendu en janvier 2025, par exemple, ce sera au bilan
de l'année modèle 2024. Mais, les constructeurs, on avait vu les
échéanciers, là, à travers différents articles et même amendements, mais c'est...
ça va être au bilan de l'année modèle 2024.
Mme Dufour : OK. Mais si un
2024 est vendu à 2025, fin 2025, par exemple, après avoir produit le
rapport, il est calculé où?
M. Charette : C'est... Là, on
me rappelle le calendrier, ils ont jusqu'en septembre pour produire le rapport
de l'année modèle 2024. Donc, ça va être au bilan de l'année modèle...
Mme Dufour : OK. Mais s'il
est vendu en octobre 2025?
M. Charette : Il n'y aura
plus de modèle 2024 en octobre 2025, là, ça, c'est un acquis, là.
Mme Dufour : Mais ça, ça n'a
pas été... Il n'y a pas une mécanique qui est établie si... si... C'est parce
que, tu sais, admettons que le marché s'effondrait, là, puis là ça ne se vend
plus, là, mais ils arrivent à les vendre, rendus au mois d'octobre, puis le
rapport a été fait au mois de septembre. C'est ça que j'essaie de comprendre,
qu'est-ce qui se passe comme mécanique, là. C'est une année modèle 2024,
mais ils rentrent dans quel rapport?
M. Charette : Ce que... Pour
des technicalités comme ça, avec le consentement, on peut... on peut se référer
à la connaissance de notre <experte en la matière...
M. Charette :
...
avec le consentement, on peut... on peut se référer à la connaissance de notre
>experte en la matière. Donc, on pourrait lui céder la parole, tout
simplement, là. Il y a juste une petite disposition de micro...
Une voix : ...
M. Charette : Ah! parfait.
Dans la salle ici, oui. Le micro... Non, vous n'avez pas à toucher à aucun
bouton ou à...
Mme Gosselin (Marilou) : OK.
Parfait... nos gens de la régie.
M. Charette : Voilà.
Mme Gosselin (Marilou) : Merci
beaucoup. OK. Bien, c'est une très bonne question. Vous savez, en ce moment, en
janvier 2025, là, c'est...
Le Président (M. St-Louis) : Excusez-moi.
Je peux vous demander de...
Mme Gosselin (Marilou) : Marilou
Gosselin. Désolée. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Oui.
Merci. Avec votre...
Mme Gosselin (Marilou) : Marilou
Gosselin, donc, je travaille au ministère de l'Environnement, à la Direction de
politique... la transition énergétique. Oui, effectivement...
Le Président (M. St-Louis) : Parfait.
Je vous remercie.
Mme Gosselin (Marilou) : Donc,
pour les véhicules, on a... M. le ministre l'a mentionné, on fonctionne en
année modèle. Comme vous le savez, si vous avez magasiné les voitures, ce qui
est en vente beaucoup en ce moment, c'est des années modèle 2025, depuis
l'été dernier. Donc, des années modèle 2024, il n'en reste pas tant que ça
dans les cours de concessionnaires. Mais, si on prend le cas de figure, là, on
amène tous les crédits... on fait le rapport au 1er septembre 2025 pour
l'année modèle 2024, c'est à ce moment-là qu'on va... qu'on va... qu'on va
dire : Vous en avez accumulé tant pour 2024.
Si, pour une raison ou pour une autre,
quelqu'un vendrait un modèle de l'année modèle 2024 après le
1er septembre, le crédit n'est pas perdu, mais il va être déposé dans la
période 2022, 2023, 2024, donc, associée à son année modèle. Donc, il va
devenir comme un crédit accumulé, comme n'importe quel autre crédit accumulé,
mais il va... il ne sera pas compté quand on va faire les bilans au
1er septembre. Parce qu'on fait le bilan avec la déclaration du
1er septembre, mais le crédit ne disparaît pas, n'est pas mort. Il va se
ramasser dans la banque de crédit du compte du constructeur, qui va pouvoir
être utilisée dans l'année 2025, 2026, 2027, mais il ne sera pas... il ne
sera pas étiqueté 2025. Il ne sera jamais étiqueté 2025, il va rester étiqueté
avec l'année modèle.
Mme Dufour : OK. C'est ça que
je voulais savoir. Merci.
Mme Gosselin (Marilou) : Il
ne disparaît pas. Par contre, c'est ça, donc, c'est... donc, cette
distinction-là, c'est la... Pour un remis en état, c'est un petit peu différent,
on compte l'année en fonction du moment où il arrive au Québec. C'est la seule
différence.
Mme Dufour : OK. Parfait.
Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme Gosselin. Merci, Mme la députée. S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons mettre l'article 12 à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 12 est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
Nous en sommes maintenant à l'article 13. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 9, du
suivant :
«9.1. Le ministre peut, par règlement :
«1° limiter le nombre de crédits
visés au premier alinéa de l'article 9 qui pourront être utilisés par un
constructeur automobile lors d'une période ultérieure aux fins d'établir le
nombre de crédits qu'il a accumulés par... pour celle-ci;
«2° limiter le nombre de crédits
visés au paragraphe 1° de l'article 8.2 qui pourront être utilisés par un
constructeur automobile afin de combler un manque de crédits pour une année
modèle donnée;
«3° fixer un facteur de conversion
applicable aux crédits visés au premier alinéa de l'article 9 pour leur
utilisation par un constructeur automobile lors d'une période ultérieure aux
fins d'établir le nombre de crédits qu'il a accumulés pour celle-ci;
«4° fixer un facteur de conversion
applicable aux crédits visés au paragraphe 1° de l'article 8.2 pour leur
utilisation par un constructeur automobile afin de combler un manque de crédits
pour une année modèle donnée;
«5° limiter le nombre de périodes
consécutives ultérieures à celles au cours de laquelle les crédits visés au
premier alinéa de l'article 9 ont été accumulés et au terme desquelles ils
pourront être utilisés par un constructeur automobile aux fins d'établir le
nombre de crédits qu'il a accumulés pour celles-ci;
«6° limiter le nombre d'années
modèles antérieures à une année modèle donnée visée à l'article 8.2 dont
les crédits accumulés en surplus visés au paragraphe 1° de ce même article
pourront être utilisés par un constructeur automobile afin de combler un manque
de crédits pour cette année modèle donnée;
«7° prévoir les modalités afférentes
aux limitations prévues aux paragraphes 1°, 2°, 5° et 6°.»
• (10 h 40) •
Et le commentaire : Afin de regrouper
dans un même article les pouvoirs réglementaires du ministre à l'égard de
l'utilisation, par un constructeur automobile, des crédits accumulés en
surplus, cet article déplace dans un nouvel article les pouvoirs réglementaires
confiés au ministre par le deuxième alinéa de l'article 9 de la loi
actuelle, qui visent les constructeurs automobiles de véhicules automobiles
légers, et lui confie de nouveaux pouvoirs réglementaires visant les
constructeurs automobiles de véhicules automobiles lourds à <l'égard des
crédits...
M. Charette :
...
visant les constructeurs automobiles de véhicules automobiles lourds à >l'égard
des crédits qu'ils auraient accumulés en surplus.
Ainsi le ministre pourrait limiter le
nombre de crédits d'un constructeur automobile de véhicules automobiles lourds...
pourrait utiliser afin de combler un manque de crédits pour une année modèle
donnée. Il pourrait également, comme pour les crédits visant les véhicules
automobiles légers, fixer un facteur de conversion applicable aux crédits
accumulés en surplus pour leur utilisation afin de combler un manque de crédits
pour une année modèle donnée. Il pourrait en outre limiter le nombre d'années
modèles antérieures à une année modèle donnée dont les crédits accumulés en
surplus pourraient être utilisés afin de combler un manque de crédits pour
cette dernière. En dernier lieu, il pourrait prévoir les modalités afférentes
aux limitations prévues aux paragraphes 1°, 2°, 5° et 6° du nouvel article 9.1.
Par exemple, les démarches qu'un constructeur automobile doit effectuer pour
pouvoir utiliser de tels crédits et les délais pour ce faire.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous avez déposé
un amendement à l'article 13.
M. Leduc : Oui. Bien,
peut-être, avant de l'amendement, on peut juste avoir un échange.
Le Président (M. St-Louis) :
Allez-y. Absolument.
M. Leduc : Oui, sur le dernier
alinéa, le 7°, «prévoir les modalités afférentes aux limitations prévues aux
paragraphes 1°, 2°, 5° et 6°». Là, j'ai entendu l'explication sommaire, là,
mais le ministre peut peut-être nous les reformuler en ses mots, qu'est-ce que
ça veut dire exactement.
M. Charette : C'est un petit
peu ce qu'on disait tout à l'heure pour les véhicules légers, notamment, c'est
se donner la latitude nécessaire pour s'adapter, si un marché devait être trop
chaud ou, au contraire, pas suffisamment performant. C'est des pouvoirs
habilitants qui seraient à développer dans une réglementation, mais on vient se
coller sur, essentiellement, ce qui est permis sur... pour les véhicules
légers, mais pour, cette fois, les véhicules lourds. Mais l'essentiel de
l'article, c'est de la concordance avec des modifications, là, qui ont déjà été
apportées, et ça nous permet de regrouper les articles, là, pour ce qui est des
véhicules légers. Ça va faciliter la lecture, là, du... non pas du projet de
loi, mais de la loi elle-même.
M. Leduc : Est-ce que c'est
la même chose que la discussion qu'on a eue l'autre jour sur les explications
qu'on voulait que vous donniez par rapport au retrait de certains véhicules ou
c'est un sujet différent, là?
M. Charette : Pour le retrait
de certains véhicules?
M. Leduc : Quand vous aviez...
Je ne me rappelle plus quel article, là, il y avait une référence au fait que
vous pouviez exempter certains véhicules des crédits puis que, là, moi, j'avais
proposé que vous ayez l'obligation de donner des explications. Est-ce qu'on
fait référence à la même chose, ici, ou c'est quelque chose de différent?
M. Charette : ...dans la même
logique, oui, comme possibilité.
M. Leduc : Donc, vous donnez,
du coup, du lousse en pouvoir réglementaire. Mais est-ce que c'est obligé
d'être écrit?, par curiosité, je dirais intellectuelle, là. Ce genre d'affaires
là, ce n'est pas un peu implicite?
M. Charette : Dans les faits,
on aura une loi zéro émission qui sera nettement plus facile à lire et à
interpréter. Comme je le mentionnais, premiers articles, c'est essentiellement
regrouper à un seul endroit ce qui concerne spécifiquement les véhicules légers.
Et, dans le cas des véhicules lourds, c'est aussi pour faciliter son
interprétation, mais avec un pouvoir réglementaire, là, qui a été présenté, là,
dès les premières... les premiers échanges, là, avec le milieu et qu'on a eu
l'occasion de réitérer entre nous, là, par la suite.
M. Leduc : Là, par... juste
pour rappel, le pouvoir réglementaire, on a eu une discussion la semaine
dernière, vous n'aviez pas un échéancier précis, on parlait de certainement pas
avant la fin de la législature, donc un an et demi, à moins que les rumeurs
d'élections anticipées soient fondées, ça, on verra, mais... on parlait d'un an
et demi au moins, parce qu'il y avait d'autres règlements, de mémoire, qui
étaient déjà dans le collimateur, de rédaction des juristes de votre ministère,
si je comprends bien.
M. Charette : Oui. Et le
collègue nous revient avec les élections, il semble beaucoup mieux informé que
moi. Donc, si jamais il avait une date, on apprécierait, en fait, là, on
demande à ce que l'information soit transmise à la commission...
M. Leduc : Dépôt de documents.
M. Charette : ...effectivement,
avec échéancier précis. Donc, ce sera au bénéfice de tous les membres de la
commission, et convaincu que l'ensemble des collègues seront intéressés par
l'information. Mais, sinon, sinon, oui, effectivement, on a un calendrier
réglementaire et même législatif qui sollicite énormément d'énergie pour nos
juristes. Donc, c'est une question de séquence et de disponibilité d'expertise,
en quelque sorte.
M. Leduc : Peut-être, juste
pour le plaisir d'échanger rapidement là-dessus, M. le ministre, pouvez-vous un
peu nous expliquer comment ça marche? Est-ce que, dans le fond, au ministère,
vous avez plusieurs projets de <règlement...
M. Leduc :
...
comment ça marche? Est-ce que, dans le fond, au ministère, vous avez plusieurs
projets de >règlement que vous devez rédiger? Qui décide de l'ordre?
Est-ce que c'est vous? Est-ce que c'est une suggestion des fonctionnaires?
Est-ce que c'est le Comité des priorités du gouvernement? Comment ça
fonctionne?
M. Charette : C'est un petit
peu tout ça. Mais en même temps, un exemple bien, bien précis, pour certaines
lois, on a des échéanciers qui sont déterminés et même dans la réglementation.
On parle beaucoup ces jours-ci, en prévision du 1er mars, de
l'élargissement de la consigne. Il y a eu des amendements... non, pas des amendements,
mais des modifications réglementaires, au cours des dernières semaines, mais
avec un échéancier extrêmement, extrêmement serré, et ça doit être fonctionnel
pour le 1er mars. On est à quelques jours, moins d'une semaine, du 1er mars,
donc c'est clair qu'il y a beaucoup d'efforts, au cours des dernières semaines,
des derniers mois, qui ont été consacrés à ça. Donc, ça vient réorienter en
quelque sorte les priorités par obligations.
On a eu aussi, dans la dernière année et
peut-être même un petit peu plus, le temps... le temps file rapidement, le
projet de loi sur l'efficacité énergétique des bâtiments, et là aussi, à même
l'étude du projet de loi, on est venus préciser un petit peu le calendrier que
le gouvernement souhaitait respecter. Donc, les juristes se collent, en quelque
sorte, au calendrier, là, qui est précisé. Donc, c'est autant les obligations
législatives que la priorisation, là, qui est faite par le gouvernement qui
vient déterminer la séquence des modifications réglementaires, là, qui est à
prévoir.
M. Leduc : Ce n'est pas vous
dans votre bureau, un bon matin, qui peut dire : Je vais inverser ces
deux... cet ordre-là. Il faut quand même que ça cadre...
M. Charette : Bien, c'est-à-dire,
ça peut être ça. Dans le cas très, très précis de la consigne, on a annoncé, il
y a quelques semaines, qu'on allait frapper un mur, littéralement, si on
maintenait le vert pour le 1er mars. Autant producteurs que détaillants
n'étaient... n'étaient pas prêts, l'échéancier arrivait trop rapidement. Donc,
de façon sans doute un petit peu... Je veux dire, ça a pu... ça a pu surprendre
nos... notre DAJ, notre direction des affaires juridiques, d'avoir à
retravailler quelque chose qui semblait déjà réglé. Donc, oui, des fois, il
peut y avoir des orientations données pour éviter, là, qu'on se retrouve devant
une situation qui est ingérable. Donc, ces gens-là travaillaient sur
d'autres... d'autres sujets, d'autres objets et ont eu à revenir pendant un
temps sur la modernisation de la consigne alors que la réglementation avait
déjà été adoptée. Donc, oui, il peut y avoir des ajustements en cours de route
à ce niveau-là.
M. Leduc : Puis, une fois que
votre projet de règlement est rédigé, vous devez vous retourner, si je
comprends bien, au Conseil des ministres, au même titre qu'un projet de loi,
dans le fond, puis vous avez un... en bon français, un pitch à faire, vous
devez convaincre...
M. Charette : Tout à fait, tout
à fait.
M. Leduc : ...vos collègues du
Conseil des ministres pour que ce soit adopté puis que ça procède.
• (10 h 50) •
M. Charette : Et pas juste
les collègues du Conseil des ministres. Il y a une consultation en bonne et due
forme. Donc, pour un projet de modification réglementaire, il y a aussi une
consultation qui est menée de façon publique. Ça ne prend pas la forme d'une
commission parlementaire, on s'entend, mais c'est public, et tous les groupes
ont la possibilité de déposer un mémoire et de faire valoir leurs points de
vue. De façon générale, une consultation standard de cette nature-là, c'est 45
jours, c'est le standard. Dans de rares occasions, ça peut être plus court, et
il est aussi arrivé que ce soit passablement plus long. On a eu une
consultation, au cours des derniers mois, sur tout ce qui est zones inondables.
Étant donné que ça interpelait beaucoup de gens, beaucoup de municipalités, on
a triplé, je pense... oui, essentiellement triplé la période de consultation
habituelle pour permettre au plus grand nombre de participer à cette
consultation-là.
Donc, prépublication, consultation, comité
ministériel et Conseil des ministres, ce sont toutes des étapes, là, qui sont
nécessaires. Donc, on se dit, à travers le projet de loi, comme tous les
projets de loi, il y a des règlements qui vont en découler, mais ces
règlements-là ne sont pas passés, là, de façon... de façon sournoise, entre
deux... C'est réellement des étapes, là, qui sont déterminées et qui se font en
toute, toute transparence.
M. Leduc : Puis j'imagine que
ça ne doit pas arriver souvent, mais techniquement, c'est possible que vous
vous fassiez revirer de bord par vos collègues du Conseil des ministres, même
si vous avez travaillé très fort sur votre projet de règlement, vous arrivez,
vous le présentez, puis là il y a une ou deux affaires qui ne fonctionnent, pas
pour x, y collègues, puis là, finalement, ils vous renvoient travailler. C'est
possible, ça aussi.
M. Charette : Et c'est normal
et souhaitable que ce soit ainsi. Chaque ministère a une mission propre, mais
le <gouvernement a un souci...
M. Charette :
...
que ce soit ainsi. Chaque ministère a une mission propre, mais le >gouvernement
a un souci et un devoir de cohérence. Donc, il faut prendre en compte l'impact
d'une modification réglementaire ou d'une loi sur la mission d'un autre
ministère. C'est là où le travail se fait.
Dans toutes les étapes que j'ai
mentionnées, c'est-à-dire prépublication, consultation, comité ministériel,
ensuite Conseil des ministres, j'en ai oublié une importante qui est ce qu'on
appelle dans notre jargon à nous, là... c'est le dépôt Dossdec, c'est-à-dire on
met au jeu soit le projet de loi soit la modification réglementaire pour que
l'ensemble des ministères puissent analyser l'impact sur leurs propres missions,
et, avant même la consultation, les ministères ont la possibilité d'écrire des
avis, disant : Bien, nous, pas de conséquence, ça va bien, on vous
encourage à aller de l'avant. Et, dans certains cas, on va, à travers un avis,
lire que le ministère X dit : Sur nous, cet article-là ou cette
modification a une incidence importante, donc on vous invite à réaménager ou
discutons de la façon de faire atterrir tout ça. Donc, c'est une étape qui est
aussi très, très importante pour éviter que...
Et, à l'inverse, ce n'est pas au
détriment, là, de ce que met au jeu l'Environnement systématiquement, à
l'inverse, un ministère X peut déposer un projet de loi, et c'est
l'Environnement qui dit : Bien, écoutez, on comprend l'esprit, mais il y a
une incidence trop importante ou à clarifier sur tel élément de notre action ou
de notre mission, donc c'est... Un règlement ne peut pas se faire en 24 heures,
là, il y a réellement plusieurs étapes qui viennent baliser la procédure. Et
c'est la même chose pour les projets de loi, essentiellement.
M. Leduc : Merci pour la
précision. C'est une étape intéressante. Juste pour comprendre, peut-être ma
dernière question là-dessus, M. le Président, est-ce qu'à ce moment-là c'est
plus le ministère, dans le sens de la fonction publique, qui fait les
interventions ou ça peut être vous personnellement, comme ministre, qui fait
une intervention auprès d'un autre ministre?
M. Charette : Deux choses
différentes. Dans le Dossdec, ce sont les avis des ministères, donc un
ministère X va réagir...
M. Leduc : Mais que vous
approuvez.
M. Charette : Bien, l'avis,
il va nous être présenté, mais ce n'est pas... ce n'est pas forcément une
commande du cabinet. Et là je viens de dire l'autre élément de ces
cheminements-là : il y a les ministères, mais il y a les cabinets aussi.
M. Leduc : Bien sûr.
M. Charette : Donc, les
cabinets vont travailler entre eux. Si, par exemple, j'ai une initiative qui
fait beaucoup réagir les autres ministères, les ministères entre eux vont
travailler à se comprendre, mais les cabinets vont aussi travailler entre eux à
se comprendre, pour, au final, avoir un projet de loi ou un changement
réglementaire qui soit... qui soit viable.
Donc, à partir du moment où on dépose un
projet de loi, à partir du moment où on dépose un projet de règlement, il y a
plusieurs étapes préalables qui se sont tenues. Et, malgré tout, ce sont des
projets de loi et des projets de règlement qui sont perfectibles. On travaille
ensemble à améliorer un projet de loi, alors qu'il y a eu plusieurs étapes,
malgré tout, de validation de faites. Mais, à la fin de notre processus, le
projet de loi va être encore meilleur.
Et c'est la même chose pour les projets de
règlement, là. Il y a un travail qui se fait, mais, dès qu'on met la balle au
jeu à travers une consultation... Moi, je n'ai jamais vu... là, ça fait six
ans, là, essentiellement dans les mêmes dossiers, mais plusieurs autres années
aussi à travers notamment un travail d'opposition qui est tout aussi important,
je n'ai jamais vu un projet de loi qui a été adopté dans sa forme de dépôt. À
moins que ce soit le projet de loi sur l'amour infini, là, ça, je veux dire,
ça... on n'a pas... Non, sur la non-violence. On a adopté un projet de loi,
comme ça, où on n'a pas... On a eu une journée sur la non-violence. Ça n'a pas
fait l'objet de beaucoup de discussions.On était tous d'accord,
probablement un seul ou deux articles, ça s'est adopté sans modification. Mais,
à l'exception de ces projets de loi plutôt... plutôt rares, un projet de loi,
dans son processus, est constamment amélioré et un projet de règlement, dans
son processus, est aussi amélioré.
M. Leduc : Même chose. Bien,
merci, sincèrement, M. le ministre, pour vos explications.
M. Charette : Un plaisir.
Puis on pourra aussi présenter conjointement un projet de loi sur l'amour
infini, si jamais le collègue le souhaite.
M. Leduc : Ah! je retiens la
suggestion. Je retiens la suggestion. M. le Président, dans le fond,
l'amendement que j'avais préparé était un peu en concordance avec l'élément que
je faisais référence tantôt, là, sur le fait de pouvoir donner des détails
quand on... quand on retire des choses. Ça fait qu'on a déjà de fait ce débat-là
dans un article précédent, ça fait que je ne juge pas nécessaire de déposer cet
amendement-là à ce moment-ci. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Parfait.
Merci, M. le <député. Est-ce...
M. Leduc : ...à ce
moment-ci. Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Parfait.
Merci, M. le >député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cet
article? Mme la députée.
Mme Dufour : Oui. Merci, M.
le Président. J'espère que le ministre me permettra d'être conjointe aussi avec
ce beau projet de loi là sur l'amour infini. Mais je vais revenir aux crédits,
puisque le projet... l'article qu'on étudie actuellement parle des crédits. Il
y a un élément qui dit que le ministre peut, par règlement, au deuxième alinéa,
là, limiter le nombre de crédits visés, bon, au paragraphe 1°. Là, on est dans
les véhicules légers, si je ne comprends pas... si je comprends bien, ou on est
dans les véhicules lourds? Je veux juste m'assurer. Article... Paragraphe 1° de
l'article 8.2, ça, c'est lourd ou léger?
M. Charette : En fait, les...
dans le commentaire, ce que je mentionnais, là, pour les premiers articles,
c'est réellement regrouper des dispositions, là, qui existent déjà. Donc, on
est dans le léger. Puis encore une fois, là, si je fais erreur, les collègues
sauront discrètement me donner un coup de pied sous la table, mais on vient
réellement regrouper des dispositions, là, qui ont déjà été adoptées. C'est
plutôt les derniers... les derniers éléments de l'article qui visent le lourd.
Mme Dufour : OK. C'est ça.
M. Charette : Je me rapproche
peut-être d'un coup de pied.
Des voix : ...
M. Charette : ...le 8.2
spécifiquement, que la collègue posait la question?
Mme Dufour : 9.1.
M. Charette : Le...
Mme Dufour : Bien, le 9.1...
Oui, oui, 8.2, oui, l'article... Oui, le 9.1 fait référence au 8.2. Ça devient
mêlant.
M. Charette : Parfait. Donc,
pour le 8.2, effectivement, c'est le lourd.
Mme Dufour : C'est le lourd.
M. Charette : Mais on vient
regrouper ce qui était autrement situé dans différents articles pour le léger
aussi. Et si jamais des informations supplémentaires étaient nécessaires, on a,
naturellement, la collègue, là, qui est disponible et disposée.
Mme Dufour : Oui. Bien, en fait
mon questionnement est un petit peu plus philosophique, là, je vous dirais, là,
c'est par rapport à... Tu sais, on a quand même une certaine expérience avec le
léger, les crédits, etc., ça fait qu'on veut les contrôler, et je comprends ça.
Pour le lourd, on amène déjà les dispositions qu'on a peut-être pris du temps à
amener pour le léger, mais on les amène déjà tout de suite. Tu sais, par
exemple, limiter le nombre de crédits qui pourront être utilisés par un
constructeur afin de combler un manque des crédits pour une année modèle
donnée, est-ce qu'on veut déjà aller là, dans le cas des véhicules lourds, au
lieu de... Tu sais, est-ce que... Je veux juste m'assurer...
Comme je disais tout à l'heure, on veut
encourager ceux qui veulent aller au-delà de la norme. Il n'existe pas de
norme, mais, quand il y en aura une, elle va être basse, au début, très, très
basse. Mais il y en a peut-être qui vont dire : Aïe! Moi, ça va être ma...
tu sais, je vais mettre de l'énergie là-dedans. Mais il va être où, l'intérêt,
si plus tard ils ne peuvent pas réutiliser ce qu'ils ont développé? Tu sais,
c'est ça qui est mon... qui est ma crainte. Puis c'est pour ça que je dis «c'est
plus philosophique», là, parce que ce n'est pas dans la méthode, mais c'est
plus : Est-ce que c'est le bon moment, en début, début, début, de
commencer déjà à penser à restreindre l'utilisation des crédits ou le report
des crédits pour les véhicules lourds?
• (11 heures) •
M. Charette : La question se
pose tout à fait. C'est un petit peu l'expérience du véhicule léger qui parle à
travers ce qui est proposé pour le véhicule lourd. Mais autant pour le véhicule
léger on a une réglementation qui s'est adaptée au fil du temps, autant pour le
véhicule lourd ce sera la même chose. Donc, on vient baliser ce qu'il sera
possible de faire à travers... à travers le pouvoir réglementaire et en lien
avec une expérience de quelques années accumulées. Mais on ne peut pas dire,
aujourd'hui : Voici ce qui sera fait. C'est le marché, c'est les
objectifs, c'est les résultats, ultimement, qui vont guider le développement de
la réglementation.
Et comme l'échange précédent le
mentionnait, il y a plusieurs, plusieurs étapes. À partir du moment où on se
dit : On veut déposer un règlement sur tel aspect, c'est un processus
assez long qui va s'établir et un processus qui va impliquer passablement de
consultations. On... au ministère de l'Environnement, mais je devine que c'est
la même chose, là, dans plusieurs, sinon l'ensemble des ministères. Il y a un
travail de cocréation, souvent, qui se fait avant même le dépôt du projet de
règlement. Donc, l'industrie sera consultée avant même l'élaboration du projet
de règlement et, par la suite, toutes les étapes qui ont été mentionnées, Dossdec,
consultations publiques, interventions, là, de différents comités, comités
ministériels, Conseil des ministres. Donc, c'est des étapes de validation à
chacune des fois, en quelque sorte.
Mme Dufour : Puis, en tout
cas, tu sais, compte tenu que ça va s'étaler sur de... beaucoup, beaucoup plus...
tu sais, une période beaucoup, beaucoup plus longue...
11 h (version révisée)
Mme Dufour : ...beaucoup,
beaucoup plus... tu sais, à une période beaucoup, beaucoup plus longue. Tu
sais, je pense qu'il va falloir démontrer beaucoup plus de flexibilité non
seulement dans le calcul, mais, tu sais, les possibilités de reporter dans le
temps, etc. Je comprends qu'on s'inspire du léger, mais on est vraiment dans un
autre marché complètement, là.
M. Charette : Ce sont des
pouvoirs habilitants, et la réglementation devra prendre acte de tout ce que la
collègue mentionne, effectivement. Mais d'abord se donner les pouvoirs de le
faire et, je dirais même, se donner les pouvoirs d'y réfléchir pour ne pas que
ce soit une réflexion purement théorique.
Donc là, une fois le projet de loi adopté,
si projet de loi est adopté, on sait qu'il pourra y avoir des réflexions plus
sérieuses sur une norme VZE pour une autre catégorie de véhicule. Donc, on se
donne cette possibilité-là, de réfléchir avec plus d'acuité à la question.
Mme Dufour : Oui, c'est pour
ça que je le mentionne, parce que, généralement, on n'est pas consultés pour l'élaboration
des règlements.
M. Charette : Mais, à l'occasion...
Mme Dufour : Donc, c'est le
fun pour le projet de loi, on a des échanges, mais, les règlements, on n'a pas
cette possibilité-là. Alors, j'en parle maintenant.
M. Charette : Mais de façon,
toujours, je parle, j'espère, sympathique ou, à tout le moins, avec un petit
sourire dans le visage, la consultation, elle est aussi pour les oppositions,
mais c'est très, très rare que les oppositions se prévalent de ce droit-là.
Mais, à partir du moment où il y a un projet de règlement qui est déposé, moi,
je saluerais la participation des oppositions parce que ça leur est... ça leur
est disponible aussi.
Mme Dufour : Mais oui, effectivement.
Je ne sais pas, quand vous étiez dans l'opposition, si vous avez déjà déposé un
mémoire dans le cadre d'une étude de règlement. Je serais curieuse de le voir
si c'est arrivé.
M. Charette : Il faudrait...
Autant le futur est long, autant le passé peut sembler lointain aussi. Je ne me
souviens pas, honnêtement, je ne me souviens pas si j'ai fait ça.
Mme Dufour : Ce n'est
probablement pas arrivé.
M. Charette : C'est possible.
C'est possible. Mais on est en 2025, avec une nouvelle ère de collaboration, donc
ce serait une belle innovation que de prendre cette habitude-là.
Mme Dufour : Alexandre, on
prend ça en note.
M. Charette : Et ça va en
droite ligne avec ce concept d'amour infini, là. C'est une collaboration qui
pourrait être renouvelée et dynamisée de cette façon.
Mme Dufour : On va mettre ça
dans le projet de loi, M. le ministre.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
merci, M. le ministre. Merci, Mme la députée. S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons mettre l'article 13 aux voix. Donc, est-ce que l'article
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
Ce qui nous amène à l'article 14. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc, l'article 10 de cette loi est modifié :
1° par l'insertion, après «l'article 3»,
de «ou au premier alinéa de l'article 3.1»;
2° par le remplacement de «septembre» et
de «cet article» par, respectivement, «juin» et «l'un de ces articles».
Et le commentaire : Cet article
modifie l'article 10 de cette loi afin qu'il s'applique également aux constructeurs
automobiles de véhicules automobiles lourds et qu'ils soient tenus de produire
eux aussi la déclaration qui y est prévue au plus tard le 1er juin de chaque
année au lieu du 1er septembre.
La modification de la date limite fixée
pour la déclaration donnera au ministre davantage de temps pour établir, comme
le prévoit l'article 12 de la loi actuelle, le nombre de crédits accumulés
annuellement par un constructeur automobile pour chaque année modèle contenue
dans une période de trois années modèles consécutives. Le ministre ne dispose
actuellement que de trois mois pour ce faire et c'est insuffisant. Considérant
la charge qu'apportera l'ajout à la loi actuelle des véhicules automobiles
lourds, il est nécessaire de corriger cette date.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur...
M. Charette : Peut-être
avant, M. le Président, il y a un amendement qui est disponible aux collègues.
Je pourrais déjà en faire la lecture, si vous le permettez.
Le Président (M. St-Louis) : Parfait.
Allons-y. À ce moment-là, l'amendement sera... ah! est déjà à l'écran.
M. Charette : Il est déjà
affiché? Parfait.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
je vous recède la parole.
M. Charette : C'est bien
gentil. Donc, remplacer le paragraphe 2° de l'article 14 du projet de loi par
le paragraphe suivant :
2° par le remplacement de «1er septembre»
et de «cet article» par,
respectivement, «31 août» et «l'un de ces
articles».
Et le commentaire : Cet amendement a
pour but de fixer au 31 août au lieu du 1er juin, comme proposé à l'article 10
de la loi, par le paragraphe 2° de l'article 14 du projet de loi, la date
maximale pour produire la déclaration annuelle exigée à cet article 10 et
de remplacer la date du 1er septembre qui y est actuellement prévue. L'amendement
donnera ainsi aux constructeurs automobiles une période de temps équivalente à
celle prévue dans la loi actuelle pour remplir cette exigence et il permettra
au ministre de disposer de quatre mois entiers pour remplir l'exigence prévue
au premier alinéa de l'article 12 tel que proposé par le paragraphe 1° de
l'article 15 <du...
M. Charette :
...au
ministre de disposer de quatre mois entiers pour remplir l'exigence prévue au
premier alinéa de l'article 12 tel que proposé par le paragraphe 1
°
de l'article 15 >du projet de loi et celle prévue par un amendement
au deuxième alinéa de l'article 8 proposé par l'article 10 du projet
de loi. Et c'est un échange qu'on avait eu aussi la semaine dernière, alors c'est
en partie de la concordance.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement déposé par
M. le ministre? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Si je comprends
bien, M. le ministre, dans le fond, l'article existe déjà parce que ça
s'applique pour les véhicules réguliers, on va dire réguliers. Là, on
l'élargit, l'application, aux véhicules lourds, qui est l'objet de cette
séquence d'articles dans la loi.
M. Charette : Essentiellement,
on avait échangé, effectivement, véhicules légers, véhicules lourds aussi.
C'est plus facile pour les constructeurs, c'est plus facile pour le
gouvernement. Ça permet, là, de se donner le temps nécessaire, là, pour la
reddition de comptes, autant pour les constructeurs que pour le gouvernement.
M. Leduc : Mais là le
règlement, lui, pour les véhicules légers existe déjà?
M. Charette : On a eu...
Concernant les dates, on les a modifiées aussi la semaine... la semaine
dernière pour les véhicules légers.
M. Leduc : Bien, c'est parce
que je me questionne plus sur l'aspect de vérification, déclarer sous serment,
machin, machin.
M. Charette : Est-ce que
c'est exactement le même libellé pour les véhicules légers?
M. Leduc : C'est ça.
Des voix : ...
Mme Gosselin (Marilou) : En
fait, le libellé était déjà existant avec une déclaration au 1er septembre. Là,
avec l'amendement, on revient au 31 août. Ça fait que le libellé reste le même,
mais la seule chose, c'est qu'on se donne plus tard le temps de quatre mois.
Mais là, pour l'instant, on fait juste
ramener la date de déclaration au 31 août, parce qu'on avait trois mois pour le
traitement, là on va vouloir quatre mois. Mais, pour 10, là, c'est juste
d'ajouter les lourds puis de changer d'une journée pour que notre futur quatre
mois fitte dans l'année de calendrier.
M. Leduc : OK. Les
calendriers, ça me semble très, très clair. Ma question, c'est plus sur le fait
que, là, le règlement est à écrire pour les véhicules lourds, il existe déjà
pour les véhicules légers, ça fait que, là, toute la séquence de déclarer sous
serment, etc., ça continue à s'appliquer pour les véhicules légers...
Mme Gosselin (Marilou) : Existe.
Existe.
M. Leduc : ...mais ça ne
s'applique pas encore pour les véhicules lourds parce qu'il faut attendre le
règlement.
Mme Gosselin (Marilou) :
Exact. Oui.
M. Leduc : Donc, dans le volet
qui s'applique déjà pour les véhicules légers, c'est quoi, les outils?
Mme Gosselin (Marilou) : ...sauf
qu'elle va être au 31 août au lieu du 1er septembre.
M. Leduc : Calendrier, c'est
très clair. C'est quoi... Bien, peut-être qu'on peut attendre de revenir sur le
principal, là, parce que mes questions, ce n'est pas tant sur le calendrier.
Réglons l'amendement, puis je reviendrai sur l'article.
Le Président (M. St-Louis) : ...merci,
M. le député. Merci, Mme Gosselin. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement déposé par M. le ministre?
S'il n'y en a pas, nous allons passer à la
mise aux voix de l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté.
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
L'amendement étant adopté, nous allons revenir sur les interventions à
l'article 14. Donc, M. le député, je vous recède la parole.
• (11 h 10) •
M. Leduc : Merci. Alors, le
calendrier étant réglé, est-ce que, dans l'exercice que nous avons à ce
moment-ci, l'expérience que nous avons à ce moment-ci des véhicules légers,
est-ce que ça fonctionne bien, ça, l'histoire de déclarer sous serment, etc.?
C'est quoi, le mode de vérification que possède le ministère pour s'assurer que
c'est bel et bien des déclarations véridiques?
M. Charette : Donc, on me
confirmait, là, que c'est exactement le même... les mêmes obligations. Et c'est
un système qui s'est bien rodé, là, au fil des années. Donc, les constructeurs
savent quoi faire. Et on n'a pas eu de défaut, hein? On disait, la semaine
dernière, il n'y a eu aucun défaut. Parce que, dans un des articles, là, on a
naturellement, comme tout règlement, la possibilité d'imposer des sanctions, ou
quoi que ce soit, mais tous les constructeurs se sont confirmés... conformés,
c'est-à-dire, sans qu'il n'y ait eu de défaut. Donc, il n'y a pas eu d'amende
ou il n'y a pas eu... Donc, ça... c'est bien intégré, là, par les
constructeurs.
M. Leduc : Puis qu'est-ce que
vous faites pour vous assurer qu'il n'y ait pas de défaut?
M. Charette : Ah! bien, c'est
tout le processus de vérification et c'est la période de quatre mois,
notamment, et les délais, là, qui sont impartis, autant pour les constructeurs
que pour le ministère au niveau de sa vérification, qui nous permettent de
s'assurer que c'est bien fait en conformité. Et rien à signaler à ce niveau-là,
là. Il y a eu une conformité par...
M. Leduc : Donc, il y a un
genre de formulaire qui est fourni par le ministère.
M. Charette : Oui, oui. Mais,
en fait,c'est une base de données qui est alimentée par les constructeurs.
Ils ont une obligation de compléter... Oui, c'est en... c'est électronique, là.
Donc, c'est une base de données.
M. Leduc : Puis qu'est-ce
qu'il met dans... qu'est-ce qu'il met, le constructeur, comme informations? Le
nombre de véhicules vendus? Le nombre de crédits réclamés?
M. Charette : C'est... Bien,
le fin, fin détail...
Une voix : ...
M. Charette : Oui, c'est le
détail des ventes, les véhicules, modèles, si ce sont des véhicules reconnus
pour être zéro émission ventes totales aussi. Et le formulaire, en fait, la
base de données permet, là, de faire les calculs appropriés par la suite.
M. Leduc : <
Puis...
M. Charette :
...totales
aussi. Et le formulaire, en fait, la base de données permet, là, de faire les
calculs appropriés par la suite.
M. Leduc : >
Puis est-ce
que le ministère fait une vérification systématique de toutes les entrées de
données ou il fait des affaires aléatoires, des vérifications aléatoires?
Mme Gosselin (Marilou) : Oui.
Bonjour. OK? Marilou Gosselin. Donc, il y a... il y a, comme a dit le ministre,
il y a différentes déclarations. Là, il y a des déclarations pour les ventes
totales, parce que c'est ça qui nous permet d'établir le nombre de crédits
requis. Ça, c'est un chiffre : donc, 2024, j'en ai vendu tant, 2023, j'en
ai vendu tant. OK? Puis, ça... Et puis les déclarations détaillées, ça, c'est
pour recevoir les crédits.
Là, c'est vraiment le détail de chaque
véhicule, avec le numéro d'identification, etc. On va y revenir plus tard. On
demande... pour les véhicules qui obtiennent des crédits, on va même vérifier
s'ils sont immatriculés dans la base d'assurance... de la Société de
l'assurance automobile du Québec.
M. Leduc :
Ah! OK.
Mme
Gosselin (Marilou) : OK? Donc, pour donner le crédit, on valide que
l'auto est vraiment, vraiment sur les routes du Québec au moment de la
déclaration. Mais, pour les déclarations, autant pour la déclaration détaillée
pour chacun des véhicules qui donne des crédits et la déclaration globale pour
établir, en moyenne, en faisant des calculs, on demande une déclaration sous
serment, comme il est écrit dans l'article. Donc, c'est un formulaire qui doit
être signé par les avocats de la compagnie qui dit : «Je, soussigné,
déclare que les renseignements sont véridiques.»
M. Leduc : Bien sûr.
Mme Gosselin (Marilou) : Maintenant,
ils sont liés par ça, c'est un serment, mais nous, on fait des validations,
oui. Donc, on valide. Autant on regarde les chiffres de l'assurance...
assurance automobile, on regarde tels... combien de véhicules de telles marques
a été immatriculé pendant l'année. On va aussi... On achète des données à
l'externe de consultants automobiles pour regarder s'il y a... s'il y a une
adéquation avec ce qu'on reçoit avec les constructeurs. Mais ils doivent
déclarer aussi leurs véhicules ailleurs, au fédéral, notamment, donc ce n'est
pas... ce n'est pas dans leur... dans leur intérêt de faire des déclarations
qui seraient erronées, là. Puis on n'a jamais eu de problématique avec ça. Des
fois, on a posé des questions, oui, on valide les chiffres pour tout le monde,
mais, pour l'instant, on n'a pas de...
M. Leduc : Ça fait que si
votre manière de valider ces informations-là, c'est les données de la SAAQ,
j'assume que ce doit être marginal. Mais il pourrait y avoir, théoriquement,
une façon de... Ils pourraient vendre une voiture, mais qu'elle ne soit pas
plaquée, que ça arrive, des fois.
Mme Gosselin (Marilou) : Bien,
dans ce temps-là, on leur donne l'occasion de la déclarer plus tard.
M. Leduc : D'accord.
Mme Gosselin (Marilou) :
Puis, si elle est là plus tard, on donne le crédit plus tard.
M. Leduc : Mais ça doit être
marginal, de toute façon.
Mme Gosselin (Marilou) : C'est
marginal. C'est 1 %, 2 % des chiffres. Parce qu'ils font le suivi de
leurs véhicules puis, des fois, ils disent : Ah non! Il est là, il est là.
Bien, des fois, c'est des cas d'exception. Mais...
M. Leduc : Puis, quand vous
fonctionnez avec une autre base de données externe à votre ministère, comme
celle de la SAAQ, est-ce qu'il faut un genre de protocole? Comment ça
fonctionne?
Mme Gosselin (Marilou) : Bien,
les échanges avec la SAAQ sont encadrés avec une entente avec la SAAQ très
formalisée, où on fait des échanges électroniques avec eux. Mais, quand je dis :
On valide les chiffres déclarés par les constructeurs avec des données qu'on
reçoit d'autres, on a... il y a des constructeurs automobiles qui disent :
Il s'est vendu tant de véhicules au Canada cette année, puis ils vont détailler
par marque, c'est le genre d'informations qu'on regarde pour regarder les
ordres de grandeur. Mais, en général, on se fie sur la bonne foi des
constructeurs. S'il y aurait des différences de milliers de véhicules, on
poserait des questions, mais, pour l'instant, non. Ils sont...
M. Leduc : Puis, si c'était
le cas, là il y aurait des sanctions potentielles.
Mme
Gosselin (Marilou) : Il y a des... qu'on va voir dans les articles
précédents... futurs.
M. Leduc : Puis le fait que
ce soit sous serment, ça change quoi? Ça donne encore plus de sanctions ou...
Mme Gosselin (Marilou) : Bien
non, pas tant. C'est qu'avant, pour un... pour d'autres types de règlements,
certaines déclarations, le gouvernement demande des déclarations avec des
validations, des vérifications externes. Ça demande à ce qu'il y ait un audit
par une vérification externe. Donc, quand on a amené la notion de déclaration
sous serment, c'était pour finalement alléger un petit peu le travail des
constructeurs. Mais c'est sûr que c'est... eux, c'est une étape de plus, de
l'autre côté. C'est d'aller chercher les avocats, faire signer les choses, etc.
M. Leduc : Ah! d'accord.
Mme Gosselin (Marilou) : Donc,
il y a quand même... c'est la compagnie qui s'engage : J'ai fait une
déclaration sous serment. Puis, nous, on croit que ça les engage peut-être un
peu plus que juste envoyer un formulaire sans avoir un engagement sous serment.
M. Leduc : Puis c'est-tu... ça
peut-tu être utilisé dans une question d'outrage au tribunal ou ça n'a pas
rapport, le fait que ce soit sous serment?
Mme Gosselin (Marilou) : Pas
nécessairement, à ce que me dit ma collègue, là. Mais c'est juste qu'on veut...
C'est... C'est tout simplement dire : Je déclare sous serment que les
renseignements sont... sont... sont vrais.
M. Leduc : OK. Une coche de
sérieux de plus. OK. D'accord.
Mme Gosselin (Marilou) : Oui.
C'est juste... C'est juste... On souhaite que ce soit bien... bien fait. Puis
c'est sûr qu'eux ne souhaiteraient peut-être pas l'avoir, le serment, mais
nous, on croit que c'est une mesure pour se protéger, là.
M. Leduc : Parfait. Merci
beaucoup.
Mme Gosselin (Marilou) : Ça
me fait plaisir.
M. Charette : ...complément
d'information possible.
Le Président (M. St-Louis) : Oui.
Est-ce que nous avons consentement <pour...
M. Charette :
...complément
d'information possible.
Le Président (M. St-Louis) :
Oui.
Est-ce que nous avons consentement >pour que Me Fortin puisse prendre la
parole?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Consentement?
Merci. Allez-y, Me Fortin.
Mme Fortin (Hélène) : Hélène
Fortin, avocate, ministère de la Justice. En complément de l'information à ce
que ma collègue vient de vous expliquer, si un constructeur fait une
déclaration qui est fausse, qui est inexacte ou qui est incorrecte, il y a des
sanctions prévues dans la loi pour ce type de fausses déclarations, là, si on
veut, tant au niveau pénal que... Voilà.
M. Leduc : Parfait. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 14?
Nous allons donc procéder à la mise aux
voix de l'article 14 tel qu'amendé. Est-ce que l'article 14, tel qu'amendé, est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Comme
il est adopté, nous poursuivons avec l'article 15. M. le ministre, la parole
est à vous.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc, l'article 12 de cette loi est modifié, dans le premier alinéa :
1° par le remplacement de «trois» par
«quatre»; et
2° par l'insertion, à la fin, de «et ceux
établis en vertu de l'article 8.1».
Le commentaire. Cet article modifie le
premier alinéa de l'article 12 de cette loi pour, d'une part, donner au
ministre davantage de temps pour établir annuellement le nombre de crédits
accumulés par un constructeur automobile, pour chaque année modèle contenue
dans une période de trois années modèles consécutives et d'autre part, afin
qu'il vise également les crédits établis pour un constructeur automobile de véhicules
automobiles lourds en vertu de l'article 8.1 ajouté à la loi actuelle par l'article
11 du projet de loi.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions à ce moment-ci pour
l'article 15?
S'il n'y a pas d'intervention, nous allons
passer à la mise aux voix. Est-ce que l'article 15 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
Nous en sommes maintenant à l'article 16. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. L'article 13 de cette loi est modifié par le remplacement...
Le Président (M. St-Louis) :
...ah! OK. Excusez. Oui. Pardon. Allez-y, allez-y.
M. Charette : ...donc, par le
remplacement de «neuf ou» par «léger et tout véhicule automobile lourd neuf
ainsi que tout véhicule automobile léger».
Cet article modifie l'article 13 de cette
loi afin qu'il s'applique également aux constructeurs automobiles de véhicules
automobiles lourds neufs.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 16?
M. Charette : Et on aurait un
petit amendement qui est déjà disponible pour les collègues. J'en fais la
lecture :
Remplacer l'article 16 du projet de loi
par l'article suivant :
16. L'article 13 du projet de loi est
modifié par l'insertion, après «automobile», de «léger et tout véhicule
automobile lourd complet».
Commentaire. Cet amendement a pour objet
de prévoir que l'obligation d'immatriculation prévue à l'article 13 de cette
loi s'applique seulement, quant aux véhicules automobiles lourds, à ceux qui
sont complets. Il permet ainsi que la vente ou la location d'un véhicule
automobile lourd incomplet donne lieu à l'accumulation de crédits, et ce, même
s'il n'est pas... im-ma-tri-cu-lé. Pardon. Il applique en outre l'obligation
d'immatriculation aux véhicules automobiles lourds complets remis en état.
C'est en grande partie un échange, là, qu'on a eu la semaine dernière.
• (11 h 20) •
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement?
Mme Dufour : OK. Je n'ai pas
le même amendement. Ça, ça a été rechangé, là, c'est ça, depuis la semaine
passée? Est-ce que c'est pour ça?
M. Charette : Ça, on l'a
introduit à Greffier hier ou ce matin même.
Mme Dufour : OK. Parfait. Parce
que, c'est ça, dans la version que j'avais, c'était... on n'avait que les
légers en... remis en état, mais là je comprends qu'on a prévu les deux cas
remis en état.
M. Charette : Exact.
Mme Dufour : Parfait.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
pas de commentaire, Mme la députée? Ça va?
Mme Dufour : Bien non, mais
évidemment je suis d'accord avec la modification.
Le Président (M. St-Louis) : D'accord.
Excellent. Donc, comme il n'y a pas d'autre intervenant, nous allons procéder à
la mise aux voix de l'amendement tel que déposé. Est-ce que l'amendement est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : L'amendement
étant adopté, nous revenons maintenant à l'article 16. Est-ce qu'il y a des
interventions?
Comme il n'y en a pas, mise aux voix de
l'article 16. Est-ce que l'article 16 est... tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Nous en sommes maintenant à l'article 17. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. L'article 18.1 de cette loi est modifié par l'insertion, après
«qui», de «fait défaut de déclarer tout renseignement déterminé par règlement
en application de l'article 10 ou ne respecte pas les délais fixés par... pour
le déclarer ou qui».
Cet article modifie l'article 18.1 de
cette loi afin qu'il soit clair que la sanction administrative pécuniaire qui y
est prévue s'applique à un constructeur automobile qui fait défaut <de...
M. Charette :
...afin
qu'il soit clair que la sanction administrative pécuniaire qui y est prévue
s'applique à un constructeur automobile qui fait défaut >de déclarer un
renseignement exigé par règlement en vertu de l'article 10 de la loi actuelle.
Cette déclaration est en effet déterminante pour l'atteinte des objectifs
prévus par la loi et pour l'application de cette dernière.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions à l'article 17?
Comme il n'y en a pas... Oh! allez-y, Mme
la députée. Je vous cède la parole.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Est-ce que ça a été utilisé, cet article-là, depuis que c'est en
vigueur?
M. Charette : Non, effectivement.
Comme mentionné, là, précédemment, il n'y a pas eu de défaut par rapport au
respect de la réglementation jusqu'à maintenant. Donc, la possibilité de
sanction est là. On a une belle collaboration de la part des constructeurs qui
se soumettent, de façon très proactive, là, à leurs obligations.
Mme Dufour : OK. On change un
petit peu la terminologie, là. Avant, on disait, bon, que le 5 000 $
s'imposait pour tout renseignement erroné ou document incomplet en vertu de la...
tu sais, pour l'application de la loi ou l'un de ses règlements. Là, on vient
dire... on rajoute «qui fait défaut de déclarer tout renseignement déterminé
par règlement, ne respecte pas les délais fixés». Pourquoi on a senti le besoin
de faire cette modification-là? Parce que j'ai l'impression que, dans la
version précédente, on avait déjà des coudées franches, là.
M. Charette : Oui, puis on
voit la différence entre le texte actuel et le texte proposé. C'est une lecture
plus explicite des obligations. C'est-à-dire que c'est une obligation plus
explicite des obligations des constructeurs. Je me répète, c'est mal formulé,
mais c'est pour être plus précis et plus complet, tout simplement. Donc, c'est autant
les échéanciers que ce qui doit être fourni, là, comme... comme renseignement.
Une voix : ...
M. Charette : ...la
déclaration n'était carrément pas faite. Donc, ce n'est pas uniquement une
mauvaise déclaration, mais, si la déclaration n'est pas faite ou si elle est en
retard, là aussi, ce serait assujetti, là, à des... à des sanctions.
Mme Dufour : Oui. Mais
j'imagine que, quand on lisait «document incomplet», ça revient à... tu sais,
quelqu'un qui ne fournit pas un document, c'est un document incomplet, d'une
certaine façon.
M. Charette : Oui. En même
temps, un document incomplet implique qu'il y a eu dépôt de documents. Mais,
s'il n'y a pas du tout de dépôt de documents... Donc, c'est réellement une
formulation, là, qui est plus englobante, qui permet de couvrir les différents
angles. Mais ce n'est pas pour combler ou répondre à une négligence, là, de la
part des constructeurs, c'est tout simplement être plus précis au niveau de
leurs obligations.
Mme Dufour : Oui. C'est qu'on
se ramasse avec deux fois «renseignement» dans la même phrase, tu sais, que, là,
on est rendus qu'on dit «qui fait défaut de déclarer tout renseignement
déterminé par règlement» puis, à la fin, qu'on dit aussi «qui fournit un
renseignement erroné ou un document incomplet en vertu de l'application de la
loi et l'un de ses règlements.» Donc, ça devient quand même lourd pour les gens
qui suivent, là. Il faut tous les connaître, ces règlements-là, j'imagine.
Puis là est-ce que ça peut être des
règlements différents, celui qui est mentionné «à tout renseignement déterminé
par règlement», puis, à la fin, «l'un de ces règlements»? Il y en a combien,
des règlements? Tu sais, ça devient beaucoup, beaucoup de règlements.
M. Charette : Je comprends.
Des fois, il peut avoir... On peut avoir l'impression, là, qu'il y a
dédoublement, mais, tel que je le lis maintenant, honnêtement, ça ne pose pas
problème. Et c'est tout simplement... Au contraire, une personne qui va lire ça
et qui n'est pas familière avec la réglementation va mieux interpréter les
obligations dans le texte proposé que dans le texte actuel, là. Ça couvre les
différents angles. Non, je ne vois pas de lourdeur au texte en mentionnant deux
fois, dans un contexte d'explication, là, le mot... le mot «renseignement».
Mme Dufour : Ça fait beaucoup
de règlements à suivre, ça, c'est certain. Puis, ça, on vous l'a dit, il y a
beaucoup, beaucoup de références à des règlements dans le projet de loi, de
façon générale.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Merci, M. le ministre. Comme il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix de l'article 17. Est-ce que l'article
17 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
L'article 17 étant adopté, nous poursuivons avec l'article 18.
M. Charette : Merci, M. le
Président. L'article 19 de cette loi est modifié :
1° par l'insertion, après «renseignement»,
de «, autre que ceux déterminés par règlement en application de l'article 10,»;
2° par <le...
M. Charette :
...«renseignement»,
de «, autre que ceux déterminés par règlement en application de l'article 10,»;
2° par >le remplacement de «leur
production» par «les fournir».
Et le commentaire : Cet article
modifie l'article 19 de cette loi en concordance avec la modification proposée
à l'article 18.1 par l'article 17 du projet de loi, pour qu'il soit clair
qu'une contravention à l'article 10 ne puisse être interprétée comme visée à la
fois par l'article 18.1 et par l'article 19.
Une modification de nature terminologique
est également proposée en
concordance avec l'infraction qui concerne la
fourniture de renseignements.
En fait, essentiellement en concordance,
et on vient juste d'aborder la question, on doit effectivement transmettre des
informations exactes, mais on doit transmettre des informations, dans un
premier temps. Donc, concordance, essentiellement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. S'il n'y a pas d'intervention... M. le député?
M. Leduc : Bien, je veux juste...
Le Président (M. St-Louis) :
Je vous cède la parole.
M. Leduc : Oui, je vais
peut-être demander un temps de rédaction parce que je ne suis pas sûr que je
suis à la bonne place pour faire un amendement. Me permettez-vous une petite
suspension, M. le Président?
Le Président (M. St-Louis) : Oui.
Nous allons suspendre quelques instants, s'il vous plaît. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 28)
(Reprise à 11 h 31)
Le Président (M. St-Louis) : La
commission reprend ses travaux. Au moment de la suspension, nous en étions aux
interventions à l'article 18. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants à
l'article 18?
Comme il n'y en a pas, nous allons
procéder à la mise aux voix de l'article 18. Est-ce qu'il est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : L'Article
18 étant adopté, nous allons poursuivre à l'article 19. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Les articles 33 et 34 de cette loi sont remplacés...
11 h 30 (version révisée)
Le Président (M. St-Louis) : ...à
l'article 19, M. le ministre.
M. Charette : Merci. M. le
Président. Les articles 33 et 34 de cette loi sont remplacés par les
suivants :
«33. Est passible d'une amende de 15 000 $
à 3 000 000 $ tout constructeur automobile qui :
«1° fait défaut de déclarer tout
renseignement déterminé par règlement en application de l'article 10 ou ne
respecte pas les délais fixés pour le déclarer;
«2° fournit un renseignement faux ou
trompeur pour l'application de la présente loi ou de l'un de ses règlements.»
Commentaires : Cet article inverse l'ordre
des articles 33 et 34 actuels de cette loi afin que la séquence de gravité
des infractions qui y sont visées corresponde à celle des sanctions
administratives pécuniaires visant des contraventions de même nature. L'article 33
devient donc l'article 34.
De plus, cet article modifie l'article 33
afin que, de même que pour la sanction administrative pécuniaire correspondante
et pour les mêmes raisons, il soit clair que l'amende qui y est prévue ne s'applique
pas au défaut de déclarer un renseignement exigé par un règlement en vertu de l'article 10
de la loi actuelle. En effet, cette déclaration est un élément déterminant pour
l'atteinte des objectifs prévus par la loi et pour l'application de cette
dernière. Le fait de ne pas respecter une telle obligation nécessite une amende
plus élevée que celle prévue à l'article 33 actuel.
Cet article supprime, en outre, dans l'article 33,
auquel l'amende applicable à une personne physique... puisqu'il n'y a aucune...
il n'y en a aucune qui soit visée par une obligation prévue par cette loi.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Comme il n'y a pas d'intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix de l'article 19. Est-ce que cet
article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
L'article étant adopté, nous allons poursuivre à l'article 20.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 47, du
suivant :
«48. Un constructeur automobile doit, sur
demande du ministre, lui fournir dans le délai qu'il indique tout
renseignement, outre ceux déterminés par règlement en application de l'article 10,
et tout document jugés nécessaires à l'application de la présente loi ou de ses
règlements.»
Le commentaire : Cet article ajoute l'article 48
à cette loi pour donner au ministre la possibilité d'exiger d'un constructeur
automobile qu'il lui fournisse dans le délai qu'il indique tout document et
tout renseignement qui ne sont pas déterminés en application de l'article 10
et qu'il juge nécessaires à l'application de la loi ou de ses règlements.
Le Président (M. St-Louis) : ...
M. Leduc : Ma compréhension,
M. le ministre, c'est déjà implicite?
M. Charette : C'est-à-dire,
on a, à travers cet article-là, la possibilité d'exiger un renseignement
supplémentaire qui n'est pas fourni. Donc, c'est un outil d'interprétation
supplémentaire, mais on ne peut pas présumer de la suite, mais, actuellement,
on est en présence de constructeurs qui collaborent bien et qui se conforment
bien, et on se donne la possibilité ou des outils supplémentaires, là, si des
renseignements nous étaient nécessaires, et qu'on ne les... qu'on ne les avait
pas.
M. Leduc : Je comprends, mais,
dans le sens où, actuellement, vous devez déjà faire ça de temps en temps, j'imagine,
communiquer avec des constructeurs ou quelconque autre partenaire du ministère...
M. Charette : Oui, non, tout
à fait, des précisions. Comme... comme on l'indiquait précédemment, il y a des
compléments d'information qui peuvent être... qui peuvent être exigés.
M. Leduc : Puis là,
contrairement peut-être à d'autres articles, il y a-tu une conséquence, là, à
48, si jamais une personne refuse ou ne répond pas?
M. Charette : On est dans un
régime de sanctions qui est établi. Donc, il y a conséquence lorsqu'on ne se
conforme pas, effectivement, à la réglementation.
M. Leduc : Donc, l'intérêt de
rajouter 48, au-delà d'une pratique déjà courante, c'est de donner l'outil de
la sanction s'il n'y a pas de réponse.
M. Charette : Ultimement,
est-ce que ça ouvre davantage au régime de sanctions? Je ne pourrais pas...
Oui, c'est un outil supplémentaire, là, pour avoir recours au régime de
sanctions au besoin.
M. Leduc : Vous dites, M. le
ministre, «ouvre davantage». Donc, c'est déjà le cas?
M. Charette : Ah! c'est un
élément supplémentaire, là, pour donner... pour ouvrir le régime de sanctions,
mais, pour les questions légistiques, si vous le souhaitez, là, on pourrait...
M. Leduc : Bien, je vais
peut-être reformuler ma question dans ce cas-ci. Au moment où on se parle, sans
l'article 48, vous communiquez avec un constructeur, il ne vous répond
pas, à part d'être bête un peu, il ne se passe pas grand-chose. Là, si je
comprends bien, avec le 48, vous dites : Il faut que tu me répondes, sinon
je peux utiliser le levier de la sanction que je ne pouvais pas utiliser
auparavant. C'est exactement ça? OK.
M. Charette : Oui, c'est
exactement ça, mais avec un complément possible si le collègue le souhaite.
M. Leduc : Non, non, bien, j'ai
bien <écouté mes cours de droit...
M. Leduc :
...non,
non, bien, j'ai bien >écouté mes cours de droit.
Mme Fortin (Hélène) : C'est
oui, la réponse.
M. Leduc : C'est oui, la
réponse? Parfait. Merci. Ça va, oui, oui, ça va. Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le député. Merci, M. le ministre. Donc, s'il n'y a pas d'autre
intervention, je vais mettre aux voix l'article 20. Est-ce que l'article
est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
L'article étant adopté, nous poursuivons à l'article 21.
M. Charette : Merci, M.
le Président. L'article 60 de cette loi est modifié par l'insertion, après
«l'article 3», de «ou à l'article 3.1».
Commentaire : Cet article modifie
l'article 60 de la loi actuelle afin d'y ajouter les constructeurs
automobiles de véhicules automobiles lourds.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des intervenants? Comme il n'y en a
pas, nous allons mettre l'article 21 aux voix. Est-ce que l'article est
adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
L'article est adopté. Nous passons... poursuivons donc avec l'article 22,
M. le ministre.
M. Charette : Nous avions,
par contre, un amendement qui introduisait 21.1. Normalement, c'est disponible
aux collègues également.
Le Président (M. St-Louis) :
Donc, l'amendement ayant été déposé, introduisant l'article 21.1, M. le
ministre, je vous cède la parole.
M. Charette : C'est
gentil. Merci. Donc, insérer, après l'article 21 du projet de loi, l'article
suivant :
21.1.Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 62, du suivant :
«62.1. Le gouvernement peut, par
règlement, prévoir que lorsque le ministre établit le nombre de crédits
accumulés par un constructeur automobile en application de l'article 8.1,
la vente ou la location de véhicules automobiles lourds d'une année modèle
antérieure à celle visée à l'article 64.1 donne droit à des crédits si ces
véhicules répondent aux conditions prévues aux articles 6.1 et 13. Le
règlement prévoit alors que... les années modèles concernées, le moment où
elles peuvent être utilisées, la valeur des crédits, les paramètres et les
règles de calcul applicables à ces crédits ainsi que les conditions
applicables, et ce, même si ces véhicules sont vendus ou loués avant la date de
l'entrée en vigueur de l'article...»
Et le commentaire : Cet amendement a
pour but de permettre à un constructeur automobile d'accumuler des crédits pour
la vente ou la location de véhicules automobiles lourds d'une ou de plusieurs
années modèles antérieures à la première année modèle pour laquelle
l'obligation d'accumuler des crédits s'appliquera, et ce, même si cette vente
ou cette location a été effectuée avant la date de l'entrée en vigueur des
dispositions de la loi visant les véhicules automobiles lourds.
Le Président (M. St-Louis) :
Est-ce qu'il y a des interventions? Comme il n'y en a pas, nous allons procéder
à la mise aux voix de l'amendement introduisant le nouvel article 21.1.
Est-ce que celui-ci est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
Article... cet amendement introduisant le nouvel article 21.1 étant
adopté, nous allons poursuivre avec l'article 22.
• (11 h 40) •
M. Charette : Merci, M.
le Président. L'article 64 de cette loi est modifié par l'insertion, par
le troisième alinéa et après «automobiles», de «légers».
Commentaire : Cet article modifie le
troisième alinéa de l'article 64 de cette loi, qui était, lors de son
adoption, une disposition transitoire afin de préciser qu'il ne s'applique
qu'aux constructeurs automobiles de véhicules automobiles légers. Cette
modification est nécessaire en raison des modifications proposées à
l'article 2 apportées à la qualification des véhicules automobiles visés
par cette loi.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Question de
compréhension. Donc, la loi avait été écrite pour les véhicules légers. On intègre
les véhicules lourds dans la loi. Cet article-là, pour demeurer pertinent, ne
s'applique qu'aux véhicules légers. Donc, on précise que c'est juste aux véhicules
légers.
M. Charette : Effectivement.
Donc, l'année modèle 2018 s'appliquait... en fait, ça le dit dans le
premier... dans les premiers mots, là, l'année modèle 2018 est la première
année modèle pour laquelle l'obligation d'accumuler... Bref, là, on est
réellement pour les véhicules légers, et ça permet de distinguer ce qui s'est
fait jusqu'à maintenant pour les véhicules légers de ce qui sera possible de
faire dorénavant avec les véhicules lourds.
M. Leduc : Pardonnez peut-être
ma curiosité, mais, ici, on fait référence à des années qui commencent à dater
un peu. En quoi l'article est encore pertinent aujourd'hui?
M. Charette : C'est pour
faire cette distinction, et, dès l'article 2, on introduit une nouvelle
catégorie de <véhicules, soit les véhicules lourds. Donc là, on vient dire...
M. Charette :
...introduit
une nouvelle catégorie de >véhicules, soit les véhicules lourds. Donc
là, on vient dire : Ce qui prévalait pour les véhicules lourds... légers,
c'est-à-dire, pour les années, là, 2014, 2015, 2016 et 2017, c'est une
distinction, étant donné qu'on vient intégrer une nouvelle catégorie.
M. Leduc : Peut-être que je
réponds moi-même à ma question, mais est-ce que c'est l'aspect remis en état
qui fait que c'est encore un article pertinent? Parce que des véhicules neufs,
2018, on ne les vend plus neufs en 2025, on s'entend?
M. Charette : Je ne pense
pas, mais on pourrait avoir une réponse plus franche...
M. Leduc : Vous avez dit... juste
pour comprendre, vous avez dit que c'était une disposition transitoire dans
l'ancienne loi.
M. Charette : Au départ, oui,
parce qu'on n'avait que du léger. Là, maintenant, on a du lourd.
M. Leduc : Là, on la rend
permanente?
M. Charette : Mais, si on
veut une explication plus claire, on peut se référer à nos experts.
Mme Gosselin (Marilou) : Bonjour.
Marilou Gosselin. Donc, effectivement, les remis en état sont... c'est possible
d'accumuler des crédits après leur mise en marché, mais il y a quand même une
période de quatre ans. C'est sûr que, là, les véhicules de l'année modèle 2018,
les crédits... bon, ce n'est plus nécessairement possible, là, d'aller les...
d'aller accumuler des crédits en ce moment, mais si un constructeur, pour une
raison ou pour une autre, n'aurait pas participé au système de crédits puis voudrait,
soudainement, dire : Regardez, j'en ai vendu, des neufs, en telle année,
telle année, ce ne serait pas nécessairement impossible pour lui de débuter
maintenant à déclarer ses véhicules, même ceux qui sont plus vieux, mais... On
ne pense pas nécessairement que ce soit quelque chose qui va arriver, mais ça
leur laisse la possibilité de le faire, mais, normalement, tous ceux qui
étaient assujettis l'ont tous fait. Comme on a dit, tout le monde a respecté...
puis, bien, il y a certains petits qui l'ont fait aussi, mais pas tous. Donc,
est-ce que quelqu'un pourrait décider à un moment donné de dire : Ah! bien,
je n'ai jamais déclaré mes véhicules, bien là les voilà... puis ça ne serait
pas... ça ne serait pas bloqué totalement.
M. Leduc : Puis est-ce que le
ministère a une limite? Jusqu'à combien d'années en retard on peut faire ça?
Mme Gosselin (Marilou) : Bien,
pour que le crédit soit... si, dans la base de données de la SAAQ, on voit la
donnée, l'année qu'il a été immatriculé au Québec...
M. Leduc : Oui, mais,
mettons, j'exagère peut-être, mais, dans 15 ans, on pourrait encore...
Mme Gosselin (Marilou) : Oui,
ce qu'on... Il y a un délai raisonnable, mais rien qui ne l'interdit, là, comme
c'est là, là, mais on ne pense pas que ça va arriver, là.
M. Leduc : Ce serait... oui,
ce serait surprenant, mais, pour l'instant, il n'y a pas de limite, théoriquement.
On pourrait partir un nouveau système de crédits puis commencer à aller
jouer...
Mme Gosselin (Marilou) : Bien,
pas un nouveau système de crédits, mais un nouveau joueur...
M. Leduc : Oui, c'est ça que
je voulais dire.
Mme Gosselin (Marilou) : ...par
exemple, pourrait dire : Ah! bien, regardez, moi, j'en ai vendu, des autos,
là, depuis 2014, sauf qu'il y a quand même une limite d'utilisation des vieux
crédits. Ils vont expirer à un moment donné, là, ça fait qu'à un moment donné
ce ne sera plus pertinent, mais, pour l'instant, jusqu'à la fin, 2025, 2026,
2027, les vieux crédits sont encore vivants, entre guillemets, jusqu'à...
M. Leduc : Quand vous dites «ils
vont expirer à un moment donné», qui qui va décider ça?
Mme Gosselin (Marilou) : C'est
déjà fait par règlement.
M. Leduc : Par règlement.
Mme Gosselin (Marilou) : En
utilisant l'article 9.1 qu'on a... 9 qu'on a parlé tantôt, là, on pouvait
limiter les crédits dans le temps, etc. Ça a été fait par réglementation pour
les véhicules légers, et tous les crédits accumulés depuis 2018 sont bons
jusqu'à la fin de 2027.
M. Leduc : Ça fait qu'on
imagine que la même logique va s'appliquer dans le prochain règlement des
véhicules lourds.
Mme Gosselin (Marilou) : Bien,
pour le lourd, ce sera à déterminer par règlement, mais, pour l'instant, il y
aurait encore une possibilité d'aller rechercher des vieilles choses, puis,
avec le système de la société d'assurance automobile, on sait exactement la date
où le véhicule a été immatriculé au Québec pour la première fois. Donc,
quelqu'un pourrait dire : Bien oui, mais j'en avais un, moi, je ne te l'ai
jamais demandé encore, mais le voilà, puis ce serait possible encore.
M. Leduc : Merci beaucoup.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Donc, juste pour clarifier, l'experte, elle a parlé d'un délai
raisonnable. Est-ce qu'on comprend donc qu'un délai ce serait... On parle de
2017-2018 jusqu'en 2027, 10 ans. Quel serait un délai raisonnable?
Mme Gosselin (Marilou) : Bien,
si vous me permettez, donc, quand on a mis en place la loi, on n'avait pas le
pouvoir de limiter les crédits avec une date d'expiration. Ce pouvoir-là a été
donné avec le projet de loi n° 102 il y a quelques
années, et, quand on a fait la révision de la réglementation en 2023, on s'est
donné le pouvoir de réglementer dans le temps l'expiration des crédits, OK?
Donc là, comme c'est écrit, tel que
rédigé, les crédits, dans la réglementation... Il y a deux règlements, celui du
gouvernement, celui du ministre. Dans le règlement du ministre, on dit :
Le crédit est bon pour la période où il a été cumulé puis la période suivante.
Ça fait que, maintenant, là, en 2024, le délai raisonnable, c'est la période en
cours puis les trois ans qui suivent. Donc, ça va être ça, notre délai
raisonnable dans le futur, mais, comme on n'avait pas limité les crédits au
départ, les crédits de 2018 sont encore vivants jusqu'à la fin 2027. On n'a pas
voulu enlever cette flexibilité aux constructeurs sans leur donner le préavis
qui a été <donné par le projet de règlement en 2023...
Mme Gosselin (Marilou) :
...cette
flexibilité aux constructeurs sans leur donner le préavis qui a été >donné
par le projet de règlement en 2023.
Mme McGraw : Donc, un délai
raisonnable ne serait pas 10 ans, ça serait plutôt trois plus...
Mme Gosselin (Marilou) : Entre
trois et... Bien, si on l'accumule au début de la période de trois ans, c'est
trois ans plus trois ans, ça fait que ça fait six ans, puis, si on l'accumule à
la fin de la période, c'est à peu près quatre ans, entre quatre et six ans.
Mme McGraw : Et pourquoi... encore
nous rappeler... Pourquoi ce délai-là? Pourquoi...
Mme Gosselin (Marilou) : Bien,
c'est qu'avec les véhicules légers, toujours, on n'avait pas de date
d'expiration et on s'est ramassés, si vous avez vu le rapport d'application,
avec des centaines de milliers de crédits en surplus, et donc... puis la
Californie n'avait pas non plus... eux ont introduit aussi un délai de cinq
ans, mais ils n'ont pas de période fixe de trois ans. Donc, nous on a amené....
on a dit : La période et la période en cours. Ça fait qu'entre quatre et
six ans, on trouvait que c'était raisonnable, versus le délai de la Californie,
qui est cinq ans, puis, pour les véhicules lourds, ce sera à déterminer par
règlement. Ça pourra être un délai de cinq ans pour la vie d'un crédit, là,
dans le temps.
Mme McGraw : Juste pour
rappeler... Je suis en train de regarder un mémoire d'Équiterre qui parle
justement de calculs de crédits, périodes de conformité, redevances, etc., puis
est-ce que... nous rappeler si... est-ce que les périodes... il y a les mêmes
périodes de conformité pour les véhicules légers et les véhicules lourds. Est-ce
que... est-ce qu'on parle des mêmes...
Mme Gosselin (Marilou) : Ça
ne fonctionne pas de la même façon. Les véhicules légers, on a des périodes
fixes de trois ans. On demande des comptes à chaque année, mais, au bout de
trois ans... Mettons, par exemple, là, on termine, avec 2024, une période de
trois ans. Au bout des trois ans, le 1er septembre qui suit, on fait les
calculs et on dit : Maintenant, vous nous devez les crédits des trois
années précédentes. Ça, c'est la façon de fonctionner pour les véhicules légers.
C'est particulier au Québec.
Pour les véhicules lourds, on s'accroche
au modèle... on veut s'accrocher au modèle de la Californie. Donc, ce qu'on
prévoit dans l'article 6, je crois, donc, ce qu'on fait, c'est qu'on dit :
OK, on est 2024, tu me rends des comptes au 1er septembre 2025, mais, si
tu n'en as pas assez... On lui permet trois années supplémentaires dans le
futur pour continuer d'accumuler des crédits, autant les crédits donnés, 2024,
qui ne seraient peut-être pas mis en marché encore, ou les crédits de l'année
modèle 2025, 2026 ou 2027, et c'est au bout, l'année qui suit la fin de
cette troisième année-là, qu'on va aller demander des comptes, ce qui fait que,
pour les véhicules lourds, au lieu d'être des périodes fixes, c'est toujours
des périodes avec trois ans, mais qui bougent à chaque année modèle, va bouger,
va toujours être trois ans plus tard, trois ans plus tard, trois ans plus tard.
Donc, Équiterre semblait dire : On
veut faire... faire une adéquation entre les deux systèmes, mais ce n'est pas
souhaité ni par nous ni par l'industrie.
Mme McGraw : Juste pour
comprendre la raison pour laquelle... On se colle, donc, sur la Californie pour
les véhicules lourds, mais, en termes de véhicules légers, c'est parce que
Québec était à l'avant-garde... juste pour clarifier pourquoi cette
distinction-là entre...
• (11 h 50) •
Mme Gosselin (Marilou) : Oui,
pour les véhicules légers, au départ, les périodes de trois ans fixes ont été
mises en place pour, en fait, donner plus de souplesse à l'industrie, parce
qu'au lieu d'être obligés de se conformer à l'année 2019, par exemple, ils
avaient le temps, 2019, 2020, 2021... Ils pouvaient attendre jusqu'à
fin 2022. Ils pouvaient mettre en marché les véhicules comme ils
souhaitaient. Il y avait certains qui étaient plus avancés, certains qui
l'étaient moins. On le savait, qu'il y avait des véhicules dont l'année modèle
s'en venait, mais ils n'en avaient pas encore, ça fait que ça leur donnait une
souplesse.
Pour les véhicules lourds, la mise en
marché des véhicules lourds est différente. On en a parlé dans les définitions.
On a des véhicules complets, des véhicules incomplets. Des fois, ça peut
prendre un certain temps. Donc, c'est pour ça qu'on veut que cette période de
trois ans soit mouvante avec les années, et c'est souhaité par l'industrie, c'était
dans le mémoire des constructeurs automobiles, des concessionnaires, etc. Là,
c'était une demande de ces gens-là, puis c'est... on est en contact avec eux,
et c'est vraiment quelque chose qui était souhaité de leur part.
Mme McGraw : Merci pour ces
explications très claires.
Mme Gosselin (Marilou) : Je
vous en remercie.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Merci, Mme Gosselin. S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix de l'article 22. Est-ce que cet article
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Ça
nous amène maintenant à l'étude de l'article 23. M. le ministre, la parole
est à vous.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 64, du
suivant :
«64.1. La première année modèle pour
laquelle l'obligation d'accumuler des crédits prévue au premier alinéa de
l'article 3.1 est applicable et pour laquelle des redevances pourraient
être exigées en vertu du deuxième alinéa de l'article 8.3 est fixée par
règlement du gouvernement.
«Est également fixée par règlement du
gouvernement la date à laquelle le ministre établit pour la première fois, en
vertu de l'article 8.1, le nombre de crédits accumulés par un <constructeur
automobile...
M. Charette :
...pour
la première fois, en vertu de l'article 8.1, le nombre de crédits accumulés par
un >constructeur automobile.»
Le commentaire : Cet article ajoute
l'article 64.1 à cette loi afin de prévoir que la première année modèle pour
laquelle des crédits devront être accumulés par un constructeur automobile de
véhicules... automobile de véhicules automobiles lourds sera fixée par
règlement du gouvernement. Il prévoit également qu'il en sera de même pour
l'année civile du cours de laquelle le ministre établit pour la première fois
le nombre de crédits accumulés par un constructeur automobile de véhicules
automobiles lourds.
Il est fait... il est de même... il est,
de fait... Une formulation moins évidente. Il est, de fait, impossible de
prévoir avec exactitude une date pour la fixation de cette première année
modèle et de cette première année civile. En effet, les obligations afférentes
aux véhicules automobiles lourds sont étroitement liées à celles qui seront
prévues par règlement et qui en permettront l'application. Elles doivent donc
entrer en vigueur en même temps et permettront de déterminer les deux dates
dont il est ici question.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée, la parole
est à vous.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Donc, comme a dit ma collègue, évidemment, le règlement, on est...
en tout cas, au niveau du projet de loi, ça permet aux législateurs, législatrices
de mieux faire leur travail. Alors, au niveau des intentions réglementaires,
parce que, là, il y a deux... on parle des années modèles, mais l'intention, si
on comprend bien, c'est que... d'avoir... d'arrimer, effectivement, les
obligations afférentes aux véhicules automobiles lourds. En tout cas, peut-être
nous parler plus des intentions réglementaires parce qu'il y a deux règlements
qui s'ajoutent, ou un.
M. Charette : Bien, c'est-à-dire,
ce n'est pas forcément deux règlements distincts, mais, ce que l'on a mentionné
à quelques reprises, on se donne le pouvoir d'intégrer cette nouvelle catégorie
à la norme des véhicules zéro émission. Il y a une réglementation qui devra
être développée, et cette réglementation précisera justement les obligations et
quand l'entrée en vigueur va s'appliquer, mais c'est en droite concordance avec
tout ce qui a été dit précédemment sur les véhicules lourds. Donc, il faut
établir un début, et, lorsque ce début sera établi, la réglementation en fera
mention tout simplement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Comme il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix de l'article 23. Est-ce que cet article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : On
poursuit avec l'article 24.
M. Charette : L'article 65 de
cette loi est modifié par l'insertion, après «automobiles», de «légers».
Commentaires : Cet article modifie
l'article 65 de cette loi, qui était, lors de son adoption, une disposition
transitoire, afin de préciser qu'il ne s'applique qu'aux constructeurs
automobiles de véhicules automobiles légers. Cette modification est nécessaire
en raison des modifications proposées à l'article 2 apportées à la
qualification des véhicules automobiles visés par cette loi... concordance
également, mais en droite ligne avec ce qu'on a dit il y a quelques minutes
tout juste. Nous avons maintenant une nouvelle... de nouvelles dispositions
pour les véhicules lourds. Donc, c'est pour marquer la distinction.
Le Président (M. St-Louis) : ...M.
le ministre. Est-ce que nous avons des intervenants? Il n'y a pas
d'intervention. Nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article
24 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Oh!
pardon?
Mme McGraw : ...une
intervention, M. le Président, suite à l'adoption.
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous cède la parole, Mme la députée.
Mme McGraw : Je ne voulais
pas manquer mon coup, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Très
bien.
Mme McGraw : Justement, on a
des mémoires pour... Avant de passer au prochain article, on voulait proposer
un amendement qui viendrait, c'est-à-dire, ajouter un nouvel article entre
24... on proposerait que ce soit entre 24 et 25. Je peux parler un peu de
l'intention ou on demanderait de suspendre pour pouvoir compléter la rédaction.
Le Président (M. St-Louis) : Si
vous souhaitez parler de l'intention maintenant, allez-y. On suspendra...
Mme McGraw : Bien, l'intention,
c'est... Justement, dans le mémoire de la Corporation — puis ils sont
venus nous voir — des concessionnaires automobiles du Québec, les Constructeurs
mondiaux d'automobiles du Canada et l'Association canadienne des constructeurs
de véhicules, ils ont proposé d'ajouter une disposition justement pour prévoir
que le ministère consulte chaque année les acteurs du secteur pour évaluer les
conditions du marché, et la progression vers les <cibles, et pour
recommander, au besoin...
Mme McGraw :
...secteur
pour évaluer les conditions du marché, et la progression vers les >cibles,
et pour recommander, au besoin, l'ajustement des obligations. Alors, c'est dans
ce sens-là qu'on voudrait proposer un amendement.
Le Président (M. St-Louis) : Parfait.
Merci, Mme la députée.
Donc, nous allons suspendre quelques
instants, le temps de recevoir l'amendement.
(Suspension de la séance à 11 h 57)
12 h (version révisée)
(Reprise à 12 h 20)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
au moment de la suspension... En fait, la commission reprend brièvement ses
travaux. Au moment de la suspension, il y avait dépôt d'un amendement qui
introduit un nouvel article, mais compte tenu de l'heure, je vais suspendre les
travaux jusqu'après les affaires courantes. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 21)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 22
)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît, collègues! La Commission des transports et de
l'environnement reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet
de la loi n° 81, Loi modifiant diverses dispositions en matière
d'environnement. Lors de la suspension de nos travaux cet avant-midi, nous en
étions au dépôt d'un amendement de la députée des Mille-Îles qui introduit l'article 24.1.
Donc, je vous cède la parole afin que vous puissiez en faire la lecture, s'il
vous plaît.
Mme Dufour : Oui, merci.
Merci, M. le Président. OK. Alors, je vous lis ça, article 24.1 : Insérer,
après l'article 24 du projet de loi le suivant :
24.1. Insérer après l'article 65 de
la Loi visant l'augmentation du nombre de véhicules automobiles zéro émission
au Québec afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et autres
polluants l'article suivant :
«65.1. Le Ministre consulte, chaque année,
les acteurs du secteur afin d'évaluer les conditions de marché et la
progression vers les cibles et de recommander, au besoin, l'ajustement des
obligations. Le rapport de cette consultation est publié sur le site internet
du ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements
climatiques, de la Faune et des Parcs.»
Je n'ai pas besoin de lire l'article, là,
c'est la totalité de ce que je viens déjà de vous lire, M. le Président. C'est
une recommandation qui nous vient de... et là, permettez-moi de vous dire
exactement... je le cherche ici... voilà, du mémoire de la Corporation des
concessionnaires automobiles du Québec et des Constructeurs mondiaux d'automobiles
du Canada. Ce qu'ils nous faisaient part, c'est que, c'est ça, ce n'est pas
prévu à la loi, et comme ils ont une inquiétude... parce qu'on amène quand même
des changements assez substantiels avec l'introduction du pouvoir habilitant
pour les normes zéro émission pour les véhicules lourds, alors ce qui... Tu
sais, certes, le ministre l'a mentionné, qu'en 2026 il y aurait une réévaluation
du marché. Mais ce qu'ils demandent, c'est que ce soit... qu'on les consulte,
qu'on le fasse tous les quatre ans et... en fait qu'on consulte plutôt chaque
année les acteurs du secteur au lieu de tous les quatre ans, voilà, parce que
ça change quand même... Le cycle de quatre ans est, disons, peut être assez
long. On l'a vu les quatre dernières années, là, ça a évolué énormément, et
donc ce qu'ils souhaiteraient, c'est ça, c'est qu'on ait cette reddition de
comptes là plus... pas une reddition de comptes, pardon, mais une consultation
plus fréquente que ce qui est déjà prévu pour s'ajuster au marché, qui est
quand même, somme toute, changeant de façon importante.
Puis je vais en profiter pour revenir sur
des échanges qu'on a eus ce matin. J'ai... j'avais évoqué un article qui était
sorti dans Le Journal de Montréal concernant le différentiel de coût à l'acquisition
prévu en 2030, et le ministre avait répondu que l'IEDM, qui était cité dans l'article,
avait des positions peut-être plus réfractaires à la... aux véhicules
électriques et puis que ça allait de soi. Mais ce qui appert, c'est qu'en fait
l'article ne référait pas... c'était l'IEDM qui référait à une étude qui a été
faite, elle, par le directeur parlementaire du budget du Parlement canadien,
donc que ce n'est pas l'IEDM qui avait fait l'étude en question, ils citaient
plutôt une étude du directeur parlementaire du budget, étude que j'ai consultée
pendant notre pause de dîner d'à peu près 15 minutes et j'ai effectivement
vu qu'il y a un différentiel qui est estimé, quand même, important de 6 000 $
à 7 000 $ dans certaines catégories de véhicules et un peu moins dans
d'autres, 4 000 $ environ — en 2030, là — différentiel
de prix d'achat.
Pour les voitures, les voitures, disons,
régulières, là... Parce que les minifourgonnettes sont dans une catégorie
différente, VUS, ça, c'est la catégorie où il y a le différentiel de prix plus
important. Dans les voitures, c'est un peu moins important. Mais dans tous les
scénarios, ils ont pris... ils ont considéré que pour la voiture, pardon, ce
serait quand même à long terme, après huit ans, moins cher, le coût de
possession pour... pour quelqu'un, mais quelqu'un qui roule 15 000 kilomètres
par année. Donc, en deçà de 15 000 kilomètres par année, c'est moins
clair que ce serait à long terme avantageux pour les citoyens de posséder un
véhicule électrique par rapport à un véhicule à essence. Ça, c'est une chose.
Et pour ce qui est des <minifourgonnettes...
Mme Dufour : ...posséder
un véhicule électrique par rapport à un véhicule à essence. Ça, c'est une
chose. Et pour ce qui est des >minifourgonnettes, les VUS, bien, on
arrive à un différentiel encore, malgré le coût de possession, là, à long
terme, quand même substantiellement, là, plus élevé.
Donc, moi, je ramène cette inquiétude-là
que, des fois, on a tendance à faire des normes, des... émettre des... En fait,
on le voit, là, l'industrie nous dit souvent qu'il y a des éléments qu'on
rajoute dans les projets loi qui font monter les prix. Il va falloir être très
prudent parce qu'en 2030 ce sera 85 % des véhicules légers qui devront
être vendus électriques. C'est énorme. Mais si, pour 85 % des véhicules,
nos citoyens paient 6 000 $, 7 000 $, 8 000 $ de
plus à l'achat, c'est énormément d'argent. Et malgré qu'après huit ans,
peut-être, si on roule 15 000 kilomètres par année, ce qui n'est pas
le cas de tout le monde, on y arrive à rentrer dans notre argent, il faut quand
même débourser le coût au départ. Et ça... Et ça, ce n'est pas calculé,
d'ailleurs, dans l'étude, le coût de financement qui peut être élevé, là, parce
qu'on parle de coût, prix à l'achat, par exemple, estimé en 2030 de
76 000 $ pour un VUS, minifourgonnette électrique, ce qui est... ce
qui est quand même très cher compte tenu, là, des revenus de nos citoyens à
revenus moyens.
Donc, moi, j'ai une certaine inquiétude et
je pense que de... Tu sais, la proposition que je fais aujourd'hui, de
s'assurer qu'on consulte chaque année les acteurs du secteur pour s'assurer que
nos cibles... tu sais, là, on va les revoir en 2026, mais si on attend juste en
2030, la fois d'après, pour les réviser, on va manquer le bateau, M. le
Président, malheureusement. Puis c'est nos citoyens qui vont payer le prix pour
ça. Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions, M. le ministre?
M. Charette : Bien, très
simplement, sur le commentaire, je ne citerai pas, parce que tout a été dit.
Effectivement, une réévaluation constante pour s'assurer que l'on suive
l'évolution du marché. Je persiste à dire que c'est une interprétation de
l'IEDM d'une évaluation qui a été faite par le directeur du budget. Et lorsque
je dis que l'IEDM est très réfractaire à l'électrification des transports,
juste à lire les différents commentaires qu'ils ont publiés ces dernières
heures, ça illustre très bien le propos.
Ceci dit, on a la même préoccupation des
disponibilités financières ou des coûts que ça pourrait représenter pour les
consommateurs. C'est la raison pour laquelle, là, il y a des évaluations
constantes qui se font.
• (15 h 30) •
Ce qu'il faut mentionner par contre pour
rassurer les gens, tous les indicateurs pointent vers une parité dans les
prochaines années. Est-ce que c'est 2027, 2028, 2029? Ça reste à voir, mais
éventuellement il y aura cette parité-là, et déjà le prix de la batterie a
significativement baissé au cours des dernières années. Donc, ça va avoir un
impact sur le coût... en fait, non, pas le coût, mais sur le prix de vente des
véhicules. Mais encore une fois, 2026 sera l'occasion de faire cette
évaluation-là.
Ce qui me permet de revenir au niveau du
libellé proposé par la collègue. Je l'en remercie, mais par contre, je précise,
là, qu'on ne pourra pas appuyer l'amendement en question. Un, ça vient alourdir
le texte pour une évidence. Déjà, à chaque année, il y a des rencontres avec
les différentes parties prenantes. Il ne faudrait pas rencontrer uniquement les
gens du milieu automobile, mais également il faut rencontrer également les
autres parties prenantes à l'électrification des transports. Et c'est ce que
l'on fait d'ailleurs cette semaine. Dans les prochains jours, il y aura une
rencontre avec les constructeurs, notamment. Et juste au cours de la dernière
année, personnellement, j'ai eu à les rencontrer à quelques reprises. Le
ministère le fait également de son côté. Donc, c'est un milieu qui est
constamment consulté et dans les faits, on les rencontre plus d'une fois par
année. Mais si on devait l'inscrire dans l'année avec un processus de
consultation établi, on viendrait de surcroît alourdir les exigences
bureaucratiques de façon importante, ce qui ne serait pas non plus un avantage,
là, en bout de ligne.
Le Président (M. St-Louis) :
Je vous remercie, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Allez-y,
je vous cède la parole.
Mme Dufour : Oui. Merci.
Bien, je voudrais répéter que ce n'est pas l'interprétation de l'IEDM que j'ai
soumise, c'est le rapport du directeur parlementaire du budget fédéral, qui a
été déposé le 29 août 2024. Les chiffres que j'ai donnés, là, ça vient du
rapport...
15 h 30 (version révisée)
Mme Dufour : ...fédéral qui a
été déposé le 29 août 2024. Les chiffres que j'ai donnés, là, ça vient du
rapport de... du directeur parlementaire du budget. Il n'y a pas d'IEDM, là,
cité dans cette... ce rapport-là. Et tous les chiffres, comme je vous ai dit, et
je l'ai lu de bout en bout... Et ce n'est aucune interprétation de qui que ce
soit, là. C'est... C'est moi qui vous a cité les faits qui sont cités dans un
rapport du directeur. Donc, je comprends que le ministre n'est pas d'accord
avec les interprétations du directeur parlementaire du budget, mais j'ose
espérer qu'ils ont fait... En tout cas, leur méthodologie semble quand même
très, très bien faite.
Et je rappelle que tous leurs coûts ont
été... Tu sais, tout... tout ça a été calculé sur la base de 15 000 km
par année. Si on baisse en bas de ça, il est loin d'être... d'être démontré,
là, que c'est... c'est... que ce sera moins cher à long terme pour un... un
citoyen. D'ailleurs, je vous l'avais mentionné, que, la semaine dernière... que,
lorsque je travaillais et vivais à Laval, je ne faisais que 5 000 km
par année, ce n'était pas rentable. Il faut quand même rouler substantiellement,
là, pour que... que le différentiel de coût vaille la peine. Mais, sans rouler,
on parle de prix d'achat estimé par le directeur parlementaire du budget de 4 000 $
de plus pour les voitures et de 7 000 $ de plus pour des
minifourgonnettes et VUS. Et je vous rappellerai que ce qui se vend le plus en
ce moment, ce sont des minifourgonnettes et VUS, de moins en moins des
voitures. Donc, la grande majorité de nos citoyens risquent de voir des coûts
plus élevés à l'achat. Et, comme je disais, s'ils ne... roulent moins de 15 000 km
par année, ce n'est pas... c'est... c'est loin d'être sûr qu'ils vont... qu'ils
vont pouvoir absorber le différentiel de coût. Mais, à l'achat, il va être
quand même plus important, et ça, selon les estimés du directeur parlementaire
du budget. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons...
M. Charette : Très, très
rapidement.
Le Président (M. St-Louis) :
Allez-y.
M. Charette : Parce qu'effectivement
tout est dans l'interprétation. J'ai aussi d'autres tableaux de ce même rapport
du directeur parlementaire du budget du gouvernement fédéral qui laissent...
qui laissent entrevoir que c'est plus avantageux pour plusieurs modèles d'avoir...
de retenir des modèles électriques. Donc, une même étude peut être interprétée
différemment. Mais lorsque ce sont, et je ne parle pas de la collègue, là...
lorsque ce sont des gens qui sont foncièrement contre l'électrification qui l'interprètent,
on peut deviner, là, que ça teinte leurs commentaires par la suite.
Mais, ceci dit, je réitère, il y a une
évaluation qui sera faite en début d'année. Il y a une rencontre qui se fait à
chaque année avec les différentes parties prenantes pour s'assurer qu'on va à
la... à la bonne place. Et jusqu'à maintenant on va dans la bonne direction. Si
le vent devait tourner pour x raisons que ce soient, on saura s'adapter comme
on l'a fait par le passé.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Dufour : Oui. Bien, je
réitère, je suis loin d'être contre l'électrification des transports. Je suis
même dans les «early adopters» de la technologie. Donc définitivement, ce n'est
pas de mon côté que ça se trouve. Moi, je n'ai fait que citer des faits qui
sont dans un rapport du directeur parlementaire du budget fédéral.
J'aurais une question. Parce que la
proposition que j'avais, c'était de consulter chaque année. Le ministre dit :
Ça... On le fait déjà, ça alourdirait. Bien, je ne pense pas que ça alourdirait
quoi que ce soit, si on le fait déjà. Ça n'alourdirait rien, en tout cas, de la
part des... des acteurs du secteur. Ils l'ont demandé eux-mêmes d'ailleurs. Je
comprends peut-être que ça alourdirait les obligations du ministère, mais s'il
le fait déjà, ça n'alourdirait rien.
Mais, ceci dit, ma question, c'est : Là,
il y aura réévaluation de... en... des cibles, en 2026, et du marché, par la
suite, la prochaine étape, c'est quand? À quel autre moment, par la suite, on
va faire un réajustement?
M. Charette : Oui. Non, très
bonne question. Bien, en fait, on a pris cette habitude-là, on n'ajoute pas
quelque chose, là, qui n'apporte pas de plus-value au projet de loi. Et ça n'apporterait
pas de plus-value, sinon une contrainte administrative, là, qui serait... qui
ne serait pas souhaitable.
Donc, prochaine étape, début 2026. Et
la collègue demande : Quand la suivante? On n'a pas d'échéancier précis.
Donc, à partir du moment où il y a des changements qui nous sont rapportés ou
dont on peut en témoigner la portée, on a cette latitude-là. C'est le danger de
s'encarcaner dans des... dans des échéanciers toujours stricts et précis, 2026,
on ne le voit pas dans la réglementation comme telle, on ne le voit pas dans la
loi comme telle. On a pris cette décision-là parce qu'on est conscients que 2024
offre un portrait de situation qui risque d'être <fort...
M. Charette :
...offre
un portrait de situation qui risque d'être >fort différent de ce que
l'année 2025 nous réserve. Donc, si on devait toujours préciser des
échéanciers extrêmement stricts, c'est là où on pourrait manquer une fenêtre pour...
pour répondre à une situation qui est changeante. Donc, début 2026. La
prochaine fois, ce sera peut-être 2027, ce sera peut-être 2028. Ce sera en
fonction des... des indicateurs, là, qui nous parviennent.
Mme Dufour : OK. Donc, ça
pourrait être 2027 que... Mais pourquoi pas 2025? Parce que, là, on va... on
veut vraiment laisser passer les... l'année.
M. Charette : Bien, parce
qu'on... on a le portrait 2024, qui est... qui est sans doute... Et ça, je
l'ai répété à plusieurs reprises, 2024 est une année artificielle, en ce sens
que plusieurs acheteurs ont devancé leur achat avec la fin annoncée progressive
des subventions, donc ça vient fausser le portrait. La personne qui a acheté un
véhicule en 2024, très, très peu probable qu'elle en achète un autre dès 2025
ou dès même l'année suivante. C'est pour ça qu'il faut se laisser l'année 2025...
la vivre, cette année-là, pour avoir une meilleure idée du portrait de
situation. Donc, début 2026 et, par la suite, dès que des indicateurs le
démontreront, que c'est pertinent de le faire. Mais d'aucune façon, et je le
disais encore ce matin pour la courbe de progression et autres, d'aucune façon,
on ne sera intéressés à foncer dans le mur, là. À partir du moment où on a une
réalité qui devait changer, on sera en mesure, là, de réagir rapidement.
Mme Dufour : Parfait. Merci,
M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Alors, comme il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder avec la
mise aux voix. Est-ce que l'amendement introduisant...
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Pardon?
Mme Dufour : Appel nominal.
Le Président (M. St-Louis) : Oui.
Est-ce que l'amendement introduisant le nouvel article 24.1 est adopté?
Mme la secrétaire, vote nominal, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Alors, pour,
contre, abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire
:
M. Charette (Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire
:
M. Lemay (Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
:
M. Provençal (Beauce-Nord)?
M. Provençal : Contre.
La Secrétaire
: Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire
:
Mme Blouin (Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire
:
Mme Guillemette (Roberval)?
Mme Guillemette : Contre.
La Secrétaire
:
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire
:
M. St-Louis (Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
Donc, c'est... l'amendement est rejeté. Ce qui nous ramène au prochain article.
Donc, M. le ministre, je vous cède la parole pour la lecture de l'article 25.
M. Charette : Et peut-être
juste... Avec le consentement des collègues, on suspendrait quelques instants,
et j'explique le pourquoi. On change de bloc, on va du coup changer
d'accompagnateurs au niveau du ministère, donc on pourrait se laisser un petit
temps d'arrêt pour laisser aux gens la possibilité de s'installer.
Le Président (M. St-Louis) :
Parfait. Donc, nous allons...
Une voix : ...
M. Charette : Oui,
effectivement, très belle idée. Merci beaucoup. Et on va les revoir parce que
plus loin on a quelques articles, mais effectivement, merci déjà de leur
contribution. Merci de le souligner.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
nous suspendons les travaux quelques minutes. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 40)
(Reprise à 15 h 45)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
la commission reprend ses travaux. Au moment de la suspension, nous en étions à
l'étude de l'article 25. M. le ministre, je vous cède la parole.
M. Charette : C'est bien
gentil. Et déjà vous confirmer qu'il y aura aussi dépôt d'amendement,
amendement qui est disponible pour les collègues.
Donc : L'article 13.1 de la Loi
affirmant le caractère collectif des ressources en eau et favorisant une
meilleure gouvernance de l'eau et des milieux associés est modifié, dans le
deuxième alinéa :
1° par le remplacement, dans ce qui
précède le paragraphe 1°, de «protection» par «conservation»;
2° par le remplacement du paragraphe 2°
par le suivant, donc :
«2° de régulation des processus
hydrologique, hydraulique et hydromorphologique visant ainsi la résilience de
ces milieux, permettant d'atténuer les impacts des inondations et contribuant à
la recharge de la nappe phréatique, notamment par le transit hydrosédimentaire
ainsi que par la rétention et l'évaporation d'une partie des eaux de
précipitation et des eaux de fonte;»;
3° par l'ajout, à la fin, du paragraphe...
à la fin, du paragraphe suivant :
«7° de connectivité écologique permettant
une libre circulation des espèces, l'interconnexion entre les habitats
essentiels ainsi qu'une circulation des nutriments et de l'énergie.»
Et le commentaire. Cet article modifie le
liminaire du deuxième alinéa de l'article 13.1 de la Loi affirmant le
caractère collectif des ressources en eau et favorisant une meilleure
gouvernance de l'eau et des milieux associés afin de <remplacer...
M. Charette :
...de
l'eau et des milieux associés afin de >remplacer l'expression
«protection des milieux humides et hydriques» par «conservation des milieux
humides et hydriques».
En outre, il remplace le paragraphe 2° du
deuxième alinéa afin de reformuler la fonction écologique mentionnée pour
qu'elle soit plus cohérente pour les milieux hydriques, notamment les zones de
mobilité des cours d'eau. La modification vise à supprimer la fonction de
réduction du risque d'érosion et à ajouter la régulation — je change de page — des
processus hydrologique, hydraulique, hydromorphologique qui favorisent la
résilience des milieux.
Enfin, il ajoute au... un paragraphe 7° au
deuxième alinéa, qui prévoit une fonction écologique des milieux humides et
hydriques, soit celle de la connectivité écologique permettant une libre
circulation des espèces, l'interconnexion entre les habitats essentiels ainsi
qu'une circulation des nutriments et de l'énergie.
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous remercie, M. le ministre. Est-ce...
M. Charette : Je vous... (panne
de son) ...amendement que je pourrais lire à l'instant.
Le Président (M. St-Louis) : ...amendement.
Allez-y.
M. Charette : Donc : À
l'article 25 du projet de loi :
1° remplacer, dans le paragraphe proposé
par le paragraphe 2°, «et contribuant à la recharge de la nappe phréatique,
notamment par le transit hydrosédimentaire ainsi que par la rétention» par «et
des sécheresses et contribuant à la recharge de la... de la nappe phréatique,
notamment par le flux hydrosédimentaire ainsi que par la rétention,
l'infiltration»; et
2° remplacer, dans le paragraphe proposé
par le paragraphe 3°, «habitats essentiels» par «écosystèmes».
Commentaire. L'amendement vise à ajouter
l'atténuation des impacts de la sécheresse dans des milieux humides et
hydriques, à remplacer le concept de «transit hydrosédimentaire» par celui de «flux
hydrosédimentaire» ainsi qu'à ajouter l'infiltration comme contribution à la
recharge de la nappe phréatique.
L'amendement vise aussi à remplacer
l'expression «habitats essentiels» par le concept d'«écosystèmes», qui est plus
englobant.
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous remercie. Est-ce qu'il y a des intervenants? Mme la députée. La parole est
à vous.
• (15 h 50) •
Mme Dufour : Oui. Bien,
effectivement, il y avait une... Puis ça, c'est la recommandation du... c'est CQDE,
là, qui... ils ont fait exactement ce libellé. La question «habitat essentiel»
avait été soulevée à... par plusieurs groupes en disant : Bien, c'était...
ça manquait, là, de précision, là, il fallait préciser davantage. Là,
«écosystème», est-ce qu'il y a une définition établie? Tu sais, parce que j'ai
compris qu'«habitat essentiel» pouvait porter à confusion, mais est-ce
qu'«écosystème» pourrait soulever les mêmes questionnements par d'autres
groupes?
(Consultation)
M. Charette : On me confirme,
là, que c'est une appellation ou une expression scientifique davantage convenue
pour... pour englober, là, ce qui doit être couvert, là, par... par l'article.
Mme Dufour : OK. Merci. On
fait un changement. Là... Là, on est dans l'amendement déjà, mais on n'a pas
parlé du principal, qui était «protection» puis «conservation», ça fait que je
peux attendre qu'on finisse sur... sur l'amendement, là, peut-être, pour y
arriver.
C'est ça, on a toujours la «libre
circulation des espèces» dans le... dans le libellé. On parle de «circulation
aussi des nutriments», comment on... «et de l'énergie». Comment on... Ça, c'est
la «connectivité écologique», qu'on appelle comme ça. «Les nutriments et
l'énergie», est-ce qu'on peut l'expliquer?
(Consultation)
M. Charette : ...le
consentement, on pourrait demander à nos spécialistes de faire un petit
cours 101, là, de ce que ça... de ce que ça implique.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
la commission consent?
Mme Dufour : Oui, je consens.
Merci.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Donc, je vous demanderais... je demanderais aux intervenants de se présenter,
nom et fonction, s'il vous plaît.
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
Oui. Geneviève Dufour Tremblay, conseillère experte en conservation des
milieux humides et hydriques.
Oui. Bon, la notion de connectivité écologique,
bien, c'est... On est allé beaucoup chercher les concepts qui sont reconnus
dans la littérature scientifique. Et donc, si on parle de, par exemple, la
circulation des nutriments puis <de...
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
...des nutriments puis >de l'énergie, bien, c'est parce que vraiment
c'est un ensemble. On veut que, dans... qu'il puisse y avoir des échanges à la
fois de... par exemple, des espèces vivantes, mais aussi dans le sol, donc des
bactéries, tout ça, tout ce qui est... tout ce qui forme finalement un
écosystème. Donc, c'est vraiment l'ensemble des composantes vivantes dans
l'écosystème.
Mme Dufour : Oui. L'«énergie»
peut être interprétée de différentes façons, là, ça fait que juste le préciser,
à quoi on fait référence ici.
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
Bien, je vais... je vais consulter. Je vais consulter puis vous revenir, si
possible, dans quelques instants.
M. Charette :
...suspendre quelques instants.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
La commission suspend ses travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 53)
(Reprise à 15 h 57)
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, la commission reprend ses travaux. Au moment de la suspension, nous en
étions à l'étude de l'article 25, et la parole était à la banquette
ministérielle. Donc, je vous cède la parole à nouveau.
M. Charette : C'est bien
gentil. On va se référer plutôt à nos experts, avec la permission des
collègues.
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
Oui. Bon, <Geneviève...
Mme Dufour Tremblay (Geneviève)T :
...Oui. Bon, >Geneviève Dufour Tremblay, à nouveau.
Bon. Lorsqu'on parle d'énergie, là, cette
notion-là, quand on parle d'écosystèmes, on fait vraiment référence à la
circulation des nutriments de l'énergie entre les écosystèmes. Donc, on parle
des flux et de l'échange comme... d'énergie comme la lumière du soleil, la
chaleur, les substances chimiques, donc c'est ce qui est nécessaire au maintien
des écosystèmes puis à la survie des espèces. Donc, c'est vraiment associé aux
écosystèmes entre eux, là.
Je voudrais aussi rappeler que la
connectivité était déjà mentionnée à l'article 46.0...
Une voix : ...
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
...point 3, voilà, de la LQE, mais qu'on ramène cette notion-là de
connectivité dans la loi sur l'eau à l'endroit où elle devrait aller, là,
finalement, avec les autres fonctions.
Mme Dufour : Dans l'article
que vous avez cité, là, 46, je ne sais plus, point 3, je pense, est-ce
qu'on faisait référence à «habitat essentiel» ou à «écosystème» à ce moment-là?
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
Non, non, non. C'était... C'était simplement la mention de connectivité.
Mais, dans la loi sur l'eau, les fonctions sont associées aussi à une petite
définition et à... aux bénéfices associés, donc il a... on a ajouté des détails
à cet effet-là.
Mme Dufour : OK. Donc là, on
parle d'une circulation, tu sais, «connectivité écologique permettant une libre
circulation des espèces». «Circulation des nutriments et de l'énergie», ça va
de soi que ça doit être «la libre circulation des nutriments et de l'énergie» comme
c'est un petit peu plus loin ou on est plutôt... «L'interconnexion entre les
écosystèmes». Tu sais, je veux... Parce qu'on a... C'est qu'on a comme
plusieurs concepts dans le même paragraphe, là.
Ici, on parle de, c'est ça... de
«circulation des nutriments et de l'énergie». Mais, mettons, là, juste
peut-être pour moi et ceux qui nous écoutent, là, pour bien comprendre, là... admettons,
prenons une forêt, là, ou des... je ne sais pas, des marais qui sont connectés
d'une certaine façon, un corridor écologique, quand on dit, bon, «libre
circulation des espèces», ça, je le comprends, mais au niveau de «la
circulation des nutriments et de l'énergie», je vous avoue que c'est...
L'illustrer peut-être par une image, ça aiderait à comprendre ce qu'on veut
dire. C'est par le souterrain à ce moment-là? C'est... C'est ça que j'essaie
juste de comprendre.
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
Oui. Bien, c'est l'ensemble des flux d'énergie. Donc, oui, on peut avoir
tout ce qui est la lumière du soleil, par exemple, ou la chaleur, les
substances chimiques, tout ce qui circule entre les... les différents réseaux
trophiques, donc les différentes interactions au sein des écosystèmes. Donc,
c'est... c'est tout ce qui relie finalement nos... le maintien de la vie dans
ces... dans ces écosystèmes.
• (16 heures) •
Mme Dufour : OK. Et là, ici,
on est dans un article où «le ministre peut définir les orientations
fondamentales de gestion intégrée et concertée des ressources en eau». Puis ça,
c'est une des sept fonctions qu'on vient établir. Ça fait que ça se peut qu'on
s'en occupe, ça se peut qu'on s'en préoccupe, puis ça se peut qu'on ne s'en
préoccupe pas, parce que, là, c'est «notamment par leurs fonctions». Ça fait
que dans la pratique, comment ça se, comment dire... comment ça se transpose?
Est-ce que... Est-ce que d'ailleurs, parce qu'il y avait quand même une portion
qui existait déjà, là, «connectivité écologique»... C'est-tu rajouté? Non. Ça, c'est
rajouté. Mais, tu sais, quand on parle des autres, comment ça se... c'étaient
les six autres points, là, précédents, comment ça s'opérerait dans la vraie
vie, là, les orientations fondamentales? C'est-tu dans un règlement? C'est...
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
Oui. Je peux y aller?
Le Président (M. St-Louis) : ...
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
OK. Parfait. Bon, Geneviève Dufour Tremblay, encore.
Oui. Bien, de façon générale, ce n'est pas
nécessairement que le ministère donne des objectifs ou des orientations pour
chaque fonction. C'est davantage premièrement pour souligner le rôle des
milieux humides et leurs fonctions déjà dans la loi, puis par la suite, bien,
lorsqu'on a, exemple, un projet qui va affecter les milieux humides et hydriques,
les... tous ceux qui... bien, en fait, les demandeurs doivent expliciter,
démontrer, parler des fonctions, finalement, qui sont rendues par les milieux
humides et hydriques qui seraient, exemple, affectés. Puis c'est bien sûr un
élément d'analyse par la suite par le ministère, donc, dans... dans le cadre de
l'analyse environnementale qui permet de juger, finalement, de l'acceptabilité
environnementale ou non d'un projet.
Mme Dufour : OK. Donc, si je
comprends bien, ce qu'on retrouve à l'article 13.1 de la loi,
l'article 25, là, qu'on est en train d'étudier, ça servirait aux
analyses... ça servirait aux analyses du ministère des demandes d'autorisation...
16 h (version révisée)
Mme Dufour : ...d'autorisation,
c'est à 22 ou c'est... c'est plutôt les analyses biologiques du promoteur de
projet qui doivent prendre compte de ça?
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
En fait, c'est les deux, parce qu'il y a une exigence, finalement, de
fournir cette information-là lorsqu'il y a un projet qui déclenche la LQE, l'article 22,
paragraphe 4°.
Donc, lorsqu'il y a atteinte aux milieux humides
et hydriques ils doivent déposer une caractérisation des milieux affectés et de
leurs fonctions. Et, par la suite, bon, il y a une analyse environnementale de
la part des analystes en région.
Mme Dufour : OK. Et là, un
autre changement — là on ne le voit pas, il n'est pas à l'écran, il
est un petit peu plus haut, là — on enlève «contribuant à la recharge»...
Mais en fait au lieu de «transit
hydrosédimentaire», on parle de «flux hydrosédimentaire». Puis il y a d'autres
éléments, là, qui changent, mais peut-être juste comprendre pourquoi on a
changé.
Tu sais, oui, je l'ai vu que c'était une
recommandation du centre québécois du droit à l'environnement, mais pourquoi le
ministère a accepté de le changer? C'est quoi, la différence entre transit
hydrosédimentaire et flux? Là, je ne suis clairement pas biologique...
biologiste.
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
Oui. Bien, en fait, c'est simplement le terme le plus scientifiquement
adéquat.
Donc, ça permet d'améliorer, puis de
clarifier, puis d'employer les termes les plus justes, là, pour cette fonction.
Mme Dufour : OK. Puis ça veut
dire quoi?
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
Oui. Bien, dans le fond, c'est qu'un cours d'eau va avoir une mobilité,
donc va déplacer des sédiments d'un côté et de l'autre, va faire une
accumulation de sédiments. Donc, c'est vraiment ça qu'on entend par un flux
hydrosédimentaire.
Donc, c'est le déplacement des sédiments
qui contribue à la bonne santé du cours d'eau, entre autres.
Mme Dufour : OK. Ça peut
contribuer à la bonne santé du cours d'eau, mais parfois ça ne contribue pas à la
bonne santé du cours d'eau.
Les sédiments, parfois, en fait, bloquent
un cours d'eau et vont faire en sorte que le cours d'eau va aller ailleurs.
Il y a un cas qui m'a été soulevé, là,
récemment, de je ne sais plus quelle municipalité, qui, dans le passé, arrivait
justement à replacer ces sédiments-là pour... bien, sédiments ou, des fois, c'est
des petites... c'est des roches, ou des choses comme ça.
Là, est-ce que ça va venir empêcher — la
façon que c'est écrit — des travaux qui permettraient, justement, de
ramener la rivière à son état d'origine?
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
Bien, je pense que vous référez beaucoup aux compétences qui sont ciblées,
là, pour les municipalités dans la Loi sur les compétences municipales.
Donc, normalement, non, ça ne devrait pas
empêcher ça, c'est vraiment pour être en phase avec tout ce qui est la
modernisation du cadre réglementaire en milieu hydrique, les zones de mobilité
des cours d'eau qui sont désormais reconnues et valorisées. Et donc, la... Voilà,
c'est ça, c'est ce que...
Mme Dufour : OK. Autre
question. Dans les changements qui sont aussi dans l'amendement, là, on rajoute
le concept des sécheresses. Ça, ce n'était pas dans l'amendement d'origine. Tu
sais, comment... concrètement, là, ça va changer quoi? Parce qu'on parlait déjà
de la recharge de la nappe phréatique, là on a rajouté «et des sécheresses». Juste
comprendre, là, ça... c'est quoi, ce changement-là? Qu'est-ce que c'est, son
impact, de l'ajout?
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
Oui. Bien, en fait, c'était vraiment, encore une fois, pour préciser puis
être le plus adéquat possible dans la... dans les bénéfices qui sont apportés
par ces milieux.
Donc, c'est vraiment les sécheresses et
les inondations, les deux événements extrêmes qui peuvent être régulés, donc
maintenus à des niveaux plus raisonnables de par la présence de ces milieux.
Donc, c'est vraiment une question d'être
le plus précis possible.
Mme Dufour : OK. Donc, c'est
pour reconnaître que les milieux humides ont un impact sur la régulation des
sécheresses, c'est ce qu'on vient dire ici.
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
Exact, milieux humides et hydriques, oui.
Mme Dufour : Hydriques, oui,
évidemment. OK. Après ça, il y a aussi la rétention, l'infiltration des eaux de
précipitation, des eaux de fonte, ça, ça a été ajouté, «rétention» et
«infiltration» n'étaient pas là avant... Non, «rétention» était là, pardon, c'est
«infiltration» qui a été rajouté. Concrètement, si on peut expliquer pourquoi
on l'ajoute.
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
Oui. Bien, ça fait partie des différents éléments, là, qui font partie du
cycle de l'eau. Donc, l'idée, c'est d'être inclusif encore une fois.
Mme Dufour : OK. Bon, dernière
question qui était sur <l'amendement...
Mme Dufour :
...OK.
Bon, dernière question qui était sur >l'amendement.
On est revenus, je ne l'avais pas vu, en
fait, qu'on était revenus à conservation. Donc, pourquoi, au départ, on avait
voulu aller vers protection plutôt que conservation? Parce qu'on le changeait,
puis ça, c'étaient des éléments que... ça nous avait été soulevé dans plusieurs
mémoires, là, on voulait... Le projet de loi changeait le mot «protection»...
pardon, le mot... Je le cherche, il est où? Ah! c'est ça, le mot «protection»,
on le changeait par «conservation». Là, on revient... Non, on ne revient pas.
Non, ça ne change pas, c'est la même chose. Donc, ça, ce n'est pas changé. OK.
Ça m'a confondu.
OK. Je vais le faire après l'amendement.
Excusez, ce n'est pas à ce moment-ci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Donc, comme il n'y en
a pas, nous allons mettre l'amendement aux voix. Est-ce que cet amendement est
adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
L'amendement étant adopté, nous allons revenir à l'article 25. Est-ce
qu'il y a des interventions? Mme la députée.
Mme Dufour : Oui. Donc, je
reviens à «conservation», «protection». Ça, c'est un changement qui... qui est
proposé. Et là le CQE, le centre québécois du droit à l'environnement, nous
a... a soulevé dans son mémoire une crainte par rapport à ce changement-là, on
nous dit :
«La modification soutient, selon nous, une
approche qui favorise la compensation plutôt que l'évitement. La conservation
renvoie à des mesures visant à préserver, restaurer ou améliorer les milieux
humides afin d'assurer leur pérennité, alors que la protection renvoie à des
mesures pour éviter la destruction et l'altération.»
Donc, pour moi, c'est sûr qu'il y a un
enjeu important avec ce changement-là quand je lis le rapport... le mémoire du Centre
québécois du droit de l'environnement. J'aimerais qu'on échange sur le pourquoi
ce changement-là.
Je vous avoue que, sur le coup, j'étais...
j'étais un peu... En tout cas, je vais vous entendre puis après ça je
reviendrai avec d'autres commentaires.
M. Charette : Avec le
consentement... Peut-être, juste mentionner qu'on ne partage pas,
naturellement, là, la crainte du conseil, mais qu'ils ont eu des éléments
intéressants, là, à proposer.
Et pour ce qui est de l'explication, avec
consentement, on pourrait céder la parole au sous-ministre adjoint responsable
du dossier.
Le Président (M. St-Louis) : ...consentement
de la commission?
Mme Dufour : Oui, consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Donc, M. le sous-ministre adjoint, vous pouvez vous nommer, s'il vous plaît.
• (16 h 10) •
M. Laniel (Jean-Pierre) : Déjà,
je vais vous décevoir. Jean-Pierre Laniel, directeur général des écosystèmes et
des espèces menacées ou vulnérables.
La nomenclature des termes en
environnement est tout le temps un pari audacieux. Le terme «conservation» se
retrouve à peu près partout dans la littérature scientifique, notamment à la
Convention sur la diversité biologique.
Donc, le terme «conservation»,
effectivement, inclut la protection, qui, habituellement, est beaucoup une
protection qui se fait par lois, règlements très «cloches de verre», etc.
La restauration, évidemment, bien, c'est
tout l'aspect de venir compenser des pertes. Et l'utilisation durable, mais
c'est la capacité d'utiliser ces milieux-là, parce qu'il y en a, une certaine
utilisation, qui peut être faite de façon durable sans causer préjudice aux
milieux dans le temps.
Ça fait que la notion de conservation a
tout le temps été un petit peu plus complète que «protection» uniquement, qui
est très limitative, puis c'est un peu pour ça qu'on veut l'aborder dans... dans
les différents éléments, les différentes orientations que le ministre peut
donner, parce qu'il ne donnera pas... en tout cas, on ne souhaite pas qu'il ne
donne que des orientations en termes de protection, on souhaite aussi qu'il ait
d'abord, éventuellement, la possibilité puis qu'il regarde la possibilité de
faire des orientations dans les autres domaines, dont dans la... tout l'aspect
de... que ce soit de l'utilisation durable, de la mise en valeur, de la restauration,
etc. Puis c'est déjà implicite dans la façon que la loi a été montée, notamment
pour les milieux humides.
Mme Dufour : Donc,
conservation, selon la littérature scientifique, c'est plus que de la
protection, c'est bien ça?
M. Laniel (Jean-Pierre) : Excusez-moi.
Mme Dufour : Le ministre vous
dérange. La conservation, ce que je comprends, c'est que c'est... selon ce que
vous avez dit, dans la littérature scientifique, c'est plus que de la
protection.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Ça
regroupe plus d'éléments que seulement la protection.
Mme Dufour : Ça fait que la
crainte du... C'est quand même le centre québécois du développement de
l'environnement, là, qui a quand <même...
Mme Dufour :
...le centre
québécois du développement de l'environnement, là, qui a quand >même une
grande expertise pour interpréter des lois puis les contester aussi. Puis, tu
sais, ils ont testé la loi auprès des tribunaux à maintes reprises.
Donc, j'ai la même compréhension que vous,
en toute franchise, pour avoir porté le... tu sais, j'ai fait tout le schéma
d'aménagement de la ville de Laval. On avait mis une affectation conservation
pour les terrains qu'on voulait... qu'on pouvait protéger à perpétuité puis une
affectation protection pour ceux qui n'appartenaient pas à la ville puis qui
avaient un petit peu plus de possibilités d'activités.
Mais ça reste que ça me soulève la
question, quand ça vient d'avocats spécialisés en environnement, est-ce que
c'est notre... mon interprétation à moi qui était erronée? J'avais votre... tu
sais, la même, c'est ça, la même pensée que vous, ça fait que là je vous avoue
que j'ai comme un doute.
Ça fait que je veux juste être sur qu'on
ne se trompe pas, là, on fait le changement maintenant, ça fait que...
M. Laniel (Jean-Pierre) : ...c'est
vraiment celle qu'on partage actuellement, là, sur la conservation. Puis ce
n'est pas seulement chez nous ou pour l'environnement du Québec, toute la...
La convention internationale sur la
diversité biologique, quand on parle de conservation de la biodiversité, ce
n'est pas que de la protection, par exemple par des lois, des règlements sur
les milieux humides, c'est plus large. Donc, le ministre se donne...
Ici, on est beaucoup dans l'aspect de la loi
sur l'eau, donc c'est très large, ce n'est pas que la loi sur les milieux
humides, par exemple, donc c'est pour tout l'aspect de la conservation de ces
ressources en eau là.
Il n'y a pas que la protection qui doit
être ciblée par le ministre, il peut avoir d'autres éléments, dont la
restauration quand c'est nécessaire, parce que tous les milieux ne sont pas en
bon état, on se comprend qu'il peut y avoir des nécessités de restaurer ces
milieux-là, qu'ils soient hydriques, ou humides, ou autres, et, la même chose,
avoir une utilisation durable, donc d'insister sur le volet durable de
l'utilisation de ces milieux-là plutôt que, tu sais, une utilisation puis ça
arrête.
Donc, on rejoint, à mon avis, l'esprit
international de faire de la conservation des milieux, donc de la conservation
de la biodiversité dans le sens large.
Mme Dufour : Moi, dans ma
compréhension de conservation, il y avait une certaine cloche de verre un peu
plus sur les milieux que protection, protection comme... En tout cas, la
compréhension qu'on avait à Laval c'était qu'il y avait... on pouvait faire un
petit peu plus d'activités.
Mais là c'est sûr qu'ici on parle... La
crainte du CQDE, c'est de dire : Bien, on favorise une approche de
compensation plutôt que l'évitement. Peut-être, voir comment un ou l'autre a un
impact sur ça. Parce qu'au bout du compte, si toutes les modifications dans le
projet de loi qui touchent les milieux humides et hydriques ont pour but de
répondre au rapport de la Vérificatrice générale et de réduire les empiétements
dans les milieux humides, la destruction...
Donc, je veux juste bien comprendre :
Un terme ou un autre, qu'est-ce que ça va changer au niveau de l'évitement
qu'on tente d'atteindre?
M. Charette : Si ça peut
rassurer la collègue, c'est une expression qui est davantage retenue lors des
conventions internationales.
Ça a été mentionné, mais ce n'est pas cet
article-là qui va préciser les intentions gouvernementales au niveau...
minimiser, sinon compenser et éviter, là, idéalement dans un premier temps,
mais on a quand même, quand même des articles, là, qui vont aborder davantage
cette question-là.
Donc, c'est la raison pour laquelle... Je
comprends, et c'était légitime de la part du CQDE d'émettre une crainte à ce
niveau-là, mais il ne faut pas y voir la volonté de favoriser la compensation
versus une protection ou la conservation des milieux, là, ce n'est pas ce
changement-là proposé qui va nous donner plus de latitude et favoriser
davantage de compensation. Ce n'est pas l'objectif du tout.
Mais les prochains articles vont aborder
davantage les intentions gouvernementales à ce niveau-là.
Mme Dufour : OK. Puis j'ai
peut-être une dernière question. Il y avait aussi un mémoire du Mohawk Council
of Kahnawake qui avait fait une recommandation eux aussi de modification, la
même, là, à... le 2, là, 2 de... la régulation des processus hydrologiques. C'était
en anglais, mais je ne sais pas si on s'est penché dessus, puis on a regardé,
puis comparé avec la version qu'on a prise en considération. Est-ce que ça
répondait à leurs préoccupations?
M. Charette : ...que oui,
effectivement, c'est certain, là. C'est difficile d'associer chaque modification
ou chaque amendement à un mémoire particulier. Dans certains cas, c'est <possible...
M. Charette : ...ou
chaque amendement à un mémoire particulier. Dans certains cas, c'est >possible.
On l'avait avec l'amendement proposé pour le CQDE.
On m'indique que l'esprit du... soit
exprimé, là, par le Mohawk Council — C'est Kahnawake, hein, qui a
déposé? Effectivement — comme quoi ça a été pris en compte.
Mme Dufour : Parfait.
Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Sans quoi nous
allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 25, tel qu'amendé,
est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
Adopté.
Des voix : ...
Mme Dufour : Ah, on l'a
déjà adopté. OK. Parfait. C'est bon.
Le Président (M. St-Louis) :
Donc, nous allons poursuivre avec l'article 26. M. le ministre, la parole
est à vous.
M. Charette : Oui, M. le
Président. Donc : L'article 13.2 de cette loi est modifié par
l'insertion, dans ce qui précède le paragraphe 1° et après «ceux-ci,», de
«dont les zones de gestion intégrée de l'eau,».
Et le commentaire : Cet article
modifie l'article 13.2 de cette loi, qui prévoit que le ministre doit
établir les limites des différentes unités hydrographiques, notamment celles
des bassins versants, des sous bassins versants ou de tout autre... de tout
regroupement de ceux-ci. La modification apportée à cet article 13.2
prévoit que le ministre doit également établir les zones de gestion intégrée de
l'eau, lesquelles sont des regroupements de bassins versants ou de sous bassins
versants.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions?
Mme Dufour : Les zones de
gestion intégrée de l'eau, là, qui sont rajoutées, ça, c'est le concept, dans
le fond, de ce qui... ce qui a été rajouté avec les plans régionaux des milieux
humides et hydriques?
M. Charette : C'est un
travail qui se poursuit, là, avec les MRC, effectivement, mais sinon on vient
préciser à travers l'article, en quelque sorte, les responsabilités du
ministère sur cette question-là en particulier.
On a déjà parlé, et c'était dans le texte
original de la loi, bassins versants, sous bassins versants, mais c'est
important d'ajouter une composante supplémentaire, là, qui est les zones de
gestion intégrée de l'eau.
Et la collègue a sans doute suivi les
travaux du Forum d'action sur l'eau, les mandats et responsabilités, là, que
les MRC assument à ce niveau-là.
Donc, c'est pour une cohérence plus grande
et couvrir plus large, là, que le texte initialement adopté, là, dans la loi.
Mme Dufour : Oui.
Auparavant, on parlait surtout de bassins versants, sous bassins versants, là on
rajoute zone gestion intégrée de l'eau, mais je rappelle... je répète ma
question : C'est bien... est-ce que c'est bien ça qui est identifié dans
les plans régionaux des milieux humides et hydriques qui sont faits par les
MRC?
• (16 h 20) •
M. Charette : Est-ce que
c'est cette appellation-là précise qui est retenue dans les mandats?
Mme Dufour : Oui. Bien,
c'est ça, c'est de m'assurer qu'on parle de la même chose.
M. Charette : Il y a une vérification
qui se fait. Je serais porté à croire que oui, là, mais je ne veux pas induire
les collègues en erreur. On va... on va pouvoir vous revenir avec la réponse.
Si jamais il y avait d'autres questions
entretemps, là, on pourra... on pourra tenter d'y répondre.
Mme Dufour : OK. Je vais
peux-être ajouter, dans le fond, le mémoire du Conseil Patronal de
l'Environnement du Québec qui soulignait que, pour eux, en tout cas, ce n'était
pas tout à fait clair, gestion... zone de gestion intégrée de l'eau, qu'il
était ardu de faire la différence entre ce concept et celui de bassin versant. Là,
je comprends qu'on garde les deux en plus.
Et semble-t-il, puis là je ne l'ai pas...
je ne l'ai pas devant moi, mais l'analyse d'impact réglementaire parlait de
remplacer le terme «bassin versant» par «zone de gestion intégrée de l'eau»
pour une plus grande précision quant au niveau de bassins versants visés.
Je vais essayer de le retrouver, là, dans
l'analyse d'impact réglementaire, mais c'est... Si c'est le cas, on garde les
deux. Donc, c'est vrai que ça peut mener à confusion.
Des voix : ...
M. Charette : ...si les
collègues le permettent, c'est une explication, là, qui est éclairante.
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
Non, non, non, ça va. Juste une fois, c'est bon. Une fois pour la journée,
après on continue.
M. Laniel (Jean-Pierre) :
Vous me rassurez. Vous me rassurez. Si vous connaissez le site du ministère,
Internet, on parle déjà de zone de gestion intégrée de <l'eau...
M. Laniel (Jean-Pierre) :
...si
vous connaissez le site du ministère, Internet, on parle déjà de zone de
gestion intégrée de >l'eau.
Donc, ce que l'article ici vient faire,
c'est simplement, là, préciser qu'il y a effectivement des sous-bassins-versants
et des bassins versants dans la gestion de l'eau au Québec.
On a créé 40 aussi zones de gestion
intégrée de l'eau qui sont des regroupements de bassins versants
interconnectés, donc pour lesquels chacun a un rôle ou peut apporter certains
éléments donc en termes... en termes écologiques, là, sur le territoire.
Donc, essentiellement, c'est des zones un
peu de connectivité, mais à l'échelle des bassins versants. Donc, ça relie des
grands bassins versants.
Si vous allez voir sur le site du
ministère, ça existe déjà ce terme-là, ça existe déjà des zones de gestion
intégrée de l'eau sur le Québec, il y en a 40.
Puis ce que l'article ici vient faire,
c'est qu'il vient juste introduire et spécifier plus clairement que des
regroupements de bassins versants, bien, ça peut être des zones de gestion
intégrée de l'eau.
Donc, c'est une précision additionnelle en
fonction de ce qui existe déjà.
Mme Dufour : Mais est-ce que
des... Tu sais, les études devront faire la distinction entre chacun? Parce que
ce que je comprends, c'est que les zones... De ce que je viens d'entendre, il
me semble, j'ai compris que les zones de gestion intégrée de l'eau peuvent
englober plusieurs bassins versants, et donc, là, ça implique beaucoup plus
grand. Déjà, bassin versant, ça peut être beaucoup, notamment la rivière des
Outaouais, là, le bassin versant est très, très, très grand. Donc, comment...
Tu sais, là, c'est le ministre qui va
établir les limites, mais, tu sais, comment les groupes qui vont avoir à
naviguer là-dedans pour faire des études puis répondre aux ministères vont
trouver... Tu sais, ça va-tu être des cartes géographiques qui vont être
claires : Ici, c'est ça, puis le bassin versant...
M. Laniel (Jean-Pierre) : C'est
comme je vous mentionnais, les zones existent déjà. Elles sont déjà
cartographiées. Elles sont donc disponibles déjà. Ça, ça existe sur le site du
ministère.
Donc, la gestion de l'eau au Québec se
fait, oui, par bassins versants ou encore sous-bassins quand ça a besoin d'être
plus précis.
Bien, dans le cas d'éléments plus grands,
ça peut faire aussi plusieurs... et avec plusieurs rivières qui se jettent dans
une plus grosse rivière, par exemple, plusieurs petites rivières qui se jettent
dans une plus grosse rivière, qui se jette dans une plus grande rivière, mais,
à ce moment-là, on peut arriver rapidement à des zones de gestion de l'eau qui
sont beaucoup plus larges que le bassin versant d'une seule rivière, par
exemple.
Donc, c'est juste une question... Je
n'appellerai pas ça des poupées russes, là, mais c'est un peu la même approche.
Puis, dans certains cas, quand il y a des
études ou quand il y a des analyses qui doivent être faites, ça peut être fait
à l'échelle, donc, des zones de gestion intégrée de l'eau du Québec.
C'est une précision qui est apportée pour
dire que ça ne se limite pas uniquement à des sous-bassins-versants ou à des
bassins versants.
Mme Dufour : Puis les plans
régionaux de milieux humides et hydriques, est-ce qu'ils font référence aux zones
de gestion intégrée de l'eau?
M. Laniel (Jean-Pierre) : C'est
par MRC, donc ils pourraient faire référence, mais on se rappelle que là on est
dans un autre type de... de... on est dans un autre type de statut. Là, on
n'est pas dans... dans des choses qui réfèrent à la gestion de l'eau quand on
parle des plans régionaux, là.
Les plans régionaux peuvent... vont sans
doute indiquer dans leurs plans dans quel bassin ils se retrouvent, dans quel
bassin versant, mais peuvent aussi indiquer dans quelle zone de gestion
intégrée des ressources en eau ils se trouvent. Ils peuvent faire aussi des
analyses en fonction de ça, mais ce sont les MRC qui déposent les plans
régionaux des milieux humides et hydriques.
Puis on se rappelle qu'il y a les OBV
aussi qui font du travail, hein? C'est beaucoup dans le travail des OBV. Les
articles 13 et suivants, là, c'est comme mettre la table sur ce qui existe
au Québec en termes de gestion de l'eau.
Mme Dufour : Mais justement,
si ça inclut plusieurs bassins versants, ça veut dire qu'il y a plusieurs OBV
dans une même zone de gestion intégrée de l'eau.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Absolument.
Puis ce n'est pas tous les types de projets qui concernent la grande zone de
gestion intégrée de l'eau, mais dans certains cas, dans certains types
d'analyses, certains projets, ça peut être le cas.
Mme Dufour : Et comment ils
ont été établis ces zones de gestion intégrée de l'eau? Je regarde, par
exemple, sur le site du ministère, justement, celle qui s'appelle D7, qui inclut
justement des Outaouais, mais qui semble inclure plusieurs bassins, bien, en
tout cas, au moins deux bassins versants, comment ça a été établi par le
ministère? C'est le ministère qui a établi ça, ces zones de gestion intégrée de
l'eau?
M. Laniel (Jean-Pierre) : Absolument.
Mme Dufour : Ça a été établi
comment?
M. Laniel (Jean-Pierre) : Bon,
tu sais, là, vous avez une belle question précise, ça va être un petit peu plus
compliqué dans mon... dans mon dialogue. Les critères qui ont permis
d'identifier, il faudrait qu'on aille voir... qu'on pose la question à nos <amis...
M. Laniel (Jean-Pierre) :
...dialogue.
Les critères qui ont permis d'identifier, il faudrait qu'on aille voir... qu'on
pose la question à nos >amis quelques minutes.
M. Charette : On peut la
garder en réserve, la question, ça va nous laisser le temps de trouver la
réponse et continuer les échanges, là.
Mais ça, c'est davantage au niveau de
l'organisation du ministère, comment le découpage s'est fait. Question très,
très pertinente. Quand on trouve la réponse, on pourra vous la communiquer au
micro par la suite.
On peut poursuivre avec d'autres échanges,
là, si les collègues le souhaitent.
Mme Dufour : Oui, bien,
j'aimerais savoir aussi ça date de quelle époque. C'est-tu récent? C'est-tu...
Puis c'est-tu basé sur... c'est-tu basé sur des analyses de circulation d'eau
particulières? Parce que, tu sais, un bassin versant, il y a une logique
scientifique du pourquoi c'est un bassin versant, ça fait que j'essaie de
comprendre c'est quoi, zone gestion intégrée de l'eau, par rapport à un bassin
versant.
Des groupes ont soulevé qu'il y avait des
questionnements. Moi-même, je ne trouve pas que c'est clair, ça fait que... Tu
sais, quand je regarde la carte des zones de gestion intégrée de l'eau,
c'est... Tu sais, même, on peut voir, sur le site, on dit...
On présente les cartes des différentes
zones de gestion intégrée de l'eau par bassins versants, ça fait que c'est
comme si on disait que c'étaient des bassins versants, alors que ce que j'ai
compris, ce n'est pas ça.
M. Charette : Toutes des
questions qui se posent et qui sont légitimes. On pourra vous revenir.
Mais déjà, voyons le bassin versant comme
étant un territoire très géographiquement localisé, les sous-bassins, on y va
avec un degré de précision encore plus grand, et les zones de gestion, c'est
beaucoup, beaucoup plus large. Mais le découpage exact, comment il s'est fait,
en quelle année ça a été fait, c'est des éléments, là, qui seront vérifiés pour
vous... pour vous revenir.
Mais la zone de gestion versus le bassin
versant, c'est deux degrés ou deux niveaux différents. Géographiquement
parlant, le bassin versant, on peut dire et expliquer pourquoi c'est un bassin
versant, on le voit physiquement sur une carte. Le découpage de la zone de
gestion, c'est là où on pourra vous revenir avec plus de précisions.
Mme Dufour : Et le concept
pourrait être utile quand on aura des discussions sur les compensations, les
fonds de compensation, parce qu'un des éléments qui a été soulevé c'est, bon,
si on... il y a certains endroits au nord, par exemple, où qu'il y a beaucoup
de milieux humides, que ce n'est peut-être pas là que c'est nécessaire d'aller
en compenser le plus, c'est plus au sud. Puis le sud est quand même large, là,
la vallée du Saint-Laurent.
Mais là ce concept-là de gestion intégrée
de l'eau pourrait peut-être être utile pour identifier... Tu sais, on veut...
Nous, on pense à un amendement, là, qu'on
voudrait proposer là-dessus pour permettre peut-être des échanges du sud vers
le nord, mais là il faut définir le nord.
Et d'ailleurs je constate, quand je
regarde les zones de gestion intégrée de l'eau par bassins versants, ça
s'arrête, ce n'est pas le Québec au complet, là. On ne va pas très haut, là,
dans ces cartes-là. Donc, c'est comme s'il y avait une section que... je ne
sais pas, en fait, c'est quoi, là. Elle est toute en blanc. Tu sais, comme si
elle, elle n'existait pas puis c'est comme tout le nord... le nord du Québec.
Je ne sais pas si je peux montrer une carte, là.
• (16 h 30) •
M. Charette : On a les mêmes
cartes.
Mme Dufour : Hein?
M. Charette : On a les mêmes
cartes.
Mme Dufour : OK. Ça fait
qu'on voit que c'est... ça ne monte pas très haut, là, les...
Ça fait que ça aussi j'aimerais
comprendre, tu sais, pourquoi le nord n'en a pas, de gestion intégrée de l'eau.
Des voix : ...
M. Charette : Bien, on pourra
vous revenir, là, sur l'historique à terme. Et, pour ce qui est des échanges, naturellement,
on regardera cet... échanges de territoires ou pour les compensations, on
regardera l'amendement de la collègue avec intérêt, mais on vient déjà, dans
les articles plus loin, préciser un petit peu ce que l'on souhaiterait ou pense
permettre dans l'état actuel du projet de loi.
On se souvient, on a évoqué le 15 %,
notamment, et c'est un domaine... On peut le dire d'emblée, il n'y a pas de
ligne directrice unique parmi les groupes qu'on a entendus ou les groupes qui
ont déposé des mémoires, c'est souvent des visions... sans dire totalement
opposées, mais il n'y a pas de tronc commun très précis, unique.
Donc, c'est là où on doit faire des choix,
avec l'expérience des dernières années, comment améliorer, justement, la
protection, la conservation, là, des milieux humides, mais les prochains
articles vont nous permettre, là, de présenter la vision du gouvernement...
16 h 30 (version révisée)
M. Charette : ...mais les
prochains articles vont nous permettre, là, de présenter la vision du
gouvernement. Et on pourra se rappeler que tel groupe trouvait que c'était trop,
d'autres groupes trouvaient que ce n'était pas assez, d'autres étaient carrément
opposés. Mais contrairement à d'autres éléments du projet de loi ou d'autres projets
de loi, ce n'est pas un dossier qui suscite l'unanimité, là. Donc, nous, notre
prétention, c'est qu'on améliore la situation, mais on ne répondra pas dans... Vous
les nommiez, je me permets de les citer à mon tour : le conseil du
patronat en environnement trouve qu'on ajoute trop de contraintes, puis le CQDE
trouve qu'on n'en ajoute pas assez. Donc, nous, à travers ça, on va rechercher
l'équilibre et c'est ce qui va guider nos échanges, là, pour les prochains
articles.
Mme Dufour : Non, tout à
fait, mais c'est pour ça qu'on… tu sais, c'est sûr que ce qui est proposé, pour
nous, ce n'est pas satisfaisant, là, et c'est pour ça qu'on va travailler des amendements.
Mais pour les rédiger, ce n'est pas si simple que ça. On n'a pas une armée de
juristes à l'arrière... de légistes, pardon. Mais donc c'est pour ça que j'ai
beaucoup d'intérêt pour le concept de zones de gestion intégrée de l'eau, bien le
comprendre pour voir si ça peut servir pour l'amendement. Mais de toute façon, il
faut que je le comprenne, parce qu'on en discute ici, on va venir l'adopter.
Donc, avant de l'adopter, je veux bien le comprendre, d'où il vient, comment il
a été établi, c'est ça. Bien, moi, je ne peux pas…
Le Président (M. St-Louis) :
...si je vous comprends bien, vous avez besoin des réponses pour la
rédaction.
Mme Dufour : J'ai besoin
d'avoir des réponses avant... c'est ça, bien, pas juste pour la rédaction, pour
qu'on puisse passer outre l'article 26, il faut avoir la réponse. Parce
que c'est le changement principal de cet article-là, c'est... on rajoute «dont les
zones de gestion intégrée de l'eau,». Donc, il faut qu'on comprenne c'est quoi.
M. Charette : ...des compléments
d'information, si on le souhaite.
M. Laniel (Jean-Pierre) :
Je peux essayer de faire un petit bout. J'ai des amis qui m'écrivent. Petite
explication, puis on pourra aller relire le site Internet, je pense qu'il l'explique
aussi un peu. Il y a plusieurs échelles de bassins versants, hein? Toutes les
rivières ont un bassin versant. Ça fait que, quand on parle de bassin versant,
c'est différentes échelles. Un bassin versant, c'est également un territoire où
l'eau coule vers un même endroit.
Puis, en 2009, le gouvernement du Québec a
identifié 40 zones de gestion intégrée de l'eau pour autant d'organismes
de bassins versants. Donc, c'est le territoire dont un organisme de bassin
versant s'occupe dans le travail de la gestion de l'eau au Québec. Donc, ça
peut être plusieurs bassins versants de plusieurs rivières, mais les... comment
ils les ont déterminés, je n'arrive pas encore là, malheureusement pour vous,
mais ça date de 2009, donc ce n'est pas nouveau. Et ça a été pour mettre en
place les OBV. Donc, c'est leur... Chaque OBV a donc une zone de gestion
intégrée de l'eau. Essentiellement, c'est leur territoire d'application pour
eux.
Puis, si on regarde la définition sur le
site Internet, ils font également un petit retour avant d'expliquer le mode de
gestion intégrée de l'eau par bassin versant. Donc, les zones, les zones qui
ont été créées pour les organismes de bassins versants... On explique qu'un
bassin versant, c'est appliqué aux eaux de surface : «Le bassin versant désigne
un territoire délimité par les lignes de partage des eaux sur lesquelles toutes
les eaux s'écoulent vers un même point, appelé exutoire. On peut désigner un
bassin versant, autant pour une rivière que pour un lac ou une baie.
«Ainsi, une gestion intégrée de l'eau doit
tenir compte de tout ce qui se passe dans le bassin versant, incluant autant
les activités naturelles que les activités humaines. En ce sens, les sols, la
végétation, les animaux et les êtres humains font partie d'un bassin versant.
«La mise en œuvre de la gestion intégrée
de l'eau par bassin versant constitue un engagement majeur de la Politique
nationale de l'eau adoptée à l'automne 2002, et vise en premier lieu la
réforme de la gouvernance de l'eau. Cette forme de gestion tient compte des
enjeux tant locaux que régionaux et elle a pour fondement une approche
écosystémique de la gestion des eaux basée sur les bassins versants. Elle
permet de mieux comprendre et d'expliquer les problèmes liés à la quantité et à
la qualité de l'eau et des écosystèmes aquatiques, puis de trouver des
solutions...» Ça, ce n'est pas le fun, quand ils m'envoient plein de messages.
On va les enlever. «Elle permet de mieux comprendre, donc, et d'expliquer les
problèmes liés à la quantité et à la qualité de l'eau et des écosystèmes
aquatiques, puis de trouver des solutions s'inscrivant dans une perspective de
développement durable.
«Cette approche permet également de mieux
établir les priorités d'action en tenant compte des impacts cumulatifs de la
zone aquatique.»
Donc, quand ils ont mis en place les zones
de gestion d'eau au Québec, c'était pour identifier <également...
M. Laniel (Jean-Pierre) :
...quand
ils ont mis en place les zones de gestion d'eau au Québec, c'était pour
identifier >également les organismes de bassins versants qui recevaient
le mandat, donc de faire un plan directeur de l'eau et tout ce qui était
implicite dans la loi sur l'eau. C'est la meilleure... Je suis rendu là.
Mme Dufour : Oui, bien,
je l'ai lu, ce que... Ce qu'on vient de lire, je l'ai lu sur le site, là, juste
avant, et à nulle part on parle qu'une gestion intégrée de l'eau peut aller...
peut inclure plusieurs bassins versants. Quand on le lit, on semble... ça
semble être équivalent, finalement. La gestion intégrée de l'eau est par bassin
versant, c'est ce qui est écrit, «par bassin versant», un bassin versant.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Au
tout début, c'est écrit qu'il y a plusieurs échelles pour des bassins versants.
Ça peut être une rivière, un lac, un exutoire. Donc, quand... Effectivement, le
territoire qui est identifié, c'est pour l'application par les... des plans
directeurs de l'eau, si vous voulez. Mais après ça, le bassin versant, quand
vous dites «le bassin versant», ça peut être une multiplicité de bassins
versants sur ce territoire-là, là.
Mme Dufour : Bien,
j'aimerais le voir, là, mais je ne le lis pas. Je ne sais pas c'est où que
c'est écrit, ça.
M. Laniel (Jean-Pierre) : C'est
écrit au début : «On peut désigner un bassin versant, autant pour une
rivière que pour un lac ou une baie.» Donc là, c'est clair que ces zones-là, ce
n'est pas pour une baie. C'est donc des systèmes de cours d'eau importants,
mais on peut avoir plusieurs bassins versants de plusieurs plus petites
rivières dans ce même grand territoire-là. Donc, l'OBV a comme mandat de faire
un plan directeur de l'eau sur tout ce territoire-là et peut avoir à faire des
éléments plus précis dans certains cas ou plus larges quand ça touche tout le
territoire.
Mme Dufour : OK. Bien,
prenons l'exemple de la zone de gestion intégrée de l'eau Duplessis, elle est
assez complexe, celle-là. Vous pouvez cliquer, là, c'est celle qui est
complètement à droite, là, sur la carte. Là, ici, on voit qu'il y a... Je ne
sais pas si vous êtes rendu, oui?
M. Laniel (Jean-Pierre) : Oui.
Mme Dufour : Il y a
Romaine, il y a Moisie, Natashquan, Petit-Mécatina. Est-ce que ces noms-là que
je viens de nommer... est-ce que ce sont tous des bassins versants distincts?
M. Laniel (Jean-Pierre) : Ce
sont des rivières.
Mme Dufour : Oui, mais
les zones qui sont encerclées autour de la rivière.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Les
zones qui sont encerclées en noir, c'est ce que vous me dites?
Mme Dufour : Oui, exact.
C'est ça.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Comme
la rivière Moisie, là, qui se jette à Sept-Îles, il y a effectivement un grand
bassin versant qui est illustré par une ligne en noir.
Mme Dufour : OK. Ça fait
que cette zone-là inclut, mon Dieu, peut-être une quinzaine de bassins
versants, c'est ce que je comprends, ou même plus.
• (16 h 40) •
M. Laniel (Jean-Pierre) : On
voit toutes les petites lignes à l'intérieur qui sont des rivières, donc des
cours d'eau, puis chaque cours d'eau... il y a un exutoire. Puis, pour chaque
cours d'eau qui a un exutoire, il peut y avoir un bassin versant.
M. Charette : Peut-être
un petit complément d'information et je suis très, très mal placé pour vous
parler de couleurs, je suis daltonien, mais peut-être regarder la légende en
bas.
Mme Dufour : Oui, je l'ai
regardée.
M. Charette : On vient
voir la distinction, justement, sur la zone de gestion et sur... La légende est
certainement éclairante à ce niveau-là.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Il
y a différents niveaux de bassins versants selon le niveau de rivières ou
l'importance de la rivière.
Mme Dufour : Oui, c'est
ça. Mais après ça, ça reste... La question, c'est : Comment ça a été
établi de... ça, cette... Tu sais, tous ces bassins versants là ont été mis
dans une même zone de gestion intégrée de l'eau. Comment ça a été établi? Puis
pourquoi il n'y a rien au nord de ça? On est dans la zone Duplessis. Celle-là,
pourquoi il n'y en a pas au nord?
M. Laniel (Jean-Pierre) : Probablement
parce que c'est un territoire conventionné qui est géré par d'autres... c'est
d'autres organismes que les bassins versants. Donc, on tombe dans le territoire
conventionné avec les Cris, les Naskapis, les Inuits, puis ce n'est pas... ça
ne fonctionne pas par organisme de bassin versant.
Mme Dufour : Mais la loi
sur la conservation des milieux humides et hydriques, avec les compensations,
est-ce... Oups! mon ordi est mort. Est-ce que ça s'applique... Non, il est
mort. Est-ce que ça s'applique à ces territoires-là ou ils sont exclus de cette
loi-là?
M. Charette : Le régime
de compensation des... pour les milieux humides?
Mme Dufour : Oui, oui,
exact.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Le
règlement ne s'applique pas dans ces territoires-là.
Mme Dufour : Ah! il ne
s'applique pas dans ce secteur-là. OK.
M. Laniel (Jean-Pierre) :
Pas le règlement.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur...
Mme Dufour : Bien, je
vais <encore...
Le Président (M. St-Louis) :
...Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur...
Mme Dufour :
Bien,
je vais >encore attendre la réponse sur d'où vient... comment ça a été
établi, là, la zone...
Le Président (M. St-Louis) :
À ce moment-là, pour le bon fonctionnement...
Mme Dufour : On suspend?
Le Président (M. St-Louis) :
...de la commission, est-ce qu'il est possible de...
Mme Dufour : De
suspendre.
Le Président (M. St-Louis) :
Bien, suspendre puis voir peut-être... Suspendre l'article.
Mme Dufour : Pas
suspendre. Suspendre l'article, là, c'est ça que je voulais dire.
Le Président (M. St-Louis) :
Oui, c'est ça.
M. Charette : ...a été
répondue, l'historique a été fait, les dates importantes où ça a été mis en
place ont été mentionnées, le découpage aussi, avec la légende. On a le même
tableau, là, sous les yeux, avec... le découpage est assez bien établi. On a
fait le parallèle avec les organismes de bassins versants. On a dit que ça ne
touchait pas les zones plus au nord qui sont conventionnées. Donc, si on n'y a
pas répondu, juste préciser la question pour qu'on puisse...
Mme Dufour : Oui, bien,
la question que... j'ai peut-être mal saisi, là, mais : Comment ça a été
établi? Pas juste quand, mais comment ça a été établi, chacune des zones de
gestion intégrée de l'eau, tu sais? Qui l'a fait, ça émane du ministère, et
comment ça a été établi, sur quelles bases?
M. Charette : Tout à
l'heure, on parlait de 2009. Donc, je confirme effectivement que les limites de
ces zones-là ont été établies en 2009 sur la base de certains critères, entre
autres, la conservation des acquis, les initiatives de concertation déjà en place,
donc comment le milieu s'était mobilisé, les limites hydrographiques et
administratives, donc il y a de l'administratif aussi pour une certaine
cohérence, les superficies minimales, les densités de population, les
similitudes au niveau de l'occupation du territoire.
Donc, ce n'est pas un découpage qui n'est
que géographique. Il y a d'autres éléments qui ont été pris en compte pour
tracer. Bassin versant, c'est géographique, on peut le géolocaliser de façon
très, très logique. Là il y a d'autres critères, davantage, oui, géographiques,
mais davantage la répartition de la population, comment la concertation s'était
formée dans ces secteurs-là. Donc, il y a d'autres critères, là, plus... sans
dire «subjectifs», mais qui sont moins liés au patrimoine naturel lui-même.
Mme Dufour : Oui.
Pourquoi je posais la question tantôt? C'est parce que j'avais en tête ceux qui
vont avoir à répondre à ça et à la... à cet ajout-là. Je ne sais pas si c'est
mentionné ailleurs dans cette loi, le concept de zone de gestion intégrée de
l'eau, mais il y a des groupes qui semblent penser que non, parce qu'ils
trouvaient le concept flou et pas clair.
Là, ici, on dit : C'est le ministre
qui établit les limites de différentes unités hydrographiques, OK? On parle
d'unités hydrographiques, notamment celles de bassins versants, sous-bassins-versants
ou tout regroupement de ceux-ci, dont les zones de gestion intégrée de l'eau.
Alors, les unités hydrographiques d'une zone de gestion intégrée de l'eau, ça
ressemblerait à quoi?
M. Charette : ...compléter
pour l'autre aspect, les gens du ministère, là, pourront regarder pour l'aspect
unité géographique en particulier, mais on revient à ce que je mentionnais, là.
Pour établir les zones de gestion intégrée de l'eau, il y a bien d'autres
éléments que le cours d'eau ou les cours d'eau eux-mêmes, là. Si une
mobilisation s'était formée à l'époque autour de tel bassin ou telle région, ça
a permis de déterminer le découpage. Et ce ne sont pas des découpages qui sont...
ils sont stables dans le temps, oui, mais ça ne veut pas dire qu'ils ne sont
pas appelés à changer. Il y a eu des changements, au niveau des OBV, au fil du
temps. On a ajouté et reconnu, au fil du temps, davantage de ces
organisations-là. Donc, ça pourrait influencer le découpage, ultimement, là,
des unités de gestion.
Puis, ça, c'est pour le volet pour lequel
j'avais une réponse, mais pour... Là, vous souhaitiez avoir des précisions sur
les unités...
Mme Dufour : Hydrographiques.
Qu'est-ce qu'une unité hydrographique dans une zone de gestion intégrée de
l'eau?
M. Charette : Parfait. C'est
là où le ministère, là, pourra peut-être compléter.
Des voix : ...
M. Charette : Si je n'ai
pas de réponse immédiate, on <peut...
M. Charette :
...compléter.
Des voix :
...
M. Charette :
Si
je n'ai pas de réponse immédiate, on >peut peut-être suspendre.
Le Président (M. St-Louis) :
Suspendre?
M. Charette : Ou passer
à une autre... Est-ce que vous souhaitez suspendre, le temps de trouver la
réponse, ou vous avez d'autres questions en banque?
Mme Dufour : Oui, bien,
je vais peut-être en profiter pour une autre question. C'est qu'en fait, quand
on regarde justement l'analyse d'impact réglementaire plus loin, là, on va
venir... je pense que c'est l'article 28, c'est ça, dans... que, là, on va
modifier l'article 15.9 — c'est très compliqué pour ceux qui
nous suivent — de la loi sur l'eau. On vient de dire qu'on remplace
le terme «bassin versant» par «zone de gestion intégrée de l'eau» pour une plus
grande précision quant au niveau de bassins versants visés. Ça fait que vous
comprenez qu'il y a, comme, une certaine confusion des termes ici. Les
groupes... Il y a des groupes qui sont confus. Je le suis aussi.
Puis là, surtout ici, on fait référence à
une «unité hydrographique» en plus. Ça fait que, là, tu sais, je me pose la
question : Est-ce qu'une «unité hydrographique d'une zone intégrée de
gestion de l'eau»... est-ce que ça s'appelle un «bassin versant», finalement?
C'est...
M. Charette : On va
suspendre, juste pour laisser au ministère la possibilité de trouver la
réponse.
Le Président (M. St-Louis) :
La commission va suspendre ses travaux quelques minutes. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 49)
17 h (version révisée)
(Reprise à 17 h 18)
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
la commission reprend ses travaux. Les discussions plus techniques ayant eu
cours hors micro nous seront résumées par Mme Dufour Tremblay. Donc, Mme Dufour
Tremblay, je vous cède la parole.
Mme Dufour Tremblay (Geneviève) :
Oui. Donc, la question, à la base, c'était qu'est-ce qu'une unité
hydrographique dans le cadre des zones de gestion intégrée. Une unité
hydrographique, c'est simplement une unité pour, par exemple, mesurer, là... Un
bassin versant est une unité hydrographique. Un sous bassin versant peut être
une unité hydrographique, une zone de gestion intégrée peut être une unité
hydrographique également. Donc, on peut comparer ça, par exemple, à une unité
territoriale comme une ville ou une MRC par exemple. Et donc l'unité de la zone
de gestion intégrée de l'eau, bien, c'est un regroupement de bassins versants,
donc, d'autres unités hydrographiques, qui permet de faire, par exemple, les
plans directeurs de l'eau par les organismes de bassins versants. Donc, on a
une quarantaine de zones de gestion intégrée de l'eau qui ont chacun leurs
organismes de bassins versants. Puis donc ça permet de faire une gestion des
enjeux de l'eau qui soit intégrée. Voilà.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
je vous remercie. S'il n'y a pas d'autre intervention ni complément d'information,
je procéderais à la mise aux voix de l'article 26. Est-ce que l'article
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
Ce qui nous amène à l'article 27. M. le ministre, la parole est à vous.
• (17 h 20) •
M. Charette : ...Président.
Donc, 27 : L'article 15.8 de cette loi est modifié par la suppression
du troisième alinéa.
Cet article supprime le troisième alinéa
de l'article 15.8 de cette loi, en concordance avec les modifications
proposées à l'article 15.4.41.1 de la Loi sur le ministère du Développement
durable, de l'Environnement et des Parcs, par l'article 72 du projet de
loi.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions?
Mme Dufour : Peut-être
comprendre ce qu'on enlève, parce qu'on enlève quand même tout un paragraphe,
là, à l'article 27. Pourquoi on l'enlève? «Un programme prévoit
l'enveloppe budgétaire consacrée aux projets admissibles...», etc.
M. Charette : ...c'est sûr, là,
ça nous amène à plus loin dans le... dans le texte. Donc, à l'article 72,
on vient reprendre ces éléments-là.
Mme Dufour : OK. Bien, comme 72,
il y a énormément de commentaires, est-ce qu'on suspend, à ce moment-là, le 27,
on fait le débat au 72?
M. Charette : On peut
suspendre et revenir au moment du 72, sans problème. Et quand la collègue dit
«énormément de commentaires», au niveau du cahier de présentation du projet de
loi, ou suite à la consultation?
Mme Dufour : Non, non, les
commentaires des groupes.
M. Charette : Parfait.
Parfait. On peut suspendre dans ce cas-là sans problème pour aborder la
question de front, là.
Mme Dufour : Excellent.
Le Président (M. St-Louis) : À
ce moment-là, j'aurais besoin du consentement de la commission pour suspendre l'article 27.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Consentement.
Donc, ce qui nous amène à l'article suivant, à l'article 28.
M. Charette : Et on va
vraisemblablement arriver à la même conclusion pour le 28, parce qu'on est dans
une situation semblable : L'article 15.9 de cette loi est modifié,
dans le premier alinéa :
1° par la suppression du <paragraphe...
M. Charette :
...situation
semblable : L'article 15.9 de cette loi est modifié, dans le premier
alinéa :
1° par la suppression du >paragraphe
1°;
2° par le remplacement, dans le paragraphe
2°, de «d'un bassin versant» par «de la zone de gestion intégrée de l'eau»;
3° par l'insertion, dans le paragraphe 3°
et après «évalués», de «notamment».
Et le commentaire : Cet article
supprime le paragraphe 1° du premier alinéa de l'article 15.9 de cette loi
afin de retirer la restriction géographique qui y est prévue en tant que
critère obligatoire d'admissibilité des projets de restauration et de création
de milieux humides et hydriques.
Cette modification est apportée en
concordance avec les modifications proposées à l'article 15.4.41.1 de la
Loi sur le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs
par l'article 72 du projet de loi.
De plus, il modifie le paragraphe 2° du
premier alinéa en lien avec la modification apportée à l'article 13.2 de
la Loi sur la qualité de l'environnement par l'article 26 du projet de
loi. Elle vise le remplacement de l'échelle de bassin versant par celle de la
zone de gestion intégrée de l'eau concernée dans le critère obligatoire
d'admissibilité des projets de restauration ou de création de milieux humides
et hydriques relatifs à l'obligation de maintien des superficies et des
fonctions de ces milieux.
Enfin, il modifie le paragraphe 3° du
premier alinéa pour clarifier que, pour être admissibles, les projets soumis
dans le cadre du programme peuvent être évalués en fonction de facteurs
d'équivalence par rapport aux types de milieux humides et hydriques détruits ou
perturbés, mais également en fonction d'autres facteurs.
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous remercie, M. le ministre. Oui. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce,
vous... Allez-y.
Mme McGraw : Oui, merci... Merci,
M. le Président. Alors, on a des groupes qui sont... qui sont venus, qui ont
déposé des mémoires, certains qui sont venus nous voir en consultations
particulières, qui ont des préoccupations suite à le retrait, effectivement, du
numéro 1°, le 15.9, numéro 1°. Entre autres, il y a le centre québécois de
droit en environnement qui se préoccupe puis ils disent que le 1° paragraphe
n'est plus compatible avec l'article 163 qui prévoit la redirection des
sommes portées à ce jour au fonds à 85 %, des contributions financières
perçues sont prioritairement affectées à des projets réalisés dans le
territoire de cette même municipalité régionale de comté ou dans un territoire
de la zone de gestion intégrée de l'eau concernée. Alors, est-ce qu'on peut
avoir des explications sur la compatibilité avec l'article 163?
M. Charette : Comme je le
mentionnais, pour ce qui est de l'article précédent, on avait suspendu, étant
donné que la question va être abordée à l'article 72. C'est aussi le cas
avec cet article-ci. Donc, des précisions, là, qui seront discutées un petit
peu plus loin. Donc, c'est libre aux collègues. C'est peut-être préférable de
faire non pas le débat, mais l'échange au même moment, parce que la réponse est
à l'article 72 pour l'essentiel.
Mme McGraw : Mais, en
attendant cet échange, on le met en suspens? Parce qu'il y a des fortes
préoccupations aussi du Conseil mohawk à Kahnawake aussi. Ils ont des
objections.
M. Charette : En fait, c'est
la proposition que je faisais, d'emblée. L'article 27, on l'a suspendu,
étant donné qu'il référait à l'article 72. Mais, encore là, c'est avec le
consentement des collègues, on pourrait faire la même chose avec le 28, étant
donné que les deux aspects seront traités à l'article 72. Donc, si ça vous
va, on peut... on peut procéder ainsi.
Mme McGraw : Pour nous, ça
marche.
Le Président (M. St-Louis) : ...consentement
de la commission pour suspendre l'article 28?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Consentement.
Donc, nous allons continuer l'étude de l'article. Oui?
Mme Dufour : Non, avant qu'on
passe à l'article 29, M. le Président, j'ai besoin qu'on... Je ne sais
pas, en fait, comment le... comment le faire. Soit qu'on dépose un amendement.
Il y a... Il y a un échange qu'on aimerait avoir sur une modification qui a été
proposée par la Fédération québécoise des municipalités, qui mentionne que...
en fait, ils disent que, tu sais, dans le fond, le... c'est supposé, là, la loi
affirmant le caractère collectif des ressources en eau prévoit donc la
possibilité pour le ministre, par entente, de déléguer à une MRC la gestion de
tout ou partie du programme. Et ils nous disent : Malheureusement, cette
délégation s'est avérée difficile, voire impossible, puisque les articles ont
été <rédigés...
Mme Dufour :
...cette
délégation s'est avérée difficile, voire impossible, puisque les articles ont
été >rédigés de façon à prévoir la délégation de la gestion du programme
plutôt que des sommes disponibles au fonds.»
Ça fait qu'il y a comme... Semble-t-il
qu'il y a eu... puis peut-être que vous pouvez nous éclairer, là, mais
semble-t-il qu'il y a eu des tentatives de déléguer la gestion du programme
mais que ça a été difficile. Puis ça, je voudrais, un, le valider,
malheureusement, nous, on n'a pas eu d'échange là-dessus avec la FQM, mais, de
deux... Nous, en tout cas, on aimerait proposer peut-être quelque chose qui
permettrait de corriger cette situation-là.
M. Charette : ...pertinente,
mais aussi on est à l'article 72.
Le Président (M. St-Louis) : ...
M. Charette : Ah! pardon.
Le Président (M. St-Louis) : ...
M. Provençal : C'est parce
que c'est juste une question de bien comprendre ce que... là où vous voulez en
arriver.
Mme Dufour : Oui.
M. Provençal : Un amendement,
je suis d'accord avec vous, quand on est en train de traiter un article, mais
là on a suspendu l'article. Alors, si c'est pour introduire un nouvel article,
je peux comprendre, mais, si c'est un amendement à l'article...
Mme Dufour : En fait, c'est
un amendement qui introduirait un nouvel article, effectivement.
M. Provençal : OK. Vous
comprenez que... le sens de ma question?
Mme Dufour : Oui, oui, tout à
fait. Mais la question est excellente, là, M. le député. On est
effectivement... C'est parce qu'on est en... on était à l'article 28 en
train de traiter de... là, c'est mêlant, là, pour le monde qui nous écoute,
mais de l'article 15.9 de la loi sur... mon Dieu, comment... affirmant le
caractère collectif des ressources en eau. Là, si on passe à l'article 29,
on sort, on s'en va dans une autre loi. Ça fait que moi, je veux m'assurer que,
si on laisse ça de côté puis on revient plus tard... que je vais pouvoir
l'introduire, parce qu'il est après le 28. Il est comme entre 28 puis 29, là.
M. Provençal : Mais qui
devient une continuité de l'article...
Mme Dufour : Bien non, pas
tout à fait.
M. Provençal : Qui n'est pas
tout à fait...
Mme Dufour : Pas tout à fait.
Ça vient...
M. Provençal : Moi, je voussuggère de le déposer, puis le président puis la secrétaire vont juger.
Mme Dufour : Parce que ce que
j'ai peur, c'est que, tu sais, normalement, c'est ça, là, c'est que, là, le 28,
lui, il va s'arrêter à 15.9, alors que nous, on est à 15.11 et 15.12 de la même
loi.
M. Provençal : Oui, oui, je
comprends.
Mme Dufour : Ça fait que je
veux juste m'assurer qu'on le fait au bon moment.
M. Charette : Et je suis
d'accord avec la collègue...
Le Président (M. St-Louis) :
...pour voir...
M. Charette : Bien, peut-être
même à micros ouverts pour une partie de l'explication.
Le Président (M. St-Louis) : OK.
M. Charette : Je comprends
que, pour les gens qui nous écoutent, c'est très, très complexe, mais c'est un
projet de loi qui touche et qui modifie plusieurs lois, dont la façon... la
façon dont il est monté, c'est par loi affectée. Là, pour les... le bloc
actuel, on est dans la loi sur... affirmant le caractère collectif de l'eau.
Les articles qui répondent aux questions de la collègue, questions très, très
pertinentes, article 72 notamment, on sera davantage dans une autre loi,
qui est la Loi sur le ministère du Développement durable et de l'Environnement
et des Parcs. C'est la raison pour laquelle la séquence par moments peut être
complexe à suivre, mais il y a une logique derrière ça. Donc, si
l'amendement de la collègue était sur ce que l'on souhaite faire ou quelle est
la possibilité de faire avec les sommes recueillies, c'est préférable d'y aller
dans la foulée du 72 à ce moment-ci, et après on reviendra justement aux
articles... Là, on a suspendu 27 et possiblement 28. Donc, la possibilité, là,
d'aborder ces questions-là, elle n'est pas perdue, au contraire, mais on le ferait
avec l'éclairage du 72 notamment.
• (17 h 30) •
Mme Dufour : ...est dans
quelle loi?
M. Charette : Le 72, il est
dans la Loi sur le ministère du Développement durable, de l'Environnement et
des Parcs.
Mme Dufour : Oui, mais ce
n'est pas... mais ce n'est pas cette loi-là, moi, que je...
M. Charette : Non,je
sais, mais c'est davantage, probablement, dans la loi sur laquelle on travaille
présentement, c'est la...
Mme Dufour : C'est vraiment
la loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau.
M. Charette : Exact.Mais
on revient à ces articles... Lorsqu'on aura traité 72, on revient au début de
la loi sur...
Mme Dufour : Bien, on y
revient, mais on finit... on va finir à 28. Ça fait que c'est que c'est
juste... je veux juste ne pas perdre, tu sais, la possibilité de le modifier.
M. Charette : 28...
Mme Dufour : 28, c'est :
on est à 15.9 de la loi.
M. Charette : Non, exact.
Mais 27 et 28 n'auront pas été adoptés lorsqu'on va traiter 72. Donc, on va
revenir à 27 et 28. Mais, en même temps, je dis ça, mais je n'ai pas vu
l'amendement de la collègue, mais, à mon sens, si les explications du 72 sont
utiles pour adopter le 27 et 28, elles sont possiblement utiles pour
l'amendement que la collègue est en train d'élaborer. Mais, en même temps, rien
ne vous empêche de le déposer maintenant, là, mais, ne l'ayant pas vu, c'est
difficile de savoir...
Le Président (M. St-Louis) :
...rien qui empêche que vous puissiez y revenir plus tard, là.
Mme Dufour : OK. Bon, bien,
si j'ai cette assurance-là, si on est tous en micro...
Le Président (M. St-Louis) :
Oui, je vous le...
M. Charette : Oui, oui. Bien,
on l'a fait ce matin d'ailleurs.
Mme Dufour : ...on pourra,
effectivement, à ce moment-là, le déposer quand on aura... on sera rendus à
revenir à l'article 28.
M. Charette : Et, si, après
coup... Et je ne présume de rien. Et, si, après coup, vous constatez que Ah
non! il aurait fallu l'adopter dans un autre article déjà adopté, on peut faire
comme ce matin, c'est-à-dire réouvrir un article adopté pour s'assurer, là, que
l'emplacement soit le bon, là, pour aborder...
17 h 30 (version révisée)
M. Charette : ...réouvrir un
article adopté pour... pour s'assurer, là, que l'emplacement soit le bon, là,
pour... pour aborder la question. Ça ne veut pas dire que l'amendement va être
adopté, mais on aura la possibilité d'en discuter.
Mme Dufour : Parfait. Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Parfait.
Mme Dufour : Alors, je
comprends qu'on va revenir là-dessus.
Le Président (M. St-Louis) : Excellent.
Donc, nous poursuivons avec l'article 29, c'est bien ça?
Mme Dufour : Oui. Mais là,
juste pour faire simple, encore une fois, moi, j'avais proposé au ministre qu'on
suspende les articles 29 à 35. Et la raison, M. le Président, c'est que...
c'est... c'est une certaine concordance qui est liée à l'article...
Une voix : ...
Mme Dufour : ...149, voilà.
Alors, le débat devra se faire à l'article 149, et on devra ensuite
revenir aux articles 29 à 35, s'il y a, évidemment, consentement de la
partie ministérielle. Sinon, on va faire le débat tout de suite à l'article 29.
C'est mêlant, hein?
Le Président (M. St-Louis) : Non,
non, ça va. Il y a des gens qui prennent des notes.
M. Charette : ...mentionné
hors micro, moi, la logique me va. Cependant, là, on parle du 29, mais on
pourrait... je ne sais pas si, pour... pour le secrétariat, s'il faut y aller
article par article, mais sinon on peut d'un bloc suspendre jusqu'à 35 ou y
aller, par consentement, article par article, là. C'est à vous de nous indiquer
la procédure à suivre.
Le Président (M. St-Louis) : Généralement,
par consentement, tout est possible. Donc, un bloc de 29 à 35, si nous avons
consentement de la commission, nous allons suspendre ces articles-là.
M. Charette : Parfait. On peut
procéder de cette façon-là.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
que vous avez consentement?
Une voix : ...
M. Charette : Oui, oui, tout
à fait. Non, c'est... c'est le...
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Consentement.
Donc, nous avons consentement. Nous allons donc poursuivre...
M. Charette : Et là on serait
à 36.
Le Président (M. St-Louis) : ...à
l'article 36.
M. Charette : Parfait. Merci,
M. le Président. Donc là, nous sommes sur la loi... on change de loi de nouveau,
Loi sur la conservation du patrimoine naturel. Donc :
L'article 13.1 de la Loi sur la
conservation du patrimoine naturel est modifié par l'ajout, à la fin, de
l'alinéa suivant :
«Le gouvernement peut, par règlement,
déterminer :
«1° qu'une activité peut, malgré le
premier alinéa, être réalisée sans autorisation du ministre;
«2° que la réalisation d'une activité est
interdite dans un tel milieu.»
Le commentaire : Cet article modifie
l'article 13.1 de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel afin d'accorder
un pouvoir réglementaire au gouvernement lui permettant de déterminer que la
réalisation de certaines activités dans un milieu naturel désigné en vertu de l'article 13
de cette loi est exemptée de l'obligation d'obtenir une autorisation du
ministre ou que cette activité est interdite dans ce type de milieu.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée, la parole
est à vous.
Mme Dufour : Oui. Évidemment,
je dois souligner le mémoire de l'Assemblée des Premières Nations
Québec-Labrador, qui nous soulignait que les Premières Nations doivent être
impliquées dans le processus décisionnel. Ils souhaiteraient que ce soit ajouté
au libellé de l'article, donc que, pour exempter toute activité... qu'elles
soient impliquées dans le processus décisionnel.
M. Charette : ...si on
regarde, là, l'application de cet... de ces articles-ci, tout... tout peut
faire l'objet d'exemptions.
Une voix : ...
M. Charette : En fait, non, c'est
l'inverse, tout peut être autorisé. Et c'est là où la notion, là, importante,
là, «le gouvernement peut, par règlement, déterminer»... Donc là, on vient dire
que, non, il y a des restrictions, là, qui seront... qui seront possibles par
règlement, que ce soit une activité... Bref, c'est ce que vient dire le 1° et
le 2°, là, à ce moment-ci.
Mme Dufour : Je m'excuse...
M. Charette : Ah! d'accord. Je
peux répéter en partie. C'est ce que vient dire la proposition, c'est qu'on pourra
interdire des activités qui ne seront jamais compatibles, ce qui n'est pas le
cas actuellement, là, avec... avec l'interprétation actuelle de la loi.
Mme Dufour : Mais semble-t-il
que ce... que le groupe que je vous ai dit, eux autres voudraient... Bien, en
fait, oui, vous avez raison, on vient interdire, mais il y a aussi que la... attendez, «qu'une activité peut, malgré le
premier alinéa, être réalisée sans <autorisation...
Mme Dufour :
...il
y a aussi que la... attendez, «qu'une activité peut, malgré le premier alinéa,
être réalisée sans >autorisation du ministre». Donc, il n'y a pas juste...
il n'y a pas juste l'interdiction, là, on permet aussi, là, des activités.
M. Charette : ...ce sont des
impacts... des activités, là, avec des impacts nuls, sinon faibles impacts, les
exemples qui sont donnés, que ce soient des activités récréatives, éducatives
ou scientifiques, donc c'est des activités qui n'ont pas ou sinon peu d'impacts,
là, sur le milieu lui-même. Donc, on ne vient pas tout interdire et on... tout
ne nécessite pas des autorisations lorsque, justement, les activités, là, sont
à impacts faibles, sinon nuls.
Mme Dufour : Mais est-ce
qu'on peut avoir une idée de qu'est-ce qu'on entend comme... comme activités?
M. Charette : Oui. Le... Les
exemples que je vous donnais, là, semblent les plus évocateurs, des activités
éducatives, des activités scientifiques dans un milieu, on parle de certaines
activités récréatives aussi. Donc, ce n'est pas un impact, là, qui est... qui
est réel, là, sur l'environnement.
Mme Dufour : Une activité
éducative, dans un milieu naturel désigné, doit être... normalement, en tout
cas, devrait être autorisée par un... par le ministre, mais, en ayant cette
possibilité-là, puis là ce serait par règlement, elle pourrait se faire sans
l'autorisation.
M. Charette : Exact.
Mme Dufour : Il y a des
groupes qui ont quand même une inquiétude et se demandent même si ça ne
pourrait pas amener un fractionnement des projets. Je ne sais pas exactement à
quoi on faisait référence. Donc, il y a... il y a vraiment une inquiétude, là.
Puis, c'est ça, c'était... l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador
avait l'inquiétude que ce ne soit pas assez balisé, puis ils voudraient être
sûrs, là, qu'on limite la portée trop large du pouvoir discrétionnaire du
ministre. Ça, je ne sais pas comment on peut le faire dans le projet de loi.
Mais c'est sûr que, quand c'est précisé dans un projet de loi, ça limite le
pouvoir discrétionnaire. Mais leur... Mais ils soulignent aussi que les
interdictions ne doivent pas avoir pour effet de nuire à l'exercice des droits
des Premières Nations sur leurs territoires. Alors, je pense, c'est pour ça
aussi qu'ils avaient cette inquiétude-là d'être consultés avant d'adopter un
tel règlement.
M. Charette : Exact. Et ça,
c'est un engagement qui a pu être pris auprès des différentes... en fait, des
différents regroupements. Il y aura une consultation spécifique pour les
communautés autochtones, pour la réglementation à être développée, parce
qu'effectivement une activité qui pourrait ne pas être permise pour l'ensemble
de la population pourrait être protégée comme droit, droit ancestral, là, pour
les autochtones. Donc, ils ont cette crainte-là, que je peux comprendre. En
fait, ils veulent s'assurer que ce soit toujours le cas. Donc, il y a une
consultation spécifique qui sera menée, là, auprès des communautés autochtones
sur la réglementation à être adoptée éventuellement.
• (17 h 40) •
Mme Dufour : Quand... Quand
on dit une consultation spécifique, là, on parle de quoi exactement?
M. Charette : Là, à partir du
moment... On le mentionnait tout à l'heure, on faisait un petit peu la séquence
lorsqu'on adopte un... ou on propose un projet de règlement, il y a des
consultations publiques générales, mais l'engagement qui a été pris, c'est :
oui, il va y avoir cette consultation publique qui sera offerte, mais on se
promet d'en faire une spécifiquement avec les communautés autochtones aussi,
pour qu'elles puissent, de façon plus spécifique, aborder leurs réalités et
leurs préoccupations.
Mme Dufour : OK. Merci.
Mme McGraw : Oui. Donc...
Le Président (M. St-Louis) : Allez-y,
Mme la députée.
Mme McGraw : Merci. Alors,
juste pour enchaîner sur ma collègue, elle a cité le mémoire de l'Assemblée des
Premières Nations Québec-Labrador, que... je ne sais pas si la réponse du
ministre va leur rassurer. Ils... Je vais souligner leur... dans leur mémoire,
leur recommandation, ce serait d'ajouter au libellé de l'article pour... que, «pour
exempter toute activité, les Premières Nations doivent être impliquées dans le
processus décisionnel».
Dans le mémoire du Conseil mohawk de
Kahnawake... c'est en anglais, mais ils disent, effectivement, qu'ils sont
opposés à tout amendement qui permet l'adoption de règlements qui leur enlèvent...
je fais la traduction live, qui leur enlèvent... effectivement, de contourner, de... ou de détourner, avec les
approbations du ministre ou du ministère, des <activités...
Mme McGraw :
...de
contourner, de... ou de détourner, avec les approbations du ministre ou du
ministère, des >activités dans des... ils disent «natural settings», des
environnements naturels qui ont été établis par le Natural Heritage
Conservation Act. Il faudrait que... En tout cas, ils ont...
Donc, ça, c'est la nation mohawk et, évidemment,
les Premières Nations, Labrador-Québec. Donc, je ne sais pas, est-ce que le
ministre pourrait peut-être élaborer? Parce que, oui, je pense que ça pourrait
les...
M. Charette : ...avec...
avec une formulation différente. Le projet de loi ne vise pas à retirer des
droits ancestraux reconnus. Un, on n'en aurait pas la possibilité. Et, deux, ce
n'est pas non plus... ce n'est pas l'intention. Donc, on ne retire pas de
droits ancestraux reconnus. Cependant, il y a une réglementation qui devra être
développée, oui, et on s'est engagés à les consulter de façon spécifique, et
non pas uniquement à travers la consultation générale, là, qui sera offerte à
tout... tout groupe intéressé. Donc, cette consultation-là leur permettra
d'exposer, avec encore plus d'acuité, là, leurs souhaits pour ce qui est de
l'article en question et de la réglementation à venir.
Mme McGraw : Est-ce que
le ministre... Donc, est-ce que le ministre serait prêt... Là, je... Donc, la
recommandation d'ajouter au libellé de l'article que toute exemption... pour
exempter une activité, les Premières Nations doivent être impliquées dans le
processus, si je comprends bien, le ministre, il dit que c'est déjà le cas et
ce n'est pas l'intention d'enlever ce pouvoir décisionnel ou cette implication
décisionnelle de la part des Premières Nations, ce n'est pas l'intention?
M. Charette : Bien, deux
choses. On ne peut pas enlever des droits à travers ce projet de loi là, mais
on ne peut pas non plus s'engager à donner suite à de nouveaux... à des
revendications pour de nouveaux droits. Ça, c'est établi suite aux
consultations, c'est établi suite aux ententes. Donc, on ne peut pas en
enlever, mais on ne peut pas en ajouter non plus à travers l'étude, là, de
l'actuel projet de loi.
Mme McGraw : Est-ce
qu'il y a moyen de mieux les baliser, que toutes... dans l'encadrement des
activités interdites dans les milieux naturels désignés par un plan, que ça
soit mieux balisé? Là, c'est ça, ils soulignent, justement, que la portée... ils
s'inquiètent, effectivement, de la portée trop large du pouvoir discrétionnaire
du ministre.
M. Charette : Je ne
pourrais pas, à travers un amendement, baliser des revendications actuelles ou
à venir. C'est là où je dis : C'est beaucoup les consultations spécifiques
qui vont permettre, là, de trouver une façon, là, de communiquer les
préoccupations de part et d'autre. Mais la meilleure façon de résumer ça :
on n'éteint pas de droit avec l'actuel projet de loi là... de loi, mais on ne
crée pas non plus de nouveaux droits pour les... pour les autochtones, là.
Donc, on pourra, lorsqu'un règlement sera présenté, tenir une consultation
spécifique avec eux, là, pour voir dans quelle mesure ça répond à leur
préoccupation ou à leur souhait.
Mme McGraw : Donc, si je
comprends bien, l'intention du projet de loi, ce n'est pas d'atteindre ou de
nuire aux droits des Premières Nations ni dans l'intention mais ni dans
l'impact. Alors, si l'impact...
M. Charette : Aux droits...
Aux droits reconnus.
Mme McGraw : Les droits
reconnus, acquis.
M. Charette : Et je fais
la distinction parce que, naturellement, il y a des revendications qui sont
variables d'une communauté à l'autre. Donc, on ne reconnaît pas de nouveaux
droits dans le projet de loi. Mais les droits qui sont reconnus ne sont pas...
ne sont pas affectés, là, par l'actuel projet de loi.
Mme McGraw : Donc, ni
dans l'intention ni dans l'impact. Parce qu'il y a les intentions puis il y a
les impacts dans la vraie vie.
M. Charette : Et... Non,
effectivement, mais nulle part on voit dans... dans le projet de loi qu'on
enlève un droit, et la réglementation n'a pas le... Pour modifier un droit, là,
en termes légaux, pour modifier un droit qui est inscrit dans une loi, il
faudrait une modification législative. Et là il n'y a rien dans le projet de
loi actuel, là, qui modifie quelque... quelque droit reconnu dans... dans une
loi qui serait en application présentement.
Mme McGraw : Je pense
qu'il y avait des préoccupations au niveau des exemptions dans les travaux
préalables. Bien, on va y revenir. Merci.
M. Charette : Et il y a des
communications d'ailleurs... pour l'actuel projet de loi, il y a eu plusieurs <échanges...
M. Charette : ...Et il y a
des communications d'ailleurs... pour l'actuel projet de loi, il y a eu
plusieurs >échanges avec... avec les communautés autochtones à travers
leurs différentes associations, mais le canal de communication, là, est ouvert
à ce niveau-là.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Merci, Mme la députée. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Je vous amène maintenant à un autre mémoire, celui d'Équiterre, à la
page 29. Ils ont toute une critique, là, générale de l'esprit, là, sur la
conservation du patrimoine naturel, mais il y a un paragraphe en particulier
que je veux juste qu'on lise ensemble. C'est le suivant :
«Équiterre juge que la modification
proposée à l'article 13.1 de la loi sur la conservation du patrimoine,
stipulée à l'article 36 du projet de loi n° 81,
ouvre la porte à une multiplication effrénée de travaux d'envergure et
d'activités dommageables sur nos écosystèmes. La possibilité, maintenant
proposée par le gouvernement, que de pouvoir contourner l'obligation d'obtenir
une autorisation de la part du ministre de l'Environnement pour permettre une
activité dans un milieu naturel pose problème. Cette modalité a pour effet de
réduire le poids du ministre de l'Environnement au sein du Conseil des
ministres. Le cabinet pourrait désormais approuver des projets d'envergure
polluants ayant des répercussions non négligeables sur nos écosystèmes selon la
définition qu'il aura approuvée de ce qui est nécessaire pour assurer la
transition énergétique.»
Ils concluent en disant, bien sûr, qu'ils
sont opposés au rajout des deux... des trois éléments de 13.1.
Est-ce que le ministre a quelque chose à
répondre à Équiterre?
M. Charette : Oui. Et on a eu
la même... c'est-à-dire, la même lecture à travers les différents mémoires déposés,
mais je pense que c'est assez facile de les rassurer.
Actuellement, il peut y avoir une demande,
dans... dans les milieux évoqués, d'une autorisation pour une mine, en quelque
sorte, donc un impact majeur, c'est possible actuellement dans... dans la loi
telle qu'elle est pensée. Nous, ce que l'on propose, c'est qu'il y a des
interdictions formelles qui pourront être développées à travers la
réglementation, baliser ce qui n'est pas du tout possible, alors qu'aujourd'hui
c'est possible, il n'y a rien qui l'empêcherait aujourd'hui.
Mais ce que l'on vise davantage, qui ne
nécessiterait pas, là, d'autorisation, c'est ce que je mentionnais tout à
l'heure, des activités à faible impact. Si on parle, par exemple, d'activités
récréatives, dans... dans les infos, là, que je reçois, on parle de baignade
ou... c'est des activités humaines, oui, mais sans conséquence sur le milieu
concerné, certainement pas pour un projet majeur, ou un projet, là, minier, ou
autre, là. C'est des interdictions qui seront précisées et des éléments, là, à
faible ou à impact nul qui, eux, ne nécessiteront pas d'autorisation
ministérielle.
• (17 h 50) •
M. Leduc : Mais vous me dites
ça, M. le ministre, en faisant référence à un règlement à écrire dans le futur.
M. Charette : Bien, c'est
déjà le cas... Bien, c'est-à-dire, c'est déjà... Actuellement, là, il n'y en a
pas, d'interdiction formelle. Actuellement, même dans un milieu, là, d'intérêt,
on pourrait avoir un projet qui serait accepté. Là, dans le règlement, on va
dire : Pour tel... Pour tel élément, là, que l'on souhaite préserver, du
patrimoine naturel, on ne permettra pas telle ou telle activité. Donc, si on
doit parler de resserrements versus assouplissements, ça, c'est davantage dans
la catégorie des resserrements que des assouplissements, parce que les balises qui
seront... qui seront mises en place vont permettre un encadrement plus... plus
strict qu'actuellement.
M. Leduc : Sauf qu'on doit en
quelque sorte vous donner le bon Dieu sans confession, parce que vous faites
référence à un règlement, encore une fois, qui est à définir dans le futur. Ça
fait qu'il faut vous donner un peu une carte blanche.
M. Charette : Bien, dans
l'intervalle, sans règlement, c'est les restrictions actuelles qui
s'appliquent. Les règlements vont venir baliser ce qui sera permis, mais les
interdits, s'ils ne sont pas balisés, sont... sont... En fait, il y a moins
d'interdits maintenant qu'il va y en avoir par la suite.
M. Leduc : Je comprends.
Est-ce qu'on parle du même règlement que la discussion de tantôt ou c'est un
autre règlement, celui-là?
M. Charette : Pour celui qui
est en 72, à l'article 72? Non.
M. Leduc : Parce que, là,
tantôt, c'étaient les VZE.
M. Charette : Non, non, non,
ce n'est pas les... ce n'est pas le même règlement.
M. Leduc : C'est un autre
règlement aussi à rédiger dans le futur.
M. Charette : Non, exact,
exact. Non, ce n'est pas la même réglementation. En fait, les règlements vont
sans doute... et la plupart du temps... je ne veux pas... je ne veux pas dire
qu'il n'y a pas d'exception, parce que, souvent, il y a des exceptions, là, qui
ne sont pas apparentes, mais généralement les règlements sont en lien avec une
loi en particulier. Là, on est dans une loi différente, là, que la loi qui
était traitée plus tôt, là, sur les normes des véhicules VZE.
M. Leduc : Des VZE. Et là, ce
règlement-ci, est-ce qu'on a la même perspective d'un an et demi ou plus pour <l'adoption...
M. Leduc :
...est-ce
qu'on a la même perspective d'un an et demi ou plus pour >l'adoption?
M. Charette : On n'a pas... Je
n'ai pas de calendrier à préciser. Autant je pouvais vous dire que, pour
l'autre, compte tenu que c'était très, très costaud, ce ne serait
vraisemblablement pas dans le cadre de la présente législation, autant, dans le
cas présent, je n'ai pas de calendrier à vous dire. Est-ce que c'est... c'est
dans la présente législature ou pas, je n'ai pas... je n'ai pas de calendrier à
ce niveau-là.
M. Leduc : Mais, à défaut
d'une date pointue, là, vous avez comme un chantier de travail sur plusieurs
règlements, une...
M. Charette : Lui, il n'est
pas placé actuellement dans...
M. Leduc : Il n'est pas en
haut de la pile?
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, il sera à placer dans la planification. Il ne l'est pas encore
actuellement.
M. Leduc : OK. Parfait.
Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci. Alors,
juste pour enchaîner. Mon collègue a cité le mémoire d'Équiterre. Là, moi,
j'aimerais revenir au mémoire de la SNAP. Je ne sais pas comment le ministre
réagit à leur suggestion de... qui recommande, dans leur recommandation n° 9, que le gouvernement du Québec publie un cadre
réglementaire conforme aux normes de l'IUCN. Et ils expliquent, dans ce sens-là :
«La SNAP-Québec lève un drapeau jaune quant à la reconnaissance des autres
mesures de conservation efficaces, AMCE, fondée sur le statut de milieux
naturels désignés par un plan en raison de l'exigence de l'IUCN que le résultat
pour la conservation perdure à long terme pour tout moyen efficace, juridique
ou autre.» Alors, effectivement, ils se questionnent à savoir si la procédure
permettant le retrait du statut prévu aux articles 18 et 18.1 sur la loi
de la conservation du patrimoine naturel répond à ce critère.
M. Charette : Il y a quelques
années, le temps finit par filer, là, je ne me souviens plus, ça doit faire
trois ou quatre ans, on avait modernisé la loi sur le patrimoine naturel et on
est venus notamment créer des nouvelles catégories d'aires protégées, on
faisait référence aux autres mesures de protection efficaces et, dans le
préambule, on avait mentionné que ça devait être conforme avec les règles de
l'UICN, justement, pour s'assurer, là, que l'on puisse... parce que, si c'est
des territoires à comptabiliser dans les objectifs de protection... je ne dis
pas que ce sont tous les territoires à comptabiliser, mais, lorsqu'il est
question de territoires à comptabiliser, on s'est donné des critères qui sont
reconnus, dont ceux de l'UICN, qui est le standard, en quelque sorte, à
l'échelle... à l'échelle internationale.
Mme McGraw : Et... Mais,
puisque la SNAP, qui connaît bien la matière, recommande justement de... je ne
doute pas qu'ils sont au courant de la situation, donc ils proposent quand même
de... ce cadre réglementaire conforme aux normes du IUCN... l'IUCN, mais
International Union of Conservation of Nature. Donc, est-ce que... est-ce que
ça répond à leur demande? Je ne suis pas certaine.
M. Charette : Je ne peux pas
juger du degré de satisfaction de chacun, mais je me souviens très bien ce
qu'on avait indiqué lorsqu'on avait modernisé la loi sur le patrimoine naturel.
On réitérait justement que, pour comptabiliser un territoire, il fallait se
conformer aux règles mondialement reconnues. Donc, ça, c'était... en fait, ce
n'est pas dans l'actuel projet de loi, mais c'est dans un projet de loi qu'on a
adopté, là, il y a quelques années maintenant. Je pense, c'était le 42, je ne
me souviens plus du numéro, là, mais c'est à la législature précédente... ou
41, je ne me souviens plus, ça fait quelques années.
Mme McGraw : Et finalement,
pour vraiment se baser sur les mémoires qui ont spécifiquement parlé de
l'article 36, je reviens à une Première Nation, justement, la... le Comité
consultatif pour l'environnement de la Baie James. Ils se préoccupent, de façon
générale, sur certaines dispositions du projet de loi qui semblent viser à
réduire les exigences administratives, ce qui pourrait avoir des effets mitigés.
Et là ils citent l'article 36, entre autres, qui, selon eux, «permettrait
d'accélérer la réalisation de certains projets en les retirant du régime
d'autorisation, tout en interdisant automatiquement d'autres projets. Bien que
cela puisse simplifier des processus pour certains promoteurs, cela soulève des
questions sur la rigueur de la sélection des projets exclus.»
M. Charette : Et là je n'ai
pas le libellé complet sous les yeux, là, mais ce n'est pas a priori le même
régime <d'autorisation...
M. Charette :
...le
libellé complet sous les yeux, là, mais ce n'est pas a priori le même régime
>d'autorisation dont il est question, là, dans... dans l'extrait cité
par la collègue. Je ne pense pas qu'on puisse faire de parallèle.
Mme McGraw : C'est le mémoire
n° 4, ils parlent de l'article 36, mais, selon
le ministre, ce n'est pas la... ce n'est pas pertinent.
M. Charette : Je ne pense pas
qu'on... qu'on aborde ou qu'on parle du même régime d'autorisation.
Mme McGraw : Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions?
Mme Dufour : Oui.
Le Président (M. St-Louis) : Allez-y,
Mme la députée.
Mme Dufour : L'article 13.1,
il vient déterminer, là, qu'il y a des activités qui peuvent être réalisées
sans... sans autorisation du ministre, on en a parlé, puis là il y a des
craintes qui ont été soulevées. Ça, ça fait référence à l'article 13 de la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel, qui, lui, vient donner... vient
donner des... comment je pourrais dire ça, des balises ou, en tout cas, il
parle des activités, là, qui peuvent être faites, là. Loi sur le patrimoine...
Excusez, je dois le retrouver, là, en même temps que je vous parle. On se
promène à travers plusieurs lois. Mais... Mais, bref, on veut juste... moi, je
veux juste m'assurer, tu sais, qu'il n'y a aucune ouverture possible à ce que
les activités qui soient autorisées par règlement puissent avoir un impact sur
les milieux naturels, celles qui seraient sans... sans autorisation,
évidemment, du ministre.
Puis j'en profiterais pour peut-être
revenir sur quelque chose qui m'a... qui m'a un peu surprise quand on a dit :
Une mine, c'est possible, mais, avec cet article-là, finalement, on pourrait
venir baliser ça. Ça, ça me surprend un peu, là.
M. Charette : C'est-à-dire,
il peut y avoir une demande d'autorisation ministérielle. Donc, la demande est
possible. Ensuite, naturellement, la demande, elle est évaluée, elle est
étudiée. Mais là, avec ce qui est proposé, on pourrait carrément interdire le
dépôt de demandes pour certaines activités. Mais sinon, et toujours par
règlement, on lit qu'«une activité peut, malgré le premier alinéa, être
réalisée sans autorisation du ministre; et
«2° que la réalisation d'une activité est
interdite dans un tel milieu».
Donc, le 2° vient couvrir ce que j'ai
mentionné. On pourra préciser ce qui est interdit. Et ce qui pourra malgré tout
être réalisé sans autorisation du ministre, bien, là aussi, ça va dire :
Il faut que ce soit avec un impact faible ou sinon nul sur le milieu concerné.
Les exemples que je donnais tout à
l'heure, là, c'est... c'est très imagé, mais, si on parle de baignade, on comprend
que ça n'a pas d'impact véritable sur le milieu et on ne demandera pas
d'autorisation ministérielle, là, dans... dans... en pareil cas, ou pour des
activités de nature scientifique ou éducative non plus.
• (18 heures) •
Mme Dufour : C'est ça, j'ai
retrouvé l'article 13, là, c'est... Dans le fond, on vient dire que «le
ministre peut, en vue d'assurer le maintien de la biodiversité et des fonctions
écologiques qui lui sont associées, notamment afin de tenir compte des enjeux
liés aux changements climatiques, désigner des milieux naturels en les
délimitant sur plan». Et là, donc, ici, on est dans les délimitations sur plan,
là, c'est ce que je comprends, quelque chose que je... d'ailleurs n'a pas été
beaucoup utilisé, là, de ce qu'aussi j'ai compris par les mémoires qu'on a
reçus. Mais est-ce qu'on pourrait venir baliser l'élément dans le 13.1 qui
vient dire qu'une activité peut, malgré... pardon, le premier alinéa, être
réalisée sans autorisation du ministre, pour s'assurer que, dans le futur, si
on avait un autre ministre, par exemple... qu'il puisse simplement par
règlement venir autoriser des activités qui pourraient, finalement, être
dommageables pour le milieu naturel?
M. Charette : Sur le degré de
précision, c'est la réglementation, éventuellement, qui va venir le déterminer.
Naturellement, les échanges que nous avons maintenant sont consignés, donc ce
qui vient influencer en quelque sorte la rédaction de la réglementation à
venir. Donc, ce sera précisé dans la réglementation. Et déjà, à travers notre
échange en ce début de soirée, là, c'est... c'est confirmé, là, que c'est la
volonté du gouvernement, du législateur d'y aller avec des activités à impact
nul, sinon à faible impact sur l'environnement.
Mme Dufour : ...on est... on
est dans l'intention. C'est confirmé que c'est l'intention, mais l'intention...
on change de ministre, l'intention peut changer. Donc...
M. Charette : Bien, c'est-à-dire,
je ne pourrai pas aller d'un règlement...
18 h (version révisée)
Mme Dufour : ...on change de
ministre, l'intention peut changer, donc...
M. Charette : Bien, c'est-à-dire,
je ne pourrai pas y aller d'un règlement qui est contraire à ce qui est... On
dit souvent, là, lors de l'étude d'un projet de loi, on pourra, à l'avenir, se
référer à l'échange de l'étude article par article pour voir quelle était la
volonté réelle du gouvernement pour s'assurer que la réglementation qui peut en
découler ou l'interprétation qui en sera faite, si c'est nécessaire, par les
tribunaux, soit conforme, justement, à la volonté, là, qui a guidé les... le
législateur au moment de son adoption. Donc, c'est ce que je viens réitérer,
là, à travers notre échange. La réglementation va préciser les interdictions, ou
va venir encadrer les interdictions, et va venir préciser, là, ce qui serait
possible. Mais, déjà, encore une fois, là, ça devra être à impact faible, sinon,
nul, sur le milieu concerné.
Des voix : ...
Mme Dufour : OK, c'est bon.
On regardait pour... si on pouvait déposer quelque chose, mais là on semble qu'on
n'ira pas vers un amendement.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Comme il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons mettre l'article 36 aux voix. Est-ce que l'article 36 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
Nous allons continuer l'étude article par article, avec l'article... l'article,
pardon, 37. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Charette : Merci, M. le Président :
L'article 18 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, de «Lorsque le ministre diminue la superficie de milieux humides et
hydriques faisant l'objet d'une désignation ou lorsqu'il décide d'y mettre fin,
il doit, dans les plus brefs délais, voir à ce que d'autres mesures de
conservation, de restauration ou de création de tels milieux soient mises en
oeuvre ailleurs sur le territoire, dans les plus brefs délais, afin de
favoriser l'atteinte de l'objectif d'aucune perte nette des milieux désignés.
Il considère à cet effet que... à cet effet» par «Lorsque la décision du
ministre a pour effet de diminuer la superficie totale de milieux naturels
désignés, il doit, dans les plus brefs délais, voir à ce que d'autres mesures de
conservation, de restauration ou de création de milieux naturels soient mises
en oeuvre ailleurs sur le territoire, notamment afin de favoriser l'atteinte de
l'objectif d'aucune perte nette des milieux humides et hydriques. Lorsqu'il
s'agit de tels milieux, le ministre doit également considérer».
Et le commentaire. Cet article modifie le
deuxième alinéa de l'article 18 de cette loi afin d'élargir l'obligation
de compensation du ministre pour la perte de superficie de milieux humides et
hydriques qui font l'objet d'une désignation en vertu de l'article 13 de
cette loi à tous les milieux naturels qui font l'objet d'une telle désignation.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Oui, merci, M.
le Président. Alors, je reviens sur les mémoires de nations autochtones... de Premières
Nations, je devrais dire. Alors là, l'opposition est plus vigoureuse, on va
dire. Par exemple... D'ailleurs, je vais commencer avec le mémoire du Conseil
mohawk de Kahnawake, qui s'oppose vigoureusement... Encore une fois, c'est en
anglais, ça fait que je fais la traduction en direct, on va dire. Ils sont
opposés pour deux raisons principales. Premièrement, on remplace l'obligation
de mettre en œuvre des mesures concrètes le plus tôt possible avec des mesures
plus vagues, sans référence à l'objectif de zéro... de perte zéro, net zéro. Ça
fait que, ça, c'est la première préoccupation des Mohawks de Kahnawake.
Et aussi, ce qu'on souligne, c'est que,
dans la législation antérieure, qu'on change, il y avait le droit ou le devoir
de consulter les autochtones dans un processus de désignation, «designation
process», l'article 14. Par contre, maintenant, ce qu'il perçoit, c'est qu'il
n'y a plus cette obligation de consulter, «no Indigenous consultation». Il n'y
a plus cette consultation qui est obligée... ou requiert avec les nations...
Premières Nations, qui sont dans le... qui sont soulignées dans les pouvoirs
ministériels, en lien avec les changements qui résulteraient de... on va dire,
minimiser les milieux hydriques, et qui sont... «wet lands», en tout cas, «wet
lands, bodies of water» qui sont désignés. Alors, ils disent : C'est vraiment <problématique...
Mme McGraw :
…«wet
lands»,
en tout cas, «wet lands, bodies of water» qui sont désignés.
Alors, ils disent : C'est vraiment >problématique, «this is
problematic». Et la nation, ils soulignent le fait que le devoir… «common law
duty», le devoir de consulter et d'accommoder devrait s'appliquer aux devoirs
de l'autorité du ministre, etc. Ça fait que, peut-être, dans un premier temps :
Comment le ministre répond à ces préoccupations?
M. Charette : Le cartable, et
j'ai le même cartable que vous, est bien fait, en ce sens qu'on voit du côté
gauche, le texte actuel et, du côté droit, les modifications proposées, et, en
aucun lieu, on ne voit un retrait de droits reconnus aux autochtones. En fait,
ce n'est pas mentionné du tout, du tout. Cependant, au niveau de la
consultation des autochtones, c'est un devoir constitutionnel qui est balisé,
notamment à travers plusieurs jugements. Ça, j'ai eu l'occasion de le
mentionner. Non seulement il y a eu des échanges avant le dépôt du projet de
loi, mais pour les règlements aussi, il va y avoir une consultation spécifique
avec les différentes communautés autochtones. Donc, je peux rassurer la
collègue. Et le tableau l'illustre bien, là, il n'y a pas de droits retirés aux
communautés autochtones. Et l'aspect de consultation, c'est réellement une
obligation constitutionnelle, là, maintenant, qui est appuyée par plusieurs
jugements qui ont fait jurisprudence.
Mme McGraw : Merci. Ensuite,
juste pour revenir à la… au mémoire de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador,
ils proposent… on aimerait savoir comment le ministre répond... alors, ils
proposent, à l'article 37, d'ajouter une disposition prévoyant
l'obligation du ministre de prioriser des mesures de conservation, de
restauration ou de création de nouveaux MNDP dans la même région où le MNDP se
trouvait initialement et… Donc, on va laisser ça comme ça pour l'instant.
M. Charette : ...tout à
l'heure, on a reporté un certain nombre d'articles. C'est des questions, là,
qui seront abordées, notamment, à travers le 72. Mais les articles qu'on a
reportés, le gouvernement ne s'en cache pas, a une vision, cette vision-là
repose sur un constat. Actuellement, il y a beaucoup, beaucoup de lacunes, en
ce sens qu'on engrange des sommes alors que ce n'est pas le but d'en engranger,
et encore moins d'envoyer ces sommes-là dans un fonds consolidé. Là, au
contraire, on veut que ces sommes-là servent à la restauration. Mais,
clairement, les décaissements, pour différentes raisons, sont problématiques.
On parlera du territoire admissible pour
les projets où il y aura eu empiètement sur les milieux humides, on parlera du
fameux 15 %, qui a aussi été discuté au moment, là, de la consultation,
notamment. Mais ce n'est pas à travers cet article-ci, là, qu'on pourra… qu'on
pourra avoir, là, ces clarifications-là. Mais ça fait partie des articles à
discuter et à adopter, ultimement, là, donc l'espace d'échange sera... sera
présent.
• (18 h 10) •
Mme McGraw : Ça fait qu'on va
y revenir, si je comprends bien.
M. Charette : Oui. Non,
certainement. Mais, en même temps, on se souvient, il y a certains groupes qui
étaient très réceptifs au 15 %, même des groupes environnementaux,
d'autres qui l'étaient moins, d'autres qui souhaitent que ce soit maintenu sur
leur territoire. En même temps, il faut aussi y aller des constats comme quoi,
actuellement, on n'arrive pas à réellement restaurer en quantité suffisante,
là, des territoires, là, qui ont été… qui ont été affectés.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Merci, Mme la députée. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Là, je vais vous avouer que ça fait comme quatre fois que je le lis,
là. C'est quoi, les mots exacts qui changent, puis qu'est-ce que ça change?
M. Charette : Au niveau du
37?
M. Leduc : Oui…
M. Charette : Du 39… Pour 37,
bien, en fait, on voit les retraits. Le collègue a le même…
M. Leduc : Oui, oui, mais là
je l'ai relu quatre fois puis je… C'est quoi les mots exacts qu'on rajoute ou
qu'on retire puis qu'est-ce que ça change? Je ne comprends pas.
M. Charette : On vient
retirer… Ici, on voit, là, dans la colonne de droite, «lorsque le ministre
diminue», et juste qu'à «à cet effet», et on vient ajouter «lorsque la décision
du ministre a pour effet de diminuer la superficie totale»...
M. Leduc : Oui, oui, ça, je
comprends ça, mais c'est juste une... vous l'avez juste réécrit de la même <façon...
M. Leduc :
...Oui, oui, ça, je comprends ça, mais c'est juste une...
vous l'avez juste réécrit de la même >façon, là, donc... c'est-à-dire,
réécrit le même texte d'une autre façon. Qu'est-ce que ça change? C'est ça que
je ne comprends pas. Il y a-tu un mot qui disparaît ou un mot qu'il rajoute? Si
on le traduit en français, là, dans vos propres mots, M. le ministre, qu'est-ce
que... qu'est-ce qu'on vient de rajouter là?
M. Charette : Non, je
comprends, mais j'essaie juste de pouvoir l'illustrer, là, avec un exemple plus
précis. Mais ce n'est pas exactement... en fait, ce n'est pas... ce n'est pas
exactement le même... le même libellé, là, qui est retenu. Bien, peut-être
regarder une petite note, là, qui vient de me parvenir également. Donc,
l'objectif, c'est aucune perte nette au niveau des milieux humides et
hydriques. Donc, c'est un objectif qui demeure. Cependant, lorsque la
diminution de superficie affecte ce type de milieu, le ministre doit avoir...
doit voir à ce que d'autres milieux humides et hydriques puissent faire l'objet
d'une mesure de conservation, de restauration ou de création afin de compenser
cette perte. Mais là la perte de superficie s'évalue, là, à l'échelle globale
du Québec.
M. Leduc : Mais la
compensation de la perte? Puis le «aucune perte nette», c'était déjà dans le
texte original. Je regarde le texte, là. À la place de dire «le ministre... il
doit», est-ce que c'est le «doit» qui change? «Les plus brefs délais», c'est le
même truc. Je ne comprends pas c'est quoi, les mots qu'on... C'est-tu une réécriture?
Quand on dit dans les commentaires «élargir l'obligation», OK, mais l'élargir à
quoi?
M. Charette : Je viens
d'avoir la précision, là, qui va me permettre de répondre avec plus d'acuité
peut-être. Au départ, on parlait de milieux humides, et là on parle de milieux
naturels. Et ça, on revient... on revient à la discussion, là, qu'on a eue
lorsqu'on a changé de bloc un petit peu plus tôt. Un milieu naturel, c'est
plus... c'est plus... ça implique davantage d'éléments que le seul... le seul
milieu humide. Donc, la compensation viserait à reconnaître le milieu naturel,
là, de façon plus large, parce qu'il y a d'autres propriétés. Dans un milieu
naturel, il n'y a pas uniquement la propriété de son milieu humide, il y a
d'autres éléments, là, qui peuvent... qui peuvent être pris en considération ou
qui doivent être pris en considération.
M. Leduc : Donc, l'objet de
l'article, c'est, essentiellement, l'élargissement de milieux humides à milieux
naturels.
M. Charette : Bien, c'est-à-dire
qu'on reconnaisse le milieu naturel et pas uniquement le milieu humide, oui, effectivement.
M. Leduc : Parce que ce que
je comprends, c'est que le système de compensation ne faisait pas triper tout
le monde. Je regarde, entre autres, le mémoire du Centre québécois de droit à
l'environnement, puis je me rappelle des audiences qu'on a eues, beaucoup de
gens étaient un peu critiques, pas en soi, de ce système-là, mais que,
visiblement, le résultat n'était pas tellement au rendez-vous en matière d'objectif
global.
M. Charette : Le résultat
n'est clairement pas au rendez-vous. Mais dans les groupes entendus... et, je
le dis sans aucun jugement, nous, c'est d'essayer de se positionner, là, dans
une démarche, là, très constructive... parmi les groupes entendus, certains
préconisent qu'il n'y ait aucune, aucune atteinte aux milieux humides. Donc,
dans cette perspective-là, le régime de compensation, pour eux, ne les
satisfait pas, et ne les satisfait pas pour les mêmes raisons que d'autres qui
aimeraient, au contraire, réaliser des projets, mais qui trouvent les modalités
actuelles trop contraignantes.
Donc, dans ceux qui n'aiment pas le
régime, et j'en fais partie, ce n'est pas, dans tous les cas, pour les mêmes
raisons. Certains vont s'opposer à toute, toute atteinte aux milieux humides,
et on n'est pas dans cette perspective-là. Il faut y avoir une possibilité
d'évaluer un projet à son mérite. Mais à partir du moment où il y a une
atteinte, on dit : la compensation doit englober le milieu naturel, et pas
uniquement une seule composante, là, qui est... qui est son milieu humide, là,
par exemple.
M. Leduc : Quand vous dites
que vous n'aimez pas le régime, M. le ministre, qu'est-ce que vous voulez dire?
M. Charette : Ah! bien, c'est
ce que j'ai mentionné tout à l'heure. Actuellement, on engrange des sommes pour
en engranger. Au cours des deux, trois dernières années, on a fait quelques
modifications, qui ont donné quelques résultats, mais pas aussi probants que
souhaité. C'est-à-dire, on amasse beaucoup plus de sommes qu'on arrive à en
décaisser, ce qui fait que le fonds est garni là, de sommes considérables. Et,
encore une fois, ce n'est pas dans la perspective de faire de l'argent. Nous,
ce que l'on veut à travers ce régime de compensation là, c'est s'assurer qu'on <minimise...
M. Charette :
...de
l'argent. Nous, ce que l'on veut à travers ce régime de compensation là, c'est
s'assurer qu'on >minimise les impacts sur l'environnement, que l'on
puisse restaurer, rétablir ou créer des nouveaux... des nouveaux milieux
humides là, pas faire de l'argent. C'est là où je dis : Le système actuel
ne me convient pas moi non plus.
M. Leduc : Vous savez que je suis
un peu nouveau dans le dossier, là. Ça fait que le fonds, ici, ce n'est pas le
même que le Fonds vert?
M. Charette : Non, ce n'est
pas du tout la...
M. Leduc : C'est deux
affaires différentes?
M. Charette : Bien, en fait,
un petit... un petit rappel, puis ce n'est pas... ce n'est pas... ce n'est pas
anodin de le faire, là. Le Fonds vert, un, n'existe plus. Le Fonds vert a été
remplacé par le Fonds d'électrification et de changements climatiques. Ce
serait... c'est réellement deux objectifs : lutter contre les changements
climatiques et s'adapter aux changements climatiques, avec, pour principale
source de revenus, le marché du carbone.
Là, on parle d'un autre fonds, qui, lui,
est alimenté par les compensations qui sont versées lorsqu'il y a destruction
ou atteinte aux milieux humides. Et comment on peut utiliser ces sommes-là,
c'est bien baliser, et baliser au point où on a très peu ou trop peu de projets
qui sont déposés et réalisés. C'est la raison pour laquelle, dans d'autres
articles, on va se donner des moyens, qu'on va proposer, on pourra en discuter,
le 15 %, entre autres. Donc, c'est des moyens, là, qui devraient nous
aider, là, à faire un meilleur usage de ces sommes-là.
M. Leduc : Je faisais le
parallèle avec le Fonds vert, qui s'est rappelé Fonds électrification et?
M. Charette : Fonds
d'électrification et de changements climatiques.
M. Leduc : Donc, FEC, dans le
fond?
M. Charette : Le FECC, oui...
dans notre...
M. Leduc : Le FECC. Je
faisais le parallèle parce qu'à ma connaissance, ou du moins, dans ma
compréhension, limitée pour l'instant, il y a aussi des problèmes
d'engrangement.
M. Charette : Non, au
contraire, au contraire. Là, on est plus en situation de déficit avec le FECC,
c'est la raison. On a eu à aborder la question de Roulez vert.
M. Leduc : Oui, avec les...
oui.
M. Charette : Donc, au final,
nous, on veut équilibrer le FECC année après année, mais ça nous a amenés, au
cours des derniers mois, à suspendre des programmes qui engendraient trop de
dépenses, et le FECC devenait déficitaire, effectivement.
M. Leduc : Comme les voitures
électriques.
M. Charette : Oui, entre
autres, deux programmes qui étaient... qui est très... qui étaient coûteux et
qui ont dépassé les budgets qui avaient été... qui avaient été prévus au
départ. Mais je sais à quoi fait référence le collègue. Par le passé, il y a eu
des surplus accumulés, et ces surplus-là sont encore au compte du FECC.
Cependant, ce qu'on a eu l'occasion de répéter à plusieurs reprises, à partir
du moment où on décaisserait ces sommes-là, c'est une sortie d'argent, et ça
viendrait gruger encore davantage... pas «gruger»... ça devrait... ça viendrait
augmenter encore davantage le déficit du Québec. Donc, c'est la raison pour
laquelle le déficit... et ce n'est pas ces dernières années, là, c'est un...
pas «déficit», mais le surplus accumulé, qui date de plusieurs années, il est
encore au compte du ministère de l'Environnement, je vais le dire comme ça. Mais
on ne peut pas le décaisser, à ce moment-ci, sans grossir encore davantage, là,
le déficit du Québec.
• (18 h 20) •
M. Leduc : Je ne comprends
pas. Le déficit du Québec?
M. Charette : Oui. Pour le
gouvernement, c'est très comptable. Mais à partir du moment où on fait une
sortie d'argent, c'est une sortie d'argent. Donc, si on est en situation
déficitaire... c'est le cas du budget du Québec... si on décaisse le surplus
accumulé il y a plusieurs années, ça va tout simplement augmenter le déficit,
parce que c'est une sortie... une sortie d'argent.
M. Leduc : Je comprends.
Donc, si je reviens sur l'article comme tel, où on dit, essentiellement... Ce
système imparfait, selon vos propres mots, de perception de revenus pour
compenser les pertes de milieux humides, on l'élargit, ce système-là, aux
milieux naturels. Si vous dites : Le système est imparfait...
M. Charette : ...
M. Leduc : Oui, allez-y.
M. Charette : ...une
parenthèse, là, pour ne pas que mes propos aient porté à confusion. Là, ici, on
est réellement sur des territoires, là, qui sont désignés par plans, donc on
n'est pas dans un régime de compensation lorsqu'il y a atteinte, là, aux
milieux humides, là. Je le dis comme ça, là. J'ai parlé de compensation
moi-même, mais j'ai anticipé davantage des articles, là, qui vont être traités
plus loin.
M. Leduc : Je vous réfère
au...
M. Charette : Et ce n'est pas
la même loi non plus, effectivement.
M. Leduc : Parfait, je vous
remercie de la précision. Je vous réfère à la page 26 du mémoire du Centre
québécois en droit de l'environnement. Je vous... je vous lis un extrait :
«Le Centre québécois de droit en environnement est défavorable à cette
modification, qu'elle nous apparaît être en contradiction avec les objectifs de
la loi, notamment celui d'assurer la conservation et le rétablissement des
populations des espèces floristiques désignées comme menacées ou vulnérables.
Devant la crise mondiale de la biodiversité, et face au déclin des espèces
floristiques au Québec, il est primordial et urgent de disposer d'un cadre
légal efficace de protection des espèces en situation précaire et de leurs habitats.»
Alors, eux, ils proposent carrément de retirer, là, cette disposition-là, ils <trouvent...
M. Leduc :
...habitats.»
Alors, eux, ils proposent carrément de retirer, là, cette disposition-là, ils >trouvent
que ça ne va pas dans le bon sens. Est-ce qu'il y a moyen de, en quelque sorte,
les recadrer, les rassurer? Comment vous recevez ça?
M. Charette : Sauf erreur, je
pense qu'on fait plutôt référence à la Loi sur les espèces menacées, là, dans
cet extrait-là. Là, on est réellement sur la Loi sur le patrimoine naturel. On
est dans le bloc, là... le bloc actuel, là... les articles, dans le fond, 36,
37, nous sommes, là, dans la Loi sur la conservation du patrimoine naturel. Et,
un petit peu plus loin... est-ce que je peux déjà donner les articles au
collègue... les articles 56 à 68, eux, seront sur la Loi, là, sur les espèces
menacées.
M. Leduc : Sur l'autre loi.
Je comprends. Merci beaucoup.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
merci, M. le député. Merci, M. le ministre. Comme il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons mettre aux voix l'article 37. Est-ce que l'article 37
est adopté?
Mme Dufour : ...
Le Président (M. St-Louis) : Vous
avez une question? Allez-y, Mme la députée.
Mme Dufour : ...on est dans
la désignation sur plan. Un des mémoires nous faisait état qu'il n'y avait eu
aucune désignation sur plan de milieux humides, hydriques malgré qu'on sait
depuis longtemps que certains milieux pourraient l'être et qu'il y avait
consensus. Donc, j'aimerais juste comprendre pourquoi ça n'a pas été fait
jusqu'à maintenant puis en quoi l'article qu'on a aujourd'hui va changer les
choses. Parce que ce que je comprends, c'est qu'on avait déjà le pouvoir de le faire,
la désignation sur plan.
M. Charette : En fait, peut-être
une correction. Il y en a... par rapport à ce que le groupe a pu mentionner, il
y en a un ici. On revient dans les... dans les catégories d'aires protégées. On
en a ajouté avec la modernisation de la Loi sur le patrimoine naturel, là, je
le mentionnais, il y a quelques années. On a une catégorie qui est très, très
stricte, qui est la catégorie 1, et l'exemple que l'on peut donner, ça
s'applique ici, c'est l'île Brion, pour ceux qui connaissent, et moi-même, je
ne le connaissais pas avant qu'on m'en parle. Pardon?
Mme Dufour : ...
M. Charette : Oui,
effectivement, mais c'est minime, minime. C'est un tout petit territoire...
Mme Dufour : ...
M. Charette : C'est vrai? Ah!
d'accord. Bien, je ne connaissais pas avant, effectivement, de me rendre dans
le secteur. On a parlé... il y a quelques années, pour la pêche, c'était...
c'était problématique, la surabondance de phoques, notamment. Donc, on veut
protéger la faune, mais la faune, par moments, peut être dommageable à la faune
elle-même. C'est le cas avec les phoques et les poissons. Donc, l'île Brion est
un exemple de désignation sur plan. Et là il n'y en a qu'un seul mais c'est la
volonté, là, d'en développer de nouveaux, là, à l'avenir.
Mme Dufour : Mais l'île
Brion, si je ne me trompe pas, là, ce n'est pas... c'est l'île qui a été
désignée sur plan. Là, ils sont dans le milieu humide et hydrique, là, parce
que l'île Brion, c'est entouré d'eau.
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire...
Mme Dufour : C'est un milieu
naturel qui a été désigné sur plan, ça, je comprends, mais là, maintenant,
l'objectif... l'outil pourrait servir pour désigner des milieux humides et
hydriques, et ce que je comprends, c'est que ça, ça n'a pas été fait.
M. Charette : Il n'y en a
pas, effectivement, avec la volonté, là de pouvoir en créer. Mais, c'est-à-dire,
c'est l'appellation. L'appellation a un exemple à travers l'île Brion, mais on
pourra reproduire un modèle semblable, là, sur la base des milieux humides. Il
y a un engagement qui a été pris, là, d'en désigner de nouveaux en milieux
humides, là, d'ici la fin, là, de la présente année. Donc, ça, c'est quelque
chose sur quoi le ministère travaille présentement.
Mme Dufour : OK. Donc, au
micro, aujourd'hui, vous me dites que, d'ici la fin de l'année, il y aura au
moins trois milieux humides ou hydriques qui seront désignés sur plan.
M. Charette : Je ne me
souviens pas d'avoir précisé le nombre.
Mme Dufour : Mais vous avez
dit trois, non?
M. Charette : Je n'ai pas...
je n'ai pas mentionné de nombre, sauf erreur, là. Si oui, ma langue a fourchu.
Mais je n'ai pas mentionné de nombre. Mais on veut en développer, là, d'ici la
fin de l'année, effectivement.
Mme Dufour : Et, de mémoire,
ça faisait partie du plan d'action que le ministère avait... avait adopté, et il
y avait des objectifs en nombre. Peut-être que c'est de là que vient le trois.
M. Charette : Je ne l'ai pas
mentionné. Je ne suis pas en mesure de confirmer de nombre ce soir, là, mais il
y en aura, <normalement...
M. Charette :
...Je
ne suis pas en mesure de confirmer de nombre ce soir, là, mais il y en aura, >normalement,
plus d'un. Mais on va souhaiter davantage que... En fait, plus qu'un, oui, mais
je ne suis pas en mesure de dire si c'est un, deux, trois, quatre à ce
moment-ci.
Mme Dufour : OK, merci.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
pas d'autres interventions? Je vais donc officiellement mettre l'article aux
voix. Est-ce que l'article 37 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : L'article
37 étant adopté, nous allons poursuivre avec l'article 38.
M. Charette : Merci, M. le
Président : L'article 47.1 de la Loi sur la conservation et la mise en
valeur de la faune est modifié par le remplacement de «en vertu de l'article
56» par «en vertu des articles 56 ou 67».
Cet article modifie l'article 47.1 de la Loi
sur la conservation et la mise en valeur de la faune afin de clarifier que les
dispositions d'un règlement pris en vertu de l'article 67 de cette loi ne
s'appliquent pas non plus à une personne qui réalise une activité autorisée par
un permis scientifique, un permis d'agriculture, un permis pour cause de
dommages par les oiseaux migrateurs ou un permis aéroport... aéroport-permis de
tuer. Voilà, désolé pour l'hésitation.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. En fait, le
Centre québécois du droit de l'environnement a des inquiétudes quant aux deux
articles, là, qui suivent, le 38 et le 39, et ils nous disent que, selon eux,
la modification qui est proposée ici pourrait affaiblir la protection des
espèces fauniques. Ils disent : «En effet, en assouplissant les conditions
qui permettent de déroger à la règle de protection, cela pourrait entraîner une
augmentation des cotes d'abattage ou de capture d'animaux, même lorsque des
alternatives moins intrusives sont possibles.» Alors, j'aimerais peut-être
entendre le ministre là-dessus.
M. Charette : Je comprends le
propos de la collègue, mais lorsqu'il est question... pas de permis
scientifique, on s'entend... Et d'ailleurs on citait l'exemple de l'île Brion.
Il y a des permis scientifiques qui sont requis, là, pour se rendre... en fait,
une autorisation ministérielle qui est requise pour se rendre sur l'île, et
c'est principalement, là, pour des raisons scientifiques, au niveau aviculture,
ou encore, pour cause de dommages, là, par les oiseaux migrateurs. En milieu...
dans certains milieux, on le sait, et ça devient de plus en plus... en milieu
urbain, étonnamment, là, il y a réellement une problématique au niveau des
dindons sauvages. Donc, c'est pour se donner les moyens d'agir, sans remise en
question, là, de protéger la faune. Mais c'est un enjeu, là, qui est réel, d'où
le permis de tuer.
• (18 h 30) •
Là où je vais avoir besoin de précisions
de la part de mes collègues, c'est le permis d'aéroport. Donc, on a posé la
question, on va avoir la réponse, éventuellement, à moins que ce soit déjà
entré... Ah! bien, voilà, c'est logique. Et on a vu encore un cas récent, là,
au niveau de l'aviation mondiale, où ce sont des oiseaux, fort probablement,
là, qui ont percuté un moteur d'avion et qui ont causé, là, des... qui ont
causé, littéralement, là, son écrasement. Donc là, c'est pour un permis afin
d'effaroucher et de tuer, le cas échéant, les oiseaux qui posent un danger pour
les aéronefs situés dans les limites d'un aéroport, avec une arme à feu ou...
oui, avec une arme à feu. Et le nom du permis, c'est un nom de permis fédéral,
là, c'est la raison pour laquelle, là, c'est libellé ainsi.
Mme Dufour : Les dindons
sauvages, ils rentraient dans le permis d'aviculture ou dans les oiseaux
migrateurs?
M. Charette : Ce serait
plutôt pour...
Mme Dufour : Parce qu'il me
semble qu'ils ne migrent pas bien, bien. Ils sont chez nous, dans la cour, tout
l'hiver.
Une voix : ...
Mme Dufour : Non, les dindons
sauvages.
M. Charette : ...dindons
sauvages, là, on va se rappeler d'un cas d'espèce en Mauricie, si je me souviens
bien...
Mme Dufour : Ah! on le
connaît, on le connaît.
M. Charette : ...avec un maire
très, très coloré. On va davantage expliciter en 39, l'article suivant, quelle
est... quelle est les possibilités...
18 h 30 (version révisée)
M. Charette : ...en Mauricie,
si je me souviens bien, avec un maire très, très coloré.
Mme Dufour : Ah oui! très
bien, on le connaît.
M. Charette : On va davantage
expliciter en 39, l'article suivant, quelle est... les possibilités pour une
personne de capturer, déplacer ou abattre un animal. Donc, on va y revenir avec
plus d'acuité, là, à l'article suivant, en 39.
Mme Dufour : OK. Donc, l'article 38,
ça ne touche pas les dindons sauvages?
Des voix : ...
M. Charette : En 67, oui, et
c'est défini en 39. Si on regarde, là, c'est écrit : «En vertu des
articles 56 ou 67», et à l'article 39 on aborde le 67. Donc, c'est
juste qu'on précise dans quel article ça se retrouve. Et le 69 est abordé... le
66, c'est-à-dire, est abordé dans le 39.
Mme Dufour : OK. C'est juste
qu'ici on est dans le 47.1, là, qui dit : «Ne s'appliquent pas à une
personne qui réalise une activité autorisée par un permis scientifique, un
permis d'aviculture, un permis pour cause de dommages par les oiseaux
migrateurs». Donc, tu sais, j'essaie de comprendre, là, le lien avec les
dindons sauvages là-dedans puis je ne le vois pas.
M. Charette : Mais si on
regarde l'article initial, qui faisait référence aux articles 57 et 67 de
la loi, on a libellé différent, mais... différemment, mais on a toujours cette
référence aux articles 56 ou 67 dans le texte proposé de l'article. C'est
la raison pour laquelle je parlais des dindons sauvages, parce que le 67, qu'on
va expliciter dans le 39, c'est notamment pour les dindons sauvages, c'est
uniquement la raison pour laquelle j'évoquais, là, les dindons sauvages tout à
l'heure.
Mme Dufour : Donc, on va en
parler. Le règlement adopté en vertu des articles 56 ou 67, ça aurait l'air
de quoi?
M. Charette : Ça reste à...
Mme Dufour : Est-ce que ça
existe déjà?
M. Charette : Oui, bien, en
vertu de 67, c'est le cas des dindons. Donc, on pourra nommer de façon plus
spécifique le dindon sauvage à ce moment-là. Là, je me permets juste... je devance
de quelques instants l'échange qu'on va avoir. Mais dans le 67 on ne nomme pas
spécifiquement une espèce, mais on peut... on pourra lire : «Une personne
peut capturer, déplacer ou abattre un animal dans les cas d'intérêt public
déterminés par règlement du ministre.» Si, par exemple, la bête est sur le
point d'attaquer, avant d'attaquer, on peut se défendre et l'abattre. S'il y a
des dégâts qui sont susceptibles d'être causés, là aussi, il y aura possibilité
d'abattage. Donc, c'est ce qui sera précisé dans le 39 et la réglementation,
là, qui va en découler.
Mme Dufour : Mais il y a
déjà... il y avait déjà cet article-là, ce n'est pas un nouvel article, là.
Donc, il disait déjà qu'il pouvait y avoir un règlement adopté en vertu de l'article 56.
Est-ce que c'est possible de connaître s'il y en a déjà eu un? Et, si oui, c'est
quoi, sa teneur, quel type de règlement on peut voir, on peut imaginer, là,
pour le 56? Je comprends que le 67, c'est nouveau, là, mais là je parle du 56,
il était déjà dans l'article.
M. Charette : Bien, le 67 n'est
pas nouveau, il y avait un 67 aussi. Cependant, et là...
Mme Dufour : Ah oui? 57 et
67.
M. Charette : Oui. Là, on
joue sur deux articles, là, et ce n'est pas mauvais, la conversation aura eu lieu
en partie, à tout le moins. On va ajouter des éléments au 67. Et encore là j'hésite
à le faire maintenant, étant donné que ce sera abordé dans quelques minutes,
mais on vient donner plus de détails, dans le 67, avec le texte proposé versus
le texte qui est actuellement en vigueur.
Mme Dufour : OK. Mais je vais
reposer ma question...
M. Charette : Pour le règlement?
Mme Dufour : Est-ce qu'il y a
déjà un règlement adopté en vertu de l'article 56?
Des voix : ...
M. Charette : Il y a déjà des
règlements au niveau de la chasse et le piégeage, là, qui sont adoptés en vertu
du 56.
Mme Dufour : OK. Ça fait que
c'est ce règlement-là qui serait comme mis à jour pour inclure les... peut-être
des nouvelles dispositions sur... qui seraient <dans l'article 67...
Mme Dufour :
...jour
pour inclure les... peut être des nouvelles dispositions sur... qui seraient >dans
l'article 67?
M. Charette : …actuel, là, on
parle de chasse et piégeage, mais on veut surtout s'assurer, c'est ce que
visent les modifications proposées, donc... on veut s'assurer que, si quelqu'un
agit en vertu d'un permis fédéral, on parlait pour protéger les… aéronefs,
pardon, qu'on ne considère pas que cette personne-là chasse de façon illégale.
Donc, c'est pour protéger la personne qui viendrait abattre des oiseaux, là,
qui menaceraient un corridor d'aéronefs. Mais des différents groupes entendus,
cette volonté-là, là, elle n'a pas été… Honnêtement, je suis très, très
conscient qu'il y a des articles qui sont plus litigieux ou plus sensibles,
mais pour ce qui est du 38, 39, là, avec la volonté qui est affirmée, il n'y a
pas… il n'y a pas d'inquiétude à avoir.
Mme Dufour : …le 38,
peut-être moins, mais le 39, oui, il y a quand même eu certains commentaires.
M. Charette : Bien, je pense
qu'on va pouvoir rassurer les gens, là, avec le texte qui est... qui est
proposé.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires, d'autres interventions? Pas sur le 38?
D'accord. Donc, nous allons procéder à la mise aux voix de l'article 38.
Est-ce que le… cet article est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : L'article
est adopté. Nous allons poursuivre avec l'article 39. M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Charette : M. le
Président, donc, l'article 67 de cette loi est remplacé par le suivant :
«67. Une personne peut capturer,
déplacer ou abattre un animal dans les cas d'intérêt public déterminés par
règlement du ministre.
«Une personne ou celle qui lui prête
main-forte peut capturer, déplacer ou abattre un animal qui l'attaque ou qui
cause un dommage à ses biens ou à ceux dont elle a la garde ou dont elle est
chargée de l'entretien lorsqu'elle ne peut effaroucher cet animal ou l'empêcher
de causer des dégâts.
«Le ministre peut, par règlement,
déterminer toute condition relative à la capture, au déplacement ou à
l'abattage d'un animal en vertu du présent article.»
Et c'est là où je disais, vraisemblablement,
qu'on pourra rassurer certaines personnes. Et, au niveau du commentaire, on
peut y aller avec davantage de précision encore : Donc, cet article
remplace l'article 67 de cette loi afin de clarifier qu'une personne peut
capturer, déplacer ou abattre un animal qui l'attaque ou qui cause un dommage à
ses biens, en l'absence d'un règlement qui encadre ces gestes, tout en
préservant l'habilitation du ministre à déterminer ces conditions.
• (18 h 40) •
Je reviens à l'exemple qui a fait les
manchettes, ces derniers mois, avec le dindon sauvage en Mauricie. On se
demandait, à travers les reportages et articles : La personne qui
chasserait le fameux dindon menaçant, est-ce que cette personne-là est sujette
ou... bien, sujette de… à recevoir une contravention ou une amende? Donc là, on
va venir baliser ce qu'il est possible de faire pour s'assurer qu'une personne
qui agit dans des circonstances précises de défense, de dommages au niveau de
ses biens ou de dommages aux biens dont elle a la garde, qu'elle puisse… elle
puisse agir en prévention, sans qu'elle ait… sans qu'elle soit inquiétée, là,
par des amendes.
Le Président (M. St-Louis) :
Mme la députée.
Mme Dufour : Oui, mais est-ce
qu'on définit «dommage»? Parce que «dommages à ses biens», vous savez, des
fois, les dommages peuvent être… la perception de qu'est-ce qu'est un dommage,
la… Je ne sais pas, moi, un écureuil détruit un… est allé manger dans la
mangeoire à oiseaux, tu sais, c'est tombé à terre, les graines, c'est du
dommage, pour certains; pour d'autres, c'est une anecdote. Ça fait que comment
c'est défini, «dommage»?
M. Charette : Le règlement va
apporter des détails à ce niveau-là, mais ça peut être aussi au niveau
agricole, là, par exemple. Donc, si on a… Les dindons sauvages, on les a dans
nos milieux plus urbains — je dis «nous», parce que la collègue et
moi habitons sensiblement la même région — j'en croise,
effectivement, à tous les jours et je ne suis pas en milieu agricole, du tout. En
niveau… En milieu agricole, ça peut causer des dommages importants. Donc, il y
aura des balises sur ce qu'est… ce qui pourrait être considéré comme une menace
ou un dommage, effectivement.
Mme Dufour : <
Mais,
en fait…
M. Charette : ...ce qui
pourrait être considéré comme une menace ou un dommage, effectivement.
Mme Dufour : >
Mais,
en fait, c'est parce que, l'article, de la façon qu'il est écrit ça... ça
laisse quand même beaucoup de latitude à interpréter qu'est-ce qu'est un dommage
puis quel animal on peut... puis de la façon qu'on peut le faire. Avant,
auparavant, on disait : «Ne peut tuer ou capturer un animal» qui est...
qui est... tu sais, qui cause du dommage. Là, c'est quelque chose qu'on
permettrait. Le cas, effectivement, du... de Louiseville a quand même fait...
fait les manchettes. Tu sais, il y a les dindons sauvages, mais il y a les
bernaches aussi qui font du dommage. Mais le dommage, encore une fois, c'est
une question d'interprétation. Moi, vous le savez, je suis proche de la rivière
des Mille-Îles. Des citoyens qui ont des bernaches qui font des excréments sur
leurs terrains, il y en a des centaines dans mon comté, là, qui ont ce
dommage-là. Mais est-ce que ça peut justifier de pouvoir tuer un animal? C'est
autre chose, là. Donc, tu sais... Et comment on va baliser ça, là?
M. Charette : ...l'exemple,
et je connais bien l'exemple cité par la collègue. Non, ce n'est pas dans le
but d'abattre les bernaches. D'ailleurs, dans les commentaires recueillis... Et
les chasseurs s'inquiétaient de voir un article comme celui-ci qui viendrait
étendre à grande échelle la chasse. Ce n'est pas un article pour cautionner la
chasse, d'aucune... d'aucune façon. Donc, dans quelles circonstances plus
précises ce sera permis? Le règlement pourra le déterminer et le préciser. Mais
déjà on est quand même assez... assez catégoriques, là, dans les balises à
donner. Donc, un animal qui est menaçant, qui est dangereux, qui effectivement
va causer des dommages aux biens, bien, le détail, là, sera... sera déterminé
dans la réglementation.
Mme Dufour : Il n'existe pas
de règlement actuellement, là.
M. Charette : À ce sujet-là,
non.
Mme Dufour : C'était balisé
avant, ça fait que, là, on ouvre encore une fois de la discrétion, là, ici.
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, on va s'aider, parce qu'actuellement, comme je le mentionnais, la
personne qui... qui... C'est sûr qu'il y a tout le temps une discrétion au
niveau des agents de protection de la faune, là, dans les circonstances où un
geste a été posé. Mais une lecture stricte, et je reviens à l'exemple du... du
dindon de Louiseville, une lecture stricte de la réglementation de la loi
actuelle aurait pu exposer la personne à des... à des sanctions, à une amende. Et
là on veut avoir la possibilité de dire : Bien, écoutez, non, si c'était
dans une optique de défense, une personne peut se défendre contre un animal,
là, qui se veut menaçant.
Mme Dufour : Oui. Bien, je
comprends qu'on veuille faire ça, mais on ne veut pas non plus ouvrir la voie à
des gens, par exemple, sadiques qui s'en prennent à des animaux juste pour le
plaisir, puis après ça de trouver l'excuse. Malheureusement, ça existe, dans
notre société, et il ne faudrait pas qu'on vienne banaliser ça, là.
M. Charette : Mais
malheureusement les gens sadiques ou qui... qui font de la cruauté envers les
animaux, déjà, n'ont pas un souci de respecter la réglementation ou la
législation, ce sont des gens qui vont faire fi de la loi et la réglementation.
Donc, on ne veut pas cautionner, encore moins, leurs gestes à travers ces...
ces modifications proposées. C'est réellement de dire : La personne qui
agit de bonne foi dans un cadre x, on ne veut pas qu'elle soit menacée ou
qu'elle soit assujettie, là, à des... à des amendes.
Mme Dufour : Oui. Mais, tu
sais, prenons... Je vais prendre l'exemple des cerfs qu'on... que c'est des
beaux... des animaux, je pense, que tout le monde apprécie généralement, à part
peut-être à Longueuil, un peu moins dans une certaine... à une certaine époque,
mais, tu sais, un cerf qui serait abattu par un individu puis qui, finalement,
prétendrait que c'est de la légitime défense. Personne n'est là... Personne
n'était là, là, sur le site, là, tu sais? Comment... Comment ça va être
interprété? Alors, qu'avant c'était clair : On ne peut pas tuer.
M. Charette : Je comprends la
question de la collègue. C'est sûr que c'est difficile, par contre, de répondre
à tous les cas de figure, mais on ne veut pas, à travers cet article-là, créer
de nouveaux permis de chasse, là, ce n'est pas du tout, du tout la finalité.
Une personne qui va abattre que ce soit cerf ou peu importe l'animal à des
fins... à des fins non <précisées, là, par la...
M. Charette : ...personne
qui va abattre que ce soit cerf ou peu importe l'animal à des fins... à des
fins non >précisées, là, par la réglementation sera susceptible d'être
sanctionnée. Si ça ne se fait pas dans le cadre des balises précisées, là, elle
sera susceptible d'être sanctionnée.
Mme Dufour : Le Centre
québécois du droit à l'environnement souligne aussi que l'expression «intérêt
public», ça... Bien, en fait, je vais lire leurs termes à eux, là, ce n'est pas
moi qui le dis, c'est eux, là : «Il confère un large pouvoir discrétionnaire
au pouvoir exécutif, qui rend le contrôle judiciaire très limité. Selon nous,
la norme législative doit être exprimée de façon claire, et le législateur doit
éviter l'ambiguïté quant à la portée de cette disposition. Par conséquent, nous
suggérons, d'une part, de préciser l'objectif visé par cette modification. Les
tribunaux pourraient être amenés à interpréter si l'abattage a été effectué
pour un motif d'intérêt public, une notion qui n'est pas définie dans la loi.» Donc
ça, c'est un peu ce que je disais. «Et, d'autre part, l'article 67 ne
prévoit pas expressément qu'elle ne s'applique pas aux espèces vulnérables et
menacées désignées dans la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Les
espèces en situation précaire doivent bénéficier d'une protection accrue et
donc l'abattage...» Oui, ils disent que l'abattage de bétail... ou caribou,
hein, ça a des impacts différents sur la biodiversité. Tu sais, on parle... Il
y a eu... À un moment donné, c'étaient des sangliers, là, qui étaient... bien,
je pense qu'il y en a encore, qui sont en cavale et...
M. Charette : Pas dans
l'est de Montréal, mais dans... oui, effectivement.
Mme Dufour : En Mauricie,
notamment.
M. Charette : Oui, effectivement.
Est de Montréal, c'étaient des coyotes. Encore une situation, là, qui prévaut,
là, à l'heure où on se parle.
Mme Dufour : Il y en a
dans ma cour aussi, des coyotes.
M. Charette : Aussi?
Mme Dufour : C'est pour
ça qu'il y a beaucoup... Les dindons puis les coyotes s'attirent mutuellement.
Mais, ceci dit, il y a réellement un enjeu que ça puisse être interprété d'une
façon, disons... C'est ça, tu sais, quand il y a de la... un espace pour de l'interprétation,
malheureusement, bien, ça peut donner des...
M. Charette : Et la façon
de rassurer le CQDE, à ce moment-ci, c'est que la réglementation va éviter,
justement, les interprétations trop larges, et la réglementation va aussi faire
l'objet d'une consultation. Donc, si jamais le CQDE est intéressé par la
question, et je ne doute pas qu'il l'est, au moment du dépôt du projet de
règlement, là, ils auront la possibilité, là, de travailler à bonifier le texte
qui sera exposé. Mais je comprends tout à fait que, lorsqu'une définition ou un
concept n'est pas suffisamment balisé, ça peut laisser place à différentes
interprétations, donc on va s'assurer que la réglementation réponde à ces
objectifs-là en particulier.
• (18 h 50) •
Mme Dufour : Est-ce qu'il
y a des cas, selon vous, où des espèces fauniques menacées ou vulnérables
pourraient être... ça pourrait être justifié de les abattre?
M. Charette : Bien, c'est-à-dire,
ce n'est pas tant l'espèce que la circonstance très, très, très théorique, là.
Mais, si on avait un animal d'une espèce menacée, puis franchement je n'ai
pas... je n'ai pas d'exemple en tête, un animal visé qui s'attaquerait à un
humain, là, il y aurait possibilité d'intervention. Mais ce n'est pas, je veux
dire... ce n'est pas... ce n'est pas le pourquoi de l'article en question, là,
c'est réellement pour des espèces plus courantes, là. Le dindon est sans doute
la meilleure illustration.
Mme Dufour : Donc, il n'y
aurait pas d'enjeu à exclure de cet article-là les espèces menacées ou
vulnérables?
M. Charette : Bien, c'est-à-dire,
comme... Bien non, ce que je dis, c'est que je n'ai pas d'exemple précis en
tête, mais... Et ce n'est pas par rapport à l'espèce, c'est par rapport à la
menace. Donc, il pourrait y avoir, et là je dis n'importe quoi, un animal...
Bien, je vais le dire autrement. Si le dindon sauvage était une espèce menacée...
ce n'est clairement pas le cas, là, mais si le dindon sauvage était une espèce
menacée et qu'un dindon sauvage s'attaquait à une personne, la personne serait
en droit de se défendre. Donc, je ne peux pas y aller par types d'espèce, mais
plutôt par la menace que l'on veut... que l'on veut enrayer. Mais on s'entend
que la rainette faux-grillon n'est pas une menace à l'humain, là, puis ce n'est
pas elle qui va s'attaquer à l'humain. Puis ce n'est pas la rainette
faux-grillon qui va non plus menacer un secteur... un secteur... qui va menacer
un bien.
Mais je ne peux pas, dans tous les animaux
qui figurent... Et certains militent... Je vous donne un exemple. Certains
militent pour qu'un type de loup en particulier soit considéré comme une espèce
menacée. On a des visions <différentes...
M. Charette :
...
qu'un type de loup en particulier soit considéré comme une espèce menacée. On a
des visions >différentes d'avec gouvernement fédéral à ce niveau-là. Mais
si, éventuellement, ce type de loup là était effectivement dans la catégorie
des espèces menacées et qu'il venait qu'à menacer quelqu'un, un, la personne
qui est sur le point de se faire attaquer va sans doute très peu se soucier à
savoir si c'est un... peu importe l'espèce et encore moins si la bête est
sur... si cette espèce de loup là est sur la liste des espèces menacées. Donc,
je ne pourrais pas, moi, à travers un amendement ou la réglementation,
dire : Toute espèce faisant partie des espèces menacées n'est pas
assujettie à l'article 67. C'est plus la circonstance que l'espèce, qui va
déterminer si c'est possible ou pas.
Le Président (M. St-Louis) : Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Bien, suite à la
question de ma collègue, l'exemple que le ministre donne, c'est lorsque la
personne est attaquée. Mais, le premier paragraphe, on parle d'intérêt public, et,
comme le Centre québécois de droit sur l'environnement dit, il n'y a pas de
balises, c'est très général, «intérêt public». Est-ce qu'il y a moyen, au moins,
de faire en sorte que l'exception pour les espèces fauniques menacées ou
vulnérables désignées... que ce ne soit pas assujetti, premier paragraphe, «intérêt
public»? Parce que c'est très général.
M. Charette : Non, tout à
fait, le commentaire est aussi pertinent. Ce qu'on pourra faire, puis c'est ce
que ma collègue me glissait... C'est sûr qu'à partir du moment où c'est une
menace, que la personne, elle est menacée par un loup qui serait
éventuellement, peut-être, sur la liste des espèces menacées, là, ça ne laisse pas
le temps ou ça ne laisse pas place à bien, bien des options. Mais, si on parle
de dommages à des biens, si on parle d'intérêt public, dans la réglementation,
on pourra préciser que c'est le déplacement qui sera préconisé plutôt que l'abattage.
Donc, ça, c'est le type de précision, là, qui pourrait... qui pourrait se faire
pour, notamment, les espèces menacées ou vulnérables.
Mme McGraw : Mais est-ce
qu'il y a moyen, présentement, dans la loi, de... «Une personne peut capturer — etc. — dans
les cas d'intérêt public déterminés par règlement». Est-ce qu'on pourrait dire,
au début : Ça ne s'applique pas à ces espèces, etc., à moins que... Parce
que c'est très général, «intérêt public». On comprend que, si la personne est
attaquée...
M. Charette : Oui, bien, je
ne pourrais pas l'exclure d'emblée à travers la loi. Là, je réfléchis, là, tout
en écoutant la collègue, puis effectivement, là, c'est tous des propos, là, qui
ont leur pertinence. Mais si... Et là c'est très, très, très imagé, là, ce que
je vais retenir comme exemple, c'est juste pour dire qu'on ne peut pas exclure
d'emblée.
Si, par exemple, on avait un animal... Et
là c'est un petit peu de la fiction, là, que je vous expose comme exemple. Un
animal qui est sur la liste des espèces, justement, vulnérables, serait à
l'origine d'une possible pandémie ou vecteur d'un virus quelconque qui est
dangereux, là, on parle d'intérêt public, intérêt public qui en est un de santé
publique ici. Ça fait que moi, d'entrée de jeu, je ne peux pas... je ne peux
pas dire : J'exclus d'emblée toutes les espèces vulnérables ou menacées de
mesures de protection, parce que je ne connais pas la cause.
Donc, comme je le mentionnais tout à
l'heure, c'est plus la cause que l'espèce elle-même qui va déterminer quel est
le degré de menace, en quelque sorte. Mais ce qu'on pourra établir dans la
réglementation, très clairement, c'est si c'est uniquement une menace à un
bien, plutôt que d'envisager l'abattage. Si c'est une espèce menacée, bien, on
va plutôt envisager le déplacement, là, de cet animal-là qui pose problème.
Parce qu'on se souvient, le libellé
initial, là, on parle effectivement, là si on était... Je pense que l'article
précédent, là, qui parlait... Je ne veux juste pas induire la collègue en
erreur. Non, c'est le début, en fait, c'est l'introduction à 67 qui parlait,
là, de capturer, déplacer ou abattre. Donc, ce n'est pas l'abattage qui est la
solution unique, là. On pourra dire si c'est une espèce menacée lorsque la
menace, elle n'est pas... elle n'est pas immédiate ou importante au point de
songer à l'abattre, qu'on va davantage opter pour la <capture...
M. Charette : ...ou
importante au point de songer à l'abattre, qu'on va davantage opter pour la >capture
ou le déplacement.
Mme McGraw : Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, Mme la députée. Une autre intervention? Mme la députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Bien, en
toute franchise, je ne suis pas complètement rassurée par le ministre. Et le
fait... de la façon que la loi est écrite, ça peut porter à interprétation pour
quelqu'un qui en prendrait connaissance. Et je ne suis pas sûre que la personne
qui va voir cet article-là va penser que peut-être, dans un an, il va y avoir
un règlement qui va être adopté, puis : Ah! je vais essayer de le trouver,
en plus. Il risque de lire ce qui est écrit là, qui dit : «Une personne
peut capturer, déplacer ou abattre un animal dans les cas d'intérêt public
déterminés par règlement... un ministre.» Et ça, l'intérêt public,
malheureusement, encore une fois, ça peut être... ça peut être vraiment
interprété de toutes sortes de façons.
Vous avez parlé de la rainette
faux-grillon... faux-grillon. Elle n'est pas dangereuse, mais est-ce que
quelqu'un pourrait dire : Bien, ça empêche mon projet, et mon projet est
d'intérêt public, et donc je peux l'abattre... je peux l'éliminer? Parce qu'on
ne l'abattra pas, là... toute petite. Qu'en est-il des caribous, etc.? Donc,
c'est pour ça que, M. le Président, un amendement a été envoyé, et j'aimerais
le déposer.
Et, en attendant que ce soit ouvert,
j'aimerais peut-être mentionner que j'ai ici la liste des espèces menacées,
devant moi, et, toute franchise, il n'y en a pas énormément, de toute façon. Je
ne pense pas que c'est une tortue qui se qualifierait dans ces catégories-là,
ni la couleuvre brune, peut-être des oiseaux, mais, la liste des oiseaux, ici,
on n'a pas... ni la bernache ni le dindon sauvage ne se trouvent dans cette
liste. Et par la suite on a le béluga, le carcajou, le caribou des bois, la
chauve-souris nordique, petite chauve-souris brune et la pipistrelle de l'Est.
Voilà. Alors, sinon, il y a des poissons aussi, des amphibiens, donc je
pense... Puis, ah oui! le petit blongios, et lui, il est dans la catégorie des
vulnérables... qu'on a entendu beaucoup parler de Northvolt. Et ça, c'est un
autre exemple, qu'on pourrait dire : Ah! c'est d'intérêt public d'avoir
l'usine de Northvolt. Non.
Et donc, pour cette raison-là, j'aimerais
déposer l'amendement suivant. Je pense qu'ils doivent être traités autrement
que les autres... les autres animaux qui pourraient être considérés comme
dangereux, par exemple, ou... Voilà. Alors, je lis l'article.
L'article 39 : Modifier l'article 67, proposé par l'article 39
du projet de loi, par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant : «Un animal
considéré comme espèces fauniques menacées ou vulnérables n'est pas assujetti à
cet article.»
Donc, c'est le même, même, même article,
M. le Président, mais c'est juste la dernière phrase qui s'ajoute, donc... À
moins que je doive le dire au complet, là, je ne sais pas...
Le Président (M. St-Louis) : ...
Mme Dufour : ...parce que
c'est quand même long.
Le Président (M. St-Louis) : Non,
non, tout à fait, c'est...
Mme Dufour : Donc, je pense
qu'on comprend, là, on le voit bien à l'écran de toute façon.
• (19 heures) •
Le Président (M. St-Louis) : M.
le ministre.
M. Charette : Oui. Bien,
fidèles à l'engagement, là, qu'on a pu prendre, rapidement, on signifie si, oui
ou non, on peut l'adopter, et on ne pourra pas, dans le cas présent, pour les
raisons qu'on a mentionnées tout à l'heure. Cette liste-là, elle n'est pas
fermée, c'est une liste qui... D'ailleurs, on a contribué, là, ces dernières...
ces dernières deux années, à la mettre à jour en partie, cette liste-là.
Mais je donnais l'exemple, qui est très,
très actuel. Certains militent pour que le loup... bien, une catégorie de loup,
à tout le moins, puisse être intégrée à cette liste des espèces menacées ou
vulnérables. Ce n'est pas le petit blongios, là, qui va... qui va être
menaçant, là, à l'égard... à l'égard... En fait, le petit blongios ne
représente pas de menace. Mais, si, par contre, j'ai un loup, on n'est pas dans
la même catégorie. Si c'était la liste actuelle qui était fermée, bon, on se...
on est capables de composer avec la menace que ces espèces-là peut... que ces
espèces-là peuvent représenter. Mais il y a forcément des ajouts qui vont se
faire au fil des années. Je ne sais pas quelles seront les prochaines espèces
qui seront ajoutées, à ce moment-ci, mais, si j'ai un loup, si j'ai un type
d'ours, par exemple, bien, on comprend que c'est une menace qui est différente.
Mais je comprends la préoccupation de la
collègue, je comprends la préoccupation du CQDE à ce sujet-là, mais la réglementation
va venir baliser ce que ça pourra permettre de faire, là... Et, pour rassurer
la collègue, cet article-là, il n'est pas... il n'entrera pas en vigueur tant
que la réglementation ne sera pas non plus en vigueur. Donc, une personne...
19 h (version révisée)
M. Charette : ...n'entrera pas
en vigueur tant que la réglementation ne sera pas non plus en vigueur. Donc, une
personne ne pourrait pas dire : La loi est adoptée, j'ai le droit de faire
ce que je veux. C'est la réglementation qui va venir déterminer, là, ce qu'il
sera permis de faire.
Mme Dufour : OK. Il y a... parce
qu'il y a deux éléments dans l'article 67, différents. Il y en a un qui
est la protection, hein, que de... dans le cas d'un animal qui l'attaque, mais
moi, ce qui me... ce qui me préoccupe, c'est la question du «intérêt», dans le
cas d'intérêt public ou dommages à ses biens. Et ça, ça laisse place à
interprétation de...
Puis, tu sais, il y aurait moins... il y
aurait même moyen peut-être de le modifier, là, cet... l'amendement, en disant «à
moins que ce soit en légitime défense», ou quelque chose comme ça. Mais le fait
qu'il y ait une ouverture d'abattre un animal pour peut-être des dommages à des
biens, un animal qu'on dit vulnérable ou une espèce menacée, c'est là que j'ai...
j'ai vraiment une problématique. Puis je... pendant qu'on se parle, je me dis,
je vais peut-être le modifier, retirer puis déposer un nouvel amendement.
M. Charette : ...l'échange va
peut-être guider, là, l'orientation que vous allez retenir, et c'est... c'est tout
à fait correct, mais on parle d'abattre, mais ce n'est pas que ça, là, c'est
aussi potentiellement capturer ou déplacer, ce que je mentionnais tout à l'heure
au niveau de la réglementation. On pourra préciser si ce n'est pas une menace
imminente et que c'est dans le cas, par exemple, des espèces vulnérables ou menacées.
On va... on va préférer la capture ou le déplacement. Donc, il ne faut pas
penser que l'animal serait de facto abattu, mais la réglementation, là, va...
va préciser, là, ce qu'il sera permis de faire ou pas.
Mme Dufour : Oui, mais ça...
Oui.
M. Charette : Et, pour l'intérêt
public, juste un petit complément d'information, c'est là aussi... je ne peux
pas exclure d'emblée une liste actuelle, qui peut... qui peut s'accroître, et
qui va s'accroître définitivement, là, dans le temps. Ça peut sembler de la
politique fiction, mais pas tant que ça. Si on avait un animal qui était à l'origine
d'une... bien, pandémie, c'est peut-être fort, là, mais d'une éclosion d'une
problématique réelle, il aura beau être une espèce menacée ou vulnérable, peut-être
que l'abattage sera... sera une option. Donc, c'est pour ça, je ne peux pas l'exclure
d'emblée compte tenu des cas de figure, là, qui... qui peuvent être nombreux, mais
ce sera... ce sera balisé.
Mme Dufour : Je vais... je
vais revenir. L'article 67, avant sa modification proposée par le projet
de loi aujourd'hui, disait qu'on ne pouvait pas tuer un animal. S'il y avait eu
une pandémie et qu'il y avait eu un animal... Bien, d'ailleurs, grippe aviaire,
un exemple, il y a eu des abattages, ça s'est fait pareil. Ce n'est pas cette...
Je pense qu'il y a d'autres façons de passer par-dessus cet article-là, mais ce
qu'il ne faut pas, c'est donner l'impression à quelqu'un qui prendrait
connaissance de cet... de cet article-là que, dans le fond, pour protéger ses
biens, il peut abattre n'importe quel animal.
Et c'est ça... c'est ça qui me... qui me complique
beaucoup avec la façon que c'est rédigé. Et je pense que c'était ça aussi l'inquiétude
qui était soulevée par les groupes. Les espèces menacées ou vulnérables, si
elles sont menacées ou vulnérables, c'est parce qu'il n'en reste plus beaucoup,
d'individus, puis parce que probablement des gens les ont déjà attaqués, ou...
tu sais, ou abattus, ou ont grugé substantiellement leur habitat dans lequel
ils pouvaient... ils pouvaient ne pas vivre. Donc, on est rendus... tu sais, on
a... Je pense que c'est vous-même d'ailleurs qui avez adopté, là, le... Mon
Dieu! C'est le... la résolution de Kunming-Montréal, c'est ça, sur la
biodiversité. Et ce qu'on nous dit, c'est que de ne pas mettre... de ne pas
mettre une distinction pour les espèces menacées ou vulnérables, bien, on ouvre
à trop de possibilités, là, et à ne pas respecter nos engagements, là.
M. Charette : ...je ne suis
pas avocat, là, je l'ai mentionné à plusieurs reprises, mais il y a un principe
que je connais qu'on doit tous connaître, c'est que personne n'est censé
ignorer la loi. Ça ne peut pas être un prétexte de défense. Moi, ce que je dis,
c'est qu'il y a un article, oui, une loi qui sera possiblement adoptée, mais
les dispositions seront applicables au moment où le règlement sera adopté.
Donc, une personne ne pourrait pas <évoquer...
M. Charette :
...seront
applicables au moment où le règlement sera adopté. Donc, une personne ne
pourrait pas >évoquer : Bien, moi, je pensais que c'était... que
j'avais le droit de le faire. Ce n'est pas un motif de défense, ça, devant...
devant les tribunaux.
Et, pour ce qui est, par contre, des
espèces menacées, bien... et/ou vulnérables, c'est ce que j'ai mentionné à quelques
reprises, là, on a une liste qui est connue aujourd'hui. Je ne sais pas à quoi
elle fera référence, là, dans les prochaines années. Tout à l'heure, je parlais
du loup de l'est, il peut y avoir éventuellement une catégorie d'ours, il peut
y avoir... Donc, je ne peux pas... je ne peux pas l'intégrer de façon formelle
ou ce serait d'emblée exclu, si l'espèce ou si l'animal était menacé ou
vulnérable, là, de par son espèce. Ce serait... ce serait malheureusement trop
contraignant. Mais, je rassure la collègue, la réglementation va venir baliser,
là, ce qu'il sera permis de faire.
Le Président (M. St-Louis) : ...vous
avez mentionné le... peut-être le vœu de retirer l'amendement pour en...
Mme Dufour : Non.
Le Président (M. St-Louis) : Non.
Ça va?
Mme Dufour : On va continuer
les échanges.
Le Président (M. St-Louis) : On
le continue. OK. Bien, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci.
D'ailleurs, ma collègue soulève un excellent point. Le texte actuel, avant le
projet de loi, parle... c'est de ne pas tuer ou capturer un animal qui
l'attaque, etc. Donc, c'est de ne pas faire, parce que justement, c'est dans
l'esprit de la protection, c'est dans l'esprit de... effectivement la... de
protéger les animaux puis les espèces. Et là on fait un 180 avec cet
article-là. On fait un 180, parce que, là, on parle de «dans l'intérêt public»,
on a le droit.
Il me semble que ça n'a même pas sa place
dans ce projet de loi ou dans cette loi. Peut-être, sécurité publique, ou
ailleurs, mais pas dans cette loi-là. Parce que, là, on fait un 180 pour parler
de l'intérêt public qui s'oppose effectivement à la protection des espèces puis
des animaux. Ça fait que je... Vraiment, on fait un 180... un 180. La moindre des
choses, c'est de prendre le premier paragraphe. Puis, si ce n'est pas dans son
entièreté, il faudrait vraiment préciser le premier paragraphe, parce que, je
suis d'accord avec ma collègue, quelqu'un qui voit ça, ça donne l'impression
contraire de ce qu'on vise effectivement, qui est la protection des animaux
puis des espèces.
• (19 h 10) •
M. Charette : Oui. Bien,
là-dessus, je vais... je vais tenter d'être rassurant et rappeler un principe.
En droit, on ne peut pas ignorer la loi, là. Donc, si une personne devait
abattre un animal dans un contexte non permis, elle ne pourra pas dire devant
la cour : Ah! je pensais que j'avais le droit, là. C'est... ça ne peut pas
être un motif de défense.
Cependant, si on regarde... si on regarde
le texte actuel, si on devait ne pas le modifier, c'est aussi mentionné qu'il
doit être... «nul ne peut abattre ou capturer un animal qui cause du dommage
aux biens ou qui doit être déplacé pour des fins d'intérêt public, sauf aux
conditions déterminées par règlement du ministre».
Mme McGraw : Exact.
M. Charette : Donc, on avait
cette possibilité-là aussi dans l'article actuel. Donc, ce n'est pas...
Mme McGraw : Mais c'était le
contraire.
M. Charette : ...ce n'est pas
un... Non, mais, c'est-à-dire, actuellement c'est «nul ne peut abattre un»...
mais...
Mme McGraw : Là, c'est :
on peut abattre, c'est le contraire.
M. Charette : Oui. Non, non,
mais là, quand je dis : Ce n'est pas un 180, c'est que c'est aussi écrit
«sauf aux conditions déterminées par règlement du ministre». Donc là, on vient
dire que, dans certaines circonstances, ce sera aussi possible, mais avec une
réglementation qui va venir préciser la... les balises. Donc, moi, je ne suis
pas dans une situation de 180. Mais, en même temps, il y a des motifs qui
pourront très certainement justifier qu'il y ait soit déplacement, soit capture
ou abattage d'un animal.
Mme McGraw : Mais, tout ça,
ça va se faire par règlement. Là, on parle de la loi. Et, dans la loi, on fait
référence au règlement...
M. Charette : Comme c'est...
Mme McGraw : ...mais, dans la
loi, c'est un 180.
M. Charette : Pas du tout,
pas du tout, parce que ce n'est pas...
Mme McGraw : Parce qu'on
parle d'«une personne ne peut pas faire», «nul ne peut pas». Là, on est rendus,
une personne «peut abattre», «peut déplacer», «peut capturer». Avant, c'est «ne
peut pas». Ça fait que dans la loi... Je comprends que, par règlement, il y
avait des choses qui vont se régler, mais ce n'est pas clair. Très sincèrement,
M. le ministre, on... on a fait un 180. Donc, peut-être mettre en place des
balises ou... c'est surtout la première... la première partie, là. On ne parle
même pas de «on peut faire, si on est attaqué ou il y a des dommages», on parle
de façon très générale, «l'intérêt public», qui est très, très large.
M. Charette : ...que le texte
actuel pouvait, avec des conditions précisées par règlement, permettre aussi
l'abattage ou la capture. C'est là où je <mentionne...
M. Charette :
...avec
des conditions précisées par règlement, permettre aussi l'abattage ou la
capture. C'est là où je >mentionne, et on n'est pas obligés d'être
d'accord, que ce n'est pas un 180 degrés. Là, on va préciser dans la loi
des principes de protection, oui, mais ce sera applicable en respect d'une
réglementation qui va venir donner des balises bien, bien précises. Je le mentionnais,
il n'y a aucune volonté, là, de créer un permis de chasse déguisé à travers ça.
J'entends les préoccupations des collègues par rapport aux espèces menacées ou
vulnérables. C'est là où, dans la réglementation, on pourra, dans certaines
circonstances, préférer la capture et le déplacement plutôt que l'abattage,
mais je ne peux pas exclure qu'une espèce menacée ou vulnérable cause un risque
important en vertu, là, de cet article-là.
Actuellement, les espèces, encore une
fois, c'est une liste qui n'est pas statique, qui n'est pas fermée dans le
temps, loup de l'est, ours, certaines espèces peuvent... peuvent représenter
une menace réelle, mais la réglementation sera là pour baliser ce qui sera
permis ou pas de faire. Mais dans l'intervalle, on ne peut pas arriver devant
un juge ou une juge et dire : Je ne savais pas que je n'avais pas le droit
de faire ça, cette personne-là va être... va être sanctionnée, c'est son seul
motif de défense.
Mme McGraw : Bien, peut-être
une question pour le ministre, puis, je comprends, on arrive à la fin de la
journée puis c'est peut-être en réflexion, à tête reposée demain. Qu'est-ce qui
fait en sorte qu'on était dans le négatif, c'est-à-dire «nul ne peut abattre ou
capturer un animal», etc., et on est rendus à une personne peut capturer,
déplacer ou... Ça fait qu'on est rendus dans l'affirmatif. Qu'est-ce qui
explique ce changement quand même important dans ce projet loi? Parce qu'on
comprend que ça va se régler par règlement, mais là je parle du projet de loi.
M. Charette : Bien, c'est une
volonté de modernisation. Ça, c'est des articles qui avaient une certaine... je
veux dire, qui ont été adoptés dans certains cas il y a plusieurs années, et
c'est d'adapter notre législation à une réalité, là, qui a pu évoluer, ou une
connaissance, ou une prise de conscience qui a pu évoluer dans l'intervalle.
Moi, je me souviens, c'est un petit peu
anecdotique, mais, lorsque ce fameux dindon là a été abattu, il y a quelques
mois, il y a plusieurs reportages qui se demandaient : Est-ce qu'on...
est-ce que la personne qui l'a abattu va être...
Le Président (M. St-Louis) : M.
le ministre, on arrive malheureusement au bout...
M. Charette : On va reprendre
demain.
Le Président (M. St-Louis) : Oui,
tout à fait. Donc, je vous remercie pour votre collaboration, et, compte tenu
de l'heure, la commission ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 19 h 15)