Journal des débats (Hansard) of the Committee on Transportation and the Environment
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, March 25, 2025
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Vol. 47 N° 86
Clause-by-clause consideration of Bill 81, An Act to amend various provisions relating to the environment
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Intervenants par tranches d'heure
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St-Louis, François
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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St-Louis, François
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Leduc, Alexandre
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McGraw, Désirée
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
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Leduc, Alexandre
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Charette, Benoit
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Leduc, Alexandre
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St-Louis, François
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-huit minutes)
Le Président (M. St-Louis) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie ce matin afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi 81, Loi modifiant diverses
dispositions en matière d'environnement.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Derraji (Nelligan) est remplacé par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce), M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin) est
remplacé par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement, nous étions... nous
allions débuter — pardon — l'étude de l'article 73. M.
le ministre, la parole est à vous.
M. Charette : Bonjour,
M. le Président, bonjour aux collègues. Peut-être juste me rappeler, je ne me
souviens plus, est-ce que la lecture de l'article avait été faite? Non?
Le Président (M. St-Louis) :
Non, juste avant de quitter, nous avions procédé à la mise aux voix à l'amendement,
et donc...
M. Charette : Voilà,
voilà, voilà. Donc, merci du rappel. Donc, 73 : La Loi sur la qualité de l'environnement
est modifiée par l'insertion, après l'article 6.3, du suivant :
6.3. — pardon — .1 :
«Dans le cadre de la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur
l'environnement prévue à la sous-section 4 de la section II du
chapitre IV et de l'évaluation environnementale sectorielle ou régionale
prévue à la sous-section 5 de la section II du chapitre IV, à la
demande du ministre ou dans les cas prévus par règlement du gouvernement, le
Bureau a pour fonctions, en plus de ses fonctions d'enquête, d'informer le
public, de recueillir ses préoccupations et observations ainsi que de lui
donner l'opportunité d'obtenir des réponses à ses questions sur le projet, le
plan ou le programme concerné. À cette fin, il doit notamment assurer
l'organisation et la bonne gestion de périodes d'information incluant la tenue
de séances d'information, le cas échéant.»
Et le commentaire : Cet article
ajoute l'article 6.3.1 à la Loi sur la qualité de l'environnement afin de <formaliser...
M. Charette :
...cas
échéant.»
Et le commentaire : Cet article
ajoute l'article 6.3.1 à la Loi sur la qualité de l'environnement afin de
>formaliser le rôle du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement
dans le cadre des procédures d'évaluation telles qu'elles sont modifiées dans le
projet de loi.
Cet article prévoit que le bureau a, sur
demande du ministre ou dans le cas... dans les cas prévus par règlement du
gouvernement, pour fonctions, en plus de celle d'enquête, d'informer et de
recueillir... d'informer le public, de recueillir ses préoccupations et
observations, ainsi que lui donner l'opportunité d'obtenir des réponses à ses
questions sur le projet, le plan ou le programme concerné. Il doit notamment
assurer l'organisation et la bonne gestion de périodes d'information, incluant
la tenue de séances d'information, le cas échéant.
• (9 h 50) •
Le Président (M. St-Louis) :
Merci beaucoup, M. le ministre. Est‑ce qu'il y a des interventions? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci.
Peut-être nous expliquer pourquoi on a procédé à cet... à cet ajout-là de
fonctions au BAPE? Pourquoi on a senti le besoin de faire cet ajout?
M. Charette : Dans les
faits, c'est un mandat que le BAPE pouvait, effectivement, assumer par le
passé, mais ce n'était pas formalisé dans le... dans la... dans la loi comme
telle. On parlait d'enquête, officiellement, mais là on voit, là, on confirme
un rôle de recueillir l'information pour le public, mais également d'informer
le public, d'écouter les doléances du public. Donc, on vient formaliser un rôle
qui, je pense, est important et qui sera maintenant, là, dûment mentionné dans
la loi.
Mme Dufour : Et c'est
arrivé à combien de reprises que le BAPE soit sollicité pour... dans le cadre
de la procédure d'évaluation et d'examen des impacts?
M. Charette : À combien
de reprises le BAPE est intervenu?
Mme Dufour : Oui, on dit...
M. Charette : Ah! Mais à
plusieurs, plusieurs... Bien, je veux dire, on a plusieurs BAPE à chaque année.
Est-ce que vous souhaitez des…
Mme Dufour : Non, non,
pas les interventions du BAPE, mais dans l'article 6.3.1, vous avez
mentionné que ça venait confirmer quelque chose qui était déjà fait. Donc, à
quelle... à combien de reprises c'est arrivé qu'ils interviennent à cette
étape-là?
M. Charette : Bien, dans
les BAPE, de façon naturelle, les commissaires vont entendre le public, vont
également recueillir les doléances, les informer. Donc, c'est déjà pratique
courante, mais ce n'était pas... Si on regarde comment l'article était rédigé
versus l'ajout qui est proposé, on vient confirmer un rôle, là, que le BAPE
assumait déjà, là, dans les faits. Donc, je ne peux pas dire, est-ce que
c'est... Je vous dirais, dans tous les BAPE, il y a le public qui peut
effectivement exprimer ses inquiétudes. Il y a une volonté, là, des
commissaires de trouver des réponses au public.
Donc, par le passé, on avait réellement
institutionnalisé, à travers la loi, le volet enquête, mais là on lui
reconnaît, là, sa responsabilité aussi pour l'accompagnement des citoyens,
s'assurer qu'ils puissent partager, là, leur point de vue, mais surtout les
aider à recueillir les informations, là, qu'ils souhaitent obtenir.
Mme Dufour : Je vais
peut-être préciser davantage ma question. L'article 6.3, qui était déjà
existant, disait que le BAPE avait pour fonction d'enquêter, effectivement,
mais aussi de tenir des audiences publiques et des consultations ciblées, mais
on disait qu'il devait enquêter sur toute question relative à la qualité de
l'environnement que lui soumet le ministre.
Et là, maintenant, on vient préciser, avec
l'article 6.3.1 qu'on introduit, que c'est dans le cadre de la procédure
d'évaluation et d'examen des impacts, que là il y a des pouvoirs très clairs — c'est
toujours à la demande du ministre, d'ailleurs — mais c'est ce que
j'essayais de savoir, si c'était fréquent que ce soit dans le cadre de la
procédure d'évaluation et d'examen des impacts que le BAPE était intervenu dans
le passé?
M. Charette : S'il y a
consentement, on pourrait permettre à notre collègue, là, d'expliquer un petit
peu la procédure pour mieux s'y retrouver, voir la différence, là, versus ce
qui s'applique maintenant versus ce qui serait formalisé, là, avec l'article en
question.
Le Président (M. St-Louis) :
Est-ce que la commission consent?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci. Je vous demanderais de vous <présenter...
Des voix :
Consentement.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci. Je vous demanderais de vous >présenter, nom et titre, s'il vous
plaît.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
Bonjour. Mélissa Gagnon, je suis directrice générale adjointe aux évaluations
environnementales et stratégiques. Donc, juste pour bien comprendre, en fait,
dans... Aussitôt qu'un projet est assujetti à la procédure d'évaluation
environnementale, bon, il y a une série, une succession d'étapes. Tous les
projets vont faire l'objet d'une période d'information publique, mais, en ce
moment, le BAPE n'a pas le mandat officiel d'assurer cette fonction-là. Donc,
le BAPE a sa fonction d'enquête qui est très bien balisée, et là, le BAPE va
intervenir avec un mandat d'enquête s'il y a des demandes, si le ministre donne
ce type de mandat là. Mais, pour ce qui est des périodes d'information
publique, systématiquement, c'était le BAPE qui assurait l'organisation de ces
périodes‑là, qui rendait les documents disponibles, qui tenait des séances
d'information. Donc, on est vraiment dans un rôle distinct de celui d'enquête, mais
ce rôle-là n'était pas officialisé, là, c'est ce qu'on vient ajouter. On
officialise ce rôle-là, surtout que le BAPE, en plus de tenir... d'organiser
les périodes d'information publique telles qu'elles existent maintenant, là,
donc, une fois que l'étude est jugée recevable, on ajoute aussi la fonction
d'organiser les périodes d'information publique, les nouvelles périodes
d'information publique sur l'avis d'intention qui va prendre place dès le début
du processus.
Mme Dufour : Oui, ça, on
va y revenir, je pense, dans un article subséquent, là, l'avis d'intention.
Mais, pour revenir dans le cadre de la procédure d'évaluation et d'examen des
impacts, est-ce que c'est systématique que le BAPE intervenait dans ce
cadre-là?
Mme Gagnon (Mélissa) : Pour
l'organisation des périodes d'information publique, oui. Pour ce qui est des
mandats d'enquête, bien là, c'est bien balisé, c'est vraiment en fonction de
s'il y a des... s'il y a des demandes qui sont déposées durant cette période
d'information là et à la demande du ministre. Là, il y a vraiment un mandat qui
peut être octroyé d'enquête, mais, systématiquement, le BAPE intervient pour la
tenue des périodes d'information publique.
Mme Dufour : OK, mais
dans le cadre de la procédure d'évaluation et d'examen des impacts.
Mme Gagnon (Mélissa) : Dans
le cadre de la procédure, oui
Mme Dufour : On dit
d'ailleurs, plus loin, là, que c'est à la demande du ministre ou dans les cas
prévus par règlement du gouvernement. Les cas prévus par règlement, c'est... ce
sont lesquels?
Mme Gagnon (Mélissa) : Je
peux y aller? OK. En fait, comme je le disais tout à l'heure, tu sais, la
procédure est très bien balisée, là, la succession d'étapes est bien balisée
dans la loi et précisée davantage par règlement. La distinction qui a été
ajoutée, en fait, c'est que, normalement, c'est à la demande du ministre, mais
s'il y a des cas où est-ce que c'est systématiquement... Simplement pour
simplifier, si on sait que cette étape-là va avoir systématiquement lieu, puis ça
pourrait être prévu par règlement, et là ça évite une... d'avoir à faire
intervenir le ministre si le règlement est déjà précis à cet effet-là.
Mme Dufour : OK. Mais le
règlement, est-ce qu'il existe présentement?
Mme Gagnon (Mélissa) : Le
règlement existe, mais il va naturellement être révisé suivant, le cas échéant,
l'adoption de la loi.
Mme Dufour : OK. Et
qu'est-ce qu'il inclut présentement comme cas?
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
le règlement vient baliser l'intervention du BAPE, là, pour toute sa fonction
d'enquête, donc, dans quel cas un mandat peut être octroyé, la durée des
mandats, et tout ça. Là, c'est sûr que la période d'information n'est pas
balisée... Bien, en fait, il y a une période d'information qui existe dans le
cadre législatif et réglementaire, mais le rôle du BAPE n'est pas balisé parce
qu'il n'y a pas encore officiellement cette fonction-là. Donc là, le règlement
va venir préciser la durée des périodes d'information puis à quel moment le
BAPE intervient dans cette séquence-là.
Mme Dufour : OK. Et
c'est quoi... Ce sont quoi, les intentions réglementaires ici, à ce moment-là?
M. Charette : Un petit
peu comme la collègue, là, vient... vient de le mentionner, baliser justement
son rôle au niveau de cet aspect qui vient... qui serait maintenant formalisé,
et c'est laisser, je pense, une plus grande place à la consultation citoyenne.
Ce que l'on réalise avec les années, à partir du moment où le milieu est bien
informé, les projets peuvent avancer plus rapidement par la suite. Et on va le
voir, là, dans les articles subséquents, on va faire intervenir aussi, plus tôt
dans le processus, le public pour le rassurer plus rapidement.
Donc, au final, on aura une procédure
d'évaluation qui, je pense, sera plus efficace, mais également avec un public,
là, qui sera davantage interpellé, là, pour évaluer la portée ou les impacts
des projets.
• (10 heures) •
Mme Dufour : Oui, mais
ma question, c'était de savoir, c'est quoi les intentions réglementaires par rapport
à «dans les cas prévus»? Tu sais, ce qu'on... ce qu'on est venu ici écrire,
«dans les cas prévus par règlement du gouvernement», ce sera quoi, les cas qui
vont être prévus?
M. Charette : C'est un
petit peu ce que la collègue mentionnait...
10 h (version révisée)
Mme Dufour : ...les cas qui
vont être prévus...
M. Charette : C'est un petit
peu ce que la collègue mentionnait.
Mme Dufour : ...où le BAPE va
devoir intervenir, là. Pas la façon, la longueur, etc., dans quel cas le BAPE
va intervenir?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
Bien, peut-être juste... En fait, en toute transparence, c'était vraiment pour
essayer de gagner plus d'agilité et de... Dans le fond, les cas sont quand même
prévus dans la loi. Donc, on le sait, que le BAPE va tenir des périodes d'information
au début du processus sur l'avis d'intention puis une seconde période d'information
sur l'étude d'impact lorsqu'elle va être déposée. Puis cet ajout-là vise, en
fait, à permettre que, exemple, à l'intérieur de 15 jours suivant une
action concrète, bien là, la période va pouvoir débuter. Plutôt que ce soit une
demande officielle à chaque fois du ministre, donc, ça serait établi par règlement
pour que ça puisse débuter automatiquement dans chaque projet suivant un délai,
exemple, de 15 jours.
Donc, c'était vraiment... ce n'est pas
pour ajouter des cas de figure, c'est simplement pour rendre un automatisme
dans les cas qui sont systématiques, chaque projet... appliquer
systématiquement dans chaque projet.
Mme Dufour : Oui. Je vous
avoue que j'ai de la misère à suivre. On vient écrire «dans les cas prévus par
règlement du gouvernement», là, dans les réponses, j'entends que les cas sont
prévus dans la loi. Pourquoi on a besoin, d'abord, de les préciser dans le
règlement s'ils sont prévus dans la loi? Et, si on écrit ça, c'est parce qu'on
a l'intention peut-être d'élargir à d'autres choses s'ils ne sont pas prévus
dans la loi. C'est ça que j'essaie de cerner, là. Pourquoi on écrit ça dans les
cas prévus par règlement, s'il n'y a pas de cas qu'on prévoit écrire par
règlement?
M. Charette : La collègue a
bien, bien résumé, là, les intentions du ministère à travers... à travers son
propos, c'est formalisé, justement, là, le rôle du BAPE. La réglementation va
venir donner ce type de précision là. Mais nous avons déjà une réglementation à
ce sujet, il faudra juste la bonifier. Je ne sais pas si on a d'autres exemples
potentiels, là, qui pourraient être donnés au niveau des intentions, à tout le
moins, là, mais je pense que ça a été bien, bien résumé.
Mme Dufour : Bien, non, en
fait... je suis désolée, je suis en désaccord. J'ai posé la question :
Dans quel cas on va prévoir par règlement que le BAPE doit intervenir dans le
cadre de la procédure d'évaluation et d'examen des impacts? J'ai reçu comme
réponse que les cas étaient prévus dans la loi. Est-ce qu'ils sont prévus dans
la loi ou dans un règlement? Sinon, pourquoi on vient écrire «dans les cas
prévus par règlement» ici?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, c'est ça, comme je le disais, la séquence est bien établie dans la loi
puis les périodes d'information que le BAPE doit tenir sont prévues dans la
loi. C'est déjà comme ça que c'est fait, sauf que la coutume est que c'est
toujours à la demande du ministre. Donc, ce n'est pas dans un, exemple, dans un
délai automatique ou un cadre automatique. Donc, pour donner plus de
prévisibilité et d'agilité, on a voulu se donner la possibilité de plutôt que
ce soit une demande formelle du ministre dans une étape qui est déjà établie,
donc les deux périodes d'information que je mentionnais tout à l'heure, bien,
si on est capable de venir le baliser par le règlement et que ce soit un mandat
automatique qui soit fait dans des cas établis par règlement, bien, qu'à ce
moment-là ça soit fait.
Je vais vous donner un exemple. En fait,
là, c'est que, là, en ce moment, on recevrait un avis d'intention, puis là
on... bon, il y a toujours une mécanique administrative, puis, une fois que c'est
prêt à partir en période d'information, on aurait une lettre à la signature du
ministre pour demander au BABE de débuter son mandat. Mais là l'intention, c'est
de regarder si on a la possibilité de prévoir plutôt par règlement un début
systématique, exemple, après 15 jours, une fois que l'avis d'intention est
reçu officiellement et jugé complet.
Donc, c'est vraiment une... Ce n'est pas
pour ajouter des cas, ce n'est pas pour... c'est vraiment juste pour ajouter de
l'agilité puis de la prévisibilité. Donc, c'était ça, l'objectif.
Mme Dufour : OK. Donc, si on
n'ajoute pas de cas, pourquoi on a senti le besoin d'écrire «dans les cas
prévus par règlement»? C'est... Tu sais, je comprends qu'on est dans la
mécanique, mais pas dans les cas. La mécanique est déjà établie par règlement,
alors elle pourrait être modifiée par règlement. Mais là, ici, on a ajouté
«dans les cas prévus par règlement».
M. Charette : Si on regarde
6.3.1, ça n'existait pas dans la loi actuelle. Donc, le mandat au niveau de la
consultation, bien que ça puisse se faire actuellement, là, il y a un volet,
là, qui est... je veux dire, le BAPE s'acquittait déjà en partie de ce
volet-là. Là, on vient l'institutionnaliser, voilà. Donc, c'est normal que l'on
puisse référer aussi à une réglementation, là, qui va aussi venir <établir
les modalités...
M. Charette :
…l'institutionnaliser,
voilà. Donc, c'est normal que l'on puisse référer aussi à une réglementation,
là, qui va aussi venir >établir les modalités. Mais pourquoi on le
mentionne? Parce que c'est un nouveau mandat qui est reconnu au BAPE, tout
simplement. Bien que, je le mentionne, là, la consultation publique ou, à tout
le moins, les échanges, avec le public, ont toujours fait partie, là, de… des
façons de faire, là, que le BAPE s'est données au fil des années.
Mme Dufour : OK. Je vais
poser la question... Northvolt, projet Northvolt, est-ce que ça aurait pu faire
partie d'un cas qui aurait été soumis au BAPE dans le cadre de la procédure
d'évaluation d'examen des impacts?
M. Charette : Bien, fait,
Northvolt, je l'ai répété à plusieurs reprises, une des… une des
caractéristiques de notre procédure d'évaluation environnementale, c'est
qu'elle est établie. Elle ne laisse pas place à l'aléatoire, elle est
prévisible, donc, pour les promoteurs, peu importe les promoteurs, qu'ils
soient privés, que ce soit des ministères, que ce soit des municipalités, les
gens… les gens savent à quoi s'en tenir. Pourquoi il n'y a pas eu de BAPE dans
le cas de Northvolt pour le premier volet? Parce qu'il était question d'un BAPE
pour le recyclage de batteries, notamment, c'est que les déclencheurs n'étaient
pas rencontrés. Et ça, ça ne change rien à ce niveau-là, quand… Ce n'est pas le
ministre qui décide sur un coup de tête : Il y a un BAPE ou il n'y en a
pas. Les déclencheurs sont très bien établis, notamment à travers la
réglementation.
Donc, lorsque les déclencheurs sont
établis, c'est là que la procédure s'enclenche, tout simplement. Et ça, ça ne
change rien, là, avec ce qui est discuté, là, présentement.
Mme Dufour : Non, mais vous
venez de parler des déclencheurs. Ça fait que, dans le fond, quand on dit «dans
les cas prévus par règlement», ici, on réfère à ces déclencheurs-là qui sont
dans le… dans un règlement.
M. Charette : Bien oui, les
déclencheurs, selon le type d'activité, c'est établi dans la réglementation,
effectivement. Puis, pour répondre à une autre question, là, de la collègue,
les cas qui sont visés, là, c'est mentionné à l'annexe I du règlement, là,
relatif à l'évaluation, l'examen des impacts sur l'environnement de certains
projets. Donc, l'annexe réfère à ces cas-là. Et, bien, encore une fois, dans le
cas de Northvolt, les seuils n'étaient tout simplement pas rencontrés.
Mme Dufour : Non. C'est vrai,
ils ont été changés. C'est pour ça qu'ils ne les ont pas rencontrés.
M. Charette : Oui, suite à
une consultation, en bonne et due forme, avec des experts, en bonne et due
forme, pour une technologie, pour une activité qui n'avait pas lieu au Québec,
donc, il a fallu effectivement adapter notre réglementation.
Mme Dufour : Mais on comprend
donc que tout ça était déjà dans un règlement, donc ce n'est pas un nouveau
règlement qui serait modifié. Mais est-ce que… Parce que j'ai quand même
entendu la... je suis désolée, je ne me rappelle pas de votre titre, mais vous
avez mentionné qu'il allait être modifié suite à l'adoption du projet de loi.
Est-ce qu'on contemple la possibilité de modifier les déclencheurs, justement?
M. Charette : À partir du
moment où on change la réglementation sur les seuils, c'est une procédure qui
aussi est établie avec une consultation, ou autre. Mais, à ce moment-ci,
l'article en question ne vise pas des seuils en particulier, il vise un rôle
que l'on reconnaît au BAPE dans l'avenir. Et l'avenir, c'est long, d'autres
l'ont dit avant moi. C'est sûr que la réglementation va être ajoutée, dans
certains cas, elle est resserrée. Dans beaucoup, beaucoup de cas, elle est
resserrée en fonction de la connaissance qui se développe en fonction des
informations, là, qui nous parviennent. Dans certains cas, c'est de créer
carrément de nouveaux seuils, parce que l'activité qui est visée n'existait pas
en sol québécois ou n'avait pas cours en sol québécois. Dans certains cas, ça
peut être des assouplissements par rapport aussi à de nouvelles connaissances
scientifiques.
Mais, actuellement, le 6.3.1 ne vise pas à
modifier des seuils, c'est plutôt de préciser le rôle du BAPE, là, comme tel.
Donc, c'est deux choses. Le BAPE a un rôle à jouer, très clairement, un rôle
qui est apprécié, qui est maintenant reconnu dans les traditions québécoises,
mais la réglementation sur les seuils, c'est autre chose.
• (10 h 10) •
Mme Dufour : OK. Le BAPE peut
enquêter aussi à la demande du ministre, c'est ce qu'on dit aussi, là, qu'il
peut intervenir dans le 6.3.1 à la demande du ministre.
M. Charette : Effectivement.
Et le BAPE, en fait, et ça aussi, j'anticipe peut-être la question, dans la loi
actuelle, le ministre ou la ministre peut effectivement mandater un BAPE, même
si les seuils <ne sont pas rencontrés...
M. Charette :
...le
BAPE, en fait, et ça aussi, j'anticipe peut-être la question, dans la loi
actuelle, le ministre ou la ministre peut effectivement mandater un BAPE, même
si les seuils >ne sont pas rencontrés. On nous a posé la question dans
le cas de Northvolt : Pourquoi vous ne le faites pas? Pour les mêmes
raisons que j'ai mentionnées, la force de notre procédure d'évaluation
environnementale, c'est qu'elle est prévisible. À partir du moment où on
demande un BAPE, ici et là, sur des projets spécifiques alors que les seuils ne
sont pas rencontrés, c'est là que ça deviendrait complètement imprévisible, et
pour les promoteurs publics que pour des promoteurs privés, de développer des
projets parce qu'ils ne sauraient jamais à quoi s'en tenir en termes de délais
et en termes d'exigences.
Mme Dufour : Mais, à ce
moment-là, la portion qui dit «à la demande du ministre» est inutile dans cet
amendement-là...
M. Charette : Pas du tout...
Mme Dufour : ...dans cet
article-là.
M. Charette : ...c'est-à-dire,
c'est permis actuellement, ça le sera, mais ce n'est pas un pouvoir qui doit
être pris à la légère. Moi, personnellement, je ne l'ai jamais utilisé, je
n'entends pas l'utiliser, mais la possibilité est là. Si jamais un cas de
figure très, très particulier devait le commander, la possibilité sera là. Il
faut distinguer, par contre, des BAPE qui seraient demandés par le ou la
ministre sans que les seuils ne soient rencontrés d'un BAPE générique, par
exemple. Des BAPE génériques, il s'en est fait, on en a fait un sur l'amiante,
notamment.
Donc ça, c'est possible et ça ne nuit pas
à la prévisibilité étant donné que ça ne touche pas à un projet en particulier.
Mais c'est une réflexion qui est plus générale sur une thématique, là, qui
déborde les frontières d'une seule région ou d'un seul projet en particulier.
Mme Dufour : Comme un BAPE
sur la gestion des matières dangereuses qui sont... qui est demandé par
l'ensemble des groupes qui sont venus.
M. Charette : Oui, exact,
puis c'est quelque chose à quoi on réfléchit, là, du côté du ministère. Ça,
c'est un bel exemple, c'est quelque chose qui, effectivement, est dans les
cartons du ministère sur quoi on planche. Et ça, c'est possible, parce que ça
ne vise pas un projet en particulier, ça ne vise pas un territoire uniquement,
mais c'est une réflexion plus générale. Des BAPE génériques, de mémoire...
Bien, récemment, plus récemment, il y a eu sur l'amiante; par le passé, si je
me souviens bien, il y en a eu aussi sur l'industrie porcine également. Donc,
c'est possible. Et dans le cas de la gestion de la matière dangereuse, c'est
quelque chose qui est étudié par le ministère, effectivement.
Mme Dufour : OK. Pourtant, là,
il y avait un article, la semaine dernière, comme quoi que ça ne faisait pas
partie des plans du ministère. La réponse, du moins que Le Devoir avait
reçue, c'était à l'effet que ce n'était pas... ce n'était pas envisagé par le
ministère.
M. Charette : Je vais le
dire, il faut faire attention à ce qu'on lit, ce n'est pas toujours exact.
Mme Dufour : Ou les réponses,
je ne sais pas...
M. Charette : Ça dépend
comment...
Mme Dufour : ...mais ça n'a
pas été clairement indiqué, en tout cas.
M. Charette : ...ça dépend
comment la question est posée, par qui elle est posée et comment c'est
rapporté.
Mme Dufour : Bon, d'accord.
Peut-être une dernière question, ma collègue va prendre la relève. Vous avez
dit que vous ne l'avez pas pris, ce pouvoir-là, de demander un BAPE dans les
dernières... depuis que vous êtes ministre, mais est-ce que ça a été utilisé
par d'autres ministres, ce pouvoir-là?
M. Charette : Non. Il faut
savoir que c'est une disposition qui est relativement récente. Ça date, je
pense, dans les dernières années du gouvernement précédent, donc, c'est relativement
récent. Mais non, pas avant et pas par mon entremise, mais la possibilité est
là, moi, je ne l'exclus pas. Mais, en aucun cas, ça ne devra remettre en
question la prévisibilité de la procédure d'évaluation environnementale. C'est
pour ça que le pouvoir est là, il est reconnu. Je suis conscient qu'il est là
et je suis reconnaissant qu'il soit là, parce que c'est une possibilité
supplémentaire, mais ce n'est pas un pouvoir qui peut être utilisé à la légère,
compte tenu... ça viendrait remettre en question...
Et j'en ai, des demandes, là, de
plusieurs... de plusieurs collègues, je vais le dire comme ça, qui
souhaiteraient que, mais, dans chaque fois, dans chaque occasion, la réponse
est la même : Si, de façon aléatoire, lorsque les seuils ne sont pas
rencontrés, qu'on en déclenche ou on n'en déclenche pas, la procédure
d'évaluation, les seuils ne voudraient tout simplement plus rien dire. Ce
serait impossible de prévoir quoi que ce soit, ne sachant pas les délais, les
modalités, les conditions. Donc, il faut s'assurer, là, de cette prévisibilité.
Mme Dufour : Je m'excuse, je
veux juste être sûre, j'ai bien compris, là. Vous n'avez jamais utilisé ce
pouvoir, même pour des BAPE génériques, c'est bien ça?
M. Charette : Non, non, ce
n'est pas ce que j'ai dit, pour des projets spécifiques.
Mme Dufour : OK. Mais pour
des BAPE génériques...
M. Charette : Bien oui. Bien,
je vous ai parlé de l'amiante il y a quelques instants.
Mme Dufour : L'amiante, c'est
ça, <ça a été fait...
Mme Dufour :
...génériques.
M. Charette :
Bien
oui. Bien, je vous ai parlé de l'amiante il y a quelques instants.
Mme Dufour :
L'amiante,
c'est ça, >ça a été fait.
M. Charette : Il y en a eu
par le passé aussi, je pense, sur le PAAS, si ma mémoire est exacte.
Mme Dufour : Mais, sous votre
gouverne, il n'y en a eu qu'un seul et c'était l'amiante.
M. Charette : Ah! parce qu'il
n'y en a pas eu beaucoup non plus, là, sur les génériques, mais c'est deux
éléments différents. Les BAPE génériques, c'est permis de tout temps. Les BAPE
à la discrétion du ministre sur des projets spécifiques, c'est plus récent, là.
Et je ne veux pas induire personne en erreur, mais c'est le souvenir que j'en
ai. Mais, si je dis quelque chose de faux, je serai corrigé.
Mme Dufour : Oui. Mais, dans
ce cas-là, je vais revenir au fait... Excusez-moi, je n'arrête pas de revenir,
mais pourquoi c'est écrit «à la demande du ministre» dans le 6.3.1, si on n'a
pas l'intention de s'en servir, si ça amènerait de l'imprévisibilité? Parce
que, dans les faits, le fait que ce soit écrit, ça veut dire qu'à tout moment,
peu importe le ministre, il pourrait y avoir une demande de BAPE. Et ce que
vous souhaitez, c'est qu'il y ait de la prévisibilité, et donc ça ne devrait
pas être écrit, cette ligne-là, «à la demande du ministre».
M. Charette : Oui, je pense
avoir répondu déjà. La disposition qui permet cette discrétion-là, elle est
dans la loi déjà, depuis quelques années, mais le discours gouvernemental,
c'est de dire : Il faut assurer la prévisibilité, sauf qu'on ne peut pas
tout anticiper comme possible projet ou comme possible développement. Et, je
disais à ma réponse précédente, je suis reconnaissant que la disposition soit
là, mais c'est une disposition qu'on ne peut pas prendre à la légère,
justement, pour ne pas compromettre la prévisibilité, là, de la procédure
d'évaluation. Et je répète ça essentiellement depuis... depuis six ans, donc,
ce n'est pas nouveau dans le discours. Mais je ne demande pas à ce que cette possibilité-là
soit retirée, parce qu'on ne connaît pas l'avenir, on ne connaît pas l'ensemble
des projets qui pourraient être soumis. C'est une disposition, là, dans le cas
de la discrétion qui revient au ministre, qui pourrait être, un jour, utilisée.
Mme Dufour : Je vais juste
souligner que ce n'est pas un retrait ici, c'est un ajout...
M. Charette : C'est ce que je
dis.
Mme Dufour : ...on vient l'ajouter,
la demande du ministre. Il n'était pas là avant, le 6.3.1, il n'existait pas,
là.
M. Charette : Exact, mais le
6.3.1 est davantage pour reconnaître le rôle du BAPE auprès du public, qui n'en
est plus un rôle uniquement d'enquête. Donc, ça découle de ça. Ce que je disais
à ma réponse précédente : Je ne veux pas enlever la disposition qui
prévalait déjà. Et je suis content que cette disposition-là fasse également
partie du 6.3.1, pour garder justement toutes les portes ouvertes.
Mme Dufour : Je vais laisser
la parole à ma collègue.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Je cède la parole à la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Alors, bonjour aux collègues. On se retrouve en commission. Là,
juste pour enchaîner sur ma collègue, une petite période de... un peu,
questions et réponses assez détaillées. Alors, moi, je suis plus vue
d'ensemble. Encore une fois, pour les gens qui nous écoutent à la maison et qui
ne sont pas nécessairement des experts, j'aimerais... On fait tout le temps la
distinction entre les intentions et l'impact, règlement, la loi. Alors, dans un
premier temps, le ministre... Quelles sont les intentions législatives et
réglementaires avec cet ajout? Est-ce que ça élargit le mandat du BAPE et
l'impact sur l'indépendance du BAPE? Donc, on va prendre ça en séquence,
intention législative, réglementaire avec cet ajout.
• (10 h 20) •
M. Charette : Bien, en fait,
la question est pertinente, mais on y a déjà largement répondu. Dans la loi,
comme on la lit actuellement, le BAPE a essentiellement un pouvoir d'enquête.
Si on lit ce qui est proposé dans le 6.3.1, si on lit le commentaire, on vient
reconnaître un rôle, au niveau de l'information du public, de recueillir les
préoccupations et les observations du public. Mais ça se faisait déjà en
partie, mais ce n'était pas dans la loi. Donc là, on vient reconnaître ce
rôle-là. Il faut juste se rappeler, on est dans un omnibus législatif. Dans
toute l'histoire du ministère, c'est très rare que ça arrive, c'est le deuxième
omnibus législatif qui est présenté. Donc, c'est l'occasion de moderniser des
lois qui, dans certains cas... ou des dispositions législatives qui, dans
certains cas, n'ont pas été revues depuis des années. Dans le cas de la
consultation du public, donner justement ce rôle-là au BAPE, c'est déjà dans
les pratiques du BAPE. Cependant, ce n'était pas dans la loi. Donc, on vient
moderniser. En fait, on vient actualiser la loi pour rendre compte davantage du
rôle, là, qui est reconnu à <cette instance-là...
M. Charette :
...n'était
pas dans la loi. Donc, on vient moderniser. En fait, on vient actualiser la loi
pour rendre compte davantage du rôle, là, qui est reconnu à >cette
instance-là.
Mme McGraw : Donc,
l'intention, c'est de le moderniser, on comprend. Est-ce que l'intention, c'est
d'élargir le mandat du BAPE ou de le rétrécir avec cet ajout?
M. Charette : Bien, on ne le
rétrécit certainement pas parce qu'on lui reconnaît des applications
supplémentaires. En même temps, on ne vient pas révolutionner le BAPE, parce
que ce rôle-là, si on regarde au niveau du commentaire lui-même, là, auquel
tous les collègues ont accès, c'est pour permettre justement au public — je
veux juste trouver l'aspect en question, ta, ta, ta — d'informer le
public, de recueillir ses préoccupations et observations, ainsi que de lui
donner l'opportunité d'obtenir des réponses à ses questions sur un projet, un
plan ou un programme particulier. Mais le BAPE fait déjà ça, sauf que ce
n'était pas dans la loi comme telle.
Mme McGraw : Donc, l'intention,
sinon l'impact, c'est d'élargir le mandat du BAPE. On ajoute, avec cet ajout,
en plus des enquêtes, on ajoute la possibilité que ça soit fait par... sur
demande du ministre et selon le ministre, c'est un... c'est un élargissement du
mandat du BAPE.
M. Charette : À la lecture de
la loi, oui, mais, dans l'application, si on suit les travaux minimalement du
BAPE, on voit, là, que ce rôle-là, auprès du public, le BAPE s'en acquitte
déjà. Donc... on vient actualiser une loi, et ça, bien honnêtement, c'est un
article qui aurait pu être intégré, là, dans un projet de loi bien avant. Mais,
comme je le mentionnais, des omnibus législatifs, c'est le deuxième dans
l'histoire du ministère, là. Donc, c'est vraiment... Il y a plusieurs articles,
oui, il y a des articles qui sont plus conséquents que d'autres. D'ailleurs, on
y consacre davantage de temps, parce qu'on innove, on apporte des nouvelles...
des nouvelles avenues, notamment l'électrification, là, des transports lourds.
Mais, dans d'autres cas, il a plusieurs articles aussi, une sorte de, je dirais,
ménage ou d'actualisation de la loi, corriger des coquilles ou l'occasion
d'améliorer un texte légistique, occasion qui ne se présente pas, là, en temps
normal, plus souvent qu'autrement.
Mme McGraw : Donc, on vient
corriger les coquilles, on vient moderniser. Alors, pratiquement parlant, si
c'est effectivement le cas, avant et après cet ajout, dans le concret, dans les
impacts, c'est quoi? Je comprends l'intention, ça fait que là, on parle
d'impacts, dans la vraie vie, l'impact réel ou potentiel de cet ajout, c'est
quoi?
M. Charette : En fait, c'est
un message qui est renforcé de dire : Le BAPE a un rôle à jouer auprès du
public, pas uniquement un rôle d'enquête sur un projet spécifique, mais il a
aussi le rôle de s'assurer que le public ait réponse à ses questions, lorsque
c'est possible, rassurer, donner la parole au public. Donc, c'est un message
positif qui est envoyé comme quoi le public est pris en compte, là, de façon
plus formelle dans une procédure d'évaluation environnementale. Mais, encore
une fois, je suis très franc avec les collègues, on ne révolutionne pas, là. Il
y a des articles qui sont nettement plus conséquents, puis on en parle de ces
articles-là. Là, on vient officialiser quelque chose, là, qui, dans la
pratique, qui est courant dans le rôle que se donne le BAPE.
Mme McGraw : Donc, au niveau
des impacts, il n'y a pas un gros changement. Le ministre, il dit que c'est...
déjà, dans les faits, dans la réalité, on vient formaliser, on vient corriger
les coquilles.
M. Charette : Là, on vient
actualiser... on vient actualiser la Loi sur la qualité de l'environnement, là,
en matière de procédures d'évaluation d'impact avec un partenaire qui est
incontournable, qui est le BAPE.
Mme McGraw : Alors, on vient
d'élargir, de façon plus formelle, on va dire, le mandat du BAPE, au niveau
de... au niveau de l'indépendance du BAPE. Parce que là je reprends un peu ce
qu'on nous a dit pendant les consultations, dans les mémoires, il y avait des
préoccupations au niveau de... et du mandat et de l'indépendance du BAPE. Selon
le ministre, au niveau des intentions, est-ce que l'intention, c'est de
renforcer l'indépendance du BAPE?
M. Charette : En fait, le
BAPE est une instance indépendante. Le BAPE doit demeurer une instance
indépendante. D'ailleurs, pour ce qui est de ses dirigeants, je ne leur parle,
pour ainsi dire, pas. Il y a une évaluation par année qui est faite avec son
principal dirigeant, sinon, le ministère est en communication <avec le
BAPE...
M. Charette :
...je
ne leur parle, pour ainsi dire, pas. Il y a une évaluation par année qui est
faite avec son principal dirigeant, sinon, le ministère est en communication >avec
le BAPE. Le cabinet peut, à l'occasion, répondre à une interrogation ou
communiquer avec le BAPE, mais ces contacts-là sont minimaux. Et, dans mon cas
à moi, ils sont à peu près nuls pour, justement, garder cette indépendance-là.
Il faut savoir que, dans la procédure
d'évaluation environnementale, le BAPE intervient à une étape x, et le
ministère a un rôle aussi à jouer suite, notamment, par exemple, à un rapport
du BAPE. Donc, c'est une séquence, et on va avoir l'occasion d'aborder cette
séquence-là dans les prochains articles, mais c'est une instance qui a un rôle
reconnu, à des moments reconnus, et qui conserve, que ce soit à travers le
projet de loi, que ce soit avec la pratique courante, pour que ce soit, dans
les faits, une indépendance, là, qui est importante dans notre procédure
d'évaluation environnementale.
Mme McGraw : Donc, le
ministre, il souligne l'importance de l'indépendance du BAPE et l'impact net
sur l'indépendante du BAPE, positif, négatif, neutre, de cet ajout.
M. Charette : Moi, je pense
qu'on... je veux dire, c'est une indépendance qui est tout simplement maintenue
et qui est souhaitée. Je ne vois pas, là... je veux dire, c'est une
indépendance, là, qui continue, là, d'être nécessaire et qui n'est pas altérée,
là, par le projet de loi.
Mme McGraw : Donc, le
ministre confirme, l'intention, c'est de maintenir la dépendance du BAPE. Et,
dans les impacts, dans le concret, est-ce qu'il y a un impact positif, négatif,
neutre sur l'indépendance du BAPE avec cet ajout?
M. Charette : Moi, je ne vois
pas d'impact positif ou négatif, l'indépendance étant déjà reconnue et
l'indépendance étant maintenue, là, avec le projet de loi en question.
Mme McGraw : Ça fait que,
dans le concret, dans les intentions réglementaires, l'idée, c'est
d'actualiser, de moderniser cet aspect de la loi. On vient corriger des
coquilles qui sont en ligne avec la réalité sur le terrain. Au niveau de... le
ministre souligne l'intention d'élargir le mandat et aussi... bien,
l'indépendance sur la... pardon, l'impact sur l'indépendance du BAPE est
neutre. Est-ce que ça résume bien?
M. Charette : Pour l'article
que l'on aborde présentement, oui, je pense qu'on pourrait le résumer en ces
mots, mais il y a d'autres articles qui ont des impacts, pas tant sur le BAPE,
que sur la procédure... Bien, en fait, oui, ça implique le BAPE, parce qu'il
est impliqué, c'est-à-dire il est partie prenante de la procédure d'évaluation
environnementale, mais ça, ce n'est pas un article majeur. Lorsqu'on va parler
des travaux préalables, par exemple, là, c'est plus conséquent dans les façons
de faire, à travers l'approche qui est proposée par le gouvernement. Mais, dans
tous les cas, on ne remet pas en question, là, l'autonomie et l'indépendance du
BAPE. C'est une étape dans la procédure d'évaluation. On va travailler aussi,
par contre, à la rendre plus efficace toute cette chaîne-là de la procédure
d'évaluation, mais ce n'est pas dans l'optique de remettre en question son
indépendance, au contraire.
Mme McGraw : Et le ministre a
tout à fait raison que, dans des articles qu'on va étudier pendant l'étude
détaillée, il y a des impacts importants, beaucoup plus. Mon intention, c'était
de vraiment clarifier qu'à chaque fois on va... en tout cas, moi, je vais miser
beaucoup sur quel est l'impact sur le mandat du BAPE et l'indépendance du BAPE,
qui sont des préoccupations, des enjeux majeurs pour notre formation. Alors,
pour l'instant, c'est... ce sont mes questions, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée des
Mille-Îles?
• (10 h 30) •
Mme Dufour : Merci. Je suis
allée voir l'annexe 1 qu'on référait tout à l'heure. Je n'ai pas lu tout
en détail, il est quand même assez long, mais j'ai vu qu'il y avait de nombreux
cas. Par contre, je note que, dans le texte de l'article 6.3 existant, ça
disait... ça disait déjà : «Cependant, le Bureau ne peut enquêter dans le
cadre de la procédure d'évaluation et d'examen prévue aux chapitres II et III
du titre II.». Et là je constate, parce qu'évidemment je me suis beaucoup
intéressée au rapport du BAPE, dans le dossier de Stablex récemment, et je
constate que c'est suite à 19 demandes de consultation publique qui ont
été adressées au ministre, que là le BAPE s'est vu confier un mandat d'enquête
et d'audiences publiques.
Donc, je veux juste comprendre la
mécanique...
10 h 30 (version révisée)
Mme Dufour : ...publiques qui
ont été adressées au ministre que, là, le BAPE s'est vu confier un mandat d'enquête
et d'audience publique.
Donc, je veux juste comprendre la
mécanique, parce que je ne l'ai pas trouvée dans l'annexe 1, la mécanique de...
Quand on est à une étape de procédure d'évaluation et d'examen, c'est quoi qui
fait qu'on déclenche, finalement, une... c'est ça, une commission d'enquête de
la part du BAPE? Est-ce que...
M. Charette : C'est une bonne
question. Le BAPE, naturellement, c'est une... fait partie de la procédure d'évaluation
environnementale. Il y a des déclencheurs au niveau des seuils, mais, dans son
propre rôle aussi, il peut y avoir des déclencheurs. Il y a des dossiers qui
sont assujettis à une procédure d'évaluation, mais qui ne génèrent pas de
questionnement de la part du public. Et ça, ça arrive assez régulièrement. Et,
dans ces cas-là, le BAPE passe tout simplement à l'étape suivante. Si le public
ne manifeste pas de besoin d'être entendu de façon particulière, le BAPE passe
à une étape suivante.
Puis, encore une fois, ce n'est pas le...
Je veux dire, c'est le BAPE qui, dans sa procédure, prévoit qu'il y ait cette
possibilité-là. Et, si, par exemple, dans certains cas, un projet... ça aussi,
ça arrive, s'il y a un citoyen qui lève la main puis, bon, le BAPE détermine
que le citoyen en question peut avoir… peut être rassuré d'une façon autre, le
BAPE passe aussi à l'étape suivante. C'est déjà prévu comme ça, là, dans la loi
et la réglementation.
Mme Dufour : Donc, les cas qu'on
voit dans l'annexe 1 qu'on a référés et qui sont, dans le fond, en
lien avec l'article 6.3.1, bien, tous ces cas-là, ça déclencherait
normalement... du moins, le BAPE va commencer, il va faire une... dans le fond,
une... il va informer le public. Mais, pour ce qui est... pour qu'il y ait
commission... commission d'enquête publique, là le BAPE a ses propres
déclencheurs, entre guillemets, de leur côté, et, de ce que je comprends, des
demandes de consultation publique en font partie. Est-ce que j'ai bien compris?
M. Charette : ...préférez, je
sais que la commission l'a, c'est l'organigramme... pas l'organigramme, mais,
en quelque sorte, la procédure actuelle, celle qui est proposée à travers
différents articles, mais ça explique, effectivement, un petit peu quelle est
la séquence, que ce soit, par exemple, le dépôt, là, de l'avis de projet,
ensuite les directives, la consultation publique sur les enjeux, préparation de
l'étude d'impact, dépôt de l'étude d'impact. Donc, le tableau résume bien, là,
cette séquence-là. Et, si jamais il n'y avait pas cette demande du public, c'est
le ministère qui reprend... Je ne veux juste pas induire la collègue en erreur.
Donc, si jamais il n'y a pas cette étape-là, s'il n'y a pas de demande de la
part du public, c'est l'analyse environnementale et le rapport, là, qui se
fait, là, par le ministère directement.
Donc, ça, c'est dans la procédure
actuelle. Il y a des modifications dans la procédure, là, qui est proposée à
travers le projet de loi, et on aura l'occasion d'y parler... d'y revenir, mais
c'est de faire en sorte qu'il y ait plus d'étapes qui puissent se faire en
parallèle pour gagner en efficacité, là, en termes de durée. Mais c'est, je
pense, disponible à travers... à travers le secrétariat.
Mme Dufour : Oui, je l'ai
devant moi. Merci de le rappeler. On l'avait reçu, effectivement. Ça reste que
je me pose toujours la question : Pour que le BAPE aille en commission d'enquête
publique, quel est son déclencheur en termes de demande de consultation? Parce
que, là, on a donné l'exemple, un citoyen qui peut être répondu autrement. Là,
on a l'exemple de Stablex que c'étaient 19 citoyens qui l'avaient demandé.
C'est à partir de combien de demandes que le BAPE déclenche une commission d'enquête
publique?
M. Charette : ...c'est assez
facile comme déclencheur, c'est s'il y a une seule demande qui n'est pas jugée
frivole, c'est là où le BAPE intervient, là, à cette étape-ci directement. Je
le disais, dans un certain nombre de projets, il n'y a pas de demande du tout,
mais, s'il en a qu'une seule qui n'est pas frivole, le BAPE continue, là,
d'intervenir à cette étape-ci.
Mme Dufour : <
Merci...
M. Charette :
...continue,
là, d'intervenir à cette étape-ci.
Mme Dufour : >
Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Comme il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons mettre l'article 73 aux voix. Donc, est-ce que cet article est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
M. le ministre, je vous cède la parole pour la lecture de l'article 74.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc, l'article 6.6 de cette loi est modifié par l'insertion, dans
le premier alinéa et après «déroulement», de «des périodes d'information, ».
Et le commentaire : Cet article
modifie l'article 6.6 de cette loi en concordance avec l'article 6.3.1 ajouté
dans cette loi par l'article qui précède. La modification a pour effet
d'ajouter le déroulement des périodes d'information dans les éléments sur
lesquels doivent porter les règles de procédure que doit adopter le BAPE pour
son bon fonctionnement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci. Donc, ce
qu'on comprend, c'est qu'on vient ajouter quelque chose qui, en fait, dans la
pratique, était déjà existant. J'imagine que la régie interne prévoyait déjà le
déroulement des périodes d'information si le BAPE en tenait déjà.
M. Charette : Ce n'était pas
officiellement établi dans la loi, mais, comme on le mentionnait, là, oui, il y
a de ces séances qui étaient... qui se tenaient par l'entremise du BAPE. Mais là
on est réellement dans la logique, ce n'était pas dans la loi officiellement,
on l'a ajouté à 6.3.1, et l'article qui suit doit aussi... le 6.6 doit
également, là, y faire mention.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Comme il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix de l'article 74. Est-ce que cet article
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Donc, nous allons procéder à l'étude de l'article 75. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. L'article 6.7 de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin, de
l'alinéa suivant :
«Dans le cadre de la procédure
d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement prévue à la
sous-section 4 de la section II du chapitre IV et de l'évaluation
environnementale sectorielle ou régionale prévue à la sous-section 5 de la
section II du chapitre IV, ils sont publiés dans le même délai au registre des
évaluations environnementales constitué en vertu de l'article 118.5.0.1 avec
les mandats confiés par le ministre.»
Et le commentaire : Cet article
ajoute un deuxième alinéa à l'article 6.7 de cette loi afin de spécifier que les
rapports d'enquête du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement qui sont
élaborés dans le cadre des deux procédures d'évaluation environnementale doivent
être rendus publics au registre des évaluations environnementales dans le même
délai de 15 jours que tout autre rapport d'enquête réalisé par le Bureau.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. M. le député, je vous cède la parole.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Bonjour, tout le monde. Juste comprendre un peu la genèse de cet
article-là. C'est que, là, il y avait déjà un délai de 15 jours, mais c'était
comme pour tous les rapports d'enquête du Bureau. Mais là on rajoute la
définition pour d'autres rapports d'enquête, mais pourquoi il n'était pas
inclus dans la définition large de tous les rapports?
M. Charette : On vient
ajouter, en fait, ceux des... Ça, on le voit dans l'article... dans le texte
proposé, là. C'est que, par le passé, on ne faisait pas notamment référence aux
évaluations environnementales, sectorielles ou régionales. Donc, on s'assure
que ça fasse partie de la même procédure, c'est-à-dire : il y a un dépôt,
et, dans les 15 jours qui suivent, ça doit être rendu public.
M. Leduc : Oui, c'est ça.
M. Charette : Tout à l'heure,
on parlait de l'indépendance du BAPE, là aussi le ministère... le ministre
n'intervient pas dans la rédaction du rapport, en prend connaissance, oui,
quelques jours avant, dans le fond, c'est le délai en question, là, de 15
jours, mais il n'est pas modifié, le rapport, là, dans cet intervalle-là. Le
ministère n'intervient pas sur la réaction, sur son contenu, mais il a le
privilège de choisir dans les 15 jours est-ce que c'est le jour 1, est-ce que
c'est le jour 2, est-ce que c'est le jour 3, juste pour pouvoir en prendre
connaissance lui-même, préparer sa réponse, au besoin, mais c'est
systématiquement rendu public, là, dans un délai maximum de 15 jours.
• (10 h 40) •
M. Leduc : Mais donc ce que
je comprends, c'est que ces autres catégories de rapport là n'avaient pas de
délai avant...
M. Charette : Oui, c'était
15... c'était 15 jours aussi.
M. Leduc : Donc, ça ne change
rien?
M. Charette : Bien, <ça...
M. Charette :
...c'était
15... c'était 15 jours aussi.
M. Leduc :
Donc, ça
ne change rien?
M. Charette :
Bien,
>ça vient... Parce qu'on a maintenant une référence spécifique, là, aux
évaluations environnementales, sectorielles ou régionales. C'est vrai qu'on
peut se dire, bon, dans tout autre rapport, mais, étant donné que c'est
institué, ces évaluations environnementales, sectorielles ou régionales, on les
met de façon précise. Et, dans le cas des autres rapports, c'est aussi la même
procédure, là, de 15 jours qui s'applique.
M. Leduc : ...c'était écrit
ailleurs?
M. Charette : Pour le 15
jours?
M. Leduc : Quand vous dites
«les autres rapports», c'était aussi 15 jours avant?
M. Charette : Bien, en fait,
on le voit, là, dans le commentaire, c'est... en fait, c'était rendu et c'est
rendu public, là, au Registre des évaluations environnementales dans le même
délai de 15 jours que tout autre rapport d'enquête réalisé par le Bureau.
C'était déjà, effectivement, applicable.
M. Leduc : Je vais le
reformuler, voir si j'ai bien compris, là. On avait 6.7 qui parlait des
rapports d'enquête du Bureau qui avaient un délai de 15 jours, ça, c'était déjà
le cas. Mais il existe d'autres types de rapports, mais vous me dites que ces
autres types de rapports là avaient déjà aussi un délai de 15 jours avant même
cet article-là. Est-ce que c'est une réécriture, finalement? C'est une question
de réécriture?
M. Charette : Bien, le 6.7,
tel qu'il se lisait actuellement, là, précisait déjà que tous les rapports
d'enquête du Bureau sont rendus publics par le ministre dans les 15 jours de
leur réception. Donc, c'était déjà le cas.
Là, on vient... parce qu'on a parlé plus
récemment, là, des évaluations environnementales, sectorielles ou régionales,
on vient le nommer spécifiquement. Mais, de façon générale, tous les rapports
du BAPE sont rendus publics, là, dans un délai de 15 jours.
Une voix : ...
M. Charette : Et on vient...
important, là, j'oubliais de le mentionner, on vient préciser aussi le lieu de
publication, ce qui n'était pas contenu, là, dans la loi actuelle.
M. Leduc : Lieu de
publication étant?
M. Charette : Le registre.
M. Leduc : Le registre, le
fameux registre, c'est ça.
M. Charette : Le registre, effectivement.
M. Leduc : OK, c'est plus
clair. Merci beaucoup.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Nous allons donc procéder à la mise aux voix de l'article 75. Est-ce que... Oh!
pardon. Excusez. Votre... Allez-y, Mme la députée.
Mme Dufour : Oui. Le
registre, justement, il y a eu des groupes qui nous ont mentionné qu'il y avait
des informations qui n'étaient pas versées au registre, alors que c'était prévu
par la loi depuis plusieurs années. Là, on comprend que, le BAPE, bon, les
rapports d'enquête le seront. Mais est-ce que... tu sais, est-ce que... C'est
plus tard, peut-être, qu'on en parle, là, mais vu qu'on parle du registre, là.
M. Charette : ...y avoir deux
registres dans la loi. Le registre sur les autorisations, il est en
développement actuellement, mais l'autre registre est déjà en... est déjà en
application.
Mme Dufour : Le Registre des évaluations
environnementales, c'est... lui, il est déjà existant?
M. Charette : Depuis, même,
je pense, 2018, effectivement.
Mme Dufour : OK. Ça fait que
c'est celui que je vois en ligne, c'est celui-là, c'est ça, celui...
M. Charette : Sur les
autorisations... bien, c'est-à-dire, sur les évaluations.
Mme Dufour : C'est ça. Et
c'est là que le BAPE irait verser, dans le fond, les... Mon Dieu! Je ne sais
pas c'est quoi qu'on dit.
M. Charette : C'est
effectivement...
Mme Dufour : Ils sont publiés
dans le même délai, oui, c'est ça.
M. Charette : Dans le
registre des évaluations, effectivement.
Mme Dufour : On parle des
rapports d'enquête, dans le fond, qui seraient... qui seraient publiés ici.
M. Charette : Les rapports...
Mme Dufour : Mais dans le cas
où il n'y a pas le déclencheur pour créer une évaluation environnementale... Tu
sais, on parlait, tout à l'heure, de Northvolt, là. Je veux bien comprendre. Si,
Northvolt, il n'y a pas de déclencheur, est-ce qu'il se retrouve dans ce
registre-là ou...
M. Charette : S'il n'y a pas
de rapport du BAPE, il n'y se retrouve pas, par la force des choses, mais, dans
le cas de Northvolt, si le projet avance comme souhaité, le volet du recyclage
de batteries va faire l'objet d'un BAPE, et le rapport du BAPE serait
effectivement versé, là, dans le registre des évaluations.
Mme Dufour : Oui, mais, en
fait, ma question, c'est concernant le Registre des évaluations
environnementales. Il y a les rapports du BAPE, mais je veux juste savoir :
Les projets qu'on trouve dans ce registre, est-ce que ce sont tous les projets
qui ont des évaluations environnementales? Parce que Northvolt devrait en avoir
eues, on le souhaite.
M. Charette : On se souvient,
lorsqu'il y a BAPE, c'est lorsque certains seuils sont atteints. Donc, ces
projets-là font l'objet d'un BAPE, font l'objet d'un rapport, <et...
M. Charette :
...y
a BAPE, c'est lorsque certains seuils sont atteints. Donc, ces projets-là font
l'objet d'un BAPE, font l'objet d'un rapport, >et les rapports sont
déposés, là, donc, aux registres en question. Mais les projets qui ne dépassent
pas ces seuils-là, qui ont des autorisations environnementales, mais qui ne
passent pas par un dépassement de seuil qui est un déclencheur, ça ne se
retrouve pas, là, sur ce registre-là.
Mme Dufour : Donc, le Registre
des évaluations environnementales, c'est seulement ceux qui ont des
déclencheurs du BAPE? Parce que pourquoi qu'on l'appelle comme ça, à ce
moment-là? Les évaluations environnementales, ça semble être beaucoup plus
large que juste le BAPE.
M. Charette : Ce n'est pas
que les rapports du BAPE. Est-ce que vous voulez y allez avec un petit peu plus
de...
Mme Gagnon (Mélissa) : Si vous
me permettez.
M. Charette : Avec le
consentement, effectivement.
Le Président (M. St-Louis) : On
a déjà le consentement, donc vous pouvez y aller. Allez-y.
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, le Registre des évaluations environnementales rassemble toute
l'information sur les projets qui sont assujettis à la procédure d'évaluation
environnementale. Donc, aussitôt qu'un projet se trouve dans la liste que vous
avez mentionnée tout à l'heure, là, l'annexe du règlement qui vient vraiment
déterminer tous les projets qui doivent faire l'objet d'une évaluation
environnementale et dans lequel intervient le BAPE, que ce soit par des
périodes d'information ou des mandats d'enquête, s'il y a mandat, tous ces
projets-là sont... la documentation est versée au Registre des évaluations
environnementales.
Mme Dufour : OK. J'ai aussi
une question concernant les 15 jours de la réception. On dit : «dans
les 15 jours de la réception», mais est-ce que... est-ce que je me trompe
ou... Il me semble, en tout cas, on a l'impression qu'on attend toujours à la
fin des 15 jours pour les rendre publics.
M. Charette : C'est la...
C'est la règle, je dirais, le 15 jours. En même temps, c'est une période
de temps qui est relativement courte, mais ça permet d'en prendre connaissance,
ça permet de préparer une réponse, le cas échéant, de mieux informer les
promoteurs ou les régions concernées, donc c'est pratique courante, là. Si
c'était un trois mois, on dirait : Bien, pourquoi vous prenez tout ce
temps-là? Mais, deux semaines, là, c'est déjà relativement court. Mais on
pourrait, on pourrait, le lendemain, si les conditions l'exigeaient, le publier
aussi. Mais, deux semaines, c'est déjà relativement court.
Mme Dufour : Oui, je le
comprends, mais il y a eu des cas où... Tu sais, ma collègue et moi, nous
étions dans un projet de loi où il allait y avoir... le projet de loi avançait,
c'était la ligne Hertel-New York, si je ne me trompe pas. Le projet de la loi
devait être adopté dans la journée, puis avant même, tu sais... mais il y avait
le BAPE, on attendait le rapport du BAPE, puis il a fallu, finalement,
permettez-moi l'expression, là, mais faire du temps pour le... pour pouvoir
prendre connaissance du BAPE avant d'arriver dans l'étude détaillée du projet
de loi. Ça fait que, tu sais, à un moment donné, il y a une question aussi
logique, là. Le rapport devrait arriver avant que le projet de loi avance, là.
M. Charette : ...la logique
veut aussi que le ministère puisse prendre connaissance du rapport. Si le
rapport est déposé par le... est rendu public par le BAPE lui-même sans que le
ministère ait eu l'occasion de l'analyser, c'est difficile d'y répondre, d'où
cette période de deux semaines. C'est relativement court, là, pour analyser un
rapport et ses impacts et pouvoir mieux accompagner, là, les milieux qui sont
concernés.
Mme Dufour : Mais, dans le
cas que je vous mentionnais, c'était... le délai de 15 jours s'arrêtait à
4 heures, et c'est à 4 heures que le rapport a été publié. Ça fait
que c'était quand même particulier, là, d'attendre à la dernière seconde, là,
pour le publier, là. Dans des cas comme ça, en tout cas, je peux vous dire que
vous aviez un collègue ministre qui aurait aimé qu'il soit diffusé plus tôt.
Ceux qui étaient en face de nous, ils ne trouvaient pas ça drôle.
M. Charette : Je suis
convaincu que ça a permis des échanges amicaux, constructifs et qui a fait
évoluer la réflexion de tous.
Mme Dufour : Tout stagnait.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée Notre-Dame-de-Grâce.
• (10 h 50) •
Mme McGraw : Oui. Merci, M.
le Président. Juste pour enchaîner. Justement, on ne pouvait pas prendre une décision
éclairée en tant que législateurs, législatrices parce qu'on n'avait pas les
informations. Finalement, c'est ça, il fallait continuer avec les discussions.
Oui, évidemment, des discussions très intéressantes, mais, en fin de compte, on
était très préoccupés parce qu'on attendait ce rapport du BAPE. Et,
effectivement, il y avait deux choses, il y avait le rapport, mais aussi il y
avait la PDG du BAPE qui s'est désistée. Et, en fin de compte, il y avait des
préoccupations importantes soulevées par le BAPE par rapport à l'ensemble de la
transition énergétique pour avoir un rôle plus important du BAPE. En tout cas.
Est-ce que cet ajout... <Là…
Mme McGraw :
...plus
important du BAPE. En tout cas.
Est-ce que cet ajout... >Là, je
suis en train de regarder la loi, la LQE, pour voir l'impact. Alors, le 6.7, on
dit que «tous les rapports d'enquête du Bureau sont rendus publics par le
ministre dans les 15 jours de leur réception.» Et ici on vient… pardon, on
vient ajouter ou préciser que ça relève aussi des périodes d'information. C'est
une précision, c'est un ajout pour... Parce qu'avant, ce n'était pas le cas, si
je comprends bien?
M. Charette : Si on s'arrête
à l'article uniquement, le 15 jours était déjà applicable, mais on vient
préciser que ça inclut notamment, là, les rapports sur les évaluations
environnementales sectorielles ou régionales et on vient préciser le lieu où
c'est déposé, c'est-à-dire le registre sur les évaluations. C'est
essentiellement, là... Il n'y a pas d'autre intention, là, que ces trois volets-là.
Mme McGraw : Donc, on vient
préciser, mais je veux juste comprendre : De façon générale, sans cette
précision-là, est-ce que le fait qu'on parle d'audiences publiques dans
l'ensemble, consultations ciblées, ce n'était pas le cas avant? Est-ce que...
M. Charette : Bien, le
15 jours est applicable depuis un bon moment. Je ne sais pas ça fait
combien d'années, là, que c'est dans la législation, mais certainement depuis
avant mon entrée en fonction. Donc, ça fait un petit moment. Donc, c'est
vraiment les trois éléments, là, qui... qui constituent des ajouts et c'est des
précisions, là, étant donné que c'était déjà public.
Mme McGraw : Parfait. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
comme il ne semble pas y avoir d'autre intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix de l'article 75. Est-ce que cet article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Nous
allons poursuivre avec l'étude de l'article 76. M. le ministre, la parole
est à vous.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc : L'article 23 de cette loi est modifié par le
remplacement, dans le quatrième alinéa, de «règlement» par «la présente loi,
ses règlements ou une décision prise en vertu de ces derniers».
Le commentaire : Cet article modifie
le quatrième alinéa de l'article 23 de cette loi pour prévoir que toute demande
qui ne comprend pas les renseignements et les documents que doit fournir une
personne au soutien de sa demande d'autorisation au ministre n'est pas
recevable pour analyse par le ministre. La modification a pour effet de
clarifier que les renseignements et les documents requis peuvent avoir été
déterminés par la loi elle-même, par ses règlements ou par une décision prise
en vertu de ces derniers.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur cet article? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Peut-être que nous expliquer d'abord le changement. Parce que, là,
on comprend que les... c'était déjà déterminé par règlement, ce qui faisait en
sorte, là, qu'on pouvait donc refuser une analyse par le ministre. Mais là on
rajoute aussi «la présente loi», mais surtout «ou une décision prise en vertu
des règlements». Donc, ça, c'est le petit bout qui m'intrigue, là, «la décision
prise en vertu de ces derniers».
M. Charette : C'est le
commentaire, là, qui, je pense, fournit la meilleure explication. Ce que ça
dit, c'est que c'est une modification qui clarifie que les renseignements et
les documents requis pour avoir... peuvent avoir été déterminés par la loi
elle-même, par ses règlements ou par décision. Donc, ça précise un petit peu,
là, ce qui... ce qui est requis, là, pour... pour se conformer à la procédure.
Mme Dufour : Mais... Je ne
suis pas sûre que j'ai compris, là. On vient préciser la loi, les règlements,
mais là, «une décision prise», c'est... est-ce qu'on peut me donner un exemple?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
En fait, bien, le meilleur exemple, ce serait probablement une décision prise
au terme de la procédure d'évaluation environnementale. Donc, au terme de l'évaluation,
le gouvernement pourrait, dans sa décision, autoriser le projet, mais avec des
conditions qui pourraient, par exemple, porter sur des documents
complémentaires requis au moment des demandes d'autorisation ministérielle :
par exemple, un programme de suivi ou des documents complémentaires qu'il
souhaite voir analysés par le ministre au moment de l'analyse des demandes
d'autorisation ministérielle. Donc, ce n'était pas clair jusqu'à maintenant
qu'on pouvait refuser de... on pouvait juger une demande non recevable si ces
éléments-là, qui étaient exigés par décret du gouvernement, n'étaient pas
présents dans la demande au moment du son dépôt.
Mme Dufour : OK, mais... Ça
fait que, là, on parle de... d'éléments qui seraient en dehors de ce qui est
prévu par la loi et les règlements. Là, le ministre parlait de prévisibilité <tout...
Mme Dufour :
...d'éléments
qui seraient en dehors de ce qui est prévu par la loi et les règlements. Là, le
ministre parlait de prévisibilité >tout à l'heure. Est-ce qu'il n'y a
pas une crainte, justement, que ça amène de l'imprévisibilité ici?
M. Charette : ...autrement,
et encore une fois notre collègue est mieux habilitée que moi, là, pour le fin
détail, mais, dans certains cas, le règlement pouvait préciser qu'est-ce qui était
attendu, mais il pouvait y avoir des attendus dans la loi elle-même.
Là, ce qu'on vient dire, c'est : Que
ce soit attendu dans la réglementation ou la loi, ce qui est attendu est
attendu, et c'est des renseignements, là, qui doivent être fournis.
Mme Dufour : Oui. Mais je
vais reposer ma question, là je parlais des décisions prises. C'est... On est
venu dire «des règlements ou une décision prise en vertu de ces derniers». Une
décision, là ça amène un côté aléatoire, on est dans l'imprévisibilité. Un
règlement, on le connaît. Une loi, on la connaît. Là, une décision, ça peut être
arbitraire.
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, je vous dirais que c'est déjà le cas. Donc, au terme de la procédure
d'évaluation environnementale, le gouvernement va établir des conditions s'il
autorise un projet. Donc, c'est généralement assorti de conditions. Ça fait que
l'initiateur reçoit son autorisation gouvernementale, et il a des conditions à
remplir pour pouvoir aller de l'avant avec son projet. Dans ces conditions-là,
on peut avoir des exigences de documents complémentaires à déposer avant le début
des travaux ou au moment des demandes d'autorisation. Donc là, on vient
simplement confirmer que l'initiateur, qui a ces obligations-là et qui... il
est au fait de ces obligations parce qu'il a reçu son autorisation
gouvernementale, bien, quand il va déposer ses demandes d'autorisation, il doit
s'assurer qu'elles soient complètes. Puis le ministère, si jamais les documents
exigés ne sont pas présents, peut juger la demande non recevable.
Donc, c'est pour... pour confirmer l'effet
qui était recherché avec la recevabilité des demandes. On vient simplement
préciser que, s'il y a des documents qui sont exigés par le gouvernement au
moment du dépôt de ces demandes-là, si les documents ne sont pas présents, le
ministre peut juger la demande non recevable. Donc, ce n'est pas... je dirais
que la prévisibilité, elle est déjà là, parce que c'est déjà mentionné dans
l'autorisation, l'initiateur est déjà au fait de ça, et c'est vraiment juste un
effet automatique si les documents ne sont pas présents.
Mme Dufour : Mais est-ce que
deux initiateurs avec des projets similaires à deux endroits différents
pourraient avoir des conditions différentes, à ce moment-là, à respecter? Parce
que...
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
c'est sûr que la procédure d'évaluation, c'est un examen qui est assez
rigoureux. Donc, les conditions peuvent... Généralement, on essaie... tu sais,
le ministère va, dans... le gouvernement, en fait, parce que c'est lui qui
décide, va essayer d'avoir des exigences similaires équitables pour les
initiateurs qui ont des projets similaires. Mais là, encore là, les conditions
peuvent varier en fonction de... du niveau de détail qui était présent dans
l'analyse, du milieu, des conditions propres au projet. Donc, c'est quand même
des éléments qui peuvent être variables d'un projet à un autre, là, d'où la...
le pouvoir que le gouvernement a déjà d'établir ces conditions-là.
Donc ça, ça ne change pas. Le pouvoir est
déjà là. Les conditions sont... font déjà partie du processus. Ce qu'on vient
changer, c'est vraiment juste la possibilité, quand on reçoit les demandes
d'autorisation ministérielle qui découlent suite à ce processus-là, s'il y a
des exigences qui doivent être rencontrées, bien, de s'assurer qu'elles le
sont.
Mme Dufour : OK. Et, quand on
dit : Ça devient non recevable parce que ça n'a pas été soumis, il y avait
une crainte, là, dans un autre article que finalement on... des projets soient
refusés puis qu'on ne les analyse pas du fait qu'il manquerait des documents
qui peuvent être complexes à obtenir. Là, ici, ce n'est pas précisé, il n'y a
pas de délai qui est précisé. Donc, quand c'est statué que c'est non recevable,
est-ce que... parce qu'il manque un document, est-ce qu'il y a un moyen de, tu
sais, recommencer? Ça s'arrête complètement ou... tu sais? Puis c'est... ce
sont quoi, les délais pour émettre les documents demandés en question?
M. Charette : Dans le projet
de loi, on va parler de délais pour que le promoteur dépose des documents, mais
il y a d'autres types de délais.
Juste pour être bien certain, là : De
quels délais la collègue parle-t-elle?
• (11 heures) •
Mme Dufour : Bien, en fait,
je parle des documents qu'on vient, ici, là... desquels on parle ici. On dit :
«tout renseignement ou document déterminé par une décision prise en vertu des
règlements». OK, ça, c'est l'élément. Là, je suis dans une décision. Parce que,
ça, il y a un élément nouveau, là, hein? Quand les promoteurs... l'initiateur
du projet s'embarque, il peut prendre connaissance de la loi et des règlements...
11 h (version révisée)
Mme Dufour : ...promoteur, l'initiateur
du projet s'embarque, il peut prendre connaissance de la loi et des règlements,
mais la décision, le décret, les conditions additionnelles, elles sont
imprévisibles, parce que ça, c'est du nouveau. Et donc, des fois, ce qu'on nous
a dit, des groupes nous ont mentionné, c'est que ça peut prendre du temps pour
certaines informations qui sont demandées, à les obtenir. Des fois, ce sont des
études qui requièrent, tu sais, une grande expertise ou effectuées sur une
longue période de temps, etc. Donc, ici, on vient dire : Bien, s'il n'y a
pas ça, ce qu'on vous a demandé, bien, la demande va être non recevable, mais
on ne précise pas à partir de combien de temps ces documents-là doivent être
fournis pour que ça devienne non recevable.
Mme Gagnon (Mélissa) : Je
peux y aller. En fait, bien, je pense que je saisis un peu la question, on ne
change vraiment pas la mécanique, là, au niveau de la décision du gouvernement,
des conditions, ça, c'est déjà bien établi, puis c'est des conditions que le
gouvernement va présenter dans sa demande... dans sa décision pour autoriser le
projet, donc... Et là, l'initiateur doit se conformer à ces conditions-là. Ça
fait que ça, ça ne change pas. Ce qui change, en fait, c'est qu'en ce moment,
parfois, dans les conditions, il doit déposer des éléments complémentaires,
exemple : un programme de suivi. Tu sais, si on dit : OK. Ça prend un
programme de survie, ou de surveillance, ou de suivi du climat sonore, on n'a
pas nécessairement besoin d'avoir le niveau de détails au niveau de la décision
gouvernementale, mais quand tu vas aller chercher tes autorisations
ministérielles, j'ai besoin d'avoir ce niveau-là pour valider que c'est bien en
place et que ça répond aux exigences, exemple.
Ça fait que là, tout ce qu'on vient faire,
c'est ajouter une mention, dans la loi, qui dit : Si l'initiateur doit
déposer ça avec sa demande et qu'on reçoit la demande et que c'est absent, bien,
on ne débute pas l'analyse, parce que, là, il manque une pièce qui est exigée
par décret au même titre que si elle était exigée par règlement ou par la loi. Ça
fait que c'est vraiment juste pour venir renforcer le pouvoir de juger de la
recevabilité, la mécanique qui a été mise en place en 2017-2018, pour s'assurer
que lorsqu'on met les efforts sur l'analyse d'une demande, elle est complète.
Donc, là, s'il y a un document qui est exigé, est jugé requis pour faire
traiter la demande d'autorisation, bien, si ce document-là n'est pas présent,
la demande est non recevable, tu dois me redéposer une demande recevable.
Mme Dufour : OK. Donc, ça n'arrête
pas le processus, là, c'est-à-dire que ça fait juste dire qu'on ne commence pas
l'analyse du côté gouvernemental ou ministériel, mais que si la pièce manquante
est fournie par la suite, là...
Mme Gagnon (Mélissa) : Exact.
Mme Dufour : OK. Ça complète.
Mais les conditions, est-ce qu'elles sont toujours en lien avec la
réglementation et la loi, ou ça peut sortir de ce cadre-là?
Mme Gagnon (Mélissa) : En fait,
la procédure d'évaluation environnementale, si c'était tout établi par
règlement, on n'aurait probablement pas besoin de faire une évaluation aussi
complète et rigoureuse. Ça fait que c'est le principe qui est appliqué quand on
est dans du risque élevé, c'est qu'on fait une évaluation environnementale
parce qu'il y a des enjeux qui débordent du cadre d'un seul... d'une seule
application réglementaire. Donc, là, les conditions peuvent, effectivement,
être de différents types. Comme je le disais, au niveau de... ça peut être au
niveau des... pour des principes d'acceptabilité sociale au niveau… Donc, ça
peut être assez varié, donc on sort généralement du cadre réglementaire, mais
on ne peut pas être nécessairement plus… Si c'est bien encadré au niveau réglementaire,
bien, c'est ce qui s'applique. Donc, on est généralement dans l'encadrement d'éléments
qui ne sont pas encadrés au niveau réglementaire.
Mme Dufour : Mais c'est ça,
puis si ce n'est pas encadré, est-ce que ça laisse place à du discrétionnaire
de la part de ceux qui établissent ces conditions-là, là? Je ne sais pas c'est
à quel niveau, là, qui doit les établir, mais...
M. Charette : Souvent, dans
une procédure d'évaluation, il y a le jeu des questions-réponses. Ce n'est pas
que c'est aléatoire, ce n'est pas que c'est subjectif, c'est que la complexité
d'un projet peut commander des questions supplémentaires de la part, là, de la
direction qui évalue le projet en question. Tout à l'heure, la collègue disait :
deux projets pareils vont-ils être traités de la même façon? Objectivement
parlant, oui, mais ces deux projets-là ne seront pas forcément dans deux
milieux pareils. Je peux vous donner un exemple au niveau de la pisciculture,
au Québec. Il y a plusieurs projets et degrés de complexité ou... c'est-à-dire,
en principe, on parle d'un projet semblable, mais le milieu récepteur n'est pas
forcément le même. La dégradation des bassins versants, l'utilisation ou les
rejets des eaux qui se feront n'auront pas le même impact si c'est dans un
cours d'eau, par exemple, à faible débit versus un cours d'eau à grand débit,
donc le projet est semblable, la réglementation est la même, mais l'impact sur
les <milieux...
M. Charette :
...si
c'est dans un cours d'eau, par exemple, à faible débit versus un cours d'eau à
grand débit, donc le projet est semblable, la réglementation est la même, mais
l'impact sur les >milieux n'est pas forcément le même. Et c'est là où
les questions qui sont posées peuvent varier d'un projet à l'autre, pour
s'assurer qu'on a pris en compte le risque réel, là, du projet, là, qui est
présenté. Donc, dans une région, ça peut être plus... plus rapide, parce que le
milieu n'est pas le même que dans une autre région. Donc, pisciculture, c'est
un exemple, mais ça reflète le principe qu'on a une réglementation qui est
appliquée uniformément. Mais c'est l'impact qui peut être différent, là, selon
le milieu, si ce sont des projets semblables.
Mme Dufour : Mais est-ce que
les employés du ministère qui font l'analyse des dossiers puis qui émettent ces
conditions-là, lors de la décision, est-ce qu'ils... est-ce qu'ils ont des
grilles d'analyse ou des... excusez, je cherche le nom en français,
«guidelines», des lignes directrices, voilà, des lignes directrices pour
s'assurer, justement, d'un traitement équitable entre différentes directions
régionales ou entre différentes personnes, là, qui traitent le dossier? Puis je
vous dis, là, moi, j'ai vu, malheureusement, dans un autre cadre, qu'il peut y
avoir du discrétionnaire. Donc, avec des lignes directrices, ça... Puis je ne
parlais pas en environnement, là, moi, je parlais en urbanisme. Je l'ai vu trop
souvent, que les... finalement, les valeurs personnelles d'une personne
pouvaient orienter un dossier dans un sens ou dans un autre, ou, des fois... en
tout cas, c'est... des fois, c'est difficile de comprendre. Puis il peut y
avoir un sentiment d'injustice de senti de la part de l'initiateur du projet,
mais il n'a pas le choix, là, il faut qu'il réponde à ces demandes-là. Donc,
pour s'assurer que tout le monde soit traité de façon équitable, est-ce qu'il y
a des lignes directrices, donc, lors de ce genre d'analyse là?
M. Charette : C'est une bonne
intervention. Parce qu'effectivement, c'est quelque chose qui nous est apporté,
là, à... je ne dirais pas couramment, mais à l'occasion. Ce sentiment qu'un
projet ne serait pas traité de la même façon s'il avait été déposé dans une
autre région, on l'entend à l'occasion. Le premier principe, c'est
l'application de la réglementation. Cette réglementation-là est la même
partout. Un facteur qui peut expliquer ça, c'est... je le mentionnais tout à
l'heure, un projet semblable a peut-être été autorisé plus rapidement dans une
autre région, mais le milieu d'accueil, il n'est pas forcément le même, donc il
doit être pris en compte, et ça peut expliquer des questionnements
supplémentaires ou des délais supplémentaires. Mais, de façon générale, le
mandat qu'on s'est donné, comme ministère, là, au cours des dernières années,
c'est de remplir... de rencontrer les objectifs au niveau de la délivrance des
autorisations.
Puis on le voit, dans certaines régions,
c'est plus... c'est plus long que d'autres. On a un tableau de bord, là, depuis
quelques années, qui nous permet de voir l'évolution, on se rapproche, dans
plusieurs, plusieurs régions. Maintenant, on est en conformité avec l'objectif
qu'on s'est donné. Dans d'autres régions, on voit que la progression, elle est
intéressante, et ce facteur-là peut être expliqué pour les... par les deux
raisons que j'ai expliquées précédemment. Mais, aussi, on a renforcé, au cours
des dernières années, les directions régionales. On avait, malheureusement, des
effectifs, là, qui n'étaient pas en nombre suffisant. Et il y a des effectifs
supplémentaires, il y a du renforcement qui s'est fait au niveau des directions
régionales, pour s'assurer qu'elles puissent répondre au volume des demandes
déposées. Dans certains cas, il y avait un «backlog»... — moi aussi,
je suis dans des expressions dont je cherche l'équivalent, là — mais
il y avait des dossiers qui étaient... qui s'accumulaient depuis un certain
temps. Donc, il y avait un retard à combler, en quelque sorte, et on y
parvient, on y parvient. Et l'objectif, c'est d'être dans les délais qu'on
s'est donnés, là, au niveau des objectifs, là, pour délivrer les autorisations
en question.
Mme Dufour : Mais je n'ai pas
entendu s'il y avait des lignes directrices pour établir les conditions qu'on
exige, les documents exigés, les analyses, les études.
• (11 h 10) •
M. Charette :
Ah! exact. Mais les... je
pensais y avoir répondu, désolé si j'ai manqué de précision. Mais les lignes directrices,
c'est le respect de la réglementation. Les fonctionnaires doivent s'assurer que
la réglementation est respectée, mais, oui, effectivement, les directions
régionales, lorsque ce sont des dossiers qui sont traités par les directions
régionales ou, sinon, le ministère, là, au fil des années, se sont donné un
cadre d'analyse pour rendre la procédure encore plus efficace. Mais la première
grille d'analyse, c'est le <respect...
M. Charette :
...se
sont donné un cadre d'analyse pour rendre la procédure encore plus efficace.
Mais la première grille d'analyse, c'est le >respect de la
réglementation.
Mme Dufour : Oui, mais, par
contre, ce qu'on vient préciser ici, ce n'est pas juste la réglementation. On
dit, aussi, «une décision prise en vertu de ces derniers». Et ça, ça a ouvert
la voie, de ce que j'ai compris, à à peu près tout et n'importe quoi, là. S'il
n'y a pas de ligne directrice, c'est au bon vouloir du fonctionnaire? C'est ça
que je veux savoir. Tu sais, là, on a parlé d'un exemple d'un plan de contrôle
ou de suivi environnemental, c'est une chose, mais, tu sais... Je vais donner
l'exemple que je connais le mieux en urbanisme. Tu sais, il y avait des études
d'ensoleillement. Bon, ça, c'est une chose, ça, c'était assez fréquent. Après
ça, on pouvait demander études de bruit, études de vent, mais ce sont des
études très coûteuses. Ça, c'est un exemple puis... Mais ce n'était pas
systématique, ça dépendait des projets et du bon vouloir du fonctionnaire. Et
c'est ça que je veux dire, qu'à un moment donné...Puis ça peut aller plus loin
que ça, là, c'est des exemples d'études qui, à un moment donné, rajoutent des
coûts aux demandes.
Mais s'il y a des lignes directrices ou,
dans tel cas, on sait que cette étude-là peut être demandée, bien là, à ce
moment-là, on est rassurés que ça ne peut pas être du discrétionnaire selon le
bon vouloir de toutes... de... tu sais. Parce que tout à l'heure, on parlait de
la prévisibilité, de l'importance, puis je suis à la même place que vous,
là-dessus, mais à toutes les fois qu'on ouvre la porte à du discrétionnaire, on
s'éloigne de la prévisibilité. Donc, c'est pour ça que je repose ma question :
Est-ce qu'il y a des lignes directrices pour la portion qui dit «une décision
prise en vertu de ces derniers»? Là, ce que je comprends, c'est que ça peut
aller en dehors des règlements, là.
M. Charette : Effectivement,
mais comme je le mentionnais tout à l'heure, le milieu qui accueille un projet
peut faire toute la différence. Je vais me permettre de citer un dossier, là,
qui est cher au collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, le dossier de Ray-Mont
Logistiques. On est en milieu urbain, la réglementation générale, elle est
très, très, très claire. Les autorisations sont données en fonction de cette
réglementation-là, mais le milieu lui-même nous en voudrait si on ne prenait
pas en compte les impacts sonores, les impacts au niveau de la luminosité, les
impacts au niveau d'un quartier résidentiel qui est à proximité.
Le même projet... — c'est un bel
exemple, très, très bel exemple — le même projet, il aurait été en
périphérie extérieure de Rimouski, par exemple, là où il y a un autre... il
peut y avoir d'autres transbordements ou activités... d'autres activités
portuaires, le même, même projet, à l'extrémité des délimitations territoriales
de Rimouski, n'aurait pas le même impact qu'en plein cœur de Montréal.
Pourtant, c'est le même type d'activité. Mais l'impact du milieu va déterminer
le degré de questionnement qui est posé au promoteur.
Actuellement — et ça fait des
mois que le ministère est là-dessus — c'est de voir : Est-ce
qu'on... le promoteur demande d'étendre les heures d'activités sur le site?
C'est une analyse qui est toujours en cours, avec des questions qui sont posées
au promoteur. Et je devine que les gens du quartier s'attendent à ce que ce
travail-là, d'évaluation, soit fait par le ministère. Mais, encore une fois, le
même projet, ailleurs, aurait pu être autorisé nettement plus... nettement plus
rapidement.
Donc, ce n'est pas aléatoire, dans le sens
que c'est totalement, totalement subjectif, mais il faut prendre en compte
l'impact environnemental à tous points de vue : sur l'environnement,
biodiversité, faune, eau et tout ça, mais également l'environnement lui-même du
projet.
Mme Dufour : Oui, merci, et
je le comprends parfaitement, qu'il y a des réalités différentes, mais tout ça,
toutes ces conditions-là peuvent être prévues dans un règlement. Dans le cas
d'un projet qui s'insère dans un cadre urbain bâti, bien là, il y a telle,
telle, telle études qui peuvent être demandées en surplus de ce que, d'habitude...
Tu sais, tout ça peut être prévu, là.
M. Charette : Ce serait une
très, très longue énumération qui ne serait vraisemblablement jamais exhaustive,
tant la multiplicité des projets est grande. On ne peut pas prévoir ou baliser
à l'avance toutes les formes possibles de projets qui nous seraient déposés.
Mais, de façon générale, premier critère sur le respect de la réglementation
et, par la suite, c'est de voir l'impact <réel...
M. Charette :
...qui
nous seraient déposés. Mais, de façon générale, premier critère sur le respect
de la réglementation et, par la suite, c'est de voir l'impact >réel, là,
du projet sur le milieu qui... Et c'est la même chose, on pourrait parler, là,
de plein d'activités qui, dans le milieu, ont des impacts différents, qu'ils
soient... qu'elles soient implantées à tel endroit plutôt qu'un autre.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Je n'ai pas
d'autre question.
Le Président (M. St-Louis) : Pas
d'intervention? Donc, M. le député... Comme il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix de l'article 76. Est-ce que cet
article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
Nous allons poursuivre avec l'étude de l'article 77. M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc :
L'article 24 de cette loi est modifié
par l'insertion, après le paragraphe 4° du premier alinéa, du paragraphe
suivant :
«4.1° lorsque le projet s'inscrit dans un
plan ou un programme ayant fait l'objet d'une évaluation environnementale
sectorielle ou régionale, la décision rendue par le gouvernement conformément à
l'article 31.9.16, notamment les balises qui y sont déterminées;».
Et le commentaire : Cet article
ajoute un paragraphe 4.1° au premier alinéa de l'article 24 de cette
loi, en concordance avec la nouvelle évaluation environnementale, sectorielle
ou régionale ajoutée dans la Loi sur la qualité de l'environnement par
l'article 98 du projet de loi. Elle a pour effet d'obliger la prise en
considération par le ministre, dans le cadre de l'analyse qu'il fait, de toute
demande d'autorisation ministérielle de la décision rendue par le gouvernement
au terme de cette nouvelle évaluation, lorsque le projet du demandeur s'inscrit
dans un plan ou un programme en ayant fait l'objet.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme McGraw : Oui. Merci, M.
le Président. Alors, il y a des groupes qui se sont prononcés en présentiel, en
virtuel et/ou via leur mémoire, sur cet article là. Dans un premier temps, le centre
québécois pour le droit de l'environnement, ils proposent, justement, cette...
d'enlever à partir de «la décision rendue par le gouvernement». Ils soulignent
le fait, selon eux, cet article prévoit... que cette insertion, cet ajout, on
dirait... ils disent, pardon, que «ça précise que l'analyse des impacts doit
prendre en considération la décision rendue en fonction du deuxième alinéa de
l'article». Et, selon eux, ne vise... «L'analyse d'un plan au programme ne vise
pas à évaluer l'impact d'un projet spécifique à un endroit donné, mais plutôt à
examiner la nature, la portée et l'étendue du plan ou programme dans son
ensemble. Par sa nature, l'évaluation environnementale stratégique régionale ne
peut prévoir et encadrer, des années à l'avance, les impacts spécifiques de
projets, avec la même rigueur que l'évaluation environnementale des impacts
individuels des projets.» Alors, dans un premier temps, comment le ministre
réagit à cet... ce constat du centre québécois?
Des voix : ...
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui, mais,
en fait, juste pour expliquer l'objectif, là, de la modification qui est
proposée à l'article 24, on vient simplement... donc, on ajoute la
nouvelle procédure d'évaluation environnementale, sectorielle ou régionale qui
va... qui va demeurer, quand même, un exercice rigoureux, énergivore. Donc, les
conclusions qui vont être établies suite à ce processus là, on veut s'assurer
qu'elles soient prises en compte dans les processus d'autorisation subséquents.
Ça fait que là, c'est ce qu'on vient faire avec l'article 24, on vient
simplement ajouter que le ministre doit considérer les modalités qui auront été
entérinées par le gouvernement, s'il y a eu un processus comme ça et qu'un
projet lui est présenté et qu'il s'inscrit dans un plan au programme en ayant
fait l'objet.
• (11 h 20) •
Mme McGraw : Et que répondre
de leurs observations que l'évaluation stratégique... pardon, environnementale
stratégique régiontale... régionale n'a pas la même rigueur que l'évaluation
environnementale des impacts individuels des projets?
M. Charette : On l'a <effectivement...
Mme McGraw :
...environnementale
des impacts individuels des projets?
M. Charette :
On
l'a >effectivement entendu. On... bon, personnellement, et le ministère
ne partage pas, là, cette... cette inquiétude-là, en ce sens qu'il y a un
travail qui va se faire de façon concertée avec une région. Tout à l'heure, on
disait que le milieu, pour deux projets semblables, peut avoir... En fait, deux
projets semblables peuvent avoir un impact différent selon le milieu qui reçoit
le projet. Donc, là, on permet une évaluation au niveau de la région, donc
du... du milieu. C'est un travail qui va bien se faire. Je n'ai pas
d'inquiétude par rapport au temps et à la rigueur que consacrera le BAPE. Je
n'ai pas d'inquiétude par rapport au temps et la rigueur que consacrera le
ministère a ces évaluations-là. Donc, pour ma part, là, c'est une façon d'être
plus... plus efficaces, là, tout simplement, et d'englober une portée réelle,
là, sur une... sur une région.
Mme McGraw : Et je reviens à
leur constat ou... c'est
Ça, leur constat ou leur observation que, par la
nature même de la nouvelle évaluation environnementale stratégique régionale,
par sa nature même, on ne peut pas prévoir ou encadrer des années à l'avance
les impacts spécifiques de projets. Ça fait qu'ils préfèrent l'évaluation
environnementale des impacts... Mais par sa nature, est-ce que le ministre est
d'accord avec ce constat, ou en désaccord?
M. Charette : Je pense que
c'est un outil supplémentaire qui va nous aider à être plus... plus efficaces
dans la procédure d'évaluation. Ce qu'on a mentionné depuis quelques années,
là, qu'on... qu'on réfléchit à cette question-là, le but n'est pas d'être...
d'assouplir pour assouplir, c'est d'être plus efficaces. Et si on regarde le
même tableau auquel on faisait référence tout à l'heure, sur la procédure
générale, là, on sera... on sera plus... plus efficaces, parce qu'on pourra permettre
des activités au niveau de l'évaluation, là, en parallèle.
Donc, il y a une quête d'efficacité, tout
en étant extrêmement rigoureux sur l'évaluation qui est faite. Et là aussi, je
pense qu'on a un tableau spécifique, qui est aussi déposé au niveau du
secrétariat, qui explique, en quelque sorte, les... les étapes, qu'est ce qui
arrive dans telles... dans telles circonstances. Et le tableau porte
l'acronyme, là, EESR, là, pour évaluation environnementale stratégique régionale,
mais c'est aussi à la disposition, là, des... des collègues.
Mme McGraw : Alors, le
ministre dit que c'est un outil supplémentaire. Est-ce que ça va remplacer
d'autres outils ou c'est un outil additionnel, supplémentaire?
M. Charette : C'est un outil
additionnel. Dans certains cas, on peut y aller avec l'évaluation par projet
spécifique. Dans d'autres cas, ce sera intéressant, aussi, d'opter pour cette
avenue-là. Donc, le spécifique par projet est encore possible et on a... on a
aussi cette option, là, à notre... à notre disposition.
Mme McGraw : Donc, en termes
de l'évaluation environnementale des impacts individuels des projets, cet
ajout, quel est l'impact de cette... de cette évaluation qui existe déjà?
M. Charette : Bien, un ajout
positif. On a beaucoup parlé d'éolien, et certains parlaient ou auraient
souhaité, là, un BAPE générique sur... sur l'éolien. Ce n'est pas... ce n'est
pas une avenue, là, qu'on a retenue, là, du côté du gouvernement. Avec une
évaluation environnementale stratégique régionale, on aura une portée plus
grande, c'est-à-dire une meilleure connaissance de l'impact sur la région
plutôt que sur le seul... le seul site, par exemple, des éoliennes elles-mêmes,
là. Donc, on aura un meilleur portrait à travers ce type d'évaluation là. Donc,
c'est un élément ou un atout supplémentaire, là, pour... pour la procédure
d'évaluation.
Mme McGraw : Alors, pour
revenir à la deuxième partie que le centre québécois droit environnement
propose de l'enlever, de le soustraire, on propose un... on ne propose pas un
amendement en ce sens, mais on aimerait, sur cette section-là, que le centre...
bien, ces experts-là, ils proposent d'enlever, c'est la partie... la décision
qui est rendue par le gouvernement conformément à l'article 31.9.16, notamment
«des balises qui sont déterminées», et on continue. Alors, comment le ministre
répond à cette <recommandation...
Mme McGraw :
...«des
balises qui sont déterminées», et on continue. Alors, comment le ministre
répond à cette >recommandation de... du centre?
M. Charette : Je comprends
que certains groupes aimeraient ce retrait-là. C'est tout le temps le calcul
des avantages versus les inconvénients ou ce que... ou ce que le projet de
loi... ou... que le projet de loi apporte. Dans le cas... ne serait-ce qu'à
travers l'exemple que je viens de donner, je pense qu'on justifie la pertinence,
là, de ce type d'option là ou de procédure là. Donc, il n'y a pas d'intention,
là, de la part du gouvernement, de retirer la possibilité.
Mme McGraw : J'imagine que ma
collègue va avoir des questions encore plus détaillées, mais je tiens à
souligner, encore une fois, l'importance des perspectives et des expériences
des peuples autochtones. Alors, le ministre a... j'imagine qu'il a déjà pris
note du fait que dans le mémoire du Conseil mohawk de Kahnawake, ils déplorent
le fait qu'encore une fois, avec les amendements au section 24 — et
là, on parle de 24 — que la Loi sur la qualité de l'environnement, on
manque encore une belle opportunité de souligner... de... l'importance... bien,
de l'impact sur les droits des autochtones, des peuples autochtones, et leurs
pouvoirs ou leur valeur ajoutée, l'importance de leur rôle en tant que...
prendre des décisions. Parce que là, on parle de la «décision rendue par le
gouvernement». Ils auraient souhaité reconnaître le droit des peuples
autochtones en ce sens-là, donc je tiens à le souligner. Et je
vais le reciter :
«The amendments to
sections 24 of the Quebec Environment Quality Act is another missed opportunity
to include a requirement that the Minister consider impacts to the exercise of
Indigenous rights and knowledge in decision-making.» Alors, voilà
leur... ce qu'ils ont écrit.
M. Charette : Ma réponse est
la même. J'apprécie ces communications-là. D'ailleurs, nous sommes en
communication aussi avec la communauté mohawk en question. Moi, ce que je peux
réitérer, il y a beaucoup d'efforts qui sont faits pour se rapprocher et avoir
un dialogue encore plus direct avec les communautés. Je vous parlais d'une
direction, maintenant, spécifique, au ministère, ce qui est relativement
nouveau, et sans donner l'objet du... de la rencontre d'hier, je peux vous dire
qu'hier, ça s'est très, très bien incarné, rencontre qui a duré une bonne
partie de la... d'une... de la journée, avec une communauté en particulier, sur
un sujet en particulier. Donc, le ministère a ce souci-là, d'avoir les
meilleures relations avec les communautés et de les intégrer, là, dans cette
réflexion-là, qui est menée à différents sujets.
Mme McGraw : Merci. Comme
j'ai dit, j'imagine que ma collègue a des précisions sur la décision... en tout
cas, sur cet article-là. Donc, pour moi, c'est tout pour l'instant. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Merci, M. le ministre. M. le député, la parole est à vous.
M. Leduc : Je veux bien...
Bonjour. Je veux bien comprendre, parce qu'on fait référence à un article qui
est nouveau, hein? C'est à dire, dans 4.1, on fait référence entre 31.9.16 et...
qui va venir beaucoup plus tard, à 98.
M. Charette : Beaucoup plus
tard, oui, dans quelques... dans une vingtaine, ou un petit peu plus,
d'articles, effectivement.
M. Leduc : Je ne sais pas
dans combien de jours on va être rendus à 98. Je ne sais pas si le ministre
veut faire un pari ou...
M. Charette : Je vais... moi,
je ne fais que réitérer que ça va bien. Donc, on s'y rendra lorsque...
lorsqu'on y sera.
M. Leduc : D'accord. Blague à
part, peut-il nous résumer ce que constituera le 31.9.16?
• (11 h 30) •
M. Charette : On peut aller
faire un petit tour rapide au niveau du 98.9. En tout cas, je ne vais lire que
le commentaire, à ce moment-ci. Donc : «C'est un article qui prévoit que
dans la mesure où il a consenti à l'évaluation environnementale sectorielle ou
régionale d'un plan ou d'un programme, le ministre doit demander au Bureau
d'audiences publiques sur l'environnement d'annoncer le début de l'évaluation
et d'organiser une période d'information sur l'avis d'intention et la
proposition de cadrage transmis afin de recueillir les préoccupations du public
susceptibles de devenir des enjeux à évaluer, ainsi que les observations du
public sur les objectifs recherchés par cette évaluation, et sur sa nature, sa
portée et son étendue envisagée.
Le gouvernement détermine, par règlement,
dans quel délai cette demande doit être faite et qu'elle doit être suivie. La
publication au registre des évaluations environnementales des documents que le
ministre possède déjà à l'égard — pardon — du plan ou du
programme...
11 h 30 (version révisée)
M. Charette : ...elle
doit être suivie de la publication, au registre des évaluations
environnementales, des documents que le ministre possède déjà à l'égard. — pardon — du
plan du programme, soit l'avis d'intention, la proposition de cadrage et l'avis
de consentement à l'évaluation.
M. Leduc : Vous avez lu
31.1.5? Je vous ai perdu, parce qu'il est gros, l'article 98, là, il y a
plusieurs...
M. Charette : Je vous ai
fait une belle lecture, mais je ne vous ai pas lu le bon commentaire.
M. Leduc : C'est ça que
je me disais.
M. Charette : Donc, mes
excuses.
M. Leduc : Il n'y a
aucun problème.
M. Charette : Donc, on
va pouvoir reprendre, si vous le souhaitez, avec le bon commentaire cette
fois-ci. Donc, cet article détermine la portée de la décision que doit rendre
le gouvernement au terme d'une évaluation environnementale, sectorielle ou
régionale. À cet égard, le gouvernement doit se prononcer pour déterminer les
balises à prendre en considération lors de l'autorisation à venir des projets
et des activités qui s'inscrivent dans un plan ou un programme ou qui
pourraient s'y inscrire comme des conditions particulières d'acceptabilité
environnementale et sociale, ainsi que la réalisation et d'exercices,
notamment, des mesures d'évitement, de minimisation, de compensation, de
surveillance, de suivi, de contrôle ou de consultation.
L'article prévoit aussi que le
gouvernement peut, par la même occasion et sur recommandation du ministre à cet
égard, prévoir que les projets ou les activités qui s'inscrivent dans le plan
ou le programme ou qui pourraient s'y inscrire sont soustraits, en tout ou en
partie, de l'application des dispositions qui rendent obligatoire l'obtention d'une
autorisation ministérielle ou gouvernementale pour les entreprendre et prévoir,
le cas échéant, qu'ils puissent plutôt faire l'objet d'une déclaration de
conformité, où le tout aux conditions qu'il détermine et de manière à assurer
une protection adéquate de l'environnement, de la santé de l'être humain ou des
autres espèces vivantes. Il peut aussi déterminer les mesures de compensation
exigibles.
Finalement, l'article prévoit que cette
décision est communiquée au porteur dans les plus... les plus brefs délais, et
que le ministre publie au registre des évaluations environnementales l'analyse
environnementale réalisée au même moment où la décision du gouvernement est
rendue publique.
M. Leduc : C'est quand
même du costaud ici, puis l'article 98 est beaucoup plus large. Je soumets
que peut-être qu'on pourrait mettre en dépôt 77, pour voir quand on va
être rendu à 98, ou, si vous voulez qu'on...
M. Charette : ...en fait, c'est
toujours mieux de ne pas avoir deux fois le même... le même... pas débat, mais
le même échange. Donc, on pourrait effectivement suspendre et revenir à l'article 77
par la suite... À la demande des collègues, on pourrait procéder de cette
façon-là.
Le Président (M. St-Louis) :
Donc, est-ce que nous avons consentement pour suspendre l'article 77?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) :
Consentement. Donc, ça nous mènerait à l'étude de l'article 78. M. le
ministre.
M. Charette : Merci, M.
le Président. 78. L'article 25 de cette loi est modifié par le
remplacement du paragraphe 10° du premier alinéa par le paragraphe suivant :
«10° des mesures d'adaptation afin de
réduire la vulnérabilité des personnes et des biens face à une inondation ou à la
mobilité des cours d'eau.»
Et le commentaire : Cet article
modifie le paragraphe 10° du premier alinéa de l'article 25 de cette
loi afin de clarifier le pouvoir du ministre d'imposer des conditions pour la
réalisation d'un projet dans une zone inondable d'un lac ou d'un cours d'eau ou
une zone de mobilité d'un cours d'eau.
La modification vise à remplacer le
concept de «mesures d'immunisation» par celui de «mesures d'adaptation», lequel
est plus adapté si l'objectif est de réduire la vulnérabilité des personnes et
des biens qui font face à une inondation ou à la mobilité des cours d'eau.
Le Président (M. St-Louis) :
...ministre. Est-ce qu'il y a des interventions à l'article 78? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Je
comprends donc qu'on veut se donner un petit peu plus de marge de manœuvre,
parce que «mesures... d'immunisation» — pardon — c'est très
spécifique, «mesures d'adaptation», ça laisse plus de possibilités, là, donc...
Mais comment on en est venu à cette proposition-là, là?
M. Charette : ...aussi
faire en sorte, là, qu'on puisse s'adapter à une réalité, là, qui est
changeante. Les changements climatiques, naturellement, auront un impact
notamment sur nos zones inondables. On avait un concept, à travers le concept
de «mesures d'immunisation», qui est beaucoup plus restreint que lorsque l'on
parle de «mesures d'adaptation». Donc, on va se donner un espace de possibilités
plus grand parlant de «mesures d'adaptation», et non pas ne serait-ce
qu'immuniser un <bâtiment...
M. Charette :
...possibilités
plus grandes parlant de «mesures d'adaptation», et non pas ne serait-ce
qu'immuniser un >bâtiment où c'est... ce sera plus... plus général comme
cadre, tout en ayant — et ça, c'est très important de le rappeler, on
le disait au départ, là — tout en ayant comme... comme objectif de
réduire la vulnérabilité des personnes et des biens face à une inondation.
Donc, ça, c'est le premier critère, mais tout ne passe pas par des mesures
d'immunisation, il peut y avoir d'autres... d'autres possibilités à ce
niveau-là.
Mme Dufour : Oui. On est
ici... Juste revenir au début de l'article, là, 25, donc qui dit que «le
ministre peut prescrire toute condition, restriction, interdiction». Donc,
restriction ou interdiction, «lesquelles peuvent notamment porter...» puis là
on ajoute «des mesures d'adaptation afin de réduire la vulnérabilité des
personnes et des biens...» Quel genre de condition, ou restriction, ou
interdiction — puis vous comprendrez qu'interdiction, ça peut faire
peur — on pourrait retrouver dans les mesures d'adaptation face à
inondations?
M. Charette : À ces
questions-là, il faut savoir, là, que dans l'article lui‑même, essentiellement,
là, c'est le même article. Donc, ces pouvoirs-là, le ministère les détient
toujours. Donc, il y a un pouvoir de contrainte ou de limitation, là, qui est...
qui est réel et qui est déjà effectif, mais quelle forme ça peut prendre, c'est
quelque chose, là, qui est d'actualité. Lorsqu'il est question d'adaptation,
c'est vraiment que de permettre que l'eau passe sans dommage. Donc, les maisons
sur pilotis, c'est un exemple précis, là, pourraient être acceptées dans
certains secteurs alors qu'on ne parle pas d'immunisation comme telle. Donc,
c'est des avenues, là, qui nous permettront d'être plus agiles. Mais le pouvoir
de contrainte, le ministère l'a déjà, là, actuellement, à travers
l'article 25.
Mme Dufour : Oui,
effectivement, mais on parlait de mesures d'adaptation, mais est-ce que... de
mesures — pardon — d'immunisation au préalable. Là, ça va
plus loin, ça élargit, mais est-ce que cet article-là pourrait être utilisé
pour, je ne sais pas, moi, obliger une démolition, par exemple, d'un immeuble?
M. Charette : Actuellement,
le cadre réglementaire... réglementaire est en révision, là. On a eu l'occasion
d'échanger à ce sujet-là. Le cadre réglementaire peut protéger le bâti, donc on
ne proposera pas, on ne forcera pas de démolition. Cependant, il va y avoir des
contraintes dans l'éventualité où un bâtiment x est affecté un petit peu
ou grandement affecté, ou si le bâtiment est une perte totale.
Dans certains secteurs, il est possible
que la reconstruction ne soit pas permise tout dépendant... Sans revoir, là,
dans le détail la réglementation qui est à l'étude et qui a fait l'objet, là,
d'une large consultation, on vient instaurer des cotes de risque et si on est
en présence d'une cote de risque très élevé, dans certains cas, la
reconstruction ne sera pas permise. Mais dans tous les cas, il n'est pas
question de démolir un bâtiment, là, qui est existant s'il n'est pas... s'il
n'est pas atteint. C'est au moment du prochain événement, selon l'emplacement,
selon la gravité des dommages, que les possibilités de reconstruction,
d'agrandissement, pourraient être affectées, mais on ne demande la démolition
d'aucun bâtiment, là, qui est en état.
Mme Dufour : Merci de me
parler des intentions réglementaires de ce que vous êtes en train de faire pour
les zones inondables, mais moi, je me réfère ici à l'article 25, là, de la
LQE, là, qu'on vient modifier. C'est bien ça, on est dans la LQE ici, en ce
moment?
M. Charette : Oui.
Mme Dufour : Donc, cet
article-là donne... il va donner de nouveaux pouvoirs par rapport, justement,
aux mesures d'adaptation face à une inondation. Donc, ce que je veux savoir,
c'est dans le cadre de cet article, ici, ça semble laisser beaucoup de
latitude, là, «peut prescrire toute condition, restriction ou interdiction». Tu
sais, c'est ce que dit au début l'article, là, le ministre, tu sais, «peut
prescrire toute condition, restriction ou interdiction» en matière de mesures
d'adaptation face à une inondation. Donc, ce que je veux avoir une idée, c'est
jusqu'où ça peut aller cet article-là, l'utilisation de cet article-là?
• (11 h 40) •
M. Charette : Effectivement.
Bien, comme je mentionnais à la collègue, il n'y a pas de changement à ce
niveau-là. C'est déjà en application au <niveau...
M. Charette :
...il
n'y a pas de changement à ce niveau-là. C'est déjà en application au >niveau
de l'article 25. Cet élément-là n'est aucunement modifié. La seule
modification intervient plus loin lorsqu'il est question d'adaptation, là, par
rapport à l'immunisation, anciennement, là, des bâtiments. Mais ce que vient de
lire la collègue, «délivre une autorisation[...]le ministre peut prescrire
toute condition, restriction ou interdiction», c'est déjà le cas actuellement,
donc il n'y a pas... il n'y a pas de changement à ce niveau‑là.
Et c'est là où, dans certains cas, on peut
carrément interdire, soit le... et c'est déjà le cas, interdire le
développement ou la construction d'un nouveau bâtiment ou, à travers la
réglementation, dire : La reconstruction dans l'éventualité d'un dommage
important, elle est permise selon telle, telle condition. Mais c'est déjà... c'est
déjà...
Bref, la réforme que l'on est en train de
faire au niveau des zones inondables n'a pas besoin du projet de loi pour se
faire, là, elle est déjà en respect de la législation telle qu'elle est aujourd'hui,
et législation que nous ne modifions pas pour l'occasion. On vient juste parler
d'adaptation, qui est un concept qui va offrir des outils supplémentaires, qui
n'est pas plus restrictif dans le cas présent, au contraire, là, qui va
permettre, là, d'interpréter le tout avec une plus grande... une plus grande
ouverture.
Mme Dufour : Oui,
effectivement, je comprends que l'article 25 prévoyait déjà que «le
ministre peut prescrire toute condition, restriction ou interdiction», mais il
y a quand même un ajout qui est les mesures d'adaptation, donc qu'il peut
prescrire, comme je le disais, «toute condition, restriction ou interdiction»,
mais par rapport aux mesures d'adaptation face à une inondation, ça, ce n'était
pas là précédemment, ce bout-là. Et là, ce que je me demande, est-ce que c'est
nécessaire à ce moment‑là, compte tenu du règlement qui s'en vient, le
règlement sur les zones inondables?
M. Charette : L'élément
en dixième dans l'énumération, là, le 10e, là, comme solution, mettait de l'avant
essentiellement des mesures d'immunisation. C'est encore bon aujourd'hui, là, sauf
que les mesures d'immunisation, on les inscrit dans un vocabulaire plus large
où il est question, là, d'adaptation pour réduire la vulnérabilité des
personnes et des biens.
Donc, c'est encore bon, mais on se laisse
la possibilité d'évaluer de façon plus large. Dans un secteur, si on voulait,
par exemple, permettre des maisons sur pilotis à travers le simple vocable
«mesures d'immunisation», là, on n'y serait pas. Donc, référer à des «mesures d'adaptation»,
c'est plus large et ça va offrir un éventail de possibilités plus grandes...
plus grand éventail de possibilités qui lui est précisé, là, dans... dans la
réglementation.
Mme Dufour : On a...
Puis là, peut-être... Peut-être que ce serait plus clair de savoir quand... on
est dans quel type d'autorisation ici, là. Tu sais, parce que tout à l'heure,
vous avez donné l'exemple d'un édifice, là, qui est... qu'on pourrait dire :
Bien, non, on interdit sa construction. Mais quel type de projet ou d'autorisation,
là, on réfère, là, que ça, ça pourrait être invoqué, là?
M. Charette : Au début
de l'article 25, et même... et même de façon... de façon générale, là, ça couvre
très large. Ça peut être des bâtiments, ça peut être pour la sécurité des
personnes aussi, donc je ne pourrais pas dire pour quel type de bâtiments
particulier. Ça couvre tout... tout type d'autorisation en fonction de la
sécurité. En fait, dans le vocable que l'on retient dans la réglementation, là,
qui est à l'étude présentement, on parle, la protection des biens et des
personnes. Donc, c'est un bien physique, ça peut être une maison d'un
particulier, ça peut être... ça peut être une école, ça peut être en fait un
bien physique, mais aussi la sécurité des personnes.
Pour ce qui est de la sécurité des
personnes, par exemple — c'est un objet de la... un élément de la
consultation actuellement — on va dire dans un certain... dans certains
secteurs, selon la cote de risque, vous allez pouvoir vous reconstruire si vous
avez été endommagé. Vous allez pouvoir construire s'il n'y avait pas de
construction. Mais, par exemple, dans tel secteur avec telle cote de risque,
dans le sous-sol, il ne pourra pas y avoir de chambre. Ça pourrait être un
salon, ça pourrait être... mais il ne pourra pas y avoir de chambre parce que,
dans l'éventualité de bris d'une digue ou d'une inondation subite...
Et il y a des exemples très, très précis
sur le côté de Sainte‑Marthe, ça a été inondé en un... Et on est... On peut
être chanceux qu'il n'y ait pas eu de mortalité, là, en lien avec ça, parce que
les <sous-sols...
M. Charette :
...peut
être chanceux qu'il n'y ait pas eu de mortalité, là, en lien avec ça, parce que
les >sous-sols se sont inondés, dans certains cas, extrêmement
rapidement. Donc, ce n'est pas une contrainte qui va interdire construction ou
reconstruction, mais ça va venir à être balisé dans la réglementation. Un
élément simple, Sainte-Marthe est une bonne école, mais ça s'est appliqué, ça
s'est vu ailleurs aussi, lorsqu'il sera question de construction ou de
reconstruction, la boîte électrique, on ne la voudra pas au sous-sol. Il pourra
y avoir un sous-sol dans certains cas, mais la boîte électrique devra être à
l'étage, dans l'éventualité d'une inondation, que l'accès à cet... à cet
outil-là ne soit pas compromis par un sous-sol qui serait inondé par exemple.
Donc, c'est le type d'éléments qui se
retrouvent dans la réglementation et qui fait état d'adaptation et non pas une
contrainte systématique de dire : On ne reconstruit plus dans n'importe
quelles conditions. Donc, c'est des balises, là, qui vont venir dire qu'est-ce
qui est permis de faire dans telle ou telle circonstance.
Mme Dufour : Et là
j'essaie... J'essaie de comprendre, tu sais, dans quel cadre l'article 25
est invoqué et la réglementation sur laquelle vous travaillez va être invoquée.
Est-ce que les deux sont complémentaires? Est-ce que ça va être un ou l'autre?
Est-ce que, tu sais, dans un cas ça pourrait dire une chose puis ici le
contraire?
M. Charette : Bien, pas
le contraire, mais des options supplémentaires. Si on parle d'immunisation, je
suis aussi, et la collègue à travers son expérience à la ville de Laval, c'est
un secteur, là, qui a été fortement touché, 2017, 2019, et quelques secteurs
plus spécifiques par la suite, bien, c'est de dire : Comment on peut
répondre à cette réalité-là de façon intelligente plutôt que de dire :
Dans toute circonstance, la reconstruction ou la construction n'est plus
permise?
Mais, en retenant cette expression-là des «mesures
d'adaptation», ça ouvre la place à plus d'imagination... d'innovation, plutôt, je
vais le dire comme ça, que de dire, on parle tout simplement, uniquement de
mesures d'immunisation, mais les mesures d'immunisation sont aussi un outil,
mais ce n'est pas le seul outil sur lequel on veut mettre l'emphase.
Mme Dufour : Oui. Non,
je comprends, mais là on est dans le discrétionnaire potentiel. Le règlement
devrait venir... avoir des balises plus claires. Ça fait que c'est ça, ma
préoccupation, là, c'est, ici, on a des éléments qui peuvent laisser beaucoup
plus de latitude peut-être que le règlement parce qu'ici il n'y a pas de
balise, on dit que ça peut prescrire «toute condition, restriction ou
interdiction». Ça fait que je veux juste comprendre le lien avec le règlement.
M. Charette : Mais la
loi, elle est toujours... La loi va permettre d'établir les grands principes,
les grands objectifs, mais dans la loi, on ne pourrait pas préciser le fin
détail en toute circonstance parce que la loi ne reprend pas, par exemple, les
codes de risque, ne reprend pas le fin détail qui lui se retrouve dans la
réglementation. Mais la réglementation, elle est bâtie autour... autour de la
loi en question.
Donc, la loi le dit clairement, là, dès
les premiers éléments, là, du... de l'article 25, on peut interdire,
restreindre beaucoup, beaucoup de choses, mais ce n'est pas le but d'interdire
et de restreindre tout. Donc, c'est la réglementation qui vient donner ce type
de détails là.
Et c'est une... Dans le cas de la réforme
en question, elle est majeure, on y travaille avec le milieu municipal et
scientifique depuis... depuis les lendemains de la dernière inondation majeure
de 2019. Donc, c'est complexe, mais c'est un travail qui avance et qui est
nécessaire compte tenu que ces épisodes-là, malheureusement, vont survenir
toujours plus souvent et avec une intensité toujours plus grande,
potentiellement.
Mme Dufour : Oui. Tout à
fait. Ici, je vais reposer la question de tout à l'heure parce que je ne suis
pas sûre que c'était... j'ai eu une réponse claire. «Lorsqu'il délivre une
autorisation», on réfère à une autorisation dans quel type de projet? Parce
que, tu sais, si demain matin — excusez-moi, ma voix me lâche — demain
matin, vous allez chercher une demande de permis à la ville, tu sais, comme
citoyen, le ministre n'est pas... n'intervient pas, là. Donc, ce n'est pas le
ministre qui va prescrire des conditions ici, là, ça va être les municipalités.
Donc, quel type... On parle de quel type de projet et d'autorisation aussi, là?
• (11 h 50) •
M. Charette : Dans le
cas de l'article 25, un complément d'information, là, pertinent, là, on
est au niveau des autorisations, là, principalement ministérielles, donc avec des
bâtiments, là, de plus grande envergure, alors que la réglementation nous
permet, là, comme je le <mentionnais...
M. Charette :
...bâtiments,
là, de plus grande envergure, alors que la réglementation nous permet, là,
comme je le >mentionnais, là, d'aller toucher d'autres... d'autres types
de bâtiments, mais surtout, surtout couvrir notre lien avec les zones
inondables.
En fait, la réglementation, là,
l'article 25 ne définit pas les zones inondables, mais la réglementation
va donner ce détail-là au niveau des zones inondables elles-mêmes.
Mme Dufour : OK. Mais je
répète : Quels types de projets? On est dans des projets industriels,
projets... Parce que le ministre... Le ministre ne vient pas mettre des
conditions dans les projets résidentiels habituellement, ça, c'est les
municipalités.
M. Charette : ...non, la
réglementation... Et c'est pourquoi on travaille depuis quelques années, là, la
réglementation qui fera l'objet d'une consultation, là, dans les prochaines...
pas d'une consultation, mais d'une précision suite à la consultation qui s'est
déjà tenue, va, oui, viser aussi le résidentiel...
Mme Dufour : ...l'article 25,
là. L'article 25, précisément, quand il est invoqué, lui, il réfère à quel
type de projet?
M. Charette : L'article 25,
le principe général est au niveau des autorisations ministérielles comme je
mentionnais, donc des bâtiments, là, de plus grande importance que ce soient
écoles, hôpitaux et autres.
Mme Dufour : ...donc
institutionnels. L'industriel, est-ce que ça... Est-ce que ça, c'est... fait
partie?
M. Charette : L'institutionnel
est visé par le 25.
Mme Dufour : Industriel,
j'ai dit.
Une voix : ...
Mme Gagnon (Mélissa) :
Oui. Bien, je peux peut-être apporter un complément, en fait, là. Donc, on
parle des projets qui seraient d'abord visés par une autorisation en vertu de
l'article 22 de la loi, ça fait qu'une autorisation ministérielle. Oui, ça
peut être une industrie, là, c'est sûr qu'il y a certains types, quand on est
dans du risque élevé, on tombe dans la procédure, là, on n'est pas dans ces
cas-là, on est dans un cas où est-ce que ce serait une autorisation
ministérielle qui serait requise.
Donc, différents types d'industries, ça
peut être l'ajout de l'équipement dans une industrie existante aussi, qui peut...
qui peut nécessiter, là, à ce moment-là, une autorisation. Donc, dans le cadre
de l'analyse d'une demande pour ce type d'activité là, bien, on pourrait...
C'est là que ça deviendrait applicable, finalement, donc d'exiger des mesures
d'adaptation plutôt que de l'immunisation. Exemple, j'ai les équipements, je
veux ajouter les équipements, bien, plutôt que de les ajouter dans un étage
inférieur où est-ce que je suis peut‑être à risque d'inondation, bien, je peux
exiger que ce soit mis à un étage supérieur. Donc, plutôt que d'aller vers de
la protection contre l'inondation, je vais plutôt réduire ma vulnérabilité puis
m'éloigner du risque.
Mme Dufour : OK. Et dans
l'institutionnel, là, on est des projets du gouvernement, généralement, là,
parce qu'école, hôpital... Donc, est-ce que... Parce que là, c'est «lorsqu'il
délivre une autorisation», mais j'ose espérer qu'avant même que les projets se
développent et se rendent à la période de... tu sais, à l'autorisation, qu'il y
a ces discussions-là parce que, tu sais, on a vu récemment, je vais vous
rappeler un projet de logement social en pleine zone inondable. Bon,
heureusement, ils ont reculé, mais, tu sais, on a vu d'autres aberrations, des
hôpitaux pas au bon endroit aussi. Donc, à ce moment-là, c'est comment que le
ministère intervient dans ces projets-là en amont?
M. Charette : C'est tous
des éléments intéressants à discuter, mais on touche à différents concepts. Il
y a la loi, il y a la réglementation, mais il y a l'état des lieux aussi, et on
travaille sur tous ces aspects-là. Actuellement, les zones inondables, dans
certains cas, les cartes n'ont pas été mises à jour depuis 30 ans. Donc,
c'est difficile pour une municipalité, même pour un ministère ou pour une
entreprise, un citoyen, de dire : Je veux développer ceci, sans savoir si
le projet en question est en zone inondable. Donc, ça, c'est un des exercices
qui est en cours actuellement, qui avance bien, mais qui offre des défis
techniques et scientifiques très importants, sans compter les impacts humains
également, mais à partir du moment où ces cartes-là seront mises à jour et
reconnues, c'est là où les balises de la réglementation vont trouver une
application, là, qui est... qui est concrète.
Effectivement, une nouvelle école, un
nouveau... Bien, en fait, peu importe le projet... Je ne dis pas qu'il n'y aura
plus rien, là, dans ces zones-là, mais ça va dépendre de la cote de risque qui
est associée à telle zone. Mais actuellement, le premier... l'élément le plus
urgent au niveau de la réglementation, là, et de l'application terrain, c'est
de mettre à jour les fameuses cartes des zones inondables, mais dans certains
cas, même de l'institutionnel avec des mesures d'adaptation, on pourra
s'assurer, là, que le bâtiment est plus résilient. Mais, on veut que la
personne ou le promoteur, la ville, le ministère, peu importe, s'il décide de <réaliser
M. Charette :
...résilient.
Mais, on veut que la personne ou le promoteur, la ville, le ministère, peu
importe, s'il décide de >réaliser un projet à tel endroit, qu'il
connaisse le risque qui est associé à cet endroit-là, et actuellement, ce n'est
pas le cas.
Mme Dufour : Oui, mais
je vais revenir à l'article 25. Tout à l'heure, vous avez mentionné que ça
pourrait être, un exemple, sur pilotis. Là, on n'est pas nécessairement dans le
résidentiel, là, ici, dans cet article-là, là, l'application de cet article-là.
Admettons que c'est une école, une école et — parce qu'il y en a une,
on en a vu, un exemple d'école qui était... qui a été faite sur pilotis, au
Québec — mais si les règlements d'urbanisme, eux, ne les permettent
pas, les pilotis — je sais qu'il y a beaucoup d'urbanistes qui
n'aiment pas voir ça, pourtant c'est une mesure effectivement qui permet de
laisser couler les eaux librement — à ce moment-là, est-ce que
l'article 25 peut être utilisé pour l'imposer, même si les règlements
d'urbanisme l'interdisent?
M. Charette : Au niveau
des changements en cours, il y a encore des autorisations qui reviennent au
niveau de la MRC, au niveau de l'aménagement de la MRC. Donc, nous... Et ça,
c'est un des principes qu'on va discuter aussi, la municipalité, la MRC peut
avoir des contraintes plus importantes que le ministère de l'Environnement. Ça,
c'est possible.
Au niveau du bâtiment, je suis en
discussion. Il n'y a pas un dossier, en six ans, là, il n'y a pas un dossier
qui m'a amené à être plus en lien étroit avec le milieu municipal, c'est à tous
les jours, là, ou à peu près qu'on a des rencontres là-dessus avec bon nombre
d'élus municipaux. Je ne sens pas le milieu municipal désireux d'être plus
sévère, ils veulent avoir la possibilité d'agir en fonction de la réalité. Mais
si c'est permis de faire ceci, par exemple un bâtiment sur pilotis, je n'ai pas
entendu un maire ou une mairesse ou un élu municipal : Je veux avoir le
droit de le faire, mais je ne suis pas intéressé à considérer l'idée. Ce n'est
pas la nature des discussions que j'ai avec eux. Mais, oui, le municipal, à
travers les pouvoirs qu'ils ont déjà, pourrait ajouter des contraintes
supplémentaires. Ça, c'est... c'est déjà possible et ça le sera aussi dans ce
cas en particulier.
Mme Dufour : Oui. En
fait, j'essaie de saisir comment le ministre peut utiliser ce pouvoir. Si une
municipalité sur son territoire ne permet pas les bâtiments sur pilotis pour
des raisons urbanistiques et qu'il y a un projet d'une école et que le
ministre... le ministère juge que la seule façon que cette école‑là, ça puisse
être sécuritaire, c'est de la faire sur pilotis, est-ce qu'il, à ce moment-là,
passerait par-dessus la norme urbanistique de la municipalité?
M. Charette : ...je veux
dire, ce n'est pas pensé et prévu comme tel. Je veux dire, un gouvernement
peut, je veux dire, agir, mais ce n'est pas... Je n'ai pas de projet ou je n'ai
pas entendu parler d'intention, autant de la part des municipalités que du
gouvernement, qui empêcherait de développer un milieu avec contraintes en lien
avec les zones inondables qui... Je veux dire, en théorie... en théorie, on
peut tout faire ou presque, mais le milieu municipal ne se positionne pas comme
ça actuellement. Il souhaite avoir la possibilité, là, de répondre à ce qui
sera proposé, là, dans la réglementation avec la plus grande marge de manœuvre
possible.
Mme Dufour : Oui,
effectivement, le milieu municipal voudrait pouvoir faire des bâtiments sur
pilotis, en fait, sur le bord de l'eau, par exemple. Il y avait un exemple
d'une berge à Laval, la berge aux Quatre‑Vents que vous connaissez peut-être,
qui est dans l'ouest de Laval, que pour faire un bâtiment, un chalet de parc,
il fallait s'éloigner beaucoup, beaucoup, beaucoup de la zone de la plage. Et
ça, c'étaient des règles qui étaient un peu, en fait, très restrictives. Et
donc, de permettre des bâtiments sur pilotis dans des zones comme ça, ça
amènerait de la flexibilité pour offrir des services aux citoyens. Est-ce que
ça, ça va... ça va être assoupli parce que, présentement, ce n'est pas permis,
là?
• (12 heures) •
M. Charette : Je ne peux
pas répondre pour tous les cas spécifiques, je ne les connais pas tous, mais de
façon générale, ce sont les cotes de risque qui vont déterminer ce qui est
possible ou pas. En zones avec cote de risque très élevé, en zones à fort
courants... Et ça, c'est nouveau, et c'est une belle innovation, on vient
déterminer avec les nouvelles zones, avec les nouvelles cartes...
12 h (version révisée)
M. Charette : ...et ça, c'est
nouveau, et c'est une belle innovation. On vient déterminer, avec les nouvelles
zones, avec les nouvelles cartes, non seulement le risque d'inondation, mais l'intensité
de l'inondation. Si on a un centimètre dans le sous-sol versus un risque de six
pieds, on s'entend que ce n'est pas le même risque.
Mais dans les zones à très haut risque, il
y a des interdictions, là, qui seront... qui seront confirmées, de
construction, justement, compte tenu du risque que ça court, même pour des
bâtiments sur pilotis. Et ça, c'est des modalités qui sont travaillées avec la
sécurité publique, ce n'est pas uniquement dire : Oui, mais c'est sur
pilotis, donc il n'y a pas de... il n'y a pas de danger. La sécurité publique
nous dit : Ce n'est pas uniquement le danger par rapport au bien lui-même,
mais aussi au niveau des personnes. Si j'ai un secteur qui est inondé et que
mes pompiers, policiers ou intervenants en service d'urgence n'ont pas accès, là,
on est en présence du concept de lien des personnes, et non pas sécurité des
biens... non pas «sécurité des biens»... des personnes, plutôt que des biens, voilà.
Donc, oui, dans certains cas, il va y avoir des restrictions même pour des
bâtiments sur pilotis.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Comme il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix de l'article 78. Est-ce que cet article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
Nous allons poursuivre avec l'article 79. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc : L'article 31.0.2 de cette loi est modifié :
1° par l'insertion, dans le premier
alinéa et après «la cession», de «, en tout ou en partie,»;
2° par le remplacement, dans le
deuxième alinéa, de «la déclaration prévue à l'article 115.8 et, le cas
échéant,» par «, le cas échéant, une attestation selon laquelle il détient»;
3° dans le troisième alinéa :
a) par le remplacement de «34» par
«35»;
b) par la suppression de la dernière
phrase;
4° par l'insertion, après le
troisième alinéa, des suivants :
«De plus, dans un cas de cession
partielle, le ministre doit s'y opposer s'il juge que l'avis de cession ne
permet pas de déterminer quelles conditions, restrictions ou interdictions
seront applicables, au terme de la cession, à l'activité entreprise ou réalisée
par le... on va le pratiquer ensemble... cessionnaire... cessessionnaire...
bon, vous le voyez comme moi...
Une voix : ...
M. Charette : ...voilà... ainsi
que celles applicables à l'activité conservée par le cédant. Il peut aussi s'y
opposer s'il estime que les conditions, restrictions ou interdictions
applicables au terme de la cession partielle seraient insuffisantes afin
d'assurer une protection adéquate de l'environnement, de la santé, de la
sécurité, du bien-être ou du confort de l'être humain, de protéger les autres
espèces vivantes ou d'éviter de porter atteinte aux biens.
«Si le ministre n'a pas envoyé un avis
d'intention à l'expiration du délai prévu au troisième alinéa, la cession est
réputée complétée. Dans un cas de cession partielle, le ministre peut prolonger
ce délai pour une période n'excédant pas 30 jours. Il doit alors en donner
avis au cessessionnaire par écrit avant l'expiration du délai prévu au
troisième alinéa.»;
5° dans le sixième alinéa :
a) par l'insertion, après «cédant»,
de «pour l'activité dont l'autorisation a fait l'objet de la cession»;
b) par le remplacement de
«conformément au deuxième alinéa» par «en application de la présente loi ou de
ses règlements».
Et le commentaire, qui est plus long cette
fois-ci, vous m'en excuserez. Cet article modifie le premier alinéa de l'article
31.0.2 de cette loi qui porte sur la cession d'une autorisation ministérielle
délivrée en vertu de l'article 22 de cette loi. La modification ajoute la
possibilité de céder uniquement une partie d'une telle autorisation, c'est-à-dire
de céder une portion du projet visé par l'autorisation à un autre titulaire.
Une cession totale ou partielle se fait après avis de la part du cessessionnaire,
sauf si le ministre s'y oppose pour les motifs qui sont prévus à l'article.
Sans cet avis d'opposition, la cession opère de plein droit par le simple
écoulement du temps.
Il modifie le deuxième alinéa pour
corriger une référence à un article qui est abrogé depuis 2022. Le contenu de l'article
115.8 de la Loi sur la qualité de l'environnement, auquel réfère l'article à
l'étude, est repris par un <règlement...
M. Charette :
...115.8
de la
Loi sur la qualité de l'environnement, auquel réfère l'article à
l'étude, est repris par un >règlement, et la référence n'est plus
requise.
De plus, la preuve à fournir pour toute
garantie ou assurance responsabilité requise par règlement pour l'activité
visée par la cession devra se faire par attestation du cessessionnaire. Il
modifie le troisième alinéa, d'abord, pour corriger la référence aux articles
de la Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages afin d'y inclure l'ensemble des
articles sur lesquels le ministre peut fonder son opposition à la cession
complète ou partielle.
Ensuite, le retrait de la dernière phrase
est une modification de concordance avec les autres modifications à l'article,
puisque son contenu est repris plus loin.
Il ajoute un nouveau quatrième alinéa, lequel
prévoit que le ministre est tenu de s'opposer à la cession lorsqu'elle est
partielle. Si l'avis de cession ne permet pas de déterminer quelles conditions,
quelles restrictions ou quelles interdictions seront applicables, au terme de
la cession, au cédant et au cessessionnaire, il y est aussi prévu que le
ministre peut s'y opposer dans les cas où il considère que la séparation des
conditions, des restrictions ou des interdictions ne permet pas d'assurer une
protection adéquate de l'environnement.
Il ajoute un nouveau cinquième alinéa,
lequel prévoit que le délai pour s'opposer à la cession en raison de ces motifs
est de 30 jours, comme pour les autres motifs. Dans le cas d'une cession
partielle, le ministre peut, avant l'expiration de ce délai, le prolonger pour
une période supplémentaire de 30 jours en avisant le cessessionnaire.
Il modifie l'avant-dernier alinéa en
concordance avec les modifications apportées aux alinéas qui précèdent,
notamment afin de clarifier que, dans le cas d'une cession partielle, le
nouveau titulaire a les mêmes droits et obligations que le cédant, mais pour
l'activité visée par la cession d'autorisation.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci, M.
le Président. D'abord, peut-être revenir sur le Conseil Patronal de
l'Environnement du Québec, qui avait... qui avait commenté la question de la
cession partielle, qui pourrait être, dans le fond... qui pourrait être
refusée, là, par le ministre. Ce qu'ils nous disaient... et là... et c'est un
mot que vous connaissez, on en a parlé tout à l'heure, et de... «Ce pouvoir
discrétionnaire aurait pour effet de créer un régime de cession imprévisible.»
Donc, on amène de l'imprévisibilité. Ils disent : «En effet, il existerait
toujours un risque, pour le cessionnaire, que le ministre décide, sur la base
des critères proposés à l'article 31.0.2, de ne pas accepter la cession
partielle telle qu'elle a été décrite dans l'avis de cession. Une telle
imprévisibilité pourrait mener au désistement du cessionnaire et rendre
l'autorisation incessible sur le plan commercial.» Dans ce qu'on...
Puis là ils nous disent : «Dans ce
contexte, nous suggérons de retirer le pouvoir discrétionnaire du ministre de
refuser une cession partielle d'une autorisation s'il estime que les
restrictions ou interdictions applicables au terme de la cession partielle sont
insuffisantes afin d'assurer une protection adéquate de l'environnement, de la
santé, de la sécurité», blablabla, ils continuent.
Donc, j'aimerais vous entendre sur cette
affirmation du Conseil Patronal de l'Environnement du Québec.
M. Charette : Et peut-être
déjà corriger ce que j'ai dit à plusieurs reprises. On ne parle pas de
cessessionnaire, mais de cessionnaire. Donc, j'ai repris une mauvaise
prononciation, on a un mot complètement différent, donc mon erreur.
Mais je comprends, je comprends le propos
du Conseil Patronal de l'Environnement, mais, à la base, lorsqu'une
autorisation est donnée, ce n'est pas dans une perspective de cession. Donc là,
on vient baliser ce qui est possible lorsqu'il est question de cession, donc de
cessionnaire. Et la cession, elle repose sur un mécanisme d'avis par le
cessionnaire. C'est-à-dire, le futur titulaire, il est... En fait, c'est
important que le ministre puisse s'assurer que les autorisations séparées
garantissent le même niveau de protection que l'autorisation initiale. C'est, à
la base... Nous, l'autorisation, elle est donnée dans un cadre X. Donc, cette
autorisation-là, elle est cédée. C'est juste normal que le ministère puisse
s'assurer, là, que les conditions d'autorisation initiales, là, soient
respectées, et il faut que ce soit clair, pour la personne qui assume cette
nouvelle autorisation là, quelles sont les obligations, là, qui lui... qui lui
incomberont par la suite.
• (12 h 10) •
Mme Dufour : Mais vous ne
voyez pas le risque qu'eux soulèvent de... du fait que ça ne deviendrait
pratiquement, peut-être, pas possible de faire des cessions partielles avec ce
degré d'imprévisibilité là?
M. Charette : Bien, ce n'est
pas... pour nous, ce n'est pas de l'imprévisibilité. Au <contraire...
Mme Dufour :
...d'imprévisibilité
là?
M. Charette :
Bien,
ce n'est pas... pour nous, ce n'est pas de l'imprévisibilité. Au >contraire,
c'est dire : Vous avez des conditions qui ont déterminé une autorisation
initialement, il faut que ces conditions-là soient maintenues, et la personne
qui en assumera la responsabilité, il faut qu'elle sache à quoi... à quoi s'en
tenir. Pour moi, c'est tout sauf de l'imprévisibilité. Mais, oui, c'est
peut-être... c'est peut-être contraignant, dans une certaine mesure, mais c'est
des obligations, là, qui doivent être connues de la part de l'entité, là, qui
prendrait la charge, là, de cette autorisation, transférée partiellement, là,
ou complètement.
Mme Dufour : Mais, en fait,
c'est qu'ici on est dans un pouvoir discrétionnaire, donc je comprends qu'on
veut s'assurer que les restrictions qui avaient une certaine... tu sais,
lorsque le projet entier s'est fait, soient respectées lorsqu'il y a une
cession partielle. Ça, je le comprends. Mais ici, on ouvre la porte à beaucoup,
beaucoup de cas de figure, comme dans à peu près tous les éléments du projet de
loi, là. On dit : S'il estime que... il peut s'opposer «s'il estime que
les conditions, restrictions et interdictions applicables au terme de la cession
seraient insuffisantes», et là on rajoute : «afin d'assurer une protection
adéquate de l'environnement, de la santé, de la sécurité, du bien-être... du
bien-être, du confort de l'être humain, de protéger les autres espèces vivantes»,
blablabla.
Est-ce que... Tu sais, quand une
autorisation est donnée, je ne suis pas convaincue qu'on prend toutes ces
considérations-là en compte, surtout là, quand je vois le confort de l'être
humain, du bien-être et le confort de l'être humain, là. Ça, c'est... Tu sais,
je comprends, probablement, le ministre ne se baserait pas là-dessus, mais un
autre ministre arrive en poste, et là il peut changer toutes les conditions.
Même si le projet a été autorisé sous certaines conditions, ça pourrait devenir
de nouvelles conditions, parce que ça laisse la table, en fait, ça laisse la...
toutes les possibilités, là, de les changer. Donc, je comprends un peu le
message que le Conseil Patronal de l'Environnement envoyait, là, de dire :
Bien, ça amène vraiment une vraie... une réelle imprévisibilité potentielle.
M. Charette : En fait, si on
peut rassurer, là, que ce soit le Conseil du patronatou toute personne qui nous écoute, c'est normal qu'on puisse
souhaiter et qu'on doive souhaiter que les restrictions et les conditions
soient connues, là, de la part de la personne ou de l'organisation, ou de
l'entité, là, qui assumerait cette responsabilité. Mais pourquoi on a un
vocabulaire qui est plus général, c'est qu'on ne peut pas tout établir dans la loi
sur les milliers de possibilités qui pourraient s'offrir à nous. Donc, c'est là
où il y a place à une discrétion.
Puis si on reprend les exemples qu'on a
déjà cités, un projet peut avoir un... un même projet peut avoir un impact
différent selon l'emplacement où il se réalise. Donc, dans les... dans la cession,
ces impacts différents là doivent aussi être pris en compte, mais ce n'est
pas... on ne veut pas se donner un pouvoir discrétionnaire pour se donner un
pouvoir discrétionnaire. C'est qu'on ne peut pas tout inscrire ou tout baliser
dans la loi, tant les projets sont différents, tant leur portée peut être
différente aussi. Mais c'est juste de dire : On a une autorisation qui a
été accordée initialement. Si elle est cédée, en tout et en partie, on veut
s'assurer que le... celui qui reprend la responsabilité le fasse en toute
connaissance de cause, et surtout, avec une volonté de respecter les conditions
qui ont été posées.
Mme Dufour : Oui. Et si on
fait... si on est devant un cas où l'autorisation a été émise, je ne sais pas,
il y a 30, il y a 40, 50, 60 ans et que, là, bien, arrive une cession
totale ou partielle... les conditions ont beaucoup changé depuis... comment
c'est traité à ce moment-là? Parce que, là, ce que j'ai compris, c'est qu'on
veut... l'objectif est qu'on veut s'assurer que les conditions d'émission
soient respectées, mais là, si les conditions ont changé depuis?
(Consultation)
M. Charette : ...très, très
pertinente, encore une fois, mais ce n'est pas dans ce contexte-là. La loi,
actuellement, permet déjà de revoir des <autorisations...
M. Charette :
...mais
ce n'est pas dans ce contexte-là. La loi, actuellement, permet déjà de revoir
des >autorisations dans l'éventualité où de nouvelles connaissances, de
nouvelles données sont portées à l'attention du ministère. Donc, déjà,
nonobstant qu'il y ait cession ou pas, une autorisation n'est jamais éternelle,
donc une autorisation peut être modifiée si jamais, justement, cette
connaissance-là évolue. Donc, je rassure la collègue en disant ceci. Mais
l'article en question, c'est de permettre la cession, mais, lorsqu'il y a de
nouvelles informations, là, une autorisation, qu'elle soit cédée ou pas... peut
être... peut être resserrée, là, par le ministère.
Mme Dufour : OK, parfait. Et
pourquoi on se donne la possibilité de prolonger le délai de 30 jours dans
le cas de déterminer que la cession est réputée complétée? Pourquoi ce serait
plus long pour une cession partielle, le délai? Parce qu'on dit, là : «Si
le ministre n'a pas envoyé un avis d'intention à l'expiration du délai prévu au
troisième alinéa, la cession est réputée complétée.», mais : «Dans un cas
de cession partielle, le ministre peut prolonger ce délai pour une période
n'excédant pas 30 jours.» Pourquoi ça... l'avis... l'expiration du délai
d'émission de l'avis d'intention devrait être 30 jours plus long pour une
cession partielle que pour une cession complète?
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
je peux y aller. En fait, c'est simplement parce que l'analyse est plus
complexe. Parce que, là, plutôt que de juste céder... où est-ce qu'on prend les
conditions applicables à un projet, on les cède à quelqu'un, là, on est dans un
départage de responsabilités, donc, ça peut être plus complexe et, à ce
moment-là, ça peut nécessiter plus de temps. Ça vient avec l'ajout de la
cession partielle.
Mme Dufour : OK. Puis là, ça,
on parle de délai de 30 jours, c'est bien ça, quand on réfère au troisième
alinéa?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, il y a déjà un délai de 30 jours dans le cas d'une cession, puis là,
pour les cessions partielles, on ajoute la possibilité de prolonger de
30 jours lorsque requis.
Mme Dufour : OK. Et là, ça,
le cessionnaire doit être avisé par écrit que ça va prendre un 30 jours
supplémentaire.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
exact. Donc, c'est vraiment utilisé juste lorsque nécessaire, là, ce n'est pas
automatique. Donc, si c'est requis, là, effectivement, le cessionnaire va être
avisé qu'il y a un 30 jours supplémentaire, là, qui est nécessaire. Donc,
c'est plutôt de se garder, tu sais, la possibilité, là, s'il y a plus de temps
qui est nécessaire, plutôt que d'aller vers un refus ou... bien, c'est de
pouvoir compléter l'analyse, là, pour en arriver au traitement de la demande.
Mme Dufour : OK. On a aussi
un commentaire par rapport à cet article-là. C'était par rapport... Ça venait
de l'Association québécoise des entrepreneurs en infrastructure, qui nous
parlait du fait que l'obtention des autorisations qui sont requises
préalablement à l'appel d'offres... appel d'offres, parce qu'eux travaillent
beaucoup dans des appels d'offres... devrait être une condition sine qua non
pour permettre à un donneur d'ouvrage public de lancer son appel d'offres. En
fait, ce qu'ils nous disaient, c'est qu'il demeure fréquent de voir des
contrats octroyés suivant un processus d'appel d'offres public qui,
ultérieurement, seront annulés ou reportés en raison de l'absence d'obtention
des autorisations requises à la mise en œuvre desdits contrats. Ils faisaient
référence à cet article-là. Je ne sais pas si vous l'avez regardé, ce
commentaire.
Je ne suis pas 100 % certaine de voir
comment la cession... Tu sais, est-ce que c'est une autorisation qui doit être
cédée au donneur ou au soumissionnaire de... Ça, c'est moins clair pour moi.
Mais, dans le fond, ce qu'ils nous rappellent, c'est ça, c'est que l'obtention
des autorisations devrait être requise avant l'appel d'offres pour éviter,
finalement, que les soumissionnaires ne soumissionnent pour rien, là. C'est ce
que je comprends, là. Ça coûte cher, faire une soumission. Mais j'essaie... en
toute franchise, j'essaie de voir le lien avec la cession. Je ne suis pas
100 % certaine, là.
• (12 h 20) •
M. Charette : Je comprends la
doléance du groupe en question. Je ne suis pas certain non plus que l'article
soit le bon, mais... comment dire... Lorsqu'il y a un appel à projets... et
sans faire de lien avec la cession, là, juste pour répondre à la préoccupation
plus générale... lorsqu'il y a un appel à projets qui est fait c'est pour, par
exemple, faire... réaliser tel, tel projet, mais le soumissionnaire va, dans ses...
dans sa proposition ou dans son offre, dans certains cas, indiquer la
technologie, va, dans certains cas, indiquer avec plus de précision ce qu'il
entend faire. Donc, c'est difficile de donner les autorisations, surtout à
l'avance. Dans certains cas, sur certains principes, c'est certainement
envisageable, mais le... celui qui fait la proposition de service apporte des
éléments qui ne peuvent pas être <autorisés...
M. Charette :
...mais
le... celui qui fait la proposition de service apporte des éléments qui ne
peuvent pas être >autorisés avant d'avoir été acceptés.
Mais je comprends. C'est sûr que, pour un
soumissionnaire, ce serait souhaitable de dire : Je soumissionne, donc je
pourrai faire mon projet comme je l'entends par la suite. Mais il y a des
éléments qui ne peuvent pas être couverts à l'avance, ne sachant pas quelle est
exactement l'approche ou la façon dont le projet serait réalisé.
Mme Dufour : Oui. De ce que
je comprends, l'objectif du commentaire, ce n'est pas de dire : Je
soumissionne, et donc je peux faire le projet comme je le veux, mais c'est
plutôt de connaître les... l'ensemble des conditions ou obligations qu'ils vont
avoir pour faire les travaux parce que ça peut jouer de façon importante sur le
coût de la soumission réelle, tu sais. Puis ça, on l'a... moi, je l'ai vu là,
il y a, finalement, beaucoup d'échanges concernant des extras, puis là, des
fois, ça se ramasse en cour, alors que, si c'était connu à l'avance... Je ne
sais pas s'il y a des possibilités, dans certains cas, que peut-être les
donneurs d'ordres puissent avoir un genre d'avis préalable, de la part du
ministère, pour dire : Bien, dans... pour ce type de projet là, ce n'est
pas complet, mais, au moins, vous allez avoir besoin de ça, ça, ça, et là ça
permettrait peut-être aux soumissionnaires d'avoir un meilleur portrait de ce
qui va les attendre, là, pour obtenir les autorisations.
M. Charette : Il y a des
discussions, déjà, entre les ministères. Un exemple que je peux donner, avec le
ministère des Transports, lorsqu'il y a une route qui doit être développée,
s'il y a présence d'érables noirs, par exemple, sur le tracé en question, ça,
c'est précisé au ministère des Transports, et le ministère des Transports va
ensuite l'intégrer dans son appel à projets. Ça, c'est quelque chose qui peut
être anticipé, parce que ça peut affecter le tracé en question.
Mais c'est difficile... mais je comprends,
là, je comprends la doléance, puis elle est légitime, mais c'est difficile de
tout autoriser, ne sachant pas ce qui sera, dans certains cas, retenu comme
approche par le promoteur. Mais, sinon, entre les ministères, si on parle de
donneur d'ordres public, il y a ces discussions-là, si c'est une route, si
c'est... on l'a vu, là, dans certains cas, construction d'écoles, ou maisons
des aînés, ou CPE, avec... sur des terrains qui peuvent contenir des milieux
humides. Donc, il y a ces échanges-là avec... entre les ministères. Mais on ne
peut pas tout, tout préciser, ne sachant pas... Parce que le promoteur a quand
même une certaine latitude dans le projet qu'il met de l'avant ou qu'il
présente et c'est là où il y a certaines autorisations supplémentaires qui
peuvent être nécessaires.
Mme Dufour : Oui. Bien, visiblement,
il manque en tout cas, de coordination.
M. Charette : Je comprends,
je comprends tout à fait.
Mme Dufour : Même si les
ministères échangent avec le vôtre, il semble qu'il manque quand même
d'informations pour...
M. Charette : Je ne dirais
peut-être pas «manque de coordination». C'est, encore une fois, selon le projet
qui va être soumis par le promoteur, ce qu'on ne peut pas anticiper au
préalable et donner les informations au préalable pour réagir. Le ministère
réagit à un projet qui lui est soumis, donc on ne peut pas toujours anticiper
quel sera le projet qui est déposé. Mais c'est sûr que c'est plus facile pour
des projets publics, étant donné que les ministères sont les donneurs d'ordres.
C'est là où la concertation entre les ministères est plus facile que si c'était
un projet qui est... qui est piloté, là, par ne serait-ce qu'une municipalité,
là. C'est... il y a un interlocuteur supplémentaire, c'est-à-dire gouvernement,
municipalités et promoteurs, mais on se veut facilitants, sans... et en étant
conscients, là, des problématiques que ça peut occasionner, mais on ne peut pas
tout anticiper au niveau des autorisations qui seront nécessaires.
Mme Dufour : Non,
effectivement. Mais dans le cas... si c'est une municipalité, est-ce qu'à ce
moment-là le ministère pourrait dire... bien, tu sais, comme un genre d'avis
préalable, justement, dire : Bien là, vous pensez qu'il y a ça, ça, ça. Ça
fait que, là, au moins, que l'appel... que la municipalité le mette dans son
appel d'offres. C'est sûr que les politiques d'achats de chacune des
municipalités varient, mais reste que c'est... si le plus de détails sur les
conditions de chantier, au préalable, sont connus, bien, plus les soumissions
vont être réalistes, et qu'il y aura moins d'enjeux par la suite, là.
M. Charette : Non, je
comprends, mais, encore là, c'est difficile de tout anticiper. Si, par exemple,
une municipalité veut construire un centre communautaire, pour construire un
centre communautaire, la municipalité n'a pas à demander l'autorisation du
gouvernement. Donc, c'est difficile d'informer le... celui qui fait l'appel à...
qui répond à un appel à projets, à ce niveau-là. Cependant, la municipalité
devrait savoir si le terrain qu'elle convoite pour son centre <communautaire...
M. Charette :
...à
ce niveau-là. Cependant, la municipalité devrait savoir si le terrain qu'elle
convoite pour son centre >communautaire, s'il est en milieux humides. Si
c'est en milieux humides, il y a des autorisations, des compensations, mais ça,
c'est des autorisations et des compensations qui ne peuvent pas être
déterminées à l'avance, parce qu'on ne sait pas où sera l'emplacement exact sur
un immense terrain, on ne sait pas quel est l'emplacement exact du centre communautaire,
quel sera le nombre de mètres carrés altérés ou détruits. Donc, c'est là où
tout ne peut pas être anticipé, bien que la municipalité ait elle-même, là, la
possibilité de donner des contrats de cette nature-là sans aucune autorisation
requise, là, de la part du gouvernement du Québec.
Mme Dufour : OK. Je vais
revenir à l'article 79. Je l'ai mentionné tout à l'heure, là, on dit que
«le ministre peut s'opposer s'il estime que les conditions, restrictions ou
interdictions applicables au terme de la cession partielle soient insuffisantes
afin d'assurer une protection adéquate du bien-être et du confort de l'être
humain». Ça, d'abord, peut-être, qu'est-ce qu'on a en tête par «du bien-être et
du confort de l'être humain»? Ça peut... ça peut inclure quoi? Puis, ensuite,
mon autre questionnement, c'est que ça ne semble pas être dans les dispositions
pour une cession totale. Donc, je voudrais juste comprendre.
M. Charette : On fait une
vérification à l'instant, là, mais c'est probablement une terminologie, là, qui
est utilisée dans la loi, donc c'est une référence qui est... qui est déjà
existante. On vous revient, là, dès que la réponse nous est confirmée.
Mme Dufour : Mais, en
attendant, je vais juste demander si c'est seulement... Parce qu'ici, on le voit
pour la cession partielle, mais je ne le vois pas pour la session totale, tu
sais, que ça pourrait faire partie, là, des conditions, là, de s'assurer que...
qu'il y ait une protection adéquate de l'environnement, de la santé, de la
sécurité, tout ce que j'ai nommé tout à l'heure, là, le bien-être, le confort
de l'être humain. Donc, c'est où qu'on le trouve, ça, pour une cession totale?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, je dirais que c'est les éléments, c'est les principes de base de la Loi
sur la qualité de l'environnement, là. Ça fait que, généralement, une demande
va être analysée avec ces principes-là en trame de fond, puis là on reprend les
mêmes principes dans le cadre de l'analyse d'une cession. On veut s'assurer que
les mêmes objectifs sont rencontrés, finalement.
Mme Dufour : Oui, mais ici,
on parle : «De plus, dans un cas de cession partielle», donc on ne précise
pas dans un cas de cession totale. Tu sais, plus tôt, on parle... en tout...
une cession «en tout ou en partie». Mais spécifiquement avec ces conditions-là,
on réfère seulement à une cession partielle.
Mme Gagnon (Mélissa) : C'est
que, dans le cas de la cession totale, on reprend... l'analyse a déjà été
faite, l'autorisation est déjà délivrée dans les conditions... les
responsabilités sont entièrement transférées. Là, on vient possiblement...
bien, on vient partager les responsabilités et les activités, donc là on veut
s'assurer que ce partage-là permet d'atteindre les mêmes objectifs. Donc, comme
je le dis, on se rattache aux mêmes objectifs qu'au moment de la délivrance de
l'autorisation, parce que là on veut s'assurer que le partage ne vient pas
réduire l'atteinte des objectifs qui étaient initialement recherchés avec
l'analyse de la demande.
Mme Dufour : Mais dans le cas
où la cession est totale, mais d'une... d'activités, comme je disais, qui ont
été autorisées il y a 60 ans, on ne refait pas l'analyse, là, on fait
juste dire : Bien, ce qui a été autorisé il y a 60 ans ou dans les
mêmes conditions, c'est correct, mais si c'est partiel, là, par contre, là,
vous allez avoir des contraintes. Pourquoi on ne le fait pas pour le total?
M. Charette : Ce que je
mentionnais tout à l'heure, et c'est important, là, de le rappeler, une
autorisation n'est jamais éternelle. Qu'elle soit cédée ou pas, les conditions
peuvent être resserrées pour la maintenir en opération ou valide. Donc, qu'elle
soit cédée ou pas, s'il y a quelque chose qui cloche par rapport à une
autorisation qui a déjà été donnée, c'est modifié, là, les modalités de
l'autorisation sont modifiées, donc on n'a pas besoin d'attendre une cession
totale ou partielle pour modifier les conditions. Les conditions peuvent être
modifiées si les modalités ne s'appliquent plus. Par exemple, si on resserre les
obligations au niveau de la qualité de l'air, par exemple, il y a des
autorisations qui pourraient être revues au niveau de la gestion des déchets,
au niveau...
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous remercie, M. le ministre.
M. Charette : ...Donc, les
autorisations ne sont pas éternelles.
Le Président (M. St-Louis) : Je
suis désolé de vous interrompre. Merci à tous pour votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 12 h 30)