Journal des débats (Hansard) of the Committee on Transportation and the Environment
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Wednesday, March 26, 2025
-
Vol. 47 N° 87
Clause-by-clause consideration of Bill 81, An Act to amend various provisions relating to the environment
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
-
-
St-Louis, François
-
Dufour, Virginie
-
Leduc, Alexandre
-
Charette, Benoit
-
-
Charette, Benoit
-
St-Louis, François
-
Dufour, Virginie
-
Leduc, Alexandre
-
-
St-Louis, François
-
Dufour, Virginie
-
Charette, Benoit
-
Blouin, Catherine
-
Grondin, Agnès
-
Tardif, Marie-Louise
-
Bernard, Daniel
-
Leduc, Alexandre
-
-
St-Louis, François
-
Dufour, Virginie
-
Charette, Benoit
-
Labrie, Christine
-
-
Charette, Benoit
-
St-Louis, François
-
Dufour, Virginie
-
Leduc, Alexandre
-
Blouin, Catherine
-
-
St-Louis, François
-
Leduc, Alexandre
-
Charette, Benoit
-
Dufour, Virginie
-
Lemay, Mathieu
-
Grondin, Agnès
-
Tardif, Marie-Louise
-
McGraw, Désirée
-
-
Charette, Benoit
-
Dufour, Virginie
-
St-Louis, François
-
McGraw, Désirée
-
Lemay, Mathieu
-
Blouin, Catherine
-
Grondin, Agnès
-
Tardif, Marie-Louise
-
Bernard, Daniel
-
Leduc, Alexandre
-
-
Charette, Benoit
-
McGraw, Désirée
-
St-Louis, François
-
Leduc, Alexandre
-
-
Leduc, Alexandre
-
Charette, Benoit
-
St-Louis, François
-
McGraw, Désirée
-
-
McGraw, Désirée
-
Charette, Benoit
-
St-Louis, François
-
Leduc, Alexandre
-
Lemay, Mathieu
-
Blouin, Catherine
-
Grondin, Agnès
-
Tardif, Marie-Louise
-
Bernard, Daniel
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures trente-trois minutes)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
bonjour. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des
transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi modifiant
diverses dispositions en matière d'environnement.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Derraji (Nelligan) est remplacé par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce) et M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement de nos travaux, nous étions à l'étude
de l'article 79. Est-ce qu'il y a des interventions sur cet article? Mme
la députée de Mille-Îles... Ou, bien, en fait...
Mme Dufour : Non, non, non,
vas-y Alexandre.
Le Président (M. St-Louis) : M.
le député.
M. Leduc : Oui, merci, M. le
Président. Bonjour, tout le monde. Il y avait eu quand même beaucoup d'échanges,
là, de ma collègue hier, mais moi, j'aimerais qu'on prenne des exemples. Tu
sais, vous rajoutez, justement, à 31.0.2, le «en tout ou en partie». Il y a
beaucoup de choses que vous rajoutez, mais c'est ce bout-là, moi, qui m'intrigue
en particulier. C'est quoi, l'intérêt de rajouter ça? Et comment, surtout, ça
va s'opérationnaliser?
M. Charette : Bonjour, M. le
Président, bonjour aux collègues. Bien, peut-être résumer un peu ce qui s'est
mentionné hier, avec une inquiétude de dire : Si on transfère une
autorisation qui date d'un certain nombre d'années, est-ce que c'est un droit
acquis, avec toujours les mêmes modalités, est-ce que ce qui était permis le
sera toujours? C'est là où on a précisé que même une autorisation qui est
donnée, qu'elle soit cédée ou maintenue par le même titulaire, elle peut être
modifiée au fil des années en fonction de l'évolution de la connaissance, en
fonction de nouvelles informations qui nous sont transmises. Donc, il n'y a
pas... il n'y a pas d'inquiétude, ce n'est pas un droit acquis avec les mêmes
modalités indéfiniment.
Sinon, pourquoi devoir céder, en partie ou
en tout, certaines activités? Ça peut être un changement d'opérateur... pas d'opérateur,
mais ça peut être des changements au niveau des responsables du projet,
propriétaires qui changent au niveau d'une entreprise. Donc, il y a mille et
une circonstances qui pourraient expliquer cette cession partielle ou complète,
mais avec, encore une fois, une obligation de respecter les modalités de l'autorisation.
Le collègue demande des exemples précis de
cas qui pourraient s'avérer. Sans doute que le ministère serait plus à même que
moi de répondre. Donc, avec le consentement, je ne sais pas si on pourrait
donner des exemples plus précis?
M. Leduc : Parfait, merci.
Le Président (M. St-Louis) : Consentement
de la commission?
M. Leduc : Bien sûr.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Donc, je vous demanderais, pour le bénéfice des gens qui nous écoutent, de vous
présenter, nom et titre, s'il vous plaît.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
Mélissa Gagnon, je suis directrice générale adjointe aux évaluations
environnementales et <stratégiques...
Mme Gagnon (Mélissa) : ...je
suis directrice générale adjointe aux évaluations environnementales et >stratégiques.
Donc, peut-être juste aussi pour se
resituer dans le contexte où on a introduit la notion d'«autorisation unique»,
là, pour simplifier, donc, un même détenteur d'autorisations peut avoir
plusieurs activités puis il peut vouloir céder l'ensemble de ses autorisations
ou, d'où la cession partielle, pouvoir diviser ses activités. Donc, exemple, on
le sait, on a une scierie avec des lignes de sciage puis un complexe de
fabrication de combustible granulaire, donc ça fait partie de l'ensemble de ses
activités. Il pourrait vouloir se concentrer uniquement... garder uniquement la
scierie et vendre la partie du complexe de... pas du complexe, là, mais de
fabrication de combustible granulaire, et là, à ce moment-là, bien, ce serait
une cession partielle qui serait requise, parce qu'il ne céderait que les
autorisations pour cette activité-là.
M. Leduc : Donc, céder les
activités, c'est vendre, dans le fond, à une compagnie tierce?
Mme Gagnon (Mélissa) : C'est
sûr que là, par en arrière, il y a cette dynamique-là qui est nécessaire, en
quelque sorte. Mais nous, la partie qu'on gère avec la cession partielle, c'est
vraiment pour les autorisations environnementales qui sont livrées.
M. Leduc : Je comprends. Mais
l'idée d'ouvrir cette possibilité-là, concrètement, j'imagine que plus souvent
qu'autrement ça va être ça, ça va être qu'une entreprise va décider de vendre
une partie de ses installations?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
parce que, s'il y a une cession, en fait il y a un changement du détenteur de
l'autorisation, donc du propriétaire qui effectue l'activité. Donc,
normalement, j'imagine que ça devrait venir avec une vente. Mais là, je ne suis
pas spécialiste de la dynamique...
M. Leduc : OK. Bien,
qu'est-ce que ça pourrait être d'autre, en fait? Qu'est-ce qui pourrait
justifier ça, en dehors d'une vente?
Mme Gagnon (Mélissa) : J'imagine
qu'il pourrait y avoir... Bien, je ne sais pas si...
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, les détenteurs d'autorisations, ce ne sont pas que des
entreprises privées, c'est des opérations qui peuvent être subdivisées sans que
ce soit une entreprise privée. Je devine que ça pourrait s'appliquer aux
municipalités, ça pourrait s'appliquer au ministère, ça pourrait s'appliquer...
Donc, le cas le plus facilement... qui peut être le plus facilement démontré,
c'est celui de la vente d'une entreprise ou une cession partielle des activités
d'une entreprise au profit d'une autre. Mais des détenteurs d'autorisations, ce
ne sont pas que des entreprises privées.
M. Leduc : Donc, ça peut être
d'autres municipalités, mais municipalités, mais en tant que genre de maîtres
d'oeuvre d'une opération.
M. Charette : Oui et ça... En
fait, tout détenteur d'autorisation a la possibilité de céder en tout ou en
partie les modalités de l'autorisation, mais avec les obligations qui viennent
avec, et le but de l'article, c'est s'assurer que ces obligations-là soient
connues de la partie qui hérite de cette nouvelle mission, ou de ce nouveau
mandat, ou de cette nouvelle activité, pour que ça se sache que vous n'avez pas
que le droit de faire telle ou telle opération, mais vous avez aussi les
obligations qui viennent avec l'autorisation, là, qui a été... qui a été
délivrée.
M. Leduc : Si... Vous dites,
donc, soit une entreprise privée, soit une municipalité. Est-ce qu'il y a
d'autres types... Mais est-ce qu'un OSBL peut faire partie de ça, en théorie?
• (11 h 40) •
M. Charette : Bien, c'est-à-dire,
techniquement, un détenteur ou une détentrice d'autorisation, c'est le
promoteur d'un projet. Donc, il peut y avoir des promoteurs privés, il peut y
avoir des OBNL qui gèrent un organisme, donc, communautaire qui sont
propriétaires d'un terrain qui doit être aménagé. Donc, en termes de...
l'éventail de titulaires d'autorisation est excessivement large, là, ce ne sont
pas que des entreprises privées. Bien, en fait, même les OBNL sont considérés
comme des entreprises privées, mais à but non lucratif, donc, c'est un éventail
très, très large : municipalités, ministères, entreprises proprement
privées, industries petites et grandes. Donc, des détenteurs d'autorisations,
là, on en a de tous les acabits et aussi, là, dans différentes sphères
d'activité.
M. Leduc : Ça inclut des
organismes gouvernementaux?
M. Charette : Ça pourrait,
bien oui. En fait, les ministères ont besoin d'autorisations aussi pour faire
certaines de leurs activités, oui, les municipalités aussi. On parlait hier de
zones inondables, je suis malheureusement dans une région qui a été fortement
affectée par les inondations, par les crues de 2017 et 2019. Donc, les
municipalités, pour devenir plus résilientes, ont dû procéder à certains
travaux qui, dans certains cas, nécessitaient une autorisation. Donc, la ville
était détentrice et demeure détentrice d'autorisation, là, dans certains cas.
M. Leduc : Et dans un cas où
est-ce que soit la <ville...
M. Charette :
...là,
dans certains cas.
M. Leduc :
Et dans
un cas où est-ce que soit la >ville ou un ministère puisse avoir aussi,
dans sa logique, de vendre ou de se départir d'une partie, c'est la même
procédure qui va s'appliquer, que ça soit du privé ou du public ici.
M. Charette : On ne fait pas
de distinction entre qui est détenteur. C'est : le détenteur
d'autorisation a des obligations au moment de la cession, partielle ou totale,
tout comme l'entité qui hérite de cette nouvelle autorisation a l'obligation de
respecter les modalités telles qu'elles avaient été précisées, modalités qui
peuvent être revues en cours de route, qu'il y ait cession ou pas.
M. Leduc : Et le fait de
rajouter ça, «en tout ou en partie», on comprend que c'est le «partie», là, qui
est le rajout, est-ce que c'est basé sur des expériences concrètes que x ou y
dossier aurait cheminé plus facilement dans le ministère si on avait pu avoir
cette subdivision-là ou c'est un truc plus théorique que vous mettez au jeu?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
En fait, ça répond à un besoin qu'on constate déjà, effectivement. C'est sûr
que la notion... comme je le disais tout à l'heure, la notion d'autorisation
unique vient peut-être aussi amplifier ce besoin-là, dans le sens qu'un
initiateur qui a plusieurs activités regroupées sous un même projet va avoir
une seule autorisation maintenant, qui va regrouper l'ensemble de ses activités
pour simplifier le tout, faciliter aussi le contrôle, le suivi. Donc là, c'est
certain que ça vient aussi avec le besoin d'être capable de céder une partie de
cette autorisation unique là si jamais il y a une partie des activités qui
tombe sur la responsabilité d'un autre exploitant, donc là, s'il y a une vente
ou autre action de changement de responsabilité, ça fait que là nous, on
s'assure de pouvoir rattacher les autorisations environnementales au bon
exploitant, au bon responsable.
M. Leduc : Parce que, si,
dans l'ancienne... dans l'ancien système, il y avait une cession, la nouvelle
personne ou l'organisme ou entreprise propriétaire devait redémarrer au complet
une procédure?
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
en fait, la personne pouvait... Avant, un même exploitant, exemple, pouvait
avoir plusieurs autorisations pour ses activités, donc là pouvait céder une
autorisation pour une activité. Mais là maintenant qu'on a... on a le principe
d'autorisation unique où est-ce que, s'il exploite un site avec différentes
activités mais qui peuvent être regroupées dans une seule autorisation, bien
là, à ce moment-là, il ne peut pas céder... s'il veut céder une partie des
activités, il doit pouvoir céder une partie de son autorisation, d'où la
cession partielle.
M. Leduc : Mais est-ce qu'il
la... est-ce qu'il garde l'autorisation pour le reste de ses activités?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
En fait, c'est ce que la nouvelle disposition permet de faire, c'est de
s'assurer que les responsabilités qui demeurent à l'exploitant initial sont
claires, bien connues et appropriées aussi aux activités que lui conserve sous
sa responsabilité, que les activités qui sont maintenant réalisées par... qui
seraient réalisées par quelqu'un d'autre sont rattachées avec les bonnes
responsabilités au niveau de l'autorisation environnementale. Ça fait que c'est
exactement ce qu'on vient introduire avec la nouvelle disposition.
M. Leduc : Je comprends.
C'est une forme de droit des affaires, en quelque sorte, là, j'imagine, où
est-ce qu'on dit qu'il y a une... comme un droit acquis sur un site par un
propriétaire puis que là il y a un nouveau propriétaire qui achète une partie
du site, il hérite de ce qui avait été couvert pour le site. Est-ce que je le
vois... Est-ce que j'ai raison de le voir comme ça?
M. Charette : J'hésite à
parler de droits acquis, parce qu'au niveau des autorisations, il n'y a aucun
droit acquis à tout jamais. Une autorisation, c'est surtout des obligations qui
sont précisées à un promoteur ou à un titulaire, là, de charge. Donc, ce n'est
pas un droit acquis, c'est plutôt des obligations qui sont précisées dans
l'autorisation en question.
Mais, comme notre collègue, là,
l'expliquait bien, il y a différentes circonstances qui font en sorte que la
cession devient nécessaire, là, en partie notamment, mais ce n'est pas un droit
acquis, parce que, même, on le disait, là, à quelques reprises, les obligations
liées à l'autorisation peuvent être changées par le ministère en cours de
route. Donc, le... un promoteur, peu importe lequel, ne peut pas dire :
Moi, je pars avec une autorisation et j'ai le droit de faire ce que je veux à
tout jamais en fonction des modalités x.
M. Leduc : Je comprends.
M. Charette : Ça peut évoluer,
là, dans le temps.
M. Leduc : Mais il ne repart
pas à zéro. Il part avec l'état de l'autorisation qui était là au moment de
l'achat.
M. Charette : Mais, si la
cession, elle est reconnue, effectivement, il ne repart pas à zéro, il repart
avec les modalités de l'autorisation, là, qui avait été...
M. Leduc : C'est plus
proche... Si on est pour prendre des termes juridiques, c'est plus proche d'une
servitude que d'un droit acquis, dans ce cas-là.
M. Charette : Encore là...
Encore là, moi, je ne suis pas juriste, donc je ne pourrais pas...
M. Leduc : Bien, la logique
d'une servitude, c'est que vous mettez la main sur un bien immobilier ou quoi que
ce soit, puis vous <devez...
M. Leduc :
...d'une
servitude, c'est que vous mettez la main sur un bien immobilier ou quoi que ce
soit, puis vous >devez appliquer ce que ce bien-là avait comme
historique en quelque sorte.
M. Charette : Des avocats
nous disent que ce ne serait pas du tout une servitude, on ne pourrait pas
utiliser ce terme-là.
M. Leduc : Non plus?
M. Charette : Donc, ce serait
de dire : il y a des obligations. Que ce soit le détenteur original de
l'autorisation ou non qui hérite de cette autorisation-là, il y a des
obligations qui viennent avec.
M. Leduc : Si je résume,
dites-moi si j'ai bien compris, dans l'ancien système, il y avait plusieurs
autorisations pour plusieurs éléments d'un site en particulier, et si on avait
à vendre une partie du site, l'autorisation qui était reliée à cette partie de
site là partait avec.
M. Charette : Non, ce n'est
pas tant une... plusieurs parties du site que plusieurs activités.
M. Leduc : OK. Plusieurs
fonctions.
M. Charette : Exact. Comme
l'exemple, là, de la scierie, là, qui était évoqué par notre collègue. C'est un
site unique, oui, mais avec plusieurs activités, là, sur le site et souvent
chaque activité nécessitait une ou des autorisations distinctes.
M. Leduc : Exact. Puis là, vu
qu'on les a rassemblés, les autorisations, en une seule, on veut garder une
façon de dire que si le site se subdivise d'une manière ou d'une autre, il n'y
a pas un bug dans la matrice, en quelque sorte.
M. Charette : Si les activités
sont subdivisées, non pas forcément, mais le site aussi. Si jamais c'est un
propriétaire privé et qu'il dit : Bien, moi, sur un site x, j'avais
différentes entités, j'en vends, donc il y a non seulement une partie du
terrain lui-même, mais des activités qui sont cédées avec la vente. Là, ce
serait une cession partielle, effectivement.
M. Leduc : OK. C'est très
clair. Merci beaucoup.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Peut-être juste continuer sur un peu les échanges qu'il y avait. On
voit, là, que précédemment ça disait : «Une fois la cession de
l'autorisation complétée, le nouveau titulaire a les mêmes droits et
obligations que le cédant.» Et là on a ajouté dans le projet de loi : «pour
l'activité dont l'autorisation a fait l'objet de la cession». Donc, peut-être
d'abord nous expliquer pourquoi on a eu besoin de préciser «pour l'activité
dont l'autorisation a fait l'objet de la cession».
M. Charette : Oui. Comme on
mentionnait, sur un site, il peut y avoir plusieurs activités. S'il y a une
cession partielle, les obligations à l'égard de l'autorisation sont liées à
l'activité qui est cédée et non pas l'ensemble des activités. Donc, c'est
essentiellement ce que ça vient dire. Donc, l'obligation du nouveau détenteur sont
liée avec l'activité qui a été cédée plutôt que l'ensemble des obligations, là,
sur les différentes activités, là, qui peuvent avoir cours, là, sur un même...
sur un même site.
Mme Dufour : Mais est-ce
qu'on avait besoin de faire ce changement-là aussi pour des cessions totales,
complètes?
M. Charette : Bien, c'est... Encore
là, c'est une formulation, là, juridique, là, qui répond à l'expérience, là,
qui a été... qui a été celle du ministère, là, ces dernières années. Donc, oui,
c'est une précision, là, qui est justifiée d'un point de vue... pardon,
légistique.
• (11 h 50) •
Mme Dufour : OK. Est-ce que
ça veut dire que, dans le passé, il y a eu des cessions qui ont été faites,
mais que l'activité, finalement, a changé avec la cession, mais que là, la
façon que c'était écrit, malheureusement, on a manqué des choses?
M. Charette : L'autorisation
est toujours liée à une activité en particulier. Donc, si on parle de nouvelles
activités soit qu'elles requièrent... qu'elles ne requièrent pas
d'autorisation, donc on est dédouanés, là, d'émettre des autorisations dans ce
cas-là, mais si c'est une nouvelle activité qui requiert une nouvelle
autorisation compte tenu de sa nature, le promoteur devra aller chercher aussi
une autorisation, là, pour cette activité-là.
Mme Dufour : OK. Donc, juste
comprendre comment ça fonctionne, là, quand... si on parle d'une cession
complète, là, disons, une entreprise peut avoir beaucoup, beaucoup de... En
fait, une entreprise peut avoir des activités, mais elle peut aussi avoir
des... un site sur lequel il y a des activités qui se font, mais les activités
peuvent changer si ça change de propriétaire. Par exemple, je ne le sais pas,
moi, si on faisait de l'entreposage de quelque chose en particulier, bien ça
peut devenir quelque chose d'autre.
Donc, comment c'est gérer, à ce moment-là,
le changement d'activité? Tu sais, est-ce que le requérant doit refaire une
nouvelle demande? Mais, tu sais, à quel stade ça se fait? Parce que là, je
comprends que c'est... il faut que ce soit fait, dans le fond, avant la <cession...
Mme Dufour :
...Parce
que là, je comprends que c'est... il faut que ce soit fait, dans le fond, avant
la >cession, là, avec la façon que c'est écrit, là.
M. Charette : Bien, c'est sûr
qu'il y a mille et un exemples potentiels, mais j'essaie de décoder un petit
peu le type d'exemple soumis par la collègue. Si on a un lieu... j'ai même des
idées en tête, là... un lieu physique où on a une autorisation pour du
traitement, là, de... même, genre, sur le côté de Montréal, ce n'est pas un
lieu d'enfouissement, mais c'est un lieu où on peut entreposer de la... de la
matière en vue qu'elle soit recyclée éventuellement, donc, il y a une
autorisation qui est donnée. Si le détenteur de l'autorisation dit : Moi,
ce bâtiment-là, ce terrain-là, je le vends, et que l'acheteur veut faire autre
chose que ça, si l'activité est dans un domaine où des autorisations ne sont
pas requises, il n'y a pas d'autorisations qui sont requises. Mais si c'est une
fonction complètement, complètement étrangère à l'autorisation précédente, et
qui nécessite une autorisation aussi, bien là, l'acquéreur du terrain et du
bâtiment doit refaire un processus de demande d'autorisation, parce que ce
n'est pas couvert par la cession. C'est une activité différente, qui est aussi
soumise à l'obtention d'une autorisation.
Donc, on recommence, là. C'est un nouveau
promoteur, c'est un nouveau projet, qui nécessite une autorisation, donc c'est
une démarche, là, qui reprend. C'est comme si c'était entièrement, entièrement
nouveau, donc ça nécessite une nouvelle autorisation, là, dans ce cas là.
Mme Dufour : OK. Puis, à ce
moment-là, on peut parler de délais de combien de temps pour repasser...
M. Charette : Ça dépend de la
nature du projet, naturellement. Dans toute la procédure d'évaluation, ce qui
fait une grosse, grosse différence, et on le voit, là, avec les années, c'est
le degré de préparation du promoteur. On a des projets qui sont bien ficelés,
il y a d'autres projets qui sont, en quelque sorte, définis en même temps qu'il
y a des demandes d'autorisation qui sont... qui sont formulées. Là, je ne vous
cacherai pas que c'est plus long, parce que le promoteur lui-même n'a pas
toujours les réponses et ne sait pas forcément exactement, là, quelle est la forme
que prendra concrètement le projet. Donc, le premier secret pour un promoteur,
quel qu'il soit, c'est son degré de préparation, et, par la suite, le ministère
essaie, là, de l'accompagner au mieux de sa capacité, là, pour s'assurer, là,
des délais les plus raisonnables possibles.
Mme Dufour : OK. Et la
partie... on dit aussi : «toute garantie et assurance... ou
assurance-responsabilité fournie fait partie intégrante de l'autorisation.»
Dans un cas où la nouvelle activité ne requiert pas d'autorisation, ça tombe, la
garantie... l'assurance-responsabilité, elle arrête, à ce moment-là?
M. Charette : Bien, si c'est
un nouveau promoteur... et corrigez-moi si je fais erreur, là, mais si c'est un
nouveau promoteur, nouveau projet qui ne nécessite pas d'autorisation,
effectivement, il n'y a pas besoin, là, de cette continuité-là. Mais, d'un
autre côté, si c'est un nouveau promoteur, un nouveau projet différent du
précédent, le nouveau promoteur devra aller chercher non seulement son autorisation,
mais se protéger, là, comme il se doit, là, à travers des assurances-responsabilité.
La continuité se fait si c'est la même activité qui est visée par
l'autorisation. Mais si c'est une toute nouvelle activité qui nécessite une
autorisation, naturellement, là, il y aura des obligations, là, pour le
promoteur.
Mme Dufour : Oui, c'est ça.
Mais de la façon que c'est écrit, on dit que ça fait «partie intégrante de
l'autorisation». Je vous dis : Si on change de promoteur, le nouveau
promoteur doit aller chercher cette nouvelle garantie ou assurance
responsabilité.
M. Charette : Mais si c'est
une nouvelle autorisation, on n'est pas...
Mme Dufour : Oui, mais si
c'est la même?
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, si c'est la même activité qui est cédée, il y a une continuité. Mais
si c'est une nouvelle autorisation, avec une nouvelle activité, c'est des
démarches, là, qui doivent être prises, là, par... reprises entièrement par le
demandeur ou la demanderesse.
Mme Dufour : OK. Puis on a...
à la toute fin de l'article, on est venu préciser que «l'autorisation à des
fins de recherche et d'expérimentation est incessible.» Ça, je comprends qu'on
ne le modifie pas là, mais on n'a pas non plus senti le besoin de le... de le
modifier à ce stade-ci. Donc, peut-être nous expliquer juste pourquoi c'est
écrit comme ça.
M. Charette : Dans
l'application plus concrète, est-ce qu'on peut avoir...
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui. Je
m'excuse, est-ce que vous pourriez juste répéter la question? Je veux juste <m'assurer...
Mme Gagnon (Mélissa) :
...Oui.
Je m'excuse, est-ce que vous pourriez juste répéter la question? Je veux juste
>m'assurer de...
Mme Dufour : Oui. Bien, on
dit : «l'autorisation à des fins de recherche et d'expérimentation prévue
à l'article 29 est incessible.»
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
en fait... Bien, l'article 29 prévoit, là, la possibilité de délivrer une
autorisation environnementale dans un contexte qui ne serait pas couvert par
l'article 22. Ça fait que là... En fait, on vient vraiment ici ouvrir la
possibilité de céder partiellement une autorisation qui a été délivrée en vertu
de l'article 29. Puis on vient simplement préciser que, s'il y a une
autorisation dans le contexte de l'article 29, où est-ce qu'on est à des
fins d'expérimentation, ce type d'autorisation là n'est pas cessible. Donc,
s'il y avait... Ça ne s'applique pas, finalement, dans ces cas-là.
Mme Dufour : Mais pourquoi, à
la base, on a mis cette condition que ce soit incessible?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, c'est que ça vient aussi... En fait, c'est un pouvoir particulier
d'autoriser... Il faut comprendre que l'article 29 permet d'autoriser des
situations où est-ce que dans le contexte, dans le contexte d'une autorisation
régulière, on n'aurait possiblement pas pu autoriser cette activité-là parce
qu'elle est en mode expérimental. Donc là, on sort un peu du cadre applicable,
parce qu'on est dans des nouvelles activités où, bon, bref, on veut
expérimenter. Ça fait que ça vient avec un protocole très précis, avec une
durée déterminée, avec des responsabilités particulières. Donc là, on est dans
un contexte particulier où est-ce qu'on... qui nécessite une analyse plus
détaillée, je dirais, là. Donc, en fait, on vient simplement dire qui si on
est... on est dans ce contexte-là, là, à ce moment-là, ça prendrait une
nouvelle autorisation.
On est souvent dans un contexte plus
restreint, comme je dirais... comme je le disais, une durée déterminée pour un
objectif très précis qui est rattaché même au détenteur de l'autorisation, là. Donc,
c'est à des fins particulières. Ça fait que, là, à ce moment-là, ça, ça ne
rentre pas dans ce cadre-là, ça prendrait une nouvelle autorisation si on
voulait aller céder ces activités. C'est les cas très particuliers qui ne sont
pas... Ce n'est pas courant, disons.
Mme Dufour : OK. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Comme il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons mettre l'article aux voix. Est-ce que
l'article 79 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Nous
allons poursuivre avec l'article 80. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc :
80. L'article 31.0.3 de cette loi est
modifié par l'insertion, à la fin du premier alinéa, de «ou, le cas échéant, à
une décision prise en vertu de la présente loi».
Le commentaire. Cet article modifie
l'article 31.0.3 de cette loi, lequel prévoit le pouvoir du ministre de
refuser de délivrer ou de modifier une autorisation pour certains motifs. La
modification précise que le ministre peut refuser notamment de le faire lorsque
le demandeur ne lui a pas démontré, dans sa demande, que le projet soumis est
conforme à une décision applicable prise en vertu de la Loi sur la qualité de
l'environnement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions à l'article 80? Mme la
députée de Mille-Îles.
• (12 heures) •
Mme Dufour : Oui. En fait, on
a eu le débat abondamment, là, sur la question de «décision prise», là, dans un
article précédent. Tu sais, pour moi, je ne saisis toujours pas exactement à
quoi... qu'est-ce qu'on va... qu'est-ce qu'on peut s'attendre dans cette situation-là.
J'ai l'impression, encore une fois, puis je tiens juste à le répéter, là, parce
que je l'ai dit dans l'article... dans un autre article, mais que ça ouvre la
porte à beaucoup, beaucoup de choses. On était dans... On parlait qu'il fallait
que ce soit conforme à la présente loi ou à ses règlements, mais là,
maintenant, on rajoute «une décision prise en vertu de la présente loi». Et ça,
cette décision-là, bien, ça peut être beaucoup, beaucoup de choses qu'on ne
connaît pas présentement, et donc ça amène de l'imprévisibilité, contrairement
à ce que le ministre semblait vouloir éviter avec d'autres articles.
M. Charette : Je comprends le
questionnement de la collègue. Je tentais d'être rassurant. Lorsqu'on parle de
décision ici, c'est une décision gouvernementale en vertu de la Loi sur la
qualité de l'environnement, donc c'est justifié. Ces décisions-là, elles sont
argumentées, elles sont... elles sont aussi, naturellement, en vertu, là, du
respect de la loi. Donc, ce n'est pas aléatoire, ce n'est pas non plus sans
motif. Donc, non, c'est une précision, là, pour nous, qui semble refléter la
nécessité, là, de se donner tous les moyens de conformité...
12 h (version révisée)
M. Charette : ...pour nous,
qui semble refléter la nécessité, là, de se donner tous les moyens de
conformité avec la Loi sur la qualité de l'environnement.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Dufour : Oui. Le Conseil
Patronal de l'Environnement du Québec nous mentionnait... Voilà. OK. Bon : «Les
modifications proposées par le projet de loi 81 — ça, je lis le...
un extrait de leur mémoire, là — prévoient que le ministre doit
refuser de délivrer ou de modifier une autorisation lorsque le demandeur ne lui
a pas démontré que le projet est conforme à la présente loi ou à ses règlements — puis
là on ajoute — le cas échéant, une décision prise en vertu de la LQE.»
Ils nous ajoutent : «Afin d'éviter toute
ambiguïté, nous sommes d'avis qu'il est essentiel que le projet de loi 81
précise de quelle décision il est question en spécifiant les articles de la LQE
visés. Cette précision permettrait à notre avis de limiter le risque de
décisions arbitraires.»
C'est un peu ce que j'avais mentionné dans
un article précédent. C'est qu'en utilisant «toute décision prise», ça laisse
beaucoup de place à beaucoup, beaucoup de possibilités. Le ministre, je ne suis
pas inquiète, je ne pense pas qu'il va aller dans n'importe quoi. Mais, comme
on l'a dit, il ne sera peut-être pas toujours ministre, et cette loi va
perdurer bien au-delà de son mandat.
M. Charette : J'entends
effectivement le commentaire de la collègue. On a eu la possibilité d'échanger
sur la question. Si j'ai pu en rassurer quelques-uns, j'en suis fort aise. Si d'autres
demeurent inquiets, on tentera de les rassurer à l'usage, mais c'est réellement...
Là, on est dans la section... Il faut le rappeler, là, c'est la Loi sur la
qualité de l'environnement qui est modifiée actuellement à travers ces articles-ci.
C'est de s'assurer que la loi, elle est respectée, mais ça ne peut pas être des
critères autres que ceux-là, qui sont déjà, là, précisés dans la Loi sur la
qualité de l'environnement.
Le Président (M. St-Louis) :
...M. le ministre. Mme la députée.
Mme Dufour : Non, ça va,
merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Ça va. Bon, comme il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise
aux voix de l'article 80. Est-ce que l'article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
L'article ayant été adopté, un amendement a été déposé par M. le ministre, amendement
qui introduit l'article 80.1. Donc, je vous cède la parole.
M. Charette : Effectivement.
J'en fais la lecture. Merci, M. le Président. Insérer, après l'article 80
du projet de loi, l'article suivant :
80.1. L'article 31.0.6 de cette loi
est modifié par l'insertion, à la fin du premier alinéa, de «ainsi que les
conditions, restrictions et interdictions applicables à la réalisation de ces
activités, incluant la période au cours de laquelle elles doivent être
réalisées».
Commentaire. Cette modification vise à
clarifier le pouvoir réglementaire prévu au premier alinéa en précisant que ce
pouvoir comporte également la possibilité de prévoir des conditions,
restrictions ou interdictions applicables à la réalisation des activités,
laquelle est sous-entendue au deuxième alinéa.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci.
Il y a... On nous a... Là, on est-tu dans l'amendement? Non, là…
Le Président (M. St-Louis) :
C'est l'amendement qui introduit l'article 80.1.
Mme Dufour : Excusez-moi,
je veux juste être certaine. Le ministre a-t-il lu l'amendement déjà?
M. Charette : Je viens
tout juste de le lire, oui.
Le Président (M. St-Louis) :
Oui, il vient tout juste, oui.
Mme Dufour : OK. Excusez-moi,
c'est parce que je pensais qu'on lisait d'habitude l'article avant.
Le Président (M. St-Louis) :
Bien, en fait, c'est l'amendement qui introduit l'article, l'article 80.1 n'était
pas…
Mme Dufour : Ah! c'est
un... Ah! excusez-moi, j'étais rendue au 81, moi. OK, OK.
M. Leduc : ...ce n'était
pas modifié par le PL original?
Mme Dufour : OK, là, j'étais
ailleurs, je m'excuse, là. Je n'ai pas suivi.
M. Charette : En fait,
on...
Le Président (M. St-Louis) :
C'est 80.1, et non pas 81. C'est ça, oui.
Mme Dufour : Oui, c'est
ça, j'ai compris 81.
M. Charette : ...Ah! peut-être
que je n'ai pas insisté sur le point, là, mais c'est réellement un nouvel article.
M. Leduc : Clarification,
là, le 31.0.6, il n'était pas modifié par d'autres articles, dans le PL, c'est
ce que je comprends.
M. Charette : 31.0.6, je
ne sais pas s'il était modifié à travers un autre article. On m'indique que
non.
M. Leduc : OK, parfait.
Mme Dufour : ...l'objectif
de cette modification?
M. Charette : Oui, je
vais relire essentiellement le commentaire, là. Ça vise à clarifier le pouvoir
réglementaire prévu au premier alinéa en précisant que ce pouvoir comporte
également la possibilité de prévoir des conditions, restrictions ou
interdictions applicables à la réalisation des activités, laquelle est
sous-entendue au deuxième alinéa.
On aime souvent des exemples
d'application. Est-ce qu'on a... Je demande aux <équipes...
M. Charette :
...au
deuxième alinéa.
On aime souvent des exemples
d'application. Est-ce qu'on a... Je demande aux >équipes si on a une
application particulière pour cet article-là.
Mme Gagnon (Mélissa) :
Oui. Bien, un des... Oh! pardon. Un des meilleurs exemples, ce serait la durée
maximale pour la réalisation de l'activité, donc de pouvoir prévoir, exemple,
la durée maximale pour la réalisation.
Mme Dufour : ...c'est
écrit déjà, «incluant la période au cours de laquelle elles doivent être
réalisées», mais est-ce qu'on peut avoir des exemples de restrictions ou
d'interdictions?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
en fait, ça pourrait être la période dans laquelle l'activité peut se réaliser,
mais aussi la durée maximale de... dans laquelle la possibilité est valide.
Donc, exemple, ça peut être réalisé uniquement dans une période... tu sais, au
printemps, mais il y a une durée maximale aussi qui peut être établie. Puis là,
ça, ce n'était pas possible.
Mme Dufour : OK. Donc,
sans cette modification-là, ces précisions-là ne pouvaient pas se faire.
Mme Gagnon (Mélissa) :
Effectivement. Donc, on... Là, on se donne la possibilité de pouvoir vraiment
établir, exemple, que la déclaration est valide uniquement pour une année.
Mme Dufour : OK. Mais on
avait déjà que «le gouvernement peut, par règlement, désigner des activités
prévues aux conditions, restrictions et interdictions qui y sont déterminées».
Le règlement pouvait déjà prévoir tout ça?
Des voix : ...
M. Charette : On
m'indiquequ'on parle de deux restrictions différentes. Et juste...
parce que ça peut être confondant, là, on est dans les déclarations de
conformité et non pas dans les autorisations ministérielles. Si on regarde, là,
bien, des...
Des voix : ...
M. Charette : Si on
regarde ce qui est déjà prévu, ce qu'on permettrait, là, avec les changements
par la suite, actuellement, là, on peut préciser la localisation de l'activité,
c'est-à-dire à plus de 60 mètres d'un milieu humide, par exemple, on peut
préciser le type de matière visée, on peut viser la superficie affectée par
l'activité, on peut viser l'aménagement. Et là, au niveau des conditions de
réalisation... Ça, c'étaient les conditions d'admissibilité.
Pour les conditions de réalisation, on
pourrait prévoir la durée maximale pour la réalisation de l'activité, comme ça
vient d'être mentionné, ça peut être aussi de déterminer non seulement les
modalités, mais au niveau, précisément, des normes de rejets pour ce qui est
des eaux usées, on pourrait ajouter, là, un pH précis entre telle et telle
mesure, on pourrait préciser le niveau maximal sonore d'émission de bruit, on
pourrait déterminer la tenue du... d'un registre...
(Interruption)
M. Charette : Tout en
discrétion. Et ultimement aussi, en guise d'exemple, déterminer l'inspection
régulière des surfaces étanches.
Donc, il y a vraiment les conditions
d'admissibilité et les conditions de réalisation. Donc, ça peut être
admissible, oui, mais on peut préciser, là, les conditions de réalisation, là,
ultimement.
• (12 h 10) •
Mme Dufour : OK. Et ça a
été demandé par qui de faire ce changement?
M. Charette : Je ne me
souviens pas si un groupe en particulier l'avait demandé ou c'est l'expérience
du ministère, là, qui justifie, là, cet apport-là à la LQE.
Mme Dufour : OK.Mais
on ne l'avait pas prévu avant les... avant qu'on soit ici, dans l'étude
détaillée, là. Donc, c'est venu ultérieurement.
M. Charette : De
mémoire, je ne pense pas. Et je peux faire erreur, là, mais, de mémoire, ce
n'est pas un groupe qui nous l'a demandé, c'est réellement l'expérience du
ministère, là, pour être plus en mesure, là, de s'acquitter de sa mission.
Mme Dufour : Et il n'y
aura pas d'enjeu avec les groupes? Parce que je sais que, quand on a eu des
discussions la semaine dernière sur une modification, par exemple un... une
définition qui avait été demandée par des groupes, en... au moment qu'on
échangeait hors ligne, vous nous aviez mentionné : Bien, on ne peut pas
faire des changements sans avoir repassé par les groupes. Donc ici, ce
changement-là, est-ce qu'il a été validé?
M. Charette : Quand
c'estune contrainte majeure, non seulement on se soucie de voir est-ce
que c'est nécessaire de passer par une consultation ou à travers ce qu'on
appelle, là, dans notre procédure à nous, le comité de législation... et là ce
n'est pas une modification, là, qui nécessite de repasser... comité de
législation ou sinon consultation, là. C'est réellement pour l'usage du <ministère...
M. Charette :
...de
repasser... comité de législation, ou sinon consultation, là. C'est réellement
pour l'usage du >ministère afin d'être plus à même, là, de s'acquitter,
là, de sa mission à l'égard de la LQE.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre, merci, Mme la députée. S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement
introduisant l'article 80.1. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
Adopté.
Nous allons poursuivre avec le second
amendement.
M. Charette : ...foulée,
c'est-à-dire l'introduction d'un nouvel article : Insérer, après l'article 80.1
du projet de loi tel qu'amendé, l'article suivant :
80.2. L'article 31.0.10 de cette loi
est modifié par l'insertion, dans le
deuxième alinéa et après «interdictions», de «à
respecter afin que l'activité soit admissible à une déclaration de conformité
et».
Le commentaire, c'en est un de concordance.
Donc, en concordance avec l'amendement proposé pour modifier l'article 31.0.6
de la Loi sur la qualité de l'environnement, cet amendement a pour but de s'assurer
que la personne qui réalise une activité sans respecter les normes qui la rendent
admissible à une déclaration de conformité au lieu d'une autorisation
ministérielle peut être sanctionné de la même manière qu'une personne qui
réalise une activité sans autorisation alors qu'elle est requise.
Je vais le dire plus simplement, nous
sommes effectivement dans les déclarations de conformité, c'est une nature ou
un type de projet qui a priori ne nécessite pas une autorisation ministérielle,
mais si, après analyse, on se rend compte que ce type d'activité là doit, au
contraire, nécessiter ou nécessite au contraire une autorisation ministérielle,
mais donc le promoteur peut être sanctionné au même titre que la...
l'obligation, là, qui aurait été originale de procéder par autorisation.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Est-ce que nous avons des interventions sur
l'amendement? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Peut-être comprendre pourquoi on a eu ce besoin de modifications précises.
Est-ce qu'il y a eu des cas problématiques?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
je peux compléter. En fait, c'est vraiment en concordance avec l'amendement
précédent qu'on vient de voir. Donc, avec l'amendement précédent, on ajoute la
possibilité, là, de prévoir des conditions à la réalisation et non juste à
l'admissibilité d'une déclaration de conformité. Donc là, ce qu'on vient faire,
c'est qu'on vient préciser que les conditions de réalisation, s'il y a un
manquement par rapport aux conditions de réalisation — c'est
différent, c'est sanctionné différemment — ne sont pas sanctionnées
de la même manière, en fait, que les conditions d'admissibilité. Ça fait qu'on
introduit vraiment une nuance.
Parce qu'on a introduit des conditions de
réalisation à l'amendement précédent, on vient préciser comment on vient...
comment ça s'applique finalement s'il y a un manquement par rapport à ça. Donc,
ça s'applique différemment si c'est un manquement aux conditions
d'admissibilité versus réalisation.
Mme Dufour : Mais ça va
s'appliquer comment différemment? Les sanctions sont... est-ce qu'elles sont
précisées à quelque part? Parce que, là, on dit...
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, c'est variable selon le niveau de gravité, c'est établi par la LQE. Mais,
c'est ça, il faut voir que, dans le fond, s'il y a un manquement aux conditions
d'admissibilité, c'est comme si, dans le fond, celui qui fait l'activité
n'aurait pas pu se prévaloir de cette déclaration-là parce qu'il n'était pas
admissible à la déclaration. Ça fait que, là, c'est vraiment comme s'il n'y
avait pas eu d'autorisation.
Alors que, s'il était admissible à la
déclaration mais qu'il ne respecte pas les conditions de réalisation, bien là,
il est en manquement des conditions de... tu sais, comme s'il avait été réputé
autorisé finalement, mais il y a un manquement par rapport aux conditions de
réalisation. Donc, ça n'a pas le même effet, ce n'est pas le même... la même
intervention qui est faite à ce moment-là.
Mme Dufour : OK. Mais
est-ce que c'est plus grave ou moins grave s'il y a un manquement au niveau des
conditions?
Mme Gagnon (Mélissa) : C'est
moins grave que sans autorisation.
Mme Dufour : OK. Même si
ce qui est fait est peut-être très dommageable? S'ils ne respectent pas les
conditions de réalisation, peut-être que ça peut être grave. Je ne sais pas,
j'essaie de voir des exemples dans ma tête, là. Je vous avoue que ça m'aiderait
d'avoir des exemples concrets, là, mais...
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, il y a... Selon... Oui, c'est ça, là... Bien, en fait, c'est vraiment
selon... Dans les conditions, il y a un éventail de peines qui sont établies
selon la gravité, donc en fonction, mais c'est sûr que, là, on est dans le...
au niveau du régime d'autorisation, au niveau des déclarations de conformité.
Donc, on demeure quand même dans un risque qui est faible.
Mme Dufour : OK, OK.
Mme Gagnon (Mélissa) : Au
départ.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci. Si nous n'avons pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise
aux voix de l'amendement introduisant l'article 80.2. Est-ce que cet
amendement est <adopté...
Le Président (M. St-Louis) :
...introduisant l'article 80.2. Est-ce que cet amendement est >adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
Adopté.
Nous allons donc poursuivre, M. le
ministre, à l'étude de l'article 81.
M. Charette : Merci, M.
le Président. Donc : 81. L'article 31.0.12 de cette loi est modifié
par le remplacement, dans le premier alinéa, de «de la présente section» et de
«sinistre appréhendé» par, respectivement, «des sous-sections... 1 à 3» et
«tel sinistre», pardon.
Et le commentaire. Cet article modifie
l'article 31.0.12 de cette loi pour permettre au ministre de soustraire
une activité à certaines obligations relatives au régime d'autorisation
lorsqu'il est urgent d'agir afin de réparer ou de prévenir un dommage en cas de
sinistre. La modification proposée permet de limiter la portée de la
soustraction aux sous-sections 1 à 3 de la section II du chapitre IV
du titre I de la loi qui portent sur le régime d'autorisation ministérielle,
puisqu'un article équivalent existe dans la loi pour le régime d'autorisation
gouvernementale.
Les modifications ont aussi pour objet de
préciser la notion de sinistre dans les cas où les activités doivent être
réalisées de manière urgente pour prévenir tout dommage qu'il pourrait causer
en référant directement à la définition de la Loi sur la sécurité civile visant
à favoriser la résilience aux sinistres.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. J'aimerais un peu poser la même question que tantôt, à savoir :
Est-ce qu'il y a eu des cas concrets que vous avez vécus dans les dernières
années qui vous poussent à faire cette modification-là, là, surtout sur le
volet des sinistres?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
En fait, il y a deux modifications qui sont proposées, là, à l'article 31.0.12
de la loi. La première modification vise simplement, là, à clarifier que cette
disposition-là s'applique au régime des autorisations ministérielles, donc,
parce qu'il y a déjà une disposition pour le régime d'autorisations
gouvernementales, et ce n'est pas celle-ci qui s'applique.
La deuxième modification, c'est vraiment,
en fait, suite à des différents avis. On réfère à la loi qui appartient... qui
est appliquée par le ministère de la Sécurité publique et, suite à des avis à
l'effet que cette définition-là... on réfère à une définition de leur loi... la
définition telle quelle n'existait pas, donc on vient simplement ajuster le
terme pour référer à... au... à celui qui est défini dans la loi auquel on
réfère.
Donc, la notion de «appréhendé», ça ne
change pas l'effet. En fait, c'est le même effet, c'est... on peut avoir un
sinistre qui est réel ou qui est appréhendé, mais ce à quoi on réfère, c'est la
définition du sinistre. Donc, c'est ce qu'on vient ajuster dans l'article.
M. Leduc : Parfait. Mais
est-ce que c'est basé sur un besoin précis, donc qui a été vécu? Vous me dites :
Tel sinistre dans tel lieu, on n'a pas été capables d'agir assez vite, ou je ne
sais pas trop. C'est un peu ce côté-là que je recherche comme terrain, dans le
fond.
• (12 h 20) •
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
bien, en fait, je ne dirais pas qu'il y a eu une incapacité de l'appliquer,
mais c'est des situations répétées, où est-ce que le ministère concerné avait
quand même un malaise à nous confirmer que ça respectait la définition de leur
loi, parce que ce n'était pas tout à fait... Donc, c'est vraiment un ajustement
qui vient permettre d'avoir des avis avec lesquels ils vont être plus à l'aise,
disons ça comme ça, si on les consulte dans l'application...
M. Leduc : OK. Donc, il
n'y a pas... il n'y a aucune... Excusez, je vous ai coupée. Qu'est-ce que vous disiez?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, je disais juste que... c'est ça, pour s'assurer d'une application plus
claire et conforme à la définition à laquelle on réfère.
M. Leduc : OK. Donc, ce
n'est pas qu'il y a eu des incapacités de délivrer des autorisations dans le
passé, mais que ça grinçait un peu sur la conception de l'application de la
loi. Puis vous dites : Bon, tant qu'à ce qu'on rouvre la loi, on peut
venir préciser la manière dont on aurait pu et dû l'appliquer dans le passé,
même si ça n'a jamais causé de problème comme tel.
M. Charette : C'est de s'assurer
qu'il y ait une certaine cohérence entre les lois de deux ministères, la Loi
sur la qualité de l'environnement et la Loi sur la sécurité civile. Donc, c'est
une... un effet de cohérence entre des lois, là, de deux ministères différents.
Mais je peux rassurer le collègue, là, il
y a eu des situations d'urgence où les ministères, notamment sécurité civile,
ont eu la possibilité d'agir. Même les villes ont certains pouvoirs à ce sujet-là
lorsqu'il y a réellement une urgence démontrée. Donc, le ministère de
l'Environnement n'est pas celui qui bloque la capacité de réagir en cas
d'urgence, mais on va avoir une meilleure adéquation entre les lois de deux
ministères <différents...
M. Charette :
...mais
on va avoir une meilleure adéquation entre les lois de deux ministères >différents.
M. Leduc : Quand on
parle de sinistres ici, là, tantôt vous faisiez référence à inondations.
M. Charette : Ça peut
être ça, effectivement. Ça peut être un feu de forêt, ça peut être... Il peut y
avoir différentes circonstances, mais les inondations demeurent un bon exemple.
M. Leduc : Puis là c'est
des travaux qui sont appelés à être appliqués pour prévenir ou...
M. Charette : Dans
certains cas, ça peut être des travaux... Et là je réfère à une expérience,
encore une fois, bien, bien... qui est un bien mauvais souvenir, là, pour un
bon nombre de citoyens au Québec, les crues de 2017, 2019. Dans certains cas,
il y a des ouvrages de protection qui ont dû être installés de façon
temporaire, dans certains cas, dans les limites qui auraient nécessité une
procédure d'évaluation particulière à ce moment-là. Mais là on est dans
l'urgence. C'est pour protéger des biens, c'est pour protéger des personnes.
C'est là où le ministère, là, autant Sécurité publique que les municipalités,
que l'Environnement, là, collaborent ensemble, là, pour faire face à une
situation qui n'était pas... qui est inattendue, qui est urgente et qui
nécessite une réaction rapide.
M. Leduc : Parce que
normalement, un... des travaux de ce genre-là nécessiteraient toute forme d'autorisation
puis il y aurait toute une procédure. Puis là vous dites...
M. Charette : Dans
certains cas, dans certains cas, il pourrait y avoir des autorisations
particulières ou même à travers des déclarations de conformité si ça avait
été... Si ce sont des travaux avec moindres impacts, mais qui nécessitent
malgré tout un suivi de la part du ministère de l'Environnement, là, on est en
situation d'urgence, il faut agir rapidement, il y a une loi au niveau de la
sécurité publique qui devait être arrimée, là, avec... en fait, on a une loi,
nous, qui devait être arrimée avec celle de la sécurité publique.
M. Leduc : Je comprends.
C'est quelque chose qui traînait dans les cartons depuis un certain temps,
j'imagine, puis que, là, la loi est ouverte, on y va, on ajuste.
M. Charette : Je ne sais
pas depuis combien de temps c'était dans les cartons pour ces... pour cet
élément-là en particulier. Mais, comme on le mentionnait hier, un omnibus
législatif, ça permet justement, là, des...
M. Leduc : Mettre à
niveau.
M. Charette : ...des
arrimages, là, qu'on ne ferait pas en temps normal.
M. Leduc : Peut-être une
petite dernière. Quand on modifie «sinistre appréhendé» par «tel sinistre»,
est-ce que c'est une question, donc, d'espèce, comme je dirais, d'espace-temps?
C'est-à-dire que la loi nous permettait juste, en théorie, de parler de
sinistres qui n'étaient pas encore arrivés.
M. Charette : Je redonne
l'exemple des inondations. On a le domaine hydrique au ministère de
l'Environnement, mais la Sécurité publique est celle qui est en communication
avec les municipalités, qui transmet, dans le fond, des données qu'on a chez
nous et qui les transmet sous forme d'application potentielle réelle. On est en
mesure de savoir, avec la fonte des neiges, avec une pluie de telle intensité,
quels sont les secteurs qui sont les plus vulnérables. Donc, ça permet à la
Sécurité publique de dire aux municipalités : Préparez-vous, dans les
prochaines heures, dans les prochains jours, malheureusement, vous êtes à
risque. On a des cotes de risque à ce niveau-là. Et, si, dans certains cas, il
y a des travaux d'urgence qui peuvent atténuer l'impact de ça, tant mieux ou...
Plus récemment, l'été 2023, les feux
de forêt, des tranchées qui ont eu... qui ont été construites pour protéger
certains villages ou municipalités, c'étaient des travaux qui étaient aussi
préventifs en ce sens qu'on savait que le danger était imminent même si le feu
n'était pas encore arrivé aux portes, là, du village ou de la municipalité en
question.
M. Leduc : Mais, ça, de
la façon que c'était écrit, «sinistre appréhendé», tout ça, c'était possible de
le faire déjà.
M. Charette : Bien,
«sinistre appréhendé», on a une capacité d'action, oui.
M. Leduc : C'est ça,
mais vous le modifiez par «tel sinistre». Vous biffez «sinistre appréhendé»,
vous dites «tel sinistre». Ça veut dire qu'on se permet d'intervenir quand même
après que le sinistre ait eu lieu.
M. Charette : Ça
englobe... en fait, ça englobe. C'est une appellation, là, qui englobe ce qui
est anticipé et ce qui est en cours, en quelque sorte.
M. Leduc : C'est ça. Ce
qui était peut-être moins... Vous deviez le faire pareil, de toute façon,
dans... même si c'était écrit «appréhendé». Vous n'alliez pas vous empêcher de
débloquer des sommes pour faire des interventions même si le sinistre est fini
puis qu'il était en train d'avoir lieu.
M. Charette : Non,
exact. C'est réellement, là, de faire en sorte qu'on ait une loi au niveau de
la sécurité civile qui n'est pas en contradiction, mais complémentaire, là,
avec notre loi, là, au niveau de la qualité de l'environnement.
M. Leduc : Merci
beaucoup.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre, merci, M. le député. Avons-nous d'autres
interventions? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M.
le Président. Bien, justement, on va continuer sur cet échange concernant les
risques appréhendés transformés en risques. Il y a quand même des inquiétudes
qui ont été soulevées par plus qu'un groupe à ce sujet. On nous dit d'abord
que, bon, ça s'est fait, là, en concordance avec la Loi sur la sécurité civile,
que ça ne changerait rien dans les faits dans l'application. Mais, par contre, <on...
Mme Dufour :
...avec
la Loi sur la sécurité civile, que ça ne changerait rien dans les faits dans
l'application. Mais, par contre, >on nous dit : «Le retrait complet
de la notion de sinistre appréhendé en regard des travaux effectués en
prévention afin d'assurer...» Ça, c'est la FQM, là, qui nous disait être
préoccupée par «le retrait complet de la notion de sinistre appréhendé en
regard des travaux effectués en prévention afin d'assurer la sécurité des
personnes et des biens».
On nous dit que, dans le fond, considérant — vous
l'avez mentionné, là — la multiplication des événements climatiques
extrêmes, les risques importants qui y sont associés, «il nous paraît
nécessaire, si le souhait est d'assurer l'harmonisation avec la loi, que soit
minimalement confirmé dans le cadre de l'étude... que ça inclut les risques de
sinistre pour éviter des enjeux d'interprétation juridique que pourrait
entraîner cette modification législative».
Donc... Et il y a aussi le Conseil
Patronal de l'Environnement, là, qui soulevait un enjeu similaire, là.
M. Charette : Et peut-être
rassurer, là, les gens qui peuvent être inquiets à ce niveau-là, si on regarde
le deuxième paragraphe de l'article qui n'a pas été modifié, on dit qu'en tout
temps, là, les conditions, restrictions et interdictions peuvent être modifiées
afin, là, d'assurer une protection adéquate de l'environnement, oui, mais pour
éviter de porter atteinte à la vie, à la santé, à la sécurité, au bien-être ou
au confort de l'être humain, écosystèmes, bref, et des biens aussi.
Donc, on a la capacité, là, à tout moment,
en cas d'urgence ou de sinistre, de lever, là, des restrictions qui autrement
s'appliqueraient. Donc, l'agilité qui est demandée par la FQM, notamment, à
travers l'extrait, là, que la collègue citait, est maintenue, là. L'article tel
que pensé originalement le prévoyait, et il n'y a pas de modification à ce
niveau-là.
Mme Dufour : Bien,
j'imagine qu'ils ont lu l'entièreté de la loi, là, puis qu'ils avaient, malgré
tout, des craintes, là. En tout cas, il y a peut-être... Je ne sais pas si on a...
tu sais, on a envisagé, par exemple, de dire, bien, «tel sinistre ou...» ou «qui
inclut les risques de sinistre» pour s'assurer que ce soit clair pour tout le
monde. C'est ça.
Puis ici on dit : «Le ministre peut,
en tout temps, modifier les conditions.» Alors que, dans la première section,
le premier paragraphe, c'est : «Le ministre peut soustraire carrément une
activité à l'application.» Donc, est-ce que... Dans le deuxième paragraphe, ce
n'est pas écrit, là, qu'«il peut soustraire l'application», malgré que c'était
là, là.
M. Charette : À partir
du moment où on modifie une restriction, c'est qu'on peut la lever. Mais ce
qu'il faut savoir, là, fondamentalement, et je le répète, là, je ne dis pas que
l'exercice est futile, au contraire, mais c'est un projet de loi qui nous amène
à faire un petit peu de ménage dans les textes de la loi. Là, on veut surtout
s'arrimer pour qu'il y ait une compréhension mutuelle avec le ministère de la
Sécurité publique, mais on ne modifie pas, là, pour autant des garanties qui
étaient offertes, là, pour... en fait, des capacités de réagir en temps... en situation
d'urgence, là, ou de sinistre.
La FQM demandait dans son mémoire... Ne
serait-ce que de les rassurer à travers l'échange que nous avons présentement,
c'est ce que l'on fait, les villes vont pouvoir, comme c'est le cas, en cas de
sinistre ou de situation d'urgence, agir de certaines façons. Elles sont
supervisées bien souvent... je dis «supervisées», ce n'est pas le bon mot,
elles sont accompagnées à ce niveau-là, souvent, par la sécurité publique. Le
ministère de l'Environnement peut aussi les accompagner selon la nature du
sinistre appréhendé et comment on peut le limiter, là, ce sinistre-là au niveau
de ses impacts.
• (12 h 30) •
Mme Dufour : ...pour
être certains, certains qu'il n'y ait aucune interprétation contraire, je vais
déposer un amendement. Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci. Donc...
Mme Dufour : Il s'en va.
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
Ça termine votre intervention?
Mme Dufour : Pardon?
Le Président (M. St-Louis) :
Est-ce que ça termine votre intervention?
Mme Dufour : Oui.
Le Président (M. St-Louis) :
D'accord... suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 31)
12 h 30 (version révisée)
(Reprise à 12 h 37)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
au moment de la suspension, Mme la députée de Mille-Îles a déposé un
amendement. Donc, Mme la députée, je vous <cède la parole...
Le Président (M. St-Louis) :
...de
Mille-Îles a déposé un amendement. Donc, Mme la députée, je vous >cède
la parole.
Mme Dufour : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, l'objectif, comme je disais avant la suspension, c'est
d'être... que ce soit... qu'il n'y ait aucune ambiguïté pour... pour ceux qui
auraient à interpréter cet article de loi, et donc, comme il y avait une
crainte qu'en enlevant le concept de sinistre appréhendé... qu'on... qu'on
enlève, dans le fond, la possibilité d'agir dans le cas de risque de sinistre,
donc, je vais lire l'article... l'amendement :
Ajouter au premier alinéa de
l'article 31.0.12 de la Loi sur la qualité de l'environnement, tel
qu'introduit par l'article 81 du projet de loi, après «tel sinistre», les
mots suivants : «ou sinistre appréhendé».
Donc, je vais juste lire la dernière
ligne, là, qui dit «pour prévenir tout dommage que pourrait causer un tel
sinistre ou sinistre appréhendé». Donc, l'harmonisation avec la loi sur... la
Loi sur la sécurité civile reste avec le mot «sinistre», «tel sinistre», mais
on ajoute, donc, la notion de potentiel risque qui inquiétait autant la Fédération
québécoise des municipalités que le Conseil Patronal de l'Environnement du
Québec.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Merci à la collègue pour la suggestion. Comme on le mentionnait au
départ, c'était de s'arrimer avec une loi de la sécurité publique, et c'est la
Sécurité publique qui est inconfortable avec la notion «appréhendé» étant donné
que ce n'est pas défini tel quel, là, que ce soit à travers... bien, en fait, à
travers la législation gouvernementale. Donc, on ne s'aiderait pas. On ne
réglerait pas l'inconfort, là, de la Sécurité publique à ce niveau-là. Je dis
«Sécurité publique», là, mais c'est la Loi sur la sécurité civile. Donc, on ne
s'aiderait pas, là. Le problème qu'on veut régler, on ne le réglerait pas en
ajoutant autrement le mot «appréhendé», mais, comme je le mentionnais, il y a
une volonté entre les municipalités, le ministère de l'Environnement et le
ministère de la Sécurité publique de travailler ensemble lorsqu'il y a des
situations d'urgence qui le commande, et le milieu municipal, là, peut se
rassurer que cette collaboration-là va se poursuivre.
Mme Dufour : Et, si, au lieu
de sinistre appréhendé, on parlait de risque de sinistre, parce que c'est ce
que les groupes, aussi, suggéraient, est-ce que ça, ça répondrait à l'inconfort
de la Sécurité civile?
M. Charette : Si on regarde
au niveau du libellé, on vise déjà un sinistre qui n'est pas encore arrivé, là.
Si on lit, là, dans la dernière portion de cette phrase «ou pour prévenir tout
dommage que pourrait causer», donc, on couvre déjà le caractère hypothétique,
là, à travers la formulation qui est... qui est à l'écran, là, mais qui est
dans l'article en question.
• (12 h 40) •
Mme Dufour : Bien, en fait,
c'est que, quand on lit le début, le premier paragraphe, on dit : «Lorsque
sa réalisation est urgente afin de réparer tout dommage causé par un sinistre».
Et là, après ça, on revient en disant «un tel sinistre». C'est comme si le
sinistre était déjà arrivé. De la façon que c'est rédigé, c'est comme si le
sinistre était arrivé. En tout cas, tu sais, il y a une... il y a une raison
pourquoi, au départ, on l'avait écrit comme sinistre appréhendé, là. Il y a
quelqu'un qui a écrit cette loi-là au départ, là, puis que c'étaient des gens
de votre ministère, là, qui avait suggéré ce libellé au départ.
M. Charette : Je pense, la
meilleure façon de rassurer les groupes qui pourraient être inquiets, c'est de
donner la parole aux juristes, là, qui... qui pourront préciser
l'interprétation à y donner. Donc, avec consentement, on pourrait demander, là,
cet éclairage-là.
Mme Dufour : D'accord.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
nous avons consentement?
Mme Dufour : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) :
Parfait. Je vous demanderais de vous présenter, votre nom et votre titre, s'il
vous plaît, madame.
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Merci.
Giulia Côté-Bioli, avocate au ministère de la Justice.
En fait, là, la fin de la phrase qui suit
la référence à la <Loi sur la sécurité civile va couvrir ces cas-là...
Mme Côté-Bioli (Giulia) :
…en
fait, là, la fin de la phrase qui suit la référence à la >Loi sur la
sécurité civile va couvrir ces cas-là, là. «Pour prévenir tout dommage que
pourrait causer — le temps de verbe, pourrait causer — un
tel sinistre» va rattraper les sinistres à venir, qu'on envisage,
hypothétiques, là, dans lesquelles le reste des critères de l'article vont
satisfaire, donc, la notion d'urgence, là, notamment, puis c'est vraiment avec
cette portion de l'article là qu'on les… qu'on les vise, là.
Mme Dufour : OK. On va aller
au vote, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Parfait.
Donc, nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement déposé par la
députée de Mille-Îles. Est-ce que cet amendement est adopté?
Mme Dufour : Un vote nominal.
Le Président (M. St-Louis) :
Par voie nominale, s'il vous plaît, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire
: M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire
: Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Abstention.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. Nous allons donc poursuivre les interventions
sur l'article 81. Mme la députée.
Mme Dufour : Merci.
Maintenant, je vais aller sur un autre élément du mémoire du Conseil Patronal
de l'environnement du Québec, et je vais le citer. Ils disent : «Nous
remarquons que cette définition — et là ils réfèrent à
"sinistre", là — ne fait aucune mention des dommages à
l'environnement. Ainsi, en se fondant sur cette définition du mot
"sinistre", le ministre ne serait pas en mesure d'exempter un projet
du régime d'encadrement des activités en fonction de leur impact sur
l'environnement si ce sinistre cause de façon spécifique des dommages à
l'environnement. Dans ce contexte, plutôt que de modifier la définition prévue
par la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux
sinistres, nous suggérons de spécifier que l'article 31.0.12 s'applique
également aux sinistres causant des dommages à l'environnement.» Donc, quelle
est la réponse du ministre à cette… à cette recommandation?
M. Charette : Bien, je pense
que, si on retourne à l'article lui-même, je le lisais, d'ailleurs, tout à
l'heure, juste être sûr de… si on regarde le dernier… le dernier élément de
l'article qui y figurait et qui n'a pas été modifié, c'est mentionné aussi que,
bon, «pour éviter de porter atteinte à la vie, à la santé, à la sécurité, au
bien-être ou au confort de l'être humain»... Je vous mentionnais aussi «écosystèmes
et aux autres espèces vivantes». Donc, on considère aussi l'atteinte qui
pourrait être faite à l'environnement. On a beaucoup parlé, là, au cours des dernières
minutes... inondations, feux de forêt, donc, potentiellement, une menace pour
les êtres humains et pour les biens, mais l'article initial et l'article tel
qu'il se lirait toujours fait aussi référence, là, à la menace qui pourrait
être portée aux écosystèmes ou aux autres espèces vivantes.
Mme Dufour : Oui, merci. Tout
à l'heure, je mentionnais que le premier alinéa de l'article, le 31.0.12, fait
référence au fait que le ministre peut soustraire une activité de
l'application... Là, dans le cas... le deuxième, si on réfère… là, ici, ce
n'est plus question de soustraire, ce serait plutôt de modifier les conditions,
restrictions, interdictions. Donc, en fait, comment on s'en servirait
exactement, de l'article 2, dans le contexte que le Conseil Patronal de
l'environnement du Québec nous souligne, puis est-ce qu'on s'en est déjà servi
aussi?
M. Charette : Bien, en fait,
ma réponse visait surtout à les rassurer comme quoi on peut aussi agir pour
protéger, là, la biodiversité. Sinon, est-ce que cet aspect-là en particulier a
déjà été utilisé dans quelconque intervention? Je ne saurais dire. On peut se
référer au ministère et leur laisser le temps, là, de regarder. S'il y a d'autres
questions entre-temps, là, on peut les prendre, mais on va vous <revenir
avec la réponse…
M. Charette :
...
s'il
y a d'autres questions entre-temps, là, on peut les prendre, mais on va vous >revenir
avec la réponse.
Mme Dufour : Oui, puis ici on
parle, c'est ça, des écosystèmes, autres espèces vivantes, les biens. Eux, ils
faisaient référence aux dommages à l'environnement plus de façon générale. Ça
fait que, tu sais, qu'en est-il, par exemple, de l'air, de l'eau? C'est plus
l'air, là, je dirais, l'eau, ça fait partie des écosystèmes, mais est-ce qu'à
ce moment-là c'est couvert, selon vous?
M. Charette : À partir du
moment où on parle de qualité de l'air, qualité de l'eau, ça peut avoir un
impact sur les êtres humains, ça peut avoir un impact sur les autres espèces
vivantes, ça peut avoir un impact sur les écosystèmes. Donc, c'est couvert,
très, très certainement, avec la formulation qui est retenue présentement.
Mme Dufour : Bien, j'espère
qu'ils seront rassurés.
M. Charette : Et avec... On
pourrait donner la parole au ministère, là, pour des compléments d'information.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
en fait, bien, je vais amener quelques éléments complémentaires, là.
D'abord, je confirme que c'est ça,
l'objectif de l'article, c'est de pouvoir soustraire une activité. Donc, il
faut que l'activité nécessite une autorisation à la base ou, bon, qu'elle soit
couverte par le régime d'autorisation. Donc là, l'objectif, c'est de pouvoir
soustraire, s'il y a lieu, d'intervenir en urgence, que ce soit pour prévenir
tout dommage... Donc, ça pourrait être des dommages à l'environnement, là. Ça,
je confirme que c'est bien couvert.
Puis effectivement c'est arrivé par le
passé qu'il y avait des conditions qui étaient ajoutées, là, à la soustraction,
ne serait-ce, parfois, que de demander soit des rapports sur... tu sais, qui...
des rapports qui font état après travaux de la façon dont les travaux ont été
réalisés, où est-ce que c'était conforme aux interventions qui étaient
demandées en urgence. Donc, c'est le genre de conditions qu'on peut exiger ou
des durées, aussi, de réalisation. Donc, si, exemple, on doit intervenir
rapidement puis on... il y a une demande pour que les travaux soient faits dans
un délai x, bien, on peut s'assurer que la soustraction couvre effectivement
cette période-là.
Mme Dufour : OK, puis, dans
le cas où... Tu sais, je pense à... le frasil, là, qui cause souvent des
dommages... des dommages... bien, en fait, des inondations, mais pas du même
type qu'on connaît d'habitude, intervenir sur la rivière avec la grenouille,
par exemple, est-ce que ça, ça rentre... Quand je dis «la grenouille», c'est la
machine, là, qui s'en va casser le frasil. Ça, c'est le genre de chose qui peut
avoir une autorisation avec cet article, là?
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
en fait, au départ, c'est ça, comme je le disais, ça prend une autorisation.
Donc là, si c'est simplement d'aller briser la glace sur un cours d'eau, là, au
départ, j'aurais tendance à dire que...
Mme Dufour : Ce n'est pas
nécessaire.
Mme Gagnon (Mélissa) : Non,
c'est ça. Ça fait que c'est vraiment... Tu sais, exemple, si je dois intervenir
dans un cours d'eau, mais en rive, ou venir faire de la stabilisation, ou...
donc, là, à ce moment-là, c'est des activités qui sont visées par une
autorisation, et, si elles doivent être faites en urgence, bien, c'est
l'article qui va être applicable.
M. Charette : Peut-être
confirmer qu'en même temps certaines municipalités, depuis quelques années,
veulent... veulent pouvoir agir de façon... de façon2 préventive sur ces
questions-là, et, lorsque ce n'est pas face à une menace qui est imminente,
elles doivent procéder par le processus d'obtention d'une autorisation. Donc,
elles doivent faire valoir que le procédé qu'elles veulent retenir, dans
certains cas, bon, il peut y avoir de l'enrochement, il peut y avoir... il peut
y avoir différentes méthodes. Étant donné que ce n'est pas une menace
imminente, mais c'est pour anticiper ce qui pourrait survenir, là, il y a
réellement des autorisations qui doivent être obtenues, là, en bonne et due
forme.
• (12 h 50) •
Mme Dufour : OK, merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Avons-nous d'autres interventions sur l'article 81? Nous
allons donc procéder à la mise aux voix de l'article 81. Est-ce que cet
article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : L'article
étant adopté, nous allons poursuivre avec l'étude de l'article 82. M. le
ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. 82. L'article 31.1 de cette loi est modifié par le remplacement
de «plan ou un programme» par «projet».
Commentaire : Cet article modifie
l'article 31.1 de cette loi afin d'assurer une cohérence dans la
terminologie utilisée dans le cadre des différentes procédures d'évaluations
environnementales prévues à la Loi sur la qualité de l'environnement. La notion
de projet est celle utilisée dans l'ensemble de la procédure d'évaluation et
d'examen des impacts sur l'environnement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Avons-nous des interventions? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci, M.
le Président. Alors, je vais revenir avec la Fédération québécoise des
municipalités, qui <soulignait dans son mémoire...
Mme Dufour :
...alors
je vais revenir avec la Fédération québécoise des municipalités, qui >soulignait
dans son mémoire que le Règlement relatif à l'évaluation et l'examen des
impacts sur l'environnement de certains projets, avec... dans le texte de
l'article 31.1 de la LQE, parle de programme. Il n'y a pas le concept de plan
non plus. Alors, ce qu'ils nous suggèrent, en fait... En fait, ici, l'article,
comment il est modifié, c'est qu'on vient enlever «plan» et «programme» pour
«projet», mais le concept de projet n'existe pas dans ce règlement-là, et donc
ils nous suggèrent de garder «programme», mais de retirer «plan», juste pour
que ce soit uniforme avec le règlement en question. Donc, peut-être vous
entendre à ce sujet.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
en effet, en fait, la notion de projet, elle se retrouve à plusieurs endroits,
là, dans la... dans la loi et dans le règlement que vous avez mentionné, là,
qui est le règlement propre à la procédure d'évaluation environnementale. On
retrouve également la notion de programme dans le règlement, mais là ce qu'on
vient faire, c'est qu'avec l'ajout de la nouvelle procédure, qui est celle de
l'évaluation environnementale sectorielle ou régionale, on introduit la notion
de plan ou programme et on veut qu'elle soit dédiée à cette nouvelle
procédure-là, puis la notion de programme qui se retrouve déjà dans la
procédure, cette procédure-là, c'est vraiment une procédure par projet.
La notion de programme actuellement
utilisée réfère à un projet, mais qui va se répéter, exemple, un programme
d'arrosage aérien ou un programme d'intervention, là, de dragage dans une
marina, par exemple, ou dans un port. Ça fait qu'on est dans un projet, mais
qui se répète sur... exemple, sur une base annuelle. En ce moment, la notion de
programme réfère à ça, mais là ce qu'on veut, en fait, c'est vraiment que le
terme «projet» soit celui qui soit dédié à la procédure d'évaluation
environnementale. Donc, ça ne change pas que ce type d'activité là correspond à
un projet qui peut se répéter, donc, va demeurer, là, couvert par le règlement
et assujetti à une évaluation environnementale, mais la notion, au sens de la
loi, de plan ou programme, on va la dédier à la nouvelle procédure.
Donc, c'est simplement pour une question
de clarification puis éviter qu'on ait un même terme qui se retrouve dans deux
contextes différents. Ça fait qu'on a vraiment une notion de projet qui est
déjà... qui se retrouve partout, là, quand on parle de la procédure
d'évaluation par projet, que ce soit dans la loi ou le règlement, et on veut
dédier la notion de plan ou programme pour cette nouvelle procédure qui va être
introduite, là, dans les articles qu'on va voir plus tard.
Mme Dufour : OK. Donc, le
Règlement relatif à l'évaluation et l'examen des impacts sur l'environnement,
actuellement, utilise le concept de projet. Je comprends qu'il utilise aussi
l'expression... le concept de programme, mais que, dans le futur, il va être
modifié pour que ce soit seulement pour les évaluations sectorielles
régionales. C'est bien ça?
Mme Gagnon (Mélissa) : Exact.
Dans le fond, tu sais, c'est vraiment, tu sais, une terminologie, là. On
s'entend que «programme», c'est un terme qui peut représenter plusieurs choses.
Ça fait que, là, on veut vraiment s'assurer que, dans le cadre législatif et
réglementaire, il n'y ait pas de confusion. Ça fait que les programmes, comme
on le... Le terme «programme» qu'on utilise actuellement réfère, en fait, à des
projets qui sont répétés sur une base annuelle. Donc, un programme décennal de
dragage, bien, pour nous, va être associé à un projet et non à un programme.
Mme Dufour : Mais là, à ce
moment-là, ça va devenir... parce que, moi aussi, projet... anciennement gestionnaire
de projet, j'en ai géré pas mal, donc, la notion de projet, là, si vous me
dites «un programme de dragage», bien, l'an 1, c'est un projet, après ça c'est
un autre. Là, comment ça va s'opérer? Parce que le programme, c'était pour une
autorisation sur l'ensemble, j'imagine, d'une certaine période, pour une
activité répétée ou un projet qui se répète, mais, d'une année à l'autre, il
peut y avoir quand même des changements. Là, comment... Les autorisations, on
dit que c'est pour le projet, mais répétées pour tant d'années ou... Comment...
comment ça va se préciser?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, ça ne changera pas l'effet. Donc, ça, ça ne change pas. Les projets qui
sont assujettis à une évaluation environnementale sont bien définis dans le
règlement. Ça fait que c'est vraiment... Cette portion-là ne changera pas.
C'est vraiment juste le terme qu'on retire du cadre applicable pour
l'évaluation par projet. Dans le fond, quand on est... si on est dans un
programme de dragage, par exemple, bien, on a un même initiateur, un même
objectif dans... Donc, ça correspond vraiment à un projet en tant que tel, mais
qui prévoit des interventions répétées sur une base annuelle, puis là on est...
on veut vraiment juste dissocier les termes. Donc, c'est ce qu'on vient ajuster
ici, là, avec la modification à l'article 31.1.
Mme Dufour : OK, OK, merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix de l'article 82. Est-ce que l'article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : L'article
étant adopté, nous allons poursuivre à la lecture de l'article 83.
M. Charette : Merci, M. le
Président. L'article 31.1.1 de cette loi est modifié par l'ajout, à la <fin,
de l'alinéa suivant...
M. Charette :
...merci,
M. le Président. L'article 31.1.1 de cette loi est modifié par l'ajout, à
la >fin, de l'alinéa suivant :
«Nul ne peut entreprendre un projet
assujetti en vertu du présent article sans suivre la procédure prévue à la
présente sous-section et obtenir une autorisation du gouvernement.»
Le commentaire : Cet article modifie
l'article 31.1.1 de cette loi afin de clarifier que les projets qui font
l'objet d'un assujettissement exceptionnel ne peuvent pas, tout comme pour les
projets visés par la liste réglementaire prévue à l'article 31.1, être
entrepris sans suivre la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur
l'environnement et obtenir une autorisation du gouvernement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre.
Compte tenu de l'heure, si vous êtes
d'accord, je vais suspendre les travaux jusqu'à 15 heures. Donc, les
interventions pourront se poursuivre cet après-midi.
(Suspension de la séance à 12 h 58)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 06)
Le Président (M. St-Louis) : La
Commission des transports et de l'environnement reprend ses travaux. Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi modifiant
diverses dispositions en matière d'environnement.
Avant de revenir à l'étude détaillée, nous
avons été informés d'une demande de remplacement. Donc, j'aurais besoin du
consentement de la commission pour que la députée de Sherbrooke puisse, pour
une partie de la séance, remplacer son collègue député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Est-ce que j'ai consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : D'accord.
Merci. Donc, au moment de suspendre, nous en étions à l'article 83. Nous
venions d'en faire... Le ministre venait d'en faire la lecture. Est-ce que nous
avons des interventions sur cet article?
Mme Dufour : Oui.
Le Président (M. St-Louis) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci. On a
jasé, on a échangé beaucoup avec le ministre sur un élément, comme quoi il ne
souhaitait pas créer, <là...
Mme Dufour :
...un
élément, comme quoi il ne souhaitait pas créer, >là, de cas de... de cas
de figure, qu'il... qu'il souhaitait qu'il y ait une prévisibilité. Mais ici,
on est devant un article qui dit : «Le gouvernement peut,
exceptionnellement et sur recommandation du ministre, assujettir — bon — la
procédure prévue dans la présente.» Et là il y a des cas suivant. Et donc, je
voudrais savoir comment le ministre encadre cette procédure d'exception qui est
prévue pour donner de la prévisibilité aux groupes qui... qui peuvent être
touchés par ces cas de figure.
M. Charette : Juste voir. Les
différents cas de figure qui ont été... qui sont cités dans?
Mme Dufour : Oui, exact. Comme,
par exemple, un projet qui implique une technologie nouvelle, si un projet
comporte des enjeux majeurs en matière de changements climatiques. Donc ici, on
dit qu'«il peut exceptionnellement et sur recommandation du ministre». Donc, comment
c'est déterminé, si on y a recours ou pas?
(Consultation)
M. Charette : Bien, j'essaie
de... (panne de son) ...des exemples. Les collègues y étaient, peut-être dans
certains cas oui, certains cas non. Si on se souvient, dans le
mandat 2018, la minière Sayona, je ne sais pas si ça sonne des cloches, c'est
un dossier qu'on a travaillé à l'époque, qui, au départ, n'était pas assujettie,
parce que les quantités qui étaient extraites, le tonnage qu'elle visait
annuellement ne l'assujettissaient pas. Bon. Il y a eu des évaluations de leur
part et, finalement, Sayona a demandé elle-même d'être assujettie pour
permettre un dialogue avec la communauté, pour éventuellement aussi pouvoir
augmenter son tonnage, parce qu'ultimement, la procédure étant complétée, ça
lui donnait cette possibilité-là aussi.
Donc, ça peut arriver dans un cas où
l'assujettissement, selon les fameux seuils dont on a parlé, n'est pas... n'est
pas nécessaire, mais que l'entreprise elle-même le demande. Donc, dans le cas
présent, comme ministère, on donne suite à la demande. Donc, la prévisibilité,
elle est encore présente, étant donné que non, elle n'était pas assujettie,
mais à sa demande, il y a quand même eu une procédure d'évaluation. Donc, c'est...
c'est peut-être un des exemples, là, que je pourrais donner, là, à la question
de la collègue.
Mme Dufour : Mais est-ce
qu'il y a des exemples que ce ne serait pas à la demande de l'entreprise? Parce
que, si on laisse ça à la demande de l'entreprise, c'est quand même
particulier, là.
• (15 h 10) •
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, si l'entreprise elle-même veut mener cet exercice-là de façon
volontaire, ce n'est pas le ministère qui va... qui va l'en empêcher, là. Et ça
ne remet pas en question le principe de prévisibilité qui est défendu.
Sinon, pour ce qui est de la
prévisibilité, ça, c'est quelque chose, là, qu'on a pu discuter, effectivement,
et qui est essentiel, je pense, dans la crédibilité de la procédure
d'évaluation qu'on s'est donnée pour que chacun des acteurs sache à quoi... à
quoi s'en tenir. Mais, si une entreprise nous le demande, naturellement, là, on
s'y... on ne s'y refusera pas.
Mme Dufour : Oui. Non, évidemment,
si une entreprise le demande, il n'y a pas d'enjeu à, disons... à accepter
cette demande. Mais, mon questionnement, c'est : Est-ce qu'il y a des cas
de figure où ce n'est pas une demande de l'entreprise, mais que le ministre
pourrait quand même, de façon exceptionnelle, s'il répond, parce que c'est ce
que ce pouvoir-là donne ici, dans le fond, soumettre, assujettir le projet à la
procédure?
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, un peu comme les articles qu'on a déjà discutés, on peut offrir
une possibilité sans avoir forcément... que ce soit un exemple en tête ou l'intention
d'y recourir, là, de façon générale. Je ne serais pas en mesure de... Le
meilleur exemple, c'est Sayona. Le principe général, c'est celui de la
prévisibilité. Mais, d'avoir cette latitude-là, ce n'est certainement pas une
mauvaise chose.
Mme Dufour : Non. Tout à fait.
Je suis d'accord avec lui. Je pense qu'il aurait pu s'en servir dans le dossier
de Northvolt.
On va continuer avec le changement que
l'article propose. Il y a un paragraphe à la fin : «Nul ne peut
entreprendre un projet assujetti <en...
Mme Dufour :
...fin :
«Nul ne peut entreprendre un projet assujetti >en vertu du présent
article sans suivre la procédure prévue à la présente sous-section et obtenir
une autorisation du gouvernement.» Pourquoi on a eu besoin d'ajouter cet
élément-là, qui... Il me semble, c'est implicite, là, mais...
(Consultation)
M. Charette : Le but, c'était
de, et ça demeure... de s'assurer, là, que c'est... c'est clair pour tout le
monde. C'est une précision. Oui, ça peut sembler évident, mais c'est une
clarification, là, qui semblait pertinente, au niveau légistique, de dire :
Bien, on ne peut pas entreprendre un projet assujetti sans avoir obtenu, là,
les autorisations nécessaires. C'est une précision, une évidence, certains
diront... mais une précision, là, qui a été... qui est jugée nécessaire, là,
d'un point de vue légistique.
Mme Dufour : Mais est-ce que
cette... le fait que ce n'était pas là, ça a causé des enjeux dans le passé?
M. Charette : Non.
Mme Dufour : Non.OK.
Bien, c'est juste que je trouve ça drôle que dans... parfois, on présente des
amendements puis on nous dit : On ne veut pas... On ne veut pas alourdir,
on ne veut pas... c'est comme évident, c'est implicite, et là, on vient ajouter
quelque chose qui est implicite.
Des voix : ...
M. Charette : ...je n'ai pas
pu entendre le dernier commentaire de la collègue.
Mme Dufour : Je disais que je
trouvais ça un peu... Tu sais, il y a eu beaucoup d'échanges sur des
amendements, qu'on nous disait : Bien, c'est implicite, ce n'est pas
nécessaire, ça... c'est déjà... c'est déjà comme prévu de la façon que c'est
rédigé, et ici, on ajoute quelque chose qui, clairement, était prévu dans la
loi, là.
M. Charette : Bien, ça n'a
pas été utilisé comme tel à ce moment-ci. Mais on l'a mentionné ce matin,
c'est... c'est une occasion, un omnibus législatif, de faire un petit peu de
ménage, là, dans... dans la rédaction et dans l'écriture des articles. Donc,
c'est jugé pertinent d'un point de vue légistique.
Mme Dufour : Mais, sans ça,
est-ce que, s'il y avait eu une entreprise ou un initiateur, là, d'un projet
qui aurait entrepris son projet sans suivre la procédure, sans obtenir
l'autorisation du gouvernement, il a eu des sanctions?
M. Charette : On peut y aller
d'un complément d'information sur l'expérience du ministère?
Mme Dufour : Oui.
Mme Gagnon (Mélissa) : ...fait,
bien, il faut rappeler que cet article-là a été ajouté en... à la loi en
2017-2018. Il n'a jamais été utilisé, là, comme... comme... Puis ça se veut un
pouvoir d'exception, donc c'est... c'est correct aussi que ça n'ait jamais été
utilisé, là. C'est un filet de sécurité et non pas une... un ajout. Tu sais, là,
le... les projets assujettis sont clairement établis. Mais, cela étant dit, on
voulait s'assurer que c'était clair qu'un projet qui devenait assujetti en
vertu de cet article-là, que ce soit par décision du gouvernement ou à la
demande de l'initiateur... bien, que c'était clair qu'il avait à suivre les
mêmes étapes que celles établies pour... au cadre habituel. Puis ça venait
aussi sécuriser advenant qu'il y ait une... bon, il y a toujours possibilité
d'un recours, bien, là, à ce moment-là, ça amenait vraiment de la clarté à
l'effet que c'était ce qui était entièrement applicable pour ces cas-là
d'exception.
Mme Dufour : OK. Mais là, on
parle de cas d'exception qui, dans le fond, sans ces cas-là... Prenons
l'exemple de Northvolt, là, qui n'était pas assujettie. Mais, si le ministre
avait décidé, parce que le projet était en deçà des seuils qui avaient été
établis... donc, si le gouvernement ou le ministre avait décidé : Non, on
va quand même les assujettir parce qu'il s'agit d'une technologie nouvelle, par
exemple, bien, là, à ce moment-là, bien, ça va de soi qu'ils n'auraient pas pu
commencer le projet sans avoir les autorisations. En fait, même s'ils ne sont
pas assujettis, il y a quand même des autorisations du gouvernement à
atteindre... à obtenir, pardon.
(Consultation)
M. Charette : ...question de
la collègue est tout à fait pertinente, mais on n'est pas tout à fait dans...
dans le cas de figure, là, qui... qui est présenté. Mais, dans le cas de
Northvolt de façon générale, ce qu'on a pu dire depuis le début, c'est un
projet, et je ne fais pas référence à l'article en particulier, dont <les...
M. Charette :
…je ne
fais pas référence à l'article en particulier, dont >les seuils
n'étaient pas réunis. Et on ne voulait pas créer justement un précédent en
imposant une procédure d'évaluation qui n'était pas prévue à ce stade-là. Mais
on sait qu'aux étapes subséquentes, et c'est encore le cas, si le projet va de
l'avant, aux étapes subséquentes, il y a à tout le moins un BAPE qui est prévu,
possiblement d'autres aussi, selon les activités qui seront proposées par
l'entreprise. Et, dans tous les cas, c'est des autorisations à la pièce selon
les étapes d'avancée du projet, là, qui auraient été ou qui sont requises, là,
selon que le projet va de l'avant ou pas.
Mme Dufour : Oui. Mais, en
fait, je donnais l'exemple, là, mais ce n'était évidemment pas Northvolt, là. Nommons-le
un autre projet, là. Mais je donnais l'exemple où vous aviez… si vous aviez
décidé de l'assujettir. Mon point est qu'ici on dit à la fin... ça dit :
«Nul ne peut entreprendre un projet sans», puis là, j'enlève une certaine
portion, là... mais «sans obtenir une autorisation du gouvernement.» Il me
semble, ça va de soi que, peu importent les projets, si… Tu sais, même
Northvolt, qui n'était pas assujettie selon les seuils qui avaient été établis,
doit quand même obtenir une autorisation du gouvernement.
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
en fait, dans l'ajout qui est proposé, le principe de base, quand on est dans
le régime d'autorisation environnementale, là, au niveau législatif, il y a
toujours une interdiction d'abord qui est précisée puis qui vient avec une
obligation d'aller chercher l'autorisation avant de pouvoir débuter l'activité
visée. Puis cette interdiction-là se retrouve dans tous les articles de…
l'article de départ, finalement, de… associé à un processus d'autorisation
environnementale. Puis cette… Tu sais, cette mention-là spécifique n'était pas
dans cet article-là, qui se veut un article supplémentaire, mais pour viser sur
une base exceptionnelle des projets, ce même principe d'autorisation là. Donc,
c'était vraiment juste un ajout pour être conséquent : aussitôt qu'on a un
article qui mentionne qu'un... quelqu'un qui veut entreprendre une activité
visée doit se prévaloir de l'autorisation avant de débuter. Donc, c'était
vraiment juste un ajout qui se voulait pour être cohérent avec les autres
articles de base, là, en matière d'autorisation. Donc, c'est... c'était
effectivement implicite, mais c'était vraiment juste pour être… Pourquoi ne pas
l'avoir mentionné là alors qu'il l'était, mentionné ailleurs, donc il a
simplement été ajouté dans cet article-là pour... pour fin de cohérence et
concordance.
Mme Dufour : Mais... Mais j'ose
espérer que, s'il y avait eu un projet qui a besoin d'autres autorisations,
mais pas en vertu de ces éléments-là... S'il commence son projet sans obtenir
une autorisation du gouvernement, il y aura des sanctions, là, j'ose espérer?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
Bien, je peux confirmer qu'il y a effectivement des sanctions qui sont prévues.
Mais, tu sais, on pense quand même que l'ajout était pertinent, là, pour...
pour éviter toute confusion ou tout manque de clarté. C'était l'objectif aussi,
à l'ultime, là, tu sais, d'avoir un cadre qui est clair et bien compréhensible,
là. Donc, c'était l'objectif qui était recherché.
• (15 h 20) •
Mme Dufour : D'accord. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Je
cède maintenant la parole à la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Donc, si j'ai
bien compris les réponses que ma collègue a obtenues, ce n'est jamais arrivé
qu'une entreprise qui était assujettie décide d'aller de l'avant sans avoir
obtenu une autorisation. Ce n'est jamais arrivé?
M. Charette : C'est-à-dire,
il y a déjà eu des… et pas en lien avec l'article, là, mais il y a des fois,
c'est arrivé où des promoteurs ont entamé des projets avant que les
autorisations ne viennent, mais ce n'est pas… ce n'est pas en lien avec
l'article en question, là. Mais c'est arrivé dans... dans certains cas où un
promoteur disait ne pas savoir qu'il avait besoin d'une autorisation pour...
pour la réalisation de tels ou tels travaux. Donc, oui, c'est arrivé par... par
le passé.
Mme Labrie : Et donc, il y a
des sanctions qui existent. Même si ce n'était pas écrit tel qu'on propose de
l'amender en ce moment, il y avait déjà des sanctions prévues en cas de
non-respect de ça. C'est quoi, les sanctions?
M. Charette : Bien, le régime
de sanctions est assez bien établi selon la nature des sanctions. On pourrait
redéposer ou déposer, je ne sais pas si on l'a déjà fait dans le cadre de
l'actuel projet de loi, mais c'est facile de déposer le régime de sanctions,
voire les pénalités, là, qui s'appliquent de façon à se conformer à la
réglementation. Mais c'est quelque chose, là, qui est déjà…
Mme Labrie : C'est les...
C'est les mêmes que sur la Loi sur la qualité de l'environnement?
M. Charette : Bon. On a réuni
les… le régime des sanctions. Oui, c'est en vertu de la... de laLQE, <effectivement…
M. Charette :
...de
la... de la LQE, >effectivement.
Mme Labrie : Parce que c'est
assez minimal, de mémoire, les pénalités, quand même, là.
M. Charette : Bien, ça a été
augmenté. Ça a été augmenté à travers le projet de loi n° 101, notamment,
de façon assez subséquente, donc. Mais avec... Bien, en fait, le consentement
n'est pas nécessaire, là, mais on s'assurera de transmettre l'information à la
commission.
Mme Labrie : Puis que se
passe-t-il? Parce que vous me corrigerez, là, si ça a été modifié récemment, la
dernière fois que j'ai regardé ça, ça fait... c'était probablement avant les
dernières modifications. Mais l'approche privilégiée quand même, avant
d'imposer une sanction financière, c'était d'abord le dialogue. La sanction
financière arrivait quand même, je vais dire, de mon point de vue, tardivement,
là, dans le processus, là. Il fallait vraiment quasiment que le ministère
constate une non-collaboration de la part d'une entreprise, par exemple, avant
de décider d'appliquer une sanction financière. Je me souviens d'avoir vu ça
sur certains dossiers. Est-ce que c'est toujours ça, l'approche?
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, il y a des étapes. Mais, à partir du moment où il y a une
infraction qui est... qui est reconnue, l'infraction est sanctionnée avec...
avec le régime qui est prévu à travers la législation et la réglementation. Mais,
le défi par moments, c'est, il y a, comment dire... il y a un... il y a un
éventail de sanctions possibles, tout dépendant la nature de l'infraction. Si
ça va devant les tribunaux, ce n'est pas le ministère qui détermine la
sanction, mais c'est le tribunal, et ça, de façon très franche, tout en gardant
à l'esprit, là, la nécessaire séparation entre le... entre le législatif,
l'exécutif et le judiciaire. Je serai le premier... Je serais le premier à
souhaiter que les sanctions qui sont reconnues par les tribunaux soient plus
élevées, parce que la loi et la réglementation le permettent, mais ce n'est pas
le ministère de l'Environnement qui détermine, selon la sanction,
naturellement, et selon qui, quelle est l'instance qui statue. Bien, moi le
premier, j'aimerais, par moments, que les sanctions soient plus élevées. Mais
la possibilité est là, et les plafonds ont été quand même augmentés, là, de
façon importante au cours des dernières années.
Mme Labrie : Je pose la
question parce que, dans l'exemple que le ministre a donné, qui n'était pas en
vertu de cet article-là, mais, bon, de d'autres articles, il pouvait arriver...
arriver à des entreprises de dire : Ah! bien, je n'étais pas au courant
que je devais faire telle demande, par exemple. C'est ça qu'on voit quand même
de temps en temps. Aux dernières nouvelles, ça... l'application de sanctions
financières n'arrivait pas... C'est-à-dire que du moment qu'on présumait de la
bonne foi de l'acteur concerné, il n'y avait pas de sanction financière, là. Je
veux juste savoir si, dans ce cas-ci, advenant que quelqu'un soit assujetti en
vertu de cet article-là puis qu'il ne le fait pas, est-ce que... est-ce qu'en
plaidant simplement qu'il n'était pas au courant, il va se dispenser d'une
sanction financière ou bien ça va être automatique?
M. Charette : C'est... Ça
dépend de la nature de l'infraction. Je ne peux pas parler de façon générale,
mais il n'y a pas de complaisance, là. Si c'est la question de la collègue, il
n'y a pas de complaisance. Mais, dans une procédure d'enquête, tout dépendant
de la gravité, tout étant... tout dépendant de l'intention que le ministère
peut démontrer, il y a des actions, là, qui sont... qui sont posées. Mais il
n'y a pas de complaisance. On a un régime, là, qui est appliqué, là, au niveau des...
du contrôle, dans un premier temps, et des sanctions, là... Bien, c'est-à-dire,
c'est le régime de contrôle, là, qui... qui s'assure de l'application du régime
de sanctions.
Mme Labrie : Je ne sais pas
si je suis rassurée, parce que le ministre a parlé, tu sais, bon, dépendamment
de l'intention. C'est sûr qu'une entreprise, par exemple, ou des fois, ce n'est
pas une entreprise, des fois, c'est une municipalité, des fois, ça peut être
même un ministère, s'il plaide qu'il n'avait pas l'intention de ne pas
respecter puisqu'il ne le savait pas, donc ça pourrait arriver qu'il ne soit
pas sanctionné. Moi, je voudrais entendre qu'il y aura sanction.
M. Charette : Bien, ça dépend
du... ou de la... de l'infraction qui est... qui est soulevée. Et, si c'est au
pénal, si on doit monter une preuve, il faut pouvoir avoir une preuve solide
aussi. Et c'est là où, de façon générale, je ne peux pas dire : Oui, non
et combien. Ça dépend du... de l'infraction, ça dépend... ça dépend de la
faute, là, qui est... qui est commise. Moi, ce que je dis de façon générale, on
a un régime de sanctions qui est appuyé par le contrôle au ministère. Il n'y a
pas de complaisance. Donc, les promoteurs, quels qu'ils soient, qui ne se
conforment pas à la réglementation et à la législation, font face aux
conséquences, là, de leurs gestes.
Mme Labrie : Puis puisque,
donc, ça dépend de la capacité du ministère à faire la preuve que l'entreprise
savait qu'elle devait se conformer, par exemple, c'est quoi, les moyens qui
sont déployés pour informer les entreprises ou tout... tout porteur <de...
Mme Labrie :
...informer
les entreprises ou tout... tout porteur >de projet, finalement, de leurs...
de leurs obligations ou de ce à quoi ils sont assujettis?
M. Charette : On a reçu,
notamment pendant les consultations, un organisme qui s'appelle le Conseil du
patronat en environnement du Québec. C'est un de leurs mandats, d'informer
leurs... leurs membres lorsqu'il y a des changements réglementaires, lorsqu'il
y a des changements législatifs. Donc, il y a des réseaux qui... qui informent
les différentes parties prenantes, mais également, les grandes entreprises ont
chacune des équipes, là, qui... qui s'assurent de la conformité, en quelque
sorte, à... en... en conformité à l'égard de la réglementation, la conformité à
l'égard de la... de la législation. Et les municipalités ont aussi leurs
fédérations. On a reçu les deux principales, FQM, UMQ. Donc, il y a des réseaux
de transmission, et le ministère est très proactif au niveau de ces réseaux-là.
Régulièrement, on va rencontrer les représentants UMQ, FQM, Conseil du patronat
en environnement et toutes les instances qui peuvent être concernées par un
changement législatif. On avait les constructeurs et les concessionnaires automobiles.
Ils sont aussi rencontrés régulièrement pour qu'ils puissent être au fait de la
législation québécoise.
Donc, le ministère a un rôle important à
jouer, qu'il assume, et les fédérations de toutes sortes, là, sont aussi très
proactives auprès de leurs membres pour s'assurer, là, qu'elles soient
informées des... de leurs obligations réglementaires et législatives.
Mme Labrie : C'est surtout de
manière indirecte que l'information est transmise?
M. Charette : Bien, c'est...
c'est-à-dire, il y a un principe au niveau légal qui dit : Nul ne peut
ignorer la loi, donc c'est le devoir des parties prenantes de s'informer. Mais,
en même temps, on est proactifs pour transmettre l'information. Mais il n'y a
personne qui peut avoir comme seule défense de dire : Je ne le savais pas,
là. C'est...
Mme Labrie : OK. Ce ne serait
pas suffisant, là?
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, c'est un principe légal de dire : Nul ne peut ignorer la
loi. On est censés, réputés, connaître nos obligations. Et donc, les
promoteurs, généralement, là, agissent... agissent en conséquence.
Mme Labrie : Ça fait que ce
ne serait pas un argument qui, tout seul, serait suffisant pour justifier de ne
pas appliquer de sanctions financières?
M. Charette : Non, effectivement,
ce n'est pas... ce n'est pas une base juridique pour échapper à des
obligations.
Mme Labrie : C'est bon.
Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Merci, M. le ministre. Y a-t-il d'autres interventions à
l'article 83? Comme il n'y en a pas, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'article 83 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Nous allons poursuivre avec l'article 84. M. le ministre.
• (15 h 30) •
M. Charette : Merci, M. le
Président. Et là la... Vous me direz comment procéder. Il y a plusieurs volets
à l'article. Est-ce que l'on... Est-ce qu'on les traite simultanément? Un à la
fois? Est-ce que je les lis tous d'un coup?
Des voix : ...
M. Charette : Est-ce que, M.
le Président, je les... je lis l'article?
Le Président (M. St-Louis) : Bien,
moi, je serais... je serais porté à vous dire... Mais je veux juste m'assurer
qu'avec le consentement des collègues... que tout le monde est sur la même page
et la même procédure. Moi, je...
Mme Dufour : ...je dirais,
l'enjeu que nous aurions à les faire séparément, c'est qu'il y a des
commentaires qui... qui visent comme l'ensemble.
Le Président (M. St-Louis) : L'ensemble,
donc.
Mme Dufour : C'est
difficile de départager quelle portion de l'article ça concerne.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
mon... mon intuition étant la bonne, je vous... je vous demanderais d'en faire
la lecture complète et entière.
M. Charette : Parfait. Et je
voulais m'assurer que c'était la... à la convenance de tous.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
M. Charette : Donc : 84.
Les articles 31.2 à 31.3.4 de cette loi sont remplacés par les suivants :
«31.2. L'initiateur d'un projet visé à
l'un des articles 31.1 ou 31.1.1 doit déposer un avis d'intention au
ministre qui contient :
«1° une présentation de la nature générale
du projet;
«2° la nature, la portée et l'étendue
envisagées de l'étude d'impact sur l'environnement à réaliser ainsi que les
enjeux potentiels qui seront pris en compte pour l'élaboration du projet;
«3° tout autre document ou renseignement
prévu par règlement du gouvernement.
«Lorsqu'il dépose son avis d'intention au
ministre, l'initiateur du projet doit également en transmettre une copie à la
municipalité sur le territoire de...
15 h 30 (version révisée)
M. Charette : ...également
en transmettre une copie à la municipalité sur le territoire de laquelle le
projet serait réalisé.
«31.3. Dans le délai déterminé par
règlement du gouvernement, le ministre demande au Bureau d'annoncer le début de
l'évaluation environnementale et d'organiser une période d'information sur
l'avis d'intention prévu au premier alinéa de l'article 31.2 afin de
recueillir les préoccupations du public susceptibles de devenir des enjeux à
évaluer ainsi que les observations du public sur la nature, la portée et
l'étendue envisagées de l'étude d'impact sur l'environnement.
«Dans les plus brefs délais, le ministre
publie au registre des évaluations environnementales l'avis d'intention et sa
demande au Bureau.
«31.3.1. Dans le délai déterminé par
règlement du gouvernement, le Bureau transmet au ministre un compte rendu de la
période d'information incluant notamment un résumé des observations et des
préoccupations soulevées par le public et identifiant celles dont la pertinence
justifie qu'elles soient prises en compte dans l'étude d'impact sur
l'environnement.
«Dans les 15 jours de sa réception,
le ministre publie le compte rendu au registre des évaluations
environnementales.
«31.3.2. Dans le délai déterminé par
règlement du gouvernement, le ministre transmet à l'initiateur du projet une
directive qui détermine la nature, la portée et l'étendue de l'étude d'impact
sur l'environnement que celui-ci doit réaliser ainsi que le délai dans lequel
elle doit être transmise au ministre. Le cas échéant, elle doit tenir compte de
toute évaluation environnementale stratégique effectuée en application du
chapitre V dans le cadre de l'élaboration du programme duquel découle le
projet ou de toute décision rendue à la suite d'une évaluation environnementale
sectorielle ou régionale effectuée en application de la sous-section 5. La
directive est accompagnée du résumé des observations et des préoccupations
identifiées par le Bureau.
«Dans les plus brefs délais, le ministre
publie la directive au registre des évaluations environnementales.
«31.3.3. Le défaut de l'initiateur du
projet de transmettre l'étude d'impact sur l'environnement dans le délai prévu
par la directive du ministre met fin à la procédure prévue à la présente
sous-section. La personne qui a encore l'intention d'entreprendre le projet
doit déposer un nouvel avis d'intention conformément à l'article 31.2.
«31.3.4. L'initiateur du projet doit
transmettre au ministre, avec l'étude d'impact sur l'environnement, une
attestation que son contenu est conforme à la directive du ministre et aux
exigences prévues par règlement du gouvernement et que le résumé des
observations et des préoccupations identifiées par le Bureau a été pris en
compte.
«Lorsqu'il juge l'étude d'impact
admissible, le ministre publie l'étude d'impact et l'attestation de
l'initiateur du projet au registre des évaluations environnementales.»
J'ai la voix qui fait défaut.
«Dans le délai déterminé par règlement du
gouvernement suivant la publication, le ministre demande au Bureau d'organiser
une période d'information sur le projet, tel qu'il est présenté dans l'étude
d'impact, afin de permettre au public de formuler des commentaires, de soulever
des préoccupations et de poser des questions tout en lui donnant l'opportunité
d'obtenir des réponses de l'initiateur du projet.
«31.3.4.1. Dans le délai déterminé par
règlement du gouvernement, le Bureau transmet au ministre un compte rendu de la
période d'information incluant notamment un résumé des observations et des
préoccupations soulevées par le public ainsi que les renseignements
complémentaires fournis par l'initiateur du projet en réponse à celles-ci, le
cas échéant.
«Dans les 15 jours de sa réception,
le ministre publie le compte rendu au registre des évaluations
environnementales.»
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Avant de poursuivre, j'aurais besoin du consentement
de la commission pour que le député d'Hochelaga-Maisonneuve puisse remplacer la
députée de Sherbrooke, qui le remplaçait, qu'il a remplacée au départ... le
député de Taschereau, bon... Pas sûr si... Je pense que tout le monde a
compris. Donc, est-ce que nous avons consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci beaucoup.
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
Parfait, merci. Donc, suite à la lecture de l'article 84, est-ce qu'il
y a des interventions? Mme la députée.
Mme Dufour : Bien, en
fait, c'est un très gros article qui a généré énormément de <commentaires...
Le Président (M. St-Louis) :
...des interventions? Mme la députée.
Mme Dufour :
Bien, en fait, c'est un très gros article qui a généré énormément de >commentaires
dans les différents mémoires. Donc, je vais peut-être commencer de façon plus
générale, à savoir est-ce qu'il y a des éléments dans les mémoires que les
équipes du gouvernement ont retenus et ont l'intention de répondre? Parce qu'il
y a eu vraiment plusieurs commentaires et plusieurs enjeux qui ont été
soulevés.
M. Charette : ...ouverte,
et pour laquelle ce serait difficile de répondre. Naturellement, ce qu'on a eu l'occasion
de mentionner, avec la préparation du projet de loi il y a déjà eu beaucoup de
travail en amont de réalisé. Par la suite, au gré des consultations, il y a eu
des ajustements de faits. On a constaté, là, depuis le départ, là, qu'il y a un
certain nombre d'amendements qui est proposé, mais le travail préalable, là,
qui a été fait, constitue la base, là, mais, si la collègue a des questions
spécifiques, ce sera... ce sera un plaisir, là, d'y répondre.
Mme Dufour : Donc, je
comprends qu'il n'y a aucun amendement qui a été prévu ou ajustement à cet
article qui a été...
M. Charette : Au 84
comme tel, on est avec l'article original, là, qui avait été présenté avec le
projet de loi.
Mme Dufour : OK,
d'accord, parce que quand ça soulève autant de commentaires, c'est qu'il semble
y avoir des enjeux. Je vais y aller avec quelque chose de plus... de plus léger
pour commencer. Et ça survole, là, plusieurs portions de l'article 84.
À certains moments, on précise dans quel
délai le ministre doit publier certains éléments, là, dans le registre des
évaluations environnementales. Et, dans d'autres moments, on parle de «dans les
plus brefs délais». Donc, tiens, un exemple, je vais au début... C'est où que je
l'ai vu, le «15 jours»? Voilà. Donc, dans le 31.3.1, on parle de «dans les
15 jours de sa réception», mais dans le 31.2.3, on parle «dans les plus
brefs délais». On est toujours dans «le ministre publie la directive» ou le...
publie quelque chose, là, au registre d'évaluation environnementale. Idem pour
le 31.3, on est «dans les plus brefs délais». Donc, pourquoi on est moins
précis et plus précis dans certains cas?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, je vais... Il y a de nombreux délais, certains sont prévus directement
dans les articles, certains sont prévus... à être prévus par règlement.
Normalement, quand c'est écrit «dans les plus brefs délais», c'est déjà le cas
aussi actuellement, là, c'est une terminologie qu'on retrouve dans la loi et
dans le règlement déjà actuellement, puis on s'entend que, dans les plus brefs
délais, généralement, c'est qu'on est... on est à l'intérieur d'un délai, même,
de 15 jours, là. Donc, ce serait... On parle de quelques journées
habituellement.
• (15 h 40) •
Mme Dufour : Mais, dans
ce cas-là, si on sait que c'est toujours quand même très court, pourquoi on ne
précise pas un délai? Pourquoi ne pas simplifier ça en mettant «dans les 15 jours»
partout pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté dans la perception de qu'est-ce qui
est des brefs... un bref délai?
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
en fait... Bien, je peux peut-être... Pour avoir travaillé, puis je ne suis pas...
je ne suis pas légiste, là, donc il y a peut-être une partie juridique, mais
certainement quand on est capables... Tu sais, l'objectif, c'est de donner une
certaine prévisibilité. C'est aussi, là, de ne pas... de quand même essayer de
ne pas avoir des délais à chaque action non plus. Donc, généralement, quand
c'est une question de journée, je comprends que c'est la terminologie qui est
utilisée. Puis autrement, bien, si on est capables de mettre un délai maximum
qu'on souhaite assurer de respecter, en fait, là, bien, le délai va être établi
par la loi ou sinon par règlement.
Mme Dufour : OK. Mais on
comprend que... Ce que je comprends, c'est que ça aurait pu être précisé.
Est-ce que c'est... En fait, ce n'est pas de l'héritage, là, parce qu'ici c'est
des nouveaux articles, donc c'est vraiment que ça a été un choix conscient de
dire que, dans certains cas, on mettait... on mettait un délai précis puis,
dans d'autres, on n'en mettait pas.
Les requérants, eux, doivent respecter des
délais quand même précis, qui d'ailleurs vont être établis par règlement de ce
qu'on comprend dans le projet de loi, donc pourquoi ne pas se donner, au
ministère, le même, disons, la même obligation de respecter certains délais?
M. Charette : Je
comprends la question de la collègue, mais dans certains cas, c'est <difficile...
Mme Dufour :
...disons,
la même obligation de respecter certains délais?
M. Charette : Je
comprends la question de la collègue, mais dans certains cas, c'est >difficile
de fixer. Souvent, on va... On va préciser un délai pour un temps de réponse
pour un appel ou autre, mais sinon c'est dans les plus brefs délais. Ça dépend
de la circonstance. On ne pourrait pas, de façon systématique, dire c'est
15 jours ou c'est 30, parce qu'on a du 30 aussi, là. Dans l'article
actuellement étudié, on fait davantage référence à 15 par rapport aux attendus
de l'article en question, mais dans certains cas, c'est... c'est impossible de
dire si c'est 15 ou c'est 30 parce qu'il peut y avoir aussi des échanges avec...
avec le ministère, là, pour s'assurer que la bonne information est transmise.
Donc, c'est d'usage, ça fait plusieurs lois que l'on travaille, avec plusieurs
articles, où quand c'est possible, l'échéancier précis est mentionné, sinon on
va y aller d'une formule plus générale.
Mme Dufour : Oui, en
fait, les 30 jours, là, je vous avoue que je ne les ai pas vus dans le cas
plus précis que je mentionnais, qui était l'obligation du ministre de publier
certains éléments dans le registre des évaluations environnementales.
M. Charette : Tout à
l'heure, quand je disais 30 jours, ce n'était pas dans ce cas précis.
Mme Dufour : C'est ça.
M. Charette : Je parle de
d'autres articles dans d'autres lois où c'est 30 jours que l'on... que
l'on a comme référence, que ce soit un droit d'appel ou... Donc, la durée n'est
pas la même dans toutes les circonstances.
Mme Dufour : Non mais...
Non, et ce n'était pas mon point non plus, je parlais spécifiquement des
informations qui sont mises au registre des évaluations environnementales.
Donc, les cas que j'ai donnés tout à l'heure, ce n'était que ça, et, je
regarde, il n'y a que «15 jours» ou «dans les plus brefs délais», là, qui
sont utilisés pour ça. Et je peux imaginer, là, que dans les faits, c'est quand
même... ça ne prend pas trop de temps au ministre pour verser des éléments dans
le registre des évaluations environnementales, autrement il n'y aurait pas à
deux reprises qu'on précise que c'est 15 jours, là, les délais maximaux,
là.
Ça fait qu'on peut... En fait, ça
semble... En fait, de ce que je comprends des échanges, le «dans les plus brefs
délais» semble... semble être plus court que 15 jours, donc de le mettre «15 jours»,
ce ne serait pas problématique, là. C'est ce que je comprends.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
Bien, effectivement, en fait, je peux confirmer que c'est généralement la
terminologie qui va être utilisée quand on s'attend à ce que ce soit
immédiatement. Donc, c'est sûr qu'«immédiatement», ça ne serait pas
nécessairement réaliste, mais on est en dessous de 15 jours, généralement.
Ça fait que le «15 jours», c'est plutôt un délai qui va être... Exemple,
on reçoit un document du BAPE, bien là, on a 15 jours pour le recevoir et
le verser au registre. Mais, dans les documents qui sont versés par un
initiateur, exemple, on doit minimalement juste s'assurer qu'il n'y ait pas
d'informations nominatives, et tout ça. Ça fait que c'est vraiment juste,
généralement, quelques jours qui sont requis, puis dès que possible c'est versé
au registre.
Ça fait que c'est vraiment pour illustrer
l'intention que ce soit fait immédiatement dans la mesure du possible, où
est-ce qu'il y a quand même un minimum d'actions pour s'assurer, là, que le
tout est conforme puis qu'il n'y a pas, comme je le disais, exemple,
d'informations nominatives. Ça fait que ça remplace le «immédiatement», mais qui
n'est pas tout à fait... qui donne une petite marge de manœuvre, finalement, mais
on comprend que c'est inférieur à 15 jours lorsque c'est utilisé.
Mme Dufour : Oui, on le
comprend parce qu'on est en train de le lire et on en parle, mais pour des
requérants ou peut-être même des nouveaux employés, ça ne veut pas dire que
c'est... «dans les plus brefs délais» veut dire moins de 15 jours.
D'ailleurs, dans d'autres projets de loi, «dans les plus brefs délais»,
c'étaient des périodes plus longues que ça, là, qu'on parlait. Donc, est-ce
que... est-ce que ça coûterait cher de venir le préciser?
M. Charette : ...besoin,
là, de notre côté, compte tenu que c'est une terminologie, là, qui est
employée, là, dans les textes de loi sur lesquels on travaille.
Mme Dufour : OK. Je vais
préciser que c'était dans le mémoire, celui-là plus précisément, là, dans le
centre... le Centre québécois du droit de l'environnement, là, qu'ils avaient...
qu'ils avaient mentionné ça. Et ce sont des... c'est ça, des gens quand même qui
sont habitués, là, d'amener... de tester la loi dans les tribunaux. Donc, ce
qu'ils disent, dans le fond, c'est qu'il y a... C'est ça, ça pourrait amener en
fait une... comment dire... Ce qu'ils nous disent de... Ils nous recommandent
d'inclure automatiquement un délai de publication <fixe...
Mme Dufour :
...Ce
qu'ils nous disent de... Ils nous recommandent d'inclure automatiquement un
délai de publication >fixe pour faciliter l'accès à l'information
environnementale pour la population. C'est pour éviter que, pour certaines
informations, on décide finalement de tarder, et comme c'est écrit «dans les
plus brefs délais», bien, ça laisse beaucoup d'interprétation, qu'est‑ce que ça
veut dire.
M. Charette : En même
temps, à partir du moment où on a quelques... On dit «dans les plus brefs
délais», généralement, c'est dans les jours qui suivent. Mais si on a un cas
particulier qui ne peut pas se conformer aux quelques jours qui suivent et
qu'il est en défaut, donc s'expose à une sanction, c'est là où on ne veut pas
se limiter à un cadre qui soit trop... qui soit trop contraignant. On est à
quelques jours ou dans les plus brefs délais, sinon c'est précisé de façon plus
formelle, là. Que ce soit un 15 jours ou un 30 jours, il n'y en a pas
dans l'article que j'ai lu un petit peu plus tôt, là, mais dans d'autres circonstances,
dans la loi ou dans les lois en environnement, on a des 30 jours à
l'occasion.
Mme Dufour : Juste pour
précision, ici, on ne parle pas de délais imposés à des requérants, là, c'est
du moment que le ministre reçoit ou le ministère reçoit un document, le délai
pour le verser vers le registre des évaluations environnementales...
M. Charette : Effectivement.
Mme Dufour : ...donc, il
n'y a pas de moment où ça pourrait prendre... tu sais, il pourrait y avoir un
retard parce que c'est du moment de la réception, donc c'est sûr que s'il n'a
rien reçu, il n'a pas à respecter...
M. Charette : Dans cette
circonstance-là, effectivement, je donne raison à la collègue. Mais ce que je
disais tout à l'heure aussi, par moment, il y a un rapport ou il y a un dossier
qui peut être... nous être transmis, mais, s'il y a une validation qui doit
être faite, c'est là où il peut y avoir un délai de quelques jours. S'il y a
des échanges qui sont nécessaires avec l'instance qui a transmis la
documentation ou le document en question, c'est là où ça peut ne pas être
instantané ou aussi rapidement qu'on le souhaiterait.
Mme Dufour : Je vais, M.
le Président, déposer un amendement sur ça, mais pour ne pas retarder la
commission, là, je vais... je vais laisser la parole. Je pense que le collègue
a déjà déposé un amendement de son côté aussi, donc, s'il est d'accord.
Le Président (M. St-Louis) :
Je cède la parole. M. le député.
M. Leduc : Oui, merci.
Peut-être avant d'aller sur l'amendement, on peut aller sur... un peu
verbalement. Le 31.2, juste pour être clair, peut‑être, en matière de
procédure, M. le Président, mais je comprends que c'est le même article, mais...
Parce qu'on va les traiter un à la suite de l'autre, là.
Le Président (M. St-Louis) :
Vous voulez dire au niveau de l'adoption?
M. Leduc : Oui.
Le Président (M. St-Louis) :
L'adoption va se faire uniquement. C'est l'article 84 qui est à
l'étude, non pas chaque alinéa.
M. Leduc : Mais on ne va
pas, mettons, fermer 31.2, après ça, aller à un prochain? Tout va être ouvert
en permanence?
Le Président (M. St-Louis) :
Exactement.
• (15 h 50) •
M. Leduc : Bon. OK.
Parfait. 31.2, alors. Moi, j'aimerais comprendre... Là on bouge un peu sur la
manière d'initier, dans le fond, les demandes d'autorisation. Quand le
ministère reçoit une demande d'autorisation, peu importe, là, de qui
exactement, là, mais quelle est sa marge de manœuvre pour envoyer un document à
une organisation, à un demandeur qui aurait mal fait ses devoirs? Est-ce que,
quand vous recevez une demande par un initiateur — c'est le terme
qu'on utilise dans le projet de loi — est-ce qu'elle est
automatiquement... elle rentre tout de suite dans la machine à saucisses, puis
voilà, on la traite, ou il y a comme un premier regard qui est fait par les
fonctionnaires, par le ministère, qui puissent dire : Oui, votre demande,
il manque x, y trucs, puis vous le renvoyez tout de suite? Est-ce qu'il y a
comme un premier tri, finalement?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, pour présenter un peu, là on est dans le cadre de la procédure
d'évaluation environnementale. Ça fait que, tu sais, si on parle de demande
d'autorisation, ça peut être de différents ordres, là, on a déjà eu... On a
déjà discuté des autorisations ministérielles, on a parlé, entre autres, de
recevabilité, là, ça fait qu'il y a des principes... Il y a des processus qui
existent pour cette mécanique-là.
Là, on est dans le cadre de la procédure
d'évaluation environnementale, ça fait que là, en ce moment, dans la procédure,
il y a... il y a des... il y a une mécanique qui est établie, mais, dans le...
avec le projet de loi, on vient ajouter des éléments pour justement favoriser, de
un, clarifier les attentes sur ce qui est attendu par l'initiateur, donc que ce
soit au niveau du dépôt de son avis de projet, là, les sections qu'on regarde
en ce moment, éventuellement, sur l'étude d'impact.
Donc, il y a beaucoup d'éléments qui sont
ajoutés pour clarifier les attentes, puis en contrepartie, s'assurer qu'on est
capables de valider rapidement que l'ensemble des éléments attendus sont
présents pour justement éviter de débuter une analyse puis de solliciter...
Surtout dans le cadre de la <procédure...
Mme Gagnon (Mélissa) :
...justement
éviter de débuter une analyse puis de solliciter... Surtout dans le cadre de la
>procédure, il y a beaucoup d'intervenants qui participent, donc pour
éviter de solliciter les intervenants sur des documents incomplets.
Donc, je dirais qu'il y a déjà une
certaine mécanique, mais on vient vraiment la renforcer avec... avec les
propositions du projet de loi, mais d'abord en précisant davantage c'est quoi,
les attentes, donc avoir des attentes beaucoup plus claires, pour faciliter des
mécaniques, justement, de contrôle : Est-ce que j'ai tout ce que ça...
tout ce qui est attendu? Puis ces éléments-là, bien, sont précisés à travers
différents outils, dont la directive, et parfois par règlement.
M. Leduc : Je reformule peut-être
ma question. Merci pour les explications, mais est-ce qu'il peut y avoir une
forme d'aller-retour entre les gens qui reçoivent les demandes et l'initiateur,
avant que ça rentre dans la machine, pour être sûr que c'est... Parce que je
comprends que là on précise les attentes, d'accord, mais d'un coup que la... Tu
sais, malgré qu'on le précise, dans la vie, des fois, si ça fonctionnait comme
ça parfaitement, on le saurait. Mais est-ce qu'il y a... Est-ce qu'il y a une
forme d'échange que là, finalement, woups, on envoie une version 1.2,
finalement, avant de l'envoyer dans la machine?
M. Charette : ...deux
choses. Souvent, un promoteur ou un initiateur va communiquer avec le ministère
avant même de déposer un projet pour savoir quelles sont ses obligations, pour
savoir à quoi s'attendre. Donc, il y a des échanges qui peuvent avoir cours
avant même qu'il y ait un dépôt de projet, et lorsqu'il y a un dépôt de projet,
il y a aussi un jeu de questions-réponses qui s'en suit. Le promoteur n'a pas
une chance, et ça s'arrête là, là.
M. Leduc : Bien sûr.
M. Charette : Donc, il y
a un projet qui est présenté, le ministère, selon son évaluation, peut juger
que ça répond à toutes les questions nécessaires pour octroyer ou refuser
l'autorisation, mais souvent, il y a un jeu de questions-réponses qui peut
d'ailleurs sembler lourd pour certains projets, pour certains promoteurs, mais
en même temps, c'est pour nous l'occasion de s'assurer que c'est en conformité
avec notre réglementation et que l'autorisation peut... peut être donnée. Donc,
des échanges préalables possibles et ensuite un jeu de questions‑réponses avec
les promoteurs, là, pour s'assurer, là, que tout est conforme.
Mais ce qu'on mentionnait ce matin, et
c'est le secret, plus le promoteur est prêt, meilleures seront, un, les chances
de succès, mais surtout plus courts seront les délais de réponse. Ça fait toute
la différence. On a des projets qui nous arrivent et qui ne sont pas encore
peaufinés par le promoteur, donc, dans ce cas-là, il y a naturellement plus de
questions, là, qui surviennent de la part du ministère. Mais plus le projet est
bien ficelé, plus les délais d'analyse et de réponse sont... sont rapides.
M. Leduc : Je suis
content et je comprends que... d'entendre... Donc, je suis content d'entendre
qu'il y a une forme d'échanges informels. Nécessairement, le but, ce n'est pas
de nuire aux gens, là, avec les fonctionnaires de l'État québécois, mais est-ce
que ces échanges-là informels ont lieu plus souvent qu'autrement avant le dépôt
de la demande de l'initiateur ou ça peut aussi avoir lieu postdépôt et mener à
un ajustement du dépôt, si je peux l'appeler ainsi?
M. Charette : Le
promoteur... Bien, c'est-à-dire, je ne serais pas en mesure d'établir de ratio.
Naturellement, plus le projet est majeur, plus les attendus seront nombreux,
plus le promoteur aura à fournir des réponses, mais je ne serais pas en mesure
d'établir un ratio, là, mais, dans les deux cas, le ministère se veut
accompagnateur. C'est un des mandats qu'on s'est donnés, d'accompagner le
promoteur, quel qu'il soit, parce qu'on parle souvent de promoteurs pensant que
c'est... ce sont des entreprises privées, mais les municipalités déposent
énormément de projets d'autorisation aussi.
Et c'est là où l'accompagnement est un
gage de succès pour s'assurer que le promoteur ait sa réponse le plus
rapidement possible, et naturellement, on va souhaiter que la réponse soit...
soit favorable pour la réalisation des projets. Mais, dans certains cas, des
projets ne se qualifient pas malgré l'accompagnement, ou dans certains cas, les
délais de traitement sont beaucoup plus longs parce que les projets sont
beaucoup... beaucoup plus complexes, et le promoteur doit fournir des
explications qui vont nécessiter de sa part des analyses, des études, et, oui,
il y a des délais, là, qui peuvent s'ajouter dans ces circonstances-là.
M. Leduc : Et ces
échanges-là informels — comment je pourrais dire ça? — est-ce
qu'il y a une forme de... pas une formation, mais des lignes directives ou des <guides...
M. Leduc :
...
est-ce
qu'il y a une forme de... pas une formation, mais des lignes directives ou des
>guides? C'est les fonctionnaires du ministère qui sont, en quelque
part, au service des initiateurs, peu importe, comme on le disait tantôt,
privé, ou municipal, ou autre, mais ils sont là pour que ça fonctionne, dans le
fond.
M. Charette : Bien, c'est-à-dire,
pas que ça fonctionne à tout prix...
M. Leduc : On s'entend,
on s'entend.
M. Charette : ...au détriment
de la réglementation, mais que le promoteur ait l'heure juste le plus
rapidement possible. Je sais que certains s'étaient offusqués, il y a quelques
années, là, lorsqu'on avait parlé de service à la clientèle, pas dans une
perspective de, on aide un client corporatif au détriment de notre
réglementation, c'est toujours en respect de notre réglementation, mais on peut
parler — c'est une expression je n'ai pas de mal à employer — le
meilleur service à la clientèle possible pour que le promoteur, l'initiateur
ait l'heure juste, à savoir est-ce que ça vaut la peine ou pas de déposer un
projet. S'il sait, si on peut lui dire dès le départ qu'un projet tel que pensé
n'a aucune chance d'être accepté, on ne le fera pas travailler inutilement
là-dessus. Donc, c'est important qu'il ait l'heure juste. Et, par la suite, c'est
un accompagnement qui va l'aider à obtenir son autorisation si le projet se
qualifie, naturellement.
M. Leduc : Parce que si
le projet est mauvais ou ne rencontre pas — on peut le dire en termes
plus polis — mais ne rencontre pas les exigences de la loi, c'est
plus tard dans le processus que ça va se... ça va être révélé par le processus,
dans le fond. Ce n'est pas au moment informel que les fonctionnaires vont dire :
Oui, ton projet, il n'a pas de chance de fonctionner, ça fait que tu es mieux
de ne même pas le déposer. Ce n'est pas ce genre d'échange là qu'on va avoir,
là.
M. Charette : C'est
difficile de faire le lien, là, avec cet article-là, parce que c'est une loi qu'on
a abordée, là, dans des articles précédents, mais on parlait de milieux humides
la semaine dernière, on disait : Sur papier, il y a un très, très haut
taux de projets déposés qui sont acceptés. Je dis, sur papier, oui, et c'est le
cas, mais dans les faits, ce que cette statistique-là ne démontre pas, c'est le
nombre de projets qui n'ont tout simplement pas été déposés officiellement
parce que les promoteurs ont constaté que leur projet n'était pas conforme avec...
avec la réglementation. Donc, dans certains cas, il y a des projets qui ne sont
pas déposés parce que non conformes à la réglementation.
Et si cette information-là peut être
transmise le plus rapidement possible au promoteur, nous... Je veux dire, on ne
veut pas faire travailler les gens inutilement, autant chez le promoteur, qu'au
ministère, on a des ressources, là, qui peuvent servir à meilleur escient que
de travailler sur un projet que l'on sait non admissible dès le départ. Donc,
si cette information-là peut être transmise rapidement en fonction des
informations que l'on a, autant le promoteur, que le ministère est gagnant.
• (16 heures) •
M. Leduc : Parfait.
Merci pour les explications. Toujours sur 31.2, j'ai un amendement en banque,
mais on peut peut-être voir si, à l'amiable, on pourra le rajouter, là. À la
fin, là, du dernier alinéa, dans le fond : «Lorsqu'il dépose son avis d'intention
au ministre, l'initiateur du projet doit également en transmettre une copie à
la municipalité», mais le... Est-ce qu'on ne devrait pas plutôt élargir? Dans
la réalité, j'imagine, ce n'est pas juste la municipalité, c'est également la
MRC puis la communauté autochtone potentiellement. Parce que vous nommez juste
«municipalité», mais dans les différents acteurs... Ah! Bien, vous le mettez à
l'écran tout de suite, oui, pas de problème.
La Présidente (Mme Blouin) :
...lire l'amendement...
M. Leduc : Ah! Bien, OK,
on y va!
La Présidente (Mme Blouin) :
...il est déjà disponible sur Greffier puis à l'écran aussi.
M. Leduc : On y va!
Modifier l'article 31.2 de la loi, remplacé par l'article 84 du
projet de loi, par l'ajout... Ah! Ce n'est pas le bon, par exemple.
Une voix : ...
M. Leduc : C'est ça. Bien,
je vais juste... C'est juste le premier... On laisse faire... On laisse faire
le deuxième alinéa finalement. Ça fait que je peux juste lire...
Des voix : ...
M. Leduc : Non, c'est
l'ancienne. Mais je peux juste lire le premier alinéa, parce que le deuxième,
on laisse tomber, là, ça va revenir au même.
La Présidente (Mme Blouin) :
On va suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 01)
16 h (version révisée)
(Reprise à 16 h 03)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
la commission reprend maintenant ses travaux. Au moment de la suspension, je
crois que l'amendement qui avait été mis à l'écran n'était pas le bon, nous
avons maintenant le bon amendement. Donc, M. le député, je vous demanderais d'en
faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Leduc : Bien sûr. Merci, M.
le Président. Modifier l'article 31.2 de la loi, remplacé par l'article 84
du projet de loi, par l'ajout, au deuxième alinéa, après les mots «à la municipalité»,
des mots «, à la communauté autochtone ainsi que la municipalité régionale de
comté».
Donc, c'est pour avoir une approche un peu
plus large et inclusive. Puis là j'aimerais ça entendre le ministre sur cette
logique.
M. Charette : Le principe se
défend tout à fait, puis, bon, fidèle à ce que l'on a pris comme habitude, déjà
mentionner qu'on ne pourra pas accepter l'amendement, mais le justifier, ce
refus, de façon assez simple. Les municipalités vont toujours préférer, et ça,
c'est un discours que l'on entend beaucoup des maires et mairesses, dire :
Nous sommes votre premier interlocuteur plutôt que la MRC. Donc, c'est la
raison pour laquelle on se réfère, d'abord et avant tout, aux municipalités.
Concernant les communautés autochtones, dès
qu'il y a un projet qui est susceptible de toucher une communauté autochtone, nous,
nous sommes en lien avec le Secrétariat aux relations avec les Premières
Nations, et c'est le secrétariat, là, qui fait l'évaluation, à savoir quel est
le territoire qui est concerné, parce qu'une communauté… en fait, un projet
doit être associé à un territoire et ce territoire-là, il est… il est reconnu à
quelle communauté. Donc, c'est une évaluation qui est faite par un autre
ministère, mais, de notre côté, c'est une obligation constitutionnelle de
consultation… de consulter lorsqu'il y a un projet qui touche spécifiquement
une communauté autochtone. Donc, c'est déjà dans nos obligations constitutionnelles
de le faire.
Donc, c'est la raison pour laquelle, là, pour
les deux volets, là, qui sont proposés, on est à l'aise à retenir plutôt le
libellé, là, qui est… qui est à l'étude présentement. Mais rassurer le
collègue, les municipalités sont systématiquement consultées et les communautés
autochtones le sont lorsqu'elles sont touchées par un projet en particulier.
M. Leduc : Mais, si vous me
dites, les municipalités veulent le savoir, d'abord, à la limite, on peut
rédiger, d'abord... les municipalités d'abord, et ensuite les communautés
autochtones et les municipalités régionales de comté.
M. Charette : Bien, c'est-à-dire,
pour ce qui est des autochtones, comme je mentionnais, notre ministère attitré
aux relations avec les Premières Nations fait ce travail-là, d'identifier
quelle est la communauté qui pourrait être touchée. Et, à partir du moment où
il y a une communauté, effectivement, qui est touchée, là, il y a une
obligation constitutionnelle de consultation, ce qui n'est pas le cas, par
exemple, pour les municipalités, d'où la précision, là, qui est apportée, là,
avec le libellé initial.
M. Leduc : OK. Je n'ai pas
grand-chose à rajouter, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Parfait.
Merci, M. le député. Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement déposé par le député d'Hochelaga-Maisonneuve? Alors,
s'il n'y a pas...
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
Allez-y, M. le député.
M. Leduc : Oui, bien, juste
souligner, tu sais que ça venait notamment d'une demande de la <Fédération
québécoise des municipalités...
Le Président (M. St-Louis) :
...alors,
s'il n'y a pas...
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
Allez-y,
M. le député.
M. Leduc :
Oui,
bien, juste souligner, tu sais, que ça venait notamment d'une demande de la >Fédération
québécoise des municipalités. Ça fait que, sur l'aspect, peut-être autochtone,
je comprends qu'il y a peut-être une autre logique qui s'applique, mais, sous
la MRC, je ne vois pas c'est quoi que ça coûte de plus cher au gouvernement de
rajouter la MRC dans la liste.
M. Charette : En fait, la FQM
représente essentiellement les MRC, l'UMQ, les municipalités elles-mêmes, mais,
de façon individuelle, les maires et mairesses veulent être les premiers
interlocuteurs pour ces questions-là.
M. Leduc : Mais je ne nie pas
ça, moi, je dis juste qu'ils peuvent être aussi impliqués ou recevoir... On
parle d'une copie, là, transmettre une copie à la MRC, là, ce n'est pas de dire
qu'ils vont les doubler, au fil d'arrivée, les gens... tu sais, comme premiers
répondants, là.
M. Charette : Et au niveau...
au niveau légistique, ce que l'on me confirme, c'est que dans l'interprétation,
là, de la loi, là, c'est que les municipalités incluent les MRC. Toute
municipalité, en fait... Je vous donne un petit peu la nomenclature : MRC...
en fait, MRC, municipalités, communauté métropolitaine ainsi que les régies
intermunicipales... la régie intermunicipale.
M. Leduc : On parle des
définitions au début de la loi?
M. Charette : Bien, c'est
l'interprétation qui est donnée au terme «municipalité» dans la LQE, notamment.
C'est l'interprétation qui est donnée.
M. Leduc : Dans la
définition?
M. Charette : Dans la LQE...
M. Leduc : Oui, c'est ça.
M. Charette : ...«municipalité»
inclut la ventilation, là, que je viens de mentionner.
M. Leduc : Parfait. Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Mme la députée.
Mme Dufour : Merci. Mais dans
la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, c'est complètement différent, hein, ce
n'est pas du tout les mêmes définitions. Donc, juste comprendre, parce que si
la Fédération québécoise des municipalités a fait la recommandation, c'est
parce qu'elle voit une distinction. Et je vais corriger, là, la FQM représente
à peu près 1 000... à peu près 800 municipalités, donc pas juste des
MRC, là, ils en représentent... c'est eux qui représentent la plus grande
partie des municipalités au Québec. Donc, ils ne parlent pas juste au nom des
MRC quand ils parlent. Mais c'est... je veux juste comprendre, là, si on dit
que, dans la LQE, la définition de municipalité, ça inclut MRC, ce qui, dans
d'autres lois, c'est totalement différent, ça veut dire que l'initiateur du
projet doit comprendre, en lisant cet article, qu'il doit envoyer une copie à
la municipalité, à la MRC, à la CMM ou la CMQ, si ça fait partie d'une
communauté métropolitaine. Il est supposé de savoir ça puis déduire?
• (16 h 10) •
(Consultation)
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
avec le consentement de la commission pour l'intervention d'un membre de
l'équipe. Est-ce que... Madame, vous étiez intervenue ce matin, si je ne me
trompe pas? Mais allez-y. Excusez-moi, j'avais oublié. Désolé.
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Merci.
Pas de problème. Merci. En fait, là, c'est que, dans chacune des lois, il est
d'usage, là, de venir définir certains termes, souvent, on met ça en début des
lois, puis ces termes définis vont s'appliquer dans ces lois-là. Donc là, c'est
pour ça que, dans ce contexte-là, chacune des lois peut avoir des définitions
différentes pour le même terme «municipalité». Dans ce cas-ci, on... dans la
LQE, là, effectivement, ça vise aussi les municipalités régionales de comté et
effectivement la CMM ainsi que la Communauté métropolitaine de Québec. Après
ça, c'est sûr que le ministère a des outils, là, pour partager cette
information, pour que ce soit clair, dans quel cas est-ce qu'on peut... on doit
s'adresser, là, à d'autres niveaux que les municipalités locales.
Mais, pour l'application de la LQE, c'est
très clair que, lorsqu'on utilise le terme «municipalité», ça implique ces deux
paliers-là. Et dans les cas où est ce qu'on utilise seulement municipalité
locale ou seulement MRC, c'est vraiment parce qu'on veut faire la distinction
entre les deux paliers, là.
Mme Dufour : Oui. Mais je
vais reposer ma question, là ici, on est dans une obligation à l'initiateur du
projet. Tu sais que, dans la loi, on vienne inclure les municipalités, MRC dans
le même bain, pour des obligations qui leur reviennent, c'est une chose, puis
ça, elles sont capables de l'interpréter en ce sens. Mais là, ici, on parle que
l'initiateur du projet, lui, doit savoir que, quand on lui dit de transmettre
une municipalité, il doit aussi le faire à la MRC et à la communauté
métropolitaine. Ce n'est pas implicite pour la plupart des <communs des
mortels, là...
Mme Dufour :
...de
transmettre une municipalité, il doit aussi le faire à la MRC et à la
communauté métropolitaine. Ce n'est pas implicite pour la plupart des >communs
des mortels, là.
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Bien,
il faut, effectivement, aller lire la définition de municipalité dans la loi
pour se rendre à cette conclusion-là. Puis c'est pour ça que je faisais
référence à des outils peut-être plus pédagogiques, là, que le ministère peut
avoir pour s'assurer que cette information-là soit véhiculée ailleurs que
strictement dans le texte de la Loi sur la qualité de l'environnement.
Mme Dufour : En tout cas, je
peux dire qu'il y a vraiment une distinction, pour avoir de l'expérience, là,
entre les municipalités puis les MRC, ce n'est pas la même chose, puis ils
n'ont pas toujours les mêmes intérêts non plus. Tu sais, je me souviens très
bien, et ça, c'était avant l'arrivée du maire actuel, mais de la ville de Mascouche
qui était donc bien fière de son TOD et que la MRC n'était donc bien pas fière
de son TOD, du TOD de Mascouche parce que... Puis d'ailleurs le député de
Masson doit bien le connaître, parce qu'ils avaient des visions complètement
opposées.
Donc, moi, en fait, j'appuie la
modification d'ajouter la MRC, mais je me dis qu'il faudrait peut-être même
ajouter la communauté métropolitaine à l'amendement.
Le Président (M. St-Louis) : M.
le ministre.
M. Charette : ...commentaire.
Le Président (M. St-Louis) : M.
le député.
M. Leduc : Je suis allé
relire la définition, merci pour nous avoir indiqué ça, mais on fait référence
à la régie intermunicipale. Je veux juste comprend, c'est, aux yeux du
ministère, la même chose que la MRC, ça? Parce que le mot «MRC» n'est pas dans
la définition de la loi, c'est écrit «toute municipalité, la Communauté
métropolitaine de Montréal, Communauté métropolitaine de Québec ainsi qu'une
régie intermunicipale».
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Bien,
je pourrais regarder, là, pour le fin détail, mais, en fait, c'est ici un
certain type de regroupement de municipalités qui se mettent ensemble pour un
certain niveau de gestion de certains éléments, là, des dépenses communes ou
des choses comme ça, là. Ça fait que...
M. Leduc : Mais ce n'est pas
la même chose qu'une MRC.
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Non.
M. Leduc : Bien, donc, «MRC»
n'est pas dans la définition.
Mme Côté-Bioli (Giulia) : C'est
le... je vais l'ouvrir devant moi, pardon. Mais c'est le «toute municipalité»,
en fait, qui réfère à MRC, la MRC étant une municipalité à un certain niveau.
M. Leduc : Ah! d'accord,
parce qu'une MRC, c'est une municipalité régionale de comté...
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Exactement.
M. Leduc : ...le mot
«municipalité» veut dire municipalité et municipalité régionale de comté.
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Exactement.
M. Leduc : Ah! c'est
intéressant, le droit, un même mot peut signifier deux choses. Fascinant.
Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
merci, M. le député. Mme la députée, est-ce que vous souhaitiez faire un
sous-amendement? Parce que c'est l'intention... j'avais l'impression de...
Mme Dufour : Est-ce qu'on
peut... Oui, on peut le proposer, c'est juste qu'on travaillait sur un autre
amendement, à moins que le député souhaite modifier son amendement.
M. Leduc : Pour dire quoi
déjà?
Mme Dufour : Pour ajouter «communauté
métropolitaine».
M. Leduc : Bien, écoutez,
c'est dans la définition.
Mme Dufour : Bon. Bien, dans
ce cas-là, on peut procéder.
M. Leduc : Ça me va.
Mme Dufour : On ne le fera
pas, l'amendement, on comprend que c'est inclus, là, les communautés
métropolitaines.
Le Président (M. St-Louis) : Parfait.
Bon. Bien, merci. À ce moment-là, comme il n'y a pas d'autre intervention, je
vais mettre l'amendement aux voix. Est-ce que cet amendement est adopté?
Une voix : Par appel nominal.
Le Président (M. St-Louis) : Par
appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Alors, M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire : M. Leduc... Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
Donc, l'amendement est rejeté. Ce qui nous ramène à l'article 84.
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Désolé.
Donc, nous allons revenir... Je n'ai pas été attentif, moi non plus, je m'en
excuse. Donc, nous allons reprendre le vote...
La Secrétaire : Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Des voix : ...
Mme McGraw : Pour. Pardon.
Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Qui,
au final, ne change pas, donc, l'amendement est tout de même rejeté. Donc, nous
revenons à l'article 84. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la
députée.
Mme Dufour : Oui, il y a...
il y a quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup de commentaires, comme je le
mentionnais. Je vais y aller. Là, comme je vous disais, ça couvre un peu tout,
là, mais on nous... bon. Le Conseil du patronat du Québec s'inquiète, là,
des... en fait, de cette nouvelle étape-là qu'on veut... Dans le fond, je vais
lire exactement, là, ce qu'ils ont écrit, là : «Les nouvelles étapes de
consultations publiques par le BAPE sur l'avis d'intention du promoteur de
rédaction du compte rendu par le BAPE et de préparation d'une directive
ministérielle adaptée au projet risquent d'être plus longues à réaliser, plus
exigeantes que la procédure actuelle pour les promoteurs, de même que pour... le
gouvernement.» Et ça, ça avait été souligné par plusieurs groupes, là, ils ne
sont pas les seuls à avoir souligné ça, alors que l'objectif était,
semble-t-il, <d'alléger les procédures...
Mme Dufour :
...le gouvernement.»
Et ça, ça avait été souligné par plusieurs groupes, là, ils ne sont pas les
seuls à avoir souligné ça, alors que l'objectif était, semble-t-il, >d'alléger
les procédures.
Alors, peut-être qu'on peut nous expliquer
si on... comment on compte pallier à cette situation-là, parce que
l'impression, c'est qu'on va allonger les délais plutôt que les raccourcir, les
simplifier.
(Consultation)
Le Président (M. St-Louis) :
Allez-y.
M. Charette : Oui. Bien, je
me souviens des échanges, effectivement, avec... pardon, certains groupes.
Cependant, à l'exercice que l'on voit, ce qui va retarder un projet, c'est
beaucoup les réponses qui surviennent plus tard dans l'évaluation. Ce qui va
inquiéter le milieu ou le public, c'est que la consultation arrive relativement
tardivement, alors que le projet est, aux yeux de certains, déjà bien
enclenché. Donc, on veut permettre cet échange-là plus tôt dans la procédure
pour qu'ensuite le projet puisse avancer plus rapidement. Donc, oui... Et je le
disais tout à l'heure, là, le secret d'un projet pour que son acceptation
soit... son autorisation soit plus rapide, c'est le degré de préparation.
Donc, à cette première étape-là, ça
contraint ou ça force le promoteur à être peut-être un petit peu plus près
qu'il ne l'était dans la procédure actuelle. Mais, par la suite, ça aidera à
aller plus rapidement aux étapes subséquentes, ce qui nous permet de penser... Et
ça, je pense que c'est un tableau qui a été partagé déjà, ou on le fera
volontiers, au final on va gagner du temps dans l'évaluation, là, du projet.
Mais, oui, dès le départ, on va souhaiter que les promoteurs, les initiateurs
soient plus près ou avec un degré de préparation plus grand qu'ils ne le sont,
là, dans certains cas présentement.
Mme Dufour : Je ne retrouve
pas le commentaire, parce qu'on a un tableau, puis le nombre de commentaires
sur le 84 est gigantesque, mais, de mémoire, je me souviens que... je pense que
c'était Fédération des chambres de commerce qui nous disait qu'ils voudraient
avoir le choix d'avoir soit sur... la consultation soit sur l'avis d'intention
ou soit la procédure actuelle. Est-ce que ça, c'est quelque chose qui a été
envisagé?
• (16 h 20) •
M. Charette : ...ça avait
effectivement été évalué, mais, de notre côté, là, il n'y avait pas... il n'y
avait pas d'avantage à procéder à cette façon-là. À partir du moment où la
procédure, elle est connue, à partir du moment où elle s'applique à tous, c'est
plus facile, autant pour les initiateurs que pour le public, et ultimement pour
le ministère, là, de se reconnaître dans les étapes à venir, les obligations de
chacun. Donc, à ce niveau-là, c'est la procédure, là, qui est recommandée.
Mme Dufour : Oui. Je
comprends qu'il n'y a peut-être pas d'avantage pour le ministère, mais,
clairement, il y avait... on voyait un avantage pour le monde des affaires dans
un moment où on tente d'alléger. Puis, comme je vous disais, certains acteurs
importants du monde des affaires ont l'impression qu'on complexifie les choses
avec la proposition de l'article 84. Donc, on aurait peut-être eu intérêt
à regarder cette option-là, et pas juste dans l'optique de qu'est-ce qui...
qu'est-ce qui est mieux pour le ministère, mais qu'est-ce qui est mieux aussi
pour la société civile.
M. Charette : Peut-être
rappeler ce que je viens tout juste de dire, j'ai dit «ultimement pour le
ministère», mais ce n'est pas le ministère qui est priorisé dans le cas
présent, là. J'ai bien dit qu'il y a un avantage à retenir une procédure qui
est uniforme et qui est connue de tous, c'est plus facile pour les citoyens de
s'y retrouver. C'est plus facile ultimement pour les promoteurs de savoir
quelles sont les étapes à venir. Je n'ai pas parlé, là, d'un avantage qui
reviendrait en propre au ministère de l'Environnement.
Mme Dufour : Il y a plusieurs
groupes aussi qui ont souligné les délais. Ils ont... Il y a des craintes,
parce qu'à plusieurs endroits, et, tu sais, on le voit, ça dit, ce sera des
délais déterminés par règlement. Donc, dans l'article 84, on le retrouve,
cette phrase-là, <à plusieurs reprises...
Mme Dufour :
...des
craintes, parce qu'à plusieurs endroits, et, tu sais, on le voit, ça dit, ce
sera des délais déterminés par règlement. Donc, dans l'article 84, on le
retrouve, cette phrase-là, >à plusieurs reprises, «dans le délai
déterminé par règlement». Donc, il y a une certaine incertitude à ce moment-ci,
parce qu'on ne les connaît pas, et à un point que, bien, il y a des groupes...
Puis là je vais citer Énergir, qui nous a fait part que «déterminer des délais
d'autorisation prévisibles, c'est crucial, particulièrement pour permettre de
répondre à des besoins énergétiques urgents et croissants pour offrir aux
entreprises la possibilité de planifier leurs investissements et leurs
ressources ainsi que pour aider à réduire les risques financiers et encourager
les investissements dans des projets d'énergie renouvelable»
Je sais que ce sont des projets qui vous
tiennent à cœur. Donc, est-ce qu'on peut avoir... Puis ça, c'étaient des notes
que je m'étais mises à chacun... à chacun des moments où on voit ça, c'est
quoi, les intentions. Pour chacun, est-ce qu'on sait déjà à quoi pourront
s'attendre les requérants?
M. Charette : C'est un
travail qui va se faire avec les parties prenantes, justement. Donc, c'est une
réglementation qui devra être adoptée. Pour qu'elle soit adoptée, consultations
publiques et, comme on a l'habitude de le faire, là, depuis quelques années, à
tout le moins, c'est de travailler en cocréation avec les différents groupes
qui seront interpellés. Donc, cette question-là, elle sera répondue au moment
de ces différentes étapes-là.
Donc, on va essayer de mettre au jeu
quelque chose qui permet, là, aux différents groupes de se retrouver, ensuite,
consultation à laquelle ils pourront naturellement participer et ultimement
l'édiction. Mais c'est un travail qu'on veut faire justement avec les
différentes parties prenantes ou les différentes parties qui risquent d'être interpellées,
là, interpellées par l'article en question.
Mme Dufour : Oui, mais c'est
ça, c'est, à chaque fois qu'on rajoute un règlement, ça amène un niveau
d'imprévisibilité, puis je ne sais pas si vous l'avez remarqué, le nombre de
commentaires qu'on a eus à cet effet-là de différents groupes. Ça... Je
comprends qu'on veut le faire plus tard, mais le fait est que cette
imprévisibilité-là, en ce moment, au moment où on se parle, avec toutes les
craintes de tarifs, ça rajoute, c'est toujours... ça devient, à un moment donné,
la cerise sur le sundae, comme on dit. On aurait intérêt à préciser ce qu'on
peut déjà préciser.
M. Charette : Oui. En même
temps, on viendrait peut-être inquiéter plusieurs groupes, sinon une majorité
de groupes qui diraient : Bien, on n'a pas eu à participer à l'élaboration
de cette intention-là. C'est une intention qu'on veut travailler avec les
groupes qui seront impactés, et c'est là où la prévisibilité sera garantie. Si
je disais de façon très, très aléatoire : Voici quels seraient les échéanciers
ou voici quelles seraient les obligations, sans que les groupes aient participé
à cette démarche-là, là on viendrait les inquiéter. Mais qui dit prévisibilité
dit efficacité, le but, et ça doit faire deux ans que j'en parle ouvertement,
c'est de faire en sorte que l'évaluation... la procédure d'évaluation
environnementale soit plus efficace sans renier, là, les différents objectifs
environnementaux, plus efficace et plus rapide aussi.
Donc, au final, les initiateurs de projet
devraient se retrouver, un, dans cette intention-là et, deux, dans l'idée de
solliciter leurs points de vue pour s'assurer, là, d'atteindre ces
objectifs-là.
Mme Dufour : C'est sûr que,
si on les avait mis dans le projet de loi, ils auraient pu se... les groupes
auraient pu commenter ces délais-là, et ils... les mêmes délais auraient pu
aussi être mentionnés lors des préconsultations. Bref, s'ils avaient été
précisés dans le projet de loi, les groupes auraient émis leurs commentaires.
Je vais peut-être aussi mentionner la
crainte qui a été soulevée concernant... c'est le 31.3.3, dans ce cas-ci. On
dit que «le défaut de l'initiateur du projet de transmettre l'étude d'impact
dans le délai prévu par la directive du ministre — bon, ça, ça — met
fin à la procédure prévue à la présente sous-section et, par la suite, si le
projet... si les initiateurs souhaitent poursuivre le projet, bien, ils doivent
déposer un nouvel avis d'intention. Ça, ça a été souligné qu'il y avait une...
bien, il y avait une inquiétude, là, devant l'arrêt automatique de la procédure.
Ce qu'ils nous disaient, c'est peut-être de prévoir la possibilité, pour le
ministre, sur demande de l'initiateur du projet, d'accorder un délai
supplémentaire lorsque la <situation le justifie....
Mme Dufour :
…ce
qu'ils nous disaient, c'est peut-être de prévoir la possibilité, pour le
ministre, sur demande de l'initiateur du projet, d'accorder un délai
supplémentaire lorsque la >situation le justifie.
Actuellement, de la façon que c'est écrit,
ça semble être… ça s'arrête au moment où le délai est dépassé, alors que,
parfois, ça peut arriver que le délai est dépassé pour des raisons bien
valables. Donc, est-ce que c'est quelque chose que vous avez analysé?
(Consultation)
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, cette disposition-là, le délai qui va être prévu dans la directive va être
basé sur la proposition de l'initiateur, donc, sur sa planification,
naturellement, va probablement prévoir un certain tampon, une certaine marge de
manœuvre, mais il faut comprendre qu'on est vraiment aux délais du processus,
puis toutes les retombées, il y a quand même des gains importants, là, qui sont
visés avec la refonte de la procédure en termes de délais globaux pour tout le
monde, mais pour l'initiateur.
Puis toute la mécanique est basée sur des
attentes claires au début du processus, sur la base des consultations du
public, des communautés autochtones, des experts, à partir de la proposition de
l'initiateur. Donc là, c'est basé sur le principe que, si, après un certain
temps, l'étude d'impact n'est pas déposée, bien, ces attentes-là ne seront probablement
plus à jour, ou peut-être… peut-être plus à jour, peut-être plus les bonnes. Et
là il faut comprendre qu'on parle d'années, là, on ne parle pas de six mois. On
peut, exemple, penser à un délai de trois ans, quatre ans, selon le projet,
selon la planification, selon le temps que l'initiateur pense avoir de besoin.
Ça fait que toutes les attentes vont être basées sur ce calendrier-là. Ça fait
que, si, après un certain temps, l'étude n'est toujours pas déposée, bien là,
ça implique une mise à jour de ces attentes-là pour s'assurer que le processus
après fonctionne.
Donc là, une mise à jour implique de
refaire cette consultation-là. En fait, c'est la seule étape qui est reprise,
là, avec… donc, d'où l'effet automatique de fin de procédure pour redéposer une
mise à jour, finalement, si l'initiateur souhaite toujours aller de l'avant
avec son projet.
Mme Dufour : Mais cette mise
à jour là, est-ce que… parce que, là on parle de recommencer dès le… au début,
là, de recommencer. Nécessairement, ça va être plus long, si les délais…
l'étude n'a pas été déposée pour des raisons légitimes, hors du contrôle de
l'initiateur du projet. Tu sais, dans le fond, ils vont faire les frais de ça,
alors que, s'il y avait une latitude pour que le ministre puisse, si la
situation le justifie, prolonger ce délai-là, bien, ça éviterait des délais
quand même importants, là, de ce que je comprends aux initiateurs, parce que là
on parle d'années, là.
• (16 h 30) •
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
pas nécessairement, en fait, parce que tout son travail… ça ne veut pas dire
que le travail va être à refaire, ça veut simplement dire qu'il va devoir
revenir valider ses intentions, le contenu de son étude, c'est quoi, les
éléments qu'il va avoir considérés, les enjeux, est-ce que c'est toujours
d'actualité, puis là va avoir une directive propre à son projet à jour. Ça fait
qu'on peut s'imaginer qu'une grande partie du travail qui aura été fait, s'il
est prêt à déposer son étude dans un délai rapproché, va être encore valide.
Mais ça se peut qu'il y ait des éléments à mettre à jour, des éléments à
ajuster. Ça fait que c'est sûr que ces délais-là vont s'ajouter. Il va falloir
qu'il fasse une mise à jour.
Mais il faut rappeler, à la base, que le
délai maximal pour déposer l'étude va être basé sur la proposition de
l'initiateur, donc, lui va déjà prévoir son échéancier, son calendrier, avec un
délai supplémentaire, là, pour s'assurer justement... pour prévoir les
imprévus, là.
Mme Dufour : Oui, mais
prévoir les imprévus, là, on l'a vu avec la pandémie, là, on ne peut pas les
prévoir, les imprévus. Donc, de se donner de la latitude pour pouvoir prolonger
à la demande… tu sais, à la demande du ministre, dans le fond, c'est seulement
si le ministre le juge que ça vaut… que c'est nécessaire. Je ne comprends pas
pourquoi on ne se donne pas cette latitude-là. On s'en donne, de la latitude
partout, mais ici on ne veut pas s'en donner.
M. Charette : …la collègue
mentionnait, à juste titre, on est au tout, tout, tout début de la procédure à
ce moment-là. Ce n'est pas un projet qui est en analyse depuis longtemps, donc,
on est au tout début. Si on arrive à cette conclusion-là, c'est que le
promoteur ou l'initiateur lui-même n'a pas un degré suffisant de préparation
pour aller de l'avant ou franchir les étapes subséquentes...
16 h 30 (version révisée)
M. Charette : ...si on arrive
à cette conclusion-là, c'est que le promoteur ou l'initiateur lui-même n'a pas
le degré suffisant de préparation pour aller de l'avant ou franchir les étapes
subséquentes.
Ce que l'on dit : On est... On est au
tout début, donc il n'y aura pas beaucoup de travail à refaire, mais, ceci dit,
dans l'intervalle, allez faire vos devoirs, de notre côté ça libère du temps pour...
pour accompagner d'autres promoteurs, et revenez-nous lorsque vous allez être
prêts. On n'arrive pas à cette conclusion-là après des mois d'accompagnement ou
des années d'accompagnement, là. On est au tout début de la démarche. Et,
ultimement — c'est ce que je dis depuis le début — revenez-nous
davantage préparés, et, par la suite, la séquence va... va défiler, là, plus...
plus rapidement.
Mme Dufour : Peut-être j'ai
mal compris, mais j'ai entendu qu'on parlait de délais de deux, trois ans, là.
Donc, de recommencer ces délais de deux, trois ans, ce n'est pas juste au tout,
tout, tout début, là.
M. Charette : À cette étape-là,
on est au début de la... de la démarche. Mais une procédure, là... J'entends
souvent des promoteurs qui me disent : Ça fait quatre ans que j'ai déposé
mon projet ou ça fait trois ans que j'ai déposé mon projet. Ça, c'est ce que le
promoteur va nous mentionner. À partir du moment où on fouille un petit peu, on
n'est pas en retard de quatre ans, ou on n'est pas en retard de trois ans, ou
on n'est pas en retard de deux ans. Un, c'est que le projet... ou le promoteur,
souvent, est en défaut de fournir des réponses au ministère, donc ce n'est pas
le ministère qui a pris quatre ans avant de donner une réponse, là, c'est qu'il
y a un... il y a un jeu dans la... dans la communication, qui n'est pas
suffisamment efficace.
Dans le cas actuel, on se dit :
Arrivez-nous avec un projet qui est bien ficelé, les délais de traitement
seront plus rapides par la suite. Mais, à cette étape-ci, on n'est pas dans des
délais, là, qui sont... qui sont hors norme, là, au contraire.
Mme Dufour : Oui. Mais, tu
sais, ça reste qu'ici on est au niveau de l'étude d'impact. Donc, si l'initiateur
du projet ne transmet pas l'étude d'impact parce qu'elle n'est pas encore prête,
mais presque prête, et là il doit recommencer au tout début le processus, c'est
quoi, l'impact? Est-ce qu'il doit recommencer l'étude d'impact, qui est
peut-être, pour des raisons peut-être bien légitimes, là... J'ai compris, le
ministre dit : Bien, il n'est peut-être pas assez prêt, mais il y a
peut-être des circonstances hors de son contrôle qui peuvent expliquer ces
délais là, et, tu sais, sans mauvaise foi, là, de la part de personne, et que
ce ne soit pas de la mauvaise préparation.
Je peux vous donner un exemple. Il y a une
compagnie, Northvolt, là, qui a des problèmes financiers. Ils étaient supposés
d'être en train de construire. Ils ne construisent pas en ce moment, ils ont
des problèmes financiers. C'est un exemple que des délais peuvent se passer. Et
il y en a plein d'autres. La pandémie, je l'ai mentionné, c'est un exemple qui
a retardé, nécessairement, beaucoup... beaucoup de projets, mais c'était hors
de contrôle, là, des initiateurs.
Ça fait que ma question : Ici, dans
un cas comme ça, si on dit : Bien, il doit déposer un nouvel avis d'intention,
donc on repart à zéro, c'est quoi, l'impact de repartir à zéro si le promoteur
était pratiquement rendu au bout, là, du processus?
M. Charette : On n'est pas
rendu au bout du processus, on est à...
Mme Dufour : Non, mais de l'étude
d'impact.
M. Charette : ...on est au
niveau de l'avis d'intention, on est au début de la démarche. Je comprends tous
les exemples, là, que la collègue mentionne, mais ce sont tous des exemples qui
ne s'appliquent pas à l'article qui est... qui est discuté présentement.
Northvolt a les autorisations nécessaires pour aller plus loin jusqu'à la
prochaine étape. On a franchi l'étape de l'avis d'intention, mais il y a d'autres
autorisations qui sont attendues et qui sont... qui seront nécessaires, ce qui
n'empêche pas l'entreprise d'aller de l'avant, et on n'est pas du tout, du tout
dans la même procédure. Mais là on est à l'étape de l'avis d'intention, qui est
au tout début de la démarche, le 31.2, on l'a mentionné un petit peu... un
petit peu plus tôt. Donc, on n'est pas après des années, là, de démarches
auprès du ministère, là.
Mme Dufour : Je suis
consciente qu'on est au début, on est à l'avis d'intention, mais mon
questionnement, c'était dans le cas où l'étude d'impact sur l'environnement que
le promoteur doit déposer... si elle est presque complétée, mais le délai est
maintenant échu, bien, il doit recommencer au début, parce que c'est ce que l'article
prévoit. Que se passe-t-il avec l'étude d'impact sur l'environnement qui avait...
qui était presque terminée? Est-ce qu'il doit recommencer au <début...
Mme Dufour :
...qui
était presque terminée? Est-ce qu'il doit recommencer au >début?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, il n'aura pas nécessairement à recommencer au début. Au départ, on lui a
indiqué quelles étaient les attentes par rapport à son étude d'impact. Là, il
part faire son étude. Si le délai est échu et qu'il doit recommencer, en fait,
il doit représenter ses intentions quant au contenu de l'étude qu'il... qu'il a
faite. Donc là, on comprend que son étude va être peut-être en grande partie
réalisée, ça fait qu'il aura juste à redéposer : OK, voici l'étude que je
m'apprête à déposer, est-ce que c'est toujours d'actualité? Donc, en fait, il
va... Et là on va pouvoir refaire une consultation... la consultation initiale
sur ces éléments-là pour s'assurer est-ce qu'il y a eu des changements ou
pas au milieu, aux attentes, aux enjeux, parce qu'on le sait, un milieu, ça
peut évoluer rapidement, surtout aujourd'hui, là, c'est d'autant plus vrai.
Puis ce qui prend beaucoup de temps dans
la procédure, et ça, je pense que ça transparaît même dans les commentaires,
c'est... dans les mémoires qu'on a reçus, les allers-retours entre les
questions-réponses. Donc, quand il y a des éléments qui sont manquants, quand
il y a des études à refaire, des caractérisations à refaire ou des éléments à
creuser davantage, c'est ça qui est très demandant pour l'initiateur en termes de
temps. Donc là, on s'assure dès le départ, on lui donne l'opportunité de
revenir valider, finalement, parce que le délai est échu, revenir valider,
présenter ses intentions, s'il y a des ajustements à faire, il pourra les faire
avant de déposer son étude. Donc, on peut présumer que la majorité va être
encore bon, mais, s'il y a des éléments à ajuster, il va le savoir tout de
suite, il va pouvoir les ajuster et déposer son étude. Puis là ça va permettre
de... une analyse qui débute dès ce moment-là, plutôt que de retourner en
questions, commentaires pour qu'il complète ces éléments-là, donc il va le
savoir avant de déposer son étude.
Ça fait que, bref, il n'aura pas à
refaire... si, exemple, ça prend deux ans à faire une étude d'impact, parfois
certains le font en six mois, un an, bien, il n'aura pas à refaire tout le
travail. Peut-être que ce qu'il va avoir fait va être encore d'actualité, s'il
n'y a pas eu de changement majeur, s'il n'y a pas eu de... si les enjeux
demeurent les mêmes. Bien, à ce moment-là, il va pouvoir déposer l'étude qu'il
a produite. S'il y a des ajustements à faire, il va pouvoir les faire dès ce
moment-là et déposer son étude par la suite, qui risque de rencontrer davantage
les attentes, là, à ce moment-là, parce qu'elles auront été actualisées.
Mme Dufour : Oui. Bien, en
fait, c'est ça, c'était... c'était ça, ma question. Il y a un risque qu'ils
doivent recommencer le travail, surtout si ça prend effectivement deux ans,
réaliser des études. Puis effectivement ça arrive, il y a des études qui
prennent ces délais-là à réaliser, donc... Parce que j'ai... j'ai entendu au
début, c'est : Pas nécessairement, mais ça ne veut pas dire qu'à tout... à
tout moment, là, ça va... ça va être repris, là, c'est possible, il pourrait y
avoir des cas où on leur dirait : Recommencez au début.
En tout cas, je ne sais pas s'il va y
avoir une certaine latitude parce que, tu sais, si on est à une semaine près de
tout recommencer deux ans de travail, tu sais, pour... pour juste ne pas s'être
donné la latitude ici, ce serait... ce serait vraiment dommage.
• (16 h 40) •
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, peut-être un complément, là. Dans... À l'ultime, l'objectif, c'est
d'avoir l'information nécessaire pour faire une évaluation du projet puis avoir
une décision sur ce projet-là avec les consultations qui sont prévues dans le
processus. Donc, si l'information permet de faire cette évaluation-là, il
n'aura pas à la refaire. Si l'information doit être mise à jour, de toute
façon, il faut qu'il la mette à jour parce que l'évaluation ne pourra pas être
faite sur la base d'information qui n'est pas à jour ou qui ne répond pas aux
attentes. Ça fait que, dans tous les cas, l'essentiel, c'est qu'on ait la bonne
information au moment où il dépose son étude pour faire une évaluation efficace
de son projet. Donc, c'est... d'où le... la conclusion que, dans les faits, il
n'y aura pas de délai supplémentaire parce que l'objectif, c'est d'avoir la
bonne information pour faire l'évaluation. Donc, si c'est le cas, bien, à ce
moment-là, il va pouvoir déposer son étude, et l'évaluation va pouvoir débuter.
Mme Dufour : OK. Le temps
avance. Je vais...
M. Charette : ...
Mme Dufour : Oui, allez-y.
M. Charette : ...pour la
compréhension de tout le monde. Lorsqu'on parle des délais, ce n'est pas
toujours des délais, je le mentionnais, de traitement qui incombent au
ministère de l'Environnement. Dans certains cas, c'est des délais pour produire
une évaluation que doit fournir le promoteur, comme ça vient d'être mentionné.
Je donne un exemple. Si on reçoit une
demande qui nécessite une évaluation qui ne doit se faire qu'à l'automne selon la...
le niveau d'eau des cours d'eau ou du cours d'eau qui est affecté, c'est sûr
que, si le promoteur nous contacte, par exemple, en octobre et que c'est une
évaluation qui ne peut se faire qu'en août ou en septembre, c'est un temps qui
court, là. Donc, c'est une année à attendre la période propice pour faire
l'évaluation en question, mais c'est une année de délai qui n'est pas
attribuable au <ministère...
M. Charette :
...faire
l'évaluation en question, mais c'est une année de délai qui n'est pas
attribuable au >ministère, et ce n'est pas attribuable à la mauvaise
volonté, et je n'ai jamais présumé de la mauvaise volonté des initiateurs ou
des promoteurs, mais, dans certains cas, les délais s'appliquent compte tenu de
contraintes, là, propres à l'autorisation qui est requise. Dans d'autres
dossiers, on va parler de période de nidification. Donc, là aussi, on peut ne
pas pouvoir procéder avant un moment x dans... dans l'année. C'est la raison
pour laquelle il y a des délais qui peuvent s'ajouter, là, si on est hors... si
on est hors période à ce sujet-là.
Mme Dufour : Effectivement,
la nidification, on en a parlé dans... dans le dossier Stablex, la période de
nidification.
Je vais peut-être revenir. J'avais
mentionné que j'allais déposer un amendement sur les délais. Donc là, il est
maintenant disponible.
Le Président (M. St-Louis) : À
ce moment-là, je vous cède la parole afin que vous puissiez nous lire l'amendement
déposé, s'il vous plaît.
Mme Dufour : Merci. Alors,
c'est l'article... article 84.
Modifier l'article 84 de la Loi sur
la qualité de l'environnement :
1° Remplacer au deuxième alinéa de l'article 31.3
de Loi sur la qualité de l'environnement, tel que remplacé par l'article 84
du projet de loi, les mots «Dans les plus brefs délais» par les mots «Dans les
15 jours de sa réception».
2° Remplacer au deuxième alinéa de l'article 31.3.2
de Loi sur la qualité de l'environnement, tel que remplacé par l'article 84
du projet de loi, les mots «Dans les plus brefs délais» par les mots «Dans les
15 jours de sa réception». Alors, comme je le mentionnais, dans les deux
articles en question, on lirait : «Dans les 15 jours de sa réception, le
ministre publie au registre des... des évaluations environnementales — pardon — l'avis
d'intention et sa demande au Bureau.»
Voilà. Donc, c'était, comme je l'avais
mentionné tout à l'heure, là, lors des échanges, là, pour que ce ne soit pas...
pour que ce soit clair, en fait. Je comprends que c'est dans... la plupart du
temps, c'est beaucoup moins que ça, dans... et que le 15 jours ne semblait pas
être un enjeu. Je comprends que le ministre risque de ne pas l'accepter, mais
ça reste que ça serait un ajout et c'était demandé par des groupes. Merci.
M. Charette : Bien, comme à
chacune des fois...
Le Président (M. St-Louis) : ...
M. Charette : ... — merci,
M. le Président — j'apprécie l'apport de la collègue, mais, pour les
raisons qu'on a discutées, effectivement, on ne le retiendra pas. Mais je le
mentionnais, là, et ça a été mentionné aussi, ce sont des délais qui sont
généralement courts, avec la possibilité d'une période d'évaluation ou
d'échange supplémentaire, là, qui requerrait peut-être, dans certaines
circonstances, des délais légèrement plus longs. Mais on est définitivement à
une étape où la suite est donnée sans... sans délais, là, qui sont... qui sont
déraisonnables. Donc, la formulation actuelle nous convient toujours.
Mme Dufour : ...on peut
procéder au vote, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : À
la mise aux voix, oui. Donc, nous allons mettre aux voix l'amendement déposé
par la députée de Mille-Îles. Est-ce que cet amendement est adopté?
Mme Dufour : Appel nominal,
s'il vous plaît.
Le Président (M. St-Louis) : Vote
par appel nominal, Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire
: Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Mme McGraw : Pour.
La Secrétaire
: M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire : Pardon?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
Donc, l'amendement, tel que déposé, est rejeté, ce qui nous ramène à l'étude de
l'article 84. Est-ce que nous avons d'autres interventions? Mme la députée
de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Oui. Merci, M.
le Président. Comme ma collègue a souligné, il y avait beaucoup de... beaucoup
de mémoires. Dans les mémoires, on a porté beaucoup d'attention sur cet
article, et il y avait beaucoup d'interventions, de recommandations. Donc,
juste pour enchaîner, et là c'est... c'est le mémoire du Conseil
du patronat, on remet en question l'arrêt automatique de la procédure en
cas de dépassement du délai prévu par la directive et on recommande plutôt de
prévoir la possibilité pour le ministre, sur demande de l'initiateur du projet,
d'accorder un délai supplémentaire lorsque la situation le justifie. Je sais
qu'il y a eu déjà des discussions, mais c'est une recommandation très claire, donc...
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
Allez-y, M. le ministre.
M. Charette : Oui. Bien, en
fait, c'est <essentiellement...
Des voix :
...
Le Président (M. St-Louis) :
Allez-y,
M. le ministre.
M. Charette :
Oui.
Bien, en fait, c'est >essentiellement les mêmes... la même question. Elle
est toujours aussi pertinente. Cependant, je pense qu'on y a répondu, là, déjà.
Mme McGraw : Pardon, M. le...
M. le Président, j'ai manqué le petit bout de... Je parlais avec ma collègue,
évidemment. Donc, juste pour répéter, s'il vous plaît.
M. Charette : Non, c'est bien,
bien correct. Ce que je disais : La question est toujours aussi
pertinente, mais on y a quand même passablement répondu, là, au cours des
derniers instants. On est en début de procédure, avec des échanges qui sont...
qui sont collaboratifs avec l'initiateur, avec la possibilité de reprendre si
jamais il n'est pas prêt au moment de procéder. Donc, pour nous, là, c'est un
libellé avec lequel on est en confiance.
Mme McGraw : Juste pour
compléter. Le Conseil du patronat du Québec, là il parle du 31.3.4, alors on
saute un peu. Là, évidemment, tout ça, ça a été remplacé par le texte proposé,
alors... Parce qu'ils se questionnent, justement... ils avaient proposé,
justement, de retirer la nouvelle obligation parce qu'ils se questionnent quant
à l'obligation de transmission d'une attestation, sur son utilité et sa valeur
ajoutée
«Dans le cadre de la procédure actuelle,
le ministère fait cet examen de conformité, juge de la recevabilité de l'étude
d'impact et émet un avis à cet effet. L'étude peut par la suite être rendue
publique. Avec le même mécanisme d'attestation proposé, il semble y avoir un
double emploi. Alors, le Conseil du patronat du Québec est d'avis que, si le
gouvernement veut introduire cette attestation, l'étape qui consiste à juger de
la recevabilité ou de l'admissibilité par le ministère devient inutile.»
Alors, comment le ministre réagit à cette...
à ce constat du CPQ?
M. Charette : Peut-être
tenter de les rassurer ou de répondre, sinon, à la question. La... Le but... Le
but de ces articles-là, tel qu'il y a... tel... tel que ça a été mentionné à
quelques reprises, là, n'est pas d'alourdir la procédure, au final c'est d'être
plus efficaces, de faire en sorte que nos délais puissent être raccourcis. Et
je pense qu'on a déposé, hein, les... la séquence. Donc, c'est une information,
là, qui est disponible pour les collègues, voir le gain d'efficacité, là, qui
est... qui est visé à travers tout ça. Donc, c'est tout sauf vouloir alourdir
la procédure. Je ne parle pas d'allègements dans le sens qu'on remet en
question, là, les principes environnementaux, mais je parle d'allègements en
termes de délais et en termes... en termes de... bien, justement, de délais
qui, généralement, là, peuvent s'échelonner sur de nombreux mois. On pense
pouvoir gagner, là, en efficacité à ce... à ce niveau-là. À travers les
différents articles... c'est difficile de prendre un article isolément, mais, à
travers les différents articles qui touchent la procédure d'évaluation, on
pense pouvoir faire des gains intéressants à ce niveau-là.
• (16 h 50) •
Mme McGraw : On va revenir
sur cette question-là parce qu'il y a d'autres groupes qui se sont prononcés.
Je procède plutôt par mémoire. Mais Nature Québec, dans leur mémoire, ils se
sont prononcés sur la période d'évaluation et que ça, ça porte sur la directive
plutôt que sur l'avis d'intention. Alors, ils recommandent de faire porter la
période d'information sur la directive et non sur l'avis d'intention, ce qui
permettrait, selon eux, à la population de bénéficier de l'analyse préliminaire
et des orientations émises par différents ministères, l'avis d'intention ne
comportant que le point de vue du promoteur, c'est ce qu'ils soulignent. Le
public pourrait ainsi bénéficier d'avis objectifs lui permettant de se faire
une idée plus précise des véritables enjeux entourant le projet. Alors, ils
semblent miser sur l'intérêt public, et, selon <eux...
Mme McGraw :
…entourant
le projet. Alors, ils semblent miser sur l'intérêt public, et, selon >eux,
c'est… c'est... ça mise… c'est vraiment le point de... du… point de vue du
promoteur qui est priorisé.
Comment le ministre répond à cette
recommandation de Nature Québec?
M. Charette : Je pense qu'on
a un… on a atteint un équilibre assez intéressant si les initiateurs potentiels,
représentés par le Conseil du patronat, pensent que c'est
une contrainte en plus et qu'à l'opposé Nature Québec pense que c'est à
l'avantage des initiateurs. Donc, je pense que ça confirme le bon équilibre. On
est en présence… Je ne dis pas que ce sont deux groupes opposés, mais leurs
intérêts ou, à tout le moins, leur mission n'est pas la même. Donc, si un pense
que c'est… ça peut leur être défavorable, alors que l'autre groupe pense qu'au
contraire ils sont avantagés, je conclus qu'on a atteint un équilibre à ce
niveau-là.
Mme McGraw : Mais est-ce
qu'on est d'accord pour dire que l'intérêt public devrait toujours être
priorisé?
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, l'équilibre est toujours ce qui est visé, et l'intérêt public est
certainement mieux servi par l'équilibre, là, qui est établi, là, à travers le
projet de loi.
Mme McGraw : Alors là, il y a
beaucoup de recommandations dans le mémoire de — et ce n'est pas
surprenant — l'Association québécoise pour l'évaluation d'impacts.
Alors, je vais procéder pour… avec leur feedback. Alors, ce qu'ils soulignent
dans leur mémoire, c'est que «la présente loi doit s'interpréter de manière
compatible avec l'obligation de consulter les communautés autochtones. Le
ministre consulte les communautés autochtones de manière distincte en vue
d'obtenir leur consentement, les… et, s'il y a lieu, les accommode.»
Évidemment, mon collègue, il a déjà déposé
une… un amendement pour souligner non seulement les municipalités, mais aussi
les communautés autochtones. Et des peuples autochtones, dont la… le Conseil
mohawk de Kahnawake, ont... ont souligné le fait qu'ils voulaient que ça… une
autre opportunité manquée pour souligner leurs droits et... Est-ce que le
ministre se… aurait des ajouts sur ce qu'il a déjà dit face aux… à cette
préoccupation-là de l'Association québécoise pour l'évaluation d'impacts, mais
aussi de certains peuples… représentants des peuples autochtones?
M. Charette : Bien, dans...
dans les deux cas, on ne crée pas ou on n'éteint pas de droit, là, pour ce qui
est des communautés autochtones, je le... je le mentionnais et je le réitère.
En même temps, on a des obligations constitutionnelles que l'on reconnaît au
niveau de la... de la consultation, et on a tout à fait l'intention, là, de se
conformer à ces obligations-là.
Mme McGraw : Donc, dans un
deuxième temps, l'association, je parle toujours de l'Association québécoise
pour l'évaluation d'impacts, ils proposent de conserver l'avis projet… l'avis
de projet et l'avis d'intention pour les EES et les... ÉES, je devrais dire, et
les ÉESR. Ils estiment que l'efficience… Là, le ministre, il a parlé d'alléger,
bien, le processus. Selon eux, l'efficience de la procédure sera... sera accrue
si les initiateurs soumettent des avis de projet suffisamment instructifs et
détaillés au regard de la nature, la portée et l'étendue de l'étude à réaliser.
Et : «Ce contrôle au ministère nous semble un grand fou essentiel contre — garde-fou,
pardon — un garde-fou essentiel contre des abus.»
Alors, c'est quand même un… c'est important,
ce qu'ils soulignent. Comment le ministre réagit à ce... à ce constat?
M. Charette : C'est un petit
peu ce que l'on dit depuis le début. À partir du moment où le promoteur est
prêt, c'est plus facile pour le ministère de s'assurer de la conformité du
projet, c'est plus facile de l'accompagner, c'est plus facile de l'autoriser
rapidement. Le ministère est en soi un garde-fou, là, pour... pour s'assurer,
là, de la... de la conformité à la réglementation en matière d'environnement.
Et les articles que nous étudions présentement, là, nous aident à maintenir ce
rôle-là, la mission du ministère, tout en étant plus efficaces, là, au niveau
de la... de la procédure <d'évaluation...
M. Charette :
...tout
en étant plus efficaces, là, au niveau de la... de la procédure >d'évaluation.
Mme McGraw : Au niveau du
31... Là, on a parlé du 31.2. Et, au niveau du 31.3, l'association souligne,
dans leur mémoire, que les enjeux contemporains demandent de chercher
l'implication d'une diversité d'acteurs. Ils soulignent le milieu scientifique,
afin de mettre... dans un premier temps, le milieu scientifique, afin de mettre
à profit les connaissances... les connaissances actuelles, mais aussi les
communautés autochtones, et aussi les municipalités, maillons de la démocratie
représentative. Et l'association estime que les consultations particulières ne
sauraient se substituer à la possibilité de contribuer au débat.
Alors là, on parle... ils proposent des
amendements en lien avec le 3.1.3... pardon, le 31.3. Et on a discuté.
Évidemment, il y avait l'amendement des collègues. Est-ce que le ministre a
d'autre chose à ajouter suite à ce constat?
M. Charette : Je pense qu'on
a pu couvrir ces aspects-là déjà. À moins d'une question plus... plus précise,
là, je ne vois pas, là, ce qui pourrait être dit de plus, là, par rapport à
l'article en question.
Mme McGraw : Parfait. Alors
là, dans... Voilà. Donc, en ce qui concerne le 31.3.2, ils proposent d'autres
amendements et soulignent le fait... Et c'est dans leur mémoire, ça fait que je
ne vais pas... je ne présente pas leur amendement pour... comme officiellement,
mais le point qu'ils amènent, c'est que, si le public participe à la
consultation, aux consultations sur les enjeux, aussi bien qu'il puisse suivre
la trace de sa contribution et de son traitement dans le dossier des EIE. En
outre, dans ce rapport, le BAPE doit synthétiser les propos qu'il a recueillis,
non pas se limiter à une liste d'observations et de préoccupations.
Alors, leur amendement, effectivement,
c'est de tenir compte des enjeux ou des préoccupations majeures identifiés par
le BAPE et dont l'initiateur doit traiter dans son rapport... et qu'elle soit
accompagnée du rapport de consultation sur les enjeux produit ou résumé par le
bureau, le rapport produit par le bureau sur les enjeux.
J'aimerais savoir comment le ministre
répond à ces... à leurs propositions.
• (17 heures) •
M. Charette : Dans la
procédure d'évaluation, là, qui est revue avec les articles, là, qui sont
étudiés, on veut garder la même rigueur. On veut, cependant, être plus... plus
efficaces au niveau de la durée de la procédure, ce qui fait qu'il y a des
éléments qui vont se vivre en parallèle, alors qu'actuellement une étape attend
la suivante, en quelque sorte.
Mais, pour ce qui est du rapport du BAPE,
oui, le ministère va faire parallèlement son évaluation du projet.
Actuellement, cette évaluation-là se fait davantage après le rapport du BAPE.
Mais, avant de produire et de publier son... avant de publier son évaluation,
le ministère continue d'attendre le rapport du BAPE. Donc, les recommandations
ou les commentaires du BAPE seront considérés par le ministère avant
d'autoriser un projet. Ça, ça ne change pas. Le ministère va pouvoir commencer
pendant l'évaluation du BAPE, alors que, maintenant, c'est après. C'est là où
on gagne, notamment, du temps. Mais, avant de prendre une décision, le
ministère va quand même attendre le rapport du BAPE et va se laisser... va
se... va pouvoir s'inspirer, là, du travail qui est réalisé par le BAPE.
Donc, lorsqu'il est question... lorsque la
collègue mentionne : Il faut prendre en compte le rapport du BAPE, ça sera
toujours le cas, là, et c'est encore le but, d'avoir le BAPE comme étant un
élément... parce que le ministère ne va pas à la rencontre des citoyens comme
le BAPE le fait...
17 h (version révisée)
M. Charette : ...parce que le
ministère ne va pas à la rencontre des citoyens comme le BAPE le fait. Ça, on
l'a discuté dans des articles précédemment. Et ça, ça ne change pas, là, c'est
réellement leur rôle. On parlait de consultation, je pense que c'est hier. Ce
rôle-là, qu'on a confirmé d'ailleurs à travers des articles, là, du... de l'actuel
projet de loi, ce rôle-là reste entre les mains du BAPE. Le ministère fait une
évaluation en parallèle, mais, avant de donner une autorisation de passer aux étapes
subséquentes, il va attendre le rapport du BAPE pour pouvoir justement prendre
en considération, là, ce qu'il contient.
Mme McGraw : ...le ministre
juge que leurs préoccupations sont... que les amendements dans le projet de
loi, avec le projet de loi, ça répond à leurs préoccupations ou...
M. Charette : C'est difficile
pour moi de parler pour eux, mais, lorsque la collègue mentionne : Il faut
attendre ou il faut... il faut s'inspirer des recommandations du BAPE, je dis :
Le ministère ne tranchera pas avant que ce rapport-là soit produit et, oui, va
s'en inspirer pour la suite des choses. Et, déjà, ce n'est pas mauvais de le
rappeler, le BAPE est une instance de consultation, notamment, c'est confirmé
avec les articles adoptés récemment, mais ce n'est pas une instance
décisionnelle. Ça ne l'était pas... en fait, ça ne l'a jamais été et ça ne l'est
pas davantage, mais c'est une étape fondamentale de la procédure d'évaluation environnementale
et c'est une étape, là, qui continuera de rester très importante, là, pour l'évaluation
des projets.
Mme McGraw : On va revenir
aux recommandations et aux préoccupations du BAPE un peu plus tard, mais, juste
pour compléter, parce que je crois que mon collègue a des interventions, je
vais compléter la réflexion de l'Association québécoise pour l'évaluation d'impacts
en ce qui a trait à cet article. Alors, ils proposent... ils ont des
propositions spécifiques vis-à-vis le 31.3.4 et, derrière ces propositions,
derrière, bien, les amendements qu'ils proposent, que je ne présente pas de
façon officielle, mais c'est dans leur mémoire, ils soulignent le fait «qu'il
faut être plus exigeant envers le résultat de la consultation sur les enjeux, il
faut que l'implication du public en vaille la peine et qu'il puisse suivre les
répercussions de son implication. Le public doit avoir le temps de consulter le
rapport et doit avoir accès aux fruits de l'expertise des différents
ministères. Ainsi, elle estime que la période d'information devrait débuter
seulement après l'acheminement d'une première série de questions à l'initiateur.»
Alors, est-ce que le ministre a eu la... Ayant
reçu leur mémoire, est-ce que le ministre... le ministre a eu le temps de... Est-ce
que ces préoccupations sont reflétées dans le texte proposé?
M. Charette : ...la préoccupation
qui exprimée, mais, dans la procédure qui est... qui est proposée, il y a des
séances d'information du public à différentes étapes et il y a, à travers l'enquête
qui revient au BAPE, aussi un aspect, là, de... que je pourrais appeler de
consultation du public, où le public est appelé à partager ses commentaires,
partager ses préoccupations. Donc, le public a la possibilité d'intervenir ou
est sollicité à différentes étapes de la procédure. Et, ça, on le mentionnait
aussi, je pense, ce matin, à partir du moment où le milieu est rassuré
rapidement, autant... en autant, là, qu'il souhaite être rassuré, ça aide aux
étapes subséquentes, là, ça permet de mettre le public en confiance et s'assurer
que le projet reçoive une meilleure compréhension et, ultimement, une meilleure
acceptabilité.
Une voix : ...
Mme McGraw : Oui, c'est ça.
Il y a une perception, si on regarde... que le public... cette perception que
le public n'est pas toujours entendu ou suffisamment écouté. Évidemment, on
comprend que l'acceptabilité... l'acceptabilité sociale demeure clé ici, au
Québec. Alors, cette... est-ce que c'est juste... est-ce que c'est juste une
perception ou c'est une réalité, selon le ministre, qu'on devrait... à laquelle
on devrait s'attaquer? Est-ce que cette loi, cet... le texte proposé dans cette
nouvelle loi, est-ce que le ministre estime qu'on s'y attaque <suffisamment...
Mme McGraw :
...cette
loi, cet... le texte proposé dans cette nouvelle loi, est-ce que le ministre
estime qu'on s'y attaque >suffisamment, qu'on renforce effectivement le
rôle du public dans l'évaluation?
M. Charette : La question de
l'acceptabilité sociale, c'est une question qui est toujours très difficile à
baliser et à interpréter, je dirais. C'est une préoccupation du gouvernement,
oui, mais, en même temps, il faut voir comment c'est interprété. Il y a
plusieurs projets, et je ne veux pas mettre en opposition les gens de Montréal
versus les gens des régions, mais, en région, souvent, très, très, très
souvent, un projet peut être souhaité, peut être désiré, peut être attendu,
donc les gens de la région qui vont se prononcer seront naturellement plus
favorables au projet en question. Mais, dans certains cas, ce sont aussi des
projets qui peuvent être polarisants aux yeux des gens de l'extérieur, et ça
génère une très, très grande mobilisation de gens qui ont tout à fait les
droits de participer au BAPE, qui ont tout à fait le droit de partager leur
point de vue, mais qui viennent peut-être fausser l'acceptabilité sociale
locale du projet. Et ça, ça nous est dit souvent, ça frustre beaucoup, beaucoup
les gens des régions, de dire : Nous, on veut un projet, et ce sont des
gens essentiellement de l'extérieur qui viennent nous dire que ce projet-là
n'est pas bon pour nous.
Le BAPE est capable de faire la
distinction. Le BAPE est capable de rendre compte de façon très, très objective
des différents propos qu'il a entendus à travers ses consultations, mais ce
n'est pas parce qu'il y a des gens qui s'opposent à un projet que le milieu,
pour autant, est en défaveur. Donc, ça fait partie de l'analyse aussi qui doit
être faite.
Mais, à plusieurs occasions, le public est
invité à partager son opinion, à plusieurs occasions, le public est sollicité,
donc il n'y a certainement pas un défaut de consultation à ce niveau-là. Et, au
contraire, si on regarde les articles qu'on a adoptés il n'y a pas si
longtemps, on est venu reconnaître le rôle de consultation du BAPE qui est, on
le disait, un rôle qui, avec les années, était assumé, mais qui n'était pas
dûment inscrit dans la loi, ce qu'on est venu apporter, là, comme changement,
là, dans les derniers articles.
Mme McGraw : Alors, le
ministre, il souligne le fait que baliser l'acceptabilité sociale, c'est un
défi, ça demeure un défi, que souvent les citoyens en région sentent qu'il y a
des gens de l'extérieur qui viennent avec leurs opinions et que les gens ne se
sentent pas toujours... et où il y a certaines personnes, certaines... certains
citoyens qui se sentent moins écoutés que d'autres, si je comprends bien.
Est-ce que le projet loi... Est-ce qu'il y
a des ajustements dans le projet de loi ou à faire au sein du projet de loi,
justement, pour s'attaquer à reconnaître cette réalité, sinon... cette
perception, sinon cette réalité?
• (17 h 10) •
M. Charette : Bien, c'est
difficile, à travers un texte de loi, de baliser l'acceptabilité sociale.
Certains souhaiteraient, certains en région, et on se le fait dire, là, très
ouvertement, certains en région diraient : C'est uniquement aux gens de la
région concernée à juger de l'acceptabilité sociale. On se le fait dire
régulièrement à travers différents projets. Nous, on ne va pas jusque-là, en ce
sens qu'on n'interdit pas les gens d'autres régions de se prononcer sur un
projet, mais c'est clair que, pour juger de l'acceptabilité d'un projet, il
faut d'abord et avant tout s'assurer que la région locale, la première
concernée, est d'accord.
Et, à l'inverse, dans d'autres dossiers,
je peux vous dire que c'est un défi. Et, je veux dire, j'ai eu l'occasion d'en
parler à plusieurs reprises, même médiatiquement, le fameux dossier du caribou,
qui est d'une complexité incroyable, là c'est là où c'est difficile d'imposer,
non pas de refuser, mais d'imposer un projet alors que le milieu n'est pas...
n'est pas du tout intéressé. C'est là où ça prend plus de temps. C'est de
travailler avec le milieu, voir comment les aménagements peuvent être faits.
Donc, autant imposer que refuser un projet
sur la base de l'acceptabilité sociale, c'est un défi. Il n'y a pas de réponse
simple, il n'y a pas de formule facile à ce niveau-là. Et, dans certains cas,
ça engendre des délais. Le dossier du caribou chemine tranquillement depuis des
années, chemine dans la bonne direction, mais, aux yeux de certains, il ne
chemine pas assez rapidement, parce que cette personne-là pense qu'on peut
imposer à un milieu <une...
M. Charette :
…certains,
il ne chemine pas assez rapidement, parce que cette personne-là pense qu'on
peut imposer à un milieu >une formule qui est… qui est… qui est, dans
certains cas, refusée avec beaucoup, beaucoup de vigueur.
Mme McGraw : Écoutez, M. le
Président, j'ai d'autres… Il y a beaucoup d'autres mémoires, beaucoup d'autres…
dont le BAPE, qui se sont… qui s'est prononcé, donc, mais je suis prête à
reprendre si des collègues ont d'autres ajouts ou d'autres questions. Sinon, je
vais poursuivre.
Le Président (M. St-Louis) : M.
le député, non?
M. Leduc : …
Mme McGraw : Bien, pour
l'instant...
M. Leduc : Ah! OK.
Mme McGraw : Voilà, pour
l'instant, mais je réserve le droit de revenir.
Le Président (M. St-Louis) :
Donc, est-ce que nous avons d'autres intervenants?
M. Leduc : Oui, M. le
Président.
Le Président (M. St-Louis) :
M. le député, allez-y.
M. Leduc : Parfait. Je vous
amène à 31.3.4, un peu plus loin, toujours dans le gigantesque article 84,
qui parle donc que «l'initiateur du projet doit transmettre au ministre, avec
l'étude d'impact sur l'environnement, une attestation que son contenu est
conforme à la directive du ministre et aux exigences prévues par règlement»,
etc.
«Lorsqu'il juge l'étude d'impact
admissible, le ministre publie l'étude d'impact et l'attestation de l'initiateur»,
bon.
Dans le fond, ce que je comprends, c'est
que l'étude d'impact, évidemment, est aux frais du promoteur, de l'initiateur,
si on reprend le terme. Puis je vais utiliser un exemple que je connais. Je
n'en connais pas des tonnes, mais évidemment, on a… vous l'avez évoqué
vous-même, M. le ministre, Ray-Mont Logistiques, dans ma circonscription, qui
avait à déposer une étude d'impact sur la question du bruit, notamment, si je
ne me trompe pas, il n'y a pas si longtemps. Je ne sais pas si c'était
exactement le même niveau de documents, vous me corrigerez si ma connaissance
de débutant de ce dossier n'est pas la bonne, mais l'étude qu'ils avaient
déposée… puis il me semble que... une conversation qu'on avait eue ensemble, à
un certain moment donné, dans ce processus-là, vous m'aviez dit : Elle
n'avait pas été jugée à la hauteur, cette étude-là.
Ça fait que moi, ma question, c'est :
Comment ça fonctionne au ministère pour considérer que l'étude, ladite étude
fonctionne, est à la hauteur? Est-ce que c'est des critères? Est-ce que c'est
une contre-expertise qui est appliquée? Est-ce qu'éventuellement, si une firme
qui est utilisée par des initiateurs est jugée faire des études de moins bonne
qualité, est-ce qu'il y a comme une genre de blacklist interne où est-ce que,
là, on le sait que, quand c'est cette firme-là, on fait une double
vérification? Bref, comment... comment ça fonctionne, cette mécanique-là?
M. Charette : On peut
volontiers parler du cas en question, mais, juste préciser, on n'est pas du
tout dans la même procédure. Dans le cas qui préoccupe le collègue, pour des
raisons, encore une fois, très légitimes, on est au niveau des autorisations
ministérielles. Ça ne nécessite pas de décret. Dans le cas qui nous occupe, là,
à travers l'étude de l'article 44, on est dans ce qu'on pourrait appeler
la procédure d'évaluation environnementale longue, c'est-à-dire avec BAPE,
avec... et ça, ça nécessite un décret gouvernemental. Donc, deux types de
projets complètement, complètement différents.
Donc, ce que l'on veut dire par l'étude
d'impact, ce n'est pas... ce n'est pas ce qui est requis, là, dans le cas, là,
de Ray-Mont Logistiques, notamment. Mais, pour répondre à la question,
lorsqu'il y a un projet, peu importe lequel et dans quelle procédure
d'évaluation où on se trouve, on connaît certainement des entreprises qui font
des évaluations pour lesquelles les travaux sont peut-être moins bien
peaufinés. En même temps, on a de très bonnes compagnies qui se sont
spécialisées, là, dans ce type d'évaluation d'impact. Et, dans les deux cas,
c'est la qualité des réponses fournies qui vient… qui vient conditionner la
suite, en quelque sorte.
Si l'entreprise retient une entreprise…
c'est-à-dire une firme d'évaluation qui est moins rigoureuse, un, ce n'est pas
à son avantage parce que, deux, ça risque de prendre plus de temps. Il va y
avoir plus de questions-réponses nécessaires pour évaluer le projet. Puis je ne
suis pas sûr qu'au final ça va lui coûter moins cher si les délais sont
beaucoup plus longs.
Donc, nous, ce n'est pas qu'on a un
préjugé favorable ou défavorable, c'est la qualité des études qui nous sont
fournies qui va déterminer la suite, en quelque sorte. Mais, oui, dans ce
domaine-là, il y a des firmes qui sont... qui sont certainement meilleures que <d'autres…
M. Charette :
...oui,
dans ce domaine-là, il y a des firmes qui sont... qui sont certainement
meilleures que >d'autres.
M. Leduc : J'assume que, si
la firme dépose une étude pas terrible et qu'elle est jugée soit non recevable,
ou incomplète, ou... bon, bien, la firme perd de la crédibilité elle aussi
parce que son client ne va peut-être pas la rappeler la prochaine fois.
M. Charette : Bien, c'est...
ce n'est pas à l'avantage d'un initiateur de fournir des évaluations qui ne
sont pas complètes ou qui ne sont pas de qualité. Clairement, ce n'est pas à
son avantage parce que ça ne fait que retarder la réponse qu'il souhaite
obtenir. Et les firmes qui, au final, finissent par... sans dire avoir mauvaise
réputation, mais qui ne se sont pas démarquées, bien, j'imagine que ça ne les
aide pas à trouver des nouveaux clients non plus, là. Donc, c'est à l'avantage
de tout le monde de bien faire et de bien franchir cette étape-là pour
s'assurer que le dossier soit complété le plus rapidement possible à la
satisfaction du ministère.
M. Leduc : Est-ce que c'est
une grosse économie, ça, les firmes dans les... qui font des études d'impact
environnemental? On parle de combien, grosso modo?
M. Charette : Dans le PIB québécois
ou en termes de valeur, je n'ai aucune idée. Je ne sais pas si ce type...
M. Leduc : En termes de
nombre, là, on parle d'une quinzaine, vingtaine, centaine? Je ne sais pas, là.
M. Charette : Ah! bien,
c'est-à-dire, on a plusieurs demandes d'autorisation par année. Plusieurs vont
commander des études de cette... de cette nature-là. Donc, oui, c'est un...
c'est un marché, très certainement, mais je ne serais pas en mesure de le
quantifier ou de dire quel est... en termes de valeur monétaire, ce que ça
représente, mais ces entreprises-là... Je ne serais pas... Je ne serais pas en
mesure.
Et il y a deux... deux types. Dans
certains cas, les entreprises, il faut percevoir... puis c'est la note, là, qui
m'est transmise, à juste titre, c'est que l'entreprise, par moment, va
s'adjoindre les services d'un accompagnateur pour justement franchir les
étapes... les différentes étapes, mais l'accompagnateur en question peut aussi
avoir à donner des contrats, que ce soit à des biologistes ou autres, pour
avoir des données qui sont nécessaires au ministère. Puis, dans certains cas,
c'est une seule et même entreprise qui est capable de fournir tous ces... tous
ces services-là. Mais c'est fréquent qu'un initiateur ait besoin
d'accompagnement ou sinon de fournir des évaluations qui sont faites à
l'externe parce que ce n'est pas... ce n'est pas la compétence de l'entreprise
que de le... que de le faire, là.
• (17 h 20) •
M. Leduc : Toutes ces
évaluations-là, à quelle fréquence ça tombe sur votre bureau, directement, de
ministre?
M. Charette : Personnellement,
très, très rarement, là. C'est... Au final, par année, il y a plusieurs
milliers de dossiers qui nécessitent... On parlait de déclarations de
conformité, d'autorisations ministérielles, donc c'est... c'est quantifié, là.
On parle de milliers de dossiers, là, au final. Et ce ne sont pas des dossiers
qui arrivent... qui arrivent au niveau, là, du bureau du ministre ou de la
ministre, rarement au niveau du cabinet, à moins que ce soient des demandes
d'information, un député, peu importe la formation politique, et ça, ça arrive
à toutes les semaines, qui nous dit : Ah! bien là, j'ai un dossier, on en
est où dans l'évaluation? Ou ne serait-ce qu'on a eu... et c'est... c'est aussi
très, très légitime, sur Ray-Mont Logistiques, on s'en est parlé directement,
et c'est le rôle du député ou de la députée de faire ce type de suivi là. Mais,
au niveau de la décision, ce n'est pas une décision qui est... qui est
politique, là.
M. Leduc : Non, je comprends.
M. Charette : Donc, le cabinet
ou moi, personnellement, je peux servir d'intermédiaire pour transmettre
l'information sur l'état d'avancement du dossier, mais l'étude elle-même se
fait au niveau du ministère, et je dirais même, avec plus de précision, souvent
au niveau de la direction régionale. Donc, le traitement de la demande,
l'évaluation de la demande se fait beaucoup au niveau de la région elle-même et
non pas... et non pas au complexe G, là, à Québec, là. Donc, c'est les milieux locaux,
là... les directions régionales, c'est-à-dire, qui sont les premières à
répondre à l'essentiel des demandes d'autorisation, là, qui nous parviennent.
M. Leduc : Ça fait que
j'imagine que c'est... dans le fond, c'est un peu politique, mais dans le beau
sens du terme. S'il y a un dossier qui prend de l'espace dans la pile des
problèmes parce qu'il y a des députés d'opposition ou d'autres acteurs de la
société civile qui soulèvent des enjeux, c'est là que vous, vous allez
potentiellement vous saisir du dossier puis l'examiner...
M. Charette : Mais voir où on
en est...
M. Leduc : ...et donc lire
l'éventuelle étude d'impact?
M. Charette : ...voir où on
en <est...
M. Leduc :
...éventuelle
étude d'impact?
M. Charette :
...voir
où on en >est. Et ce n'est pas... ce n'est pas méchant ou un jugement,
ce que je vais dire, mais on entend souvent : Bon, le ministère, ça fait
quatre ans que j'ai déposé une demande, et le ministère... C'est souvent, aux
yeux des promoteurs, la faute du ministère de l'Environnement. On est
accusés... pas accusés, mais on est réputés pour être le ministère qui retarde
les projets. Mais, à partir du moment où on regarde un petit peu ce qui se
passe vraiment, dans certains cas... et ce n'est pas une blague, dans certains
cas, le projet n'est même pas déposé, là. On dit qu'on attend depuis quatre ans
une réponse, mais, pour avoir une réponse, il faut qu'il y ait un projet de
déposé. Dans certains cas, il n'y a aucun projet de déposé. Dans certains cas,
c'est le promoteur qui est... qui est attendu pour une réponse.
Dans d'autres cas, et c'est rarement...
c'est rarement l'initiateur qui va le dire ouvertement, mais, si c'est un
mauvais élève... on le voit, là, à travers les conséquences... un mauvais élève
a forcément plus de défis à faire accepter un nouveau projet, et, dans certains
cas, il ne peut carrément pas déposer un nouveau projet. Mais, quand un
collègue ou une collègue, un maire, une mairesse vient me... vient nous voir
pour me dire : Ah! tel projet, on n'a pas de réponse, qu'est-ce qui arrive?,
c'est rare que l'initiateur va lui-même admettre qu'il est en défaut, là, par
rapport au ministère de l'Environnement. Et c'est rare... je le donne comme
exemple, là... c'est très, très rare que ça arrive, mais c'est... c'est des cas
qui peuvent survenir, et ce sont des cas qui peuvent expliquer pourquoi une
réponse a tardé ou pourquoi le promoteur a le sentiment, là, qu'il est... qu'il
est en attente d'une... d'une décision depuis fort longtemps.
M. Leduc : Quand une étude
rentre, donc une étude d'une firme privée, qui est la cliente d'un... d'un
initiateur, soit une municipalité, soit une entreprise privée, essentiellement,
est-ce qu'il y a parfois une volonté d'aller vérifier les données qui sont à
l'intérieur de l'étude ou est-ce qu'on prend pour acquis que ce qui se ramasse
dans l'étude, c'est nécessairement sur le dos de la réputation de la firme, ça
fait qu'on ne va pas contre-vérifier si, en effet, mettons, tant de décibels, ou
je ne sais pas trop quel autre truc qu'on aurait pu vérifier... Est-ce que, des
fois, il y a une contre-expertise ou une vérification faite par les
fonctionnaires?
M. Charette : Le ministère
est toujours en droit de vérifier, par ses propres moyens ou par d'autres
sources, des informations, là, qui nous sont transmises. Le ministère est
toujours en droit d'exiger des informations supplémentaires. Donc, ce n'est pas
une lecture aveugle des informations qui nous sont transmises. Et, lorsqu'il
est question de faune, de flore, de milieux humides, le ministère a, dans
certains cas, ses propres informations. Donc, si on a une évaluation qui nous
est fournie qui est contraire à des données ou des informations que nous avons,
c'est clair que ça va nécessiter une contre-vérification ou des demandes
d'informations supplémentaires.
M. Leduc : Et, toujours sur
la question de la réputation de ladite firme, est-ce que, la plupart du temps,
les gens qui vont collecter les données et rédiger le rapport... est-ce qu'ils
sont membres de différents ordres professionnels?
M. Charette : On... Bien,
c'est... c'est un débat, hein? La fameuse question des biologistes, notamment,
certains souhaiteraient qu'il y ait davantage d'ordres professionnels. Donc, ce
ne sont pas que des professionnels membres d'un ordre professionnel comme tel,
mais il faut qu'il y ait... il y a des compétences qui doivent être reconnues.
Mais ce n'est pas conditionné à l'existence d'un ordre professionnel. Et, au
Québec, dans le cas des biologistes, bien, c'est une demande de longue, longue,
longue date pour qu'il y ait un ordre professionnel.
Notre collègue au Conseil du trésor, qui
est responsable de ces dossiers-là, est en train de faire un ménage, justement,
là, dans tout ce qui est ordre professionnel. Mais c'est une revendication que
nous avons tous déjà entendue. Mais ce n'est pas une exigence d'être membre
d'un ordre professionnel, là, pour produire un rapport de cette...
M. Leduc : Je comprends. Ce
genre de rapport là. Est-ce que c'est déjà arrivé, dans le passé récent, ou on
peut remonter à quelques années, que, lors d'une vérification, de la part du
ministère, du contenu d'une étude, on y ait trouvé des erreurs, des erreurs
factuelles, des erreurs de prises de données?
M. Charette : Dans un rapport
d'évaluation? Comme je vous dis, moi, je ne suis pas au quotidien de ces... de
ces opérations-là. Je serais porté à croire que ça peut arriver. Est-ce que
vous souhaitez des...
M. Leduc : Je ne cherche pas
des noms, je ne cherche pas de pointer du doigt, mais est-ce que c'est quelque
chose qui arrive, au ministère, de découvrir des erreurs dans ce genre d'étude
là?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
effectivement, ça peut arriver parfois. En fait, il y a... il y a vraiment
différents niveaux d'études, là. Parfois, aussi, c'est... ça peut être un
modèle utilisé qui n'est pas nécessairement conforme. on peut demander des
contre-vérifications, ou des revalidations, <ou...
Mme Gagnon (Mélissa) :
...pas
nécessairement conforme. on peut demander des contre-vérifications, ou des
revalidations, >ou des précisions. Donc là, il y a... c'est un monde de
complexité. Puis c'est pour ça d'ailleurs qu'on consulte de nombreux experts,
là, selon le type de projet, selon les études. Donc, on va chercher une... un
avis d'expert qui va surtout s'attarder à la façon dont l'étude a été faite :
Est-ce que ça respecte les règles de l'art? Est-ce qu'il y a un cadre
applicable? Est-ce que... Donc, des fois, certaines normes aussi pour faire des
études puis aussi sur quelle base ça a été produit : Donc, c'est quoi, les
données qu'ils ont utilisées? C'est quoi, les références? C'est quoi, les
sources? Donc, c'est souvent ce qui va être... ce qui va être vérifié. Ça peut
arriver qu'on demande, effectivement, des revalidations, ou des ajustements, ou
de... des corrections, finalement, aux études produites.
M. Leduc : Puis c'est un
débat, dans le fond, un peu similaire, une question similaire à celle qu'on
avait tantôt sur les demandes d'autorisation. Tu sais, on comprenait qu'il y
avait une forme d'échange informel avec l'initiateur d'un projet pour être
certain que sa demande soit faite dans les règles de l'art puis qu'il n'y ait
pas trop de jeu d'allers-retours. Est-ce qu'avec une firme tierce partie, dans
le fond, il y a ce même genre de discussion informelle pour être sûr que le
rapport qui va être déposé soit conforme ou c'est plutôt une fois qu'il est
déposé que, là, il peut y avoir des discussions avec ladite firme? Ou ce n'est
même peut-être pas avec la firme directement, c'est peut-être avec le
promoteur?
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
en fait, tout à l'heure, M. le ministre parlait de l'accompagnement en amont, donc
cet accompagnement-là va permettre d'orienter l'initiateur sur des références,
des protocoles existants ou des normes existantes. On peut aussi parfois faire
intervenir les experts pour bien orienter l'initiateur, mais on ne va pas
valider... prévalider une étude prévalidée. Donc, on... ça sert vraiment à
mieux l'orienter. Puis là c'est... une fois que le document est officiellement
déposé que, là, on va procéder à une vérification.
M. Leduc : Est-ce que vous
diriez, de manière générale, que la qualité, de manière globale, encore une
fois, des différentes études qui vous sont acheminées est bonne? C'est une
bonne qualité qu'on a d'études au Québec qui vous sont acheminées ou est-ce
qu'il y a souvent des réécritures à aller faire?
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
je pense qu'il peut y avoir de très bonne qualité, mais c'est... c'est
variable. C'est d'ailleurs un des éléments qu'on veut essayer de corriger pour
le bénéfice aussi des initiateurs, là. Donc, tu sais, dans les modifications
qui sont proposées, on permet à l'initiateur de mettre au jeu ses intentions,
donc qui est de venir valider, finalement, les éléments qu'il va considérer,
ceux qu'il ne va pas considérer, de quelle façon il veut aussi faire ces
études-là. Donc, l'objectif, c'est pour ça qu'il y a une consultation dès le
début aussi du public, mais aussi des experts pour donner un signal fort à
l'initiateur sur... par rapport à ses intentions puis lui permettre, finalement,
d'investir ses énergies dans les études qui sont requises et de la bonne façon.
M. Leduc : Ça fait que ce que
je comprends, c'est qu'il y a quand même de la place à l'amélioration pour...
pour la qualité globale des études. On s'entend que ce n'est pas tout...
j'imagine que ce n'est pas tout à jeter au recyclage, mais ce que je décode,
vous me corrigerez si j'ai mal compris, mais il y aurait de la place pour
l'amélioration à ce point que vous, vous dites : On est en train de
préciser comment, en amont, ils peuvent mieux se préparer. C'est ce que je
comprends.
• (17 h 30) •
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
effectivement. Puis, des fois, ce n'est pas nécessairement que l'étude n'est
pas bonne, c'est juste qu'elle ne répond pas nécessairement aux besoins. Tu
sais, il peut y avoir différents besoins, là, où on est dans un contexte
d'évaluation environnementale...
M. Leduc : Il manque un
chapitre, mettons, là.
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fonction des enjeux aussi. Donc, parfois, c'est correct d'avoir un niveau
d'information qui est plus sommaire, mais, des fois, s'il y a un réel enjeu, on
veut avoir plus de précisions. Donc là, ça permet aussi de venir valider le
niveau d'études et la façon dont ces études-là vont être produites.
M. Leduc : Ça fait que ce
n'est pas... ce n'est pas, mettons, un enjeu où est-ce qu'on dirait : Il
faudrait commencer à les... pas qualifier, mais identifier, peut-être, des
firmes qui ne seraient plus recevables aux yeux du ministère parce qu'elles
auraient, un certain nombre de fois, commis des erreurs techniques importantes,
puis que, là, vous diriez : Ces firmes-là, on ne veut plus rien savoir. On
n'est pas vraiment dans ce niveau-là, de nécessité de rehausser la qualité?
Des voix : ...
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, je ne pense pas que ce soit le rôle, nécessairement, du ministère
d'intervenir à ce niveau-là. Tu sais, nous, on valide, dans le fond,
l'information qui est produite puis la façon dont elle a été produite, et non
la compétence de chaque firme. Chaque firme aussi va avoir des compétences
variées dans différents domaines, là. Donc, je vous dirais que nous, on
s'assure... L'important, c'est de s'assurer que l'information est crédible,
elle a été... elle est valable, finalement, pour les besoins de l'analyse.
Ça fait que l'objectif, ce n'est pas de
discréditer ou de ne pas recevoir d'information d'une firme en question, là. Je
pense que le milieu s'autocontrôle. M. le ministre parlait tout à l'heure, justement,
de... Tu sais, généralement, je pense que les initiateurs, surtout ceux qui
reviennent dans la procédure, peuvent être en mesure de juger de la compétence
de celle qui offre le service, là, au même titre que d'autres services.
M. Leduc : Est-ce que ça
serait possible...
17 h 30 (version révisée)
Mme Gagnon (Mélissa) : …au
même titre que d'autres services.
M. Leduc : Est-ce que ce
serait possible, un scénario où ce serait le ministère qui identifierait la
firme, mais qui… la facture, évidemment, irait sur le pupitre de l'initiateur?
M. Charette : Non, pour une
raison très, très bête et simple, on parle de milliers de projets, année après
année, et le ministère ne veut pas se… en fait, n'aurait pas la possibilité de
prendre cette responsabilité d'affecter une firme pour les différents projets.
Au final, ça veut dire quoi? C'est à l'initiateur de trouver une firme qui est
crédible, qui lui fera gagner du temps et non pas perdre du temps, parce que
les rapports attendus ne sont pas de la qualité minimale exigée. Mais d'aucune
façon le ministère ne pourrait prendre à sa charge d'affecter les firmes ou de
faire ces évaluations-là, là. C'est au promoteur qui a un projet qu'il souhaite
voir réalisé à démontrer la conformité, là, de ce projet-là.
M. Leduc : Parce que c'est
sûr qu'aux yeux du public ou, même, aux yeux d'un public plus informé, on
pourrait le dire comme ça, ou plus intéressé politiquement, il y aura toujours
un certain niveau de scepticisme, peut-être malavisé, mais qui existe par
rapport au fait que l'étude est produite par un… On achète une étude, dans le
fond, c'est un client, puis, bon, ça fait qu'il y a toujours des gens qui vont
dire : Bien là, c'est «vendu», avec des gros guillemets, probablement que
c'est exagéré comme interprétation, mais je réfléchissais. Il y a-tu moyen de
renforcer la perception du public envers la crédibilité de ces études-là par un
autre mécanisme?
Là, dans le fond, ce que vous nous dites,
c'est qu'on va mieux attacher les attentes du ministère avec des modifications.
Est-ce que c'est à même le 84 que vous évoquiez tantôt, ou c'est un peu
plus loin?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
M. Leduc : OK. Vous dites :
On va mieux attacher les attentes du ministère. Très bien. Je ne sais pas à
quel point ça pourrait, éventuellement, améliorer la perception du public, mais
est-ce qu'il y a, comme, quelque chose… Est-ce qu'il y a eu une réflexion, au
ministère, sur qu'est-ce qu'on peut faire davantage pour améliorer la
perception du… de la confiance du public?
M. Charette : Je pense que la
procédure d'évaluation environnementale, au Québec, elle est… elle est reçue
comme étant bien établie. C'est certainement une des procédures d'évaluation
les plus complètes, en Amérique, à tout le moins. Ça lui donne de la
crédibilité. Je pense que ça donne de la crédibilité aux autorisations ou aux décisions
qui sont prises, mais, bien honnêtement, avec l'expérience des dernières
années, là, à l'Environnement, j'ai sans doute renoncé à essayer de convaincre
tout le monde. Il y aura toujours des doutes.
M. Leduc : Ce n'était pas mon
objectif non plus.
M. Charette : Non plus, on
est d'accord, mais on a une procédure qui est crédible, qui est établie, aussi,
dans la durée, avec différentes étapes, notamment le BAPE, qui est aussi, je
pense, une instance qui est reconnue, là, du public. Donc, on fait tout pour la
crédibiliser, sans pouvoir prétendre avoir convaincu tout le monde, là, mais c'est
réellement une procédure, là, qui est bien… qui est bien établie.
Il y a certains critères, là — les
collègues, tout à l'heure en faisaient… en faisaient mention — qui
peuvent être questionnés, mais ce qui vient aussi déterminer sa crédibilité, c'est
sa prévisibilité. C'est de savoir qu'est-ce qui est nécessaire à telle étape,
et c'est là où il faut éviter un petit peu l'improvisation, dire : Dans
tel cas, ce serait ceci qui s'appliquerait, et ça, là-dessus, je suis assez
convaincu qu'il faut garantir cette prévisibilité-là. Je suis assez convaincu
que ça donne de la crédibilité à la démarche, mais il y aura toujours des
doutes, là, aux yeux de certains, là. Ça, je peux le comprendre.
M. Leduc : Je rassure
vraiment le ministre, je n'avais pas l'intention de vouloir convaincre tout le
monde. C'est un vœu pieux qui n'est pas très sain, d'un point de vue santé
mentale, je pense. Blague à part, en terminant, si on… vous pourriez juste m'identifier...
Quand vous faisiez référence, tantôt, à l'endroit où est-ce que vous voulez
clarifier les attentes du ministère pour les études d'impact, c'était quel sous-article,
si vous me permettez l'expression, au sein du 84?
Mme Gagnon (Mélissa) : Je
vais... OK. En fait, c'est différents articles à l'intérieur du 84. Tu sais, cet
article-là, finalement, vient préciser la première étape, qui est le dépôt par
l'initiateur de son avis d'intention. Donc, en ce moment, c'est un avis de
projet, là, on le remplace par l'avis d'intention. La grosse différence, c'est
que ça lui donne l'opportunité de présenter c'est quoi, l'étude d'impact qu'il
s'apprête à faire. Ça fait que, là, justement, comme on disait tout à l'heure, ça
fait que, là, il va pouvoir mettre au jeu ses intentions avant, parce que c'est
une… une étape qui est assez énergivore pour lui. Donc, là, avant de se lancer
là-dedans, il présente ses intentions, avec, aussi, les enjeux qu'il va <considérer...
Mme Gagnon (Mélissa)T :
...une
étape qui est assez énergivore pour lui. Donc, là, avant de se lancer là-dedans,
il présente ses intentions, avec, aussi, les enjeux qu'il va >considérer.
Tout ça va faire l'objet d'une consultation, puis ça va permettre d'avoir une
directive du ministre pour l'élaboration de l'étude d'impact, qui est propre au
projet et au milieu, mais qui est basée, aussi, sur la proposition de
l'initiateur.
Donc, tout ça nous permet d'avoir la
directive spécifique au projet et au milieu, qui va se... être élaborée sur la
base de la proposition de l'initiateur, mais aussi des consultations, là, du
public, des experts et des communautés autochtones, plutôt qu'actuellement, où
est-ce qu'on a une directive qui est une directive type, donc qui est propre à
un type de projet mais qui n'est pas du tout adaptée en fonction du milieu et
du projet lui-même. Ces directives-là sont déjà disponibles, là, sur le site du
ministère. Ça fait que là, on va vraiment avoir... La directive, finalement,
donne les attentes quant au contenu de l'étude. Ça fait qu'on va avoir une
directive qui est spécifique, propre au projet et au milieu, puis qui est basée
sur la proposition de l'initiateur.
Ça fait que là, je vais peut-être juste
donner un exemple plus précis. Si, exemple, là, il y a des données déjà
existantes. Ça fait que là, l'initiateur pourrait dire : Bien, moi, ces
données-là, c'est déjà établi, c'est ce que je vais utiliser. Ces éléments-là,
ce n'est pas un enjeu, donc je ne vais pas documenter ces éléments-là, puis ça,
pour moi, ce sont des enjeux, voici comment je vais documenter les heures
d'études, qui je vais consulter, de quelles méthodes je vais... je vais...
quelles méthodes je vais utiliser. Et c'est à partir de ça que la directive va
être établie spécifiquement pour le projet. Donc, là, on a des attentes qui
sont propres au projet, plutôt que des attentes génériques sur un type de
projet.
M. Leduc : OK. Merci beaucoup
pour les explications, c'est apprécié.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Oui, alors, pour
enchaîner sur mon collègue, justement, on parle de la perception publique
vis-à-vis le BAPE, et je pense qu'il y a des exemples, au Québec, où c'est
perçu... c'est la perception, sinon la réalité, que le rapport du BAPE ou des
recommandations du BAPE ne sont pas écoutés. Puis, je suis désolée, mais je
pense que Stablex, c'est un exemple pertinent. Alors, comment le gouvernement
gère cette perception, sinon cette réalité, vis-à-vis le BAPE?
M. Charette : Je l'ai déjà
mentionné, le BAPE n'est pas une instance qui est... qui est décisionnelle.
C'est une étape qui réunit l'avis... les avis du public, de certains experts
aussi, mais c'est une étape, donc, en cours d'évaluation, qui n'est pas
décisionnelle, et qui n'est pas non plus l'évaluation du ministère de
l'Environnement.
Je n'ai aucune, aucune gêne à parler du
dossier Stablex. D'un point de vue environnemental, le ministère de
l'Environnement a besoin de Stablex, compte tenu de sa spécialité. Donc, c'est
le ministère de l'Environnement qui recommande de protéger cette... comment
dire... ce service qui est rendu, pas parce que ça s'appelle Stablex, pas parce
que c'est une entreprise en particulier. C'est le service qui est fondamental pour
le Québec et pour le ministère de l'Environnement.
• (17 h 40) •
Donc, oui, le BAPE a fourni une étude, le
ministère a complété son évaluation et le ministère de l'Environnement conclut
qu'un service comme celui offert par Stablex est un service essentiel. Donc,
ça, ça fait partie de l'évaluation que l'on fait du côté du ministère de
l'Environnement, parce que l'environnement, c'est un très, très large rayon
d'action, mais la gestion des matières résiduelles relève du ministère de
l'Environnement. Donc, le BAPE a eu... a mené un exercice qui était tout à fait
valable, mais avec la mission du ministère de l'Environnement, on juge que
c'est aussi un projet, là, qui répond à des... à des besoins prioritaires, pour
ne pas dire essentiels, au Québec.
Mme McGraw : Mais juste le
nom, Bureau d'audiences publiques, c'est un outil clé pour le public,
justement, de pouvoir... de participer, mais aussi de juger un projet, une
initiative. Donc, comment concilier, effectivement, l'importance d'un BAPE pour
le public, par et pour le public, effectivement, et le processus décisionnel du
gouvernement?
M. Charette : C'est une
étape, c'est une étape dans ce processus-là, une étape importante, mais une
étape qui n'est pas décisionnelle. Et, en tout, tout, tout respect pour le
public — et j'encouragerai toujours la participation citoyenne — il
faut aussi une expertise, il faut aussi des experts sur les sujets traités, et
c'est là où le ministère de l'Environnement a un rôle à jouer. Et c'est là où
nos experts à nous ont dit : Ultimement, si on est en bris de service, on
est <susceptibles...
M. Charette :
...de
l'Environnement a un rôle à jouer. Et c'est là où nos experts à nous ont dit :
Ultimement, si on est en bris de service, on est >susceptibles de vivre
une crise de la gestion de la matière dangereuse résiduelle, comme le Québec a
failli en vivre une il y a quelques... un certain nombre d'années, lorsque les
services de Stablex ont été requis. Et c'est d'ailleurs à la demande du
gouvernement du Québec que Stablex s'est développé, là, au Québec, pour éviter,
justement, une crise. Donc... la consultation du public, le BAPE, un rôle
fondamental que l'on reconnaît. Mais ce n'est pas forcément une expertise
d'experts ou ce n'est pas forcément non plus en lien avec les obligations du
ministère de l'Environnement. Et le ministère de l'Environnement a aussi le
mandat... — on le perd de vue — mais de s'assurer que la
matière résiduelle, qu'elle soit dangereuse ou pas, soit traitée selon des
standards élevés pour éviter, justement, des risques environnementaux.
Mme McGraw : Alors, la
perception selon... La réalité, selon l'explication du ministre... — de
façon générale, là, je ne parle pas d'un cas particulier — mais
l'expertise, les recommandations du BAPE, bien souvent, on passe au-dessus. Si
je comprends bien le gouvernement, c'est une étape dans le processus, mais
pourquoi le gouvernement... Effectivement, c'est quoi, le poids du BAPE dans le
processus décisionnel du gouvernement? Elle occupe quel poids?
M. Charette : Pour rassurer
la collègue, on ne passe pas au-dessus, on reconnaît son importance. Quel
est... Je ne dirais pas son poids, tant son poids que son rôle, le rôle du BAPE
est de consulter, d'enquêter, de permettre au public de s'exprimer. Et ce n'est
pas ce que fait le ministère de l'Environnement. Le ministère de
l'Environnement, ne serait-ce qu'à travers ses ressources, n'est pas l'instance
qui va consulter comme le fait le BAPE. Ce n'est pas son mandat. Donc, c'est un
rôle qui est important, qui est une étape qui est clé dans une procédure
d'évaluation, mais ce n'est pas une instance qui est décisionnelle. Ça ne l'a
jamais été, ça ne le sera vraisemblablement jamais.
Mais, dans chacune des situations, un
rapport du BAPE permet d'améliorer un projet. J'ai vu bon nombre de rapports du
BAPE, qui étaient critiques à l'égard d'un projet, qui ont permis d'améliorer
ces projets-là avant que les autorisations soient données. Donc, c'est un
éclairage qui est fondamental dans le processus d'autorisation. Donc, un BAPE
critique ne veut pas dire un refus de projet. C'est l'occasion, là, de bonifier
et d'améliorer un projet dans bien, bien des cas. Puis, des exemples qui vont
tous nous rappeler des souvenirs, le BAPE était, par exemple, très, très
critique à l'égard du tramway à Québec, alors que, d'un point de vue
environnemental, c'est un projet, là, qui est jugé souhaitable. Donc, ce qu'a
permis le BAPE, c'est d'améliorer ce projet-là. Donc, un BAPE critique ne veut
pas dire un refus systématique et un BAPE critique ne veut pas dire non plus
l'acceptation du projet tel qu'il a été déposé initialement. C'est l'occasion
de bonifier les projets, bien souvent.
Mme McGraw : Donc, le
ministre, il a donné l'exemple du tramway comme exemple où le BAPE a été
critique, mais au niveau du gouvernement... Est-ce qu'il y a des exemples?
Est-ce que le ministre pourrait donner des exemples où, quand le BAPE a été
critique, effectivement, ça a été en partie ou en grande partie comme base pour
un refus du gouvernement?
M. Charette : Oui. Encore là,
l'exemple le plus connu, probablement, est GNL Québec. Il y a eu un rapport du
BAPE qui était critique, le BAPE qui soulevait un certain nombre de questions.
Suite à ça, le ministère de l'Environnement a fait son évaluation, suite à ça,
le ministère de l'Environnement a posé des conditions précises au promoteur,
conditions que le promoteur n'a pas pu rencontrer, et, après, le projet a été
refusé. Ça, ça fait quelques années, maintenant. Ce qui m'a fait dire, il y a
quelques semaines, s'il y avait un nouveau projet, parce que ce projet-là, il
est abandonné, il n'y a plus de promoteur, s'il n'y avait... s'il y avait un
nouveau projet, il serait étudié à son mérite, et s'il répond aux conditions
posées, c'est un projet qui pourrait, ultimement être accepté. Donc, ce n'est
pas un refus systématique, c'est à chaque initiateur de démontrer la conformité
de son projet à l'égard de la <réglementation...
M. Charette :
...être
accepté. Donc, ce n'est pas un refus systématique, c'est à chaque initiateur de
démontrer la conformité de son projet à l'égard de la >réglementation
puis des orientations gouvernementales.
Mme McGraw : Selon le
ministre, est-ce que le BAPE devrait avoir un poids? Là, moi, j'ai utilisé le
mot «poids»; le ministre a répondu avec «rôle». Un poids décisionnel ou un rôle...
peut-être un rôle décisionnel plus important en termes de poids, ou rôle
décisionnel?
M. Charette : Je pense que le
BAPE intervient au bon moment, je pense qu'il a un rôle important, mais je ne
pense pas que ce soit une bonne idée de faire du BAPE une instance
décisionnelle, pour les raisons que je mentionnais. Ils ont une expertise, ils
n'ont pas toutes les expertises, certaines expertises se retrouvent au
ministère de l'Environnement. Et le ministère de l'Environnement aura toujours
un rôle à jouer, là, au niveau des autorisations environnementales. Mais ça
n'enlève pas d'importance au rôle qu'il a à jouer, là, dans cette procédure-là.
Mme McGraw : Est-ce que le
ministre considère, dans son ensemble, que le projet de loi vient renforcer le
rôle du BAPE? C'est quoi, l'impact, au niveau de l'intention?
M. Charette : En fait, au
niveau du rôle comme tel, on vient lui reconnaître des mandats qu'il avait
déjà, sans que ce soit inscrit dans la loi, on en a discuté hier, je pense, au
niveau consultation du public et autres. Donc, dorénavant, si le projet de loi
est adopté, ce sera dûment inscrit dans la loi. Mais on ne vient pas changer sa
prépondérance dans l'autorisation, la décision qui sera ultimement rendue. On
vient lui confirmer des fonctions qu'il assumait déjà en partie, mais qui
n'étaient pas dûment inscrites, là, dans la loi.
Mme McGraw : Merci pour ces
explications-là. Donc, le BAPE a soumis un mémoire et, concernant cet article,
le BAPE a trois recommandations... trois préoccupations et recommandations.
Donc, si vous me permettez, M. le Président, j'aimerais les mettre de l'avant
vis-à-vis le ministre. Alors : «Le BAPE estime que...» Dans un premier
temps : «Le BAPE estime que la consultation des experts des ministères et
organismes au moment de l'élaboration de la directive encadrant la réalisation
d'une étude d'impact spécifique à un projet devrait être une pratique à
maintenir dans le cadre du processus d'évaluation environnementale. Considérant
le retrait envisagé de l'étape de la recevabilité d'une étude d'impact d'un
projet, le BAPE estime essentiel que le public et les commissions d'enquête du
BAPE puissent continuer d'avoir accès, en temps utile, aux avis techniques des
ministères et organismes qui seraient formulés dans le cadre du processus
d'analyse de l'acceptabilité sociale d'un projet.» Et là, ils ont des
recommandations plus précises. Mais, dans un premier temps, comment le ministre
réagit à ces préoccupations, observations du BAPE?
Des voix : ...
• (17 h 50) •
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, effectivement, ce qui est prévu, avec la nouvelle procédure, c'est qu'une
fois que l'étude d'impact va être déposée, donc, le mandat de... pour la
première période d'information publique qui va être menée par le BAPE sur
l'étude d'impact, ne va débuter qu'un certain temps après que cette étude-là
ait été déposée, justement pour permettre aux ministères et aux experts de
faire une première analyse et de rendre publics les questions et commentaires
qui vont ressortir de cette première analyse-là. Donc, la période
d'information, la première période d'information publique sur l'étude d'impact
ne débutera pas tant que cette première analyse-là n'aura pas été réalisée, ce
qui va permettre au public d'avoir, justement, les éléments soulevés par les
experts, là, une fois l'étude déposée, avant qu'il y ait la période
d'information, et, éventuellement, s'il y a des demandes, les consultations
publiques, là, avec commission d'enquête.
Mme McGraw : Donc, la
préoccupation exprimée par le BAPE, que le public et les commissions d'enquête
puissent continuer d'avoir accès, en temps utile, selon le ministère, c'est une
préoccupation et, dans le projet de loi, il ne devrait pas y avoir de problème.
M. Charette : Le public va
être plus souvent interpellé avec ce qui est <proposé...
Mme McGraw :
...et,
dans le projet de loi, il ne devrait pas y avoir de problème.
M. Charette :
Le
public va être plus souvent interpellé avec ce qui est >proposé
maintenant qu'il ne l'était ou qu'il ne l'est présentement avec la procédure
qui s'applique présentement. Donc, le public n'est pas perdant, là, dans cette
transformation-là.
Mme McGraw : Et interpeller,
mais aussi avoir accès aux informations, aux... bien, c'est ça, aux avis techniques
des ministères et organismes qui seraient formulés dans le cadre du processus
d'analyse. Donc, préoccupation qui a été émise par le BAPE, si je comprends
bien, le projet de loi...
M. Charette : Je pense qu'on
peut les rassurer à ce sujet-là.
Mme McGraw : ...est
rassurant. «D'autre part, la phase de... de recevabilité — toujours
des problèmes avec ce mot — de l'étude d'impact serait remplacée par
une étape administrative d'établissement de l'admissibilité de l'étude d'impact
afin de réduire les délais de la procédure dans son ensemble. Soulignons ici
qu'une étude incomplète peut accentuer les préoccupations et la méfiance des
citoyens et complexifier l'analyse d'un projet.
L'amorce de l'analyse environnementale
d'un projet par le ministère responsable de l'environnement ainsi que par les
ministères et organismes se fera alors en parallèle des processus d'information
et de consultations publiques menés par le BAPE. Et, toutefois, aucun mécanisme
n'est formellement prévu dans le projet de loi pour que le public et, le cas
échéant, une commission d'enquête du BAPE puissent avoir accès aux avis
techniques des ministères et organismes formulés dans le cadre du processus
d'analyse de l'acceptabilité sociale, etc. Malgré les modifications
législatives proposées, il demeure essentiel que le BAPE puisse bénéficier, en
temps utile, de ces avis afin de ne pas restreindre l'accès des citoyens à
l'information pertinente sur le projet et assurer leur participation pleine et
entière au processus de consultation. De plus, ils permettent à la commission
d'enquête d'acquérir une connaissance aussi complète que possible du projet et
de ses enjeux, ce qui contribue assurément à la qualité de l'analyse qu'elle en
fait.» Est-ce qu'on a la même réponse à cet enjeu qui a été soulevé par le
BAPE?
M. Charette : Pour ce qui est
de l'enquête, on en a parlé, je pense, hier, si je me souviens bien. Il y a
enquête si, par exemple, il y a une demande du public qui n'est pas jugée
frivole. Donc, ça, l'enquête a lieu de toutes les façons dans ces
circonstances-là. Pour ce qui est des documents, les documents qui servent à
l'évaluation du projet — on l'a mentionné, ça a été traité, là, par
des articles précédents, notamment — ils sont versés au registre
aussi. Et c'est un registre qui est public, donc le BAPE peut nous demander des
documents, mais les documents d'analyse du dossier sont... bien, pour certains,
sont versés au registre lui-même. Donc, c'est une information qui est non
seulement disponible pour le BAPE, mais qui l'est pour le public également.
Mme McGraw : Donc, ça,
c'étaient les premières préoccupations qui ont été soulevées à l'égard de cet
article. Un deuxième... dans un deuxième temps, le BAPE souligne qu'une fois
que le projet de loi adopté... il considère qu'il «devrait être consulté dans
le cadre de l'élaboration de nouvelles dispositions réglementaires requises à
la mise en œuvre de la loi, notamment pour celles dont l'application relèveront
de ses attributions ou qui se rapportent à l'exercice de ses compétences.»
Est-ce que le ministre peut confirmer ses intentions réglementaires, ses
nouvelles dispositions réglementaires en ce qui a trait aux préoccupations du
BAPE? Est-ce qu'ils vont être consultés?
M. Charette : Consultés...
Bien, en fait, comment on le fait, là, de façon systématique, lorsqu'il y a un
projet de règlement qui est en élaboration, il y a une préconsultation. Moi, je
parle de travail de cocréation avec les parties prenantes interpellées. Par la
suite, il y a une consultation en bonne et due forme qui est publique, avec
dépôt de mémoire, avec une analyse qui s'ensuit avant qu'il y ait édiction.
Donc, effectivement, le BAPE aura tout à fait le loisir d'apporter sa lumière,
là, à cette étape-là, le cas échéant.
Mme McGraw : Et est-ce que le
ministre estime qu'avec les... Le BAPE se préoccupe de... Est-ce qu'ils vont
avoir les <ressources...
Mme McGraw :
...Et
est-ce que le ministre estime qu'avec les... Le BAPE se préoccupe de... Est-ce
qu'ils vont avoir les >ressources nécessaires pour mettre en œuvre ce
projet de loi? Pour atteindre les objectifs escomptés par les nouvelles
mesures, est-ce qu'on envisage des ressources supplémentaires au déploiement de
nouvelles fonctions qui seraient, peut-être, conférées ou qui seraient
conférées par l'adoption du projet de loi?
M. Charette : C'est difficile
de répondre précisément à la question. Naturellement, par le passé, le BAPE a
eu à faire des représentations à ce niveau-là. Donc, lorsqu'il y a des besoins,
ils sont exprimés, il y a une évaluation qui est faite par la suite, mais le
BAPE a la possibilité de demander des ressources, et c'est une évaluation, là,
qui est faite par le ministère et par le Conseil du trésor, ultimement.
Mme McGraw : C'est tout, en
ce qui concerne le mémoire du BAPE. Je ne sais pas si mon collègue a des
questions en ce sens. Sinon, je vais procéder avec d'autres groupes qui sont
venus nous parler de cet article.
Le Président (M. St-Louis) : Allez-y.
Mme McGraw : Donc, il y a
le... je vais juste m'assurer de ne pas reprendre les mêmes... Donc, il y a le conseil
du patronat de l'environnement du Québec, alors ils recommandent de prévoir...
soit à cet article, sinon, 153, mais rendu à cet article 84, recommande de
«prévoir la possibilité d'accorder un délai supplémentaire pour la transmission
de l'étude d'impact environnemental plutôt que de procéder à une fermeture
automatique du dossier si l'étude n'est pas transmise dans le délai prévu par
la directive du ministre». Ils soutiennent que «les modifications apportées ont
pour effet de prévoir que le ministre met automatiquement fin à la procédure
dès que le délai alloué, dans la directive transmise à l'initiateur du projet
pour la transmission de l'étude d'impact environnemental, est écoulé et que
l'initiateur du projet doit alors formuler un nouvel avis d'intention». Est-ce
que le ministre... bien, dans un premier temps, comment il répond à ces
préoccupations?
M. Charette : Bien, c'est une
préoccupation qui nous a été partagée de façon légitime, on a eu l'occasion
d'en parler longuement, tout à l'heure, avec la collègue de Mille-Îles,
notamment. Je pense personnellement que tout a été dit sur la question.
• (18 heures) •
Mme McGraw : Le Conseil
patronal de l'Environnement du Québec, dans un deuxième temps, il recommande de
«ne pas exiger la transmission d'une attestation de la conformité à la
directive du contenu de l'impact... de l'étude d'impact sur l'environnement et,
subsidiairement, si cette obligation devrait être maintenue». Recommande... le
conseil recommande que le ministère définisse des paramètres précis. Alors, ils
s'interrogent non seulement sur la forme que prendra cette attestation, mais
également sur la pertinence. Ils estiment, à ce sujet, «que le régime actuel,
lequel prévoit qu'une étude est recevable à l'expiration de la période de
questions et de réponses, offre une plus grande prévisibilité», et ils estiment
que ce régime devrait être conservé. Comment le ministre répond à ce constat ou
cette préoccupation du conseil?
M. Charette : C'est sans
doute difficile de prendre isolément les différentes mesures, là, qui apportent
des changements à la procédure d'évaluation. Il faut les voir comme un tout, et
l'objectif — pardon— du tout est de faire en sorte qu'on gagne
en efficacité dans la procédure d'évaluation. Au final, convaincu qu'on pourra
faire des gains d'efficacité intéressants, convaincu qu'on pourra aussi
diminuer les délais pour compléter, là, les différentes étapes. Et, au final,
je pense que ce sera à l'avantage de tous d'aller chercher, là, des gains
d'efficacité à ce niveau-là.
Mme McGraw : Merci. Dans un
troisième temps, le Conseil patronal du Québec... de l'environnement du Québec
recommande de «ne pas exiger la transmission d'une attestation de la conformité
à la directive du contenu», si cette obligation devrait être maintenue...
18 h (version révisée)
Mme McGraw : ...transmission d'une
attestation de la conformité à la directive du contenu, si cette obligation devrait
être bien maintenue, il recommande que le ministère définisse des paramètres
précis.
M. Charette : Sauf erreur, je
pense que c'est exactement ce qui vient d'être...
Mme McGraw : Pardon. Oui. Vraiment
désolée. Désolée.
M. Charette : Bien, il n'y a pas
de souci.
Mme McGraw : Voilà. On
recommande... Le conseil recommande «la mise en place d'un mécanisme visant à
favoriser le dialogue entre le ministre et l'initiateur du projet afin de lui
permettre d'apporter les correctifs nécessaires pour assurer l'admissibilité d'une
étude d'impact environnementale». Et ils ont des recommandations plus précises
au niveau du texte de l'article, mais...
M. Charette : C'est la...
C'est sans doute difficile, à travers le texte de loi lui-même, de préciser
dans le détail quel est l'accompagnement qui est offert par le ministère. On a
eu l'occasion, là, d'en discuter, là, au cours des dernières... des dernières
heures, il y a réellement cette volonté-là d'accompagner le promoteur... les
promoteurs, qu'on appelle les initiateurs, pour qu'ils puissent le plus
rapidement possible avoir l'heure juste par rapport à leurs obligations et
ultimement qu'ils puissent savoir le plus rapidement possible si leur projet
est accepté ou refusé. Mais ça, c'est un travail qui... qui n'est pas transposé,
là, dans... dans les textes de loi et pas... pas beaucoup plus facilement dans
la réglementation, mais c'est le mandat, là, que s'est donné le ministère, de
bien accompagner les promoteurs.
Mme McGraw : ...le conseil
recommande qu'un délai maximal soit prévu pour que le ministère complète son
analyse dans une optique de réduction des délais. Ils estiment qu'il serait
pertinent de prévoir un délai maximal. Le ministre a déjà parlé parler de cet
enjeu. Est-ce qu'il a quelque chose à ajouter?
M. Charette : Bien, on a
parlé des délais minimaux tantôt, des délais maximaux. C'est difficile pour le
ministère, compte tenu de l'échange qu'on a eu précédemment... c'est difficile
de se fixer un délai maximal lorsqu'on ne sait pas si nous allons avoir la
qualité d'information qui est requise ou toutes les informations qui sont
requises. Et je comprends la logique du Conseil du patronat en environnement,
on a eu l'occasion de leur en parler déjà, mais ne sachant pas ou ne pouvant
pas garantir qu'on a les réponses, c'est difficile de s'engager, de fournir
justement une autorisation ou une décision sur l'autorisation dans des délais
déterminés. Mais la seule façon d'accélérer la procédure, c'est le degré de
préparation à l'égard d'une demande d'autorisation, là, qui est... qui est
formulée, là, au ministère de l'Environnement.
Mme McGraw : Merci. Je n'ai
pas d'autre question concernant le conseil. Alors, pour l'instant, c'est...
c'est tout, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Bon.
Merci beaucoup. Est-ce que nous avons d'autres interventions sur l'article 84?
Mme la députée.
Mme McGraw : ...M. le
Président, comme je dis, il y a beaucoup de groupes qui se sont prononcés sur
cet article-là, et dont ma collègue, je crois qu'elle a parlé du Centre
québécois pour le droit en environnement, mais aussi Boralex. Ils ont... Ils
ont fait plusieurs recommandations intéressantes, et je ne crois pas que ça a
été discuté.
Dans un premier temps, Boralex recommande
que le ministère s'assure que les délais soient correctement définis et
encadrés dans le règlement à venir. Donc, c'est ça, c'est donc afin de
concrétiser l'objectif d'une PEEIE en neuf mois, il est essentiel de fixer un
délai précis pour permettre au BAPE de développer la période d'information à la
suite de l'intention prévue à l'article 31.3. Et actuellement cette tâche
est effectuée par le ministère et non par le BAPE. Ils craignent qu'en l'absence
d'un délai clairement défini, cette étape puisse devenir indéfinie et entraîner
un manque de clarté quant à son échéance. Boralex juge que, bien... que ce
serait pertinent et nécessaire de tenir des rencontres spécifiques de
coordination entre les parties, initiateur, ministère et le BAPE, dès l'avis de
projet afin de s'assurer de demeurer dans les délais prévus. Est-ce que le
ministre pourrait nous parler <de...
Mme McGraw :
...prévus.
Est-ce que le ministre pourrait nous parler >de ses intentions
réglementaires, s'il y a des intentions réglementaires, et, si oui, quelles
sont-elles?
M. Charette : On a parlé, ces
derniers jours, hier possiblement, de l'indépendance du BAPE. Donc, c'est
difficile pour le ministère, là, de coordonner, là, les activités du BAPE comme
telles avec les initiateurs qui sont... qui sont liés au projet.
La collègue mentionnait, là, d'étapes, là,
qui sont au ministère et qui pourraient être ou qui devraient être au BAPE. Mais,
juste avant, on a parlé des ressources du BAPE. Donc, on ne peut pas confier
davantage et toujours plus de mandats au BAPE. Et c'est bien que le ministère
ait son rôle à jouer et que le BAPE ait le sien également. Donc, c'est
difficile de coordonner avec l'initiateur et le BAPE, là, une démarche qui... Je
veux dire, il y a un travail qui est fait, il est indépendant, il doit le
demeurer. Mais le rôle d'accompagnateur revient non pas au BAPE, mais au
ministère. Et ça, c'est un rôle qu'on entend continuer à jouer. Et tous les
articles qui sont à l'étude présentement visent une procédure qui est plus...
qui est plus efficace. Et ce sera sans doute... Et c'est assurément un souhait,
là, qui est aussi partagé, là, par des entreprises comme Boralex, qui jouent un
rôle fondamental, là, au niveau de la production d'énergie renouvelable.
Mme McGraw : Tout à fait. On
est d'accord là-dessus, M. le ministre.
Ils ont d'autres préoccupations. Peut-être
une dernière que je pourrais souligner de la part de Boralex. Ils recommandent
«d'impliquer activement les initiateurs et les parties prenantes dans
l'élaboration de la liste réglementaire qui sera élaborée par... pour
l'admissibilité et du contenu de la nouvelle directive. Les deux devraient
d'ailleurs être personnalisés pour chacune des filières d'énergie renouvelable.
Cette participation permettra de garantir que ces outils soient adaptés à la
réalité des projets et qu'ils restent pertinents et applicables».
Ils recommandent également «d'encadrer de
façon réglementaire les pouvoirs du ministère afin... afin d'éviter les retours
en arrière dans la procédure environnementale ou des demandes d'informations
supplémentaires du ministère à des étapes trop... (panne de son) ...environnementale.
Ceci inclut la clarification des attentes liées à la nouvelle attestation de
conformité qui doit être clairement définie pour prévenir toute interprétation
erronée ou incomplète».
Ils ont des recommandations plus
détaillées. Donc, sur ces deux enjeux, j'aimerais... on aimerait entendre le
ministre.
• (18 h 10) •
M. Charette : C'est... Bien,
c'est peut-être difficile de répondre autrement que par certains des
commentaires déjà apportés. Est-ce qu'il y a un élément plus précis que la
collègue souhaiterait... sur lequel elle souhaiterait insister?
Mme McGraw : Donc, c'est ça,
la liste. Donc, le ministre, il a déjà parlé de la liste réglementaire, donc
d'impliquer activement les initiateurs et les parties prenantes dans
l'élaboration de la liste réglementaire, peut-être.
M. Charette : Et j'espère
avoir pu en rassurer, là, quelques-uns à ce... à ce niveau-là. Dès qu'il est
question de règlement, il y a une procédure, là, qui est bien établie pour les
développer, ces règlements-là. Donc, autant en amont qu'avant les discussions,
les parties prenantes, là, sont impliquées dans les... dans les différentes
étapes. Et on essaie de prendre en considération, là, le plus d'opinions
possible. Donc, je pense que l'expérience des dernières années, là, a démontré
que le ministère est très, très proactif à ce niveau-là.
Mme McGraw : Donc, la
suggestion de personnaliser, effectivement, les... de les personnaliser et les,
c'est ça... de... Bon. En tout cas ils parlent de personnaliser pour chacune
des filières d'énergie renouvelable. Selon le ministre, c'est une bonne
suggestion ou c'est déjà le cas?
M. Charette : Au niveau de la...
de la réglementation, ça... Bien, c'est-à-dire, les... la réglementation est
beaucoup au niveau de la nature des activités qui nécessitent une autorisation,
bien plus que la filière de provenance. Là, on voit, là, dans le projet de loi,
<là...
M. Charette :
...provenance.
Là, on voit, là, dans le projet de loi, >là, qu'il y a un souci
particulier sur la production d'énergie renouvelable. On va parler dans
quelques articles d'un... d'un dossier ou d'un sujet, là, qui a... qui a
suscité aussi beaucoup de commentaires, celui des autorisations préalables.
Donc, la question, là, des autorisations à l'égard, là, des énergies
renouvelables est... est couverte, là. À la... À la satisfaction de tout le
monde? Très certainement pas. On se souviendra, et on aura l'occasion d'en
reparler, là, certains ont des réserves à l'égard des autorisations préalables,
Hydro-Québec est très favorable. Hydro-Québec est une organisation publique. Il
y a des organisations, des entreprises privées qui sont aussi au niveau des...
de la production d'énergie renouvelable, là, qui aimeraient avoir accès à ces
autorisations préalables, là, ce que ne prévoit pas le projet de loi à ce
moment-ci. Ça fait que, bref, ce n'est pas... c'est un des sujets pour lequel
c'est sans doute difficile d'aller chercher l'unanimité. Mais oui, il y a une
préoccupation particulière, là, pour la production d'énergie renouvelable.
Mme McGraw : Donc, le
ministre est sensible à cet enjeu puis cette préoccupation. Que, si je
comprends bien, avec les projets industriels plus traditionnels, c'est
peut-être plus évident, mais avec les particularités des projets d'énergie
renouvelable, la suggestion, c'est vraiment de bâtir la liste avec l'aide des
initiateurs pour éviter, par exemple, par la suite, d'avoir des demandes
supplémentaires à une étape subséquente de la procédure d'évaluation pour que,
justement, les projets, tu sais, restent sur... suivent leur parcours dans un
délai raisonnable. Donc, si je comprends bien, le ministre est sensible à cette
préoccupation?
M. Charette : Tout à fait. Si
on veut décarboner le Québec, on va avoir besoin de production d'énergie
renouvelable. On est déjà très choyés par rapport à la production
d'hydroélectricité, mais on voit fort bien, là, que ce n'est pas suffisant pour
et décarboner et développer l'économie du Québec. Donc, oui, il va nous falloir
davantage de projets de cette nature-là. Et on va s'assurer, là, d'une
procédure d'évaluation, là, qui soit... qui soit efficace.
Mme McGraw : Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Merci, M. le ministre. S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix de l'article 84. Est-ce que cet
article est adopté?
Des voix : Adopté.
M. Leduc : ...adopté? J'aurais
pris un vote par appel nominal, s'il vous plaît. Excusez.
M. Charette : On peut. On
peut sans problème.
Le Président (M. St-Louis) : Mme
la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Charette (Deux-Montagnes)?
M. Charette : Pour.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Pour.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Pour.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Pour.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda)?
M. Bernard : Pour.
La Secrétaire : Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Mme McGraw : Abstention.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Abstention.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
Donc, cet amendement est accepté... est adopté, pardon. Donc, nous allons
poursuivre l'étude article par article avec l'article 85. M. le ministre.
M. Charette : Merci, madame...
M. le Président, plutôt. Donc, l'article... Sans offense. L'article 31.3.5
de cette loi est modifié :
1° par le remplacement des premier,
deuxième, troisième et quatrième alinéas par les suivants :
«Une personne ou un groupe de personnes
peut, durant la période d'information prévue au troisième alinéa de l'article 31.3.4,
demander au ministre, selon les modalités prévues par règlement du
gouvernement, la tenue d'une consultation publique ou d'une médiation
relativement au projet. Le ministre transmet au Bureau une copie de chaque
demande conforme à ces modalités.
«À la suite de l'analyse des demandes
reçues et dans le délai fixé par règlement du gouvernement, le Bureau transmet
au ministre sa recommandation quant à la pertinence que lui soit confié l'un
des mandats visés au troisième alinéa et, le cas échéant, quant au type de
mandat.»;
2° par l'insertion, dans ce qui précède le
paragraphe 1° du cinquième alinéa et après «Le», de «cas échéant, le»;
3° par le remplacement, dans le sixième
alinéa, de «recevable» et de «que l'initiateur n'ait à entreprendre l'étape
prévue au premier alinéa» par, respectivement, «admissible» et «entreprendre
l'étape de la période d'information prévue à l'article 31.3.4».
Et le commentaire. Cet article modifie
l'article 31.3.5 <de...
M. Charette :
...Et
le commentaire. Cet article modifie l'article 31.3.5 >de cette loi
en cohérence avec les modifications apportées aux étapes de la procédure
d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement. Le remplacement des
quatre premiers alinéas de cet article clarifie que durant la période
d'information prévue après que l'étude d'impact sur l'environnement a été jugée
admissible, toute personne ou tout groupe de personnes peut demander au
ministre la tenue d'une consultation publique ou d'une médiation sur le projet
selon des modalités à prévoir par règlement du gouvernement.
Les modifications prévoient aussi que les
demandes conformes à ces modalités sont transmises au Bureau d'audiences
publiques sur l'environnement qui les analysera afin de formuler et de
transmettre au ministère sa recommandation sur la pertinence que lui soit
confié un mandat ainsi que sur le type de mandat, le cas échéant.
La modification au cinquième alinéa en est
une de concordance puisqu'il est possible que le ministre ne confie aucun
mandat au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement pour certains
projets.
La première modification au sixième alinéa
en est une... en était... en est aussi une de concordance pour intégrer le
remplacement de la recevabilité de l'étude d'impact par l'étape de l'admissibilité
de cette étude maintenant prévue à l'article 31.3.4 de la Loi sur la
qualité de l'environnement.
Finalement, la dernière modification est
aussi requise à des fins de concordance puisque ce n'est plus l'initiateur du
projet qui doit entreprendre l'étape de la période d'information du public...
d'information publique, plutôt.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée.
Mme McGraw : Alors, il y a
plusieurs groupes, encore une fois, qui se sont prononcés sur cet article, dont
le front... dont... bien, dont l'Association québécoise pour l'évaluation
d'impacts. Alors, je vais reprendre à leurs propos concernant l'article...
31.3.5. Alors, ils soulignent, l'association :
«La frivolité — c'est... c'est
leur mot — qui est remplacée par deux concepts : celui de la
conformité pour déposer une demande, évaluée par le ministre, et celui de la
pertinence de la demande, évaluée par le BAPE. Le bureau n'a pas, à son avis — à
l'avis de l'association — ...n'a pas à évaluer la pertinence de lui
confier un mandat après analyse de demandes jugées conformes, ce qui ne peut
qu'affaiblir face... que l'affaiblir — pardon — face à
l'opinion publique.
• (18 h 20) •
«Ainsi, l'association suggère que le BAPE
se limite à identifier le mandat qui convient le mieux aux demandes conformes
que lui... que lui transmet le ministre.
«Le ministre pourrait aussi conserver la
formulation antérieure — et je cite — "À moins qu'il
ne juge la demande frivole".»
Alors, comment le ministre répond à ces...
ou le ministère répond à ces préoccupations?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, on ajoute effectivement, là, la notion... On retire la notion de
frivolité. Ce qui est introduit avec cet article-là, en fait, c'est que les
demandes qui sont admissibles... Puis là on entend par «admissibles», exemple,
ça prend le nom du demandeur et les motifs. Parce qu'honnêtement ça peut
arriver, des fois, qu'on reçoit une communication, mais on... on ne peut pas
savoir si c'est réellement une demande de consultations publiques ou autre
chose. Ça fait que, là, on veut juste établir des critères de base sur
quelqu'un qui veut transmettre une demande de consultations publiques,
qu'est-ce que ça doit contenir, donc la nature de la demande, les raisons qui
expliquent le dépôt de cette demande-là. Ça, c'est le premier élément. Donc,
ça, c'est ce que le ministère va... va vérifier. Donc, une... une demande qui
contient ces éléments-là va être automatiquement jugée admissible. Puis,
l'ensemble de ces demandes-là vont être transmises au BAPE, sans juger du
caractère frivole, qui était quand même difficile parfois à qualifier. Donc là,
on transmet au BAPE l'ensemble des demandes sur la base que c'est lui qui a l'expertise.
C'est lui qui a fait l'ensemble des démarches aussi d'information du public
depuis le début du processus, donc on lui transmet l'ensemble des demandes.
Puis le BAPE a déjà le rôle de recommander le type de mandat, le cas échéant.
Ça fait que, là, on ajoute la notion de recommander... bien, de un, est-ce que
c'est... c'est pertinent d'avoir un mandat de consultations publiques, est-ce
que ça va apporter des éléments nouveaux à l'analyse puis quel type <de...
Mme Gagnon (Mélissa) :
...nouveaux
à l'analyse puis quel type >de mandat devrait être mené. Mais ça demeure
que c'est le ministre qui est... qui maintient le rôle décisionnel, là, quant à
la... à l'octroi d'un mandat et le type de mandat. Donc, le BAPE poursuit son
rôle de recommander le type de mandat, mais aussi de se positionner quant à la...
à la pertinence qu'il y ait un mandat sur la base des motifs qui vont se
retrouver dans les demandes déposées.
Mme McGraw : ...avec ces
explications, on a un amendement à déposer, alors je demanderais, quelques
minutes, suspendre.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce...
Est-ce que l'amendement est... est en cours de rédaction?
Donc, nous allons suspendre quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 23)
(Reprise à 18 h 28)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
la commission reprend ses travaux. Mais, en fait, compte tenu de l'heure, je
prends le temps de vous remercier pour votre grande collaboration, tous et
toutes.
La commission ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 18 h 28)