(Dix-neuf
heures trente minutes)
La Présidente (Mme
Schmaltz) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de l'environnement
ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Stratégie maritime des crédits
budgétaires du portefeuille Transport et mobilité durable pour l'exercice
financier 2026‑2027. Une enveloppe d'une heure a été allouée pour l'étude
de ces crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Grandmont (Taschereau)
est remplacé par Mme Zaga Mendez (Verdun) et M. St-Pierre Plamondon
(Camille-Laurin) est remplacé par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Stratégie maritime
Discussion générale
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Parfait. Alors, nous allons procéder à une discussion
d'ordre général par blocs, incluant, donc, les questions et les réponses. Nous
allons commencer... commencer, pardon, avec l'opposition officielle. Député de Nelligan.
M. Derraji :
Oui.
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Oui. Alors, vous avez 14 min 32 s.
M. Derraji : Merci,
Mme la Présidente. Bonjour, M. le ministre. Bonjour. Quelle belle soirée.
M.
Drainville : Quel bonheur de vous voir.
M. Derraji : Ah!
moi aussi, moi aussi. On va voir si ça va être toujours le cas d'ici la fin de
la soirée.
M.
Drainville : Bien oui, il faut se faire confiance, voyons.
M. Derraji :
Et on souhaite une belle victoire aux Canadiens.
M. le ministre, j'ai
une première question pour vous. J'ai une audience devant la Commission de
l'accès à l'information le 11 juin, en lien avec des procès-verbaux que
j'ai demandés à la STQ. Et comme vous le savez, recevoir les procès-verbaux de
la Société des traversiers du Québec, qui est sous votre responsabilité... et
là on va attendre l'audience, mais ma question en lien avec l'audience... La
STQ a mandaté un cabinet d'avocats qui s'appelle Lavery. Je veux savoir combien
ça a coûté, je veux... combien ça va... ça a coûté, les frais de ce bureau
d'avocats aux contribuables pour représenter la STQ devant la Commission de
l'accès à l'information.
M.
Drainville : Vous voulez savoir combien ça a coûté d'avocats.
M. Derraji :
Oui. Oui, oui, c'est un contrat.
M.
Drainville : Bien, si vous me permettez, Mme la Présidente, avec le
consentement des membres de cette commission... j'ai la présidente de la STQ à
ma gauche, Mme Greta Bédard. Donc, je vous demande le consentement de
pouvoir lui permettre de...
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Parfait. Est-ce qu'il y a consentement?
M. Derraji : Oui,
consentement.
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Oui, il y a consentement.
M.
Drainville : Voilà.
Mme Bédard (Greta) : M. le député,
bonjour. À ce moment-ci, je n'ai pas les chiffres complets des frais d'avocat à
ce jour pour ce dossier. Alors, je pourrais vous revenir, mais je n'ai pas ça
présentement sous la main.
M. Derraji : Oui.
Vous avez un département juridique, Mme la PDG. Donc, vous n'avez pas jugé
pertinent d'utiliser votre département juridique.
Mme Bédard (Greta) : Il travaille en
partie sur son dossier, là. Mais, vous savez, on a une équipe de
deux avocats à la Société des traversiers, alors, parfois, il faut qu'ils
fassent fait appel à des firmes externes, comme c'est le cas maintenant.
M. Derraji : Oui, aucun problème. On
a quand même presque une heure. Est-ce que vous pouvez demander à vos
équipes de chercher le montant du contrat, s'il vous plaît?
Mme Bédard (Greta) : Oui. Bien,
est-ce que je peux répondre? Dans le fond, là, ce qu'on me dit, c'est qu'ils
n'ont pas eu la facture encore. Comme l'audition n'a pas eu lieu, ça va venir
après l'audition, la facture.
M. Derraji : La première lettre, Mme
la PDG, que nous avons reçue, mentionnant que la firme Lavery vous représente,
date du 7 octobre 2025. Donc, jusqu'à maintenant, vous pouvez nous
confirmer que, du 7 octobre 2025 jusqu'au 27 mai 2026, Lavery vous a
facturé zéro dollar.
Mme Bédard (Greta) : Non, je ne
confirmerai pas ça à ce moment-ci.
M. Derraji : OK. Bien, je vais
répéter ma question, Mme la PDG. J'aimerais bien savoir combien vous avez payé
à Lavery, depuis le 7 octobre 2025, dans le cadre de cette représentation au
niveau de la CAI.
Mme Bédard (Greta) : Si vous me
permettez, je vais faire les vérifications. Je vous reviens. Merci.
M.
Derraji : Oui. On a quand même deux heures. Vous pouvez
faire les vérifications maintenant? OK. Merci.
Mme Bédard (Greta) : C'est en cours.
M. Derraji : C'est en cours? Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...
M. Derraji : On a une heure? C'est
bon. On a une heure. Merci, Mme la Présidente. En attendant la réponse, M. le
ministre, vous avez donné une entrevue récemment au Journal de Québec,
je dirais, c'est une très bonne, je dirais... une longue entrevue, une très
bonne entrevue, je dois l'avouer, et ça touche la traverse Québec-Lévis, avec
M. Marc-André Gagnon, le 22 mai. C'est très récent. J'aimerais bien vous
poser la question. Vous êtes le député du coin. Je sais que vous aimez Lévis.
J'aimerais bien savoir : Où en êtes-vous avec le remplacement des navires
jumeaux de la traverse Québec-Lévis?
M. Drainville : Alors, comme vous le
savez sans doute, M. le député de Nelligan, parce que c'est un dossier que vous
suivez avec assiduité, le plan de match pour le remplacement des traversiers
prévoit, donc, deux traversiers pour la
traversée entre Sorel-Tracy, d'un côté, et Saint-Ignace-de-Loyola de l'autre,
et prévoit aussi un troisième traversier pour L'Isle-aux-Coudres.
Alors, évidemment, moi, je suis... je reçois les
alertes sur mon cellulaire à toutes les fois qu'il y a un enjeu avec la
traverse Québec-Lévis et puis, oui, parfois, je dois l'admettre candidement,
parfois, je suis un petit peu irrité de voir qu'il y a des retards, de voir
qu'il y a des contretemps, et tout ça. Et puis je suis conscient aussi du fait
qu'il va falloir, à un moment donné, procéder à l'ajout d'un nouveau
traversier, et donc je suis en réflexion, M. le député de Nelligan, nous sommes
en réflexion. Je pense que le plan de match pour les trois traversiers que j'ai
nommés doit être maintenu, mais je pense qu'il faut se mettre, d'ores et déjà,
en mode réflexion active pour envisager de commander un quatrième traversier
qui serait affecté à la traverse de Québec-Lévis.
M. Derraji : OK. Bon, avez-vous
lancé le processus d'acquisition?
M. Drainville : Non, nous n'avons
pas lancé le processus d'acquisition. Il faut d'abord, comment dire, terminer
la réflexion puis il va falloir, par la suite, procéder à la décision. Puis il
va aussi falloir, en toute honnêteté, s'assurer que l'argent est disponible,
n'est-ce pas, M. le député? Parce que...
M. Derraji : Oui, mais...
M. Drainville : ...de promettre des
choses et de ne pas les financer, ce n'est pas correct, ça.
M. Derraji : Non, mais vous avez
raison.
M. Drainville : Alors... hein?
M.
Derraji : Vous avez raison, mais vous savez qu'il reste cinq ans.
C'est la fin de vie, hein? C'est cinq ans de leur fin de vie, là.
M.
Drainville : Alors, comme je vous ai dit, le projet des trois premiers
avance. On est en train de raffiner les coûts. Et donc ce projet-là avance pour
les trois qui sont prévus, pour les trois nouveaux navires, donc, pour les deux traverses que je vous ai mentionnées, et puis
on a amorcé aussi la réflexion pour ce qui est d'un quatrième traversier.
M. Derraji :
OK. Mais, en tout respect... et, je sais, je ne peux pas vous blâmer parce que
vous venez d'hériter de ce portefeuille. Je vais vous citer la PDG de la STQ,
qui est juste à côté de vous : «Il a déjà affirmé que six années seraient
nécessaires pour boucler le processus d'acquisition.» Ça, c'est la citation de
la PDG de la STQ, qui est juste à côté de vous. M. le ministre, vous êtes
quelqu'un de très compétent. Vous savez que la fin de vie, c'est d'ici cinq
ans. Vous ne pouvez pas me dire aujourd'hui qu'on n'est pas en retard. Le mot
qui me vient commence par «m». On risque d'avoir des enjeux.
Et j'ai eu l'occasion
de poser la question dans le cahier de crédits, si vous voulez voir, la
page 441, sur l'état d'avancement des démarches, les études, analyses,
dossiers d'affaires. La Société de traversiers, votre société d'État, m'a
répondu la chose suivante : «Ce projet est toujours à l'étude et n'est pas
encore débuté.»
Vous êtes député de
Lévis. Vous répondez quoi aux gens de Lévis, de votre comté? Que vous allez
rester les bras croisés, et il n'y aura pas de solution pour eux? Quand même,
je peux blâmer les anciens ministres des Transports
parce qu'ils n'étaient pas des députés de la région, mais vous, je pense que ça
vous tient à coeur, votre région.
M.
Drainville : Oui, puis, comme je vous dis, je n'ai pas l'intention de
rester les bras croisés. Je vous informe que le scénario visant à faire
l'acquisition d'un quatrième nouveau traversier est désormais sérieusement
envisagé. Et donc, ça avance.
M. Derraji : Ça
avance comment? Il n'est même pas dans le PQI. Il n'y a pas d'argent. Il n'y a
pas de processus d'acquisition. Il n'y a rien, M. le ministre. J'ai entendu la
même chose l'année dernière de la part de votre ex-collègue ministre des
Transports.
• (19 h 40) •
M.
Drainville : ...je vais laisser Mme la présidente de la Société des
traversiers ajouter à ma réponse.
M. Derraji :
Oui, oui, oui, je n'ai pas de problème. Consentement.
La Présidente (Mme
Schmaltz) : ...
M.
Drainville : Une fois que le consentement est donné, je pense qu'on
peut présumer qu'il l'est toujours.
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Oui, c'est ça. Il l'est donné, déjà, absolument.
Mme Bédard
(Greta) : Parfait. Tu sais, on vous a répondu, là, vous dites, selon
les notes, qu'on n'a pas débuté les travaux. Par contre, avec discussion avec
M. le ministre ici, dès l'automne dernier, on avait convenu qu'on devait
regarder, dans le projet actuel, à intégrer les paramètres et les
particularités de la traverse Québec-Lévis pour avoir un navire modèle ou un
navire standard qui répondrait à l'ensemble des renouvellements de la flotte
future. Alors, on a investi 269 000 $ à même l'étude...
M. Derraji : Oui,
mais, Mme la PDG, je vais vous arrêter, malheureusement. La prochaine fois,
écrivez ça ici. Écrivez ça ici, s'il vous plaît, parce que, pour moi,
l'exercice des crédits, il est très sérieux. Ça nous prend des temps... un
temps fou, et mon recherchiste peut vous le confirmer, et ma recherchiste.
Quand je prends le temps de vous demander, respectueusement, de me donner
l'état concernant la traverse Québec-Lévis, c'est parce que je suis plus
qu'intéressé. Et la réponse était : «Ce projet est toujours à l'étude et
n'est pas encore débuté.» Vous avez toute une page pour me dire tout ce que
vous venez de me dire maintenant, qu'il est... il est dans quel état.
Mme Bédard
(Greta) : Est-ce que je peux me permettre de répondre... de vous
répondre là-dessus?
M. Derraji : Oui,
oui, pas de problème.
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Oui, oui.
Mme Bédard
(Greta) : Parfait. C'est que ce n'est pas le projet de Québec-Lévis
qui est démarré. Effectivement, il n'est pas démarré officiellement dans nos
grands projets. Ce que je veux vous mentionner ici, c'est qu'en prévision de ce
démarrage de projet là, à même le projet actuel, on a pensé qu'il serait
intéressant de combiner, d'avoir un navire aux caractéristiques qui
répondraient également à Québec-Lévis quand on démarrerait le projet, alors
pour prendre un peu de l'avance, mais ce n'est pas le projet de Québec-Lévis
qui est formellement inscrit qui est démarré.
M. Derraji : OK.
Vous avez déjà mentionné, sur la place publique, ça nous prenait six ans, OK?
La durée... la fin de vie, c'est dans cinq ans.
Mme Bédard (Greta) : Oui.
M. Derraji : Est-ce qu'on est en
retard?
Mme Bédard (Greta) : Puis, comme je
vous avais déjà mentionné, au niveau de l'entretien des navires, on s'assure...
Puis il n'y a pas une étiquette, ce n'est pas périmé dans cinq ans. Je dis
qu'il faut planifier sur six ans, mais on peut se rendre facilement en 2032,
2033. Les navires vont être là, au rendez-vous, quand même.
M. Derraji : M. le ministre vient de
vous dire qu'il reçoit des notifications et il est fâché. Et je le comprends,
moi aussi, je suis fâché, parce que les gens m'en parlent de ce traversier,
avec les enjeux... on va en parler, des indicateurs, un peu plus tard, mais ce
n'est pas une sonnette d'alarme, aujourd'hui, là, qu'on a un enjeu avec ce
traverse, Mme la PDG?
Mme Bédard
(Greta) : Bien, écoutez, comme M. le ministre l'a dit plus
tôt, on a un projet de trois nouveaux navires, actuellement, qu'on va
amorcer, qu'on va livrer puis, par la suite, on va amorcer la réflexion et le
démarrage du projet Québec-Lévis.
M.
Derraji : Oui, bien, parlons de ça, parce que, M. le
ministre a parlé de... le traversier de Sorel-Tracy. Est-ce que... Mme
l'ancienne ministre des Transports avait déjà annoncé l'électrique. Est-ce
qu'on est toujours avec l'électrique ou l'hybride? M. le ministre ou Mme la
PDG, sentez-vous bien à l'aise.
M. Drainville : On est...
M. Derraji : Vous en avez pas mal,
de choses dans vos souliers, M. le ministre.
M. Drainville : Alors,
c'est un... Non, non, il n'y a pas d'enjeu. Alors, c'est un... dans les faits,
c'est un traversier hybride.
M. Derraji : Hybride.
M. Drainville : C'est-à-dire que le
premier mode de propulsion sera électrique, mais il faut qu'il y ait un système
qui peut prendre le relais, si jamais il y a un enjeu technique, un problème
technique. Alors, il doit y avoir un deuxième mode de propulsion, qui sera
diesel, gaz naturel. On verra à ce moment-là.
M. Derraji : Parce que j'avais
l'impression que l'ancienne ministre des Transports avait annoncé électrique,
le traversier de Sorel-Tracy. Vous pouvez vérifier, on vient de vérifier. Donc
là, on peut dire que c'est fini, l'électrique.
M. Drainville : Mais je pense que...
Ce que j'ai compris, moi, de cette annonce, puis c'est possible que c'est vous
qui ayez raison, M. le député...
M. Derraji : Non, non, non. Je ne
cherche pas...
M. Drainville : ...mais moi, ce que
j'ai vu comme vous... j'ai vu comme vous, effectivement, électrique, j'ai posé
des questions, et ce qu'on m'a expliqué, c'est prioritairement électrique, mais
il doit nécessairement y avoir, pour des raisons de sécurité, on est sur le
fleuve, un deuxième système de propulsion. Donc, dans les faits, je pense, ce
qu'il aurait fallu dire, c'était un système hybride. Je pense que c'est ça
qu'il aurait fallu dire.
M. Derraji : OK. Donc là, on oublie
électrique, ça va être hybride.
Là, j'ai une
idée pour vous que je vais tester. Là, ça va très bien, c'est lancé, on va
avoir hybride pour Sorel-Tracy. Ça avance bien, le projet?
M. Drainville : Allez-y, allez-y.
Mme Bédard (Greta) : Pour les
navires... les nouveaux navires?
M. Drainville : Oui, les trois, oui.
Mme Bédard (Greta) : Bien, on est en
dossier d'affaires actuellement.
M. Derraji : Excellent. Donc, vous
êtes avancés.
Mme Bédard
(Greta) : Bien, on avance selon l'échéancier.
M. Derraji : OK. Bien, est-ce que
votre intention, c'est refiler les bateaux de Sorel à Québec-Lévis, si jamais
il y a un enjeu? Là, on est en retard. Là, on va prendre du temps. M. le
ministre, vous avez dit qu'il n'y a pas d'argent, il faut trouver de l'argent.
Le PQI, il est vide. Est-ce que c'est une possibilité envisageable qu'on peut
utiliser les bateaux de Sorel-Québec pour Lévis-Québec?
Mme Bédard (Greta) : Non, ce n'est
pas du tout envisageable. La configuration des navires de Sorel... n'iront pas
à Québec-Lévis. Ce qui est prévu avec les anciens navires de Sorel, c'est
servir de navires de relève supplémentaires pour de la robustesse.
M. Derraji : OK. Donc, pour
Sorel-Tracy, ça va être hybride, c'est avancé. Pour Lévis-Québec, ça, on est
toujours en attente, ça va venir. Est-ce que vous êtes...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Merci. Ça termine votre bloc qui vous était alloué. De toute façon, vous allez
pouvoir revenir un petit peu plus tard. Alors, je vais céder la parole à la
deuxième opposition pour 9 min 36 s.
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. Rebonjour, M. le ministre. J'aimerais ça vous entendre un peu
sur le projet QSL, qui était annoncé puis qui est soutenu par le gouvernement
fédéral, qui a désigné le port de Québec comme port international de
conteneurs. Ceci va ouvrir la voie au projet d'opérateur QSL, qui prévoit le transbordement de 200 000 conteneurs par
année à la baie de Beauport, ici, dans la région de Québec. On parle de 200 000 conteneurs par année,
c'est-à-dire des centaines de camions supplémentaires par jour et des
infrastructures routières qui sont déjà saturées à Québec. On n'a pas encore
les détails techniques. Le port a annoncé également un rapport de quelques
semaines pour parler d'acceptabilité sociale. Puis à cet égard, moi, j'entends
de la part de mes collègues qui représentent le secteur de Limoilou nous dire
qu'il y a déjà des enjeux concernant les particules fines, donc, plus des
camions, plus des particules fines, et ajouter un terminal de conteneurs sans
étude d'impact environnemental impartiale, indépendante, bien, c'est
extrêmement préoccupant.
J'aimerais ça vous entendre sur le projet QSL.
Et seriez-vous d'accord qu'il faut une évaluation indépendante, que ce soit par
l'Agence d'évaluation d'impact du Canada ou par un BAPE, même pour comprendre
puis prendre la mesure des impacts des 200 000 conteneurs par année
de plus au port de... à la baie de Beauport?
M. Drainville : Bien, écoutez, Mme
la Présidente, nous n'avons pas reçu de projet encore, donc on n'est pas en
mesure d'analyser, de faire une analyse de pertinence du projet et tout ce que
ça implique, y compris une éventuelle évaluation environnementale. Donc, c'est
trop tôt pour répondre de façon définitive à la question de la députée.
Mme Zaga Mendez : Vous n'avez pas eu
aucune présentation du projet, rien, aucune rencontre avec QSL qui vous dit...
parce que c'est déjà dans les médias, le fait qu'il va y avoir 200 000 conteneurs
de plus, là. Je n'invente pas cette donnée.
M. Drainville : Ils annoncent, mais
est-ce qu'il y a eu... est-ce que je les ai rencontrés? La réponse, c'est non.
Donc, je n'ai pas eu de présentation du projet, et, comme je vous dis, on n'a
pas reçu le projet formellement et on n'a pas reçu, donc, il va sans dire, de
demande de financement, par exemple. Donc, je lis comme vous qu'il y a un
projet, mais, jusqu'à maintenant, en tout cas, moi, je ne l'ai pas vu, je n'ai
pas... ça ne m'a pas... ça ne m'a pas été présenté.
Mme Zaga Mendez : Est-ce que... Je
comprends, mais, pour faire ce type de stratégie, là... parce qu'elle est déjà
annoncée, puis il y a des questionnements et des enjeux déjà d'acceptabilité
sociale. Quand on annonce qu'il y a un projet qui s'en vient puis que le
gouvernement fédéral a désigné le port de Québec comme port international des
conteneurs, et qu'il y a quand même une volonté d'augmenter jusqu'à 200 000
conteneurs par année, en termes d'infrastructures, en termes d'impact, en
termes d'impact environnemental, vous ne croyez pas qu'il faut se pencher
davantage là-dessus? Parce que c'est déjà là. Il y a déjà des contestations, il
y a déjà des enjeux.
M. Drainville : Alors, Mme la
Présidente, en tout respect, là, pour la députée de Verdun, pour laquelle j'ai
beaucoup d'estime, ça fait quand même quelques heures qu'on passe ensemble
aujourd'hui en commission parlementaire puis ça a été très courtois, je n'ai
pas reçu de projet, je n'ai aucune indication à l'effet qu'ils vont demander du
financement, quoiqu'on ne peut pas l'écarter. Tu sais, je veux... je ne veux
pas annoncer quelque chose que je ne sais pas encore.
• (19 h 50) •
Mme Zaga Mendez : Je comprends.
M. Drainville : Vous sentez comme
moi, n'est-ce pas, Mme la députée de Verdun, qu'il y a, du côté du gouvernement
fédéral, un engouement pour ce projet, n'est-ce pas? Bon.Et puis je
comprends aussi qu'à la direction du port, c'est un projet qui leur sourit. Et
puis, moi, bien, je ne vais pas commencer à me prononcer sur un projet dont je n'ai pas vu les détails. Alors, il faut trouver le
juste équilibre. Encore une fois, on souhaite le développement du port de
Québec, ça, je pense qu'on doit le dire, mais il faut que ça se fasse,
évidemment, correctement puis il faut que ça se fasse dans le respect des
règles. Alors, attendons voir quel est le projet, puis, après ça, je pourrai me
prononcer. Mais, pour le moment, je n'ai pas l'information pour pouvoir le
faire.
Mme Zaga
Mendez : Je vais continuer. Concernant les états des quais puis, plus
précisément, bien, des quais provinciaux, le port de Québec a retardé le
dévoilement des détails du projet de conteneurs. Vous ne l'avez pas encore,
vous le dites. Mais, pendant ce temps-là, il y a quand même les infrastructures
de la Capitale-Nationale qui sont... qui ne vont pas bien, là. J'ai l'exemple
du quai 25 qui s'est effondré. Le port réclame 1,7 milliard
d'investissements pour maintenir les actifs existants. Vous dites qu'il y a des
intentions de développer le port, mais est-ce que nos infrastructures
actuelles... croyez-vous qu'ils sont en bon état pour permettre ce
développement et assurer déjà que ces infrastructures soient sécuritaires pour
nos petites et moyennes entreprises qui sont déjà exportatrices?
M.
Drainville : Alors, écoutez, ça relève du gouvernement fédéral, là.
Mme Zaga
Mendez : Pas tous les quais. Il y a des quais qui sont aussi
québécois, n'est-ce pas?
M.
Drainville : Oui, mais, dans le cas du port de Québec, ce n'est pas un
port qui relève du gouvernement du Québec, là. Si vous me parliez du port de...
je ne sais pas, moi, de Gaspé, si vous me parliez du port de Matane, OK, là, on
pourrait parler de la compétence québécoise en la matière. Mais, pour ce qui
est du port de Québec, c'est le fédéral qui va devoir veiller à la réfection
des quais.
Alors, est-ce qu'il
pourrait y avoir une demande de la part de l'administration portuaire pour une
forme de financement? Peut-être. Encore une fois, je n'ai pas le goût de me
prononcer sur quelque chose qui ne m'ait pas encore été présenté. Alors, je ne
veux pas me...
Moi, là, je ne suis
pas dogmatique, OK? Moi, j'essaie... je suis en mode solution. Si on est
capables d'aider les projets à se réaliser puis que ça se fasse d'une manière
qui est, comment dire, qui est... qui est la plus consensuelle possible, bien,
on va le faire. Alors, je ne peux pas vous en dire plus. C'est ça, la
situation.
Mme Zaga
Mendez : Je vais aller à une autre... ça va être ma dernière question,
vu le temps. J'ai lu le mémoire prébudgétaire des Armateurs du Saint-Laurent,
qui nous disent qu'ils représentent près de 220 navires et 15 000 emplois
directs, qui nous disent que, pour rester compétitif et amorcer une transition
énergétique, ils ont besoin de soutien, de soutien de la part de l'État. Sur
les crédits de la Stratégie maritime, est-ce qu'il y a des sommes qui sont
dédiées, de façon spécifique, cette année, à aider nos armateurs québécois à
décarboner leurs navires?
M. Drainville :
Bien, écoutez, on a quand même mis des moyens assez importants dans le
fameux PETMAF, là.
Mme Zaga
Mendez : Combien cette année? Juste pour qu'on ait la réponse pour...
M.
Drainville : Bien, je n'ai pas le... je n'ai pas le chiffre pour...
C'est 29,5 millions sur trois ans. Alors, combien cette année? 6 millions.
Mme Zaga
Mendez : 6 millions.
M.
Drainville : Puis ça, ça vise notamment l'électrification des
transports.
Mme Zaga
Mendez : Pour les armateurs également.
M.
Drainville : Et, à 90 %, là, ce sont des organismes liés au
maritime, là, qui ont obtenu... ils ont obtenu 90 % des budgets, là, du
PETMAF, là. Donc, ce n'est pas comme si on n'avait pas... on n'avait pas
investi dans le transport maritime, là. Le programme en efficacité du transport
maritime, aérien, ferroviaire, il est allé, à 90 %, au secteur maritime,
ça fait que ce n'est quand même pas banal.
Puis, si on ouvre la
discussion un petit peu, là, sur le maritime, là, au sens très large, là, bien,
je vous rappelle qu'on a annoncé... c'est quoi, la semaine passée, qu'on
reconduisait le financement des navettes fluviales. Vous devez être contente de
ça, vous, comme députée de la grande région de Montréal...
Mme Zaga
Mendez : On a vu ça.
M.
Drainville : ...de savoir que le programme des navettes est reconduit.
Puis ça, c'est... bon. L'avez-vous déjà essayé, la navette?
Mme Zaga
Mendez : La navette de l'est, pas encore.
M. Drainville : Bien,
je vous le dis, moi, pendant vos vacances, là, allez essayer ça. C'est très...
Mme Zaga Mendez : Je vais aller
faire ça.
M. Drainville : Mais non, mais c'est
très agréable. C'est très agréable. Puis donc, ça, on est très fiers de ça.
Mme Zaga Mendez : C'est ça.
M. Drainville : Puis on soutient le
Fonds d'action Saint-Laurent. Ça, c'est un OBNL.
Mme Zaga Mendez : ...à Verdun dans
ce cas. Moi, c'est beau, pour mes questions. Je suis arrivée au bout.
M. Drainville : Tout près de
1 million là-dedans.
La Présidente (Mme Schmaltz) : M. le
ministre, on va laisser la députée continuer.
Mme Zaga Mendez : ...j'ai dit que
c'est bon pour moi. Je n'ai plus de question. Merci pour vos réponses.
M. Drainville : C'est bon. Merci. Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Merci, M. le ministre. D'ailleurs, on a terminé le temps qui était alloué. On
continue maintenant avec le député des Îles-de-la-Madeleine pour 9 min 36 s.
M. Arseneau : Merci, Mme la Présidente.
Merci, M. le ministre, vos équipes, d'être ici ce soir pour répondre à nos
quelques questions. On a peu de temps.
La dernière fois que je vous ai entendu, M. le
ministre, parler de la Stratégie maritime, c'était le 28 octobre dernier
au restaurant Le Parlementaire. C'était lors de la Journée maritime, et ce que
vous avez dit, pour l'essentiel, c'est : Je suis fier d'être porteur de la
Stratégie maritime, mais je n'ai aucun budget pour vous soutenir. J'espère que
vous pourrez contribuer avec moi à faire en sorte qu'on aille chercher l'argent
nécessaire pour pouvoir développer l'industrie maritime et déployer une
stratégie.
Est-ce que la situation a changé depuis ces
déclarations du 28 octobre dernier? Est-ce qu'on a une stratégie et est-ce
qu'on a des fonds à investir dans une telle stratégie au Québec à l'heure
actuelle?
M. Drainville : Alors, on a des
fonds, mais je reconnais que je souhaiterais que nous en ayons davantage, hein?
Bien là, écoutez, vous connaissez... vous connaissez l'ambition de notre
secteur maritime. Alors, je pense qu'il y aurait des... il y aurait des besoins
considérables pour beaucoup, beaucoup de projets.
Maintenant, il y a toujours plus de projets
qu'il y a de moyens financiers pour les financer. Alors, la Stratégie maritime,
elle se poursuit. On a quand même mis beaucoup, beaucoup d'argent, là. Si on
regarde le plan d'action 2025, là, c'était tout près de, quoi,
827 millions qui avaient été budgétés pour le plan d'action.
M. Arseneau : On avait presque
1 milliard dans la première stratégie sur cinq ans. Combien on a de
millions pour les cinq prochaines années depuis l'année passée?
M. Drainville : Alors, au budget de
l'an passé, là, on est allés chercher un 150 millions supplémentaires, OK?
Donc, j'aurais souhaité que ce soit davantage, vous avez raison, mais, quand
même, c'était une somme qui n'est pas
insignifiante. Et puis il faut quand même reconnaître, là, puis se rappeler que
le... parce que finalement, le 826 millions, là, qu'on a été
cherché pour le plan d'action 2020-2025, il a généré 1,3 milliard
d'investissements.
M. Arseneau : Mais, si on parlait de
l'avenir, parce que le... c'est ce sur quoi les gens...
M. Drainville : Mais je parle de l'avenir,
M. le député des Îles-de-la-Madeleine, parce qu'il y a certains...
M. Arseneau : Avec
150 millions, on va générer combien de retombées?
M. Drainville : ...il y a
certains... Non, non, mais il y a certains de ces investissements, là, qui se
poursuivent aujourd'hui.
Par exemple, la Stratégie maritime, là, je vous
donne un exemple, là, elle a servi à financer notamment les travaux de
modernisation au chantier Davie. Alors, actuellement, au chantier Davie, on est
en train de construire un brise-glace de 3 milliards puis on négocie avec
le fédéral pour aller chercher six autres brise-glaces. Ça, c'est un résultat
très concret de la Stratégie maritime qui se poursuit encore aujourd'hui.
M. Arseneau : Qu'est-ce que vous
répondez aux Armateurs du Saint-Laurent qui demandent à Québec de revenir à la
table dans sa stratégie de développement du corridor maritime? Ils estiment que
le Québec n'est plus présent pour appuyer le développement maritime au Québec.
Ça date, là, du mois de février, ces déclarations-là, comme
quoi ils n'ont plus d'interlocuteur au gouvernement parce qu'ils n'ont plus de
stratégie en tant que telle, avec des moyens pour agir.
M. Drainville : Bien là, écoutez, je
respecte leur point de vue, là, mais...
M. Arseneau : Mais est-ce qu'il y a
des gens, au ministère...
M. Drainville : ...les
infrastructures portuaires, les zones industrialo-portuaires, les chantiers
navals, le corridor économique intelligent, les administrations portuaires qui
ont bénéficié d'investissements, par exemple, Trois-Rivières, Saguenay, Baie-Comeau,
Montréal, le projet de terminal de Contrecoeur, dans lequel on a mis de
l'argent également, je veux dire, ce n'est pas rien, ça.
M. Arseneau : Mais vous me parlez
toujours de 2020‑2025. Nous, on dit que, depuis 2025, il n'y a plus de fonds
dans la Stratégie maritime.
M.
Drainville : Attention. Je
vous dis, il y en a, des fonds. Il y a 150 millions qu'on est allé
chercher l'an passé.
M. Arseneau : 150 millions sur cinq
ans?
M. Drainville : Oui. Bon, puis ce
qu'on souhaite, c'est continuer, évidemment, à aller en chercher davantage.
Puis il y a beaucoup, beaucoup d'investissements qu'il faut faire, on en est
très, très, très conscients. Tu sais, on va... J'imagine que vous allez me
poser une question à propos du quai de Matane...
• (20 heures) •
M. Arseneau : Bien, puisque vous
insistez, je vais le faire.
M. Drainville : ...au nom de votre
collègue, n'est-ce pas...
M. Arseneau : Bien, absolument.
M. Drainville : ...l'estimé collègue
député de Matane...
M. Arseneau : Non, mais je pense
que... Laissez-moi poser ma question.
M. Drainville : ...que je vais
essayer de rencontrer la semaine prochaine, là, parce que...
M. Arseneau : Puisque vous voulez
l'entendre, elle était prête. Si on n'investit pas pour un deuxième port, le
temps de réparer le port principal, c'est pendant 10 ans qu'on va devoir
interrompre les opérations. Est-ce que Québec sera au rendez-vous face à la
mobilisation de tous les acteurs économiques du milieu?
M. Drainville : Bien, moi, ce que je
peux vous dire, c'est que le projet de Matane, il avance, OK? Puis, je veux
dire, on a une réunion quasiment juste là-dessus, là, au cours des dernières
heures. Parce que moi, je voulais savoir... Parce que je veux... je vais le
rencontrer, le député de Matane. Il s'agit juste juste de trouver le moment,
là. Puis j'ai rencontré le maire de Matane, en passant. Vous devez être au
courant de ça. On a eu une excellente, excellente rencontre, puis c'est un...
Il m'a fait très bonne impression sommaire. Moi, j'ai senti toute sa
conviction.
M. Arseneau : J'espère que c'est
réciproque aussi dans les propositions que vous avez pu lui amener.
M. Drainville : Bien, je crois que
c'est réciproque. Vous pourrez lui poser la question. Je pense qu'il y avait là
un respect mutuel.
Alors moi, ce que je vous dis, c'est que le
projet de Matane, actuellement, il avance. Il est en phase de planification. On
s'en va vers la réalisation selon l'échéance qui a été prévue. La prochaine
grande étape, c'est l'évaluation des impacts environnementaux qui pourrait
commencer au cours des prochains mois. Et puis l'argent est budgété, puis c'est
un projet, comme vous le savez sans doute... je ne pourrai pas dire le chiffre
parce qu'il faut toujours protéger les appels d'offres, là, mais c'est des gros
montants, là, qui sont prévus pour ce projet, mon cher collègue député des Îles.
M. Arseneau : Oui, absolument, mais
on les attend depuis 10 ans aussi.
M. Drainville : Alors, c'est
sérieux, notre affaire, là. Ce n'est pas juste un discours vide, là. Je ne suis
pas dans la rhétorique, moi, là, là.
M.
Arseneau : Mais
permettez-nous d'attendre de pouvoir voir les fruits de votre travail avant de
vous encenser.
M. Drainville : Ah! ça, vous avez
raison.
M.
Arseneau : Savoir que vous y travaillez, ça me satisfait pour ce soir.
M.
Drainville : M. le député des Îles, si j'étais à votre place, je
serais exactement dans cette posture. Et je l'ai déjà été et puis je ne
donnerais pas le bon Dieu sans confession à un ministre qui me dit ça. Ça fait
que vous avez raison de dire : Voyons les résultats.
Moi, je vous dis,
mon...
M. Arseneau :
Que c'est un projet prioritaire.
M.
Drainville : Puis que ma volonté est ferme puis que l'argent est là.
M. Arseneau :
L'argent est là.
M.
Drainville : L'argent est là.
M. Arseneau :
Pour faire l'ensemble des investissements nécessaires, pour faire le projet.
M.
Drainville : Pour faire le projet. Pour faire le projet, oui, l'argent
est là. Je vous le dis, là.
M. Arseneau :
C'est une excellente nouvelle.
M.
Drainville : Oui, c'est une très bonne nouvelle.
M. Arseneau :
Dites-moi, est-ce qu'Avantage Saint-Laurent... qui était composé d'une douzaine
de mesures, il y avait quand même un document à l'appui pour développer
différents projets, et ainsi de suite. Nous cherchons à trouver quelles sont
les orientations. Quel est le document à l'appui de la stratégie 2026‑2030? Est-ce
qu'il existe un document où le gouvernement présente ses orientations
nouvelles, compte tenu du fait que le contexte, et je pense que vous allez être
d'accord avec moi, a considérablement changé sur le plan économique en Amérique
du Nord?
Par exemple, si je
regarde le... Vous avez mentionné le terminal de Contrecoeur. Est-ce que les
études qui ont été faites, qui justifiaient les sommes investies, sont toujours
valides compte tenu du contexte actuel sur le plan économique?
M.
Drainville : Excusez-moi. Répétez la question. Puis, Mme la
Présidente, prenez le temps...
M. Arseneau :
Êtes-vous d'accord avec moi... avant d'investir dans Contrecoeur, on parle de
130 millions, si j'ai les bons chiffres. C'était avant la guerre
commerciale qu'a lancée le président des États-Unis. Est-ce qu'aujourd'hui ce
projet là, selon votre information, est toujours aussi valide, compte tenu, par
exemple, de la provenance des marchandises qui doivent transiter par le port de
Contrecoeur?
M.
Drainville : Bien, je pense que oui.
M. Arseneau :
D'où viennent...
M.
Drainville : Je pense que ce port peut être un actif dans la stratégie
de diversification des marchés. Oui, je pense que c'est important puis je pense
qu'il faut continuer à investir dans le port de Montréal, comme il faut
continuer à investir dans les autres ports également, parce que ce sont des
actifs très importants pour le développement économique du Québec.
M. Arseneau :
Mais est-ce que le port de Contrecoeur est compétitif par rapport aux autres
ports de la côte est compte tenu qu'il est en eaux peu profondes?
M.
Drainville : Écoutez, moi, je n'ai aucune information, Mme la
Présidente, à l'effet que les données sur lesquelles l'administration portuaire
de Montréal s'est basée pour aller de l'avant avec le projet... je n'ai aucune
indication à l'effet que ces données-là ne sont plus valables.
M. Arseneau :
Dernière question : Est-ce qu'il y a des gens, au sein de votre ministère,
qui sont affectés à temps plein à la Stratégie maritime du Québec?
M.
Drainville : Oui.
M. Arseneau :
On en compte combien?
M.
Drainville : Bien là, une vingtaine.
M. Arseneau :
Une vingtaine?
M. Drainville :
Vingtaine. Et j'ai à ma droite la sous-ministre adjointe... ou associée?
Mme Maltais (Valérie) : Adjointe.
M. Drainville : Mme Valérie
Maltais, et elle est très active dans le dossier maritime, puis on est très
contents de l'avoir. Et je souligne, soit dit en passant, le sous-ministre en
titre est juste derrière nous. Je le salue d'ailleurs. Vous connaissez,
n'est-ce pas, le sous-ministre?
M. Arseneau : Oui.
M. Drainville : Bien sûr.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Merci, M. le ministre. Malheureusement, on n'a plus de temps. Alors, vous avez
l'air surpris, mais le temps est écoulé.
M. Drainville : ...là.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
je sais, mais je dois passer... Oui, on va recalculer le temps, là, pour l'opposition
officielle. Vous allez avoir... Combien de temps? 17 minutes, c'est ça?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Aux
alentours de 16 minutes, mais on va un peu réajuster à la hausse. Donc,
vous pouvez y aller.
M. Derraji : Merci. Merci, Mme la
Présidente. Mme la PDG, est-ce que vous avez trouvé le montant? Oui? Il est à
combien?
Mme Bédard (Greta) : C'est
1 300,50 $.
M. Derraji : 1 300 $
jusqu'à quel...
Mme Bédard (Greta) : À ce jour,
qu'on a été facturés.
M. Derraji : Avant l'audience?
Mme Bédard (Greta) : En date
d'aujourd'hui, les frais qui nous ont été facturés.
M. Derraji : En date d'aujourd'hui,
oui. Merci. Est-ce qu'on peut avoir le contrat, s'il vous plaît, déposé aussi
en commission?
Mme Bédard (Greta) : Le contrat? Je
vérifie. Je vais vérifier, je vous reviens, je...
M. Derraji : Vérifier quoi, Mme la
PDG?
Mme Bédard (Greta) : Bien, est-ce
qu'il y a des éléments confidentiels dans le contrat. Je ne peux pas vous dire
à ce moment-ci.
M. Derraji : Le taux horaire de ce
contrat est de combien?
Mme Bédard (Greta) : Présentement,
je n'ai pas ça en main. Je peux vérifier le taux horaire, si vous voulez, mais
je n'ai pas le détail du contrat avec moi maintenant.
M. Derraji : Mais c'est possible
d'avoir et le contrat avec la vraie... le taux horaire que... la vraie facture.
Je sais que le montant global, c'est 1 000 $ en date d'aujourd'hui.
Mme Bédard (Greta) :
1 300 $.
M.
Derraji : 1 300 $.
Donc, si c'est possible, avoir l'ensemble de l'information, parce que nous
avons essayé de le trouver, mais il
n'y a pas de contrat qui... Je pense que... C'est un contrat gré à gré,
j'imagine?
Mme Bédard (Greta) : Écoutez, là, je
n'ai pas ce degré de détail là. Je peux vérifier et vous revenir. C'est
possiblement, pour des plus petits contrats comme ça, des contrats gré à gré
avec certaines firmes d'avocats avec qui on travaille, alors...
M.
Derraji : Donc, c'est un petit contrat que vous avez jugé nécessaire
de ne pas le faire chez vous.
Mme Bédard
(Greta) : Non, écoutez, je vais vérifier. Je vais vous revenir, je...
M. Derraji :
Mme la Présidente, je ne sais pas... parce que, là, il manque beaucoup de
temps. Est-ce qu'on peut prendre un engagement que Mme la PDG va nous envoyer
et le contrat, le taux horaire, aux membres de la commission?
Mme Bédard
(Greta) : Je vais vérifier si je peux vous... s'il y a des éléments de
confidentialité dans le contrat. Je ne suis pas en mesure de vous dire ça
maintenant.
M. Derraji :
Bien, j'espère qu'on ne va pas encore une fois aller au... devant la Commission
de l'accès à l'information pour avoir ce contrat, parce que j'ai bien hâte à
passer devant la commission dans 10 jours.
Mme Bédard
(Greta) : Ce que je comprends, c'est que vous souhaitez avoir le taux
horaire qu'on paie à la firme d'avocats.
M. Derraji :
Je veux avoir le contrat qui a été signé par la STQ et la firme d'avocats ainsi
que le taux horaire pour cette demande d'accès que j'ai demandée pour avoir les
procès-verbaux de la STQ. C'est clair?
Mme Bédard
(Greta) : Oui.
M. Derraji :
Super. Merci.
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Donc, vous vous engagez à répondre à la demande du député?
Mme Bédard
(Greta) : Oui, je vais répondre. Je vais vérifier. Oui, je m'engage à
répondre.
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Merci.
M. Derraji :
Merci, Mme la PDG. M. le ministre, j'ai... j'ai une question pour vous, M. le
ministre.
M.
Drainville : Oui, M. le député. Oui, allez-y, je vous écoute.
M. Derraji :
Vous venez d'hériter de ce dossier de la Stratégie maritime, et, sous vos...
votre responsabilité, il y a la STQ, la Société des traversiers du Québec. Ma
première question : Comment vous évaluez la performance de la STQ?
M.
Drainville : Ah! écoutez, M. le député, je la trouve bien. Je la
trouve bien, la performance de la STQ. Évidemment, il y a toujours place à
l'amélioration, mais vous auriez pu me demander mon avis sur n'importe lequel
organisme d'État, je vous aurais dit qu'il y a place à l'amélioration. Il y a
des grands défis, il y a des défis d'infrastructures, il y a des défis
d'équipement. On en a parlé tout à l'heure, mais, chose certaine, la Société
des traversiers a la responsabilité d'un mandat qui est extrêmement important à
mes yeux. Vous connaissez... vous savez à quel point les régions sont chères à
mon coeur. Moi, j'ai été élevé... vous le savez peut-être, M. le député de Nelligan,
mais moi, j'ai été élevé juste à côté de la traverse de Saint-Ignace—Sorel, là.
Nous autres, quand on allait magasiner à Sorel, là, on prenait le bateau, là.
M. Derraji : Mais
c'est pour cela...
M.
Drainville : Moi, je viens de l'Île Dupas, puis le bateau, le
traversier, c'est l'île à côté, l'Île Saint-Ignace.
M. Derraji :
Mais j'adore ça, oui.
M.
Drainville : Ça fait que, tu sais, alors, moi, j'ai un attachement.
J'ai connu des capitaines, moi, les capitaines du traversier Saint-Ignace—Sorel. J'ai
connu Rosaire Barthe, le père à mon chum, avec qui je suis allé à la chasse aux
canards.
M. Derraji : Oui,
bien, c'est justement, M. le ministre... c'est pour cela, parce que je savais
que j'avais en face de moi la bonne personne.
• (20 h 10) •
M.
Drainville : Oui.
M. Derraji : La
bonne personne, mais vous avez dit...
M. Drainville : Rosaire,
c'est le père à Bernard. Bernard Barthe, c'est mon chum de chasse aux canards,
l'ouverture...
M. Derraji : Le cousin de...
M. Drainville : C'est un capitaine
sur le traversier.
M. Derraji : Le cousin de qui? Si on
continue.
M. Drainville : Vous voulez vraiment
aller là?
M. Derraji : Bien, si vous voulez.
M. Drainville : Ils sont nombreux,
les Barthe. Alors, moi, je montais dans la cabine du capitaine pour aller voir
Rosaire nous traverser le fleuve, là, nous faire traverser le fleuve.
M. Derraji : Là, M. le ministre, on
va revenir sur terre, on va oublier les bateaux, parce que je veux vous poser
la question suivante... Vous avez dit qu'elle est bonne, vous la trouvez bonne.
Quels indicateurs vous avez analysés et est-ce que vous avez lu le rapport
annuel de la STQ des dernières années?
M. Drainville : M. le député, la
réponse, c'est non, je n'ai pas lu tous les rapports annuels de la STQ ces
dernières années.
M. Derraji : Ce n'est pas grave. Ce
n'est pas grave. Je vais vous aider. On va commencer l'exercice.
M. Drainville : Aidez-moi.
Aidez-moi, mais soyez... soyons de bons comptes, n'est-ce pas?
M. Derraji : Je vous le jure que je
vais l'être.
M. Drainville : Parce que vous êtes
capable d'honnêteté intellectuelle, je le sais, ça.
M. Derraji : Vous savez quoi? J'ai
même comparé les années libérales. Êtes-vous prêt?
M. Drainville : Ah! bien, ça...
M. Derraji : OK. On commence.
M. Drainville : Je n'en demandais
pas tant.
M. Derraji : On commence. On va
commencer avec les coûts d'exploitation. 2018‑2019, ça vous rappelle quelque chose? Et je peux vous rassurer, si vous
avez vu mes crédits de l'année dernière, j'ai fait la même chose. Ça vous
donne une idée.
Bon, on va commencer avec les coûts
d'exploitation. Augmentation de 86 %, si on prend l'année de
référence 2018-2019, par rapport à cette année, augmentation de 86 %.
Vous pouvez vérifier juste à côté si c'est vrai ou pas. La PDG est juste à
côté. Bon, ça, c'est une augmentation de 86 %.
Coûts d'administration de la STQ. Ça, je ne sais
pas si vous allez être content ou pas, c'est une augmentation de 159 %.
Tout à l'heure, vous avez dit qu'il n'y a plus d'argent. Donc, entre 2018 et 2019,
l'augmentation du coût d'administration, 159 %.
On continue. Coûts de transport, augmentation de
60 %. Là, je pense que vous allez être vraiment très fâché, le déficit
annuel de la STQ, augmentation de 726 %, 726 %. Mais là je ne sais
pas si vous allez avoir encore le sourire.
Des voix : ...
M. Derraji : Subventions
gouvernementales... et ça, je vais vous rappeler une chose. Demandez à votre
collègue député de... si ma mémoire, elle est bonne, de Bécancour, qu'est-ce
qu'il disait sur la performance de la STQ en 2018‑2019. Si, aujourd'hui, il va
voir que la subvention gouvernementale est passée de 116 000 $ à à
peu près 254 000 $... C'est une augmentation de 118 %.
M. Drainville : 116 millions,
j'imagine, hein?
M. Derraji : Oui, millions, en
millions. Oui, en millions.
M. Drainville : Mais le petit... la
petite réglette rouge, là, c'est quelle année, ça?
M. Derraji : Ça,
c'est 2018‑2019. Ça vous rappelle... c'est le Parti libéral qui était là à la
fin d'année, oui.
M. Drainville : C'est votre dernière
année, bien oui.
M. Derraji : Mais je vous ai dit que
je vais être honnête.
M. Drainville : Mais, regardez, les
colonnes bleues augmentent de beaucoup ensuite, là.
M. Derraji : Ah! oui, parce que
c'est vous qui contribuez. C'est les contribuables qui paient ça.
M. Drainville : Bien oui, je
comprends, mais...
M. Derraji : Ça, c'est la
subvention.
M. Drainville : Non, mais je le sais
bien, mais c'est... c'est quand même une décision gouvernementale. On voit que
le budget de la STQ augmente quand même beaucoup, là, l'année suivante, là.
M. Derraji : Ah oui! oui, la
subvention gouvernementale pour un service... qu'on peut le juger, hein? C'est
pour cela que je vous pose la question.
M. Drainville : Non, mais ce n'est
pas un reproche. Moi, je vous dis juste... je vous dis juste que ce qui est en
rouge, c'est vous, la dernière année, puis après ça augmente. C'est tout.
M. Derraji : Oui, oui, mais, avec
ça, regardez les indicateurs de qualité, parce qu'on était capables avec ce
budget. Vous posez une très bonne question, M. le ministre. On était capables
de livrer la marchandise. On continue parce qu'il y en a d'autres.
Total des dépenses de la Société des traversiers
du Québec avant la participation gouvernementale. Ça, c'est avant la
participation. Quand on dit «participation»... S'il n'y avait pas de
subvention, là, il y a une dette qui s'accumule. Ça, c'est les revenus
autonomes. Augmentation de 90 %.
Ça, c'est les huit ans, hein, c'est les huit ans
caquistes. Et vous n'êtes pas le seul responsable, il y avait, avant vous,
d'autres ministres.
Ça, c'est le nombre d'employés-cadres... le
nombre d'employés-cadres. Et, regardez, l'augmentation, on est rendus...
M. Drainville : Ça, c'est quoi, vous
dites? Pardon.
M. Derraji : Ça, c'est le nombre
d'employés-cadres.
M. Drainville : Ah! le nombre
d'employés-cadres.
M. Derraji : Cadres, oui.
M. Drainville : Ah! OK.
M. Derraji : Mais je peux vous
laisser ça, je peux vous l'envoyer. Et... Combien il me reste? OK. Et ma
question, M. le ministre... Vous êtes quelqu'un de rigoureux, et, jusqu'à tout
récemment, je rêvais de vous voir premier ministre du Québec. C'est parce que
vous avez tout pour réussir. Quand je vous expose ces chiffres et cette
performance d'une société d'État qui est sous votre responsabilité, je ne peux
pas vous juger, vous venez d'arriver. Sous la responsabilité de vos
prédécesseurs, est-ce normal, injecter autant d'argent public en subvention et
avoir des résultats mitigés? Vous-même, vous
avez dit tout à l'heure que vous recevez des notifications sur la traverse
Québec-Lévis et vous êtes fâché, avec raison.
M. Drainville : Bien, je...
M. Derraji : Vous êtes...
M. Drainville : Il y a des moments
où je... Je vis des petits moments d'irritation par moments, c'est vrai.
M. Derraji : D'irritation. Mais vous
savez que, comme vous, je parcours le Québec. J'ai été dans plusieurs régions.
Je ne vais pas vous parler de Cacouna, je ne vais pas parler de Rivière-du-Loup,
je ne vais pas vous parler de plusieurs autres régions où les gens se posent la
question réellement sur le service de la STQ. Donc, c'est là où je vous pose la
question : Quelle évaluation vous faites à la performance de la STQ, à la
lumière de ces indicateurs, qui sont des indicateurs, M. le ministre, qui figurent
dans les rapports annuels de gestion de la STQ que j'ai analysés depuis
2018-2019?
M. Drainville : Bien,
écoutez, M. le député de Nelligan, j'ai dit tout à l'heure qu'il y avait place
à l'amélioration. Maintenant, vous avez présenté un certain nombre de tableaux.
Je pense qu'il serait à propos de laisser Mme la PDG de la Société des
traversiers donner sa version des faits.
M. Derraji : Oui, mais, M. le
ministre, je comprends ce que vous venez de dire. Je vous ai référé à des
indicateurs que je viens de vous mentionner. Et quand on dit offrir des
services fiables... offrir des services fiables, ça, c'est
l'orientation 1, améliorer la performance des services avec l'expérience
client, non atteinte, offrir des services de traversiers de qualité, non
atteinte.
Donc, vous, aujourd'hui, vous êtes responsable
de la Stratégie maritime, vous êtes responsable de cette société d'État. Quel
message vous envoyez aux Québécois par rapport à la performance de la société
d'État?
M. Drainville : Écoutez, M. le
député, je... L'engagement que je prends devant vous, c'est que je vais porter
une attention toute spéciale aux activités de la Société des traversiers, je
vais travailler avec la direction de la société pour qu'on améliore les
indicateurs de performance. Je ne veux pas lancer la pierre, M. le... M. le
député, en tout respect, je ne veux pas lancer la pierre sans avoir pris
pleinement connaissance de l'ensemble du dossier. Je... comment dire, les
condamnations lapidaires, là, moi, je ne suis pas trop, trop là-dedans. Je
pense que les...
M. Derraji : Bien, je ne le suis
pas... je ne le suis pas...
M. Drainville : Je pense que les...
je pense que les gens, de façon générale, qui travaillent dans l'appareil
public, ils sont de bonne volonté. Il n'y a personne qui veut mal faire. Puis
je pense que tout le monde vise l'amélioration, vise à donner le meilleur
service possible aux citoyens. Puis je pense que les gens de la Société des
traversiers du Québec, ils veulent bien faire.
Alors, est-ce qu'on peut améliorer la
performance de la Société des traversiers du Québec? La réponse, c'est oui.
Est-ce que je vais y travailler? La réponse, c'est oui aussi.
M. Derraji : Mais je vous...
M. Drainville : Est-ce que ça me
tient à coeur? Oui, beaucoup, notamment... d'abord parce que c'est un service
qui, à bien des égards, est un service essentiel. Puis deuxièmement, oui, il y
a une part de sentimentalité dans mon attachement à la Société des traversiers
parce que ça fait partie de ce que... de là où j'ai grandi. Alors... Puis le
fleuve, il est exceptionnel, le fleuve, puis il faut être capable, à un moment
donné, de le traverser, alors les traversiers servent à ça. Ça fait qu'on va...
M. Derraji : Oui. M. le ministre...
M. Drainville : Je vais travailler
fort, M. le... Moi, je le prends sur moi.
M. Derraji : Oui. Bien, je vous
crois.
M. Drainville : M. le député de Nelligan,
je le prends sur moi. Moi, je vais travailler très fort pour améliorer la
performance pour que, l'an prochain, si je suis encore ici, et je le souhaite,
et que vous êtes encore là-bas, ce que je souhaite
aussi, en toute gentillesse... en toute gentillesse, j'espère pouvoir donner
des réponses qui vont vous plaire et...
M. Derraji : OK. M. le ministre, il
ne me reste pas...
M. Drainville : ...qui montrerons
une amélioration.
M. Derraji : Il ne me reste pas
beaucoup de temps, M. le ministre, et j'adore échanger avec vous.
Je vais juste
vous dire un seul élément important. Le niveau de service à la STQ est inchangé
depuis 2018-2019. La subvention annuelle versée par le gouvernement du Québec a
presque doublé depuis que vous êtes au pouvoir, doublé.
Vous êtes quelqu'un qui connaît probablement
plus que moi le traversier, hein? Ça semble... Je vous le donne. Pas de
problème. Moi, j'habite à l'ouest de l'île, j'ai... les traversiers à L'Île-Bizard,
petits.
Mais, M. le ministre, comment vous pouvez
expliquer, aujourd'hui, la subvention a doublé entre 2018, et, aujourd'hui, le
service est inchangé. Trouvez-vous ça normal?
M. Drainville : Bien, M. le député,
est-ce que vous me permettez de céder la parole à la présidente de la société
de traversiers...
M. Derraji : Pas de problème.
M. Drainville : ...pour qu'elle
puisse, à tout le moins, vous donner un début de réponse avec le temps qui
reste. Il reste combien de temps, M. le député?
• (20 h 20) •
Une voix : ...
M. Drainville : Combien?
Une voix : ...
M. Drainville : Très synthétisé, Mme
la PDG.
Mme Bédard (Greta) : L'élément le
plus important ici, c'est, depuis les cinq dernières années, on a une
indexation de 78,9 % dans tout ce qui est frais de navire de cale sèche,
et ça, c'est documenté. C'est un indice qui existe et qui est documenté. Alors,
il y a une grosse partie que vous voyez, c'est vraiment l'entretien, réparation
et les cales sèches des navires qui ont explosé, mais pas juste à la STQ, dans
l'ensemble de l'industrie maritime canadienne et internationale. Alors, ça, c'est
en partie une réponse importante.
Deuxième élément, parce qu'il y avait plusieurs
tableaux que vous avez présentés, les coûts, subventions totales, on a aussi
acquis des nouveaux navires qui ont... dans lesquels on a des paiements de...
On doit payer ces navires-là, les investissements, les taux... Voyons! j'ai un
petit blanc de mémoire.
Alors, tout ce qui est les paiements de ces
navires-là, évidemment, ça renfloue la demande annuelle pour payer la
subvention de... La subvention n'est pas uniquement au niveau des services
clients, il y a aussi les actifs qu'on a acquis dans les dernières années, là.
M. Derraji : Mme la PDG, mettez-vous
à la place des clients, et un des clients... un des clients, c'est M. le
ministre. Quand je vois, dans votre rapport annuel, l'expérience client,
améliorer la performance des services, offrir des services fiables, c'est la
base, mettez-vous à la place de ces... c'est eux qui nous interpellent, et
c'est non atteint.
Mme Bédard (Greta) : Absolument. Absolument.
M. Derraji : L'objectif, la cible
non atteinte, offrir des services de traversiers de qualité. C'est là où je
vous dis... et, encore une fois, là, ce n'est pas ce que le ministre a dit, je
ne suis pas, là, en train de faire...
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...M.
le député, c'est déjà terminé. Alors, vous avez... vous aurez sûrement le temps
encore de pouvoir poser des questions.
Oui, c'est vrai, il nous reste la banquette
gouvernementale. J'ai... Bien oui, je m'excuse, j'étais en train de vous
oublier. Alors, M. le député, vous avez huit... mon Dieu, je suis en train de
déparler, vous avez 8 min 42 s.
M. Émond : ...la Présidente. Je ne
vous en tiens pas rigueur, avec l'heure à laquelle... l'heure à laquelle il est
rendu.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Je
pensais que vous aviez dit l'âge, là.
M. Émond : Non, l'heure, pardon, pas
l'âge. M. le ministre, bonsoir. C'est un plaisir de m'adresser à vous pour
jaser un petit peu, puis très brièvement, hein, je vous le dis, de maritime
ensemble.
J'ai le goût de vous permettre d'être
sentimental encore, M. le ministre, parce que c'était très beau, votre envolée,
parce que j'ai le goût d'être romantique à mon tour en disant que je pense que
nos destins étaient peut-être destinés à se croiser puisque, dans nos jeunes
âges, vous avez dit, puis je le sais très bien, hein, vous êtes originaire de... La Visitation-de-l'Île-Dupas, pardon. Et
moi, tout juste en face, sur la rive sud du fleuve, à Sainte-Anne-de-Sorel,
j'imagine peut-être sans le savoir que, chacun sur nos rives respectives, on
était là simultanément, dans nos petites bottes d'eau, là, à Sainte-Anne...
M. Drainville : ...sur le
traversier.
M. Émond : Bien, voilà.
M. Drainville : C'est juste qu'on ne
se connaissait pas.
M. Émond : Bien, c'est là que je
m'en allais. Probablement qu'on a fait une magnifique croisière sur le fleuve
Saint-Laurent ensemble à l'époque. Puis tout ça pour dire, Mme la Présidente,
qu'aujourd'hui nos destins nous amènent à l'Assemblée nationale du Québec, à
discuter de stratégie maritime, mais, plus sérieusement, des investissements du
gouvernement du Québec qui ont été nombreux dans la Stratégie maritime. Moi, je
me réjouis, là, tout partout, le long de notre organe bleu, là, le magnifique fleuve
Saint-Laurent, il y a des investissements.
J'avais une question pour vous, là, je m'étais
pris des notes pour tenter de rassurer les gens du port de Matane, mais vous
l'avez très bien fait tantôt avec le député des Îles-de-la-Madeleine. Soyons
chauvins, là, dans mon coin, oui, le port de Contrecoeur... on a lancé, hier,
le BAPE pour le projet de construction ou d'exploitation d'un nouveau terminal portuaire à Sorel-Tracy, dans
lequel il va y avoir un truc assez innovant, quand même, Mme la Présidente,
avec une zone d'entreposage, mais l'utilisation d'un quai flottant, qui est une
première pour nous, là, qui va être très bien. Ensuite,
bien, tout le long du fleuve, on a des investissements qui vont avoir lieu et
qui vont permettre de développer davantage notre économie.
Mais j'aurai le goût, en terminant, je lâche le
romantisme puis j'aimerais vous entendre sur qu'est-ce qui nous rend si
spécial. C'est quoi, notre avantage concurrentiel, au Québec, au niveau
maritime, quand on se compare avec les autres endroits, peut-être en Amérique
du Nord ou même dans le monde, j'oserais dire?
M.
Drainville : Moi, je dirais, là, la grande diversité de nos actifs, le
nombre de ports que nous avons, dans lesquels il y a des investissements
importants à faire.
Mais, tu sais, quand
on regarde, là, juste, là, la filière des matériaux... des minéraux critiques
et stratégiques, là, quand on prend juste ça, là, on le sait à quel point c'est
devenu extrêmement important. Ça l'a toujours été, mais là, dans une
perspective où on doit réduire notre dépendance envers la Chine pour ses
minéraux critiques et stratégiques, quand on sait qu'on en a dans notre
sous-sol, on est en train d'explorer plus que jamais pour en trouver et, si on
en trouve, être capables de les exploiter, si on peut le faire d'une manière
qui est rentable... bien, on sait très bien, mon cher collègue de Richelieu, on
sait très bien qu'à un moment donné, une fois qu'on les a sortis de terre puis
qu'on les a transformés, bien, à un moment donné, il faut les mettre sur des
rails, sur des chemins de fer, puis il faut les embarquer aussi dans des ports
pour, dans certains cas, en tout cas, les exporter pour être capable,
notamment, de fournir nos alliés qui le demandent.
Par exemple, moi,
j'étais avec le premier ministre Carney, là, la semaine passée, pour inaugurer
les travaux, là, pour la mine de graphite à Saint-Michel-des-Saints. Alors, ce
graphite-là, il va nous servir à nous, notamment pour notre industrie de la
défense. Et je vous rappelle que le graphite, actuellement, là, c'est la Chine
qui nous fournit en graphite. Je veux dire, on est complètement dépendants de
la Chine pour le graphite ou à peu près complètement dépendants. Alors là, on
va développer une mine chez nous qui va devenir la plus grande mine de graphite
des Amériques. Ça, c'est chez nous, au Québec, là, et puis...
Alors, il y a à peu
près le quart... c'est quatre fois, quatre fois 25... en fait, c'est
30 %, 30 % de la production de cette mine qui va servir à l'industrie
de la défense du Canada. Ensuite de ça, il y en a à peu près le quart qui va
être transformé dans le parc industrialo-portuaire de Bécancour, qui est un
actif extraordinaire. Il fallait être visionnaires, comme Québécois, pour penser
à créer ce port, puis on l'a... Il est resté en dormance pendant une partie de l'histoire, mais qu'on est heureux,
aujourd'hui, de l'avoir, puis on est en train de le développer. Puis il y a
des... il y a des usines extraordinaires qui sont en train de
s'installer là, puis il y en a qui sont en train, même, de se construire. Bon,
il y a certains projets qui ont été mis sur la glace, mais moi, je pense qu'à
un moment donné ça va revenir. Alors, félicitons-nous de ce choix collectif que
nous avons fait.
Donc, un autre quart,
à peu près, de la mine, qui va être transformé à Bécancour. Ensuite de ça, il y
a un autre quart qui va servir dans l'industrie sidérurgique pour des... des
briques réfractaires, donc on a besoin de ça pour fabriquer l'acier. Et puis il
y a un autre quart, savez-vous quoi, qui va se retrouver en Europe, parce que
les Italiens puis les Français, ils ne veulent pas dépendre non plus des
Chinois pour le graphite. Ça fait qu'on va approvisionner nos alliés avec cette
mine, donc, de Saint-Michel-des-Saints.
Puis évidemment,
bien, pour l'envoyer en France puis l'envoyer en Italie, ça va prendre un port.
Alors, à un moment donné, on va embarquer ce minerai, ce graphite... en fait,
ce minerai transformé en graphite, puis il va prendre le chemin de l'Europe.
Et donc, c'est parce
qu'on a des chemins de fer, puis c'est parce qu'on a des ports, puis c'est
parce qu'on a un fleuve Saint-Laurent qu'on peut envisager ce développement
stratégique au niveau des minéraux critiques et stratégiques.
Puis évidemment, au
niveau de la défense, le Saint-Laurent est appelé à jouer un rôle là-dedans. Je
vous ai parlé des brise-glaces, évidemment, on construit des brise-glaces à
Lévis, ils vont servir à notre sécurité, pas juste sur le fleuve mais partout
dans l'Arctique.
Alors, le fait qu'on
soit un pays d'eau, c'est un extraordinaire avantage qu'on a toujours eu et qui
est encore plus important aujourd'hui. Puis on a des ports à travers... Tout le
long du fleuve, on a des ports puis on a des chantiers navals en plus de ça.
Moi, je vous parle de Lévis, qu'est-ce que tu veux, je suis député de Lévis,
c'est bien normal. Mais je pourrais vous parler du chantier naval de Forillon,
à Gaspé, je peux vous parler de celui de Les Méchins. Bien, oui, aux Méchins.
Alors ça, c'est celui de Groupe Océan, comme celui, d'ailleurs, de...
Une voix :
...
M. Drainville : C'est comme celui de
L'Isle-aux-Coudres — merci
beaucoup — et
puis il m'en manque un. L'Isle-aux-Coudres, Les Méchins, Gaspé, Québec, Lévis.
Puis on n'oublie pas Sorel-Tracy qui a déjà été un grand chantier naval. Moi, je me rappelle, puis ça, ça
ferme bien l'histoire, Placide Guertin, mon voisin, le deuxième voisin,
Félicien, le premier, juste à côté, les deux travaillaient au chantier,
partaient avec leur boîte à lunch puis... Ils prenaient quoi pour traverser de
l'autre bord? Le traversier, mesdames et messieurs. Ils prenaient le traversier
puis ils allaient fabriquer des bateaux chez Marine Industries. Puis il y a
encore ça aussi, il y a ce potentiel, il y a cette possibilité. Puis les gens
de Sorel-Tracy et leurs dignes représentants ici travaillent pour essayer,
comment dire, de donner, de redonner vie à cette grande tradition de
construction navale à Sorel-Tracy.
Ça fait que vous voyez le panorama, là, il est
exceptionnel. Ça fait qu'il faut continuer à investir dans notre industrie
maritime, dans notre secteur maritime. Il y a un potentiel l'exceptionnel. Et
voilà.
Puis si vous me permettez,
Mme la Présidente, je sais que c'est fini, mais il y a un fonctionnaire ici
présent, il s'appelle Stéphane Pigeon. Il est juste derrière moi, il est juste
là. C'est un homme qui s'apprête à prendre sa retraite. Il a travaillé sans relâche pendant des années pour développer des
grands projets, comme la zone industrialo-portuaire de Bécancour. C'est un homme, donc, qui va prendre
sa retraite. C'est un grand serviteur de l'État québécois, et il y en a
beaucoup comme ça. Je pense que ça vaut la peine qu'on le salue.
• (20 h 30) •
La Présidente (Mme Schmaltz) : Alors,
merci, M. le ministre...
M. Drainville : Et je veux saluer
les gens de la transmission, Mme la Présidente, parce que, quand on a des
échanges comme ça, là, allume, ferme, allume, ferme, ce n'est pas toujours
facile de nous suivre. Ils font un travail fantastique, puis on ne souligne
jamais leur travail. Je pense qu'il faut prendre la peine, à un moment donné,
de leur dire merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Vous
êtes là pour le faire. Parfait. Bien, merci beaucoup. Alors, merci, tout le
monde, pour votre participation ce soir.
Alors, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au jeudi 28 mai 2026 à 11 h 15, où elle
entreprendra l'étude du volet Transports des crédits budgétaires du
portefeuille Transports et mobilité durable. Merci.
(Fin de la séance à 20 h 31)