Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Onze heures quarante-deux)
Le Modérateur : Donc, bonjour,
bienvenue à ce point de presse de Québec solidaire. Prendrons la parole dans l'ordre :
Christine Labrie, députée de Sherbrooke, Alejandra Zaga Mendez, responsable
solidaire en matière des finances, Annick Leclerc, Lilian Boisvert et Chantal
Girard.
Mme Labrie : Bonjour, tout le
monde, j'ai déposé, ce matin, une pétition signée par près de 6000 personnes
pour demander l'abolition de la TVQ sur les vêtements pour enfants usagés. C'est
une pétition qui a été initiée par Mme Annick Leclerc, qui est présente avec
nous ce matin, parce que comme commerçante, elle constatait qu'un même vêtement
pour enfant pouvait être revendu plusieurs fois par année et donc retaxé à
chaque fois, alors qu'en même temps, il y a des familles qui peinent, en ce
moment, à vêtir leurs enfants à cause de la hausse du coût de la vie. Moi, j'ai
accepté de porter cette pétition-là parce que je trouve que c'est vraiment une
très bonne solution pour aider les gens à faire face à la hausse du coût de la
vie, de détaxer les vêtements pour enfants usagés. D'ailleurs, je pense qu'on
devrait détaxer l'ensemble des biens usagés, mais s'il faut commencer quelque
part, pourquoi ne pas commencer par les vêtements pour enfants?
Mme Zaga Mendez :
Merci
beaucoup, Christine, c'est un plaisir pour moi de venir renchérir puis soutenir
cette mesure. Vous savez, tout coûte cher, en ce moment, au Québec, et voici
une mesure simple, efficace, qui peut venir rendre le fardeau économique des
familles beaucoup plus léger et permettre aux familles d'arriver à la fin du
mois. La mobilisation qu'on a vue, avec cette pétition, va au-delà de
Sherbrooke, moi, quand j'ai partagé ceci, les gens m'en ont parlé, également, à
Montréal, à Québec, parce que les gens se rendent compte que payer des taxes
sur des vêtements usagés, c'est... ce n'est pas possible. Les vêtements sont
vendus une ou... deux, trois fois et ceci représente un fardeau économique pour
les familles. Tout le monde parle, ici, qu'il faut faire quelque chose,
justement, pour alléger le coût de la vie, et voici une mesure que nous allons
continuer, et aujourd'hui, ce que je souhaite, c'est inviter le ministre Éric
Girard à saisir cette pétition, à regarder cette mesure, puis de l'inclure dans
le prochain budget du Québec. C'est une façon simple d'aider les familles qui n'arrivent
pas à joindre les deux bouts... Parce que de plus en plus des gens achètent
usagé parce que c'est une question de nécessité, mais aussi, c'est un geste
responsable pour l'environnement, et je vais céder, donc, la parole à Annick
Leclerc qui va nous parler de son expérience dans sa friperie.
Mme Leclerc (Annick) : Merci.
Donc, je me présente, je m'appelle Annick Leclerc, propriétaire de la boutique Bebemeghan
à Sherbrooke. Je suis aussi celle, comme mentionné, qui a lancé cette pétition
en novembre dernier. Dès sa sortie, elle a fait jaser partout dans les médias,
plusieurs boutiques se sont jointes au mouvement, elle a rejoint des milliers
de familles au travers du Québec parce qu'elle a mis des mots sur une réalité
que beaucoup de familles vivent. De plus en plus de familles ont de la
difficulté à joindre les deux bouts, et ça, en boutique, on le voit tous les
jours, des parents qui font...
Mme Leclerc (Annick) : ...qui
font le tri à la caisse, qui reposent des vêtements et qui doivent choisir
entre un pantalon ou un chandail priorisent le strict minimum. On le sait, il n'y
a pas de TVQ sur... les couches, les biberons, les couches lavables, mais aussi
les vêtements vendus dans des organismes à but non lucratif, mais on continue
de surtaxer, parfois même 10 fois, le même vêtement qui a déjà été porté,
payé et taxé.
Pendant ce temps, le gouvernement nous
encourage à encourager les commerces locaux. Mais nous, les boutiques de
vêtements seconde main, on fait amplement notre part. On réduit les déchets, on
prolonge la durée de vie des vêtements et on aide concrètement les familles à
réduire le coût de garde-robe de leurs enfants. Le gouvernement affirme vouloir
aider les familles, encourager l'économie circulaire, mais on taxe la
consommation responsable et on pénalise ces choix que les familles prennent.
Ce qu'on demande aujourd'hui, ce n'est pas
un cadeau ni un privilège, c'est une mesure logique, équitable et alignée avec
les valeurs que le Québec dit défendre.
Mme Boisvert (Lilian) : Bonjour.
Je m'appelle Lilian Boisvert, je suis maman avant tout, mais aussi propriétaire
de Petits Héritiers, une boutique de vêtements secondaire pour enfants, à
Montréal. J'ai grandi avec une maman qui m'habillait presque... en presque
totalité en friperie, et, à l'époque, oh que j'avais honte. Mais, aujourd'hui,
ce n'est pas du tout la même réalité.
Le mouvement seconde main a pris une
ampleur énorme. C'est, oui, une question monétaire, mais c'est aussi une
question de valeurs. C'est un mouvement qui est là pour rester et qui,
ultimement, a été porté par les familles, les citoyens et les boutiques comme
la nôtre. Et il est grand temps, selon moi, que le gouvernement embarque lui
aussi dans ce mouvement.
Le principe est simple. On ne taxe pas les
fruits et les légumes parce qu'on veut encourager les citoyens à consommer, à s'alimenter
plus sainement, donc pourquoi le même principe ne pourrait pas s'appliquer aux
vêtements seconde main, surtout sachant que c'est une des industries les plus
polluantes dans le monde? L'idée qu'on propose est un geste concret pour l'environnement,
surtout quand on sait, comme je l'ai mentionné, que c'est une industrie très
polluante.
Aujourd'hui, notre demande porte
uniquement sur les vêtements pour enfants. Ce n'est rien de déraisonnable,
sachant que c'est un bien essentiel. Plusieurs provinces au Canada, dont l'Ontario,
ne taxent même pas cette catégorie autant pour le neuf que seconde main. Donc,
nous, ce qu'on demande, c'est de commencer par la base qui est la seconde main.
En 2026, avec le coût de la vie qui
continue d'augmenter, les familles ont besoin d'un geste concret comme celui-ci.
Les familles nous le demandent tous les jours. Les boutiques sont prêtes.
Alors, on attend quoi? Merci.
Mme Girard (Chantal) : Bonjour.
Je me présente, Chantal Girard, je suis propriétaire de Friperie La Berlue, une
entreprise qui existe depuis maintenant 22 ans. Alors, moi, ça fait 22 ans
que je réponds aux clients, je suis presque sans voix : Oui, c'est
taxable, les vêtements usagés. Les gens n'en reviennent juste pas. Alors, il
serait temps qu'il se passe quelque chose. Mes collègues ont très bien parlé,
donc je n'en rajouterai pas plus. Merci beaucoup.
Le Modérateur : C'est ce qui
conclut le point de presse. Merci beaucoup, tout le monde. Merci.
(Fin à 11 h 49)