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Point de presse de M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de culture et de communications

Version préliminaire

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le vendredi 20 février 2026, 9 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement


 

9 h (version non révisée)

(neuf heures une minute)

M. Zanetti : Bonjour, tout le monde! Alors merci de venir ce matin à ce point de presse que je fais avant l'interpellation. Je vais interpeler aujourd'hui... J'aurais voulu interpeler le ministre de la Culture, mais on sait qu'il est à l'UNESCO et donc ce sera la ministre du Tourisme qui viendra répondre à mes questions et que je veux sensibiliser à un problème très important qui affecte la culture québécoise et qui affecte aussi l'identité du Québec, ce sont les enjeux qui ont été soulevés récemment en tour... entourant le financement public de compagnies multinationales américaines comme Live Nation, qui est, par ailleurs, aux États-Unis, poursuivis en Cour pour pratique monopolistique.

La compagnie Live Nation est une espèce de conglomérat international qui... dont le modèle d'affaires est de racheter des compagnies, des festivals, des salles de spectacles, des billetteries, tout ça, à l'international, dans le but... des agences d'artistes, dans le but d'avoir un contrôle total sur la diffusion artistique et c'est quelque chose qui est très, très avancé en Europe et qui pose un problème extrêmement important pour l'accès des peuples à leur propre culture.

Au Québec, on commence à voir ce genre de pratiques monopolistiques arriver avec les acquisitions que Live Nation a faits, notamment qui a acquis 49 % de la compagnie evenko, qui est possédée aussi par le groupe CH, qui possède et qui organise les plus grands festivals à Montréal, mais surtout qui qui reçoit pour 15 millions de dollars annuellement de subventions publiques, une compagnie qui n'en a pas besoin, une compagnie qui est profitable, qui fait énormément d'argent et qui, de surcroît, on le voit, a des taux de spectacles francophones proposés qui sont extrêmement bas. On parle de l'ordre de 8 % à Montréal.

Alors, aujourd'hui, je vais aller sensibiliser la ministre du Tourisme à cette affaire-là, aux pratiques monopolistiques, aux dangers que ça comporte pour la culture québécoise. Et je vais lui faire trois propositions d'actions qui peuvent être faites dès maintenant pour contrecarrer les effets de ces pratiques monopolistiques. La première proposition que je vais faire est une proposition du REFRAIN, un regroupement de festivals indépendants qui sont partout sur le territoire du Québec, il s'agit de revoir les critères pour l'octroi de subventions publiques à des festivals, pour s'assurer que ça ait à la bonne place, que ça ait à des festivals québécois qui promeuvent la culture québécoise et non à des multinationales étrangères déjà archi riches comme Live Nation.

La deuxième proposition, elle vient du SMAQ, les scènes musicales indépendantes du Québec, un regroupement de salles indépendantes qui dit : Il faut instaurer, comme ça existe ailleurs, notamment au Royaume-Uni, un système de redevances de solidarité sur les billets de grande capacité. Alors, si Metallica ou Taylor Swift viennent dans un... ils remplissent un stade au Québec, bien qu'il y ait une redevance qui soit prix sur ses billets, que ça pourrait être 2 $, par exemple, qui soient mis dans un fonds qui aident à subventionner les salles émergentes qui, elles, sont, elles, qui créent les talents, qui créent l'émergence de talents. Parce que sans salle émergente au Québec, sans petite salle de 200, 300 personnes, et bien comment est-ce qu'on aurait aujourd'hui des Lou-Adriane Cassidy qui voyagent à travers le monde, des Arianne Roy et toutes les autres vedettes actuelles du Québec qui sont partis de petites salles pour aller finalement remplir de très, très grandes salles ici et ailleurs. Ça, c'est la deuxième recommandation.

Et la troisième, en fait, c'est une recommandation très globale, mais c'est de faire une adaptation québécoise des recommandations du Reset! network. Le Reset! network est un regroupement européen qui réfléchit à lutter contre les pratiques monopolistiques, notamment de Live Nation, et ils ont fait tout un rapport de recommandations, de choses, de politiques publiques qui peuvent être...


 
 

9 h 05 (version non révisée)

M. Zanetti : ...a été adapté par les pays pour lutter contre ça, pour protéger la découvrabilité de leur propre culture. Alors, moi, je pense que le gouvernement du Québec doit, de toute urgence, se saisir des recommandations du Reset Network, adapter ça à la culture québécoise, à l'écosystème culturel québécois, évidemment, en partenariat avec le REFRAIN, le SMAQ, l'UDA, tous les acteurs de la culture concernés par ces mesures-là dans le but d'agir rapidement, parce qu'on ne peut pas laisser ces choses-là aller ni six mois, ni un an, ni encore moins, plusieurs années. Les effets vont être extrêmement difficiles à renverser. Les Européens sonnent l'alarme. Il faut qu'on agisse maintenant au Québec.

Journaliste : Si je comprends bien, c'est comme un repartage, un peu, des profits, là, tu sais, que les grandes, les grandes salles feraient sur des spectacles avec des artistes anglophones, par exemple?

M. Zanetti : Exact. Bien, notamment.

Journaliste : Est-ce que ce serait uniquement, notamment, anglophone?

M. Zanetti : Il faudrait, en fait, établir une redevance sur les billets de spectacle pour les salles de capacité de 2 000 places et plus, par exemple. Donc, ça ciblerait vraiment les grandes stars qui remplissent des stades, que ce soient des stades... des stars locales ou internationales, peu importe. Si c'est Céline Dion qui remplit le Centre Bell, bien, un 2 $, par exemple, par billet vendu irait dans le fonds. On calcule... évidemment, c'est des approximations, là, c'est des estimations, mais ça pourrait ramasser, ça, plusieurs millions de dollars par année sans affecter les ventes de billets puis... pour aider à subventionner les salles indépendantes, qui, elles, permettent que la culture québécoise se renouvelle, permettent aux talents émergents d'apparaître.

Journaliste : Mais vous faites quoi avec l'explication du gouvernement, qui dit : Nous, on subventionne les événements qui amènent de l'argent nouveau, là? Ce qui n'est quand même... ce qui n'est quand même pas... ce qui n'est quand même pas bête, là, autrement dit.

M. Zanetti : Oui, c'est un... ça, c'est un bon argument. Le problème, c'est qu'il ne faut pas subventionner des compagnies qui sont de toute façon, profitables et qui n'ont pas besoin de ces subventions. Live Nation n'est pas une compagnie qui a besoin de l'argent des Québécoises et des Québécois. Ils font déjà des profits énormes, puis là je voudrais vous dire combien, mais le gouvernement, à ma connaissance, n'a même pas les chiffres. Le gouvernement donne aveuglément à une multinationale américaine superriche, milliardaire, de l'argent public, pendant qu'il y a des festivals qui risquent de fermer partout sur le territoire. Alors, moi, c'est de dire, demandez-leur, minimalement, d'ouvrir les livres, puis, après ça, revoyez les critères. Est-ce qu'il faut vraiment... est-ce qu'il est plus pertinent de subventionner Live Nation? Est-ce que ça aurait un meilleur impact économique ou est-ce que c'est plus pertinent de subventionner tous les autres festivals?

Journaliste : Est-ce que la dimension, également, de la tarification dynamique des billets, ça ajoute une autre couche aussi dans votre préoccupation? Est-ce que vous, vous allez parler de ça à la ministre ce matin?

M. Zanetti : Oui, on va parler de la question de la tarification des billets. La tarification des billets... la tarification dynamique des billets, c'est de l'arnaque, c'est quelque chose qui ne sert à... puis que c'est... puis qui rend la culture encore plus inaccessible et qui ne fait que profiter à ces grandes billetteries là.

Journaliste : Mais est-ce que le gouvernement aurait une poignée pour essayer d'avoir une poignée pour essayer? Ou bien, n'a pas...

M. Zanetti : Il doit le faire. Le gouvernement, le ministre de la Culture a déposé un projet de loi, le projet de loi n° 10, qui va être bientôt analysé, là. Cela dit, pour moi, ce sont des mesures qui sont vraiment insuffisantes, et elles n'empêchent pas la revente de billets. Donc, c'est vraiment quelque chose d'assez cosmétique, ce qui est proposé par le gouvernement. Nous, on dit : Il faut qu'il y ait des choses qui soient vraiment intéressantes.

Et la... ma deuxième proposition, celle de la redevance solidaire sur les billets de grande capacité, ce qui fait son intérêt, c'est que c'est une façon de subventionner qui n'a aucun poids sur le fonds consolidé du gouvernement. Ça ne demande pas au gouvernement d'amener de l'argent neuf, parce que c'est simplement une redistribution à l'intérieur de l'écosystème vers les grandes stars, Taylor Swift et les artistes émergents.

Journaliste : Deux autres sujets avant de vous laisser aller, là. Il y a d'autres parlementaires, à nouveau, là, ce matin, qui accusent votre collègue de tenir des propos injurieux, là, sur... sur l'Assemblée nationale. Bien, d'abord, êtes-vous d'accord avec Haroun Bouazzi?

M. Zanetti : Haroun a, donc, clarifié sa pensée ce matin dans une déclaration qui a été, notamment, transmise via les réseaux sociaux de Ruba Ghazal, notre cheffe parlementaire. Et Haroun ne critique ni l'Assemblée nationale, comme institution, ni ses membres. Il émet des commentaires sur le climat politique, la politique en général, et donc ce n'est pas quelque chose qui nécessite qu'il s'excuse. Je pense que c'est un sujet, le climat toxique, qui a fait couler beaucoup d'encre dans les dernières années, notamment au niveau municipal. Tu sais, ce n'est pas pour rien non plus que l'Assemblée s'est dotée d'un commissaire au respect et de politiques antiharcèlement. Les propos d'Haroun sur le climat politique sont partagés par beaucoup de monde dans la population, et voilà.

Journaliste : C'est ça. Il y a deux choses là-dedans. Il y a le... sur le fond, là, le climat politique en tant que tel. Là, il y a sa...


 
 

9 h 10 (version non révisée)

Journaliste : ...mais il y a sur le fond. Est-ce que vous le rejoignez quand même dans une partie de ses propos? Est-ce que le climat politique à l'Assemblée nationale peut être toxique à certains égards?

M. Zanetti : Bien, le problème, ce n'est pas l'Assemblée nationale. Le problème, c'est certaines façons de faire de la politique. Puis, évidemment, bien, il y a de la politique à l'Assemblée nationale. Je pense que, pour que ce soit... Je pense qu'on peut avoir une réflexion collective au Québec sur le climat politique, sur comment on pourrait faire en sorte que ce soit plus accueillant, plus constructif. Et ça, je pense que tout le monde doit y contribuer. Et une façon de contribuer à ça, c'est de ne pas commencer à se pointer du doigt les uns les autres, mais de réfléchir là-dessus de façon posée et collective.

Journaliste : Est-ce que c'est un peu abuser, de la part des autres partis, là... Parce que vous semblez dire que M. Bouazzi s'est un peu vidé le cœur, tu sais, avec sa pensée sur le climat politique. C'est-tu abuser, des autres partis politiques, à ce moment-là, d'essayer de faire taire un peu une voix de...

M. Zanetti : Bien, moi, je trouverais plus intéressant de savoir ce que ces gens-là pensent du climat politique que de savoir ce que ces gens-là pensent d'un individu en particulier. Puis je... Donc, voilà, on ne va pas donner suite à leurs commentaires.

Journaliste : Un mot sur la... je vais-tu le dire, la disposition sur l'avortement, qui a été retirée, donc, du projet de loi de constitution de Simon Jolin-Barrette. Donc, le ministre de la Justice recule ce matin. Mieux vaut tard que jamais pour vous ou...

M. Zanetti : Mieux vaut tard que jamais. Évidemment, il aurait dû faire ça il y a des mois, parce qu'il a fait perdre du temps à tellement de monde, il a fait perdre du temps à tellement de monde. Le nombre de personnes dans la société civile qui ont dû se mobiliser, écrire des mémoires, prendre des congés pour venir à l'Assemblée nationale s'exprimer en commission parlementaire là-dessus, vraiment, alors que tout indiquait politiquement qu'il allait devoir abandonner, ça, c'est très grave. Aussi, ça a monopolisé le débat sur cette constitution-là. Il y a beaucoup de choses problématiques dans cette constitution-là. L'article 29 était la chose peut-être la plus... qui a suscité la plus grande indignation, mais il y a des choses là-dedans de l'ordre de l'affaiblissement des contre-pouvoirs et l'État de droit qui sont extrêmement graves, et là il va falloir qu'on en parle, parce que, pour nous, ce projet de loi là, il demeure un projet de loi à retirer complètement.

Journaliste : Est-ce qu'il y avait une stratégie derrière ça, selon vous, tu sais, de...

M. Zanetti : Il est très probable qu'il ait voulu mettre ça le plus longtemps possible pour faire écran à tous les autres problèmes puis toutes les autres choses dangereuses qui se trouvaient dans sa constitution, que, là, il l'enlève vraiment à la dernière minute, une fois qu'il est acculé au pied du mur, et c'est très triste. Mais vous pouvez compter sur Québec solidaire pour continuer à dénoncer tous les autres... toutes les autres dispositions de ce projet-là qui n'ont pas de bon sens.

Journaliste : Il reste que, dans sa lettre... puis je termine là-dessus, il reste que, dans sa lettre, il... je ne sais pas si vous l'avez lue, là, ce matin, mais il justifie encore pareil, là, la raison pour laquelle il voulait... il voulait mettre ça plutôt que de tout simplement dire : Écoutez, on vous a écoutés, on a pris les consultations, puis finalement je le retire, et voici pourquoi. Il explique pourquoi il l'a mis aussi d'entrée de jeu. Est-ce qu'il y avait quand même une conviction profonde, selon vous, de Simon Jolin-Barrette, de protéger le droit des femmes malgré tout le background qu'il avait avec ce qui avait été fait auparavant?

M. Zanetti : C'est dur à dire, là, ce serait comme lui prêter des intentions, puis je ne suis pas dans son cœur et dans sa tête, mais, clairement, je pense qu'il aurait dû être beaucoup plus tôt beaucoup plus ouvert au point de vue des autres, au point de vue des femmes, au point de vue de la société civile puis même au point de vue de beaucoup de femmes députées dans son caucus à lui.

Journaliste : Merci.

M. Zanetti : Merci à vous.

(Fin à 9 h 14)


 
 

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