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Point de presse de M. André Fortin, chef de l’opposition officielle, et M. Monsef Derraji, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé

Version préliminaire

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mardi 5 mai 2026, 11 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement


 

11 h 25 (version non révisée)

(Onze heures vingt-deux minutes)

M. Fortin : Bonjour, bonjour à tous et à toutes. Bon retour, même si, pour plusieurs d'entre vous, vous n'avez peut-être... vous n'avez peut-être pas quitté. Aujourd'hui, on va avoir... on va avoir droit au discours de Mme Fréchette, de la nouvelle première ministre, sur ses priorités des cinq prochaines semaines, et les besoins sont... les besoins sont grands. Les besoins de la population, en ce moment, ils sont grands en matière de santé, ils sont grands en matière de logement, ils sont grands en matière de coût de la vie, de développement économique.

Et, malheureusement, tant pour Mme Fréchette que pour les Québécois, on part de très loin après sept ans du gouvernement de la CAQ. Mme Fréchette tente par tous les moyens, dernièrement, de se distancer du gouvernement de François Legault, gouvernement duquel elle a fait partie au cours des dernières années. Malheureusement, son gouvernement à elle a exactement, ou en très grande partie, les mêmes joueurs qui ont causé la situation actuelle. Mme Fréchette a derrière elle M. Girard, comme ministre des Finances, qui a pris un déficit... qui a pris un surplus de 7 milliards et qui a transformé ça en déficit de 10 milliards. Elle a derrière elle une ministre de la Santé, la même ministre de la Santé, qui... aujourd'hui, il y a 370 000 Québécois, à chaque année, qui quittent leurs urgences sans être vus par qui que ce soit. Elle a un ministre de la Justice, qui était le ministre de la Justice sous François Legault, qui tente de nous imposer une Constitution pour laquelle à peu près tous les groupes qui se sont prononcés ici, à l'Assemblée nationale, étaient en désaccord.

Elle a la même ministre de la Solidarité sociale, Mme Rouleau, qui a à peu près tous les groupes contre elle en ce moment, le même ministre de l'Agriculture, la même ministre de l'Éducation, le même ministre du Travail. Et elle-même, elle a un bilan qu'elle porte à travers ce gouvernement-là. C'était la superministre du gouvernement de François Legault qui était à peu près la plus interventionniste en matière d'économie au cours des dernières années. Alors, malheureusement, c'est difficile pour elle de se distancer du bilan du gouvernement duquel elle a fait partie. D'ailleurs, la seule différence que Mme Fréchette a trouvé à dire entre son gouvernement, à date, et celui de M. Legault, c'est qu'elle, elle est dans l'action. Oui, mais là, elle agit sur les dossiers que François Legault a refusé de régler au cours des derniers mois, notamment avec le gouvernement fédéral. Bien honnêtement, là, ça me semble... c'est comme si M. Legault était resté assis sur ses mains pour donner l'opportunité à Mme Fréchette d'avoir quelques victoires dès son arrivée. Merci.

M. Derraji : Bonjour. J'avais hâte, j'avais hâte à vous rencontrer, surtout parce que j'aimerais vous parler du fameux projet Dossier santé numérique. Et j'ai trois points aujourd'hui. Premier point, c'est sur le processus d'appel d'offres. La vision de départ était celle d'un fournisseur unique qui allait remplacer toutes les solutions, autant dans les hôpitaux que dans la première ligne, incluant celle de compagnies québécoises. Le projet DSN a initialement été lancé comme un écosystème visant à qualifier plusieurs fournisseurs, avec une interopérabilité entre les plateformes. Ce que nous aimerions savoir aujourd'hui : Qui a rédigé les appels d'offres du DSN? Qui est cette personne qui affirmait, déjà, à l'époque, que le Québec devait retenir Epic? Il faut absolument mettre la lumière si Mme Fréchette veut se distancer de M. Legault. On ne veut pas revivre d'avoir un autre Karl Malenfant dans le décor.

Avant même la publication des appels d'offres, et que les solutions québécoises seraient éventuellement remplacées par un système unique, je vous ai fait une genèse des appels d'offres, 2000... été 2022, l'appel d'offres a été annulé peu de temps après. Epic n'était pas dans les soumissionnaires valides, l'information qu'on a sue qu'après, et qu'elle avait déposé une offre en anglais, donc invalide au Québec. Le numéro est le suivant, je peux vous le partager. Un second appel d'offres est alors émis quelques mois plus tard, à l'hiver 2023, remporté par Epic. Certaines clauses en lien avec le français ont été assouplies en lien avec la formation des interprètes. Un second appel d'offres est alors émis quelques mois plus tard, à l'hiver 2023, et remporté par Epic, certaines clauses en lien avec le français, comme je viens de mentionner, a été assoupli pour permettre plus d'interprètes. En plus de l'annulation du premier appel d'offres, il y a eu des irrégularités dans le second appel d'offres, car il y avait uniquement deux fournisseurs dans le processus, et je crois sincèrement qu'il fallait au moins trois fournisseurs. Alors, aujourd'hui, je demande formellement à l'Autorité des marchés publics de faire enquête sur le processus d'appel d'offres qui a permis à Epic de prendre le contrat.

Deuxième point. Je termine, j'arrive. Vous avez entendu la version Epic désuète. J'ai tout essayé. Bien, probablement, vous allez avoir plus de chances. Je vous invite à aller voir la version Epic juste en Ontario, à 30, 40 kilomètres de l'hôpital Vaudreuil. Ce qu'on nous a dit, plusieurs professionnels, j'ai moi-même eu accès à cette version en Ontario, la version Hyperspace d'Epic, qui est une ancienne technologie client-serveur Windows, déployé au Citrix, Epic a officiellement retiré cette version en novembre 2023, remplacée par la nouvelle version qui s'appelle Web Hyperdrive. Excusez-moi, il y a beaucoup de mots techniques, mais c'est hyperimportant. Est-ce qu'on s'est fait avoir, au Québec, d'acheter une ancienne version versus une nouvelle? Ça, Santé Québec doit le démontrer.

Et je termine avec l'importation des données. Vous m'avez vu écrire et parler avec plusieurs professionnels, et vous l'avez démontré, vous avez plusieurs versions de professionnels, c'est impossible importer dans le système. Ce qu'on nous a dit, c'est uniquement un an d'historique pour des dossiers patients. Il y a deux systèmes. Il y a un à Trois-Rivières qui s'appelle Purkinje et il y a TELUS, Oacis, au nord... au nord de l'île de Montréal. On va parler de standards du MSS. Le ministère ne respecte même pas les standards de migration de données, et il y a un lien Web qui détermine que ces... la transmission de ces données doit suivre un chemin bien particulier.

Alors, c'est pour cela, aujourd'hui, au-delà de ce que vous avez entendu depuis plusieurs jours de la part de plusieurs professionnels, aujourd'hui, le Parti libéral du Québec demande officiellement à l'Autorité des marchés publics de faire enquête sur le processus d'appel d'offres.

Journaliste : ...donc, vous soupçonnez, dans le fond, que les appels d'offres auraient été manipulés pour favoriser Epic?

M. Derraji : Je ne suis pas enquêteur, mais j'ai plusieurs personnes qui m'ont dit qu'il y a quelqu'un au ministère qui voulait Epic avant même de lancer l'appel d'offres. Moi, je ne peux pas, aujourd'hui, en tant qu'élu de la nation, entendre cette information et ne pas la partager. Je n'ai pas l'habileté de faire enquête. Nous avons, au Québec, des organismes qui peuvent faire enquête. Si c'est le cas, c'est qui, cette personne, dans quel intérêt et pourquoi il a lié les mains des Québécois avec un contrat que vous venez de savoir qu'on risque de ne pas le déployer partout au Québec?

Ça veut dire quoi? Hier, Mme la ministre parlait de 2 milliards, je n'ai jamais entendu de 2 milliards, Mme Bélanger. D'où sortent 2 milliards? Ça veut dire... On vient de dépenser un demi-milliard pour dire : Finalement, après les deux régions, on arrête le déploiement. Mais il est où, l'interopérabilité? Il est où, où est-ce qu'on nous disait que c'est un écosystème? ? Il est où, que, un patient de Chicoutimi, quand il va venir à Montréal, on va avoir accès à son système? C'est un scandale.

Journaliste : ...sur l'Autorité des marchés publics, là. Sauf erreur, ils enquêtent déjà sur le virage informatique en santé. Donc, vous avez des informations comme quoi ils ne s'intéresseraient pas au processus d'appel d'offres ou...

M. Derraji : Je les invite à le dire publiquement. Il s'agit d'un processus qui doit être expliqué aux Québécois. Et Mme Fréchette veut se distancier de M. Legault. Je lui offre une occasion. Qu'elle lance elle-même la demande à l'Autorité des marchés publics de faire toute la lumière sur le processus des appels d'offres. C'est comme ça, qu'on va juger la transparence de Mme Fréchette aujourd'hui.

Journaliste : Une seule personne pourrait truquer un processus d'appel d'offres au gouvernement du Québec?

M. Derraji : Pardon?

Journaliste : Une seule personne, parce que vous dites que vous avez connaissance d'une personne, pourrait truquer tout un processus de processus d'appel d'offres pour un contrat... une dizaine... une dizaine de millions de dollars...


 
 

11 h 30 (version non révisée)

Journaliste : ...appel d'offres pour un contrat...

M. Derraji : Ce que... Ce que j'ai...

Journaliste : ...dizaine de millions de dollars?

M. Derraji : Ce que... Bien, vous voulez qu'on revient sur la SAAQ. Et vous avez vu que parfois, il y a un Superman un peu partout qui peut faire tout ce qu'il veut. Ce que j'ai entendu, et je tiens à vous le dire, je n'ai pas toutes les habilités de faire enquête, c'est pour cela que je vous le partage, il y avait de l'intérêt pour Epic avant le lancement d'appel d'offres. Donc, si moi, j'entends ça, et que la personne qui a rédigé l'appel d'offres a tout fait pour réorienter l'appel d'offres et annuler le premier appel d'offres pour que ça cadre pour une seule compagnie, je ne veux même pas ramener sur la table les compagnies québécoises qui avaient probablement le droit.

Journaliste : ...c'est presque des corps policiers qui devraient faire...

M. Derraji : Merci. Merci. Faisons la lumière.

Journaliste : ...

M. Derraji : Faisons la lumière, s'il vous plaît. Moi, ce que je veux...

Journaliste : ...intervenir?

M. Derraji : Faisons la lumière. Je ne suis pas l'expert.

Journaliste : M. Derraji, vous êtes... vous êtes l'élu, là.

M. Derraji : Oui.

Journaliste : Vous demandez l'AMP et vous laissez entendre que c'est un dossier de l'UPAC. Demandez l'UPAC.

M. Derraji : Bien, moi, ce que je...

Journaliste : ...demandé l'UPAC ce matin.

M. Derraji : M., je demande aujourd'hui que la lumière soit faite et réalisée par Mme Fréchette. Mme Fréchette a pris un risque hier qu'elle voulait être transparent. Pas de problème. J'ai fait mes devoirs. On m'a informé. On m'a partagé cette information. M. Dubé était là.

Journaliste : ...qu'est-ce... c'est quoi, le pas que vous ne voulez pas franchir pour dire l'UPAC?

M. Derraji : C'est parce que je dois rester prudent en fonction des informations que j'ai. Je ne suis pas enquêteur. Je ne peux pas faire une enquête et dire que telle personne est d'ordre criminel ou autre.

Journaliste : ...vous avez des suspicions, vous pouvez demander n'importe quelle enquête que vous voulez.

M. Derraji : Bien, c'est pour cela, je demande à l'Autorité des marchés publics de faire... à l'Autorité des marchés publics de faire enquête. Et, s'il y a matière, que l'UPAC se mêle, que l'UPAC se mêle. C'est ça, le plus important. Moi, aujourd'hui, là, ce que je vous partage... Et chacun joue son rôle. Vous êtes des journalistes, vous êtes sur le terrain. Moi, je suis un élu. Je ne peux pas aujourd'hui, en tant qu'élu, entendre cette information. Et je veux revenir à votre question. Vous avez vos sources, vous avez votre façon de travailler, j'ai la mienne. La seule chose que je vous partage aujourd'hui, je ne peux pas rester silencieux quand on me dit qu'il y avait une intention d'orienter...

Journaliste : ...de cette source-là?

M. Derraji : Je ne suis pas là de juger. Est-ce que vous, vous qualifiez la crédibilité des sources avec qui je... vous parlez?

Journaliste : ...qualifier la crédibilité de cette source-là?

M. Derraji : Je... C'est un sujet secondaire pour moi. Ce qui est le plus important : attaquons au fond du problème.

Journaliste : ...que vous dites, c'est qu'il y a un lanceur d'alerte au ministère de la Santé. Il y a des... Il y a des procédures en place pour ça.

M. Derraji : Je ne sais pas. Je n'ai pas dit : C'est un lanceur au ministère de la Santé. Je n'ai même pas précisé avec qui j'ai parlé. Je vous ai dit qu'il y avait une intention, je précise, il y avait une intention d'emblée, avant de lancer l'appel d'offres, d'utiliser Epic et de choisir Epic.

Journaliste : ...à partager les informations que vous détenez avec l'UPAC ou encore avec l'AMP pour faire avancer l'enquête?

M. Derraji : L'AMP ont plus de moyens que moi, je suis juste un élu qui fait son travail. Ils peuvent enquêter...

Journaliste : ...

M. Derraji : Je suis... je suis prêt à partager ce que j'ai comme information, mais il ne faut pas qu'on se perd là. Quand il y a un processus d'appel d'offres — vous êtes les experts — je vous ai ramené deux numéros, 700 pages dans chaque. Je ne peux pas les imprimer, ça va faire 1 400 pages. Il y a deux appels d'offres, entre les deux appels d'offres, il y avait un changement. Je vous ai fait la genèse des changements, je ne veux juste pas être plate et répéter le tout. Il y avait un assouplissement entre le premier et le deuxième, bien, je pense que l'AMP peut intervenir. Pourquoi? Dans quel sens? Ça, là, ça ne mérite même pas vraiment une discussion... l'AMP peut se mêler.

Journaliste : ...dans la première ronde.

M. Derraji : Pardon?

Journaliste : Est-ce qu'il y avait des soumissionnaires qualifiés à la première ronde?

M. Derraji : Bonne question. Je pense qu'EPIQ n'était pas là et... et c'est une très bonne question. La façon avec laquelle on a rédigé l'appel d'offres, probablement, ça ne permettait pas à d'autres joueurs québécois de soumissionner, ça aussi, pour un gouvernement qui se dit nationaliste et permettre à tout un écosystème de travailler. Et je ne peux pas... je peux vous nommer plein, plein, plein d'entreprises québécoises qui travaillent déjà dans le réseau. Il y a des entreprises québécoises qui travaillent dans le réseau et qui ont le dossier médical électronique. Mais est-ce que la volonté de la personne qui a rédigé EPIC voulait dire : On ne veut pas de ces entreprises, on veut EPIC parce que quelqu'un a été charmé par EPIC et on va tout faire pour que ce soit uniquement EPIC. C'est là la question qu'il faut... Je cherche la réponse à cette question.

Journaliste : ...

M. Derraji : Pardon?

Journaliste : Vous ne savez pas s'il y avait d'autres soumissionnaires, parce que ça se peut que le gouvernement ait choisi de retourner en appel d'offres parce qu'il n'y avait personne de qualifié aussi, là.  

M. Derraji : Oui et non. C'est parce que l'appel d'offres, il était tellement restrictif que ça ne permettait pas une réelle compétition. Et on analyse...

Journaliste : ...

M. Derraji : OK, mais pourquoi il y avait la... pourquoi il y avait...


 
 

11 h 35 (version non révisée)

M. Derraji : ...cette volonté que la clause en lien avec le français ont été assouplies. Et là, je vous dis, juste le premier et le deuxième, la différence entre les deux appels d'offres. Le second appel d'offres est alors émis quelques mois plus tard, ça veut dire l'hiver 2023 versus l'été 2022. Et là, ça a été remporté par Epic, suivez vraiment la logique, certaines clauses en lien avec le français ont été assouplies en lien avec la formation des interprètes. Donc pourquoi on a assoupli les règles pour qu'Epic puisse gagner l'appel d'offres? Ça, c'est un. Deux, est-ce que la rédaction de l'appel d'offres, au départ, excluait d'emblée toute concurrence par rapport à des entreprises présentes au Québec? Et je ne vais pas faire la nomenclature ni la promotion d'aucune entreprise, elles sont nombreuses.

Journaliste : M. Derraji je veux juste vous demander quelque chose, parce que, je pense que c'est la semaine dernière ou la précédente, là, on vous a demandé si, dans les éléments que votre futur gouvernement libéral ferait, là, avec la loi quatorze, est-ce qu'on déplafonnerait les admissions dans les cégeps anglophones? Là, vous aviez dit, la semaine dernière : Je dois vous revenir parce que je n'ai pas la réponse. Est-ce que cette semaine, vous avez la réponse?

M. Derraji : Non, je ne l'ai pas.

Journaliste : M. Fortin...

Journaliste : Non, mais je veux dire, pourquoi vous n'avez pas la réponse?

M. Derraji : Tu veux?

M. Fortin :En fait... En fait, ce qu'on... ce qu'on a pris l'engagement comme formation politique, là, auprès de, je pense, vous-même et certains de vos médias, c'est de vous revenir avec une liste complète. On ne veut pas laisser un élément de côté, oublier un élément, on veut s'assurer d'avoir une liste complète. Alors, on va... on va travailler là-dessus. On va travailler là-dessus, là. Ce qu'on a dit par le passé, c'est que, notamment, il y avait ces deux éléments-là, mais effectivement...

Journaliste : Il pourrait y en avoir plus.

M. Fortin : Et voilà.

Journaliste : Peut-être juste une dernière, juste pour compléter le... La semaine dernière, oui — ou il y a deux semaines? — on a tous eu un breffage technique, OK?

M. Derraji : Moi aussi.

Journaliste : Vous l'avez... vous avez eu le même.

M. Derraji : Oui, j'ai assisté.

Journaliste : À ce breffage technique là, on nous a juré qu'il n'allait pas y avoir d'impact en oncologie sur les traitements. On a vu des médecins sortir pour venir dire le contraire. Puis finalement, Santé Québec, encore ce matin, il vient de dire : Oui, finalement, il va peut-être y avoir un pourcentage, c'est vrai. Est-ce que... est-ce que Santé Québec a menti ou il n'était juste pas au courant?

M. Derraji : Bien, deux choses. Probablement, il n'était pas au courant et probablement, ils n'ont aucune idée de la réalité de ce qui se passe sur le terrain.

J'ai assisté au même briefing technique que vous, je pense que nous, on l'a eu le matin, les journalistes en après-midi et j'ai eu l'occasion de poser, pendant une trentaine de minutes, mes questions. Ce que je déplore, c'est parce que juste après ce briefing technique, il y avait deux sorties de deux médecins, dans deux régions, il y avait la région de Mauricie—Centre-du-Québec et Montréal, et presque les deux disaient la même chose. Il y a un impact sur les soins et c'est pour cela, la semaine dernière, j'ai proposé qu'au-delà d'avoir beaucoup de représentants Epic dans les centres, j'ai demandé à ce qu'il y ait un plan clair par rapport au délestage, parce qu'il va y avoir un impact, et les médecins l'ont mentionné : un impact sur l'oncologie, il y a un impact sur les soins donnés aux patients. Et je veux juste mettre au clair un point. Ce week-end, six hôpitaux vont fermer : Drummondville, Trois-Rivières, Victoriaville, Jean-Talon, Fleury, Sacré-Coeur. Ne venez pas me dire qu'il ne va pas y avoir un impact sur la santé et les soins offerts aux patients.

Journaliste : M. Fortin, sur la clause dérogatoire, vous êtes prêts depuis très tôt ce matin, là, est ce qu'avec le dépôt demain du renouvellement de la clause de souveraineté parlementaire, ça vous met dans l'embarras avec ce qui s'est passé ici au début du mois d'avril?

M. Fortin : Bien, moi, je vois deux choses, là, je vais y aller par morceaux, si vous le permettez, là. Moi, je comprends, à travers cette initiative-là, que madame Fréchette ne veut pas parler du bilan de la CAQ des dernières années cette semaine, alors, elle parle d'identité et elle le fait sans mesures qui sont réellement porteuses, sans mesures qui vont avoir un impact immédiat sur les Québécois et en choisissant, encore une fois, de brimer les droits de certains Québécois. Ça, c'est la bonne vieille recette de François Legault qu'on a vu au cours des sept dernières années, là. Pour quelqu'un qui voulait se distancer de François Legault, elle a exactement la même tactique avec aucun impact sur le français. Alors, c'est un impact, disons, ou c'est une mesure cosmétique qui fait en sorte qu'on parle d'autre chose que du bilan de la CAQ des sept dernières années.

Maintenant, pour nous... pour nous, ce qu'on nous demande aujourd'hui, là, c'est d'appuyer l'utilisation de la clause nonobstant pour un projet de loi pour lequel on n'est pas d'accord avec certaines dispositions. Alors, notre réponse, elle va de soi, là, on n'est pas d'accord, effectivement, entre autres, sur la disposition qui fait en sorte que les immigrants doivent apprendre le français en six mois, alors que le gouvernement actuel leur offre très peu de cours de francisation. On n'est pas d'accord, notamment avec la mesure sur l'impact significatif auprès des entreprises qui sont embourbées à cause de la loi quatorze, alors...


 
 

11 h 40 (version non révisée)

M. Fortin : ...de nous demander aujourd'hui d'appuyer un renouvellement d'une clause nonobstant pour un projet de loi avec lequel on n'est pas entièrement d'accord. Je pense que notre réponse, elle est évidente.

Journaliste : ...de l'obstruction parlementaire pour repousser, voire même faire en sorte qu'il n'y ait pas suffisamment de temps pour adopter cette loi-là avant les élections?

M. Fortin :Ce n'est pas notre objectif du tout. Mais je vous avoue que dans le contexte où on a quelques semaines à peine devant nous, où la liste de priorités et de projets de loi que le gouvernement veut étudier, veut débattre est longue, je trouve ça particulier que la première priorité porte sur une clause qui, en toutes fins pratiques... à toutes fins pratiques, là, va n'avoir aucun impact sur le quotidien des Québécois demain matin, là. La clause, elle est déjà en application et elle va être en application jusqu'en 2027. Alors, je trouve ça particulier qu'on utilise du temps de commission parlementaire sur ça, alors qu'on a d'autres dossiers en santé, en éducation, sur le coût de la vie dont on devrait débattre ici.

Journaliste : ...est-ce que ça va vous nuire auprès du vote francophone?

M. Fortin :Bien non, il y a... de nous, là, il y a toutes sortes de mesures qu'on veut mettre en place pour améliorer le français au Québec. Il y a toutes sortes de mesures qu'on veut mettre en place pour bonifier le français au Québec. Nous, c'est révoltant qu'on diminue en ce moment, qu'il y a une diminution du nombre d'étudiants qui réussissent leur examen de français au secondaire. Et ça, est-ce que vous entendez le gouvernement de François Legault parler de ça ou le gouvernement de Christine Fréchette parler de ça? Absolument pas. Est-ce que ça, ça devrait leur faire mal dans l'électorat francophone? J'espère. Parce que ça, c'est absolument révoltant. Nous, on veut travailler là-dessus.

Si Mme Fréchette nous était arrivée ce matin en disant : Nous, là, on va arriver avec une proposition qui va faire en sorte qu'on a plus d'enseignants... d'enseignants qualifiés en français pour que les étudiants réussissent leurs examens, nous, là, on aurait appuyé ça à 100 %. Il y en a, des mesures porteuses comme celle-là qui peuvent faire une réelle différence rapidement au niveau de la qualité, au niveau de la promotion, au niveau de la protection du français. Nous, on va toujours appuyer des mesures comme celles-là, mais une tactique politique comme ça, comme celle qui est présentée ce matin par la CAQ, ce n'est pas quelque chose qui nous intéresse.

Journaliste : Sauf erreur, au cours des deux, trois dernières semaines,  monsieur... M. Milliard a parlé de seulement les deux modifications concernant les entreprises et la francisation, là, l'exigence de six mois. Mais... mais donc là, avec.... à la lumière de ce que vous dites ce matin, est-ce que les Québécois, ils peuvent s'attendre à des modifications de fond en comble de la loi 14?

M. Fortin :Nous, il y a des... Il y a des éléments de la loi 14 sur lesquels on n'est pas d'accord, effectivement. Et M. Milliard a cité des exemples de ça, et il l'a dit lui-même à répétition, que c'était des... que c'était... effectivement que c'était...

Journaliste : ...

M. Fortin : ...bien, en fait, j'ai utilisé les mêmes deux exemples en ce moment. Cependant...

Journaliste : ...cégeps anglophones, Plafonnement des admissions?

M. Fortin :Si vous m'avez entendu dire... entendu dire ça, vous avez entendu autre chose que je me souviens d'avoir dit. Cependant, cependant, ça fait partie des éléments. On va... on va vous arriver avec une liste complète des éléments.

Journaliste : ...une question de changer ou pas le plafonnement dans les cégeps anglophones?

M. Fortin :Ce que je vous dis aujourd'hui, hein, c'est qu'on va vous arriver avec une liste complète des changements qu'on veut faire à l'intérieur de la loi 96.

Journaliste : Est-ce que les élus qui participent à l'étude du projet de loi no 1, le projet sur la Constitution du Québec, l'ancien projet de loi no 1...

M. Fortin : Ce ne sera plus 1, en tout cas. Oui.

Journaliste : Est-ce qu'ils perdent leur temps ou il y a une possibilité, aussi minime soit-elle que le Parti libéral puisse l'adopter, s'il y a des amendements qui sont amenés par le ministre?

M. Fortin :Bien, je pense que la vraie question aujourd'hui, c'est : Est-ce qu'ils vont l'adopter par bâillon? Parce que, si je comprends bien, Simon Jolin-Barrette a dit, a répété ce matin, là, qu'il avait besoin de l'appui d'une formation parlementaire, et il s'est trouvé une transfuge caquiste qui est passée à une autre formation parlementaire et qui va l'appuyer ce projet de loi là. Alors, la question, pour nous, c'est : Est-ce qu'on se dirige vers un bâillon dans le projet de loi sur la Constitution? Alors que les gens qui étaient opposés à ce projet de loi là, dès le début, là, ils le sont encore. Je ne sais pas si vous, vous avez entendu... Je ne sais pas si vous, vous avez entendu Francis Verreault-Paul entre deux périodes, à Tout le monde en parle, en fin de semaine, mais l'éloquence avec laquelle il s'exprime sur cette question-là, l'éloquence de son argumentaire par rapport au manque de consultations, au manque de considération, je pense qu'on doit tenir ça en compte. Alors, si la CAQ et le Parti conservateur choisissent de procéder comme ça par bâillon, ce sera à... Ce sera à eux de justifier ça auprès des Québécois.

Journaliste : ...par bâillon, on verra, là, mais il n'y a pas une façon de rendre ce projet de loi là acceptable à vos yeux?

M. Fortin :On ne la voit pas en ce moment.

Journaliste : ...comment vous accueillez sa nomination?

M. Fortin : Bien, très bien. Si c'est... Si ça se confirme, là, je n'ai pas vu les nouvelles au cours des dernières minutes, mais effectivement, Louise Arbour, c'est une... c'est une grande Québécoise. C'est une grande... c'est une grande dame. Elle a des états de service incroyables. Alors, nous, on voit sa nomination d'un très bon oeil.

Journaliste : Do you think… what do you think the CAQ is up to this morning? Trying… trying to box you in, trying to trap… to put you into a trap over the use of a clause after the things that Mr. Milliard has had to deal with in the last five weeks?

M. Fortin : I think Mme Fréchette felt into her… her own trap, to be honest…


 
 

11 h 45 (version non révisée)

M. Fortin : …She is so determined not to speak about the CAQ's accomplishments and lack thereof over the last seven years, that she's using François Legault's same old tactics. Every time they don't want to talk about their… their accomplishments or their failures, they turn to identity politics. And the fact that they're presenting that specific bill this morning, a bill that won't change anything tomorrow morning because that disposition is already in place. It's not going to change anything with regards to the French language tomorrow morning, the disposition is already in place. It's not going to improve how our kids succeed or not in their French language exams. It's not going to make any difference as to whether an immigrant learns French or has access to francisation classes. It really is political tactics and the fact that this is what Mme Fréchette chooses to put forward as her number one bill, at a time where Quebeckers struggle with health care, they struggle with paying the rent, they struggle with cost of life, I think it says more about her than it says about anybody else.

Journaliste : The fact that they're doing it a year in advance, does that seem suspicious?

M. Fortin : It's a clause that's already in place. The clause is already there. So, basically the CAQ government, Mme Fréchette is playing political games, and that is what the CAQ has chosen to do time and time again over the last number of years. And I don't know about you, but I think there's a lot of Quebeckers who are tired of that approach.

Journaliste : You said the needs of Quebeckers are huge right now when it comes to cost of living, rent, health care, I could go on. So, do you think any of the bills that they're continuing to push forward in the next five weeks are going to fill that need for Quebeckers?

M. Fortin : I think there are things that are being talked about right now that are necessary. The… the law of Clare, which we… we view positively. There are other bills that we are happy to discuss and to help the government advance in the next… in the next few weeks. But the fact that they are willing to use… to use very precious and very limited time in committee to discuss their new Bill one on the renewal of a clause that's already in place, I think they are putting barriers for themselves to succeed in passing what was previously stated as their legislative agenda.

Journaliste : Mr. Derraji, could you please just explain the investigation that you're calling for in regard to the… the digital health transformation?

M. Derraji : Yes. First, is regarding the process of «appel d'offres», because like since 2022, we have an amendment to the first «appel d'offres», I'm sorry. And I want today that l'AMP to do an investigation to clarify what's happened. And if there is hope to have EPIC since the beginning. So, we have some… some companies here in Québec, they want to work closely with the government of Québec, but why the government, they choose only one company? And the second point is regarding the Epic system. So, what I hear from the field is an old version of EPIC. It's not the same that we have in Ontario, for example, or at United States. And that's why I want today Mme Fréchette to explain everything. If she wants to be more transparent, so she should explain why the government of Québec, they chose EPIC at the beginning.

Journaliste : Do you think there's a possibility of corruption here?

M. Derraji : There is a possibility of something. I'm not an expert. They should do their own investigation. And that's why I'm asking Aurorité des marchés publics to do an investigation. Thank you.

(Fin à 11 h 50)


 
 

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