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(Douze heures quarante-huit minutes)
M. Chassin :Bien, bonjour à tous. Alors, évidemment, j'ai été le seul à
m'opposer au consentement requis pour déroger à nos règles pour avoir une
procédure accélérée pour le projet de loi trois, qui a été présenté par
Jean-François Roberge, ministre responsable des Institutions démocratiques,
pour revoir une carte électorale, mais avec un hybride, et augmenter de 125 à
127 comtés la représentation électorale et donc l'Assemblée nationale.
Alors, ça a fait beaucoup jaser, et je
peux comprendre. Et c'est ce que je viens vous dire aujourd'hui et c'est ce que
j'ai dit aussi à des élus locaux gaspésiens. C'est que je peux comprendre que,
parce que c'était inattendu de bien des gens, ça a suscité de la colère. Moi,
ce n'était pas particulièrement inattendu, à mon avis, si on y pense, dans ma
position à moi, ma réflexion puis le fait que, bien, des convictions puis des
principes fondamentaux, il faut les défendre. Puis il faut évidemment se lever
debout pour défendre, par exemple, la primauté du droit, c'est essentiel puis c'est
un pilier des démocraties occidentales, des sociétés qui se disent libres et
démocratiques. La primauté du droit, c'est un principe de justice absolument
fondamental puis c'est un principe politique aussi.
Alors, évidemment, ça me... ça m'étonne
que personne n'ait fait de démarche alors qu'on demandait un consentement
unanime auprès de tout le monde qui allait devoir consentir. Ceci étant, d'expliquer
ma position, d'essayer aussi de montrer toute l'ouverture possible, parce qu'on
peut comprendre que c'est insécurisant pour bien des élus locaux de la Gaspésie
puis qu'ils ont de très, très bons points par rapport à la représentation
effective, par rapport à l'accès à leurs élus provinciaux. On comprend ça. Mais
est-ce que ça veut dire qu'il faut maintenir une carte électorale ou adopter
une carte électorale hybride, le temps de revoir les critères? Moi, je suis
désolé, mais non. Il y a non seulement un problème à ce que les élus
déterminent leur propre carte électorale, mais il y a un précédent qui est
créé, et ce serait la première fois qu'une élection se tiendrait avec une carte
qui n'est pas déterminée par le DGEQ, par la Commission de représentation
électorale en plus de 50 ans. Alors, à la fin, ce n'est pas une région
contre une autre. À la fin, c'est que le Québec est mieux desservi si ces... si
ces institutions sont crédibles, et si on garde le cap sur des principes
fondamentaux, puis qu'on ne revoit pas la carte électorale de manière
rétroactive, comme ça, au dernier moment.
Je veux que tout le monde comprenne une
réalité qui devient de plus en plus apparente, mais surtout que les partis
doivent comprendre : ça suffit de tergiverser, ça suffit d'essayer de
trouver des voies de passage, de rajouter quelque chose. On est maintenant à
très peu de semaines du 29 août, qui est la date limite de déclenchement
des élections, puis la carte électorale pour l'élection du 5 octobre, elle
est connue, elle a été publiée à la Gazette officielle le
14 janvier dernier. C'est celle-là qui va s'appliquer, et il n'y en aura
pas d'autres. Je pense que toute autre poserait une question de légitimité au
gouvernement qui va être élu. C'est dangereux, on ne veut pas ouvrir cette
canne-là, c'est un principe fondamental. Puis pour moi, je pense qu'il est
temps de laisser tomber un combat qui est de toute façon, pour moi, très
dangereux pour le Québec.
Alors, c'est ce que je venais dire, puis,
après ça, j'espère que les partis réagiront positivement, parce qu'il faut
penser à l'intérêt général. Merci beaucoup.
(Fin à 12 h 52)