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Point de presse de Mme Ruba Ghazal, cheffe du deuxième groupe d’opposition, et M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de culture et de communications

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mardi 26 mai 2026, 11 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures cinq minutes)

Mme Ghazal : Alors, bonjour, tout le monde. Donc, heureuse de vous retrouver ce matin après la semaine de comté avec Sol. Hier, vous avez sûrement pris connaissance du rapport d'enquête qui a été fait par Gabriel Nadeau-Dubois, c'est un travail immense d'enquête avec des données, un grand nombre de demandes d'accès à l'information. C'est un rapport fouillé, rigoureux, avec une analyse totalement froide des chiffres par rapport à la construction d'écoles, la répartition des écoles par rapport aux comtés et aux différents comtés, là, des différents partis politiques, puis les conclusions du rapport sont sans équivoque : Il y a plus d'argent, d'investissements scolaires dans les comtés caquistes que les autres.

Le... Ce qui m'a le plus frappé dans son rapport, c'est l'argent investi par nombre d'élèves en fonction des comtés, puis on voit très clairement ici un déséquilibre. Ça, c'est la CAQ. Puis aussi, il y a le Parti libéral, aussi. Donc, on voit que cette pratique-là ne concerne pas un seul parti politique. Possiblement que c'est aussi le Parti libéral, juste avant, quand il était au pouvoir, bien, probablement qu'il y a des projets où est-ce qu'on favorisait probablement les comtés libéraux.

Les recommandations sont tout à fait justifiées. J'ai entendu la ministre de l'Éducation dire que toutes les décisions sont prises pour le bien-être des enfants dans l'intérêt et les besoins des écoles et des milieux. Fort bien. Si c'est vrai, bien, qu'elle s'engage à rendre transparents les critères d'évaluation des projets d'investissement scolaire et à rendre publiques les justifications et les décisions du gouvernement, pour quelles raisons ils vont de l'avant avec un projet ou pas. C'est aussi simple que ça.

Moi, je pense beaucoup aux parents, aux élèves, aux enfants qui là, en ce moment, on voit, là, il va commencer à faire de plus en plus chaud, dans nos écoles, les enfants souffrent et le personnel, aussi, scolaire souffre de la chaleur. On voit des moisissures, il y a des gymnases aussi qui ne sont pas... qui ne peuvent pas recueillir tous les enfants. Il manque d'espace. Les enfants se trouvent... pas dans des classes normales, mais dans des classes modulaires. Donc, les parents aujourd'hui doivent voir ça et être extrêmement inquiets. Moi, je suis très, très inquiète de cette situation-là. Ça n'a pas de bon sens que, dans le Québec moderne de 2026, on n'est plus dans le temps de Duplessis, où c'est je te donne un vote... tu me donnes un vote, je te donne une route et aujourd'hui je te donne un vote, tu me donnes une école. Ça n'a pas de bon sens.

Donc, c'est pour ça que j'ai écrit ce matin à la Vérificatrice générale du Québec pour qu'elle fasse toute la lumière sur la façon que les investissements scolaires sont faits, de la façon la plus transparente. Les élèves, les parents ont le droit de savoir comment les décisions sont prises et s'assurer que la façon qu'ils votent et s'ils sont dans le bon comté ou pas, n'a pas de prise sur les décisions qui sont prises pour avoir des écoles. Tous les élèves du Québec, tous les élèves, partout où est-ce qu'ils se trouvent, ont le droit d'avoir des belles écoles, peu importe le comté dans lequel ils sont.

M. Zanetti : Moi, je vais vous parler, aujourd'hui, du rapport qui est sorti, qui est un rapport de consultation de la société civile révélée par OUI Québec en fin de semaine et je pense que c'est un rapport qui s'adresse aux leaders souverainistes, qu'ils soient dans un parti politique ou qu'ils soient dans des organisations de la société civile, il s'adresse à tout le monde qui veut faire du Québec un pays. Dans les consultations vastes qui ont été menées, une des questions qui était posée, c'était «Quels sont vos conseils au mouvement souverainiste?» que l'organisation consultée soit souverainiste ou pas et je pense qu'il faut prendre acte de ce qui a été dit là, et il faut l'écouter et il faut s'assurer qu'on est fidèle à ça.

Je pense que les gens qui veulent être des leaders du mouvement souverainiste, bien, ils doivent être à l'écoute et ils doivent dire : On entend. Parce que la société civile, c'est un maillon essentiel d'un mouvement comme le mouvement indépendantiste. Ça l'a été notamment en 95, en 80, je n'étais pas là, j'avais moins d'informations sur la dynamique, mais c'est quelque chose qui, dans l'avenir, est là. Puis, quand on regarde les OUI Québec et ce qu'ils font avec, tu sais, leur Saint-Jean politique, et puis ensuite avec leurs événements qui rassemblent plein de jeunes, moi, je pense qu'ils tiennent quelque chose d'une recette importante.

On voit qu'en ce moment, les appuis à l'indépendance ont diminué de façon générale. Alors là, il y a un signal d'alarme là. Par contre, ils sont là, pour la première fois depuis très longtemps, le plus élevés chez les jeunes. Alors, je pense que ça, c'est un signe qui donne espoir. Il faut être à l'écoute de la société civile. Puis, nous, à Québec solidaire, évidemment, on écoute ça, on regarde ça attentivement, puis on va s'assurer d'être en phase avec ce qui est, avec ces conseils-là puis avec cette voix extrêmement importante pour le mouvement indépendantiste.

Journaliste : Pensez-vous que Paul St-Pierre Plamondon est à l'écoute, lui?

M. Zanetti : Moi, je trouve que le silence de Paul St-Pierre Plamondon sur ce rapport est assourdissant. J'ai entendu ce matin, il y a quelques minutes, quelqu'un qui dit : Ça ne nous concerne pas. Bien, écoutez, c'est un rapport qui concerne et qui s'adresse aux leaders du mouvement indépendantiste, qu'ils soient dans un parti politique ou pas. Alors, moi, je consens... je considère que ça nous concerne et je pense que tout le monde devrait se sentir concerné par ce rapport-là s'ils veulent faire du Québec un pays et réussir et avoir, dans la mobilisation, une société civile qui est engagée et non pas démobilisée.

Journaliste : ...impacts ça peut avoir sur le mouvement souverainiste, si le chef d'une des principales formations politiques qui vend cette idée de l'indépendance du Québec ne suit pas les conseils de OUI Québec.

M. Zanetti : Bien, moi, je pense que ça crée un risque de dislocation. Alors, je pense que pour faire un pays, ça prend beaucoup de monde, ça prend des visions différentes, ça prend de la société civile, ça prend des partis politiques, ça va prendre aussi les Premières Nations et les Inuits, ça va prendre énormément de monde, des gens dans les régions, dans les villes, de toutes les générations. Et la seule façon de faire ça... S'il y a quelqu'un, au Québec, qui pense qu'un parti politique peut faire ça tout seul, sans écouter les autres, je pense qu'il y a des... disons, des leçons d'histoire à revisiter puis des oreilles à ouvrir.

Journaliste : Quand Louise Harel dit : On ne peut pas être replié sur soi quand on veut faire un projet d'émancipation nationale. Est-ce que vous pensez qu'elle s'adresse, Louise Harel, à Paul St-Pierre Plamondon?

M. Zanetti : Là, pour ça, il y a aussi quelque chose dans le rapport qui dit : pas de chicane, en gros. Alors, je vais laisser Mme Harel préciser ses propos si elle le souhaite puis pas en faire l'interprétation. Mais je pense que cette sortie de Louise Harel, Louise Beaudoin, Monique Simard, en fin de semaine, est aussi quelque chose qui est un signal fort. Comment ne pas écouter ces figures extrêmement importantes du mouvement souverainiste?

Journaliste : ...visait Québec solidaire.

Journaliste : Dans le rapport... qu'est-ce qui s'adresse à lui, à ce moment-là? Il y a-tu des choses?

M. Zanetti : Bien, je pense que ça s'adresse à tout le monde. C'est ça qu'il faut voir. Ça s'adresse... C'est un rapport qui fait exprès de ne pas nommer des partis politiques, hein, donc, c'est bien. Puis c'est 50 organisations de la société civile qui s'expriment là-dedans, hein, ce n'est pas les OUI Québec. Ça, je pense que c'est important de le rappeler.

Journaliste : Comment vous interprétez le silence? Vous dites : Ah! le silence assourdissant. Ça veut dire quoi ça? Comment vous trouvez cela le silence de PSPP ?

Mme Ghazal : Bien, moi, je trouve ça décevant. C'est très important... Là, en ce moment, ce qu'il s'agit, là... quand on est indépendantistes, comme Québec solidaire, puis on veut faire un pays, ce n'est pas juste de faire un bon gouvernement puis de gouverner le Québec, province. Ce qu'on veut, c'est créer un pays, c'est immense, puis ça, ça ne peut pas se faire tout seul. Comme le dit Sol, ça n'appartient pas uniquement à des partis politiques. Le mouvement... le mouvement indépendantiste est beaucoup plus large que les partis politiques, et j'ai envie de dire : Dieu merci. Ça prend une société mobilisée. On le voit partout à travers le monde, les nations qui veulent créer un pays, il y a... les mouvements de la société civile sont, des fois, même, plus importants que les partis politiques, si on pense, par exemple, à la Catalogne. Parce qu'un pays, on le fait pour un... le peuple.

Et donc ce n'est pas un message... Moi, je n'ai pas entendu un message, des OUI Québec. Moi, ce que j'ai entendu, c'est un message de la société civile qu'elle adresse au mouvement indépendantiste, qui est très large, qui comprend et des partis politiques d'ailleurs, qui sont tous membres des OUI Québec, le Bloc québécois, et le Parti québécois, Québec solidaire, mais aussi un mouvement large de la société civile. En 1995, oui, c'est vrai, ceux qu'on voyait c'étaient les chefs des partis politiques, mais il y avait tout le mouvement... Le mouvement des femmes était présent. À l'époque, c'était Françoise David, avec la Fédération des femmes du Québec. Il y a eu une large consultation, immense, le mouvement syndical, le monde des affaires.

Ça prend un peuple pour faire un pays, ça ne prend pas juste un parti politique. Si l'intention, c'est de faire un pays, il faut être à l'écoute, puis il faut faire preuve d'humilité et d'autocritique. Puis moi, je ne dis pas que Québec solidaire, on fait tout parfaitement correctement. On en discute, sur la façon comment est-ce qu'on peut augmenter ce pourcentage d'appui à l'indépendance qui est quand même décevant. C'est décevant. Moi, je suis déçue, comme indépendantiste, de voir l'appui faible. Je veux qu'il augmente. Donc, on met notre contribution dans cet édifice de construction de ce pays-là, en écoutant puis en faisant preuve d'humilité.

Journaliste : Mais vous dites que ça s'adresse à tout le monde dans le mouvement souverainiste, mais vous avez quand même vu les réactions. Il y a des gens qui ont eu des réactions extrêmement virulentes envers le rapport. On pense, notamment, à Mathieu Bock-Côté, qui l'a traité d'idiot utile. Il y a des gens du Parti québécois aussi qui ont été très fermés. Donc, on comprend, dans le rapport, que ça vise plus une certaine frange du mouvement souverainiste qu'une autre. Je veux dire, vous, là, vous ne me direz pas que vous vous êtes sentie directement visée par ce rapport-là, quand on parle de repli sur soi?

Mme Ghazal : Bien, si des gens se sentent concernés, visés, puis ils voient que le chapeau leur fait, puis qu'ils le portent, là... Le rapport, il ne visait pas personne, il faisait juste parler d'un constat. Et ce n'est pas... moi, ça ne m'a pas surprise, le constat du rapport.

Journaliste : Mais vous, vous pensez que ça visait plus une certaine frange du mouvement indépendantiste?

Mme Ghazal : Je vais vous donner un exemple. Moi, je ne suis pas surprise du tout, hein, parce que je suis très présente sur le terrain, Sol aussi. J'étais à Val-d'Or cette fin de semaine puis j'ai rencontré Serge Allard, le maire de Val-d'Or. Je veux dire, son discours sur l'indépendance, il disait : L'Abitibi-Témiscamingue a été créée par les... sur l'indépendance et... sur l'immigration, plutôt. Il disait : L'Abitibi-Témiscamingue a été créée par l'apport des... des gens qui viennent d'ailleurs, et ça fait partie de notre identité, c'est comme ça qu'on a construit l'Abitibi-Témiscamingue. Puis il dit : Aujourd'hui, c'est comme ça qu'on doit le construire. Il dit : Moi, la population quitte Val-d'Or, je veux qu'ils viennent, je veux redynamiser, je veux qu'il y ait des jeunes, je veux des familles issues de l'immigration, et là je ne comprends pas les discours négatifs. Mais ça, c'est un maire, là, je n'ai pas fait cette consultation large comme les OUI Québec l'ont fait, mais je le vois partout, je le constate partout, je le constate partout.

Journaliste : Qui incarne le repli?

Mme Ghazal : C'est très important d'écouter ce que la société nous dit, et les valeurs québécoises, les valeurs...

Journaliste : Oui, oui, mais ça, on peut écouter, là... il y en a plein, de rapports qui sont sur la filière 13, dans les tablettes, dans les déchiqueteuses. Qui incarne le repli, pour Québec solidaire?

Mme Ghazal : Moi, il n'y a pas de... Je ne vais jamais dire : Telle personne, c'est le repli, telle personne, c'est bon. Je vais regarder, moi, ce que je fais, comme... comme leader, comme leader...

Journaliste : Est-ce qu'il y a, au Québec, des gens qui prônent le repli?

Mme Ghazal : Vous savez, moi je suis d'origine palestinienne, et, en Palestine, il y a toutes sortes de monde, avec toutes sortes de façons de penser, et qui ont plein d'opinions, et il y a une diversité, puis le peuple veut faire l'indépendance. Ça fait que, pour arriver... si je fais le parallèle, c'est que, pour arriver à 50 % plus un, ça ne peut pas être 50 % plus un de tout le monde qui pense tout le temps pareil tous les jours. Ça prend une diversité de gens qui ont des réflexions par rapport au pays, et ça, moi, je trouve que c'est très bien.

Journaliste : Pierre, Jean, Jacques, dans son sous-sol, il parle de repli, ça... pas une grosse voix. Je comprends, là, que vous ne voulez pas vous mouiller, là...

Mme Ghazal : Non, non...

Journaliste : ...mais est-ce qu'il y a quelqu'un qui fait la promotion du repli au Québec actuellement?

Mme Ghazal : C'est... c'est montré de façon négative, de dire «le repli».

Journaliste : Bien, c'est écrit dans le rapport.

Mme Ghazal : Est-ce que, par exemple... est-ce que, par exemple, moi, quand je rencontre des jeunes issus de l'immigration qui disent : Moi, la façon que tu parles de l'indépendance, j'aime ça parce que j'ai toujours l'impression que tout est de notre faute... Et ce discours-là, ils l'entendent de façon générale, ils ne l'entendent pas nécessairement juste d'un parti politique17933  qu'il y a eu une... Tu sais, on a assisté à une surenchère identitaire. Moi, j'ai remercié... J'étais très contente que Christine Fréchette ne rentre pas dans cette surenchère identitaire. Ça fait que ça, ça existe, c'est des choses qui existent. On n'est pas le pape, là, à Québec solidaire, à distribuer les blâmes. Moi, ce que je veux, c'est rassembler, augmenter l'appui à l'indépendance. C'est ça qu'on veut à Québec solidaire. C'est à ça que je veux œuvrer. Et pour ça, il faut être à l'écoute.

Journaliste : ...on a parlé beaucoup de ça, le crédit de solidarité, est-ce que vous êtes d'accord avec ça? Est-ce que vous trouvez que c'est une bonne mesure? Vous n'arrêtez pas de dénoncer que les gens à faible revenu ont de la difficulté, que la classe moyenne, la classe pauvre est écrasée. Il y a eu des mesures annoncées hier. C'est bon ou pas bon?

Mme Ghazal : Il y a des mesures intéressantes. Celle-là, elle est bien ciblée pour les ménages à plus faible revenu et c'est une bonne chose. Est-ce que c'est suffisant? Non. Ce que ça prend, c'est des mesures à long terme, des mesures qui vont régler les problèmes des Québécois pour de bon, notamment la crise du logement. Les gens vont recevoir ce crédit d'impôt pour solidarité, ce 100 $ de plus, par exemple pour une personne seule par année ou 200 $ pour une famille. Mais si au même moment ils ont reçu une augmentation qui est tout à fait légale et permise dans le système actuel de leur loyer de 75 $, 100 $, bien, le 200 $, là, il ne compte plus. Ça fait que, ce que ça prend, c'est des mesures qui vont...

Journaliste : 50 $ d'épicerie, c'est bon ou pas bon?

Mme Ghazal : Ce n'est pas assez. Nous... tu sais, je ne vais pas juste aller regarder chacune des mesures. Nous-mêmes, on a proposé aussi de détaxer certains produits, ce que... mais ce que ça prend sincèrement et réellement, ce n'est pas des bonbons électoraux, parce que c'est exactement ça que c'est. Tout d'un coup, tout d'un coup, le ministre Eric Girard a trouvé une marge de manœuvre dans le budget au même moment où est-ce qu'ils coupent dans les écoles pour acheter des livres scolaires pour les élèves, hein, alors qu'on sait que la lecture, c'est fondamental pour la réussite scolaire puis de prévenir le décrochage scolaire. Ça, non, il n'y a pas d'argent ou on n'investit pas.

On a les organismes communautaires qui tiennent à bout de bras notre filet, ce qu'il en reste, filet social au Québec. Il n'y a pas d'argent. Les Québécois ont assez payé. C'est terminé. Tout d'un coup, oups, comme par magie, Eric Girard, avec le sourire, là, dans une épicerie à Sherbrooke, trouve que, tout d'un coup, on a une marge de manœuvre. Bien, tant mieux. Combien... Elle est de combien, cette marge de manœuvre là? Parce que nous, on a des propositions aussi à faire pour le communautaire et pour rendre... avoir des mesures qui vont vraiment régler les problèmes pour de bon, pas jusqu'au 5 octobre, mais après.

Journaliste : Et comment vous interprétez le lien entre le coût réel du 2 mai et les sourires dans l'épicerie de Sherbrooke?

Mme Ghazal : Bien, M. Eric Girard est mal pris. Je veux dire, ce n'est pas lui le premier ministre. Il voit qu'on s'en va dans un mur, il voit l'état de nos finances publiques. Parce que la CAQ est arrivée en nous disant : Nous allons créer de la richesse. Tout ce qu'ils ont créé, c'est un déficit historique au Québec, et là il voit l'état des finances publiques, puis il dit : Bien, je ne sais pas trop quoi faire avec ça. Soit on coupe dans les services publics, donc on coupe dans l'os, dans la santé, dans l'éducation où ça va mal, soit on va chercher l'argent dans la classe moyenne, puis là, ça, on ne veut pas toucher à ça. Nous, à Québec solidaire, on ne veut pas aller taxer la classe moyenne.

On a une proposition à Québec solidaire, d'ailleurs, moi, c'est silence radio de la part de tous les partis politiques à l'Assemblée nationale, d'aller chercher l'argent là où elle est en taxant les grandes fortunes de 25 millions de dollars et plus. Je n'ai pas entendu ni la CAQ, ni le Parti québécois, ni le Parti libéral nous dire : Est-ce qu'ils trouvent que c'est une bonne solution pour arrêter de foncer dans le mur à cause de l'état de nos finances publiques actuelles?

Journaliste : Est-ce que l'appui du Parti québécois... l'appui que le Parti québécois reçoit dans les sondages, selon vous, dit quelque chose sur son discours sur la souveraineté quand on compare à ce que vous dites puis à vos propres appuis dans les sondages? Est-ce que vos appuis dans les sondages, ça dit quelque chose sur...

Mme Ghazal : Les sondages, c'est volatile.

Journaliste : ...les discours sur la souveraineté que vous dites... que vous tenez?

Mme Ghazal : Bon, moi, je regarde le sondage, par exemple, sur l'appui à l'indépendance, c'est quand même un indicateur important. Puis les sondages, c'est volatile, en ce moment, on voit... Tu sais, les Québécois écoutent, mais ils sont inquiets. Et moi, je pense que les choses... puis les Québécois vont écouter plus puis nous écouter encore plus dans les mesures où est-ce qu'on est à l'offensive avec... sur les enjeux qui les préoccupent réellement, comme la crise du coût de la vie, la crise du logement, l'itinérance. Et ça, ça va... Ils sont en train d'apprendre à nous connaître, puis ça va changer pendant la campagne électorale. Moi, ce que je regarde, c'est l'appui à l'indépendance, et ça, ça m'attriste profondément. Alors que l'appui pour les partis politiques évolue, change au gré des propositions et à force qu'on appuie...

Journaliste : Mais est-ce que les appuis au Parti québécois disent quelque chose sur une adhésion à un discours à propos de la souveraineté que le PQ tient?

Mme Ghazal : Comment sonder les appuis 17933de... je veux dire, je ne suis pas analyste, je... moi, je fais... je suis très, très généreuse avec... avec vous, mais je ne vais pas voler la job de personne. Ça fait que je fais beaucoup d'analyses des sondages, mais, je vous le jure, si c'était ça que je faisais, je ne ferais plus... je ne serais plus dans l'action, à faire des propositions, à parler des écoles, comment est-ce qu'on les construit.

Journaliste : Mais donc, selon vous, il n'y a pas de lien...

Mme Ghazal : Et c'est ça qui est important.

Journaliste : ...entre les appuis dont jouit le PQ...

Mme Ghazal : Bien, il y a toutes sortes de raisons. Les gens, quand ils votent... les gens, quand ils votent, il y a toutes sortes de raisons pour lesquelles ils votent. Il y en a plein. Et on... Les sondeurs font un travail pour essayer de les sonder. Les femmes et les hommes ne votent pas de la même façon, souvent, de plus en plus, les jeunes femmes aussi, on voit une différence, où les jeunes femmes sont... vont être plus à gauche, les jeunes hommes plus à droite. Ça fait qu'il y a toutes sortes d'analyses sociologiques qu'on peut faire. Je peux m'évertuer à la faire aujourd'hui. Moi, ce que je fais, c'est je regarde qu'est-ce qui préoccupe les gens sincèrement, et on est à l'offensive avec des mesures rigoureuses, des mesures chiffrées, des propositions qui se font ailleurs. Je vous parle de... les 25 millions de dollars et plus. La grande, grande majorité des Québécois est d'accord avec ça, d'aller chercher l'argent là où elle est, chez les grandes fortunes, parce qu'ils ne peuvent pas se permettre d'être encore taxés, eux. Et ils ne peuvent pas se permettre de voir les services publics se dégrader. Puis c'est vers là qu'on s'en va. Tous les économistes le disent, on s'en va vers une austérité libérale, et les gens s'en rappellent encore.

Le Modérateur : En anglais.

Journaliste : Mme Fréchette cost of living measures, what do you make of the criticisms that they're not targeted enough and therefore they help people who don't need them.

Mme Ghazal : Some of the measures are good. Québec Solidaire has made some of these measures, like taking off the TVQ on some product, but it's not enough. And it's... it's electoral gifts that Mme Christine Fréchette is doing. And it's costing a lot of money for the public finance.

What we need is long term measures, for example... to resolve the problems, for example, measures for people who are paying rent, they are receiving now from the measure of Christine Fréchette maybe $50 or $100 per year. It's nothing when they are receiving a very big increase of their rent. Sometimes it's 20%, 30% of increase. And there's no measure from Christine Fréchette for these people.

At Québec Solidaire, we have a lot of measures. And the government of Québec Solidaire will put measures that resolve the problem on the long term, not only to give gifts, little gifts for people because we are going to election and people, I agree with M. Éric Girard, Quebeckers are smart and they know how to count and they know that these amounts are little for them. But it's a big amount for the financial... public finance.

Journaliste : On the OUI report, you're not... You said that you were not surprised to read that there is no more pride, more closure, more exclusion than inclusion. I remember Québec Solidaire standing up and saying that the independence movement needs to be very inclusive, as opposed to what perhaps the Parti québécois is doing with its immigration policies or its immigration positions. I mean... So, what do you think about... What should change when you read the report on the OUI?

M. Zanetti : Well, it's really important when we are leader of the sovereigntist movement, whatever kind of leader we are, if we are in a political party or in a social organization, we have to listen to what people are feeling, what is their perception about the proposition for independent Québec. And yes, we have to make sure that everybody feels included, and that's what Québec Solidaire is doing for so many years. And we are agreeing and not surprised by the report. And we would hope for everybody in the sovereigntist movement to listen to it and to feel addressed by it, like we should all listen to this and try to be sincerely engaged to make things better and make everybody feel included and make everybody feel that the sovereigntist movement is open and inclusive. That is our duty. And if we don't listen to the social society well, the mobilization for the referendum, where will it be? We need the people. Political parties cannot do some things like that alone.

Journaliste : The PQ said... The PQ leader said it's…society, it's not our party. We have nothing to do with the PQ, with the result of this report.

M. Zanetti : I think, it's a deny, it's a big deny, and I think it's wrong. I think real leaders listen, and we listen and we have to make things right.

Journaliste : Why do you think it's wrong for the PQ leader to say that he has nothing to do with the result of this report.

M. Zanetti : Because our collective responsibility for everybody who wants a country is to create the conditions in which there will be a way for everybody to work for the same goal. And you cannot do that if you say: Oh! the civil society just says things, doesn't concern us. We don't care. We won't change anything. It's just them. They are a part, an essential part of the mobilization we need to make a country, a free country. 

Journaliste : I think, under of more regulations about energy drinks, I know, Mr. Cliché-Rivard had the family here. Do you think it's possible that a bill could be adopted before the end of the session?

Mme Ghazal : It's very, very important if this bill is… will be deposit or will be… Comment on dit «déposé»…

Journaliste : Tabled.

Mme Ghazal : …tabled, submit… If this bill will be tabled right now, it's because of the mobilization. Guillaume Cliche-Rivard has done a very, very important job and… with the permanence of Zacharie. So, it's very important that all the parties here that we adopt this bill very quickly. It's important, we have not a lot of time. So, this mobilization should be at the end, should be ended with this result to have this bill adopted. If everybody agrees and work together, it's possible to adopt this bill. 

Le Modérateur : Merci, tout le monde.

Mme Ghazal : Thank you.

(Fin à 11 h 30)

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