Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Onze heures cinq minutes)
Mme Ghazal : Alors, bonjour,
tout le monde. Donc, heureuse de vous retrouver ce matin après la semaine de
comté avec Sol. Hier, vous avez sûrement pris connaissance du rapport d'enquête
qui a été fait par Gabriel Nadeau-Dubois, c'est un travail immense d'enquête
avec des données, un grand nombre de demandes d'accès à l'information. C'est un
rapport fouillé, rigoureux, avec une analyse totalement froide des chiffres par
rapport à la construction d'écoles, la répartition des écoles par rapport aux
comtés et aux différents comtés, là, des différents partis politiques, puis les
conclusions du rapport sont sans équivoque : Il y a plus d'argent,
d'investissements scolaires dans les comtés caquistes que les autres.
Le... Ce qui m'a le plus frappé dans son
rapport, c'est l'argent investi par nombre d'élèves en fonction des comtés,
puis on voit très clairement ici un déséquilibre. Ça, c'est la CAQ. Puis aussi,
il y a le Parti libéral, aussi. Donc, on voit que cette pratique-là ne concerne
pas un seul parti politique. Possiblement que c'est aussi le Parti libéral,
juste avant, quand il était au pouvoir, bien, probablement qu'il y a des
projets où est-ce qu'on favorisait probablement les comtés libéraux.
Les recommandations sont tout à fait
justifiées. J'ai entendu la ministre de l'Éducation dire que toutes les
décisions sont prises pour le bien-être des enfants dans l'intérêt et les
besoins des écoles et des milieux. Fort bien. Si c'est vrai, bien, qu'elle
s'engage à rendre transparents les critères d'évaluation des projets
d'investissement scolaire et à rendre publiques les justifications et les
décisions du gouvernement, pour quelles raisons ils vont de l'avant avec un
projet ou pas. C'est aussi simple que ça.
Moi, je pense beaucoup aux parents, aux
élèves, aux enfants qui là, en ce moment, on voit, là, il va commencer à faire
de plus en plus chaud, dans nos écoles, les enfants souffrent et le personnel,
aussi, scolaire souffre de la chaleur. On voit des moisissures, il y a des
gymnases aussi qui ne sont pas... qui ne peuvent pas recueillir tous les
enfants. Il manque d'espace. Les enfants se trouvent... pas dans des classes
normales, mais dans des classes modulaires. Donc, les parents aujourd'hui
doivent voir ça et être extrêmement inquiets. Moi, je suis très, très inquiète
de cette situation-là. Ça n'a pas de bon sens que, dans le Québec moderne de
2026, on n'est plus dans le temps de Duplessis, où c'est je te donne un vote...
tu me donnes un vote, je te donne une route et aujourd'hui je te donne un vote,
tu me donnes une école. Ça n'a pas de bon sens.
Donc, c'est pour ça que j'ai écrit ce
matin à la Vérificatrice générale du Québec pour qu'elle fasse toute la lumière
sur la façon que les investissements scolaires sont faits, de la façon la plus
transparente. Les élèves, les parents ont le droit de savoir comment les
décisions sont prises et s'assurer que la façon qu'ils votent et s'ils sont
dans le bon comté ou pas, n'a pas de prise sur les décisions qui sont prises
pour avoir des écoles. Tous les élèves du Québec, tous les élèves, partout où est-ce
qu'ils se trouvent, ont le droit d'avoir des belles écoles, peu importe le
comté dans lequel ils sont.
M. Zanetti : Moi, je vais vous
parler, aujourd'hui, du rapport qui est sorti, qui est un rapport de
consultation de la société civile révélée par OUI Québec en fin de semaine et
je pense que c'est un rapport qui s'adresse aux leaders souverainistes, qu'ils
soient dans un parti politique ou qu'ils soient dans des organisations de la
société civile, il s'adresse à tout le monde qui veut faire du Québec un pays.
Dans les consultations vastes qui ont été menées, une des questions qui était
posée, c'était «Quels sont vos conseils au mouvement souverainiste?» que
l'organisation consultée soit souverainiste ou pas et je pense qu'il faut
prendre acte de ce qui a été dit là, et il faut l'écouter et il faut s'assurer
qu'on est fidèle à ça.
Je pense que les gens qui veulent être des
leaders du mouvement souverainiste, bien, ils doivent être à l'écoute et ils
doivent dire : On entend. Parce que la société civile, c'est un maillon
essentiel d'un mouvement comme le mouvement indépendantiste. Ça l'a été
notamment en 95, en 80, je n'étais pas là, j'avais moins d'informations sur la
dynamique, mais c'est quelque chose qui, dans l'avenir, est là. Puis, quand on
regarde les OUI Québec et ce qu'ils font avec, tu sais, leur Saint-Jean
politique, et puis ensuite avec leurs événements qui rassemblent plein de
jeunes, moi, je pense qu'ils tiennent quelque chose d'une recette importante.
On voit qu'en ce moment, les appuis à
l'indépendance ont diminué de façon générale. Alors là, il y a un signal
d'alarme là. Par contre, ils sont là, pour la première fois depuis très longtemps,
le plus élevés chez les jeunes. Alors, je pense que ça, c'est un signe qui
donne espoir. Il faut être à l'écoute de la société civile. Puis, nous, à Québec
solidaire, évidemment, on écoute ça, on regarde ça attentivement, puis on va
s'assurer d'être en phase avec ce qui est, avec ces conseils-là puis avec cette
voix extrêmement importante pour le mouvement indépendantiste.
Journaliste
:
Pensez-vous que Paul St-Pierre Plamondon est à l'écoute, lui?
M. Zanetti : Moi, je trouve
que le silence de Paul St-Pierre Plamondon sur ce rapport est assourdissant.
J'ai entendu ce matin, il y a quelques minutes, quelqu'un qui dit : Ça ne
nous concerne pas. Bien, écoutez, c'est un rapport qui concerne et qui
s'adresse aux leaders du mouvement indépendantiste, qu'ils soient dans un parti
politique ou pas. Alors, moi, je consens... je considère que ça nous concerne
et je pense que tout le monde devrait se sentir concerné par ce rapport-là s'ils
veulent faire du Québec un pays et réussir et avoir, dans la mobilisation, une
société civile qui est engagée et non pas démobilisée.
Journaliste
: ...impacts
ça peut avoir sur le mouvement souverainiste, si le chef d'une des principales
formations politiques qui vend cette idée de l'indépendance du Québec ne suit
pas les conseils de OUI Québec.
M. Zanetti : Bien, moi, je
pense que ça crée un risque de dislocation. Alors, je pense que pour faire un
pays, ça prend beaucoup de monde, ça prend des visions différentes, ça prend de
la société civile, ça prend des partis politiques, ça va prendre aussi les
Premières Nations et les Inuits, ça va prendre énormément de monde, des gens
dans les régions, dans les villes, de toutes les générations. Et la seule façon
de faire ça... S'il y a quelqu'un, au Québec, qui pense qu'un parti politique
peut faire ça tout seul, sans écouter les autres, je pense qu'il y a des...
disons, des leçons d'histoire à revisiter puis des oreilles à ouvrir.
Journaliste
: Quand
Louise Harel dit : On ne peut pas être replié sur soi quand on veut faire
un projet d'émancipation nationale. Est-ce que vous pensez qu'elle s'adresse,
Louise Harel, à Paul St-Pierre Plamondon?
M. Zanetti : Là, pour ça, il y
a aussi quelque chose dans le rapport qui dit : pas de chicane, en gros.
Alors, je vais laisser Mme Harel préciser ses propos si elle le souhaite
puis pas en faire l'interprétation. Mais je pense que cette sortie de Louise
Harel, Louise Beaudoin, Monique Simard, en fin de semaine, est aussi quelque
chose qui est un signal fort. Comment ne pas écouter ces figures extrêmement
importantes du mouvement souverainiste?
Journaliste
: ...visait
Québec solidaire.
Journaliste
: Dans le
rapport... qu'est-ce qui s'adresse à lui, à ce moment-là? Il y a-tu des choses?
M. Zanetti : Bien, je pense
que ça s'adresse à tout le monde. C'est ça qu'il faut voir. Ça s'adresse... C'est
un rapport qui fait exprès de ne pas nommer des partis politiques, hein, donc,
c'est bien. Puis c'est 50 organisations de la société civile qui
s'expriment là-dedans, hein, ce n'est pas les OUI Québec. Ça, je pense que
c'est important de le rappeler.
Journaliste
: Comment
vous interprétez le silence? Vous dites : Ah! le silence assourdissant. Ça
veut dire quoi ça? Comment vous trouvez cela le silence de PSPP ?
Mme Ghazal : Bien, moi, je
trouve ça décevant. C'est très important... Là, en ce moment, ce qu'il s'agit,
là... quand on est indépendantistes, comme Québec solidaire, puis on veut faire
un pays, ce n'est pas juste de faire un bon gouvernement puis de gouverner le
Québec, province. Ce qu'on veut, c'est créer un pays, c'est immense, puis ça,
ça ne peut pas se faire tout seul. Comme le dit Sol, ça n'appartient pas
uniquement à des partis politiques. Le mouvement... le mouvement
indépendantiste est beaucoup plus large que les partis politiques, et j'ai
envie de dire : Dieu merci. Ça prend une société mobilisée. On le voit
partout à travers le monde, les nations qui veulent créer un pays, il y a...
les mouvements de la société civile sont, des fois, même, plus importants que
les partis politiques, si on pense, par exemple, à la Catalogne. Parce qu'un
pays, on le fait pour un... le peuple.
Et donc ce n'est pas un message... Moi, je
n'ai pas entendu un message, des OUI Québec. Moi, ce que j'ai entendu, c'est un
message de la société civile qu'elle adresse au mouvement indépendantiste, qui
est très large, qui comprend et des partis politiques d'ailleurs, qui sont tous
membres des OUI Québec, le Bloc québécois, et le Parti québécois, Québec
solidaire, mais aussi un mouvement large de la société civile. En 1995, oui,
c'est vrai, ceux qu'on voyait c'étaient les chefs des partis politiques, mais
il y avait tout le mouvement... Le mouvement des femmes était présent. À
l'époque, c'était Françoise David, avec la Fédération des femmes du Québec. Il
y a eu une large consultation, immense, le mouvement syndical, le monde des
affaires.
Ça prend un peuple pour faire un pays, ça
ne prend pas juste un parti politique. Si l'intention, c'est de faire un pays,
il faut être à l'écoute, puis il faut faire preuve d'humilité et
d'autocritique. Puis moi, je ne dis pas que Québec solidaire, on fait tout
parfaitement correctement. On en discute, sur la façon comment est-ce qu'on
peut augmenter ce pourcentage d'appui à l'indépendance qui est quand même
décevant. C'est décevant. Moi, je suis déçue, comme indépendantiste, de voir
l'appui faible. Je veux qu'il augmente. Donc, on met notre contribution dans
cet édifice de construction de ce pays-là, en écoutant puis en faisant preuve
d'humilité.
Journaliste : Mais vous dites
que ça s'adresse à tout le monde dans le mouvement souverainiste, mais vous
avez quand même vu les réactions. Il y a des gens qui ont eu des réactions
extrêmement virulentes envers le rapport. On pense, notamment, à Mathieu
Bock-Côté, qui l'a traité d'idiot utile. Il y a des gens du Parti québécois
aussi qui ont été très fermés. Donc, on comprend, dans le rapport, que ça vise
plus une certaine frange du mouvement souverainiste qu'une autre. Je veux dire,
vous, là, vous ne me direz pas que vous vous êtes sentie directement visée par
ce rapport-là, quand on parle de repli sur soi?
Mme Ghazal : Bien, si des
gens se sentent concernés, visés, puis ils voient que le chapeau leur fait,
puis qu'ils le portent, là... Le rapport, il ne visait pas personne, il faisait
juste parler d'un constat. Et ce n'est pas... moi, ça ne m'a pas surprise, le
constat du rapport.
Journaliste : Mais vous, vous
pensez que ça visait plus une certaine frange du mouvement indépendantiste?
Mme Ghazal : Je vais vous
donner un exemple. Moi, je ne suis pas surprise du tout, hein, parce que je
suis très présente sur le terrain, Sol aussi. J'étais à Val-d'Or cette fin de
semaine puis j'ai rencontré Serge Allard, le maire de Val-d'Or. Je veux dire,
son discours sur l'indépendance, il disait : L'Abitibi-Témiscamingue a été
créée par les... sur l'indépendance et... sur l'immigration, plutôt. Il
disait : L'Abitibi-Témiscamingue a été créée par l'apport des... des gens
qui viennent d'ailleurs, et ça fait partie de notre identité, c'est comme ça
qu'on a construit l'Abitibi-Témiscamingue. Puis il dit : Aujourd'hui,
c'est comme ça qu'on doit le construire. Il dit : Moi, la population
quitte Val-d'Or, je veux qu'ils viennent, je veux redynamiser, je veux qu'il y
ait des jeunes, je veux des familles issues de l'immigration, et là je ne
comprends pas les discours négatifs. Mais ça, c'est un maire, là, je n'ai pas
fait cette consultation large comme les OUI Québec l'ont fait, mais je le vois
partout, je le constate partout, je le constate partout.
Journaliste : Qui incarne le
repli?
Mme Ghazal : C'est très
important d'écouter ce que la société nous dit, et les valeurs québécoises, les
valeurs...
Journaliste : Oui, oui, mais
ça, on peut écouter, là... il y en a plein, de rapports qui sont sur la filière
13, dans les tablettes, dans les déchiqueteuses. Qui incarne le repli, pour
Québec solidaire?
Mme Ghazal : Moi, il n'y a
pas de... Je ne vais jamais dire : Telle personne, c'est le repli, telle
personne, c'est bon. Je vais regarder, moi, ce que je fais, comme... comme
leader, comme leader...
Journaliste
: Est-ce
qu'il y a, au Québec, des gens qui prônent le repli?
Mme Ghazal : Vous savez, moi
je suis d'origine palestinienne, et, en Palestine, il y a toutes sortes de
monde, avec toutes sortes de façons de penser, et qui ont plein d'opinions, et
il y a une diversité, puis le peuple veut faire l'indépendance. Ça fait que,
pour arriver... si je fais le parallèle, c'est que, pour arriver à 50 %
plus un, ça ne peut pas être 50 % plus un de tout le monde qui pense tout
le temps pareil tous les jours. Ça prend une diversité de gens qui ont des
réflexions par rapport au pays, et ça, moi, je trouve que c'est très bien.
Journaliste : Pierre, Jean,
Jacques, dans son sous-sol, il parle de repli, ça... pas une grosse voix. Je
comprends, là, que vous ne voulez pas vous mouiller, là...
Mme Ghazal : Non, non...
Journaliste
: ...mais est-ce
qu'il y a quelqu'un qui fait la promotion du repli au Québec actuellement?
Mme Ghazal : C'est... c'est
montré de façon négative, de dire «le repli».
Journaliste
: Bien,
c'est écrit dans le rapport.
Mme Ghazal : Est-ce que, par
exemple... est-ce que, par exemple, moi, quand je rencontre des jeunes issus de
l'immigration qui disent : Moi, la façon que tu parles de l'indépendance,
j'aime ça parce que j'ai toujours l'impression que tout est de notre faute...
Et ce discours-là, ils l'entendent de façon générale, ils ne l'entendent pas
nécessairement juste d'un parti politique17933 qu'il
y a eu une... Tu sais, on a assisté à une surenchère identitaire. Moi, j'ai
remercié... J'étais très contente que Christine Fréchette ne rentre pas dans
cette surenchère identitaire. Ça fait que ça, ça existe, c'est des choses qui
existent. On n'est pas le pape, là, à Québec solidaire, à distribuer les
blâmes. Moi, ce que je veux, c'est rassembler, augmenter l'appui à
l'indépendance. C'est ça qu'on veut à Québec solidaire. C'est à ça que je veux
œuvrer. Et pour ça, il faut être à l'écoute.
Journaliste : ...on a parlé beaucoup
de ça, le crédit de solidarité, est-ce que vous êtes d'accord avec ça? Est-ce que
vous trouvez que c'est une bonne mesure? Vous n'arrêtez pas de dénoncer que les
gens à faible revenu ont de la difficulté, que la classe moyenne, la classe
pauvre est écrasée. Il y a eu des mesures annoncées hier. C'est bon ou pas bon?
Mme Ghazal : Il y a des
mesures intéressantes. Celle-là, elle est bien ciblée pour les ménages à plus
faible revenu et c'est une bonne chose. Est-ce que c'est suffisant? Non. Ce que
ça prend, c'est des mesures à long terme, des mesures qui vont régler les
problèmes des Québécois pour de bon, notamment la crise du logement. Les gens
vont recevoir ce crédit d'impôt pour solidarité, ce 100 $ de plus, par
exemple pour une personne seule par année ou 200 $ pour une famille. Mais
si au même moment ils ont reçu une augmentation qui est tout à fait légale et
permise dans le système actuel de leur loyer de 75 $, 100 $, bien, le
200 $, là, il ne compte plus. Ça fait que, ce que ça prend, c'est des
mesures qui vont...
Journaliste : 50 $
d'épicerie, c'est bon ou pas bon?
Mme Ghazal : Ce n'est pas
assez. Nous... tu sais, je ne vais pas juste aller regarder chacune des
mesures. Nous-mêmes, on a proposé aussi de détaxer certains produits, ce que...
mais ce que ça prend sincèrement et réellement, ce n'est pas des bonbons
électoraux, parce que c'est exactement ça que c'est. Tout d'un coup, tout d'un
coup, le ministre Eric Girard a trouvé une marge de manœuvre dans le budget au
même moment où est-ce qu'ils coupent dans les écoles pour acheter des livres
scolaires pour les élèves, hein, alors qu'on sait que la lecture, c'est
fondamental pour la réussite scolaire puis de prévenir le décrochage scolaire.
Ça, non, il n'y a pas d'argent ou on n'investit pas.
On a les organismes communautaires qui
tiennent à bout de bras notre filet, ce qu'il en reste, filet social au Québec.
Il n'y a pas d'argent. Les Québécois ont assez payé. C'est terminé. Tout d'un
coup, oups, comme par magie, Eric Girard, avec le sourire, là, dans une
épicerie à Sherbrooke, trouve que, tout d'un coup, on a une marge de manœuvre.
Bien, tant mieux. Combien... Elle est de combien, cette marge de manœuvre là?
Parce que nous, on a des propositions aussi à faire pour le communautaire et
pour rendre... avoir des mesures qui vont vraiment régler les problèmes pour de
bon, pas jusqu'au 5 octobre, mais après.
Journaliste
: Et
comment vous interprétez le lien entre le coût réel du 2 mai et les
sourires dans l'épicerie de Sherbrooke?
Mme Ghazal : Bien,
M. Eric Girard est mal pris. Je veux dire, ce n'est pas lui le premier
ministre. Il voit qu'on s'en va dans un mur, il voit l'état de nos finances
publiques. Parce que la CAQ est arrivée en nous disant : Nous allons créer
de la richesse. Tout ce qu'ils ont créé, c'est un déficit historique au Québec,
et là il voit l'état des finances publiques, puis il dit : Bien, je ne
sais pas trop quoi faire avec ça. Soit on coupe dans les services publics, donc
on coupe dans l'os, dans la santé, dans l'éducation où ça va mal, soit on va
chercher l'argent dans la classe moyenne, puis là, ça, on ne veut pas toucher à
ça. Nous, à Québec solidaire, on ne veut pas aller taxer la classe moyenne.
On a une proposition à Québec solidaire,
d'ailleurs, moi, c'est silence radio de la part de tous les partis politiques à
l'Assemblée nationale, d'aller chercher l'argent là où elle est en taxant les
grandes fortunes de 25 millions de dollars et plus. Je n'ai pas
entendu ni la CAQ, ni le Parti québécois, ni le Parti libéral nous dire :
Est-ce qu'ils trouvent que c'est une bonne solution pour arrêter de foncer dans
le mur à cause de l'état de nos finances publiques actuelles?
Journaliste : Est-ce que
l'appui du Parti québécois... l'appui que le Parti québécois reçoit dans les
sondages, selon vous, dit quelque chose sur son discours sur la souveraineté
quand on compare à ce que vous dites puis à vos propres appuis dans les
sondages? Est-ce que vos appuis dans les sondages, ça dit quelque chose sur...
Mme Ghazal : Les sondages,
c'est volatile.
Journaliste
: ...les
discours sur la souveraineté que vous dites... que vous tenez?
Mme Ghazal : Bon, moi, je
regarde le sondage, par exemple, sur l'appui à l'indépendance, c'est quand même
un indicateur important. Puis les sondages, c'est volatile, en ce moment, on
voit... Tu sais, les Québécois écoutent, mais ils sont inquiets. Et moi, je
pense que les choses... puis les Québécois vont écouter plus puis nous écouter
encore plus dans les mesures où est-ce qu'on est à l'offensive avec... sur les
enjeux qui les préoccupent réellement, comme la crise du coût de la vie, la
crise du logement, l'itinérance. Et ça, ça va... Ils sont en train d'apprendre
à nous connaître, puis ça va changer pendant la campagne électorale. Moi, ce
que je regarde, c'est l'appui à l'indépendance, et ça, ça m'attriste
profondément. Alors que l'appui pour les partis politiques évolue, change au
gré des propositions et à force qu'on appuie...
Journaliste : Mais est-ce que
les appuis au Parti québécois disent quelque chose sur une adhésion à un
discours à propos de la souveraineté que le PQ tient?
Mme Ghazal : Comment sonder
les appuis 17933de... je veux dire, je ne
suis pas analyste, je... moi, je fais... je suis très, très généreuse avec...
avec vous, mais je ne vais pas voler la job de personne. Ça fait que je fais
beaucoup d'analyses des sondages, mais, je vous le jure, si c'était ça que je
faisais, je ne ferais plus... je ne serais plus dans l'action, à faire des
propositions, à parler des écoles, comment est-ce qu'on les construit.
Journaliste
: Mais
donc, selon vous, il n'y a pas de lien...
Mme Ghazal : Et c'est ça qui
est important.
Journaliste
: ...entre
les appuis dont jouit le PQ...
Mme Ghazal : Bien, il y a
toutes sortes de raisons. Les gens, quand ils votent... les gens, quand ils
votent, il y a toutes sortes de raisons pour lesquelles ils votent. Il y en a
plein. Et on... Les sondeurs font un travail pour essayer de les sonder. Les
femmes et les hommes ne votent pas de la même façon, souvent, de plus en plus,
les jeunes femmes aussi, on voit une différence, où les jeunes femmes sont...
vont être plus à gauche, les jeunes hommes plus à droite. Ça fait qu'il y a
toutes sortes d'analyses sociologiques qu'on peut faire. Je peux m'évertuer à
la faire aujourd'hui. Moi, ce que je fais, c'est je regarde qu'est-ce qui
préoccupe les gens sincèrement, et on est à l'offensive avec des mesures
rigoureuses, des mesures chiffrées, des propositions qui se font ailleurs. Je
vous parle de... les 25 millions de dollars et plus. La grande, grande
majorité des Québécois est d'accord avec ça, d'aller chercher l'argent là où
elle est, chez les grandes fortunes, parce qu'ils ne peuvent pas se permettre
d'être encore taxés, eux. Et ils ne peuvent pas se permettre de voir les
services publics se dégrader. Puis c'est vers là qu'on s'en va. Tous les
économistes le disent, on s'en va vers une austérité libérale, et les gens s'en
rappellent encore.
Le Modérateur
: En anglais.
Journaliste :
Mme Fréchette cost of living measures,
what do you make of the criticisms that they're not targeted enough and
therefore they help people who don't need them.
Mme Ghazal :
Some of the measures are good. Québec
Solidaire has made some of these measures, like taking off the TVQ on some
product, but it's not enough. And it's... it's electoral gifts that Mme
Christine Fréchette is doing. And it's costing a lot of money for the public
finance.
What we need is long term
measures, for example... to resolve the problems, for example, measures for
people who are paying rent, they are receiving now from the measure of
Christine Fréchette maybe $50 or $100 per year. It's nothing when they are
receiving a very big increase of their rent. Sometimes it's 20%, 30% of
increase. And there's no measure from Christine Fréchette for these people.
At Québec Solidaire, we
have a lot of measures. And the government of Québec Solidaire will put
measures that resolve the problem on the long term, not only to give gifts,
little gifts for people because we are going to election and people, I agree
with M. Éric Girard, Quebeckers are smart and they know how to count and they
know that these amounts are little for them. But it's a big amount for the
financial... public finance.
Journaliste :
On the OUI report, you're not... You
said that you were not surprised to read that there is no more pride, more
closure, more exclusion than inclusion. I remember Québec Solidaire standing up
and saying that the independence movement needs to be very inclusive, as
opposed to what perhaps the Parti québécois is doing with its immigration
policies or its immigration positions. I mean... So, what do you think about...
What should change when you read the report on the OUI?
M. Zanetti :
Well, it's really important when we are
leader of the sovereigntist movement, whatever kind of leader we are, if we are
in a political party or in a social organization, we have to listen to what
people are feeling, what is their perception about the proposition for
independent Québec. And yes, we have to make sure that everybody feels
included, and that's what Québec Solidaire is doing for so many years. And we
are agreeing and not surprised by the report. And we would hope for everybody
in the sovereigntist movement to listen to it and to feel addressed by it, like
we should all listen to this and try to be sincerely engaged to make things
better and make everybody feel included and make everybody feel that the
sovereigntist movement is open and inclusive. That is our duty. And if we don't
listen to the social society well, the mobilization for the referendum, where
will it be? We need the people. Political parties cannot do some things like
that alone.
Journaliste :
The PQ said... The PQ leader said it's…society,
it's not our party. We have nothing to do with the PQ, with the result of this
report.
M. Zanetti : I think, it's a deny, it's a big deny, and I think it's wrong. I
think real leaders listen, and we listen and we have to make things right.
Journaliste
: Why do you think it's wrong for the PQ leader to say that he has
nothing to do with the result of this report.
M. Zanetti : Because our collective responsibility for everybody who wants a
country is to create the conditions in which there will be a way for everybody
to work for the same goal. And you cannot do that if you say: Oh! the civil
society just says things, doesn't concern us. We don't care. We won't change
anything. It's just them. They are a part, an essential part of the
mobilization we need to make a country, a free country.
Journaliste
: I think, under of more regulations about energy drinks, I know, Mr.
Cliché-Rivard had the family here. Do you think it's possible that a bill could
be adopted before the end of the session?
Mme Ghazal : It's very, very important if this bill is… will be deposit or will
be… Comment on dit «déposé»…
Journaliste
: Tabled.
Mme Ghazal : …tabled, submit… If this bill will be tabled right now, it's because of the mobilization.
Guillaume Cliche-Rivard has done a very, very important job and… with the
permanence of Zacharie. So, it's very important that all the parties here that
we adopt this bill very quickly. It's important, we have not a lot of time. So,
this mobilization should be at the end, should be ended with this result to
have this bill adopted. If everybody agrees and work together, it's possible to
adopt this bill.
Le Modérateur
:
Merci, tout le monde.
Mme Ghazal : Thank you.
(Fin à 11 h 30)