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(Huit heures quarante-trois minutes)
M. Derraji :
Bonjour,
tout le monde. Aujourd'hui, je vais vous parler du Dossier de santé numérique.
Et comme vous l'avez remarqué, ça fait plusieurs... depuis plusieurs semaines.
Nous avons mis en garde le gouvernement par rapport à l'impact sur le terrain.
Et on nous a même accusés de crier au loup. Et je trouvais ça déplorable de la
part de la ministre de la Santé et même la première ministre qui, au lieu
d'écouter les professionnels de la santé, ils ont préféré écouter le spin de
Santé Québec.
Et aujourd'hui, les mots à retenir, c'est
dangereux, inefficace, chaotique. Et l'impact, il est réel sur la santé et la
sécurité des patients. Souvenez-vous, au début, le Parti libéral du Québec a
demandé officiellement à Santé Québec et à la ministre d'avoir des engagements
clairs, qu'il n'y aura pas de répercussions sur la santé des gens. C'est ce qui
nous a motivés depuis le début. C'est qu'on n'est pas contre la transformation
numérique, on n'est pas contre le Dossier de santé numérique. On a des
questions par rapport à Epic. Ça, c'est autre chose. Et le Parti libéral est
pour la transformation numérique, mais pas au détriment de la santé et la
sécurité des soins.
Quand j'entends des oncologues et
des hémato-oncologues sortir sur la place publique et nous dire : Je suis
obligé de demander à mon patient d'aller en urgence, ce n'est pas digne d'un
système de santé qui nous coûte des milliards et des milliards. Renvoyer des
patients qui souffrent déjà d'un stress d'avoir un cancer et leur dire que
votre réseau de la santé doit vous renvoyer en urgence si vous voulez avoir des
soins, je trouve cela inacceptable et j'invite la première ministre et la
ministre de la Santé à prendre leurs responsabilités et à s'assurer que la
santé et la sécurité, ce n'est pas négociable. Voilà. Merci. Je laisse la parole
à mon collègue André.
M. Fortin :
Merci. Ce matin, moi, j'ai un appel à faire au Parti
conservateur du Québec, à Éric Duhaime et à Maïté Blanchette, Vézina. Je leur
demande d'agir de façon sérieuse, comme un parti sérieux, s'il vous plaît.
La sortie de Mme Blanchette Vézina, hier,
pour comparer l'impact des boissons énergisantes à l'impact des pamplemousses,
ce n'est pas sérieux, c'est de la pseudoscience du Parti conservateur du
Québec. Et honnêtement il y a des gens au Québec, je pense, entre autres, à la
famille de Zachary Miron, qui méritent mieux que des élus qui font des
amalgames comme ceux-là.
Mais, au-delà de ça, Éric Duhaime et le Parti
conservateur, au cours des dernières semaines, nous ont prouvé à maintes
reprises que ce n'était pas un parti qui prenait leurs responsabilités au
sérieux. Il y a quelques semaines, M. Duhaime a dit : Ah, bien, la
Constitution du Québec, la loi des lois, oui, il y a des choses à changer
là-dedans, on la trouve correcte, mais ce n'est pas super en même temps, puis
adoptons-la comme ça, puis on fera des changements dans quelques mois. Là, on
parle de la Constitution du Québec, on parle de la loi des lois, comme le
gouvernement la décrit, et il y a un parti politique, le Parti conservateur du
Québec qui dit : Bien, adoptons ça comme ça, là, on sait qu'il n'est pas
parfait, on sait qu'il y a des changements à faire, mais ça va être une base,
puis... Ça ne peut pas être fait comme ça, ça ne peut pas être fait sur le coin
d'une table, ça ne peut pas être fait de façon si désinvolte. Et ça nous prouve
encore une fois que ce parti-là, ce n'est pas une formation politique sérieuse
en ce moment. Merci.
Journaliste : Est-ce qu'il
faudrait prolonger la session, comme le demande le Parti conservateur du
Québec, pour étudier plus en profondeur le projet de loi de sur les boissons
énergisantes?
M. Fortin :Bien, d'abord, d'abord, là, je tiens à rappeler que c'est
la CAQ qui nous place dans cette... dans cette situation-là. Le dossier des
boisons,... boissons énergisantes, il aurait pu être déposé il y a un certain
temps. La ministre de la Santé a tenté d'acheter du temps de toutes les façons
possibles. Et là ils nous présentent quelque chose à la toute fin de la session
parlementaire. C'est le même gouvernement qui a mis sur pause notre Parlement
pour leur... entre autres, pour leur course à la chefferie. Donc, on est dans
cette situation-là à cause du gouvernement de la CAQ en ce moment.
Ceci étant, nous, on va travailler tant et
aussi longtemps qu'on nous demande de le faire parce que justement on est un
parti sérieux, contrairement à d'autres ici.
Journaliste : Donc, vous ne
bloqueriez pas, là... prolonge, exemple, la session une semaine.
M. Fortin :Nous, on va travailler, nous, on va travailler tant et
aussi longtemps qu'on a besoin de travailler.
Journaliste : Sur le DSN, une
fois que le constat est fait, vous proposez quoi à ce stade-ci? Je comprends que
c'est Santé Québec qui mène le dossier, là. Ils reconnaissent qu'il y a un
problème qui amène des ajustements, mais ça ne se fera pas en claquant des
doigts. Qu'est-ce qu'on fait?
M. Derraji : Bien, revenons à
la base, un réseau de santé, il est là pour soigner les patients. Un réseau de
la santé est là pour prendre en charge les patients, soulager leurs douleurs et
leur donner les bons traitements. Quand on prend le dossier de santé numérique,
il doit être là comme plus-value. Là, maintenant, ce que je constate, c'est un
handicap. Et le handicap, il est palpable pourquoi? Je peux vous énumérer la
liste des médecins qui ont parlé publiquement. Et là je tiens à vous rappeler,
j'ouvre la parenthèse, c'est ce que je disais il y a presque huit semaines, si
Santé Québec permet à d'autres personnes de parler, je pense que vous allez
tous être inondés par l'information parce qu'il y a de l'omerta. Ceux qui
parlent, je n'ai pas besoin de vous le dire, vous avez parlé avec des gens, c'est
parce qu'ils sont tannés et ils voient l'impact. Quand vous avez des
pneumologues, des cardiologues, des hématooncologues, des internistes qui parlent,
ça veut dire qu'il y a un impact réel sur la santé des patients.
Journaliste : Qu'est-ce qu'on
fait? Qu'est-ce qu'on fait?
M. Derraji : Bien, j'espère
que Santé Québec va prendre les mesures nécessaires pour épauler, accompagner, pour
qu'on ne laisse pas tomber un patient. Ni vous ni moi, on va être contents si
jamais un patient paye le prix. C'est de sa sécurité et de sa santé. L'enjeu,
il est là.
Donc, moi, aujourd'hui et depuis plusieurs
semaines, c'est... contrairement à ce que la ministre pense, c'est que je
voulais sensibiliser pour qu'on se donne l'ensemble des moyens de réussir la
transformation numérique. Pourquoi? Parce qu'on le savait, il y avait des
enjeux ailleurs, mais Santé Québec et la ministre ne voulaient pas entendre les
cris de cœur et les cris d'alarme de ces professionnels de la santé.
Donc, j'espère que Santé Québec va prendre
ce... ce signal. On n'est pas là dans une course qui a raison, on n'est pas là.
Il s'agit de la santé des patients. On ne peut pas faire marche arrière et
surtout laisser tomber les patients.
Journaliste : ...jusqu'à 1,4 milliard
de dollars pour deux CIUSSS pendant 10 ans. Qu'est-ce qu'on fait? Parce
que là il est là le dilemme des médecins qui parlent. Tu sais, on a par exemple
au Jewish quelque chose qui fonctionne, c'est avec ça qu'on aimerait
travailler, c'est qu'il y a une technologie qui appartient à l'État québécois.
Mais là on vient de conclure quelque chose avec Epic à long terme. On tire la
plogue? On négocie un retrait du contrat? Qu'est-ce qu'on fait?
M. Derraji : Bien, M. Lachance,
je pense que le... Santé Québec a déjà tiré la plogue. Je n'ai jamais vu sur la
place publique une confirmation de la part de Mme Biron qui va aller de l'avant.
Journaliste : Sauf que là on
a deux CIUSSS qui sont à risque. Il y a des médecins qui se disent : On va
aller travailler ailleurs au Québec parce que ce n'est pas ça qui va être
implanté.
M. Derraji : Bien, c'est pour
cela que j'ai demandé, il y a quelques semaines, que l'Autorité des marchés
publics doit faire enquête. Qui a choisi Epic? Est-ce que c'était le bon choix?
Souvenez-vous de ce que je disais.
Retenez ça, au départ, il y avait une
réelle volonté d'avoir un écosystème interopérable avec plusieurs fournisseurs.
Je vais surligner «plusieurs fournisseurs» et «interopérabilité». Qui avait le
dernier mot pour que ce soit Epic? Je n'ai pas besoin de refaire le point de
presse d'il y a un mois presque. Ce qu'on paye aujourd'hui, c'est ce que quelqu'un
a absolument appuyé sur l'accélérateur pour que ce soit Epic. Donc, je peux
refaire avec vous la genèse pour quoi Epic? Mais c'est trop tard. Et quand je
dis trop tard, c'est pour cela que la ministre a mis le fardeau sur Santé
Québec. Et Mme Biron était claire, elle ne s'est pas engagée à aller de l'avant
en utilisant Epic un peu partout au Québec.
Journaliste : Donc, on
continue avec Epic pour l'instant? Dans ces deux régions-là, on poursuit?
M. Derraji : Il y a un coût.
On continue, il y a un coût. On sort Epic, il y a un coût. C'est pour cela que
je dis... vous ai dit depuis le début, c'est une très mauvaise décision de la
part du gouvernement d'aller très vite avec Epic.
Journaliste : Avez-vous eu des
nouvelles de l'Autorité des marchés publics?
M. Derraji : J'ai eu une
rencontre hier avec des enquêteurs. C'était une très bonne rencontre. J'ai tout
partagé et j'ai deux messages. Les personnes qui ont de l'information
supplémentaire, je les invite à contacter l'Autorité des marchés publics. Et
maintenant, je vais faire confiance à... à la... à l'enquête leadée par l'Autorité
des marchés publics.
Journaliste : Donc, vous avez
contacté l'AMP, ils vous ont rencontré, ou l'AMP vous a rencontré en raison des
allégations que vous mettez devant l'Assemblée nationale?
M. Derraji : Oui. Suite
au point de presse, je ne me rappelle plus de la date, j'ai envoyé une lettre
à... au président de l'Autorité des marchés publics pour lui partager les
préoccupations que j'ai entendues. Suite à cette lettre, j'ai reçu une réponse
de l'Autorité des marchés publics pour rencontrer des enquêteurs de l'AMP.
Chose qui a été faite, et je peux vous rassurer que nous avons eu des échanges
sur l'ensemble de l'oeuvre. Je ne peux pas dire plus maintenant. Je vous ai dit
que je ne suis pas enquêteur, je laisse l'enquête et je laisse les enquêteurs
faire leur travail.
Journaliste : Ce qu'on
comprend, c'est qu'il y a une enquête qui est ouverte.
M. Derraji : Je vous
invite à appeler l'Autorité des marchés publics. Je ne suis pas autorisé à dire
qu'il y a enquête ou pas. J'ai eu une très bonne rencontre et j'ai tout partagé
ce que j'avais comme informations. Et d'ailleurs, j'invite les personnes qui
ont d'autres informations, qui ont des informations à appeler, en toute
confiance, l'Autorité des marchés publics.
Journaliste : M. Fortin,
si je peux vous entendre sur les propos de votre... en entrevue, de votre chef
en entrevue au Devoir, concernant l'usage de la disposition de
dérogation dans la loi n° 96. Il dit, en fait, il nie
avoir subi des pressions à l'intérieur de son parti, puis il dit que si ça a
dérangé trois ou quatre personnes, c'est des extrémistes, là, il y a des
extrémistes partout. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette interprétation de
la pression qu'il a subie ou pas à l'intérieur de son parti?
M. Fortin :Bien, moi, je... je suis entièrement d'accord avec le fait
qu'il n'y a aucune pression de... de la part de qui que... qui que ce soit à
l'intérieur du caucus. Il y a des discussions de caucus sur tous les enjeux. On
discute régulièrement, que ce soit... que ce soit le Dossier santé numérique,
que ce soit la question de la... de la clause de dérogation, que ce soit
dossier des infrastructures, peu importe. Il y a des discussions de... de
caucus, mais c'est une discussion. Puis, à la fin de la journée, le chef, il
est libre de ses décisions.
Journaliste : C'était-tu une
erreur d'envoyer des... des pétitions avec le mot «personnes ayant des
menstruations» au lieu de «femmes ayant des menstruations»?
Mme Cadet : Bien,
écoutez, moi, la semaine passée, j'ai déposé une pétition qui avait été portée
par des élèves d'une école, donc, dans une de mes circonscriptions. Puis nous,
comme députés, ça fait partie de notre mandat de permettre cet exercice
démocratique là. Ça fait que moi, quand il y a des enfants de 14 ans qui
décident de rédiger une pétition puis qui nous la donnent, je ne pense pas que
ce soit notre rôle, comme élus, de tenir le crayon à leur place, alors que tout
ce que ces enfants-là souhaitent, c'est que leurs voix soient entendues. Donc,
ma collègue, elle a fait son travail de députée de sa circonscription de Westmount—Saint-Louis
puis elle a porté une pétition qui a été rédigée par des élèves de l'école,
puis je pense qu'elle était tout à fait dans son droit de le faire.
Journaliste : Oui, mais ce
n'est pas votre rôle, aussi, d'accompagner ces élèves-là? À quelque part, vous
portez la voix, là, de ces élèves-là, «personnes ayant des menstruations»...
Mme Cadet : Bien, notre
rôle, là, c'est de s'assurer que le message que ces enfants-là souhaitent qu'il
soit entendu, bien, qu'il le soit. Tu sais, moi, là, par exemple, la pétition
que j'ai portée portait sur la lutte contre l'intimidation, puis j'ai senti que
les jeunes étaient contents que ce message-là soit entendu. Dans son cas, on
comprend que les jeunes souhaitent avoir des... des produits menstruels
gratuits dans les écoles. Bien, je pense que, ma collègue, tout simplement,
donc, elle a fait son travail de s'assurer que cette voix-là soit entendue.
Puis, dans tous les cas, elle-même, donc, sur ses médias sociaux, bien, elle a
toujours mentionné les mots... les mots «femmes», les mots «filles». Donc, je
pense qu'elle a tout simplement, donc, fait son travail puis elle n'a pas à
tenir le crayon à la place des enfants.
Journaliste : Une fois que
ça, c'est dit, est-ce que vous, personnellement, vous êtes d'accord avec ça, le
terme «personne ayant des menstruations»?
Mme Cadet : Bien, je
pense que le mot «femme» et le mot «fille» doit être employé lorsque... lorsque
requis, là, bien évidemment.
Journaliste : Ça fait que
vous n'avez pas jugé bon à ce moment-ci, malgré le dire... Je comprends, là,
«ne pas tenir le crayon», vous ne voulez pas vous imposer outre mesure pour que
le message se fasse entendre, sauf qu'aujourd'hui c'est une distraction.
Mme Cadet : Bien, je ne
vois... D'abord, je ne vois pas pourquoi est-ce que c'en serait une. Mais
encore une fois, lorsque ma collègue, elle a déposé sa pétition à l'Assemblée
nationale, c'est une pétition. Puis nous, comme députés, bien, on dépose des
pétitions au nom de nos citoyens. On a vu même, parfois, des députés du
gouvernement, donc, déposer des pétitions, puis nous, quand on demandait la saisie,
bien, eux-mêmes votaient contre la pétition qu'ils avaient eux-mêmes déposée.
Donc ça, c'est arrivé fréquemment de la part des députés de la CAQ. Donc...
Journaliste
: Avez-vous
un malaise?
Mme Cadet : Moi, je n'ai pas
de malaise à ce que ma collègue ait déposé la pétition ici. Absolument pas.
Journaliste
: ...
Mme Cadet : Bien non, je n'ai
pas de malaise avec le fait qu'elle l'ait déposé comme ça. Les enfants ont
rédigé la pétition, ils veulent prendre part à un exercice démocratique, ce
sont des citoyens à part entière. Je ne pense pas que, comme élus aujourd'hui,
ce soit notre rôle de les rabrouer puis leur dire : Ah! bien non, ce n'est
pas comme ça que vous devriez le rédiger. Si ça a été leur impulsion, je pense
que ma collègue a fait la bonne chose de les accompagner là-dedans puis leur
dire : Oui, moi, je la déposerai, votre pétition, à l'Assemblée nationale,
comme vous, vous l'avez rédigée parce que votre message, il est pertinent, puis
vous souhaitez être entendus, puis moi, je vais jouer mon rôle de député.
Journaliste
: On the upcoming bill to ban
energy drinks to kid's and teen's, is it a good timing to invite Zachary
Miron's parents at eleven o'clock with all of the opposition parties now that
the there is... the process to adopt this Bill is as become a free-for-all with
the... with Maïté Blanchette Vézina.
M. Fortin : I think Zachary Miron's parents have been outspoken advocate on
this issue. They have chosen, in a very difficult time in their lives, to use
their voice to convince and demonstrate the signs behind all of this to all the
Parliamentarians here, so I don't think they are at all indisposed that we are
calling on them to the talk to the conservative party, but the conservative
party itself has to look at itself in the mirror, here. There's very clear
science here, so for them to the use words like they did yesterday, to compare
grapefruits to energy drinks...
When we've had a tragedy
of this magnitude, here in Québec, it shows us once again that they're not a
serious party, and it's not the only thing they do the prove to us, on a
regular basis that they're not a serious party. Last week they said... or a
couple of weeks ago, they said : Let's adopt the constitution, we know
it's not great, we know there's parts that need to be change, but we'll do it
in a couple of months, after the election. We're talking about the bill of
bills here, so... You can't just adopt something, not study it properly and
say : well, this is one of the... one of the most important documents in
Québec society, in Québec government and we are willing to adopt it even if
it's not great, just for the sake of adopting it. The conservative party time
and time again has shown us that they're not a serious party. What they've done
to energy drinks, their comparison between grapefruits and energy drinks is
pseudoscience, it's not based on anything. So, their... On this specific issue
on energy drinks and their impacts, I hope to take a look at themselves in the
mirror and come to their senses. We still have time to work on this, and I
can't think of a better signal to send to people who are concerned about the
impact of energy drinks on their kids then for them to put partisanship aside,
to put pseudoscience aside and to take a serious look at the issue.
M. Derraji : Can I add something?
M. Fortin : Oui, bien sûr.
M. Derraji : Something very important, we are talking about the bill, OK? But
before the bill, we had two meetings. The first meeting was with Dr. Quach. Why
Maïté she acts... she don't
show up during the meeting.
Journaliste
: She was not there.
M. Derraji : She was not there. So, we had the opportunities to ask everything,
to ask like... well, like, what do we think about the bill, what... what you
think about the recommendations? We receive an overview about the drinks, about
the... like what's, like, outside of Québec, around the world, like all the
recommendations. So, we have a nice meeting, and another meeting regarding the
bill. So, discussed this strategy together and the party conservative chose to
fight outside and not to be with us. So, she has everything to be... to ask
what she wants, but she chose another way.
Journaliste
: On bill 8, so finally, I'm here, what's the position of the
liberals? We saw that Mr. Tanguay asked for consultations, but what else?
Mme Cadet : So, both on the form and on the... on the bottom of the situation.
So on the form, so, as you said, so, Mr. Tanguay, yesterday, rose up to ask for
consultations, because obviously, we take the numbers that were put on the
public space by Jean-François Roberge very seriously, when we talk about
27 000 people, Quebeckers, that could be impacted by this spill, we
definitively need consultations, we definitely need to hear if... like, what
are the potential impacts on the teachers, on the students, and on the... on the
system, obviously. So, we... we need a serious consultation, and we need a
serious process towards this. And let me remind you that la CAQ decided, in
November 2023, to put this in the public space, and never did anything about
it. So, obviously, we're talking about seriousness earlier. So, what we see is
la CAQ is definitely not serious about protecting French when they're tabling
this bill. But, onto the bottom of the thing, too, because we saw the bill, and
we... we studied it. And what we see is that it does... for us, it does not
make sense to prevent adults to choose what is best for them.
And, when I say adults, I
really insist on that, because we got yesterday some data from the public
school boards that say that... from a poll that they conducted... that was very
popular, because we do see that this is something that is very worrisome for a
lot of people, 27% of their respondents were 45 years old and older. So, we're
talking about people who are in the process of going back to school. So, we don't...
we're... we're really far from a narrative of very young people, like, pursuing
at 17, 18. We're really talking about grown adults who have lives, who need
to... to take care of their families and... and need to go back to school. But
more than that. So, knowing that, for us, like, it's... it's definitely
important to see, like, what is the best way to get these adults to master the
French language. Because this is... this is a goal that is shared. This is a
goal that is extremely important to us.
And well, like we have a
process that already exists and it's called "la francisation". Like,
it's important that we open more classes of francisation. We saw that
Jean-François Roberge closed them, we saw that it was extremely difficult to
get an agreement between the MIFI and the Ministry of Education so that the
school boards in during the la formation professionnelle and l'éducation
générale des adultes to provide classes. So, we think that there should be
definitely more... more investment, and more space that has been done, more
effort that has been done towards francisation, because this is a mechanism
that works.
Journaliste : So, are you against Bill 8? Is that what you're saying?
Mme Cadet :
This is exactly what I'm saying. Yes,
yes.
Journaliste : You will vote against it.
Mme Cadet :
Well, we're not going to get to... to
the voting obviously, very obviously, because we don't even have time to get
consultation. So, we don't... we don't even think that la CAQ wants to even get
to a vote, because if they really wanted to get this done, if they really
wanted to have a serious conversation about this concept, they would have
tabled this bill like months ago, like months and months ago, because they
already had this idea back in 2023.
Journaliste :
So, as... as set out... this bill, you
will be... you will... you are opposed to this bill?
Mme Cadet :
Yes, we're opposed to the bill as
presented right now.
Journaliste
: And one clarification : Would you say this data that you have
from public school boards, are we talking about English school boards?
Mme Cadet : Yes, sorry, I said...
Journaliste
: It's not school... French.
Mme Cadet : No, sorry, I meant... the... I meant...
Journaliste
: ...
Mme Cadet : Yes, yes.
Journaliste :
Just going back to energy drinks. I
know the conservatives are getting a lot of heat right now, but, in some ways,
is the CAQ government also to... to be blamed for this, for... for tabling it
so late?
M. Fortin :
Well, the CAQ government is to blame
for the... the fact that we have... I don't know how many bills that we are
expected to study in four more or five more days of legislature here. This
is... this is the result of the CAQ government suspending the work of the
Assembly for many weeks during their... during their leadership process, just
on... on P-38, on forced hospitalizations, there was 47 amendments that the
government introduced to its own bill yesterday. 47 amendments, with four days
to go on a bill that is supposed to be the something that everybody is in
general support of here.
So, if the government
wants us to do serious work, putting forward legislation at four days from the
end of... of our schedule here is... is kind of their own fault. They did this
to themselves. But, at the same time, we think it's possible to move ahead
on... on energy drinks. We think it's doable, and I call on the Conservative
Party... given the situation that we're in now, there's only a few days left...
I call on the Conservative Party to adopt a serious approach and not to block
this bill.
Journaliste :
Have Liberals met with the beverage
lobby?
M. Fortin :
I have not, but I can't... can't speak
for everybody on this thing.
M. Derraji : On what?
Journaliste :
The energy bill, have you met with the
lobbyists... with the conservatives? Do you know...
M. Fortin : I have not, my colleagues here have not, so...
Journaliste :
Do you think it's acceptable that Maïté Blanchette Vézina met with them, and
not with the parents, and not with scientists?
M. Fortin :
The Conservative party is... has to own
its own choices. And I am sure that Zachary Miron's parents would be very happy
to meet with Éric Duhaime. I hope you can find time in their... in his schedule
to... Actually, I hope he... I hope he makes it a priority in his schedule to
meet with them. They have a very touching story, very difficult story to tell,
and they have chosen to put themselves out there in a very difficult time to
convince us all here of acting on this. So, I think it's in the best interest
of us, as a society, to... for Éric Duhaime to take a second out of every
minute out of his day to meet these people.
M. Derraji :
And they receive, they receive
everything, they receive all the data coming from INSPQ. So, we have... As an
MNA, if we want to follow, like, our role, we receive everything to have, like,
the real portray. So, they just, like, do what they can, so, to read the data
and, you know, to say if they want to be with the family or to protect the
public.
Journaliste :
...going to the meeting this afternoon.
M. Fortin : Let me say this. In what world does any of us or any party leader
say: No, I can't meet with you, to a family who has gone through what Zachary
Miron's have gone through?
Journaliste
:
...juste en français sur le...
M. Fortin :
Oui, oui, absolument.
Journaliste
: ...projet
de loi n° 8.
Mme Cadet : Oui.
Journaliste
: Donc,
vous, vous vous opposez. Pouvez-vous me répéter ça?
Mme Cadet : Oui. Dans le fond,
hier vous avez entendu mon collègue vous dire que, pour protéger la langue
française, là, il fallait qu'on utilise les meilleurs moyens possibles. Donc,
nous, on a analysé le projet de loi sur cette lancée-là, puis ce qu'on réalise,
là, c'est... la méthode qui est proposée par la CAQ, ce n'est pas la meilleure façon
de pouvoir protéger la langue puis s'assurer que des adultes puissent...
pourraient avoir, donc, une meilleure maîtrise du français. On va se le dire,
là, au primaire puis au secondaire, les enfants ont une obligation de
fréquentation scolaire. Donc, chaque enfant qui arrive au Québec, là, il doit
être assis, là, sur une chaise dans une école en quelque part. Ça fait que,
s'il ne va pas en anglais, il va en français. Mais, chez les adultes,
évidemment, il n'y a pas d'obligation de fréquentation scolaire.
Donc, quelqu'un qui est confronté, qui se
dit : Bien, moi, je veux faire un retour à l'école... Parce qu'avec les
données qu'on a, c'est que ce sont... c'est que... De façon générale, donc,
selon donc, ce sondage-là, bien, les... donc, on a... donc, 50 % des
répondants étaient âgés de plus de 35 ans puis 27 % de plus de
45 ans. Donc, on parle ici de gens qui font un retour aux études. Ce qu'on
comprend, c'est que ces personnes-là ne sont pas obligées de le faire. Donc, si
on leur dit : OK, bien, vous devez absolument le faire en français, il n'y
a absolument aucune garantie que ces personnes-là vont aller suivre leur
formation professionnelle en français. Donc, ces gens-là vont tout simplement
rester chez eux. Donc, est-ce qu'ils vont plus apprendre le français à la
maison? La réponse est non.
Donc, tant qu'à ne franciser personne,
moi, je préfère qu'on mette... qu'on mette plus d'argent puis qu'on investisse
ou qu'on mette plus d'efforts en matière de francisation. Parce que ces
adultes-là, bien, lorsqu'on les dirige vers la francisation, là, on a une voie
sûre vers la bonne maîtrise du français, mais, en leur disant : Bien, il
faut absolument que vous fassiez ce cours-ci, qui ne sera pas nécessairement
disponible dans leur région, tu sais, pour toutes sortes de raisons, bien, ça
ne veut pas nécessairement dire qu'ils vont faire le transfert automatique d'un
réseau à l'autre, bien, à ce moment-ci, on n'aura francisé personne. Donc, ce
n'est pas une mesure qui nous permet véritablement de protéger le français ici,
puis... donc on ne la trouve pas efficace.
Journaliste
: ...dans
cette version-là, vous étiez défavorable.
Mme Cadet : Dans?
Journaliste
: En
anglais, là, vous avez dit, comme : Le projet de loi a... tel que
présenté.
Mme Cadet : Bien non, bien, je
veux dire... Non, ce que je voulais dire ici, quand je dis «dans cette
version», je veux dire dans sa... dans sa mouture, c'est-à-dire dans qu'est-ce
qui nous a été présenté.
Journaliste
: ...
Mme Cadet : Oui, oui. Bien,
c'est ça, est-ce que, dans le fond...
Journaliste
: ...la
formation professionnelle et aux adultes, vous êtes en désaccord avec ça.
Mme Cadet : Non, c'est ça. On
est en désaccord parce qu'on ne pense pas que ce soit une mesure qui soit efficace.
Tu sais, ici, c'était juste dire : Parce qu'on attendait donc de voir le
projet de loi tel que déposé, donc, on l'a lu. C'est dans cette perspective-là
que je disais «version».
M. Fortin :
J'ajouterais... j'ajouterais juste un...
Journaliste
: ...à
voter?
M. Fortin :
Pardon?
Journaliste
: Est-ce
que vous vous attendez à voter là-dessus la semaine prochaine?
M. Fortin :
Mais... vas-y, Madwa.
Mme Cadet : Bien non. C'est
sûr qu'on n'aura pas le temps de voter là-dessus. Et je pense que le
gouvernement, là, ne s'attend pas à ce qu'il y ait un vote sur ce projet de loi
ci. S'il pensait vraiment que c'était une avenue qui était si importante que
ça, bien, il l'aurait déjà déposé, ce projet de loi là.
Jean-François Roberge, en novembre 2023,
moi, je me souviens, j'étais déjà porte-parole, il... c'était déjà quelque
chose qui était dans l'air, puis par la suite, woups, il a complètement oublié
ça, et là on est à minuit moins une de la fin de la session parlementaire puis
il nous dépose ça.
Les groupes n'ont pas le temps de mener
des consultations, de venir présenter leurs observations, les... Ça vient
toucher quand même un nombre important de Québécois. Donc, il nous faut des
consultations.
Vous avez entendu Marc Tanguay hier, donc,
se lever puis dire : Bien, il en faut, comme on le demande dans tous les
projets de loi, pour faire une démarche qui est sérieuse. Donc, nous, on ne
s'attend pas à ce qu'on se rende jusqu'au bout avec ce projet de loi ci.
M. Fortin :
Puis j'ajouterai, j'ajouterais peut-être juste une chose. La position... la
position du Parti libéral aujourd'hui, là, c'est la position qui a été défendue
par plusieurs premiers ministres du Parti québécois au fil des années,
c'est-à-dire que les adultes au Québec peuvent choisir leur parcours de
formation en fonction de ce qu'ils croient qui est meilleur pour leur réussite.
Ça, c'est la position qui a été défendue, là, historiquement par plusieurs
premiers ministres du Parti québécois. Je ne vous les nommerai pas tous, mais
ça a toujours été la ligne qui a été tracée... l'ADN qui a été tracé, notamment
par M. Parizeau.
(Fin à 9 h 12
)