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Point de presse de M. André Fortin, chef de l’opposition officielle, M. Monsef Derraji, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, et Mme Madwa-Nika Cadet, porte-parole de l’opposition officielle en matière de langue française

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le vendredi 5 juin 2026, 8 h 40

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures quarante-trois minutes)

M. Derraji : Bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, je vais vous parler du Dossier de santé numérique. Et comme vous l'avez remarqué, ça fait plusieurs... depuis plusieurs semaines. Nous avons mis en garde le gouvernement par rapport à l'impact sur le terrain. Et on nous a même accusés de crier au loup. Et je trouvais ça déplorable de la part de la ministre de la Santé et même la première ministre qui, au lieu d'écouter les professionnels de la santé, ils ont préféré écouter le spin de Santé Québec.

Et aujourd'hui, les mots à retenir, c'est dangereux, inefficace, chaotique. Et l'impact, il est réel sur la santé et la sécurité des patients. Souvenez-vous, au début, le Parti libéral du Québec a demandé officiellement à Santé Québec et à la ministre d'avoir des engagements clairs, qu'il n'y aura pas de répercussions sur la santé des gens. C'est ce qui nous a motivés depuis le début. C'est qu'on n'est pas contre la transformation numérique, on n'est pas contre le Dossier de santé numérique. On a des questions par rapport à Epic. Ça, c'est autre chose. Et le Parti libéral est pour la transformation numérique, mais pas au détriment de la santé et la sécurité des soins.

Quand j'entends des oncologues et des hémato-oncologues sortir sur la place publique et nous dire : Je suis obligé de demander à mon patient d'aller en urgence, ce n'est pas digne d'un système de santé qui nous coûte des milliards et des milliards. Renvoyer des patients qui souffrent déjà d'un stress d'avoir un cancer et leur dire que votre réseau de la santé doit vous renvoyer en urgence si vous voulez avoir des soins, je trouve cela inacceptable et j'invite la première ministre et la ministre de la Santé à prendre leurs responsabilités et à s'assurer que la santé et la sécurité, ce n'est pas négociable. Voilà. Merci. Je laisse la parole à mon collègue André.

M. Fortin : Merci. Ce matin, moi, j'ai un appel à faire au Parti conservateur du Québec, à Éric Duhaime et à Maïté Blanchette, Vézina. Je leur demande d'agir de façon sérieuse, comme un parti sérieux, s'il vous plaît.

La sortie de Mme Blanchette Vézina, hier, pour comparer l'impact des boissons énergisantes à l'impact des pamplemousses, ce n'est pas sérieux, c'est de la pseudoscience du Parti conservateur du Québec. Et honnêtement il y a des gens au Québec, je pense, entre autres, à la famille de Zachary Miron, qui méritent mieux que des élus qui font des amalgames comme ceux-là.

Mais, au-delà de ça, Éric Duhaime et le Parti conservateur, au cours des dernières semaines, nous ont prouvé à maintes reprises que ce n'était pas un parti qui prenait leurs responsabilités au sérieux. Il y a quelques semaines, M. Duhaime a dit : Ah, bien, la Constitution du Québec, la loi des lois, oui, il y a des choses à changer là-dedans, on la trouve correcte, mais ce n'est pas super en même temps, puis adoptons-la comme ça, puis on fera des changements dans quelques mois. Là, on parle de la Constitution du Québec, on parle de la loi des lois, comme le gouvernement la décrit, et il y a un parti politique, le Parti conservateur du Québec qui dit : Bien, adoptons ça comme ça, là, on sait qu'il n'est pas parfait, on sait qu'il y a des changements à faire, mais ça va être une base, puis... Ça ne peut pas être fait comme ça, ça ne peut pas être fait sur le coin d'une table, ça ne peut pas être fait de façon si désinvolte. Et ça nous prouve encore une fois que ce parti-là, ce n'est pas une formation politique sérieuse en ce moment. Merci.

Journaliste : Est-ce qu'il faudrait prolonger la session, comme le demande le Parti conservateur du Québec, pour étudier plus en profondeur le projet de loi de sur les boissons énergisantes?

M. Fortin :Bien, d'abord, d'abord, là, je tiens à rappeler que c'est la CAQ qui nous place dans cette... dans cette situation-là. Le dossier des boisons,... boissons énergisantes, il aurait pu être déposé il y a un certain temps. La ministre de la Santé a tenté d'acheter du temps de toutes les façons possibles. Et là ils nous présentent quelque chose à la toute fin de la session parlementaire. C'est le même gouvernement qui a mis sur pause notre Parlement pour leur... entre autres, pour leur course à la chefferie. Donc, on est dans cette situation-là à cause du gouvernement de la CAQ en ce moment.

Ceci étant, nous, on va travailler tant et aussi longtemps qu'on nous demande de le faire parce que justement on est un parti sérieux, contrairement à d'autres ici.

Journaliste : Donc, vous ne bloqueriez pas, là... prolonge, exemple, la session une semaine.

M. Fortin :Nous, on va travailler, nous, on va travailler tant et aussi longtemps qu'on a besoin de travailler.

Journaliste : Sur le DSN, une fois que le constat est fait, vous proposez quoi à ce stade-ci? Je comprends que c'est Santé Québec qui mène le dossier, là. Ils reconnaissent qu'il y a un problème qui amène des ajustements, mais ça ne se fera pas en claquant des doigts. Qu'est-ce qu'on fait?

M. Derraji : Bien, revenons à la base, un réseau de santé, il est là pour soigner les patients. Un réseau de la santé est là pour prendre en charge les patients, soulager leurs douleurs et leur donner les bons traitements. Quand on prend le dossier de santé numérique, il doit être là comme plus-value. Là, maintenant, ce que je constate, c'est un handicap. Et le handicap, il est palpable pourquoi? Je peux vous énumérer la liste des médecins qui ont parlé publiquement. Et là je tiens à vous rappeler, j'ouvre la parenthèse, c'est ce que je disais il y a presque huit semaines, si Santé Québec permet à d'autres personnes de parler, je pense que vous allez tous être inondés par l'information parce qu'il y a de l'omerta. Ceux qui parlent, je n'ai pas besoin de vous le dire, vous avez parlé avec des gens, c'est parce qu'ils sont tannés et ils voient l'impact. Quand vous avez des pneumologues, des cardiologues, des hématooncologues, des internistes qui parlent, ça veut dire qu'il y a un impact réel sur la santé des patients.

Journaliste : Qu'est-ce qu'on fait? Qu'est-ce qu'on fait?

M. Derraji : Bien, j'espère que Santé Québec va prendre les mesures nécessaires pour épauler, accompagner, pour qu'on ne laisse pas tomber un patient. Ni vous ni moi, on va être contents si jamais un patient paye le prix. C'est de sa sécurité et de sa santé. L'enjeu, il est là.

Donc, moi, aujourd'hui et depuis plusieurs semaines, c'est... contrairement à ce que la ministre pense, c'est que je voulais sensibiliser pour qu'on se donne l'ensemble des moyens de réussir la transformation numérique. Pourquoi? Parce qu'on le savait, il y avait des enjeux ailleurs, mais Santé Québec et la ministre ne voulaient pas entendre les cris de cœur et les cris d'alarme de ces professionnels de la santé.

Donc, j'espère que Santé Québec va prendre ce... ce signal. On n'est pas là dans une course qui a raison, on n'est pas là. Il s'agit de la santé des patients. On ne peut pas faire marche arrière et surtout laisser tomber les patients.

Journaliste : ...jusqu'à 1,4 milliard de dollars pour deux CIUSSS pendant 10 ans. Qu'est-ce qu'on fait? Parce que là il est là le dilemme des médecins qui parlent. Tu sais, on a par exemple au Jewish quelque chose qui fonctionne, c'est avec ça qu'on aimerait travailler, c'est qu'il y a une technologie qui appartient à l'État québécois. Mais là on vient de conclure quelque chose avec Epic à long terme. On tire la plogue? On négocie un retrait du contrat? Qu'est-ce qu'on fait?

M. Derraji : Bien, M. Lachance, je pense que le... Santé Québec a déjà tiré la plogue. Je n'ai jamais vu sur la place publique une confirmation de la part de Mme Biron qui va aller de l'avant.

Journaliste : Sauf que là on a deux CIUSSS qui sont à risque. Il y a des médecins qui se disent : On va aller travailler ailleurs au Québec parce que ce n'est pas ça qui va être implanté.

M. Derraji : Bien, c'est pour cela que j'ai demandé, il y a quelques semaines, que l'Autorité des marchés publics doit faire enquête. Qui a choisi Epic? Est-ce que c'était le bon choix? Souvenez-vous de ce que je disais.

Retenez ça, au départ, il y avait une réelle volonté d'avoir un écosystème interopérable avec plusieurs fournisseurs. Je vais surligner «plusieurs fournisseurs» et «interopérabilité». Qui avait le dernier mot pour que ce soit Epic? Je n'ai pas besoin de refaire le point de presse d'il y a un mois presque. Ce qu'on paye aujourd'hui, c'est ce que quelqu'un a absolument appuyé sur l'accélérateur pour que ce soit Epic. Donc, je peux refaire avec vous la genèse pour quoi Epic? Mais c'est trop tard. Et quand je dis trop tard, c'est pour cela que la ministre a mis le fardeau sur Santé Québec. Et Mme Biron était claire, elle ne s'est pas engagée à aller de l'avant en utilisant Epic un peu partout au Québec.

Journaliste : Donc, on continue avec Epic pour l'instant? Dans ces deux régions-là, on poursuit?

M. Derraji : Il y a un coût. On continue, il y a un coût. On sort Epic, il y a un coût. C'est pour cela que je dis... vous ai dit depuis le début, c'est une très mauvaise décision de la part du gouvernement d'aller très vite avec Epic.

Journaliste : Avez-vous eu des nouvelles de l'Autorité des marchés publics?

M. Derraji : J'ai eu une rencontre hier avec des enquêteurs. C'était une très bonne rencontre. J'ai tout partagé et j'ai deux messages. Les personnes qui ont de l'information supplémentaire, je les invite à contacter l'Autorité des marchés publics. Et maintenant, je vais faire confiance à... à la... à l'enquête leadée par l'Autorité des marchés publics.

Journaliste : Donc, vous avez contacté l'AMP, ils vous ont rencontré, ou l'AMP vous a rencontré en raison des allégations que vous mettez devant l'Assemblée nationale?

M. Derraji : Oui. Suite au point de presse, je ne me rappelle plus de la date, j'ai envoyé une lettre à... au président de l'Autorité des marchés publics pour lui partager les préoccupations que j'ai entendues. Suite à cette lettre, j'ai reçu une réponse de l'Autorité des marchés publics pour rencontrer des enquêteurs de l'AMP. Chose qui a été faite, et je peux vous rassurer que nous avons eu des échanges sur l'ensemble de l'oeuvre. Je ne peux pas dire plus maintenant. Je vous ai dit que je ne suis pas enquêteur, je laisse l'enquête et je laisse les enquêteurs faire leur travail.

Journaliste : Ce qu'on comprend, c'est qu'il y a une enquête qui est ouverte.

M. Derraji : Je vous invite à appeler l'Autorité des marchés publics. Je ne suis pas autorisé à dire qu'il y a enquête ou pas. J'ai eu une très bonne rencontre et j'ai tout partagé ce que j'avais comme informations. Et d'ailleurs, j'invite les personnes qui ont d'autres informations, qui ont des informations à appeler, en toute confiance, l'Autorité des marchés publics.

Journaliste : M. Fortin, si je peux vous entendre sur les propos de votre... en entrevue, de votre chef en entrevue au Devoir, concernant l'usage de la disposition de dérogation dans la loi n° 96. Il dit, en fait, il nie avoir subi des pressions à l'intérieur de son parti, puis il dit que si ça a dérangé trois ou quatre personnes, c'est des extrémistes, là, il y a des extrémistes partout. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette interprétation de la pression qu'il a subie ou pas à l'intérieur de son parti?

M. Fortin :Bien, moi, je... je suis entièrement d'accord avec le fait qu'il n'y a aucune pression de... de la part de qui que... qui que ce soit à l'intérieur du caucus. Il y a des discussions de caucus sur tous les enjeux. On discute régulièrement, que ce soit... que ce soit le Dossier santé numérique, que ce soit la question de la... de la clause de dérogation, que ce soit dossier des infrastructures, peu importe. Il y a des discussions de... de caucus, mais c'est une discussion. Puis, à la fin de la journée, le chef, il est libre de ses décisions.

Journaliste : C'était-tu une erreur d'envoyer des... des pétitions avec le mot «personnes ayant des menstruations» au lieu de «femmes ayant des menstruations»?

Mme Cadet : Bien, écoutez, moi, la semaine passée, j'ai déposé une pétition qui avait été portée par des élèves d'une école, donc, dans une de mes circonscriptions. Puis nous, comme députés, ça fait partie de notre mandat de permettre cet exercice démocratique là. Ça fait que moi, quand il y a des enfants de 14 ans qui décident de rédiger une pétition puis qui nous la donnent, je ne pense pas que ce soit notre rôle, comme élus, de tenir le crayon à leur place, alors que tout ce que ces enfants-là souhaitent, c'est que leurs voix soient entendues. Donc, ma collègue, elle a fait son travail de députée de sa circonscription de Westmount—Saint-Louis puis elle a porté une pétition qui a été rédigée par des élèves de l'école, puis je pense qu'elle était tout à fait dans son droit de le faire.

Journaliste : Oui, mais ce n'est pas votre rôle, aussi, d'accompagner ces élèves-là? À quelque part, vous portez la voix, là, de ces élèves-là, «personnes ayant des menstruations»...

Mme Cadet : Bien, notre rôle, là, c'est de s'assurer que le message que ces enfants-là souhaitent qu'il soit entendu, bien, qu'il le soit. Tu sais, moi, là, par exemple, la pétition que j'ai portée portait sur la lutte contre l'intimidation, puis j'ai senti que les jeunes étaient contents que ce message-là soit entendu. Dans son cas, on comprend que les jeunes souhaitent avoir des... des produits menstruels gratuits dans les écoles. Bien, je pense que, ma collègue, tout simplement, donc, elle a fait son travail de s'assurer que cette voix-là soit entendue. Puis, dans tous les cas, elle-même, donc, sur ses médias sociaux, bien, elle a toujours mentionné les mots... les mots «femmes», les mots «filles». Donc, je pense qu'elle a tout simplement, donc, fait son travail puis elle n'a pas à tenir le crayon à la place des enfants.

Journaliste : Une fois que ça, c'est dit, est-ce que vous, personnellement, vous êtes d'accord avec ça, le terme «personne ayant des menstruations»?

Mme Cadet : Bien, je pense que le mot «femme» et le mot «fille» doit être employé lorsque... lorsque requis, là, bien évidemment.

Journaliste : Ça fait que vous n'avez pas jugé bon à ce moment-ci, malgré le dire... Je comprends, là, «ne pas tenir le crayon», vous ne voulez pas vous imposer outre mesure pour que le message se fasse entendre, sauf qu'aujourd'hui c'est une distraction.

Mme Cadet : Bien, je ne vois... D'abord, je ne vois pas pourquoi est-ce que c'en serait une. Mais encore une fois, lorsque ma collègue, elle a déposé sa pétition à l'Assemblée nationale, c'est une pétition. Puis nous, comme députés, bien, on dépose des pétitions au nom de nos citoyens. On a vu même, parfois, des députés du gouvernement, donc, déposer des pétitions, puis nous, quand on demandait la saisie, bien, eux-mêmes votaient contre la pétition qu'ils avaient eux-mêmes déposée. Donc ça, c'est arrivé fréquemment de la part des députés de la CAQ. Donc...

Journaliste : Avez-vous un malaise?

Mme Cadet : Moi, je n'ai pas de malaise à ce que ma collègue ait déposé la pétition ici. Absolument pas.

Journaliste : ...

Mme Cadet : Bien non, je n'ai pas de malaise avec le fait qu'elle l'ait déposé comme ça. Les enfants ont rédigé la pétition, ils veulent prendre part à un exercice démocratique, ce sont des citoyens à part entière. Je ne pense pas que, comme élus aujourd'hui, ce soit notre rôle de les rabrouer puis leur dire : Ah! bien non, ce n'est pas comme ça que vous devriez le rédiger. Si ça a été leur impulsion, je pense que ma collègue a fait la bonne chose de les accompagner là-dedans puis leur dire : Oui, moi, je la déposerai, votre pétition, à l'Assemblée nationale, comme vous, vous l'avez rédigée parce que votre message, il est pertinent, puis vous souhaitez être entendus, puis moi, je vais jouer mon rôle de député.

Journaliste : On the upcoming bill to ban energy drinks to kid's and teen's, is it a good timing to invite Zachary Miron's parents at eleven o'clock with all of the opposition parties now that the there is... the process to adopt this Bill is as become a free-for-all with the... with Maïté Blanchette Vézina.

M. Fortin : I think Zachary Miron's parents have been outspoken advocate on this issue. They have chosen, in a very difficult time in their lives, to use their voice to convince and demonstrate the signs behind all of this to all the Parliamentarians here, so I don't think they are at all indisposed that we are calling on them to the talk to the conservative party, but the conservative party itself has to look at itself in the mirror, here. There's very clear science here, so for them to the use words like they did yesterday, to compare grapefruits to energy drinks...

When we've had a tragedy of this magnitude, here in Québec, it shows us once again that they're not a serious party, and it's not the only thing they do the prove to us, on a regular basis that they're not a serious party. Last week they said... or a couple of weeks ago, they said : Let's adopt the constitution, we know it's not great, we know there's parts that need to be change, but we'll do it in a couple of months, after the election. We're talking about the bill of bills here, so... You can't just adopt something, not study it properly and say : well, this is one of the... one of the most important documents in Québec society, in Québec government and we are willing to adopt it even if it's not great, just for the sake of adopting it. The conservative party time and time again has shown us that they're not a serious party. What they've done to energy drinks, their comparison between grapefruits and energy drinks is pseudoscience, it's not based on anything. So, their... On this specific issue on energy drinks and their impacts, I hope to take a look at themselves in the mirror and come to their senses. We still have time to work on this, and I can't think of a better signal to send to people who are concerned about the impact of energy drinks on their kids then for them to put partisanship aside, to put pseudoscience aside and to take a serious look at the issue.

M. Derraji : Can I add something?

M. Fortin : Oui, bien sûr.

M. Derraji : Something very important, we are talking about the bill, OK? But before the bill, we had two meetings. The first meeting was with Dr. Quach. Why Maïté she acts... she don't show up during the meeting.

Journaliste : She was not there.

M. Derraji : She was not there. So, we had the opportunities to ask everything, to ask like... well, like, what do we think about the bill, what... what you think about the recommendations? We receive an overview about the drinks, about the... like what's, like, outside of Québec, around the world, like all the recommendations. So, we have a nice meeting, and another meeting regarding the bill. So, discussed this strategy together and the party conservative chose to fight outside and not to be with us. So, she has everything to be... to ask what she wants, but she chose another way.

Journaliste : On bill 8, so finally, I'm here, what's the position of the liberals? We saw that Mr. Tanguay asked for consultations, but what else?

Mme Cadet : So, both on the form and on the... on the bottom of the situation. So on the form, so, as you said, so, Mr. Tanguay, yesterday, rose up to ask for consultations, because obviously, we take the numbers that were put on the public space by Jean-François Roberge very seriously, when we talk about 27 000 people, Quebeckers, that could be impacted by this spill, we definitively need consultations, we definitely need to hear if... like, what are the potential impacts on the teachers, on the students, and on the... on the system, obviously. So, we... we need a serious consultation, and we need a serious process towards this. And let me remind you that la CAQ decided, in November 2023, to put this in the public space, and never did anything about it. So, obviously, we're talking about seriousness earlier. So, what we see is la CAQ is definitely not serious about protecting French when they're tabling this bill. But, onto the bottom of the thing, too, because we saw the bill, and we... we studied it. And what we see is that it does... for us, it does not make sense to prevent adults to choose what is best for them.

And, when I say adults, I really insist on that, because we got yesterday some data from the public school boards that say that... from a poll that they conducted... that was very popular, because we do see that this is something that is very worrisome for a lot of people, 27% of their respondents were 45 years old and older. So, we're talking about people who are in the process of going back to school. So, we don't... we're... we're really far from a narrative of very young people, like, pursuing at 17, 18. We're really talking about grown adults who have lives, who need to... to take care of their families and... and need to go back to school. But more than that. So, knowing that, for us, like, it's... it's definitely important to see, like, what is the best way to get these adults to master the French language. Because this is... this is a goal that is shared. This is a goal that is extremely important to us.

And well, like we have a process that already exists and it's called "la francisation". Like, it's important that we open more classes of francisation. We saw that Jean-François Roberge closed them, we saw that it was extremely difficult to get an agreement between the MIFI and the Ministry of Education so that the school boards in during the la formation professionnelle and l'éducation générale des adultes to provide classes. So, we think that there should be definitely more... more investment, and more space that has been done, more effort that has been done towards francisation, because this is a mechanism that works.

Journaliste : So, are you against Bill 8? Is that what you're saying?

Mme Cadet : This is exactly what I'm saying. Yes, yes.

Journaliste : You will vote against it.

Mme Cadet : Well, we're not going to get to... to the voting obviously, very obviously, because we don't even have time to get consultation. So, we don't... we don't even think that la CAQ wants to even get to a vote, because if they really wanted to get this done, if they really wanted to have a serious conversation about this concept, they would have tabled this bill like months ago, like months and months ago, because they already had this idea back in 2023.

Journaliste : So, as... as set out... this bill, you will be... you will... you are opposed to this bill?

Mme Cadet : Yes, we're opposed to the bill as presented right now.

Journaliste : And one clarification : Would you say this data that you have from public school boards, are we talking about English school boards?

Mme Cadet : Yes, sorry, I said...

Journaliste : It's not school... French.

Mme Cadet : No, sorry, I meant... the... I meant...

Journaliste : ...

Mme Cadet : Yes, yes.

Journaliste : Just going back to energy drinks. I know the conservatives are getting a lot of heat right now, but, in some ways, is the CAQ government also to... to be blamed for this, for... for tabling it so late?

M. Fortin : Well, the CAQ government is to blame for the... the fact that we have... I don't know how many bills that we are expected to study in four more or five more days of legislature here. This is... this is the result of the CAQ government suspending the work of the Assembly for many weeks during their... during their leadership process, just on... on P-38, on forced hospitalizations, there was 47 amendments that the government introduced to its own bill yesterday. 47 amendments, with four days to go on a bill that is supposed to be the something that everybody is in general support of here.

So, if the government wants us to do serious work, putting forward legislation at four days from the end of... of our schedule here is... is kind of their own fault. They did this to themselves. But, at the same time, we think it's possible to move ahead on... on energy drinks. We think it's doable, and I call on the Conservative Party... given the situation that we're in now, there's only a few days left... I call on the Conservative Party to adopt a serious approach and not to block this bill.

Journaliste : Have Liberals met with the beverage lobby?

M. Fortin : I have not, but I can't... can't speak for everybody on this thing.

M. Derraji : On what?

Journaliste : The energy bill, have you met with the lobbyists... with the conservatives? Do you know...

M. Fortin : I have not, my colleagues here have not, so...

Journaliste : Do you think it's acceptable that Maïté Blanchette Vézina met with them, and not with the parents, and not with scientists?

M. Fortin : The Conservative party is... has to own its own choices. And I am sure that Zachary Miron's parents would be very happy to meet with Éric Duhaime. I hope you can find time in their... in his schedule to... Actually, I hope he... I hope he makes it a priority in his schedule to meet with them. They have a very touching story, very difficult story to tell, and they have chosen to put themselves out there in a very difficult time to convince us all here of acting on this. So, I think it's in the best interest of us, as a society, to... for Éric Duhaime to take a second out of every minute out of his day to meet these people.

M. Derraji : And they receive, they receive everything, they receive all the data coming from INSPQ. So, we have... As an MNA, if we want to follow, like, our role, we receive everything to have, like, the real portray. So, they just, like, do what they can, so, to read the data and, you know, to say if they want to be with the family or to protect the public.

Journaliste : ...going to the meeting this afternoon.

M. Fortin : Let me say this. In what world does any of us or any party leader say: No, I can't meet with you, to a family who has gone through what Zachary Miron's have gone through?

Journaliste :  ...juste en français sur le...

M. Fortin : Oui, oui, absolument.

Journaliste : ...projet de loi n° 8.

Mme Cadet : Oui.

Journaliste : Donc, vous, vous vous opposez. Pouvez-vous me répéter ça?

Mme Cadet : Oui. Dans le fond, hier vous avez entendu mon collègue vous dire que, pour protéger la langue française, là, il fallait qu'on utilise les meilleurs moyens possibles. Donc, nous, on a analysé le projet de loi sur cette lancée-là, puis ce qu'on réalise, là, c'est... la méthode qui est proposée par la CAQ, ce n'est pas la meilleure façon de pouvoir protéger la langue puis s'assurer que des adultes puissent... pourraient avoir, donc, une meilleure maîtrise du français. On va se le dire, là, au primaire puis au secondaire, les enfants ont une obligation de fréquentation scolaire. Donc, chaque enfant qui arrive au Québec, là, il doit être assis, là, sur une chaise dans une école en quelque part. Ça fait que, s'il ne va pas en anglais, il va en français. Mais, chez les adultes, évidemment, il n'y a pas d'obligation de fréquentation scolaire.

Donc, quelqu'un qui est confronté, qui se dit : Bien, moi, je veux faire un retour à l'école... Parce qu'avec les données qu'on a, c'est que ce sont... c'est que... De façon générale, donc, selon donc, ce sondage-là, bien, les... donc, on a... donc, 50 % des répondants étaient âgés de plus de 35 ans puis 27 % de plus de 45 ans. Donc, on parle ici de gens qui font un retour aux études. Ce qu'on comprend, c'est que ces personnes-là ne sont pas obligées de le faire. Donc, si on leur dit : OK, bien, vous devez absolument le faire en français, il n'y a absolument aucune garantie que ces personnes-là vont aller suivre leur formation professionnelle en français. Donc, ces gens-là vont tout simplement rester chez eux. Donc, est-ce qu'ils vont plus apprendre le français à la maison? La réponse est non.

Donc, tant qu'à ne franciser personne, moi, je préfère qu'on mette... qu'on mette plus d'argent puis qu'on investisse ou qu'on mette plus d'efforts en matière de francisation. Parce que ces adultes-là, bien, lorsqu'on les dirige vers la francisation, là, on a une voie sûre vers la bonne maîtrise du français, mais, en leur disant : Bien, il faut absolument que vous fassiez ce cours-ci, qui ne sera pas nécessairement disponible dans leur région, tu sais, pour toutes sortes de raisons, bien, ça ne veut pas nécessairement dire qu'ils vont faire le transfert automatique d'un réseau à l'autre, bien, à ce moment-ci, on n'aura francisé personne. Donc, ce n'est pas une mesure qui nous permet véritablement de protéger le français ici, puis... donc on ne la trouve pas efficace.

Journaliste : ...dans cette version-là, vous étiez défavorable.

Mme Cadet : Dans?

Journaliste : En anglais, là, vous avez dit, comme : Le projet de loi a... tel que présenté.

Mme Cadet : Bien non, bien, je veux dire... Non, ce que je voulais dire ici, quand je dis «dans cette version», je veux dire dans sa... dans sa mouture, c'est-à-dire dans qu'est-ce qui nous a été présenté.

Journaliste : ...

Mme Cadet : Oui, oui. Bien, c'est ça, est-ce que, dans le fond...

Journaliste : ...la formation professionnelle et aux adultes, vous êtes en désaccord avec ça.

Mme Cadet : Non, c'est ça. On est en désaccord parce qu'on ne pense pas que ce soit une mesure qui soit efficace. Tu sais, ici, c'était juste dire : Parce qu'on attendait donc de voir le projet de loi tel que déposé, donc, on l'a lu. C'est dans cette perspective-là que je disais «version».

M. Fortin : J'ajouterais... j'ajouterais juste un...

Journaliste : ...à voter?

M. Fortin : Pardon?

Journaliste : Est-ce que vous vous attendez à voter là-dessus la semaine prochaine?

M. Fortin : Mais... vas-y, Madwa.

Mme Cadet : Bien non. C'est sûr qu'on n'aura pas le temps de voter là-dessus. Et je pense que le gouvernement, là, ne s'attend pas à ce qu'il y ait un vote sur ce projet de loi ci. S'il pensait vraiment que c'était une avenue qui était si importante que ça, bien, il l'aurait déjà déposé, ce projet de loi là.

Jean-François Roberge, en novembre 2023, moi, je me souviens, j'étais déjà porte-parole, il... c'était déjà quelque chose qui était dans l'air, puis par la suite, woups, il a complètement oublié ça, et là on est à minuit moins une de la fin de la session parlementaire puis il nous dépose ça.

Les groupes n'ont pas le temps de mener des consultations, de venir présenter leurs observations, les... Ça vient toucher quand même un nombre important de Québécois. Donc, il nous faut des consultations.

Vous avez entendu Marc Tanguay hier, donc, se lever puis dire : Bien, il en faut, comme on le demande dans tous les projets de loi, pour faire une démarche qui est sérieuse. Donc, nous, on ne s'attend pas à ce qu'on se rende jusqu'au bout avec ce projet de loi ci.

M. Fortin : Puis j'ajouterai, j'ajouterais peut-être juste une chose. La position... la position du Parti libéral aujourd'hui, là, c'est la position qui a été défendue par plusieurs premiers ministres du Parti québécois au fil des années, c'est-à-dire que les adultes au Québec peuvent choisir leur parcours de formation en fonction de ce qu'ils croient qui est meilleur pour leur réussite. Ça, c'est la position qui a été défendue, là, historiquement par plusieurs premiers ministres du Parti québécois. Je ne vous les nommerai pas tous, mais ça a toujours été la ligne qui a été tracée... l'ADN qui a été tracé, notamment par M. Parizeau.

(Fin à 9 h 12 )