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(Onze heures trente-six minutes)
Mme Labrie : Donc, bonjour,
tout le monde. Je suis accompagnée aujourd'hui de plusieurs étudiants de l'Université
de Sherbrooke à la Faculté de droit et de leur enseignant, qui viennent de
participer à un processus de rédaction de projet de loi que je viens de déposer,
en leur nom, aujourd'hui, à l'Assemblée nationale. Ce n'est pas la première
fois qu'ils font ça. Dans le passé, il y a des étudiants en droit de l'Université
de Sherbrooke qui avaient rédigé un projet de loi sur l'obsolescence
programmée, qui a fini par avoir des suites puis à être adopté à l'Assemblée
nationale. Donc, on espère que l'initiative d'aujourd'hui aura des suites aussi.
C'est un projet de loi qui vient,
finalement, transposer législativement certaines des recommandations qui
étaient dans le rapport de la commission spéciale sur les écrans et les médias
sociaux et de leurs impacts chez les jeunes. Donc, moi, je trouve ça beau à
voir que la société civile et les jeunes qui sont ici avec moi veulent que le
gouvernement prenne à corps cet enjeu-là, ne laisse pas dormir sur une tablette
le rapport qui a été déposé il y a plus d'un an déjà. Il y a plusieurs mesures
très intéressantes dans le projet de loi qui le... qui viennent nous soumettre
aujourd'hui. J'espère fortement que le prochain gouvernement va s'en inspirer
pour légiférer, parce que déjà, on a tous applaudi que le... les téléphones
soient retirés de nos écoles, mais on ne peut pas s'arrêter là. Il y a beaucoup
d'autres mesures à mettre en place pour mieux protéger les gens des effets
néfastes de médias sociaux et d'écrans. Donc, je leur cède la parole pour vous
le présenter.
M. Laplante (Ulysse) : Bonjour,
tout le monde. Mon nom est Ulysse Laplante, je suis étudiant à la Faculté de
droit de l'Université de Sherbrooke. Donc, le projet qui a été présenté
aujourd'hui, là, et qu'on a rédigé ensemble comporte plusieurs aspects dans la
démarche, là, qui nous a amenés, là, à un résultat final. Donc, parmi ceux-là,
c'est sûr qu'il y a l'identification d'une problématique. Nous, nous avons
grandi au XXIᵉ siècle, dans une ère où le numérique est en plein développement
et où nous avons été aux premières loges, là, pour réaliser qu'effectivement
une utilisation, là, des écrans, des médias sociaux ou des jeux vidéo dans un
environnement qui n'est pas bien encadré, peut mener à des conséquences qui
sont problématiques pour les jeunes et pour la société.
Cette conclusion, on la sort de notre
expérience personnelle, mais on la sort aussi du rapport de la commission qui a
été déposée, là, il y a quelque temps déjà. Et, face à ces aspects-là, on est
arrivés à la conclusion qu'on ne pouvait pas attendre, là, que le... le rapport
soit ressorti, là, dans plusieurs années. Il fallait qu'on aille de l'avant en
tant que citoyens pour déposer une initiative qui allait amener à du
changement.
Un autre aspect de cette initiative-là
vient aussi avec notre programme d'études. Donc, à l'Université de Sherbrooke,
on a développé différents systèmes d'apprentissage expérientiel qui nous
permet, dans des situations plus concrètes, de faire nos apprentissages en tant
que futurs juristes. C'est d'ailleurs ce qui nous a amenés, justement, à
rédiger ce projet de loi qui a été déposé aujourd'hui pour démontrer qu'on peut
tirer des apprentissages et faire de nous des... des étudiants plus... plus
complets, mieux formés, en... en mettant de l'avant des initiatives citoyennes
qui peuvent mener à un changement concret. C'est aussi, justement, en venant
joindre notre pouvoir de citoyen qui nous permet, là, de justement faire des
actions comme ça auprès de l'Assemblée nationale, qu'on montre qu'en tant
qu'étudiants, même si des fois on peut se sentir loin du pouvoir politique, on
peut quand même, si on travaille assez fort, mener à un impact concret.
M. Leclerc (Jérôme) : Donc,
Jérôme Leclerc, étudiant à l'Université de Sherbrooke en droit, moi aussi.
Donc, moi, je vais venir un petit peu expliquer les... les modifications que
l'on a voulu apporter. Donc, tout d'abord, on a voulu venir préciser le vide
juridique autour du contrat d'adhésion aux réseaux sociaux. Donc, même si,
effectivement, on ne paie rien lorsqu'on s'inscrit sur ces réseaux, ça reste
qu'on donne accès à nos données personnelles que les compagnies utilisent
ensuite pour faire des millions de dollars et les vendre pour faire de la
publicité. Donc, on a voulu mieux venir représenter la réalité et réglementer
ces multinationales, donc dans un objectif de protection des utilisateurs.
Ensuite, on a voulu venir définir ce
qu'étaient les réseaux sociaux via une définition assez large pour s'adapter à
la multitude qui sont présents aujourd'hui, mais aussi à ceux qui n'existent
pas encore et qui pourraient se développer dans le futur. On a aussi mis l'âge
de la majorité numérique à 16 ans. Pour ce faire, on s'est inspirés du
rapport de la CSESJ, mais on s'est aussi inspiré de notre expérience
personnelle, donc en fonction des effets qui sont recensés des réseaux sociaux
sur les jeunes, donc, notamment de l'anxiété, troubles du sommeil, troubles de
l'estime de soi pour venir mettre cet âge à 16 ans. On vient mettre aussi
plus de pression sur le commerçant, donc les immenses compagnies, de vérifier
l'âge, d'informer sur les risques et aussi d'inciter l'utilisateur à limiter
son temps d'écran, donc toujours dans un objectif de protection des
utilisateurs.
Mme Amrani (Sarah-May) : Sarah-May
Amrani, également étudiante en droit à l'Université de Sherbrooke. J'ai eu la
chance, avec des collègues, de travailler sur les jeux vidéo, un sujet
d'envergure, que je pourrais dire. On est conscients que les enfants sont
particulièrement vulnérables à ce genre de mécanismes. Qu'est-ce que je veux
dire par mécanismes? C'est des mécanismes qui incitent à l'engagement. On
veut... ce qu'on recherche, en fait, par ce travail, c'est sensibiliser en
interdisant les processus cachés qui poussent les utilisateurs à consommer
davantage. Puis on est bien conscients que c'est le genre de trucs que les
jeunes puis même les parents ne sont pas conscients. C'est pour ça qu'on a
décidé d'interdire, en bas de 13 ans, ce genre de mécanismes.
Également, on a interdit, pour les moins
de 18 ans, les lots aléatoires payants. Pourquoi faire ça? Parce qu'on
trouve que c'est plutôt contradictoire d'interdire les casinos, d'interdire les
jeux d'argent aux mineurs, mais de quand même leur permettre, d'une certaine
façon, de retrouver ce même genre de plaisir qui pourrait mener à des futures
addictions en retrouvant ce même... je dirais, ces... ces mêmes jeux, ces mêmes
plaisirs, comme j'ai dit plus tôt, en jouant à des jeux vidéo puis... C'est ça.
Mme Labrie : Donc, je
remercie les étudiants qui ne prennent pas tous la parole aujourd'hui, mais qui
ont tous participé à la rédaction de ce projet de loi. Ils ont fait un travail
extraordinaire, très rigoureux, très sérieux. Ils montrent l'exemple de ce que
le gouvernement devrait faire pour donner suite aux recommandations qui sont
dans le rapport. Donc, j'espère que, comme... comme la dernière fois, avec
l'obsolescence programmée, ils réussiront à influencer le processus législatif,
là, dans l'avenir. Merci.
(Fin à 11 h 42)