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Point de presse de M. André Fortin, chef de l’opposition officielle, et M. Marc Tanguay, leader parlementaire de l’opposition officielle

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le vendredi 12 juin 2026, 7 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Sept heures quarante-neuf minutes)

M. Fortin :Bonjour, tout le monde. Merci d'être.... merci d'être avec nous pour le bilan, le bilan de session du Parti libéral du Québec. Je vous présente le chef du Parti libéral du Québec, M. Charles Milliard.

M. Milliard (Charles) : Merci. Merci beaucoup. Mon Dieu, c'est fantastique! On devrait faire ça tous les matins. Alors, merci, merci beaucoup d'être ici ce matin. Donc, chers amis, aujourd'hui prend fin la dernière session parlementaire de la 43e législature. Et elle se termine dans un contexte particulier, un contexte où les Québécois réalisent combien les choses ont changé depuis la dernière élection de 2022, et combien le Québec n'a pas su tirer profit de tous ces changements-là. Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, ici, comme partout au Québec, les défis s'accumulent, les occasions se perdent, et la conviction s'est installée que le gouvernement actuel passe plus de temps à gérer les conséquences de ses erreurs plutôt qu'à préparer l'avenir. Ce que les Québécois ressentent aujourd'hui, c'est le sentiment qu'après huit ans d'un même gouvernement, il y a un cycle politique qui enfin tire à sa fin.

Depuis février, depuis que les militants m'ont confié le privilège de diriger le Parti libéral du Québec, j'ai le privilège justement de diriger une équipe talentueuse. Cette équipe-là a tenu le phare ici, à l'Assemblée nationale, et a talonné, en Chambre et en commission, ce gouvernement si décevant. Je veux d'ailleurs remercier toute l'équipe à mes côtés et plus particulièrement André. André, tu as été un chef parlementaire redoutable, et on est vraiment chanceux d'avoir pu compter sur ton expérience. Et...

(Applaudissements)

M. Milliard (Charles) : Oui. Et évidemment j'ai hâte, et j'espère, moi aussi, avoir le privilège de pouvoir siéger ici dès le 5 octobre ou le 6 octobre prochain à titre de député d'Orford.

Alors, d'ici là, j'ai la chance de faire ce que j'aime le plus, c'est-à-dire d'aller à la rencontre des Québécois. Et ce que j'ai entendu partout, c'est la même chose, il y a quelque chose de brisé en ce moment au Québec et les Québécois sont prêts à tourner la page. Après huit ans, le gouvernement caquiste est usé, à court d'idées, à bout de souffle. Le sac à manigances, le sac à coups d'éclat est vide. Et, de l'autre côté, bien, le Parti québécois n'a qu'une seule chose à nous proposer, on le sait, la séparation.

Alors, pendant que la CAQ cherche des excuses et que le PQ cherche un pays, les Québécois cherchent des solutions. Ni l'un ni l'autre ne peut réellement changer la donne parce qu'ils sont déconnectés de la réalité des Québécois. Et c'est pour ça qu'on est là. C'est pour ça que le Parti libéral du Québec s'engage à réparer le Québec. Mais, réparer le Québec, ça ne suffira pas. La semaine qui s'achève nous illustre aussi combien il faut redonner confiance aux Québécois, redonner de l'ambition, redonner de l'espoir pour que demain soit justement meilleur qu'aujourd'hui.

Et, pour réparer, il faut d'abord en avoir les moyens. Alors, ces moyens-là, c'est la création de richesses. Parce que la richesse collective, c'est ça qui va payer nos écoles, nos hôpitaux, nos routes. Un Québec qui produit, qui investit, qui fait confiance à ses entrepreneurs, c'est un Québec qui a les moyens de prendre soin de son monde. Alors, c'est notre point de départ. Il n'y a pas de grande réparation s'il n'y a pas de grandes richesses.

Et plusieurs tâches nous attendent pour réparer le Québec rapidement. On va construire plus de logements, plus vite et moins cher. Parce que la crise du logement, c'est la crise du coût de la vie, et ça touche tout le monde. On va aussi repenser notre système d'éducation avec la convocation d'états généraux sur l'éducation. Pas une réforme de plus par-dessus les autres, pas une petite rencontre de 90 minutes avec un communiqué de presse, une vraie... un vrai moment de réflexion collective pour soutenir et pour inspirer à la fois nos élèves, mais aussi nos enseignants. On va aussi moderniser l'accès aux soins. Attendre des heures ou des mois, ce n'est pas digne des Québécois. Alors, de nouveaux services, comme une plateforme publique de télésanté, seront mis en place par un gouvernement libéral. Ils vont changer la donne. Et on va aussi réparer la relation avec nos régions, nos municipalités, avec qui le gouvernement a trop souvent tourné le dos et s'est trop souvent chicané. Avec nous, ce sera fini. Moi, je veux que tout le monde puisse naître, vivre, grandir et prospérer dans sa région.

Alors, au fond, ce qui est en jeu dans la prochaine élection, en terminant, ce n'est pas seulement un changement de gouvernement, c'est le choix entre poursuivre un modèle qui s'essouffle ou ouvrir un nouveau chapitre pour le Québec. Alors que cette session parlementaire se termine, que les députés rentrent à la maison et que les autobus de campagne s'échauffent, c'est le temps de commencer à rêver enfin à un nouveau Québec. Un Québec qui cesse de gérer le déclin, qui commence à construire l'avenir et un Québec qui a confiance en lui-même. Chers amis, ensemble, on va réparer le Québec. Merci.

(Applaudissements)

M. Milliard (Charles) : Merci. Alors, je cède la parole rapidement à André Fortin.

M. Fortin :Merci. Merci, Charles. Merci à vous tous. Je veux revenir sur la session parlementaire qui nous a... qui nous a occupés. Ça a été une session, effectivement occupée, mais surtout je suis fier de dire tout le travail qui a été fait par les députés qui sont ici, qui sont ici derrière moi. Ils l'ont fait dans un... dans un temps réduit, après la pause parlementaire imposée par le gouvernement de la Coalition avenir Québec, et ils ont réussi à démontrer que le nouveau gouvernement de la CAQ, bien, il ressemble beaucoup, beaucoup au vieux gouvernement de la CAQ. En fait, il n'y a rien qui a changé. Et ce qu'on a vu, ce que les députés du Parti libéral ont démontré, c'est que... l'ampleur du gaspillage caquiste. Et ça, ça n'a pas changé. C'était vrai pour la filière batterie avec l'ancien premier ministre, c'est vrai pour la filière batterie avec la nouvelle première ministre. C'était vrai dans le cas des dérapages informatiques avec l'ancien premier ministre, c'est encore vrai dans le cas de l'ampleur des dérapages informatiques avec la nouvelle première ministre.

C'était vrai dans les dépenses électoralistes à la François Legault qu'on connaissait et les dépenses électoralistes à la Christine Fréchette, bien, ils sont exactement dans le même moule. Et ce que les députés du Parti libéral ont réussi à faire, c'est démontrer, dans le fond, que la... le gouvernement qu'on a, c'est le même gouvernement qu'on avait il y a quelques mois. Il est incapable de gérer l'argent des Québécois, il ne fait aucune gestion de risque, il dépense sans compter. Il dépense, surtout, pour faire avancer ses intérêts partisans plutôt que les intérêts des Québécois. Alors, que ce soit Christine Fréchette, que ce soit François Legault, la CAQ n'a pas changé et, cette démonstration-là, c'est les gens qui sont ici, c'est les députés du Parti libéral qui l'ont fait, ce n'est pas le Parti québécois, ce n'est pas Québec solidaire. C'est des gens ici qui ont travaillé tous les jours pour le bien des Québécois. Merci.

M. Tanguay : On aura eu l'occasion de terminer cette session parlementaire comme la... comme elle avait débuté avec François Legault. Un gouvernement qui manque de rigueur, un gouvernement brouillon, un gouvernement qui bâcle, qui... sur des enjeux fondamentaux d'accès aux services de qualité et en temps et faire en sorte de bien gérer les finances publiques. Ce qui a commencé sous François Legault, rappelez-vous, en janvier, se termine sous Christine Fréchette avec un style de leadership. Les quelques semaines que nous avons eu à questionner, l'équipe libérale rigoureuse, ce mauvais gouvernement-là, nous auront toujours bien permis de sortir, de sortir des traits de caractère d'une première ministre qui... qui face à ses responsabilités : Ce n'est pas de sa faute, elle n'était pas là, c'était avant moi. Elle était là dans les quatre dernières années.

Alors, nous avons voulu, face à des projets de loi qui abordaient des sujets excessivement importants, loi de Clare, PL... le P-38 — on verra la suite des choses aujourd'hui — cartes électorales, les finances publiques, les crédits... on a su évidemment collaborer, mais on n'aura pas bâclé. Je suis fier de l'équipe libérale, fier des collègues députés qui, dans tous les dossiers, il n'y a pas... Imaginez-vous, en huit ans, en quatre ans, durant cette session, il n'y a pas une seule minute de Parlement où il n'y avait pas une députée du Parti libéral ou un député du Parti libéral, pas une seule minute. C'est ça, la rigueur de l'équipe libérale! Merci.

M. Milliard (Charles) : Bravo!

La Modératrice : Merci. On va maintenant passer aux questions. Je vous invite à vous identifier et à vous limiter à une question, une sous-question. On va commencer avec Alain Laforest, TVA.

Journaliste : Pas besoin de me nommer, c'est fait.

M. Milliard (Charles) : On vous connaît, on vous connaît.

Journaliste : Bonjour à tous. M. Milliard, je sais que vos équipes de communication vous ont préparé, là, je pose toujours la même question, mais écoutez bien.

M. Milliard (Charles) : D'accord, j'écoute.

Journaliste : Le bon coup, mauvais coup, pas pour la session, pour les quatre dernières années. Et dites-moi pas : Je n'étais pas chef. Vous portez le poids du Parti libéral pour la prochaine campagne électorale. Quel a été le bon coup et le mauvais coup de votre parti pour les quatre dernières années?

M. Milliard (Charles) : Je pense que le bon coup, c'est la capacité de... de se réinventer, quand je regarde les gens qui sont derrière moi, mais les gens qui étaient au conseil général à Sherbrooke, dans une salle bondée au Delta la semaine passée, où j'ai présenté les 52, 53 premiers candidats. Alors, je suis très, très fier de l'équipe. Je suis très fier des gens qui sont derrière vous en ce moment, les journalistes, c'est-à-dire l'équipe, l'équipe de l'aile parlementaire. Alors, la capacité de se renouveler pour un parti, vous le savez, qui existe depuis 1867.

Le mauvais coup. Écoutez, je vous dirais que c'est... j'ai envie de parler de moi aussi un peu quand même, si vous me permettez, dans le sens que sans égocentrisme, je pense que... puis ça va vous faire sourire, je pense que j'ai... dans les quatre derniers mois, j'ai peut-être un peu sous-évalué la... la dynamique avec la presse parlementaire. Alors, j'ai travaillé avec les médias, j'ai travaillé avec les médias depuis plusieurs années, mais vous êtes une classe à part, chers amis, devant nous. Alors, c'est un compliment quand même, mais sérieusement, j'ai peut-être un peu sous-évalué la dynamique, ce qui fait que, parfois, je n'ai peut-être pas été en mesure d'encapsuler certains messages qui sont importants et, à travers vous, je parle aux Québécois.

Alors, c'est un métier que j'apprends. J'ai le privilège d'avoir servi, évidemment, dans le milieu de la santé, de l'éducation et de l'économie au Québec, mais ça, c'est un nouveau muscle. Et donc je veux... je veux prendre le temps de le signaler, parce qu'on est à l'époque des bilans. Alors, on est à l'époque de reconnaître et de s'améliorer.

Journaliste : Donc, vos équipes de communication vous ont bien préparé.

M. Milliard (Charles) : Bon! on les remercie.

Journaliste : Deuxième question : Votre principal défi pour la campagne électorale qui est déjà commencée, là. Est-ce que c'est le déficit de notoriété?

M. Milliard (Charles) : Bien, écoutez, je regarde les sondages comme vous. Je suis conscient que je suis chef du Parti libéral depuis quatre mois. J'ai des adversaires qui sont chefs depuis plusieurs années ou d'autres qui sont... qui sont au gouvernement, donc qui ont les moyens du gouvernement aussi pour faire des annonces. Alors, dans ce contexte-là, quand je regarde le travail fait dans les quatre derniers mois et quand je regarde surtout la réponse sur le terrain, oui, c'est un défi, mais c'est un défi que je vais relever et c'est un défi que je vais vaincre. Et, avec l'équipe ici, on va réussir à faire en sorte que le 5 octobre prochain, tous les Québécois qui se pointeront dans un bureau de vote sauront c'est qui, Charles Milliard, et c'est quoi que le Parti libéral du Québec a à proposer. Alors, défi accepté.

Journaliste : Bonjour.

M. Milliard (Charles) : Bonjour.

Journaliste : Marc-André Gagnon du Journal de Québec. Vous avez mentionné que les autobus de campagne... de campagne s'échauffent, et vous avez répété, je pense, à deux ou trois reprises, qu'il faut réparer le Québec. Est-ce que c'est, le slogan du Parti libéral que l'on va lire sur cet autobus?

M. Milliard (Charles) : Je n'ai pas de slogan... à annoncer ce matin, mais c'est certain que ce sera un enjeu important, parce que le Québec, que ce soit au niveau financier, que ce soit au niveau des services publics, que ce soit au niveau du vivre-ensemble, on n'est pas du tout au sommet de notre... au sommet de notre art, comme peuple, et on doit réparer le Québec. Alors, il y en a qui veulent le séparer, il y en a d'autres qui veulent le réparer.

Journaliste : Donc, réparer le Québec, ça pourrait ressembler à quelque chose comme ça, là, sur l'autobus?

M. Milliard (Charles) : Écoutez, suivez, suivez l'actualité, là.

Journaliste : À l'approche des élections, on voit quand même que l'écart, entre les différents partis, hein, dans les intentions de vote, se resserre. Quel sera votre principal adversaire, à ce moment-ci, selon vous?

M. Milliard (Charles) : Écoutez, moi, je me bats contre le malaise actuel qu'on a au Québec et la volonté de changement des Québécois. Alors, pour moi, c'est clair que ce sera une bataille entre nous et le Parti québécois, entre la séparation puis entre la réparation du Québec, encore une fois. Les gens que je côtoie à tous les jours, ce qui fait en sorte que je ne suis pas toujours à l'Assemblée nationale, sur le terrain, ils veulent clairement du changement. Ils sont sans équivoque depuis un an dans les sondages, ils veulent du changement. Alors, cet été, on ira à leur rencontre, on leur proposera notre plan de match, notre équipe, et les Québécois... les Québécois vont trancher.

Journaliste : Bonjour. Valérie Gamache à Radio-Canada. Vous dites, la lutte sera entre nous et le Parti québécois, mais, dans votre bilan, vous attaquez principalement Christine Fréchette, disant que c'est du pareil au même. Vous ne croyez pas que la CAQ est de retour dans la course?

M. Milliard (Charles) : Écoutez, c'est le bilan de la fin de session. Le gouvernement, c'est la Coalition avenir Québec. Je ne peux pas critiquer le gouvernement du Parti québécois, parce que, Dieu merci, ça n'arrivera pas. Alors, on va... On critique le gouvernement actuel, un gouvernement qui tente de se réinventer, qui tente de donner une autre couche de peinture sur des joints qui sont apparents, c'est-à-dire des joints économiques, déficients. Regardez la dernière semaine, là, si on pensait, si on pensait qu'on avait tout entendu cette semaine. On a la Vérificatrice générale du Québec qui est venue dire que les investissements se font à la va-comme-je-te-pousse, se font de façon désordonnée. On a les investissements dans Nemaska Lithium qui ont été annoncés... qui ont été révélés ce matin, qui font l'objet de mises à jour verbales. Écoutez, on a même, moi, je n'ai jamais vu ça, l'Ordre des CPA, ce matin, qui se dissocie de certains de ses membres qui sont des CPA dans le gouvernement, pour ne pas nuire à la réputation de l'ordre. Écoutez, là, ça, c'est... On pourrait rire, mais on ne rira pas parce que ce n'est pas drôle du tout.

Alors, cette semaine-là, cette semaine a montré justement... Cette semaine a montré deux choses, a montré le manque de compétence et de rigueur du gouvernement de la Coalition avenir Québec et a révélé le manque d'ambition et le manque de compréhension du milieu économique de la part du Parti québécois. Et là je fais référence au refus de soutenir le projet de TGV. Je considère que c'est une déclaration qui va très mal vieillir pour M. St-Pierre Plamondon. Comment peut-il ne pas avoir plus d'ambition pour le Québec? Il se targue souvent d'avoir visité le monde, d'avoir été partout, bien, il sait que partout, surtout dans les pays du G7, il y a des trains à grande vitesse, il y a de l'ambition pour que les gens se déplacent. Et quand il y a de la fluidité chez les humains, il y a de l'économie autour de ça, il y a du tourisme. Alors, moi, je dirais honte au Parti québécois pour cette décision-là, et les Québécois trancheront là-dessus. 

Journaliste : Et puis, sur une touche plus personnelle, sur une touche plus personnelle, vous avez dit tantôt : J'ai sous-évalué peut-être la dynamique avec la presse parlementaire. Est-ce que vous trouvez la courbe d'apprentissage vertigineuse?

M. Milliard (Charles) : Non, je la trouve excitante. À tous les matins que je me lève, depuis le 13 février, je suis reconnaissant. C'est un privilège, c'est un privilège de travailler aussi fort. Mais c'est un privilège de rencontrer des gens de toutes les strates de la société, de me promener partout au Québec. Ça fait 25 ans, pour ceux qui ne me connaissent pas, apparemment, ça fait 25 ans que je me promène dans ma voiture, que ce soit à titre de vice-président d'Uniprix, que ce soit président de la Fédération des chambres de commerce. Mais là, je le fais dans la perspective de recruter des gens pour changer le Québec, parce que le but d'être ici, en ces murs, c'est de proposer des lois, changer des lois pour s'assurer que les Québécois vivent mieux demain qu'aujourd'hui. Alors, c'est un grand privilège. C'est extrêmement exigeant. Je comprends que des gens se questionnent. Et j'en rencontre, des gens, en ce moment, où je leur demande de faire le saut en politique. Je comprends des gens d'hésiter, parce que c'est très exigeant, parce que c'est un don de soi. Il y a énormément d'abnégation autour de la chose politique. Mais, en même temps, il ne faut pas se surprendre aussi qu'il y ait des gens qui aient... qui ont de la difficulté à quitter la politique, parce que c'est un... c'est une dose d'énergie puis d'opportunité incroyable. On pourrait même dire c'est un buzz incroyable. Et c'est ce qui fait qu'on est tous rassemblés puis tous dynamiques aujourd'hui, quand même, à 7 h 55 le matin et des poussières. Voilà.

Journaliste : Bonjour, M. Milliard.

M. Milliard (Charles) : Bonjour.

Journaliste : Marie-Michèle Sioui du Devoir. Sachant que le Québec est brisé, là, je présume, selon vous, puisque vous dites qu'il faut le réparer, est-ce que le Québec est en danger si le Parti québécois gagne en octobre?

M. Milliard (Charles) : Bien, il faut définir «danger», mais le Québec est à risque d'aller encore plus mal si on a une élection du Parti québécois. Avec le contexte géopolitique actuel, avec toutes les opportunités économiques que nous offre le potentiel du Québec et des Québécois, ce serait... ce serait d'un dommage sans nom, je vais vous le dire comme ça.

Moi, j'ai toujours été membre du Parti libéral du Québec. J'ai toujours pensé que le Québec est un... une fière partie du Canada, le Québec est une fière nation qui est capable d'assumer... d'assumer ses pleines compétences. Parce qu'une fédération canadienne, ce sont des provinces qui sont souveraines dans des champs de compétence, et c'est le rôle du premier ministre ou de la première ministre du Québec de défendre ces champs de compétence là. Mais, à l'intérieur du Canada, on a un potentiel de développement qui est incroyable. On fait partie d'un ensemble américain qui est mis à mal aussi, on fait partie d'un G7 qui est un fer de lance de la relance mondiale en ce moment puis on fait partie de la francophonie économique aussi. Donc, on fait partie de grands ensembles qui, je pense, nous servent bien.

Alors, les Québécois, je termine là-dessus, jusqu'à présent, nous suivent là-dessus, parce que, de façon chronique, de façon claire, les Québécois disent qu'ils ne veulent pas de référendum. De façon claire, M. Plamondon dit qu'il veut un référendum. Alors, les Québécois sont contre un référendum, pour le TGV. M. Plamondon est contre le TGV, pour un référendum. On se reverra sur les routes du Québec jusqu'en octobre prochain.

Journaliste : Puis, par rapport au sondage de cette semaine, pourquoi les Québécois vous ne font pas confiance pour être premier ministre? Puis combien de temps vous vous donnez pour renverser cette tendance-là?

M. Milliard (Charles) : Bon, bien, je vais répondre à la deuxième question en premier. Je me donne jusqu'au 4 octobre en soirée, parce que je vais travailler tous les jours des 110, 115 jours qui restent pour gagner la confiance des Québécois. C'est difficile pour certains Québécois d'aimer quelqu'un qu'ils ne connaissent peut-être pas. Alors, je vous l'ai dit, je suis chef depuis quatre mois, pas depuis 14 ans. Alors, je vais utiliser tout le temps à ma disposition. Mais je pense que l'équipe aussi... ça commence à paraître, et ça commence à paraître chez nos adversaires, je pense qu'ils le sentent, que l'équipe que je suis en train de mettre en place, c'est une équipe de qualité, qui représente la diversité du Québec. Et il ne faut pas seulement penser... En politique, le chef c'est important, mais l'équipe, c'est important aussi. Et moi, je veux être le chef d'une équipe. Je ne veux pas être le chef, point. Je veux être le chef d'une équipe. Et, quand je recrute ces gens-là, les 18 qui sont derrière moi, les 116 autres plus moi qui vont venir, je veux que ces gens-là soient élus et représentent la diversité du Québec. Alors, je vais demander aux Québécois de juger mon travail, mais de juger aussi la capacité des gens autour de moi d'assurer les grandes fonctions de l'État.

Journaliste : Mais, quand ils vont vous connaître, ils vont vous aimer?

M. Milliard (Charles) : Bien, écoutez, même vous, vous me... vous commencez à me connaître, vous aussi, là.

Journaliste : Merci.

M. Milliard (Charles) : Bien, écoutez, je ne veux pas présumer... je ne veux pas présumer du jugement des Québécois, mais, écoutez, je...

Des voix : ...

M. Milliard (Charles) : Il y a... Plus... Plus sérieusement, il y a beaucoup de cœurs à prendre dans cette élection-là. C'est une élection qui va être enlevante, et je vais tout donner pour gagner la confiance des Québécois.

Journaliste : Merci.

Journaliste : Bonjour, mesdames, messieurs.

M. Milliard (Charles) : Bonjour.

Journaliste : Justement, parlant de cœurs à prendre, si vous voulez espérer former un gouvernement, il va falloir aller chercher le cœur des francophones et des régions, et, en ce moment, vous échappez ce vote-là, là, selon les sondages. Qu'est-ce que vous allez faire pour convaincre les francophones et les régions de voter pour le Parti libéral?

M. Milliard (Charles) : Bien, c'est une réponse qui va être très pragmatique. C'est l'équipe et c'est d'être sur le terrain. Vous le savez, là, vous couvrez mes...

Journaliste : Oui, mais ça ne peut pas être juste ça, là. Il faut quevous arriviez avec des propositions à faire.

M. Milliard (Charles) : Bien, bien sûr. Bien sûr, il va y avoir des propositions, mais, si je ne vais pas à la rencontre des Québécois pour leur proposer, ça n'arrivera pas. Alors, c'est pour ça que je suis autant sur le terrain à recruter des candidats. Vous avez vu des gens comme le docteur Cécile Tremblay, comme Pierre Cossette à Sherbrooke, comme Julie White ici, à Québec, des gens qui mettent leur vie professionnelle sur pause pour se présenter. Alors, ça, c'est important.

Deuxièmement, ce n'est pas si compliqué que ça, c'est-à-dire que, quand on regarde les priorités des Québécois, j'imagine que les Québécois vont vouloir se faire parler de ces priorités-là durant la campagne électorale. Puis les priorités, ce n'est pas la souveraineté. Les priorités, c'est le coût de la vie, c'est l'économie, c'est la santé, c'est l'éducation. Alors, les propositions que j'ai commencé à mettre en place parlent de ça. Bâtir une plateforme de télésanté pour avoir des consultations virtuelles partout au Québec, convoquer des états généraux sur l'éducation, qu'on n'a pas faits depuis 30 ans, offrir un crédit de TVQ pour les constructions neuves de 500 0 $ et moins, augmenter le financement du programme des travailleurs de rang pour aider nos agriculteurs qui n'arrivent pas à cause de la hausse du coût de l'essence. Alors, ce sont des mesures concrètes que je vais vouloir proposer dans le cadre de la campagne. Il y en aura d'autres, vous connaissez... vous connaissez les campagnes mieux que moi. M. Lacroix, on ne peut pas tout dévoiler en ce 12 juin 2026, mais on aura des propositions claires, chiffrées et rigoureuses dans la campagne.

Journaliste : Et à quel point vous avez hâte que l'UPAC et le DGEQ arrivent avec les résultats de leurs enquêtes respectives?

M. Milliard (Charles) : Bien, écoutez, j'ai hâte, j'ai hâte, mais je ne vais pas s'ingérer dans le processus d'enquête puis je ne vais pas faire des demandes sur des... des dates précises. Moi, je...

Journaliste : ...des gens au parti qui le font, M. Milliard. Il y a des... il y a des téléphones qui se font à l'UPAC pour savoir : Bien là, avez-vous besoin de renseignements supplémentaires parce que nous autres, on aimerait ça que ça arrive vite, là.

M. Milliard (Charles) : Bien, écoutez, je pense que, dans l'intérêt, dans l'intérêt suprême des Québécois, on a besoin d'avoir la lumière sur des choses qui se sont passées, je le rappelle, dans le cadre de la dernière course au leadership et non qui visent le Parti libéral directement. Merci.

Journaliste : Oui, bonjour! Fanny Lévesque, La Presse. Vous vous définissez comme le parti de l'économie. Bon, François Legault avait sa filière batterie, Mme Anglade avait le projet ÉCO, Paul St-Pierre Plamondon parle d'un gouvernement de PME. Quel sera votre grand projet économique, vous, M. Milliard?

M. Milliard (Charles) : M. Plamondon serait bien avisé d'écouter mes discours des cinq dernières années, parce que s'il y a quelqu'un qui a parlé des PME dans les cinq, six dernières années, du besoin de revitaliser nos régions par renforcer le tissu entrepreneurial au Québec, c'est bien moi. Alors, les entreprises de 50, 100, 150 employés qui nous écoutent seront bien avisées de voir que c'est un Parti libéral... c'est un gouvernement libéral qui va leur dérouler le tapis rouge puis générer de la croissance partout au Québec.

Sur le projet... Merci. Sur le projet de M. Legault, sur la filière batterie, bien, écoutez, là, on laissera les... on laissera les Québécois juger de ça. Puis d'ailleurs, on se demande si M. Legault est vraiment parti parce qu'il est très actif cette semaine pour défendre son bilan.

Journaliste : Mais le vôtre, M. Milliard, le vôtre, M. Milliard, c'est quoi?

M. Milliard (Charles) : Alors, le mien sera... j'en ai... j'en ai présenté quelques éléments lors du conseil général à Sherbrooke, donc baisse du fardeau fiscal pour les PME, doter le Québec d'une vraie politique industrielle, avoir un moratoire sur le fardeau administratif des entreprises, des PME et, en passant, des municipalités aussi.

Alors, pourquoi le projet du Québec, ce ne serait pas, justement, de réparer ce qu'on a, de réparer le legs que nous ont laissé les générations et les gouvernements précédents, toutes couleurs confondues, et de s'assurer qu'ensemble, on donne un meilleur espoir à nos jeunes? Parce qu'en ce moment, moi, je considère que nos jeunes manquent d'espoir, nos aînés manquent de services et les gens dans le milieu manquent de moyens. Alors, d'avoir un projet de... électoral qui est calqué sur le quotidien des gens, je trouve que c'est porteur d'avenir.

Journaliste : Ce matin, on a des révélations nouvelles au sujet de Nemaska Lithium, à savoir que le gouvernement prévoyait déjà en 2023 donner beaucoup plus d'argent que ce qu'on avançait à l'époque, 250 millions, est-ce que vous avez l'impression qu'on nous a caché des choses là-dedans? Comment vous décrivez les agissements du gouvernement dans ce dossier-là?

M. Milliard (Charles) : Bien, écoutez, inacceptables. Et le problème, ce n'est pas d'investir à l'occasion dans des entreprises, le problème, c'est de ne pas respecter des mécanismes de suivi. Donc, quand c'est rendu que la Vérificatrice générale sort un rapport qui dit qu'il y a jusqu'à 700, 800 millions de dollars qui ont été mal suivis, ça, c'est combien d'écoles, c'est combien d'hôpitaux à rénover? C'est ça, l'argent qui nous manque, elle est dans des projets qui ont fait faillite ou dont on a masqué les processus d'investissement. Ce matin, dans La Presse, on parlait de mise à jour verbale. Ce n'est pas une république de bananes, le Québec, là. On fait des investissements. On a des mécanismes de suivi, on a des fonctionnaires qui font leur travail. Et quand ça ne va pas, on le dit, on dit la vérité aux Québécois. C'est assez simple.

Journaliste : Mais est-ce que c'était dans le dessein de cacher des choses?

M. Milliard (Charles) : Je ne peux pas... je ne peux pas vous parler des intentions des uns et des autres, ce que je peux vous dire, c'est que les gens, cette semaine, ont découvert un gouvernement brouillon sur plusieurs projets économiques. Et, Dieu merci, il y a des alternatives.

Journaliste : Oui. Bonjour! Valérie Gaudreault, Le Soleil. Vous avez évoqué la presse parlementaire. Vous savez que les chefs élus, ils peuvent nous voir même plusieurs fois par jour. Est-ce qu'il y a eu un désavantage ou même peut-être un avantage à être un chef extra-parlementaire?

M. Milliard (Charles) : Il y a des avantages, des désavantages parce que c'est important quand on... quand on arrive dans un parti, de se faire connaître, évidemment, des Québécois, alors j'ai été beaucoup, beaucoup sur le terrain. Donc, je suis venu, je dirais, environ deux jours, deux jours et demi par semaine. Ce qui m'a aidé, c'est que j'ai une confiance inaltérable envers les gens et les hommes et les femmes qui sont derrière moi, qui ont eu... qui ont eu quand même, reportons-nous, une année en dent de scie. Alors, je veux vraiment, encore une fois, les remercier d'être là, de se tenir forts et fiers avec leur chef. Puis, pendant ce temps-là, moi, je suis parti à la conquête de candidats.

Et maintenant, bien, je vous annonce que vous aussi, vous vous amenez sur le terrain. Puis on prend quelques jours, quelques semaines de congé, mais on va être très, très actifs. Il n'y a pas beaucoup de congés au Parti libéral du Québec cet été.

Journaliste : D'ailleurs, j'ai un peu perdu le...

(Applaudissements)

Journaliste : ...peut-être un... un petit peu perdu le fil, là, des investitures. Tous ces gens-là sont officiellement candidats au moment où on se parle?

M. Milliard (Charles) : Oui, tout le monde est candidat ici. On est à 52 candidatures. En toute honnêteté, le Parti québécois est autour de ça, alors que la CAQ est à moins 40.

Journaliste : Oh! il y en a un qui n'est pas... qui n'a pas eu son investiture, c'est ça?

M. Milliard (Charles) : Oui. Écoutez...

Des voix : ...

Journaliste : Dimanche, lundi, bon. Merci.

M. Milliard (Charles) : Oui, tenues ou imminentes.

Journaliste : Voilà.

M. Milliard (Charles) : Précision. Soyons rigoureux.

Journaliste : Bonjour.

M. Milliard (Charles) : Oui.

Journaliste : Rémi Léonard, Le soleil. M. Milliard, vous déclarez qu'un cycle politique est terminé. Donc, la... il faut tourner la page sur la CAQ. Même si vous en parlez en ce moment, parce que c'est le bilan de fin de session, pour être clair, est-ce que ça veut dire que, dorénavant, vous tournez la page et vous allez... vous concentrez... vous concentrez vos attaques sur le Parti québécois exclusivement?

M. Milliard (Charles) : Bien, j'ai du respect pour tous les adversaires. Donc, ça, c'est dans ma nature. On a aussi le Parti conservateur Québec solidaire qui sont là. Donc, il y aura des batailles intéressantes dans chaque comté. Je pense, ce serait illusoire de dire que chaque comté va avoir des batailles similaires, mais je pense qu'en ce moment, soyons honnêtes, le Parti québécois a dominé beaucoup de sondages dans les deux dernières années, et leur option principale est à l'encontre de ce que veulent les Québécois. Alors, c'est certain que c'est un adversaire important. Pour moi, c'est un adversaire, ce n'est pas un ennemi. Alors, je vais essayer de parler à tous les... je vais parler à tous les Québécois durant la prochaine campagne, avec respect, avec méthode. On va laisser les Québécois trancher. Mais clairement, pour moi, au niveau national, les gens ont le choix entre séparer le Québec et réparer le Québec.

Journaliste : Puis un mot sur vos états généraux en éducation. Vous dites que vous voulez inspirer le milieu, mais qu'on ne veut pas de grandes réformes de structure. Comment faire en sorte que ce ne soit pas simplement une coquille vide, là, ce...

M. Milliard (Charles) : En fait, ce sera tout sauf une... sauf une coquille vide. Ce que je veux dire, c'est que je vais présenter les grands pans de cette consultation-là, mais je ne veux pas que ce soit une simple réforme de structure puis de rebrasser un organigramme, je veux qu'on adresse la question du décrochage des jeunes, je veux qu'on adresse la question des aides à la classe, je veux qu'on s'assure que nos cursus scolaires sont modernisés et je veux qu'on s'attaque à quelque chose qui n'existait pas il y a 30 ans, ou peu, c'est-à-dire le décrochage enseignant. Je vous rappelle qu'il y a un enseignant sur cinq après cinq ans qui quitte la profession. C'est inacceptable. Et il y a là un creuset de notre prospérité qui... qui n'est pas là et qu'on doit retrouver au Québec.

Journaliste : Merci. Bonjour. Patrice Bergeron, La Presse canadienne. Bonjour à vous tous. M. Milliard, bonjour. Je vais vous lire une déclaration de la première ministre qui... «On est allé chercher plus que notre juste part.» Ce n'est quand même pas arrivé souvent dans l'histoire du Québec, qu'un premier ministre du Québec dise une chose pareille du fédéralisme. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça? Puis est-ce que vous trouvez que c'est une bonne position de négociation avec Ottawa?

M. Milliard (Charles) : Elle pourrait... C'est une bonne question. On pourrait dire... on pourrait rajouter à la citation : On a eu plus que notre part, avec sept ans de retard, pour la majorité de ce budget-là, parce qu'il y a des argents là-dedans... Et moi, j'ai salué cette entente-là, parce qu'en ce moment il y a un... il y a une première ministre au Québec, il y a un premier ministre au Canada, puis je m'attends à ce qu'ils gèrent l'intendance jusqu'au 5 octobre prochain. Donc, le Québec, le Canada ne sont pas sur pause en ce moment. Alors, s'il y a des ententes qui sont bonnes pour le Québec, je vais être là pour les saluer. On ne va pas non plus ériger une statue à Christine Fréchette pour avoir cherché... été chercher de l'argent qui a déjà été budgété dans le dernier budget de M. Champagne et des argents qui, je m'excuse, niaisent à Ottawa depuis près de sept ans dans le cadre, exemple, du tramway de Québec.

Ceci étant dit, le fédéralisme, moi, j'y crois d'une façon quand même asymétrique. Donc, d'aller chercher des sommes pour... pour des éléments comme le transport en commun, je trouve ça important, mais on doit faire respecter aussi nos champs de compétence. Alors, les conditions traditionnelles du Québec semblent avoir été respectées, mais on n'a pas tous les détails de cette entente-là. Moi, ce que je vais offrir aux Québécois, c'est un leadership québécois qui est décomplexé par rapport au Canada, c'est-à-dire qu'on veut être un rapport de force, on va avoir une tension utile avec Ottawa. C'est sûr qu'on va se chicaner une fois de temps en temps, mais, en bout de ligne, on veut que le Québec fasse partie de la fédération canadienne, parce qu'on a beaucoup à aller chercher.

Alors, la tergiversation de Mme Fréchette sur la question nationale, s'il y a quelqu'un qui pense que ça sert les intérêts du Québec, ce n'est certainement pas moi.

Journaliste : Mais, si je vous comprends bien, là, vous... on est en train de passer le message que le Québec obtient plus que sa juste part. Puis ça, ça fait votre affaire, qu'on dise une chose pareille, ou...

M. Milliard (Charles) : Je ne dis pas que le Québec obtient plus que sa juste part. Je dis que beaucoup de ces sommes-là sont arrivées très en retard. Il y a des...il y a une nouvelle entente, entre autres, sur les infrastructures hospitalières, qui a été annoncée. Alors, pourquoi ne pas... pourquoi ne pas être content qu'on ait plus d'argent au Québec?Mais Mme Fréchette n'exerce pas le meilleur type de leadership qu'on peut exercer dans la fédération canadienne, parce que, sur la question nationale, entre autres, elle n'est pas capable de se prononcer. Et je l'ai mentionné à plusieurs reprises, sur des questions comme ça, il n'y a pas de zone grise qui existe.

Journaliste : Qu'est-ce qu'il est arrivé avec votre candidat qui a été éjecté dans Montmagny, je crois, ou...

M. Milliard (Charles) : Côte-du-Sud.

Journaliste : ...Côte-du-Sud, excusez-moi.

M. Milliard (Charles) : En fait, il y a eu une investiture... Merci pour la question. Il y a eu une investiture ouverte qui a été tenue il y a deux ou trois semaines. Alors, évidemment, tous les gens sont libres de se présenter. Depuis l'élection, j'ai eu des informations sur... sur des allégations qui...

Journaliste : Quel genre?

M. Milliard (Charles) : ...qui me causaient des problèmes. Alors, moi, quand j'ai de l'information, j'agis. Alors, j'ai pris la décision que c'était tolérance zéro et que le candidat ne serait pas mon candidat dans Côte-du-Sud. Donc, il y aura une nomination qui sera fait très bientôt.

La Modératrice : On va y aller en anglais...

Journaliste : D'allégations... allégations...

M. Milliard (Charles) : Écoutez, par respect pour... pour la vie privée, là, je vais m'en tenir à ça, mais j'ai pris la bonne décision dans... avec les informations que j'avais.

La Modératrice : Merci.

M. Milliard (Charles) : Merci.

La Modératrice : Cathy.

Journaliste : Bonjour. Good morning. Mr. Milliard, you became the leader of the Québec Liberal Party in mid-February. Four months later, you're here. You don't have much time left. You know that your main challenge is that you're not known by Quebeckers. Summer is starting, what will you do to reverse the situation? What will it take?

M. Milliard (Charles) : Well, I'll do... I'll do all my best. I'll be on the ground with my team. I'm going to keep on recruiting amazing candidates throughout Québec. And, you know, Quebeckers are still alive during the summertime. They're at rodeos, festivals, on the beach, in the camping... on camping grounds. So, I'm going to be... I'm going to be meeting with Quebeckers throughout the summer, and we're going to have a very hectic and amazing campaign. I'll be on the road for 35, 36 days. We're going to have plenty of debates from what I've heard. So, I'm... I'm 100% certain that Quebeckers will know me by the time they head to the polling stations on October 5th.

Journaliste : One of your main arguments is to say that your... the PQ wants to separate Québec, you want to reparate Québec, and then there is no space for the oui camp. The CAQ ministers that are for the sovereignty and others that are for federalism, there is no space for that. Is it sufficient to distinguish yourself for Quebeckers?

M. Milliard (Charles) : No, it's not sufficient, and we're going to have very pragmatic solutions to propose to Quebeckers, implementing an online platform of virtual, you know, medical consultations is an example, asking all the education sector to come to our new états généraux is another one, proposing a tax credit for new houses is another example. So, again, kitchen table issues, bread and butter solutions. This campaign is going to be all about that.

Journaliste : Merci.

M. Milliard (Charles) : Merci.

Journaliste : Olivia O'Malley, CTV News. You said that you need to repair Québec. So, how will the Liberal Party repair Québec?

M. Milliard (Charles) : Well, again, by proposing very pragmatic solutions, because when we look at the economy, we have a deficit that seems to have gone down miraculously yesterday. We'll see about that. We'll see what the Vérificatrice générale has to say on the real, you know, state of the union when it comes to the finance of Québec on August 17th. So, we need to repair Québec economically, we need to repair Québec when it comes to public services, and we need to repair the tone, the tone of politics in Québec. With myself as premier, with my team, as part of the government, we're going to have a more reuniting tone, a more positive tone, a more respectful tone with all Quebeckers. And I think it's about time we have that in Québec.

Journaliste : Your biggest challenge that you're facing is that Quebeckers just don't know you. I know you're going to have time on the campaign trail, but I'm wondering maybe if you have one fun fact about yourself that you could share?

M. Milliard (Charles) : One fun fact?

Journaliste : Something that people don't know, just to get to know you a little better.

M. Milliard (Charles) : Well... well, I'm going to a rodeo in townships tomorrow, so I'm going to need to find a cowboy hat today. That would be a fun fact. If you have any address to provide, that'd be great.

Journaliste : St-Tite.

M. Milliard (Charles) : No, it's in my riding, actually. It's in Ayer's Cliff, so...

Des voix : ...

M. Milliard (Charles) : Yeah, I know they sold them in St-Tite, of course. Yes?

Journaliste : Jack Wilson, Montreal Gazette. You say Quebeckers don't know you, but maybe it's fair to say they know you better now...

M. Milliard (Charles) : I didn't say that. You said that.

Journaliste : Well, you said they don't know you well enough, and you need to get to know them. They know you better now than they did a month ago, but your poll numbers are down 5%. So, are you still kind of fine tuning the image you need to show Quebeckers? What's going on there?

M. Milliard (Charles) : If I'm what?

Journaliste : ...would it be fair to say you're still sort of fine tuning the image of yourself that you have to show Quebeckers?

M. Milliard (Charles) : Well, there's always fine tuning to do in politics. If a politician thinks he has nothing to change over the course of a week. He doesn't belong to politics. So, I'm all about fine tuning. We talked about some good things that I did, some things that I need to improve. I'm all about improving myself and I'm all about… I'll do whatever I can to gain the trust of Quebeckers. I think that's the more… the more direct way to say that.

Journaliste : We heard you saying : We need more housing. We hear that from maybe every politician, you could say. So, what does it actually mean? Does that mean more social housing? Does that mean cutting regulations in the hopes that the private sector will fix this issue? What are you talking about?

M. Milliard (Charles) : Yes. It means all kinds of housing, especially affordable housing, but especially also in certain regions of Québec, where the occupancy rate is preventing some regions for being more prosperous. So, we proposed the first step of our plan a couple of weeks ago, with a credit on the TVQ. And along… during the campaign, we will be proposing more elements of that housing plan. But every political party needs to take that issue seriously even though the CAQ refused to admit there was… there was a «crise du logement» in the past eight years until recently.

Journaliste : Dan Spector from Global News. Language… The French language is always a topic that Anglophones are interested in. We know your language policy is coming soon, but what is the importance to you of balancing promoting the French language while not making Anglophones feel attacked?

M. Milliard (Charles) : Well, you know, I'm the leader of the Liberal Party of Québec, so I'm all about, you know, promoting the diversity of Québec. But at the same time, the official language of Québec, obviously is French, as everybody knows. And I think that all Quebeckers from all walks of life, from all around the world, need to recognize the fact that that French is the core of Québec. And again, as you mentioned, in the coming days, I will be presenting a plan that will be both about preventing… you know, promoting and protecting French on all different types of levels. So, I can't wait to be doing that in the coming days.

Journaliste : And what do you think is going to be the ballot question in the upcoming election, and what do you wish it would be?

M. Milliard (Charles) : Well, I hope it's going to be about what do we want for Québec in the future? Do we do we want it to be a strong part of a of a strong country, or do we want to go into a project that is all about uncertainty and about… and about potential problems? I think it's going to be one of the ballot questions. I hope, it's not going to be all about that, only about that, because we have very pressing issues in Québec, and I hope we're going to have a lot of our time talking about education, health care, because those are the two main core basic mission of the state of Québec.

Journaliste : Mélissa Francois from CBC News. So, you've been a leader for four months, as you were saying, what is the main thing you think you have to improve with this election campaign coming up?

M. Milliard (Charles) : Well, I think, I need Quebeckers to know me more. So, I need to be…

Journaliste : How?

M. Milliard (Charles) : Well, I need… again, I'm not going to invent a new answer, I need to be on the ground. I need to shake hands with Quebeckers, to look them in the eyes and ask for their trust. And I'm doing that on a personal level, but on a team level as well, because, you know, I'm not going to be in the… in all the 125 ridings at the same time during the campaign. So, the team will be… the team will be, you know, providing a platform and we'll be asking for that… for that trust. That's… You know, the politics is human sciences, it's all about gaining trust of people, and you do that on the ground.

Journaliste : You were talking about repairing the province. What is the main thing that you see that needs to be repaired?

M. Milliard (Charles) : Economy, because the economy is our collective passport for more public services. So, we have been sold an accountant government in 2018. They were re-elected in 2022. And here we are with a deficit with some secrets, with some secret deals. We need a new government. We need a new take on the economy of Québec. And those people and myself, we'll be providing that.

La Modératrice :Merci beaucoup, tout le monde.

M. Milliard (Charles) : Merci. Juste avant de terminer, je voudrais sincèrement, du plus profond de mon coeur, remercier l'équipe de l'aile parlementaire qui est ici. Vous avez fait de cette session-là un succès. Et je vais vous revoir bientôt sur les chemins de la campagne, et on a se revoir dans la prochaine session parlementaire. Et je vous remercie beaucoup d'être là, vous rendez la chose possible. Merci.

(Fin à 8 h 31)

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