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Point de presse de M. André Albert Morin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de justice, et Mme Brigitte B. Garceau, porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine

Version préliminaire

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Thursday, February 19, 2026, 8 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement


 

8 h 25 (version non révisée)

(Huit heures et vingt-quatre minutes)

M. Morin : Alors, bonjour. Ce matin, avec ma collègue Brigitte, nous allons vous parler de constitution, parce qu'on a demandé une séance de travail qui va se dérouler plus tard aujourd'hui. On a terminé hier les consultations de la Constitution caquiste de M. Simon Jolin-Barrette, et ça a été amplement rapporté dans les médias, comme vous le savez, ça ne s'est pas du tout bien passé avec tous les membres des Premières Nations. En fait, on n'a pas pu avoir véritablement de dialogue et ce qu'on a appris c'est qu'il n'y avait pas eu non plus de consultations en amont. Alors, on est devant une situation qui est évidemment troublante et choquante. Donc, c'est la raison pour laquelle nous, on a demandé à la commission une séance de travail.

Je vous dirai également, et ça, ma collègue va vous en parler dans quelques instants, mais le ministre, avec l'article 29, pour l'interruption volontaire de grossesse, a réussi à avoir un consensus complet contre lui. Et on apprenait hier que la candidate à la chefferie, Mme Fréchette, va retirer l'article. Alors, on ne sait pas jusqu'à quel point le ministre de la Justice est souverain. Mais il y a une chose qui est sûre : Là-dessus, il y a un consensus contre lui. Et je cède la parole à ma collègue Brigitte.

Mme Garceau : Merci beaucoup, André. Bon matin à toutes et à tous. C'est sûr que ce matin, la demande est au ministre de la Justice, c'est de retirer immédiatement l'article 29 qui porte sur la protection du droit à l'avortement. On a reçu des messages clairs et sans équivoque de tous les groupes de femmes qui sont venus en commission parlementaire : les organismes féministes, le Conseil du statut de la femme, le Barreau du Québec, la Fédération du Québec pour le planning des naissances, et j'en passe, les experts, les médecins. Tout le monde unanime, il faut retirer l'article 29. Pourquoi? Parce que le ministre est en train de créer une brèche juridique. Il est en train de créer une menace au droit des femmes à l'avortement au Québec en 2026. On a eu des jeunes femmes qui sont venues nous parler du fait qu'on n'a jamais parlé autant de l'avortement depuis le dépôt de ce projet de loi. Là, en ce moment, ça suffit parce que, qu'est-ce qui va se passer, on est en train d'alimenter les groupes, les mouvements anti-choix ici, au Québec, parce que tout ce qu'ils attendent en ce moment, c'est l'adoption de cette disposition législative afin de pouvoir la contester devant les tribunaux, afin de pouvoir restreindre les droits des femmes à l'avortement et aussi de mettre des conditions. C'est complètement aberrant. Ça suffit. L'autonomie reproductive des femmes appartient aux femmes et non pas au ministre de la Justice. C'est elles qui sont souveraines sur leur corps. On va exiger le retrait aujourd'hui. Merci.

Journaliste : Comment vous expliquez l'entêtement du ministre?

Mme Garceau : On lui a posé la question à plusieurs reprises. Et qu'est-ce qui est vraiment désolant dans toute cette affaire, c'est que c'est les mêmes groupes qui sont en train de rejouer dans le même film caquiste de 2023-2024, qui a fait en sorte que la ministre Biron avait reculé parce qu'il y avait une vive contestation de tous les groupes. Ça fait que penser à tous ces groupes qui sont maintenant face à un ministre, que lui, il dit, il est souverain, «c'est moi qui va protéger le droit des femmes». Non, M. le ministre, le droit des femmes, là, à l'avortement, il est pleinement protégé par des décisions, cinq décisions de la Cour suprême, les chartes québécoises. Les femmes l'ont dit : Les juristes, ne touchaient pas à... aux droits des femmes. On n'a pas besoin de légiférer, parce que tout ce que vous êtes en train de faire, c'est de fragiliser le droit des femmes à l'avortement au Québec.

Journaliste : Comment vous expliquez quand même la sortie de Mme Fréchette? Je veux dire, tout ce monde-là était au même... était à la même table, au Conseil des ministres, comment ça se fait qu'elle elle arrive comme ça puis, pouf, elle propose, ça, alors que Jolin-Barrette défend ça depuis des mois? C'est quoi, votre explication?

Mme Garceau : Bien, regardez, comment se fait-il qu'elle... je veux dire, Mme Fréchette, elle écoute... elle a écouté les femmes, elle a écouté les groupes. On se le dit, là, c'est unanime, mais c'était aussi unanime en 2024, quand Mme Biron a reculé et elle s'est dit : Vous savez, tous les groupes me le disent, le vrai enjeu, là, ce n'est pas de légiférer, c'est de donner... d'améliorer l'accès à l'avortement ici, au Québec.

Journaliste : ...les voix de Mme Biron, de Mme Fréchette n'ont pas été entendues, vous pensez, au Conseil des ministres? C'est quand même des... des ministres influentes.

Mme Garceau : Oui. Puis là il y a une question de l'entêtement du ministre de la Justice, puis qu'on l'a déjà vu dans d'autres domaines également. Et j'espère que... Et surtout, je vais le mentionner, suite au témoignage du dernier, de la dernière personne hier, qui démontre à tel point que la menace de contester la protection du droit à l'avortement au Québec, elle est présente. Il l'a vu, il a... il a été témoin de ça hier, et donc j'ose croire que... Il dit qu'il est là pour protéger les droits des femmes, qu'il n'en a jamais fait autant pour les droits des femmes, mais, aujourd'hui, prenez la décision de protéger le droit de l'avortement....


 
 

8 h 30 (version non révisée)

Mme Garceau : ...aux femmes et retirez l'article 29.

Journaliste : ...article par article, il suffira de demander de retirer cet article-là, au fond, c'est ce que vous allez faire comme demande? Vous siégez à la commission, si je me rappelle bien. Donc, c'est ce que vous allez demander?

Mme Garceau : Oui. Oui, oui, mais, pourquoi, en ce moment, là, tout ce qu'il est en train de faire le ministre de la Justice...

Journaliste : Ça crée l'incertitude puis...

Mme Garceau : L'angoisse des femmes. L'angoisse des femmes de dire : On va reculer des décennies en ce qui a trait à notre droit d'avoir un avortement, qu'on décide quand, à quel moment. Parce qu'en ce moment, le problème, puis on l'a vu avec la Clinique des femmes de l'Outaouais, qui est le seul point de service dans la région de l'Outaouais, il est là, le problème. Si on veut vraiment protéger les droits de femmes, ce n'est pas l'article 29, c'est de donner l'accès aux femmes, d'améliorer les points de service, d'en avoir plus dans nos régions. Et aussi, il y a de la désinformation en ce qui a trait au droit à l'avortement ici au Québec puis il faut financer les organismes, qu'ils puissent aller contrer cette désinformation-là. Parce que ça aussi, ça affecte la santé des femmes.

Journaliste : Croyez-vous que c'est une diversion? Certains ont évoqué cette hypothèse que le ministre sait qu'il va le retirer, mais qu'il utilise cet article-là comme une diversion?

Mme Garceau : Ça se peut très bien. Il y en a, des groupes, qui l'ont mentionné, et c'est ça qui est vraiment regrettable pour moi, là, en tant que femme. J'ai une fille aussi de 26 ans. On a eu des témoignages de jeunes femmes qui disent : Je ne peux pas croire qu'on est en train de redébattre cet enjeu-là dans une société démocratique. J'espère qu'il va faire la bonne chose et de retirer l'article aujourd'hui.

Journaliste : Est-ce que vous étiez plutôt favorables au retour de Mme Rizqy, vous deux?

M. Morin :Pour le retour de Mme Rizqy...

Des voix : ...

M. Morin : Pour le retour de Mme Rizqy... Non, non, pas du tout. Notre chef a pris une décision, on a eu une discussion au caucus. Le caucus est derrière le chef. On est très solidaires. Je vis très bien avec sa décision. Et il vous a expliqué hier ce qu'il en était.

Journaliste : Mais pour vous, là, le fait de laisser de côté la lanceuse d'alerte, donc, qui, sur le plan éthique, a une image publique assez forte, est-ce que c'était une bonne, une bonne chose à faire de laisser de côté la lanceuse d'alerte?

M. Morin :Je vais vous répéter, notre chef a pris une décision, il vous l'a expliqué hier. On en a...

Des voix : ...

M. Morin :Oui, oui, vous demandez... vous demandez à M. Morin. On était à huis clos. Vous savez très bien que les discussions du caucus sont confidentielles. Je vais...

Journaliste : ...lanceuse d'alerte?

M. Morin : Oui, oui.

Journaliste : On a vu tout ce que ça... ça a mené à quoi, donc, est-ce que vous êtes en train, est-ce que votre chef et vous avez décidé de punir la lanceuse d'alerte?

M. Morin :D'ailleurs, ça, mon chef a répondu à ça très clairement hier : ce n'est pas une punition, il l'a dit clairement et il a reconnu aussi les mérites de Mme Rizqy en tant que parlementaire. Cependant, c'est sa décision, il vous l'a expliqué. Je l'appuie entièrement là-dedans, et le caucus est derrière lui.

Journaliste : ...il y a de nouvelles informations, donc, hier, la Commissaire à l'éthique a décidé qu'il n'allait pas y avoir d'enquête concernant le dossier sur Mme Rizqy, elle-même. C'est confirmé. Donc, il a fait son point de presse avant cette déclaration de la Commissaire à l'éthique. Est-ce que ça change la donne?

M. Morin :Bien, mon chef vous l'a expliqué hier, il a parlé de...

Journaliste : ...

M. Morin : ...Oui. Pour la Commissaire à l'éthique, vous avez raison, elle a rendu sa décision après. Cependant, M. Milliard parlait de l'ensemble du processus judiciaire. Il y a un volet qui n'est pas terminé. Il veut sagement prendre le temps de regarder tous les paramètres de cette question. Et il a pris sa décision. Et je suis solidaire.

Journaliste : ...répéter ce qu'il a dit en conférence de presse, mais ce n'est pas son opinion. Elle qu'on veut, c'est la vôtre, à vous, là. Vous avez le droit d'avoir votre voix, là. On ne vous demande pas de dévoiler les secrets des discussions au caucus, là. On comprend ça que c'est confidentiel. Vous, personnellement, là, est-ce que ça vous attriste? Est-ce que vous auriez aimé que Mme Rizqy revienne au caucus? C'est votre opinion, à vous, là, qu'on veut. À vous, là. Dans votre cœur, à vous, pas celui de Charles Milliard, le vôtre.

M. Morin :Dans mon cœur à moi, M. Lacroix, j'appuie entièrement la position de mon chef et je suis solidaire de la décision de mon chef. Je l'appuie entièrement là-dessus.

Journaliste : Vous, Mme Garceau?

Journaliste : ...vous voyez comme une lanceuse d'alerte? Bien, vous pouvez répondre, Mme Garceau...

Journaliste : Vous, Mme Garceau, dans votre coeur à vous?

Mme Garceau : Moi, c'est la même chose. Regardez. Le caucus est derrière notre chef. Il y a eu des discussions, une décision a été prise par le chef et on appuie notre chef.

Journaliste : Est-ce que vous, là, les lanceurs d'alerte, est-ce que c'est important pour... pour vous?

M. Morin : Écoutez...


 
 

8 h 35 (version non révisée)

M. Morin : ...lanceurs d'alerte, c'est fondamental. D'ailleurs, il y a plusieurs mois, j'ai siégé en commission parlementaire où on a apporté des modifications pour protéger davantage les lanceurs d'alerte. Alors, oui, dans l'ensemble de la fonction publique, du gouvernement, de l'État, les lanceurs d'alerte sont essentiels, et il faut... et il faut les protéger.

Journaliste : ...Mme Rizqy, vous la percevez comme une lanceuse d'alerte?

M. Morin : Écoutez, sincèrement, là, moi, je ne la perçois pas comme ça, quand on regarde les paramètres dont on a travaillé, notamment, dans la législation. Maintenant, je sais qu'on l'a décrite aussi comme ça. Je vous répète que c'est une parlementaire aguerrie, elle fait très bon travail, et voilà.

Journaliste : Pourquoi elle n'entre pas dans la définition?

M. Morin : Bien, écoutez, ça dépend de l'ensemble des faits. Puis ça, je pense que Mme Rizqy a probablement des éléments qui fait qu'elle en a parlé avec différentes autorités et journalistes. Moi, là-dessus, là, je ne peux pas vous en dire davantage.

Journaliste : ...quel message ça envoie à la population, qui aime beaucoup Mme Rizqy, qu'elle ne... qu'elle ne réintègre pas votre équipe?

M. Morin : Le message est le suivant : Écoutez, dans toute formation politique, là, on a un caucus, on discute au caucus, les discussions du caucus sont confidentielles. Par la suite, notre chef a pris une décision, et je suis solidaire entièrement de la décision de mon chef.

Journaliste : Comment étaient vos relations avec Mme Rizqy, l'un et l'autre, là? Comme vous les qualifieriez?

M. Morin : Personnellement, j'ai toujours eu de bonnes relations avec Mme Rizqy.

Journaliste : Vous, Mme Garceau?

Mme Garceau : Oui, moi aussi.

Journaliste : Je veux juste comprendre sur les lanceurs d'alerte, parce que vous avez dit : Elle a peut-être parlé à des journalistes. Mais lanceur d'alerte, c'est aussi se rendre aux autorités, là. C'est ce qu'on comprend sans doute de ce qui s'est passé, elle a rencontré l'UPAC. Donc, le fait qu'on... une élue d'un caucus rencontre des autorités policières, qu'est-ce qui explique qu'au lieu de lui faire confiance on décide de l'exclure d'un caucus au lieu de se fier à la lanceuse d'alerte qui s'est présentée devant des autorités, policières dans ce cas-ci? Pourquoi on a... Ça revient au même, un lanceur d'alerte qui est un fonctionnaire qui... finalement, on décide de le tasser le temps d'une enquête. C'est un peu particulier. On ne fait pas confiance à la personne qui dévoile peut-être des informations qui pourraient mener à des accusations criminelles? J'essaie de comprendre la logique...

M. Morin : Oui. Non, je vous comprends.

Journaliste : ...derrière le fait qu'on tasse quelqu'un qui décide de prendre un risque personnel pour se rendre devant des autorités pour dénoncer une situation éthiquement peut-être complexe ou peut-être illégale. Pourquoi c'est elle qui écope?

M. Morin : Alors, deux choses. Oui, effectivement, ce qu'on sait, c'est que l'UPAC est en train de faire une enquête criminelle, ils nous l'ont dit. Je vais laisser l'UPAC faire son enquête criminelle.

Maintenant, pour revenir à la décision hier, après la discussion au caucus, je vous l'ai dit, je vous le répète, notre chef a pris une décision, et je suis entièrement solidaire de la décision de mon chef.

Journaliste : ...

M. Morin : Mais c'est ma réponse, monsieur.

Journaliste : Est-ce que les... Juste une dernière chose, là. Les spécialistes qui demandent 14,5 %, est-ce que c'est raisonnable?

M. Morin : Là, vous parlez des médecins spécialistes. Bien, je vous dirai que, là-dessus, là, moi, je ne vous donnerai pas un chiffre ce matin. D'ailleurs, mon chef parlementaire, si ma mémoire est bonne, ne vous en a pas donné hier. Mais il y a une chose qui est sûre cependant, quand on regarde toute la saga avec les médecins... Rappelez-vous le projet de loi n° 2, adopté par bâillon, on nous l'a mis dans la gorge. Et là ce qu'on voit, c'est que le gouvernement de la CAQ est en train de rétropédaler sur tout. Alors, en termes de politiques publiques, en termes de législation, c'est probablement le pire exemple qu'on peut donner à une population. C'est ça, le gouvernement de la CAQ. Alors là, il va falloir que le gouvernement, là, se remette à la table, puisse avoir une discussion constructive avec les médecins spécialistes, parce qu'en bout de piste ce sont des patients qui risquent d'en faire les frais. Et ça, on ne veut surtout pas ça au Québec.

Journaliste : Votre chef, hier, a dit : Il n'y a pas lieu de bonifier les conditions salariales des médecins. L'amélioration en santé ne passe pas par une augmentation de salaire.

M. Morin : Oui. Je suis tout à fait d'accord avec mon chef.

Journaliste : Donc, 0 % d'augmentation.

M. Morin : Bien, écoutez, moi, je vous dis, M. Lacroix, je suis entièrement d'accord avec mon chef. Je ne vais pas le contredire ce matin, bien au contraire.

Journaliste : ...de pénaliser les Québécois, là. Chaque mois où ils boycottent le DSN, les spécialistes, comme ils le font, ça nous coûte 11 millions et demi comme... comme Québécois. Donc, est-ce que vous avez des critiques envers les spécialistes aussi, comme vous en avez envers le gouvernement?

M. Morin : En fait, je vous dirais que...

Journaliste : ...pardon, pas contre...

M. Morin : La... Oui, la... vous parlez de la fédération. En fait, je vous dirais que, l'ensemble de la santé au Québec, là, il faut revoir puis il faut être capable d'améliorer, évidemment, l'accès à la première ligne, puis il faut être capable d'explorer aussi toutes les situations. Oui, il y a les médecins, il y a les médecins spécialistes, on a des IPS. En fait, il faut revoir globalement le système puis faire en sorte que les gens aient accès...


 
 

8 h 40 (version non révisée)

Journaliste : ...non, ce n'est pas ça, ma question.

M. Morin :...à la première ligne.

Journaliste : Les médecins, là, en ce moment, là, vont coûter 11,5 millions par mois aux Québécois de par leur boycott des formations sur le DSN. Comment vous qualifiez cette décision-là, étant donné les impacts sur les finances publiques, notamment?

M. Morin :Bien, c'est sûr que, s'il y a un impact sur les finances publiques, il faut être capable de revoir le système puis il faut surtout être capable de dialoguer avec les médecins. Là ce que je comprends de la situation, là, c'est qu'il y a une tension extrême entre les deux. Puis, en bout de piste, c'est les contribuables qui paient, c'est ce que vous venez de mentionner, puis c'est les patients qui paient en bout de piste. Donc, est-ce qu'on peut avoir des gens qui vont être capables de dialoguer puis de s'entendre rapidement pour le bien-être de la population?

Journaliste : On voit, là, que, bon, les infrastructures tombent en ruine dans le réseau. Vous dites : Il faut revoir l'entièreté de la manière dont ça fonctionne. Est-ce que les médecins spécialistes devraient accepter même, je ne sais pas, moi, soit pas du tout une augmentation de salaire ou même une réduction pour pouvoir participer à cet effort de guerre là, pour essayer de rétablir les normes dans le réseau?

M. Morin :Tout le monde, tout le monde doit faire son effort pour rétablir le réseau. Vous avez parlé des infrastructures. Moi, il y a plusieurs mois, je suis allé à Maisonneuve-Rosemont. Littéralement, littéralement, l'hôpital est attaché avec de la broche. Je ne sais pas si vous avez vu. Il faut...

M. Morin :Mais est-ce que les médecins spécialistes devraient laisser de l'argent de côté pour aider le gouvernement à financer...

M. Morin : Écoutez, je ne vous dirai pas s'ils doivent exactement ce matin, on va les laisser négocier avec le gouvernement, puis c'est déjà assez tendu comme ça. Mais ce que je vous dis par ailleurs, c'est que tout le monde doit mettre la main à la roue, tout le monde doit faire son effort dans le système de santé, parce qu'en bout de piste, c'est les patients qui paient. Puis ça, on ne veut pas ça.

Journaliste : Concernant la décision de Transplant Québec, finalement, on sait que l'organisme ne sera pas aboli. La ministre Duranceau recule. Comment vous interprétez l'espèce de volte-face que le gouvernement a faite dans ce dossier-là?

M. Morin :Bien, c'est assez fréquent chez la CAQ, les volte-face, hein? Et c'est la preuve qu'avant de prendre des décisions, ils ne planifient jamais. Et, très souvent, ils ne font pas non plus d'analyse d'impact de ce que ça va faire. Transplant Québec, c'est un joyau au Québec. Ça fonctionne bien. Mon collègue, André Fortin, chef parlementaire, a livré une bataille pour qu'on le garde tel qu'il est parce que ça sauve des vies et c'est fondamental. Donc, nous, c'est notre position. Touchez pas à ça. Laissez la structure en place. Ça fonctionne. S'il vous plaît, hein? Si ça fonctionne bien, n'y touchez pas, surtout pas avant.

Journaliste :How did you feel yesterday? Because Marwah Rizqy is a long-time colleague, a close colleague. So how it was personally? How did you feel that you had to have this discussion?

M. Morin : Well, it's not the first time that we have very serious and delicate discussion within the caucus, that's for sure. But, at the end of the day, our chief made a decision, and I totally support my chief, Charles Milliard, in his decision.

Journaliste : Le journal reported that more than a thousand doctors have left the public network, the highest number since 2019. Is this concerning to you?

M. Morin : Oh! it is. It is very concerning. And we mentioned that, we raised that to the government before. I mean, the situation... And when you look at some regions in Québec, for instance in Outaouais, my parliamentary chief, André Fortin, mentioned that extensively. I mean, there are people leaving and this... frankly, this is very scary because there are a lot of patients who need to see a physician and they won't have access to it. So, that's really, really a scary situation, definitely.

Journaliste : How did the Ethics Commissioner's decision to not investigate Marwah impact your feelings about the decision?

M. Morin : Well, the Ethics Commissioner made her decision. As I said previously, we had a discussion within the caucus, and I'll support my chief and his decision on that subject.

Journaliste : On Chicoutimi, this is the last time I'm going to see you before the by-election on Monday night, so, how do you feel about it?

M. Morin : Well, I can tell you our candidate, Tricia Murray, did a fantastic job. She was on the field, she was part of our research team, so she knows her file. She was very good in debating, and she knows the people. She's working extensively. We have a team, different people working on the field. So, I must say that I was very, very impressed by the quality of our candidate and the work that she did and her dedication during this election.

Journaliste : On the Transplant Québec reversal, what did you make of that?

M. Morin : Well, I mean, as I mentioned in French, for the CAQ, they usually act and they think after, and that's one problem. So, they decided to change Transplant Québec, which is a great system...


 
 

8 h 45 (version non révisée)

M. Morin : ...and now they realize that they're making a mistake. And as I mentioned previously, André Fortin did a great job on that. Transplant Québecmust remain as it is right now because it is efficient. And finally, the government recognized that.

Journaliste : What would you say is... To go back to the constitution, the future of this constitution, now given, as you said earlier, like, it's like close to unanimous opinions against Mr. Jolin-Barrette's project. What... Do you think it can be adopted as is, and what's the future of that bill?

M. Morin : Well, there is no future. I said previously, scrap it. That's the only thing he should do if he's really serious about it. I mean, you should have seen the number of experts, witnesses that came and told the minister : Well, please, on that section, this is scary, don't do it. On section 29, my colleague talked about it extensively. Please remove it. Repeal it. I mean, don't adopt it, because you're putting a pressure on a lot of people for no reason at all.

Previously, I referred to the consultation or the lack of consultation with the First Nations. I mean, he did everything wrong. He had an opportunity to sit with people, to listen with them, specifically with the Indigenous communities. But he didn't do it. So, what he wants is to push a Caquist constitution as fast as he could. And now we realize, and we found yesterday, that, well, Mrs. Fréchette is not of the opinion. So, I don't think that his constitution, not the Québec constitution... his constitution has no future.

Journaliste : Do you think Mrs. Fréchette is making, wants to make the CAQ more liberal?

M. Morin : That's a good question. Frankly, I don't know, but, but seriously, I think that she listens to people, and the Minister of Justice does not.

Journaliste : So, there's no future for this bill?

M. Morin : In my opinion, no. It's wrong. It is wrong and it is... And don't get me wrong, the Québec Liberal Party is not against a constitution. We have a motion from our... that we would like a constitution, but a real constitution with a trans partisan commission that will listen to Quebeckers, and then we'll produce something that will make sense, but not his.

(Fin à 8 h 48)