Point de presse de M. André Albert Morin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de justice, et Mme Brigitte B. Garceau, porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine
Version préliminaire
Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
Le jeudi 19 février 2026, 8 h 20
Salle Bernard-Lalonde (1.131),
hôtel du Parlement
8 h 25 (version non révisée)
(Huit heures et vingt-quatre minutes)
M. Morin : Alors, bonjour. Ce
matin, avec ma collègue Brigitte, nous allons vous parler de constitution,
parce qu'on a demandé une séance de travail qui va se dérouler plus tard
aujourd'hui. On a terminé hier les consultations de la Constitution caquiste de
M. Simon Jolin-Barrette, et ça a été amplement rapporté dans les médias,
comme vous le savez, ça ne s'est pas du tout bien passé avec tous les membres
des Premières Nations. En fait, on n'a pas pu avoir véritablement de dialogue
et ce qu'on a appris c'est qu'il n'y avait pas eu non plus de consultations en
amont. Alors, on est devant une situation qui est évidemment troublante et
choquante. Donc, c'est la raison pour laquelle nous, on a demandé à la
commission une séance de travail.
Je vous dirai également, et ça, ma collègue va
vous en parler dans quelques instants, mais le ministre, avec l'article 29,
pour l'interruption volontaire de grossesse, a réussi à avoir un consensus
complet contre lui. Et on apprenait hier que la candidate à la chefferie, Mme Fréchette,
va retirer l'article. Alors, on ne sait pas jusqu'à quel point le ministre de
la Justice est souverain. Mais il y a une chose qui est sûre : Là-dessus,
il y a un consensus contre lui. Et je cède la parole à ma collègue Brigitte.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
André. Bon matin à toutes et à tous. C'est sûr que ce matin, la demande est au
ministre de la Justice, c'est de retirer immédiatement l'article 29 qui
porte sur la protection du droit à l'avortement. On a reçu des messages clairs
et sans équivoque de tous les groupes de femmes qui sont venus en commission
parlementaire : les organismes féministes, le Conseil du statut de la
femme, le Barreau du Québec, la Fédération du Québec pour le planning des naissances,
et j'en passe, les experts, les médecins. Tout le monde unanime, il faut
retirer l'article 29. Pourquoi? Parce que le ministre est en train de
créer une brèche juridique. Il est en train de créer une menace au droit des
femmes à l'avortement au Québec en 2026. On a eu des jeunes femmes qui sont
venues nous parler du fait qu'on n'a jamais parlé autant de l'avortement depuis
le dépôt de ce projet de loi. Là, en ce moment, ça suffit parce que, qu'est-ce
qui va se passer, on est en train d'alimenter les groupes, les mouvements anti-choix
ici, au Québec, parce que tout ce qu'ils attendent en ce moment, c'est l'adoption
de cette disposition législative afin de pouvoir la contester devant les
tribunaux, afin de pouvoir restreindre les droits des femmes à l'avortement et
aussi de mettre des conditions. C'est complètement aberrant. Ça suffit. L'autonomie
reproductive des femmes appartient aux femmes et non pas au ministre de la
Justice. C'est elles qui sont souveraines sur leur corps. On va exiger le
retrait aujourd'hui. Merci.
Journaliste
: Comment
vous expliquez l'entêtement du ministre?
Mme Garceau : On lui a posé
la question à plusieurs reprises. Et qu'est-ce qui est vraiment désolant dans
toute cette affaire, c'est que c'est les mêmes groupes qui sont en train de
rejouer dans le même film caquiste de 2023-2024, qui a fait en sorte que la
ministre Biron avait reculé parce qu'il y avait une vive contestation de tous
les groupes. Ça fait que penser à tous ces groupes qui sont maintenant face à
un ministre, que lui, il dit, il est souverain, «c'est moi qui va protéger le
droit des femmes». Non, M. le ministre, le droit des femmes, là, à l'avortement,
il est pleinement protégé par des décisions, cinq décisions de la Cour suprême,
les chartes québécoises. Les femmes l'ont dit : Les juristes, ne
touchaient pas à... aux droits des femmes. On n'a pas besoin de légiférer, parce
que tout ce que vous êtes en train de faire, c'est de fragiliser le droit des
femmes à l'avortement au Québec.
Journaliste : Comment vous
expliquez quand même la sortie de Mme Fréchette? Je veux dire, tout ce
monde-là était au même... était à la même table, au Conseil des ministres, comment
ça se fait qu'elle elle arrive comme ça puis, pouf, elle propose, ça, alors que
Jolin-Barrette défend ça depuis des mois? C'est quoi, votre explication?
Mme Garceau : Bien, regardez,
comment se fait-il qu'elle... je veux dire, Mme Fréchette, elle écoute...
elle a écouté les femmes, elle a écouté les groupes. On se le dit, là, c'est unanime,
mais c'était aussi unanime en 2024, quand Mme Biron a reculé et elle s'est
dit : Vous savez, tous les groupes me le disent, le vrai enjeu, là, ce
n'est pas de légiférer, c'est de donner... d'améliorer l'accès à l'avortement
ici, au Québec.
Journaliste : ...les voix de Mme Biron,
de Mme Fréchette n'ont pas été entendues, vous pensez, au Conseil des ministres?
C'est quand même des... des ministres influentes.
Mme Garceau : Oui. Puis là il
y a une question de l'entêtement du ministre de la Justice, puis qu'on l'a déjà
vu dans d'autres domaines également. Et j'espère que... Et surtout, je vais le
mentionner, suite au témoignage du dernier, de la dernière personne hier, qui
démontre à tel point que la menace de contester la protection du droit à l'avortement
au Québec, elle est présente. Il l'a vu, il a... il a été témoin de ça hier, et
donc j'ose croire que... Il dit qu'il est là pour protéger les droits des
femmes, qu'il n'en a jamais fait autant pour les droits des femmes, mais, aujourd'hui,
prenez la décision de protéger le droit de l'avortement....
8 h 30 (version non révisée)
Mme Garceau : ...aux
femmes et retirez l'article 29.
Journaliste : ...article par
article, il suffira de demander de retirer cet article-là, au fond, c'est ce
que vous allez faire comme demande? Vous siégez à la commission, si je me
rappelle bien. Donc, c'est ce que vous allez demander?
Mme Garceau : Oui. Oui,
oui, mais, pourquoi, en ce moment, là, tout ce qu'il est en train de faire le
ministre de la Justice...
Journaliste : Ça crée l'incertitude
puis...
Mme Garceau : L'angoisse
des femmes. L'angoisse des femmes de dire : On va reculer des décennies en
ce qui a trait à notre droit d'avoir un avortement, qu'on décide quand, à quel
moment. Parce qu'en ce moment, le problème, puis on l'a vu avec la Clinique des
femmes de l'Outaouais, qui est le seul point de service dans la région de l'Outaouais,
il est là, le problème. Si on veut vraiment protéger les droits de femmes, ce
n'est pas l'article 29, c'est de donner l'accès aux femmes, d'améliorer
les points de service, d'en avoir plus dans nos régions. Et aussi, il y a de la
désinformation en ce qui a trait au droit à l'avortement ici au Québec puis il
faut financer les organismes, qu'ils puissent aller contrer cette
désinformation-là. Parce que ça aussi, ça affecte la santé des femmes.
Journaliste : Croyez-vous que
c'est une diversion? Certains ont évoqué cette hypothèse que le ministre sait
qu'il va le retirer, mais qu'il utilise cet article-là comme une diversion?
Mme Garceau : Ça se peut
très bien. Il y en a, des groupes, qui l'ont mentionné, et c'est ça qui est
vraiment regrettable pour moi, là, en tant que femme. J'ai une fille aussi de
26 ans. On a eu des témoignages de jeunes femmes qui disent : Je ne
peux pas croire qu'on est en train de redébattre cet enjeu-là dans une société
démocratique. J'espère qu'il va faire la bonne chose et de retirer l'article
aujourd'hui.
Journaliste : Est-ce que vous
étiez plutôt favorables au retour de Mme Rizqy, vous deux?
M.
Morin :Pour le retour de Mme Rizqy...
Des voix : ...
M.
Morin :
Pour le retour de Mme Rizqy... Non, non, pas du tout. Notre chef a pris
une décision, on a eu une discussion au caucus. Le caucus est derrière le chef.
On est très solidaires. Je vis très bien avec sa décision. Et il vous a
expliqué hier ce qu'il en était.
Journaliste : Mais pour vous,
là, le fait de laisser de côté la lanceuse d'alerte, donc, qui, sur le plan
éthique, a une image publique assez forte, est-ce que c'était une bonne, une bonne
chose à faire de laisser de côté la lanceuse d'alerte?
M.
Morin :Je vais vous répéter, notre chef a pris une décision, il
vous l'a expliqué hier. On en a...
Des voix : ...
M.
Morin :Oui, oui, vous demandez... vous demandez à M. Morin. On
était à huis clos. Vous savez très bien que les discussions du caucus sont
confidentielles. Je vais...
Journaliste : ...lanceuse
d'alerte?
M.
Morin :
Oui, oui.
Journaliste
: On a vu
tout ce que ça... ça a mené à quoi, donc, est-ce que vous êtes en train, est-ce
que votre chef et vous avez décidé de punir la lanceuse d'alerte?
M.
Morin :D'ailleurs, ça, mon chef a répondu à ça très clairement
hier : ce n'est pas une punition, il l'a dit clairement et il a reconnu
aussi les mérites de Mme Rizqy en tant que parlementaire. Cependant, c'est
sa décision, il vous l'a expliqué. Je l'appuie entièrement là-dedans, et le
caucus est derrière lui.
Journaliste : ...il y a de nouvelles
informations, donc, hier, la Commissaire à l'éthique a décidé qu'il n'allait
pas y avoir d'enquête concernant le dossier sur Mme Rizqy, elle-même. C'est
confirmé. Donc, il a fait son point de presse avant cette déclaration de la
Commissaire à l'éthique. Est-ce que ça change la donne?
M.
Morin :Bien, mon chef vous l'a expliqué hier, il a parlé de...
Journaliste
: ...
M.
Morin :
...Oui. Pour la Commissaire à l'éthique, vous avez raison, elle a rendu sa
décision après. Cependant, M. Milliard parlait de l'ensemble du processus
judiciaire. Il y a un volet qui n'est pas terminé. Il veut sagement prendre le
temps de regarder tous les paramètres de cette question. Et il a pris sa
décision. Et je suis solidaire.
Journaliste : ...répéter ce
qu'il a dit en conférence de presse, mais ce n'est pas son opinion. Elle qu'on
veut, c'est la vôtre, à vous, là. Vous avez le droit d'avoir votre voix, là. On
ne vous demande pas de dévoiler les secrets des discussions au caucus, là. On
comprend ça que c'est confidentiel. Vous, personnellement, là, est-ce que ça
vous attriste? Est-ce que vous auriez aimé que Mme Rizqy revienne au
caucus? C'est votre opinion, à vous, là, qu'on veut. À vous, là. Dans votre
cœur, à vous, pas celui de Charles Milliard, le vôtre.
M.
Morin :Dans mon cœur à moi, M. Lacroix, j'appuie
entièrement la position de mon chef et je suis solidaire de la décision de mon
chef. Je l'appuie entièrement là-dessus.
Journaliste : Vous, Mme Garceau?
Journaliste
: ...vous
voyez comme une lanceuse d'alerte? Bien, vous pouvez répondre, Mme Garceau...
Journaliste : Vous, Mme Garceau,
dans votre coeur à vous?
Mme Garceau : Moi, c'est
la même chose. Regardez. Le caucus est derrière notre chef. Il y a eu des
discussions, une décision a été prise par le chef et on appuie notre chef.
Journaliste : Est-ce que
vous, là, les lanceurs d'alerte, est-ce que c'est important pour... pour vous?
M.
Morin :
Écoutez...
8 h 35 (version non révisée)
M. Morin : ...lanceurs d'alerte,
c'est fondamental. D'ailleurs, il y a plusieurs mois, j'ai siégé en commission
parlementaire où on a apporté des modifications pour protéger davantage les
lanceurs d'alerte. Alors, oui, dans l'ensemble de la fonction publique, du
gouvernement, de l'État, les lanceurs d'alerte sont essentiels, et il faut...
et il faut les protéger.
Journaliste : ...Mme Rizqy, vous
la percevez comme une lanceuse d'alerte?
M. Morin : Écoutez,
sincèrement, là, moi, je ne la perçois pas comme ça, quand on regarde les
paramètres dont on a travaillé, notamment, dans la législation. Maintenant, je
sais qu'on l'a décrite aussi comme ça. Je vous répète que c'est une
parlementaire aguerrie, elle fait très bon travail, et voilà.
Journaliste : Pourquoi elle n'entre
pas dans la définition?
M. Morin : Bien, écoutez, ça
dépend de l'ensemble des faits. Puis ça, je pense que Mme Rizqy a probablement
des éléments qui fait qu'elle en a parlé avec différentes autorités et journalistes.
Moi, là-dessus, là, je ne peux pas vous en dire davantage.
Journaliste : ...quel message
ça envoie à la population, qui aime beaucoup Mme Rizqy, qu'elle ne... qu'elle
ne réintègre pas votre équipe?
M. Morin : Le message est le
suivant : Écoutez, dans toute formation politique, là, on a un caucus, on
discute au caucus, les discussions du caucus sont confidentielles. Par la
suite, notre chef a pris une décision, et je suis solidaire entièrement de la
décision de mon chef.
Journaliste
: Comment
étaient vos relations avec Mme Rizqy, l'un et l'autre, là? Comme vous les
qualifieriez?
M. Morin : Personnellement, j'ai
toujours eu de bonnes relations avec Mme Rizqy.
Journaliste : Vous, Mme
Garceau?
Mme Garceau : Oui, moi aussi.
Journaliste
: Je veux
juste comprendre sur les lanceurs d'alerte, parce que vous avez dit : Elle
a peut-être parlé à des journalistes. Mais lanceur d'alerte, c'est aussi se
rendre aux autorités, là. C'est ce qu'on comprend sans doute de ce qui s'est
passé, elle a rencontré l'UPAC. Donc, le fait qu'on... une élue d'un caucus
rencontre des autorités policières, qu'est-ce qui explique qu'au lieu de lui
faire confiance on décide de l'exclure d'un caucus au lieu de se fier à la
lanceuse d'alerte qui s'est présentée devant des autorités, policières dans ce
cas-ci? Pourquoi on a... Ça revient au même, un lanceur d'alerte qui est un
fonctionnaire qui... finalement, on décide de le tasser le temps d'une enquête.
C'est un peu particulier. On ne fait pas confiance à la personne qui dévoile
peut-être des informations qui pourraient mener à des accusations criminelles?
J'essaie de comprendre la logique...
M. Morin : Oui. Non, je vous
comprends.
Journaliste
:
...derrière le fait qu'on tasse quelqu'un qui décide de prendre un risque
personnel pour se rendre devant des autorités pour dénoncer une situation
éthiquement peut-être complexe ou peut-être illégale. Pourquoi c'est elle qui
écope?
M. Morin : Alors, deux
choses. Oui, effectivement, ce qu'on sait, c'est que l'UPAC est en train de
faire une enquête criminelle, ils nous l'ont dit. Je vais laisser l'UPAC faire
son enquête criminelle.
Maintenant, pour revenir à la décision
hier, après la discussion au caucus, je vous l'ai dit, je vous le répète, notre
chef a pris une décision, et je suis entièrement solidaire de la décision de
mon chef.
Journaliste
: ...
M. Morin : Mais c'est ma
réponse, monsieur.
Journaliste : Est-ce que
les... Juste une dernière chose, là. Les spécialistes qui demandent 14,5 %, est-ce
que c'est raisonnable?
M. Morin : Là, vous parlez
des médecins spécialistes. Bien, je vous dirai que, là-dessus, là, moi, je ne
vous donnerai pas un chiffre ce matin. D'ailleurs, mon chef parlementaire, si
ma mémoire est bonne, ne vous en a pas donné hier. Mais il y a une chose qui
est sûre cependant, quand on regarde toute la saga avec les médecins...
Rappelez-vous le projet de loi n° 2, adopté par bâillon,
on nous l'a mis dans la gorge. Et là ce qu'on voit, c'est que le gouvernement
de la CAQ est en train de rétropédaler sur tout. Alors, en termes de politiques
publiques, en termes de législation, c'est probablement le pire exemple qu'on
peut donner à une population. C'est ça, le gouvernement de la CAQ. Alors là, il
va falloir que le gouvernement, là, se remette à la table, puisse avoir une
discussion constructive avec les médecins spécialistes, parce qu'en bout de
piste ce sont des patients qui risquent d'en faire les frais. Et ça, on ne veut
surtout pas ça au Québec.
Journaliste : Votre chef,
hier, a dit : Il n'y a pas lieu de bonifier les conditions salariales des
médecins. L'amélioration en santé ne passe pas par une augmentation de salaire.
M. Morin : Oui. Je suis tout
à fait d'accord avec mon chef.
Journaliste : Donc, 0 %
d'augmentation.
M. Morin : Bien, écoutez,
moi, je vous dis, M. Lacroix, je suis entièrement d'accord avec mon chef. Je ne
vais pas le contredire ce matin, bien au contraire.
Journaliste : ...de pénaliser
les Québécois, là. Chaque mois où ils boycottent le DSN, les spécialistes,
comme ils le font, ça nous coûte 11 millions et demi comme... comme Québécois.
Donc, est-ce que vous avez des critiques envers les spécialistes aussi, comme
vous en avez envers le gouvernement?
M. Morin : En fait, je vous
dirais que...
Journaliste : ...pardon, pas
contre...
M. Morin : La... Oui, la... vous
parlez de la fédération. En fait, je vous dirais que, l'ensemble de la santé au
Québec, là, il faut revoir puis il faut être capable d'améliorer, évidemment, l'accès
à la première ligne, puis il faut être capable d'explorer aussi toutes les
situations. Oui, il y a les médecins, il y a les médecins spécialistes, on a
des IPS. En fait, il faut revoir globalement le système puis faire en sorte que
les gens aient accès...
8 h 40 (version non révisée)
Journaliste :
...non, ce n'est pas ça, ma question.
M.
Morin :...à la
première ligne.
Journaliste :
Les médecins, là, en ce moment, là, vont coûter 11,5 millions par mois
aux Québécois de par leur boycott des formations sur le DSN. Comment vous
qualifiez cette décision-là, étant donné les impacts sur les finances publiques,
notamment?
M.
Morin :Bien, c'est
sûr que, s'il y a un impact sur les finances publiques, il faut être capable de
revoir le système puis il faut surtout être capable de dialoguer avec les médecins.
Là ce que je comprends de la situation, là, c'est qu'il y a une tension extrême
entre les deux. Puis, en bout de piste, c'est les contribuables qui paient, c'est
ce que vous venez de mentionner, puis c'est les patients qui paient en bout de
piste. Donc, est-ce qu'on peut avoir des gens qui vont être capables de
dialoguer puis de s'entendre rapidement pour le bien-être de la population?
Journaliste :
On voit, là, que, bon, les infrastructures tombent en ruine dans le réseau.
Vous dites : Il faut revoir l'entièreté de la manière dont ça fonctionne.
Est-ce que les médecins spécialistes devraient accepter même, je ne sais pas,
moi, soit pas du tout une augmentation de salaire ou même une réduction pour
pouvoir participer à cet effort de guerre là, pour essayer de rétablir les
normes dans le réseau?
M.
Morin :Tout le
monde, tout le monde doit faire son effort pour rétablir le réseau. Vous avez
parlé des infrastructures. Moi, il y a plusieurs mois, je suis allé à
Maisonneuve-Rosemont. Littéralement, littéralement, l'hôpital est attaché avec
de la broche. Je ne sais pas si vous avez vu. Il faut...
M.
Morin :Mais
est-ce que les médecins spécialistes devraient laisser de l'argent de côté pour
aider le gouvernement à financer...
M.
Morin :
Écoutez,
je ne vous dirai pas s'ils doivent exactement ce matin, on va les laisser
négocier avec le gouvernement, puis c'est déjà assez tendu comme ça. Mais ce
que je vous dis par ailleurs, c'est que tout le monde doit mettre la main à la
roue, tout le monde doit faire son effort dans le système de santé, parce qu'en
bout de piste, c'est les patients qui paient. Puis ça, on ne veut pas ça.
Journaliste :
Concernant la décision de Transplant Québec, finalement, on sait que l'organisme
ne sera pas aboli. La ministre Duranceau recule. Comment vous interprétez l'espèce
de volte-face que le gouvernement a faite dans ce dossier-là?
M.
Morin :Bien, c'est assez
fréquent chez la CAQ, les volte-face, hein? Et c'est la preuve qu'avant de
prendre des décisions, ils ne planifient jamais. Et, très souvent, ils ne font
pas non plus d'analyse d'impact de ce que ça va faire. Transplant Québec, c'est
un joyau au Québec. Ça fonctionne bien. Mon collègue, André Fortin, chef
parlementaire, a livré une bataille pour qu'on le garde tel qu'il est parce que
ça sauve des vies et c'est fondamental. Donc, nous, c'est notre position.
Touchez pas à ça. Laissez la structure en place. Ça fonctionne. S'il vous plaît,
hein? Si ça fonctionne bien, n'y touchez pas, surtout pas avant.
Journaliste
:How did you feel yesterday? Because Marwah Rizqy is a long-time
colleague, a close colleague. So how it was personally? How did you feel that
you had to have this discussion?
M. Morin :
Well, it's not the first time that we
have very serious and delicate discussion within the caucus, that's for sure.
But, at the end of the day, our chief made a decision, and I totally support my
chief, Charles Milliard, in his decision.
Journaliste :
Le journal reported that more than a
thousand doctors have left the public network, the highest number since 2019.
Is this concerning to you?
M. Morin :
Oh! it is. It is very concerning. And
we mentioned that, we raised that to the government before. I mean, the
situation... And when you look at some regions in Québec, for instance in Outaouais,
my parliamentary chief, André Fortin, mentioned that extensively. I mean, there
are people leaving and this... frankly, this is very scary because there are a lot
of patients who need to see a physician and they won't have access to it. So,
that's really, really a scary situation, definitely.
Journaliste :
How did the Ethics Commissioner's
decision to not investigate Marwah impact your feelings about the decision?
M. Morin :
Well, the Ethics Commissioner made her
decision. As I said previously, we had a discussion within the caucus, and I'll
support my chief and his decision on that subject.
Journaliste :
On Chicoutimi, this is the last time I'm
going to see you before the by-election on Monday night, so, how do you feel
about it?
M. Morin :
Well, I can tell you our candidate, Tricia
Murray, did a fantastic job. She was on the field, she was part of our research
team, so she knows her file. She was very good in debating, and she knows the
people. She's working extensively. We have a team, different people working on
the field. So, I must say that I was very, very impressed by the quality of our
candidate and the work that she did and her dedication during this election.
Journaliste
: On the Transplant Québec reversal, what did you make of that?
M. Morin : Well, I mean, as I mentioned in French, for the CAQ, they usually
act and they think after, and that's one problem. So, they decided to change
Transplant Québec, which is a great system...
8 h 45 (version non révisée)
M. Morin :
...and now they realize that they're
making a mistake. And as I mentioned previously, André Fortin did a great job
on that. Transplant Québecmust remain as it is right now because it is efficient. And finally,
the government recognized that.
Journaliste :
What would you say is... To go back to
the constitution, the future of this constitution, now given, as you said
earlier, like, it's like close to unanimous opinions against Mr. Jolin-Barrette's project. What... Do you
think it can be adopted as is, and what's the future of that bill?
M. Morin :
Well, there is no future. I said
previously, scrap it. That's the only thing he should do if he's really serious
about it. I mean, you should have seen the number of experts, witnesses that
came and told the minister : Well, please, on that section, this is scary,
don't do it. On section 29, my colleague talked about it extensively. Please
remove it. Repeal it. I mean, don't adopt it, because you're putting a pressure
on a lot of people for no reason at all.
Previously, I referred to
the consultation or the lack of consultation with the First Nations. I mean, he
did everything wrong. He had an opportunity to sit with people, to listen with
them, specifically with the Indigenous communities. But he didn't do it. So,
what he wants is to push a Caquist constitution as fast as he could. And now we
realize, and we found yesterday, that, well, Mrs. Fréchette is not of the
opinion. So, I don't think that his constitution, not the Québec
constitution... his constitution has no future.
Journaliste :
Do you think Mrs. Fréchette is making, wants
to make the CAQ more liberal?
M. Morin :
That's a good question. Frankly, I
don't know, but, but seriously, I think that she listens to people, and the
Minister of Justice does not.
Journaliste
: So, there's no future for this bill?
M. Morin : In my opinion, no. It's wrong. It is wrong and it is... And don't
get me wrong, the Québec Liberal Party is not against a constitution. We have a
motion from our... that we would like a constitution, but a real constitution
with a trans partisan commission that will listen to Quebeckers, and then we'll
produce something that will make sense, but not his.
(Fin à 8 h 48)