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(Huit heures une minute)
Mme Labrie : Bonjour, tout le
monde. Aujourd'hui, je veux vous parler d'un problème que j'ai rencontré
beaucoup trop fréquemment dans les huit dernières années, comme députée, c'est
celui des enfants qui sont confiés aux conjoints violents quand il y a une
séparation et qu'il y avait eu de la violence conjugale. Beaucoup de victimes
m'ont rapporté que c'était difficile pour elles d'obtenir la garde, dans le
fond, elles perdent même complètement la garde au profit du parent qui a exercé
de la violence. Pourtant, la recherche est très claire que ce n'est pas dans
l'intérêt de l'enfant d'être en contact avec un parent violent. Le choix
d'exercer de la violence à l'égard de l'autre parent, en soi, ça nous donne un
indice que la personne n'a pas à cœur l'intérêt de l'enfant, et donc, on ne
devrait pas confier la garde à cette personne-là.
Malgré ça, la jurisprudence va quand même
dans le sens de la garde partagée ou du contact avec les deux parents depuis
tellement longtemps que si on veut réussir à renverser cette tendance-là, il va
falloir modifier la loi. Donc, aujourd'hui, je vais déposer un projet de loi
qui modifie le Code civil pour qu'on s'assure de bien évaluer les bons facteurs,
finalement, quand on considère l'intérêt de l'enfant pour attribuer la garde. C'est
une recommandation, d'ailleurs, qui figurait dans le rapport Rebâtir la
confiance, c'était la recommandation 129, puis moi, je suis la seule élue
ici, encore, à l'Assemblée nationale, qui a participé à l'ensemble des travaux
du comité d'experts sur la violence sexuelle, la violence conjugale, donc, je
me fais une mission particulière de veiller à la mise en œuvre de ce rapport-là.
Vous savez, il a bien cheminé, notamment les tribunaux spécialisés, ça... ça
s'est mis en place actuellement, mais il y a encore des recommandations qui
sont restées sans suite, dont celle-là, puis elle ferait une réelle différence,
là, pour l'intérêt des enfants. Donc, c'est pour ça, le dépôt de mon projet de
loi aujourd'hui.
Mme Ghazal : Merci. Merci
beaucoup, Christine. Honnêtement, de tout le travail qu'on fait ici à l'Assemblée
nationale, il n'y a rien de plus important que de protéger l'intérêt des
enfants, et c'est ce que fait le projet de loi sur lequel Christine a
travaillé. Ça fait consensus, c'est extrêmement important. Le travail a été
fait par Christine, elle a pris ça à bras le corps. On parle beaucoup des
féminicides, malheureusement, il y a eu un huitième féminicide, on parle des
violences conjugales, c'est important de les prévenir. On parle peu des enfants
qui sont pris dans ces situations-là, donc, le projet de loi permet de les
protéger. Moi, j'invite tout de suite, là, Simon Jolin-Barette, le gouvernement
de la CAQ, à laisser tomber la constitution. Il nous... ça nous fait perdre du
temps, de mettre ça de côté puis de tout de suite, avec le temps qu'il nous
reste avant les élections, de prendre ce projet de loi, de l'étudier, de l'adopter
rapidement pour protéger les enfants, c'est extrêmement important.
En plus du dépôt de projet de loi de
Christine, aujourd'hui, après la période de questions, on va voter pour une
motion qui a été déposée hier par Andres Fontecilla, en matière de logement.
Cette semaine, on a déposé un plan habitation, ça va être la pierre angulaire
de la prochaine campagne électorale de Québec solidaire. On a plein de mesures
parce qu'on vit une véritable crise qui touche tout le monde, la classe
moyenne, les familles, les aînés, les jeunes. Et une des premières mesures qu'on
met en place, c'est de rendre anonymes les noms des locataires qui font appel
au Tribunal administratif pour faire valoir leurs droits. Et ça ne coûte rien
au gouvernement, ils peuvent le faire tout de suite, ça se fait déjà dans d'autres
provinces au Canada. Hier, j'ai entendu la ministre, j'espère qu'elle va
changer d'idée, j'espère que la CAQ, le Parti libéral du Québec et le Parti
québécois vont voter pour notre motion face à cette crise, parce que les
propriétaires discriminent, ils discriminent, aujourd'hui, à l'heure où on se
parle, les locataires dont le nom apparaît sur le site du Tribunal
administratif du logement.
J'ai entendu la ministre de l'Habitation,
Caroline Proulx, dire : Ce n'est pas vraiment documenté, il n'y en a pas
tant que ça. Écoutez, je l'invite, là, rapidement, en quelques clics, elle fait
une petite recherche dans les petites annonces, ou même sur Google, et on le
voit. Moi, j'en ai imprimé plein, là. En quelque temps, on est capables de
trouver toutes les annonces où les propriétaires le disent, là, analyse du
dossier du Tribunal administratif du logement. En pleine crise du logement, il
ne faut pas rendre ça disponible. Ça peut aider le locataire. C'est une mesure
qui ne coûte rien, qu'on peut mettre en place rapidement. Donc, j'espère que
le... tous les partis politiques vont voter pour notre motion aujourd'hui.
Journaliste : Dernière
journée de François Legault. Vous allez faire un discours tout à l'heure?
Mme Ghazal : Oui.
Journaliste : En
10 secondes, vous retenez quoi?
Mme Ghazal : Je retiens
l'engagement de quelqu'un qui a passé une grande partie de sa vie pour le
service public. En toute honnêteté et sincérité, c'est important de le
reconnaître. La politique, c'est dur, c'est ingrat, c'est imprévisible, et donc
de faire ce travail-là que peut-être peu de gens veulent faire, c'est quand
même tout à l'honneur de François Legault. C'est... c'est quelqu'un qui est
resté quand même longtemps. Il y a beaucoup de gens qui viennent en politique,
qui ne durent pas assez longtemps. Lui, il l'a fait, c'est tout à son honneur.
Puis moi, je veux le souligner aujourd'hui
Journaliste
: Êtes-vous
allé prendre une bière, finalement? C'était promis à Noël.
Mme Ghazal : On est dus. Je
pense que maintenant... maintenant qu'il va devenir... peut-être qu'il va avoir
plus de temps, simple député, ça fait plusieurs fois qu'il m'invite à le faire.
Oui, j'irais prendre une bière avec lui ou un verre, puis on invitera nos
conjoints respectifs, puis on ira peut-être aller... on pourra aller après au
théâtre.
Journaliste : Qu'est-ce que
vous lui diriez... cette bière-là. On discuterait... Ça parle de quoi avec...
Ruba Ghazal parle de quoi avec François Legault?
Mme Ghazal : Bien, écoutez,
moi, je suis fascinée à quel point il a envie de prendre cette bière-là. J'ai
le goût de lui demander qu'est-ce qu'il a envie, à ce point-là, de... de... de
me parler. Moi, je lui dirais que... J'aimerais ça entendre peut-être des regrets
sincères. Qu'est-ce qu'il a regretté depuis 30 ans? Tu sais, il l'a dit,
là, qu'il est venu en politique pour l'éducation. Ça a été ça la raison pour
laquelle il est venu en politique, puis c'était sincère. Puis, je veux savoir
s'il a des regrets, mais je ne les dirais à personne, on va garder ça dans
notre conversation après, quand il va me dire, honnêtement, ses vrais regrets.
Journaliste : Sur la
Constitution. Est-ce que Simon Jolin-Barrette doit amener la déchiqueteuse dans
son bureau, là?
Mme Ghazal : Oui, ou
Christine Fréchette, ou Bernard Drainville, dépendamment qui la CAQ va choisir
comme futur premier ministre, pourraient, eux, prendre cette Constitution et la
mettre dans la déchiqueteuse. Il n'y a personne qui en veut. Ce n'est pas ça
qu'on veut au Québec. Et, si la CAQ trouve que c'est important, que le Québec
ait une constitution, bien, qu'ils aillent en élection avec ça, puis le peuple
jugera.
Journaliste : Comment vous
allez voter sur la Loi sur la laïcité aujourd'hui?
Mme Ghazal : Contre.
Journaliste
: Pourquoi?
Mme Ghazal : On va voter
contre cette loi-là, le projet de loi n° 9. Le gouvernement ne comprend
absolument rien, et Jean-François Roberge au premier chef, à c'est quoi, la
laïcité. Ce n'est pas ça, une loi sur la laïcité. Premièrement, il y a...
contrairement à ce qu'il dit, il va y avoir des éducatrices en CPE qui vont
perdre leur emploi si elles ont été embauchées après le 27 novembre ou si
elles changent d'établissement. C'est grave. Alors qu'aujourd'hui on a une
crise dans nos services publics, on a une crise... Les parents sont inquiets,
les femmes veulent travailler, avoir quelqu'un qui s'occupe de leurs enfants
dans les CPE. Et, en ce moment, pendant cette crise, le gouvernement décide de
réduire le nombre d'éducatrices. C'est totalement inacceptable et ce n'est pas
ça la laïcité.
Journaliste
: Est-ce
que vous pensez que les Québécois voulaient vraiment un autre projet de loi sur
la laïcité?
Mme Ghazal : Non, les
Québécois, ce n'est pas ça qu'ils voulaient. Les Québécois, ce qu'ils veulent,
c'est des gens qui s'occupent de leurs enfants dans nos écoles, dans les CPE.
C'est ça qu'ils ont besoin. Ils l'ont même dit dans un sondage. Même des gens
qui sont pour la loi 21 ou la laïcité de... selon la vision un peu plus
sur les signes religieux, ils disent : Bien, nous, ce qu'on veut, c'est
quelqu'un qui s'occupe de notre enfant. Parce que les gens sont intelligents,
ils le voient, quand il y a une femme, même si elle porte un voile sur la tête,
qui s'occupe de leur enfant, qui contribue à son développement, avec qui ils
ont une relation, bien, ils savent que ce travail-là est précieux, est
important, peu importe ce qu'elle a sur la tête. Puis, elle ne fait pas ce qui
est illégal, c'est-à-dire du prosélytisme pour les enfants. Ils sont
intelligents, ils le voient, c'est... CAQ dénature ce qu'est la laïcité, ce
n'est pas la... ça, la laïcité, on l'a vu. À l'école Bedford, là, il y a eu des
gens qui ont été incompétents, qui ont utilisé la religion à mauvais escient à
l'école, il n'y avait aucun voile, il n'y avait aucun signe religieux.
Journaliste : Juste sur la
Constitution, en terminant, là-dessus, M. Jolin-Barrette disait hier qu'il
n'y aurait pas, là, de bâillon ou de procédure exceptionnelle. Mais il a quand
même M. Drainville, en entrevue au Devoir, qui a ouvert la porte à ça,
du moins, qui n'exclut pas ça. Ce n'est pas un scénario improbable non plus,
là, que ça aille sous bâillon. Est-ce que vous le craignez?
Mme Ghazal : Dès le dépôt du
projet de loi, Québec solidaire, on a fait adopter à l'unanimité, et la CAQ a
voté pour cette motion, que cette constitution ne sera pas adoptée sous le
bâillon. Je veux dire, c'est une farce. On serait la risée du monde d'avoir une
constitution imposée dans un État démocratique. Ça se fait dans les états
dictatoriaux, qu'un dictateur vient autoritaire, puis, après ça, il dit :
J'impose une constitution au peuple. On n'est pas une république de bananes,
là, au Québec, là.
Journaliste
: Pourquoi
M. Drainville ouvre la porte comme ça...
Mme Ghazal : Je ne le
comprends pas. Tout le monde a dit qu'ils sont contre. Il n'y a personne qui
est d'accord avec la Constitution de la CAQ. Ce que j'invite M. Drainville à
faire, si jamais les membres de la CAQ le choisissent comme premier ministre,
c'est, s'il croit tant à cette constitution, qu'il fasse le test pendant la
campagne électorale, qu'il démontre à la population pourquoi c'est quelque
chose de bien et, après ça, les citoyens jugeront.
Journaliste
: Comment
vous avez trouvé la tentative, hier, de M. Jolin-Barrette de présenter des
amendements, de se dire ouvert pour tenter de rallier?
Mme Ghazal : Je ne sais pas
qui il cherche à convaincre, là, Christine ou Bernard, peut-être, je ne sais
pas qu'est-ce qu'il essaie de faire, mais ce qui fait tout le processus aussi,
hein, il n'y a pas juste ce qu'il met dedans, avec lequel on n'est pas
d'accord. Mais le processus, comment ça a été amené pour sauver la CAQ de façon
totalement partisane, je veux dire, vous l'avez vu, tous les... tous les
membres de... tous les partis d'opposition ont voté contre, là. À un moment
donné, le peuple jugera, s'ils ont confiance, qu'ils font le test électoral,
c'est à la population de juger pour la Constitution du peuple québécois.
Journaliste
: Le fait
qu'il y a un ancien de SAAQclic soit nommé pour le Dossier de santé numérique,
qu'est-ce que ça dit sur la volonté de Mme Duranceau sur de punir les
coupables?
Mme Ghazal : Je vous le dis,
en ce moment, là, en ce moment, il y a un autre scandale SAAQclic qui est en
train de se mettre à l'œuvre, c'est soit celui sur la santé numérique ou dans
d'autres ministères, celui... le DSN, sur la santé numérique, il coûte
extrêmement cher. L'ancien ministre de la Santé a déjà ouvert les bourses pour
dépasser le budget, et c'est clair qu'on s'en va dans le mur. Nous, ce qu'on a
demandé à Québec solidaire, c'est que la seule chose que le gouvernement doit
faire et que Mme Duranceau doit faire, c'est un moratoire sur le développement
de tous nouveaux projets ou développement de ces projets-là dans tous les
ministères, le temps que toutes les recommandations du rapport Gallant soient
mises en place, sinon on a perdu notre temps.
Journaliste
: Est-ce
qu'il est entre bonnes mains, le projet?
Mme Ghazal : Il n'est pas
entre bonnes mains. Moi, je suis très inquiète qu'on se retrouve avec un autre
SAAQclic. Je mets ma main au feu qu'on va se retrouver devant un autre
scandale. Les Québécois n'ont pas besoin de ça. Nos finances publiques ne
peuvent pas supporter un autre scandale avec des... des centaines de millions
de dollars de gaspillés. Donc, il faut faire les choses dans l'ordre, comme il
faut.
Journaliste
: Mme
Ghazal, Mme Ghazal... on vient de m'informer que l'eurodéputée Rima Hassan
vient d'être placée en garde de vue en France pour apologie du terrorisme. Je
sais que vous deviez la rencontrer. C'est quoi, votre réaction par rapport à
ça?
Mme Ghazal : Bien, je n'ai pas
vu cette nouvelle. Je comprends que c'est ce que vous dites. Moi...
Journaliste
: Ça vient
de sortir.
Mme Ghazal : Ça vient de
sortir. Moi, ce qui était important pour moi, c'est une députée européenne qui
est élue légitime, qui venait ici, au Canada. Et j'ai entendu Mme Anita, qui
n'a absolument... la ministre des Affaires étrangères, qui n'a absolument pas
répondu ni justifié pourquoi est-ce qu'on refuse l'entrée ici, au pays, d'une
députée européenne en disant que c'est confidentiel. Il y a même des gens qui
ne sont pas du tout à l'aise avec les propos et les positions de Mme Rima
Hassan, qui ont dit que c'est de la censure. Donc, je demande au gouvernement
de Mark Carney Kani de dire pourquoi est-ce qu'il ferme la porte puis, si ce
n'est pas de la censure, qu'il le dise.
Maintenant, ça se passe en France, je n'ai
pas tous les détails, je ne sais pas ce qui se passe. Moi, ce que je peux... je
peux vous dire, c'est que ce que je partage avec Mme Rima Hassan, c'est en
étant d'origine palestinienne, de défendre un peuple meurtri, un peuple qui a
vécu le génocide à Gaza, et c'est ça qui est le plus important, c'est une
population qui est meurtrie par ça. Après ça, on peut partager ses propos ou
pas, c'est quand même une députée. Et là, si elle est arrêtée, est-ce que c'est
justifié ou pas? Est-ce qu'elle est accusée? De quoi elle est accusée? Je n'ai
pas les détails maintenant pour en parler.
Journaliste
: ...la
nature de ses propos, ceci dit, je veux dire, vous avez certainement entendu ce
qu'elle a dit par le passé. Est-ce que ce dénouement aujourd'hui, ça vous
surprend? Comprenez-vous? Est-ce qu'il y a quoi que ce soit dans ses propos qui
ont été prononcés par le passé qui, selon vous, fait en sorte que ça pourrait
arriver...
Mme Ghazal : Je n'ai pas tout
lu tout ce qu'elle dit, je sais qu'il y a eu des propos qui sont controversés
sur ce qu'elle a dit sur le Hamas. Elle a... elle a été... Elle a condamné ce
que le Hamas a fait en 2023, mais après ça, elle a dit qu'ils sont une action
légitime. Nous, à Québec solidaire, notre position est extrêmement claire, le
Hamas est un groupe terroriste qui... Et il y a beaucoup de Palestiniens qui ne
reconnaissent pas, aussi, sa légitimité parce qu'il n'y a pas eu d'élections.
Et aussi, le gouvernement de l'État d'Israël est un gouvernement voyou,
criminel, qui a bafoué le droit international. Donc, ça... ce... c'est le
peuple palestinien qui est pris, et le peuple israélien aussi, qui sont pris
entre ces deux-là. Donc nous, notre fonction, elle ne change pas, elle est très
claire. Quand on rencontre des gens ici, là, on n'a pas pu la rencontrer parce
qu'on l'a empêchée de venir. Est-ce qu'on est d'accord avec 100 % de ce
qu'ils disent? Absolument pas, franchement, sinon on ne rencontrerait personne.
Journaliste : Est-ce que vous
pensez qu'il y a une limite lorsque des élus québécois rencontrent des élus
internationaux? Est-ce qu'il y a des gens qu'on ne devrait pas rencontrer?
Mme Ghazal : C'est des
questions hypothétiques. Moi, je regarde au cas par cas, puis je regarde la
situation, puis après ça, je rencontre des gens... puis ça ne veut pas dire...
On rencontre des gens, j'ai rencontré des gens de pays, ici, qui... ce n'est
pas des démocraties parce qu'ils viennent des ambassades et tout ça, puis on le
fait.
Journaliste : Parce que...
question, parce qu'il y a un truc qui n'est pas hypothétique, c'est que vous
perpétuez la rumeur par rapport à M. Paul St-Pierre Plamondon et Éric Zemmour,
comme si, genre, le fait de l'avoir rencontré était un crime. Donc, j'aimerais
comprendre un peu, vous, vous défendez Mme Hassan qui a quand même...
Mme Ghazal : Bien, en fait,
je la... je...je ne suis pas en train de défendre tout ce qu'elle dit,
ce que je dis, c'est qu'elle a un combat pour le peuple palestinien, je le
comprends, je compatis avec ce combat-là. Après ça, est-ce que je suis d'accord
avec 100 % de ses propos? Bien sûr que non, bien sûr que non. Et je ne
sais pas ce qui est en train de se passer en France, c'est rendu une... c'est
une société violente. Je ne veux absolument pas que la même chose arrive au
Québec, il y en a qui le souhaitent, des fois, j'ai l'impression, avec le...
toute cette polarisation-là, pendant que les gens souffrent du coût de la vie.
Je n'ai eu aucune question sur la crise du logement, les gens, ils ont de la
misère à payer leur loyer.
Journaliste
: ...quand
vous parlez de société violente?
Mme Ghazal : Oui, oui, le
discours politique en France est rendu violent et je ne veux pas que ça arrive
ici, au Québec. On est une société pacifiste. C'est d'ailleurs pour ça que mes
parents ont choisi le Québec.
Journaliste : ...retenez-vous,
madame, du coût de la vie, que retenez-vous de cette étude qui dit que ça coûte
400 000 $ pour élever un enfant? Je ne sais pas si vous avez vu
passer ça?
Mme Ghazal : Oui, bien sûr,
je l'ai vu. Qu'est-ce que je retiens? Bien, je retiens que c'est important de
tout faire en œuvre, dans notre société, pour mettre les conditions gagnantes
pour que toutes les femmes et tous les hommes qui ont envie d'avoir des
enfants, qu'ils puissent le faire, et ça, ce n'est pas en empêchant des femmes
qui portent le voile de travailler en CPE, au contraire, c'est de rendre
attractifs nos services publics pour que les parents ne payent pas de l'argent
pour... pour que leurs enfants puissent être gardés puis que les femmes
puissent travailler. C'est d'aider les familles à mettre de l'argent de côté en
payant moins cher leur loyer, etc. Donc, ce que je retiens, c'est que oui, ça
coûte cher et c'est important, comme société, qu'on continue à être fous de nos
enfants puis à aider les familles qui ont envie d'avoir des enfants de pouvoir
le faire sans que ça leur coûte une fortune.
Journaliste :
…you will be voting against it today.
Mme Ghazal : Yes.
Journaliste :
And you said that Quebeckers don't need
another religious imposed law.
Mme Ghazal :
Yes, we will vote againt Bill 9, this
is not… laicité? Comment on dit laïcité?
Journaliste
:
…
Mme Ghazal : Ah! Same, OK. This is Bill 9, it's not about laïcité, right now, after this bill,
if it will be adopted… adopted… This Bill will make women who work in CPE lose
their job, and this is what… this is not what the population needs, this is not
what the parents need, what we need is to have strong public services, to have
people who work in CPE for our children, and the parents say that, even those
who are… who agree with law 21, they disagree to impeach these women to work
with their children.
Journaliste
: Do you think it's a parting gift to Mr. Legault?
Mme Ghazal : It's a what?
Journaliste
: A parting gift, a goodbye gift to give him before he…
Mme Ghazal : The Bill 9? Yes, if this is the legacy of Mr. Legault, that he
contributes to have less people working in our CPE, it's not a good thing.
Merci.
(Fin à 8 h 19)