Journal des débats (Hansard) of the National Assembly
Version préliminaire
43rd Legislature, 2nd Session
(début : September 30, 2025)
Tuesday, February 10, 2026
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Vol. 48 N° 34
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Intervenants par tranches d'heure
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Lévesque, Mathieu
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Soucy, Chantal
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Lafrenière, Ian
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Maccarone, Jennifer
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Maccarone, Jennifer
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Soucy, Chantal
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Lafrenière, Ian
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Labrie, Christine
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Lecours, Isabelle
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Lévesque, Mathieu
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Blouin, Catherine
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Prass, Elisabeth
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Prass, Elisabeth
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Soucy, Chantal
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Lévesque, Mathieu
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Benjamin, Frantz
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Blouin, Catherine
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Dufour, Virginie
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Jeannotte, Chantale
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Zaga Mendez, Alejandra
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Soucy, Chantal
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Lecours, Lucie
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Dufour, Pierre
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Rivest, Mathieu
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Boivin Roy, Karine
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Lévesque, Mathieu
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Tardif, Marie-Louise
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McGraw, Désirée
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Roy, Nathalie
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Lafrenière, Ian
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Jolin-Barrette, Simon
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Allaire, Simon
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Laframboise, Mario
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Lecours, Lucie
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Zanetti, Sol
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Tanguay, Marc
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Bélanger, Sonia
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Fortin, André
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Rotiroti, Filomena
9 h 30 (version révisée)
(Dix heures)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bon
mardi. Donc, MM. Mmes les députés, avant d'entreprendre nos travaux, nous
allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Affaires du jour
Donc, nous débutons nos travaux aux
affaires du jour, et, pour nous dicter nos <travaux...
>
10 h (version révisée)
<15417
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) : ...dicter nos >travaux, je
vais céder la parole à M. le leader du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, Mme la Présidente. Un plaisir de vous retrouver, de même que les...
de retrouver les collègues pour la reprise de nos travaux. Et je vous
demanderais de bien vouloir appeler l'article 8 du feuilleton, s'il vous
plaît.
Projet de loi n° 13
Adoption du principe
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
À l'article 8 du feuilleton, M. le ministre de la Sécurité publique propose
l'adoption du principe du projet de loi n° 13, Loi
visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et
modifiant diverses dispositions.
Donc, M. le ministre de la Sécurité
publique, je vous laisse immédiatement la parole.
M. Ian Lafrenière
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, bonjour, «hello», «kwe», «shé:kon», «wachiya»,
«ullaakkut». Heureux de vous retrouver ce matin, chers collègues. Merci d'être
là pour le projet de loi n° 13, un projet de loi qui
est important, Mme la Présidente.
Alors, je suis très, très heureux de me
lever aujourd'hui pour proposer l'adoption, avec les collègues, du principe du projet
de loi n° 13. Je veux remercier les membres de la Commission de l'aménagement
du territoire, le président, évidemment, mon adjointe parlementaire, la députée
de Lotbinière-Frontenac, avec qui on a fait de beaux travaux, puis je remercie
les collègues des oppositions aussi.
Vous savez, Mme la Présidente, quand on
fait des consultations, on veut entendre les gens faire des propositions,
entendre ce qu'ils ont à dire. On a entendu des commentaires, des commentaires
qui vont nous aider pour la suite des choses. On va avoir des bonnes réflexions
à faire, des beaux travaux à faire aussi, Mme la Présidente, mais je pense qu'on
est à la bonne place.
Alors, je veux revenir sur les grands
principes du projet de loi n° 13, Mme la Présidente.
Premièrement, le registre des délinquants sexuels, ce qu'on propose... avec un
haut taux de récidive, pardon, ce qu'on propose, c'est la mise sur pied d'un
registre pour les délinquants sexuels avec un taux de récidive. Mme la
Présidente, je l'ai dit aux collègues d'emblée, je n'étais pas sûr au début. J'ai
regardé ce qui s'est fait ailleurs, j'ai regardé... Du côté américain, les 51 États
ont un registre. Du côté canadien, on a six provinces qui ont un registre aussi,
beaucoup plus large que ce qu'on propose. Nous, on y va de façon extrêmement
ciblée.
Et ce que des groupes nous ont dit, c'est qu'il
fallait y aller dans une approche... si on y allait, il fallait y aller dans
une approche de test puis de voir comment ça va se passer. Bien entendu,
combien de crimes on pourrait prévenir, c'est impossible à dire, mais on a reçu
beaucoup de commentaires de la part des groupes, puis j'en prends connaissance.
Je vais utiliser ce qu'on a entendu pour la suite de nos travaux puis je veux
vous rassurer là-dessus, Mme la Présidente.
Pour ce qui est des manifestations, on propose
un meilleur encadrement. Ça, on n'a pas eu énormément de commentaires. On parle
aussi d'interdiction de manifester à 50 mètres de la résidence d'un élu,
qu'il soit municipal, provincial ou fédéral. Ça, ça a été assez simple, je vous
dirais, comme commentaires, ce qu'on a reçu là-dessus.
L'autre point important, Mme la Présidente,
je vais vous parler de mutualisation des services, parce que c'est une notion
qui peut sembler un petit peu grise pour les gens, savoir qu'est-ce que ça veut
dire, et, pas plus tard qu'hier, je recevais un maire, justement, d'une municipalité,
qui se demandait comment arriver dans son budget policier, parce que, vous
savez, faire de la police, ça coûte de plus en plus cher, la criminalité évolue,
et la solution qu'on a proposée, c'est que des services policiers travaillent
ensemble, exemple, quelques municipalités, et partagent des services
spécialisés. Là, je ne parle pas de la patrouille de base, je ne parle pas de
la patrouille des gens qui se présente chez vous, Mme la Présidente, mais je
prends pour exemple l'identité judiciaire, les enquêteurs collision. On
pourrait parler de crimes technologiques aussi.
Donc, ça permet à des municipalités de
travailler ensemble, parce que l'équipement coûte très cher. La formation des
policiers coûte très cher aussi. Alors, de mutualiser et de combiner ces forces-là,
c'est une avenue qui nous paraît importante. Les gens sont venus nous dire d'être
prudents, qu'il y ait des ententes qui fassent en sorte qu'il n'y a pas de municipalité
qui soit perdante, dans le fond, que toute l'énergie soit siphonnée dans une
municipalité plutôt qu'une autre. On l'a entendu. Les gens nous ont aussi
demandé de ne pas niveler vers le bas, donc de s'assurer qu'on a un bon service
partout. Alors, ça, je l'ai bien entendu, puis les collègues l'ont bien entendu
aussi.
Il y a le volet autochtone, qui permet à
des conseils de bande, donc, à des communautés de se regrouper pour faire ce qu'on
appelle une régie de police, Mme la Présidente. Ça, on l'a beaucoup du côté
allochtone. Du côté autochtone, c'était impossible. La loi ne le permettait pas.
Là, à la demande des autochtones, on va pouvoir le faire. Ça, ça a été bien
reçu.
Le conseil d'administration du Bureau de
la sécurité privée, je vais passer rapidement sur ce volet-là, qui est très
technique, puis, honnêtement, on n'a eu aucun, aucun commentaire là-dessus.
La mesure qui est superimportante, et je
sais que ma collègue va en reparler tantôt, c'est les mesures pour renforcer la
voix, la protection des victimes, et ça, Mme la Présidente, on a eu beaucoup de
demandes là-dessus. On a des groupes qui nous ont parlé de la loi de Clare, je
l'ai bien entendu. Vers la fin de nos travaux, il y a un groupe qui nous a dit :
Ça ne devrait pas être enchâssé dans une autre loi, ça devrait être une loi
autoportante, que c'était quelque chose qui était important, il fallait donner
toute l'importance...
Ça, Mme la Présidente, ça m'a... ça a fait
partie de mon week-end. Je me suis creusé la tête à savoir qu'est-ce qu'on fait
avec ça. Ça fait que je sais qu'il va y avoir des belles discussions avec les collègues
des oppositions, parce qu'on a voulu le faire dans le <passé, des fois,
hein, on... d'aller vite pour aider, et tout ça...
M. Lafrenière :
...les
collègues des oppositions, parce qu'on a voulu le faire dans le >passé,
des fois, hein, d'aller vite pour aider, et tout ça, puis finalement on est
passés à côté de la track de ce que les gens voulaient. Ça, je pense qu'il va
vraiment falloir réfléchir, continuer de travailler avec ces groupes-là pour
voir qu'est-ce qu'on peut faire, comment on peut aider.
Mais toujours est-il que ce que je vous
présente aujourd'hui, il y a des mesures importantes pour les victimes.
Premièrement, en cas de violence conjugale — puis, malheureusement,
je le répète aux gens qui nous écoutent, on est rendu à six féminicides au
Québec, c'est impensable — ce qu'on propose, c'est, lorsque les
policiers vont agir, donc, sur un appel de violence conjugale, violence
intrafamiliale, ils vont donner les coordonnées du suspect à un organisme qui
vient en aide au suspect pour essayer de briser le cercle de la violence. Oui,
il faut agir pour aider les victimes, Mme la Présidente, mais, si on ne réussit
pas à briser le cercle de la violence, on va continuer encore et on n'aura pas
de résultat.
De l'autre côté, la victime, elle, va être
tenue au courant des conditions dans lesquelles le suspect a été libéré. Il y a
des groupes qui nous ont dit que ça devrait être fait par écrit. Ça aussi, on
travaille là-dessus, Mme la Présidente. Puis ça s'est bien passé, nos travaux,
en passant. On a pu entendre les groupes, ça nous a beaucoup aidés dans notre
réflexion. Mais clairement il faut mettre les victimes au centre de nos interventions,
puis, ça, on l'a bien entendu, Mme la Présidente.
Le sixième point, puis c'est un point que
j'aime beaucoup, vous le savez, Mme la Présidente, c'est la lutte au crime
organisé. Et, ça, là-dessus, il y a un mot qui est clair avec ce qu'on vit présentement,
puis ma collègue de l'opposition officielle revient souvent sur cet effet-là,
l'extorsion. L'extorsion, les crimes qui ciblent les commerçants sont à la
hausse. Il faut faire quelque chose. Bien entendu, la loi «anti-patch» ne
réglera pas tout, mais ça va envoyer un message très clair au crime organisé,
parce qu'une des façons de faire de l'intimidation, c'est, entre autres, quand
on porte une effigie criminelle qui vient confirmer que, pour la porter, on a
dû faire un crime. Vous comprenez, Mme la Présidente, la pression que ça met
sur les commerçants qui ne voudraient pas accepter ces gens-là dans leur
commerce. Ça, on l'a entendu. On serait les premiers au Canada à le faire, à
mettre de la pression. Et je vous confirme que nos collègues du Canada nous
regardent en voulant imiter ce qu'on va faire, puis ça, c'est très positif.
Moi, j'en suis très, très, très heureux, parce qu'on l'a vu, encore récemment,
une vague de présence du crime organisé sur la Côte-Nord, dans des régions où
ça vient... Puis souvent ils vont aller où il y a de la vulnérabilité. Je le
vis beaucoup dans les communautés autochtones. Alors, en très bonne place, puis
je pense qu'on peut être heureux de dire qu'on va le faire, on va le faire
ensemble, et ça, dès... puis, si l'Assemblée décide d'aller de l'avant dans
tout ça, dès ce printemps, dès cet été, on pourrait agir puis enfin aider les
commerçants, parce qu'effectivement c'est des temps qui sont difficiles pour
eux.
Mais là je vais devoir amener certaines
corrections, Mme la Présidente. Depuis quelques semaines déjà, il y a des
chiffres qui circulent, puis c'est normal. Mais là je pense qu'aujourd'hui
c'est un bon moment pour corriger les choses puis amener certains faits qui
sont exacts. Depuis quelques semaines déjà, on parle de coupures historiques à
la Sûreté du Québec, des coupures de 120 millions. Puis, Mme la
Présidente, devant vous, aujourd'hui, je veux vous rassurer devant mes
collègues, ce n'est pas le cas. C'est vrai que la Sûreté du Québec dépassait
son budget de plusieurs millions à chaque année, puis ce qu'on a demandé, puis,
Mme la Présidente, je pense que c'est normal, on a demandé de respecter leur
budget. Alors, ils ont fait des compressions d'environ 15 millions sur un
budget de 1,3 milliard. Alors, oui, ça a amené des changements, je ne
ferai pas à semblant, changements administratifs, ils ont dû faire certains
mouvements, mais, je veux rassurer les gens, ce n'est pas vrai qu'il y a des
postes de police qui ont été fermés. Ce n'est pas vrai qu'il n'y a pas de
patrouille la nuit. Vous ne verrez pas des affiches «Hélicoptère à vendre» sur
les hélicoptères de la Sûreté du Québec. Ce n'est pas exact.
Dans nos travaux, il y avait le
responsable du syndicat policier qui s'est fait questionner sur les coupes historiques,
et sa réponse, ça a été de dire que les dernières coupes historiques à la Sûreté
du Québec laissent encore des traces aujourd'hui, Mme la Présidente. Et, ça,
pour ceux qui suivent l'actualité, on remonte en 2015, 2015, où on parlait, à
l'époque, de coupes de 30 millions à la Sûreté du Québec, pas 15, 30, pas
sur un budget de 1,3 milliard, sur un budget de 900 millions. Alors,
à l'époque, Mme la Présidente, le gouvernement en place, le gouvernement
libéral, avait coupé 30 millions sur un budget de 900 millions. Puis
je suis persuadé qu'il y avait des raisons, Mme la Présidente. Ce n'est
pas ça, le point. C'est juste qu'aujourd'hui... puis j'accepte beaucoup de
critiques, mais, quand on revient puis on essaie de dire que c'était 120 millions,
un, ce n'est pas exact. Quand on parle de coupes historiques, le responsable du
syndicat l'a dit clairement, ils paient encore le prix aujourd'hui. Ce que ça a
amené, comme effet, ça reste encore aujourd'hui. Alors, prudence pour
l'opposition officielle. Clairement, ça remonte à l'ère libérale.
• (10 h 10) •
Cette année, on a demandé à la Sûreté du
Québec de rentrer dans son budget, c'est vrai. Mais on n'a pas fait de coupe historique,
puis je viens de vous <faire la preuve...
M. Lafrenière :
...de
coupes historiques, puis je viens de vous >faire la preuve.
Deuxième point. Pendant nos travaux, il y
a les commerçants qui sont venus nous parler de... ce qui est très vrai, puis
ma collègue de l'opposition officielle en parle souvent, de l'extorsion envers
les commerçants, mais aussi du fait du vol à l'étalage. Et c'était troublant,
ce que notre témoin est venu nous dire : 2 milliards par année qui
seraient perdus, qui seraient perdus à cause du vol à l'étalage. Ce sont des
gros chiffres. Et là le témoin est venu nous dire aussi : Vous savez,
partout au Canada, on utilise la reconnaissance faciale, ça aide beaucoup les
commerçants, puis, au Québec, la législation en place ne nous permet pas de le
faire.
Alors, je comprenais ma collègue de se
dire : Bien, voyons donc! Pourquoi on ne le fait pas? Mais, quand on
creuse un peu, on se rend compte qu'en 2020 on a eu la demande de l'opposition
officielle de faire un moratoire sur l'utilisation de la reconnaissance
faciale. Puis, encore là, je ne dis pas que c'est une mauvaise décision,
comprenez-moi bien, ce matin, là. Puis ma collègue me connaît, elle sait que je
n'aime pas ça. Mais c'est parce qu'il faut rester sur les faits, il faut
travailler pour avancer pour avoir le meilleur projet de loi. Mais de trouver
un coupable, finalement, des fois, on finit par se pointer soi-même, puis c'est
un petit peu ce qui est arrivé pendant la commission.
Puis je tenais à faire ces corrections-là
aujourd'hui, Mme la Présidente, parce que ces paroles-là restent tellement, Mme
la Présidente, que... Récemment, j'étais dans un poste de la Sûreté du Québec,
puis il y a un policier qui est venu me voir en disant : M. le ministre,
vous avez coupé 120 millions dans notre budget. Puis c'est un homme de
39 ans d'expérience. J'ai dit : Tu n'as sûrement pas fait d'enquête,
parce que tu ne t'es pas rendu compte qu'on n'a pas fermé de poste, qu'il y a
encore la patrouille la nuit puis que vous n'avez pas vendu vos hélicoptères.
Ce chiffre percole.
Ça fait que je trouvais ça important de
faire la correction ce matin pour une seule et unique raison. Ce n'est pas que
le ministre a raison ou pas, c'est que ça amène un sentiment d'insécurité au
sein même des forces policières.
Il est vrai cependant qu'il y a du
personnel administratif que leur contrat a été arrêté, qu'il y a eu... ça a
amené des impacts, là. Les coupes de 15 millions, la restriction
budgétaire, j'en suis conscient, amène des impacts administratifs, puis il y a
des gens pour qui ça a changé leur vie. Et, ça, quand on n'est pas en période
d'abondance, ça arrive, Mme la Présidente, puis je ne m'en cache pas. C'est
malheureux, mais c'est vrai. Mais, entre ça puis 120 millions, entre ça
puis fermer des postes de police, entre ça puis dire qu'il n'y a plus de
patrouilles la nuit, c'est tout sauf exact.
Alors, ça, je voulais l'amener ce matin.
Je trouve ça vraiment, vraiment important, parce que ça va nous guider pour la
suite de nos travaux. Parce que les gens reviennent souvent avec ce... avec
ce... cette phrase-là, pardon, cette expression-là qui a été utilisée. Alors,
je voulais vous le dire.
Aujourd'hui, Mme la Présidente, en
terminant, avant de laisser la place à ma collègue, j'aimerais nous inviter,
avec les oppositions, à travailler ensemble pour arriver à un projet de loi qui
va être le meilleur, comme on fait toujours. Parce que, Mme la Présidente, le
printemps, l'été vont arriver, les commerçants vont vivre de la pression avec
des visites de groupes de motards criminalisés, il faut donner les outils pour
nos policiers. Il faut aussi permettre aux victimes, en partant du volet
violence conjugale, d'avoir de meilleurs outils pour les protéger.
Puis ce n'est pas la seule... la seule
chose qu'on va faire, Mme la Présidente. Dans les prochaines semaines, vous
allez voir des opérations très claires que je vais annoncer pour faire la lutte
au crime organisé et pour continuer de travailler en matière de violence
conjugale. Alors, ce n'est pas terminé. Moi, j'espère qu'on va travailler
ensemble, on va faire le meilleur projet de loi avec ce qu'on a reçu comme
commentaires. Moi, j'ai beaucoup aimé nos consultations. Je nous invite à
continuer dans cette voie-là puis surtout adopter notre principe du projet de
loi aujourd'hui, Mme la Présidente. Je vous remercie.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, M. le ministre. Maintenant, je cède la parole à Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Jennifer Maccarone
Mme Maccarone : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. À mon tour d'intervenir sur le projet de loi n°
13, Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la
population et modifiant diverses dispositions.
Je remercie le ministre pour ses
remarques. C'est sûr, j'ai écouté avec une grande attention, parce que, c'est
sûr, c'est de la bonne guerre, Mme la Présidente, c'est sûr, tout le monde peut
utiliser les chiffres de la façon qu'ils le souhaitent, puis, c'est vrai, c'est
le rôle de faire des débats ici, à l'Assemblée nationale. Et je reconnais ce
que le ministre a partagé avec nous aujourd'hui.
Ça reste que moi aussi, je vais avoir
l'intention, à l'intérieur de mon heure, de corriger le tir ou de partager un
autre point de vue, je dirais de cette manière. Parce que le ministre, il sait
que je l'apprécie beaucoup. Je sais que c'est un homme de cœur puis je sais
qu'aussi c'est un homme qui a à cœur la sécurité publique. Alors, j'ai envie de
travailler avec lui. Nous avons déjà travaillé ensemble, et, malgré que nous ne
sommes pas de le même bord de la Chambre, je pense qu'on va pouvoir continuer à
travailler ensemble, parce qu'il y a des éléments, évidemment, qui ont un
impact majeur sur toute la population, et je sais que c'est une préoccupation
dont nous partageons.
C'est vrai, c'étaient des consultations
assez courtes, seulement deux jours pour un projet de loi, on dit, omnibus. <Omnibus,
pas parce que c'est un projet de loi qui est épais...
Mme Maccarone :
...seulement
deux jours pour un projet de loi, on dit, omnibus. >Omnibus, pas parce
que c'est un projet de loi qui est épais puis parce que ça amène plusieurs
articles — on a deux lois qui vont être édictées à l'intérieur de ce
projet de loi — mais parce que ça modifie plusieurs éléments qui ne sont
pas tous nécessairement reliés. Alors, c'est pour ça qu'on appelle ça un
omnibus.
Et c'est dommage que nous n'avons pas eu
la chance d'entendre plus de groupes, des groupes qui seront impactés ou bien
des groupes qui sont là pour la défense des droits de la personne. J'aurais
beaucoup voulu entendre des juristes, que ce soit le Barreau du Québec, le Barreau
de Montréal, parce que, je comprends, il y a aussi des éléments... aussi légals
dont nous devons prendre en considération. Ça fait qu'on a absolument besoin
d'avoir le point de vue de nos experts.
Alors, il y a seulement 13 groupes
que nous avons entendus, mais il y a quand même 28 mémoires qui ont été
déposés. Alors, ça démontre que les gens suivent quand même les travaux, des
gens qui sont... peut-être, on penserait qu'ils sont un peu loin de ce que nous
faisons ici, mais qui démontrent aussi... Il y a des éléments... des angles
morts dans ce projet de loi, puis des éléments que j'espère que nous pourrions
poursuivre à adresser lors de l'étape de l'étude détaillée du PL n° 13.
C'est sûr, on a entendu des corps de
police, on a entendu les municipalités, les chercheurs, divers organismes, les
syndicats, ça a été... c'était très varié, mais je répète : Il y avait des
groupes qui manquaient, au moins pour moi, pour être bien armé. Je dis souvent,
au moment qu'on dépose un projet de loi... puis vous m'avez déjà entendu dire,
Mme la Présidente, au moment qu'on le dépose, le projet de loi n'appartient
plus au gouvernement, ça n'appartient pas à l'opposition, au Parti libéral, ce
n'est pas ça, ça appartient à la communauté, ça appartient à la société civile.
Et c'est pour ça que nous avons des consultations, et c'est pour ça que c'est
ça, la démocratie.
Puis c'est vraiment important que nous
ayons une grande écoute aussi des gens qui viennent témoigner aussi, les points
de vue qu'ils partagent avec nous. Alors, je vais régulièrement dans le
Greffier, entre autres, pour lire les commentaires que des citoyens partagent
avec nous, parce que ça aussi, c'est important, de comprendre leur réalité. Il
n'y a aucun projet de loi qu'on adopte ici qui n'aura pas un impact sur chacun
des Québécois. On peut penser que ce n'est pas le cas, mais il y a toujours un
effet, un «ripple effect» qu'il va y avoir, un impact sur tout le monde. Alors,
c'est important que la population nous suive puis gardent nos... en anglais, je
dirais, un «feet next to the fire», mais... je ne sais pas si ça se traduit en
français, mais nos pieds à côté du feu, mais pour s'assurer qu'on fait les bons
gestes, puis qu'on est à l'écoute, puis qu'on fait preuve aussi d'une ouverture
par rapport à leurs préoccupations.
J'ai dit que c'est un projet de loi qui
édicte deux lois. Ça aussi, c'est quelque chose qu'on ne voit pas trop souvent.
Dans ce qu'il y a ici, le projet de loi n° 13 édicte la loi pour un
registre sur les délinquants sexuels à haut risque de récidive et aussi la loi
afin de favoriser la paix, l'ordre et la sécurité publique au Québec, puis ça
modifie, évidemment, beaucoup d'autres dispositions dans d'autres lois.
Le titre du projet loi, c'est sur... Les
gens questionnent, les gens me posent plein de questions : Qu'est-ce que
ça veut dire, le sentiment de sécurité? Pourquoi ce n'est pas quelque chose qui
est plus concret? J'en suis, je comprends, parce que ce qui donnerait un vrai
sentiment de sécurité, c'est d'avoir plus de policiers, plus d'effectifs, plus
de patrouilles, plus de bras sur le terrain pour accompagner la prévention.
Honnêtement, c'est ça, le nerf de la guerre. Oui, il y a de la répression, oui,
on a besoin d'avoir nos organismes communautaires, oui, 100 %. Il y a du
travail à faire pour faire un accompagnement de nos jeunes parce qu'eux aussi
sont gravement interpelés quand on parle du crime organisé, et il faut adresser
ce fléau.
Entre autres, c'est pour ça que je demande
à maintes reprises au gouvernement de tenir un sommet sur la violence qui va
mettre toutes les parties prenantes autour de la table, même les gens qui
disent : Ah! ça se peut que ça ne m'interpelle pas, mais que tout le monde
soit autour de la table, comme ça, on aura une vision commune de comment nous
pouvons poursuivre pour attaquer ce fléau. J'ose croire que les entreprises,
les corps de police, la SQ, le réseau scolaire, les municipalités, les organismes
communautaires, nos parents, tout le monde a probablement quelque chose qu'ils
peuvent partager avec nous, des idées que, ça se peut, nous pouvons mettre à
l'oeuvre. Puis c'est toujours mieux d'avoir plusieurs têtes au lieu d'avoir
juste une ou deux personnes pour jaser d'un sujet qui interpelle tous les
Québécois, la croissance de violence chez nous. Je suis vraiment préoccupée de
ça.
• (10 h 20) •
Alors, quand on parle de sentiments,
évidemment, c'est un titre qui ne soulève pas vraiment, vraiment, je dirais, le
désir de dire : Oui, c'est sûr, on va <accomplir quelque
chose avec ce projet de loi...
Mme Maccarone :
...Oui,
c'est sûr, on va >accomplir quelque chose avec ce projet de loi, parce
que les gens souhaitent, comme je dis encore une fois, le concret. Parce que le
nerf de la guerre, c'est vraiment avoir plus d'effectifs.
Et c'est pour ça que, chaque groupe qui
ont passé en commission parlementaire, j'ai posé la question par rapport à le
budget parce que le budget est essentiel. Et j'entends ce que le ministre, il
dit : Dans le passé, il y avait des coupures. Je comprends. Mais ça reste
que nous sommes arrivés ici en 2026 avec un gouvernement qui nous a livré
sept budgets déficitaires. Et, quand ils ont pris le pouvoir, en 2018, ils
ont quand même hérité d'un budget avec un surplus de 7 milliards. Alors,
il n'y a pas d'excuse de parler des coupures, c'étaient juste des mauvais
choix, malheureusement, des choix qui vont avoir un impact aujourd'hui sur les
services publics, qui comprend aussi la sécurité publique. Et ça me désole
parce que, 15 millions, 30 millions, 120 millions, peu importe
le montant des coupes au sein de la sécurité publique, pour moi, en tout cas,
c'est du non-sens. Et je comprends que c'est compliqué, je comprends que c'est
des discussions qui ne sont pas faciles à avoir. Je comprends, mais ça reste
que chaque coupure, malgré qu'on dit qu'on aura... on ne va pas couper des
postes de police, va avoir un impact secondaire, il va y avoir des effets
collatéraux.
On a entendu l'association des policiers,
policières du Québec, M. Roberge, qui nous a partagé cette vision, puis on
ne peut pas être à l'écoute de ça. On peut le dire : On va faire de notre
mieux avec ce qu'on a, certes. Puis, ça, j'ai compris de tous les corps de
police qui ont passé. Et je les remercie pour leur dévouement, parce que ça,
c'est essentiel. Chaque fois que nous allons poursuivre avec des modifications
puis qu'on dit : Bien, voilà d'autres outils, voilà d'autres choses qu'on
vous donne, voilà une nouvelle... un registre que, maintenant, on va vouloir
mettre à l'œuvre puis dont vous serez responsables, bien, on a besoin d'avoir
des effectifs. Alors, même si on dit qu'il y a des coupures en matière
d'administration, il y a un effet, il y a quand même un effet. Puis on sait,
tout le monde le sait qu'on ne remplace pas les policiers qui prennent leur
retraite. Alors ça, c'est quelque chose dont nous devons s'attaquer, et ce
n'est pas à l'intérieur d'un projet de loi que nous pouvons faire ça. Mais je le
soulève parce que je sais que c'est une préoccupation. Et, malgré tout ce que
le ministre a partagé avec ses remarques pour l'adoption du principe, je sais
que lui aussi, il doit être préoccupé par ceci. Tout le monde souhaite ajouter
des effectifs pour être en mesure de vraiment pas juste avoir un sentiment de
sécurité, mais d'amener la vraie sécurité pour tous les Québécois et
Québécoises.
Quand on parle... C'est vrai, c'est un
projet de loi qui va mettre en place un registre public des délinquants sexuels
à risque élevé de récidivise. Le ministre l'a dit dans ses remarques, il a dit
qu'il n'était pas sûr, lors des auditions, dans les remarques principales, il a
dit qu'il avait un petit malaise au début. Et j'avoue, je partage, je partage
ce malaise. Je comprends que c'est... politiquement, c'est payant. Je
comprends, politiquement, c'est payant. Je comprends qu'il n'y a personne qui
peut dire publiquement que ce n'est pas une bonne idée. Personne ne peut dire
ça, parce que, si on sauve une vie avec ce registre, bien, on a sauvé une vie,
puis ça vaut ça. Mais, à quelque part, encore une fois, je questionne pourquoi
c'est là où on y va, au lieu d'investir l'argent ailleurs.
Je comprends que les autres provinces ont
mis... quelques-unes, pas toutes les provinces, quelques-unes des provinces ont
mis en place ce type de registre. Mais on ne sait pas si le résultat... les
résultats sont probants. Puis ce n'est pas parce qu'il pleut en Alberta ou en
Ontario que nous, on devrait ouvrir nos parapluies ici au Québec. Ça fait que
je comprends qu'on s'inspire d'ailleurs, mais je comprends aussi la nécessité
aussi de gérer le budget ici, au Québec, puis aussi toutes les interventions
qui sont à l'image des Québécois et Québécoises. Alors, il y a des facteurs
très importants de prendre en considération parce qu'il y a des conséquences
multiples quand on parle de ce type de registre. Et, tout le monde l'a dit, il
n'y a vraiment pas de promesse d'efficacité. Puis on l'a entendu à maintes
reprises, même des groupes qui sont là, les maisons qui sont là pour la défense
des femmes qui sont victimes de violence conjugale, ils l'ont dit : On n'a
pas de preuve que ceci va fonctionner. Si j'avais un choix, si je mettais les
priorités en place, bien, ce n'est pas un registre qui sortirait, pour moi,
comme une priorité. Bien, j'en suis, nous sommes là face à un <projet
de loi dont, c'est clair, il va falloir qu'on en débatte de cette idée...
Mme Maccarone :
...nous sommes là face à un >projet de loi dont, c'est clair, il va falloir
qu'on en débatte, de cette idée à l'intérieur du projet de loi. Puis j'espère
que nous allons vider la question, parce qu'il y a plein de questions, puis,
encore une fois, il y a plein de groupes qui ont soulevé des grandes
préoccupations. Et j'espère que, lors de l'étude détaillée, nous allons trouver
le mi-chemin, les solutions. Je sais que le ministre a écouté, je sais que le
ministre a noté aussi les préoccupations et son équipe qui l'entoure aussi, ça
fait qu'en espérant que nous aurons... que ce soit des amendements ou des
ajouts dont nous pouvons prendre en considération toutes ces préoccupations.
Puis les préoccupations ne sont pas banales, Mme la Présidente, on parle d'un
faux sentiment de sécurité qui peut arriver sur le terrain des victimes ou bien
juste la population en général, parce que ce serait un registre public, donc
tout le monde va pouvoir aller le consulter et sortir ces informations.
Et je sais que vous, en particulier, Mme
la Présidente, vous êtes préoccupée par la cause des femmes, à la protection
des femmes. Puis c'est sûr, c'est important, on ne nie pas ça, mais ça reste
qu'il y a des effets secondaires, que ce soit le faux sentiment de sécurité
parce que, là, je vais pouvoir consulter et je me sens en sécurité parce que je
sais qu'il y a un registre qui existe, et le nom de cette personne, ce
délinquant, est inscrit. Mais ce n'est pas un accompagnement policière, ce
n'est pas de la prévention, c'est un registre qui amène aussi des questions qui
ont été soulevées par les groupes qui ont passé et qui ont dit : Au-delà
du faux sentiment de sécurité, est-ce que ça va amener une certaine culpabilité
envers les femmes qui sont victimes parce qu'on va dire : Bien, ils sont
encore victimisés? Puis est-ce que ça va venir pour dire : Bien, ah, vous
aurez dû consulter le registre, comment ça se fait que vous ne l'avez pas fait?
Alors, est-ce qu'ils vont porter une responsabilité aussi parce que,
maintenant, nous aurons un registre qui sera public, que tout le monde va
pouvoir consulter?
Il y a aussi le risque d'autojustice, le
vigilantisme, puis, nous savons tous, ça peut exister. Alors, ça va être
quelque chose pour les policiers à gérer lors de la mise en œuvre de ce
registre, mais c'est quelque chose que nous devons prendre en considération.
Alors, les groupes ont quand même mené des
recommandations que j'ai trouvées intéressantes. C'est clair, ça va prendre de
la sensibilisation de la population, le pourquoi, le comment, qu'est-ce que ça
veut dire, qu'est-ce que vous pouvez faire, qu'est-ce que vous ne devez pas
faire, mais cet accompagnement, la sensibilisation, on sait que ce n'est pas un
«catch all», on sait qu'on ne peut pas sensibiliser tout le monde, ça fait
qu'il va toujours y avoir ce risque-là, et parce qu'on sait aussi que les
armes... c'est facile à procurer des armes. J'amène cette préoccupation de
comment nous allons mettre fin à ceci parce que c'est une grande préoccupation
que les gens ont partagée. Alors, j'ai aussi parlé de le risque de culpabilité
des victimes.
Article 18, je l'ai noté, parce que
l'article 18 édicté par l'article... le premier article du projet de loi n° 13, ça dit : «[L']objectif est de permettre à toute
personne de prendre les mesures de précaution qu'elle estime appropriées pour
assurer sa sécurité et celle des proches et qu'elle ne vise d'aucune manière à
encourager l'autojustice à l'égard du délinquant sexuel», mais ça permet à
toute personne de prendre les mesures de précaution. C'est un langage,
évidemment, qui n'est pas clair, qui va engendrer un peu de confusion sur le
terrain.
Il y a des gens... on l'a lu dans quelques
quelques mémoires, il y a des groupes qui ont partagé les préoccupations par
rapport à le déclin du valeur immobilière lors du publication d'une adresse,
code postal du délinquant : Bien là, c'est dans mon quartier, est-ce que
ça veut dire, la valeur de ma résidence, mon condo va baisser parce que c'est
maintenant catégorisé comme dangereux parce que j'ai cette personne qui habite
à mon quartier? Malgré qu'on comprend que ce n'est aucunement ce qui est
souhaité avec le registre puis son mise en œuvre, encore une fois, c'est de
partager l'information pour protéger les victimes et aussi protéger les
alentours. On ne veut pas avoir des délinquants sexuels que nous savons sont à
risque de récidive à côté d'une école. On ne veut pas ça, on ne les veut pas à
côté de nos parcs, à l'intérieur de nos parcs. Ça fait qu'on voit comment que
c'est louable, mais ça reste que, ça aussi, c'est un effet secondaire, il y a
un effet collatéral lors de la mise en œuvre.
• (10 h 30) •
L'autre impact d'effet collatéral qui me
préoccupe beaucoup puis que nous avons jasé en profondeur, c'est l'impact sur
les proches des personnes dans le registre, on parle de... ça se peut, on n'est
pas rendu là <encore...
>
10 h 30 (version révisée)
<17911
Mme Maccarone :
...on parle de... Ça se peut, on n'est pas rendus là >encore,
mais ça se peut que les informations des membres de la famille, de ses enfants...
dans le fond, à cause du nom de la personne et où il habite, bien, juste la
reconnaissance de son nom, des gens vont savoir, bien : Ah! bien, ça, c'était
l'ancien conjoint, ça, c'était l'ancien mari de... et, bon : Mon Dieu! maintenant,
je sais qu'elle était victime, et elle, elle a trois enfants à sa charge. Ça fait
que, maintenant, les enfants sont aussi mis dans une situation de vulnérabilité
parce que, là, on va pouvoir les identifier. Puis, je comprends, c'est tout
sauf ça que nous souhaitons faire. C'est l'identification des victimes et des
victimes potentielles. Ce n'est pas ça qu'on souhaite, mais ça reste que ça
peut très bien être le cas, et il y a des groupes qui ont soulevé ça aussi.
Il y a aussi la peur de stigmatisation. Ça
fait que, même si ces personnes ne deviennent pas, encore une fois, des
victimes, bien, ils vont quand même être stigmatisés, parce que les gens, le
public, la communauté qui l'entoure, qui entoure cette victime vont pouvoir
savoir qu'elle a été victime dans le passé. Alors, est-ce que ça amène une
certaine stigmatisation, la façon qu'elle sera traitée? Il faut aussi prendre
ça en considération.
Puis les droits, évidemment, chose que
nous n'avons pas entendu des groupes parler, les droits des personnes ou leurs
noms... Les délinquants sexuels, encore une fois, c'est les gens qui... qui ont
passé du temps en prison s'ils ont été trouvés coupables. Alors, on sait qu'il
doit y avoir des conséquences de ça, mais ça reste que c'est des gens qui ont
des droits. Alors, comment aussi adresser cette préoccupation, le droit à des
renseignements privés? Comment est-ce que nous allons aborder ça? Ça fait que
j'ai hâte à avoir ces échanges pour bien comprendre. Et je livre tout ce que je
vais partager lors de l'étude détaillée, parce que je comprends le désir de
vouloir poursuivre avec l'adoption de ce projet de loi, dont je suis favorable,
mais j'ai plein de questions. Puis ça, c'en est une, parce qu'on ne veut pas qu'après
l'adoption du projet de loi... que les gens reviennent, puis là ça va être
contesté devant le tribunal. Qu'est-ce que nous pouvons faire pour assurer que
ce ne sera pas le cas? Ça fait que voici d'autres préoccupations.
Et je dis tout ça aussi, Mme la Présidente,
parce que nous savons que la recherche et la science... On a entendu la
criminologue Angy Riendeau qui nous a dit qu'il n'y a rien qui nous indique qu'un
registre va nous aider à l'objectif de mettre fin à la récidive, rien. Il n'y a
pas de preuve de ça. Il n'y a pas de recherche. Il n'y a rien. Il n'y a aucune
data probante qui nous explique que ça, ça va être le cas. Ça fait qu'il n'y a
rien de concret.
Alors, c'est une mesure dont l'efficacité
n'a pas été démontrée, ça fait que d'où la préoccupation. Puis là je parle tant
sur le plan de sécurité pour la communauté qu'en lien avec les réductions de
violence sexuelle. Ça fait que, les deux bords, on n'a pas vu une réduction des
cas. Ça fait qu'on n'a pas vu un... le résultat que ça, là, ça, ça a bien
fonctionné, que ce soit aux États-Unis, que ce soit dans les autres provinces
qui l'ont mis à l'oeuvre. Alors, on questionne pourquoi. Puis, encore une fois,
je répète qu'il y a quand même les droits de la personne. Il y a la Charte
canadienne des droits et libertés dont nous devons prendre en considération. Ça
fait que j'ai hâte d'entendre les résultats de ceci.
Je continue sur le registre, Mme la
Présidente, parce qu'on sait que 80 % des agressions sexuelles sont faites
par une personne que nous connaissons. Ça fait que ce n'est pas n'importe qui
dans la rue. Alors, même si nous aurons un registre avec le nom de M. Lafrenière
qui est inscrit dans ce registre, ça reste que ce n'est pas Mme Maccarone,
qui n'a jamais été victime, qui pourrait être victimisée encore, parce qu'on
sait que, majoritairement, huit cas sur 10, on connaît... la victime connaît
son agresseur. Alors, je comprends le besoin de vouloir protéger la population,
mais ça reste que nous savons... En la majorité des cas, c'est la victime dont
nous devons protéger puis pas nécessairement les gens qui sont autour, parce qu'on
sait, selon les statistiques, le 80 %, ce n'est pas juste n'importe qui
dans la rue qui va devenir votre agresseur.
Mais, cela étant dit, encore une fois, je
répète, je vois l'angle que le gouvernement souhaite aborder avec le registre.
Je comprends le but, qui est louable, de protéger les victimes, mais il y a des
questions que nous devons soulever puis dont nous avons besoin d'avoir des
réponses, parce que, quand on parle du budget, et, oui, on a parlé des coupures
à la SQ, que ce soit 15 millions, il y a quand même 6,7 millions qui sera
mis à l'intérieur pour la mise en oeuvre de ce registre. C'est 6,7 millions. C'est
beaucoup <d'argent...
Mme Maccarone :
...la
mise en œuvre de ce registre. C'est 6,7 millions. C'est beaucoup >d'argent.
C'est de l'argent que nous aurons pu utiliser pour avoir plus d'effectifs, pour
outiller encore mieux nos policiers. Mais le nerf de la guerre, c'est d'avoir
plus de bras. Alors, je ne sais pas combien il y a de policiers que nous
pouvons engager avec 6,7 millions de dollars, mais ça reste que c'est un
investissement important.
Puis il y a des attentes qui vont être
très élevées, de la population, envers nos policiers, mais les policiers, il
faut le dire, Mme la Présidente, ils ne peuvent pas surveiller 24 heures sur
24, sept jours sur sept. C'est... Les attentes sont énormes quand on a ce type
de registre qui sera en place. Il va y avoir des attentes de la population.
Alors, comment est-ce que les policiers vont rejoindre ces attentes? Ce n'est
pas clair pour moi parce que je sais qu'il y a des préoccupations en ce qui
concerne le nombre d'effectifs puis les gens qui vont pouvoir rejoindre cette
attente.
Mais c'est important d'agir auprès des
délinquants sexuels. On le sait. Puis c'est... Encore une fois, je répète, je
sais que ce n'est pas populaire de dire : Bien, peut-être que ce n'est pas
une bonne idée, ce n'est pas très politique, ce n'est peut-être pas une bonne
idée, mais je crois fondamentalement que nous devons vraiment agir à la base.
J'en suis. Un registre s'en vient. Je vais faire tout mon possible, comme
membre de l'opposition officielle, de bonifier le projet de loi pour adresser
toutes ces préoccupations parce qu'ils sont importants. Puis je ne dis pas ça
comme membre de l'opposition officielle. Je dis ça comme membre de la
communauté en général. Je pense qu'il y a des choses dont nous devons creuser.
Mais nous ne sommes pas en train
d'investir à la base, agir à la base, puis ça, c'est la réinsertion sociale.
Là, on sait, nous avons des statistiques que... On a des résultats. Ça
fonctionne, cet accompagnement, mais malheureusement le gouvernement a annoncé
qu'ils vont arrêter le financement de ces organismes qui travaillent
arrache-pied pour faire ces accompagnements qui ne doivent vraiment pas être
faciles. Je ne peux même pas imaginer un accompagnement d'une personne qui
était déjà désignée coupable, un délinquant sexuel à haut risque de récidive.
Ça doit... La formation, l'accompagnement pour aider cette personne à se
réhabiliter le plus possible pour se réinsérer dans notre société, ça ne doit
vraiment pas être facile, mais encore moins facile quand on n'a plus les
moyens.
Ça fait qu'ils vont maintenant être
financés avec l'argent des détenus, parce que les détenus ont quand même l'argent
dans le compte de banque, mais ce n'est pas clair, comment que ça, ça va avoir
lieu, combien d'argent. Puis ils sont vraiment inquiets, vraiment, vraiment
inquiets. Puis il y a plusieurs groupes qui ont dénoncé ceci, et j'ai plein de
lettres de groupes aussi qui nous demandent au secours, de l'aide, parce qu'on
ne veut pas échapper quelqu'un, parce qu'encore une fois, comme... On ne peut
pas échapper une victime, ce serait impensable, mais, une personne dont nous
pouvons aider, qui ne sera plus un récidiviste, bien, ça aussi, il me semble,
nous ne pouvons pas échapper cette personne, parce que cette personne va se
retrouver dans... dans notre société. On ne peut pas la garder en prison pour
le restant de ses jours si ce n'est pas ça, sa peine. Alors, à un moment donné,
ils vont être sur la place publique avec tout le monde. Ça fait que, si nous
pouvons faire cet accompagnement au-delà d'un registre pour leur aider, bien,
il me semble que ce serait la chose à faire. Puis on aurait aussi des experts
qui vont faire l'accompagnement de ce délinquant qui est considéré à haut
risque. Alors, ils vont pouvoir signaler, parce que l'accompagnement est en
place. Mais ce n'est pas là où nous sommes en train de faire nos
investissements. Ce n'est pas à la base. Ça fait que je suis préoccupée de ça.
• (10 h 40) •
Puis je dis ça aussi parce qu'il ne faut
pas oublier non plus qu'il y a des services, des registres qui existent déjà.
On sait qu'il y a un registre qui existe au niveau national. Il y a des groupes
qui l'ont soulevé. Il y a des groupes qui ont parlé beaucoup de l'accès à
l'information, comment que nous pouvons partager l'information. Mais on sait...
On ne sait même pas si ça fonctionne, mais nous sommes en train de mettre en
place un autre registre. Mais on a un registre national. Ça fait qu'au lieu
d'évaluer... Si ça fonctionne puis si nous pouvons le bonifier, peut-être, ça
coûterait moins cher. Comment ça se fait que les policiers municipaux n'ont pas
accès à ce registre? Pourquoi que c'est uniquement la SQ? Comment pouvons-nous
avoir un meilleur échange d'information? Est-ce que c'est quelque chose qui a
été évalué? Il me semble que non. Bien, encore une fois, il me semble que c'est
un élément qui est vraiment important, parce qu'avant d'aller vers l'avant avec
quelque chose qui soulève beaucoup de questionnements, bien, on a déjà quelque
chose qui existe.
Ça fait que, peut-être, nous pouvons aller
plus au fond de la question pour voir s'il y a quelque chose que nous pouvons
faire, parce que, c'est vrai, il y a beaucoup trop de féminicides. Un
féminicide, c'est un de trop, puis nous sommes rendus à six. Et ma collègue de <Robert-Baldwin
a déchiré...
Mme Maccarone :
...un
de trop, puis nous sommes rendus à six. Et ma collègue de >Robert-Baldwin
a déchiré... elle déchire sa chemise sans arrêt quand on parle de ce sujet.
Elle a ça vraiment à cœur. Elle va sur toutes les tribunes pour parler de ça,
ma collègue aussi la députée de D'Arcy-McGee. Elles ont fait la motion de
mercredi, la semaine passée, pour parler des besoins puis l'effet sur les
femmes. Alors, oui, nous devons tous être préoccupés de ça. C'est très
important.
Et c'est pour ça que, oui, il y a eu des
groupes qui ont passé et qui nous ont parlé de... est-ce que nous pouvons bonifier,
modifier ce projet de loi... ou il y a une déception parce qu'il n'y avait pas
la loi de Clare qui était incorporée. Puis la loi de Clare, bien, c'est sûr,
c'est un registre qui permet les victimes d'avoir accès à les antécédents
judiciaires de leurs agresseurs, qui est important, parce que, l'histoire de ce
qui est arrivé en Angleterre avec Clare, bien, on ne veut pas répéter cette
histoire ici. Et, oui, nous sommes déjà rendus à six féminicides déjà, ça fait
que... Qu'est-ce que nous pouvons faire pour aider les femmes qui sont déjà
victimes, de s'assurer que leurs vies sont protégées? Parce qu'ils dénoncent,
parce qu'ils lèvent la main, parce qu'ils disent : Au secours, là, j'ai un
problème, il revient.
Et on a des bracelets de rapprochement. Et
je souhaite dire au gouvernement bravo, parce que ça, c'est une mesure qui, je
sais, est importante. Ça fait qu'ils sont allés vers l'avant avec ceci. Ça fait
que c'est un bon geste, c'est un bon départ, mais je comprends aussi les
préoccupations. Et, c'est vrai, on a entendu : Est-ce que nous pouvons
l'incorporer? Je pense qu'il y a une solution pour ceci, pas à l'intérieur du
registre actuel mais un registre à part. Je comprends, mais, encore une fois...
Parce qu'on souhaite que les victimes ont accès à l'information de leurs
agresseurs pour s'assurer... comme les conditions de libération lors de la
sortie du prison, après qu'ils ont complété leur peine ou quand c'est à deux
tiers de leur peine. Ça, c'est un autre sujet. Ils vont être équipés, parce
qu'ils vont avoir l'information.
Mais la grande question, c'est : Même
si on fait ça pour les victimes de violence conjugale ou les victimes avec
leurs agresseurs, les délinquants sexuels, est-ce qu'il faut que ce soit public
ou est-ce que nous pouvons penser qu'on peut penser à mettre quelque chose
privé où l'information peut passer aux victimes? Est-ce que c'est un mi-chemin?
Est-ce que c'est un moyen pour s'assurer que les victimes ont l'information,
qui est nécessaire pour leur sécurité, pour leur bien-être aussi? Mais aussi ça
adresse autres préoccupations que j'ai déjà soulevées au début de mon
intervention. Ça fait que je pense que c'est important, encore une fois, qu'on
vide la question par rapport à ceci, parce qu'il faut coordonner, il me semble,
il faut coordonner toutes les informations. Ça va être important.
Puis, quand j'ai parlé de les conditions
de libération, ça, c'est autre chose, parce que, quand on parle du registre
actuellement dans la loi, on parle d'uniquement les personnes qui ont terminé leur
peine. C'est seulement eux. Leur nom va paraître sur un registre, mais on sait
qu'il y a beaucoup, beaucoup de délinquants qui sortent du milieu carcéral à
avoir terminé deux tiers de leur peine, mais les deux tiers ne feront pas
partie du registre. Alors, encore une fois, je questionne.
Puis je comprends que ça peut être
complexe, parce que cette personne va avoir un accompagnement, alors, ça
nécessite des questions qui doivent être répondues en ce qui concerne aussi les
droits puis l'accompagnement, mais ça reste qu'il me semble que ça, c'est
quelque chose dont nous devons modifier, jaser lors de l'étude détaillée. Parce
qu'il y a des groupes qui ont dit : Il n'y a quand même pas de sens quand
on parle de ça, parce que, deux tiers versus la peine entière, ça reste que
c'est quand même un délinquant sexuel. Alors, il va falloir que nous nous en
préoccupons, de ceci, que ce soit par le biais d'un registre chez nous, ou le
registre national, ou bien l'information qu'on partage avec les victimes. Deux
tiers, peine entière, il faut se préoccuper, parce que ça reste que c'est un
délinquant.
Les patchs, Mme la Présidente, c'est vrai
que c'est un élément intéressant. Puis je sais que, pour le ministre, c'est
quelque chose qui est d'une grande importance, et c'est clair que les policiers
sont contents. Alors, je vois comment on peut avoir un impact positif. Puis ils
ont besoin d'être outillés. Alors, j'ai des... Je suis favorable, mais, encore
une fois, j'ai des questions, encore une fois, pour la mise en œuvre de cette
nouvelle mesure, parce que ça leur donne un pouvoir d'interpeler un criminel.
On donne toujours l'exemple de si des policiers rentrent dans un bar où on a
plusieurs Hell's qui portent leurs vestes. Comment ils vont agir? Pratico-pratique,
ça a l'air de quoi? On a entendu des groupes de policiers qui ont dit : On
va leur demander <d'enlever les vestes...
Mme Maccarone :
...des
groupes de policiers qui ont dit : On va leur demander >d'enlever
les vestes, mais ce n'est pas ça que ça dit dans la loi. Dans le fond, si on
rentre, puis vous portez votre veste en public, si vous portez une patch en
public, bien là, vous aurez une sanction pécuniaire. Alors, ce n'est pas une
question de l'enlever. Ça fait qu'on va avoir des sanctions. C'est clair, je
pense, en tout cas, j'espère, que l'effet positif de ça, ça va diminuer les
risques pour les commerçants, parce que ça doit être épeurant aussi d'avoir un
gang de crime organisé qui rentre chez vous, dans votre commerce. Alors, ça
aussi, je vois d'un très bon œil, mais est-ce que donner une contravention, ça
va changer les choses? Ça fait que j'ai hâte à mieux entendre la vision du
ministre là-dessus.
On a entendu aussi les policiers
municipaux qui ont dit... bien, ils ont peur d'être ridiculisés, parce qu'on va
faire ça, puis les gens vont rire d'eux. Je sais que la réalité pour le SPVM,
pour le SPAL, pour les policiers de Laval est totalement différente, mais je
comprends leurs préoccupations. Ça fait que j'ose croire qu'on va avoir des
explications, donc, nous allons mieux comprendre la vision du ministre pour la
mise en œuvre, parce qu'on ne veut pas non plus avoir des récidivistes de
billets de contravention non plus. Ce n'est pas ça qu'on veut. On ne veut pas
qu'on donne des contraventions puis, disons : Oui, donne-moi-z-en,
donne-moi-z-en, je n'ai jamais l'intention de payer.
Ça augmente en termes de le montant pénal,
mais j'ai déjà entendu... Lors des auditions, les gens nous ont demandé :
Pourquoi ne pas aller pour saisir des biens? Ça fait qu'est-ce que ça, c'est
quelque chose que nous pouvons discuter? On a aussi entendu le SPVQ, qui ont
dit : Ça ne règle pas tout parce que ce n'est pas juste sur la personne,
des fois, c'est à l'extérieur, le commerce, que ce soit un drapeau...
Ça fait que je crois que ça, c'est quelque
chose dont nous pouvons s'attaquer par le biais d'un amendement, parce que ça
va au-delà de juste ce qui est porté sur la personne. Il ne faut pas leur
donner les moyens. Si nous allons aller vers l'avant à attaquer ces patchs, bien,
il va falloir qu'on creuse, puis qu'on s'assure qu'en faisant... en adoptant ce
projet de loi toutes les questions ont été adressées, puis qu'on ne leur donne
pas une marge de manœuvre d'aller au-delà de ceci. Ça fait qu'on a entendu
les... le questionnement en ce qui concerne l'extérieur du commerce ou à
l'intérieur du commerce. Ça fait que j'ai hâte de voir qu'est-ce qui arrive
avec ça. Je sais que c'est important quand on parle, mettons, Hell's Angels,
Support 81, parce qu'eux, ils vendaient leurs biens, puis évidemment on
veut mettre fin à ça. On ne veut pas qu'ils profitent de leurs patchs, parce
qu'on sait que c'est le crime organisé. Ça fait que ça, c'est important.
Puis ça, encore une fois, je salue l'intervention
puis la mise en œuvre de cet élément à l'intérieur du projet de loi, mais on
n'a pas entendu les groupes, les juristes, qui nous disent : Comment
allons-nous le mettre vers l'avant? Parce que c'est quand même une marque de
commerce, Hell's Angels, au niveau fédéral. Alors, même mon collègue le député
d'Acadie, qui est l'ancien procureur en chef pour Canada, m'a posé la
question : Comment allons-nous poursuivre avec ceci? Est-ce que vous allez
être accompagnés? Est-ce que les gens ont dit : Oui, voilà, nous pouvons
faire ça parce que... ou le contraire?
Mais on n'a pas entendu les groupes qui
pouvons nous armer avec l'information dont nous avons besoin pour s'assurer que
«we're bulletproof», puis c'est ça que nous avons besoin avec un tel geste puis
les éléments à l'intérieur du projet de loi dont on va s'attaquer aux patchs. Parce
que, les contestations constitutionnelles, bien, on n'en veut pas. On veut...
C'est gaspiller de l'argent du public. On ne veut pas ça. On ne veut pas
être... On veut s'assurer qu'on n'est pas attaquables. Tu sais, il faut être
béton quand nous allons poursuivre avec ceci. Ça fait que j'espère que le
ministre va aussi expliquer la vision de ceci puis comment ce sera le cas,
parce qu'on ne souhaite pas que la loi soit contestée. Ce serait un gaspillage
d'argent et du temps.
• (10 h 50) •
C'est un projet de loi aussi qui adresse
les manifestations puis c'est très important. Puis, tout le monde le dit, on
doit respecter le droit de manifester. Il n'y a personne qui souhaite mettre
fin à ceci. On comprend l'importance. C'est un exercice de liberté d'expression
qui est profond. La réunion pacifique, c'est le mot... le mot-clé, je dirais,
protégé par la charte canadienne et la charte québécoise. Ça fait qu'on prend
ça au sérieux, puis c'est très important. Mais le projet de loi n° 13 édicte la mise en œuvre de la loi favorisant la paix,
l'ordre et la sécurité publique au Québec, et ça introduit plusieurs
dispositions pénales face aux manifestants qui ne vont pas respecter des éléments
dans ce projet de loi, comme par exemple une interdiction de manifester à moins
de 50 mètres d'une résidence d'un élu. Là, on ne sait pas si c'est la
résidence principale, secondaire. On sait qu'il y a eu <beaucoup
de cas...
Mme Maccarone :
...moins
de 50 mètres d'une résidence d'un élu. Là, on ne sait pas si c'est la
résidence principale, secondaire. On sait qu'il y a eu >beaucoup de cas
à travers les années, même à l'intérieur de cette législature, des collègues,
des ministres, le premier ministre qui été victime des manifestants qui sont
allés à sa résidence. Alors, malgré que je comprends que ça ne fait pas le
bonheur de tout le monde, je pense que c'est important aussi de respecter les
droits de tout le monde.
Et ce n'est pas la majorité des
manifestants dont nous sommes en train de parler. On comprend qu'il y a plein
de manifestants qui souhaitent s'exprimer, qui souhaitent se faire entendre,
qui sont pacifiques, ça va bien. Mais il y a des gens qui se greffent à eux. Il
y a des... les malfaisants qui se greffent à eux, qui causent le vandalisme,
qui brisent les fenêtres, qui vont aller vers l'avant avec des actes de
violence. On comprend que ce n'est pas tout le monde, mais malheureusement,
parce que nous avons ça, il faut adresser plus large.
Alors, je salue les interventions du
gouvernement en ce qui concerne ceci, parce que les policiers ont besoin
d'avoir des trucs pour agir. Ça fait que ça, ça va leur donner quand même des
outils de pouvoir agir lors des manifestations, comme par exemple, s'il y a
quelqu'un qui a une balle de pool à l'intérieur de leur coton ouaté, bien, ils
vont pouvoir arrêter cette personne puis ils vont pouvoir fouiller. Puis, ça
aussi, je comprends que ça ne fait pas le bonheur de tout le monde, mais c'est
de croire raisonnablement qu'il y a quelque chose dont ils se soucient que
quelqu'un va agir avec une méfiance. Alors, je pense que c'est un avantage puis
je pense que c'est une avancée importante, parce qu'on ne veut avoir aucun
objet dangereux.
Mais ce qui constitue un objet dangereux,
bien, ça aussi, il faut peut-être l'encadrer, parce qu'on a entendu que ce
n'est pas clair. Ce n'est pas une liste exhaustive. On parle d'une brique, mais
une brique, ça veut dire quoi? Est-ce que ça comprend une roche? Est-ce que
ça... On ne peut pas avoir une liste exhaustive, mais est-ce qu'un «notamment»,
ça peut... ça peut rejoindre les besoins? Probablement que non, parce qu'on
sait que... Dans le Code civil, ce n'est pas assez encadré, puis on ne souhaite
pas avoir une interprétation de tout le monde sur la place publique, mais ça
reste qu'on comprend que les policiers sont contents de ça parce que ça leur
donne un outil. Mais ils souhaitent peut-être avoir plus de pouvoir d'agir, ça
fait qu'on va probablement en débattre lors de l'étude détaillée.
Il y a aussi la liste des entités à
dessein criminel que... comme, mettons, Arab Power, etc., Hell's Angels, que le
gouvernement... Le ministre, présentement, dans la loi, c'est lui qui est en...
qui est responsable de qui sera dans la liste. La mise en œuvre, la mise à jour
actuellement, c'est écrit que c'est cinq ans, mais là il y a du monde qui
ont dit : Peut-être, ça devrait être trois ans. Il y a des policiers
qui ont dit que nous, nous aimerions partager notre point de vue puis alimenter
la liste aussi, de ne pas attendre à cinq ans ou après le ministre, parce
qu'on souhaite aussi avoir le plus possible la neutralité de l'État envers
ceci. Ça fait que, si je comprends bien, je pense que le ministre avait une
écoute attentive à ces préoccupations pour assurer que ce ne serait pas trop
large en termes d'interprétation, mais aussi probablement que nous pouvons la
modifier pour rejoindre les préoccupations des groupes puis les recommandations
qu'ils ont partagées avec nous en ce qui concerne la bonification de ces
éléments du projet de loi.
On a parlé du crime organisé dans le
commerce au détail. Ça fait que j'étais vraiment contente d'avoir ces groupes
qui ont passé, parce qu'on n'en parle pas beaucoup, on n'en parle pas assez.
Oui, c'est vrai, je suis très préoccupée par l'extorsion, puis ce serait le
prochain sujet dont je vais aborder, Mme la Présidente. Ce n'est actuellement
pas dans le projet de loi. Alors, est-ce que c'est un angle mort? On sait qu'à
travers le Canada c'est 9 milliards de vols, dont les commerçants
canadiens sont en train de... de vivre avec. Puis, au Québec, c'est
2 milliards. 2 milliards, c'est... juste en TVQ, c'est
200 millions de dollars que l'État ne récupère pas à cause des vols.
Ça fait qu'il me semble qu'avec tout ce montant d'argent il y a plein de choses
que nous pouvons faire. Je ne vais pas faire la liste de toutes les choses,
mais, au-delà d'ajouter des effectifs policiers, ça reste qu'il y a plein de
choses dont nous pouvons investir cet argent-là encore. Juste à l'intérieur de
ce projet de loi, au-delà d'un registre, bien, on peut faire l'accompagnement
de nos organismes communautaires, qui ont absolument besoin du renfort. Parce
que ça affecte les épiceries, ça affecte les magasins.
Et je ne peux même pas imaginer la façon
que ça fonctionne. Ils ont essayé de nous expliquer un peu comment ça
fonctionne, comment ils volent, admettons, des... des cartes-cadeaux. Bien, je
dis : Les cartes-cadeaux, comment ça se fait? Parce qu'il faut quand même
aller à un registre, puis il doit l'activer. Oui, mais c'est la distraction. Ça
fait qu'on va avoir une personne qui va dire : Oui, oui, oui, puis une
autre personne qui va leur donner, ils vont les activer, puis finalement il va
dire : Bien non, laisse tomber, puis ils vont faire un switch des cartes.
Écoute, ils sont créatifs.
Alors, je pense que nous, nous avons une responsabilité
aussi d'agir, alors, d'où <l'importance...
Mme Maccarone :
...puis
ils vont faire un switch des cartes. Écoute, ils sont créatifs.
Alors, je pense que nous, nous avons
une responsabilité aussi d'agir, alors d'où >l'importance... Je
comprends la reconnaissance faciale. Et, oui, c'est vrai, ce que le ministre a
dit. Dans le passé, il y avait des demandes de moratoire parce qu'il y avait
des préoccupations par rapport à le racisme qui peut être engendré avec un tel
outil. Mais, il me semble, quand on parle de cet élément à l'intérieur de ce
projet de loi, on évolue. On est en train de discuter, encore une fois :
Est-ce que, maintenant que c'est plusieurs années plus tard... que nous
pouvons, encore une fois, vider la question, trouver des solutions? Parce
qu'actuellement la raison qu'on soulève ceci, c'est parce que les commerçants
n'ont pas droit. Dans les autres provinces canadiennes, ils ont le droit
d'avoir un registre où on peut voir la face du délinquant ou la personne qui
vient voler. Ça fait que c'est connu. Mais, chez nous, ils n'ont pas droit
parce que cette personne doit donner son accord d'avoir sa face publiée à
l'intérieur du commerce. Ça fait que c'est... c'est un peu du non-sens.
Je n'ai pas participé dans les autres
débats à l'époque, mais il me semble que c'est quelque chose que nous devons
discuter pour voir s'il y a des éléments d'ouverture à l'intérieur de ce projet
de loi pour rejoindre ces attentes, parce que, oui, quand on parle d'un
omnibus, c'est l'occasion de le faire. Nous sommes dans la dernière session
dans cette législature. Il me semble qu'on n'aura pas un autre projet de loi
pour la sécurité publique. Alors, c'est une occasion en or d'adresser toutes
les préoccupations qui ont été soulevées pour nous en commission parlementaire
ou bien par le biais des mémoires ou des lettres que nous avons reçus. Alors,
c'est un élément qui est important.
La mutualisation, qui veut dire : On
va partager des services entre les corps de police, c'est vrai, c'est une bonne
chose, parce que ce qu'on souhaite, c'est d'utiliser tous les experts pour
attaquer à tous les fléaux que nous avons en ce qui concerne sécurité publique.
Mais, c'est vrai, il y a des préoccupations qui ont été soulevées, comme... Nous
avons besoin d'avoir des ententes. On ne souhaite pas avoir des municipalités
qui vont être perdantes parce qu'il y en a... ceux qui sont plus organisés,
avec plus d'effectifs, avec plus d'expertise que d'autres.
Et aussi l'autre préoccupation que les
gens ont soulevée, les policiers ont soulevée, c'est : Si nous faisions
ceci, qui est un geste important, puis c'est ça qu'on souhaite, bien, on ne
souhaite pas que ça va amener des compressions budgétaires non plus, parce que,
là, on vient de dire : Bien là, parce que vous faites ça ensemble, vous
n'avez plus besoin d'avoir cette ressource. Ça fait que, ça aussi, on veut
éviter ça comme un effet secondaire de cette idée d'une mutualisation. Alors,
il faut garder un œil pour ceci.
L'extorsion, l'extorsion, c'est vrai,
c'est... c'est un fléau. C'est quelque chose qui me préoccupe depuis plusieurs
mois. Et je souhaite utiliser au moins une minute de mon temps pour remercier
le ministre de son ouverture. Le ministre, il est venu à ma rencontre. Il a
rencontré mes citoyens. On a jasé de ceci. Il a fait preuve d'une grande ouverture.
Et, oui, nous allons travailler ensemble pour s'attaquer à ceci. Il y a un plan
de match. Et je suis très reconnaissante, parce qu'il va y avoir un impact non
seulement sur Westmount—Saint-Louis, c'est le centre-ville de Montréal...
Des voix : ...
Mme Maccarone : Oui, c'est
vrai, c'est un très bon geste. Alors, je suis vraiment contente de ça. Ce n'est
pas tout. On a dit, lors d'une rencontre, qu'on est des adversaires, mais on
n'est pas des ennemis. Puis, c'est sûr, on peut être en désaccord, mais il y a
des éléments dont nous pouvons avoir... qui vont nous rassembler pour aller à
la protection de nos citoyens, parce que l'extorsion, c'est un fléau
inexplicable, Mme la Présidente. C'est des commerçants où leurs renseignements
personnels se retrouvent dans un registre public des entreprises. Alors, c'est
très facile pour le crime organisé de les retracer chez eux. J'en connais où,
écoute, ils se sont fait tirer sur leurs maisons pendant que les enfants sont à
la maison. C'est épeurant.
• (11 heures) •
Mais ce n'est pas juste ça. On... Il n'y a
pas un jour qui passe où on n'entend pas une histoire d'extorsion, où il y
avait un feu qui était amené dans un commerce, un cocktail Molotov, où on va
faire du vandalisme ou des menaces. Ils ont peur, c'est normal, puis ils ont
peur de dénoncer aussi. Puis c'est lucide d'avoir cette réaction. Alors, ça
prend du courage de dénoncer. Mais de le faire, ça veut dire : Il va y
avoir des effets collatéraux aussi de ceci, parce que ce n'est pas juste le geste
en matière de sécurité publique, c'est aussi les assurances, parce que les
assurances sont affectées, sont affectées, dans le sens que les assureurs... soit
que les montants vont augmenter ou bien les assureurs ne souhaitent plus leur
assurer parce que ça coûte trop cher. Mais il ne peut pas... il ne peut pas y
avoir un commerce, il ne peut pas y avoir un bar ou un restaurant qui est
ouvert sans être assuré, surtout si on sait qu'ils peuvent être victimes d'un
acte criminel par le <biais...
>
11 h (version révisée)
<17911
Mme Maccarone :
...qui est ouvert sans être assuré, surtout si on sait qu'ils
peuvent être victimes d'un acte criminel par le >biais d'un crime... par
le biais du crime organisé. Alors, ça va être important, parce qu'il y a aussi
l'impact sur les voisins. Puis ce n'est pas juste les bars et les restaurants,
c'est aussi... c'est aussi, mettons, les nettoyeurs à sec, c'est aussi les
dépanneurs, c'est aussi les chaînes de restaurants, c'est aussi les
concessionnaires de véhicules, c'est un fléau qui est trop répandu. Alors, je
suis vraiment contente qu'il y ait un plan qui est en train de se mettre
ensemble pour s'attaquer à ceci puis j'ai grand espoir qu'on va avoir un grand
succès. Ça fait que c'est vraiment une bonne chose parce qu'il faut... il faut
agir rapidement. Puis, c'est sûr, le ministre, il le sait déjà, je souhaite
aborder un amendement, dans ce projet de loi, qui va protéger les
renseignements personnels lors du registre des entreprises pour que ça devienne
privé, parce qu'à la base ça, c'est une... le minimum que nous pouvons faire en
matière législative, parce que le fédéral aussi a un rôle à jouer, mais je
pense que ce serait une avancée importante pour les commerçants.
Polices autochtones, c'est aussi un autre
élément. On touche sur tous les sujets, mais les polices autochtones... c'est
un projet de loi qui parle de la mise en oeuvre d'une régie de police
autochtone, c'est la reconnaissance de ces policiers. Alors, ça aussi, c'est
bienvenu. Puis ce qu'on souhaite, je comprends le désir du gouvernement puis
leur orientation, c'est pour assurer qu'ils ont les moyens d'agir puis ils
peuvent s'organiser, parce qu'actuellement c'est la SQ qui va aller à la
rencontre puis l'accompagnement, puis ça se peut que ça va toujours être le cas.
Mais actuellement, chaque fois qu'on fait appel à la SQ pour faire de l'accompagnement
sur des réserves ou des bandes, bien, la SQ ne sont pas financés pour ça. Ça
fait que ça se peut, c'est normal, on va être en excédent budgétaire parce que
chaque fois qu'on fait un appel, bien, on n'est pas financé, puis ça veut dire
qu'on n'a pas des effectifs qui vont aller à la protection ailleurs. Cela étant
dit, c'est un geste qui est bienvenu. Il me semble que ça fait très longtemps,
depuis qu'ils ont cette demande.
Mais ils ont partagé, lors des auditions,
qu'ils ont besoin d'avoir la définition d'«essentiel». Il y a des négociations
qui se font avec le gouvernement fédéral, et, c'est clair, il va falloir, encore
une fois, qu'on vide la question. La définition d'«essentiel», ça leur amène des
pouvoirs législatifs, ça amène un accompagnement, plus de pouvoir, mais il y a
des coûts, il y a des coûts associés à ça, et je ne connais pas tous les coûts.
Ce serait bien, encore une fois, d'avoir ces informations avant de décider que
c'est un non, avant de ne pas amender le projet de loi. Ce serait bien de bien
comprendre le fondé de la demande, c'est quoi, l'investissement nécessaire pour
cette année et pour les années successives. Alors, je trouve intéressant, parce
que c'est le sous-financement, encore une fois, de ces corps de police, puis ça
va être important de leur... de leur équiper.
Je suis rendue à la conclusion, Mme la
Présidente, mais, avant d'y aller, je veux parler un peu des angles morts,
parce qu'il y a des angles morts dans ce projet de loi. J'ai déjà adressé les
angles morts en ce qui concerne les commerces de détail, mais il y a aussi le P-38.
Le P-38, on ne l'a pas adressé dans ce projet de loi. Le P-38, c'est où on
évalue la dangerosité d'une personne, où les policiers peuvent agir pour la
ramener contre leur gré à l'hôpital.
Tout le monde s'en souvient, de le décès
tragique de Maureen Breau, et on souhaite à tout prix de mettre fin à ceci.
Avec l'ancien ministre, nous avons adopté le projet de loi n° 66, la loi
de Maureen, qui parle de partage de l'information, mais on ne parle toujours
pas de la réforme du P-38. Puis on sait qu'il y avait un comité, on sait qu'il
y a eu une analyse, on sait qu'il y a des documents qui ont été produits puis
qu'on sait que tout le monde souhaite poursuivre avec une mise en oeuvre puis
une actualisation de cette loi, mais ce n'est pas adressé dans ce projet de loi,
puis ça aurait été une occasion en or. Je répète, on est dans la dernière
session de cette législature, on aura très peu de temps, lors du dépôt d'un
projet de loi, même si c'est cette semaine, de l'adopter d'ici la fin de la
session, parce que c'est sensible. Mais il y a des éléments que nous pouvons
aborder à l'intérieur de ce projet de loi, même si c'est juste un départ, avant
de poursuivre avec le vrai débat, où ma collègue la députée de D'Arcy-McGee va
mener avec beaucoup de doigté, parce qu'on parle des droits des personnes qui
souffrent des problèmes de santé mentale. Mais on peut penser qu'on a un
élément que nous pouvons adresser à l'intérieur de ce projet de loi, mais c'est
manquant.
La FADOQ, intéressant, nous ont envoyé une
lettre puis ils ont dit que ce qui manque aussi <dans ce projet de
loi...
Mme Maccarone :
...la
FADOQ, intéressant, ils nous ont envoyé une lettre puis ils ont dit que ce qui
manque aussi >dans ce projet de loi, c'est la prévention,
sensibilisation pour nos aînés en ce qui concerne, mettons, les transactions
immobilières. On a entendu, dernièrement, il y a des aînés qui ont été victimes
des fraudeurs. On a des aînés qui sont victimes des fraudeurs, que ce soit par
téléphone, par Internet, et ça, c'est quelque chose qu'ils auront voulu qu'on
adresse à l'intérieur de ce projet de loi. Je n'avais pas pensé à ça avant de
lire leur lettre, alors je trouve ça intéressant, mais c'est vrai, c'est un
autre angle mort.
Et, autre angle mort, parce qu'il ne faut
pas oublier, le titre de ce projet de loi, c'est le «sentiment de sécurité», il
y a aussi le 0,05. Tu sais, le 0,05, mon collègue le député de Nelligan
avait... il a déposé un projet de loi où on peut parler non seulement de le
sentiment de sécurité de la population, mais c'est très concrètement la
sécurité de la population. Bien, ça aussi, on aurait pu l'aborder dans ce
projet de loi, mais ça n'en fait pas... puis c'est un omnibus, on aurait pu
aller vers l'avant avec ceci. Tu sais, c'est sûr, je comprends que l'argent,
c'est le nerf de la guerre...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Oui, M. le ministre.
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Oui. Pouvez-vous le faire tout de suite après son intervention, M. le
ministre? Je peux vous laisser la parole immédiatement après l'intervention.
Allez-y, Mme la députée.
Mme Maccarone : Alors,
on sait que l'argent, c'est vraiment le nerf de la guerre puis c'est très
important. On sait qu'à l'intérieur de ce projet de loi, malgré tous les bons
gestes qui sont dedans, puis, encore une fois, je répète, on est favorables à
l'adoption du principe de ce projet de loi puis on a hâte à poursuivre à
l'étude détaillée, ça ne nous amène pas plus d'effectifs, ça ne nous amène pas
plus de policiers. Ça nous fait poser énormément de questions, puis il faut...
il faut vraiment vider la question.
On a des villes qui ont demandé au
gouvernement de leur aider en matière de sécurité publique. On avait de
l'argent pour Montréal, on avait un peu de l'argent pour Laval, malgré que ça a
été considéré vraiment pas assez, parce que, c'est sûr, la vie d'un Lavallois
ne vaut pas moins d'un Montréalais, mais la ville de Québec avait quand même
fait des demandes, puis ils ont répété leurs demandes, et répété leurs
demandes, puis ça reste que c'est toujours une demande non répondue, par le
maire Marchand, et ça a été confirmé par le SPVQ lors de leur passage en
auditions. Il y a Saguenay, il y a Sept-Îles, il y a beaucoup de gens qui
demandent du renfort et de l'aide.
Avec la croissance de violence que nous
voyons actuellement sur la place publique, il faut... il faut vraiment
prioriser, et ça faisait partie... lors du discours inaugural du premier
ministre, c'était parmi les priorités. Alors, si c'est une vraie priorité... Je
comprends qu'on a eu un comité de sages puis qu'on a parlé d'avoir des idées à
coût nul, mais, si on doit penser à des investissements, si c'est une vraie
priorité, bien, nous devons aussi équiper les forces de l'ordre d'agir.
Alors, je répète, Mme la Présidente,
malgré que je sais que c'est critique, j'ai un grand respect pour le travail
qui a été entamé. Je sais que le ministre a à coeur la sécurité publique. Moi
aussi, alors j'ai hâte à poursuivre avec les débats pour bonifier ce projet de
loi et j'ai hâte aussi, Mme la Présidente, d'entendre qu'est-ce qui doit être
corrigé, parce que, encore une fois, des fois, c'est une question de
perspective, mais il y a plein de choses que nous pouvons faire pour modifier
un projet de loi, et il y a plein d'éléments que nous pouvons aborder, et il y
a des façons de faire. Alors, j'ai hâte de poursuivre à la prochaine étape.
Merci beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, Mme la députée.
M. le ministre, vous m'aviez demandé la
parole pour faire une brève explication pour des propos, alors je vous laisse
la parole.
M. Lafrenière : Ça va
être une lecture rapide, Mme la Présidente. Je vous lis le titre du projet de
loi n° 13 : Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment de
sécurité de la population et modifiant diverses dispositions. Ça faisait deux
fois qu'il y avait une référence en disant que c'était juste le sentiment de
sécurité. Je veux vous rassurer, c'est le sentiment et la sécurité, Mme la
Présidente. Merci.
• (11 h 10) •
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le ministre.
Donc, nous poursuivons. Mme la députée de
Sherbrooke, à vous la parole.
Mme Christine Labrie
Mme Labrie : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. C'est un projet de loi qui touche de nombreux
sujets, ma collègue vient d'en faire l'étalage.
Je veux commencer par prendre la parole à
propos du registre qui figure dans ce projet de loi. Je comprends l'intention
du ministre, là, de protéger les citoyens face à des délinquants sexuels qui
n'ont pas pu être réhabilités et qui doivent quand même être remis en liberté
malgré un risque élevé de récidive. Je vais être <honnête...
Mme Labrie :
...remis
en liberté malgré un risque élevé de récidive. Je vais être >honnête,
moi, au départ, je ne comprenais pas pourquoi le ministre avait ciblé spécifiquement
les délinquants sexuels, puis j'avais tendance à privilégier... ou à avoir de
l'intérêt pour que le registre couvre aussi les personnes à risque de récidive
en violence conjugale, qui est un fléau. Mais, à la lumière des consultations,
je dois vous dire que ma pensée a vraiment beaucoup évolué là-dessus, puis, à
ce stade-ci, moi, je pense que le registre est une fausse bonne idée et qu'on
ne devrait pas aller de l'avant avec ça, d'un point de vue législatif. Le
ministre lui-même l'a dit, à plusieurs reprises, qu'il avait, dans le passé,
des réticences par rapport à un registre public comme celui-là, je pense qu'il
avait potentiellement de bonnes intuitions qui mériteraient d'être suivies.
D'abord, effectivement, les effets sur la
prévention ne sont pas démontrés. Ça a été démontré par la recherche qu'il n'y
a pas d'effet sur le risque de récidive, quand même une recherche qui
regroupait plusieurs centaines de milliers de personnes suivies dans des
registres, là, en Amérique du Nord. Donc, pas d'effet sur les risques de
récidive, mais quand même, plusieurs effets collatéraux, notamment la
revictimisation des victimes, la question des proches des agresseurs, aussi,
qui n'ont rien à voir là-dedans, mais qui pourraient se retrouver ciblés. Et
moi, je dois vous dire que là où j'ai basculé au niveau de ma position, c'est
quand il a été question de l'effet de stigmatisation des agresseurs, qui
augmente le risque de récidive. Moi, j'étais hésitante et, à partir de ce
moment-là, j'ai commencé à être convaincue que c'était une mauvaise idée. Les
experts sont venus nous dire, sans aucune ambiguïté, que le fait, par exemple,
d'avoir de la difficulté à se trouver un logement et à le garder, le fait
d'avoir de la difficulté à se trouver un emploi et à le garder, l'isolement,
c'est des facteurs de risque qui favorisent la récidive. Et, on va se le dire,
c'est assez clair que l'effet de se retrouver dans un registre public, ça a
clairement ce résultat-là, de rendre beaucoup plus compliqué de maintenir un
logement, d'en trouver un, même chose pour l'emploi, même chose pour
l'isolement.
Donc, il me semble clair que de figurer
dans un registre comme ça, si ça réunit des conditions qui favorisent le risque
de récidive, on est tout à fait loin de l'objectif. Puis, moi, l'objectif, avec
le ministre, je le partage, j'avais de l'intérêt pour ça, mais, à partir du
moment où on nous dit qu'on crée des conditions où on augmente le risque de
récidive des personnes qui se retrouvent dans le registre, je pense qu'on n'est
pas sur la bonne piste de solution, sans compter que — effectivement,
ça a été mentionné par ma collègue — la vaste majorité des agressions
sexuelles sont commises par une personne qui est très connue de la victime,
donc le registre viendrait nourrir un stéréotype voulant que les agressions
sexuelles sont commises par des étrangers. Ça a un effet contre-productif pour
la prévention, malheureusement. Donc, si on ajoute à ça tout le potentiel de
créer des situations qui ont un effet d'augmenter le risque de récidive pour
les délinquants sexuels, je pense qu'il vaut mieux laisser tomber l'idée d'un
registre public. Puis les services policiers ont mentionné clairement leur
besoin d'avoir eux-mêmes accès à un registre qui serait plus efficace que ce
qu'il y a en ce moment, ça, je l'ai entendu. Par contre, je ne vois pas la
nécessité qu'il soit public. Donc, il y a clairement un besoin, là, de
s'assurer que le registre est fonctionnel, qu'ils y ont tous accès, ce qui ne
semble pas du tout être le cas en ce moment, malheureusement, là, pour le
registre qui est en place. Je pense que ça, c'est un problème à régler,
assurément, bien avant de mettre en place un régime public.
Donc, moi, je recommande, à ce stade-ci,
qu'on retire tout ce qui concerne le registre du projet de loi, que le ministre
consacre plutôt les fonds qui étaient prévus pour ça — parce qu'il y
en avait, quand même — à l'amélioration du registre interne des
policiers, parce que c'est un besoin qui a été quand même nommé clairement,
puis à l'augmentation aussi du financement puis de la réhabilitation en milieu
carcéral, parce que ça nous a été nommé et que c'est déficient, à vrai dire, la
réhabilitation, puis c'est un moment où on doit agir, le moment où ces
personnes-là sont incarcérées. En ce moment, il n'y en a pratiquement pas, de
réhabilitation qui se fait, et c'est un problème. D'ailleurs, le financement
pour ça a été diminué alors qu'il y en avait déjà à peine. Donc, moi, je pense
que c'est là qu'on devrait agir. Je... c'est ça, j'incite le ministre à remettre
en question, là, le projet du ministre, parce que ses objectifs, on peut
probablement les atteindre autrement et mieux encore qu'avec un registre
public.
Je l'incite à poursuivre sa réflexion par
rapport à la loi de Clare. J'ai entendu qu'il était ambivalent à l'idée de
l'inclure dans ce projet de loi ci, plutôt que de faire un projet de loi à
part, qu'il hésitait entre les deux. Moi, je l'encourage vivement à aller de
l'avant dans le cadre de ce projet de loi ci. On connaît tous, ici, la
conjoncture, on est en fin de législature, c'est très clair que, quand on va
inclure, éventuellement, dans une loi, des articles inspirés, là, de la loi de
Clare pour soutenir les victimes, ça va prendre un certain temps à mettre en
place, ça va prendre plusieurs mois avant que ça puisse entrer en vigueur, puis
que ça soit effectif, puis que ça fasse une réelle différence. Je pense qu'on
ne peut pas se permettre de perdre peut-être <une année...
Mme Labrie :
...on
ne peut pas se permettre de perdre peut-être >une année. Si on ne va pas
de l'avant avant l'été, donc le plus tôt possible, dans le cadre de ce projet
de loi ci, ça pourrait prendre beaucoup de temps avant qu'un prochain
gouvernement puisse étudier un projet de loi là-dessus, puis, si on nous
calcule encore peut-être... peut-être un an avant que ça puisse entrer en
vigueur, ça commence à nous retarder beaucoup. Donc, moi, j'encourage le
ministre à l'inclure dans le projet de loi qui est à l'étude.
On parle de quoi ici avec la loi de Clare?
Essentiellement, deux choses : le droit de demander l'accès aux
antécédents judiciaires, donc toute personne qui craint pour sa sécurité ou
celle d'un proche pourrait demander à la police si un partenaire actuel ou
potentiel a des antécédents de violence ou d'abus, comportement coercitif,
harcèlement, condamnation ou toute information policière pertinente à cet
effet-là; et aussi le droit d'être informé, sans consentement, par la police.
Donc, la police pourrait même, sans se le faire demander, divulguer à une
personne qu'elle est en danger si elle dispose d'informations pertinentes sur
les antécédents violents d'un partenaire.
C'est deux dispositions qui existent déjà
ailleurs. On nous a notamment fait état de la Saskatchewan, où c'est très, très
utile. On nous a suggéré de s'inspirer de ce qui a été fait en Saskatchewan
là-dessus. Ça permettrait vraiment de répondre au cri du coeur des victimes qui
veulent être mieux informées quand elles sont dans une relation avec quelqu'un.
Puis les policiers eux-mêmes ont lancé un cri du coeur important, quand même,
en auditions. Ils nous ont partagé, là, que ça leur brise le coeur, parfois,
d'intervenir dans une situation d'appel, par exemple, pour de la violence, de
savoir que la femme qui est là est en danger si elle reste dans cette
relation-là, parce qu'eux connaissent les antécédents de la personne qui est
là, savent que c'est un récidiviste, et ne pas avoir le droit de lui dire
qu'elle est en danger dans cette relation-là, eux-mêmes, ça les dérange. Ils
ont mentionné avoir le besoin de pouvoir dire aux personnes quand ils sentent
qu'elle est en danger.
Donc, j'encourage vraiment le ministre à
aller de l'avant avec ça. On est déjà à six féminicides, on est encore dans les
premières semaines de l'année. On a la responsabilité de poser tous les gestes
qui peuvent réduire les risques pour les femmes. Puis évidemment ce n'est pas
un seul geste qui va éliminer les risques de féminicides, ça en prend
plusieurs. Il y en a déjà dans le projet de loi, d'ailleurs, notamment le
référencement des hommes violents aux organismes spécialisés pour les
accompagner là-dedans, notamment le fait de signaler aux victimes quand un
agresseur est remis en liberté. C'est des bonnes dispositions, mais celle de la
loi de Clare viendrait vraiment faire une différence majeure dans la vie de
milliers de femmes. Puis moi, je ne veux pas qu'on attende pour inscrire ça
dans une loi, surtout que le ministre le sait, que ça va être long avant que ça
puisse entrer en vigueur. Donc, moi, c'était la raison pour laquelle j'en
appelle à ce qu'on procède maintenant. Peut-être que, si on le fait maintenant,
dans un an, ça pourra être en vigueur, alors que, si on ne le fait pas
maintenant, dans un an, on n'aura même pas de projet de loi pour ça.
Donc, voilà, après, il y a d'autres
volets, évidemment, dans le projet de loi. Concernant le volet qui touche les
manifestations, nous, c'est sûr qu'on a plusieurs questions par rapport à ça,
là. On accueille positivement l'interdiction de manifester à proximité des
résidences des élus, l'interdiction d'avoir en sa possession des objets qui
pourraient poser des risques pour le public aussi, mais c'est sûr qu'on a des
craintes sur les effets de... le risque de profilage qu'il pourrait y avoir en
lien avec ça. Tout est vraiment dans l'application de ça, qu'il n'y ait pas
d'abus. Donc, il faut bien baliser les modalités. On va avoir l'occasion d'en
discuter à l'étude détaillée du projet de loi.
On est aussi d'accord avec la volonté
d'interdire aux groupes criminels d'afficher leurs couleurs. Ça crée des
situations d'intimidation, là, au sein de la population. On a parlé des
commerçants. Dans les communautés autochtones, ça a été nommé aussi. Donc,
c'est un problème qu'on peut régler. Ça va être important de définir clairement
c'est quoi, un groupe criminalisé, pour éviter qu'il y ait des dérapages
politiques. Je pense que le ministre est déjà sensible à ça. Il nous a laissé
entendre qu'il avait l'intention de se baser sur le SRCQ pour cette liste-là.
Ça semble la meilleure option, là, à privilégier pour éviter les dérapages.
• (11 h 20) •
Finalement, on accueille aussi
positivement la possibilité de mutualiser les services entre corps policiers et
la possibilité pour les corps de police autochtones de créer une régie. Par
contre, on invite aussi le ministre à donner suite à la demande des groupes
autochtones de reconnaître officiellement que leurs services policiers sont des
services essentiels. J'ai cru comprendre que c'est une demande, là, de très
longue date. C'est d'ailleurs appuyé par le Protecteur du citoyen, qui nous a
écrit à cet effet.
Donc, comme le ministre de la Sécurité
publique est aussi ministre des Affaires autochtones, il est bien placé pour
donner suite à ça. Ce n'est peut-être pas dans le cadre de ce projet de loi que
ce sera le meilleur endroit, mais clairement c'est une demande urgente. Puis
certains ont fait valoir que les groupes criminels choisissent de mettre leur
énergie aux endroits où ils sentent qu'il y a plus de fragilité dans le
système, et, de toute évidence, quand on ne donne pas les moyens à certains
corps de police, ça devient des endroits plus fragiles, donc plus exposés à la
criminalité. Donc, on peut agir là-dessus.
Donc, comme j'ai nommé, il y a plusieurs
éléments dans le projet de loi avec lesquels on est d'accord, j'en ai <nommé...
Mme Labrie :
...il
y a plusieurs éléments dans le projet de loi avec lesquels on est d'accord,
j'en ai >nommé... j'en ai déjà nommé plusieurs. Donc, on va voter en
faveur du principe, mais je réitère quand même qu'on a une réserve importante,
là, sur le registre. Pour moi, ça devrait être retiré. Ce n'est pas prudent de
mettre ça là. Il n'y a aucun... On n'a aucune certitude qu'il y aurait un effet
sur la prévention, mais on a une certitude qu'il peut y avoir des effets
collatéraux dérangeants pour les victimes et aussi pour augmenter, même, le
risque de récidive des personnes qui se retrouvent sur la liste, et ça, pour
moi, ça incite à s'abstenir de créer un registre qui serait public. Le registre
pour les corps policiers, il reste important qu'il soit fonctionnel. Donc,
voilà. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Merci, Mme la députée.
Maintenant, nous poursuivons avec une
prochaine intervenante. Mme la députée de Lotbinière-Frontenac.
Mme Isabelle Lecours
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Merci, Mme la Présidente. Si nous sommes
réunis aujourd'hui, c'est pour franchir une étape décisive vers un Québec plus
sûr, plus juste et plus cohérent. Le projet de loi n° 13 n'est pas une idée
abstraite ni une posture, il est la réponse concrète à des urgences bien
réelles. Mon intervention d'aujourd'hui s'appuie sur la réalité du terrain et
sur les contributions directes des organismes qui, chaque jour, tiennent la
ligne de front. Je parle ici des différents corps de police, qui sont venus
échanger avec nous, et je pense aussi au Regroupement des maisons pour femmes
victimes de violence conjugale, au Conseil du statut de la femme et au Protecteur
du citoyen, qui ont déposé des mémoires à notre attention.
Dans tout État digne de ce nom, la
première obligation est de protéger celles et ceux qui subissent de la
violence. C'est le sens de deux avancées majeures du PL n° 13
visant à renforcer la protection des victimes, notamment en violence conjugale.
Le projet de loi n° 13 propose d'ajuster la Loi sur le système correctionnel du
Québec afin d'offrir à une victime la possibilité de s'exprimer devant la
commission des libérations conditionnelles dans un environnement sécuritaire
lors des audiences concernant son agresseur. Jusqu'à maintenant, le témoignage
devait être soumis par écrit et était simplement lu par la commission. Cette
nouvelle approche aidera la commission des libérations conditionnelles à rendre
une décision mieux informée.
Il ne s'agit toutefois pas d'une
obligation. Si une victime préfère ne pas utiliser cette possibilité, elle
conserve le droit de transmettre son témoignage par écrit. Ultimement, on
souhaite lui assurer que sa voix aura réellement été entendue et intégrée au
processus décisionnel de la commission, sans pour autant la forcer à revivre un
traumatisme en l'exposant à son agresseur. D'ailleurs, le Conseil du statut de
la femme appuie cette mesure, y voyant un gain concret pour les victimes de
violence conjugale ou sexuelle qui veulent faire entendre leur voix à distance
et en sécurité.
Le projet de loi permet aussi aux
policiers d'informer une victime des conditions imposées lors de la remise en
liberté d'un suspect avant sa comparution. Cela offre non seulement à la
victime l'accès aux conditions, mais aussi... mais lui donne également la
possibilité de prendre des mesures nécessaires et d'aviser les policiers de
tout manquement.
En matière de violence conjugale, le
projet de loi autorise les services policiers à échanger avec des organismes
d'aide afin de leur transmettre certains renseignements concernant un suspect.
Cette mesure vise à assurer une meilleure coordination et à renforcer la prise
en charge des suspects.
Dans le cadre du rapport Rebâtir la
confiance, on rappelait l'importance d'offrir des services adaptés aux
auteurs de violence et d'agir en amont afin de mieux répondre aux besoins des
personnes victimes. Les services qui permettent aux auteurs de violence
d'entreprendre une démarche de responsabilisation et de changement contribuent
aussi à réduire les risques que des... que les comportements violents se
poursuivent. C'est également un moyen concret de renforcer la sécurité de la
personne victime ainsi que celle de ses enfants.
Un projet pilote a d'ailleurs été réalisé
auprès de... 75 % des hommes rejoints ont accepté de participer à une
première intervention avec un intervenant. Cette mesure d'accompagnement doit
être considérée comme une mesure de prévention qu'elle offre aux personnes
contrevenantes à l'aide... l'aide nécessaire pour amorcer un changement durable.
Mme la Présidente, je suis fière de ce
projet de loi. Ça s'inscrit directement dans notre volonté de renforcer la
sécurité des Québécois. Je vous invite <donc à...
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : ...directement dans notre volonté de
renforcer la sécurité des Québécois. Je vous invite >donc à l'appuyer
pour les victimes, pour les familles, pour le Québec. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mise aux voix
Comme il n'y a pas d'autre intervention,
le principe du projet de loi n° 13, Loi visant à
favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant
diverses dispositions, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
Renvoi à la Commission de l'aménagement du
territoire
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci, Mme la Présidente. Et donc, conformément à l'article 243 de notre
règlement, je fais motion afin que le projet de loi n° 13,
la Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la
population et modifiant diverses dispositions, soit déféré à la Commission de
l'aménagement du territoire pour son étude détaillée et que le ministre de la
Sécurité publique soit membre de ladite commission pour la durée du mandat.
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, Mme la Présidente. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 11 du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi n° 19
Adoption du principe
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. Alors, à l'article 11 du feuilleton, Mme la ministre de la
Santé propose l'adoption du principe du projet de loi n° 19, Loi visant
notamment l'amélioration de l'accès aux services médicaux et la prise en charge
médicale de la population. Y a-t-il des interventions? Mme la députée de
Châteauguay, à vous la parole.
Mme Catherine Blouin
Mme Blouin : Bonaventure.
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Bonaventure. Je m'excuse. Désolée, je vous... des fois je vous mélange,
alors, désolée. Mme la députée de Bonaventure, je vous cède la parole.
Mme Blouin : Aucun souci,
vous n'êtes pas la seule, Mme la Présidente. Merci beaucoup.
Alors, on a déposé le projet de loi
n° 19, Loi visant notamment l'amélioration de l'accès aux services
médicaux et la prise en charge médicale de la population, pour
assurer à l'ensemble de la population du Québec, et prioritairement aux
personnes les plus vulnérables, un meilleur accès aux soins de santé.
Le projet de loi va permettre de
concrétiser les gains obtenus pour les Québécois et pour les Québécoises dans
l'entente conclue avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, la
FMOQ, en décembre dernier. Et, Mme la Présidente, tout ça, on le fait pour les
patients.
Chaque mesure qu'on inscrit dans la loi
vise la même chose : améliorer l'accès aux soins et la prise en charge, en
priorité pour les personnes les plus vulnérables. Alors, l'objectif demeure que
500 000 personnes de plus, dont 180 000 vulnérables, soient prises en
charge d'ici le 30 juin prochain pour améliorer concrètement l'accès aux soins.
Et déjà il y a plus de 78 000 Québécois qui ont reçu une lettre confirmant
leur prise en charge.
On change aussi le mode de rémunération
des médecins en introduisant la capitation pour favoriser l'affiliation et la
prise en charge en mettant de l'avant la participation de l'ensemble des professionnels
de la santé. Alors, c'est un changement majeur qui va contribuer à améliorer
l'accès aux soins pour l'ensemble des Québécois et pas seulement pour les
personnes nouvellement prises en charge. Il y a aussi un comité de suivi,
coprésidé par le gouvernement et par la FMOQ, qui est mis en place pour assurer
le succès de l'entente et le respect des engagements de part et d'autre. Des
indicateurs clairs demeurent et permettront de mesurer l'accès et la
performance. Il s'agit d'un gain important pour notre gouvernement et aussi
pour les Québécois.
Les mesures suivantes sont également
maintenues : l'élaboration de plans de couverture pour assurer l'offre de
soins, l'habilitation de la ministre à établir des programmes visant à
favoriser la pratique en groupe de la médecine de famille et spécialisée, le
renforcement de l'encadrement des frais accessoires, des forfaits et des
abonnements avec obligation de fournir une facture détaillée, l'ajout des
pharmacies communautaires dans les lieux visés par l'interdiction de recours à
la main-d'oeuvre indépendante, la permission accordée aux établissements de
solliciter des dons auprès de leurs usagers et usagères au bénéfice de leurs
fondations.
Alors, tout ça, en conclusion, Mme la
Présidente, c'est un projet de loi que nous avons déposé et qui s'inscrit dans
une démarche plus large pour améliorer l'accès aux soins, tant en première
ligne qu'en médecine spécialisée. En travaillant sur la continuité des services
et la collaboration interprofessionnelle, nous nous donnons les moyens de
prendre en charge l'ensemble de la population. Alors, merci beaucoup, Mme la
Présidente.
• (11 h 30) •
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Bonaventure et également adjointe
parlementaire de la ministre de la Santé.
Donc, nous allons poursuivre avec Mme la
députée de D'Arcy-McGee.
Mme Elisabeth Prass
Mme Prass : Merci, Mme
la Présidente. Donc, aujourd'hui, nous sommes là pour l'adoption de principe du
projet de loi n° 19, Loi visant notamment l'amélioration de l'accès aux
services médicaux et la prise en charge médicale de la population, un projet de
loi qui s'inscrit dans une longue série de projets de loi déposés par le gouvernement
de la CAQ qui ne <changent rien...
>
11 h 30 (version révisée)
<19301
Mme
Prass : ...une série de projets de loi déposés par le gouvernement de
la CAQ qui ne >changent rien, au bout de la ligne, pour ce qui est de la
disponibilité des services sociaux, que ce soit la loi n° 15,
qui a créé Santé Québec, le projet de loi n° 106, le
projet de loi n° 2, qui a été bâillonné par le
gouvernement, ensuite suspendu. Bien, aujourd'hui, on se retrouve avec un projet
de loi n° 19, projet de loi qui est tout à fait le
contraire de la loi n° 2, qui a été bâillonnée par ce gouvernement et
ensuite suspendue, une loi que... et nous étions la seule formation politique,
après l'adoption du projet de loi n° 2, pour demander
que ce soit suspendu et qu'on recommence, qu'on s'assoie à la table et qu'on
négocie exactement ce que le gouvernement a été forcé de faire, et c'est ce qu'on
voit aujourd'hui avec le résultat du projet de loi n° 19.
D'entrée de jeu, permettez-moi de le dire
clairement, ce débat n'est pas un débat sur les intentions du gouvernement,
mais un débat sur les résultats attendus et surtout sur les leviers concrets.
Parce que, ce que nous avons vu dans les dernières années avec le gouvernement
de la CAQ en matière de santé, c'est que les intentions sont bonnes, mais les
résultats ne sont pas à l'heure. Donc, avant d'entamer l'adoption du projet de
loi n° 19, il faut parler de la réalité que vivent les Québécois et les
Québécoises sur le terrain aujourd'hui. Et, dans toutes les régions du Québec,
les constats sont les mêmes, des familles... les constats sont les mêmes en
matière de santé et services sociaux, des familles en attente pendant des mois,
parfois des années, pour accéder à un psychologue ou à un psychiatre. En
attendant, ils voient les membres de leur famille en détresse et ne savent pas
comment les aider. Et ils ont fait la bonne chose, ils ont soit ramassé le
téléphone, ils se sont soit présentés chez un médecin pour dire : J'ai
besoin d'aide, j'ai besoin de voir un psychologue. Et la réponse du réseau de
la santé : On va vous mettre sur une liste d'attente puis on vous
appellera quand il y aura quelqu'un de disponible.
Les enfants avec des besoins particuliers
qui attendent un travailleur social, un éducateur spécialisé ou une
orthophoniste. Nous savons que le ministre précédent des Services sociaux a
créé le programme Agir tôt pour aller dépister nos jeunes de zéro à cinq ans.
Le dépistage se fait, il y a plus de 30 000 jeunes qui ont été
dépistés, mais les services ne suivent pas. Les listes d'attente pour un
orthophoniste, surtout dépendamment de la région dans laquelle on se retrouve,
peuvent durer des mois, des fois des années, et le programme que le ministre
avait mis en place, Agir tôt, plusieurs professionnels aujourd'hui y réfèrent
comme «agir tard», des personnes en détresse psychologique qui se font répondre :
Il n'y a pas de services... de services disponibles maintenant. Donc, la
détresse ne choisit pas quand il y aura des services qui vont être disponibles
pour aider à les traiter, la détresse est là, elle a besoin d'être répondue
tout de suite, ce que notre réseau de santé ne fait pas présentement, et des
organismes communautaires qui absorbent la pression faute d'alternatives
publiques suffisantes qui n'en peuvent plus. Et, pendant ce temps-là, Mme la
Présidente, le gouvernement de la CAQ multiplie les projets de loi, sans ne jamais
augmenter l'offre réelle des services sociaux.
On a vu le projet de loi n° 15, qui a
créé Services Québec, Services Québec qui a unanimement décidé de couper des
heures de chèques emploi-service à des familles avec des personnes handicapées,
des jeunes enfants handicapés. J'ai interrogé la ministre à plusieurs reprises
dans cette Chambre à propos de ces coupures. Elle nous a dit que ce n'était pas
elle qui a décidé de faire ces coupures, c'est Santé Québec qui a décidé, et
donc elle ne va pas répondre parce que ce n'était pas une décision qu'elle a
prise. Mais, entre-temps, toutes ces familles qui ont vu leurs heures coupées
du quart, de moitié, des parents qui sont brûlés, qui ne savent plus où se
tourner, bien, ils ne peuvent pas se tourner vers Santé Québec ni la ministre
non plus parce que chacun prend des décisions sans parler à l'autre et on s'en
lave les mains.
Le projet de loi n° 19, comme les
projets de loi caquistes qui l'ont précédé en santé, parle de réorganisation, d'harmonisation,
de coordination et de simplification, mais nulle part, et je dis nulle part
dans le projet de loi, on ne trouve des mesures structurantes pour former
davantage de professionnels en services sociaux, pour recruter et retenir plus
de psychologues et psychiatres dans le réseau public, pour augmenter l'accès
aux travailleurs et travailleuses sociaux ou pour réduire concrètement les
listes d'attente. On change la manière de gérer la pénurie sans jamais s'attaquer
à la pénurie elle-même. Les projets de loi de ce gouvernement en matière de
santé ont fait plus de mal à la population que de bien : La loi n° 15,
qui a créé le monstre qui est Santé Québec, en centralisant, en enlevant la
flexibilité au réseau sur le terrain et qui prend des décisions qu'ensuite le
ministre de la Santé décrie; la loi n° 2, qui a forcé l'ancien ministre
des Services sociaux à démissionner et qui a coûté combien de médecins au
Québec qui ont quitté ou pris leur retraite active.
Justement, ce matin, il y avait un article
qui a paru qu'au Nouveau-Brunswick il y a 24 permis pour des médecins
québécois qui ont été émis dans les derniers mois, 24 médecins, juste au
Nouveau-Brunswick, que nous avons perdus, 24 médecins qui représentent à
peu près 1 500 patients chacun. Donc, clairement, même si le
gouvernement a renversé sa décision sur la loi n° 2,
le mal est fait, et on va le ressentir <davantage...
Mme Prass : ...a
renversé sa décision sur la loi
n° 2, le mal
est fait, et on va le ressentir >davantage.
Mme la Présidente, on peut réorganiser un
système autant qu'on veut, on peut fusionner, centraliser, décentraliser,
rebaptiser, mais le nombre de professionnels demeure le même et les résultats,
eux, demeurent inchangés. On ne réduit pas la détresse psychologique avec des
organigrammes et on n'aide pas une famille en crise avec une réforme
administrative. Ce que les Québécois et Québécoises demandent, ce sont des
services de qualité et non des services en santé de fast-food. Il faut que le
gouvernement prône la qualité des services plutôt que la quantité. Et le projet
de loi s'inscrit malheureusement dans une logique déjà bien connue sous ce
gouvernement : on promet une amélioration de l'accès, on adopte une
réforme, on annonce des changements organisationnels, et, sur le terrain, les
détails... les délais restent les mêmes. Les projets de loi successifs en santé
n'entraînent aucune... n'ont entraîné aucune augmentation significative de
l'offre des services sociaux. Les services sociaux, c'est toujours le parent
pauvre et les populations de personnes vulnérables le ressentent au quotidien.
De plus, il y a un groupe de patients,
dans le projet de loi n° 19, qui semble complètement oublié : les
personnes vivant avec des maladies chroniques. On parle de 180 000 personnes
vulnérables, mais clairement on ne prend pas en compte ces personnes-là. Parce
que, comme la collègue vient de dire, oui, il va y avoir 500 000 rendez-vous
qui vont être disponibles pour les Québécois et Québécoises, mais un rendez-vous,
ce n'est pas une prise en charge. Et une personne qui a une maladie chronique,
ce n'est pas simplement aller au médecin et vérifier si tout va bien. C'est
avoir un médecin, c'est avoir des spécialistes, c'est avoir, par exemple, si
c'est le diabète, une nutritionniste. Il y a plusieurs personnes, dans le
réseau de la santé, qui sont impliquées dans le suivi de cette personne-là et
il n'y a rien, dans le projet de loi n° 19, qui ferait en sorte que ces
services seront offerts. Un rendez-vous n'est pas une prise en charge. Alors,
ne vous laissez pas emporter par ce que le gouvernement essaie de mettre de
l'avant, parce que ce n'est pas factuellement vrai. Donc, qu'est-ce que le
projet de loi offre concrètement? Une garantie de suivi continu? Non. Aucune
amélioration tangible de l'accès aux professionnels non médicaux non plus.
Et, justement, parlons des personnes
vivant en situation de handicap, les personnes parmi les plus vulnérables dans
notre société. Et pour vous parler de l'état du réseau de la santé actuel, je
voudrais citer l'exemple de M. Normand Meunier, M. Meunier, parce
qu'il incarne tragiquement ce qui arrive quand le système échoue. Normand
Meunier était tétraplégique, il dépendait entièrement du réseau pour les soins
spécialisés adaptés et continus. Or, selon le rapport du coroner,
M. Meunier a été laissé pendant 96 heures sur une civière non
thérapeutique, quatre jours sans surface adaptée, sans suivi adéquat. Les
plaies de pression qui ont développé, par la suite, n'ont pas apparu par
hasard, elles sont le résultat de retards, de manque d'équipements, de manque
de formation et de défaillance systémique. Tragiquement, M. Meunier a
demandé pour l'aide médicale à mourir, suite aux plaies qu'il a développées à
l'hôpital. Cette situation était tout à fait évitable. L'aide médicale à mourir
ne devrait pas être une alternative aux soins qui ne sont pas donnés.
• (11 h 40) •
Le rapport du coroner parle de défaillance
majeure à chaque étape de la prise en charge de M. Meunier, pas à une
étape, mais à chaque étape. Le coroner a formulé 31 recommandations sur la
formation du personnel, sur l'accès aux équipements spécialisés, sur la prise
en charge des patients blessés médullaires et sur la fluidité des soins. Ce
rapport demande des soins adaptés humains et continus. Et pourtant, dans le projet
de loi n° 19 et les autres projets de loi en matière de santé de la CAQ,
ces enjeux-là sont pratiquement absents. Dans toutes les réformes en santé de
la CAQ, les services sociaux demeurent systématiquement relégués au second
plan. On parle beaucoup de médecins, d'infrastructures et de gouvernance
hospitalière, mais très peu du patient, de la santé mentale, des services
psychosociaux, du soutien aux familles et de la prévention. Un système de santé
qui néglige les services sociaux se condamne à l'échec.
Quand le gouvernement de la CAQ a déposé
son projet de loi n° 15 pour centraliser davantage et
enlever la flexibilité aux organismes sur le terrain, ils n'ont même pas pu
prétendre que les services sociaux étaient assez importants pour que ce soit
nommé «Santé et services sociaux Québec», c'est «Santé Québec». Par contre, le
ministère... le ministre de la Santé... la ministre de la Santé, c'est la
ministre de la Santé et des Services sociaux. Les CISSS et les CIUSSS sont des
centres intégrés de santé et de services sociaux. Mais, en créant Santé Québec,
le <gouvernement...
Mme Prass :
...Mais,
en créant
Santé Québec, le >gouvernement a clairement montré,
démontré que son intérêt ou la priorité pour les services sociaux n'était pas
au rendez-vous. Déjà, on voyait que ça allait mal... ça allait mal tourner pour
les personnes qui dépendent sur les services sociaux. Et, derrière l'absence de
mesures concrètes, il y a des conséquences bien réelles : des parents qui
sont épuisés et brûlés parce que le chèque emploi-service qui leur a été offert
pour s'occuper de leurs bien-aimés qui vivent en situation de handicap ont été coupés,
des personnes vulnérables et des jeunes avec des enjeux de santé mentale qui se
retrouvent aux urgences faute de services.
Donc, on a le courage de demander de
l'aide, on se fait dire : On va vous mettre sur une liste d'attente, mais
la détresse n'attend pas, et ces personnes et ces jeunes-là doivent se tourner
vers les hôpitaux et les urgences pour recevoir un traitement dans des délais
nécessaires. Des travailleurs du réseau qui sont à bout de souffle et ne se
sentent pas appréciés, qui systématiquement nous parlent des conditions de
travail qui ne les valorisent pas. Quand les services sociaux sont
insuffisants, ce sont les urgences, les écoles qui absorbent la pression.
Si le gouvernement voulait réellement
améliorer l'accès aux services sociaux, le projet de loi n° 19 aurait dû
inclure un plan clair d'augmentation du nombre de professionnels, des mesures
de rétention pour le personnel psychosocial, des incitatifs pour travailler
dans le réseau public, une reconnaissance réelle de l'expertise en services
sociaux et des cibles mesurables pour... d'amélioration de l'accès.
Et justement, à cet égard des conditions
de travail, Mme la Présidente, hier, j'ai reçu une lettre de l'APTS du
Centre-Ouest de Montréal, qui couvre le territoire dont je suis députée, et je
vais vous citer la lettre :
«Nous souhaitons vous interpeler afin de
dénoncer les manquements persistants au sein du réseau de la santé et des
services sociaux.
«Durant la période des fêtes, nous avons
pris le temps de consulter nos membres. Nous leur avons posé une question
simple mais essentielle : Quels sont vos souhaits pour améliorer le réseau
de la santé et des services sociaux et vos conditions de travail? Les réponses
reçues, nombreuses et convergentes, brossent un portrait préoccupant de la
réalité vécue sur le terrain.
«D'abord, une revendication revient avec
force : la reconnaissance concrète du travail accompli. L'engagement du
personnel ne peut se limiter à des applaudissements symboliques. Il doit se
traduire par des conditions de travail et de rémunération adéquates.
«Nos membres soulignent également un
manque criant de valorisation du travail psychosocial, trop souvent relégué au
second plan par rapport à la santé physique. Le travail en santé mentale et en
psychosocial doit être valorisé autant que la santé physique. Nous travaillons
avec l'humain, pas avec des chiffres.
«En santé mentale, notamment, la pression
exercée pour produire des statistiques et voir toujours plus de personnes au
détriment de la qualité des soins est vécue comme une négociation du caractère
profondément humain de leur travail. La surcharge de travail combinée à des
coupures répétées et à une lourdeur administrative grandissante a des effets
directs sur la santé physique et psychologique du personnel.
«Les demandes sont claires : des
charges de travail réalistes, des équipes complètes, des ressources
informatiques adéquates, des échéanciers raisonnables et un environnement de
travail qui prend réellement soin de celles et ceux qui portent le réseau à
bout de bras. L'innovation ne devrait pas vouloir dire faire plus avec moins.
«Cette lettre se veut une offre de
dialogue, mais aussi un signal clair. Le personnel est à bout de souffle. Il
est urgent de recentrer les priorités sur la qualité des services, la stabilité
des équipes et la reconnaissance du travail humain qui se fait chaque jour dans
le réseau de la santé et des services sociaux.
«Lorsqu'on prend un pas de recul,
lorsqu'on regarde ce projet de loi dans son ensemble mais aussi dans la
continuité des réformes adoptées par le gouvernement de la CAQ depuis plusieurs
années, une chose saute aux yeux : on réorganise, on centralise, on
renomme, mais on n'augmente pas l'offre de services en matière de services
sociaux.
«Permettez-moi d'être clair, le principal
angle mort de ce projet de loi, comme tant d'autres de la CAQ, ce sont les
services sociaux. On parle beaucoup de médecins, on parle beaucoup d'accès aux
médecins, on parle beaucoup de performance du réseau hospitalier, mais la
santé, ce n'est pas seulement le médical. La santé, c'est aussi, et de plus en
plus, la santé mentale, le soutien psychosocial, l'accompagnement des familles,
la prévention et l'intervention précoce. Or, le projet de loi n° 19 ne
contient aucune mesure structurante pour augmenter l'offre des services
sociaux. Aucune cible chiffrée, aucun plan de recrutement, aucune stratégie de
rétention, aucun engagement budgétaire clair.
«Il y a deux semaines, des psychiatres ont
dénoncé le manque de nouveaux postes et le refus de Santé Québec de leur en
offrir malgré les besoins <criants...
Mme Prass :
...de
leur en offrir malgré les besoins >criants. Ils craignent de ne plus
être en mesure de desservir adéquatement les populations les plus vulnérables.
«Le CHU m'a demandé, au printemps dernier,
l'ajout de trois postes de psychiatres, une requête qui a été refusée. Cette
demande s'inscrivait dans le cadre du plan d'effectifs médicaux 2026-2028
adopté par Québec pour fixer le nombre de postes autorisés par spécialités
médicales pour ces trois années. Dans la plus récente version, dévoilée en
novembre dernier, seulement deux nouveaux postes ont été accordés en
psychiatrie adulte pour l'ensemble de la province. C'est décevant et très
préoccupant. On a une situation très critique avec des besoins qui explosent
actuellement et pour lesquels on n'aura pas les effectifs médicaux pour y
répondre.
«Le chef de département de psychiatrie au
CIUSSS de la Capitale-Nationale avait également demandé quatre postes en
psychiatrie adulte, dont deux destinés à couvrir les besoins en itinérance et
en toxicomanie. Elle n'en a obtenu aucun.»
On voit, Mme la Présidente, que les
services sociaux, malheureusement, ne sont pas au rendez-vous dans les projets
de loi que présente le gouvernement, des services sociaux qui font en sorte que
nos personnes les plus vulnérables, ceux qui vivent une détresse psychologique,
ceux qui ont... ceux qui vivent avec une situation de handicap, ne sont pas
prises au sérieux, et le gouvernement n'est pas là pour répondre à leur réalité.
Le projet de loi n° 19 ne propose pas
de changement de structure, mais il ne propose aucune réponse réelle à la
pénurie de services sociaux qui mine notre réseau. Il ne crée pas de services.
Il ne garantit pas plus d'accès. Il ne répond pas aux besoins criants de la
population. À l'étape de l'adoption du principe, il y a de noter... il est de
notre devoir de le dire clairement, réformer sans investir dans l'humain ou le
patient, ce n'est pas réformer, c'est déplacer le problème, et tant que ce gouvernement
refusera de mettre les services sociaux au cœur de ses réformes en santé, les
Québécoises et Québécois continueront d'attendre.
L'opposition officielle reconnaît qu'il
faut améliorer le fonctionnement du réseau, mais améliorer un système ne signifie
pas uniquement le réorganiser. Tant que le gouvernement refusera de s'attaquer
à la question centrale de l'offre des services sociaux, les réformes resteront
incomplètes, les promesses resteront théoriques et les citoyens continueront
d'attendre. Le projet de loi n° 19, dans sa forme actuelle, est une
réforme administrative de plus dans un réseau qui a surtout besoin de
ressources humaines, de services accessibles et d'une vision qui place le
patient et les services sociaux au cœur du système de santé. Suite à l'adoption
par bâillon du projet de loi n° 2, nous sommes la
seule formation qui a demandé qu'il soit suspendu, et aujourd'hui nous
débattons d'un projet de loi qui répond à cette réalité-là, qui a été
suspendue, qui a été renversée.
Donc, ma formation politique votera en
faveur de ce projet de loi, mais il reste encore beaucoup d'éléments à
débattre, parce que, nous, ce qu'on veut, c'est que le patient soit celui qui
est pris... qui est considéré dans tous ces projets de loi et que les services
sociaux ne soient... soient plus qu'un oubli. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres
intervenants? Comme il n'y a pas d'autre intervenant, le principe du projet de
loi n° 19, loi visant notamment l'amélioration de l'accès aux services
sociaux et la prise en charge médicale de la population, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Mme
la Présidente, je crois qu'il y aura d'autres intervenants. On va suspendre
quelques moments, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce
qu'il y a consentement? Puisque j'avais déjà... Est-ce qu'il y a consentement?
Oui.
Donc, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 11 h 50)
(Reprise à 11 h 53)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, je comprends qu'un groupe parlementaire voulait intervenir sur le
projet de loi n° 19. Étant donné que j'avais déjà... on avait déjà fait
l'adoption du principe, je demande le consentement pour que nous puissions
accepter que le député de Saint-Henri—Sainte-Anne puisse intervenir. Est-ce
qu'il y a consentement sur ça? Consentement. Je vous laisse la parole, M. le
député.
M. Guillaume Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Donc, effectivement, vous venez de le dire,
adoption de principe, projet de loi n° 19, projet de loi déposé la semaine
dernière, là, dans la foulée de ce qu'on a appelé, là, à l'époque, à la
dernière session, le projet de loi n° 2, qui, par ailleurs, avait été
amendé, là, à la toute fin de la dernière session, reporté d'application à la
fin février. Et c'est ce projet de loi là, le n° 19, là, qui va aller
baliser, du moins, une partie, là, de ce qui... de ce qui est l'entente entre
le gouvernement et la FMOQ. On est à obtenir ou à attendre des détails, là,
quant à la FMSQ.
On y reviendra dans les prochaines heures,
dans les prochains jours, on l'espère, mais là, véritablement, effectivement,
on se souvient, là, on débattait ici, après le bâillon du gouvernement sur le
PL n° 2, à la toute fin, là, in extremis, là, le dernier vendredi de la
dernière session, dans une procédure un, deux, trois, là, expéditive, on
adoptait le projet de loi qui allait abroger une partie substantielle de la loi
n° 2, à ce moment-là, qui allait en suspendre une partie aussi pour
ramener le tout à la fin février mais qui en abrogeait une grande partie. Et là
on voit la deuxième partie de ces modifications-là. Le gouvernement a
effectivement déposé ce projet de loi là la semaine dernière, et là on va venir
à modifier une deuxième fois ce qui a été modifié et reporté en décembre
dernier puis on va l'étudier en détail, Mme la Présidente.
Quand même un projet de loi important, un
projet de loi qui va viser des portées législatives modificatives sur la loi,
mais tout n'est pas dans la loi, on va y référer tout à l'heure, là, mais il y
a plusieurs choses qui vont être par règlement. Il y a d'autres choses qui ne
nécessitent pas de modification législative et qui sont directement dans les
ententes. Donc, on possède une partie, là, du casse-tête, pas tout l'ensemble
des pièces du puzzle, Mme la Présidente, mais on fera avec ce qu'on a, puis on
aura des consultations particulières demain, et on pourra poser des questions
substantives aux groupes. Par ailleurs, on aura aussi l'étude détaillée assez
rapidement, ce jeudi, pour essayer, le plus rapidement possible, en toute collaboration,
de faire du mieux possible avec le projet de loi.
Si on recule un petit peu, Mme la
Présidente, quand même, tout ça pour ça, ça mérite d'être mentionné, et ça a
été mentionné à plusieurs reprises au courant des derniers mois, suivant un
psychodrame absolument abracadabrant, là, où, finalement, les unes de journaux
se sont succédé, là, jour après jour, sur des cliniques qui menaçaient de
fermer, sur des patients qui perdaient des soins de santé, sur du personnel
médical qui désertait, qui décidait d'aller faire leurs carrières, leurs vies
ailleurs, à cause d'un bâillon imposé, là, sans nécessité absolue, parce qu'on
voit aujourd'hui que la négociation a permis un règlement.
Force est de constater que le gouvernement
s'est trompé sur toute la ligne et que l'ex-ministre de la Santé n'avait
directement pas la bonne approche pour obtenir gain de cause, pour obtenir un
consensus qui permettrait aux Québécois et aux Québécoises d'aller de l'avant.
Et, pendant plusieurs années, là, le mal qui a été fait au système ces derniers
mois va coûter cher à la population québécoise puis aux Québécois. Il a coûté
cher au gouvernement aussi. Deux ministres ont démissionné, dans ce <scandale-là...
M. Cliche-Rivard :
...c'est
cher au gouvernement aussi. Deux ministres ont démissionné dans ce >scandale-là,
malheureusement, et une députée aussi a décidé d'aller rejoindre les rangs des
indépendants. Beaucoup de Québécois et de Québécoises ont vécu ces mois-là avec
beaucoup d'anxiété. Et, fort malheureusement, on est à même de se demander,
aujourd'hui : Tout ça pour ça, vraiment?, alors qu'une version négociée du
projet de loi est possible. La démonstration est telle que le projet de loi
n° 19, négocié avec la FMOQ, est déposé la semaine dernière et qu'il y
avait moyen de s'entendre. Alors, véritablement, pourquoi prendre cette
voie-là? Pourquoi allumer des feux? Pourquoi faire un tel combat tout l'automne
alors que, finalement, il y avait les moyens de s'entendre?
Par contre, dans le projet de loi
n° 19, il y a des choses qui ne sont pas claires. Ce qui n'est pas clair,
ce sont les garanties pour les patients. La présidente du Conseil du trésor l'a
dit en entrevue, très récemment, le gouvernement n'a aucune garantie. Les
patients non plus. Alors, oui, c'est vrai qu'on souhaite inscrire des gens sur
une liste, les patients vulnérables, 180 000 d'entre eux, jusqu'à
500 000 patients orphelins non inscrits, mais avec quelles garanties?
Il n'y en a point, de l'admission même de la présidente du Conseil du trésor.
Alors, la question se pose : Qu'est-ce que les gagnants... Qu'est-ce que
les patients gagnent aujourd'hui véritablement?
L'accès à une liste d'attente ou à une
liste d'inscription peut être une chose intéressante, encore faut-il que les
services soient disponibles, Mme la Présidente. Quelqu'un qui... à qui on lui
dit : Très bien, tu es maintenant enregistré sur la liste du GMF X, si
cette personne-là ayant besoin de soins appelle audit GMF et que celui-ci n'a
pas de service ou de disponibilité à lui offrir, on n'est pas bien, bien plus
avancés, Mme la Présidente. Alors, où sont les garanties de service?
Dans les derniers jours, notamment dans Le
Devoir, c'est un débat qui brûle entre le gouvernement et les spécialistes,
à savoir : Est-ce que l'inscription garantit nécessairement un soin, un
accès aux soins ou est-ce que, véritablement, il ne s'agit pas là, tout
simplement, de transférer des gens d'une colonne à l'autre, d'inscrits à non
inscrits, sans nécessairement avoir l'assurance, pour les patients, les
patientes du Québec, que les services seront là et qu'ils seront au
rendez-vous? Alors, des belles intentions. Espérons très clairement obtenir la
collaboration de toutes et de tous pour que l'ensemble des Québécois ait
davantage de soins. N'empêche que, du propre aveu de la présidente du Conseil
du trésor, des garanties, il n'y en a point.
Ce qui n'est pas clair, Mme la Présidente,
non plus, c'est comment on va identifier les patients vulnérables. Ce qui n'est
pas clair non plus, c'est comment on va s'assurer de mettre les
500 000 patients sur la liste. Ce qui n'est pas clair non plus, c'est
comment... ou combien de médecins vont être rémunérés partiellement par
capitation et comment, si on ne le sait pas, parce que ça aussi le gouvernement
ne le sait pas, il y aurait des exceptions pour ceux qui sont à la retraite ou
pour d'autres. Tous des 10 000 omni ne seront pas visés par la
procédure de paiement partiel par capitation. Alors, si on ne sait pas combien
de médecins vont participer au dit régime, comment peut-on prétendre, dans les
considérants dudit projet de loi, qu'on vise à inscrire
500 000 personnes, si on ne sait pas, finalement, combien de médecins
vont participer au programme? Alors, belles intentions, nous en convenons, Mme
la Présidente, mais j'y reviens : Où sont les garanties pour les Québécois
et les Québécoises? Où sont les garanties pour les patients, les patientes du
Québec?
• (12 heures) •
Et, Mme la Présidente, avec la FMSQ, où
est-ce qu'on est rendus? Très bonne entente... ou, en tout cas, très agréable
de revoir le gouvernement être capable de négocier et d'arriver à une entente
avec la FMOQ. Qu'en est-il des spécialistes? Poser la question, c'est y
répondre. Pour l'instant, bien qu'on voie leur bonification... leurs salaires
bonifiés, dans l'article 124, là, l'article 15 du projet de loi,
qu'en est-il véritablement...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Oui,
merci, M. le député. Je voulais juste... Là, votre intervention, vous l'avez
terminée, donc je vais... Je veux juste vous redemander, pour que ce soit très
clair pour tout le monde, le consentement, pour faire comme si la mise aux voix
n'avait pas eu lieu. Je l'ai eu tantôt. Donc, je vais remettre aux voix, donc,
le principe...
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Non? Il va y avoir d'autres interventions un peu plus tard? Donc, parfait.
Donc, à ce moment-là, je vais suspendre
les travaux jusqu'à 13 h 40.
(Suspension de la séance à 12 h 01)
13 h 30 (version révisée)
(Reprise à 13 h 40)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Alors, bonjour à toutes, bonjour à tous. Prenez place, nous allons débuter
nos travaux.
Déclarations de députés
Nous sommes à la rubrique Déclarations des
députés, et, sans plus tarder, je reconnais Mme la députée de Bonaventure.
Souligner le 170e anniversaire de la compagnie
Brunet
Mme Catherine Blouin
Mme Blouin : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, aujourd'hui, je veux souligner un moment bien
significatif, entre autres, pour les représentants des pharmacies Brunet, que
je salue, d'ailleurs, dans nos tribunes, puisqu'on célèbre les 170 ans de
l'enseigne Brunet.
Depuis sa fondation en 1855, le réseau
Brunet fait preuve d'une approche humaine et de proximité avec ses 195 pharmaciens
propriétaires affiliés.
Cette entreprise incarne bien les valeurs
de l'innovation et la qualité du service offert aux patients et aux clients que
nous retrouvons dans nos pharmacies québécoises. Dans la plus ancienne
pharmacie du Québec à un réseau solide et en santé de quelque 140 succursales
affiliées, l'entreprise connaît un succès qui a traversé le temps. Alors que le
rôle des pharmaciens continue d'évoluer, Brunet renforce ses liens avec les
communautés qu'elle dessert à titre de référence en santé de première ligne.
Alors, je tiens à souligner le travail des
pharmaciens propriétaires Brunet ainsi que toutes leurs équipes, qui se
dévouent quotidiennement au bien-être de la population québécoise, alors toutes
mes félicitations. Merci beaucoup, M. le Président.
15417
17909
Le
Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Bonaventure. La parole revient maintenant à Mme la
députée de Mille-Îles.
Souligner le 15e anniversaire de Mieux-Naître
à Laval
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, c'est avec beaucoup de fierté que je prends
la parole aujourd'hui pour souligner le 15e anniversaire de Mieux-Naître à
Laval, un organisme incontournable pour les familles lavalloises et qui est
situé dans ma circonscription de Mille-Îles.
Depuis sa fondation, Mieux-Naître
accompagne les parents en offrant un milieu de vie chaleureux, du soutien et
des services spécialisés en périnatalité. Ayant moi-même été confrontée, il y a
16 ans, à l'absence d'une maison de naissance à Laval, je mesure toute
l'importance de la mission de cet organisme.
Mieux-Naître voit grand pour l'avenir et
vise désormais la construction d'une maison de naissance et l'accès aux
services des sages-femmes localement. Je rappelle, par ailleurs, que Laval est
une des seules régions qui n'a toujours pas accès à ces services.
Je termine en soulignant le travail de
très longue haleine de Mme Lysane Grégoire, la fondatrice et la directrice
générale, ainsi qu'à toute son équipe pour leur précieux engagement. Longue vie
à Mieux-Naître à Laval!
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée des Mille-Îles. Et je reconnais maintenant Mme la
députée de Labelle.
Souligner l'inauguration du Centre d'interprétation
du territoire d'Amherst et du monument Le Gardien du souvenir
Mme Chantale Jeannotte
Mme Jeannotte : Merci,
M. le Président. Comme vous le savez, l'histoire et le patrimoine me tiennent à
cœur, tout comme de nombreux citoyens du comté de Labelle. L'automne dernier,
la municipalité d'Amherst a inauguré le Centre d'interprétation du territoire,
le CITA, et le monument qu'on appelle Les gardiens du souvenir.
Quatre thèmes sont proposés : la
reconnaissance des Premières Nations, la colonisation, l'exploitation
forestière, le drame de la silicose et le monument Le gardien du
souvenir, qui rend hommage aux mineurs victimes de la silicose et aux
familles marquées par cette tragédie dans les années 30 et 40.
Eh bien, je tiens à saluer le leadership
du maire, Jean-Guy Galipeau, et tous ceux et celles qui l'ont supporté, car,
grâce à la mobilisation du milieu et le leadership du maire, la concrétisation
de ces deux projets sont remarquables.
Merci et bravo à toutes celles et ceux qui
perpétuent la mémoire de notre histoire locale et régionale.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Labelle. Et je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Verdun.
Demander le rétablissement du Programme de l'expérience
québécoise
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci,
M. le Président. À Verdun, il n'y a pas un jour où je ne reçois pas de
témoignages des conséquences de l'abolition du Programme d'expérience
québécoise, le PEQ, de la part des professeurs d'université, des infirmières,
des éducatrices, des intervenants, tout le monde nous écrit en détresse.
Des personnes, des familles ici depuis 5 à
8 ans, ils nous disent qu'ils se trouvent déjà dans un vide administratif
colossal et que tout leur avenir est suspendu. Ceci a un effet direct sur le
service à la population. Je parle du travail des organismes communautaires
comme Harmonie Richelieu et Toujours ensemble, un effet sur nos CPE, nos CLSC,
nos PME, tout le monde me dit qu'un membre de leur équipe, un travailleur,
risque de quitter le Québec si on ne fait rien. C'est la contribution directe à
notre tissu social et notre économie qui est compromise.
Tout ce qu'on demande, c'est de l'empathie
et de la cohérence, rétablir le PEQ rapidement pour toutes les personnes à qui
le Québec a fait une promesse d'accueil, dire clairement à ceux et celles qui
sont déjà ici, déjà intégrés au Québec : Bien, vous êtes chez vous.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Verdun. Au tour maintenant de Mme la députée de
Saint-Hyacinthe.
Souligner la Semaine scoute
Mme Chantal Soucy
Mme Soucy : Merci, M. le
Président. À l'approche de la Semaine scoute, du 16 au 22 février, qui se
déroulera sous le thème Le scoutisme, une fierté qui nous unit!, je
salue l'apport précieux du scoutisme francophone à Saint-Hyacinthe.
Les scouts MaScoutains et scouts Défi
offrent aux jeunes une alternative aux écrans, M. le Président, et, aux
parents, une petite pause du fameux «encore cinq minutes».
Le scoutisme transmet le respect, la
discipline et l'entraide et forme des jeunes confiants, responsables et
engagés. Ces apprentissages resteront tout au long de leur parcours de vie.
Derrière chaque activité, de nombreux bénévoles donnent temps et
coeur pour bâtir un vrai milieu de vie.
Merci à tous ceux et celles qui font vivre
le scoutisme chez nous. Vous êtes importants pour nos jeunes, et je vous
remercie.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Je reconnais maintenant Mme la députée des Plaines.
Souligner le Mois de l'histoire des Noirs
Mme Lucie Lecours
Mme Lecours (Les Plaines) : Merci
beaucoup, M. le Président. En ce Mois de l'histoire des Noirs, je souhaite souligner
l'apport inestimable des personnes noires à notre société.
On parle souvent d'histoire au passé.
Pourtant, elle s'inscrit et s'écrit encore chaque jour grâce à des femmes et
des hommes engagés qui font une réelle différence autour d'elle, autour d'eux.
Le Regroupement de la communauté Noire de
Lanaudière, bien ancré dans ma circonscription, en est un bel exemple. Par son
soutien aux familles et aux personnes plus vulnérables, il place l'entraide au
cœur de ses actions. Il appuie des entrepreneurs, encourage l'achat local et
crée sans cesse des occasions de se rassembler dans un esprit de
vivre-ensemble. Ce regroupement cultive ainsi une solidarité qui élève toute la
collectivité.
C'est aussi cela, le Mois de l'histoire
des Noirs, reconnaître un leadership bien vivant ici et maintenant.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée des Plaines. Je reconnais maintenant M. le député d'Abitibi-Est.
Rendre hommage à M. Alain Rioux
M. Pierre Dufour
M. Dufour : M. le Président,
ce n'est pas tous les jours que l'on a la possibilité de souligner les
réalisations d'un ami ici, en ce lieu. Toutefois, vendredi dernier, mon grand
complice du hockey mineur de Val-d'Or, M. Alain Rioux, a eu le privilège
d'être intronisé au Temple de la renommée George-Chartrand.
Sous la responsabilité du Club Kiwanis de
Val-d'Or, cette distinction a pour mandat de reconnaître le travail des
bénévoles dans le milieu valdorien, qui contribue de façon exceptionnelle au
développement du sport. Instauré en 1983, Alain est devenu le 86e membre honoré
et ainsi a rejoint notre groupe d'élus.
Ayant débuté ses implications dès l'âge de
12 ans, Alain s'est particulièrement impliqué dans toutes les sphères du
milieu du hockey et aussi comme pilote à moto pour accompagner la sécurité des
cyclistes lors des tours cyclistes tels que le Tour de l'Abitibi.
Alain, en l'honneur de la mémoire de
George Chartrand, il serait fier de te dire sa célèbre citation, «fifty-fifty»,
Alain. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député d'Abitibi-Est. Et je reconnais maintenant M. le député
de Côte-du-Sud.
Souligner le 50e anniversaire de l'Alliance
chorale du Québec
M. Mathieu Rivest
M. Rivest : Merci, M. le
Président. C'est avec beaucoup de reconnaissance que je souligne le
50e anniversaire de l'Alliance chorale du Québec, un pilier vibrant de
notre vie culturelle.
L'alliance unit des voix, des générations
et des régions autour d'une passion commune, le chant choral, qui nourrit notre
identité collective, enrichit nos communautés et fait rayonner la culture
québécoise.
En tribune avec nous, Mmes Louise
Rousseau et Diane Chevrier.
À travers ces événements, ces formations,
sa mission d'accompagnement, l'alliance a su faire croître un réseau inclusif
où l'expression artistique trouve écho dans chaque voix et dans chaque cœur.
En cette année de festivités, nous
célébrons non seulement le passé, mais aussi des activités à venir de milliers
de choristes et bénévoles qui font vivre cette tradition avec créativité et
passion.
Je salue quatre ensembles vocaux de la
Côte-du-Sud : le Choeur Amisol, le Groupe vocal Mouv'Anse, la Troupe Hallélou
et le Chœur Joly, qui sera en prestation le 14 février prochain, où je
serai président d'honneur d'une soirée plein d'amour. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Côte-du-Sud. Et je reconnais maintenant Mme la
députée d'Anjou—Louis-Riel.
Souligner la Semaine scoute
Mme Karine Boivin Roy
Mme Boivin Roy : Merci,
M. le Président. Dans ma circonscription, nous avons la chance de compter sur
la présence et l'engagement de deux groupes scouts, soit le 150e groupe
scout Notre-Dame-d'Anjou et le 140e groupe scout de Mercier-Ouest.
Ces groupes participent activement à la
vie communautaire d'Anjou—Louis-Riel, que ce soit par leur contribution notable
lors d'activités de bénévolat comme la Guignolée ou encore par leur présence
enthousiaste lors d'événements locaux qui nous rassemblent.
Ces groupes célébreront bientôt la Semaine
scoute, organisée par l'Association des Scouts du Canada, ayant lieu du 16 au
22 février prochain et sous la thématique Le scoutisme, une fierté qui
nous unit!
Je tiens, donc, à profiter de cette
occasion pour souligner le travail remarquable des bénévoles qui donnent
généreusement de leur temps à accompagner et inspirer les jeunes de notre
communauté, à leur permettre de faire des apprentissages et de mettre en
pratique leurs valeurs et, ultimement, de faire... en faire d'eux des citoyens
à part entière et bien engagés. Merci beaucoup, M. le Président.
• (13 h 50) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel. Et je cède maintenant la parole à
M. le député de Chapleau.
Souligner le 30e anniversaire de Parkinson
Outaouais
M. Mathieu Lévesque
M. Lévesque (Chapleau) : Merci,
M. le Président. Aujourd'hui, j'aimerais souligner le 30e anniversaire de
Parkinson Outaouais, un organisme important qui, depuis trois décennies,
accompagne les personnes vivant avec la maladie de Parkinson et leurs proches
aidants dans Chapleau à Gatineau, en Outaouais.
La maladie de Parkinson est une maladie
chronique, évolutive et encore trop souvent méconnue. Elle transforme lentement
le quotidien affectant le mouvement, la parole, l'équilibre, mais aussi
l'énergie, le sommeil et parfois même la pensée. Derrière ces symptômes se trouvent
des femmes et des hommes courageux qui continuent d'avancer malgré les défis,
ainsi que des proches aidants, dont l'engagement est inestimable.
Parkinson Outaouais est un lieu
d'information, de soutien et d'espoir. L'organisme brise l'isolement, favorise
l'entraide, encourage l'activité physique adaptée, soutient la recherche et
offre aux personnes malades des outils concrets pour améliorer leur qualité de
vie.
Je tiens à saluer le travail remarquable
de toute l'équipe des bénévoles, des professionnels, des partenaires, des
donateurs et je dis merci à Parkinson Outaouais pour ses 30 années de
solidarité, de résilience et d'espoir. Bon 30e anniversaire!
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Chapleau. Et la parole revient maintenant à Mme la
députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Rendre hommage à M. Louis-Georges Déry
Mme Marie-Louise Tardif
Mme Tardif : 70 ans
après avoir vendu son premier pain et après avoir acheté et opéré plusieurs
boulangeries, M. Louis-Georges Déry a vendu, il y a quelques mois, Le P'tit
Boulanger et La Fournée, situés à Shawinigan.
De Saint-Séverin à Shawinigan en passant
par les Îles-de-la-Madeleine, il en aura brassé, de la farine et des affaires.
Sa recette gagnante, c'est le travail. Homme infatigable, déterminé,
accueillant, ambitieux, audacieux, avec un sens des affaires presque inné, ce
sont ses enfants qui l'ont convaincu de vendre pendant qu'il est encore en
bonne santé et que ses entreprises sont aussi en bonne santé financière.
Qu'à cela ne tienne, les nouveaux
propriétaires le savent et l'acceptent, M. Déry s'investit encore dans Le
P'tit Boulanger puisque sa porte de cuisine ouvre directement dans la
boulangerie.
Au doyen des boulangers du monde, comme il
se nomme, je lui souhaite une très belle retraite occupée et en santé.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice. Bonne retraite à vous
aussi, monsieur. La prochaine déclaration revient à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Rendre hommage à Mme Andréa Maria Laizner
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw : Merci, M.
le Président. J'ai le privilège de souligner aujourd'hui la remarquable
carrière de plus de 50 ans d'une grande infirmière qui a servi au Centre
universitaire de santé de McGill dans mon comté. On a avec nous, ici, dans nos
tribunes aujourd'hui, Mme Andréa Maria Laizner avec nous.
Throughout her career,
Miss Laizner has always placed the human being at the heart of her practice. At
the MUHC, she promoted evidence-based practice and mentored generations of
health care professionals. She embodies the vision of mentorship that is not
just about teaching skills but about inspiring confidence and compassion. Her
leadership, her generosity and her dedication to evidence-based care have
shaped countless careers and improved countless lives.
Ces nombreuses
distinctions, dont le prix Florence recherche et le prix d'excellence en
éducation, témoignent de la grande portée de son travail. Même à la retraite,
elle poursuit son engagement auprès de McGill.
Et, en terminant, je remercie
chaleureusement Mme Laizner pour son dévouement exemplaire. Elle est une
fierté pour notre communauté. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Alors, voilà qui met fin à la
rubrique Déclaration de députés.
Nous allons suspendre les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 13 h 55)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 09)
La Présidente
: Bonjour,
tout le monde! Vous êtes nombreux aujourd'hui. Messieurs, dames, bienvenue. Le
Parlement du Québec, c'est chez vous.
Mmes, MM. les députés, nous allons vous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
J'ai le plaisir de souligner aujourd'hui
la présence dans les tribunes de membres du Cercle des ex-parlementaires de l'Assemblée
nationale du Québec, M. Norman Jutras, président du cercle et ancien
député de Drummond; Mme Marie Malavoy, ancienne députée de Sherbrooke; M.
Guy Ouellette, ancien député de Chomedey et Mme Carole Théberge, ancienne
députée de Lévis.
Et nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le
ministre de la Sécurité publique.
M. Lafrenière : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Permettez-moi de déposer le plan stratégique 2022-2027
modifié du Tribunal administratif de la déontologie policière. Merci.
• (14 h 10) •
La Présidente
: Ce
document est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, bonjour,
Mme la Présidente. Je dépose les réponses aux pétitions déposées le 12 novembre
2025, par la députée de Rimouski; le 3 décembre 2025, par la députée de Westmount—Saint-Louis
et le 10 décembre 2005, par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
La Présidente
: Et ces
documents sont déposés.
Pour ma part, je dépose les textes de loi
adoptés ainsi que le rapport du mandat d'initiative déposé par les membres de
la 32e législature du forum étudiant.
Enfin, j'ai reçu préavis d'une motion qui
sera inscrite dans le feuilleton...
La Présidente : ...Enfin, j'ai
reçu préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition et, conformément à
l'article 97.1 du règlement, je dépose copie du texte de ce préavis.
À la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, M. le président de la Commission de l'Économie et du Travail et
député de Maskinongé.
M. Allaire : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose le rapport de la Commission de l'Économie et du Travail
qui, les 3, 4, 5 février 2026, a tenu des auditions publiques dans le
cadre de consultations particulières sur le projet de loi n° 11,
Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du
fardeau réglementaire et administratif. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Ce rapport
est déposé. M. le président de la Commission des Finances publiques et député
de Blainville.
M. Laframboise : Mme la
Présidente, je dépose le rapport de la Commission des Finances publiques qui,
le 11 décembre 2025 et le 5 février 2026, a procédé à l'étude
détaillée du projet de loi n° 111, Loi modernisant la Loi sur les
coopératives et modifiant d'autres dispositions. La commission a adopté le
texte du projet de loi avec des amendements.
La Présidente : Ce rapport
est déposé. Mme la Présidente de la Commission des relations avec les citoyens
et députée des Plaines.
Mme Lecours (Les Plaines) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, j'ai le bonheur, pour ne pas dire le
privilège, de déposer le rapport de la Commission des relations avec les
citoyens qui, les 3, 4, 5 et 10 février 2026, a tenu des auditions
publiques dans le cadre des consultations particulières sur le projet de loi n° 9 Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec.
La Présidente : Et ce rapport
est déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le
député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 4 980 pétitionnaires. Désignation :
Citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que le gouvernement du Québec
a adopté le projet de loi n° 94, Loi visant notamment à renforcer la
laïcité dans le réseau de l'éducation et modifiant diverses dispositions
législatives, qui prévoit notamment de restreindre l'expression de signes ou de
pratiques religieuses;
«Considérant que ces nouvelles
restrictions pourraient porter atteinte à la liberté de religion, qui est
protégée par la Charte des droits et libertés de la personne;
«Considérant que ces mesures pourraient
limiter l'accès à l'emploi pour des personnes qualifiées;
«Considérant que plusieurs organismes de
défense des droits ont exprimé leur inquiétude face à l'impact des restrictions
sur les droits de la personne;
«Considérant que la laïcité vise à ce que
tous les citoyens, peu importe leur religion, soient égaux;
«Considérant que la cohésion sociale et
l'inclusion constituent des valeurs importantes de la société québécoise.
«Et l'intervention réclamée se
résume ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec d'abroger le projet de loi n° 94 récemment adopté
et entré en vigueur, qui renforce les restrictions prévues par la loi
n° 21, Loi sur la laïcité de l'État.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Cet extrait
de pétition est déposé. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 3 219 pétitionnaires. Désignation :
Citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que les consultations
gouvernementales concernant les orientations de la prochaine politique de
soutien à domicile n'étaient pas publiques;
«Considérant qu'à l'heure actuelle, le
gouvernement ne répond qu'à environ 10 % des besoins réels en soutien à
domicile;
«Considérant que les orientations de la
prochaine politique de soutien à domicile du gouvernement actuel facilitent le
recours au secteur privé dans la prestation des soins et services de santé;
«Considérant que le gouvernement envisage
la possibilité d'imposer une contribution financière aux usagers et usagères;
«Considérant que l'intégration d'une
approche préventive de proximité en soutien à domicile est nécessaire pour
s'adapter au vieillissement de la population pour mieux répondre aux besoins
des usagers et usagères et pour réduire les dépenses en hébergement;
«Considérant les recommandations et la
Prise de position collective sur la nouvelle SAD... la nouvelle politique SAD
de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles et de ses collaborateurs.
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec de garantir l'accès universel sans frais supplémentaires
pour le soutien à domicile et de miser sur des services et des soins humains
dans lesquels les usagers et usagères participent à leur organisation.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Cet extrait
de pétition est déposé et j'ai reçu une demande de M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
pour la présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il consentement pour la
présentation de cette pétition? Consentement. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 518 pétitionnaires. Désignation : Citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que les consultations
gouvernementales concernant les orientations de la prochaine politique de
soutien à domicile n'étaient pas publiques;
«Considérant qu'à l'heure actuelle, le
gouvernement ne répond qu'à environ 10 % des besoins réels en soutien à
domicile;
«Considérant que les orientations de la prochaine
politique...
M. Cliche-Rivard : ...10 %
des besoins réels en soutien à domicile;
«Considérant que les orientations de la
prochaine politique de soutien à domicile du gouvernement actuel facilitent le
recours au secteur privé dans la prestation des soins et des services de santé;
«Considérant que le gouvernement envisage
la possibilité d'imposer une contribution financière aux usagers et usagères;
«Considérant que l'intégration d'une
approche préventive de proximité en soutien à domicile est nécessaire pour
s'adapter au vieillissement de la population, pour mieux répondre aux besoins
des usagers et usagères et de réduire les dépenses en hébergement;
«Considérant les recommandations de la
prise de position collective sur la nouvelle politique SAD de la Clinique
communautaire de Pointe-Saint-Charles et de ses collaborateurs;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec de garantir l'accès universel sans frais supplémentaires
pour les soins à domicile et de miser sur des services et des soins humains
dans lesquels les usagers et usagères participent à leur organisation.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Et cet
extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux
pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de
privilège.
Nous en sommes maintenant rendus à la
période de questions et de réponses orales, et, pour ce faire, je cède la
parole, en question principale, au chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay : Mme la
Présidente, la semaine passée, la CAQ a déposé, en santé, un autre projet de
loi, le projet de loi n° 19. L'objectif : que 500 000 Québécois
soient pris en charge par un médecin de famille au 30 juin 2026, dont
180 000 patients vulnérables.
Le 4 février dernier, la ministre était de
passage à Patrice Roy. Question : «Mme la ministre, est-ce que ces
personnes auront un médecin de famille?» Réponse : «En fait, c'est
l'esprit de l'entente, c'est ce qu'on souhaite.» Question : «Est-ce que
c'est prévu que les vulnérables seront désormais suivis par un médecin dans une
clinique?» Réponse : «Ce n'est pas écrit comme ça, mais c'est
sous-jacent.» Fin de la citation.
Or, la veille, devant, toujours, ce même
Patrice Roy, le Dr Amyot, de la FMOQ, disait, et je le cite : «Les
médecins de famille s'engagent à fournir un rendez-vous médical pour chacun de
ces patients. Si on atteint l'objectif de 500 000, ce sera 500 000
rendez-vous médicaux.» Il termine de façon très claire, le Dr
Amyot : «Ce sera 500 000 rendez-vous dans l'année.»
La ministre, Mme la Présidente, peut-elle
aujourd'hui donner l'heure juste? Reconnaît-elle que, pour ces 500 000
Québécois, l'entente prévoit 500 000 rendez-vous avec un médecin et non
une prise en charge? Peut-elle répondre clairement?
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente. Oui, effectivement, j'ai eu l'occasion de faire une série
d'entrevues, la semaine dernière, qui, donc, m'ont permis d'expliquer le
processus dans lequel on embarque avec la loi n° 19.
Mme la Présidente, très heureuse d'avoir
déposé cette loi qui va faire une différence pour les Québécois puis les
Québécoises. Puis, contrairement au Parti libéral, nous, on ne travaille pas
dans le passé, Mme la Présidente, on travaille dans l'ici, dans l'immédiat et
dans le futur, et on veut changer le système de santé, Mme la Présidente. Et il
faut changer notre façon de penser l'accès aux services médicaux, Mme la
Présidente.
Alors, actuellement, il y a
7,2 millions de Québécois, Québécoises qui ont accès à un service de
première ligne, soit à un GMF ou à une IPS. Il faut considérer ça, Mme la
Présidente. Alors, c'est important, 7,2 millions de Québécois, Québécoises qui
ont accès à un médecin de famille. Notre engagement, avec cette loi, c'est que,
d'ici le 30 juin de cette année, il y ait 500 000 personnes qui soient
affiliées à un GMF ou à un médecin de famille, selon leurs besoins.
• (14 h 20) •
La Présidente
:
...complémentaire.
M. Tanguay : Mme la
Présidente, en tout respect, vous l'avez vu, la ministre ne répond pas à la
question. Clairement, à Patrice Roy, elle dirait... elle disait : C'est
l'esprit de l'entente, on le souhaite, c'est sous-jacent. Et le Dr Amyot, de la
FMOQ, le dit : Les médecins de famille s'engagent à fournir un rendez-vous
médical pour chacun de ces patients. 500 000 Québécois, 500 000
rendez-vous, vous en avez un chaque.
Reconnaît-elle, donc, que ces 500 000
Québécois auront droit à un seul rendez-vous? Peut-elle parler clairement?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, honnêtement, pensez-vous, là, qu'on fait un projet de loi pour
créer 500 000 rendez-vous, franchement? Bien, je pense que vous n'avez pas
bien compris l'essence de la loi, puis on va pouvoir en discuter...
Des voix : ...
La Présidente : Attention,
attention, attention! Ça commence à déraper vite. Alors, on s'adresse à la
présidente. On n'interpelle pas les collègues des deux côtés de la Chambre. Et,
de ce côté-ci, vous gardez le silence, je veux entendre la réponse. Mme la
ministre, poursuivez.
Mme Bélanger : Oui, bien, Mme
la Présidente, je veux quand même...
La Présidente
: ...je
veux entendre la réponse. Mme la ministre, poursuivez.
Mme Bélanger : Oui. Bien, Mme
la Présidente, je veux quand même continuer. Cette loi ne vise pas à mettre en
place un système de rendez-vous, là. Ce n'est pas ça, l'essence de la loi.
Cette loi, elle vise à améliorer l'accès aux services de première ligne par un
professionnel, que ce soit un médecin, mais ça pourrait être aussi un IPS, ça
pourrait être une physiothérapeute, ça pourrait être un pharmacien, au besoin.
Mme la Présidente, c'est ça que les Québécois ont besoin. C'est ça qu'on est en
train de faire. Puis on a le courage de faire ce changement. Puis on devrait se
réjouir d'avoir une entente avec la FMOQ...
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Tanguay
: Mme la
Présidente, la CAQ nous a habitués à avoir des ententes puis ne pas savoir ce
qu'ils signaient. Mais je pense que la ministre sait très bien ce qu'elle a
signé parce que le Dr Amyot, qui représente la FMOQ et les médecins de
famille, l'a dit : Nous, notre interprétation, c'est que c'est
500 000 Québécois, 500 000 rendez-vous, puis après ça,
c'est tout. Et l'entente est sur une base volontaire. Et, quand la ministre, à
Patrice Roy, parlait de l'esprit, allons donc parler de la lettre, de la loi et
de l'entente qui disent que c'est 500 000 rendez-vous. Qu'elle parle
clairement.
La Présidente
: La
réponse de la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, j'essaie d'avoir des propos clairs, mais je pense que, de l'autre
côté, on ne veut ne pas comprendre ce que j'explique. C'est plutôt ça, Mme la
Présidente, la nuance que je veux apporter. Alors, il faut se réjouir. On a une
entente avec la FMOQ, on a une entente de collaboration. On a mis en place une
cellule pour s'assurer que, d'ici le 30 juin, il y ait 500 000 Québécois,
Québécoises qui soient affiliés. Ça ne veut pas dire un rendez-vous,
nécessairement, ça veut dire être affilié. Donc, certaine personne dont... dont
180 000, les personnes les plus vulnérables, auront accès à un médecin de
famille. Au moment où on se parle, Mme la Présidente, c'est 78 000 personnes
qui ont reçu une lettre. Alors, moi, je me...
La Présidente
:
Troisième complémentaire.
M. Tanguay
: Mme la
Présidente, la ministre peut bien essayer de nous faire accroire quoi que ce
soit d'autre, c'est 500 000 rendez-vous, Mme la Présidente.
La Présidente
: M. le
leader du gouvernement, quel est votre rappel au règlement, je vous prie?
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, on doit prendre la parole des membres de cette Chambre. Si le
député de LaFontaine...
La Présidente
: Et vous
avez raison, M. le leader du gouvernement. Il faut prendre la parole.
Alors, vous ne pouvez refuser d'accepter
la parole. Je vous invite à poursuivre. Il vous reste 21 secondes, chef.
M. Tanguay
: Mme la
Présidente, c'est clair, 500 000 Québécois, un rendez-vous,
500 000 rendez-vous. C'est l'approche CAA-Québec de la CAQ, Mme la
Présidente. Au moins, CAA, on a le droit, par année, à quatre remorquages.
Bien, la santé, avec la CAQ, c'est un rendez-vous par patient, puis le reste,
là, il n'y a pas d'engagement. Ils n'ont pas livré. Quel échec!
La Présidente
: La
réponse de la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, je pense que ce n'est pas sa meilleure réponse, là. On est comme
dans un show...
Des voix : ...
Mme Bélanger : On est dans un
show...
La Présidente
:
Attention! S'il vous plaît, article 32, vous gardez le silence. Je veux
entendre la réponse. Je vais vous nommer.
La réponse de la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, moi, je continue d'être positive. Puis on va faire une différence,
Mme la Présidente. On va faire une différence parce qu'on travaille avec les
médecins, parce qu'on va améliorer le fonctionnement des GMF, Mme la
Présidente, parce qu'on va mettre en évidence les IPS au Québec. Est-ce que
vous avez fait ça quand vous étiez là? Non.
Alors, nous, Mme la Présidente, on
travaille vers l'avenir puis on va faire en sorte qu'au Québec notre système de
santé soit parmi les meilleurs au monde, Mme la Présidente.
Des voix : ...
La Présidente
:
Article 32. M. le leader de l'opposition officielle, je vous ai entendu
très fort. Je vous rappelle qu'on s'adresse à la présidence.
Et maintenant une seule personne a le
droit de parole, et je reconnais le député de Pontiac. On vous écoute.
M. Fortin :
Mme la Présidente, il y a toujours un beau spin politique, il y a toujours une
belle ligne média, mais la réalité, là, c'est que le patient, il comprend qu'il
n'a pas les services dont il a besoin avec la CAQ et il comprend que c'est
toujours des promesses rompues.
Hier, Santé Québec nous a dit que sa plus
grande réalisation à date, c'était d'avoir fait passer la liste d'attente en
chirurgie pour les patients qui attendent depuis plus d'un an de 8 000 à
5 000 personnes. Le problème, Mme la Présidente, c'est que
5 000 personnes, c'est le double de l'objectif que s'était fixé la
CAQ, le double de ce qu'ils devraient... de ce qu'ils devaient accomplir, pas
en 2026, en 2024, Mme la Présidente. Juste à Québec, il y a trois fois plus de
patients que ce que la CAQ avait promis sur cette liste-là. En Mauricie, il y a
six fois plus de patients que ce que la CAQ avait promis sur cette liste-là. La
seule différence, Mme la Présidente, c'est qu'avant on était habitués au spin
politique du ministre. Maintenant, c'est Santé Québec qui fait le travail.
Est ce que la ministre peut simplement
admettre que ce que les chiffres disent, c'est que les patients n'en ont pas
pour leur argent?
La Présidente
: La
réponse de la ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, on a fait des changements majeurs dans notre système de santé...
Mme Bélanger : ...Mme la
Présidente, on a fait des changements majeurs dans notre système de santé comme
gouvernement, d'abord avec le plan santé, puis, par la suite, avec la création
de Santé Québec. Ça faisait des années, des décennies, Mme la Présidente, qu'on
avait différents rapports de recommandations, tous les partis politiques qui
ont été au pouvoir avaient ces recommandations-là, de séparer la gestion, les
opérations des orientations. Bien, on a eu le courage de le faire comme
gouvernement.
Alors, Mme la Présidente, on a fait aussi
un travail important, puis je veux saluer mon prédécesseur, notamment par les
agences privées qui étaient rendues présentes en trop grand nombre dans nos
établissements, Mme la Présidente. Au moment où on se parle, la grande majorité
des établissements ont réussi à se départir du personnel des agences privées.
Ces gens-là ont obtenu des postes dans le système de santé pour assurer de la
stabilisation. On a investi comme jamais dans le système de santé.
Là, on a une entente avec la FMOQ, Mme la
Présidente, puis on va réussir à faire en sorte que les Québécois, Québécoises
aient accès à un médecin de famille ou à un professionnel en fonction de leurs
besoins de santé, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Fortin :La question était sur les listes d'attente en chirurgie,
mais ça va, Mme la Présidente, je reviens. Leur plus grande réalisation, selon
Santé Québec, c'est la diminution du nombre de gens qui étaient sur la liste
d'attente en chirurgie depuis plus d'un an. Bon, ça devrait être zéro, ce
chiffre-là, il ne devrait jamais y avoir personne sur cette liste-là, mais,
pour parler de la diminution, est-ce qu'elle peut nous dire combien de gens ne
sont plus sur la liste parce qu'ils sont décédés en attente sur la liste?
Combien de gens n'ont plus besoin de leur chirurgie parce que leur condition
s'est tellement détériorée que ce n'est plus médicalement possible? Combien de
gens se sont tannés, sont allés au privé puis ils ont payé de leurs poches?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, c'est des propos, là, franchement, qui sont inquiétants,
inquiétants, et, vraiment, là, la liste d'attente en chirurgie, elle a diminué.
Elle a diminué de 50 %, Mme la Présidente. Notre objectif, là, c'est
vraiment d'arriver à faire en sorte que les patients soient opérés à l'intérieur
d'un an selon certaines conditions, à l'intérieur de six mois pour d'autres
conditions et à l'intérieur de quelques semaines lorsqu'on a un cancer. C'est
ça, notre objectif, Mme la Présidente. Puis il faut se réjouir de ce qui se
passe dans les établissements au Québec, au niveau des blocs opératoires,
actuellement, puis on va travailler avec les cliniques médicales spécialisées,
et ça va être un service public. Donc, pour la personne qui se fait opérer soit
à l'hôpital ou en clinique médicale...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Fortin :Mme la Présidente, personne ne devrait avoir à attendre un
an pour sa chirurgie. La CAQ s'y est prise par trois fois. Ils ont fait des
promesses de diminuer la liste, et le dernier objectif qu'ils se sont donnés,
c'est qu'il y ait 2 500 personnes sur la liste en date de 2024. Il y
a le double de ça aujourd'hui, mais c'est correct, c'est normal, à la CAQ, de
ne pas remplir ses engagements. 90 minutes à l'urgence? C'est 7 h 7 min à
Gatineau en ce moment. Médecin de famille pour tous? Il y a moins de gens qui
ont un médecin de famille. Promesses rompues, par-dessus promesses rompues,
par-dessus promesses rompues.
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Bélanger : Mme la Présidente,
nos listes d'attente en chirurgie s'améliorent. Il y a plus d'accès à un
médecin de famille qu'il y avait il y a 10 ans, il y a quatre ans, Mme la
Présidente, c'est ça, la réalité. Les données dans les salles d'urgence se sont
quand même améliorées. Il faut continuer de travailler, et c'est ça qu'on est
en train de faire. Oui, c'est exact, il faut le regarder, le tableau de bord.
Il faut être capable de le comprendre puis il faut arrêter de l'interpréter. Il
faut regarder les chiffres pour ce qu'ils sont.
Alors, on va continuer de travailler avec
nos médecins spécialistes, notamment pour nos blocs opératoires, c'est ce qu'on
est en train de faire aussi, stabiliser nos équipes dans les différents blocs
opératoires un peu partout au Québec, Mme la Présidente. Je pense qu'il faut
être fiers. Il faut être fiers de notre système de santé puis il faut continuer
de l'améliorer, mais c'est tellement négatif...
• (14 h 30) •
La Présidente : ...je
reconnais maintenant la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Merci, Mme la
Présidente. Après huit ans au pouvoir, la CAQ refuse de dévoiler le bilan d'un
engagement électoral fort, la construction des maisons des aînés, des maisons
qui ont coûté 2,8 milliards de dollars, et ça, c'est juste pour la
construction, pas pour les services, pas pour les soins, juste pour le béton.
Un récent bilan du projet a été préparé par la Société québécoise des
infrastructures, bilan qu'elle a présenté à son conseil d'administration en
décembre dernier. Nous avons demandé d'obtenir la présentation et on a reçu un
document presque entièrement caviardé. Regardez ça, comment que c'est beau,
c'est des pages et des pages noires, noires comme ça. Sur la transparence, on
repassera.
Qu'est-ce que le gouvernement refuse de
nous dire? Mme la Présidente, la facture caquiste, c'est tous les Québécois qui
vont la payer. À quelques semaines du départ du premier ministre, il a
l'obligation de leur rendre des comptes. J'ose espérer que le ministre
responsable des Infrastructures, lui, a eu la version non caviardée. Est-ce
qu'il peut la déposer maintenant?
La Présidente
: La
réponse du ministre responsable des Infrastructures...
14 h 31 (version non révisée)
Mme
Rotiroti
:
...on peut la déposer maintenant.
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Merci à la collègue pour la question. Les maisons des aînés, c'est
une réelle innovation qui a été mise en place par notre gouvernement. On est
tous conscients de l'état de vétusté des CHSLD. On est tous conscients des
besoins importants en maintien d'actif et on est tous conscients aussi que nos
aînés méritent un milieu de vie, parce que c'est de ça dont il est question, de
qualité. Donc, l'innovation, il faut la saluer.
Au cours des dernières années, mes
collègues se sont succédé au niveau des aînés et ont multiplié les ouvertures.
On parle de plusieurs maisons des aînés qui ne sont pas des projets théoriques,
mais des projets qui sont bel et bien non seulement construits, mais qui sont
accessibles dans plusieurs régions. Donc, plutôt que de critiquer l'initiative,
saluons-la et surtout saluons le fait que nos aînés qui en bénéficient se
retrouvent dans des milieux plus intéressants. On reproche le coût de certains
de ces projets-là. Il faut savoir que certains de ces projets ont été
construits dans des milieux patrimoniaux, donc c'est venu gonfler la facture.
Mais, au niveau de la SQI, au niveau des infrastructures, on a passé une
commande très claire à Santé Québec, s'assurer que les prochains projets soient
à des coûts plus raisonnables....
La Présidente : ...complémentaire.
Et pour ce faire, je reconnais la députée de La Pinière.
Mme Caron : Mme la Présidente,
que les prochains projets soient... soient moins coûteux, il y en a déjà 43 sur
46 de construits. Ça ne va pas bien. Vraiment, vraiment, ça ne va pas bien...
Des voix : ...
La Présidente
: Alors,
je vais vous rappeler l'article 32, respect du décorum, respect du
décorum. Garder le silence. J'aimerais entendre la question de la députée.
Poursuivez, madame.
Mme Caron : Ce n'est pas 43 maisons
avec des nouvelles places, c'est des gens qui étaient dans des CHSLD qui ont
été changés de place ou des gens qui étaient dans... dans des RPA obligés de
fermer. Alors, ce ne sont pas tous des...
Des voix :...
La Présidente
: S'il
vous plaît, Mme la députée. Qu'est-ce que vous n'avez pas compris la première
fois? Article 32, respect du décorum. Gardez le silence. Et c'est bon des
deux côtés de la Chambre. Mme la députée.
Mme Caron : Ça a été une perte
de contrôle des finances ce projet-là. C'était 400 000 $ par chambre,
c'est rendu à plus de 1 million. Je peux comprendre, 3 000 aînés
sont encore sur...
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé, qui est aussi responsable des Aînés et des Proches
aidants. On vous écoute.
Mme Bélanger : Oui. Mme la
Présidente, on a fait vraiment une très grande différence dans le réseau de
soins de longue durée au Québec. Et puis je pense que là aussi, 43 maisons
qui sont livrées, les maisons des aînés qui nous permettent de changer le
modèle de soins de longue durée au Québec. Les gens qui sont là sont contents d'y
être. Les proches aidants sont contents, les employés aussi. On s'est doté d'infrastructures
qui donc permettent de donner des soins et des services dans la dignité. On est
loin, Mme la Présidente, des patates en poudre, hein, des patates en poudre et
des bains à la... à la débarbouillette, Mesdames et messieurs, de... Gaétan
Barrette. On est très, très loin de ça, Mme la Présidente.
Des voix : ...
La Présidente : On retrouve
le silence. Deuxième complémentaire.
Mme Caron : Ça devait être le
chantier d'une génération, mais c'est devenu incontrôlable. Plus la CAQ
engloutit d'argent dans ces maisons qui coûtent les yeux de la tête, moins elle
répond aux besoins des aînés. Je le répète, je disais tantôt 3 000 aînés
qui attendent toujours une place puis les familles sont en détresse. Sans
parler des 5 500 qui attendent une place en RI.
Est-ce que vraiment la ministre est fière
de ce bilan en hébergement pour les aînés qui attendent encore?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : ...Présidente,
43 sur 46, c'est une moyenne de 93 %. Je ne présume rien pour ma collègue,
mais à l'école, personnellement, je n'avais pas toujours cette moyenne-là. Mes
parents avaient été très, très heureux si ça avait été le cas, bien qu'ils
demeurent, je pense, fiers de leur fils. Mais, somme toute, je n'ai pas
toujours eu 93 % de moyenne. C'est plus qu'honorable. Arrêtons de dénigrer
ce projet-là.
Et non, ce n'est pas que du remplacement
de places existantes. Dans bon nombre de régions, ce sont des places nouvelles.
Et, dans bon nombre de régions, ça venait pallier à un problème de déficit d'entretien
important et surtout avec des délais de construction jamais vus, bien plus
rapides que la construction...
La Présidente : En question
principale je reconnais maintenant la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Ce matin, j'étais dehors, devant l'Assemblée nationale, avec mes
collègues, la députée de Terrebonne et...
14 h 36 (version non révisée)
Mme Ghazal : ...de Robert-Baldwin
pour soutenir les 53 maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence
conjugale. Les intervenantes sont ici avec nous aujourd'hui et elles nous
lancent un cri du cœur : Assez de féminicides, assez de violence faite
envers les femmes!
L'année est à peine commencée, Mme la
Présidente, puis il y a déjà six féminicides. Ces féminicides, c'est le
résultat d'un échec collectif. Derrière chaque féminicide se cachent des
milliers de femmes survivantes et d'enfants qui sont, eux aussi, victimes et
qui comptent sur nous.
En ce moment, il y a une femme sur deux
qui prend son courage à deux mains pour appeler à l'aide, et elle se fait dire
qu'il n'y a pas de place, faute d'hébergement, faute de financement pour les
places. C'est totalement inacceptable, c'est même irresponsable, Mme la
Présidente. C'est comme dire à ces femmes : Bien, retournez chez... dans
votre milieu violent, retournez dans les bras de votre bourreau. Moi, je n'accepte
pas ça.
Le regroupement des maisons d'hébergement
nous a remis des recommandations. J'ai remis une boîte pleine à la ministre de
la Condition féminine pour qu'elle la remette à chacun des députés ici de la
CAQ. L'une d'elles, c'est d'investir 50,2 millions de dollars pour sauver la
vie des femmes. Est-ce que le gouvernement de la CAQ s'engage à investir les 52...
50,2 millions de dollars pour que la septième femme reste encore en vie?
La Présidente
: La
réponse de la ministre responsable de la Condition féminine.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Oui, beaucoup de féminicides depuis le début de l'année. Ce n'est
pas sans des investissements records, Mme la Présidente, qu'on essaie de
contrer ce phénomène-là, qui est très complexe, qu'on ne peut pas résumer à travers
une réponse d'une minute 15, Mme la Présidente.
On a travaillé extrêmement fort depuis
notre arrivée au gouvernement, justement, pour conduire... construire, pardon,
ces maisons de première et de deuxième étape, un engagement gouvernemental qui
a été fait par l'ensemble de mes prédécesseures qui ont été responsables de la
condition féminine. Les maisons de deuxième étape, les maisons de première
étape, je les ai visitées, Mme la Présidente.
Maintenant, j'aurais apprécié que la
collègue de Québec solidaire puisse m'envoyer à l'avance les 53 recommandations
du groupe des femmes. Je pense qu'un travail de collaboration entre Québec
solidaire et nous aurait été bienvenu, de pouvoir avoir à l'avance, donc, elle
savait qu'elle allait rencontrer ces groupes de femmes là.
Nous, on continue le travail, Mme la
Présidente. Je reviendrai avec la complémentaire pour parler de tout l'accomplissement
qu'on a fait en termes de construction de maisons d'hébergement pour les femmes
violentées ainsi que leurs enfants, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire
Mme Ghazal : ...préciser que
je viens juste de les avoir, moi aussi, et j'ai travaillé en collaboration
aussi avec la députée de Saint-Hyacinthe puis les autres députés.
La ministre nous dresse le bilan de la
CAQ. Moi, j'ai un autre bilan à lui faire. Depuis 2020, 70 femmes ont été
tuées, des centaines d'enfants orphelins, marqués à vie, des milliers de femmes
qui subissent la violence conjugale et qui vivent dans la peur d'être la
prochaine victime.
Ma question est très, très claire, très
simple, bien sûr, il n'y a pas de solution miracle : Est-ce qu'elle s'engage
à ce qu'il y ait un investissement pour les maisons d'hébergement pour femmes
victimes de violence conjugale?
La Présidente
: Et il
ne s'agit pas d'un tableau didactique, Mme la cheffe. La réponse de la
ministre.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Bien, on est totalement engagés à venir aider les femmes, Mme la
Présidente. Il ne faudrait surtout pas laisser croire qu'il n'y a pas d'engagement
de la part du gouvernement du Québec à venir soutenir les femmes qui sont
victimes de violence conjugale partout sur le territoire.
On a eu une commission transpartisane. Il
y a eu un rapport qui a été déposé la semaine dernière, d'ailleurs, Mme la
Présidente. On disait qu'on avait plus de 182 des 190 recommandations qui sont
partiellement ou entièrement traitées par notre gouvernement. Il reste encore
beaucoup d'ouvrage à faire, et on va continuer de faire cet ouvrage-là, entre
autres avec les tribunaux spécialisés, les bracelets antirapprochements, qui
ont été présentés par mes collègues prédécesseures qui aident la vie des
femmes.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ghazal : Mme la Présidente,
ma question est très, très claire et très simple. Il y a une recommandation qui
dit qu'il faut qu'on investisse, que le gouvernement investisse 50,2
millions de dollars dans les maisons pour... d'hébergement pour femmes
victimes de violence conjugale, pour qu'il n'y ait pas aucune femme qui appelle
puis qu'on lui dit qu'il n'y a pas de place, il n'y a pas assez de ressources.
J'aimerais, moi et les intervenantes ici,
qu'on entende l'engagement de la ministre. Il y a un budget qui s'en vient. Est-ce
qu'elle accepte...
La Présidente
: La
réponse de la ministre.
Mme Proulx : Oui. Madame, avant
que les femmes se ramassent — merci — en maison d'hébergement,
il y a toutes sortes de mesures d'intervention qui ont été mises en place par
notre gouvernement, entre autres les cellules d'intervention rapide. La co-porte-parole
de Québec solidaire parlait des femmes et des enfants, c'est tout à fait juste.
Ces cellules...
14 h 41 (version non révisée)
Mme Proulx : ...rapide là
avec des procureurs, des policiers sont sur le terrain pour relocaliser
rapidement ces femmes-là. Alors, il y a tout plein de mesure en amont et
parallèles aux maisons d'hébergement de première et de seconde étape qui ont
été mises en place, cette formule-là semble avoir un bon effet. Maintenant, on
fait nos représentations auprès du ministre des Finances, le ministre des
Finances présentera un budget quelque part, quelque part.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Lesage. On vous écoute.
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Je n'irai pas par quatre chemins, ce qu'on apprend sur Live Nation
et evenko, ces derniers temps, ça relève de choix politiques qui affaiblissent
la culture québécoise. Le gouvernement est en train de financer, à coups de
millions chaque année, l'impérialisme culturel américain qui s'accapare de plus
en plus nos salles de spectacles. Pendant que nos artistes arrivent
difficilement, pendant que nos petits festivals s'arrachent des subventions
insuffisantes, donner 15 millions par année à une entreprise tentaculaire
étasunienne, qui est poursuivie aux États-Unis pour pratiques monopolistiques,
ça n'a aucun bon sens. La solution est pourtant simple : Il faut revoir
les critères d'attribution de ces subventions pour empêcher que Live Nation
puisse utiliser des stratégies légales pour mettre la main sur notre argent. J'ai
envoyé une lettre, vendredi, au ministre de la Culture, à la ministre du
Tourisme, pour leur demander de le faire. Le ministre de la Culture a dit :
On ne le fera pas. J'aimerais comprendre pourquoi. Pourquoi le ministre refuse-t-il
de revoir les critères? Et pourquoi insiste-t-il pour donner l'argent des Québécois...
La Présidente : La réponse de
la ministre du Tourisme.
Mme Dionne : Merci, Mme la
Présidente, c'est un plaisir de me lever aujourd'hui pour manifester toute l'importance
de l'industrie touristique pour le Québec. Vous savez, mon rôle en tant que ministre
du Tourisme, c'est de générer de la devise étrangère, de l'argent neuf, des
visiteurs internationaux qui viennent dépenser au Québec. On souhaite augmenter
nos objectifs, présentement, c'est 4.4 milliards de devises étrangères qui
entrent au Québec. Vous savez, l'industrie touristique, c'est le quatrième
secteur d'exportation au Québec. C'est 24 000 entreprises partout au Québec,
420 000 emplois et 18 milliards de dépenses touristiques. Donc, on a eu
une hausse cet été, Mme la Présidente, pendant la période estivale, une hausse
de 6,4 %. Donc, pour y arriver, bien entendu, on utilise différents
moyens. On a une entente avec, justement, l'alliance de l'industrie touristique
pour faire la promotion de notre industrie, de notre destination à l'international.
On finance également des grands événements sportifs comme la Formule 1, qui est
le plus grand événement touristique au Canada, dont 60 % des spectateurs
proviennent de l'extérieur du Québec. Et j'aurai la chance, Mme la Présidente,
de revenir pour une complémentaire pour vous parler de l'importance de nos
festivals et événements au Québec, tant à Montréal que dans l'ensemble de nos
régions.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Zanetti : Donc,
finalement, si je comprends la ministre du Tourisme, donner des millions aux
milliardaires américains, c'est une bonne idée, mais le tourisme, vous savez,
ça ne se passe pas juste à Montréal. Qu'est-ce que vous dites aux gens qui font
le Festival de la chanson de Tadoussac, par exemple, du Festival de
Petite-Vallée, qui, eux autres, en arrachent? Puis, c'est des OBNL, puis eux
autres aussi, ils amènent du tourisme partout au Québec. Ces gens-là en arrachent,
avec ces subventions-là, «Ça fait mal», dit le président de Petite-Vallée. «C'est
comme dire que notre culture n'est pas si importante que ça», dit la présidente
du festival de Tadoussac. Qu'est-ce que la ministre leur répond?
La Présidente : Et je vous
rappelle que vous vous adressez, M. le député, aussi à la présidente. La réponse
de la ministre.
Mme Dionne : Merci, Mme la
Présidente. Écoutez, je ne peux pas être plus sensible, je suis une députée
régionaliste, une ministre régionaliste, responsable de la région du
Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie, des Îles-de-la-Madeleine. Donc, vous savez, on
inclut un soutien dans l'offre de festivals. Vous savez, c'est 300 événements
partout à travers le Québec que notre ministère finance. Donc, dire que Live
Nation et evenko ont monopole, on parle de six événements sur 50 événements
à Montréalr, et nous, on parle de 300 événements qui sont financés partout
au Québec. Alors les... associations touristiques régionales pourront vous le
dire : Le soutien, il est pour tout le monde. Vous savez, Mme la
Présidente, les six principaux événements touristiques majeurs au Québec
génèrent plus de 30 millions de dollars en moyenne, puis on parle du Festival
western de Saint-Tite, là, le Carnaval de Québec, auquel j'ai assisté la...
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Zanetti : Bon, je suis
insatisfait de la réponse.
La Présidente : Attendez, M.
le député. Je suis debout, quand je suis debout, la bonne... S'il vous plaît!
Quand je suis debout, la bonne nouvelle : Les chronomètres arrêtent, vous
ne perdez pas une seconde. Je vous rappelle l'article 32, gardez le silence, tout
le monde, j'aimerais entendre la question du député. Alors, M. le député, vous
avez 25 secondes, on vous écoute.
M. Zanetti : La ministre du
Tourisme nous dit : On est formidables, on génère, là, des retombées
économiques, c'est formidable, mais Live Nation...
14 h 46 (version non révisée)
M. Zanetti : ...ils ont-tu besoin
de l'argent des Québécoises, des Québécois. Est-ce que... est-ce que la
ministre a regardé leurs livres? C'est festivals-là sont-tu en déficit? Est-ce
que, là, s'ils n'ont pas l'argent durement gagné des Québécoises et des
Québécois, ils vont partir puis il n'y aura plus de festival à Montréal? C'est-tu
ça qu'elle dit, la ministre...
La Présidente
: La
réponse du ministre de la Culture et des Communications.
M. Lacombe : Merci,Mme
la Présidente. En fait, je serais curieux d'entendre le député de Jean-Lesage
sur les festivals qu'on finance, par exemple, au ministère de la Culture par le
biais de la SODEC. Donc, parlons du Festival international de jazz ou des
Francos à Montréal. Est-ce que notre collègue nous suggère de couper ces
subventions-là? Parce que c'est ce qu'il nous dit aujourd'hui. Moi, je suis en
désaccord avec ça. Ce sont des festivals qui sont organisés par Spectra, une
entreprise qui est québécoise, de fait et de droit. Si le collègue a un
problème avec ça, qu'il se lève aujourd'hui, qu'il nous le dise. Maintenant, je
comprends que, dans l'écosystème au complet, ça peut susciter des questions. Ce
sont des modèles d'affaires qui sont compliqués, ce sont des modèles d'affaires
où, effectivement, parfois il y a, comme dans ce cas-ci, une participation
financière d'une entreprise américaine, Live Nation. On va s'asseoir avec le
milieu, il nous a tendu la main, on va travailler ensemble.
La Présidente
: Question
principale, je reconnais maintenant le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Mme la
Présidente, dans le dossier du PEQ, on pensait que le ministre de l'Immigration
ne pouvait pas être plus isolé, élus municipaux, syndicats, milieux collégial,
universitaire, milieux des affaires, et j'en passe. On pensait qu'il ne pouvait
pas être plus isolé, et on se trompait. Il y a quelques minutes, c'est sa
collègue, la candidate qu'il appuie, pour devenir premier ministre, qui vient
de changer de position. Elle désavoue complètement son ministre et annonce qu'elle
va réinstaurer le PEQ, pour deux ans, je lis : «Si je suis élue cheffe de
la CAQ et que je deviens première ministre, je m'engage à réactiver le PEQ pour
une durée de deux ans afin d'accorder une clause de droit acquis à ceux et
celles qui étaient au Québec au moment de la fermeture du PEQ. Le député de
Lévis réclamait cette clause-là depuis quelques jours. Il ne reste plus donc
que personne à convaincre, sauf le ministre de l'Immigration lui-même.»
Dans le dossier du PEQ, le ministre de l'Immigration
est-il d'accord avec lui-même ou avec sa future cheffe?
La Présidente
: La
réponse du ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Donc, d'abord, on va rétablir quelques faits. À part mon collègue,
les gens qui arrivent sur le territoire québécois, arrivaient en fonction d'un
permis d'étudiants étrangers, d'un permis de travailleur étranger temporaire ou
du permis PMI du gouvernement fédéral. Ils n'arrivaient pas grâce au PEQ. Les
dossiers qui ont été traités, qui ont... qui ont été déposés, dans l'ancien
programme, ont été traités dans l'ancien programme. C'est la définition d'une
clause grand-père. Je vois dans les médias que plusieurs personnes parlent de
ce qui s'est passé dans l'ancien programme, mais souvent on oublie le volet
étudiant, parce qu'il y a le PEQ travailleurs, il y a le PEQ aussi diplômés. Et,
dans ce volet-là, le PEQ diplômés, il n'y pas d'exigences, le travail, avant d'obtenir
son Certificat sélection de Québec, je tiens à le mentionner.
Voilà pourquoi j'explique que le Programme
de sélection des travailleurs qualifiés est un programme supérieur. Il ne
s'agit pas de dire que l'ancien programme avait tous les défauts du monde, mais
le nouveau programme empêche que des personnes qui sont dans des secteurs moins
prioritaires passent devant des personnes qui sont dans un secteur prioritaire.
Nous, on pense qu'il faut prioriser, il faut prendre soin...
La Présidente
:
Première complémentaire.
M. Cliche-Rivard : Mme la
Présidente, la question est pourtant claire, il y a un conflit de vision
manifeste entre la candidate que le ministre de l'Iimmigration appuie à la chefferie,
candidate au poste de première ministre qu'il appuie et ce qu'il explique et ce
qu'il soutient depuis des mois maintenant, au point tel où, dans son message,
elle dit qu'elle a besoin de deux ans pour rétablir la confiance et mettre en
place graduellement une réforme durable. Elle désavoue le ministre. Qui va-t-il
suivre lui-même ou sa future cheffe?
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
mon collègue adore les débats qu'il y a à l'interne dans le cadre de la course
à la chefferie, grand bien lui fasse. On a des débats, on s'intéresse à l'immigration
et on implante un programme dont il ne parle jamais. Il parle tout le temps de
l'ancien programme. Mais j'aimerais ça entendre le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
parler du principe qui dit qu'il faut régionaliser l'immigration. Il faut
arrêter d'attirer des immigrants à Montréal, puis, après ça, espérer de les
convaincre d'aller s'installer en région. Je n'ai jamais entendu parler de ça.
Je n'ai jamais entendu parler du principe que, premier arrivé, premier servi, bien,
on peut comprendre que ça a un certain sens de respecter l'ordre d'arrivée,
mais que les secteurs prioritaires devraient être, il me semble, priorisés. Il
est-tu d'accord avec ça?
La Présidente
: Deuxième
complémentaire.
M. Cliche-Rivard : Mme la
Présidente...
14 h 51 (version non révisée)
M. Cliche-Rivard : ...moi qui
m'intéresse aux débats internes de l'autre côté, c'est des milliers d'orphelins
et d'orphelines du PEQ qui souhaitent avoir une réponse de la part du ministre
de l'Immigration.
Va-t-il, oui ou non, faire comme sa
candidate aspirante première ministre ou va-t-il continuer seul à s'entêter et
refuser de donner la clause de droit acquis et de réinstaurer le PEQ? On attend
une réponse claire, s'il vous plaît.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
mon collègue fait comme si c'était mutuellement exclusif, soit tu étais...
Des voix : ...
M. Roberge : Bien oui, ce
n'est pas si drôle que ça. Comme si c'était mutuellement...
La Présidente : ...attendez, M.
le ministre. S'il vous plaît, gardez le silence, j'aimerais entendre la
réponse. Allez-y, M. le ministre.
M. Roberge : Soit tu étais
éligible à l'ancien programme, soit est éligible au nouveau. Sauf que quelqu'un
qui est arrivé sur le territoire québécois il y a deux ans, qui cumule une
expérience de travail, qui a un niveau de français intermédiaire ou supérieur peut
appliquer dans le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés. Il
peut être sélectionné. Il peut même passer plus vite, encore plus vite s'il a
un niveau de français plus élevé, parce qu'on a un niveau de français de base,
mais plus ton français est élevé, plus tu as de points dans le PSTQ. On n'a pas
ça dans le PEQ. Tu peux obtenir plus de points aussi si tu t'installes en
région. On n'a pas ça dans le PEQ. Donc, ça serait peut-être intéressant que nos
collègues...
La Présidente : En question principale,
je reconnais maintenant le chef du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Mme
la Présidente, coup de théâtre : la députée de Sanguinet revient à ses
vieilles habitudes et veut réactiver le PEQ pour ceux et celles qui étaient
présents sur le territoire du Québec au moment de la fermeture du programme. C'est
donc un désaveu complet de son ministre de l'Immigration, qui, pourtant, l'appuie
dans sa course à la chefferie de la CAQ, mais c'est aussi un désaveu complet du
premier ministre, qui vient tout juste de dire en mêlée de presse qu'on ne
pouvait absolument pas permettre à 350 000 travailleurs temporaires d'obtenir
la résidence permanente, commentaire qui visait à ce moment-là le député de
Lévis, qui se promettait d'aller là. Donc, on a vraiment hâte d'entendre son
opinion sur la députée de Sanguinet, qui vient d'épouser à la lettre les
programmes du Parti libéral et de Québec solidaire. Le ministre de l'Immigration
lui-même nous disait la semaine dernière que, si on ouvrait le PEQ à tout le
monde, ce serait entre 250 000 et 300 000 personnes. Je rappelle que
le premier ministre, lui, dit 350 000 aujourd'hui. On voit déjà, Mme la
Présidente, le genre de leadership auquel on peut s'attendre de la part de la
députée de Sanguinet, à l'image de la CAQ depuis sept ans, c'est-à-dire une
formation qui dit une chose pour faire exactement son contraire à peine
quelques jours plus tard, et c'est exactement pour ça que les Québécois ont
perdu confiance envers ce gouvernement.
Comment le ministre de l'Immigration
explique-t-il que la candidate à la chefferie qu'il appuie vient de défaire
tout ce qu'il a mis en place au cours des derniers mois?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Roberge : Mme la Présidente,
d'abord, il faut démontrer une sensibilité pour les personnes. Peu importe, là,
qu'ils soient dans l'ancien programme ou dans le nouveau programme, ce sont des
personnes qui sont sur le territoire québécois, qui occupent un emploi, qui
rendent des services et, j'espère, qui ont appris le français ou qui sont en
train de l'apprendre. Donc, ça, cette question-là, elle est réglée.
Ensuite, est-ce que ces personnes-là vont
passer par l'ancien programme ou plutôt vont passer par le nouveau programme
pour s'établir au Québec de manière durable? C'est la question que les gens se
posent. Ce que je précise, c'est que le nouveau programme est supérieur à l'ancien
à bien des égards. Avec le nouveau programme, on est capables de régionaliser
de manière beaucoup plus efficace, on est capables de donner des points, je le
répète, en favorisant une immigration qui est plus jeune, bien qu'on puisse
être sélectionné à 35, à 45, à 55 ans, il faut faire attention, ne pas faire
peur aux gens, puis... mais on donne plus de points pour les gens qui ont un
plus jeune âge. On donne plus de points pour des gens qui ont un niveau de français
plus élevé. À partir de niveau sept, on est éligible, mais, si on atteint le
numéro... le niveau huit, le niveau neuf, le niveau 10, on a davantage de
points. Il me semble que c'est une bonne idée. Et on donne plus de points pour
les gens qui sont en région, et dans le secteur manufacturier notamment. Il me
semble que c'est une bonne façon de déployer...
La Présidente
:
Première complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Mme
la Présidente, combien de fois avons-nous entendu la CAQ ici nous expliquer et
nous confirmer avec des chiffres que cette augmentation importante des seuils d'immigration
temporaire avait eu un impact déterminant sur la crise du logement, l'accès aux
services, le recul du français. Pas plus tard qu'il y a 30 minutes, le premier
ministre le rappelait en mêlée de presse.
Qui faut-il croire à la CAQ?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Roberge : Bien, peut-être un
point sur lequel on est d'accord, c'est sur le fait qu'Ottawa a un rôle à jouer
là-dedans, parce qu'il y a des gens qui sont arrivés ici sur des programmes
québécois, c'est vrai, d'autres qui sont arrivés via le programme PMI, pour
lequel on n'a rien eu à dire. Et ça, on a un enjeu, ce sont des gens qui sont
arrivés, qui sont sur le territoire québécois, notamment aussi...
14 h 56 (version non révisée)
M. Roberge :
...à
cause de la perte de contrôle du gouvernement fédéral sur ses frontières.
Maintenant, les gens qui sont en région,
qui travaillent dans une entreprise ont souvent des permis de travail qui
arrivent à échéance. Est-ce que mon collègue est d'accord avec moi pour qu'on
dise à Ottawa qu'il doit jouer son rôle et renouveler les permis de travail de
ces travailleurs?
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon :
...encore
une fois, le ministre de l'Immigration contredit la députée de Sanguinet. Il
dit à juste titre : Ottawa a fait perdre à ce gouvernement le contrôle des
temporaires en partie, en grande partie. Mais ce que propose la députée de
Sanguinet, c'est que tous ces temporaires d'origine fédérale, du programme
fédéral sont appelés à devenir des permanents via le PEQ. C'est l'inverse de ce
qu'il nous dit depuis des semaines. Et c'est typiquement la CAQ, dire une
chose, faire exactement son contraire, et la confiance n'est pas là.
La Présidente
:
La réponse du ministre.
M. Roberge :
Mme
la Présidente, je pense que ce qu'il faut faire, c'est analyser au cas par cas
chacun de ces dossiers-là. Ces personnes, parfois, veulent retourner chez
elles, sont ici de manière temporaire, sont venues pour étudier dans le but de
retourner dans leur pays, sont venues pour travailler dans... souvent, dans le
but d'envoyer de l'argent dans leur pays, dans une famille qui éprouve des
difficultés financières, et d'autres veulent s'installer durablement. Une fois
qu'ils sont sur le territoire québécois, ont-ils un emploi? Sont-elles
capables, ces personnes-là, de garder l'emploi dans le temps? Sont-elles
capables d'acquérir un niveau de français intermédiaire et avancé et même
encore plus? Si oui, eh bien, il faut qu'Ottawa renouvelle les permis de
travail de ces personnes-là, on trouve un...
La Présidente
:
En terminant.
M. Roberge :
...qu'on
leur trouve un chemin vers la résidence permanente, avec le meilleur programme
possible.
La Présidente
:
En question principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Talon.
M. Paradis :
C'est
encore la levée de boucliers des élus dans la région de la Mauricie face au
projet de TES Canada. Après des référendums qui l'ont unanimement rejeté, voici
une lettre qui a été déposée hier au conseil municipal du village de
Grandes-Piles, et je me permets de lire un paragraphe au complet vu la gravité
des faits allégués. Je cite :
«Après avoir pris connaissance de la revue
des activités participatives de TES Mauricie à la suite du dépôt de l'étude d'impact
en environnement, nous sommes en mesure d'affirmer que la phrase "La
municipalité reviendra avec sa position, tandis que la mairesse a exprimé son
intérêt pour davantage d'éoliennes." du document en question fait état d'une
affirmation mensongère. Et nous soutenons formellement que la mairesse n'a
jamais exprimé son intérêt pour davantage d'éoliennes. Également, les membres
du conseil municipal de Grandes-Piles présents à cette rencontre ne se sont
jamais prononcés en ce sens.» Affirmation mensongère.
Est-ce que le ministre continue à appuyer
sans réserve ce projet?
La Présidente
:
La réponse du ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
M. Boulet :
...merci,
Mme la Présidente. Évidemment, on connaît le projet TES. C'est un projet qui
est entièrement privé. Il y a eu des demandes d'énergie, de blocs d'énergie. Ça
a été analysé par le ministère de l'Économie, Innovation et Énergie
conformément aux critères applicables, en tenant compte des retombées, en
tenant compte des indicateurs pour que ce soit bénéfique. On le sait à quel
point on a besoin d'une diversité de sources d'énergie pour répondre à nos
besoins et atteindre nos objectifs de décarbonation. Il y a des emplois, l'acceptabilité
sociale.
Je reviens sur ce que je disais au début.
C'est un projet privé. La compagnie a un défi d'accroître l'acceptabilité
sociale. Et, à ce stade-ci, c'est le dossier, c'est l'état de situation qu'on
peut partager avec le collègue.
La Présidente
:
Première complémentaire.
M. Paradis :
Alors,
avis, appui inconditionnel. L'avant-dernière fois que j'ai posé la question
ici, la députée de Sanguinet a dit : «C'est un excellent projet qui a fait
l'objet de différentes discussions avec les élus locaux.» Réponse des élus
locaux, je cite : «Ces discussions n'ont jamais eu lieu.»
Référendum, à Sainte-Thècle, Saint-Tite,
Saint-Luc-de-Varennes, Saint-Maurice, de 69 % à 92 % d'opposition. Le
ministre délégué à l'Économie a dit : Ah! nous, on ne snobera pas les gens
d'affaires, on va continuer à être à leur côté.
C'est quoi, l'acceptabilité sociale, pour
le ministre de l'Énergie?
La Présidente
:
La réponse du ministre.
M. Boulet :
Bien,
encore une fois, Mme la Présidente, l'acceptabilité sociale, ça relève de la
compétence d'une compagnie privée. Il y a eu effectivement des rencontres. Moi,
j'ai eu des échanges. L'acceptabilité sociale, ça peut évoluer. Je sais qu'il y
a eu des consultations de nature référendaire dans certaines municipalités. Il
y a un besoin de pédagogie additionnelle, et ce devoir-là, il relève
essentiellement de la compagnie TES. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Paradis :
Ce
projet, c'est le modèle. Il a été cité en modèle par ce gouvernement, par
Pierre Fitzgibbon et par la députée de Sanguinet qui a dit que c'est un
excellent projet. La compagnie met des...
15 h 01 (version non révisée)
M. Paradis : ...informations mensongères
dans ses documents officiels pour faire approuver le projet jusqu'à quel niveau?
Jusqu'à quel sous-sol d'acceptabilité sociale ce gouvernement va descendre?
Nous, en tout cas, on écoute les gens de la région qui disent : Non à ce
projet. Il n'est pas acceptable. Quand est-ce que le ministre de l'Énergie va
entendre raison?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Le ministre de l'Énergie entend raison, il y aura d'ailleurs un
BAPE qui va s'amorcer incessamment. Il y a un respect total des processus
réglementaires et ce projet de loi va aller de l'avant en respectant les
critères, en respectant les impacts environnementaux et aussi l'acceptabilité
sociale. C'est un dossier qui est évolutif, il n'y a pas d'appui inconditionnel,
Mme la Présidente. Merci.
La Présidente : Et en
question principale, je reconnais maintenant la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci, Mme la Présidente,
la stratégie du gouvernement en matière de violence conjugale repose sur le
rapport Rebâtir de 2020, un rapport qui n'a pas été actualisé malgré une
réalité sur le terrain qui a radicalement changé. Six féminicides depuis le
début de l'année, c'est du jamais vu, au Québec. Pendant que la violence
conjugale explose, que les demandes d'aide et d'hébergement sont passées de 25 000
à 60 000 et que les revenus en hébergement sont passés de 50 % à
67 % dans certaines régions. Et malgré notre interpellation, notre motion
du mercredi et les cris du cœur des maisons d'hébergement, incluant ceux de la
manifestation de midi, le gouvernement nous ressort la même cassette. On a
investi, on a une stratégie. Mais la stratégie date depuis six ans, elle ne
reflète pas la réalité sur le terrain, et de plus, il y a eu zéro rehaussement
du budget des maisons d'hébergement depuis trois ans. C'est comme ça qu'on
protège les femmes, les victimes de violence conjugale?
La Présidente : La réponse de
la ministre responsable de la Condition féminine.
Mme Proulx : On parle des
femmes qui sont violentées, puis essayer... de demeurer dignes, Mme la
Présidente. On a fait énormément d'efforts, et de croire que le gouvernement du
Québec pourrait être, de quelque façon que ce soit, responsable de féminicides,
c'est... c'est irresponsable, Mme la Présidente. C'est irresponsable.
Maintenant...
La Présidente : Oui, M. le
leader de l'opposition officielle, je vais vous reconnaître, quel est votre
appel au règlement?
M. Derraji : Mme la
Présidente, Mme la Présidente, ils prêtent à ma collègue des intentions. Ce n'est
pas ce qu'elle a dit.
La Présidente : Là...
excusez, je suis debout. Merci, M. le leader du gouvernement. On va terminer
cette période de questions, je vous remercie infiniment, dans le plus grand
respect. On parle ici d'un sujet, s'il vous plaît, très délicat, alors
demeurons respectueux, tout le monde.
Mme Proulx : Effectivement, c'est
bien de le souligner, madame. On parle d'un sujet qui est extrêmement délicat.
On a fait nos représentations auprès des... du ministre des Finances, c'est un
enjeu qui est très important pour notre gouvernement. Je le répète, c'est pas
moins de 1 milliard de dollars, on va suivre de très près, Mme la
Présidente.
La Présidente : Voilà, cela
met fin à cette période de questions et de réponses orale. Comme il n'y a pas
de vote reporté, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Pour ce
faire, je cède la place au troisième vice-président de l'Assemblée nationale.
Merci beaucoup, bonne fin de journée.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Alors, à la rubrique des motions sans préavis, en fonction de nos règles et
de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais le chef du
troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Merci,
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette assemblée
afin de présenter, conjointement avec le ministre responsable de la laïcité et
les députés d'Abitibi-Est, Rosemont, Rimouski, Saint-Laurent et Laporte, la
motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale réitère que le
rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982 a été imposé au Québec sans
son consentement et qu'elle n'adhère pas à la loi constitutionnelle de 1982;
«Qu'elle affirme que la disposition de
souveraineté parlementaire est un outil constitutionnel qui permet de se
soustraire ponctuellement de la loi constitutionnelle illégitime de 1982 et de
préserver les choix démocratiques de l'Assemblée nationale;
«Qu'elle rappelle que cette disposition a
été utilisée 72 fois par le Parlement du Québec depuis l'adoption de la
loi constitutionnelle de 1982, soit 42 fois par des gouvernements du Parti
libéral du Québec, 19 fois par des gouvernements du Parti québécois et 11 fois
par le gouvernement de la Coalition avenir Québec...
15 h 06 (version non révisée)
M. St-Pierre Plamondon : Qu'elle
réaffirme la continuité du droit de recourir à la disposition de souveraineté
parlementaire du Québec.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il n'y a pas de consentement. Et
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
S'il vous plaît! Nous poursuivons. La prochaine motion... la prochaine
motion revient au gouvernement, et je reconnais Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Mme Soucy : Merci, monsieur...
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Attendez un moment. S'il vous plaît!
Mme Soucy : ...de cette
assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de
Robert-Baldwin, la cheffe du deuxième groupe d'opposition, la députée de Terrebonne,
le député d'Abitibi-Est, la députée de Rimouski, la députée de Saint-Laurent, le
député de Saint-Jérôme, la députée de Laporte, le député de Rosemont et la
députée de Chomedey.
Que l'Assemblée nationale déplore que
depuis le début de l'année six femmes ont perdu la vie aux mains de leur
conjoint ou ex-conjoint dans un contexte de violence conjugale et souligne l'importance
de continuer d'agir avec détermination pour prévenir toute forme de violence
envers les femmes;
Qu'elle rappelle que, parmi les suspects
de ces six féminicides, plusieurs avaient des antécédents en matière de violence
conjugale;
Qu'elle réaffirme que la violence
conjugale et les féminicides sont inacceptables et que la sécurité des femmes
et des enfants doit demeurer une priorité collective;
Qu'elle enjoigne les hommes à demander de
l'aide pour ne jamais verser dans la violence;
Qu'elle réitère qu'aucune femme ni aucun
enfant ne devrait vivre dans la peur parce qu'ils sont des femmes ou des filles;
Qu'elle reconnaisse que derrière chaque féminicide
se cachent des milliers de femmes survivantes et d'enfants co-victimes qui
comptent sur nous;
Qu'elle souligne que chaque féminicide
rappelle l'importance de poursuivre nos efforts pour protéger les femmes et les
enfants vivant dans un contexte de violence;
Qu'elle reconnaisse le rôle essentiel des
maisons d'aide et d'hébergement et des organismes spécialisés dans la
protection, l'accompagnement des survivantes et de leurs enfants;
Qu'elle salue la mobilisation des
intervenantes et intervenants partout au Québec, notamment celles présentes
aujourd'hui dans nos tribunes, et les remercie pour leur engagement;
Qu'enfin qu'elle prenne acte des
recommandations présentées aujourd'hui par les représentantes des 53 maisons
d'aide et d'hébergement présentes ici à l'Assemblée nationale. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il y a consentement sans débat. Cette motion est-elle adoptée? Adopté.
La prochaine motion revient à l'opposition
officielle, et je reconnais M. le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec le leader du deuxième groupe d'opposition,
la députée de Saint-Laurent, la députée de Laporte et la députée de Chomedey.
Que l'Assemblée nationale prenne acte des
nombreux experts ayant publiquement mis en doute l'exactitude des données
avancées par le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration
pour défendre son refus d'octroyer une clause de droits acquis dans le dossier
de l'abolition du Programme de l'expérience québécoise;
Qu'enfin il rappelle que la diffusion d'informations
exactes par le gouvernement caquiste est essentielle au maintien de la
confiance de la population. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : ...M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il n'y a pas de consentement. Et la prochaine motion revient...
15 h 11 (version non révisée)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : ...deuxième
groupe d'opposition. Je reconnais Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Je sollicite le consentement de cette assemblée pour présenter la
motion suivante, conjointement avec le député de Jean-Talon et le député de
Rosemont :
«Que l'Assemblée nationale dénonce
l'ingérence politique ayant mené à l'autorisation accordée à l'entreprise
Domtar par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts, en contradiction
avec l'avis de ses propres experts et en contournant les règles en vigueur;
«Qu'elle condamne le fait que cette
décision ait été prise au bénéfice d'une multinationale, au mépris des
obligations de consultation des Premières Nations;
«Qu'elle reconnaisse que cette affaire
soulève de graves questions quant au respect de l'intérêt public;
«Qu'enfin elle exige que le gouvernement
du Québec fasse toute la lumière sur les mécanismes ayant permis le
contournement des règles et rende publiques les interventions politiques ayant
mené à l'octroi de cette autorisation.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : Il
n'y a pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il n'y a pas de consentement. Nous sommes toujours à la rubrique des
motions sans préavis. Une motion sans préavis ayant déjà été présentée par le
groupe parlementaire formant le gouvernement, je demande s'il y a consentement
pour permettre la lecture d'une autre motion sans préavis.
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Consentement. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : M.
le Président, je demande le consentement pour déroger à l'article 84.1 de notre
Règlement afin de déposer une motion rétroactive de consultations particulières
donnant suite à une entente entre les leaders, le député d'Abitibi-Ouest, la
députée de Rimouski, le député de Saint-Jérôme, le député de Taillon, la
députée de Laporte, le député de La Prairie, le député de Dubuc, la députée de
Saint-Laurent, la députée de Chomedey et le député de Rosemont.
Je fais motion, conformément à l'article
146 du Règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que l'Assemblée nationale entérine le
mandat donné à la Commission de la santé et des services sociaux, dans le cadre
de l'étude du projet de loi n° 19, la Loi visant notamment l'amélioration
de l'accès aux services médicaux, de procéder à des consultations particulières
et de tenir des auditions publiques le mercredi 11 février 2026, de
15 h 50 à 18 h 35;
«Qu'à cette fin, la Commission entende les
personnes et organismes suivants :
«Santé Québec;
«Médecins québécois pour le régime public;
«Conseil pour la protection des malades;
«Le Regroupement provincial des comités
des usagers;
«Qu'une période de 12 minutes soit
prévue pour les remarques préliminaires, répartie de la manière suivante :
6 minutes pour le gouvernement, 3 min 36 s pour
l'opposition officielle, 1 min 12 s au deuxième groupe
d'opposition, 1 min 12 s pour le député indépendant;
«Que la durée maximale de l'exposé de
Santé Québec et du... et de Médecins québécois pour le régime public soit de 10 minutes
et l'échange avec les membres de la Commission soit d'une durée maximale de 35 minutes,
partagées ainsi : 17 min 30 s pour le groupe parlementaire
formant le gouvernement, 10 min 30 s pour l'opposition
officielle, 3 min 30 s pour le deuxième groupe d'opposition, 3 min 30 s
pour le député indépendant;
«Que la durée maximale de l'exposé du
Conseil pour la protection des malades et pour le Regroupement provincial des
comités des usagers soit de 8 minutes et l'échange avec les membres de la
Commission soit d'une durée maximale de 22 minutes, partagées ainsi :
11 minutes pour le gouvernement, 6 min 36 s pour
l'opposition officielle, 2 min 12 s pour le deuxième groupe
d'opposition et 2 min 12 s pour le député indépendant;
«Que la ministre de la Santé soit membre
de ladite Commission pour la durée du mandat.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le leader adjoint du gouvernement. Y a-t-il consentement pour
déroger à l'article 230 du règlement, considérant que le débat sur l'adoption
du principe n'est pas terminé?
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Consentement. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Consentement, sans débat. Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. Et donc j'avise cette Assemblée que la Commission
des institutions va poursuivre les consultations générales et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 1, la Loi
constitutionnelle de 2025 sur le Québec, aujourd'hui, après les avis
touchant les travaux des commissions jusqu'à 18 h 45, à la salle
Louis-Joseph-Papineau.
La Commission des relations avec les
citoyens va entreprendre les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 12, la Loi
instituant la prestation de services de garde éducatifs à l'enfance par les
personnes reconnues à titre de responsables d'un service de garde éducatif en
communauté, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions
jusqu'à 17 h 55, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
La Commission de la santé et des services
sociaux va poursuivre les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 15, la Loi
modifiant le Code des professions et autres dispositions principalement afin
d'alléger les processus réglementaires du système professionnel et d'élargir
certaines pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des
services sociaux, aujourd'hui, après les avis touchant les
travaux des commissions jusqu'à 19 h 20, à la salle
Marie-Claire-Kirkland.
La Commission des finances publiques va
poursuivre les consultations particulières et les auditions publiques sur le
projet de loi n° 5, la Loi visant à accélérer
l'octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets
prioritaires et d'envergure nationale, aujourd'hui, après les avis touchant les
travaux des commissions jusqu'à 18 h 30, à la salle Pauline-Marois.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le leader adjoint du gouvernement. Nous sommes bien, dois-je le
préciser, à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions. Y a-t-il
consentement pour déroger à l'article 143 du règlement concernant l'horaire des
travaux des commissions?
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Consentement.
À la rubrique Renseignements sur les
travaux de l'Assemblée, je vous informe que demain, lors des affaires inscrites
par les députés de l'opposition, sera débattue la motion inscrite par M. le
député de Matane-Matapédia. Cette motion se lit comme suit...
15 h 16 (version non révisée)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
...que l'Assemblée nationale dénonce le mauvais bilan du gouvernement caquiste
pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean après deux mandats au pouvoir.»
La période des affaires courantes étant terminée,
nous allons maintenant passer aux affaires du jour. M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) :
Merci, M. le Président. Je vous demanderais de bien vouloir appeler l'article 11
du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
À l'article 11 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné plus
tôt aujourd'hui sur l'adoption du principe du projet de loi n° 19, Loi
visant notamment à l'amélioration de l'accès aux services médicaux et la prise en
charge médicale de la population. Y a-t-il des interventions? Je reconnais M.
le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci beaucoup, M.
le Président. Alors, c'est avec un grand plaisir que je vais me prononcer sur
ce nouveau projet de loi. Le projet de loi n° 19, Loi visant notamment
l'amélioration de l'accès aux services médicaux et la prise en charge médicale
de la population. Et je me propose... propose de vous
entretenir notamment de l'échec du gouvernement en la matière depuis un an.
Écoutez, M. le Président, il faut quand
même prendre la mesure de l'échec du gouvernement et de la perte de temps
incommensurable depuis un an dans le dossier de la rémunération des médecins,
certes, mais surtout de l'amélioration de l'accès aux soins de santé pour tous
les Québécoises et tous les Québécois. Ce projet de loi vient en quelque sorte
abroger tous les précédents, déposé d'abord au mois de mai, souvenez-vous du projet
de loi n° 106, mais également le projet de loi n° 2 adopté en... sous
bâillon au mois d'octobre dernier, avec des mesures, on se souviendra, qui étaient
absolument inapplicables, mais également extrêmement autoritaires et contre-productives,
avec un projet de loi que le ministre lui-même n'arrivait pas à expliquer.
Visiblement, il n'arrivait pas à convaincre, puisque lui-même ne pouvait pas
démontrer comment on pourrait mettre en œuvre ledit projet.
Souvenez-vous des soirées de webinaires où
les gens sortaient de ces rencontres plus confus que jamais avec les réponses
qu'ils avaient pu obtenir lors de ces soirées qui devaient servir
essentiellement à expliquer comment ce projet de loi là pouvait être mis en oeuvre.
Le gouvernement, au fil des jours et des semaines, s'est rendu compte du... de
l'erreur absolument incroyable qu'il avait commise.
Pour terminer, la session d'automne
dernier, le dernier jour de la session, il a donc déposé un autre projet de
loi, le projet de loi n° 16, le 12 décembre dernier, qui venait
abroger 78 articles sur les 214 du projet de loi n° 2. Donc, on venait
déjà d'amputer le projet de loi de tout ce qu'il y avait de plus odieux sur le
plan législatif, mais sur le plan également de la liberté de penser et d'agir
ici, au Québec, là, en visant spécifiquement les médecins. C'était un pas,
évidemment, dans la bonne direction, mais, au même moment, on apprenait que le
gouvernement avait conclu une entente avec la Fédération des médecins
omnipraticiens, entente qui devait être mise en œuvre par le dépôt d'un autre
projet de loi, un quatrième en l'espace de 10 mois, le projet de loi n° 19,
qu'on a eu le plaisir de découvrir la semaine dernière, mardi passé, et que le
gouvernement veut absolument, évidemment, faire adopter d'ici le 27 février
prochain, parce que c'est le délai qu'il s'est donné dans l'adoption du projet
de loi n° 16, le 12 décembre dernier. Donc, on doit nécessairement y
arriver. Et même, encore une fois, on doit faire des acrobaties sur le plan
législatif, parce que nous sommes aujourd'hui à discuter du principe d'un
projet de loi qui n'a pas été soumis à la consultation des parties prenantes, à
la consultation des citoyens, ce qui est encore une fois un autre accroc aux
règles habituelles. Les consultations particulières, normalement, se tiennent
avant que l'on soit convoqué, comme députés, à débattre justement du principe
du projet de loi. Il est de coutume que nous puissions entendre les citoyennes
et les citoyens du Québec se prononcer sur le dépôt d'un projet de loi sur le
libellé initial pour avoir une diversité de points de vue qui nous permet donc
d'avoir un débat qui...
15 h 21 (version non révisée)
M. Arseneau :
...est
encore plus, je dirais, approfondie, une analyse qui est plus fine et une
compréhension de ce que ce projet de loi là peut... pourrait amener de bon ou
de plus difficile ou compromettant. Parce que les citoyens et les usagers du
système de santé, dans le cas présent, ou encore les médecins, peuvent avoir un
point de vue à apporter qui est extrêmement important pour les législateurs.
Et donc, avant de se prononcer sur le
projet de loi, sur son principe, nous devons normalement tenir ces
consultations-là, qui auront lieu, M. le Président, demain, et en format
raccourci, s'il vous plaît. On nous a donné 3 h pour pouvoir entendre le
point de vue de la société civile, des parties prenantes sur un projet de loi
qui est la conséquence, là, des actes législatifs manqués du gouvernement
depuis 10 mois.
Et, pendant ces 10 derniers mois,
est-ce qu'on a amélioré l'accès aux... aux soins de santé? Est-ce qu'on a des
perspectives de modifier la rémunération, le mode de rémunération des médecins
pour pouvoir favoriser une plus grande interdisciplinarité, pour en avoir
davantage pour notre argent comme contribuables et surtout comme usagers du
système de santé, pouvoir compter sur un système qui est en première ligne, une
capacité de traiter, d'accueillir, de soigner les Québécoises et les Québécois
en temps opportun? Eh bien, évidemment, on a perdu un an dans ces débats
stériles, dans une espèce de psychodrame qui a été lancé non seulement par le
ministre de la Santé démissionnaire, mais également par le premier ministre,
aujourd'hui démissionnaire, lorsqu'il a lancé que ça allait brasser.
Alors, est-ce que ça a brassé dans le
milieu de la santé pour les médecins? Définitivement. Est-ce que ça a brassé
dans le système de santé qui doit livrer des services et des soins aux
Québécoises et aux Québécois? Bien entendu, que ça a affecté la prestation de
soins et le niveau d'anxiété, non seulement des professionnels de la santé,
mais également de tous les patientes et de tous les patients, et
particulièrement dans les régions frontalières, je pense à l'Outaouais, je
pense également au Bas-Saint-Laurent, là où les gens ont dit : Bien,
écoutez, si c'est comme ça... Les médecins ont dit : Si c'est comme ça qu'on
veut nous traiter, eh bien, on va songer à aller ailleurs. Et malheureusement
plusieurs n'ont pas attendu que le gouvernement se rende compte de son erreur
et ont déjà quitté. Encore hier il y avait une manchette à l'effet que je crois
que c'est une demi-douzaine ou huit médecins avaient signé avec la province
voisine du Nouveau-Brunswick, et ce, sans compter évidemment les gens de la
région de Montréal ou de l'Outaouais qui, eux aussi, ont décidé de passer à l'Ouest
pour pratiquer la médecine.
Et le résultat, il est clair. Il est clair
dans les statistiques que nous fournit le gouvernement lui-même dans la prise
en charge. On voit qu'aujourd'hui on a moins de Québécoises et de Québécois qui
ont accès à un professionnel de la santé, qui ont accès à un médecin. Globalement,
on est toujours à 1 million, 1,2 million Québécois qui sont en
attente et qui ne peuvent pas espérer, à l'heure actuelle, avec le projet de
loi n° 19, voir des résultats de façon concrète pour l'ensemble des
Québécoises et des Québécois.
Souvenez-vous la promesse phare de la
Coalition avenir Québec en 2018, c'était un médecin pour chaque Québécoise et
chaque Québécois. Et aujourd'hui c'est 1,2 million de personnes au Québec
qui sont en attente d'un médecin. Alors, comment illustrer de façon plus
éclatante l'échec gouvernemental?
Mais évidemment, on a modifié, on a
tronqué cet engagement électoral formel pour dire qu'on allait quand même
pouvoir avoir accès à des soins de santé en temps utile, à un médecin, à un
professionnel de la santé, grâce, magie, magie, à l'implantation d'une
affiliation ou... collective, une affiliation à un milieu de soins, une prise
en charge collective. C'est ce qui était indiqué dans le projet de loi n° 106
de mai dernier. C'est ce qu'ont ramené...
15 h 26 (version non révisée)
M. Arseneau :
...qu'on
a ramené dans le projet de loi deux, qui, lui, allait encore plus fort avec des
pénalités salariales, puis ensuite une compensation pour la prise en charge qui
était ensuite rajoutée, essentiellement le retour de l'argent qu'on avait été
piger dans la masse salariale des médecins, si les objectifs étaient atteints,
tout ça dans un modèle absolument difficile à expliquer, à comprendre et
surtout inapplicable.
Cela étant, aujourd'hui, le projet de loi
n° 19, j'ai parlé d'un quatrième projet de loi en 10 mois, mais ce n'est
pas... on n'est pas au bout de nos surprises, M. le Président! On se donne un
nouveau rendez-vous ici même pour débattre du... projet... du prochain projet
qui pourra porter le numéro 21, 22, 24, on ne sait pas encore, pour régler
le dossier des médecins spécialistes, qui, lui aussi, nécessairement, devrait
passer par une nouvelle pièce législative. Donc, on pourra compléter le quintette
de projets de loi qui auront permis à la Coalition avenir Québec, au gouvernement,
mais aussi au Québec tout entier, de faire du surplace pendant une belle longue
période de 11 mois. Tout ça pour ça.
M. le Président, je fais un peu d'humour,
mais en fait, la situation, elle est tragique. Elle est tragique pour l'ensemble
des usagers du système de santé qui se désespèrent de pouvoir avoir des
services pour lesquels ils sont en droit de s'attendre, donc, et pour lesquels
ils paient évidemment leurs taxes et leurs impôts.
Et, à l'heure actuelle, dans le projet de
loi n° 19, M. le Président, outre faire un recul absolument spectaculaire
sur tous les projets de loi précédents et sur toutes les intentions et les
engagements qui avaient été manifestés par le gouvernement, on ne voit pas
nécessairement de gains, d'avancées, de perspective qui puisse nous donner
espoir que le système de santé s'améliore, que l'accès à un médecin ou à un
professionnel soit véritablement, là, au bout, là, de cet arc-en-ciel qu'a
dessiné le gouvernement au cours des derniers mois à travers ses différents projets
de loi.
En réalité, il n'y a aucune obligation de
la part des médecins de livrer la marchandise. On va... On a décidé au
gouvernement d'utiliser la bonne vieille méthode qui était justement tout ce
que le premier ministre disait ne pas vouloir faire, c'est-à-dire augmenter la
rémunération, ajouter des primes dans l'espoir d'avoir un meilleur rendement de
la part des médecins et une prise en charge beaucoup plus grande. Eh bien, c'est
exactement ce qu'il a fait en mettant sur la table 75 millions, en disant :
Bien, si jamais la chose vous intéresse, il y aura la possibilité d'avoir des
primes, si vous arrivez, d'ici le mois de juin 2026, à prendre en charge 500 000 patients.
500 000 personnes, là, c'est moins de la moitié de ceux qui actuellement sont
sur ces listes-là.
Donc, c'est l'objectif que se donne le
gouvernement à l'heure actuelle. Son standard n'en finit plus d'être réduit
pour tenter d'aller chercher un semblant de victoire, un semblant de gain ou d'amélioration
dans la prestation des soins de santé ici, au Québec, 500 000 Québécoises
et Québécois. Et, sur les 200 000 patients dits vulnérables, bien, on a décidé
que, si dans cette entente avec les médecins omnipraticiens, si on pouvait en
inscrire 180 000, là, ce serait une réussite. Moi, j'ai bien hâte de voir
d'ailleurs qui sont les 20 000 heureux élus vulnérables, patients
vulnérables qui seront mis de côté.
Mais, au-delà de cet objectif dont on sait
qu'il n'est pas coercitif, soit, mais qu'il n'est pas non plus, disons,
impératif dans l'entente, bien, on peut se demander ce qu'il adviendra au mois
de juin prochain. Mais évidemment, en juin prochain, personne ne sera là pour
en débattre. Visiblement, la 43e... la 43e législature aura pris fin, et
le débat sera maintenant tourné vers l'alternative au gouvernement de la CAQ en
fonction du calendrier électoral qui nous mène en octobre...
15 h 31 (version non révisée)
M. Arseneau : ...prochain, et
c'est bien malheureux, parce que je pense qu'il faudrait pouvoir conclure et
pouvoir demander des comptes au gouvernement sur la possibilité ou non que l'on
atteigne l'objectif qui est fixé dans l'entente.
Mais de quel type de prise en charge parle-t-on
lorsqu'il est question d'un demi-million de personnes qui auront accès à un
médecin dans cette entente-là? Lorsqu'on regarde le texte, on ne peut pas
conclure qu'il y aura une prise en charge effective et que ces gens-là qui
attendent un médecin seront effectivement pris en charge. Et, quand on entend
les propos et l'interprétation des porte-parole de la Fédération des médecins
omnipraticiens du Québec, en fait, on a l'explication de cette entente, l'interprétation
de l'entente, qui n'a pas été démentie par le gouvernement, à l'effet que cette
prise en charge là n'en est pas une, M. le Président. Il ne s'agit pas d'un
statut qui est octroyé aux personnes, vulnérables ou non, qui veulent avoir un
médecin de famille et qui, justement, soient prises en charge, il s'agit
simplement, dans les yeux de la FMOQ, dans leur interprétation et
vraisemblablement dans l'entente qui a été signée, de l'ouverture de plages
horaires pour des rendez-vous. M. le Président, je ne sais pas si vous réalisez
l'ampleur du recul par rapport aux objectifs, aux intentions et aux engagements
du gouvernement lorsqu'on arrive à débattre d'un projet de loi où il n'y aura
vraisemblablement aucune amélioration quand il est question de la prise en
charge ou de l'accès à un médecin de famille à travers ce projet de loi là, à
travers cette entente qui est mise en œuvre dans le projet de loi.
Et je ne parle même pas de la question du
mode de rémunération. À travers le projet de loi, on nous a fait croire, en le
présentant, qu'un nouveau mode de rémunération était convenu, qu'on le mettrait
en place et que le projet de loi était la fin de l'histoire, pour la capitation,
M. le Président, mais non, tout ce volet reste encore à négocier avec la
Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. Alors, c'est une boîte noire.
On souhaite que les négociations se tiennent, on souhaite qu'elles aboutissent,
mais ce ne sont que des souhaits, M. le Président, des vœux pieux. Et ce n'est
pas ce que le gouvernement devait faire, visiblement. Si on avait procédé
autrement il y a un an, en mettant en place un processus par étapes, rationnel,
qu'on s'était donné un horizon réaliste... On a vu que les modes de rémunération
avaient été modifiés dans des juridictions canadiennes voisines, comme en
Ontario, comme en Colombie-Britannique, où, sur une période de quelques années,
en Ontario, sur cinq ans, on pouvait véritablement modifier le système, le mode
de rémunération et surtout se donner une perspective d'améliorer la prise en
charge, mais surtout le... l'accueil et la prestation de soins de première
ligne pour l'ensemble des Québécoises et des Québécois. Évidemment, ce n'est
pas le chemin qui a été choisi par le gouvernement, et c'est bien malheureux.
Alors, je terminerai, M. le Président, en
mentionnons... en mentionnant, plutôt, qu'il y avait quelque chose de
révélateur hier dans le dépôt d'un nouveau rapport par la commissaire à la
santé et au bien-être, qui nous disait, essentiellement, que le système de
santé au Québec, dans ses deux grands constats, là, était on ne peut plus
vulnérable, voire menacé dans sa pérennité, pour toutes sortes de raisons,
là : manque de personnel, manque de ressources, manque de lits. Moi, j'ajouterais
manque de vision, manque de courage politique, manque de décisions et d'un plan
de match qui soit réaliste, qui soit concerté, mais qui soit aussi déterminé à
véritablement mettre en œuvre non pas une réforme, mais une transformation qui
soit axée, par exemple, sur la première ligne, sur les soins de...
15 h 36 (version non révisée)
M. Arseneau : ...sur des
portes d'entrée qu'on pourrait identifie comme étant les CLSC, sur la confiance
qu'on pourrait offrir, donner à tous ces acteurs de la santé de terrain. Non
seulement un système de santé qui soit accès... concentré sur l'accès aux
médecins, mais sur l'accès aux soins, le bon professionnel au bon moment. Et
ça, ça a été complètement évacué dans la vision de la Coalition avenir Québec ces
dernières années et c'est extrêmement malheureux. Avec pour résultat que non
seulement aux yeux de la commissaire à la santé et au bien-être, le système de
santé, sa pérennité peut être menacée, mais également, le grand constat qu'on
fait, c'est par rapport — et on y revient toujours — à l'accès
aux soins de santé. On nous dit aujourd'hui, et c'est comme un constat qui est
admis de tous, que les soins et services de santé, je cite : sont
globalement peu accessibles en temps opportun pour les Québécoises et les
Québécois. Alors la question qu'on peut se poser : est-ce que le projet de
loi n° 19 qui est devant nous aujourd'hui nous permettra de modifier, d'altérer,
de transformer ce constat de la commissaire à la santé et au bien-être de
quelque façon que ce soit? Notre réponse, à l'heure actuelle, c'est non.
Donc, sur le principe du projet de loi qui
vient confirmer le recul total de la Coalition avenir Québec sur ses ambitions
d'améliorer l'accès au système de santé, qui vient confirmer que le plan santé
de la CAQ a complètement déraillé au cours de la dernière année et je n'ai pas
fait le bilan complet parce qu'on manque de temps, parce que ce n'est pas l'objet
du projet de loi, mais évidemment, M. le Président, je suis obligé de vous dire
que, sur le principe, nous ne pouvons pas apporter notre appui au projet de loi
n° 19. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Et, pour toujours le débat sur l'adoption
du principe du projet de loi n° 19, je reconnais maintenant M. le député
de Pontiac.
M. Fortin :Merci, M. le Président. Le collègue des... le collègue des Îles-de-la-Madeleine
m'a fait rire à quelques reprises dans son intervention, les gens des Îles-de-la-Madeleine
sont toujours colorés, toujours imagée, mais dans ce cas-ci, c'est plus d'histoire
qu'il... l'histoire qu'il a raconté qui, disons, fait sourciller plusieurs.
Mais avant d'arriver à la saga qui nous a
menés au projet de loi n° 19, je dois dire, M. le Président, qu'on va
prendre une approche différente de celle du Parti québécois. Nous, on va
appuyer le principe du projet de loi n° 19. On va aider le gouvernement à
reculer. C'est essentiellement ça, le projet de loi n° 19. Alors, nous, on
va être conséquents avec nous-mêmes, on a décrié la version précédente, la loi 2,
et, aujourd'hui, le gouvernement nous présente un projet de loi qui vient
essentiellement abroger la moitié des mesures dans le projet de loi 2, la
moitié des mesures avec lesquelles on n'était pas d'accord. Alors, on va aider
le gouvernement à reculer, on va voter en faveur du projet de loi n° 19,
dans son principe. Mais c'est ça qu'il fait le projet de loi n° 19, M. le
Président, il abroge 99 articles. Et ça, c'est en plus des 78 articles
qui avaient déjà été abrogés par le projet de loi 16 qu'on a adopté il y a
quelques mois. 99 articles, M. le Président, c'est 42 % du projet de loi,
parti, fini. En fait, 42 % de la loi, éliminée, on n'en veut plus.
Mais là où le député des Îles-de-la-Madeleine
m'a fait rire aussi, c'est quand il fait référence à toute la saga créée autour
de la loi 2. C'est vrai, sauf que je lui rappelle que sa propre formation
politique va aussi créer tout un enjeu avec les médecins. Sa formation
politique, le Parti québécois, a déjà déclaré, M. le Président, qu'ils veulent
s'attaquer, d'entrée de jeu, c'est la première idée que, moi, j'ai entendu en
matière de santé de la partie... de la part du Parti québécois à l'incorporation
des médecins. Débat légitime, M. le Président, on peut avoir ce débat-là, mais
s'il pense que ça va mener à autre chose qu'un débat sur l'administratif, qu'un
débat sur la rémunération des médecins encore, et que le patient va, encore une
fois, se trouver bien, bien loin dans les priorités de la formation politique, M.
le Président, je...
15 h 41 (version non révisée)
M. Fortin :...obligé de lui dire qu'il se lance dans un chantier qui
va nous mener à des situations comme celles qu'il vient de décrier. Encore une
fois.
Moi, M. le Président, je pense que c'est
utile de regarder le projet de loi n° 19 dans le contexte dans lequel il s'inscrit.
Il s'inscrit dans un contexte où le gouvernement du Québec a pris l'argent des
contribuables pour dire essentiellement... pour demander, et ça, c'est une
bonne chose, pour demander aux plus grands experts au Québec en matière de
première ligne comment s'y prend. Qu'est-ce qu'on devrait faire? Et ces gens
là, contre rémunération de quelques centaines de milliers de dollars, M. le
Président, ils ont pondu un rapport, un rapport étoffé, vous en voyez la... l'épaisseur,
M. le Président, Soutenir l'élaboration d'une première politique
gouvernementale de soins et services de première ligne au Québec. Experts
mandatés : Élyse Boulanger, Mylène Breton et Antoine Groulx. Et, M. le
Président, qu'est ce qu'ils ont dit? Est-ce qu'ils ont recommandé le projet de
loi n° 106? Bien non, M. le Président. Est-ce qu'ils ont recommandé la loi 2?
Bien non, M. le Président. Voici certaines de leurs... En fait, voici l'ensemble
de leurs recommandations, parce que ce qu'ils nous ont donné ici, c'est le
chemin à suivre, c'est une autoroute vers des meilleurs services, M. le
Président. C'est ça qu'ils nous ont offert. Ils le disent eux-mêmes, «ces
recommandations sont indissociables», alors il faut les prendre dans son
entièreté. On ne peut pas aller faire le fameux «pick and choose», hein? On ne
peut pas prendre la première, laisser la deuxième, prendre la troisième. Ce
sont des recommandations qui, lorsque prises ensemble, bien, proposent une clé
de réussite au gouvernement du Québec pour offrir aux patients, à ceux qui,
désespérément, essaient par tous les moyens depuis plusieurs années d'obtenir
des services de base, des services de première ligne.
Tout d'abord, élaborer une stratégie de
développement des ressources humaines en soins de première ligne, de façon à
augmenter la capacité des équipes et des réseaux locaux de services à répondre
aux besoins de la population à l'intérieur du système public. Ça, M. le
Président, là, ça, c'était au cœur de tous les débats qu'on a eus en santé ici
au cours des dernières années. Il n'y a pas une fois, pas une, où je me suis
levé ici pour parler de santé dans le cadre d'un débat parlementaire comme ça sans
dire au gouvernement : Ça prend une stratégie en matière de ressources
humaines, une stratégie globale. C'est ce qu'ils viennent dire : Élaborer
une stratégie de développement des ressources humaines en soins de première
ligne. Combien d'infirmières en première ligne est-ce qu'on va avoir besoin au
cours des cinq, 10 prochaines années? Combien de travailleurs sociaux?
Combien de physiothérapeutes? Combien de nutritionnistes? Combien de gens
oeuvrant dans la première ligne à l'intérieur de nos RLS est-ce qu'on a besoin?
Et comment est-ce qu'on va arriver à convaincre ces gens-là de venir au Québec,
d'entamer des études dans ces milieux-là, d'offrir des soins à la population, M.
le Président?
Recommandation n° 2 : Maintenir
l'inscription à un médecin de famille ou une IPS au sein d'une équipe
interprofessionnelle, sans égard aux caractéristiques sociodémographique et
clinique des usagers comme assise de l'accès universel des soins de première
ligne de qualité. Alors là, M. le Président, quand on nous dit au gouvernement
«ils vont être pris en charge par une clinique», ce n'est pas ce qui est
demandé par les experts, M. le Président. Maintenir l'inscription à un médecin
de famille ou à une IPS.
Recommandation 3. Mettre en place une
gouvernance de proximité des soins de première ligne alignée avec la
responsabilité populationnelle et articulée de façon cohérente avec tous les
échelons du système de santé et de services sociaux, afin d'assurer aux soins
de première ligne les leviers d'action nécessaires pour organiser et adapter
les services en fonction de la population et des orientations provinciales. M.
le Président, est-ce que vous avez vu quelque chose dans l'un ou l'autre des
nombreux projets de loi nommés tout à l'heure où il y a une cohérence avec tous
les échelons du système de santé et de services sociaux? Moi, je n'ai pas vu
ça, M. le Président, nulle part dans les nombreux projets de loi.
Investir dans la production...
Recommandation 4. Investir dans la production du savoir en soins de
première ligne pour le déploiement d'un réel système de santé apprenant. Une
infrastructure de données accessible et agile, M. le Président, on est loin de
ça au Québec.
Recommandation 5. Assurer un
financement public spécifique aux soins de première ligne cohérent avec les
orientations...
15 h 46 (version non révisée)
M. Fortin :
...et revoir la
contractualisation des milieux cliniques recevant ces fonds publics.» Avez-vous
entendu parler de ça en quelque part? Je sais que vous suivez nos travaux avec
assiduité, M. le Président, même quand vous n'êtes pas assis dans cette
chaise-là. Avez-vous entendu en quelque part quelqu'un parler du financement
public des soins de première ligne, que ce soit dans le cadre du projet de loi
n° 106, de la loi deux, du projet de loi n° 19, du projet de loi 16?
Pas du tout, M. le Président.
Suivre... Recommandation 6 :
«Suivre au niveau populationnel l'atteinte des orientations annoncées par un
ensemble de mesures, de résultats ayant un grand potentiel de valeur ajoutée
pour la population en fonction du quintuple objectif.»
M. le Président, je pourrais continuer
comme ça, mais je pense que vous comprenez l'essence de mon propos. C'est-à-dire
qu'on a pris les meilleurs experts au Québec, qu'on leur a demandé comment
procéder. On les a... On leur a donné du temps pour élaborer un rapport et on a
fait exactement le contraire de ce qu'ils nous ont dit. Ça, c'est l'approche de
la CAQ : On va prendre l'argent du public, on va le donner aux experts
puis on ne fera absolument rien de ce qu'ils nous disent parce qu'on a des
impératifs politiques.
Bon. Bien, parlons-en, de leurs impératifs
politiques, M. le Président. Ils ont commencé avec le projet de loi n° 106.
Et je dis «projet de loi», M. le Président, parce que vous vous souvenez de ce
qui est arrivé au projet de loi n° 106. On a eu des consultations où à peu
près tout le monde, à peu près chacun des intervenants qui est venu en
commission parlementaire nous a dit : Ça ne tient pas la route, votre
affaire, ça ne marchera pas, c'est contre-productif, ça va avoir des effets
néfastes.
Vous vous souvenez, M. le Président, du
Collège des médecins, le Collège des médecins qui appelait... qui appelait, qui
nommait l'approche gouvernementale comme de la médecine «fast-food». Pourquoi
il disait ça, M. le Président? Et là je vais me permettre d'utiliser les propos
qui avaient été avancés par le GMF de Vaudreuil. Je l'ai déjà fait dans cette
Chambre. Je vais le refaire aujourd'hui parce que les trois intervenantes du
GMF de Vaudreuil étaient particulièrement pointues dans leurs critiques. Ce qu'elles
nous disaient, les trois médecins, c'est qu'essentiellement le projet de loi n° 106
leur demandait de mettre de côté toute la recherche qu'elles faisaient. Le projet
de loi n° 106 leur demandait de mettre de côté tout l'enseignement qu'elles
faisaient. Il va falloir que vous m'expliquiez, M. le Président, comment on va
former la relève s'il n'y a pas d'enseignement en médecine au Québec. Le projet
de loi n° 106 leur demandait de mettre de côté les soins palliatifs. Je ne
sais pas, vous, M. le Président, mais le jour où je vais quitter ce monde, le
faire dans un contexte de soins palliatifs de qualité, avec les meilleurs
experts, ça m'apparaît... ça m'apparaît souhaitable, M. le Président. Le projet
de loi n° 106 leur demandait de mettre de côté tout ce qu'ils faisaient en
matière de soins à domicile. Bien oui, on n'a pas besoin de ça, des soins à
domicile au Québec. Ce que les médecins du GMF de Vaudreuil nous ont dit,
essentiellement, c'est que le projet de loi n° 106 leur demandait de faire
de la médecine à la chaîne. Parce que si dans leur GMF quelqu'un décidait de
faire une activité autre que de voir patient après patient après patient, bien,
elles seraient collectivement pénalisées financièrement. C'est ça qu'elles nous
ont dit.
Le projet de loi n° 106, il allait
plus loin que ça, M. le Président. Il y a d'autres choses là-dedans. Mais,
quand le Collège des médecins, le Collège des médecins, là... Ce n'est pas la
Fédération des médecins omnipraticiens, ce n'est pas la Fédération des médecins
spécialistes, ce n'est pas ce que le gouvernement de la CAQ aime appeler «les
syndicats de médecins. Le Collège des médecins, il est là parce qu'il a une
mission de protection du public. Et le Collège des médecins a regardé le
gouvernement de la CAQ dans les yeux et leur a dit : Ce que vous êtes en
train de faire, c'est de la médecine «fast-food», c'est de la médecine à la
chaîne, avec une qualité de soins diminuée, avec d'autres aspects de la
pratique médicale qui sont mis de côté, qui sont dévalorisés. La docteure Sarah
Émilie...
15 h 51 (version non révisée)
M. Fortin :...Giraldeau-Bélanger, qui est médecin de famille, M. le
Président, m'a quand même fait rire avec la citation suivante : «En 2025,
je pense que tout le monde sait que le fast-food, c'est mauvais pour la santé. Bien,
la médecine fast-food, c'est aussi mauvais pour la santé, puis on ne va pas se
faire forcer de vous en servir.» Ça, c'est une médecin qui pensait à ses
patients et qui s'est dit essentiellement : Ce n'est pas vrai que le
gouvernement va me dire que je peux juste passer cinq minutes, sept minutes
avec vous autres, moi, je veux offrir une qualité de soins à mes patients, moi,
je pense qu'il y a une valeur ajoutée à faire de l'enseignement, à faire de la
recherche, à faire des soins palliatifs, à aller travailler en CHSLD, à faire
des soins à domicile. Ce que la docteure Giraldeau-Bélanger a dit au ministre
de la Santé de l'époque, au premier ministre puis à tous les députés de la CAQ,
c'est que ce n'est pas la façon dont on veut pratiquer la médecine au Québec.
Mais savez-vous quoi, M. le Président? Ce n'est pas la façon non plus dont les
patients veulent être traités au Québec. D'avoir de la médecine qui met la
qualité de côté en valorisant seulement la quantité, c'est dangereux, M. le
Président. Mais ça, c'était l'approche préconisée par le gouvernement actuel.
La fédération des médecins... La
Fédération médicale étudiante du Québec, pardon, M. le Président, je vais les
citer aussi, voici ce qu'ils avaient dit de l'approche gouvernementale : «Le
projet de loi n° 106 prévoit que tous les Québécois soient affiliés de force à
un milieu de pratique, sans tenir compte des capacités réelles des
professionnels à prendre en charge ces patients. Cette demande revient à imposer
l'impossible. Le patient sera peut-être affilié à un milieu, mais seulement sur
papier. Il ne pourra pas voir un médecin lorsqu'il en aura besoin, car celui-ci
croulera sous un nombre de patients dépassant la capacité d'accueil de son
milieu.»
M. le Président, vous comprenez... vous
comprenez ce que ça veut dire, essentiellement. Ça veut dire que le
gouvernement, dans son objectif d'inscrire tout le monde... Et là on peut bien...
on peut bien hocher de la tête négativement, là, du côté du gouvernement. L'affaire,
c'est que le projet de loi n° 19 vient donner raison à ces gens-là. Mais ce que
le projet de loi n° 106 disait, c'est : Vous allez inscrire tout le monde,
que vous soyez capables de les voir, que vous ayez la possibilité, que vous
ayez des plages horaires ou non, tout le monde va être inscrit, mais personne
ne va être capable d'être vu. C'est à peu près ça, le constat qui avait été
fait par les étudiants en médecine, M. le Président.
Je vous en donne un autre exemple, la docteure
Pascale Brault : «"Je suis inquiète pour mes patients", a
déclaré la docteure Pascale Brault. S'il faut que je double le nombre de
patients que je vois demain matin, bien, ça conduit à une médecine de mauvaise
qualité, on s'en va vers une médecine fast-food."»
Ça, M. le Président, c'est des médecins
qui aimeraient ça en donner davantage à leurs patients, qui aimeraient ça pouvoir
s'assurer que leurs patients sont vus et reçoivent les soins nécessaires dans
un délai acceptable. Mais, pour ce faire, M. le Président, ce qu'à peu près
tout le monde qui est venu en commission parlementaire nous a dit à l'époque, c'est
que ça prend un engagement mutuel, c'est-à-dire : Qu'est-ce que le
gouvernement propose pour donner les moyens à ces cliniques-là de voir leurs
patients, de traiter leurs patients, tous les nouveaux patients qu'ils doivent
prendre en charge? Est-ce qu'on va leur offrir des psychologues
supplémentaires? Est-ce qu'on va leur offrir des travailleurs sociaux
supplémentaires? Est-ce qu'on va leur offrir des IPS, des infirmières praticiennes
spécialisées supplémentaires? Non, M. le Président. Le gouvernement prenait sa
responsabilité, soigner les Québécois, leur offrir un accès, et la mettait... et
prenait cette responsabilité-là et la mettait uniquement sur les épaules d'un
groupe de professionnels en leur disant : Bien, moi, je ne vous aide pas,
hein, moi, je ne veux pas... je ne vais pas assurer qu'il y a d'autres types de
professionnels à vos côtés pour que le patient soit bien orienté, pour que les
cas de santé mentale, qui sont une grande partie du travail des médecins de
famille aujourd'hui, bien, puissent avoir d'autres types de professionnels à l'intérieur
de la même clinique. Il n'y avait pas ça, il n'y avait rien de ça. Il n'y avait
pas d'engagement mutuel, il n'y avait pas de responsabilisation de la part du
gouvernement, il n'y avait qu'un transfert de responsabilité. Mais moi, je le
prends comme ça, M. le Président. Moi, je paie mes impôts, là...
15 h 56 (version non révisée)
M. Fortin :...les gens de ma circonscription vont vous dire la même
affaire : On paie nos impôts au gouvernement pour que celui-là nous offre
des services. Et, dans ce cas-ci, le gouvernement prenait sa responsabilité d'offrir
des services et la mettait carrément sur un groupe de professionnels. Et ça, M.
le Président, il faut se souvenir du contexte, hein? Du contexte du projet de
loi n° 106 où l'attitude du gouvernement, notamment du
premier ministre, était particulièrement peu aidante, disons. En fait, à chaque
fois que le premier ministre prenait la parole, c'était pour mettre de l'huile
sur le feu, M. le Président. Écoutez bien cet...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
...du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Ce
sont des propos blessants qu'on prête au premier ministre... la parole ici.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Écoutez, je demande au député de Pontiac de poursuivre, donc, je comprends
que c'est... vous soyez... vous vous sentez mal à l'aise, mais, cependant, c'est
des critiques du gouvernement qui peuvent se faire normalement.
Poursuivez, M. le député de Pontiac.
M. Fortin :Merci, M. le Président.
C'est vrai que je pourrais être plus doux
avec le premier ministre et il a pris une approche très différente que le
député de Chapleau. Au moins, le premier ministre, il parlait du sujet, parce
que, moi, j'ai suivi les médias dans ma région en Outaouais, lors des
manifestations, j'ai suivi les médias pendant toute la saga du projet de loi n° 106, de la loi n° 2, et jamais
j'ai entendu le député de Chapleau intervenir. Alors, je ne peux pas dire que,
lui, il a mis de l'huile sur le feu, M. le Président.
Écoutez bien cet article. Je vais le dire
avec vous, M. le Président, et je reviens aux propos du Collège des médecins :
«Le Collège des médecins et le premier
ministre se colletaillent — c'est bien de se colletailler avec quelqu'un
qui a la protection du public en tête d'abord et avant tout comme mandat — Le
Collège des médecins lance cet avertissement : lier la rémunération des
médecins à l'atteinte d'indicateurs de performance serait tout simplement
dangereux pour le patient.»
Un groupe, un ordre professionnel qui a la
responsabilité de protection des patients venait dire que c'était dangereux
pour le patient.
«Cette recherche de volumétrie se ferait
au détriment du temps passé avec les patients, ce qui nuirait à la qualité des
soins, en particulier pour les personnes... pour les populations vulnérables. Le
président du Collège, le Dr Gaudreault — qu'on connaît
tous — a déclaré en commission parlementaire qu'il craignait
notamment que des médecins ratent des diagnostics.»
Et il a demandé au gouvernement. Il a
demandé au premier ministre, il a demandé au ministre de la Santé, il a demandé
au député de la CAQ qui répétait ces messages-là dans leur circonscription de
cesser «immédiatement le dénigrement de la profession médicale». Ça, ce sont
les propos du président du Collège des médecins. Je ne sais pas, M. le Président,
si vous avez eu la chance de côtoyer le Dr Gaudreault. C'est quelqu'un qui
mesure chacun de ses mots. C'est un homme posé et réfléchi. Alors, pour qu'il
dise qu'il y a dénigrement de la profession médicale de la part du gouvernement,
et qu'il demande d'immédiatement cesser cette pratique, c'est parce que le
gouvernement est allé trop loin.
Mais vous savez quoi, M. le Président? Le
premier ministre, lui, faisait comme si de rien n'était, lui il disait : Bien
voyons, tout ce qu'on fait, c'est changer le mode de rémunération. Il revenait
toujours à ça, M. le Président, hein? Il nous disait : Ah! il y a d'autres
provinces qui ont changé le mode de rémunération pour mettre en partie... en une
partie en fonction de la prise en charge, pourquoi les autres seraient capables
puis nous, on n'est pas capables? Il nous disait : C'est clair que si on
ne change pas la recette, bien, les résultats ne vont pas changer. M. le
Président, le problème avec cette affirmation-là, c'est que tout le monde était
d'accord sur le mode de rémunération. Il n'y a personne qui s'opposait à ça.
Pas les méchants syndicats de médecins, pas les partis d'opposition. Moi, je n'ai
entendu personne, tout au long de ce débat-là dire qu'il tenait mordicus au
mode de rémunération actuel. Personne. Le gouvernement a pris une porte qui
était bien ouverte, et il a choisi d'y enfoncer son épaule, comme s'il voulait
défoncer la porte, M. le Président. Alors, le premier ministre peut nous dire
aujourd'hui que son...
16 h 01 (version non révisée)
M. Fortin :...nouveau projet de loi. Comme les versions précédentes, c'est
des projets de loi qui sont révolutionnaires. C'est des projets de loi qui
osent s'attaquer à ce qu'aucun gouvernement avant le sien n'a osé faire. M. le
Président, tout le monde est d'accord. Tout le monde est d'accord. Or, se
targuer aujourd'hui d'être un grand innovateur, un premier ministre très
courageux, c'est un peu fort de café, M. le Président. Tout le monde était d'accord.
Mais là où le gouvernement est allé plus loin que ce que tous les gouvernements
précédents ont osé faire, c'est qu'ils ont essentiellement dit : Bah, si
vous voulez voir les médecins un vendredi, aller les trouver, ils sont sur les
terrains de golf. Ils ont traité les médecins, ouvertement, de paresseux. Ils n'avaient
aucune gêne, M. le Président, lorsque venait le temps de faire ce que le
docteur Gaudreault considère du dénigrement de la profession médicale. Mais le projet
de loi n° 106, il allait quand même plus loin que ça, hein? Vous souvenez des
fameux codes de couleurs. Vous n'êtes plus un patient, vous êtes une pastille.
C'est le gouvernement, dans sa tour à bureaux, à Québec, qui va décider quelle
couleur de pastille vous êtes. Ce n'est pas votre médecin, ce n'est pas votre
professionnel de la santé, c'est le gouvernement qui va décider. Demandez-vous
pas, M. le Président, pourquoi les groupes sortaient un après l'autre, après l'autre.
Demandez-vous pourquoi les doyens des facultés de médecine, des quatre facultés
de médecine, sont venus en commission parlementaire pour dire que ça n'avait
aucun sens cette affaire-là. Demandez-vous pas pourquoi les GMF sont venus dire
ça. Demandez-vous pas pourquoi les représentants des fédérations de médecins
sont venus dire ça. Demandez vous pas pourquoi le Collège des médecins est venu
dire ça, que ce projet de loi là ne tenait pas la route. Et pourtant, pendant
ce temps là, à la CAQ, tout était beau, tout était rose, tout le monde suivait
le chef, tout le monde suivait le ministre de la Santé. C'est par là qu'on s'en
va. Dénigrement des médecins, des cibles qui n'ont aucune espèce de bon sens, des
pastilles pour des patients, mais tout le monde, tout le monde va être pris en
charge, M. le Président. C'est ce qu'on essayait de faire accroire à la
population.
Après ça, M. le Président, on s'est rendu
compte que, oui, finalement, le projet de loi n° 106, il n'est peut-être
pas... Oui, ce n'est peut-être pas la meilleure approche, on va déposer la loi 2,
ce qui est aujourd'hui la loi deux. Et là, à peu près tout le monde a compris
au Québec, à peu près tout le monde a compris, incluant les médecins, l'impact
que ça aurait. Et c'est là que vous avez vu, M. le Président... en fait, ils
ont vu l'impact que ça aurait et ils ont vu à quel point le gouvernement était
prêt à aller loin pour qu'il ne puisse pas y avoir de débat public. Souvenez-vous,
M. le Président, on a dit, au moment du dépôt de la loi deux, que si trois
médecins se parlaient, puis ils planifiaient leur retraite en même temps, bien
ça, ce serait interdit au Québec. Ça ne pourrait pas avoir lieu. Si vous êtes
un couple, deux médecins, puis que vous avez un ami, puis vous planifiez votre
retraite, puis vous dites : Ah! on devrait peut-être partir vers le mois
de juin, là. Ça, là, M. le Président, c'est des gens qui seraient en défaut de
la loi. C'est ce qu'on a dit au gouvernement de la CAQ. Ils sont allés loin
dans leur projet de loi, ils sont allés très loin.
Souvenez-vous ce que ça a créé. Doug Ford
s'est mis à appeler les médecins du Québec en disant : Venez chez nous,
nous autres, on va vous... vous valoriser. La première ministre du
Nouveau-Brunswick, elle, a fait des conférences de presse pour dire aux
médecins du Québec nous, on va vous donner des bonnes conditions de travail, on
va vous respecter. Le Manitoba a fait des séances sur Internet... Ah, ce que le
gouvernement appelle des webinaires. Le gouvernement du Manitoba a fait des
webinaires destinés aux médecins du Québec pour les attirer. Pensez-vous deux
secondes, M. le Président, que ces trois provinces-là, que le premier ministre
de l'Ontario se donnerait le trouble lui-même de prendre le téléphone, puis d'appeler
un à la fois les médecins du Québec si ce n'était pas pour porter fruit? Pensez-vous
que le gouvernement du Manitoba... c'est loin, le Manitoba. Pensez-vous que le
gouvernement du Manitoba prendrait le temps d'organiser des webinaires pour des
médecins du Québec...
16 h 06 (version non révisée)
M. Fortin :
...s'il n'y en
avait pas d'intéressé à partir puis à aller vers cette province-là. Le député
des Îles en a parlé tantôt. Encore aujourd'hui, on apprend qu'il y a des
médecins qui quittent pour ces provinces-là. Des médecins, cette semaine, dans
les nouvelles, qui ont confirmé qu'ils s'en allaient au Nouveau-Brunswick.
Et, moi, je dois dire une chose. La
semaine dernière, on a posé une question au gouvernement de la CAQ, à savoir :
Pouvez-vous nous dire combien de gens ont perdu leur médecin de famille parce
que le médecin a choisi de prendre une retraite prématurée dans le contexte...
dans le contexte de la loi deux ou a choisi d'aller s'expatrier en Ontario, au
Nouveau-Brunswick ou ailleurs? Et le premier ministre nous dit bien ouvertement :
Zéro! Il n'y en a pas, personne n'a perdu son médecin. M. le Président, M. le
Président, demandez au député de Chapleau combien de gens lui ont écrit dans sa
boîte courriel, parce qu'il reçoit les mêmes courriels que moi en Outaouais,
là, combien de gens lui ont écrit dans sa boîte courriel pour lui dire qu'ils
ont perdu leur médecin, ce n'est pas zéro. Combien de gens il croise dans la
rue, combien de gens il croise dans les événements dans notre région qui lui
ont dit que leur médecin est parti en Ontario, ce n'est pas zéro, M. le
Président. Il y en a beaucoup. En fait, selon le CISSS de l'Outaouais, il y en
a 15 000, 15 000, juste dans ma région, M. le Président. Parce qu'en
date d'aujourd'hui, il y a 25 médecins de famille qui ont quitté, et il y
a neuf spécialistes qui ont quitté. Ça a peut-être... Je comprends, M. le
Président, que vous êtes député dans une grande ville, neuf médecins
spécialistes, ça n'a peut-être pas l'air de grand-chose, mais pour une région
de 400 000 personnes, c'est énorme, perdre neuf spécialistes, perdre
25 médecins de famille, énorme. Puis pas n'importe quel spécialiste. On a
perdu des sommités. Ils ne sont pas juste partis en catimini, là. Ils se sont
exprimés sur la place publique. Ils ont dit qu'ils n'avaient jamais été
insultés comme ça, qu'ils n'avaient jamais vu un gouvernement agir de la sorte.
Mais, encore là, M. le Président, à
travers tout ça, à travers les manifestations publiques, à travers les médecins
qui annonçaient leur départ, les députés de la CAQ qui sont ici, ils ont tous
tenu la ligne du gouvernement qu'on avait besoin du bâton. On avait besoin des
pénalités. On avait besoin de faire en sorte, M. le Président, que si un
médecin à Gaspé n'atteignait pas ses objectifs de prise en charge, que le médecin
à Gatineau serait pénalisé. Ils ont tous dit ça!
Demandez-moi, M. le Président, demandez...
En fait, je vais le revirer de bord. Demandez au député de Chauveau aujourd'hui
s'il aimerait ça que sa rémunération à lui soit basée sur le fait que moi, je
retourne mes courriels ou non. C'est à peu près ça qu'on demandait aux
médecins. Il n'y a aucun contrôle là-dessus. Il peut bien venir me voir tous
les jours, là, en avant de mon bureau, puis dire : Réponds donc à tes
courriels, j'aimerais ça que tu répondes à tes courriels, ça ne lui tentera
plus de travailler avec moi, si c'est sa rémunération, à un moment donné, elle
est basée sur quelque chose qu'il ne contrôle pas et que je ne fais pas. Ça ne
lui tentera pas. Bien, c'est ça que le gouvernement demandait aux médecins :
Vous n'avez aucun contrôle sur ce que le médecin à Gaspé, il fait, mais votre
rémunération va être affectée par sa performance. Voyons, M. le Président, il n'y
a pas une entreprise privée qui marche la même non plus, là. À un moment donné,
si tu veux avoir des objectifs, il faut que tu aies un contrôle là-dessus.
Là, M. le Président, je vous rappelle le
contexte encore une fois d'un premier ministre, pas n'importe qui, là, pas n'importe
quel député, pas un porte-parole d'opposition, pas n'importe quel ministre, le
premier ministre qui répétait continuellement : On ne lâchera pas, on va
aller jusqu'au bout, ça va brasser, vous allez voir. Le premier ministre du
Québec qui avait cette attitude-là.
Et là on arrive au projet de loi n° 19.
En fait, pas vrai, M. le Président. Il y avait le projet de loi 16, hein?
On a commencé avec le rapport des experts. On l'a mis de côté. On n'a pas fait
ça. On est allés au projet de loi n° 106. On l'a mis de côté parce qu'il
était écrit tout croche. On est revenus avec la loi deux qui était écrit moins
croche, mais qui allait plus loin que le projet de loi n° 106. Là, on a
des manifestations partout, des médecins qui disent qu'ils vont quitter. Là, on
a le ministre délégué à la Santé qui nous dit : Oui, moi, je suis médecin,
puis non, ça ne marche pas, je préfère siéger comme indépendant. Je préfère
quitter ma formation politique.
16 h 11 (version non révisée)
M. Fortin :
...on a des députés du côté de la Coalition avenir Québec qui commencent à
faire la même chose. La députée de Laporte, qui a quitté le caucus
gouvernemental, entre autres à cause de la loi n° 2. Là, M. le Président,
on arrive à un moment d'éveil au gouvernement. On se dit : Oui, peut-être
qu'effectivement, la loi n° 2, elle va un petit peu trop loin. Donc là, on
arrive avec le projet de loi n° 16, projet de loi n° 16 qui vient
essentiellement enlever, comme on l'a dit tantôt, 78 articles, il abroge
78 articles, et là c'est essentiellement les articles liberticides, hein?
Le fait que moi puis mon collègue médecin, on se parle, on planifie notre
retraite : Heille! on achète-tu un condo en Floride? On va aller jouer au
golf à notre retraite. C'est-tu permis? Ce n'est-tu pas permis? On peut-tu se
parler? On peut-tu coordonner? Oh! Le gouvernement se dit : OK, bien, ça,
on va enlever ça, hein, quand même, peut-être un peu fort de café.
Et là, on apprend, M. le Président, une
entente avec la Fédération des médecins omnipraticiens. Le gouvernement arrive
à une entente avec la FMOQ. Là, ce n'est pas la loi n° 2 qui va s'appliquer,
c'est autre chose. La loi n° 2 disait : Tout le monde va être pris en
charge. L'entente, elle ne dit pas ça, M. le Président. La loi n° 2, elle
disait : Il va y avoir des pénalités importantes, hein, on en parlait
tantôt. Pénalité pour le député de Chauveau si moi, je ne respecte pas mes
engagements. Il n'y a plus ça. OK, donc là, c'est le début d'un recul, M. le Président,
Bien là, le projet de loi n° 19, là, quand on en lit les détails, c'est qu'il
fait exactement le contraire, M. le Président, de ce qui était prévu dans la loi
n° 2. Exactement le contraire, bout pour bout. Et, au gouvernement, écoutez
bien ça, au gouvernement de la CAQ, la ministre de la Santé d'aujourd'hui, elle
nous dit essentiellement : Bien, loi n° 2, elle était très bonne. Il
y avait juste un problème de communication. Puis elle nous dit en même temps :
La loi n° 19, elle est très bonne. Ça ne marche pas, ça, M. le Président.
Moi, je vois du côté du gouvernement, là,
je vois deux personnes qui sont conséquentes là-dedans. En fait, pas
nécessairement du côté du gouvernement, il faut que je regarde du côté des
indépendants. Le ministre de la Santé, je ne suis pas d'accord avec lui sur
toute la ligne, je ne suis pas d'accord avec lui, mais il a quitté son caucus
parce que lui, il croyait à la loi n° 2. Lui, il croyait à l'approche du
bâton. La loi n° 2, c'était le bâton. Loi n° 19, c'est la carotte. On
ne peut pas penser que les deux, c'est les bonnes approches. C'est un ou c'est
l'autre. Le ministre de la Santé nous a dit : Moi, je croyais à ça. Je
voulais avoir une prise en charge pour tous les Québécois. C'est les moyens que
je voulais utiliser. Le gouvernement fait volte-face. Ce n'est pas ça que je
veux. Je vais aller siéger comme indépendant. Il a tenu la même ligne tout le
long. C'est cohérent. Pas d'accord, mais c'est cohérent.
Il y a le député de Lévis, M. le Président,
le député de Lévis, qui a appuyé la loi n° 2, à l'époque, mais aujourd'hui,
il appuie la loi n° 19. Vous allez me dire : Bien, comment il peut
faire ça? Ça ne marche pas. Vous me dites depuis tantôt, M. le député, qu'on ne
peut pas faire les deux. Effectivement, mais le député de Lévis, c'est le seul
que j'ai entendu dire au gouvernement que la loi n° 2, elle allait trop
loin. Puis l'ensemble des députés de la CAQ ont défendu la loi n° 2 dans
leur circonscription. Il y en a beaucoup qui ont dit qu'ils ne l'avaient pas
comprise. Il y en a qui ont dit qu'ils ne l'avaient pas lue. Je comprends qu'on
a été forcés à voter sur cette loi-là, tard dans le milieu de la nuit par
bâillon, mais, quand même, ils ont voté pour une loi qu'ils n'avaient pas lue, M.
le Président, mais ils ont tous quand même suivi la ligne du gouvernement,
malgré les manifestations, malgré les médecins qui quittaient. Ils ont tous
suivi la ligne du gouvernement et aujourd'hui, ils continuent de suivre la
ligne du gouvernement et ils continuent de dire : La loi n° 2, c'était
une bien bonne loi. On avait besoin du bâton, il fallait les mettre au pas. C'étaient
des paresseux qui sont au golf le vendredi. Moi, je n'ai pas entendu personne
dire le contraire des propos du premier ministre. La loi n° 2, c'était une
bonne loi, on avait besoin de ça, bien, la loi 19, c'est une bonne loi puis
on a besoin de ça. La loi n° 19 fait le contraire de ce que la loi n° 2
faisait. Vous ne pouvez...
16 h 16 (version non révisée)
M. Fortin :...pas, ils ne peuvent pas, M. le Président, dire que les
deux lois se tiennent. C'est un choix qu'ils doivent faire. Je comprends qu'aujourd'hui,
là, ils disent que la loi 19, c'est bon pour le Québec, c'est ça qui va
améliorer les choses, c'est là qu'il faut aller. Mais ça, c'est la carotte. L'autre,
c'était le bâton. Il faut choisir, M. le Président.
Dans le projet de loi n° 19, le
gouvernement nous dit qu'il va y avoir une prise en charge de 500 000 Québécois,
dont 180 000 vulnérables. Hein, des patients vulnérables, par
exemple, M. le Président, c'est les patients qui ont plusieurs conditions, des
patients, peut-être, qui ont le diabète, des patients qui ont des conditions
qui les rendent physiquement, là, vulnérables à la maladie. Eux nous disent que
ça va être une prise en charge. Prise en charge, je ne sais pas ce que ça veut
dire pour vous, là, mais une prise en charge médicale pour moi puis, je pense,
pour la grosse majorité du monde, ça veut essentiellement dire que tu as accès
à un médecin, que ce médecin-là peut t'envoyer faire des tests, qui va aider
avec ton suivi, hein, il va avoir tes résultats de test, il va te référer à un
spécialiste au besoin. Tu es pris en charge. Ce n'est pas moi qui est obligé de
me battre pour 50 000 tests différents puis 50 000 affaires
différentes, j'ai un professionnel qui m'est attitré et qui, normalement, dans
un contexte où tout fonctionne, faire en sorte d'agir comme point de départ
pour tous les autres services dont je peux avoir besoin. C'est lui qui m'envoie
pour mon CT scan, c'est lui qui m'envoie pour la prise de sang, c'est lui qui
me donne mes résultats de test.
Le gouvernement a promis une prise en
charge à 500 000 Québécois, mais le Dr Amyot, celui qui a
négocié avec le gouvernement, lui, il dit : Attendez, minute, là, 500 000 prises
en charge. Nous, ce à quoi on s'est engagé, c'est de fournir un rendez-vous
médical pour chacun de ces patients. Alors, si on atteint l'objectif de 500 000,
ça va être 500 000 rendez-vous médicaux. Alors là, je demande, là, si
c'est possible, parce que c'est à peu près impossible d'avoir une réponse de la
ministre de la Santé là-dessus, je demande aux 20 députés caquistes, là,
qui sont dans la salle ici aujourd'hui, là, M. le Président, d'aller voir avec
la ministre de la Santé puis d'essayer de trouver une réponse. Est-ce que ça
veut dire que ces gens-là vont être pris en charge? Est-ce qu'ils vont avoir un
point de départ pour tous leurs besoins médicaux? Ou est-ce que ça veut dire qu'ils
vont avoir un rendez-vous, en moyenne? Parce qu'un rendez-vous pour une
personne vulnérable, M. le Président, là, ça ne va pas bien, bien loin. Un
rendez-vous pour une personne vulnérable, c'est aux deux mois, peut-être aux
trois mois. C'est ce dont ils ont besoin. Ce sont des patients vulnérables. Puis
ça, ce n'est pas moi qui l'invente, M. le Président, ça, c'est les normes mises
de l'avant en moyenne pour la prise en charge, la vraie prise en charge d'un
patient comme celui-là. Alors, est-ce que c'est 500 000 rendez-vous
dans l'année, comme le dit le Dr Amyot de la Fédération des médecins,
celui qui a négocié avec le gouvernement ou est ce que c'est 500 000 prises
en charge, comme le dit la ministre de la Santé? Parce que ça, c'est deux
affaires complètement différentes. Et si le gouvernement pense qu'il peut se
rendre à travers la session parlementaire, à travers l'été, à travers la
campagne électorale, sans être clair, honnête, transparent avec la population,
c'est un mauvais calcul, M. le Président. Parce que vous savez ce que le
gouvernement fait aujourd'hui, hein? Le gouvernement, là, il nous dit : Ah!
bien, avec tous ces nouveaux patients là pris en charge, il y a maintenant 7,2 millions
de Québécois qui sont pris en charge, puis on va augmenter. Ils sont en train d'être
pris en charge. On va se rendre à quoi? 7,5, 7,6 millions. La réalité, M.
le Président, c'est que ces gens-là, ils doivent passer par le GAP. Puis, je ne
sais pas si vous avez essayé dernièrement de passer par le GAP, là, mais ce n'est
pas l'affaire la plus simple au monde. Appelle, essaye d'avoir la ligne, peut-être
ça va marcher, peut-être ça ne marchera pas. Ils vont te rappeler en théorie en
48 heures, peut-être en 72, ils vont te rappeler. Là, ils vont te dire :
Mais peut-être tu peux avoir un rendez-vous, peut-être tu ne peux pas en avoir,
ça dépend de ta condition. Peut-être tu files mieux, peut-être ça va mieux, puis
tu n'en as pas besoin, M. le Président, ou peut-être que ça ne te tente pas d'attendre
un autre deux, trois semaines pour avoir un rendez-vous. En fait, quand le GAP
va te rappeler, tu as trois chances, si tu ne réponds pas au téléphone après
trois fois, hein, si tu travailles par exemple, bien, oublie ça, il faut que tu
recommences à zéro. Ce n'est pas un accès privilégié, ça, M. le Président, c'est
Les 12 travaux d'Astérix...
16 h 21 (version non révisée)
M. Fortin :...Et l'idée du GAP, là, peut-être qu'elle était bien bonne.
Quand ils ont développé ça au Bas-Saint-Laurent, pour une clientèle bien
précise, peut-être que ça pouvait marcher, mais l'ex-ministre de la Santé, lui
au moins, avait la transparence de dire : Le GAP, c'est une mesure
temporaire. Là, aujourd'hui, ce n'est plus ça, ce n'est plus une mesure
temporaire. Là, aujourd'hui, pour le gouvernement, on compte les gens qui sont
inscrits au GAP comme ayant le même accès que quelqu'un qui a un médecin de
famille. Bien non, M. le Président, ce n'est pas la même affaire, c'est deux
affaires complètement différentes.
La réalité, M. le Président, c'est que le
1er octobre 2018, quand ces gens-là sont arrivés au pouvoir, il y
avait 6 393 647 personnes avec un médecin de famille au Québec, 6 393 647.
Ça, c'est leurs données à eux, c'est les données publiques qu'ils mettent sur les
sites d'information du gouvernement. Ils disent qu'aujourd'hui, en fait, qu'il
y a quelques semaines M. le Président, c'est 5 994 332. Moi, ma fille
est... M. le Président, est en quatrième année, là, puis on fait les «plus
grands que», «plus petits que», là, hein, quand on fait les devoirs. Bien, je
vous annonce que 6 393 647, c'est plus grand que 5 994 332.
Il y a plus de gens qui avaient un médecin de famille avant qu'ils arrivent au
pouvoir.
Il y en a 400 000 de moins aujourd'hui,
des Québécois qui ont un médecin de famille, 400 000 de moins. Ça, ça va
avec les autres promesses en santé de la Coalition avenir Québec, hein? Le 90 minutes
à l'urgence, bien, à l'Hôpital de Gatineau, représenté par mon collègue de
Chapleau, à l'Hôpital de Gatineau aujourd'hui, il y a 7 h 7 min
d'attente. 90 minutes, c'est la promesse. 7 h 7 min, c'est
la réalité. C'est le même gouvernement qui avait promis un médecin de famille
pour tous les Québécois lorsqu'ils sont arrivés au pouvoir. Puis, après ça...
Ah! il y a eu la pandémie, ce n'est pas de notre faute, il y a eu la pandémie.
Ah! bien sûr. Mais ils avaient promis un médecin de famille pour tous les
Québécois. Là, la pandémie, ça fait quand même six ans, M. le Président, hein,
que ça a commencé, et, aujourd'hui, il y a 400 000 Québécois de moins qui
ont un médecin de famille, qui ont cette réelle prise en charge, là.
M. le Président, on va sur le projet de
loi n° 19. Je vous l'ai dit tantôt qu'on allait voter en faveur du
principe, mais ce que le député des Îles a dit, c'est vrai, parce qu'on fait
les choses à l'envers en ce moment. Là, on nous demande de nous prononcer sur le
principe du projet de loi sans entendre ce que les groupes ont à dire. Mais
savez-vous ce qui est intéressant, M. le Président? C'est que les groupes, ils
n'ont plus rien à dire. Ils ne veulent plus venir en commission parlementaire, ils
sont tellement tannés des va-et-vient du gouvernement, d'un gouvernement qui n'a
pas de vision, qui y va vire le vent vire la poche, M. le Président, au gré du
vent, comme vous voulez. À chaque fois qu'ils sentent que l'opinion publique
pourrait changer une petite affaire, bien, ils changent d'idée. C'est ça, le
gouvernement de la CAQ.
Alors là, les intervenants, là, on leur
demande de venir en commission parlementaire pour ce projet de loi là, ça ne
leur tente même pas, ça ne leur tente pas. Le Collège des médecins, il ne
viendra pas en commission parlementaire sur ce projet-là. Les fédérations de
médecins ne viendront pas en commission parlementaire sur ce projet de loi là.
La Fédération médicale étudiante du Québec ne viendra pas. Les médecins
québécois pour un régime public ne seront pas entendus en commission
parlementaire. Mais, pire, M. le Président, Santé Québec. Santé Québec refuse
de venir en commission parlementaire sur ce projet de loi là. Vous savez
pourquoi? Parce que Santé Québec avait refusé de se prononcer sur la loi n° 2, ils avaient refusé de dire s'ils pensaient que c'est
une bonne loi, s'ils pensaient que c'était pour les aider. Hein, quand tous les
médecins disaient, un après l'autre, là : Bien, moi, je vais peut-être
aller voir au Nouveau-Brunswick, moi, je vais peut être aller voir en Ontario,
aïe! j'ai eu l'appel de Doug Ford, je suis allé au webinaire du Manitoba, je
vais peut-être prendre ma retraite, Santé Québec avait dit : Ouf! vu que je
n'ai rien de bon à dire, je vais peut-être ne rien dire.
Mais, encore là, M. le Président, Santé
Québec ne sera pas en commission parlementaire, Santé Québec, qui, honnêtement,
dans d'autres dossiers, M. le Président prend la part du gouvernement. Ça ne
leur dérange pas d'avoir les mêmes arguments que le gouvernement, mais dans ce
dossier-ci, ils ne veulent pas venir nous dire quel va être l'impact de ce
projet de loi là sur l'accès aux Québécois, ce qui est leur job...
16 h 26 (version non révisée)
M. Fortin :
...accès aux
Québécois.
Là, M. le Président, je vous ai dit depuis
tantôt qu'on va aider le gouvernement à réparer les pots cassés. Sauf qu'il y a
encore la question des spécialistes. Bien malin soit celui qui peut nous dire
ce qui va se passer avec les spécialistes. En fait, bien malin soit celui qui
peut nous dire ce qui va se passer avec les médecins omnipraticiens parce qu'on
ne sait toujours pas si c'est de la vraie prise en charge ou si c'est juste des
rendez-vous. Mais, pour des spécialistes, on est encore plus dans le néant. Et
on est dans le néant, M. le Président, malgré le fait qu'il y a 140 000 personnes
qui attendent une chirurgie au Québec. On est dans le néant malgré le fait qu'il
y a 900 000 Québécois qui attendent pour voir un spécialiste. 900 000,
c'est un Québécois sur 10, ça, qui attend pour voir un spécialiste. Et la
plupart de ces gens-là, M. le Président, sont hors délai médicalement
acceptable. Ça veut dire que ça fait trop longtemps, pour leur condition
médicale, ça fait trop longtemps qu'ils attendent pour voir un spécialiste.
Alors là, on veut bien aider le
gouvernement à réparer les pots cassés, mais on aimerait aussi savoir ce qui s'en
vient, c'est quoi la suite des choses, qu'est-ce qui va se passer pour l'après,
comment on va assurer aux 900 000 Québécois qu'ils vont être capables
de voir un spécialiste, comment on va assurer aux 140 000 Québécois
en attente d'une chirurgie qu'ils ont peut-être une chance de l'avoir, comment
on peut leur dire : Non, non, attendez, n'allez pas au privé, ne dépensez
pas votre argent durement gagné, il y a peut être une chance que vous ayez
votre chirurgie prochainement.
Et, vous savez quoi, M. le Président, moi,
j'encourage le gouvernement à regarder son projet de loi. Cette fois-ci, j'encourage
les députés de la CAQ à lire le projet de loi. C'est facile, le projet de loi,
il fait juste abroger des articles. Mais il en reste quelques-uns. Et, dans un
des articles qui restent, bien, c'est la 208. Vous savez ce qu'il fait, l'article 208?
Il permet essentiellement au gouvernement de dire : Malgré la négociation,
c'est nous autres qui décide pareil. Alors, ça vaut quoi, la négociation dans
ce contexte-là? C'est quoi l'intérêt des parties à négocier si le gouvernement
ne peut pas être pris sur parole, si on ne peut pas se fier que ce qu'on
négocie, c'est ce qui va être appliqué? Alors, j'encourage quand même, M. le
Président, le gouvernement à revoir, disons, cette orientation qui est
maintenue. Peut-être qu'au lieu de 99 articles abrogés, peut-être qu'on
devrait se rendre à 100, hein? On peut arrondir vers le haut, faire un beau
chiffre rond, ce serait peut-être plus productif.
M. le Président, là, ça fait huit ans que
le gouvernement de la CAQ est au pouvoir. Pendant les... On approche du huit
ans. Pendant les six premières années, on a, pour toutes sortes de raisons, là,
pelleté par en avant, M. le Président. Et là on se retrouve... on s'est
retrouvé dans les deux dernières années avec un ministre de la Santé qui nous a
dit : La clé de la chose, la clé pour tout débloquer, après six ans, là,
la clé pour tout débloquer, c'est la négociation avec les spécialistes et les
omni. Oubliez, M. le Président, qu'il y en a déjà eu d'autres négociations dans
les six premières années avec les spécialistes et les omni. Aujourd'hui, la clé
pour tout débloquer en santé, pour donner un accès aux patients, pour que les
gens pensent qu'ils en ont pour leur argent, c'est la négociation avec les
médecins. Ils ont mis tous leurs oeufs dans ce panier-là, M. le Président. Et
le panier, malheureusement, il n'a pas tenu. Et là on se retrouve avec un beau
gâchis.
On a eu le rapport des experts, on a eu le
projet de loi n° 106, on a eu la loi deux, on a eu les médecins qui ont
quitté, on en a eu qui sont allés à leur retraite. Là, on se retrouve avec un
projet de loi, le 16, qu'on a adopté ici pour enlever des mesures liberticides.
Là, on se retrouve avec le projet de loi n° 19, M. le Président. Ils ne
savent pas ce qu'ils veulent! Ils n'ont aucune idée comment améliorer les
choses, mais c'est ça, la clé. La ministre de la Santé nous a dit : C'est
ça, la clé, c'est la négociation avec les médecins qui va tout faire déboucher,
qui va tout faire débloquer. Bien, si c'est ça, la clé, on aurait dû avoir une
idée d'où s'en aller...
16 h 31 (version non révisée)
M. Fortin :...on aurait dû savoir si on tournait à gauche ou à droite,
si on avançait ou on reculait, mais là on a tout fait en même temps. Des
projets de loi qui se contredisent, de la... du dénigrement de la profession
médicale sur la place publique, des départs de médecins, une population qui ne comprend
pas où on s'en va et, encore aujourd'hui, un flou total, un flou total sur ce
qui a été négocié avec les médecins et ce que ça veut dire pour l'accès aux
patients. Une fédération des médecins qui dit une chose, puis une ministre de
la Santé qui en dit une autre, on est là, M. le Président. Mais j'aimerais ça
vous dire que l'approche de la CAQ en santé est différente de l'approche de la
CAQ en d'autres matières, mais ce n'est pas ça qui se passe aujourd'hui. On a
un gouvernement qui aujourd'hui, là, se contredit continuellement. L'exemple du
PEQ, aujourd'hui, c'est le meilleur exemple. On a des candidats à la chefferie
à la Coalition avenir Québec qui semblent penser que celui qui va gagner, c'est
celui qui va renier l'héritage caquiste le plus. On a un ministre de l'Immigration
qui est pris entre son Premier ministre et sa candidate à la chefferie. On n'a
aucune vision claire d'où on s'en va. Aucune. Et le dossier de la santé, M. le
Président, c'est le meilleur exemple. Avance, recule, tourne à droite, tourne à
gauche, mais tout ce qu'on a fait, c'est bon. Tout ce qu'on a fait, c'est
fantastique. Ça ne tient pas la route.
Moi, j'aimerais ça savoir l'opinion des
députés ici présents, là, à savoir est-ce qu'ils croient au projet de loi deux.
Est-ce qu'ils croient à l'approche du bâton? Ou est-ce qu'ils croient au projet
de loi n° 19? Est-ce qu'ils croient à l'approche de la carotte? Ça ne peut
pas être les deux, M. le Président. Ils ne peuvent pas tenir cette ligne-là.
Mais à la base, et j'y reviens en terminant, M. le Président, la base, là, pour
la suite, parce que nous, on va appuyer le principe du projet de loi n° 19,
mais on va demander, lors de la commission parlementaire, on va demander des
réels engagements de la part du gouvernement pour savoir comment il pense que
ça va améliorer le sort des patients. Le flou qu'entretient en ce moment la
ministre de la Santé, voulue ou non... Nous, on pense que c'est voulu, M. le
Président, mais voulu ou non, le flou à savoir que 500 000 patients
vont être pris en charge, on va exiger une tarification là-dessus, tout comme
on va exiger de savoir ce qui s'en vient avec les spécialistes. Pour les patients,
pour les 900 000 qui attendent la consultation, pour les 142 000 qui
attendent leur chirurgie, pour tous ceux qui ne sont même pas rendus à attendre
la consultation en ce moment. C'est ce qu'on demande au gouvernement de la CAQ.
Je comprends que c'est beaucoup leur demander, après huit ans, d'avoir une
direction claire alors qu'ils sont... qu'ils s'éparpillent dans toutes les
directions, mais c'est comme ça qu'on va s'y prendre pour la suite du débat, M.
le Président, savoir ce que ça veut dire pour les patients. Je vous remercie.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Pontiac. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Alors, s'il n'y a pas d'autres interventions, le principe du projet de loi n° 19,
Loi visant notamment l'amélioration de l'accès aux services médicaux et la
prise en charge médicale de la population, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. Et donc, conformément à l'article 243 de
notre règlement, je fais motion afin que le projet de loi n° 19, la Loi
visant notamment l'amélioration de l'accès aux services médicaux, soit déféré à
la Commission de la santé et des services sociaux pour son étude détaillée et
que la ministre de la Santé soit membre de ladite commission pour la durée du
mandat.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. Je vous demanderais de bien vouloir suspendre
nos travaux jusqu'à la tenue des débats de fin de séance, s'il y a lieu.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il n'y a pas de débat de fin de séance, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
En conséquence, nous ajournons nos travaux au mercredi 11 février
2026 à 9 h 40.
(Fin de la séance à 16 h 36)