(Treize heures quarante et une
minutes)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Bon mardi. Vous pouvez vous asseoir.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Donc, nous débutons nos travaux à la rubrique de
déclarations de députés, et je cède immédiatement la parole à M. le député de
Joliette.
Rendre hommage à Mme Audrey McManiman
M. François St-Louis
M. St-Louis : Merci, Mme la Présidente. Je souhaite aujourd'hui
rendre hommage à une grande fierté québécoise, une athlète de coeur et
de courage, Mme Audrey McManiman.
Originaire de
Saint-Ambroise-de-Kildare, Audrey incarne avec brio la résilience et la
détermination qui distinguent si bien
nos athlètes olympiques. Médaillée d'or au «slopestyle» aux Jeux olympiques de
la jeunesse d'Innsbruck en 2012 et sacrée championne nord-américaine,
elle a toutefois dû faire face aux lourdes conséquences d'une commotion
cérébrale qui aurait pu mettre fin à sa carrière.
Animée d'une force remarquable, elle a su se
réinventer avec audace en «snowboard cross». À 31 ans, cette Québécoise
représente fièrement le Canada aux Jeux olympiques de Milano-Cortina. Audrey
nous rappelle que la véritable victoire ne se mesure pas uniquement en
médailles, mais aussi en persévérance, en dépassement de soi et en passion pour
son sport.
Chère Audrey, je joins ma voix à celle de la
population lanaudoise pour te féliciter pour ta détermination, ton authenticité
et pour avoir porté si haut les couleurs du Québec. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Souligner la Semaine scoute
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Alors, du 16 au 22 février, cette semaine, nous soulignons la
Semaine scoute 2026, qui porte le thème Le scoutisme, une fierté qui nous
unit!.
Dans ma circonscription, Notre-Dame-de-Grâce,
il y a le groupe de scouts de NDG, le groupe de scouts de Montréal-Ouest et aussi le groupe de scouts de
Sainte-Catherine-de-Sienne, mon ancienne école primaire. Et nous avons avec
nous Alexandre Kordlouie, qui représente ce groupe, le 132e, je crois. Alors,
bravo et félicitations!
Grâce à l'engagement remarquable de leurs
bénévoles, des générations de jeunes y apprennent bien plus que des techniques
de plein air. Dans un monde où nos jeunes cherchent des repères et des
occasions de se dépasser, le mouvement scout offre un cadre inclusif,
accueillant et porteur de sens. Il contribue concrètement à former des citoyens
et des citoyennes engagés, solidaires et prêts à bâtir des milieux de vie plus
forts et plus résilients.
Je tiens à remercier chaleureusement tous les
jeunes scoutistes, les animateurs, les animatrices et tous les bénévoles qui
font rayonner ce mouvement. Félicitations!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de
Vimont.
Rendre hommage à M. Frédéric
Paris
Mme Valérie Schmaltz
Mme Schmaltz : Merci, Mme la Présidente. Je me lève aujourd'hui
pour saluer la mémoire du major Frédéric Paris,
ancien commandant de l'Escadron 709 Vimont Auteuil, dont le départ
trop hâtif bouleverse profondément notre communauté.
Policier du SPVM, militaire au sein de l'armée
canadienne, il a consacré sa vie au service des autres. Son parcours témoigne d'un sens du devoir exceptionnel
et d'un leadership profondément humain. À la tête de l'Escadron 709,
il a su inspirer, structurer et élever les standards. Lorsqu'il parlait, les
jeunes écoutaient. Il les guidait avec rigueur, mais toujours avec
bienveillance. Je l'ai vu ému de leurs réussites, fier de leurs
accomplissements et déterminé à défendre
leur développement. Il m'a fait découvrir l'univers des cadets et m'a transmis
son amour pour cette jeunesse engagée.
Le jeton de l'escadron qu'il m'a remis
demeure pour moi un symbole précieux de son engagement. À sa conjointe,
la capitaine Stefania Cimmino, à sa famille et à tous les cadets, j'offre mes
plus sincères condoléances.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à
entendre M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Souligner le 40e anniversaire
de la Corporation de développement
communautaire Solidarité Saint-Henri
M. Guillaume
Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je
souhaite souligner le 40e anniversaire de la table de concertation
du quartier Saint-Henri, évidemment dans ma circonscription. C'est le
regroupement de 10 organismes communautaires de l'époque qui avait permis
de lancer la Corporation de développement communautaire Solidarité Saint-Henri,
plus communément appelée SSH.
Depuis 1986, SSH a
initié mais aussi participé à de nombreux combats pour les résidents de
Saint-Henri de même que des quartiers avoisinants. Je pense notamment à leur
participation à la marche Du pain et des roses, à leur victoire, en
2000, contre l'installation du site de transbordement Matrec et à leur
mobilisation importante pour lutter contre l'itinérance et l'insécurité
alimentaire dans le quartier.
Nous notons aussi
l'un de leurs plus grands accomplissements, le lancement de ce qui est devenu
l'Épicentre, un organisme à but non lucratif en sécurité alimentaire qui
nourrit des centaines de résidents de la circonscription.
Aujourd'hui, dans un
quartier qui a vécu de grands changements, SSH se mobilise pour le maintien de
l'action communautaire autonome et en faveur du filet social, ne laissant
personne derrière. Longue vie à SSH!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Bonaventure.
Souligner le succès du projet Auto D de l'école Bourg
Mme Catherine Blouin
Mme Blouin : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Alors, aujourd'hui, je souhaite vous parler d'une innovation
à l'école Bourg de Carleton-sur-Mer, qui a mis sur pied le projet Auto D, pour
«autodétermination».
C'est une démarche
qui repose sur un principe simple mais essentiel, c'est-à-dire de placer
l'élève au coeur de ses apprentissages. Ça l'amène à mieux se connaître, à
reconnaître ses forces, ses défis et les outils qui fonctionnent pour lui. Ça permet de développer l'autonomie, la
motivation, la confiance, et, bien sûr, ça favorise un engagement scolaire qui
est durable.
C'est
né de l'initiative de Mme Nancy Johnson, éducatrice spécialisée, une
approche qui a rapidement mobilisé toute
l'équipe-école, et, depuis quelques années, ce sont tous les élèves qui en
bénéficient. Un projet qui rayonne au-delà de l'établissement, alors
c'est une grande fierté.
Je veux également
souligner la remarquable capacité d'adaptation et la résilience dont ont fait
preuve le personnel, les élèves et les familles à la suite de l'incendie du
26 janvier dernier. Dans l'épreuve, ils ont démontré une solidarité
franchement inspirante.
Alors, les
directrices autant du centre de services scolaire que de l'école Bourg et leurs
équipes accomplissent un travail remarquable, alors je tenais à le souligner.
Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Mme la députée de Saint-Laurent, à vous la parole.
Souligner le 100e anniversaire
de l'Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal
Mme Marwah Rizqy
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Le 11 février dernier, j'étais au
lancement des festivités de l'Hôpital Sacré-Coeur pour leur
100e anniversaire. Mais le 11 février, c'est aussi la Journée
internationale des femmes et des filles en science. Ça tombe bien, parce qu'en
1926 qui a fondé l'Hôpital Sacré-Coeur? Eh bien, les Soeurs de la Providence.
Et maintenant, un siècle plus tard, cet hôpital, dit, à l'époque, des
incurables, jour après jour soigne les personnes avec coeur, dignité et fierté.
Des petits et grands miracles sont réalisés quotidiennement.
J'ai rencontré des
infirmières, des préposés aux bénéficiaires, des médecins, d'ailleurs on peut
les voir dans 24/7 à Télé-Québec, certains d'entre eux, qui, tous les
jours, ont leur hôpital tatoué sur le coeur, leur hôpital dit vintage.
Alors, je vous dis
merci du fond du coeur pour votre dévouement auprès des plus malades de notre
société. Je nous souhaite à nous tous un hôpital neuf pour le
100e anniversaire. Et merci à vous tous, mais aussi merci à la Fondation
de l'Hôpital Sacré-Coeur, qui, elle aussi, fête 100 ans. Bon 100e! Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons
avec M. le député de Nicolet-Bécancour.
Rendre hommage à M. Claude
Lefebvre
M. Donald Martel
M. Martel : Mme la Présidente,
je souhaite aujourd'hui rendre hommage à Claude Lefebvre, qui a occupé les
fonctions de maire de Baie-du-Febvre de 2013 à 2025.
Fier de ses oies blanches, de son Théâtre
Belcourt, de ses paysages bucoliques et de ses activités estivales prisées, ce
charmant village rural est aussi reconnu pour l'accueil chaleureux de ses habitants.
Au cours des 12 dernières années, le
village a pu compter sur un leader attentif et inspirant en la personne de Claude Lefebvre. Gestionnaire avisé et homme
d'action, M. Lefebvre a su conjuguer écoute, respect et ambition, plaçant
la qualité de vie de ses concitoyens au
coeur de ses priorités. Parallèlement à ses responsabilités municipales, M. Lefebvre
a aussi assuré la gestion d'une ferme laitière reconnue pour son excellence et
ses pratiques agricoles respectueuses du climat et qui offre des perspectives
prometteuses à la relève familiale.
Merci, Claude, pour ta contribution à la
prospérité de la belle Baie-du-Febvre.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je suis prête à entendre M. le député d'Arthabaska.
Rendre hommage à M. Yvan Carrier
M. Alex Boissonneault
M. Boissonneault : Merci,
Mme la Présidente. Je veux rendre hommage, aujourd'hui, à un entrepreneur
d'exception, il est avec nous, M. Yvan Carrier.
Fondateur de
l'entreprise YGC en 1992, M. Carrier s'apprête à franchir un jalon
remarquable : près de 35 années d'engagement au service du
développement économique de notre région. Par son leadership et par sa
détermination, il a contribué de façon
durable au dynamisme de L'Érable et d'Arthabaska tout en bâtissant une
entreprise solide et respectée.
Mais, au-delà de ses réussites professionnelles,
je veux souligner autant la qualité de l'entrepreneur que la qualité de la personne. Tout le monde dans
L'Érable vous le dira, Yvan Carrier est un homme reconnu pour son authenticité et
sa franchise. Il s'est impliqué dans plusieurs organisations, notamment le
comité de promotion résidentielle et le Club Richelieu de Plessisville, de même
que les Tigres de Victoriaville. Bâtisseur et mentor, il a également transmis
sa passion du monde des affaires à ses deux fils, assurant ainsi la continuité
de cet esprit entrepreneurial.
M. Carrier, votre parcours impose le
respect. Au nom de notre communauté, je veux vous remercier pour votre
dévouement. Merci.
• (13 h 50) •
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Rendre hommage à M. Bertin Denis
Mme Amélie Dionne
Mme Dionne : Merci,
Mme la Présidente. Aujourd'hui, j'aimerais souligner la contribution d'un
véritable bâtisseur du développement régional dans ma circonscription.
Nouvellement retraité, Bertin Denis a consacré
plus de 15 ans au service des citoyens comme préfet de la MRC des Basques,
jouant un rôle déterminant pour la vitalité du territoire, notamment dans le
développement du parc du Mont-Saint-Mathieu et la réalisation du parc éolien
Nicolas-Riou.
Bertin
possède un parcours impressionnant tant à l'échelle locale, régionale,
puisqu'il a aussi occupé la présidence du Collectif régional de
développement du Bas-Saint-Laurent pendant cinq ans.
En tant que
députée, je m'étais engagé auprès de M. Denis pour que le nom des Basques
soit ajouté au nom de la circonscription,
dossier qu'il a mené de front pendant plus de 10 ans. En 2025, on a pu
célébrer ensemble cet engagement rempli.
Bertin, merci pour ton engagement exemplaire et
l'empreinte durable que tu laisses dans la MRC des Basques et dans l'ensemble
de notre belle région. Merci, Mme la Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée.
Maintenant, je cède la parole à M. le député de Vachon.
Souligner la Semaine de la persévérance scolaire
M. Ian Lafrenière
M. Lafrenière : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Dans le cadre de la Semaine de la persévérance scolaire,
c'est un plaisir et un honneur de recevoir une classe d'élèves de ma
circonscription dans nos tribunes. Je leur souhaite la bienvenue dans leur
Assemblée nationale. Très heureux de vous voir aujourd'hui.
La
persévérance, c'est de ne pas lâcher, de continuer malgré les défis, les obstacles.
Réussir, ça demande des efforts, de la
motivation, de la détermination. Dans un monde où nos jeunes sont bombardés
d'images de succès instantanés, c'est important de se le rappeler. Il
faut oser, il faut essayer, il faut écouter.
Mme
la Présidente, nous aussi, comme adultes, nous avons un rôle à jouer. En tant
que papa de deux jeunes filles, je sais à quel point c'est important.
Les adultes ont un rôle très important pour encourager nos jeunes.
Alors, à Mme Hélène...
Marie-Hélène, pardon, qui accompagne les étudiants, à tous les profs, je leur
dis merci d'être ici aujourd'hui. Merci de tout coeur pour nos jeunes. Votre
soutien, vos gestes au quotidien aident les élèves à garder leur motivation.
À vous les jeunes,
persévérez, allez au bout de vos rêves. Merci d'être avec nous aujourd'hui.
Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons
avec M. le député de Beauce-Sud.
Souligner la Semaine scoute
M. Samuel Poulin
M. Poulin :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est un plaisir pour moi de saluer
trois citoyens de la circonscription de
Beauce-Sud, M. Christian Dutil, Lara Schaper et Elmer Cabrera Sanchez, qui sont
membres du groupe des scouts dans la ville de Saint-Georges, dans la
circonscription de Beauce-Sud.
Il faut le dire,
depuis 1955, le groupe des scouts existe, du côté de Saint-Georges, qui a aidé
des milliers de jeunes Beaucerons à les préparer à être des citoyens de demain,
vous les connaissez, dans les différents groupes d'âge, où évidemment on fait de la formation, de l'accompagnement, où on les
aide également à faire face à différentes situations de leur vie.
Je veux saluer le
travail exceptionnel accompli par la vingtaine d'accompagnateurs, par les
parents, par les bénévoles, qui rivalisent
d'audace, de créativité pour garder nos jeunes engagés, stimulés. Évidemment,
comme député, comme ministre responsable de la Jeunesse, je ne peux que
vous remercier pour le temps, la passion, le dévouement. Et on vous souhaite encore
de belles années à accompagner nos jeunes du Québec. Merci beaucoup.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant... avec la
conclusion, avec M. le député de Mégantic.
Rendre hommage à
Mmes Jeannine Bolduc
et Rose-Hélène Lessard
M. François Jacques
M. Jacques : Merci, Mme la Présidente.
Aujourd'hui, je tiens à souligner le travail remarquable de deux bénévoles
exceptionnelles de ma circonscription.
Je veux d'abord
rendre hommage à Mme Jeannine Bolduc. Engagée au sein de l'AFEAS de
Cookshire-Eaton depuis sa fondation, elle cumule plus de six décennies de
bénévolat. Ses consoeurs parlent d'elle avec admiration, évoquant son jugement éclairé, sa générosité et
son dévouement indéfectible. Par son engagement constant, Mme Bolduc
a contribué à faire progresser la cause des femmes une action à la fois.
Je
souhaite également souligner l'engagement de Mme Rose-Hélène Lessard,
membre de l'AFEAS de Sawyerville depuis 1989. Avant de s'y joindre, elle
s'était déjà impliquée au sein de l'AFEAS de Saint-Isidore-de-Clifton,
démontrant ainsi son engagement soutenu et fidèle envers la mission de
l'organisme. Elle a joué un rôle déterminant dans la relance de l'association
locale, lui insufflant un nouvel élan. Femme accueillante et rassembleuse, elle
est une véritable ambassadrice pour sa communauté.
Merci à ces deux
femmes exceptionnelles. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Cela met fin à la rubrique de déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 56)
(Reprise à 14 h 06)
La
Présidente : Bonjour, tout le monde. Mesdames messieurs, vous êtes
nombreux, ce matin. Bienvenue. Le parlement du Québec, c'est chez vous.
Messieurs dames les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Dépôt
d'une lettre concernant diverses nominations au sein du
groupe parlementaire formant l'opposition officielle
Alors,
avant d'entreprendre nos travaux, je dépose une lettre que m'a transmise M. André
Fortin, chef de l'opposition officielle, m'informant des changements
apportés aux officiers de l'opposition officielle en date du 14 février
2026. Ainsi, M. André Fortin, député de Pontiac, est nommé chef
parlementaire de l'opposition officielle, M. Marc Tanguay, député de
LaFontaine, est nommé leader parlementaire de l'opposition officielle, Mme Jennifer...
Des voix :
...
La Présidente :
...Mme Jennifer Maccarone, députée de Westmount—Saint-Louis, est nommée whip
en chef de l'opposition officielle, et M. Frédéric
Beauchemin, député de Marguerite-Bourgeoys, est nommé leader parlementaire
adjoint de l'opposition officielle.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
Présentation de projets de loi
À la rubrique
Présentation de projets de loi, je reconnais M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin : Mme la Présidente, je vous demande d'appeler l'article a du
feuilleton, je crois.
Projet de loi n° 498
La
Présidente : C'est exact. À l'article a du feuilleton, M. le député de
Saint-Jérôme présente le projet de loi n° 498, Loi retirant des
freins à l'efficacité du système de santé. M. le député.
M. Youri Chassin
M. Chassin : Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est une grande fierté, et je tiens
à souligner la présence de gens qui m'ont beaucoup aidé dans la rédaction de ce
projet de loi, non seulement les légistes ici, à l'Assemblée nationale, mais le
chef du Parti conservateur et le Dr Karim Elayoubi, porte-parole du Parti
conservateur en santé, qui sont présents.
Ce projet de loi a
pour objectif de retirer des mesures contraignantes, dans les lois et
règlements, qui constituent des freins à l'efficacité du système de santé.
À cette fin, le
projet de loi abolit l'obligation pour un médecin d'effectuer une partie de sa
pratique dans les activités médicales particulières pour adhérer à une entente
entre un organisme représentatif des médecins et le ministre de la Santé et des
Services sociaux.
Également, le projet
de loi supprime l'obligation d'élaborer un plan territorial des effectifs
médicaux et abolit, par le fait même, les ententes exigeant de se conformer à
un tel plan pour y adhérer.
Par
ailleurs, le projet de loi retire l'obligation d'élaborer un plan
territorial... d'établir un plan territorial, pardon, des effectifs
médicaux et dentaires et, de ce fait, il abolit également l'obligation qu'une
nomination au sein d'un établissement doive respecter le plan d'effectifs
médicaux et dentaires.
Le
projet de loi abroge la Loi favorisant l'exercice de la médecine au sein du
réseau public de la santé et des services sociaux, qui oblige notamment un
médecin à obtenir l'autorisation de Santé Québec pour pouvoir devenir un
professionnel non participant exerçant la médecine en dehors des cadres
du régime public institué par la Loi sur l'assurance maladie.
Le
projet de loi prévoit la possibilité pour un professionnel en pratique mixte de
n'être soumis à l'application d'une entente que pour une partie de sa pratique.
Il prévoit également l'exploitation de centres médicaux spécialisés mixtes.
Enfin, le projet de
loi retire la limite de lits ainsi que la limite d'hospitalisation de 24 heures
prévues pour les centres médicaux spécialisés.
Mise aux voix
La
Présidente : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet
de loi? Adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente :
Adopté.
Dépôt de documents
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui, Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer, au nom du ministre de la
Culture et des Communications, le rapport annuel 2024‑2025 de la Société
du Grand Théâtre de Québec. Merci.
• (14 h 10) •
La Présidente : Et
ce document est déposé.
Pour ma part, je dépose le nouveau diagramme de
l'Assemblée en date d'aujourd'hui.
Enfin, j'ai reçu préavis d'une motion qui sera
inscrite dans le feuilleton de demain aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition. Et, conformément à l'article 97.1 du règlement, je dépose
copie du texte de ce préavis.
Dépôt de rapports de commissions
À la rubrique Dépôt de rapports de commission,
Mme la présidente de la Commission des relations avec les citoyens et députée
des Plaines. Mme la députée.
Consultations particulières sur le projet de loi
n° 12
Mme Lecours (Les Plaines) :
Oui, Mme la Présidente. Je dépose le rapport de la Commission des relations
avec les citoyens qui, les 10, 11 et 12 février 2026, a tenu des auditions
publiques dans le cadre des consultations particulières sur le projet de loi n° 12, Loi instituant la prestation de services de garde
éducatifs à l'enfance par les personnes reconnues à titre de responsables d'un
service de garde éducatif en communauté. Merci.
La Présidente : Et ce rapport
est déposé.
Y a-t-il consentement pour déroger à
l'article 4.4 des règles de fonctionnement afin de déposer un rapport du
comité directeur de la Commission de l'Assemblée nationale? Consentement?
Consentement. Merci.
Modification à la composition
de commissions parlementaires
Je dépose donc le rapport du comité directeur de
la Commission de l'Assemblée nationale qui s'est tenu le 16 février 2026
afin de statuer sur une demande du groupe parlementaire formant l'opposition
officielle concernant la modification des membres ainsi que des présidences au
sein des commissions parlementaires.
Je cède maintenant la parole à Mme la première
vice-présidente et députée de Saint-Hyacinthe pour la présentation d'une
motion.
Motion proposant d'adopter les
modifications
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Mme la Présidente, je propose que les modifications à la composition des commissions telles que prévues au rapport du
comité directeur de la Commission de
l'Assemblée nationale soient
adoptées.
La Présidente : Et y a-t-il
consentement pour déroger aux articles 129 et 134 du règlement?
Consentement? Consentement.
Mise aux voix
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Présidente : Adopté.
Merci.
Il n'y a pas de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Questions et réponses orales
Nous en sommes maintenant rendus à la période de
questions et de réponses orales, et, pour ce faire, je cède la parole, en
question principale, au chef de l'opposition officielle.
Gestion du projet SAAQclic
M. André Fortin
M. Fortin :
Mme la Présidente, le fiasco de la SAAQ, c'est le fiasco de la CAQ, et, au net,
ça a fini par coûter 1,1 milliard de dollars aux Québécois.
De toute évidence, Mme la Présidente, les gens
de la SAAQ, ils en ont long à se reprocher. Ils ont menti à pas mal tout le
monde.
Mais
éventuellement ils ont changé de cap. En juin 2023, la SAAQ a présenté à la
CAQ, elle a présenté à la ministre des
Transports des dépassements de coûts, des contrats à venir de
204 millions de dollars. Je cite le rapport du commissaire
Gallant : «La SAAQ communique de manière claire et détaillée l'information
sur les avenants ainsi que les appels d'offres de 2024 au gouvernement,
notamment à la ministre des Transports.» Pourtant, la ministre a répété publiquement, même sous serment devant la commission,
qu'elle n'avait pas été avisée des dépassements de coûts. C'est une faute
lourde, Mme la Présidente.
Comment on peut faire
confiance à cette ministre? Comment le public peut faire confiance à cette
ministre? Qu'est-ce qu'elle fait encore sur la banquette avant? Mme la
Présidente, elle a menti.
La Présidente :
Alors, M. le chef de l'opposition officielle — oui, M. le leader du
gouvernement, je lis dans vos pensées — je vous demande de retirer
ces propos qui sont non parlementaires, vous le savez. Vous les retirez?
Parfait. Poursuivons. La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Bien, je veux saluer le député de Pontiac, qui
revient comme chef de l'opposition officielle. Je ne m'attacherai pas trop vite,
parce ça change vite chez eux. Je m'adapte rapidement, heureusement.
Mme la Présidente,
faut-il rappeler que le député de Pontiac a été ministre des Transports du
11 octobre 2017 au 18 octobre 2018? Or, Mme la Présidente, j'invite
le chef de l'opposition officielle à aller lire le rapport de plus de 550 pages de la commission Gallant, en
particulier à la page 257. On parle de l'estimé du coût total de SAAQclic
en 2017, donc au moment où c'est son gouvernement qui était au pouvoir, et ce qu'on dit très clairement, c'est que
l'estimé était de 660 millions de dollars.
660 millions de dollars.
Or, j'invite le chef
de l'opposition officielle à nous dire où, dans le rapport, on parle... Le plus
haut montant qui a été mentionné au gouvernement, c'est 182 millions, donc
3 %, avant le rapport de la VG, en février 2025. Donc, est-ce qu'il peut
nous dire à quel endroit il voit le 1 milliard avant le mois de février 2025?
La
Présidente : Première complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin : Mme la Présidente, je rappelle au premier ministre que la
commission Gallant, là, elle a été mise en place pour savoir comment on est
passés de 600 millions à 1,1 milliard.
Citation
du rapport : «À partir de juin 2023, la SAAQ a fréquemment consulté le
gouvernement et l'administration publique quant à ses projets
d'augmentation de valeur du contrat. Ce revirement dans l'attitude de la SAAQ
n'a pas empêché les membres du gouvernement d'affirmer que les dépassements de
coûts leur ont été cachés.»
Ils le savaient, Mme
la Présidente.
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, j'invite le chef de l'opposition officielle à me
dire où c'est écrit qu'en juin 2023 il y avait des dépassements aussi
importants que ce qu'il mentionne. Oui, oui, parce que, là, on se rappelle, il y a un an, ça criait, là, c'était... je ne me
souviens pas c'était lequel des deux, là, mais ça disait :
1 milliard, 1,1 milliard! Or, c'est écrit noir sur blanc. Avant
le rapport de la VG, en février 2025, jamais on n'a parlé de tels montants.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin : Moi, je me rappelle, Mme la Présidente, du député de Granby
qui ici, en Chambre, nous disait : On nous a menti, on vous a menti. C'est
vrai, Mme la Présidente, qu'on nous a menti. La cheffe de cabinet du député de Granby, puis une chef de cabinet, là, c'est ton
numéro deux, c'est ton bras droit, c'est ta personne de confiance, bien, selon
le rapport, elle a suggéré à la SAAQ d'envoyer de la fausse information aux
parlementaires.
Alors, quand le
premier ministre nous dit qu'il veut poursuivre les hauts dirigeants menteurs,
est-ce qu'il veut poursuivre le staff politique de la CAQ?
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault :
Bon, on ne parlera pas d'une attachée politique qui venait du Parti
libéral. Maintenant, parlons... parlons de ceux qui ont menti, Mme la
Présidente. C'est clair, dans le rapport Gallant, ceux qui nous ont menti,
c'est les dirigeants de la SAAQ. Et ceux à cause de qui il y a des dépassements
importants, c'est le gouvernement libéral, qui a signé un contrat, en 2017,
avec un partage de risques. Ça veut dire, quand il y a des dépassements, c'est
le gouvernement qui paie. Quel mauvais contrat! Quelle mauvaise négociation du
gouvernement libéral!
La Présidente : Troisième complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin : Mme la Présidente, le premier ministre peut bien parler du contrat,
aujourd'hui, là, mais, s'il n'aimait pas le contrat avec la SAAQ, il
avait toutes les opportunités pour le résilier. Et en plus, Mme la Présidente,
le contrat pour SIFARH, là, c'est exactement le même type de contrat,
exactement le même type de partage des coûts, exactement la même firme, c'est
les mêmes dépassements, puis ce n'est pas un organisme qui l'a signé, c'est
l'ancien ministre de la Santé qui l'a signé. Fiasco par-dessus fiasco,
par-dessus fiasco, pour les dossiers informatiques de la CAQ.
La Présidente : La réponse du premier
ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, on aura tout entendu. D'abord, vous avez vu, diversion, il ne parle
plus de SAAQclic. Revenons à SAAQclic. Le chef de l'opposition officielle nous
dit : On aurait dû résilier le contrat. Bien, voyons donc! Tu signes un contrat puis tu dis : S'il y a des
dépassements, c'est le gouvernement qui paie. Comment tu peux résilier
ça? Le tort était fait à cause du gouvernement libéral.
Des voix : ...
La
Présidente : Article 32. On retrouve le silence. Une seule
personne a le droit de parole, maintenant. En question principale, je
reconnais le député de Nelligan.
Gestion du projet SAAQclic
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. J'entends le premier ministre parler, j'ai l'impression qu'il n'a
rien à se reprocher, Il n'a rien fait, il n'a rien vu et il n'est responsable
de rien.
J'ai une seule question aujourd'hui, Mme la
Présidente. Juin 2022, le conseil d'administration avait besoin de 222 millions de dollars. Il y avait une
élection au mois de septembre. Son ex-bras droit, Yves Ouellet, a eu une
présentation sur fractionner les
222 millions en petits lots. Pourquoi? Pour que ça passe inaperçu pendant
la campagne électorale. Ce sont les constats du Vérificateur général.
Est-ce
qu'aujourd'hui le premier ministre peut nous confirmer que c'est à partir de
son cabinet que le fractionnement et les acteurs ont trouvé une solution pour
que ça passe inaperçu pendant la campagne électorale, le fractionnement des
lots?
• (14 h 20) •
La Présidente : La réponse du
ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Oui, Mme la
Présidente. J'écoute la question de mon collègue puis je ne sais pas où qu'il
prend cette information-là puis ses... et
ses conclusions, parce que ce n'est pas du tout ce que le rapport Gallant
dit. Puis encore ce matin j'écoutais Me Tremblay, qui mentionnait... sur
cet aspect-là, il était questionné, puis il a dit : On n'a vu aucune
implication politique par rapport à cet enjeu-là. Alors, c'est une gouvernance
qui a été donnée de manière excessive au CA de la SAAQ et aux équipes de la
SAAQ.
Si on revient sur le rapport, ce que ça dit
clairement, là, puis c'est non seulement surprenant, là, c'est honteux,
quelques individus qui mentent à... sciemment et consciemment aux
parlementaires et même à leur gouvernance sur un projet d'informatique. C'est
ça que révèle le rapport de la SAAQ.
Par rapport au fractionnement, cette
information-là, je ne sais pas où est-ce qu'il la prend, parce que le rapport
Gallant ne conclut pas à ça, mais pas du tout.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji : J'invite le
ministre à lire le sommaire, s'il n'a pas le temps. Page 23, juin 2022,
Alain Généreux, ça vous dit quelque chose? Il travaillait avec votre collègue
l'ex-ministre des Transports.
La Présidente : ...à la présidente,
je vous prie, M. le député. Poursuivez, il vous reste du temps.
M. Derraji : Alors, Mme la
Présidente, je répète ma question au premier ministre. Est-ce qu'il doit
aujourd'hui confirmer que c'est à partir de
son bureau que tout a commencé pour fractionner les contrats? Parce que ce
fractionnement faisait affaire à une seule personne, c'est le gouvernement, qui
était en élection.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jonatan
Julien
M. Julien :
Mme la Présidente, c'est des accusations assez graves, basées sur du vent.
Le commissaire, avec tous ses travaux, n'arrive pas du tout à cette
conclusion-là. Au contraire, il mentionne qu'il n'y a pas d'intervention
politique par rapport au fractionnement encore ce matin à la radio. Cette
décision-là a été entérinée par le CA de la SAAQ avec des informations
fallacieuses, de manière consciente et sciemment par quelques dirigeants.
Alors, c'est ça, le rapport de la SAAQ. Donc, on en prend acte. Ce serait bien
que mon collègue ait la même observation.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji :
Ce qui n'est pas du tout drôle, avec ce gouvernement, Mme la Présidente,
c'est qu'on peut passer n'importe quel chiffre à ce gouvernement, il ne voit
rien. Vous êtes en train de me dire : Il y a un 222 millions, le
secrétaire général n'était pas au courant, la SAAQ, avec le bureau du ministre
des Transports, ils ont fractionné ça d'eux-mêmes, sans parler avec personne.
Donc, n'importe quelle société d'État, aujourd'hui, avec un manque d'argent
peut fractionner les lots sans vous parler? Mais vous servez à quoi?
La Présidente :
Et je vous rappelle que vous vous
adressez à la présidente. Et demeurons respectueux. La réponse du
ministre.
M. Jonatan Julien
M. Julien :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Bien, mon collègue fait encore des
raccourcis. Il ne mentionne pas la situation particulière, découlant de 2014,
avec la SAAQ, qu'est-ce qu'on leur a accordé comme allègement de reddition de comptes. Il ne mentionne pas que les
mensonges à répétition nommés dans le rapport Gallant, faits sciemment, consciemment, pour tromper les gens, ont été faits
par les dirigeants de la SAAQ. Et maintenant il vient nous dire : Mais
à quoi vous servez?
Quand
il y a des mensonges, quand il y a des... pas de contre-pouvoir, quand la
reddition de comptes a été annulée par les partis précédents, bien, on
arrive avec une situation décrite par le rapport Gallant de toutes lettres.
Maintenant, on a un comité qui a été mis en place avec la présidente du Conseil
du trésor. On corrige et on va corriger le tir.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de l'Acadie.
Abolition
du Programme de l'expérience québécoise
M. André Albert Morin
M. Morin :
Merci, Mme la Présidente. Alors, le ministre, isolé, de l'Immigration
s'entête avec l'abolition du PEQ. Cet
après-midi, moi, j'aimerais vous parler de Mme Khadidja, une éducatrice
aux Petits Hêtres, en Estrie. Pour sa gestionnaire, Mme Khadidja, c'est
une femme extraordinaire. Elle parle français, elle est passionnée. Vous
comprendrez qu'avec une employée aussi compétente sa gestionnaire
voudrait la garder. Mais voilà, avec l'abolition du PEQ, tout s'écroule, parce
que Mme Khadidja voulait obtenir une permanencee, elle avait été invitée,
elle savait que le PEQ existait, mais, voilà, plus rien. Ça, là, c'est le cas,
présentement, de milliers de personnes au Québec.
Le PEQ, là, c'était
tellement bon que les deux candidats à la chefferie de la CAQ veulent le recréer,
veulent le restaurer. Pourquoi le ministre s'entête et va nous faire perdre
deux mois avant de le restaurer?
15361
12187
La
Présidente : La réponse du ministre de l'Immigration, de la
Francisation et de l'Intégration.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge :
Mme la Présidente, j'ai déjà exprimé qu'on allait trouver des scénarios
pour faire une meilleure transition entre un programme et l'autre. Mais ce qui
est clair, c'est que le Programme de sélection des travailleurs qualifiés,
c'est la voie d'avenir pour sélectionner les travailleurs sur le territoire
québécois, des gens qui parlent français, qui occupent un emploi dans un
secteur prioritaire et qui sont en région, le plus possible. On va en prendre à
Montréal, bien sûr. Lors de la dernière invitation, à peu près un candidat sur
trois était sur l'île de Montréal, mais beaucoup plus étaient à l'extérieur de
Montréal. L'ancienne politique du gouvernement libéral, c'était d'attirer des
immigrants à Montréal, de bien les implanter puis, après ça, d'essayer de les
convaincre de déménager. Ça a été un échec, puis nous autres, on ne va pas
répéter cette opération-là.
Ce
que mon collègue dit est erroné, lorsqu'il dit : Ah! bien, avant, quand il
y avait le PEQ, les gens étaient sûrs, après deux ans, tout de suite,
d'obtenir leur certificat de sélection du Québec. On confond ici éligibilité et
réception. Les gens, après deux ans, étaient éligibles pour déposer leur
candidature, mais après ça va en fonction du nombre et de la capacité
d'accueil. C'est facile à comprendre.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. André
Albert Morin
M. Morin :
Parlons-en, du PSTQ, le programme
de l'avenir. Le Devoir nous apprenait que, sur
5 500 invitations... Savez-vous combien il y en a qui ont été
invités, sélectionnés, retenus, Mme la Présidente? Cinq. Cinq. Oui, madame.
Alors, ma question,
elle est très claire. Son programme ne fonctionne pas. Est-ce qu'il y a un
pilote dans l'avion de l'immigration au Québec?
La
Présidente : La réponse...
Des voix :
...
La Présidente :
La réponse du ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge :
Mon Dieu! On va garder notre sérieux, Mme la Présidente, mais pas parce
qu'ils n'essaient pas de nous faire rire, là.
Au moment où on a
commencé à traiter ces demandes-là, il y avait plusieurs personnes qui étaient
dans l'ancien programme PEQ, puis on avait dit qu'on les traitait, ceux qui
avaient déposé, hein, on les traitait selon les critères de l'ancien programme.
Les nouveaux dossiers sont traités dans le nouveau programme, mais les anciens
étaient traités. Il fallait traiter ces dossiers-là. Il fallait traiter les
dossiers du PRTQ, parce que c'est un autre programme qui existait aussi, et il
y avait un délai d'environ six mois. Or, ça fait combien de temps que les
premiers dossiers ont été déposés dans le nouveau programme? De six à sept
mois. Donc, au cours des prochaines semaines, il va y avoir plusieurs
invitations qui vont être faites, parce que les dossiers suivent leur cours selon
les procédures normales.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. André Albert Morin
M. Morin :
...j'ai bien écouté le ministre, Mme la Présidente. Il vient de nous
répéter que, dans les prochaines semaines, il y aura des invitations. Moi, là,
Mme la Présidente, avec le PSTQ, je ne veux pas avoir des invitations, je veux
avoir des acceptations. Il a créé le chaos dans le domaine de l'immigration au
Québec, les manufacturiers nous le disent, les services en éducation, en santé
nous le disent.
Est-ce que le
ministre est conscient du chaos qu'il crée? Quand va-t-il rétablir le PEQ?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge :
Mme la Présidente, je pense, tous les Québécois à part mon collègue
comprennent, c'est 100 % normal de vérifier les dossiers.
Lorsque les gens
s'inscrivent dans le programme Arrima, déposent leur candidature, ils indiquent
des informations. À partir de ces informations-là, avec le nouveau Programme de
sélection des travailleurs qualifiés, on dit :
Tiens, on va inviter cette personne, qui est, par exemple, un soudeur du
secteur manufacturier au Saguenay ou en Beauce, et on va l'inviter, mais
avant on va juste vérifier si... la vérité de ses informations. Alors, on lui
demande de fournir les formulaires, de fournir les documents, puis on fait
cette vérification.
Mon collègue n'est
pas d'accord avec ça, il voudrait qu'on leur donne tout de suite la citoyenneté,
sans rien vérifier. Ce n'est pas sérieux. Fort heureusement pour les Québécois,
ce n'est pas lui qui décide.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Vaudreuil.
Abolition du Programme de
l'expérience québécoise
Mme Marie-Claude Nichols
Mme Nichols :
Merci, Mme la Présidente. La candidate à la chefferie de Sanguinet disait,
le 10 février dernier, je la
cite : «La seule façon d'offrir une réelle clause de droits acquis est de
rouvrir le PEQ.» L'autre candidat à la chefferie, celui de Lévis,
affirmait, le 9 février dernier, et je le cite : «Maintenant, ils
sont chez nous, ils sont travailleurs dans nos usines, les enfants sont à
l'école, alors il faut les garder. On en a besoin. Les entrepreneurs veulent
garder ces travailleurs-là.» Rajoute : «Ils font partie de l'équipe,
maintenant, ils font partie de l'avenir de l'entreprise.» Fin de la citation. Donc, peu importe qui gagne la chefferie
de la CAQ, là, il va annuler cette mauvaise décision du premier ministre
sortant et du ministre de l'Immigration pour offrir une clause grand-père. Mais
aussi la CAQ est en train de nous dire : Attendez, attendez, dans deux
mois, tout va être réglé.
Mme la Présidente, est-ce que c'est de la fierté
mal placée qui empêche quelqu'un, l'autre bord de la Chambre, de prendre la
seule bonne décision, décréter une clause grand-père maintenant?
La Présidente : La
réponse du ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la Présidente,
il faut rétablir les faits. Ma collègue croit erronément que, si on donnait une
clause grand-père ou si on rétablissait l'ancien programme, tout à coup, par
magie, on pourrait accepter 50 000, 100 000, 130 000 personnes
par année, on donnerait comme ça des CSQ à tout le monde. Mais il existe
quelque chose comme une planification de l'immigration, hein? On n'est pas à
Ottawa, ici, on planifie notre immigration, et on a un seuil d'autour de
29 000 immigrants économiques par année. Alors, que ce soit dans
l'ancien programme ou dans le nouveau, quand on a atteint le maximum, on arrête
et on attend l'année suivante. Alors, même si on rétablissait le programme, ça
ne donnerait pas la citoyenneté à des centaines de milliers de personnes.
• (14 h 30) •
Le problème, c'est que, dans l'intervalle,
pendant qu'on traite ces dossiers-là, Ottawa dit : Toi, toi, toi, toi, je
ne renouvellerai pas ton permis de travail. Et, à ce moment-là, qu'est-ce qui
arrive, c'est que les gens angoissent, ils disent : Il faut absolument que
Québec me donne ma résidence permanente, me donne mon certificat de sélection
du Québec, tout de suite, tout de suite,
sinon Ottawa m'arrache mon permis de travail. Le vrai problème, il est à
Ottawa. C'est le gouvernement canadien qui crée cette incertitude dans
nos manufactures.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Marie-Claude Nichols
Mme Nichols : Bien, Mme la
Présidente, là, j'invite le ministre de l'Immigration à le dire à la cheffe de Sanguinet, parce qu'il l'appuie, de lui expliquer
clairement, parce qu'elle est du même avis que nous, de ramener la clause
grand-père. Et d'ailleurs le maire de Québec le disait, il le répète depuis des
mois, c'est inhumain. C'est inhumain parce que ça fait des drames familials,
des drames pour nos entreprises. C'est des drames pour nos communautés.
Encore deux mois, Mme la Présidente, deux mois
de manque d'humanité, d'instabilité et de conséquences catastrophiques. Une
clause grand-père, ça presse.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la Présidente,
la semaine dernière, j'étais en rencontre Teams avec des préfets et des gens de
la Rive-Nord... de la Côte-Nord, puis tout le monde a compris, tout le monde a
compris qu'une clause grand-père, oui, ça
pouvait rassurer certaines personnes, en disant : Bien, comme ça, je suis
certain, un jour, que ce sera mon tour, mais ça peut prendre des mois,
ça peut prendre des années, parce qu'on ne peut pas faire entrer tout le monde
en même temps. Donc, de penser que de
rétablir l'ancien programme ou de donner une clause grand-père, ça va régler
l'enjeu, quand le vrai problème, c'est Ottawa qui enlève des permis de
travail aux gens et qui sort les gens de nos services publics et de nos
entreprises, bien, c'est d'induire les gens...
La Présidente : En terminant.
M. Roberge : ...en erreur.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Marie-Claude Nichols
Mme Nichols : ...que personne
ne comprend, sauf le ministre de l'Immigration. En fait, le Québec ne peut pas
se priver des personnes immigrantes déjà bien établies sur son territoire.
C'est le message qu'ont lancé, vendredi, 30 organisations lors de la
mobilisation de l'UMQ. Ce n'est quand même pas rien, là, 30 organismes qui
se réunissent. Le Québec tout entier lance
un cri d'alarme au gouvernement, mais, dans ce caucus de la CAQ, il y a deux
députés isolés, il y a le premier ministre puis il y a le ministre de
l'Immigration, qui, plutôt que de décider de sauver des familles, des emplois,
ont décidé de préserver leur petite fierté. Mme la Présidente, ça n'a aucun bon
sens.
Des voix : ...
La Présidente : La... Pas de
commentaire après les questions, vous le savez. La réponse du ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge :
J'aimerais bien que ma collègue nous explique et explique à tous les Québécois
pourquoi c'est préférable, selon elle, de traiter l'immigration selon le seul
critère de premier arrivé, premier servi, pas important, le niveau
de maîtrise de la langue, pas important qu'on travaille dans un secteur
stratégique, pas important qu'on soit dans un secteur où il y a une pénurie de
main-d'oeuvre ou dans un secteur où il y a un surplus de main-d'oeuvre, pas
important que ce soit en région ou au centre-ville, non, non, non, premier
arrivé, premier servi. Ce n'est pas sérieux comme
manière de travailler. Ce n'est pas respectueux de la nation québécoise. Ce
n'est pas respectueux pour les régions. C'est inefficace d'un point de
vue économique. Elle devrait être gênée de proposer ça.
La Présidente :
En question principale...
Des voix :
...
La
Présidente : Je vous
invite à retrouver le silence. Une seule personne a maintenant
le droit de parole. En question principale, je reconnais la cheffe du
deuxième groupe d'opposition.
Rapport
de la Commission d'enquête sur la gestion de la
modernisation des systèmes informatiques de la Société
de l'assurance automobile du Québec
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Le rapport Gallant sur le fiasco caquiste SAAQclic
est accablant. Au moins un demi-milliard d'argent des Québécois a été flaubé à
cause de la mauvaise gestion de la CAQ, une gestion catastrophique. Vous savez,
Mme la Présidente, les Québécois et Québécoises paient beaucoup d'impôts. Ils
sont en droit de s'attendre que leur gouvernement fasse preuve d'une saine
gestion de leur argent. En plus, la CAQ se prétend être un bon gestionnaire. Ça
fait longtemps qu'ils nous ont prouvé que ce n'est pas le cas.
Depuis la publication
du rapport, le premier ministre et ses ministres nous montrent un triste
spectacle. Ils ont passé leur temps à fuir leurs responsabilités et à
distribuer les blâmes à tout le monde sans jamais oser se regarder dans le
miroir. Pourtant, ça fait des années. Tous les voyants, sur ce dossier-là de la
SAAQ, tous les voyants rouges étaient allumés, puis ils ont préféré fermer les
yeux.
Les Québécois ont déjà
perdu confiance en la CAQ, hein? C'est un dossier réglé, ils n'ont plus
confiance. Maintenant, pour partir la tête haute, tout ce qu'il reste à faire
au premier ministre du Québec, c'est de reconnaître sa responsabilité dans le
fiasco. Est-ce qu'il est capable de reconnaître sa responsabilité? Et, si oui,
est-ce qu'il accepte de faire la seule
chose, la seule chose honorable avant de quitter, c'est-à-dire s'excuser auprès
des Québécois et Québécoises?
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault :
Oui, Mme la Présidente, j'invite la cheffe de Québec solidaire à lire le
rapport au complet, ce que j'ai fait en fin de semaine. Et ce qu'on voit, ce
qu'on voit qui est très clair, Mme la Présidente... Et je vous dirais tout
simplement trois chiffres : 2017, 2017, coût estimé, 660 millions,
661 millions pour être exact, gouvernement libéral; jusqu'en 2024, on s'est promenés entre 612 millions et
682 millions; et tout à coup, rapport du VG en février 2025, on est
rendus à 1,1 milliard. Il n'y a personne qui va croire que c'est arrivé
tout à coup, en février 2025. C'est noir sur blanc. La direction de la SAAQ a
menti, menti aux ministres, menti aux parlementaires. Donc, s'il y a quelqu'un
qui doit s'excuser, ce sont les membres de la direction de la SAAQ.
La
Présidente : Première complémentaire.
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal : Le premier ministre aime beaucoup parler de
l'imputabilité des fonctionnaires. Ils ont été blâmés, oui, il y a eu
des mensonges, oui, ça, c'est vrai, absolument. Maintenant, l'imputabilité du
gouvernement, du premier ministre, de ses ministres, qu'est-ce qu'il en fait?
Ah! tout d'un coup, c'est silence radio. On s'en fout, de l'imputabilité du
gouvernement.
Si les mensonges des
dirigeants ont fonctionné, là, des dirigeants de la CAQ ont fonctionné, c'est
parce que les élus de la CAQ ont choisi de fermer les yeux, de ne pas poser de
questions. Ils étaient mis au courant, le bureau du premier ministre a été mis
au courant. Est-ce qu'il peut au moins s'excuser auprès des Québécois?
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault : Bien, Mme la Présidente,
je sais que c'est un gros rapport, je sais que c'est beaucoup de lecture, mais
une chose qui est claire, là, jamais, jamais, avant février 2025, on ne nous a
dit que le coût était rendu à 500 millions de plus, jamais. Donc, quand Québec solidaire nous
dit : On a flaubé 500 millions, bien, je ne sais pas comment
qualifier ça, là, mais c'est inexact.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal :
Mme la Présidente, le bureau du premier ministre a été informé. Peut-être que
sa gang autour de lui n'aime pas lui parler puis ne le briefe pas, mais ça, ce
n'est pas le problème des Québécois, pour payer des centaines de millions de
dollars en extra. Puis là, en ce moment, il y a plein d'autres projets, donc on
risque d'avoir d'autres scandales SAAQclic. Je ne veux même pas lui demander il
y a combien de dépassements de coûts, parce qu'il va me dire qu'il ne le sait
pas puis ses ministres ne le savent pas, parce qu'ils ne veulent pas le savoir.
Est-ce qu'il peut
prendre ses responsabilités, avant de quitter comme premier ministre du Québec,
et s'excuser auprès des Québécois?
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, je m'excuse, là, mais tous les témoignages, tous
les témoignages des personnes qui sont autour de moi, cabinet, ministres,
sous-ministres, sont tous là-dedans, puis nulle part, nulle part, avant le
rapport de la VG, on n'a un coût de 1,1 milliard, jamais, nulle part, pas
juste moi, pas juste les ministres, tout le monde.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Taschereau.
Troisième
lien entre Québec et Lévis
M. Etienne
Grandmont
M. Grandmont :
Merci, Mme la Présidente. À l'approche de l'élection d'octobre, le projet
de troisième lien est plus que jamais devenu le symbole du naufrage du bon
sens. Du côté de la CAQ, la candidate en tête dans la course à la chefferie du
parti, l'ex-ministre de l'Économie, a remis le projet aux calendes grecques,
mais surtout elle désavoue le tracé central du ministre des Transports.
De l'autre côté, on a
le Parti libéral qui vient de se trouver un nouveau chef. Charles Milliard a
décidé que, pour sauver son parti, il devait devenir plus caquiste que la CAQ.
Il a déjà annoncé qu'il ressortait du placard la vieille version du troisième
lien à l'est, celle que le gouvernement avait abandonnée à cause de son coût
indécent.
• (14 h 40) •
Puisque la députée de
Sanguinet n'est plus ferme sur le projet de troisième lien et que le nouveau
chef libéral essaie de doubler par la droite, le ministre peut-il faire la
seule chose qui soit utile dans le contexte et qui réponde à des vrais besoins,
admettre que le troisième lien est devenu un baril de poudre politique et
mettre les milliards là où ça compte, dans le transport collectif puis dans
l'entretien de nos infrastructures, notamment le pont de Québec et le pont
Pierre-Laporte?
La Présidente :
La réponse du ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Jonatan
Julien
M. Julien :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Je reconnais mon collègue avec ses questions,
puis je constate qu'on n'a jamais été sur la même longueur d'onde sur ce... sur
ce sujet-là, puis c'est correct.
Actuellement, on a
une course à la chefferie, puis je trouve ça sain. Puis j'espère que mes
collègues... j'espère que mes collègues
partagent cette vision-là, où il y a un débat d'idées, puis il y a des gens qui
se positionnent de manière différenciée.
Maintenant, si on
revient sur le troisième lien puis les étapes qu'on a franchies, je réitère, en
juillet dernier on avait analysé les cinq
corridors, multicritère, sur transport... transport de la marchandise,
mobilité, sécurité économique, tous
ces éléments-là, et, clairement, le corridor central a été le meilleur corridor
par rapport à tous les autres. On a continué le processus en faisant du
forage, en faisant des analyses supplémentaires. La prochaine étape, c'est on
va appeler des consortiums à l'international, au Canada, au Québec pour,
justement, travailler avec nous pour la suite des choses.
Maintenant, une
course à la chefferie, ça amène un débat d'idées puis ça amène une incertitude
par rapport à la suite des choses. On ne
peut pas demander à des consortiums de travailler ne serait-ce qu'une minute
sur un dossier comme celui-là dans le contexte actuel. On laisse la
course à chefferie travailler.
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont :
C'est fascinant d'entendre le ministre des Transports patiner sur ce
projet-là comme ça n'a pas de bon sens. Il défend encore son tracé central. Il
nous dit qu'il y a des forages qui sont faits dans le coin de Sillery, dans
Jean-Talon, il nous dit qu'il y a des appels d'offres qui s'en viennent
bientôt, mais la future cheffe de la CAQ vient
de nous dire : Non, non, moi, je vais faire ça en partenariat public-privé,
dans un horizon de 15, 20 ans, à un moment donné, si le privé veut
bien embarquer puis faire des péages à 50 $, 70 $ le passage.
On a-tu un ministre
des Transports déconnecté, Mme la Présidente? Ça n'a juste aucun bon sens. Il
peut-tu abandonner ce projet-là? Ça n'a pas de bon sens.
La Présidente :
La réponse du ministre.
M. Jonatan
Julien
M. Julien :
...encore là, je ne m'immisce pas dans la course à la chefferie. Et les
propositions de mes collègues sont
bienvenues. Pour moi, c'est un débat d'idées. On est chanceux, comme parti, de
l'avoir, contrairement... contrairement à d'autres partis. Puis, Québec solidaire qui trouve ça drôle, bien, ce
serait bien qu'ils en aient, des fois, des débats d'idées, mais ce n'est
pas leur cas.
Maintenant,
une fois qu'on a dit ça, Mme la Présidente, le projet suit des étapes. On suit
très bien ces étapes-là. Mais la course à la chefferie, c'est un débat
d'idées sain. Je vais laisser mes collègues faire des propositions sur la
mobilité à Québec.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Etienne
Grandmont
M. Grandmont : Un débat d'idées, Mme la
Présidente, il présente ça comme un débat d'idées. On est à combien de millions dépensés pour un débat d'idées qui
dure depuis 2014, Mme la Présidente? Des centaines de millions de dollars gaspillés
dans un projet qui ne verra visiblement jamais le jour.
Il
peut-tu mettre de l'argent là où ça compte vraiment, entretenir les routes,
entretenir les ponts puis investir dans le transport collectif? C'est
ridicule, Mme la Présidente.
La Présidente :
Allez-y. La parole est à vous.
M. Jonatan
Julien
M. Julien :
...m'amène sur le maintien des actifs et sur le transport collectif.
J'avais des tableaux, je les ai montrés. Ils
sont ici, dans mon bureau, pas besoin de les ressortir. Clairement, notre
gouvernement a investi comme jamais en
transport collectif et comme jamais en maintien d'actif. 164 milliards
sont prévus au Plan québécois des infrastructures, 65 % de ces sommes-là sont en maintien d'actif, mais, en
transport, Mme la Présidente, 85 % des sommes en transport sont en
maintien d'actif, des sommes records et des engagements records en termes de
maintien d'actif.
Même chose pour le
transport collectif, on n'a jamais autant investi. La courbe continue de
grimper. On fait des grands projets, le REM,
la ligne bleue. On travaille sur TramCité. Mon collègue est certainement
d'accord. Donc, oui, on fait des projets de transport collectif comme
jamais et on...
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Talon.
Rapport
de la Commission d'enquête sur la gestion de la modernisation des
systèmes informatiques de la Société de l'assurance automobile du Québec
M. Pascal
Paradis
M. Paradis :
J'entendais le premier ministre répondre, tout à l'heure, à mes collègues.
Il dit : Ils ne nous l'avaient pas dit, que c'était rendu à
1,1 milliard, le scandale SAAQclic. Ce qui est intéressant, c'est ce qu'il
ne dit pas, ce qu'il ne dit plus, ce qu'il a dit pendant des mois et ce que
tous les ministres ont répété : On ne savait rien, on n'avait aucune information, on nous a menti. Je comprends
pourquoi il ne dit plus ça, parce que le rapport du commissaire Gallant
le dit noir sur blanc, les conclusions faites sont accablantes.
Le
député de Granby, alors ministre des Transports, savait depuis 2021, de 458 à
682. En 2021, le député de La Peltrie, ancien ministre de la Cybersécurité, le
savait aussi, pour les dépassements. En 2022, le ministère des Finances le
savait. En 2023, la nouvelle ministre des Transports le savait, avec l'ensemble
de l'historique des dépenses. Et, en 2023, le cabinet du premier ministre le
savait.
Est-ce que le
gouvernement va enfin admettre la vérité et ce qui est inscrit noir sur blanc
dans le rapport du commissaire Gallant?
La Présidente : La réponse du
ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Jonatan
Julien
M. Julien : Oui. Mme la
Présidente, vous savez que j'estime beaucoup mon collègue de Jean-Talon. C'est
une vérité qu'on partage, je l'espère, tous les deux. Et, à la lecture du
rapport, parce que je suis certain qu'il a été discipliné puis qu'il a lu
rapport, ce serait bien de convenir ensemble que c'est particulier, ce qui
s'est passé à la SAAQ. Naturellement,
on avait donné les coudées franches, en 2014, à la SAAQ, en termes de reddition
de comptes et de chien de garde, le Parti québécois devrait s'en
souvenir, c'est eux qui avaient fait ça, et ça a amené des conséquences qui
sont aujourd'hui palpables et tangibles.
Moi, je suis un ancien vérificateur, j'ai
travaillé pour le Vérificateur général. Il n'y a rien de pire, dans une
organisation, quand il n'y a plus de contre-pouvoir, quand il n'y a plus de
reddition de comptes, quand il n'y a plus ces éléments-là. Ça permet à des gens
qui seraient malintentionnés ou malveillants de faire en sorte que la situation
dérape et que consciemment, de manière
consciente, Mme la Présidente, on ne parle pas ici, là, d'omission
involontaire, là, consciemment on donne de la fausse information aux parlementaires,
à la gouvernance, dans un dossier comme celui-là. C'est là qu'on doit
dire : Ça n'a pas de maudit bon sens. On va agir, comme gouvernement. Le
Parti québécois y a contribué initialement. Travaillons ensemble pour
corriger la situation.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Incroyable qu'on
revienne encore sur ces décisions de 2014. Le rapport du commissaire Gallant le
dit très bien, que toutes ces décisions-là avaient...
Des voix : ...
La Présidente : Attendez, M. le
député. Je vous rappelle l'article 32. Gardez le silence. Je vais vous
nommer. Je veux entendre la question. Vous avez 22 secondes. Poursuivez,
M. le député.
M. Paradis : Le rapport du
commissaire Gallant le dit noir sur blanc, ces exceptions-là ont cessé d'avoir
effet en 2018, ce qui veut dire que
l'entière responsabilité est au gouvernement de la CAQ. Et le rapport du
commissaire Gallant dit aussi qu'il y a eu un changement dans l'attitude
de la SAAQ en 2023, qu'à partir de ce moment-là le gouvernement avait toute
l'information, et pourtant il a continué à dire qu'il ne l'avait pas. Va-t-il
l'admettre?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jonatan Julien
M. Julien : ...Mme la
Présidente, je suis obligé d'être en désaccord avec mon collègue de Jean-Talon.
À partir de 2018, là, les mensonges n'ont pas cessé, ce n'est pas du tout ce
que le rapport Gallant dit. Je réitère, là, comme... comme ministres, comme
responsables, comme gestionnaires, on pose des questions. Puis là on aurait
peut-être dû poser plus de questions, oui, peut-être, mais je réitère, Mme la
Présidente, ce que j'ai dit ce matin, puis je vais le redire certainement, si je pose 10 questions puis
j'obtiens 10 mensonges, si je pose 100 questions puis j'obtiens 100 mensonges,
je ne m'améliore pas. Quand de manière...
sciemment et de manière consciente des dirigeants, sans contre-pouvoir, mentent,
on ne peut rien y faire.
Maintenant, on va agir, on va redonner des
contre-pouvoirs adéquats. C'est ce qu'on a déjà fait.
Des voix : ...
La Présidente : S'il vous plaît!
J'aimerais entendre le collègue. Deuxième complémentaire.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Le premier
ministre va être content d'apprendre que je l'ai lu, le rapport. Page 495 :
«À partir de juin 2023, la commission ne
constate aucun manquement de la part de la SAAQ dans la reddition de comptes
et, conséquemment, que les membres du gouvernement ont obtenu
l'information juste.» Page 496 : «Ce revirement dans l'attitude de la
société d'État n'a pas empêché les membres du gouvernement d'affirmer que les
dépassements de coûts leur ont été cachés.» Tu ne peux pas aller plus loin sans
dire que le gouvernement a caché la vérité aux Québécois.
Une voix : ...
La Présidente : Bon. Oui, M. le
leader du gouvernement. Quel est votre rappel au règlement?
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, le mot est au lexique. Et, en plus, s'il y a quelqu'un qui a voulu
cacher quelque chose, c'est le PQ, en assujettissant...
La
Présidente : Merci. Merci, M. le leader du gouvernement. M. le
député de Jean-Talon, ce terme est au lexique, je vous demande de le
retirer. Vous le retirez?
M. Paradis : Je retire.
La Présidente : Merci.
Des voix : ...
La Présidente : S'il vous
plaît! On retrouve le silence. M. le ministre, votre réponse. On l'écoute.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Mme la Présidente,
ce qui me désole, mais c'est correct, parce que, tu sais, c'est un peu une
joute de partisanerie, puis c'est correct, parce que je sais que mon collègue
n'en pense pas moins, de Jean-Talon, c'est... Ce que révèle le rapport Gallant
est préoccupant. Ce que révèle le rapport Gallant, Mme la Présidente, c'est une
tromperie, et, je le... je le réitère, de
quelques individus à l'intérieur d'une organisation, parce que la SAAQ, là,
c'est 5 000 employés, c'est
un joyau de l'État québécois, mais quelques individus, par l'absence de
contre-pouvoirs et de reddition de comptes, donnée par le Parti québécois, ont
fait en sorte qu'on s'est ramassés avec un fiasco. Et tout le long, tout le
long les informations ont été faussées pour la prise de décision. C'est
ce que révèle Gallant.
• (14 h 50) •
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Saint-Jérôme.
Réforme du système de santé
M. Youri Chassin
M. Chassin : Avec le rapport Gallant, la ministre de la Santé espérait
peut-être avoir un petit congé, mais non. Toutes les conditions gagnantes
étaient réunies. On avait un ministre qui était brillant, gestionnaire
chevronné, qui a changé les lois, qui a eu des ressources, mais les Québécois
n'ont pas senti une réelle amélioration.
J'ai déposé un projet de loi, parce que je pense
qu'on est rendus à ne plus pouvoir nier l'évidence, le modèle bureaucratique
est irréformable. Le Dr Dubrovsky, en consultations sur le PL n° 83,
soulignait que notre système de santé, par sa propre complexité, contribue
lui-même à sa douleur. Il est temps de simplifier le système en abolissant
quatre exemples patents de complexité
inutile : les AMP, les PREM, l'interdiction de pratique mixte et les
limites aux CMS.
Ma question est simple : Est-ce que les
quatre mécanismes ont été évalués par le ministère de la Santé et des Services
sociaux?
La Présidente : La réponse de la
ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Oui.
Alors, Mme la Présidente, très contente d'avoir cette question du député de Saint-Jérôme, qui est mon voisin. On a l'occasion de travailler ensemble, d'ailleurs,
régulièrement dans la belle région des Laurentides. Alors, bien contente
d'avoir une question. Oui, effectivement, en lien avec SAAQclic et tous les
autres sujets, je pense que c'est important de garder le système de santé dans
les priorités. C'est une priorité pour notre gouvernement. C'est une priorité
pour les Québécois et les Québécoises.
Je ne peux pas faire autrement, Mme la
Présidente, de rappeler quand même gentiment et amicalement à mon collègue de Saint-Jérôme
qu'il a été adjoint parlementaire, dans les dernières années, et il a vu
comment, en fait, ça a été compliqué pour... pour lui, en tout respect, de
faire avancer certains dossiers et certains projets.
Alors, notre gouvernement, Mme la Présidente, on
a mis en place différents... différentes structures pour vraiment s'assurer,
notamment avec l'arrivée de Santé Québec, avec le plan santé, avec tous les
bons coups qu'on fait pour améliorer l'accès,
de faire en sorte d'améliorer notre système de santé, puis on est à la bonne
place, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Youri Chassin
M. Chassin : On a effectivement ajouté des structures, Mme la
Présidente. On n'a pas évalué ce qu'on a mis en place, par contre. L'Institut
C.D. Howe a fait ce travail qu'aurait dû faire le ministère de la Santé et
des Services sociaux, et sa conclusion, je
cite : «Les politiques coercitives ont rendu la médecine familiale moins
attrayante, éloignant des nouveaux diplômés et réduisant le temps clinique dans
les soins primaires complets.» Est-ce que la ministre est d'accord pour
dire que ça n'a pas de sens, qu'on doit s'améliorer, évaluer...
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, écoutez, on continue d'améliorer le système de santé. On
le sait, on a investi énormément dans notre système de santé. En 2018, il y
avait 6 millions de Québécois qui avaient un médecin de famille.
Aujourd'hui, au moment où on se parle, Mme la Présidente, c'est
7,2 millions de Québécois qui ont un médecin
de famille ou qui sont inscrits à un GMF. Et on va continuer, Mme la
Présidente. On a un engagement avec la FMOQ de faire en sorte qu'on fait un
autre virage à ce niveau-là. Donc, d'ici le 30 juin,
500 000 personnes additionnelles.
On a ouvert des
cliniques IPS, Mme la Présidente. Est-ce que les gens sont au courant, ici, là,
qu'il y a 2 000 IPS au Québec, 2 000 qui travaillent dans des
cliniques publiques mais aussi au sein des GMF?
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Youri
Chassin
M. Chassin : Je suis heureux des cliniques d'IPS. Effectivement, c'était
quelque chose de très positif, parce qu'il faut innover, il faut sortir des
cadres rigides, puis il y a d'autres modèles qui peuvent émerger. Et
d'ailleurs, effectivement, ce n'était pas évident comme adjoint parlementaire.
Je lui pose donc la
question : Ils sont où, les minihôpitaux dont on n'entend plus parler?
La
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Sonia
Bélanger
Mme Bélanger :
Oui. Mme la Présidente, écoutez, je vais continuer, là, sur le volet de la
première ligne, parce que c'est tellement
important. On a investi aussi dans le soutien à domicile. Puis il faut saluer
aussi le travail des médecins, les médecins en médecine familiale qui
sont présents à domicile de plus en plus avec des équipes interdisciplinaires. Alors,
on travaille sur tous les plans, Mme la Présidente, pour s'assurer d'améliorer
les services de première ligne.
Alors, on continue de
structurer ce qu'on a à faire, Mme la Présidente. Et on est confiants qu'avec
l'entente qu'on a eue avec la FMOQ on va être encore au rendez-vous pour les
Québécois, Québécoises. Alors, on construit sur nos modèles de GMF.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le député des Îles-de-la-Madeleine.
Troisième lien entre Québec et
Lévis
M. Joël
Arseneau
M. Arseneau :
Merci, Mme la Présidente. La semaine dernière, en réponse à une question de
mon collègue de Jean-Talon sur le troisième lien, le ministre des Transports a
dit qu'il aimait ça, le débat d'idées dans la course à la chefferie du parti. Il
vient de le répéter il y a quelques instants. Sauf que, là, maintenant, les
idées et les orientations sont passablement claires, le débat apparaît à peu
près terminé avec l'annonce de la députée de Sanguinet ce matin. D'un côté, il
y a les députés caquistes qui appuient le député de Lévis et qui veulent
absolument continuer le projet actuel gouvernemental dans le corridor central,
qui fait à peu près l'unanimité contre lui, et, de l'autre côté, on a la
députée de Sanguinet, appuyée de plusieurs ministres et députés, qui désavoue
ce tracé et le projet gouvernemental et qui propose, essentiellement, de
reporter le projet du troisième lien aux calendes grecques, Mme la Présidente.
Maintenant que les
positions sont claires, qu'est-ce qu'en dit le ministre des Transports? Est-ce
qu'il appuie la solution du député de Lévis ou la solution de la députée de
Sanguinet?
La
Présidente : La réponse du ministre des Transports et de la Mobilité
durable.
M. Jonatan
Julien
M. Julien :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Bien, écoutez, la question de mon collègue,
alors, il y a une course à la chefferie, et je réitère, là, que c'est sain, là.
Je le dis toutes les fois que j'en parle. Puis je pense que ce n'est pas
monosyllabique, cette course à la chefferie là. Il y a plein de dossiers qui
sont parlés, et, oui, il y a le troisième lien, il y a l'immigration, il y a...
Il y a plein d'enjeux qui sont discutés. Puis les deux candidats prennent des
positions qui sont différenciées, puis ça, c'est bon pour notre parti, puis
c'est bon pour la démocratie, puis c'est bon pour faire des choix. Maintenant,
de focaliser l'attention uniquement sur le troisième lien, grand bien leur
fasse.
Maintenant, on a une
position gouvernementale, parce qu'on continue, nous, de travailler sur notre
position gouvernementale. Celle-ci, elle a été prise en juillet dernier, avec
un corridor, multicritère, au Conseil des ministres, et alors c'est sur ça
qu'on chemine.
La prochaine étape, je le réitère, c'est de
demander à des consortiums de déposer leur appui dans le projet. Il n'y a pas
un consortium sérieux, tant qu'il y a de l'incertitude liée à une course à la
chefferie, qui va brûler une minute de son temps sur ce projet-là.
Donc, on va attendre, la course à la chefferie, qu'elle soit terminée, puis on
avisera sur ce projet-là.
La
Présidente : Et voilà. Cela met fin à cette période de questions et de
réponses orales.
Motions
sans préavis
Comme il n'y a pas de
votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Et, pour
ce faire, je cède la place à la première vice-présidente de l'Assemblée
nationale. Merci, tout le monde. Bonne fin d'après-midi.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, en fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans préavis, je reconnais un membre du deuxième
groupe d'opposition. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
pour présenter la motion suivante conjointement avec le député de Nelligan, le
député de Jean-Talon, la députée de Laporte, le député de Rosemont, la députée
de Saint-Laurent et la députée de Chomedey — ça fait beaucoup d'indépendants :
«Que l'Assemblée
nationale constate, à la lumière du rapport de la Commission Gallant, que le
gouvernement disposait, dès 2021, de l'ensemble des informations sur la
situation financière du projet SAAQClic et sur l'urgence d'y réinjecter des
fonds;
«Qu'elle prenne acte
que ces informations avaient été transmises à la ministre des Transports et de
la Mobilité durable ainsi qu'au cabinet du premier ministre à l'été 2023;
«Qu'enfin
elle exige que le gouvernement assume sans détour sa responsabilité dans la
gestion du dossier SAAQclic et rende des comptes sur les décisions qui
ont conduit à cette situation.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M.
le leader du gouvernement.
Une voix :
...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Il n'y a pas de consentement.
Donc, nous allons
poursuivre avec un membre du troisième groupe d'opposition. M. le député de Jean-Talon.
Demander au gouvernement de
légiférer pour réformer la Loi sur
la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme
M. Paradis :
Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec les députés de Mont-Royal—Outremont, de Taschereau, de Chomedey, Laporte, Rosemont et
Saint-Laurent, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte des récentes révélations de Radio-Canada soulignant
l'ampleur du recours au Cabinet McKinsey par
le gouvernement de la CAQ, notamment dans des dossiers stratégiques de l'État
québécois;
«Qu'elle prenne acte
de la conclusion du commissaire au lobbyisme à l'effet que "McKinsey a
communiqué à plusieurs reprises avec le ministère de l'Économie et de
l'Innovation relativement à l'attribution d'un contrat";
«Qu'elle prenne acte
des constats du commissaire au lobbyisme relativement à son incapacité à
poursuivre l'enquête en raison de
l'inapplicabilité de [la] Loi sur la transparence et l'éthique en matière de
lobbyisme à certains actes de lobbyisme posés par des lobbyistes
d'entreprise;
«Qu'elle prenne acte
enfin des recommandations du rapport du 16 février 2026 de la Commission
d'enquête sur la gestion de la modernisation
des systèmes informatiques de la Société de l'assurance automobile du Québec à
l'effet de "procéder à une refonte en profondeur de la Loi sur la
transparence et l'éthique en matière de lobbyisme";
«Qu'elle demande en
conséquence au gouvernement de légiférer pour réformer la Loi sur la
transparence et l'éthique en matière de lobbyisme, notamment pour combler ses
lacunes en éliminant le seuil minimal d'activité pour les lobbyistes
d'entreprise.»
• (15 heures) •
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
Une voix : ...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Cette motion est-elle adoptée?
Une voix : ...
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
une demande de vote électronique est faite par la troisième opposition. Le
vote est maintenant ouvert.
Donc, le vote est maintenant fermé. M. le
secrétaire général, pour le résultat du vote.
Le Secrétaire : Pour : 100
Contre :
0
Abstentions :
0
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, la motion est adoptée. Oui, M. le député
de...
M. Arseneau : J'aimerais que cette
motion soit transmise au bureau du Commissaire au lobbyisme, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, ce sera fait. Merci.
Maintenant, je suis
prête à entendre un membre formant le gouvernement. Mme la ministre de
l'Éducation, à vous la parole.
Souligner les Journées de la
persévérance scolaire
Mme LeBel :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante
conjointement avec la députée de Bourassa-Sauvé, le député de Gouin, le député
de Matane-Matapédia, le député... d'Abitibi-Est, pardon, la députée de
Laporte, la députée de Chomedey, la députée de Rimouski, le député de
Saint-Jérôme et la députée de Saint-Laurent :
«Que l'Assemblée
nationale souligne les Journées de la persévérance scolaire, qui se déroulent
cette année du 16 au 20 février 2026, sous le thème "La persévérance,
ça mène loin", un moment rassembleur qui permet d'encourager nos jeunes à
rester engagés dans leur parcours scolaire;
«Qu'elle rende
hommage aux élèves qui persévèrent malgré les défis en rappelant que derrière
chaque parcours éducatif réussi se trouvent des efforts soutenus, du temps et
un engagement constant de la part des élèves du Québec;
«Qu'elle salue
l'engagement des acteurs impliqués dans la réussite éducative, notamment les
équipes-écoles, les organismes scolaires, les parents et les organismes
communautaires qui contribuent quotidiennement à soutenir les élèves dans leur
parcours scolaire;
«Qu'elle réitère que
la persévérance scolaire repose sur l'engagement de toute la collectivité et
qu'elle invite la population du Québec à manifester son appui aux élèves et à
la réussite éducative.»
Merci, Mme la
Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de
cette motion? M. le leader du gouvernement.
Une voix : ...
Mise aux voix
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Cette motion est-elle adoptée? Motion adoptée.
Donc,
nous poursuivons maintenant avec un membre du groupe formant l'opposition
officielle. M. le député de Nelligan, à vous la parole.
M. Derraji :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le leader du deuxième groupe d'opposition, le chef du
troisième groupe d'opposition, le
député de Saint-Jérôme, la députée de Laporte, le député de Rosemont, la
députée de Saint-Laurent et le député de... la députée de
Chomedey :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte que la poursuite complète du projet de reconstruction de
l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont constitue un
enjeu stratégique majeur pour la pérennité et la modernisation du réseau de la
santé québécois, notamment en raison de la vétusté avancée des
installations;
«Qu'elle reconnaisse
que la réalisation des phases subséquentes du projet constitue un préalable
incontournable à la mise en chantier du futur hôpital, pour un investissement
estimé à environ 300 millions de dollars;
«Qu'elle reconnaisse
également que la reconstruction complète du nouvel Hôpital Maisonneuve-Rosemont
représente un investissement global évalué à environ 5 milliards de
dollars;
«Qu'elle
demande au gouvernement de reconnaître formellement que ce projet
constitue une priorité gouvernementale et
de s'engager à prévoir, au prochain budget du Québec et au Plan québécois des
infrastructures, les sommes nécessaires afin d'assurer la poursuite
continue des travaux.»
Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader
du gouvernement.
Une voix : ...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Il n'y a pas de consentement.
Avis touchant les travaux des commissions
Donc, nous
allons poursuivre à la prochaine rubrique, rubrique Avis touchant les travaux
des commissions. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci, Mme la Présidente. Donc, j'avise cette Assemblée que la Commission des
institutions va poursuivre les consultations générales et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 1, la Loi
constitutionnelle de 2025 sur le Québec, aujourd'hui,
après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 19 h 15,
à la salle Pauline-Marois;
La Commission des relations avec les citoyens va
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 9,
la Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 19 h 15, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de la santé et des services
sociaux va poursuivre l'étude détaillée du projet loi n° 19,
la Loi visant notamment l'amélioration de l'accès aux services médicaux, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 19 h 15, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de l'économie et du travail va
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi
visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique
de diverses associations en milieu de travail, après les affaires courantes
jusqu'à 19 h 15, à la salle Marie-Claire-Kirkland.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : ...M.
le leader adjoint.
Pour ma part, je vous avise que la Commission
des finances publiques se réunira en séance de travail le
mercredi 18 février 2026, de 8 heures à 8 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de la pétition
concernant l'abolition de la taxe de vente perçue par le Québec sur les vêtements
usagés pour enfants.
De plus, je vous avise que la Commission de la
santé et des services sociaux se réunira en séance de travail le
mercredi 18 février 2026, de 8 heures à 8 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau, afin de statuer sur la possibilité que la commission se
saisisse de la pétition concernant le soutien et le déploiement du programme de
dépistage organisé pour le cancer colorectal.
Y a-t-il consentement pour déroger de
l'article 64.3 du règlement, puisque la commission se réunira après le délai d'expiration prévu pour que la commission se
réunisse en séance de travail pour décider si elle se saisit de la pétition? Est-ce
qu'il y a consentement? Consentement.
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée
Donc, nous
poursuivons à la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée. Je
vous informe que demain, lors des affaires inscrites par les députés de
l'opposition, se réunira... sera débattue la motion inscrite par M. le député
de Taschereau. Cette motion se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale affirme son
opposition au projet de gazoduc et d'usine de gaz naturel liquéfié de Marinvest
Energy.»
Affaires du jour
La période des affaires courantes étant
terminée, M. le leader adjoint du gouvernement, pouvez-vous nous indiquer...
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
...la suite de nos travaux? Laissez-moi juste finir. Vous êtes trop rapide, M.
le leader adjoint, je ne peux pas finir, vous êtes déjà... vous avez déjà
commencé. Parce que vous savez que, lorsque je
suis debout, on ne vous entend pas au micro, alors c'est seulement pour le bon
fonctionnement de nos travaux. Je vous laisse la parole.
• (15 h 10) •
M. Lévesque
(Chapleau) : C'est mon enthousiasme débordant pour poursuivre
nos travaux, Mme la Présidente, comme vous le savez. Et donc je vous
demanderais de bien vouloir appeler l'article 5 du feuilleton. Merci.
Projet de loi n° 11
Reprise du débat sur l'adoption du principe
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le leader adjoint. Donc, l'Assemblée reprend le débat, ajourné le
11 février 2026, sur l'adoption du principe du projet de loi n° 11, Loi
modifiant diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
réglementaire et administratif.
Est-ce qu'il y a... Est-ce qu'il y a... M. le
député de Jacques-Cartier, c'est vrai, vous n'aviez pas terminé votre
intervention, alors je vous cède immédiatement la parole.
M. Gregory
Kelley (suite)
M. Kelley :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Le Bienheureux, 4 Origines,
Cunningham's Pub, Cycle Paul, Golden Sports, Studio 77, IntraPak, Kleton,
MDA, Micron, Tissy's Bistro, Coco & Bean, Duke and Devine's, Victor Rose, Sushi Avocado et aussi le
magasin Le Panier sont des petites, des moyennes et des grandes entreprises chez
nous. C'est des places que je visite et fréquente souvent, et aussi j'ai eu le
privilège de visiter certaines de ces usines. Alors, je reviens sur le thème
que... thématique que ce projet de loi, c'est important pour eux autres. Et,
oui, il y a des avancées, mais aussi, comme j'ai mentionné, il y a beaucoup de
gens qui ont dit que ce projet de loi ne va pas assez loin dans la déréglementation, et les charges, et les tâches
administratives. Alors, je pense à eux autres, à ces entrepreneurs, à ces
entreprises dans mon comté que, chaque fois que je visite, chaque fois que je
vois... je vois leurs gérants ou leurs propriétaires,
de ces entreprises, ils me parlent de le fait qu'il y a toujours... toujours
trop de paperasse, trop de «red tape», Mme la Présidente, dans leurs
opérations.
Et
la fédération canadienne des entreprises indépendantes, pendant les audiences
publiques, a déposé un mémoire avec quand même des chiffres qui sont un
peu étonnants, mais on peut voir un petit peu l'état d'esprit des
entrepreneurs, des entreprises petites, moyennes au Québec. Et c'est juste un
fait que, présentement, environ... une bonne partie trouve que, oui, l'excès de règlements ajoute un stress
important dans leur vie, c'est environ — et ça, c'est un chiffre
impressionnant — 90 %
de tous les gens qui étaient sondés par la fédération qui dit ça ajoute
beaucoup de stress dans leur vie, et aussi un peu inquiétant que 68 % des
gens qui étaient sondés ne conseilleraient pas à la prochaine génération de
lancer une entreprise à cause de la réglementation. Et pourquoi? Parce qu'ils
continuent de parler de c'est quoi, les coûts pour les entreprises avec la
paperasse qui existe présentement. Environ, pour chaque personne, et ils ont
des chiffres par personne, per capita, bien,
quand même, ils trouvent que c'est... pour une entreprise de moins de cinq
employés, là, juste traiter toute la réglementation, ça coûte environ à
10 000 $ par employé, qui peut être utilisé et réinvestir ailleurs, mais
ils sont obligés de dépenser ça dans des différents types de formulaires, etc.,
la paperasse qu'ils doivent traiter chaque jour. Ça diminue avec la grandeur de
l'entreprise, mais, quand même, on voit qu'il y a un chiffre précis qui a été
noté, que la paperasse et les tâches administratives a les coûts réels à la
productivité des entreprises.
Et une autre chose
qui était super intéressante, Mme la Présidente, qu'ils mentionnent dans leur
mémoire, qu'est-ce que... si on enlève la paperasse puis dépense moins...
particulièrement pour les petites, petites entreprises, comment il peut
réutiliser cet argent, comment il peut dédier cet argent qui est utilisé pour
traiter la paperasse puis de gérer tous les différents règlements, qu'est-ce
qu'ils font avec cet argent-là, puis c'est intéressant, parce que c'est sûr, une chose, c'est d'avoir plus de temps pour
développer leurs activités, la... un meilleur... un meilleur équilibre
travail-vie personnelle. Ça, c'est une priorité des entrepreneurs. Une autre,
c'est d'augmenter les salaires et améliorer les avantages sociaux des
employés. Et une autre chose qui était super intéressante, oui, aller embaucher
plus des employés, mais aussi réduire les
prix. Alors, moins de paperasse, moins des tâches administratives, moins des
produits qu'on consomme va coûter. Alors, il y a un lien direct avec le
fait qu'on a trop de paperasse.
Et je reviens, Mme la Présidente, que ce
gouvernement, depuis leur arrivée au pouvoir, a ajouté plus que
1 milliard de dollars, c'est le calcul, de paperasse et de
fardeau sur nos entreprises ici, au Québec. Ce projet de loi, c'est estimé
qu'il va réduire ça par 200 millions de dollars. Alors, OK, c'est un
gain, mais c'est quand même loin d'où on a commencé en 2018. J'ai cité déjà des
exemples, quand même, à le niveau gouvernemental, on a Santé Québec, Transports
Québec, mais on a vu sur plusieurs reprises que ce gouvernement a ajouté plus
de paperasse, plus de tâches administratives sur le dos de nos entrepreneurs,
et c'est factuel, c'est qu'est-ce qui est écrit dans les différents mémoires.
Alors, tout le monde... oui, tout le monde a dit : Ah, on est contents
avec ce projet loi, mais ça peut aller plus loin.
Il
y a des autres points, Mme la Présidente, que je veux citer juste avant que
tout le temps de mon discours coule, mais une chose... j'ai parlé des
timbres pour des petites cidreries au Québec, le fait qu'eux autres, là, ils
trouvent... c'est vraiment un fardeau inutile, à ce stade, parce que la
traçabilité, c'est déjà là. Tu achètes une bouteille de cidre, l'adresse de l'entreprise est indiquée sur la
bouteille. Alors, si jamais il y a une question de santé publique, bien, c'est
très simple de tracer où l'entreprise, le marché, etc., a acheté ce
cidre parce que c'est indiqué clairement. Alors, ils disent : Ce système
timbre là, ça ne marche pas. Et c'est quand même, comme je vous dis, un
fardeau... fardeau supplémentaire pour eux autres, et je sais qu'on a entendu
ça aussi des microbrasseurs, etc., et peut-être le ministre a déjà noté que c'est
possible, il va faire une réforme plus approfondie sur la question... autour de
toute la question de la SAQ puis des règlements dans l'industrie des boissons
alcooliques, mais tous les groupes qui ont présenté devant nous ont dit :
Bien, il y a certains éléments ici qui sont intéressants.
Mais quand même une
chose, Mme la Présidente, j'imagine, chez vous, si vous avez des pommeries dans
votre comté, que, j'imagine, la réponse est
oui, le fait que quelqu'un qui produit le cidre alcoolique n'est pas capable
d'acheter des pommes d'une pommerie à côté, c'est ridicule, et on
dit : Ça ne... Il y a certains producteurs qui ne veulent rien savoir avec
le cidre. Nous, on peut faire des produits plus diversifiés si on est capables
d'acheter des pommes d'un producteur juste à côté, mais c'est interdit,
présentement. Comment une règle comme ça peut toujours exister? Tout le monde, quand même, de le côté gouvernemental a
dit : Ça ne fait aucun bon sens. Alors, il y a des choses comme ça qu'on
doit régler, je trouve, assez rapidement pour aider les petits entrepreneurs
qui sont dans nos régions autour de cette question-là.
Une autre note que je
veux juste mettre de l'avant parce que c'était dans le mémoire de la Fédération
des chambres de commerce du Québec et, quand même, dans le mémoire de l'Union
des municipalités du Québec, c'est un petit peu le fardeau qui vient avec
tout... avec l'office de la langue française. La Fédération des chambres de
commerce du Québec a dit : Bien, dans certains coins, là, c'est... comité
de francisation qui existe au sein de notre entreprise, tout le monde est
francophone, on utilise une langue française ici, et on est quand même obligés
de remplir des formulaires, puis etc. Est-ce que c'est vraiment toujours
nécessaire?
Et
on a entendu une même chose... un petit peu la même chose de certaines
municipalités qui disent : Bien, il y a des règlements qui existent, qu'il
faut... de la paperasse qui existe avec l'office qu'on peut probablement
réduire ou n'est plus nécessaire. Et ça, ça revient à le fait que le projet de
loi, le 96, qui est devenu la loi n° 14, adopté
par ce gouvernement, c'était vanté comme une façon de protéger la langue
française, et ça, c'est leur argumentaire toujours, mais, l'autre côté, il y a
énormément de fardeau de paperasse et des tâches administratives qui sont
associées avec ce projet de loi, c'est factuel.
C'était quand même
souligné par des gens des différents groupes à l'époque. On ne parle pas juste
des anglophones, ici, Mme la Présidente, on parle des francophones, qui vient
dire... pour un gouvernement qui veut réduire un petit peu la paperasse, bien,
ce projet de loi a beaucoup de «red tape», et c'est une réalité, et j'ai
entendu ça, quand même, dans mon comté. J'ai
des entreprises francophones qui disent : Je dois traduire tous les
contrats en français quand moi, je suis un francophone, puis, tu sais,
on a signé en français, puis on achète des équipements des Américains ou en
Europe, ils arrivent en anglais, puis maintenant c'est moi, l'entrepreneur, qui
a l'obligation de traduire tous ces contrats, c'est juste... pour moi, c'est un
coût additionnel et je dois aussi trouver quelqu'un qui peut traduire ça, qui
a... de le côté de le gouvernement, est reconnu comme quelqu'un qui peut faire
la traduction.
Alors, c'est des
petites choses comme ça, puis, je pense, le ministre a démontré une ouverture
d'écouter sur le côté de certaines paperasses et des tâches administratives qui
viennent avec des lois linguistiques, mais on verra la suite. Mais, je pense, c'est
important de noter que ça, c'est une conséquence, aussi, de certaines lois qui
ont été adoptées par ce gouvernement, qui
ont rendu la vie de nos entrepreneurs plus difficile, et ce n'est pas le député
de Jacques-Cartier qui dit ça, c'est différents groupes qui étaient
devant nous en commission, des francophones, qui ont dit ça.
Je veux aussi parler,
aussi, de la fédération des municipalités du Québec, qui a mentionné les
difficultés aussi autour le transport en commun, le fait qu'ils ne sont pas
capables, des fois, d'acheter des autobus eux-mêmes, ça, c'est problématique.
Il y a aussi comme, des fois, des exemples avec des monopoles, que, quand même,
si un groupe des entreprises veut acheter un autobus pour chercher des
travailleurs à des stations d'autobus, c'est interdit à cause de certaines lois
des municipalités et des monopoles des sociétés d'État. Ça, c'est plus un cas à
Montréal et un cas qui revient de mon comté, mais ça démontre aussi que, quand
même, quand les entreprises veulent être plus proactives dans notre transport
en commun, c'est interdit. Et, pour le côté des municipalités, oui, on sait
qu'il y a un enjeu avec le financement, mais, quand même, des fois, ils ne sont
pas capables de prendre les décisions qu'ils veulent prendre pour avoir un
meilleur système et une meilleure offre à leurs citoyens. Alors, j'espère que
le gouvernement va être à l'écoute sur ce point-là.
• (15 h 20) •
Puis aussi, parce que
je sais qu'il n'y a pas beaucoup de temps qui reste, Mme la Présidente, je veux
juste noter aussi que le... Kativik Environmental Advisory
Committee made a pretty clear point too that, if we're going to change any type
of permitting around mines or whatever it may be... that you can't necessarily
reduce the «redditions de comptes» and also the consultation process that needs
to be done with our First Nations, our indigenous peoples, and Inuits. So, that
was brought up too, to be a little bit cautious about any type of changing of
permitting, that we're also not reducing any communication or consultation that
is necessary around the permitting for mines and also in the forest sector. So,
I think it's important to note
that that's what they brought up and what they suggest that we be a little bit
cautious about.
Il
y a aussi... aussi l'Assemblée des Premières Nations du Québec et Labrador qui
a répété, tout autour de la forêt, la
gestion de la forêt. Eux autres ne doit être pas juste... ce n'est pas juste
une question de consulter, mais eux autres veulent avoir un rôle dans la
gestion des forêts, et il faut vraiment être à l'écoute. L'élément des forêts,
il y a des projets pilotes, etc., les groupes ont dit : C'est bien
intéressant, mais, quand même, une réforme plus structurée, comme le
gouvernement a pris l'engagement de le faire en 2018, on attend toujours,
toujours pour un autre projet de loi sur ce sujet, qui demeure très important
pour les différentes régions du Québec, et aussi pour les Premières Nations de
Québec et Labrador.
Alors, juste encore,
Mme la Présidente, je veux rapidement répéter que, depuis l'arrivée de la CAQ
au gouvernement en 2018, le fardeau administratif annuel des PME au Québec a
augmenté de 2,4 milliards de dollars. Ça, c'est leur bilan, c'est le
bilan du gouvernement. Ce projet de loi, c'est un pas dans la bonne direction,
mais il y a toujours beaucoup de travail à faire. Je sais que mon collègue de Marguerite-Bourgeoys
va prendre la parole, de parler d'un autre projet de loi. Alors, oui, moins de
règlements, moins de paperasse, c'est bon pour le côté économique, pour nos
entreprises, mais je rappelle aussi qu'il demeure toujours trop de paperasse
sur le côté des services sociaux aussi, Mme la Présidente, dans le système de
santé et quand même partout au Québec, éducation, partout, il y a beaucoup de
paperasse, il y a trop de paperasse, et le plus on peut réduire, le plus les
gens peuvent être plus productifs et on peut avoir une économie qui est plus
efficace et plus prospère. Et, oui, on va voter en faveur, le principe, mais on
va quand même avoir des bons arguments, des bonnes présentations des
amendements pendant l'étude détaillée. Merci beaucoup pour votre écoute, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions?
Mise aux voix
Comme il n'y a pas
d'autre intervention, le principe du projet de loi n° 11, Loi modifiant
diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
réglementaire et administratif, est-il a adopté?
Des
voix : Adopté.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
Renvoi à la Commission de
l'économie et du travail
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc,
conformément à l'article 243 de notre règlement, je fais motion afin que
le projet de loi n° 11, la Loi modifiant diverses dispositions
principalement aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et administratif,
soit déféré à la Commission de l'économie et du travail pour son étude détaillée et que le ministre délégué à l'Économie et aux
Petites et Moyennes Entreprises soit membre de ladite commission pour la
durée du mandat.
Mise aux voix
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Cette motion est-elle adoptée?
Des voix :
Adopté.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Motion adoptée.
M. le leader adjoint
du gouvernement, pouvez-vous nous indiquer quel article appeler?
M. Lévesque (Chapleau) : ...Mme la Présidente. Je vous demanderais de bien vouloir appeler l'article 2 du
feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi n° 5
Adoption du principe
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, à l'article 2 du feuilleton, M. le
ministre des Finances propose l'adoption du
principe du projet de loi n° 5, Loi
visant à accélérer l'octroi des autorisations requises pour la réalisation des
projets prioritaires et d'envergure nationale.
Y a-t-il des
interventions? M. le député de Chapleau, je vous cède la parole.
M. Mathieu Lévesque
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, j'ai le plaisir de
vous présenter pour adoption du principe le projet de loi n° 5, la Loi qui
vise à accélérer l'octroi des autorisations requises pour la réalisation des
projets prioritaires et d'envergure nationale.
C'est
vraiment un projet de loi très important, qui s'inscrit dans la nouvelle vision
économique de notre gouvernement, laquelle a été présentée, vous le
savez, l'automne dernier par le premier ministre. Nous avons eu l'occasion
d'entendre de nombreux groupes provenant de différentes sphères de la société
québécoise lors des deux jours de consultations particulières tenues par la Commission
des finances publiques la semaine dernière. À cela, évidemment, s'est ajouté
les nombreux mémoires reçus ainsi que les rencontres avec différents groupes de
la société civile. Cela nous a permis d'entendre différents points de vue et
d'avoir des échanges qui sont très constructifs, dont nous tiendrons compte
pour la suite des choses, bien entendu, Mme la Présidente.
Et donc, tout
d'abord, le projet de loi prévoit des mesures qui visent à accélérer l'octroi
des autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et
d'envergure nationale dans le but de favoriser l'autonomie, la résilience et la
prospérité du Québec tout en préservant la santé et la sécurité des personnes,
la sécurité des biens, de même que la
qualité de l'environnement, dans le respect des communautés autochtones. Il
permettra de mettre en oeuvre
un processus d'autorisation gouvernemental simplifié et mieux coordonné afin de
délivrer une autorisation unique. Cette façon de faire va permettre de réduire
les délais liés à l'obtention des autorisations et d'accélérer le déploiement
des projets stratégiques, ce qui offrira aux investisseurs davantage de
prévisibilité.
Si elle est adoptée,
cette loi va s'appliquer sous réserve de toute loi visant, évidemment, à mettre
en oeuvre les conventions visées à l'article 1 de la Loi approuvant la
Convention de la Baie James et du Nord québécois et à l'article 1 de la
Loi approuvant la Convention du Nord-Est québécois. Elle va s'interpréter,
évidemment, de manière compatible avec l'obligation de consulter les
communautés autochtones.
Le gouvernement va
pouvoir désigner à titre de projet prioritaire et d'envergure nationale tout
projet stratégique de grande ampleur dont la réalisation rapide est d'intérêt
collectif... qu'elle bénéficie d'une acceptabilité sociale et dont la mise en
oeuvre réussie est plausible. Et donc le ministère des Finances va agir comme
porte d'entrée gouvernementale pour accompagner les promoteurs tout au long du
processus dans le but de délivrer cette fameuse autorisation unique dont je
vous parlais précédemment.
Un échéancier des
différentes étapes pour l'octroi de l'autorisation va être établi en
concertation avec le promoteur et l'ensemble
des émetteurs d'autorisations et de permis, soit les ministres, les organismes
publics, les municipalités et les communautés métropolitaines
concernées, ce qui va permettre une meilleure rapidité d'exécution et offrir
une plus grande prévisibilité.
Le
gouvernement va pouvoir, dans le but... pourra, dans le but d'accélérer,
pardon, la réalisation d'un projet désigné ou afin de permettre l'exercice
d'activités qui découlent d'un projet désigné à la suite de sa réalisation et
qui ne peuvent être conformes aux normes applicables modifier l'application de
certaines lois visées à l'annexe I ou d'un règlement pris pour leur
application.
Et donc, pour votre
gouverne, Mme la Présidente, l'annexe I présente la liste des lois
prévoyant les permissions pouvant être remplacées par l'autorisation unique du
gouvernement.
Je tiens évidemment à
souligner que les principes de transparence, d'acceptabilité sociale, de
participation citoyenne et de respect des communautés autochtones seront au
coeur de cette démarche, et ce, tout au long des étapes des cheminements... de
cheminement des différents projets.
Ainsi, le ministre va
rendre accessibles les renseignements suivants : l'échéancier prévu pour
l'octroi d'une autorisation par le gouvernement, l'arrêté du ministre autorisant
des travaux préparatoires, les documents et les renseignements, autres que ceux contenant des renseignements personnels,
sur la base desquels l'autorisation, y compris les conditions dont elle
est assortie, a été octroyée par le gouvernement, le calendrier de réalisation
d'un projet désigné, les demandes de modification d'une autorisation par un
promoteur et, le cas échéant, les motifs pour lesquels une telle demande a été
refusée, les différents renseignements accessibles en vertu des lois ou des
règlements qui encadrent la réalisation du
projet désigné ou des activités nécessaires à sa réalisation qui ne sont pas
autrement publiées, un état annuel de l'avancement de chacun des projets
désignés.
Et, lorsque l'étude
d'impact, Mme la Présidente, du projet désigné sera jugée admissible
conformément aux exigences de la Loi sur la qualité de l'environnement, le
ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs va confier
au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement un mandat d'audiences
publiques sur le projet qui va être désigné.
Et
donc c'est important de mentionner que le projet de loi va prévoir plusieurs
mesures d'allègement et d'aménagement
qui vont baliser le processus accéléré et simplifié, notamment en matière de
protection de l'environnement, des ressources naturelles, de la faune,
de la flore, des zones agricoles et en matière municipale.
Donc... Alors, voilà,
Mme la Présidente, pour le projet de loi n° 5, qui a pour objectif
d'accroître la résilience, la productivité,
l'influence du Québec, tout en misant, évidemment, sur des atouts qui sont
stratégiques dans un contexte de transformation rapide et d'incertitude
géopolitique à l'échelle internationale. Évidemment, je ne vous apprends rien
en vous disant ça, Mme la Présidente.
Il va permettre de
mettre en place un processus d'approbation des grands projets simple et
transparent qui respectera les plus hauts standards gouvernementaux. Ce
processus va prendre en compte des particularités du Québec et du contexte
économique teinté d'incertitude avec lequel nous devons composer. Il sera basé
sur une collaboration étroite entre les ministères, les organismes publics
concernés, les municipalités et les communautés autochtones.
Bref, avec ce projet
de loi, nous voulons permettre l'accélération de projets nécessaires au
développement du Québec dans un contexte qui nous amène à revoir nos façons de
faire. Je demande donc aujourd'hui à cette Assemblée d'en adopter le principe
afin que la Commission des finances publiques puisse entreprendre son étude
détaillée dans les meilleurs délais. Merci beaucoup.
• (15 h 30) •
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député de Marguerite-Bourgeoys, à vous la parole.
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Le projet de loi n° 5, écoutez,
c'est une grosse version, là, du projet de loi n° 11, dans le sens qu'on
va, avec ce projet de loi là, accélérer l'autorisation de projets structurants
pour l'économie du Québec. Le projet de loi n° 11 se veut un ensemble de
mesurettes, là, pour réduire la paperasse puis la bureaucratie, là, au Québec.
Donc, on est dans la même relative palette ici, mais malheureusement on n'est
pas avec les mêmes... les mêmes
conséquences. Malheureusement, pour ce qui est du projet de loi n° 11,
évidemment, ça va être peu
significatif, quand on considère le fait qu'avec l'étude, là, du FCEI on a bel
et bien vu un ajout d'approximativement 2,6 milliards par année que
ça coûte à nos PME d'opérer au Québec à cause de l'environnement réglementaire
additionnel que ce gouvernement-là a mis en place. Dois-je le rappeler, en
fait, que la raison pour laquelle on met un projet de loi ici de l'avant et
qu'on a à faire cette... cette espèce d'exercice là pour accélérer
l'autorisation, bien, ça vient d'un paquet de procédures que le gouvernement a
lui-même déposées depuis les huit dernières années pour alourdir le processus
réglementaire d'autorisation? C'en est triste, mais c'est la réalité.
Vous comprendrez,
nous, au Parti libéral du Québec, là, on est quand même le parti qui a réalisé
de grandes infrastructures. On a été partie prenante pour, évidemment,
accélérer les processus d'autorisation, que ce soit dans le système
hospitalier, que ce soit dans l'énergie au Québec, pour ne que nommer ces
deux-là. Donc, on est évidemment pour le
principe du projet de loi. Évidemment, on aura à analyser celui-ci dans les
détails pour s'assurer qu'effectivement on fait les choses comme il...
comme il se doit.
Et puis, si... si on
peut me permettre ici quelques instants, Mme la Présidente, fut une période où
tous... tous les ministres importants, là, de la CAQ se promenaient avec un
livre qui disait... un titre qui était simple, là, How Big Things Get Done.
C'était un livre qui était le livre de chevet, je crois, là, pour les gros
ministères au gouvernement. Mais malheureusement, à l'intérieur de ce livre-là,
clairement, la substance n'a pas été lue par le gouvernement, parce que, là,
encore une fois aujourd'hui, avec le projet de loi n° 5, on le voit bien,
une des choses qui aurait dû être faite, lorsque tu veux
réaliser des grands... des grands projets, c'est de faire une consultation en
amont. Et on n'a pas fait, encore une fois, avec le projet de loi n° 5,
une consultation en amont.
Puis, quand on
regarde pour la mise en place du mécanisme qui est sous... sous-jacent dans le projet
de loi n° 5, pour accélérer, justement, l'octroi des autorisations,
bien, il n'y a pas d'acceptabilité, il n'y a pas un automatisme d'aller chercher l'acceptabilité. Puis ce n'est
pas moi qui le dis, là, c'est le Conseil
du patronat du Québec qui parle de
ce... de cet enjeu-là, à savoir que c'est important, justement, si on
veut être capables de réaliser de grands projets dans l'histoire du Québec... c'est important d'avoir justement toutes les
parties prenantes de la société civile du même côté de l'équation.
Elles... Donc, elles doivent être, donc, consultées.
On a rencontré le
grand chef Paul des Premières Nations, on a rencontré des gens du milieu
environnemental, on a rencontré un paquet d'intervenants qui voulaient
évidemment avoir été consultés de façon préalable, ce qui n'a pas été le cas.
On a aussi entendu les gens du MEQ, l'Association minière du Québec, la Fédération
des chambres de commerce du Québec, qui, eux aussi, ont dit que c'est important
d'avancer, de faire accélérer, justement, les autorisations. Tout le monde semble être d'accord sur le
principe, là, mais, encore une fois ici, on réitère le fait que l'importance
règne de façon primordiale lorsqu'on... justement, on consulte de façon
préalable, ce qui ne semble pas avoir été le cas ici.
J'ai vu le ministre,
sur X, prendre note des commentaires qui ont été entendus lors des
consultations particulières. Donc, on va supposer ici, là, que le ministre va y
aller de l'avant avec probablement des amendements à son propre projet de loi.
C'est important parce que les consultations préalables semblent être le
dénominateur commun de l'ensemble des critiques qui ont été entendues en
consultations. Et donc on est tous d'accord que, pour qu'on puisse avancer, il
faut que tout le monde pousse la roue dans le bon sens. Au Québec, on a le
talent, on a les ressources, on a le savoir-faire, mais... mais, clairement, si
on n'est pas capables d'apprendre que la consultation préalable est un élément
essentiel à la réalisation des grands projets, bien, on va continuer, là, à
tourner en rond le... malheureusement.
Donc, vous savez,
c'est important de considérer aussi que, dans le projet de loi aujourd'hui, ce
qu'on propose, c'est de donner au ministre des Finances des pouvoirs qui sont
extraordinaires. Alors, c'est important ici de considérer que les critères de
désignation, qui, actuellement, sont trop larges, doivent être mieux définis.
Puis ça... c'est un élément clé à la définition de ce qu'on... de ce que je
disais, tout à l'heure, c'est-à-dire de permettre l'acceptabilité sociale. Si
on est capables de bien définir ces pouvoirs extraordinaires là dans les...
dans les concepts, là, de la désignation, pour les critères de désignation, je
pense qu'à partir de ce point-là on va faire du progrès.
On va proposer, nous
autres, notamment, un critère qui va être, pour ce que... la désignation, que
le promoteur du projet démontre qu'il a obtenu l'acceptabilité sociale. Ça,
c'est important, parce qu'avoir le promoteur qui, lui, va aller de l'avant, donc, avec son projet, avec la
liste des autorisations qui va lui être nécessaire à obtenir, bien, évidemment,
s'il est capable de démontrer qu'il y a eu ces autorisations... pas des
autorisations, excusez-moi, la... l'acceptabilité sociale de façon préalable, bien, évidemment, c'est comme si on... on
huile déjà le moteur, et il va déjà, donc, bien fonctionner. Donc, je
pense que c'est important aussi de mettre cet aspect-là dans le projet de loi.
Il y a une obligation
de consultation qui existe, mais que ce n'est pas dans... avec un processus
accéléré. Même les acteurs économiques comme le Conseil du patronat, puis comme
je vous disais tout à l'heure, a mentionné que c'était préférable de toujours
consulter en avant. Donc, consulter en avant égale l'obtention de...
l'acceptabilité sociale, égale faire avancer le projet de façon plus optimale.
Alors, je pense que, là-dessus, le ministre l'a entendu, on va déposer des
amendements dans ce sens puis on espère qu'évidemment on pourra avoir gain de
cause là-dessus.
Les joueurs
importants, évidemment, les municipalités, tout ce qui est des champs de
compétence. On parle souvent ici, au Québec,
qu'on veut que le fédéral respecte nos champs de compétence. Bien, je voudrais
juste peut-être rappeler au gouvernement que, d'une perspective
d'un gouvernement municipal, c'est exactement le même argumentaire. On
souhaite que les champs de compétence municipaux soient respectés par le
gouvernement du Québec. Alors, ça va être évidemment important que les
municipalités puissent être entendues.
Donc, comme je disais
tout à l'heure, en principe, le projet de loi veut faire avancer des projets de
loi qui... des projets qui sont eux-mêmes
déjà déterminés par le gouvernement. Ici, on parle du train rapide, là, entre
Québec et Toronto, on parle du port de Montréal, l'agrandissement du port de
Montréal à Contrecoeur. Le gouvernement, clairement, doit avoir sûrement
deux, trois autres projets, là, dans... dans le pipeline, là, pour... pour nous
avancer avec un projet de loi comme ça. On
verra bien, à la valeur même du... de chacun, l'importance et la compréhension
des enjeux pour l'ensemble du Québec.
Mais c'est important aussi de comprendre que le projet de loi est pour une
durée de cinq ans. Donc, c'est drôle, parce que, bon, on parle du projet de loi
n° 5, une durée de cinq ans, on a cinq projets, on
dirait quasiment qu'il y a eu un agencement des étoiles, là, pour faire
en sorte que le projet de loi, le numéro du projet de loi tombe dans... dans ce
genre de carton là, mais ça va être important, pour la suite des choses, qu'on
puisse avoir plus de consultations et de s'assurer que... pour qu'on puisse
faire avancer l'économie du Québec et qu'on puisse avoir l'objectif atteint de
faire autoriser ces grands projets là dans
un ordre de 50 % plus rapide, qui semble être l'objectif du ministre des
Finances, bien, que, pour des projets d'envergure nationale, on puisse
avoir eu minimalement les réflexes d'avoir fait une consultation avec toutes les parties prenantes de façon
préalable. Et ça, ça va faire en sorte que, lorsqu'on va être dans le mode
exécution, bien, déjà, on va avoir
aligné nos canards, comme on dit, puis ça va être plus facile de pouvoir passer
aux actes et de faire, justement, le
développement à longue durée et de façon pérenne du Québec une priorité qui va
vraiment être entendue par tous.
Alors, vous
comprenez, Mme la Présidente, que, là-dessus, nous, on va être pour le
principe, mais on va avoir de sérieux amendements qu'on va vouloir déposer pour
la suite des choses. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je suis prête à céder la parole au prochain
intervenant. M. le député de Taschereau.
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. Il me fait plaisir d'être ici aujourd'hui pour parler du projet de
loi n° 5, la loi qui vise à accélérer l'octroi des
autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et
d'envergure nationale. Ma formation politique et moi-même allons voter contre
ce projet de loi là, et je vais vous exposer pourquoi.
• (15 h 40) •
Vous savez, le ministre des Finances et
moi-même, on partage un objectif commun, celui de donner à l'État québécois les
moyens de réaliser ses missions, notamment des missions en ce qui a trait à la
santé et à l'éducation. Là où nos visions
divergent, c'est dans la façon d'y arriver. J'écoutais mon collègue du Parti
libéral et je comprends que sa vision se rapproche beaucoup aussi de
celle de la CAQ.
Vous savez,
le ministre des Finances est coincé dans un schème de pensée qui nous est
hérité des années 80, 90, c'est-à-dire les années Thatcher, Reagan. Pour
lui comme pour ses maîtres à pensée, il n'y a point de salut en dehors
du marché privé.
Pour le
ministre, la création de richesse passe par le ruissellement. On donne à des
multinationales l'opportunité... des opportunités d'affaires, et cette
activité économique devrait se traduire par la création d'emplois bien
rémunérés. Le problème, c'est que, pour y arriver, le ministre se voit obligé
d'en donner toujours davantage à des multinationales possédées par des ultrariches : Des délais plus courts, moins de
réglementation, moins de protection de l'environnement, moins de
protection pour les droits des travailleurs et des travailleuses, des blocs
d'énergie à rabais, des crédits de taxes et
d'impôts, des subventions, des prêts pardonnables. Dans la vision du ministre,
l'État, l'environnement, les droits des travailleurs et des
travailleuses, l'acceptabilité sociale ne sont que des entraves à la création
de richesse.
Cette approche, elle génère donc de nombreux
problèmes. Cette façon de générer de la richesse est faite en vase clos, Mme la
Présidente. Ce qui est brisé d'une main, nous devrons le réparer et le payer de
l'autre. Quand une entreprise saccage l'environnement, il faudra bien nettoyer
les dégâts. Quand une espèce faunique ou floristique disparaît, c'est la biodiversité qui en est affaiblie et toute la chaîne
alimentaire qui est affaiblie. Quand une entreprise menace de fermer
boutique pour ne pas avoir à respecter les normes environnementales, c'est la
santé des gens qui périclite, des personnes que nous devrons, bien entendu, par
la suite soigner. Et évidemment on a tous en tête un exemple très récent de ça. Et puis, de manière générale, on a
bien vu dans les dernières années, quand les plus riches s'enrichissent, les plus
pauvres s'appauvrissent. Et la pauvreté aussi a un prix, Mme la Présidente.
Pour le ministre des Finances, il faut choisir
entre l'économie et le reste. C'est pourtant un dilemme qui est illusoire,
parce qu'il est possible de réaliser des projets ambitieux pour le Québec tout
en préservant la qualité de notre environnement, en préservant les droits des Premières
Nations et des Inuits, les droits des travailleurs et des travailleuses, en
préservant nos services publics. À sa décharge, le ministre des Finances n'est
pas le seul et surtout pas le premier à
faire fausse route. Ses prédécesseurs, qui réfléchissaient et agissaient de la
même manière que lui, ont causé aujourd'hui les problèmes que nous rencontrons
en ce moment. Se mettre à genoux devant les multinationales, ce n'est
pas une habitude récente. Bombardier, l'industrie de l'aluminium, la cimenterie
McInnis, Airbus, pour ne nommer que celles-là,
toutes ces entreprises ont reçu des aides colossales de l'État, avec des
résultats souvent mitigés. Pendant ce temps-là, le gouvernement du Québec
affaiblissait sa capacité financière en réduisant constamment ses recettes
fiscales.
Pour des raisons électoralistes, tous les
gouvernements des 30 dernières années ont fait le choix de réduire l'impôt sur le revenu des particuliers et de
diminuer le nombre de paliers d'imposition, privant l'État québécois de revenus
colossaux qui auraient permis de financer nos services publics, nos missions.
Sans ces baisses d'impôt, le ministre des Finances aurait sans doute eu les
moyens de faire son travail sans avoir à plier devant les multinationales. Mais
il n'est pas trop tard, Mme la Présidente, il est possible d'aller chercher
l'argent où elle est, dans les poches des plus riches, et, parallèlement, continuer de faciliter la réalisation de projets
économiques respectueux de l'environnement, qui ont de vraies retombées
positives ici, au Québec.
J'aimerais maintenant vous parler plus
précisément de certains aspects du projet de loi. Je suis responsable du
dossier de l'environnement. Ma collègue députée de Verdun viendra tout à
l'heure parler des aspects plus financiers du projet. Donc, d'abord, sur la
protection des milieux humides et forestiers, il est également impératif de
souligner et dénoncer que le projet de loi permet au ministre des Finances
d'autoriser des travaux irréversibles, on parle ici de déboisement, drainage,
remblayage, avant même que l'évaluation environnementale globale ne soit
complétée. Ces travaux-là, évidemment, ne
sont pas mineurs, Mme la Présidente, ils constituent des atteintes majeures aux
écosystèmes qui rendent le refus final d'un projet presque impossible
une fois le terrain dévasté.
Le gouvernement a-t-il déjà oublié le tristement
célèbre projet Northvolt où 13 hectares de milieux humides ont été
détruits pour un projet dont la viabilité est aujourd'hui compromise,
illustrant les risques de la précipitation? Le pouvoir discrétionnaire accordé
au ministre des Finances de permettre des travaux dans des milieux humides et
hydriques, alors que le ministère de l'Environnement est relégué à un simple
rôle consultatif, est tout simplement dangereux
et inacceptable. Le Québec subit déjà une destruction rapide de ces milieux-là,
72,4 millions de mètres carrés détruits depuis 2017. Et le mécanisme de
compensation qui existe, qui est supposé être là pour compenser, c'est...
cette destruction est un échec avec seulement 1,18 % des fonds réinvestis
dans la restauration.
Le gouvernement doit respecter la hiérarchie,
éviter, minimiser, compenser, plutôt que de faciliter la destruction de nos
milieux qui sont précieux. En remplaçant les permis de la Loi sur l'aménagement
durable du territoire forestier par une autorisation unique, on écarte
l'expertise technique forestière et on risque de dépasser la capacité de
régénération de la forêt. Ce déboisement-là, qui est prématuré, fragmente en
plus les habitats et menace la biodiversité, notamment les espèces en péril,
comme le caribou dont on parle souvent mais pour lequel on agit trop peu. Il est inacceptable que des espèces précaires perdent
leur filet de sécurité au profit de projets industriels. Cette disposition
contredit les engagements internationaux du Québec, adoptés à la COP 15,
de protéger 30 % de son territoire en essayant de mettre une prépondérance
à une protection du territoire dans le sud du Québec, là où ça compte le plus,
là où notre impact est le plus grand actuellement.
Mme la Présidente,
pourquoi ne pas considérer la proposition de l'Association des biologistes du
Québec, qui demande que toute décision touchant les milieux humides et
forestiers nécessite une recommandation favorable conjointe des ministres des
Finances et de l'Environnement? L'accélération économique ne doit pas se
transformer en dette écologique pour les générations futures. Malheureusement,
le projet de loi n° 5 traite l'environnement comme un obstacle plutôt que
comme le fondement de notre résilience nationale.
Je vous parlerais
maintenant du respect des normes environnementales. Avant de décider d'aller
plus vite, encore faut-il s'assurer que nous allons dans la bonne direction,
parce qu'un projet peut être plus rapide et, en même temps, profondément
dommageable. Un projet peut être rentable à court terme et catastrophique à
long terme sur le plan financier, budgétaire. Un projet peut être présenté
comme d'intérêt national, tout en affaiblissant les bases mêmes de notre
prospérité. C'est précisément ce que nous rappellent les mémoires déposés en
commission parlementaire par des
organisations différentes issues du droit, de la science et de la protection du
territoire, qui convergent vers un message clair et uniforme : Le
respect des normes environnementales, ce n'est pas négociable.
Les règles
environnementales dont on dispose aujourd'hui ne sont pas apparues par hasard,
elles sont le résultat de décennies
d'erreurs, de crises, de prises de conscience. On a voulu corriger la situation
et on s'est bâti un cursus légal, un corps légal qui nous permet
d'éviter de reproduire des erreurs. Pollution industrielle incontrôlée,
contamination des sols, destruction
d'écosystèmes, catastrophes naturelles aggravées par l'aménagement du
territoire, chaque épisode a laissé des cicatrices durables sur des
communautés entières.
Le
centre québécois pour le droit de l'environnement l'a rappelé avec force et
vigueur, le droit de l'environnement repose sur des principes
fondamentaux : la prévention, la précaution, la responsabilité et la
transparence. Ceux-ci visent à éviter que les dommages ne surviennent
plutôt qu'à tenter de les réparer après coup, parce que, dans un bon nombre de cas, Mme la Présidente, réparer coûte presque
toujours plus cher, prend plus de temps et ne permet pas toujours de retrouver
l'état initial.
On parle souvent de
simplifier ou d'alléger les processus environnementaux, mais simplifier quoi
exactement? Simplifier l'analyse des impacts
sur l'eau potable? Simplifier l'évaluation des risques pour la santé publique?
Simplifier la protection des espèces
menacées? Ce que ces organisations nous disent, c'est que derrière le
vocabulaire technocratique se cache souvent une réalité plus
brutale : Réduire les exigences, écourter les analyses, limiter la
participation publique. Or, les processus
actuels ne sont pas complexes par plaisir, ils sont complexes parce que la
réalité qu'ils tentent d'évaluer l'est
tout autant, Mme la Présidente. Les mécanismes d'évaluation environnementale
existent pour éclairer les décisions politiques par des données
scientifiques et une analyse rigoureuse. Alors, oui, ça prend du temps, oui,
c'est complexe, mais ce n'est pas là pour rien, ça a un but et c'est basé sur
l'expérience acquise au cours de toutes ces années, où on a commencé à se
soucier de protection de l'environnement, d'acceptabilité sociale, de santé
publique.
• (15 h 50) •
Sans ces mécanismes-là,
les décisions risquent de se baser uniquement sur des projections optimistes,
des pressions économiques ou des considérations politiques à court terme. Le centre
québécois pour le droit de l'environnement a également souligné que l'affaiblissement
de ces processus peut augmenter l'incertitude juridique, multipliant les contestations et retardant, finalement,
les projets.
Donc, à vouloir trop
accélérer, peut-être qu'en fait on va ralentir les projets, parce qu'il y aura
différentes manifestations, blocages de routes, contestations juridiques des
différents projets qui seront jugés illégitimes, ou encore néfastes pour la
santé humaine, ou encore néfastes pour l'environnement. Autrement dit,
contourner les règles ne garantit pas d'aller plus vite.
Des
cas de figure récents nous ont aussi démontré qu'environnement et santé
publique vont aussi de pair. Qualité de l'air, accès à une eau potable sûre,
exposition aux contaminants, vulnérabilité aux vagues de chaleur, tous ces
facteurs sont liés aux décisions d'aménagement et d'infrastructure. Affaiblir
les normes environnementales, c'est potentiellement augmenter les coûts en
santé, les inégalités sociales et les risques pour les communautés les plus
vulnérables.
Alors,
voilà pourquoi, Mme la Présidente, nous allons voter contre le projet de loi n° 5 à cette étape-ci, au principe. Nous allons, bien entendu,
étudier avec attention, faire... participer à l'étude détaillée avec attention,
avec diligence, pour s'assurer que ce projet
de loi là soit le moins pire possible, Mme la Présidente. On dirait qu'on va de
recul en recul, avec ce
gouvernement-là, c'est une vraie catastrophe. Là, on recule à la fois sur
l'environnement, sur l'acceptabilité sociale, sur l'État de droit. Je
n'ai même pas parlé de ça, ma collègue aux finances, la députée de Verdun, va sûrement
en parler aussi, le CQDE y est allé d'une charge très forte quant à la
détérioration, à l'effritement de l'État de droit. Le projet de loi n° 5 contient beaucoup de dispositions qui vont à
l'encontre du droit, de la démocratie au Québec. Et tout ça pour quoi? Encore une fois, pour satisfaire les
exigences de plus en plus nombreuses d'une industrie qui ne veut que cumuler
les profits. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Je suis prête à entendre un autre intervenant. M. le député
de Jean-Talon, à vous la parole.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Le projet de loi n° 5, qui est présenté par le ministre des Finances, vise,
comme son titre l'indique, à accélérer l'octroi des autorisations requises pour
la réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale, et j'indique d'entrée de jeu
que nous allons voter en faveur du principe de ce projet de loi, parce qu'en
effet, dans un nouveau contexte mondial très concurrentiel, très
incertain, c'est une bonne idée que de se demander ce que le Québec peut faire
pour que des projets d'intérêt prioritaire, qui pourraient propulser notre
économie, qui pourraient s'inscrire dans une logique de développement durable
mais pour lesquels, parfois, il existe des concurrents qui peuvent être
ailleurs au Canada, ailleurs en Amérique, ailleurs dans le monde... qu'on
puisse démontrer que nous sommes capables de développer de tels projets, mais
dans des délais raisonnables.
Parce que beaucoup d'acteurs, en fait, la
plupart des acteurs conviennent que, pour des bonnes et moins bonnes raisons,
il est parfois très long de faire émerger les projets, et donc qu'il y a
beaucoup d'imprévisibilité, et qu'il y a beaucoup d'investissements qui se
perdent, et qu'il y a beaucoup de temps, d'énergie aussi qui sont consacrés à
développer des projets qui n'aboutissent pas, alors qu'on aurait pu trouver une
voie pour en faire... pour faire en sorte que ce soient des projets qui sont
dans l'intérêt collectif, qui s'inscrivent dans une perspective innovante, dans
une perspective moderne et dans une perspective, donc, comme je le mentionnais
tout à l'heure, de développement durable.
Donc, je suis d'accord avec le ministre des
Finances lorsqu'il affirme, comme il l'a fait plusieurs fois en consultations
particulières, que notre position concurrentielle, dans un contexte mondial de
plus en plus concurrentiel, justement, est en jeu, mais dire aujourd'hui que
nous allons voter pour le principe et que nous entrons dans un esprit
constructif dans des discussions avec le ministre et avec les collègues des
autres oppositions ne veut pas dire que nous donnons un chèque en blanc au
gouvernement. Nous allons être très exigeants sur les moyens.
Si on est d'accord, donc, qu'il faut offrir plus
de prévisibilité aux promoteurs, à la population du Québec, à tous les acteurs
qui sont impliqués et qui sont concernés par le développement des projets, y
compris les populations locales, si on est d'accord qu'il faut moins
d'incertitude sur les délais, que le statu quo administratif n'est pas
acceptable, il n'est pas satisfaisant, notamment en raison des échecs répétés
de ce gouvernement à livrer les projets dont il dit lui-même qu'ils sont
prioritaires, et ça, ça fait partie du bilan de ce gouvernement de la CAQ...
Parce qu'il est arrivé au pouvoir en disant qu'il allait faciliter les choses,
qu'il allait rendre l'administration plus efficace, qu'il allait enlever des
règles et qu'il allait alléger, et il ne l'a jamais fait. Donc, ça, ça fait
partie du bilan.
Donc, on est d'accord qu'il faut en tenir
compte, puis il faut tenir compte aussi de plusieurs groupes qui sont venus en consultations
particulières, nous disent qu'ils reconnaissent qu'on peut s'améliorer. On
reconnaît, donc, qu'il y a une partie du système qui est brisée, mais on ne
construit pas un système plus efficace sur la base d'un système de dérogation
en disant que, pour une période de temps, on va s'autoriser à contourner les
règles ou à ne pas suivre les processus dont on s'est doté. Ce n'est pas la
voie à suivre pour nous. Une économie, ça ne se développe pas par dérogation,
elle se développe justement par des règles efficaces, prévisibles et
applicables à tous.
Donc, parmi nos préoccupations... Bon, le
ministre nous a souvent résumé, en consultations particulières, le projet de
loi de la manière suivante, il dit : Écoutez, attention, là, ce n'est pas
qu'on va lancer... Ce n'est pas... ce n'est pas ses mots, là, mais c'est moi
qui image comme ça, là : On ne lancera pas une boule de quilles, puis là
on va voir qu'est-ce qui va tomber dans les
quilles à la fin du dalot. Il dit : On va se... Donc, on ne bulldoze pas
les projets, on va se fixer ensemble, avec toutes les parties prenantes, un
échéancier, et, moi, mon rôle, ça va devenir... le gardien de cet échéancier.
Fort bien. Vu comme ça, je trouve que c'est
une... c'est une voie qui peut se défendre, c'est-à-dire que tout le monde
ensemble, on s'assoit puis on s'entend sur : Est-ce que le projet,
d'abord, répond à des besoins? Est-ce que c'est un bon projet? Voici comment on
va le réaliser, on va s'entendre sur un échéancier. Puis, si ça tarde trop,
s'il y a trop de délais, on va trouver des solutions puis on va avancer. C'est
ce que le ministre nous a dit, mais son projet de loi va beaucoup plus loin.
La première préoccupation qu'on a, c'est que le
ministre se donne de très importants pouvoirs discrétionnaires. Il concentre dans les mains du ministre un pouvoir
immense qui, autrement, non seulement appartient généralement au gouvernement,
mais même appartient au pouvoir législatif. Parce qu'il y a deux articles
importants, les articles 22, 23, où
le gouvernement dit : Bon, bien, moi, je vais pouvoir écarter un certain
nombre de règles d'un certain nombre de lois. Et là il y a un nombre de
lois qui sont nommées qui va dire : Celles-là, je ne peux pas les écarter,
mais toutes les autres, je pourrais les écarter. Puis il y a un autre article,
après ça, qui dit : En passant, je pourrais aussi... je vais me donner le
pouvoir d'inclure d'autres lois puis d'inclure d'autres règlements que je vais
ajouter, donc, dans une annexe qui va dire : Bien, ça, on n'en tiendra pas
compte.
En d'autres mots, Mme la Présidente, le ministre
est en train de nous dire : Dans ce projet de loi là, à peu près tout le
corpus législatif, réglementaire et de décret du gouvernement, je pourrais le
mettre de côté pour dire : Là, moi, j'ai un projet à accélérer... sauf un
nombre de lois très limité, qui est nommé. Ça n'a pas... c'est... à notre sens,
là, c'est un principe qui est beaucoup trop large et qui, même, présente des
risques importants pour notre démocratie, parce qu'en réalité le ministre se
donne la possibilité d'écarter ce que le pouvoir législatif et le pouvoir
exécutif doivent faire dans une démocratie
qui fonctionne normalement. Donc, ça, pour nous, c'est très préoccupant. Et
notamment il y a plusieurs des personnes qui sont venues en
consultations particulières, plusieurs des experts et plusieurs des
organisations qui sont venus nous dire...
même lorsqu'elles sont en faveur du principe du projet de loi, sont venus nous
dire : Bien, attention, de ce côté-là, on n'est pas sûrs.
Même chose pour la reddition de comptes et
l'imputabilité. Donc, à l'intérieur de ce projet de loi là, le ministre se donne la possibilité de réduire ses obligations
en reddition de comptes et en imputabilité. Et, encore une fois, répétons-le,
des intervenants qui sont venus nous dire : On est en... on est en accord
avec le principe, mais la reddition de comptes gouvernementale puis la transparence sur ce qu'il fait, pourquoi il fait
les choses, comment ça s'est passé ensuite, est-ce qu'il respecte ses objectifs, est-ce qu'il atteint
ses objectifs, à quel coût, on ne devrait pas diminuer ça, on devrait garder
cette reddition de comptes. Non seulement c'est important en démocratie pour la
transparence du gouvernement, mais les intervenants nous disent
aussi : Si nous, on veut être plus efficaces, si on veut faire de
meilleurs projets, si justement on veut être... on veut aller plus vite, on veut accélérer les projets,
on a besoin de bonnes données, on a besoin de bonnes informations pour être capables de bien dialoguer
avec le gouvernement puis de présenter les meilleurs projets possibles.
• (16 heures) •
Donc, ce que les intervenants et les experts
sont en train de nous dire, c'est qu'il ne faut pas penser que moins
d'informations puis moins de transparence, ça va nous permettre d'aller plus
vite, c'est plutôt l'inverse. On est dans une ère de données ouvertes, de
partage de l'information et de reddition de comptes la plus... la plus complète
possible du gouvernement, non seulement pour
construire les meilleurs projets possibles ou pour développer les meilleurs
projets possibles, mais aussi pour éviter de très nombreux fiascos, dont ceux
dont on parle si souvent aujourd'hui sur la place publique, des projets
qui sont très mal allés. Donc, on ne veut pas ça, et ça, on va surveiller
aussi.
Bon, ensuite,
depuis quelques semaines, les Premières Nations et Inuits viennent ici en
consultations particulières sur le
projet de loi n° 1 pour la Constitution caquiste, le projet de loi n° 11 sur l'allègement réglementaire et administratif, et maintenant
sur ce projet de loi n° 5. Ils nous disent la même
chose : Nous n'avons pas été consultés. Bon, dans ce cas-ci, je dois
concéder au ministre qu'il a eu des conversations. Le chef de l'Assemblée des Premières
Nations du Québec nous l'a dit, il a dit : Mais j'espère que ce n'est pas
ça, une consultation préalable. Et il dit : Nous sommes en train de parler
de projets qui, nécessairement, vont se développer sur le territoire, et, quand
on parle de territoire, on est en 2026, on devrait avoir le réflexe :
Premières Nations et Inuits, il faut qu'on se parle et il faut qu'on
coconstruise, et de manière intéressante. Et je veux que les Québécois
entendent ça. Le chef des Premières Nations... le chef de l'Assemblée des
Premières Nations du Québec et du Labrador n'est pas venu nous dire :
Heille! Nous, on vient vous annoncer qu'on va s'opposer à tous les projets et à
l'accélération. Il est venu nous dire : Si on se parle et si on les
développe ensemble, on pourrait faire de meilleurs projets qui sont dans
l'intérêt de tout le monde et, justement, aller plus vite.
Donc, le ministre a semblé se montrer assez
ouvert. Je l'invite à faire ses devoirs là-dessus et à s'asseoir très
rapidement avec les Premières Nations et Inuits pour coconstruire les règles
qui vont s'appliquer et s'assurer qu'on est main dans la main dans le
développement de ces projets-là, parce que ce sont des projets qui vont se
développer sur le territoire. Et territoire, réflexe, c'est penser Premières
Nations et Inuits.
Ça veut aussi... C'est la même chose pour
l'acceptabilité sociale en général. Les normes et les exigences, par exemple,
en matière de protection de l'environnement, on n'a pas développé ça pour
bloquer les projets, puis pour retarder les projets, puis pour embêter tout le
monde. Ça a été développé pour un certain nombre de très bonnes raisons.
D'abord, parce que, dans le passé, on a eu des expériences très malheureuses où
on a détruit l'environnement, où on a nui à la santé des Québécoises et des
Québécois. Et aujourd'hui, on est en 2026, dans un moment où il ne faut pas
oublier... parce que, là, ce n'est pas parce qu'on est dans un contexte
économique différent que la question des changements climatiques a disparu ou a
changé. Les données demeurent les mêmes, même selon le gouvernement du Québec,
actuellement. Donc, ces normes-là, elles existent pour faire en sorte qu'on
protège la sécurité des Québécois, qu'on protège la santé des Québécois, qu'on
tient compte des changements climatiques et qu'on est dans une optique de
développement durable.
Et tout ça, Mme la Présidente, Mmes et MM. les
Québécoises et les Québécois qui nous regardent, c'est dans l'intérêt
économique du Québec. On est déjà bons dans le développement durable, et on
peut être encore meilleurs, et on a un positionnement concurrentiel à gagner.
Et d'ailleurs, plusieurs grandes entreprises qui étaient dans les énergies
fossiles sont en train de faire des transformations, plusieurs promoteurs ont
compris que de penser développement durable, c'est payant.
Donc, je nous invite aussi à ne pas tomber dans
le paradigme que l'accélération des projets, ça s'oppose au fait qu'on conserve
des normes environnementales exigeantes. On peut faire les deux, et c'est
d'ailleurs ce que sont venus dire les experts, notamment des experts du Centre
québécois en droit de l'environnement. Ils ne sont pas venus nous dire :
On ne veut pas accélérer puis on ne veut pas des projets. Ils sont venus nous
dire : On peut en faire des meilleurs dans l'intérêt collectif des
Québécois, dans l'intérêt économique.
Et c'est d'ailleurs ce que moi-même, j'ai
mentionné, lors d'un échange avec eux. Je rappelais qu'on a vu plusieurs ministres, l'année passée ou l'année
d'avant, se promener avec un livre sous le bras, How Big Things Get Done,
livre que j'ai lu, qui est très intéressant, mais qui parle de ça. On a vu le
ministre des Transports, on a vu l'ancienne ministre des Transports avec ce
livre-là, le chef du cabinet du premier ministre en a parlé, à raison, parce
que c'est un livre intéressant. Mais savez-vous ce qu'il dit, ce livre-là, Mme
la Présidente? Une des principales leçons, en anglais, c'est «think slow, act
fast». Ça veut dire, plus tu vas mobiliser les intervenants avant, plus tu vas
en parler, plus tu vas créer de l'acceptabilité sociale, plus tu vas t'entendre
sur les objectifs avant, plus tu vas réussir tes projets et plus ils vont aller
vite.
Alors, on espère que ce projet de loi là
n'applique pas une logique inverse. Parce que, oui, je le redis, nous, on est
d'accord avec les objectifs. Il y a moyen de se donner les moyens, il y a moyen
de... oui, on peut se donner les moyens d'accélérer les projets, mais sans
escamoter puis sans être toujours dans la dérogation.
Je termine avec une mention au sujet du projet
de loi n° 11, parce qu'au moment même où on parle du projet de loi n° 5, il y a un projet de loi n° 11 sur l'allègement réglementaire et
administratif. Et je me demande si le gouvernement a fait le lien entre
les deux projets, parce qu'il y a peut-être des solutions qui sont recherchées
dans le projet de loi n° 5 qui se trouvent déjà dans le projet de loi
n° 11. Et d'autres sont venus le mentionner qu'il existe déjà, dans les
lois du Québec, dans... y compris dans les lois environnementales mais dans les
lois sur les projets d'infrastructures, des... certaines règles qui permettent
de voir comment on peut accélérer un certain nombre de processus. Est-ce qu'on
a exploré ces voies-là avant d'arriver avec des solutions qui sont quand même,
dans certains cas... qui peuvent sembler assez intrusives? C'est des questions
qu'il faut se poser.
Donc, on va travailler
avec ces considérations-là à l'esprit. Encore une fois, nous sommes d'accord
avec le principe. Et nous rejoignons le
ministre sur plusieurs des commentaires qu'il a faits pendant la commission
parlementaire sur la protection du caractère concurrentiel de notre
économie. On veut montrer qu'on est toujours dans les meilleurs, qu'on peut
faire émerger des projets, dans l'intérêt collectif, rapidement pour saisir les
opportunités, on est là, mais il faut le faire de la bonne façon. Alors, on va
travailler là-dessus, Mme la Présidente. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je suis prête à entendre Mme la députée de Verdun. À
vous la parole.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme la
Présidente. À mon tour d'intervenir sur le principe du projet de loi n° 5
qui vise à accélérer l'octroi des autorisations pour des projets dits
prioritaires et d'envergure nationale.
À première vue, on... qui va vouloir s'opposer à
la vertu, à cette idée d'accélérer des projets importants pour le Québec? Parce
que je pense qu'on partage, des fois, des objectifs communs, des
infrastructures qui se réalisent plus rapidement. Moi, je peux vous en parler
longtemps, de l'état de nos infrastructures en santé, ce que je vis dans mon
comté avec l'Hôpital Douglas, de nos réseaux de transport collectif, des lignes
de métro qui se font attendre, des tramways qui se font attendre, des autobus,
des infrastructures, en termes de mobilité durable, qui n'arrivent pas pour le
développement de nos régions, etc.
Bien, ce qu'on a devant nous, ce n'est pas un
projet d'accélération, c'est un projet de contournement. Puis c'est un projet qui est fait pour contourner, contourner
des processus, contourner des analyses, contourner des contre-pouvoirs et même contourner, dans certains cas, la voix des
citoyens et citoyennes en mettant en péril nos principes d'acceptabilité
sociale.
Et c'est là qu'on regarde comment le projet de
loi a été construit puis dans quels objectifs, qui demeurent, à notre avis, encore pas clairs et qui doivent être
mieux définis — merci
beaucoup — c'est
là qu'on voit que, pour nous, ce projet de loi ne doit pas avoir lieu.
Il y a... Si les projets ne sont pas réalisés au Québec, c'est par un manque de
planification, un sous-investissement chronique dans nos infrastructures
publiques, une tendance à improviser, à faire du gré à gré selon des cycles
électoraux.
Puis la question qu'on se pose puis la question
qu'on... que je n'ai pas entendu mes collègues répondre, ce n'est pas seulement
pourquoi, mais pour qui on est en train de faire ceci, pour quelles entreprises
sommes-nous en train de... pas accélérer, mais contourner nos règles, que ce
soient environnementales mais aussi nos contre-pouvoirs. Et c'est là qu'on n'a
pas de réponse encore.
• (16 h 10) •
On a essayé déjà de questionner le ministre
publiquement. Il nous dit des choses au compte-gouttes en commission. Lors des
audiences, il nous a dit que lui, il souhaiterait cinq grands projets de
1 milliard d'investissements privés chacun, en tout cas, c'est ça qu'on a
cru comprendre, et de nous dire : OK, on veut cinq gros projets à
1 milliard. Qu'est-ce que ça veut dire? D'où va venir cet argent-là? C'est
quelle entreprise que... quels projets que nous allons accélérer? Il n'y a pas beaucoup de projets qui rentrent dans cette
catégorie-là. Mais surtout de regarder ensemble combien ça va nous coûter.
C'est très rare, en tout cas, on l'a vu dans les dernières années avec la CAQ,
qu'une grande entreprise arrive et qui n'attend rien en échange. On a
déjà joué dans des films, on a déjà joué dans des fiascos, vu des fiascos arriver, comme c'est le cas de Northvolt,
dans lequel on nous a promis des millions en investissements, mais on est
restés avec un terrain vide et des dettes. On a perdu de l'argent avec
ces projets-là.
Ça fait que tant que le ministre n'est pas
capable de nous dire quel projet... pour quelle raison chaque projet va être
réalisé, bien, nous, de notre côté, on ne va pas signer de chèque en blanc.
Parce que, oui, revoir les mécanismes pour qu'un projet se fasse bien puis soit
efficace, on est pour, mais pour quels projets sommes-nous en train de le faire
et pourquoi ces projets-là méritent qu'on contourne nos règles
environnementales et sociales?
Après, une autre chose qui est curieuse avec ce
projet de loi, c'est que... le fait qu'il soit porté par le ministre des Finances,
qui se présente comme un arbitre, désormais, entre les intérêts économiques et
vient coordonner ce type de consultations, de quel... comment on va faire pour
avoir une seule évaluation pour arriver au bout de ces projets, parce que, pour
moi, l'objectif du rôle... en fait, le rôle du ministre des Finances, c'est
s'attarder aux revenus et aux dépenses.
Puis ça, il a commencé à le laisser entendre
lors des consultations, parce qu'il nous l'a dit, son objectif, c'est attirer
de l'investissement pour augmenter les revenus de l'État. Donc, c'est parier
sur le fait que, si on limite... en fait, si on déréglemente, si on fait
contourner les règles à ces grands projets là, bien, on va avoir plus de
retombées, en termes fiscaux, que ce soit par des redevances ou par des impôts
aux entreprises. Encore une fois, il reste à démontrer si cette théorie du
ruissellement va arriver jusqu'aux poches des Québécois et Québécoises, parce
qu'on ne sait pas c'est quels projets, dans quel objectif, mais surtout combien
d'argent les contribuables vont mettre dans ces projets-là. Est-ce que ces
projets-là vont recevoir aussi de l'argent d'Investissement Québec? Est-ce
qu'ils vont être rentables de ce côté-là? Je pense que tous les Québécois et
Québécoises sont tannés de voir leurs millions être gaspillés auprès de
multinationales qui n'ont pas livré de marchandises et qu'on a déjà accéléré,
détourné nos règles environnementales en déroulant le tapis rouge.
Chaque intervenant qui est venu nous voir nous a
présenté toutes les lacunes de ce projet-là et toutes les raisons pour
lesquelles je crois qu'il faut s'opposer, la première, concernant le
contournement de la protection de nos territoires agricoles. Même la CPTAQ nous
l'a rappelé, la protection du territoire agricole repose sur un équilibre qui
est très fragile, au Québec, très fragile entre le
développement et la préservation. Et c'est pour ça qu'on a créé la CPTAQ et
c'est pour ça qu'on a créé l'ensemble de réglementations qui vient faire cet
arbitrage. Et introduire des mécanismes d'exception qui sont trop larges risque
de rompre cet équilibre. Le projet de loi n° 5 vise donc à accélérer des
projets en permettant au gouvernement de contourner certaines règles existantes
qui sont là pour protéger nos territoires agricoles.
J'ai, de mon côté, salué même les initiatives
qui ont été faites, il n'y a même pas deux ans, un an et demi, concernant la
protection du territoire agricole. J'étais ici, j'ai... on a collaboré, en fin
de compte, d'avoir un registre des terres, de mettre fin à certaines pratiques
de spéculation. Bien, avec ce projet de loi, au nom des grands projets, nous
sommes en train de reculer, en termes de protection agricole. L'UPA nous l'a
dit, son inquiétude, à quel point ça vient les chercher parce qu'ils... on a déjà
vu des cas où est-ce qu'on a multiplié les dérogations et même pour des projets
jugés importants. Et là on va créer, encore une fois, des précédents qui sont
très dangereux, qui sont très dangereux pour la protection du territoire
agricole.
Puis ce n'est pas quelque chose d'abstrait, nos
terres agricoles. Il faut le comprendre, elles ont un rôle autant au niveau
environnemental, pour la captation de carbone, mais aussi et surtout un rôle
social et économique. Elles sont une activité centrale, centrale dans
l'occupation du territoire, dans le développement de nos régions, dans... pour
assurer notre sécurité alimentaire dans ce contexte mondial, et je l'entendais,
qui est très volatile, qui a beaucoup de concurrence. Bien, si on ne protège
pas nos territoires agricoles, bien, c'est certain qu'on va avoir moins de
produits québécois disponibles face à toute la pression qu'on vit, la pression
étrangère de consommer des produits qui viennent d'ailleurs.
Alors, l'exception, aujourd'hui, devient... qui
est demandée, ce projet de loi là, risque de devenir la norme de demain. Et c'est là que, lorsqu'on ouvre une
brèche dans la protection du territoire, bien, la pression foncière, elle s'y
gouffre immédiatement.
Je pourrais continuer pour vous parler de tous les
effets qu'on voit par rapport à juste ces contournements-là. On peut parler
aussi de la protection des milieux humides et forestiers. Il est impératif pour
nous de souligner et dénoncer que le projet
de loi n° 5 permet au ministre de Finances d'autoriser ce
qu'on appelle des travaux préliminaires, des travaux qui vont être irréversibles, irréversibles : le
déboisement, le drainage, le remblayage, avant même l'évaluation
environnementale globale, qu'elle soit complétée. Ces travaux ne sont pas
mineurs. Ils constituent des atteintes majeures aux écosystèmes qui rendent le
refus du projet final presque impossible une fois le terrain dévasté. Je pense que, là, je n'ai pas besoin de nous rappeler
encore et encore une fois la saga de Northvolt, Northvolt, où 13 hectares de milieux
humides ont été détruits par un projet dont la viabilité a été compromise. Et
on voit très bien c'est quoi, les risques d'agir de façon précipitée.
En ce qui concerne le respect des normes
environnementales, avant de décider d'aller plus vite, il faut s'assurer que
nous allons dans la bonne direction. Un projet peut être rapide et profondément
dommageable. Un projet peut être rentable à court terme et catastrophique à
long terme. C'est précisément, pardon, ça que nous rappelons... nous ont
rappelé tous les mémoires qui ont été déposés en commission parlementaire par
des organisations environnementales issues du droit de la science et de la
protection du territoire. Et tous les organismes écologistes convergent vers un
message clair : il faut que le respect des normes environnementales soit
non négociable.
Le Centre québécois de droit à l'environnement
nous l'a rappelé avec force, le droit de l'environnement repose sur des principes fondamentaux : la
prévention, la précaution, la responsabilité et la transparence. Ceux-ci visent
à éviter des dommages dans le long terme et... pardon, ceux-ci visent à
éviter que les dommages ne surviennent, plutôt qu'à tenter de réparer après
coup. Ça, pour nous, c'est une grande, grande préoccupation. Nous allons
travailler très, très fort en commission parlementaire pour faire en sorte que
nos normes environnementales soient, comme je le disais, non négociables.
Encore une fois, on ne sait pas pour quels projets nous sommes en train
d'accélérer et... pardon, contourner les normes.
Une autre de nos préoccupations, c'est la
protection de l'État de droit, car, au coeur de ce débat, ne se trouve pas seulement la question du développement
économique ou des infrastructures, il se trouve aussi une pierre angulaire de
notre démocratie, c'est l'État de droit.
C'est l'idée que le gouvernement lui-même est lié par les règles qu'il adopte,
que le pouvoir politique ne peut pas agir de façon arbitraire et que les
décisions publiques doivent être prises selon des procédures qui sont connues,
qui sont transparentes et équitables. Lorsque l'État se donne le pouvoir de
suspendre et de contourner ces règles pour certains projets, même avec de
bonnes intentions, on est en train de fragiliser ce principe fondamental. Dans
une démocratie moderne, la légitimité du pouvoir ne repose pas uniquement sur
l'élection, mais sur le respect des institutions et des règles. Les lois
environnementales, les processus d'autorisation, les mécanismes d'évaluation et de consultation, on ne peut pas
les voir comme des obstacles techniques. C'est des garanties démocratiques.
Et on va avoir tout un débat quand on va être
rendus à l'article 22 puis l'article 23, je pense bien, de ce projet
de loi, parce que, là, on voit les pouvoirs que va... le ministre pour
contourner l'ensemble de ces lois. Ce sont ces réglementations qui assurent que
les décisions affectent le territoire... qui affectent le territoire, la santé,
la qualité de vie des populations ne soient pas prises de manière opaque ou de
façon arbitraire.
Et, encore une fois, je cite l'avis du conseil
québécois en droit de l'environnement, qui nous dit que «ces mécanismes
constituent un cadre juridique cohérent visant à protéger l'intérêt public et à
prévenir les abus. Lorsqu'on les affaiblit, on ouvre la porte à l'exception
permanente. Et, contrairement à ce qu'on peut croire, l'État de droit n'est pas
un frein au développement économique. Pour nous, il doit demeurer une
condition. Pourquoi investir dans ce projet si les règles peuvent changer selon
les priorités politiques du moment?» Et ça, cette question-là demeure pour
nous. On n'a pas la liste des projets et on ne sait pas quel chèque en blanc on
est en train de signer.
• (16 h 20) •
Au Québec, on s'est doté,
au fil du temps, d'organismes, de processus indépendants chargés d'évaluer les impacts des projets et assurer la protection dans
l'intérêt public. Et donc, ces institutions constituent ces contre-pouvoirs
qui sont essentiels, permettant de séparer l'analyse technique et scientifique
des considérations politiques. Et c'est là, Mme la Présidente, qu'on se rend
compte que ce projet de loi vient justement affaiblir ces contre-pouvoirs,
l'analyse environnementale, l'analyse
scientifique, au nom des intérêts nationaux, des projets d'envergure qu'on ne
connaît pas encore.
Tout à
l'heure, j'entendais mon collègue de Jean-Talon parler des principes de consultation des Premières Nations, mais le projet de loi n° 5,
pour nous, c'est une menace aux droits ancestraux et une entrave au processus
de réconciliation avec les Premières Nations, parce que le projet de loi
ne prévoit aucune garantie claire assurant le consentement libre, préalable et
éclairé des peuples autochtones, ce qui est dans la déclaration des droits des
peuples autochtones selon les Nations unies. Sans droit de veto, le... en fait,
le test risque de transformer les droits... constitutionnels, pardon, de
participation à une simple étape procédurale que le ministre peut choisir
d'ignorer, s'il juge le projet stratégique. Ce qu'on voit dans
l'article 4, ça limite à prendre en compte des intérêts, les intérêts des
communautés. Alors, ce qu'il faut exiger, c'est que le projet soit
explicitement appuyé par les communautés.
Il faut s'inquiéter du pouvoir, en ce moment,
que le ministre des Finances va se donner, d'autoriser des travaux
irréversibles sur des terres faisant l'objet de revendications ou d'usages
ancestraux. L'autorisation des travaux avant la consultation réelle crée un
fait accompli qui mine la confiance des communautés et rend toute négociation
ultérieure inutile, si le territoire est déjà altéré, en plus la possibilité
pour le gouvernement de réserver des terres d'État pour des mégaprojets qui
pourraient geler des territoires vitaux pour les activités de chasse, pêche des
peuples autochtones sans leur accord préalable.
Dans un autre ordre d'idées, la centralisation
des décisions territoriales entre les mains d'un ministère à vocation purement économique,
pour nous, est aussi problématique. Le ministère des Finances n'a pas
l'expérience, la mission... ni la mission, en fait, pour évaluer l'impact des
impacts culturels ou sociaux profonds du développement sur le mode de vie
autochtone. Malheureusement, cette structure risque de soumettre le processus
d'examen à des pressions politiques externes, sacrifiant les droits ancestraux
au nom seulement des... et je répète, des projets dits d'envergure,
prioritaires ou d'envergure nationale.
Il y a aussi des enjeux concernant l'incertitude
et de la teneur des projets. Contrairement aux lois d'accélération précédentes, puis
ça, je nous le rappelle, il y a quand même eu une loi pour accélérer des
projets d'infrastructure, contrairement à la loi n° 69,
je me souviens de l'ancienne législature, le projet de loi n° 5 ne
contient aucune liste de projets prédéfinis,
aucune annexe avec les projets qui seront, soi-disant, accélérés. Puis je veux
juste rappeler qu'il y a eu tout un débat sur l'accélération d'infrastructures
pendant la pandémie. Il y avait une liste de ces projets-là. Je ne vais pas faire ici, Mme la Présidente, tout le bilan de
ce qui a pu être fait ou pas, parce qu'on a quand même... chaque semaine,
on a quand même des nouvelles sur l'état de nos infrastructures. Puis je me
permets quand même un aparté. Dans cette liste-là, il y avait l'école... la
troisième école à L'Île-des-Soeurs, et dont on attend toujours le projet.
Alors, ça ne veut pas dire non plus que la CAQ nous avait vendu des projets
d'accélération d'infrastructures avec une liste, mais ces projets-là ne sont...
jamais été réalisés.
Mais là revenons-en au projet de loi n° 5.
On n'a même pas de liste, on ne sait pas encore de quoi qu'on parle. Comment le
gouvernement peut-il demander à l'Assemblée nationale d'approuver un régime
d'exception sans dire précisément qu'est-ce qu'on va faire avec ça? Quelle est
cette vague terminologique, vous regarderez l'article 4, pour définir un projet dit stratégique et de grande
ampleur? On y voit des termes comme «intérêt collectif», comme «stratégique»,
«mise en oeuvre réussie» et qui ne sont nulle part définis dans le projet de
loi. Les critères énumérés sont purement facultatifs.
Le gouvernement peut les considérer, ce qui permet aussi une sélection
arbitraire au gré de la volonté politique du moment. En l'absence d'indicateurs
objectifs et mesurables, n'importe quel projet majeur pourrait potentiellement
être désigné. Le processus de désignation, qui favorise les discussions en
coulisse plutôt que la planification publique, est, pour nous, extrêmement inquiétant. La demande initiale du promoteur
reste inconnue du public pendant que le gouvernement l'étudie. Ceci crée
quand même une boîte noire, propice, pour nous, au lobbyisme intensif, avant
même qu'un avis ne soit publié.
Ce système va nous créer une impression de
partialité, où un projet pourrait être refusé aujourd'hui et un projet identique
accepté demain sous prétexte que l'intérêt collectif a changé. Le mécanisme
d'autorisation unique crée aussi une insécurité juridique. Et, enfin, le projet
de loi permet d'adapter les normes à chaque projet, plutôt que de s'assurer que
les projets soient conformes aux lois votées, ce qui laisse la population dans
une grande incertitude quant aux garanties en termes de sécurité et de santé.
Je vise
conclure, Mme la Présidente, en disant que nous prenons aujourd'hui des
décisions dont les conséquences se feront sentir pendant les prochaines
décennies. Il nous reste quatre mois à cette session parlementaire. Je ne sais
pas si le ministre va nous dévoiler quels sont les cinq projets, où sont ces
5 milliards promis, et je pense que peut-être on ne va jamais arriver...
voir arriver ce projet de loi d'ici la fin de la session parlementaire. Alors,
tout ce qu'on fait aujourd'hui va avoir des
implications directes, des implications directes dans le développement pas
seulement économique, mais l'occupation du territoire. Les générations
futures vont hériter des infrastructures que nous construisons, mais aussi des dommages qu'on va avoir causés avec ces
contournements. Moi, je trouve ça déplorable, parce qu'on ne pourra pas
retourner en arrière.
Et c'est pour ces raisons-là, et tout ce que
j'ai évoqué tout à l'heure, qu'on ne va pas signer de chèque en blanc, que nous
nous opposons au principe du projet de loi et que nous allons être là, pendant
l'étude détaillée et dans toutes les étapes qui vont suivre, pour talonner et
comprendre dans quel intérêt la CAQ est en train de travailler, quels sont ces
projets-là, combien d'argent ça va coûter aux Québécois et quels sont les
dommages qui vont être causés par le contournement de nos lois sociales et
environnementales. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le
projet... le principe du projet de loi n° 11?
Mise aux voix
Comme il n'y a pas d'autre intervention, le
principe du projet de loi n° 11, Loi modifiant
diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
réglementaire et administratif, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Adopté sur division. M. le leader adjoint du gouvernement.
Renvoi à la Commission des finances publiques
M. Lévesque (Chapleau) : Oui. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Et donc, conformément à l'article 243 de notre règlement, je fais motion afin que le
projet de loi n° 5, la Loi
visant à accélérer l'octroi des autorisations requises pour la réalisation des
projets prioritaires et d'envergure nationale, soit déféré à la Commission des finances publiques pour son
étude détaillée et que le ministre des Finances soit membre de ladite
commission pour la durée du mandat.
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Motion adoptée. Pouvez-vous nous indiquer la suite de nos travaux, M.
le leader adjoint?
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 16 du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi n° 111
Adoption
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, à l'article 16 du
feuilleton, M. le ministre délégué au Développement économique régional propose l'adoption du projet
de loi n° 111, Loi modernisant
la Loi sur les coopératives et modifiant d'autres dispositions.
Je vous cède la parole, M. le ministre.
M. Eric Girard
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Bon,
bien, merci, Mme la Présidente. Alors, je suis bien... très heureux, là, d'être ici, là, pour l'adoption finale du projet
de loi n° 111, bien entendu, qui vient nous permettre de doter les
coopératives non financières d'un cadre législatif moderne et flexible.
Vous savez, Mme la Présidente, les coops font
partie de l'histoire du Québec. Ça fait plus de 200 ans que les coops
existent. On parle de tout près de 2 900 coopératives, ici. On est
les leaders mondiaux au niveau coopératif, au niveau
de l'économie sociale. On sait que c'est un mouvement qui inspire des valeurs
de solidarité et d'équité pour améliorer notre qualité de vie. Comme je le mentionnais, elles ont façonné aussi
la société dans de nombreux secteurs de notre économie.
• (16 h 30) •
Et, en instaurant la Loi sur les coopératives,
bien entendu, le Québec a été un véritable précurseur en matière de droit
coopératif à l'échelle internationale, et, bien entendu, on veut le demeurer.
Et la dernière version, la dernière révision qui avait été faite de cette loi
remonte à plus de 20 ans, mis à part quelques modifications, là, qui
avaient été faites en 2015.
Donc, avec ce projet de loi, on vient, bien
entendu, faire progresser le mouvement coopératif pour s'assurer que le Québec continue de faire partie de
l'avant-garde dans ce domaine. On offre aussi aux coopératives un environnement
d'affaires qui leur permet d'innover encore
plus et de contribuer pleinement au développement socioéconomique du Québec.
Puis je rappelle aussi que le projet de loi,
bien, a été réparti en quatre axes : premièrement, on réaffirme le
caractère distinctif des coopératives, on vient réintroduire aussi une
définition de la ristourne, deuxièmement, on insère de nouvelles dispositions
afin que le cadre légal reflète bien l'évolution des coopératives dans les
dernières années, troisièmement, on vient améliorer la gouvernance en encadrant
la communication et la gestion de l'information, et finalement, bien, le projet
de loi prévoit l'harmonisation de la loi aux autres cadres législatifs en
vigueur.
Avec ces changements
proposés dans ces quatre axes, on vient, bien entendu, réaffirmer notre volonté
et celle du mouvement coopératif québécois d'adapter la loi aux nouvelles
réalités d'affaires de ce modèle entrepreneurial, tout en préservant son
identité singulière. On s'assure ainsi de bâtir un environnement d'affaires
toujours plus propice à la réussite de nos entreprises collectives.
Donc, en terminant, Mme la Présidente, je tiens
sincèrement à remercier mes collègues du côté de la banquette gouvernementale
qui ont siégé avec moi dans ce projet de loi qui était quand même très, très
technique. Donc, merci de votre patience. Je remercie, bien entendu, ma
collègue de... la députée de Notre-Dame-de-Grâce, avec qui j'ai eu bien du
plaisir à collaborer, et, bien entendu, mon adjointe parlementaire, la députée
de Labelle, qui a participé avec moi. Je
remercie aussi toute l'équipe ministérielle, l'équipe du cabinet, mais je
remercie aussi également tous les groupes qui sont venus en commission
parlementaire nous faire part de leurs... de leurs préoccupations. C'était un
projet de loi qui était attendu. C'est un projet de loi qui a été travaillé
longtemps avec l'équipe du ministère, attendu du milieu coopératif.
Donc, encore une fois, là, je tiens sincèrement
à remercier tous les gens du milieu coopératif qui sont venus, qui ont
collaboré avec nous. Le projet de loi est fait pour eux, et on a tenu compte de
leurs demandes, je crois bien, avec mes
collègues. Donc, je vous demande, Mme la Présidente, d'adopter... de faire
l'adoption finale de ce projet de loi là. Donc, merci à tous.
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, M. le ministre.
Maintenant, je suis prête à céder la parole à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, moi, je tiens à saluer le ministre, et son équipe, et
la banquette ministérielle pour un travail... un très bon travail, un travail
aussi de longue haleine. Comme l'a dit le ministre,
ça a été attendu depuis au moins une décennie. Je me permets de le dire, ça a
été, je pense, commencé sous un gouvernement libéral, mais ça a été...
ça a atterri avec le gouvernement présentement. Et ça a été attendu, mais
aussi, je pense que le fait que ça vient... que ça a été... oui, c'est pour
le... c'est pour le mouvement coopératif, mais aussi c'est avec et par... avec
le gouvernement. Donc, je pense que c'est vraiment exemplaire. Il y a peut-être
des collègues, de mon côté, qui trouvent que j'ai été trop gentille, mais je
pense qu'il faut souligner, quand il y a un succès... il faut le souligner. Et
je pense que c'est un modèle à suivre, effectivement, travailler avec... sur le
terrain avec le milieu. Puis on voit ce que ça... ce que ça donne. Donc, je
tiens à le souligner, tout le travail qui a été fait.
Et je souligne aussi, comme l'avait dit le
ministre, le Québec est reconnu, Mme la Présidente, à travers le monde comme un
leader, un chef de file dans le mouvement coopératif. Et cette loi vient
moderniser une loi qui existait déjà, c'est-à-dire la Loi, bon, sur les
coopératives, qui a été adoptée pour une première fois en 1972. Ça a été très à
l'avant-garde, 1972, Mme la Présidente. 1982, je devrais dire, 1982. Donc, ça
fait quand même plus que 40 ans. C'est quand même très avant-garde, 1982.
Et 2025, ça a été l'Année internationale des coopératives, donc ça a été
complété quand même tout de suite après cette année-là, et je ne doute pas que
le milieu coopératif en est fier et reconnaissant.
Et on a entendu ces groupes-là pendant...
pendant les consultations. Je pense que moi, j'ai beaucoup appris. On a pris
note. Et, suite aux consultations et des amendements qui ont été proposés pour
bonifier le projet de loi... Et nous, on
essaie toujours, en tant qu'opposition officielle, de travailler avec rigueur,
mais aussi de bonne foi, de collaborer, ça fait qu'on a travaillé pour bonifier
le projet de loi suite aux recommandations par les groupes en étude... pardon,
en consultations. Et, en étude détaillée, on a proposé six amendements,
Mme la ministre, et les six ont été adoptés. Alors, je tiens aussi à souligner l'ouverture du ministre, et de la banquette
ministérielle, et du gouvernement à ces amendements qui proviennent du
milieu, encore une fois, mais qu'on a pu proposer et que ça a été adopté. Et ce
n'est pas à chaque jour que ça arrive, alors je tiens encore une fois à le
souligner. Ça a été vraiment un beau travail d'équipe, qui reflète, je pense,
beaucoup les valeurs du mouvement coopératif. Donc, comme je dis, ça a été
exemplaire. Et je souligne en particulier le travail du Conseil québécois de la
coopération et de la mutualité, qui ont vraiment joué un rôle de premier plan
au sein du mouvement coopératif au Québec, vraiment pour faire avancer ce
projet de loi.
Donc, je tiens peut-être à souligner aussi...
Comme je dis, je pense que le travail qu'on a fait en commission reflète très
bien les valeurs et l'approche du mouvement coopératif. Et d'ailleurs il y a
sept principes qui sont... qui ont été déterminés par l'Alliance coopérative
internationale et qui guident leur mission, et je tiens à les souligner, Mme la
Présidente. Donc, dans un premier temps,
qu'est-ce qui distingue un peu les coopératives? Parce que, bien que le Québec est
reconnu comme chef de file au sein du Canada puis, dans le monde, comme un
leader, les gens ne comprennent pas nécessairement c'est quoi, ce mouvement
coopératif. Mais ça fait partie de notre ADN au Québec. Alors, je prends le
temps de souligner les sept principes qui guident la mission des coopératives.
Donc, une adhésion... dans un premier temps, une adhésion volontaire et ouverte
à tous, donc c'est très inclusif; deuxièmement, un pouvoir démocratique exercé par les membres; troisièmement, une
participation économique des membres; quatrièmement, une autonomie et une
indépendance de la gestion par les membres; cinquièmement, une offre
d'éducation, de formation et d'information pour les membres et les employés;
sixièmement, une coopération entre les coopératives; et finalement un
engagement envers la communauté, et c'est cet engagement envers la communauté
qui distingue vraiment les coopératives. C'est vraiment dans leur mission, dans
leur ADN. Et ce n'est pas du nouveau. Ce n'est pas la saveur du mois ou de
l'année. Ça a été dans leur... leur ADN bien avant que ça devienne quelque
chose de populaire.
Alors,
nous, on voit, au Québec, qui reflète parfaitement ces principes, Mme la
Présidente. On pense évidemment à Desjardins. Ce projet de loi, ça ne
concerne pas les coopératives dans le domaine des finances, mais, quand même, Desjardins, ça fait partie de notre ADN, c'est un fleuron
québécois, mais aussi d'autres secteurs. Il y a d'autres secteurs qui... Bien,
d'ailleurs, tous les secteurs qui ne sont pas le secteur financier, le projet
de loi relève de ces secteurs-là. Donc, on pense aux coopératives en
habitation, on pense aux... qui offrent des logements normalement plus
abordables à leurs membres, aussi des vecteurs d'implication communautaire, on
pense aux coopératives agricoles comme Sollio, Agropur et Exceldor qui créent
des emplois au Québec et qui permettent aux producteurs de conserver un
contrôle collectif sur la production et la valeur.
Donc, ça, c'est...
les coopératives sont vraiment dans tous les domaines, dans tous les secteurs
de l'économie et de la société québécoise. Et le but de tout ça, là, c'est...
c'est de faire rayonner le milieu coopératif en faisant des réformes qui vont
faciliter l'opération de leurs... leurs opérations et aussi de leur faire
rayonner eux-mêmes, mais aussi de faire rayonner le Québec au sein du Canada
mais aussi partout dans le monde. Donc, on a quand même, avec ce projet de
loi...
Puis je tiens à
souligner quatre avancées en particulier avec ce projet de loi. Avec ce projet
loi et une loi éventuelle, on a reconnu de manière explicite le caractère
distinctif des coopératives dans une disposition préliminaire qui les définit comme étant détenues
collectivement et contrôlées démocratiquement par leurs membres et comme n'ayant
pas la profitabilité comme fin ultime.
Dans un... Dans un
deuxième temps, ce projet de loi a introduit le concept de réserve... de
réserve pour ristournes éventuelles
permettant aux excédents d'une coopérative d'être placés dans une réserve qui
servira au versement des... de ristournes dans le futur.
• (16 h 40) •
Dans un troisième
temps, le projet de loi a introduit la notion de coopérative d'intérêt
collectif qui permet à une coopérative de déclarer qu'elle est exploitée non
seulement dans l'intérêt de ses membres, mais aussi dans celui d'une
collectivité.
Et, dans un
quatrième... dans un quatrième temps, ce projet de loi vient officialiser les
coopératives à but non lucratif, parce que les coopératives ne sont pas
nécessairement à but lucratif, mais il y en a qui le sont. Donc, ça vient
officialiser qu'elles peuvent se déclarer ainsi en s'interdisant de verser une
ristourne ou des intérêts sur des parts privilégiées et cela permet de
faciliter l'accès à des programmes et à des mesures de soutien.
Donc, comme
opposition, en tant que porte-parole de l'économie sociale pour ma formation,
pour l'opposition officielle, nous avons soutenu cette réforme demandée par le
milieu et nous sommes arrivés en commission avec, comme je dis, esprit de collaboration et aussi de rigueur. Et on tient
encore une fois à souligner la belle collaboration du ministre, et de la
banquette ministérielle, et du gouvernement. Donc, je n'irai pas dans les
détails des six amendements qu'on a proposés qui ont été acceptés, mais, comme
je le dis, Mme la Présidente, ce n'est pas à tous les jours que ça se fait, et
je me dois de le souligner.
Alors, en conclusion,
en conclusion, Mme la Présidente, donc, c'est un projet de loi qui démontre que
l'on peut faire... ce qu'on peut faire ici, dans l'enceinte parlementaire,
lorsque le gouvernement, les législateurs et la société civile collaborent
ensemble. Alors que nous approchons maintenant l'adoption finale, je suis fière
d'avoir participé au processus législatif de ce projet de loi n° 11,
et j'espère que cette réforme donnera au mieux aux coopératives québécoises les
outils supplémentaires dont elles ont besoin pour continuer d'être un acteur
d'impact dans notre collectivité. Et c'est
pour cela, Mme la Présidente, que nous, l'opposition officielle, nous allons
voter pour l'adoption de ce projet de loi n° 111.
Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a...
Des voix :
...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Est-ce qu'il y a d'autres intervenants?
Mise aux voix
Comme il n'y a pas
d'autre intervention, le projet de loi n° 111, Loi
modernisant la Loi sur les coopératives et modifiant d'autres dispositions,
est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Adopté.
Juste avant de vous
céder la parole, je veux juste m'assurer que tout le monde avait bien compris
que, le projet de loi précédent... en fait le principe du projet de loi n° 5, celui que nous avions adopté, la Loi visant à
accélérer l'octroi des autorisations
requises pour la réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale, que
nous avions adopté juste avant celui-ci. Parfait.
Donc, M. le leader
adjoint, je vous cède la parole pour nous indiquer la suite de nos travaux.
Ajournement
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Nous avons bien adopté l'ensemble, du moins,
des projets de loi ou les différentes étapes que nous avions à faire cet
après-midi. Merci beaucoup d'avoir présidé nos travaux. Et donc je vous
demanderais de bien vouloir ajourner nos travaux à demain, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, compte tenu... La motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bon, bien, alors, les travaux sont ajournés au
mercredi 18 février 2026, à 9 h 40. Merci.
(Fin de la séance à 16 h 44)