Journal des débats de l'Assemblée nationale
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
Le
mardi 17 février 2026
-
Vol. 48 N° 37
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13 h 40 (version non révisée)
(Treize heures quarante-et-une minutes)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Bon mardi. Vous pouvez vous asseoir.
Donc, nous débutons nos travaux à la
rubrique de déclarations de députés, et je cède immédiatement la parole à M. le
député de Joliette.
M. St-Louis : Merci, Mme la
Présidente. Je souhaite aujourd'hui rendre hommage à une grande fierté
québécoise, une athlète de cœur et de courage, Mme AudreyMcManiman. Originaire
de Saint-Ambroise-de-Kildare, Audrey incarne, avec brio, la résilience et la
détermination qui distinguent si bien nos athlètes olympiques. Médaillée d'or
aux slopestyle aux Jeux olympiques de la jeunesse d'Innsbruck en 2012 et sacrée
championne nord-américaine, elle a toutefois dû faire face aux lourdes
conséquences d'une commotion cérébrale qui aurait pu mettre fin à sa carrière.
Animée d'une force remarquable, elle a su se réinventer avec audace en
snowboardcross. À 31 ans, cette Québécoise représente fièrement le Canada
aux Jeux olympiques de Milano Cortina Audrey nous rappelle que la véritable victoire
ne se mesure pas uniquement en médaille, mais aussi en persévérance, en
dépassement de soi et en passion pour son sport.
Chère Audrey, je joins ma voix à celle de
la population lanaudoise pour te féliciter pour ta détermination, ton
authenticité, pour avoir porté si haut les couleurs du Québec. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Alors, du 16 au 22 février, cette semaine, nous soulignons la Semaine
scoute 2026, qui porte le thème Le scoutisme, une fierté qui nous unit. Dans ma
circonscription Notre-Dame-de-Grâce, il y a le groupe de scouts de NDG, le
groupe de scouts de Montréal-Ouest et aussi le groupe de scouts de Sainte
Catherine-de-Sienne, mon ancienne école primaire. Et nous avons, avec nous,
Alexandre... qui nous rapporte, qui représente ce groupe... le 132e, je crois.
Alors, bravo et félicitations! Grâce à l'enseigne, l'engagement remarquable de
leurs bénévoles des générations de jeunes y apprennent bien plus que des
techniques de plein air. Dans un monde où nos jeunes cherchent des repères, des
occasions de se dépasser, le mouvement scout offre un cadre, un cadre inclusif,
accueillant et porteur de sens. Il contribue concrètement à former des citoyens
et des citoyennes engagés, solidaires et prêts à bâtir des milieux de vie plus
forts et plus résilients.
Je tiens à remercier chaleureusement tous
les jeunes scoutistes, les animateurs, les animatrices et tous les bénévoles
qui font rayonner ce mouvement. Félicitations!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de
Vimont.
Mme Schmaltz : Merci, Mme la
Présidente. Je me lève aujourd'hui pour saluer la mémoire du Major Frédéric
Paris, ancien commandant de l'Escadron 709 Vimont-Auteuil, dont le départ
trop hâtif bouleverse profondément notre communauté. Policier du SPVM,
militaire au sein de l'armée canadienne, il a consacré sa vie au service des
autres. Son parcours témoigne d'un sens du devoir exceptionnel et d'un
leadership profondément humain. À la tête de l'Escadron 709, il a su
inspirer, structurer et élever les standards. Lorsqu'il parlait, les jeunes
écoutaient. Il les guidait avec rigueur, mais toujours avec bienveillance. Je l'ai
vu ému de leurs réussites, fier de leurs accomplissements et déterminé à
défendre leur développement.
Il m'a fait découvrir l'univers des cadets
et m'a transmis son amour pour cette jeunesse engagée. Le jeton de l'Escadron
qu'il m'a remis demeure pour moi un symbole précieux de son engagement. À sa
conjointe, la capitaine Stefania Cimino, à sa famille et à tous les cadets, j'offre
mes plus sincères condoléances.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à entendre M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Aujourd'hui, je souhaite souligner le 40e anniversaire de
la Table de concertation du quartier Saint-Henri, évidemment, dans ma
circonscription. C'est le regroupement de 10 organismes communautaires de
l'époque qui avaient permis de lancer la Corporation de développement
communautaire Solidarité Saint-Henri, plus communément appelée SSH. Depuis 1986,
SSH a initié et aussi participé à de nombreux combats pour les résidents de
Saint-Henri et de même que des quartiers avoisinants. Je pense notamment à leur
participation à la marche Du pain des Roses, à leur victoire en 2000 contre l'installation
du site de transbordement Matrec et à leur mobilisation importante pour lutter
contre l'itinérance et l'insécurité alimentaire dans le quartier.
Nous notons aussi l'un de leurs plus grands
accomplissements, le lancement de ce qui est devenu l'Épicentre, un organisme à
but non lucratif en sécurité alimentaire, qui nourrit des centaines de résidents
de la circonscription. Aujourd'hui, dans un quartier qui a vécu de grands
changements, SSH se mobilise pour le maintien de l'action communautaire
autonome...
13 h 45 (version non révisée)
M. Cliche-Rivard : ...et en
faveur du filet social, ne laissant personne derrière. Longue vie à SSH.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Bonaventure.
Mme Blouin : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Alors, aujourd'hui, je souhaite vous parler d'une innovation à l'école
Bourg de Carleton-sur-Mer, qui a mis sur pied le projet Auto D pour
autodétermination. C'est une démarche qui repose sur un principe simple mais
essentiel, c'est-à-dire de placer l'élève au cœur de ses apprentissages. Ça l'amène
à mieux se connaître, à reconnaître ses forces, ses défis et les outils qui
fonctionnent pour lui. Ça permet de développer l'autonomie, la motivation, la
confiance et bien sûr, ça favorise un engagement scolaire qui est durable. C'est
né de l'initiative de Mme Nancy Johnson, l'éducatrice spécialisée, une approche
qui a rapidement mobilisé toute l'équipe-école et depuis quelques années, ce
sont tous les élèves qui en bénéficient. Un projet qui rayonne au-delà de l'établissement,
alors c'est une grande fierté.
Je veux également souligner la remarquable
capacité d'adaptation et la résilience dont ont fait preuve le personnel, les
élèves et les familles à la suite de l'incendie du 26 janvier dernier.
Dans l'épreuve, ils ont démontré une solidarité franchement inspirante. Alors
les directrices, autant de centres de services scolaires que de l'école Bourg
et leurs équipes accomplissent un travail remarquable. Alors, je tenais à le
souligner. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Mme la députée de Saint-Laurent, à vous la parole.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Le 11 février dernier, j'étais au lancement des festivités
de l'hôpital Sacré-Cœur pour leur 100 ᵉ anniversaire. Mais le 11 février,
c'est aussi la Journée internationale des femmes et des filles en sciences. Ça
tombe bien, parce qu'en 1926, qui a fondé l'hôpital Sacré-Cœur? Et bien, les
sœurs de la Providence. Et maintenant, un siècle plus tard, cet hôpital, dit à
l'époque des incurables, jour après jour, soigne les personnes avec cœur,
dignité et fierté. Des petits grands miracles sont réalisés quotidiennement. J'ai
rencontré des infirmières, des préposés aux bénéficiaires, des médecins. D'ailleurs,
on peut les voir dans 24/7 à Télé-Québec, certains d'entre eux, qui tous les
jours, ont leur hôpital tatoué sur le cœur leur hôpital dit vintage. Alors, je
vous dis merci du fond du cœur pour votre dévouement auprès des plus malades de
notre société. Je nous souhaite à nous tous un hôpital neuf pour le 100 ᵉ
anniversaire et merci à vous tous, mais aussi merci à la fondation de l'hôpital
Sacré-Coeur qui est elle aussi fête 100 ans, bon 100 ᵉ. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de
Nicolet-Bécancour.
M. Martel : Mme la Présidente,
je souhaite aujourd'hui rendre hommage à Claude Lefebvre, qui a occupé les
fonctions de maire de Baie-du-Febvre de 2013 à 2025. Fier de ses oies blanches,
de son théâtre Belcourt, de ses paysages bucoliques et de ses activités
estivales prisées, ce charmant village rural est aussi reconnu pour l'accueil
chaleureux de ses habitants. Au cours des 12 dernières années, le village
a pu compter sur un leader attentif et inspirant en la personne de Claude Lefebvre.
Gestionnaire avisé et homme d'action, M. Lefebvre a su conjuguer écoute,
respect et ambition, plaçant la qualité de vie de ses concitoyens au cœur de ses
priorités. Parallèlement à ses responsabilités municipales, M. Lefebvre a aussi
assuré la gestion d'une ferme laitière reconnue pour son excellence et ses
pratiques agricoles respectueuses du climat et qui offre des perspectives
prometteuses à la relève familiale. Merci, Claude, pour ta contribution à la
prospérité de la belle Baie-du-Febvre.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je suis prête à entendre M. le député d'Arthabaska.
M. Boissonneault : Merci, Mme
la Présidente. Je veux rendre hommage aujourd'hui à un entrepreneur d'exception,
il est avec nous, M. Yvan Carrier, fondateur de l'entreprise YGC en 1992, M.
Carrier s'apprête à franchir un jalon remarquable près de 35 années d'engagement
au service du développement économique de notre région. Par son leadership et
par sa détermination, il a contribué de façon durable au dynamisme de L'Érable
et d'Arthabaska tout en bâtissant une entreprise solide et respectée. Mais au-delà
de ses réussites professionnelles, je veux souligner autant la qualité de l'entrepreneur
que la qualité de la personne. Tout le monde dans L'Érable vous le dira, Yvan
Carrier est un homme reconnu pour son authenticité et sa franchise. Il s'est
impliqué dans plusieurs organisations, notamment le Comité promotion
résidentiel et le Club Richelieu de Plessisville, de même que les Tigres de
Victoriaville. Bâtisseur et mentor, il a également transmis sa passion du monde
des affaires à ses deux fils, assurant ainsi la continuité de cet esprit
entrepreneurial. M. Carrier, votre parcours impose le respect au nom de notre...
13 h 50 (version non révisée)
M. Boissonneault : ...communauté,
je veux vous remercier pour votre dévouement. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne : Merci, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, j'aimerais souligner la contribution d'un véritable
bâtisseur du développement régional dans ma circonscription. Nouvellement
retraité, Bertin Denis a consacré plus de 15 ans au service des citoyens comme
préfet de la MRC des Basques, jouant un rôle déterminant pour la vitalité du
territoire, notamment dans le développement du parc du Mont Saint-Mathieu et la
réalisation du parc éolien. Nicolas Rioux. Bertin possède un parcours
impressionnant, tant à l'échelle locale, régionale, puisqu'il a aussi occupé la
présidence du Collectif régional de développement du Bas-Saint-Laurent pendant
cinq ans. En tant que député, je m'étais engagé auprès de M. Denis pour que le
nom des Basques soit ajouté au nom de la circonscription, dossier qu'il a mené
de front pendant plus de 10 ans. En 2025, on a pu célébrer ensemble cet
engagement rempli. Bertin, merci pour ton engagement exemplaire et l'empreinte
durable que tu laisses dans la MRC des Basques et dans l'ensemble de notre
belle région. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Vachon.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Dans le cadre de la Semaine de la persévérance
scolaire, c'est un plaisir et un honneur de recevoir une classe d'élèves de ma
circonscription dans nos tribunes. Je leur souhaite la bienvenue dans leur
Assemblée nationale. Très heureux de vous voir aujourd'hui. La persévérance, c'est
de ne pas lâcher. De continuer malgré les défis, les obstacles. Réussir, ça
demande des efforts, de la motivation, de la détermination. Dans un monde où
nos jeunes sont bombardés d'images de succès instantanés, c'est important de se
le rappeler : il faut oser, il faut essayer, il faut écouter. Mme la
Présidente, nous aussi, comme adultes, nous avons un rôle à jouer, en tant que
papa de deux jeunes filles, je sais à quel point c'est important. Les adultes
ont un rôle très important pour encourager nos jeunes. Alors, à Mme Hélène,
Marie-Hélène, pardon, qui accompagne les étudiants, tous les profs, je leur dis
merci d'être ici aujourd'hui. Merci de tout cœur pour nos jeunes. Votre
soutien, vos gestes au quotidien aident les élèves à garder leur motivation. À
vous les jeunes, persévérez, allez au bout de vos rêves. Merci d'être avec nous
aujourd'hui. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. C'est un plaisir pour moi de saluer trois citoyens de la
circonscription de Beauce-Sud, M. Christian Dutil, Lara .... et Elmer Cabrera
Sanchez, qui sont membres du groupe des scouts dans la ville de Saint-Georges,
dans la circonscription de Beauce-Sud. Il faut le dire, depuis 1955, le groupe
des scouts existe du côté de Saint-Georges, qui a aidé des milliers de jeunes
Beaucerons à les préparer à être des citoyens de demain. Vous les connaissez
dans les différents groupes d'âge où évidemment, on fait de la formation, de l'accompagnement,
où on les aide, également, à faire face à différentes situations de leur vie.
Je veux saluer le travail exceptionnel accompli par la vingtaine d'accompagnateurs,
par les parents, par les bénévoles qui rivalisent d'audace, de créativité pour
garder nos jeunes engagés, stimulés. Évidemment, comme député, comme ministre
responsable de la jeunesse, je ne peux que vous remercier pour le temps, la
passion, le dévouement et on vous souhaite encore de belles années à
accompagner nos jeunes du Québec. Merci beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant... avec la conclusion, avec M. le député de Mégantic.
M. Jacques : Merci, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, je tiens à souligner le travail remarquable de deux
bénévoles exceptionnels de ma circonscription. Je veux d'abord rendre hommage à
Mme Jeanine... Bolduc, engagée au sein de l'AFÉAS de Cookshire-Eaton depuis sa
fondation, elle cumule plus de six décennies de bénévolat. Ses consœurs parlent
d'elle avec admiration, évoquant son jugement éclairé, sa générosité, son
dévouement indéfectible. Par son engagement constant, Mme Bolduc a contribué à
faire progresser la cause des femmes, une action à la fois. Je souhaite
également souligner l'engagement de Mme Rose-Élaine Lessard, membre de l'AFÉAS
de Sawyerville depuis 1989. Avant de s'y joindre, elle s'était déjà impliquée
au sein de l'AFÉAS de Saint-Isidore de Clifton, démontrant ainsi son engagement
soutenu et fidèle envers la mission de l'organisme. Elle a joué un rôle
déterminant dans la relance de l'association locale, lui... insufflant un
nouvel élan. Femme accueillante et rassembleuse, elle était une véritable
ambassadrice pour sa communauté. Merci à ces deux femmes exceptionnelles. Merci...
13 h 55 (version non révisée)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : ...merci,
M. le député. Cela met fin à la rubrique de déclarations de députés.
Et je suspends les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 13 h 56)
14 h 05 (version non révisée)
(Reprise à 14 h 06)
La Présidente : Bonjour, tout
le monde. Mesdames, messieurs, vous êtes nombreux ce matin. Bienvenue! Le
Parlement du Québec, c'est chez vous. Messieurs dames les députés, nous allons
nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
Avant d'entreprendre nos travaux, je
dépose une lettre que m'a transmise M. André Fortin, chef de l'opposition
officielle, m'informant des changements apportés aux officiers de l'opposition
officielle en date du 14 février 2026. Ainsi, M. André Fortin, député de
Pontiac est nommé chef parlementaire de l'opposition officielle, M. Marc
Tanguay, député de LaFontaine est nommé leader parlementaire de l'opposition
officielle, Mme Jennifer...
Des voix : ...
La Présidente
: Mme
Jennifer Maccarone, députée de Westmount-Saint-Louis, est nommée whip en chef
de l'opposition officielle, et M. Frédéric Beauchemin, député de
Marguerite-Bourgeoys, est nommé leader parlementaire adjoint de l'opposition
officielle.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de
loi, je reconnais M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Mme la Présidente, je vous demande d'appeler l'article a du
feuilleton, je crois.
La Présidente : C'est exact.
À l'article a du feuilleton, M. le député de Saint-Jérôme présente le projet de
loi n° 498, Loi retirant des freins à l'efficacité du système de santé. M.
le député.
M. Chassin :Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est une grande fierté,
et je tiens à souligner la présence de gens qui m'ont beaucoup aidé dans la
rédaction de ce projet de loi, non seulement les légistes ici, à l'Assemblée
nationale, mais le chef du Parti conservateur et... porte-parole du Parti
conservateur en santé, qui sont présents.
Ce projet de loi a pour objectif de
retirer des mesures contraignantes dans les lois et règlements qui constituent
des freins à l'efficacité du système de santé. À cette fin, le projet de loi
abolit l'obligation pour un médecin d'effectuer une partie de sa pratique dans
les activités médicales particulières pour adhérer à une entente entre un
organisme représentatif des médecins et le ministre de la Santé et des Services
sociaux.
Également, le projet de loi supprime l'obligation
d'élaborer un plan territorial des effectifs médicaux et abolit par le fait
même les ententes exigeant de se conformer à un tel plan pour y adhérer. Par
ailleurs, le projet de loi retire l'obligation d'élaborer un plan territorial...
d'établir un plan territorial, pardon, des effectifs médicaux et dentaires, et,
de ce fait, il abolit également l'obligation qu'une nomination au sein d'un
établissement doive respecter le plan des effectifs médicaux et dentaires.
Le projet de loi abroge la Loi favorisant
l'exercice de la médecine au sein du réseau public de la santé et des services
sociaux, qui oblige notamment un médecin à obtenir l'autorisation de Santé
Québec pour pouvoir devenir un professionnel non participant exerçant la
médecine en dehors des cadres du régime public institué par la Loi sur l'assurance
maladie.
Le projet de loi prévoit la possibilité
pour un professionnel en pratique mixte de n'être soumis à l'application d'une
entente que pour une partie de sa pratique.
Il prévoit également l'exploitation de
centres médicaux spécialisés mixtes.
Enfin, le projet de loi retire la limite
de lits ainsi que la limite d'hospitalisations de 24 heures prévue pour les
centres médicaux spécialisés.
La Présidente : Est-ce que l'Assemblée
accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté? Adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le
leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, Mme
la Présidente. Permettez-moi de déposer, au nom du ministre de la Culture et
des Communications, le rapport annuel 2024‑2025 de la Société du Grand théâtre
de Québec. Merci.
La Présidente : Et ce
document est déposé. Pour ma part, je dépose le nouveau diagramme de l'Assemblée
en date d'aujourd'hui.
Enfin, j'ai reçu préavis d'une motion qui
sera inscrite dans le feuilleton de demain aux affaires...
14 h 10 (version non révisée)
La Présidente
: ...par
les députés de l'opposition et conformément à l'article 97.1 du règlement,
je dépose copie du texte de ce préavis.
À la rubrique Dépôt de rapports de
commission, Mme la présidente de la Commission des relations avec les citoyens
et députée des Plaines.
Mme Lecours (Les Plaines) : Oui,
Mme la Présidente. Je dépose le rapport de la Commission des relations avec les
citoyens qui, les 10, 11 et 12 février 2026, a tenu des auditions
publiques dans le cadre des consultations particulières sur le projet de loi n° 12, Loi instituant la prestation de services de garde
éducatifs à l'enfance par les personnes reconnues à titre de responsables d'un
service de garde éducatif en communauté. Merci.
La Présidente
: Et ce
rapport est déposé. Y a-t-il consentement pour déroger à l'article 4.4 des
règles de fonctionnement afin de déposer un rapport du comité directeur de la Commission
de l'Assemblée nationale?
Des voix : ...
La Présidente
: Consentement.
Merci. Je dépose donc le rapport du comité directeur de la Commission de l'Assemblée
nationale, qui s'est tenu le 16 février 2026, afin de statuer sur une
demande du groupe parlementaire formant l'opposition officielle concernant la
modification des membres ainsi que des présidences au sein des commissions
parlementaires.
Je cède maintenant la parole à Mme la première
vice-présidente et députée de Saint-Hyacinthe pour la présentation d'une
motion.
Mme Soucy : Mme la Présidente,
je propose que les modifications à la composition des commissions, telles que
prévues au rapport du comité directeur de la Commission de l'Assemblée
nationale, soient adoptées.
La Présidente
: Y
a-t-il consentement pour déroger aux articles 129 et 134 du règlement? Consentement?
Des voix : ...
La Présidente
: Consentement.
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Présidente
: Adopté.
Merci.
Il n'y a pas de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux
pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de
privilège.
Nous en sommes maintenant rendus à la
période de questions et de réponses orales et, pour ce faire, je cède la parole
en question principale au chef de l'opposition officielle.
M. Fortin :Mme la Présidente, le fiasco de la SAAQ, c'est le fiasco de la
CAQ, et, au net, ça a fini par coûter 1,1 milliard de dollars aux
Québécois. De toute évidence, Mme la Présidente, les gens de la SAAQ, ils en
ont long à se reprocher. Ils ont menti à pas mal tout le monde, mais
éventuellement ils ont changé de cap. En juin 2023, la SAAQ a présenté à la CAQ,
elle a présenté à la ministre des Transports des dépassements de coûts, des
contrats à venir de 204 millions de dollars. Je cite le rapport du
commissaire Gallant : «La SAAQ communique de manière claire et détaillée l'information
sur les avenants ainsi que les appels d'offres de 2024 au gouvernement,
notamment à la ministre des Transports.»
Pourtant, la ministre a répété
publiquement, même sous serment devant la commission, qu'elle n'avait pas été
avisée des dépassements de coûts. C'est une faute lourde, Mme la Présidente.
Comment on peut faire confiance à cette ministre? Comment le public peut faire
confiance à cette ministre? Qu'est-ce qu'elle fait encore sur la banquette
avant? Mme la Présidente, elle a menti.
La Présidente
: Alors, M.
le chef de l'opposition officielle... Oui, M. le leader du gouvernement, je lis
dans vos pensées. Je vous demande de retirer ses propos qui sont non parlementaires.
Vous le savez. Vous les retirez. Parfait. Poursuivons. La réponse du premier
ministre.
M. Legault : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Bien, je veux saluer le député de Pontiac, qui revient comme
chef de l'opposition officielle. Je ne m'attacherai pas trop vite, parce ça
change vite chez eux. Je m'adapte rapidement, heureusement.
Mme la Présidente, faut-il rappeler que le
député de Pontiac a été ministre des Transports du 11 octobre 2017 au 18 octobre
2018? Or, Mme la Présidente, j'invite le chef de l'opposition officielle à
aller lire le rapport de plus de 550 pages de la commission Gallant, en
particulier la page 257. On parle de l'estimé du coût total de SAAQclic, en
2017, donc, au moment où c'est son gouvernement qui était au pouvoir. Et ce qu'on
dit très clairement, c'est que l'estimé était de 660 millions de
dollars, 660 millions de dollars. Or, j'invite le chef de l'opposition
officielle à nous dire où, dans le rapport, on... le plus haut montant qui a
été mentionné au gouvernement, c'est 182 millions, dont 3 % avant le
rapport de la VG en février 2025.
Donc, est-ce qu'il peut nous dire à quel
endroit...
14 h 15 (version non révisée)
M. Legault : ...il voit le 1
milliard avant le mois de février 2025.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Fortin :Mme la Présidente, je rappelle au premier ministre que la
commission Gallant, elle a été mise en place pour savoir comment on est passé
de 600 millions à 1,1milliard. Citation du rapport : «À partir de
juin 2023, la SAAQ a fréquemment consulté le gouvernement et l'administration
publique quant à ces projets d'augmentation de valeur du contrat. Ce revirement
dans l'attitude de la SAAQ n'a pas empêché les membres du gouvernement d'affirmer
que les dépassements de coûts leur ont été cachés.» Ils le savaient, Mme
la Présidente.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, j'invite le chef de l'opposition officielle à me dire où c'est
écrit qu'en juin 2023 il y avait des dépassements aussi importants que ce qu'il
mentionne.
Une voix : ...
M. Legault : Oui, oui, parce
que, là, on se rappelle, il y a un an, ça criait, là, c'était... je ne me
souviens pas c'était lequel des deux, là, mais ça disait : 1 milliard,
1,1 milliard. Or, c'est écrit noir sur blanc : avant le rapport de la
VG, en février 2025, jamais on n'a parlé de tels montants.
La Présidente
: Deuxième
complémentaire.
M. Fortin :Moi, je me rappelle, Mme la Présidente, du député de Granby,
qui, ici, en Chambre, nous disait : On nous a menti, on vous a menti. C'est
vrai, Mme la Présidente, qu'on nous a menti. La cheffe de cabinet du député de
Granby, et une chef de cabinet, là, c'est ton numéro deux, c'est ton bras
droit, c'est ta personne de confiance, bien, selon le rapport, elle a suggéré à
la SAAQ d'envoyer de la fausse information aux parlementaires.
Alors, quand le premier ministre nous dit
qu'il veut poursuivre les hauts dirigeants menteurs, est-ce qu'il veut
poursuivre le staff politique de la CAQ?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bon. On ne
parlera pas d'une attachée politique qui venait du Parti libéral. Maintenant,
parlons... parlons de ceux qui ont menti, Mme la Présidente. C'est clair, dans
le rapport Gallant, ceux qui nous ont menti, c'est les dirigeants de la SAAQ. Et
ceux à cause de qui il y a des dépassements importants, c'est le gouvernement
libéral, qui a signé un contrat en 2017 avec un partage de risques. Ça veut
dire, quand il y a des dépassements, c'est le gouvernement qui paie. Quel
mauvais contrat, quelle mauvaise négociation du gouvernement libéral!
La Présidente : Troisième
complémentaire.
M. Fortin :Mme la Présidente, le premier ministre peut bien parler du
contrat, aujourd'hui, là, mais, s'il n'aimait pas le contrat avec la SAAQ, il
avait toutes les opportunités pour le résilier. Et, en plus, Mme la Présidente,
le contrat pour... là, c'est exactement le même type de contrat, exactement le
même type de partage des coûts, exactement la même firme, c'est les mêmes
dépassements, puis ce n'est pas un organisme qui l'a signé, c'est l'ancien
ministre de la Santé qui l'a signé. Fiasco, par-dessus fiasco, par-dessus
fiasco, pour les dossiers informatiques de la CAQ.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, on aura tout entendu. D'abord, vous avez vu, diversion, il ne parle
plus de SAAQclic. Revenons à SAAQclic. Le chef de l'opposition officielle nous
dit : On aurait dû résilier le contrat. Bien, voyons donc! Tu signes un
contrat puis tu dis : S'il y a des dépassements, c'est le gouvernement qui
paie. Comment tu peux résilier ça? Le tort était fait à cause du gouvernement
libéral.
Des voix : ...
La Présidente : Article 32.
On retrouve le silence. Une seule personne a droit de parole maintenant.
En question principale, je reconnais le
député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. J'entends le premier ministre parler. J'ai l'impression qu'il n'a
rien à se reprocher, il n'a rien fait, il n'a rien vu, et il n'est responsable
de rien.
J'ai une seule question aujourd'hui, Mme
la Présidente. Juin 2022, le conseil d'administration avait besoin de 222 millions de
dollars. Il y avait une élection au mois de septembre. Son ex-bras droit, Yves
Oullet, a eu une présentation sur fractionner les 222 millions en petits
lots. Pourquoi? Pour que ça passe inaperçu pendant la campagne électorale. Ce
sont les constats du Vérificateur général.
Est-ce qu'aujourd'hui le premier ministre
peut nous confirmer que c'est à partir de son cabinet que le fractionnement et
les acteurs ont trouvé une solution pour que ça passe inaperçu pendant la
campagne électorale, le fractionnement des lots?
La Présidente : La réponse du
ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Julien : Oui, Mme la Présidente,
j'écoute la question de mon collègue, puis je ne sais pas où qu'il prend cette
information-là puis ces...
14 h 20 (version non révisée)
M. Julien : ...et ses
conclusions, parce que ce n'est pas du tout ce que le rapport Gallant a dit, et
puis encore ce matin, j'écoutais Me Tremblay qui mentionnait sur cet aspect-là,
il était questionné, puis il a dit : On n'a vu aucune implication
politique par rapport à cet enjeu-là. Alors, c'est une gouvernance qui a été
donnée de manière excessive au CA de la SAAQ et aux équipes de la SAAQ. Si on
revient sur le rapport, ce que ça dit clairement, à, pis c'est... c'est non
seulement surprenant, là, c'est honteux, quelques individus qui mentent à...
sciemment et consciemment aux parlementaires et même à leur gouvernance sur un
projet d'informatique, c'est ça que révèle le rapport de la SAAQ. Par rapport
au fractionnement, cette information-là, je ne sais pas où est-ce qu'il la
prend, parce que le rapport Gallant ne conclut pas à ça, mais pas du tout.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Derraji : J'invite le
ministre à lire le sommaire s'il n'a pas le temps : Page 23, juin 2022. ...
Généreux, ça vous dit quelque chose? Elle travaillait avec votre collègue, l'ex-ministre
des Transports.
La Présidente : Je vous
rappelle que vous vous adressez à la présidente, je vous prie, M. le député,
poursuivez, il vous reste du temps.
M. Derraji : Alors, Mme la
Présidente, je répète ma question au premier ministre : Est-ce qu'il doit
aujourd'hui confirmer que c'est à partir de son bureau que tout a commencé pour
fractionner les contrats, parce que ce fractionnement faisait affaire à une
seule personne? C'est le gouvernement qui était en élection.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Julien : Mme la Présidente,
c'est des accusations assez graves basées sur du vent. Le commissaire, avec
tous ces travaux, n'arrive pas du tout à cette conclusion-là, au contraire, il
mentionne qu'il n'y a pas d'intervention politique par rapport au
fractionnement, encore ce matin, à la radio. Cette décision-là était entérinée
par le CA de la SAAQ, avec des informations fallacieuses de manière consciente
et sciemment, par quelques dirigeants. Alors, c'est ça le rapport de la SAAQ, donc
on en prend acte. Ce serait bien que mon collègue ait la même observation.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Derraji : Ce qui n'est pas
du tout drôle avec ce gouvernement, Mme la Présidente, c'est qu'on peut passer
n'importe quel chiffre à ce gouvernement, il ne voit rien. Vous êtes en train
de me dire : Il y a un 222 millions, le secrétaire général n'était pas au
courant. La SAAQ, avec le bureau du ministre des Transports, ils ont fractionné
ça de même, sans parler avec personne. Donc, n'importe quelle société...
aujourd'hui, avec un manque d'argent, peut fractionner les lots sans vous
parler? Mais vous servez à quoi?
La Présidente : Hé, je vous
rappelle que vous adressez à la Présidente et demeurons respectueux. La réponse
du ministre.
M. Julien : Oui, merci, Mme
la Présidente, bien, mon collègue fait encore des raccourcis. Il ne mentionne
pas la situation particulière découlant de 2014 avec la SAAQ, qu'est ce qu'on
leur a accordé comme allègement de reddition de comptes. Il ne mentionne pas
que les mensonges à répétition nommés dans le rapport Gallant, faits sciemment,
consciemment, pour tromper les gens, ont été faits par les dirigeants de la SAQ.
Et maintenant, il vient nous dire : Mais à quoi vous servez? Quand il y a
des mensonges, quand il y a des... pas de contre-pouvoirs, quand la reddition
de comptes a été annulée par les partis précédents, bien, on arrive avec une
situation décrite par le rapport Gallant de toutes lettres. Maintenant, on a un
comité qui a été mis en place avec la présidente du Conseil du trésor. On
corrige et on va corriger le tir.
La Présidente : En question
principale. Je reconnais maintenant le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, le ministre isolé de l'Immigration s'entête avec l'abolition
du PEQ. Cet après-midi, moi, j'aimerais vous parler de Mme Khadidja, une
éducatrice aux petits êtres en Estrie. Pour sa gestionnaire, Mme Khadidja, c'est
une femme extraordinaire, elle parle français, elle est passionnée. Vous
comprendrez qu'avec une employée aussi compétente, sa gestionnaire voudrait la
garder. Mais voilà, avec l'abolition du PEQ, tout s'écroule, parce que Mme
Khadidja voulait obtenir une permanence. Elle avait été invitée, elle savait
que le PEQ existait, mais voilà, plus rien. Ça, là, c'est le cas, présentement,
de milliers de personnes au Québec. Le PEQ, là, c'était tellement bon que les
deux candidats à la chefferie de la CAQ veulent le recréer, veulent le
restaurer. Pourquoi le ministre s'entête? Il va nous faire perdre deux mois
avant de le restaurer.
15361
12187
La Présidente : La
réponse du ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Roberge : Mme la
Présidente, j'ai déjà exprimé qu'on allait trouver des scénarios pour faire une
meilleure transition entre un programme et l'autre. Mais ce qui est clair, c'est
que le programme de sélection des travailleurs qualifiés, c'est la voie d'avenir...
14 h 25 (version non révisée)
M. Roberge : ...pour
sélectionner des travailleurs sur le territoire québécois, des gens qui parlent
français, qui occupent un emploi dans un secteur prioritaire et qui sont en
région, le plus possible. On va en prendre à Montréal, bien sûr. Lors de la
dernière invitation, à peu près un candidat sur trois était sur l'île de
Montréal, mais beaucoup plus était à l'extérieur de Montréal. L'ancienne
politique du gouvernement libéral, c'est d'attirer des immigrants à Montréal,
de bien les implanter, puis, après ça, d'essayer de les convaincre de
déménager. Ça a été un échec puis, nous autres, on ne va pas répéter cette
opération-là. Ce que mon collègue dit est erroné lorsqu'il dit : Ah! bien avant,
quand il y avait le PEQ, les gens étaient sûrs, après deux ans, tout de suite,
d'obtenir leur certificat de sélection du Québec. On confond ici éligibilité et
réception. Les gens, après deux ans, étaient éligibles pour déposer leur
candidature, mais après, ça va en fonction du nombre et de la capacité d'accueil.
C'est facile à comprendre.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Morin : Parlons-en du PSTQ,
le programme de l'avenir. Le Devoir nous apprenait que sur 5 500 invitations,
savez-vous combien il y en a qui ont été invités, sélectionnés, retenus, Mme la
Présidente? Cinq. Cinq! Oui, madame. Alors, ma question, elle est très claire,
son programme ne fonctionne pas, est-ce qu'il y a un pilote dans l'avion de l'immigration
au Québec?
La Présidente : La réponse...
Chut! La réponse du ministre. Chut!
M. Roberge : Mon Dieu! On va
regarder notre sérieux, Mme la Présidente, mais pas parce qu'il n'essaie pas de
nous faire rire, là. Au moment où on a commencé à traiter ces demandes-là, il y
avait plusieurs personnes qui étaient dans l'ancien programme. On avait dit qu'on
les traitait, ceux qui avaient déposé, hein, on les traitait selon les... les
critères de l'ancien programme. Les nouveaux dossiers sont traités dans le
nouveau programme, mais les anciens étaient traités, il fallait traiter ces
dossiers-là. Il fallait traiter les dossiers du PRTQ, parce que c'est un autre
programme qui existait aussi, et il y avait un délai d'environ six mois. Or, ça
fait combien de temps que les premiers dossiers ont été déposés dans le nouveau
programme? De 6 à 7 mois. Donc, au cours des prochaines semaines, il va y
avoir plusieurs invitations qui vont être faites parce que les dossiers suivent
leur cours selon les procédures normales.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Morin : J'ai bien écouté
le ministre, Mme la Présidente, il vient de nous répéter que, dans les
prochaines semaines, il y aura des invitations. Moi, là, Mme la Présidente,
avec le PSTQ, je ne veux pas avoir des invitations, je veux avoir des
acceptations. Il a créé le chaos dans le domaine de l'immigration au Québec.
Les manufacturiers nous le disent, les services en éducation, en santé nous le
disent. Est-ce que le ministre est conscient du chaos qu'il crée? Quand va-t-il
rétablir le PEQ?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Roberge : Mme la
présidente, je pense tous les Québécois, à part nos collègues comprennent, c'est
100 % normal de vérifier les dossiers. Lorsque les gens s'inscrivent dans
le programme Arrima, déposent leur candidature, ils indiquent des informations.
À partir de ces informations-là, avec le nouveau programme de sélection des
travailleurs qualifiés, on se dit : on va inviter cette personne qui est,
par exemple, un soudeur du secteur manufacturier au Saguenay ou en Beauce, et
on va l'inviter. Mais avant, on va juste vérifier si... la vérité de ses
informations. Alors, on lui demande de fournir les formulaires, de fournir les
documents, puis on fait cette vérification. Mon collègue n'est pas d'accord
avec ça, il voudrait qu'on leur donne tout de suite la citoyenneté sans rien
vérifier. Ce n'est pas sérieux. Fort heureusement pour les Québécois, ce n'est
pas lui qui décide.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Merci, Mme la
Présidente. La candidate à la chefferie de Sanguinet disait, le 10 février
dernier, je la cite : La seule façon d'offrir une réelle clause de droits
acquis est de réouvrir le PEQ. L'autre candidat à la chefferie, celui de Lévis,
affirmait le 9 février dernier et je le cite : Maintenant, ils sont
chez nous, ils sont travailleurs dans nos usines, les enfants sont à l'école,
alors il faut les garder, on en a besoin. Les entrepreneurs veulent garder ces
travailleurs-là. Il rajoute : Ils font partie de l'équipe maintenant, ils
font partie de l'avenir de l'entreprise. Fin de la citation.
Donc, peu importe qui gagne la chefferie
de la CAQ, là, il va annuler cette mauvaise décision du premier ministre
sortant et du ministre de l'Immigration pour offrir une clause grand-père. Mais
ici la CAQ est en train de nous dire : Attendez, attendez, dans deux mois,
tout va être réglé. Mme la Présidente, est-ce que c'est de la fierté mal placée
qui empêche quelqu'un, l'autre bord de la chambre, de prendre la seule bonne
décision, décréter une clause grand-père, maintenant?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Roberge : Mme la
Présidente, il faut rétablir les faits. Ma collègue croit erronément que si on
donnait une clause grand-père ou si on rétablissait...
14 h 30 (version non révisée)
M. Roberge : ...rétablissait l'ancien
programme. Tout à coup, par magie, on pourrait accepter 50 000, 100 000,
130 000 personnes par année, on donnerait comme ça des CSQ à tout le
monde. Mais existe quelque chose, comme une planification de l'immigration,
hein, on n'est pas Ottawa ici, on planifie notre immigration, et on a un seuil
d'autour de 29 000 immigrants économiques par année.
Alors, que ce soit dans l'ancien programme
ou dans le nouveau, quand on a atteint le maximum, on arrête, on attend l'année
suivante. Alors, même si on rétablissait le programme, ça ne donnerait pas la
citoyenneté à des centaines de milliers de personnes. Le problème, c'est que
dans l'intervalle, pendant qu'on traite ces dossiers-là, Ottawa dit Toi, toi,
toi, je ne renouvellerai pas ton permis de travail. Et, à ce moment-là, qu'est-ce
qui arrive? C'est que les gens angoissent, ils disent : Il faut absolument
que Québec me donne ma résidence permanente, me donne mon certificat de
sélection du Québec tout de suite, tout de suite, sinon Ottawa m'arrache mon
permis de travail. Le vrai problème, il est à Ottawa. C'est le gouvernement
canadien qui crée cette incertitude dans nos manufactures.
La Présidente
: Première
complémentaire.
Mme Nichols : Bien, Mme la
Présidente, là, j'invite le ministre de l'Immigration à le dire à la cheffe de
Sanguinet, parce qu'il l'appuie, d'y expliquer clairement, parce qu'elle est du
même avis que nous, de ramener la clause grand-père. Et d'ailleurs le maire de
Québec le disait, il le répète depuis des mois : C'est inhumain, c'est
inhumain, parce que ça fait des drames familials, des drames pour nos
entreprises, c'est des drames pour nos communautés. Encore deux mois, Mme la
Présidente, deux mois de manque d'humanité, d'instabilité et de conséquences
catastrophiques. Une clause grand-père, ça presse.
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
la semaine dernière, j'étais en rencontre Teams avec des préfets et des gens de
la Rive-Nord, de la Côte-Nord, puis tout le monde a compris, tout le monde a
compris qu'une clause grand-père, oui, ça pouvait rassurer certaines personnes,
en disant : Bien, comme ça, je suis certain, un jour, que ce sera mon
tour. Mais ça peut prendre des mois, ça peut prendre des années, parce qu'on ne
peut pas faire entrer tout le monde en même temps. Donc, de penser que de
rétablir dans ces programmes ou de donner une clause grand-père, ça va régler l'enjeu,
quand le vrai problème, c'est Ottawa qui enlève des permis de travail aux gens
et qui sort les gens de nos services publics et de nos entreprises, bien, c'est
d'induire les gens en erreur.
La Présidente
: En
terminant... Deuxième complémentaire.
Mme Nichols : ...personne ne
comprend, sauf le ministre de l'Immigration. En fait, le Québec ne peut pas se
priver des personnes immigrantes déjà bien établies sur son territoire. C'est
le message qu'ont lancé, vendredi, 30 organisations lors de la
mobilisation de l'UMQ. Ce n'est quand même pas rien, là, 30 organismes qui
se réunissent. Le Québec tout entier lance un cri d'alarme au gouvernement.
Mais, dans ce caucus de la CAQ, il y a deux députés isolés. Il y a le premier
ministre puis il y a le ministre de l'Immigration qui, plutôt que de décider de
sauver des familles, des emplois, ont décidé de préserver leur petite fierté. Mme
la Présidente, ça n'a aucun bon sens.
Des voix : ...
La Présidente
: Pas de
commentaire après les questions, vous le savez... La réponse du ministre.
M. Roberge : J'aimerais bien
que ma collègue nous explique et explique à tous les Québécois pourquoi c'est
préférable, selon elle, de traiter l'immigration selon le seul critère de
premier arrivé, premier servi. Pas important le niveau de maîtrise de la langue,
pas important qu'on travaille dans un secteur stratégique, pas important qu'on
soit dans un secteur où il y a une pénurie de main-d'œuvre, ou dans un secteur
où il y a un surplus de main-d'œuvre, pas important que ce soit en région ou au
centre-ville. Non, non, non, premier arrivé, premier servi.
Ce n'est pas sérieux comme manière de
travailler. Ce n'est pas respectueux de la nation québécoise, ce n'est pas
respectueux pour les régions. C'est inefficace d'un point de vue économique.
Elle devrait être gênée de proposer ça.
La Présidente
: En question
principale...
Des voix : ...
La Présidente
: Je vous
invite à retrouver le silence. Une seule personne a maintenant le droit de
parole. En question principale, je reconnais la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Le rapport Gallant, sur le fiasco caquiste SAAQclic, est accablant,
au moins un demi-milliard d'argent des Québécois a été flaubé à cause de la
mauvaise gestion de la CAQ, une gestion catastrophique. Vous savez, Mme la
Présidente, les Québécois et Québécoises paient beaucoup d'impôts. Ils sont en
droit de s'attendre que leur gouvernement fasse preuve d'une saine gestion de
leur argent. En plus, la CAQ se prétend être un bon gestionnaire, ça fait
longtemps qu'ils nous ont prouvé que ce n'est pas le cas.
Depuis la publication du rapport, le
premier ministre et ses ministres nous montrent un triste spectacle. Ils ont
passé leur temps à fuir leurs responsabilités et à distribuer les blâmes à tout
le monde, sans jamais oser se regarder dans le miroir. Pourtant, ça fait des
années, tous les voyants, sur ce dossier-là de la SAAQ, tous les voyants rouges
étaient allumés puis ils ont préféré fermer les yeux. Les...
14 h 35 (version non révisée)
Mme Ghazal : ...déjà perdu
confiance en la CAQ, hein, c'est un dossier réglé, ils n'ont plus confiance. Maintenant,
pour partir la tête haute, tout ce qu'il reste à faire au premier ministre du
Québec, c'est de reconnaître sa responsabilité dans le fiasco.
Est-ce qu'il est capable de reconnaître sa
responsabilité et, si oui, est-ce qu'il accepte de faire la seule chose, la
seule chose honorable avant de quitter, c'est-à-dire s'excuser auprès des
Québécois et Québécoises?
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente, j'invite la cheffe de Québec solidaire à lire le rapport au
complet, ce que j'ai fait en fin de semaine, et ce qu'on voit... ce qu'on voit,
qui est très clair, Mme la Présidente... Et je vous dirai, tout simplement,
trois chiffres : 2017... 2017, coût estimé, 660 millions, 661 millions,
pour être exact, gouvernement libéral. Jusqu'en 2024, on s'est promenés entre
612 millions et 682 millions. Et, tout à coup, rapport du VG en
février 2025, on est rendu à 1,1 milliard.
Il n'y a personne qui va croire que c'est
arrivé tout à coup, en février 2025. C'est noir sur blanc. La direction de la
SAAQ a menti, menti au ministre, menti aux parlementaires. Donc, s'il y a
quelqu'un qui doit s'excuser, ce sont les membres de la direction de la SAAQ.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ghazal : Le premier
ministre aime beaucoup parler de l'imputabilité des fonctionnaires. Ils ont été
blâmés. Oui, il y a eu des mensonges. Oui, ça, c'est vrai. Absolument.
Maintenant, l'imputabilité du gouvernement, du premier ministre, de ses
ministres, qu'est-ce qu'il en fait? Ah! tout d'un coup, c'est silence radio. On
s'en fout, de l'imputabilité du gouvernement. Si les mensonges des dirigeants
ont fonctionné, là, des dirigeants de la CAQ ont fonctionné, c'est parce que
les élus de la CAQ ont choisi de fermer les yeux, de ne pas poser de questions.
Ils étaient mis au courant. Le bureau du premier ministre a été mis au courant.
Est-ce qu'il peut au moins s'excuser
auprès des Québécois?
La Présidente
:
...pardon. La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, je sais que c'est un gros rapport, je sais que c'est beaucoup de
lecture, mais une chose qui est claire, là... jamais, jamais, avant février
2025, on nous a dit que le coût était rendu à 500 millions de plus. Jamais.
Donc, quand Québec solidaire nous dit : On a flaubé 500 millions,
bien, je ne sais pas comment qualifier ça, là, mais c'est inexact.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ghazal : Mme la Présidente,
le bureau du premier ministre a été informé. Peut-être que sa gang, autour de
lui, n'aime pas lui parler puis ne le briefe pas, mais ça, ce n'est pas le
problème des Québécois pour payer des centaines de millions de dollars en
extra. Puis là, en ce moment, il y a plein d'autres projets, donc on risque d'avoir
d'autres scandales SAAQclic. Je ne veux même pas lui demander il y a combien de
dépassements de coûts, parce qu'il va me dire qu'il ne le sait pas puis ses
ministres ne le savent pas, parce qu'ils ne veulent pas le savoir.
Est-ce qu'il peut prendre ses
responsabilités avant de quitter comme premier ministre du Québec et s'excuser
auprès des Québécois?
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, je m'excuse, là, mais tous les témoignages, tous les témoignages
des personnes qui sont autour de moi, cabinet, ministres, sous-ministres, sont
tous là-dedans, puis nulle part, nulle part avant le rapport de la VG on n'a un
coût de 1,1 milliard. Jamais. Nulle part. Pas juste moi, pas juste les
ministres, tout le monde.
La Présidente : En question principale,
je reconnais maintenant le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. À l'approche de l'élection d'octobre, le projet de troisième lien
est plus que jamais devenu le symbole du naufrage du bon sens. Du côté de la CAQ,
la candidate en tête dans la course à la chefferie du parti, l'ex-ministre de l'Économie,
a remis le projet aux calendes grecques, mais surtout, elle désavoue le tracé
central du ministre des Transports. De l'autre côté, on a le Parti libéral qui
vient de se trouver un nouveau chef. Charles Milliard a décidé que, pour sauver
son parti, il devait devenir plus caquiste que la CAQ. Il a déjà annoncé qu'il
ressortait du placard la vieille version du troisième lien à l'Est, celle que
le gouvernement avait abandonnée à cause de son coût indécent.
Puisque la députée de Sanguinet n'est plus
ferme sur le projet de troisième lien et que le nouveau chef libéral essaie de
doubler par la droite, le ministre peut-il faire la seule chose qui soit utile
dans le contexte et qui réponde à des vrais besoins : Admettre que le
troisième lien est devenu un baril de poudre politique et mettre les milliards
là où ça compte, dans le transport collectif puis dans l'entretien de nos
infrastructures, notamment les ponts de Québec puis le pont Pierre-Laporte?
La Présidente : La réponse du
ministre des Transports et de la Mobilité durable...
14 h 40 (version non révisée)
M. Julien : Oui, merci, Mme la
Présidente. Je reconnais mon collègue avec ces questions. Et je constate qu'on
n'a jamais été sur la même longueur d'onde sur ce... sur ce sujet-là. C'est
correct.
Actuellement, on a une course à la
chefferie, puis je trouve ça sain, puis j'espère que mes collègues... j'espère
que mes collègues partagent cette vision-là où un débat d'idées, puis il y a
des gens qui se positionnent de manière différenciée. Maintenant, si on vient
sur le troisième lien, puis les étapes qu'on a franchies. Je réitère, en
juillet dernier, on avait analysé les cinq corridors multicritères sur
transport... transport de la marchandise, mobilité, sécurité économique, tous
ces éléments-là, et clairement, le corridor central a été le meilleur corridor
par rapport à tous les autres. On a continué le processus en faisant du forage,
en faisant des analyses supplémentaires. La prochaine étape, c'est : on va
appeler des consortiums à l'international, au Canada, au Québec pour justement
travailler avec nous pour la suite des choses. Maintenant, une course à la
chefferie, ça l'amène un débat d'idées puis ça l'amène une incertitude par
rapport à la suite des choses. On ne peut pas demander à des consortiums de
travailler ne serait-ce qu'une minute sur un dossier comme celui-là. Dans le
contexte actuel, on laisse la course à chefferie travailler.
La Présidente
:
Première complémentaire.
M. Grandmont : C'est
fascinant d'entendre le ministre des Transports patiner sur ce projet-là comme
ça n'a pas de bon sens. Il défend encore son tracé central, il nous dit qu'il y
a des forages qui sont faits dans le coin de Sillery, dans Jean-Talon. Il nous
dit qu'il y a des appels d'offres qui s'en viennent bientôt, mais la future
cheffe de la CAQ vient de nous dire : Non, non, moi, je vais faire ça en partenariat
public-privé dans un horizon de 15, 20 ans. À un moment donné, si le privé
veut bien embarquer puis faire des péages à 50, 70 piasses le passage. On
a-tu un ministre des Transports déconnecté, Mme la Présidente, ça n'a juste
aucun bon sens. Il peut-tu abandonner ce projet-là, ça n'a pas de bon sens.
La Présidente : La réponse du
ministre
M. Julien : ...encore là, je
ne m'immisce pas dans la course à la chefferie et les propositions de mes
collègues sont bienvenues. Pour moi, c'est un débat d'idées, on est chanceux
comme parti de l'avoir. Contrairement... contrairement à d'autres partis, puis
Québec solidaire qui trouve ça drôle, bien, ça serait bien qu'il y en ait des
fois, des débats d'idées, mais ce n'est pas leur cas. Maintenant, une fois qu'on
a dit ça, Mme la Présidente, le projet suit des étapes, on suit très bien ces
étapes-là, mais la course à la chefferie, c'est un débat d'idées sain. Je vais
laisser mes collègues faire des propositions sur la mobilité à Québec.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Grandmont : Un débat d'idées,
Mme la Présidente. Il présente ça comme un débat d'idées. On est à combien de
millions dépensés pour un débat d'idées qui dure depuis 2014, Mme la Présidente,
des centaines de millions de dollars gaspillés dans un projet qui ne verra
visiblement jamais le jour. Il peut-tu mettre de l'argent là où ça compte
vraiment, entretenir les routes, entretenir les ponts, puis investir dans le
transport collectif. C'est ridicule, Mme la Présidente.
Une voix : ...
La Présidente
:
Allez-y.
Une voix : ...
La Présidente
: La
parole est à vous.
M. Julien : Mon collègue m'amène
sur le maintien des actifs et sur le transport collectif. J'avais des tableaux,
je les ai montrés, ils sont ici dans mon bureau. Pas besoin de les ressortir.
Clairement, notre gouvernement a investi comme jamais en transports collectifs
et comme jamais en maintien d'actifs. 164 milliards sont prévus au Plan
québécois des infrastructures. 65 % de ces sommes-là sont en maintien d'actifs,
mais en transport, Mme la Présidente, 85 % des sommes en transport sont en
maintien d'actifs. Des sommes records et des engagements records en termes de
maintien d'actif. Même chose pour le transport collectif, on n'a jamais autant
investi, la courbe continue de grimper, on fait des grands projets : le
REM, la ligne bleue, on travaille sur TramCité, mon collègue est certainement d'accord.
Donc, oui, on fait des projets de transport collectif comme jamais et on...
La Présidente
: En
question principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Talon.
M. Paradis : J'entendais le
premier ministre répondre tout à l'heure à mes collègues, il dit : Il ne nous
l'avait pas dit que c'était rendu à 1,1 milliard, le scandale SAAQclic. Ce
qui est intéressant, c'est qu'il ne... ce qu'il ne dit pas, ce qu'il ne dit
plus, ce qu'il a dit pendant des mois et ce que tous les ministres ont répété :
On ne savait rien, on n'avait aucune information, on nous a menti. Je comprends
pourquoi il ne dit plus ça, parce que le rapport du commissaire Galland le dit
noir sur blanc, les conclusions faites sont accablantes.
Le député de Granby, alors ministre des Transports,
savait depuis 2021, de 458 à 682. En 2021, le député de La Peltrie, ancien
ministre de la Cybersécurité, le savait aussi pour les dépassements. En 2022, le
ministère des Finances le savait. En 2023, la nouvelle ministre des Transports
le savait avec l'ensemble de l'historique des dépenses. Et, en 2023, le cabinet
du premier ministre le savait. Est-ce que le gouvernement va enfin admettre la
vérité et ce qui est inscrit noir sur blanc dans le rapport du commissaire
Gallant?
La Présidente : La réponse du
ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Julien : Oui, Mme la
Présidente, vous savez que j'estime beaucoup mon collègue de Jean-Talon. C'est
une vérité qu'on partage, je l'espère, tous les deux...
14 h 45 (version non révisée)
M. Julien : ...Et à la
lecture du rapport, parce que je suis certain qu'il a été discipliné puis qu'il
a lu rapport, ça serait bien de convenir ensemble que c'est particulier, ce qui
s'est passé à la SAAQ. Naturellement, on avait donné des coudées franches, en
2014, à la SAAQ, en termes de reddition de comptes et de chiens de garde, là, le
Parti québécois devrait s'en souvenir, c'est eux qui avaient fait ça, et ça a
amené des conséquences qui sont aujourd'hui palpables et tangibles. Moi, je
suis un ancien vérificateur, j'ai travaillé pour le Vérificateur général. Il n'y
a rien de pire dans une organisation, quand il n'y a plus de contre-pouvoirs,
quand il y a plus de redditions de comptes, quand il y a plus ces éléments-là,
ça permet à des gens qui seraient mal intentionnés ou malveillants de faire en
sorte que la situation dérape et que, consciemment, de manière consciente, Mme
la Présidente, on ne parle pas ici, là, d'omission involontaire, là,
consciemment, on donne de la fausse information aux parlementaires, à la
gouvernance, dans un dossier comme celui-là. C'est là qu'on doit dire : Ça
n'a pas de maudit bon sens. On va agir comme gouvernement. Le Parti québécois y
a contribué initialement, travaillons ensemble pour corriger la situation.
La Présidente
: Première
complémentaire.
M. Paradis : Incroyable qu'on
revienne encore sur ces décisions de 2014, le rapport du commissaire Gallant le
dit très bien, que toutes ces décisions-là avaient...
La Présidente : Attendez, M.
le député, je vous rappelle l'article 32 : Gardez le silence, je vais vous
nommer. Je veux entendre la question, vous avez 22 secondes, poursuivez, M. le
député.
M. Paradis : Le rapport du
commissaire Gallant le dit noir sur blanc : Ces exceptions-là ont cessé d'avoir
effet en 2018, ce qui veut dire que l'entière responsabilité est au
gouvernement de la CAQ. Et le rapport du commissaire Gallant dit aussi qu'il y
a eu un changement dans l'attitude de la SAAQ en 2023, puis à partir de ce moment-là,
le gouvernement avait toute l'information. Et pourtant il a continué à dire qu'il
ne l'avait pas. Va-t-il l'admettre?
17855
12187
La Présidente : La
réponse du ministre.
M. Julien : ...Mme la
Présidente, je suis obligé d'être en désaccord avec mon collègue de Jean-Talon.
À partir de 2018, là, les mensonges n'ont pas cessé, ce n'est pas du tout ce
que le rapport Gallant dit. Je réitère, là, comme... comme ministre, comme
responsable, comme gestionnaire, on pose des questions, puis là, on aurait peut-être
dû poser plus de questions, oui, peut-être. Mais je réitère, Mme la Présidente,
ce que j'ai dit ce matin, puis je vais le redire certainement : Si je pose
10 questions puis j'obtiens 10 mensonges, si je pose 100 questions, puis j'obtiens
100 mensonges, je ne m'améliore pas. Quand, de manière... sciemment et de
manière consciente, les dirigeants, sans contre-pouvoirs, mentent, on ne peut
rien y faire. Maintenant, on va agir, on va leur donner des contre-pouvoirs
adéquats. C'est ce qu'on a déjà fait.
La Présidente : ...chut, s'il
vous plaît, j'aimerais entendre le collègue. Deuxième complémentaire.
M. Paradis : Le premier
ministre va être content d'apprendre que je l'ai lu, le rapport. Page 495 :«À
partir de juin 2023, la Commission ne constate aucun manquement de la part de
la SAAQ dans la reddition de comptes et, conséquemment, que les membres du
gouvernement ont obtenu l'information juste». Page 496 : «Ce revirement
dans l'attitude de la société d'État n'a pas empêché les membres du
gouvernement d'affirmer que les dépassements de coûts leur ont été cachés». Tu
ne peux pas aller plus loin sans dire que le gouvernement a caché la vérité aux
Québécois.
La Présidente : Bon, oui, M.
le leader du gouvernement, quel est votre appel au règlement?
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, je vous pointe au lexique, et en plus, s'il y a quelqu'un qui a
voulu cacher quelque chose, c'est le PQ, en assujettissant...
La Présidente : Merci. Merci,
M. le leader du gouvernement. M. le député de Jean-Talon, ce terme est au
lexique. Je vous demande de le retirer. Vous le retirez?
M. Paradis : Je retire.
La Présidente : Merci, s'il
vous plaît. On retrouve le silence. M. le ministre, votre réponse, on l'écoute.
M. Julien : Mme la Présidente,
ce qui me désole, mais... puis c'est correct parce que, tu sais, c'est un peu
une joute de partisanerie, puis c'est correct, parce que je sais que mon collègue
n'en pense pas moins, de Jean-Talon. C'est... Ce que révèle le rapport Gallantt
est préoccupant. Ce que révèle le rapport Gallant, Mme la Présidente, c'est une
tromperie, et je le... je le réitère, de quelques individus à l'intérieur d'une
organisation, parce que la SAAQ, là, c'est 5000 employés, c'est un joyau de l'État
québécois, mais quelques individus, par l'absence de contre-pouvoirs et de
reddition de comptes donnés par le Parti québécois, ont fait en sorte qu'on s'est
ramassé avec un fiasco. Et, tout le long, tout le long, les informations ont
été faussées pour la prise de décisions. C'est ce que révèle Gallant.
La Présidente : En question principale,
je reconnais maintenant le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Avec le rapport Gallant, la ministre de la Santé espérait peut-être
avoir un petit congé, mais non, toutes les conditions gagnantes étaient
réunies. On avait un ministre qui était brillant, gestionnaire chevronné, qui a
changé les lois, qui a eu des ressources, mais...
14 h 50 (version non révisée)
M. Chassin :
…les Québécois n'ont pas senti une réelle amélioration. J'ai déposé un projet
de loi parce que je pense qu'on est rendu à ne plus pouvoir nier l'évidence, le
modèle bureaucratique est irréformable. Le Dr Dubrovsky, en consultation sur le
PL n° 83, soulignait que notre système de santé, par sa propre complexité,
contribue lui-même à sa douleur. Il est temps de simplifier le système en
abolissant quatre exemples patents de complexité inutiles les AMP, les PREM, l'interdiction
de pratique mixte et les limites au CMS. Ma question est simple :
Est-ce que les quatre mécanismes ont été
évalués par le ministère de la Santé et des Services sociaux?
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Oui. Alors, Mme
la Présidente, très contente d'avoir cette question du député de Saint-Jérôme,
qui est mon voisin. On a l'occasion de travailler ensemble d'ailleurs
régulièrement dans la belle région des Laurentides. Alors, bien contente d'avoir
une question, oui, effectivement en lien avec SAAQclic et tous les autres
sujets. Je pense que c'est important de garder le système de santé dans les
priorités. C'est une priorité pour notre gouvernement. C'est un… une priorité
pour les Québécois et les Québécoises. Je ne peux pas faire autrement, Mme la
Présidente, de rappeler quand même gentiment et amicalement à mon collègue de
Saint-Jérôme qu'il a été adjoint parlementaire, dans les dernières années, et
il a vu comment, en fait, ça a été compliqué pour… pour lui, en tout respect,
de faire avancer certains dossiers et certains projets. Alors, notre
gouvernement, Mme la Présidente, on a mis en place différents… différentes
structures pour vraiment s'assurer, notamment avec l'arrivée de Santé Québec,
avec le Plan santé, avec tous les bons coups qu'on fait pour améliorer l'accès,
de faire en sorte d'améliorer notre système de santé, puis on est à la bonne
place, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Chassin :On a effectivement ajouté des structures, Mme la Présidente.
On n'a pas évalué ce qu'on a mis en place par contre. L'Institut C.D. Howe
a fait ce travail qu'aurait dû faire le ministère de la Santé et des Services
sociaux, et sa conclusion, je cite : «Les politiques coercitives ont rendu
la médecine familiale moins attrayante, éloignant des nouveaux diplômés et
réduisant le temps clinique dans les soins primaires complets.»
Est-ce que la ministre est d'accord pour
dire que ça n'a pas de sens, qu'on doit s'améliorer, évaluer…
La Présidente : Réponse de la
ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, écoutez, on continue d'améliorer le système de santé. On le sait,
on a investi énormément dans notre système de santé. En 2018, il y avait 6 millions
de Québécois qui avaient un médecin de famille. Aujourd'hui, au moment où on se
parle, Mme la Présidente, c'est 7,2 millions de Québécois qui ont un
médecin de famille ou qui sont inscrits à un GMF, et on va continuer, Mme la
Présidente. On a un engagement avec la FMOQ de faire en sorte qu'on fait un
autre virage à ce niveau-là. Donc, d'ici le 30 juin 500 000 personnes
additionnelles. On a ouvert des cliniques IPS Mme la Présidente. Est-ce que les
gens sont au courant ici, là, qu'il y a 2 000 IPS au Québec, 2 000
qui travaillent dans des cliniques publiques, mais aussi au sein des GMF?
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Chassin :Je suis heureux des cliniques d'IPS. Effectivement, c'était
quelque chose de très positif parce qu'il faut innover, il faut sortir des
cadres rigides, puis il y a d'autres modèles qui peuvent émerger. Et d'ailleurs,
effectivement, ce n'était pas évident comme adjoint parlementaire. Je lui pose
donc la question :
Ils sont où les minihôpitaux dont on n'entend
plus parler?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Bélanger : Oui. Mme la
Présidente, écoutez, là, je vais continuer sur le volet de la première ligne,
parce que c'est tellement important. On a investi aussi dans le soutien à
domicile. Puis il faut saluer aussi le travail des médecins, les médecins en
médecine familiale qui sont présents à domicile de plus en plus avec des
équipes interdisciplinaires. Alors, on travaille sur tous les plans, Mme la
Présidente, pour s'assurer d'améliorer les services de première ligne. Alors,
on continue de structurer ce qu'on a à faire, Mme la Présidente, et on est
confiants qu'avec l'entente qu'on a eue avec les FMOQ, on va être encore au
rendez-vous pour les Québécois, Québécoises. Alors, on construit sur nos
modèles de GMF.
La Présidente : Question
principale, je reconnais maintenant le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. La semaine dernière, en réponse à une question de mon collègue de
Jean-Talon, sur le troisième lien, le ministre des Transports a dit qu'il
aimait ça, le débat d'idées dans la course à la chefferie du parti. Il vient de
le répéter il y a quelques instants. Sauf que, là, maintenant, les idées…
14 h 55 (version non révisée)
M. Arseneau :
...les orientations sont passablement
claires. Le débat apparaît à peu près terminé avec l'annonce de la députée de
Sanguinet ce matin. D'un côté, il y a les députés caquistes qui appuient le
député de Lévis et qui veulent absolument continuer le projet actuel
gouvernemental dans le corridor central, qui fait à peu près l'unanimité contre
lui, et, de l'autre côté, on a la députée de Sanguinet, appuyée de plusieurs
ministres et députés, qui désavoue ce tracé et le projet gouvernemental, et qui
propose essentiellement de reporter le projet du troisième lien aux calendes
grecques, Mme la Présidente.
Maintenant que les positions sont claires,
qu'est-ce qu'en dit le ministre des Transports? Est-ce qu'il appuie la solution
du député de Lévis ou la solution de la députée de Sanguinet?
La Présidente : La réponse du
ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Julien : Oui, merci, Mme
la Présidente. Bien, écoutez, la question de mon collègue... Alors, il y a une
course à chefferie, et je réitère que c'est sain, là, je le dis toutes les fois
que j'en parle. Puis je pense que ce n'est pas monosyllabique, cette course à
la chefferie là, il y a plein de dossiers qui sont parlés, et, oui, il y a le troisième
lien, il y a l'immigration, il y a... il y a plein d'enjeux qui sont discutés,
puis les deux candidats prennent des positions qui sont différenciées, puis ça,
c'est bon pour notre parti, puis c'est bon pour la démocratie, puis c'est bon
pour faire des choix. Maintenant, bien, de focaliser l'attention uniquement sur
le troisième lien, grand bien leur fasse.
Maintenant, on a une position
gouvernementale, parce qu'on continue, nous, de travailler sur une position
gouvernementale, celle-ci, elle a été prise en juillet dernier, avec un
corridor multicritères, au Conseil des ministres. Et alors c'est sur ça qu'on
chemine.
La prochaine étape, je le réitère, c'est
demander à des consortiums de déposer leur appui dans le projet. Il n'y a pas
un consortium sérieux, tant qu'il y a de l'incertitude liée à une course à la
chefferie, qui va brûler une minute de son temps sur ce projet-là, donc on va
attendre la course à chefferie, qu'elle soit terminée, et on avisera sur ce
projet-là.
La Présidente : Et voilà,
cela me fait cette période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y a pas de votes reportés, nous
allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Et, pour ce faire, je cède la
place à la première vice-présidente de l'Assemblée nationale. Merci, tout le
monde. Bonne fin d'après-midi.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans
préavis, je reconnais un membre du deuxième groupe d'opposition, M. le député
de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, Mme la
Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter la
motion suivante conjointement avec le député de Nelligan, le député de
Jean-Talon, la députée de Laporte, le député de Rosemont, la députée de
Saint-Laurent et la députée de Chomedey — ça fait beaucoup d'indépendants :
«Que l'Assemblée nationale constate, à la
lumière du rapport de la commission Gallant, que le gouvernement disposait, dès
2021, de l'ensemble des informations sur la situation financière du projet SAAQclic
et sur l'urgence d'y réinjecter des fonds;
«Qu'elle prenne acte que ces informations
avaient été transmises à la ministre des Transports et de la Mobilité durable
ainsi qu'au cabinet du premier ministre à l'été 2023;
«Qu'enfin, elle exige que le gouvernement
assume sans détour sa responsabilité dans la gestion du dossier SAAQclic et
rende des comptes sur les décisions qui ont conduit à cette situation.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M.
le leader du gouvernement. Il n'y a pas de consentement. Donc, nous allons
poursuivre avec un membre du troisième groupe d'opposition. M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement
avec les députés de Mont-Royal—Outremont, de Taschereau,
de Chomedey, Laporte et... Rosemont et Saint-Laurent, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte des
récentes révélations de Radio-Canada soulignant l'ampleur du recours au cabinet
McKinsey par le gouvernement de la CAQ, notamment dans des dossiers
stratégiques de l'État québécois;
«Qu'elle prenne acte de la conclusion du
Commissaire au lobbyisme à l'effet que McKinsey a communiqué à plusieurs
reprises avec le ministère de l'Économie et de l'Innovation relativement à l'attribution
d'un contrat;
«Qu'elle prenne acte des constats du
Commissaire au lobbyisme relativement à son incapacité à poursuivre l'enquête
en raison de l'inapplicabilité de la Loi sur la transparence et l'éthique en
matière de lobbyisme à certains actes de lobbyisme posés par des lobbyistes d'entreprises;
«Qu'elle prenne acte, enfin, des...
15 h (version non révisée)
M. Paradis :
...recommandation
du rapport du 16 février 2026 de la Commission d'enquête sur la gestion de
la modernisation des systèmes informatiques de la Société de l'assurance
automobile du Québec à l'effet de procéder à une refonte en profondeur de la
Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme;
«Qu'elle demande en conséquence au
gouvernement de légiférer pour réformer la Loi sur la transparence et l'éthique
en matière de lobbyisme notamment pour combler ses lacunes en éliminant le
seuil minimal d'activité pour les lobbyistes d'entreprises.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion? M.... M.... Cette motion est-elle adoptée? Motion... Oh! M.... M....
Une voix :
...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, une demande de vote électronique fait par la troisième opposition. Le
vote est maintenant ouvert.
Donc, le vote est maintenant fermé. M. le
secrétaire général, pour le résultat du vote.
Le
Secrétaire : Pour : 100
Contre : 0
Abstentions : 0
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, la motion est adoptée.
Une voix :
...
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) :
Oui, M. le député de...
M. Arseneau :
J'aimerais
que cette motion soit transmise au Bureau du Commissaire au lobbyisme, s'il
vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) :
Donc, ce sera fait. Merci. Maintenant, je suis prête à
entendre un membre formant le gouvernement. Mme la ministre de l'Éducation, à
vous la parole.
Mme LeBel :
Merci,
Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Bourassa-Sauvé,
le député de Gouin, le député de Matane-Matapédia, le député... d'Abitibi-Est,
pardon, la députée de Laporte, la députée de Chomedey, la députée de Rimouski,
le député de Saint-Jérôme et la députée de Saint-Laurent :
«Que l'Assemblée nationale souligne les
Journées de la persévérance scolaire qui se déroulent cette année du 16 au 20 février
2026 sous le thème La persévérance, ça mène loin, un moment rassembleur qui
permet d'encourager nos jeunes à rester engagés dans le parcours scolaire;
«Qu'elle rende hommage aux élèves qui
persévèrent malgré les défis en rappelant que derrière chaque parcours éducatif
réussi se trouvent des efforts soutenus, du temps et un engagement constant de
la part des élèves du Québec;
«Qu'elle salue l'engagement des acteurs
impliqués dans la... la réussite éducative, notamment les équipes-école, les
organismes scolaires, les parents et les organismes communautaires qui
contribuent quotidiennement à soutenir les élèves dans leur parcours scolaire;
«Qu'elle réitère que la persévérance
scolaire repose sur l'engagement de toute la collectivité; et
«Qu'elle invite la population du Québec à
manifester son appui aux élèves et à la réussite éducative.» Merci, Mme la
Présidente.
(Applaudissements)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader du gouvernement.
Une voix :
...
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) :
Cette motion est-elle adoptée? Motion adoptée. Donc,
nous poursuivons maintenant avec un membre du groupe formant l'opposition
officielle. M. le député de Nelligan, à vous la parole.
M. Derraji :
Merci, Mme
la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le leader du deuxième groupe d'opposition,
le chef du troisième groupe d'opposition, le député de Saint-Jérôme, la députée
de Laporte, le député de Rosemont, la députée de Saint-Laurent et le député
de... la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte que
la poursuite complète du projet de reconstruction de l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont constitue un enjeu stratégique majeur pour la pérennité et
la modernisation du réseau de la santé québécois notamment en raison de la
vétusté avancée des installations;
«Qu'elle reconnaisse que la réalisation
des phases subséquentes du projet constitue un préalable incontournable à la
mise en chantier du futur hôpital pour un investissement estimé à environ 300 millions de
dollars;
«Qu'elle reconnaisse également que la
reconstruction complète du nouvel Hôpital Maisonneuve-Rosemont représente un
investissement global évalué à environ cinq...
15 h 05 (version non révisée)
M. Derraji : ...milliards de
dollars;
«Qu'elle demande au gouvernement de
reconnaître formellement que ce projet constitue une priorité gouvernementale
et de s'engager à prévoir, au prochain budget du Québec et au Plan québécois
des infrastructures, les sommes nécessaires afin d'assurer la poursuite
continue des travaux.»
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader
du gouvernement? Il n'y a pas de consentement. Donc, nous allons poursuivre à
la prochaine rubrique, rubrique Avis touchant les travaux des commissions, M. le
leader du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, j'avise cette Assemblée que la Commission des
institutions va poursuivre les consultations générales et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 1, Loi
constitutionnelle de 2025 sur le Québec, aujourd'hui,
après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 19 h 15,
à la salle Pauline-Marois;
La Commission des relations avec les
citoyens va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 9,
la Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 19 h 15, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de la santé et des services
sociaux va poursuivre l'étude détaillée du projet loi 19, la Loi visant
notamment l'amélioration de l'accès aux services médicaux, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 19 h 15, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de l'économie et du travail va
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi
visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique
de diverses associations en milieu de travail, après les affaires courantes
jusqu'à 19 h 15, à la salle Marie-Claire-Kirkland.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : ...M.
le leader adjoint. Pour ma part, je vous avise que la Commission des finances
publiques se réunira en séance de travail le mercredi 18 février
2026, de 8 h à 8 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de statuer sur la possibilité que la commission
se saisisse de la pétition concernant l'abolition de la taxe de vente perçue
par le Québec sur les vêtements usagés pour enfants.
De plus, je vous avise que la Commission
de la santé et des services sociaux se réunira en séance de travail le mercredi 18 février
2026, de 8 h à 8 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau, afin de
statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de la pétition
concernant le soutien et le déploiement du programme de dépistage organisé pour
le cancer colorectal.
Y a-t-il consentement pour déroger de l'article 64.3
du règlement puisque la commission se réunira après le délai d'expiration
prévue pour que la commission se réunisse en séance de travail pour décider si
elle se saisit de la pétition? Est-ce qu'il y a consentement.
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Consentement.
Donc, nous poursuivons à la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée. Je vous informe que demain, lors
des affaires inscrites par les députés de l'opposition, se réunira... sera
débattue la motion inscrite par M. le député de Taschereau. Cette motion se lit
comme suit :
«Que l'Assemblée nationale affirme son
opposition au projet de gazoduc et de l'usine de gaz naturel liquéfié de...
La période des affaires courantes étant
terminée, M. le leader adjoint du gouvernement, pouvez-vous nous indiquer la
suite de nos travaux...
M. Lévesque (Chapleau) : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Laissez-moi
juste finir. Vous êtes trop rapide, M. le leader adjoint. Je ne peux pas finir,
vous êtes déjà là, vous avez déjà commencé. Parce que, vous savez que, lorsque
je suis debout, on ne vous entend pas au micro. Alors, c'est seulement pour le
bon fonctionnement de nos travaux. Je vous laisse la parole.
M. Lévesque (Chapleau) : C'était
mon enthousiasme débordant pour poursuivre nos travaux, Mme la Présidente,
comme vous le savez. Et donc je vous demanderais de bien vouloir appeler l'article 5
du feuilleton. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le leader adjoint. Donc, l'Assemblée reprend le débat ajourné le 11 février
2026 sur l'adoption du principe du projet de loi n° 11, Loi modifiant
diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
réglementaire et administratif. Est-ce qu'il y a... Est-ce qu'il y a... M. le...
de Jacques-Cartier, c'est vrai, vous n'aviez pas terminé votre
intervention, alors je vous cède immédiatement la parole.
M. Kelley : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Le Bienheureux, 4 Origines, Cunninghams Pub... Golden Sports,
Studio 77, Intro Pack... MDA, Micron... Bistro, CoCo & Bean, Duke and
Divine's, Victor Rose, Sushi Avocado et aussi le magasin Le Panier sont des
petites, des moyennes et des grandes entreprises chez nous, c'est des places
que je visite...
15 h 10 (version non révisée)
M. Kelley : ...est fréquente
souvent. Et aussi, j'ai eu le privilège de visiter certaines de ces usines.
Alors, je reviens sur le thème que... thématique ce projet de loi, c'est
important pour eux autres. Et, oui, il y a des avancées, mais aussi, comme j'ai
mentionné, il y a beaucoup de gens qui ont dit que ce projet de loi ne va pas
assez loin dans la déréglementation et les charges et les tâches
administratives. Alors, je pense qu'eux autres... à ces entrepreneurs, à ces
entreprises dans mon comté, que chaque fois que je visite, chaque fois que je
vois... je vois leurs gérants ou leurs propriétaires, de ces entreprises, ils
me parlent de le fait qu'il y a toujours trop de paperasse, trop de «red tape»,
Mme la Présidente, dans leurs opérations.
Et la fédération canadienne des
entreprises indépendantes, pendant les audiences publiques, a déposé un mémoire
avec quand même des chiffres qui sont un peu étonnants, mais on peut voir un
petit peu l'état d'esprit des entrepreneurs, des entreprises, petites, moyennes,
au Québec, et c'est juste un fait que, présentement, environ... une bonne
partie trouve que, oui, l'excès des règlements ajoute un stress important dans
leur vie. C'est environ, et ça, c'est un chiffre impressionnant, 90 % de
tous les gens qui étaient sondés par la fédération qui dit : Ça ajoute
beaucoup de stress dans leur vie. Et aussi un peu inquiétant, que 68 % des
gens qui étaient sondés ne conseilleraient pas à la prochaine génération de
lancer une entreprise à cause de la réglementation. Et pourquoi? Parce qu'ils
continuent de parler de c'est quoi, les coûts pour les entreprises, avec la
paperasse qui existe présentement. Environ, pour chaque personne, et ils ont
des chiffres par personne, per capita... mais, quand même, ils trouvent que c'est...
pour une entreprise de moins de cinq employés, là, juste traiter toute la réglementation,
c'est environ à 10 000 $ par employé, qui peut être utilisé et
réinvestir ailleurs, mais ils sont obligés de dépenser ça dans des différents
types de formulaires, etc., la paperasse qu'ils doivent traiter chaque jour. Ça
diminue avec la grandeur de l'entreprise, mais, quand même, on voit qu'il y a
un chiffre précis qui a été noté, que la paperasse et les tâches administratives...
les coûts réels à la productivité des entreprises. Et une autre chose qui
était superintéressante, Mme la Présidente, qu'ils mentionnent dans leur
mémoire... qu'est-ce que... Si on enlève la paperasse puis dépense moins,
particulièrement pour les petites, petites entreprises, comment il peut
réutiliser cet argent, comment il peut dédier cet argent qui est utilisé pour
traiter la paperasse puis de... gérer tous les différents règlements, qu'est-ce
qu'ils font avec cet argent-là.
Puis c'est intéressant parce que c'est sûr,
une chose, c'est d'avoir plus de temps pour développer leurs activités, un
meilleur équilibre travail-vie personnelle. Ça, c'est une priorité des
entrepreneurs. Une autre, c'est d'augmenter les salaires et améliorer les
avantages sociaux des employés. Et une autre chose qui était superintéressante...
oui, aller embaucher plus des employés, mais aussi réduire les prix. Alors,
moins de paperasse, moins des tâches administratives, moins des produits qu'on
consomme va coûter. Alors, il y a un lien direct avec le fait qu'on a trop de
paperasse.
Et je reviens, Mme la Présidente, que... ce
gouvernement, depuis leur arrivée au pouvoir, a ajouté plus que 1 milliard de
dollars, c'est le calcul, de paperasse et de fardeau sur nos entreprises ici,
au Québec. Ce projet de loi, c'est estimé qu'il va réduire ça par 200 millions de
dollars. Alors, OK, c'est un gain, mais c'est quand même loin d'où on a
commencé en 2018. J'ai cité déjà des exemples, quand même, à le niveau
gouvernemental, on a Santé Québec, Transports Québec, mais on a vu, sur
plusieurs reprises, que ce gouvernement a ajouté plus de paperasse, plus des
tâches administratives sur le dos de nos entrepreneurs. Et c'est factuel, c'est
qu'est-ce qui est écrit dans les différents mémoires. Alors, tout le monde... oui,
tout le monde a dit : Ah! on est contents avec ce projet loi, mais ça peut
aller plus loin.
Il y a des autres points, Mme la
Présidente, que je veux citer juste avant que tout le temps de mon discours
coule, mais une chose... J'ai parlé des timbres pour des petites cidreries au
Québec. Le fait qu'eux autres, là, ils trouvent... c'est vraiment un fardeau
inutile, à ce stade, parce que la traçabilité, c'est déjà là. Tu achètes une
bouteille de cidre, l'adresse de l'entreprise est indiquée sur la bouteille.
Alors, si jamais il y a une question de santé publique, bien, c'est très simple
de tracer où l'entreprise, le marché, etc., a acheté ce cidre, parce que c'est
indiqué clairement. Alors, ils disent...
15 h 15 (version non révisée)
M. Kelley : ...cet système timbre,
là, ça ne marche pas et c'est quand même, comme je dis, fardeau... fardeau
supplémentaire pour eux-autres et je sais qu'on a entendu ça aussi, des
microbrasseurs, etc., et peut-être que le ministre a déjà noté que c'est
possible, il va faire une réforme, plus approfondir sur la question autour de
toute la question de la SAQ puis des règlements dans l'industrie des boissons
alcooliques. Mais tous les groupes qui ont présenté devant nous ont dit :
Bien, il y a certains éléments ici qui sont intéressants. Mais, quand même une
chose, Mme la Présidente, j'imagine chez vous, si vous avez des Pommerie dans
votre comté, que, j'imagine, la réponse est oui, le fait que quelqu'un qui
produit le cidre alcoolique n'est pas capable d'acheter des pommes... de le
pommerie à côté, c'est ridicule. Et on dit : Ça ne... Il y a certains
producteurs qui ne veulent rien savoir avec le cidre. Nous, on peut faire des
produits plus diversifiés si on est capable d'acheter des pommes d'un producteur
juste à côté, mais c'est interdit présentement. Comment une règle comme ça peut
toujours exister? Tout le monde, quand même le côté gouvernemental a dit :Ça
ne fait aucun bon sens. Alors, il y a des choses comme ça qu'on doit régler, je
trouve, assez rapidement pour aider des petits entrepreneurs qui sont dans nos
régions autour de cette question... question-là.
Une note autre note que je veux juste
mettre de l'avant parce que c'était dans les mémoires le Fédération des
chambres de commerce du Québec et quand même dans le mémoire de l'Union des
municipalités du Québec, c'est un petit peu le fardeau qui est avec tout...
avec l'Office de langue française. Le Fédération des chambres de commerce du
Québec a dit : Bien, dans certains coins, là, tu sais, comité de
francisation qui existe au sein de notre entreprise, tout le monde est
francophone, on utilise une langue française ici et on est quand même obligé de
remplir des formulaires puis, etc. c'est... Est-ce que c'est vraiment toujours
nécessaire? Et on a entendu une même chose, un petit peu, la même chose de
certaines municipalités qui dit : Bien, il y a des règlements qui
existent, qu'il faut... de la paperasse qui existent avec le office, qu'on peut
probablement réduire ou n'est plus nécessaire. Et ça, ça revient à le fait que
le projet de loi, le 96, qui est devenu la loi 14, adoptée par ce
gouvernement, c'était inventé comme une façon de protéger la langue française,
et ça, c'est leur argumentaire, toujours. Mais l'autre côté, il y a énormément de
fardeaux, de paperasses et des tâches administratives qui sont associées avec
ce projet de loi. C'est factuel. C'était quand même souligné par des gens des
différents groupes à l'époque, on ne parle pas juste des anglophones ici, Mme
la Présidente, on parle des francophones qui vient dit. Pour un gouvernement
qui veut réduire un petit peu la paperasse, bien ce que je vois a beaucoup de
red tape, et c'est une réalité. Et j'ai entendu ça quand même dans mon comté, j'ai
des entreprises francophones, qui dit : Je dois traduire tous les contrats
en français quand, moi, je suis un francophone, puis tu sais, on doit signer en
français puis on achète des équipements des Américaines ou en Europe, et ça
arrive en anglais. Puis, maintenant, c'est moi l'entrepreneur qui a l'obligation
de traduire tous ces contrats. C'est juste, pour moi, c'est un coût additionnel
et je dois aussi trouver quelqu'un qui peut traduire ça, qui a... de le côté le
gouvernement est reconnu comme quelqu'un qui peut le faire, la traduction. Alors,
c'est des petites choses comme ça.
Puis, je pense, le ministre a démontré une
ouverture à écouter sur le côté de certaines paperasses et des tâches
administratives qui deviennent avec des lois linguistiques, mais on verra le
suite. Mais je pense que c'est important de noter que ça, c'est une conséquence
aussi de certaines lois qui ont été adoptées par ce gouvernement qui a rendu la
vie de nos entrepreneurs plus difficiles. Et ce n'est pour le député de
Jacques-Cartier qui dit ça, c'est des différents groupes qui étaient devant
nous en commission, des francophones, qui a dit ça.
Je vais aussi parler aussi de le
Fédération des municipalités du Québec, qui a mentionné les difficultés aussi
autour le transport en commun, le fait qu'ils ne sont pas capables, des fois, d'acheter
des autobus eux-mêmes. Ça, c'est problématique. Il y a aussi, comme des fois,
des exemples avec des monopoles que, quand même, si un groupe, des entreprises
veut acheté un autobus pour chercher des travailleurs à des stations d'autobus,
c'est interdit à cause de certaines lois des municipalités... des monopoles des
sociétés d'État, ça, c'est plus un cas à Montréal et un cas qui revient de mon
comté. Mais ça démontre aussi que, quand même, quand les entreprises veut être
plus proactifs dans notre transport en commun, c'est interdit et, pour le côté
des municipalités, oui, on sait qu'il y a un enjeu avec le financement, mais
quand même, des fois, ils ne sont pas capables de prendre des décisions qu'il
veut prendre pour avoir un meilleur système, une meilleure offre à leurs
citoyens. Alors, j'espère que le gouvernement va être à l'écoute sur ce point-là.
Puis aussi, parce que je sais qu'il n'y a
pas beaucoup de temps qui reste, Mme la Présidente, je veux juste noter aussi
que le... Environmental Advisory Committee...
15 h 20 (version non révisée)
M. Kelley :
…made a pretty fair point to that, if
you're going to change any type of… around mines or whatever, maybe that you
can't naturally reduce the «reddition de comptes» and… and also the
consultation process that needs to be done with our First Nations, our indigenous
people, and Innuits. So, that was brought up to…to be a little bit cautious for
any type of changes we're permitting, that we are also not reducing any
communication and consultation that is necessary around the permitting for mines
and also in in the forest sector. So, I think that it's important to note that that's what they
brought up and what they suggest that we'll be a little bit cautious about.
Et il y a aussi…
aussi l'Assemblée des Premières Nations du Québec et Labrador qui est répété surtout
la forêt, la gestion de la forêt, eux autres ne doit être pas juste… ce n'est
pas juste une question de quantité, mais eux autres veulent avoir un rôle dans
la gestion des forêts, et il faut vraiment être à l'écoute. L'élément des
forêts, il y a des projets pilotes, etc. Les… ont dit : C'est bien
intéressant, mais quand même un… une réforme plus structurée, comme le
gouvernement a pris l'engagement de le faire en 2018. On attend toujours, toujours
pour notre projet de loi sur ce sujet, qui demeure très important pour les
différentes régions du Québec, et aussi pour les Premières Nations du Québec et
Labrador.
Alors, juste encore, Mme la Présidente, je
veux rapidement répéter que, depuis l'arrivée de la CAQ au gouvernement en
2018, le fardeau administratif annuel des PME au Québec a augmenté de 2,4 milliards de
dollars. Ça, c'est leur bilan, c'est le bilan du gouvernement. Ce projet de loi,
c'est un pas dans la bonne direction, mais il y a toujours beaucoup de travail
à faire. Je sais que mon collègue de Marguerite-Bourgeoys va prendre la parole
de parler d'un autre projet de loi. Alors, oui, à moins de règlements, moins de
paperasse, c'est bon pour le côté économique, pour nos entreprises, mais je
rappelle aussi qui demeure toujours trop de paperasse sur le côté des services
sociaux, aussi, Mme la Présidente, dans le système de santé et quand même
partout au Québec, éducation, partout, il y a beaucoup de paperasse, il y a trop
de paperasse, et le plus on peut réduire, le plus des gens peuvent être plus
productifs, et on peut avoir une économie qui est plus efficace et plus
prospère. Eh oui, on va voter en faveur le principe, mais on va quand même
avoir des bons arguments, des bonnes présentations, des amendements pendant l'étude
détaillée. Merci beaucoup pour votre écoute, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Comme il n'y a pas d'autres
interventions, le principe du projet de loi n° 11, Loi modifiant diverses
dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et
administratif, est-il a adopté?
Des voix
: Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, conformément à l'article 243 de
notre règlement, je fais motion afin que le projet de loi n° 11, la Loi
modifiant diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
réglementaire et administratif, soit déféré à la Commission de l'économie du
travail pour son étude détaillée, et que le ministre délégué à l'Économie et
aux Petites et Moyennes Entreprises soit membre de ladite commission pour la
durée du mandat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Et cette motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Motion adoptée, M. le leader adjoint du Parlement, pouvez-vous nous indiquer
quel article appeler?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
Mme la Présidente. Je vous demanderais de bien vouloir appeler l'article 2
du feuilleton, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
à l'article 2 du feuilleton, M. le ministre des Finances propose l'adoption du
principe du projet de loi n° 5, Loi visant à accélérer l'octroi des
autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et
d'envergure nationale. Y a-t-il des interventions? M. le député de Chapleau, je
vous cède la parole.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, j'ai le plaisir de vous présenter pour
adoption du principe, le projet de loi n° 5, la Loi visant à accélérer
l'octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets
prioritaires et d'envergure nationale.
C'est vraiment un projet de loi très
important qui s'inscrit dans la nouvelle vision économique de notre
gouvernement, laquelle a été présentée, vous le savez, l'automne dernier, par
le premier ministre, nous avons eu l'occasion d'entendre de nombreux groupes
provenant de différentes sphères de la société québécoise lors des deux jours
de consultations particulières tenues par la Commission des finances publiques
la semaine dernière. À cela, évidemment, s'est ajouté les nombreux mémoires
reçus, ainsi que les rencontres avec différents groupes de la société civile.
Cela nous a permis d'entendre différents points de vue et d'avoir des échanges
qui sont très constructifs, dont nous tiendrons compte pour la suite des choses,
bien entendu, Mme la Présidente.
Et donc, tout d'abord, le projet de loi
prévoit des mesures qui visent à accélérer l'octroi des autorisations requises
pour la réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale dans le
but de favoriser l'autonomie, la résilience et la prospérité du Québec tout en
préservant la santé et la sécurité des personnes, la sécurité des biens, de
même que la qualité de l'environnement, dans le respect des communautés
autochtones…
15 h 25 (version non révisée)
M. Lévesque (Chapleau) :
...il permettra de mettre en œuvre un processus d'autorisation
gouvernementale simplifié et mieux coordonné afin de délivrer une... une
autorisation unique. Cette façon de faire va permettre de réduire les délais
liés à l'obtention des autorisations et d'accélérer le déploiement des projets
stratégiques, ce qui offrira aux investisseurs davantage de prévisibilité.
Si elle est adoptée, cette loi va s'appliquer
sous réserve de toute loi visant évidemment à mettre en œuvre les conventions
visées à l'article un de la Loi approuvant la Convention de la Baie-James et du
Nord québécois et à l'article un de la Loi approuvant la Convention du nord-est
québécois. Elle va s'interpréter évidemment de manière compatible avec l'obligation
de consulter les communautés autochtones.
Le gouvernement va pouvoir désigner, à
titre de projet prioritaire et d'envergure nationale, tout projet stratégique
de grande ampleur dont la réalisation rapide et d'intérêt collectif, qu'elle
bénéficie d'une acceptabilité sociale et dont la mise en œuvre réussie est
plausible.
Et donc le ministère des Finances va agir
comme porte d'entrée gouvernementale pour accompagner les promoteurs tout au
long du processus dans le but de délivrer cette fameuse autorisation unique
dont je vous parlais précédemment.
Un échéancier des différentes étapes pour
l'octroi de l'autorisation va être établi en concertation avec le promoteur et
l'ensemble des émetteurs d'autorisation et de permis, soit les ministres, les
organismes publics, les municipalités et les communautés métropolitaines
concernées, ce qui va permettre une meilleure rapidité d'exécution et offrir
une plus grande prévisibilité.
Le gouvernement va pouvoir, dans le but...
pourra, dans le but d'accélérer, pardon, la réalisation d'un projet désigné ou
afin de permettre l'exercice d'activités qui découlent d'un projet désigné à la
suite de sa réalisation et qui ne peuvent être conformes aux normes
applicables, modifier l'application de certaines lois visées à l'annexe I ou d'un
règlement pris pour leur application.
Et donc, pour votre gouverne, Mme la
Présidente, l'Annexe un présente la liste des lois prévoyant les permissions
pouvant être remplacées par l'autorisation unique du gouvernement.
Je tiens évidemment à souligner que les
principes de transparence, d'acceptabilité sociale, de participation citoyenne
et de respect des communautés autochtones seront au cœur de cette démarche, et
ce, tout au long des étapes des cheminements... de cheminement des différents
projets.
Ainsi, le ministre va rendre accessibles
les renseignements suivants : l'échéancier prévu pour l'octroi d'une
autorisation par le gouvernement, l'arrêté du ministre autorisant des travaux
préparatoires, les documents et les renseignements autres que ceux contenant
des renseignements personnels sur la base desquels l'autorisation, y compris
les conditions dont elle est assortie, a été octroyée par le gouvernement, le
calendrier de réalisation d'un projet désigné, les demandes de modification d'une
autorisation par un promoteur, et, le cas échéant, les motifs pour lesquels une
telle demande a été refusée, les différents renseignements accessibles en vertu
des lois ou des règlements qui encadrent la réalisation du projet désigné ou
des activités nécessaires à sa réalisation qui ne sont pas autrement publiées,
un état annuel de l'avancement de chacun des projets désignés. Et, lorsque l'étude
d'impact, Mme la Présidente, du projet désigné sera jugée admissible
conformément aux exigences de la Loi sur la qualité de l'environnement, le
ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs va confier
au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement un mandat d'audiences
publiques sur le projet qui va être désigné.
Et donc c'est important de mentionner que
le projet de loi va prévoir plusieurs mesures d'allègement et d'aménagement qui
vont baliser le processus, accélérer et simplifier, notamment en matière de
protection de l'environnement, des ressources naturelles, de la faune, de la
flore, des zones agricoles et en matière municipale.
Donc, alors, voilà, Mme la Présidente,
pour le projet de loi cinq qui a pour objectif d'accroître la résilience, la
productivité, l'influence du Québec, tout en misant évidemment sur des atouts
qui sont stratégiques dans un contexte de transformation rapide et d'incertitude
géopolitique à l'échelle internationale. Évidemment, je ne vous apprends rien
en vous disant ça, Mme la Présidente, va permettre de mettre en place un
processus d'approbation des grands projets simples et transparents qui
respectera les plus hauts standards gouvernementaux.
Ce processus va prendre en compte des
particularités du Québec et du contexte économique teinté d'incertitude avec
lequel nous devons composer. Il sera basé sur une collaboration étroite entre
les ministères, les organismes publics concernés, les municipalités et les
communautés autochtones.
Bref, avec ce projet de loi, nous voulons
permettre l'accélération de projets nécessaires au développement du Québec dans
un contexte qui nous amène à revoir nos façons de faire.
Je demande donc aujourd'hui à cette
Assemblée d'en adopter le principe afin que la Commission des finances
publiques puisse entreprendre son étude détaillée dans les meilleurs délais.
Merci beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député de Marguerite-Bourgeoys, à vous la parole.
M. Beauchemin :
Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Le projet de loi cinq, écoutez, c'est une grosse
version, là, du projet de loi 11, dans le sens qu'on va, avec ce projet de loi
là, accélérer l'autorisation de projets structurants pour l'économie du Québec.
Le projet de loi 11 se veut un ensemble de mesurettes, là, pour réduire la
paperasse puis la bureaucratie, là, au Québec. Donc, on...
15 h 30 (version non révisée)
M. Beauchemin :
...on
est... on est dans la même relative palette ici, mais malheureusement on n'est
pas avec les mêmes... les mêmes conséquences. Malheureusement, pour ce qui est
du projet de loi 11, évidemment, ça va être peu significatif, quand on
considère le fait qu'avec l'étude, là, du FCEI, on a bel et bien vu un ajout d'approximativement
2,6 milliards par année que ça coûte à nos PME d'opérer au Québec à cause
de l'environnement réglementaire additionnel que ce gouvernement-là a mis en
place.
Dois-je le rappeler, en fait, que la
raison pour laquelle on met un projet de loi ici de l'avant et qu'on a à faire
cette espèce d'exercice, là, pour accélérer l'autorisation, bien, ça vient d'un
paquet de procédures que le gouvernement a lui-même déposées depuis les huit
dernières années pour alourdir le processus réglementaire d'autorisation. C'en
est triste, mais c'est la réalité.
Vous comprendrez, nous, au Parti libéral
du Québec, là, on est quand même le parti qui a réalisé de grandes infrastructures.
On a été partie prenante pour évidemment accélérer les processus d'autorisation,
que ce soit dans le système hospitalier, que ce soit dans l'énergie au Québec,
pour ne... que nommer ces deux-là. Donc, on est évidemment pour le principe du
projet de loi. Évidemment, on aura à analyser celui-ci dans les détails pour s'assurer
qu'effectivement on fait les choses comme il... comme il se doit.
Et puis, si on peut me permettre ici
quelques instants, Mme la Présidente, fut une période où tous les ministres
importants, là, de la CAQ se promenaient avec un livre qui disait... un titre
qui était simple, là, How Big Things Get Done. C'était un livre qui était le
livre de chevet, je crois, là, pour les gros ministères au gouvernement. Mais
malheureusement, à l'intérieur de ce livre-là, clairement, la substance n'a pas
été lue par le gouvernement. Parce que, là, encore une fois aujourd'hui avec le
projet de loi cinq, on le voit bien, une des choses qui aurait dû être fait,
lorsque tu veux réaliser des grands... des grands projets, c'est de faire une
consultation en amont. Et on n'a pas fait, encore une fois, avec le projet de
loi cinq, une consultation en amont.
Puis, quand on regarde pour la mise en
place du mécanisme qui est sous-jacent dans le projet de loi cinq pour
accélérer justement l'octroi des autorisations, bien, il n'y a pas d'acceptabilité.
Il n'y a pas un automatisme d'aller chercher... l'acceptabilité. Puis ce n'est
pas moi qui le dis, là. C'est le Conseil du patronat du Québec qui parle de cet
enjeu-là, à savoir que c'est important, justement, si on veut être capables de
réaliser de grands projets dans l'histoire du Québec... c'est important d'avoir
justement toutes les parties prenantes de la société civile du même côté de l'équation.
Elles... Donc, elles doivent être donc consultées.
On a rencontré le grand chef Paul des
Premières Nations, on a rencontré des gens du milieu environnemental, on a
rencontré un paquet d'intervenants qui voulaient évidemment avoir été consultés
de façon préalable, ce qui n'a pas été le cas. On a aussi entendu les gens du
MEQ, l'Association minière du Québec, la Fédération des chambres de commerce du
Québec, qui, eux aussi, ont dit que c'est important d'avancer, de faire
accélérer justement les autorisations. Tout le monde semble être d'accord sur
le principe, là. Mais, encore une fois ici, on réitère le fait que l'importance
règne de façon primordiale lorsqu'on... justement on consulte de façon
préalable, ce qui ne semble pas avoir été le cas ici.
J'ai vu le ministre sur X prendre note des
commentaires qui ont été entendus lors des consultations particulières. Donc,
on va supposer ici, là, que le ministre va y aller de l'avant avec probablement
des amendements à son propre projet de loi. C'est important parce que les
consultations préalables semblent être le dénominateur commun de l'ensemble des
critiques qui ont été entendues en consultations. Et donc on est tous d'accord
que, pour qu'on puisse avancer, il faut que tout le monde pousse la roue dans
le bon sens. Au Québec, on a le talent, on a les ressources, on a le
savoir-faire, mais clairement, si on n'est pas capables d'apprendre que la
consultation préalable est un élément essentiel à la réalisation des grands
projets, bien, on va continuer, là, à tourner en rond malheureusement.
Donc, vous savez, c'est important de
considérer aussi que, dans le projet de loi, aujourd'hui, ce qu'on propose, c'est
de donner au... au ministre des Finances des pouvoirs qui sont extraordinaires.
Alors, c'est important ici de considérer que les critères de désignation, qui
actuellement sont trop larges, doivent être mieux définis. Ça...
15 h 35 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...c'est un
élément clé à la définition de ce qu'on... de ce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire
de permettre l'acceptabilité sociale. Si on est capable de bien définir ces
pouvoirs extraordinaires là, dans le concept de la désignation, pour des
critères de désignation, je pense qu'à partir de ce point-là, on va faire du
progrès.
On va proposer, nous autres, notamment, un
critère qui va être, pour ce qui est la désignation, que le promoteur du projet
démontre qu'il ait obtenu l'acceptabilité sociale. Ça, c'est important parce qu'avoir
le promoteur qui, lui, va aller de l'avant, donc, avec son projet, avec la
liste des autorisations qui va lui être nécessaire à obtenir, bien, évidemment,
s'il est capable de démontrer qu'il y a eu ces autorisations... pas des
autorisations, excusez-moi, l'acceptabilité sociale de façon préalable, bien,
évidemment, c'est comme si on huile déjà le moteur et il va déjà donc bien
fonctionner. Donc, je pense que c'est important aussi de mettre cet aspect-là
dans le projet de loi.
Il y a une obligation de consultation qui
existe, mais que ce n'est pas dans... avec un processus accéléré, même les
acteurs économiques comme le Conseil du patronat, puis, comme je vous disais
tout à l'heure, a mentionné que c'était préférable de toujours consulter en
avant. Donc, consulter en avant égale l'obtention de l'acceptabilité sociale,
égale faire avancer le projet de façon plus optimale.
Alors, je pense que, là-dessus, le
ministre l'a entendu, on va déposer des amendements dans ce sens puis on espère
qu'évidemment on pourra avoir gain de cause là-dessus.
Les joueurs importants, évidemment, les
municipalités, tout ce qui est champs de compétence. On parle souvent ici, au
Québec, qu'on veut que le fédéral respecte nos champs de compétence. Bien, je
voudrais juste peut-être rappeler au gouvernement que, d'une perspective d'un
gouvernement municipal, c'est exactement le même argumentaire. On souhaite que
les champs de compétence municipaux soient respectés par le gouvernement du
Québec. Alors, ça va être évidemment important que les municipalités puissent
être entendues.
Donc, comme je disais tout à l'heure, en
principe, le projet de loi veut faire avancer des projets de loi qui... des
projets qui sont eux-mêmes déjà déterminés par le gouvernement, et ici, on
parle du train rapide, là, entre Québec et Toronto, on parle du port de
Montréal, l'agrandissement du port de Montréal à contrecœur. Le gouvernement,
clairement, doit avoir sûrement deux ou trois autres projets dans le pipeline
pour nous avancer avec un projet de loi comme ça. On verra bien, à la valeur
même de chacun, l'importance et la compréhension des enjeux pour l'ensemble du
Québec.
Mais c'est important aussi de comprendre
que le projet de loi est pour une durée de cinq ans. Donc, c'est drôle parce
que, bon, on parle du projet de loi n° 5, une durée
de cinq ans, on a cinq projets. On dirait quasiment qu'il y a eu un agencement
des étoiles, là, pour faire en sorte que le projet de loi, le numéro du projet
de loi tombe dans ce genre de cartons là. Mais ça va être important, pour la
suite des choses, qu'on puisse avoir plus de consultations et de s'assurer que,
pour qu'on puisse faire avancer l'économie du Québec et qu'on puisse avoir l'objectif
atteint de faire autoriser ces grands projets là dans un ordre de 50 %
plus rapide, qui semble être l'objectif du ministre des Finances, bien, que,
pour des projets d'envergure nationale, on puisse avoir eu minimalement les
réflexes d'avoir fait une consultation avec toutes les parties prenantes, de
façon préalable. Et ça, ça va faire en sorte que, lorsqu'on va être dans le
mode exécution, bien, déjà, on va avoir aligné nos canards, comme on dit, puis
ça va être plus facile de pouvoir passer aux actes et de faire, justement, le
développement à longue durée et de façon pérenne du Québec, une priorité qui va
vraiment être entendue par tous.
Alors, vous comprenez, Mme la Présidente, que,
là-dessus, nous, on va être pour le principe, mais on va avoir de sérieux
amendements qu'on va vouloir déposer pour la suite des choses. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je suis prête à céder la parole au prochain
intervenant, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. Ça me fait plaisir d'être ici, aujourd'hui, pour parler du projet
de loi n° 5, la loi qui vise à accélérer l'octroi des
autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et
d'envergure nationale. Ma formation politique et moi-même allons voter contre
ce projet de loi là, et je vais vous exposer pourquoi.
Vous savez, le ministre des Finances et moi-même,
on partage un objectif commun, celui de donner à l'État québécois les moyens de
réaliser ses missions, notamment des missions en ce qui a trait à la santé et à
l'éducation. Là où nos visions divergent, c'est dans la façon d'y arriver. J'ai
écouté mon collègue du Parti libéral et je comprends que sa vision se rapproche
beaucoup aussi de celle de la CAQ.
Vous savez, le ministre des Finances est
coincé dans un schème de pensée qui nous est hérité des années...
15 h 40 (version non révisée)
M. Grandmont : ...les années
80, 90, c'est-à-dire les années Thatcher, Reagan. Pour lui comme pour ses
maîtres à penser, il n'y a point de salut en dehors du marché privé.
Pour le ministre, la création de richesse
passe par le ruissellement. On donne à des multinationales l'opportunité... des
opportunités d'affaires, et cette activité économique devrait se traduire par
la création d'emplois bien rémunérés. Le problème, c'est que, pour y arriver,
le ministre se voit obligé d'en donner toujours davantage à des multinationales
possédées par des ultrariches : des délais plus courts, moins de
réglementations, moins de protection de l'environnement, moins de protection
pour les droits des travailleurs et des travailleuses, des blocs d'énergie à
rabais. Des crédits de taxes et d'impôts, des subventions, des prêts
pardonnables. Dans la vision du ministre, l'État, l'environnement, les droits
des travailleurs et des travailleuses, l'acceptabilité sociale ne sont que des
entraves à la création de richesse.
Cette approche, elle génère donc de
nombreux problèmes. Cette façon de générer de la richesse est faite en vase
clos, Mme la Présidente. Ce qui est brisé d'une main, nous devrons le réparer
et le payer de l'autre. Quand une entreprise saccage l'environnement, il faudra
bien nettoyer les dégâts. Quand une espèce faunique ou floristique disparaît,
c'est la biodiversité qui en est affaiblie et toute la chaîne alimentaire qui
est affaiblie. Quand une entreprise menace de fermer boutique pour ne pas avoir
à respecter les normes environnementales, c'est la santé des gens qui périclite,
des personnes que nous devrons bien entendu par la suite soigner. Et évidemment
on a tous en tête un exemple très récent de ça. Et puis, de manière générale,
on a bien vu, dans les dernières années, quand les plus riches s'enrichissent,
les plus pauvres s'appauvrissent. Et la... et la pauvreté aussi a un prix, Mme
la Présidente.
Pour le ministre des Finances, il faut
choisir entre l'économie et le reste. C'est pourtant un dilemme qui est
illusoire, parce qu'il est possible de réaliser des projets ambitieux pour le
Québec tout en préservant la qualité de notre environnement, en préservant les
droits des Premières Nations et des Inuits, les droits des travailleurs et des
travailleuses en préservant nos services publics. À sa décharge, le ministre
des Finances n'est pas le seul et surtout pas le premier à faire fausse route.
Ses prédécesseurs, qui réfléchissaient et agissaient de la même manière que
lui, ont causé aujourd'hui les problèmes que nous rencontrons en ce moment. Se
mettre à genoux devant les multinationales, ce n'est pas une habitude récente.
Bombardier, l'industrie de l'aluminium, la cimenterie McInnis, Airbus, pour ne
nommer que celles-là, toutes ces entreprises ont reçu des aides colossales de l'État,
avec des résultats souvent mitigés. Pendant ce temps-là, le gouvernement du
Québec affaiblissait sa capacité financière en réduisant constamment ses
recettes fiscales.
Pour des raisons électoralistes, tous les
gouvernements des 30 dernières années ont fait le choix de réduire l'impôt sur
le revenu des particuliers et de diminuer le nombre de paliers d'imposition,
privant l'État québécois de revenus colossaux qui auraient permis de financer
nos services publics, nos missions. Sans ces baisses d'impôts, le ministre des
Finances aurait sans doute eu les moyens de faire son travail sans avoir à
plier devant les multinationales, mais il n'y est pas trop tard, Mme la
Présidente, il est possible d'aller chercher l'argent ou elle est, dans les
poches des plus riches, et, parallèlement, de continuer de faciliter la
réalisation de projets économiques respectueux de l'environnement qui ont de
vraies retombées positives ici, au Québec. J'aimerais maintenant vous
parler plus précisément de certains aspects du projet de loi. Je suis
responsable du dossier de l'environnement. Ma collègue députée de Verdun
viendra tout à l'heure parler des aspects plus financiers du projet. Donc, d'abord,
sur la protection des milieux humides et forestiers, il est également impératif
de souligner et dénoncer que le projet de loi permet au ministre des Finances d'autoriser
des travaux irréversibles, on parle ici de déboisement, drainage, remblayage,
avant même que l'évaluation environnementale globale ne soit complétée. Ces
travaux-là, évidemment, ne sont pas mineurs, Mme la Présidente, ils constituent
des atteintes majeures aux écosystèmes qui rendent le refus final d'un projet
presque impossible une fois le terrain dévasté.
Le gouvernement a-t-il déjà oublié le
tristement célèbre projet Northvolt, où 13 hectares de milieux humides ont été
détruits pour un projet dont la viabilité est aujourd'hui compromise,
illustrant les risques de la précipitation? Le pouvoir discrétionnaire accordé
au ministre des Finances de permettre des travaux dans des milieux humides et
hydriques alors que le ministère de l'Environnement est relégué à un simple
rôle consultatif est tout simplement dangereux et inacceptable. Le Québec subit
déjà une destruction rapide de ces milieux-là...
15 h 45 (version non révisée)
M. Grandmont : ..12,4 millions
de mètres carrés détruits depuis 2017. Et le mécanisme de compensation qui
existe, qui est supposé être là pour compenser, c'est... cette destruction est
un échec avec seulement 1,18 % des fonds réinvestis dans la restauration.
Le gouvernement doit respecter la hiérarchie, éviter, minimiser, compenser
plutôt que de faciliter la destruction de nos milieux qui sont précieux. En
remplaçant les permis de la Loi sur l'aménagement durable du territoire
forestier par une autorisation unique, on écarte l'expertise technique
forestière et on risque de dépasser la capacité de régénération de la forêt. Ce
déboisement-là qui est prématuré fragmente en plus les habitats et menace la
biodiversité, notamment les espèces en péril, comme le caribou dont on parle
souvent, mais pour lequel on agit trop peu. Il est inacceptable que des espèces
précaires perdent leur filet de sécurité au profit de projets industriels.
Cette disposition contredit les engagements internationaux du Québec, adoptés à
la COP 15, de protéger 30 % de son territoire en essayant de mettre
une prépondérance à une protection du territoire dans le sud du Québec, là où
ça compte le plus puis là où notre impact est le plus grand actuellement. Mme
la Présidente, pourquoi ne pas considérer la proposition de l'Association des
biologistes du Québec, qui demande que toute décision touchant les milieux
humides et forestiers nécessite une recommandation favorable conjointe des
ministres des Finances et de l'Environnement? L'accélération économique ne doit
pas se transformer en dette écologique pour les générations futures.
Malheureusement, le projet de loi n° 5 traite l'environnement comme un
obstacle plutôt que comme le fondement de notre résilience nationale.
Je vous parlerais maintenant du respect
des normes environnementales. Avant de décider d'aller plus vite, encore
faut-il s'assurer que nous allons dans la bonne direction, parce qu'un projet
peut être plus rapide et, en même temps, profondément dommageable. Un projet
peut être rentable à court terme et catastrophique à long terme sur le plan
financier, budgétaire. Un projet peut être présenté comme d'intérêt national
tout en affaiblissant les bases mêmes de notre prospérité. C'est précisément ce
que nous rappellent les mémoires déposés en commission parlementaire par des
organisations différentes issues du droit, de la science et de la protection du
territoire, qui convergent vers un message clair et uniforme : le respect
des normes environnementales, ce n'est pas négociable.
Les règles environnementales dont on
dispose aujourd'hui ne sont pas apparues par hasard, elles sont le résultat de
décennies d'erreurs, de crises, de prises de conscience. On a voulu corriger la
situation et on s'est bâti un cursus légal, un corps... légal, qui nous permet
d'éviter de reproduire des erreurs. Pollutions industrielles incontrôlées, contamination
des sols, destruction d'écosystèmes, catastrophes naturelles aggravées par l'aménagement
du territoire, chaque épisode a laissé des cicatrices durables sur des
communautés entières.
Le Centre québécois pour le droit de l'environnement
l'a rappelé avec force et vigueur, le droit de l'environnement repose sur des
principes fondamentaux : la prévention, la précaution, la responsabilité
et la transparence. Ceux-ci visent à éviter que les dommages ne surviennent
plutôt qu'à tenter de les réparer après coup, parce que dans un bon... un bon
nombre de cas, Mme la Présidente, réparer coûte presque toujours plus cher,
prend plus de temps et ne permet pas toujours de retrouver l'état initial.
On parle souvent de simplifier ou d'alléger
les processus environnementaux, mais simplifier quoi exactement? Simplifier l'analyse
des impacts sur l'eau potable? Simplifier l'évaluation des risques pour la
santé publique? Simplifier la protection des espèces menacées? Ce que ces
organisations nous disent, c'est que derrière le vocabulaire technocratique se
cache souvent une réalité plus brutale : réduire les exigences, écourter
les analyses, limiter la participation publique. Or, les processus actuels ne
sont pas complexes par plaisir, ils sont complexes parce que la réalité qu'ils
tentent d'évaluer l'est tout autant, Mme la Présidente. Les mécanismes d'évaluation
environnementale existent pour éclairer les décisions politiques par des
données scientifiques et une analyse rigoureuse. Alors oui, ça prend du temps,
oui, c'est complexe, mais ce n'est pas là pour rien, ça a un but et c'est basé
sur l'expérience acquise au cours de toutes ces années, où on a commencé à se
soucier de protection de l'environnement, d'acceptabilité sociale, de santé
publique. Sans ces mécanismes-là, les décisions risquent de se baser...
15 h 50 (version non révisée)
M. Grandmont : ...sur des... des
projections optimistes, des pressions économiques ou des considérations
politiques à court terme.
Le Centre québécois pour le droit de l'environnement
a également souligné que l'affaiblissement de ces processus peut augmenter l'incertitude
juridique, multipliant les contestations et retardant, finalement, les projets.
Donc, à vouloir trop accélérer, peut-être qu'en fait, on va ralentir les
projets, parce qu'il y aura différentes manifestations, blocages de routes,
contestations juridiques des différents projets, qui seront jugés illégitimes,
ou encore, néfastes pour la santé humaine, ou encore, néfastes pour l'environnement.
Autrement dit, contourner les règles ne garantit pas d'aller plus vite.
Des cas de figure récents nous ont aussi
démontré qu'environnement et santé publique vont aussi de pair. Qualité de l'air,
accès à une eau potable, surexposition aux contaminants, vulnérabilité aux
vagues de chaleur, tous ces facteurs sont liés aux décisions d'aménagement et d'infrastructure.
Affaiblir les normes environnementales, c'est, potentiellement, augmenter les
coûts en santé, les inégalités sociales et les risques pour les communautés les
plus vulnérables.
Alors, voilà pourquoi, Mme la Présidente,
nous allons voter contre le projet de loi n° 5 à
cette étape-ci, au principe. Nous allons, bien entendu, étudier avec attention...
faire... participer à l'étude détaillée avec attention, avec diligence, pour s'assurer
que ce projet de loi là soit le moins pire possible, Mme la Présidente. On
dirait qu'on va de reculs en reculs avec ce gouvernement-là, c'est une vraie
catastrophe. Là, on recule à la fois sur l'environnement, sur l'acceptabilité
sociale, sur l'État de droit. Je n'ai même pas parlé de ça, ma collègue aux
Finances... la députée de Verdun va sûrement en parler aussi, le CQDE y est
allé d'une charge très forte quant à la détérioration, à l'effritement de l'État
de droit. Le projet de loi n° 5 contient beaucoup de
dispositions qui vont à l'encontre du droit, de la démocratie au Québec. Et
tout ça pour quoi? Encore une fois, pour satisfaire les exigences, de plus en
plus nombreuses, d'une industrie qui ne veut que cumuler les profits. Merci, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Je suis prête à entendre un autre intervenant. M. le député de Jean-Talon,
à vous la parole.
M. Paradis : Le projet de loi
n° 5 qui est présenté par le ministre des Finances
vise, comme son titre l'indique, à accélérer l'octroi des autorisations
requises pour la réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale,
et j'indique, d'entrée de jeu, que nous allons voter en faveur du principe de
ce projet de loi, parce qu'en effet, dans un nouveau contexte mondial très
concurrentiel, très incertain c'est une bonne idée que de se demander ce que le
Québec peut faire pour que des projets d'intérêt prioritaires qui pourraient
propulser notre économie, qui pourraient s'inscrire dans une logique de
développement durable, mais pour lesquels, parfois, il existe des concurrents
qui peuvent être ailleurs au Canada, ailleurs en Amérique, ailleurs dans le
monde... qu'on puisse démontrer que nous sommes capables de développer de tels
projets, mais dans des délais raisonnables.
Parce que beaucoup d'acteurs, en fait, la
plupart des acteurs conviennent que, pour des bonnes et moins bonnes raisons,
il est parfois très long de faire émerger les projets, et donc qu'il y a
beaucoup d'imprévisibilité et qu'il y a beaucoup d'investissements qui se
perdent et qu'il y a beaucoup de temps, d'énergie aussi qui sont consacrés à
développer des projets qui n'aboutissent pas, alors qu'on aurait pu trouver une
voie pour en faire... pour faire en sorte que ce soient des projets qui sont
dans l'intérêt collectif, qui s'inscrivent dans une perspective innovante, dans
une perspective moderne et dans une perspective, donc, comme je le mentionnais
tout à l'heure, de développement durable.
Donc, je suis d'accord avec le ministre
des Finances lorsqu'il affirme, comme il l'a fait plusieurs fois en
consultations particulières, que notre position concurrentielle, dans un
contexte mondial de plus en plus concurrentiel, justement, est en jeu. Mais
dire aujourd'hui que nous allons voter pour le principe et que nous entrons,
dans un esprit constructif, dans des discussions avec le ministre et avec les
collègues des autres oppositions ne veut pas dire que nous donnons un chèque en
blanc au gouvernement. Nous allons être très exigeants sur les moyens.
Si on est d'accord, donc, qu'il faut
offrir plus de prévisibilité aux promoteurs, à la population du Québec, à tous
les acteurs qui sont impliqués et qui sont concernés par le développement des
projets, y compris les populations locales, si on est d'accord qu'il faut moins
d'incertitude sur les délais, que le statu quo administratif n'est pas
acceptable, il n'est pas satisfaisant, notamment en raison des échecs répétés
de ce gouvernement...
15 h 55 (version non révisée)
M. Paradis : ...à livrer les
projets dont il dit lui-même qu'ils sont prioritaires, et ça, ça fait partie du
bilan de ce gouvernement de la CAQ. Parce qu'il est arrivé au pouvoir en disant
qu'il allait faciliter les choses, qu'il allait rendre l'administration plus
efficace, qu'il allait enlever des règles et qu'il allait alléger, et il ne l'a
jamais fait. Donc, ça, ça fait partie du bilan. Donc, on est d'accord qu'il
faut en tenir compte puis il faut tenir compte aussi de plusieurs groupes qui
sont venus en consultations particulières nous dire qu'ils reconnaissent qu'on
peut s'améliorer. On reconnaît, donc, qu'il y a une partie du système qui est
brisée, mais on ne construit pas un système plus efficace sur la base d'un
système de dérogation, en disant que, pour une période de temps, on va s'autoriser
à contourner les règles ou à ne pas suivre les processus dont on s'est dotés.
Ce n'est pas la voie à suivre pour nous. Une économie, ça ne se développe pas
par dérogation, elle se développe justement par des règles efficaces,
prévisibles et applicables à tous.
Donc, parmi nos préoccupations... Bon, le
ministre nous a souvent résumé, en consultations particulières, le projet de
loi de la manière suivante. Il dit : Écoutez, attention, ce n'est pas qu'on
va lancer... ce n'est que ses mots, là, mais c'est moi qui l'image comme ça, on
ne lancera pas une boule de quilles, puis là on va voir qu'est-ce qui va tomber
dans les quilles à la fin du dalot. Il dit : On va se... Donc, on ne
bouledoze pas les projets, on va se fixer ensemble, avec toutes les parties
prenantes, un échéancier. Et moi, mon rôle, ça va devenir... de gardien de cet
échéancier.
Fort bien. Vu comme ça, je trouve que c'est
une voie qui peut se défendre, c'est-à-dire que tout le monde ensemble, on s'assoit
puis on s'entend sur : Est-ce que le projet d'abord répond à des besoins?
Est-ce que c'est un bon projet? Voici comment on va le réaliser, on va s'entendre
sur un échéancier. Puis si ça tarde trop, s'il y a trop de délais, on va
trouver des solutions puis on va avancer. C'est ce que le ministre nous a dit.
Mais son projet de loi va beaucoup plus loin.
La première préoccupation qu'on a, c'est
que le ministre se donne de très importants pouvoirs discrétionnaires. Il
concentre dans les mains du ministre un pouvoir immense qui, autrement, non
seulement appartient généralement au gouvernement, mais même appartient au
pouvoir législatif. Parce qu'il y a deux articles importants, les articles 22,
23, où le gouvernement dit : Bon, bien, moi, je vais pouvoir écarter un
certain nombre de règles d'un certain nombre de lois, et là il y a un nombre de
lois qui sont nommées qui va dire: Celles-là, je ne peux pas les écarter, mais
toutes les autres, je pourrais les écarter. Puis il y a un autre article, après
ça, qui dit : En passant, je pourrais aussi... je vais me donner le
pouvoir d'inclure d'autres lois puis d'inclure d'autres règlements que je vais
ajouter, donc, dans une annexe qui va dire : Bien, ça, on n'en tiendra pas
compte.
En d'autres mots, Mme la Présidente, le
ministre est en train de nous dire, dans ce projet de loi là : À peu près
tout le corpus législatif, réglementaire et de décret du gouvernement, je
pourrais le mettre de côté pour dire : Là, moi, j'ai un projet à
accélérer, sauf un nombre de lois très limité qui est nommé. Ça n'a pas... c'est...
à notre sens, là, c'est un principe qui est beaucoup trop large et qui même
présente des risques importants pour notre démocratie, parce qu'en réalité le
ministre se donne la possibilité d'écarter ce que le pouvoir législatif et le
pouvoir exécutif doivent faire dans une démocratie qui fonctionne normalement.
Donc, ça, pour nous, c'est très préoccupant. Et notamment, il y a plusieurs des
personnes qui sont venues en consultations particulières, plusieurs des experts
et plusieurs des organisations qui sont venus nous dire... même lorsqu'elles
sont en faveur du principe du projet de loi, sont venus nous dire : Mais
attention, de ce côté-là, on n'est pas sûrs.
Même chose pour la reddition de comptes et
l'imputabilité. Donc, à l'intérieur de ce projet de loi là, le ministre se
donne la possibilité de réduire ses obligations en reddition de comptes et en
imputabilité. Et, encore une fois, répétons-le, des intervenants qui sont venus
nous dire : On est en accord avec le principe, mais la reddition de
comptes gouvernementale puis la transparence sur ce qu'il fait, pourquoi il
fait les choses, comment ça s'est passé ensuite, est-ce qu'il respecte ses
objectifs, est-ce qu'il atteint ses objectifs, à quel coût? On ne devrait pas
diminuer ça. On devrait garder cette reddition de comptes. Non seulement c'est
important en démocratie pour la transparence du gouvernement, mais les
intervenants nous disent aussi : Si nous, on veut être plus efficaces, si
on veut faire de meilleurs projets, si justement on veut être... on veut aller
plus vite, on veut accélérer les projets, on a besoin de bonnes données, on a
besoin de bonnes informations pour être capables de bien dialoguer avec le
gouvernement puis de présenter les meilleurs projets possibles.
Donc, ce que les intervenants et les
experts sont en train de nous dire, c'est qu'il ne faut pas penser que moins d'information
puis moins de transport...
16 h (version non révisée)
M. Paradis : ...transparence,
ça va nous permettre d'aller plus vite. C'est plutôt l'inverse. On est dans une
ère de données ouvertes, de partage de l'information et de reddition de comptes
la plus complète possible du gouvernement, non seulement pour construire les
meilleurs projets possibles ou pour développer les meilleurs projets possibles,
mais aussi pour éviter de très nombreux fiascos, dont ceux dont on parle si
souvent aujourd'hui sur la place publique, des projets qui sont très mal allés.
Donc, on ne veut pas ça. Et ça, on va surveiller aussi.
Bon, ensuite, depuis quelques semaines,
les Premières Nations et Inuit viennent ici en consultations particulières sur
le projet de loi n° 1 pour la constitution caquiste,
le projet de loi n° 11 sur l'allègement réglementaire
et administratif, et maintenant, sur ce projet de loi n° 5.
Ils nous disent la même chose : Nous n'avons pas été consultés. Bon, dans
ce cas-ci, je dois concéder au ministre qu'il y a eu des conversations. Le chef
de l'assemblée des Premières Nations du Québec nous l'a dit, mais il dit :
Mais j'espère que ce n'est pas ça, une consultation préalable. Et il dit :
Nous sommes en train de parler de projets qui, nécessairement, vont se
développer sur le territoire. Et, quand on parle de territoire, on est en 2026,
on devrait avoir le réflexe : Premières Nations et Inuit. Il faut qu'on se
parle et il faut qu'on coconstruise, et de manière intéressante. Et je veux que
les Québécois entendent ça : Le chef des Premières Nations, le chef de l'Assemblée
des Premières Nations du Québec et du Labrador n'est pas venu nous dire : Aïe!
Nous, on vient vous annoncer qu'on va s'opposer à tous les projets et à l'accélération.
Il est venu nous dire : Si on se parle, et si on les développe ensemble,
on pourrait faire de meilleurs projets qui sont dans l'intérêt de tout le monde,
et, justement, aller plus vite.
Donc, le ministre a semblé se montrer
assez ouvert. Je l'invite à faire ses devoirs là-dessus et à s'asseoir très
rapidement avec les Premières Nations et Inuit pour coconstruire les règles qui
vont s'appliquer et s'assurer qu'on est main dans la main dans le développement
de ces projets-là, parce que ce sont des projets qui vont se développer sur le
territoire. Et territoire, réflexe : c'est penser Premières Nations et
Inuit.
Ça veut aussi... c'est la même chose pour
l'acceptabilité sociale en général. Les normes et les exigences, par exemple,
en matière de protection de l'environnement, on n'a pas développé ça pour
bloquer les projets puis pour retarder les projets, puis pour embêter tout le
monde. Ça a été développé pour un certain nombre de très bonnes raisons. D'abord,
parce que, dans le passé, on a eu des expériences très malheureuses où on a
détruit l'environnement, où on a nui à la santé des Québécoises et des
Québécois. Et aujourd'hui, on est en 2026, dans un moment où il ne faut pas
oublier, parce que, là, ce n'est pas parce qu'on est dans un contexte
économique différent que la question des changements climatiques a disparu ou a
changé. Les données demeurent les mêmes, même selon le gouvernement du Québec
actuellement. Donc, ces normes-là, elles existent pour faire en sorte qu'on
protège la sécurité des Québécois, qu'on protège la santé des Québécois, qu'on
tient compte des changements climatiques et qu'on est dans une optique de
développement durable. Et tout ça, Mme la Présidente, Mmes et MM. les
Québécoises et les Québécois qui nous regardent, c'est dans l'intérêt
économique du Québec. On est déjà bons dans le développement durable et on peut
être encore meilleurs. Et on a un positionnement concurrentiel à gagner. Et d'ailleurs,
plusieurs grandes entreprises qui étaient dans les énergies fossiles sont en
train de faire des transformations. Plusieurs promoteurs ont compris que de
penser développement durable, c'est payant.
Donc, je nous invite aussi à ne pas tomber
dans le paradigme que l'accélération des projets, ça s'oppose au fait qu'on
conserve des normes environnementales exigeantes. On peut faire les deux, et c'est
d'ailleurs ce que sont venus dire les experts, notamment des experts du centre
québécois en droit de l'environnement. Ils ne sont pas venus nous dire :
On ne veut pas accélérer puis on ne veut pas des projets. Ils sont venus nous
dire : On peut en faire des meilleurs dans l'intérêt collectif des
Québécois, dans l'intérêt économique. Et c'est d'ailleurs ce que moi-même j'ai
mentionné lors d'un échange avec eux, je rappelais qu'on a vu plusieurs
ministres l'année passée ou l'année d'avant se promener avec un livre sous le
bras How Big Things Get Done, livre que j'ai lu, qui est très
intéressant, mais qui parle de ça. On a vu le ministre des Transports, on a vu
l'ancienne ministre des Transports avec ce livre-là, le chef du cabinet du
premier ministre en a parlé, en raison, parce que c'est un livre intéressant. Mais
savez-vous ce qu'il dit, ce livre-là, Mme la Présidente? Une des principales
leçons en anglais, c'est «Think slow, act fast». Ça veut dire, plus tu vas
mobiliser les intervenants avant, plus tu vas en parler, plus tu vas créer de l'acceptabilité
sociale, plus tu vas t'entendre sur les objectifs avant, plus tu vas...
16 h 05 (version non révisée)
M. Paradis :
...réussir
tes projets et plus ils vont aller vite. Alors, on espère que ce projet de loi
là n'applique pas une logique inverse. Parce que, oui, je le redis, nous, on
est d'accord avec les objectifs. Il y a moyen de se donner les moyens, «il y a
moyen de»... oui, on peut se donner les moyens d'accélérer les projets, mais
sans escamoter puis sans être toujours dans la dérogation.
Je termine avec une mention au sujet du
projet de loi 11. Parce qu'au moment même où on parle du projet de loi cinq, il
y a un projet de loi 11 sur l'allègement réglementaire et administratif. Et je
me demande si le gouvernement a fait le lien entre les deux projets, parce qu'il
y a peut-être des solutions qui sont recherchées dans le projet de loi cinq qui
se trouvent déjà dans le projet de loi 11. Et d'autres sont venus le
mentionner, qu'il existe déjà, dans les lois du Québec, dans... y compris dans
les lois environnementales, mais dans les lois sur les projets d'infrastructures,
des... certaines règles qui permettent de voir comment on peut accélérer un
certain nombre de processus. Est-ce qu'on a exploré ces voies-là avant d'arriver
avec des solutions qui sont quand même, dans certains cas... qui peuvent
sembler assez intrusives? C'est des questions qu'il faut se poser.
Donc, on va travailler avec ces
considérations-là à l'esprit. Encore une fois, nous sommes d'accord avec le
principe. Et nous rejoignons le ministre sur plusieurs des commentaires qu'il
a... qu'il a faits pendant la commission parlementaire sur la protection du
caractère concurrentiel de notre économie. On veut montrer qu'on est toujours
dans les meilleurs, qu'on peut faire émerger des projets dans l'intérêt
collectif rapidement pour saisir les opportunités. On est là, mais il faut le
faire de la bonne façon. Alors, on va travailler là-dessus, Mme la Présidente.
Merci.
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, je suis prête à
entendre de Mme la députée de Verdun. À vous la parole.
Mme Zaga Mendez :
Merci,
Mme la Présidente. À mon tour d'intervenir sur le principe du projet de loi
cinq qui vise à accélérer l'octroi des autorisations pour des projets dits
prioritaires et d'envergure nationale.
À première vue, qui va vouloir s'opposer à
la vertu, à cette idée... d'accélérer des projets importants pour le Québec?
Parce que je pense qu'on partage, des fois, des objectifs communs, des
infrastructures qui se réalisent plus rapidement. Moi, je peux vous en parler
longtemps, de l'état de nos infrastructures en santé, ce que je vis dans mon
comté avec l'hôpital Douglas, de nos réseaux de transport collectif, des lignes
de métro qui se font attendre, des tramways qui se font attendre, des autobus,
des infrastructures en termes de mobilité durable qui n'arrivent pas pour le
développement de nos régions, etc. Mais, ce qu'on a devant nous, ce n'est pas
un projet d'accélération. C'est un projet de contournement. Puis c'est un
projet qui est fait pour contourner, contourner des processus, contourner...
contourner des analyses, contourner des contre-pouvoirs et même contourner,
dans certains cas, la voix des citoyens et citoyennes en mettant en péril nos
principes d'acceptabilité sociale.
Et c'est là qu'on regarde comment le
projet de loi a été construit puis dans quels objectifs qui demeurent, à notre
avis, encore pas clairs et qui doivent être mieux définis. Merci beaucoup. C'est
là qu'on voit que, pour nous, ce projet de loi ne doit pas avoir lieu. Il y
a... Si les projets ne sont pas réalisés au Québec, c'est par un manque de
planification, un sous-investissement chronique dans les infrastructures
publiques, une tendance à improviser, à faire du gré à gré selon des cycles
électoraux.
Puis la question qu'on se pose, puis la
question que je n'ai pas entendu mes collègues répondre, ce n'est pas seulement
pourquoi, mais pour qui on est en train de faire ceci, pour quelles entreprises
sommes-nous en train de... pas accélérer, mais contourner nos règles, que ce
soient environnementales, mais aussi nos... nos contre-pouvoirs. Et c'est là qu'on
n'a pas de réponse encore.
On a essayé déjà de questionner le
ministre publiquement. On... Il nous dit des choses en compte-gouttes en
commission, lors des... lors des audiences. Il nous a dit que lui, il
souhaiterait cinq grands projets de 1 milliard d'investissements privés
chacun, en tout cas, c'est ça qu'on a cru comprendre, et de nous dire :
OK, on veut cinq gros projets à 1 milliard. Qu'est-ce que ça veut dire? D'où
va venir cet argent-là? C'est quelle entreprise que... quels projets que nous
allons accélérer? Il n'y a pas beaucoup de projets qui rentrent dans cette
catégorie-là. Mais surtout de regarder ensemble combien ça va nous coûter. C'est
très rare, en tout cas, on l'a vu dans les dernières années avec la CAQ, qu'une
grande entreprise arrive et qui n'attend rien en échange...
16 h 10 (version non révisée)
Mme Zaga Mendez : ...on a déjà
joué dans des films, on a déjà joué dans des fiascos, vu de fiasco arriver,
comme c'est le cas de Northvolt, dans lesquels on nous a promis des millions en
investissement mais on est... on est... on est restés avec un terrain vide et
des dettes. On a perdu de l'argent avec ces projets-là.
Ça fait que le... tant que le ministre n'est
pas capable de nous dire quel projet, pour quelle raison chaque projet va être
réalisé, bien, nous, de notre côté, on ne va pas signer de chèque en blanc.
Parce que, oui, revoir les mécanismes pour qu'un projet se fasse bien puis soit
efficace, on est pour, mais pour quels projets sommes-nous en train de le faire
et pourquoi ces projets-là méritent qu'on contourne nos règles environnementales
et sociales? Après, une autre chose qui est curieuse, avec ce projet de loi,
c'est que le fait qu'il soit porté par le ministre des Finances, qui se
présente comme un arbitre, désormais, entre les intérêts économiques et vient
coordonner ce type... nous parle des consultations, de quel.... comment on va
faire pour avoir une seule évaluation pour arriver au bout de ces projets?
Parce que, pour moi, l'objectif du rôle... en fait, le rôle du ministre de
la... des Finances, c'est s'attarder aux revenus et aux dépenses.
Puis ça, il a commencé à le laisser
entendre lors des consultations, parce qu'il nous l'a dit, son objectif, c'est
attirer de l'investissement pour augmenter les revenus de l'État. Donc, c'est
parier sur le fait que, si on limite... en fait, si on déréglemente, si on fait
contourner les règles à ces grands projets là, bien, on va avoir plus de
retombées, en termes fiscaux, que ce soit par des redevances ou par des impôts
aux entreprises. Encore une fois, il reste à démontrer si cette théorie du
ruissellement va arriver jusqu'aux poches des Québécois et Québécoises, parce
qu'on ne sait pas quels projets, dans quel objectif, mais surtout combien d'argent
les contribuables vont mettre dans ces projets-là. Est-ce que ces projets-là
vont recevoir aussi de l'argent d'Investissement Québec? Est-ce qu'ils vont
être rentables de ce côté-là? Je pense que tous les Québécois et Québécoises
sont tannés de voir leurs millions être gaspillés auprès des multinationales
qui n'ont pas livré de marchandises et qu'on a déjà accéléré, détourné nos
règles environnementales en déroulant le tapis rouge.
Chaque intervenant qui est venu nous voir
nous a présenté toutes les lacunes de ces projets-là et toutes les raisons pour
lesquelles je crois qu'il faut s'opposer, la première, concernant le
contournement de la protection de nos territoires agricoles. Même la CPTAQ nous
l'a rappelé, la protection du territoire agricole repose sur un équilibre qui
est très fragile, au Québec, très fragile entre le développement et la
préservation. Et c'est pour ça qu'on a créé la CPTAQ, et c'est pour ça qu'on a
créé l'ensemble de réglementations qui vient faire cet arbitrage. Et introduire
des mécanismes d'exception qui sont trop larges va... risque de rompre cet
équilibre. Le projet de loi n° 5 vise donc à accélérer des projets en
permettant au gouvernement de contourner certaines règles existantes qui sont
là pour protéger nos territoires agricoles.
J'ai, de mon côté, salué même des
initiatives qui ont été faites il n'y a même pas deux ans, un an et demi,
concernant la protection du territoire agricole. J'étais ici, j'ai... on a
collaboré, en fin de compte, d'avoir un registre des terres, de mettre fin à
certaines pratiques de spéculation. Bien, avec ce projet de loi, au nom des
grands projets, nous sommes en train de reculer en termes de protection
agricole. L'UPA nous l'a dit, son inquiétude, à quel point ça vient les
chercher parce qu'ils... On a déjà vu des cas où est-ce qu'on a multiplié les
dérogations, et même pour des projets jugés importants, et là on va créer
encore une fois des précédents qui sont très dangereux, qui sont très dangereux
pour la protection du territoire agricole. Puis ce n'est pas quelque chose d'abstrait,
nos terres agricoles, il faut le comprendre, elles ont... elles ont un rôle
autant au niveau environnemental, pour la captation de carbone, mais aussi et
surtout un rôle social et économique. Elles sont une activité centrale,
centrale dans l'occupation du territoire, dans le développement de nos régions,
dans... pour assurer notre sécurité alimentaire dans un contexte mondial, et je
l'entendais, qui est très volatile, qui a beaucoup de concurrence. Bien, si on
ne protège pas nos territoires agricoles, bien, c'est certain qu'on va avoir
moins de produits québécois disponibles, face à toute la pression qu'on vit, la
pression étrangère de consommer des...
16 h 15 (version non révisée)
Mme Zaga Mendez :
...qui
viennent d'ailleurs. Alors, l'exception comme aujourd'hui devient... qui est
demandée... par ce projet de loi là, risque de devenir la norme de demain. Et c'est
là que, lorsqu'on ouvre une brèche dans la protection du territoire, bien, la
pression foncière, elle s'y gouffre immédiatement.
Je pourrais continuer pour vous parler de
toutes les effets qu'on voit par rapport à juste ces contournements-là. On peut
parler aussi la protection des milieux humides et forestiers. Il est impératif
pour nous de souligner et dénoncer que le projet de loi cinq permet au ministre
de Finances d'autoriser ce qu'on appelle des travaux préliminaires, des travaux
qui vont être irréversibles, irréversibles, le déboisement, le drainage, le...
remblayage, avant même l'évaluation environnementale globale... qu'elle soit
complétée. Ces travaux ne sont pas mineurs. Ils constituent des atteintes
majeures aux écosystèmes qui rendent le refus du projet final presque
impossible une fois le terrain qui est dévasté.
Je pense que, là, je n'ai pas besoin de
nous rappeler encore et encore une fois la saga de Northvolt, Northvolt, où 13 hectares
de milieux humides ont été détruits par un projet dont la viabilité a été
compromise. Et on voit très bien c'est quoi, les risques d'agir d'une façon
précipitée.
En ce qui concerne le respect des normes
environnementales, avant de décider d'aller plus vite, il faut s'assurer que
nous allons dans la bonne direction. Un projet peut être rapide et profondément
dommageable. Un projet peut être rentable à court terme et catastrophique à
long terme. C'est précisément précisément... précisément, pardon, ça que nous
rappelons, nous ont rappelé tous les mémoires qui ont été déposés en commission
parlementaire par des organisations et environnementales issues du droit de la
science et la protection du territoire. Et tous, les organismes écologistes
convergent vers un message clair : il faut que le respect des normes
environnementales soit non négociable.
Le Centre québécois de droit à l'environnement
nous l'a rappelé avec force, les droits de l'environnement reposent sur des
principes fondamentaux : la prévention, la précaution, la responsabilité
et la transparence... Ceux-ci visent à éviter des dommages dans le long terme et...
Pardon. Ceux-ci visent à éviter que les dommages ne surviennent plutôt qu'à
tenter de réparer après coup. Ça, pour nous, c'est une grande, grande
préoccupation. Nous allons travailler très, très fort en commission
parlementaire pour faire en sorte que nos normes environnementales soient,
comme je le disais, non négociables. Encore une fois, on ne sait pas pour quels
projets nous sommes en train d'accélérer et... pardon, contourner les normes.
Une autre de nos préoccupations, c'est la
protection de l'État de droit. Car au cœur de ce débat ne se trouve pas
seulement la question du développement économique ou des infrastructures, il se
trouve aussi une pierre angulaire de notre démocratie, c'est l'État de droit. C'est
l'idée que le gouvernement lui-même est lié par les règles qu'il adopte, que le
pouvoir politique ne peut pas agir de façon arbitraire et que les décisions
publiques doivent être prises selon des procédures qui sont connues, qui sont
transparentes et équitables. Lorsque l'État se donne le pouvoir de suspendre et
de contourner ses règles pour certains projets, même avec de bonnes intentions,
on est en train de fragiliser ce principe fondamental.
Dans une démocratie moderne, la légitimité
du pouvoir ne repose pas uniquement sur l'élection, mais sur le respect des
institutions et des règles. Les lois environnementales, les processus d'autorisation,
les mécanismes d'évaluation et de consultation, c'est... on ne peut pas les
voir comme des obstacles techniques. C'est des garanties démocratiques. Et on
va avoir tout un débat quand on va être rendus à l'article 22 puis l'article 23,
je pense bien, de ce projet de loi, parce que, là, on voit les pouvoirs que
va... le ministre pour contourner l'ensemble de ces lois. Ce sont ces
réglementations qui assurent que les décisions affectent le territoire... qui
affectent le territoire, la santé, la qualité de vie des populations ne sont
pas prises de manière opaque ou de façon arbitraire.
Et, encore une fois, je cite l'avis du
Conseil québécois en droit de l'environnement qui nous dit que «ces mécanismes
constituent un cadre... juridique cohérent visant à protéger l'intérêt public
et à prévenir les abus. Lorsqu'on les affaiblit, on ouvre la porte à l'exception
permanente. Et, contrairement à ce qu'on peut croire, l'État de droit n'est pas
un frein au développement économique. Pour nous, il doit demeurer une
condition. Pourquoi investir dans ce projet si les règles peuvent changer selon
les priorités politiques du moment?» Et ça, cette question-là demeure...
16 h 20 (version non révisée)
Mme Zaga Mendez : ...pour nous,
on n'a pas la liste des projets et on ne sait pas quel chèque en blanc on est
en train de signer.
Au Québec, on s'est doté, au fil du temps,
d'organismes, de processus indépendants chargés d'évaluer les impacts des projets
et assurer la protection dans l'intérêt public. Et donc ces institutions
constituent ces contre-pouvoirs qui sont essentiels, permettant de séparer l'analyse
technique et scientifique des considérations politiques. Et c'est là, Mme la
Présidente, qu'on se rend compte que ce projet de loi vient justement affaiblir
ces contre-pouvoirs, l'analyse environnementale, l'analyse scientifique, au nom
des intérêts nationaux, des projets d'envergure qu'on ne connaît pas encore.
Tout à l'heure, j'entendais mon collègue de
Jean-Talon parler des principes des consultations des Premières Nations, mais
le projet de loi n° 5, pour nous, c'est une menace aux droits ancestraux
et une entrave au processus de réconciliation avec les Premières Nations, parce
que le projet de loi ne prévoit aucune garantie claire assurant le consentement
libre, préalable et éclairé des peuples autochtones, ce qui est dans la
Déclaration des droits des peuples autochtones, selon les Nations unies. Sans droit
de veto, le... en fait, le texte... le test risque de transformer les droits...
constitutionnels, pardon, de participation à une simple étape procédurale que
le ministre peut choisir d'ignorer s'il juge le projet stratégique. Ce qu'on
voit dans l'article 4 se limite à prendre en compte des intérêts, les
intérêts des communautés, alors, ce qu'il faut exiger c'est que le projet soit
explicitement appuyé par les communautés. Il faut s'inquiéter du pouvoir, en ce
moment, que le ministre des Finances va se... va se donner d'autoriser des travaux
irréversibles sur des terres faisant l'objet de revendications ou d'usages
ancestraux. L'autorisation des travaux avant la consultation réelle crée un
fait accompli qui mine la confiance des communautés et rend toute négociation
ultérieure inutile si le territoire est déjà altéré. En plus, la possibilité
pour le gouvernement de réserver des terres d'État pour des mégas projets qui
pourraient geler des territoires vitaux pour les activités de chasse, pêche des...
des peuples autochtones sans leur accord préalable.
Dans un autre ordre d'idée, la
centralisation des décisions territoriales entre les mains d'un ministère à
vocation purement économique, pour nous, est aussi problématique. Le ministère
des Finances n'a pas l'expérience, la mission... ni la mission, en fait, pour
évaluer l'impact des impacts culturels ou sociaux profonds du développement sur
le mode de vie autochtone. Malheureusement, cette structure risque de soumettre
le processus d'examen à des pressions politiques externes sacrifiant les droits
ancestraux au nom seulement des, je répète, des projets dits d'envergure,
prioritaires ou d'envergure nationale.
Il y a aussi des enjeux concernant l'incertitude
et de la teneur des projets. Contrairement aux lois d'accélération précédentes,
puis ça, je nous le rappelle, il y a quand même eu une loi pour accélérer des
projets d'infrastructure, contrairement à la loi 69, je me souviens de l'ancienne
législature, le projet de loi n° 5 ne contient aucune liste des projets
prédéfinis, aucune annexe avec les projets qui seront soi-disant accélérés. Puis,
je veux juste rappeler qu'il y a eu tout un débat sur l'accélération d'infrastructures
pendant la pandémie. Il y avait une liste de ces projets-là. Je ne vais pas
faire ici, Mme la Présidente, tout le bilan de ce qui a pu être fait ou pas, parce
qu'on a quand même... chaque semaine, on a quand même de nouvelles sur l'état
de nos infrastructures. Puis, je me permets quand même un aparté. Dans cette
liste-là, il y avait l'école... la troisième école à l'île des Soeurs, et dont
on attend toujours le projet, alors ça ne veut pas dire non plus que la CAQ
nous avait vendu des projets d'accélération d'infrastructure avec une liste, mais
ces projets-là ne sont ont jamais été réalisés. Mais là, revenons-en au projet
de loi n° 5. On n'a même pas de liste, on ne sait pas encore de quoi on
parle. Comment le gouvernement peut-il demander à l'Assemblée nationale d'approuver
un régime... d'exception, sans dire précisément qu'est-ce qu'on va faire avec
ça? Quelle est cette vague terminologie, vous regarderez l'article 4, pour
définir un projet dit stratégique et de grande ampleur? On envoie des termes
comme intérêt collectif, comme stratégique, mise en œuvre réussie et qui ne sont
nulle part définis dans le projet de loi. Les critères énumérés sont purement facultatifs.
Le gouvernement...
16 h 25 (version non révisée)
Mme Zaga Mendez : ...on peut
les considérer, ce qui permet aussi une sélection arbitraire, au gré de la
volonté politique du moment. En l'absence d'indicateurs objectifs et
mesurables, n'importe quel projet majeur pourrait, potentiellement, être
désigné. Le processus de désignation, qui favorise les discussions en coulisse,
plutôt que la planification publique, est, pour nous, extrêmement inquiétant.
La demande initiale du promoteur reste inconnue du public pendant que le
gouvernement l'étudie, ce qui crée quand même une boîte noire, propice, pour
nous, au lobbyisme intensif avant même qu'un avis ne soit publié. Ce système va
nous créer une impression de partialité, où un projet pourrait être refusé
aujourd'hui et un projet identique, accepté demain, sous prétexte que l'intérêt
collectif a changé. Le mécanisme d'autorisation unique crée aussi une
insécurité juridique, et, enfin, le projet de loi permet d'adapter les normes à
chaque projet, plutôt que de s'assurer que les projets soient conformes aux
lois votées, ce qui laisse la population dans une incertaine grande incertitude
quant aux garanties en termes de sécurité et de santé.
Je vise conclure, Mme la Présidente, en
disant que nous prenons aujourd'hui des décisions dont les conséquences se
feront sentir pendant les prochaines décennies. Il nous reste quatre mois à
cette session parlementaire. Je ne sais pas si le ministre va nous dévoiler
quels sont les cinq projets, où sont ces 5 milliards promis, et je pense
que, peut-être, on ne va jamais arriver... voir arriver ce projet de loi d'ici
la fin de la session parlementaire. Alors, tout ce qu'on fait aujourd'hui va
avoir des implications directes, des implications directes dans le
développement pas seulement économique, mais l'occupation du territoire. Les
générations futures vont hériter des infrastructures que nous construisons,
mais... aussi des dommages qu'on va avoir causés avec ces contournements. Moi,
je trouve ça déplorable, parce qu'on ne pourra pas retourner en arrière.
Et c'est pour ces raisons-là, et tout ce
que j'ai invoqué tout à... tout à l'heure, qu'on ne va pas signer de chèque en
blanc, que nous nous opposons au principe du projet de loi et que nous allons
être là, pendant l'étude détaillée et dans toutes les étapes qui vont suivre,
pour talonner... et comprendre dans quel intérêt la CAQ est en train de
travailler, quels sont ces projets-là, combien d'argent ça va coûter aux
Québécois et quels sont les dommages qui vont être causés par les contournements
de nos lois sociales, environnementales. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le projet... le
principe du projet de loi n° 11? Comme il n'y a pas d'autre
intervention, le principe du projet de loi n° 11, Loi
modifiant diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
réglementaire et administratif, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Adopté sur division. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, Mme la Présidente. Et donc, conformément à l'article 243 de
notre règlement, je fais motion afin :
«Que le projet de loi n° 5,
la Loi visant à accélérer l'octroi des autorisations requises pour la
réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale, soit déféré à la
Commission des finances publiques pour son étude détaillée; et
«Que le ministre des Finances soit membre
de ladite commission pour la durée du mandat.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Motion adoptée. Pouvez-vous nous indiquer la suite de nos travaux, M. le leader
adjoint?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, Mme la Présidente. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 16 du feuilleton, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
à l'article 16 du feuilleton, M. le ministre délégué au Développement
économique régional propose l'adoption du projet de loi n° 111, Loi
modernisant la Loi sur les coopératives et modifiant d'autres dispositions. Je
vous cède la parole, M. le ministre.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Bon,
bien, merci, Mme la Présidente. Alors, je suis bien... très heureux, là, d'être
ici, là, pour l'adoption finale, là, du projet de loi n° 111, bien
entendu, qui vient nous permettre de doter les coopératives non financières d'un
cadre législatif moderne et flexible.
Vous savez, Mme la Présidente, les coops
font partie de l'histoire du Québec, ça fait plus de 200 ans que les coops
existent. On parle de tout près de 2 900 coopératives ici. On est les
leaders mondiaux au niveau coopératif, au niveau de l'économie sociale. On sait
que c'est un mouvement qui inspire des valeurs de solidarité et d'équité pour
améliorer notre qualité de vie. Comme je le mentionnais, elles ont façonné
aussi la société dans de nombreux secteurs de notre économie. Et, en instaurant
la Loi sur les coopératives, bien entendu, le Québec a été un véritable
précurseur en matière de droit coopératif à l'échelle internationale, et, bien
entendu, on veut le demeurer. Et la dernière version, la dernière révision qui avait
été faite de cette loi remonte à plus de 20 ans, mis à part quelques
modifications, là, qui avaient été faites en 2015...
16 h 30 (version non révisée)
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...donc, avec ce projet de loi, on vient, bien entendu, faire progresser le
mouvement coopératif pour s'assurer que le Québec continue de faire partie de l'avant-garde
dans ce domaine. On offre aussi aux coopératives un environnement d'affaires
qui leur permet d'innover encore plus et de contribuer pleinement au
développement socioéconomique du Québec. Puis je rappelle aussi que le projet
de loi, bien, a réparti en quatre axes.
Premièrement, on réaffirme le caractère distinctif
des coopératives. On vient réintroduire aussi une définition de la ristourne.
Deuxièmement, on insère de nouvelles dispositions afin que le cadre légal
reflète bien l'évolution des coopératives dans les dernières années. Troisièmement,
on vient améliorer la gouvernance en encadrant la communication et la gestion
de l'information. Et finalement, bien, le projet de loi prévoit l'harmonisation
de la loi aux autres cadres législatifs en vigueur.
Avec ces changements proposés dans ces
quatre axes, on vient, bien entendu, réaffirmer notre volonté et celle du
mouvement coopératif québécois d'adapter la loi aux nouvelles réalités d'affaires
de ce modèle entrepreneurial, tout en préservant son identité singulière. On s'assure
ainsi de bâtir un environnement d'affaires toujours plus propice à la réussite
de nos entreprises collectives.
Donc, en terminant, Mme la Présidente, je
tiens sincèrement à remercier mes collègues du côté de la banquette
gouvernementale qui ont siégé avec moi dans ce projet de loi, qui était quand
même très, très technique. Donc, merci de votre patience. Je remercie, bien
entendu, ma collègue de... la députée de Notre-Dame-de-Grâce, avec qui j'ai eu
bien du plaisir à collaborer, et, bien entendu, mon adjointe parlementaire, la
députée de Labelle, qui a participé avec moi. Je remercie aussi toute l'équipe
ministérielle, l'équipe du cabinet, mais je remercie aussi également tous les
groupes qui sont venus en commission parlementaire nous faire part de leurs
préoccupations. C'était un projet de loi qui était attendu. C'est un projet de
loi qui a été travaillé longtemps avec l'équipe du ministère, attendu du milieu
coopératif.
Donc, encore une fois, là, je tiens
sincèrement à remercier tous les gens du milieu coopératif qui sont venus, qui
ont collaboré avec nous. Le projet de loi est fait pour eux et on a tenu compte
de leurs demandes, je crois bien, avec mes collègues. Donc, je vous demande, Mme
la Présidente, d'adopter... de faire l'adoption finale de ce projet de loi là.
Donc, merci à tous.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, M. le ministre. Maintenant, je suis prête à céder la parole à Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Alors, moi, je tiens à saluer le ministre et son équipe et la
banquette ministérielle pour un travail... un très bon travail, un travail
aussi de longue haleine. Comme l'a dit le ministre, ça a été attendu depuis au
moins une décennie. Je me permets de le dire, ça a été, je pense, commencé sous
un gouvernement libéral, mais ça a été... ça a atterri avec le gouvernement
présentement. Et ça a été attendu, mais aussi, je pense que le fait que ça
vient... que ça a été... oui, c'est pour le mouvement coopératif, mais aussi c'est
avec et par... avec le gouvernement. Donc, je pense que c'est vraiment
exemplaire. Il y a peut-être des collègues de mon côté qui trouvent que j'ai
été trop gentille, mais je pense qu'il faut souligner... quand il y a un
succès, il faut le souligner, et je pense que c'est un modèle à suivre,
effectivement, travailler avec... sur le terrain, avec le milieu, puis on voit
ce que ça... ce que ça donne. Donc, je tiens à le souligner, tout le travail
qui a été fait.
Et je souligne aussi, comme l'avait dit le
ministre, le Québec est reconnu, Mme la Présidente, à travers le monde, comme
un leader, un chef de file dans le mouvement coopératif, et cette loi vient
moderniser une loi qui existait déjà, c'est-à-dire la Loi sur les coopératives,
qui a été adoptée pour une première fois en 1972. Ça a été très à l'avant-garde,
1972, Mme la Présidente. 1982, je devrais dire, 1982. Donc, ça fait quand même
plus que 40 ans. C'est quand même très avant-garde, 1982. Et 2025, ça a
été l'année internationale des coopératives. Donc, ça a été complété quand même
tout de suite après cette année-là. Et je ne doute pas que le milieu coopératif
en est fier et reconnaissant.
Et on a entendu ces groupes-là pendant les
consultations. Je pense que, moi, j'ai beaucoup appris. On a pris note. Et,
suite aux consultations et des amendements qui ont été proposés pour bonifier
le projet de loi... Et nous, on essaie toujours, en tant qu'opposition
officielle, de travailler avec rigueur, mais aussi de bonne foi, de collaborer,
puis on a travaillé pour bonifier le projet de loi suite aux recommandations
par les groupes en étude... pardon, en consultations et en étude détaillée. On
a proposé amendements, Mme la ministre, et les six ont été adoptés. Alors, je
tiens aussi...
16 h 35 (version non révisée)
Mme McGraw :
...à
souligner l'ouverture du ministre et de la banquette ministérielle et du
gouvernement à ces amendements qui proviennent du milieu, encore une fois, mais
qu'on a pu proposer et que ça a été adopté. Et ce n'est pas à chaque jour que
ça arrive. Alors, je tiens, encore une fois, à le souligner. Ça a été vraiment
un beau travail d'équipe qui reflète, je pense, beaucoup les valeurs du
mouvement coopératif. Donc, comme je dis, ça a été exemplaire. Et je souligne
en particulier le travail du Conseil québécois de la coopération et de la
Mutualité, qui ont vraiment joué un rôle de premier plan au sein du mouvement
coopératif au Québec, vraiment, pour faire avancer ce projet de loi.
Donc, je tiens peut-être à souligner
aussi, comme je dis, je pense que le travail qu'on a fait en commission reflète
très bien les valeurs et l'approche du mouvement coopératif. Et d'ailleurs il y
a sept principes qui sont... qui ont été déterminés par l'Alliance coopérative
internationale et qui guident leur mission, et je tiens à les souligner, Mme la
Présidente.
Donc, dans un premier temps, qu'est-ce qui
distingue un peu les coopératives? Parce que, bien que le Québec est reconnu
comme chef de file au sein du Canada puis dans le monde comme un leader, les
gens ne comprennent pas nécessairement c'est quoi, ce mouvement coopératif.
Mais ça fait partie de notre ADN au Québec. Alors, je prends le temps de... de
souligner les sept principes qui guident la mission des coopératives :
donc, une adhésion, dans un premier temps... une adhésion volontaire et ouverte
à tous, donc c'est très inclusif, deuxièmement, un pouvoir démocratique exercé
par les membres, troisièmement, une participation économique des membres,
quatrièmement, une autonomie et une indépendance de la gestion par les membres,
cinquièmement, une offre d'éducation, de formation et d'information pour les
membres et les employés, sixièmement, une... une coopération entre les
coopératives, et finalement, un engagement envers la communauté. Et c'est cet
engagement envers la communauté qui distingue vraiment les coopératives. C'est
vraiment dans leur mission, dans leur ADN. Et ce n'est pas du nouveau. Ce n'est
pas la saveur du mois ou de l'année. Ça a été dans leur... leur ADN bien avant
que ça devienne quelque chose de populaire.
Alors, nous, on voit au Québec, qui
reflètent parfaitement ces principes, Mme la Présidente, on pense évidemment à
Desjardins, ce projet de loi, ça ne concerne pas les coopératives dans le
domaine des finances, mais quand même, Desjardins, ça fait partie de notre...
ADN, c'est un fleuron québécois, mais aussi d'autres secteurs. Il y a d'autres
secteurs qui... Bien, d'ailleurs, tous les secteurs qui ne sont pas le secteur
financier, le projet de loi relève de ces secteurs-là. Donc, on pense aux
coopératives en habitation, on pense aux... qui offrent des logements
normalement plus abordables, à leurs membres, aussi des vecteurs d'implication
communautaire, on pense aux coopératives agricoles comme Sollio, Agropur et
Exceldor qui créent des emplois au Québec et qui permettent aux producteurs de
conserver un... un contrôle collectif sur la production et la valeur.
Donc... ça... c'est... les... les
coopératives sont vraiment dans tous les domaines, dans tous les... les
secteurs de l'économie et de la société québécoise. Et le but de tout ça, là, c'est...
c'est de faire rayonner le milieu coopératif en faisant des réformes qui vont
faciliter l'opération de leur... leurs opérations et aussi de leur faire
rayonner eux-mêmes, mais aussi de faire rayonner le Québec au sein du Canada,
mais aussi partout dans le monde.
Donc, on a quand même, avec ce projet de
loi... Puis je... je tiens à souligner quatre avancées en particulier avec ce
projet de loi. Avec ce projet loi et une loi éventuelle, on a reconnu de
manière explicite le caractère distinctif des coopératives dans une disposition
préliminaire qui les définit comme étant détenues collectivement et contrôlées
démocratiquement par leurs membres et comme n'ayant pas la... profitabilité
comme fin ultime.
Dans un... Dans un deuxième temps, ce
projet de loi a introduit le concept de réserve... de réserve pour ristournes
éventuelles permettant aux excédents d'une coopérative d'être placés dans une
réserve qui servira au versement des... de ristournes dans le futur.
Dans un troisième temps, le projet de loi
a introduit la notion de coopérative d'intérêt collectif qui permet à une
coopérative de déclarer qu'elle est exploitée non seulement dans l'intérêt de
ses membres, mais aussi dans celui d'une collectivité.
Et dans un quatrième... dans un quatrième
temps, ce projet de loi vient...
16 h 40 (version non révisée)
Mme McGraw : ...officialiser
les coopératives à but non lucratif, parce que les coopératives ne sont pas
nécessairement à but lucratif, mais il y en a qui le sont. Donc, ça vient
officialiser qu'elles peuvent se déclarer ainsi en s'interdisant de verser une
ristourne ou des intérêts sur des parts privilégiées. Et cela permet de
faciliter l'accès à des programmes et à des mesures de soutien. Donc, comme opposition,
en tant que porte-parole de l'économie sociale pour ma formation, pour l'opposition
officielle, nous avons soutenu cette réforme demandée par le milieu et nous
sommes arrivés en commission avec, comme je dis, esprit de collaboration, et
aussi de rigueur. Et on tient encore une fois à souligner la belle
collaboration du ministre et de la banquette ministérielle et du gouvernement.
Donc, je n'irai pas dans les détails des six amendements qu'on a proposés qui
ont été acceptés, mais, comme je le dis, Mme la Présidente, ce n'est pas à tous
les jours que ça se fait, et je me dois de le souligner.
Alors, en conclusion. En conclusion, Mme
la Présidente... pardon. Donc, c'est un projet de loi qui démontre que l'on
peut faire... ce qu'on peut faire ici, dans l'enceinte parlementaire, lorsque
le gouvernement, les législateurs et la société civile collaborent ensemble. Alors
que nous approchons maintenant l'adoption finale, je suis fière d'avoir
participé au processus législatif de ce projet de loi n° 11,
et j'espère que cette réforme donnera au mieux aux coopératives québécoises les
outils supplémentaires dont elles ont besoin pour continuer d'être un acteur d'impact
dans notre collectivité. Et c'est pour cela, Mme la Présidente, que nous, l'opposition
officielle, nous allons voter pour l'adoption de ce projet de loi n° 111.
Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il ya... est-ce qu'il y a d'autres
intervenants?
Comme il n'y a pas d'autres interventions,
le projet de loi n° 111, Loi modernisant la Loi sur
les coopératives et modifiant d'autres dispositions, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Adopté.
Juste avant de vous céder la parole, je
veux juste m'assurer que tout le monde avait bien compris que le projet de loi
précédent, en fait, le principe du projet de loi n° 5,
celui que nous avions adopté, la Loi visant à accélérer l'octroi des
autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et
d'envergure nationale, que nous avions adopté juste avant
celui-ci.
Parfait. Donc, M. le leader adjoint, je
vous cède la parole pour nous indiquer la suite de nos travaux.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, Mme la Présidente. Nous avons bien adopté l'ensemble, du moins
des projets de loi ou les différentes étapes que nous avions à faire cet après-midi.
Merci beaucoup d'avoir présidé nos travaux. Et donc, je vous demanderais de
bien vouloir ajourner nos travaux à demain, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, compte tenu... motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Bon, bien, alors, les travaux sont ajournés au mercredi 18 février 2026
à 9 h 40.
Merci.
(Fin de la séance à 16 h 44)