(Treize heures quarante et une
minutes)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bon
mardi, chers collègues. Vous pouvez vous asseoir.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Donc, nous allons débuter nos travaux à la
déclaration de députés. Et, si je comprends bien, vous avez demandé un
changement dans l'ordre de présentation des motions. Est-ce qu'il y a
consentement? Consentement. Donc, je vous cède la parole immédiatement, M. le
député de Côte-du-Sud.
Rendre
hommage à M. Frédéric Jean
M. Mathieu Rivest
M. Rivest : Merci, Mme la
Présidente. Je tiens aujourd'hui à saluer l'engagement exemplaire des dernières
années de M. Frédéric Jean, qui a
récemment annoncé son départ de la préfecture de la MRC de Montmagny. Il va se
consacrer davantage à ses activités professionnelles à titre
d'entrepreneur.
Dans le cadre de notre engagement respectif,
nous avons eu bien des défis et bien des dossiers à traiter ensemble. Je le
remercie sincèrement pour son leadership, son désir de réussir et sa
contribution au développement de notre région.
Je le félicite également pour l'expansion
majeure de son entreprise, un projet structurant qui assure la pérennité de ses
activités, crée des retombées économiques dans notre milieu et favorise le
maintien d'emploi chez nous.
Enfin, je souhaite rendre hommage à tous les
élus municipaux qui s'investissent avec passion, souvent pendant de nombreuses années, au service de leur
communauté. Leur engagement est une pierre angulaire dans notre démocratie
locale et du dynamisme de nos régions.
Vous avez tout mon appui pour la suite, au
bénéfice de la Côte-du-Sud. Bravo, M. Jean!
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée
de Robert-Baldwin.
Souligner
la Journée internationale des droits des femmes
Mme Brigitte B. Garceau
Mme Garceau : Merci, Mme la
Présidente. C'est avec beaucoup de fierté que je prends la parole aujourd'hui
pour souligner la Journée internationale des droits des femmes, qui sera
célébrée le 8 mars prochain.
Le thème de cette année, Générations
deboutte!, nous rappelle que le féminisme n'est pas une posture mais un
engagement. C'est refuser le silence, refuser les reculs et continuer de faire
progresser l'égalité entre les femmes et les hommes.
Depuis des décennies, des femmes de toutes
générations se lèvent, prennent la parole et transforment nos communautés. Les luttes nous rappellent que les
droits des femmes ne sont jamais acquis. Ils doivent être protégés, renforcés
et transmis.
Aujourd'hui encore, malgré les obstacles et les
reculs que certaines forces tentent d'imposer, notre force, c'est d'avancer
ensemble. C'est dans la solidarité, l'écoute et l'inclusion que nous continuons
de faire progresser les droits des femmes.
L'engagement des femmes dans tous les milieux
continue de renforcer nos communautés et d'inspirer les générations à venir.
Merci beaucoup.
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée
de Bonaventure.
Rendre
hommage à Mme Mariette Thibodeau
Mme Catherine Blouin
Mme Blouin : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors,
aujourd'hui, je souhaite rendre hommage à une femme d'exception, il
s'agit de Mme Mariette Thibodeau.
Cet automne,
après 49 années de service comme infirmière à l'Hôpital de Maria, elle a
tourné une page importante de sa vie en prenant une retraite bien méritée.
49 ans consacrés aux autres, principalement à l'urgence, un milieu
exigeant où chaque minute compte.
Ces
années témoignent d'un dévouement profond envers les patients et leurs familles.
Et les témoignages sont unanimes. Lorsqu'on se présentait à l'urgence et que
Mme Thibodeau était présente, on savait qu'on était entre bonnes mains, sa présence rassurait. Elle avait cette
façon bien à elle de prendre soin des gens avec douceur, respect et humanité. Et,
peu importe la situation, elle accueillait chaque personne avec bienveillance.
Ses collègues disent
qu'elle n'avait peur de rien. Elle fonçait particulièrement dans les situations
critiques et elle savait mettre son équipe en confiance; une vraie leader
positive. Infirmière chevronnée, reconnue pour sa patience d'ange, elle a
transmis généreusement son savoir à la relève.
Alors,
au nom des patients, des familles et de ses collègues, qui s'ennuient déjà, je
tiens à la remercier chaleureusement. Bonne retraite, Mariette!
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à M. le député
de Jean-Lesage.
Rendre hommage à M. Thomas De Koninck
M. Sol Zanetti
M. Zanetti : Merci, Mme la Présidente. Je souhaite rendre
hommage, aujourd'hui, au philosophe et professeur Thomas De Koninck, que j'ai eu la chance de
rencontrer dans mon parcours académique à l'Université Laval et qui nous a
quittés récemment.
J'ai une pensée toute
spéciale pour sa famille, qui est avec nous aujourd'hui. À vous et à vos
proches, mes plus sincères condoléances.
M. De Koninck
nous a profondément marqués, il a marqué plusieurs générations de philosophes
québécois et québécoises par son
érudition titanesque, son humilité absolue, sa curiosité d'enfant et son
ouverture éternelle à la remise en question.
Comme professeur, il
ne nous révélait pas les grandes conclusions auxquelles il était parvenu. Il
nous laissait la joie de la découverte, il
nous laissait penser librement. Une attitude pédagogique aussi radicale et
bienveillante, aussi dépourvue d'ego, c'est très rare.
Ses
qualités immenses continueront de nous inspirer pour toujours. Quelle chance
nous avons eue de vous connaître!
Je pense à vous
souvent. Merci infiniment.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie, M. le député. Maintenant, je suis
prête à céder la parole à M. le député de Portneuf.
Rendre hommage à M. Ibrahima Nguirane
M. Vincent Caron
M. Caron : Mme la Présidente, nous avons le plaisir
d'accueillir ici, parmi nous, M. Ibrahima Nguirane, accompagné de
sa famille.
Originaire du
Sénégal, M. Nguirane retrouve des lieux qui lui sont familiers, puisqu'il
a travaillé comme stage ici voilà 10 ans
maintenant. Depuis cette expérience, M. Nguirane a brillé non seulement
par l'excellence de son parcours académique,
mais aussi par son parcours professionnel, qui l'a amené à travailler comme
directeur général de la municipalité de Saint-Léonard-de-Portneuf.
Issu
moi-même de l'immigration, je sais que le Québec que nous chérissons tant
permet à des destins de rayonner et de contribuer à notre fierté
collective.
Pour l'exemplarité de
son parcours, pour l'inspiration qu'il insuffle à celles et ceux qui suivent
ses traces, j'ai eu l'insigne honneur de remettre la Médaille du député à
M. Nguirane.
Ibrahima,
merci d'avoir choisi le Québec. Merci de faire de Portneuf une communauté
encore plus belle et plus forte. Merci beaucoup.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec
Mme la députée des Mille-Îles.
Soulever les enjeux de logement auxquels font face les
femmes dans
le cadre de la Journée internationale des droits des femmes
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : Merci,
Mme la Présidente. Alors, dans le cadre de la journée internationale des
femmes, je souhaite attirer l'attention de cette Assemblée sur une réalité qui
est encore trop souvent ignorée, la difficulté pour de nombreuses femmes d'accéder
à un logement stable, sécuritaire et abordable.
Au Québec, près de 80 % des femmes... des
familles monoparentales, qui sont majoritairement dirigées par des femmes,
présentent des besoins urgents en matière de logement. En contexte de pénurie
et de forte hausse des loyers, cette
pression fragilise les budgets et le quotidien de milliers de femmes. Les
conséquences sont graves, Mme la Présidente :
détresse psychologique, insécurité résidentielle et impacts directs sur les
enfants. D'où l'urgence de renforcer le filet social, notamment en augmentant
les refuges et les ressources pour celles qui fuient la violence ou l'instabilité.
En
cette journée, reconnaissons ces défis et réaffirmons notre responsabilité
collective de bâtir un Québec où toutes les femmes peuvent vivre en sécurité,
dans un logement digne et stable. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de
Laviolette—Saint-Maurice.
Rendre hommage à Mme Liliane Gagnon
Mme Marie-Louise Tardif
Mme Tardif : La
fondeuse de Shawinigan Liliane Gagnon a participé aux Jeux olympiques
Milan-Cortina en février 2026 comme membre de l'équipe canadienne en course à
relais de ski de fond. Wow! Elle a été époustouflante, excellente et a obtenu
d'excellents résultats lors de ces compétitions. Bravo! À 23 ans, elle a
réalisé un grand rêve.
Liliane
est persévérante, rigoureuse, travaillante et exigeante envers elle-même. Elle
a dû mettre des milliers d'heures d'entraînement pour atteindre ce
niveau de performance.
Elle avait
précédemment été médaillée aux Championnats du monde en 2025 et obtenu son
meilleur résultat sur le circuit de la Coupe du monde en décembre 2024, en
Suisse.
Actuellement, elle
participe au circuit de la Coupe du monde en ski de fond 2026.
Félicitations,
Liliane, bon succès! Et merci d'être un modèle pour tous.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à
entendre M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Saluer la réalisation du
projet Le Phare des Îles
M. Joël Arseneau
M. Arseneau :
Mme la Présidente, je suis fier
de souligner aujourd'hui la réalisation d'un important et ambitieux projet chez
nous, l'un des tout premiers que l'on m'a présentés à la suite de l'élection de
2018, Le Phare des Îles.
Il s'agit d'un projet
de logements supervisés pour adultes vivant avec des besoins particuliers. Des
parents bénévoles, avec l'appui de toute la communauté, y ont travaillé avec
coeur et détermination depuis près d'une dizaine d'années, avec pour résultat
que, ce mois-ci, sept jeunes adultes ont emménagé au Phare. Imaginez ce que ça
représente pour eux, voler enfin de ses propres ailes et apprivoiser un nouveau
chez-soi. Entourés d'une équipe bienveillante et compétente, ces nouveaux
locataires pourront certainement s'y épanouir.
Or, il reste du
travail à faire. C'est pourquoi l'organisme mène, avec l'appui de La Ruche, une
campagne de financement en appui à ses efforts de démarrage.
J'encourage toutes
les personnes des Îles et d'ailleurs à contribuer et soutenir la poursuite du
rêve de ces sept personnes, qui souhaitent simplement vivre de façon autonome.
Longue vie au Phare!
• (13 h 50) •
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Je cède la parole à M. le député de
Beauce-Nord.
Souligner le 50e anniversaire de l'organisme Lien-Partage
M. Luc Provençal
M.
Provençal : Merci beaucoup, Mme la Présidente. L'année 2026
marque le 50e anniversaire d'une organisation fort importante dans ma
communauté, Lien-Partage, fondée en 1976.
En bref,
Lien-Partage, ce sont 50 années à offrir des services de soutien à
domicile aux personnes en perte d'autonomie ou en convalescence, aux personnes
proches aidantes, ainsi que des activités de promotion de la santé. Au
fil du temps s'ajoutent le service de popote roulante, de l'accompagnement en
transport pour des rendez-vous médicaux, des visites et des téléphones d'amitié
pour briser l'isolement et la solitude des personnes seules.
L'organisation compte
sur une petite équipe et un conseil d'administration efficient, mais l'ensemble
des services ne pourrait être rendu sans l'apport de plusieurs dizaines de
bénévoles impliqués et dévoués.
Merci
à chacun de vous pour votre implication actuelle ou passée à l'occasion de ce
50e anniversaire de Lien-Partage.
Merci beaucoup, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Mme la députée de Laporte, à vous
la parole.
Demander au gouvernement de mieux soutenir le milieu
communautaire
Mme Isabelle Poulet
Mme
Poulet : Merci, Mme la Présidente. Alors, permettez-moi tout
d'abord de souligner la présence de deux représentants d'organismes de
ma circonscription, Martin Boire, directeur de la Corporation de développement communautaire de
l'agglomération de Longueuil, et Aurélie Condrain-Morel, directrice générale du
Centre d'action bénévole de
Saint-Hubert, qui sont ici afin de représenter les travailleurs du secteur
communautaire qui sont au bout du rouleau.
Les organismes communautaires sont le filet
social du Québec. Grâce à eux, le Québec peut offrir des services de première
ligne aux personnes les plus vulnérables, mais également aux personnes qui
n'arrivent plus à joindre les deux bouts.
Aujourd'hui, je demande au gouvernement de mieux
soutenir la mission des organismes communautaires, qui doivent malheureusement
refuser de nombreuses demandes d'aide urgentes chaque année, faute de moyens.
Un meilleur financement dès le prochain budget
permettrait également d'offrir de meilleurs salaires et conditions aux
employés, souvent des femmes, qui, elles, méritent d'être reconnues à leur
juste valeur.
Enfin,
rappelons qu'une prise en charge en première ligne par nos organismes, c'est un
investissement, et non une dépense pour l'État.
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole
à Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Rendre
hommage à Mme Isabelle Lemieux
Mme Kariane Bourassa
Mme
Bourassa : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Vous savez, être
enseignante, ce n'est pas toujours facile, mais il y a certaines personnes qui se distinguent par leur engagement,
leur passion et leur capacité à marquer des générations d'élèves.
C'est le cas
d'Isabelle Lemieux, qui est ici avec nous dans les gradins. Elle est
professeure de musique à Saint-Ferréol-les-Neiges.
Et, si Mme Lemieux figure parmi les
finalistes au prix MusiCounts à titre d'enseignante de musique de l'année, ce
n'est pas un hasard. Elle est une pédagogue passionnée, innovante et
profondément engagée à défendre l'importance de
l'éducation musicale. Elle sera donc finaliste aux Juno Awards parce que, de la
petite enfance à la sixième année, elle crée des expériences musicales
riches et inclusives : chorales, harmonies, projets alliant musique et
technologie. Elle participe d'ailleurs à des prestations dans des résidences
pour aînés de chez nous.
La
Côte-de-Beaupré est immensément fière de ce que vous avez accompli. Que vous
gagniez ou non, félicitations!
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la
parole à Mme la députée de Hull.
Souligner
la relocalisation et la réouverture de la
Clinique des femmes de l'Outaouais
Mme Suzanne Tremblay
Mme Tremblay : Merci, Mme la
Présidente. Je voulais prendre un moment, aujourd'hui, pour souligner le
déménagement et la réouverture de la Clinique des femmes de l'Outaouais.
Dans notre région, cette clinique occupe une
place particulière. Elle repose sur un modèle distinct entièrement consacré à
la santé reproductive et sexuelle des femmes. Elle est la seule ressource
spécialisée en Outaouais offrant notamment des services de contraception et
d'avortement.
Pour les femmes, pouvoir recevoir ces services
dans un environnement respectueux, confidentiel et sécuritaire est essentiel et
précieux.
Cette relocalisation a demandé du travail, de la
rigueur et beaucoup d'engagement. J'ai eu l'occasion de suivre cette démarche
et d'appuyer les efforts déployés, mais ce sont avant tout la détermination de
l'équipe et la mobilisation des partenaires de la communauté qui ont permis
d'en arriver à ce résultat. La clinique peut désormais poursuivre sa mission
dans un espace mieux adapté à ses besoins et à ceux des femmes qu'elle
accompagne.
Je tiens à
remercier chaleureusement Mme Patricia LaRue, directrice générale, ainsi
que les membres du conseil d'administration, le personnel et les
bénévoles pour leur engagement dans ce grand projet.
Ce déménagement marque une nouvelle étape pour
la clinique et pour les femmes de notre région. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Cela
met fin à la rubrique de déclarations de députés.
Et je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 55)
(Reprise à 14 h 07)
La Présidente : Bonjour, tout le
monde. Vous êtes nombreux, aujourd'hui, en ce 24 février.
Mesdames messieurs et Mmes, MM. les députés,
nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
Présence du haut-commissaire du
Royaume-Uni,
M. Robert John Tinline
Eh bien, j'ai
le plaisir de souligner aujourd'hui la présence, dans les tribunes, du
haut-commissaire du Royaume-Uni, Son Excellence M. Robert John Tinline,
à l'occasion de sa visite officielle.
Présence du consul général de la Grande-Bretagne
à Montréal, M. David Jones
Il est accompagné, comme vous avez pu le voir,
du consul général de la Grande-Bretagne à Montréal, M. David Jones.
Et nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles — merci — ni
présentation de projets de loi.
Dépôt de documents
À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, Mme la
Présidente. Permettez-moi de déposer, au nom de mon collègue le ministre de la
Culture et des Communications, les documents suivants : l'Exercice des
pouvoirs d'autorisation en vertu de la Loi
sur le patrimoine culturel — Délégation à la ville de Montréal, rapport 2020-2024, et son annexe, et le Rapport
au ministre sur l'application
des dispositions du chapitre VI.1 de la Loi sur le patrimoine culturel
(chapitre 9.002) — Pouvoirs
du ministre exercés par la ville de Québec — De nouveaux
défis à venir!, mai 2024.
La Présidente : Et ces documents
sont déposés. Et, à nouveau, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui,
Mme la Présidente. Je dépose les réponses aux pétitions déposées le
2 décembre 2025 par le député des Îles-de-la-Madeleine et le
5 février 2026 par le député de LaFontaine.
La Présidente : Et ces documents
sont déposés.
Modification à la composition du Bureau de l'Assemblée
nationale
Pour ma part,
je dépose une lettre que m'a adressée M. le chef de l'opposition officielle,
dans laquelle il m'informe de la nomination de Mme la députée de La Pinière à la fonction de membre suppléant du Bureau de l'Assemblée nationale, en remplacement de M. le député
de Marquette.
Et je cède la parole à Mme la première
vice-présidente et députée de Saint-Hyacinthe pour la présentation d'une
motion.
Motion proposant d'adopter la modification
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Mme la Présidente, je propose que cette modification à la composition du Bureau
de l'Assemblée nationale soit adoptée.
Mise aux voix
La Présidente : Et cette
motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Présidente : Adopté.
Merci.
Et je dépose également une lettre que m'a
adressée la présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Mme Nadine Koussa, m'informant de la
démission de Mme Lizette Gauvreau, membre à temps partiel de la
commission, en date du 18 février 2026.
Enfin, j'ai reçu préavis d'une motion qui sera
inscrite dans le feuilleton de demain aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition. Conformément à l'article 97.1 du règlement, je dépose copie
du texte de ce préavis.
Dépôt de rapports de commissions
À la rubrique Dépôt de rapports de commissions,
M. le président de la Commission des institutions et député de Richmond.
• (14 h 10) •
M. Bachand :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. J'aimerais saluer d'abord les membres de la
commission, qui ont fait un travail exemplaire.
Cela
dit, je dépose le rapport de la Commission des institutions qui, les 4, 5, 9,
10, 11, 12 décembre 2025 ainsi que les
3, 4, 5, 10, 11, 12 — et
ce n'est pas un bingo — 17,
18 février 2026, a tenu des auditions publiques dans le cadre de la
consultation générale sur le projet de loi n° 1, Loi constitutionnelle de
2025 sur le Québec. La commission s'est également réunie en séance de travail
le 27 novembre, Mme la Présidente, et le 19 février, relativement à
ce mandat. Merci beaucoup.
La Présidente :
Ce rapport est déposé.
Dépôt de pétitions
À la rubrique Dépôt
de pétitions, Mme la députée de Mercier.
Retirer l'article 29
portant sur l'avortement du projet de loi n° 1,
Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 63 002 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant le
manque de consultations publiques préalables au dépôt du projet de loi
n° 1 sur la constitution du Québec;
«Considérant que
l'article 29 est une menace au droit à l'avortement et que cette loi peut
être modifiée pour en contraindre l'accès en y ajoutant des conditions
d'obtention;
«Considérant que
l'interruption volontaire de grossesse est et doit demeurer un soin de santé
qui n'est pas à part des autres soins de santé offerts au Québec;
«Considérant
que la précédente ministre de la Condition féminine a récemment renoncé à
déposer un projet de loi pour sacraliser le droit à l'avortement après
avoir réalisé des consultations avec des groupes d'experts;
«Considérant que
toutes les citoyennes et tous les citoyens doivent avoir la liberté de choisir
pour leur propre corps, et ce, peu importe leur identité;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec de retirer l'article 29 sur
l'avortement du projet de loi n° 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le
Québec.»
Et je certifie que
cet extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
La Présidente :
Et cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Obtenir un brigadier scolaire
pour les écoles
secondaires qui répondent aux critères
Mme McGraw :
...souligner la présence dans nos tribunes de deux concitoyennes, des parents
engagés dans mon comté, Mmes Jessica Houde et Joanna Duy, qui sont les
instigatrices de cette pétition aujourd'hui.
Alors, je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
3 490 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la
Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) a déjà une série de critères
qui se retrouve dans le guide d'organisation d'une brigade scolaire adulte pour
assurer la sécurité des jeunes dans les corridors scolaires;
«Considérant
que la SAAQ considère dans ce même guide que les piétons de 12 ans et plus
sont des piétons "adultes";
«Considérant que
[...] plusieurs études, dont notamment une de l'Hôpital de Montréal pour
enfants, le nombre d'accidents des piétons âgés entre 10 et 17 ans est
plus élevé que ceux [des] plus jeunes;
«Considérant qu'il y
a des jeunes qui fréquentent les écoles secondaires qui ont l'âge tel que
décrit dans le guide d'organisation d'une brigade scolaire adulte;
«Considérant
que le gouvernement appuie les familles qui choisissent des moyens sains et
écologiques de se rendre à l'école;
«Considérant
que le ministère des Transports et de la Mobilité durable doit [assurer]
pleinement ses responsabilités afin d'assurer des réseaux d'écoles
sécuritaires et équitables;
«Considérant
que des mesures concrètes sont nécessaires pour la sécurité de tous les
écoliers québécois et [de] toutes les écolières québécoises;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec, d'agir immédiatement en rendant les écoles
secondaires éligibles à obtenir un brigadier ou une brigadière scolaire si
elles répondent à tous les autres critères afin d'assurer la sécurité des
élèves-piétons au niveau secondaire.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Et cet
extrait de pétition est déposé. Je reconnais maintenant M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Maintenir
les activités de coordination de don et de transplantation
d'organes sous la gestion indépendante de Transplant Québec
M. Cliche-Rivard :
Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 4 198 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la
coordination du don et de la transplantation d'organes requiert une expertise
unique et hautement spécialisée, distincte de celle d'une banque de sang et de
tissus;
«Considérant que la
prise en charge du donneur, l'attribution équitable et la logistique
interhospitalière impliquent un suivi efficace et rapide ainsi que des
interventions adaptées en temps réel sur l'ensemble du territoire québécois;
«Considérant que le
risque de perte ou de dilution de l'expertise et de rupture dans la chaîne du
don en cas de fusion avec une structure aux missions divergentes;
«Considérant que la
vie des patients en attente de transplantation dépend directement de la
compétence et de la mobilisation efficace et rapide de l'équipe actuelle de
Transplant Québec;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec de maintenir toutes les activités de
coordination du don et de transplantation d'organes sous la gestion
indépendante de Transplant Québec.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
La Présidente :
Et cet extrait de pétition et déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Questions et réponses orales
Nous en sommes
maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et, pour ce
faire, je cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
Mesures pour limiter l'impact
des tarifs douaniers
imposés par les États-Unis
M. André Fortin
M. Fortin :
Mme la Présidente, quand le président Trump a introduit ses tarifs, l'an
dernier, il y a beaucoup d'entreprises d'ici qui ont immédiatement compris le
risque que les politiques américaines avaient sur notre économie. Ils ont pris ça au sérieux puis ils se sont mis au
travail. Les Québécois aussi, ils ont pris ça au sérieux. Ils ont voulu faire
leur part, individuellement, à leur façon. Ils ont pris la menace au sérieux et
ils se sont mis au travail. Mais le gouvernement de la CAQ aussi avait un rôle
à jouer : offrir un contexte qui permet à nos entreprises d'être plus
compétitives pour leur permettre de passer à travers. Mais la CAQ n'a pas pris
ça au sérieux, Mme la Présidente. Ils sont... au mieux, ils sont restés les
bras croisés, puis, au pire, ils ont fragilisé nos entreprises.
Je vous rappelle,
dans un grand élan de lucidité, le premier ministre avait commencé le débat en
disant qu'il souhaitait que M. Trump recule. Tout de suite après, dans un
grand élan de nationalisme économique, il a dit qu'il était prêt à sacrifier des grands pans de notre
industrie, comme la forêt, l'aluminium et l'aéronautique. Et il a terminé en
disant qu'il nommerait un envoyé spécial aux États-Unis, mais, dans un
grand élan de caquisme, il a renié sa promesse.
Là, on est en guerre
commerciale avec les États-Unis. Le Québec est beaucoup plus affecté que les
autres provinces. Nos usines tournent au ralenti. Certaines de nos plus grandes
sont carrément fermées.
Les entreprises,
elles avaient besoin de réponses immédiates du gouvernement. Elles avaient
besoin de sentir qu'il y avait un sentiment d'urgence à la CAQ.
Là, on est au bord de
la récession. Il me semble que la chaise vide, ça va faire.
La Présidente :
La réponse du ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard
(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Alors, effectivement, le secteur
extérieur au Québec est affecté, et c'est
normal. C'est ici que nous avons les industries qui sont les plus touchées par
les tarifs sectoriels qui ont été imposés par les États-Unis.
Alors, lorsqu'on
regarde l'ensemble de l'économie québécoise, et là je vais utiliser les
chiffres de la mise à jour, et, bien sûr, au budget, ces chiffres-là seront mis
à jour, mais le premier trimestre a été positif, au Québec, le deuxième,
négatif, le troisième, positif, et le quatrième pourrait être négatif.
D'ailleurs, pour le Canada, on aura ce chiffre-là vendredi.
Alors, dans
l'ensemble, la prévision de 0,9 % qu'on a faite à la mise à jour de
croissance, elle tient, mais c'est la somme de deux économies. Le secteur
intérieur, consommation, investissement, dépenses gouvernementales, parce qu'on pousse les infrastructures, ça va très bien,
2,5 % de croissance, tandis que le secteur extérieur, lui, retranche
1,8 %, parce que c'est ici que les tarifs...
La
Présidente : En terminant.
M. Girard
(Groulx) : ...font le plus mal.
La Présidente :
Première complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin :
Ah! bien, il n'y en a pas, de problème. C'est juste... C'est juste le contexte,
Mme la Présidente. Mais ce qui est... ce qui
est vrai, c'est qu'on a un gouvernement qui est sans aucune vision claire, au
point de vue économique. On a un premier ministre qui nous dit :
Moi, je suis un fier interventionniste. Puis on a une aspirante première
ministre, qui a été sa ministre de l'Économie longtemps, qui dit qu'il faut
réduire l'interventionnisme, arrêter d'être paternaliste.
Pendant que les
caquistes se demandent à quel point il faut renier l'héritage du premier
ministre, là, bien, nos entreprises, elles souffrent, puis il n'y a personne,
de l'autre bord, qui est en train de faire le travail nécessaire.
• (14 h 20) •
La Présidente :
La réponse du ministre de l'Économie.
M. Jean Boulet
M. Boulet : Oui, merci, Mme la Présidente. Évidemment, même
la semaine dernière, il y a eu des développements avec les annonces de M. Trump pour les tarifs
réciproques, les tarifs sectoriels demeurent en place, et on est extrêmement
actifs.
Puis je rappellerai
au collègue que le bilan de la CAQ, en économie, est particulièrement fort. Le
PIB par habitant, l'augmentation de la qualité de vie, on est les premiers au
Canada. Le revenu disponible par habitant est aussi le plus élevé au Canada. On
a mis en place des programmes avec le Fonds de développement économique, avec Investissement
Québec. Il y a un écosystème d'accompagnement, d'expertise et d'aide financière
qui fait en sorte qu'on s'en sort très bien. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente :Deuxième complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin : Ah! Mme la Présidente, si on veut parler du bilan de la
CAQ, on n'a qu'à écouter la députée de Sanguinet,
parce que pendant des années ce gouvernement-là a préféré les gros rubans, les
grosses annonces, les grosses entreprises aux PME, mais là ils ne s'en
cachent même plus, que ça n'a pas marché.
Je cite la députée de
Sanguinet : «On a manqué de prudence sur Northvolt. On n'a pas été
chercher les garanties suffisantes. On a mis à risque les deniers publics.»
C'est son plus grand regret, Mme la Présidente.
Comment ils peuvent
être fiers de leur bilan économique quand leur candidate à la chefferie fait
tout pour s'en distancer?
La Présidente :
La...
Des voix :
...
La
Présidente : Pas de commentaire après les questions. Je vous rappelle
le décorum. Merci. La réponse du ministre responsable des Affaires
internationales.
M. Christopher Skeete
M. Skeete :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je dirais à l'opposition officielle
qu'ils ont raté une bonne game. Pendant
qu'eux, ils chassaient les «brownies» puis les enquêtes internes au Parti
libéral, nous, on était à l'international à tisser des liens et à signer
des ententes avec nos partenaires partout dans le monde, Mme la Présidente.
Jamais un gouvernement n'a été aussi actif à l'international pour essayer de
solidifier nos chaînes d'approvisionnement. Et, encore une fois, le Parti libéral pense qu'ils peuvent nous faire la
leçon à ce sujet, mais ils ont juste à regarder ce qu'on fait, Mme la
Présidente, s'ils veulent une leçon sur comment gouverner.
Je dirais à mon
collègue, je dirais à mon collègue de l'opposition que, pendant qu'on signe des
ententes de mémorandum, pendant qu'on
sécurise les chaînes de valeur québécoises, pendant qu'on construit des
nouveaux liens avec des partenaires plus fiables, nous, on est en avance
partout où est-ce qu'on va.
La Présidente :
En terminant.
M. Skeete :
Alors, ce que je dirais, Mme la Présidente, c'est qu'on n'a pas de leçons à
tirer du Parti libéral.
La
Présidente : Et troisième complémentaire.
M. André
Fortin
M. Fortin : Mme la Présidente, il y a une personne qu'on devrait
peut-être écouter, effectivement, c'est celle qui était ministre au ministre
délégué de l'Économie, la députée de Sanguinet. Elle, elle est lucide. Je la
cite :«L'écart de productivité qu'on a avec les États-Unis s'est agrandi
dans les dernières années. Déjà, ce n'était pas chic, mais là ça s'est
agrandi.» Le problème, c'est que, quand elle dit ça, elle parle de son bilan à
elle-même, elle était ministre de l'Économie.
Ce n'est pas
compliqué, Mme la Présidente, ils ont fragilisé le Québec. Il n'y a plus
personne qui pense que c'est le parti de l'économie.
La
Présidente : La réponse du ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard
(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Bon, alors, voici les faits. Au
niveau du PIB par habitant, le Québec
surperforme. Au niveau du revenu réel disponible, le Québec surperforme. Au
niveau des gestes qui ont été posés, alors, les menaces tarifaires ont
commencé au mois de février 2025, et, dans le budget de mars 2025, nous
avions une décision à prendre, quel est le geste que nous pouvions poser, comme
gouvernement, pour soutenir l'économie au Québec, qui allait faire une
différence, et nous avons choisi d'augmenter les dépenses en infrastructures
pour faire un investissement...
La Présidente :
En terminant.
M. Girard
(Groulx) : ...qui allait soutenir l'économie à court terme et à long
terme.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Nomination d'un
négociateur en chef pour le Québec
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw : Merci, Mme la Présidente. Alors, pendant que le gouvernement fédéral a
nommé sa négociatrice en chef pour
préparer la révision de l'ACEUM, le Québec, lui, n'a toujours aucun négociateur
en chef. Nous demandons cette nomination depuis novembre 2024, et
le PM le promet depuis ce temps. Les accords commerciaux modernes touchent
directement nos compétences, notamment agriculture, marchés publics,
reconnaissance des diplômes, mobilité de la main-d'oeuvre, économie, numérique.
Dans un contexte d'instabilité économique où chaque province cherche à
sécuriser ces secteurs stratégiques, le silence du gouvernement est
inacceptable.
Mme
la Présidente, pourquoi le gouvernement refuse-t-il toujours un négociateur en
chef comme il l'avait promis?
La
Présidente : La réponse du ministre de l'Économie, de l'Innovation et
de l'Énergie.
M. Jean Boulet
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente. Il faut saluer la nomination par Ottawa de Mme Janice
Charette comme responsable de la renégociation de l'ACEUM avec les États-Unis
et le Mexique. Et on est en action pour aider les entreprises, les travailleurs et travailleuses à faire face à
l'insécurité économique. Je reviens là-dessus : plus de tarifs réciproques, invalidés par la Cour suprême des
États-Unis, encore des tarifs sectoriels. Donc, ça passe par l'accompagnement, ça
ne passe pas par des mesures mur à mur. Et on a des programmes, on a du
soutien, on est présents dans tous les secteurs
stratégiques. On est en communication avec nos collègues à Ottawa. On a des
délégations générales aux États-Unis. Tout le monde travaille dans la
même direction pour protéger les intérêts et les préoccupations de nos secteurs
stratégiques, au Québec.
La
Présidente : Première complémentaire.
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw :
Alors, je reprends. Les États-Unis ont un négociateur en chef. Le Canada a
une négociatrice en chef. Le Québec, non, c'est la chaise vide.
Aujourd'hui, qui assure
le leadership et la position québécoise sur l'aluminium, la gestion de l'offre
et les marchés publics? Est-ce qu'on... Pourquoi on est obligé d'attendre
encore? Est-ce qu'on doit attendre jusqu'au 13 avril pour un prochain
premier ministre?
La
Présidente : La réponse du ministre des Relations internationales et
de la Francophonie.
M. Christopher
Skeete
M. Skeete :
Bien, Mme la Présidente, tu sais, je comprends le rôle de l'opposition à
vouloir questionner le gouvernement, mais, honnêtement,
dans ce dossier-là, il s'agit d'un dossier d'unité, on doit parler d'une voix.
Bien sûr, le Québec doit avoir une
place à la table, puis, bien sûr, c'est ce qu'on revendique et c'est ce qu'on
pousse, à l'intérieur du gouvernement. Vous savez, Mme la Présidente...
Des voix :
...
La
Présidente : Attendez. Article 32, je vous rappelle de garder le
silence, je vous prie. On a écouté la question avec attention, j'aimerais qu'on
écoute la réponse. Merci. Poursuivez.
M. Skeete : Vous faites bien, Mme la Présidente, parce que,
dans le fond, je fais un appel à l'unité, et on voit ce que l'opposition
officielle est capable de faire dans un contexte comme ça.
Ce que je dirais, Mme
la Présidente, c'est que c'est important de travailler ensemble. On va
travailler pour avoir une place à la table. On est déjà à la table et on a
plusieurs discussions en amont avec les gens du gouvernement fédéral pour
essayer d'assurer les intérêts du Québec.
Donc, Mme la
Présidente, je comprends ce que la collègue demande. On travaille pour le
réussir.
La Présidente :
En terminant.
M. Skeete :
Je pense qu'on va le faire.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw :
Je pense qu'effectivement le ministre a des leçons à apprendre de notre
formation, parce que sous les premiers ministres Charest et Couillard le Québec
s'était doté de négociateurs en chef pour défendre nos intérêts lors des
grandes négociations commerciales. Aujourd'hui, sous la CAQ, rien.
Est-ce
que le ministre reconnaît que cette absence de leadership affaiblit le rapport
de force du Québec au sein de l'équipe canadienne et des États-Unis?
Pourquoi n'avoir encore rien fait?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Christopher Skeete
M. Skeete :
Mme la Présidente, de dire qu'on ne fait rien, c'est complètement de mal
comprendre ce qui se passe. Vous savez, Mme la Présidente, on est dans des
négociations délicates avec un voisin imprévisible, on ne peut pas s'improviser une tactique pour pouvoir essayer
de faire atterrir des objectifs politiques. Nous, ce qu'on fait, Mme la Présidente,
par l'entremise de nos délégations, on est sur le terrain, on parle avec les
acteurs qui sont... qui sont partout à
l'international, on parle avec le gouvernement fédéral. Ils savent qu'on
demande d'avoir une place à la table. C'est ce qu'on revendique.
Alors,
Mme la Présidente, la collègue ne nous apprend rien. On sait comment faire ça,
on va essayer de le réussir. Mais d'essayer de... d'essayer faire
atterrir une...
La Présidente :
En terminant.
M. Skeete : ...d'essayer de s'improviser experts en relations internationales alors
que la situation est très complexe...
La Présidente :
En question principale, je reconnais le député de Marguerite-Bourgeoys.
Mesures d'aide pour les
petites et moyennes entreprises
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin : Nos PME ont besoin de
prévisibilité. Les sondages le démontrent, avec la CAQ nos PME subissent de
l'incertitude et un climat d'affaires qui se détériore. La CAQ, c'est le parti
du gaspillage et de la décote. C'est aussi le parti qui aura ajouté
2,5 milliards en fardeau administratif additionnel par année à nos PME.
Pire, la CAQ surtaxe nos PME par rapport au reste du Canada.
Et la CAQ ne sait
même pas comment défendre nos PME dans la renégociation de l'ACEUM. Dois-je
rappeler qu'en février 2025 le premier ministre est allé offrir à rabais à
Trump notre aéronautique, notre aluminium, nos forêts, avant même que les
négociations commencent?
C'est
ça, la CAQ, Mme la Présidente, c'est un parti de slogans vides. Le ministre de
l'Économie et le premier ministre, absent, ne pensent aucunement à nos PME. La
CAQ n'aura jamais été le parti de l'économie.
La
Présidente : La réponse du ministre délégué à l'Économie des régions.
M. Samuel Poulin
M. Poulin :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. La question du collègue me surprend, le
ton également, parce que je travaille très bien avec la députée de Jeanne-Mance—Viger sur
le projet de loi n° 11, où on est extrêmement
constructifs. D'ailleurs, aujourd'hui, je m'attendais à quelques félicitations...
bien, je ne m'y attendais pas vraiment, mais du moins qu'on le souligne, où, aujourd'hui,
on a annoncé des amendements fort importants en allègements réglementaires, au projet de loi n° 11, pour, justement, l'environnement d'affaires des PME. D'ailleurs, Mme
la Présidente, ça fait en sorte que c'est le projet de loi sur
l'allègement réglementaire le plus costaud qui a été distribué, qui a été
déposé par un gouvernement depuis des années, au Québec, Mme la Présidente.
D'ailleurs,
aujourd'hui, on vient non seulement permettre les prêts-à-boire à base d'alcool
dans les épiceries, on vient permettre aux coussins gonflables réutilisables,
pour l'industrie automobile, non déployés de pouvoir être mis dans des
véhicules...
Des voix :
...
M. Poulin :
Ah! vous ridiculisez ça? Allez voir...
• (14 h 30) •
La
Présidente : Attendez, M. le ministre. Attendez, M. le ministre. Je
vous rappelle l'article 32. Vous devez garder le silence. J'aimerais
entendre la réponse du ministre. Il lui reste du temps.
Des voix :
...
La Présidente :
Attendez. M. le ministre, poursuivez.
M. Poulin :
Mme la Présidente, on avance, dans le projet n° 11,
ça va bien avec les oppositions, on trouve des solutions, on fait de
l'allègement réglementaire. Je sais que ça ne fait pas l'affaire des
oppositions, mais on est en train de trouver des solutions avec l'ensemble des
amendements que nous venons déposer.
Pour l'industrie
forestière, j'étais avec la députée de Roberval il n'y a pas tellement
longtemps. Avec son industrie, on vient aujourd'hui de faire deux annonces fort
importantes pour réduire le coût de la fibre, pour aider les régions, aider les
emplois. Je m'attendais à ce qu'il y ait un minimum d'appui du côté des
oppositions...
La Présidente :
En terminant.
M. Poulin :
...pour saluer le leadership qu'on a pour les PME et les régions du Québec, Mme
la Présidente.
Des voix :
...
La Présidente :
Article 32, pas de bravo, vous le savez. Première complémentaire.
M. Frédéric
Beauchemin
M. Beauchemin : 122 amendements, ça, c'est de
l'improvisation, Mme la Présidente. L'industrie de la transformation de
l'aluminium est à risque. Les tarifs rendent nos transformateurs non
compétitifs sur le marché américain. Ça, c'est des PME en région, Mme la
Présidente. On parle de milliers d'emplois à risque. La CAQ n'a pas de plan de
match pour nos transformateurs, rien.
Y a-t-il un leader, à
la CAQ, qui comprend l'industrie de la transformation de l'aluminium? Y a-tu
quelqu'un qui comprend la game?
La Présidente :
La réponse du ministre des Finances.
M. Eric
Girard
M. Girard
(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Bien, c'est certain qu'un tarif de
50 % sur l'aluminium, ça ne fait aucun sens. Et c'est ce qu'on s'évertue
de faire comprendre au gouvernement américain. Et d'ailleurs qui a été le
premier dirigeant d'entreprise, aux États-Unis, à critiquer la politique du
président américain? Bien, le PDG d'Alcoa, parce qu'Alcoa a des opérations ici,
au Québec, exporte à Pittsburgh, transforme, vend partout dans le monde.
Alors, il est
impératif que ce tarif de 50 % soit réduit. Et on sait que, dans le
premier mandat de ce président, c'était 25 %, qui avait été réduit à
10 %. Et là le 50 % doit être réduit impérativement.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin :
De toute évidence, le ministre ne comprend pas l'industrie de la
transformation, qui, elle, est surtaxée. Évidemment, ça semble être confus pour
le gouvernement. La CAQ, là, c'est la théorie de la chaise vide. Incapable de
voir les risques et les conséquences pour l'ensemble des régions du Québec. Incapable
de même mettre en place un principe d'avoir
un négociateur en chef pour nous représenter à la table de négociation. La CAQ,
là, eux autres, ils veulent être à la table? Non, ils sont sur
l'assiette, Mme la Présidente. Ils ne sont pas bons.
La
Présidente : Alors,
je vous invite à demeurer respectueux. La réponse du ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie. On vous écoute, M. le ministre.
M. Jean
Boulet
M. Boulet : Merci, Mme la Présidente. Évidemment, on
collabore. Et le premier ministre du Québec a rencontré le nouvel ambassadeur du Canada aux États-Unis, M. Mark
Wiseman, lui a fait part de nos préoccupations, de l'importance de
négocier de façon globale. Et je rappellerais à notre collègue que le taux de
succès des investissements provenant du Fonds de développement économique,
au-delà de 20 millions, est de 41 % entre 2012 et 2018 et de
83 % entre 2019 et 2025. Ça fait qu'on n'a pas de leçons de taux de succès
à recevoir. Puis on est présents aussi dans toutes les régions du Québec.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le député de Nelligan.
Modernisation de l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont
M. Monsef
Derraji
M. Derraji :
Mme la Présidente, ce n'est pas uniquement en matière économique que ce
gouvernement est complètement déconnecté de
la réalité. En matière d'infrastructures hospitalières, c'est la décrépitude,
Mme la Présidente. Le cas de HMR, le legs caquiste se résume
ainsi : des chauves-souris, des rats, des fourmis, un toit qui coule.
C'est ça, le legs caquiste en matière
d'infrastructures hospitalières. Et maintenant, Mme la Présidente, ils
rajoutent un autre élément, l'optimisation.
Ça veut dire quoi, l'optimisation? Des toilettes communes, des toilettes
caquistes, des chambres partagées, des chambres communes, Mme la
Présidente.
Hier, j'ai rencontré
la Coalition HMR, ils ont une seule question pour les caquistes : Oui ou non,
des toilettes partagées? Oui ou non, le projet HMR sera dans le prochain PQI?
Des voix :
...
La Présidente :
M. le député de LaFontaine, je vous entends trop. La réponse de la ministre de
la Santé.
Mme Sonia
Bélanger
Mme Bélanger :
Oui, Mme la Présidente. Très contente d'avoir cette question de mon collègue député
de Nelligan, avec qui on a eu des bonnes discussions la semaine dernière, en
commission, en lien avec notre loi n° 19.
Le
PQI, c'est important, Mme la Présidente. On est le gouvernement qui a le plus
investi dans les infrastructures depuis notre arrivée, en 2018. Aucun
gouvernement n'avait investi autant. Dans le PQI santé, là,
c'est important, santé, c'est 25 milliards sur 10 ans qui ont été provisionnés pour nos
infrastructures. C'est une augmentation de 35 % seulement pour le PQI santé.
Alors, Mme la
Présidente, on n'a qu'à regarder l'état de nos grands centres universitaires,
au Québec, les CHUM, CUSM, Institut de cardiologie,
le CHU mère-enfant, Sainte-Justine. On n'a qu'à regarder où on en est ici, à
Québec, avec, donc, les grands projets d'infrastructure. On est en train
de redresser la barre dans nos grandes infrastructures universitaires. Et
maintenant, Mme la Présidente...
La Présidente :
En terminant.
Mme Bélanger : ...on travaille sur nos centres hospitaliers dans
toutes les régions du Québec, Mme la Présidente.
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Monsef
Derraji
M. Derraji :
Mme la Présidente, la réalité est la suivante. On impose des coupures un
peu partout. La coalition aimerait savoir. Est-ce qu'ils vont se ramasser avec
des toilettes communes, des toilettes caquistes, des chambres communes, des chambres petites? C'est ça, la
question, Mme la Présidente. Est-ce qu'aujourd'hui... La coalition doit savoir.
Est-ce que, dans le prochain PQI, HMR sera là, c'est ça, la question, oui ou
non?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Benoit Charette
M. Charette : Merci, Mme la Présidente.
Au collègue, la réponse, elle est simple. Est-ce que HMR va faire partie
du prochain PQI? Bien, en fait, il y est déjà. Il y est déjà à travers
l'enveloppe centrale en santé. Si les oppositions connaissaient minimalement le
fonctionnement du PQI, elles sauraient. Elles sauraient que, lorsqu'un projet
est à plus de 1 milliard de dollars, il est provisionné graduellement.
Donc, il y a un
provisionnement qui a été amorcé déjà pour HMR, avec des travaux concrets qui
sont déjà en réalisation. On a ri de la
question du stationnement, mais, pour faire un hôpital, il faut de l'espace,
et, pour faire de l'espace, il faut, justement...
La Présidente :
En terminant.
M. Charette :
...relocaliser le stationnement, ce qui est en cours de route. Le prochain PQI
apportera un certain nombre de...
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Monsef
Derraji
M. Derraji :
Ah! Mme la Présidente, c'est le ministre lui-même qui impose moins
15 %. Mais j'ai une question pour lui.
Est-ce qu'il va confirmer, aujourd'hui, que ces efforts qu'il demande,
d'optimisation, ne concernent pas les toilettes au HMR? La réponse doit
être claire. Il parle du PQI, parle du stationnement. Ce que la coalition
demande, c'est une inscription complète de HMR et s'il y a un lancement dans le
prochain PQI.
La
Présidente : La réponse du ministre responsable des Infrastructures.
M. Benoit
Charette
M. Charette :
Qu'est-ce que les efforts d'optimisation? C'est s'assurer de payer le bon
coût pour la portée du projet que l'on souhaite se donner. Que les libéraux
souhaitent dépenser sans égard aux coûts, ça ne me surprend pas, mais, pour ce qui est du gouvernement, c'est
s'assurer qu'on aura la portée nécessaire pour un projet majeur et de payer
le bon coût pour ce projet-là.
Le prochain PQI sera
présenté au cours des prochaines semaines, on aura un certain nombre de
précisions aux questions posées, mais, je rassure les gens de Montréal et de
l'ensemble du Québec qui s'inquiètent de la situation de HMR, c'est un projet
qui se provisionne bien et qui sera réalisé...
La Présidente :
En terminant.
M. Charette :
...contrairement aux années libérales, où aucune avancée ne s'est faite pour
cet hôpital-là.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la cheffe
du deuxième groupe d'opposition.
Hausse de la misogynie, de
l'homophobie et
de la transphobie dans les écoles
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Pardonnez-moi d'avance les mots que je vais
devoir prononcer, mais c'est vraiment nécessaire pour prendre pleine conscience
du problème qu'on a en ce moment dans nos écoles.
Selon une étude du
chercheur Francis Dupuis-Déri, de plus en plus d'élèves se font traiter de
salopes et de putes. Des enseignantes se font dire que leur place est dans la
cuisine. Des drapeaux LGBTQ sont brûlés. J'en ai parlé hier sur mes réseaux
sociaux puis j'ai reçu beaucoup de témoignages de femmes qui se sentent
impuissantes et qui ont peur, notamment Catherine, qui voit des enfants de 10 à
12 ans faire des saluts nazis en classe. Juliette a dû terminer ses études
aux adultes parce qu'il y avait trop de haine dans son école secondaire,
qu'elle a dû abandonner. Jennifer sent que
l'école et le gouvernement l'ont laissée tomber. Ça, Mme la Présidente, ça se
passe aujourd'hui, dans le Québec de 2026.
Je suis extrêmement, extrêmement
inquiète de cette situation. C'est vraiment un retour en arrière que je
n'aurais jamais cru possible. L'égalité entre les femmes et les hommes, on le
sait, au Québec, c'est non négociable. Moi, je ne veux pas que nos filles
soient obligées de se battre comme nos mères et nos grand-mères.
Ma question est très
simple, pour le gouvernement de la CAQ : Est-ce que la CAQ va continuer à
tolérer ce retour en arrière dans nos écoles du Québec, oui ou non?
• (14 h 40) •
La Présidente :
Et la réponse de la ministre responsable du Sport, du Loisir et du Plein air.
Mme Isabelle Charest
Mme Charest :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Effectivement, les propos qu'on entend sont
inacceptables, inappropriés. Évidemment, on ne tolère pas ce genre de propos.
On a reçu le rapport, qui a été commandé par la FAE. Évidemment, on va en prendre connaissance, et on pourra apporter des
réponses ou, en tout cas, du moins, des... peut-être des mesures, des
pistes de solution.
Alors, évidemment, en
matière d'égalité, vous savez, Mme la Présidente, on a... on a posé des gestes
très concrets pour faire en sorte, justement, de s'assurer de cette notion
d'égalité. Il faut, évidemment, agir en prévention. On se rappelle qu'on a
implanté le cours de culture et de citoyenneté, qui donne aux élèves,
justement, des repères clairs en matière
d'égalité, en matière de respect des droits, en matière de pensée critique, et
on aborde notamment la notion de sexe et de genre. On se rappelle qu'il
y a eu l'adoption, aussi, du PL n° 94 pour renforcer le principe d'égalité
entre les femmes et les hommes dans nos
écoles, de préciser les comportements exempts de violence et d'intimidation des
élèves et du personnel scolaire.
La Présidente :
En terminant.
Mme Charest :
D'ailleurs, aussi, dans ce rapport...
La Présidente :
Première complémentaire.
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal :
Mme la Présidente, je n'entends absolument rien de concret. L'étude est
alarmante. Si je me fie au bilan de la CAQ,
tout ce qui a été fait, c'est imposer le vouvoiement dans les écoles. C'est ça,
la vision de la CAQ, ça s'arrête là,
des formules de politesse? Ça va être quoi, dans nos écoles puis dans nos
classes, qu'on va entendre, hein? Ça va être : Respectueusement,
madame, votre place est dans la cuisine?
La Présidente :
La réponse de la ministre.
Mme Isabelle
Charest
Mme Charest :
Bien, je vais prendre une bonne respiration. Je pense que c'est... Ce qu'on a
mis en place pour faire en sorte qu'il y ait
l'égalité entre les hommes et les femmes, notamment via toutes les mesures
qu'on a mises en place pour la laïcité, je pense qu'il faut le saluer.
Je vais peut-être
ramener à des sujets qui sont un peu plus près de moi, dans le rapport sur la
violence dans le sport, notamment, ou des
comportements. Je rappelle que là aussi on a agi en amenant la notion
d'intégrité dans le sport, en donnant
des recours, des ressources pour les jeunes, pour pouvoir dénoncer des
situations d'intimidation, de violence sexuelle, de racisme, et tout ça.
La Présidente :
En terminant.
Mme Charest :
On va continuer d'agir. Il faut agir en prévention. Et je pense que c'est
une...
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal :
J'aimerais ça donner une dernière chance à la ministre pour entendre quelque
chose de concret. Elle dit : On va agir, on va faire des choses. Il y a
des propos misogynes, des propos homophobes qu'on entend aujourd'hui. C'est
vraiment extrêmement inquiétant pour nos filles. Je ne veux pas que nos filles
soient obligées de se battre pour les droits qu'on a aujourd'hui. Je ne veux
pas qu'il y ait de recul au Québec. Je lui donne une autre chance. Les profs, les parents, tout le monde écoute la
ministre, écoute le gouvernement de la CAQ. Je vois que ça va être le ministre
ici qui va répondre. Je veux entendre une question concrète.
La Présidente :
La réponse du ministre de la Justice.
M. Simon
Jolin-Barrette
M. Jolin-Barrette :
Mme la Présidente, c'est ironique d'entendre Québec solidaire. Alors que nous,
du côté du gouvernement, on veut inscrire l'égalité entre les femmes et les
hommes dans la Constitution du Québec, dans la loi des lois, ils sont contre, Mme la Présidente. On veut faire en
sorte, Mme la Présidente, que l'égalité entre les hommes et les femmes
prime sur la liberté de religion; ils sont contre. Le député de Maurice-Richard
nous dit : Il y a de l'intimidation, des menaces, des mensonges, on ne
veut pas que ça se passe dans nos écoles, on ne veut pas que ça se passe dans notre société, mais Québec solidaire, Mme la Présidente, font totalement le contraire quand vient le temps
de prendre position.
On
a réglé le cas de Bedford, on a mis des mesures pour favoriser la laïcité,
parce que nous, on n'accepte pas, Mme la Présidente, de séparer les petits
garçons puis les petites filles. On n'accepte pas ça.
La Présidente :
En terminant.
M. Jolin-Barrette :
Au Québec, on n'accepte pas ça dans le système scolaire. Puis on va défendre
les valeurs québécoises. Ce n'est pas Québec solidaire qui va réussir à faire
ça.
Des voix :
...
La Présidente :
Article 32. On retrouve le silence. S'il vous plaît! M. le leader, je vous
remercie. Une seule personne a droit de parole, maintenant, en l'occurrence en
question principale...
Une voix :
...
La Présidente :
M. le leader!
Des
voix : ...
La Présidente :
En question principale, je reconnais la députée de Verdun.
Mesures pour atténuer les effets
de l'inflation
Mme Alejandra
Zaga Mendez
Mme Zaga
Mendez : À la veille du dernier budget caquiste, le coût de la vie
écrase les Québécois, et nos aînés sont en première ligne. Je pense à
Mme Jeannette Larrivée, 81 ans. Elle a travaillé toute sa vie, puis,
aujourd'hui, il lui manque 500 $ par mois pour simplement arriver.
L'inflation dévore déjà les prestations. Les logements explosent, l'épicerie
aussi. C'est rendu tellement grave que Mme Jeannette ne se cherche pas un
passe-temps, elle se cherche une job. Eh oui, nos aînés de 75 ans et plus
retournent au marché du travail, pas par choix mais par nécessité, l'organisme
Perspectives nous le confirme, des aînés qui envoient des CV pour arriver à la
fin du mois.
Après huit ans au
pouvoir, est-ce que le ministre des Finances est fier de voir des octogénaires
retourner au travail pour combler la fin de mois? Il lui reste une seule et
dernière chance avec le dernier budget caquiste. Qu'est-ce qu'il va faire
maintenant pour protéger les Québécois et Québécoises contre la hausse du coût
de la vie?
La Présidente :
La réponse du ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard
(Groulx) :
Oui.
Bien, Mme la Présidente, la politique, ça ne manque pas d'ironie, là. Je
n'aurais jamais pensé que Québec solidaire allait énumérer le programme
politique de la CAQ. Nous avons, en 2022, promis de protéger les Québécois face
à la hausse du coût de la vie, parce qu'en 2022 il y a eu une hausse de
8 % de l'inflation. Alors, c'est pour ça qu'en campagne électorale on a
parlé d'un bouclier anti-inflation. Et puis, là-dedans, c'était quoi, la
principale mesure, là? 2 000 $ pour les aînés à faibles revenus. Et,
je dois le souligner, l'opposition officielle, le Parti libéral du Québec,
était d'accord avec cette mesure. Alors, c'est une excellente mesure, qui vise
à aider les aînés à faibles revenus, 2 000 $ pour les aînés de plus
de 70 ans qui ont des problèmes avec la hausse du coût de la vie.
Puis il y avait aussi
une autre excellente mesure, Mme la Présidente, une baisse d'impôt pour
l'ensemble des contribuables, près de 5 millions de Québécois qui paient
des impôts à chaque semaine.
La Présidente :
Première complémentaire.
Mme Alejandra
Zaga Mendez
Mme Zaga
Mendez : Le ministre nous ressort le crédit impôt de 2 000 $
par année. Alors, faisons le calcul. 2 000 $
par année, c'est 167 $ par mois. Mme Jeannette a besoin des
500 $ par mois. 500 moins 167, nous sommes toujours dans le négatif.
Chaque mois, le loyer augmente, l'épicerie augmente. Comment les aînés à
faibles revenus vont arriver?
Alors,
je repose ma question, et c'est la dernière chance pour le ministre de répondre
avec le budget : Qu'est-ce qui va changer dans le prochain budget,
concrètement, pour que les...
La Présidente :
La réponse du ministre.
M. Eric Girard
M. Girard
(Groulx) :
Oui.
Bien, Mme la Présidente, il y a eu des bonifications au crédit d'impôt
solidarité, crédit d'impôt proches aidants, crédit d'impôt maintien à domicile,
on a plafonné les tarifs, et puis, bien sûr, au niveau du
logement, programme de supplément pour le loyer, programme d'allocation au
logement, programme d'allocation au logement via Revenu Québec, Programme de
supplément au loyer directement.
Alors, c'est un ensemble de mesures que nous
avons fait. Et puis, lorsqu'on regarde les statistiques, c'est au Québec que le
revenu réel disponible, après impôt et inflation, a le plus augmenté au Canada,
et c'est la même chose pour les aînés. Et je comprends qu'on nous demande d'en
faire plus...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Mme la
Présidente, pendant ce temps-là, Mme Jeannette, elle se cherche toujours
une job, parce qu'elle n'arrive pas à la fin du mois. Et puis, comme elle,
plusieurs aînés qui ont bâti le Québec pensent à envoyer un CV. Ça n'a pas
d'allure.
Le bilan de la CAQ est clair, on a pelleté des
milliards dans des projets douteux, dans des subventions aux grandes
entreprises, puis, pendant ce temps-là, le filet social, lui, il est percé de
partout. C'est votre dernière chance. Le budget, c'est un choix politique. Ça
va être quoi? Encore de l'argent aux milliardaires ou l'argent aux priorités
des Québécois et Québécoises...
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Bien, je vais être respectueux, je vais répéter ce qu'on a fait
pour les gens qui font face... La hausse du coût de la vie, c'est sérieux. On a
fait d'excellentes mesures, puis c'est pour ça que notre bilan, il est bon :
2 000 $ pour les aînés, baisse d'impôt, plafonnement des tarifs,
hausse du crédit d'impôt solidarité, hausse du crédit d'impôt maintien à
domicile, hausse du crédit d'impôt pour frais de garde. Ce sont toutes des mesures qui visent à protéger les Québécois
face à la hausse du coût de la vie. Et, bien sûr, on doit en faire plus, on doit
continuer, parce que le fardeau fiscal des Québécois est élevé, mais on fait ça
progressivement...
La Présidente : En terminant.
M. Girard (Groulx) : ...parce
qu'il faut aussi investir en santé et en éducation.
• (14 h 50) •
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le chef du troisième groupe d'opposition.
Coût des maisons des aînés
M. Paul St-Pierre
Plamondon
M. St-Pierre Plamondon : Mme la
Présidente, mon équipe et moi venons de passer les derniers mois sur le terrain à rencontrer la population, à faire du
porte-à-porte, notamment à Chicoutimi, et les Québécois étaient aussi clairs à
Chicoutimi qu'ils ne l'étaient dans d'Arthabaska ou à Terrebonne, ils sont tannés de ce
gouvernement qui gaspille les fonds publics. La population n'en peut
plus des projets brouillons, de l'improvisation et de tout ce qui est fait sur
un coin de table. Ils veulent un vrai gouvernement qui incarne de la rigueur.
Aujourd'hui, malheureusement, un autre exemple
de projet mal planifié et de gaspillage d'argent public avec le cas de la maison des aînés... des maisons des
aînés. Santé Québec, une structure créée par le gouvernement de la
CAQ, fait la leçon à la CAQ aujourd'hui sur les coûts et la gestion de
ce projet caquiste parce qu'on est rendus jusqu'à 1,8 million de dollars par porte, dans certains de ces projets, et
Santé Québec dit simplement : Ça devrait coûter 500 000 $. Et,
notamment, un des problèmes, c'est des exigences techniques trop élevées par
rapport aux besoins. Essentiellement, Santé
Québec vient de confirmer tout ce qu'on reproche à ce gouvernement sur la
gestion de ce dossier depuis des années.
Est-ce que ce gouvernement peut reconnaître,
comme le dit Santé Québec, que le modèle actuel des maisons des... de la maison
des aînés n'est pas viable?
La Présidente : La réponse de la
ministre de la Santé, aussi responsable des Aînés.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Oui,
Mme la Présidente. Bien hâte d'entendre ce que le Parti québécois va faire avec
les aînés qui ont besoin de places en soins de longue durée. J'aimerais bien ça
les entendre, parce que, pendant les 20 dernières années, Mme la
Présidente, il n'y a presque pas eu de création de CHSLD, au Québec.
On a changé le modèle d'hébergement, au Québec.
On a créé... Mme la Présidente, notre engagement, c'était 46 maisons des
aînés. Au moment où on se parle, Mme la Présidente, nous sommes à 44 maisons
des aînés qui sont inaugurées. Les gens qui
sont là, ils sont contents d'être là. Ils ont des bons services. Les proches
aidants, je ne sais pas, là. Vous êtes allés, là, vous promener un peu
partout, avez-vous parlé...
La Présidente :
...vous vous adressez à la présidente.
Mme Bélanger : Je vais garder
le focus. Alors, Mme la Présidente, ils sont allés se promener sur le terrain. J'espère qu'ils sont allés visiter les maisons des
aînés, parce que les gens qui sont là sont contents. Ils ont des bons services.
Les proches aidants sont sécurisés de savoir que leur... que leur proche
est là. Les employés sont contents.
Puis,
concernant l'article de ce matin, là on est rendus, Mme la Présidente, écoutez,
il n'y a rien de trop beau... on est rendus à 1,8 million la porte.
Voyons donc, Mme la Présidente! Il y a eu une situation comme ça...
La Présidente : En terminant.
Mme Bélanger : ...c'est parce
qu'il y avait une situation particulière. Alors...
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Paul St-Pierre
Plamondon
M. St-Pierre Plamondon : Mme la
Présidente, là on apprend que l'argument du gouvernement, c'est que les gens qui sont là sont contents d'être là. Mais ce
n'est pas ça, la question. La question, c'est qu'on a bâti 3 480 places
pour un coût astronomique de 2,8 milliards.
Or, les besoins estimés, c'est que ça prendrait 42 500 places. Ça,
c'est 34 milliards. Il n'y a pas 34 milliards dans le PQI. C'est un
véritable gouffre financier, une perte de contrôle sur les dépenses. Est-ce que
la ministre va continuer à foncer tête première dans le mur avec ce projet?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Benoit Charette
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Le collègue tourne les coins ronds. D'une part, c'est le
gouvernement qui a demandé à Santé Québec d'optimiser le projet des maisons des
aînés. La consigne a été donnée l'été dernier par mon prédécesseur, réitérée au
cours des dernières semaines, pour arriver à un meilleur coût de projet avec la
même qualité de services. Et la raison pour laquelle on a eu des projets aussi
dispendieux, c'est qu'on récupérait et entretenait des bâtiments patrimoniaux. C'est certain que ça a eu une incidence sur
le coût de la porte. Donc, on a non seulement offert des services de
qualité à nos aînés, mais on a aussi réussi à rénover, dans certains cas...
La Présidente : En terminant.
M. Charette : ...des bâtiments
patrimoniaux qui étaient sous la responsabilité du gouvernement du Québec.
Donc, non seulement mission auprès des aînés...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Paul St-Pierre
Plamondon
M. St-Pierre
Plamondon : Mme la Présidente, c'est parce que c'étaient des
bâtiments patrimoniaux. 1 million de dollars la porte, environ, et
une demande qui ne correspond absolument pas à la perte de contrôle des coûts
par ce gouvernement. Et là, aujourd'hui, la
CAQ dit : Bien, c'est nous qui avons demandé à Santé Québec. Mais, ça
tombe bien, Santé Québec vous a dit ce qu'on vous dit depuis sept ans.
Vous avez perdu le contrôle sur les coûts, et là vous récoltez les conséquences
de ce...
La Présidente : ...M. le chef,
également à la présidente.
M. St-Pierre Plamondon : Et
le... un gouvernement du Parti québécois mettra fin à ce fiasco.
La Présidente : La réponse de la
ministre de la Santé et responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Oui,
Mme la Présidente. En fait, on va continuer dans le déploiement des places
d'hébergement, au Québec. C'est important dans le contexte du
vieillissement de la population, Mme la Présidente. Donc, on a été avec une
première phase, 46 maisons des aînés. On est maintenant à une
phase II un peu partout, dans toutes les régions du Québec, Mme la Présidente. Et, oui, effectivement, comme ministre de
la Santé, j'ai demandé à Santé Québec de réviser les façons de faire, d'optimiser encore le modèle. C'est un modèle qui
est évolutif. Mme la Présidente, on est en mouvement. Et puis ils
oublient, de l'autre côté, là, de la... de la Chambre...
La Présidente : En terminant.
Mme Bélanger : ...que nous avons aussi conventionné les CHSLD
privés, au Québec, Mme la Présidente. On a eu...
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Contestation judiciaire
de la Loi visant l'amélioration
de certaines lois du travail
M. Alexandre
Leduc
M. Leduc :
Merci, Mme la Présidente. Après le projet de loi n° 10 sur l'équité
salariale, le projet de loi n° 51 sur la construction, le projet de loi
n° 89 sur le droit de grève, voici qu'on apprenait hier que le projet de
loi n° 101 sur la santé et sécurité se retrouvera lui aussi devant les
tribunaux. Ce n'est pas compliqué, Mme la Présidente, tout ce qui sort du
cabinet du ministre du Travail s'en va direct devant un juge.
L'affaire, c'est que
ça a coûté cher à l'État... ça va coûter cher à l'État, défendre toutes ces
lois-là devant les tribunaux. Pourquoi le
gouvernement ne mettrait pas cet argent-là, à la place, dans le soutien envers
ses propres travailleurs, qui en ont bien besoin?
Drôle de hasard, la
FAE déposait le jour même un rapport qui démontre une hausse fulgurante des incidents
violents, autant physiques que psychologiques, dans le milieu scolaire. On
risque donc fort d'assister à une explosion d'accidents de travail et de
maladies professionnelles dans le secteur scolaire. Mais malheureusement le
projet de loi n° 101 du ministre offre un régime de protection moins
généreux aux secteurs de l'éducation et de la santé.
Pourquoi continuer à
adopter des mauvaises lois qui pénalisent nos travailleurs, qui ont... sont au
bout du rouleau, alors que vous savez pertinemment que les lois vont être
contestées devant les tribunaux? Mme la Présidente, pourquoi continuer à
gaspiller l'argent public?
La Présidente :
La réponse du ministre du Travail.
M. Jean
Boulet
M. Boulet :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Effectivement, en 2021, on a adopté une vaste
réforme modernisant le régime de santé et sécurité au Québec. Il y avait deux
lois, une en matière de prévention, une en matière d'indemnisation, qui avaient
été adoptées en 1979, 1985, qui n'avaient pas été modifiées de quelque manière
que ce soit, même si les secteurs à prépondérance féminine s'étaient
développés. On a quand même adopté cette loi-là au mois d'octobre 2021, qui reconnaît pour la première fois
l'importance de l'intégrité psychique, des risques psychosociaux, des mécanismes de prévention en santé puis en services
sociaux. Il n'y avait absolument rien avant 2021. Donc, c'est une avancée
importante, que le projet de loi n° 101 ait donné plus de détails
pratiques.
Et,
qu'il fasse l'objet d'une contestation, je le respecte. Ceci dit, les
mécanismes sont nouveaux. C'est une avancée phénoménale dans des secteurs où la
fréquence et la gravité des lésions professionnelles ont été en hausse dans
les dernières années.
La Présidente :
En terminant.
M. Boulet :
On en est extrêmement fiers, Mme la Présidente.
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Alexandre
Leduc
M. Leduc :
On est en train de faire l'étude article par article du projet de loi n° 3
sur la cotisation syndicale, et, selon les propres analyses internes du
ministère, la loi enfreint les libertés syndicales fondamentales que le Québec
s'est engagé à promouvoir sur la scène internationale. Puis elle le fait mal,
en plus, Mme la Présidente. L'étude détaillée est difficile. On obtient trois
réponses différentes du ministre pour chaque cas de figure. Ce n'est pas clair,
comment la loi va s'appliquer. C'est donc un autre aller simple vers les
tribunaux qu'on attend. Le ministre le sait.
Est-ce que le
ministre pourrait éviter une énième poursuite et retirer de son projet de loi
la partie controversée sur la cotisation dite facultative?
La Présidente :
La réponse du ministre.
M. Jean
Boulet
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente. Évidemment, la réponse, c'est non. Je pense que mon
collègue pouvait l'anticiper. C'est
important qu'au Québec on s'améliore en matière de transparence syndicale. Il y
a 1,8 milliard de dollars qui
est collecté, qui est payé par des travailleurs, travailleuses en cotisations.
C'est important que les syndicats assument un devoir de réciprocité
envers ces travailleurs-là, les informer avec des états financiers, des
rapports de dépenses, s'assurer d'une meilleure gouvernance, avec des périodes
minimales de vote, et qu'il y ait des cotisations qui ne soient pas
interdites...
La
Présidente : En terminant.
M. Boulet :
...mais qui requièrent l'approbation des travailleurs. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. Alexandre
Leduc
M. Leduc :
Dans son mauvais projet de Constitution, le ministre de la Justice interdit à
des organismes de contester certaines lois de l'État. Pour l'instant, les
syndicats, ils n'en font pas partie, mais les articles 4 et 5 prévoient
qu'ils pourraient être ajoutés par le gouvernement quand bon lui semblera.
C'est-tu ça, le plan, Mme la Présidente? Le gouvernement, il n'a tellement pas
envie de payer pour que les employés arrêtent de se blesser au travail qu'il
les empêche de contester des mauvaises lois en santé et sécurité et qu'il les
traite comme des citoyens de seconde zone?
Le
ministre a reculé sur l'article 29 la semaine passée. Pourquoi s'arrêter
en si bon chemin? Pourrait-il retirer les articles 4 et 5 de son
mauvais projet?
• (15 heures) •
La Présidente :
Et la réponse du ministre de la Justice.
M. Simon
Jolin-Barrette
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, écoutez, si le député d'Hochelaga-Maisonneuve veut venir en commission parlementaire à
titre de porte-parole pour le projet de loi de Constitution, ça va me faire
plaisir, parce que déjà on a eu le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne, là on est avec le député de Maurice-Richard, mais ça n'a pas l'air
d'être agréable pour le député de Maurice-Richard de venir en
commission.
Mme
la Présidente, les articles 4 et 5 ne disent pas cela. J'ai passé
14 jours à le dire en commission parlementaire. Mais ce que vous
avez fait, par contre, vous, vous avez écrit des courriels...
La Présidente :
...M. le leader, vous vous adressez à la présidente. Poursuivez votre réponse.
M. Jolin-Barrette :
Merci, Mme la Présidente. Le député d'Hochelaga-Maisonneuve a écrit des
courriels aux organismes à but non lucratif pour leur faire peur, pour
dire : Vous allez être visés...
Des voix :
...
La Présidente :
Monsieur... Oui, je vais
reconnaître M. le leader du deuxième groupe d'opposition. Je veux entendre
votre rappel au règlement. Allez-y, je vous écoute.
M. Cliche-Rivard : Oui, vous vous doutez...
vous vous doutez très clairement d'où est-ce qu'on s'en va, on va demander
de retirer, «faire peur» est au lexique. Merci.
La Présidente : Vous avez raison. Retirez
cette expression. Vous le retirez et vous poursuivez. Il vous reste
11 secondes.
M. Jolin-Barrette :
Mme la Présidente, le député d'Hochelaga-Maisonneuve a écrit aux organismes
à but non lucratif pour leur dire : Dans la Constitution, on va vous
empêcher de contester les lois.
La Présidente :
En terminant.
M. Jolin-Barrette :
Ce n'est pas vrai, Mme la Présidente, et il le sait très bien. C'est une
manigance.
La
Présidente : Voilà...
Des voix :
...
La Présidente : Alors, je suis debout. Je suis debout. On avait
dépassé d'une seconde le temps de parole. Moi, je vous demande de
demeurer respectueux et... demeurer respectueux.
Une voix :
...
La Présidente : Oui, mais on était rendus à 46 secondes et
non 45, le temps était terminé, j'étais en train de me lever.
Alors, cela met fin à
cette période de questions et de réponses orales.
Motions
sans préavis
Comme il n'y a pas de votes reportés, nous
allons passer à la rubrique Motions sans préavis, et, pour ce faire, je cède la
parole à la première vice-présidente de l'Assemblée nationale. Bonne fin de
journée, tout le monde.
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc, en fonction de nos règles et
de l'ordre de présentation des motions sans
préavis, je reconnais un membre du groupe formant l'opposition officielle. Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de représenter... de présenter, pardon, la motion suivante
conjointement avec le député de Laurier-Dorion, le député de Jean-Talon, le
député d'Abitibi-Est, la députée de Rimouski, la députée de Laporte, le député
de Rosemont, la députée de Saint-Laurent et la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte qu'un examen conjoint de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique
(ACEUM) en matière de libre-échange doit s'effectuer cette année;
«Qu'elle prenne acte
que le gouvernement fédéral a nommé Mme Janice Charette à titre de négociatrice
commerciale en chef du Canada auprès des États-Unis;
«Qu'elle déclare
qu'il est primordial que les intérêts économiques du Québec soient bien compris
et défendus dans le cadre de cet examen conjoint;
«Qu'enfin, elle
demande au gouvernement caquiste de nommer un négociateur en chef pour le
Québec sans tarder, comme s'y était engagé le premier ministre le
6 novembre 2024.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
Une voix : ...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement, nous allons
poursuivre avec un membre du deuxième groupe d'opposition. M. le député de
Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci, Mme la Présidente.
Je... Pardon. Ça, c'était ma déclaration de député. OK. Mme la Présidente...
C'est pour détendre l'atmosphère.
Mme la Présidente, je
sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter la motion
suivante :
«Que l'Assemblée
nationale du Québec réaffirme son attachement au respect de ses institutions et
des membres de l'Assemblée nationale;
«Qu'elle prenne acte
de la baisse préoccupante de la confiance du public envers les politicien.nes;
«Qu'elle prenne acte
également que les politicien.nes subissent de plus en plus d'intimidation et de
gestes à caractère violent;
«Qu'elle
rappelle que la liberté d'expression des parlementaires, y compris lorsqu'ils
expriment des préoccupations sur le climat politique, est essentielle à
la vitalité démocratique.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M.
le leader adjoint du gouvernement.
Une voix : ...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Il n'y a pas de consentement.
Donc,
nous allons poursuivre. Je suis prête à entendre un membre du troisième groupe
d'opposition. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Demander
au ministre de la Sécurité publique de s'engager à
remettre sur pied le Conseil sur les services policiers
du Québec dans les plus brefs délais
M. Arseneau :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec les députés de Westmount—Saint-Louis,
Laurier-Dorion, Chomedey, Laporte et de Rosemont, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte que la Loi sur la police prévoit que le ministre de la
Sécurité publique doit constituer un Conseil sur les services policiers du
Québec;
«Qu'elle prenne acte
que le Conseil sur les services policiers est inactif depuis 2013;
«Qu'elle
rappelle que le Conseil rend des avis au gouvernement sur toute question
relative aux services policiers rendus au Québec;
«Qu'en conséquence,
l'Assemblée nationale demande au ministre de la Sécurité publique de s'engager
à remettre sur pied le Conseil sur les services policiers du Québec dans les
plus brefs délais.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
M. le leader adjoint du gouvernement.
Une voix :
...
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce que cette motion est
adoptée?
Une voix :
...
Mise
aux voix
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc, nous avons une demande de vote électronique. Le vote est maintenant
ouvert.
Le vote est
maintenant terminé. M. le secrétaire général, pour le résultat.
Le
Secrétaire : Pour : 98
Contre :
0
Abstentions :
0
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, cette motion est adoptée. M. le député
des Îles-de-la-Madeleine, vous avez une demande?
M. Arseneau : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais qu'une copie
de cette motion soit transmise à la Fédération des policiers et
policières municipaux du Québec.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, merci, ce sera fait.
Maintenant, je suis
prête à entendre un membre formant le gouvernement. Mme la ministre... Mme la
députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Bourassa :
Merci beaucoup, Mme la députée... Mme la Présidente — vous
voyez.
Je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec le leader de l'opposition officielle, le député des
Îles-de-la-Madeleine, le député de Rosemont, le député d'Abitibi-Est et la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse le privilège de siéger en cette Chambre;
«Qu'elle rappelle la
chance que nous avons de vivre dans une société libre et démocratique;
«Qu'elle rejette tout
propos affirmant ou laissant entendre qu'elle constitue un espace toxique de
travail;
«Qu'elle affirme sans
nuance que mentir, manipuler ou intimider ne fait pas partie du quotidien de
cette Assemblée, ni d'aucun de ses 125 membres.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie, madame...
Des voix :
...
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) : S'il vous plaît! Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix :
...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement, nous allons
poursuivre.
Avis
touchant les travaux des commissions
Alors,
nous sommes à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente.
Et donc j'avise cette
Assemblée que la Commission de l'aménagement du territoire va poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 13, la Loi visant à favoriser
la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses
dispositions, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
19 h 15, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de
l'économie et du travail va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3, la Loi visant à améliorer la transparence, la
gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de
travail, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
19 h 15, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des
finances publiques va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 7, la Loi visant à réduire
la bureaucratie, à accroître l'efficacité de l'État et à renforcer
l'imputabilité des hauts fonctionnaires, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
19 h 15, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de la
culture et de l'éducation va entreprendre les consultations particulières et
les auditions publiques sur le projet de loi n° 10,
la Loi protégeant les consommateurs contre les pratiques abusives de revente de
billets et de renouvellement d'abonnements en ligne, aujourd'hui, après les
avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 19 h 35, à la salle
Pauline-Marois.
• (15 h 10) •
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. Pour ma part, je... Y
a-t-il consentement pour déroger à l'article 143 du règlement
concernant l'horaire des travaux des commissions? Consentement.
Donc, pour ma part, je
vous avise que la Commission de la santé et des services sociaux se réunira en
séance de travail le mercredi
25 février 2026, à 8 heures... de 8 h 30 à 9 heures, à
la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine,
afin de statuer sur la possibilité
que la commission se saisisse de la pétition portant sur le maintien de l'accès
aux soins en obstétrique et en gynécologie dans la région de Québec.
Renseignements sur les travaux
de l'Assemblée
Maintenant, nous poursuivons à la rubrique
Renseignements des travaux de l'Assemblée.
Avis de sanction du projet de loi n° 111
Je vous informe qu'il y aura sanction du projet
de loi n° 111, Loi modernisant la Loi sur les
coopératives et modifiant d'autres dispositions, aujourd'hui, à
15 h 30, au bureau de Son Honneur la lieutenante-gouverneure.
De plus, je vous informe que demain, lors des
affaires inscrites par les députés de l'opposition, sera débattue la motion
inscrite par Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Cette motion se lit comme
suit :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse la nécessité de tenir des États généraux sur
le système d'éducation au Québec.»
Affaires du jour
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour. Je vous cède la
parole, M. le leader adjoint.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, Mme la Présidente. Et je vous demanderais de bien vouloir
appeler l'article 15 du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi n° 19
Prise en considération du
rapport de la commission
qui en a fait l'étude détaillée
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci. Donc, à l'article 15 du feuilleton,
l'Assemblée prend en considération le rapport de la Commission de la
santé et des services sociaux sur le projet de loi n° 19,
Loi visant notamment l'amélioration de l'accès aux services médicaux et la
prise en charge médicale de la population.
Et je cède immédiatement la parole à Mme la
ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, je suis très fière du travail accompli pour le PL n° 19,
Loi visant notamment l'amélioration de l'accès aux services médicaux et la
prise en charge médicale de la population. Nous avons eu l'occasion d'entendre, lors des consultations particulières,
trois groupes importants : d'abord, le Conseil pour la protection des malades, le Regroupement provincial
des comités des usagers et l'Association des infirmières praticiennes spécialisées
du Québec. Nous avons eu des échanges constructifs, autant avec ces groupes
qu'avec les collègues, en commission parlementaire. Je tiens d'ailleurs à
remercier les groupes et les collègues pour la qualité des échanges. Même si parfois nos points de vue peuvent
apparaître divergents, nous travaillons tous dans un même objectif, soit
d'assurer à l'ensemble de la population du Québec un meilleur accès aux
soins de santé.
J'aimerais rappeler que le projet de loi nous
permettra de concrétiser des gains obtenus pour les Québécois dans l'entente
conclue avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec en décembre
dernier, par ailleurs à la suite d'une
rencontre que j'ai tenue en début de semaine dernière avec la FMOQ, où j'ai eu
l'occasion d'exprimer ma volonté d'accélérer la prise en charge des
personnes plus vulnérables d'ici le 31 mars prochain.
À titre de rappel, l'entente de principe prévoit
la prise en charge de 500 000 patients d'ici le 30 juin 2026, et
donc incluant 180 000 patients vulnérables. C'est une avancée
considérable, Mme la Présidente. Non seulement on devance notre engagement,
mais la FMOQ s'engage à ce que les 180 000 personnes vulnérables, les
patients soient préalablement inscrites à un groupe de médecins de famille et
en affiliation avec un médecin de famille par inscription individuelle lors du premier rendez-vous, Mme la
Présidente. Et c'est important, il faut se réjouir de ça, notamment pour les
personnes qui ont des conditions cliniques et qui... ces personnes ont besoin
d'avoir un médecin qui va faire une prise en charge et un suivi.
Au niveau de nos amendements, Mme la Présidente,
nous avons eu plusieurs échanges en commission qui ont porté fruit et qui ont mené au dépôt d'un amendement, entre autres,
important pour la prise en charge des Québécois. Nous avons donc ajouté
un article dans la loi pour s'assurer du plein champ de pratique, du champ
d'exercice des IPS en GMF afin qu'elles
puissent faire, elles aussi, nos infirmières praticiennes spécialisées, la
prise en charge des patients orphelins.
Les IPS, on le sait, jouent un rôle essentiel
dans l'accès aux soins de santé au Québec, et je veux les remercier pour le
travail qu'ils font. Et nous avons soulevé que, malgré nos efforts législatifs
d'élargissement du champ des professions, il
y a encore des défis à faire,
notamment en... au sein de nos GMF, afin que les groupes de médecins de famille
puissent travailler en interdisciplinarité avec les professionnels, qui ont
tous un rôle à jouer et qui doivent travailler au maximum
de leur champ de pratique. On est tous pour le décloisonnement, et ça, ça doit
se retrouver au sein de nos cliniques médicales. Il y en a, des GMF, partout au
Québec. Le message est clair aussi à ce niveau, Mme la Présidente.
Alors, pour cette raison, nous voulions nous
assurer, dans la loi... Et nous avons, en parallèle, poursuivi nos discussions
avec la FMOQ. Alors, je suis fière de ces deux gains pour les Québécois. Oui,
on a parlé beaucoup de l'entente avec la FMOQ, mais les amendements que nous
amenons nous permettent aussi de faire des pas importants pour, d'abord, les médecins de famille, pour nos
IPS, pour les professionnels, et finalement, Mme la Présidente, ce sont les
citoyens du Québec qui vont bénéficier de cette entente, d'abord, mais aussi de
ce projet de loi, qui est extrêmement important.
Alors, je
veux remercier mes collègues des oppositions, parce que, dans un contexte qui
n'était pas facile, l'automne dernier,
je le concède, on a réussi à avoir un travail productif au cours de cette
commission. Je vous remercie, Mme la Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je vous remercie, Mme la ministre. Maintenant, nous allons poursuivre
avec M. le député de Nelligan.
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. En premier lieu, je vais remercier Mme la ministre pour son
ouverture tout au long des deux jours que
j'ai eu à analyser article par article ce projet de loi, et je tiens à saluer
son ouverture par rapport à des amendements. Je l'ai entendu parler des
IPS, et ça a été une très bonne discussion, grâce à un amendement que j'ai déposé avec l'appui de Mme la ministre.
Et j'appuie à 100 % tout ce qu'elle a dit sur l'ambiance de la commission
et la façon avec laquelle nous avons collaboré tout au long des travaux de
cette commission.
Mais permettez-moi, Mme la Présidente, de
revenir un peu en amont de toute cette saga, où la ministre n'est pas responsable, et je tiens à le préciser, elle
est... elle est arrivée avec... je vais utiliser l'expression de mon collègue
le leader, avec une patate chaude, si je peux la qualifier ainsi.
Le point de départ, c'est le projet de loi
n° 106. Le projet de loi n° 106, où le gouvernement voulait instaurer
la responsabilité collective et
l'imputabilité des médecins quant à l'amélioration de l'accès aux services
médicaux, ça a été ça, la pièce du
départ de l'ex-ministre de la Santé. Pourquoi je dois mettre le cadre et le
tout dans un... dans un... je dirais, dans un cadre, c'est pour que les
gens qui nous écoutent suivent un peu la logique où on est rendus.
Et je sais que la ministre n'est pas responsable
de ce gâchis. Pourquoi? Parce que, quand même, nous avons perdu un temps
important, très, très important au Parlement, et, quand je vois le moment du dépôt
de ce projet de loi n° 106 qui a été jeté complètement à la
poubelle... parce que ce projet de loi où on parlait d'instaurer la
responsabilité collective, on parlait d'imputabilité des médecins, on parlait
de mesures, etc., tout ça a été... a été écarté, et, pour moi, c'est très
important faire l'historique de tout cela pour arriver au projet de loi déposé
par Mme la ministre, le projet de loi n° 19, qui ramène une nouvelle
perspective, mais je ne peux pas, aujourd'hui, parler de la nouvelle perspective
sans évoquer un peu tout ce qui a été fait la dernière année.
• (15 h 20) •
Nous avons perdu un temps précieux, Mme la
Présidente, et, quand je dis «nous avons perdu»... Mme la ministre, c'est une
professionnelle de la santé, qui a pas mal travaillé dans le réseau, elle
connaît très, très bien les lacunes du réseau. Elle connaît très bien
l'importance de la première ligne, de la deuxième ligne. Elle connaît très bien
que le système a besoin d'une réorganisation. Mais laissez-moi vous dire qu'au
Parti libéral du Québec nous avons trouvé ça
très long, tous ces projets de loi déposés pour... par la CAQ et qui
n'aboutissent pas, Mme la Présidente, donc, que ça soit le 106, que ça soit,
par la suite, le projet de loi n° 2, souvenez-vous,
le bâillon.
Donc, le 106,
Mme la Présidente, ça a été un point de départ d'instaurer la responsabilité
collective et l'imputabilité des médecins. Mais j'ai une question
aujourd'hui : Où nous sommes rendus, aujourd'hui, en matière
d'imputabilité des médecins quant à l'amélioration de l'accès aux services
médicaux? Où on est rendus, aujourd'hui, par rapport à instaurer la responsabilité collective? Ça, c'est du passé. Pourquoi? Ça
a été déposé le printemps dernier par l'ex-ministre de la Santé, le
projet de loi n° 106. Il y avait les vacances de
l'été. Il y avait un bras de fer, en quelque sorte, et, Mme la Présidente, on arrive à la rentrée parlementaire,
mais qu'est-ce qui s'est passé à la rentrée parlementaire? Le gouvernement, le
premier ministre, dans un geste ultime, il a décidé de proroger le Parlement.
Pourquoi? Parce qu'il voulait se réapproprier l'agenda, se réapproprier le discours, changer le narratif, et, parmi ce
changement de narratif, il y avait le bras de... le bras de fer à faire avec
les méchants, les méchants médecins, Mme la Présidente, et ça a été ça, ça a
été ça, malheureusement, ce que je déplore.
Et puis, le projet de loi n° 2,
pourquoi c'est important? Et je sais qu'on va avoir aussi l'adoption demain, et
ça risque d'être un des derniers jours au parlement. On ne le sait pas, si on
va revenir ou pas après les deux semaines de relâche, Mme la Présidente. On ne
sait pas si le gouvernement va encore une fois proroger. On ne le sait pas, Mme
la Présidente. Je ne sais pas, vous, si vous avez une nouvelle. En tout cas, on
est tous... on est tous à la recherche, hein, si on va revenir ou pas, parce
qu'il y a tellement de choses à faire.
Alors, Mme la Présidente, on passe du 106 au 2,
mais tout cela, Mme la ministre n'est pas responsable. Projet de loi n° 106, 52 articles, un projet structurant, centré sur la
responsabilité collective, ça ne fait pas un an, ça ne fait pas deux ans, ça ne
fait pas trois ans, ça ne fait pas quatre ans, ça ne fait pas cinq ans, ça ne
fait pas six ans, ça ne fait pas sept ans, ça ne fait pas huit ans, Mme la
Présidente, il y a... juin, on parlait de ce projet d'instaurer la
responsabilité collective et d'instaurer l'amélioration de l'accès aux services
médicaux. Tout le monde s'attendait à une avancée. Le gouvernement va
finalement, après sept ans, huit ans au pouvoir, trouver des solutions par
rapport à la première ligne. C'est les médecins qui ne font pas leur travail.
La FMOQ, la FMSQ, on va s'en occuper. On prépare le bras de fer, feu vert au ministre par le
premier ministre, le projet n° 106 a été envoyé à la déchiqueteuse, prorogation
du Parlement, discours inaugural, quelques points de... je dirais, que
le premier ministre ciblait parce qu'il était très bas dans les sondages, se
réappropriait, encore une fois, l'agenda, et parmi... parmi les points
soulevés, les médecins, et l'ex-ministre de la... ministre de la Santé dépose la
loi n° 2. Là, on passe de 52 articles de la loi n° 106, projet de loi n° 106, à 214 articles avec le projet de loi n° 2.
Cette loi exhaustive a été adoptée après prorogation, et, vous avez vu, et je
n'ai pas besoin de le rappeler, Mme la Présidente, ça a été dans un
cadre de bâillon.
Mais je veux vous rappeler quelque chose, je ne
sais pas si ça vous dit quelque chose, le rapport des experts, ce rapport qui
s'intitule Soutenir l'élaboration d'une première politique gouvernementale
de soins et services de première ligne au Québec. Mon collègue, qui est à
côté, le leader de notre formation politique, l'a beaucoup mentionné l'automne
dernier, avec six recommandations. Le problème de ce gouvernement, Mme la
Présidente, c'est qu'au lieu d'écouter les experts, que ce sont des experts de
première ligne, qui veulent agir sur la première ligne... Et Dieu sait, Mme la
présidente, l'importance de la première ligne, parce que, si on a une première
ligne performante, on ne va pas avoir ce
qu'on a maintenant au niveau de nos urgences, on ne va pas avoir un taux
d'occupation qui dépasse les 100 %, 150 %, parfois 200 %
de nos urgences. Pourquoi? Parce que nous avons noté la défaillance au niveau
de la première ligne.
Donc, pourquoi c'est très important pour moi,
aujourd'hui, parler aux citoyens qui nous écoutent, les citoyens qui nous ont
interpelés par rapport à la première ligne, les citoyens qui nous ont demandé
des solutions concrètes parce qu'ils n'ont
pas de médecin, ils n'ont pas d'infirmière, que ce soit IPS ou cliniciennes,
ils n'arrivent même pas à avoir un rendez-vous médical, Mme la Présidente?
Pourquoi? Parce que nous avons perdu beaucoup de temps. À part les
huit ans caquistes, juste la dernière année, nous avons eu trois
versions de projets de loi, pas une, pas deux, pas... trois. Et la question que
je me pose et je pose aux citoyens qui nous regardent... et je sais que le
Canal de l'Assemblée nationale est un canal très
convoité, il y a... les gens l'écoutent, le suivent d'une manière très assidue,
Mme la Présidente, et je sais qu'il y a pas mal de gens qui sont très
contents de voir leurs élus, les élus de la nation, parler de ces enjeux. Avec
les trois projets de loi, est-ce que l'accès, l'accès, l'accès a été amélioré?
C'est là, la question.
Donc, Mme la Présidente, à part que nous avons
perdu beaucoup de temps avec le projet de loi n° 106, à part que ce rapport extrêmement pertinent... Je vais
demander à mon collègue, parce que lui, il l'a bien feuilleté, il y avait même
des beaux... je dirais, des belles notes par rapport à ce rapport, tout ça a
été jeté dans la poubelle, Mme la Présidente. Donc,
c'est là où je vous dis que... quel gâchis, quel gâchis, Mme la Présidente.
Notre temps est précieux, mais, au-delà de notre temps, parce qu'on est payés pour être là, la population qui
nous écoute, qui n'a pas vu un changement par rapport à la prise de
rendez-vous, qui n'a pas vu de changement au niveau de la population vulnérable...
Je salue la ministre, qui... elle, elle a
commencé à insister sur la population vulnérable, mais ça, je vais en revenir
demain, à l'adoption finale. Nous avons eu une très bonne discussion sur la
population en général, et je salue son ouverture par... pour ne pas cibler
uniquement les vulnérables, mais de cibler la population en général. C'est très
louable, ce qu'elle a ramené avec ce projet de loi, mais, Mme la Présidente,
nous avons perdu beaucoup de temps et énergie les dernières... les derniers
mois. Pourquoi? Parce qu'on était embrigadés tous ensemble dans un bras de fer inutile, ce bras de fer qui nous a fait perdre
beaucoup de temps. Mais, pour la population, les... il n'a pas répondu à leurs préoccupations
en matière de prise en charge, et c'est cela... et c'est ça que je déplore, Mme
la Présidente, aujourd'hui.
Alors, je sais que, demain, c'est une étape
importante par rapport à l'adoption du projet de loi que nous avons en face de
nous, le projet de loi n° 19, mais, pour moi, c'était nécessaire
aujourd'hui, à la prise de considération de ce projet de loi n° 19, de rappeler l'historique. Pourquoi on a,
aujourd'hui, ce projet de loi n° 19? Parce que, premièrement, il y
a une date butoir. Si on n'adopte pas ce projet, il va y avoir des enjeux avec
les médecins à partir du 26 février. Pourquoi?
Parce que, Mme la Présidente, ce gouvernement n'a pas pensé, n'a pas pensé à la
première ligne d'une manière pragmatique.
Il y avait un rapport d'experts, il y avait des
solutions sur la table. Au lieu d'engager un bras de fer inutile, que le
gouvernement et le premier ministre... Je me rappelle, je me rappelle des
citations du premier ministre, je ne sais pas si mon collègue le... mon
collègue le leader de l'opposition officielle se rappelle de quelques
déclarations, qu'il était non négociable pour lui, ce projet de loi doit...
doit aller de l'avant, et il ne va pas se coucher, Mme la Présidente. C'est ce que nous avons entendu dans cette
Chambre. Mais qu'est-ce qui s'est passé, Mme la Présidente, après? Projet de
loi n° 106, jeté dans la poubelle, projet de loi n° 2,
déchiqueté, ministre de la Santé a démissionné, premier ministre a démissionné.
Bien, au bout de la ligne, c'est l'échec caquiste en matière de santé, Mme la
Présidente, que je déplore aujourd'hui, que
je déplore aujourd'hui, parce que Mme la ministre, elle est venue réparer les
pots cassés de ses collègues, c'est ce qu'elle est en train de faire. On
aurait dû probablement l'écouter davantage autour de la table des conseils des
ministres, parce que, sérieux, j'ai salué son courage de parler des IPS, parce
que nous sommes rendus là au niveau de la première ligne.
• (15 h 30) •
Mais je ne peux pas,
Mme la Présidente, aujourd'hui, prendre la parole dans la prise de
considération... la prise en considération... pardon, la prise en considération
de ce projet de loi, ne pas parler de cet historique, cet historique qui nous
nuit, qui a fait perdre beaucoup de temps à la population, qui nous a laissé...
Et d'ailleurs Mme la ministre l'a mentionné d'une manière très élégante, on a
une population vulnérable, 180 000, si ma mémoire, elle est bonne, qui sont vulnérables. Le GAP, au lieu de le renforcer,
il y a longtemps, Mme la Présidente, pour que les gens puissent avoir
leur premier rendez-vous... J'insiste que, si on règle les problèmes de la
première ligne, on va voir les résultats rapidement,
et c'est ça, le problème qu'on a. Et au lieu de focusser et de donner les
outils que ça... aux GMF, aux médecins de
famille, en pratique privée, avoir une équipe multidisciplinaire, nous avons
perdu beaucoup de temps, malheureusement, avec la CAQ, avec beaucoup de
projets de loi qui ont mobilisé beaucoup d'équipes juridiques, qui ont mobilisé
le temps des parlementaires. Et, malheureusement, le résultat est presque nul,
et on se ramasse aujourd'hui avec un autre projet de loi
que... espérons cette fois-ci qu'il va fonctionner, parce qu'il faut que ça
fonctionne, Mme la Présidente. Ce projet de loi que nous sommes en train
d'analyser, on est presque à l'étape finale, à l'étape de prise en
considération, il doit fonctionner. Pourquoi? Parce qu'il y a beaucoup de
patients québécois en attente. Il y a beaucoup de patients qui nous regardent,
qui nous appellent dans nos bureaux de comté. J'en suis sûr et certain, ils
vous appellent. Ils sont perdus et ils n'ont plus de médecin de famille, mais
ils doivent utiliser le seul moyen d'entrer dans le fameux système, le GAP, le
fameux Guichet d'accès pour la première ligne, Mme la Présidente, et espérer
avoir un accompagnement.
Alors, je vais me
limiter là, j'ai plein à dire par rapport à la vision au niveau de la première
ligne. Je vais revenir demain, à l'étape de l'adoption, parce que c'est
extrêmement important, ce que nous sommes en train de faire, mais je ne peux
pas passer à l'étape de l'adoption sans prendre le temps, Mme la Présidente, de
rappeler que nous avons perdu, malheureusement, beaucoup, beaucoup, beaucoup de
temps. Quand je regarde le nombre de pièces législatives déposées en trois
mois, 106... Quand on dit : Un gouvernement brouillon, excusez-moi, Mme la
Présidente, je vais le dire, 106 a été déchiqueté et jeté dans la poubelle. Le
102... désolé, le 2, projet de loi n° 2, regardez, ça, c'est le projet de
loi n° 2. Ça, c'est 106. 106, jeté dans la poubelle, 2, bâillon, jeté dans
la poubelle, depuis le mois de mai.
Donc, oui, Mme la
Présidente, nous avons perdu beaucoup de temps. Je vais réserver les
commentaires du 19 pour demain. Et j'ai bien hâte de parler sur le fond de la
prise en charge, Mme la Présidente. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député.
Avant de poursuivre,
je vous informe qu'un débat de fin de séance se tiendra aujourd'hui, à
18 h 30. Ce débat portera sur une question adressée par Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce à M. le ministre des Relations internationales et de la Francophonie concernant
le manque de leadership du gouvernement caquiste qui tarde de nommer un
négociateur en chef pour le Québec.
Mise aux voix du rapport
Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Comme il n'y a pas d'autre intervention, le rapport de
la Commission de la santé et des services
sociaux portant sur le projet de loi n° 19,
Loi visant notamment l'amélioration
de l'accès aux services médicaux et la prise en charge médicale de la
population, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : M. le leader adjoint du gouvernement, pouvez-vous nous indiquer la suite de nos travaux?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, je vous demanderais de bien vouloir
appeler l'article 39 du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi n° 496
Adoption du principe
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci. À l'article 39 du feuilleton, Mme la députée
d'Argenteuil propose l'adoption du principe du projet de loi n° 496, Loi
visant à reconnaître l'amiral blanc en tant qu'insecte emblématique du Québec.
Mme la députée
d'Argenteuil, je vous cède la parole.
Mme Agnès Grondin
Mme Grondin :
Merci, Mme la Présidente. Le projet de loi n° 496 propose de modifier la
Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec
pour reconnaître l'amiral blanc comme insecte emblématique du Québec. Et,
malgré, Mme la Présidente, la posture
de mes collègues de l'opposition, notamment officielle, qui considèrent cet
exercice un peu frivole, moi, je suis complètement ravie de vous
expliquer la pertinence et la portée de ce dernier.
Ce projet de loi, qui
propose d'enrichir la loi sur les emblèmes, Mme la Présidente, ce n'est pas un
geste futile, à mes yeux, puisqu'il raconte l'histoire du Québec et les
symboles que nous avons choisis pour enluminer notre fierté québécoise. Ces
emblèmes, issus de notre patrimoine naturel, témoignent de notre identité
collective.
Ce projet de loi, Mme
la Présidente, reconnaît aussi le travail assidu du milieu, notamment celui de
la Société d'entomologie du Québec. Et je
vais prendre ici quelques minutes pour vous raconter l'histoire derrière ce
projet de loi.
C'est un citoyen qui,
dans les années 90, suggère, à l'Insectarium de Montréal, de doter le Québec
d'un insecte emblème. Un comité
d'entomologistes issus des différentes organisations propose donc cinq insectes
à titre de candidats potentiels, et
ces candidats sont soumis à un vote populaire en 1998, et c'est le papillon
amiral blanc qui remporte la palme.
Depuis, la Société
d'entomologie du Québec multiplie les démarches pour faire reconnaître
officiellement l'amiral blanc comme insecte
emblème. Le 15 juin 2017, le député péquiste de Saint-Jean
déposait un projet de loi pour répondre à cette attente. Le cheminement
de ce projet de loi s'arrête malheureusement à cette première étape législative
puisqu'il y a les élections en 2018.
Dès les premiers mois suivant mon élection, en
collaboration avec mon cher collègue le nouveau député caquiste de Saint-Jean,
j'ai pris ce précieux dossier sous mon aile, Mme la Présidente, sans une
seconde d'hésitation. Comme biologiste, j'ai bien vite
compris l'importance de ce dossier, certes, du point de vue écologique, mais
aussi du point de vue social. De pouvoir présenter un projet issu du milieu,
Mme la Présidente, porté par des bénévoles et des scientifiques qui, depuis
près de 30 ans, n'ont jamais baissé les bras, est, à mes yeux, un réel ravissement.
Nous avons à ce jour trois emblèmes qui sont
issus du patrimoine naturel. Laissez-moi vous rappeler ces magnifiques
symboles.
À l'approche de la Saint-Jean-Baptiste, l'iris
versicolore se dresse, charmant et fidèle, chaque année. L'iris est une plante des milieux humides : marais,
rivages, tourbières. Il est, depuis des années, un choix judicieux pour
revégétaliser nos rives de lac. Par
son habitat, l'iris représente l'incroyable richesse de notre or bleu, qui est
essentiel à notre équilibre. L'iris versicolore est notre emblème
floral.
Qui ne connaît pas le harfang des neiges? Ce
grand hibou blanc est notre emblème aviaire. Il est un maillon important de la
chaîne alimentaire de l'écosystème de la toundra. Cet oiseau symbolise l'hiver
et rappelle la ténacité de nos aïeux, qui ont su s'enraciner dans ce climat
semi-nordique.
Pour représenter le vaste territoire de forêts,
notre emblème arboricole, Mme la Présidente, est le bouleau jaune, familièrement aussi appelé le merisier. Son bois
noble a été fort utile à nos ancêtres. C'est l'un des principaux bois durs
de sciage. Il prend bien les peintures, disait-on. Préféré, au XVIIIe siècle,
au chêne pour construire les parties immergées des navires, il est aujourd'hui
utilisé en parqueterie pour faire des meubles de qualité. Le bouleau jaune
constitue un apport important à notre économie.
Pourquoi souhaitons-nous ajouter à cette liste
de trésors emblématiques un insecte emblème? Eh bien, Mme la Présidente, les insectes constituent de loin le
groupe d'êtres vivants les plus nombreux et diversifiés sur terre. Au Québec, près
de 30 000 espèces sont présentes. Ils sont à la base de notre
pyramide alimentaire. Les services écologiques que nous offrent gratuitement les insectes sont nombreux et essentiels à
notre vie. Les exemples pullulent, Mme la Présidente.
Parlons d'abord des insectes pollinisateurs. On
dit qu'une bouchée sur trois que nous mangeons provient de la pollinisation. 80 % des plantes à fleurs sont
pollinisées. On parle ici des abeilles, des papillons, des mouches. Il y a
aussi les insectes recycleurs. Les
feuilles, les souches, les plantes aquatiques sont décomposées par les
insectes. Les scarabées, les
éphémères, les longicornes recyclent la matière organique pour la rendre
disponible à nouveau. Nous profitons aussi des laboureurs, qui garantissent la santé de nos sols, des agents de
lutte biologique, des producteurs de substances utiles aux humains, tels
la soie, la teinture, la cire, le miel.
• (15 h 40) •
Doter le Québec, Mme la Présidente, d'un emblème
entomologique est donc cette reconnaissance du rôle crucial que jouent les insectes dans notre société et de l'importance de
respecter cette inestimable biodiversité qui est garante de notre
survie, de notre plaisir, et j'ajouterais de notre bonheur, Mme la
Présidente. Pourquoi choisir le papillon amiral blanc? Parce que c'est le choix
de la population. C'est un choix judicieux parce qu'on peut observer l'amiral
blanc aux quatre coins du Québec, près des
sentiers, en bordure des forêts de feuillus ou de forêts mixtes. Il fréquente
les clairières, les sentiers, les chemins forestiers. On le retrouve
aussi au bord des ruisseaux et des lacs. C'est un papillon qui est facilement
identifiable. Ses ailes noires ont deux lignes blanches comme des galons blancs
d'un amiral. C'est un insecte qui est non nuisible, ses populations semblent en
bonne santé. C'est pour toutes ces raisons, Mme la Présidente, qu'il apparaît
important de reconnaître le papillon amiral blanc comme insecte emblème du
Québec.
Mais, avant de conclure, un mot sur la portée de
ce choix. Nous sommes en 2026. Nous vivons des chamboulements
significatifs. On sait que le quart des espèces sur terre est menacée
d'extinction. Au Québec, c'est plus de 680 qui sont sur la corde raide. Les
rapports scientifiques sont préoccupants. Cette prise de conscience n'est pas
seulement scientifique, Mme la Présidente. Comme nation, nous sommes de plus en
plus soucieux et assidus pour protéger nos écosystèmes. En pleine pandémie,
notre réaction a été de chercher le réconfort dans nos parcs nature. Nous avons
de plus en plus le réflexe de soutenir des solutions nature dans nos
aménagements et dans nos luttes contre les inondations, par exemple. Nous avons
adopté une politique-cadre en matière de conservation de la biodiversité, soit
le Plan nature 2030. Nous avons créé un fonds bleu et adopté un plan
d'action solide pour soutenir les initiatives visant à protéger nos ressources
en eau. Même le déficit nature est enfin reconnu, Mme la Présidente. Nos professionnels
de la santé peuvent dorénavant prescrire du temps passé en nature à travers le
programme québécois Prescri-Nature. Enfin, nos jeunes sont sensibilisés et
décidés à changer les choses.
Il est donc difficile de ne pas faire un
parallèle avec la symbolique du papillon. Dans de nombreuses traditions, le
papillon est le symbole de l'âme. Il représente le changement positif, la
métamorphose heureuse. Il reflète à la perfection cette capacité à se
transformer, à renaître, à s'épanouir. Le papillon amiral blanc est donc un
extraordinaire symbole de notre prise de
conscience de respecter la nature et de notre capacité à innover pour trouver
des solutions nature.
Si nous adoptons ce projet de loi, Mme la
Présidente, nous serons la première province à se doter d'un insecte emblème.
Cette adoption n'est pas qu'un symbole, elle va vivifier cette essentielle
mobilisation des organisations qui sensibilisent les Québécois et les
Québécoises à mieux protéger notre patrimoine naturel. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, nous allons entendre l'intervention de M. le
député de LaFontaine. Alors, à vous la parole.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Mme la Présidente,
ainsi revient le papillon, l'amiral blanc. Wow! Qu'ont en commun dans nos
travaux parlementaires, au salon rouge cette semaine, le projet de loi n° 19 sur la santé et une patch pour corriger l'erreur
caquiste? La Constitution, la loi des lois du souverain ministre de la Justice,
projet de loi n° 1, et le projet
de loi n° 96, 496. Ce sont les
trois seuls projets de loi qui seront appelés, qui ont été annoncés, qui
seront appelés sous réserve des travaux des commissions aujourd'hui, cette
semaine, au salon rouge. Le papillon, la santé et la Constitution, c'est ça, la CAQ, Mme la Présidente, une priorité
sur le papillon, la santé qui a abandonné les patients puis la Constitution
qui divise bien plus que de rassembler.
Mme la Présidente, la
dernière fois qu'on a parlé du papillon amiral blanc, c'était le 10 juin
2021. La collègue d'Argenteuil avait déposé, à l'époque, le projet de loi n° 793,
on était à la toute veille, la toute veille de la fin de la session
parlementaire, juin 2021, on allait partir dans nos comtés pour tout l'été,
jusqu'à tard cet automne-là, et c'était le
jeudi, la veille du vendredi 11 juin, que le même projet de loi, déposé
par la même députée d'Argenteuil — à
l'époque, c'était le projet de loi n° 793, parce que c'était une
autre législature — avait
été déposé.
Vous montrer, Mme la
Présidente, que, ce papillon-là, quand on le voit arriver, c'est parce qu'on
est à la veille d'une fin de quelque chose à
quelque part. Je pense que l'arrivée du papillon amiral blanc dans nos travaux
parlementaires dénote, consciemment ou inconsciemment du leader du
gouvernement et de ce mauvais gouvernement caquiste là, qu'on est à la fin de quelque chose parce que, quand le papillon arrive,
il y en a une gang qui partent. Alors, Mme la Présidente, au moins, il
aura aussi, entre autres, cette utilité-là.
Et le papillon...
vous dire, vous dire qu'ils auraient pu, au gouvernement, nous occuper ici, au
salon rouge, pour parler de quoi, Mme la Présidente? Pour parler de santé,
d'éducation, de services de garde, de nos jeunes, de nos aînés, parler de tous
ces sujets qui font rage, le coût de la vie, le panier d'épicerie, Mme la
Présidente, la crise du logement, qui a été mise de côté par le gouvernement,
tous ces sujets qui sont de véritables priorités pour les Québécoises et Québécois. Ça n'empêche pas la
collègue d'Argenteuil de dire qu'elle est, je la cite, complètement ravie, et
elle parle d'un extraordinaire symbole.
Bien, moi, je veux
vous parler d'extraordinaires symboles, Mme la Présidente.
Hôpital HMR qui est
en décrépitude, ça, c'est un extraordinaire symbole de l'échec caquiste.
Extraordinaire symbole dans la mesure où c'est hors de l'ordinaire qu'on peut
voir un hôpital où il n'y a même pas les fonds publics nécessaires pour
continuer la phase subséquente, la phase II, cette année dans les budgets.
Ça, c'est un symbole extraordinaire qui démontre par a plus b l'échec
caquiste : HMR.
Autre extraordinaire
symbole, je laisse de côté le papillon amiral blanc, bien, c'est l'Hôpital
Sainte-Croix à Drummondville, que j'ai
visité en septembre dernier, l'Hôpital Sainte-Croix qui est leur HMR à eux,
l'Hôpital Sainte-Croix qui avait été promis par des collègues caquistes qui ont
refait une autre campagne, en 2022, en disant : On va le réaliser,
on met nos sièges en jeu, on va réaliser l'Hôpital Sainte-Croix. Aujourd'hui,
l'Hôpital Sainte-Croix n'est même pas dans le PQI. Ça, c'est un autre
extraordinaire symbole, Mme la Présidente...
Une voix :
...
M. Tanguay :
Bon, j'ai un rappel au règlement.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Monsieur... M. le leader adjoint du gouvernement,
vous avez un appel au règlement? Quel est-il?
M. Lévesque
(Chapleau) : ...en cette Chambre, il sait qu'il étire un petit peu
la... le principe de pertinence. On parle du papillon amiral blanc emblématique
pour le Québec, et là on part sur d'autres sujets. Donc, peut-être revenir sur
le sujet à l'étude.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, M. le député, vous pouvez poursuivre votre
intervention. Voilà.
M. Tanguay :
Merci, Mme la Présidente, pour un rappel au règlement que vous n'avez pas
sanctionné.Autre extraordinaire symbole. Parce que la collègue
d'Argenteuil et le gouvernement envoient un signal, ils nous font ramener le papillon amiral blanc, après-midi, dans nos
travaux, alors qu'ils sont à la veille, Mme la Présidente, de nous lancer, qui
sait, peut-être en prorogation. Pour eux, pour eux, leur priorité, c'est
l'amiral blanc, c'est ce papillon-là.
Et la collègue
d'Argenteuil parle d'extraordinaire symbole. Bien, parlons de sujets qu'on
aurait pu aborder : l'extraordinaire
symbole négatif de l'échec que représente ce gouvernement-là, l'échec par
rapport à HMR, qu'on n'a pas de plan de match; j'ai parlé de l'Hôpital
Sainte-Croix à Drummondville; je veux vous parler de l'hôpital à La Malbaie.
À La Malbaie, Mme la
Présidente, la ville a investi 11 millions de dollars pour nettoyer,
au centre-ville, l'espace nécessaire qui
accueillerait l'Hôpital de La Malbaie. Et ça avait été une promesse du premier
ministre, promesse personnelle, qu'il allait livrer l'hôpital pour 2025,
faire avancer les travaux de façon suffisante. Et ça, Mme la Présidente, ça n'a pas du tout, du tout été livré.
Aujourd'hui, qu'est-ce qu'il y a? Il y a un emplacement vide avec une clôture
tout le tour en plein centre-ville de La Malbaie. Ça, c'est un extraordinaire
symbole de l'échec retentissant caquiste, retentissant caquiste.
C'est un
extraordinaire symbole également lorsque l'on regarde dans nos écoles. Lorsque
le candidat à la chefferie caquiste de Lévis disait : Bien, ce qu'on a de
besoin, nous, ce qu'on a de besoin... ce qu'on a de besoin dans nos écoles,
dans nos classes, c'est un adulte, ça, c'est un symbole qui aura marqué
l'imaginaire puis qui aura marqué la vie des
Québécoises et Québécois, dont les enfants, Mme la Présidente, ne peuvent pas
aller, avec les ressources nécessaires, dans les écoles. Ça, c'est de
l'extraordinaire symbole. On aurait pu parler de ça.
• (15 h 50) •
On aurait pu parler, Mme la Présidente,
également, de projets de loi que nous, de l'opposition officielle, nous avons
déposés, projets de loi qui font en sorte qu'il y a des priorités à avoir dans
ce débat-là, et, Mme la Présidente, projet de loi n° 695, qu'on a déposé en mars 2024, Loi sur le directeur
parlementaire du budget, parce que la CAQ, ça aura été le parti de la décote,
le parti des déficits records. On aurait pu aborder, plutôt que le papillon
amiral blanc cet après-midi, on aurait pu aborder ce projet de loi là, faire
avancer ça, ça aurait fait avancer le Québec. Parce que les Québécoises et
Québécois, là, qui travaillent fort, qui paient leurs taxes et impôts, ne se
sont pas levés à matin en pensant à l'amiral blanc. Je suis certain qu'ils ne savent
même pas qu'il existe, l'amiral blanc. Tant mieux pour l'oeuvre pédagogique,
Mme la Présidente, qu'on en fasse notre emblème, mais je suis certain qu'eux
autres vous leur parlez de l'amiral blanc,
là, je vous... Je verrais bien la collègue d'Argenteuil puis les
collègues de la CAQ faire du porte-à-porte en disant : Livré!
Livré! On a reconnu l'emblème officiel du Québec, l'insecte, l'amiral blanc.
Allo? Allo?
Puis l'insecte, l'amiral blanc, il vient d'une
promesse. Lui aussi, il vient d'une promesse. Au début, c'était une chenille. C'était une chenille, l'amiral blanc.
Puis l'amiral blanc, c'est une belle promesse : Je serai un jour papillon.
Bien, si on fait l'analogie avec la CAQ, les belles promesses, on n'en a pas
eu, des papillons, Mme la Présidente, on a eu des échecs. Alors, la
chenille, qui sont les promesses de la CAQ, ne se sont pas développées en
papillon qui ferait en sorte que les Québécoises et Québécois auraient des
meilleurs services, auraient un budget équilibré, n'auraient pas eu la décote,
auraient des écoles qui ne nous tombent pas sur la tête, auraient des hôpitaux,
également, où on peut se faire soigner, il n'y aurait pas de liste d'attente.
Alors, les promesses caquistes sont toutes, en huit ans, restées chenilles. Ils
ne se sont pas développés en papillons. Puis aujourd'hui je pense que c'est
l'occasion de le dénoncer et de le démontrer.
Autre priorité, Mme la Présidente, fixation et
réajustement de loyers. La collègue des Mille-Îles a déposé un projet de loi
n° 992 qui faisait en sorte de venir faire du ménage, de venir ajuster à
la réalité économique 2026 la fixation des loyers. Ça, ça parle à M. et
Mme Tout-le-monde qui sont en appartement. Ça parle même à celles et ceux aussi, parce qu'il faut faire le débat, qui sont
propriétaires d'immeubles puis qui veulent avoir une prévisibilité. On aurait
pu faire ce débat-là, mais non, on parle de l'amiral blanc.
Également, le député de Nelligan avait déposé un
important projet de loi pour modifier le Code de la sécurité routière pour que
l'alcoolémie qui soit sanctionnée administrativement passe de 0,08 à
0,05 milligramme pour 100 milligrammes de sang. Donc, faire passer la
limite de 0,08 à 0,05 de façon administrative au Québec, ça, ça aurait pu être
une priorité. Il y avait eu un sondage où... en novembre 2023, où 61 % des
Québécoises et Québécois étaient en faveur de ce projet de loi là, faire en
sorte que notre sécurité routière soit réellement protégée, mais le
gouvernement a préféré ne pas aller dans cette direction-là malheureusement.
Le sondage qui les ont guidés ici, Mme la
Présidente, c'est un sondage qui aura eu lieu, imaginez-vous ça, en 1998, où,
là, puis c'est correct, je ne les dénonce pas, c'est bien correct, ils font
oeuvre pédagogique. Quand vous allez à l'insectarium, bien, vous pouvez vous
faire parler des insectes du Québec. L'Insectarium de Montréal avait organisé, en 1998, un vote, un sondage pour savoir quel
serait l'emblème, le cas échéant, l'emblème du Québec. Alors, pour vous dire,
dans ce sondage-là, qui, qui a fini deuxième, qui, qui a fini troisième, bien,
la coccinelle maculée n'a pas gagné ses élections, Mme la Présidente,
puis le bourdon fébrile non plus n'a pas gagné ses élections. Imaginez-vous
donc, c'est l'amiral blanc. On est-tu
chanceux, hein? C'est l'amiral blanc, le papillon, aujourd'hui, d'un projet de
loi qui est la priorité de ce gouvernement-là qui est démissionnaire.
On a un premier ministre qui est démissionnaire,
un premier ministre qui ne demeure qu'en titre, un premier ministre qui doit faire
les frais, jour après jour, d'une course à la chefferie qui fait rage, et le
mot est clair, qui fait rage. La collègue de Sanguinet puis le collègue de
Lévis sont là, là, les deux, Mme la Présidente, à essayer de se déchirer sur
l'héritage, mais l'héritage négatif du gouvernement caquiste après huit ans.
Alors, on aurait pu avoir plein d'autres priorités,
mais, malheureusement, le gouvernement, le leader d'un gouvernement qui est en
fin de piste, en fin de régime, en faillite, ont préféré nous amener,
Mme la Présidente, sur l'amiral blanc, le papillon.
Alors, je veux rassurer la collègue de... Mme la
Présidente, d'Argenteuil, on va voter pour le projet de loi, le principe du
projet de loi, pour le papillon. Et, en ce sens-là, il est important de constater
que, les priorités, le sens des priorités,
c'est peut-être parce qu'ils n'ont plus de solutions, le sens des priorités, je
pense que le gouvernement l'a carrément perdu. L'ont-ils déjà eu? Probablement. Probablement qu'ils l'ont déjà
eu. Les solutions étaient brouillonnes, évidemment, de l'improvisation,
mais aujourd'hui non seulement ils ne mettent pas de l'avant des solutions
brouillonnes et improvisations, ils n'en ont plus, de solutions. Leur sac à
solutions brouillonnes est vide. Alors là, ils en sont même à réduire le sens des priorités. Voyez-vous, donc,
les papillons qui s'amènent après-midi à l'Assemblée nationale, qui est
un projet de loi qui est mis de l'avant par le gouvernement, et, en ce sens-là,
nous, nous dénonçons cela. On va voter pour le projet de loi.
Mais, chose certaine, Mme la Présidente, on aura
l'occasion, nous, avec... avec notre chef Charles Milliard, chef du Parti
libéral du Québec, d'avoir des priorités claires. Comme demain, la motion du
mercredi, ce sera sur l'éducation,
l'important qu'on se parle au Québec, que l'on ait un sommet sur l'éducation,
pour parler de ce qu'est aujourd'hui le
réseau de la santé, de nos jeunes, partout, différentes... différentes
réflexions à avoir sur plusieurs aspects. Bien, ce sera au Parti libéral
du Québec qu'on aura le véritable sens des priorités.
On va voter pour le principe du projet de loi,
mais, encore une fois, dénonçons ce manque de priorisation. C'est un projet de
loi qui ne vient pas du tout, du tout affecter positivement la vie des
Québécoises et Québécois. Je suis bien content pour celles et ceux... puis
c'est correct, c'est correct, pour un emblème du Québec, mais d'avoir un
emblème additionnel après-midi puis de prendre du temps de l'Assemblée
nationale... Parce qu'après, là, après, Mme la Présidente, vous allez demander
au leader du gouvernement : Quel autre projet de loi vous appelez? Il n'y
en aura pas d'autres. Normalement, on est payés, nous autres, pour travailler
jusqu'à 6 h 30. On va laisser quelque chose comme
2 h 30 min sur la table, qu'on aurait pu utiliser pour parler de
telles priorités : services de garde, nos aînés, l'éducation, la santé, etc., l'économie, nos PME partout dans
les régions, les finances publiques, le budget en préparation. Semble-t-il
qu'il va falloir attendre le résultat de la course à la chefferie.
Alors,
on verra s'avancer encore une fois dans ce processus-là d'autres chenilles
caquistes qui seront autant de promesses. Puis regardez bien, Mme la
Présidente, on le sait, là, ça fait huit ans, là, on le sait, que ces
chenilles de promesses là de caquistes, là, ça ne fera pas des papillons, ça va
faire patate. Bien, c'est ça, la CAQ, Mme la Présidente, le papillon amiral
blanc. Vive le papillon amiral blanc! Vive le gouvernement caquiste!
Voyons donc! Dehors,
la CAQ!
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Bon, alors, merci, M. le député. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur le projet de loi n° 496?
Mise aux voix
Comme il n'y a pas
d'autre intervention, le principe du projet de loi n° 496, Loi visant à
reconnaître l'amiral blanc en tant qu'insecte emblématique du Québec, est-il
adopté?
Des voix :
Adopté.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
Renvoi à la Commission de la
culture et de l'éducation
M. Lévesque
(Chapleau) :
Oui, Mme la Présidente. Donc, conformément à
l'article 243 de notre règlement, je fais motion afin que le projet de loi
n° 496, la Loi visant à reconnaître l'amiral blanc en tant qu'insecte
emblématique du Québec, soit déféré à la Commission de la culture et de
l'éducation pour son étude détaillée et que le ministre de la Langue française
soit membre de ladite commission pour la durée du mandat.
Mise aux voix
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Cette motion est-elle adoptée?
Des voix :
Adopté.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Adopté. M. le leader adjoint, pour la suite de nos
travaux.
M. Lévesque
(Chapleau) :
Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je vous
demanderais de bien vouloir suspendre nos travaux jusqu'à la tenue des débats
de fin de séance, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, les travaux sont suspendus jusqu'à
18 h 30.
(Suspension de la séance à
15 h 59)
(Reprise à 18 h 31)
Débats de fin de séance
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, tel qu'annoncé précédemment, nous allons
maintenant procéder au débat de fin de séance, qui portera sur une question
adressée par Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce à M. le ministre des Relations internationales et de la
Francophonie concernant le manque de leadership du gouvernement caquiste
qui tarde à nommer un négociateur en chef pour le Québec.
Je
vous rappelle que, conformément à l'article 310 du règlement, le député
qui a soulevé le débat et le ministre qui lui répond ont chacun un temps de
parole de cinq minutes, et le député a ensuite droit à une réplique de deux
minutes.
Mme la députée, je
vous cède la parole pour une durée de cinq minutes.
Nomination d'un
négociateur en chef pour le Québec
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw :
Merci, M. le Président. Et merci pour la présence du ministre.
Et
on va revenir à la question en période de questions. Effectivement, c'était
l'absence ou le manque de nommer un négociateur en chef. Le premier
ministre s'est engagé, en novembre 2024, en lien avec les élections
américaines, avec l'élection de Donald Trump, et là le président Trump va faire
son deuxième discours sur l'état de la situation aux États-Unis, va faire son... On est où, puisqu'un an plus tard après son
élection il n'y a toujours pas de négociateur en chef, malgré
l'engagement qu'a pris le premier ministre?
Alors, on veut comprendre pourquoi on tarde...
On comprend que le ministre... ministre voyage beaucoup. Il est... Il se rend
aux États-Unis, il se rend dans le monde, il fait son travail, mais n'empêche
qu'il faut avoir une approche structurée, coordonnée, et un négociateur en chef, c'est le rôle... Et,
comme je dis, peut-être, il y a des leçons à prendre de gouvernements
libéraux, parce que, justement, les gouvernements libéraux ont mis en place...
pour toutes négociations internationales importantes, négociations
commerciales, économiques, ils ont nommé... ces gouvernements-là, de Charest et
Couillard, entre autres, qui ont nommé des négociateurs en chef, et je cite. Il
y avait Pierre Marc Johnson qui était le négociateur en chef du Québec pour
l'accord économique et commercial global avec l'Union européenne, et ça, c'était... il a été nommé en 2008 par Jean
Charest. Il y avait aussi Raymond Bachand qui était le négociateur en chef du
Québec pour la renégociation de l'ALÉNA, il a été nommé en 2017. Et il y a
Raymond Chrétien, qui est un diplomate de carrière, qui a été nommé aussi
pour représenter la... faire la représentation stratégique du Québec auprès de Washington. Il y a John Parisella qui était le
délégué général de New York, et j'en passe. Donc, il faut avoir cette approche
structurée, coordonnée, et les voyages à l'étranger, ça ne constitue pas une
stratégie économique ou commerciale.
Alors, on aimerait comprendre, malgré l'engagement
qu'a pris le premier ministre, pourquoi toujours pas de négociateur en chef.
C'est comme le dernier stade de toute une approche globale, une stratégie
globale qu'on organise, qu'on coordonne, et là tu mets en place ton... Le
gouvernement devrait mettre en place son négociateur en chef. Le Québec a
toujours eu son approche qui est propre à lui-même. Ce n'est pas nécessairement
l'approche de l'Ontario, de la Colombie-Britannique ou de l'Alberta, mais on
doit se comparer, M. le Président, à nous-mêmes, et, nous-mêmes, si l'approche
québécoise pour défendre les intérêts économiques du Québec au sein de la
grande table et équipe canadienne, mais aussi vis-à-vis les États-Unis... On
comprend que le tout se déroule dans un contexte géopolitique et macroéconomique
en évolution, qui est instable, qui est imprévisible.
Alors, c'est sûr qu'il faut diversifier nos
marchés. Il faut diversifier nos marchés tant au Canada qu'à l'international.
On comprend très bien. On appuie le projet de loi du gouvernement pour... sur
le commerce interprovincial, mais, à
l'étranger, il reste que les États-Unis demeurent nos voisins. Il demeure que
l'ACEUM, ça a été un traité très important, et il faut être dans une
place... une position de force, M. le Président, et, pour ça, ça prend un
minimum de négociateur en chef, parce qu'on comprend qu'il y a des choses qu'on
ne contrôle pas. On ne contrôle pas les
politiques du gouvernement américain. J'ai tout le temps... Même Donald Trump
ne contrôle pas Donald Trump. Mais il y a des choses qu'on peut contrôler,
ça, c'est nos gestes à nous, c'est nos actions à nous. Et c'est un... ce
serait un geste structurant qui est éprouvé, qui a été efficace par le passé,
et, pour nous, c'est vraiment de base.
Et j'imagine que le ministre va nous parler de
beaucoup de ses rencontres, de ses voyages aux États-Unis et ailleurs, mais
tout ça, ce n'est pas une stratégie, et il faut miser, on est rendus dans les
résultats. Le ministre a dit ce matin, en
réponse, qu'on va s'essayer, on va essayer. Mais on est rendus au-delà de
s'essayer. Ce qui se passe au niveau macroéconomique et commercial est
très sérieux, puis on est au-delà... Il faut mettre en place, M. le Président,
les conditions gagnantes, il faut poser des
gestes structurants et coordonnés, et, de base, ça prend un négociateur en chef
tel que promis par le premier ministre en novembre 2024. Merci.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée.
Donc, M. le ministre, je vous cède la parole et vous rappelle que vous
disposez de cinq minutes.
M. Christopher
Skeete
M. Skeete : Merci, M. le
Président. Écoutez, c'est très difficile d'être sur ce bord-ci de la banquette
et d'écouter tant le Parti libéral puis le
Parti québécois qui veulent toujours utiliser ce qu'on a fait il y a
20 ans comme exemple pour qu'est-ce qu'on devrait faire maintenant.
C'est sûr que, M. le Président, l'idée de la
collègue de rejouer dans le film, comme on avait fait avant, pour un traité
d'échange, de libre-échange, c'est très différent d'une négociation qui va
avoir lieu sous haute tension avec nos amis du Sud en ce moment. Mais, plus
important que ça, je pense qu'il est important de le dire clairement, les
négociations liées à l'ACEUM n'ont même pas encore commencé, M. le Président,
et, tant qu'elles ne sont pas commencées, bien, on ne va pas s'improviser
d'essayer d'amener des variables à l'intérieur d'une situation qui n'est même
pas encore débutée. Ce serait irresponsable de prédire comment ces
négociations-là vont avoir lieu, si ces négociations-là vont avoir lieu.
Vous le disiez... elle disait tantôt, la
collègue, M. le Président : l'incertitude, l'imprévisibilité. Bien,
effectivement, il y a de l'incertitude, il y a de l'imprévisibilité dans le
niveau international, notamment avec notre voisin du Sud. Et donc de prétendre
qu'on va avoir des négociations prochainement, qu'on devrait s'organiser...
Bien, si on l'avait fait, on aurait
quelqu'un qui attendrait en ce moment que des discussions se portent en lien
avec le libre-échange.
Donc, je dirais à la collègue : On suit la
situation de près, on est actifs sur le terrain, la mobilisation qu'on fait sur
le terrain est sans précédent, on est un ministère qui est actif, avec le
ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie et Investissement
Québec International, on travaille de manière étroite et coordonnée.
La collègue dit : Je vais dire toutes les
choses que j'ai faites. Bien, effectivement, il y a eu de nombreuses rencontres
qu'on a eues. C'est plus de 25 missions aux États-Unis qu'on a faites. On
a rencontré des républicains et des
démocrates. On a eu une vigie accrue grâce à l'augmentation de la délégation à
Washington, D.C., qui nous a permis de voir venir l'élection de Donald
Trump et de prévenir certains effets néfastes. Le député de Masson, mon adjoint
parlementaire, est actif sur le terrain aussi, aux États-Unis, pour nous aider
à signer les ententes de collaboration qui nous permettent, avec nos amis
surtout républicains, aux États-Unis, de porter un message de collaboration pour,
justement, mettre de la pression sur ces... sur ces négociations-là qui vont,
on le souhaite, éventuellement arriver. Mais d'arriver
à s'improviser, de dire qu'en nommant une personne on va magiquement pouvoir
avoir une discussion avec les Américains, malheureusement, M. le
Président, c'est loin d'être le cas.
Je vous dirais que
notre... nos efforts, nos activités sont de deux façons. La première,
c'est : on s'en va aux États-Unis pour tisser des liens, bâtir des
relations et s'assurer que les gens qui sont sensibles à notre cause vont nous
appuyer lorsque le moment est venu. Bon, de l'autre côté, on travaille aussi à
diversifier et minimiser le risque associé à ces grands virages là, parce qu'on
ne le sait pas, ce qui va arriver suite à les négociations. Puis surtout notre
position est très claire, on souhaite une
négociation qui couvre tout, on ne veut pas avoir une entente à la pièce qui
touche certains secteurs et pas d'autres, et donc on doit s'assurer
d'être en lien et d'harmoniser notre approche avec le gouvernement fédéral.
• (18 h 40) •
On a eu la chance de le dire, durant la période
des questions, M. le Président, le premier ministre a rencontré le nouveau
ambassadeur du Canada aux États-Unis, on a été très clairs qu'on ne va pas
bouger, mais pas un iota, sur la gestion de l'offre mais aussi sur le fait
français au Québec, et donc on est déjà en action. Et que le Parti libéral
arrive ici, M. le Président, pour nous faire croire qu'en nommant un
représentant, bien, on réglerait les problèmes en lien avec nos échanges
commerciaux avec les États-Unis, ma foi, ça me semble un peu simpliste. Puis
surtout d'essayer de revamper une stratégie qui date de 20 ans dans un contexte
de libre-échange, pays de libre-échange avec un autre pays qui croit au libre-échange,
dans un contexte où est-ce que les États-Unis s'en vont dans une ère
protectionniste, puis la négociation va être
loin d'être une de convivialité libre-échangiste, de nous ramener à une formule
gagnante d'il y a 20 ans, bien, moi, je pense que ce n'est pas
totalement adapté.
Donc, notre stratégie, c'est de continuer à
discuter avec nos amis américains, ceux qui sont sensibles à notre cause,
d'être actifs sur le terrain et d'arriver avec des résultats concrets, comme
les ententes de collaboration et les résolutions de collaboration qu'on a avec
différents États aux États-Unis, mais aussi, M. le Président, de réduire notre
risque. 73 % des exportations du Québec vont aux États-Unis. C'est trop.
Il faut garder ce montant-là, mais réduire le pourcentage. Puis c'est la raison
pour laquelle je me promène un peu partout dans le monde pour essayer de
libérer nos chaînes de valeur de cette menace-là, qui est, bien,
malheureusement le fait que nos amis du Sud sont de moins en moins sûrs.
Donc, M. le Président, je comprends que la
collègue est fière de son bilan avec l'enjeu qu'ils ont eu avec M. Charest
à l'époque. On n'est plus là puis on va évoluer avec... avec les temps. M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci.
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, je vous cède la parole pour votre
réplique de deux minutes.
Mme Désirée
McGraw (réplique)
Mme McGraw : Donc, si je
comprends bien, le ministre est aussi en train de critiquer le gouvernement
fédéral d'avoir nommé une négociatrice en chef, Mme Charette. Donc, je
trouve ça très intéressant comme approche. Nous, on est fédéralistes, on est un
parti fédéraliste, on appuie et on soutient cette nomination de Mme Charette,
mais nous aussi, au Québec, on a des intérêts très particuliers au sein de la
fédération canadienne. On a des intérêts économiques très particuliers
vis-à-vis les États-Unis.
Le ministre, il parle du député de Masson, mais
je suis coprésidente de la DANREU, donc moi aussi, je participe. Toutes les
missions que je fais, M. le Président, à l'étranger sont juste aux États-Unis,
donc à travers les États-Unis, d'est en ouest. Et je connais très bien les États-Unis.
Il faut se préparer. On a... Ce que le ministre décrit, c'est une stratégie
improvisée, je dirais même irresponsable, de voir, d'attendre. Ce n'est pas de
prétendre... Il dit : C'est
prétentieux, on prétend savoir ce qui va se passer. Ce n'est pas vrai. C'est
sûr qu'on ne sait pas ce qui va se passer avec les États-Unis. C'est
pour ça qu'il faut se préparer. Il faut être en mode action et être proactifs.
Et là le gouvernement est mode réactif. Il vient
de dire : Bien, on va attendre, on va écouter, on va voir. Ça veut dire
qu'on est déjà très en retard. Et on l'était du début, M. le Président, parce
que, la ligne de départ de cette guerre commerciale, la CAQ, nous a mis en
retard derrière la ligne : mauvaise gestion des finances publiques,
mauvaise gestion des services publics, mauvaise gestion de l'économie. Et là on
se trouve, sans coffret de guerre, en pleine guerre commerciale. Ça fait que,
du début, on est en retard.
Et là le ministre vient nous dire : C'est
prétentieux de nommer un négociateur en chef, bien que ça a été prouvé, éprouvé
et efficace par le passé, on a eu des résultats. Donc, je trouve que ça
souligne l'approche complètement déconnectée, irresponsable de la CAQ, en
pleine guerre commerciale et changements géopolitiques. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Alors, voilà qui met fin à ce débat de
fin de séance.
Ajournement
Compte tenu de l'heure, nous allons ajourner nos
travaux à demain, mercredi le 25 février, à 9 h 40.
(Fin de la séance à 18 h 45)