Journal des débats de l'Assemblée nationale
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
Le
mardi 24 février 2026
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Vol. 48 N° 40
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Intervenants par tranches d'heure
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Soucy, Chantal
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Rivest, Mathieu
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Garceau, Brigitte B.
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Blouin, Catherine
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Zanetti, Sol
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Caron, Vincent
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Dufour, Virginie
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Tardif, Marie-Louise
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Arseneau, Joël
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Provençal, Luc
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Poulet, Isabelle
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Bourassa, Kariane
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Tremblay, Suzanne
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Roy, Nathalie
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Jolin-Barrette, Simon
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Soucy, Chantal
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Bachand, André
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Ghazal, Ruba
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McGraw, Désirée
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Fortin, André
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Girard, Eric
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Boulet, Jean
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Skeete, Christopher
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Beauchemin, Frédéric
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Poulin, Samuel
13 h 30 (version révisée)
(Treize heures quarante-et-une minutes)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Bon mardi, chers collègues. Vous pouvez vous asseoir.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Donc, nous allons débuter nos travaux à la
déclaration de députés. Et, si je comprends bien, vous avez demandé un
changement dans l'ordre de présentation des motions. Est-ce qu'il y a
consentement?
Des voix : Consentement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Consentement. Donc, je vous cède la parole immédiatement, M. le député de Côte-du-Sud.
Rendre hommage à M. Frédéric Jean
M. Mathieu Rivest
M. Rivest : Merci, Mme la
Présidente. Je tiens aujourd'hui à saluer l'engagement exemplaire des dernières
années de M. Frédéric Jean, qui a récemment annoncé son départ de la
préfecture de la MRC de Montmagny. Il va se consacrer davantage à ses activités
professionnelles à titre d'entrepreneur.
Dans le cadre de notre engagement
respectif, nous avons eu bien des défis et bien des dossiers à traiter
ensemble. Je le remercie sincèrement pour son leadership, son désir de réussir
et sa contribution au développement de notre région. Je le félicite également
pour l'expansion majeure de son entreprise, un projet structurant qui assure la
pérennité de ses activités, crée des retombées économiques dans notre milieu et
favorise le maintien d'emplois chez nous.
Enfin, je souhaite rendre hommage à tous
les élus municipaux qui s'investissent avec passion, souvent pendant de
nombreuses années, au service de leur communauté. Leur engagement est une
pierre angulaire dans notre démocratie locale et du dynamisme de nos régions.
Vous avez tout mon appui pour la suite. Au bénéfice de la Côte-du-Sud, bravo, M.
Jean!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée
de Robert-Baldwin.
Souligner la Journée internationale des droits des femmes
Mme Brigitte B. Garceau
Mme Garceau : Merci, Mme la Présidente.
C'est avec beaucoup de fierté que je prends la parole aujourd'hui pour
souligner la Journée internationale des droits des femmes, qui sera célébrée le
8 mars prochain. Le thème de cette année, Générations deboutte!,
nous rappelle que le féminisme n'est pas une posture mais un engagement. C'est
refuser le silence, refuser les reculs et continuer de faire progresser l'égalité
entre les femmes et les hommes.
Depuis des décennies, des femmes de toutes
générations se lèvent, prennent la parole et transforment nos communautés. Les
luttes nous rappellent que les droits des femmes ne sont jamais acquis. Ils
doivent être protégés, renforcés et transmis.
Aujourd'hui encore, malgré les obstacles
et les reculs que certaines forces tentent d'imposer, notre force, c'est d'avancer
ensemble. C'est dans la solidarité, l'écoute et l'inclusion que nous continuons
de faire progresser les droits des femmes.
L'engagement des femmes dans tous les
milieux continue de renforcer nos communautés et d'inspirer les générations à
venir. Merci beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de
Bonaventure.
Rendre hommage a Mme Mariette Thibodeau
Mme Catherine Blouin
Mme Blouin : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Alors, aujourd'hui, je souhaite rendre hommage à une femme d'exception,
il s'agit de Mme Mariette Thibodeau. Cet automne, après 49 années de
service comme infirmière à l'Hôpital de Maria, elle a tourné une page importante
de sa vie en prenant une retraite bien méritée. 49 ans consacrés aux
autres, principalement à l'urgence, un milieu exigeant où chaque minute compte.
Ces années témoignent d'un dévouement
profond envers les patients et leurs familles, et les témoignages sont unanimes.
Lorsqu'on se présentait à l'urgence et que Mme Thibodeau était présente, on
savait qu'on était entre bonnes mains, sa présence rassurait. Elle avait cette
façon bien à elle de prendre soin des gens avec douceur, respect et humanité.
Et, peu importe la situation, elle accueillait chaque personne avec
bienveillance.
Ses collègues disent qu'elle n'avait peur
de rien. Elle fonçait particulièrement dans les situations critiques et elle
savait mettre son équipe en confiance; une vraie leader positive. Infirmière
chevronnée reconnue pour sa patience d'ange, elle a transmis généreusement son
savoir à la relève.
Alors, au nom des patients, des familles
et de ses collègues qui s'ennuient déjà, je tiens à la remercier chaleureusement.
Bonne retraite, Mariette!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à M. le député
de Jean-Lesage.
Rendre hommage à M. Thomas De Koninck
M. Sol Zanetti
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Je souhaite rendre hommage aujourd'hui au philosophe et professeur
Thomas De Koninck, que j'ai eu la chance de rencontrer dans mon parcours
académique à l'Université Laval et qui nous a quittés récemment. J'ai une
pensée toute spéciale pour sa famille, qui est avec nous aujourd'hui. À vous et
à vos proches, mes plus sincères condoléances.
M. De Koninck nous a
profondément marqués, il a marqué plusieurs générations de philosophes
québécois et québécoises par son érudition titanesque, son humilité absolue, sa
curiosité d'enfant et son ouverture éternelle à la remise en question. Comme
professeur, il ne nous révélait pas les grandes conclusions auxquelles il était
parvenu. Il nous laissait la joie de la découverte, il nous laissait penser
librement. Une attitude pédagogique aussi radicale et bienveillante, aussi
dépourvue d'ego, c'est très rare.
Ses qualités immenses continueront de nous
inspirer pour <toujours...
M. Zanetti :
...pour
>toujours. Quelle chance nous avons eue de vous connaître! Je pense à
vous souvent. Merci infiniment.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, M. le député. Maintenant, je suis prête à céder la parole à M.
le député de Portneuf.
Rendre hommage à M. Ibrahima Nguirane
M. Vincent Caron
M. Caron : Mme la Présidente,
nous avons le plaisir d'accueillir ici, parmi nous, M. Ibrahima Nguirane,
accompagné de sa famille.
Originaire du Sénégal, M. Nguirane
retrouve des lieux qui lui sont familiers puisqu'il a travaillé comme sage ici voilà
10 ans maintenant. Depuis cette expérience, M. Nguirane a brillé non
seulement par l'excellence de son parcours académique, mais aussi par son
parcours professionnel qui l'a amené à travailler comme directeur général de la
municipalité de Saint-Léonard-de-Portneuf. Issu moi-même de l'immigration, je
sais que le Québec que nous chérissons tant permet à des destins de rayonner et
de contribuer à notre fierté collective.
Pour l'exemplarité de son parcours, pour
l'inspiration qu'il insuffle à celles et ceux qui suivent ses traces, j'ai eu
l'insigne honneur de remettre la Médaille du député à M. Nguirane.
Ibrahima, merci d'avoir choisi le Québec,
merci de faire de Portneuf une communauté encore plus belle et plus forte.
Merci beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée des Mille-Îles.
Soulever les enjeux de logement auxquels font face les
femmes dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Alors, dans le cadre de la journée internationale des femmes, je
souhaite attirer l'attention de cette Assemblée sur une réalité qui est encore
trop souvent ignorée, la difficulté pour de nombreuses femmes d'accéder à un
logement stable, sécuritaire et abordable.
Au Québec, près de 80 % des femmes...
des familles monoparentales, qui sont majoritairement dirigées par des femmes,
présentent des besoins urgents en matière de logement. En contexte de pénurie
et de forte hausse des loyers, cette pression fragilise les budgets et le
quotidien de milliers de femmes. Les conséquences sont graves, Mme la
Présidente : détresse psychologique, insécurité résidentielle et impacts
directs sur les enfants, d'où l'urgence de renforcer le filet social, notamment
en augmentant les refuges et les ressources pour celles qui fuient la violence
ou l'instabilité.
En cette journée, reconnaissons ces défis
et réaffirmons notre responsabilité collective de bâtir un Québec où toutes les
femmes peuvent vivre en sécurité dans un logement digne et stable. Merci, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de
Laviolette—Saint-Maurice.
Rendre hommage à Mme Liliane Gagnon
Mme Marie-Louise Tardif
Mme Tardif : La fondeuse de
Shawinigan Liliane Gagnon a participé aux Jeux olympiques Milan-Cortina en
février 2026 comme membre de l'équipe canadienne en course à relais de ski de
fond. Wow! Elle a été époustouflante, excellente et a obtenu d'excellents
résultats lors de ces compétitions. Bravo! À 23 ans, elle a réalisé un grand
rêve.
Liliane est persévérante, rigoureuse,
travaillante et exigeante envers elle-même, elle a dû mettre des milliers
d'heures d'entraînement pour atteindre ce niveau de performance. Elle avait
précédemment été médaillée aux Championnats du monde en 2025 et obtenu son
meilleur résultat sur le circuit de la Coupe du monde en décembre et 2024 en
Suisse. Actuellement, elle participe au circuit de la Coupe du monde en ski de
fond 2026.
Félicitations, Liliane, bon succès et
merci d'être un modèle pour tous!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je suis prête à entendre M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
Saluer la réalisation du projet Le Phare des Îles
M. Joël Arseneau
M. Arseneau : Mme la
Présidente, je suis fier de souligner aujourd'hui la réalisation d'un important
et ambitieux projet chez nous, l'un des tout premiers que l'on m'a présentés à
la suite de l'élection de 2018, Le Phare des Îles. Il s'agit d'un projet de
logements supervisés pour adultes vivant avec des besoins particuliers.
Des parents bénévoles, avec l'appui de
toute la communauté, y ont travaillé avec cœur et détermination depuis près
d'une dizaine d'années avec pour résultat que, ce mois-ci, sept jeunes adultes
ont emménagé au Phare. Imaginez ce que ça représente pour eux voler enfin de
ses propres ailes et apprivoiser un nouveau chez soi. Entourés d'une équipe
bienveillante et compétente, ces nouveaux locataires pourront certainement s'y
épanouir.
Or, il reste du travail à faire. C'est
pourquoi l'organisme mène, avec l'appui de La Ruche, une campagne de
financement en appui à ses efforts de démarrage.
J'encourage toutes les personnes des Îles
et d'ailleurs à contribuer et soutenir la poursuite du rêve de ces sept
personnes qui souhaitent simplement vivre de façon autonome. Longue vie au
Phare!
• (13 h 50) •
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Je cède la parole à M. le député de Beauce-Nord.
Souligner le 50e anniversaire de l'organisme Lien-Partage
M. Luc Provençal
M. Provençal : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. L'année 2026 marque le <50e...
M. Provençal :
...
marque le >50e anniversaire d'une organisation fort importante dans
ma communauté, Lien-Partage, fondé en 1976.
En bref, Lien-Partage, ce sont
50 années à offrir des services de soutien à domicile aux personnes en
perte d'autonomie ou en convalescence, aux personnes proches aidantes, ainsi
que des activités de promotion de la santé. Au fil du temps s'ajoutent le service
de popote roulante, de l'accompagnement en transport pour des rendez-vous
médicaux, des visites et des téléphones d'amitié pour briser l'isolement et la
solitude des personnes seules.
L'organisation compte sur une petite
équipe et un conseil d'administration efficient, mais l'ensemble des services
ne pourrait être rendu sans l'apport de plusieurs dizaines de bénévoles
impliqués et dévoués.
Merci à chacun de vous pour votre
implication actuelle ou passée à l'occasion de ce 50e anniversaire de Lien-Partage.
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Mme la députée de Laporte, à vous la parole.
Demander au gouvernement de mieux soutenir le milieu
communautaire
Mme Isabelle Poulet
Mme Poulet : Merci, Mme la
Présidente. Alors, permettez-moi tout d'abord de souligner la présence de deux
représentants d'organismes de ma circonscription, Martin Boire, directeur de la
Corporation de développement communautaire de l'agglomération de Longueuil, et
Aurélie Condrain-Morel, directrice générale du Centre d'action bénévole de
Saint-Hubert, qui sont ici afin de représenter les travailleurs du secteur
communautaire qui sont au bout du rouleau.
Les organismes communautaires sont le
filet social du Québec. Grâce à eux, le Québec peut offrir des services de
première ligne aux personnes les plus vulnérables, mais également aux personnes
qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts.
Aujourd'hui, je demande au gouvernement de
mieux soutenir la mission des organismes communautaires, qui doivent
malheureusement refuser de nombreuses demandes d'aide urgente chaque année,
faute de moyens. Un meilleur financement dès le prochain budget permettrait
également d'offrir de meilleurs salaires et conditions aux employés, souvent
des femmes, qui, elles, méritent d'être reconnues à leur juste valeur.
Enfin, rappelons qu'une prise en charge en
première ligne par nos organismes, c'est un investissement et non une dépense
pour l'État.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Rendre hommage à Mme Isabelle Lemieux
Mme Kariane Bourassa
Mme Bourassa : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Vous savez, être enseignant, ce n'est pas toujours facile,
mais il y a certaines personnes qui se distinguent par leur engagement, leur
passion et leur capacité à marquer des générations d'élèves. C'est le cas
d'Isabelle Lemieux, qui est ici avec nous, dans les gradins.
Elle est professeure de musique à
Saint-Ferréol-les-Neiges, et, si Mme Lemieux figure parmi les finalistes
au prix MusiCounts à titre d'enseignante de musique de l'année, ce n'est pas un
hasard. Elle est une pédagogue passionnée, innovante et profondément engagée à
défendre l'importance de l'éducation musicale. Elle sera donc finaliste aux
Juno Awards parce que, de la petite enfance à la sixième année, elle crée des
expériences musicales riches et inclusives : chorales, harmonies, projets
alliant musique et technologie. Elle participe d'ailleurs à des prestations
dans des résidences pour aînés de chez nous.
La Côte-de-Beaupré est immensément fière
de ce que vous avez accompli. Que vous gagniez ou non, félicitations!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Hull.
Souligner le déménagement et la réouverture de la Clinique
des femmes de l'Outaouais
Mme Suzanne Tremblay
Mme Tremblay : Merci, Mme la
Présidente. Je voulais prendre un moment aujourd'hui pour souligner le
déménagement et la réouverture de la Clinique des femmes de l'Outaouais. Dans
notre région, cette clinique occupe une place particulière. Elle repose sur un
modèle distinct entièrement consacré à la santé reproductive et sexuelle des
femmes. Elle est la seule ressource spécialisée en Outaouais offrant notamment
des services de contraception et d'avortement. Pour les femmes, pouvoir
recevoir ces services dans un environnement respectueux, confidentiel et
sécuritaire est essentiel et précieux.
Cette relocalisation a demandé du travail,
de la rigueur et beaucoup d'engagement. J'ai eu l'occasion de suivre cette
démarche et d'appuyer les efforts déployés, mais ce sont avant tout la
détermination de l'équipe et la mobilisation des partenaires de la communauté
qui ont permis d'en arriver à ce résultat. La clinique peut désormais
poursuivre sa mission dans un espace mieux adapté à ses besoins et à ceux des
femmes qu'elle accompagne.
Je tiens à remercier chaleureusement
Mme Patricia LaRue, directrice générale, ainsi que les membres du conseil
d'administration, le personnel et les bénévoles pour leur engagement dans ce
grand projet.
Ce déménagement marque une nouvelle étape
pour la clinique et pour les femmes de notre région. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Cela
met fin à la rubrique de déclarations de députés, et je suspends les travaux
quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 55)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 07)
La Présidente : Bonjour, tout
le monde. Vous êtes nombreux aujourd'hui, en ce 24 février.
Mesdames, messieurs et Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Eh bien, j'ai le plaisir de souligner
aujourd'hui la présence, dans les tribunes, du haut-commissaire du Royaume-Uni,
Son Excellence M. Robert John Tinline, à l'occasion de sa visite officielle. Il
est accompagné, comme vous avez pu le voir, du consul général de la
Grande-Bretagne à Montréal, M. David Jones.
Et nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles...
Des voix : ...
La Présidente
: ...merci,
ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le
leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui,
Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer, au nom de mon collègue le ministre
de la Culture et des Communications, les documents suivants : L'exercice
des pouvoirs d'autorisation en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel,
Délégation à la ville de Montréal, rapport 2020-2024 et son annexe, et le rapport
au ministre sur l'application des dispositions du chapitre VI.1 de la Loi
sur le patrimoine culturel, chapitre 9.002, Pouvoirs du ministre
exercés par la ville de Québec — De nouveaux défis à venir,
mai 2024.
La Présidente : Et ces
documents sont déposés. Et à nouveau, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui,
Mme la Présidente. Je dépose les réponses aux pétitions déposées le 2 décembre
2025 par le député des Îles-de-la-Madeleine et le 5 février 2026 par le
député de LaFontaine.
La Présidente : Et ces
documents sont déposés.
Pour ma part, je dépose une lettre que m'a
adressée M. le chef de l'opposition officielle, dans laquelle il m'informe de
la nomination de Mme la députée de La Pinière à la fonction de membre
suppléant du Bureau de l'Assemblée nationale, en remplacement de M. le député
de Marquette.
Et je cède la parole à Mme la première
vice-présidente et députée de Saint-Hyacinthe pour la présentation d'une
motion.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Mme la Présidente, je propose que cette modification à la composition du Bureau
de l'Assemblée nationale soit adoptée.
La Présidente
: Et
cette motion est-elle adoptée?
Des voix : ...
La Présidente
: Adopté.
Merci. Et je dépose également une lettre que m'a adressée la présidente de la Commission
des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Mme Nadine Koussa,
m'informant de la démission de Mme Lizette Gauvreau, membre à temps
partiel de la commission, en date du 18 février 2026.
Enfin, j'ai reçu préavis d'une motion qui
sera inscrite dans le feuilleton de demain aux Affaires inscrites par les
députés de l'opposition. Conformément à l'article 97.1 du règlement, je
dépose copie du texte de ce préavis.
À la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, M. le président de la Commission des institutions et député de Richmond.
• (14 h 10) •
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, Mme la
Présidente. J'aimerais saluer d'abord les membres de la commission, qui ont
fait un travail...
M.
Bachand
:
...j'aimerais saluer d'abord les membres de la commission qui ont fait un
travail exemplaire. Cela dit, je dépose le rapport de la Commission des
institutions qui, les 4, 5, 9, 10, 11, 12 décembre 2025 ainsi que les 3, 4, 5,
10, 11, 12 — et ce n'est pas un bingo — 17, 18 février
2026, a tenu des auditions publiques dans le cadre de la consultation générale
sur le projet de loi n° 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec. La
commission s'est également réunie en séance de travail le 27 novembre, Mme la
Présidente, et le 19 février relativement à ce mandat. Merci beaucoup.
La Présidente
: Ce
rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, Mme la
députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 63 002 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant le manque de consultations
publiques préalables au dépôt du projet de loi n° 1 sur la constitution du
Québec;
«Considérant que l'article 29 est une menace
au droit à l'avortement et que cette loi peut être modifiée pour en contraindre
l'accès en y ajoutant des conditions d'obtention;
«Considérant que l'interruption volontaire
de grossesse est et doit demeurer un soin de santé qui n'est pas à part des autres
soins de santé offerts au Québec;
«Considérant que la précédente ministre de
la Condition féminine a récemment renoncé à déposer un projet de loi pour
sacraliser le droit à l'avortement après avoir réalisé des consultations avec
des groupes d'experts;
«Considérant que toutes les citoyennes et
tous les citoyens doivent avoir la liberté de choisir pour leur propre corps,
et ce, peu importe leur identité.
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec de retirer l'article 29 sur l'avortement du projet de
loi n° 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec.»
Et je certifie que cet extrait est
conforme à l'original de la pétition. Merci.
La Présidente
: Et cet
extrait de pétition est déposé. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : ...souligner la
présence dans nos tribunes de deux concitoyennes, des parents engagés dans mon
comté, Mmes Jessica Houde et Joanna Duy, qui sont les instigatrices de cette
pétition aujourd'hui.
Alors, je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 3 490 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que la Société de l'assurance
automobile du Québec (SAAQ) a déjà une série de critères qui se retrouve dans
le guide d'organisation d'une brigade scolaire adulte pour assurer la sécurité
des jeunes dans les corridors scolaires;
«Considérant que la SAAQ considère dans ce
même guide que les piétons de 10 ans... de, pardon, 12 ans et plus sont des
piétons "adultes";
«Considérant que... plusieurs études, dont
notamment une de l'Hôpital de Montréal pour enfants, le nombre d'accidents des
piétons âgés entre 10 et 17 ans est plus élevé que ceux des plus jeunes;
«Considérant qu'il y a des jeunes qui
fréquentent les écoles secondaires qui ont l'âge tel que décrit dans le guide
d'organisation d'une brigade scolaire adulte;
«Considérant que le gouvernement appuie
les familles qui choisissent des moyens sains et écologiques de se rendre à
l'école;
«Considérant que le ministère des
Transports et de la Mobilité durable doit assurer pleinement ses
responsabilités afin d'assurer des réseaux d'écoles sécuritaires et équitables;
«Considérant que des mesures concrètes
sont nécessaires pour la sécurité de tous... de tous les écoliers québécois et
de toutes les écolières québécoises;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec d'agir immédiatement en rendant les écoles secondaires
éligibles à obtenir un brigadier ou une brigadière scolaire si elles répondent
à tous les autres critères afin d'assurer la sécurité des élèves-piétons au
niveau secondaire.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
: Et cet
extrait de pétition est déposé. Je reconnais maintenant M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 4 198 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que la coordination du don et
de la transplantation d'organes requiert une expertise unique qui est hautement
spécialisée, distincte de celle d'une banque de sang et de tissus;
«Considérant la prise en charge du
donneur...
M. Cliche-Rivard :
...spécialisée, distincte de celle d'une banque de sang et de tissus;
«Considérant que la prise en charge du
donneur, l'attribution équitable et la logistique interhospitalière impliquent
un suivi efficace et rapide ainsi que des interventions adaptées en temps réel
sur l'ensemble du territoire québécois;
«Considérant que le risque de perte ou de
dilution de l'expertise et de rupture dans la chaîne du don en cas de fusion
avec une structure aux missions divergentes;
«Considérant que la vie des patients en
attente de transplantation dépend directement de la compétence et de la
mobilisation efficace et rapide de l'équipe actuelle de Transplant Québec;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec de maintenir toutes les activités de coordination du don
et de transplantation d'organes sous la gestion indépendante de Transplant
Québec.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci.
La Présidente
: Et cet
extrait de pétition et déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux
pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de
privilège.
Nous en sommes maintenant rendus à la
période de questions et de réponses orales, et, pour ce faire, je cède la
parole, en question principale, au chef de l'opposition officielle.
M. Fortin :
Mme la Présidente, quand le président Trump a introduit ses tarifs l'an
dernier, il y a beaucoup d'entreprises d'ici qui ont immédiatement compris le
risque que les politiques américaines avaient sur notre économie. Ils ont pris
ça au sérieux puis ils se sont mis au travail. Les Québécois aussi, ils ont
pris ça au sérieux. Ils ont voulu faire leur part, individuellement, à leur
façon. Ils ont pris la menace au sérieux et ils se sont mis au travail. Mais le
gouvernement de la CAQ aussi avait un rôle à jouer : offrir un contexte
qui permet à nos entreprises d'être plus compétitives pour leur permettre de
passer à travers. Mais la CAQ n'a pas pris ça au sérieux, Mme la Présidente.
Ils sont... au mieux, ils sont restés les bras croisés puis, au pire, ils ont
fragilisé nos entreprises.
Je vous rappelle, dans un grand élan de
lucidité, le premier ministre avait commencé le débat en disant qu'il
souhaitait que M. Trump recule. Tout de suite après, dans un grand élan de
nationalisme économique, il a dit qu'il était prêt à sacrifier des grands pans
de notre industrie, comme la forêt, l'aluminium et l'aéronautique. Et il a
terminé en disant qu'il nommerait un envoyé spécial aux États-Unis, mais, dans
un grand élan de caquisme, il a renié sa promesse.
Là, on est en guerre commerciale avec les États-Unis.
Le Québec est beaucoup plus affecté que les autres provinces. Nos usines
tournent au ralenti. Certaines de nos plus grandes sont carrément fermées. Les
entreprises, elles avaient besoin de réponses immédiates du gouvernement. Elles
avaient besoin de sentir qu'il y avait un sentiment d'urgence à la CAQ.
Là, on est au bord de la récession. Il
semble que la chaise vide, ça va faire.
La Présidente
: La
réponse du ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Alors, effectivement, le secteur extérieur au Québec est
affecté, et c'est normal. C'est ici que nous avons les industries qui sont les
plus touchées par les tarifs sectoriels qui ont été imposés par les États-Unis.
Alors, lorsqu'on regarde l'ensemble de
l'économie québécoise, et là je vais utiliser les chiffres de la mise à jour,
et, bien sûr, au budget, ces chiffres-là seront mis à jour, mais le premier
trimestre a été positif au Québec; le deuxième, négatif; le troisième, positif
et le quatrième pourrait être négatif. D'ailleurs, pour le Canada, on aura ce
chiffre-là vendredi. Alors, dans l'ensemble, la prévision de 0,9 % qu'on a
faite à la mise à jour de croissance, elle tient, mais c'est la somme de deux
économies : le secteur intérieur, consommation, investissement, dépenses
gouvernementales, parce qu'on pousse les infrastructures, ça va très bien,
2,5 % de croissance, tandis que le secteur extérieur, lui, retranche
1,8 %, parce que c'est ici que les tarifs font le plus mal.
La Présidente
: En
terminant... Première complémentaire.
M. Fortin :
Ah! bien, il n'y en a pas, de problème. C'est juste... C'est juste le contexte,
Mme la Présidente. Mais ce qui est... ce qui est vrai, c'est qu'on a un gouvernement
qui est sans aucune vision claire au point de vue économique. On a un premier
ministre qui nous dit : Moi, je suis un fier interventionniste. Puis on a
une aspirante première ministre, qui a été sa ministre de l'Économie longtemps,
qui dit qu'il faut réduire l'interventionnisme, arrêter d'être paternaliste.
Pendant que les caquistes se demandent à
quel point il faut renier l'héritage du premier ministre, là, bien, nos
entreprises, elles souffrent, puis il n'y a personne de l'autre bord qui est en
train de faire le travail nécessaire.
• (14 h 20) •
La Présidente
: La
réponse du ministre de l'Économie.
M. Boulet : Oui, merci, Mme la
Présidente. Évidemment, même la semaine dernière, il y a eu des développements
avec les annonces de M. Trump pour les tarifs réciproques. Les tarifs
sectoriels demeurent en place, et on est extrêmement actifs.
Puis je rappellerai au collègue que le
bilan de la CAQ en économie est particulièrement fort. Le PIB par habitant,
l'augmentation de la qualité de la vie, on est les premiers au Canada. Le
revenu disponible par habitant est aussi le plus élevé au Canada. On a mis en
place des programmes avec le Fonds de développement économique...
M. Boulet : ...on a mis en
place des programmes avec le Fonds de développement économique, avec Investissement
Québec. Il y a un écosystème d'accompagnement, d'expertise et d'aide financière
qui fait en sorte qu'on s'en sort très bien. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
:
Deuxième
complémentaire.
M. Fortin :Ah! Mme la Présidente, si on veut parler du bilan de la
CAQ, on n'a qu'à écouter la députée de Sanguinet, parce que, pendant des
années, ce gouvernement-là a... a préféré les gros rubans, les grosses
annonces, les grosses entreprises aux PME, mais là ils ne s'en cachent même
plus, que ça n'a pas marché.
Je cite la députée de Sanguinet : «On
a manqué de prudence sur Northvolt. On n'a pas été chercher les garanties
suffisantes. On a mis à risque les deniers publics.» C'est son plus grand regret,
Mme la Présidente.
Comment ils peuvent être fiers de leur
bilan économique quand leur candidate à la chefferie fait tout pour s'en
distancer?
La Présidente
: La...
Des voix : ...
La Présidente : Pas de
commentaire après les questions. Je vous rappelle le décorum. Merci. La réponse
du ministre responsable des Affaires internationales.
M. Skeete : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je dirais à l'opposition officielle qu'ils ont raté une
bonne game. Pendant qu'eux, ils chassaient les brownies puis les enquêtes
internes au Parti libéral, nous, on était à l'international à tisser des liens
et à signer des ententes avec nos partenaires partout dans le monde, Mme la
Présidente. Jamais un gouvernement n'a été aussi actif à l'international pour
essayer de solidifier nos chaînes d'approvisionnement. Et, encore une fois, le
Parti libéral pense qu'ils peuvent nous faire la leçon à ce sujet, mais ils ont
juste à regarder ce qu'on fait, Mme la Présidente, s'ils veulent une leçon sur
comment gouverner.
Je dirais à mon collègue, je dirais à mon
collègue de l'opposition que, pendant qu'on signe des ententes de mémorandum,
pendant qu'on sécurise les chaînes de valeur québécoises, pendant qu'on
construit des nouveaux liens avec des partenaires plus fiables, nous, on est en
avance partout où ce qu'on va.
La Présidente
: En
terminant.
M. Skeete : Alors, ce que je
dirais, Mme la Présidente, c'est qu'on n'a pas de leçon à tirer du Parti
libéral.
La Présidente : Et troisième
complémentaire.
M. Fortin :Mme la Présidente, il y a une personne qu'on devrait
peut-être écouter, effectivement, c'est celle qui était ministre au ministre
délégué de l'Économie, la députée de Sanguinet. Elle, elle est lucide.
Je la cite :«L'écart de productivité
qu'on a avec les États-Unis s'est agrandi dans les dernières années. Déjà, ce
n'était pas chic, mais là ça s'est agrandi.»
Le problème, c'est que, quand elle dit ça,
elle parle de son bilan à elle-même, elle était ministre de l'Économie. Ce
n'est pas compliqué, Mme la Présidente, ils ont fragilisé le Québec. Il n'y a
plus personne qui pense que c'est le parti de l'économie.
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Bon, alors, voici les faits : Au niveau du PIB par
habitant, le Québec surperforme. Au niveau du revenu réel disponible, le Québec
surperforme. Au niveau des gestes qui ont été posés... Alors, les menaces
tarifaires ont commencé au mois de février 2025, et, dans le budget de
mars 2025, nous avions une décision à prendre, quel est le geste que nous
pouvions poser, comme gouvernement, pour soutenir l'économie au Québec, qui
allait faire une différence, et nous avons choisi d'augmenter les dépenses en
infrastructures pour faire un investissement...
La Présidente
: En
terminant.
M. Girard (Groulx) : ...qui
allait soutenir l'économie à court terme et à long terme.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Alors, pendant que le gouvernement fédéral a nommé sa négociatrice
en chef pour préparer la révision de l'ACEUM, le Québec, lui, n'a toujours
aucun négociateur en chef. Nous demandons cette nomination depuis
novembre 2024, et le PM le promet depuis ce temps. Les accords commerciaux
modernes touchent directement nos compétences, notamment agriculture, marchés
publics, reconnaissance des diplômes, mobilité de la main-d'œuvre, économie,
numérique. Dans un contexte d'instabilité économique où chaque province cherche
à sécuriser ces secteurs stratégiques, le silence du gouvernement est
inacceptable.
Mme la Présidente, pourquoi le
gouvernement refuse-t-il... refuse-t-il toujours un négociateur en chef comme
il l'avait promis?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Il faut saluer la nomination par Ottawa de Mme Janice Charette comme
responsable de la renégociation de l'ACEUM avec les États-Unis et le Mexique.
Et on est en action pour aider les entreprises, les travailleurs, travailleuses
à faire face à l'insécurité économique. Je reviens là-dessus : plus de
tarifs réciproques, invalidés par la Cour suprême des États-Unis, encore des
tarifs sectoriels. Donc, ça passe par l'accompagnement, ça ne passe pas par des
mesures mur à mur. Et on a des programmes, on a du soutien, on est présents
dans tous les secteurs stratégiques. On est en communication avec nos collègues
à Ottawa. On a des délégations générales aux États-Unis. Tout le monde
travaille dans la même direction pour protéger les intérêts et les
préoccupations de nos secteurs stratégiques...
M. Boulet : ...pour protéger
les intérêts et les préoccupations de nos secteurs stratégiques au Québec.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme McGraw : Alors, je
reprends, les États-Unis ont un négociateur en chef, le Canada a une
négociatrice en chef, le Québec, non, c'est la chaise vide. Aujourd'hui, qui
assure le leadership et la position québécoise sur l'aluminium, la gestion de
l'offre et les marchés publics?
Est-ce qu'on... Pourquoi on est obligé
d'attendre encore? Est-ce qu'on doit attendre jusqu'au 13 avril pour un
prochain premier ministre?
La Présidente : La réponse du
ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
M. Skeete : Bien, Mme la
Présidente, tu sais, je comprends le rôle de l'opposition à vouloir questionner
le gouvernement, mais honnêtement, dans ce dossier-là, il s'agit d'un dossier
d'unité. On doit parler d'une voix. Bien sûr, le Québec doit avoir une place à
la table, puis, bien sûr, c'est ce qu'on revendique, et c'est ce qu'on pousse à
l'intérieur du gouvernement. Vous savez, Mme la Présidente...
Des voix : ...
La Présidente : Attendez!
Article 32, je vous rappelle de garder le silence, je vous prie. On a
écouté la question avec attention. J'aimerais qu'on écoute la réponse. Merci. Poursuivez.
M. Skeete : Vous faites bien,
Mme la Présidente, parce que, dans le fond, je fais un appel à l'unité, et on
voit ce que l'opposition officielle est capable de faire dans un contexte comme
ça.
Ce que je dirais, Mme la Présidente, c'est
que c'est important de travailler ensemble. On va travailler pour avoir une
place à la table. On est déjà à la table et on a plusieurs discussions en amont
avec les gens du gouvernement fédéral pour essayer d'assurer les intérêts du
Québec.
Donc, Mme la Présidente, je comprends ce
que la collègue demande. On travaille pour le réussir.
La Présidente
: En
terminant.
M. Skeete : Je pense qu'on va
le faire.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme McGraw : Je pense qu'effectivement
le ministre a des leçons à apprendre de notre formation, parce que sous les...
les premiers ministres Charest et Couillard, le Québec s'était doté de
négociateurs en chef pour défendre nos intérêts lors des grandes négociations
commerciales. Aujourd'hui, sous la CAQ, rien.
Est-ce que le ministre reconnaît que cette
absence de leadership affaiblit le rapport de force du Québec au sein de
l'équipe canadienne et des États-Unis? Pourquoi n'avoir encore rien fait?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Skeete : Mme la
Présidente, de dire qu'on ne fait rien, c'est complètement de mal comprendre ce
qui se passe. Vous savez, Mme la Présidente, on est dans des négociations
délicates avec un voisin imprévisible, on ne peut pas s'improviser une tactique
pour pouvoir essayer de faire atterrir des objectifs politiques. Nous, ce qu'on
fait, Mme la Présidente, par l'entremise de nos délégations, on est sur le
terrain, on parle avec les acteurs qui sont... qui sont partout à l'international,
on parle avec le gouvernement fédéral. Ils savent qu'on demande d'avoir une
place à la table. C'est ce qu'on revendique. Alors, Mme la Présidente,
la collègue ne nous apprend rien. On sait comment faire ça, on va essayer de le
réussir, mais d'essayer de... d'essayer faire atterrir une...
La Présidente
: En
terminant.
M. Skeete : ...d'essayer de
s'improviser experts en relations internationales alors que la situation est
très complexe...
La Présidente : En question
principale, je reconnais le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Nos PME ont
besoin de prévisibilité. Les sondages le démontrent, avec la CAQ, nos PME
subissent de l'incertitude et un climat d'affaires qui se détériore. La CAQ,
c'est le parti du gaspillage et de la décote. C'est aussi le parti qui aura
ajouté 2,5 milliards en fardeaux administratifs additionnels par année à
nos PME. Pire, la CAQ surtaxe nos PME par rapport au reste du Canada et la CAQ
ne sait même pas comment défendre nos PME dans la renégociation de l'ACEUM.
Dois-je rappeler qu'en février 2025
le premier ministre est allé offrir à rabais à Trump notre aéronautique, notre
aluminium, nos forêts, avant même que les négociations commencent? C'est ça, la
CAQ, Mme la Présidente, c'est un parti de slogans vides. Le ministre de
l'Économie, le premier ministre absent ne pensent aucunement à nos PME. La CAQ
n'aura jamais été le parti de l'économie.
La Présidente : La réponse du
ministre délégué à l'Économie des régions.
M. Poulin : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. La question du collègue me surprend, le ton également, parce
que je travaille très bien avec la députée de Jeanne-Mance—Viger sur le projet
de loi n° 11, où on est extrêmement constructifs.
D'ailleurs, aujourd'hui, je m'attendais à quelques félicitations. Bien, je ne
m'y attendais pas vraiment, mais du moins qu'on le souligne, aujourd'hui, on a
annoncé des amendements fort importants en allègements réglementaires au projet
de loi n° 11 pour, justement, l'environnement
d'affaires des PME. D'ailleurs, Mme la Présidente, ça fait en sorte que c'est
le projet de loi sur l'allègement réglementaire le plus costaud qui a été
distribué, qui a été déposé par un gouvernement depuis des années au Québec,
Mme la Présidente.
D'ailleurs, aujourd'hui, on vient non
seulement permettre les prêts à boire à base d'alcool dans les épiceries, on
vient permettre aux coussins gonflables réutilisables pour l'industrie
automobile non déployés de pouvoir être mis dans les véhicules...
Des voix : ...
M. Poulin : Ah! vous
ridiculisez ça? Allez voir...
• (14 h 30) •
La Présidente : Attendez, M.
le ministre. Attendez, M. le ministre. Je vous rappelle l'article 32. Vous
devez garder le silence. J'aimerais entendre la réponse du ministre. Il lui
reste du temps.
Des voix : ...
La Présidente
:
Attendez. M. le ministre, poursuivez.
M. Poulin : Mme la Présidente,
on <avance...
>
14 h 30 (version non révisée)
La Présidente
: ...j'aimerais
entendre la réponse du ministre. Il lui reste du temps.
Des voix : ...
La Présidente
: Chut!
Attendez. M. le ministre, poursuivez.
M. Poulin : Mme la Présidente,
on avance dans le projet n° 11, ça va bien avec les
oppositions, on trouve des solutions, on fait de l'allègement réglementaire. Je
sais que ça ne fait pas l'affaire des oppositions, mais on est en train de
trouver des solutions avec l'ensemble des amendements que nous venons déposer.
Pour l'industrie forestière, j'étais avec la députée de Roberval, il n'y a pas
tellement longtemps, avec son industrie, on vient aujourd'hui de faire deux
annonces fort importantes pour réduire le coût de la fibre, pour aider les
régions, aider les emplois. Je m'attendais à ce qu'il y ait un minimum d'appui
du côté des oppositions...
La Présidente
: En
terminant.
M. Poulin : ...pour saluer le
leadership qu'on a pour les PME et les régions du Québec, Mme la Présidente.
Des voix : ...
La Présidente
: Article 32,
pas de bravo, vous le savez. Première complémentaire.
M. Beauchemin : 122 amendements,
ça, c'est de l'improvisation, Mme la Présidente. L'industrie de la
transformation de l'aluminium est à risque. Les tarifs rendent nos
transformateurs non compétitifs sur le marché américain. Ça, c'est des PME en
région, Mme la Présidente. On parle de milliers d'emplois à risque. La CAQ n'a
pas de plan de match pour nos transformateurs. Rien.
Y a-t-il un leader à la CAQ qui comprend l'industrie
de la transformation de l'aluminium? Y a-tu quelqu'un qui comprend la game?
La Présidente
: La
réponse du ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Bien, c'est certain qu'un tarif de 50 % sur l'aluminium, ça
ne fait aucun sens, et c'est ce qu'on s'évertue de faire comprendre au
gouvernement américain. Et d'ailleurs qui a été le premier dirigeant d'entreprise
aux États-Unis à critiquer la politique du président américain? Bien, le PDG d'Alcoa,
parce qu'Alcoa a des opérations ici, au Québec, exporte à Pittsburgh,
transforme, vend partout dans le monde. Alors, il est impératif que ce tarif de
50 % soit réduit. Et on sait que, dans le premier mandat, de ce président,
c'était 25 qui avait été réduit à 10, et là le 50 doit être réduit
impérativement.
La Présidente
: Deuxième
complémentaire.
M. Beauchemin : De toute
évidence, le ministre ne comprend pas l'industrie de la transformation qui,
elle, est surtaxée. Évidemment, ça semble être confus pour le gouvernement. La
CAQ, c'est la théorie de la chaise vide, incapable de voir les risques et les
conséquences pour l'ensemble des régions du Québec, incapable de même mettre en
place le principe d'avoir un négociateur en chef pour nous représenter à la
table de négociation. La CAQ, là, eux autres, ils veulent être à la table, non,
ils sont sur l'assiette, Mme la Présidente, ils ne sont pas bons.
La Présidente
: Alors,
je vous invite à demeurer respectueux. La réponse du ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie. On vous écoute, M. le ministre.
Des voix : ...
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Évidemment, on collabore, et le premier ministre du Québec a
rencontré le nouvel ambassadeur du Canada aux États-Unis, M. Marc Wiseman, lui
a fait part de nos préoccupations, de l'importance de négocier de façon
globale. Et je rappellerais à notre collègue que le taux de succès des
investissements provenant du Fonds de développement économique, au-delà de 20 millions,
et de 41 % en 2012 et 2018, et de 83 % en 2019-2025. Ça fait qu'on n'a
pas de leçon de taux de succès à recevoir, puis on est présents aussi dans
toutes les régions du Québec. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
: En
question principale, je reconnais maintenant le député de Nelligan.
M. Derraji : Mme la
Présidente, ce n'est pas uniquement en matière économique que ce gouvernement
est complètement déconnecté de la réalité, en matière d'infrastructures
hospitalières, c'est la... la décrépitude, Mme la Présidente. Le cas d'HMR, le
legs caquiste se résume ainsi : des chauves-souris, des rats, des fourmis,
un toit qui coule. C'est ça, le legs caquiste en matière d'infrastructures
hospitalières. Et, maintenant, Mme la Présidente, il rajoute un autre élément :
l'optimisation. Ça veut dire quoi, l'optimisation? Des toilettes communes, des
toilettes caquistes et des chambres partagées, des chambres communes. Mme la
Présidente. Hier, j'ai rencontré la coalition HMR. Ils ont une seule question
pour les caquistes : Oui ou non, des toilettes partagées, oui ou non, le
projet HMR sera dans le prochain PQI?
Des voix : ...
La Présidente
: M. le
député de LaFontaine, je vous entends trop. La réponse de la ministre de la
Santé.
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente. Très contente...
14 h 35 (version non révisée)
Mme Bélanger : ...d'avoir
cette question de mon collègue député de Nelligan, avec qui on a eu des bonnes
discussions la semaine dernière en commission, en lien avec notre loi n° 19. Le PQI, c'est important, Mme la Présidente. On est
le gouvernement qui a le plus investi dans les infrastructures depuis notre
arrivée en 2018. Aucun gouvernement n'avait investi autant. Dans le PQI Santé — là
c'est important — Santé, c'est 25 milliards sur 10 ans qui
ont été provisionnés pour nos infrastructures. C'est une augmentation de
35 % seulement pour le PQI Santé.
Alors, Mme la Présidente, on a qu'à
regarder l'état de nos grands centres universitaires au Québec, les CHUM, CUSM,
institut de cardiologie, le CHU mère-enfant de Sainte-Justine. On a qu'à
regarder où on en est ici, à Québec, avec, donc, les grands projets d'infrastructures.
On est en train de redresser la barre dans nos grandes infrastructures
universitaires. Et maintenant, Mme la Présidente, on travaille sur nos centres
hospitaliers dans toutes les régions du Québec, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Derraji : Mme la
Présidente, la réalité est la suivante : on impose des coupures un peu
partout. La coalition aimerait savoir, est-ce qu'ils vont se ramasser avec des
toilettes communes, des toilettes caquistes, des chambres communes, des
chambres petites? C'est ça, la question, Mme la Présidente. Est-ce qu'aujourd'hui,
la coalition doit savoir est-ce que dans le prochain PQI, HMR sera là? C'est ça,
la question. Oui ou non?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : Merci, Mme
la Présidente, au collègue. La réponse, elle est simple. Est-ce que HMR va
faire partie du prochain PQI? Bien, en fait, il y est déjà, il y est déjà à
travers l'enveloppe centrale en santé. Si les oppositions connaissaient
minimalement le fonctionnement du PQI, elles sauraient. Elles sauraient que
lorsqu'un projet est à plus d'un milliard de dollars, il est provisionné
graduellement. Donc, il y a un provisionnement qui a été amorcé déjà pour HMR,
avec des travaux concrets qui sont déjà en réalisation. On a ri de la question
du stationnement, mais pour faire un hôpital, il faut de l'espace, et pour
faire de l'espace, il faut justement relocaliser le stationnement, ce qui est
en cours de route. Le prochain PQI apportera un certain nombre de...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Derraji : Ah! Mme la
Présidente. C'est le ministre lui-même qui impose -15 %. Mais j'ai une
question pour lui : Est-ce qu'il va confirmer aujourd'hui que ces efforts
qu'il demande d'optimisation ne concernent pas les toilettes du HMR? La réponse
doit être claire. Il parle du PQI, parle du stationnement. Ce que la coalition
demande, c'est une inscription complète du HMR. Et s'il y a un lancement dans
le prochain PQI.
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : Est-ce que
les efforts d'optimisation, c'est s'assurer de payer le bon coût pour la portée
du projet que l'on souhaite se donner? Que les libéraux souhaitent dépenser
sans égard aux coûts, ça ne me surprend pas. Mais pour ce qui est du
gouvernement, c'est s'assurer qu'on aura la portée nécessaire pour un projet
majeur et de payer le bon coût pour ce projet-là. Le prochain PQI sera présenté
au cours des prochaines semaines. On aura un certain nombre de précisions aux
questions posées, mais je rassure les gens de Montréal et de l'ensemble du
Québec qui s'inquiètent de la situation de l'HMR, c'est un projet qui se
provisionne bien et qui sera réalisé, contrairement aux années libérales où
aucune avancée ne s'est faite pour cet hôpital-là.
La Présidente : En question
principale. Je reconnais maintenant la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal : Merci, Mme
la Présidente. Pardonnez-moi d'avance les mots que je vais devoir prononcer,
mais c'est vraiment nécessaire pour prendre pleine conscience du problème qu'on
a en ce moment dans nos écoles. Selon une étude du chercheur Francis
Dupuis-Déri, de plus en plus d'élèves se font traiter de «salope» et de «pute»,
des enseignantes se font dire que leur place est dans la cuisine, des drapeaux
LGBTQ sont brûlés. J'en ai parlé hier sur mes réseaux sociaux puis j'ai reçu
beaucoup de témoignages de femmes qui se sentent impuissantes et qui ont peur,
notamment Catherine, qui voit des enfants de 10 à 12 ans faire des saluts
nazis en classe. Juliette a dû terminer ses études aux adultes parce qu'il y
avait trop de haine dans son école secondaire qu'elle a dû abandonner. Jennifer
sent que l'école et le gouvernement l'ont laissée tomber. Ça, Mme la Présidente,
ça se passe aujourd'hui dans le Québec de 2026...
14 h 40 (version non révisée)
Mme Ghazal : ...je suis
extrêmement, extrêmement inquiète de cette situation. C'est vraiment un retour
en arrière que je n'aurais jamais cru possible. L'égalité entre les femmes et
les hommes, on le sait, au Québec, c'est non négociable. Moi, je ne veux pas
que nos filles soient obligées de se battre comme nos mères et nos grand-mères.
Ma question est très simple pour le
gouvernement de la CAQ : Est-ce que la CAQ va continuer à tolérer ce
retour en arrière dans nos écoles du Québec, oui ou non?
La Présidente
: Et la
réponse de la ministre responsable du Sport, du Loisir et du Plein air.
Mme Charest : Oui, merci, Mme
la Présidente. Effectivement, les propos qu'on entend sont inacceptables,
inappropriés. Évidemment, on ne tolère pas ce genre de propos. On a reçu le
rapport qui a été commandé par la FAE. Évidemment, on va en prendre
connaissance et on pourra apporter des réponses, ou en tout cas du moins des...
peut-être des mesures, des... des pistes de solution.
Alors, évidemment, en matière d'égalité, vous
savez... Mme la Présidente, on a... on a posé des gestes très concrets pour
faire en sorte, justement, de s'assurer de cette notion d'égalité. Il faut
évidemment agir en prévention. On se rappelle qu'on a implanté le cours de
culture et de citoyenneté, qui donne aux élèves, justement, des repères clairs
en matière d'égalité, en matière de respect des droits, en matière de pensée
critique. Et on aborde notamment la notion de sexe et de genre. On se rappelle
qu'il y a eu l'adoption aussi du PL n° 94 pour renforcer le principe d'égalité
entre les femmes et les hommes dans nos écoles, de préciser les comportements
exempts de violence et d'intimidation des élèves...
La Présidente
: En
terminant.
Mme Charest : ...et du
personnel scolaire. D'ailleurs, aussi, dans ce rapport, ma...
La Présidente
: Première
complémentaire.
Mme Ghazal : Mme la Présidente,
je n'entends absolument rien de concret. L'étude est alarmante. Si je me fie au
bilan de la CAQ, tout ce qui a été fait, c'est imposer le vouvoiement dans les
écoles. C'est ça, la vision de la CAQ, ça s'arrête là, des formules de
politesse? Ça va être quoi dans nos écoles puis dans nos classes qu'on va
entendre, hein? Ça va être : Respectueusement, madame, votre place est
dans la cuisine.
La Présidente
: La
réponse...
Des voix : ...
La Présidente
: ...de
la ministre.
Mme Charest : Je vais prendre
une bonne respiration. Je pense que c'est... ce qu'on a mis en place pour faire
en sorte qu'il y ait l'égalité entre les hommes et les femmes, notamment via
toutes les mesures qu'on a mises en place pour la laïcité, je pense qu'il faut
le saluer. Je vais peut-être ramener à des sujets qui sont un peu plus près de
moi, dans le rapport sur la violence, dans le sport notamment, où des
comportements... Je rappelle que, là aussi, on a agi en... en amenant la notion
d'intégrité dans le sport, en donnant des recours, des ressources pour les
jeunes pour pouvoir dénoncer des situations d'intimidation, de violence
sexuelle, de racisme, et tout ça. On va continuer d'agir. Il faut agir en
prévention, et je pense que c'est une...
La Présidente
: Deuxième
complémentaire.
Mme Ghazal : J'aimerais ça
donner une dernière chance à la ministre pour entendre quelque chose de
concret. Elle dit : On va agir, on va faire des choses. Il y a des propos
misogynes, des propos homophobes qu'on entend aujourd'hui. C'est vraiment
extrêmement inquiétant pour nos filles. Je ne veux pas que nos filles soient
obligées de se battre pour les droits qu'on a aujourd'hui. Je ne veux pas qu'il
y ait de reculs au Québec. Je lui donne une autre chance. Les profs, les... les
parents, tout le monde écoute la ministre, écoute le gouvernement de la CAQ. Je
vois que ça va être le ministre ici qui va répondre. Je veux entendre une
question concrète.
La Présidente
: La
réponse du ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, c'est ironique d'entendre Québec solidaire, alors que nous, du côté
du gouvernement, on veut inscrire l'égalité entre les femmes et les hommes dans
la Constitution du Québec, dans la loi des lois, ils sont contre, Mme la
Présidente. On veut faire en sorte, Mme la Présidente, que l'égalité entre les
hommes et les femmes priment sur la liberté de religion. Ils sont contre. Le
député de Maurice-Richard nous dit : Il y a de l'intimidation, des
menaces, des mensonges. On ne veut pas que ça se passe dans nos écoles, on ne
veut pas que ça se passe dans notre société. Bien, Québec solidaire, Mme la
Présidente, font totalement le contraire quand vient le temps de prendre
position. On a réglé le cas de Bedford, on a mis des mesures pour favoriser la
laïcité, parce que nous, on n'accepte pas, Mme la Présidente, de séparer les
petits garçons puis les petites filles. On n'accepte pas ça au Québec, on n'accepte
pas ça dans le système scolaire, puis on va défendre les valeurs québécoises.
Ce n'est pas Québec solidaire qui va réussir à faire ça.
La Présidente
: En…
Des voix : …
La Présidente
: Article 32.
On retrouve le silence, s'il vous plaît! M. leader, je vous remercie. Une seule
personne a droit de parole maintenant. En l'occurrence, en question principale...
Des voix : ...
La Présidente
: M. le
leader. En question principale, je reconnais la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : À la veille
du...
14 h 45 (version non révisée)
Mme Zaga Mendez : ...premier
budget caquiste, le coût de la vie écrase les Québécois et nos aînés sont en
première ligne. Je pense à Mme Jeannette Larrivée, 81 ans. Elle a
travaillé toute sa vie puis, aujourd'hui, il lui manque 500 $ par mois
pour simplement arriver. L'inflation dévore déjà les prestations, les logements
explosent, l'épicerie aussi. C'est rendu tellement grave que Mme Jeannette
ne se cherche pas un passe-temps, elle se cherche une job. Eh oui, nos aînés de
75 ans et plus retournent au marché du travail. Pas par choix, mais par
nécessité. L'Organisme Perspectives nous le confirme, des aînés qui envoient
des CV pour arriver à la fin du mois.
Après huit ans au pouvoir, est-ce que le
ministre des Finances est fier de voir des octogénaires retourner au travail
pour combler la fin de mois? Il lui reste une seule et dernière chance avec le
dernier budget caquiste. Qu'est-ce qu'il va faire maintenant pour protéger les
Québécois et Québécoises contre la hausse du coût de la vie?
La Présidente
: La
réponse du ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, Mme la Présidente, la politique, ça ne manque pas d'ironie. Je n'aurais
jamais pensé que Québec solidaire allait énumérer le programme politique de la
CAQ. Nous avons, en 2022, promis de protéger les Québécois face à la hausse du
coût de la vie, parce qu'en 2022, il y a eu une hausse de 8 % de l'inflation.
Alors, c'est pour ça qu'en campagne électorale, on a parlé d'un bouclier anti-inflation,
et puis, là-dedans, c'était quoi, la principale mesure, là? 2 000 $
pour les aînés à faible revenu. Et, je dois le souligner, l'opposition
officielle, le Parti libéral du Québec, était d'accord avec cette mesure.
Alors, c'est une excellente mesure qui
vise à aider les aînés à faibles revenus. 2 000 $ pour les aînés de
plus de 70 ans qui ont des problèmes avec la hausse du coût de la vie. Puis
il y avait aussi une autre excellente mesure, Mme la Présidente, une baisse d'impôts
pour l'ensemble des contribuables, près de 5 millions de Québécois qui
paient des impôts à chaque semaine.
La Présidente
:
Première complémentaire.
Mme Zaga Mendez : Le ministre
nous ressort le crédit impôt de 2 000 $ par année. Alors, faisons le
calcul. 2 000 $ par année, c'est 167 $ par mois. Mme Jeannette
a besoin des 500 $ par mois. 500-167, nous sommes toujours dans le
négatif. Chaque mois, le loyer augmente, l'épicerie augmente. Comment les aînés
à faible revenu vont arriver?
Alors, je repose ma question, et c'est la
dernière chance pour le ministre de répondre avec le budget. Qu'est-ce qui va
changer dans le prochain budget concrètement pour que les...
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui. Bien,
Mme la Présidente, il y a eu des bonifications aux crédits d'impôt solidarité,
crédit d'impôt proches aidants, crédits d'impôt maintien à domicile, on a
plafonné les tarifs, et puis, bien sûr, au niveau du logement, programme de
supplément pour le loyer, programme d'allocations au logement. Programme d'allocations
au logement via Revenu Québec. Programme de supplément au loyer directement.
Alors, c'est un ensemble de mesures que
nous avons fait. Et puis, lorsqu'on regarde les statistiques, c'est au Québec
que le revenu réel, disponible après impôts et inflation a le plus augmenté au
Canada. Et c'est la même chose pour les aînés. Et je comprends qu'on nous
demande d'en faire plus...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Zaga Mendez : Mme la
Présidente, pendant ce temps-là, Mme Jeanette, elle se cherche toujours
une job parce qu'elle n'arrive pas à la fin du mois, puis, comme elle,
plusieurs aînés qui ont bâti le Québec pensent à envoyer un CV. Ça n'a pas d'allure.
Le bilan de la CAQ est clair, on a pelleté
des milliards dans des projets douteux, dans des subventions aux grandes
entreprises, puis, pendant ce temps-là, le filet social, lui, il est percé de
partout. C'est votre dernière chance. Le budget, c'est un choix politique. Ça
va être quoi encore? Encore de l'argent aux milliardaires ou l'argent aux
priorités des Québécois et Québécoises qui...
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Bien, je vais être respectueux, je vais répéter ce qu'on a fait
pour les gens qui font face... La hausse du coût de la vie, c'est sérieux. On a
fait d'excellentes mesures, puis c'est pour ça que notre bilan, il est bon. 2 000 $
pour les aînés, baisse d'impôts, plafonnement des tarifs, hausse du crédit d'impôt
solidarité, hausse du crédit d'impôt maintien à domicile, hausse du crédit d'impôt
pour frais de garde. Ce sont toutes des mesures qui visent à protéger les
Québécois face à la hausse du coût de la vie. Et, bien sûr, on doit en faire
plus, on doit continuer parce que le fardeau fiscal des Québécois est élevé, mais
on fait ça progressivement...
La Présidente
: En
terminant.
M. Girard (Groulx) : ...parce
qu'il faut aussi investir en santé et en éducation...
14 h 50 (version non révisée)
M. Girard (Groulx) : ...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le chef du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Mme
la Présidente, mon équipe et moi venons de passer les derniers mois sur le
terrain à rencontrer la population, à faire du porte-à-porte, notamment à
Chicoutimi. Et les Québécois étaient aussi clairs à Chicoutimi qu'ils ne l'étaient
dans Arthabaska ou à Terrebonne : Ils sont tannés de ce gouvernement qui
gaspille les fonds publics. La population n'en peut plus des projets
brouillons, de l'improvisation et de tout ce qui est fait sur un coin de table.
Ils veulent un vrai gouvernement qui incarne de la rigueur. Aujourd'hui,
malheureusement, un autre exemple de projet mal planifié et de gaspillage d'argent
public avec le cas de la Maison des aînés, des Maisons des aînés. Santé Québec,
une structure créée par le gouvernement de la CAQ, fait la leçon à la CAQ,
aujourd'hui, sur les coûts et la gestion de ce projet caquiste, parce qu'on est
rendus jusqu'à 1,8 million de dollars par porte dans certains de ces
projets, et Santé Québec dit simplement : Ça devrait coûter 500 000 $.
Et, notamment, un des problèmes, c'est des exigences techniques trop élevées
par rapport aux besoins. Essentiellement, Santé Québec vient de confirmer tout
ce qu'on reproche à ce gouvernement sur la gestion de ce dossier depuis des
années. Est-ce que ce gouvernement peut reconnaître, comme le dit Santé Québec,
que le modèle actuel des maisons... de la Maison des aînés n'est pas viable?
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé, aussi responsable des aînés.
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente. Bien hâte d'entendre ce que le Parti québécois va faire avec les
aînés qui ont besoin de places en soins de longue durée. J'aimerais bien ça les
entendre, parce qu'ils... pendant les 20 dernières années, Mme la Présidente,
il n'y a presque pas eu de création de CHSLD, au Québec. On a changé le modèle
d'hébergement au Québec, on a créé, Mme la Présidente, notre engagement, c'était
46 Maisons des aînés, au moment où on se parle, Mme la Présidente, nous sommes
à 44 Maisons des années qui sont inaugurées. Les gens qui sont là, ils sont
contents d'être là, ils ont des bons services. Les proches aidants, je ne sais
pas, là, vous êtes allés, là, vous promener un peu partout. Avez-vous parlé...
La Présidente
: ...vous
vous adressez à la Présidente.
Mme Bélanger : Je vais garder
le focus. Alors, Mme la Présidente, ils sont allés se promener sur le terrain,
j'espère qu'ils sont allés visiter les Maisons des aînés, parce que les gens
qui sont là sont contents, ils ont des bons services, les proches aidants sont
sécurisés de savoir que leur... que leur proche est là, les employés sont
contents. Puis, concernant l'article de ce matin, là, on est rendus, Mme la
Présidente, écoutez, il n'y a rien de trop beau, on est rendus à 1.8 million
la porte, voyons donc, Mme la Présidente, il y a eu une situation comme ça, c'est
parce qu'il y avait une situation particulière. Alors...
La Présidente : Première complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Mme
la Présidente, là, on apprend que l'argument du gouvernement, c'est que les
gens qui sont là sont contents d'être là. Mais ce n'est pas ça, la question. La
question, c'est qu'on a bâti 3480 places pour un coût astronomique de 2,8
milliards. Or, les besoins estimés, c'est que ça prendrait 42 500 places. Ça, c'est
34 milliards, il n'y a pas 34 milliards dans le PQI. C'est un véritable gouffre
financier, une perte de contrôle sur les dépenses. Est-ce que la ministre va
continuer à foncer tête première dans le mur avec ce projet?
195
12187
La Présidente : La
réponse du ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente, le collègue tourne les coins ronds. D'une part, c'est le
gouvernement qui a demandé à Santé Québec d'optimiser le projet des Maisons des
aînés. La consigne a été donnée l'été dernier par mon prédécesseur, réitérée au
cours des dernières semaines pour arriver à un meilleur coût de projet avec la
même qualité de service. C'est la raison pour laquelle on a eu des projets
aussi dispendieux, c'est qu'on récupérait et entretenait des bâtiments
patrimoniaux. C'est certain que ça a une incidence sur le coût de la porte.
Donc, on a non seulement offert des services de qualité à nos aînés, mais on a
aussi réussi à rénover, dans certains cas, des bâtiments patrimoniaux qui
étaient sous la responsabilité du gouvernement du Québec. Donc, non seulement
mission auprès des aînés, mais respect...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Mme
la Présidente, c'est parce que c'était des bâtiments patrimoniaux. 1
million de dollars la porte environ, et une demande qui ne correspond
absolument pas à la perte de contrôle des coûts par ce gouvernement. Et là,
aujourd'hui, la CAQ dit : Bien, c'est nous qui avons demandé à Santé
Québec, mais ça tombe bien, Santé Québec vous a dit ce qu'on vous dit depuis
sept ans : Vous avez perdu le contrôle sur les coûts, et là, vous récoltez
les conséquences de ce...
La Présidente : ...M. le
chef, également à la Présidente.
M. St-Pierre Plamondon : Et
le... un gouvernement du Parti québécois mettra fin à ce fiasco.
La Présidente : Chut! La
réponse de la ministre de la Santé et responsable des aînés et des proches aidants.
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente...
14 h 55 (version non révisée)
Mme Bélanger : ...en fait, on
va continuer dans le déploiement des places d'hébergement au Québec. C'est
important dans le contexte du vieillissement de la population, Mme la
Présidente. Donc, on a été avec une première phase, 46 maisons des aînés.
On est maintenant à une phase deux un peu partout, dans toutes les régions du
Québec, Mme la Présidente. Et, oui, effectivement, comme ministre de la Santé,
j'ai demandé à Santé Québec de réviser les façons de faire, d'optimiser encore
le modèle. C'est un modèle qui est évolutif. Mme la Présidente, on est en
mouvement. Et puis ils oublient, de l'autre côté, là, de la... de la Chambre,
que nous avons aussi conventionné les CHSLD privés au Québec, Mme la Présidente.
On a...
La Présidente
: En
question principale, je reconnais maintenant le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : ...Mme la
Présidente, après le projet de loi n° 10 sur l'équité salariale, le projet
de loi n° 51 sur la construction, le projet de loi n° 89 sur le droit
de grève, voici qu'on apprenait hier que le projet de loi n° 101 sur la
santé-sécurité se retrouvera lui aussi devant les tribunaux. Ce n'est pas
compliqué, Mme la Présidente, tout ce qui sort du cabinet du ministre du
Travail s'en va direct devant un juge.
L'affaire, c'est que ça a coûté cher à l'État,
ça va coûter cher à l'État défendre toutes ces lois-là devant les tribunaux.
Pourquoi le gouvernement ne mettrait pas cet argent-là, à la place, dans le
soutien envers ses propres travailleurs qui en ont bien besoin? Drôle de
hasard. La FAE déposait le jour même un rapport qui démontre une hausse
fulgurante des incidents violents, autant physiques que psychologiques dans le
milieu scolaire. On risque donc fort d'assister à une explosion d'accidents de
travail et de maladies professionnelles dans le secteur scolaire. Bien,
malheureusement, le projet de loi n° 101 du ministre offre un régime de
protection moins généreux au secteur de l'éducation et de la santé. Pourquoi
continuer à adopter des mauvaises lois qui pénalisent nos travailleurs qui ont...
sont au bout du rouleau, alors que vous savez pertinemment que les lois vont
être contestées devant les tribunaux? Mme la Présidente, pourquoi continuer à
gaspiller l'argent public?
La Présidente
: La
réponse du ministre du Travail.
M. Boulet : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Effectivement, en 2021, on a adopté une vaste réforme modernisant
le régime de santé-sécurité au Québec. Il y avait deux lois, une en matière de
prévention, une en matière d'indemnisation, qui avaient été adoptées en 1979, 1985,
qui n'avaient pas été modifiées de quelque manière que ce soit, même si les
secteurs à prépondérance féminine s'étaient développés. On a quand même adopté
cette loi-là au mois d'octobre 2021, qui reconnaît pour la première fois l'importance
de l'intégrité psychique, des risques psychosociaux, des mécanismes de
prévention en santé puis en services sociaux. Il n'y avait absolument rien
avant 2021. Donc, c'est une avancée importante que le projet de loi n° 101
ait donné plus de détails pratiques, et, qu'il fasse l'objet d'une contestation,
je le respecte. Ceci dit, les mécanismes sont nouveaux. C'est une avancée
phénoménale dans des secteurs où la fréquence et la gravité des lésions
professionnelles ont été en hausse dans les dernières années. On en est
extrêmement fiers, Mme la Présidente.
La Présidente
: Première
complémentaire.
M. Leduc : On est en train de
faire l'étude article par article du projet de loi n° 3 sur la cotisation
syndicale et, selon les propres analyses internes du ministère, la loi enfreint
les libertés syndicales fondamentales que le Québec s'est engagé à promouvoir
sur la scène internationale. Puis elle le fait mal, en plus, Mme la Présidente.
L'étude détaillée est difficile. On obtient trois réponses différentes du
ministre pour chaque cas de figure. Ce n'est pas clair comment la loi va s'appliquer.
C'est donc un autre aller simple vers les tribunaux qu'on attend. Le ministre
le sait. Est-ce que le ministre pourrait éviter une énième poursuite et retirer
de son projet de loi la partie controversée sur la cotisation dite facultative?
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Évidemment, la réponse, c'est non. Je pense que mon collègue
pouvait l'anticiper. C'est important qu'au Québec on s'améliore en matière de
transparence syndicale. Il y a 1,8 milliard de dollars qui est
collecté, qui est payé par des travailleurs, travailleuses en cotisations. C'est
important que les syndicats assument un devoir de réciprocité envers ces
travailleurs-là, les informer avec des états financiers, des rapports de
dépenses, s'assurer d'une meilleure gouvernance avec des périodes minimales de
vote et qu'il y ait des cotisations qui ne soient pas interdites...
La Présidente
: En
terminant.
M. Boulet : ...mais qui
requièrent l'approbation des travailleurs. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
: Deuxième
complémentaire.
M. Leduc : Dans son mauvais
projet de constitution, le ministre de la Justice interdit à des organismes de
contester certaines lois de l'État. Pour l'instant, les syndicats, ils n'en
font pas partie, mais les articles quatre et cinq prévoient qu'ils pourraient
être ajoutés par le gouvernement quand bon lui semblera. C'est-tu ça, le plan, Mme
la Présidente? Le gouvernement, il n'a tellement pas envie de payer pour que
les employés arrêtent de se blesser au travail et qu'il les empêche de
contester des mauvaises lois en santé-sécurité qu'il les traite comme des
citoyens de seconde zone. Le ministre a reculé sur l'article 29 la semaine
passée. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin? Pourrait-il retirer les articles
quatre et cinq de son mauvais projet?
La Présidente
: Et la réponse
du ministre de la Justice...
15 h (version non révisée)
M. Jolin-Barrette : ...Mme la
Présidente, écoutez, si le député d'Hochelaga-Maisonneuve veut venir en
commission parlementaire à titre de porte-parole pour le projet de loi de constitution,
ça va me faire plaisir parce que, déjà, on a eu le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
là, on est avec le député de Maurice-Richard, mais ça n'a pas l'air d'être
agréable pour le député de Maurice-Richard de venir en commission. Mme la
Présidente, les articles 4 et 5 ne disent pas cela. J'ai passé 14 jours
à le dire en commission parlementaire. Mais ce que vous avez fait, par contre,
vous, vous avez écrit des courriels...
La Présidente
: ...M.
le leader, vous vous adressez à la Présidente. Poursuivez votre réponse.
M. Jolin-Barrette : Merci, Mme
la Présidente. Le député d'Hochelaga-Maisonneuve a écrit des courriels aux
organismes à but non lucratif pour leur faire peur, pour dire : Vous allez
être visés par...
Des voix : ...
La Présidente : Oui, je vais
reconnaître M. le leader du deuxième groupe d'opposition. Je veux entendre
votre appel au règlement. Allez-y, je vous écoute.
M. Cliche-Rivard : Oui. Vous
vous douterez... vous vous doutez très clairement d'où est-ce qu'on s'en va. On
va vous demander de le retirer. Faire peur est au lexique. Merci.
La Présidente : Vous avez
raison. Retirez cette expression. Vous le retirez et vous poursuivez. Il vous
reste 11 secondes.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, le député d'Hochelaga-Maisonneuve a écrit aux organismes à but non
lucratif pour leur dire : Dans la Constitution, on va vous en empêcher de
contester les lois.
La Présidente
: En
terminant.
M. Jolin-Barrette : Ce n'est
pas vrai, Mme la Présidente, et il le sait très bien. C'est une manigance.
La Présidente : Voilà...
Des voix : ...
La Présidente
: Alors,
je suis debout, je suis debout. On avait dépassé d'une seconde le temps de
parole. Je vous demande de demeurer respectueux et... demeurer respectueux.
Des voix : ...
La Présidente
: Oui, mais
on était rendus à 46 secondes et non 45. Le temps était terminé. J'étais
en train de me lever.
Alors, cela met fin à cette période de
questions et de réponses orales. Comme il n'y a pas de vote reporté, nous
allons passer à la rubrique Motions sans préavis, et, pour ce faire, je cède la
parole à la première vice-présidente de l'Assemblée nationale. Bonne fin de
journée, tout le monde.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans
préavis, je reconnais un membre du groupe formant l'opposition officielle, Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
représenter... de présenter, pardon, la motion suivante conjointement avec le
député de Laurier-Dorion, le député de Jean-Talon, le député d'Abitibi-Est, la
députée de Rimouski, la députée de Laporte, le député de Rosemont, la députée
de Saint-Laurent et la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte qu'un
examen conjoint de L'Accord Canada-États-Unis-Mexique, ACEUM, en matière de
libre-échange doit s'effectuer cette année;
«Qu'elle prenne acte que le gouvernement
fédéral a nommé Mme Janice Charette à titre de négociatrice commerciale en
chef du Canada auprès des États-Unis;
«Qu'elle déclare qu'il est primordial que
les intérêts économiques du Québec soient bien compris et défendus dans le
cadre de cet examen conjoint; «Qu'enfin, elle demande au gouvernement
caquiste de nommer un négociateur en chef pour le Québec sans tarder, comme s'y
était engagé le premier ministre le 6 novembre 2024.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M.
le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Comme il n'y a pas de consentement, nous allons poursuivre avec un membre du
deuxième groupe d'opposition, M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Je souhaite... Ah! Non, pardon. Ça, c'était ma déclaration de
député. OK. Mme la Présidente...
Des voix : ...
M. Zanetti : C'est pour détendre
l'atmosphère. Mme la Présidente, je sollicite le consentement de cette
Assemblée pour présenter la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale du Québec
réaffirme son attachement au respect de ses institutions et des membres de l'Assemblée
nationale;
«Qu'elle prenne acte de la baisse
préoccupante de la confiance du public envers les politiciens et politiciennes;
«Qu'elle prenne acte également que les
politiciens et politiciennes subissent de plus en plus d'intimidation et de
gestes à caractère violent;
«Qu'elle rappelle que la liberté d'expression
des parlementaires, y compris lorsqu'ils expriment des préoccupations sur le
climat politique, est essentielle à la vitalité démocratique.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M.
le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Il n'y a pas de consentement. Nous allons poursuivre. Je suis prêt à entendre
un membre du troisième groupe d'opposition, M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec les députés de Westmount—Saint-Louis,
Laurier-Dorion, Chomedey...
15 h 05 (version non révisée)
M. Arseneau : ...Laporte et de
Rosemont, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte que
la Loi sur la police prévoit que le ministre de la Sécurité publique doit
constituer un Conseil sur les services policiers du Québec;
«Qu'elle prenne acte que le Conseil sur
les services policiers est
inactif depuis 2013;
«Qu'elle rappelle que le Conseil rend des
avis au gouvernement sur
toute question relative aux services policiers
rendus au Québec;
«Qu'en conséquence, l'Assemblée nationale
demande au ministre de
la Sécurité publique de s'engager à remettre sur
pied le Conseil sur
les services policiers du Québec dans les plus
brefs délais.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion, M. le leader adjoint du gouvernement?
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Est-ce que cette motion est adoptée?
Oui?
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, nous avons une demande de vote électronique. Le vote est maintenant
ouvert.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Le vote est maintenant terminé. M. le secrétaire général, pour le résultat.
Le
Secrétaire : Pour : 98
Contre : 0
Abstentions : 0
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, cette motion est adoptée. M. le député des Îles-de-la-Madeleine, vous
avez une demande?
17947
M. Arseneau :Merci,
Mme la Présidente. J'aimerais qu'une copie de cette motion soit transmise à la
Fédération des policiers et policières municipaux du Québec.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, merci, ce sera fait. Maintenant, je suis prête à entendre un membre
formant le gouvernement, Mme la ministre... Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Bourassa : Merci
beaucoup, Mme la députée... Mme la Présidente, vous voyez. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante, conjointement avec
le leader de l'opposition officielle, le député des Îles-de-la-Madeleine, le
député de Rosemont, le député d'Abitibi-Est et la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse le
privilège de siéger en cette Chambre;
«Qu'elle rappelle la chance que nous avons
de vivre dans une société libre et démocratique;
«Qu'elle rejette tout propos affirmant ou
laissant entendre qu'elle constitue un espace toxique de travail;
«Qu'elle affirme sans nuance que mentir,
manipuler ou intimider ne fait pas partie du quotidien de cette Assemblée, ni
d'aucun de ses 125 membres.»
(Applaudissements)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, madame...
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
S'il vous plaît! Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Comme il n'y a pas de consentement, nous allons poursuivre. Alors, nous
sommes à la rubrique Avis travaux... touchant les travaux des commissions.
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, Mme la Présidente. Et donc, j'avise cette Assemblée que la Commission
de l'aménagement du territoire va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 13, la Loi visant à favoriser la sécurité et le
sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses dispositions, aujourd'hui,
après les affaires courantes, jusqu'à 19 h 15, à la salle
Louis-Joseph-Papineau.
La Commission de l'économie et du travail va
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3,
la Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus
démocratique de diverses associations en milieu de travail,
aujourd'hui, après les affaires courantes, jusqu'à 19 h 15, à la salle
Marie-Claire-Kirkland.
La Commission des finances publiques va
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 7,
la Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité de l'État et
à renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires, aujourd'hui, après les affaires
courantes, jusqu'à 19 h 15 à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
La Commission de la culture et de
l'éducation va entreprendre les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 10, la Loi
protégeant les consommateurs contre les pratiques abusives de revente de
billets et de renouvellement d'abonnements en ligne, aujourd'hui, après les
avis touchant les travaux des commissions, jusqu'à 19 h 35, à la salle
Pauline-Marois.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. Pour ma part, je... y a-t-il consentement pour déroger à l'article 143
du Règlement concernant l'horaire des travaux des commissions?
Des voix : Consentement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Consentement. Donc, pour ma part, je vous avise que la Commission de la santé
et des services sociaux se réunira en séance de travail le mercredi 25 février
2026 à 8 heures... de 8 h 30 à 9 heures, à la salle...
15 h 10 (version non révisée)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
...à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de statuer sur la
possibilité que la commission se saisisse de la pétition portant sur le
maintien de l'accès aux soins en obstétrique et en gynécologie dans la région
de Québec.
Maintenant, nous poursuivons à la rubrique
Renseignements des travaux de l'Assemblée. Je vous informe qu'il y aura
sanction du projet de loi n° 111, Loi modernisant la
Loi sur les coopératives et modifiant d'autres dispositions, aujourd'hui, à 15 h 30,
au bureau de Son Honneur la lieutenante-gouverneur.
De plus, je vous informe que demain, lors
des affaires inscrites par les députés de l'opposition, sera débattue la motion
inscrite par Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Cette motion se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse la
nécessité de tenir des états généraux sur le système d'éducation au Québec.»
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour. Je vous cède la
parole, M. le leader adjoint.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Et je vous demanderais de bien vouloir
appeler l'article 15 du feuilleton, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Donc, à l'article 15 du feuilleton, l'Assemblée prend en considération le
rapport de la Commission de la santé et des services sociaux sur le projet de
loi n° 19, Loi visant notamment l'amélioration de
l'accès aux services médicaux et la prise en charge médicale de la population.
Et je cède immédiatement la parole à Mme la ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, je suis très fière du travail accompli pour le PL n° 19,
Loi visant notamment l'amélioration de l'accès aux services médicaux et la
prise en charge médicale de la population.
Nous avons eu l'occasion d'entendre, lors
des consultations particulières, trois groupes importants. D'abord, le Conseil
pour la protection des malades, le Regroupement provincial des comités des
usagers et l'Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec.
Nous avons eu des échanges constructifs, autant avec ces groupes qu'avec les
collègues en commission parlementaire. Je tiens d'ailleurs à remercier les
groupes et les collègues pour la qualité des échanges. Même si parfois nos
points de vue peuvent apparaître divergents, nous travaillons tous dans un même
objectif, soit d'assurer à l'ensemble de la population du Québec un meilleur accès
aux soins de santé. J'aimerais rappeler que le projet de loi nous permettra
de concrétiser des gains obtenus pour les Québécois dans l'entente conclue avec
la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec en décembre dernier.
Par ailleurs, à la suite d'une rencontre
que j'ai tenue en début de semaine dernière avec la FMOQ... où j'ai eu l'occasion
d'exprimer ma volonté d'accélérer la prise en charge des personnes plus
vulnérables d'ici le 31 mars prochain.
À titre de rappel, l'entente de principe
prévoit la prise en charge de 500 000 patients d'ici le 30 juin
2026, et donc incluant 180 000 patients vulnérables. C'est une
avancée considérable, Mme la Présidente. Non seulement on devance notre
engagement, mais la FMOQ s'engage à ce que les 180 000 personnes
vulnérables, les patients, soient préalablement inscrits à un groupe de
médecins de famille et en affiliation avec un médecin de famille par
inscription individuelle lors du premier rendez-vous, Mme la Présidente. Et c'est
important, il faut se réjouir de ça, notamment pour les personnes qui ont des
conditions cliniques et qui... ces personnes ont besoin d'avoir un médecin qui
va faire une prise en charge et un suivi.
Au niveau de nos amendements, Mme la
Présidente, nous avons eu plusieurs échanges, en commission, qui ont porté
fruit et qui ont mené au dépôt d'un amendement, entre autres, important pour la
prise en charge des Québécois. Nous avons donc ajouté un article dans la loi
pour s'assurer du plein champ de pratique, du champ d'exercice des IPS en GMF
afin qu'elles puissent faire, elles aussi, nos infirmières praticiennes
spécialisées, la prise en charge des patients orphelins.
Les IPS, on le sait, jouent un rôle
essentiel dans l'accès aux soins de santé au Québec, et je veux les remercier
pour le travail qu'ils font. Et...
15 h 15 (version non révisée)
Mme Bélanger : ...nous avons
soulevé que, malgré nos efforts législatifs d'élargissement du champ des
professions, il y a encore des défis à faire, notamment en... au sein de nos
GMF, afin que les groupes de médecins de famille puissent travailler en... en
interdisciplinarité avec les professionnels qui ont tous un rôle à jouer et qui
doivent travailler au maximum de leur champ de pratique. On est tous pour le
décloisonnement, et ça, ça doit se retrouver au sein de nos cliniques
médicales. Il y en a, des GMF partout au Québec. Le message est clair aussi à
ce niveau, Mme la Présidente.
Alors, pour cette raison, nous voulions
nous assurer dans la loi... Et nous avons, en parallèle, poursuivi nos
discussions avec la FMOQ. Alors, je suis fière de ces deux gains pour les
Québécois. Oui, on a parlé beaucoup de l'entente avec la FMOQ, mais les
amendements que nous amenons nous permettent aussi de faire des pas importants
pour d'abord les médecins de famille, pour nos IPS, pour les professionnels. Et
finalement, Mme la Présidente, ce sont les citoyens du Québec qui vont
bénéficier de cette entente, d'abord, mais aussi de ce projet de loi qui est
extrêmement important.
Alors, je veux remercier mes collègues des
oppositions, parce que, dans un contexte qui... qui n'était pas facile, l'automne
dernier, je le concède, on a réussi à avoir un travail productif au cours de
cette commission. Je vous remercie, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, Mme la ministre. Maintenant, nous allons poursuivre avec M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. En premier lieu, je vais remercier Mme la ministre pour son ouverture
tout au long des deux jours que j'ai eu à analyser article par article ce
projet de loi, et je tiens à saluer son ouverture par rapport à des
amendements. Je l'ai entendu parler des IPS et ça a été une très bonne
discussion grâce à un amendement que j'ai déposé avec... avec l'appui de Mme la
ministre. Et j'appuie à 100 % tout ce qu'elle a dit sur l'ambiance de la
commission et la façon avec laquelle nous avons collaboré tout au long des
travaux de cette commission.
Mais permettez-moi, Mme la Présidente, de
revenir un peu en amont de de toute cette saga où la ministre n'est pas
responsable, et je tiens à le préciser, elle est... elle est arrivée avec...
ici, je vais utiliser l'expression de mon collègue, le leader, avec une patate
chaude, si je peux la qualifier ainsi. Le point de départ, c'est le projet de
loi n° 106. Le projet de loi n° 106, où le gouvernement voulait
instaurer la responsabilité collective et l'imputabilité des médecins quant à l'amélioration
de l'accès aux services médicaux. Ça a été ça, la pièce du départ de l'ex-ministre
de la Santé. Pourquoi je dois mettre le cadre et le tout dans un... dans un...
dans... je dirais, dans un cadre, c'est pour que les gens qui nous écoutent
suivent un peu la logique où on est rendus. Et je sais que la ministre n'est
pas responsable de ce gâchis. Pourquoi? Parce que, quand même, nous avons perdu
un temps important, très, très important au Parlement. Et, quand je vois le
moment du dépôt de ce projet de loi n° 106, qui a été jeté complètement à
la poubelle, parce que ce projet de loi où on parlait d'instaurer la
responsabilité collective, on parlait d'imputabilité des médecins, on parlait
de mesures, etc., tout ça a été... a été écarté.
Et, pour moi, c'est très important, faire
l'historique de tout cela pour arriver au projet de loi déposé par Mme la
ministre, le projet de loi n° 19, qui ramène une nouvelle perspective.
Mais je ne peux pas aujourd'hui parler de la nouvelle perspective sans... sans
évoquer un peu tout ce qui a été fait la dernière année. Nous avons perdu un
temps précieux, Mme la Présidente. Et quand je dis : Nous avons perdu, Mme
la ministre, c'est une professionnelle de la santé qui a pas mal travaillé dans
le réseau, elle connaît très, très bien les lacunes du réseau, elle connaît
très bien l'importance de la première ligne, de la deuxième ligne. Elle connaît
très bien que le système a besoin d'une réorganisation. Mais laissez-moi vous
dire qu'au Parti libéral du Québec nous avons trouvé ça très long, tous ces
projets de loi...
15 h 20 (version non révisée)
M. Derraji : ...déposés
par la CAQ et qui n'aboutissent pas, Mme la Présidente, donc, que ce soit le n° 106, que ce soit, par la suite, le projet de loi n° 2, souvenez-vous, le bâillon. Donc, le n° 106,
Mme la Présidente, ça a été un point de départ d'instaurer la responsabilité
collective et l'imputabilité des médecins. Mais j'ai une question aujourd'hui :
Où nous sommes rendus aujourd'hui, en matière d'imputabilité des médecins,
quant à l'amélioration de l'accès aux services médicaux? On est rendus, aujourd'hui,
par rapport à instaurer la responsabilité collective. Ça, c'est du passé.
Pourquoi? Ça a été déposé le printemps dernier par l'ex-ministre de la Santé,
le projet de loi n° 106, il y avait les vacances de l'été,
il y avait un bras de fer, en quelque sorte, et, Mme la Présidente, on arrive à
la rentrée parlementaire. Mais qu'est-ce qui s'est passé à la rentrée
parlementaire? Le gouvernement, le premier ministre, dans un geste ultime, il a
décidé de proroger le Parlement. Pourquoi? Parce qu'il voulait se réapproprier
l'agenda, se réapproprier le discours, changer le narratif. Et parmi ce
changement de narratif, il y avait le bras de fer à faire avec les méchants,
les méchants médecins, Mme la Présidente. Et ça a été ça, ça a été ça,
malheureusement. Ce que je déplore.
Et puis, le projet de loi n° 2.
Pourquoi c'est important? Et je sais qu'on va avoir aussi l'adoption demain, et
ça risque d'être un des derniers jours au Parlement, on ne le sait pas si on va
revenir ou pas après les deux semaines de relâche, Mme la Présidente. On ne
sait pas si le gouvernement va, encore une fois, proroger. On ne le sait pas, Mme
la Présidente. Je ne sais pas, vous, si vous avez une nouvelle, en tout cas, on
est tous... on est tous à la recherche, hein, si on va revenir ou pas, parce
qu'il y a tellement de choses à faire.
Alors, Mme la Présidente, on passe du n° 106 au n° 2. Mais tout cela, Mme
la ministre n'est pas responsable. Projet de loi n° 106 :
52 articles, un projet structurant, centré sur la responsabilité collective. Ça
ne fait pas un an, ça ne fait pas deux ans, ça ne fait pas trois ans, ça ne
fait pas quatre ans, ça ne fait pas cinq ans, ça ne fait pas six ans, ça ne
fait pas sept ans, ça ne fait pas huit ans, Mme la Présidente, il y a joie de
parler de ce projet, d'instaurer la responsabilité collective et d'instaurer l'amélioration
de l'accès aux services médicaux. Tout le monde s'attendait à une avancée. Ah! le
gouvernement va finalement, après sept ans, huit ans au pouvoir, trouver des
solutions par rapport à la première ligne, c'est les médecins qui ne font pas
leur travail, la FMOQ, la FMSQ, on va s'en occuper, on prépare le bras de fer,
feu vert au ministre par le premier ministre... Projet n° 106
a été envoyé à la déchiqueteuse. Prorogation du Parlement, discours inaugural,
quelques points, je dirais, que le premier ministre ciblait parce qu'il était
très bas dans les sondages... se réapproprier encore une fois l'agenda, et parmi
les points soulevés, les médecins. Et l'ex-ministre de la Santé dépose la loi n° 2. Là, on passe de 52 articles de la loi n° 106, projet de loi n° 106, à
214 articles avec le projet de loi n° 2. Cette
loi exhaustive a été adoptée après prorogation. Et vous avez vu, je n'ai pas
besoin de le rappeler, Mme la Présidente, ça a été dans un cadre de bâillon.
Mais je veux vous rappeler quelque chose.
Je ne sais pas si ça vous dit quelque chose, le rapport des experts, ce rapport
qui s'intitule Soutenir l'élaboration d'une première politique gouvernementale
de soins et services de première ligne à Québec. Mon collègue qui est à
côté, le leader dans notre formation politique, l'a beaucoup mentionné l'automne
dernier, avec six recommandations. Le problème de ce gouvernement, Mme la
Présidente, c'est qu'au lieu d'écouter les experts, que ce sont des experts de
première ligne, qui veulent agir sur la première ligne... et Dieu sait, Mme la
présidente, l'importance de la première ligne, parce que, si on a une première
ligne performante, on ne va pas avoir ce qu'on a maintenant au niveau de nos
urgences, on ne va pas avoir un taux d'occupation qui dépasse les 100 %,
150 %, parfois 200 % de nos urgences. Pourquoi? Parce que nous avons
noté la défaillance au niveau de la première ligne.
Donc, pourquoi c'est très important pour
moi aujourd'hui? Parlez aux citoyens qui nous écoutent, les citoyens qui nous
ont interpelés par rapport à la première ligne, les citoyens qui nous ont
demandés des solutions concrètes parce qu'ils n'ont pas de médecins, ils n'ont pas
d'infirmières, que ce soit IPS ou cliniciennes. Ils n'arrivent même pas à avoir
un rendez-vous médical, Mme la Présidente. Pourquoi?...
15 h 25 (version non révisée)
M. Derraji : ...parce que nous
avons perdu beaucoup de temps à parler. Huit ans caquistes. Juste la dernière...
la dernière année, nous avons eu trois versions de projets de loi, pas une, pas
deux, pas trois. Et la question que je me pose, et je pose aux citoyens qui
nous regardent... et je sais que le Canal de l'Assemblée nationale est un canal
très convoité, il y a... les gens l'écoutent, le suivent d'une manière très
assidue, Mme la Présidente, et je sais qu'il y a pas mal de gens qui sont très
contents de voir leurs élus, les élus de la nation, parler de ces enjeux :
Avec les trois projets de loi, est-ce que l'accès, l'accès, l'accès a été
amélioré? C'est là, la question.
Donc, Mme la Présidente, à part que nous
avons perdu beaucoup de temps avec le projet de loi n° 106, à part que ce
rapport extrêmement pertinent... je vais demander à mon collègue, parce que
lui, il l'a... il l'a bien feuilleté, il y avait même des beaux... je dirais,
des belles notes par rapport à ce rapport, tout ça a été jeté dans la poubelle,
Mme la Présidente. Donc, c'est là où je vous dis que, quel gâchis, quel gâchis,
Mme la Présidente. Notre temps est précieux, mais au-delà de notre temps, parce
qu'on est payés pour être là, la population qui nous écoute, qui n'a pas vu un
changement par rapport à la prise de rendez-vous, qui n'a... qui n'a pas vu de
changements au niveau de la population vulnérable...
Je salue la ministre, qui... elle, elle a
commencé à insister sur la population vulnérable, mais ça, je vais en revenir
demain, à l'adoption finale. Nous avons eu une très bonne discussion sur la
population en général, et je salue son ouverture par... pour ne pas cibler
uniquement les vulnérables, mais de cibler la population en général. C'est très
louable, ce qu'elle a ramené avec ce projet de loi. Mais, Mme la Présidente,
nous avons perdu beaucoup de temps et énergie les dernières... les derniers
mois. Pourquoi? Parce qu'on était embrigadés tous ensemble dans un bras de fer
inutile, ce bras de fer qui nous a fait perdre beaucoup de temps. Mais pour la
population, il n'a pas répondu à leurs préoccupations en matière de prise en
charge, et c'est ce ça... c'est cela... et c'est ça que je déplore, Mme la
Présidente, aujourd'hui.
Alors, je sais que, demain, c'est une
étape importante par rapport à l'adoption du projet de loi que nous avons en
face de nous, le projet de loi n° 19, mais, pour moi, c'était nécessaire
aujourd'hui, à la prise de considération de ce projet de loi n° 19, de
rappeler l'historique. Pourquoi on a, aujourd'hui, ce projet de loi n° 19?
Parce que, premièrement, il y a une date butoir. Si on n'adopte pas ce projet,
il va y avoir des enjeux avec les médecins à partir du 26 février.
Pourquoi? Parce que, Mme la Présidente, ce gouvernement n'a pas pensé, n'a pas
pensé à la première ligne d'une manière pragmatique.
Il y avait un rapport d'experts, il y
avait des solutions sur la table, au lieu d'engager un bras de fer inutile, que
le gouvernement et le premier ministre... Je me rappelle, je me rappelle des
citations du premier ministre... je ne sais pas si mon collègue, le... mon
collègue, le leader de l'opposition officielle, se rappelle de quelques
déclarations... qu'il était non négociable pour lui, ce projet de loi doit...
doit aller de l'avant, il ne va pas se coucher, Mme la Présidente. C'est ce que
nous avons entendu dans cette Chambre. Mais qu'est-ce qui s'est passé, Mme la
Présidente, après? Projet de loi n° 106, jeté dans la poubelle, projet de
loi n° 2, déchiqueté, le ministre de la Santé a
démissionné, le premier ministre a démissionné. Bien, au bout de la ligne, c'est
l'échec caquiste en matière de santé, Mme la Présidente, que je déplore aujourd'hui,
que je déplore aujourd'hui. Parce que Mme la ministre, elle est venue réparer
les pots cassés de ses collègues. C'est ce qu'elle est en train de faire. On
aurait dû probablement l'écouter davantage autour de la table des conseils des
ministres. Parce que, sérieux, j'ai salué son courage de parler des IPS, parce
que nous sommes rendus là au niveau de la première ligne.
Mais je ne peux pas, Mme la Présidente,
aujourd'hui, prendra la parole dans la prise de considération... la prise en
considération... pardon, la prise en considération de ce projet de loi et ne
pas parler de cet historique, cet historique qui nous nuit, qui a fait perdre
beaucoup de temps à la population, qui nous a laissé... Et d'ailleurs Mme la
ministre l'a mentionné d'une manière très élégante, on a une population
vulnérable, 180 000, si ma mémoire, elle est bonne, qui sont vulnérables.
Le GAP, au lieu de le renforcer il y a longtemps, Mme la Présidente, pour que
les gens puissent avoir leur premier rendez-vous... J'insiste que, si on règle
les problèmes de la première ligne, on va voir les résultats rapidement. Et c'est
ça, le problème qu'on a. Et, au lieu de focusser et de donner les outils que ça...
aux GMF, aux médecins de famille, en pratique privée, avoir une équipe
multidisciplinaire, nous...
15 h 30 (version non révisée)
M. Derraji : ...avons perdu
beaucoup de temps, malheureusement, avec la CAQ, avec beaucoup de projets de
loi qui ont mobilisé beaucoup d'équipes juridiques, qui ont mobilisé le temps
des parlementaires. Et, malheureusement, le résultat est presque nul, et on se
ramasse aujourd'hui avec un autre projet de loi que... espérons cette fois-ci
qu'il va fonctionner, parce qu'il faut que ça fonctionne, Mme la Présidente. Ce
projet de loi que nous sommes en train d'analyser, on est presque à l'étape
finale, à l'étape de prise en considération, il doit fonctionner. Pourquoi?
Parce qu'il y a beaucoup de patients québécois en attente. Il y a beaucoup de
patients qui nous regardent, qui nous appellent dans nos bureaux de comté. J'en
suis sûr et certain, ils vous appellent, ils sont perdus et ils n'ont plus de
médecin de famille, mais ils doivent utiliser le seul moyen d'entrer dans le
fameux système, le GAP, le fameux guichet d'accès pour la première ligne, Mme
la Présidente, et espérer avoir un accompagnement.
Alors, je vais me limiter là, j'ai plein à
dire par rapport à la vision au niveau de la première ligne. Je vais revenir
demain, à l'étape de l'adoption, parce que c'est extrêmement important, ce que
nous sommes en train de faire, mais je ne peux pas passer à l'étape de l'adoption
sans prendre le temps, Mme la Présidente, de rappeler que nous avons perdu,
malheureusement, beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps. Quand je regarde le
nombre de pièces législatives déposées en trois mois, 106... Quand on dit :
Un gouvernement brouillon, excusez-moi, Mme la Présidente, je vais le dire, 106
a été déchiqueté et jeté dans la poubelle. Le 102... Désolé, le 2, projet de
loi n° 2... Regardez, ça, c'est le projet de loi n° 2. Ça, c'est 106.
106, jeté dans la poubelle, 2, bâillon, jeté dans la poubelle depuis le mois de
mai.
Donc, oui, Mme la Présidente, nous avons
perdu beaucoup de temps. Je vais réserver les commentaires du 19 pour demain et
j'ai bien hâte de parler sur le fond de la prise en charge, Mme la Présidente.
Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Avant de poursuivre, je vous informe qu'un débat de fin de séance
se tiendra aujourd'hui, à 18 h 30. Ce débat portera sur une question
adressée par Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce à M. le ministre des
Relations internationales et de la Francophonie concernant le manque de
leadership du gouvernement caquiste, qui tarde de nommer un négociateur en chef
pour le Québec.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Comme
il n'y a pas d'autre intervention, le rapport de la Commission de la santé et
des services sociaux portant sur le projet de loi n° 19, Loi visant
notamment l'amélioration de l'accès aux services médicaux et la prise en charge
médicale de la population, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
M. le leader adjoint, pouvez-vous nous indiquer la suite de nos travaux?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, je vous demanderais de bien vouloir
appeler l'article 39 du feuilleton, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
À l'article 39 du feuilleton, Mme la députée d'Argenteuil propose l'adoption du
principe du projet de loi n° 496, Loi visant à reconnaître l'amiral blanc
en tant qu'insecte emblématique du Québec. Mme la députée d'Argenteuil, je vous
cède la parole.
Mme Grondin : Merci, Mme la
Présidente. Le projet de loi n° 496 propose de modifier la Loi sur le
drapeau et les emblèmes du Québec pour reconnaître l'amiral blanc comme insecte
emblématique du Québec. Et malgré, Mme la Présidente, la posture de mes
collègues de l'opposition, notamment officielle, qui considèrent cet exercice
un peu frivole, moi, je suis complètement ravie de vous expliquer la pertinence
et la portée de ce dernier;
Ce projet de loi, qui propose d'enrichir
la Loi sur les emblèmes, Mme la Présidente, ce n'est pas un geste futile, à mes
yeux, puisqu'il raconte l'histoire du Québec et les symboles que nous avons
choisis pour enluminer notre fierté québécoise. Ces emblèmes, issus de notre
patrimoine naturel, témoignent de notre identité collective.
Ce projet de loi, Mme la Présidente,
reconnaît aussi le travail assidu du milieu, notamment celui de la Société d'entomologie
du Québec. Et je vais prendre ici quelques minutes pour vous raconter l'histoire
derrière ce projet de loi. C'est un citoyen qui, dans les années 90, suggère à
l'accès à l'Insectarium...
15 h 35 (version non révisée)
Mme Grondin : ...de Montréal
de doter le Québec d'un insecte emblème. Un comité d'entomologistes issu des
différentes organisations propose donc cinq insectes à titre de candidats
potentiels, et ces candidats sont soumis à un vote populaire en 1998 et c'est
le papillon amiral blanc qui remporte la palme. Depuis, la Société d'entomologie
du Québec multiplie les démarches pour faire reconnaître officiellement l'Amiral
blanc comme insecte emblème. Le 15 juin 2017, le député péquiste de Saint-Jean
déposait un projet de loi pour répondre à cette attente. Le cheminement de ce
projet de loi s'arrête malheureusement à cette première étape législative,
puisqu'il y a les élections en 2018. Dès les premiers mois suivants mon
élection, en collaboration avec mon cher collègue, le nouveau député caquiste
de Saint-Jean, j'ai pris ce précieux dossier sous mon aile, Mme la Présidente,
sans une seconde d'hésitation. Comme biologiste, j'ai bien vite compris l'importance
de ce dossier, certes du point de vue écologique, mais aussi du point de vue
social. De pouvoir présenter un projet issu du milieu, Mme la Présidente, porté
par des bénévoles et des scientifiques qui, depuis près de 30 ans, n'ont
jamais baissé les bras, est à mes yeux un réel ravissement.
Nous avons à ce jour trois emblèmes qui
sont issus du patrimoine naturel. Laissez-moi vous rappeler ces magnifiques
symboles. À l'approche de la Saint-Jean-Baptiste, l'iris versicolore se dresse,
charmant et fidèle chaque année. L'iris est une plante des milieux humides :
marais, rivages, tourbières. Il est depuis des années un choix judicieux pour revégétaliser
nos rives de lac. Par son habitat, l'iris représente l'incroyable richesse de
notre or bleu qui est essentiel à notre équilibre. L'iris versicolore est notre
emblème floral. Qui ne connaît pas le harfang des neiges? Ce grand hibou blanc
est notre emblème aviaire. Il est un maillon important de la chaîne alimentaire
de l'écosystème de la toundra. Cet oiseau symbolise l'hiver et rappelle la
ténacité de nos aïeux qui ont su s'enraciner dans ce climat semi-nordique. Pour
représenter le vaste territoire de forêt, notre emblème arboricole, Mme la
Présidente, est le bouleau jaune, familièrement aussi appelé le merisier. Son
bois noble a été fort utile à nos ancêtres, c'est l'un des principaux bois durs
de sciage. Il prend bien les peintures, disait-on. Préféré au XVIIIᵉ siècle au
chêne pour construire les parties immergées des navires, il est aujourd'hui
utilisé en parqueterie pour faire des meubles de qualité. Le bouleau jaune
constitue un apport important à notre économie.
Pourquoi souhaitons-nous ajouter à cette
liste de trésors emblématiques un insecte emblème? Et bien, Mme la Présidente,
les insectes constituent de loin le groupe d'êtres vivants le plus nombreux et
diversifiés sur Terre. Au Québec, près de 30 000 espèces sont présentes. Ils
sont à la base de notre pyramide alimentaire. Les services écologiques que nous
offrent gratuitement les insectes sont nombreux et essentiels à notre vie. Les
exemples pullulent, Mme la Présidente. Parlons d'abord des insectes
pollinisateurs. On dit qu'une bouchée sur trois que nous mangeons provient de
la pollinisation. 80 % des plantes à fleurs sont pollinisées. On parle ici
des abeilles, des papillons, des mouches. Il y a aussi les insectes recycleurs.
Les feuilles, les souches, les plantes aquatiques sont décomposées par les
insectes. Les scarabées, les éphémères, les longicornes recyclent la matière
organique pour la rendre disponible à nouveau. Nous profitons aussi des laboureurs
qui garantissent la santé de nos sols, des agents de lutte biologique, des
producteurs de substances utiles aux humains tels la soie, la teinture, la cire,
le miel. Doter le Québec, Mme la Présidente, d'un emblème entomologique, et
donc cette reconnaissance du rôle crucial que jouent les insectes dans notre
société, est de l'importance de respecter cette inestimable biodiversité qui
est garante de notre survie...
15 h 40 (version non révisée)
Mme Grondin : ...de notre
plaisir et j'ajouterais de notre bonheur, Mme la Présidente. Pourquoi choisir
le papillon amiral blanc? Parce que c'est le choix de la population. C'est un
choix judicieux parce qu'on peut observer l'amiral blanc aux quatre coins du
Québec, près des sentiers, en bordure des forêts de feuillus ou de forêts
mixtes. Il fréquente les clairières, les sentiers, les chemins forestiers. On
le retrouve aussi au bord des ruisseaux et des lacs. C'est un papillon qui est
facilement identifiable. Ses ailes noires ont deux lignes blanches comme des
galons blancs d'un amiral. C'est un insecte qui est non nuisible, ses
populations semblent en bonne santé. C'est pour toutes ces raisons, Mme la
Présidente, qu'il apparaît important de reconnaître le papillon amiral blanc
comme insecte emblème du Québec.
Mais avant de conclure, un mot sur la
portée de ce choix. Nous sommes en 2026. Nous vivons des chamboulements
significatifs. On sait que le quart des espèces sur Terre est menacée d'extinction.
Au Québec, c'est plus de 680 qui sont sur la corde raide. Les rapports
scientifiques sont préoccupants. Cette prise de conscience n'est pas seulement
scientifique, Mme la Présidente. Comme nation, nous sommes de plus en plus
soucieux et assidus pour protéger nos écosystèmes. En pleine pandémie, notre
réaction a été de chercher le réconfort dans nos parcs nature. Nous avons de
plus en plus le réflexe de soutenir des solutions nature dans nos aménagements
et dans nos luttes contre les inondations, par exemple. Nous avons adopté une
politique-cadre en matière de conservation de la biodiversité, soit le Plan
nature 2030. Nous avons créé un fonds bleu et adopté un plan d'action
solide pour soutenir les initiatives visant à protéger nos ressources en eau.
Même le déficit nature est enfin reconnu, Mme la Présidente. Nos professionnels
de la santé peuvent dorénavant prescrire du temps passé en nature à travers le
programme québécois Prescri-Nature. Enfin, nos jeunes sont sensibilisés et
décidés à changer les choses.
Il est donc difficile de ne pas faire un
parallèle avec la symbolique du papillon. Dans de nombreuses traditions, le
papillon est le symbole de l'âme. Il représente le changement positif, la
métamorphose heureuse. Il reflète à la perfection cette capacité à se
transformer, à renaître, à s'épanouir. Le papillon amiral blanc est donc un
extraordinaire symbole de notre prise de conscience de respecter la nature et
de notre capacité à innover pour trouver des solutions nature. Si nous adoptons
ce projet de loi, Mme la Présidente, nous serons la première province à se
doter d'un insecte emblème. Cette adoption n'est pas qu'un symbole, elle va
vivifier cette essentielle mobilisation des organisations qui sensibilisent les
Québécois et les Québécoises à mieux protéger notre patrimoine naturel. Merci, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, nous allons entendre l'intervention de M. le
député de LaFontaine. Alors, à vous la parole.
M. Tanguay : Mme la
Présidente, ainsi revient le papillon l'amiral blanc. Wow! Qu'ont en commun,
dans nos travaux parlementaires, au salon rouge cette semaine, le projet de loi
n° 19 sur la santé et une patch pour corriger l'erreur
caquiste? La Constitution, la loi des lois du souverain ministre de la Justice,
projet de loi n° 1, et le projet
de loi n° 96, 496. Ce sont les trois seuls projets de
loi qui seront appelés, qui ont été annoncés, qui seront appelés sous réserve
des travaux des commissions aujourd'hui, cette semaine, au salon rouge. Le
papillon, la santé et la Constitution, c'est ça, la CAQ, Mme la Présidente, une
priorité sur le papillon, la santé qui a abandonné les patients puis la
Constitution qui divise bien plus que de rassembler.
Mme la Présidente, la dernière fois qu'on
a parlé du papillon amiral blanc, c'était le 10 juin 2021. La collègue d'Argenteuil
avait déposé, à l'époque...
15 h 45 (version non révisée)
M. Tanguay
: ...à l'époque,
le projet de loi n° 793, on était à la toute veille, la toute veille de la fin
de la session parlementaire, juin 2021. On allait partir dans nos comtés pour
tout l'été jusqu'à tard cet automne-là, et c'était le jeudi, la veille du
vendredi 11 juin, que le même projet de loi déposé par la même députée d'Argenteuil,
à l'époque, c'était le projet de loi n° 793, parce que c'était une autre
législature, avait été déposée. Vous montrer, Mme la Présidente, que ce
papillon-là, quand on le voit arriver, c'est parce qu'on est à la veille d'une
fin de quelque chose à quelque part. Je pense que l'arrivée du papillon amiral blanc
dans nos travaux parlementaires dénote, consciemment ou inconsciemment, du
leader du gouvernement et de ce mauvais gouvernement caquiste là, qu'on est à
la fin de quelque chose. Parce que, quand le papillon arrive, il y en a une
gang qui parte. Alors, Mme la Présidente, au moins, il aura aussi, entre
autres, cette utilité-là.
Et le papillon... vous dire, vous dire qu'ils
auraient pu au gouvernement nous occuper ici, au salon rouge. Pour parler de
quoi, Mme la Présidente? Pour parler de santé, d'éducation, de services de
garde, de nos jeunes, de nos aînés, parler de tous ces sujets qui font rage, le
coût de la vie, le panier d'épicerie, Mme la Présidente, la crise du logement
qui a été mis de côté par le gouvernement, tous ces sujets qui sont de
véritables priorités pour les Québécoises et Québécois. Ça n'empêche pas la
collègue d'Argenteuil de dire qu'elle est, je la cite, complètement ravie, et
elle parle d'un extraordinaire symbole.
Bien, moi, je veux vous parler d'extraordinaire
symbole, Mme la Présidente, hôpital HMR qui est en décrépitude. Ça, c'est un
extraordinaire symbole de l'échec caquiste. Extraordinaire symbole, dans la
mesure où c'est hors de l'ordinaire qu'on peut voir un hôpital où il n'y a même
pas les fonds publics nécessaires pour continuer la phase subséquente, la phase
deux cette année dans les budgets. Ça, c'est un symbole extraordinaire qui
démontre par A plus B l'échec caquiste. HMR.
Autre extraordinaire symbole, je laisse de
côté le papillon amiral blanc, bien, c'est l'hôpital Sainte-Croix à Drummondville,
que j'ai visité en septembre dernier, l'Hôpital Sainte-Croix qui est leur HMR à
eux, l'hôpital Sainte-Croix qui avait été promis par des collègues caquistes
qui ont refait une autre campagne en 2022 en disant : On va le réaliser,
on met nos sièges en jeu, on va réaliser l'hôpital Sainte-Croix. Aujourd'hui, l'hôpital
Sainte-Croix n'est même pas dans le PQI. Ça, c'est un autre extraordinaire
symbole, Mme la Présidente. Bon, j'ai un rappel au règlement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Monsieur... M. le leader adjoint du journal, vous avez un appel au règlement,
quel est-il?
M. Lévesque (Chapleau) : ...en
cette Chambre, il sait qu'il étire un petit peu la... le principe de
pertinence. On parle du... du papillon amiral blanc emblématique pour le
Québec, et là on part sur d'autres sujets, donc peut-être revenir sur le sujet
à l'étude.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, M. le député, vous pouvez poursuivez votre intervention. Voilà.
M. Tanguay
: Merci, Mme
la Présidente, pour un rappel au règlement que vous n'avez pas sanctionné.
Autre extraordinaire symbole, parce que la collègue d'Argenteuil et le
gouvernement envoie un signal, ils nous font ramener le papillon amiral blanc
après-midi, dans nos travaux, alors qu'ils sont à la veille, Mme la Présidente,
de nous lancer, qui sait, peut-être, en prorogation, pour eux, pour eux, leur
priorité, c'est l'amiral blanc, c'est ce papillon-là. Et la collègue d'Argenteuil
parle d'extraordinaire symbole.
Bien, parlons de sujets qu'on aurait pu
aborder, l'extraordinaire symbole négatif de l'échec que représente ce
gouvernement-là, l'échec par rapport à HMR, qu'on n'a pas de plan de match. J'ai
parlé de l'hôpital Sainte-Croix à Drummondville. Je veux vous parler de l'hôpital
à La Malbaie. À La Malbaie, Mme la Présidente, la ville a investi 11 millions de
dollars pour nettoyer au centre-ville l'espace nécessaire qui accueillerait l'hôpital
de La Malbaie. Et ça avait été une promesse du premier ministre, promesse
personnelle qu'il allait livrer l'hôpital pour 2025, faire avancer les travaux
de façon suffisante. Et ça, Mme la Présidente, ça n'a pas du tout, du tout été
livré. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'il y a? Il y a un emplacement vide avec une
clôture tout le tour en plein centre-ville de La Malbaie. Ça, c'est un
extraordinaire symbole de l'échec retentissant caquiste, retentissant caquiste.
C'est un extraordinaire symbole également
lorsque l'on regarde dans nos écoles. Lorsque le candidat à la chefferie
caquiste de Lévis disait : Bien, ce qu'on a de besoin, nous, ce qu'on a de
besoin, ce qu'on a de besoin dans nos écoles, dans nos classes, c'est un
adulte. Ça, c'est un symbole qui aura marqué l'imaginaire puis qui aura marqué
la vie des Québécoises et Québécois, dont les enfants, Mme la Présidente, ne
peuvent pas aller... avec les ressources nécessaires dans les écoles. Ça, c'est
de l'extraordinaire symbole. On aurait pu parler de ça.
On aurait pu parler, Mme la Présidente,
également, de projets de loi, que nous, de l'opposition officielle, nous avons
déposés, projets de loi qui font en sorte qu'il y a des priorités à avoir dans
ce débat-là. Et, Mme la Présidente, projet de loi...
15 h 50 (version non révisée)
M. Tanguay : ...qu'on a déposé
en mars 2024, Loi sur le directeur parlementaire du budget, parce que la CAQ,
ça aura été le parti de la décote, le parti des déficits record, on aurait pu
aborder, plutôt que le papillon amiral blanc cet après-midi, on aurait pu
aborder ce projet de loi là, faire avancer ça, ça aurait fait avancer le
Québec, parce que les Québécoises et Québécois, là, qui travaillent fort, qui paient
leurs taxes et impôts, ne se sont pas levé à matin en pensant à l'amiral blanc,
je suis certain qu'ils ne savent même pas qu'il existe, l'amiral blanc. Tant
mieux pour l'oeuvre pédagogique, Mme la Présidente, qu'on en fasse notre
emblème, mais je suis certain qu'eux autres, vous leur parlez de l'amiral blanc,
là, je vous... je verrais bien la collègue d'Argenteuil puis les collègues de
la CAQ faire du porte-à-porte en disant : Livrez! Livrez! On a reconnu l'emblème
officiel du Québec, l'insecte, l'amiral blanc. Allo! Allo! Puis l'insecte, l'amiral
blanc, il vient d'une promesse. Lui aussi, il vient d'une promesse. Au début, c'était
une chenille. C'était une chenille, l'Amiral blanc. Puis l'amiral blanc, c'est
une belle promesse : Je serai un jour papillon. Bien, si on fait l'analogie
avec la CAQ, les belles promesses, on n'en a pas eu, des papillons, Mme la
Présidente. On a eu des échecs. Alors, la chenille, qui sont les promesses de
la CAQ, ne se sont pas développées en papillon qui ferait en sorte que les
Québécoises et Québécois auraient des meilleurs services, auraient un budget
équilibré, n'aurait pas eu la décote, auraient des écoles qui ne nous tombent
pas sur la tête, auraient des hôpitaux également où on peut se faire soigner,
puis il n'y aurait pas de liste d'attente. Alors, les promesses caquistes sont
toutes, en huit ans, restées chenilles. Ils ne se sont pas développés en papillon.
Puis aujourd'hui, je pense que c'est l'occasion de le dénoncer et de le
démontrer.
Haute priorité, Mme la Présidente, fixation
et réajustement de loyer. La collègue des Mille-Îles a déposé un projet de loi
n° 992 qui faisait en sorte de venir faire du ménage, de venir ajuster à
la réalité économique 2026 la fixation des loyers. Ça, ça parle à monsieur
et madame tout le monde qui sont en appartement. Ça parle même à celles et ceux
aussi, parce qu'il faut faire le débat, qui sont propriétaires d'immeubles puis
qui veulent avoir une prévisibilité. On aurait pu faire ce débat-là, mais non,
on parle de l'amiral blanc. Également, le député de Nelligan avait déposé un
important projet de loi pour modifier le Code de la sécurité routière, pour que
l'alcoolémie, qu'il soit sanctionné administrativement, passe de point zéro
huit à point zéro, cinq milligrammes pour 100 milligrammes de sang. Donc,
faire passer la limite de point zéro 8 à ,05 de façon administrative au Québec,
ça, ça aurait pu être une priorité. Il y avait eu un sondage où... en novembre
2023, où 61 % des Québécoises et Québécois étaient en faveur de ce projet
de loi là. Faire en sorte que notre sécurité routière soit réellement un... protéger.
Mais le gouvernement a préféré ne pas aller dans cette direction-là malheureusement.
Le sondage qui les ont guidés ici, Mme la
Présidente, c'est un sondage qui aura eu lieu, imaginez-vous ça, en 1998, où,
là, puis c'est correct, je ne les dénonce pas, c'est bien correct, ils font
œuvre pédagogique. Quand vous allez à l'Insectarium, bien, vous pouvez vous
faire parler des insectes du Québec. L'Insectarium de Montréal avait organisé
en 1998 un vote, un sondage pour savoir quel serait l'emblème, le cas échéant,
l'emblème du Québec. Alors, pour vous dire, dans ce sondage-là, qui qui a fini
deuxième et qui qui a fini troisième, bien, la coccinelle maculée n'a pas gagné
ses élections, Mme la Présidente, puis le bourdon fébrile non plus, n'a pas
gagné ses élections. Imaginez-vous donc, c'est l'amiral blanc. On est-tu
chanceux, hein? C'est l'amiral blanc, le papillon aujourd'hui, d'un projet de
loi qui est la priorité de ce gouvernement-là, qui est démissionnaire. On a un
premier ministre qui est démissionnaire. Un premier ministre qui ne demeure qu'en
titre. Un premier ministre qui doit faire les frais, jour après jour, d'une
course à la chefferie qui fait rage, et le mot est clair, qui fait rage. La
collègue de Sanguinet puis le collègue de Lévis sont là, là, les deux, Mme la
Présidente, a essayé de se déchirer sur l'héritage, mais l'héritage négatif du
gouvernement caquiste après huit ans. Alors, on aurait pu avoir plein d'autres
priorités, mais, malheureusement, le gouvernement, le leader d'un gouvernement
qui est en fin de piste, en fin de régime, en faillite, ont préféré nous
amener, Mme la Présidente, sur l'amiral blanc, le papillon.
Alors, je veux rassurer la collègue de, Mme
la Présidente, d'Argenteuil, on va voter pour le projet de loi, le principe du
projet de loi pour le papillon. Et, en ce sens-là, il est important de
constater que les priorités, le sens des priorités... c'est peut-être parce qu'ils
n'ont plus de solutions, le sens des priorités, je pense que le gouvernement l'a
carrément perdu. L'ont-ils déjà eu? Probablement. Probablement qu'ils l'ont
déjà eu. Les solutions étaient brouillonnes, évidemment, de l'improvisation, mais
aujourd'hui, non seulement ils ne mettent pas de l'avant des solutions
brouillonnes et improvisation, ils n'en ont plus de solutions...
15 h 55 (version non révisée)
M. Tanguay
:
...leur sac à solutions brouillonnes est vide.
Et alors là, ils en sont même à réduire le
sens des priorités. Voyez-vous donc les papillons qui s'amènent après-midi à l'Assemblée
nationale, qui est un projet de loi qui est mis de l'avant par le gouvernement.
Et, en ce sens-là, nous, nous dénonçons cela. On va voter pour le projet de
loi.
Mais, chose certaine, Mme la Présidente,
on aura l'occasion, nous, avec... avec notre chef Charles Milliard, chef du
Parti libéral du Québec, d'avoir des priorités claires. Comme demain, la motion
du mercredi, ce sera sur l'éducation, l'important qu'on se parle au Québec, que
l'on ait un sommet sur l'éducation, pour parler de ce qu'est aujourd'hui le
réseau de la santé, de nos jeunes, partout, différentes... différentes
réflexions à avoir sur plusieurs aspects. Bien, ce sera au Parti libéral du
Québec qu'on aura le véritable sens des priorités.
On va voter pour le principe du projet de
loi, mais encore une fois, dénonçons ce manque de priorisation. C'est un projet
de loi qui ne vient pas du tout, du tout affecter positivement la vie des
Québécoises et Québécois. Je suis bien content pour celles et ceux... puis c'est
correct, c'est correct, pour un emblème du Québec, mais d'avoir un emblème
additionnel après-midi puis de prendre du temps de l'Assemblée nationale...
Parce qu'après, là, après, Mme la Présidente, vous allez demander au leader du
gouvernement : Quel autre projet de loi vous appelez? Il n'y en aura pas d'autres.
On... Normalement, on est payés, nous autres, pour travailler jusqu'à 6 h
et demie. On va laisser quelque chose comme 2 h et demie sur la table qu'on
aurait pu utiliser pour parler de telles priorités : services de garde,
nos aînés, l'éducation, la santé, etc., l'économie, nos PME partout dans les
régions, les finances publiques, le budget en préparation. Semble-t-il qu'il va
falloir attendre le résultat de la course à la chefferie. Alors, on verra s'avancer
encore une fois dans ce processus-là d'autres chenilles caquistes qui seront
autant de promesses. Puis regardez bien, Mme la Présidente, on le sait, là, ça
fait huit ans, là, on le sait que ces chenilles de promesses là de caquistes,
là, ça ne fera pas des papillons. Ça va faire patate. Bien, c'est ça, la CAQ, Mme
la Présidente, le papillon amiral blanc. Vive le papillon amiral blanc! Vive le
gouvernement caquiste!
Voyons donc! Dehors la CAQ!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Bon. Alors, merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions
sur le projet de loi n° 496? Comme il n'y a pas d'autre intervention, le
principe du projet de loi n° 496, Loi visant à reconnaître l'amiral blanc
en tant qu'insecte emblématique du Québec, est-il adopté? Adopté. M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chauveau) :
Oui, Mme la Présidente. Donc, conformément à l'article 243 de notre
règlement, je fais motion afin que le projet de loi n° 496, la Loi visant
à reconnaître l'amiral blanc en tant qu'insecte emblématique du Québec, soit
déféré à la Commission de la culture et de l'éducation pour son étude détaillée
et que le ministre de la Langue française soit membre de ladite commission pour
la durée du mandat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Cette motion est-elle adoptée? Adopté. M. le leader adjoint pour la suite
de nos travaux.
M. Lévesque (Chauveau) :
Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Je vous demanderais de bien vouloir
suspendre nos travaux jusqu'à la tenue des débats de fin de séance, s'il vous
plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, les travaux sont suspendus jusqu'à 18 h 30.
(Suspension de la séance à 15 h 59)