Journal des débats (Hansard) of the National Assembly
Version préliminaire
43rd Legislature, 2nd Session
(début : September 30, 2025)
Thursday, March 26, 2026
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Vol. 48 N° 48
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Intervenants par tranches d'heure
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Benjamin, Frantz
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Bourassa, Kariane
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Maccarone, Jennifer
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Mallette, Carole
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Bouazzi, Haroun
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Haytayan, Céline
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Dufour, Virginie
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Gagnon, Yannick
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Laflamme, Marie-Karlynn
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Dionne, Amélie
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Roberge, Jean-François
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Simard, Jean-François
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Roy, Nathalie
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Jolin-Barrette, Simon
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Tanguay, Marc
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Roberge, Jean-François
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Boulet, Jean
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Charette, Benoit
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Benjamin, Frantz
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Derraji, Monsef
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Bélanger, Sonia
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Rotiroti, Filomena
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Garceau, Brigitte B.
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Proulx, Caroline
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Zanetti, Sol
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Roy, Nathalie
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Zanetti, Sol
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Charette, Benoit
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Nadeau-Dubois, Gabriel
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LeBel, Sonia
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Grandmont, Etienne
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Rouleau, Chantal
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Laflamme, Marie-Karlynn
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Bélanger, Sonia
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Duranceau, France-Élaine
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Blanchette Vézina, Maïté
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Setlakwe, Michelle
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Roberge, Jean-François
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Benjamin, Frantz
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Fortin, André
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Fortin, André
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Benjamin, Frantz
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Bonnardel, François
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Zanetti, Sol
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Arseneau, Joël
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Leduc, Alexandre
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LeBel, Sonia
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Paradis, Pascal
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Roberge, Jean-François
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Blanchette Vézina, Maïté
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Maccarone, Jennifer
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante et une minutes)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Bonjour à toutes, bonjour à tous. Nous allons débuter nos travaux. Je vous
invite à prendre place, collègues.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Nous sommes à la rubrique Déclarations des
députés, et, sans plus tarder, je cède la parole à Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Souligner le 40e anniversaire de la station de
radio CIHO FM
Mme Kariane Bourassa
Mme Bourassa : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, avant d'être députée, plusieurs le savent, j'ai
été journaliste pendant plus de 10 ans à la radio, à la télévision, dans
les journaux, mais surtout dans un environnement régional. Je connais les
médias régionaux, pour y avoir travaillé, je sais à quel point leur mission est
essentielle, à quel point c'est important qu'ils informent la population, mais
surtout qu'ils racontent ce qui se passe chez nous.
Aujourd'hui, je voulais faire hommage à
l'information régionale en soulignant la longévité d'un organisme de notre
région. CIHO, c'est une région... c'est une radio qui est à Saint-Hilarion et,
imaginez, elle a 52 % des parts de marché de Charlevoix. C'est donc dire
que les gens y sont attachés, que les gens écoutent cette radio. Donc, je
voulais souligner le 40e anniversaire qu'on célèbre cette année. CIHO, c'est
également un endroit où les gens ont fait leurs classes, près d'une
cinquantaine de professionnels de la communication qui ont passé dans leurs
murs.
Alors, j'ai avec moi la directrice
générale ainsi que... quelques qui l'accompagnent. Je voulais vous dire merci
de vous de battre pour une qualité d'information qui est rigoureuse et qui est
adaptée aux gens de chez nous. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. Et la parole revient
maintenant à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Commémorer le troisième anniversaire du décès de la
sergente Maureen Breau
Mme Jennifer Maccarone
Mme Maccarone : Il y a trois
ans, la sergente Maureen Breau perdait la vie tragiquement lors d'une
intervention policière. Ce drame a bouleversé la Mauricie et tout le Québec
entier. J'ai une pensée particulière pour ses deux enfants, son conjoint, ses
parents, ses amis, ses collègues qui ont perdu une proche et une alliée.
Chaque jour, nos policiers et policières
patrouillent nos routes dans le but de nous protéger, pour que nos filles
puissent marcher à toute heure de la journée, pour que nos enfants restent
sains et saufs à la maison. Leur mission est noble, mais elle n'est jamais sans
risque.
Trois ans plus tard, nous avons le devoir
de se souvenir du courage et du dévouement de la sergente Breau, qui a sacrifié
sa vie pour celle des autres. Pour elle et tous ceux qui exercent ce métier
indispensable, Maureen Breau doit devenir un symbole de notre engagement à
soutenir et reconnaître ceux et celles qui risquent leur vie pour la sécurité
de tous. Et, à sa mémoire, nous avons la responsabilité de tout mettre à
l'œuvre pour protéger ceux qui nous protègent.
Aujourd'hui et tous les jours, je me souviens
de Maureen Breau. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. La prochaine déclaration
revient à Mme la députée de Huntingdon.
Souligner le 100e anniversaire de la Légion royale
canadienne filiale 11 Lacolle
Mme Carole Mallette
Mme Mallette : Merci, M. le
Président. Cette année, nous soulignons avec une fierté toute particulière le
100e anniversaire de la Légion de Lacolle, une des plus anciennes au Québec, un
siècle d'histoire, de mémoire et d'engagement au service des vétérans et de la
collectivité.
Nos trois autres régions... légions
royales oeuvrent aussi depuis des décennies, Huntingdon, 91 ans;
Ormstown, 79 ans; Hemmingford, 76 ans, et poursuivent, elles aussi,
cette mission essentielle. Ces lieux sont devenus bien plus que des points de
rassemblement pour les vétérans, ils incarnent la mémoire vivante de nos
histoires collectives, un espace de transmission entre les générations et un
pilier de soutien communautaire. Ils préservent ainsi notre devoir de mémoire
en rappelant l'importance de ne jamais oublier les sacrifices consentis pour
notre liberté.
Rendons hommage à tous les membres qui,
par leur dévouement, perpétuent les valeurs de courage, de sacrifice et de
fraternité. Leur présence active dans nos communautés continue d'inspirer un
profond respect et un sentiment d'unité. Souvenons-nous.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Huntingdon. Et je reconnais maintenant M. le
député de Maurice-Richard.
Déplorer les sommes investies dans le secteur de
l'armement
M. Haroun Bouazzi
M. Bouazzi : Le monde est
rendu fou. Depuis l'arrivée de Carney au fédéral, on assiste à une course
délirante à l'armement. À terme, il veut consacrer 5 % du PIB à l'armée,
pas 5 % du budget, 5 % du PIB, plus de 100 milliards de dollars
par année, presque l'équivalent du budget total du Québec investi dans les
bombes. Le monde est rendu fou, et la diplomatie mondiale ressemble à une cour
d'école où chacun se vante que son missile est plus gros que celui du voisin.
Le monde est rendu fou, et que fait la
CAQ? Elle se frotte les mains avec l'appui du PQ et du PLQ. Les mines, hier
encore utiles à la transition énergétique, servent désormais à l'effort
militaire. L'énergie propre est dorénavant réservée à l'intelligence
artificielle. On finance même la production d'armes avec La Caisse et
Investissement Québec. Le monde est rendu fou, et la seule bonne nouvelle,
c'est que plus personne ne peut prétendre que nous sommes impuissants quand il
faut mobiliser des sommes colossales. Imaginez si on les investissait dans le logement,
le transport ou la culture, pas dans les bombes, mais dans ce qui nous rend
heureux, ça serait fou, pareil.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Maurice-Richard. Et la parole
revient maintenant à Mme la députée de Laval-des-Rapides.
Souligner le 75e anniversaire des Loisirs
Bon-Pasteur
Mme Céline Haytayan
Mme Haytayan : Merci, M. le
Président. À l'occasion de leur 75e anniversaire, j'aurai l'honneur de remettre
la Médaille de la députée de l'Assemblée nationale du Québec aux Loisirs
Bon-Pasteur.
Fondés en 1951, les Loisirs Bon-Pasteur
offrent des cours de francisation, plus de 200 activités de loisir ainsi qu'un
camp d'été puis un camp de relâche. L'organisme contribue à la qualité de vie
des Lavallois grâce à son offre d'activités sociales, communautaires, sportives
et culturelles. L'OBNL contribue également à l'intégration des nouveaux
arrivants.
Je tiens à remercier chaleureusement les
membres du conseil d'administration, la direction, toute l'équipe, les
bénévoles pour leur travail passionné, qui ont fait des Loisirs Bon-Pasteur un
acteur incontournable pour la communauté lavalloise. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Laval-des-Rapides. Et je cède maintenant la parole
à Mme la députée des Mille-Îles.
Souligner le Jour de la Terre
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. À l'occasion du Jour de la Terre, rappelons-nous que protéger notre
environnement, c'est aussi protéger notre qualité de vie, notre économie et
notre avenir collectif. Partout au Québec, les effets des changements
climatiques se font sentir : perte de biodiversité, pressions sur les
milieux naturels, événements extrêmes, lesquels ont un impact significatif sur
les finances publiques et l'économie.
Ces réalités nous obligent à agir avec
sérieux, et surtout, avec cohérence, M. le Président. Agir pour
l'environnement, c'est faire des choix responsables, mieux protéger nos
territoires, soutenir... voyons, l'innovation... je recommence... soutenir
l'innovation verte et accompagner nos communautés dans la transition. C'est
aussi reconnaître que le développement du Québec doit se faire en respect de
ces écosystèmes, dans une vision durable et équilibrée.
En cette Journée de la Terre,
engageons-nous à faire mieux ensemble pour léguer aux générations futures un
Québec à la hauteur de leurs ambitions. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée des Mille-Îles. Et je cède maintenant la parole à M.
le député de Jonquière.
Souligner la nomination de M. Georges Vézina à
titre de personnage historique du Québec
M. Yannick Gagnon
M. Gagnon : Merci, M. le
Président. Je profite de l'occasion pour souligner la présence du maire de
Saguenay, M. Luc Boivin, et son équipe — bienvenue, M. le maire — un
homme efficace et également impliqué, entre autres, dans le monde du hockey
auprès des jeunes. Il a contribué, M. le Président, comme bien des bénévoles
chez nous, à ce que le hockey au Saguenay soit en santé, parce que le hockey au
Saguenay est en santé. Les Élites ont donné une bonne performance en quart de
finale, les Marquis de Jonquière donnent chaud aux Éperviers en ce moment, les
dangereux Saguenéens débutent leurs séries, et les Espoirs et les Élites
rassemblent leur expertise pour le développement de nos jeunes.
Mais si Saguenay a les gènes du hockey, M.
le Président, c'est parce que nous avons côtoyé les grands. C'est parce que
nous avons côtoyé le grand, le grand Georges Vézina. Un siècle après l'annonce
de son décès, le gouvernement du Québec s'apprête à le nommer Personnage
historique du Québec. Quelle fierté, M. le Président! Québec, Je me souviens.
Oui, je me souviens de Georges Vézina.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Jonquière. Mes salutations à vous, M. le maire. Bienvenue
parmi nous. La prochaine déclaration revient à Mme la députée de Chicoutimi.
Souligner le succès de la 30e édition du Festival
Regard
Mme Marie-Karlynn Laflamme
Mme Laflamme : Merci, M. le
Président. Le Festival Regard, qui est l'un des principaux festivals du
court-métrage en Amérique du Nord, célèbre ses 30 ans cette année.
Fondé en 1995 à Saguenay, il est
littéralement la porte d'entrée des Amériques pour le cinéma du court et
constitue une rampe de lancement internationale pour le cinéma canadien. La
30e édition, qui se déroulait du 18 au 22 mars, a su, une fois de
plus, attirer les foules, avec pas moins de 200 courts-métrages présentés
sur grand écran, et près de 500 invités, issus de l'industrie du court-métrage,
qui se sont déplacés pour l'occasion. Pour souligner cet anniversaire marquant,
l'Université du Québec à Chicoutimi a rendu hommage aux bâtisseurs du festival
en leur remettant une médaille honorifique. Cette reconnaissance souligne
l'apport exceptionnel d'une institution culturelle phare, solidement ancrée au Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Aujourd'hui, je tenais également, donc, à leur rendre hommage.
Longue vie au Festival Regard,
félicitations à tous les cinéastes qui ont emporté les honneurs, à l'occasion
de ce 30e anniversaire.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Chicoutimi. Et la prochaine déclaration revient à
Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Féliciter l'équipe féminine de curling de
l'Est-du-Québec, médaillée d'argent aux Jeux du Québec
Mme Amélie Dionne
Mme Dionne : Merci, M. le
Président. Aujourd'hui, je souhaite souligner la performance de l'équipe
féminine de curling de l'Est-du-Québec, un quatuor louperivois formé de
Delphine et Rose Bélanger, de Frédérique et Maïna Dumas, et de leur entraîneur
Éric Bélanger.
Lors de la 60e finale des Jeux du
Québec, l'équipe a remporté la médaille d'argent, une médaille historique pour
le curling féminin de l'Est-du-Québec. Il s'agit du meilleur résultat de la
région dans cette discipline depuis la création des Jeux du Québec en 1971.
Cette performance marque un jalon important dans l'évolution du curling féminin
dans notre région et témoigne d'une progression constante de l'équipe au fil
des trois dernières finales.
Je tiens à saluer avec fierté l'équipe
Bélanger-Dumas pour cet exploit remarquable, fruit d'une discipline exemplaire
et d'un esprit d'équipe inspirant. Au nom des citoyennes et des citoyens de ma
circonscription, toutes mes félicitations à nos jeunes louperivoises et à leur
entraîneur. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée. La prochaine déclaration revient à M. le député de Chambly.
Remercier les partenaires ayant contribué à la
distribution de repas de cabane à sucre dans la circonscription de Chambly
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Merci, M. le
Président. Ça ne paraît pas toujours, quand on regarde la météo, mais c'est le
printemps. C'est le temps des sucres, et on sait qu'au Québec c'est une
tradition importante, chère à notre cœur. J'ai eu l'occasion d'y aller avec ma
famille dernièrement. C'est un plaisir renouvelé à chaque année.
Malheureusement, ce n'est pas donné à tout
le monde. C'est quand même assez cher se rendre dans une fameuse cabane à
sucre. Et c'est pour ça que cette année, pour la cinquième année consécutive,
avec mon budget et le SAB, j'ai investi une somme conséquente pour donner accès
à des repas de cabane à sucre à des gens qui sont plus vulnérables. Sur cinq
ans, c'est plus de 1 671 repas qui ont été livrés directement chez
des personnes avec l'aide de la cabane à sucre Meunier de ma circonscription, à
travers des organismes partenaires extrêmement importants. Donc, je veux
remercier Aux sources du Bassin de Chambly, le Centre d'action bénévole La
Seigneurie de Monnoir, le Centre de bénévolat Saint-Basile-le-Grand, la Maison
Simonne-Monet-Chartrand et POSA Maison Stéphane-Fallu. Merci à tous et bonne
saison des sucres.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Chambly. Et la prochaine déclaration revient à M. le
député de Montmorency.
Souligner le Mois du patrimoine irlandais
M. Jean-François Simard
M. Simard : M. le Président,
permettez-moi d'abord de saluer mon ami le consul de l'Irlande à Québec,
M. Bryan O'Gallagher, ainsi que l'ambassadeur de l'Irlande au Canada,
M. John Concannon, qui nous font l'honneur de leur présence aujourd'hui
dans les tribunes.
Comme vous le savez, le mois de mars est
celui du patrimoine irlandais. Et notre histoire commune entre le Québec et
l'Irlande est très riche. C'est des centaines de milliers de concitoyens qui
ont des racines irlandaises partout à travers le Québec. Et chaque année, des
Québécois et des Québécoises de toutes les origines célèbrent ensemble la
Saint-Patrick dans un esprit de fête et de partage.
Et j'ai d'ailleurs demandé à la SEPAQ
d'illuminer en vert la fabuleuse chute Montmorency pour consacrer cette belle
relation qui nous unit depuis si longtemps. Vive l'Irlande, vive le Québec, et
au plaisir de vous revoir.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Montmorency. Alors, voilà qui met fin à la rubrique
Déclarations des députés.
Nous allons suspendre nos travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 9 h 54)
10 h (version révisée)
(Reprise à 10 h 04)
La Présidente : Bonjour, tout
le monde. Mesdames, messieurs, bienvenue, bienvenue. Le parlement du Québec, c'est
chez vous.
Messieurs dames les députés, nous allons
nous recueillir quelques instants, je vous prie.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
(Interruption)
La Présidente
:
Pardonnez ma toux. Alors, messieurs dames les députés, je vous rappelle l'article 32.
Gardez le silence. Nous... Oui, je l'aime beaucoup cet article.
Alors, nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de
loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, Mme
la Présidente. Je vous demande d'appeler l'article a du feuilleton, s'il vous
plaît.
La Présidente : À l'article a
du feuilleton, M. le ministre de la Justice présente le projet de loi n° 24,
Loi protégeant le consommateur contre l'utilisation trompeuse ou frauduleuse de
l'identité ou de l'image d'une personne. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui, merci,
Mme la Présidente. Il me fait plaisir de déposer le projet de loi n° 24, Loi
protégeant le consommateur contre l'utilisation trompeuse ou frauduleuse de
l'identité ou de l'image d'une personne.
Ce projet de loi a pour principal objectif
de protéger les consommateurs contre les représentations impliquant
l'utilisation de l'identité ou de l'image d'une personne sans son consentement.
Pour ce faire, le projet de loi interdit
d'utiliser l'identité ou l'image d'une personne sans son consentement pour
faire une représentation à un consommateur ainsi que de permettre que soit
utilisée l'identité ou l'image d'une personne dans un tel contexte.
Le projet de loi confère par ailleurs au
président de l'Office de la protection du consommateur des pouvoirs
d'ordonnance. Ces pouvoirs lui permettent d'ordonner à toute personne de cesser
de se livrer...
M. Jolin-Barrette : ...Le
projet de loi confère par ailleurs au président de l'Office de la protection du
consommateur des pouvoirs d'ordonnance. Ces pouvoirs lui permettent d'ordonner
à toute personne de cesser de se livrer ou de cesser de permettre qu'on se
livre à toute pratique de commerce interdite visée au titre II de la Loi
sur la protection du consommateur, incluant toute pratique qui concerne
l'utilisation de l'identité ou de l'image d'une personne sans son consentement.
Sont aussi accordés, au président de l'Office, le pouvoir d'ordonner à toute
personne qui fait ou qui pourrait faire l'objet d'une inspection ou un
manquement à une disposition du titre II de cette loi ainsi que le pouvoir
de rendre une telle ordonnance à l'égard de toute personne qui disposerait d'un
élément de preuve de la commission d'un tel manquement par la personne qui fait
ou pourrait faire l'objet d'une inspection ou d'une enquête.
Le projet de loi prévoit que le
président-directeur général de l'Autorité des marchés financiers exerce les
pouvoirs d'ordonnance du président de l'Office à l'égard de quiconque utilise
ou permet que soit utilisée l'identité ou l'image d'une personne en
contravention à la Loi sur la protection du consommateur, dans les cas où la
représentation concerne une activité régie par une loi du secteur financier.
Enfin, le projet de loi prévoit que les
contraventions aux nouvelles obligations qu'il introduit peuvent entraîner
l'application de sanctions pénales ou de sanctions administratives pécuniaires.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Et je
reconnais le leader de l'opposition officielle. Je vous écoute.
M. Tanguay : Oui. Mme la
Présidente, nous souhaitons des consultations particulières sur ce projet de
loi. Merci.
La Présidente : Et est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Des voix : Adopté.
La Présidente : Adopté. À
nouveau, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : ...du feuilleton,
s'il vous plaît.
La Présidente : À l'article b
du feuilleton, M. le ministre responsable des Institutions démocratiques
présente le projet de loi n° 18, Loi modifiant les critères du vote de
l'électeur hors Québec. M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien, Mme
la Présidente. Alors, comme vous l'avez dit, je présente le projet de loi
n° 18, Loi modifiant les critères du vote de l'électeur hors Québec.
Ce projet de loi permet à un électeur
temporairement absent du Québec d'exercer son droit de vote par correspondance
dans les cinq ans suivant son départ.
Le projet de loi prévoit aussi qu'un
électeur temporairement absent du Québec à des fins d'études peut exercer son
droit de vote par correspondance tout au long de son absence. Merci.
La Présidente : Et est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Des voix : Adopté.
La Présidente : Adopté. À la
rubrique Dépôt de documents, M. le ministre de l'Économie, de l'Innovation et
de l'Énergie. M. le ministre, vous avez un document.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Permettez-moi de déposer le Plan stratégique 2025-2028 du Fonds de
recherche du Québec. Merci.
La Présidente : Ce document
est déposé.
M. le ministre de l'Environnement, de la
Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Permettez-moi de déposer les états financiers de l'exercice clos le
31 mars 2025 du Fonds de protection de l'environnement et du domaine
hydrique de l'État, du Fonds bleu et du Fonds d'électrification et de
changements climatiques.
La Présidente : Et ces
documents sont déposés.
À la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, est-ce qu'il y a un consentement pour déroger à l'article 4.4
des règles de fonctionnement afin de déposer un rapport du comité directeur de
la Commission de l'Assemblée nationale? Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente : Je dépose
donc le rapport du comité directeur de la Commission de l'Assemblée nationale,
qui s'est tenue le 25 mars 2026, concernant une demande de la députée de
Chicoutimi afin de devenir membre de la Commission des institutions.
Je cède maintenant la parole à M. le
troisième vice-président et député de Viau pour la présentation d'une motion.
M. Benjamin : Mme la
Présidente, je propose :
«Que la modification à la composition de
la commission telle que prévue au rapport du comité directeur de la Commission
de l'Assemblée nationale soit adoptée.»
La Présidente : Et est-ce
qu'il y a consentement pour déroger à l'article 129 du règlement?
• (10 h 10) •
Des voix : Consentement.
La Présidente : Consentement.
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Présidente : Adopté.
Maintenant, il n'y a pas de dépôt de
pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux
pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de
privilège.
Nous en sommes maintenant rendus à la
période de questions et de réponses orales, et, pour ce faire, je cède la
parole, en question principale, au député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Ce matin, on lance un avis de recherche, un avis de recherche pour
trouver et fouiller dans le budget caquiste, pour trouver une ligne, une petite
note en bas de page pour les 300 millions pour faire avancer HMR, l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont, ou bien, hélas, modernisation reportée. Je leur laisse le
choix de choisir les initiaux de HMR.
Mme la Présidente, j'interpelle
aujourd'hui directement la ministre de la Santé. La ministre de la Santé
connaît très bien la situation dans laquelle les professionnels du réseau
travail, elle connaît très bien la situation des infirmières, des médecins et
des patients qui visitent, par obligation, cet hôpital. Cet hôpital est
nécessaire...
M. Derraji : ...travail. Il
connaît très bien la situation des infirmières, des médecins et des patients
qui visitent par obligation cet hôpital. Cet hôpital est nécessaire, pas
uniquement pour les gens de l'Est, mais pour l'ensemble des patients québécois.
Ma question à la ministre : Où ils
sont, les 300 000 dans le budget?
La Présidente : La réponse du
ministre des Infrastructures.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. En fait, le collègue a beau chercher, en fait, il ne cherche pas le
bon... dans le bon document. Et les chiffres qu'il évoquait encore la semaine
dernière, comme quoi il y avait 2,3 milliards dans le PQI par rapport au
projet en question, bien, il manque d'ambition. On a provisionné bien plus que
les 2,3 milliards en question.
Peut-être une petite leçon 101 du PQI.
Deux enveloppes, enveloppe centrale, enveloppe sectorielle. Si on additionne
les montants qui sont dans ces deux enveloppes-là, on dépasse largement les
2,3 milliards. Et je rappellerai que le Parti libéral avait, dans son cas,
lui, provisionné 25 millions pour HMR.
Donc, les argents sont là. Les argents
sont au rendez-vous. Le projet avance. C'est ce que j'ai mentionné au collègue,
et ça me fait plaisir de le répéter. Dans les prochaines semaines, il y aura,
concrètement, des appels d'offres qui seront lancés pour débuter des travaux,
aménager tout le souterrain, tout ce qui sera en sous-œuvre, notamment
l'aqueduc, il faut alimenter en eau ce futur hôpital là, mais également un
contrat pour l'aménagement du site. Et ces contrats-là totalisent des sommes
colossales. Donc, une question de semaines avant que ce soit dévoilé, Mme la
Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Derraji : Bien,
franchement, Mme la Présidente, il me dit : Question de semaines. Je
l'invite à regarder les communiqués de presse de son ex-collègue ministre de la
Santé. C'est gênant. C'est gênant. Son ex-collègue parlait des pépines juste à
côté. Bien, Mme la Présidente, ce qui m'interpelle aujourd'hui, ce qui
m'intéresse, c'est la ministre de la Santé.
Est-ce que la ministre de la Santé est
d'accord de laisser les professionnels de la santé travailler dans des
conditions inhumaines, avec des rats et des chauves-souris? C'est elle que
j'interpelle aujourd'hui.
Et ils sont où, les 300 millions?
Est-ce qu'elle est capable de répondre?
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, contente de savoir que mon collègue député s'intéresse au fait que
ce soit la ministre de la Santé qui réponde à cette question. Effectivement,
j'ai eu l'occasion de le mentionner à plusieurs reprises, l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont, ça fait partie des priorités de notre gouvernement, et on
va continuer. Le projet de l'Hôpital de Maisonneuve-Rosemont n'est pas en
arrêt, n'est pas en suspens, n'est pas sur pause, il est en action. Les équipes
sont mobilisées pour continuer de travailler sur leurs différentes étapes, donc
pour s'assurer que dossiers d'affaires, etc., puissent progresser. On veut donc
continuer d'avancer ce projet-là, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Derraji : Mme la
Présidente, s'il n'y a pas les 300 millions, ça veut dire que le projet
est en arrêt. Et, Mme la Présidente, je sais que vous regardez mon tableau,
vous l'aimez bien, c'est l'avis de recherche qui est lancé aujourd'hui. C'est...
La Présidente : Et je l'aime
tellement que je vous dis que vous n'avez pas à montrer ce genre de tableau. Ce
n'est pas un tableau didactique, c'est une affiche. Et je vous invite à
poursuivre, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Vous avez
raison, Mme la Présidente, c'est une affiche, mais c'est une affiche de qui? De
la Coalition HMR. La coalition demande quoi? Elle cherche, comme nous, les
300 millions. Donc, j'invite Mme la ministre... Ils sont où, les 300
millions? Le projet est en arrêt, malheureusement. On ne veut pas de
stationnement, on veut des soins.
S'engage-t-elle aujourd'hui?
La Présidente : Le... pardon,
la réponse du ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. C'est une bonne chose que les Québécois aient dit non au Parti
libéral en 2022, parce qu'en 2022, pour l'année 2026‑2027, le Parti libéral
prévoyait, dans son PQI, 10 milliards d'investissements. Dans notre cas,
nous sommes pratiquement au double. Et, dans les 10 milliards, c'était
autant pour le maintien d'actifs que pour le développement de nouveaux projets.
Dans notre PQI à nous, on met plus d'argent dans le maintien d'actifs que le
Parti libéral prévoyait pour l'ensemble de son PQI. Donc, il n'y a pas de
commune mesure, il n'y a pas de comparaison. Maisonneuve-Rosemont aurait stagné
si les libéraux avaient gagné de nouveau les élections en 2022.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme
Rotiroti
:
Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Peut-être, si on était encore au
pouvoir, on aurait coupé le ruban, déjà, pour l'hôpital.
Alors, je ne reviendrai pas sur l'état
lamentable de l'hôpital...
Des voix : ...
La Présidente
:
Attendez, Mme la députée. Alors, attendez... Quand je suis debout, vous vous
assoyez. Je vous entends beaucoup trop, et, de toute façon, gardez le silence.
Je voudrais entendre la question de la députée de Jeanne-Mance—Viger...
La Présidente : ...silence. Je
voudrais entendre la question de la députée de Jeanne-Mance—Viger. Allez-y,
madame.
Mme Rotiroti : Je ne
reviendrais pas sur l'état lamentable de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, je
pense que tout le monde au Québec a vu les images et a pu constater l'urgence
d'agir. Ce matin, je m'adresse au ministre des Infrastructures.
En 2018, la CAQ a annoncé l'hôpital, et
depuis Dieu sait qu'il y a eu plusieurs réponses... plusieurs annonces, et rien
ne se fait. Depuis, on a arrêté, mais on ne demande pas de... de couper... on
continue à demander de couper. Le CIUSSS a fait son travail et a livré la
demande du gouvernement et de Santé Québec.
Après huit ans, le gouvernement de la CAQ,
on était supposé d'avoir les pépines dans la cour, et, aujourd'hui, figurez,
Mme la Présidente, le ministre d'Infrastructures, c'est une mesure que lui-même
a mise en place, demande qu'on optimise les coûts encore de 15 %.
Est-ce qu'il réalise, le ministre
d'Infrastructures, en demandant ce 15 %-là, qu'on met en péril le projet?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Ce qui m'inquiète dans les propos des libéraux, un, c'est le manque
de provisionnement qu'eux anticipaient pour le prochain, je le mentionnais,
25 millions. Ce qui m'inquiète aussi dans leur discours d'aujourd'hui,
c'est de dire : Il ne faut pas parler d'optimisation, il faut aller avec
les projets tels que certains les... les souhaitent, sans penser à optimiser
les coûts, sans penser à de la standardisation.
On a réussi, avec Maisonneuve-Rosemont, à
aller faire 250 millions de dollars en gains d'efficacité. Si
l'argent public importe peu au Parti libéral, je leur rappellerai qu'avec
250 millions on peut construire des écoles supplémentaires, on peut
développer notre réseau de la santé de façon probante également. Donc, ces
gains-là, ils ont été identifiés, ils sont maintenant des acquis, ce qui nous
permet de passer aux étapes suivantes.
On ne peut pas passer en réalisation tant
que les plans et devis ne sont pas complétés, et ils ne sont pas complétés. Ça
ne veut pas dire que le projet n'avance pas. Il est bien provisionné, des
centaines de fois plus que le Parti libéral ne l'avait fait à leur époque, et
on pourra passer en mode réalisation lorsque les plans et devis seront
complétés. Et c'est une étape...
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Rotiroti : Mme la
Présidente, les plans et devis ne peuvent pas être terminés parce que le
gouvernement ne cesse pas de leur demander de couper. Ça, c'est une mesure du
15 %, là, que le ministre des Infrastructures a imposée tout récemment et
en disant que... «sans toutefois qu'on diminue la qualité de nos bâtiments».
HMR vous dit : Le 15 % que vous demandez, ça va dénaturer le projet.
C'est votre façon de retarder le projet.
Êtes-vous capable de nous dire à quel
moment que...
La Présidente : Et Mme la
députée... Mme la députée... Mme la députée, je vous rappelle que vous vous
adressez à la présidente et non directement à un autre élu. La réponse du
ministre.
M. Charette : C'est très,
très inquiétant, Mme la Présidente, de voir l'opposition officielle ne pas se
soucier du sage... de la sage utilisation des fonds publics. Que l'opposition
officielle ne se soucie pas d'optimisation, c'est inquiétant. On a, sans
toucher au plan clinique, réussi à identifier 250 millions
d'optimisations. On parle d'écoles que l'on pourra construire, avec ces
sommes-là, on parle d'autres centres hospitaliers qui pourront en bénéficier.
Donc, que l'opposition officielle n'en fasse pas un enjeu, pour moi, je suis
inquiet.
Ceci dit, elle parle d'échéancier,
l'échéancier a été identifié et clairement réitéré : patient n° 1, 2036. Et nous sommes tout à fait dans les temps pour
rencontrer...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Rotiroti : Merci. M. le
ministre vient d'avouer que, le 250 millions, ils l'avaient, mais ils ont
choisi de le mettre dans la cagnotte pour la course à la chefferie. Alors,
qu'ils aillent chercher le 250 millions puis faites avancer le projet...
Des voix : ...
• (10 h 20) •
La Présidente : Attendez! Je
veux préserver votre droit de parole.
Des voix : ...
La Présidente
: Gardez
le silence! M. le leader du gouvernement, je vous entends. Alors, moi,
j'aimerais entendre la question de la collègue. Poursuivez.
Mme Rotiroti : C'est ça,
alors je disais, Mme la Présidente, le ministre avoue que le 250 millions
était là. Ils ont fait un choix de faire un cadeau à le prochain chef de la CAQ
au lieu de l'investir dans la santé de la population.
Alors, je demande clairement au
ministre : À quand le projet va passer à l'étape de la réalisation, puis
on va réellement voir les pépines pour construire l'hôpital?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : Mme la
Présidente, je suis rassuré, rassuré que l'opposition officielle ne soit pas au
gouvernement actuellement, parce que ce serait drôlement, drôlement inquiétant
dans la gestion des affaires et des dossiers de l'État.
Ceci dit, elle parle d'investissements en
santé. Je le mentionnais d'entrée de jeu, pour l'année 2026-2027, le Parti
libéral, dans son dernier PQI, prévoyait investir 10 milliards de dollars
autant pour le maintien d'actifs que pour le développement de nouvelles
infrastructures...
M. Charette : ...investir
10 milliards de dollars, autant pour le maintien d'actif que pour le
développement de nouvelles infrastructures. Nous sommes au double. Donc, que
l'opposition officielle, que le Parti libéral, ne nous dise pas que nous...
sous-investissons en santé, il prévoyait investir deux fois moins d'argent
qu'on le fait de notre côté, avec des résultats probants. Depuis 2018-2019...
La Présidente
: En
terminant.
M. Charette : ...405 projets
ont été réalisés, Mme la Présidente.
Des voix : ...
La Présidente : Alors, gardez
le silence, c'est bon pour tout le monde.
Je reconnais maintenant, pour sa question
principale, la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci, Mme la
Présidente. Hier, le Québec découvrait le parcours, en 2023, de Rose Gervais,
forcée de parcourir près de 900 km, de prendre congé de son travail, de
trouver une gardienne et d'organiser un déplacement en urgence pour obtenir un
avortement. Trois ans plus tard, Radio-Canada révèle que le gouvernement ignore
encore combien de femmes vivent cette réalité, faute de services accessibles en
région. En 2026, c'est inadmissible, Mme la Présidente. Ce n'est pas seulement
un enjeu de santé, c'est une question de dignité et d'égalité. Les groupes sur
le terrain sont clairs : sans accès réel aux services, les droits des
femmes sont bafoués.
La ministre reconnaît-elle cette inégalité
territoriale? Et surtout quelles sont les mesures concrètes pour... qu'elle va
mettre en place pour garantir un accès équitable aux services d'avortement
partout, partout, dans toutes les régions du Québec?
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, j'ai eu l'occasion de répondre hier à cette question. La situation
des femmes en situation d'itinérance au Québec est... au Québec est extrêmement
préoccupante. Personne ne devrait vivre dans la rue, Mme la Présidente. Et on
voit, il y a une montée actuellement, effectivement, de certains groupes, dont
des femmes notamment.
Puis, vous savez, Mme la Présidente, on le
sait tous ici, là, le moment de la grossesse, c'est un moment qui est tellement
important, tellement important. Puis imaginez qu'une femme puisse vivre sa
grossesse alors qu'elle est en situation d'itinérance... c'est inadmissible,
Mme la Présidente. Je suis tout à fait d'accord.
On a travaillé, comme gouvernement, à
mettre en place de plus en plus de logements et de sites pour accueillir les
femmes en situation d'itinérance. Ces sites-là, il y en a plusieurs qui donnent
des services aux femmes en situation d'itinérance qui sont enceintes, Mme la
Présidente. Il faut continuer d'accentuer les services auprès des sages-femmes,
auprès des différentes cliniques communautaires, avec nos médecins. Alors,
c'est important, Mme la Présidente, et on y veille.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Garceau : Je suis
vraiment abasourdie, Mme la... Mme la Présidente, parce que la ministre a
complètement manqué le bateau. Rose Gervais, là, ce n'est pas une femme en
situation d'itinérance. On parle d'accès aux services d'avortement en région,
il y a iniquité en région. Vous êtes... Vous n'avez pas écouté ou vous n'étiez
pas au courant de ce... vraiment de cette situation-là. On n'est pas dans
l'itinérance.
Il y a un plan d'action. Quand est-ce que
vous allez le mettre en vigueur?
La Présidente : La réponse de
la ministre responsable de la Condition féminine.
Mme Proulx : Oui. Parfois,
avec du bruit, Madame, c'est difficile d'entendre...
Des voix : ...
La Présidente : ...poursuivez,
et tout le monde retrouve le silence.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Il y a de l'humain ici. Des erreurs, ça arrive.
Donc, je vais revenir sur le cas de Rose,
une situation très particulière pour elle, Mme la Présidente. Contrairement à
ce que le chef du Parti libéral disait en point de presse hier, ce n'était pas
volontaire, cette interruption de grossesse là. C'est une interruption qui
était tragique.
Il y a la télémédecine, Mme la Présidente,
qu'on implante partout à travers le territoire du Québec. Peu de temps, Mme la
Présidente. Je vais revenir, là, sur la complémentaire, si vous le permettez.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Garceau : On a perdu un
temps monumental, Mme la Présidente, avec la Constitution puis le fait qu'on
avait inséré l'article 29. On aurait dû vraiment miser, le gouvernement,
vos efforts, pour améliorer l'accès de toutes les femmes au Québec aux services
d'avortement, parce qu'il est là, l'enjeu. Vous le savez depuis des années.
Qu'est-ce que vous avez fait...
La Présidente
: ...je vous
rappelle que vous vous adressez à la Présidente. Poursuivez.
Mme Garceau : Qu'est-ce que
vous avez fait depuis votre plan... j'ai encore... 2024? Qu'est-ce que vous
avez fait concrètement pour améliorer?
La Présidente
: Alors,
c'est une question de reformulation, Mme de la députée. La réponse...
Mme Garceau : ...améliorer.
La Présidente
: Alors,
c'est une question de reformulation, Mme la députée. La réponse de la ministre
de la Santé. Et on ne s'interpelle pas des deux côtés de la Chambre. Mme la
ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, c'est assez difficile d'entendre le timbre de voix de gens qui
crient, qui rient et qui s'agitent à l'opposition. Alors, voilà pour la... que
je vais prendre, Mme la Présidente.
L'autre chose, Mme la Présidente, hier,
j'ai fait un scrum, j'ai été questionnée là-dessus, ça a passé dans plusieurs
médias, à la télé. Avez-vous regardé ça? Et j'ai dit que c'était inadmissible,
ce qui s'était passé. Bien oui, c'est drôle, elles sont mortes de rire. C'est
drôle, Mme la Présidente, j'ai dit que ça n'avait pas d'allure. C'est ça que
j'ai dit, Mme la Présidente, et je le répète : Ça n'a pas d'allure.
L'avortement doit être disponible dans toutes les régions du Québec, Mme la
Présidente. Alors, je n'ai jamais dit le contraire de ça, et prétendre... de me
faire dire des choses que je n'ai jamais dites, c'est épouvantable, Mme la
Présidente.
La Présidente
: C'est
terminé.
Des voix : ...
La Présidente
: Tout le
monde, silence, je vous prie, je vous entends trop. Il y a une seule personne
qui aura le droit de parole, maintenant, en question principale, et j'aimerais
l'entendre, et c'est le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Écoutez, Glencore empoisonne les gens de Rouyn depuis des
décennies. Les gens là-bas doivent se battre pour respirer sans pogner le
cancer, le gouvernement a mis en place des semblants de restrictions en 2023,
Glencore menace de fermer la Fonderie Horne, et là qu'est-ce que fait la CAQ?
La CAQ se plie aux demandes de la multinationale, elle sacrifie la santé des
enfants jusqu'en 2033.
Glencore ne manque pas d'argent pour
garder la fonderie ouverte et protéger la santé des gens. Ils ont fait
295 milliards de dollars US en chiffre d'affaires l'année passée.
Empoisonner les enfants et faire du chantage au gouvernement, c'est leur modèle
d'affaires, Mme la Présidente. La CAQ les a laissés gagner à Rouyn-Noranda comme
elle les a laissé gagner à Limoilou.
Est-ce qu'il va falloir faire venir au
Parlement, devant les yeux des ministres caquistes, les enfants empoisonnés du
quartier Notre-Dame pour réveiller leur cœur et leur raison face au signe de
piasse de Glencore?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de
la Faune et des Parcs. On vous écoute.
195
M. Charette :Merci, Mme la Présidente.
Le collègue dit : La CAQ a laissé gagner Glencore. Moi, je pense que ce
sont les citoyens et citoyennes de Rouyn-Noranda qui se sont exprimés à la
dernière élection et qui ont chassé ce discours-là que représentait celui de Québec
solidaire. Moi, je regarde les chiffres, avant 2018, donc, avant l'arrivée du
gouvernement actuel, il n'y avait pas de réelles restrictions pour l'arsenic,
notamment, ce qui permettait des moyennes annuelles, là, tenez-vous bien, en
1997, 884,5 nanogrammes par mètre cube. Dans les années plus récentes, on
était davantage autour de 200, en 2016, on était à 205,3, l'année suivante,
123,3, 2018, 113,4.
Nous sommes aujourd'hui à 45. Pourquoi
nous sommes à 45? Parce que le gouvernement a pris le dossier en main, il a
précisé des restrictions qui n'avaient jamais été imposées par les
gouvernements précédents, que ce soit pour l'arsenic, que ce soit pour les
autres contaminants atmosphériques. Bref, c'est un changement de situation
complet par rapport à ce qui prévalait. Et ce dossier-là, on l'a travaillé avec
la municipalité, avec la Santé publique et les citoyens...
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Zanetti : La situation n'a
pas changé, Mme la Présidente. L'augmentation du taux d'arsenic l'année passée,
c'est 10 %. La situation, elle n'a pas changé. Puis les gens, là, ils
n'ont pas voté pour pogner le cancer, puis avoir des enfants qui ont des effets
neurodéveloppementaux dans leur... dans leur croissance, puis des femmes
enceintes qui respirent ces affaires-là. Je trouve que ça n'a aucun bon sens de
dire ça.
Est-ce qu'ils peuvent reconnaître, au
moins, que la Direction régionale de la santé publique de
l'Abitibi-Témiscamingue n'est pas d'accord avec eux puis qu'elle leur
dit : Vous allez trop loin, ça n'a pas de bon sens et c'est dangereux?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Charette : Un
discours de peur, Mme la Présidente, qui n'a pas sa place. On parle d'une
augmentation...
La Présidente : ...je vais
reconnaître le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Vous le
savez très clairement, «discours de peur», on induit des motifs, là, on doit
retirer.
• (10 h 30) •
La Présidente : M. le leader
du gouvernement, rapidement, quelle est votre réponse? Rapidement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, le député de Jean-Lesage porte des accusations, prête des
intentions, Mme la Présidente, avec un discours qui est alarmiste, Mme la
Présidente.
La Présidente : OK, je vais
trancher. Merci beaucoup. Assoyez-vous tous les deux. Alors, «peur», «faire
peur», «discours de peur», on est dans le même registre. Retirez ces paroles,
mais poursuivez, M. le ministre.
195 M. Charette : Je retire volontiers.
Mme la Présidente, on parle d'augmentation, du côté du... de l'opposition de
Québec solidaire, mais dans les faits, c'est une diminution notable, au fil des
années, qui s'observe, nous sommes à 45 nanogrammes par mètre <cube...
>
10 h 30 (version révisée)
<195
M.
Charette :
...de l'opposition de Québec solidaire, mais, dans
les faits, c'est une diminution notable, au fil des années, qui s'observe. Nous
sommes à 45 nanogrammes par mètre >cube, si ce n'est pas moins,
depuis quelques années, donc la fonderie se conforme à l'autorisation. On parle
uniquement d'arsenic, du côté de Québec solidaire, alors que les autres métaux
sont aussi concernés. Ce qu'il faut rappeler, c'est que la très, très grande
majorité du territoire de Rouyn-Noranda est bien en deçà du 45 et, dans
certains cas, bien en deçà du 3 nanogrammes par mètre cube. Donc, j'appelle à
Québec solidaire à prendre...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Zanetti : C'est
épouvantable, Mme la Présidente. La directrice régionale de la santé publique,
je ne fais que relayer ses propos : les effets neurodéveloppementaux, les
risques de cancer accrus, les enfants, les femmes enceintes, les gens qui ont
des cancers pour rien, pour qu'une multinationale se fasse des milliards sur
leur dos, c'est ça qui est en train d'être permis. Vous avez raison, ça ne
traite pas juste d'arsenic, et vous êtes en train d'assouplir encore les
réglementations pour d'autres métaux...
La Présidente : Je vous
rappelle que vous vous adressez à la présidente.
M. Zanetti : Vous avez
raison. Qu'est-ce qu'ils ont à répondre à ça? Est-ce qu'ils peuvent reconnaître
au moins que ces choses-là, ça vient de la Santé publique?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Charette : Avant 2018, à
peu près tout était permis, auprès des gouvernements qui nous ont précédés.
Moi, je vous parle d'avancées notables, je vous parle d'un consensus dans la
région. La municipalité, les citoyens souhaitaient cette entente-là avec la
municipalité.
Ils ne voient que du mal du côté de la
fonderie; on y voit un vecteur important de développement économique, mais qui
ne peut pas se faire à n'importe quel prix. C'est la raison pour laquelle nous
imposons des conditions qui sont strictes, qui sont respectées et surtout qui
sont suivies de façon très rapprochée autant par le ministère de
l'Environnement, Affaires municipales, Économie. Il y a plusieurs acteurs en
cause qui travaillent ensemble avec la population, avec la municipalité...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme
la Présidente. Ça me fait énormément de peine de dire ça, mais nos écoles au
Québec n'ont jamais été aussi violentes. Des chaises qui revolent dans les
airs, des coups de poing, des morsures, des menaces de mort. Nous ne sommes
pas, comme adultes, à la hauteur de notre responsabilité première qui est
d'assurer la sécurité de nos enfants.
Mais, la ministre de l'Éducation, elle,
elle a une responsabilité particulière, celle de s'assurer que, dans nos
écoles, les gens ont tout ce qu'il faut pour freiner cette augmentation
effrayante de la violence.
Hier, j'ai trouvé la ministre étonnamment
optimiste dans sa réaction aux révélations de La Presse concernant cette
augmentation de la violence. Elle a dit, et je la cite : «Les écoles ont
ce qu'il faut, les ressources sont là.» Les ressources sont déjà là, donc on ne
fait rien de plus? Ce n'est pas suffisant comme réponse.
Qu'est-ce que la ministre va faire de plus,
dans les prochains mois, pour arrêter l'augmentation de la violence?
La Présidente : La réponse de
la ministre de l'Éducation.
Mme LeBel : Bien, Mme la
Présidente, ça va me faire une fois... plaisir encore une fois de rectifier les
propos de mon collègue. Il n'y a personne qui est optimiste face à des
résultats comme on a vus hier, face à des incidents de violence. Il n'y a
personne qui est insensible à ces incidents-là.
Ce que j'ai simplement souligné hier et
qu'on a fait, d'ailleurs, dans une motion qu'on a adoptée à l'unanimité dans
cette Assemblée, de dire qu'il y a des outils disponibles dans le réseau. Et
ça, c'est une bonne nouvelle. Est-ce que le fait qu'il y ait de la violence,
c'est une bonne nouvelle? La réponse est évidemment non. Mais est-ce que le
fait qu'on a pu donner des outils aux écoles, aux centres de services scolaires
pour mieux prévenir, pour mieux réagir... La réponse est oui. Et ce qu'on a dit
dans la motion, ensemble, c'est qu'il fallait mieux accompagner, mieux former
et s'assurer que ces outils-là étaient déployés adéquatement.
On est, d'ailleurs, dans la semaine de la
prévention contre la violence, et c'est important d'en parler. Ça fait partie
de la prévention de dénoncer ce qu'on voit dans nos écoles, d'expliquer à nos
jeunes que ça ne se fait pas, cette violence-là, d'expliquer à nos jeunes que
les autres ont des droits, et ça vient avec des responsabilités, puis que ça
prend du respect dans les écoles et, plus que du respect, le respect des lois
également.
J'ai eu l'occasion de donner un atelier,
un atelier est disponible, mon collègue pourrait aller le faire, il est sur les
réseaux. Et je pense qu'il faut en parler, mais on va continuer à travailler,
parce que personne n'est insensible, et on...
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Un enfant
qui est violent, c'est un enfant qui souffre. Ces enfants-là ont besoin d'aide.
Ça s'appelle de la prévention. Et, de toute évidence, on n'en fait pas assez
dans nos écoles. Je ne demande pas à la ministre de me parler des ateliers
qu'elle va donner ou des capsules qu'elle publie sur les réseaux sociaux. Je
lui demande de me dire ce qu'elle va faire de plus en tant que ministre, dans
les prochaines semaines, pour freiner l'augmentation...
M. Nadeau-Dubois : ...dire ce
qu'elle va faire de plus en tant que ministre, dans les prochaines semaines,
pour freiner l'augmentation de la violence dans nos écoles.
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme LeBel : Bien, on est
d'accord, un enfant qui est violent est un enfant qui a besoin d'aide et
d'accompagnement. Mais la prévention, on le dit dans tous les rapports, on le
dit dans toutes les analyses, c'est... La violence dans l'école, comme dans la
société, c'est multifactoriel, et la prévention est un facteur, un outil,
une... un levier important sur lequel il faut travailler. Et je suis désolée
qu'on dénigre ce qu'on fait présentement, parce qu'une semaine de prévention de
la violence, est-ce que c'est la réponse? Non. Mais est-ce que ça fait partie
de ce qu'on doit faire? Absolument. Et là on est dans cette semaine-là
présentement, et ça nous permet d'en parler, de la prévention, et de dénoncer
ce qui se passe, et d'outiller les enseignants, d'outiller les gens sur le
terrain pour mieux y répondre, Mme la Présidente.
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Juste l'an
dernier, là, il y a 3 400 élèves au Québec qui ont été retournés à la
maison. Pourquoi? Parce que leurs écoles n'avaient pas les moyens de les aider.
Ces bris de service là ont triplé en quatre ans. Pourquoi? Parce qu'il manque
de monde pour prendre soin des enfants qui ont des problèmes de comportement et
des difficultés d'apprentissage. Il faut plus de gens en chair et en os pour la
faire, cette prévention-là.
La ministre, à deux reprises, a été
incapable de me dire qu'elle va en faire plus. Peut-elle, aujourd'hui, prendre
l'engagement d'agir contre la violence?
La Présidente : Le réponse de
la ministre.
Mme LeBel : Bien là, on vient
de changer complètement de sujet, Mme la Présidente. Les bris de service, il
faut faire attention, là, ce n'est pas des enfants qui sont violents puis qu'on
envoie à la maison parce qu'on ne veut pas réagir, ce n'est pas des enfants qui
ont des troubles... qui ont des troubles qu'on envoie, ce sont des enfants qui
ont des problèmes complexes, souvent médical, pour lesquels même l'expertise...
et on ne parle pas d'ajouter plus de monde, l'expertise du ministère de
l'Éducation n'est pas suffisante, malheureusement, pour y répondre.
Et, quand on parle de bris de service, il
faut compter... des fois, c'est une journée, des fois, c'est quelques jours. La
plupart de ces enfants-là, après qu'on ait travaillé avec le ministère de la
Santé, qu'on ait mis des programmes et des plans d'intervention multifactoriels
en place, on les réintègre rapidement.
Donc, oui, on y travaille. C'est des...
des gens avec... des enfants avec des problèmes très complexes, et on va
travailler également sur cette situation-là, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Taschereau.
M. Grandmont : La colère à
l'endroit de la ministre de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire
est grande, Mme la Présidente. Non seulement le communautaire est à boutte,
mais on apprend aussi que les prestataires de l'aide sociale sont attaqués par
sa réforme à coût nul, de la ministre.
Récemment, on a pu lire le témoignage de
Martine, une femme qui survit avec à peine 200 $ par mois après loyer. La
machine gouvernementale s'acharne contre une citoyenne qui a déjà payé une
dette qu'on... qu'elle avait déjà... qu'elle avait contractée. Résultat :
angoisse, nuits blanches, de la peur très réelle de se retrouver dans la rue.
Puis ce n'est pas un cas isolé. Les
intervenants nous parlent d'une véritable machine à erreurs : coupures
injustifiées, dossiers perdus, appels rejetés par dizaines de milliers et même
des crises suicidaires à chaque semaine.
Mme la Présidente, la réforme informatique
de la ministre plonge des gens dans la détresse. Sa réforme, ce n'est pas de
l'efficacité, c'est de la déshumanisation.
Est-ce que la ministre s'engage à redonner
à nos personnes les plus vulnérables les services dont elles ont vraiment
besoin pour vivre dignement?
• (10 h 40) •
La Présidente : La réponse de
la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire.
Mme Rouleau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Et je remercie le député de sa question sur le projet UNIR,
qu'on a mis en place, un projet de numérisation des dossiers des prestataires.
Ce qu'on a fait, c'est de faire en sorte de donner un meilleur accès aux
services aux prestataires, de diminuer les délais pour les prestataires pour
obtenir ces services. Les prestataires allaient aux bureaux de Services Québec
et devaient avoir à chaque fois l'ensemble de leurs documents pour aller
discuter de leurs... de leurs dossiers. Dorénavant, ces dossiers sont
numérisés. On a brisé les silos entre les régions, ce qui fait que les... nos
employés, nos spécialistes qui travaillent avec les prestataires, peu importe
où ils sont au Québec et peu importe où sont les prestataires au Québec, ont
accès aux services, et on donne réponse à nos prestataires. On a amélioré le
service, Mme la Présidente, et ça fonctionne très bien à travers le Québec
depuis février 2025.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Grandmont : Mme la
Présidente, je tombe en bas de ma chaise. Je ne comprends pas la réponse de la
ministre. Dans quel tour elle vit? Elle n'est pas connectée sur le terrain du
tout. Je veux dire, elle avait exactement... elle a exactement le même discours
qu'elle avait lors de l'adoption du PL n° 71. Elle
disait : Cette modernisation très attendue permettra de rendre le régime
d'assistance sociale plus humain, plus centré sur les besoins de la personne...
M. Grandmont : ...permettra de
rendre le régime d'assistance sociale plus humain, plus centré sur les besoins
de la personne. Est-ce qu'elle a entendu les exemples que je lui ai donnés?
Est-ce qu'elle a lu l'article? Est-ce qu'elle entend la détresse du... des gens
qui sont à l'aide sociale?
Son système ne fonctionne pas, peut-elle
le changer?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Rouleau : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. On a procédé, effectivement, à la modernisation du
régime d'aide sociale, Mme la Présidente, ce qui n'avait pas été fait depuis
20 ans. Le monde a changé, le profil des prestataires a changé, alors on a
rendu le régime d'aide sociale beaucoup plus humain. On n'est plus dans
l'espèce de robotique «si tu fais ça, je te coupe, si tu ne fais pas ça, je te
coupe», on accompagne les personnes. Et cette loi n° 71,
Mme la Présidente, a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale.
Alors, j'imagine qu'il y a quelque chose de bon là-dedans, là, et que notre
gouvernement est très à l'écoute de la population et des personnes qui sont
dans une situation plus précaire, Mme la Présidente. Merci.
La Présidente : Deuxième
Complémentaire.
M. Grandmont : Alors, une
fois, je l'invite à aller voir le reportage à Radio-Canada parce que
visiblement elle ne l'a pas lu. Elle n'a pas entendu les gens qui sont à l'aide
sociale, qui sont pognés avec ce système-là, à voir des dettes déjà payées être
remises de l'avant, à voir des gens manquer de services. Elle est où, la
dignité? Il est où, le respect des besoins de la personne? Il est où le gain
d'accès pour les prestataires de l'aide sociale?
Est-ce que la ministre peut faire la seule
chose qui s'impose et revenir avec les agents... attitrés aux personnes qui
vivent de l'aide sociale?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Rouleau : Mme la
Présidente, ce qu'on a mis en place, là, et graduellement, dans le temps, et
toujours en vérifiant si tout fonctionnait bien dans la numérisation des
dossiers, Mme la Présidente, on est quand même en 2026 aujourd'hui, là. Un
programme, un système qui a été mis en place graduellement en faisant les
sondages auprès des prestataires, auprès des... des employés aussi pour voir si
tout fonctionnait bien. Le système a été mis en place... à travers tout le
Québec en février 2025, ça fonctionne, et quand il y a, s'il y a des... des
enjeux particuliers, on les règle. Et il y a une ligne directe d'ailleurs, pour
les organismes communautaires, auprès des... des BSQ...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Chicoutimi.
Mme Laflamme : Mme la
Présidente, les ressources intermédiaires sont sans entente depuis un an. La
ministre, la semaine dernière, dans l'interpellation à laquelle j'ai eu la
chance de participer, a reconnu que les négociations n'avançaient pas assez
vite, qu'elle souhaitait un règlement rapide. Mais les négociations sont au
point mort.
Pendant ce temps, depuis plusieurs années,
des appels d'offres sont annulés pour des nouvelles constructions. Il y a
encore 5 500 personnes en attente d'une place.
Un sondage mené auprès des membres de
l'Association des ressources intermédiaires, effectué en janvier, démontre
qu'une part importante des RI vivent des difficultés financières sérieuses avec
des risques réels de réduction de service ou de fermeture si le financement
n'est pas revu. Plusieurs propriétaires... souhaiteraient construire, agrandir,
mais ne le font pas à cause de conditions financières actuelles.
La ministre a dit à plusieurs reprises que
les RI étaient un modèle essentiel dans l'offre d'hébergement, est-ce que la
ministre peut coordonner ses actions et ses paroles?
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Oui. Mme la
Présidente, on le sait, le réseau d'hébergement de soins de longue durée, au
Québec, c'est un réseau qui est important. On a des CHSLD publics, on a
travaillé pour conventionner des CHSLD privés. Nous avons des ressources
intermédiaires aussi et des ressources de type familial.
La question de ma collègue vise vraiment
la négociation qui est en cours pour les ententes qui lient les ressources
intermédiaires avec les différents établissements de santé et de services
sociaux au Québec. Alors, vous comprendrez, Mme la Présidente, que je ne peux
intervenir dans cette négociation ici, au salon rouge, en période de questions.
Je ne veux pas nuire à la négociation, je suis cela de très près.
J'ai été, effectivement, la semaine
dernière, Mme la Présidente, interpellée sur différents sujets, en lien,
notamment, avec les aînés, et j'ai eu cette question de ma collègue sur les
ressources intermédiaires, et j'ai eu l'occasion de me prononcer au sujet de la
négociation actuelle. Ce que je souhaite, c'est qu'on puisse arriver le plus
rapidement à une entente, Mme la Présidente. C'est important, il y a des
dizaines de milliers de personnes qui vivent dans le réseau des ressources
intermédiaires...
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Laflamme : Mme la
Présidente, nous sommes dans un environnement où les... les RI ont besoin
d'être rassurées, notamment en ce qui concerne la construction de nouvelles
ressources.
Je vous appelle les... je vous rappelle
les enjeux auxquels ils font face : La complexité du processus d'appel
d'offres, les enjeux de financement, la rentabilité opérationnelle des projets.
Est-ce que la ministre peut s'engager à donner aux ressources intermédiaires
les moyens de leurs ambitions?
Mme Laflamme : ...les enjeux
de financement, la rentabilité opérationnelle des projets.
Est-ce que la ministre peut s'engager à
donner aux ressources intermédiaires les moyens de leurs ambitions?
La Présidente : La réponse de
la présidente du Conseil du trésor.
Mme Duranceau : Oui. Merci,
Mme la Présidente. Alors, le mot clé, là, dans la négociation avec les
ressources intermédiaires et de type familial, c'est vraiment «l'accès», Mme la
Présidente. D'ailleurs, on a déjà conclu avec cinq groupes... il y a neuf
groupes RI-RTF, on a déjà conclu des ententes avec cinq des neuf groupes.
Alors, c'est plus de 60 % des ressources, là, qui sont déjà... qui sont
désormais couvertes par... par une entente. Et évidemment l'objectif, bon,
c'est d'améliorer les conditions de travail et le soutien aux ressources, là,
dans le développement de nouvelles places, ça, on en est tout à fait
conscients. Mais évidemment, Mme la Présidente, on ne va pas commenter ici les
négociations, par respect pour le processus.
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
Mme Laflamme : Mme la
Présidente, ramenons-nous au sondage qui a été réalisé en janvier. Alors, on
parle de problèmes d'accès. On apprend qu'en absence d'une bonification du
modèle de financement seuls 10 % des ressources pourraient maintenir leurs
activités.
Est-ce que la ministre peut s'engager à
donner les moyens aux ressources de remplir leur mission pleinement?
La Présidente : La réponse de
la présidente du Conseil du trésor.
Mme Duranceau : Bien, merci,
Mme la Présidente. Écoutez, je le redis, c'est le mot clé, «l'accès», dans le
cadre des discussions qu'on a présentement. On a réussi à s'entendre avec
60 % des groupes, 5 %... cinq sur neuf des groupes avec qui on a eu
une entente. Alors, les discussions se poursuivent. On est bien conscients,
l'accès est compliqué, puis ultimement, ce qu'on veut, c'est que les Québécois
qui ont besoin de ce type de soins là soient pris en charge. Alors, encore une
fois, comme c'est souvent le cas dans le cadre de négociations, on ne peut
malheureusement pas commenter en cette Chambre, par respect pour le processus,
alors je vais m'en tenir à ces commentaires généraux sur la question.
La Présidente
: En
question principale, je reconnais maintenant la députée de Rimouski.
Mme Blanchette Vézina : Merci,
Mme la Présidente. Mme la Présidente, au Bas-Saint-Laurent, les patients
attendent jusqu'à huit semaines pour des résultats de radiographie simple. Huit
semaines, ça, ça veut dire qu'un parent va consulter un GMF pour un bras... une
douleur au bras pour son enfant, il va attendre huit semaines avant de savoir
c'est-tu cassé, pas cassé. Une pneumonie, bon, même chose. C'est inacceptable.
C'est inacceptable, ce délai-là, en plus,
parce qu'il y a une solution qui est sur la table depuis 2024. D'ailleurs,
l'actuel député de La Prairie, l'ancien ministre de la Santé, était venu
visiter le GMF dans mon comté, avait trouvé que c'était une bonne solution que
d'avoir du privé et un service de graphie simple dans un GMF, pour éviter que
les parents aient à se rendre, en plus, à l'hôpital qui est à quelques kilomètres
plus loin pour avoir ce service de graphie. On attend une réponse de la
ministre. Elle tarde à venir.
Est-ce que la ministre peut s'engager à
donner son autorisation?
• (10 h 50) •
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, je veux être sûre d'avoir bien entendu, cette fois-ci, là, parce
que ma collègue est dans... est en arrière complètement. Elle veut avoir mon
autorisation pour savoir si je veux mettre du privé avec les GMF? C'est ce que
je comprends de la dernière question, là, suite à votre longue introduction.
Bien, Mme la Présidente, on est en train de travailler le modèle de GMF. Est-ce
que tout le monde est au courant de ça ici, là? On a eu une entente avec la
FMOQ pour faire en sorte qu'il y ait 500 000 Québécois, Québécoises
qui aient accès à un médecin de famille, qu'ils soient, donc, inscrits
directement à un médecin ou à un GMF, Mme la Présidente, et ça va très bien à
ce niveau-là.
Il est prévu, dans cette entente qu'on a eue
avec les médecins de famille, au Québec, qu'on améliore le modèle GMF, Mme la
Présidente, notamment pour que les GMF soient plus accessibles, que les
horaires soient plus étendus, du... sept jours sur sept, de jour et de soir. On
est en train de regarder le fonctionnement de nos cliniques IPS au Québec, Mme
la Présidente. C'est ça que je vais répondre à la députée. Donc, les cliniques
IPS, c'est important au Québec, elles sont capables, nos infirmières
praticiennes spécialisées, de faire de la prise en charge. On va travailler là-dessus.
La Présidente
:
Première complémentaire.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
je vais parler plus fort parce que, visiblement, la ministre n'entend pas les
députés indépendants qui sont sortis de sa formation politique. Ça fait que je
vais me permettre de parler plus fort pour Mme la ministre. Ce projet, il est
sans coût pour l'État, parce que c'est du privé, et la ministre doit donner son
autorisation. Cette autorisation, elle a été demandée en 2024 au ministre,
l'ancien ministre de la Santé, il a été redemandé à Santé Québec. On nous
réfère parfois à la ministre. Je pense qu'il est temps que vous clarifiiez,
entre vous et Santé... pardon, entre la ministre...
La Présidente
: ...de
la ministre.
Des voix : ...
La Présidente
:
Attendez! On retrouve le silence...
Mme Blanchette Vézina : ...les
règles entre vous et santé... pardon, entre la ministre...
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Des voix : ...
La Présidente
:
Attendez! On retrouve le silence, je vous prie, tout le monde. Mme la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, écoutez, on veut continuer d'améliorer l'accès à la première ligne.
D'ailleurs, la région de Rimouski, le Bas-Saint-Laurent, c'est une région qui
ont fait beaucoup d'innovations, puis on s'inspire d'ailleurs de ce qui se
passe dans le Bas-Saint-Laurent, notamment en lien avec la politique première
ligne que je vais annoncer demain. Il y a des très belles choses qui se passent
dans le Bas-Saint-Laurent pour améliorer l'accès, il y a des médecins qui sont
mobilisés, il y a des belles équipes interdisciplinaires.
Alors, on va continuer de renforcer notre
système public, Mme la Présidente. C'est ça, la réponse. On va continuer de
travailler pour faire en sorte de renforcer notre système public.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Blanchette Vézina : Ce
que j'entends, c'est qu'elle veut, elle a la volonté de changer les choses.
C'est tant mieux. Je l'invite à venir visiter, elle aussi, ce GMF qui souhaite
inclure du privé pour lire des graphies simples. Moi, ce que je vous demande...
ce que je demande, pardon, à la ministre, c'est qu'elle s'engage à donner son
autorisation. Ce serait une solution simple. Ils attendent depuis 2024, et,
vous l'avez dit, ils sont mobilisés, et c'est sans coût pour l'État.
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, c'est très important que les GMF au Québec aient accès à
l'information, que ce soient les laboratoires, que ce soit la lecture de
l'imagerie médicale. Il y a des ententes de services qui existent actuellement
entre des services d'imagerie, qui sont des services publics, et certains GMF.
Alors, Mme la Présidente, c'est à chaque GMF, à chaque CISSS et CIUSSS
d'organiser les services dans leur territoire, Mme la Présidente.
Alors, c'est très important, je le répète,
dans le Bas-Saint-Laurent, Rimouski, beaucoup de belles choses qui sont faites
en termes d'organisation de services, et on va continuer, Mme la Présidente.
Moi, je ne signe pas de contrat durant la période de questions. Alors, on va
suivre ça de près, Mme la Présidente, c'est important. On veut aller de l'avant
avec des beaux modèles.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Mme la
Présidente, dans le dossier des étudiants internationaux, la CAQ illustre
parfaitement son improvisation. Il y avait un enjeu, mais bien
circonscrit : nos cégeps et nos universités ont demandé, clairement,
d'être exclus des mesures proposées. Et qu'est-ce que fait la CAQ? Elle
n'écoute pas, elle s'entête, des quotas imposés, l'abolition du PEQ. Et pendant
ce temps, la ministre de l'Enseignement supérieur laisse ses réseaux sans
défense. Le message qui a été envoyé, c'est que les portes du Québec se
referment. Résultat : chute des admissions des étudiants internationaux,
notamment en région, à l'UQAR, on passe de 10 000, en 2024, à 2 150
l'an dernier, mauvaise presse à l'international, perte d'attractivité dans une
course mondiale aux talents, baisse de notre capacité de recherche. Et,
aujourd'hui, comble de l'ironie, le gouvernement envoie sa ministre en Europe
pour recadrer le message.
La CAQ a créé le problème puis,
aujourd'hui, elle tente de le corriger. Franchement, c'est un vrai aveu
d'échec, cette mission.
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Roberge : Merci bien, Mme
la Présidente. Je pense que l'intervention de ma collègue démontre qu'au Parti
libéral, le laisser-aller, ils sont très à l'aise avec ça. Ils n'étaient pas
d'accord avec la loi qu'on a adoptée, qui permet de reprendre le contrôle,
notamment sur des collèges privés non subventionnés qui donnaient des diplômes
de très peu de valeur, en anglais. Il y avait une industrie de la citoyenneté
canadienne et québécoise avec des diplômes à rabais, des gens qui étaient
appelés directement de l'Inde pour arriver ici pour être scolarisés en anglais,
des tout petits diplômes. C'était correct pour eux autres. Bien, nous, on pense
qu'il fallait mettre fin au bar ouvert, pour une question de respect de la
langue, pour une question de cohésion sociale, pour défendre la valeur de nos diplômes.
Et on a adopté une mesure qui est tout à
fait raisonnable, de faire passer de 122 000 à 110 000 le nombre
d'étudiants étrangers sur quatre ans, avec prévisibilité. Et lesquels ont subi
cette réduction-là? Pas nos cégeps, pas nos universités, pas nos régions, des
petits collèges privés qui avaient vu leur clientèle exploser, pourquoi? Pour
vendre la citoyenneté canadienne. Puis ils défendent ça, Mme la Présidente,
c'est terrible.
La Présidente : Alors, cela
met fin à cette période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y a pas de votes reportés, nous
allons passer à la rubrique Motions sans préavis, et, pour ce faire, je vais
céder la place au troisième vice-président de l'Assemblée nationale. Et je vous
dis bon retour en circonscription pour les autres. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Alors, bonjour, collègues. À la rubrique des Motions sans préavis, en fonction
de nos règles...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : ...Alors, bonjour, collègues.
À la rubrique des motions sans préavis, en
fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis,
je reconnais un membre du groupe de... formant l'opposition officielle. M. le
chef de l'opposition officielle.
M. Fortin :Oui. Merci, M. le Président. Avant de lire la motion, je
tiens à souligner la présence de la famille de Jean Lapierre, notamment sa
fille Marie-Anne et son fils Jean-Michel.
M. le Président, je sollicite le
consentement de cette Assemblée, afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le député de Granby, le député de Jean-Lesage, le député des
Îles-de-la-Madeleine, le député de Saint-Jérôme, le député d'Abitibi-Est, la
députée de Rimouski, le député de Taillon, la députée de Laporte, le député de
Rosemont, la députée de Saint-Laurent et la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale souligne le 10e
anniversaire de la tragédie aérienne survenue le 29 mars 2016 et ayant
couté la vie à Jean, Louis, Marc et Martine Lapierre ainsi qu'à Nicole
Beaulieu, Pascal Gosselin et Fabrice
Labourel;
«Qu'elle souligne notamment la
contribution de M. Jean Lapierre à la vie politique et publique québécoise
et canadienne, dans les domaines politiques et médiatiques;
«Qu'elle reconnaisse que plus d'une
décennie suivant sa disparition, son souvenir évoque toujours des sentiments
d'affection et d'estime au sein de la population du Québec; et
«Qu'enfin, elle observe une minute de
silence à la mémoire de ce grand
Québécois et des victimes de cette tragédie.»
(Applaudissements)
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Mme LeBel : ...par
intervenant dans l'ordre suivant : le chef de l'opposition officielle, le
député de Granby, le député de Jean-Lesage et le député des Îles-de-la-Madeleine.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, je comprends qu'il y a un consentement
pour qu'il y ait un débat de rigueur de trois minutes, à commencer par le chef
de l'opposition officielle.
M. Fortin :Il y a des gens, M. le Président, que, quand vous les
rencontrez, ils trouvent une façon presque immédiatement de vous faire
comprendre que vous êtes important pour eux. Ils s'ouvrent, ils partagent, ils
vous font rire, ils vous emmènent dans leur monde, sans gêne, sans réserve. Et,
pour ses amis et tous ceux qui l'ont côtoyé, Jean Lapierre était clairement de
ceux-là. Mais ce qui était exceptionnel, c'est qu'il évoquait les mêmes
sentiments pour des gens qui ne l'avaient jamais rencontré.
Les Québécois qui ont connu Jean Lapierre
à travers leurs radios, à travers leurs téléviseurs, bien, ils comprenaient
tout de suite que Jean Lapierre voulait les faire rire, il voulait les amener
dans son monde, il voulait leur expliquer, il voulait leur partager et, en bon
raconteur, il voulait les garder accrochés. Et, pour y arriver, il préparait
des chroniques divertissantes, oui, mais qui étaient tellement recherchées,
tellement fouillées pour donner le dernier petit bout de nouvelle, pour
raconter la dernière petite rumeur qu'on sentait, M. le Président, que chaque
auditeur était important pour lui.
Bon, Jean Lapierre savait aussi que la
meilleure façon de nous garder là, de s'assurer qu'on ne change pas de poste
puis qu'on revienne le lendemain, c'était de nous faire rire, et, pour ça, il
était particulièrement doué. Encore aujourd'hui, il y a des expressions qu'on
échappe une fois de temps en temps et, quand on les dit, on se rend compte
qu'elles appartiennent à Jean Lapierre, que ce sont des «lapierrismes». Et, dès
qu'on les dit, le sourire est automatique et le souvenir est instantané.
• (11 heures) •
Jean Lapierre a eu un impact considérable
dans la vie de tous ceux qu'il a côtoyés. C'est vrai pour moi, M. le Président,
je sais que c'est vrai pour le député de Granby et pour plusieurs autres ici.
Très tôt dans ma carrière, moi, j'ai eu la chance d'avoir Jean Lapierre comme
patron. Et, bien franchement, en matière de service public, j'ai tout appris de
lui. J'ai appris qu'il n'y a rien de plus important qu'une éthique de travail,
qu'il faut un équilibre familial. J'ai appris que la seule raison de faire de
la politique, c'est pour aider le monde et que, si tu n'aimes pas les gens, si
tu n'aimes pas les rencontrer, les écouter, bien, il y a d'autres jobs pour
toi.
Mais, au-delà de tout ça, M. le Président,
ce qui le caractérisait, c'était sa loyauté. À ce jour, moi, je ne connais
personne de plus loyal que Jean Lapierre. Pour être loyal à ses valeurs, il a
pris une des décisions les plus difficiles en politique, il a quitté sa famille
politique, et, avec les années, ses valeurs n'ont jamais changé. Pour être
loyal à son grand ami, Paul Martin, malgré une carrière médiatique très
réussie, il est revenu en politique et, au fil du temps, il a été loyal avec
tous ceux avec qui il a collaboré. Une collaboration avec Jean Lapierre, ça
avait une date de début, mais ça n'avait pas de date de fin. Il s'occupait
constamment des gens qui l'ont épaulé dans ses différentes carrières. Jamais il
ne les a oubliés. Si quelqu'un n'allait pas bien, c'était le premier à prendre
des nouvelles, à voir comment il pouvait aider puis, si quelqu'un allait bien,
c'était le premier à vouloir te féliciter et à célébrer, et ça, c'est un trait
de caractère qu'on ne peut pas improviser, on ne peut pas faire semblant.
Ça fait maintenant 10 ans qu'il est
parti. Il me manque, M. le Président, tout le temps. Il manque aux Québécois,
mais surtout, je suis convaincu qu'encore aujourd'hui là-haut, ce sont les
Québécois <qui lui manquent.
Merci, M. le Président...
>
11 h (version révisée)
M. Fortin :...mais surtout je suis convaincu qu'encore aujourd'hui
là-haut ce sont les Québécois qui lui manquent. Merci, M. le Président.
(Applaudissements)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le chef de l'opposition officielle. Et je reconnais maintenant M.
le député de Granby.
M. Bonnardel : M. le
Président, je voudrais saluer Marie-Anne, qui est avec nous, Jean-Michel, la
famille, ceux qui nous écoutent.
M. le Président, le 29 mars est une
date qui, année après année, revient avec un sentiment particulier. Tout le
monde se souvient, ou à peu près, où il était le 29 mars 2016, une date
qui me ramène à un souvenir douloureux, celui de la disparition tragique de
Jean, de sa chérie Nicole, ses frères Marc, Louis et de sa soeur Martine, une
pensée aux pilotes, Pascal et Fabrice. Dix ans ont passé, mais ce que j'ai
ressenti cette journée-là est toujours aussi présent.
J'ai eu le privilège de rencontrer Jean la
première fois pendant la campagne de 2007, campagne de 2007 où tout le monde,
en tout cas, comme élus ou aspirants élus, on écoutait Jean à 7 h 10,
7 h 10 avec Paul Arcand, et Jean qui annonce ce matin-là : Je
serai à Granby dans quelques heures. Vous pouvez vous imaginer le branle-bas de
combat, comme aspirant député, jeune élu, de me dire : Ça passe ou ça
casse. Puis je vois encore l'autobus arriver devant le local électoral, l'autobus
LCN, avec la face de Jean d'un côté et de Richard Martineau de l'autre, tout un
duo, tout un duo.
Puis Jean, bien, c'était ça, une présence,
une intensité, une capacité unique de saisir l'essentiel et de le rendre
accessible. Ses échanges à la radio, ses analyses à la télévision, aux côtés de
figures comme Jean-Luc Mongrain, Mario Dumont, Paul... les trois Paul, Paul
Larocque, Paul Arcand, Paul Houde, pouvaient, en quelques minutes, changer le
ton d'une journée politique. Et parfois, même au coeur de cette intensité, il
trouvait moyen de faire rire, des fous rires même, de dédramatiser, de
rapprocher la politique des gens. Jean avait aussi ce talent rare, celui d'écouter.
Il a convaincu plusieurs de faire le saut en politique. Il a accompagné,
conseillé, soutenu avec une générosité sincère.
Bien sûr, on se souvient du député de
Shefford, du député d'Outremont, du communicateur brillant, de l'analyste
respecté, mais, au-delà de tout cela, ce que je retiens avant tout, c'est l'homme,
un homme de famille, un père aimant, un ami fidèle, et ceux qui ont eu la
chance d'entrer dans son cercle le savent, avec Jean, l'amitié n'était jamais,
jamais passagère. Elle était entière et elle était pour la vie. Jean, ton
passage en politique et dans les médias a laissé une marque qui restera à
jamais dans notre mémoire collective. Elle sera un élément incontournable de
comment j'allais approcher et faire de la politique, et, pour cela, je ne
pourrai jamais assez te remercier. Salut, salut, Jean!
(Applaudissements)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Granby. Et je cède maintenant la parole à M. le
député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Salut, salut, M.
le Président. Je veux saluer aussi la famille. Aujourd'hui, nous rendons
hommage, donc, à un homme qui aura marqué profondément la vie politique et
médiatique du Québec, Jean Lapierre.
Jean Lapierre avait la politique dans le
sang. À 21 ans, il était déjà chef de cabinet, c'est quand même
impressionnant, à 28 ans, il devenait le plus jeune ministre de l'histoire
à Ottawa, mais, au-delà des titres et des records, il y avait surtout une
passion, celle de comprendre, d'expliquer et de faire vivre la politique. Il a
traversé les époques, les partis, les rôles, libéral, bloquiste, ministre,
analyste, trajectoire marquée par des paradoxes, certes, mais surtout par une
constante, un attachement profond à la vie publique et à ce qui anime notre vie
démocratique au Québec.
Jean Lapierre était proche des élites,
mais n'a jamais perdu le lien avec le monde ordinaire. Il avait cette capacité
rare d'être à l'aise partout. Ça lui a grandement servi comme journaliste car l'histoire
veut qu'il soit rapidement devenu le confident de nombreux parlementaires. Ça a
certainement contribué à sa marque de commerce comme analyste politique, un
choix incontournable, une présence constante, une compréhension fine des
rapports de force. Il a toujours assumé pleinement son rôle de commentateur, et
c'est précisément ce qui le rendait si écouté. Il parlait vrai, avec franchise,
avec instinct.
Et puis il y avait le travailleur, le
bourreau de travail, celui qui n'arrêtait jamais, qui était toujours branché,
toujours informé et toujours prêt. Derrière cette énergie, il y avait aussi une
histoire personnelle, une sensibilité, une conscience aiguë de ce que
représentent le travail et la dignité. Sa disparition brutale nous rappelle à
quel point la vie est fragile, mais elle nous rappelle aussi l'empreinte qu'un
individu peut laisser lorsqu'il se consacre...
M. Zanetti : ...et la dignité.
Sa disparition brutale nous rappelle à quel point la vie est fragile, mais elle
nous rappelle aussi l'empreinte qu'un individu peut laisser lorsqu'il se
consacre pleinement à ce qu'il aime.
Aujourd'hui, alors, au-delà des
différences politiques, nous pouvons tous reconnaître ce que Jean Lapierre a
apporté : une passion communicative pour la politique, un sens aigu du
débat public et une capacité unique à rapprocher les citoyens de leurs
institutions. Il s'agit là d'un très bel héritage. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Jean-Lesage. La parole revient maintenant à M. le député
des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Je veux d'abord saluer les enfants de Jean Lapierre ici présents,
Marie-Anne et Jean-Michel, Lucie, sa mère, et Laure, sa sœur, qui nous écoutent
sûrement.
M. le Président, il y a de ces événements
qui marquent les esprits, qui marquent notre histoire. Certains drames créent
une onde de choc qui nous émeut, nous afflige, nous ébranle même des années
plus tard. Chaque année, le printemps qui revient nous ramène tous au souvenir de
la tragédie aérienne qui a entraîné la disparition de Jean Lapierre, de sa
conjointe Nicole, sa sœur Martine, ses frères Marc et Louis, et de deux membres
d'équipage, Pascal et Fabrice. Puis c'est le cas pour plusieurs Québécois, j'en
suis sûr, mais certainement pour tous les Madeliniennes et tous les Madelinots,
il s'agit de ces événements qu'on n'oublie pas, qui font qu'on se rappelle
parfaitement où on était, avec qui, ce qu'on faisait à cet instant précis.
Dans l'archipel, 10 ans plus tard, le
souvenir demeure vif, pas seulement du fait que ce soit la pire catastrophe
aérienne que nous ayons connue dans l'histoire de l'archipel, mais c'est un
archipel où... il faut le rappeler, où le transport aérien est une réalité
quotidienne et un moyen de transport collectif essentiel. Mais ce n'est pas
seulement non plus parce que c'est une famille de chez nous qui a été touchée
cruellement, frappée, parce que c'étaient nos voisins, nos amis, mais aussi
parce que c'était la famille de Jean Lapierre.
Le souvenir de ces événements demeure
aussi vif aujourd'hui. La raison, elle est parce que le souvenir de Jean
Lapierre l'est tout autant. Avec une grande affection, avec respect et avec le
sourire, oui, tous se rappellent l'engagement profond et la personnalité rayonnante
de cet immense homme politique et communicateur-né. En politique, dans les
médias, sur le plan communautaire et interpersonnel, voire sur le plan de la
langue et de ses usages tout à fait particuliers, Jean Lapierre nous a marqués.
Il savait mieux que quiconque traduire la politique, la décortiquer ou susciter
l'intérêt pour les affaires publiques, aussi bien celles à Québec ou à Ottawa.
Dès son adolescence aux îles, Jean
Lapierre faisait preuve d'engagement et de leadership. Il avait la politique dans
la peau. Il a été, entre 1974 et 1992, l'enfant terrible de la politique sur la
Colline à Ottawa : chef de cabinet à seulement 21 ans, élu avec une
majorité de 10 000 voix en 1979 à seulement 23 ans, le ministre
le plus jeune de l'histoire du Parlement fédéral à 28 ans en 1984. Pour
des raisons de principe qui l'honore, Jean Lapierre a suivi sa conscience et
quitté le Parti libéral pour joindre le Bloc québécois et être l'un de ses
fondateurs en 1990. Avec sa verve, il a même déclaré : J'ai trop de fierté
pour m'associer même une minute à Jean Chrétien. Il joint, dans les jours
suivants, le Bloc québécois, on le sait.
• (11 h 10) •
Mais il a quitté la politique en 1992 pour
entamer une brillante carrière dans les médias. Je ne ferai pas l'étalage de
ses tours de force à cet égard, mais les Québécois se souviennent tous de lui.
Il a même fait un retour en politique, mais incontestablement il a marqué le
Québec. Il a certainement marqué les Îles-de-la-Madeleine, et je désire
aujourd'hui lui rendre hommage. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Alors, cette motion est-elle
adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Nous allons maintenant observer une minute de silence à la mémoire de
M. Jean Lapierre.
• (11
h 11 — 11 h 12) •
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Je vous remercie...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : ...Je
vous remercie.
La prochaine motion revient au deuxième
groupe d'opposition, et je reconnais M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter la
motion suivante conjointement avec le ministre responsable des Institutions
démocratiques, le leader de l'opposition officielle, la députée de Laporte, le
député de Rosemont, le député de Taillon, la députée de Saint-Laurent et la
députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que
les personnes en situation
d'itinérance sont des citoyennes et citoyens à
part entière, titulaires des
mêmes droits, dont le droit de vote;
«Qu'elle souligne que les obstacles à la
participation démocratique vécus
par ces personnes doivent être reconnus et pris en
compte;
«Qu'enfin elle demande à l'ensemble des
partis politiques représentés à
l'Assemblée nationale de s'engager à appuyer la
mise en place du projet
pilote proposé par Élections Québec visant à
installer des bureaux de
scrutin dans des organismes communautaires afin de
faciliter l'exercice
du droit de vote des personnes en situation d'itinérance,
lequel garantit
l'intégrité du processus électoral.» Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme LeBel : Consentement, sans
débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il y a consentement, sans débat. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Je vous
demande un vote électronique, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Un vote électronique a été demandé. La période de vote est ouverte.
La période de vote est terminée. M. le
secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 91
Contre : 0
Abstentions : 2
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est donc adoptée. M. le leader du deuxième groupe
d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Est-ce qu'une copie de cette motion peut être envoyée aux groupes
suivants : le Directeur général des élections, le Réseau Solidarité
Itinérance Québec et le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de
Montréal, s'il vous plaît? Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Ce sera fait, M. le leader.
La prochaine motion revient au troisième
groupe d'opposition, et je reconnais M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement
avec les députés de Taschereau et de Rosemont, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que la
recherche et la production d'hydrocarbures ne sont plus permises au Québec
depuis l'adoption de la Loi mettant fin à la recherche d'hydrocarbures ou de
réservoirs souterrains, à la production d'hydrocarbures et à l'exploitation de
la saumure en 2022 ;
«Qu'elle rappelle à cet effet le vote
unanime des membres de l'Assemblée en faveur de la loi;
«Qu'elle rappelle les initiatives menées
par les citoyens et les élus municipaux de partout au Québec, y compris à
Sainte-Luce au Bas Saint-Laurent, afin d'empêcher l'exploration et l'exploitation
de gaz de schiste sur son territoire et de protéger l'eau des nappes
phréatiques ; et
«Que, par conséquent, l'Assemblée
nationale réitère son opposition à la fracturation hydraulique et à l'exploitation
du gaz de schiste sur le territoire québécois.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme LeBel : Consentement, sans
débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il y a consentement sans débat. Alors, j'ai M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : ...un vote
électronique, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Un vote... (panne de son) ...période de vote est ouverte.
La période de vote est terminée. M. le
secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 91
Contre : 3
Abstentions : 0
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est donc adoptée.
Nous poursuivons. La prochaine motion
revient au gouvernement, et je reconnais M. le ministre...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : ...Nous
poursuivons. La prochaine motion revient au gouvernement, et je reconnais M. le
ministre de la Langue française.
M. Roberge : Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec les députés de Bourassa-Sauvé, d'Hochelaga-Maisonneuve,
de Taillon, de Rosemont, de Saint-Laurent, de Laporte et d'Abitibi-Est :
«Que l'Assemblée nationale dénonce
fermement le manque de respect du PDG d'Air Canada envers la langue française,
les familles québécoises endeuillées et l'ensemble des francophones de la
fédération;
«Qu'elle souligne que Michael Rousseau
n'en est pas à son premier affront en matière linguistique;
«Qu'elle rappelle que le français est la
seule langue officielle et commune du Québec;
«Qu'elle déclare que la réponse décevante
d'Air Canada à cette situation est incompatible avec les attentes légitimes des
Québécoises et des
Québécois;
«Que l'Assemblée nationale demande la
démission de Michael
Rousseau comme PDG d'Air Canada;
«Qu'elle rappelle au conseil
d'administration d'Air Canada ses responsabilités en matière linguistique et
son rôle de s'y conformer;
«Qu'elle exige que le prochain ou la
prochaine PDG d'Air Canada possède une maîtrise suffisante de la langue
française.»
(Applaudissements)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme LeBel : Oui, M. le
Président, il y a consentement, sans débat. On va vous demander également un
vote électronique sur cette question.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Un vote électronique a été demandé. La période de vote est ouverte.
La période de vote est terminée. M. le
secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 92
Contre : 0
Abstentions : 1
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est donc adoptée. Mme la leader de le... du gouvernement.
Mme LeBel : Merci, M. le
Président. On va vous demander que copie de la motion soit envoyée au président
du conseil d'administration d'Air Canada, M. Sørensen, ainsi qu'au Comité
permanent des langues officielles de la Chambre des communes, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Ce sera fait, Mme la leader. Nous avons une prochaine motion, et je cède la
parole à Mme la députée de Rimouski.
Mme Blanchette Vézina : Merci,
M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député d'Abitibi-Est, la
députée de Saint-Laurent et le député de Saint-Jérôme :
«Que l'Assemblée nationale réaffirme que
la disposition de dérogation prévue à l'article 33 de la Charte canadienne des
droits et libertés constitue un outil pleinement légitime inscrit dans la... la
Constitution, permettant à l'Assemblée nationale du Québec d'exercer sa
souveraineté parlementaire;
«Qu'elle rappelle que cette disposition
fait partie intégrante de la Constitution et qu'elle vise à assurer l'équilibre
entre le pouvoir judiciaire et la primauté des élus démocratiquement choisis;
«Qu'elle réaffirme le droit du Québec d'y
recourir, incluant de manière préventive, sans ingérence ni restriction de la
part du gouvernement fédéral ou de toute autre instance;
«Qu'elle dénonce formellement toute
tentative visant à limiter, encadrer ou neutraliser l'utilisation de cette
disposition par le Québec, notamment par l'utilisation du pouvoir, désuet et
antidémocratique... du pouvoir de désaveu ou par des initiatives politiques
fédérales, et
«Qu'en conséquence, elle affirme que toute
remise en question de ce droit fondamental constitue une atteinte directe à
l'autonomie du Québec et à sa capacité de légiférer selon les choix
démocratiques de sa nation.»
• (11 h 20) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme LeBel : Consentement, sans
débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il y a consentement, sans débat. Mme la députée de Rimouski.
Mme Blanchette Vézina : Avec
l'autorisation d'un groupe parlementaire ou de cinq députés, j'aimerais
demander un vote électronique, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Est-ce que j'ai un consentement d'un groupe... d'un des groupes
parlementaires, ici? Parfait. Alors, nous allons maintenant procéder au vote
électronique. La période de vote est ouverte.
La période de vote est terminée. M. le
Secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 92
Contre : 0
Abstentions : 0
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : ...La
période de vote est terminée. M. le secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 92
Contre : 0
Abstentions : 0
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est donc adoptée. Mme la députée de Rimouski.
Mme Blanchette Vézina : J'aimerais
qu'on envoie copie de cette motion à la première ministre de l'Alberta,
Mme Danielle Smith, le premier ministre de l'Ontario, M. Doug Ford,
le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, et le premier ministre du
Canada, Mark Carney, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Ce sera fait, Mme la députée de Rimouski.
À la rubrique des avis des travaux touchant
les commissions, Mme la leader du gouvernement.
Mme LeBel : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, conformément à l'article 275 du règlement, la Commission
des finances publiques poursuivra le débat sur le discours du budget,
aujourd'hui, dès que ledit débat sera suspendu à l'Assemblée jusqu'à
16 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, ainsi que le
mardi 31 mars 2026, de 9 h 45 à 12 h 30, à
la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de l'économie et du travail
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 11, Loi modifiant
diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
réglementaire et administratif, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 14 h à 16 h 30, à la... à la salle,
pardon, Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des relations avec les
citoyens poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 12, Loi
instituant la prestation de services de garde éducatifs à l'enfance par les
personnes reconnues à titre de responsables d'un service de garde éducatif en
communauté, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures,
ainsi que le mardi 31 mars 2026, de 9 h 45 à
12 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de la santé et des services
sociaux poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 15, Loi modifiant
le Code des professions et d'autres dispositions principalement afin d'alléger
les processus réglementaires du système professionnel et d'élargir certaines
pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de
14 heures à 16 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission de l'aménagement du
territoire entreprendra les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi visant à
favoriser l'accès au logement et modifiant diverses dispositions concernant le
domaine de l'habitation, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des
commissions jusqu'à 13 h 05 et de 14 heures à 16 h 25,
ainsi que le mardi 31 mars 2026, de 10 heures à
12 h 25, à la salle Pauline-Marois;
Enfin, la Commission de l'économie et du
travail entendra les intéressés et procédera à l'étude détaillée du projet de
loi d'intérêt privé n° 200, Loi concernant Le Country Club de Montréal, le
mardi 31 mars 2026, de 11 h 30 à 12 h 30, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
Et la Commission de l'aménagement du
territoire entendra, quant à elle, les intéressés et procédera à l'étude
détaillée du projet de loi d'intérêt privé n° 204, Loi concernant la Ville
de Gatineau, le jeudi 2 avril 2026, de 14 heures à
16 h 30, à la salle Pauline-Marois. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la leader adjointe du gouvernement. Y a-t-il consentement pour
déroger à l'article 143 du règlement, concernant l'horaire des travaux des
commissions?
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Consentement. Merci.
Pour ma part, je vous avise que la Commission
des relations avec les citoyens se réunira en séance de travail aujourd'hui, à
la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, de 13 heures à
13 h 30, afin de statuer sur la possibilité que la commission se
saisisse de la pétition portant sur la mise en place de mesures spéciales
d'immigration pour les citoyens ukrainiens et de 13 h 30 à
14 heures, afin de statuer sur la possibilité que la commission se
saisisse de la pétition portant sur une demande visant à garantir un
financement adéquat du CALACS de Longueuil.
À la rubrique des renseignements sur les
travaux de l'Assemblée, je vous rappelle que, lors de l'interpellation prévue
demain, le vendredi 27 mars 2026, M. le député de Taschereau
s'adressera à Mme la ministre responsable de la Solidarité sociale et de
l'Action communautaire sur le sujet suivant : Le milieu communautaire au
bout du rouleau : des conditions insuffisantes pour répondre aux besoins
de la population.
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires prioritaires.
Aux affaires prioritaires, à
l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné le
25 mars 2026 sur la motion de M. le ministre des Finances proposant
que l'Assemblée approuve la politique budgétaire du gouvernement...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : ...proposant
que l'Assemblée approuve la politique budgétaire du gouvernement ainsi que sur
les motions formulant un grief présentées au cours de ce débat.
Avant de céder la parole au prochain
intervenant, je vous informe qu'il y a
11 h 16 min 24 s d'écoulées à la première étape du
débat. La répartition du temps de parole restant est la suivante :
28 min 57 s au groupe parlementaire formant le gouvernement,
42 min 21 s au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle, 34 min 33 s au deuxième groupe d'opposition et
27 min 45 s au troisième groupe d'opposition.
Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, je reprends mon discours, qui a terminé tôt
hier soir. Et, juste pour reprendre, je pense, les derniers mots que j'avais
dit, c'est : Dans le fond, c'est un budget qui est sincèrement déconnecté
de la réalité économique et sociale des Québécois. 9,9 milliards de
dollars en déficit, M. le Président, ça veut dire que la majorité des efforts
reposera sur les épaules du prochain gouvernement pour ramener un budget
équilibré et la rigueur nécessaire pour s'assurer que nous sommes à la hauteur
des besoins des Québécois et Québécoises. Et la tâche ne sera pas facile. Mais
ça, c'est grâce à sept budgets déficitaires dont nous avons eu... dignes d'en
débattre ici, à l'Assemblée nationale du Québec.
Je dirais, en disant ça, M. le Président,
ça veut dire que la CAQ n'a vraiment pas de crédibilité économique. Puis c'est
désolant parce que ça... après huit ans au pouvoir, les Québécois auront dû
avoir un gouvernement à l'écoute de leurs besoins, un gouvernement qui n'a pas
pris des risques avec leur argent, dûment gagné, durement gagné, mais ce n'est
pas ça que nous avons eu. Puis ils sont en train de pelleter les problèmes
avant, et on laisse la facture à des futures générations, des futures
générations comme vos enfants, vos petits-enfants, M. le Président, mes
enfants, les citoyens de Viau, que, j'ose croire, vous envoient beaucoup de
messages parce qu'ils partagent ces inquiétudes-là.
Les Québécois et le Québec méritent mieux
qu'un budget défensif. Parce que c'est ça, ce budget. Ils ont... Dans le fond,
ce qu'ils ont besoin, c'est d'avoir un gouvernement libéral au pouvoir, qui va
être là pour l'économie, un gouvernement libéral qui va mettre vers l'avant et
soutenir nos PME avec des mesures structurantes, un gouvernement libéral qui va
investir dans la sécurité publique et la prévention et assurer un environnement
économique stable et prévisible. C'est ça que les Québécois souhaitent. C'est
ça dont ils méritent avoir et ce qu'ils n'ont pas eu depuis les huit dernières
années. Ce qu'il faut vraiment, M. le Président, c'est de ne pas gérer à court
terme, mais... sincèrement, ce serait de bâtir le Québec de demain. Et c'est ça
que le Parti libéral du Québec, avec Charles Milliard, fera.
• (11 h 30) •
Je dois soulever et reconnaître la grande
expertise de mon collègue de Marguerite-Bourgeoys lors de toutes ses
interventions pour le budget, les explications, de sortir tous les faits et
d'essayer de voir ce qui est beau dans ce budget, mais aussi de nous... Puis
j'ai demandé d'avoir des précisions, parce qu'au comté de Westmount—Saint-Louis,
M. le Président, nous avons quand même énormément de PME. Puis il a quand même
dit, dans son discours d'une heure : 97,5 des entreprises au Québec sont
des PME. Il y en a partout, dans le comté de Westmount—Saint-Louis, des PME qui
sont inquiètes après un septième budget déficitaire. C'est 17 régions, quand on
parle des PME, puis c'est la colonne... vertébrale du Québec.
C'est un budget qui oublie complètement
les PME, qui sont pourtant le moteur réel économique du province du Québec. On
coupe dans l'accompagnement des entreprises pendant qu'on augmente
l'interventionnisme vraiment inefficace. Et les PME, je l'avais dit, ont besoin
de la prévisibilité et de la stabilité. Et, dans Westmount—Saint-Louis, ce sont
les commerces de proximité, ce sont nos restaurateurs, ce sont nos bars, nos
entrepreneurs culturels qui subissent l'impact d'un budget... septième budget
déficitaire puis qui amène une grande instabilité pour toutes les PME du
Québec.
En parlant de sécurité publique...
11 h 31 (version non révisée)
Mme Maccarone : ...puis qui
amène une grande instabilité pour toutes les PME du Québec.
En parlant de sécurité publique, M. le
Président, j'ai quand même fait un exercice de faire la comparaison l'année
passée et cette année pour les budgets de dépenses puis je remarque que, l'année
passée, en prévention, le gouvernement avait budgété 94,3 millions de
dollars pour soutenir les projets de prévention de criminalité, mais on sait
tous que le niveau de criminalité et violence a... quand même accroître, c'est
en croissance. On l'entend à chaque jour, les Québécois ne se sentent pas en
sécurité.
Puis le budget de dépenses de cette année
est quand même 39,9 millions, avec un 14 millions de plus, qui nous amène
à 53,9 millions. Ça, c'est une baisse d'investissement de 42,8 %,
42,8 % de baisse de dépenses quand nous faisons face à une montée de crime
organisé, l'extorsion — encore un enjeu fondamental dans le comté de
Westmount-Saint-Louis — la pression sur les corps policiers, les enjeux de
prévention, l'extorsion, crimes haineux.
Le commerce au détail, on les a entendus
dernièrement, on... C'est juste au Québec, le vol de 2 milliards de
dollars qui n'est pas pris en charge par le gouvernement, qui représente 200 millions de
dollars annuellement qui pourraient être investis ailleurs, parce que c'est le
TVQ qu'on ne récolte pas, parce qu'on ne s'attaque pas à ça quand on parle de
commerce au détail.
Pour le milieu carcéral, là, encore une
fois, une baisse dans les dépenses pour la prévention. C'est quand même souvent
le grand oubli du gouvernement. C'est un milieu où on... nous avons des hommes
et des femmes qui travaillent sans relâche dans des conditions qui sont
pitoyables pour protéger les Québécois et Québécoises, mais ils sont souvent
les grands oubliés. Puis, encore une fois, si on va baisser d'investir dans la
prévention, bien, ils vont être parmi les grands perdants.
Ce qu'on a vraiment besoin, M. le
Président, puis ce qui n'est pas adressé ici, c'est plus de policiers et
policières. On a besoin d'investir dans la prévention pour éviter de se
rattraper dans la répression. C'est ça qu'on a besoin. Mais, tu sais, les
demandes des villes, on a quand même donné de l'argent à Montréal, c'est bien,
la ville de Laval a eu seulement 20 millions de dollars. On sait que
ça veut dire, évidemment, les citoyens et citoyennes de Laval, leur vie vaut
moins que ceux des Montréalais. Saguenay attend toujours.
Puis qu'est-ce que le gouvernement fait?
Mais on envoie la SQ, mais... tu sais, on envoie la SQ puis on dit qu'on veut
investir la... lutter contre la violence, mais c'est intéressant, M. le
Président, parce qu'on demande quand même à la SQ de couper 120 millions de
dollars sur deux ans, 60 millions. On veut investir, mais on coupe. Et, on
vous donne la liberté de couper où vous voulez. Ah! mais non, ce n'est plus le
cas. Nous, on veut être en charge de comment vous allez couper.
On ne peut pas parler des deux côtés de la
bouche. On ne peut pas dire que nous allons investir en prévention puis en
sécurité, le sentiment de sécurité et couper de l'autre bord, M. le Président.
C'est un non-sens. Puis ça démontre, encore une fois, le manque de vision du
gouvernement de la CAQ. C'est de la pression inutile sur un réseau qui devrait
être priorisé si nous allons sincèrement s'attaquer à ce fléau. La sécurité
publique est un grand enjeu pour tous les Québécois et Québécoises.
Je terminerai avec la minute qui reste, M.
le Président, en parlant sur la pression sur nos organismes communautaires. C'était
juste hier, que j'ai déposé une pétition à... collectivement, avec les groupes
Ensemble pour le respect de la diversité, le CIEL, Trait d'union, mouvement Le
communautaire à boutte. On a eu plus de 20 000 signataires. Pourquoi?
Parce que le gouvernement ne reconnaît pas que nos organismes communautaires
représentent le filet social pour le Québec et ils se sont... Ils ont besoin d'être
reconnus, ils ont besoin des investissements, ils ont besoin d'être reconnus,
quelque chose, encore une fois, qui est manquant dans ce budget, encore une
fois, par le gouvernement de la CAQ.
Ce qu'il faut, M. le Président, je vais le
répéter encore une fois, ce n'est pas de gérer à court terme, c'est de bâtir le
Québec de demain. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Westmount-Saint-Louis. Et je vous rappelle que
votre motion que vous aviez déposée hier, elle a été bel et bien déposée sous
réserve de sa recevabilité.
Je vous informe... J'en profite pour vous
informer, collègues, qu'un débat de fin de séance se tiendra aujourd'hui à 13 heures.
Ce débat portera sur une question adressée par Mme la députée de Mont-Royal
Outremont à M. le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration
concernant la mission en Europe de la ministre de l'Enseignement supérieur qui
doit redorer l'image...
11 h 36 (version non révisée)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : ...du
Québec qui est mise à mal par le gouvernement caquiste.
Nous poursuivons le débat, et, cette fois-ci,
je reconnais Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Laflamme : Merci, M. le
Président. Aujourd'hui, je veux mettre au jour que le gouvernement de la CAQ a
manqué à bien des promesses en ce qui concerne les régions du Québec.
Effectivement, après huit ans de gouvernement, après un huitième budget, deux
mandats majoritaires, je pense que l'heure est au bilan. Si on avait besoin de
nouvelles preuves que ce budget-là confirme que les régions n'ont jamais été
vraiment une priorité pour ce gouvernement, allons-y. Passons sur le fait que
la CAQ a été incapable de nommer un ministre pour l'Abitibi-Témiscamingue qui
provenait de cette région. J'aimerais parler ici, donc, plus largement, de
toutes les promesses de décentralisation que ce gouvernement avait faites aux
Québécois et aux Québécoises et qui n'ont pas été tenues.
En effet, en 2018, rappelons-nous, la CAQ
promettait non seulement de réduire la taille de la fonction publique, mais
elle jurait de transférer 5 000 emplois de la fonction publique de Québec
et Montréal vers les régions. Quels résultats, M. le Président? Côté réduction
de la taille de l'État, bien, l'Institut économique de Montréal nous rappelait,
il y a deux semaines à peine, que, sous la CAQ, le secteur public a constitué
le principal moteur de la croissance du nombre d'emplois au Québec et qu'aujourd'hui
près d'un Québécois sur quatre travaille dans le secteur public, ce qui est
largement au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE. Sous la CAQ, on est donc
passé de 60 618 fonctionnaires employés de l'État à 81 521. Côté
régionalisation maintenant, bien, inutile de vous le dire, que le grand déménagement
de fonctionnaires de Montréal et de Québec vers les régions n'a jamais eu lieu.
Entre 2018 et 2024, la CAQ a augmenté le nombre de fonctionnaires à Québec de 2 500
effectifs et de plus de 4 000 tant à Montréal qu'en région. On repassera
pour la décentralisation. Donc, on constate ici, encore une fois, un échec sur
toute la ligne.
Je vous amène maintenant passer quelques
minutes sur le PQI dans son ensemble, parce que ce qui a été déposé par le
gouvernement, dans ce qu'on retrouve là-dedans, on y retrouve huit écoles
secondaires en réalisation en ce moment dont le coût est supérieur à 175
millions de dollars. On apprend que les coûts pour la construction de l'école
secondaire Louis-Philippe Paré sont maintenant rendus à 470 millions de
dollars. Impossible que les prix ne soient pas gonflés. Juste à côté, l'Ontario
annonce des projets d'écoles secondaires qui sont similaires, avec des
capacités de 1 500 élèves, à 75 millions de dollars, soit moins de la
moitié du prix qu'on paie, nous, ici, au Québec. Certains projets sont donc
parfois trois, même quatre fois plus chers au Québec.
Le déficit de maintien des actifs est
maintenant de presque 45 milliards de dollars, en hausse de 4,8 milliards
par rapport à l'an passé. Ça touche les routes, les écoles, l'ensemble de nos
bâtiments publics. À titre indicatif, M. le Président, les revenus totaux du
gouvernement ont augmenté de 6,4 milliards l'an dernier. Donc, ça représente
encore la mauvaise gestion de la Coalition avenir Québec, et c'est maintenant une
menace directe pour l'avenir du Québec, de son patrimoine bâti, rien de moins.
Les Québécois n'en ont pas pour leur
argent. Ça pose une menace aussi directe pour nos finances publiques. Faute d'argent,
parce que les projets ont coûté trop cher, on se retrouve avec une file d'attente,
un stationnement de projets interminables au Plan québécois des infrastructures.
Si on veut à la fois entretenir nos infrastructures existantes, répondre aussi
aux besoins futurs des Québécois et des Québécoises, un coup de barre s'impose,
un coup de barre que la CAQ a promis 1 000 fois mais qu'elle n'a jamais
livré. On est dans une espèce de cercle vicieux qu'il faut absolument corriger
de toute urgence.
Le gouvernement du Québec n'est pas réputé
être un donneur d'ouvrage fiable et régulier. On avance et on recule sans cesse
dans ce dossier-là. Et qu'est-ce qu'il y a pour les régions? Je vais vous
donner l'exemple de ma région, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, bien, pas grand-chose,
parce qu'avec les appels qu'il y a eu pour, notamment, le programme PAFIRSPA,
aucun investissement important au Saguenay. On apprend aussi qu'il n'y aura
finalement ni zone d'innovation sur l'aluminium ni centre d'innovation sur l'aluminium,
un projet pourtant qui avait été annoncé en grande pompe par le gouvernement
lors d'un déjeuner de la chambre de commerce dont je me souviens très bien.
Allons maintenant en enseignement
supérieur. Donc, au PQI 2026-2036, que vient de déposer le gouvernement, on
trouve dans la section Projets de 20 millions et plus mis en service en 2025-2026
en enseignement supérieur... qu'est-ce qu'on trouve? Alors, on y trouve quatre...
11 h 41 (version non révisée)
Mme Laflamme : ...projets
réalisés. Et ces projets ont été réalisés où? À Montréal, à Montréal, à
Montréal et, encore une fois, à Montréal. Deux projets livrés pour l'Université
McGill, un pour l'ÉTS, un pour le Collège Lionel-Groulx. Est-ce que ça veut
dire que nulle part ailleurs qu'à Montréal, au Québec il y a des projets qui
méritent d'être financés par le gouvernement? Je ne pense pas, je ne pense pas,
M. le Président, parce que je parle avec expérience ici.
Il y a également des projets en réalisation
PQI en enseignement supérieur, les vrais projets, ceux qui avancent, là, pas
ceux qui sont dans les limbes de la planification, avec le troisième lien, là,
sous la CAQ. Il y a des projets pour 2,4 milliards présentement au
gouvernement, et dans ces 2,4 milliards, il faut compter quoi? 870 millions
pour le Royal Victoria, le tiers des sommes engagées seulement pour le bénéfice
de McGill et de ses étudiants, 390 millions pour deux projets liés à l'Université
de Montréal, le réaménagement du Roger-Gaudry et du Marie-Victorin, et presque
360 millions pour la Polytechnique. À eux seuls, ces trois projets là,
situés où, encore une fois, à Montréal, comptent pour plus de 1,6 milliard
sur les 2,4 milliards au total, M. le Président.
La caisse est vide, maintenant, pour le
réseau universitaire et le réseau collégial, alors que les besoins sont de plus
en plus criants. On me disait, au cégep de Chicoutimi, qu'on est à quelques
gouttes de pluie près qui entrent par le toit de devoir fermer l'établissement.
C'est même à croire que le gouvernement n'entend pas les appels, partout dans
la société civile, pour prioriser le maintien des actifs. 65 % des
bâtiments des cégeps sont en mauvais état, un portrait qui est pire encore que
celui du réseau scolaire. Le financement pour entretenir nos cégeps a pourtant
diminué de 45 % depuis 2018-2019.
Pour les universités, même constat. Les
budgets pour l'entretien des bâtiments... il a fondu comme neige au soleil. Par
exemple, à l'Université du Québec à Chicoutimi, en 2019-2020, les sommes
allouées pour le gouvernement... par le gouvernement pour le maintien des
actifs étaient de 4,57 millions. Le huitième budget Girard lui donne
maintenant 1,32 million. C'est moins d'un tiers de ce qui était octroyé quand
la CAQ est arrivée au pouvoir.
Je parle maintenant du communautaire.
Difficile de passer sous silence cet aspect fondamental de nos services à la
population, puisqu'on le sait, on est dans ce grand mouvement de grève. Leur
demande est simple : conditions de travail décentes pour les travailleurs...
les travailleuses et les travailleurs du communautaire, financement suffisant à
la mission, reconnaissance pleine et entière des organismes, protection de l'autonomie,
fin du financement précaire, investir dans le modèle communautaire comme un
pilier stratégique. Malheureusement, encore une fois, le budget n'est pas
conforme aux attentes.
Je finirais en vous parlant maintenant d'un
sujet dont on ne parle pas assez, qui est celui de la forêt, et pourtant, qui
est un sujet, fondamentalement, régional, qui fait travailler de nombreuses
communautés au Québec. Encore là, ce n'est pas suffisant. Je dois reconnaître
qu'il y a un pas qui a été fait cependant, mais la crise forestière, elle
demande qu'on s'y attarde beaucoup plus que d'injecter quelques millions de
dollars. Ce budget-là ne vient surtout pas redorer l'image de l'industrie
forestière. On n'en parle jamais assez, la forêt ne fait pas partie de nos
priorités au Québec. L'industrie, ce qu'elle veut, c'est de la prévisibilité.
Bref, vivement un gouvernement qui va prioriser nos régions partout au Québec.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Chicoutimi. Nous poursuivons le débat, cette fois-ci,
avec M. le chef... le co-chef du deuxième groupe d'opposition, M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci beaucoup, M.
le Président. Alors, il y a beaucoup de déception, évidemment, dans le budget
qui a été déposé, le dernier budget de la Coalition avenir Québec, notamment
dans le domaine des relations avec les Premières Nations et Inuit, aussi dans
le domaine de la culture, que je vais aborder. Et je vais parler aussi de la
question de l'indépendance, même si ce n'est pas une préoccupation du
gouvernement, malheureusement, pour nos finances publiques.
Alors, il y a un manque fondamental qui s'exprime
dans le budget, mais qui s'est exprimé tout au long des dernières années de ce
gouvernement-là, c'est un manque de respect envers le droit à l'autodétermination
et au consentement libre, préalable et éclairé des nations autochtones du
Québec, tel que présent dans la Déclaration des Nations unies sur les droits
des peuples autochtones. Les exemples des derniers mois montrent ce manque de
respect, les bavures à la réconciliation législative, qu'on pourrait...
11 h 46 (version non révisée)
M. Zanetti : ...mais qui sont
bafoués, dans le projet de loi n° 1, sur la Constitution caquiste, le
projet de loi n° 97, sur la réforme du régime forestier, le projet de loi n° 5,
sur l'accélération de grands projets. La CAQ se met à dos les Premières nations
et Inuites en outrepassant leurs droits ancestraux. Et, à ces projets de loi,
les nations... au sujet de ces projets de loi, les nations autochtones ont été
limpides : Si la CAQ va de l'avant avec les... et les adopte sans procéder
à une véritable coconstruction, elles vont contester en cour et vont être très...
et elles vont très certainement gagner. Et la CAQ va donc gaspiller des fonds
publics en procédures judiciaires coûteuses, plutôt que de faire les choses
correctement, ce qui est vraiment dommage.
C'est sans... Je veux mentionner aussi la
question de l'accès à l'eau potable chez les Inuits. C'est incroyable, les
enjeux d'eau potable qu'il y a là-bas. Le gouvernement québécois doit agir, ne
le fait pas. C'est quelque chose qui tarde depuis des années. Les crises
reviennent, ça cause de vrais problèmes de santé publique. C'est quelque chose
qui... qu'on ne devrait pas accepter aujourd'hui, en 2026.
Je veux parler aussi de l'abandon de la
réussite éducative des élèves autochtones par le gouvernement. Je tiens à
rappeler à ce gouvernement que le Vérificateur général, en novembre 2024, a produit
un audit de performance alarmant sur l'éducation des enfants des Premières
Nations et Inuits. Le Québec était le dernier de classe au Canada en matière de
réussite scolaire chez les enfants autochtones. Ce qui aurait dû motiver
rapidement le ministre de l'Éducation à l'époque de forcer la mise en place d'un
plan d'action concertée avec les nations autochtones pour assurer l'accès à l'éducation
aux jeunes n'a pas eu lieu. À la place, la CAQ a fait le choix de reculer en
mettant fin à la mesure éducative de réussite autochtone 15061 et... en
quittant la table de concertation sur la réussite éducative des élèves
autochtones, qui était le seul forum alloué autochtones-allochtones pour
travailler sur des solutions communes sur ces enjeux. Alors, évidemment, c'est...
tout ça est très problématique.
Je veux parler aussi de l'impact de l'absence
de mesures budgétaires suffisantes sur l'application et la mise en œuvre des
recommandations de la commission Viens, qui sont, donc, compromis par l'austérité
qu'on voit en ce moment dans les services publics. L'accès à des soins et des
services sécurisants est compromis, la non-réalisation de plusieurs recommandations
de la commission Viens et l'abandon financier de certaines actions par prétexte
de restrictions budgétaires nous fait reculer collectivement.
Je vais vous lire un extrait du communiqué
de presse du Protecteur du citoyen. Dans son deuxième rapport de suivi du
rapport Viens, déposé en novembre dernier, il dit : «Deux ans après la
publication de notre premier rapport de suivi, nous constatons que les lacunes
demeurent préoccupantes quant au respect des droits et des droits des Premières
Nations et Inuits dans les services publics québécois. De plus, le contexte
actuel de restrictions budgétaires et la non-reconduction de certains
financements compromettent plusieurs acquis et risquent même d'entraîner des
reculs.» Après huit ans de gouvernement, M. le Président, la CAQ aurait dû
faire mieux que ça. L'application des recommandations du rapport de la
commission, bien, elle est très lacunaire et elle est extrêmement décevante.
En culture, maintenant, le budget 2026‑2027
en culture québécois, il représente 1,2 % du budget du Québec. Donc, ce
qui est alloué à la culture, 1,2 %, alors que l'objectif réclamé par le
milieu, c'est qu'on atteigne le 3 % du budget pour le milieu culturel d'ici
2029 avec une mise en place d'un mécanisme d'indexation automatique pour que la
défense des fonds alloués en culture ne soit pas à refaire à chaque année, à
chaque deux ans, à chaque trois ans, à chaque gouvernement. Il faut qu'il y ait
un mécanisme pour assurer ça. C'est un enjeu qui est culturel, évidemment, qui est
identitaire, qui est économique. C'est une prévisibilité qui est absolument
nécessaire pour le milieu, hein, on ne veut pas juste donner de la
prévisibilité, en fait, aux multinationales comme Glencore, il faut donner de
la prévisibilité aux artistes puis aux organismes culturels qui font vivre
notre nation réellement.
Par ailleurs, c'est dans l'air du temps,
la question du filet social des artistes. Rien dans le budget, là-dessus, c'est...
Comment voulez-vous qu'on ait un milieu culturel pérenne et durable si les
artistes ont de la misère à vivre de leur art? On sait que le revenu annuel des
artistes, revenu moyen, est extrêmement bas, largement sous le revenu viable,
et c'est un problème, c'est... l'enjeu, ce n'est pas juste la survie des
artistes, mais c'est la vie et l'épanouissement de notre culture.
Sur les musées, il y a eu une certaine
bonification, des fonds de 5 millions par année pour les musées, mais l'absence
d'une enveloppe pour un supplément lié à l'éloignement pour 43 musées en régions
éloignées, une demande qui équivalait à 2,5 millions par année, l'absence
de cette enveloppe, donc, est très décevante. C'est quelque chose qui aurait
fait toute la différence pour ces musées-là, dont les coûts sont plus élevés,
lié au fait qu'ils sont éloignés. Alors, si on veut avoir une culture, au Québec...
11 h 51 (version non révisée)
M. Zanetti : ...qui est
partout sur le territoire, 2,5 millions par année, c'est peu cher payé. Ça
aurait permis à tout le monde d'avoir une prévisibilité, de pouvoir souffler, d'avoir...
de maintenir leurs activités longtemps, de ne pas couper sans cesse dans les
services.
Et, vous savez, le plus grand absent de ce
budget, en fait, c'est l'argent qu'on envoie à Ottawa, parce qu'on envoie en
moyenne à peu près entre 80 et 90 milliards d'argent des Québécoises et
des Québécois dans un gouvernement qui, après ça, va faire toutes sortes d'affaires
qui sont contre les intérêts du Québec, notamment les investissements dans le
secteur pétrolier, qu'on estime à environ 3,5 milliards de dollars
par année en argent du Québec uniquement. Vous imaginez-vous tout ce qu'on
aurait pu faire avec ça? Vous imaginez-vous, à quel point on aurait pu rénover
nos écoles, par exemple, prendre soin de nos infrastructures? Il n'y aurait pas
eu de problème à Maisonneuve-Rosemont et puis dans les autres hôpitaux au
Québec, qui sont en... qui sont en train de s'écrouler ou presque. Il y a de l'argent
là qu'il faut absolument aller chercher. Et, à chaque fois qu'il y a un
budget de gouvernement, un budget bien provincial, je me dis : Quelle
occasion manquée, quelle occasion manquée de pouvoir vraiment donner au Québec
un alignement qui est cohérent avec ses forces et nos aspirations collectives.
Voilà. Donc, je... Là-dessus, il y a tellement d'argent qu'on pourrait investir
autrement que le gouvernement canadien, mais, notamment, là, pour aller
rejoindre des... une remilitarisation qui est en train d'avoir lieu un peu
partout dans le monde. Alors, le gouvernement canadien va investir des
milliards et des dizaines de milliards là-dedans sans que nous, on soit
vraiment consultés là-dessus, sans qu'on sache à quoi ces choses-là vont
servir. Est-ce que ce sera une militarisation qui va être uniquement pour la
défense? Ce n'est pas ce qui est prévu. Ce qui est prévu, là-dedans, c'est qu'il
y ait des choses qui soient des armes offensives. Ce qui est évident, là-dedans,
c'est que des fonds publics vont servir aussi à produire du matériel offensif
qui va être vendu à des régimes qui ne vont pas faire des bonnes choses avec,
qui vont aller les utiliser, des fois, contre leur population ou contre d'autres
nations qui n'ont rien fait.
Alors, c'est très grave, les alignements d'une
militarisation qui a l'air vraiment débridée, qui est en train de se planifier
à Ottawa, qui est en train de se planifier avec l'argent des Québécois sans que
nous, on ait un réel débat là-dessus sur ce que nous voulons faire d'un point
de vue militaire. Est-ce qu'on veut se défendre, uniquement, je pense que c'est
ça, la tradition, au Québec, ou est-ce qu'on veut être complices, finalement, d'actions
offensives qui même, des fois, vont aller à l'encontre du droit... internationaux
ailleurs dans le monde? Alors, il faut qu'on se... qu'on se donne un droit de
regard là-dessus. Il faut qu'on aille récupérer cet argent-là et qu'on fasse
nos propres choix.
En terminant, je voudrais déposer une
motion de grief qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale blâme
sévèrement le gouvernement de la Coalition avenir Québec pour son désengagement
à la réconciliation législative avec les Nations anishnabe, attikameks...
pardon... inuite... micmac, naskapie... wendat... en refusant d'adopter une loi
de mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples
autochtones.» Je vous remercie, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Jean-Lesage. Votre motion est déposée sous réserve
de sa recevabilité.
Nous poursuivons cette fois-ci avec Mme la
députée d'Iberville.
Mme Bogemans : Merci, M. le
Président. C'est avec fierté que je prends la parole devant vous aujourd'hui
pour faire part de mes observations et des commentaires sur le présent budget
qui a été déposé le 18 mars dernier par mon collègue le ministre des Finances.
C'est un budget qui est sobre et ciblé, qui marque une nouvelle ère dans notre
parcours collectif, celle d'un Québec plus fort, plus audacieux, mieux préparé
à relever les défis économiques auxquels on fait face.
Comme vous le savez, on évolue dans un
contexte économique mondial qui est empreint d'incertitude, comme la guerre en
Iran ou les tarifs douaniers qui sont imposés par notre voisin immédiat. C'est
entre autres pourquoi notre gouvernement a pris la sage décision de miser sur
la prudence et la rigueur pour faire face à cette instabilité qui est
grandissante. À cet égard, un meilleur contrôle des dépenses est essentiel, et
ça se remarque dans le budget qui vient d'être déposé.
Du même souffle, le ministre des Finances,
de façon responsable et pondérée, prévoit des investissements, premièrement,
pour stimuler une croissance qui est durable, ensuite, pour soutenir les
familles puis pour renforcer nos services publics et accélérer la transition
énergétique. C'est un bon défi, et on est prêts à le relever.
Pour ce faire, on a écouté la population,
qui demande de pouvoir évoluer dans un État qui est efficace et humain. C'est
pourquoi notre budget repose sur trois grands axes, à savoir : consolider
l'économie tout en maîtrisant la dette, moderniser nos infrastructures...
11 h 56 (version non révisée)
Mme Bogemans : ...le pouvoir d'achat
et la qualité de vie des citoyens.
Sur le plan économique, on va continuer de
miser sur l'innovation, bien sûr, la productivité, le soutien aux régions,
comme celle que je représente à l'Assemblée nationale, mais aussi aussi
éloignées soient-elles. On va permettre à nos entrepreneurs d'avoir les moyens
d'encourager la recherche et la transition numérique. Le budget déposé par
notre ministre des Finances leur permettra de renforcer la formation de la
main-d'œuvre dans les secteurs à forte demande. Les Québécois doivent pouvoir
compter sur une disponibilité d'emplois stables et de qualité partout sur le
territoire. M. Legault... en fait, le premier ministre, pardon, l'a répété
maintes fois depuis qu'il occupe son poste, c'est essentiel pour lui, c'est
essentiel pour nous, et c'est essentiel pour moi en tant que députée d'Iberville.
Pour ce qui est des services publics,
notre grande priorité demeure claire, à savoir investir dans le bien-être des
gens et des citoyens à la hauteur de nos moyens. Ça implique des soins de santé
qui sont plus accessibles, un meilleur soutien aux enseignants et aux élèves.
Ça implique aussi des ressources accrues pour nos aînés, les personnes
vulnérables, dont, entre autres, les personnes en situation d'itinérance.
Le présent budget, par ailleurs, poursuit
nos engagements vers un Québec plus vert. On accélère nos investissements dans
l'efficacité énergétique. On accompagne nos entreprises, nos travailleurs dans
une transition qui est carrément incontournable en ce moment. Il aide de plus
en plus à faire face aux immenses défis des changements climatiques dont nous
sommes tous témoins.
Cela dit, j'aimerais profiter du temps de
parole qui m'est confié aujourd'hui pour mettre l'emphase sur des mesures qui
me tiennent à cœur plus particulièrement et qui rejoignent la circonscription d'Iberville.
Premièrement, pour mieux soutenir la
croissance des PME dans l'ensemble des régions du Québec, le... le budget
prévoit 581 millions de dollars pour renforcer les initiatives de
développement économique régional. Ça, ça veut dire appuyer les entreprises
puis stimuler les secteurs touristique et agroalimentaire, une stratégie qui
permet aux PME régionales de maximiser leur potentiel de croissance en misant
sur leurs atouts et leurs savoir-faire.
Qu'est-ce que ça représente pour les
citoyens du territoire? Bien, à cette question-là, je dois d'abord préciser que
ma propre région regorge d'entreprises, dont certaines oeuvrent dans le secteur
du manufacturier, de l'agroalimentaire, du transport routier entre autres. Je n'ai
aucun doute que les fonds prévus dans le budget du ministre des Finances vont
faciliter l'investissement, le maintien de bons emplois chez nous, l'innovation
et l'automatisation.
À titre d'exemple récent, cette stratégie-là
nous a permis de donner un appui financier important pour un agrandissement à l'usine
Tremcar, dont... qui est dans le parc industriel dans la municipalité de
Granby. Ça s'illustre, donc, concrètement, avec la volonté du gouvernement de
consolider des emplois industriels dans la région, en plus de maintenir l'effort
envers l'achat de matériel manufacturier partout au Québec.
Maintenant, je ne peux pas passer sous
silence les mesures qui sont prévues dans le budget pour le développement du
secteur bioalimentaire, c'est d'où je viens, soit 97,4 millions de dollars
sur cinq ans, dont 95,1 millions de dollars pour améliorer la
compétitivité du secteur. Dans une circonscription comme Iberville, où l'agriculture,
la transformation alimentaire et les services de proximité sont absolument
essentiels, ces enveloppes vont permettre d'accentuer la modernisation de nos
entreprises, le soutien à la relève agricole et entrepreneurial. On parle
aussi... Attendez, il faut que je tourne ma page qui... On parle aussi d'achat
local, de diversification de la production. En raison de mon passé d'agricultrice,
je ne peux qu'applaudir ces ressources-là.
Le reste de l'enveloppe budgétaire, soit
2,3 millions, sert à instaurer la passation de charges immédiates pour le
domaine serricole. À l'instar de ce qui a été annoncé par le gouvernement
fédéral, cette mesure s'appliquera aux serres acquises depuis le 4 novembre
dernier et devra être utilisée avant 2030. Ça va permettre aux entreprises serricoles
de déduire la totalité du coût de leurs investissements dès la première année,
en favorisant ainsi l'investissement dans la production alimentaire de chez
nous pour les gens d'ici. Les serriculteurs pourront profiter de cette aide
pour des semis, des plantations, des expérimentations agronomiques, des... des
activités de recherche, des services commerciaux ou encore pour la production
horticole ou maraîchère. Il sera... ainsi possible d'éviter une interruption de
production, de limiter les pertes financières liées à tout délai, tout en
optimisant l'utilisation d'une installation récemment acquise. À l'instar de l'appui
donné à Tremcar, dont la maison-mère se trouve à quelques rues de mon bureau de
comté, ça s'ajoute...
12 h 01 (version non révisée)
Mme Bogemans : ...à d'autres
initiatives qui sont déjà en place, comme le plan d'une économie verte, la
Stratégie québécoise de l'eau de 2018 à 2030. Ça, c'est sans parler de l'aide
financière directe de 30 millions mise en oeuvre le 6 mars dernier
pour soutenir la compétitivité des entreprises agricoles, qui est un premier
pas dans leur direction.
Concernant le PQI, le Plan québécois des
infrastructures, pour la période allant de 2026 à 2036, celui-ci a été rehaussé
de 3 milliards de dollars, qui porte l'enveloppe totale à 167 milliards de
dollars. Ça, ça envoie un message clair qu'il faut s'occuper de nos
infrastructures qui sont existantes. Par ailleurs, au niveau du maintien d'actif,
l'enveloppe est maintenant dédiée à 71 % pour ce thème-là versus 65 %
l'année dernière.
Dans ma région, il y a un projet qui est
bien inscrit en section planification au PQI, c'est l'agrandissement du cégep
de Saint-Jean-sur-Richelieu, qui dessert un très large territoire. Je vais vous
en glisser quelques mots. L'investissement s'élève à 34 millions de
dollars dont une première tranche de 5 millions est déjà octroyée pour les
plans et devis, qui sont d'ailleurs très bien avancés. Les fonds qui se
cumulent aux fonds, qui sont déjà amassés par la fondation du cégep, qui fait
un travail absolument exceptionnel, viennent bonifier ce travail et prévoient
un nouveau bâtiment qui inclut une clinique de santé globale pour la formation
des étudiants dans le domaine de la santé et des services sociaux. Ça prévoit un
nouveau bâtiment qui sera à l'emplacement actuel des serres, des serres qui ne
sont toutefois pas abandonnées et qui font l'objet d'un magnifique projet en
agriculture durable qui vous sera discuté avec vous prochainement.
J'enchaîne avec des mesures phares du
dernier budget, soit celles de soutenir la population avec des mesures ciblées.
2,4 milliards de dollars sur cinq ans sont investis pour les
familles, pour la hausse du coût de la vie, pour avoir plus de pouvoir d'achat,
pour répondre aux enjeux d'itinérance, de santé mentale, de violences conjugale
et sexuelle, mais aussi pour améliorer l'accès au logement, renforcer les
services destinés aux personnes les plus vulnérables de notre société.
Je terminerais en y allant de certaines
informations qui m'ont apparu pertinentes lors du discours du budget, plus
particulièrement sur l'augmentation du revenu par habitant, puis, à ce propos,
quelques extraits de l'énoncé du ministre des Finances qui illustrent bien la
situation dans laquelle nous nous retrouvons, et ce, peu importe ce que les
gens pourront en dire.
Premièrement, le Québec est dans une
situation avantageuse pour faire face à ce nouveau contexte. Depuis 2018, il a
mieux performé que le reste du Canada. Nos initiatives économiques ont permis
de créer plus de richesse qu'ailleurs. Selon les récentes statistiques
officielles de 2018 à 2024, le PIB réel par habitant a augmenté de 4,9 %
au Québec. Pour la même période, il a chuté de 0,3 % en Ontario et de
0,9 % dans le restant du Canada. L'écart du niveau de la vie avec l'Ontario
s'est réduit, il a passé de 15,9 % en 2018 à un creux de 10,2 % en
2024. Ça fait qu'à celui avec le reste du Canada, il est passé de 20,2 à
13,6 %.
C'est des grands objectifs que nous nous
sommes fixés en 2018, et, huit ans plus tard, on dit que les résultats sont au
rendez-vous. On est conscients qu'on vit des périodes d'incertitude, et on veut
continuer d'appuyer les gens de chez nous, les travailleurs de chez nous, les
gens du secteur communautaire, scolaire, des services publics, aussi les
entreprises. Je vous remercie, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée d'Iberville. Alors, considérant le principe d'alternance,
je vais reconnaître, M. le député d'Abitibi-Est.
M. Dufour : Merci, M. le
Président, et merci aussi aux...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
...Je comprends qu'il y a un consentement. Il y a consentement. Parfait.
Poursuivez, M. le député d'Abitibi-Est.
M. Dufour : Merci, M. le
Président, et merci, naturellement, pour le consentement du parti au pouvoir
ainsi que les oppositions. Je vais décortiquer mon discours sur trois niveaux,
au niveau de la présentation, il va y avoir une première portion sur ma région,
le deuxième, le volet positif du budget et, le troisième, sur le côté plus
négatif du programme québécois d'infrastructures.
Au niveau de ma région, une région
nourricière prête à innover davantage, c'est ce qu'est l'Abitibi-Témiscamingue.
Et elle ne demande pas de privilège, elle demande la réciprocité. Les revenus
générés par les mines, la forêt et l'agriculture contribuent directement au
financement des services publics partout au Québec. Chaque once d'or, chaque
mètre cube de bois, chaque litre d'eau puisée à même l'Esker et chaque
production agricole soutiennent l'économie nationale. Pourtant, les retombées
structurantes demeurent trop souvent centralisées ailleurs. Les centres
décisionnels, les sièges sociaux et les grands programmes structurants se
concentrent davantage dans le...
12 h 06 (version non révisée)
M. Dufour : ...alors que la
région est perçue avant tout comme un territoire d'extraction. Cette vision,
elle est dépassée. Une région ressource moderne est une région intégrée,
innovante et planifiée. Elle se développe avec des bâtisseurs, des institutions
solides et une gouvernance territoriale cohérente. À cet égard, l'Abitibi-Témiscamingue
démontre déjà son leadership, notamment avec la mise en place d'un pôle d'innovation
régénératif axé sur la reconversion des sites miniers à des fins touristiques,
culturelles et environnementales. Cette initiative a d'ailleurs été reconnue
par le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique de l'ONU comme
un modèle exportable d'innovation territoriale intégrée. C'est le point sur ma
région.
Maintenant, le point positif du budget, c'est
qu'on a finalement attaché le projet de ce qu'on appelle chez nous la ZIM, la Zone
d'innovation minière. Elle devient ainsi donc la cinquième zone d'innovation
après l'info quantique à Sherbrooke, le numérique microélectrique à Bromont, l'Espace
Aéro à Longueuil, Saint-Laurent, Mirabel, qui pourrait même aussi inclure Val-d'Or,
avec les ailes de Beaver, qui sont uniques au Canada, qu'elle produit chez nous...
qui se produit chez nous, à Val-d'Or, la Vallée de la transition énergétique en
Mauricie, et maintenant vous avez la Zone d'innovation minière en
Abitibi-Témiscamingue. J'aimerais d'ailleurs souligner la présence, mardi, de...
des ministres Boulet, Simard et Girard, qui sont venus faire une très belle
présentation et qui va donner un souffle international additionnel à l'Université
du Québec en Abitibi-Témiscamingue, au cégep et aussi au CTRI. Je pense que ça,
ça en est, des éléments positifs dans un budget, qu'on ne doit pas avoir peur
de souligner comme indépendant et comme acteur du développement territorial au
niveau de l'Abitibi-Témiscamingue.
Maintenant, le point, pour moi, qui
devient un petit peu difficile à justifier, c'est toujours le même
raisonnement, c'est celui, comme vous avez vu dans mes différentes
interventions que j'ai faites au cours de les six derniers mois, sur le
Programme québécois des infrastructures en lien avec le déficit fiscal que l'Abitibi-Témiscamingue
reçoit. Et ça, je pense que c'est important que... de le comprendre, la situation
étant que l'extraction minière, ça se fait chez nous, la consommation du bois,
ça se fait chez nous, il y a des gros camions sur les routes, les routes sont
davantage affectées que d'autres territoires. On a la même situation avec l'eau
Esker... ou l'eau Eska, le... que... qui est tirée à même un esker de qualité
numéro un mondial, qui a gagné des prix internationaux, et qu'est-ce qu'on
voit? C'est qu'on exporte tout ça à l'extérieur, mais l'Abitibi-Témiscamingue
ne reçoit pas sa juste part pour être en mesure de faire en sorte qu'on a la
chance de pouvoir, comment dire, développer nos infrastructures et faire en
sorte que l'Abitibi-Témiscamingue ne soit pas simplement dans une situation de
déficit fiscal qui s'accumule au fil du temps.
Le Programme québécois d'infrastructures 2026-2036,
il peut être beau, il peut y avoir beaucoup d'argent, mais, quand que c'est
toujours une région comme l'Abitibi-Témiscamingue qui se retrouve en queue de
peloton, c'est difficile pour elle de pouvoir comprendre qu'elle va être en
mesure de compenser le déficit fiscal qui se fait, et tout ça à partir du fait
que tu as une région qui, pourtant, est très productive et très intéressante
pour le PIB du Québec. Je pense qu'il doit y avoir une conscience pour la suite
des événements dans ce dossier-là, pas simplement pour le budget actuel, mais
pour le budget futur. Et les autres partis qui vont peut-être un jour prendre
le pouvoir doivent s'adresser cette situation-là et trouver des mécanismes qui
vont faire en sorte que l'Abitibi-Témiscamingue va être en mesure d'être un
acteur pas simplement considéré pour son extraction de ses ressources
premières, mais aussi comme étant un acteur qu'on doit protéger.
En partant, commençons tout de suite par
la route 117, la route 117 qui est une route, quand même, je pense que... importante,
elle est le chemin le plus court entre l'est et l'ouest à travers le Canada, ce
qui fait en sorte qu'on a beaucoup de camionnage qui est sur cette route-là,
mais elle n'a pas cette considération-là comme, exemple, on peut le voir pour
une 401, pour une... pour une route... une 40, une 20, etc. Je pense qu'il faut
se l'adresser, ces éléments-là, il faut se l'adresser et il faut comprendre
dans quel milieu l'Abitibi-Témiscamingue gravite pour bien saisir les impacts
de bien structurer les prochains budgets gouvernementaux pour s'assurer que la
région reçoive sa quote-part juste et nécessaire pour être capable...
12 h 11 (version non révisée)
M. Dufour : ...d'enrayer une
parution du déficit fiscal.
Maintenant, en terminant, je pense que c'est
important de le mentionner : Quelle place pour l'Abitibi-Témiscamingue
dans le Québec de demain? On parle d'autonomie énergétique, de souveraineté
minérale, de transition écologique, mais trop rarement de ceux qui rendent ces
ambitions possibles. L'Abitibi-Témiscamingue n'est pas une région périphérique,
elle est un cœur battant du Québec, productif au sein du Canada. Sa pleine
occupation économique est une condition essentielle pour sécuriser les
approvisionnements, protéger les intérêts stratégiques et assurer l'autonomie
économique du Québec. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
...le député d'Abitibi-Est. Et nous poursuivons ce débat. Cette fois-ci, je
reconnais Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Nous en arrivons finalement au huitième budget de ce mauvais
gouvernement caquiste, un gouvernement clairement en fin de régime, qui demeure
toujours déconnecté de la réalité des vrais enjeux des Québécoises et des
Québécois. Un septième budget consécutif déficitaire, un déficit record l'année
dernière et maintenant un déficit qui est non seulement près de 10 milliards de
dollars, mais ce gouvernement a aussi augmenté la dette du Québec à 100... 100 milliards de
dollars et a fait l'objet d'une décote historique.
Et malgré les crises qui demeurent dans
tous les secteurs de services publics, que ce soit en santé et en services
sociaux, en éducation, en logement, en itinérance, en sécurité alimentaire et j'en
passe, le premier ministre a déclaré la semaine dernière qu'après huit huit ans
au pouvoir, il laisse la maison en ordre. M. le Président, sérieusement, même
le mot «désordre» n'est pas suffisant pour décrire l'ampleur de la gestion
désastreuse des fonds publics menée par ce gouvernement depuis huit ans, des
huit dernières années. La maison, vraiment, est plutôt en feu. M. le Président,
et tous les Québécoises et tous les Québécois en subissent les conséquences et
les séquelles. Il n'y a rien dans ce budget qui donne grand espoir que la
situation va s'améliorer dans un futur rapproché, puisque la CAQ nous a
présenté un autre budget qui manque complètement de vision et d'ambition.
Et malgré les nombreux obstacles et défis
dont font face mes citoyens, dans ma circonscription, et aussi les Québécoises
et les Québécois au quotidien, que ce soit l'augmentation du coût de la vie, l'augmentation
des loyers, l'augmentation de la violence faite aux femmes et aux filles, l'augmentation
de l'itinérance et de la santé mentale, les hôpitaux en décrépitude et, en
plus, M. le Président, un cinquième des installations... je m'excuse, un
cinquième des installations hébergeant des enfants sous la protection de la
jeunesse sont encore en état vétuste, le ministre des Finances a jugé
raisonnable de prévoir dans son budget une réserve, une réserve de 1,3
milliard de dollars en cinq ans à l'intention du prochain premier ministre
ou de la prochaine première ministre, afin de lui permettre d'annoncer des
nouvelles mesures. Soyons clairs, M. le Président, cette réserve de 250 millions de
dollars par année représente une caisse électorale qui sera utilisée pour des
fins purement électoralistes, comme les fameux chèques de 500 $ en 2022,
distribués à ceux et celles qui gagnaient jusqu'à 100 000 $.
Mais ce n'est pas tout. M. le Président,
le prochain premier ministre ou la prochaine première ministre pourra puiser
dans la provision pour éventualités, le coussin normalement destiné aux
dépenses imprévues, pour financer ses priorités. Cette provision s'élève à 2 milliards de
dollars. Cette année, elle totalise 8 milliards. C'est toute une claque
dans la face des contribuables, M. le Président. C'est insultant et,
honnêtement, c'est un manque de respect envers celles et ceux qui travaillent à
tous les jours et qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts.
Et, en tant que porte-parole en matière de
la condition féminine, c'est aussi hautement insultant pour les femmes, les
organismes communautaires, les intervenantes, les directrices des maisons d'aide
et d'hébergement qui travaillent sans relâche au quotidien pour soutenir les
victimes de violence conjugale et leurs enfants. Et malgré les cris du cœur des
milliers de femmes au Québec, incluant la manifestation devant l'Assemblée
nationale organisée par le Regroupement des maisons pour femmes victimes de
violence conjugale...
12 h 16 (version non révisée)
Mme Garceau : ...les
féminicides records des dernières années, les sept féminicides au début de l'année.
Le financement prévu au budget de la CAQ est loin de rencontrer le rehaussement
réclamé et nécessaire afin de rencontrer l'augmentation des besoins des
victimes et de leurs enfants.
Des victimes vont continuer, M. le
Président, d'être refusées de l'hébergement faute de place et les vies de ces
victimes demeureront en péril. Les listes d'attente pour les services externes
vont continuer de se prolonger et des victimes, des jeunes femmes, et filles,
et leurs proches, ou des amis, ne pourront pas consulter les intervenants dans
un délai raisonnable afin d'obtenir les conseils requis pour aider une victime.
Le filet de sécurité pour ces femmes va demeurer brisé, parce que la CAQ n'a
pas eu la volonté politique de prioriser la violence faite aux femmes au
Québec. Rien n'a été prévu dans le budget pour ouvrir de nouvelles maisons afin
d'accueillir les femmes et leurs enfants qui ont besoin d'hébergement ni pour
bonifier le financement des quatre maisons actuellement en démarrage.
Et la situation est pire, M. le Président,
pour les maisons de deuxième étape, puisque l'investissement moyen de 3,3 millions de
dollars prévu au budget couvre moins de 15 % des besoins financiers réels
de ces maisons et échoue à répondre aux réalités du terrain. Il y a aussi l'incohérence
totale qui demeure entre la reconnaissance de l'existence d'une crise en
violence conjugale et le manque de nouvelles constructions pour héberger les
victimes qui en ont besoin. Le budget ne prévoit aucun programme de financement
dédié à la construction ou à la recolonisation des maisons de deuxième étape.
La CAQ a échoué depuis huit ans à prévoir
et à mettre en œuvre une vision globale pour réellement soutenir les victimes,
les protéger, toutes les victimes de la violence conjugale, et ça va prendre un
gouvernement libéral, M. le Président, pour rectifier le tir et pour faire le
nécessaire.
Je salue l'intention du gouvernement de
vouloir compléter le déploiement des tribunaux spécialisés en matière de
violence conjugale et violence sexuelle. Les données en ce qui a trait à l'augmentation
de la violence sexuelle faite aux femmes et aux filles sont alarmantes. Mais, malgré
l'intention, il faut reconnaître, on ne peut pas le nier, que notre système
judiciaire est sous-financé et les procureurs du DPCP sont surchargés. Avec le
manque de ressources disponibles pour assurer le soutien aux victimes, un
financement adéquat doit être au rendez-vous avec l'ouverture de ces nouveaux
tribunaux. Dans son budget... son mémoire prébudgétaire de... l'Association des
procureurs aux poursuites criminelles et pénales confirme que ça fait depuis
2022 que l'APPCP informe le gouvernement de la situation alarmante sur le
terrain et que le sous-financement chronique du DPCP a un impact réel sur l'efficacité
du système judiciaire. Non seulement est-ce qu'il y a un manque de ressources
et d'accompagnement pour les victimes de violences conjugales et sexuelles, près...
mais près de 55 % des procureurs oeuvrant dans les tribunaux spécialisés
confirment avoir renoncé à autoriser des poursuites criminelles ou avoir
abandonné des poursuites en cour en raison d'un manque de ressources. Et
50 % des procureurs ont aussi indiqué que leur décision d'aller de l'avant
avec un dossier sont influencées par les ressources disponibles. Cette pénurie
de ressources et la surcharge de procureurs fragilisent, M. le Président, le
filet de sécurité des victimes. Et en matière de protection de la jeunesse, le
message sur le terrain est clair. Malgré certaines mesures positives, plusieurs
estiment que le budget ne répond pas à l'ampleur des enjeux actuels. L'APTS
juge, le budget décevant et dénonce un manque de vision et des... des
investissements insuffisants pour combler les besoins criants. Ceci va alourdir
les listes d'attente et augmentera la pression sur le personnel.
Les organismes communautaires qui
soutiennent les jeunes et leurs familles sont indignés par ce budget et que ce
gouvernement ignore encore une fois les besoins criants de ces organismes. Les
manifestations du mouvement Le communautaire à boutte cette semaine incarnent...
12 h 21 (version non révisée)
Mme Garceau : ...grande
détresse et désarroi face à ce gouvernement qui met de côté des réserves de
plusieurs milliards de dollars au détriment des plus vulnérables dans notre
société. C'est déplorable. J'ai, M. le Président, le... une motion de grief
suivante :
«Que l'Assemblée nationale blâme
sévèrement le gouvernement caquiste pour un budget de 2026-2027 qui ne répond
pas à l'urgence de la violence conjugale, qui néglige le soutien adéquat aux
maisons d'aide et d'hébergement, aux maisons de deuxième étape, ainsi que le
développement de nouvelles unités et qui compromet un accès suffisant,
sécuritaire et adapté aux services pour les femmes victimes partout sur le
territoire.»
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Robert-Baldwin. Votre motion, elle est déposée sous
réserve de sa recevabilité. Nous poursuivons. Cette fois-ci, je reconnais M. le
député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Ça fait maintenant mon troisième budget et c'est avec la même
consternation que je me lève devant vous pour le commenter. Car, M. le
Président, les crises auxquelles nous sommes confrontés n'ont pas baissé au
Québec et d'ailleurs dans le monde. Je rappelle que la crise climatique ne fait
que s'accélérer, que la crise de l'habitation ne fait que s'accélérer. Que,
depuis l'arrivée de la CAQ au pouvoir, il y a eu 40 % d'augmentation en
itinérance. Aujourd'hui même, deux personnes itinérantes sont mortes dans les
rues de Montréal, sont mortes dans les rues de Montréal. Il n'y a pas... jamais
eu autant de personnes qui font la file dans les banques alimentaires,
pratiquement 1 million de Québécoises et des Québécois et plus de
Québécoises que de Québécois, M. le Président, pour un gouvernement qui nous
parle, nous gargarise d'égalité, on fait la file dans les banques alimentaires.
Dans ma circonscription, le nombre de personnes qui font la file dans les
banques alimentaires a doublé depuis l'arrivée de ce gouvernement. Il y a maintenant
huit ans, la majorité des personnes qui faisaient la file étaient des personnes
sur l'aide sociale ou qui avaient toutes sortes de handicaps dans la vie.
Aujourd'hui, on voit une augmentation constante des retraités, des personnes
qui travaillent à plein temps, d'étudiants. Et, pour cause, M. le Président, près
d'un Québécois sur deux, aujourd'hui à l'université, 44 % pour être
précis, souffre d'insécurité alimentaire. C'est un problème de dignité. C'est
un problème d'égalité. C'est un problème de santé publique auquel, encore une
fois, ce gouvernement ne s'attaque pas.
Nous avons devant nous des services
publics auxquels nous ne sommes pas capables de répondre avec le budget actuel.
Mes collègues en ont parlé longuement. En matière d'éducation, nos écoles sont
délabrées, le système à trois vitesses où aujourd'hui... pire encore que juste
financer le privé, que les augmentations en pourcentage du financement du privé
augmentent plus vite que celles du public, alors que c'est dans le public où
les besoins se font criants. En matière de santé, nous avons vu les différents
hôpitaux dans une situation dramatique, des rongeurs, des fuites d'eau, des
chauves-souris, des rats. C'est terrible, M. le Président. Et encore une fois,
les investissements sont insuffisants. Nous avons même vu dans les dernières
années des personnes mourir dans les salles d'attente, M. le Président, parce
qu'il y a... ils ont mis des heures et des heures pour être rencontrés. Et
malheureusement le devoir de l'état n'a pas été rencontré. Et ces personnes-là,
après des heures d'attente, sont décédées dans les salles d'attente.
Mais aujourd'hui, je vais prendre le temps
qui m'est imparti pour parler d'autres sujets dont on ne parle pas assez, étant
donné à juste titre l'importance de la santé et de l'éducation, je vais parler
plus largement de l'état de nos infrastructures, de la question de la justice,
de la question du numérique et de la question de l'énergie.
Donc, commençons d'abord par les questions
de l'infrastructure. Et vous m'excuserez, M. le Président, étant donné ma
formation d'ingénieur, je vais très largement citer le rapport de l'Ordre des
ingénieurs qui est sorti il y a maintenant quelques mois. Nos infrastructures
sont dans un État délabré. Et c'est normal, M. le Président, la plupart de...
12 h 26 (version non révisée)
M. Bouazzi : ...nos
infrastructures ont été construites pendant la Révolution tranquille, et leur
durée utile, leur durée de vie utile arrive à sa fin, à peu près toutes en même
temps.
Ce que nous dit l'Ordre des ingénieurs, c'est
que la situation, actuellement, c'est 46 % des infrastructures sont...
québécoises sont dans un état inquiétant, une augmentation de 4 % par
rapport à l'année dernière. Le déficit... le défi ne cesse de croître, puisqu'il
est passé de 40 à 45 milliards de dollars depuis l'an... l'an dernier,
un manque à gagner qui va s'élever, d'ici 2035, à 75 milliards de
dollars. Là, je ne leur demande pas d'être de gauche, M. le Président. Je leur
demande juste de planifier quelque chose qui est simple à planifier, la mise à
jour de nos infrastructures, celles qui existent déjà.Je comprends que
c'est toujours mieux de couper des rubans quand nous sommes élus, mais étant
donné l'état de nos routes, de nos écoles, de nos hôpitaux, de nos ponts, de
notre transport en commun, il est largement temps de mettre de l'avant une
planification à long terme, sur cinq ans, avec du financement adéquat. Nous ne
sommes même pas capables de savoir quel est le réel état des infrastructures.
Et je... je rajoute que 60 % du parc des infrastructures, en fait, dépend
des municipalités, et la vision qu'on a sur la situation est, pour le moins qu'on
puisse dire, approximative.
En matière d'énergie, ce gouvernement
continue à exercer un énorme transfert d'argent du public vers le privé, puisqu'il
s'entête à ne pas nationaliser les différentes éoliennes qui sont faites depuis
l'année... le début des années 2000. Vous le savez comme moi, M. le Président,
aucune des éoliennes qui a été construite n'appartient à 100 % à Hydro-Québec.
Et j'espère que ce n'est un scoop pour personne ici, le privé est là pour faire
de l'argent. Il se garde une cote à chaque kilowattheure qu'il envoie aux
actionnaires, quand il n'envoie pas carrément les revenus dans des paradis
fiscaux, comme nous l'avons vu avec Brookfield, dont, jusqu'à récemment, un des
anciens employés était chef de cabinet des deux derniers ministres de l'Énergie.
En matière d'énergie, nous allons aussi
décider de mettre une énorme partie de notre énergie verte pour l'intelligence
artificielle, d'énormes centres de données qui, vous le savez comme moi, n'apportent
pas de nouveaux emplois. Nous n'avons toujours pas une politique au Québec qui
encadre l'utilisation de l'intelligence artificielle, alors qu'on sait le coût
exorbitant en matière d'eau potable, en matière d'énergie, en matière de
minerais et en matière sociale, parce que je rappelle ici qu'un engin d'intelligence
artificielle ne paie pas d'impôts et que ces compagnies-là se trouvent à l'étranger.
Pour vous donner un ordre de grandeur, M. le Président, actuellement, il y a 82
centres de données au Québec, qui consomment 150 mégawatts.L'objectif
est de passer à 1 100 mégawatts, M. le Président, une augmentation de plus
de 500 %.
Laissez-moi vous parler maintenant de la
question de la justice.La situation est absolument dramatique, il y a
des coupes à tous les niveaux. Depuis novembre 2025, moins 7,9 % des
effectifs au ministère de la Justice, moins 11,4 % au DPCP, moins 9 %
des effectifs au Tribunal administratif du Québec, moins 6,6 % au Curateur
public. Les centres de gestion de... des appels de la Sûreté du Québec sont
débordés. 10 bureaux régionaux des... des infractions et des amendes ont été
fermés dans les régions. Les centres d'appels du gouvernement, que ce soient au
TAL, au l'IVAC et ailleurs, sont débordés aussi.Et, pire encore, alors
que la justice garantit notre pleine citoyenneté, à cause du manque... à cause
du manque de ressources, 46 %... tenez-vous bien, M. le Président,
46 %... non, 44 % des procureurs confirment avoir déjà renoncé à autoriser
des poursuites criminelles ou avoir abandonné des poursuites en cours en raison
d'un manque de ressources. C'est 55 % pour les tribunaux spécialisés en
violence sexuelle et conjugale. C'est bien beau de parader devant les médias et
nous dire qu'il y a des nouvelles... des nouveaux processus pour les personnes
qui sont victimes d'agressions sexuelles, mais s'il n'y a pas les ressources
pour pouvoir faire le suivi et mettre en place le processus, eh bien, on
abandonne ces femmes, on les abandonne aussi parce qu'il n'y a pas,
malheureusement...
12 h 31 (version non révisée)
M. Bouazzi : ...assez de
ressources quand elles sont victimes de violence et qu'elles fuient, elles
fuient chez elles, puisque malheureusement, nous ne sommes pas capables de les
accueillir dans des environnements... dans des environnements sécuritaires. Je
pourrais continuer beaucoup. Laissez-moi dire un mot... au numérique, plus
de 10 % au ministère du Numérique, de baisse, malgré le fait que la
première recommandation du juge Gallant, la première recommandation, c'est d'avoir
une expertise bien payée, locale, pour éviter les centaines de millions de
gaspillage de ce gouvernement qui a été fait. Même la recommandation numéro un
du juge Gallant n'a pas été suivie.
Malheureusement, l'argent existe. Les
milliardaires s'empiffrent, les gens les plus riches accaparent la grande
majorité des augmentations. Et laissez-moi... je n'ai plus de temps,
malheureusement. M. le Président, laissez-moi vous lire la motion de grief que
je propose :
«Que l'Assemblée nationale blâme le
gouvernement de la CAQ et le ministère de... le ministre de l'Économie, de l'Innovation
et de l'Énergie pour son budget et qui ne prévoit ni mesures de nationalisation
des parcs éoliens ni investissements significatifs dans la transition
écologique et qui prive le Québec de leviers stratégiques et de revenus
essentiels pour l'État, dans un contexte où investir massivement dans l'énergie
propre et publique constitue à la fois une nécessité écologique et une
opportunité économique majeure pour le Québec.» Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Maurice-Richard. Nous poursuivons ce débat. Cette fois-ci,
je reconnais Mme la députée de Vimont. Je vous rappelle, Mme la députée, qu'il
vous reste 12 min 6 s.
Mme Schmaltz : Parfait.
Merci. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, depuis le dépôt du budget, on
entend, on lit beaucoup de commentaires, des opinions, des analyses, des
remontrances et, bien sûr, mes préférées, les dénonciations partisanes. Et je comprends
les Québécois, M. le Président, ils veulent des réponses, mais encore faut-il
regarder les faits, hein, il faut ne pas faire des perceptions rapides de ce qu'on
voit ou encore aller avec des raccourcis faciles, parce qu'à écouter certains
on croirait que les finances du Québec sont hors de contrôle, mais ce n'est pas
le cas, M. le Président.
La réalité, c'est qu'on a une trajectoire
qui est claire, un retour à l'équilibre en 2029‑2030. Et ça, on le fait dans un
contexte économique instable. Rappelons-le, la pandémie, elle a coûté, quoi? Plus
de 25 milliards. Guerre en Ukraine, inflation, conflit au Moyen-Orient, tensions
commerciales, tout ceci, M. le Président, ça cause quoi? Ça cause une pression
énorme sur nos services. Dans ce contexte qu'on vit, promettre un retour rapide
à l'équilibre sans conséquence, c'est de la théorie, ce n'est pas une
responsabilité.
Et parlons franchement, maintenant, du
déficit. Un déficit, ce n'est pas un chiffre abstrait, c'est des soins de
santé, notamment pour une population vieillissante, c'est l'éducation de nos
enfants, de nos petits-enfants, ce sont des infrastructures solides. Bref, ce
sont des services que les Québécois utilisent chaque jour. Couper plus vite, ça
veut dire couper quelque part, mais où allons-nous couper? C'est d'ailleurs la
question que l'opposition évite soigneusement.
M. le Président, il y a un élément central
que plusieurs oublient : nos infrastructures cet héritage du passé auquel...
aucun ancien gouvernement n'ose se prononcer. Pendant des années, elles ont été
négligées, elles ont été boudées, voire ignorées. On répare donc ce qui a été
laissé à l'abandon, oublié volontairement pendant des années, et ce, bien avant
2018. La plupart des infrastructures ont été construites pendant les années 60,
les années 60, les années 70. Dans les années 90, années 2000, on observe un
ralentissement des investissements.
18 ans plus tard, un nouveau gouvernement
prend les rênes et hérite d'un mirage, un surplus sur papier, mais une maison
qui s'écroule derrière. Derrière les apparences, M. le Président, la vraie
facture cachée apparaît. On nous a refilé la patate chaude. Résultat :
aujourd'hui, on doit rattraper le retard, M. le Président, avec des oppositions
qui font semblant de s'étonner. Eh oui, ça coûte cher, mais ne pas investir
aurait coûté encore plus cher. Le Plan québécois des infrastructures, c'est 167 milliards
sur 10 ans. 71 % de ces sommes vont au maintien des actifs. Donc, on ne
dépense pas à l'aveugle, on nettoie les dégâts sur fond de mauvaise pièce
théâtrale libérale.
La rigueur budgétaire, M. le Président, ce
n'est pas juste réduire un chiffre, c'est prendre les bonnes...
12 h 36 (version non révisée)
Mme Schmaltz : ...les bonnes
décisions au bon moment, et parfois ça veut dire investir. Le choix qu'on fait
aujourd'hui est clair : maintenir les services, investir là où les besoins
sont réels et gérer les finances avec discipline.
M. le Président, le Québec fait face à de
vrais défis. Les saveurs du moment, vous savez, ça peut être séduisant, mais ça
ne nourrit pas longtemps. Il suffit de sortir la tête du Québec et de regarder
ce qui se passe ailleurs pour mieux comprendre la réalité. Vous en apprendrez
bien plus que d'écouter et de se laisser berner par le chant des sirènes.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Vimont.
Nous poursuivons. Cette fois-ci, je
reconnais M. le député de Marquette.
M. Ciccone :Merci beaucoup, M. le Président. Très heureux de me
lever... bien, je veux dire, c'est presque une obligation, M. le Président, on
doit répondre à des budgets, surtout les sept derniers qui seront déficitaires
et où on a eu un manque de vision totalement, où on s'est fait plaisir, où on a
fait... on a pris des choix électoralistes. Et j'écoutais les collègues,
j'écoutais les collègues depuis quelques jours, puis on disait notamment que
c'était un budget qui était sobre et ciblé puis qu'on n'était pas dans des
cadeaux électoraux. C'est sûr, quand tu vois le texte, bon, tu te dis :
Enfin, on est rendus à la dernière année, le gouvernement n'a quasiment pas le
choix, on s'en va en campagne électorale. Il faut quand même se donner bonne
figure, là, avant d'entrer avec des... avec des déficits quand même record. Et
puis on apprend justement, dans le budget, que, bien non, il va en avoir, des
cadeaux électoraux, il va y avoir un 250 millions qui a été placé, qui va
être donné, là, sur cinq ans. Mais, cette année, là, le nouveau chef ou la
nouvelle chef va être capable de donner. Alors, déjà là, on fait des
affirmations mais qui ne sont pas nécessairement exactes.
On dit aussi que c'est un budget... parce
qu'on respecte la capacité de payer des Québécois. Ça, c'est la députée de
Bellechasse qui a dit ça, respecter de payer les Québécois. Pourquoi que, là,
on se réveille à la huitième année, M. le Président? Pourquoi on se réveille
là, là? Parce qu'encore une fois on veut sauver la face à l'aube des élections.
Le premier ministre a dit : Les
finances publiques du Québec sont en bon état. C'est quand même incroyable.
Il y a aussi la députée de
Laviolette-Saint-Maurice qui a dit au niveau du... parce que, vous le savez,
j'ai un nouveau dossier, là, au niveau communautaire, elle a dit : «Nous
vous écoutons, nous vous entendons.» C'est ce qu'elle a dit. Mais, si on va sur
le terrain, si on va sur le terrain, on s'aperçoit que ce n'est pas du tout, du
tout le cas.
Je comprends aussi le député de Masson qui
se disait : Bien là... Il dit : Les oppositions vont déposer des
griefs, ils ne sont jamais capables de dire qu'on fait une bonne job. Bien,
j'ai regardé, là, le député de Masson, il était dans l'opposition en 2014, en
2018, il a déposé quatre motions de grief, M. le Président.
Ceci dit, au niveau communautaire, dans un
contexte où les besoins sociaux sont en forte croissance, ce recul envoie un
signal clair, la solidarité sociale n'est pas une priorité pour ce
gouvernement, M. le Président. Plus encore, le programme principal, celui de la
solidarité sociale et de l'action des communautaires, atteint... voyons,
3 790 000 000 $, mais augmente seulement de 0,9 %. Alors, si on regarde ça
en tout, là, on dit : Oui, ça l'augmente, mais en même temps, quand le
coût de la vie augmente de 3 %, M. le Président, on est aussi bien
d'appeler ça une coupure, on n'est pas capable de suivre. On oublie qu'il y a
des frais fixes, on oublie que le prix des loyers est quand même assez cher. Alors,
concrètement, ça signifie une chose très simple, le soutien aux personnes les
plus vulnérables diminue en termes réels. Et pourtant, les besoins sont bien
réels, M. le Président.
Du côté du milieu communautaire, la
situation n'est guère plus rassurante. Le gouvernement soutient 620 organismes
communautaires pour un financement total de 171 millions de dollars.
Cela représente en moyenne 276 000 $ par organisme. Ces organismes sont
pourtant en première ligne. Ils accompagnent les personnes en situation de pauvreté,
d'itinérance et de détresse et comblent les lacunes du réseau public. Ça, M. le
Président, on parle beaucoup de financement, on parle de dépenses quand on
parle du communautaire, mais il faudrait peut-être commencer à changer ce
discours-là. Parce que ce n'est pas une dépense, le communautaire, c'est un
investissement. Quand on investit dans le communautaire, on l'a vu, là, l'IRIS,
le rapport de l'IRIS qui nous présente que 1 $ investi dans le communautaire va
nous rapporter 12 $ sur cinq ans, M. le Président, et il y a d'autres
chiffres très intéressants. Je vous invite à aller... à les lire, les données.
Alors, non seulement c'est au niveau...
12 h 41 (version non révisée)
M. Ciccone :...économique, mais faut regarder aussi au niveau sur le
terrain pratique comment que c'est un investissement. Je parlais tantôt d'itinérance,
je vous parlais de santé mentale, je vous parlais de dépendance aussi.
Plusieurs de ces... On a tous des organismes communautaires dans nos... dans
nos comtés qui agissent d'une façon ou d'une autre pour venir soutenir notre...
notre population. Alors, prenez en considération que plusieurs des gens,
plusieurs des usagers qui vont dans des organismes vont... pas toujours parce
qu'on ne peut pas sauver tout le monde, mais parfois vont... on va éviter de
les envoyer en première ligne. On va être capables, au niveau de la santé
mentale également, de les aider, de les soutenir au niveau de la dépendance
aussi. Alors, si les... si nos organismes communautaires ne sont pas bien... ne
sont pas bien supportés, mais on va les envoyer... on va encore une fois
surcharger notre première ligne, notre système de santé qui... qui est très,
très malade aujourd'hui, M. le Président.
Sur ce, je vais déposer une motion de
grief :
«Que l'Assemblée nationale blâme
sévèrement le gouvernement caquiste pour son budget 2026-2027, pour son
manque de planification et de vision pour le milieu communautaire.»
Voilà, M. le Président. Et il ne me reste
pas grand temps, là. Bien non, soyez patient, M. le Président., j'ai un autre
petit...
Une voix : ...
M. Ciccone :
Oui, oui. J'ai... Je... je vais... je vais... je vais parler de sport un petit
peu. Je n'ai pas beaucoup de temps, là, mais je vais juste me faire l'intermédiaire
de la coalition... la Coalition pour l'avenir du sport et de l'activité
physique du Québec. Puis, je réserverai, là... J'ai d'autres... d'autres
chiffres, j'ai d'autres questions que j'ai réservées pour les crédits pour la
ministre qui est là aujourd'hui. Je suis content de le voir là. Alors, je vais
juste faire l'intermédiaire, là, je vais... je vais vous lire le... le
communiqué :
À la suite du dépôt du budget 2026-2027
du gouvernement du Québec, la Coalition pour l'avenir du sport et de l'activité
physique du Québec déplore vivement que le sport, l'activité physique et le
plein air ne soient toujours pas reconnus à la hauteur de leurs apports à la
santé, au mieux-être collectif et à la vitalité des communautés. Le programme
du ministère de l'Éducation dédié au développement du sport, du loisir, de l'activité
physique et du plein air sera amputé de 9 millions par rapport au budget 2025-2026.
En ajoutant la... la coupure de 15 millions imposée l'an dernier, c'est
une amputation de 24 millions en deux ans que le milieu du sport, de l'activité
physique et du plein air a dû encaisser. L'absence de nouveaux investissements
significatifs constitue une mauvaise nouvelle pour l'ensemble du milieu,
dont... Dans un contexte où les besoins sont connus, documentés et
grandissants, ces coupures ne peuvent pas être considérées comme une réponse
acceptable. Le CASAPQ souligne avec intérêt la reconduction... la reconduction
des enveloppes pour soutenir la pratique des loisirs chez le personnel
handicapé et favoriser la pratique régulière d'activités physique». Ça, c'est
vrai, je l'ai vu dans les... dans les crédits, M. le Président, s'il y a un
endroit où on est heureux, là, c'est justement l'augmentation pour les personnes
handicapées au niveau des loisirs. «La coalition... la coalition accueille
aussi favorablement la reconduction du programme de soutien aux événements
sportifs internationaux. Cela dit, bien que le gouvernement présente ces
mesures comme des ajouts budgétaires, pour le milieu, il s'agit plutôt d'initiatives
existantes qui ont évité leur abolition». Voyez, M. le Président, je ne fais
pas de montage, je lis tout. Alors, les bons coups et les moins bons. «Il y a
un manque à gagner qui se creuse. Le budget présenté aujourd'hui ne répond pas
à l'ampleur du manque à gagner auquel fait face ce secteur. Depuis plusieurs
années, les organisations qui soutiennent la pratique sportive, l'activité
physique et plein air composent avec des ressources limitées, des coûts en
hausse et des attentes toujours plus élevées. Le décalage entre les besoins du
terrain et les choix budgétaires au gouvernement demeure important et
préoccupant. Sans augmentation réelle, le milieu continue de reculer. Ce recul
se traduit concrètement par une pression accrue pour les organismes, une
capacité d'action limitée, une fragilisation de l'offre et de services et un
accès plus difficile pour la population. Est-ce que ce budget fera bouger plus
la population québécoise, toutes générations confondues?» C'est la question qu'il
faut se poser. M. le Président.
Je vais juste, en terminant, parce qu'il
me reste 30 secondes, là, je vais finir la lecture pendant l'étude des
crédits. Je veux juste souligner un élément. Vous savez que... vous n'êtes pas
sans savoir qu'on a déposé un rapport, là, sur l'impact des écrans chez les
jeunes, et une... une de ces... une de ces recommandations-là était d'offrir
plus de sport, plus d'activités pour les jeunes, parce qu'on le sait ils sont...
Puis, on a vu le changement, justement avec... avec les... qu'on enlève le
téléphone, les écrans dans les écoles du matin jusqu'au soir. Puis, on a vu un
résultat concret...
12 h 46 (version non révisée)
M. Ciccone :
...les jeunes
bougent plus, ça se taquine, ça court. On les entend. C'est extraordinaire
parce qu'on a vu des endroits où il n'y avait pas de son dans les couloirs
entre les cours. Puis ça, ce n'est pas normal, là, parce qu'on avait tous le
visage dans les... alors... dans nos écrans.
Alors, M. le Président, quand... Je sais
que la ministre du Tourisme, elle était là, elle était notre présidente, il y
avait le député de Hull, député de Jonquière, qui travaillent de... en concertation
avec la ministre responsable des Sports. Puis on voit que favoriser la pratique
régulière d'activités et de sports de loisir et de plein air, 2.5 millions
cette année, 2,5 millions l'année prochaine. Et, par la suite, il faut en
rajouter, M. le Président, il faut les faire bouger. Moi, je le dis comme ça,
mais ça va être des questions que je vais poser à la ministre. Elle pourra se
préparer.
Encourager la pratique d'activités et de
sports de loisir et de plein air, l'année passée, il n'y avait rien. Cette
année, 5,2, 4.3, 1.8, 1.8, 1.8 pour les années subséquentes. Moi, je pense qu'on...
on parle de prévention, quand on parle de prévention, ça vient avec... ça
vient, au niveau de la santé mentale, au niveau du surpoids, au niveau de
plusieurs maladies... ça vient avec l'activité physique. Puis, encore une fois,
bien, on va libérer la première ligne, M. le Président.
Alors, on... j'ai hâte d'en discuter avec
la ministre un peu plus tard et également avec la ministre de la Solidarité
sociale. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Marquette. Là, simplement vous rappeler que votre
motion, elle est déposée sous réserve de sa recevabilité.
Nous poursuivons. Cette fois-ci, je
reconnais Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci,
M. le Président. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, il y a deux ans, la
Commissaire à la santé et au bien-être avait déposé, à la demande du
gouvernement, un rapport sur le soutien à domicile. Puis, dans ce rapport-là,
la commissaire était très, très claire. Elle écrivait que le Québec était dans
une impasse et que le défi du vieillissement serait impossible à relever si
rien ne changeait. Puis elle nous disait qu'avec le modèle actuel d'hébergement
de longue durée, on aurait besoin d'une augmentation du budget de 117 %,
entre 2023 et 2040, pour atteindre 16,5 milliards par année. Et elle nous
disait aussi qu'on ne répondait, au moment de son rapport, qu'à 10 %, 10.7 %
pour être exacte, des besoins en soutien à domicile et que malgré les sommes
colossales investies, si la manière d'offrir le soutien ne changeait pas, même
avec les budgets colossaux, en 2040 on répondrait encore seulement à 10 %
des besoins.
On se souvient aussi que dans un tome précédent
de son rapport, la commissaire avait dit que la proportion des heures
travaillées en services directs à domicile était entre 25 %-32 %. Ça,
ça veut dire que les travailleuses en soutien à domicile ne réussissent même
pas à passer 1 h sur trois, finalement, en services directs avec les
citoyens parce que le reste du temps, elles le passent prises dans la paperasse
ou en déplacement. Et c'est pour ça que c'était évident qu'il y avait un
problème avec l'organisation des services. On ne peut pas répondre à l'ampleur
de la demande, même en investissant des milliards, si même pas un tiers des
heures travaillées sont en services directs.
Puis ça avait choqué tout le monde. Puis
je me souviens que la ministre des Aînés avait reconnu que le système n'était pas
efficace, puis que les travailleuses du réseau passaient beaucoup trop de temps
finalement dans la paperasse ou en déplacement. Puis elle avait annoncé un
projet pilote pour changer ça puis augmenter le temps qu'elles passent à offrir
réellement, là, du soutien à domicile. Et tout le monde trouvait que c'était
une bonne nouvelle. On a applaudi ça. On avait juste hâte de voir les
résultats.
Ça, c'était en 2023. La ministre parlait
de changement radical, c'est son vocabulaire à elle, puis on était d'accord
avec elle. Elle voulait implanter ces changements-là partout en un an. Puis
tout le monde espérait que ça marche sincèrement.
Sauf que, là, on est rendus en 2026, puis
on ne le sait pas encore si ça a marché. Puis ce serait quand même important de
le savoir parce que ça nous aiderait à interpréter le budget. Moi, j'aimerais
ça savoir on en est où aujourd'hui. Est-ce qu'on réussit finalement à répondre
à plus que 10 % des besoins en soutien à domicile? Est-ce qu'on progresse
ou est-ce que le pourcentage recule parce que la population vieillit puis qu'on
ne fournit pas finalement pour rattraper ce retard-là? Bien, on n'a aucun moyen
de le savoir. Est-ce que la proportion des heures travaillées qui vont en
services directs, elle a... elle s'est améliorée? On en est où avec ça? Est-ce
que ça marche, la révolution annoncée de la ministre, finalement? Moi, j'aimerais
ça que oui, mais je suis sceptique parce que, quand le gouvernement réussit un
bon coup, habituellement, ils nous le disent, chiffres à l'appui. Puis là on n'a
aucune idée, si on en est encore entre 25 % et 32 % des heures
travaillées en services directs ou si ça s'est amélioré. Puis moi, je suis
convaincue que, si ça s'était amélioré, du côté du gouvernement, on aurait
célébré ça. Ils se seraient fait une fierté de nous le dire.
Puis c'est la même chose pour le
pourcentage des besoins en soutien à domicile auquel on répond. Si on avait
dépassé le 10 % puis qu'on avançait, je suis certaine que le gouvernement
serait très heureux de nous le dire, mais on ne nous le dit pas. Puis, même
quand on demande des comptes, on ne réussit pas à avoir une réponse là-dessus.
Et ça ferait pourtant toute la différence pour évaluer l'action gouvernementale
puis les investissements du gouvernement. Parce que, là, quand le gouvernement
nous parle des montants qu'il investit en soutien à domicile, moi, je suis
incapable de...
12 h 51 (version non révisée)
Mme Labrie : ...savoir si c'est
de l'argent qui est utilisé efficacement ou si ça se perd encore aujourd'hui
dans la bureaucratie comme avant, de l'aveu même de la ministre. Et pourtant, c'est
ça qui compte, là, c'est de savoir si on s'améliore pour répondre aux besoins.
Les montants ne disent pas grand-chose sur les services qu'on réussit à offrir.
Ça, c'est un peu comme les investissements
en infrastructures en éducation. C'est beau de dire que le gouvernement n'a
jamais mis autant d'argent, puis c'est... c'est vrai, personne ne va nier ça au
niveau des chiffres, mais, en même temps, on sait qu'avec cet argent-là on
construit aussi de moins en moins d'écoles par année avec la même enveloppe à
cause de l'inflation. Puis, quand on se compare, on constate qu'on paie
vraiment plus cher qu'ailleurs, notamment en Ontario, pour nos infrastructures.
Puis, pendant ce temps-là, même si l'enveloppe augmente à chaque année, bien, le
déficit d'entretien des infrastructures, lui, il continue aussi d'augmenter, d'empirer
à chaque année. Alors, la taille de l'enveloppe ne nous dit pas grand-chose,
finalement, sur la bonne gestion ou non des fonds publics.
Puis c'est particulièrement vrai dans le
cas de... du soutien à domicile, pour lequel la ministre elle-même l'a dit,
dans le passé, que les sommes investies, ça ne donnait pas les résultats
attendus et que la proportion d'heures en services directs, elle était trop
faible. Et moi, aujourd'hui encore, plusieurs années après ça, je n'ai pas les
informations nécessaires pour savoir si c'est vraiment une bonne nouvelle quand
le gouvernement annonce une augmentation des heures en services à domicile
parce que je ne le sais pas, si ça va nous permettre vraiment de mieux répondre
au besoin de répondre à plus de citoyens ou si ça va se perdre encore dans la
paperasse. Mais il y a une chose qui est certaine, c'est que, si on répond
encore juste à 10 % des besoins en soutien à domicile, tout le monde ici
va reconnaître que ce n'est pas assez.
Puis ce n'est pas assez non plus, le
soutien qu'on offre aux proches aidants. Je veux dire un petit mot là-dessus
parce que, quand la ministre a présenté sa politique nationale de soins à
domicile au début de l'année, elle était très, très fière d'annoncer qu'il y
aurait une rémunération pour les proches aidants, puis ce qu'elle a annoncé, en
fait, c'était surtout une modernisation du chèque emploi-service, mais la
manière dont ça a été présenté, ça créait beaucoup de faux espoirs chez les
proches aidants de recevoir une rémunération, enfin, pour le soutien qu'ils
apportent à un proche. Puis nous, on en a eu, au bureau de circonscription, des
citoyens qui nous ont contactés pour savoir comment faire pour avoir accès à la
rémunération que la ministre avait annoncée, puis c'était vraiment triste de
devoir expliquer aux gens que ça va être seulement pour des cas presque
exceptionnels, qu'il y a des grosses chances qu'ils ne soient pas concernés,
finalement, par cette mesure-là. Parce que, des proches aidants, il y en a 2,5
millions au Québec, une bonne proportion d'entre eux sont précaires
financièrement ou subissent une diminution de revenus pour pouvoir prendre soin
de leurs proches, mais la fameuse rémunération dont parlait la ministre en
début d'année, bien, elle a prévu seulement 23 millions sur deux ans pour ça.
Donc, de toute évidence, les gens ne seront pas nombreux à y avoir accès. Et
pourtant, bien, on le sait, ici, tout le monde, que, si le réseau tient debout,
c'est en partie grâce au soutien des proches aidants. Donc, je trouve ça triste
qu'on leur ait fait miroiter une aide financière à laquelle presque personne n'aura
accès. Surtout que les critères, ils ne sont pas disponibles encore. Donc, j'espère
qu'au moins la ministre va avoir l'honnêteté de rendre publics les critères
avant les prochaines élections pour que les 2,5 millions de proches aidants au
Québec sachent à quoi s'en tenir, parce qu'autrement ça va vraiment avoir l'air
d'une... d'une opération électorale, finalement, de laisser miroiter une
rémunération pour les proches aidants sans que ce soit clair ça va être quoi,
les critères pour y avoir accès.
Je vais me permettre de commenter aussi, il
me reste quelques minutes, sur les dossiers qui ne sont pas les miens,
notamment le logement. Le budget nous annonce 1 000 logements sociaux sur
trois ans pour répondre à la crise. 1 000 logements sociaux pour le Québec
au complet, ça fait huit logements sociaux par circonscription sur trois ans. Je
suis convaincue que tous mes collègues ici, peu importe leurs partis, leurs
régions, auraient besoin de ces 1 000 logements là juste dans leurs
circonscriptions tellement il y a de monde sur les listes d'attente pour des
logements sociaux. En tout cas, je peux vous dire que, juste à Sherbrooke, on
en aurait eu besoin, des 1 000. Alors, la moyenne de huit logements
sociaux par circonscription sur trois ans, c'est un peu ridicule, là, je ne
sais pas comment qualifier ça autrement. Pourtant, permettre aux gens de se
loger à un coût raisonnable, ce serait le meilleur moyen de les aider à avoir
plus d'argent dans leurs poches, parce que le logement, ça reste, à ce jour, la
principale dépense des Québécois, puis leur rendre des logements abordables
accessibles, ce serait la meilleure manière de leur donner les moyens,
notamment, de mieux manger. Donc, je trouve ça dommage que le gouvernement ne
se rende pas compte qu'investir dans le logement social, ce serait vraiment le
meilleur levier, finalement, pour réduire la pauvreté puis aider les Québécois
face à la hausse du coût de la vie.
Puis un petit mot aussi sur le milieu
communautaire, qui est en grève en ce moment pour dénoncer le sous-financement
chronique. Moi, je ne comprends pas pourquoi le gouvernement ne réalise pas à
quel point on serait gagnants collectivement de financer ces organismes-là de
manière plus stable pour qu'ils puissent accomplir leurs missions. En ce
moment, ils doivent consacrer beaucoup de temps à remplir des redditions de comptes,
parfois auprès de plusieurs ministères pour le même projet, parce qu'ils
doivent faire des montages financiers pas possibles pour réussir à monter des
projets qui font une différence dans la vie des gens. Ils ont de la misère à
offrir de la stabilité d'emploi puis des salaires décents à leurs intervenants.
Ils doivent même souvent, beaucoup trop souvent, aller chercher des marges de
crédit pour réussir à faire...
12 h 56 (version non révisée)
Mme Labrie : ...parce que le
financement qui leur a été promis et versé, six, sept, huit, neuf mois plus
tard, finalement, que... que... que la date de l'année financière ou d'entrée
en vigueur de la subvention. Donc, à un moment donné, ils sont contraints d'aller
chercher des prêts pour payer leur monde, parce que l'argent promis ne descend
pas. Moi, je trouve ça vraiment malheureux. Donc, j'espère qu'ils vont être
entendus. C'est dommage qu'ils aient besoin de faire une grève pour ça, mais j'espère
qu'ils vont être entendus.
Je vais... je vais conclure avec une
motion de grief ici, sur le dossier des aînés : «Que l'Assemblée nationale
blâme sévèrement le gouvernement de la CAQ de ne pas assurer les
investissements publics nécessaires pour mettre en œuvre le virage urgent vers
des services de soins et de maintien à domicile recommandés par la Commissaire
à la santé et au bien-être afin de répondre adéquatement aux défis colossaux du
vieillissement de la population québécoise.»
Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Sherbrooke. Votre motion, elle est déposée sous
réserve de sa recevabilité. M. le député de Matane-Matapédia, je vous
reconnais.
M.
Bérubé
: Merci,
M. le Président, et je vous reconnais également, et je vous salue. M. le
Président, l'exercice de critique d'un budget vise essentiellement à analyser
les choix budgétaires d'un gouvernement selon ses priorités et les ressources
disponibles. C'est comme ça à chaque fois. Et, dans ce cas-ci, force est de
constater, d'abord, dans la question des ressources, le gouvernement a peu de
marge de manœuvre. Pourquoi il n'y a plus d'argent? Pourquoi il n'y a plus d'argent?
Les choix du gouvernement, notamment des choix qui ont grugé les marges de
manœuvre du gouvernement, des choix industriels, des choix qui sont même à l'origine
de la réélection. Le gouvernement a fait le choix d'envoyer beaucoup d'argent
ciblé à des citoyens pour se faire réélire. Ça a fonctionné. Alors, c'est des
marges de manœuvre qui n'étaient plus disponibles.
Ceci étant dit, il est normal que
plusieurs secteurs de la société demandent davantage de financement, plaident à
travers des mémoires, à travers des interventions publiques. Ils le font tous
de bonne foi, se demandant : Est-ce que le gouvernement peut nous aider?
Dans le cas du gouvernement actuel, le ministre parlait d'un budget sobre, pas
beige, là, mais sobre. Donc, lire entre les lignes, tout est possible après? Non,
ce sera... ce sera difficile pour quiconque sera à la tête de l'État, que ce
soit à partir du 12 avril ou à partir du 16 octobre, ça va être
compliqué.
Je veux quand même réitérer un certain
nombre de choses et je profite que le premier ministre est encore avec nous
pour quelque temps pour indiquer que, depuis le début, depuis 2018, puis même à
l'origine de la CAQ, l'éducation devait être la priorité. Donc, cette priorité,
on sera capables de vérifier si elle est demeurée en termes d'attention, en
termes de ressources. J'ai bien eu peur quand le gouvernement, à travers la...
le ministère de l'Éducation, a annoncé qu'il n'y aurait plus de sortie scolaire
à l'école. Et là c'est arrivé. Et là, avec le budget, c'est revenu. Alors, si
ça avait... si ce n'était pas disparu, il n'y aurait pas eu besoin de le faire
réapparaître. D'évoquer seulement ce type de coupure là, ça n'avait pas de
sens. Je pense que tous les parlementaires étaient d'accord de la nécessité de
la culture à l'école, mais... Et la suite après la pause.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
...je comprends que vous souhaitez poursuivre à la reprise du débat cet après-midi?
M.
Bérubé
: Je
trouve que c'est bien parti.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Formidable! Merci, M. le député de Matane-Matapédia.
Nous allons maintenant passer au débat de
fin de séance. Alors, tel qu'annoncé précédemment, nous allons maintenant
procéder à ce débat qui portera sur une question adressée par Mme la députée de
Mont-Royal—Outremontà M. le ministre
de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration concernant la mission
en Europe de la ministre de l'Enseignement supérieur qui doit redorer l'image
du Québec.
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
S'il vous plaît! Merci, collègues, pour votre discrétion. Les travaux sont en
cours. Donc, je disais, question adressée par Mme la députée de Mont-Royal—Outremontà M. le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration
concernant la mission en Europe de la ministre de l'Enseignement supérieur qui
doit redorer l'image du Québec qui est mise à mal par le gouvernement caquiste.
Je vous rappelle que, conformément à l'article 310
du règlement, le député qui a soulevé le débat et le ministre qui lui répond
ont chacun un temps de parole de cinq minutes. Et le député a ensuite droit à
une réplique de deux minutes. Mme la députée, je vous cède la parole pour une
durée de cinq minutes.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Oui, ce matin, je posais la question en Chambre au sujet de la... de
la mission qui est en cours actuellement. La ministre de l'Enseignement
supérieur a été dépêchée par le gouvernement de la CAQ en Belgique, en France.
Pourquoi? Pour faire quoi? Pour redorer...
13 h 01 (version non révisée)
Mme Setlakwe : ...du Québec
pour réparer les pots cassés, pour recadrer le message. Parce que, M. le
Président, il y a un message qui a été envoyé à l'international. Il a été
envoyé par le gouvernement de la CAQ. Le message qui a été envoyé et qui a
circulé, notamment dans la francophonie, c'est là que se trouve la ministre de
l'Enseignement supérieur, c'est que les portes du Québec se referment, les
étudiants internationaux ne sont peut-être plus les bienvenus. Alors, ça, c'est
le message du gouvernement de la CAQ qui a été envoyé dans les derniers mois,
les dernières années, par leurs propres mesures, le projet de loi n° 74, les quotas imposés, l'abolition du PEQ, et... donc
problème créé par la CAQ. Aujourd'hui, on envoie la ministre de l'Enseignement
supérieur en Europe dire : Mais non, revenez, on veut vous avoir, on veut
augmenter les chiffres. Je l'ai même entendu en Chambre avouer que les
étudiants internationaux sont importants, qu'on en a besoin, qu'il faut donc
travailler, imaginez-vous, à ce que les universités puissent maintenant
rencontrer les quotas qu'on leur a imposés.
C'est un exemple classique de l'improvisation
caquiste, créer un enjeu, ne pas écouter, adopter des mesures qui ne sont pas
réfléchies à fond et ensuite partir en mission pour réparer les pots cassés.
La réponse que j'ai reçue du ministre a
été plutôt décevante, parce que le ministre de l'Immigration a parlé
uniquement, donc, de l'enjeu... Oui, il y avait un enjeu avec certains collèges
professionnels, il y avait des pratiques, certaines pratiques abusives, où il y
avait trop d'étudiants internationaux qui venaient, mais qui n'étudiaient pas
finalement, et ces personnes-là devenaient, dans certains cas, des demandeurs d'asile.
Il y avait un enjeu bien ciblé, bien circonscrit, à corriger, mais la CAQ,
fidèle à elle-même avec ses mesures mur-à-mur, et ce n'est pas juste moi qui le
disais, là, c'étaient les recteurs d'université qui parlaient d'une seule voix,
les cégeps disaient : Attention, attardez-vous à la problématique bien
ciblée, venez pas nuire à tout l'écosystème, notre précieux écosystème
universitaire et nos cégeps. On a besoin des étudiants internationaux. Ils sont
recrutés de façon réfléchie, chirurgicale, en continu. Faites bien attention à
vos mesures, parce qu'en voulant corriger une petite poque sur la voiture, vous
allez mettre le feu à la voiture. Essentiellement, c'est ce qui est arrivé. La
CAQ a été avertie, ils n'ont pas écouté, ils sont allés de l'avant avec des
mesures, puis là, aujourd'hui, ils veulent réparer les pots cassés.
Il y a un article intéressant que j'ai
soulevé l'an dernier aux crédits. Imaginez-vous, la CAQ a octroyé un nombre de
CAQ, donc de certificats d'acceptation du Québec, dans le cadre de ce décret
qui a été émis avec les différents quotas, la CAQ a octroyé plus de CAQ à un
établissement privé, Collège supérieur de Montréal, 8 966. C'est plus que
le nombre de CAQ qu'a reçu l'UQAM avec 7 600. L'Université Laval, avec 8 200.
L'Université McGill, avec 5 000. Comment la CAQ peut-elle justifier qu'un
collège privé reçoive plus que ses universités? Il y a eu d'ailleurs un article
de presse à ce sujet-là.
Donc, encore une fois, M. le Président,
des incohérences avec le gouvernement de la CAQ, des mesures qui ne sont pas
réfléchies, et de nous dire à nous, les... Vous, les libéraux, on sait bien,
vous ouvriez... vous ouvrez les vannes, vous ne voulez pas... vous ne voulez
pas qu'on vienne encadrer la problématique. C'est faux, M. le Président, c'est inexact
de dire ça. On était clair et on avait tous les réseaux derrière nous. Il
fallait agir de façon ciblée et intelligente.
Nos cégeps et nos universités demandaient
clairement d'être exclus des mesures proposées. Le gouvernement est allé de l'avant,
bien averti, et, pendant toute l'étude du projet de loi n° 74
et l'imposition des quotas, la ministre de l'Enseignement supérieur brillait
par son absence, n'a pas été là pour défendre les réseaux. Elle était même en
contradiction avec son propre plan stratégique, qui prévoit le recrutement à l'international,
où on dit clairement qu'on veut attirer les talents. On a ce texte-là dans le
plan stratégique, mais on envoie un message complètement contraire. Et les
conséquences sont là, M. le Président, chute des émissions, mauvaise presse à l'international,
notre attractivité en recule. Il y a un impact sur la recherche, sur l'innovation
ici, au Québec, donc sur notre économie.
Je vais poursuivre tout à l'heure, mais,
encore une fois, la CAQ crée le problème et ensuite tente de le résoudre.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée Mont-Royal—Outremont. M. le ministre,
je vous cède la parole et vous rappelle que vous disposez de cinq minutes.
M. Roberge : Merci bien, Mme
la Présidente. Excusez-moi de dire que notre gouvernement... Excusez-moi, M. le
Président, je m'excuse. Il est faux de dire que c'est notre gouvernement qui a
créé le problème. Le problème, je vous dirais, de la perte...
13 h 06 (version non révisée)
M. Roberge : ...de contrôle de
l'arrivée d'étudiants étrangers internationaux. C'est arrivé sur les
gouvernements précédents avant nous, pas parce qu'on ne veut pas d'étudiants
étrangers ou internationaux, on veut être certain de garder ouverts nos
programmes, de garder la vitalité de nos secteurs de recherche, donc, dans nos
universités, les cycles supérieurs, c'est extrêmement important. Mais il faut
quand même s'assurer que c'est le gouvernement québécois et non pas différentes
institutions, particulièrement certains... certains collèges privés qui font la
politique... de l'immigration de l'État québécois.
Une revue de presse qui démontre qu'il
était absolument nécessaire d'agir quand nous avons adopté la loi n° 74 en décembre 2024. Ici, j'ai un texte de LaPresse
qui parle d'une lanceuse d'alerte qui a dit... lanceuse d'alerte de l'ENAP, qui
a dit, je la cite , c'est dans LaPresse , là : «Plus
de 95 % des demandes venaient de deux pays, soit l'Algérie et Haïti. Pour
la majorité, il était impossible de valider l'authenticité des diplômes et des
relevés de notes. Ces gens étaient supposés parler français, mais, dans les
faits, ils ne comprenaient pas ce qu'on disait. Ils n'étaient pas à même de
comprendre le cheminement académique de leur programme, et certains m'abordaient
en me demandant C'est quoi, au juste, l'ENAP?» Madame, si j'écoute les
libéraux, il ne fallait pas agir.
Un autre texte de LaPresse,
qui parle d'un rapport interne de l'Agence des services frontaliers du Canada
qui dit qu'il y avait des enjeux, mais là c'est l'Agence des services
frontaliers du Canada qui dit : Il y a quelque chose à faire. Un texte de LaPresse
qui disait, le titre, Les demandes d'asile d'étudiants étrangers explosent
au Québec. C'est assez clair qu'il y a une augmentation très, très, très
nette du nombre de personnes qui arrivent ici sous de faux prétexte, en tant qu'étudiants
étrangers qui, dans le fond, sont des demandeurs d'asile. Un texte, cette
fois-ci, de Radio-Canada, Réseaux illégaux d'immigration dans les coulisses
de la tempête à l'UQAC. «Des réseaux criminels ont ciblé l'Université du
Québec à Chicoutimi ces dernières années, en recourant à des stratagèmes
frauduleux pour faire émigrer des étudiants africains. Autopsie d'une crise — ce
n'est pas moi qui le dit, Radio-Canada — qui a laissé des séquelles
et entaché la réputation de l'université.» Ma collègue dit que c'est le
gouvernement qui a entaché la réputation de l'université. Quand l'Agence
des services frontaliers enquête, quand une... une lanceuse d'alerte dit :
Écoutez, il y a des gens qui ne parlent pas français, ils sont admis à l'ENAP,
puis ils se demandent c'est quoi, l'ENAP, puis qu'elle dit que c'est nous qui
entachons la réputation de nos institutions, au contraire, on est les
défenseurs de notre réseau contre la mauvaise publicité que nous font ces
dérapages qui avaient lieu avant que nous agissions. Donc, nous sommes en train
de rétablir la situation.
Un autre texte de Radio-Canada, UPAC, l'UPAC
enquête — là, c'est rendu l'UPAC — l'UPAC enquête
sur des fraudes liées à des étudiants africains, Radio-Canada. Journal
de Montréal, on parle ici du Collège supérieur de Montréal, Les
dirigeants ont fait face à une explosion de demandes d'admission. Encore Le
Journal de Montréal, Le Collège supérieur de Montréal recrute en grande
majorité à l'international. «Le Collège supérieur de Montréal, situé au
cœur de centre-ville, accueille une minorité d'étudiants québécois. Son modèle
d'affaires est plutôt basé sur le lucratif recrutement d'une clientèle
internationale, souvent originaires du Maghreb ou de l'Inde.» La revue de
presse est sans appel. M. le Président, il fallait agir.
Alors quand ma collègue dit: Les portes se
referment. Les étudiants étrangers ne sont plus les bienvenus. Ce n'est pas
vrai, là? Écoutez, il n'y a pas si longtemps, il y avait 50 000 étudiants
étrangers au Québec, ça a monté jusqu'à 122 000. Nous avons agi
essentiellement pour contrer les dérapages dont on parle. J'espère qu'on ne
dénoncera pas les pompiers qui ont éteint le feu. Et on préserve la capacité de
recherche, on préserve nos cégeps en région, on préserve les programmes dans
nos cégeps, nos universités en région pour éviter que, faute d'étudiants
étrangers, un programme ferme, qu'on soit obligé de mettre à pieds des gens qui
sont importants dans nos institutions et qu'on veut... ce qu'on veut surtout
pas, c'est que des programmes ferment en région et que des gens en région, n'ayant
plus accès à ce programme maintenu en vie grâce aux étudiants étrangers, ne
puissent plus étudier, renoncent à leur projet d'étude ou doivent aller en
ville, puis peut-être ne reviendront pas.
Donc on préserve tout ça, on donne une
prévisibilité sur quatre ans, 110 000 étudiants internationaux ou
étrangers, une stabilisation. Notre réseau d'universités et de cégeps est
préservé de ça. Stabilisation, prévisibilité, on a maintenant une planification
sur deux ans. Les CAQ sont renouvelés à la mi-parcours à la demande du réseau.
Le vrai danger, M. le Président, c'est le Parti québécois qui, lui, veut
revenir... veut couper 60 000 étudiants étrangers, passer de 110 0000
à 50 000. Quel programme ferait-il? Il faudrait qu'il réponde à la
question.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Mont-Royal—Outremont,
je vous cède la parole pour votre droit de réplique de deux minutes.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président...
13 h 11 (version non révisée)
Mme Setlakwe : ...j'ai écouté
attentivement le ministre de l'Immigration et sa revue de presse étoffée. Bien,
je suis d'accord, il y avait des choses à régler, mais ce que le ministre omet
de dire et la revue de presse que le ministre omet de mentionner, c'est la
réplique très claire de nos... de nos universités et nos cégeps. Ils ont dit :
Qu'est-ce qu'on a à voir avec ça, nous? S'il y a un problème, ce n'est pas nous
qui l'avons créé, qui l'avons causé, alors excluez-nous des mesures proposées.
Donc, vous voyez, M. le Président, on
reconnaît qu'il y avait un enjeu. Ce qu'on dit, c'est que le gouvernement de la
CAQ n'a pas mis de l'avant des mesures réfléchies, ciblées pour régler l'enjeu,
ils ont mis de l'avant des mesures mur à mur problématiques qui ont aggravé la
problématique ou qui ont ouvert la porte ou créé une nouvelle problématique. La
demande des universités, c'était : Excluez-nous. À tout le moins, excluez
les cycles supérieurs maîtrise, doctorat, là où il y a une majorité d'étudiants
internationaux. Même le Scientifique en chef a dit et réitéré récemment :
Les étudiants internationaux, on en a besoin, il faut faire très attention à
notre... à ce qu'on dit, à ce qu'on véhicule, notre réputation à l'étranger, il
faut la préserver, il faut dérouler le tapis rouge à ces talents-là pour
combler, justement, des cohortes au niveau de la maîtrise et du doctorat, pour
faire avancer la science, la recherche, le développement, l'innovation. C'est
fondamental pour notre économie, M. le Président, dans le contexte économique
et géopolitique actuel, encore davantage, avec... On voit la façon dont le
président américain traite les universités, d'autant plus... il y a encore plus
de raisons de dérouler le tapis rouge aux talents internationaux. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont. Alors,
voilà qui met fin à ce débat de fin de séance.
Je suspends les travaux jusqu'à 14 h 30.
(Suspension de la séance à 13 h 14)