Journal des débats de l'Assemblée nationale
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
Le
jeudi 26 mars 2026
-
Vol. 48 N° 48
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9 h 36 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-et-une minutes)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Bonjour à toutes, bonjour à tous. Nous allons débuter nos travaux. Je vous
invite à prendre place, collègues.
Nous sommes à la rubrique Déclarations de
députés, et, sans plus tarder, je cède la parole à Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Bourassa : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, avant d'être députée, plusieurs le savent, j'ai
été journaliste pendant plus de 10 ans à la radio, à la télévision, dans les
journaux, mais surtout dans un environnement régional. Je connais les médias
régionaux, pour y avoir travaillé, je sais à quel point leur mission est
essentielle, à quel point c'est important qu'ils informent la population, mais
surtout qu'ils racontent...
9 h 41 (version non révisée)
Mme Bourassa : ...qui se
passe chez nous.
Aujourd'hui, je voulais faire hommage à l'information
régionale en soulignant la longévité d'un organisme de notre région. CIHO, c'est
une région... c'est une radio qui est à Saint-Hilarion, et, imaginez, elle a
52 % des parts de marché de Charlevoix. C'est donc dire que les gens y
sont attachés, que les gens écoutent cette radio. Donc, je voulais souligner le
40e anniversaire qu'on célèbre cette année. CIHO, c'est également un endroit où
les gens ont fait leurs classes, près d'une cinquantaine de professionnels de
la communication qui ont passé dans leurs murs.
Alors, j'ai avec moi la directrice
générale ainsi que quelqu'un qui l'accompagne. Je voulais vous dire merci de
vous de battre pour une qualité d'information qui est rigoureuse et qui est
adaptée aux... aux gens de chez nous. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. Et la parole revient
maintenant à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Il y a trois
ans, la sergente Maureen Breau perdait la vie tragiquement lors d'une
intervention policière. Ce drame a bouleversé la Mauricie et tout le Québec entier.
J'ai une pensée particulière pour ses deux enfants, son conjoint, ses parents,
ses amis, ses collègues qui ont perdu une proche et une alliée.
Chaque jour, nos policiers et policières
patrouillent nos routes dans le but de nous protéger pour que nos filles puissent
marcher à toute heure de la journée, pour que nos enfants restent sains et
saufs à la maison. Leur mission est noble, mais elle n'est jamais sans risque.
Trois ans plus tard, nous avons le devoir
de se souvenir du courage et du dévouement de la sergente Breau, qui a sacrifié
sa vie pour celle des autres. Pour elle et tous ceux qui exercent ce métier
indispensable, Maureen Breau doit devenir un symbole de notre engagement à
soutenir et reconnaître ceux et celles qui risquent leur vie pour la sécurité
de tous. Et, à sa mémoire, nous avons la responsabilité de tout mettre à l'œuvre
pour protéger ceux qui nous protègent.
Aujourd'hui et tous les jours, je souviens
de Maureen Breau. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. La prochaine déclaration
revient à Mme la députée de Huntingdon.
Mme Mallette : Merci, M. le
Président. Cette année, nous... nous soulignons avec une fierté toute
particulière le 100e anniversaire de la Légion de Lacolle, une des plus
anciennes au Québec, un siècle d'histoire, de mémoire et d'engagement au
service des vétérans et de la collectivité. Nos trois autres régions... légions
royales oeuvrent aussi depuis des décennies — Huntingdon, 91 ans, Ormstown,
79 ans, Hemmingford, 76 ans — et poursuivent, elles aussi, cette
mission essentielle. Ces lieux sont devenus bien plus que des points de
rassemblement pour les vétérans, ils incarnent la mémoire vivante de nos
histoires collectives, un espace de transmission entre les générations et un pilier
de soutien communautaire. Ils préservent ainsi notre devoir de mémoire en
rappelant l'importance de ne jamais oublier les sacrifices consentis pour notre
liberté.
Rendons hommage à tous les membres qui,
par leur dévouement, perpétuent les valeurs de courage, de sacrifice et de
fraternité. Leur présence active dans nos communautés continue d'inspirer un
profond respect et un sentiment d'unité. Souvenons-nous.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Huntingdon. Et je reconnais maintenant M. le
député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Le monde est
rendu fou. Depuis l'arrivée de Carney au fédéral, on assiste à une course
délirante à l'armement. À terme, il veut consacrer 5 % du PIB à l'armée, pas
5 % du budget, 5 % du PIB, plus de 100 milliards de dollars par
année, presque l'équivalent du budget total du Québec investi dans les bombes.
Le monde est rendu fou, et la diplomatie mondiale ressemble à une cour d'école
où chacun se vante que son missile est plus gros que celui du voisin. Le monde
est rendu fou, et que fait la CAQ? Elle se frotte les mains avec l'appui du PQ
et du PLQ. Les mines, hier encore utiles à la transition énergétique, servent
désormais à l'effort militaire. L'énergie propre est dorénavant réservée à l'intelligence
artificielle. On finance même la production d'armes avec la Caisse et
Investissement Québec. Le monde est rendu fou, et la seule bonne nouvelle, c'est
que plus personne ne peut prétendre que nous sommes impuissants quand il faut
mobiliser des sommes colossales. Imaginez si on les investissait dans le
logement, le transport ou la culture, pas dans les bombes, mais dans ce qui
nous rend heureux, ça serait fou, pareil.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Maurice-Richard. Et la parole
revient maintenant à Mme la députée de Laval-des-Rapides.
Mme Haytayan : Merci, M. le
Président. À l'occasion de leur 75e anniversaire, j'aurai l'honneur de remettre
la médaille de la députée de l'Assemblée nationale du Québec aux Loisirs Bon-Pasteur.
Fondés en 1951, les Loisirs Bon-Pasteur
offrent des cours de francisation, plus de 200 activités de loisir ainsi qu'un
camp d'été puis un camp de relâche. L'organisme...
9 h 46 (version non révisée)
Mme Haytayan : ...à la qualité
de vie des Lavallois grâce à son offre d'activités sociales, communautaires,
sportives et culturelles. L'OBNL contribue également à l'intégration des
nouveaux arrivants.
Je tiens à remercier chaleureusement les membres
du conseil d'administration, la direction, toute l'équipe, les bénévoles pour
leur travail passionné, qui ont fait des Loisirs Bon-Pasteur un acteur
incontournable pour la communauté lavalloise. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Laval-des-Rapides. Et je cède maintenant la parole
à Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. À l'occasion du Jour de la Terre, rappelons-nous que protéger notre
environnement, c'est aussi protéger notre qualité de vie, notre économie et
notre avenir collectif. Partout au Québec, les effets des changements
climatiques se font sentir : perte de biodiversité, pressions sur les
milieux naturels, événements extrêmes, lesquels ont un impact significatif sur
les finances publiques et l'économie. Ces réalités nous obligent à agir avec
sérieux, et surtout, avec cohérence, M. le Président. Agir pour l'environnement,
c'est faire des choix responsables, mieux protéger nos territoires, soutenir...
voyons, l'innovation... je recommence... soutenir l'innovation verte et
accompagner nos communautés dans la transition. C'est aussi reconnaître que le
développement du Québec doit se faire en respect de ces écosystèmes, dans une
vision durable et équilibrée.
En cette Journée de la Terre,
engageons-nous à faire mieux ensemble pour léguer aux générations futures un
Québec à la hauteur de leurs ambitions. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée des Mille-Îles. Et je cède maintenant la parole à M.
le député de Jonquière.
M. Gagnon : Merci, M. le
Président. Je profite de l'occasion pour souligner la présence du maire de
Saguenay, M. Luc Boivin, et son équipe... bienvenue, M. le maire... un homme
efficace et, également, impliqué, entre autres, dans le monde du hockey auprès
des jeunes. Il a contribué, M. le Président, comme bien des bénévoles chez
nous, à ce que le hockey au Saguenay soit en santé, parce que le hockey au
Saguenay est en santé. Les Élites ont donné une bonne performance en quart de
finale, les Marquis de Jonquière donnent chaud aux Éperviers en ce moment, les
dangereux Saguenéens débutent leur série, et les Espoirs et les Élites
rassemblent leur expertise pour le développement de nos jeunes.
Mais si Saguenay a les gènes du hockey, M.
le Président, c'est parce que nous avons côtoyé les grands. C'est parce que
nous avons côtoyé le grand, le grand Georges Vézina. Un siècle après l'annonce
de son décès, le gouvernement du Québec s'apprête à le nommer Personnage
historique du Québec. Quelle fierté, M. le Président! Québec, Je me souviens.
Oui, je me souviens de Georges Vézina.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Jonquière. Mes salutations à vous, M. le maire, bienvenue
parmi nous. La prochaine déclaration revient à Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Laflamme : Merci, M. le
Président. Le Festival Regard, qui est l'un des principaux festivals du court-métrage
en Amérique du Nord, célèbre ses 30 ans cette année. Fondé en 1995 à
Saguenay, il est littéralement la porte d'entrée des Amériques pour le cinéma
du court et constitue une rampe de lancement internationale pour le cinéma
canadien. La 30e édition, qui se déroulait du 18 au 22 mars, a su,
une fois de plus, attirer les foules, avec pas moins de 200 courts-métrages
présentés sur grand écran, et près de 500 invités, issus de l'industrie du
court-métrage, qui se sont déplacés pour l'occasion. Pour souligner cet
anniversaire marquant, l'Université du Québec à Chicoutimi a rendu hommage aux
bâtisseurs du festival en leur remettant une médaille honorifique. Cette
reconnaissance souligne l'apport exceptionnel d'une institution culturelle phare,
solidement ancrée au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Aujourd'hui, je tenais également,
donc, à leur rendre hommage.
Longue vie au Festival Regard, félicitations
à tous les cinéastes qui ont emporté les honneurs, à l'occasion de ce 30e anniversaire.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Chicoutimi. Et la prochaine déclaration revient à Mme
la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne : Merci, M. le
Président. Aujourd'hui, je souhaite souligner la performance de l'équipe
féminine de curling de l'Est du Québec, un quatuor louperivois formé de
Delphine et Rose Bélanger, de Frédérique et Maïna Dumas, et de leur entraîneur,
Éric Bélanger. Lors de la 60e finale des Jeux du Québec, l'équipe a
remporté la médaille d'argent, une médaille historique pour le curling féminin
de l'Est du Québec. Il s'agit du meilleur résultat de la région dans cette
discipline depuis la création des Jeux du Québec en 1971. Cette performance
marque un jalon important dans l'évolution du curling féminin dans notre région
et témoigne d'une progression constante de l'équipe au fil des...
9 h 51 (version non révisée)
Mme Dionne : ...trois
dernières finales. Je tiens à saluer avec fierté l'équipe Bélanger-Dumas pour
cet exploit remarquable, fruit d'une discipline exemplaire et d'un esprit d'équipe
inspirant. Au nom des citoyennes et des citoyens de ma circonscription, toutes
mes félicitations à nos jeunes louperivoises et à leurs entraîneurs. Merci, M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée. La prochaine déclaration revient à M. le député de Chambly.
M. Roberge : Merci, M. le
Président. Ça ne paraît pas toujours quand on regarde la météo, mais c'est le
printemps. C'est le temps des sucres, et on sait qu'au Québec c'est une
tradition importante, chère à notre cœur. J'ai eu l'occasion d'y aller avec ma
famille dernièrement. C'est un plaisir renouvelé à chaque année.
Malheureusement, ce n'est pas donné à tout
le monde. C'est quand même assez cher se rendre dans une fameuse cabane à
sucre. Et c'est pour ça que cette année, pour la cinquième année consécutive, avec
mon budget et le SAB, j'ai investi une somme conséquente pour donner accès à
des repas de cabane à sucre à des gens qui sont plus vulnérables. Sur cinq ans,
c'est plus de 1 671 repas qui ont été livrés directement chez des
personnes avec l'aide de la cabane à sucre Meunier de ma circonscription, à
travers des organismes partenaires extrêmement importants. Donc, je veux
remercier, Aux sources du Bassin de Chambly, le Centre d'action bénévole La
Seigneurie de Monnoir, le centre de bénévolat Saint-Basile-le-Grand, la maison
Simone Monet-Chartrand et POSA Maison Stéphane Fallu. Merci à tous et bonne
saison des sucres.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Chambly. Et la prochaine déclaration revient à M. le
député de Montmorency.
M. Simard : M. le Président, permettez-moi
d'abord de saluer mon ami le consul de l'Irlande à Québec, M. Bryan O'Gallagher,
ainsi que l'ambassadeur de l'Irlande au Canada, M. John Concannon, qui
nous font l'honneur de leur présence aujourd'hui dans les tribunes.
Comme vous le savez, le mois de mars est
celui du patrimoine irlandais. Et notre histoire commune entre le Québec et l'Irlande
est très riche. C'est des centaines de milliers de concitoyens qui ont des
racines irlandaises partout à travers le Québec. Et chaque année, des Québécois
et des Québécoises de toutes les origines célèbrent ensemble la Saint-Patrick
dans un esprit de fête et de partage.
Et j'ai d'ailleurs demandé à la SEPAQ d'illuminer
en vert la fabuleuse chute Montmorency pour consacrer cette belle relation qui
nous unit depuis si longtemps. Vive l'Irlande, vive le Québec! Et au plaisir de
vous revoir.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Montmorency. Alors, voilà qui met fin à la rubrique Déclarations
des députés.
Nous allons suspendre nos travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 9 h 54)
10 h 01 (version non révisée)
(Reprise à 10 h 04)
La Présidente : Bonjour, tout
le monde. Mesdames, messieurs, bienvenue. Bienvenue. Le Parlement du Québec, c'est
chez vous. Messieurs dames les députés, nous allons nous recueillir quelques
instants, je vous prie.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
Alors, messieurs dames les députés, je
vous rappelle l'article 32. Gardez le silence. Nous... Oui, je l'aime beaucoup
cet article.
Alors, nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de
loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, Mme
la Présidente. Je vous demande d'appeler l'article a du feuilleton, s'il vous
plaît.
La Présidente : À l'article a
du feuilleton, M. le ministre de la Justice présente le projet de loi n° 24,
Loi protégeant le consommateur contre l'utilisation trompeuse ou frauduleuse de
l'identité ou de l'image d'une personne. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui, merci,
Mme la Présidente. Ça me fait plaisir de déposer le projet de loi n° 24,
Loi protégeant le consommateur contre l'utilisation trompeuse ou frauduleuse de
l'identité ou de l'image d'une personne.
Ce projet de loi a pour principal objectif
de protéger les consommateurs contre les représentations impliquant l'utilisation
de l'identité ou de l'image d'une personne sans son consentement. Pour ce
faire, le projet de loi interdit d'utiliser l'identité ou l'image d'une
personne sans son consentement pour faire une représentation à un consommateur,
ainsi que de permettre que soit utilisée l'identité ou l'image d'une personne
dans un tel contexte. Le...
10 h 06 (version non révisée)
M. Jolin-Barrette : ...Le
projet de loi confère par ailleurs au président de l'Office de la protection du
consommateur des pouvoirs d'ordonnance. Ces pouvoirs lui permettent d'ordonner
à toute personne de cesser de se livrer ou de cesser de permettre qu'on se
livre à toute pratique de commerce interdite visée au titre II de la Loi sur la
protection du consommateur, incluant toute pratique qui concerne l'utilisation
de l'identité ou de l'image d'une personne sans son consentement. Sont aussi accordées
au président de l'Office le pouvoir d'ordonner à toute personne qui fait ou qui
pourrait faire l'objet d'une inspection ou un manquement à une disposition du
titre II de cette loi ainsi que le pouvoir de rendre une telle ordonnance à l'égard
de toute personne qui disposerait d'un élément de preuve de la commission d'un
tel manquement par la personne qui fait ou pourrait faire l'objet d'une
inspection ou d'une enquête.
Le projet de loi prévoit que le
président-directeur général de l'Autorité des marchés financiers exerce les
pouvoirs d'ordonnance du président de l'Office à l'égard de quiconque utilise
ou permet que soit utilisée l'identité ou l'image d'une personne en
contravention à la Loi sur la protection du consommateur, dans les cas où la
représentation concerne une activité régie par une loi du secteur financier.
Enfin, le projet de loi prévoit que les
contraventions aux nouvelles obligations qu'il introduit peuvent entraîner l'application
de sanctions pénales ou de sanctions administratives pécuniaires.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Et je
reconnais le leader de l'opposition officielle. Je vous écoute.
M. Tanguay : Oui. Mme la
Présidente, nous souhaitons des consultations particulières sur ce projet de
loi. Merci.
La Présidente : Et est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Des voix : Adopté.
La Présidente : Adopté. À
nouveau, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : ...du
feuilleton, s'il vous plaît.
La Présidente : À l'article b
du feuilleton, M. le ministre responsable des Institutions démocratiques
présente le projet de loi n° 18, Loi modifiant les critères du vote de
l'électeur hors Québec. M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien, Mme
la Présidente. Alors, comme vous l'avez dit, je présente le projet de loi n° 18,
Loi modifiant les critères du vote de l'électeur hors Québec.
Ce projet de loi permet à un électeur
temporairement absent du Québec d'exercer son droit de vote par correspondance
dans les cinq ans suivant son départ.
Le projet de loi prévoit aussi qu'un
électeur temporairement absent du Québec à des fins d'études peut exercer son
droit de vote par correspondance tout au long de son absence. Merci.
La Présidente : Et est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisis de ce projet de loi?
Des voix : Adopté.
La Présidente : Adopté. À la
rubrique Dépôt de documents, M. le ministre de l'Économie, de l'Innovation et
de l'Énergie. M. le ministre, vous avez un document.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Permettez-moi de déposer le Plan stratégique 2025-2028 du Fonds de
recherche du Québec. Merci.
La Présidente : Ce document
est déposé.
M. le ministre de l'Environnement, de la
Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Permettez-moi de déposer les états financiers de l'exercice clos le
31 mars 2025 du Fonds de protection de l'environnement et du domaine
hydrique de l'État, du Fonds bleu et du Fonds d'électrification et de
changements climatiques.
La Présidente : Et ces
documents sont déposés.
À la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, est-ce qu'il y a un consentement pour déroger à l'article 4.4 des
règles de fonctionnement afin de déposer un rapport du comité directeur de la
Commission de l'Assemblée nationale? Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente : Je dépose
donc le rapport du comité directeur de la Commission de l'Assemblée nationale
qui s'est tenu le 25 mars 2026 concernant une demande de la députée de
Chicoutimi afin de devenir membre de la Commission des institutions.
Je cède maintenant la parole à M. le
troisième vice-président et député de Viau pour la présentation d'une motion.
M. Benjamin : Mme la
Présidente, je propose :
«Que la modification à la composition de
la commission telle que prévue au rapport du comité directeur de la Commission
de l'Assemblée nationale soit adoptée.»
La Présidente : Et est-ce qu'il
y a consentement pour déroger à l'article 129 du règlement?
Des voix : Consentement.
La Présidente : Consentement.
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Présidente : Adopté.
Maintenant, il n'y a pas de dépôt de
pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux
pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de
privilège.
Nous en sommes maintenant rendus à la
période de questions et de réponses orales, et, pour ce faire, je cède la
parole, en question principale, au député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Ce matin, on lance un avis de recherche, un avis de recherche pour
trouver et fouiller dans le budget caquiste, pour trouver une ligne, une petite
note en bas de page pour les 300 millions pour faire avancer HMR, l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont, ou bien, hélas, modernisation reportée. Je leur laisse le
choix de choisir les initiaux de HMR.
Mme la Présidente, j'interpelle aujourd'hui
directement la ministre de la Santé. La ministre de la Santé connaît très bien
la situation dans laquelle les professionnels du...
10 h 11 (version non révisée)
M. Derraji : ...travail. Il
connaît très bien la situation des infirmières, des médecins et des patients
qui visitent par obligation cet hôpital. Cet hôpital est nécessaire, pas
uniquement pour les gens de l'est, mais pour l'ensemble des patients québécois.
Ma question à la ministre : Où ils
sont, les 300 000 dans le budget?
La Présidente : La réponse du
ministre des Infrastructures.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. En fait, le collègue a beau chercher, en fait, il ne cherche pas le
bon... dans le bon document. Et les chiffres qu'il évoquait encore la semaine
dernière, comme quoi il y avait 2,3 milliards dans le PQI par rapport au
projet en question, bien, il manque d'ambition. On a provisionné bien plus que
les 2,3 milliards en question.
Peut-être une petite leçon 101 du PQI :
deux enveloppes, enveloppe centrale, enveloppe sectorielle. Si on additionne
les montants qui sont dans ces deux enveloppes-là, on dépasse largement les 2,3 milliards.
Et je rappellerai que le Parti libéral avait, dans son cas, lui, provisionné 25 millions
pour HMR. Donc, les argents sont là, les agents sont au rendez-vous. Le projet
avance. Et ce que j'ai mentionné au collègue, et ça me fait plaisir de le
répéter... dans les prochaines semaines, il y aura, concrètement, des appels d'offres
qui seront lancés pour débuter des travaux, aménager tout le souterrain, tout
ce qui sera en sous-œuvre, notamment l'aqueduc, il faut alimenter en eau ce
futur hôpital là, mais également un contrat pour l'aménagement du site. Et ces
contrats-là totalisent des sommes colossales. Donc, une question de semaines
avant que ce soit dévoilé, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Derraji : Bien,
franchement, Mme la Présidente, il me dit : Question de semaines. Je l'invite
à regarder les communiqués de presse de son ex-collègue ministre de la Santé. C'est
gênant. C'est gênant. Son ex-collègue parlait des pépines juste à côté. Bien, Mme
la Présidente, ce qui m'interpelle aujourd'hui, ce qui m'intéresse, c'est la
ministre de la Santé. Est-ce que la ministre de la Santé est d'accord de
laisser les professionnels de la santé travailler dans des conditions
inhumaines, avec des rats et des chauves-souris? C'est elle que j'interpelle
aujourd'hui.
Et ils sont où, les 300 millions?
Est-ce qu'elle est capable de répondre?
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, contente de savoir que mon collègue député s'intéresse au fait que
ce soit la ministre de la Santé qui réponde à cette question. Effectivement, j'ai
eu l'occasion de le mentionner à plusieurs reprises, l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont, ça fait partie des priorités de notre gouvernement, et on
va continuer. Le projet de l'Hôpital de Maisonneuve-Rosemont n'est pas en
arrêt, n'est pas en suspend, n'est pas sur pause, il est en action. Les équipes
sont mobilisées pour continuer de travailler sur leurs différentes étapes,
donc, pour s'assurer que dossiers d'affaires, etc., puissent progresser. On
veut donc continuer d'avancer ce projet-là, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Derraji : Mme la
Présidente, s'il n'y a pas les 300 millions, ça veut dire que le projet
est en arrêt. Et, Mme la Présidente, je sais que vous regardez mon tableau,
vous l'aimez bien, c'est l'avis de recherche qui est lancé aujourd'hui...
La Présidente : Et je l'aime
tellement que je vous dis que vous n'avez pas à montrer ce genre de tableau, ce
n'est pas un tableau didactique, c'est une affiche. Et je vous invite à
poursuivre, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Vous avez
raison, Mme la Présidente, c'est une affiche, mais c'est une affiche de qui? De
la Coalition HMR. La coalition demande quoi? Elle cherche, comme nous, les 300 millions.
Donc, j'invite Mme la ministre... Ils sont où, les 300 millions? Le projet est
en arrêt, malheureusement. On ne veut pas de stationnement, on veut des soins.
S'engage-t-elle aujourd'hui?
La Présidente : Le... pardon,
la réponse du ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. C'est une bonne chose que les Québécois aient dit non au Parti
libéral en 2022, parce qu'en 2022, pour l'année 2026‑2027, le Parti libéral
prévoyait, dans son PQI, 10 milliards d'investissements. Dans notre cas,
nous sommes pratiquement au double. Et, dans les 10 milliards, c'était
autant pour le maintien d'actifs que pour le développement de nouveaux projets.
Dans notre PQI, à nous, on met plus d'argent dans le maintien d'actifs que le
Parti libéral prévoyait pour l'ensemble de son PQI. Donc, il n'y a pas de
commune mesure, il n'y a pas de comparaison, Maisonneuve-Rosemont aurait stagné
si les libéraux avaient gagné de nouveau les élections en 2022.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme
Rotiroti
: Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Peut-être, si on était encore au pouvoir, on
aurait coupé le ruban déjà pour l'hôpital. Alors, je ne reviendrai pas sur l'état
lamentable de l'hôpital...
Des voix : ...
La Présidente
:
Attendez, Mme la députée. Alors, attendez... Quand je suis debout, vous vous assoyez.
Je vous entends beaucoup trop, et, de toute façon, gardez le...
10 h 16 (version non révisée)
La Présidente : ...silence. Je
voudrais entendre la question de la députée de Jeanne-Mance—Viger. Allez-y, madame.
Mme Rotiroti : Je ne
reviendrais pas sur l'état lamentable de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Je
pense que tout le monde au Québec a vu les images et a pu constater l'urgence d'agir.
Ce matin, je m'adresse au ministre des
Infrastructures. En 2018, la CAQ a annoncé l'hôpital, et depuis Dieu sait qu'il
y a eu plusieurs réponses... plusieurs annonces, et rien ne se fait. Depuis, on
a arrêté, mais on ne demande pas de... de couper. On continue à demander de
couper. Le CIUSSS a fait son travail et a livré la demande du gouvernement et
de Santé Québec.
Après huit ans, le gouvernement de la CAQ,
on était supposé d'avoir les pépines dans la cour. Et, aujourd'hui, figurez, Mme
la Présidente, le ministre d'Infrastructures, c'est une mesure que lui-même a
mise en place, demande qu'on optimise les coûts encore de 15 %.
Est-ce qu'il réalise le ministre d'Infrastructures
en demandant ce 15 %-là qu'on met en péril le projet?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Ce qui m'inquiète dans les propos des libéraux, un, c'est le manque
de provisionnement qu'eux anticipaient pour le prochain, je le mentionnais, 25 millions.
Ce qui m'inquiète aussi dans leur discours d'aujourd'hui, c'est de dire : Il
ne faut pas parler d'optimisation, il faut aller avec les projets tels que
certains les... les souhaitent, sans penser à optimiser les coûts, sans penser
à de la standardisation.
On a réussi, avec Maisonneuve-Rosemont, à aller
faire 250 millions de dollars en gains d'efficacité. Si l'argent
public importe peu au Parti libéral, je leur rappellerai qu'avec 250 millions
on peut construire des écoles supplémentaires, on peut développer notre réseau
de la santé de façon probante également. Donc, ces gains-là, ils ont été
identifiés, ils sont maintenant des acquis, ce qui nous permet de passer aux
étapes suivantes.
On ne peut pas passer en réalisation tant
que les plans et devis ne sont pas complétés, et ils ne sont pas complétés. Ça
ne veut pas dire que le projet n'avance pas. Il est bien provisionné, des
centaines de fois plus que le Parti libéral ne l'avait fait à leur époque, et
on pourra passer en mode réalisation lorsque les plans et devis seront
complétés, et c'est une étape...
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Rotiroti : Mme la Présidente,
les plans et devis ne peuvent pas être terminés parce que le gouvernement ne
cesse pas de leur demander de couper. Ça, c'est une mesure du 15 %, là,
que le ministre des Infrastructures a imposé tout récemment et en disant que «sans
toutefois qu'on diminue la qualité de nos bâtiments». HMR vous dit : Le 15 %
que vous demandez, ça va dénaturer le projet. C'est votre façon de retarder le
projet.
Êtes-vous capable de nous dire à quel
moment que...
La Présidente : Et Mme la
députée... Mme la députée, Mme la députée, je vous rappelle que vous vous
adressez à la présidente et non directement à un autre élu. La réponse du
ministre.
M. Charette : C'est très,
très inquiétant, Mme la Présidente, de voir l'opposition officielle ne pas se
soucier du sage... de la sage utilisation des fonds publics. Que l'opposition
officielle ne se soucie pas d'optimisation, c'est inquiétant. On a, sans
toucher au plan clinique, réussi à identifier 250 millions d'optimisations.
On parle d'écoles que l'on pourra construire avec ces sommes-là, on parle d'autres
centres hospitaliers qui pourront en bénéficier. Donc, que l'opposition
officielle n'en fasse pas un enjeu, pour moi, je suis inquiet.
Ceci dit, elle parle d'échéancier, l'échéancier
a été identifié et clairement réitéré : patient numéro un, 2036. Et nous
sommes tout à fait dans les temps pour rencontrer...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Rotiroti : Merci. M. le
ministre vient d'avouer que le 250 millions, ils l'avaient, mais ils ont
choisi de le mettre dans la cagnotte pour la course à la chefferie. Alors, qu'ils
aillent chercher le 250 millions puis faites avancer le projet.
Des voix : ...
La Présidente : Attendez! Je
veux préserver votre droit de parole. Gardez le silence. M. le leader du
gouvernement, je vous entends. Alors, moi, j'aimerais entendre la question de
la collègue. Poursuivez.
Mme Rotiroti : C'est ça.
Alors, je disais, Mme la Présidente, le ministre avoue que le 250 millions
était là. Ils ont fait un choix de faire un cadeau à le prochain chef de la CAQ
au lieu de l'investir dans la santé de la population.
Alors, je demande clairement au ministre à
quand le projet va passer à l'étape de la réalisation, puis on va réellement
voir les pépines...
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : ...Présidente,
je suis rassuré, rassuré que l'opposition officielle ne soit pas au
gouvernement actuellement, parce que ce serait drôlement, drôlement inquiétant
dans la gestion des affaires et des dossiers de l'État.
Ceci dit, elle parle d'investissements en
santé. Je le mentionnais d'entrée de jeu, pour l'année 2026-2027, le Parti
libéral, dans son dernier PQI...
10 h 21 (version non révisée)
M. Charette : ...investir 10
milliards de dollars autant pour le maintien d'actif que pour le
développement de nouvelles infrastructures. Nous sommes au double. Donc, que l'opposition
officielle, que le Parti libéral ne nous dise pas que nous... sous-investissons
en santé, il prévoyait investir deux fois moins d'argent qu'on le fait de notre
côté, avec des résultats probants. Depuis 2018-2019...
La Présidente
: En
terminant.
M. Charette : ...405 projets
ont été réalisés, Mme la Présidente.
Des voix : ...
La Présidente : Alors, gardez
le silence, c'est bon pour tout le monde. Je reconnais maintenant, pour sa
question principale, la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci, Mme la
Présidente. Hier, le Québec découvrait le parcours, en 2023, de Rose Gervais,
forcée de parcourir près de 900 kilomètres, de prendre congé de son travail, de
trouver une gardienne et d'organiser un déplacement en urgence pour obtenir un
avortement. Trois ans plus tard, Radio-Canada révèle que le gouvernement ignore
encore combien de femmes vivent cette réalité, faute de services accessibles en
région. En 2026, c'est inadmissible, Mme la Présidente. Ce n'est pas seulement
un enjeu de santé, c'est une question de dignité et d'égalité. Les groupes sur
le terrain sont clairs : sans accès réel aux services, les droits des
femmes sont bafoués.
La ministre reconnaît-elle cette inégalité
territoriale? Et surtout quelles sont les mesures concrètes pour... qu'elle va
mettre en place pour garantir un accès équitable aux services d'avortement
partout, partout, dans toutes les régions du Québec?
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, j'ai eu l'occasion de répondre hier à cette question. La situation
des femmes en situation d'itinérance au Québec est... au Québec est extrêmement
préoccupante. Personne ne devrait vivre dans la rue, Mme la Présidente. Et on
voit, il y a une montée actuellement, effectivement, de certains groupes, dont
des femmes notamment.
Puis, vous savez, Mme la Présidente, on le
sait tous ici, là, le moment de la grossesse, c'est un moment qui est tellement
important, tellement important. Puis imaginez qu'une femme puisse vivre sa
grossesse alors qu'elle est en situation d'itinérance. C'est inadmissible, Mme
la Présidente. Je suis tout à fait d'accord.
On a travaillé, comme gouvernement, à
mettre en place de plus en plus de logements et de sites pour accueillir les
femmes en situation d'itinérance. Ces sites-là, il y en a plusieurs qui donnent
des services aux femmes en situation d'itinérance qui sont enceintes, Mme la
Présidente. Il faut continuer d'accentuer les services auprès des sages-femmes,
auprès des différentes cliniques communautaires, avec nos médecins. Alors, c'est
important, Mme la Présidente, et on y veille.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Garceau : Je suis
vraiment abasourdie, Mme la... Mme la Présidente, parce que la ministre a
complètement manqué le bateau. Rose Gervais, là, ce n'est pas une femme en
situation d'itinérance. On parle d'accès aux services d'avortement en région, il
y a une équité, en région. Vous êtes... Vous n'avez pas écouté ou vous n'étiez
pas au courant de ce... de... vraiment de cette situation-là. On n'est pas dans
l'itinérance.
Il y a un plan d'action. Quand est-ce que
vous allez le mettre en vigueur?
La Présidente : ...de la
ministre responsable de la Condition féminine.
Mme Proulx : Oui. Parfois,
avec du bruit, madame, c'est difficile d'entendre...
Des voix : ...
La Présidente : ...poursuivez,
et tout le monde retrouve le silence.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Il y a de l'humain ici. Des erreurs, ça arrive.
Donc, je vais revenir sur le cas de Rose,
une situation très particulière pour elle, Mme la Présidente. Contrairement à
ce que le chef du Parti libéral disait en point de presse hier, ce n'était pas
volontaire, cette interruption de grossesse là. C'est une interruption qui
était tragique.
Il y a la télémédecine, Mme la Présidente,
qu'on implante partout à travers le territoire du Québec. Peu de temps, Mme la
Présidente. Je vais revenir, là, sur la complémentaire, si vous le permettez.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Garceau : On a perdu un
temps monumental, Mme la Présidente, avec la Constitution puis le fait qu'on
avait inséré l'article 29. On aurait dû vraiment miser, le gouvernement, vos
efforts, pour améliorer l'accès de toutes les femmes au Québec aux services d'avortement,
parce qu'il est là, l'enjeu. Vous le savez depuis des années. Qu'est-ce que
vous avez fait...
La Présidente
: ...je
vous rappelle que vous vous adressez à la présidente. Poursuivez.
Mme Garceau : Qu'est-ce que
vous avez fait depuis votre plan... j'ai encore... 2024? Qu'est-ce que vous
avez fait concrètement...
10 h 26 (version non révisée)
Mme Garceau : ...améliorer.
La Présidente
: Alors,
c'est une question de reformulation, Mme la députée. La réponse de la ministre
de la Santé. Et on ne s'interpelle pas des deux côtés de la Chambre. Mme la
ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, c'est assez difficile d'entendre le timbre de voix de gens qui
crient, qui rient et qui s'agitent à l'opposition. Alors, voilà pour la... que
je vais prendre, Mme la Présidente.
L'autre chose, Mme la Présidente... hier,
j'ai fait un scrum, j'ai été questionnée là-dessus, ça a passé dans plusieurs
médias, à la télé. Avez-vous regardé ça? Et j'ai dit que c'était inadmissible,
ce qui s'était passé. Bien oui, c'est drôle, elles sont mortes de rire. C'est
drôle, Mme la Présidente. J'ai dit que ça n'avait pas d'allure. C'est ça que j'ai
dit, Mme la Présidente. Et je le répète : Ça n'a pas d'allure. L'avortement
doit être disponible dans toutes les régions du Québec, Mme la Présidente.
Alors, je n'ai jamais dit le contraire de ça, et prétendre... de me faire dire
des choses que je n'ai jamais dit, c'est épouvantable, Mme la Présidente.
La Présidente
: C'est
terminé.
Des voix : ...
La Présidente
: Tout le
monde, silence, je vous prie, je vous entends trop. Il y a une seule personne
qui aura le droit de parole, maintenant, en question principale, et j'aimerais
l'entendre, c'est le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Écoutez, Glencore empoisonne les gens de Rouyn depuis des
décennies. Les gens là-bas doivent se battre pour respirer sans pogner le
cancer. Le gouvernement a mis en place des semblants de restrictions en 2023.
Glencore menace de fermer la fonderie Horne, et là qu'est-ce que fait la CAQ?
La CAQ se plie aux demandes de la multinationale, elle sacrifie la santé des
enfants jusqu'en 2033.
Glencore ne manque pas d'argent pour
garder la fonderie ouverte et protéger la santé des gens. Ils ont fait 295 milliards de
dollars US en chiffre d'affaires l'année passée. Empoisonner les enfants et
faire du chantage au gouvernement, c'est leur modèle d'affaires, Mme la
Présidente. La CAQ les a laissé gagner à Rouyn-Noranda comme elle les a laissé
gagner à Limoilou.
Est-ce qu'il va falloir faire venir au
Parlement, devant les yeux des ministres caquistes, les enfants empoisonnés du
quartier Notre-Dame pour réveiller leur cœur et leur raison face au signe de
piasse de Glencore?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de
la Faune et des Parcs. On vous écoute.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Le collègue dit : La CAQ a laissé gagner Glencore. Moi, je
pense que ce sont les citoyens et citoyennes de Rouyn-Noranda qui se sont
exprimés à la dernière élection et qui ont chassé ce discours-là que
représentait celui de Québec solidaire. Moi, je regarde les chiffres, avant
2018, donc, avant l'arrivée du gouvernement actuel, il n'y avait pas de réelles
restrictions pour l'arsenic, notamment, ce qui permettait des moyennes annuelles,
là, tenez-vous bien... en 1997, 884,5 nanogrammes par mètre cube. Dans les
années plus récentes, on était davantage autour de 200, en 2016, on était à
205,3, l'année suivante, 123,3, 2018, 113,4.
Nous sommes aujourd'hui à 45. Pourquoi
nous sommes à 45? Parce que le gouvernement a pris le dossier en main. Il a
précisé des restrictions qui n'avaient jamais été imposées par les
gouvernements précédents, que ce soit pour l'arsenic, que ce soit pour les
autres contaminants atmosphériques. Bref, c'est un changement de situation
complet par rapport à ce qui prévalait. Et ce dossier-là, on l'a travaillé avec
la municipalité, avec la Santé publique et les citoyens...
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Zanetti : La situation n'a
pas changé, Mme la Présidente. L'augmentation de taux d'arsenic l'année passée,
c'est 10 %. La situation, elle n'a pas changé. Puis les gens, là, ils n'ont
pas voté pour pogner le cancer, puis avoir des enfants qui ont des effets
neurodéveloppementaux dans leur croissance, puis des femmes enceintes qui
respirent ces affaires-là. Je trouve que ça n'a aucun bon sens de dire ça.
Est-ce qu'ils peuvent reconnaître au moins
que la Direction régionale de la santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue n'est
pas d'accord avec eux puis qu'elle leur dit vous allez trop loin, ça n'a pas de
bon sens et c'est dangereux?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Charette : Un discours de
peur, Mme la Présidente, qui n'a pas sa place. On parle d'une augmentation...
La Présidente : ...je vais
reconnaître le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Vous le
savez très clairement, «discours de peur», on... des motifs, là, on doit
retirer.
La Présidente : M. le leader
du gouvernement, rapidement, quelle est votre réponse? Rapidement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, le député de Jean-Lesage porte des accusations, prête des
intentions, Mme la Présidente, avec un discours qui est alarmiste, Mme la
Présidente.
La Présidente : OK, je vais
trancher. Merci beaucoup. Assoyez-vous tous les deux. Alors, «peur», «faire
peur», «discours de peur». On est dans le même registre. Retirez ces paroles, mais
poursuivez, M. le ministre.
La Présidente
: Je
retire volontiers. Mme la Présidente, on parle d'augmentation, du côté du...
10 h 31 (version non révisée)
M. Charette : ...de
l'opposition de Québec solidaire, mais, dans les faits, c'est une diminution
notable au fil des années qui s'observe. Nous sommes à 45 nanogrammes par
mètre cube, si ce n'est pas moins, depuis quelques années, donc la fonderie se
conforme à l'autorisation. On parle uniquement d'arsenic du côté de Québec
solidaire, alors que les autres métaux sont aussi concernés. Ce qu'il faut
rappeler, c'est que la très, très grande majorité du territoire de
Rouyn-Noranda est bien en deçà du 45 et, dans certains cas, bien en deçà du
trois nanogrammes par mètre cube.
Donc, j'appelle à Québec solidaire à
prendre...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Zanetti : C'est
épouvantable, Mme la Présidente, la directrice régionale de la santé publique,
je ne fais que relayer ses propos, les effets neurodéveloppementaux, les
risques de cancer accrus, les enfants, les femmes enceintes, les gens qui ont
des cancers pour rien, pour qu'une multinationale se fasse des milliards sur
leur dos, C'est ça qui est en train d'être permis. Vous avez raison, ça ne
traite pas juste d'arsenic, et vous êtes en train d'assouplir encore des
réglementations pour d'autres métaux.
La Présidente : Je vous
rappelle que vous vous adressez à la présidente.
M. Zanetti : Vous avez
raison. Qu'est-ce qu'ils ont à répondre à ça? Est-ce qu'ils peuvent reconnaître
au moins que ces choses-là, ça vient de la Santé publique?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Charette : Avant 2018, à
peu près tout était permis auprès des gouvernements qui nous ont précédés. Moi,
je vous parle d'avancées notables, je vous parle d'un consensus dans la région.
La municipalité, les citoyens souhaitaient cette entente-là avec les
municipalités. Ils ne voient que du mal du côté de la fonderie.
On y voit un vecteur important de
développement économique, mais qui ne peut pas se faire à n'importe quel prix.
C'est la raison pour laquelle nous imposons des conditions qui sont strictes,
qui sont respectées et, surtout, qui sont suivies de façon très rapprochée
autant par le ministère de l'Environnement, Affaires municipales, Économie. Il
y a plusieurs acteurs en cause qui travaillent ensemble avec la population,
avec la municipalité...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme
la Présidente. Ça me fait énormément de peine de dire ça, mais nos écoles au
Québec n'ont jamais été aussi violentes. Des chaises qui revolent dans les
airs, des coups de poing, des morsures, des menaces de mort. Nous ne sommes
pas, comme adultes, à la hauteur de notre responsabilité première qui est d'assurer
la sécurité de nos enfants.
Mais, la ministre de l'Éducation, elle,
elle a une responsabilité particulière, celle de s'assurer que, dans nos
écoles, les gens ont tout ce qu'il faut pour freiner cette augmentation
effrayante de la violence.
Hier, j'ai trouvé la ministre étonnamment
optimiste dans sa réaction aux révélations de La Presse concernant cette
augmentation de la violence. Elle a dit, et je la cite : «Les écoles ont
ce qu'il faut, les ressources sont là.» Les ressources sont déjà là, donc on ne
fait rien de plus? Ce n'est pas suffisant comme réponse.
Qu'est-ce que la ministre va faire de plus
dans les prochains mois pour arrêter l'augmentation de la violence?
La Présidente : La réponse de
la ministre de l'Éducation.
Mme LeBel : Bien, Mme la
Présidente, ça va me faire une fois... plaisir encore une fois de rectifier les
propos de mon collègue. Il n'y a personne qui est optimiste face à des
résultats comme on a vu hier, face à des incidents de violence. Il n'y a
personne qui est insensible à ces incidents-là.
Ce que j'ai simplement souligné hier, et
qu'on a fait, d'ailleurs, dans une motion qu'on a adoptée à l'unanimité dans
cette Assemblée, de dire qu'il y a des outils disponibles dans le réseau. Et
ça, c'est une bonne nouvelle. Est-ce que le fait qu'il y a de la violence,
c'est une bonne nouvelle? La réponse est évidemment non. Mais est-ce que... le
fait qu'on a pu donner des outils aux écoles, aux centres de services scolaires
pour mieux prévenir, pour mieux réagir? La réponse est oui. Et ce qu'on a dit
dans la motion, ensemble, c'est qu'il fallait mieux accompagner, mieux former
et s'assurer que ces outils-là étaient déployés adéquatement.
On est d'ailleurs dans la Semaine de la
prévention contre la violence, et c'est important d'en parler. Ça fait partie
de la prévention de dénoncer ce qu'on voit dans nos écoles, d'expliquer à nos
jeunes que ça ne se fait pas, cette violence-là, d'expliquer à nos jeunes que
les autres ont des droits, et ça vient avec des responsabilités, puis que ça
prend du respect dans les écoles, et plus que du respect, le respect des lois
également.
J'ai eu l'occasion de donner un atelier,
un atelier est disponible. Mon collègue pourrait aller le faire, il est sur les
réseaux. Et je pense qu'il faut en parler, mais on va continuer à travailler,
parce que personne n'est insensible, et on...
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Un enfant
qui est violent, c'est un enfant qui souffre. Ces enfants-là ont besoin d'aide.
Ça s'appelle de la prévention. Et, de toute évidence, on n'en fait pas assez
dans nos écoles. Je ne demande pas à la ministre de me parler des ateliers
qu'elle va donner ou des capsules qu'elle publie sur les réseaux sociaux. Je
lui demande...
10 h 36 (version non révisée)
M. Nadeau-Dubois : ...dire ce
qu'elle va faire de plus en tant que ministre, dans les prochaines semaines,
pour freiner l'augmentation de la violence dans nos écoles.
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme LeBel : Bien, on est d'accord,
un enfant qui est violent est un enfant qui a besoin d'aide et d'accompagnement.
Mais la prévention, on le dit dans tous les rapports, on le dit dans toutes les
analyses, c'est... La violence dans l'école, comme dans la société, c'est multifactoriel,
et la prévention est un facteur, un outil, une... un levier important sur
lequel il faut travailler. Et je suis désolée qu'on dénigre ce qu'on fait
présentement, parce qu'une semaine de prévention de la violence, est-ce que c'est
la réponse? Non. Mais est-ce que ça fait partie de ce qu'on doit faire?
Absolument. Et là on est dans cette semaine-là présentement, et ça nous permet
d'en parler, de la prévention, et de dénoncer ce qui se passe, et d'outiller
les enseignants, d'outiller les gens sur le terrain pour mieux y répondre, Mme
la Présidente.
La Présidente
: Deuxième
complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Juste l'an
dernier, là, il y a 3 400 élèves au Québec qui ont été retournés à la
maison, pourquoi? Parce que leurs écoles n'avaient pas les moyens de les aider.
Ces bris de service là ont triplé en quatre ans, pourquoi? Parce qu'il manque
de monde pour prendre soin des enfants qui ont des problèmes de comportement et
des difficultés d'apprentissage. Il faut plus de gens en chair et en os pour la
faire, cette prévention-là.
La ministre, à deux reprises, a été
incapable de me dire qu'elle va en faire plus. Peut-elle aujourd'hui prendre l'engagement
d'agir contre la violence?
La Présidente : Le réponse de
la ministre.
Mme LeBel : Mais là on vient
de changer complètement de sujet, Mme la Présidente. Les bris de service, il
faut faire attention, là, ce n'est pas des enfants qui sont violents puis qu'on
envoie à la maison parce qu'on ne veut pas réagir, ce n'est pas des enfants qui
ont des troubles... qui ont des troubles qu'on envoie, ce sont des enfants qui
ont des problèmes complexes, souvent médicals, pour lesquels même l'expertise...
et on ne parle pas d'ajouter plus de monde, l'expertise du ministère de l'Éducation
n'est pas suffisante, malheureusement, pour y répondre. Et, quand on parle de bris
de service, il faut compter... des fois, c'est une journée, des fois, c'est
quelques jours. La plupart de ces enfants-là, après qu'on ait travaillé avec le
ministère de la Santé, qu'on ait mis des programmes et des plans d'intervention
multifactoriels en place, on les réintègre rapidement.
Donc, oui, on y travaille. C'est des... des
gens avec... des enfants avec des problèmes très complexes, et on va travailler
également sur cette situation-là, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Taschereau.
M. Grandmont : La colère à l'endroit
de la ministre de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire est
grande, Mme la Présidente. Non seulement le communautaire est à boutte, mais on
apprend aussi que les prestataires de l'aide sociale sont attaqués par sa
réforme à coût nul de la ministre.
Récemment, on a pu lire le témoignage de Martine,
une femme qui survit avec à peine 200 $ par mois après loyer. La machine
gouvernementale s'acharne contre une citoyenne qui a déjà payé une dette qu'on...
qu'elle avait déjà... qu'elle avait contractée. Résultat : angoisse, nuits
blanches, de la peur très réelle de se retrouver dans la rue.
Ce n'est pas un cas isolé. Les
intervenants nous parlent d'une véritable machine à erreurs : coupures
injustifiées, dossiers perdus, appels rejetés par dizaines de milliers et même
des crises suicidaires à chaque semaine.
Mme la Présidente, la réforme informatique
de la ministre plonge des gens dans la détresse. Sa réforme, ce n'est pas de l'efficacité,
c'est de la déshumanisation.
Est-ce que la ministre s'engage à redonner
à nos personnes les plus vulnérables les services dont elles ont vraiment
besoin pour vivre dignement?
La Présidente : La réponse de
la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire.
Mme Rouleau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Et je remercie le député de sa question sur le projet UNIR,
qu'on a mis en place, un projet de numérisation des dossiers des prestataires.
Ce qu'on a fait, c'est de faire en sorte de donner un meilleur accès aux
services aux prestataires, de diminuer les délais pour les prestataires pour
obtenir ces services. Les prestataires allaient aux bureaux de Services Québec
et devaient avoir à chaque fois l'ensemble de leurs documents pour aller
discuter de leurs... de leurs dossiers. Dorénavant, ces dossiers sont
numérisés. On a brisé les silos entre les régions, ce qui fait que les... nos
employés, nos spécialistes qui travaillent avec les prestataires, peu importe
où ils sont au Québec et peu importe où sont les prestataires au Québec, ont
accès aux services, et on donne réponse à nos prestataires. On a amélioré le
service, Mme la Présidente, et ça fonctionne très bien à travers le Québec
depuis février 2025.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Grandmont : Mme la
Présidente, je tombe en bas de ma chaise. Je ne comprends pas la réponse de la
ministre. Dans quel tour elle vit? Elle n'est pas connectée sur le terrain du
tout. Je veux dire, elle avait exactement... elle a exactement le même discours
qu'elle avait lors de l'adoption du PL 71, elle disait : Cette
modernisation très...
10 h 41 (version non révisée)
M. Grandmont : ...permettra de
rendre le régime d'assistance sociale plus humain, plus centré sur les besoins
de la personne. Est-ce qu'elle a entendu les exemples que je lui ai donnés? Est-ce
qu'elle a lu l'article? Est-ce qu'elle entend la détresse du... des gens qui
sont à l'aide sociale?
Son système ne fonctionne pas, peut-elle
le changer?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Rouleau : ...Mme la
Présidente. On a procédé effectivement à la modernisation du régime d'aide
sociale. Mme la Présidente, ce qui n'avait pas été fait depuis 20 ans. Le
monde a changé, le profil des prestataires a changé, alors on a rendu le régime
d'aide sociale beaucoup plus humain. On n'est plus dans l'espèce de robotique «si
tu fais ça, je te coupe, si tu ne fais pas ça, je te coupe», on accompagne les
personnes. Et cette loi 71, Mme la Présidente, a été adoptée à l'unanimité
par l'Assemblée nationale. Alors, j'imagine qu'il y a quelque chose de bon là-dedans,
là, et que notre gouvernement est très à l'écoute de la population et des
personnes qui sont dans une situation plus précaire, Mme la Présidente. Merci.
La Présidente : Deuxième
Complémentaire.
M. Grandmont : Alors, une
fois, je l'invite à aller voir le reportage à Radio-Canada parce que
visiblement elle ne l'a pas lu. Elle n'a pas entendu les gens qui sont à l'aide
sociale, qui sont pognés avec ce système-là, à avoir des dettes déjà payées
être remises de l'avant, avoir des gens manquer de services. Elle est où la
dignité? Il est où le respect des besoins de la personne? Il est où le gain d'accès
pour les prestataires de l'aide sociale?
Est-ce que la ministre peut faire la seule
chose qui s'impose et revenir avec les agents entités... attitrés aux personnes
qui vivent de l'aide sociale?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Rouleau : Mme la
Présidente, ce qu'on a mis en place, là, et graduellement dans le temps, et
toujours en vérifiant si tout fonctionnait bien dans la numérisation des
dossiers... Mme la Présidente, on est quand même en 2026 aujourd'hui, là. Un
programme, un système qui a été mis en place graduellement en faisant les
sondages auprès des prestataires, auprès des... des employés aussi pour voir si
tout fonctionnait bien. Le système a été mis en place... à travers tout le
Québec en février 2025. Ça fonctionne. Et quand il y a, s'il y a des... des
enjeux particuliers, on les règle. Et il y a une ligne directe d'ailleurs, pour
les organismes communautaires, auprès des... des BSQ...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Chicoutimi.
Mme Laflamme : Mme la
Présidente, les ressources intermédiaires sont sans entente depuis un an. La
ministre, la semaine dernière, dans l'interpellation à laquelle j'ai eu la
chance de participer, a reconnu que les négociations n'avançaient pas assez
vite, qu'elle souhaitait un règlement rapide. Mais les négociations sont au
point mort.
Pendant ce temps, depuis plusieurs années,
des appels d'offres sont annulés pour des nouvelles constructions. Il y a
encore 5 500 personnes en attente d'une place.
Un sondage mené auprès des membres de l'Association
des ressources intermédiaires effectuées en janvier démontre qu'une part
importante des RI vivent des difficultés financières sérieuses avec des risques
réels de réduction de service ou de fermeture si le financement n'est pas revu.
Plusieurs propriétaires... souhaiteraient construire, agrandir, mais ne le font
pas à cause de conditions financières actuelles.
La ministre a dit à plusieurs reprises que
l'aciérie est un modèle essentiel dans l'offre d'hébergement, est-ce que la
ministre peut coordonner ces actions et ces paroles?
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Oui. Mme la
Présidente, on le sait, le réseau d'hébergement de soins de longue durée au
Québec, c'est un réseau qui est important. On a des CHSLD publics, on a
travaillé pour conventionner des CHSLD privés. Nous avons des ressources
intermédiaires aussi et des ressources de type familial.
La question de ma collègue vise vraiment
la négociation qui est en cours pour les ententes qui lient les ressources
intermédiaires avec les différents établissements de santé et de services
sociaux au Québec. Alors, vous comprendrez, Mme la Présidente, que je ne peux
intervenir dans cette négociation ici, au salon rouge, en période de questions.
Je ne veux pas nuire à la négociation. Je suis cela de très près.
J'ai été effectivement, la semaine
dernière, Mme la Présidente, interpelée sur différents sujets, en lien
notamment avec les aînés, et j'ai eu cette question de ma collègue sur les
ressources intermédiaires, et j'ai eu l'occasion de me prononcer au sujet de la
négociation actuelle. Ce que je souhaite, c'est qu'on puisse arriver le plus
rapidement à une entente, Mme la Présidente. C'est important. Il y a des
dizaines de milliers de personnes qui vivent dans le réseau des ressources...
La Présidente : Première complémentaire.
Mme Laflamme : Mme la
Présidente, nous sommes dans un environnement où les... les RI ont besoin d'être
rassurées, notamment en ce qui concerne la construction de nouvelles
ressources.
Je vous appelle les... je vous rappelle
les enjeux auxquels ils font face, la complexité du processus d'appel d'offres...
10 h 46 (version non révisée)
Mme Laflamme : ...les enjeux
de financement, la rentabilité opérationnelle des projets.
Est-ce que la ministre peut s'engager à
donner aux ressources intermédiaires les moyens de leurs ambitions?
La Présidente : La réponse de
la présidente du Conseil du trésor.
Mme Duranceau : Oui, merci, Mme
la Présidente. Alors, le mot clé, là, dans la négociation avec les ressources
intermédiaires et de type familial, c'est vraiment l'accès, Mme la Présidente.
D'ailleurs, on a déjà conclu avec cinq groupes. Il y a neuf groupes RI-RTF. On
a déjà conclu des ententes avec cinq des neuf groupes. Alors, c'est plus de
60 % des ressources, là, qui sont déjà... qui sont désormais couvertes par...
par une entente. Et, évidemment, l'objectif, bon, c'est d'améliorer les
conditions de travail et le soutien aux ressources, là, dans le développement
de nouvelles places. Ça, on en est tout à fait conscients. Mais, évidemment, Mme
la Présidente, on ne va pas commenter ici les négociations, par respect pour le
processus.
La Présidente
: Deuxième
complémentaire.
Mme Laflamme : Mme la
Présidente, ramenons-nous au sondage qui a été réalisé en janvier. Alors, on
parle de problèmes d'accès. On apprend qu'en absence d'une bonification du modèle
de financement seuls 10 % des ressources pourraient maintenir leurs
activités.
Est-ce que la ministre peut s'engager à
donner les moyens aux ressources de remplir leur mission pleinement?
La Présidente : La réponse de
la présidente du Conseil du trésor.
Mme Duranceau : Bien, merci, Mme
la Présidente. Écoutez, je le redis, c'est le mot clé, l'accès, dans le cadre
des discussions qu'on a présentement. On a réussi à s'entendre avec 60 %
des groupes, 5 %... cinq sur neuf des groupes avec qui on a eu une
entente. Alors, les discussions se poursuivent. On est bien conscients, l'accès
est compliqué. Puis, ultimement, ce qu'on veut, c'est que les Québécois qui ont
besoin de ce type de soins là soient pris en charge. Alors, encore une fois,
comme c'est souvent le cas dans le cadre de négociations, on ne peut,
malheureusement, pas commenter en cette Chambre, par respect pour le processus,
alors je vais m'en tenir à ces commentaires généraux sur la question.
La Présidente
: En
question principale, je reconnais maintenant la députée de Rimouski.
Mme Blanchette Vézina : Merci,
Mme la Présidente. Mme la Présidente. Mme la Présidente, au Bas-Saint-Laurent,
les patients attendent jusqu'à huit semaines pour des résultats de radiographie
simple. Huit semaines, ça, ça veut dire qu'un parent va consulter un GMF pour
un bras... une douleur au bras pour son enfant, il va attendre huit semaines
avant de savoir c'est-tu cassé, pas cassé. Une pneumonie, bon, même chose. C'est
inacceptable. C'est inacceptable, ce délai-là, en plus, parce qu'il y a une
solution qui est sur la table depuis 2024. D'ailleurs, l'actuel député de La Prairie,
l'ancien ministre de la Santé, était venu visiter le GMF dans mon comté, avait trouvé
que c'était une bonne solution que d'avoir du privé et un service de graphie
simple dans un GMF, pour éviter que les parents aient à se rendre, en plus, à l'hôpital,
qui est à quelques kilomètres plus loin, pour avoir ce service de graphie. On
attend une réponse de la ministre, elle tarde à venir.
Est-ce que la ministre peut s'engager à
donner son autorisation?
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Mme la Présidente,
je veux être sûre d'avoir bien entendu cette fois-ci, là, parce que ma collègue
est dans... est en arrière complètement. Elle veut avoir mon autorisation pour
savoir si je veux mettre du privé avec les GMF... C'est ce que je comprends de
la dernière question, là, suite à votre longue introduction. Bien, Mme la
Présidente, on est en train de travailler le modèle de GMF. Est-ce que tout le
monde est au courant de ça ici, là? On a eu une entente avec la FMOQ pour faire
en sorte qu'il y ait 500 000 Québécois, Québécoises qui aient accès à un
médecin de famille, qu'ils soient donc, inscrits directement à un médecin ou à
un GMF, Mme la Présidente, et ça va très bien à ce niveau-là.
Il est prévu, dans cette entente qu'on a
eue avec les médecins de famille au Québec, qu'on améliore le modèle GMF, Mme
la Présidente, notamment pour que les GMF soient plus accessibles, que les
horaires soient plus étendus, du... sept jours sur sept, de jour et de soir. On
est en train de regarder le fonctionnement de nos cliniques IPS au Québec, Mme
la Présidente. C'est ça que je vais répondre à la députée. Donc, les cliniques IPS,
c'est important au Québec, elles sont capables, nos infirmières praticiennes
spécialisées, de faire de la prise en charge. On va travailler là-dessus.
La Présidente
:
Première complémentaire.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
je vais parler plus fort, parce que, visiblement, la ministre n'entend pas les
députés indépendants qui sont sortis de sa formation politique. Ça fait que je
vais me permettre de parler plus fort pour Mme la ministre. Ce projet, il est
sans coûts pour l'État, parce que c'est du privé, et la ministre doit donner
son autorisation. Cette autorisation, elle a été demandée en 2024 au ministre,
l'ancien ministre de la Santé, il a été redemandé à Santé Québec. On nous
réfère, parfois, à la ministre. Je pense qu'il est temps que vous...
10 h 51 (version non révisée)
Mme Blanchette Vézina : ...les
règles entre vous et santé... pardon, entre la ministre...
La Présidente : ...de la
ministre.
Des voix : ...
La Présidente
: Attendez!
On retrouve le silence, je vous prie, tout le monde. Mme la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, écoutez, on veut continuer d'améliorer l'accès à la première ligne.
D'ailleurs, la région de Rimouski, le Bas-Saint-Laurent, c'est une région qui ont
fait beaucoup d'innovation, puis on s'inspire d'ailleurs de ce qui se passe
dans le Bas-Saint-Laurent, notamment en lien avec la politique première ligne
que je vais annoncer demain. Il y a des très belles choses qui se passent dans
le Bas-Saint-Laurent pour améliorer l'accès, il y a des médecins qui sont mobilisés,
il y a des belles équipes interdisciplinaires.
Alors, on va continuer de renforcer notre
système public, Mme la Présidente. C'est ça, la réponse. On va continuer de
travailler pour faire en sorte de renforcer notre système public.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Blanchette Vézina : Ce
que j'entends, c'est qu'elle veut, elle a la volonté de changer les choses. C'est
tant mieux. Je l'invite à venir visiter, elle aussi, ce GMF qui souhaite
inclure du privé pour lire des graphies simples. Moi, ce que je vous demande...
ce que je demande, pardon, à la ministre, c'est qu'elle s'engage à donner son
autorisation. Ce serait une solution simple. Ils attendent depuis 2024, et, vous
l'avez dit, ils sont mobilisés, et c'est sans coût pour l'État.
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, c'est très important que les GMF au Québec aient accès à l'information,
que ce soient les laboratoires, que ce soit la lecture de l'imagerie médicale.
Il y a des ententes de services qui existent actuellement entre des services d'imagerie,
qui sont des services publics et certains GMF. Alors, Mme la Présidente, c'est
à chaque GMF, à chaque CISSS et CIUSSS d'organiser les services dans leurs
territoires, Mme la Présidente.
Alors, c'est très important, je le répète,
dans le Bas-Saint-Laurent, Rimouski, beaucoup de belles choses qui sont faites
en termes d'organisation de services, et on va continuer, Mme la Présidente.
Moi, je ne signe pas de contrat durant la période de questions. Alors, on va
suivre ça de près, Mme la Présidente, c'est important. On veut aller de l'avant
avec des beaux modèles.
La Présidente : Jen question
principale, je reconnais maintenant la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Mme la
Présidente, dans le dossier des étudiants internationaux, la CAQ illustre
parfaitement son improvisation. Il y avait un enjeu, mais bien circonscrit :
nos cégeps et nos universités ont demandé clairement d'être exclus des mesures
proposées. Et qu'est-ce que fait la CAQ? Elle n'écoute pas, elle s'entête, des
quotas imposés, l'abolition du PEQ. Et pendant ce temps, la ministre de l'Enseignement
supérieur laisse ces réseaux sans défense. Le message qui est envoyé, c'est que
les portes du Québec se referment. Résultat : chute des admissions des
étudiants internationaux, notamment en région, à l'UQAR, on passe de 10 000,
en 2024, à 2 150 l'an dernier, mauvaise presse à l'international, perte d'attractivité
dans une course mondiale aux talents, baisse de notre capacité de recherche. Et,
aujourd'hui, comble de l'ironie, le gouvernement envoie sa ministre en Europe
pour recadrer le message.
La CAQ a créé le problème puis, aujourd'hui,
elle tente de le corriger. Franchement, c'est un vrai aveu d'échec, cette
mission.
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Roberge : Merci bien, Mme
la Présidente. Je pense que l'intervention de ma collègue démontre qu'au Parti
libéral, le laisser-aller, ils sont très à l'aise avec ça. Ils n'étaient pas d'accord
avec la loi qu'on a adoptée, qui permet de reprendre le contrôle, notamment sur
des collèges privés non subventionnés qui donnaient des diplômes de très peu de
valeur, en anglais. Il y avait une industrie de la citoyenneté canadienne et
québécoise avec des diplômes à rabais, des gens qui étaient appelés directement
de l'Inde pour arriver ici pour être scolarisés en anglais, des tout petits
diplômes. C'était correct pour eux autres. Bien, nous, on pense qu'il fallait
mettre fin au bar ouvert, pour une question de respect de la langue, pour une question
de cohésion sociale, pour défendre la valeur de nos diplômes.
Et on a adopté une mesure qui est tout à
fait raisonnable, de faire passer de 122 000 à 110 000 le nombre d'étudiants
étrangers sur quatre ans, avec prévisibilité, et lesquels ont subi cette
réduction-là? Pas nos cégeps, pas nos universités, pas nos régions, des petits
collèges privés qui avaient vu leurs clientèles exploser, pourquoi? Pour vendre
la citoyenneté canadienne. Puis ils défendent ça, Mme la Présidente, c'est
terrible.
La Présidente : Alors, cela
met fin à cette période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y a pas de votes reportés, nous
allons passer à la rubrique Motions sans préavis, et, pour ce faire, je vais
céder la place au troisième vice-président de l'Assemblée nationale. Et je vous
dis bon retour en circonscription pour les autres. Merci...
10 h 56 (version non révisée)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
...Alors, bonjour, collègues.
À la rubrique des motions sans préavis, en
fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis,
je reconnais un membre du groupe de... formant l'opposition officielle. M. le
chef de l'opposition officielle.
M. Fortin :Oui. Merci, M. le Président. Avant de lire la motion, je
tiens à souligner la présence de la famille de Jean Lapierre, notamment sa
fille Marie-Anne et son fils Jean-Michel.
M. le Président, je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le député de Granby, le député de Jean-Lesage, le député des
Îles-de-la-Madeleine, le député de Saint-Jérôme, le député d'Abitibi-Est, la
députée de Rimouski, le député de Taillon, la députée de Laporte, le député de
Rosemont, la députée de Saint-Laurent et la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale souligne le 10e
anniversaire de la tragédie aérienne survenue le 29 mars 2016 et ayant couté la
vie à Jean, Louis, Marc et Martine Lapierre ainsi qu'à Nicole Beaulieu, Pascal
Gosselin et Fabrice
Labourel;
«Qu'elle souligne notamment la
contribution de M. Jean Lapierre à la vie politique et publique québécoise et
canadienne, dans les domaines politiques et médiatiques;
«Qu'elle reconnaisse que plus d'une
décennie suivant sa disparition, son souvenir évoque toujours des sentiments
d'affection et d'estime au sein de la population du Québec; et
«Qu'enfin, elle observe une minute de
silence à la mémoire de ce grand
Québécois et des victimes de cette tragédie.»
(Applaudissements)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme LeBel : ...par
intervenant dans l'ordre suivant : le chef de l'opposition officielle, le
député de Granby, le député de Jean-Lesage et le député des Îles-de-la-Madeleine.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Alors, je comprends qu'il y a un consentement pour qu'il y ait un débat de
rigueur de trois minutes, à commencer par le chef de l'opposition officielle.
M. Fortin :Il y a des gens, M. le Président, que, quand vous les
rencontrez, ils trouvent une façon presque immédiatement de vous faire
comprendre que vous êtes important pour eux. Ils s'ouvrent, ils partagent, ils
vous font rire, ils vous emmènent dans leur monde, sans gêne, sans réserve. Et,
pour ses amis et tous ceux qui l'ont côtoyé, Jean Lapierre était clairement de
ceux-là. Mais ce qui était exceptionnel, c'est qu'il évoquait les mêmes
sentiments pour des gens qui ne l'avaient jamais rencontré.
Les Québécois qui ont connu Jean Lapierre
à travers leurs radios, à travers leurs téléviseurs, bien, ils comprenaient
tout de suite que Jean Lapierre voulait les faire rire, il voulait les amener
dans son monde, il voulait leur expliquer, il voulait leur partager et, en bon
raconteur, il voulait les garder accrochés. Et, pour y arriver, il préparait
des chroniques divertissantes, oui, mais qui étaient tellement recherchées,
tellement fouillées pour donner le dernier petit bout de nouvelle, pour
raconter la dernière petite rumeur qu'on sentait, M. le Président, que chaque
auditeur était important pour lui.
Bon, Jean Lapierre savait aussi que la
meilleure façon de nous garder là, de s'assurer qu'on ne change pas de poste
puis qu'on revienne le lendemain, c'était de nous faire rire, et, pour ça, il
était particulièrement doué. Encore aujourd'hui, il y a des expressions qu'on
échappe une fois de temps en temps et, quand on les dit, on se rend compte qu'elles
appartiennent à Jean Lapierre, que ce sont des lapierrismes. Et, dès qu'on les
dit, le sourire est automatique et le souvenir est instantané.
Jean Lapierre a eu un impact considérable
dans la vie de tous ceux qu'il a côtoyés. C'est vrai pour moi, M. le Président,
je sais que c'est vrai pour le député de Granby et pour plusieurs autres ici.
Très tôt dans ma carrière, moi, j'ai eu la chance d'avoir Jean Lapierre comme
patron. Et, bien franchement, en matière de service public, j'ai tout appris de
lui. J'ai appris qu'il n'y a rien de plus important qu'une éthique de travail,
qu'il faut un équilibre familial. J'ai appris que la seule raison de faire de
la politique, c'est pour aider le monde et que, si tu n'aimes pas les gens, si
tu n'aimes pas les rencontrer, les écouter, bien, il y a d'autres jobs pour
toi.
Mais, au-delà de tout ça, M. le Président,
ce qui le caractérisait, c'était sa loyauté. À ce jour, moi, je ne connais
personne de plus loyal que Jean Lapierre. Pour être loyal à ses valeurs, il a
pris une des décisions les plus difficiles en politique, il a quitté sa famille
politique, et, avec les années, ses valeurs n'ont jamais changé. Pour être
loyal à son grand ami Paul Martin, malgré une carrière médiatique très réussie,
il est revenu en politique et, au fil du temps, il a été loyal avec tous ceux
avec qui il a collaboré. Une collaboration avec Jean Lapierre, ça avait une
date de début, mais ça n'avait pas de date de fin. Il s'occupait constamment
des gens qui l'ont épaulé dans ses différentes carrières. Jamais il ne les a
oubliés. Si quelqu'un n'allait pas bien, c'était le premier à prendre des
nouvelles, à voir comment il pouvait aider puis, si quelqu'un allait bien, c'était
le premier à vouloir te féliciter et à célébrer, et ça, c'est un trait de
caractère qu'on ne peut pas improviser, on ne peut pas faire semblant.
Ça fait maintenant 10 ans qu'il est parti.
Il me manque, M. le Président, tout le temps. Il manque aux Québécois...
11 h 01 (version non révisée)
M. Fortin :...aux Québécois. Mais, surtout, je suis convaincu qu'encore
aujourd'hui, là-haut, ce sont les Québécois qui lui manquent. Merci, M. le
Président. Merci, M. le chef de l'opposition officielle.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Et je reconnais maintenant M. le député de Granby.
M. Bonnardel : M. le
Président, je voudrais saluer Marie-Anne, qui est avec nous, Jean-Michel, la
famille, ceux qui nous écoutent. M. le Président, le 29 mars est une date
qui, année après année, revient avec un sentiment particulier. Tout le monde se
souvient, ou à peu près, où il, elle était le 29 mars 2016, une date qui
me ramène à un souvenir douloureux, celui de la disparition tragique de Jean,
de sa chérie Nicole, ses frères Marc, Louis et de sa soeur Martine. Une pensée
aux pilotes, Pascal et Fabrice. Dix ans ont passé, mais ce que j'ai ressenti
cette journée-là est toujours aussi présent.
J'ai eu le privilège de rencontrer Jean la
première fois pendant la campagne de 2007, campagne de 2007 où tout le monde,
en tout cas, comme élus ou aspirants élus, on écoutait Jean à 7 h 10,
7 h 10, avec Paul Arcand, et Jean qui annonce ce matin-là : Je
serai à Granby dans quelques heures. Vous pouvez vous imaginer le branle-bas de
combat, comme aspirant député, jeune élu, de me dire : Ça passe ou ça
casse. Puis je vois encore l'autobus arriver devant le local électoral, l'autobus
LCN avec la face de Jean d'un côté et de Richard Martineau de l'autre. Tout un
duo, tout un duo.
Puis Jean, bien, c'était ça, une présence,
une intensité, une capacité unique de saisir l'essentiel et de le rendre
accessible. Ses échanges à la radio, ses analyses à la télévision aux côtés de
figures comme Jean-Luc Mongrain, Mario Dumont, Paul... les trois Paul, Paul
Larocque, Paul Arcand, Paul Houde pouvaient, en quelques minutes, changer le
ton d'une journée politique, et parfois même, au coeur de cette intensité, il
trouvait moyen de faire rire, des fous rires même, de dédramatiser, de
rapprocher la politique des gens. Jean avait aussi ce talent rare, celui d'écouter.
Il a convaincu plusieurs de faire le saut en politique. Il a accompagné,
conseillé, soutenu avec une générosité sincère.
Bien sûr, on se souvient du député de
Shefford, du député d'Outremont, du communicateur brillant, de l'analyste
respecté, mais de là tout cela, ce que je retiens avant tout, c'est l'homme, un
homme de famille, un père aimant, un ami fidèle. Et ceux qui ont eu la chance d'entrer
dans son cercle le savent, avec Jean, l'amitié n'était jamais, jamais
passagère, elle était entière, et elle était pour la vie.
Jean, son passage en politique et dans les
médias a laissé une marque qui restera à jamais dans notre mémoire collective.
Elle sera un élément incontournable de comment j'allais approcher et faire de
la politique, et, pour cela, je ne pourrai jamais assez te remercier. Salut,
salut, Jean.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Granby. Et je cède maintenant la parole à M. le
député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Salut, salut, M.
le Président. Je veux saluer aussi la famille. Aujourd'hui, nous rendons
hommage, donc, à un homme qui aura marqué profondément la vie politique et
médiatique du Québec, Jean Lapierre.
Jean Lapierre avait la politique dans le
sang. À 21 ans, il était déjà chef de cabinet. C'est quand même
impressionnant. À 28 ans, il devenait le plus jeune ministre de l'histoire
à Ottawa. Mais, au-delà des titres et des records, il y avait surtout une
passion, celle de comprendre, d'expliquer et de faire vivre la politique. Il a
traversé les époques, les partis, les rôles, libéral, bloquiste, ministre,
analyste. Trajectoire marquée par des paradoxes, certes, mais surtout par une
constante, un attachement profond à la vie publique et à ce qui anime notre vie
démocratique au Québec.
Jean Lapierre était proche des élites,
mais n'a jamais perdu le lien avec le monde ordinaire. Il avait cette capacité
rare d'être à l'aise partout. Ça lui a grandement servi comme journaliste, car
l'histoire veut qu'il soit rapidement devenu le confident de nombreux
parlementaires. Ça l'a certainement contribué à sa marque de commerce comme
analyste politique. Un choix incontournable, une présence constante, une
compréhension fine des rapports de force. Il a toujours assumé pleinement son
rôle de commentateur, et c'est précisément ce qui le rendait si écouté. Il
parlait vrai, avec franchise, avec instinct.
Et puis il y avait le travailleur, le
bourreau de travail, celui qui n'arrêtait jamais, qui était toujours branché,
toujours informé et toujours prêt. Derrière cette énergie, il y avait aussi une
histoire personnelle, une sensibilité, une conscience aiguë de ce que
représentent le travail et la dignité...
11 h 06 (version non révisée)
M. Zanetti : ...et la dignité.
Sa disparition brutale nous rappelle à quel point la vie est fragile, mais elle
nous rappelle aussi l'empreinte qu'un individu peut laisser lorsqu'il se
consacre pleinement à ce qu'il aime.
Aujourd'hui, alors, au-delà des
différences politiques, nous pouvons tous reconnaître ce que Jean Lapierre a
apporté : une passion communicative pour la politique, un sens aigu du
débat public et une capacité unique à rapprocher les citoyens de leurs
institutions. Il s'agit là d'un très bel héritage. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Jean-Lesage. La parole revient maintenant à M. le
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Je veux d'abord saluer les enfants de Jean Lapierre ici présents, Marie-Anne
et Jean-Michel, Lucie, sa mère et Laure, sa sœur, qui nous écoutent sûrement.
M. le Président, il y a de ces événements
qui marquent les esprits, qui marquent notre histoire. Certains drames créent
une onde de choc qui nous émeut, nous afflige, nous ébranle même des années
plus tard. Chaque année, le printemps qui revient nous ramène tous au souvenir
de la tragédie aérienne qui a entraîné la disparition de Jean Lapierre, de sa
conjointe Nicole, sa sœur Martine, ses frères Marc et Louis, et de deux membres
d'équipage, Pascal et Fabrice. Puis, c'est le cas pour plusieurs Québécois, j'en
suis sûr, mais certainement pour tous les Madeliniennes et tous les Madelinots,
il s'agit de ces événements qu'on n'oublie pas, qui font qu'on se rappelle
parfaitement où on était, avec qui, ce qu'on faisait à cet instant précis.
Dans l'archipel, 10 ans plus tard, le
souvenir demeure vif. Pas seulement du fait que ce soit la pire catastrophe
aérienne que nous ayons connue dans l'histoire de l'archipel, mais c'est un
archipel où... il faut le rappeler, où le transport aérien est une réalité
quotidienne et un moyen de transport collectif essentiel. Mais ce n'est pas
seulement non plus parce que c'est une famille de chez nous qui a été touchée
cruellement, frappée, parce que c'était nos voisins, nos amis, mais aussi parce
que c'était la famille de Jean Lapierre.
Le souvenir de ces événements demeure
aussi vif aujourd'hui. La raison, elle est parce que le souvenir de Jean
Lapierre l'est tout autant. Avec une grande affection, avec respect et avec le
sourire, oui, tous se rappellent l'engagement profond et la personnalité
rayonnante de cet immense homme politique et communicateur né, en politique,
dans les médias, sur le plan communautaire et interpersonnel, voire sur le plan
de la langue et de ses usages tout à fait particuliers. Jean Lapierre nous a
marqués. Il savait mieux que quiconque traduire la politique, la décortiquer ou
susciter l'intérêt pour les affaires publiques, aussi bien celles à Québec ou à
Ottawa.
Dès son adolescence aux îles, Jean
Lapierre faisait preuve d'engagement et de leadership. Il avait la politique
dans la peau. Il a été entre 1974 et 1992, l'enfant terrible de la politique
sur la Colline à Ottawa. Chef de cabinet à seulement 21 ans, élu avec une
majorité de 10 000 voix en 1979 à seulement 23 ans, le ministre
le plus jeune de l'histoire du Parlement fédéral à 28 ans, en 1984. Pour
des raisons de principe qui l'honore, Jean Lapierre a suivi sa conscience et
quitté le Parti libéral pour joindre le Bloc québécois et être l'un de ses
fondateurs en 1990. Avec sa verve, il a même déclaré : J'ai trop de fierté
pour m'associer même une minute à Jean Chrétien. Il joint dans les jours
suivants le Bloc québécois, on le sait, mais il a quitté la politique en 1992
pour entamer une brillante carrière dans les médias. Je ne ferai pas l'étalage
de ces tours de force à cet égard, mais les Québécois se souviennent tous de
lui. Il a même fait un retour en politique, mais incontestablement il a marqué
le Québec. Il a certainement marqué les Îles-de-la-Madeleine et je désire
aujourd'hui lui rendre hommage. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Alors, cette motion est-elle
adoptée?
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Nous allons maintenant observer une minute de silence à la mémoire de M. Jean
Lapierre.
(Minute
de silence)
11 h 11 (version non révisée)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : ...je
vous remercie. La prochaine motion revient au deuxième groupe d'opposition, et
je reconnais M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter la
motion suivante conjointement avec le ministre responsable des Institutions
démocratiques, le leader de l'opposition officielle, la députée de Laporte, le
député de Rosemont, le député de Taillon, la députée de Saint-Laurent et la
députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que
les personnes en situation d'itinérance sont des citoyennes et citoyens à part
entière, titulaires des mêmes droits, dont le droit de vote;
«Qu'elle souligne que les obstacles à la
participation démocratique vécus par ces personnes doivent être reconnus et
pris en compte;
«Qu'enfin, elle demande à l'ensemble des
partis politiques représentés à l'Assemblée nationale de s'engager à appuyer la
mise en place du projet pilote proposé par Élections Québec visant à installer
des bureaux de scrutin dans des organismes communautaires afin de faciliter l'exercice
du droit de vote des personnes en situation d'itinérance, lequel garantit l'intégrité
du processus électoral.» Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme LeBel : Consentement sans
débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il y a consentement sans débat, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : ...un vote
électronique, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Un vote électronique a été demandé. La période de vote est ouverte.
La période de vote est terminée. M. le
secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 91
Contre : 0
Abstentions : 2
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est donc adoptée. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Est-ce qu'une copie de cette motion peut être envoyée aux groupes
suivants : le Directeur général des élections, le Réseau Solidarité
Itinérance Québec et le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de
Montréal, s'il vous plaît? Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Ce sera fait, M. le leader. La prochaine motion revient au troisième groupe
d'opposition, et je reconnais M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement
avec les députés de Taschereau et de Rosemont, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que la
recherche et la production d'hydrocarbures ne sont plus permises au Québec
depuis l'adoption de la Loi mettant fin à la recherche d'hydrocarbures ou de
réservoirs souterrains, à la production d'hydrocarbures et à l'exploitation de
la saumure, en 2022;
«Qu'elle rappelle à cet effet le vote
unanime des membres de l'Assemblée en faveur de la loi;
«Qu'elle rappelle les initiatives menées
par les citoyens et les élus municipaux de partout au Québec, y compris à
Sainte-Luce, au Bas-Saint-Laurent, afin d'empêcher l'exploration et l'exploitation
de gaz de schiste sur son territoire et de protéger l'eau des nappes
phréatiques;
«Et que, par conséquent, l'Assemblée
nationale réitère son opposition à la fracturation hydraulique et à l'exploitation
du gaz de schiste sur le territoire québécois.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme LeBel : Consentement, sans
débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il y a consentement sans débat. Alors, j'ai M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : ...un vote
électronique, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Un vote... période de vote est ouverte.
La période de vote est terminée. M. le
secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 91
Contre : 3
Abstentions : 0
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est donc adoptée...
11 h 16 (version non révisée)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : ...Nous
poursuivons. La prochaine motion revient au gouvernement, et je reconnais M. le
ministre de la Langue française.
M. Roberge : Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec les députés de Bourassa-Sauvé, d'Hochelaga-Maisonneuve,
de Taillon, de Rosemont, de Saint-Laurent, de Laporte et d'Abitibi-Est :
«Que l'Assemblée nationale dénonce fermement
le manque de respect du PDG d'Air Canada envers la langue française, les
familles québécoises endeuillées et l'ensemble des francophones de la
fédération;
«Qu'elle souligne que Michael Rousseau
n'en est pas à son premier affront en matière linguistique;
«Qu'elle rappelle que le français est la
seule langue officielle et commune du Québec;
«Qu'elle déclare que la réponse décevante
d'Air Canada à cette situation est incompatible avec les attentes légitimes des
Québécoises et des
Québécois;
«Que l'Assemblée nationale demande la
démission de Michael
Rousseau comme PDG d'Air Canada;
«Qu'elle rappelle au conseil
d'administration d'Air Canada ses responsabilités en matière linguistique et
son rôle de s'y conformer;
«Qu'elle exige que le prochain ou la
prochaine PDG d'Air Canada possède une maîtrise suffisante de la langue
française.»
(Applaudissements)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme LeBel : Oui, M. le
Président, il y a consentement, sans débat. On va vous demander également un
vote électronique sur cette question.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Un vote électronique a été demandé. La période de vote est ouverte.
La période de vote est terminée. M. le
secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 92
Contre : 0
Abstentions : 1
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est donc adoptée. Mme la leader de le... du gouvernement.
Mme LeBel : Merci, M. le
Président. On va vous demander que copie de la motion soit envoyée au président
du conseil d'administration d'Air Canada, M. Sørensen, ainsi qu'au Comité
permanent des langues officielles de la Chambre des communes, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Ce sera fait, Mme la leader. Nous avons une prochaine motion, et je cède la
parole à Mme la députée de Rimouski.
Mme Blanchette Vézina : Merci,
M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député d'Abitibi-Est, la
députée de Saint-Laurent et le député de Saint-Jérôme :
«Que l'Assemblée nationale réaffirme que
la disposition de dérogation prévue à l'article 33 de la Charte canadienne des
droits et libertés constitue un outil pleinement légitime inscrit dans la
Constitution... la Constitution, permettant à l'Assemblée nationale du Québec d'exercer
sa souveraineté parlementaire;
«Qu'elle rappelle que cette disposition
fait partie intégrante de la Constitution et qu'elle vise à assurer l'équilibre
entre le pouvoir judiciaire et la primauté des élus démocratiquement choisis;
«Qu'elle réaffirme le droit du Québec d'y
recourir, incluant de manière préventive, sans ingérence ni restriction de la
part du gouvernement fédéral ou de toute autre instance;
«Qu'elle dénonce formellement toute
tentative visant à limiter, encadrer ou neutraliser l'utilisation de cette
disposition par le Québec, notamment par l'utilisation du pouvoir, désuet et
antidémocratique... du pouvoir de désaveu ou par des initiatives politiques
fédérales, et
«Qu'en conséquence, elle affirme que toute
remise en question de ce droit fondamental constitue une atteinte directe à l'autonomie
du Québec et à sa capacité de légiférer selon les choix démocratiques de sa
nation.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme LeBel : Consentement, sans
débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il y a consentement, sans débat. Mme la députée de Rimouski.
Mme Blanchette Vézina : Avec
l'autorisation d'un groupe parlementaire ou de cinq députés, j'aimerais
demander un vote électronique, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Est-ce que j'ai un consentement d'un groupe... d'un des groupes
parlementaires ici? Parfait. Alors, nous allons maintenant procéder au vote
électronique. La période de vote est ouverte...
11 h 21 (version non révisée)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : ...La
période de vote est terminée, M. le secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 92
Contre : 0
Abstentions : 0
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est donc adoptée. Mme la députée de Rimouski.
Mme Blanchette Vézina : J'aimerais
qu'on envoie copie de cette motion à la première ministre de l'Alberta, Mme Danielle
Smith, le premier ministre de l'Ontario, M. Doug Ford, le premier ministre
de la Saskatchewan, Scott Moe, et le premier ministre du Canada, Mark Carney, s'il
vous plaît..
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Ce sera fait, Mme la députée de Rimouski. À la rubrique des avis des
travaux touchant les commissions, Mme la leader du gouvernement.
Mme LeBel : Merci beaucoup, M.
le Président. Alors, conformément à l'article 275 du règlement, la Commission
des finances publiques poursuivra le débat sur le discours du budget aujourd'hui,
dès que ledit débat sera suspendu à l'Assemblée jusqu'à 16 h 30 à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, ainsi que le mardi 31 mars 2026 de
9 h 45 à 12 h 30 à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de l'économie et du travail poursuivra
l'étude détaillée du projet de loi n° 11, Loi modifiant diverses
dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et
administratif, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures
et de 14 h à 16 h 30, à la... à la salle, pardon, Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des relations avec les citoyens
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 12, Loi instituant la
prestation de services de garde éducatifs à l'enfance par les personnes
reconnues à titre de responsables d'un service de garde éducatif en communauté,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, ainsi que le
mardi 31 mars 2026 de 9 h 45 à 12 h 30 à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de la santé et des services
sociaux poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 15, Loi modifiant
le Code des professions et d'autres dispositions principalement afin d'alléger
les processus réglementaires du système professionnel et d'élargir certaines
pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 14 heures
à 16 h 30 à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission de l'aménagement du
territoire entreprendra les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi visant à
favoriser l'accès au logement et modifiant diverses dispositions concernant le
domaine de l'habitation, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des
commissions jusqu'à 13 h 5 et de 14 heures à 16 h 25,
ainsi que le mardi 31 mars 2026 de 10 heures à 12 h 25
à la salle des Premiers-Ministres;
Enfin, la Commission de l'économie et du
travail entendra les intéressés et procédera à l'étude détaillée du projet de
loi d'intérêt privé n° 200, Loi concernant Le Country Club de Montréal, le
mardi 31 mars 2026, de 11 h 30 à 12 h 30, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
Et la Commission de l'aménagement du
territoire entendra, quant à elle, les intéressés et procédera à l'étude
détaillée du projet de loi d'intérêt privé n° 204, Loi concernant la Ville
de Gatineau, le jeudi 2 avril 2026, de 14 heures à 16 h 30,
à la salle des Premiers-Ministres. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la leader adjointe du gouvernement. Y a-t-il consentement pour
déroger à l'article 143 du règlement concernant l'horaire des travaux des
commissions?
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Consentement. Merci. Pour ma part, je vous avise que la Commission des
relations avec les citoyens se réunira en séance de travail aujourd'hui, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, de 13 heures à 13 h 30, afin
de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de la pétition
portant sur la mise en place de mesures spéciales d'immigration pour les
citoyens ukrainiens, et de 13 h 30 à 14 heures, afin de statuer
sur la possibilité que la commission se saisisse de la pétition portant sur une
demande visant à garantir un financement adéquat du CALACS de Longueuil.
À la rubrique des renseignements sur les
travaux de l'Assemblée, je vous rappelle que, lors de l'interpellation prévue
demain, le vendredi 27 mars 2026, M. le député de Taschereau s'adressera
à Mme la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l'Action
communautaire sur le sujet suivant : Le milieu communautaire au bout du
rouleau. Des conditions insuffisantes pour répondre aux besoins de la
population.
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires prioritaires. Aux affaires
prioritaires, à l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat
ajourné le 25 mars 2026 sur la motion de M. le ministre des Finances...
11 h 26 (version non révisée)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : ...proposant
que l'Assemblée approuve la politique budgétaire du gouvernement ainsi que sur
les motions formulant un grief présentées au cours de ce débat.
Avant de céder la parole au prochain
intervenant, je vous informe qu'il y a 11 h 16 min 24 s
d'écoulées à la première étape du débat. La répartition du temps de parole
restant est la suivante : 28 min 57 s au groupe
parlementaire formant le gouvernement, 42 min 21 s au groupe
parlementaire formant l'opposition officielle, 34 min 33 s au
deuxième groupe d'opposition et 27 min 45 s au troisième groupe
d'opposition.
Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, je reprends mon discours, qui a terminé tôt
hier soir. Et juste pour reprendre, les derniers mots que j'avais dit, c'est :
Dans le fond, c'est un budget qui est sincèrement déconnecté de la réalité
économique et sociale des Québécois. 9,9 milliards de dollars en
déficit, M. le Président, ça veut dire que la majorité des efforts reposera sur
les épaules du prochain gouvernement pour ramener un budget équilibré et la
rigueur nécessaire pour s'assurer que nous sommes à la hauteur des besoins des
Québécois et Québécoises, Et la tâche ne sera pas facile. Mais ça, c'est grâce
à sept budgets déficitaires dont nous avons eu... dignes d'en débattre ici, à l'Assemblée
nationale du Québec.
Je dirais, en disant ça, M. le Président,
ça veut dire que la CAQ n'a vraiment pas de crédibilité économique. Puis c'est
désolant parce que ça, après huit ans au pouvoir, les Québécois auront dû avoir
un gouvernement à l'écoute de leurs besoins, un gouvernement qui n'a pas pris
des risques avec leur argent... gagné, durement gagné, mais ce n'est pas ça que
nous avons eu. Puis ils sont en train de pelleter les problèmes avant, et on
laisse la facture à des futures générations, des futures générations, comme vos
enfants, vos petits enfants, M. le Président, mes enfants, les citoyens de Viau,
que, j'ose croire, vous envoient beaucoup de messages parce qu'ils partagent
ces inquiétudes-là.
Les Québécois et le Québec méritent mieux
qu'un budget défensif. Parce que c'est ça, ce budget, ils ont... Dans le fond,
ce qu'ils ont besoin, c'est d'avoir un gouvernement libéral au pouvoir, qui va
être là pour l'économie, un gouvernement libéral qui va mettre vers l'avant et
soutenir nos PME avec des mesures structurantes, un gouvernement libéral qui va
investir dans la sécurité publique et la prévention et assurer un environnement
économique stable et prévisible. C'est ça que les Québécois souhaitent. C'est ça
dont ils méritent avoir et ce qu'ils n'ont pas eu depuis les huit dernières
années. Ce qu'il faut vraiment, M. le Président, c'est de ne pas gérer à court
terme, mais... sincèrement, ce serait de bâtir le Québec de demain. Et c'est ça
que le Parti libéral du Québec, avec Charles Milliard, fera.
Je dois soulever et reconnaître la grande
expertise de mon collègue de Marguerite-Bourgeoys lors de toutes ses
interventions pour le budget, les explications, de sortir tous les faits et d'essayer
de voir ce qui est beau dans ce budget, mais aussi de nous encadrer. Puis j'ai
demandé d'avoir des précisions parce qu'au comté de Westmount—Saint-Louis, M.
le Président, nous avons quand même énormément de PME. Puis il y a quand même
dit, dans son discours d'une heure : 97,5 des entreprises au Québec sont
des PME. Il y en a partout, dans le comté de Westmount—Saint-Louis, des PME qui
sont inquiets après un septième budget déficitaire. C'est 17 régions., quand on
parle des PME, puis c'est la colonne... vertébrale du Québec.
C'est un budget qui oublie complètement
les PME, qui sont pourtant le moteur réel économique du province du Québec. On
coupe dans l'accompagnement des entreprises pendant qu'on augmente l'interventionnisme
vraiment inefficace. Et les PME, je l'avais dit, ont besoin de la prévisibilité
et de la stabilité. Et, dans Westmount—Saint-Louis, ce sont les commerces de
proximité, ce sont nos restaurateurs, ce sont nos bars, nos entrepreneurs
culturels qui subissent l'impact d'un budget... septième budget déficitaire
puis qui...