Journal des débats (Hansard) of the Committee on Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Thursday, April 27, 2023
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Vol. 47 N° 10
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation
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Intervenants par tranches d'heure
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Ciccone, Enrico
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Fortin, André
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Lamontagne, André
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Zaga Mendez, Alejandra
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Lamontagne, André
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Zaga Mendez, Alejandra
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Ciccone, Enrico
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Fortin, André
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Bérubé, Pascal
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Lamontagne, André
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Bérubé, Pascal
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Ciccone, Enrico
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Fortin, André
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St-Louis, François
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Ciccone, Enrico
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Fortin, André
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Lamontagne, André
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Fortin, André
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Lamontagne, André
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Ciccone, Enrico
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Zaga Mendez, Alejandra
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Lamontagne, André
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Zaga Mendez, Alejandra
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Ciccone, Enrico
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Fortin, André
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Lamontagne, André
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Zaga Mendez, Alejandra
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Ciccone, Enrico
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Fortin, André
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Sincennes, Jacques-Félix
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Sainte-Croix, Stéphane
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Sainte-Croix, Stéphane
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Lamontagne, André
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Ciccone, Enrico
11 h (version révisée)
(Onze heures trente minutes)
Le Président (M. Ciccone) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Agriculture, Pêcheries et
Alimentation pour l'exercice financier 2023-2024. Une enveloppe de 3 h 15 min a
été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Bogemans (Iberville) est remplacée par M. Caron (Portneuf) et M.
Poulin (Beauce-Sud), par Mme Grondin (Argenteuil).
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'échange,
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi, vers 15 h
45...
11 h 30 (version révisée)
Le Président (M. Ciccone) : ...sera
effectué à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi, vers 15 h
45. Je suis prêt maintenant à entendre et reconnaître une première intervention
de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange. M. le député de
Pontiac, vous avez la parole pour 17 min 50 s.
M. Fortin :Merci, M. le Président. Bonjour. J'espère que vous allez
bien. J'espère que l'ensemble des collègues vont bien. M. le ministre, vous
aussi, je suis certain que vous vous portez bien ce matin. Vous avez l'air en
forme. Je suis content de voir vos équipes ici en grand nombre. J'apprécie la
présence des gens de La Financière, et de la CPTAQ, là, et de l'ensemble de vos
partenaires. C'est grandement apprécié. Vous allez comprendre si on ne perd pas
trop de temps parce qu'on a une durée limitée aujourd'hui puis on a beaucoup de
sujets qu'on aimerait traiter avec vous.
Puis vous ne serez pas surpris qu'on
commence par le secteur du porc parce que c'est le secteur qui est, appelons
ça, en crise, mais je ne pense pas que c'est trop dire que c'est un secteur en
crise en ce moment au Québec. Moi, j'ai ici un document qui nous vient de La
Financière agricole, qui nous indique essentiellement les coûts de production d'un
producteur moyen en porc, et ça, c'est de janvier à décembre 2021. Je
pourrai... on pourra le déposer à la commission puis on va le faire parvenir,
là, mais c'est un document de La Financière agricole, qui se trouve sur leur
site Web, encore une fois, pour l'année 2021, et ce qu'on nous dit ici, quand
on calcule tous les coûts, tous les frais variables, les frais fixes, c'est que
les coûts de production pour une ferme porcine, c'est environ 2 022 000 $,
une ferme moyenne, et, quand on regarde les revenus pour la même ferme, 1,9 million.
C'est-à-dire que, selon les estimations du gouvernement, de La Financière
agricole, ils fonctionnent à perte.
M. le ministre, vous êtes un homme d'affaires
aguerri. Je vous reconnais cette capacité-là. Est-ce que vous continueriez dans
ce secteur-là avec des revenus et des coûts de cet ordre de grandeur là?
M. Lamontagne : Bien, merci à
mon collègue pour sa question. Juste quelques secondes, là, pour saluer M. le
Président. Bienvenue à cette commission-là. Vous m'avez manifesté il y a
quelques jours votre grand intérêt pour les sujets qu'on discute. Alors, merci.
Merci beaucoup aussi à tous mes collègues qui font partie de la commission, très
apprécié que vous soyez là. Mon collègue député de Pontiac et puis, bien,
bientôt, mes collègues vont se joindre à nous, mais très heureux d'être avec
vous. Puis je veux saluer toute mon équipe qui est avec nous. Une session comme
aujourd'hui, l'objectif, c'est de donner le portrait le plus juste et les
meilleures réponses possibles. Alors, il y a plein de gens, là, qui ont
travaillé très fort. Alors, aujourd'hui, c'est comme un peu la culmination de
ça. Alors, très heureux d'être là.
Bien, pour répondre à votre question, cher
collègue, bien, première des choses, si je suis en affaires, bien, à un moment
donné, j'ai un plan d'affaires. Après ça, j'ai des états financiers, j'ai des
projections financières, puis je développe une compréhension de l'environnement
dans lequel je me trouve. Ça fait qu'il peut arriver, effectivement, qu'une
année ce soit plus difficile, il peut arriver que j'ai des années que ce soit
moins difficile, mais ce qui est important, c'est d'avoir une compréhension de
l'environnement dans lequel je me trouve puis, ultimement, d'avoir un modèle d'affaires
qui est viable.
La particularité qu'on a dans la majorité
des secteurs qu'on a au Québec, on a des programmes de soutien de revenu. Dans
le secteur porcin, ça s'appelle l'assurance soutien du revenu agricole, et
puis, quand une personne d'affaires analyse les opérations de son entreprise
dans le présent, mais aussi se projette dans le futur, bien, elle tient compte
de ces revenus-là. Je vais vous donner un exemple. En 2022, il y a eu 12,2
milliards de revenus à la ferme, puis, à ça, il s'est additionné 600
millions de dollars en soutien de revenu à nos agriculteurs, nos
agricultrices sur le territoire.
Alors, ça fait partie de leur modèle d'affaires.
Vous avez sorti une année. Il faudrait voir, sur un certain nombre d'années,
comment s'inscrit la rentabilité de l'entreprise, mais il faut voir ça, c'est
ça, dans un contexte des années sur lesquelles la vie de l'entreprise s'étend
puis, après ça, aussi de tenir compte de la mécanique de soutien de revenu, là,
qui est associée à l'opération déjà.
M. Fortin :OK, je reviens à ma question. Pour 2,022 millions de coûts,
il y a 1,9 million de revenus. C'est la ferme moyenne. Alors, oui, on peut
regarder l'environnement. On peut trouver des façons d'être parmi les plus productifs.
On peut améliorer notre <productivité en investissant...
M. Fortin :
...on peut améliorer notre >productivité en
investissant. Il reste que ça, c'est la ferme moyenne au Québec. Alors, de
façon moyenne, l'analyse gouvernementale, c'est qu'en 2021 il y avait une perte
dans le secteur porcin. On est d'accord là-dessus, là?
M. Lamontagne : Les chiffres que
vous me présentez, là, ça semble être crédible.
M. Fortin :OK. Est-ce que, selon vous, ça s'est amélioré depuis 2021?
Est-ce que le secteur porcin est plus profitable qu'il ne l'était il y a deux
ans?
M. Lamontagne : Présentement,
je vous dirais, le secteur porcin traverse une période qui est vraiment pleine
de défis. Il y a vraiment des enjeux, des enjeux qui sont structurels. On a vu
depuis les dernières années, là... Un, vous savez, mon collègue, que la
particularité du secteur porcin, c'est qu'à peu près 75 %, 80 % de sa
production est exportée. Alors, les variables selon lesquelles l'industrie se
gouverne ne sont pas des variables locales, ne sont pas des variables
canadiennes, sont des variables mondiales. Alors, on parle du prix mondial. On
parle de la compétitivité des entreprises. On parle de la géopolitique. On
parle de nos accès aux marchés. Alors, au cours des dernières années, ce qu'on
a vu, c'est vraiment un bouleversement dans les structures, tous les pays qui
sont producteurs de porc.
M. Fortin :...là-dessus, là, il y a eu un bouleversement. Il y a des
situations externes qui font en sorte que c'est difficile dans le secteur du
porc. Je suis d'accord. Je n'argumenterai pas sur votre concept de
géopolitique, là. Ce que je veux, c'est un oui ou un non. Est-ce que c'est plus
profitable en 2023 que ça ne l'était en 2021, être producteur de porc au
Québec?
M. Lamontagne : Bien, ce que...
Le Président (M. Ciccone) : Juste
une précision. J'aimerais que les réponses soient... qu'ils viennent avec le
nombre de temps que la question est posée, s'il vous plaît.
M. Lamontagne : Bien sûr, puis,
si, admettons, que je manquerais un petit peu d'information, mon collègue peut
toujours demander d'en rajouter. Je n'ai pas de problème avec ça.
Le Président (M. Ciccone) : Parfait.
Merci.
M. Lamontagne : Bien, ce que
je dois vous dire, l'année de référence que vous m'avez donnée, c'est 2021.
Alors, en 2021, à ma connaissance, il y a eu 75 millions de soutien de
revenu qui a été amené aux producteurs. En 2020, il n'y a pas de soutien de
revenu qui a été amené aux producteurs. L'année précédente, à mon souvenir, il
n'y avait pas eu de soutien. 2022, ça a été une année où, encore là, les grands
vents ont frappé, c'est 240 millions de dollars qui ont été apportés
en soutien aux producteurs agricoles. Alors, ça, si on fait une mathématique
avec les fermes moyennes, 240 millions de dollars, c'est beaucoup de
soutien pour plusieurs entreprises. Alors, à votre question, à savoir si ça a
été des années... une année profitable, bien, ça a été une année qui a été très
difficile.
M. Fortin :Exact, c'est une année qui est très difficile. Est-ce que
votre prévision pour cette année, c'est que ça va s'améliorer? Est-ce que vous
pensez que la profitabilité va être meilleure en 2023 qu'en 2022 en enlevant la
stabilisation, là, du revenu?
M. Lamontagne : Bien,
c'est-à-dire, vous ne rendez pas service... En tout respect, vous ne rendez pas
service...
M. Fortin :Non, non, mais... non, mais, attention, là, parce que
l'assurance, là, c'est une... c'est une béquille. C'est supposé d'être là au
moment où il se passe quelque chose, on en a vraiment besoin. Ce n'est pas
supposé d'être quelque chose sur lequel on se fie année, après année, après
année. Alors, c'est beau qu'elle est là quand on en a besoin, mais là, si on se
fie là-dessus année après année, il y a un problème. Alors, je vous demande :
Est-ce que, cette année, là, en enlevant l'assurance... est-ce que ça va être
plus profitable que les dernières années, selon vous?
M. Lamontagne : Bien, un,
honnêtement, là, de parler d'une béquille pour le système de soutien de revenu,
dans cette industrie-là, qui est le plus généreux et le plus flexible au
Canada, je trouve que c'est un petit peu réducteur, M. le député, puis de...
M. Fortin :Non, mais une béquille, c'est là qu'on en a besoin, quand
il y a quelque chose qui se passe, puis on en a besoin, là, mais on ne veut pas
marcher avec ça tout le temps. C'est ça, l'idée.
M. Lamontagne : Oui, oui, bien,
justement, je vous dirais, l'industrie traverse présentement des vents comme
elle n'en a pas traversé depuis des années et des années. Alors, de voir
qu'aujourd'hui ce système-là qui est en place pour assurer la stabilité de nos
fermes, qu'il opère puis qu'il produise les résultats qui sont escomptés dans
des périodes de grand vent, je vais vous dire, c'est certainement une bonne
nouvelle, mais, pour répondre à votre question, l'année 2022 a été très
difficile. On vient d'avoir la signature d'une nouvelle entente de mise en
marché, qui a été volontaire, entre les producteurs puis les transformateurs.
Il va devoir y avoir un plan de réduction de la capacité de production au
Québec. On ne peut pas s'attendre à ce que ce soient des jours faciles, au
cours des mois qui s'en viennent, au niveau des producteurs.
• (11 h 40) •
M. Fortin :Mais ça, c'est à peu près... En tout respect, M. le
ministre, là, c'est à peu près la pire réponse que vous pouvez donner, puis je le
sais, que vous dites exactement la même chose que le premier ministre a dite il
n'y a pas très longtemps, là : Il va devoir y avoir une réduction. Ça,
c'est en... Vous êtes en train de dire aux producteurs que certains d'entre
vous vont être obligés de mettre la clé dans la porte. C'est ça que vous êtes
en train de dire, c'est que : Nous, on regarde ce qui se passe dans... en géopolitique
mondiale puis on pense... effectivement, on va être obligés de réduire notre
production. Est-ce que vous êtes en train de <prendre des actions, vous,
spécifiquement...
M. Fortin :
...que vous êtes en train de >prendre des
actions, vous, spécifiquement, au ministère de l'Agriculture, vous, dans votre
cabinet, vous personnellement, pour développer des nouveaux marchés, pour voir
comment on peut compenser pour la perte? Parce qu'il y en a des gens qui vous
disent, là, que c'est possible d'aller dans de nouveaux marchés, là.
L'agroéconomiste Sébastien Pouliot en fait partie. Il y en a, des marchés sur
lesquels on peut se développer en ce moment. Est-ce que vous êtes en train de
travailler là-dessus ou si vous avez juste abdiqué en disant : On va
réduire la production, puis ça va être ça?
M. Lamontagne : Bien, M.
le député, si vous avez lu vos documents de crédits, vous voyez à quel point
qu'on est investis pour le développement de marchés sur tous les marchés. Puis
d'ailleurs vous commentiez ma visite au Japon en disant que ce n'était pas
bien, bien sexy d'aller parler de production d'érable, là, mais qu'en bout de
ligne je devrais m'occuper des secteurs porcins. Bien, le Japon, c'est notre
deuxième plus gros secteur importateur, et puis j'ai eu sept ou huit rencontres
avec nos plus grands importateurs porcins, avec l'objectif de mieux comprendre
leur réalité, mais de venir consolider nos marchés d'affaires.
Ceci étant dit, le développement
d'affaires sur des marchés, on est en accompagnement, mais nos grands
transformateurs au Québec, on en a plusieurs, sont sur les marchés
internationaux, sont à la recherche de nouvelles opportunités. Et notre rôle,
entre autres, par notre programme de développement de marchés, mais aussi par le
Groupe Export, par nos analystes au ministère, bien, c'est de venir en
accompagnement, mais il y a certainement un démarchage important. Le propre de
cette industrie-là, M. le député, c'est l'exportation. Moi, je les invite à en
faire davantage pour essayer d'en faire un peu plus pour le Québec, mais, au
départ, on produit davantage que ce qu'on consomme au Québec. Alors, le propre
de cette industrie-là, c'est d'exporter. Ça fait que soyez assuré que tous les
joueurs sont mobilisés pour avoir accès aux meilleurs marchés possibles, aux
meilleures conditions commerciales possibles.
M. Fortin :Mais je n'ai aucun doute, là, que les joueurs, les
transformateurs veulent trouver des nouveaux marchés. Je n'ai aucun doute, mais,
vous me le dites vous-même, votre rôle, c'est de les accompagner, de les aider
et de leur donner du soutien, vous avez des programmes pour ça, mais vous
acceptez quand même une réduction massive de... puis ce que... Vous vous
revirez de bord après ces rencontres-là puis vous dites aux producteurs :
Bien, désolé, vous allez devoir réduire votre production. Ça ressemble pas mal
à abdiquer, ça.
M. Lamontagne : Bien, ce
qui est important, M. le député, c'est que, présentement, que ce soit au
Danemark, que ce soit... Bien, on l'a vu, la Chine, ce qui s'est passé avec la
Chine dans les dernières années, mais les grands pays exportateurs de... ou
producteurs et exportateurs sont tous présentement en restructuration. Ce n'est
pas quelque chose qui est unique au Québec, là. Il y a des changements dans
toute la chaîne d'approvisionnement mondiale. Alors, au Québec, là, nos
transformateurs et les producteurs, ce qu'on appelle notre filière porcine, ont
pris acte de ces changements-là et ont convenu ensemble récemment d'une nouvelle
façon de faire des affaires pour chercher à développer l'agilité nécessaire
pour composer avec ces fluctuations-là puis ces changements au niveau du
commerce mondial du porc.
M. Fortin :OK, là, on a convenu, là, vous et moi, qu'en 2021, puis ça,
c'est vos documents, déjà, là, les producteurs perdaient de l'argent. En 2022,
ça ne s'est pas amélioré. En 2023, vous ne m'avez pas dit que la perspective va
s'améliorer, vous me dites : Il y en a qui vont devoir mettre la clé dans
la porte. Puis, en même temps, le marché mondial change. On a moins d'acheteurs
qu'on en avait.
Le problème avec ça, quand vous dites aux
gens qu'ils vont devoir mettre la clé dans la porte, là, c'est que ça donne ça,
ici, là, des producteurs qui vivent des moments extrêmement difficiles, puis,
quand vous l'ouvrez... Quand j'ouvre La Terre de chez nous cette
semaine, là, je vois des producteurs qui s'appellent Kevin, Mathieu, Guillaume,
qui sont en train de mettre la clé dans la porte. Ce n'est pas des gens qui
s'appellent Alfred, Albert puis Norbert, c'est des gens d'une jeune génération,
qui prennent cette décision-là de mettre la clé dans la porte.
Qu'est-ce que vous êtes en train de faire
dans le secteur du porc, là, pour vous assurer que les producteurs de la
relève, ceux qui vont être là pendant un autre 30-40 ans, c'est eux qui
restent dans le marché? On a besoin d'eux parce qu'on va en avoir besoin encore,
du porc, j'espère, au Québec, longtemps. Alors, qu'est ce que vous faites pour
vous assurer que ces producteurs-là qui viennent de faire des investissements
importants restent? Parce qu'à la lecture de leurs témoignages, là, c'est loin
d'être clair qu'il y a une aide gouvernementale à ça.
M. Lamontagne : Oui, bien,
première des choses, là, dites-vous une chose, première chose, je lis les mêmes
journaux que vous, puis je suis en contact...
M. Fortin :Je n'en ai aucun doute, que vous êtes très bien informé.
M. Lamontagne : Je suis
en contact avec plusieurs producteurs, M. le député. Puis la période qu'on
traverse présentement, là, c'est une période qui est excessivement difficile,
qui est excessivement insécurisante. Pas plus tard qu'il y a deux semaines, je
visitais encore... j'étais avec un producteur porcin, puis on discutait <ensemble,
puis il m'expliquait...
M. Lamontagne :
...puis
on discutait >ensemble, puis il m'expliquait comment il allait essayer
de gérer son risque autour des 12 à 18 mois qui s'en viennent, parce que
ce qui se passe présentement, là, il y a une lumière un peu au bout du tunnel.
On le voit sur les marchés, un peu, des futurs, si on veut, de... Quand on
regarde les prévisions par rapport aux prix de ça, il y a tout un marché comme
ça, puis, quand les gens regardent ça, bien, à un moment donné, ils peuvent
voir une lumière loin en avant, mais, en bout de ligne, aujourd'hui, là, c'est
excessivement difficile.
Puis je dois vous dire que le souci pour
notre relève, le souci pour notre jeune relève... mon souci, c'est de m'assurer
qu'à l'intérieur de cette restructuration qui se fait, à l'intérieur du plan de
retrait qui va être mis en place... Le plan de retrait, aujourd'hui, M. le
député, là, on est encore en attente, parce qu'ultimement, je veux dire, c'est
les éleveurs de porc qui vont convenir, ils ont toute la connaissance de leur
structure, de leurs membres, et tout ça, qui sont à travailler un plan de
retrait. Puis, naturellement, les souhaits ou la consigne que j'ai pu
manifester, c'est de faire en sorte que ce plan de retrait là va mettre de
l'avant, là... s'assurer... Le modèle qu'on a au Québec, là, la diversité de
femmes, va s'assurer de prendre soin justement de nos jeunes, là, qui vont être
là, puis c'est eux autres qui vont faire la fierté de la filière pour des
années à venir. Alors, ce plan de retrait là, qui est à venir, qui doit nous
être soumis par les éleveurs de porc, va devoir tenir compte de ces
variables-là, M. le député, là.
M. Fortin :Oui, mais, vous et moi, on lit peut-être les mêmes
journaux, là, mais, clairement, on ne parle pas aux mêmes producteurs, parce
que, quand vous me dites qu'il y a de la lumière au bout du tunnel, ce qu'on
entend de la part des producteurs, c'est qu'ils ne la voient pas. Pour la
première fois, là, ils ne la voient pas, ils ne la sentent pas, ils ne sentent
pas qu'il y a une possibilité future, puis ce n'est pas juste eux, leurs
bailleurs de fonds leur disent. Quand ils vont à la banque, ces gens-là, ils se
font dire : Oui, je pense que tu devrais penser au plan de retrait, pas
juste parce que le gouvernement leur dit que c'est la chose à faire, qu'il va y
avoir des fermetures nécessaires, parce que, financièrement, leurs bailleurs de
fonds ne la voient pas, cette lumière au bout du tunnel là. J'espère que vous
entendez ces témoignages-là aussi puis que vous ne voyez pas juste le positif,
là.
M. Lamontagne : Bien, première
des choses, honnêtement, là, j'entends très bien puis je... Tout ce qui se
passe dans le secteur porcin depuis des mois, et des mois, et des mois, là,
c'est quelque chose que je suis. Si ce n'est pas à la journée, je suis ça à la
semaine.
M. Fortin :Bien, j'espère que c'est à la journée même.
M. Lamontagne : OK, après ça,
après ça, je vous dirais, là, quand j'ai été reconduit dans mes fonctions à
titre de ministre de l'Agriculture, j'ai demandé à La Financière agricole de
s'assurer d'avoir un portrait fin de toute la situation financière de toutes
nos entreprises pour être capable de suivre puis d'intervenir...
Le Président (M. Ciccone) :
En terminant, s'il vous plaît.
M. Lamontagne : ...que La
Financière puisse intervenir, là, je veux dire, d'une façon individuelle, pour
les... nos producteurs, nos productrices, là, qui en ont le besoin, là.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, merci beaucoup. Avant de reconnaître un autre intervenant, j'aimerais
que tout le monde ferme la sonnerie, s'il vous plaît, le son de tous vos
appareils électroniques, incluant vos «laptops». Merci.
Maintenant, je suis prêt à reconnaître un
membre du deuxième groupe de l'opposition. Mme la députée de Verdun, vous avez
un temps alloué de 17 min 50 s.
• (11 h 50) •
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre. Bonjour aux collègues de la
banquette ministérielle, également aux collègues de l'opposition, des deux
oppositions. J'aimerais entendre... Je suis contente d'avoir cet échange. On
n'a pas eu beaucoup d'échanges en Chambre.
Alors, ma première question, c'est sur le
gaspillage alimentaire. On a eu un premier échange il y a quelques semaines
suite à une nouvelle que je pense qui a troublé beaucoup de monde au Québec.
Alors, je voulais commencer pour savoir est-ce que le ministre reconnaît que le
gaspillage alimentaire, c'est un enjeu au Québec présentement.
M. Lamontagne : De façon plus
large, je dirais à ma collègue... Bien, bienvenue, très heureux d'être avec
vous en commission aujourd'hui.
Je vous dirais que la question du
gaspillage alimentaire, c'est un enjeu qui est dans toutes les sociétés
industrielles. Au Québec, c'est quelque chose sur laquelle on est conscients,
mais, en même temps, il y a une mobilisation aujourd'hui qui est sans précédent,
si on se compare à il y a cinq ans, il y a 10 ans, pour venir contrer
toute la question du gaspillage alimentaire, là, dans toute la production
alimentaire, là.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
vais revenir tantôt sur la mobilisation puis les mesures, mais j'aimerais
savoir comment que le ministre s'est senti quand il a appris le scandale de
Couche-Tard il y a deux semaines. Comment est-ce qu'il s'est senti?
M. Lamontagne : Bien,
écoutez, c'est des pratiques, en 2023, qu'on va dire qui sont... qui sont
certainement malavisées, qui n'ont pas lieu d'être. Et puis, suite à ça, bien,
mon collègue le <ministre de l'Environnement a sollicité...
M. Lamontagne :
...bien,
mon collègue le >ministre de l'Environnement a sollicité une rencontre
avec... avec la direction de Couche-Tard pour voir quels allaient être les
gestes qu'ils allaient mettre en application pour avoir un comportement plus
exemplaire à ce niveau-là, là.
Mme Zaga Mendez : J'ai eu la
chance d'avoir l'échange, hier, avec le ministre de l'Environnement, en effet.
Je voulais poser la question. Est-ce que vous comptez rentrer en contact aussi
avec Couche-Tard et vous asseoir avec le ministre de l'Environnement et la
multinationale?
M. Lamontagne : Bien, dans un
premier temps, je vous dirais, je vais laisser mon collègue avoir sa rencontre
puis qu'il me fasse rapport. Je dirais, honnêtement, on travaille en grande,
grande collégialité. Moi, les choses sur lesquelles, aujourd'hui, je suis... je
suis mobilisé, c'est d'être aidant pour faire en sorte que toutes ces
initiatives-là sur le territoire soient les plus percutantes possibles pour
permettre de réduire au maximum le gaspillage alimentaire. Et une chose qu'on a
fait, c'est que, comme je dis, il y a vraiment plusieurs initiatives sur le
territoire, on a donné un mandat à CIRANO de répertorier l'ensemble des mesures
pour, après ça, faire en sorte qu'on puisse prioriser ou inviter à prioriser
les mesures qui sont les plus... je vais employer l'expression, les plus
payantes, si on veut, là, qui donnent les meilleurs résultats, là.
Mme Zaga Mendez : Est-ce
qu'aujourd'hui le ministre pourrait nous dire combien de mesures sont prises
par son ministère afin de réduire le gaspillage alimentaire, et quels sont les
résultats?
M. Lamontagne : Bien, je vous
dirais, le ministère comme tel n'est pas engagé dans la réduction du gaspillage
alimentaire. Le ministère est engagé en soutien avec différentes initiatives
pour contrer le gaspillage alimentaire. Un exemple de ce soutien-là, bien,
c'est le soutien qu'on donne aux cuisines solidaires puis à La Tablée des chefs,
qui fait en sorte qu'aujourd'hui on a une organisation qui, dans la dernière
année, par voie de récupération, a réussi à cuisiner 2 millions de
portions pour remettre aux banques alimentaires pour personnes dans le besoin.
Mme Zaga Mendez : Alors donc,
bien, tantôt vous nous disiez que vous reconnaissez que c'est un enjeu, que
c'est un problème dans toutes les sociétés industrialisées. On n'est pas... on
n'est pas les seuls à avoir ce problème-là. Ceci dit, au Québec, on parle de
1,2 million de tonnes de matières organiques, de nourriture qui se
retrouve à la poubelle, et là vous venez de dire, si j'ai bien compris, que le
ministère de l'Alimentation, qui est le... qui a le pouvoir d'agir là-dessus,
n'est pas engagé à la réduction. Il est engagé à quoi au juste?
M. Lamontagne : Non, ce que
j'ai expliqué, Mme la députée, c'est qu'on est en accompagnement...
Mme Zaga Mendez :
Accompagnement.
M. Lamontagne : ...avec toutes
les initiatives qui sont sur le territoire. Un bel exemple qu'on peut avoir,
c'est toute l'initiative du Programme de récupération en supermarchés, où on a
vu... On est rendus aujourd'hui à 657 supermarchés qui sont engagés à
récupérer les invendus. Il y a tout un circuit qui a été organisé avec les
banques alimentaires, avec les moissons, pour faire en sorte qu'il y ait une
récupération à toutes les semaines. Aujourd'hui, il y a 657 supermarchés.
L'année passée, il y en avait 434. L'an prochain, il va y en avoir tout près de
800. Ça, c'est des initiatives qu'on soutient, ça.
Mme Zaga Mendez : Et combien
de tonnes ont été réduites?
M. Lamontagne : L'an passé,
c'est 6,3 millions de kilos qui ont été ramassés, pour une valeur d'à peu
près 70 millions de dollars.
Mme Zaga Mendez : Dont
6,3 millions de kilos sur 1,2...
M. Lamontagne : C'est le Programme
de récupération en supermarchés, oui.
Mme Zaga Mendez : ...ça, c'est
juste supermarchés, mais, je vous dis, on parle en termes des tonnes,
1,2 million de tonnes qui sont... Ça fait qu'est-ce que vous pouvez me dire...
On se rend compte que l'accompagnement, c'est... n'arrive pas à réduire de
beaucoup le gaspillage alimentaire. Est-ce que vous êtes d'accord avec moi?
M. Lamontagne : Non, ce qu'il
faut voir... On parle d'une initiative qui est là... Des initiatives sur le
territoire pour réduire le gaspillage alimentaire, il y en a de nombreuses, Mme
la députée, que ce soient les applications qui sont développées, où, maintenant,
les consommateurs peuvent identifier des sites de vente tout près de chez eux,
qui ont des invendus à mettre en commerce, que ce soit la ville de Laval, qui
vient de mettre une initiative en place, avec un soutien à hauteur de
140 000 $ du MAPAQ, pour, justement, une récupération des légumes qui
sont un peu moins attrayants, si on veut, pour la population puis les marchés
de détail, pour... reconduit et que ce soit encore là, La Tablée des chefs...
Mme Zaga Mendez : Bien sûr,
vous l'avez...
M. Lamontagne : ...qui, par
son programme de cuisine solidaire, aujourd'hui, avec le Centre Bell, récupère,
à tous les événements, le matin, les invendus de la veille au Centre Bell pour
venir approvisionner les moissons.
Mme Zaga Mendez : Alors, M.
le ministre, donc, si on se fie sur l'accompagnement, sentez-vous qu'on va
arriver à réduire le gaspillage alimentaire? Je vais vous donner un exemple, là.
En France, on a adopté des projets de loi pour réduire le gaspillage
alimentaire puis créer des partenariats entre des épiceries... des <grandes
épiceries et des banques alimentaires...
Mme Zaga Mendez :
...entre
des épiceries... des >grandes épiceries et des banques alimentaires. Qu'est-ce
que vous en pensez, de ce qui se fait en France?
M. Lamontagne : Bien, ce que
je trouve exceptionnel, c'est que, justement, on est en train de faire ça au
Québec, mais tous les gens font ça. C'est une façon volontaire, et les gens
sont mobilisés.
Mme Zaga Mendez : Donc, ce
que j'entends, c'est qu'on va rester sur une approche volontaire avec peu de
résultats, comparé à la grandeur du problème. Est-ce que c'est ça qu'on entend?
C'est ça, l'approche?
M. Lamontagne : Bien, encore
là, j'inviterais...
Mme Zaga Mendez : C'est la
volonté des gens?
M. Lamontagne : J'inviterais
ma collègue à prendre acte, depuis des... un certain nombre d'années... tous
les efforts qui sont mis en place. C'est certain que, quand j'ai lu le projet
de loi que ma collègue a déposé... On a à peu près 10 000, 10 000
sites au Québec, là, qui, ultimement, vont vendre de l'alimentation dans à peu
près 1 000 gros supermarchés. Puis c'est certain que j'ai vu, dans le
projet de loi que ma collègue a déposé, qui voudrait qu'il y ait un registre,
là, que chacun des propriétaires de chacun des six, à tous les jours, rentrent
dans un registre les produits qui sont invendus, qui sont presque passés date,
puis qu'ultimement, à la fin de l'année, fassent un total de tout ça, pour,
ultimement, recommencer, la journée d'après, à prendre en note les invendus,
puis avoir tous ces gens-là qui gèrent tout ça... Puis, pendant ce temps-là,
bien, il n'y a pas de gens qui sont là, en train de faire en sorte qu'il y ait
toute l'activité...
Mme Zaga Mendez : Ce n'est
pas ça que le projet de loi dit.
M. Lamontagne : ...de
récupération et de distribution qui se passe aujourd'hui. Ce dont vous me
parlez, l'entente entre les centres de distribution...
Mme Zaga Mendez : Bien, en
fait, je suis très contente que le ministre a lu notre projet de loi.
M. Lamontagne : Bien sûr.
Mme Zaga Mendez : Très bien,
déjà, ça part bien, puis ce n'est pas... ce n'est pas remplacer un ou l'autre,
c'est faire tout ensemble. Chaque fois qu'on en parle, de cette initiative-là,
puis, on a vu, en France, ça donnait des grands, grands résultats, on est avec
une... l'urgence climatique. Avoir des matières organiques dans les poubelles,
dans les dépotoirs, augmente nos émissions de GES, et ça, c'est une façon très,
très concrète qu'on vous lance pour réduire l'impact, et favoriser, et créer
des chaînes de distribution locales. Êtes-vous d'accord?
M. Lamontagne : Ce que je
suis d'accord, c'est qu'il y ait des chaînes de récupération et de distribution
locales, puis c'est exactement ça qui est en train de se mettre en place. Où je
suis moins d'accord un petit peu, souvent, c'est l'approche qui peut être
préconisée par votre organisation, à savoir, quand on identifie un défi, il
faut y avoir une loi, il faut y avoir une réglementation, il faut y avoir une
contrainte, il faut y avoir un calcul. Ça, ce n'est pas toujours le plus
productif.
Mme Zaga Mendez : Donc, on
laisse...
M. Lamontagne : Alors, présentement,
ce qui se passe sur le territoire... Là, j'avais une rencontre, encore la
semaine passée, avec les gens de la table québécoise pour une saine
alimentation. Une partie importante de notre rencontre a porté sur le
gaspillage alimentaire. Il y a 30 organismes qui sont mobilisés.
Mme Zaga Mendez : Parfait. Là,
ce que j'entends de M. le ministre, là, j'entends qu'on va continuer à
privilégier une voie volontaire plutôt que de responsabiliser l'État dans cet
enjeu-là. Je vais passer à un autre enjeu, parce que le message était très
clair qu'on ne... Le gouvernement, dans le fond, ne veut pas se responsabiliser
là-dessus. On va laisser la bonne volonté des gens comme Couche-Tard... puis moi,
je ne serais pas surprise que, dans deux semaines ou peut-être dans deux mois,
on va avoir les mêmes scandales.
M. Lamontagne : M. le
Président, là, si j'étais en Chambre, je ferais un... je me lèverais puis je
dirais : Point de règlement. Ce que j'ai dit à ma collègue députée, ce
n'est pas que le gouvernement ne voulait pas se responsabiliser. Elle, ce
qu'elle dit, c'est qu'il faut tout contrôler, il faut tout légiférer, il faut
tout réglementer. Moi, ce que je dis, c'est qu'il y a des dizaines, des
centaines d'organisations sur le territoire qui se lèvent le matin puis qui ont
ça dans leur soupe, de faire en sorte de réduire le gaspillage alimentaire, puis
c'est ces gens-là qu'on accompagne. C'est ça que j'ai dit, M. le Président.
Mme Zaga Mendez : Je vais
passer à une autre question, M. le Président.
Le Président (M. Ciccone) : Vous
avez toujours le pouvoir de rectifier, hein, tout ce qui est dit ici.
M. Lamontagne : C'est ce que
je viens de faire, là.
Mme Zaga Mendez : Exactement.
Le Président (M. Ciccone) : Parfait.
C'est formidable.
• (12 heures) •
Mme Zaga Mendez : C'est
parfait. C'est pour ça qu'on en discute, M. le ministre. Merci.
On va parler de la spéculation de terres
agricoles. On le sait, que le prix des terres est une grande, grande contrainte
à la production agricole. Je ne sais pas si le ministre le sait. J'ai eu la
chance d'étudier en agriculture. Mon baccalauréat est en agroenvironnement.
J'ai côtoyé des gens, dans mon parcours, qui voulaient ouvrir des fermes, des
petites fermes de toutes sortes, au Québec, d'avoir l'innovation économique, mais
on arrive sur le marché, et le prix des terres augmente sans cesse, et là on
apprend que, de plus en plus, ces terres-là sont achetées par des
non-agriculteurs, des personnes qui ne sont pas des producteurs agricoles. On
parle de promoteurs immobiliers. On parle de gestionnaires de portefeuille et
de compagnies à numéro. Qu'est-ce qu'il va faire, le ministre, pour contrer le
problème de la spéculation des terres agricoles?
M. Lamontagne : Première des
choses, la question de la propriété de notre territoire agricole puis de
l'usage de notre territoire agricole à des fins agricoles, c'est une très
grande préoccupation pour le ministre, pour l'équipe du ministre, pour le
gouvernement du Québec. Les dernières études qui ont été réalisées démontrent
que l'acquisition de terres par des véhicules autres, si on veut, que vraiment
agricoles, par des fiducies, des choses comme ça, là, ça comptait peut-être
pour 2 % des transactions...
12 h (version révisée)
M. Lamontagne : ...des
fiducies, des choses comme ça, là, ça comptait peut-être pour 2 % des
transactions. Plus de 80 % des transactions agricoles ont lieu entre des
producteurs, des gens qui sont apparentés. Et puis on a demandé, en 2021, à l'Université
Laval, de faire une étude vraiment détaillée sur les... tous les vecteurs,
vraiment, là, de bien identifier les vecteurs qui conduisent à l'augmentation
importante qu'on a eue de la valeur des terres agricoles. Et puis on devrait
avoir les résultats de cette étude-là au cours des prochains mois. Et soyez
assurée, Mme la députée, qu'à la lumière des résultats de cette étude-là, bien,
il y a des gestes qui vont être posés par notre gouvernement, là.
Mme Zaga Mendez : Le ministre
me dit que c'est juste 2 %. Cependant, en décembre dernier, c'est le
président de l'UPA, je cite M. Martin Caron, qui exprime que la moitié des
terres agricoles qui ont été mises en vente, au cours de l'année dernière, là,
on parle de 2022, 50 % des transactions, des mises en vente sont... ont
été achetées par des non-agriculteurs. On ne parle plus de 2 %, M. le
ministre.
M. Lamontagne : Bien, ce qu'il
faut comprendre... Puis honnêtement, première des choses, là, je veux m'assurer,
là... puis que ce soit su par tous les gens qui écoutent, là, qu'on a une très,
très grande préoccupation par rapport à la propriété puis à l'exploitation en
zone agricole. Ce qu'il faut comprendre... La loi a été votée en 1978, puis, à
un moment donné, il y a une superficie agricole qui a été... qui a été
identifiée. Avant que la superficie soit identifiée, il y avait des gens qui
étaient propriétaires de terres sur cette... sur cette superficie-là. 64 %
de la superficie, où il y a de l'exploitation théoriquement agricole, a moins
de 4 hectares, et il y a 8 % de ce 64 % là que ce sont des
exploitations agricoles. Alors, avant que la loi soit mise en place, en 1978,
on avait plein de gens sur le territoire qui avaient des petites parcelles de
terre sur lesquelles ils avaient une maison...
Mme Zaga Mendez : Oui, mais
on n'est plus en 1978, on est en 2022, où est-ce que c'est impossible... bien,
2023, mais on parle... je vous parle de la statistique 2022, que c'est
impossible pour des agriculteurs de la relève de s'acheter une terre agricole.
Ils arrivent sur le marché puis ils sont en compétition avec des compagnies à
numéro, avec des promoteurs immobiliers qui accaparent nos terres. Est-ce que
le ministre va légiférer là-dessus?
M. Lamontagne : Bien, je veux
que ma collègue, quand même, comprenne comment... comment le... Sur le
territoire agricole, il y a 64 % des terres agricoles, si on veut, des
propriétés qui sont de moins de 4 hectares. Et, sur ce 64 % là, il y
a 8 % qui sont des exploitations agricoles. Ça, ça fait partie des
transactions qu'il y a à chaque année, là, ça fait partie des transactions qu'il
y a à chaque année.
Mme Zaga Mendez : ...j'ai une
question, parce que je ne vous suis pas, avec votre statistique, puis vous
allez me corriger. C'est quoi, la taille moyenne d'une ferme en Montérégie, M.
le ministre?
M. Lamontagne : Honnêtement,
je n'ai pas cette information-là. C'est peut-être 200 hectares, 150 hectares.
Mme Zaga Mendez : Puis là
vous venez de dire que 64 % des terres agricoles sont en bas de 4 hectares.
M. Lamontagne : Oui, c'est
ça. Oui, c'est en plein ça, dans la zone agricole.
Mme Zaga Mendez : De tout le
Québec.
M. Lamontagne : Dans la zone
agricole, oui.
Mme Zaga Mendez : Bien,
allons Montérégie, c'est quoi, la taille moyenne?
M. Lamontagne : Non. Ce que
je vous dis, ce que je vous dis, la taille moyenne, c'est 100, 125, 200, 225 hectares.
Honnêtement, je n'ai pas cette réponse-là, je peux vous la trouver, mais ce que
je vous dis, c'est qu'il y a une partie importante de notre territoire agricole
qui est composée de petites propriétés, dont seulement qu'une minorité de... d'histoires
sont exploitées en exploitation agricole.
Mme Zaga Mendez : Alors, je
ne vais pas m'obstiner sur les chiffres, moi, je veux revenir sur la question
principale, c'est la spéculation. Parce que de savoir si... ont 4 hectares,
c'est la spéculation, c'est ça qui se passe en ce moment. L'UPA a même demandé
un organisme public pour la gestion des terres agricoles pour être capable de s'adresser
à cette question. Qu'est-ce que le ministre compte faire pour contrer la
spéculation des terres agricoles?
M. Lamontagne : OK, bien,
deux choses. Première des choses, c'est que j'ai vraiment demandé une étude, en
2021, là, pour avoir les déterminants de ce qu'on a vu des augmentations de
terres agricoles. Ce que je vous dis, c'est que, quand on va avoir la réponse
de cette étude-là, dans les prochains mois, il y a des actions qu'on va
prendre.
Pour favoriser l'accès aux terres
agricoles, on a mis en place... On a le Fonds d'investissement de... pour la
relève agricole, qui est doté à hauteur de 75 millions puis dans lequel on a
apporté, en 2019, des modifications pour faire en sorte que ce soit plus
facile, si on veut, pour les jeunes, dans un premier temps, de louer une terre
agricole, mais, en louant la terre, qu'à chaque mois il y a une partie du
montant qu'ils paient que ça devient comme un capital, pour que ce soit une
mise de fonds pour, éventuellement, acheter cette terre-là. On a contribué...
Mme Zaga Mendez : ...mais le
prix de la terre... C'est bien sûr, là, je ne suis pas en désaccord avec le
ministre qu'il faut des programmes pour la relève. Parfait. On est encore là-dessus,
mais le prix de la terre va continuer à augmenter, donc la dette de cette
personne-là va continuer à augmenter, et ça va coûter... plus cher accompagner
la relève agricole à ce moment-là. Donc, il faut qu'on s'attaque au problème à
la racine, la spéculation. Donc, est-ce que j'entends...
M. Lamontagne : Bien, dans
une... bien, quand vous dites «la spéculation», Mme la députée, dans un premier
temps, il faut <comprendre...
Mme Zaga Mendez :
...problème
à la racine, la spéculation. Donc, est-ce que j'entends...
M. Lamontagne :
Bien,
dans une... bien, quand vous dites «la spéculation», Mme la députée, dans un
premier temps, il faut >comprendre quels sont les déterminants. Quand je
vous dis qu'au départ il y a 80 % minimum des transactions qui sont entre
producteurs, ils sont entre producteurs, puis dans un contexte où on a vécu,
les 15 dernières années, les plus bas taux d'intérêt à vie. On a vécu,
depuis plusieurs années, les meilleurs prix, si on veut, pour... au niveau des
grains et des céréales qui sont cultivées sur nos terres... Alors, sans me
faire un peu le devin de ce qui va sortir de cette étude-là, là, bien, c'est
certain qu'on a... Je veux dire, on a 29 000 exploitants agricoles,
sur le territoire du Québec, hein, puis on a des taux d'intérêt qui étaient
excessivement bas, on a des prix de céréales qui sont élevés puis on a des gens
qui veulent voir leurs entreprises croître. Parce qu'à la base, dans le milieu
agricole, c'est des entrepreneurs, c'est des entreprises privées qui veulent
faire croître leurs entreprises.
Mme Zaga Mendez : On le sait.
Alors, sur... sur l'étude...
Le Président (M. Ciccone) : Il
reste 15 secondes, Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : C'est quand
que vous allez avoir les conclusions de l'étude de CIRANO puis un engagement?
M. Lamontagne : Dans les
prochains mois, là.
Mme Zaga Mendez : Prochains
mois?
M. Lamontagne : Oui.
Mme Zaga Mendez : On vous
attend. On a bien hâte de discuter là-dessus.
M. Lamontagne : Ça va me
faire plaisir.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
récupérerais le petit temps qu'il me reste dans mon prochain bloc, si c'est
possible.
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
Bien, il ne vous reste plus de temps, Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Bon, plus
tard.
Le Président (M. Ciccone) : Vraiment
désolé. Je reconnais maintenant le député de Pontiac. Vous avez 17 min 54 s.
M. Fortin :...des fois, il faut se battre pour deux, trois secondes
ici, M. le Président. Je veux... je veux revenir à la question du porc parce
que... puis je le sais, qu'on a d'autres sujets à discuter aujourd'hui, on va
se rendre, mais je ne peux pas dire que j'étais particulièrement, disons,
satisfait puis qu'on a fait le tour de la question jusqu'à maintenant non plus,
là.
Le ministre a évoqué, en réponse à une
question sur la relève tantôt... Hein, je lui parlais que, dans... dans la
terre de chez nous, là, on voyait des Kevin, des Mathieu puis des Guillaume,
là, dire : C'est fini, «that's it», je ne peux plus... je ne peux plus en
prendre. Et il nous a dit... en réponse à savoir comment on s'assure que ces
gens-là, la relève, peut rester pour longtemps dans cette industrie-là, il nous
a dit : Bien, moi, je me fie sur le plan de retrait. Déjà là, là, se fier
sur un plan de retrait, en partant, je l'ai dit tantôt, je vais le redire parce
que je le pense pour vrai, c'est... c'est de l'abdication. Bien, le plan de
retrait, là, vous allez me dire une chose, là, c'est 80... 80 millions.
Vous, là, vous n'avez pas mis un sou là-dedans?
M. Lamontagne : Première des
choses, là, encore là, mon collègue a été leader parlementaire, il se lèverait
puis il dirait : M. le Président, Mme la Présidente, je n'ai pas dit que
je me fie sur le projet... le plan de retrait.
M. Fortin :Non, mais c'est la réponse que vous avez donnée.
M. Lamontagne : Non, ce que
j'ai dit, c'est que, présentement, il y a une restructuration avec la filière
porcine. La première pierre d'assise qui a été mise en place, c'est la
signature d'une nouvelle entente de mise en marché entre les producteurs puis
les transformateurs. Puis, pour la première fois depuis 2008, ça a été une
entente volontaire.
Après ça, ce que j'ai dit, c'est que le premier
jalon important de cette entente-là, c'est d'avoir le plan de retrait. Parce
qu'effectivement il y a une restructuration, la restructuration va entraîner
une baisse de la production au Québec. Alors, de penser et de convenir
qu'est-ce qu'on devrait faire aujourd'hui, quand on n'a pas les informations
sur le volet qui est le plus important dans la mise en œuvre de cette nouvelle
entente là, bien, je vous dirais : Quand on va avoir l'information d'à
quoi va ressembler ce portrait-là, qu'on va pouvoir en faire les analyses
financières... Puis ultimement c'est d'en faire une analyse pour l'impact de
Kevin, de Guillaume, de Lise, de Jean-Claude, partout au Québec, pour être en
mesure qu'on va donner le meilleur accompagnement possible, M. le député.
• (12 h 10) •
M. Fortin :Bien, le problème, c'est qu'ils n'ont pas le temps. Ils
n'ont pas le temps d'attendre, M. le Président, là. Aujourd'hui, ces gens-là,
ils sont en train de prendre des décisions, là, qu'ils ne pourront pas
rattraper dans quelque temps. Quand vous aurez décidé de faire quelque chose
pour la relève dans le porc, bien, il y en a beaucoup qui vont avoir fermé
boutique. Et là vous me dites : OK, je... je ne mise pas sur le retrait,
ce n'est pas ça, ma réponse. Parfait. Vous m'avez donné une autre réponse puis
vous avez commencé par l'entente qui vient d'être convenue entre les éleveurs
et les transformateurs, mais vous avez lu... Encore là on lit... on lit les
mêmes journaux, vous avez lu comme moi, cette semaine, là, le titre du journal
qui disait : Des producteurs de porcs demandent une meilleure bouée de
sauvetage, et qu'ils disent très clairement : «La filière en est venue
à une entente, la semaine dernière, mais des producteurs croient qu'il y a
urgence pour Québec... Québec de mieux les soutenir financièrement.»
M. Lamontagne : Oui, oui.
Bien, ce qu'on a fait, là, M. le député, c'est qu'il va y avoir une
restructuration dans le secteur.
M. Fortin :Non, une... à chaque fois que vous dites «restructuration»,
là...
M. Lamontagne : Non. Non,
non...
M. Fortin :
...vous êtes en train de dire qu'il va y avoir un paquet de monde qui va fermer,
c'est ça que vous dites.
M. Lamontagne : Non, ce que
j'amène comme information, c'est qu'aujourd'hui il y a une réalité qui, dans un
certain nombre de mois, va être une réalité différente. Alors, vous, ce que
vous me demandez, c'est que vous dites : M. le ministre, en fonction de la
réalité d'aujourd'hui, agissez, agissez, mais ne tenez pas compte de ce que sera
la <réalité...
M. Lamontagne :
...vous
me demandez, c'est que vous dites : M. le ministre, en fonction de la
réalité d'aujourd'hui, agissez, agissez, mais ne tenez pas compte de ce que
sera la >réalité dans six mois, ou dans huit mois, ou dans 10 mois.
Moi, ce que je vous dis, c'est qu'il y a une transformation qui va se créer.
En attendant, il y a l'assurance de
soutien de revenus agricoles qui vient s'assurer que les gens dont les coûts de
production ne sont pas couverts sont soutenus par La Financière agricole.
En attendant, j'ai demandé à La Financière agricole de s'assurer qu'entre
le moment où la hausse de prix est captée, l'écart entre les coûts de
production, et puis le paiement est capté, puis que c'est versé... bien, qu'il
y ait des avances qui soient données aux producteurs.
En plus de ça, j'ai demandé à La Financière
agricole d'identifier la totalité des prêteurs pour lesquels ils sont dans un
enjeu de... financier, là, qui peut être difficile, ceux-là qu'on a réussi à
identifier. Ça fait qu'au moment où on se parle il y a 712 producteurs,
productrices au Québec qui ont été identifiés. Puis, au cours des prochaines
semaines, ils vont être contactés, ils vont être visités. Puis on demande aussi
aux producteurs, aux productrices, qui soit aujourd'hui se trouvent dans une
situation difficile puis qui ne sont pas en contact avec les financières ou qui
anticipent qu'ils vont passer des temps difficiles, de lever la main puis de
contacter La Financière agricole.
M. Fortin :Tantôt, là, tantôt, vous avez utilisé les mots «aide
directe et individuelle». C'est les mots que vous avez utilisés en réponse à ma
question tantôt. Là, vous me dites, là, ce que La Financière peut faire
pour l'instant, c'est une avance. Ça, vous considérez ça une aide directe?
Parce que c'est une avance, là, vous ne leur donnez rien, là, vous ne les aidez
pas à passer à travers, vous leur dites : Ce que... ce que tu aurais plus
tard, tu vas l'avoir tout de suite, mais ce n'est pas une lumière au bout du
tunnel ça.
M. Lamontagne : Bien, ce que
je vous dis aussi, M. le député, c'est qu'il y a différentes façons dont La Financière
agricole intervient puis vient en soutien aux producteurs, productrices. Moi,
ce que j'ai demandé à La Financière, c'est de s'assurer d'avoir un maximum
de flexibilité, puis un maximum d'agilité, puis ultimement de travailler sur
une base individuelle. Là, on n'est pas dans une situation où on dit : OK,
tout le monde, c'est ça qui va arriver. Là, ce qu'on dit... Comme, là, on en a
identifié 712, chacun va être contacté. Puis la situation particulière de
chacun va être identifiée, quel va être les meilleurs outils pour accompagner
ces gens-là à travers les temps qu'on traverse, à travers le contexte actuel.
M. Fortin :Est-ce que vous avez... Là, je n'ai pas entendu, puis avec
respect, M. le ministre, là, je n'ai pas entendu un plan de match pour
s'assurer que la relève, c'est celle qui reste dans le secteur. Ce que vous me
dites, c'est : On verra, quand il y aura... quand l'entente nous sera
présentée... ou l'entente... quand le plan de retrait nous sera présenté, là,
on verra si ça convient puis si ça nous permet de garder les producteurs qu'on
veut garder. Bien, ça, là, pour l'instant, là, ce n'est pas un plan... qui est très
clair pour dire : On va s'assurer que les producteurs qu'on veut aider
davantage, c'est ceux de la relève, parce qu'ils sont endettés davantage, parce
qu'ils viennent de faire des investissements, parce que...
M. Lamontagne : Bien oui, bien
oui.
M. Fortin :
...ce n'est pas ce que vous êtes en train de dire.
M. Lamontagne : Je suis
d'accord... Bien non, c'est le contraire de ce que je vous dis, on va les... on
va les aider personnellement, on va les soutenir personnellement à l'intérieur
de cette espèce de transformation là qui est en train d'avoir lieu puis qui va
avoir lieu au cours des prochains mois. C'est ça que je vous dis.
M. Fortin :OK. Je vais le... je vais le prendre sous un autre angle.
Est-ce que vous allez avoir une aide particulière pour les producteurs qui sont
indépendants?
M. Lamontagne : Ce que je
vous ai dit, c'est que cette restructuration qui va s'engager, la... le plan de
retrait que les éleveurs vont devoir nous soumettre pour qu'on puisse
l'analyser, va devoir faire en sorte qu'on puisse maintenir et favoriser les
fermes familiales comme on a, la diversité de nos fermes, puis va devoir
s'assurer aussi de venir protéger notre relève au niveau de la production,
mais, au moment où on se parle, je n'ai pas le plan qui... sur lequel les
éleveurs planchent. Puis je peux vous assurer que la journée qu'on va être en
possession de ce plan-là... que les analystes à La Financière agricole
vont faire tous les travaux pour mesurer un peu les impacts, mesurer aussi les
besoins de ce programme-là, pour qu'après ça on puisse voir la meilleure façon
d'accompagner cette initiative-là.
M. Fortin :C'est immensément théorique, ce que vous êtes... vous êtes en
train de dire là. Si ce n'est pour vous, là, peut-être que La Financière,
elle peut nous le dire, là, mais, à l'intérieur d'un plan de retrait, comment
vous faites pour vous assurer que les producteurs de la relève puissent rester?
Si c'est ça, le plan de match, là, la base de laquelle on part, comment vous
allez faire, à l'intérieur d'un plan de retrait, pour dire à un producteur de
la relève : Moi, je... qui dit : Moi, je ne suis plus capable, moi,
là, c'est fini, moi, mon créancier me dit : Non, je ne te prête plus
d'argent, comment vous allez faire pour lui dire : Non, toi, tu n'es pas
éligible, on veut que tu restes? S'il se présente pour le plan de retrait,
c'est parce que, déjà, là, il est à bout.
M. Lamontagne : Non, là, ce
qu'il faut que mon collègue comprenne, le plan de retrait, ce n'est pas
seulement qu'en fonction d'une personne qui va se retirer c'est en fonction du
contexte que ça va générer, le contexte d'affaires que ça va générer, le
contexte de transaction entre les acheteurs puis les transformateurs. C'est... l'impact
de la diminution de la production, quand on dit que c'est structurel, oui, il y
a des gens qui peuvent choisir de quitter la <production...
M. Lamontagne :
...transformateurs.
C'est... l'impact de la diminution de la production, quand on dit que c'est
structurel, oui, il y a des gens qui peuvent choisir de quitter la >production,
mais l'impact de tout ce travail-là, c'est... ultimement, c'est tout sur
l'écosystème. Puis c'est cet écosystème-là, une fois que ça va avoir eu lieu,
qu'on veut s'assurer qu'il va favoriser, continuer de favoriser la diversité de
modèles qu'on a sur nos fermes puis qui va s'assurer aussi de faire en sorte
que les soins de notre... de notre... de notre relève, bien, sont bien... sont
bien... sont bien pris en compte.
Ce n'est pas seulement le fait que
quelqu'un va se retirer, c'est l'impact que va avoir cette restructuration.
C'est pour ça qu'ils font une restructuration, pour faire en sorte qu'il y ait
davantage de profitabilité puis qu'on ait un environnement d'affaires qui va
permettre, autant du côté de la production que de la transformation, d'être
pérein puis ultimement d'être prospère. C'est à ça que ça sert. Sinon, ça ne
servirait à rien.
M. Fortin :Bien, vous le savez, là, qu'il y a des milieux où c'est
plus difficile être profitable. Il y en a, des milieux où on est plus éloignés,
entre autres, des abattoirs, où ça... ça va nous coûter plus cher, que je pense
à la Gaspésie, que je pense à Charlevoix, que je pense à maintenant la Beauce.
Est-ce que vous allez avoir un programme spécifique pour aider ces gens-là?
Parce que, quand vous me parlez de diversité, bien, on ne peut pas se retrouver
avec juste des producteurs dans certains villages proches des usines. Ça ne
peut pas être ça, mais, veut veut pas, là, ceux qui vont être le plus
profitables, c'est ceux qui vont être collés sur les usines qui restent, s'ils
sont affiliés, entre autres.
Bien, est-ce que vous allez avoir un plan?
Parce qu'à date on n'en a pas vu malgré les nombreux cris de gens de ces
différentes régions-là... puis là, aujourd'hui, des producteurs de la Beauce
qui se posent 1 million de questions, là. Est-ce que vous allez arriver
avec un plan spécifique pour ceux qui se retrouvent plus loin des usines?
M. Lamontagne : Il y a deux
volets. Il y a le volet de : à quoi va ressembler l'environnement
d'affaires quand la restructuration va avoir été consommée? Puis, après ça, il
y a la réalité d'affaires des gens partout sur le territoire, M. le député de
Pontiac. Puis, quand on parle de la réalité d'affaires, quand j'étais... pas...
il y a quelques semaines, j'étais... j'étais avec un producteur, un jeune
producteur, avec sa femme, là, qui a... ils ont 37, 38 ans, quelque chose
comme ça. Puis ce qu'il m'expliquait, c'est qu'en fonction des défis qu'il
avait aujourd'hui, bien, il allait commencer à cultiver davantage, à faire
certaines cultures qu'il ne faisait pas avant, qu'il allait commencer à
réfléchir son entreprise différemment pour lui permettre, par sa production,
ultimement, d'être prospère puis d'être rentable.
Ça fait qu'il y a un environnement qui va
être créé suite à la restructuration qui a lieu. Il y a différents outils qui
sont en place, qui vont être en place pour venir accompagner cet
environnement-là, mais, parallèlement à ça, on a des gens d'affaires, des
hommes puis des femmes sur le territoire qui connaissent leurs réalités, mais
aussi qui ont des leviers pour faire en sorte de... d'exploiter leur ferme. Bien,
après ça, on a des exemples, dans certaines régions, où il y a des gens qui
vont créer des produits vraiment de valeur ajoutée. Bien, en créant le produit
avec la valeur ajoutée, ils viennent complètement s'affranchir un peu d'une difficulté
additionnelle que peuvent leur causer d'être plus loin.
Bien, ce que je dis, c'est qu'il y a
l'environnement d'affaires. Après ça, il y a l'entrepreneur, l'homme puis la
femme, comment qu'ils... comment qu'ils développent leur entreprise, là. Puis,
quand c'est le temps de développer des entreprises, quand c'est le temps
d'accompagner des entrepreneurs dans des initiatives, soyez assurés qu'au
ministère, là, on a toutes sortes de façons de venir en soutien à nos
producteurs, nos productrices.
M. Fortin :J'espère que... j'espère que les producteurs ont entendu ce
que... ce que vous venez de dire, entre autres les producteurs des régions,
parce que c'est... c'est loin d'être clair pour eux qu'il va y avoir un appui
direct à ces producteurs-là qui sont en région, là. Bien, moi, je veux vous
poser... dans les, quoi, cinq minutes qui restent, là, je veux revenir sur la
question. Tantôt, on a parlé de : Est-ce que 2023 est plus profitable que
2021? Puis ça semblait assez clair. Est-ce que... Parce qu'on est passés de...
Rappelez-moi les chiffres en 2021, c'était combien, l'assurance, pour les
producteurs de porc?
M. Lamontagne : De
mémoire, je pense, ça a été 75 millions.
M. Fortin :Et 240 l'an dernier?
M. Lamontagne : Oui.
M. Fortin :C'est quoi, votre prévision pour cette année?
• (12 h 20) •
M. Lamontagne : Je n'ai
pas cette prévision-là pour tout de suite, là. Là, on va voir...
M. Fortin :Peut-être, La Financière doit avoir ça dans leur...
M. Lamontagne : On
pourra faire ça, puis je vous enverrai l'information, là.
M. Fortin :Mais vous ne l'avez pas pour l'instant? Parce qu'on parle
de... quand même de chiffres assez importants, là, juste au point de vue des
finances de La Financière.
M. Lamontagne : Bien...
bien, il y a... certainement, là, la mise en œuvre de ce qui va être mis en
place va venir influencer, d'une façon importante, là, le soutien qui va être
donné. Puis il y a des variables qu'on ne connaît pas aujourd'hui, là. Ça fait
que c'est certain qu'on peut donner toutes sortes de chiffres, mais sans...
sans faire de parallèle à des expériences passées qu'on a pu avoir...
M. Fortin :Bien, je trouve ça...
M. Lamontagne : ...avec
d'autres gouvernements, là, de donner des chiffres pour donner des chiffres...
On explique qu'on est dans un environnement qui va changer. Alors, aussitôt
qu'on va avoir une compréhension de la nouvelle réalité, on va être capables de
donner des chiffres...
M. Fortin :Non, je... je comprends que le ministre ne veut pas donner
des...
Le Président (M. Ciccone) : Un
instant, un instant. Je... Ce que j'entends, M. le ministre, que vous vous
engagez à donner ce <chiffre-là...
M. Fortin :
...je comprends que le ministre ne veut pas donner
des...
Le Président (M. Ciccone) :
Un
instant, un instant. Je... Ce que j'entends, M. le ministre, que vous vous
engagez à donner ce >chiffre-là, cette information-là?
M. Lamontagne : Bien, quand
il va y avoir des prévisions, ou les réalités auxquelles vont être associée la
restructuration... Je veux dire, ultimement, La Financière émet des
communiqués régulièrement sur l'état des lieux, l'état de ses déboursés, l'état
de ses engagements, l'état de son soutien.
Le Président (M. Ciccone) : OK,
parce que ce n'est pas sous cette forme-là que vous l'aviez dit au début. Ça
fait que je veux m'assurer que vous allez... c'est La Financière qui va
fournir les chiffres...
M. Lamontagne : Ça fait que
je vais m'assurer d'avoir un bon canal de communication avec mon collègue.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le ministre.
M. Fortin :Bien, je comprends que le ministre ne veut pas donner des
chiffres pour donner des chiffres. Là, ce qu'on a vu, cette semaine, de son
gouvernement, c'est davantage qu'il cache des chiffres pour cacher des
chiffres. Bien, moi, je me demande : Est-ce que La Financière peut
nous dire si, eux, ils ont un... une prévision? Pour vous, M. le ministre, ça
va, là, si vous ne l'avez pas pour l'instant, là, je n'en ferai pas un cas, mais
est-ce que La Financière a une idée de l'ordre de grandeur de ce que ça
pourrait coûter cette année?
M. Lamontagne : M. le député,
M. le député...
M. Fortin :Non, mais ils sont... ils sont venus ici pour ça, là.
M. Lamontagne : Non, mais ce
que je vous explique, là, c'est qu'autant La Financière que le ministère
de l'Agriculture on est en attente d'une composante importante de la
restructuration qui va survenir dans... dans la filière porcine. Puis la
composante importante, c'est le plan de retrait qui va être mis en place pour
faire en sorte de venir ajuster la production à la transformation au Québec.
Et, tant qu'on n'aura pas ces informations-là, les chiffres qu'on va vous
donner... Ce que... OK, ce que je vais vous répondre, c'est que, toutes choses
étant égales, par ailleurs, si le contexte d'affaires était identique à celui
qu'on a observé en 2022, avec les mêmes coûts pour les grains, avec les mêmes
coûts pour tout, ça coûterait 240 millions.
M. Fortin :OK. Dans le fond, ce que... puis là je... corrigez-moi,
faites un point de règlement si j'ai tort, là, si je dépasse les bornes de ce
qui serait acceptable en Chambre, mais, si j'interprète ce que vous me dites,
là, c'est : si tout est pareil comme l'an passé, ça va être le même
chiffre que l'an passé, mais il y a un gros nuage d'incertitude, on ne sait pas
exactement pour l'instant. OK.
Dans ce contexte-là, quand je regarde ce
qui était alloué à La Financière, cette année, là, les transferts
provenant du ministère ont diminué à La Financière cette année. Vous allez
me dire : Il y a une compensation qui vient d'ailleurs, il y a... qui
vient du fédéral, entre autres, mais le ministère a fait le choix de donner un
budget moindre à La Financière cette année. Dans le contexte d'incertitude
que vous venez de décrire, est-ce que c'est raisonnable et responsable de faire
ça?
M. Lamontagne : Vous parlez
de la... de la diminution de 4,8 millions de dollars du budget de La Financière?
Ça...
M. Fortin :Oui. Oui, parce qu'on peut voir... en fait, puis la raison
pour laquelle je l'amène, c'est parce que, vous l'avez vu, là, l'écart monstre
que... juste dans un secteur, là, le secteur du porc, La Financière peut
avoir à débourser d'année en année. C'était zéro une année, c'était
60 millions l'année d'après, 240 millions l'année d'après, puis on ne
sait pas ce que ça va être cette année. Alors, dans ce contexte-là, de réduire
les transferts du ministère à La Financière, j'aimerais que vous
m'expliquiez pourquoi vous avez pensé que c'était la chose à faire.
M. Lamontagne : La première
chose, c'est parce qu'il n'y a pas de lien entre les deux. Le 5 millions,
là, c'est pour des enjeux de main-d'oeuvre, qui ont été passés d'une organisation
à l'autre, là. Le programme ASRA, sa limitation, là, c'est à la hauteur de
650 millions, puis ça, ça couvre pour les six... Il y a six... six productions,
il y a trois productions animales, il y a trois productions céréales qui sont
couvertes par le programme ASRA. Il y a, au moment où on se parle, là... un peu
plus que 300 millions, là, si on veut, qui sont directement allés en
capitalisation. Puis, La Financière aussi, quand il y a des déboursés, il y a
eu un ajustement qui se fait en fonction des primes payées. Alors, il y a tout
un flux financier, si on veut, là, qui n'est pas dans le... Ce n'est pas le
budget de transfert... que La Financière reçoit 325 millions, si, la
filière porcine, ils... il y a 200 millions de paiements, bien, l'année
prochaine, il va falloir que La Financière ait 500 millions. Il y a
vraiment un fonds qui est dédié pour l'ASRA, qui est capitalisé, qui est
financé avec une hauteur maximale de...
Le Président (M. Ciccone) : En
terminant.
M. Lamontagne : ...650 millions,
à mon souvenir.
M. Fortin :...maximale de 650 millions. Parce que vous venez de me
dire qu'il y en a, à peu près, entre le tiers puis la moitié qui ont été
utilisés...
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
M. Fortin :...dans un secteur l'an passé. Alors...
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
Merci beaucoup, M. le député. Merci beaucoup. Je suis prêt maintenant à
reconnaître le député de Matane-Matamédia. Vous avez 12 min 43 s.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président. Salutations au ministre, aux collègues. D'entrée de jeu, je veux
dire que je suis fier d'être un député d'une circonscription agricole. C'est
une grande fierté pour moi de plaider pour la ruralité, pour les producteurs
agricoles de chez nous... développé, dans les 16 dernières années, une
belle l'expertise de la connaissance des gens de chez nous. Et j'espère avoir
de bons échanges avec le ministre, qui le sait que je l'apprécie beaucoup. Je
lui témoigne à l'occasion. Parfois, c'est réciproque, mais je sais qu'on peut
avoir de bons échanges sur des gens fantastiques, des gens qui se lèvent tôt,
qui travaillent fort, qui ne prennent pas souvent de vacances et qui sont là
pour nourrir les Québécois et les Québécoises. Et, lorsqu'on est <nationaliste...
M. Bérubé :
...gens
fantastiques, des gens qui se lèvent tôt, qui travaillent fort, qui ne prennent
pas souvent de vacances et qui sont là pour nourrir les Québécois et les
Québécoises. Et, lorsqu'on est >nationaliste, et je sais que le ministre
l'est, il n'y a pas grand-chose de plus exaltant que la production agricole,
travailler sur le territoire du Québec à cultiver des produits d'ici qui
servent à l'économie d'ici. Moi, je trouve que c'est une des grandes fiertés
pour les nationalistes de travailler sur l'agriculture. Et je suis aussi fier
de provenir d'une grande tradition, au Parti québécois, avec des grands
ministres comme Jean Garon et François Gendron, notamment. C'est mon
introduction.
J'aimerais qu'on parle de la valeur des
terres agricoles. Évidemment, quand la loi sur la protection des terres
agricoles a été votée par le gouvernement de M. Lévesque, il y a des décennies,
l'objectif, c'était beaucoup de protéger les meilleures terres du Québec, les
basses terres du Saint-Laurent. C'était ça, l'objectif. La loi s'applique
partout. C'est une bonne loi. Elle n'est pas remise en question, en tout cas de
façon sérieuse, par aucune formation politique ici. Elle a du bon, heureusement,
elle nous a mis à l'abri de plusieurs spéculateurs, bien qu'il y en ait encore,
de ces spéculateurs, qui rôdent dans plusieurs de nos régions.
Juste avant de passer à l'appropriation
des terres, je veux parler de la valeur des terres agricoles, ce qui est quand
même important. C'est souvent le commentaire qu'on reçoit de jeunes producteurs,
qui nous disent : Ce n'est plus achetable, des terres. Quand je regarde
les statistiques, 11 % d'augmentation de la valeur des terres agricoles au
Québec, en 2022, ça, c'est la dernière année, c'est quand même beaucoup;
Mauricie, Portneuf : 19,2 %; dans ma région du Bas-Saint-Laurent puis
en Gaspésie : 18,3 %; Outaouais : 15,7 %; Saguenay—Lac-Saint-Jean,
14 %; Chaudière-Appalaches : 13,5 %, sur 20 ans, 2001 à
2021, une hausse spectaculaire de 474 %. La bonne nouvelle, c'est que les
terres ont de la valeur, mais ce n'est pas très bon pour la relève.
Le premier ministre a eu à faire une
déclaration en Chambre, c'est le 18 avril, il dit : «Il reste que c'est
très difficile pour un jeune de payer des millions de dollars pour faire
l'acquisition d'une terre. Donc, c'est pour ça qu'il y a des programmes
importants à La Financière agricole.» Ma première question : Comment
le ministre explique-t-il que son gouvernement vient de réduire le budget de La Financière
agricole, ça a diminué un peu, avec les défis qu'on a pour financer
l'acquisition des terres, notamment pour la relève du Québec?
M. Lamontagne : Bien,
première des choses, la question de l'augmentation de la valeur des terres,
c'est quelque chose qui est préoccupant, en même temps, si on fait juste
regarder l'ensemble canadien, tu sais, l'augmentation de la valeur des terres,
ce n'est pas quelque chose qui est unique au Québec. On observe, dans la
majorité des provinces canadiennes, une augmentation qui est légèrement
supérieure à ce qu'on vit au Québec, mais ce n'est pas une consolation, pas du
tout, hein? Ça fait que ce qui est important, j'ai demandé, moi, en 2021... on
a vraiment lancé un mandat avec l'Université Laval pour vraiment faire une
analyse fine, là, de tous les déterminants, là, dans le détail, qui peuvent
contribuer à cette augmentation-là de la valeur des terres. Et puis, sur
réception de cette analyse-là, s'il y a des gestes clairs qui sont identifiés,
là, qui peuvent contribuer, là, à venir contrôler, si on veut, la valeur des
terres, c'est sûr qu'il y a des gestes qu'on va poser.
• (12 h 30) •
Bien, dans un premier temps, ce qu'on
fait, un, oui, c'est de l'accompagnement pour faire en sorte d'aider les jeunes
à accéder aux terres agricoles. Puis, encore là, 80 % des transactions,
là, qui ont généré ces augmentations de valeur là, là, entendons-nous, là,
c'est des producteurs qui se vendent, entre eux autres, des terres. Alors,
c'est les premiers, là, qui contribuent, si on veut, là, à l'augmentation de la
valeur des terres. Bien, ce qu'on a mis en place, un, il y a le Fonds
d'investissement pour la relève agricole qui est en place, qui est capitalisé,
qui vise à donner des prêts pour que les gens puissent acheter ou des gens
puissent louer. On a apporté une modification additionnelle, maintenant, où les
jeunes qui louent... le loyer qu'ils versent, il y a une portion qui peut être
comme du capital qui est versé de côté, pour faire en sorte qu'au bout d'un
certain nombre d'années ils peuvent prendre ce capital-là, le donner en dépôt
pour, après ça, pouvoir faire l'acquisition. Puis ça devient un peu leur
comptant.
L'autre chose qu'on a faite, on a
contribué à la fiducie... fiducie Fondaction UPA, en deux coûts, là, à hauteur
de 6,3 millions. L'objectif de la fiducie, c'est de faire l'achat de terres, de
pouvoir faire la location à des jeunes. On s'est engagés, en campagne
électorale, à mettre sur pied une... un mode de soutien additionnel à hauteur
de 50 millions, qui était demandé par la Fédération de la relève, pour,
encore là, venir accompagner.
Puis, dernière chose, M. le député, je
vous donnerais un petit peu de temps après ça, dernière chose, on a, dans la...
en 2021, procédé à des modifications à la loi sur la protection du territoire
agricole pour venir reconnaître la diversité de modèles, puis pour venir faire
en sorte que, dans certaines conditions, il puisse y avoir des... certains
morcellements, pour permettre à des jeunes de faire l'acquisition de terres
pour mettre en place leur modèle agricole.
M.
Bérubé
: En
effet, M. le Président, le ministre n'est pas sans savoir que Julie
Bissonnette, de la relève agricole, a indiqué : «On veut des entreprises
prospères et rentables...
12 h 30 (version révisée)
M. Lamontagne : ...pour mettre
en place leur modèle agricole.
M. Bérubé : En effet, M. le
Président, le ministre n'est pas sans savoir que Julie Bissonnette de la relève
agricole a indiqué : «On veut des entreprises prospères et rentables, mais
est-ce que ce sera encore possible? Ce que l'on offre à la relève aujourd'hui,
c'est de s'endetter pour pouvoir nourrir le monde.» Alors, c'est la question
que je pose. Je prends la réponse du ministre quant au rapport à venir et aux
mesures à mettre en place.
Quant à l'appropriation des terres, l'UPA
a déjà mis le gouvernement en garde : «En 2021, on a franchi un point de
rupture, la majorité des transactions foncières en zone agricole ont été faites
par des intervenants non agricoles.» Ça a déjà été évoqué en Chambre, en
Abitibi, notamment, une autre formation politique l'avait fait. Il y en a
partout, même... je ne veux pas accabler le ministre avec ça, mais le
cofondateur de son parti est partie prenante des spéculateurs au Québec
là-dedans.
Quelle proportion des transactions portant
sur la question des terres agricoles a été faite par des non-agriculteurs dans
les, je dirais, les cinq dernières années? Est-ce qu'on est capable d'avoir un
ordre de grandeur ou une statistique précise?
M. Lamontagne : Ce qui est
important, puis c'est ce que j'expliquais à ma collègue tantôt, sur le
territoire agricole, là, le territoire agricole, avant qu'il soit formé en
territoire agricole, là, il y avait un territoire qui existait, puis il y avait
des lots où il y avait des gens qui avaient des maisons, il y avait des
propriétés, tout ça. Puis, à un moment donné, on a dit : Bon, bien là,
tout ce territoire-là, ça devient une zone agricole. Bien, dans cette zone
agricole là, sur laquelle, théoriquement, on a de l'exploitation agricole, on a
64 % des propriétés qui sont de moins de quatre hectares. Puis ce
64 % là, il y a 8 % du 64 % qui sont des exploitations
agricoles.
Alors, au fil des années, des transactions
entre quelqu'un qui a une terre, qui a un hectare, deux hectares, trois
hectares sur lesquels il y a une maison, puis qui a revendu à quelqu'un, puis
qui a revendu à quelqu'un, bien, il y a des centaines de transactions sur le
territoire.
M. Bérubé : Mais on ne parle
pas de la même chose. Je parle, par exemple, de gens d'affaires qui n'ont
jamais mis des bottes de travail pour aller sur une ferme et qui achètent de
leur bureau des terres agricoles qu'ils ne visiteront jamais. Il y en a
beaucoup de ça au Québec. Sur les claims miniers, par exemple, moi, je suis
capable d'identifier sur une carte, dans ma circonscription, y compris en
dessous de ma maison à Matane, qui est propriétaire. Est-ce qu'on pourrait
avoir une carte qui nous indique quelles sont les terres agricoles qui sont
propriétés de tiers, ni dans le monde agricole, non apparentées? Est-ce que
vous seriez capable de nous fournir ça pour l'ensemble des parlementaires, ce
type de carte là?
Moi, j'aimerais savoir, par exemple, au Bas-Saint-Laurent,
qui sont les propriétaires des terres au même titre qu'on le fait pour le
domaine minier. C'est une demande que je lui fais, on n'est pas obligé de l'avoir
aujourd'hui, mais je suis sûr que ça existe. Pas mal sûr que mes collègues
seraient d'accord pour obtenir ça. D'ailleurs, ma collègue de droite, qui fait
un très beau travail dans le domaine minier, c'est intersectionnel, ça, ça se
touche, pour reprendre une expression qu'on a abordée dans les dernières
semaines, ça va tout ensemble. Quand on veut bien développer le Québec, bien,
on veut savoir à qui appartient le territoire, donc, que ce soit dans le
domaine minier ou dans le domaine de la spéculation, moi, j'aimerais ça, pour
le bénéfice de la commission, qu'on puisse obtenir ça.
Je termine, en disant — je n'ai
pas beaucoup de temps, vous comprenez — l'UPA a dit qu'«il était
renversant, cette situation, qu'il faut développer une veille sur les
transactions dans... dans le domaine foncier agricole — donc ils
essaient de le faire. Cette fonction névralgique devrait relever d'un organisme
public détenant des pouvoirs et des ressources importantes. En l'absence de
volonté politique, l'organisation des producteurs agricoles a dû se substituer
à l'État québécois.»
Ce que je vous demande, M. le ministre,
par l'entremise du président, d'abord, de nous fournir un état de situation
pour l'ensemble des parlementaires. Je suis convaincu que tous les députés sont
intéressés à savoir qui sont propriétaires, puis, ensuite, de voir qui peut
gérer ça, qui peut surveiller ça à l'intérieur du ministère. Je ne parle pas de
créer une société d'État, mais une division qui suit ça de près. Je pense que
ce serait un bon coup pour le ministre, puis je le sais sensible à ces
questions, lui-même qui est député d'une région très agricole, avec d'excellentes
terres agricoles qui font l'envie de bien des gens qui ne se lèvent pas aussi
tôt que les agriculteurs le matin pour faire le train.
M. Lamontagne : Oui. Plusieurs
commentaires. Mon collègue, là, vous dire que la préoccupation pour la question
de la spéculation, la préoccupation pour la question de la propriété des
terres, là, je la partage. La dernière étude qu'on a, quand on parle, là, de
groupes autres, là, tantôt vous faisiez appel... référence à certaines
organisations, là, c'est qu'en hauteur de 2018, là, il était établi qu'à peu
près 2 % des transactions qui avaient lieu étaient par des groupes... des
groupes. Ça ne veut pas dire des gens qui ne veulent pas faire des
exploitations agricoles, mais ça veut dire des gens, des gens...
M. Bérubé : On ne les voit
pas dans les rangs souvent.
M. Lamontagne : Il y a cet
aspect-là. Moi, suite à l'analyse qui... qu'on va recevoir bientôt, je vous
dirais, moi, ma préoccupation est de trois ordres par rapport à notre
territoire agricole. Il y a l'intégrité du territoire agricole, il y a le
dynamisme puis... des activités agricoles, parce que c'est bien beau avoir un
territoire agricole, mais il faut que nos entreprises puissent, un, opérer,
puis il faut qu'elles puissent prospérer sur le territoire agricole. Ça fait
qu'aujourd'hui <on a fait...
M. Lamontagne :
...il
y a le dynamisme puis... des activités agricoles, parce que c'est bien beau
avoir un territoire agricole, mais il faut que nos entreprises puissent, un,
opérer, puis il faut qu'elles puissent prospérer sur le territoire agricole. Ça
fait qu'aujourd'hui >on a fait des avancées pour permettre à nos
entreprises d'avoir davantage de possibilités sur le territoire agricole. Puis
le troisième volet, c'est vraiment la propriété des terres agricoles.
Ça fait que je veux juste assurer mon
collègue, là, que, dans les mois puis les années qui vont suivre, dans le cadre
de ce mandat-là, c'est quelque chose qui va être au centre de mon radar, oui.
M. Bérubé : Merci. J'ai peu
de temps. Je vais aborder deux thèmes, la protection animale... et j'aimerais
qu'on puisse demander au sous-ministre aux Pêches de se rapprocher pour
l'autre, parce que je vais avoir une question à poser si M. Aziz accepte.
M. Lamontagne : ...c'est moi
le ministre, là.
M. Bérubé : OK, ça dépend, il
y a des ministres qui sont plus insécures que d'autres, hein?
M. Lamontagne : Ah! bien, si
je n'ai pas la réponse, je la demanderai, là...
M. Bérubé : Voulez-vous que
je vous les nomme?
M. Lamontagne : ...je vous la
fournirai, là, il n'y a pas de problème.
M. Bérubé : D'accord.
M. Lamontagne : J'adore le
secteur des pêches.
M. Bérubé : Mais c'est un des
sous-ministres les plus respectés de la fonction publique. Ça, c'est moi qui le
dis...
M. Lamontagne : Oui. Je
l'adore aussi, d'ailleurs.
M.
Bérubé
: ...moi,
c'est moi qui le dis, et il a rendu de fiers services à ma région. Je lui rends
hommage. Protection animale, on a fait une proposition, vous avez augmenté le
nombre d'enquêteurs, ça va.
En France, ils ont adopté une nouvelle
législation, des règlements. Il y a un certain nombre des éléments que je vous
ai sortis qui nous intéressent beaucoup. Je vous les soumets, à titre de
proposition, pour votre appréciation. Par exemple, l'interdiction d'élever des
animaux pour leur fourrure, l'interdiction d'utilisation d'animaux sauvages
dans les cirques — je vais vous les envoyer, tout ça — une
interdiction de vente en animalerie de chats et de chiens qui ne proviennent
pas de refuges, une interdiction de vente de chats et de chiens en ligne par
des particuliers — on en voit souvent passer, de ça. Le gouvernement
français, lui, s'est donné le devoir d'étudier, au niveau national, la
problématique des chats errants, de formuler des recommandations. Ça pourrait
s'appliquer aux chiens aussi. Les fourrières devraient être publiques ou gérées
par les organismes de protection des animaux, donc, fourrières à but lucratif
interdites, et, enfin, l'enseignement moral et civique devra sensibiliser les
élèves de l'école primaire, du collège et du lycée, en France, au respect des
animaux.
Le Président (M. Ciccone) : Il
reste 10 secondes, monsieur.
M. Bérubé : Alors, c'est des
propositions dont je vous fais part. Puis là je ne pourrai pas poser ma
question, mais je voulais savoir pourquoi notre permis de transformation de
homards, aux fruits de mer, de l'Est du Québec a été refusé.
Le Président (M. Ciccone) : Merci,
M. le député.
Une voix : ...
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
Nous retournons maintenant à l'opposition officielle avec le député de Pontiac.
Vous avez 17 min 40 s.
M. Fortin :Merci, merci, M. le Président. Juste, est-ce que le Parti
Québécois a un autre bloc plus tard ou c'était son seul bloc?
Le Président (M. Ciccone) : Non,
c'était son seul.
M. Fortin :Est-ce que je peux prendre mon temps et lui permettre de
poser sa question sur les pêches? Ça ne me dérange pas.
M. Bérubé : ...
Le Président (M. Ciccone) : Bien,
est-ce qu'il y a consentement pour...
Des voix : Consentement.
M. Bérubé : Oui, parce qu'on
s'est fait avoir dans la négociation, on ne parle pas beaucoup. Mais, M. le
Président, alors ma question au ministre, parce que c'est ce qu'il m'a indiqué,
fruits de mer de l'Est du Québec, on transforme de la crevette, on transforme
du crabe. On aimerait avoir la transformation du homard, on a fait une demande,
ça a été refusé. Alors, qui refuse? Est-ce que c'est un comité qui reçoit les
propositions des autres industriels qui se disent : Ce n'est pas vrai
qu'on va permettre à un autre joueur d'agir, c'est le comité, ou c'est le
ministre, ou il y a un pouvoir discrétionnaire? On a déjà eu cette
discussion-là, mais pas depuis qu'il y a eu la décision.
M. Lamontagne : OK. Ce qu'il
faut comprendre, pour le bénéfice de tous les gens qui sont ici, là...
M. Bérubé : C'est très local,
hein?
M. Lamontagne : Bien, c'est
très local, mais, en réalité, c'est national, parce que ça touche toutes les
régions côtières, ça touche toute notre industrie des pêches. Puis ça vise à ce
qu'il y ait un équilibre entre les captures, les entreprises qui font de la
capture puis, après ça, la transformation. Puis il a été mis en place il y a
des années, puis c'est dans la loi sur les produits agricoles.
La question pour tout ce qui touche les
pêcheries, pour l'émission de permis de transformation, ça doit passer par
l'analyse d'un groupe d'intérêts, c'est le groupe d'intérêts... Comment?
Une voix : ...
• (12 h 40) •
M. Lamontagne : ...le groupe
d'intérêts public, c'est ça. Ce groupe d'intérêts public là, qui est formé de
gens du ministère de l'Économie, de gens du ministère des Affaires municipales,
de gens du MAPAQ, d'acteurs du milieu, l'objectif, c'est d'analyser une demande
de permis, peu importe le type de capture, de voir cette demande-là, de voir la
disponibilité de la ressource, de voir l'écosystème qu'il y a présentement sur
le territoire pour transformer cette ressource-là.
Une voix : ...
M. Lamontagne : Un instant,
je vais terminer ma réponse. Puis, après ça, à la lumière des informations puis
de l'équilibre qu'il y a, d'évaluer si, en donnant un nouveau permis de
transformation, on va venir habiller Paul pour déshabiller Jacques ailleurs sur
le territoire côtier du Québec. Alors, mon collègue comprendra que ce n'est
certainement pas ça, l'objectif.
Alors, dans le cas qui nous concerne, aux
dernières nouvelles, il y a un refus qui a été accordé à l'entreprise.
L'entreprise était en attente de ce refus-là pour soumettre de nouvelles informations.
Et, à la lumière de ces nouvelles informations-là, le comité va encore analyser
l'impact potentiel de l'émission <d'un nouveau permis...
M. Lamontagne :
...pour
soumettre de nouvelles informations. Et, à la lumière de ces nouvelles
informations-là, le comité va encore analyser l'impact potentiel de l'émission >d'un
nouveau permis. S'il est jugé que ce nouveau permis là ne viendra pas
déséquilibrer l'écosystème entre les captures puis la capacité de transformation,
très probablement que le permis va être accordé. S'il est jugé par le groupe
d'intérêts public qu'il va y avoir un déséquilibre, le permis ne sera pas
accordé.
Le Président (M. Ciccone) : Merci,
merci. M. le député.
M. Bérubé : ...je veux
remercier le Parti libéral pour m'avoir permis de poser cette question-là en
pêche. J'espère que c'est noté. Merci beaucoup. Merci au ministre. Ça a bien
été.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup. J'admire... Merci. M. le député de Pontiac, j'admire votre esprit
sportif. À vous maintenant la parole. Il vous reste 14 min 15 s
M. Fortin :On va revenir à nos moutons ou à nos porcs, peut-être, dans
ce cas-ci. Mais, en fait, le ministre a terminé tantôt, là, en nous parlant,
dans le bloc précédent, en nous parlant des prévisions de La Financière,
puis puis mon collègue de Matane-Matapédia a fait référence aussi au
budget de La Financière, là, et je n'ai pas entendu, dans une réponse ou
dans l'autre, la raison pour laquelle il était confortable avec cette
diminution du budget de La Financière... diminution du transfert
ministériel de La Financière agricole.
M. Lamontagne : Bien, en
réalité, comme je vous dis, c'est un montant de tout près de
5 millions de dollars, puis, il y a quelques années, il y a comme un
effort qui avait été demandé à tous les ministères. Vous avez été ministre,
vous savez, des fois, là, le Conseil du trésor demande un effort pour faire en
sorte que chacun des organismes et les ministères donnent des contributions,
remettent de l'efficacité, si on veut. Puis la contribution qui avait été
demandée à La Financière à l'époque, bien, on avait convenu... il avait
été convenu au ministère de l'Agriculture d'assumer, pendant quelques années,
une partie qui est à hauteur de 5 millions, là... je pense, c'était
15 millions. Il y avait un montant qui avait été demandé à La Financière,
je n'ai pas le montant exact. Puis, cette année, là, il a été comme jugé, là,
qu'ultimement il allait se faire un compte à compte entre La Financière puis le
ministère de l'Agriculture, là, pour faire en sorte qu'il n'y ait comme plus de
comptes à payer, si on veut, de La Financière envers le MAPAQ, en vertu de
cet accommodement-là que le MAPAQ avait fait il y a plusieurs années.
M. Fortin :OK. Tantôt, vous m'avez parlé, là, de l'assurance puis du
maximum de 650 millions qu'il peut y avoir annuellement. Là, l'an dernier,
vous êtes allé débourser 240 millions juste pour un secteur, ce qui est
énorme, là, quand même, dans l'enveloppe de 650 millions, là, on est entre
le... comme je le disais, entre le tiers puis la moitié, là. Donc, si...
Tantôt, vous m'avez dit : Si les conditions sont les mêmes, ça va rester à
peu près le même montant. Je vous soumets que les conditions n'ont pas l'air de
s'améliorer bien, bien. Donc, ça se pourrait fortement que ce montant-là soit
en augmentation cette année.
Qu'est-ce qui arrive s'il y a une grande
sécheresse cet été? Qu'est-ce qui arrive si on dépense 300, 350 millions
sur la question du porc, puis qu'il n'en reste pas assez pour la sécheresse ou
toute autre situation qui pourrait se produire?
M. Lamontagne : Bien, la
sécheresse, c'est l'assurance récolte. Ça, c'est un autre programme, c'est un
programme qui est géré conjointement avec le gouvernement fédéral. Mais ce
qu'il faut comprendre, c'est que tout ce qui touche le soutien de revenus et la
gestion de risques, c'est tout capitalisé, c'est dans des comptes particuliers
qui sont mis à jour. C'est des actuaires, c'est des spécialistes qui
travaillent pour s'assurer que tous ces fonds-là soient capitalisés de la bonne
façon. Puis, en fonction de la nouvelle réalité qui va se présenter, M. le
député, les analystes de La Financière vont faire toutes les analyses les
plus fines pour avoir une projection future pour la situation, là, des
différents programmes de soutien de revenus puis qu'en fonction de ces
projections-là, bien, je veux dire, ils vont se gérer en accord avec cette
projection-là, puis, après ça, bien, je veux dire, le...
M. Fortin :Mais il y en a déjà une prévision, là, pour l'ASRA cette
année. Il y en a déjà une, vous la connaissez, oui, et vous prévoyez, si j'ai
bien compris, qu'il va y avoir un déficit à la fin de l'année. Exact?
M. Lamontagne : Oui.
M. Fortin :OK, Alors là, est-ce qu'il y a une limite à ce que vous
pouvez voir comme déficit? Parce que moi, je comprends que votre déficit prévu
de fin de l'année, là, c'est 58 millions, à moins que je me trompe. Est-ce
qu'il y a une limite à ça?
M. Lamontagne : Bien, ce que
je peux vous répondre, c'est qu'il y a le secteur porcin, il y a le secteur du
bœuf, il y a le secteur de l'agneau, il y a le secteur des céréales, de l'orge,
du blé, qui font tous partie de ces programmes-là, puis, une année, un
programme où l'ASRA intervient, où l'ASRA n'intervient pas. Il y a des secteurs
qu'il y a une intervention pendant que... Il n'y a pas d'intervention pendant
qu'il y a une intervention <à un autre endroit...
M. Lamontagne :
...un
programme où l'ASRA intervient, où l'ASRA n'intervient pas. Il y a des secteurs
qu'il y a une intervention pendant que... Il n'y a pas d'intervention pendant
qu'il y a une intervention >à un autre endroit.
M. Fortin :Je vais le prendre de l'autre bord.
M. Lamontagne : Juste une
seconde.
M. Fortin :Non, non, allez-y, allez-y.
M. Lamontagne : Pendant ce
temps-là, il y a des gens qui cotisent, il y a des cotisations qui entrent.
Alors, La Financière vient tout balancer ses revenus, ses contributions
dans les programmes d'assurance. Puis, au moment où on se parle, là, il n'y a
aucune indication, il n'y a aucun signal qui vient de la part de La Financière
agricole, là, qu'au cours des temps qui s'en viennent, là, ils ne seront pas
capables d'assumer leurs responsabilités.
M. Fortin :Bonne affaire. Mais le maximum de 650 millions, il est
là depuis combien d'années, ce maximum, ce cap-là?
M. Lamontagne : Bien...
M. Fortin :Depuis... depuis que vous êtes en poste.
M. Lamontagne : Depuis 2010.
M. Fortin :OK. Parfait. C'est 650 millions, ça n'a pas bougé.
M. Lamontagne : C'est ça
depuis 2010, oui.
M. Fortin :OK. Mais là c'est parce que vous entrez dans une année, là,
en sachant qu'il y a un... à peu près 250 millions ou plus qui va aller
dans un secteur précis. Alors, ça ne vous laisse pas une grosse marge de
manœuvre pour tout le reste, c'est ça, mon point. Est-ce que vous pouvez
dépasser le 650 millions? Parce qu'il y en a un gros morceau, là, que vous
le savez. C'est comme si, en 2020, vous partiez avec juste 300 millions ou
350 millions. Vous comprenez ce que je veux dire, là, il y en a un gros
morceau qui est parti, là, déjà. Alors, votre marge de manœuvre, pour tout le
reste, elle est pas mal plus petite qu'elle était.
Alors, est-ce qu'il y a des producteurs
qui sont à risque de ne pas avoir leur assurance cette année, parce qu'il y en
a un gros morceau, là, qui est déjà parti?
M. Lamontagne : Ce que je
vous dirais, puis je vais vous répéter ce que je viens de vous dire, là, de
tous les échanges que j'ai pu avoir avec La Financière, de toutes tes
analyses qui ont pu être faites, il n'y a aucune indication comme quoi le
programme ne pourra pas répondre, ne pourra pas venir en soutien aux
producteurs agricoles.
M. Fortin :Alors, quand vous me dites qu'il y a un maximum de
650 millions, pas nécessairement.
M. Lamontagne : Bien, c'est
parce que là vous présumez, là, que...
M. Fortin :Bien, on ne présume pas. Vous le savez, je le sais, puis
tout le monde autour de la table le sait qu'il va y avoir un gros, gros, gros
montant de 650 millions là qui s'en va aux producteurs de porcs.
M. Lamontagne : Oui.
M. Fortin :Alors, si on s'est donné 650 millions, dans le passé,
là, depuis 15 ans, là, comme limite...
M. Lamontagne : C'est un
plafond qui est annuel.
M. Fortin :Oui.
M. Lamontagne : C'est un
plafond qui est annuel.
M. Fortin :Oui.
M. Lamontagne : On ne doit
pas dépasser annuellement ces montants-là.
M. Fortin :Mais voilà. Alors, si vous ne pouvez pas le dépenser, puis
qu'il y en a la moitié qui s'en va dans le porc puis qu'il y a plus que
300 millions de demandes pour tout le reste des secteurs, qu'est-ce qui se
passe?
• (12 h 50) •
M. Lamontagne : Bien, c'est un
plafond de 650 millions. Ce que je vous dis, c'est qu'en aucun temps, il y
a des indications qui nous dit, là, que ce plafond-là va être excédé, puis
qu'en aucun temps il n'est question que La Financière ne puisse pas
honorer ses engagements auprès de quelque production que ce soit, là.
M. Fortin :OK. Mais, encore là, vous me dites que vous n'avez aucune idée
ce que ça va être dans le porc cette année. Vous ne le savez pas. Donc, comment
vous pouvez nous dire... Parce qu'on... c'est des gros montants, le porc, là.
Puis là, encore là, ils ont accepté, à travers l'entente, d'avoir 4,5 % de
moins cette année. Alors, je ne vois pas comment vous pouvez me dire... puis
peut-être les gens de La Financière peuvent l'expliquer différemment, peut-être
que j'ai besoin de l'entendre différemment, mais je ne vois pas comment vous
pouvez dire à ce moment-ci, ne sachant pas ce que ça va vous coûter dans le
porc, qu'on en a assez.
M. Lamontagne : Bien, ce que
je pourrais vous dire, c'est qu'il n'est pas anticipé que, dans une année, il y
ait plus que 650 millions de dollars qui soient déboursés pour
l'assurance du soutien de revenu agricole. C'est tout ce que je peux vous dire.
M. Fortin :Oui, mais ça, c'est normalement à chaque année. Ça, c'est à
chaque année, j'imagine que La Financière dit ça : On n'anticipe pas
dépenser plus de 650 millions. Mais là, vous le savez comme moi que vous
avez une année particulièrement à risque.
M. Lamontagne : 650 millions,
c'est beaucoup d'argent, là, M. le député de Pontiac.
M. Fortin :Mais 250 millions dans le porc aussi, c'était énorme
l'année passée, 240, donc.
M. Lamontagne : Bien oui, il
en restait 400, il en restait 400.
M. Fortin :OK. Vous nous demandez de vous faire confiance, ça va, mais
je vous le dis que, ne sachant pas combien ça va coûter dans le porc, je trouve
que c'est un pari risqué. La question des cartes. Tantôt, le collègue de
Matane-Matapédia vous a demandé une carte, une carte des propriétés de terres
agricoles. Puis, vu qu'il y avait quatre, cinq éléments dans sa question, c'est
correct, là, vous avez parlé de d'autres choses, vous aviez un temps limité
pour répondre. Je vous relance sur sa question spécifique des cartes sur les
propriétés agricoles puis l'usage des terres agricoles. Est-ce que c'est quelque
chose que vous pourriez rendre public? Ça me semble une bonne idée. Il a raison,
je sentais...
M. Lamontagne : Ce que je
vous dirais, au moment où on se parle, c'est quelque chose qui n'est pas
disponible, mais ce que je vous dirais...
M. Fortin :Donc, vous ne l'avez pas vous-même, là?
M. Lamontagne : Non.
M. Fortin :OK.
M. Lamontagne : OK. Puis ce
que je vous dirais, c'est quelque chose... Tantôt, j'ai dit, là, que, dans mon
mandat, il y a trois choses sur lesquelles je vais m'attaquer, là : la
question de l'intégrité du territoire agricole, la question du dynamisme des
activités agricoles, puis la question de la propriété du territoire agricole.
M. Fortin :OK. Parce que, tantôt, tantôt, vous avez parlé, en 2018,
là, il y avait environ quoi, 2 % des terres qui étaient propriétés de
groupe, là.
M. Lamontagne : C'est-à-dire,
les transactions qu'il y avait eu.
M. Fortin :Les transactions, effectivement.
M. Lamontagne : Il y avait
des transactions, <c'est ça...
M. Fortin :
...2 % des terres qui étaient propriétés de
groupe, là.
M. Lamontagne :
C'est-à-dire,
les transactions qu'il y avait eu.
M. Fortin :
Les transactions, effectivement.
M. Lamontagne :
Il
y avait des transactions, >c'est ça. Il y a 90 000... au Québec, il
y a 90 000 comptes de taxes foncières agricoles.
M. Fortin :Puis ça, vous ne l'avez pas mesuré depuis 2018. C'est le
dernier chiffre que vous avez, c'est, il y a cinq ans.
M. Lamontagne : La dernière
analyse qui a été faite pour évaluer l'impact, si on veut, là, de fiducies, si
on veut, là, qui pourrait avoir... faire de l'acquisition de terres agricoles,
là.
M. Fortin :Mais ça fait partie de vos trois grandes priorités, hein?
M. Lamontagne : Oui, oui,
oui.
M. Fortin :Mais vous ne l'avez pas mesuré depuis cinq ans.
M. Lamontagne : Non, ce que
je vous dis, c'est qu'on a fait... C'est une analyse qui a été faite d'une
façon ponctuelle, pour mesurer, avoir une idée de l'ampleur ou l'impact au
niveau des transactions agricoles.
M. Fortin :OK. Allez-vous en faire un autre?
M. Lamontagne : Ce que je
vous explique, c'est qu'au cours du mandat qui s'en vient il y a trois grandes
préoccupations que j'ai...
M. Fortin :Non, je comprends que vous avez une priorité, mais vous
allez l'analyser, là, vous allez le mesurer, ça.
M. Lamontagne : Bien, je vous
dirais, ce que... L'objectif, ça va être que ce soit beaucoup plus large que
ça, là, d'avoir vraiment beaucoup plus d'informations sur la propriété des
terres agricoles au Québec. C'est très important.
M. Fortin :Puis, quand vous allez faire cette étude-là, cette
analyse-là, peu importe, sur la propriété, est-ce que vous allez pouvoir
produire une carte puis la rendre publique? Ce n'est... ce n'est pas difficile,
là, c'est...
M. Lamontagne : Bien,
honnêtement, honnêtement, honnêtement, si on vient mesurer des choses, si on
vient identifier des choses, j'espère bien qu'on va être capables,
ultimement... d'être capables de cartographier, personnaliser ou faire en sorte
qu'on puisse avoir l'image de ce qu'on va venir mesurer, là.
M. Fortin :OK. Bien, je pense que ce serait bien de faire un
engagement, parce que la carte minière, là, il a raison, c'est utile, c'est
facile à comprendre, c'est... Donc, si on est capables d'avoir la même chose
dans l'agricole, je pense que ce serait... ce serait un bonus pour vous, puis
pour les gens qui essaient de comprendre ce qui se passe dans le milieu
agricole au Québec.
M. Lamontagne : Ça va être
très utile en fonction des défis qu'on a pour les années à venir. Je suis
d'accord avec vous, M. le député de Pontiac.
M. Fortin :OK. J'aurais aimé un engagement plus clair, mais je
comprends qu'on veut, au moins, de votre côté, le comprendre, partager, je vous
dirais que ce serait encore mieux.
Dernière... dernière question dans ce bloc-ci,
parce que je pense qu'il nous reste, quoi, deux minutes, là...
Le Président (M. Ciccone) : Trois
minutes.
M. Fortin :Trois minutes? La relève agricole, on y a touché un peu
tantôt, là. La question d'encadrer le morcellement des terres, ça a été une
revendication de la relève récemment. Est-ce que c'est quelque chose que vous
allez... sur lequel vous allez travailler dans les prochains mois?
M. Lamontagne : Qu'est-ce que
vous voulez dire?
M. Fortin :Bien, ce que la Fédération de la relève demande, là, c'est
la mise en place de mesures pour encadrer le morcellement des terres agricoles.
Ça vient de leur sondage qu'ils ont fait il y a quelques années. C'est un enjeu
d'importance. Ils considèrent que c'est un enjeu qui est sans incidence
financière, mais pour lequel il y a un bénéfice important pour la relève.
Alors, est-ce que c'est quelque chose sur lequel vous vous êtes engagé ou vous
pouvez vous engager à travailler?
M. Lamontagne : Bien,
écoutez, M. le député... puis, honnêtement, je comprends que vous n'étiez pas
porte-parole en agriculture dans le mandat passé, mais c'est une demande qui
vient de la fédération depuis un certain nombre d'années...
M. Fortin :C'est vrai.
M. Lamontagne : ...puis c'est
quelque chose qu'on a complété par voie législative. En 2021, on a apporté des
modifications, par la voie du PL n° 103, pour faire en sorte de venir
favoriser davantage la possibilité de morceler des terres agricoles en fonction
des projets agricoles qui sont présentés. Ça fait que c'est quelque chose qui a
été fait, là.
M. Fortin :De toute évidence, la relève ne considère pas
nécessairement que c'est assez, mais vous considérez que c'est terminé, là.
M. Lamontagne : Non, ce n'est
pas ça. Honnêtement, j'ai remarqué, là... Je pense qu'ils ont fait un tableau
d'une vingtaine de recommandations récemment, là, puis, en tout respect pour le
travail qui a été fait, là, il y a un certain nombre des demandes qui ont fait que
c'est des choses qui ont été réalisées, là.
M. Fortin :OK. Dans ce cas, je vais prendre leur autre recommandation,
puisque vous considérez que c'est complété. L'incitatif fiscal, pour encourager
les gens à vendre à la relève, est-ce que c'est quelque chose qui peut être...
Ça aussi, c'est une demande de longue date, là, mais est-ce que c'est quelque
chose qui peut être considéré?
M. Lamontagne : Au moment où on
se parle, ce n'est pas quelque chose qui est considéré puis considérable.
M. Fortin :Pourquoi pas? Vous ne considérez pas que c'est nécessaire?
M. Lamontagne : Ce n'est pas
quelque chose qui est considéré. Ce n'est pas quelque chose qui est considéré,
là, d'avoir un incitatif fiscal, là, pour vendre une terre agricole à
quelqu'un, plutôt qu'à quelqu'un d'autre, là.
M. Fortin :Avec le taux d'endettement de la relève en ce moment, là,
vous ne considérez pas que c'est nécessaire au Québec? Parce que, quand on
regarde les taux d'endettement de la relève, surtout dans certains secteurs, je
pense aux porcs encore, là, je pense qu'on est complètement démesurés par
rapport aux autres provinces. Ça, c'est quelque chose qui peut faire une
différence dans leur taux d'endettement. Puis, avec les taux d'intérêt, vous le
savez, aujourd'hui, ce que ça peut faire pour les limiter dans leurs
investissements futurs. Ce n'est pas quelque chose que vous considérez
nécessaire?
M. Lamontagne : Non, non, au
moment où on se parle, ce n'est pas quelque chose qui est considéré, là.
M. Fortin :Et pourquoi pas?
M. Lamontagne : Parce que ce
n'est pas une option, là, qui est à l'agenda d'avoir un quelconque crédit
d'impôt pour quelqu'un qui achèterait une terre agricole. Je vous dirais,
davantage, là, les énergies sur lesquelles on va focusser, c'est... Tantôt, on
a parlé beaucoup de la question de la propriété des terres agricoles, là...
Le Président (M. Ciccone) : 10 secondes,
en terminant.
M. Lamontagne : ...je peux
vous assurer qu'il y a beaucoup d'énergies qui vont être dévouées, là, au
niveau de la propriété des terres agricoles.
M. Fortin :C'est... Je comprends ce que vous me dites, mais c'est
encore très, disons, lousse comme définition, là.
M. Ciccone :Merci. Merci Beaucoup. Merci beaucoup, messieurs. Je suis
prêt maintenant à reconnaître un membre <de la partie gouvernementale...
M. Fortin :
...mais c'est encore très, disons, lousse comme
définition, là.
M. Ciccone :
Merci. Merci Beaucoup. Merci beaucoup, messieurs. Je
suis prêt maintenant à reconnaître un membre >de la partie
gouvernementale. Je reconnais le député de Joliette.
M. St-Louis : Merci, M. le
Président.
Des voix : ...
M. St-Louis : Permettez-moi
d'abord de saluer M. le ministre et l'équipe ainsi que mes collègues des
oppositions et mes collègues de la banquette gouvernementale.
M. le ministre, en 2020, vous avez lancé
la stratégie de croissance de la culture en serre. Naturellement on connaît
tous l'importance de ce mode de culture dans l'atteinte d'une plus grande
autonomie alimentaire pour notre société québécoise. Vous aviez, au départ,
comme objectif, de doubler la superficie de culture en serre. Personnellement,
chez nous, dans Lanaudière, j'ai été à même de constater la mise en chantier et
la réalisation de certains projets. Mais, d'un point de vue plus global, plus
national, on... nous en sommes où en termes de réalisation ou d'objectifs?
M. Lamontagne : Bien, bien,
merci beaucoup, le député. L'objectif de la stratégie, naturellement, bien, il
y a toute une question, là, de... d'accroître l'autonomie alimentaire du Québec.
Il y a une question de venir dynamiser des petites entreprises qui peuvent
devenir un peu plus grosses en étant en commerce plusieurs mois par année,
toute la question aussi, après ça, de contribution à l'économie régionale.
Mais, au départ, notre objectif, effectivement, là, c'était de passer de
123 hectares de culture en serre à 246. Puis, au moment où on a pris cet
engagement-là, on produisait 41 000 tonnes de fruits et légumes par
année. Alors, on aurait pensé, là, qu'en doublant les superficies, bien, on
allait passer de 41 000 tonnes à 82 000 tonnes.
Au moment où on se parle, on a lancé ça le
26 novembre 2020, au moment où on se parle, on a, de mémoire, à peu près
340 projets qui ont été réalisés ou qui sont en voie d'être complétés au
Québec. Sur les 340 projets, il y en a à peu près 225, 230, que ce sont
des très petites entreprises qui ont allongé leur saison de culture, qui ont pu
diversifier leurs revenus, qui sont partout sur le territoire. Après ça, on a
une centaine de projets, c'est des entreprises un peu plus grandes qui
maintenant peuvent avoir un rayonnement un peu plus régional puis qui sont
maintenant en mesure, là, d'offrir des produits 12 mois par année. Puis,
après ça, on a des plus grandes entreprises, peut-être une quinzaine de projets.
Tout ça qui fait ensemble qu'aujourd'hui
on est à peu près à 68 hectares ou 69 hectares de nouvelles serres,
ça fait qu'en termes de superficie on est à 54 % ou 55 % de
l'objectif qu'on s'est fixé, qui est 2020-2025.
Mais la belle surprise qu'on a eue à
travers tout ça, M. le député, c'est que les gens ont non seulement construit
des nouvelles superficies, mais ont entrepris de moderniser des installations
existantes pour devenir plus productifs. Ce qui fait qu'aujourd'hui, en termes
de tonnage, on a 90 % de l'objectif, là, si on passe de 41 000 tonnes
à 82 000 tonnes, on est rendus à peu près à 78 000 tonnes.
On a 37 000 tonnes de produits additionnels qui sont produits. Ça
fait qu'on est à 54 % des superficies, on est à, à peu près, 90 % en
termes de tonnage. Ça fait que, sur ces deux volets-là, là, je vous dirais que
c'est... jusqu'à maintenant, c'est un succès. Puis ça a généré tout près, là,
de, je pense, c'est 450 ou 470 millions d'investissements, puis ça, c'est
aux quatre coins du Québec.
Ça fait que, bien honnêtement, là, au
moment où on se parle, c'est un... Il y a eu une très bonne réponse de la part
du secteur maraîcher et des entrepreneurs agricoles. Et puis on anticipe, là,
que cette réponse-là se poursuive, là, pour les temps qui s'en viennent, là.
M. St-Louis : Merci, M. le
ministre.
M. Lamontagne : Ça fait
plaisir.
M. Ciccone :Bien, mon Dieu! 13 heures pile. Je vous félicite pour
votre... pour vos travaux. Merci beaucoup.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 14 heures. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 13 heures)
13 h 30 (version révisée)
(Reprise à 14 heures)
Le Président (M. Ciccone) : Rebonjour
à tous. Nous allons reprendre nos travaux.
Je vous rappelle que la commission est
réunie afin de poursuivre l'étude des crédits budgétaires du portefeuille
Agriculture, Pêcheries et Alimentation pour l'exercice financier 2023‑2024.
Nous sommes maintenant à un bloc d'intervention
de l'opposition officielle. M. le député de Pontiac, à vous la parole. Vous
avez 21 min 15 s.
M. Fortin :Merci, beaucoup, M. le Président. Bon après-midi, chers
collègues. J'espère que tout le monde a eu un bon lunch. Ça va bien, M. le
ministre?
M. Lamontagne : ...
M. Fortin :Toujours d'attaque? Très bien.
M. Lamontagne : ...
M. Fortin :Pardon?
M. Lamontagne : J'ai mangé
léger.
M. Fortin :Ah! très bien, très bien. Bon, puisqu'on est dans le lunch
et les différents aliments qu'on a pu consommer, je ne pense pas que vous avez
pris une petite bière avec votre lunch. J'en doute parce qu'on est dans un exercice
sérieux où on a besoin de nos pleines capacités. Mais il y a beaucoup de Québécois
qui aiment ça, prendre une petite bière avec leur repas...
14 h (version révisée)
M. Fortin :...beaucoup de Québécois qui aiment ça, prendre une petite
bière avec leur repas. Ça leur arrive. Alors, puisque, cette semaine, c'est la
semaine des microbrasseries, j'ai quelques questions en lien avec ce
secteur-là, qui est un secteur en pleine expansion encore au Québec, qui prend
de l'importance. Et, on ne se le cachera pas, là, ils ont quand même, avec
raison, quelques demandes, quelques revendications en lien avec... avec... que
ce soit votre ministère ou certains ministères du gouvernement.
La première, c'est la question des marchés
publics. J'aimerais ça, comprendre pourquoi, au Québec, ce n'est pas possible
pour des microbrasseurs d'être... d'être commerçants ou exposants dans un
marché public.
M. Lamontagne : Bien, je vais
être bien franc avec vous, mon collègue, là, il y a la... la réglementation qui
fait en sorte que, quand on produit chez soi, on peut vendre à partir de chez
soi, OK, à partir du site de production...
M. Fortin :Une microbrasserie qui a un magasin, là, au devant de la...
peut vendre sur place, effectivement.
M. Lamontagne : Oui. Puis là
votre question, c'est à savoir pourquoi ils peuvent vendre sur place, mais qu'ils
ne peuvent pas distribuer...
M. Fortin :Non. Je vais y arriver, à cette question-là. Ma question
initiale, c'est sur les marchés publics. Donc, un marché comme le marché public
d'Aylmer, par exemple, là, le Marché du Vieux-Aylmer, où il y a une tonne de
commerçants, il y a des gens qui vendent leurs fruits, leurs légumes, il y a
des gens qui vendent leur sirop d'érable, il y a des gens qui vendent du vin,
par exemple, mais le microbrasseur, lui, ne peut pas vendre sa bière sur place.
M. Lamontagne : Bien,
honnêtement, je n'ai pas cette réponse-là, là, de mémoire. Si vous voulez, ce
que je vais faire, c'est que les gens vont prendre en note votre question, puis
peut-être, un petit peu plus tard, je vais vous revenir. Si vous préférez,
bien, je veux dire, on va laisser tourner le temps, puis le temps de trouver la
réponse, puis après ça je vais vous donner la réponse, là. À votre choix, là.
M. Fortin :Ça me va. Je suis convaincu qu'il y a quelqu'un ici,
quelque part, qui soit connaît la réponse ou peut l'obtenir très rapidement,
là.
M. Lamontagne : Parfait.
M. Fortin :Prenons l'autre question que vous avez comprise d'entrée de
jeu : la vente... ce qui est appelé la vente en ligne, là, il y a beaucoup
de microbrasseries, par exemple, en Ontario, qui ont, pendant la pandémie, fait
des affaires... je ne veux pas dire des affaires d'or, mais ça leur a permis de
passer à travers la vague de fermetures de façon beaucoup plus... de façon
économiquement profitable. Alors, au Québec, encore là, cette vente-là, elle
est interdite. La SAQ peut livrer à domicile, il n'y a pas de problème à ce
niveau-là, la SQDC peut livrer à domicile, mais le microbrasseur ne peut pas
livrer sa bière au domicile d'un particulier. Pouvez-vous m'expliquer pourquoi?
C'est une de leurs revendications, là, vous le savez. Ils aimeraient ça,
pouvoir le faire, et je vous avoue que je ne vois pas beaucoup de raisons
logiques pour lesquelles ce ne serait pas possible.
M. Lamontagne : Oui, bien,
bien honnêtement, mon collègue, puis probablement que la première réponse va
aller dans cette direction-là aussi, mais où... pourquoi j'ai hésité, c'est
parce que... toute la question des marchés publics, puis il y a une partie qui
touche l'activité qui nous touche, la question des marchés publics. Mais, au
niveau de la distribution d'alcool, de la livraison d'alcool, honnêtement, c'est
vraiment quelque chose qui est de compétence, là, de la Régie de l'alcool, des
jeux et des courses. C'est vraiment sous la compétence aussi du ministère de l'Économie
et le ministère des Finances. Puis ce n'est pas de l'essor de notre... de notre
activité quotidienne. On n'a pas de... On n'a pas de lien ou on n'a pas de
décision quant à... si les gens peuvent distribuer ou pas, par Internet, par un
tiers, ou tout ça. C'est vraiment de la réglementation, là, qui relève, là, d'autres
compétences que les nôtres au ministère de l'Agriculture, là.
M. Fortin :Mais vous êtes le ministre responsable de l'Agriculture,
des Pêcheries et de l'Agroalimentaire. Alors, dans ce secteur-là, il y a le
secteur des microbrasseries. Alors, s'il y a quelqu'un qui doit parler au nom
de ce secteur-là avec vos collègues au Conseil des ministres, qui doit porter
leurs revendications un peu pour s'assurer qu'économiquement, financièrement,
ils réussissent bien...
Et c'est un secteur qui, de façon
générale, là, va très bien. Mais il y a toujours moyen de faire mieux. C'est
des entrepreneurs, ils veulent être profitables, on les comprend. Puis c'est un
service qui, honnêtement, ne nous apparaît pas comme particulièrement plus
dangereux que d'avoir de la livraison à la maison de la Société des alcools du
Québec, là.
Alors, est-ce que, vous, lorsque vous avez
entendu ces revendications-là, vous le savez, elles ne sont pas nouvelles, d'ailleurs,
là, est-ce que vous avez porté ce message-là auprès de vos collègues?
M. Lamontagne : Bien, un,
juste préciser, là, essentiellement, le rôle qu'on peut avoir vis-à-vis ces
organisations-là, là, c'est... c'est vraiment au niveau de tout ce qui est l'innocuité,
la salubrité, tout ça, parce que... sur les lieux de production, parce qu'il y
a des permis, là qui sont octroyés.
M. Fortin :Oui, vous faites de l'inspection. <Ça...
M. Lamontagne : ...qui sont
octroyés.
M. Fortin :
Oui, vous faites de l'inspection. >Ça...
M. Lamontagne : Pour ce qui
touche la commercialisation des produits de l'alcool au Québec, bien, moi, au
départ, je suis un entrepreneur, puis c'est sûr que moi, je suis un partisan de
chercher à laisser le plus possible les gens entreprendre.
M. Fortin :Oui. Je suis content d'entendre ça. Bonne chose.
M. Lamontagne : Alors, ça, c'est...
ça, c'est mon premier... c'est mon premier vecteur.
Par la suite, je vous dirais, j'ai pu
avoir des discussions. J'ai déjà rencontré, en compagnie de mon collègue le
ministre de l'Économie, les représentants des microbrasseries pour entendre
leurs commentaires. J'ai pu, à l'occasion, à plusieurs reprises, avoir des
discussions avec mes collègues, ou des échanges, ou des informations à leur
donner sur certaines réalités d'entrepreneurs que je peux avoir dans mon comté
ou pour lesquelles je suis interpelé à titre de ministre de l'Agriculture.
Alors...
M. Fortin :Ou même de député. J'imagine que vous avez des
microbrasseries chez vous, hein?
M. Lamontagne : Oui, oui. Tout
à fait. Tout à fait. Alors, j'ai pu... j'ai pu faire des représentations auprès
de mes collègues, mais je dois vous dire que la finalité de tout ça, là, c'est
vraiment entre les mains, là, du ministère des Finances, puis du ministère de
l'Économie, puis de la régie.
M. Fortin :OK. Mais vous avez fait des représentations en ce sens-là
sur la vente en ligne et... Mais là je ne veux pas présumer, là. La vente dans
les marchés publics, vous ne sembliez pas savoir les détails de ça, mais au
moins la vente en ligne, là.
M. Lamontagne : Bien, moi, je
vous dirais, mon premier... ma première préoccupation, c'est vraiment quand, on
va dire, quand on produit ce qui est issu de la production... d'une production
agricole qui sort de la terre, là, puis qu'habituellement il y a un exercice de
transformation puis, à un moment donné, il y a un exercice de commercialisation.
Bien là je vous dirais que je suis assez mobilisé, si on veut, là, pour faire
en sorte que le producteur agricole, ultimement, puisse, sur sa ferme, avoir
accès à de la transformation puis ultimement à la commercialisation, puis après
ça de voir comment on peut accompagner cet effort-là.
Après ça, je vous dirais, bien
honnêtement, que des gens décident qu'ils veulent faire un quelconque breuvage
alcoolisé sur le territoire puis qu'après ça veulent les mettre en marché de
différentes façons, je vous dirais que je suis interpelé comme entrepreneur, à
savoir : Qu'est-ce qu'il est possible de faire pour accompagner ces
gens-là? Mais, comme ministre de l'Agriculture, je vous dirais, je suis moins interpelé
par ça, là.
M. Fortin :OK. Mais vous venez de me dire que vous avez fait des
représentations auprès de vos collègues.
M. Lamontagne : Oui. Oui.
M. Fortin :J'aimerais ça, savoir à quel niveau, quelles elles sont.
M. Lamontagne : Ah! bien,
moi, c'est l'objectif de faire en sorte que le... pour nos entreprises qui sont
en production, qui sont en transformation... Au Québec, on a une particularité,
là, le monopole qu'on a de la Société des alcools du Québec. C'est un organisme
qui vient, je dirais, influencer ou dicter un certain nombre de pratiques qu'on
a. Ça fait que, moi, le discours que je vais avoir avec mes collègues, c'est :
Bien, écoutez, à l'intérieur de l'ensemble dans lequel on opère, comment on
peut montrer davantage de flexibilité par rapport à ceux qui ont des besoins.
M. Fortin :Est-ce que la vente en ligne, pour vous, c'est quelque
chose de souhaitable pour les microbrasseries?
M. Lamontagne : Honnêtement,
je n'ai pas... je n'ai pas de... d'appréciation, là, à faire. C'est plus large
que ça, là. Il faudrait voir la composition des ventes. Il faudrait voir tout
ça. Puis, honnêtement, je n'ai pas de... de position à ce niveau-là, là.
M. Fortin :OK. Mais vous les avez rencontrés, les microbrasseurs. Moi,
je suis convaincu qu'ils vous ont parlé de ça parce qu'ils en parlent à tout le
monde.
Donc, vous, quand vous les avez entendus,
là, vous ne vous êtes pas dit : C'est une des revendications que je vais
porter auprès de mes collègues?
M. Lamontagne : Bien, en
réalité, le message que je porte auprès de mes collègues, c'est de regarder
qu'est-ce qui se fait ailleurs, puis voyons, chez nous, comment on peut avoir
un maximum de flexibilité pour accompagner nos entrepreneurs.
M. Fortin :Bien, ce qui se fait ailleurs, c'est qu'en Ontario ils
peuvent faire la livraison à domicile puis ils peuvent faire... ils peuvent
faire la vente dans les marchés publics aussi. Alors, ça... elle est là, la
comparaison, là.
M. Lamontagne : Oui, mais je
vais laisser à mes collègues, là, qui sont aux Finances puis à l'Économie, là,
d'apprécier, un, le commentaire que je peux leur faire, mais après ça, en
fonction des réalités qu'on a au Québec, bien, de poser les meilleurs gestes
possible. Encore là, moi, j'ai mes collègues, ceux qui sont dans les différents
ministères.
• (14 h 10) •
M. Fortin :Mais c'est votre filière, là. L'Institut de technologie
agroalimentaire du Québec, là, qui est sous votre responsabilité, a fait une
étude, un rapport d'un bon, disons, 95 pages, là, sur la filière des boissons
alcooliques au Québec, qui vient avec un nombre de recommandations.
Alors, est-ce que... J'imagine, le
document, vous l'avez vu, vous l'avez lu, là. Je vous fais confiance là-dessus.
Mais, une fois que vous voyez des recommandations puis des demandes comme ça,
j'ai de la misère à croire que vous me dites aujourd'hui : J'entends des
recommandations, mais je n'en ai pas fait part... je n'ai pas demandé à ce
qu'on change notre réglementation pour qu'il y ait ces marchés-là additionnels
possibles, entre autres pour les microbrasseries.
M. Lamontagne : Bien, je veux
dire, c'est un travail qui a été fait... Un, l'Institut de technologie
agroalimentaire, là, depuis le 1er juillet 2021, c'est un organisme, là,
si on veut, qui est indépendant, qui n'est plus, on va dire, une sous-section,
si on veut, du ministère de <l'Agriculture...
M. Lamontagne :
...indépendant,
qui n'est plus, on va dire, une sous-section, si on veut, du ministère de >l'Agriculture,
là. Puis c'est un travail que l'ITAQ a fait en collaboration avec l'ITHQ pour
développer une meilleure compréhension de tout l'écosystème qui touche la
production des cidres, des alcools, du vin, et tout ça. Puis effectivement ils
viennent de publier un rapport avec des recommandations. On est à étudier, là,
les recommandations qu'il y a dans le rapport, là.
M. Fortin :OK. Je vais prendre un pas de recul, là. Donc, si je
comprends bien, puis corrigez-moi si j'ai tort, là, vous n'avez pas fait de
représentations auprès de vos collègues pour la vente à domicile des
microbrasseries. J'ai raison?
M. Lamontagne : Oui, oui,
vous avez raison. Au moment où on se parle...
M. Fortin :Non, non. C'est... OK.
M. Lamontagne : ...ce n'est
pas quelque chose que j'ai fait.
M. Fortin :
Vous n'avez pas de position particulière pour ou contre
pour la vente à domicile à ce moment-ci non plus, là.
M. Lamontagne : Non.
M. Fortin :OK. Pour la vente dans les marchés publics?
M. Lamontagne : Bien,
reprenons ça d'une autre façon. Tout ce qui touche la production chez nous, un
producteur qui fait une céréale agricole, qui fait un produit agricole, qui
veut le transformer, qui peut le vendre, je fais toutes les représentations
pour que cette personne-là puisse le plus possible... de vivre et de transformer...
de transformer son produit.
M. Fortin :OK. Mais le producteur de houblon, là, québécois, là, il
vend à la microbrasserie québécoise. Puis, si le microbrasseur québécois, il
peut faire de la vente à domicile ou de la vente dans les marchés...
M. Lamontagne : Si c'est un
producteur artisanal, je vous dirais que les représentations que je fais, c'est
pour permettre à ces gens-là d'avoir un maximum de possibilités possible. À
savoir s'il faut que ça se traduise par l'Internet, par les taxis pour livrer
ça dans les régions, ça, honnêtement, c'est un autre enjeu.
M. Fortin :Mais il est là, l'enjeu. Vous êtes en train... Vous êtes en
train de me dire, là : Moi, je vais me battre pour le producteur de vin,
par exemple, là, qui fait tout sur place, mais le producteur de... le
microbrasseur, lui, qui prend du houblon d'une place, qui l'amène à sa
microbrasserie québécoise, lui, je ne suis pas prêt à faire la même
représentation.
M. Lamontagne : Non. Non. Encore
là, encore là, la question de la source, si on veut, de son intrant, ça, c'est
un autre... c'est un autre aspect, là. Mais juste, juste plus large, là, je
veux juste... C'est parce qu'on peut en parler très longtemps, là, mais ce que
je veux que mon collègue comprenne, c'est que les leviers, ultimement, de
décision quant à la forme que ça va prendre, ce n'est pas des leviers que j'ai.
M. Fortin :Mais c'est correct, c'est correct. Je vous crois là-dessus.
Je vous soumets que vos collègues, ils ont besoin d'une petite poussée dans le
dos, puis il faut qu'elle vienne de vous, il faut qu'elle vienne du ministre de
l'Agriculture puis de l'Agroalimentaire, c'est vous qui êtes en charge de vous
assurer que les producteurs de houblon québécois réussissent bien, de vous
assurer qu'il y a une effervescence dans ce secteur-là, et donc ça passe
beaucoup par nos microbrasseries québécoises. Je vous encourage à le faire.
Je vous avoue, puis ce n'est pas un... je
suis déçu que vous n'ayez pas pris position publiquement dans ce dossier-là parce
que moi, j'ai beaucoup de... comme consommateur, disons, comme personne qui va
dans les marchés publics au Québec, j'ai de la misère à comprendre pourquoi un
producteur de vin peut être sur place, un producteur de cidre peut être sur
place puis qu'un microbrasseur ne peut pas être sur place.
Dernière chose sur le rapport. Dans les
différentes recommandations, en avez-vous vu qui vous ont sauté aux yeux? Vous
vous êtes dit : Oui, celle-là, c'en est une, je veux absolument la porter?
Est-ce qu'il y en a là-dedans qui vous ont vraiment...
M. Lamontagne : Bien,
honnêtement, j'ai lu le rapport rapidement, puis il y a vraiment une analyse
qu'on est en train de faire de chacune des recommandations. C'est tout ce que
je peux vous dire pour tout de suite, là.
M. Fortin :OK. Je vais passer à autre chose, la Stratégie nationale
d'achat des aliments québécois. J'aimerais ça, qu'on parle de l'institutionnel
au Québec. On s'était... on s'était, vous vous étiez donné une cible, là, que...
pour que 85 % des établissements publics, au Québec, eux-mêmes, aient une
cible d'utilisation d'aliments québécois. Là, on parle de nos écoles, nos
hôpitaux, nos CHSLD, et la liste continue. La cible, c'était d'avoir 85 %
des établissements publics qui ont une cible. Je comprends que vous êtes
aujourd'hui à, si je ne m'abuse, 80 %. Vous n'êtes pas loin.
M. Lamontagne : 81,3 %.
M. Fortin :81,3 %? Ah! j'avais 81,8 % dans les documents de
crédits. Donc, ça...
M. Lamontagne : Ça monte à
toutes les semaines. Ça monte moins vite que ça montait, mais ça monte à toutes
les semaines.
M. Fortin :Eh! écoute, 0,5 depuis qu'on a imprimé les documents, quand
même. Mais le problème que j'ai avec cette... la cible que vous vous êtes
donnée, c'est qu'on veut qu'un certain pourcentage d'établissements ait une
cible, mais on ne sait pas ce que c'est. Est-ce que, le CHSLD, au-delà d'avoir
une cible, est-ce que ça doit être 5 %, 10 %, 20 % 50 %
d'aliments québécois? Je ne peux pas dire que c'est très contraignant, là. Tout
ce qu'ils ont à faire, c'est s'écrire une politique. Puis après ça est-ce qu'on
mesure le fait qu'ils rencontrent leurs objectifs? Est-ce qu'on... Est-ce que
vous avez dicté une ligne avec eux pour dire : Ça prend un objectif? Votre
cible, là, il faut qu'elle soit ambitieuse, là. Ça ne peut pas être 3 %
des aliments québécois que vous servez.
M. Lamontagne : C'est bon.
Est-ce que vous me donnez un petit peu de temps pour répondre à ça? Parce <que...
M. Lamontagne :
...que
vous me donnez un petit peu de temps pour répondre à ça? Parce >que...
M. Fortin :Bien, j'ai pris, quoi, deux minutes pour ma question.
Allez-y. Puis, si je vois que ça n'avance plus, on en reparlera.
M. Lamontagne : C'est bon. Bien,
première des choses, je vous dirais, quand on a décidé de lancer cette
politique-là, bien, au départ, j'ai commencé par demander : OK, on a
combien d'établissements publics? Bien là, au début, c'était 10 000,
c'était 8 000, c'était... tout ça. Mais finalement, après un bon travail,
je vous dirais qu'aujourd'hui, là, grosso modo, on a
3 000 établissements institutionnels. Sur les 3 000, il y en a à
peu près 1 350, c'est éducation supérieure, éducation, puis le ministère
de Santé, puis, eux autres, ils achètent pour à peu près 75 % de tous les
achats institutionnels. Après ça, il y a un autre, peut-être, 1 700 ou
1 600 qui sont les services de garde, les... toutes les cafétérias dans
les pénitenciers, les immeubles gouvernementaux, et tout ça. Eux autres achètent
à peu près pour 25 % puis ils sont à peu près 1 600 ou 1 700.
Après ça, on n'avait pas d'idée de qui
consomme quoi, qui achète quoi, et tout ça. Puis là on a commencé à faire un
peu de travail, puis on s'est aperçu qu'il y a des gens qui, sans être mobilisés,
pouvaient acheter à peu près 20 % à 25 % d'aliments du Québec, des
gens qui étaient un peu plus mobilisés pouvaient avoir 40 %, 45 %,
des gens très mobilisés pouvaient être à 60 %. Puis même, exemple, ici, au
parlement, là, les derniers chiffres que j'ai vus, là, c'est au-dessus de
70 % ou 78 % qu'on a. C'est un élève modèle, ici, au parlement, la
cafétéria, au niveau de l'approvisionnement en achat d'aliments du Québec. Ça
fait que, là, ce qu'on a fait...
Puis aussi, l'autre chose qu'on a
réalisée, c'est qu'il n'y a pas un piton qu'on pèse puis que, là, subitement,
toutes les institutions se mettent à acheter. Il y a trois grands réseaux, il y
a 178 têtes de réseau, il y a puis après... il y a à peu près
1 200 institutions. Là, je parle juste la Santé, l'Éducation puis l'Enseignement
supérieur. Ça fait que, là, on a commencé de trois façons. On a donné un mandat
à l'Institut d'hôtellerie de Québec pour mettre en place... on a appelé ça des
conseillers en approvisionnement local — toc, toc, toc — pour
cogner à la porte, faire de l'accompagnement personnalisé avec... une à une
avec les institutions. Après ça, on a M361, qui est un organisme qui fait la
même chose avec les écoles. Après ça, on a donné... avec Aliments du Québec,
pour avoir Aliments du Québec au menu dans certaines institutions.
Puis là, ce qu'on a fait, un, c'est de
sensibiliser puis après ça d'aller chercher un engagement. Ça fait qu'il y a
des gens qu'on a contactés, eux autres, ils étaient à 25 %, mais on s'est
dit : OK, vous avez une cible. Maintenant, tu sais, c'est quoi, votre
cible? Vous, vous êtes à 50 %. Bien, moi, je veux que vous fassiez mieux que
50 %. Ça fait que c'est quoi, votre cible?
M. Fortin :Mais est-ce que vous avez ça en quelque part? Là, je vous
dirais, le topo, là, ça me va. Mais, dans les cibles que vous mentionnez à
l'instant, là : Nous, on veut que tel d'établissement soit rendu à x pourcentages,
est-ce que vous avez ça en quelque part?
M. Lamontagne : Bien, ce qu'on
a, c'est un...
M. Fortin :
Parce que ça, ça ne semble pas être dans les... Vos directives, là, ou les
cibles qui sont publiques, c'est de vous assurer qu'un pourcentage d'établissements
ont une cible. Mais, à partir de ce moment-là, quelle est la cible? Comment
vous avez déterminé ça?
M. Lamontagne : Bien, en
réalité, c'est... au départ, parce qu'il faut partir à quelque part, au départ,
c'est que chacune des organisations prend un engagement d'approvisionnement
d'achat local. Puis là maintenant... là maintenant...
M. Fortin :Oui. Puis là, à ce moment-là, ils sont comptés dans votre
81,3 %. Dès qu'ils prennent un engagement, ils rentrent dans le 81,3 %.
M. Lamontagne : Aujourd'hui, là,
sur les... parce que... OK, au départ, nous autres, on a mis l'emphase, là, sur
les trois réseaux qui... qui sont 75 % des achats. OK? On n'a pas... Toute
notre approche, au départ, n'est pas investie, là, sur l'autre 25 %.
M. Fortin :On commence par le gros. Il n'y a pas de problème.
M. Lamontagne : C'est ça.
M. Fortin :OK.
M. Lamontagne : Puis là, sur
le gros, au moment où on se parle, au 31 mars, on avait presque 82 %,
ça veut dire 1 240, je pense, organisations, là, que chacune a été
contactée puis chacune a pris un engagement pour accroître son achat local.
M. Fortin :OK. Mais là on revient à la même chose. Vous ne leur avez
pas donné un... Vous, là, il faut que ce soit 75 %; vous, il faut que...
M. Lamontagne : Non. Non.
M. Fortin :Vous ne leur avez rien donné de ça.
M. Lamontagne : Non. Non.
M. Fortin :Il n'y a pas de cible précise par établissement.
M. Lamontagne : Non.
M. Fortin :Pourquoi pas?
M. Lamontagne : C'est les
édiles... c'est les établissements qui viennent de se donner une cible.
• (14 h 20) •
M. Fortin :Bien oui, mais c'est un peu facile, ça, M. le ministre, là,
dans le sens où, pour un établissement, vous, peut-être, vous avez fait votre
job, vous les avez contactés, il y a un groupe qui est allé les voir, ils leur
ont dit comment s'y prendre, mais vous ne leur avez pas dit : OK, il faut
que vous soyez en haut de 50 %, là. Ce n'est pas ça, votre... Pourquoi
pas?
M. Lamontagne : Bien,
honnêtement, c'est une question de... de mobilisation puis c'est une question
d'engagement des gens. Moi, la personne qui est à 22 %, là, puis qui n'est
pas trop organisée, puis qui n'est pas trop mobilisée, là, puis de lui dire
que... Écoute, c'est bien de valeur, mais ça te prend 50 %, là...
M. Fortin :Oui, mais là ce n'est pas une entreprise privée...
M. Lamontagne : Non, non, non.
M. Fortin :
...avec laquelle vous faites affaire, c'est un établissement gouvernemental,
là.
M. Lamontagne : Oui, mais,
encore là, ce que je vous dis, M. le député, en tout respect, un établissement
gouvernemental... Si j'avais un piton, là, à peser, c'est sûr que je pèserais
sur le piton. Je dirais : OK, tout le monde à 50 %. Ça fait que
ceux-là qui sont à 70 %, puis à 60 %, puis à 58 % aujourd'hui diraient :
OK, correct, on peut mettre les brakes, il nous demande juste 50 %. Ceux-là
qui sont à 20 %, ce qu'ils pourraient dire : Heille! Ils sont-tu
malades, eux autres? Comment qu'ils veulent que je fasse ça, me rendre à
50 %?
Ça fait que ce qu'on a fait, pour les <1 240...
M. Lamontagne :
...qu'ils
veulent que je fasse ça, me rendre à 50 %?
Ça fait que ce qu'on a fait, pour les >1 240,
ceux-là qui sont à 20 %, là, probablement que leur cible, là, pour la
prochaine année, ce n'est pas 20 %, mais c'est 28 % puis c'est
29 %. Celui-là qui est à 62 %, sa cible, c'est de monter à 70 %.
M. Fortin :Mais ça me fait rire, votre approche.
M. Lamontagne : Celui-là qui
est à 50 %, sa cible, c'est de monter à 60 %.
Le Président (M. Ciccone) : Un
à la fois, s'il vous plaît, un à la fois.
M. Fortin :Ça me fait rire, votre approche, parce que le ministre de
la Santé, là, il dit essentiellement ça. Il dit : Moi, ce que je veux
faire à l'intérieur du réseau, là, c'est prendre tous ceux qui fonctionnent
très bien, là, je prends les salles d'urgence qui fonctionnent le mieux, puis
prendre ceux qui marchent moins bien puis de les rendre exactement comme ceux
qui marchent le mieux. Mais, vous, vous n'êtes pas prêt à faire ça. On dirait
que vous avez choisi... Tu sais, vous dites à tout le monde : Améliorez-vous
un peu, puis ça va être correct. Mais pourquoi pas demander et exiger à ceux qui
ont à 22 %, 23 %...
Le Président (M. Ciccone) :
Merci.
M. Fortin :
...de se rendre à 75 %?
Le Président (M. Ciccone) :
Merci, M. le député. Merci beaucoup. Je reconnais maintenant la députée de
Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Ciccone) : Pour
10 min 37 s.
Mme Zaga Mendez : 10 minutes?
Parfait. J'aimerais qu'on parle un peu plus de la protection du territoire
agricole, M. le ministre. Tout à l'heure on parlait de spéculation, mais là je
ramènerais sur le mécanisme qui existe pour la protection du territoire, un
territoire qui est précieux, c'est notre garde-manger de nous tous et toutes.
Je crois bien que le ministre, comme nous, croit à l'autonomie, voire la
souveraineté alimentaire du Québec dans une perspective d'offre d'achat local.
Mais ce qu'on voit, c'est que, dans les dernières années, on a perdu plus de 14 000
hectares de terres agricoles qui ont été dézonées, qui ont été servis pour la
construction des condos, pour l'étalement urbain. Je voulais savoir c'est quoi,
la perception du ministre par rapport à qu'est-ce qui se passe en ce moment, le
dézonage de terres agricoles?
M. Lamontagne : Bien, première
des choses, j'aimerais revenir. Tantôt vous m'avez posé des questions, là, sur
le fait qu'on a fait une étude en 2018 puis pour avoir un suivi des
transactions. Bien, ce qu'on m'a appris, c'est que, depuis 2018, là, on a
répertorié toutes les transactions depuis 2018 puis on est en train de faire le
rapport qu'on avait fait en 2018. Alors, c'est quelque chose, là, qu'on va
avoir dans, je présume, dans la... au courant de la prochaine année, là.
Un, première des choses, Mme la députée,
la... au Québec, on a une loi qui s'appelle la loi sur la production du
territoire et des activités agricoles, puis aussi on a un organisme qui
s'appelle la Commission de la protection du territoire et des activités
agricoles, qui vise à appliquer cette loi-là. Puis, dans cette loi-là, bien,
naturellement, il y a toutes sortes de dispositions qui visent à protéger notre
territoire agricole puis en même temps, bien, à accompagner les réalités, si on
veut, là, des... des milieux qui sont sur le territoire. Puis il y a différents
articles de la loi, là, qui viennent instruire la commission sur comment elle
doit aborder, là, tous les enjeux de la protection du territoire agricole.
Puis c'est certain qu'à toutes les fois
qu'on a... on a des terres agricoles qui, on dirait, qui sont... que l'usage,
finalement, final devient que ce n'est plus des terres agricoles, mais ça
devient des condos, que ça devient des centres d'achat, des choses comme ça, bien,
c'est une perte pour notre territoire agricole.
Alors, la commission, son rôle, vraiment,
c'est qu'en fonction de la loi puis des pouvoirs qui lui sont dévolus, c'est
vraiment de faire en sorte de contenir et de limiter pour continuer à protéger
le territoire agricole.
Mme Zaga Mendez : Et afin de
limiter puis protéger, je pense qu'on est d'accord sur la mission, on est
d'accord sur l'objectif. Est-ce que vous sentez... Est-ce que M. le ministre
sent que la protection est suffisante quand on voit une perte de 14 000
hectares?
M. Lamontagne : OK. Bien,
première des choses, là, un, moi, j'ai un très, très grand souci pour la
protection du territoire agricole, je vais vous dire ça. En 2021, il y a eu une
étude par l'Université de la Colombie-Britannique du Nord qui portait sur tous
les régimes de protection du territoire agricole qu'on retrouve dans chacune
des provinces au Canada. Puis, ce qui est ressorti, c'est que la province qui a
le régime le plus robuste, c'est le Québec, bon.
Ceci étant dit, ça ne nous dédouane pas, qu'est-ce
qu'on peut faire de plus pour protéger notre territoire agricole, ça, je suis
tout à fait d'accord avec vous.
Mme Zaga Mendez : Alors,
pour... On va proposer des idées pour faire des choses de plus. Je pense qu'on
a la même intention. Que pensez-vous de créer des fiducies foncières agricoles
pour retirer des terres du marché puis leur donner juste une fonction,
c'est-à-dire, on les retire du marché spéculatif puis on dit : Bien, ces
territoires-là restent à un usage agricole spécifiquement?
M. Lamontagne : Bien, je vous
dirais qu'on a un bel exemple. Encore, la Ferme aux petits oignons, là, il n'y
a pas longtemps, à Tremblant, ont décidé qu'ils faisaient de leur ferme une
fiducie foncière, ils appellent ça une fiducie d'utilité sociale agricole, puis
que... maintenant, je pense que c'est une soixantaine d'employés qui sont
rendus copropriétaires ou partenaires de l'entreprise. J'ai visité, il n'y a
pas longtemps, au Bas-Saint-Laurent, une entreprise qui avait la même chose.
L'outil, si on veut, de créer une fiducie, une FUSA, là, de ce sens-là, là,
bien, c'est donné à tous ceux qui sont propriétaires d'une terre agricole au
Québec puis qui veulent... qui veulent le <faire...
M. Lamontagne :
...à
tous ceux qui sont propriétaires d'une terre agricole au Québec puis qui
veulent... qui veulent le >faire, là, Mme la députée, là.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Et qu'est-ce que le ministère peut faire ou va faire pour encourager ce type de
mécanisme, d'outil que vous avez dit que ça a fait ses preuves, on peut
protéger le territoire comme ça? Est-ce qu'on a une politique pour encourager la
fiducie agricole?
M. Lamontagne : Bien, en
réalité, c'est des initiatives qui sont de la part des citoyens. C'est des
propriétaires puis des terres. Le ministère comme tel n'est pas dans le
commerce des terres agricoles, n'est pas dans le commerce de faciliter ou non
des transactions agricoles entre des parties, et tout ça. Mais par contre il y
a des leviers, il y a des outils juridiques, là, qui sont disponibles au Québec.
Puis les gens peuvent se prévaloir, s'ils ont la volonté de le faire, ils
peuvent se prévaloir de ces outils-là, là.
Mme Zaga Mendez : Je
comprends. Ce que j'entends beaucoup de la part du ministre, puis vous me
corrigerez, vraiment, c'est qu'on voit un problème, on a parlé de spéculation,
de gaspillage alimentaire, microbrasseurs, on peut parler maintenant de
protection puis on dit : Il y a des outils, tout est beau, on se retire.
Est-ce que... Est-ce que c'est ça, le rôle du ministère de l'Agriculture?
M. Lamontagne : Non. Ce
que je vous explique, c'est qu'on n'est pas propriétaires de terres agricoles.
Mme Zaga Mendez : Alors,
vous, vous... en termes de vision pour la protection du territoire agricole,
quand on voit la spéculation monter, quand on voit les... des projets qui
grugent sur le territoire récolte, vous êtes d'accord avec moi que c'est un
problème.
M. Lamontagne : Bien, ce
qui est un problème, je vous dirais, c'est le fait que, quand je suis venu au
monde, il y avait 4 millions d'habitants au Québec; aujourd'hui, on est
rendus 8,5 millions. Puis probablement, quand je vais décéder, on va être
rendus à 10 ou 11 millions au Québec, si je suis chanceux, qui fait en
sorte que c'est un territoire qui est limité, qui a des besoins qui sont en
expansion. Alors, il y a une pression partout sur notre territoire pour
accommoder une population qui est grandissante.
Mme Zaga Mendez : Alors,
dans cette logique-là, si notre territoire est limité, les terres agricoles
sont encore plus limitées, il faudrait faire tout pour les protéger.
Je vais vous amener sur un autre cas pour
la protection des terres agricoles. Un des sujets que je suis beaucoup, c'est
l'explosion des claims miniers partout sur le territoire. Et il y a certains
cas, là, je lisais ça il y a une semaine, en Abitibi-Ouest, mais j'ai entendu
les mêmes histoires en Outaouais, Laurentides, qu'il est permis de claimer le
sous-sol des terres agricoles. Est-ce que le ministre est d'accord avec cette
pratique?
M. Lamontagne : Bien, je
vous dirais que j'ai pris connaissance, encore là, dans le cadre de visites que
j'ai faites sur le terrain, de choses qui ont pu se passer qui étaient en lien
avec le secteur minier puis des productions, bien, qui étaient acéricoles, puis
que c'était vraiment à ma grande surprise. Ça fait que la première chose que
j'ai faite, bien, c'est que j'ai demandé à ma collègue de me revenir avec quel
est l'état des lieux par rapport à la situation particulière que je lui ai
mentionnée. Puis je vous dirais qu'honnêtement j'ai été... j'ai été surpris de
ce que le producteur m'a appris. Puis, suite à ça, bien, je vais attendre de
voir la réponse de ma collègue. Puis après ça on verra le suivi que je vais
donner à ça, là.
Mme Zaga Mendez : Parce
qu'en termes d'état des lieux, là, tantôt, le collègue de Matane-Matapédia
disait : On aimerait ça, avoir une carte. On parlait des claims miniers,
on parlait de propriétaires terriens, là, mais l'état des lieux, c'est urgent
de le faire. Mais pas seulement ça. Je vous lance une idée. Est-ce que vous serez
d'accord avec moi que toutes les terres agricoles du Québec devraient être déjà
incompatibles avec les activités minières?
M. Lamontagne : Bien,
honnêtement, là, le premier réflexe du ministre de l'Agriculture, là, ça vous
dirait... ça dirait oui, là, tout à fait, tout à fait.
Mme Zaga Mendez : Alors,
vous serez d'accord avec moi d'aller voir la ministre des Ressources naturelles
puis leur dire... En ce moment, je sais qu'il y a une consultation et je sais
qu'elle fait du travail. On ne le nie pas.
M. Lamontagne : Oui.
Oui.
Mme Zaga Mendez : De
dire : Là, il faut retirer toutes les terres agricoles de son registre.
• (14 h 30) •
M. Lamontagne : Bien,
honnêtement, ma collègue, là, je vais... Moi, je vais... je vais m'informer
auprès de ma collègue, là, puis...
Mme Zaga Mendez : Mais, sur
le principe, on est d'accord.
M. Lamontagne : Bien, le
principe, là, c'est qu'on a un territoire agricole, là, qui est limité
aujourd'hui puis qui est soumis à une pression importante. Puis une pression
importante vient aussi du fait que nos agriculteurs ont des propriétés qu'on
les empêche de développer par toutes sortes de réglementations. Ça fait que
déjà... Puis ça, ça contribue. Tantôt, on parlait de l'augmentation du prix des
terres agricoles, là. Ça, ça contribue à l'augmentation du prix des terres
agricoles.
Mme Zaga Mendez : Oui,
mais un claim minier...
M. Lamontagne : Alors,
ce que je veux vous dire, c'est que c'est certain que, moi, tant et aussi
longtemps que je vais être ministre de l'Agriculture, je vais tout faire pour
faire en sorte de protéger la capacité nourricière de notre territoire
agricole.
Mme Zaga Mendez : Alors,
je compte sur vous.
M. Lamontagne : Alors,
si ça touche le sujet dont vous mentionnez, soyez assurée que je vais être le
premier...
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Puis j'étais...
M. Lamontagne : ...qui
va être en première ligne, là, pour faire en sorte, là, qu'on puisse protéger
la vocation nourricière de nos terres.
Mme Zaga Mendez : Bien,
je suis contente de vous entendre là-dessus parce que c'est ce sujet-là dans
toutes les régions du Québec. Là où est-ce qu'il nous manque de terres
agricoles, on a des claims. Et là j'ai entendu qu'on est d'accord sur le
principe que les terres agricoles ne devraient être que des terres agricoles
puis ne devraient pas être soumises à l'exploration minière.
M. Lamontagne : Ce que
je vous dis, c'est que, moi, il est primordial de préserver la capacité
nourricière de tout notre territoire agricole. Ça, on s'entend là-dessus...
14 h 30 (version révisée)
M. Lamontagne : ...la capacité
nourricière de tout notre territoire agricole. Ça, on s'entend là-dessus.
Mme Zaga Mendez : On s'entend
là-dessus. Je vous remercie...
M. Lamontagne : Juste
compléter, par contre, ma collègue. Tantôt, on disait : des choses à faire
pour aider… pour protéger les terres, là. Vous parliez d'une FUSA. Il y a eu
la... Fondaction et l'UPA ont mis en place une fondation, justement, pour faire
l'acquisition de terres agricoles pour pouvoir garder puis mettre … la relève
agricole. Bien, on a souscrit, là, deux montants, à la hauteur de 6,3 millions,
encore là, pour accompagner une initiative comme ça sur le territoire, là.
Mme Zaga Mendez : J'ai
peut-être quelques secondes?
Le Président (M. Ciccone) : ...secondes.
Mme Zaga Mendez : Je veux
lancer la question… on reviendra sur la question des pêches.
M. Lamontagne : La gestion
des?
Mme Zaga Mendez : Des
pêcheries.
M. Lamontagne : Des
pêcheries.
Mme Zaga Mendez : Des
produits de la mer. On parlait de consommation locale. Une demande, c'est
augmenter la traçabilité des produits qui sont québécois. Est-ce que vous êtes
d'accord sur le principe qu'on devrait peut-être avoir un petit sticker
«Produit de la mer québécois» dans toutes nos épiceries?
M. Lamontagne : Bien, en
réalité, vous savez, on a déjà un travail exceptionnel qui se fait avec nos
producteurs de homards, hein? On a un petit sticker que, vous checkez ça, vous
allez sur l'Internet, vous savez quel pêcheur, puis quand est-ce que ça a été
pêché.
Mme Zaga Mendez : Mais on
pourrait le faire… on pourrait le faire pour notre crevette de Matane, on
pourrait le faire pour plusieurs produits. Est-ce que vous êtes d'accord, une appellation
pour l'ensemble?
M. Lamontagne : Bien, ce que
je vous dis, ce qui est important, c'est que, quand les Québécois achètent des
aliments du Québec, ils ont déjà pas mal une bonne idée de la traçabilité, là.
Ça, c'est... ils ont déjà… pas mal à ça, là, hein? Ça fait que...
Mme Zaga Mendez : Mais on
pourrait l'augmenter, on pourrait l'augmenter pour nos producteurs.
M. Lamontagne : Moi, mon...
je vous dirais qu'une grosse partie de mon énergie, là, vous l'avez vu, là, c'est
d'accroître l'autonomie alimentaire du Québec, puis c'est accroître le geste d'achat
des Québécois, là, envers les aliments du Québec.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Avant de passer la parole au député de Pontiac, je veux
juste faire un petit point, là. J'offre énormément de latitude, là, avec les
échanges, vous vous interpelez, parce qu'on sauve du temps de cette façon-là. Mais
je vous demanderais, s'il vous plaît, de vous laisser terminer. C'est sûr que
le temps appartient à l'opposition. Si vous croyez que vous avez assez d'informations,
vous me faites signe, on passe à la prochaine. Mais, s'il vous plaît… parce que
je vais être obligé de vous demander de vous adresser à la présidence, puis ça,
c'est plate.
Une voix : ...
Le Président (M. Ciccone) : Oui,
oui, oui, effectivement, effectivement. Alors… c'est parce que les gens nous
écoutent à la maison, c'est pour ça… alors, M. le député de Pontiac, vous avez
21 min 15 s.
M. Fortin :Merci. En saluant tous les gens qui nous écoutent à la
maison, bien évidemment.
Le Président (M. Ciccone) : Bien
sûr, bien sûr.
M. Fortin :Vous n'êtes pas sans le savoir, M. le ministre, le projet
de loi n° 41, que vous aviez déposé, là, à la dernière législature, avait
causé des... appelons ça des remous importants dans l'industrie agricole, chez
nos producteurs, des gens qui se sentaient directement concernés. Vous aviez
vu, entre autres, les réactions de nombreuses associations, groupes, dans le
secteur, qui trouvaient qu'il y avait... qu'il y avait une perte de la gestion
de leurs propres entreprises, là, avec... avec ce projet de loi là, puis... Et,
disons, il y a encore une appréhension par rapport à ce qui pourrait être
présenté. Je pense... je ne pense pas que c'est une cachette, je pense tout le
monde est d'accord avec ce que… ce que je viens de dire là, là.
Hier, dans l'étude de crédits de son
ministère, la présidente du Conseil du trésor a laissé entendre que c'était
possible de ramener une partie du projet de loi n° 41, des sections du projet
de loi n° 41, mais de le faire sous forme réglementaire. Est-ce que c'est
votre intention?
M. Lamontagne : Bien,
honnêtement, là, c'est… c'est ma collègue présidente du Conseil du trésor qui a
mentionné ça. Je vous dirais, par rapport à l'objectif qui est recherché, qui
est la modernisation de la loi, qui… de mémoire, je pense, ça fait 75 ans,
là, que ça n'a pas été... ça n'a pas été touché, là, puis le rôle de l'agronome,
les outils qui sont disponibles aujourd'hui, tout ça, là, ça a beaucoup changé.
Bien, par rapport à l'intention, je vous dirais, il y a un bout qui va être
réglementaire, puis il y a certainement un bout qui va être législatif aussi,
là. Normalement, c'est inclus dans les deux, là. À savoir où, finalement, tout
ça va atterrir, au moment où on se parle, là, ce n'est pas arrêté encore.
Mais ce que je peux vous dire, c'est que,
suite au dépôt que j'ai fait… c'est moi-même qui a présenté le projet de loi, à
l'époque, qui était le projet de loi n° 41… on a bien entendu les
commentaires des différents groupes, puis, sur différentes tribunes, parce que
je m'exprime souvent devant les différentes associations de producteurs, j'ai
bien manifesté qu'on a bien entendu les différents… les différentes
représentations. Puis j'avais donné instruction à toute l'équipe, au MAPAQ, là,
qui continuaient ces travaux-là d'être en mode écoute, collaboration, et tout
ça. Puis ce que j'ai dit, c'est que, quand tout ça va atterrir, là, bien,
ultimement, l'objectif qui est recherché, c'est une amélioration de la pratique
de la profession, puis, ultimement, bien, ça va atterrir à une place, là, où ça
va être consensuel. Il n'y a pas... ce n'est pas l'idée de mettre en place des
dispositions, là, qui vont faire en sorte, là, qu'on va déchirer tout le monde
sur le territoire, ce n'est pas ça du tout, là.
M. Fortin :Mais c'est un peu ça qui s'est passé la première fois, là.
Puis, en tout <respect…
M. Fortin :
...c'est un peu ça qui s'est passé la première fois,
là. Puis, en tout >respect, il y a...
M. Lamontagne : Bien, en
réalité, il n'y a... il n'y a aucune loi qui a été adoptée. Il n'y a même pas
eu de consultations particulières.
M. Fortin :Non, non. Non, je comprends.
M. Lamontagne : Les gens se
sont exprimés.
M. Fortin :Mais, justement, parce qu'il y avait ce processus
législatif là, les gens se sont exprimés, sentaient qu'il y avait... qu'il y
avait des députés qu'ils pouvaient interpeler parce qu'ils étaient pour être
appelés à voter sur cette... sur cette loi-là, ils ont pu avoir une
mobilisation des acteurs. Puis je suis certain que vos collègues vous en ont
parlé, comme certains députés d'opposition vous en ont parlé, comme... comme...
Et vous avez raison, moi, je... connaissant la plupart des... des associations,
là, dans le secteur, d'habitude, ils ne se gênent pas pour dire ce qu'ils
pensent, avec raison, donc je suis certain que vous avez entendu le fond de
leur pensée sur la chose. Mais d'où l'importance de ne pas tout mettre dans la
réglementation, là.
Je pense qu'il y a beaucoup de sourcils
qui se sont levés hier quand la présidente du Conseil du trésor a mentionné,
justement, cette… cette réglementation-là, parce que ça ne permettrait pas,
justement, un, de faire une étude publique de la chose, d'avoir des commentaires
de tout le monde sur la place publique. Alors, moi, je veux un engagement de
votre part que la deuxième itération, là, elle sera discutée en commission
parlementaire, à travers un projet de loi, et que les réglementations vont être
des réglementations afférentes au projet de loi, qui vont être adoptées par la
suite. Il n'y aura pas un projet de loi puis une partie de ce qui a été
présenté qui va être faite par projet de loi puis une partie par
réglementation, là.
M. Lamontagne : Bien, ce que
je veux... je veux dire… rassurer mon collègue… puis mon collègue a été... a eu
des fonctions ministérielles… je ne me souviens pas si vous aviez déposé un
projet de loi, à l'époque, dans le cadre de vos fonctions, mais, je veux dire,
il y a un processus qui est, justement, le processus des consultations
particulières puis des représentations que tous les groupes concernés peuvent
faire. Bien, un, dans le cas présent, je veux dire, on a entendu ces... ces
représentations-là puis on est retournés à la table à dessin. Ça fait que ça,
c'est une bonne... une bonne nouvelle.
Puis, la journée qu'un nouveau véhicule va
être présenté, là, encore là, je veux dire, il va faire l'objet de beaucoup de
consultations, beaucoup de travail concerté puis, après ça, il va y avoir
encore, si on veut, là, des... des consultations particulières, comme il y a
dans l'étude de tous les projets de loi. Ça fait que tous les... tous les
mécanismes vont être mis en place pour s'assurer, là, que tout ce qui va être
fait va être fait selon les règles de l'art, puis que tout le monde va pouvoir
s'exprimer là-dessus, là.
M. Fortin :OK. Mais, en même temps, vous m'avez dit qu'on voudra
présenter quelque chose qui est consensuel là. C'est rare, des projets de loi
qui sont parfaitement consensuels.
M. Lamontagne : Tout à fait.
M. Fortin :Ça n'arrive pas souvent, puis je doute que ce soit
facilement atteignable comme… comme cible. Alors, c'est pour ça que je vous dis :
Faites-en un maximum dans le projet de loi, là, parce que... Moi, je n'ai pas
de problème avec la réglementation qui découle de projets de loi, on aime mieux
l'avoir, mais… c'est sûr qu'on aime mieux le détail dans le projet de loi mais,
en même temps, si vous arrivez avec des choses qui ne sont pas discutées dans
le projet de loi, qui sont adoptées par réglementation puis qui étaient
peut-être dans la loi initiale, là, je pense qu'il va y avoir matière à ce que
plusieurs groupes, disons, soient... soient inquiets.
M. Lamontagne : Bien, je vous
entends bien, M. le député, je vous entends bien, là. Au moment où on se parle,
je ne suis pas en mesure de vous dire, là, ça va être quoi, quelle forme, puis
quand, mais… C'est sûr qu'on va revenir à un moment donné, avec la
modernisation de la loi, mais j'ai bien entendu ce que vous dites puis je suis
tout à fait en ligne avec les propos que vous tenez, là.
M. Fortin :OK, tiguidou. La question des agronomes, pendant qu'on
parle de... du n° 41, la question des agronomes, là,
je ne le sais pas, vous, dans vos circonscriptions, là, mais moi, dans la
mienne, c'est dur, trouver un agronome, il n'y en a pas beaucoup sur le territoire
québécois. Est-ce que vous êtes... est-ce que vous avez des démarches précises
pour vous assurer qu'on a tous les agronomes dont on peut avoir besoin au
Québec puis qu'ils sont facilement accessibles en région?
• (14 h 40) •
M. Lamontagne : Bien, un, la
question des agronomes, comme la question des infirmières, comme la question
des préposés au Tim Hortons, comme… tout ça, là, à la grandeur du territoire du
Québec, je peux vous dire que c'est... c'est difficile, au point de vue de la
rareté de la main-d'oeuvre. Mais une... un travail important chez nous, c'est
toute la fonction agronomique, puis soyez assurés qu'au ministère on est
mobilisés pour faire en sorte d'avoir la meilleure attractivité possible pour
les gens, pour être capables, ultimement, aussi, que nos agronomes, bien,
fassent le travail d'agronome.
Moi, je suis arrivé chez... au ministère
puis, tu sais, j'ai été mis devant des... des situations où, à un moment donné,
on a des agronomes, chez nous, qui passaient une grande, grande partie de leur
temps dans la gestion de programmes, puis qu'ultimement bien, ils n'étaient pas
sur le terrain puis ils n'étaient pas en train de rendre des services. Puis, si
vous avez suivi, dans le cadre du plan agriculture durable, là, on a annoncé
20 nouvelles ressources, mais les nouvelles ressources, c'était vraiment
une nouvelle façon de gérer les programmes qui ferait qu'on aurait libéré
90 agronomes puis techniciens pour qu'ils soient encore davantage sur le
terrain à la grandeur du territoire. Mais c'est une préoccupation qu'on a. On
est en train de réformer le programme de services-conseils. Au coeur de tout
ça, encore, il y a de l'accompagnement, il y a les agronomes. Ça fait que soyez
assurés que c'est un souci qu'on a là, d'avoir les ressources qu'on a besoin
sur le territoire là.
M. Fortin :Il nous en manque combien? Selon votre estimation, il
manque combien d'agronomes au Québec?
M. Lamontagne : Bien, au
moment où on se parle, je ne peux pas vous dire que… s'il nous manque des
agronomes. Ce que je peux vous dire, c'est de s'assurer que les ressources
qu'on a, essentiellement, ils font le <travail…
M. Lamontagne :
...des
agronomes. Ce que je peux vous dire, c'est de s'assurer que les ressources
qu'on a, essentiellement, ils font le >travail pour lequel on les a
embauchés là.
M. Fortin :Non, non, mais vous ne pouvez pas me dire combien il manque
d'agronomes? Vous avez fait référence aux… aux infirmières. Le ministre de la
Santé est capable de nous dire combien il manque d'infirmières.
M. Lamontagne : Bien, au
moment où on se parle, honnêtement, je n'ai pas de signaux comme quoi, là, on
est dans une pénurie... on est… on est dans une pénurie d'agronomes, là. Moi,
ce que je dirais, mon souci, c'est de m'assurer que les agronomes qu'on a au
ministère là, bien, ces gens-là, essentiellement, leur travail, c'est un
travail qui est lié à l'agronomie, là. Mais je n'ai pas… je n'ai pas… je n'ai
pas de… d'indications comme quoi, là...
M. Fortin :
Vétérinaires?
M. Lamontagne : Les
vétérinaires…
M. Fortin :
Vétérinaires?
M. Lamontagne : …ça, c'est un
enjeu, là, je vous dirais.
M. Fortin :Avez-vous un chiffre précis sur les vétérinaires? Avez-vous
une idée de combien on devrait en avoir de plus au Québec, je veux dire, tant…
tant pour le…
M. Lamontagne : Bien, en
réalité, je vous dirais, les vétérinaires, là, chaque vétérinaire qu'on réussit
à avoir là, c'est… c'est une bonne nouvelle.
M. Fortin :
C'est une… Oui, absolument.
M. Lamontagne : On a… on a
27 abattoirs d'inspection provinciale, on a 27 abattoirs de proximité.
On s'entend, les abattoirs de proximité, c'est peut-être trois ou quatre
visites par année. Ça veut dire, peut-être, une centaine de visites par année,
là, pour l'ensemble de nos abattoirs de proximité. Mais nos abattoirs de... d'inspection
provinciale, c'est... quand l'abattoir fonctionne, ça prend des gens qui sont
sur les lieux. Au moment où on se parle, je pense qu'on a une trentaine de
vétérinaires là, je dois avoir un chiffre à quelque part, mais autour de ça.
Mais c'est un… c'est un défi.
On a augmenté le salaire des vétérinaires,
on a permis d'avoir des vétérinaires à temps partiel, on a donné des primes
pour les vétérinaires qui veulent aller en abattoir. On cherche à faire en
sorte que les vétérinaires qui viennent de l'extérieur puissent pratiquer
certains gestes, parce qu'on a l'ordre des vétérinaires au Québec, qui fait en
sorte qu'un vétérinaire qu'on va chercher au Chili, mettons, puis qui est
spécialisé dans les animaux… qui s'en vient ici c'est compliqué de le faire
travailler. On a mis en place un projet avec... pas nous, mais la faculté de
médecine vétérinaire, pour faire en sorte d'avoir toute une nouvelle cohorte,
si on veut, de vétérinaires, 25 vétérinaires additionnels qui vont être
formés à Rimouski, tout ça pour augmenter notre bassin de vétérinaires au
Québec, là.
M. Fortin :OK. Est-ce que le 25 de formés additionnel, là, est-ce que
c'est assez, selon vous? Parce qu'il en manque...
M. Lamontagne : Bien,
écoutez, la faculté...
M. Fortin :...dans plusieurs régions. L'est du Québec, c'est une chose.
Il en manque dans plusieurs régions. On en a déjà parlé, vous et moi, de ma
propre région, mais c'est un enjeu dans plusieurs endroits au Québec. Alors,
c'est bien de faire un programme additionnel, mais il me semble que le manque à
gagner est encore plus grand que… que ce qui est...
M. Lamontagne : Oui. Puis ça,
c'est dans un contexte aussi... Bien, c'est sûr que... Je vous dirais que moi,
mon… mon focus est davantage sur les vétérinaires pour les grands animaux, ça,
on s'entend là-dessus. Mais des besoins pour tous les types d'animaux, là, il y
en a partout. Tu sais, on a une faculté vétérinaire, qui ne relève pas du
MAPAQ, on s'entend là-dessus, mais je pense que c'est 900 demandes par
année, ils en acceptent 96. Sur les 96, là, il y en a 16 que c'est pour
les grands animaux, si on veut. Ça, on a réussi... Avant qu'on soit là, ce
n'était pas ça. Maintenant, il y en a 16 qui est là. On a mis des stages, en
début, pour faire en sorte que si, parmi les... pas les 16, mais les 80 qui
restent, là, qu'ils développent une affinité puis qu'ils aient envie de
travailler avec les grands animaux. Là, après ça, on en a 25, augmenté une
cohorte. Ça veut dire que c'est plus que 25 % que la faculté de médecine
vétérinaire a augmenté sa cohorte. Ça fait que, tout ça, on espère que ça va
venir… ça va venir être aidant, là.
M. Fortin :Est-ce qu'on en perd? Est-ce que… est-ce que vous entendez
beaucoup de députés comme moi, là, qui vous interpellent puis qui vous disent :
Dans ma région, on a un sapré problème, là?
M. Lamontagne : Oui, bien, en
réalité, ce qui se passe, là, honnêtement, c'est que, bien, comme dans d'autres
domaines, là, on a un vieillissement, aussi, de nos vétérinaires. Puis ce qu'on
a mis en place, puis qui fonctionne quand même assez bien, honnêtement, là,
c'est… c'est des régions qui viennent aider d'autres régions. Comme là,
maintenant, en Abitibi, on est plus couverts, mais on a été une période où, en
Abitibi, là, on était vraiment en place... en face, là, de presque un bris de
service, si on veut. Bien là, il y a tout un système qui a été mis en place,
avec l'équipe chez nous, où on a des gens d'une autre région du Québec qui
s'étaient coordonnés pour venir aider. On vient de mettre en place en Gaspésie,
là… encore là, avec une clinique vétérinaire de la place, là… ils ont été très
créatifs, mais woups! là, on a réussi à faire en sorte que, d'une façon assez
robuste maintenant, le territoire est couvert. Mais je vous confesserais, bien
honnêtement, que c'est un défi.
Une bonne nouvelle, c'est qu'avec
Luceville on a eu un projet pilote, qui a été accepté par l'ordre des
vétérinaires, c'est avec la télé... je vais dire, la télémédecine, un peu, là,
puis qui donne des résultats très, très, très intéressants. Ça fait que
l'objectif, c'est de faire en sorte qu'on puisse prendre ce modèle-là puis le
répliquer dans d'autres abattoirs, ce qui viendrait libérer des capacités, là.
On est dans toutes ces situations-là, là, M. le député.
M. Fortin :OK. Vous me parlez d'abattoirs. On peut aborder le sujet,
tant qu'à y être, là. Vous le savez que la question des abattoirs de proximité,
là, c'est… c'est un… c'est un outil de succès économique pour nos producteurs,
hein, d'avoir un abattoir accessible, dans sa région, qui est dans la bonne...
le bon type d'abattage pour notre production. Ça peut faire une immense
différence sur les coûts de transport, sur la santé financière des producteurs
agricoles, alors c'est un plus. Est-ce que vous considérez, en ce moment, qu'il
y a assez d'abattoirs de <proximité…
M. Fortin :
...alors c'est un plus. Est-ce que vous considérez,
en ce moment, qu'il y a assez d'abattoirs de >proximité au Québec?
M. Lamontagne : Bien, juste
pour votre… votre gouverne, M. le député, un abattoir de proximité comme tel,
c'est un abattoir que... le type qui a l'abattoir a le droit de transformer ses
produits à la ferme, de vendre à la ferme, mais qu'il ne peut pas... il ne peut
pas... Mettons, moi, j'ai un bœuf, que je l'amène chez lui, puis il le transforme
pour moi, puis moi, je vais le vendre. Il peut acheter mon bœuf puis, après ça,
le vendre. Les abattoirs d'inspection provinciale, là, les gens peuvent amener
leurs animaux, les animaux sont… sont abattus, après ça, peuvent être vendus
sur tous les marchés. Ça fait que, je présume, ce dont vous me parlez, ce n'est
pas les abattoirs de proximité, mais c'est...
M. Fortin :Bien, tant l'un que l'autre, tant l'un que l'autre.
Allons-y, là, puis vous pouvez parler des abattoirs d'inspection fédérale aussi,
si vous voulez, là, mais...
M. Lamontagne : Non, ça, ce
n'est pas...
M. Fortin :Mais vous pouvez en parler, là, parce qu'ils font partie
veux veux pas... il y a certains de nos producteurs qui font appel à ces
abattoirs-là.
M. Lamontagne : Oui, mais ce
n'est pas nos employés.
M. Fortin :Je comprends, mais... Non, non, je comprends très bien que
ce n'est pas votre juridiction de les inspecter, mais, en même temps, ils ont
un impact sur la santé financière de nos producteurs, là, parce qu'ils sont
quand même dans nos régions puis il y a des producteurs qui y font appel.
Alors, est-ce que, de votre point de vue, là, de façon générale, prenons… prenons-les
tous, là, est ce qu'il y a assez d'abattoirs au Québec? Est-ce qu'il y a des
régions qui sont vraiment mal desservies où on aurait besoin de davantage
d'abattoirs?
M. Lamontagne : Bien, on a
certainement des régions… Puis, je veux dire, on peut parler de l'Abitibi, qui
souhaiterait avoir un abattoir. Puis il y a eu des projets, dans le passé, qui
n'ont pas fonctionné. Il y avait, jusqu'à tout récemment, là, une initiative
qui était… qui allait, potentiellement, fonctionner. Finalement, les promoteurs
se sont retirés. Nous, on a mis en place, il y a quelques années, là, un
programme qui s'appelle le programme d'accompagnement, là, pour... voyons, programme
pour la compétitivité des abattoirs régionaux, puis on a accompagné quelques
dizaines de projets, soit un nouvel abattoir, soit des abattoirs qui se sont
modernisés, soit des abattoirs qui ont agrandi. Puis, honnêtement, on est venus
avec des supports financiers importants, qui fait en sorte qu'aujourd'hui, je
veux dire, on a plus que doublé dans les trois dernières années, le nombre de
bêtes qu'on abat à Québec comparativement à ce qu'on abattait avant.
Mais, ceci étant dit, pour qu'un projet
fonctionne dans une région, un nouveau projet, bien, il faut qu'il y ait eu une
masse critique de gens qui vont faire affaire avec cet… cet abattoir-là pour
que l'abattoir puisse vivre. Puis le problème de l'Abitibi qu'on a, c'est,
jusqu'au moment où on se parle, il n'y a pas un projet comme ça, là, qui est
capable de lever. Nous, on peut accompagner la mise en place d'infrastructures,
mais, une fois que l'infrastructure est en place, bien, il faut qu'elle puisse
vivre de la relation entre les gens qui alimentent l'abattoir.
M. Fortin :Il y a une question de l'oeuf et la poule là-dedans, en même
temps, là, parce que, s'il n'y a pas d'abattoir, il n'y a pas beaucoup de
producteurs qui vont être intéressés à nécessairement s'établir dans une région
quand ils peuvent aller ailleurs, avec une proximité bien plus grande, là.
M. Lamontagne : Bien, dans le
cas qu'on parle, de la région, il y a eu pas mal de poules. Mais, jusqu'à date,
ça n'a pas fonctionné.
M. Fortin :Alors... mais… mais pensez-vous que vos programmes, dans ce
cas-là, sont assez généreux?
M. Lamontagne : Tout à fait.
M. Fortin :Parce que, de toute évidence, ça… il y a des projets qui ne
réussissent pas à lever à certains endroits quand même, là.
M. Lamontagne : Oui. Mais,
non, honnêtement, les programmes... Puis, encore là, depuis qu'on est en place,
M. le député, on a vraiment mis en place une cellule qu'on appelle l'équipe
bioalimentaire... économique bioalimentaire Québec, là, où Investissement
Québec, le MEI, La Financière agricole puis le MAPAQ travaillent très,
très étroitement pour n'échapper aucun projet. Puis dans le cas... exemple, on
a un cas qui a presque fonctionné. Mais Investissement Québec est là, le
ministère, par ses programmes, est là, il y a différents leviers qui sont là.
L'objectif, c'est de faire fonctionner des projets, mais il faut que les plans
d'affaires démontrent qu'une fois que ça commence à fonctionner, bien que ça va
être capable de vivre.
M. Fortin :Combien d'abattoirs provinciaux ont ouvert dans les quatre
dernières années?
M. Lamontagne : Bien, on
vient d'avoir un abattoir qui a ouvert dans la… dans la Mauricie, on a un
abattoir dans le coin de Racine...
M. Fortin :Oui, mais vous devez avoir un chiffre, là. Je comprends que
vous vous remémorez certains… certains projets, mais...
• (14 h 50) •
M. Lamontagne : Bien,
attendez-moi une seconde, je vais demander... Voulez-vous qu'on...
M. Fortin :Oui, oui. Bien, je suis convaincu que quelqu'un a la
réponse pas très… pas très loin, là.
M. Lamontagne : Parfait, c'est
bon.
M. Fortin :Mais, effectivement, tant qu'il y a des régions qui sont mal
desservies, ça rend difficile la production… la production animale.
M. Lamontagne : Ça, c'est
pour les gros animaux. Une chose qu'on a faite aussi, c'est qu'on a accompagné
un projet qui s'appelle Le petit abattoir. Ça, c'est plus pour des… de la
volaille puis des animaux spécialisés. Ça, c'est dans la région de
Saint-Joachim-de-Shefford. Puis c'est fait... c'est un abattoir qui est
fédéral, OK, puis qui est dans des conteneurs maritimes. C'est un nouveau
concept. C'est une coopérative qui est en arrière de ça, là. Ma collègue de
Verdun va être heureuse d'entendre ça. Puis, si ce projet-là finit, qu'il
fonctionne bien, bien c'est un modèle qu'on aimerait ça qu'il y ait une autre
coopérative avec le même potentiel, qui puisse se former au Québec.
Puis l'autre chose qu'on a faite aussi
pour aider, c'est qu'on est dans un projet pilote aujourd'hui où il est
possible pour les producteurs à la ferme, de procéder à l'abattage jusqu'à
300... les gens qui ont des petites quantités de volaille, là, qui peuvent
aujourd'hui... c'est un projet pilote qui est en cours présentement, là, qui
vise à venir aider encore, en permettant qu'il y ait de l'abattage à la ferme,
là.
M. Fortin :Vous savez qu'il y a un enjeu d'abattage de bisons, entre
autres, dans nos abattoirs, par rapport au type, à la façon qu'on abat nos
bisons. Est-ce qu'il y a des <changements…
M. Fortin :
...de bisons, entre autres, dans nos abattoirs, par
rapport au type, à la façon qu'on abat nos bisons. Est-ce qu'il y a des >changements
de réglementation qui sont prévus là-dessus? Parce que les producteurs le
disent que c'est un vrai problème, les gens en abattoirs le disent que c'est un
vrai problème. Alors, est-ce que vous êtes en train de revoir cette… cette
politique-là sur la façon que les bisons sont… sont abattus?
M. Lamontagne : Le ministre
n'est pas tout à fait omnipotent comme ça. Je sais qu'on a un enjeu avec les
bisons. Il y a la question du format de l'animal. Après ça, il y avait la
question aussi de transporter les animaux. Mais je vais faire enquête, là, pour
en savoir davantage, là.
M. Fortin :Non, mais il y a… il y a des gens ici, là, et j'en suis
convaincu, qui connaissent la réponse à ma question. Alors, je ne vous demande
pas d'être si omnipotent, M. le ministre. Si vous n'avez pas la réponse, c'est
correct, mais je suis convaincu qu'il y a des gens ici qui le savent.
M. Lamontagne : Bien,
honnêtement, on vous entend, puis, je veux dire, s'il y a quelque chose que je
peux vous amener d'ici la fin de l'étude, ça va me faire plaisir de vous donner
l'information, là.
M. Fortin :Mais moi, si votre sous-ministre a la réponse, moi, je suis
très ouvert à l'entendre, là.
M. Lamontagne : Bien, un
instant, juste... On peut ajourner une seconde?
Le Président (M. Ciccone) : ...mais
si vous voulez donner la parole...
Des voix : ...
M. Fortin :OK. Bon, parfait. Si vous n'avez pas plus de détail, s'il
n'y a personne, ici, autour de la table, qui a la réponse... Pardon?
M. Lamontagne : Parfait. Non,
c'est bon, c'est correct. On va demander à l'équipe puis on va fournir la
réponse.
M. Fortin :À la commission?
M. Lamontagne : On peut
fournir la réponse à la commission, tout à fait, oui.
M. Fortin :OK. Mais je vous soumets que… puis là je ne parle pas de la
question du transport, là, je parle de la question de l'abattage… il y a un
enjeu. Il y a des juridictions différentes, notamment l'Alberta, qui a un long
historique d'élevage de bisons, qui ont trouvé des façons différentes de s'y
prendre, et qui fonctionnent très bien, et qui pourraient régler, entre autres,
la question à laquelle font… font face nos producteurs puis nos abattoirs en ce
moment.
M. Lamontagne : Parfait.
M. Fortin :Question, justement... En deux minutes, à peu près. Bien,
on peut-tu faire ça, M. le Président? Pouvez-vous prendre ma minute et demie,
la mettre sur le dernier bloc, pour ne pas que je commence quelque chose...
puis qu'on le finisse? Puis je laisserais… je laisserais la députée de Québec
solidaire procéder tout de suite.
M. Lamontagne : Faites donc
ça, M. le Président.
Le Président (M. Ciccone) : Bien,
je vais demander le consentement.
M. Lamontagne : On se donne
le consentement.
Le Président (M. Ciccone) : Consentement?
Consentement. Parfait, merci beaucoup. Je vais maintenant céder la parole... je
vais céder la parole, maintenant, à la députée de Verdun. Vous avez 10 min 37 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Alors, mes prochaines questions vont être sur le thème de
l'agroenvironnement, un thème qui est… qui est très cher à nos producteurs
agricoles, pour moi aussi, j'ai travaillé longtemps dans ce domaine-là, dans la
recherche puis l'accompagnement. Alors, on parlait rapidement des effectifs
d'agronomes. J'ai peut-être mal compris, mais est-ce que le ministre a
l'intention d'augmenter le nombre des agronomes au MAPAQ qui font de
l'accompagnement sur le terrain?
M. Lamontagne : Bien, ce
qu'il faut comprendre, tout l'écosystème de soutien, par le biais du programme
de soutien… de services-conseils, là, c'est 600 agronomes, là, qui sont au
service des producteurs agricoles sur le… sur le Québec, OK. Puis en première
ligne comme telle, là, ce n'est pas les agronomes du MAPAQ. Les agronomes du
MAPAQ sont en deuxième ligne. Puis, comme je vous dis, avec le plan
d'agriculture durable, là, on s'est assurés... on a identifié qu'on avait... avoir
davantage besoin que nos ressources soient dédiées à la fonction agronomique,
là, puis on a fait les changements au niveau des ressources pour que tout ça
arrive.
Mais, au moment où on se parle, là, moi,
je n'ai pas de message chez nous, là, qui dit comme quoi, au niveau du MAPAQ, là,
on manquerait d'agronomes, là. Présentement, comme je vous le dis, la fonction
d'agronomes qui sont sur le terrain, là, qui sont en services-conseils auprès
de nos… de nos producteurs, productrices, là, il y a 600 personnes, là,
qui… qui servent à ça.
Mme Zaga Mendez : Puis dans
le cas du PAD... On va continuer, ça enchaîne très bien mes questions dans le
cadre du plan... le PAD, on va l'appeler comme ça. Vous dites qu'il y aurait
des ressources qui vont augmenter pour embaucher des agronomes pour réaliser le
PAD?
M. Lamontagne : Non, en réalité,
ce qu'on a fait... C'est que moi, quand je suis arrivé en poste… je fais
souvent des rencontres avec… avec des employés du ministère, puis le message
que je recevais, c'est que j'avais des agronomes, dans les rencontres, puis qui
m'expliquaient que, dans le fond, eux autres, ils étaient rendus qu'il y a
20 % de leur temps qu'ils s'occupaient d'agronomie puis il y a 80 %
qu'ils s'occupaient de programmes. Alors, suite à ça, en même temps qu'on a
annoncé le PAD, on a annoncé aussi une réorganisation dans notre façon de
traiter les programmes au ministère puis on a mis 20 ressources additionnelles,
pas 20 agronomes, mais 20 personnes qui allaient... par une cellule
particulière, qui allaient prendre en charge au point de vue des programmes,
puis ce qui fait qu'on a libéré... je pense, c'est, au total, 90 agronomes
et puis techniciens agronomiques où, peut-être, il y en a un qui, avant,
c'était 50 % de sa tâche, maintenant, c'est rendu 80 % de sa tâche,
un autre... Alors, on a vraiment libéré, là, la force agronomique qu'on avait
au ministère davantage, là, impliquée dans la mise en œuvre du PAD.
Mme Zaga Mendez : Merci. Pour
parler un peu du PAD, il y a quelque chose qui est nouveau. Le plan
d'agriculture durable nous parle de rétribution pour des bonnes pratiques
agroenvironnementales. Dans les… l'annonce, on parle d'un ajout de
50 millions en tout. Est-ce qu'on peut savoir comment le financement va
être octroyé pour la rétribution?
M. Lamontagne : Bien, en
réalité, la rétribution, je vous dirais que c'est… un, c'est quelque chose qui
est unique au <Canada…
M. Lamontagne :
...Bien,
en réalité, la rétribution, je vous dirais que c'est… un, c'est quelque chose
qui est unique au >Canada, là, ce qu'on a mis en place. C'est... les
objectifs du PAD, là, on a cinq grands objectifs puis on a huit mesures, hein?
C'est diminuer les pesticides, diminuer l'utilisation de fertilisants de
synthèse, améliorer la santé des sols, et puis améliorer la qualité de l'eau,
puis augmenter la biodiversité sur les fermes, puis on a huit indicateurs pour
venir mesurer ça. Puis le programme de rétribution qu'on a mis en place, c'est
d'avoir des producteurs, des productrices qui s'engagent à mettre en place au
moins une des mesures, OK…
Mme Zaga Mendez : Une pratique…
retirer…
M. Lamontagne : …puis ils sont
rémunérés à l'hectare, en fonction de la mesure qu'ils… qu'ils mettent en
place.
Mme Zaga Mendez : Oui, j'ai… oui,
peut-être pour aller un peu plus vite, je ne voyais pas le président, désolée…
oui, je suis très familière avec le PAD. En tout cas, j'ai... on a contribué,
comme chercheurs, dans une autre vie à cet… à ce principe-là, rétribution,
donc, pour chaque pratique, surtout le retrait de la… des cultures. Mais la
question était : Combien de sommes ont déjà été octroyées pour le PAD,
pour la…
M. Lamontagne : La première
cohorte, la première cohorte qu'on a eue, on a 1 834 producteurs qui
se sont inscrits, puis c'est... je pense que c'est 56 millions, au total,
là, sur trois ans, là, qui ont été… qui ont été accordés, là, pour… pour la
mise en œuvre des pratiques. Les gens peuvent avoir un minimum... pour une
pratique minimum, là, c'est... le versement minimum, c'est 1 500 $
par année, puis le versement maximal, là, au total, de la contribution, là,
c'est 50 000 $.
Mme Zaga Mendez : 50 000 $.
M. Lamontagne : Oui. Ça,
c'est la première cohorte.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Puis ça revient à combien par hectare, à peu près?
M. Lamontagne : Bien,
honnêtement, ça dépend des… ça dépend des pratiques qu'ils décident de mettre
en place. Parce qu'il y a différentes pratiques, il y a différents gestes
qu'ils vont poser puis dépendamment dans quelle région, aussi, au Québec, parce
que c'est un taux qui est différencié en fonction du coût alternatif, là, quand
on décide d'utiliser notre… nos hectares pour faire d'autres choses. Mais c'est
vraiment… c'est vraiment différencié en fonction de l'effort puis en fonction
des régions.
Mme Zaga Mendez : Parfait, merci
pour la réponse. De ce que j'ai cru comprendre, c'est que les rétributions
continuent à venir d'un budget qui est plutôt discrétionnaire, plutôt que d'un…
un budget à long terme. Est-ce que vous vous engagez à garder un budget à long
terme pour ces rétributions-là?
M. Lamontagne : Bien, ce que
je vous dirais... D'abord et avant tout, ça prend un début à quelque chose,
hein? Ce qu'on a mis en place, le plan d'agriculture durable, comme je vous
dis, c'est quelque chose... c'est une initiative au Canada qui n'existe pas.
Puis il y a plusieurs des choses qu'on a mises là-dedans, là, que, je veux
dire, c'est… c'est assez unique. Là, ce qu'on a fait, il y a une première
cohorte qui a été mise en place. Il y a une deuxième cohorte qui a été annoncée
puis qui a 1 029 participants. On a annoncé, en… pendant la campagne
électorale, qu'on allait souscrire un autre 50 millions. Mais c'est
certain que l'objectif dans tout ça, là, c'est d'avoir une pérennité dans le
geste, de la part des agriculteurs, des agricultrices.
Mme Zaga Mendez : Est-ce
qu'il va y avoir une pérennité dans le financement? Parce que, juste entre vous
et moi, là, l'Île-du-Prince-Édouard l'a fait, ça fait des années qu'il y a le
même programme, que c'est en partenariat, comme vous êtes en… on est en train
de le faire. En Europe, on est... on a la politique de l'agriculture commune.
C'est des choses qui sont faites un peu partout depuis 15 ans. L'enjeu,
c'est la pérennité du financement. Est-ce que vous vous engagez à garder des
budgets à long terme puis, même, faire une vraie politique pour la rétribution?
M. Lamontagne : Je vous
dirais que c'est... l'enjeu est le même pour le nôtre, là. Une bonne nouvelle
qu'on a eue, c'est qu'on vient de signer le plan canadien d'agriculture durable
avec le gouvernement fédéral, parce qu'on sait que l'agriculture c'est une
juridiction qui est partagée, à certains égards. Et puis dans... le
gouvernement fédéral a des objectifs d'agriculture durable, mais on a réussi à
faire reconnaître les initiatives du PAD. C'est-à-dire, les fondamentaux du
PAD, maintenant, le fédéral s'aligne. Ça fait que tous les fonds disponibles du
gouvernement fédéral puis de l'agroenvironnement vont pouvoir être canalisés
vers… en partie importante, là, vers le plan d'agriculture durable, là, qui va
aider dans les objectifs que vous recherchez, Mme la députée, là.
• (15 heures) •
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Étant donné que le temps file, j'ai... Il me reste deux questions, je… on pourrait
faire ça un peu rapidement. Sur l'urgence... les effets des changements
climatiques, je voulais savoir si le ministère de l'Agriculture fait
l'évaluation des... les coûts que nos agriculteurs et agricultrices vont devoir
assumer avec les différents changements des températures et précipitations. Ça...
la première question. Puis la deuxième : Quels sont les fonds qui sont
prévus pour accompagner et compenser pour les pertes?
M. Lamontagne : OK. Bien,
première chose qu'on a faite dans ce volet-là, on a créé, avec le Scientifique
en chef puis le Fonds de recherche du Québec, Nature et technologies… on a créé
ce qu'on a appelé le Réseau québécois de recherche en agriculture durable, qui
est un huitième pôle pour le fonds, qui est changements climatiques,
agriculture durable, les cinq objectifs du PAD plus la réaction, l'adaptation
aux changements climatiques. On a financé ce fonds-là. Aujourd'hui, le réseau
québécois, c'est 200 chercheurs, organisations, CCTT, universités qui
travaillent ensemble sur tous ces volets-là.
Après ça, la question de l'accompagnement,
on vient d'annoncer, l'automne passé, le premier programme pour l'adaptation aux
changements climatiques, en collaboration avec le fonds qui est issu de notre…
notre plan pour une économie verte. Dans le plan de mise en oeuvre…
15 h (version révisée)
M. Lamontagne : ...le premier
programme pour l'adaptation aux changements climatiques en collaboration avec
le fonds qui est issu de notre Plan pour une économie verte. Dans le plan de
mise en œuvre 4, qui va venir bientôt, vous devriez voir des mesures
additionnelles.
Mme Zaga Mendez : L'année
prochaine, parce que le PMO3, c'est cette année. PMO4...
M. Lamontagne : Le PMO3. Dans
le prochain PMO qui s'en vient, là, normalement, il devrait y avoir des mesures
qui commencent à arriver pour venir accompagner le système agricole en fonction
de nos objectifs climatiques, là.
Mme Zaga Mendez : On va
terminer ça. Et c'est combien qui va être budgété environ? C'est combien vous
le...
M. Lamontagne : Ça, je n'ai
pas... Bien, vous savez, il y a 9 milliards dans ce fonds-là, là, ça fait
que je ne sais pas exactement la portion qui va être utilisée pour remplir les
objectifs qu'on a, là.
Mme Zaga Mendez : C'est 9 milliards
en tout à cette année. Ça fait que, l'année prochaine, j'espère qu'il va être
bonifié.
M. Lamontagne : Bien, depuis
que vous êtes députée, ça a été bonifié pas mal chaque année. Avec... avec la...
la bourse du carbone, là, c'est des centaines de...
Mme Zaga Mendez : Ça fait six
mois je suis ici. Je viens d'arriver, monsieur.
M. Lamontagne : Pardon?
Mme Zaga Mendez : Je viens d'arriver,
ça fait six mois depuis je suis députée.
M. Lamontagne : Ah! c'est
vrai, vous êtes... Bien, écoutez, demandez à vos collègues qui sont là, là, c'est
quelque chose, là.
Mme Zaga Mendez : Non, on a
suivi, j'ai quand même suivi, ça fait que... juste pour... si j'ai... On a un
engagement que ça va arriver à peine l'année prochaine, les fonds pour la
stabilisation causée par les... Pour les effets des changements climatiques en
agriculture, ça arrivera juste au PMO4?
M. Lamontagne : Ce que je
dis, c'est qu'il y a eu des premières initiatives, là. Comme, on a mis en place
à partir d'un programme d'accompagnement. On vient d'annoncer aussi des
initiatives, que ce soit avec les producteurs laitiers, là, 3,5 millions
de dollars pour les aider, encore là, à s'adapter pour toute la question du
méthane. Puis plus on va avancer dans le temps, bien, plus l'accompagnant... l'accompagnement
pour le système agricole, là, va aller en augmentant, là.
Mme Zaga Mendez : Merci. Une
dernière question. Tantôt, on parlait des microbrasseurs, puis je me joins ma
voix au collègue, parce que, déjà, au Québec, pour les cidres, pour le vin, on
permet la vente aux marchés publics, on permet la livraison. Pourquoi on ne
permet pas à nos microbrasseurs du Québec de faire la même chose? C'est une
interprétation d'une directive de la Sécurité publique. Est-ce que vous allez
aussi rencontrer le ministre de la Sécurité publique pour lui en parler des...
M. Lamontagne : Bien,
honnêtement, je parle à tous mes collègues. Au départ, là, tu sais, il y a une
question de... Tu sais, le vin, c'est le raisin qui sort, qu'on presse le
raisin, on le transforme, on le met dans une bouteille, puis on le vend.
Mme Zaga Mendez : Puis l'agriculture?
M. Lamontagne : Puis le
cidre, c'est des pommes qu'on prend, on les met... on les presse, puis à un
moment donné on les vend. Mais plus on s'éloigne, tranquillement pas vite, de
ce processus-là, bien, plus on quitte ma cour un petit peu, là.
Mme Zaga Mendez : Le malt et
le houblon fait au Québec, est-ce que c'est dans votre cour?
M. Lamontagne : Oui, tout à
fait, la culture...
Mme Zaga Mendez : Alors?
M. Lamontagne : ...la culture,
là, du houblon, là.
Mme Zaga Mendez : Donc, les
microbrasseurs qui font le... qui utilisent les houblons québécois, est-ce que
c'est dans votre cour?
M. Lamontagne : Bien, ce que
j'expliquais à mon collègue, c'est que tout ce qui touche l'activité
artisanale, là, tout ce qui touche l'activité artisanale, c'est vraiment des
choses pour lesquelles, je veux dire, il est important qu'on donne un maximum d'opportunités
à nos gens. Puis, quand on tombe, après ça, dans la livraison, quand on parle
de commerce sur Internet, puis tout ça, ce que j'expliquais à mon collègue, c'était
vraiment moins, si on veut, là, de mon... de mon ressort, là.
Mme Zaga Mendez : Merci.
M. Lamontagne : Mais, au
départ, je suis un entrepreneur...
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
M. Lamontagne : ...puis je
veux qu'on favorise les opportunités pour les gens qui entreprennent.
Mme Zaga Mendez : Désolée.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup. Merci beaucoup. M. le ministre, pour être un Italien moi-même, là, ça
ne prend pas plus... c'est pas mal plus compliqué que juste presser du vin pour
remettre ça dans une bouteille pour faire un bon vin, là. C'est un plus long
processus que ça.
M. le député de Marquette... député de
Pontiac, vous avez la parole pour 22 min 38 s, avec
consentement, avec le temps rajouté.
M. Fortin :...je n'aurai jamais la prétention d'être député de
Marquette, quand même.
Le Président (M. Ciccone) : Non,
non, je sais. Excusez-moi.
M. Fortin :Mais c'est de valeur de la façon que l'échange avec la collègue
de Verdun s'est terminé, parce que... Puis même l'argumentaire que vous avez
utilisé tantôt, vous dites : Ce n'est pas dans ma cour parce que ce n'est
pas du produit qui est pleinement transformé à la ferme. C'est toujours le
défi, là, c'est toujours le défi de dire bien, c'est à moitié dans la cour d'un
ministre, à moitié dans la cour de l'autre ministre, et moi, je me rends... j'en
fais un bout, j'ai besoin de l'autre. Mais, à la fin de la journée, là, il y a
des... des producteurs, des microbrasseurs dans ce cas-ci, québécois, qui font
un produit au Québec avec des produits du Québec, qu'ils n'ont pas les mêmes
opportunités que... que d'autres produits, puis c'est franchement malheureux
pour nos petites entreprises québécoises qui... qui devraient être encore plus
un succès qu'ils le sont.
M. Lamontagne : Oui. Mais encore
là, ce que je veux dire à mon collègue, là, puis je vous dis, moi, j'ai une
sensibilité pour tous les entrepreneurs, au Québec par rapport à ce qu'ils
veulent faire, puis ils veulent faire croître leurs entreprises, là. Le sens ou
l'essence de ma réponse, là, c'est qu'ultimement ce que mon collègue me
demande, c'est : Oui, mais est-ce que tu parles à ton collègue pour qu'il
fasse des changements dans la loi? Ultimement, c'est ça que vous me demandez. S'il
y a des choses chez moi, là, vous dites, là : Là, vous pouvez le faire, le
ministre, pourquoi vous ne le faites pas? Bien là, il y a une réponse que je
peux essayer de vous donner. Mais, en bout de ligne, là, je peux chercher d'informer,
d'influencer. Comme je vous dis, j'ai participé à des rencontres avec mon
collègue ministre de l'Économie puis l'Association des microbrasseurs, mais, en
bout de ligne, ce n'est pas moi qui est responsable du portefeuille.
M. Fortin :Moi, je veux... je ne veux juste pas, M. le ministre, que
le jour où vous ne serez plus en poste, et ce jour-là va venir un jour, là, ce
n'est peut-être pas bientôt, mais je ne voudrais pas que vous regrettiez, en
marchant dans un marché public québécois, là, le fait qu'il n'y ait pas un
microbrasseur... un microbrasseur <local...
M. Fortin :
...là, le fait qu'il n'y ait pas un microbrasseur...
un microbrasseur >local là, puis que vous vous disiez : J'aurais pu
faire de quoi, j'aurais pu pousser davantage, j'aurais pu me rendre jusqu'au
bout. Même si ce n'était pas dans ma cour, j'aurais pu faire cette
représentation-là auprès de mon collègue. Ce serait de valeur pour vous, ce
serait de valeur pour le marché public, ce serait de valeur la microbrasserie
puis ça serait de valeur pour les producteurs de malt puis de houblon
québécois. Enfin.
M. Lamontagne : C'est bon, je
vous entends bien.
M. Fortin :On a parlé tantôt des abattoirs. C'est quoi, la plus grande
menace, selon vous, à la production animale au... au Québec en ce moment? Puis
là, je mets le porc de côté, là. Je ne veux pas revenir sur le porc, là, on a
fait la discussion, puis je ne veux pas revenir. Mais, la plus grande menace?
M. Lamontagne : La plus... la
plus grande menace, vous êtes dans le cycle du temps puis de la vie des
consommateurs puis...
M. Fortin :Oui.
M. Lamontagne : Bien, je vous
dirais, de voir... de voir des habitudes de consommateurs qui changent puis
qu'ultimement, bien, ça fait en sorte que les progressions dans certaines
filières, bien, soient... soient... soient limitées ou soient réduites.
M. Fortin :Les viandes de laboratoire, là, est-ce que c'est sur votre
radar, ça? Est-ce que vous avez commencé une réflexion là-dessus au ministère
de l'Agriculture? Est-ce que c'est quelque chose qui vous préoccupe?
M. Lamontagne : Bien,
c'est-à-dire tout produit qui est un substitut à un produit qui est sous la
juridiction, je vous dirais, entre... du ministère de l'Agriculture puis des
politiques agricoles, bien, c'est quelque chose certainement qu'on a sur notre
radar, à savoir... Bien, un, il y a deux choses au niveau du radar. Il y en a
un que c'est une question de santé publique, là, à savoir la production, les
règles de production, il y a Santé Canada qui est là-dedans, il y a tout ça.
Après ça, chez nous, si c'est des organisations qui sont de juridiction
provinciale, bien, encore là, on a tout un aspect, l'innocuité, salubrité, et
tout ça, des processus qui sont en place.
Mais, ceci étant dit, après ça, bien, ça
devient une compétition pour des activités qui sont faites par les producteurs,
les productrices qui sont sur le territoire du Québec, puis c'est comment ces
gens-là, ces filières-là peuvent s'organiser ultimement pour être en marché
face à ces nouveaux défis-là.
M. Fortin :Mais vous le... Vous voyez ce qui se passe aux États-Unis,
là, vous voyez ce que la FDA a commencé à faire, a commencé à approuver
justement des aliments préparés, de la viande préparée en laboratoire. Alors,
ça va venir, là. Si c'est rendu aux États-Unis, ça va traverser la frontière. À
un moment donné, ça va se rendre chez nous. Santé Canada va avoir une
réflexion à faire là-dessus, j'en conviens, mais nous, on va avoir une
réflexion au Québec à savoir comment nos producteurs peuvent évoluer dans un
marché qui pourrait, là, selon les choix des consommateurs, selon le prix des
aliments, selon tout le reste, pourrait être grandement influencé.
Alors, vous, là, à l'interne, est-ce qu'on
a commencé une réflexion au MAPAQ à savoir comment on... quel genre d'appui on
pourra ou on devra donner à nos producteurs le moment venu, par exemple?
M. Lamontagne : Bien, deux
caractéristiques, là, de comment on fonctionne au Québec au point de vue de
tout ce qui est notre production agricole. Première des choses, là, c'est qu'on
a un modèle, on travaille en filière. Puis, exemple, là, moi, demain, vendredi,
je termine 14 rencontres que j'ai initiées, là, à partir de la fin
janvier, où je rencontre chacune des filières. Et chacune des filières, en
amont de cette rencontre-là, il y a tout un travail qui se fait sur une base
annuelle avec toute l'équipe du secrétariat à la Politique bioalimentaire puis
qui vise à faire en sorte que, quand, moi, je les rencontre, là, c'est tous les
enjeux de la filière, c'est les bons coups, les défis, les plans d'action. Il y
a toute une mobilisation qui est là, là, qui est en place grâce aux filières.
L'autre chose, j'ai parlé de la Politique
bioalimentaire, au cœur de la politique, bien, c'est les besoins des
consommateurs, c'est comment ces besoins des consommateurs évoluent. Alors,
avec la Politique bioalimentaire, avec le plan de mise en œuvre de la Politique
bioalimentaire, encore là, c'est toute la feuille de route en accompagnement,
si on veut, de notre production agricole, notre transformation alimentaire, la
saine alimentation des Québécois et des Québécoises qui est sur notre écran
radar 365 jours par année, je veux dire, pour chaque année, là.
• (15 h 10) •
M. Fortin :Mais on ne voudrait pas, là... du point de vue de notre
production animale, là, on ne voudrait pas, le jour où c'est approuvé par Santé Canada,
qu'il y a une usine qui se mette en place et tout à coup, là, nos producteurs
ont une méchante surprise parce qu'il n'y a pas eu de préparation à l'interne,
là. Je vous... Puis je ne suis pas le seul à le dire, là, il y a Sylvain
Charlebois qui en parle, il y en a d'autres qui disent : C'est quelque
chose qui va s'en venir, il faut s'en préoccuper, il faut commencer à en
parler, pas juste avoir de la réflexion générale, là, que vous semblez avoir
depuis plusieurs années sur l'avenir, mais, sur cet enjeu spécifique là, ça va
avoir un impact.
M. Lamontagne : Bien, M. le
Président... bien, M. le député, ce que je vous ai expliqué, ce n'est pas une
réflexion générale. Ce que je vous dis, c'est que chacune des filières est
mobilisée en fonction de sa réalité, ses défis, ce qui s'en vient. On vient les
accompagner.
Je donnais l'exemple, l'enjeu du méthane
pour les producteurs laitiers. Tu sais, la carboneutralité de la filière
laitière, là, si la filière laitière veut continuer sa <croissance...
M. Lamontagne :
...Tu
sais, la carboneutralité de la filière laitière, là, si la filière laitière
veut continuer sa >croissance, il y a un enjeu de carboneutralité, il y
a un enjeu des émissions de méthane. On vient d'annoncer, là, la semaine
passée, 3 500 000 $ pour les accompagner pour améliorer encore
les actions qu'ils peuvent prendre, avec la planète, pour venir réduire les
émissions de méthane. Ça fait que chacune des filières est mobilisée. Puis
notre travail, que ça soit par la recherche, on investit des dizaines de
millions en recherche par année, puis on accompagne 17 centres de
recherche au Québec, ça vise à faire en sorte que les gestes qu'on pose
aujourd'hui sont appropriés pour le présent, mais en même temps d'anticiper ce
qui s'en vient pour le futur. Ça, c'est sûr que ça fait partie du travail qu'on
fait, ça, M. le député.
M. Fortin :OK. Bien-être animal, on n'en a pas parlé encore beaucoup.
On regardait vos statistiques d'inspection cette année. Elles ont diminué par
rapport à l'an dernier. Pourquoi?
M. Lamontagne : Bien,
honnêtement...
M. Fortin :Mais elles ont diminué beaucoup, là, quand même. Elles ont
diminué de 2 600 visites à... ou inspections à 2 200 cette
année. Le nombre d'heures est passé de 4 200 à 3 000. Donc, c'est
quand même une diminution, nombre d'heures d'inspection, de 25 %. Alors,
j'aimerais ça le comprendre.
M. Lamontagne : Bien, ce
qu'il faut comprendre, première des choses, toute la question de l'application
de la loi puis du suivi de la loi sur le bien-être animal, là, ça se fait par
le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, en
coordination avec six ou sept partenaires qui sont sur le territoire du Québec,
puis qu'on travaille ensemble pour voir à l'application de la loi.
Des inspections, il y a deux types
d'inspections qui peuvent avoir lieu. Il y a des inspections qu'on fait de
façon aléatoire, où on se présente chez les gens, puis, après ça, il y a des
inspections que les gens font 1-888-animaux, je pense, c'est ça le numéro. C'est-tu
ça, 1-844... Excusez-moi, 1-844-animaux, pour ceux qui nous écoutent... pour
ceux qui nous écoutent, pour déposer une plainte ou expliquer qu'il y a quelque
chose qui se passe. À ce moment-là, bien, on va aller faire... on va aller
faire enquête. Alors, grosso modo, là, il y a, de mémoire, je pense, c'est
5 000, 6 000 ou 7 000 inspections de tout ce monde-là par
année, qui peuvent se faire par année. Mais qu'il y ait une variation de... bien,
un, il y a... pendant la période de la pandémie, là, on a chuté de plusieurs
milliers d'inspections par année, puis là, on est en rattrapage.
M. Fortin :Oui. Mais là, je vous parle de l'année 2022-2023 par
rapport à l'année précédente, là, par rapport à 2021-2022. Il y a une
diminution de 25 %. Alors, je comprends c'est quoi, le contexte, vous nous
l'avez expliqué, c'est très bien. Mais pourquoi il y a eu une diminution si
importante?
M. Lamontagne : Bien
honnêtement, comme je vous le dis, là, c'est... il y a deux choses, il y a les
inspections qui sont planifiées, puis, après ça, il y a les inspections qui
viennent sur plainte.
M. Fortin :OK. Est-ce qu'il y a moins de plaintes?
M. Lamontagne : Puis, après
ça, il peut y avoir eu moins de plaintes.
M. Fortin :Non, non, mais, bon, je vous pose une question sérieuse. Je
ne veux pas un «il peut y avoir eu», là. Qu'est-ce qui s'est passé?
M. Lamontagne : Bien, comme
j'explique... je vous explique, M. le député, on a des mandataires, on a le
ministère, on est sur le territoire du Québec, puis il y a deux choses qu'on
fait. On a des programmes qui visent à faire des inspections qui sont
aléatoires sur le territoire puis, après ça, on a des plaintes qui sont faites,
où on va répondre.
M. Fortin :OK. Bien, prenons-le comme ça : Est-ce qu'il y a eu
moins d'inspections planifiées ou est-ce qu'il y a eu moins de plaintes?
M. Lamontagne : Honnêtement,
je n'ai pas... je n'ai pas cette information-là ici avec moi, là, mais je
pourrai vous donner l'information.
M. Fortin :Est-ce vous pouvez l'acheminer à la commission?
M. Lamontagne : Oui, oui.
M. Fortin :Est-ce que vous pouvez nous donner les secteurs? Est-ce
qu'il y a un moins d'inspection, par exemple, dans les chenils? Est-ce qu'il y
a eu moins d'inspections dans... Est-ce que vous pouvez nous donner les
secteurs d'activités?
M. Lamontagne : Non. Ce qu'on
va vous donner, c'est de façon générale, là, les inspections qu'on a faites en
bien-être animal.
M. Fortin :Mais vous n'avez pas ça par secteur d'activités?
M. Lamontagne : Non. Ou si je
l'ai, là, je verrai avec les gens, mais je ne veux pas m'engager à vous fournir
cette information-là, là.
M. Fortin :Mais, si vous l'avez, est-ce que vous pouvez vous engager à
la fournir si vous l'avez?
M. Lamontagne : Oui, tout à
fait, tout à fait.
M. Fortin :OK. Parfait. Parce que c'est quand même un... un chiffre
assez important, là, puis, je pense, c'est important qu'on ait une réponse, là,
à savoir qu'est-ce qui se passe, si on s'en va dans une tendance en ce sens-là,
s'il y a...
M. Lamontagne : Bien, en
réalité, en réalité, pour être franc avec vous, là, moi, ce que je viens de
lancer, il y a deux choses, OK, c'est faire en sorte que, pendant mon premier
mandat, la loi avait été adoptée par le précédent gouvernement, mais il n'y a
jamais eu de réglementation qui avait été mise en place, ça fait que je me suis
assuré de faire mettre en place la réglementation qui permet de mieux appliquer
la loi. Et, suite à ça, bien, ce qu'on fait, en début de mandat, c'est de
lancer une grande offensive, deux choses, c'est qu'on a annoncé l'ajout de
20 ressources au niveau de l'inspection sur le territoire du Québec. Après
ça, on a annoncé une tournée nationale avec tous les partenaires. Il y a
30 groupes qui vont être rencontrés pour faire un genre d'état de situation,
aujourd'hui, de toute la question du bien-être animal, de l'application de la
loi, de l'inspection sur les sites. Puis, suite à cette... à cette grande
rencontre-là, cette tournée-là de ma collègue Audrey Bogemans, puis, suite aux
ajouts qu'on va avoir fait au niveau des inspecteurs, bien, on s'attend à
mettre en place...
M. Fortin :OK. Je vais le prendre de ce bord-là : Pourquoi vous
voulez ajouter des inspecteurs?
M. Lamontagne :
Parce
que, honnêtement, sur le territoire, là, moi, je regarde l'application de la
loi qu'on a à faire, je <regarde...
M. Lamontagne :
...honnêtement,
sur le territoire, là, moi, je regarde l'application de la loi qu'on a à faire,
je >regarde la sensibilité des Québécois par rapport à toute la question
du bien-être animal. Chaque fois qu'il y a un reportage ou qu'il y a un
événement qui est rapporté, c'est tout le temps... il faut... Un, il va
toujours y avoir des gens qui vont abuser des animaux sur le territoire du
Québec.
M. Fortin :Ça, ça va arriver.
M. Lamontagne : OK, on
s'entend. Mais après ça, je me dis : Est-ce que... est-ce qu'on est
équipés de la meilleure façon pour répondre puis appliquer la loi de la
meilleure façon? Je me suis assis avec notre équipe, puis ce qu'ils m'ont dit,
ils ont dit : M. le ministre, on aimerait avoir 20 ressources de
plus. Puis après ça, moi, j'ai dit : Bien, parfait, on va voir si on peut
avoir les 20 ressources. On les a eues. Puis j'ai dit : En plus de
ça, je dis on va faire une tournée nationale, on va aller voir les... tous nos
partenaires, puis on va convenir d'un plan d'action, là, pour faire en sorte
d'appliquer au meilleur possible la loi, là.
M. Fortin :Mais si... si vous voulez 20 ressources de plus, vous
ne pouvez pas être content qu'il y ait une diminution des inspections, là?
M. Lamontagne : Bien, moi, ce
qui est...
M. Fortin :Si vous voulez embaucher 20 ressources, vous êtes
prêts à mettre de l'argent là-dedans, vous ne pouvez pas être content qu'il y
ait eu moins d'inspections l'an passé.
M. Lamontagne : Bien, je ne
jugerai pas à savoir si c'est sur le nombre d'inspections. Moi, je me suis assis
avec le sous-ministériat, avec les gens qui sont responsables. J'ai dit :
Aujourd'hui, est-ce qu'on est vraiment bien équipés pour faire le travail qu'on
a à faire avec nos partenaires? Ce qu'on m'a dit, on a dit : M. le
ministre, idéalement, là, si on pouvait avoir 20 ressources de plus, là,
c'est ça que ça nous prendrait pour s'assurer qu'on fait le travail qu'on a à
faire. Bien là, on va leur livrer les 20 ressources de plus, puis après
ça, on va avoir une meilleure mobilisation puis un meilleur travail en synergie
avec tous les partenaires sur le territoire. Mais c'est certain que, si j'avais
jugé, puis que si les gens m'avaient dit : M. le ministre, tout est beau,
tout est correct, il n'y a pas d'enjeu, bien, on n'aurait pas rajouté de
ressources, là.
M. Fortin :OK. Avez-vous un objectif? Parce que là, vous avez 2 200 visites
ou inspections par année. Avez-vous un objectif de ce que vous devez atteindre
avec ces... ces nouvelles ressources là?
M. Lamontagne : Bien, je vous
dirais, quand on va avoir terminé notre... toute notre consultation nationale
qu'on fait, là, puis on va s'être assis avec les partenaires, puis on va
vraiment s'être entendus sur les priorités en fonction de l'application de la
loi puis la réalité qu'on vit sur... sur le territoire, bien, je pourrai vous
revenir... vous revenir avec des objectifs. Mais aujourd'hui, ce n'est pas des
objectifs quantitatifs. Ultimement, ça va être des objectifs opérationnels pour
voir à appliquer la loi de la meilleure façon possible.
M. Fortin :Je trouve ça intéressant de ne pas avoir de... C'est un peu
comme si vous aviez mis la charrue en avant les bœufs. Puis je ne vous dis pas
que vous n'avez pas besoin de ces 20 ressources là, peut-être que vous en
avez besoin. Mais vous n'avez pas vraiment d'objectifs à savoir qu'est-ce
qu'ils doivent atteindre comme... Donc, je trouve ça particulier comme façon de
faire, mais je vais passer à d'autres choses quand même.
Hier, j'ai eu une conversation avec votre
collègue de l'Environnement à propos des eaux de lavage et Prime-Vert, entre
autres. Une des demandes de l'UPA, c'était la bonification de Prime-Vert, en
disant que les montants ne sont pas assez importants, qu'on a besoin d'aide
additionnelle. Est-ce que ça fait partie de vos plans de modifier le montant
qui est accordé à travers Prime-Vert?
M. Lamontagne : Ce n'est pas
quelque chose qu'on a fait dans le dernier budget, là. Puis honnêtement, on met
tout près de 30 millions par année dans le programme Prime-Vert. Ce qu'on
cherche toujours à faire, c'est de s'assurer que les interventions qui sont
faites par le biais de Prime-Vert servent vraiment à ce qu'on cherche à faire.
Puis honnêtement, c'est un programme qui est en place depuis des années, puis
là, on est à revoir justement, comment on peut faire en sorte que ce
programme-là est encore plus percutant au niveau de l'impact qu'il a puis qu'il
vient vraiment aider où on veut qu'il vienne aider, là. Mais à la hauteur de
financement qu'il a présentement, dans Prime-Verte, honnêtement, c'est des
montants qui sont considérables puis il y a un très bon soutien qui vient à un
nombre très important d'entreprises, là.
M. Fortin :Donc... donc, vous êtes en désaccord avec l'UPA là-dessus?
Eux disent que ce n'est pas assez, on a besoin d'en avoir plus, ça ne rend pas
justice aux besoins des agriculteurs.
M. Lamontagne : Bien, en tout
respect, puis là, je veux dire, je vais faire un clin d'oeil à mes collègues, à
mes amis, là, de l'UPA, là.
M. Fortin :Ah! allez-y. Ah! allez-y.
M. Lamontagne : Il n'y a pas
beaucoup de dossiers dans lesquels ils ne sont pas en demande en nous disant
qu'il n'y en a pas assez, que ça en prendrait plus, là. Ça, je peux vous
confesser ça, puis je n'ai pas de misère à leur dire quand je les rencontre,
là.
M. Fortin :Oui, mais si ça... si ça limite des investissements, on a
un enjeu.
M. Lamontagne : Notre travail
à nous, c'est de s'assurer... c'est s'assurer qu'on investit bien l'argent des contribuables
en fonction des défis qu'on a, puis ces défis-là sont changeants. Alors, ce
qu'on fait, c'est qu'on analyse les changements, puis on vient modifier les
interventions qu'on fait.
M. Fortin :OK. Mais je ne vous ai pas sorti de toutes les demandes de
l'UPA aujourd'hui.
• (15 h 20) •
M. Lamontagne : Ah! je les
connais toutes, je les connais toutes, inquiétez-vous pas.
M. Fortin :Je vous parle du Prime-Vert parce que je pense qu'il y a un
vrai enjeu au niveau de Prime-vert, là.
M. Lamontagne : Oui.
M. Fortin :Mais ça, si vous ne voulez pas aller là, ça vous
appartient.
J'aimerais ça terminer aujourd'hui quand
même, comme il nous reste quoi, cinq minutes à peu près...
Le Président (M. Ciccone) : ...
M. Fortin :8 minutes, ah! mon Dieu.
M. Lamontagne : Ah! Il y a
une minute et demie que je vous ai redonnée, là, M. le député.
M. Fortin :Oui, mais je pense que j'en ai eu plus que ça, je vais la
prendre, je vais la prendre, il n'y a pas de problème.
M. Lamontagne : Je commence à
le regretter quasiment.
Des voix : ...
M. Fortin :On va voir si on peut s'assurer de ne pas vous la faire
regretter, M. le ministre. Je veux qu'on parle, puis je pense que c'est un
incontournable dans votre monde ces jours-ci, puis, même comme député, je suis
certain que les gens autour de la table le sentent, le savent, le voient, en
entendent parler, la santé mentale des agriculteurs, là. Si on a un enjeu, puis
tout ce qu'on a discuté aujourd'hui touche à la santé mentale de nos
agriculteurs et toute la... la réglementation parfois excessive...
M. Fortin :...les programmes d'aide, la difficulté à avoir accès à des
programmes d'aide, de l'éloignement, tout ça, là, ça vient tout toucher la
santé mentale. Alors, tout ce qu'on a abordé comme enjeu est relié à ça. Il y a
eu des programmes qui ont été mis en place au fil du temps, les travailleurs de
rang puis tout ça, pour essayer d'aider nos agriculteurs. Mais encore là, puis
à tous les... régulièrement, il y a des... on entend des histoires
d'agriculteurs qui commettent l'irréparable. J'en ai vu une récemment à propos
d'un producteur porcin. L'été dernier, il y en a eu deux dans ma
circonscription dans un très court laps de temps, et ça laisse toute une
communauté un peu ébranlée, disons, ces... ces situations-là.
J'aimerais votre évaluation par rapport au
programme de Travailleurs de rang. Un des enjeux chez nous, entre autres, c'est
un certain... c'est qu'il y a beaucoup de roulement. Même chez les travailleurs
de rang, ce n'est pas un travail facile. J'aimerais votre... Pour commencer,
là, puisqu'il nous reste quelques minutes, votre impression du succès que ce
programme-là a à date, puis je comprends que ce n'est pas entièrement le vôtre,
là, mais que ce programme-là a à date.
M. Lamontagne : Bien,
première des choses, là, la question de la santé mentale, la santé
psychologique de nos agriculteurs, hein, de par leur travail, de par, tu sais,
le climat, les saisons, les animaux, le fait que c'est tellement prenant, ils
sont sujets à des stress, pas un stress unique, des stress qui sont
concurrents. Puis je vous dirais que, jusqu'à il y a quelques années, il y a
plusieurs groupes qui cognent à la porte du ministère de la Santé puis qui
disent : Écoutez, nous, on est particuliers. Nous, on est particuliers, on
voudrait avoir un traitement particulier. Mais il y a quelques années, le
ministère de la Santé et des Services sociaux a reconnu qu'il y avait une
particularité avec le monde agricole, puis a entrepris de financer de façon
pérenne, récurrente, Au Coeur des familles agricoles.
Au Coeur des familles agricoles, c'est une
organisation. Il y a quelques organisations au Québec qui cherche à venir en
accompagnement pour les travailleurs agricoles au niveau de la santé mentale,
mais Au Coeur des familles agricoles, c'est un organisme, aujourd'hui, qui
assure le service dans une majorité de régions au Québec puis, l'objectif,
c'est de faire en sorte que, 24 heures par jour, sept jours par semaine,
si quelqu'un a besoin de services, qu'il lève la main, puis qu'il y ait
quelqu'un qui réponde au bout de la ligne, puis qu'il y ait un soutien.
Puis parallèlement à ça, il y a tout un
travail, l'UPA fait un gros travail là dessus, on appelle ça des sentinelles.
Tous les gens qui sont des fournisseurs de grain, les vétérinaires, qui sont
des gens qui... puis même au ministère, on a plus de 200 personnes, là,
qui ont participé à des formations, qui sont en contact avec nos agriculteurs
pour faire en sorte qu'aussitôt qu'ils décèlent quelque chose, bien, qu'ils
puissent soulever ça puis, ultimement, faire un appel pour venir... venir à
être en aide.
Alors, ce qu'on a mis en place au Québec
au niveau des travailleurs de rang, je vous dirais, encore là, l'an passé, mes
collègues de partout au Canada m'ont demandé d'avoir de l'information. On a
fait un Teams avec plusieurs provinces où on a pu leur présenter ce qu'on
faisait au Québec. La base de ce qu'on fait au Québec, où on a une approche qui
est différenciée pour le milieu agricole puis qui s'additionne à tous les
efforts du ministère de la Santé, c'est certainement positif. À savoir, après
ça, s'il y a du soutien additionnel qui peut être donné, bien, certainement
qu'il y a du soutien additionnel qui peut être donné, là.
M. Fortin :Je vous soumets... je vous soumets, M. le ministre, dans
les, quoi, deux minutes qui restent environ, là, je vous soumets que les
400 000 $ qui sont investis dans le programme de Travailleurs de
rang, là, c'est... c'est un début, mais c'est loin d'être suffisant, là. On
parle de 13 travailleurs de rang à travers neuf régions... à travers le
Québec, là, c'est très peu quand on connaît, puis vous l'avez dit, là, pour
toutes sortes de raisons que ce soit le climat, l'isolement, l'endettement,
l'endettement des agriculteurs québécois qui est plus important que dans
plusieurs autres provinces et significativement, le poids familial qu'ils
portent. Il y a une multitude de raisons à cela, mais on doit prendre soin de
la santé mentale de nos agriculteurs. C'est le genre d'enjeu que je vous
dirais, M. le ministre, on n'en fera jamais assez. Puis je vous enjoins, c'est
ma dernière demande aujourd'hui, là, ce que je vous demande, c'est qu'à chaque
fois que vous imposez une réglementation, pensez à l'impact que ça a sur la
santé mentale de nos agriculteurs, cette demande-là de plus, cette requête-là,
cette... cette obligation-là de plus, elle pèse lourd à chaque fois sur les
épaules de nos <agriculteurs...
M. Fortin :
...obligation-là de plus, elle pèse lourd à chaque fois sur les épaules de nos
agriculteurs>. Si on est capable d'en enlever, ça leur ferait le plus
grand bien. Si on est capable d'éviter d'en ajouter, si on est capable de leur
donner des appuis à travers tout ça, si j'ai un message à vous passer
aujourd'hui, là, c'est : Regardez l'entièreté de vos programmes puis
mesurez ce qui pèse sur les... sur leurs épaules, parce qu'il n'y a rien de
simple aujourd'hui. Il y a... Une détresse, il y en a toujours eu une chez les
agriculteurs. L'enjeu de la santé mentale des agriculteurs, c'est de longue
date, mais on le dirait encore plus présent ou peut-être encore plus discuté,
mais de toute évidence plus présent aujourd'hui que jamais, surtout quand il y
a des secteurs en crise comme aujourd'hui.
M. Lamontagne : Bien
honnêtement, je suis vraiment d'accord avec vous, mon collègue, puis pas plus
tard que... ça ne fait pas tout à fait un an, j'ai demandé au ministère de
revoir l'entièreté des programmes qu'on a au ministère, avec le premier souci,
c'est le souci du fardeau administratif que nos programmes génèrent chez nos
producteurs. Mais je suis tout à fait à la même enseigne que vous qu'il y a une
partie importante de leur stress qui vient de toutes les réglementations puis
tous les comptes rendus qu'ils ont à faire, quand dans le fond eux autres, ils
se lèvent le matin, tout ce qu'ils ont envie de s'occuper, c'est de leur
production agricole, puis ils en ont déjà plein les bottines avec ça, je suis
d'accord avec vous à 100 %.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup. Merci beaucoup, M le député, merci, M. le ministre. Maintenant, on
passe à la partie gouvernementale, avec un temps de 17 minutes, et je cède
la parole au député de Gaspé.
M. Sainte-Croix : Merci, M.
le Président. M. le Président, vous m'accorderez le privilège de commencer par
saluer tout ce beau monde. Alors, à commencer par vous, sincères salutations,
M. le Président. C'est toujours un privilège de vous côtoyer, à l'intérieur de
nos travaux parlementaires, sur cette glace que vous connaissez très bien.
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
M. Sainte-Croix : M. le
ministre, salutations très particulières à vous et aux membres de votre... de
vos filières au niveau du ministère, aux membres du cabinet. Sachez que c'est
un réel plaisir de collaborer avec vous tous, de par mon rôle de député de
Gaspé, bien entendu, mais d'adjoint parlementaire... gouvernemental, plutôt, au
ministre au niveau du secteur des pêches, c'est un réel privilège, et puis je
suis très fier d'être ici aujourd'hui pour participer à cet exercice qui, soit
dit en passant, est notre premier, en termes de nouvel élu de la 43 ᵉ
législature. Alors, c'est une belle expérience, là, aujourd'hui, pour ma part.
Sachez aussi que cette appréciation-là vaut pour l'ensemble des membres du
cabinet, de la filière, de nos collègues aussi, hein, de la partie
gouvernementale et, bien entendu, de notre opposition principale.
• (15 h 30) •
À titre d'adjoint, donc, au niveau
pêcheries, bien entendu, j'ai un parti pris, disons-le comme ça, pour la
question du secteur des pêches. Moi-même étant Gaspésien d'origine, je viens
aussi d'une famille de pêcheurs, donc c'est un... un secteur d'activité qui me
tient à cœur, secteur d'activité en lequel j'ai grandi et puis que j'ai vu
évoluer au fil des ans de la pêche à la ligne à la morue, que j'ai faite, petit
garçon, comme hobby, mais aussi comme première job d'été, et puis jusqu'à
l'avènement, là, de la pêche commerciale, l'arrivée des chalutiers, bref, la
croissance et le développement, là, industriel des pêches que j'ai vu chez nous
en Gaspésie. Donc, très heureux d'être ici aujourd'hui pour... pour cette
première étude des crédits.
M. le Président, vous le savez, et M. le
ministre aussi, nous sommes le gouvernement des régions, et puis
particulièrement, M. le ministre, vous savez à quel point le secteur des
pêcheries contribue au rayonnement du Québec et à son développement social et
économique considérant l'apport, là, annuel au niveau de notre économie.
Chez nous en Gaspésie, la pêche est
synonyme d'histoire, bien entendu, une des plus vieilles régions d'occupation
humaine du Québec, pour la pêche à la morue, c'est même le patrimoine
historique et culturel aussi. Bien évidemment, dans l'assiette, dans le
langage, la Gaspésie est fortement teintée par la pêche, question d'identité
aussi, les Gaspésiens, on comprend, hein, le poisson, c'est quelque chose de
très présent dans nos... dans nos vies, dans notre quotidien; l'occupation du
territoire, je l'ai dit. Oui, pour le castor il y a bien longtemps, mais aussi
pour la pêche à la morue, l'histoire du Québec, c'est aussi ça dès le début. Et
puis, bien évidemment, d'économie, une économie bleue de surcroît.
Donc, pour le bénéfice peut-être de nos...
de nos auditeurs, de nos auditrices, la Gaspésie à elle seule, grosso modo,
annuellement, là, représente la moitié du volume en tonnage au niveau des
pêcheries et puis aussi la moitié de la valeur en dollars des débarquements,
toutes espèces confondues, au Québec. C'est donc quelque chose d'important,
quelque chose de structurant, est quelque chose qui est appelé
aussi à relever des grands défis dans les années à venir…
15 h 30 (version révisée)
M. Sainte-Croix : ...est
quelque chose qui est appelé aussi à relever des grands défis dans les années à
venir, considérant, là, la question des changements climatiques, considérant la
question des pêches durables, des habitudes de consommation. Donc, un secteur,
là, qui est névralgique au niveau de l'alimentation du Québec et puis qui est
appelé, là, à relever de grands défis dans les années à venir.
M. le ministre, j'aimerais vous entendre
parler de l'état de nos pêches côtières, principalement pour les secteurs de la
Gaspésie, de la Côte-Nord, le Bas-Saint-Laurent et les Îles-de-la-Madeleine.
Donc, vous le savez, c'est une industrie qui est en mutation, avec laquelle l'innovation,
là, est bien inscrite dans le développement durable. Et puis, bien, nous le
savons, nous avons ici, chez nous, là, au Québec, des initiatives très
intéressantes qui sont inspirantes pour d'autres secteurs, là, au niveau des
pêches sur la planète. Et puis, bien, je vous laisserai, là, quelques minutes
pour nous faire état, là, des belles initiatives, là, qu'on supporte de façon
très structurée dans notre merveilleux ministère du MAPAQ.
M. Lamontagne : Bien,
écoutez, je veux remercier le député de me laisser quelques minutes pour... Bien,
je veux le remercier de son préambule. Puis c'est certain que, tu sais, l'histoire,
les pratiques, les coutumes, s'il y a une nation que ça nous habite, c'est bien
les Québécois, là, parce que Dieu sait qu'en 400 quelques années d'histoire, on
a toutes sortes d'histoires à raconter par rapport à comment on a fait pour
être rendus où est-ce qu'on est aujourd'hui. Le secteur des pêches, c'est
certainement très, très important, puis c'est le secteur côtier, puis... Rapidement,
là, tu sais, on a à peu près 1 000 pêcheurs, au Québec, qui font de
la pêcherie commerciale, on a à peu près... un peu plus que 4 000 personnes
qui travaillent dans des usines de transformation. C'est... L'an passé, c'est
des débarquements records, à hauteur de 460 millions, aux alentours, c'est
une transformation record, plus haut que 750 millions, qui s'est
transformé.
Mais, au-delà de tout ça, ce que je vous
dirais, c'est que les défis sont constants, les défis au niveau des pêcheries,
parce que c'est les besoins des consommateurs, c'est la disponibilité des
ressources, c'est toutes les questions environnementales, c'est les demandes
des marchés sur lesquels aussi on est invités à aller présenter nos produits.
Parce qu'une partie très, très, très, importante de nos captures, bien, c'est
des produits que ça s'adonne qui sont délicieux, mais que... en plus de ça,
bien, c'est qu'on en récolte beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que ce qu'on a d'appétit
pour en manger. Alors, je parle, mettons, de nos crustacés, le homard, le
crabe, la crevette, dans une autre... dans une autre manière.
Mais le fait qu'on exporte une partie
importante de nos produits fait en sorte aussi qu'il y a des exigences qui
viennent des différents marchés partout sur le territoire. Ça fait que, un, ce
qu'on fait, c'est vraiment... On a nos directions régionales, OK, en Gaspésie,
sur la Côte-Nord, puis l'objectif, encore là... Tantôt... je parlais de
communication par filière, tantôt, avec mon collègue de Pontiac. Bien, au
niveau des pêches, c'est la même chose. Dans un premier temps, c'est tout le
temps d'être en contact avec les communautés, d'être en contact avec les
différents groupes, si on veut, parce qu'aussi une particularité qu'on a, au
Québec, toute la question des quotas, bien... c'est le gouvernement fédéral qui
décide d'une partie de combien est pêché. Puis, après ça, bien, nous, par les
pêcheurs, et tout ça, nos usines de transformation, bien, on vient, ultimement,
s'arrimer avec la disponibilité des pêches.
Mais ce qui est important, c'est de faire
en sorte qu'on accompagne, dans un objectif de pérennité, bien, qu'on
accompagne nos pêcheurs, qu'on accompagne nos transformateurs, qu'on ait de la
recherche. Très important, on a un centre de recherche qui fait un travail
phénoménal qui s'appelle Merinov. On est en train de créer, en Gaspésie, là,
vraiment, un hub, si on veut, d'innovation, mais de faire en sorte qu'on se
donne les outils humains mais aussi financiers de venir accompagner toute notre
récolte puis notre transformation pour des années à venir.
Puis on a mis en place... au-delà des
différents programmes d'accompagnement qu'on a au ministère, on a mis en place,
avec le gouvernement fédéral, le Fonds des pêches du Québec. Le Fonds des
pêches du Québec vise à accompagner nos producteurs, nos pêcheurs, récolteurs,
pour s'améliorer, pour pouvoir innover, vise à accompagner nos transformateurs
pour s'améliorer, pour pouvoir innover, vise à accompagner nos centres de
recherche.
Encore là, tantôt, on parlait des
réchauffements climatiques, tout l'impact environnemental. Bien, il y a une
adaptation, si on veut, pour venir faire en sorte que... aujourd'hui, oui, c'est
des bonnes nouvelles pour les régions côtières, toute la question des pêches,
mais on veut que ce soient encore des bonnes nouvelles dans 20 ans puis on
veut que ce soient encore des bonnes nouvelles dans 40 ans. Puis, pour que
ça, ça <arrive...
M. Lamontagne :
...des
bonnes nouvelles dans 20 ans puis on veut que ce soient encore des bonnes
nouvelles dans 40 ans. Puis, pour que, ça, ça >arrive, bien, il
faut qu'on soit capables de prévoir, il faut qu'on soit capables de s'adapter
aux changements, des changements d'environnement, puis aussi que nos pêcheurs
acceptent, aussi, de modifier leurs pratiques, leurs façons de faire.
Puis un bel exemple... tu sais, il y a
20 ans, on ne parlait pas de la baleine noire. Aujourd'hui, bien, on a un
enjeu qui est très important : il en reste 350, à peu près, ou 400, dans
l'Atlantique, puis les pêches, bien, elles peuvent représenter des risques par
rapport à la survie de la baleine noire. Puis, après ça, on a des marchés qui
viennent nous imposer des restrictions en fonction de nos pratiques par rapport
aux baleines noires.
Bien, qu'est-ce que ça implique? Ça
implique qu'il faut, chez nous, qu'on fasse énormément de recherche pour faire
en sorte qu'ultimement nos pratiques de pêche soient durables. Puis, quand on
dit qu'elles soient durables, là, il faut que ce soit durable, il faut que nos
entreprises puissent prospérer, il faut qu'ultimement nos consommateurs soient
en paix avec les façons dont on récolte puis on produit, mais, après ça, il
faut que l'environnement, ce qu'on fait à tous les jours... on n'est pas en
train d'hypothéquer l'environnement. Alors, ça, exemple, la baleine noire,
c'est un très bon défi.
Puis tous les efforts de recherche qui
sont consentis... Bien, on a vu une annonce, là, il n'y a pas longtemps, là, où
il y a un nouveau filet, là, un nouveau fil qui a été créé pour la pêche au
crabe, qui fait en sorte que, s'il y a une certaine pression... bien, je veux
dire, qu'une baleine s'entreprenait dans les câbles, bien... ferait en sorte
que, je veux dire, il y aurait une rupture du câble puis il n'y aurait pas
d'enjeu avec l'animal, là, le mammifère. Alors, ça, c'est des enjeux qu'on a.
Quand j'étais au Japon, il y a quelques
semaines, d'ailleurs, je suis allé parler de sirop d'érable, je suis allé parler
de porc, mais... j'ai aussi beaucoup parlé des produits de la pêche, M. le
député de Pontiac, mais j'ai eu beaucoup de questions par rapport à la
certification MSC, Marine Stewardship Council, qui est comme une étampe ou une
garantie, si on veut, de qualité durable pour nos pêches. On a, dans l'objectif
de la politique bioalimentaire, comme objectif d'avoir 70 % de nos
pêcheries commerciales qui sont certifiées MSC d'ici 2025. On était à cet
objectif-là puis on s'est fait déclasser un peu, justement, à cause de la
baleine noire. Aujourd'hui, on est à 56 %, OK?
Bien, ces gens-là, les Japonais, la
question qu'ils avaient : Où en êtes-vous par rapport à votre
certification MSC? Puis c'est un de nos gros marchés, hein? Puis, tant qu'on
leur fait la démonstration qu'on pose les bons gestes, ces gens-là sont
intéressés, parce que la qualité de ce qu'on fait, les conditions de travail
des gens, les conditions environnementales, et tout ça, là, chez nous, là, c'est
comme un peu un eldorado, pour eux autres, là. Bien, les pratiques qu'on a
maintenant, il faut que ça rencontre les plus hauts standards en termes
d'environnement. Ça fait que ça, c'est un défi qu'on a, mais c'est un défi
qu'on accompagne de brillante façon, là, via le Fonds des pêches puis via aussi
d'autres programmes qu'on a, d'accompagnement, entre autres, avec une
organisation comme Merinov.
Après ça, toute la question de la
commercialisation, parce qu'un défi qu'on a, au Québec... Les marchés pour
sortir le homard puis sortir le crabe, honnêtement, ça va bien, là, il y a de
la demande. Il y a des enjeux dans le crabe un petit peu depuis l'an passé, là,
mais ça va bien. Le défi qu'on a, chez nous, c'est qu'on veut augmenter la part
des poissons puis des produits de la mer dans l'assiette des Québécois, OK?
Puis on a toutes sortes de poissons qui sont moins connus un petit peu, mais on
a des organisations au Québec qui visent à les faire connaître, qui visent à
les mettre en marché.
• (15 h 40) •
Ça fait qu'on accompagne des initiatives,
entre autres, une initiative qui s'appelle la Fourchette bleue, le Salon Fourchette
bleue, qui vise, à chaque année, à faire une liste de produits de la mer qui ne
sont pas le crabe, le homard, la crevette, tout ça, mais qui sont des produits
qui sont plus spécialisés, qui peuvent être disponibles en moins grande
quantité, qui peuvent être disponibles pas nécessairement pour un
approvisionnement sur une base annuelle, mais... de faire connaître ces
produits-là.
Puis, après ça, on a aidé en
subventionnant une plateforme pour mettre en contact ceux-là qui produisent
avec ceux-là qui achètent puis qui veulent distribuer. Ça fait que, ça, c'est
une bonne nouvelle. Puis on a la chaîne Metro, pour ne pas les nommer, qui ont
décidé d'embrasser ce concept-là, puis, aujourd'hui, je pense, dans une
soixantaine de magasins, ils font la promotion des produits Fourchette bleue.
Alors, ça, encore là, c'est une initiative qu'on met en place qui vise à faire
en sorte de commercialiser au-delà de nos grands produits, si on veut, aussi,
qui sont sur les marchés d'exportation, là, qui sont... vraiment, de
commercialiser les produits du Québec.
Puis moi, souvent, quand je parle avec nos
producteurs, ce que je leur dis, c'est : Plus on va se différencier, plus
vous allez avoir une histoire à raconter par rapport aux produits que vous
voulez mettre en marché, plus ça va frapper l'imaginaire des Québécois puis
plus les Québécois vont développer une relation, puis, ultimement, ce n'est
plus le produit qu'ils vont acheter, c'est l'histoire qui est en arrière du
produit. Puis on l'a dans les huîtres, on l'a dans le homard. Tantôt, on
parlait de l'identification du homard. Aujourd'hui, toute initiative des
producteurs de homards qu'on a aidés... on a financé presque... aux <alentours...
M. Lamontagne :
...aujourd'hui,
toute initiative des producteurs de homards qu'on a aidés... on a financé
presque... aux >alentours de 1 million de dollars pour accompagner
toute cette initiative-là. Bien, aujourd'hui, vous prenez un homard qui vient
de la Gaspésie, puis il y a une petite affichette qui est avec, puis il y a
toute l'histoire de la pêche de ce homard-là. Ça fait qu'ultimement les gens,
ils achètent plus que le produit, ils achètent l'histoire qui est en arrière du
produit.
Ça fait que moi, tu sais, j'invite nos
producteurs, j'invite nos transformateurs à développer ces histoires-là, en
arrière de leurs produits, comment se différencie... Tantôt, on parlait de d'autres
productions en agriculture, avec mon collègue de Pontiac. Bien, sur le
territoire, les gens qui produisent puis qui réussissent à développer un
produit qui est différencié, avec une histoire qui est différenciée, bien, s'il
se met à venter dans leur production, bien, le fait qu'il y ait cette
différenciation-là, à laquelle le consommateur s'attache, bien, il va venter
aussi pour eux autres, mais peut-être qu'il va venter un petit peu moins, puis
ils vont être un peu moins vulnérables. Bien, dans le secteur des pêches, encore,
c'est des choses comme ça qu'on veut faire.
Puis un autre défi qu'on a, tout le défi
de l'aquaculture, hein... l'aquaculture, on a un potentiel exceptionnel au
Québec, puis on s'était donné comme objectif, là... On a une production de
1 500 tonnes. Si on compare ça avec les Provinces maritimes,
honnêtement, c'est vraiment des petites affaires, qu'on fait, au Québec, là.
Bien, on veut passer de 1 500 à 3 000, mais, après ça, on est en
train de mettre en place un écosystème pour être capables d'augmenter ça de
façon importante.
Le Président (M. Ciccone) : Il
vous reste 20 secondes, M. le ministre.
M. Lamontagne : ...nouvelles,
aujourd'hui, on est rendus à 2 200, alors on a un bon bout de chemin de
fait.
Il me reste combien de temps, M. le
Président?
Le Président (M. Ciccone) : 15 secondes.
M. Lamontagne : 15 secondes.
Merci, tout le monde, merci à mon collègue de Pontiac pour ses interventions,
c'est toujours un plaisir de travailler avec vous, M. le Président, toute
l'équipe du ministère, du cabinet, pour votre soutien. Bien, écoutez, être au
service de nos producteurs, nos productrices, nos pêcheurs, nos
transformateurs, c'est un grand privilège, puis je vais continuer à faire ça,
là, pour les prochaines années, avec beaucoup de passion puis de détermination,
avec tout votre soutien. Merci beaucoup.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup. La députée d'Argenteuil avait une bonne question à part de ça, mais
ce sera pour la prochaine fois.
Une voix : L'année prochaine.
Le Président (M. Ciccone) : L'année
prochaine. Alors, le temps alloué à l'étude des crédits budgétaires du
portefeuille Agriculture, Pêcheries et Alimentation étant presque écoulé, nous
allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits. Alors, le
programme 1, intitulé Développement des entreprises bioalimentaires et
qualité des aliments, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
adopté à la majorité. Le programme 2, intitulé Organismes d'État, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
adopté à la majorité. Et, finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du
portefeuille Agriculture, Pêcheries et Alimentation pour l'exercice
financier 2022‑2024 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Ciccone) : Adopté
à la majorité. En terminant, je dépose les réponses aux demandes de
renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mardi 2 mai, à 9 h 45, où elle entreprendra
l'étude du volet Forêt des crédits budgétaires du portefeuille Ressources
naturelles et Forêts. Alors, bon week-end, tout le monde.
(Fin de la séance à 15 h 44)