Journal des débats (Hansard) of the Committee on Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Thursday, February 13, 2025
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Vol. 47 N° 47
Clause-by-clause consideration of Bill 69, An Act to ensure the responsible governance of energy resources and to amend various legislative provisions
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Intervenants par tranches d'heure
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Bouazzi, Haroun
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Kelley, Gregory
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Kelley, Gregory
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Montigny, Yves
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Garceau, Brigitte B.
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Cadet, Madwa-Nika
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Fréchette, Christine
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Bussière, Robert
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Bernard, Daniel
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Sainte-Croix, Stéphane
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Tremblay, François
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Rivest, Mathieu
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Kelley, Gregory
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Garceau, Brigitte B.
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Cadet, Madwa-Nika
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Kelley, Gregory
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Cadet, Madwa-Nika
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Cadet, Madwa-Nika
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Montigny, Yves
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Garceau, Brigitte B.
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Bussière, Robert
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Bernard, Daniel
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Sainte-Croix, Stéphane
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Tremblay, François
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Rivest, Mathieu
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Sainte-Croix, Stéphane
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Paradis, Pascal
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Cadet, Madwa-Nika
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-quatre minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie, des ressources
naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 69, la Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives.
Mme la secrétaire, ce matin, est-ce qu'il
y a des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le Président.
M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Garceau (Robert-Baldwin),
et M. Fortin (Pontiac) est remplacé par Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé).
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement, hier, de nos travaux, là, nous
étions à l'étape des motions préliminaires, et M. le député de Jean-Talon avait
commencé son allocution. Il lui reste encore du temps. Il vous reste, donc, 11 min 10 s
pour votre intervention, M. le député. Vous pouvez y aller.
M. Paradis : Merci, M. le
Président. <Donc, nous...
Le Président (M. Montigny) :
...votre intervention, M. le député. Vous pouvez y aller.
M. Paradis :
Merci,
M. le Président. >Donc, nous continuons le... Je suis dans mon
intervention, donc, sur la motion demandant d'entendre cinq organisations en
consultations particulières. Et j'avais parlé du Syndicat canadien de la
fonction publique, de la Fondation David Suzuki et j'étais à la coalition
Toujours maîtres chez nous et Greenpeace. Je vais revenir un petit peu sur
Greenpeace, parce que j'indiquais que Greenpeace et la Fondation David Suzuki
étaient deux des signataires, des organisations signataires du Manifeste
pour un avenir énergétique juste et viable. Et j'ai parlé, donc, de
certaines positions de la Fondation David Suzuki de manière individuelle, même
chose pour la position de Greenpeace. Et, ça, je comprends que c'est une
position très différente de celle du gouvernement, de celle de la ministre,
mais raison de plus pour les entendre.
Et, sur le projet de loi n° 69,
Greenpeace s'inquiète que ce projet de loi là, qui est présenté comme un
instrument de... permettant de favoriser la décarbonation du Québec, soit, en
fait, une menace pour la décarbonation du Québec et qu'elle ouvre, cette loi,
toute grande la porte à une plus grande privatisation de l'électricité. Et eux
aussi, ils disent : On devrait parler beaucoup de sobriété énergétique et
de réduction des gaz à effet de serre, que ça devrait être des priorités
absolues, mais on ne les voit pas tellement transparaître dans le projet de loi
n° 69 qui met plutôt la table à une augmentation de la production
d'électricité en vue d'alimenter, je les cite, «de nouvelles industries qui
vampiriseront des mégawatts.»
Greenpeace nous rappelle aussi que, pour
eux, le gouvernement manque totalement de vision. Je les cite : «Il ne
prend pas la crise climatique au sérieux.» Et ils demandent aussi d'en
connaître plus sur la vision du gouvernement, avant de travailler la route qui
devrait nous mener à des objectifs qu'on ne connaît pas encore.
Greenpeace s'inquiète du fait que le
projet de loi ouvre des... la porte à des ententes de gré à gré qui
permettraient à des compagnies privées de vendre par elles-mêmes de l'électricité
à des consommateurs privés adjacents aux sites de production d'électricité. Et,
pour eux, c'est une distorsion de la notion d'autoproduction qu'on retrouve,
donc, à l'intérieur du projet de loi n° 69 qu'on va étudier.
Alors, ils nous disent... Bien, en fait,
je pense qu'on devrait... qu'on aurait intérêt à les entendre. C'est une...
Pour eux, c'est un projet de loi qui pave la voie... Je les cite : «Ce
projet de loi pave clairement la voie à la dénationalisation de l'électricité
au Québec.» Donc on devrait, je pense, les entendre. Et, comme je le disais,
c'est une organisation signataire du manifeste.
Donc, j'avais commencé à parler aussi de
Toujours maîtres chez nous, parce que ce collectif est très actif dans les deux
MRC qui sont touchées par le projet de TES Canada, ce projet de loi présenté
par le gouvernement comme un modèle. Je le disais hier, là, à la fin de mon
intervention de la période que j'avais hier, qu'il a été qualifié par l'ancien
ministre Pierre Fitzgibbon de magique, ce projet de loi là. Alors, ce sont les
citoyens des MRC de Mékakinac et de des Chenaux qui se sont organisés, et qui
s'inquiètent de la façon dont ce projet a été monté, de la façon dont le
gouvernement a interagi et continue d'interagir avec TES Canada, et qui se demandent
qui décide des règles, qui décide du développement de ce type de projet... de
ce projet... de ce type de projet là et quels sont les impacts pour les
populations locales, qu'est-ce qu'on prévoit en réalité comme infrastructures
et quelles voix on va permettre d'entendre, finalement, de la part des
citoyens.
• (11 h 30) •
Bien, ce qu'on propose à la ministre
aujourd'hui, c'est : En date d'aujourd'hui, maintenant, quelle est la
situation de ce genre de projet là dont on va discuter, qui est au cœur de la
réforme proposée par le projet de loi n° 69? Qu'est-ce que les citoyens,
qui sont, au premier chef, affectés, ont à nous dire de leur vision? Est-ce que
ça intéresse le gouvernement de les entendre? Est-ce que ça intéresse le
gouvernement de les écouter? C'est un peu ça, la question. Et, si la réponse est
non, bien, les citoyens de la coalition Toujours maîtres chez nous sauront à
quoi s'en tenir. Ils vont bien sûr continuer leurs activités de mobilisation.
Mais ici, ce qu'on propose, c'est d'ouvrir un dialogue qui va éclairer nos
débats, qui va...
11 h 30 (version révisée)
M. Paradis : ...qu'on propose
c'est d'ouvrir un dialogue qui va éclairer nos débats, qui va permettre
peut-être au gouvernement de mieux comprendre les effets sur le terrain de la
réforme qu'il propose.
On s'en souvient, donc, le projet de TES Canada,
c'est la construction d'un parc éolien avec une ligne de transmission, de 35 kilomètres,
jusqu'à un site, une usine de production d'hydrogène. Donc, ça a beaucoup d'impact
non seulement sur la stratégie globale d'Hydro-Québec, du gouvernement du Québec :
sur les infrastructures, sur le paysage, sur la qualité de vie. Quelle est l'acceptabilité
sociale? C'est ça que les citoyens qui font partie de la coalition de Toujours
maîtres chez nous veulent savoir. Et donc comment on... comment ce gouvernement
peut dire qu'il répond aux besoins de la population québécoise et aux
impératifs multiples, qui sont nommés dans le projet de loi d'ailleurs? Quand
on dit faire un PGIRE, on dit, bien, il y a des questions environnementales
aussi, puis il y a des questions d'acceptabilité sociale. Alors, comment
peut-on prétendre que c'est ça qu'on veut faire plus si on n'est même pas
capables de les entendre, les gens qui veulent venir nous dire quels sont ces
impacts pour eux et quel est leur point de vue sur ce genre de projet là? Donc,
une coalition extrêmement intéressante, et ce serait très éclairant de les
entendre, pour nous, aujourd'hui.
Le Collectif scientifique sur les enjeux
énergétiques du Québec, très intéressant, ils n'ont pas été entendus, eux non
plus, en commission lors des consultations particulières. C'est un regroupement
de scientifiques. Et si on dit qu'on veut plus de données, plus d'informations,
plus de faits pour qu'on prenne des bonnes décisions, bien pourquoi ne pas
commencer par entendre les données probantes puis les avis des scientifiques,
des experts, qui vont venir nous parler des faits, qui, eux, quand on regarde
qui en sont membres, là, ce n'est pas des gens, là, qui font de la politique, c'est
des gens qui font de la science. Il y a une centaine de membres dans ce
collectif-là. Je le redis, ce sont des chercheurs, ce sont des scientifiques.
Alors, autant je disais hier que c'était
important d'entendre les gens d'Hydro-Québec, les bras et les cerveaux, ceux
qui gèrent, ceux qui ont inventé notre système, il faut les entendre, bien, c'est
la même chose, il faut entendre maintenant les experts. Je sais, on pourra dire :
On en a entendu quelques-uns. Mais eux, on ne les a pas entendus, et ils ont
des avis extrêmement intéressants. Eux, leur objectif, c'est, justement, d'exercer
une vigile critique, sur le projet de développement de la filière du gaz de
schiste, de manière plus particulière, au regard de l'ensemble de la question
énergétique au Québec et de celle des modes de gestion des ressources
naturelles. Donc, ils ont, au fil des dernières années... dans un contexte de
bouleversement climatique, ils ont, au fil des dernières années, élargi la
veille critique à la question des hydrocarbures en général et, plus globalement,
à l'ensemble des enjeux énergétiques, donc, ceux qu'on est appelés à analyser
ensemble. Ils ont participé à des processus de consultation publique, ils ont
produit un certain nombre d'analyses, mais, encore une fois, ils n'ont pas été
entendus dans le cadre qui nous occupe actuellement, celui du projet de loi n° 69.
On retrouve, sur leur site Internet, tout
plein d'informations, mais on aurait intérêt à les entendre pour venir nous
parler du... Bien, eux, ils s'inquiètent... Par exemple, ils ont produit des
études : À qui profiterait la fin du monopole d'Hydro-Québec? Ils se sont
interrogés : Quel plan pour l'énergie au Québec? Alors, ils posent...
comme tout le monde, ils posent les mêmes questions. C'est quoi le plan du
gouvernement? Ils se sont intéressés à la filière batterie. Alors, un des
articles sur leur site, Ce qui ne passe plus avec Northvolt, la
nécessité de tenir des états généraux pour une politique intersectorielle pour
l'avenir énergétique du Québec, un débat plus que nécessaire. Donc, vous voyez,
ils insistent sur le fait qu'il n'y a pas eu d'espace... il n'y a pas eu assez
d'espace pour qu'on discute ensemble de cette... de ce projet de loi qu'on nous
demande d'étudier en détail mais sans entendre les parties prenantes.
J'aimerais terminer avec une question bien
pratico-pratique. Donc là, c'est la troisième journée, depuis le début de cette
commission, que les trois oppositions, on implore, on supplie le gouvernement
de se mettre à l'écoute du Québec. C'est quand même incroyable. Là, on dit :
Ah! c'est déjà fait, c'est coché, ça, cette case-là, alors que j'ai démontré
dans un certain nombre d'interventions... mes collègues aussi ont démontré que,
non, toutes les consultations n'ont pas été faites, que la situation a changé.
Et ce que je trouve vraiment paradoxal, c'est
que ça ne prendrait pas grand-chose, il me semble, s'il y avait une volonté d'écoute,
s'il y avait une volonté de transparence, ça ne prendrait vraiment pas
grand-chose pour vous demander, M. le Président, de la part du gouvernement,
une suspension, qu'on discute puis que la ministre nous dise : Bien,
écoutez, on va s'entendre sur une liste de gens essentiels à faire venir, puis
ça se <réglerait...
M. Paradis :
...Bien,
écoutez, on va s'entendre sur une liste de gens essentiels à faire venir, puis
ça se >réglerait en quelques minutes, puis on pourrait les entendre la
semaine prochaine. On vient de perdre trois jours à supplier le gouvernement de
faire ça.
Puis entendre, comme réponse : Non,
ça ne nous intéresse pas d'entendre les Premières Nations, non, ça ne nous
intéresse pas d'entendre les gens de l'industrie, non, ça ne nous intéresse pas
d'entendre les gens de la société civile, non, ça ne nous intéresse pas, les
experts. Ah! bien là, je ne veux pas présumer, peut-être que celle-là, elle va
être acceptée. Alors que ce serait simple de dire : On invite ces gens-là,
ils vont être là la semaine prochaine, une demi-journée, une journée. Le nombre
de personnes, d'organisations dont on parle, là, on le sait comment ça dure en
consultations particulières, c'est une demi-journée, une journée. Vraiment, ce
gouvernement ne veut pas consacrer une demi-journée ou une journée pour
entendre des experts? Bien, ça, ça démontre que ça ne l'intéresse pas.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, je vais reconnaître
maintenant le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Je me suis permis de venir avec un très jeune recherchiste
aujourd'hui. Je salue toutes les éducatrices qui travaillent dans des milieux
de CPE et des haltes-garderies, etc., qui, aujourd'hui, étant donné la météo,
n'ont pas pu venir au travail.
Mais j'en profite pour appuyer cette
motion, entre autres, parce que je pense que c'est important de se rappeler
pourquoi on fait ça, pourquoi on fait ça. On parle de 2050, là, ce n'est pas...
je veux dire, pour nos enfants, ils n'auront même pas 50 ans. L'année
dernière, de... l'année 2024, on a déjà dépassé le 1,5° de réchauffement
planétaire, qui, faut-il le rappeler, était l'objectif à long terme pour les Accords
de Paris, et dans le cadre du Québec, on a dépassé les 3° d'augmentation
l'année dernière. Pour le mois de février 2024, en moyenne, on a dépassé de 6°.
Je ne sais pas si vous imaginez, M. le Président, de quoi on parle.
Or, malgré cette situation, où, je veux
dire, l'avenir de notre race humaine est en jeu, on se retrouve dans un projet
de loi qui prétend vouloir permettre cette transition énergétique et atteindre
la carboneutralité en 2050 sans avoir écouté des groupes aussi importants que
la Fondation David-Suzuki, que les scientifiques, et des enjeux énergétiques du
Québec, Greenpeace. C'est quand même assez incroyable, surtout qu'on sait que
le plan qui est devant nous, d'un point de vue écologique, ne fonctionne pas,
ne fonctionne pas. Il n'est pas vrai que nous allons être capables de doubler
les... la production d'énergie du Québec en 25 ans. Ce n'est pas vrai. Or,
nous devons réussir. Il n'est pas vrai que nous sommes capables de garantir une
croissance infinie avec une diminution de gaz à effet de serre, ceci n'existe
pas.
Et donc la vraie question qui doit se
poser, c'est : Quelles sont les limites de la planète, et comment allons-nous
réussir à garantir, à garantir, pour cette jeune génération, qui sera encore
jeune dans 25 ans, là, qu'ils auront un environnement de vie possible,
sachant encore une fois, que le mois de février 2024, en moyenne, on a dépassé
les 6° de plus que par rapport à l'ère préindustrielle? C'est une catastrophe.
• (11 h 40) •
Et donc quand est-ce qu'on est capables,
au sein de cette noble institution, d'avoir une vraie conversation, quelque
chose de constructif et d'honnête, à dire... à regarder les Québécoises et
Québécois et dire : Voilà, voici les limites que nous impose la planète, et,
non, nous n'allons pas doubler la production d'Hydro-Québec, et, oui, il va
falloir mieux répartir les richesses? Parce que, oui, le 1 % le plus nanti
au Québec produit 100 tonnes de CO2 par
personne quand le 50 % en bas de la pyramide n'en produit que cinq, que si
nous consommions tous comme le 50 % en bas de la pyramide, nous aurions
déjà atteint nos <objectifs...
M. Bouazzi :
...comme
le 50 % en bas de la pyramide, nous aurions déjà atteint nos >objectifs
de 2035. Cette conversation-là, on l'a quand, en fait? Quand est-ce qu'on parle
des limites de la planète alors qu'on parle de cette transition énergétique?
Je veux dire, je demande à mes collègues
ici de se transposer dans 25 ans. Quand nos enfants auront 40 ans,
ils vont nous regarder droit dans les yeux ... : Mais pendant cette
commission-là, avez-vous même entendu les groupes écologistes vous expliquer...
Les scientifiques du GIEC, qu'est-ce qu'ils nous disent, qu'est-ce qu'ils nous
disent? Ils nous disent que, d'ici 2030, la planète doit avoir divisé par deux,
par deux, la quantité de CO2 qu'on émet dans l'air et que, d'ici
2050 au plus tard, pour tous les pays, il faut atteindre la carboneutralité, et
pour les pays riches, il vaut mieux viser 2040 ou 2045. Qu'allons-nous leur
dire? Non. Non, non, non, on ne les a pas écoutés, on a fait confiance au
flair de M. Fitzgibbon. Il a d'ailleurs distribué des mégawatts, en
veux-tu en voilà, à des multinationales étrangères, et, à aucun moment, on
s'est dit : Oui, mais, d'accord, mais pour décarboner nos bâtiments, nos
PME, nos industries locales, qu'est-ce que ça prend? Et là où nous ne serons
pas capables de le décarboner, quel est le plan pour que les travailleuses, les
travailleurs ne se retrouvent pas à payer le prix cher? Quand est-ce que nous
allons avoir cette conversation-là? Quand est-ce que nous allons sortir du
déni?
Moi, je vous avouerais que cette
question-là m'obsède à chaque fois que je viens, à chaque fois que je viens. Je
regarde des enfants à l'école, et ça m'obsède. Et je ne comprends pas comment
nous allons continuer à vivre dans un déni, à se dire que, oui, pas de
problème, pas de problème, nous allons viser cette croissance verte, pas
d'équation. Je veux dire, je mets au défi le gouvernement de nous dire sur
quelle base il a dit qu'il atteindrait la carboneutralité en doublant la taille
d'Hydro-Québec. Vous imaginez? On a cette conversation-là. Nous n'avons pas vu
la courbe, nous n'avons pas vu la courbe. Et on continue, tranquilles, et
probablement qu'on va refuser d'écouter ces groupes-là. Là, on parle de la
suite des choses, de choix de société très importants, car il va y avoir des
choix de société importants. Je veux dire, moi, je suis en désaccord avec à peu
près tout ce que M. Fitzgibbon a dit, à part une chose, c'est qu'il a dit
qu'il fallait diviser par deux le nombre de voitures à un moment donné. Bien,
elle est où, l'équation, et ça rentre où dans nos projections de consommation
d'énergie? Il est où, le plan pour avoir du transport collectif, du transport
de remplacement?
Cette vision-là de société, elle est où? Et
pour pouvoir y réfléchir, comme législateur, bien, il faut qu'on regarde la
vérité en face et c'est ces groupes-là qui vont nous la dire en face, la
vérité. C'est Greenpeace, c'est David Suzuki, c'est des scientifiques qui ont
perdu la voix à nous dire que c'est la fin du monde bientôt, que les espèces
disparaissent, que les cours d'eau sont pollués, qu'il y a... qu'il y a un
continent de plastique en plein milieu de la planète, que... Sans compter, là,
tous les maraîchers qui se retrouvent aux prises avec ou bien pas de pluie, ou
bien trop de pluie, ou bien avec des feux de forêt à n'en plus finir. Je veux
dire, c'est quand qu'on va regarder tous ces signaux, mais majeurs, que la
nature nous envoie? Des feux à des milliers de kilomètres, en Abitibi, ça
sentait la mort à Montréal l'été dernier, la mort, là. Ça sentait les animaux
cramés, c'est ça que ça sentait.
Comment est-ce qu'on peut franchement
défendre le fait de battre une telle motion? Comment? Comment on peut regarder
des enfants droit dans les yeux, là... Tous ceux qui sont avec leurs parents à
la maison, là, on va les regarder droit dans les yeux et puis on va leur dire :
Ne vous inquiétez pas, là, ne vous inquiétez pas, on va... on va juste
continuer ... produire plus, plus, plus, ne vous inquiétez pas, il n'y aura pas
de problème. Vraiment? Vraiment? Vraiment? Je ne sais pas, je ne sais pas, moi,
je... ça me dépasse. Ça fait que je vais, au nom de ma formation politique,
voter pour cette motion, et puis j'invite vraiment, là, mes collègues d'en
face, dans la banquette d'en face, de se dire : Non, ce n'est pas vrai que
nous allons parler de transition énergétique sans avoir invité la fondation Greenpeace,
ou David Suzuki, ou d'autres scientifiques. Ce n'est pas possible, ce n'est
juste pas possible. Pour l'amour non pas des futures générations qui ne sont
pas nées, mais celles qui sont bien nées aujourd'hui, là, comment allons-nous
les regarder dans les yeux, là? Merci, M. le <Président...
M. Bouazzi :
...comment
allons-nous les regarder dans les yeux, là? Merci, M. le >Président.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Merci, M. le député. Maintenant, nous sommes maintenant à passer la parole à M.
le député de Jacques-Cartier. Vous disposez d'un maximum de 30 minutes si
vous parlez au nom du chef.
M. Kelley : Je vais parler au
nom de notre chef.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Bienvenue à notre petit attaché politique aujourd'hui, je suis
content de te voir. C'est drôle parce qu'hier nous avons discuté qu'on est tous
ici pour avancer notre société, pour le bien-être de nos petits-enfants et pour
nos enfants. Alors, on a un enfant autour de la table, aujourd'hui, qui est
bien représenté dans nos discussions. Alors, encore, M. le Président,
rebienvenue, et merci de prendre le temps de m'écouter sur mon intervention.
Je vais juste comme commencer en dire
qu'on va appuyer la motion préliminaire de mon collègue de Jean-Talon. Je pense
que c'est une autre motion hyperimportante. Et, un autre côté de la médaille,
on a appris plusieurs... excusez-moi, dans les dernières couples de jours, on a
parlé beaucoup plus le côté économique, on peut dire, on a parlé, après ça,
beaucoup du côté de la planification du gouvernement. Alors, je pense que ça
tombe bien, aujourd'hui et hier soir, qu'on prend notre temps de regarder le
côté un petit peu plus environnemental et des gens qui représentent plus les
groupes qui sont des experts dans la lutte contre les changements climatiques.
Et on sait que, ça, c'est hyperimportant,
c'est un des objectifs de ce projet de loi, c'est de décarboniser notre
économie et d'avancer en direction de nos objectifs, quand même, nos cibles
puis tous les accords que nous avons signés dans les dernières années. Alors,
pourquoi pas ne pas entendre ces groupes qui sont nommés, le Collectif
scientifique sur les enjeux énergétiques du Québec, la coalition Toujours
maîtres chez nous, la Fondation David-Suzuki, Greenpeace et, quand même, le Syndicat
canadien de la fonction publique? Particulièrement le dernier, qui représente
des fonctionnaires de l'État du Québec. Je pense que ça, c'est un «no-brainer»,
M. le Président, parce qu'eux autres vont avoir une plus grande responsabilité
avec ce projet de loi, c'est sûr. Le ministère de l'Énergie va être hyperoccupé,
dans les prochaines années, pour bien bâtir un plan de gestion des ressources
intégrée, ça va prendre beaucoup de fonctionnaires, ils vont travailler pas mal
fort, en collaboration avec toutes les autres instances, des autres ministères,
Hydro-Québec, des communautés autochtones et des groupes environnementaux.
Alors, je pense que c'est important de réentendre eux autres aussi sur l'état
de ce projet de loi. Et, quand même, certains, oui, qui ont déposé une motion
n'ont pas nécessairement eu une chance de se présenter ici en commission pour
être questionnés par des élus, mais d'avoir des débats qui sont hyperimportants
pour ce projet de loi.
Et je pense, M. le Président, que c'est
toujours important de rappeler qu'on a des différents groupes qui nous suivent
avec nos travaux ici, en commission, puis, hier, je sais que Nature Québec a
gazouillé, fait un X, où ils ont tagué tous les membres... excusez-moi, pas
tous les membres, mais la ministre, moi-même, le député de Maurice-Richardet le député de Jean-Talon. Juste pour rappeler qu'eux autres,
avec des autres cosignataires, ont publié une lettre ouverte dans LaPresse
et gardent... peut-être, la ministre va démontrer de l'ouverture de réentendre
ces groupes, peut-être, à reprendre la parole.
C'est une chose que je veux noter, M. le
Président, qu'hier la ministre a pris l'occasion de répondre à certaines de nos
motions, de répondre à certaines de nos inquiétudes. C'est bien apprécié qu'il
y ait eu un dialogue sur nos motions préliminaires. Je veux juste remarquer,
c'est apprécié, bien, par nous. Je ne peux pas parler pour mes autres collègues
des autres partis politiques, mais, de notre côté, c'est bien apprécié. Et je
pense que c'est important, parce que je ne pense pas qu'eux autres vont avoir
la chance de venir puis répéter qu'est-ce qu'ils ont dit dans leur lettre
ouverte et peut-être tous... de mes collègues ont eu pas une chance de lire.
Et, quand même, je pense, c'est important
de revenir sur leurs arguments qui... dans cette lettre ouverte qui est trouvée
dans LaPresse, et le titre, c'est : Une
planification énergétique avant tout projet de loi : «Les
cosignataires souhaitent que le Québec prenne des décisions éclairées, tienne
compte à la fois des enjeux climatiques, énergétiques, environnementaux, de
santé et de <justice...
M. Kelley :
...enjeux
climatiques, énergétiques, environnementaux, de santé et de >justice.
• (11 h 50) •
«Le 6 juin dernier, Pierre
Fitzgibbon, alors ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie,
déposait le très attendu projet de loi n° 69 sur l'énergie. Sa successeure,
la»... Mme la ministre... «a repoussé les prochaines étapes du cheminement
du projet de loi n° 69 pour revoir les balises encadrant la tarification
d'électricité, suivant l'annonce des possibles tarifs douaniers par le nouveau
président américain.»
«En effet, le PGIRE est un outil stratégique
de planification à long terme visant à coordonner de façon optimale
l'approvisionnement, la production et la consommation d'énergie. Il est
nécessaire pour assurer une prévisibilité dans le secteur énergétique, par
exemple, pour mieux prévoir les investissements dans ces installations de
production et des composants des éoliennes. Lorsque cela est élaboré au cours
du processus de consultation large, un plan de gestion intégrée des ressources
énergétiques permet de dégager une vision collective claire de l'avenir et
d'augmenter l'adhésion à celle-ci. S'il est bien mené, il pourrait également
favoriser une transition énergétique cohérente et équitable, notamment grâce à
la modélisation de scénarios de sobriété énergétique dans tous les secteurs.
«L'absence de progrès entourant le PGIRE
est lourde de conséquences. Pendant qu'il tarde à mettre en place une
planification digne de ce nom, le gouvernement continue de mettre la charrue
avant les boeufs et de dilapider des ressources, de façon à improviser. Les
annonces se multipliant, on octroie des mégawatts à des projets controversés de
multinationales comme Northvolt ou Tree Energy Solutions alors que la
décarbonisation des entreprises existantes est négligée et que des emplois sont
menacés. On attribue des blocs d'énergie que nous ne produisons pas encore, à
des prix en dessous du coût de leur éventuelle production.
«On annonce les plus gros parcs éoliens
jamais construits au Québec, dans les régions du Saguenay—Lac-Saint-Jean, à
Saint-Honoré et dans la zone de — oh! excusez-moi — Camouchouane — je
veux juste dire ça bien, merci — du Bas-Saint-Laurent ou de la Côte-Nord,
sous forme de partenariats entre des communautés et Hydro-Québec, sans
encadrement clair et dans la place du privé. Si le PL n° 69 était adopté,
il permettrait d'augmenter continuellement les parts du privé dans le système
énergétique, sans pourtant que ce changement de paradigme ait été discuté
publiquement.
«Des choix de société.
«Les transformations du système énergétique
et les investissements devraient pourtant être guidés par l'ambition et la
cohérence. Les questions à aborder ne se limitent pas à la quantité d'énergie à
produire, puisque, pour déterminer nos besoins réels, il est aussi question de
choix de société qui auront des impacts à long terme sur notre quotidien... le
Québec de demain.
«C'est sur une vision partagée et bien
comprise que repose notre capacité à réussir une transition énergétique juste
et à assurer des tarifs d'électricité abordables pour l'ensemble de la
population. Nous devons collectivement nous entendre sur les conséquences que
nous pouvons accepter quant à nos choix énergétiques. Pour le moment, on avance
à tâtons, avec des initiatives éparpillées et improvisées, qui ne peuvent que
peser de façon plus marquée sur l'augmentation des tarifs d'électricité,
accentuer les impacts sur le territoire et favoriser les conflits sociaux. Il
s'ensuit que l'opposition s'enflamme autour du déficit démocratique que
représentent des nouveaux projets, peu transparents et qui ne s'appuient pas
sur une compréhension commune des défis qui se présentent à nous ni des balises
et des solutions à considérer.
«Avec un grand nombre des organisations,
nous réclamons depuis plus de cinq ans que»... excusez-moi... «de plus de deux
ans que le gouvernement mette en place une nouvelle politique énergétique
alignée sur la science et une planification permettant d'implanter un système
énergétique socialement juste, décarboné et respectueux des limites des
écosystèmes. Nous demandons que soient débattus largement et publiquement des
scénarios diversifiés intégrant des approches qui réduisent la consommation
collective d'énergie plutôt que de répondre aveuglément à une demande
industrielle croissante. Nous demandons que le processus soit indépendant et
transparent et qu'il laisse la place à une diversité de voix et des intérêts de
la <société...
M. Kelley :
...transparent
et qu'il laisse la place à une diversité de voix et des intérêts de la >société.
«Nous réitérons l'urgence de se doter d'un
PGIRE qui repose sur une vision publiquement débattue et largement partagée.
Sans cette planification, il est imprudent et impertinent d'aller de l'avant
avec des réformes législatives, y compris le projet de loi n° 69, qui
risquent de ne favoriser qu'une addition d'initiatives industrielles manquant
cruellement de cohérence et de transparence.»
Alors, ça, c'est la lettre ouverte qui a
été signée par plusieurs signataires des différents groupes, incluant plusieurs
groupes qui étaient listés dans les groupes que le député de Jean-Talon veut
entendre ici en commission. C'est des arguments fort intéressants. Moi, j'ai
des questions que je peux poser à ces groupes-là.
Mais encore, je pense, c'est juste
important, si eux autres n'ont pas nécessairement une chance de se présenter
ici en commission, qu'au minimum leur lettre ouverte ait été lue. C'est
maintenant dans les... ça va être dans les transcrits de nos débats à
l'Assemblée nationale, c'est partie des archives, et je pense que c'est un
minimum qu'on peut faire pour eux autres. Dans la situation, c'est notre rôle
comme une opposition, c'est d'essayer de porter des voix des gens qui ne sont
pas d'accord ou à des suggestions, des recommandations au gouvernement. Quand
même, si nous, comme une formation, on n'est pas nécessairement d'accord avec
chaque mot qui est écrit par les groupes, nous avons une fonction à exerciser,
comme une opposition officielle. Alors, je n'ai pas de crainte de faire
qu'est-ce que je viens de faire, M. le Président, et c'est de lire leur lettre
ouverte ici en commission.
Encore, on peut regarder, M. le Président,
vers leurs différents mémoires, ce qui a été déposé pour ce projet de loi, puis
eux autres ont beaucoup de différentes recommandations. La première chose que
la Fondation David-Suzuki revient, c'est sur une... prioriser la sobriété et
l'efficacité énergétiques. Je sais que mon collègue de Maurice-Richardet, quand même, mon collègue de Jean-Talon ont soulevé cette
question dans leurs interventions pendant les deux dernières journées, et c'est
clair que c'est une grosse solution dans notre «crunch» énergétique, c'est :
un mégawatt pas utilisé ou un kilowatt pas utilisé, c'est le meilleur type de
mégawatt qu'on veut chercher. C'est une façon de conserver notre électricité,
de réduire notre demande, c'est de ne pas consommer l'électricité.
On a vu certains programmes qui ont bien
fonctionné. On peut penser à RénoVert, qui était hyperpopulaire pour aider des
citoyens à remplacer leurs fenêtres, remplacer une porte désuète. Mettre des
systèmes intelligents était une solution qui était mise de l'avant par
Hydro-Québec. Mais, bref... On sait que oui, pour le côté résidentiel, M. le
Président, il y a des gros enjeux avec des bâtiments qui sont plus vieux, puis
il y a encore des maisons qui sont en besoin d'amour, puis ça prend énormément
d'énergie de faire des rénovations présentement. Je ne sais pas si mes
collègues autour de la table ont fait une rénovation récemment dans leur
maison, leur cuisine, j'en passe, et des fenêtres, sous-sol. On peut lister des
projets qui sont possibles, mais les prix qu'on a peut-être vus dans les années
2010 versus maintenant, c'est complètement différent.
Une chose qui a été répétée à plusieurs
reprises par les citoyens de mon comté, M. le Président, après la dernière
énorme tempête cet été, où on a eu des inondations majeures dans mon comté, et
aussi dans le comté de ma collègue de Robert-Baldwin, et, je pense, quand même,
de ma collègue de Bourassa-Sauvé, eh bien, pas mal tout le monde sur l'île de
Montréal et en certaines régions ont des citoyens qui étaient pas mal affectés
par ces tempêtes... mais, bref, ils ont reçu l'information de leur compagnie
d'assurance que, ah! il y a 20 000 $ ou 40 000 $ pour
réparer des dégâts, pour rénover le sous-sol. Peut-être, dans le passé, c'était
un montant assez pour faire un remplacement d'un sous-sol qui a été
complètement détruit par une inondation, mais ce n'est plus le cas maintenant.
Des entreprises d'assurance, des fois, chargent 10 000 $ juste pour
sécher un sous-sol.
• (12 heures) •
Est-ce qu'il y a eu des pratiques de
prendre avantage des clients? Possible. Ce n'est pas une question pour nous,
aujourd'hui, de trancher sur ça. Mais, bref, on sait, juste avec le prix du
bois, le prix, quand même, de béton, le prix pour tous les... pour tout que ça
prend de rénover un sous-sol, une cuisine, quoi que ce soit, ça a augmenté
énormément, et cette facture ou, excusez-moi, ce chèque qui a été envoyé à des
clients des compagnies d'assurance, ça ne couvre quand même, des fois, pas une
moitié de la facture pour tout... qui est nécessaire à faire pour rénover...
12 h (version révisée)
M. Kelley : ...ça couvre
quand même, des fois pas, une moitié de la facture pour tout ce qui est
nécessaire à faire pour rénover un sous-sol ou une cuisine. C'est juste quelque
chose que plein de gens de mon comté... ils m'ont exprimé leurs frustrations.
Mais bref, juste revenir sur la question,
changer vos fenêtres, être plus efficaces à la maison, ce n'est pas nécessairement...
c'est que c'est coûteux, là, ça coûte beaucoup. Et je sais qu'il y a des
programmes existants, mais est-ce qu'on peut faire plus? Est-ce qu'on peut
aider aussi... Je pense qu'à Montréal, au centre-ville, on a des anciennes
tours de condos ou, quand même, des duplex, des bâtiments, des appartements. On
sait qu'il n'y a pas énormément de... pas inspiration, ce n'est pas le bon mot,
mais il n'y a pas nécessairement beaucoup d'incitatifs pour eux autres de
rénover le trois et demi puis de rendre ça plus efficace. Parce que, des fois,
c'est le propriétaire... excusez-moi, le locataire qui paie la facture d'Hydro-Québec
ou c'est inclus dans le loyer puis, en tout cas, ils ne sont pas... ils ne
trouvent pas nécessairement les raisons pourquoi c'est nécessaire de faire un
changement des fenêtres, de mieux isoler le bâtiment au complet.
Et on voit que les conséquences, à l'hiver,
c'est que des gens utilisent beaucoup d'énergie pour essayer de chauffer leur
appartement dans les mois comme janvier et février, quand on a des grosses
tempêtes de neige et que tout le monde est pas mal coincé à la maison.
Alors, eux autres, c'est encore de... Leur
suggestion, c'est d'élaborer un budget de carbone pour atteindre la cible de
2030 et 2050. Et ils demandent de développer un plan visant l'efficacité
énergétique et de souveraineté énergétique dans tous les secteurs, incluant des
mesures incitatives pour adopter des technologies de réutilisation et d'optimisation
des ressources énergétiques, intégrer des mesures contraignantes pour renforcer
l'écofiscalité.
Et on peut parler en long à Mme la
ministre de l'écofiscalité, c'est certainement une des solutions qui peut aider
beaucoup de gens de prendre action. Je sais qu'Hydro-Québec a déjà des
programmes en place pour nos petites et moyennes entreprises, de se rendre plus
efficaces. Et on sait que, ça, c'est quelque chose qu'eux autres cherchent, c'est
de continuer de travailler avec Hydro-Québec pour baisser leur facture d'électricité.
On sait qu'eux autres fait une suggestion, qu'il faut assurer une cohérence
entre les politiques énergétiques, climatiques et environnementales.
C'est sûr que, ça, ça va être tout un défi
pour la ministre après que ce projet de loi est éventuellement adopté si on... M.
le Président. Puis après ça, toute la mise en œuvre de ce PGIRE va être très...
Ça va prendre beaucoup de travail. Et, comment ils vont bien coordonner tous les
différents acteurs autour de la même table pour livrer quelque chose qui fait l'affaire
du monde?
Encore, on en revient un petit peu à nos
discussions sur la planification, qu'on n'a pas un plan en avant. Et je reviens
sur la lettre ouverte qui était signée par les différents acteurs, c'est un
petit peu en ce sens-là. Encore, David... la Fondation David-Suzuki, c'est d'aligner
notre système énergétique avec le respect des droits autochtones. On a eu toute
une discussion hier. Et, encore, j'ai apprécié que la ministre a pris le temps
pour parler des discussions qu'elle a déjà eues avec des Premières Nations,
avec chef Picard, puis saluer le fait que M. Picard prend sa retraite
après une très, très longue carrière. Et, on veut aussi, de notre côté, saluer
le travail que M. Picard a fait depuis plusieurs années. Et on va avoir un
autre chef.
Mais peut-être qu'un jour, quand on arrive
avec des articles et on fait des amendements pour essayer de convaincre le
gouvernement de changer le projet de loi ou d'inclure les suggestions de l'association
des Premières Nations du Québec et Labrador, le ministre peut-être peut déposer
des notes des rencontres ou quand même expliquer un peu qu'est-ce qu'eux autres
ont dit. On va faire notre rôle aussi de continuer de parler avec l'association
des Premières Nations du Québec et Labrador sur ce projet de loi. Mais encore, peut-être,
comme je... On a déjà eu le vote hier, mais à notre suggestion d'entendre eux
autres en commission, c'était toujours une bonne idée. Mais bref, on va
continuer de lutter pour améliorer le projet de loi pour eux autres.
Si je regarde les commentaires, et je
pense que, ça, c'est important, c'est le Syndicat canadien de la fonction
publique... Ils ont cinq suggestions qu'ils ont mises de l'avant : «Que l'article 66
du projet de loi, faisant passer la limite de la capacité des centrales sous
contrôle d'une municipalité locale de 50 MW à 100 MW, soit abrogé;
«Deux, qu'une consultation publique sur le
PGIRE soit faite avant que le PL 69 ne soit adopté et que des moyens
précis et quantifiables soient... <afin...
M. Kelley :
...soit
faite avant que le PL 69 ne soit adopté et que des moyens précis et
quantifiables soient... >afin d'atteindre des objectifs de réduction des
GES pour la province de Québec;
«Que les articles du projet de loi 69
ajoutant des fonctions liées à la transition vers une économie durable dans la
mission du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie soient
abrogés afin d'éviter une politisation arbitraire des décisions économiques
dans le processus de transition;
«Que les grands ouvrages qui seront
nécessaires pour l'avenir énergétique du Québec soient lancés et menés par Hydro-Québec;
«Et finalement, que les articles 38 à
40 du PL 69 soient abrogés afin qu'Hydro-Québec conserve le droit exclusif
d'exploiter un réseau de distribution et que le gouvernement diminue le
pourcentage de production d'électricité... de production privée d'électricité
au Québec.»
Alors, je pense que, ça, c'est des
arguments très solides, M. le Président, et une bonne raison pourquoi on doit
entendre ces groupes, ici, en commission. Alors, je veux juste dire :
Merci beaucoup, M. le Président, pour votre écoute.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions d'autres
collègues? Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin, je vous laisse la parole pour
10 minutes.
Mme Garceau : Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, à mon tour d'appuyer la motion préliminaire de
notre collègue de Jean-Talon, qui demande à ce que la commission entende des
groupes suivants : le collectif scientifique sur les enjeux du Québec, la
coalition Toujours maîtres de chez nous, la Fondation David-Suzuki, Greenpeace,
le Syndicat canadien de la fonction publique. Et j'appuie cette motion, M. le
Président, parce que ces groupes sont très importants, très importants dans
toute cette grande discussion que nous allons avoir concernant le projet de loi 69,
parce qu'ils sont des experts dans le secteur, évidemment, de l'énergie, de
l'environnement, le développement durable et les changements climatiques.
Et je vais, M. le Président... je sais que
la Fondation David-Suzuki a déposé... il y a un mémoire, et aussi Greenpeace
n'avait pas déposé un mémoire, mais avait assisté à la consultation avec le
Front commun pour la transition énergétique. Mais je vais miser sur certains
arguments qu'ils ont fait valoir, liés particulièrement aux... à des
amendements qu'on devrait prévoir au projet de loi et qui touchent notre motion
préliminaire de réentendre l'APNQL, parce que c'est tout lié, évidemment,
cette... tous les enjeux concernant les droits des autochtones.
Et d'emblée, j'aimerais remercier la
ministre pour son intervention concernant notre motion préliminaire, de
réentendre l'APNQL et le chef, particulièrement le chef Picard. Je comprends et
j'apprécie cette confirmation qu'elle accorde une importance aux Premières
Nations, évidemment en lien avec ce projet de loi, tout l'aspect de la
coconstruction. Je comprends aussi qu'il y a un an il y a eu une consultation.
En automne 2023, il y avait eu cette première consultation, évidemment,
les audiences de consultations particulières avec l'association. Et la ministre
a mentionné que suite à ça, il y a eu quand même d'autres conversations, une...
des rencontres également.
Et, malgré le fait que la motion a été
rejetée, M. le Président, je comprends qu'il y a une série... vous allez me
corriger si j'ai tort, mais je crois que Mme la ministre avait parlé d'une
série d'amendements dans la classe des Premières Nations. Et, compte tenu qu'il
y a des amendements qui s'en viennent à ce sujet-là, est-ce que <ça...
Mme Garceau :
...compte
tenu qu'il y a des amendements qui s'en viennent à ce sujet-là, est-ce que >ça
veut dire que c'est des amendements qui reflètent certains amendements proposés
par l'APNQL? On ne le sait pas. Mais, s'il y a des amendements, M. le
Président, on aimerait les recevoir plus tôt que plus tard. Parce que c'est sûr
et certain que...
• (12 h 10) •
Puis il ne faut pas perdre de vue le rôle
fondamental et le dévouement inébranlable du chef Gilles... «Gilles»... du chef
Picard...
Une voix : ...
Mme Garceau : ...Ghislain,
exactement, Ghislain, durant les 23 dernières années. Et nous comprenons,
là, qu'il quitte ses fonctions le 25 février, et je n'ai aucun doute
que... S'il y a des amendements concernant l'implication, de quelque nature que
ce soit, que le gouvernement souhaite maintenant intégrer dans le... au
cadre... dans le cadre du projet de loi 69, j'ose croire qu'il aimerait
bien avoir connaissance de ces amendements-là. Je ne sais pas s'il y a eu une
discussion avec le chef Picard à cet endroit, s'il est au courant. Et donc je
crois que ce serait très, très important qu'on reçoive ces amendements.
De plus... Et je reviens à la motion
préliminaire de mon collègue. Parce que, si on regarde la Fondation
David-Suzuki et Greenpeace, ces deux organisations ont misé sur spécifiquement...
d'intégrer dans le projet de loi 69 des dispositions confirmant le rôle
important des Premières Nations, des peuples autochtones dans... et même dans
le PGIRE. Et j'aimerais, M. le Président, juste mentionner, dans le mémoire de David-Suzuki,
qu'ils le mentionnent dans «revoir les dispositions entourant le plan de
gestion intégrée des ressources énergétiques» pour inclure le respect, «respecter
le droit à l'autodétermination des peuples autochtones et promouvoir la justice
sociale». Ils mentionnent que ça devrait être intégré dans les dispositions
liées au PGIRE. Aussi, très important, «aligner notre système énergétique avec
le respect des droits des autochtones», c'est vraiment ça qui est souhaité par
l'APNQL.
Et là nous avons la fondation aussi qui
est en train de le confirmer, que c'est important de l'intégrer. La fondation
mentionne : «Réformer le projet de loi pour qu'il intègre pleinement les
communautés autochtones dans la planification énergétique provinciale et
municipale;
«Favoriser et faciliter la participation
des Premières Nations dans la gouvernance des projets d'énergie propre pour
qu'elles bénéficient des retombées économiques, soient employées dans les
projets et/ou en soient propriétaires en fonction de leur volonté, donc en
déployant des mécanismes de financement dédiés aux Premières Nations et
administrés en collaboration avec elles;
«Veiller à la représentation des Premières
Nations au sein de l'effectif d'Hydro-Québec.»
Et, ça aussi, c'était un point important.
Ils l'avaient mentionné lors des consultations préliminaires, que, ça, c'était
un minimum d'avoir une représentation au conseil d'administration d'Hydro-Québec.
«Partager des retombées et compenser les
dommages actuels et passés en ajoutant également des dispositions
spécifiques :
«Un article 16.2 à la Loi sur
Hydro-Québec, qui prévoit qu'Hydro-Québec doit adopter une politique de partage
de retombées économiques afin que les Premières Nations obtiennent une part
équitable de retombées de l'exploitation de leurs territoires;
«L'obligation du gouvernement du Québec de
discuter de bonne foi avec les corps dirigeants des Premières Nations de la
possibilité de devenir actionnaires d'Hydro-Québecdans la Loi sur le ministère
de l'Économie et de l'Innovation.»
Et, plus particulièrement en ce qui a
trait à la disposition 14.2, d'ajouter, M. le Président, et ça, c'est
fondamental, «les droits ancestraux ou issus de <traités...
Mme Garceau :
...d'ajouter,
M. le Président, et ça, c'est fondamental, «les droits ancestraux ou issus de >traités
tels que reconnus et affirmés par l'article 35 de la Loi constitutionnelle
de 1982, les droits établis par la Déclaration des Nations unies sur les droits
des peuples autochtones, y compris le droit à l'autodétermination et à
l'autonomie gouvernementale sur les territoires et ressources, le principe du
consentement préalable, libre et éclairé, avec des normes minimales pour
l'obtention de ce consentement déterminées par les Premières Nations et les
connaissances et pratiques durables des Premières Nations».
Et on voit également Greenpeace, M. le
Président, qui affirme également l'importance d'intégrer au projet de loi les
droits, l'implication des communautés autochtones, les Premières Nations. Et je
vais juste mentionner ici un des points importants de Greenpeace, qu'ils
avaient soulevés : «Pour la reconnaissance des droits et des peuples
autochtones, le respect du principe du consentement préalable, libre et
éclairé...
Le Président (M. Montigny) :
Merci, merci, je suis désolé.
Mme Garceau : Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Le temps est maintenant écoulé. Est-ce qu'il y a d'autres collègues? Oui.
Parfait. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, vous avez donc 10 minutes
maintenant.
Mme Cadet : Merci
beaucoup, M. le Président. Le temps passe trop vite quand on a l'occasion de
déployer un argumentaire aussi pertinent. Donc, je remercie ma collègue de Robert-Baldwin
pour son intervention.
Donc, à mon tour, M. le Président, donc
j'appuie la motion préliminaire du collègue de Jean-Talon visant à ce qu'à
l'occasion de nouvelles consultations particulières, dès que possible, que nous
puissions entendre le Collectif scientifique sur les enjeux énergétiques du
Québec, la coalition Toujours maîtres chez nous, la Fondation David-Suzuki,
Greenpeace et le Syndicat canadien de la fonction publique.
Vous venez d'entendre ma collègue faire un
plaidoyer, donc, assez passionné sur certaines des recommandations qui nous ont
été émises qui viennent rejoindre, donc, la motion que nous avions déposée pour
entendre l'assemblée des Premières Nations, Québec-Labrador. Et je pense que ça
démontre, donc, toute la pertinence du point que nous souhaitions amener hier
sur... bien, en fait, donc, la pleine reconnaissance des droits des peuples
autochtones et leur implication dans... pleine et entière dans ce projet de
loi.
Je remercie à mon tour la ministre pour
son intervention hier sur le dépôt de cette motion. Ceci dit, à la fin, donc,
nous avions posé une question, à savoir, donc, est-ce qu'elle est en
communication constante avec ces... avec l'APNQL, et nous n'avons pas... nous
avons compris qu'il y a eu des échanges, mais pas nécessairement une réponse
très directe à la question qui a tant été posée par le collègue de Jean-Talon
que par moi-même.
Dans les groupes, donc, qui nous arrivent...
un autre point, M. le Président, m'apparaît essentiel et il fait aussi un lien
avec une autre des motions préliminaires que nous avions... en fait, non pas
que nous avions déposée, en fait, que le collègue de Jean-Talon avait déposée,
mais qui reprenait notre demande de consultation nationale, ce qu'on constate,
c'est que bien de ces groupes-là viennent nous dire : Le PGIRE, bien, ce
serait important de pouvoir l'adopter, l'élaborer avant l'adoption ou la
sanction du projet de loi n° 69, et que ce soit fait à travers un débat
public, un débat transparent, un débat qui interpelle l'ensemble des acteurs de
la société civile. Tiens, tiens, M. le Président, moi, je pense que ça me
rappelle une certaine demande de consultation nationale... que nous avons
réalisée, maintenant on connaît la date par cœur, le 16 janvier 2023, donc
il y a plus de deux ans.
• (12 h 20) •
Je vais revenir sur ces points-là, parce
qu'ils ont notamment été nommés, mais je veux aussi vous amener, donc, sur le
point de la main-d'oeuvre. Vous le savez, M. le Président, moi, je suis
porte-parole de l'opposition officielle en matière d'emploi. Et, parmi les
groupes que nous avons eu l'occasion d'entendre et de voir... donc, quelles
seraient, donc, les implications sur l'emploi, donc, du projet de loi 69,
ils ont été, disons, donc, soit absents ou quasiment absents de ce débat lors
de la première... la tenue des premières consultations particulières.
Donc, vous comprendrez que, pour nous,
comme législateurs, pour être en mesure de réaliser notre travail avec
efficacité et de bien entendre l'ensemble des groupes, des préoccupations qui
sont au cœur des acteurs de la société civile, donc qui <ont...
Mme Cadet :
...qui
sont au cœur des acteurs de la société civile, donc qui >ont cette expertise
et qui ont cet intérêt à, donc... à, bon, cette réforme énergétique que nous
entamons, bien, ça me semble assez essentiel, comme le demande le député de Jean-Talon,
ici... pour laquelle nous appuyons la motion de véritablement, donc, avoir,
donc, une portée, une vision entière sur ces points de vue.
On nous demande d'entendre le Syndicat
canadien de la fonction publique, je suis persuadée, M. le Président, que ce
groupe aurait énormément de choses à dire aux législateurs et, ce faisant, à la
population québécoise, afin de bien saisir, donc, les implications en matière
d'emploi, d'employabilité que peut représenter cette transition.
Mais on a aussi, M. le Président, le... la
Fondation David-Suzuki qui prend le temps, dans son mémoire, de nous dire
que... bon, en fait, donc, ils nous... Je suis interpelée par le fait qu'on
nous demande de, donc, revoir le projet de loi et de l'analyser, donc, sur,
donc, une lentille équité, donc, afin de rendre notre système énergétique plus
juste et équitable... mais surtout nous parler de leur proposition d'ajouter
des dispositions qui prévoient la planification d'une transition juste pour les
travailleurs et travailleuses qui oeuvrent dans des secteurs qui seraient
appelés à avoir une portée moins importante dans notre économie, donc à travers
cette transition énergétique, qui aurait pour objectif de nous mener vers la
carboneutralité ou, donc, soit, donc... des industries amenées, bon, à plus
long terme, à disparaître, mais surtout à se transformer dans l'immédiat.
Et, comme porte-parole en matière
d'emploi, c'est un aspect, donc, qu'on a peu abordé d'ici là. Parce qu'on le
sait, le secteur énergétique est un... bon, est d'abord... est un secteur
d'emploi... de création d'emplois plutôt, excusez-moi, M. le Président, et, si
l'on veut mener cette transition sans omettre une part importante de ce que ça
peut représenter directement sur les individus, au-delà des aspects de la
tarification que nous avons évoqués, au-delà de l'aspect, donc, plus général de
la carboneutralité et donc du plaidoyer à faire sur le plan climatique, et je
le ferai aussi, si j'ai le temps... il y aura, donc, des transformations en
matière d'emploi.
Et la Fondation David-Suzuki nous donne,
donc, quelques suggestions, donc, quelques exemples comme la mise en place de
programmes de reconversion professionnelle, afin d'intégrer ces travailleurs,
donc, qui oeuvrent, donc, dans ces industries en décroissance, à les intégrer à
l'économie décarbonée de demain, et le déploiement d'activités de formation et
de perfectionnement supplémentaires pour répondre aux besoins d'une
main-d'œuvre travaillant dans une économie décarbonée et résiliente face au
dérèglement du climat.
Vous aurez compris, M. le Président, que
je suis fortement interpelée par ces éléments que nous retrouvons dans le
mémoire de la Fondation David-Suzuki et qu'une... que le fait que de tenir des
consultations particulières supplémentaires afin de les entendre et afin
d'entendre le Syndicat canadien de la fonction publique, et peut-être même,
donc, les autres... Peut-être même que les autres membres, donc, qui se
retrouvent dans... nommés dans cette mesure préliminaire, pourraient aussi
aborder la question de l'employabilité durable et de la transition qui serait
nécessaire.
On le sait déjà qu'en matière de
développement des compétences de la main-d'oeuvre, il y a beaucoup de travail à
faire au Québec, quand on pense à la transition numérique, quand on pense que
plus de 50 % des emplois de l'avenir demanderont que les employeurs,
donc... que les salariés, plutôt, que les travailleurs soient qualifiés ou très
qualifiés. Donc, on sait que notre économie va subir différentes
transformations. C'est aussi ce que nous faisons à travers ce projet de loi ci
au niveau de cette transition énergétique.
Et, lorsqu'on parle de ces
transformations, bien, nous ne pouvons omettre le fait que la transformation
énergétique, la transition énergétique nous mènera aussi à développer autrement
les compétences de ces travailleurs et à veiller à ce que le développement des
compétences de la main-d'œuvre, donc, puisse comprendre cette transition-là.
Je ne pense pas que ces réflexions-là
puissent se faire en silo. Et je crois que la commission n'a pas été assez
outillée, lors de sa première ronde de consultations, sur ces éléments-là, pour
nous permettre de bien soupeser ces points et de bien les prendre en
considération lors de l'étude détaillée du projet de loi. Et j'ai... Donc, vous
comprendrez que c'est l'un des motifs qui nous amène à appuyer... Moi, <personnellement...
Mme Cadet :
...Donc,
vous comprendrez que c'est l'un des motifs qui nous amène à appuyer... Moi, >personnellement,
là, mes collègues, donc, ont parlé, donc, sur les autres motifs, mais, moi,
personnellement, moi, je suis particulièrement interpelée par cet élément-là.
L'autre point, bien, je vous le disais,
donc la question du PGIRE revient assez souvent. Toujours la Fondation David-Suzuki,
elle nous dit, bien, qu'il faut assurer une cohérence entre les politiques
énergétiques, climatiques et environnementales. Donc, déjà, donc, ils disent
d'enchâsser la cible de carboneutralité dans la Loi sur la qualité de
l'environnement. Ils nous demandent, donc, de réviser le projet de loi pour y
faire explicitement... faire explicitement référence aux objectifs climatiques
et environnementaux auxquels le Québec s'est engagé. Mais ils veulent que l'on
revoie les suppositions entourant le PGIRE pour assurer son alignement avec les
plans gouvernementaux existants et futurs, tels que le Plan pour une économie
verte 2030, le futur plan nature et la Politique nationale de
l'architecture et de l'aménagement du territoire.
Donc, vous comprendrez qu'on nous amène à
avoir une réflexion intégrée, M. le Président, et cohérente entre les
différentes mesures qui sont amenées par la partie gouvernementale, afin,
encore une fois, donc, de ne pas travailler en silo et surtout, surtout, de
tenir un débat public et transparent. Donc, je comprends que les groupes qui
sont nommés ici nous permettraient de bonifier nos interventions. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, merci. Très bien. Maintenant, est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...brièvement,
M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
...Merci.
Mme Fréchette : Merci.
Bien, d'une part, je suis très contente qu'on ait eu l'occasion d'accueillir un
jeune stagiaire ce matin. Je le salue, ça me fait plaisir, d'autant que j'ai
côtoyé sa maman il y a quelques années. Les dernières fois que je l'avais vue,
elle était enceinte. Alors, merci, vraiment, de l'avoir amené des nôtres.
Alors, bien, j'aimerais juste rappeler, en
fait, que, justement, le projet de loi 69 existe pour nous assurer de nous
engager plus avant dans la transition énergétique, plus avant dans les énergies
renouvelables, au bénéfice certes des Québécois actuels, mais des générations
futures également. Donc, c'est l'essence même, je vous dirais, du projet de loi 69.
Et d'ailleurs la signature de l'entente
avec Terre-Neuve, il y a quelques semaines de ça, est vraiment un pas dans...
un grand pas dans la bonne direction, un fait historique, parce que ça va nous
sécuriser des milliers de mégawatts à très bon prix, à prix très compétitifs,
des mégawatts d'énergie renouvelable. Alors, c'est pour les futures générations
que l'on a fait ça. Ça va nous inscrire, nous positionner avantageusement pour
les 50 prochaines années. Donc, en matière de sécurité énergétique, c'est
un élément central. Et quand on fait ça, c'est parce qu'on agit pour les
futures générations.
Donc, bon, personnellement, plutôt que de
répéter une étape déjà faite dans le cadre de nos travaux, j'aurais espéré
qu'on entame déjà l'étude article par article, mais, bon, je constate que les
partis d'opposition préfèrent multiplier les motions pour refaire une étape que
l'on a faite. C'est leur choix. Mais je pense qu'on aurait été plus efficaces à
traiter des articles, de chacun des articles de ce projet de loi 69. Donc,
j'invite les oppositions à nous y investir, parce que c'est ce qui va nous
faire avancer.
Il y aura toujours des groupes
additionnels que l'on pourrait choisir d'inviter. Il y a eu une période pour le
dépôt des mémoires. Il y a eu une période de consultation de ces mémoires,
également des audiences, et chaque mémoire qui a été déposé a été pris en
considération, comme je l'ai indiqué déjà hier. Donc, c'est une démarche qui a
été réalisée déjà.
Maintenant, il y aura une consultation
aussi dans le cadre de la préparation du plan de gestion intégrée des
ressources énergétiques, dont de nombreux acteurs pourront à nouveau se
prononcer. Alors, ce sera une occasion de refaire une grande tournée, je vous
dirais, de consultation auprès de plusieurs groupes. Alors, au-delà des
70 mémoires que l'on a reçus, il y aura des intervenants aussi qui
pourront se prononcer dans le cadre de cet exercice d'importance.
Alors, voilà, je voulais simplement
inviter les... l'ensemble des collègues à entamer l'étude article par article.
Je pense qu'on a beaucoup de matière sur la table et c'est important qu'on y
accorde tout le temps requis si on veut faire du Québec un Québec plus fier,
plus vert et plus prospère. Merci.
• (12 h 30) •
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la ministre. Très bien. Maintenant, nous sommes à la mise aux
voix de cette motion préliminaire par...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Nous allons procéder par appel nominal tel que demandé. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Oui, contre.
Des voix : ...
La Secrétaire
: Monsieur...
Le Président (M. Montigny) :
...une petite précision, si vous le permettez...
12 h 30 (version révisée)
Mme Fréchette : ...oui. Contre.
La Secrétaire : Monsieur...
Le Président (M. Montigny) : Tout
simplement une petite précision, si vous permettez. Comme M. Paradis n'a pas
droit de vote, bien, normalement on aurait commencé par le... celui qui
présente la motion. Dans ce cas-ci, c'est Mme la ministre qui vote en premier.
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) : Ça
me fait plaisir.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire : M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : ...préliminaire
donc rejetée. Est-ce qu'à ce stade-ci il y a quelqu'un d'autre qui souhaite...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
...oui, présenter une motion préliminaire, je suppose?
M. Kelley : ...Président, on
a une autre motion préliminaire à déposer. Est-ce qu'on peut suspendre les
travaux pour permettre...
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons donc suspendre les travaux quelques instants. Merci!
(Suspension de la séance à 12 h 31)
(Reprise à 12 h 37)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, rebonjour. Nous sommes de retour. Nous sommes toujours dans la
période de nos travaux sur les motions préliminaires. Nous avons une nouvelle
motion préliminaire. Elle est affichée à l'écran. M. le député, je vous laisse
la parole pour présenter votre motion.
M. Kelley
: Merci
beaucoup, M. le Président.
«Conformément à l'article 244 du
Règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin que la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles tienne,
dans le cadre de l'étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant des diverses
dispositions législatives, des consultations particulières et qu'à cette fin,
elle entende la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.»
• (12 h 40) •
La raison pour quoi, M. le Président, je
reviens sur notre argument de base... et nous, on répète un peu juste qu'est-ce
que la ministre a dit en décembre, M. le Président, que l'arrivée de Donald
Trump a changé tout, et notre économie est en train de changer, il y a beaucoup
d'instabilité présentement partout sur la planète, mais particulièrement dans
nos relations avec les Américains. Puis nous avons eu, c'est sûr, des moments
très, très stressants pour nos entreprises avec la menace d'un tarif de
25 % mur à mur, mais encore, on sait que c'est toujours une possibilité. Puis,
je pense, c'est important aussi d'entendre eux autres sur certaines des
déclarations qui étaient faites par le premier ministre du Québec concernant
peut-être un tarif sur les exports, parce que c'est sûr que ça, ça va toucher
des grosses alumineries puis des producteurs d'acier au Québec, mais quand
même, on sait que beaucoup de nos petites et moyennes entreprises sont des
fournisseurs pour les grosses entrepreneurs... entreprises aussi. Les
écosystèmes qui sont créés par ces gros joueurs économiques de notre économie
sont hyperimportants, mais je pense que c'est aussi important de parler un
petit peu avec eux autres sur comment ils voient le rôle que peut-être les
tarifs d'électricité peut jouer dans leur compétitivité, si jamais on n'est pas
capables de s'entendre avec les États-Unis dans le court terme ou dans le long
terme. Je pense, c'est important de revoir ça.
Et je sais que dans leur mémoire ils
présentent des différents arguments. Ils ont quand même certains éléments
concernant l'interfinancement que je trouve sont des arguments
hyperintéressants à examiner : comment eux autres voient l'impact des
tarifs sur <eux...
M. Kelley :
...comment
eux autres voient l'impact des tarifs sur >eux autres, des suggestions,
comment on peut améliorer les choses, c'est tout dedans. Puis je vais réviser
leur mémoire, M. le Président, tantôt. Mais encore, je reviens juste à cette
question-là, que depuis quand même juste cette semaine, beaucoup des choses a
changé, et quand le premier ministre a aussi lancé cette idée qu'il est prêt à
faire des concessions dans le secteur aéronautique, dans le secteur de l'industrie
forestière, puis avec nos alumineries. Et peut-être, dans la tête, le premier
ministre, il y a des autres secteurs qu'il est prêt à peut-être faire des
concessions... bien, peut-être encore, et ça, ça va avoir un impact aussi sur
nos petites et moyennes entreprises partout sur le territoire du Québec, qui
sont liées à ces industries-là.
Alors, je pense, c'est hyperimportant,
dans tous ces contextes, d'avoir une occasion d'entendre eux autres exprimer
sur cette idée que le premier ministre a présentée parce que cette industrie
est hyperimportante... excuse-moi, ces secteurs sont... sont hyperimportants
pour nos petites et moyennes entreprises. Et je pense que c'est aussi... Quand
j'ai entendu M. Simard hier puis aussi mardi soir, il a... il a dit que c'est
toujours important de juste rappeler qu'avec les marchés américains on demeure
très, très intégrés avec eux autres, et, oui, diversification des marchés,
toujours une possibilité. Et, je pense, ça, c'est un exemple qu'on peut
utiliser «at large», ce n'est pas juste pour l'industrie de l'aluminium, mais
aussi pour plein des autres biens et certains services qu'on exporte à des
autres juridictions sur la planète. Diversification, il n'y a aucune personne
qui est contre, mais le marché américain demeure un marché que tout le monde
veut l'avoir, l'accès, parce que c'est un marché hyperriche, ils ont environ
350 millions d'Américains. On sait que c'est un marché qu'on a toujours...
je ne pense pas... je ne sais pas si le mot mot «profité», c'est le bon mot, mais
c'est des... un marché qu'on a toujours travaillé avec, que beaucoup de nos
industries ont trouvé beaucoup de succès avec. On on a des liens qui datent des
décennies. Alors, je pense qu'il y a plein de monde sur les deux côtés de la
frontière qui veut continuer ce travail-là.
Mais, je pense, c'est important, M. le
Président, de juste rappeler... Et je veux utiliser un exemple encore sur
les... juste le tarif en général, mais aussi comment les Américains voient des
choses. Parce que je sais qu'on veut présenter l'argument que les Américains n'a
aucun autre choix. Et, une partie, c'est vrai. Mais, si on tourne vers les
autres marchés et si on réduit nos activités avec les Américains, quelqu'un va
nous remplacer. Et je pense que ce n'est pas nécessairement qu'est-ce que tout
le monde préfère. Il veut continuer à vendre aux Américains. Et je sais que... c'est
quoi. Le premier ministre a quand même dit, et tout le monde ici est d'accord,
de préférence, c'est éviter des tarifs, point. Mais malheureusement, ce n'est
pas vraiment dans nos mains, qu'est-ce que le président des États-Unis va
décider demain, demain matin, demain après-midi, demain soir ou le matin après.
Ça change rapidement avec lui. Oui, je ne peux pas imaginer comment c'est
facile, pour les négociateurs canadiens ou des autres pays, à gérer des
relations avec la Maison-Blanche présentement.
Mais, dans le New York Times, il
explique que :
«Is it made of metal? It
could get more expensive under Trump's latest tariffs. Duties of 25% on steel
and aluminium will flow through to car buyers, beer drinkers, home builders,
oil drillers and other users of metal goods. America has seen this movie before.
President Trump, who imposed stiff tariffs on Monday on imported steel and
aluminium, did so once before in 2018, so domestic industries have a pretty
good idea how the story ends.
«Manufacturers of trucks,
appliances and construction equipment scramble to find US sources of metal
inputs, keeping steel and aluminium producers busier than they ever were
before. Companies that need specific alloys that aren't made domestically are
forced to pay more. Prices rise, making end-products more expansive. But there
may be a plot twist along the way. Will Mr. Trump cut deals with some countries — on espère que ça, ça va arriver
pour le Canada — allowing
large shipments in without the new duties? Will he set up a process to give
companies a reprieve if they can demonstrate the hardship? On Monday, a White
House official said there would be no exclusions. All of those could affect the
outcome, which is why steel users are proceeding with caution before the metal
tariffs take effect, on March 12th.
«Angela Holt, who runs a
precision machining company, and head the board of the Indiana Manufacturers
Association, says: "The potential impact on businesses are complex. <It...
M. Kelley :
...says: "The potential
impact on businesses are complex. >It could not
affect... It could affect not only the cost, but the availability, depending on
their situation", said… Ms. Holt said. "It's highly varied. Even
among industries, I think it's going to depend on an individual basis, where
there are... where they source their materials, what the competition looks
like."
«Lessons learned last
time? Although the American steel and aluminum industries are far weaker than
they were in their heyday in the 1970s, US companies import only about
20 %... 26 % of the steel they use, according to the International
Trade Administration, and that number has been falling, at the same time, end-users
seeking alternatives to foreign suppliers may have options. US iron steel
producers are operating at only about 70% capacity. The first Trump
administration aimed to get that to 80% and did so briefly, but underpriced
Chinese exports have taken a toll on domestic producers in recent years,
forcing older, less efficient mills to close and leaving others with fewer
orders than they can handle.
«Also, primary metal
tariffs don't appear to be completely passed on to consumers. According to a
2020 study by economists at Columbia University, Princeton University and the
Federal Reserve Bank of New York, foreign exports absorbed about half of the
2018 steel tariffs, dropping their prices to… access to the US market. Still,
that doesn't mean prices won't increase. In 2023, the US International Trade
Commission found that those tariffs increased steel and aluminum prices on
average by 2.4% and 1.6%. Perhaps accordingly, the stocks of US metal
processors like Nucor, Steel Dynamics and Cleveland-Cliffs rose on Monday in
anticipation of Trump's tariffs and tariff announcement.
«"I think the big
takeaway is that there are a lot of downstream industries that were impacted",
said Alex Durante, a senior economist at the Tax Foundation who has written
about the economic impacts of tariffs. "The main effects outweigh whatever
positive effect to steel and aluminum producers, the smelters and refineries."
«There are also reasons
to think that the impact might be worse for metal users this time. US
manufacturing is in a state... in a delicate state, muffled by high interest
rates and a strong dollar that makes exports less competitive, unemployment
remains low, and as the Trump administration cracks down on immigration, labor
may get more expensive. Steel and aluminum prices spiked during the COVID-19 pandemic and haven't fallen to
their previous levels. That's why additional tariffs could have a greater
impact, especially if they end up stacked upon across-the-board tariffs on
Canadian imports, which Mr. Trump has said could take effect on March 1st.
«"It contributes to
a number of things that are already putting stress on a tight macroeconomic
situation", said Chad Brown, a senior fellow at the Peterson Institute for
International Economics. Cans, houses and cars: for an idea of which industries
could be affected by new tariffs, it's helpful to look at how important steel
and aluminum are to their production. As part of it, the report on the impact
of the 2018 Trump tariffs. The International Trade Commission ranked industries
by their dependence on the two metals. A type of business that uses the
steel... the most steel is motor vehicle, metal stamping, 58 %, with other
components of auto manufacturing also using quite a bit.
«While much of the steel
that US... that auto manufacturers use is produced in the United States, those
companies and their suppliers also depend on specialized alloys that are only
available from overseas producers. Virtually all automakers will be affected,
including Tesla, which in 2023 petitioned for an exemption to tariffs. The
company told officials it needed steel available only from abroad, reportedly
for the Cybertruck, which has a stainless-steel body. Tesla stock price dropped
3 % on Monday.
And in quotations here :
«"Many automakers are already struggling to remain profitable in the face
of increased competition from Chinese automakers and the cost of developing
electric models. Tariffs on goods from Mexico and Canada could damage the
credit worthiness of some manufacturers, particularly Nissan and Stellantis and
Fitch Ratings and grades company finances. Next up for… on steel? Buildings, commercial
construction and large apartment buildings require a lot of rebar, a steel
reinforcement in concrete, which could add quite a bit to the bill for
developers."
Carl Harris, the chairman
of the National Association of Home Builders, noted on Monday that Mr. Trump
said he wanted to make housing more affordable. "His move to impose
25 % tariff on all steel and aluminum products into the US… runs totally
counter his goal by raising home-building costs, deterring new development and
frustrating effort to rebuild in the wake of natural disasters." Mr.
Harris said in a statement : "Ultimately, consumers will pay for
these tariffs in the form of higher home prices."
«One sector that uses no
steel, but a lot of aluminum, is brewing and soft drink bottling. In 2018, when
aluminum tariffs were set at 10 %, they added half a billion dollars to
production costs, according to the American Beverage Association.
• (12 h 50) •
«Planes and bridges? The
impact on the industry is unclear. Higher aluminum prices could affect Boeing,
for example. The company is already behind schedule on jet deliveries after a
quality crisis and extended workers strike last year, and recent security
filings that said tariffs, particularly on aluminum and titanium, could mean
the company would be unable to deliver one or more <products...
17951
M. Kelley :...would be unable to deliver
one or more >products in a timely fashion or at
budgeted cost. But, when Mr. Trump imposed similar restrictions on aluminum and
steel in 2018, Boeing and his top supplier, Spirit AeroSystems, said the
effects were limited. Boeing's chief executive at the time, Dennis Muilenburg,
said that, at an investors' conference, the company sourced about 90% of its
aluminum within the United States, adding that Boeing was not significantly
exposed. The company and suppliers also used... the long-term contracts, to
securely source and stabilize the price of raw materials.
«Another big user of
metal is the federal Government through construction and repair of railroads,
bridges, submarines and aircraft carriers. Most of those already required to
use domestically produced steel and aluminum, but tariffs could push those
prices up too. Tariffs could also feed into the price of energy. Both fossil
fuel and... pipelines for oil and gas are made of aluminum and steel. As for
racks for solar rays and towers for wind turbines and building new transmission
lines, which is necessary for both types of energy, they could get more
expensive. Energy companies could sidestep these tariffs by buying those
finished goods from overseas, but that would undermine the goal of the Biden
administration subsidies for renewal of energy development that use
domestically produced parts of equipment, which had fueled a small boom in US
factory construction.»
Alors, ça, c'est
un article qui était écrit par Jack Ewing de le New York Times. Une
bonne démonstration que, quand même, sur l'autre côté de la frontière... que
c'est bien complexe. Mais, en même temps, eux autres, des Américains, ont
besoin l'acier puis l'aluminium, alors, de mettre des tarifs sur les
exportations, pas nécessairement la meilleure idée. Et, si on fait ça dans une
réplique à les tarifs des États-Unis, quel sera l'impact plus grand pour
l'économie du Québec et pour nos... nos petites et moyennes entreprises? Parce
que, comme on a dit, et ça, c'est une citation que je veux prendre de cet
article, M. le Président, c'est que c'était... «it was
down-the-line companies that… were impacted the most». Puis on sait que
dans une guerre commerciale, des plus grandes entreprises, de temps en temps ou
quand même... et je parle plus sur le côté américain, eux autres sont capables
d'absorber des changements, ils vont trouver des autres marchés. Mais c'est
souvent les petites fournisseuses qui sont impactées parce que le prix
augmente.
Je pense, le «case» qui est le plus
fameux, c'est la guerre du poulet entre Allemagne puis les États-Unis, où les
Américains ont imposé des tarifs à les douanes sur les poulets qui venaient
d'Allemagne. Parce que les... la production de volaille américaine n'était pas
contente avec la présence de ces... des poulets d'Allemagne dans leur marché,
ils ont mis des tarifs. Le prix des poulets a augmenté partout aux États-Unis.
Finalement, ils ont trouvé les autres marchés. En bout de la ligne, ça a fait
vraiment mal à plusieurs différents abattoirs aux États-Unis parce qu'il y a eu
une réduction des nombres de volailles puis des produits de poulet qui a passé
dans leurs... leurs portes. Mais c'était un bon exemple aussi de comment, M. le
Président, que, des fois, les tarifs ont un impact, pas juste sur les grands,
mais aussi sur les petits joueurs qui sont des fournisseurs très, très
importants.
Je reviens, M. le Président, maintenant à
le mémoire de la FCEI. Et je sais qu'il y a certaines choses ici, dans ce
mémoire, qui parlent des éléments positifs qu'on peut continuer de faire. Et je
répète toujours la volonté de nos PME de continuer de réduire leur consommation
d'énergie puis d'avoir les «incentives» puis des programmes qui sont flexibles,
faciles à utiliser. Et, quand même, ils sont pas mal complémentaires, dans leur
mémoire, que les nouveaux programmes avec Hydro-Québec, ça marche bien.
Selon la FCEI, «il est...» Et je parle en
lien avec l'efficacité énergétique, M. le Président. Selon la FCEI, «il est
possible d'aller encore plus loin en priorisant les programmes d'économie
d'énergie tant pour aider les PME que pour aider les citoyens comme le
souhaiteraient les propriétaires d'entreprises. La clé de voûte se retrouve
aussi dans la communication de ces programmes. Si on souhaite que les
consommateurs l'utilisent, ils doivent d'abord être au courant de leur
existence».
Alors, encore, la FCEI veut travailler
avec Hydro-Québec sur certains programmes existants. Et, comme je dis, les
chiffres sont pas mal impressionnants, c'est 70 %, que... dit que «le
gouvernement du Québec devrait prioriser des programmes d'économie d'énergie
pour aider des PME à composer avec les hausses de tarifs. Le gouvernement du
Québec devrait prioriser les programmes d'économie d'énergie pour aider les
citoyens à composer avec les hausses de tarifs». Et, ça, c'est un élément que
je trouve est hyperimportant, que dans la situation actuelle... Puis on sait
que d'économiser l'énergie, des <fois...
M. Kelley :
...actuelle...
Puis on sait que d'économiser l'énergie, des >fois, on peut, par le
meilleur insolation... de l'isolation, on peut parler, M. le Président...
revient sur mon sujet préféré... l'autoproduction puis aider les entreprises à
acheter les panneaux solaires, qui peut aider une entreprise à charger leurs
camions de transport au milieu de la journée, quand ce n'est pas utilisé ou
quand même pendant la soirée. Avec un système de stockage à côté, on peut faire
la recharge des batteries ou quand même conserver l'énergie pour l'entreprise
au milieu de la nuit. C'est quoi... J'ai... J'aime cette idée bien, d'avoir
l'autoproduction sur des panneaux solaires sur un toit. Ça ne peut pas marcher
365 jours par année, M. le Président, je le sais, aujourd'hui, il n'y a
pas beaucoup de soleil dehors, mais, avec un système de batteries, peut-être on
peut conserver l'énergie, quand même utiliser le réseau d'Hydro-Québec pour
charger la batterie d'une maison. Puis tu as une source, une réserve d'énergie,
si jamais il y a malheureusement une panne à cause d'une tempête. Alors, ça
peut rendre les consommateurs d'Hydro-Québec plus sécures et autonomes, M. le
Président.
Je sais que la fédération, la FCEI, parle
un peu sur l'impact de l'interfinancement... et je cherche, M. le Président,
l'interfinancement ici, et qui est assez dur... et on a entendu ça, la même chose.
Peut-être la FCEI puis les grands industriels ne sont pas d'accord sur
certaines questions de tarif, mais sur l'interfinancement, ils semblent prêts à
discuter ça. Et le concept d'interfinancement n'est pas nouveau. Puis, en 2023
seulement, les PME du Québec ont versé 4,4 milliards de dollars à
Hydro-Québec. Puis il dit : Peut-être on peut regarder ça ici. Ils ont des
propositions intéressantes sur... à cet effet-là.
Et je pense qu'une chose qui est
intéressante... et la FCEI a... le départ, a toujours... Et ils ont un petit
historique dans leur mémoire, M. le Président, sur l'historique des dernières
années des différents projets de loi. Puis la FCEI a rappelé à tout le monde
qu'ils s'inquiètent avec le projet de loi n° 34. Ils ont vraiment «à
s'inquiéter fortement des retombées négatives de la réduction... significative,
excusez-moi, de la rôle de l'énergie de... la rôle de la Régie de l'énergie et
la fréquence de ses interventions dans la processus de fixation des tarifs. La
modification qui a été introduite par le projet de loi 34... que la régie
n'examinerait et ne fixerait les tarifs d'Hydro-Québec qu'une fois tous les
cinq ans et les tarifs seraient indexés sur l'inflation entre-temps». Je sais
que la FCEI a toujours lutté que, d'avoir la Régie de l'énergie, ça demeure
toujours une instance indépendante, mais capable d'être l'instance pour les
tarifs était intéressant pour eux autres. Parce qu'ils ont trouvé, c'était un
plan, si on était capables d'aller, M. le Président, et débattre devant eux. S'ils
n'étaient pas d'accord avec les tarifs, c'était une place qu'il peut avoir au
minimum un moment de présenter leurs arguments pourquoi ce n'était pas juste
ou...
Et, comme j'ai dit, je sais qu'il y a
beaucoup des différents experts comme... que j'ai rencontrés qui m'ont dit que
la régie était toujours une place qu'on peut regrouper toutes les instances
d'une société pour discuter des tarifs. Et les gens n'ont jamais trop compris
pourquoi le gouvernement a réduit un peu leur capacité de gérer les tarifs.
Puis, toujours... revient à un système où la régie a toutes ses capacités de
déterminer des tarifs, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
...
M. Kelley
: Oh! on est
presque là. Je vais continuer, M. le Président. Je pense, j'ai une couple de minutes.
J'étais tellement dans mon...
Le Président (M. Montigny) : Aucun
problème. Alors...
M. Kelley : Mais je continue,
M. le Président, mais je ne sais pas si tu veux suspendre, maintenant qu'on
arrive à 13 heures.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
M. le député. Je vous remercie beaucoup pour votre collaboration.
À ce stade-ci, compte tenu de l'heure, la
commission suspend ses travaux jusqu'à 14 h 15. Merci.
(Suspension de la séance à 13 heures)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 26)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles reprend ses travaux. Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi 69, Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives.
Lors de la suspension de nos travaux, nous
étions toujours dans la motion préliminaire telle que présentée. Et, à ce
moment-là, M. le député de Jacques-Cartier était dans son exposé, et
malheureusement, nous avons été obligés de le couper, mais il lui reste encore...
M. le député, il vous reste encore huit minutes.
M. Kelley : OK. Parfait.
Bien, je vais continuer avec mes huit minutes, M. le Président, merci beaucoup.
Bonjour, chers collègues. Alors, M. le Président, je sais que j'ai lu un
article sur... qui a paru dans le New York Times hier, qui démontre
clairement que les Américains, c'est vrai, ils vont continuer d'acheter de l'aluminium
puis aussi de l'acier pour plusieurs de leurs industries. Le marché va demeurer
quand même ouvert d'une certaine instance, mais je pense encore que ce qui est
très important de qu'est-ce qui est écrit, c'est que quand même, en 2018 ,
les entreprises ont regardé une façon d'absorber des coûts des tarifs. C'est
sûr qu'en 2018, ce n'était pas un impact aussi élevé, mais quand même, ils ont trouvé
des façons, M. le Président, d'absorber le coût temporairement puis de
continuer de rouler, continuer de fournir les produits à leurs clients
américains, et oui, c'était nous, mais on sait qu'il y a d'autres juridictions
qui ont fait la même chose. Alors, encore le risque, toujours l'option de
diversifier, mais le marché américain demeure un marché hyperintéressant.
Et si on met un tarif d'exportation sur
nos propres produits d'aluminium pour essayer de pousser nos entreprises de
vendre leurs produits sur les marchés — on peut parler beaucoup de l'Europe,
mais il y a un marché global — est-ce qu'on va peut-être perdre des
contrats ou des options aux États-Unis? Je pense, tout le monde veut éviter ça,
parce qu'encore... Et, quand même, je sais que la ministre a noté ça dans
certaines de ses... de ses remarques et dans les entrevues, que les Américains
veulent toujours nos produits, ils veulent notre aluminium et notre acier.
Mais, quand même, d'ajouter des tarifs, probablement pas une meilleure idée.
Mais je reviens aussi à l'idée des tarifs d'électricité, comment on peut aider
nos entreprises à demeurer compétitives, puis la menace d'un tarif de 25 %
de mur-à-mur reste sur la table pour le président des États-Unis, si on n'est
pas capables d'entendre sur quoi, il demeure des fois très vague pour le Canada
et quand même pour les autres pays qui sont en train de négocier ou essayer de
négocier avec les Américains.
• (14 h 30) •
Mais, bref, est-ce qu'on peut trouver
encore des façons d'utiliser notre énergie pour appuyer des entreprises d'ici?...
parle encore dans leur mémoire, ils ont des chiffres hyperintéressants sur le
nombre des entreprises qui ont des besoins énergétiques qui est pas mal majeurs,
ils parlent de le fait que, oui, pour les blocs d'énergie, il faut trouver un
bon équilibre pour s'assurer qu'il y a l'énergie. Pour eux autres, c'est
hyperimportant pour le client. Et, quand même, ce n'est pas juste une question
d'accorder certains blocs d'énergie ou des mégawatts, mais, des fois, c'est
aussi une question de la condition de le réseau, est-ce qu'il y a aussi dans
certaines places... Je sais que, dans mon comté, dans le coin de Pointe-Claire,
M. le Président, avec l'arrivée de le REM, avec l'arrivée de plusieurs
entreprises sur la 40, et avec la demande d'énergie qui a juste augmenté en
général, on peut ajouter des demandes d'énergie qui continue...
14 h 30 (version révisée)
M. Kelley : ...et avec la
demande d'énergie qui a juste augmenté en général, on peut ajouter des demandes
d'énergie qui continuent d'augmenter pour l'hôpital Lakeshore, que des fois le
réseau est saturé. Nous avons eu, nous, avec ma collègue de Robert-Baldwin, puis
mes collègues de Nelligan puis aussi de Marquette, une rencontre avec les
représentants d'Hydro-Québec dans notre coin. Puis ils ont avoué qu'il y a des
enjeux avec le réseau. Des fois, c'est surchargé, des fois, les demandes d'énergie
sont aussi élevées que... Pour un réseau qui a besoin beaucoup de travail, ça
peut créer des pannes d'électricité.
Mais, bref, ça, c'est des préoccupations
des entreprises, et je sais que j'en... je pense, j'ai parlé, avec les PME de l'Ouest-de-l'Île
de Montréal, qu'il y a des bons liens avec des entreprises dans le... de l'Ouest-de-l'Île
de Montréal. Ça arrive souvent que des entreprises ont des pannes d'électricité
dans différents secteurs, et c'est un peu problématique. Et je sais qu'Hydro-Québec
a quand même fait des travaux majeurs sur la station de pouvoir dans le comté
de ma collègue de Robert-Baldwin, à DDO, mais il demeure toujours de gros
enjeux.
Alors, je reviens juste à la base, M. le
Président, qu'encore il faut continuer de soutenir nos petites et moyennes
entreprises. Et, je pense, d'entendre la FCEI en commission encore sur les... la
situation actuelle n'est pas une mauvaise idée. Alors, merci beaucoup, M. le
Président, pour votre écoute.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
À ce stade-ci, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur la motion
préliminaire? Oui, M. le député, je vous laisse la parole. Vous disposez donc
de... Je vous laisse aller. Parfait. Vous disposez donc de 10 minutes.
M. Paradis : Très bien. Voilà
un autre acteur essentiel qu'on aurait intérêt à réentendre à ce stade-ci. Je
suis conscient que nous avons déjà entendu la Fédération canadienne de
l'entreprise indépendante, mais encore une fois c'est la même... c'est le même
contexte changeant qui devrait inciter, on l'espère, la ministre à accepter
cette demande, qu'on puisse dialoguer avec les représentants de la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante pour éclairer les débats qu'on va tenir
dans les prochaines semaines sur le projet de loi n° 69.
La Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante est venue une première fois ici nous dire notamment que ce qui
était envisagé dans le projet de loi n° 69 avait des impacts majeurs pour
les PME québécoises. Ils sont venus nous parler d'interfinancement. Et, encore
une fois, là, qu'on soit d'accord ou pas avec ce qu'ils proposent, c'est
essentiel qu'on soit à l'écoute de ce qu'ils ont à nous dire sur ces
questions-là. Parce que leur évaluation du contexte et les données qu'ils ont — parce
qu'ils ont conduit des sondages récemment — donc les données dont ils
disposent vont guider notre travail. Et, si on ne les a pas, on se prive de
cette possibilité d'en savoir plus sur leurs nouvelles données.
Dans le contexte de l'étude du projet de
loi n° 69, ils ont été en interaction avec leurs membres et ils ont eu des
commentaires de leurs membres sur ce projet de loi là. On se souvient que, dans
leur mémoire, ils nous indiquent qu'il y a une mobilisation sans précédent. Les
PME sont inquiètes, sont inquiètes de ce qu'on va décider dans nos travaux et
veulent eux-mêmes ou elles-mêmes être en interaction constante avec nous.
Mais là ce qu'il y a d'intéressant, c'est
qu'ils ont aussi sondé leurs membres, ils ont interrogé leurs membres dans le
cadre du nouveau contexte, ce qui se passe en commerce international, ce qui se
passe avec les menaces de tarifs de l'administration Trump. Et ils ont des
données très intéressantes, dont certaines ont été diffusées dans les médias,
dont certaines sont publiques, mais d'où... dont nous, on pourrait discuter
pour aller plus en détail.
Donc, ils nous ont dit : Quelles sont
vos perceptions par rapport à ce qu'il faut faire? Quelles sont vos
inquiétudes, en particulier? Et, vous savez quoi, dans ces données-là, un des éléments
qui revient souvent, c'est en lien avec <notre...
M. Paradis :
...quelles
sont vos inquiétudes en particulier. Et, vous savez quoi, dans ces données-là,
un des éléments qui revient souvent, c'est en lien avec >notre travail
sur le projet de loi n° 69. Ils disent : Bien, ce qu'on va décider au
Québec par rapport aux tarifs est d'autant plus important dans le contexte
actuel.
Dans leur mémoire, ils avaient déjà donc
abordé la question de l'interfinancement. Les PME du Québec disent : Actuellement,
le plus gros du fardeau de l'interfinancement, c'est nous qui le portons, nous,
on paie un montant vraiment beaucoup plus élevé que la valeur des services qui
nous sont rendus par Hydro-Québec. Donc, le poids de l'interfinancement, il est
surtout sur nos épaules, plus que pour les grandes entreprises qui bénéficient
du tarif L puis bien sûr plus que les... plus que les consommateurs, les foyers
individuels. Et là, ils nous disent : Les discussions que vous allez avoir
sur le projet de loi n° 69 sont fondamentales, on le disait déjà il y a
quelques mois, c'est encore plus vrai d'aujourd'hui... aujourd'hui.
Donc, je repose toujours la question à
l'envers : Ce serait quoi, l'intérêt de se priver de la possibilité de
dialoguer avec eux, de se donner le temps pour les entendre pour en savoir plus
sur leurs données et pour les intégrer à notre réflexion? Et puis, là, pour
qu'on... pour que les gens qui nous écoutent, qui nous regardent comprennent,
on ne parle pas de semaines, là, on ne parle pas de jours, des consultations
particulières comme celles dont on parle. Puis je veux revenir là-dessus, parce
que j'en ai parlé dans mon intervention précédente, mais, c'est vrai, on aurait
passé moins de temps à convoquer les gens dont on a parlé, les organisations
dont on a parlé, à les faire venir ici, la semaine prochaine, pour les entendre.
Puis elles seraient toutes venues, c'est des gens pour la plupart qui sont
rompus à ce genre d'exercice, et elles se seraient fait un plaisir d'adapter
leur agenda pour venir nous rencontrer. On passerait moins de temps à les
entendre... parce que, c'est quoi, 20 minutes de présentation, puis
ensuite moins d'une heure de dialogue avec nous. C'est ça qui est absurde.
Trois jours qu'on discute de ça, alors qu'on aurait pu prendre ce temps utile,
de notre temps, nous, de députés, de parlementaires, de législateurs pour
dialoguer avec des gens qui ont des choses importantes à nous dire sur les...
sur les questions dont on discute.
Les gens des PME sont... sont bien placés
pour dialoguer avec nous sur plusieurs questions dont le contexte a changé dans
les derniers mois. Par exemple, le projet de loi repose sur une accélération
des travaux et des investissements. On dit : Pour décarboner, là, il va
falloir vraiment faire beaucoup d'investissements, il va falloir construire
partout au Québec des nouveaux ouvrages. Il y a toute la question, dont on a
souvent parlé, de la main-d'œuvre disponible puis de la... Bien oui, il y a la
question des capitaux, mais il y a la question des... de la main-d'œuvre qui va
être disponible pour faire ce travail.
Et la PME est en première ligne, les PME
du Québec sont en première ligne pour venir nous parler du contexte actuel, il
se dit : Bien oui, mais où est-ce qu'on va trouver les travailleurs puis
quel impact ça va... ça va avoir sur nous, sur nos entreprises, sur nos PME de
savoir qu'il va y avoir autant de travaux... de travaux majeurs qui vont être
entrepris au Québec? Est-ce que ça va nous primer... ça va nous priver, nous,
d'une main-d'œuvre? Est-ce qu'il va y avoir un exode de la main-d'oeuvre
disponible pour les PME pour les grands... pour les grands ouvrages? Puis ils
ne disent pas que... L'idée n'est pas de dire : Bien non, il ne peut pas y
avoir de grands ouvrages, mais ils... mais c'est le temps de se parler de ce
que ça va vouloir dire pour l'économie du Québec globalement et pour les PME.
Les PME peuvent... peuvent venir nous
voir, les représentants des PME peuvent venir nous voir pour nous parler des
solutions qu'on peut envisager globalement aussi, dans le cadre du projet de
loi n° 69 mais globalement. Bon. Dans le cadre du projet de loi
n° 69, pour eux, c'est vraiment... ils veulent voir, bien, qu'est-ce qu'on
va faire avec le tarif L pour les grandes entreprises, avec le tarif pour les
PME, avec le tarif pour les individus. Et c'est le temps donc de les entendre
au moment où on va rediscuter de ces questions-là.
• (14 h 40) •
Cette réflexion va de pair maintenant avec
ce que le gouvernement se propose de faire ou de ce qu'il est en train de
planifier comme réponse à la menace tarifaire américaine. Donc, si on entre
dans une nouvelle ère avec les États-Unis, s'il y a une guerre commerciale qui
s'ouvre, je conviens, il n'y a personne ici qui veut une guerre commerciale.
Puis on peut encore travailler puis nous, on l'a dit, d'autres l'ont dit, on
peut encore <travailler...
M. Paradis :
...commerciale.
Puis on peut encore travailler puis nous, on l'a dit, d'autres l'ont dit, on
peut encore >travailler pour éviter l'imposition des tarifs, pour qu'il
y ait des contre-tarifs. Mais la réponse qu'on va préparer là-dessus nécessite
qu'on entende les PME, puis ça a de l'impact sur ce qu'on va faire à court,
moyen et long terme, y compris à travers le projet de loi n° 69. Donc,
quelle stratégie tarifaire pour les tarifs d'électricité pour les clients ici,
au Québec, par rapport à quelle stratégie par rapport à la menace d'imposition
de tarifs des États-Unis?
Parce que, là, on a appris plein de
choses. Notre premier ministre est allé à Washington pour offrir des
concessions. Il a dit : Je suis prêt à faire beaucoup de compromis. Puis
là je regarde mon collègue, région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, je suis curieux
de voir qu'est-ce qu'on... qu'est-ce que les alumineries vont dire puis
qu'est-ce que les gens du Saguenay vont dire, là. Tu sais, si on est prêts à
faire plein de compromis dans le cadre d'un conflit commercial avec les
États-Unis, puis qu'on commence en disant qu'on va mettre plein de choses sur
la table, qu'est-ce que ça veut dire par rapport à notre travail ici? Qu'est-ce
que ça veut dire par rapport au projet de loi n° 69?
Faire des gros compromis dans une
renégociation de l'accord de libre-échange, moi, je suis encore stupéfait que
notre premier ministre soit allé offrir ça d'entrée de jeu, là, puis qu'il ait ouvert
ses cartes, puis qu'il dit : Au pire moment, là, alors que l'administration
Trump se considère toute puissante, nous, on va dire : Heille! On veut
tout mettre sur la table, puis on va mettre aussi toute la question des
alumineries puis de l'aluminium sur la table, puis on va faire plein...
beaucoup de compromis, beaucoup de compromis. C'est ça qu'il a dit. Bien, si on
fait beaucoup de compromis sur l'aluminium, là, qu'est-ce que ça veut dire pour
le projet de loi n° 69? Parce qu'un accord de libre-échange, le dernier,
c'est 16 ans, la durée...
Le Président (M. Montigny) : ...en
conclusion.
M. Paradis : Il me reste...
je vois qu'il me reste une quarantaine de secondes, si j'ai bien calculé, ou 30 secondes.
Donc, ça veut dire beaucoup de choses par rapport aux tarifs, par rapport à
toute la structure du projet de loi n° 69...
Le Président (M. Montigny) : M.
le député, M. le député, c'est terminé...
M. Paradis : Merci.
Le Président (M. Montigny) : ...vous
n'avez plus de temps. Alors, sans plus tarder, quelqu'un d'autre demande la
parole. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, vous avez la parole.
Mme Cadet : Oui, merci, M. le
Président. Et j'interviens au... Ah! oui, là, c'est allumé. J'interviens au nom
du chef de l'opposition officielle, s'il vous plaît.
Le Président (M. Montigny) : Vous
avez donc 30 minutes.
Mme Cadet : Parfait. Merci,
M. le Président. Donc, j'ai entendu avec beaucoup d'attention l'argumentaire de
mon collègue de Jacques-Cartier, ainsi que l'argumentaire de mon collègue de
Jean-Talon quant à cette motion préliminaire. Nous l'avons déposée, donc,
avant, donc, cette courte pause. Donc, je... je la relis pour le bénéfice de
ceux qui nous écoutent à la maison.
Donc : «Conformément à l'article 244
du règlement de l'Assemblée nationale, je — donc étant le collègue de
Jacques-Cartier — fait motion afin que la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles tienne,
dans le cadre de l'étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives, des consultations particulières; et qu'à cette fin,
elle entende la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.»
Donc, M. le Président, vous nous avez
entendus déposer différentes motions demandant de ramener certains groupes. Hein,
on le sait, la FCEI a eu l'occasion de venir étayer partie de son argumentaire
au mois de septembre dernier. Et vous ne serez pas surpris que, tout comme la
ministre l'avait indiqué dans un article à la fin du... au début du mois de
décembre dernier, lorsqu'elle invoquait que le président Trump provoquait le
report du projet de loi sur l'énergie... Donc, le 2 décembre dernier, j'en
avais cité une partie... une partie hier, j'en cite une autre : «... donc,
quelques éléments, donc, pourraient être modifiés, il faut voir dans quelle
mesure l'élément tarification possible sur les exportations québécoises va
changer ou pas la donne.»
Bien, vous... vous comprenez que, dans le
cadre, donc, de la menace... des menaces, donc, mises de l'avant par le
président Trump, tout comme la ministre, donc, l'avait indiqué bien avant... Donc,
le bout que j'avais cité hier, c'était le suivant : «L'arrivée de la
nouvelle administration aux États-Unis vient un peu changer la donne. S'il y a
des tarifs qui sont imposés, ça vient changer la nature de la compétitivité des
entreprises au Québec. Et, par conséquent, on veut voir un peu comment les
choses vont se placer avant d'aller de l'avant, car il y a notamment la
question de la tarification dans le projet de loi.» Donc, c'est ce que la
ministre avait expliqué en mêlée de presse peu avant la publication de cet
article de La Presse canadienne, le 2 décembre dernier, le 2 décembre
2024.
Donc, vous comprenez, M. le Président, que
nous partageons, donc, cet avis de la ministre, et elle parle ici, dans cet
extrait, de la question de l'enjeu de la compétitivité des entreprises. Mais la
FCEI, lorsqu'elle est venue témoigner en commission parlementaire à <l'automne...
Mme Cadet :
...des
entreprises. Mais la FCEI, lorsqu'elle est venue témoigner en commission
parlementaire à >l'automne, bien, certainement nous avait parlé de cet
enjeu-là. Et on se dit, donc, FCEI, parce que je pense qu'il n'y a personne ici
qui a étayé l'organisation, donc, s'il y a des gens qui nous écoutent, qui ne
la connaissent pas, on parle ici de la, donc, Fédération canadienne de
l'entreprise indépendante, qui est le plus grand regroupement de petites et
moyennes entreprises, donc, de PME, au pays, donc 97 000 membres à
travers le Canada, mais 21 000 au Québec. Donc, on parle quand même, donc,
d'une organisation qui a une portée assez large, qui représente bon nombre de
nos PME, on parle de 21 000 membres. Donc, ce n'est pas... tu sais,
on parle d'un chiffre substantiel et... Bon, l'organisation est interpelée par
tout ce qui touche la croissance et l'essor des PME, ses PME membres œuvrant
dans tous les secteurs d'activité et présentes dans toutes les régions du
Québec. Et la FCEI est particulièrement active dans le dossier de l'énergie,
notamment auprès de la Régie de l'énergie du Québec.
Donc, je vous mets en contexte ici, M. le
Président, pour vous... en fait, pour vous étayer qu'il s'agit d'une
organisation qui est très pertinente à la poursuite de nos travaux, tout comme
c'était le cas pour les membres de l'alliance, les membres de l'alliance qui...
alliance s'étant formée le 5 novembre dernier avec différents groupes, les
grands consommateurs industriels, MEQ, Manufacturiers, Exportateurs du Québec. Bien,
c'est certain que les 21 000 membres au Québec de la FCEI, donc ceux
qui ont le pouls de nos PME québécoises et qui sont de ces PME régulièrement...
Peut-être que certains d'entre vous êtes familiers avec le Baromètre des affaires
qui sort, donc, régulièrement de la part de la FCEI et qui nous donne un
portrait de la situation des PME et de la confiance que ces entreprises ont
dans notre... bien, en fait, dans notre... la confiance qu'elles ont dans notre
environnement économique.
Je vais d'abord vous étayer un peu, donc,
quel était ce portrait quand la FCEI est venue en septembre, et à quoi ça
pourrait ressembler maintenant, et les motifs qui nous invitent à entendre,
réentendre ce groupe dans le contexte de la menace tarifaire. Bien, d'abord
lorsqu'on parle des PME, on sait que ces PME emploient plus de 85 % des
salariés du secteur privé. Je l'ai dit plus tôt, M. le Président, je suis
notamment porte-parole de ma formation politique en matière d'emploi et de
travail. Donc, c'est impératif, selon moi, d'entendre, de réentendre un groupe,
donc, qui emploie plus de 85 % des salariés du secteur privé, notamment
dans le contexte de la déclaration du premier ministre.
Mais on le sait aussi que 70 % des
entreprises au Québec ont moins de 10 employés et 50 % de ces
entreprises ont moins de cinq employés. Donc, nos PME, c'est pas mal notre
tissu social dans toutes nos régions, dans toutes nos collectivités et dans
toutes nos circonscriptions. Donc, nous sommes tous et toutes touchés par
des... par la réalité des PME dans nos circonscriptions respectives. Et, à
21 000 membres, on est 125 ici, j'ose... je m'avance ici, M. le
Président, sans avoir la donnée, mais j'imagine que chacune de ces
circonscriptions détiennent au moins, au moins, quelques organisations. Si on
fait 21 000 divisé par 125, au moins quelques organisations qui sont
membres directement de la FCEI, qui rapportent leur réalité à la FCEI à travers
le Baromètre des affaires, qui rapportent leur niveau de confiance et quels sont,
donc, les enjeux principaux qui les animent.
Le... Dans ce Baromètre des affaires, la
dernière fois qu'il y en a eu un, ce qu'on a compris, c'est que le Québec,
bien, c'était la province où la confiance des PME était la plus faible au pays.
2023, c'était la pire année en 15 ans pour le niveau de confiance des PME.
Je répète ici, M. le Président, 2023, pire année en 15 ans pour le niveau
de confiance des PME en notre économie. Seulement un tiers des PME sondées
envisageaient de prendre de l'expansion, ont passé d'une diminution de... et
donc par rapport de 2024, donc, diminution de 14 % depuis janvier 2023...
juste en janvier 2025, évidemment, on n'a pas encore de données de 2025. Mais,
en 2024, on voyait bien que ce chiffre-là avait fortement diminué entre janvier
2023 et le moment de la publication de ce rapport en 2024, là.
• (14 h 50) •
Donc, ça vous donne une idée d'à quel
point, quand la FCEI, quand François Vincent est venu témoigner ici, en
septembre dernier, ce qu'il... ce qu'il préparait, ce qu'il défendait, les PME
qu'il défendait à ce moment-là étaient déjà aux prises avec un environnement,
une perception d'un environnement d'affaires, donc, <plutôt...
Mme Cadet :
...déjà
aux prises avec un environnement, une perception d'un environnement d'affaires,
donc, >plutôt... bien, peu productif, peu prompt au développement des
affaires, peu prompt au développement de leur propre entreprise. Et, si on se
dit que celles-ci, en 2023, seulement un tiers de celles-ci envisageaient de
prendre de l'expansion, bien, ça... ça vous donne une idée de la morosité de
l'environnement d'affaires avec lequel ces entreprises composaient. 2023, pire
année en 15 ans pour le niveau de confiance des PME. Nous sommes... Nous
voyons donc le... la composante. Nous voyons, donc, l'environnement d'affaires
pas du tout, du tout, du tout agréable, dans lequel nos PME... auquel nos PME
sont confrontées. Donc, ça, c'est un rappel, donc, de la situation de façon
générale.
Alors, quand je vous parlais du Baromètre
des affaires, je vous l'ai dit, M. le Président, j'ai eu l'occasion de prendre
connaissance de ce baromètre de façon régulière, lors des publications
successives, pour voir quel est le niveau de confiance des entreprises. Est-ce qu'il
s'est amélioré? Est-ce qu'il s'est... est-ce qu'il a diminué? Mais aussi, tu
sais, pourquoi puis quelles sont les demandes de ces PME-là. Quelles sont les
recommandations qu'elles nous apportent?
Parce que, bon, les entreprises ne font
pas juste, donc, rapporter : Voilà notre situation, voici pourquoi ça... voici
en fait à quel point ça ne marche pas, mais elles viennent aussi expliquer :
Bien, voici à quel point, voici pourquoi ça ne marche pas, voici ce qui nous
chicote, ce qui nous agace, voici ce qui devrait être fait par les différents
paliers de gouvernement pour nous alléger la tâche, pour alléger notre fardeau.
On parle de baisse de fardeau réglementaire ces temps-ci, là. Je sais qu'il y a
un autre projet de loi qui est en cours, qui nous parle d'allègement
réglementaire. Vous... donc, vous aurez compris que cette question-là, donc,
est... en est une qui anime profondément la FCEI, les membres de la FCEI.
Donc, dans un précédent mémoire, la FCEI
nous disait, bien, que c'est important de créer un environnement fiscal
équitable et favorable à la petite entreprise, donc d'abord disant : Bien,
les PME québécoises doivent composer avec la fiscalité la plus lourde au pays.
Vous vous imaginez, M. le. Président, la plus lourde au pays, le Québec
occupant toujours la première place sur le plan, donc, notamment, donc, des
taxes sur la masse salariale. Pour vous donner une idée, là, ce que la FCEI
nous rapporte, c'est qu'elles sont 30 % plus élevées qu'en Ontario. Donc,
on parle quand même d'enjeux substantiels.
Abolir la politique relative aux heures
cumulées, donc 5 500 heures pour avoir accès à la déduction pour les
plus petites entreprises des secteurs de services et de la construction. Donc,
quand je vous dis qu'on nous arrive avec des recommandations, avec des éléments
plus larges, nous disant : Bien oui, voici notre problématique, voici ce
qui... ce qui ne fonctionne pas pour nous et voici aussi des solutions, voici
aussi, donc, des motifs et comment, donc, le gouvernement, donc, pourrait
nous... nous amener de l'avant.
Et évidemment, donc, elles souhaitent la
réduction du taux d'imposition des PME québécoises pour atteindre la moyenne
canadienne, mais en nous sensibilisant aussi, M. le Président, à leur réalité,
en disant que les propriétaires des PME québécoises doivent travailler environ
60 heures pour compenser le manque de personnel, je parlais de l'exemption
pour petites entreprises, et nous sensibiliser au fait qu'une petite entreprise...
donc, pas une moyenne, on dit, bien, «petites et moyennes», donc, les PME, mais
on a les petites, on a les moyennes, on a les très petites, les TPE, et que ces
très petites entreprises là, bien, doivent payer... ont une charge, donc,
fiscale très... très, très lourde. Donc, ce... je vous nomme cet élément-ci, parce
qu'on va y revenir, M. le Président, sur la question de l'environnement fiscal
équitable qui nous est amenée par la FCEI.
C'est que... et vous nous avez entendus, dans
les dernières semaines, dans la foulée des recommandations que nous, au Parti
libéral du Québec... que nous avons faites au gouvernement pour faire face, de
façon cohérente, robuste et efficace, à la menace tarifaire, de non seulement
lever différentes barrières interprovinciales, on en a parlé abondamment, de
diversification des marchés. Le premier ministre a repris ce terme-là pour sa
gouverne, donc, pour nous dire : Oui, nous sommes d'accord avec le Parti
libéral du Québec, il faut une diversification des marchés.
Nous avons aussi parlé de hausse de
productivité des entreprises. Et ça, ce n'est pas d'hier, M. le... M. le
Président, là. Déjà, dans la dernière année, notre collègue de Marguerite-Bourgeoys,
moi-même, certains autres collègues, nous avons eu l'occasion de poser des
questions à la partie gouvernementale sur le manque de hausse de productivité,
en fait sur l'absence complète d'augmentation de la productivité de nos
entreprises <québécoises...
Mme Cadet :
...en
fait sur l'absence complète d'augmentation de la productivité de nos
entreprises >québécoises, alors que la moyenne des quatre dernières
années, bien, c'est une hausse de 0 %.
Nous avons même tenu, donc, même des
forums, donc, des activités, donc, sur la question de la productivité au Parti
libéral du Québec. Donc, vous voyez que c'est un... c'est un sujet qui nous
importe particulièrement, qui nous importait particulièrement dans... au
cours... depuis, donc, le début de cette législature, et même bien avant, et
donc qui nous occupe, donc, encore plus aujourd'hui.
Et, à travers ça, on a aussi demandé,
donc, une baisse... une révision de la fiscalité des entreprises, d'avoir une
fiscalité qui soit efficace et qui réponde à ces demandes-là. Parce que cette
charge, elle est manifestement trop lourde. Et vous aurez compris, M. le
Président, que ce que nous avons mis de l'avant comme propositions, comme
résolutions, en plus de demander la nomination d'un négociateur en chef, bien
sûr, ce que nous avons fait avant les fêtes, dès les premiers balbutiements du
sérieux de la menace tarifaire, bien, le... ces éléments-là reviennent. Et,
quand on vous dit qu'ils sont au... qu'au Parti libéral du Québec, on est au
diapason avec le milieu économique, bien, c'est un peu ce qu'on retrouve ici
avec ces premières préoccupations qui ont été... qui sont évoquées depuis fort
longtemps. Parce que, je vous le disais, c'est un rapport qui précède, hein, la
menace tarifaire, où on nous disait déjà, de la part de la FCEI, bien, il faut
créer un environnement fiscal équitable et favorable à la petite entreprise.
Les PME nous ont aussi indiqué qu'elles
étaient freinées, donc, en disant : Bien, il faudrait bonifier l'offre de
crédit d'impôt aux PME de tous les secteurs économiques pour favoriser une
transition vers l'automatisation. Sachant que les trois premières motivations
des PME pour investir en automatisation, c'est l'accroissement de la
productivité, je viens d'en parler, de gagner du temps, bien évidemment, donc,
ça en fait partie, ce n'est pas que ça, la productivité, mais c'est une composante
de celle-ci, et, bon, d'atténuer les pénuries de main-d'œuvre. On sait que
celle-ci s'est atténuée de façon générale, mais, dans certains secteurs précis,
nous sommes toujours, donc... selon la Commission des partenaires du marché du
travail, nous sommes toujours en déficit de main-d'oeuvre, donc, dans
certains... dans certains secteurs. C'est pour ça que l'on parle de... des
pénuries de main-d'œuvre et non pas de la pénurie de main-d'œuvre.
Les... Et pourquoi certaines de ces
entreprises, elles ne se tournent pas déjà vers l'automatisation, M. le
Président? Bien, on le sait, les coûts et les investissements sont beaucoup
trop élevés pour plusieurs petites entreprises. Ils ont besoin d'être soutenus.
Donc, des... la FCEI nous envoyait déjà ces messages-là cet automne, là. Elles
ne faisaient pas face à la crise avec laquelle elles doivent composer
aujourd'hui, mais nous transmettaient ces messages-là en nous disant :
Bonjour! Allô! Est-ce que quelqu'un nous voit? Le bateau, il coule, le bateau
est en train de couler, on a besoin de créer un environnement d'affaires
efficace, on a besoin de créer un environnement d'affaires dans lequel nous
nous retrouvons dans lequel nos entreprises peuvent prospérer. La ministre,
tantôt, nous parlait, donc, de créer un environnement, un Québec vert, un
Québec prospère, un Québec durable, bien, c'est exactement ce que l'on souhaite
également, mais, pour ça, il faut que l'on mette de l'avant les différentes
mesures qui nous amènent vers cette voie-là de façon responsable.
La réduction du fardeau administratif et
réglementaire, bon, ça, j'en... j'en ai parlé, M. le Président, en fait, je
l'ai effleurée, parce qu'un des autres éléments sur lesquels, donc, on les
entend souvent, comme organisations, bien, c'est la question de la réduction de
la paperasse. Plusieurs entreprises nous disent qu'il y a beaucoup, beaucoup
trop de paperasse à remplir, le temps étant une donnée rare. Je vous ai parlé
des chefs d'entreprise qui travaillent 60 heures par semaine. Je pense que
vous conviendrez avec moi, M. le Président, que, pour bien des entreprises,
donc, c'est... si certaines obligations... évidemment, donc, pas toutes, les
entreprises doivent avoir des obligations, mais si certaines obligations
étaient levées, que notamment, particulièrement en matière de paperasse, bien,
ça permettrait à ces entreprises, donc, de pouvoir gagner du temps et œuvrer au
développement des affaires, œuvrer à la croissance de leur entreprise. Je le
rappelle, seulement une entreprise sur trois, avec une baisse de 14 %
entre 2023 puis 2024, nous disait vouloir prendre de l'expansion. Donc, ça nous
donne... ça nous donne une idée.
• (15 heures) •
Puis plus... foncièrement plus près du
projet de loi n° 69, M. le Président, la FCEI nous a aussi avancé l'importance
de limiter les coûts gouvernementaux pour les entreprises. Lors du dépôt de la
motion visant à entendre les membres de... les membres de l'alliance, dont
Manufacturiers, Exportateurs du Québec, je le mentionnais... mais l'un des
éléments qu'on retrouvait dans les mémoires respectifs de certains...
15 h (version révisée)
Mme Cadet : ...je le
mentionnais, mais l'un des éléments qu'on retrouvait dans les mémoires respectifs
de certains de ses membres, qui sont venus en commission parlementaire ou qui
ont soumis un mémoire, c'était justement cette question de l'augmentation des
coûts ou de... plutôt, donc, de la réduction de cette augmentation des coûts,
particulièrement les coûts fixes. On a entendu publiquement MEQ le mentionner
dans les médias, nous dire : Bien, parfois, donc, ces coûts, donc, sont
beaucoup trop élevés. Ça fait que, si le gouvernement veut vraiment nous aider,
donc, oui, faites une réduction... une réduction de notre fardeau fiscal, oui,
faites une réduction de notre fardeau administratif, de façon générale, la
paperasse, mais la question des... la question des coûts fixes, mais, elle
aussi, elle est essentielle. Donc, au-delà de différentes autres mesures, sans
les négliger ou sans décliner l'apport de ces mesures-là, bien, nos entreprises,
nos propriétaires de PME, souvent, mais ce qu'ils nous disent : Bien, ce
qu'on souhaite, là, si on veut vraiment un gouvernement qui nous épaule pour qu'on
puisse faire face à ce vent de face, qu'on puisse faire face à cette menace, à
cette crise aujourd'hui, bien, c'est être capable de nous dégager, être capable
de diminuer ce fardeau-là, dont celui des coûts fixes, des coûts
gouvernementaux pour les entreprises. Et c'est là que, bien avant que l'on
commence à étudier le projet de loi 69, qu'il soit mis sur la table, que
la FCEI nous disait, nous rapportait que les PME québécoises ont subi la plus
haute importante hausse de tarifs d'électricité des 25 dernières années, parce
qu'elles paient des tarifs de 18 % à 28 % plus élevé que les coûts
réels pour les desservir, bon, pour, évidemment, donc, subventionner les tarifs,
donc, des autres clients, des... les grandes entreprises et les clients
résidentiels. Mais qu'à travers tout ça, étant donné, donc, la question de
l'interfinancement, donc, elles ont subi la plus haute... la plus importante
hausse de tarifs d'électricité en un quart de siècle, un quart de siècle, M. le
Président, la plus haute hausse de tarifs d'électricité.
C'est là que ça nous amène. Après avoir
mis la table, donc, sur ce contexte, sur les demandes récurrentes de la FCEI,
sur ce qui anime les entrepreneurs, sur ce qui, parfois, les décourage. Alors
que ces entrepreneurs québécois, mais ils sont très fiers de créer de l'emploi
ici, au Québec. Ils sont très fiers d'œuvrer dans différents secteurs d'activité.
Ils sont très fiers de pouvoir faire rouler les économies locales de chacune de
nos circonscriptions, mais ils nous disent : Bien, parfois, il y a des
choses qui ne fonctionnent pas, dont cet élément-ci, soit cette hausse qui,
finalement, nous étouffe, qui ne nous permet pas de nous développer à notre
plein potentiel. Cette hausse ne nous permet pas d'aller jusqu'au bout, même d'aller
conquérir d'autres marchés et de considérer que l'environnement d'affaires dans
lequel nous évoluons est un environnement favorable, favorable à la croissance,
favorable à la productivité et que, dans le baromètre des affaires, bien, qu'on
ne nous transmet pas, donc, le constat que les entreprises, donc, se sentent
soutenues. Si, M. le Président, si ça, c'était l'environnement dans lequel
les membres de la FCEI se disaient... se disaient vivre, donc, s'il s'agit de l'environnement
avec lequel les membres de la FCEI, les 21 000 membres, les 21 000...
les 21 000 membres, donc, qui sont, donc, des PME de la FCEI, s'ils se
disaient déjà ça, s'il y avait déjà eu une telle morosité avant l'élection du
président américain Donald Trump, vous pouvez vous imaginer que cette situation
s'est bien empirée depuis. Et c'est là que venir les réentendre deviendrait
absolument pertinent pour les membres de cette commission, M. le Président. C'est
là que de venir, donc, réentendre M. Vincent viendrait teinter notre
approche sur différents éléments, hein?
D'abord, je veux revenir sur le point que
j'énonçais dans mon intervention sur la motion précédente, soit la question de
l'emploi. On le sait, le premier ministre, donc, a indiqué qu'il y aurait
potentiellement des pertes de 100 000 emplois, à travers le Québec, à
la suite du choc que viendrait amener, donc, l'imposition de tarifs de
25 % par le président Donald Trump, donc, à travers la signature d'un
décret. Parmi ces... parmi, donc, les 100 000 emplois, les, au moins,
100 000 emplois qui seraient touchés, donc, par ces pertes, bien, on
retrouve ici des entreprises <membres de la FCEI...
Mme Cadet :
...parmi,
donc, les 100 000 emplois, les, au moins, 100 000 emplois
qui seraient touchés, donc, par ces pertes, bien, on retrouve ici des
entreprises >membres de la FCEI qui, malheureusement, se verraient dans
l'obligation de se départir de leurs employés.
Donc, vous comprenez que, pour moi, alors
qu'on parle de cette charge, donc, charge fiscale, charge réglementaire, charge
au niveau des coûts gouvernementaux, que les entreprises, donc, doivent jongler
avec un petit peu tout ça. Ici, on est vraiment, donc, sur évidemment, donc,
des coûts gouvernementaux, donc, la question des tarifs d'électricité qui sont
appliqués aux PME. Le fait donc d'avoir cette vue d'ensemble là de la part de
FCEI et de saisir, bien, comment la hausse la plus importante des tarifs
d'électricité des 25 dernières années qu'ils ont subie, bien, viendrait
teinter, donc, la question de la rétention de l'emploi. Ce que le premier
ministre... Vous nous avez entendus le critiquer lorsqu'il a dit : Bien,
ce n'est pas grave, là, si vous perdez vos jobs, vous allez tous aller sur les
chantiers d'Hydro-Québec. Vous allez pouvoir devenir monteurs de ligne, nous,
on en a besoin, on va créer de l'emploi à travers Hydro-Québec.
Ça nous est apparu peu réaliste, M. le
Président. Puis ce qu'on a constaté, c'est que, par la suite, après avoir
envoyé ce mauvais message au secteur manufacturier puis aux autres
entreprises... Parce que, souvent, et le collègue de Jacques-Cartier le
mentionnait, ces PME là, ce ne sont toutes des entreprises qui exportent, mais
ce sont des entreprises qui souvent sont des fournisseurs, des entreprises qui
exportent. Donc, elles sont touchées soit directement, soit indirectement par
la question des tarifs. Donc, non seulement, bien, on a trouvé que ce
message-là était peu rassurant dès le départ, mais, par la suite, je pense que
le premier ministre a senti la grogne, il a entendu le message. Et, lorsqu'il
parle de diversification des marchés, bien, il faut bien que les gens, ils restent
dans les différentes entreprises pour être capables de se remanier, de faire
bouger le bateau un peu. Parce que, s'ils quittent en grand nombre, bien, ils
ne reviendront pas comme par magie, je l'ai déjà énoncé ici, M. le Président.
Donc, vous aurez saisi que, si ces
entreprises-là se voient déjà étouffées et secouées de toutes parts, bien,
comment est-ce qu'elles seront en mesure de conserver cette main-d'oeuvre? Le
premier ministre s'est ravisé un petit peu par la suite où il a modulé un peu
son discours en disant : Non, non, non, moi, mon objectif, c'est le
maintien en emploi, mon objectif, ce n'est pas... inquiétez-vous pas, ce n'est
pas que tout le monde puisse quitter demain matin, quoique j'ai eu certains
doutes là-dessus. On a déjà parlé lors de la motion pour faire venir le PDG
d'Hydro-Québec, M. le Président, que... bien, moi, ce que j'ai perçu, c'est que
le premier ministre voulait peut-être trouver une solution au problème pour
lequel il n'avait jamais l'ombre du début d'une solution par le passé et qu'il
disait : Bien, voilà, Donald Trump va trouver ma solution. Je ne suis pas
capable de combler les 35 000 postes par année dont j'aurais besoin
pour Hydro-Québec, mais je vais être capable de le faire si tout le monde perd
sa job dans le secteur manufacturier. Il a été obligé d'adopter, par la suite,
un discours un peu plus rassurant.
Et, dans cette perspective, ce qu'on voit,
c'est qu'il dit : Non, non, non, c'est le maintien en emploi. Bien, si le
maintien en emploi, c'est absolument important pour le premier ministre, bien,
encore faut-il que... Et je l'ai dit, 85 % des salariés du secteur privé
sont employés par les PME, 70 % des entreprises au Québec ont moins de
10 employés, 50 % ont moins de cinq employés. Donc, parmi ces
100 000 emplois là, j'ose croire qu'il y en a une bonne partie, parce
ce que ce sont tous des emplois du secteur privé, donc, techniquement, ça
voudrait dire qu'il y en a une bonne partie qui sont employés dans ces PME là.
Donc, que 85 % de ces... donc, on aurait 85 000 personnes,
techniquement, donc, seraient des potentiels membres de la FCEI ou des membres
actuels de la FCEI.
Donc, s'il s'agit donc des premiers
emplois qui seraient touchés ici, bien, ça veut dire quoi, cette hausse
tarifaire pour la FCEI, ça veut dire quoi, dans ce nouveau contexte, dans le
contexte où le premier ministre a affirmé, et c'est ce que nous souhaitons, un
maintien en emploi? Et comment la modulation, donc, des tarifs viendrait... leur
permettre de garder cet avantage compétitif. Je reprends la citation de la
ministre de décembre dernier : «On ne sait pas ce que la menace tarifaire
va vouloir dire pour la compétitivité de nos entreprises.» Mais, si on veut que
nos entreprises demeurent compétitives, bien, elles vont devoir... elles vont
avoir besoin de leur actif le plus précieux, soit leurs employés, des gens qui
ont des compétences précises, des compétences dans des secteurs d'activité. Puis
on ne souhaite pas qu'elles quittent en grand nombre... en grand nombre. On
souhaite que le secteur puisse demeurer attractif, qu'il puisse demeurer un
phare, parce qu'on aura besoin de nos entreprises exportatrices puis on aura
besoin des entreprises qui sont des fournisseurs des entreprises exportatrices,
si on veut que notre chaîne d'approvisionnement demeure bien locale, alors que
la guerre tarifaire nous incombe de revoir toutes nos pratiques d'affaires,
parce qu'il y a un avant et il y a un après le <20 janvier 2025...
Mme Cadet :
...d'approvisionnement
demeure bien locale, alors que la guerre tarifaire nous incombe de revoir
toutes nos pratiques d'affaires, parce qu'il y a un avant et il y a un après le
>20 janvier 2025.
• (15 h 10) •
Donc, ce sera pertinent, M. le Président,
de venir réentendre la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante venir
nous parler, donc, de ce nouveau contexte et même peut-être les entendre sur
les propos du premier ministre qu'il avait tenus à Washington, hier, où est-ce
qu'il a fait des concessions inquiétantes. Parce que les PME sont des
fournisseurs, je le disais, de bien des entreprises, mais aussi des
fournisseurs de gros joueurs de notre économie, dont au sein de l'industrie
forestière, dont les alumineries, dont le secteur aéronautique. Toutes des
entreprises, tous des... tous des secteurs d'activité qui ont été mentionnés
par le... par le premier ministre lors de sa visite aux États-Unis, en disant :
Regardez, on est prêts à faire des concessions. Moi, je ne trouve pas que
c'est... Déjà que... sur l'emploi, le premier ministre, son premier réflexe, ça
n'avait pas été de faire des... de tenir des propos rassurants, mais il n'a pas
du tout tenu des propos rassurants au cours des derniers jours non plus pour
les entreprises qui sont membres de la FCEI. Donc, ça va être important de
venir les entendre sur ce point-là, M. le Président, et de bien saisir ce que
ça pourrait vouloir dire.
Il faudra aussi bien les entendre sur la
question de l'interfinancement. Est-ce que ça va vouloir dire aller de l'avant
exactement avec ce qu'on nous présente? Pas nécessairement, M. le Président.
Mais déjà qu'on nous en a parlé par le passé, c'est dans leur mémoire, déjà que
c'est une question qui est sensible ici, je vous l'ai dit, donc, la hausse
tarifaire... était très importante, très substantielle pour eux, bien,
peut-être que, dans le contexte actuel, bien, ce sera pertinent de les entendre
là-dessus et de nous assurer que les propos soient mis à jour.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme Cadet : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) : ...est-ce
qu'il y a d'autres députés? Oui. Mme la députée de Robert-Baldwin. Vous avez
donc 10 minutes pour votre intervention.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
M. le Président. À l'appui de la motion préliminaire de mon collègue de
Jacques-Cartier pour réentendre la Fédération canadienne des entreprises
indépendantes, et je souligne que cette fédération, FCEI, est le plus grand
regroupement de petites et moyennes entreprises, des PME, comptant
97 000 membres au pays, dont 21 000 au Québec. «Les PME
québécoises paient des tarifs de 18 % à 28 % plus élevés que les
coûts réels pour les desservir, et ce, afin de subventionner les tarifs des
clients résidentiels et des grandes entreprises. Les PME québécoises doivent
composer avec la fiscalité la plus lourde du pays. En effet, le Québec occupe
toujours la première place sur le plan des taxes sur la masse salariale, qui
sont 30 % plus élevées qu'en Ontario.»
Et, M. le Président, je veux... prenons un
pas de recul, là, depuis le début de nos travaux cette semaine et qu'est-ce qui
se passe dans cette guerre commerciale qui vient tout juste, hein, de changer
dans la dernière heure. Puis je ne sais pas si vous avez vos téléphones, mais
là on a un peu la réponse à notre premier ministre, qui est sorti hier avec :
Oui, on est prêts à faire des compromis, beaucoup de compromis, incluant
l'industrie d'aluminium, et on est prêts à évidemment faire... imposer des
tarifs d'exportation aux États-Unis, et évidemment, avec... bien, c'est les
États-Unis, finalement, qui vont reculer parce qu'ils ont besoin de nous. Bien,
savez-vous, pas vraiment, parce que, d'après le président, et ça, ça fait il y
a peut-être une heure, qui a dit : C'est correct, moi, de mon côté, je
vais imposer des droits réciproques, donc, des droits de douane réciproques aux
alliés comme aux rivaux des États-Unis, et là, je le cite, «s'ils nous imposent
un droit de douane ou une taxe, on leur impose exactement le même niveau de
droit de douane ou de taxe. C'est aussi simple que ça. C'est une question
d'équité.»
Donc là, quand j'avais mentionné, M. le
Président, on va voir qu'est-ce qui va se passer dans les prochains jours, les
prochaines semaines, là on est dans une guerre... commerciale, on est dans <le
feu de l'action...
Mme Garceau :
...quand
j'avais mentionné, M. le Président, on va voir qu'est-ce qui va se passer dans
les prochains jours, les prochaines semaines, là on est dans une guerre...
commerciale, on est dans >le feu de l'action. Et qui sont les
principales victimes en ce moment de qu'est-ce qui se passe entre Québec,
Canada et les États-Unis dans cette guerre de tarifs? C'est nos PME. Ce sont
nos PME. Et nos PME, n'oublions pas qu'elles sont moteurs économiques du
Québec. Elles sont au cœur de notre économie. Elles ont déjà subi des défis
financiers très importants, compte tenu qu'ils découlent de la pandémie.
N'oublions pas que les statistiques de la dernière année fait en sorte que
60 % des faillites à travers le Canada, c'était ici, au Québec.
Et là, en ce moment, elles sont plongées
dans cette guerre commerciale qui va faire en sorte qu'on va avoir probablement
d'autres fermetures. Ils auront... Elles n'auront pas les liquidités, tel que
mentionné, pour faire face aux tarifs. Et là on vient... le premier ministre
vient de les ouvrir également à d'autres... d'autres pénalités économiques dans
cette guerre commerciale. Et donc il me semble que, compte tenu que ça continue
et que les PME sont au cœur, en ce moment, de cette guerre commerciale, que ce
serait... ce serait exceptionnellement important qu'ils reviennent. Et surtout,
compte tenu de la sortie surprenante, hier, du premier ministre et qui a fait
en sorte qu'il était ouvert à tous les compromis, surtout concernant... les
concessions, surtout concernant l'industrie d'aluminium, et on a vu également
la sortie de M. Simard, de l'Association de l'aluminium du Canada, qui a dit
vraiment que ce n'est pas une très bonne idée.
• (15 h 20) •
Et donc, il me semble que ce serait très
important d'avoir la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante revenir
en commission, parce que là le contexte économique, leur univers économique,
dans lequel ils font affaire, a complètement changé dans la dernière semaine.
Ils ont déposé leur mémoire, la consultation a quand même eu lieu il y a
plusieurs mois, au mois de septembre. Et ils avaient mentionné, dans le
contexte de leur... de leur mémoire, que déjà il y avait comme une injustice
financière en ce qui a trait à l'interfinancement et qu'il fallait revoir tout
cet aspect-là. Et surtout que, pour les PME, les coûts de l'énergie demeurent
l'un des postes de dépenses vraiment les plus importants pour les PME et qu'ils
doivent être au cœur de la réflexion du gouvernement. C'est ça qu'ils demandent
dans leur plan énergétique. C'est le cas. Ça demeure toujours... et, ça, les
représentations qu'ils ont faites lors des consultations particulières en ce
qui a trait... le contexte économique pour les PME était déjà difficile. Bien
là, pouvez-vous imaginer qu'est-ce qu'ils nous diraient, si on les
rencontrerait la semaine prochaine, avec l'annonce qui vient de sortir du
président Trump concernant des douanes réciproques, des tarifs réciproques?
Et donc, c'est sûr qu'il me semble qu'il
est temps... Ça fait plusieurs semaines que l'opposition officielle, M. le
Président, demande qu'un négociateur en chef soit nommé. Avec cette dernière
annonce du président Trump, qui va faire en sorte que, dans l'échiquier, là, la
prochaine sortie du gouvernement va être très importante <et probablement
vitale...
Mme Garceau :
...chef
soit nommé. Avec cette dernière annonce du président Trump, qui va faire en
sorte que, dans l'échiquier, là, la prochaine sortie du gouvernement va être
très importante >et probablement vitale pour la survie de nos PME, parce
que, quelle sera la riposte, parce que ça va continuer, du Président suite à la
prochaine sortie.
Et donc ça ne peut pas être fait d'une
façon impulsive. Il faut que la réponse à cette annonce soit très réfléchie et
qu'on consulte... qu'on doit consulter les acteurs qui sont au cœur, en ce
moment, de cette guerre commerciale, M. le Président, et qu'il est fondamental
que... Je le sais qu'on a rejeté, c'est regrettable, on ne peut pas revenir sur
notre motion préliminaire concernant l'Association de l'aluminium du Canada,
compte tenu de la dernière sortie du président Trump, mais c'est sûr que ça va
affecter nos petites et nos moyennes entreprises. Et, compte tenu de... que
leur survie, la santé financière de nos PME, en ce moment, est en péril dans
cette guerre commerciale, ce serait très important qu'ils reviennent en
commission, M. le Président. Je ne sais pas combien de temps qu'il me reste.
Le Président (M. Montigny) :
28 secondes.
Mme Garceau : 28 secondes.
Donc, sur ce, M. le Président, j'appuie la motion préliminaire de mon collègue
de Jacques-Cartier, et j'espère que, compte tenu du dernier changement dans
cette guerre commerciale, qu'elle sera acceptée.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Alors, à ce stade-ci, il me reste à demander s'il y a d'autres
membres de la commission qui vont prendre la parole. Je crois que Mme la
ministre...
Mme Fréchette : Oui.
S'il vous plaît.
Le Président (M. Montigny) :
Voilà, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci, merci,
M. le Président. Donc, bon, merci aux oppositions pour leurs interventions. Je
voulais revenir sur quelques-uns des points, là, qui ont été abordés, notamment
sur l'idée de lancer une nouvelle ronde de consultations, parce que ça a été
l'objet de la presque totalité des motions qui ont été présentées. Puis on nous
disait qu'en fait ce serait très, très rapide que de lancer une nouvelle ronde
de négociations avec différents intervenants, dont plusieurs qu'on a déjà
entendus. Or, je voulais juste souligner que l'ancienne ronde de négociations...
de consultation, pardon, à l'Assemblée nationale, ce n'est pas aussi simple
qu'aller prendre un café avec une connaissance, là. On ne dit pas aux gens :
Voilà, on est mardi. On vous a ciblés, on vous a identifiés. On aimerait ça
vous entendre jeudi matin. Ça ne fonctionne pas comme ça, là.
Une consultation de l'Assemblée nationale,
ça requiert tout un processus, un travail, quel est ce sur quoi on consulte les
gens, quel est ce à quoi on veut qu'ils répondent comme questions. Ensuite...
mettre ça sur papier, leur transmettre et leur laisser un brin de temps pour se
préparer, pour monter un mémoire, pour, ensuite, les convoquer en audiences
sachant... s'assurant qu'ils sont disponibles. Alors, c'est pour dire que ça ne
se fait pas en deux jours, là, un processus de consultation, puis on n'aurait
pas pu décider mardi qu'on transformait la journée d'aujourd'hui en journée de
consultation, là. C'est irréaliste. Donc, voilà, il y a une part de pragmatisme
qu'il faut intégrer dans nos propositions, je pense.
Et les processus de consultation ont eu
lieu cet automne. Et voilà, ceux qui ont souhaité y participer, il y avait une
date limite pour y prendre part. Et, comme je l'ai redit déjà à quelques
occasions, on a pris en considération l'ensemble des mémoires qui ont été
déposés. Et il y aura d'autres occasions pour se prononcer dans la suite des
choses. Donc, voilà, pour moi, il n'y avait vraiment pas nécessité de recevoir
à nouveau des organisations en consultation, considérant tout ce que ça
voudrait dire et considérant le temps qui nous est imparti.
Un autre des points sur lequel je voulais
revenir, c'est la confiance des propriétaires de PME. Parce qu'en fait, il y a
des chiffres qui ont été soulevés, qui ne correspondent pas à ce que j'ai ici
comme chiffres. J'ai donné, à la fin de l'année 2024, une entrevue avec LaPresse,
et j'abordais justement cette notion de l'indice de confiance des propriétaires
de PME. Alors, je me suis replongée dans ces chiffres-là et le portrait que ça
en donne... Il faut voir que la source, c'est la Fédération canadienne de
l'entreprise indépendante, que, d'ailleurs, je revois à nouveau <lundi
prochain...
Mme Fréchette :
...de
PME. Alors, je me suis replongée dans ces chiffres-là et le portrait que ça en
donne... Il faut voir que la source, c'est la Fédération canadienne de
l'entreprise indépendante, que, d'ailleurs, je revois à nouveau >lundi
prochain, et que j'ai revue... je crois que j'ai rencontrée, au moins, trois ou
quatre fois depuis la fin novembre.
Alors, voilà... Voici leurs chiffres.
Donc, pour la période de court terme, l'indice de confiance à l'année 2023,
elle était, pour le Québec, de 47,6. Rendu en décembre 2024, un an plus tard,
on était à 49,7. Donc, il y avait eu un léger rehaussement de l'indice de
confiance d'une année à l'autre, pour le court terme, trois mois. Si on s'en
reporte au long terme, pour l'année 2023, l'indice de confiance des PME,
en 2023, était de 48,1; et, arrivé en décembre 2024, il était de 55,8, un
rehaussement de 14 points. Donc, quand même, c'est un rehaussement
considérable en une année. Et, quand on regarde du côté de l'Ontario, l'indice
de confiance était... avait augmenté d'une moindre... d'une moindre marge.
Donc, ce que ça dit comme fait saillant,
c'est qu'en décembre 2024 l'indice de confiance à long terme des propriétaires
de PME du Québec a significativement augmenté, soit de 14 points, par
rapport à décembre 2023. Il s'agit du même constat pour celui de court terme
puisqu'il a aussi significativement augmenté, soit plus de 11,9 points.
Alors, depuis le début de l'année, les PME du Québec sont plus confiantes à
court terme que celles de l'Ontario même. Donc, à court terme, on dépasse
l'Ontario. C'est sur le long terme où là on s'en rapproche, mais on n'a pas
encore dépassé... dépassé l'Ontario, mais, quand même, un bond de
14 points. Alors, pour dire que, du côté des PME, selon les chiffres que
j'ai de la FCEI, on peut dire que, quand même, on est sur un élan intéressant.
Donc, voilà, je voulais vous partager ça
et vous partager aussi qu'en fait... Bon.J'ai trouvé un peu... un peu
déconcertant, là, les trois... les trois derniers jours. Je dois vous dire que
c'est ma première, c'est ma première commission parlementaire. C'est la
première... En fait, ce n'est pas la première commission, j'ai participé à
celle consultative sur le MIFI, celle de l'automne dernier, avec vous tous, en
septembre, pour recevoir les gens, mais c'est ma première expérience d'analyse
article par article. Et j'étais... j'étais de nature optimiste, je me disais :
Bon, on va pouvoir entamer le travail. Et, finalement, je pense qu'on a eu une
démonstration que ce n'est pas vraiment la volonté de plonger dans les articles
du projet de loi qui motive certaines personnes, on dirait que c'est la volonté
plutôt de retarder les travaux. Et ça, je dois dire que j'en suis déçue, parce
qu'on a quand même énormément de matière à travailler, le temps n'est pas
illimité. Et j'aimerais ça qu'on puisse plonger dans les articles du projet de
loi, plutôt que d'étirer le temps de 20 minutes, 10 minutes,
30 minutes, autant que faire se peut. Et je pense que, si on pouvait se
rendre à 15, 15 tours de roue comme ça, il y en a qui diraient oui.
Alors, je nous invite tous à avoir, voilà,
la volonté de plonger dans ce projet de loi là, de regarder les articles puis
qu'on puisse avancer constructivement pour faire en sorte qu'on puisse déployer
le Québec sur le plan énergétique de la manière la plus constructive qui soit.
Voilà. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. À ce stade-ci, nous sommes rendus au vote, à la mise
aux voix de la motion.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Par
appel nominal, avec plaisir. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire : Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire : Et M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
La motion préliminaire est donc rejetée. Merci. Alors, à ce stade-ci, s'il n'y
a pas d'autre motion...
M. Sainte-Croix : M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
M. le député de Gaspé, je ne vous ai jamais donné la parole.
• (15 h 30) •
M. Sainte-Croix : Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Montigny) : Je
vous écoute.
M. Sainte-Croix : J'aimerais
porter à votre attention une motion ainsi qu'aux membres de la commission...
Le Président (M. Montigny) : Oui.
M. Sainte-Croix : ...dont le
libellé est le suivant.
Le Président (M. Montigny) : Allez-y,
je vous écoute. M. le député de Gaspé.
M. Sainte-Croix : Merci
beaucoup, M. le Président.
«Que la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles passe immédiatement à
l'étude de l'article 1 et des suivants du projet de loi n° 69, Loi
assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant
diverses dispositions législatives.»
M. le Président, ça fait maintenant plus
de 12 heures que la commission débat des motions préliminaires présentées par
les collègues députés de l'opposition. Je crois très sincèrement que nous avons
fait le tour...
15 h 30 (version révisée)
M. Sainte-Croix : ...Loi
assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant
diverses dispositions législatives. M. le Président, ça fait maintenant plus de
12 heures que la commission débat des motions préliminaires présentées par
les collègues députés de l'opposition. Je crois très sincèrement que nous avons
fait le tour de la question, que nous l'avons épuisée, et pour... et c'est pour
cette raison, pardon, que je dépose une motion pour nous permettre de
poursuivre le débat sur le projet de loi en passant à l'étape de l'étude
article par article dudit projet de loi.
M. le Président, bien que le règlement ne prévoie
aucune limite quant au nombre de motions préliminaires qui peuvent être
déposées, la jurisprudence a établi certains critères permettant de vous guider
dans votre décision sur la recevabilité d'une motion proposant de passer à l'étude
de l'article 1 d'un projet de loi. Ils sont énumérés dans une décision de
Bernard Brodeur, datée du 11 juin 2004.
Dans un premier temps, le rôle du
président est d'assurer le respect des droits de chaque parlementaire et de
donner à l'opposition le temps nécessaire pour faire valoir son point de vue.
En second lieu, il appartient au président seul de juger si cette motion est
recevable. Dans un troisième temps, la recevabilité d'une telle motion ne se
fait pas en vertu d'un calcul purement mathématique du nombre de séances
consacrées aux motions préliminaires. Point 4, toutefois, les précédents
peuvent servir de guide à la présidence pour rendre sa décision. Point 5, finalement,
il a maintes fois été décidé qu'une telle motion ne vise pas à clore le débat,
mais à passer à une autre étape de l'étude détaillée du projet de loi, soit l'étude
article par article.
M. le Président, nous croyons que, sur la
base des critères ci-haut mentionnés, ma motion proposant de passer à l'article 1
est recevable.
D'abord, concernant le rôle de la
présidence d'assurer le respect des droits de chaque parlementaire et de donner
aux députés de l'opposition le temps nécessaire pour faire valoir leur point de
vue, je tiens à souligner que nous sommes présentement à la troisième séance de
l'étude détaillée, que sept motions préliminaires ont déjà été présentées par
les groupes d'opposition et que plus d'une douzaine d'heures de débats ont été
consacrées aux motions préliminaires depuis le début de l'étude détaillée.
Plus précisément, l'opposition officielle
a présenté quatre motions préliminaires, le deuxième groupe d'opposition a
présenté une motion préliminaire, le troisième groupe d'opposition a présenté
quant à lui deux motions préliminaires. L'opposition officielle a eu l'opportunité
de présenter des motions préliminaires dans lesquelles elle demandait de
réentendre des groupes déjà entendus. Les groupes d'opposition ont amplement eu
le temps nécessaire pour faire valoir leurs points de vue.
De plus, la recevabilité d'une motion
proposant de passer immédiatement à l'article 1 ne s'évalue pas en vertu d'un
calcul purement mathématique du nombre de séances et d'heures consacrées aux...
aux motions, pardon, préliminaires. Compte tenu du temps qui leur a été alloué
ainsi que du nombre de motions qu'ils ont pu déposer, nous sommes d'avis qu'ils
ont eu amplement le temps de faire valoir leur point de vue.
Soulignons, de plus, que, dans le recueil La
procédure parlementaire du Québec, il y a de nombreux précédents où une
telle motion a été jugée recevable lorsque quatre ou cinq motions préliminaires
avaient été présentées. Je vous réfère aux pages 956 et 957 dudit recueil.
Je vous réfère également une décision
rendue le 4 novembre 2003 par Russell Copeman, dans laquelle il a déclarée
recevable une motion proposant de débuter à l'article 1 après que l'opposition
eut déposé un total de six motions préliminaires, une décision rendue par
Bernard Brodeur le 11 juin 2004, dans laquelle il a déclaré recevable une
motion visant à passer à l'article 1 au cours de la troisième séance après
que l'opposition eut présenté sept motions préliminaires, enfin, une décision
que vous avez rendue vous-même le 20 mars 2024, où vous avez jugé qu'une
motion proposant de passer à l'article... à l'étude, pardon, de l'article 1
était recevable après environ neuf heures de débat et sept motions
préliminaires.
Finalement, il a été maintes fois décidé
que cette motion ne vise pas à clore le débat, mais à <passer à une autre
étape...
M. Sainte-Croix :
...il
a été maintes fois décidé que cette motion ne vise pas à clore le débat, mais à
>passer à une autre étape de l'étude détaillée du projet de loi, soit
l'étude article par article.
Je réitère que les oppositions ont eu le
temps de faire le nécessaire pour faire valoir leurs points de vue. Après avoir
entendu un total de 38 groupes en consultations particulières et à la
suite du dépôt de cette motion préliminaire, nous vous soumettons qu'il est
temps de passer à la prochaine étape de l'étude du projet de loi n° 69,
l'étude article par article, au cours de laquelle les oppositions auront à
nouveau l'opportunité de faire valoir leurs points de vue.
Je vous demande, M. le Président, de
trancher favorablement en ce sens en déclarant la motion recevable. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Je vous remercie. Pour l'instant, la recevabilité ou la contestation éventuelle
n'a pas été faite. C'est parfait. Je vous ai bien entendu. Oui?
M. Kelley : ...suspension, de
bien lire et penser à qu'est-ce que le député vient de dire?
Le Président (M. Montigny) : Oui,
j'autorise la suspension.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons donc suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 37)
(Reprise à 15 h 41)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons nos travaux. À ce stade-ci, est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député de Jean-Talon, je vous écoute.
M. Paradis : Merci, M. le
Président. J'ai entendu la savante plaidoirie de mon collègue. J'aimerais vous
inciter, M. le Président, dans votre décision sur la recevabilité, à faire
preuve de beaucoup de...
Le Président (M. Montigny) : ...M.
le député, je veux juste clarifier quelque chose.
M. Paradis : Oui?
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
que vous êtes en train... parce que personne ici aujourd'hui n'a contesté la
recevabilité de cette motion. Est-ce que vous...
M. Paradis : Oui.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Donc, maintenant, officiellement, vous me demandez...
M. Paradis : Oui.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Maintenant, je vais vous accorder le droit de parole pour plaider simplement
sur la recevabilité de la motion. C'est très court. Ça fait que je vous écoute.
M. Paradis : Très bien. C'est
très court, mais il faut prendre le temps, parce que c'est une recevabilité qui
mise... qui vise à mettre fin au débat, n'est-ce pas? C'est pour ça qu'elle est
présentée et c'est pour ça que mes arguments sont vis-à-vis la recevabilité de
cette motion. Et je vous incite à faire preuve de beaucoup de présence
relativement à la... de beaucoup de prudence relativement à la recevabilité
parce que, justement, on est au cœur de notre processus démocratique.
Le Président (M. Montigny) : Je
suis désolé de vous interrompre. Dans nos règles de procédure, seulement les
personnes qui sont habilitées à voter, qui sont membres, peuvent soulever la
recevabilité. Je suis désolé.
M. Paradis : Très bien.
Alors...
Le Président (M. Montigny) : Par
contre, dans ce fait, je vais donner la parole à une députée qui a levé la
main, et qui est membre, et qui a le droit de vote. Alors, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé, je vous donne la parole.
Mme Cadet : Merci, M. le
Président. Donc, j'aimerais soulever la recevabilité de la motion qui a été déposée
par le député de Gaspé, je pense, oui, s'il vous plaît.
Le Président (M. Montigny) : C'est
exactement ça. Mme la députée, je vous donne la parole, mais ça devrait être
très court.
Mme Cadet : D'accord. Merci,
M. le Président. Donc, nous avons pris connaissance, comme vous pouvez le
constater, de la motion qui a été déposée par le député de Gaspé. Nous
entendons l'argumentaire qui nous a été présenté, mais, selon nous, la motion
qui a été présentée n'est pas recevable. Je nous amène... Je nous enjoins tous,
en fait, à prendre connaissance de la décision... Journal des débats,
24 octobre 2019, CAPERN-17, pages 33 et 34. Je ne sais pas si, en la
présente, j'ai le droit de nommer le nom du parlementaire parce que la motion
porte son nom, qui était...
Le Président (M. Montigny) : La
motion porte son nom? Je vous écoute.
Mme Cadet : Oui. Donc,
Mathieu Lemay, donc, qui présidait à ce moment-là, en fait, cette
commission-ci, le... en fait, cette commission-ci, donc, sur laquelle, donc,
nous siégeons. À l'époque, donc, une motion avait été jugée recevable alors
qu'en l'espèce huit motions préliminaires avaient été présentées par les
députés de l'opposition, et tous les groupes parlementaires formant
l'opposition ayant eu l'occasion de présenter des motions préliminaires, et qui...
ayant toutes été rejetées, en tenant compte de l'ensemble des éléments
soulevés, la présidence avait déclaré recevable la motion proposant de passer à
l'étude de l'article 1.
En l'espèce, M. le Président, non
seulement nous n'avons pas... et nous entendons, donc, ce que le parlementaire,
donc, a indiqué au... en ce qui a trait à la formule mathématique, mais, en
l'espèce, nous nous retrouvons dans une situation distincte. D'une part, seules
sept motions ont été présentées par les députés de l'opposition, la huitième étant...
a été déposée par M. le député de Gaspé ici présent, député formant la partie
gouvernementale. Donc, nous ne sommes pas dans une situation où nous pouvons
directement nous appuyer sur un précédent pour juger pour tout simplement
passer à la prochaine étape en nous disant : Bien, voyez, nous sommes
exactement dans une situation analogue à la <situation de 2019...
Mme Cadet :
...disant :
Bien, voyez, nous sommes exactement dans une situation analogue à la >situation
de 2019. Donc, nous en sommes... nous n'en sommes qu'à la septième et que... en
fait, que sept propositions ont été déposées par l'opposition.
Dans le précédent qui nous interpelle,
toutes les décisions... toutes les motions avaient été rejetées. On se
rappellera qu'ici, et la ministre, donc, a eu l'occasion de l'évoquer à
quelques reprises, donc, une de ces motions a été adoptée, ce qui nous amène à
croire que, manifestement, les motions que nous avons présentées jouissent
d'une certaine pertinence. Sinon, elle n'aurait... la partie gouvernementale
n'aurait pas voté en faveur d'une de ces motions.
Ça nous amène à croire que ce que nous
amenons comme argumentaire, donc, suscite le débat, le fait de... élève le
débat et nous permet de présenter, donc, un argumentaire, donc, qui répond et
qui interpelle la population, donc, et une décision ayant été acceptée,
accueillie et non pas rejetée, je pense que ça nous amène, donc, à remettre en
question, donc, le précédent ici... pas le remettre en question, mais ne pas
nécessairement s'appuyer sur lui en tant que tel puisque nous ne sommes pas
exactement dans la même situation.
Le troisième point, M. le Président, dans
le précédent de 2019, on nous le dit, donc, les huit propositions avaient été
présentées par les députés de l'opposition, et, quand on dit «toutes avaient
été rejetées», ça nous amène à croire qu'il y a eu un vote sur l'ensemble des
huit propositions. Ici, sept propositions ont été débattues. Il y a eu un vote
par appel nominal sur sept de ces propositions-ci, une étant... a été
accueillie, mais la motion que présente le député de Gaspé ici n'a pas été... En
fait, il n'y a aucune décision... n'a été rendue, donc, sur cette décision-ci.
Donc, je nous amène, M. le Président, donc, à rejeter la recevabilité de
celle-ci. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Je vous entends bien. Dans... Oui, oui, M. le Gaspé... M. le député de Gaspé,
je vais vous donner la parole, si vous voulez, mais avant je voudrais juste
simplement dire que, dans votre exposé, M. le député de Gaspé, vous avez amené
des éléments d'argumentaire, là, sur la recevabilité que je considère aussi déjà
dits. Alors, je vais vous épargner de tout répéter, là, au total. Par contre,
je vous demanderais : Si vous avez d'autres arguments que vous voulez
ajouter, là, de la partie gouvernementale, sans problème, je vais vous écouter.
M. Sainte-Croix : Merci, M.
le Président. Je serai bref, simple rappel pour l'ensemble des membres de cette
commission. Nous sommes à notre cinquième séance de travail, plus de 12 heures
de débat sur les motions préliminaires. Je crois sincèrement que nous avons
épuisé cette question. Mme la ministre a été de très bonne foi depuis le début
de nos travaux. Nous avons du boulot sous... à abattre, très honnêtement. C'est
un projet de loi important pour la suite des choses, et je vous demande, s'il
vous plaît, de faire en sorte que nous passions à l'étape suivante, à savoir à
l'étude article par article. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Est-ce qu'il y a... pour l'instant, il y a d'autres personnes pour une dernière
intervention avant que je prenne tout ça en délibéré?
Mme Cadet : ...d'intervenir à
ce stade-ci.
Le Président (M. Montigny) : Vous
n'aviez pas le droit de proposer, mais je vous laisse la parole très
rapidement, très courte période de temps. Allez-y, M. le député.
M. Paradis : ...
Le Président (M. Montigny) : Ça
s'en vient.
M. Paradis : Merci. Oui, très
rapidement, mais il faut quand même prendre le temps parce que c'est ça que
j'étais en train de vous dire tout à l'heure, d'avoir de la prudence, parce que
la motion, ce qu'elle vise, c'est à restreindre nos débats démocratiques en
commission, et il y a une jurisprudence qui a été établie. C'est vrai que ce
n'est peut-être pas des règles mathématiques, mais là ce que le gouvernement de
la CAQ propose, c'est de réduire les règles habituelles, d'avoir moins de
temps, moins de motions, moins de séances, et ça, il faut être très prudents
avec ça parce que c'est un débat, et ce que demande l'opposition...
La ministre dit : «Oui, ce n'est pas
la volonté de l'opposition d'aller tout de suite dans l'analyse détaillée,
c'est de retarder, je suis déçue.» Bien, moi, ce que je trouve particulièrement
décevant, c'est que la réponse à tout ce qu'on a demandé jusqu'à maintenant, ça
a été non, et, quand on étudie... quand on va plonger dans l'étude détaillée,
là, nous, ce qu'on demande, c'est d'avoir le plus d'information possible puis
le plus d'éléments possible pour prendre nos décisions. Puis il y en avait
d'autres, motions qui s'en venaient, où on veut demander qu'est-ce qu'on a
comme études, qu'est-ce qu'on a comme données, c'est ça...
Le Président (M. Montigny) : M.
le député...
M. Paradis : Si vous me
laissez... si vous me laissez une minute pour terminer...
Le Président (M. Montigny) : Non,
non, M. le député, là, je vais suspendre les travaux. Je vais prendre le temps
de prendre ça en délibéré. Je vous remercie beaucoup. On va prendre le temps...
Les travaux sont suspendus.
(Suspension de la séance à 15 h 50)
(Reprise à 15 h 55)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Suite à la demande qui a été faite, je considère
que ça prend un certain délai pour être capable d'arriver à une décision
éclairée.
Alors, je vous propose de vous remercier de
votre collaboration, et, compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses
travaux au mardi 18 février 2025, à 9 h 45. Merci.
(Fin de la séance à 15 h 56)