Journal des débats (Hansard) of the Committee on Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, April 9, 2025
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Vol. 47 N° 60
Clause-by-clause consideration of Bill 69, An Act to ensure the responsible governance of energy resources and to amend various legislative provisions
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Intervenants par tranches d'heure
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Montigny, Yves
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Bouazzi, Haroun
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Garceau, Brigitte B .
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Garceau, Brigitte B .
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Garceau, Brigitte B .
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Bussière, Robert
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Rivest, Mathieu
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Sainte-Croix, Stéphane
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Tremblay, François
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Kelley, Gregory
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Garceau, Brigitte B .
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Bussière, Robert
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Rivest, Mathieu
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Sainte-Croix, Stéphane
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Tremblay, François
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-sept minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 69, la Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Garceau
(Robert-Baldwin).
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup. Maintenant, lors de l'ajournement de nos travaux hier, nous
étions à l'étude de l'amendement du député de Maurice-Richard
à l'article 29. M. le député de Maurice-Richard, vous avez la parole.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Donc, j'avais déjà lu l'amendement...
Le Président (M. Montigny) : Tout
à fait.
M. Bouazzi : ...à la fin de
la séance passée, qui vise, justement, à mettre une limite sur la question des...
de la... je n'ai pas le... je n'ai pas le texte devant moi, mais la présomption
de... je l'ai ici... Bref, la présomption du fait qu'on...
Mme Fréchette : ...
M. Bouazzi : Comment?
Mme Fréchette : Prudemment acquis.
J'ai eu la même réflexion ce matin.
M. Bouazzi : Prudemment
acquis. Exactement. Qui vient recouper les limites qui sont déjà prévues dans
la première analyse. Donc, ça n'apporterait pas beaucoup de travail en plus,
mis à part qu'évidemment, il y a une asymétrie énorme d'informations entre les
personnes qui devraient porter... demander qu'on revoie, justement, ou qu'on
conteste la question de la prudence autour de ces infrastructures, les
investissements en infrastructures, et les principales compagnies de transport
et de distribution.
Je tiens à dire, malheureusement, qu'il y
a un groupe citoyen que je vais devoir accueillir sur des questions de
numérique, car, comme deuxième opposition, on a beaucoup de dossiers à couvrir,
ça fait que je ne vais pas pouvoir rester, enfin, je vais devoir m'absenter une
vingtaine de minutes malheureusement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec la proposition d'amendement
du député? Oui, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je demanderais
à qu'on suspende les travaux temporairement.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous allons suspendre les travaux.
Mme Fréchette : Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 30)
11 h 30 (version révisée)
(Reprise à 11 h 59)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Mme la ministre, vous avez... au moment de la
suspension, vous aviez la parole, donc je vous redonne la parole à nouveau.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, j'aimerais, en fait, proposer aux collègues que l'on suspende
l'étude de cet amendement, de même que l'étude de l'article 29, mais
également les suivants, parce qu'ils sont liés, donc 29 à 33.
Le Président (M. Montigny) : 29,
33, inclus?
Mme Fréchette : Oui, 29 à 33.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Donc, ça nous amènerait, s'il y a consentement, à étudier maintenant l'article 34,
pour la suite. C'est bien ça?
Mme Fréchette : Oui, exact.
Le Président (M. Montigny) : C'est
parfait. Est-ce qu'il y a consentement de la commission?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Il
y a consentement, parfait. Donc, comme il y a consentement, ces articles sont
donc suspendus, ça nous amène... ainsi que... ainsi que l'amendement qui était
affiché à l'écran, qui... l'amendement du député de Maurice-Richard. Ça nous amène donc à l'étude, en ce moment, de l'article 34.
Mme la ministre, je vous laisse la parole pour l'article 34.
• (12 heures) •
Mme Fréchette : Merci. Alors,
article 34 :
L'article 52.2.1 de cette loi est
modifié par le remplacement, partout où ceci se trouve, de «de fourniture» par
«des approvisionnements».
Donc, c'est un article qui modifie, par
concordance, l'article 52.2.1 de la Loi sur la Régie de l'énergie. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions en lien avec l'article 34?
Comme il n'y a pas... Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin. Il va ouvrir tout
seul. Parfait.
Mme Garceau : Oui, tout seul,
exactement. Désolé, là, c'est parce que ça me prend un petit peu de temps pour
retrouver le texte.
Le Président (M. Montigny) : Aucun
problème. Nous sommes à l'étude de l'article 34.
Des voix : ...
Mme Garceau : On va... oui.
Peut-être une suspension de juste quelques instants, M. le Président...
12 h (version révisée)
Des voix : ...
Mme Garceau : Oui, on va...
oui. Peut-être une suspension de juste quelques instants, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons donc suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 01)
(Reprise à 12 h 04)
Le Président (M. Montigny) : Nous
avons donc repris nos travaux. Nous avons repris nos travaux. Mme la députée,
vous avez la parole.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Donc, juste en termes d'explication, Mme la ministre, la
modification que nous voyons à l'article 52.2.1, on enlève le mot «de
fourniture», le coût de fourniture, on le remplace par «des
approvisionnements», pour quel motif?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Je peux
répondre. Merci, M. le Président. Donc, c'est vraiment un changement de
concordance. Partout, dans le projet de loi, il est proposé de remplacer
«fourniture» par «approvisionnement». Donc, voilà, pour être en cohérence avec
le reste du projet de loi. La nature de... l'objet de ce dont il est question n'est
pas changé. C'est le libellé «approvisionnements» qui vient remplacer
«fourniture».
Mme Garceau : OK. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions en lien avec l'article 34? Comme il n'y a
pas... d'autre intervention, ce serait le moment de faire la mise aux voix de l'article 34.
Est-ce que l'article 34 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) : Adopté.
Merci. Ça nous amène maintenant à l'article 35. Mme la ministre, je vous
laisse la parole.
Mme Fréchette : Oui, M. le <Président...
Le Président (M. Montigny) :
…à
l'article 35. Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette :
Oui,
M. le >Président. Je vous proposerais de suspendre l'article 35,
puisqu'il est lié aux autres, également, que nous avons suspendus tout juste
avant.
Le Président (M. Montigny) :
Oui.
Mme Fréchette : Donc, on
pourrait aller à l'article 36.
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
que nous avons le consentement des membres de la commission pour suspendre
l'article 35?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Consentement.
Donc, nous avons le consentement. Nous allons suspendre l'article 35.
Nous sommes maintenant à l'étude de
l'article 36. Tout comme les autres articles à 36, je voulais juste voir
avec vous si vous préférez prendre le temps de le regarder, 36, 52.5, 52.6
séparés, ou vous voulez en faire la lecture tout d'un bloc.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Un à la fois. Parfait. Nous procéderons un à la fois. Alors, Mme la ministre, l'article 36,
52.5.
Mme Fréchette : Parfait.
Merci. Alors, 36 : Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 52.4,
des suivants :
«52.5. Outre les tarifs de distribution de
gaz naturel, la Régie peut, à la demande d'un distributeur de gaz naturel,
fixer des tarifs et des conditions de service que ce dernier peut exiger d'un
consommateur pour :
«1° la fourniture de gaz naturel, à
l'exclusion du gaz naturel renouvelable;
«2° la fourniture de gaz de source
renouvelable;
«3° la récupération du coût du transport
de gaz naturel qu'il assume;
«4° l'offre d'un service d'équilibrage;
«5° la récupération d'autres coûts qu'il
assume à titre d'émetteur visé à l'article 46.6 de la Loi sur la qualité
de l'environnement (chapitre Q-2) ou pour se conformer à une obligation de
distribuer une quantité de gaz de source renouvelable déterminée en vertu du
paragraphe 5° du premier alinéa de l'article 112.
«Les revenus requis pour assurer la
prestation des services visés au premier alinéa sont établis par la Régie en
tenant compte des coûts assumés par le distributeur et, dans le cas du
paragraphe 3°, de la marge excédentaire de capacité de transport prévue au
troisième alinéa de l'article 72.1. La Régie peut également tenir compte
des revenus générés par la participation du distributeur à un marché d'échange
d'instruments établi pour favoriser la réduction des émissions de gaz à effet
de serre.
«Les tarifs fixés par la Régie doivent
permettre de récupérer les revenus requis visés au deuxième alinéa. Toutefois,
à la demande d'un distributeur, la Régie peut fixer un tarif moindre pour le
service visé au paragraphe 2° du premier alinéa. En outre, les tarifs visés aux
paragraphes 2° à 5° de cet alinéa peuvent varier en fonction de catégories de
consommateurs.»
Alors, c'est un article qui insère les
nouveaux articles… de nouveaux articles dans la Loi sur la Régie de l'énergie.
Le premier alinéa de l'article 52.5 prévoit quels coûts assumés par un
distributeur de gaz naturel peuvent être récupérés auprès des consommateurs
dans des tarifs fixés par la régie, autres que les tarifs de distribution.
L'article prévoit donc que la régie peut fixer des tarifs et conditions de
services pour la fourniture de gaz naturel ou de gaz de sources renouvelables
pour récupérer des coûts de transport, pour offrir un service d'équilibrage ou
encore pour récupérer des coûts qu'un distributeur assume pour se conformer à
des obligations réglementaires.
Le deuxième alinéa prévoit que la régie,
pour fixer les tarifs, établit les revenus requis par un distributeur de gaz
naturel en tenant compte des coûts assumés par ce distributeur. Il prévoit
également que les coûts de transport tiennent compte d'une marge excédentaire
de capacité négociée avec un transporteur de gaz. Enfin, il précise que la
régie pourra tenir compte des revenus qui sont générés par la participation
d'un distributeur à un marché d'échange d'instruments établi pour favoriser la
réduction des émissions de gaz à effet de serre, ce qui permettrait de réduire
les revenus requis.
Enfin, le troisième alinéa concerne la
confection des tarifs. Il précise que ceux-ci doivent permettre de récupérer
les revenus requis, à l'exception du tarif de fourniture de gaz de sources
renouvelables, qui peut être moins élevé que ce qui est requis pour récupérer
des coûts. Finalement, l'alinéa clarifie que certains tarifs peuvent varier en
fonction de catégories de consommateurs. Merci.
• (12 h 10) •
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Merci beaucoup, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur 36,
52.5? Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Encore, M. le
Président, merci pour votre patience. Ces articles sont énormes. Alors, juste
prendre le temps de suspendre rapidement pour regarder les changements, c'est
apprécié, parce que c'est hyper important pour le Québec. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) : Avec
plaisir. On comprend très bien, on comprend très bien. Alors, nous allons
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 11)
(Reprise à 12 h 13)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous avons repris nos travaux. Au moment de la suspension, M. le député de
Jacques-Cartier, vous aviez la parole.
M. Kelley : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Hors micro, on a eu une petite discussion, puis le
côté gouvernemental a offert de faire une explication de tous les changements
qui sont au sein de cet article. Pour moi, personnellement, je peux... juste
rapidement, avoir une question concernant la fourniture du gaz naturel, à
l'exclusion du gaz naturel renouvelable. Il y a plein des éléments ici qu'on
veut peut-être avoir un briefing un peu technique pour que tout le monde, tout
le monde qui nous écoute peut bien comprendre qu'est-ce qu'on fait exactement,
là, avec cet article-là. Alors...
Le Président (M. Montigny) : C'est
parfait. Alors, à ce stade-ci, si j'en déduis bien, on demanderait
l'autorisation pour que Me Marois puisse prendre la parole, si j'ai bien
compris.
M. Kelley : Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Consentement.
Bien, Me Marois, vous avez la parole, vous pouvez vous présenter et procéder à
l'explication.
M. Marois (Samuel) : Donc,
bonjour, Samuel Marois, avocat au ministère de la Justice. Allons-y par alinéa,
dans ce nouveau 52.5. Ce qu'il faut... Je commencerais peut-être avec le
premier alinéa en vous expliquant que, dans le secteur de l'électricité, le
tarif que paie le consommateur, c'est un amalgame de tous les coûts, donc les
coûts d'approvisionnement, de transport, de distribution. On sort... on met
tous les coûts, puis on sort un tarif à la fin, puis c'est ça que paie le
consommateur. Dans le secteur du gaz naturel, c'est complètement différent, le
consommateur, sur sa facture, il a tous les postes de coûts. Donc, le coût de...
ce que ça coûte pour distribuer le gaz naturel, bien, ça, c'est
l'article 49 qu'on a déjà adopté. Donc, il y a un tarif de distribution,
mais dans le tarif de distribution, ça ne comprend pas ce que ça coûte pour
acheter la molécule de gaz puis les autres composantes de coût qu'on pourrait
vouloir facturer au consommateur. Donc, le premier alinéa, il nous explique
c'est... qu'est-ce qu'on peut mettre sur la facture d'un consommateur,
finalement, outre le coût de distribution.
Donc, on a «la fourniture de gaz naturel,
à l'exclusion du gaz naturel renouvelable», ça, c'est le coût du gaz naturel
d'origine fossile. Après ça, on a la fourniture de gaz de source renouvelable
qui inclut le gaz naturel renouvelable, donc ça, c'est le gaz d'origine... qui
est renouvelable. Le paragraphe 3°, la récupération du coût de transport, bien,
est-ce que... c'est ce que ça coûte, le réseau de distribution, pour voir que
les pipelines qui acheminent le gaz au Québec, c'est comme les grandes
autoroutes, puis le réseau de distribution, c'est comme... c'est ce qui part de
la grande <autoroute...
M. Marois (Samuel)T :
...Québec,
c'est comme les grandes autoroutes, puis le réseau de distribution, c'est
comme... c'est ce qui part de la grande >autoroute, les petites routes,
les petits chemins qui amènent le gaz jusqu'aux... jusqu'aux installations des
consommateurs. Donc, le coût du transport, ce que ça coûte d'amener le gaz au
Québec, c'est ça qui est visé ici. L'équilibrage, c'est ce que... c'est pour
s'assurer que les flux dans le... C'est l'appariement de l'offre puis de la
demande, là, s'assurer que les flux de gaz dans le réseau sont toujours
constants puis permettent de desservir les consommateurs.
Puis vous avez, au paragraphe 5°, d'autres
coûts qu'on pourrait vouloir récupérer auprès des consommateurs pour respecter
les obligations réglementaires. Donc, ça, c'est le premier alinéa de 52.5. Le
deuxième alinéa, ce qu'il dit, essentiellement, c'est que c'est... comment on
établit les tarifs, bien, il y a deux étapes. Premièrement, on détermine les
revenus requis, c'est quoi les coûts, puis après ça, on fait la confection des
tarifs, c'est-à-dire qu'on détermine qui va payer ces coûts-là.
Le deuxième alinéa de 52.5 parle de
l'établissement des revenus requis, donc quels sont les coûts. À la différence
de la distribution de gaz naturel, pour laquelle il y a une possibilité, pour
le distributeur, de faire un rendement, il n'y a pas cette possibilité-là pour
ces autres tarifs-là. Donc, c'est, entre guillemets, au «cost». C'est ce que
dit l'alinéa.
Puis le troisième alinéa, bien,
finalement, c'est de quelle manière on... c'est la confection des tarifs, qui
paie quoi. Ce qu'on dit, essentiellement, c'est que les tarifs doivent
permettre de récupérer les coûts, évidemment. Puis il y a une possibilité de
fixer un tarif moindre pour la fourniture de gaz de source renouvelable. Donc,
ça, c'est une mesure pour stimuler les achats volontaires de gaz de source
renouvelable. C'est un portrait global de ce que fait l'article.
M. Kelley : Merci beaucoup,
Me Marois. Juste une question, alinéa 1 et 2, c'est comme, on... Dans un
sens, on dit «la fourniture de gaz naturel à l'exclusion du gaz naturel
renouvelable», et la source renouvelable, c'est quoi la distinction,
exactement, entre les deux? Juste de bien comprendre. Je comprends, ce n'est
pas les mêmes mots, mais c'est intéressant de voir qu'on dit «à l'exclusion du
gaz naturel renouvelable» puis, après ça, on dit «la fourniture du gaz de
source renouvelable». C'est quoi, la distinction?
Le Président (M. Montigny) : Me
Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : À
l'article 2 de la Loi sur la Régie de l'énergie, qu'on a déjà adopté, on a
parlé des définitions de gaz naturel, le gaz de source renouvelable. Donc, ce
qu'on a dit, c'est que le gaz naturel, ça comprend le gaz d'origine fossile,
auquel on peut ajouter du gaz de source renouvelable. Puis on a aussi... ce
qu'on indique, aussi, c'est que le gaz naturel, c'est le gaz d'origine fossile,
le GNR, parce que c'est la même molécule, donc c'est complètement
interchangeable, ou un mélange de l'un de ceux-ci ou de ceux-ci avec un GSR.
Donc, ça peut être un mélange.
Ce que les distributeurs font, c'est
qu'ils ont un tarif de fourniture de gaz naturel. Donc, c'est le mélange qu'on
a dans le réseau. Puis il y a aussi un tarif de fourniture de gaz de source
renouvelable. Le gaz de source renouvelable est plus cher, donc il y a un tarif
pour ce gaz-là. Pourquoi qu'on exclut le gaz naturel renouvelable au paragraphe
1°? C'est parce qu'il est déjà visé dans le paragraphe 2°, c'est simplement ça.
M. Kelley : C'est simplement
ça. OK.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Kelley
: Je pense
que je vais laisser mes autres collègues, je pense qu'ils ont des questions.
Le Président (M. Montigny) :
Oui. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon. Mme la
ministre, pourriez-vous me confirmer que l'objectif, ici, en réalité, c'est de
tenir compte de la différence de prix de production des gaz fossiles et des gaz
de source renouvelable et que ça vise, en réalité, à permettre à Énergir de
fixer un tarif moindre que celui du coût de production-distribution pour les
gaz de source renouvelable afin d'en favoriser la conversion, là, du gaz
fossile jusqu'au... vers le gaz de source renouvelable? Est-ce que c'est bien
l'objectif des articles qu'on est en train d'étudier? Parce qu'il faut revenir,
là, à... Pour que les Québécois comprennent ce qu'on est en train de faire, là,
c'est quoi, l'objectif de cet article-là? Au-delà, là, de la mécanique,
j'aimerais avoir l'intention du législateur dans cet article.
• (12 h 20) •
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, M. le député. Mme la ministre, vous aurez la parole quand
vous serez prête.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le <Président...
Des
voix :
...
Le Président (M. Montigny) :
Très
bien, Mme la ministre.
Mme Fréchette :
Merci,
M. le >Président. Donc, bien, le député de Jean-Talon est exact. Donc,
sa lecture de ce qui est recherché est la bonne, à savoir qu'on veut mousser le
développement du gaz de source renouvelable. Dans un contexte de transition
énergétique, je pense que c'est le message qui est le plus approprié à
transmettre.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député, vous avez la parole.
M. Paradis : Donc, est-ce que
j'ai raison de penser, aussi, que c'est lié aux règlements concernant la
quantité minimale de GSR devant être livrée par un distributeur, qui fixe des
objectifs à Énergir, notamment, à l'horizon 2025, 7 %, à l'horizon 2028,
10 %, et là... 10 %, pardon, à l'horizon 2030... je recommence, 5 %
des volumes totaux de gaz naturel distribué par Énergir à l'horizon 2025,
7 % à l'horizon 2028 et 10 % à l'horizon 2030, et que là,
actuellement, donc, la molécule de GSR coûte beaucoup plus cher que le gaz
naturel, mais qu'actuellement, avec la loi actuelle, Énergir ne peut pas
demander de fixer un tarif moindre que le coût d'acquisition? C'est bien ça?
Mme Fréchette : Exact. Vos
chiffres sont les bons. On en a parlé hier, et, voilà, l'ensemble de ce que
vous avez avancé est exact.
M. Paradis : Très bien.
L'article, aussi, permet de tenir compte du fait qu'il y a participation au
système de plafonnement et d'échange des droits d'émission pour qu'Énergir
demande de tenir compte de ces coûts-là, aussi, lorsqu'elle demande à la régie
de fixer des tarifs. C'est bien ça?
Mme Fréchette : C'est bien
ça.
M. Paradis : Donc, par le
biais de ces articles-là, Énergir va être capable de faire des offres plus
intéressantes à certains types de clients, pour dire : Si vous prenez du
gaz de source renouvelable, je vais être capable de vous offrir des meilleurs
tarifs que si vous continuez au gaz... avec les gaz d'origine fossile. C'est
bien ça?
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Alors, c'est
en vue d'accélérer la transition de la consommation vers du gaz de source
renouvelable.
M. Paradis : Est-ce que vous
pouvez me confirmer que la situation actuelle est qu'Énergir ne fait pas de
profits sur le coût de la fourniture, avec l'actuel article 52, et qu'avec
le changement que vous proposez au projet de loi n° 69 ça va demeurer le
cas, c'est-à-dire qu'Énergir ne fera pas davantage de profits, que ça, ça ne
change pas?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : C'est exact,
c'est exact. Alors, ça ne changera pas la situation pour ce qui est d'Énergir.
M. Paradis : Donc, le projet
de loi n° 69 ne changerait pas le fait que le nouveau cadre réglementaire
que vous proposez permettrait une tarification qu'Énergir appelle une
tarification plus adaptée, qui lui permet de vendre du GSR à un prix distinct
du coût d'acquisition, sans pour autant générer de nouvelles marges de profit.
C'est bien ça?
Mme Fréchette : C'est exact.
M. Paradis : On est en train
de parler de l'intention du législateur, hein? Donc, l'exercice sert à ça.
Certains sont venus, par contre, en consultations particulières, nous dire que,
oui, mais ce qu'il faut, aussi, c'est sortir... en gros, c'est bien de passer
du gaz fossile au gaz de source... au gaz de source renouvelable, mais
qu'idéalement, il faut sortir le gaz de l'équation, et que ces articles-là,
bien que bien intentionnés, pourraient avoir, pour objectif... ou pourraient
avoir comme effet, pardon, comme impact d'être un incitatif à la... à la
continuation, donc, du gaz de source renouvelable, alors qu'ultimement, ce
qu'on veut, c'est en sortir dans le futur. Est-ce que ça peut... est-ce que
vous avez calculé que ça peut avoir cet impact potentiel?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Oui, alors,
M. le Président, donc, en fait, j'entends, là, la préoccupation du député de
Jean-Talon, mais j'aimerais rappeler que ce n'est pas disponible ou accessible
à tous les types d'activités que de faire le passage du gaz à une énergie
renouvelable... bien, non... en fait, non fossile. Donc, il y a des secteurs,
par exemple, le transport lourd et, également, des procédés industriels pour
lesquels ce passage-là n'est pas nécessairement disponible ou possible à courte
échéance. Donc, on y va d'une forme de passage du gaz naturel à un gaz de
sources renouvelables. En ce sens là, ça s'inscrit dans un processus de
transition énergétique, mais ce n'est pas nécessairement au même titre que ce
qu'évoquait le député de Jean-Talon.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. M. le <député...
Mme Fréchette :
…au même titre que ce qu'évoquait le député de Jean-Talon.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. M. le >député.
M. Paradis : Option
consommateurs s'inquiète de cette mesure-là de la manière suivante, je les cite,
donc : «Option consommateurs s'inquiète que ces mesures puissent être
perçues comme un double incitatif à l'intégration de GSR dans les réseaux de
distribution. Bien que nous reconnaissions l'importance de promouvoir des
sources énergétiques moins polluantes, dans le cadre de la décarbonation, nous
estimons qu'il n'est pas nécessaire de fixer des tarifs inférieurs aux revenus
requis. Cette mesure pourrait également entraîner un manque à gagner, surtout
si les coûts des postes et équipements nécessaires à cette injection de GSR
sont déjà pris en compte.»
Donc, encore une fois, là, je reconnais
avec vous le fait qu'il y a une intention qui est louable, puis qui nous est,
notamment, annoncée de manière très transparente par Énergir, mais est-ce que
vous avez réfléchi à cette possibilité, donc, qu'à long terme, ça puisse avoir
un effet non voulu, qui est en fait l'effet inverse?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Alors, bien,
je rappelle, d'une part, que pour certains, donc, c'est le concept de
gradualité, je dirais, dans la transition énergétique, qui va devoir se mettre
en place. On a le PGIRE, par ailleurs, qui va nous permettre de voir à plus
moyen et long terme l'orientation qu'on va pouvoir prendre en termes de mix
énergétique. Mais ce qui demeure, c'est qu'à court terme, ce ne sont pas tous
les secteurs qui peuvent faire cette transition en laissant tomber complètement
le gaz comme source d'énergie. Mais avec le PGIRE et les développements
technologiques, je vous dirais, on va tendre vers une réduction du recours à
ces formes d'énergie, tout comme à une augmentation, aussi, de l'efficacité
énergétique ou de la sobriété énergétique. Merci.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député, vous pouvez y aller.
M. Paradis : Mais on n'adopte
pas une loi pour deux ans, ou trois ans, ou cinq ans, on adopte une loi à long
terme. Est-ce que cet article, tel que vous l'avez rédigé, est toujours aussi
pertinent en 2028, en 2035, en 2050? Est-ce que l'article est, donc… a toujours
le même effet, compte tenu de ce que la ministre vient de nous dire, à long
terme?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien, il faut
voir que cet article-là doit pouvoir être adapté à la réalité de 2027, de 2030,
de 2045 jusqu'à 2050. C'est notre objectif de long terme, j'en conviens, mais
en même temps, il faut qu'il soit applicable, également, à la réalité
d'aujourd'hui puis aux développements technologiques d'aujourd'hui. Donc, c'est
important de s'inscrire dans une perspective de transition, et je crois que
c'est ce qu'on fait avec l'article qu'on a, ici présent.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député.
M. Paradis : Énergir, elle,
dans les… dans les consultations particulières, c'était un des premiers
intervenants dans les consultations particulières, mais elle l'indique également
dans son mémoire, il dit : Il manque un bout à l'article 52.5 dont
vous proposez, là, la modification ou l'insertion par l'article 36 du
projet de loi n° 69. Il… Énergir dit : Oui, il manque le bout que… Bien,
d'abord, ce n'est pas nécessairement un tarif moindre. Eux, ils disent :
C'est un tarif distinct. Donc, le dernier, je vous parle du dernier alinéa de
l'article 52.5, au milieu, donc la… «à la demande du distributeur — donc
d'Énergir — la Régie peut fixer un tarif moindre», eux, ils disent :
Bien, c'est un tarif distinct, mais il dit : Nous, il faut qu'on aille le
récupérer, parce que l'idée, ce n'est pas de donner des rabais pour donner des
rabais, c'est qu'il faut qu'on socialise l'écart de coût entre le coût
d'acquisition de la molécule de GSR puis le coût du tarif ou le montant du
tarif qui est fixé pour le client. Il dit : Il faut qu'on le récupère avec
d'autres clients. Ça fait que, là, ils demandent de le mentionner que, bien,
ils vont aller récupérer cet écart de coût dans un autre tarif, ce qui
répondrait, en quelque sorte, à la préoccupation, aussi, d'Option
consommateurs. Parce qu'ils disaient : Bien là, ce qu'on est en train de
donner, c'est peut-être juste des rabais pour des rabais. Est-ce que vous avez
considéré cette modification qui vous est proposée par Énergir et qui pourrait
répondre en partie aux inquiétudes d'Option consommateurs?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je vais
prendre un moment, s'il vous plaît.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Nous allons donc suspendre quelques instants nos travaux.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
12 h 30 (version révisée)
(Reprise à 12 h 36)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes donc de retour. Avant la suspension, je pense, Mme la ministre,
vous aviez la parole.
Mme Fréchette : Oui. En fait,
j'aimerais céder la parole à Me Marois pour qu'il nous résume, en fait, ce que
l'on vient de discuter. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Tout
à fait. Me Marois, vous avez donc la parole.
M. Marois (Samuel) : Oui.
Donc, l'explication qu'on a, en fait, c'est que la préoccupation d'Énergir est déjà
couverte par la disposition qu'on a rédigée, parce que les tarifs du premier
alinéa sont des... ce sont tous des tarifs distincts, des postes tarifaires
distincts sur la facture du client. Donc, quand on dit que, la fourniture de
gaz de source renouvelable, le tarif peut être moindre, évidemment, ça crée un
manque à gagner pour le distributeur, qui devrait normalement assumer, mais le
paragraphe 5° lui permet d'ajouter un poste de coût, un tarif sur la
facture du consommateur pour aller récupérer des coûts que le distributeur
assume pour se conformer, notamment, à une obligation de distribuer dans le
règlement sur les gaz de source renouvelable que vous avez évoqué. Donc, c'est
déjà couvert.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Me Marois. D'autres interventions? M. le député de Maurice-Richard,
vous avez demandé la parole.
M. Bouazzi : Merci, M. le...
Le Président (M. Montigny) : Ah!
vous n'aviez pas terminé, hein? Est-ce que vous êtes d'accord, M. le député
de...
M. Bouazzi : ...
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Merci. Allez-y, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Oui, M. le
Président, je ne voulais pas manquer cette opportunité de continuer un dialogue
avec Me Marois sur un de ses articles favoris du projet de loi n° 69. On
comprend donc que, pour le législateur, quand on parle de récupérer, donc, au
paragraphe 5° du premier alinéa de l'article 52.5, quand on parle de
la récupération d'autres coûts qu'il assume... qu'il assume à titre d'émetteur,
on inclut dans la définition de tels coûts l'écart de prix généré par la vente
à un moindre prix que le prix d'acquisition d'une partie des molécules de GSR.
Dans l'intention du législateur, c'est un coût assumé par le distributeur, qui
rentre dans le paragraphe 5°, c'est bien ça?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : J'aimerais
céder la parole à Me Marois.
Le Président (M. Montigny) : Avec
grand plaisir. Me Marois, vous avez maintenant la parole.
M. Marois (Samuel) : C'est
presque exact. Je veux juste apporter une nuance, là, parce que, dans le
paragraphe 5°, il y a deux cas de figure. Plus là vous l'avez lié au
premier cas, qui est celui de l'émetteur visé à 46.6, ce n'est pas ce cas-là, c'est
le deuxième, pour se conformer à l'obligation déterminée en vertu de l'article 112,
juste pour le... pour éviter que ce soit interprété autrement, là. Mais
effectivement c'est déjà visé par le paragraphe 5°.
M. Paradis : ...c'est d'autres
coûts qu'il assume pour se conformer à une obligation de distribuer une
quantité de gaz de source renouvelable.
M. Marois (Samuel) : Oui, ça
rentre là-dedans.
M. Paradis : Donc, ça rentre
dans la définition de coûts qu'il assume.
M. Marois (Samuel) : C'est
parce que vous l'avez lié à l'émetteur, je voulais juste... je ne voulais juste
pas que ce soit... je voulais juste apporter la nuance que ce n'est pas dans le
premier cas de figure du paragraphe 5°, c'est dans le deuxième.
M. Paradis : Très bien. C'est
la deuxième moitié du paragraphe 5° du premier alinéa de l'article 52.5.
M. Marois (Samuel) : Exact.
Exact.
M. Paradis : Très bien. Puis
là vous avez parlé, puis c'est vrai, j'ai parlé de la préoccupation d'Énergir,
donc je pense que, là, elle trouverait réponse dans ce paragraphe-là, parce que,
là, vous dites : Bien oui, dans les demandes que vous faites à la régie, vous
pouvez en tenir compte pour socialiser les coûts.
• (12 h 40) •
Qu'en est-il maintenant de la... de la
préoccupation d'Option consommateurs, par exemple, et d'autres qui disent qu'ils
ne veulent pas que ça, ça devienne un incitatif à continuer à long terme avec
le... avec le gaz, peu importe la source du gaz? Donc, à long terme... Bon, d'abord,
le fait que ce soit une faculté, ça veut dire que ce n'est pas une obligation.
Donc, c'est-à-dire qu'Énergir pourrait demander de fixer un prix moindre puis
de ne pas récupérer la différence de prix dans un autre tarif. Donc là, il est
en train d'accorder un rabais au gaz.
Qu'est-ce que vous pensez, Mme la ministre,
du fait que ça demeure une faculté? Qu'est-ce qui se passe si Énergir ne le
fait pas? Est-ce que ça devient un incitatif à vraiment opter à long terme pour
le gaz? Et puis, deuxièmement, là, je reviens à la question à long terme, donc,
l'effet à long <terme...
M. Paradis :
...et puis,
deuxièmement, là, je reviens à la question à long terme, donc, l'effet à long
>terme de l'article.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Bien, écoutez, à long terme, là, moi, je m'en remets au PGIRE, parce
que le PGIRE va nous mener vers la décarbonation, va nous mener vers des
objectifs rehaussés d'année en année en termes d'efficacité énergétique, de
réduction de l'empreinte carbone. Alors, ça va nous faire avancer de manière
réaliste vers ces objectifs-là de moyen et de long terme. Donc, voilà.
Assurément il va falloir faire évoluer le
PGIRE en fonction de cette réalité-là que l'on veut atteindre, à savoir la
décarbonation. Donc, je pense que l'effet va se faire sentir au fil des ans. Et
des mesures nouvelles, probablement, vont apparaître au fil de ce parcours-là
pour faire en sorte que la transition se fasse de manière encore plus marquée,
encore faudra-t-il qu'aussi toutes les alternatives existent. C'est sûr qu'il
faut que les alternatives existent pour certains secteurs. Actuellement, ce
n'est pas... ce n'est pas disponible, mais, bon, on compte sur les
développements technologiques, notamment, pour faire en sorte que ça évolue.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Très bien, merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : La ministre... la
ministre se... Oui, je comprends, donc, il y a beaucoup de réponses qui... qui
vont se trouver dans le PGIRE. La ministre mise beaucoup sur le PGIRE, là. Ça
fait plusieurs fois qu'on entend ça : Ça va être dans le PGIRE. Je suggère
à la ministre qu'elle... réponse à une question qu'on se posait à un autre
endroit, que peut-être son article favori du projet de loi, c'est celui qui
concerne le PGIRE.
Mais, outre... outre cette partie-là des
réponses qui peut se trouver dans le plan... dans le plan de gestion intégrée
des ressources énergétiques, quels sont les garde-fous? Donc, quelles sont les
mesures d'atténuation qui sont proposées par le projet de loi n° 69? Donc, dans
la première partie de ma question précédente, là : Qu'est-ce qui se passe
si Énergir décide de ne pas faire ça, de ne pas exercer sa faculté de demander
de récupérer la différence de prix et se met à demander une tarification très
basse du gaz qui fait en sorte que le marché du gaz devient globalement, là,
avantageux, parce que ça coûte moins cher?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Bien, M. le
Président, ultimement, Énergir doit récupérer ses coûts, donc elle ne pourra
pas fonctionner à perte, et puis elle a des engagements de rehausser la part de...
du gaz de source renouvelable d'année en année. Alors, ultimement, je pense
qu'on peut compter sur le partenariat et la collaboration d'Énergir pour
accroître la part du GSR au fil des ans.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député.
M. Paradis : Oui, mais...
Bien, d'ailleurs, je serais curieux d'entendre la ministre là-dessus, là, parce
qu'il y a tout ceux qui prétendent que le... même le GSR, même le gaz de source
renouvelable, ce n'est vraiment pas l'idéal, puis ça, ce n'est rien que du
remplacement, le moins possible, puis il faut sortir le Québec du gaz, hein? Vous
l'avez entendu en consultations particulières. Il y en a que c'est ça qu'ils
veulent, et puis qui peuvent imaginer, en lisant cet article-là, bien, que ça,
ça va permettre à... aux distributeurs, à Énergir, par exemple, de garder
artificiellement le prix du gaz peu élevé puis qui va être un incitatif à dire :
Bien, on va aller avec le gaz, ça coûte bien moins cher. Puis là tu t'équipes,
puis là c'est... c'est plus difficile d'en sortir à long terme.
Donc là, actuellement, le projet de loi no
69, on en a convenu ensemble, j'en ai convenu avec la ministre, c'est bien
intentionné, cet article-là, c'est... ça permet à Énergir de fixer des prix
distincts, plus bas pour le gaz de source renouvelable, puis de dire aux gens :
Lâchez le gaz fossile puis allez vers le GSR. Mais c'est pour ça que je reviens
avec l'effet à long terme. Parce que, si Énergir, disons, ne le fait pas puis
dit : Bien, moi, je veux... tu sais, je veux garder des grandes parts de
marché puis je veux que plus de monde possible aille avec le gaz, qu'il soit de
GSR ou de gaz fossile... Qu'est-ce qui se passe, donc, si Énergir n'utilise pas
cette faculté-là de demander une tarification plus basse du GSR et de récupérer
ensuite les coûts avec d'autres consommateurs de gaz?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Bon, j'ai répondu à l'aspect, là, Énergir qui déciderait de ne pas
participer dans cette logique-là. Ils ont un modèle d'affaires qui doit se
tenir, des coûts à récupérer.
Par ailleurs, il faut voir que, bon, le
gaz de source renouvelable, il coûte plus cher, et sa présence dans le mix de
gaz va aller croissante. Donc, un élément qui coûte plus cher va... va aller
croissant, en termes de présence dans le gaz, alors, de facto, ça va faire en
sorte que ça va devenir plus cher au fil des années de s'approvisionner en gaz,
parce que la part du gaz de source renouvelable sera plus grande et elle coûte
plus cher. Donc, quelque part, il y a un signal de prix aussi qui va être
transmis aux consommateurs, que peut-être qu'ils devraient soit réduire leur
consommation de gaz ou encore se tourner vers d'autres sources d'énergie. Donc,
au fil des années, cet élément-là de signal de prix va faire son <effet...
Mme Fréchette :
...donc,
au fil des années, cet élément-là de signal de prix va faire son >effet.
M. Paradis : C'est... c'est
l'effet désiré. Ma question est vraiment sur les garde-fous qui existent dans
le projet de loi n° 69, ou peut-être qu'ils n'existent pas actuellement,
et mes questions visent à voir si on devrait les prévoir. Parce que, voici la
logique, je n'ai pas de tableau avec moi, là, ça fait que je vais le faire avec
mes mains, mais, actuellement — on va mimer — actuellement,
la molécule de gaz fossile coûte ça puis la molécule de gaz de source
renouvelable coûte ça. Le plan, c'est de faire en sorte que les gens optent de
plus en plus pour la molécule de gaz de source renouvelable, mais là,
actuellement, ça coûte cher. La loi actuelle prévoit qu'Énergir ne peut pas
charger un prix distinct de... Ça, ça me coûte... voici ce que ça me coûte pour
le fossile, voici ce que ça me coûte pour le gaz de source renouvelable. Donc,
le projet de loi dit : Tu vas avoir le droit de charger un coût moindre
ici pour inciter tes clients à passer à ça.
Je comprends que la ministre dit : À
long terme, ça va finir par s'équilibrer, mais il y en a qui craignent que ça,
ça donne un incitatif à aller vers le gaz, peu importe la source, alors qu'ils
pensent qu'à long terme il faut viser... je pense qu'il y a beaucoup de monde
qui s'entendent là-dessus, qu'il faut viser de passer à autre chose que le gaz,
que c'est... c'est une énergie transitoire.
Mais donc, là, ce que la loi dit :
Bien, vous... vous allez voir le droit de faire ça puis d'aller récupérer la
différence entre le coût que vous allez facturer pour le GSR puis le coût réel
d'acquisition de la molécule, que vous allez aller le chercher ailleurs dans
d'autres consommateurs de gaz. Ça, c'est une faculté, Énergir n'est pas obligée
avec le projet de loi n° 69. Ça fait que, là, on pourrait dire :
Bien, au lieu d'avoir des prix qui sont comme ça pour le gaz, donc globalement
assez élevés, bien là, ils vont être globalement assez bas et représenter un
incitatif vers le gaz. C'est ça, ma préoccupation, et je demande comment le
projet de loi n° 69 tient compte de cette préoccupation.
Le Président (M. Montigny) : ...je
me permets de dire : Même si ce n'est pas un tableau, c'est quand même
didactique. Merci, M. le député. Alors…
M. Paradis : C'est un député
didactique.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, quand vous serez prête.
Des voix : …
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, quand vous êtes prête.
Mme Fréchette : Bien, d'une
part, je rappelle qu'il y a... qu'il y a un modèle d'affaires qui doit tenir, qu'il
y a aussi un encadrement pour les parts de gaz de source renouvelable qui doit
augmenter d'année en année. Alors, ces éléments-là vont amener Énergir à
vouloir s'inscrire dans la trajectoire qui est prévue, suivant cet article-ci.
Puis j'inviterais le… Me Marois à compléter pour ajouter un élément également.
Le Président (M. Montigny) : Tout
à fait. Nous avons déjà le consentement. Alors, Me Marois, je vous laisse la
parole.
M. Marois (Samuel) : Oui, ce
que je peux dire, c'est que la faculté qui est donnée à Énergir dans cet
article-là, c'est de… effectivement, de demander un prix moindre pour répartir
les manques à gagner sur les autres. C'est vrai que ça reste une faculté, mais
ça, ce que ça permet, dans le fond, c'est de favoriser les ventes volontaires
de GSR. Donc, s'il y a plus de personnes volontaires à acheter du GSR puis à
payer un prix plus élevé peut-être pour celui-là, parce que les coûts
d'approvisionnement en GSR sont plus élevés que ceux en gaz naturel
traditionnel, bien, ça diminue les impacts pour tous les autres aussi. Donc, il
y a une partie qui est en… ça favorise le volontariat, puis le reste, bien,
c'est réparti sur tous les consommateurs.
• (12 h 50) •
Si cette faculté-là n'est pas exercée,
bien là, les coûts sont répartis sur tous les consommateurs, parce que, de
toute façon, étant donné le règlement qui oblige à avoir de plus en plus de GSR
qui circule dans le réseau, bien, ça, c'est des coûts que le distributeur n'a
pas le choix d'assumer. Donc, il va falloir qu'il soit récupéré auprès des
consommateurs. Donc, la différence entre exercer ou non la faculté prévue à…
par l'article, c'est le... de stimuler le volontariat puis de répartir
différemment les coûts pour… pour le GSR. Puis c'est d'ailleurs la stratégie
d'Énergir, là. C'est pour ça que… c'est ce qu'on comprend, c'est pour ça que
la… c'est pour ça que l'article est fait comme ça aussi, l'article donne la
faculté à Énergir.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien, merci. M. le député.
M. Paradis : Une loi, ça...
ça vise à fixer des standards pour le futur pour qu'on ait des normes sur
lesquelles se baser au cas où. Donc, loin de <moi...
M. Paradis :
...fixer
des standards pour le futur pour qu'on ait des normes sur lesquelles se baser
au cas où. Donc, loin de >moi de prêter... l'idée de prêter des
intentions à Énergir, qui a clairement indiqué son plan de match, là, de
transition, puis tout ça. Donc, je... je ne veux pas prétendre que c'est vers
là qu'Énergir s'en va.
Mais disons qu'il y avait un changement de
direction, un changement de gouvernement et que, là, on dit : Non, non,
finalement, le gaz, là, on veut continuer ça à long terme. L'effet du projet de
loi actuellement... Je continue mes mimes didactiques, là, mais, disons, cas
d'hypothèse : le gaz fossile vaut... coûte 10 $ puis le gaz de source
renouvelable, dont on dit que c'est huit fois plus à peu près, disons 80 $.
Ensemble... je fais vraiment des règles de trois, là, faciles, là, c'est
beaucoup plus complexe que ça, j'en conviens, mais ensemble, c'est 90 $.
Là, on dit à Énergir : Vous avez le droit de diminuer le prix de vente de
ça ici. Ça fait que, disons, vous allez... Je n'irai pas en bas, là, mais
l'idéal... Bien, en fait, je pense que l'idéal, oui, c'est d'aller en bas. Ça
fait que, là, c'est 10 $ moins, disons, 5 $, ou, disons, le
rapprocher le plus possible, disons... disons qu'il se rapproche, 20 $.
Là, soudainement, le gaz au Québec, c'est 30 $ au lieu d'être 90 $.
Donc, tu rends le gaz globalement attrayant à long terme, ce qui n'est pas
l'effet voulu. Donc, je demande s'il y a des garde-fous pour empêcher cet
effet-là, bien que l'intention... bien que l'intention soit louable. C'est... c'est
là-dessus, là, que je pose des questions.
Est-ce que par exemple... Je pose la
question : Est-ce qu'au lieu que ce soit une faculté de récupérer les
coûts... Parce que si c'est... si ce n'est pas une faculté puis si on dit à...
Parce que, là, vous, vous dites... vous comptez sur le sens des affaires
d'Énergir, ce qui est... ce qui est une logique... C'est d'une grande logique.
Tu dis : Bien, il va falloir que tu récupères tes coûts de toute façon, mais
il n'y a pas d'obligation dans la loi. Donc, comme certains le font dans
plusieurs secteurs, tu peux vouloir assumer des pertes pendant un certain temps
pour maintenir ton marché. Vous me suivez? Donc là, qu'est-ce qui empêcherait
de faire ça? Est-ce qu'on ne devrait pas avoir des garde-fous? Est-ce que la
faculté ne doit pas être encadrée différemment? Même Énergir dit qu'il faut que
les coûts... La différence entre le prix d'acquisition de la... de la molécule
puis le prix de vente moindre, elle doit la socialiser, Énergir. Est-ce que la
faculté devrait être transformée en une obligation? Je pose la question à la
ministre.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. M. le
Président, merci. Écoutez, le projet de loi, il est... il est basé notamment
sur la présomption que l'entreprise voudra être rentable, qu'elle ne voudra pas
viser des pertes, après des pertes, après des pertes. Je pense que ce n'est pas
l'instinct de base. Donc, j'entends que vous dites que ce n'est pas une
obligation qui est donnée, mais il y a une obligation à avoir un modèle
d'affaires qui se tienne pour une entreprise. Alors, je pense que ça, c'est
d'une logique implacable, et on ne mise pas sur le fait que l'entreprise
voudra, si elle change de direction, cumuler des pertes et ne pas recouvrir ses
coûts. Je pense qu'il n'est pas, comment dire, exagéré de présumer que
l'entreprise voudra avoir un modèle d'affaires qui se tient. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député.
M. Paradis : Avec égards, Mme
la ministre, je ne pense pas que le législateur puisse présumer des stratégies
d'affaires d'une entreprise. Je n'ai... je n'ai pas entendu dire que c'est un
principe d'interprétation des lois du Québec et je ne pense pas que vous pouvez
présumer ça ou tenir pour acquis que ça va être la stratégie commerciale du
distributeur de gaz principal ou de tout autre distributeur de gaz. Et donc je
vous demande si vous ne devriez pas tenir compte de ce risque pour mieux
encadrer la faculté que vous donnez à Énergir, qui est bien intentionnée, et je
le réitère, je comprends qu'actuellement Énergir nous dit qu'elle est bien
intentionnée, mais il peut y avoir des impacts inattendus de la loi quand vous
donnez cette faculté-là de réduire le prix du gaz et de le rendre plus
attrayant.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je pense,
j'ai... je suis intervenue à maintes reprises, là, sur les différentes
dimensions.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? Allez-y, M. le député.
M. Paradis : Est-ce que je
comprends de la réponse de la ministre que la réponse, c'est non? Elle
n'envisage pas d'encadrer différemment cette faculté donnée à... aux
distributeurs de gaz de réduire le prix du gaz, pour des bonnes raisons, mais
qui peut avoir des impacts par ailleurs inattendus?
Le Président (M. Montigny) : ...est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Je pense qu'en fait notre projet de loi il répond à la volonté qu'on
a d'augmenter la présence du gaz de source renouvelable dans le <marché...
Mme Fréchette :
...il
répond à la volonté qu'on a d'augmenter la présence du gaz de source
renouvelable dans le >marché, de s'inscrire et de s'engager davantage et
plus avant, en mode accéléré si possible, vers la transition énergétique. Et ce...
cet article en particulier me semble cadrer avec cette logique-là, tout en
respectant l'idée qu'une entreprise voudra couvrir ses coûts au fil du temps.
Ça me semble être un instinct, je dirais, de base dans le milieu des affaires.
Donc, on compte sur le fait que cet instinct-là va mener l'entreprise vers
l'orientation, l'horizon qu'on souhaite.
Le Président (M. Montigny) : Avant
de continuer, il vous reste moins de trois minutes, M. le député de Jean-Talon.
Il nous reste aussi moins de quatre minutes avant de suspendre. Alors, d'autres
interventions? D'autres interventions?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Parfait. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. D'abord, j'ai une question de clarification. Dans...
Des voix : ...
M. Bouazzi : Oui. Donc, quand
on dit : «La Régie en tenant compte des coûts assumés... distributeurs,
etc., la marge maximale»... voilà : «La Régie peut également tenir en
compte des revenus générés par la participation du distributeur à un marché
d'échange d'instruments établi pour favoriser la réduction des...», là on parle
bien du SPEDE. Donc, ici, est-ce qu'on parle de la situation où, quand un... on
va chercher du gaz renouvelable, là, du GNR, le... l'impact peut être
carbonégatif et que la partie carbonégative qui serait revendue sur le marché
soit justement accaparée par Énergir plutôt que le consommateur final?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...expliquer
davantage la question?
M. Bouazzi : ...et puis...
puis j'aimerais être éclairé, là, mais de ma compréhension, c'est qu'en gros il
y a deux GNR possibles. Bon, il y en a qui sont carboneutres et il y en a qui
sont carbonégatifs, c'est-à-dire qu'ils ont un impact négatif par rapport à la
génération de CO2. Donc, en gros, c'est l'inverse. Bon. Et, cet impact négatif,
bien, il se monnaye sur le... sur le marché, sur... de ce que je comprends
encore, hein? Mais... mais je n'ai pas l'impression d'avoir mal compris, la
vérité. Si j'ai tort, vous m'expliquerez pourquoi. Et donc la question qui se
pose, c'est, quand on va chercher la source... donc, quand c'est carboneutre,
on s'entend, ça... ça ne rapporte rien à personne, mais, quand c'est
carbonégatif comme GNR, à ce moment-là, la question c'est : Qui profite de
la partie négative de CO2?
Donc évidemment, vous vous doutez, Mme la
ministre, qu'il y a des industries qui meurent d'envie d'inclure cette
carbonégativité dans leur bilan carbone pour pouvoir continuer à émettre des CO2,
par ailleurs, et, du coup, se retrouver à se rapprocher quand même d'une
carboneutralité. Et une autre étude consiste à dire : Bien, Énergir
s'engage à leur donner du GNR, mais ne leur donne pas la source, et que la
source, qui, elle, est carbonégative, à ce moment-là, c'est Énergir qui va
l'échanger sur le marché du CO2 pour profiter, si on veut, des échanges qui...
Et donc je pense que ce que je dis est vrai. Maintenant, ce que je pense aussi,
c'est : Est-ce que ce dont on parle ici vient justement se rattacher à ce
que je viens de dire? Mais il se peut que je me trompe.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Je vous remercie vraiment de votre collaboration, mais, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 09)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles reprend ses travaux. Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 69, loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques en modifiant diverses
dispositions législatives.
Lors de la suspension de nos travaux cet avant-midi,
nous étions à l'étude de l'article 36. On se rappellera que M. le député
de Maurice-Richardavait posé une
question à Mme la ministre. Peut-être que, comme on a eu le temps de dîner, à moins
que Mme la ministre soit capable de se souvenir de la question, je pourrais soit
redonner la parole au député de Maurice-Richardou de faire une tentative à Mme la ministre, des fois qu'elle s'en
souviendrait. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M.
le Président. Donc, en fait, bien, j'ai échangé avec Me Marois, puis il y
avait un correctif ou un rectificatif, en fait, qu'on aimerait apporter par
rapport à la question, puis un a priori que le député avait et que moi-même j'avais.
Donc, j'inviterais Me Marois à préciser.
Le Président (M. Montigny) :
Avec plaisir. Me Marois, je vous laisse la parole.
• (15 h 10) •
M. Marois (Samuel) : Oui,
bien, peut-être juste faire une explication sur ce que fait l'article, puis
peut-être qu'on... si vous... vous pourrez... vous pourrez reformuler votre
questionnement pour qu'on puisse échanger sur cette base-là. C'est ce qu'on
suggérerait là.
Donc, le... il y a comme une distinction, là...
Bien, je vous amène, en fait, au deuxième alinéa. Moi, ce que je comprends, c'est
qu'on parle du marché d'échange d'instruments établi pour favoriser la
réduction des émissions de GES. On est à la même place? Donc, ce qu'il faut
comprendre avec ça, c'est que les producteurs de gaz de sources renouvelables
qui concluent des contrats d'approvisionnement en gaz avec les distributeurs, bien,
ils vendent le gaz aux distributeurs, puis il y a comme un accessoire à ce
contrat-là, qui est le... qui est la valeur associée aux attributs verts, qui
peut être négociée, que le distributeur peut acheter. Donc, ces attributs verts
là peuvent être valorisés sur les <marchés...
M. Marois (Samuel) :
...que
le distributeur peut acheter. Donc, ces attributs verts là peuvent être
valorisés sur les >marchés d'échange, puis il y a le règlement fédéral
sur les combustibles propres, qui crée un tel marché, qui permet de vendre ces
unités-là, puis le distributeur en tire des revenus.
Donc, ce que fait l'article, c'est qu'il
permet au distributeur d'utiliser ces revenus-là pour réduire ses revenus
requis pour l'établissement des tarifs. Donc, ultimement, c'est pour faire
baisser le tarif du consommateur. Puis la stratégie avec ça, finalement, ce
serait de... ça permettrait de... ça donne comme un outil additionnel par
rapport aux tarifs moindres, là, pour le GSR, dont on a discuté ce matin. Donc,
c'est un outil additionnel pour favoriser l'achat volontaire de GSR.
Le Président (M. Montigny) : C'est
bon? M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Donc, ça rejoint,
effectivement, ce que je disais quand... ce matin. Donc, juste pour être sûr
qu'on se comprenne, il y a, effectivement, des... ce que vous appelez des
attributs verts, qui sont, en gros, du carbonégatif, là, du CO2...
du moins CO2 à vendre sur le marché, bon. Et ce que vous dites,
c'est, donc, ces attributs-là, ce serait Énergir, pour ne pas les nommer, qui y
aurait accès en achetant ce gaz renouvelable là, qui le vendrait sur le marché
SPEDE, et avec l'argent que ça rapporte, ça permettrait de vendre tout le
renouvelable moins cher.
M. Marois (Samuel) : ...ce
n'est pas le marché SPEDE, c'est un autre marché.
M. Bouazzi : C'est lequel,
excusez-moi?
M. Marois (Samuel) : C'est
le... Le marché est créé par le Règlement sur les combustibles propres, du
fédéral.
M. Bouazzi : OK, donc c'est
juste au Canada. Ce n'est pas... ce n'est pas le SPEDE.
M. Marois (Samuel) : Ce n'est
pas le SPEDE.
M. Bouazzi : OK, je
comprends. Et comment... Parce qu'une des questions que je me posais, c'était :
Est-ce qu'on double... comment on fait pour ne pas double-calculer les
attributs? Donc, la personne qui produit le gaz renouvelable, elle n'a plus le
droit de, elle, faire appel à ce marché-là?
M. Marois (Samuel) : Bien, en
fait, c'est la réglementation fédérale qui le prévoit, mais je ne peux pas vous
en dire plus, là, à ce sujet-là.
M. Bouazzi : OK. Et moi, ça
me va, là. Mais donc, conclusion... Parce qu'une des demandes des industriels
qu'on avait entendues d'eux dans nos conversations avec eux, c'est de dire :
Énergir n'est pas capable de me donner la traçabilité du gaz renouvelable que
j'achète. Moi, ce que je voudrais, c'est acheter le gaz avec les attributs
verts pour pouvoir les compenser, d'autres CO2 que je produis. Ça,
donc, c'est mort, on est d'accord.
Le Président (M. Montigny) : ...Me
Marois ou Mme la ministre.
M. Bouazzi : Bien, ça
reprend... juste pour être clair, ça reprend exactement ce que vous disiez,
c'est-à-dire qu'il y a du GNR qui a des attributs verts et il y en a qui n'en
ont pas. Et donc, une des demandes de ce qu'on a entendu des grosses
industries, c'est de dire : Bien, nous, on veut, quand on achète du GNR,
comme on achète au prix qu'Énergir achète, bien à ce moment-là... Énergir,
évidemment, sans toutes les modifications qu'on est en train de faire, bien il
facture, en gros, les tubes par lesquels passe le gaz, là. En gros, c'est
principalement ça qui est facturé pour les... pour les industries. Et à ce
moment-là, ils se disent : Bien, moi, je voudrais avoir une traçabilité de
quel gaz j'achète, parce que, comme je paie pour, j'aimerais bien avoir les
attributs verts associés. Et là ce qu'on dit, c'est : Non, c'est Énergir qui
va les garder et puis qui va... c'est ce qui va permettre, entre autres, à
baisser le prix pour tout le monde sur tous les GNR, qu'ils aient des attributs
verts ou pas. OK. C'est bon? Oui, allez-y.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez demandé la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci. En
fait, j'aimerais apporter une précision, là, concernant, là, la traçabilité du
GNR, parce que, bon, Mme Deschenes a transmis un document d'Énergir qui
dit : «Le Bureau de normalisation du Québec confirme la traçabilité et
l'intégrité des achats de GNR au Québec», notamment que le GNR est d'origine
organique et renouvelable, sans molécules fossiles, que nous avions les stocks
suffisants pour répondre aux besoins des clients tout au long de l'année
financière, qu'il a été acheté et revendu une seule fois, donc le double calcul
auquel vous faites référence, là, il y a une certification, ici, qui est donnée,
et que les molécules disponibles à la vente ont été distribuées dans le <réseau...
Mme Fréchette : ...ici, qui
est donné, et que les molécules disponibles à la vente ont été distribuées dans
le >réseau gazier d'Énergir dans les 24 derniers mois. Donc, ça
précise, c'est par l'achat de GNR que vous faites l'acquisition des attributs
verts du produit et que vous pouvez donc les inclure dans votre bilan GES. Donc,
ça, ce sont les garanties qui sont offertes par le Bureau de la normalisation
du Québec en lien avec le GNR d'Énergir.
M. Bouazzi : Exact, c'est ça.
Mais moi, je parlais de la traçabilité de, parmi tous les GNR qui sont
injectés, lequel je suis en train d'acheter. C'était surtout ça, et ça, Énergir
ne l'offre pas. Il pourrait, là, mais il ne l'offre pas. Et puis ce que... ce
dont on parle, de toute façon, eux, ce qui les intéressait, c'est d'avoir accès
aux attributs verts, et ce dont on parle, c'est qu'ils n'iront... ils... nous
avons décidé, comme législateur, que ces attributs-là restent au niveau de la
compagnie qui transporte pour pouvoir faire en sorte que le GNR coûte moins
cher. C'est «fair», là. C'est juste pour que ce soit clair pour tout le monde.
Tant pis pour les grandes industries, qui espéraient autre chose, mais c'est un...
c'est un choix qui se défend. Honnêtement, les deux se défendent, là. Nous, on
n'a pas une position ferme sur l'un ou sur l'autre, là.
Je voudrais revenir sur la question,
justement, du gaz renouvelable. Hier, on avait parlé des capacités de créer du
gaz renouvelable dans nos réseaux, et puis je vous avais posé la question :
Mais quelle proportion du gaz actuel on pourrait avoir en gaz renouvelable?
Vous nous avez pointé l'étude qui a... de WSP, qui a été faite avec Deloitte,
d'ailleurs, comme ce qu'on... ce qu'on est allés... allés voir, et qui parle
d'un 12 % au début, mais qu'à terme on peut atteindre les deux tiers.
Cette étude-là a été commandée par Énergir, on s'entend. Est-ce que vous avez
accès... D'abord, est-ce que, donc, c'est une hypothèse qui vous semble
crédible, vous, comme gouvernement, de la prendre comme... comme input, l'idée
de pouvoir atteindre deux tiers de gaz renouvelable, enfin, deux tiers de
l'équivalent de ce qui est actuellement dans nos... dans nos tuyaux chez
Énergir, tout simplement?
(Consultation)
M. Bouazzi : Bien, le
12 %, il est d'ici... J'y vais de mémoire, mais je ne pense pas me
tromper.
Mme Fréchette : ...2030,
mais...
M. Bouazzi : Alors, il y a deux...
il y a deux questions. Il y a le 10 %, ça, c'est dans le plan d'Énergir. Puis
ensuite... Et puis dans le plan d'Énergir, il y a aussi une courbe qui va
jusqu'à 2050, qui inclut la captation carbone. Nous ouvrirons cette
conversation-là plus tard. Mais reste qu'Énergir a commandé une étude à WSP,
Deloitte, qui sont revenus pour dire : Bon, bien, le potentiel, il est de
12 %, mais, en gros, si on utilise à peu près tout ce qui est organique au
Québec, et si on gratte à peu près toutes les... tout ce qu'il y a dans nos
forêts on est capables d'avoir assez d'affaires organiques pour obtenir les
deux tiers de la consommation actuelle en gaz fossiles, donc les deux tiers de
ce qu'on... de ce qu'on consomme actuellement. Et donc je me demandais... Parce
que c'est un chiffre, vraiment, en tout respect à Deloitte et à WSP, là, assez
délirant, là, honnêtement, là.
Ça fait que je comprends, pour avoir
travaillé avec plusieurs de ces compagnies-là, qu'on ne mord pas toujours la
main qui nous nourrit là. Mais... donc, ma question c'est : Est-ce que le
gouvernement prend sérieusement ces chiffres-là comme étant... comme étant
réalistes?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, très bien. Maintenant, Mme la ministre, vous avez la parole.
• (15 h 20) •
Mme Fréchette : Oui, merci,
M. le Président. Donc, je crois que l'étude parlait, en fait, du potentiel
technique qui pourrait nous mener à deux tiers de gaz de sources renouvelables
si on récupérait tout ce qu'il est possible de récupérer pour contribuer à
créer du potentiel, donc.
M. Bouazzi : Donc, on est
d'accord que ça n'arrivera jamais, là?
Mme Fréchette : Écoutez, ça
va dépendre de la législation aussi, comment elle va évoluer. On a la capacité
d'importer aussi du gaz de sources renouvelables. Donc, si jamais on n'a pas la
capacité interne, au Québec, de... d'atteindre notre objectif, il y a cet
approvisionnement-là qu'on peut faire de l'extérieur. Mais tout... oui, ils le
font déjà, d'ailleurs, mais donc tout va dépendre aussi de la... à la fois de
l'évolution technologique, mais de la législation, là.
M. Bouazzi : C'est vrai,
effectivement, que c'est ce qu'on fait très majoritairement dans le réseau
d'Énergir en ce moment, le petit 2 % dont on parle. Mais, plus largement...
Non, je voudrais juste qu'on se mette.... je veux dire, en toute transparence,
Mme la ministre, je voudrais juste qu'on se mette d'accord que le chiffre de
deux <tiers...
M. Bouazzi : ...en
toute transparence,
Mme la ministre, je voudrais juste qu'on se mette
d'accord que le chiffre de deux >tiers de gaz renouvelable produit au
Québec et injecté dans notre réseau, donc deux tiers de l'équivalent du gaz
fossile qu'on utilise aujourd'hui n'est juste pas réaliste là, c'est... si on
peut se mettre d'accord là-dessus. Je veux dire, à moins que vous ayez
quelqu'un, un scientifique quelconque, autre qu'une commande d'Énergir, qui
affirme une telle affirmation, je pense que ce serait une hypothèse importante
à juste écarter dans le futur de nos débats, parce qu'ils sont importants, de
se dire, bien, en fin de compte on a une limite de gaz renouvelable, qui est
très important, là, il faut la cajoler, cette... ce gaz renouvelable, et
l'utiliser partout, on n'est pas capables de se passer de gaz.
Mais il ne faut pas penser que cette
limite-là rejoint les chiffres autres que... Il y a comme, encore une fois,
deux chiffres dans l'étude de WSP et Énergir. Il y en a un qui est à 12,5 %,
si mes souvenirs sont bons, et puis l'autre, qui parle du deux tiers, qui, lui,
est basé sur des hypothèses qui ne sont pas sérieuses, en fait.
Mme Fréchette : M. le
Président, bien, je ne peux pas présumer des développements technologiques que
l'on va vivre, là, dans huit ans, 15 ans, 17 ans. Je veux dire, on ne
peut pas fermer la porte à une évolution des technologies qui nous permettrait
d'atteindre ce niveau-là. Alors, moi, je ne me sens pas en capacité aujourd'hui
de statuer sur l'avenir. Je ne sais pas qui peut le faire ici, là. Mais il y a
une part d'évolution qu'on a vécue ces dernières années qu'on n'avait pas
prédite, je suis convaincue, il y a 20 ans. Alors, c'est la même chose
pour les 20 prochaines années ou 25 prochaines années, et ça
s'applique aux GNR comme à d'autres... d'autres domaines.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Alors...
M. Bouazzi : Je veux bien,
je veux bien qu'on prédise ça. Je suis d'accord avec vous, Mme la ministre,
mais dans l'état actuel des choses, on ne peut pas partir de l'hypothèse que
c'est vrai. On peut partir de l'hypothèse qu'on ne le sait pas. Ça, à la
limite, je veux bien être d'accord avec vous, là, mais on ne peut... on ne peut
pas partir de l'hypothèse que c'est vrai. C'est juste ça, mon point, là. C'est
une différence de ne pas savoir ce qui nous attend, et une autre, c'est de
prendre comme hypothèse que c'est possible. On peut difficilement prendre
l'hypothèse que c'est possible, et surtout pas baser l'avenir de la
consommation de gaz sur une hypothèse qui, pour l'instant, n'est pas possible
avec la technologie qu'on connaît. Est-ce qu'on est d'accord là-dessus, Mme la
ministre?
Mme Fréchette : D'accord
sur le fait qu'on ne connaisse pas l'avenir, oui.
M. Bouazzi : Et que,
donc, l'hypothèse des deux tiers est, pour l'instant, en connaissant... d'après
ce qu'on sait aujourd'hui, n'est pour l'instant, pas possible.
Mme Fréchette : On ne
peut pas la garantir.
M. Bouazzi : Bien là,
pour l'instant, on peut garantir qu'elle n'arrivera pas avec la technologie
qu'on a aujourd'hui.
Mme Fréchette : Ah! bien
ça, c'est autre chose. On peut en importer aussi, comme je disais tout à
l'heure. Actuellement, il y en a qui produisent du GSR au Québec et qui
l'exportent. On peut en importer également de l'Ouest canadien ou des États-Unis.
Alors, c'est ça. Moi, ce que je peux... ce que je peux vous dire, c'est que je
ne peux pas garantir l'atteinte de cet objectif-là, mais tout va dépendre de
l'évolution technologique puis de l'évolution de la législation.
M. Bouazzi : Parce que...
parce que mon point, c'est que, bon, on veut atteindre 10 % jusqu'à 2030,
et l'idée, c'est de dire : Bien, c'est quoi qui est raisonnable d'espérer
jusqu'à 2050? Imaginons que c'est 20 %. 20 %, c'est quand même pas
mal, là. Imaginons que c'est 20 %. Bien là, on se retrouve avec 80 %
de la consommation qu'il faut diminuer et on se retrouve avec toutes sortes de
tuyaux qui ont été faits, et qui ont un temps d'amortissement qu'il va falloir
payer pour. Qui va payer pour? Donc, c'est des vraies questions qu'on a à se
poser comme législateur, Mme la ministre, sur, bien, à qui on garantit du
renouvelable et à qui on ne pourra pas livrer de renouvelable, là. On ne peut
pas vivre avec juste l'espoir que la technologie va nous permettre de répondre
à ce besoin-là pour 100 % des consommateurs, on s'entend. D'ailleurs,
évidemment, même Énergir, malgré, parfois, son optimisme, ne nous propose pas
ça non plus, là.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, vous pouvez y aller.
Mme Fréchette : Merci.
Mais il ne faut pas... il ne faut pas non plus oublier qu'on est dans une phase
de transition énergétique et qu'il y aura donc de la conversion énergétique qui
va s'opérer. Et donc le volume global de gaz qui sera consommé au Québec va
varier dans le temps et va probablement diminuer, en fait. Donc, on voit ici
les estimés. Ça, c'est les estimés de Gaz Métro, trajectoire 2050. On voit
qu'ils ont un grand... une grande diminution des volumes de distribution de gaz
qui est prévue d'ici 2050. Donc, on parle de 6 250 mètres cubes pour
2022, qui baisserait à 5 600 en 2030, à 4 200 en <2040...
Mme Fréchette :
...Donc,
on parle de 6 250 mètres cubes pour 2022, qui baisserait à 5 600
en 2030, à 4 200 en >2040, 3 400 en 2050. Donc, on est dans
une trajectoire de réduction très marquée, presque la moitié moins, suivant les
estimés, là, de l'entreprise.
M. Bouazzi : ...vous êtes en
train de nous lire le... un document stratégique d'Énergir, c'est bien ça?
Mme Fréchette : C'est...
document de... oui, d'Énergir, là. Je ne vois pas le logo, là, mais c'est
Énergir, oui. On peut... on peut vous donner la source.
M. Bouazzi : Ah! je connais
très bien ce document, il est... il est très bien fait, d'ailleurs. La question
qui se pose, c'est : Quels sont les paramètres que nous avons, nous, pour
prendre des décisions? Et moi, je nous inviterais... C'est peut-être une
demande que je vous fais, Mme la ministre, c'est d'avoir deux... d'avoir une étude
sur ce qui est faisable, d'un point de vue gaz, qui n'est pas faite, produite
ou commandée par Énergir, étant donné le conflit d'intérêts... minimum,
l'apparence de conflit d'intérêts assez évident, là. Ça fait que je ne sais pas
si vous seriez ouverte à vous... à vous engager à faire une étude sur les
capacités de production de gaz renouvelable, d'un côté.
Puis aussi, tant qu'à être dans la
planification d'Énergir, à partir de 2030, il y a tout un aspect d'emmagasinage
de CO2 qui nous semble pour le moins optimiste. Ce serait bien qu'on
ait des études indépendantes qui nous permettent d'espérer quand même avoir des
données, en tant que législateur et puis aussi pour les Québécoises et
Québécois, qui sont... qui nous permettent d'avoir des débats démocratiques,
sains et ciblés.
Le Président (M. Montigny) : ...merci.
Mme la ministre, allez-y.
Mme Fréchette : Alors, M. le
Président, donc, le ministère, en fait, est en train de travailler à
l'élaboration d'un règlement pour le GSR pour la période post-2030. Donc, ça va
nous donner un cadre et des assises intéressantes, justement, pour voir venir,
et une assise qui n'est pas... qui n'émane pas, donc, de l'entreprise ou d'une
entreprise active dans le domaine. Ça va considérer notamment aussi l'évolution
des options d'emmagasinage. Bon, là-dessus, il y a des développements
technologiques, déjà, qui sont survenus, mais qui, assurément, vont survenir
plus avant. Donc, on a des entreprises comme Deep Sky, par exemple, qui font
des développements technologiques et qui tentent de creuser cette option-là.
Donc, voilà, ça va passer en revue les différentes options qui s'offrent à
nous, et qui vont porter sur la période post-2030. Donc, je pense que ça va
être un document d'intérêt.
M. Bouazzi : C'est pour
quand, ce règlement, Mme la ministre?
Des voix : ...
Mme Fréchette : Pour assez
bientôt. Je dirais, dans les prochains mois.
M. Bouazzi : OK. Et est-ce
que vous pourriez commander une étude indépendante pour voir le... je comprends
le règlement, là, mais pour voir le potentiel de création de gaz renouvelable,
d'un côté, au-delà... Parce que Deep Sky... C'est ça dont vous avez parlé,
c'est ça qu'elle s'appelle? J'ai oublié, oui, la compagnie.
Mme Fréchette : L'entreprise,
oui.
• (15 h 30) •
M. Bouazzi : Bon, on l'aime
bien, ils travaillent fort et ils ont des très beaux idéaux, mais,
concrètement, pour l'instant, il est possible que ça ne mène nulle part. Je
veux dire, on n'est pas dans une situation où c'est : Ah! ouf! on a la
solution pour l'emmagasinage. Ça fait que, si on peut avoir des études autres
que faites par les personnes intéressées, qui puissent nous dire qu'est-ce
qu'on peut créer comme gaz renouvelable, d'un côté, et puis le stockage
ensuite, là, ça nous aiderait vraiment beaucoup et puis ça aiderait aussi les
industries du Québec, là.
(Consultation)
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, je n'ai pas davantage d'informations, là, sur des sources, là, à
savoir est-ce qu'il existe des études en dehors de celle demandée par Énergir
et en dehors du règlement qui sera élaboré par le ministère. Je ne saurais pas
m'avancer à ce stade-ci...
15 h 30 (version révisée)
Mme Fréchette : ...demandées
par Énergir et en dehors du règlement qui sera élaboré par le ministère. Je ne
saurais pas m'avancer à ce stade-ci.
Peut-être que, dans le cadre de l'élaboration
du règlement, il y a justement des... une recherche pour des sources
additionnelles qui sera faite. J'imagine que ça fera partie du travail à
élaborer, mais, pour l'instant, je ne peux pas m'avancer sur des études que je
pourrais identifier.
M. Bouazzi : Bien, moi, mon
point, c'est qu'on a des chercheurs exceptionnels, notamment à ÉTS, ou à Polytechnique,
ou ailleurs, qui pourraient... à qui vous pourriez commander quelque chose d'indépendant.
Ça fait que je vous en fais la demande. Si
vous pourriez au moins évaluer ça, Mme la ministre, ça nous aiderait, là, parce
que, pour l'instant, tout ce qu'on a quelque chose, c'est... on a des... on a
des documents qui...
Au minimum, il y a de l'apparence de
conflit d'intérêts. Ce serait vraiment utile pour nous d'avoir des données qui
soient dénuées de cette apparence et qui nous permettent de prendre des
décisions objectives, là.
Mme Fréchette : Je vous
entends. Donc, on analysera l'idée. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, M. le député de Jacques-Cartier,
vous avez la parole.
M. Kelley : Je demande une courte
suspension. Nous avons un amendement à déposer.
Le Président (M. Montigny) : Sans
problème. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 32)
(Reprise à 15 h 37)
Le Président (M. Montigny) : Nous
reprenons donc nos travaux.
Au moment de la suspension, on a été avisé
de l'intention du député de Jacques-Cartier de déposer un amendement à
l'article 36. Cet amendement a été reçu. Il est présentement affiché à
l'écran. M. le député, vous pouvez en faire la lecture.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, l'amendement : Modifier l'article 52.5 de la
loi de la Régie de l'énergie introduit par l'article 36 du projet de loi
en ajoutant, à la fin, l'alinéa suivant :
«La Régie doit rendre une décision sur une
demande faite en vertu du présent article dans un délai d'au plus 60 jours
de sa prise en délibéré.»
M. le Président, la raison pourquoi j'ai
déposé ça, c'était quelque chose qui était soulevé par Énergir dans leur
mémoire. Et juste de rappeler un petit peu l'argumentaire.
Dans leur mémoire, ils parlent en général
de l'allègement de processus réglementaires dans une perspective d'accélération
de la transition énergétique. Ils soulèvent des préoccupations sur... de revoir
la périodicité des plans d'approvisionnement des distributeurs. Ils parlent un
peu de clarifier la séquence de fixation des tarifs, mais, dans la
section 2.3, définir les délais de traitement par la régie.
Et leur argumentaire sur... lire la suite
dans leur mémoire :
«La Régie étant un tribunal administratif
spécialisé qui définit ses propres règles de procédure, Énergir reconnaît que
le cadre procédural applicable aux débats doit bénéficier d'une certaine
souplesse. Énergir est d'avis que la loi devrait néanmoins préciser plus
clairement des orientations sur le sujet. À ce titre, il est essentiel que la
loi signale les délais à l'intérieur desquels des demandes devraient être
traitées par le Régie. En effet, les décisions de la Régie sont parfois rendues
dans des longs délais qui ont pour effet de rendre le processus réglementaire
imprévisible.
«Le projet de loi n° 69 précise que
dans certains cas, les décisions tarifaires en distribution doivent être
rendues dans les 60 jours de la prise en délibéré. Cette exigence devrait
aussi s'appliquer à la fixation des autres tarifs prévus au nouvel
article 52.5 de la LRE. Cette précision à la loi, sans devenir un carcan
inflexible, ajouterait de la prévisibilité dans le processus réglementaire tout
en favorisant un plus grand climat de confiance des parties prenantes,
demandeuses, fournisseuses, producteuses, intervenantes, à son endroit.»
• (15 h 40) •
Alors, c'est la raison pourquoi nous avons
pensé que c'était une bonne idée, au minimum, de déposer cette proposition d'un
amendement.
Je pense que ce n'est jamais, M. le
Président, une mauvaise chose, des fois, d'essayer de préciser des dates pour
une délibération, quand même, de rendre une décision, etc. Je pense que... Je
comprends l'argumentaire d'Énergir sur le fait que, peut-être, ça va ajouter
plus de prévisibilité dans le processus.
Alors, je ne sais pas si la ministre a une
réponse à notre suggestion d'amendements ou quand même une réponse pour Énergir
sur ce sujet-là. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Alors, Mme la ministre, quand vous êtes <prête...
Le Président (M. Montigny) :
…Alors,
Mme la ministre, quand vous êtes >prête.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, bien, écoutez, je rejoins le député de Jacques-Cartier dans
les constats et dans la nécessité d'aller de l'avant dans une période
relativement restreinte pour la prise de décision.
Et c'est exactement, en fait, ce qu'on a
fait déjà avec l'adoption d'un des amendements qu'on a adoptés. Donc, c'était
l'amendement 17.1, qui… de la Loi sur la Régie de l'énergie, qui vient
stipuler qu'une décision de la régie doit être rendue dans un délai d'au plus
60 jours de la date de la fin des observations et de l'argumentation des
participants, et être motivée.
Donc, on a déjà, finalement, bref, cette
approche-là qui a été adoptée avec l'amendement.
Et voilà, on se rejoint exactement au même
point. Donc, c'est une… quelque chose qui a déjà été fait.
M. Kelley : ...sur les
décisions concernant le gaz naturel, c'est vraiment pareil de qu'est-ce qu'on a
déjà adopté avec l'article 7.
Mme Fréchette : C'est ça. Le
60 jours, c'est pour l'entité de la régie, donc peu importe la nature,
l'objet de la décision.
M. Kelley : Parfait. Encore,
M. le Président, j'ai déposé ça pas à la demande, mais juste pour s'assurer
qu'on a… couvrir toutes les propositions qui étaient mises de l'avant par les
différents groupes.
Puis, ici, on en a une qui était précise
sur cet élément-là. Et je comprends qu'il y a le lien qui a été directement
fait avec l'article 17.
Alors, comme j'ai dit, je n'ai pas
vraiment des autres arguments, j'ai juste pensé que c'est important de
s'assurer que tout est réglé sur cette question. Merci beaucoup.
Puis on peut passer à un vote nominal, si
vous voulez, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Très,
très bien. Demande de vote nominal. Parfait. Alors, maintenant, est-ce qu'il y
a d'autres personnes qui voulaient s'exprimer? Non. Alors, nous procéderons,
Mme la secrétaire, par le vote en appel nominal.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, la proposition d'amendement est rejetée.
Nous revenons donc à l'étude de
l'article 36. Mme la ministre, juste savoir si vous avez…
Mme Fréchette : Moi, je n'ai
pas d'intervention additionnelle, là.
Le Président (M. Montigny) :
Non. Est-ce qu'il y a des interventions additionnelles sur cette section de
l'article 36? On se rappellera qu'on a choisi de le travailler par blocs.
On est donc au 52.5. Comme il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
passer tout de suite à l'étude du 52.6, toujours dans l'article 36. Alors,
pour la présentation de cette section 52.6, Mme la ministre, je vais vous
laisser la parole.
Mme Fréchette : Merci. Alors :
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 52.4, des suivants :
«52.6. La Régie fixe, conformément aux
premier et quatrième alinéas de l'article 49, avec les adaptations
nécessaires, et sur demande d'un distributeur de gaz naturel ou d'un producteur
de gaz de source renouvelable ou de sa propre initiative, les tarifs et les
conditions de service d'un distributeur... pardon, applicables à un tel
producteur pour l'injection de gaz de source renouvelable. La juste valeur des
actifs pouvant faire partie de la base de tarification d'un distributeur de gaz
naturel est celle afférente aux postes d'injection et aux installations et
équipements utiles à l'injection ainsi que celle correspondant à la différence
entre le montant visé au premier alinéa de l'article 51 et celui visé au
deuxième alinéa de cet article.»
Cet article prévoit que la régie peut
fixer des tarifs et des conditions de service applicables à un producteur de
gaz de source renouvelable pour l'injection de ce gaz dans un réseau de
distribution de gaz naturel, ainsi que la méthode utilisée par la régie et les
coûts qui peuvent être récupérés dans ces tarifs. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, est-ce qu'il y a des interventions? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Mme la
ministre, c'est très similaire à l'article qu'on a suspendu sur… où on a des
discussions, de 50… je pense, c'est 50 ou 51, où on parle des points
d'injection pour le… le gaz de source renouvelable.
Alors, c'est peut-être juste de comprendre
c'est quoi, la distinction? Est-ce qu'on rentre dans un petit peu de
concordance avec quelque chose qu'on n'a pas adopté encore, ou si, ici, c'est
plus pour le réseau de distribution, alors c'est l'étape <après…
M. Kelley :
...encore,
ou si, ici, c'est plus pour le réseau de distribution, alors c'est l'étape >après?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
maître...
Mme Fréchette : M. le
Président, j'inviterais Me Marois à nous préciser la nuance.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Me Marois.
M. Marois (Samuel) : Donc,
c'est un article qui est lié au nouvel article 50, qui est proposé à
l'article 29 du projet de loi, qui concernait, si vous vous souvenez bien,
les projets d'extension du réseau, là, de... pour l'injection de GSR.
Donc, dans cet article-là, on faisait la
partie qui concerne le consommateur, donc les consommateurs assumaient, dans
leur tarif, une partie du coût de la canalisation. Là, on fait la partie qui
concerne le producteur, qui paie la valeur des actifs autres.
M. Kelley : Je sais que ma
collègue de Robert-Baldwin... Je veux peut-être passe la place, mais on a la
même question, mais parce qu'on arrive ici puis on est en train de parler de la
juste valeur des actifs, mais ça dit quoi exactement, ça? Est-ce qu'il y a une
définition juridique? C'est un terme pas mal large, là, dans le sens que...
Alors, c'est... Nous, on a eu la même
question pour l'article 29, 50. Ça dit quoi exactement, la «juste valeur
des actifs»?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Me Marois.
M. Marois (Samuel) : La
«juste valeur des actifs», c'est le langage qui est utilisé quand vous regardez
le premier... le paragraphe 1° du premier alinéa de l'article 49, qui
est...
On se rappelle, 49, c'est la grande recette
pour fixer les... certains tarifs. Donc, le paragraphe 1° de cet
article-là dit que la régie établit la valeur... la juste valeur des actifs.
Donc, par renvoi, on applique la recette puis évidemment on utilise les mêmes
mots.
M. Kelley : Je pense, je vais
céder la parole à ma collègue de Robert-Baldwin, qui a des questions précises
là-dessus.
Le Président (M. Montigny) : Tout
à fait. Mme la députée de Robert-Baldwin, vous avez la parole.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Je pense qu'on va... De toute façon, cette notion-là était déjà dans
les autres articles qu'on a suspendus, ça fait que... Puis je l'avais mentionné
à un moment donné. Ça fait qu'on va y revenir, parce qu'évidemment la juste
valeur ça veut dire quoi? Parce que ce qu'on...
Il y a différentes façons d'évaluer un
actif, à sa juste valeur de remplacement, marchande? C'est quoi... Il me semble
qu'il manque quelque chose, là, dans la définition de la juste valeur.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...à nous
préciser.
Le Président (M. Montigny) :
Avec plaisir. Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Oui.
Donc, les gens du ministère pourront peut-être compléter ma réponse sur les
aspects comptables de la question qui excèdent mon expertise, mais je vous
réfère au deuxième alinéa de l'article 50, qui dit que, pour l'application
du paragraphe 1° de l'article 49, la juste valeur des actifs est
calculée sur la base du coût d'origine, soustraction faite de l'amortissement.
Je comprends que c'est la valeur nette comptable, dans le fond.
Puis ça, c'est quelque chose qui existe.
On le reprend parce qu'on fait une réécriture de l'article, donc il fallait
rebouger les textes. Donc, c'est pour ça qu'on le... C'est dans les textes
ajoutés, mais je porte à votre attention que c'est déjà ce que prévoit la loi.
Mme Garceau : ...vous avez
fait référence à quel? 50, l'article 50?
• (15 h 50) •
M. Marois (Samuel) : Le
nouvel... Je vous amène à l'article 29 du projet de loi.
Mme Garceau : Oui.
M. Marois (Samuel) : Prenez,
dans le texte proposé, colonne du milieu, le nouvel article 50 qu'on
introduit, le deuxième alinéa de cet article-là, qui dit : «De même, pour
l'application de ce paragraphe, la juste valeur des actifs est calculée sur la
base du coût d'origine, soustraction faite de l'amortissement.»
Puis, si vous regardez dans la colonne de
droite, là, de votre cahier, qui est le texte actuel de la loi,
l'article 50 dit exactement la même chose. Donc, il n'y a pas de
changement à ce niveau-là.
Mme Garceau : OK. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
Je vais vous revenir après, M. le député de Jean-Talon. Jacques-Cartier en
premier ou... C'est correct? Vous laissez au collègue de Jean-Talon? On va
aller avec monsieur...
M. Kelley
: Oh oui! j'ai
toujours laissé la place.
Le Président (M. Montigny) :
On va y aller avec le collègue de Jean-Talon.
M. Kelley : En alternance,
c'est correct.
Le Président (M. Montigny) : Aucun
problème. M. le député de Jean-Talon, vous avez la <parole...
Le Président (M. Montigny) :
...M.
le député de
Jean-Talon, vous avez la >parole.
M. Paradis : Oui. Merci, M.
le Président. En fait, c'est simplement pour la logique de notre analyse. Je me
demande si cet article ne devrait pas faire partie de la série qui ont été
suspendus, parce que le gouvernement, la ministre, je pense, nous revient
bientôt avec des propositions pour les articles 50 et 51, qu'on ne connaît
pas encore, mais cet article que nous analysons actuellement fait expressément
référence à l'article 51, au premier alinéa et au deuxième alinéa de cet
article.
Donc, moi, j'essaie de faire la
concordance, mais actuellement, puisqu'on a suspendu cet article-là, il me
semble que ça devrait être la même logique.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre, quand vous serez prête. Aucun problème.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous allons prendre une petite pause, on va... à moins que vous soyez prête,
là.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Non,
sans problème, on peut suspendre. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 53)
(Reprise à 15 h 54)
Le Président (M. Montigny) : Nous
reprenons donc nos travaux. Mme la ministre, je vous laisse la parole
maintenant.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Alors, pour précision, donc, les articles que l'on a... que l'on a
traités et que l'on a suspendus, articles 50 et 51, on comprenait, en
fait, que l'article 51, qui traite, là, des projets d'extension, n'allait
plus faire l'objet de nouveaux amendements, parce que la décision semblait
être... l'orientation semblait être convenue entre nous, et c'était plus sur
l'article 50 qu'il y avait du travail encore à faire.
Et, quand on regarde l'article 52.6,
eh bien, il porte sur l'article 50 et non pas l'article 51...
l'inverse, pardon, il porte sur l'article 51, qui me semblait faire
consensus, et non pas sur l'article 50, qui requiert encore un peu de
travail.
Donc, on proposerait, en fait, de
poursuivre les discussions puisque c'est lié à un article qui ne serait pas
appelé à être modifié à nouveau.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
sans problème. M. le député, je vous laisse la parole avec plaisir.
M. Paradis : Oui. Là,
c'est... Je conviens, pour les gens qui nous regardent, c'est un petit peu de
la quincaillerie, là, ce qu'on est en train de faire.
Mme Fréchette : J'avoue.
J'avoue. Je compatis.
M. Paradis : Mais c'est parce
que, oui, c'est vrai, je pense qu'il y avait... il y avait un alignement pour
le premier... le premier alinéa de l'article 51, mais on se souviendra
qu'on a eu une bonne discussion, notamment vous et moi, Mme la ministre, à
propos des présomptions qui sont créées, non seulement à l'article 50, mais
également au deuxième alinéa de l'article 51.
Cet article 51 est suspendu au
complet, et je veux juste qu'on se remette en tête, là, la dernière phrase de
l'article 52.6 dont on discute actuellement, et ça dit que :
«La juste valeur des actifs pouvant faire
partie de la base de tarification d'un distributeur de gaz naturel est celle
afférente aux postes d'injection et aux installations et équipements utiles à
l'injection ainsi que celle correspondant à la différence entre le montant visé
au premier alinéa de l'article 51 et celui visé au deuxième alinéa de cet
article.»
Donc, j'ai comme l'impression qu'il nous
manque peut-être des bouts, là, pour bien réfléchir à cet article-là, vu que
l'ensemble de l'article 51 est suspendu. En tout cas, pour la logique de
nos débats, est-ce qu'on ne <devrait...
M. Paradis :
...est
suspendu. En tout cas, pour la logique de nos débats, est-ce qu'on ne >devrait
pas attendre d'avoir votre texte de base puisque le 52.7 y réfère? Ça me semble
être dans l'ordre des choses.
Puis je ne suis même pas en train de dire
que j'ai... Il y a peut-être un enjeu, je ne le sais pas, là, c'est simplement
que, puisqu'on n'a pas l'article sur lequel celui-ci se repose, ça rend nos
débats plus difficiles, en tout cas.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Si vous
permettez, j'inviterais Me Marois à amener une précision pour le deuxième
alinéa de 51.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Oui. Bien,
en fait, il y a des mots communs entre tous ces articles, mais le sujet n'est
pas du tout le même. Par contre, sur la question des...
Donc, d'un point de vue logique, il y a
aurait... ce serait possible de continuer d'étudier 52.6 ou de suspendre pour
l'étudier avec le 29, mais, concernant la stratégie, pour la suite, je me
retourne vers Mme la ministre.
Mme Fréchette : Ce sont deux thèmes,
deux thématiques différentes, distinctes qui sont traitées à travers ces
articles. Donc, il n'y aurait pas d'incidence à modifier l'article 52.6
sur le deuxième alinéa de l'article 51.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à ce stade-ci, Mme la ministre, vous proposez de continuer.
Mme Fréchette : De
poursuivre, oui.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député.
M. Paradis : Bon, bon, bon,
c'est parce que je suis un peu surpris, là. L'article 52.6 qu'on
analyse actuellement réfère expressément à l'article 51, le premier et le
deuxième alinéa, dont on a suspendu l'étude. Donc, on ne sait pas le texte...
on ne connaît pas... on ne l'a pas devant nos yeux, le texte que vous allez
nous proposer avec des amendements, et là vous voulez qu'on parle d'un article
qui y réfère expressément. Je ne vois pas comment, parce que là il va falloir
qu'on recommence toute la discussion qu'on a eue hier, parce que là je vais
vous demander si vous êtes d'accord avec les présomptions.
Puis là, si on accepte 52.6, est-ce que ça
veut dire qu'on va être pris avec le texte sur lequel on a eu des discussions?
Il me semble, en tout cas, que la prudence
pour la qualité de nos débats ferait en sorte qu'on devrait suspendre cet
article-là qui dépend de celui qui est déjà suspendu, comme d'autres que vous
avez suspendus.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Écoutez, on
est dans des débats d'interprétation. Alors, moi, ça me va si on suspend la
discussion d'aujourd'hui pour vous en convaincre qu'il n'y aura pas d'impact
sur ce qu'on va vous ramener au 51, premier et deuxième alinéa. Alors, on peut
faire avec ça.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
vous me proposez de revenir plus tard, en réalité, à cette section de
l'article, parce que c'est comme... À moins que vous me demandiez de suspendre
tout l'article.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Bon,
je ne crois pas qu'on ait besoin de suspendre cette section, parce que, de
toute façon, on l'a déjà fait un peu plus loin. On était revenus quand même. À
moins qu'on arrive à la fin de l'article, puis que là vous souhaitez vraiment
le suspendre. Quand on arrivera à la fin, on le fera.
Mais ce que je vous propose, c'est de
passer au 52.7, là. Si je ne suis pas mêlé, là, c'est là qu'on devrait aller, à
52.7. Puis on y reviendra au 52.6.
Puis, à la fin, quand on aura fini le 36,
bien, on verra si vous souhaitez le suspendre.
Alors, on serait rendus à 52.7. Mme la
ministre, je vous laisse en faire la présentation. Toujours dans
l'article 36 à 52.7.
• (16 heures) •
Mme Fréchette : Alors, 52.7 :
«La Régie fixe, conformément aux premier et quatrième alinéas de
l'article 49, avec les adaptations nécessaires, et sur demande d'un
titulaire d'une licence de stockage ou de sa propre initiative, les tarifs et
les conditions de service applicables au stockage par ce titulaire de gaz
naturel ou de gaz de source renouvelable.»
Cet article prévoit que la régie fixe, à
la demande d'un titulaire d'une licence de stockage au sens de la Loi sur le
stockage de gaz naturel et sur les conduites de gaz naturel et de pétrole, les
tarifs et les conditions applicables à son service de stockage de gaz. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Est-ce qu'il y a des interventions? Il n'y a pas d'intervention. Alors,
comme il n'y a pas d'intervention, on va passer au prochain, mais, je vous le
répète, nous pourrons toujours revenir si jamais il vous revenait une
intervention sur cette section.
Ça nous amène à la dernière section de cet
article. Avant de voir si on le suspend ou non, regardons le 52.8.
Mme Fréchette : Donc :
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 52.4, des suivants :
«52.8. Une décision de la Régie fixant un
tarif de distribution d'électricité modifie l'annexe I de la Loi sur Hydro-Québec
(chapitre H-5). La Régie publie à la Gazette officielle du Québecl'annexe I
modifiée à la suite de cette fixation...
16 h (version révisée)
Mme Fréchette : ...l'annexe
I de la Loi sur Hydro-Québec (chapitre H-5). La Régie publie à la Gazette
officielle du Québec, l'annexe I modifiée à la suite de cette fixation.
«La Régie publie également à la Gazette
officielle du Québec tout autre tarif qu'elle fixe en indiquant la date à
compter de laquelle il prend effet.
«Le transporteur ou le distributeur d'électricité,
un distributeur de gaz naturel et un titulaire d'une licence de stockage
publient sur leur site Internet leurs tarifs et leurs conditions de service.
Ces derniers sont réputés faire partie de tout contrat conclu avec un client
relativement aux services visés au présent chapitre.»
Alors, c'est un article qui prévoit les
modalités de publicité des tarifs et des conditions de service fixées par la régie.
Il prévoit que la régie publie à la Gazette officielle du Québec tout
tarif qu'elle fixe en indiquant la date à compter de laquelle ce tarif prend
effet et une obligation pour les assujettis dont les tarifs et les conditions
de service sont fixés par la régie de publier ceux-ci sur leur site Internet.
S'agissant des tarifs de distribution d'électricité
d'Hydro-Québec, l'article prévoit que les décisions de la régie modifient l'annexe
I de la Loi sur Hydro-Québec. Enfin, cet article prévoit que les tarifs et les
conditions de service sont réputés faire partie des contrats conclus entre les
assujettis et leurs clients relativement aux services réglementés. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. Est-ce qu'il y a des interventions? Oui, M. le député de
Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Je vais
revenir à une discussion qu'on a déjà eue, mais on a un cas d'espèce. Donc, ici,
qui est le... qui est le client? De qui on parle quand on parle des clients,
par exemple, au troisième alinéa de l'article?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Alors, Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Le client,
dans cet article-ci, ça se trouve à être l'entreprise, donc, en l'occurrence, Énergir,
qui réfère à ce que l'on appelle le client. C'est plus général. En fait, là, je
donne un exemple avec Énergir, un organisme qui est en interaction
transactionnelle avec Hydro Transport et Distribution, les distributeurs de gaz
naturel.
M. Paradis : Bon, on
va... on va revenir, on va clarifier, là, puis on va se prendre... on va mettre
des noms puis on va clarifier les concepts. «Le transporteur ou le distributeur
d'électricité ou un distributeur de gaz... de gaz naturel et un titulaire d'une
licence de stockage». Donc, qui est le transporteur ou le distributeur d'électricité
dans cet alinéa-là?
Mme Fréchette : Le
transporteur est Hydro-Québec. Hydro-Québec Transport.
M. Paradis : N'est-ce
pas? OK, Hydro-Québec. Un distributeur de gaz naturel?
Mme Fréchette : Énergir,
exemple.
M. Paradis : Très bien.
Un titulaire d'une licence de stockage?
Mme Fréchette : Intragaz.
M. Paradis : Très bien.
Donc, les clients, ce n'est pas Énergir ici.
Mme Fréchette : Le client
d'Intragaz, c'est Énergir. C'est un client pour le service de stockage.
M. Paradis : Dans le cas
où c'est le titulaire d'une licence de stockage qui est l'objet principal de l'alinéa,
c'est ça, là, le client, c'est Énergir. Bon, mais mettons qu'on y va avec le
transporteur ou le distributeur d'électricité, ça, c'est Hydro-Québec, c'est
qui, le client?
M. Montigny : Très bien.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...qui
ont un contrat de distribution d'électricité avec Hydro, ou de transport.
M. Paradis : Donc, on
dit «le transporteur ou le distributeur d'électricité». Hydro-Québec, il
distribue. Alors, ces derniers sont réputés faire partie de tout contrat conclu
avec un <client. Donc, quand c'est le distributeur...
M. Paradis :
... ces
derniers sont réputés faire partie de tout contrat conclu avec un >client.
Donc, quand c'est le distributeur de l'Hydro-Québec, c'est qui, là, le client
dans cet... dans cet alinéa-là?
Mme Fréchette : C'est le
consommateur d'énergie, le client.
M. Paradis : Donc, ça peut
être un consommateur individuel d'électricité?
Mme Fréchette : Oui.
M. Paradis : Bon, je note
d'abord que les réponses que vous nous donnez nous ramènent à une discussion
qu'on a déjà eue sur l'importance de définir «clients», «consommateurs» parce
que, là, ce n'est pas exactement ce qu'on avait discuté la dernière fois, mais
ce n'est pas mon point pour l'instant, parce que ça, ça veut donc dire que cet
article-là... Le troisième alinéa, ce que ça dit, c'est que, à partir du moment
où Hydro-Québec met quelque chose sur son site Internet, cet article-là, cet
alinéa-là dit que ça fait partie du contrat conclu avec M. et Mme
Tout-le-monde, par exemple, qui est le client ici.
Or, il y a une règle très importante dans
notre droit, qui est d'ailleurs indiquée à l'article 1435 du Code civil du
Québec, que, ça, on veut éviter de faire ça parce que c'est une clause externe,
puis le Code civil dit qu'à moins que le contrat de consommation ou d'adhésion,
ce qui serait le cas des contrats entre Hydro-Québec puis ses clients... Une
clause qui ramène à une clause externe est nulle si, au moment de la formation
du contrat, elle n'a pas été expressément portée à la connaissance du
consommateur ou, sinon, si on allègue qu'il en a expressément pris
connaissance.
Ma question, c'est : Pourquoi, dans
le projet de loi n° 69, créer une règle qui va à l'encontre d'un principe
qui est vraiment fondamental, maintenant, dans le droit québécois, qui dit que,
quand un gros joueur comme Hydro-Québec passe un contrat avec un individu, tu
ne peux pas dire : Ah! il fallait que tu ailles voir sur mon site Internet
ou il fallait que tu ailles voir dans telle place, tout ça pour comprendre ton
contrat. On ne veut pas faire ça. Pourquoi, ici, encore une fois, on donne un
avantage à Hydro-Québec par rapport à des consommateurs?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. J'aimerais céder la parole à Me Marois.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Oui. On
pourrait commencer par faire peut-être un peu d'historique parce qu'à une
certaine époque les tarifs d'Hydro-Québec étaient fixés par règlement du
gouvernement. On remonte à même avant la régie, en 1996, puis les règlements
ont une... ce sont des normes réglementaires qui ont force de loi, si je peux
dire. Il y a une opposabilité d'office à quiconque... Quand on a créé la régie
en 1996, on a retiré au gouvernement le pouvoir réglementaire de fixer des
tarifs. On a confié cette responsabilité-là à la Régie de l'énergie, sauf que
la Régie de l'énergie, quand elle fixe les tarifs, les tarifs n'ont pas de
force... ce n'est pas une norme de nature réglementaire.
Donc, ce que fait l'article... Puis vous
référez aussi à l'article 1435 du Code civil du Québec. Le droit civil est
supplétif. Donc, ce qu'on fait avec cet article-là, c'est qu'on prévoit dans la
loi l'opposabilité des tarifs et conditions de service qui sont fixées par la
régie aux consommateurs, aux clients, puis ça vient aussi avec un mécanisme de
publicité, parce que, quand vous regardez le premier... le premier puis le
deuxième alinéa, vous voyez que les tarifs fixés par la régie sont publiés à la
Gazette officielle du Québec, qui est le... qui fait les publications
officielles, donc, comme les décrets du gouvernement, comme les projets de
règlement, puis vous avez comme le... Vous avez le double tour avec la
publication sur le site Internet qui permet, évidemment, dans le contexte
actuel, de rejoindre plus de gens que... peut-être que la Gazette officielle,
qui demeure la source officielle.
Donc, vous avez la publicité, vous avez
l'opposabilité, qui permet effectivement d'éviter l'enjeu de la clause externe.
Donc, on ramène un peu la question de la norme réglementaire qui existait avant
1996.
• (16 h 10) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Me Marois. Allez-y, M. le député.
M. Paradis : Merci beaucoup,
Me Marois. N'empêche que cet alinéa va vraiment à l'encontre de toute
l'économie du droit québécois, actuellement, qui est de favoriser le
consommateur, de lui faciliter la vie, pas de faciliter la vie aux gros
joueurs. Là, je m'adresse à Mme la ministre, là, mais la Gazette officielle,
là, je mets quiconque, ici, là, au défi de sortir dans la rue, demander à
1 000 personnes c'est quoi, la Gazette officielle, puis s'ils
l'ont déjà lue. Si vous en trouvez une sur 1 000 qui vous dit qu'ils
connaissent ça puis qu'ils sont déjà allez lire ça, vous allez être chanceuse.
Donc, personne... La Gazette officielle, là, ça, c'est un truc, là, pour
juristes aguerris, là, qui aiment bien, bien ça, aller fouiller dans les
affaires <complexes de législation...
M. Paradis :
...pour
juristes aguerris, là, qui aiment bien, bien ça, aller fouiller dans les
affaires >complexes de législation. Ce n'est pas une façon d'informer le
public.
Ensuite, de dire que, ah! on met ça sur le
site Internet, puis là on veut favoriser l'opposabilité de ça à des simples
citoyens... On va se parler, là, de clients, vraiment, mais qu'il y en a des
dizaines de milliers, là, des M. et Mme Tout-le-monde qui n'aiment pas ça,
aller sur Internet, qui n'ont pas encore toute la littératie, bien, même qui,
parfois, vont avoir des problèmes de littératie, mais qui ne sont pas à l'aise
avec Internet, puis là on leur dit : Ah! une fois qu'Hydro-Québec a mis ça
sur son site Internet puis a mis ça dans la Gazette officielle, ça vous
est opposable. Voyons donc, on parle de la... on parle de la base, là, de
mettre ça dans le contrat : C'est ça, votre tarif, c'est ça qui a été
décidé par la régie, je le mets dans votre contrat, monsieur ou madame, il est
là, il est clair.
La question que je pose, c'est le même
débat que la semaine... que la... pas la semaine passée, le temps passe vite, hier.
Pourquoi, dans ce projet de loi, on fait des cadeaux puis on facilite la vie au
joueur le plus... le plus équipé pour faire ce travail-là, Hydro-Québec?
Pourquoi il y a des cadeaux? Pourquoi on facilite la vie et qu'on complique la
vie aux consommateurs puis aux citoyens? Vraiment, je ne comprends pas d'en quoi
Hydro-Québec a besoin de ça, en quoi Hydro-Québec a... en quoi Énergir a besoin
de ça. M. et Mme Tout-le-monde, par contre, eux, ils ont besoin d'avoir de la certitude
sur ce qui est dans mon contrat, c'est ça qui s'applique, puis je n'ai pas
besoin d'aller voir à plein d'autres places. La Gazette officielle, quel
camelot livre ça, Mme la ministre, la Gazette officielle? Il n'y en a
pas. C'est compliqué à trouver. Donc, pourquoi on facilite la vie à
Hydro-Québec? C'est ça, la question.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, bon, il fut une époque où on publicisait ce genre d'information dans
des médias, dans des journaux, mais cette époque-là est révolue. Je me
demandais si le député de Jean-Talon avait une suggestion d'endroit ou de mode
de communication pour faire connaître davantage...
M. Paradis : J'en ai une.
Mme Fréchette : Il y avait...
M. Paradis : J'en ai une. Je
vous propose de changer cet alinéa-là parce que, là, ce que vous... c'est
encore une présomption que vous donnez en faveur du plus gros joueur. Ces
derniers... Donc, les tarifs et les conditions de leur service sont réputés
faire partie de tout contrat conclu avec un client relativement aux services
visés au présent chapitre parce qu'ils sont dans la Gazette officielle
et parce qu'ils sont sur Internet. Je vous propose de faire l'inverse puis de
dire : Ces tarifs et ces conditions doivent être inclus dans les contrats
avec les clients, point à la ligne. C'est ça, l'économie du droit québécois
maintenant.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Écoutez, il y
aurait toujours possibilité d'inclure dans la facture, qui constitue, en
quelque sorte, le contrat, un lien menant au règlement... en fait, aux tarifs,
au descriptif des tarifs, mais c'est volumineux, là, le descriptif des tarifs.
Alors, on ne peut pas imaginer que le descriptif des tarifs soit transmis à
tous les Québécois, mais il pourrait y avoir une mention dans les factures de
l'endroit où ils peuvent consulter les tarifs.
M. Paradis : Oui, c'est déjà
un pas en avant, Mme la ministre, c'est vrai, puis là je vous avoue peut-être
qu'il faudrait qu'on ait une image de ce que ça veut dire. Vous dites :
C'est très... c'est volumineux. Est-ce que tout ça a besoin d'être transmis? Je
ne sais pas, mais, pour bien comprendre ce dont on parle, c'est...
Quand il y a un article dans la loi qui
dit que les tarifs et les conditions sont réputés faire partie de tout contrat,
ça, ça veut dire que M. et Mme Tout-le-monde, qui veut dire : Heille! je
n'étais pas au courant, puis je ne le savais pas, puis je veux contester ça, il
part, là, mais avec une énorme montagne à remonter. C'est lui qu'il va falloir
qui prouve : Bien, je n'avais aucun moyen de le savoir, ce n'est pas ma
faute. C'est ça, le problème, c'est qu'on rend... on rend la tâche difficile
pour quelqu'un qui veut dire : Heille! je n'étais pas au courant.
Donc, ce que vous proposez, c'est déjà un
pas en avant, mais je me demande à qui c'est utile, ça. Est-ce que c'est juste
parce que c'est 82 pages d'information, puis qu'on ne veut pas transmettre
82 pages d'information? Si c'est ça, je voudrais le savoir, puis là, oui,
il y a peut-être moyen de faire autrement, mais pourquoi une telle... C'est
fort, réputé faire partie du contrat, ça, ça veut dire que M. et Mme
Tout-le-monde, quand je t'envoie un truc, même si ce n'est pas écrit, ça fait
partie de ton contrat, puis bonne chance pour me dire que tu ne le savais pas.
Le Président (M. Montigny) :
Bien, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je vais juste <prendre
un petit moment...
Mme Fréchette :
...je
vais juste >prendre un petit moment. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons donc suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 16)
(Reprise à 16 h 24)
Le Président (M. Montigny) : Nous
reprenons nos travaux. Au moment de la suspension, Mme la ministre, vous aviez
la parole. Je vous redonne la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci,
M. le Président. Alors, on a fait une petite recherche pour savoir ce qu'il en
était du volume des documents dont il est question ici. Alors, les conditions
de service, en ce qui a trait à la clientèle résidentielle, toutes catégories
de clientèles confondues, c'est un document de 156 pages, et le descriptif des
tarifs, c'est un peu plus de 220 pages, 223 pages. Donc, ce sont des documents
très volumineux.
On a regardé également sur les factures
d'électricité mensuelles, et, sur ces factures-là, il y a une référence au site
Internet d'Hydro-Québec, site dans lequel on peut trouver justement le
descriptif des conditions de service. Donc, à ce niveau-ci, je vous dirais que
c'est une question, je dirais, de type administrative, là, quant à la
visibilité des conditions de service dans le site Internet d'Hydro-Québec.
Donc, voilà, je pense que c'est un
document qui ne peut pas être très éclairant pour le commun des mortels.
Advenant qu'il reçoive un 223 pages de description des tarifs et un 156 pages
de conditions de service, je ne suis pas certaine qu'on atteint l'objectif de
rendre ça plus accessible. C'est disponible sur le site Internet pour qui veut
s'informer, et le lien vers le site Internet apparaît sur les factures
d'Hydro-Québec. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. M. le député de Jean-Talon, vous avez la parole à nouveau.
M. Paradis : J'ai un amendement
qui est transmis actuellement au greffe. Donc, merci.
Le Président (M. Montigny) : Nous
semblons l'avoir reçu? Pas pour l'instant. Donc, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 16 h 26)
(Reprise à 16 h 29)
Le Président (M. Montigny) : Nous
reprenons donc nos travaux. Au moment de la suspension, M. le député de
Jean-Talon, vous avez présenté une proposition d'amendement à
l'article 36. Il est affiché à l'écran. Je vous laisse le présenter.
M. Paradis : Très bien. La
proposition d'amendement se lit comme suit. Donc, à l'article 52.8 de la
Loi sur la Régie de l'énergie, inséré par l'article 36 du projet de loi,
retirer la dernière phrase qui se lit comme suit : «Ces derniers sont
réputés faire partie de tout contrat conclu avec un client relativement aux
services visés au présent chapitre.»
L'article se lirait donc comme suit. Si on
peut faire descendre l'écran... Merci.
Le Président (M. Montigny) : Comme
ceci, ça vous convient?
• (16 h 30) •
M. Paradis : Oui, merci. «Une
décision de la Régie fixant un tarif de distribution d'électricité modifie
l'annexe I de la Loi sur Hydro-Québec (chapitre H-5). La Régie publie à la
Gazette officielle du Québec l'annexe I modifiée à la suite de cette
fixation.
«La Régie publie également à la Gazette
officielle du Québec tout autre tarif qu'elle fixe en indiquant la date à
compter de laquelle il prend effet.
«Le transporteur ou le distributeur
d'électricité, un distributeur de gaz naturel et un titulaire d'une licence de
stockage publient sur leur site Internet leurs tarifs et leurs conditions de
service.»
L'objectif de cette modification, Mme la
ministre, c'est d'enlever cette dernière phrase où vous dites que ce qu'on met
dans la Gazette officielle, ce qu'Hydro-Québec ou Énergir met dans la Gazette
officielle, ce qui est mis sur Internet, automatiquement, tout client est
considéré comme l'ayant su, puis ça fait partie de ton contrat. Ça, c'est la
politique du pire parce que ça donne un avantage aux gros joueurs de dire :
Ah! moi, dès que j'ai mis ça sur mes réseaux publics, dès que j'ai mis ça dans
la Gazette officielle, ça fait partie de ton contrat. Hydro-Québec et Énergir
n'ont pas besoin de cette présomption-là. Le fait de l'enlever, ça n'enlève
rien, parce que je suis d'accord avec vous, là, tu sais, si on parle de 152
pages d'information, il n'y a personne qui est en train de dire ici que...
16 h 30 (version révisée)
M. Paradis : ...ça n'enlève
rien, parce que, je suis d'accord avec vous, là, tu sais, si on parle de 152 pages
d'information, il n'y a personne qui est en train de dire ici que là il faut l'envoyer
par la poste sous pli, ce n'est pas ça. Mais là ce sont les règles normales,
habituelles qui vont s'appliquer, donc qui vont faire que le distributeur, ou
le transporteur d'électricité ou de gaz, ou le titulaire d'une licence va
devoir démontrer qu'il a fait ce qu'il faut pour informer son cocontractant des
conditions qui s'appliquent au service, puis des tarifs qui s'appliquent,
surtout quand c'est un consommateur individuel où là ce que notre droit dit, c'est
que c'est au gros joueur de faire tout ce qu'il peut pour dire : Ça, ça
fait partie de ton contrat. Regarde, ça fait partie de ton contrat, pas de dire :
Moi, j'ai fait le minimum, débrouille-toi. Donc, cette dernière phrase-là, c'est
la politique du pire pour les consommateurs. Je propose qu'on l'enlève et
simplement de revenir aux règles normales.
Ce que vous proposiez tout à l'heure, par
exemple, Mme la ministre, ça pourrait s'appliquer, là on prend des mesures,
mais on va le plus loin possible pour dire à son cocontractant : Voici ce
qui fait partie de ton contrat, pas dire : J'ai fait le minimum puis
arrange-toi. Je le réitère, là, ce n'est pas l'économie de notre droit. Donc,
ça n'enlève rien à personne, c'est les règles habituelles d'information de son
cocontractant qui vont... qui vont s'appliquer.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, très bien. Maintenant, Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Écoutez, je
ne pensais pas qu'on en viendrait à scruter les factures d'Hydro aujourd'hui, alors...
Mais je prends connaissance, là, de la proposition d'amendement du député. Moi,
je suis... je suis à l'aise avec le libellé, là, qui apparaît dans le projet de
loi, à savoir que le transporteur ou le distributeur publient, sur le site
Internet, leurs tarifs et les conditions. Et j'ai vu que, sur la facture, il y
avait le site Internet d'Hydro-Québec sur lequel se trouvent à la fois les
tarifs et les conditions de service entourant les clients. Donc, à partir de
là, je suis à l'aise avec ça. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député.
M. Paradis : Mais là, j'ai
entendu la ministre dire qu'elle est à l'aise avec la formulation actuelle. Je
réitère que cette formulation-là va à l'encontre des objectifs du Code civil du
Québecet des textes... du texte de l'article 1435, là. Me Marois l'a
mentionné tout à l'heure, lorsqu'il s'agit d'un consommateur, d'un individu, c'est
l'inverse qu'on veut faire. On est... La ministre est vraiment à l'aise avec l'idée
de dire : Bien, quand c'est un consommateur, quand c'est M., Mme Tout-le-monde,
on favorise le gros joueur alors que, dans un... dans le Code civil, ce qu'on
dit, c'est, quand ça renvoie à une clause externe... Ça, c'est une clause externe,
ça veut dire qu'une grosse partie de ton contrat, il est ailleurs. Je ne te l'ai
pas porté spécifiquement à ton attention. Le Code civil, ça dit : Ça, c'est
nul, à moins que tu démontres que tu as fait tout ce que tu pouvais pour la
porter à l'attention du consommateur, parce que M. et Mme Tout-le-monde, ce n'est
pas facile pour lui. Ce n'est déjà pas facile de comprendre les conditions de
ces contrats avec Hydro-Québec. Vraiment, on est à l'aise avec un article d'un
projet de loi qui vient dire l'inverse de l'économie du Code civil du Québec? Ce
n'est pas... ce n'est vraiment pas compliqué, là, ce qui est demandé par cet
amendement-là, c'est simplement de revenir aux règles usuelles du droit
québécois en matière de contrats, c'est tout, de pas chercher à favoriser le
plus gros joueur, c'est tout.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Il y avait
une intervention du député de Maurice-Richard.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
M. le député de Maurice-Richard, je vous laisse la parole.
M. Bouazzi : Merci.
Le Président (M. Montigny) : Juste
sur l'autre micro. Merci.
M. Bouazzi : Oui, merci, M.
le Président. Je dois avouer que je n'avais pas fait attention à cette partie-là,
et que mon cher collègue de la deuxième opposition... la troisième, pardon,
bref, mon cher collègue du Parti québécois, je le trouve très convaincant, et
je ne comprends pas trop pourquoi est-ce que, je veux dire, Hydro-Québec ne
ferait pas ce qu'elle a à faire pour bien informer les quelques millions de
consommateurs, au moins, privés. Encore une fois, je trouve ça très, très
raisonnable comme... comme demande venant, je ne sais pas, moi, de notre
compagnie de téléphone ou d'Internet, on aurait trouvé ça absolument
inacceptable, venant d'un joueur public dont nous sommes toutes et tous
propriétaires conjointement à travers l'État québécois, je trouve ça encore
plus inacceptable. Ça fait que... ça fait que j'appuie avec beaucoup de...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, très bien. Mme la ministre, souhaitez-vous prendre la parole à ce
stade-ci?
Mme Fréchette : Oui. Bien, je
pense qu'il y a nécessité de porter à la connaissance des clients les tarifs et
les <conditions de service...
Le Président (M. Montigny) :
...très
bien, très bien. Mme la ministre, souhaitez-vous prendre la parole à ce
stade-ci?
Mme Fréchette :
Oui.
Bien, je pense qu'il y a nécessité de porter à la connaissance des clients les
tarifs et les >conditions de service, et cette mise en connaissance par
les clients se fait à travers la référence au site Internet de l'organisation.
Donc, je me... je verrais mal que les clients d'Hydro-Québec reçoivent les
225 pages et 156 pages des conditions de service et de tarif, puis je
ne pense pas que ça aiderait, ça contribuerait à une meilleure connaissance des
conditions de service par les clients. Donc, voilà. Je suis...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, très bien. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : J'entends, Mme la
ministre. Je reste persuadé qu'Hydro-Québec est capable de transmettre juste
quelques lignes pertinentes pour la personne pour qu'elle comprenne sa
facturation et non pas les 250 pages. On peut bien imaginer
qu'Hydro-Québec avec... après les quelques lignes, mette un lien vers
250 pages, mais là on n'est pas en train de dire qu'il faut transmettre
250 pages, on est juste en train de dire qu'il faut bien informer les
gens, et probablement que transmettre 250 pages, ce n'est pas bien informer
les gens. Donc, je suis persuadé qu'Hydro-Québec est capable de faire mieux.
D'ailleurs, je salue un certain nombre de
communications très positives qu'Hydro-Québec peut nous envoyer sur des pannes
d'électricité à travers l'application mobile, à travers toutes sortes de
choses. Je reste persuadé que l'équipe de communications peut faire quelque
chose de très positif, autre que dire : Vous êtes censés le savoir. Donc,
je ne suis pas sûr de l'argument de Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, Mme la
ministre...
Mme Fréchette : ...qui a levé
en premier la main, là...
M. Kelley : Ah! OK. Bien,
moi, je vais commencer et après ça, je vais céder la parole...
Mme Fréchette : ...proche au
fil d'arrivée.
M. Kelley : ...àma
collègue.
Le Président (M. Montigny) : ...au
député de Jacques-Cartier, on ira avec Robert-Baldwin par la suite.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Mme la ministre, est-ce que cette formulation qui était
présentée par mon collègue de Jean-Talon a créé un préjudice pour Hydro-Québec
ou Énergir?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, très bien. Mme la ministre.
(Consultation)
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 39)
(Reprise à 16 h 40)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous avons donc repris nos travaux. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président, donc... Bien, le libellé actuel, en fait, il vient avec un processus
qui, en lui-même, est public. Les tarifs sont fixés en vertu d'une loi publique
dans un contexte public. Donc, je trouve qu'il y a vraiment un élément
additionnel à prendre en considération, et le libellé actuel mène également
vers les informations qui sont disponibles sur le site Internet. Donc, moi, je
suis à l'aise avec le libellé actuel, je trouve qu'il vient... il rassemble
l'ensemble des dimensions nécessaires.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : M. le Président,
bien, la raison pourquoi j'ai posé la question si ça créait un préjudice pour
Hydro-Québec ou Énergir... parce que, s'il n'y a pas un enjeu de leur côté,
pourquoi ne pas juste garder la formulation présentée par le député de
Jean-Talon? Parce que ça ne change rien pour Hydro-Québec ni pour Énergir, et
peut-être qu'on va ajouter une partie qui rassure un client ou un consommateur
individuel. J'étais vendu par les arguments de mon collègue qu'ici, peut-être,
on va faire partie... qu'encore c'est comme le fardeau, c'est un peu sur le
consommateur, sur le client. On aide Hydro-Québec et Énergir, les plus gros
joueurs, contre les personnes individuelles. Puis, quand même, mon collègue a
soulevé des enjeux peut-être avec le Code civil, alors...
Tu sais, si c'est le cas, ça ne change
rien pour Hydro-Québec ni pour Énergir, bien, pourquoi ne pas juste garder la
formulation qui était présentée par le député de Jean-Talon? Alors, on va
appuyer l'amendement de notre collègue.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? Oui, je vous l'avais dit, Mme la députée de
Robert-Baldwin, je vous <donne la parole...
M. Kelley :
…appuyer
l'amendement de notre collègue.
Le Président (M. Montigny) :
Très
bien. D'autres interventions? Oui, je vous l'avais dit, Mme la députée de
Robert-Baldwin, je vous >donne la parole.
Mme Garceau : Merci, merci,
M. le Président. Oui, on va appuyer la demande d'amendement de notre collègue
de Jean-Talon, et j'ai beaucoup de difficultés à comprendre le refus d'accepter
l'amendement. Parce qu'il y a deux volets, il y a le volet en termes de
publication pour informer, l'information en termes des tarifs, la connaissance
en ce qui a trait aux consommateurs des tarifs, bien, c'est sûr et certain que
tout le monde reçoit ses factures, et tout ça. On a droit, consommateurs, de
communiquer avec Hydro-Québec, poser des questions, et tout ça.
Mais la deuxième, la dernière partie, là
on est en train d'établir ou… c'est la création, dans un certain sens, dans ce
texte de loi, une obligation comme contractuelle. Là, on est dans le
contractuel, on n'est pas dans la transmission d'informations : Voici les
tarifs, ils sont fixés à x montants. Là, on est en train de dire un petit peu
ce qu'on ne peut pas faire… on est en train de faire indirectement ce qu'on ne
peut pas faire directement, mais là on est en train d'intégrer cette… si je
peux dire, comme une obligation contractuelle qui fait en sorte que ces
derniers sont réputés faire partie de tout contrat conclu avec clients,
consommateurs relativement aux services visés au présent chapitre.
Et c'est là où ça cause un préjudice, et
c'est pour cette raison, vraiment, est-ce que c'est… pour la ministre, d'où vient
l'utilité d'avoir cette partie-là, parce qu'on va bien au-delà de la
transmission d'informations des coûts liés aux tarifs?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Oui, mais c'est
intéressant parce qu'ici on peut prendre la ministre au mot. Elle vient dire
tout à l'heure, dans la réponse, je pense à notre collègue de Maurice-Richard :
Oui, oui, mais là Hydro-Québec va pouvoir dire à ses clients d'aller voir sur
Internet. Je le dis, ce qu'il y a actuellement, dans l'article, la dernière
phrase de l'article proposé, c'est la politique du pire. Parce qu'Hydro-Québec
n'aura… ne sera même pas forcée de faire ça. Si elle ne le fait pas, ce n'est
pas grave, elle va pouvoir se reposer sur l'article quand il y a un client qui
va dire : Bien oui, mais moi, je ne le savais pas, puis je veux que ça ne
s'applique pas ou je veux contester telle chose. Là, il va partir avec deux
prises, parce que là on va regarder dans l'article, on va dire : Ah! moi,
on m'a dit… la loi m'a dit que, dès que je fais le strict minimum, je mets ça,
dans la Gazette officielle, qu'il y a deux tondus puis trois pelés au
Québec, qui savent c'est où puis qui la lisent.
Puis je l'ai mis sur mon site Internet,
les 250 pages dont vous parlez ou les 150 pages sont sur Internet. Je
n'ai même pas besoin de t'avoir dit que c'était là puis que ça faisait partie
de ton contrat. La loi, adoptée par ce gouvernement, prévoit que je m'assois
là-dessus, j'ai fait le minimum. Merci. Bonsoir. Bonne chance. Remonte la côte
maintenant. C'est ça que ça dit, l'article, c'est vraiment la politique du pire.
Et c'est exactement tout ce que le droit québécois enseigne de ne pas faire
actuellement. Il dit : On ne veut pas faciliter la vie aux gros joueurs,
on veut faciliter la vie à celui qui a le plus de difficultés à comprendre ses
obligations contractuelles.
La question de mon collègue de
Jacques-Cartier, c'est la même que celle que je vous… que celle que je vous ai
posée : À quoi ça sert, de faire ce passe-droit-là à Hydro-Québec? Ça
n'oblige à rien, là. Il n'y a personne qui oblige Hydro-Québec à envoyer
150 pages de document. Hydro-Québec et Énergir vont devoir prendre les
moyens prévus par le droit commun, le droit usuel pour faire connaître les
dispositions des contrats à ses cocontractants, point à la ligne. C'est juste
le droit normal qui va s'appliquer, c'est juste les règles normales. Puis on va
se demander, s'il y a un litige, si Hydro-Québec a fait ce qu'il fallait, c'est
tout.
Honnêtement, ce n'est pas... ce n'est pas
comme si c'était un gros… un gros morceau à lâcher, là, c'est le droit normal
qui va s'appliquer, c'est tout. On ne créera pas un avantage indu pour le plus
gros joueur à l'encontre de ce que… de ce que notre droit nous enseigne. C'est
tout ce qu'on est en train de faire avec cet amendement-là. C'est tout.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. Maintenant, Mme la ministre, souhaitez-vous prendre
la parole? Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Il n'y a pas d'autres
interventions? Alors, comme il n'y a pas d'autre intervention, nous sommes
rendus à la fin de l'article 36. <Maintenant, l'article 36...
Le Président (M. Montigny) :
...il
n'y a pas d'autres interventions? Alors, comme il n'y a pas d'autre
intervention, nous sommes rendus à la fin de l'article 36. >Maintenant,
l'article 36...
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Ah
oui! Oui, oui, c'est vrai, vous avez raison. On est sur l'amendement, vous avez
tout à fait raison. On serait rendus à la mise aux voix de l'amendement. Est-ce
qu'il y a quelqu'un qui demande...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Oui, merci de m'aider en cette journée. Alors, par appel nominal, Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)? Mme Fréchette (Sanguinet)?
Le Président (M. Montigny) : En
lien avec l'amendement qui est affiché à l'écran, là.
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Donc, la proposition d'amendement est rejetée. Nous revenons donc, maintenant,
à l'article 36. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 36?
On est dans la section 52.8. Comme il n'y a pas d'intervention,
maintenant, je vous explique comment on va procéder. J'ai besoin de savoir si
vous voulez suspendre cet article 36, parce que, tout à l'heure, vous
aviez mentionné l'intérêt de le faire. On ne peut pas suspendre des sections de
l'article. On devrait suspendre la totalité de l'article si vous le souhaitez.
Mais, pour ça, il faudrait me le demander. J'attends.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
M. le député de Maurice-Richard, je vous écoute.
M. Bouazzi : Je vais demander
la suspension de l'article si mes collègues sont consentants.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Est-ce que j'ai le consentement de la commission pour faire la suspension de
l'article 36 pour y revenir plus tard?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Consentement.
Donc, l'article 36 est suspendu. Nous y... nous lui reviendrons... On
avait comme une... pour que ce soit clair pour tout le monde, là, il y avait
une section, là, que vous vouliez revenir. Ça fait qu'on reviendra à la section
qui nous interpellait. Ça nous amène à l'article 37. Mme la ministre, je
vous laisse présenter l'article 37 du projet de loi.
Mme Fréchette : Merci. Alors,
l'article 53 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «ou un distributeur de gaz naturel ne peut convenir avec un
consommateur» par «un distributeur de gaz naturel ou un titulaire d'une licence
de stockage ne peut convenir avec un client»;
2° par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, de «au consommateur» par «à un client».
Alors, c'est un article qui modifie par
concordance l'article 53 de la Loi sur la Régie de l'énergie afin de
prévoir que le titulaire d'une licence de stockage ne peut convenir avec un
client ou exiger de celui-ci d'autres tarifs ou conditions que ceux fixés par
la régie, comme c'est le cas pour les autres assujettis. Cet article remplace
aussi le mot «consommateur» par «client». Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 37? Il n'y a... Oui,
M. le député de Jean-Talon, je vous écoute.
• (16 h 50) •
M. Paradis : Donc, pourquoi
remplace-t-on le mot «consommateur» par «client» dans cet article? Qui est le
consommateur et qui est le client?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, très bien. Merci, M. le député. Je crois que Me Marois va nous expliquer
ça. Me Marois.
M. Marois (Samuel) : Oui. On
revient à la notion de consommateur et de client. Donc, je vais vous donner un
exemple pour illustrer mon propos. Ici, dans cet article-là, on l'a élargi à la
situation du titulaire de licence de stockage. Donc, il y a un titulaire de
licence de stockage au Québec, qui est Intragaz, qui stocke du gaz pour
Énergir. Est-ce que, dans la relation contractuelle entre et Énergir et Intragaz,
Énergir peut être qualifié de consommateur? Non. Donc, on a, dans l'article,
remplacé le mot «consommateur» pour le mot «client», qui est plus englobant.
C'est tout.
Donc, dans quelques... Donc là, c'est ma
présente intervention, mais aussi les autres qu'on a faites par le passé, on a
expliqué c'est quoi, la règle de rédaction qu'on s'est donnée. Il y a quelques
articles dans le projet de loi où ça a été nécessaire de changer les mots pour
se conformer à notre règle de rédaction, pour être clair puis pour harmoniser <dans
toute la loi...
M. Marois (Samuel) :
...il
y a quelques articles dans le projet de loi où ça a été nécessaire de changer
les mots pour se conformer à notre règle de rédaction, pour être clair puis pour
harmoniser >dans toute la loi, puis c'est un de ceux-là.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Me Marois. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je vais être
curieux, à la fin de cette commission, de coller les réponses. Parce que ça
arrive, je l'ai dit dès le départ, ça arrive tout au long du projet de loi,
puis je n'ai pas l'impression que «client» et «consommateur» ont toujours le
même sens dans le projet de loi. Puis c'est... des réponses que j'ai eues
jusqu'à maintenant, ce n'était pas toujours exactement le même sens. Je suggère
de nouveau... Puis je vais m'arrêter là parce que... mais ça va revenir tout le
temps. J'ai bien aimé les mots, moi, «clarté», «harmonisation». Ce qu'on veut
là, c'est rendre les lois du Québec les plus facilement compréhensibles
possible par les gens. Pourquoi ces deux mots-là qui reviennent parmi... C'est
les plus fréquents, parmi les plus fréquents dans le projet de loi, pourquoi ne
sont-ils pas définis? Puis il n'y a pas de sens caché à ma question. C'est
simplement que, quand on lit votre projet de loi, c'est difficile de comprendre
à chaque fois pourquoi il y a, des fois, on a changé «consommateur» pour
«client», des fois, «client» pour «consommateur», puis je pense que ce n'est
pas toujours la même notion.
Une vraie harmonisation, Mme la ministre,
puis une vraie clarification, parce que ça fait quelques fois qu'on en parle,
ça passe par des définitions claires pour que le lecteur, qui n'est pas
toujours quelqu'un qui connaît très bien le secteur, puisse être capable de s'y
retrouver, et, actuellement, ce n'est pas nécessairement le cas.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Je veux juste partager
le même sentiment de mon collègue. Encore, je comprends l'explication de Me
Marois, mais je trouve souvent qu'on fait un changement de ces deux mots-là.
Puis ce n'est pas tout à fait clair qui est un consommateur, qui est un client.
Et c'est ça, alors juste partager le même point que mon collègue, M. le
Président. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec l'article 37?
Alors, s'il n'y a pas d'intervention avec l'article 37, nous allons procéder à
sa mise aux voix. Est-ce que l'article 37 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) : Adopté.
Merci. Nous pouvons passer maintenant à l'article 38. Mme la ministre, je
vous laisse faire la présentation de l'article 38.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. L'article 60 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «exploiter un réseau de distribution d'électricité» par «de
distribuer de l'électricité à un consommateur»;
2° par le remplacement du deuxième alinéa
par les suivants :
«Ce droit n'empêche pas quiconque de
consommer l'électricité qu'il produit.
«Ce droit n'empêche pas quiconque
produisant de l'électricité de source renouvelable de la distribuer à un seul
consommateur pour les besoins des installations de ce dernier, dans la mesure
où ces installations sont situées sur un emplacement adjacent au site de
production et que le gouvernement autorise, aux conditions qu'il détermine,
cette distribution.»
Donc, cet article précise, à l'article 60
de la Loi sur la Régie de l'énergie, que le droit exclusif de distribution
d'électricité conféré à certains titulaires porte sur l'activité de
distribution elle-même plutôt que sur l'exploitation d'un réseau de
distribution d'électricité. Il précise aussi que ce droit exclusif n'empêche
pas quiconque de consommer l'électricité qu'il produit. Enfin, cet article prévoit
qu'un producteur d'électricité de source renouvelable peut, avec l'autorisation
du gouvernement, distribuer cette électricité à un seul consommateur pour les
besoins de ces installations qui sont situées sur un emplacement adjacent au
site de production. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. Je demande juste une suspension, parce que je pense qu'on va lancer
une bonne discussion sur cet article. Alors, peut-être, c'est le bon moment de
prendre une pause de quelques minutes ou quand même de mieux se préparer pour
le débat qui s'en vient.
Le Président (M. Montigny) : Sans
problème. Nous allons donc suspendre nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 55)
17 h (version révisée)
(Reprise à 17 h 13)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous sommes de retour. Nous avons eu quand même plusieurs personnes
qui... plusieurs membres de la commission qui ont demandé la parole au moment
de la suspension. M. le député Jacques-Cartier, vous aviez la parole, je vous
la redonne à nouveau.
M. Kelley : Merci
beaucoup, M. le Président. Mme la ministre, est-ce que vous pensez que cet
article-là, c'est le début d'une brèche dans le monopole de distribution d'Hydro-Québec?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, on vous écoute.
Mme Fréchette : Merci,
M. le Président. Donc, absolument pas, absolument pas, parce que c'est très,
très contrôlé, le cadre dans lequel peut se déployer ce qui est expliqué, là,
dans l'article. Donc, c'est un droit qui existait déjà, il faut voir, c'est un
droit qui existait déjà pour ce qui est de la production d'énergie via la
biomasse. Donc, l'article permet d'élargir à d'autres formes de sources d'énergies
renouvelables ce droit qui était octroyé pour la biomasse.
Et, en fait, c'est un droit qui est encore
plus encadré qu'il ne l'était, parce que dorénavant il sera requis d'avoir une
autorisation du gouvernement pour pouvoir procéder. Alors voilà, c'est très encadré
et ça existe, en fait, depuis 25 ans, depuis l'année 2000, depuis que
le Parti québécois était au gouvernement et a décidé de développer ce droit.
Or, on me dit qu'en 25 ans cet article-là n'avait jamais été utilisé. Donc
voilà, il n'y a aucune volonté de déployer ça à large échelle puisqu'il est
précisé dans l'article qu'il faut qu'un seul consommateur voie ses besoins en
énergie être comblés par cet article-là.
Donc, c'est très encadré, très limité. On
élargit aux différentes formes d'énergie renouvelable ce qu'il est possible de
faire du fait de l'évolution du côté des sources énergétiques. Et puis il y a
une autorisation gouvernementale à y avoir, avec prescription de conditions à
respecter.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien.
M. Kelley : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Je veux juste dire que de notre côté on n'est pas d'accord.
Je ne sais pas si c'est la première fois qu'on a entendu une réponse comme ça.
C'est vrai, en 25 ans, ce n'était pas utilisé, on n'était pas dans une
situation où on cherche des sources d'énergie. On peut revient... à le débat en
général sur le manque de planification, le fait qu'on a vendu beaucoup de nos
surplus à des... à nos voisins et qu'il y a un manque d'énergie présentement.
On peut faire le tour de cette question-là, mais je pense que c'est très clair.
Puis on a des gens qui sont ici, qui sont
ici avec nous depuis le début aussi, qui ont écouté tout le débat autour de le
69, qui sont tellement préoccupés par cette question que c'est une brèche dans
le monopole de distribution, qu'on commence à ouvrir la porte à plus... pour le
privé dans la distribution de l'énergie.
Je comprends les arguments de la ministre,
mais je ne suis pas nécessairement convaincu et je pense que c'est important de
revient... sur les arguments qui étaient présentés dans certains mémoires.
Je veux juste commencer avec le mémoire de
le Syndicat des spécialistes et des professionnels d'Hydro-Québec, que de
mémoire on n'a pas entendu en commission, malheureusement, au début, <dans...
M. Kelley
: ...
Hydro-Québec,
que de mémoire on n'a pas entendu en
commission, malheureusement, au
début, >dans les audiences publiques. Et je pense que c'est important de
juste répéter leurs arguments, parce qu'eux autres sont vraiment préoccupés par
qu'est-ce qui est écrit dans l'article 38. Et je sors qu'est-ce qui est
écrit dans leur mémoire, ici, sur la page 11, de mémoire. Alors, il dit
que l'article 38, selon eux, «permet la production d'électricité par
l'entremise du secteur privé en stipulant que quiconque produisant de
l'électricité de source renouvelable peut la distribuer à un seul consommateur
pour les besoins des installations de ce dernier, dans la mesure où ces
installations sont situées sur un emplacement adjacent au site de production et
que le gouvernement autorise, aux conditions qu'il détermine, cette
distribution».
Alors, l'impact, selon eux, c'est de «libéraliser
la production d'électricité et la vente d'énergie renouvelable gré à gré à un
consommateur adjacent et de surcroît... et de définir la notion de "adjacent"».
Ça, c'est l'impact et leur suggestion.
Et voici leurs réserves : «La
production privée d'électricité issue de sources renouvelables fera
nécessairement appel au réseau public d'Hydro-Québec pour équilibrer la
production et alimenter les besoins d'une autre entreprise privée. Les projets
de production privée d'électricité issue de sources d'énergie renouvelable
variable ne pourront être mis en service sans investir dans les infrastructures
publiques.
«Le raccordement de projets privés de
production d'électricité au réseau public nécessitera l'expertise et l'allocation
de ressources d'Hydro-Québec. Par conséquent, les projets de production privés
utiliseront les ressources limitées d'Hydro-Québec.
«Les profits de producteurs privés
d'électricité n'iront pas dans les services publics et ne serviront pas les
intérêts de la collectivité. Pourtant, ces projets de production privée
utiliseront inévitablement les infrastructures publiques. On peut communément
parler de la privatisation des profits via la socialisation de risque.
«La venue de projets de production privée
entraînera la cannibalisation des meilleurs sites de production, des équipements
et des ressources d'Hydro-Québec.
«Les ententes entre les producteurs privés
et les grandes entreprises privées vont réduire la capacité d'Hydro-Québec à
répondre à la croissance des besoins, soit exercer une pression à la hausse sur
les prix ou les deux de façon simultanée.»
Leur recommandation, c'est un retrait de l'article
de projet de loi au complet.
Je pense que c'est aussi important de
rappeler des arguments qui étaient faits par le Syndicat canadien de la
fonction publique. Eux autres, encore, ont beaucoup des préoccupations et ils
disent dans leur mémoire que «les modifications à l'article 60 de la Loi
sur la Régie de l'énergie prévues par l'article 69 auront... excusez-moi,
comme conséquences de changer le droit exclusif à Hydro-Québec d'exploiter un
réseau de distribution d'électricité à celui-ci, de distribuer de l'électricité
à un consommateur, ce qui, pour le... excusez-moi, SCFP, est une brèche
importante pour la privatisation de la distribution d'électricité. Avec l'ajout
d'une disposition qui permettra à une entreprise privée de distribuer à un seul
consommateur dans la mesure où les installations sont situées sur un
emplacement adjacent au site de production...»
Encore, il dit clairement que «les
personnes citoyennes québécoises n'ont aucun intérêt qu'une entreprise, comme TES
Canada, puisse distribuer de l'électricité sur les territoires adjacents à leur
site de production».
Encore, eux autres sont fortement contre
cette recommandation-là. Et je pense qu'il y a un élément qui revient souvent,
c'est cette question d'un projet comme TES Canada, qu'on prend des meilleurs
sites de la production de l'énergie éolienne puis on donne ça à un producteur d'énergie
privée. Puis après ça, on ajoute la possibilité qu'ils vont être capables de
vendre ça.
• (17 h 20) •
Et toute la question autour d'un terrain
adjacent ne demeure pas nécessairement très, très claire pour plusieurs
personnes qui ont quand même présenté devant la commission. C'est juste d'être
certain que j'ai le bon groupe. Je pense que c'était Équiterre, qui a dit qu'au
minimum il faut bien définir c'est quoi, un terrain adjacent. Eux autres
donnent un kilométrage d'un kilomètre, de mémoire. Ou il y a des... certains
différents groupes qui fait cet argumentaire aussi qu'il faut être très, très
prudents... qu'est-ce qu'on est en train de mis... de l'avant avec cet article
ici.
L'Union des producteurs agricoles suggère
aussi également de retirer cet article au complet. Eux autres disent que le PL 69
«introduit la possibilité qu'un producteur d'électricité renouvelable puisse en
vendre à un consommateur situé sur un emplacement adjacent d'un site de
production. L'UPA s'oppose totalement à cette disposition, car celle-ci marque
notamment une première étape vers l'institutionnalisation de la vente privée
d'électricité au Québec.» Il s'agit d'un retour en arrière pour eux autres et ça
<va...
M. Kelley :
...privée
d'électricité au Québec.» Il s'agit d'un retour en arrière
pour eux
autres et ça >va créer deux classes de consommateurs d'électricité au
Québec.
On va continuer de faire des différentes
citations, exemple, des différents groupes, mais je sais qu'on commence un gros
débat ici. Moi, je partage leurs inquiétudes, M. le Président. Oui, je suis
quelqu'un qui croit dans les microréseaux. Je pense qu'il y a un rôle pour
certains... un rôle pour l'autoproduction dans certains cas. Mais ici,
qu'est-ce qu'on parle... c'est de vendre ça à des terrains adjacents. Je sais
que la ministre va dire : Bien oui, c'était le Parti libéral qui a eu le
premier projet pilote de faire ça avec une usine de biomasse, de vendre
l'électricité qui était produite à quelqu'un adjacent, c'est vrai, mais de
faire ça sur un portrait qui est plus global, qui va ouvrir la loi de permettre
plusieurs groupes de faire ça...
Et l'intention de l'ancien ministre qui
a... plusieurs fois, il a trouvé cet exemple de TES Canada hyper intéressant.
Et, pour nous, qu'est-ce qui était vraiment préoccupant, c'est le fait qu'on va
donner certaines terres qui sont hyper... ou, au minimum, sont des terres très
intéressantes pour la production d'énergie éolienne... à des secteurs privés en
place de donner ça à Hydro-Québec.
Nous, on pense qu'il y a, oui, un très
grand rôle pour Hydro-Québec de continuer de jouer dans la production, mais,
sur la question de la distribution, ça doit vraiment rester dans la main d'Hydro-Québec.
Hydro-Québec doit être dans la planification, l'exécution de A à Z sur les
questions de la distribution, mais elle s'applique aussi à des... l'idée des
microréseaux. L'exemple qui existe présentement au Québec : à Lac-Mégantic,
c'est géré par Hydro-Québec.
Alors, de notre côté, on est contre cet
article. J'espère qu'on peut peut-être avoir des bonnes discussions avec la
ministre et le gouvernement pour essayer une façon de clarifier ce texte puis
de s'assurer qu'on ne crée pas une brèche dans le monopole de distribution pour
Hydro-Québec. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, M. le député. Maintenant, Mme la ministre, souhaitez-vous
prendre la parole à ce stade-ci?
Mme Fréchette : Oui, s'il
vous plaît.
Le Président (M. Montigny) :
Avec plaisir. Quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Il faut
voir que c'est une formule qui est très porteuse pour des régions éloignées qui
veulent avoir du développement régional. Il faut voir qu'Hydro-Québec ne se
rend pas dans toutes les régions, ne se rend pas, notamment, dans certaines
régions du nord du Québec, où il pourrait y avoir du développement économique
régional. Or, dans l'état actuel des choses, si on ne donne pas la possibilité
à des régions éloignées qui ne sont pas connectées à Hydro-Québec, eh bien,
elles doivent s'en remettre à des sources d'énergie autres que de l'énergie
renouvelable, par exemple le pétrole. Donc, on vient en fait limiter les
options des communautés qui sont éloignées des réseaux d'Hydro-Québec.
Donc, il y a une possibilité ici, par
exemple, advenant qu'il y ait une volonté de développer un site minier, mais
qui n'est pas proche des réseaux d'Hydro-Québec et pour qui, Hydro-Québec,
c'est... ça va être long avant qu'ils puissent connecter cette région-là, bien,
il y a la possibilité, pour le producteur qui veut développer une mine donnée,
de travailler avec la communauté du terrain adjacent pour que la communauté,
par exemple, développe un parc de panneaux solaires, développe un parc
d'éoliennes. Et ça fait en sorte que la mine peut aller de l'avant du côté de
l'exploitation, et la communauté non seulement devient plus autonome sur le
plan énergétique, mais en plus elle a des redevances. On peut faire la même
chose avec des Premières Nations.
Donc, il y a vraiment un nouveau type de
développement basé, assis sur des sources d'énergie renouvelable, le solaire,
l'éolien et autres, qui pourront prendre forme, prendre vie, prendre racine
dans des lieux, pour l'instant, qui ne sont pas connectés au réseau d'Hydro-Québec.
Et il y a un seul consommateur qui doit bénéficier de cette source d'énergie.
Donc, ça ne vient pas créer des réseaux, ça ne vient pas créer un réseau
parallèle à Hydro-Québec, pas du tout.
Par ailleurs, ça coûte plus cher de faire
ce genre de projet là que de s'en remettre à Hydro-Québec pour un
approvisionnement énergétique. Donc, ce n'est pas dans l'intérêt financier des
gens de développer ce genre de mesure. C'est souvent par défaut, parce que,
justement, les réseaux d'Hydro-Québec ne sont pas à proximité et mettraient des
années avant de l'être, advenant qu'elles le soient.
Donc, je trouve qu'il y a vraiment là un
levier vraiment intéressant pour du développement régional, pour de l'obtention
de revenus plus diversifiés pour des communautés éloignées. Et, comme je le disais,
c'est très encadré : un seul consommateur, une autorisation du
gouvernement à être obtenue, des conditions qui vont être associées à cette
autorisation gouvernementale. Franchement, il y a une série de clés qu'on vient
potentiellement activer pour bien délimiter ce type de développement. Advenant
qu'il y ait 10 MW ou plus qui soient en cause, là, <il...
Mme Fréchette :
...délimiter
ce type de développement. Advenant qu'il y ait 10 MW ou plus qui soient en
cause, là, >il y a un BAPE qui est nécessaire, toutes les autorisations
environnementales doivent être obtenues comme s'il s'agissait d'un projet
traditionnel. Donc voilà.
Il y a vraiment un encadrement très serré.
C'est... Quand on dit que c'est une brèche, en fait, la brèche, elle existe
depuis 25 ans, dans ce cas-là, parce que ça a été créé en 2000, ce
droit-là. Est-ce que depuis 25 ans on a une cannibalisation d'Hydro-Québec
du fait de l'existence de cette exception-là? Moi, je n'ai pas vu ça. Donc,
c'est juste qu'on vient élargir le type de sources d'énergie renouvelable qui
pourront être utilisées. Puis, moi, je trouve ça sain, parce qu'on a justement
des sources d'énergie renouvelable qui, maintenant, sont plus accessibles. Puis
vous le savez très bien, en termes de panneaux solaires, en termes d'énergie
solaire, en termes d'énergie éolienne, on a là des leviers fort intéressants.
Donc voilà. C'est très encadré. Et je
pense que toutes les craintes peuvent être, comment dire, répondues par ces
différents leviers que l'on a pour délimiter de manière très stricte le
développement de ça.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Jacques-Cartier, je vous
laisse la parole à nouveau.
M. Kelley : M. le Président...
mais l'exemple que la ministre nous donnait, c'est pour les projets éoliens des
zones qui ne sont pas connectées à le réseau d'Hydro-Québec. Mais il y a
combien de sites qui existent? Je comprends, avec les Inuits dans le Grand Nord,
mais combien de sites, qui sont miniers, sont proches d'une communauté
autochtone aussi? Et, quand je dis «proches», des fois ce n'est pas juste à
côté, là, c'est quand même loin d'une communauté. Alors, cet exemple-là, il y
en a combien qui existent? Parce que, ça, ce n'est pas le cas présentement avec
TES Canada, c'est loin d'être le cas. Ça, c'est en directe compétition avec Hydro-Québec.
Pour un site comme la mine Raglan, OK, je
comprends, ce n'est pas connecté à le réseau d'Hydro-Québec, on ne va pas
construire les lignes de transmission... directement, je peux comprendre tout
ça, eux autres deviennent autonomes. Mais, quand même, dans ce sens-là, je ne
comprends pas cet exemple que ça va juste... pour les régions éloignées, qu'on
a déjà des exemples qui sont plus proches où Hydro-Québec a des lignes de
transmission et où il y a des sources d'énergie.
Alors, je comprends l'exemple, mais je ne
suis pas d'accord, parce que ça ouvre la porte à d'autres sites. Et il n'y a
rien qui encadre le gouvernement de ne pas aller de l'avant avec des projets
qui sont faits autour de l'île de Montréal ou, quand même, de grandes régions
du Québec non plus. C'est un petit peu un pouvoir discrétionnaire qu'on veut
éviter, quand même, dans le sens que... qu'est-ce que va... gouvernement? Il
n'y en a pas vraiment. Ça va être une décision qui est prise par la ou le
ministre et le bureau de le premier ministre, et je ne pense pas que, ça, c'est
nécessairement rassurant pour la société civile.
Alors, encore, j'ai des craintes. Je ne
sais pas si la ministre a une réponse, je sais que j'ai d'autres collègues qui
veulent prendre la parole, mais je ne suis pas sûr avec l'exemple des régions
éloignées. Je comprends, mais, moi, ça m'inquiète moins, c'est plus les projets
comme TES Canada.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci,
M. le Président. Bien, écoutez, l'exemple des régions éloignées, c'est un
exemple, mais c'est un exemple fort important, parce que pour ces régions-là,
avoir des leviers, un levier additionnel en termes d'autonomie énergétique, en
termes de diversification des revenus, moi, je pense que ça peut être un, vous
me permettez l'anglicisme, «game changer» pour ces communautés-là. Puis je
pense qu'il peut y avoir aussi des beaux partenariats entre des Premières
Nations et des entreprises qui veulent développer un projet créateur d'emplois
dans des régions éloignées.
• (17 h 30) •
Maintenant, ce n'est pas le seul cas de
figure. C'est l'exemple que j'ai pris, mais il peut y avoir aussi des projets
qui ne peuvent pas se développer à l'heure actuelle, parce que, du côté de la
capacité technique d'Hydro-Québec, ce n'est pas là, ce n'est pas au
rendez-vous, pas à courte échéance, du moins. Il y a beaucoup de régions où les
capacités, justement, techniques de développer le réseau d'Hydro-Québec,
d'utiliser le réseau d'Hydro-Québec sont limitées. Donc, ça, ça vient offrir
une alternative pour des régions qui auraient un beau projet, mais pour
lesquelles les capacités techniques d'Hydro-Québec ne sont pas au rendez-vous.
Et ça, on peut être dans des régions, je veux dire, plus habitées, moins
éloignées, où ça survient, ce type de situation là.
Donc, il y a différents cas de figure.
Mais, comme je le disais, c'est très encadré, ça ne peut servir qu'à un seul
client. C'est une exception qui existe déjà depuis 25 ans et qui doit être
encadrée de manière plus resserrée, parce que dorénavant il faudra une
autorisation gouvernementale, ce qui n'était pas le cas. Donc, on peut vraiment
encadrer le type de projets qui pourront se reposer sur cet article-là et y
associer des conditions. Donc, on a beaucoup d'encadrement.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley
: ...Mais,
quand même, Mme la ministre, cet exemple-là, possibilité de partenariats avec des
Autochtones, personnellement...
17 h 30 (version révisée)
M. Kelley : ...mais
quand même, Mme la ministre, cet exemple-là, possibilité de partenariats avec
des autochtones, personnellement, je trouve que, oui, de faire de la transition
énergétique quand même dans le Grand Nord, je préfère que c'est Hydro-Québec
qui est le porteur de le dossier avec les communautés autochtones. Moi, je ne
veux pas nécessairement que c'est une compagnie privée qui devient la seule
option ou une des seules options de fournir l'électricité à une communauté
autochtone, puis eux autres, elles sont prises avec un monopole d'une
entreprise privée qui veut faire juste une chose, qui est le profit.
Hydro-Québec a un rôle pour la société
civile aussi, ils ont une responsabilité, nous sommes des actionnaires, et on
sait que dans certaines communautés dans le Grand Nord, ils sont hyper loin de
le Sud, la solution de faire une transition énergétique à des sources d'énergie
renouvelable pour eux autres, c'est plus difficile. Quand même que si j'adore
les panneaux solaires, c'est certain que c'est une solution pour une partie de
l'année pour eux autres, mais ça ne sert pas à grand-chose au milieu de l'hiver,
quand il n'y a pas de soleil non plus, M. le Président. Et quand même, l'énergie
éolienne pour certaines communautés de 1 000 personnes, est-ce qu'on
peut faire des projets? Est-ce que c'est possible de transférer des pièces d'une
turbine et tout ça? Je comprends, c'est hyper complexe, mais si on laisse ça
dans les mains juste le secteur privé et de faire un partenariat, bien, ils
sont un peu dépendants, peut-être, sur une entreprise privée, et ça, ça m'inquiète.
Ça... une brèche comme ça quand même dans le Grand Nord, ça soulève des
questions pour moi. Et je sais que la ministre dit : Bien, oui, c'est
encadré. Mais quand même, moi, j'ai peut-être une autre vision et je pense qu'Hydro‑Québec
peut être le joueur clé dans la transition dans le Grand Nord pour nos
communautés autochtones, en partenariat aussi, ça peut marcher.
Mais c'est juste mon intervention sur ce
point-là. Je suis encore moins convaincu, je pense, cet article-là va laisser
plus d'espace pour les TES Canada. Ça peut quand même, pour les sites
intéressants pour les panneaux solaires, les parcs solaires peuvent être pris
par les entreprises privées en place d'Hydro-Québec, alors il faut être hyper
prudents sur toutes ces questions-là, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Je
voulais... Bien, d'une part, dire que quand... Quand la possibilité de se
raccorder à Hydro-Québec existe, croyez‑moi, c'est l'option privilégiée de
tous. Je le vois, il y a énormément de demandes pour des mégawatts, pour l'accès
au réseau d'Hydro-Québec. Donc, en plus que c'est plus... plus facile, mais c'est
moins cher. Donc, de facto, cette option-là devient privilégiée. Mais dans la
mesure où ce n'est pas possible, soit parce que le réseau ne s'y rend pas dans
cette région-là, soit parce que la capacité technique d'Hydro-Québec est à
pleine capacité, eh bien, là, est-ce que vous préférez ne pas avoir d'alternative
du tout? Est-ce que c'est ça, votre proposition? Dans la mesure où des
alternatives pourraient offrir des bases intéressantes pour le développement d'une
communauté, pour la diversification de ses revenus, pour le développement
économique, pour la génération de retombées économiques pour cette
communauté-là, dans la mesure où c'est du... de l'énergie renouvelable, il me
semble qu'il y a là un levier de développement constructif pour des communautés
qui veulent avoir, comment dire, une transformation de leur base économique.
Parce qu'il faut voir que ça peut être des communautés qui sont les
productrices et une entreprise privée qui est le bénéficiaire de cette
énergie-là. Ça va dans les deux sens.
On a l'habitude de penser, là, le privé, c'est
un business, mais le privé, c'est aussi des communautés des Premières Nations,
c'est aussi une municipalité, c'est aussi une MRC, ça peut être un consortium
de ces... de ces gens-là, comme il en existe, là, des projets menés par des
consortiums regroupant ces acteurs-là. Alors pour elles, c'est
transformationnel, et en plus ça survient dans des régions éloignées pour
lesquelles c'est difficile souvent de trouver des nouveaux projets créateurs d'emplois,
générateurs de revenus.
Alors, tout ça pour dire que quand la
capacité de se connecter au réseau d'Hydro est là, croyez-moi que la réflexion
est vite terminée. C'est vraiment ça qui est l'idéal pour de multiples raisons,
notamment celle des coûts puis de la facilité. Mais entre le néant et la
proposition de développer avec un terrain adjacent une source d'énergie
renouvelable, moi, je préfère ça, la source d'énergie renouvelable.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien, merci.
M. Kelley : Et... M. le Président,
merci beaucoup. Mais, Mme la ministre, quand... quand même, là, je ne suis pas
contre l'idée des microréseaux, j'ai vu qu'est-ce que l'UMQ a écrit dans leur
mémoire, je pense qu'on peut revenir, un petit peu plus tard, avec une
discussion sur comment on peut bien encadrer les microréseaux. Mais la seule
entité au Québec présentement qui a l'expertise de bâtir un microréseau, c'est
Hydro‑Québec, puis pourquoi ne pas garder cette expertise dans leurs mains? Si
une <municipalité...
M. Kelley :
...c'est
Hydro‑Québec, puis pourquoi ne pas garder cette expertise dans leurs mains? Si
une >municipalité veut se lancer avec des panneaux solaires sur les
toits et tout ça, bien, gardez l'expertise dans les mains d'Hydro-Québec. Et je
ne suis pas quelqu'un qui croit que demain il faut partager les grands
microréseaux juste dans une shot, ça va continuer de prendre des projets ici et
là, mais l'exemple qu'on a, le plus grand microréseau au Québec, c'est avec
Hydro-Québec à Lac-Mégantic. Et on a des leçons à tirer de le microréseau qui a
été mis en place par Hydro-Québec pour répéter cet exercice dans les autres
juridictions. Mais, quand même, cette idée aussi, comment... Oui, une
municipalité produit beaucoup d'électricité avec des panneaux solaires, les
systèmes de stockage, peut-être quand même des éoliennes, mais après ça, si on
va vendre une entreprise à côté, bien, pourquoi pas, ce n'est pas Hydro-Québec
qui, à ce moment-là, est en contrôle du système de distribution? Puis eux
autres qui vont profiter de ça... Parce qu'il ne faut jamais oublier que, comme
société, nous sommes des actionnaires puis on a déjà vu que les redevances et
les retombées — excusez-moi — les profits d'Hydro-Québec
étaient en déclin, là, la redevance qui allait à le gouvernement a diminué une
année après l'autre, il y a des raisons pour ça, mais, quand même, on veut
s'assurer qu'Hydro-Québec demeure en bonne santé puis le rendement à l'État
demeure toujours intéressant pour payer pour nos services sociaux.
Alors, je comprends, je pense qu'on peut
avoir une discussion sur l'encadrement de microréseaux, aussi pour
l'autoproduction qui est faite par une usine pour eux-mêmes. Mais la question
après ça de la vente, moi, une crainte que j'avais, c'est Microsoft arrive puis
il veut créer un centre de données, puis il dit : Nous, on va construire
un parc solaire, un parc d'éoliennes. Une entreprise comme ça qui a beaucoup,
beaucoup d'argent, puis il devient un petit peu la seule option dans le coin de
vendre l'électricité parce que, comme la ministre a dit, bien, peut-être, pour
l'instant, il n'y a pas l'option d'Hydro-Québec, mais eux autres commencent à
manger de notre capacité d'avoir le monopole du système de distribution, puis
la seule option dans le coin, c'est Microsoft. Je veux éviter ça. Je veux
éviter qu'il y ait des énormes corporations qui arrivent puis voient : Ah!
Maintenant, on a un cadre législatif qui est intéressant pour nous, de ne pas
juste avoir un centre de données, mais aussi de produire de l'électricité puis
vendre ça à un profit. Ça m'inquiète un peu. Et la ministre de dire : Bien
oui, oui, moi, j'ai le pouvoir de dire non à un projet comme ça. Mais il n'y a
aucun encadrement nécessairement pour quelqu'un qui arrive après ça. Et
peut-être, l'exemple que je donne, ce n'est pas possible, mais c'est une
crainte qui passe un peu dans la tête de beaucoup des Québécois, Québécoises
après qu'on a vu qu'est-ce qui arrive avec TES Canada. Est-ce qu'on est
vraiment en train de créer un différent système ou un système à deux tiers?
Puis encore, peut-être, la ministre, elle
n'a pas l'intention de faire ça, mais on ne peut pas dire que le prochain
ministre va avoir les mêmes intentions ou le prochain gouvernement va faire la
même chose. Alors, c'est pourquoi il faut être hyperprudents avec qu'est-ce
qu'on est en train de débattre ici, qu'est-ce qui est dans cet article-là,
parce que, pour moi, je trouve que c'est vraiment une brèche dans le monopole
de distribution pour Hydro-Québec.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui.
Bien, j'aimerais... J'aimerais rappeler, en fait, qu'il ne peut y avoir qu'un
seul consommateur. Donc, prenons l'exemple d'un centre de données, comme vous
le mentionnez, eh bien, ce que permettrait cet article-là, ce serait de vendre
de l'électricité à un bungalow. Est-ce que c'est ça qu'on appelle effriter le
monopole d'Hydro-Québec?
Par ailleurs, on ne peut pas avoir un
centre de données dans des régions éloignées. Ces entités-là ont besoin d'être
proches des centres urbains. Donc, je réitère que c'est un seul consommateur.
Donc, on ne peut pas imaginer qu'il y ait un réseau parallèle qui se développe
à travers un business, puis qu'aussi grand joueur soit-il, ce n'est pas
possible avec cet article-là. Et puis ce n'est pas parce que les critères du
gouvernement qui seraient associés à la possibilité de développer de l'énergie
pour un terrain adjacent ne le permettraient pas, c'est parce que l'article dit
que ce n'est qu'un seul consommateur qui peut bénéficier de l'énergie produite,
un seul, un bungalow, un chalet. On n'est pas une entreprise, on n'est pas...
on n'est pas dans des réseaux, là. Puis ce n'est pas non plus des microréseaux.
Les microréseaux, ce sont des multiples acteurs qui sont reliés avec une
même... un même système, une même boucle énergétique. Dans ce cas-ci, ce n'est
que deux entités. Donc, je voulais rectifier certains... certains éléments.
Merci.
• (17 h 40) •
Le Président (M. Montigny) :
Très bien, merci. Juste pour un point d'information, M. le député, il vous
reste moins de trois minutes au total pour cet article, je voulais juste que
vous le sachiez.
M. Kelley : ...je veux
garder une petite réserve si jamais j'ai besoin de... OK.
Le Président (M. Montigny) :
Je comprends bien, c'est pour ça que je vous avisais. M. le député de Maurice-Richard, vous avez demandé la parole.
M. Bouazzi : Merci.
Merci, M. le Président. D'abord, peut-être avant de rentrer dans les détails,
votre prédécesseur avait, en parlant de TES Canada, expliqué qu'il en
voudrait... je ne sais plus le <nombre...
M. Bouazzi :
...votre
prédécesseur avait, en parlant de TES Canada, expliqué qu'il en
voudrait... je ne sais plus le >nombre qu'il avait dit, là, mais des
centaines, des milliers, je ne sais plus, mais vraiment beaucoup, alors que M. Sabia
nous avait dit qu'il fallait intégrer ce genre de réseau de manière... avec
parcimonie, et puis on ne sentait pas l'engouement pour en avoir des milliers.
Vous, entre ces deux approches, vous êtes où?
Mme Fréchette : ...je
juge chaque projet à sa valeur, à sa qualité. Ce n'est pas un modèle en
particulier que je me dis : Il faut absolument qu'on démultiplie ça. À
chaque projet, je pense qu'il faut poser un regard neuf, une analyse, et puis
voir l'impact, l'acceptabilité sociale, les retombées, le nombre d'emplois
créés, dans quelle région est-ce que ça se situe, est-ce qu'il y a des
alternatives qui sont offertes par Hydro-Québec en termes de capacité
technique, ou pas. Donc, c'est vraiment tout un ensemble de considérations.
Alors, je n'ai pas d'a priori, je vous dirais, par rapport à ça.
M. Bouazzi : ...on ne
peut pas...
Mme Fréchette : On ne
peut pas.
M. Bouazzi : ...on ne
peut pas présumer, à ce stade, que vous en voudriez des centaines, par exemple.
Parce que c'est une vision de société de vouloir voir énormément de production
privée qui autoproduit et qui vend à un voisin. C'est une vision de société, ce
n'est pas juste au cas par cas, etc. C'était à peu près la vision qui nous
avait été vendue par votre prédécesseur. Moi, je comprends que ce n'est pas ce
que vous affirmez à ce stade.
Mme Fréchette : Je n'ai
pas une vision qui repose sur cette perspective‑là. En même temps, je me dis :
Il y a des régions éloignées qui, malheureusement, n'ont pas la marge de manoeuvre
qu'on pourrait vouloir leur offrir du fait des restrictions du réseau
d'Hydro-Québec, qu'elles soient des capacités... capacités techniques ou encore
la présence du réseau dans certains... certains lieux.
Donc, pour ces régions-là, moi je vois là
quand même un levier important, potentiellement, pour une plus grande autonomie
puis plus de développement économique, plus de développement régional. Donc, de
ce côté-là, je trouve que la situation est quand même très différente de ce
qu'on peut retrouver dans des lieux... des centres urbains. Donc, je pense
qu'il faut regarder ça sous un angle différent pour les régions éloignées.
M. Bouazzi : OK. Peut-être...
Pourquoi vous vous limitez à un acteur qui pourrait acheter? Pourquoi pas deux?
Mme Fréchette : ...consommateur?
M. Bouazzi : Oui.
Pourquoi pas deux, par exemple?
Mme Fréchette : Pourquoi
pas deux?
M. Bouazzi : Si ça règle
autant les problèmes dans un coin reculé, etc., pourquoi il y aurait juste un?
Imaginons, là.
Mme Fréchette : Bien,
moi, je pense qu'il y a la volonté, justement, de limiter le recours à cette...
à cette façon de faire là, de ne pas faire en sorte que ça devienne des réseaux
parallèles. À partir du moment où c'est un consommateur, il n'y a pas... il n'y
a pas l'idée d'un réseau et d'un déploiement à grande échelle. Pour nous, le
monopole que détient Hydro‑Québec, il est important, il faut le préserver, et
en fait, on vient le consolider même avec le projet de loi 69 parce qu'il
y a des parts de marché qu'Hydro-Québec pourra occuper davantage qu'elle ne l'a
fait ces dernières années. Alors l'idée c'est de ne pas contrevenir à cette
idée-là que c'est Hydro-Québec, au Québec, qui s'occupe de l'énergie, de la
distribution d'électricité, mais l'idée, donc, c'est de ne pas développer
quelque chose de majeur en parallèle. Donc avec un consommateur, je pense que,
là, on est très, très... comment dire, limité dans l'impact.
M. Bouazzi : Vous avez
donné l'exemple pour que ça soit... Un des exemples que vous avez beaucoup
insisté, c'est l'idée d'avoir des communautés éloignées qui n'ont pas accès au
réseau d'Hydro-Québec. Actuellement, il y a évidemment des communautés qui ne
sont pas connectées. Hydro-Québec, à ma connaissance, a des projets en cours, a
produit des projets qui viennent servir justement ces communautés éloignées.
Bien, ça serait déjà ma première question : Est-ce que vous êtes au
courant qu'il y en a?
Mme Fréchette : Bien, je
sais qu'il y a des ambitions. Est-ce que ça va permettre de couvrir toutes les
régions du Nord-du-Québec? Probablement pas. Ça va mettre combien de temps?
Quelques mois? Quelques années? Je pense qu'on est plus dans les années que
dans les mois. Donc voilà, oui, il y a des projets effectivement. Il y a
énormément de partenariats aussi qui sont en discussion entre Hydro-Québec et
puis des Premières Nations, des MRC, des communautés, mais ça ne va pas non
plus répondre à l'ensemble des besoins à courte échéance, là, du moins.
M. Bouazzi : Donc,
est-ce qu'Hydro-Québec est... En fait, ma question, je la repose différemment :
Est-ce qu'Hydro-Québec est capable de produire de l'électricité pour des
régions éloignées sans avoir à se connecter à son propre <réseau...
M. Bouazzi :
...produire
de l'électricité pour des régions éloignées sans avoir à se connecter à son
propre >réseau, comme le ferait une compagnie privée?
Mme Fréchette : ...développer
une ligne, pour Hydro-Québec, c'est environ sept à huit ans de préparation puis
de travail. Donc, c'est quand même des projets de moyen terme, là, pour le
développement de projets économiques et puis le développement des régions concernées.
M. Bouazzi : Et vous
avez des études qui prouvent que le privé irait plus vite?
Mme Fréchette : Que le
privé irait plus vite?
M. Bouazzi : Oui.
Mme Fréchette : Dans ce
cas-ci, ce n'est pas nécessairement... Les projets ne reposeraient pas
nécessairement sur des lignes de transmission à grande échelle. Ça repose sur
un terrain adjacent à un autre. Donc, on est sur le site de la production même,
pour ce qui est de la… du transport, en fait, de la transmission de l'énergie.
Donc, on n'est pas sur des grandes distances comme pour Hydro-Québec. Alors, on
est dans une autre... un autre schème, là.
M. Bouazzi : Bon, alors,
je reviendrai à cette question juste après, mais rentrons dans le... dans la
question de «adjacent». Pour vous, «adjacent», est-ce que Montréal est adjacent
à Québec, par exemple? Je veux juste comprendre où est-ce qu'on se place.
Mme Fréchette : La ville
de Montréal est adjacente au Québec? Non. Non, c'est dans le sens commun du mot
qu'on doit comprendre le mot «adjacent». Donc, c'est quelque chose de contigu,
un lieu avoisinant.
M. Bouazzi : C'est ça,
qui a... Techniquement, dans la définition, la dernière fois que j'ai regardé,
c'est «ayant une frontière commune avec».
Mme Fréchette : Ça peut
être une forme, oui.
M. Bouazzi : Oui. Ce qui
est… Ce qui est très étonnant, c'est qu'on est rendu à comme voir Sainte-Thècle
ou Saint-Tite comme adjacent à Shawinigan. Est-ce que Sainte-Thècle est, pour
vous, est adjacente à Shawinigan?
Mme Fréchette : Quand on
dit «adjacent», c'est adjacent au site de production.
M. Bouazzi : Exact.
Mme Fréchette : Donc là,
je n'ai pas la distance, mais je ne penserais pas, là, que Sainte-Thècle... Il
faudrait que, bon, je révise ma géographie du lieu, mais...
M. Bouazzi : On est à peu
près à 20 kilomètres. Oui.
Mme Fréchette : Voilà, on
parle de lieu avoisinant contigu à... vraiment à proximité du site où serait
produite l'énergie renouvelable.
M. Bouazzi : On est
d'accord. Donc, ça, c'est ce qui est fait dans la loi à date, c'est de dire :
On a le droit, d'abord, à de l'autoproduction aujourd'hui. Donc, si j'ai un terrain,
j'ai le droit d'y mettre une éolienne, des panneaux solaires et autoproduire. Et
ce qu'on dit aussi aujourd'hui, c'est de dire : Bien, si on produit à
partir d'un terrain qui est adjacent, pour soi, c'est correct. Et, à date, moi,
je n'ai pas vu quelqu'un déchirer sa chemise pour dire : Ceci est
inacceptable.
Je comprends que, Mme la ministre, vous ne
voyez pas Sainte-Thècle ou Saint-Tite comme étant adjacents à Shawinigan.
Laissez-moi partager avec vous cette vision de la géographie où, à 20 kilomètres,
on n'est plus adjacent. Comment on peut expliquer que TES Canada veut
mettre des éoliennes dans un territoire qui fait à peu près 200 kilomètres
carrés de surface autour de Shawinigan?
Mme Fréchette : Bien,
c'est sur une zone qui totalise plusieurs kilomètres carrés.
M. Bouazzi : 200.
Mme Fréchette : Donc
c'est un même... un même lieu, mais à grande échelle.
• (17 h 50) •
M. Bouazzi : D'où mon
questionnement sur le point «adjacent», parce que le 200 kilomètres carrés,
il inclut Saint-Tite et Sainte-Thècle, la compagnie, elle, est à Shawinigan,
elle n'est pas propriétaire de Saint-Tite ou Sainte-Thècle. Je suis très
heureux que le sens commun revienne dans ces mots de la... qu'on peut retrouver
facilement dans Le petit Robert ou le Larousse. Et laissez-moi
être d'accord avec vous sur ce point, mais je ne comprends pas, du coup,
comment… Enfin, je préférerais, en fait, m'arrêter là et laisser ça dans les
annales de ce projet de loi pour juste qu'on soit tous d'accord que TES Canada
contrevient à la loi, là, et rentrer ensuite sur les questions de la vente.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre, quand vous serez prête. Oui, allez-y.
Mme Fréchette : Bien, en
fait, j'aimerais rappeler que TES Canada, c'est de l'autoproduction, donc
ce n'est pas... Ce n'est pas cet article-ci qui va s'appliquer à sa production,
à son autoproduction d'énergie pour ses propres besoins. Donc, c'est un autre...
un autre angle.
M. Bouazzi : Donc, restons
sur la question qui... dont on parle actuellement. Est-ce que... D'abord, une
question de clarification, quand on parle... on <remplace...
M. Bouazzi :
...
actuellement. Est-ce que... D'abord, une question de clarification, quand on
parle... on >remplace «exploiter un réseau de distribution
d'électricité» par «de distribuer de l'électricité à un consommateur», est-ce
que vous pouvez nous expliquer pourquoi est-ce qu'on... qu'est-ce que ça veut
dire exactement?
Mme Fréchette : Pardon.
Est-ce que vous pourriez répéter? Désolée.
M. Bouazzi : Dans le...
Dans le premier paragraphe, on remplace... Donc, il y avait... Avant, il y
avait «le droit d'exploiter un réseau de distribution d'électricité» et on
remplace ça par «le droit de distribuer de l'électricité à un consommateur».
Mme Fréchette : J'aimerais
laisser Me Marois répondre à la question.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Parfait. Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Oui.
Donc, c'est une question de clarification. Dans la loi actuelle, quand vous
regardez l'article 2 de la loi sur la régie, l'expression «réseau de
distribution d'électricité» est définie. Dans la définition actuelle, on réfère
à certains équipements, donc à des lignes d'une certaine tension. Puis, à 60,
bien, le... ce qu'on dit, c'est que le droit exclusif, ça comporte le droit
d'exploiter un réseau de distribution d'électricité. Puis, l'article suivant,
61, dit... Bien, c'est l'interdiction qui vient avec, sur le territoire
d'Hydro-Québec, bien, on ne peut pas exploiter un réseau de distribution
d'électricité.
Donc là, est-ce que ça se lit... Ces textes-là
ouvraient la porte à ce qui... à ce qu'il puisse y avoir une distribution
privée en dehors de la définition, c'est‑à‑dire en dehors de l'existence de
lignes d'une certaine tension? Il y avait comme une espèce de confusion, ça
fait que, ce qu'on a fait, tant à l'article 2 qu'à l'article 60 qu'à
l'article suivant, 61, c'est qu'on associe... on associe ça à la notion
juridique, là, c'est-à-dire à l'action de distribuer plutôt qu'à des... à
l'action d'exploiter certains équipements en particulier, là, pour englober
tout ce qui est distribution.
M. Bouazzi : Et donc
permettre... Du coup, qu'est-ce qu'on permet, là? Donc, imaginons, je suis une
compagnie privée, je mets des éoliennes sur mon territoire ou un territoire
adjacent, et là, qu'est-ce qui est permis pour moi par rapport à la
distribution? Est-ce que je dois... Concrètement, je dois... Est-ce que... Est-ce
que j'utilise... Je ne passe plus du tout par Hydro, en fait. C'est ça que ça
permet?
M. Marois (Samuel) : En
fait, la question c'est plutôt : Qu'est-ce qu'on évite?
M. Bouazzi : Exact.
Qu'est-ce qu'on évite?
M. Marois (Samuel) : Qu'est-ce
qu'on évite, c'est que... Puis là, j'essaie de retrouver mon... mon article 2.
Il faut que je tourne mes pages.
Mme Fréchette : C'est
rare que vous ne le connaissez pas par coeur.
M. Marois (Samuel) : Bien,
c'est qu'il faut s'y rendre aussi. OK. Donc, à l'article 2 de la loi sur
la régie, on disait, par exemple, que le «réseau de distribution d'électricité»,
c'est «l'ensemble des installations destinées à la distribution à partir de la
sortie des postes de transformation, y compris les lignes de distribution à des
tensions de moins de 44 kV». Donc, est-ce que quelqu'un qui avait
quelques... par exemple, quelques panneaux solaires, qui voulait distribuer à
son voisin, c'était visé par ça? Si on avait des postes de transformation ou
des lignes de moins de 44 kV, bien, ce n'était pas vraiment visé par ça.
Ça fait que, ce qu'on a fait, c'est qu'on
a dit : Bien, le réseau de distribution, c'est tous les appareils qui
permettent à une personne de distribuer l'électricité à une autre. On est plus
englobant, on vient clarifier c'est quoi la distribution, c'est quoi un réseau
de distribution. Puis, ce faisant, bien, à 60, ce qu'on dit, c'est que le droit
exclusif d'Hydro, et notamment parce qu'il y a d'autres titulaires de droit
exclusif de distribution aussi, le droit exclusif comporte celui de distribuer
à une autre personne et non pas d'exploiter un réseau de distribution. Donc,
c'est... c'est plus englobant, c'est plus... Il y a moins... On veut éviter de
ne pas capter certaines situations.
M. Bouazzi : Bon. Alors,
je veux être sûr de comprendre. Donc, je prends une compagnie privée, un cas
précis, je prends une compagnie privée qui produit de l'électricité et qui
voudrait vendre à son voisin. Bon, j'ai deux questions. D'abord : Est-ce
qu'elle doit le transporter vers son voisin et est-ce que ça lui appartient? Et
la deuxième, c'est : Est-ce qu'elle doit le distribuer une fois qu'elle
l'a transportée, en imaginant qu'elle doive le transporter, et ça, en se basant
sur son propre matériel?
M. Marois (Samuel) : Bien
là, vous êtes dans le cas du troisième alinéa.
M. Bouazzi : Exact.
M. Marois (Samuel) : C'est-à-dire
que c'est Hydro-Québec qui a le droit exclusif de distribuer.
M. Bouazzi : OK.
M. Marois (Samuel) : Donc,
personne ne peut distribuer, sauf Hydro-Québec, sauf dans le cas prévu au
troisième... au nouveau troisième alinéa qui est proposé ici.
M. Bouazzi : Donc, si on
reste dans la première modification, j'avais ma question. Donc, «un droit
exclusif de distribution d'électricité confère à un titulaire, sur un
territoire où il porte et à l'exclusion de quiconque...» Honnêtement, je suis
perdu. Réexpliquez-moi exactement. Je comprends, là, que vous dites :
C'est englobant... Concrètement, est-ce qu'on... Oublions le deuxième, on
arrivera au deuxième alinéa <juste...
M. Bouazzi :
...Concrètement,
est-ce qu'on... Oublions le deuxième, on arrivera au deuxième alinéa >juste
après, est-ce que ça, ça veut dire que c'est Hydro-Québec qui a le monopole sur
les deux, point barre? Si c'est juste ça, qu'on le dise et puis que je passe...
M. Marois (Samuel) : Le
premier alinéa veut dire qu'Hydro-Québec a le monopole sur la distribution,
point.
M. Bouazzi : OK.
Parfait. Évidemment il ne parle pas de transport.
M. Marois (Samuel) : Exact.
M. Bouazzi : Exact. Bon.
Donc là, on passe au deuxième. Et là, au deuxième, là, tout d'un coup, le
monopole il tombe parce qu'on est dans l'autoproduction et de la vente à un
voisin. C'est-tu ça?
M. Marois (Samuel) : Le
deuxième alinéa qui dit : «Ce droit n'empêche pas quiconque de consommer l'électricité
qu'il produit», ça, c'est une mention que je qualifierai d'informative.
M. Bouazzi : Oui. En
fait, je parlais du troisième.
M. Marois (Samuel) : OK.
Parfait. Donc, le troisième, c'est une... On peut le voir comme une exception
au premier alinéa, c'est-à-dire, Hydro‑Québec, notamment, a le droit exclusif
de distribuer, mais il y a le cas du troisième alinéa.
M. Bouazzi : OK. Et
celui-là, c'est pour et le... et la distribution et le transport ou juste le
transport? Excusez-moi.
M. Marois (Samuel) : Non,
on parle... C'est juste la distribution.
M. Bouazzi : Juste la
distribution. Bon. Alors, prenons... Donc, nous, à peu près tous les gens qui
sont venus nous voir, à part ceux évidemment qui veulent faire de la business avec
ça, là, ils nous ont dit : C'est une mauvaise... une mauvaise idée
d'ouvrir la vente du privé au privé, c'est une tache. Aujourd'hui, en gros, on
ouvre... on ne vend pas du privé au privé. Ma question pour vous, peut-être, imaginons
que j'ai... je suis en autoproduction et que j'ai des surplus, pourquoi est-ce
que ça ne serait pas juste Hydro‑Québec qui le prend, le surplus? Pourquoi
permettre de vendre... Et puis ensuite, Hydro-Québec distribuera cette
électricité à la personne que nous jugeons tous, y compris vous, Mme la
ministre, qui est plus à même à recevoir cette électricité-là.
Le Président (M. Montigny) :
...
Mme Fréchette : Si je
reprends un des exemples que j'ai donnés tout à l'heure, Hydro-Québec n'est pas
présente partout, donc de retourner l'électricité à Hydro-Québec, ce n'est pas
une alternative possible à tout... partout.
M. Bouazzi : Et vous ne
pensez pas qu'Hydro-Québec est capable d'être présente partout sur le
territoire?
Mme Fréchette : À long terme,
probablement, mais à court terme, à moyen terme... Comme je disais tout à
l'heure, développer une ligne, c'est sept à huit ans, on est dans un contexte
de resserrement aussi de...
M. Bouazzi : Non, mais
je ne parle pas développer une ligne. Bien, c'est sûr que si l'idée c'est de
connecter un village qui est à 2 000 kilomètres... Mais... Mais là ce
dont on parle, c'est des réseaux qui sont locaux, là, un peu... un peu comme ce
qu'on a fait par exemple sur... je ne sais pas moi, sur l'Île-de-la-Madeleine où
on a rajouté une éolienne, si mes souvenirs sont bons, pour diminuer la
quantité de... Mais... Ah non, là, on l'a connectée, d'ailleurs, l'Île-de-la-Madeleine...
Mme Fréchette : Bien, il
y a des éoliennes, oui, qui ont été instaurées.
M. Bouazzi : Mais en
plus, on a rajouté un câble qui se rend jusqu'à là-bas, non? J'ai oublié. Non,
donc c'est juste l'éolienne.
Mme Fréchette : Il y avait...
Ça avait été envisagé, mais ça a été refusé par la régie en 2022.
M. Bouazzi : Exact. Bon.
Donc... Donc, à ce moment-là, je veux dire, pourquoi est-ce qu'Hydro-Québec ne
serait pas capable de juste faire ce genre de développement?
Mme Fréchette : Hydro-Québec
ne peut pas desservir les industries une à une, considérant les ressources que
ça exige, les coûts, les investissements que ça requiert, le temps que ça
requiert. Il faut faire des choix. Et c'est sûr que, bien, des regroupements de
consommateurs vont être privilégiés plutôt que des projets à une seule
entreprise. La capacité technique, comme je le disais tout à l'heure aussi, est
limitée dans plusieurs régions. Donc, il faut rehausser cette capacité
technique là. Donc, parfois, oui, Hydro y passe, sauf que la capacité maximale
est atteinte, donc il faut rehausser la capacité des lignes de transport. Donc,
voilà, il y a différents cas de figure qui peuvent se présenter.
• (18 heures) •
M. Bouazzi :
C'est
quoi, le risque numéro un? Dans le plan, là, de M. Sabia, il y avait trois
risques dans le plan qui nous a été présenté. Le risque numéro un, est-ce que
vous vous souvenez c'était lequel?
Mme Fréchette : Je n'ai
pas souvenir, non.
M. Bouazzi : Je... Bien,
donc, le risque numéro un, je vous le dis, et même trois, et, comme c'est un
investissement de 180 milliards, je vous avouerais que c'est... j'ai été
attentif aux différents risques, le risque numéro un, c'est l'accès à
l'expertise.
Est-ce que vous pensez que, quand le privé
va commencer à produire pour chaque développement quelque part, un petit
partenaire qui, lui, va lui fournir de l'électricité, est-ce que vous pensez
que l'expertise va se rajouter ou l'expertise est finie sur le territoire et
donc va être partagée avec Hydro‑Québec?
Mme Fréchette : Bien,
d'une part, je ne pense pas qu'on va... on va être dans une démultiplication du
nombre de projets. Comme je vous disais tout à l'heure, en 25 ans, cet
article-là, à notre connaissance...
18 h (version révisée)
Mme Fréchette : ...comme je
vous le disais tout à l'heure, en 25 ans, cet article là, à notre
connaissance, n'a jamais été utilisé. Jamais. Donc, est-ce que là, on va se
retrouver avec des milliers de projets? J'en doute, j'en doute. Donc, je ne
vois pas là, comment dire, un danger, une menace pour Hydro-Québec.
L'expertise, par ailleurs, se développe.
On voit qu'il y a des développements technologiques intéressants entourant les
sources d'énergies renouvelables. Donc, voilà. Je pense qu'il y a aussi quelque
chose qui peut émaner comme champs d'intérêt pour des gens qui veulent se
former dans un secteur avant-gardiste. Et je m'attends à ce qu'il y a de plus
en plus de gens qui développent cette connaissance-là. Surtout que ceux qui
font de l'autoproduction personnelle deviennent souvent un peu des experts du
sujet puis de la matière. Donc, mais, voilà, je ne vois pas de menace pour
Hydro-Québec au niveau de l'accès à de la connaissance ou à de l'expertise.
M. Bouazzi : Donc là, le
risque n° 1, qui est défini par Hydro-Québec, qui est
qu'on peut manquer d'expertise, faire en sorte que le privé commence à produire
plus... Alors, je comprends, c'est ou bien cet article ne sert à rien, et donc abrogeons-le,
ou bien il va... il va servir beaucoup. Et, moi, mon feeling, c'est que s'il
est là, il l'est pour une raison qui n'est pas qu'il ne va pas être utilisé,
mais plutôt qu'il va être utilisé. À ce moment-là, il est évident, Mme la
ministre, que le privé va siphonner une partie de l'expertise et même siphonner...
Mme Fréchette : ...
M. Bouazzi : ...siphonner,
oui, je pense, c'est le bon mot, une partie de l'expertise qui se retrouve et
spécialement même celle d'Hydro-Québec, parce qu'elle est spécialement... elle
est spécialement compétente. Surtout qu'il est question aussi de distribution
dans le cas dont on parle. Et au Québec, c'est vraiment Hydro-Québec qui est le
plus compétent en la matière. Donc, on vient rajouter un risque au plan d'Hydro-Québec,
qui pourtant est sacrément important.
Mme Fréchette : Et vous
évaluez qu'ils vont aller siphonner, comme vous le dites, l'expertise d'Hydro-Québec
pour vendre à un consommateur?
M. Bouazzi : Non, je dis que
s'il y en a plusieurs... Mme la ministre, on a joué dans le film, dans la
santé, dans l'éducation, à chaque fois qu'il y a tout d'un coup des
développements dans le privé, comme si ça allait régler nos problèmes, on se
retrouve avec un privé qui siphonne l'expertise qui se retrouve au Québec, que
ce soit dans le domaine de la santé, on l'a vu avec les infirmières, on le voit
avec les médecins, et on est obligé de rattraper comme on peut, c'est
absolument catastrophique, que ce soit dans l'éducation, on se retrouve avec
une éducation à trois vitesses...
Mme Fréchette : Mais je vous
parle de l'article, ici, là, qui permet de vendre à un...
M. Bouazzi : Bien, moi, je
vous parle de la place du privé par rapport... par rapport au commun, comme
étant un bien commun qui est d'abord la nature, donc l'hydroélectricité, bien,
c'est l'eau ou le vent. Et, deuxièmement, Hydro-Québec, comme institution
publique, est un bien commun. Et il y a cette idéologie qui prend énormément de
place en ce moment, néolibérale, qui pense que le privé va régler tous nos
problèmes, mais, en fait, une des premières choses qu'elle fait, c'est détruire
le public, y compris une recette pour le faire, c'est de se retrouver à vider
le public de son expertise, de la mettre au privé et d'ensuite de constater que
le public ne fonctionne pas. Et, du coup, il nous faut plus de privé, et on
rentre dans un cercle vicieux absolument catastrophique.
Alors qu'Hydro-Québec, c'est justement le
cercle vertueux inverse, c'est le constat inverse, c'est qu'on ne peut pas laisser
quelque chose d'aussi important que l'énergie dans les mains du privé et qu'il
a fallu bâtir notre propre expertise, et dont on est sacrément fière à l'international
et pas juste au Québec, pour pouvoir créer un bien commun qui fournisse de l'énergie,
qui est un service essentiel au Québec. Donc, en allant dans...
Une voix : ...
M. Bouazzi : Bien, en allant
dans ce sens-là, on va déposer... on a déjà déposé un amendement pour abroger toute
la partie qui ouvre une brèche absolument inacceptable sur la question de la
vente du privé au privé.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Vous voulez
déposer un amendement?
Le Président (M. Montigny) : Avez-vous
d'autres choses à rajouter en réponse ou non?
Mme Fréchette : Je vais
suspendre un petit moment.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons donc suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 06)
(Reprise à 18 h 08)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Mme la ministre avait demandé une
suspension. Nous avons eu quand même M. le député de Maurice-Richard
qui fait mention de vouloir proposer un amendement. Alors, Mme la
ministre.
Mme Fréchette : ...prête
à regarder l'amendement.
Le Président (M. Montigny) :
Tout à fait. Merci. M. le député de Maurice-Richard, je vous invite à faire
votre proposition d'amendement, maintenant.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. C'est assez simple et on va pouvoir tous ensemble continuer la
conversation. Donc : L'article 60 de la Loi sur la Régie de l'énergie
(chapitre R-6.01), tel que modifié par l'article 38 du projet de loi,
est modifié par la suppression du dernier alinéa. Tout simplement.
Ça fait que tout ce qui permet de vendre
du privé au privé est juste parti, «gone». Et je pense que c'est vraiment
important, cet amendement, Mme la ministre. Donc, on était rendus à constater
les dégâts de privatisation sur des services de biens communs, la santé et
l'éducation étant des exemples où on se retrouve à vider, concurrencer ne
serait-ce que l'existence de l'expertise. Combien... Combien d'employés
Hydro-Québec voudrait engager pour répondre aux besoins de la vision qu'ils
nous ont présentée? Est-ce que vous vous souvenez, Mme la ministre?
Mme Fréchette : Pour leur
plan de développement? 35 000, 35 000 personnes.
M. Bouazzi : Et est-ce
que vous pensez déjà... Est-ce que vous pensez que c'est gagné d'avance d'avoir
35 000 personnes avec l'expertise qui est demandée?
Mme Fréchette : Ça va
requérir de la formation. Ça va requérir du travail.
M. Bouazzi : Et est-ce
que vous pensez qu'ouvrir la porte de la vente du privé au privé va compliquer
ou faciliter la tâche de trouver 35 000 personnes pour Hydro-Québec?
• (18 h 10) •
Mme Fréchette : Mais je
ne vois pas que ça va limiter de manière importante ou significative la
capacité d'Hydro à recruter des gens, puisque ce sont des projets, en fait, qui
vont servir à un consommateur. Donc, on ne parle pas de développer des réseaux.
On parle de projets qui vont développer, en fait, une autonomie dans des
régions éloignées, du développement économique régional, qui vont permettre à
des Premières Nations d'avoir des nouveaux revenus, d'avoir des assises
nouvelles pour leur développement économique. Vous avez beaucoup à cœur
l'avenir des Premières Nations, avec raison, et je trouve qu'il y a, là, en
fait, un levier intéressant pour développer une autonomie sur le plan
énergétique puis diversifier leurs sources de revenus. Alors, voilà.
Mais moi, je ne vois pas d'impact négatif
ou significatif pour Hydro-Québec en termes d'accès aux ressources parce que,
comme je vous disais, ça existe depuis 25 ans et ça n'a jamais été
utilisé. Est-ce que ça veut dire que ça ne sera jamais utilisé? Probablement
pas, parce que maintenant, il y a plus de sources d'énergies renouvelables qui
peuvent être développées. Mais est-ce que ça va devenir un réseau d'importance
parallèle à Hydro-Québec? Ce n'est pas ma vision.
Donc, l'impact au niveau de la main-d'oeuvre,
pour moi, ce n'est pas là que ça va se jouer. Je pense que les besoins sont <importants...
Mme Fréchette :
...
main-d'oeuvre,
pour moi, ce n'est pas là que ça va se jouer. Je pense que les besoins sont
>importants pour Hydro-Québec, sont importants de... Ça va être
important de former des gens pour vraiment s'engager dans ce grand plan de
développement d'Hydro-Québec qu'on a.
M. Bouazzi : J'ai du mal à
vous suivre, Mme la ministre. D'un côté, on a l'impression que vous minimisez,
pour dire : Bien, ce n'est vraiment pas grand-chose. Mais pourquoi on le
fait, d'abord? Je veux dire, si vous nous dites : Ça n'a jamais été
appelé... Ça n'a jamais été utilisé dans les dernières années, je ne comprends
pas pourquoi est-ce qu'on ouvre un risque comme celui-là, parce que rien
n'empêche qu'on se retrouve avec vraiment beaucoup de ces projets-là, là. On
ouvre la porte et puis là on dit : Un. Moi, j'ai du mal à comprendre
pourquoi un, pourquoi pas deux ou trois, là. Tant qu'à ne pas en avoir
beaucoup, on peut dire que trois, ce n'est pas beaucoup. Bon.
L'autoproduction est possible. Nous, on
n'est pas contre l'autoproduction. S'il y a une minière qui veut mettre une
éolienne en plein milieu de sa mine, ou même adjacente, en étant... si on est
d'accord qu'«adjacente», ce n'est pas à 200 kilomètres, à ce moment-là le
problème n'existe pas, là. Ça fait que... Je veux dire, on est en train
d'ouvrir une brèche, alors qu'on peut régler le problème avec ce qu'on a
aujourd'hui.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre... Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci. Bien,
il y a deux éléments essentiels, là, qui changent le cadre. Prenez par exemple,
là, dans le cadre de la transition énergétique, on aura besoin d'une manière
beaucoup plus marquée de minéraux critiques et stratégiques. De ces minéraux
critiques et stratégiques, on en a 28 au Québec. On peut être une solution
importante à la dépendance qu'on a à l'égard de la Chine, pour détenir des
minéraux critiques et stratégiques. Et je l'ai vu en Europe, j'y suis allée il
y a quelques semaines, eux, ils veulent se détacher également de la Chine, ils
veulent se détacher de la Russie. Je pense que le Québec, dans ces
circonstances-là, peut faire partie de la solution, on a un levier de
développement important.
Maintenant, il y a plusieurs de ces
minéraux critiques et stratégiques qui sont en zone éloignée, dans le Nord-du-Québec.
Alors, advenant que c'est dans une zone où Hydro-Québec soit n'est pas présent
ou a sa capacité technique à pleine capacité, quelle alternative il y a?
Attendre huit ans? Attendre 15 ans? Ne pas développer le projet? Donc là,
il y a une alternative qui est présente avec cette possibilité-là. Advenant
qu'une entreprise qui veut développer un site de minéraux critiques et
stratégiques veuille travailler avec la communauté adjacente, qui elle veut
développer un parc éolien, un parc solaire, à voir, donc ça, ça ouvre une
nouvelle possibilité, puis je trouve que pour les minéraux critiques et
stratégiques ça peut faire une différence importante.
Par ailleurs, il y a plus de sources
d'énergie renouvelable qu'on n'en avait en l'an 2000. Aujourd'hui, le
solaire et l'éolien sont des véritables sources d'importance, d'intérêt. Alors,
ça ouvre, là aussi, des possibilités nouvelles pour des communautés qui
voudraient devenir plus autonomes sur le plan énergétique.
En ce sens-là, on n'est pas que dans la
biomasse, qui était la source unique à laquelle pouvaient recourir les gens
lorsque ça a été présenté en 2000. Donc, quelque part, ça reflète aussi un
développement des technologies. Donc c'est, là aussi, une dimension à prendre
en considération pour expliquer que cet article-là peut avoir toute sa
pertinence dans le contexte à la fois géopolitique actuel, et économique, et
technologique. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député.
M. Bouazzi : Alors là, là on
parle. Parce que, concrètement, vous parlez beaucoup de mines. Est-ce que déjà
on peut dire que c'est surtout pour les mines, alors, qu'on fait ça?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Moi, je ne
vais pas présumer à l'avance de quels types de projets. Mais ça, c'est un
exemple, parce que les mines sont souvent en région éloignée, où les réseaux
sont moins présents, où la capacité technique d'Hydro-Québec est peut-être
limitée, et c'est là aussi où il y a des communautés qui, à mon sens, seraient
intéressées à développer davantage leur autonomie énergétique et leur économie.
Donc, c'est pour ça que je vois dans le Nord-du-Québec une possibilité
intéressante, et bien sûr, dans le Nord-du-Québec, le secteur minier est
d'importance puis il a de grandes retombées pour le Québec en termes de PIB, en
termes de création d'emplois bien rémunérés, et, dans un contexte de transition
énergétique, là aussi c'est un secteur, je dirais, qui est stratégique.
Donc, pour toutes ces raisons-là, je donne
ça en exemple, mais ce n'est pas le seul exemple. Est-ce que ce sera la
majorité des projets? Je n'en suis pas convaincue. Moi, j'ai hâte de voir ce
que, du côté des communautés éloignées, on pourra développer. Dans ce sens-là,
ça reste à voir, mais il faut voir... il faut laisser la chance.
M. Bouazzi : Bon. Pourquoi
les Premières Nations... Laissons les mines de côté, là, mais... puis on va y
revenir juste après. Mais pourquoi les Premières Nations n'auraient pas le
droit à une électricité publique de bonne qualité, pas chère fournie par
Hydro-Québec?
Mme Fréchette : Mais je ne me
suis pas prononcée sur avoir le droit ou pas là. Je dis qu'il y a une réalité qui
fait en sorte qu'il y a des <communautés...
Mme Fréchette :
...le
droit ou pas là. Je dis qu'il y a une réalité qui fait en sorte qu'il y a des
>communautés éloignées où cet accès-là n'est pas nécessairement facile.
M. Bouazzi : Et vous ne
pensez pas que c'est le rôle de l'État de s'assurer que les communautés
éloignées, dont les Premières Nations surtout étant donné notre histoire avec
eux et avec Hydro-Québec particulièrement, devraient avoir accès à une
électricité publique?
Mme Fréchette : Tout à fait.
M. Bouazzi : Bon.
Mme Fréchette : Mais ce n'est
pas parce que moi, je le veux que c'est la réalité.
M. Bouazzi : Bien, vous
savez, j'ai l'impression... Vous êtes ministre, évidemment vous avez beaucoup
de pouvoir, là, plus que moi. Moi, j'essaie d'en avoir sur vous, honnêtement.
Mais... mais je suis persuadé qu'on est capables. La vérité, je suis persuadé
qu'on est capables.
Mme Fréchette : Et je sais
qu'Hydro-Québec y travaille fort, mais ça met... ça met du temps.
M. Bouazzi : On est
malheureusement souvent plus capables pour les minières que pour les Premières
Nations, Mme la ministre.
Le... Vous avez dit : C'est une
question de rapidité, là. Vous nous avez dit : Ça peut prendre sept ans,
etc. Combien de temps ça prend pour démarrer une mine entre le moment où on a
décidé d'exploiter un minerai et le moment où on commence à le vendre?
Mme Fréchette : Bien, ça
dépend. Ça dépend du type de mine, du secteur, des ressources, de
l'emplacement.
M. Bouazzi : Et, en moyenne,
est-ce que vous... est-ce que vous avez une idée?
Mme Fréchette : Je n'ai pas
de moyenne, malheureusement, à vous donner.
M. Bouazzi : Pardon? Moi, je
vous dis que ça prend des années, mais je n'ai pas les chiffres devant moi.
Mme Fréchette : Parc éolien,
c'est deux ans, trois ans. Le solaire, c'est plus court.
M. Bouazzi : Donc, on est à
deux ans et plus pour l'exploration, de trois à huit ans pour la mise en valeur,
et pour l'aménagement du complexe minier, on est de deux à trois ans. Et la
restauration du site, ça, c'est s'ils le font, on est à cinq ans et plus. Bon.
C'est beaucoup d'années tout ça, Mme la
ministre, et donc on s'entend que... Imaginons que le privé soit plus
performant qu'Hydro-Québec, ce qui, étant donné notre histoire particulièrement
à nous, on est en droit d'en douter, on peut aussi tout à fait imaginer qu'on
soit capables de penser que c'est une priorité pour Hydro-Québec de fournir à
ces minières, pour des raisons stratégiques, d'électricité ou pas. Mais on peut
décider que c'est à Hydro-Québec et vous-même d'ailleurs, comme ministre, de
débloquer ce genre d'investissement ou pas. Vous ne pensez pas?
Mme Fréchette : Je saisis mal
votre question.
M. Bouazzi : Bien,
concrètement, là, imaginons. D'abord, nous, on pense que les Premières Nations
ont droit à une électricité publique et de bonne qualité. On a déjà plusieurs
fois démontré... On attend toujours des études de votre part qui nous
démontrent qu'aller dans le privé coûterait moins cher à produire que le faire
dans le public.
On a donné l'exemple du fait que le privé,
évidemment, a des dividendes et donc se garde un cote sur chaque vente de
kilowattheure. Que le privé, quand il emprunte de l'argent pour faire des
projets de plusieurs millions, voire plusieurs centaines de millions, il paye
7 % à 8 % d'intérêt aux banques pour un prêt qui touche à 75 %
de la valeur d'une éolienne, par exemple, alors que, dans le cas d'Hydro-Québec,
quand ils empruntent, ils empruntent à 4 %. Ça fait qu'il y a une
différence de 100 % qu'on économise juste parce que c'est Hydro-Québec qui
le fait, même s'ils ne sont pas plus performants. On sait aussi que ces
compagnies-là, pour plusieurs d'entre elles, mettent leur argent dans des
paradis fiscaux. Je veux dire, il y a toutes sortes de très, très bonnes
raisons de juste arrêter de faire appel à... de ces compagnies-là.
Maintenant, est-ce que vous pensez que, si
on va dans le privé, par exemple, pour les Premières Nations, l'électricité va
coûter moins cher ou plus cher si c'est le privé ou Hydro-Québec qui le fait?
Mme Fréchette : Mais je vous
le disais tout à l'heure, quand l'option de se raccorder à Hydro-Québec existe,
je suis convaincue que, les gens, c'est là qu'ils vont courir. Je veux dire,
c'est ça qui est la façon de procéder la plus économique, la plus facile. Ce
n'est pas la voie simple, là, d'y aller par l'utilisation de cet... de cet
article-là. Ce n'est pas... ce n'est pas la voie simple, ce n'est pas le
raccourci, loin de là. C'est tout sauf un raccourci. Donc, quand Hydro-Québec
est là et disponible, je peux vous dire que dans 99,9 % des cas, c'est ce
que vont privilégier les gens.
• (18 h 20) •
Maintenant, ce n'est pas toujours possible
pour les différentes raisons que j'ai exposées. Alors, je trouve important de
donner la possibilité à ce qu'il y ait une alternative, particulièrement pour
des communautés éloignées. Et je partage avec vous le besoin puis le devoir
qu'on a comme société de donner accès à l'ensemble des communautés au réseau
d'Hydro-Québec.
Maintenant, ce n'est pas parce qu'on le
souhaite... Bien, on le sait tous les deux, ce n'est pas parce qu'on le
souhaite que, demain matin, la situation va changer, là, pour ces
communautés-là. Ça va mettre du temps, ça va prendre des ressources, et on est
dans une situation où, justement, les besoins sont grands. Donc, si on peut
offrir au moins cette alternative qui requiert... qui va requérir beaucoup de
travail, là, de la part des communautés, eh bien, au moins cette alternative-là
existera. Puis si elle survient, bien, elle va offrir une diversification des
sources de revenus puis du développement économique.
M. Bouazzi : Quand vous dites :
Ce n'est pas toujours possible par rapport aux <raisons...
Mme Fréchette :
...économique.
M. Bouazzi : Quand vous
dites : Ce n'est pas toujours possible par rapport aux >raisons...
Mme Fréchette : À l'accès au
réseau d'Hydro-Québec.
M. Bouazzi : Mais l'accès au
réseau, je veux bien, mais Hydro-Québec est capable de faire un réseau local
sans le connecter au réseau principal, non? Je ne comprends pas l'argument,
honnêtement.
Mme Fréchette : Ils peuvent
le faire, effectivement, pour des communautés éloignées, mais quand c'est à
plus petite échelle ou pour une entreprise, par exemple, eh bien, là, c'est
plus le diesel qui devient la source d'approvisionnement.
M. Bouazzi : Est-ce que vous
pouvez nous décrire comment ça marche sur l'île-de-la-Madeleine, en ce moment?
Mme Fréchette : Bien, les
éoliennes qui... il y a une centrale au diesel et il y a des éoliennes. À
quelle quantité? Je ne sais pas. C'est autour de 4 MW et c'est appelé à
monter.
M. Bouazzi : Vous parlez de
l'éolienne, là?
Mme Fréchette : Oui, au
niveau des éoliennes, de la production de mégawatts par les éoliennes, mais il
y a du diesel également.
M. Bouazzi : Est-ce que...
Donc là, je comprends. Est-ce que vous pensez que, si le privé met un réseau
qui n'est connecté à rien quelque part dans le Nord-du-Québec, il ne va pas
faire appel au diesel? Je veux dire, c'est quoi, la différence juste pour
comprendre?
Mme Fréchette : ...des
éoliennes, ça peut être des éoliennes qui soient utilisées comme sources
d'approvisionnement, des panneaux solaires également, de la biomasse, comme
c'est... c'est déjà possible.
M. Bouazzi : On s'entend que
le problème, c'est l'intermittence, Mme la ministre, c'est pour ça qu'on fait
appel au diesel, là, ce n'est pas tant parce qu'on manque d'électricité. C'est
parce qu'il y a des moments où il n'y a pas de vent, tout simplement.
Mme Fréchette : Et il y a des
moments où il n'y a pas de soleil aussi, effectivement, ça prend des modèles
hybrides, parfois.
M. Bouazzi : C'est exact.
Donc, ça, ça veut dire que ce n'est pas... ce ne sera pas bien, bien...
Mme Fréchette : Mais, quand
il y a au moins une part de l'énergie qui provient du solaire et de l'éolien,
bon...
M. Bouazzi : On est heureux,
on va partager cette joie.
Mme Fréchette : Bien, voilà,
je pense qu'on y gagne tous. On y gagne tous.
M. Bouazzi : Bon, on est
d'accord là-dessus. Moi, ma question, c'est de dire : En quoi Hydro-Québec...
parce que c'est juste de la volonté politique. En quoi Hydro-Québec n'est pas
capable de faire ça? Moi, je ne le vois pas.
Mme Fréchette : Il y a des
fois... Ça dépend de la nature du projet. Il y a des fois où Hydro voudra le
faire, puis ce sera très correct que ce soit comme ça, là. En fait, moi, je
pense que ce serait même à privilégier. Maintenant, est-ce que ça couvre tous
les cas de figure? Je ne crois pas.
Donc, est-ce que, pour les autres cas de
figure, il ne faut rien offrir ou donner cette perspective-là de peut-être
travailler ça autrement? Je pense que ça, cette alternative-là, c'est bienvenu
qu'elle puisse exister, à voir si elle sera utilisée.
Il y a aussi...
C'est ça, il y a une question de risque, advenant qu'il y ait un projet
d'entreprise, bon, qui émerge dans une région éloignée, bien, il y a une part
de risque qui est toujours associée à des projets d'entreprise. Est-ce
qu'Hydro-Québec voudra assumer cette part de risque là? Peut-être pas. Si elle
a le choix entre différents projets, puis Dieu sait qu'elle a le choix parce
que les besoins sont grands, eh bien, les projets les plus risqués risquent de
ne pas être retenus. Alors, dans ces cas... dans ces cas-là, ça pourrait être
la communauté ou les entrepreneurs concernés qui, eux, prendront le risque.
M. Bouazzi : Bon. Prenons
l'exemple... prenons l'exemple de... Je ne sais pas, peut-être vous voulez
rajouter quelque chose? Non. Prenons... prenons l'exemple de TES Canada.
Imaginons que cette compagnie-là décide, parce qu'on lui permet, là, de
commencer à vendre de l'électricité à un voisin. Et là, planifier, si mes
souvenirs sont bons, 130, 133 éoliennes,
éparpillées sur deux MRC au moins. Donc, les MRC de Mékinac et des Chenaux... La
notion d'adjacent, là, est-ce que quelque chose d'adjacent à une éolienne,
c'est adjacent, ou alors c'est juste adjacent à la compagnie en elle-même?
Mme Fréchette : Dans le cas
de... dans le cas de projets de TES, c'est de l'autoproduction.
M. Bouazzi : Non, mais je
comprends, mais, s'ils décident de vendre. Ça... on va leur permettre de
vendre, là, si vous n'acceptez pas mon amendement, on va leur permettre de
vendre.
Mme Fréchette : Ce n'est pas
dans leur plan de vendre, c'est pour de la consommation propre, pour leurs
propres besoins.
M. Bouazzi : En tout respect,
moi, je ne suis pas sûr d'avoir compris leur plan à ce stade, là, et puis on
aura le temps d'y revenir, mais en imaginant que cette compagnie décide de
vendre, est-ce que la compagnie à laquelle elle <vend...
M. Bouazzi :
...que
cette compagnie décide de vendre, est-ce que la compagnie à laquelle elle >vend
doit être collée à son entreprise à Shawinigan ou alors elle peut être collée à
n'importe laquelle des 133 éoliennes?
Une voix : ...
Mme Fréchette : C'est ça,
c'est : Il faut que ce soit adjacent au site de production et que ce soit
destiné à un consommateur, un seul.
M. Bouazzi : Et le site de
production, est-ce que ça inclut une des 133 éoliennes?
Des voix : ...
Mme Fréchette : Donc, ce
serait le réseau collecteur qui pourrait être considéré comme le site de
production et c'est... donc, près de Shawinigan, qu'il y a ce réseau collecteur
de l'ensemble des éoliennes à côté de l'usine. Mais encore là, il faudrait que
ce ne soit vendu qu'à un seul consommateur.
M. Bouazzi : Ça, j'ai
compris. Le «un seul», j'ai compris. Il n'y a pas de problème, Mme la ministre.
Je veux juste être sûr, parce que le site de production, est-ce que ça inclut
ou pas où se trouvent les éoliennes? Parce qu'on s'entend, là, on a comme un
problème.
D'un côté, quand on nous a annoncé TES
Canada, on nous a dit : C'est... C'est adjacent. Bon. La notion
d'adjacent, pour le coup, nous, on est d'accord, mais votre prédécesseur, il
n'était pas d'accord avec nous, là, et, pour lui, adjacent, c'était à 200 kilomètres
carrés autour de Shawinigan. Tout ça, c'est adjacent, à 20 kilomètres du
côté de Sainte-Thècle, Saint-Tite, etc. Là, on n'est pas rentrés dans les
questions d'acceptabilité sociale, parce que Dieu sait que ça a créé de la
bisbille dans le coin là-bas.
Mais imaginons, là, est-ce qu'une fois
qu'on a décidé que c'était ça, l'espace dans lequel cette compagnie a mis
133... veut mettre 133 éoliennes de, rappelons-le, 200 mètres... 206 mètres
de haut, là, aussi haut que la Place Ville-Marie... est-ce que tout ce qui est
adjacent à ces éoliennes-là est adjacent? C'est oui ou non, en tout respect,
là. Je comprends...
Mme Fréchette : Bien, je vous
ai répondu tout à l'heure quant au site de production et j'ai rappelé que ce
n'est pas le plan de TES de vendre. C'est pour de la consommation propre qu'ils
développent leur parc d'éoliennes. Et je vous ai parlé du réseau collecteur qui
était comme le site de production. Et ce qui est permis, c'est de vendre à un
consommateur à proximité du site de la... du... voyons, du réseau collecteur.
M. Bouazzi : Mme la ministre,
les plans de TES Canada qu'ils nous ont présentés ici, c'est de vendre du gaz à
Énergir. Et, pour avoir parlé à Énergir... et peut-être qu'il y a quelque chose
qui a changé depuis la dernière fois que je leur ai parlé, mais ils m'ont dit
que ce n'était vraiment pas dans leurs plans d'en acheter. Ça fait qu'en tout
respect les plans de TES Canada, c'est ni vous ni moi qui ne le savons, à moins
que vous ayez des informations que je n'ai pas, mais ce n'est probablement pas
ce que TES Canada nous annonce.
Maintenant, imaginons qu'une autre
compagnie, qui ne s'appelle pas TES, qui fait la même chose que TES... Je veux
bien, là, je n'ai pas de problème, là. Donc là, vous parlez du site de production.
On est... de ce que je comprends que vous me dites, on est devant une situation
où n'importe quelle compagnie qui se trouve dans ce territoire-là de plus de
100 kilomètres carrés, où il y a 133 éoliennes, on peut se pluguer
dessus...
Le Président (M. Montigny) :
En conclusion.
M. Bouazzi : ...pour se
connecter à l'électricité.
Le Président (M. Montigny) : Je
vous remercie, mais, compte tenu de l'heure, malheureusement... compte tenu de
l'heure, la commission ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 18
h
30)