Journal des débats (Hansard) of the Committee on Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, June 4, 2025
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Vol. 47 N° 73
Clause-by-clause consideration of Bill 69, An Act to ensure the responsible governance of energy resources and to amend various legislative provisions
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Intervenants par tranches d'heure
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Kelley, Gregory
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Sainte-Croix, Stéphane
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Garceau, Brigitte B .
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Bussière, Robert
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Sainte-Croix, Stéphane
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Tremblay, François
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Poulin, Samuel
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Kelley, Gregory
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Fréchette, Christine
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Poulin, Samuel
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Poulin, Samuel
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Kelley, Gregory
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Montigny, Yves
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Garceau, Brigitte B .
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Poulin, Samuel
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Poulin, Samuel
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Bouazzi, Haroun
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Fréchette, Christine
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Garceau, Brigitte B .
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Tremblay, François
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Garceau, Brigitte B .
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures quarante-trois minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Rivest (Côte-du-Sud) est remplacé par M. Poulin
(Beauce-Sud) et M. Ciccone (Marquette); par Mme Garceau
(Robert-Baldwin).
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Lors de l'ajournement de nos travaux hier, nous étions à l'étude de l'article 35
tel qu'amendé, parce que nous avons donc adopté hier, notamment, un amendement.
Par ailleurs, je vous rappelle que l'étude des articles 36, 39, 111, 112
et 129.1 est suspendue.
Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 35
tel qu'amendé? M. le député de Jean-Talon, il vous reste un peu plus de deux
minutes sur cet article.
M. Paradis : Donc, mais là...
Donc, on est toujours sur la discussion de l'ensemble de l'article 35,
hein?
Le Président (M. Montigny) : De
l'article 35.
M. Paradis : Très bien. Je
supposais... en fait, j'ai eu un échange avec vous, Mme la ministre, hier, et j'indiquais
que de permettre à Hydro-Québec de transférer ses manques à gagner aux
consommateurs québécois, ça lui permet de justifier de meilleurs revenus, et je
m'inquiétais du fait que les... la rémunération de la haute direction d'Hydro-Québec
est liée justement à la maximisation des revenus, c'est vous qui l'avez
confirmé hier.
Alors, moi, je vois qu'il y a là un
risque. Mais vous, vous nous avez dit hier que le projet de loi n° 69 doit
être adopté parce que ça va nous permettre d'épargner 6 milliards de
dollars. Est-ce que vous pouvez nous dire, par exemple, cet article-ci, en quoi,
ça va nous permettre d'épargner 6 milliards de dollars?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Oui. Merci, M.
le Président. En fait, les épargnes qui ont été... les économies qui ont été
évoquées, dans les sorties de presse hier, sont en lien avec la mise en œuvre
notamment de la stratégie éolienne, donc, par exemple, le fait qu'Hydro-Québec devienne
maître d'oeuvre des projets, le fait qu'il y ait une création de 1 000 emplois
qui soit devancée, particulièrement en région, sur la Côte-Nord, au Saguenay-Lac-Saint-Jean,
Bas-Saint-Laurent, Gaspésie. Donc, c'est les éléments qui sont à la source de
cette économie-là.
M. Paradis : Mais l'article
qu'on étudie, là, en quoi il va nous permettre d'épargner 6 milliards de
dollars, ou quel article du projet de loi n° 69 est absolument essentiel à
ce qu'on avance cet été, là, alors qu'Hydro-Québec a déjà lancé ses projets,
que la stratégie éolienne est annoncée, là, quel article vous devez faire
adopter par bâillon pour qu'on épargne 6 milliards cet été?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : On n'a pas
indiqué que c'était 6 milliards cet été, là, d'une part. Alors, notamment,
le fait qu'Hydro-Québec puisse mettre en place rapidement son plan de
développement d'ici 2035, ça, ça va générer des économies importantes au
Québec. Ça va nous permettre de devancer également l'obtention des... par
exemple, des éléments d'efficacité énergétique qui sont attendus de ce plan de
développement là. On vient débloquer aussi plus rapidement des mégawatts liés à
des... de l'énergie éolienne. Donc, c'est des exemples. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Paradis : C'est
intéressant, la réponse de la ministre. Elle nous dit : On n'a pas dit cet
été. La différence entre un bâillon, pas de bâillon, c'est cet été. Nous, on
dit : On a beaucoup de travail encore à faire, ça doit se poursuivre l'automne
prochain. Vous allez nous imposer un bâillon, parce que là tous les signaux
sont là. Quel article est nécessaire pour que des projets avancent cet été? Qu'est-ce
qui va se passer entre aujourd'hui ou samedi, le 7, parce que ça va être ça, un
bâillon, puis la Saint-Jean-Baptiste, là, que, vraiment, là, tout le monde
attend ça pour développer des chantiers? Quel chantier va se développer cet été
et quel article du projet de loi°69 est essentiel à ce que ça arrive?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui. M. le
Président, ce que je rectifiais, c'est le fait que les 6 milliards
d'économies ne viendront pas dans le courant de l'été. Ça va démarrer des
projets <à partir de cet été...
Mme Fréchette :
...ce
que je rectifiais, c'est le fait que les 6 milliards d'économies ne
viendront pas dans le courant de l'été. Ça va démarrer des projets >à
partir de cet été, mais je précise simplement que, les 6 milliards, ce
n'est pas cet été qu'ils vont être économisés dans leur ensemble. C'est le
début d'une stratégie de devancement qui nous permet d'accélérer les projets.
Et, dans le contexte actuel, particulièrement quand je vois le premier ministre
Carney, par exemple, dire qu'il faut développer des corridors énergétiques,
bien, c'est intéressant d'aller de l'avant.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Paradis : Donc, je
comprends que la ministre n'est pas capable de nous dire que le présent article
ou un quelconque article du projet de loi 69 est essentiel à ce que des
projets démarrent cet été, parce que c'est ça, la différence, bâillon, pas
bâillon, c'est cet été. Nous, on a dit : On a encore beaucoup de travail à
faire, beaucoup de travail. Puis la ministre le sait, on travaille dur pour
débusquer ici, qu'est-ce qu'on va faire avec chacun des articles. Est-ce que
cet article-ci... Quel article du projet de loi 69 est absolument
essentiel à ce qu'il se passe des choses cet été, si vous le voyez vous-même
dans le long terme?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je n'ai pas
prétendu que chacun des articles permettait ça. C'est un tout, le projet de loi,
c'est un tout, et l'ensemble nous permet d'aller plus avant, de moderniser
notre cadre énergétique, de s'inscrire dans la transition énergétique. Et ça,
c'est crucial, c'est crucial pour qu'on puisse de l'avant... aller de l'avant
avec le développement à la fois des régions, à la fois des emplois et de
l'économie, et que ça améliore notre positionnement stratégique.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Malheureusement, M. le député, il ne vous reste plus de temps
pour l'article 35. M. le député de Maurice-Richard a demandé la parole et
ainsi que, cher collègue, M. le député de Maurice-Richard était avant. Je vous
laisse la parole.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Pour rassurer mon collègue du Parti québécois, j'allais exactement
dans le même sens, si on peut savoir... Bon. On comprend maintenant de ce qu'on
entend, c'est que ce n'est pas cet été qu'on économise 6 milliards, ça
aurait été difficile à faire de toute façon. Mais c'est quel article nous
permet d'économiser 6 milliards de toute façon, juste si on peut
comprendre exactement de quoi on parle.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, bien sûr que ça débute cet été, mais on ne vient pas ramasser
l'ensemble des économies dès cet été. Je pense que c'est assez facile... facile
à comprendre. Mais, dans le projet de loi, il y a des... il y a des éléments,
notamment, concernant les approvisionnements, les approvisionnements
énergétiques, qui vont permettre des partenariats, qui vont permettre de la
flexibilité, qui vont permettre d'aller plus rapidement de l'avant avec les
développements. On va sauver par exemple du temps en matière des autorisations
pour le développement de parcs éoliens, ça va nous permettre d'aller capter à
la fois de l'énergie éolienne plus rapidement, créer des emplois également plus
rapidement. On parle de 1 000 emplois en lien avec le développement
du plan.
Donc, voilà, il y a plusieurs éléments qui
vont être... pouvoir être activés, dès cet été, grâce à l'adoption d'un projet
de loi.
• (11 h 50) •
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. Bouazzi : Donc... Merci,
Mme la ministre. Je ne comprends toujours pas quel article... Par exemple, vous
avez parlé de créer 1 000 emplois, quel l'article permet de créer
1 000 emplois? Je suis un peu perdu, là, parce qu'Hydro-Québec a déjà
annoncé toutes sortes de choses, là, que ce soit des lignes qui viennent du
nord, que ce soient des partenariats avec les Premières Nations, bien des
affaires. 6 milliards, c'est... c'est énormément d'argent, ça fait que... OK,
bon, déjà, créer 1 000 emplois, ce n'est pas économiser
6 milliards, mais qu'on prenne l'un ou l'autre, là, quel article?
Parce que moi, ce que je proposerais à mes
collègues, c'est de sauter vers ces articles le plus vite possible pour nous
faire gagner... nous faire comprendre comment on gagne 6 milliards, là. Je
veux dire, si c'est ça que ça prend, je suis sûr qu'on pourrait se convaincre
toutes et tous d'aller vers ces articles qui nous font gagner 6 milliards
ou qui créent 1 000 emplois.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Par
exemple, ne pas prendre un élément qui est important dans le développement de
notre futur développement énergétique, c'est la collaboration avec les
Premières Nations. Bien, je pense qu'avec l'inclusion d'un certain nombre de
références aux Premières Nations, on va pouvoir accélérer le développement
énergétique et faire en sorte de convenir également d'ententes de partenariat
qui sont essentielles, essentielles pour la mise en place de nos... de nos
projets et le renforcement de la place de l'éolien dans le cadre du
développement énergétique québécois. Donc, ça, c'est un exemple.
M. Bouazzi : Mais, Mme la
ministre, là on parle bien de la production, là, vous parlez des parcs éoliens,
c'est la production. Aujourd'hui, il n'y a rien qui empêche... Nous, on oserait
dire malheureusement, qu'on laisse plus de place au privé, mais on pense qu'il
y a d'autres moyens de dédommager les Premières Nations, les municipalités à
travers des loyers, des genres de rentes, <sans avoir à privatiser...
M. Bouazzi :
…on
laisse plus de place au privé, mais on pense qu'il y a d'autres moyens de
dédommager les Premières Nations, les municipalités à travers des loyers, des
genres de rentes, >sans avoir à privatiser la production d'électricité.
Mais aujourd'hui, là, des exemples où les Premières Nations sont partenaires
pour la production, il y en a plein. Vous parlez tout le temps de la régie de
l'est. Il y en a aussi au niveau de l'Alliance de l'Est, il y en a plein au
niveau de l'Alliance de l'Est. Qu'est-ce que… qu'est-ce qui fait que, tout d'un
coup, on est plus capable de faire des alliances et de créer des coquilles
financières dans le gouvernement, Boralex, Énergir, et les Premières Nations
sont coactionnaires, je veux dire, ça existe déjà, non?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Ce que je
dis, c'est que le projet de loi vient poser les bases d'un partenariat resserré
avec les Premières Nations, et c'est crucial, c'est essentiel pour la poursuite
de nos projets. On le sait, on en a discuté régulièrement qu'il faut avoir une
approche de collaboration. Je pense que les références que l'on a faites aux
Premières Nations, dans différents articles, et l'esprit aussi qui se dégage de
ce renouveau-là va faciliter, favoriser la réalisation plus rapide de projets
qui requièrent leur partenariat, qui requièrent leur collaboration. Donc, ça,
c'est… c'est un des éléments qui fait partie de la donne.
M. Bouazzi : On est... on est
9 millions de Québécoises et de Québécois, là, 6 milliards, je n'ai
pas fait le calcul, mais disons que c'est 700 $ par personne, là, ça fait
quand même beaucoup d'argent. Je n'ai toujours pas entendu quel article nous
permet d'économiser autant d'argent, là. Est-ce que vous pourriez… Parce que,
très sérieusement, moi, je proposerais qu'on saute à ces articles-là qui nous
permettent de gagner autant d'argent, le plus vite possible, là, pour même les
améliorer, pour qu'on en gagne 10, 12, des milliards. Pourquoi juste 6, là?
Le Président (M. Montigny) : …alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien, j'ai
déjà répondu. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Bien.
M. Bouazzi : Bien, en tout
respect, je n'ai pas entendu un seul numéro d'article à date, là. Ça fait que,
comme l'idée, c'est de dire quelle partie du projet de loi… Parce que ce n'est
clairement pas l'article qu'on est en train d'étudier actuellement, ça fait qu'il
doit y en avoir un... deux, trois, 10, je ne sais pas, là, mais peut-on avoir
la combinaison des articles qui nous permettent d'économiser 6 milliards?
On est devant une situation où on annonce qu'on double Hydro-Québec sans aucune
équation. On annonce qu'on va gagner 6 milliards sans aucune… on annonce
qu'on va bloquer les augmentations d'électricité sans aucune équation sur la
table. À un moment, là, on est-tu capables d'avoir un minimum de sérieux étant
donné la quantité d'argent qui est en jeu, étant donné le rapport affectif que
nous avons, toutes et tous, avec Hydro-Québec, étant donné les enjeux qui sont…
Je ne comprends pas comment c'est possible de continuer à faire des
affirmations comme ça, même... Il faudrait juste arrêter, là, si on n'est pas
capable de démontrer, même en…
Ça fait que je continue à attendre un
numéro d'article ou une série d'articles qui nous permettrait d'expliquer
comment est-ce que la ministre nous dit qu'on va gagner
6 milliards de dollars.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
D'autres interventions? Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je réitère que
j'ai mentionné que c'était un tout, le projet de loi, que c'est dans une
multitude de dimensions que ça se retrouve, cette possibilité de générer plus
rapidement des retombées. Je faisais référence notamment aux articles qui font
référence aux ententes avec les Premières Nations, également, sur les
approvisionnements. On a également des articles sur la sobriété énergétique, on
a l'inclusion de la sobriété énergétique, l'inclusion de l'efficacité
énergétique, dans ma mission, dans celle de mon collègue à l'Environnement,
dans celle d'Hydro-Québec, dans celle de la régie. Ça, ça forme un tout, et
c'est ça qu'il faut mettre en place, mettre en œuvre pour générer des projets
en plus grande… plus grand volume et également de manière accélérée. Merci.
M. Bouazzi : Je rappelle
quand même que, dans le projet de loi au complet, de plus de 150 articles,
le mot «sobriété» n'existe pas. C'est intéressant qu'un des arguments que Mme
la ministre nous donne aujourd'hui, c'est l'importance de la sobriété. C'est
bien la preuve que l'importance du travail parlementaire, malgré toutes les
frustrations associées à notre travail à nous, du côté de l'opposition, peut
quand même être utile. Et donc ce serait, donc, bien dommage de ne pas pouvoir
améliorer le reste du projet de loi, étant donné qu'un de ses arguments pour
dire que c'est un bon projet de loi, c'est quelque chose que les oppositions
ont apporté, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, je
voudrais quand même souligner que le concept de sobriété énergétique existait
dans une référence du projet de loi. Donc, par conséquent, il était présent, de
même que l'efficacité énergétique et la conversion énergétique. On l'a tout de
même inclus, de manière plus claire, mais c'était déjà présent dans le concept
soutenant le projet de loi.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Je vais continuer un peu sur une annonce qu'honnêtement j'ai
trouvé un peu étonnante hier, quand le <journaliste Nicolas Lachance...
Le Président (M. Montigny) :
...bien.
Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Merci
beaucoup, M. le Président. Je vais continuer un peu sur une annonce
qu'honnêtement j'ai trouvé un peu étonnante hier, quand le >journaliste
Nicolas Lachance, leJournal de Québec, a écrit un article avec
un titre qui dit : LaLoi sur l'énergie : un bâillon pour économiser
6 milliardsde dollars. Je dis : Bien, c'est bien
intéressant. Pourquoi Hydro-Québec n'a pas... nous avisés dès la première
journée qu'on a commencé cette étude détaillée? Ça tombe dans la dernière
semaine. Bien intéressant.
J'ai écouté avec attention la discussion,
Mme la ministre, que vous avez eue avec mon collègue de Jean-Talon, parce que,
dans l'article, c'est écrit que, selon les sources d'Hydro-Québec, d'attendre
six mois supplémentaires coûterait 6 milliards aux Québécois d'après les
estimations d'Hydro-Québec. J'ai trouvé ça un peu difficile à comprendre que ça
va... met à risque 6 milliards de dollars de projets. Les calculs
viennent d'où exactement? Et, Mme la ministre, si je comprends bien, si ce
projet de loi n'est pas adopté aujourd'hui, il n'y a aucune question qu'on va
perde 6 milliards de dollars dans les économies. Ça, c'est sur
l'échelle globale, comme vous avez mentionné, c'est bien correct. Je comprends
bien qu'est-ce que vous avez dit?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Merci. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, je
mentionnais que le début du processus d'obtention d'économies, ça débute, cet
été, avec la mise en place déjà de projets qui vont nous permettre d'aller plus
rapidement sur la stratégie éolienne. La stratégie éolienne, elle est d'une
valeur de 30 milliards de dollars, et on va pouvoir économiser
20 % de l'équivalent de cette... de la valeur de cette stratégie-là,
notamment parce qu'Hydro-Québec devient maître d'oeuvre des projets éoliens,
également parce qu'on resserre les relations avec les Premières Nations, donc,
on peut favoriser la signature d'ententes, même chose pour les municipalités.
Donc, voilà, c'est un ensemble d'éléments, d'atouts qui nous font obtenir ces
impacts.
M. Kelley : Parfait. Mais il
n'y a aucune question, si ce projet de loi n'est pas adopté avant vendredi,
qu'on va perdre 6 millions de dollars en... des économies, 6 milliards de
dollars en économies. C'est certain que ce n'est pas le cas, ça, c'est sur
10 ans, c'est bien ça?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Alors, on va
pouvoir entamer dès maintenant, dès cet été, le plan qui va nous permettre
d'économiser 6 milliards de dollars grâce à l'activation plus rapide
de la stratégie éolienne. Et je souligne quand même qu'au rythme où on va, si
on poursuit à ce rythme-là, l'an prochain, à pareille date, on sera encore en
train d'étudier des articles. Donc, je ne sens pas vraiment une volonté très
forte de s'engager dans la transition énergétique, tel qu'il en relève de notre
responsabilité. On veut aller de l'avant avec cette stratégie. La transition
énergétique, c'est au cœur de nos responsabilités, et on propose de le faire
avec ce projet de loi, en transformant notamment la mission des organismes que
je citais tout à l'heure.
• (12 heures) •
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député de Gaspé, vous avez demandé la parole. Je vous écoute. Question de
règlement ou...
M. Sainte-Croix : Oui, appel
au règlement, M. le Président, 211...
Le Président (M. Montigny) : Oui.
M. Sainte-Croix : ...sur la
pertinence.
Le Président (M. Montigny) : Bien,
en fait, il n'y appartient pas à la présidence de juger de la pertinence des
propos. C'est quand même assez large. Par contre, je nous rappellerais tous que
nous sommes en train d'étudier l'article 35 tel qu'amendé. Alors, voici.
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec l'article 35
tel qu'amendé? M. le député de Jacques-Cartier, je vous laisse la parole.
M. Kelley : M. le Président,
je trouve qu'il y a un lien direct, on est en train de parler des trop-perçus puis
des manques à gagner. Alors, le fait qu'Hydro-Québec a mis de l'avant, dans les
médias, le fait que, si on n'adopte pas ce projet de loi avant la fin de la
session, ça met à risque des économies de 6 milliards de dollars.
C'est pertinent, il y a un lien direct avec tous les articles qui touchent
aussi les tarifs. C'est en lien directement avec comment... combien ça va
coûter. Alors, je pense qu'il y a un lien pertinent... juste faire
l'argumentaire.
Puis je reviens, Mme la ministre, si ce
projet de loi est adopté en décembre 2025, est-ce que vous avez une idée c'est
quoi, les pertes exactement dans les économies pour Hydro-Québec?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, comme je
répète, c'est à partir de cet été qu'on va pouvoir entamer des économies, à
partir du moment où un projet de loi est adopté, parce qu'on va pouvoir
devancer un grand nombre d'éléments, notamment des projets qui nous permettent
de débloquer jusqu'à 800 mégawatts d'énergie, d'efficacité énergétique. On
va également débloquer plus rapidement la production de 2 000 mégawatts
en lien avec l'énergie éolienne. Et je pense qu'on va pouvoir aussi resserrer
davantage nos liens...
12 h (version révisée)
Mme Fréchette : ...d'efficacité
énergétique. On va également débloquer plus rapidement la production de 2 000 mégawatts
en lien avec l'énergie éolienne, et je pense qu'on va pouvoir aussi resserrer
davantage nos liens avec plusieurs des Premières Nations avec lesquelles on
veut travailler en collaboration et en partenariat. Donc, il y a plusieurs
éléments.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. Mais, quand même, tout ça arrive déjà présentement. C'est
toujours... C'est déjà le cas. On signe des ententes avec des groupes
autochtones, on signe des groupes... des ententes avec des producteurs privés, l'alliance
de l'Est qu'on parle souvent ici en commission. Le gouvernement peut quand
même, par décret, permettre Hydro-Québec d'aller de l'avant avec certains
appels d'offres pour gré à gré, qui peut juste avancer. Ça existe, ce pouvoir-là,
déjà, de qu'est-ce que je comprends. Si je me trompe, Mme la ministre, me
corriger, mais je pense que quand même, avec la latitude, s'il y a quelque
chose, urgence, un projet, deux projets, trois projets qui doit absolument
commencer demain, je pense que le gouvernement a toujours la capacité d'agir.
Mais, comme je dis, peut‑être, je me trompe, mais je trouve ça un peu décevant
que... de la part d'Hydro‑Québec, de jouer dans ce film-là, qu'il faut faire ça
maintenant, sinon ça va être une perte de 6 milliards de dollars pour les
Québécois et pour Hydro-Québec. Je trouve ça quand même irresponsable.
On est en... M. le Président, nous sommes
dans une démocratie. Ce n'est pas une monarchie. Il n'y a pas juste un
gouvernement puis Hydro-Québec qui décident de tout. Ce n'est pas vrai. Et j'ai
fait la mise en garde, parce que de notre côté de l'opposition, on a des
ressources limitées puis on demande des études. Sur chaque article, on répète
souvent : C'est quoi les impacts sur... si c'est des PME, si c'est des
consommateurs, on demande des questions : Est-ce qu'il y a des études? Et
souvent, la réponse, c'est non.
Alors, je pense que, de notre côté, on a
un rôle dans cette démocratie, c'est de poser des questions. C'est un projet de
loi très complexe, on prend des pauses, et encore merci à l'équipe du
gouvernement et l'équipe de la ministre de prendre des temps, des fois, de bien
expliquer les choses parce que ce n'est pas simple. Et, je pense, c'est très
important de poser ces questions-là parce qu'il n'y a aucune question
concernant les 6 milliards. Ça va être sauvé avec le fait que ce projet de
loi va être adopté à un certain moment, puis sur 10 ans, on va faire des
économies parce qu'Hydro-Québec va être le maître d'œuvre dans le secteur de l'éolien.
Ça, c'est qu'est-ce que M. Sabia a dit quand il a lancé son plan. C'était
écrit 20 % à ce moment‑là, mais d'arriver à la dernière minute que si ce n'est
pas adopté aujourd'hui, on perd ça, c'est... honnêtement, c'est irresponsable.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci, M.
le Président. Dans la même voie, très étonnée par l'article qui était dans les
médias. Mais, à ce stade-ci, Mme la ministre, parce que je vois dans l'article
que l'estimé du 6 milliards vient d'Hydro‑Québec, est-ce que vous avez
pris connaissance de l'estimé? Est-ce qu'on vous a fourni un document
quelconque qui vient à l'appui de ce 6 milliards?
Le Président (M. Montigny) :
Bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, un document d'Hydro-Québec qui s'appelle Tracer la voie vers une
réussite collective, qui est une publication dans laquelle vous retrouvez
les éléments que j'ai mentionnés tout à l'heure, par exemple à l'effet qu'Hydro-Québec
peut... pourra devenir maître d'oeuvre des projets éoliens, également avoir des
relations plus étroites avec les municipalités, les MRC, les Premières Nations,
et tout ça. Donc, on y retrouve ces éléments.
Mme Garceau : ...la
ministre, on se comprend, là, que vous n'avez pas reçu... Ça, là, ça sort, la
dernière heure, puis je vais le dire franchement, pour comme orchestrer une
urgence pour justifier un bâillon. On le sait très bien qu'il n'y en a pas de
document qui démontre le 6 milliards.
Et aussi, j'aimerais qu'on parle : Quelle
est l'utilité du PGIRE? Parce qu'il me semble, on parle d'une stratégie globale
en ce qui a trait à la transition énergétique, mais là, tout d'un coup, à la
dernière heure, ah! c'est le plan éolien qu'il faut mettre de l'avant. Mais qu'est-ce
qu'on fait avec tous les autres plans? Il me semble, c'était ça, l'utilité, la
nécessité du projet de loi. Puis même, c'était de tenir les consultations afin
de déterminer, d'élaborer le PGIRE. C'était ça qui était aussi au coeur de ce
projet de loi. On avait besoin d'un projet de loi afin de pouvoir <avancer...
Mme Garceau :
...C'était
ça qui était aussi au coeur de ce projet de loi. On avait besoin d'un projet de
loi afin de pouvoir >avancer sur un PGIRE, mais là, on dirait qu'on est
dans le sens inverse, là, on est en train déjà de mettre en vigueur des
éléments du peut-être potentiel PGIRE. Il me semble qu'on fait les choses un
petit peu, Mme la ministre, là, à l'envers parce que je ne sais pas, en termes
des consultations, si vous avez terminé, mais c'était ça, l'objectif du projet
de loi.
Et, comme mon collègue de Jean-Talon l'a
mentionné, il n'y a absolument rien qui justifie en ce moment d'accélérer puis
d'aller en bâillon quand, non seulement, est-ce que c'est 156 articles,
mais, avec les amendements, on est au-delà de 200 articles. On est rendus,
M. le Président, à l'article 35. Donc, moi, je reviens aussi à l'élément,
l'objectif principal de ce projet de loi, puis ça, c'étaient vos paroles, Mme
la ministre, au tout début de nos discussions, c'était : On a besoin du...
On a besoin du projet de loi afin de pouvoir mettre en place un PGIRE. Est-ce
que ce n'est pas encore l'objectif du gouvernement, c'est de mettre en place un
PGIRE et, suite à ça, déterminer les projets qui vont être priorisés?
Le Président (M. Montigny) :
Bien. Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci.
Donc, je... Bien, en fait, concernant la consultation qui est en cours au sujet
du PGIRE, elle va se conclure la semaine prochaine. On aura la dernière
consultation, pilotée d'ailleurs par le député de René-Lévesque, que je salue
pour son doigté, pour la conduite de ces consultations, et ça, ça va nous
donner des éléments importants. Il faut voir qu'il y a tout un travail qui va
suivre, après ça, analyse des données. Mais le PGIRE, ça couvre 25 ans, c'est
le premier exercice de la sorte qu'on organise à l'échelle du Québec et pour
une si longue période de temps.
Donc, il y aura des bases assurément en
éolien, en solaire, en hydroélectrique qui devront être développées quel que
soit le type de scénario qui ressortira du PGIRE. Donc, je pense qu'on ne
contrevient absolument pas à lancer quelques-uns des projets parce qu'on en
aura besoin, ça va faire partie du socle puis de la base et du mixte
énergétique dont on aura besoin. Maintenant, le PGIRE va venir préciser
plusieurs éléments, plusieurs dimensions, d'autant que ça va porter sur une
période de 25 ans, dans un contexte de besoins, très grands besoins
d'énergie et de mégawatts.
• (12 h 10) •
Le Président (M. Montigny) :
Bien. Mme la députée.
Mme Garceau : Mais, Mme
la ministre, puis je crois que c'est très, très important à ce stade-ci, des
bâillons, c'est des mesures exceptionnelles, il faut qu'il y ait des... un
motif d'urgence en quelque part. Ici, vous allez convenir avec moi qu'il n'y en
a pas, de matière d'urgence, à ce stade-ci. On pourrait très bien... des
contrats peuvent être conclus en ce qui a trait aux projets éoliens et qu'on
continue l'étude à notre retour en septembre parce qu'on a encore au-delà de
100 articles à étudier. Et je crois qu'à ce stade-ci, en ce qui a trait
aux travaux que nous avons faits comme opposition, je crois que c'est... On a
été très efficaces, on a soumis des amendements qui ont été retenus, on a
bonifié jusqu'à présent le projet de loi, on veut continuer à le faire. C'est
dans l'intérêt des Québécois et des Québécoises. Et nous, on est là pour faire
le travail.
Le Président (M. Montigny) :
D'autres interventions? Alors, à ce stade-ci, je nous rappelle, toujours
pour les gens qui nous écoutent, nous sommes à l'étude de l'article 35 tel
qu'amendé. Merci. Il n'y a pas d'autre intervention pour l'article 35, alors
nous serions prêts à sa mise aux voix. Est‑ce que l'article 35 est adopté?
Oui?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Par appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Pour.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Pour.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Pour.
La Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Contre.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Contre.
La Secrétaire : M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Contre.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Alors, l'article 35, tel qu'amendé, est donc adopté. Très
bien.
Maintenant, dans l'ordre des choses,
l'article 36... Par <contre...
Le Président (M. Montigny) :
...35, tel qu'amendé, est donc adopté. Très bien.
Maintenant, dans l'ordre des choses,
l'article 36... Par >contre, avant 36, il y a une proposition
d'amendement qui a été déposée, qui a été acheminée, qui est déposée sur
Greffier, alors je crois qu'il y a un 35.3 ou... Je vous écoute, Mme la
ministre.
Mme Fréchette : Oui.
Alors, proposition d'amendement :
Insérer, après l'article 35.2 du
projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
35.3. Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 52.4.1, du suivant :
«52.4.2. La Régie peut, à la demande du distributeur
d'électricité, fixer des tarifs et des conditions pour des services liés à ses
programmes et mesures de gestion de la demande et gestion d'efficacité
énergétique dans un lieu de consommation d'électricité.»
Donc, c'est un article qui insère une
nouvelle disposition dans la Loi sur la Régie de l'énergie pour prévoir que la
régie puisse fixer des tarifs et des conditions pour des services liés aux
programmes et aux mesures de gestion de la demande et d'efficacité énergétique
d'Hydro-Québec.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. Alors, je vous rappelle tous que c'est
une proposition d'amendement qui a pour effet d'ajouter un article à 35.3. M.
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Donc, ça
fait partie de toute une série d'amendements, plus de 50, là, je pense qu'on
est rendus à 55, en tout cas, plus de 50 qu'on a reçus dans les derniers jours,
un projet de loi qui est en préparation depuis deux ans sur lequel les
consultations particulières ont eu lieu l'automne dernier sur un autre projet
de loi qui est complètement modifié sur lequel le gouvernement a mis une pause
pendant de longs mois, pas les oppositions, le gouvernement a attendu des mois,
là, pendant des mois, on ne l'a pas étudié.
Et là, aujourd'hui, alors que le premier
ministre, ce matin, disait que les oppositions font de l'obstruction, moi,
j'aimerais savoir quelles questions qu'on a posées, là, où ça a été très
difficile d'avoir les réponses, qu'on a eu des heures et des heures de
suspension pour que le gouvernement et la ministre trouvent les réponses, là, j'aimerais
comprendre où est l'obstruction, il n'y en a pas.
Mais là, ça, ça fait partie de toute une
série d'amendements qu'on vient de recevoir. Je vais être très intéressé de
savoir pourquoi il nous est arrivé à la dernière minute, mais ma première
question : Je voudrais savoir de la ministre si cet article-là, il est
absolument essentiel cet été? Pourquoi on parle de cet été? Parce que la
différence entre un bâillon puis la reprise de nos travaux à l'automne pour
finir comme il faut ce projet de loi là, c'est l'été. Alors, est-ce que ça fait
partie des articles qui sont nécessaires pour épargner 6 milliards de
dollars? Est-ce que c'est un des articles dont on a absolument besoin cet été?
Parce que c'est vous, là, qui venez de le déposer, c'est vous qui nous avez
déposé ça à la dernière minute d'un projet de loi qui est commencé depuis deux
ans.
Donc, c'est vous qui nous déposez ça à la
dernière minute puis c'est vous qui prétendez, tout comme Michael Sabia d'ailleurs,
remarquez à quel point les discours sont arrimés. Moi, je le dis : Gouvernement,
main dans la main avec Hydro-Québec, c'est Hydro-Québec qui a rédigé ces
amendements‑là. Là, on les reçoit. En quoi il est absolument essentiel cet été
puis en quoi il nous fait épargner 6 milliards de dollars, cet article-là?
Ou sinon, quel autre article du projet de loi, là, est absolument essentiel cet
été pour épargner 6 milliards de dollars?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Oui.
Merci, M. le Président. Écoutez, je voudrais juste faire un petit rappel, là,
des travaux, ne serait-ce que de la dernière journée de la semaine dernière, on
a siégé pendant huit heures, on a adopté deux articles. Alors, quand on dit que
ça file à bon rythme, je ne sais pas qu'est-ce qu'on entend par efficacité. Et
voilà. Hier, on a travaillé pendant deux heures pour adopter un
sous-amendement. Donc, voilà. À ce rythme-là, dans un an, on n'y sera... on n'y
sera toujours pas arrivés.
Donc, je voulais rappeler en fait des
éléments qui viennent sous-tendre la proposition d'amendement. C'est qu'on veut
faire en sorte que des populations, des groupes de la population qui sont
encore peu engagés dans des programmes d'efficacité énergétique puissent le
devenir, et j'ai en tête notamment des locataires, des locataires de logement.
On sait que le taux de participation à des programmes d'efficacité énergétique
sont quand même assez bas du côté des locataires. Donc, voilà, on propose cet
amendement‑là pour que des services, par exemple, tels que des thermopompes ou
des <accumulateurs...
Mme Fréchette :
...cet
amendement‑là pour que des services, par exemple, tels que des thermopompes ou
des >accumulateurs thermiques, puissent être visés par des programmes
d'efficacité énergétique et des services qui sont destinés, donc, à des
locataires, de telle sorte qu'on puisse rehausser leur taux de participation
pour qu'ils puissent contribuer également aux efforts de réduction de la
consommation énergétique. Alors, c'est l'idée derrière cet amendement,
proposition d'amendement.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. M. le député de Jean‑Talon.
M. Paradis : ...je
vais... On va arriver au fond de cette... de cette proposition d'amendement
dans quelques minutes, mais je comprends que la ministre n'est pas capable de
nous dire, ni pour cet article-là ni pour le précédent, qui est absolument
essentiel à l'avenir énergétique du Québec cet été, puis qui va nous faire
épargner 6 milliards cet été. C'est ça, la période de temps dont on parle,
entre le 7 — samedi, on va être le 7 juin — puis le
début de nos travaux parlementaires, à l'automne, c'est l'été.
Et la ministre dit : Oui, oui, mais
on a passé... On a passé plusieurs heures pour adopter un nombre limité
d'articles. Ça, c'est le résultat de ce que le gouvernement de la CAQ a décidé
de faire, c'est-à-dire de se lancer dans l'étude de ce projet de loi sans qu'on
ait le plan du gouvernement, sans qu'on ait la vision, sans qu'on comprenne où
est-ce qu'il veut aller avec son projet de loi, avec des déclarations
contradictoires de l'ancien ministre, du premier ministre, qui sont différentes
maintenant de ce qu'on entend de la nouvelle ministre.
C'est ça, le problème de ne pas consulter
les gens, de ne pas établir sa vision, puis de présenter un projet de loi où il
y a des tonnes d'articles qui changent fondamentalement l'avenir énergétique du
Québec, et surtout, des amendements qui viennent rajouter une couche de chaos
dans le chaos qu'il y avait déjà dans ce projet de loi là. Puis nous, on n'a
pas d'explications. Ça fait plusieurs fois qu'on demande à la ministre de nous
donner des explications sur ce qui s'en vient, de nous...
Le Président (M. Montigny) :
M. le député de Dubuc, là, a demandé la parole. Je crois que c'est sur un
enjeu de règlement. M. le député de Dubuc, je vous écoute.
M. Tremblay : Oui. Bien,
en tout respect, j'invoque 35-6.
Le Président (M. Montigny) :
Oui.
M. Tremblay : On prête
des intentions. Ce sont des opinions très personnelles. J'aimerais qu'on se
concentre sur le sujet s'il vous plaît. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Alors, simplement vous rappeler à la prudence. Nous sommes actuellement sur
l'étude de l'amendement 35.3. Alors, continuez, M. le député de Jean-Talon.
• (12 h 20) •
M. Paradis : Oui, je
remercie... Je remercie le député de Dubuc, je connais sa grande sensibilité.
Mais de dire que le projet de loi crée du chaos, ce n'est pas prêter des
intentions, c'est de parler des impacts que ce projet de loi peut avoir sur
tout le monde et tout le secteur de l'énergie, et c'est d'ailleurs ce qu'une
vingtaine d'organisations sont venues dire hier en point de presse, c'est ce
que disent les représentants des industries, c'est ce que disent les
représentants des PME, c'est ce que disent tous les experts indépendants qui
s'y connaissent en énergie au Québec. Tout le monde a le même message depuis
une semaine. Alors, si prêter sa voix à l'ensemble des acteurs québécois
concernés par le secteur de l'énergie, c'est de prêter des intentions, moi je
dis plutôt qu'il faut écouter actuellement les Québécois qui disent non au
bâillon et qui demandent de retirer ce projet de loi là.
Mais donc, les questions qu'on a posées,
j'aimerais savoir, moi, ce que la ministre considère qui n'était pas important,
là, comme celles qu'on va poser sur cet article-là, parce qu'il y a des grandes
conséquences, encore une fois. Est-ce que c'était de parler du fait que,
maintenant, on autorise... Hier, c'était ça... On autorise Hydro-Québec à
pelleter ses manques à gagner dans la cour des consommateurs d'électricité,
augmentant ainsi son propre bilan, ce qui va permettre à la haute direction de
montrer des meilleurs revenus, ce qui va leur permettre de toucher des bonis.
C'est... C'est des questions de l'opposition, hier, là, qui ont permis de faire
la lumière là-dessus. Est-ce que c'est de faire la lumière sur la façon dont on
va calculer les tarifs d'électricité de tous les Québécois jusqu'à maintenant?
Ce n'est pas le gouvernement, ce n'est pas
la ministre qui a expliqué ce que ça signifiait, un petit article, quelque part
dans un alinéa que j'ai débusqué, qui va permettre maintenant au gouvernement
de dire à la Régie de l'énergie de changer les règles de l'interfinancement, de
changer les tarifs alors qu'elle fait de la communication à l'effet contraire,
de dire que, maintenant, la différence entre les revenus puis les coûts des
redistributeurs d'électricité, ça va aussi être calculé pour faire augmenter
les tarifs, qu'il y a des ententes avec les Premières Nations dont on ne remet
pas en cause le bien-fondé, mais dont les montants qui vont être payés vont
être refilés aux consommateurs d'électricité plutôt qu'aux contribuables.
Quelles questions, là‑dedans, n'étaient pas pertinentes pour l'avenir
énergétique du Québec? Une chance qu'on était là pour faire le travail.
Alors, j'aimerais que la ministre me dise,
cet article 35.3, qu'est-ce qu'il va nous faire... Qu'est-ce qui va faire
en sorte qu'il va contribuer à nous faire épargner 6 milliards de dollars
cet été? Parce que c'est vous qui avez dit ça hier, c'est Hydro-Québec qui
semble le prétendre, sans le projet de loi 69, donc sans <bâillon...
M. Paradis :
...Parce
que c'est vous qui avez dit ça hier, c'est Hydro-Québec qui semble le
prétendre, sans le projet de loi 69, donc sans >bâillon, on
n'épargnera pas 6 milliards de dollars. Je veux savoir : Quel article?
Est-ce que c'est celui-ci? Parce que celui-ci vient d'être ajouté, donc ça doit
être quelque part, quelque chose qui est tellement urgent qu'on n'a pas pu en
parler aux oppositions avant la semaine passée ou, en tout cas, le moment où ça
a été déposé. Est-ce que ça va nous faire épargner 6 milliards, cet
article‑là?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Bien, je l'ai indiqué tout à l'heure, là, ça vient permettre à
une population qui est peu engagée dans des programmes d'efficacité énergétique
à le devenir. Donc, je pense que c'est un segment de population qui est
important. On parle ici de locataires de logements qui, à mon sens, devraient
pouvoir contribuer davantage à des mesures d'efficacité énergétique, mais c'est
ce que vient proposer cet amendement.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. M. le député de Jean‑Talon.
M. Paradis : Est-ce que
la ministre peut au moins nous expliquer pourquoi cet article-là nous a été
balancé comme ça, à la fin, à quelques jours de la fin de la session
parlementaire, alors que ce projet de loi là, le processus qui a mené à ce
projet de loi là, a commencé il y a deux ans? Il a été présenté en juin de
l'année dernière, on a fait des consultations particulières à l'automne, les
gens sont venus se prononcer sur un projet de loi où il n'y avait pas cet
article-là. Puis je le dis, on va arriver au fond dans quelques minutes, ça
signifie encore beaucoup de choses au-delà de ce que la ministre vient juste de
dire, là, la ligne. Pourquoi il est présenté aujourd'hui? Est-ce que vous allez
dire, demain ou après-demain, quand il va y avoir un bâillon, que, ah! ça, ça
fait partie... Les oppositions ont posé des questions là-dessus, on vient de
leur envoyer, ça, il n'y a personne qui s'est prononcé, on a une pile de
mémoires, là, qui fait haut comme ça, il n'y a personne qui s'est prononcé sur
cet article‑là. Vous n'avez demandé l'avis de personne.
En quoi cet article-là va nous faire
épargner 6 milliards de dollars cet été? S'il n'est pas adopté cet été, on
n'épargnera pas 6 milliards. Donc, pourquoi il n'a pas été présenté avant?
En quoi il contribue à votre objectif, là, d'épargner 6 milliards?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, est-ce qu'il y a des interventions? M. le député.
M. Paradis : Pas de
réponse. Pas de réponse. Les Québécois vont noter ça. Parce que ça va s'en
venir, la communication, là : C'est de la faute des... C'est déjà commencé
depuis hier. Aujourd'hui, le premier ministre l'a dit.
Le Président (M. Montigny) :
...rappeler que nous sommes à l'étude de l'article 35.3. Ce n'est pas
le rôle de la pertinence de juger... de la présidence de juger de la
pertinence. Par contre, je dois vous rappeler qu'à l'écran il est affiché
l'amendement à l'article 35.3. Merci, M. le député.
M. Paradis : Je vous
remercie, M. le Président. Là, remarquez que je ne vous appelle pas «M. Pertinence».
Le Président (M. Montigny) :
Oui. Je suis désolé.
M. Paradis : Mais, oui,
c'est très pertinent, votre appel. Mais on est justement sur le sens de cet
article-là, de cet amendement-là. Je demande d'abord : Est-ce que cet
article-là fait partie des articles dont l'adoption est nécessaire pour
épargner 6 milliards de dollars, selon les dires de la ministre hier, et
encore aujourd'hui du premier ministre? Oui ou non?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Bien, je rappelle, en fait, que les locataires de logements sont
peu engagés dans des programmes ou des mesures d'efficacité énergétique, et
c'est dommage. C'est dommage parce qu'on est dans une période de transition
énergétique. Je constate que ce n'est pas une grande urgence pour le Parti
québécois, mais de notre côté, on considère que c'est une urgence. On considère
que c'est important d'y aller rapidement, de s'engager dans cette transition
énergétique, d'autant qu'on a tous les atouts, non seulement pour la réussir,
mais en fait pour également développer nos régions, développer des emplois
intéressants, bien rémunérés dans des secteurs d'avenir grâce à la transition
énergétique.
Alors, pour revenir donc sur le segment
des locataires, bien, c'est un des segments de population qui est peu engagé
dans la transition énergétique, alors il faut s'adresser à eux, et c'est ce que
permet cet article.
Le Président (M. Montigny) :
M. le député.
M. Paradis : Nous, au
Parti québécois, on pense qu'une réforme comme celle-là, elle demande de la
rigueur, elle demande de la consultation et elle exige qu'on n'arrive pas avec
des amendements de dernière minute qui changent radicalement des principes de
base de la tarification de l'électricité que tous les Québécois et toutes les
Québécoises paient.
Vous voulez le faire adopter par bâillon,
mais vous n'êtes pas capable de nous dire, à aucun des articles, qu'il est
absolument nécessaire pour l'été. Donc celui-ci, que les Québécois le notent,
encore une fois, c'est un autre article qui n'est pas nécessaire, dont on
devrait pouvoir discuter comme <plusieurs...
M. Paradis :
...encore
une fois, c'est un autre article qui n'est pas nécessaire, dont on devrait
pouvoir discuter comme >plusieurs autres qui s'en viennent, et la
ministre n'a pas été capable d'en nommer un seul qui est essentiel, n'a pas été
capable de nommer un seul projet qui n'avancera pas cet été si le projet de loi 69
n'est pas adopté. Pas un seul article n'a été nommé jusqu'à maintenant qui est
essentiel pour débloquer des projets cet été. Ça, c'est la situation.
Maintenant, allons sur le fond. Est-ce que
vous avez fait une analyse d'impact de cet article-là? Un. Parce que vous nous
dites : Oui, il y a une bonne intention. Généralement, on tient pour
acquis qu'il y a une bonne intention derrière la volonté gouvernementale de
changer l'état du droit. Fort bien. Est-ce que vous avez une étude d'impact de
ce que ça signifie, cet article-là? Un.
Deuxièmement, est-ce que vous avez évalué
les risques que ça représente sur la façon dont on fixe les tarifs au Québec?
Parce qu'encore une fois, on introduit une nouvelle règle qui peut avoir des
changements profonds, c'est qu'encore une fois, on sort de la logique.
Hydro-Québec nous dit c'est quoi ses besoins. Elle s'en vient devant la Régie
de l'énergie et elle dit : Voici sur la base de quels calculs, quels sont mes
coûts, c'est là-dessus que tu devrais fixer des tarifs et conditions. Et
actuellement, cet article là, bien qu'il semble être justifié par une bonne
intention, pourrait radicalement modifier ça. Ça pourrait dire : Bien là,
ce n'est plus une question de coûts, c'est une question de : Je vais t'arriver...
Je vais arriver à la régie, puis là je vais fixer des tarifs et des conditions
qui sont liées à d'autres choses, des mesures de gestion de la demande et
d'efficacité énergétique.
Donc là, quelle justification Hydro-Québec
va devoir présenter pour faire ça? Est-ce que ça, ça peut servir à faire
augmenter les taux d'électricité pour des gens qui sont notamment en situation
de vulnérabilité pour les familles, les foyers les plus pauvres? Je comprends
l'intention. Quelles études vous avez, là, avant de changer ça? Parce que je le
redis, je veux que tout le monde comprenne bien, ça, c'est encore un article
qui a l'air anodin, ça change complètement la façon dont on fixe les tarifs.
Mes coûts, tu t'en vas à la régie, tu dis : Voici les revenus dont j'ai
besoin pour couvrir mes coûts. Là, il y a une belle intention, mais on sort de
cette logique-là. Qu'est-ce qu'on a fait comme études avant de juste recevoir
la proposition d'amendement d'Hydro-Québec puis de nous la présenter
aujourd'hui en catastrophe avant un éventuel bâillon?
• (12 h 30) •
Le Président (M. Montigny) :
Bien. Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui.
Merci, M. le Président. Donc, concernant le programme, en fait, c'est un
programme qui permettrait à Hydro-Québec de créer... En fait, c'est un
amendement qui permettrait de créer des programmes qui s'adresseraient aux
locataires. Maintenant, ces programmes-là ne sont pas ficelés déjà, ne sont pas
créés déjà. Ce qui est souhaité ici, c'est de créer la possibilité d'avoir des
programmes qui s'adressent aux locataires, et donc d'inciter les propriétaires
de plex, de logements, à adopter, par exemple, des thermopompes et à faire en
sorte que les locataires puissent bénéficier de mesures d'efficacité
énergétique. Ça ne vient pas impacter les tarifs de distribution, c'est un
programme qui est tout à fait dans un autre ordre d'idée.
Et, par ailleurs, ce seront des programmes
volontaires. Donc, personne ne sera forcé d'y participer, ce sera sur une base
volontaire que seront offerts ces programmes-là. Mais les analyses vont se
faire ultérieurement dans le sens où l'idée, c'est de créer la possibilité
d'avoir ce genre de programme là. Maintenant, il y a des études qui vont être
faites pour voir le type de programmes qui pourraient être mis en place, qui
s'avèrent les plus efficaces.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien, merci. M. le député de Jean‑Talon.
M. Paradis : Je repose
la question : Est-ce que vous avez une analyse d'impacts? Est-ce que vous
avez réfléchi à ce que ça veut dire? Quels sont les programmes exacts qui sont
visés par ça et pourquoi venir mettre ça dans les dispositions qui concernent
la fixation des tarifs? Parce que vous dites : Ça va être sur une base
volontaire. Moi, je ne vois pas ça dans l'article : «La régie peut, à la
demande du distributeur d'électricité». Ça fait qu'Hydro‑Québec arrive, là,
avec sa batterie d'avocats, ses experts puis tout ça, puis ils disent :
Régie, fixe «des tarifs et conditions pour des services liés à ses programmes
et mesures de gestion de la demande et d'efficacité énergétique dans un lieu de
consommation d'électricité». Puis je vais vous demander tout à l'heure, là,
vous pouvez la préparer, là, c'est quoi, un lieu de consommation d'électricité?
Mais pour l'instant, je suis sur le principe. Pourquoi on vient encore
jouer dans la fixation des tarifs puis pourquoi on vient encore permettre à
Hydro‑Québec d'arriver avec plein de nouveaux trucs puis de mettre ça dans le
gros sac des tarifs que vont payer les consommateurs. Où est-ce qu'elle est,
votre base volontaire, là-dedans, je ne la vois pas. Où est-elle? Puis
deuxièmement...
12 h 30 (version révisée)
M. Paradis : …consommateur. Où
est-ce qu'elle est, votre base volontaire là-dedans? Je ne la vois pas. Où est-elle?
Puis deuxièmement c'est quoi, le lien
entre ça puis des programmes qui existent déjà? Est-ce que c'est lié au Fonds
vert? En quoi l'achat de thermopompes, c'est lié à la distribution d'électricité?
Est-ce qu'on est en train… Est-ce qu'on n'est pas en train de parler de
distribution d'électricité, ici, de tarifs de distribution? Là, c'est quoi, là?
On va… Avec ça, on va… on va dire que : Ah oui! Donc là, il y a des gens
qui ont, je ne sais pas, moi, les entreprises de spa, on va leur permettre de
faire quelque chose avec ça, mais on va calculer ça dans les tarifs après ça?
Qu'est-ce que ça vient faire ici? L'avez-vous vraiment analysé, là, avant d'accepter
ce qu'Hydro-Québec vous a envoyé?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, j'aimerais rappeler, en fait, que l'efficacité énergétique, on
le sait, hein, c'est l'énergie qui est la moins dispendieuse. Et on a des
segments de population qui sont encore à ce jour peu engagés dans des pratiques
d'économie d'énergie, puis je pense que c'est souhaitable qu'ils le deviennent.
Et je pense qu'eux-mêmes souhaiteraient le devenir, mais les conditions dans
lesquelles ils évoluent sont peu propices à la mise en oeuvre, à la mise en
place de programmes qui les concernent, en l'occurrence des locataires, par…
par exemple. Donc, on veut, bref, rehausser leur taux de participation à des
mesures d'efficacité énergétique, et c'est ce qui serait proposé, dans le fond,
avec cet amendement-là, qui va venir créer un cadre à partir duquel
Hydro-Québec pourra mettre en place des programmes qui s'adresseront aux
locataires, donc, de logements.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Mais j'aime
beaucoup ce que la ministre vient de dire. Vraiment, là-dessus, on est d'accord.
Il y a de bonnes intentions. Il y a plein de sujets dont on a parlé maintenant,
là, les questions difficiles qu'on a posées, où il n'y avait pas de réponses et
où ça a pris des jours avant de comprendre. Heureusement que l'opposition était
là pour poser la question.
C'est le même processus ici. Il y a une
bonne intention, mais c'est quoi, le véhicule que vous avez choisi? Pourquoi
vous avez choisi ce véhicule-là? Pourquoi ça… Pourquoi Hydro-Québec, désormais,
devrait avoir le droit d'arriver devant la régie puis dire : Bon, bien, maintenant,
régie, tu peux fixer des tarifs et des conditions liés à ces programmes-là? Avez-vous
des études d'impact? Avez-vous géré les risques que ça peut représenter malgré
la bonne intention? Parce que, je vous le dis, je suis d'accord avec tout ce
que vous venez de dire sur les programmes d'efficacité énergétique. Mais moi,
je veux savoir comment ça se fait qu'on sort encore de la logique habituelle :
Voici mes coûts pour la distribution, donc voici les revenus dont j'ai besoin,
Hydro-Québec, pour la distribution, régie, fixe-les comme ça.
Vous êtes en train de tout mettre à l'envers,
là. C'est ça, quand je disais, tout à l'heure, le chaos. Est-ce que vous l'avez
étudié, ici, ce que ça veut dire?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci, M.
le Président. Bien, je l'ai mentionné tout à l'heure, mais je le réitère, ça n'impacte
pas les tarifs de distribution, cet amendement. C'est... C'est dissocié des
tarifs de distribution. Aucun impact, zéro, niet.
Ce que ça vise, c'est des locataires de
multiplex, par exemple, qui, pour l'instant, ont peu accès à des programmes d'efficacité
énergétique. Donc voilà, en ce sens-là, c'est bénéfique, je pense qu'on
souhaite tous une réduction de la consommation par capita. Les locataires, c'est
un segment de population important. Donc, Hydro-Québec souhaite passer à l'action
pour ce qui est de parvenir à les rejoindre de manière plus efficace, et cet
amendement-là lui donnerait le cadre à partir duquel il pourrait oeuvrer en ce
sens-là. Mais ça n'a pas d'impact, je le répète, sur les tarifs de
distribution.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je suis très étonné
de la réponse que je viens de recevoir. Cet amendement ajoute un nouvel article
dans le chapitre IV de la Loi sur la Régie de l'énergie, qui traite de
tarification. Ça, c'est ce que les Québécois vont payer sur leur facture. C'est
de ça dont on parle. Ce n'est pas un programme gouvernemental qui est à part. Ce
n'est pas un programme pour les contribuables. On est dans la section sur la
tarification de la Loi sur la Régie de l'énergie, et c'est ce que les clients,
les consommateurs, et/ou les PME, et/ou les industries vont avoir sur leur
facture d'électricité. Tout ce chapitre-là concerne notamment les tarifs de
distribution. C'est de ça dont on parle, là.
Je comprends que, là, la ministre essaie
de mettre ça dans des silos, mais on est en train de parler de ce qu'Hydro-Québec
va pouvoir demander d'ajouter ou pas aux tarifs d'électricité que paient les
consommateurs. Et là on ajoute encore quelque chose puis on ne sait pas qu'est-ce
que vous avez prévu avec ça. L'intention est bonne, programmes d'efficacité
énergétique, enfin, on en parle un peu, <mais...
M. Paradis :
...d'efficacité
énergétique, enfin, on en parle un peu, >mais ça vient modifier la règle
de base de fixation et de gestion des tarifs d'électricité au Québec. Qu'est-ce
que vous avez comme analyse avant de juste nous proposer cet amendement-là à la
dernière minute puis de dire : Ah! voici une nouvelle patente, une
nouvelle façon d'envoyer des tarifs aux consommateurs, puis ça va être bon?
L'avez-vous regardé? Avez-vous... Avez-vous regardé les risques qu'à la fin ça
coûte plus cher pour des gens qui ne devraient pas payer plus cher?
Le Président (M. Montigny) : Alors...
M. Paradis : L'avez-vous
étudié avant de nous le proposer?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Le
député a déjà posé cette question à laquelle j'ai... j'ai répondu. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Donc, la
réponse, c'est non, parce que, si c'était oui, on le saurait. Puis dire :
Oui, on l'a étudié, M. le député de Jean-Talon, puis tenez, voici la réponse à
vos questions, c'est ça qu'on aimerait avoir comme réponse, hein? Je veux dire,
ah, OK, donc il y a une justification à quelque part, puis les risques ont été
gérés.
Donc là, on ne sait pas... En fait, oui. J'allais
dire : On ne sait pas qui va payer pour ces mesures-là. Mais là, ce que
vous êtes en train de dire, voici encore des mesures qu'Hydro-Québec va faire
payer aux consommateurs, puis on n'a pas de cadre. Jusqu'à maintenant c'est les
coûts. Puis là il y a tout un paquet d'articles dans la Loi sur la Régie de
l'énergie qui gèrent ça, d'ailleurs, que vous venez de complètement écarter. Ça
fait plusieurs fois qu'on a cette discussion-là. Puis là vous avez remplacé ça
par plus de pouvoirs discrétionnaires dans les mains d'Hydro-Québec puis plus
de pouvoirs discrétionnaires dans les mains du gouvernement de dire : Bah,
c'est moi qui fixe ça. Et on l'a dit, donc c'est une politisation des tarifs
puis ça peut varier, donc, en fonction des intérêts politiques, du contexte
politique. Avant les élections, on a un message fort de plafonnement, puis après
les élections, ça peut être différent. Ça, c'est ce que vous faites. Mais ça,
c'est un autre article, encore une fois, où il n'y a pas d'études. Il y a... Vous
n'êtes pas capable de nous parler des impacts prévus. Il y a une bonne
intention, Hydro-Québec vous a dit : Bien, voici comment on va le faire, trois
lignes que vous nous annoncez quelques jours avant la fin de la session, et on
ne sait pas ce que ça va donner.
Bon. Donc, la réponse, c'est ça, encore un
amendement. Que les Québécois s'en souviennent quand on va discuter du bâillon
sur le rôle de l'opposition. C'est de révéler ça.
Est-ce que vous avez des associations de
consommateurs, est-ce que vous avez des groupes environnementaux qui sont
d'accord avec la mesure que vous proposez aujourd'hui? Par exemple, là, dans
les 20 groupes qui étaient là hier pour venir demander de... qu'il n'y ait
pas de bâillon puis pour venir demander de retirer le projet de loi n° 69, est-ce qu'il y en a un de ces groupes-là qui vous a
dit : Cet article-là, tel qu'il est rédigé, c'est une bonne idée?
• (12 h 40) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Avant de laisser la parole à Mme la ministre, simplement vous dire, M. le
député de Jean-Talon, il vous reste peu de temps.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Bien, je pense qu'on l'a tous entendu, là, dans le cadre de... des
audiences en septembre dernier, plusieurs groupes veut qu'on améliore, qu'on
augmente... puis je pense que plusieurs des interventions des députés et de
l'opposition aussi s'inscrivaient dans cette orientation-là, à savoir qu'il faille
augmenter les mesures d'efficacité énergétique, qu'il faille rejoindre des
nouveaux publics. Alors, c'est ce qu'on fait avec cet amendement. Donc, ça
rejoint, en fait, les voeux de bon nombre de groupes qui disent qu'on doit
miser davantage sur l'efficacité énergétique, la sobriété énergétique
également.
Et, avec ce projet... avec ce projet
d'amendement, en fait, on vient rejoindre, voilà, une nouvelle population, un
segment de population qui n'est pas banal, par ailleurs, parce que des
locataires, au Québec, c'est une portion importante de la... de la population.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Cet
amendement-là, il vient d'arriver. Il n'y a aucun groupe au Québec qui a
exprimé son accord là-dessus, puis il n'y a personne qui a demandé ça. Les gens
ont demandé, oui, des dispositions pour l'efficacité, mais il n'y a personne
qui a dit : Donnez carte blanche à Hydro-Québec d'augmenter les tarifs de
tout le monde sans aucun critère, sans qu'on sache quel est l'impact. C'est ça,
le problème de l'absence de consultations, puis c'est ça, le problème des
amendements que vous nous balancez à la dernière minute puis qui vont tout
changer sans que personne n'ait donné son avis. Il n'y a personne qui a demandé
ça. Et je crois qu'il n'y a pas grand monde qui va être d'accord avec le fait
que vous donnez carte blanche à Hydro-Québec. Ça, c'est l'alliance politique
entre Michael Sabia et le gouvernement qui se continue. C'est Hydro-Québec qui
vous a dit quoi faire.
Le Président (M. Montigny) : ...reste
plus de temps. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je n'ai pas
d'intervention.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
le député de Maurice-Richard a demandé la parole ainsi que
le député Jacques-Cartier. Nous allons procéder. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Mme la ministre, vous avez parlé à plusieurs reprises des
locataires, des thermopompes, etc. Est-ce que vous pourriez nous expliquer plus
comment... comment ça fonctionnerait?
Le Président (M. Montigny) : ...Bien.
Alors, Mme la ministre, <quand...
Le Président (M. Montigny) :
...Bien.
Alors, Mme la ministre, >quand vous serez prête. Vous avez la parole.
Mme Fréchette : Bien, comme
je l'indiquais, M. le Président, donc l'objectif, c'est d'encourager, là, des
locataires à ce qu'il y ait une thermopompe, par exemple, qui soit installée
dans leur plex, là, leur complexe immobilier, et qu'ils aient la possibilité
d'en... d'en assumer une partie du coût. Donc, il y aurait la création d'un
lien entre le programme d'Hydro-Québec et l'abonné du compte d'Hydro-Québec.
Donc, c'est une manière, en fait, de rejoindre, comme je l'indiquais tout à
l'heure, un segment de population qui, pour l'instant, a peu accès à des
programmes d'efficacité énergétique.
Le fonctionnement précis de ces
programmes-là, il est à évaluer, il est à planifier, il est à déployer, à
développer. Mais, ce que ça vient permettre ici, c'est de rendre possible ce type
de programme, parce que ça précise qu'on peut avoir des mesures d'efficacité
énergétique dans un lieu de consommation donné, et c'est là que la notion de
logement peut donc apparaître. Ce qui n'est pas le cas actuellement, et c'est
dommage. Donc, en créant cette notion de «dans un lieu de consommation
d'électricité», on permet donc que soient déployés des programmes d'efficacité
énergétique dans des logements.
M. Bouazzi : ...très, très
intéressant. Et ça, c'est des programmes d'Hydro-Québec. C'est ça? Ou c'est
n'importe quel... Oui.
Mme Fréchette : Ce ne sont
pas des programmes d'Hydro-Québec. Ça va pouvoir devenir des programmes
d'Hydro-Québec. Actuellement, il n'y en a pas de cette nature-là parce que ce
concept n'existe pas.
M. Bouazzi : Oui, oui. Mais
donc, dans...
Mme Fréchette : Mais c'est...
c'est futur, en fait.
M. Bouazzi : Dans l'avenir,
ce serait Hydro-Québec qui mettrait en place un programme pour des thermopompes
dans des logements à... pour des locataires. Et, ce que vous dites, c'est que
les locataires... Parce que j'imagine que les thermopompes sont achetées par
les propriétaires, là. Les locataires ne vont pas commencer à dépenser 3 000 $
ou 4 000 $ pour... pour mettre une thermopompe dans leur six et
demie. Ça fait que... J'ai... J'ai du mal à comprendre comment... qu'est-ce que
ça permet au juste, qu'est-ce qu'ils y gagneraient, les locataires. C'est qui
qui paie quoi, en fait?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Alors...
Mme Fréchette : ...peut-être
la sous-ministre adjointe à nous parler.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, nous avons besoin du consentement de la commission pour laisser la
parole à Mme la... Mme la sous-ministre.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Nous
avons consentement. Mme la sous-ministre, je vous invite à vous présenter.
Mme Deschênes (Dominique) : Bonjour.
Dominique Deschênes, sous-ministre adjointe à l'Énergie.
Donc, l'objectif ici, c'est de, par
exemple... de financer en amont, aider les locataires à financer en amont des
mesures d'efficacité énergétique. Donc, thermopompe est un exemple, là. Ça
coûte quand même quelques milliers de dollars, donc Hydro-Québec pourrait aider
le locataire à faire l'acquisition de la thermopompe, qui se rembourserait sur
sa facture d'électricité avec les économies d'énergie y étant, dans le fond... qui
reviennent à l'installation de l'équipement. Ça peut être aussi, par exemple,
des mesures d'étanchéité du bâtiment. Donc, l'objectif est d'aider le locataire
à faire l'investissement en amont puis ensuite à répartir le remboursement sur
la base des économies qu'il irait chercher. Donc, c'est pour ça qu'on dit que
ça doit être… ça doit être discuté à la Régie de l'énergie pour s'assurer que
les montants permettent réellement au locataire, là, d'aller… d'être à coût nul
sur la période donnée.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. Bouazzi : ...ce ne serait
pas que le propriétaire engrange ces… Parce qu'imaginons, là, que si je mets
des… j'ai des… du chauffage et que je mets des affaires avec un minimum
d'intelligence et de connectivité qui me permettent de, quand je quitte la
maison un peu trop longtemps... j'arrête le chauffage, ou que je le redémarre,
ou que je participe aux affaires flex, etc., bon... On peut imaginer qu'un
locataire puisse, avec l'aide d'un électricien, mettre... mettre ses petites
affaires. J'ai du mal à imaginer comment est-ce qu'un locataire pourrait être
en charge de l'isolation du bâti, de la… ou d'installer une thermopompe,
sachant qu'évidemment, bien, d'abord, il faudrait que les propriétaires soient
d'accord. Mais en plus, s'il s'en va, il se passe… J'ai du mal à comprendre, en
fin de compte, de… en fait, même que c'est possible que les exemples qu'on
donne, pour la thermopompe< particulièrement...
M. Bouazzi :
…qu'on
donne, pour la thermopompe >particulièrement... j'ai du mal à voir
comment ça rend ceci possible, en fait.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la sous-ministre ou Mme la ministre. Allez-y comme vous voulez. Mme la
sous-ministre, vous avez la parole.
Mme Deschênes (Dominique) : On
va… Ça va permettre d'étaler dans le temps. Mais vous avez raison, le
propriétaire va devoir donner son accord, là, pour l'installation de la mesure.
Mais dans certains cas, au niveau de la location, les locataires paient
l'énergie, donc c'est... c'est eux qui ont un tarif d'abonnement à
Hydro-Québec, là. Des fois, ils ont un loyer avec électricité comprise. Donc,
c'est un peu ces… cette clientèle-là qui est visée. Mais tous les paramètres,
les modalités fines du programme, vont devoir être débattus et discutés à la Régie
de l'énergie au moment où Hydro-Québec déposera son... son offre. Toutes… Puis
les questions que vous posez pourront être... être discutées. Ici, ce qu'on
veut, c'est permettre le principe général, mais ensuite, ça va être… devoir
être débattu, là, à la régie.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Ça fait que… Bon.
Mais ça fait que je n'ai pas l'impression qu'on est en train de régler un des
problèmes principaux. C'est qu'évidemment le locataire a souvent moins d'argent
en moyenne, et que, même si on imagine qu'il est capable de débourser
3 000 $ en amont pour les récupérer dans les cinq prochaines années
ou 10 prochaines années sur sa facture d'électricité, bien, on ne règle
pas le problème des gens qui n'ont pas cet argent-là. Mais je comprends que
c'est des programmes qui n'existent pas encore, et qu'il va falloir débattre.
Bon. Imaginons qu'on prend le principe,
effectivement. Donc, si je lis : «La régie peut, à la demande du
distributeur d'électricité, fixer des tarifs et des conditions pour des
services liés à des programmes et mesures de gestion de la demande d'efficacité
énergétique dans les lieux de consommation d'électricité.» Donc, ça, ça veut
dire que si on prend l'exemple, si Hydro-Québec fait un programme où il y a
plein de thermopompes pour des locataires, le programme fonctionne, on
viendrait moduler le prix d'électricité, donc baisser le prix d'électricité. Et
est-ce qu'il y a une compensation pour… Est-ce que les… Ça voudrait dire quoi
pour les autres consommateurs d'électricité qui ne sont pas dans le programme?
Est-ce qu'on… Est-ce qu'on s'attend à ce que ça monte? Est-ce qu'on s'attend à
ce que les dividendes baissent, qui sont versés à l'État? C'est... C'est quoi,
les attentes?
• (12 h 50) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la sous-ministre.
Mme Deschênes (Dominique) : L'objectif
est que ça n'ait pas d'impact sur les tarifs de distribution des autres
consommateurs. Donc, c'est vraiment axé sur le consommateur dans un lieu de
consommation particulier, là.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. Bouazzi : Donc, ça
s'autoannulerait pour le… Ce serait par foyer sur le long terme?
Mme Deschênes (Dominique) :
Sur une certaine période. Oui.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député, vous avez la parole.
M. Bouazzi : OK. Bien, je
vais peut-être laisser la parole à mes... mes collègues libéraux.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
oui. Monsieur... M. le député de Jacques-Cartier, vous avez demandé la parole,
et c'est maintenant le moment.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Mme la ministre, je veux juste comprendre. Alors, avec cette
mesure ici, on peut spécifier comme une résidence, une adresse. Puis, sur leur
facture d'électricité, on peut trouver une autre ligne pour une charge pour
Hilo. C'est ça? C'est comme un exemple qu'on... qu'on peut citer? OK. Parfait.
Merci.
Je pense, c'est important maintenant de
peut-être regarder de l'autre côté. Comme pour les entreprises, on donne un...
Hilo, c'est une chose, on parle des programmes d'efficacité pour un résident,
un locataire. Peut-être, il y a des façons d'être plus efficaces avec un
certain programme, mais il me semble qu'il y a aussi une capacité
d'Hydro-Québec d'imposer certaines conditions sur les entreprises, peut-être,
quand même, les grosses industrielles, d'ajouter comme un programme
d'efficacité : bien, tout le monde doit, pendant le point, réduire leur
consommation d'électricité par 20 %, quelque chose comme ça, et sinon,
vous êtes facturé dans un programme d'efficacité. Il y a une possibilité que
des programmes ne sont pas… Parce qu'il n'y a rien qui est écrit. Je suis
d'accord avec mon collègue de Jean-Talon, il n'y a rien qui est écrit dans cet
amendement-là qui dit que ça va être juste sur une base volontaire.
Hydro-Québec peut imposer, si la régie accepte certains tarifs et conditions, à
des entreprises? C'est une possibilité?
Le Président (M. Montigny) : Alors…
Des voix : <
...
Des voix : >
...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci. Donc,
en fait, ça mentionne bien clairement que c'est pour une utilisation de
services liés à des programmes. Et, pour utiliser des programmes, il faut en
faire la demande. Pour participer à Hilo, il faut... il faut en faire la
demande. Donc, c'est là qu'il y a la notion de volontariat, là, qui... qui est
derrière les programmes, là.
M. Kelley : Mais, Mme la
ministre...
Le Président (M. Montigny) : Juste
une seconde. Je veux juste... Je veux juste...
M. Kelley : Oui.
Le Président (M. Montigny) : Je
veux juste prendre le temps de signifier que c'est important, quand vous n'avez
plus de temps de droit de parole, la parole est seulement au député à qui...
Mais, comme président, je lui donne la parole.
M. le député de Jacques-Cartier, il n'y a
seulement que vous qui avez la parole pour l'instant.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Pas nécessairement, pas nécessairement,
Mme la ministre. Malheureusement, ce n'est pas écrit comme ça. Oui, c'est lié à
des services et des programmes, mais des services et des programmes peuvent
être imposés aussi. C'est une possibilité. Et, quand même, ça peut permettre
Hydro-Québec à dicter certains programmes d'efficacité à des entreprises.
Alors, ce n'est pas sur une base simplement volontaire, pas du tout. Je vois
beaucoup des risques ici.
Et encore je reviens à ce qu'il y a eu des
consultations avec certaines acteurs de le côté... si c'est industriel, des
groupes qui représentent des entreprises. Parce que ça me semble encore qu'on
donne Hydro-Québec beaucoup de possibilités d'un pouvoir d'imposer des frais
liés à des services, à certains programmes qu'Hydro-Québec va mettre de l'avant
pour avoir... d'être plus efficace. Et c'est juste moi, M. le Président, je suis
un peu inquiet qu'on va trouver une façon de mettre plus le fardeau de la
transition énergétique sur le dos de nos PME puis nos grosses industrielles. Ça
laisse la porte grande ouverte pour Hydro-Québec, de la façon que moi, je lis
ça.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, quand vous serez prête, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Donc, si vous
connaissez des programmes qui sont imposés par Hydro-Québec, j'aimerais que
vous m'en fassiez mention, parce que normalement, des programmes, il faut
vouloir y participer.
Et peut-être qu'il y aurait possibilité
que des petites entreprises puissent être intégrées dans un programme de cette
nature-là. Est-ce que ce serait une mauvaise chose? Personnellement, je pense,
ça pourrait être intéressant d'élargir la palette des programmes qui sont
proposés à des PME. Peut-être qu'il y aurait là une autre voie d'accès à des
programmes d'efficacité énergétique. Mais l'élément de base au départ, qu'on
avait en tête, c'était surtout les locataires, parce que c'est un segment de
population qui n'est pas très engagé. Mais peut-être qu'il pourrait y avoir
aussi des petites entreprises qui pourraient se joindre à ce programme-là... à
ces programmes-là, parce qu'évidemment, bon, comme je disais, ils ne sont pas
élaborés encore, là. C'est... L'idée, c'est d'adopter le principe.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. Bien, si on veut vraiment, vraiment viser des locataires... puis ça,
c'est une mesure qui vise plus des bâtiments qui ne sont pas efficaces. On va
prendre ça comme un exemple. On sait qu'il y a certains locataires qui habitent
dans des bâtiments qui ne sont pas très efficaces énergétiquement, puis leur
propriétaire n'a pas un grand intérêt d'investir dans des nouvelles fenêtres,
dans la... dans l'isolation, puis on peut faire la grande liste. Puis un client
veut être plus efficace. Une façon de s'assurer, bien, qu'il peut participer
dans les nouveaux programmes, parce que, quand même, à ce stade ici, c'est
comme avec les deux programmes, bien, avec Hilo puis, quand même...
excusez-moi, le nom de l'autre, LogisVert, des locataires sont admissibles à
faire des demandes. Alors, ça existe déjà. Là encore, c'est de trouver une
façon de bien comprendre comment ça va aider spécifiquement des locataires,
quel type de programme.
Et je sais que les programmes ne sont pas
ficelés. C'est difficile de donner l'accord sur un amendement, sur des
programmes potentiels qui ne sont pas ficelés par Hydro-Québec. Particulièrement,
si c'est vraiment... on veut juste viser des locataires, bien, pourquoi pas...
pourquoi ce n'est pas écrit dans l'amendement que c'est spécifiquement pour ces
clients-là? Parce que maintenant, avec cet amendement-là, on ouvre la porte à
des PME, à des industriels, à des autres types de clients. Et encore <ça...
M. Kelley :
...industriels,
à des autres types de clients. Et encore >ça laisse la capacité
d'Hydro-Québec d'imposer et de fixer certains tarifs et les conditions pour les
services liés à ces programmes. Il n'y a rien qui est écrit qui dit que c'est
volontaire de la part des clients. C'est juste que, si Hydro-Québec dit :
Bang! On a un programme, tout le monde doit suivre ça, c'est lié à nos
services, puis on va ajouter une ligne sur votre facture, et vous devrez payer
ça, pas de choix, c'est pour la transition énergétique, et pour l'efficacité
énergétique, c'est une bonne chose pour vous, puis il n'y a pas vraiment une
façon de contester sauf que si la régie dit à Hydro-Québec ou un autre type de
distributeur d'électricité que non, ça ne fait aucune sens, encore, il n'y a
pas... encore, ce n'est pas... c'est, pour moi, honnêtement... c'est juste...
je ne vois... je ne pense pas que ça vise juste les clients résidentiels et des
locataires. C'est vraiment quelque chose qui vise tous les clients
d'Hydro-Québec. Et ça pose beaucoup des questions, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme la ministre, peut-être, pour la minute qui nous reste, à peu près.
Mme Fréchette : Oui.
D'accord. Alors, juste simplement souligner que la notion de service auquel il
est fait référence dans l'amendement, c'est, par exemple, de l'installation
d'équipement. Le service, ce n'est pas l'approvisionnement en électricité, là.
Donc, Hydro-Québec ne se présentera pas chez vous si vous ne les avez pas
appelés pour demander l'installation d'un nouvel équipement ou d'un nouveau
programme de services. Donc, c'est en ce sens-là qu'il faut… il faut faire des
démarches pour avoir… obtenir ces services-là. Donc, ça fait référence à de
l'installation notamment d'équipement.
M. Kelley : …est-ce
qu'Hydro-Québec peut charger un client résidentiel pour… s'ils abattent un
arbre sur leur terrain, puis facturer le client directement parce que c'est bon
pour l'efficacité énergétique si on a moins des bris de service?
Des voix : …
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à moins que vous insistiez, compte tenu de l'heure, là, on pourrait peut-être… Ah!
Mme la ministre. Je vous laisse la parole. Vous avez quelques secondes.
Mme Fréchette : ...simplement
pour répondre que, bien, s'il s'agit de l'abattement d'un arbre, ce n'est pas
une mesure d'efficacité énergétique, là. Donc, on est dans un autre
département, là.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
je…
Mme Fréchette : Ça, c'est
plus la gestion de la végétation.
Le Président (M. Montigny) : Je
vous remercie de votre collaboration. Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 13 heures)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 04)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du
projet de loi n° 69, la Loi assurant la gouvernance
responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions
législatives.
Lors de la suspension de nos travaux, ce
midi, nous étions à l'étude de l'amendement introduisant l'article 35.3.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec la proposition d'amendement
à 35.3?
M. Kelley : Oui, M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Encore, M.
le Président, je veux juste voir avec la ministre si, encore, c'est vraiment...
cet amendement-là, ça vise vraiment plus le côté des locataires puis le côté
plus résidentiel, parce qu'encore, on a commencé à avoir une bonne discussion,
j'ai soulevé comme exemple, OK, que le contrôle de la végétation, ce n'est pas
nécessairement une mesure ou un programme d'efficacité énergétique, mais des
autres types, peut-être, des façons qu'Hydro-Québec peut charger un client
direct. Puis j'essaie de voir un peu, peut-être, dans le plan de.... d'Hydro-Québec,
s'il y a des choses... On sait que l'efficacité énergétique, c'est une top
priorité, mais je veux peut-être, encore, parler un petit peu plus, parce que
ces programmes ne sont pas déterminés encore, mais j'imagine que le
gouvernement doit avoir au minimum une idée où Hydro-Québec veut aller. Hilo, c'est
une, c'est une possibilité, j'imagine, avec ça, on peut trouver une façon de
charger des clients qui décident d'opter pour la technologie d'Hilo. Mais, j'imagine,
Hydro a des autres programmes en tête pour l'efficacité énergétique où cet
amendement doit être nécessaire. Je me lance dans la discussion, encore, c'est bien
comprendre les programmes qu'on se parle.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, c'est vraiment à l'état de l'idéation, je dirais, ce concept-là.
On en est à adopter le principe même, mais au-delà de ça, il n'y a pas de
simulations qui ont été faites ou d'ébauches de programmes. Donc, on voulait s'assurer,
voir s'il y avait possibilité d'avoir ce concept-là, qui soit... ce principe-là,
qui soit validé avant d'aller plus loin. Donc, on en est à une page blanche, je
vous dirais, sur la suite des choses. Bien sûr, Hydro-Québec a déjà plusieurs
programmes d'économie d'énergie et d'efficacité énergétique. Ils ne voudront
pas répliquer ce qui est déjà fait puisqu'on veut s'adresser à un nouveau
public. Mais, voilà, on voulait s'assurer de la réceptivité du principe et du
concept avant de creuser la chose.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Kelley : Merci beaucoup, Mme
la ministre. Et sur le côté plus de... pour nos entreprises, encore, je reviens
à ce point-là, c'est de penser à certaines factures qui... excusez moi, une
ligne sur la fracture de ces entreprises que, peut-être, Hydro-Québec décide d'imposer
certains programmes. Un, c'est comme... je sais, pour les gros industriels,
Hydro-Québec a un programme en place qui demande à eux autres de réduire leur
consommation de l'énergie par 15 % à 20 %, de mémoire. Alors, c'est
envers ce type de... Comme programme, est-ce qu'on peut avoir quelque <chose...
M. Kelley :
...consommation
de l'énergie par 15 % à 20 %, de mémoire. Alors, c'est envers ce type
de... Comme programme, est-ce qu'on peut avoir quelque >chose... de plus
élargir que sur le point : on demande à nos entreprises de réduire
l'énergie à 20 %? Si ça n'arriverait pas, c'est possible pour Hydro-Québec
de charger un tarif supplémentaire pour l'énergie sur le point. Est-ce que ça,
c'est possible?
Et je sais que... Parce que je comprends,
on n'est pas dans la distribution, mais, quand même, on est dans les tarifs
pour certains services et des programmes. Alors, si un programme est mis en
place pour l'efficacité énergétique, pour gérer le point mieux, c'est peut-être
à l'extérieur... Oui?
Mme Fréchette : ...pour la
pointe? OK. La pointe, pardon.
M. Kelley : Oui, la pointe,
excusez, alors, sur la pointe, oui. C'est possible que ça, c'est autour de les
tarifs de distribution réguliers, et c'est un programme spécifique pour dire :
Bien, pendant la pointe, on veut mieux gérer l'énergie, et si certains clients
allaient... consomment trop d'énergie, on peut charger eux autres plus. Alors,
c'est... j'essaie d'envisager si c'est possible qu'un type de programme comme
ça est mis sur la facture des entreprises dans l'optique d'un programme
d'efficacité énergétique. Et si c'est possible que c'est le service aussi,
alors...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
souhaitez-vous suspendre quelques instants?
Mme Fréchette : Non. Merci,
M. le Président. En fait, est-ce que vous suggérez qu'on prenne ça en
considération comme type d'approche ou vous croyez... craignez que ce soit le
cas?
M. Kelley : C'est plus
qu'Hydro-Québec peut imposer un type de programme comme ça. Et c'est comme lié
directement qu'on va demander à des entreprises de réduire leur consommation
d'énergie à 15 % ou 20 %, mais c'est une obligation. On n'est plus
dans un programme volontaire. Et si... ou quand même l'inverse, c'est comme
c'est un programme volontaire, puis votre facture va être réduite si vous consommez
moins. Quel type d'incentif est mis en place qui peut charger les autres qui ne
sont pas capables plus? Alors, c'est plus dans cette optique-là qu'Hydro-Québec
peut arriver, bien, il dit : Nous, pour notre efficacité énergétique,
c'est absolument nécessaire qu'il y ait une réduction de 15 % à 20 %
de la consommation d'électricité entre les mois de janvier à mars. Et si ces
entreprises-là ne sont pas capables de réduire leur énergie, ils sont facturés
du plus à... parce que ce programme a été mis en place. Alors, j'essaie plus de
penser à ces types de situations où c'est un peu une imposition d'Hydro-Québec
pour forcer les gens d'être plus efficaces, mais s'ils ne sont pas capables,
ils sont facturés plus. C'est plus dans ce sens-là.
• (15 h 10) •
Mme Fréchette : En fait,
l'objet de l'article ici, c'est plus d'avoir des programmes volontaires. Donc,
il pourrait y avoir des incitatifs intégrés dans ce programme de façon à le
rendre attractif, intéressant, mais ce n'est pas de l'idée d'imposer. Si on
veut imposer, là, il faudrait changer la réglementation, dans le fond, puis
appliquer cette réglementation à tous les clients concernés, mais ici, c'est
plus l'esprit, vraiment, d'avoir quelque chose de volontaire, attractif. Ça
pourrait inclure, effectivement, des incitatifs, mais ça, ce sera à
Hydro-Québec à définir comment fonctionnera... fonctionneront les programmes,
s'il y en a plus d'un. Et, effectivement, ça pourrait s'adresser peut-être une
plus large variété de clientèle que ce que nous, on avait imaginé au départ. Ce
n'est pas inintéressant, comme on disait tout à l'heure, parce qu'on a besoin
d'accroître l'efficacité énergétique, et, dans la mesure où c'est volontaire,
les gens, ils décideront d'eux-mêmes.
M. Kelley : Est-ce que
certains critères vont être déterminés par règlement? Après, je sais qu'on ne
mentionne pas, mais parce que c'est pas mal vague, l'amendement, ça laisse
beaucoup des portes ouvertes. Est-ce que certaines choses vont être déterminées
plus par règlement après, ou ça va être déterminé dans les différentes
politiques d'Hydro-Québec ou, quand même, les autres distributeurs
d'électricité?
Une voix : ...
Mme Fréchette : C'est vrai.
C'est la Régie de l'énergie qui fixe non seulement les tarifs, mais également
les conditions. Donc, ça va être là que ça devra être débattu.
M. Kelley : OK. Et,
j'imagine, parce qu'on a le mot «peut» ici, la régie peut dire non, aussi, à
une demande?
Mme Fréchette : Oui.
M. Kelley : OK. Et cette
demande peut être faite n'importe quand pendant l'année, la demande peut venir
n'importe quand d'un distributeur d'électricité.
Mme Fréchette : On n'a pas
intégré d'obligation en lien avec le calendrier, là, c'est...
M. Kelley
: OK. Pour
l'instant, je n'ai pas plus de questions. Je ne sais pas si mes autres
collègues veulent <intervenir...
M. Kelley :
...OK.
Pour l'instant, je n'ai pas plus de questions. Je ne sais pas si mes autres
collègues veulent >intervenir, à ce stade ici.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec
l'article 35.3? Il n'y en a pas. Alors, nous allons passer à la mise aux
voix de l'article 35.3. Est-ce que l'article 35.3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
l'amendement 35.3 est adopté. Nous revenons donc, maintenant... Nous avons
deux options, là, ça dépend où vous voulez aller. L'article 36 a été
suspendu, mais il y a un 37.1, là, à 37, là, qu'on pourrait aller aussi, parce
qu'il y a un amendement, aussi, qui a été présenté. Ça fait qu'on pourrait
aller à 37. Ça dépend de...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Le
36 a été suspendu.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
On va juste attendre un petit instant, là.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
nous pouvons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 13)
(Reprise à 15 h 23)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes de retour. Mme la ministre, je vous laisse la parole. Vous avez une
proposition à nous faire.
Mme Fréchette : Merci. Oui,
proposition d'amendement, M. le Président. Donc, article 37.1. Donc, il
est proposé d'insérer, après l'article 37 du projet de loi, le suivant :
«37.1. — juste un moment — L'article 59
de cette loi est modifié par le remplacement, dans le paragraphe 1° du premier
alinéa, de «à tous les trois ans» par «de sa propre initiative ou à la demande
du ministre».»
Il y a un commentaire, également, que je
pourrais vous lire, qui va comme suit. Donc, c'est un amendement qui retire
l'obligation de la Régie de l'énergie de fixer à tous les trois ans un montant
au titre des coûts d'exploitation que doit supporter un détaillant d'essence ou
de carburant diesel pour l'application de l'article 67 de la Loi sur les
produits pétroliers.
Cet article 67 prévoit une
présomption de pratique abusive lorsqu'un détaillant vend ses produits à un
coût inférieur à ce qu'il en coûte pour les acheter et les revendre. Le montant
au titre des coûts d'exploitation fixés par la régie est l'une des composantes
de ce prix plancher.
D'autres amendements proposent de modifier
cet article 67 pour prévoir que la présomption de pratique abusive qu'il
prévoit s'applique uniquement sur un territoire que le gouvernement détermine
par règlement. Il est possible que le gouvernement ne détermine aucun
territoire et que la présomption ne trouve pas son application sur le
territoire, ce serait le cas à la date de la sanction du projet de loi.
Ainsi, il n'y a pas lieu que la régie
continue de déterminer le montant au titre des coûts d'exploitation à tous les
trois ans. L'amendement prévoit donc que la régie pourra faire cette
détermination lorsque cela est utile, de sa propre initiative...
(Interruption)
Mme Fréchette : Oups! de sa
propre initiative ou à la demande de la ministre de l'Économie, de l'Innovation
et de l'Énergie. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Est-ce qu'il y a des interventions? Oui, M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, après
l'intervention de Me Marois.
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Très bien.
M. Kelley : Mme la ministre,
merci. Je ne sais pas si c'est possible, peut-être... ou c'est nécessaire — je
regarde mes autres collègues — de déposer aussi des commentaires,
mais bref, de qu'est-ce que je comprends, ça, c'est le pouvoir de la régie, que
la régie fixe, à tous les trois ans, un montant par litre, mais bref, je suis
allé plus dans un montant par litre au titre des coûts d'exportation que doit
supporter un détaillant, etc. Qu'est-ce que je comprends, ça, ça date des
années 2000 environ, qu'on a mis ce pouvoir ou capacité de la régie de
regarder cette question-là. Ça, c'est en lien avec le prix de plancher qui
va... plus tard, dans le projet de loi, mais c'est de bien comprendre la
nécessité de changer ça de trois... de chaque trois ans. Pourquoi on ajoute ça
maintenant, dans notre projet loi? Alors, j'ai écouté des commentaires, mais,
en même temps, difficile de... Je pense que si on est capables d'avoir une
copie, M. le Président, ça va aider nous de bien comprendre l'intention du
gouvernement là-dessus. Alors, j'ai plein de choses, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, très bien. Maintenant, sur la question du collègue, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, merci,
M. le Président. Donc, c'est un amendement, en fait, qui devient inopérant dans
la mesure où, avec le projet de loi, on abolit le prix plancher. Et ça, c'est
une responsabilité qui était en lien avec l'existence d'un prix plancher. Donc,
a priori, on n'en aura plus, de prix plancher. Advenant qu'il y en ait un qui
soit appliqué à nouveau sur un territoire donné, eh bien, là, on pourrait à
nouveau avoir la régie qui reprend cette responsabilité-là, mais dans
l'entre-temps, ce n'est pas... ça devient inopérant, ça devient impraticable.
Je pourrais inviter mon collègue député de Beauce-Sud à compléter mon
intervention.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Beauce-Sud, on vous écoute.
M. Poulin : M. le député de
Jacques-Cartier a la bonne lecture. Effectivement, c'est un peu en lien avec ce
que nous souhaitons faire plus tard, qui est, évidemment, l'abolition du prix
plancher. Dans un cas, il y aurait une possibilité de réintroduction. Il faut
savoir que le prix plancher est fixé... qui s'appelle l'IQCA, qui est un prix
qui est fixé, qui comprend le prix d'acquisition, le prix à la rampe, le prix
de transport, on ajoute les taxes et on dit : À peu près, dans telle
région, le prix <vendu...
M. Poulin :
...IQCA,
qui est un prix qui est fixé, qui comprend le prix d'acquisition, le prix à la
rampe, le prix de transport, on ajoute les taxes et on dit : À peu près,
dans telle région, le prix >vendu devrait être, par exemple, de
1,40 $, de 1,37 $, un prix qui est modifié à tous les jours. Alors,
nous, évidemment, ce que l'on souhaite, c'est d'enlever cet indice-là, mais,
comme la ministre l'indique, si jamais il devait y avoir une réintroduction
pour différentes raisons, avec le temps, parce que ni vous ni moi ne sommes
éternels dans cette gouvernance-là et les projets de loi doivent nous survivre,
bien, il y a cet amendement-là qui est fixé et qui est mis en place, tout
simplement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. M. le député de Jacques-Cartier, vous avez la
parole.
M. Kelley : Oui. Merci
beaucoup. Merci, M. le député, pour l'intervention. Encore, je veux juste reviens
sur le... quand la ministre ou... sur sa propre initiative versus trois ans.
Est-ce que l'idée, c'est parce qu'un peu, avec le prix qu'on voit présentement,
de l'essence, l'intention du gouvernement, c'est d'essayer de demander à la
régie de regarder ces questions plus souvent ou c'est... Encore, je reviens à
ce fait qu'on enlève «à tous les trois ans» versus «de sa propre initiative ou
la demande du ministre».
Mme Fréchette : Bien, en
fait, c'est pour éviter que la régie ne fasse une opération qui n'est plus
nécessaire, là, qui n'est plus... qui n'est plus requise et qui requiert du
temps, des efforts, des contributions, des audiences. Donc, voilà, c'est pour
éviter, tout simplement, cette voie-là, dans la mesure où il n'y aurait plus le
prix plancher.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Puis une autre question. Ça, ça ne touche pas... Je sais qu'on va arriver à une
discussion sur le prix de plancher éventuellement, mais est-ce que ça répond un
peu aux inquiétudes de certains groupes qui disent : Bien, un prix de
plancher risque que les grands Costco et puis les autres peuvent nuire à la
compétitivité des petits détaillants en région? Est-ce qu'il y a un lien entre
cette crainte qu'on veut quand même protéger certaines petites... les
dépanneurs en région qui ont une station d'essence, est-ce qu'il y a un lien
avec ça? Et je pose la question par... le dernier bout qui... «elle peut fixer
des montants différents selon des régions qu'elle détermine», alors de...
Est-ce que ça donne, le gouvernement, la capacité de demander à la régie de
regarder une question comme ça? Ça serait comme la frontière avec l'Ontario. Je
sais que mon collègue, en face de moi, à Gatineau, c'est l'enjeu pour certains
détaillants d'essence, que ça risque de fermer leurs portes si le prix de
plancher donne trop... trop de place à des Costco de ce monde.
• (15 h 30) •
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Beauce-Sud a demandé la parole. Je vous la cède immédiatement.
M. Poulin : Oui, absolument.
Je vais me permettre de répondre, évidemment, comme député qui est extrêmement
sensible à cet enjeu, qui a travaillé sur ce dossier-là, qui, en plus, a le
plaisir d'être l'adjoint parlementaire de la ministre. Il y a beaucoup de
questions dans ce que vous dites, il y a l'enjeu du transfrontalier, que vous
soulevez, avec Gatineau, que... puis qui est différent souvent de l'Ontario,
Gatineau, que du Nouveau-Brunswick, qui est une autre réalité différente, on va
y venir.
Maintenant, l'argument du Costco, je pense
qu'il faut l'adresser. Le prix plancher a été mis en place, au Québec, en 1997,
à contrecœur, par le Parti québécois. Il faut aller lire la revue de presse de
l'époque. Guy Chevrette mentionnait qu'il ne souhaitait pas instaurer un prix
plancher au Québec. Il y avait, à ce moment-là, une guerre de prix où on
pouvait retrouver l'essence vendue à Montréal à 0,25 $, 0,45 $. Il
met en place le prix plancher pour tenter de sauver les indépendants, ce qui
n'a pas eu lieu. On est passés de 5 000 stations d'essence, au
Québec, à 2 779, et malgré tout ça, le nombre de litres vendus a augmenté.
Alors, malgré tout, on vend plus de litres
d'essence avec moins de stations. Alors, le prix plancher n'a pas permis de
protéger ce que l'on dit des indépendants. Aujourd'hui, des indépendants purs,
il en reste 70, OK? L'association qui, jusqu'à présent, s'oppose au prix
plancher... Et d'ailleurs, parenthèses, le prix plancher, seulement en
Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard en ont, l'Ontario n'en ont pas,
l'Alberta n'en ont pas, et on réussit à avoir différents modèles de stations
d'essence qui se retrouvent sur le territoire. Maintenant, ce qu'il faut
mentionner également, c'est qu'ils se sont envoyé, des stations d'essence, plus
de 4 783 mises en demeure dans les dernières années, parce que le
concurrent vendait l'essence pas assez cher. Alors, c'est plus de
4 000 occasions d'avoir des rabais dans certaines régions à certains
moments donnés de la semaine pour pouvoir avoir l'essence la moins chère.
Alors, les indépendants, 70 indépendants purs, ceux qui se disent indépendants,
présentement, ont parfois plus de 400 stations d'essence sur le
territoire. D'ailleurs, dans plusieurs entrevues, ils mentionnaient, bien avant
qu'on parle du prix plancher de l'essence, de mes sorties en en 2023, ils
disaient : Notre modèle d'affaires doit être revu pour l'électrification,
mais, aussi, les stations d'essence, c'est important de le dire...
15 h 30 (version révisée)
M. Poulin : ...en 2023, il
disait : Notre modèle d'affaires doit être revu pour l'électrification,
mais aussi les stations d'essence, c'est important de le dire, ne vendent pas
seulement de l'essence, dans une très grande proportion, font également du
profit sur la nourriture, sur les produits alcoolisés, sur le lave-auto, s'ils
en ont un, ou autres. Alors, de permettre le libre marché ou la libre
concurrence, il n'y a pas d'automatisme de fermeture, bien au contraire.
Et vous citiez Costco, adressons-le, M. le
député, parce que votre question est extrêmement légitime. De un, Costco ne se
trouve pas dans toutes les régions du Québec, de un. De deux, si jamais ils
décident de baisser le prix de l'essence, c'est un libre marché, ils ont la
possibilité de pouvoir le faire. Vous savez, des prix planchers, on ne retrouve
pas ça dans les vêtements, on ne retrouve pas ça dans l'alimentation, à part,
évidemment, bon... Il y a des enjeux avec le prix de la bière, mais, dans sa
grande généralité... Alors, nous, ce qu'on dit, c'est : Laissons le marché
faire son travail. La population québécoise utilise encore beaucoup des
véhicules à essence, soit davantage de rabais, alors laissons-le en place.
Maintenant, sur le transfrontalier, il y a
déjà ce qu'on appelle le rabais PPC, OK, qui est un rabais qui est donné
notamment dans la région de l'Outaouais, moins de cinq kilomètres, et tout,
pour ces enjeux-là. Maintenant, pour certaines stations, abolir le prix
plancher va leur permettre d'être concurrentielles, donc d'arrêter d'avoir une
fuite commerciale vers l'Ontario, le Nouveau-Brunswick. Ils vont pouvoir
descendre à ce prix-là. Dans le cas de certains, présentement, ils doivent
effectivement avoir une disparité. Vous savez, la taxe carbone ici est autour
de 0,09$, payée par celui qui acquiert l'essence, qui distribue l'essence, et, en
Ontario, Nouveau-Brunswick, on est autour de 0,20$. Alors, c'est sûr que ça
crée présentement des disparités causées par le gouvernement fédéral.
Il y aura un budget de Mark Carney, puis
on a hâte de voir ce qu'il va faire à ce niveau-là, mais, somme toute, le prix
plancher laisse ce libre marché, cette libre concurrence.
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le député. Et ces 61 stations d'essence se trouvent où sur le territoire
du Québec? Est-ce qu'on... J'imagine, c'est vraiment en région. Est-ce qu'ils
sont où on ne trouve pas le Costco, ou est-ce...
M. Poulin : Un peu partout.
Il faut savoir que certains, c'est le fameux modèle du «gas bar». Alors, par exemple,
la personne a un atelier mécanique et, dans sa municipalité éloignée, par
exemple, a une ou deux stations d'essence. Mais je vous invite à faire l'exercice,
c'est assez rare. Il y en a, on ne dit pas qu'il n'y en a pas. Mais, très
souvent, les gens sont associés à des bannières, des bannières. Certains ont
des contrats... Parce que 82 % de l'essence au Québec est gérée par un
centre de prix, c'est important de le dire. Alors, c'est des centres de prix
extrêmement rigoureux qui analysent par municipalité, par exemple, l'essence
vendue.
Donc, même dans un plus petit milieu, on
peut être associé à une bannière, et c'est la bannière qui décide du prix qui
est vendu à la pompe.
M. Kelley : Merci beaucoup et
merci pour les interventions. C'est clairement un député qui connaît le dossier
très bien, mais encore...
M. Poulin : J'apprécie, M. le
député.
Le Président (M. Montigny) : ...M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Non,
parfait. Pour l'instant, je n'ai pas plus de questions. Je ne sais pas si mes
autres collègues veulent fouiller un petit peu avec cet amendement...
proposition d'amendement.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
j'ai une demande du député de Maurice-Richard. M. le député, je vous laisse la
parole... Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Oui. Merci
beaucoup. Rapidement, sur les prix planchers, est-ce que je comprends que le
fait d'avoir mis des prix planchers n'a pas permis de sauver toutes les
stations-services indépendantes? Bon. Mais peut-être que ça aurait été pire, en
fait, sans le... Est-ce qu'il y a eu des simulations, des analyses qui peuvent
prouver que ça aurait pu être pire sans le prix plancher? Est-ce...
Le Président (M. Montigny) : M.
le député.
M. Bouazzi : ...qu'il y a de
telles...
Le Président (M. Montigny) : Oh!
excusez-moi, je ne voulais pas vous couper.
M. Bouazzi : Non, non, c'est
très bien.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Bien, c'est une
excellente question, parce qu'en fait on a réussi, somme toute, à maintenir au
Québec un nombre de stations d'essence. Il y en a qui ont fermé dans certains
territoires, mais on va vous dire qu'à certains endroits il y a trop de
stations d'essence. Chez nous, c'est 14 stations d'essence dans la même
ville. C'est plus que la moyenne québécoise par 5 000 habitants. Et,
lorsqu'on a rencontré les essenceries, ils nous ont dit : Bien, on
maintient les prix vers la hausse chez vous, parce qu'on essaie d'être
rentable, on n'a pas assez de monde par station d'essence. Alors, c'est à se
demander si, par moments, la compétition n'a pas nécessairement aidé à une
meilleure compétition comme telle.
Ensuite, ils ont quand même vendu plus de
litres d'essence entre 1997 et aujourd'hui. Pourquoi? Population du Québec qui
a augmenté, évidemment, donc, des gens qui consomment de l'essence davantage au
cours des dernières années. Donc, les analyses nous prouvent...et on a fait un
rapport avec docteur... pas docteur, mais plutôt Pr Robert Clark, qui
mentionne non seulement qu'on a un nombre de stations d'essence au Québec, qui
est encore très correct, où les gens ont le choix, vous vous promenez sur un
boulevard, vous avez quand même relativement le choix, et qu'en plus de ça,
bien, leurs marges de profit ont augmenté entre 2018 et 2023. Donc, le choix
que l'on fait, c'est de laisser le marché se faire. Est-ce qu'on veut protéger
un nombre de <stations d'essence par région...
M. Poulin :
...ont augmenté
entre 2018 et 2023. Donc, le choix que l'on fait, c'est de laisser le marché se
faire. Est-ce qu'on veut protéger un nombre de >stations d'essence par
région — c'est la question qu'on se pose — ou est-ce qu'on
veut s'assurer que le consommateur ait le plus de choix à faire? Mais l'impact
du prix plancher, en fait, il est difficile de dire : Est-ce qu'on
serait... on en aurait fermé 2 000 de plus, 1 000 de plus, 3 000
de plus? Pas nécessairement, parce qu'ils ne sont pas tant collés au prix
plancher que ça.
Dans la dernière année, oui, vous regardez
2024, beaucoup de stations d'essence se sont collées au prix plancher. Ça veut
dire que certaines auraient descendu en bas, ça veut dire qu'on aurait pu payer
notre essence moins cher. Mais, dans le cas de d'autres, on est à 0,10 $,
0,15 $ au-dessus du prix plancher. Donc, pour répondre à votre question,
ça n'a pas toujours été un référent pour eux.
M. Bouazzi : J'entends, mais
moi, ce que j'entends dans votre réponse à ma question, c'est... bien, en fait,
un, on ne le sait pas, si ça va faire en sorte qu'il y en a qui vont fermer;
et, deux, bien, il y a des endroits, ça serait donc... ce serait bien... la
concurrence fasse qu'il y en a qui ferme parce que ça va faire que le prix est
moins cher.
M. Poulin : C'est des
observations. Chaque marché est différent. Donc, c'est...
M. Bouazzi : Oui, je vous
entends.
M. Poulin : ...moi, je ne fais
pas cette conclusion-là...
M. Bouazzi : Laquelle?
M. Poulin : ...je vous fais
référence à une rencontre où ils nous ont mentionné ça notamment.
M. Bouazzi : OK. Mais, je
veux dire, pour l'instant, il n'y a aucune de vos phrases qui dit : Oui,
nous sommes confiants... Parce que l'idée du prix plancher, c'était de dire :
Si on se retrouve avec moins de joueurs et des joueurs qui, tout d'un coup,
sont capables de jouer tout seuls et donc, à terme, de tuer une partie de la
concurrence et de relever les prix, une fois que tous les petits joueurs sont
morts, parce qu'ils ne sont pas capables d'avoir des prix aussi compétitifs que
les gros, et donc, en fin de compte, le prix de l'essence va augmenter, là,
c'est comme... c'est pour ça qu'il y avait un prix plancher. Moi, ce que
j'entends de tout ce que vous avez dit, c'est : Nous n'avons aucune preuve
que ça va ou pas fermer des stations-services.
M. Poulin : Bien, rien ne
nous porte à croire qu'il y aura des fermetures de stations-services dans la
mesure où plusieurs d'entre elles ont été très loin du prix plancher au courant
des dernières années, où, à Québec, Chaudière-Appalaches, Côte-Nord,
Bas-Saint-Laurent, notamment, ils ont été très loin du prix plancher. Alors,
ils se sont maintenus en vie en étant très loin. Puis un élément important que
je ne vous ai pas mentionné, 71 % des stations d'essence présentement sont
propriété des cinq plus gros joueurs avec le prix plancher. C'est important, ça,
ça veut dire qu'on fait davantage dans un équilibre et la demande. Dans
certaines régions on paie plus, dans d'autres, on a des rabais. Je vous donne
un exemple. J'ai demandé pourquoi, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, on paie moins
cher qu'ailleurs au Québec. On dit : C'est parce qu'il y en a un là-bas,
il est plus agressif. Ah! bien, tant mieux, les gens là-bas paient moins cher
leur essence. C'est une bonne nouvelle. Les lois du marché font leur impact et
ont leur résultante. Alors, la compétition est positive pour le consommateur.
Puis, sur le nombre de stations d'essence,
malgré cette présence-là, les stations ont quand même fermé au cours des
dernières années, tout en étant, parfois, très loin du prix plancher dans
certains cas, notamment, entre 2018 et 2023, dans certaines régions, on était
loin du prix plancher.
• (15 h 40) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci.
M. Bouazzi : Je vous entends,
mais... Alors, moi, je ne maîtrise pas le sujet comme vous, parce que vous
semblez effectivement avoir passé beaucoup de temps à l'analyser, mais c'est
juste, je reprends les exemples que vous donnez en parlant de votre propre
circonscription, le fait qu'il y ait trop de vos propres aveux, là.
M. Poulin : Des propos qu'on
a eus d'essencerie, effectivement, rencontres, disant... Oui.
M. Bouazzi : Exact. Et donc,
en fait, vous espérez que cette concurrence... enfin, vous espérez, vous
pensez, j'imagine que cette concurrence va en tuer un ou deux des 14...
M. Poulin : Non, je n'ai pas
cet objectif-là, parce que chaque station a un parcours différent. Vous
comprenez que les nouvelles stations qui se sont construites dans les
10 dernières années, par exemple, avec un lave-auto, beaucoup de pieds
carrés, tout ça, ne sont pas présentement rentables, mais on en a d'autres qui le
sont. Alors, c'est ça, les lois du marché, les études de marché qui doivent se
faire. Moi, je souhaite que le portrait demeure le plus intact possible, sauf
pour le prix vendu. D'ailleurs, dans la dernière année, les marges de profit
ont diminué. Donc, ça, c'est une bonne nouvelle. Mais, 2018 à 2023, puis ce
n'est pas juste chez nous, M. le député, là, la Capitale-Nationale, le
Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, l'Abitibi a eu des hausses fort importantes en
termes de marges de profit. Donc, c'est à eux qu'il faut penser à ce niveau-là,
puis c'est là-dessus sur lequel on compte travailler. Puis, avant 1997, il n'y
en avait pas. Il y a eu une guerre de prix. Mais, dans le cas des autres
provinces à travers le Québec... à travers le Canada, il n'y a pas de prix
plancher, on laisse le marché pouvoir se faire. Alors, tout dépendant du
nombre, pour répondre à votre question, ils se gouvernent d'une certaine façon.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Très bien. Merci, collègue. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le
député de Jean-Talon.
M. Paradis : D'abord, je
voudrais juste... Ça va me faire plaisir d'avoir une discussion avec le député
de Beauce-Sud. Mme la ministre, <ça vous va...
Le Président (M. Montigny) :
...est-ce
qu'il y a d'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis :
D'abord,
je voudrais juste... Ça va me faire plaisir d'avoir une discussion avec le
député de Beauce-Sud. Mme la ministre, >ça vous va... Très bien.
Mme Fréchette : Tout à fait.
M. Paradis : Très bien.
Mme Fréchette : J'en
bénéficie moi-même.
M. Paradis : Je sens...
Mme Fréchette : ...connaissances
spécialisées sur le sujet.
M. Paradis : ...parce que je
pense qu'on peut poser nos questions...
Mme Fréchette : Exact.
Le Président (M. Montigny) : Juste
pour le bénéfice de tous, les députés autour de la table, même du côté de la
banquette ministérielle, ont quand même une limite de temps prévue dans les
règles. Donc, 20 minutes au total, ce que Mme la ministre n'a pas, évidemment,
dans les échanges de question. Je voulais juste préciser ça. Merci. M. le
député de Jean-Talon.
M. Paradis : Merci. M. le
député de Beauce-Sud...
M. Poulin : M. le député de
Jean-Talon...
M. Paradis : ...on vous
sentait fringant d'en parler.
M. Poulin : Ah! ça fait des
jours. Je n'y croyais pas quand on me l'a annoncé, j'étais...
M. Paradis : On vous a vu
vous allumer, là, soudainement. Très bien.
M. Poulin : Ah oui! Vraiment,
vraiment, j'ai le goût d'aller faire le plein.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Poulin : Ça se rend
jusque-là, mon excitation.
M. Paradis : Mais ça dépend à
quel coût, n'est-ce pas, M. le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Mais ça dépend à
quel coût, certainement pas en Beauce.
M. Paradis : Mais à Québec
aussi, vous avez raison.
M. Poulin : Oui.
M. Paradis : J'aimerais, puis
vous avez des questions très précises et, là-dessus, je pense que ce qu'il faut
apprécier, c'est que le gouvernement l'indique, mais, là-dessus, il y a une
étude très détaillée qui a été produite l'année dernière, qui est l'étude
Clark, et ça, c'est ce qu'on veut. Donc, je voudrais quand même le saluer qu'il
y a eu cette étude-là qui mène à certaines prises de position. Maintenant,
quelles solutions? C'est à discuter ici.
Vous nous parlez donc du prix plancher, et
c'est vrai, vous avez eu l'échange avec mon collègue de Jacques-Cartier, c'est
lié à d'autres articles qui vont venir plus tard dans l'étude du projet de loi,
espérons-le, espérons-le, n'est-ce pas, qu'il n'y aura pas de bâillon pour
qu'on se rende là. Mais, ici, on est sur l'établissement du coût d'exploitation
que doit supporter un détaillant en essence ou en carburant diesel qui est la
base, finalement, ensuite, de la fixation du prix plancher. Dans le rapport
Clark, on parle beaucoup de mesures de transparence sur l'indice...
l'indicateur quotidien du coût d'acquisition, l'IQCA, qui, le rapport nous
l'apprend, devrait tendre à se rapprocher le plus possible du coût
d'acquisition qui est lié notamment à ses coûts d'exploitation. Et je comprends
que les amendements que vous avez présentés un peu plus tard se dirigent dans
cette direction-là. On va en discuter plus tard, mais, néanmoins, ça, c'est
quand même un peu une base.
Mais je comprends aussi que, dans le
rapport Clark, si je me souviens bien, on parle du fait qu'il y a quand même
des coûts à l'établissement de ce montant, donc, qu'on appelle les coûts d'exploitation
à supporter pour un détaillant à essence. Mais, outre cette question-là, est-ce
qu'il n'y a pas des avantages à, quand même, garder cet indice de référence,
qui est actuellement prévu par l'article 59, qui aide tout le public aussi
à comprendre le fonctionnement d'une industrie qui, j'en suis convaincu, le
député de Beauce-Sud va être d'accord avec moi, ne se caractérise pas
nécessairement par sa grande transparence?
Donc, est-ce que... Ma question est
vraiment : Est-ce que c'est nécessaire d'enlever ce calcul-là pour,
ensuite, établir les autres dispositions, dont on va discuter plus tard, mais
qui visent finalement à fonctionner sans... Ça veut dire qu'il n'y aura pas
nécessairement de prix plancher. Je le sais que vos amendements, ce n'est pas à
l'effet qu'il n'y en aura jamais, c'est qu'il n'y en aura plus nécessairement
un. Mais est-ce qu'il y a besoin d'enlever ça ici? Est-ce qu'on n'aurait pas
intérêt à dire : Bien, on va fonctionner autrement, mais on va laisser ce
calcul-là aux trois ans?
M. Poulin : Oui. Je comprends
bien votre question, qui est d'essayer de maintenir un mécanisme d'une certaine
surveillance. Deux éléments que je vois, le prix d'acquisition à l'essence, il
est public présentement. Alors, le prix d'acquisition vendu à la rampe, alors
acquis, par exemple, par Valero ou d'autres, vous pouvez facilement le
retrouver sur Internet. Alors, par exemple, 0,97 $, on sait le prix, puis,
vous savez, avec les enjeux internationaux, les enjeux d'approvisionnement,
tout ça peut changer. Alors ça, ça demeure un outil de référence qui est
important de dire le prix vendu à la rampe est de 0,97 $, et ça, ça ne
change pas, parce que c'est déjà public, notamment par les compagnies
d'essence. Plus tard, et on va en parler, on va mettre en place un régime de
transparence qui va obliger les stations d'essence à nous communiquer en temps
réel chaque changement à la pompe. Alors, vous, vous êtes sur l'autoroute 20,
vous vous rendez à Montréal, vous voulez savoir : Est-ce que je vais faire
le plein à Drummondville ou à Saint-Hyacinthe? Bien, vous allez être capable de
voir en temps réel où c'est le moins cher, et ça va nous donner des données de
surveillance, pour répondre à votre question et votre participation, pour le
Bureau fédéral de la concurrence qui doit jouer son rôle, qui a déjà vu de la
collusion, vous savez, dans certaines municipalités à travers le Québec, que
vous connaissez, pour lequel il y a déjà eu des gens qui ont été reconnus
coupables.
Maintenant, les amendes qui ont été
données à l'époque, on peut en rediscuter puisqu'elles avaient été
retournées... aux citoyens par la suite, mais je pense qu'on vient répondre à
votre nécessité de garder de la transparence en… Le prix d'acquisition demeure
public, <et on va imposer...
M. Poulin :
…aux
citoyens par la suite, mais je pense qu'on vient répondre à votre nécessité de
garder de la transparence en… Le prix d'acquisition demeure public, >et
on va imposer un régime de transparence pour voir la différence entre le prix de
l'essence vendue par région. Si jamais, effectivement, vous dites : On le
réintroduit, la ministre peut le faire assez rapidement. Si elle dit :
J'ai l'impression que, dans une certaine région, il se passe quelque chose,
bien, on remet les mécanismes en place, es exemples sont notés, et ça peut se
faire quand même assez rapidement également par la suite. Donc, je pense qu'on
se laisse des mécanismes de surveillance malgré tout.
M. Paradis : Et je… les
mécanismes de transparence que vous ajoutez, je vous le dis, c'est intéressant,
j'ai hâte qu'on en discute, s'il n'y a pas de bâillon.
M. Poulin : On peut en
discuter aujourd'hui.
M. Paradis : Il y a d'autres
articles sur des sujets très importants qui s'en viennent, vous le savez, mais
c'est intéressant. Vous ajoutez, de fait... ou, en tout cas, je pense qu'il y a
une volonté d'ajouter des éléments, des mécanismes de transparence. Ça va
être... ça va être intéressant d'en discuter.
Néanmoins, ma question, j'y reviens :
Est-ce que c'est nécessaire d'enlever ce qui était aussi… ou ce qui est
actuellement un mécanisme de transparence? C'est-à-dire j'ai l'impression qu'on
pourrait garder cette obligation-là et ajouter ce que vous ajoutez dans les
autres amendements, parce que c'est vraiment un domaine où il y a peu de
transparence. La différence, parce que, c'est vrai, vous avez parlé du coût
d'acquisition qui est connu, et vous avez parlé des mécanismes que vous allez
ajouter, donc, qui vont permettre aux consommateurs de voir un peu c'est quoi,
les marges, puis qu'est-ce qui se passe dans telle région par rapport à telle
région. Bien, fort bien qu'on ajoute, mais pourquoi on enlèverait le fait que,
devant la régie, de manière officielle, à tous les trois ans, il y a un
mécanisme qui permet aux Québécois de dire : Ah! Ha! Au-delà des
communications des uns et des autres, les coûts d'exploitation, en gros, c'est
ça. Donc, on part de cette base-là, et c'est un outil additionnel de
transparence. Donc, en d'autres mots, on va discuter de ce que vous voulez
ajouter ailleurs, ce qui est bien, ce qui pourrait être bien. Mais est-ce que
c'est vraiment nécessaire d'enlever celui-là?
Je conviens que ce que ça dit, c'est :
Ah! la régie peut quand même le faire, la ministre peut demander à la régie de
le faire, mais c'est quand même mieux de dire : Heille! À tous les trois
ans, là, on va se faire un portrait du secteur. Puis ça, ces données-là, une
fois que la régie les a établies, elles ont un certain caractère d'objectivité
qui va au-delà de la... Parce qu'il y a beaucoup de communication, vous le
savez, des acteurs, peu d'information, beaucoup de communication.
Donc, ma question, en gros, tout ça pour
dire : Est-ce que vous ne devriez pas laisser là cette obligation qui est
un autre mécanisme de transparence?
• (15 h 50) •
M. Poulin : Deux, trois
éléments, puis merci, parce que je pense qu'on partage le même but, de rendre
les éléments plus transparents dans la vente de l'essence au Québec.
L'IQCA a fait qu'il y a eu plus de
4 700 mises en demeure qui ont été envoyées dans les dernières années
entre essenceries. Le temps de traitement de la Régie de l'énergie qui a
empêché la concurrence... Donc, dites-vous qu'il y a des citoyens qui n'ont pas
pu acheter leur essence moins cher, parce que le compétiteur, bannières, ou
grandes bannières, ou petites bannières se sont envoyés. Donc, de le laisser en
place, en fait, a aussi provoqué des mises en place de mises en demeure.
Je pense, je pense, somme toute, qu'avec
le régime de transparence que l'on souhaite mettre en place, qu'avec le prix
d'acquisition à la rampe, nous venons nous donner quand même des outils de
transparence. Puis je vous dirais, M. le député, là, puis je conclurai
là-dessus, l'équilibre régional va aussi être la clé dans la transparence.
Parce que, que Québec, Chaudière-Appalaches, des fois, à 0,10 $ de
différence, il faut se questionner, quand vous savez très bien où est la
raffinerie, qu'en Mauricie, c'est sûr, sur le bord de la 20, on a du volume,
donc on baisse un peu le prix. Les gens achètent des chips, des Skittles, on
réussit à se rentabiliser, on baisse un peu le prix, mais on fait
10 kilomètres dans les terres, puis c'est 0,15 $ de plus. On a le
droit de se questionner, d'où d'avoir le régime de transparence.
Puis, puisque la marge de profit demeure
superimportant, e régime va nous permettre de surveiller la marge, même s'il
n'y a plus l'IQCA, parce qu'on va avoir les chiffres à la grandeur du Québec.
Mais on... mais on se laisse le pouvoir éventuellement de le réintroduire, si
jamais il y a des calculs que l'on doit faire.
Le Président (M. Montigny) :
M. le député.
M. Paradis : Le député a
raison, on se rejoint beaucoup sur les objectifs. Tout ce qu'on va pouvoir
faire, pour obliger la transparence, va être au bénéfice des consommateurs au
Québec, qui vont avoir des moyens d'eux-mêmes faire des vérifications puis
d'eux-mêmes savoir, quand ce qu'on entend à la radio, là, que là, soudainement,
tout le monde part en vacances, là, les prix augmentent, puis tout le monde se
dit : Attends, là, il n'y a aucune variation dans le prix du baril du
pétrole, mais ils peuvent se fier aussi à l'indicateur du coût quotidien
d'acquisition et au mécanisme qui existe actuellement à l'article 59.
Donc, est-ce que... est-ce que le député <ne
convient pas ici...
M. Paradis :
...se
fier aussi à l'indicateur du coût quotidien d'acquisition et au mécanisme qui
existe actuellement à l'article 59.
Donc, est-ce que... est-ce que le
député >ne convient pas ici que, peut-être, on est allé un petit peu
vite? Parce que c'est vrai, encore une fois, je le redis, c'est vrai que ça
semble très intéressant, ce que vous proposez comme mécanisme de transparence
ailleurs, mais est-ce qu'on a besoin d'abandonner ça? Je pense... tu sais, des
fois, là, quand tu veux monter ta colonne de Jenga, là, tu sais, c'est bien,
là, tu mets des nouveaux blocs, mais, si tu en enlèves en dessous, c'est
chambranlant.
Ici, moi, je pense que vous pourriez le
laisser. Puis cet amendement-là n'est pas aussi nécessaire que les autres que
vous allez proposer plus tard à l'édifice que vous voulez construire, parce que
ça, ça fait juste dire : À chaque trois ans, on se met d'accord devant la
régie sur combien ça coûte dans cette... dans ce domaine-là, puis là... Puis,
vous le savez, une fois que c'est fait devant la régie, là on a quelque chose
de très objectif, de très fixe, qui nous aide pour la suite des choses.
M. Poulin : Bien, un peu plus
tard, on va demander à la régie de nous rendre annuellement compte de
l'évolution du marché de l'essence au Québec. Donc, on aura au moins cet
exercice annuel là de reddition de comptes qui se fera sur une base annuelle.
Donc, ça, ça s'en vient, puis ça, ça demeure important. Je comprends votre
préoccupation, je comprends votre enjeu. Je pense que les... tu sais, le temps
que ça va prendre, là, j'aime mieux mettre les énergies de la régie sur le
mécanisme nouveau de transparence qu'on va créer que l'IQCA sur une base
quotidienne. Je comprends votre préoccupation, mais c'est le choix qu'on fait
de se tourner vers ces nouveaux mécanismes de transparence là, parce qu'au bout
du compte l'IQCA servait pour le prix plancher, que l'on souhaite abolir,
alors...
Mais on a d'autres mécanismes de
surveillance qui vont venir répondre au même objectif, et même un objectif
meilleur d'alimenter le Bureau fédéral de la concurrence sur les disparités
régionales également et s'il y a une coordination des prix, vous savez, dans la
même ville.
M. Paradis : Ce qui est un
autre... ce qui est un autre élément intéressant, là, dans ce que vous proposez,
c'est-à-dire de pouvoir activer le plus de mécanismes possible, la différence,
c'est vraiment ici, c'est qu'une fois que la régie l'a fait, il y a un
caractère d'objectivité qui lui donne un certain statut par rapport à d'autres
mécanismes. Puis pensez à mon exemple du Jenga, M. le député de Dubuc,
j'utilise cet exemple-là avec votre permission, parce que je sais que, la
dernière fois que j'ai parlé d'un jeu de société ici, ça vous avait ému,
j'espère que le Jenga, ça, ça passe la rampe au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Mais
donc, prenez mon exemple de Jenga, je pense que vous êtes en train de... vous
avez une intention de bâtir un édifice, peut-être qu'il n'y a pas besoin
d'enlever des blocs en bas et qu'au contraire ces blocs-là contribuent à la
solidité de l'édifice, parce que là la régie va l'avoir dit.
D'ailleurs, je note avec intérêt que vous
ne l'éliminez pas, vous dites : Maintenant, la ministre va pouvoir le
demander ou la régie, de son propre chef, va pouvoir le demander. Moi, j'aime
mieux quand ça dit... Il y a une chose qui est sûre, puis tant mieux si ça se
passe annuellement, mais il y a une chose qui est sûre, quand c'est
l'obligation, c'est qu'à tous les trois ans ça se passe, c'est sûr, puis tout
le monde est capable de regarder ça. Donc, moi, je dirais que cet
amendement-là, ce n'est probablement pas le plus nécessaire, puis même, au
contraire, il pourrait fragiliser votre édifice. J'y penserais à deux fois.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
simplement pour information pour tous, je l'ai dit tout à l'heure, M. le député
de Beauce-Sud a quand même une période de temps maximum de 20 minutes.
Puis là j'ai une collègue qui insistait pour prendre la parole, probablement
avant que le député n'ait plus de temps. Alors, Mme la députée de
Robert-Baldwin, je vous cède la parole.
Mme Garceau : Je ne sais pas
qui va répondre à la question, mais la voici. Je tente, M. le Président... parce
que l'article... l'amendement que nous voyons à l'article 59 réfère à
l'article 67 de la Loi sur les produits pétroliers. Et là je tente de voir
l'objectif de cet amendement en lien avec l'article 67, parce qu'on parle
ici de pratiques abusives dans la vente de l'essence, et on mise beaucoup sur
la vente entre l'entreprise qui vend au détail de l'essence à un prix inférieur
à ce qu'il en coûte à un détaillant de cette zone. Et donc je tente de voir là
c'est quoi, l'objectif. Pourquoi ne pas laisser «la régie fixe à tous les trois
ans un montant»? Pourquoi est-ce qu'on est en train de mettre «de sa propre
initiative» et que le gouvernement maintenant va être impliqué là-dedans?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. En réponse.
Mme Fréchette : Si Me Marois
pouvait...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Me Marois, je crois qu'aujourd'hui nous ne vous avions pas encore cédé la
parole. Me Marois, je vous invite...
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Est-ce que nous avons vraiment le consentement pour lui céder la parole? Nous
l'avons vraiment. Alors, Me Marois, comme nous avons consentement, nous vous
invitons <à vous présenter...
Le Président (M. Montigny) :
...oui.
Est-ce que nous avons vraiment le consentement pour lui céder la parole? Nous
l'avons vraiment. Alors, Me Marois, comme nous avons consentement, nous vous
invitons >à vous présenter.
M. Marois (Samuel) : Samuel
Marois, avocat au ministère de la Justice. Vous m'avez peut-être entendu tantôt
échapper plein... plein de choses. Ça va mieux maintenant. Je me suis repris.
Donc là, je ne sais pas si vous l'avez vu,
mais je vous réfère à un amendement qui est déposé dans le Greffier, c'est
l'article 125.1 qui modifie l'article 67 de la Loi sur les produits
pétroliers. Donc, l'amendement qu'on étudie en ce moment concernant
l'article 59 de la loi sur la régie doit être compris à la lumière des
modifications qui sont faites par l'amendement à venir... qui sera étudié, à
l'avenir, 125.1. Donc, ce qu'on dit avec cet amendement, qui modifie
l'article 67 de la Loi sur les produits pétroliers, c'est que, dans le
fond, ce qu'on appelle le prix plancher, vous ne trouverez pas ces mots-là dans
l'article, mais c'est comme l'effet de l'article, ça va s'appliquer seulement
dans un territoire que le gouvernement peut déterminer par règlement. Donc là,
le gouvernement, selon le marché, pourrait ne pas déterminer le territoire. Et
puis, d'ailleurs, à la date de la sanction du projet de loi, il n'y aurait pas
de territoire, il n'y aurait pas de règlement, donc il n'y aurait pas de prix
plancher qui s'appliquerait nulle part.
Donc là, incidemment, pour
l'article 59, bien, ça devient... ça peut devenir... en tout cas, il y a eu
des débats à ce sujet, mais ça peut devenir... ça peut être perçu comme
inutile, de fixer, tous les trois ans, un montant... des coûts d'exploitation
pour les fins de l'application de 67 dans la mesure où il n'y a pas de prix
plancher. Donc là, l'amendement qui est proposé a pour but de... que ce
montant-là... des coûts d'exploitation, soit fixé quand c'est utile de le
faire, donc, quand la régie le juge utile, donc, de sa propre initiative. Ça
pourrait aussi être à la demande de la ministre qui va nécessairement venir
voir la prise d'un règlement, là. Ça fait que ça permet d'activer la
disposition pour fixer un montant.
• (16 heures) •
Mme Garceau : OK. Me Marois,
vous allez me dire, la modification de l'article 125, c'est à quelle page?
M. Marois (Samuel) : Ce n'est
pas dans votre cahier parce que c'est un amendement.
Mme Garceau : OK, c'est un
amendement. Bon. Parce que là l'amendement 125.1 est en train d'amender
l'article 67.
M. Marois (Samuel) : De la
Loi sur les produits pétroliers.
Mme Garceau : OK. Mais là ce
que je dis, c'est là on est en train d'adopter un amendement à
l'article 67, tel que... tel qu'il existe aujourd'hui. Donc là, est-ce
qu'on ne devrait pas aller... Je ne sais pas, là, je parle à haute voix, parce
qu'il me semble, si on va amender l'article 67, il faut aller à l'article
qui va amender l'article 67 en premier. Parce que là ça veut dire que
l'article 59, ce ne sera pas l'article 67, tel que... tel que
l'article qui existe aujourd'hui. Voyez-vous ce que je veux dire?
M. Marois (Samuel) : Ce n'est
pas à moi d'en décider.
Le Président (M. Montigny) : ...merci,
Me Marois.
Mme Garceau : Là, il y a
quelque chose...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Simplement pour savoir s'il y a d'autres interventions, peut-être. Mme la
ministre, on va attendre un peu de savoir... Souhaitez-vous une suspension
quelques instants? Non. Mme la députée.
Mme Garceau : On peut-tu
suspendre?
Le Président (M. Montigny) : Vous
demandez une suspension?
Mme Garceau : Oui, s'il vous
plaît.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 02)
16 h (version révisée)
(Reprise à 16 h 13)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Nous sommes toujours à l'étude de la
proposition 37.1. Pour le bénéfice de tous, l'article 39 est suspendu,
puis... dans la séquence qui est proposée, là, après 39, évidemment, c'est 40,
mais 39 est suspendu, mais, pour l'instant, nous sommes à l'étude du 37.1.
Alors, des interventions, toujours en lien avec le 37.1? M. le député de Jean-Talon,
on vous écoute.
M. Paradis : Très bien. Donc,
je continue le dialogue avec le député de Beauce-Sud. Et je sais que c'est lié
aussi, donc, aux autres articles qui viennent plus tard, mais, quand même, on
peut commencer à se donner une idée. Donc, ici, c'est vraiment… c'est le… les
coûts d'exploitation que doit supporter un détaillant en essence ou en
carburant diésel, qui servaient à établir, ensuite, le prix plancher. Donc, de
nouveau, je suggère que vous n'avez pas besoin... que vous ne devriez pas
enlever ça, parce que ça peut rester, tout en gardant l'architecture que vous
allez proposer.
Mais l'objectif, donc, est d'agir sur le
prix de l'essence, parce que vous avez identifié, donc, une problématique,
notamment à la suite du… de la décision du premier ministre Carney d'éliminer
la taxe carbone au fédéral. Donc, on cherche des solutions. Vous, l'élimination…
Donc, ce que vous prévoyez, là, ça et les autres articles qui viennent avec, vous
voyez… vous voyez quel effet sur le prix de l'essence, et en combien de temps?
M. Poulin : Bien, deux, trois
éléments. Bien avant l'arrivée de Mark Carney en politique, j'ai dénoncé les
marges de profit, notamment à Québec, Chaudière-Appalaches et ailleurs au
Québec. Deux rapports de la Régie de l'énergie sont venus nous donner raison, et
le rapport Clark. Et c'est pour cette raison-là que d'étudier l'ensemble des
articles portant sur l'essence nous permettrait… aux gens qui nous suivent, de
pouvoir répondre à l'ensemble des questions. Et c'est pour cette raison-là que,
depuis le début de mon bloc, j'ai tenu à répondre à l'ensemble des questions
des oppositions concernant l'essence, et je demeure disponible pour pouvoir le
faire dans les prochaines minutes, si jamais ils le souhaitent, pour aller
creuser cet enjeu-là, qui est extrêmement important pour les Québécois.
On est humbles sur l'impact que ça aura
sur le prix de l'essence, dans la mesure où certaines régions sont plus près du
prix plancher, alors que d'autres ne le sont pas. Maintenant, vous avez vu, la
semaine dernière, Couche-Tard a donné 0,10 $ de rabais. On a de plus en
plus de cartes de rabais. Moi, je les ai toutes, de 0,08 $, 0,09 $,
0,11 $, 0,12 $, 0,13 $. J'ai eu 0,18 $, l'autre fois, de
rabais sur le litre d'essence. Ils sont capables de baisser le prix de l'essence,
M. le député. Alors, ça répond à votre question. Ils le font un peu de façon...
bien, contournée... à leur manière, présentement, avec les cartes fidélité. Mais,
je vous jure, l'autre fois, c'était affiché à 1,47 $, j'ai pris ma carte,
c'était rendu à 1,32 $ sur la pompe. Alors, ils sont capables de pouvoir
diminuer le prix de l'essence.
Alors, nous, ce qu'on pense, c'est de… avec…
Puis, pour répondre à votre question, 4 700 mises en demeure,
vous avez un chiffre qui vient répondre directement à votre question. Alors,
avec ces mises en demeure là qui se sont envoyées, on pense, annuellement, qu'il
y a peut-être plus de mille occasions annuelles que les Québécois pourraient
payer leur essence moins chère sur le territoire québécois. Donc, on a des
chiffres et des données qui nous portent à croire que ça pourrait être positif.
M. Paradis : Oui, et ça, d'ailleurs,
c'est une préoccupation que nos deux formations politiques partagent, c'est-à-dire
qu'il y a des iniquités actuellement et il y a des pétrolières qui s'en mettent
plein les poches au détriment des consommateurs. Quelle solution? Donc, c'est
la question. Vous dites : Ils… les détaillants peuvent le faire. Actuellement,
il y a des mises en demeure qui sont transmises, mais la question c'est :
Est-ce que vous... ce que vous proposez va avoir l'effet escompté, et dans quel
délai? Parce que le rapport Clark, sur lequel vous basez beaucoup vos
propositions, n'est pas si clair là-dessus, hein? Donc, ils disent : La
conclusion sur le prix plancher, c'est que ce n'est pas démontré tant que ça,
les avantages que ça a eus. Mais il n'y a pas d'indication sur ce que serait l'efficacité
de l'enlever, le prix plancher, et ça prendrait combien de temps. Dans le
rapport, il n'y a pas ça, et c'est pour ça que je vous demandais si vous, vous avez
étudié cette question-là, au-delà de la… de ce que vous me dites. Il y a une
possibilité qu'ils le fassent. Est-ce qu'ils… est-ce qu'ils vont le faire? Et
est-ce que c'est en raison des dispositions que vous proposez qu'ils le feraient?
Et ça prendrait combien de temps pour avoir un impact?
M. Poulin : Bien, dans le
libre marché, il est toujours difficile d'arriver avec... donner des
statistiques, parce qu'on ne sait pas comment nécessairement le marché va se
comporter. Et le prix plancher nous empêche, surtout dans la dernière année,
parce qu'ils s'y sont approchés beaucoup, de pouvoir bien juger l'impact de l'abolir,
le prix plancher. Mais avec plus de 4 700 mises en demeure, avec le fait qu'ils
s'y ont <approchés...
M. Poulin :
...le
prix plancher. Mais avec plus de 4 700 mises en demeure, avec le fait
qu'ils s'y ont >approchés, tout nous porte à croire qu'il va y avoir de
la compétition davantage dans le prix de l'essence au Québec. Et le Dr Clark...
docteur... Pourquoi je l'appelle «le docteur»? Parce que j'ai beaucoup de
docteurs en tête ces jours-ci. On dit : «Le prix plancher n'a pas réussi à
empêcher la sortie d'un grand nombre de petites stations d'essence ni à
maintenir les prix plus bas que dans d'autres régions du Canada. Il décourage
l'entrée des stations-service à bas prix et empêche les entreprises plus compétitives
de fixer des prix plus faibles. De plus, un prix plancher peut faciliter la
coordination entre les entreprises.» Alors...
Puis le régime de transparence, que
j'espère discuter dans les prochaines minutes avec vous, permet, justement, de
faire en sorte qu'on va surveiller s'il y a des régions qu'il y a plus de
compétition ou pas, et ceux qu'il n'y en aura pas, M. le député, le Bureau
fédéral de la concurrence va peut-être pouvoir aller enquêter, donc ça va
provoquer peut-être une compétition de prix en donnant ces stats-là et ces
données-là que, présentement, nous n'avons pas, nous n'avons pas dans le détail,
du moins.
Le Président (M. Montigny) : ...M.
le député, vous avez la parole.
M. Paradis : Bon. Néanmoins,
là, vous avez cité un... vous avez cité une partie, mais les paragraphes
précédents, les conclusions sont à l'effet que ce n'est pas clair, les effets.
C'est ça, sa conclusion... c'est ça, sa conclusion, actuellement, que les
effets du prix plancher ne sont pas clairs. Les effets d'enlever le prix
plancher ne doivent pas être plus clairs. En tout cas, lui, dans son rapport,
il n'en... il n'en parle pas tant que ça, et surtout, il n'indique pas les
délais dans lesquels ça peut agir. C'est pour ça que je vous posais la question.
• (16 h 20) •
Vous avez raison, on revient un peu plus
au libre marché. Mais là, l'idée, c'est d'avoir un impact à la baisse sur les
prix, et ça, je comprends que vous n'avez pas d'indication sur cet effet-là.
Parce que vous savez qu'actuellement il y a deux mémoires de déposés sur ces
amendements, qui font partie des amendements qui nous arrivent très tard dans
le processus, et les deux amendements sont critiques des mesures proposées. C'est
des gens qui s'inquiètent du fait que ça pourrait avoir l'effet inverse. Et
Clark, dans son rapport, dit que, oui, c'est vrai, là, qu'il y a ce débat-là
constant entre ceux qui sont en faveur et ceux qui ne sont pas en défaveur.
C'est pour ça que je vous pose la question, de manière très ouverte, sur ce que
vous avez, ou non, en complément de l'étude Clark, sur l'effet que vous
recherchez avec les dispositions.
M. Poulin : Bien, en fait, le
prix plancher n'a pas non seulement permis de protéger les stations d'essence,
et surtout, n'a pas empêché les hausses de marges de profit qu'il y a eu.
Alors, de l'enlever, pour nous, ça laisse un moment de compétition, de marché,
de mise en concurrence. En Ontario, ils n'en ont pas. En Alberta, ils n'en ont
pas. C'est une certaine mesure protectionniste qui fait qu'on empêche le libre
marché. Alors, de laisser sous-entendre que ça va hausser les prix... Bien,
écoutez, je pense qu'ils sont déjà hauts parce qu'ils sont déjà au-dessus du prix
plancher dans certains cas, puis les marges de profit ont augmenté au cours des
dernières années. Alors, ce qu'on nous demande...
Puis moi, je trouve que c'est une bonne
nouvelle quand les stations d'essence sont contre cette... certaines stations d'essence.
Il y en a qui sont pour, soit dit en passant, lorsqu'on leur parle. Que
certaines stations d'essence veuillent maintenir un prix minimum, c'est une
façon, je pense, de dire aux gens : On veut maintenir nos marges de profit
plus élevées, comme ça a été le cas dans les dernières années. Puis le rapport
Clark, par exemple, là... puis, là-dessus, je tiens à le souligner à grands
traits, M. le député, le rapport Clark recommande l'abolition du prix plancher.
Puis on va mesurer les impacts dans les prochaines années, ça, c'est sûr, on
restera à l'écoute, puis le sens de l'amendement est aussi en ce sens-là
également.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Paradis : Oui, c'est vrai
que le rapport Clark recommande ça, là, entre autres recommandations, mais, le
député de Beauce-Sud le sait, là, puis, pour le bénéfice de ceux qui nous
écoutent, l'instauration du prix plancher... Et ceux qui s'opposent à son
abolition disent, en fait, que c'est... Ce qui s'est passé à chaque fois qu'on
a fait ça c'est qu'il y a des mesures prédatrices, donc les gros joueurs se
liguent pour éliminer les nouveaux joueurs qui veulent faire baisser... les
indépendants, notamment, qui veulent faire baisser le prix de l'essence. Donc
là, c'est ces mesures de prédation là qu'on veut empêcher pour ne pas sortir
des joueurs qui peuvent contribuer à maintenir bas le prix de l'essence, puis
c'est un risque, ça s'est déjà passé. Clark dit : Ce n'est pas démontré,
cet effet-là. Je suis d'accord avec vous qu'il dit ça.
Mais donc, moi, ma question, c'est de
savoir si vous, vous avez un plan de match, si vous avez des prévisions, si
vous avez regardé ces risques-là, au-delà du rapport Clark, qui le répète, là,
qui dit : Ce n'est pas clair, sur la base du fait que les effets ne sont
pas clairs, je recommande son abolition. Mais vous... Parce que, tout à l'heure,
vous avez évoqué des chiffres, puis je ne veux pas dire que c'est... ce sont
vos prévisions, mais vous avez montré des exemples de rabais. Est-ce que vous
avez, actuellement, fait cette étude-là, qui dit : Bien, ce qu'on aimerait
comme effet, c'est ceci, ce qu'on pense qui va arriver, c'est ceci, notamment
dans les régions qui sont les plus affectées par la hausse du prix de l'essence
ou par les prix... les prix élevés de l'essence, et le temps que ça va prendre?
C'est vraiment ça, le sens de ma question, puis... Mais je comprends que vous
n'avez pas, <actuellement...
M. Paradis :
...ça,
le sens de ma question, puis... Mais je comprends que vous n'avez pas, >actuellement,
ces calculs-là...
M. Poulin : Bien, on les a,
dans la mesure où 85 % est géré par un centre de prix, ce qui n'était pas
le cas en 1997, et 72 % de l'essence vendue est gérée par les cinq plus
grands joueurs. Alors, la mesure de prédation, elle s'est faite quand même dans
l'essence, au Québec, au cours des dernières années. C'est pour ça que, des
indépendants purs, il en reste à peu près 70. Lorsqu'on se dit indépendant, et
qu'on a 400 stations d'essence et qu'on est géré par un centre de prix on
n'est plus dans l'indépendant pur que le Parti québécois voulait protéger en
1997, probablement, à juste titre, comme vous avez raison, avec une guerre de
prix.
Alors, oui, nos analyses nous démontrent
que ça n'a pas fonctionné, parce qu'on a eu des fermetures de stations
d'essence et la prédation s'est faite quand même. Je pense que, dans la ville
de Québec, là, vous avez... j'ai tellement lu, là... c'est à peu près plus de
85 % qui est géré par les mêmes propriétaires de stations d'essence. Alors,
qui va devenir le prédateur de qui? C'est les questions que je me pose.
Et pensons aux consommateurs, là. On n'en a
pas beaucoup parlé dans les dernières secondes, mais le consommateur veut
vouloir avoir du choix lorsqu'il est à Québec, par exemple, et qu'il voit
différentes stations qui sont... qui sont affichées. Tout en vous rappelant, M.
le député, que les stations d'essence ne font pas seulement leurs profits sur
l'essence. Il y a beaucoup d'autres moyens de faire des profits lorsqu'on est
propriétaire d'une station d'essence.
M. Paradis : Donc là, vous
avez évoqué des analyses. Est-ce que vous avez des analyses à partager avec
nous pour qu'on puisse continuer à juger avec vous de la pertinence des
amendements qui viendront plus tard, au-delà de l'étude Clark, là?
M. Poulin : En fait, ça me
fera plaisir. C'est sur le rapport de la Régie de l'énergie. J'ai probablement
le titre du document. Il y a une synthèse, au départ, qui mentionne les données
que je vous donne. Alors, tout ça est déjà public sur le site de la Régie de
l'énergie. Je pourrai éventuellement vous le trouver, vous comprenez que j'en
ai énormément. Mais, même dans les avis qui ont été faits pour Québec—Chaudière-Appalaches
à l'automne... non, pas à l'automne... oui, l'automne 2023, tous les
chiffres que je vous ai nommés sont mentionnés.
M. Paradis : Ce sont des
chiffres, je pense, dont vous tirez des inférences, mais, si je me souviens
bien, M. le député de Beauce-Sud, ce n'est pas... ces études-là ne disent pas :
S'il y a abolition... s'il y a abolition du prix plancher, voici les effets
qu'on pense qu'il pourrait y avoir sur le prix de l'essence et voici le temps
que ça prendrait, ce qui est vraiment le cœur de mes questions.
M. Poulin : Robert Clark le
mentionne, oui, que ça permet... on est à la page 74... que, oui, il décourage
l'entrée des stations-service à bas prix et empêche les entreprises plus
compétitives de fixer les prix les plus faibles. J'ajoute les 4 000 mises
en demeure, les centres de prix, les grands concurrents. Lorsqu'on fait des
additions, appuyées par des spécialistes de la question, oui, tout nous porte à
croire qu'on pourra avoir un monde plus compétitif.
M. Paradis : Clark...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Collègues, je dois prendre la parole à ce niveau-là.
M. Poulin : Je n'ai plus de
temps.
Le Président (M. Montigny) : Par
contre, il y a une possibilité à l'article 246. Mme la ministre a toujours
comme un cinq minutes de réplique après chaque question ou intervention de
l'opposition. Ce cinq minutes-là pourrait être transférable si Mme la ministre
m'en fait la demande.
Mme Fréchette : Je vous en
fais la demande formellement.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. C'est aussi nécessaire d'avoir le consentement des membres de la
commission. Est-ce qu'il y a consentement? Merci, il y a consentement. Dernière
question : Est-ce que ce consentement-là est valable pour l'ensemble des
travaux de la séance d'aujourd'hui? Sinon, je devrai aller le chercher à chaque
fois que son cinq minutes sera terminé.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Pour l'amendement en question ou pour toute la séance d'aujourd'hui. C'est un
consentement, en fait, jusqu'à la... jusqu'à 6 heures, 18 heures.
J'ai juste besoin de savoir si je vais devoir vous le redemander souvent, le
consentement...
M. Paradis : Est-ce qu'on
peut...
Le Président (M. Montigny) : ...ou
si vous me le laissez jusqu'à 18 heures.
M. Paradis : C'est-à-dire, en
pratique, M. le Président, ça...
Le Président (M. Montigny) : Ce
consentement-là, c'est pour le cinq minutes que la ministre va transférer au
député de Beauce-Sud, et je vous demande s'il y a consentement pour la durée de
la séance, donc jusqu'à 18 heures aujourd'hui.
M. Paradis : Mais seulement
sur le débat de cet article-ci ou sur les autres articles?
Le Président (M. Montigny) : Sur...
Bien, en fait, on ne l'a pas déterminé, là. Moi, je vous demande, votre
consentement, il est sur quoi. En fait, vous pouvez me donner un consentement
sur l'article à l'étude. Vous pourriez aussi me donner un consentement pour
l'ensemble de la... du reste de la journée, là, jusqu'à 18 heures.
M. Bouazzi : ...ou c'est un
cinq minutes tous articles?
Le Président (M. Montigny) : Bon,
pour que ce soit très clair, c'est cinq minutes que la ministre a pour répondre
à chacune des questions des membres de l'opposition. Ça pourrait être transféré
aux députés s'il y a consentement. Vous avez donné consentement, mais là je
vous demande, en fait, si vous le donnez pour l'ensemble de la séance
aujourd'hui...
M. Bouazzi : Ah! je comprends.
Le Président (M. Montigny) :
...ou seulement pour ce qu'on est en train de faire. Est-ce que vous le donnez
pour l'ensemble de la séance, jusqu'à 18 heures?
M. Poulin : ...que nous
avons.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
on ne peut pas argumenter là-dessus à ce <stade-ci...
Le Président (M. Montigny) :
...jusqu'à
18 heures?
M. Poulin :
...que
nous avons.
Le Président (M. Montigny) :
Oui,
on ne peut pas argumenter là-dessus à ce >stade-ci, M. le député de Beauce-Sud.
J'ai juste besoin de savoir si j'ai le consentement jusqu'à 18 heures.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Bon, on va y aller étape par étape. Je vais vous demander juste plus souvent si
vous avez... si on a le consentement, c'est tout. Alors, nous allons procéder.
Nous avons le consentement, ça fait que je vous laisse continuer les échanges.
Au moment de prendre la parole, c'était M. le député de Jean-Talon qui avait la
parole.
M. Paradis : Quelle joie, M.
le Président, de continuer cet échange avec le député de Beauce-Sud, grâce à la
générosité de la ministre, avec son cinq minutes. Merci, merci.
Encore une fois, vous avez raison sur le
fait que le rapport Clark indique qu'il n'y a pas d'indication claire sur
l'effet du prix plancher, c'est-à-dire sur l'aspect concurrentiel des prix.
Mais je vous pose vraiment la question sur... puis c'est une question ouverte,
pour bien comprendre ce qui... ce qui vous donne confiance dans l'ensemble des
amendements que vous nous proposez sur l'effet du retrait du prix plancher. Ma
lecture du rapport Clark était qu'il ne... il n'en parle pas non plus
clairement, il ne dit pas : C'est clair que ça avoir l'effet de diminuer
ou d'aider à faire diminuer les prix de l'essence. Il est dans l'argument
inverse, que d'en avoir un... que d'en avoir un, prix plancher, ce n'est pas
clair que ça a eu l'effet escompté au départ. Maintenant, sur l'inverse, le
fait que vous, vous dites : On va le retirer... Ou, en fait, je vais être
très clair, vous dites : Il va... il n'y en aura pas nécessairement un.
C'est ça, le sens de vos amendements.
Est-ce que vous avez des calculs, ou
est-ce que vous avez des... une idée de ce que ça pourrait donner, surtout, du
temps que ça va prendre, par exemple, par région ou dans l'ensemble du Québec,
pour avoir l'effet escompté? Parce que j'imagine que ce qu'on veut tout le
monde, c'est assurer qu'il va y avoir un prix où les consommateurs cessent de
se faire avoir, notamment par les grandes pétrolières, donc un meilleur
contrôle, plus de concurrence. Est-ce que vous avez cette analyse-là sur
l'effet de l'enlever sur les prix et sur le temps que ça va prendre?
• (16 h 30) •
M. Poulin : Bien, deux
éléments. C'est sûr que la dernière fois que nous n'en avons pas eu, c'était en
1997, et il y a eu une guerre de prix. Alors, ça, c'est un indicateur, déjà,
sur lequel on fait référence. Maintenant, dans le rapport Clark... Puis je
comprends la phrase sur laquelle vous attirez mon attention. Page 74, M.
Clark dit : «Même si le prix plancher est aboli, les entreprises risquent
d'être insuffisamment incitées à se faire concurrence sur le prix et à proposer
des prix inférieurs à ceux de leurs concurrents.» Alors, je vais rejoindre la
phrase que vous me dites : «Un régime de transparence des prix pourrait
contribuer à fournir une telle incitation. Si les consommateurs peuvent
identifier les stations-service à bas prix, la demande augmentera à ces
emplacements, ce qui incitera les entreprises à baisser leurs prix pour attirer
les clients. Je recommande alors que la Régie mette en place un régime de
transparence.» Et c'est ce qu'on fait dans les amendements que l'on dépose
aujourd'hui.
Donc, vous avez raison sur l'aspect... Et
c'est pour ça que moi, dans toutes les entrevues et dans tout ce que j'ai
présenté, j'ai été humble sur l'abolition du prix plancher, parce que le libre
marché, la libre concurrence ne se doit pas d'être dictée par un gouvernement,
par des analystes ou nécessairement par une science quelconque. Il y a le
marché des affaires, il y a la relation entre les clients et les entreprises
qu'on doit laisser aller. Je suis de l'école qui croit que le gouvernement doit
se tasser du chemin des entreprises et pouvoir les laisser travailler. Et je
pense que, même, on sera surpris de certaines bannières qui sont de propriétés
avec des opérateurs québécois qui vont être prêtes à diminuer le prix de
l'essence, certains jours par semaine, pour attirer des gens. On le voit avec
les rabais qu'on peut retrouver dans le monde de l'épicerie par exemple.
Maintenant, dans les analyses que l'on
fait, c'est celle que le régime de transparence que l'on recommande va amener
une compétition que l'on n'a pas, donc que, dans un événement, par exemple, et
je pense qu'on pourra en parler lors de l'amendement... l'objectif qu'on a,
c'est de janvier 2026, donc dans les prochains mois... on puisse mettre en
place ce régime de transparence là et qu'on va surveiller dans la prochaine
année, l'impact. Donc, laissons-nous encore quelques mois pour mesurer l'impact
du prix plancher. Et on se donne quand même ici, devant les parlementaires, des
mécanismes de surveillance. Mais, oui, quelques mois et peut-être même un an ou
deux. Ça peut prendre du temps, chaque marché est différent. Mais on est humbles
avec notre approche.
M. Paradis : Merci de ces
précisions. Puis, bon, j'ai souri un peu quand vous m'avez lu ce passage-là,
parce que c'est un peu là que je voulais vous amener aussi. Le rapport Clark
insiste beaucoup sur l'impact du régime de transparence. Et, je le redis, c'est
intéressant, ce qu'il y a de proposé, tout ce qui va favoriser la transparence
est bon. Mais il est possible d'améliorer le régime de transparence et de ne
pas jouer sur le prix plancher ou de ne pas enlever cette disposition-là. Puis
je ne dis pas, là, que c'est... c'est ce qu'on propose.
M. Poulin : Oui, je comprends
ce que vous dites.
M. Paradis : Nous, on a dit
qu'on était... nous, on a dit qu'on était ouverts à la discussion avec vous là-dessus.
Il faut chercher les solutions. On en a proposé d'autres...
16 h 30 (version révisée)
M. Poulin : ...je comprends ce
que vous dites.
M. Paradis : Nous, on a dit
qu'on était... nous, on a dit qu'on était ouverts à la discussion avec vous
là-dessus. Il faut chercher des solutions. On en a proposé d'autres, des
avenues, dans le débat public, mais celle-ci, on est prêts à en discuter. Mais
donc il insiste plus sur le régime de transparence, et on reste, donc, sans
évaluation claire, dans son rapport, de l'impact de retirer le prix plancher, d'où,
donc, ma question, c'est sur cet aspect-là, là. Donc, transparence, intéressant,
ça, ça peut avoir un impact, mais le prix plancher lui-même, ce que vous avez...
puis là, déjà, vous dites : Ça va prendre du temps, probablement quelques
mois, peut-être un an ou deux, avec le régime de transparence, mais, sur l'impact,
là, que ça pourrait avoir sur le prix, ça, vous dites que vous n'avez pas
nécessairement de données, au moment où on se parle, là-dessus.
M. Poulin : Bien, on en a
dans la mesure où on sait que le marché a changé depuis 1997. Les raisons
pourquoi Guy Chevrette a mis le prix plancher en 1997 ne sont plus valables
aujourd'hui. Alors, c'est des données, c'est des chiffres et par Robert Clark
et par la Régie de l'énergie. Donc, oui, on a des données, on s'appuie sur de
la science, et Robert Clark recommande l'abolition du prix plancher. Moi, je me
suis entretenu avec lui. Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de pouvoir
le faire. Je l'ai questionné, et il le recommande parce que, selon lui, un
régime de transparence sans prix plancher, on va avoir réellement un vrai
régime.
Pourquoi mettre un régime de transparence
si on impose un prix plancher quotidien à la grandeur du Québec, et là on n'est
même pas capables de pouvoir s'assurer que les gens puissent diminuer ou puissent
descendre, selon, évidemment le prix d'acquisition, ou le marché, ou le moment
de l'année, ou autre? Donc, oui, on s'appuie sur de la science, sur des
chercheurs, sur des données de la Régie de l'énergie, qui nous démontrent que
la réalité d'aujourd'hui n'est plus la même que de 1997. Alors, je pense que
les deux vont ensemble. Puis d'ailleurs M. Clark dit : Ce ne sera
peut-être pas suffisant, mais il ne dit pas que ça ne fonctionnera pas.
M. Paradis : C'est vrai, c'est
vrai, il ne dit pas que ça ne fonctionnera pas, et c'est très... c'est vrai, c'est
très clairement sa recommandation. Je trouve que l'assise de la recommandation
sur l'effet du retrait est moins solide que son analyse sur l'efficacité ou la
non-efficacité du fait qu'il existe. Vous avez... Je le disais tout à l'heure,
il y a deux mémoires, actuellement, de déposés sur ces amendements-là, qui
arrivent très tard dans le processus, et c'est des mémoires qui sont critiques,
et on revient avec le fait que, oui, à court terme, guerre de prix, ça diminue,
mais là ça va sortir un nombre de joueurs qui aident actuellement à maintenir
le prix pas trop élevé, puis là, après ça, bien, ça va remonter de nouveau. Qu'est-ce
que... Vous savez, là, c'est l'argument classique, là, sur cet... sur ce
mécanisme-là.
M. Poulin : Ah oui! Tout à
fait.
M. Paradis : Qu'est-ce que
vous leur répondez? Parce que, vous avez raison, il y avait une situation au
moment de l'instauration. Aujourd'hui, c'est peut-être différent. Qu'est-ce que
vous répondez, donc, à ceux qui vous disent ça en 2025?
M. Poulin : Bien, je vais
vous répondre. Un, on n'a aucune indication que ça va fermer parce que
plusieurs sources de revenus d'une station d'essence... premier élément.
Deuxième élément, on est dans un marché de bannières, donc équilibre au niveau
des revenus, ce qui n'était pas le cas en 1997, et, même avec l'instauration du
prix plancher, on a eu un nombre de fermetures qui a fermé.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Jean-Talon, il vous reste...
M. Paradis : Très bien, d'accord,
bien, je pense que ça conclut nos... notre échange là-dessus, mais, si vous
avez... C'est parce que je vous ai entendu faire une analyse tout à l'heure.
Celle de la régie ne portait pas exactement sur la question que j'abordais avec
vous, ni le rapport Clark. Si vous avez une analyse avec des projections ou des
risques et les mesures d'atténuation de ces risques-là, donc, d'avoir l'effet
inverse, si vous avez cette analyse-là, ça peut être intéressant de la partager
avec nous pour analyser le bien-fondé des solutions que vous nous proposez plus
tard.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci.
M. Paradis : Et j'aimerais, M.
le Président, réitérer, là...
Le Président (M. Montigny) :
Oui, vous avez du temps.
M. Paradis : Sur le fond, je
pense toujours que cet amendement-là n'est pas nécessaire à vos autres
amendements et que peut-être, même, ce n'est pas à l'avantage de l'édifice que
vous cherchez à construire. J'ai utilisé, donc, je réitère, avec la permission
du député de Dubuc, l'exemple du jeu Jenga. Pour mettre des blocs, ça ne veut
pas nécessairement dire qu'on en enlève à la base. Ça, c'est un bloc, à la base,
qui est utile, je pense, à la transparence et à l'obligation qu'on a de faire
le point sur les coûts à chaque trois ans de manière objective établie par la
régie.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
M. le député de Jacques-Cartier, vous aviez demandé la parole.
M. Kelley : Oui. J'ai écouté
l'échange avec... entre le député de Jean-Talon et le député de Beauce-Sud avec
beaucoup d'intérêt, puis quelque chose qui m'a retenu l'attention, c'est ce
principe que, pour l'essence, on veut aller vers un système où on va laisser le
marché décider, qu'on enlève le prix de plancher puis on va avoir un meilleur
prix à cause de la compétition. Je trouve que c'est intéressant. Juste un petit
commentaire, parce qu'avec ce projet de loi, on est en train de faire <l'inverse
avec Hydro-Québec parce qu'on va enlever...
M. Kelley :
...projet
de loi, on est en train de faire >l'inverse avec Hydro-Québec parce
qu'on va enlever cet... Hydro-Québec va être capable d'aller sans appel
d'offres, gré à gré, pour plusieurs projets.
Alors, je sais qu'on revient à ce sujet
tantôt et, je pense, c'est une des raisons qu'on veut continuer d'avancer et ne
pas nécessairement aller dans des amendements concernant le prix de plancher,
etc. C'est parce que les appels d'offres s'en viennent, mais c'est intéressant.
D'un côté, la logique de le gouvernement pour l'essence, c'est marché ouvert,
mais, pour la production des éoliennes, on va laisser Hydro-Québec aller sans
appel d'offres. On ne sait pas si on va avoir le meilleur prix. On va essayer
de juste s'assurer que c'est bon pour le Québec. On enlève ce principe de
transparence avec un appel d'offres où il faut avoir le meilleur prix, aller...
avoir une compétition sur un marché qui est ouvert.
C'est juste un petit commentaire. Je
trouve ça intéressant puis j'espère qu'on ne se retrouve pas dans 10 ans
dans un moment où on regrette qu'on n'a pas utilisé peut-être la même logique
que présente le député de Beauce-Sud, que c'est mieux d'avoir plus de
compétition, d'avoir des marchés qui sont plus... un petit plus ouverts, mais
commentaire, M. le Président. J'ai juste trouvé cet échange intéressant et ce
point très intéressant, parce qu'on sait, les appels d'offres donnent beaucoup
plus de transparence que quelque chose qui est fait gré à gré.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions en lien avec la proposition d'amendement pour
l'ajout de 37.1? Alors, il n'y a pas d'intervention. Nous sommes prêts à la
mise aux voix de l'article 37.1. Est-ce que l'article 37.1 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) : Adopté.
Merci. Maintenant, dans la suite de nos choses, l'article 39 était
suspendu. Si on ne le ramène pas, ça nous ramènerait à 40 pour le suivant.
M. Bouazzi : C'est celui qu'on
vient d'adopter?
Le Président (M. Montigny) :
Le 38 a déjà été adopté.
M. Bouazzi : Ah! il a déjà été
adopté.
Le Président (M. Montigny) : Le
37 a déjà été adopté. Ça nous mènerait à 39, qui est suspendu, à moins que... Si
on ne le ramène pas, ça nous ramène à 40, à moins que vous vouliez aller
ailleurs. Il y a 36 qui est suspendu, si jamais vous voulez aller là.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Oui, oui, le premier dans l'ordre est suspendu, oui, le 36 a été suspendu, le
39, le 111 et le 112. Alors, proposition, Mme la ministre?
Mme Fréchette : Non.
Le Président (M. Montigny) :
Non? On ouvre 36?
Mme Fréchette : On ouvre 36.
Le Président (M. Montigny) :
Est-ce qu'on a le consentement pour aller réouvrir l'article 36?
M. Kelley
: ...suspension.
Le Président (M. Montigny) :
Suspension? Oui, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 40)
(Reprise à 16 h 49)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons donc nos travaux.
Pour la suite des choses, normalement, nous devrions aller à 36. J'ai besoin
quand même du consentement de la commission pour réouvrir l'article 36 qui
a été suspendu précédemment. Est-ce que j'ai consentement? Consentement. On se
rappellera qu'au moment de la suspension de l'article 36 nous avions quand
même lu et étudié l'article. Nous étions dans nos échanges, la section, je
dirais plus, 52.6, libre à vous, là, ce n'est pas interdit de discuter de
l'ensemble de l'article qu'on vient de réouvrir. Alors, sur l'article 36,
est-ce qu'il y a des interventions? M. le député de Jacques-Cartier, je vous
écoute.
• (16 h 50) •
M. Kelley : Oui, M. le
Président. De mémoire, on a eu une discussion autour de la juste valeur des actifs,
puis je me souviens qu'on a utilisé un exemple sur la Côte-Nord. Est-ce que le
fardeau va tomber peut-être sur un client exclusivement pour le réseau? Alors,
je pense que, de mémoire... Je sais qu'on a débattu un amendement du député de
Jean-Talon, mais, de mémoire, on était vraiment sur cette question-là. On a
posé plusieurs questions autour de le réseau de le gaz naturel, puis on a eu
des questions sur la juste valeur des actifs, puis c'était s'assurer que le
fardeau... qu'en... dans la mutualisation des coûts, qu'il n'y ait jamais une
situation qui arrive, qu'il y a beaucoup des coûts qui tombent sur un client
éloigné dans une certaine région.
De mémoire, on était sur ce point-là,
probablement, en mi-mai ou avril, c'était autour de là. Je ne sais pas si mes
autres collègues ont des autres interventions. On ne rappelle pas vraiment
pourquoi on a suspendu ça. Je ne sais pas si c'est au côté de le gouvernement
de faire des vérifications, mais, bref, on était en train de discuter ça. Je
pense que ça a eu un lien peut-être aussi avec l'article 51, mais un petit
rappel pour tout le monde, de situer où on était sur cet article 36 qui
touche 52.6.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
très, très bien. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bien, peut-être,
peut-être pour le bénéfice des gens qui nous regardent, parce qu'on a eu des
discussions hors d'ondes, c'est un article... c'est un article 36 qui
ajoute quatre articles à la loi sur la Régie de l'énergie, et on avait divisé
nos débats sur chacun des articles ajoutés, 52.5, 52.6, 52.7 et 52.8.
Peut-être, M. le Président, si vous pouvez rappeler à tout le monde l'état de
nos débats sur chacun des quatre articles de la Loi sur la Régie de l'énergie
ajoutés par l'article 36 du projet de loi n° 69 que nous étudions...
Le Président (M. Montigny) :
Bien, en fait, on l'avait fait, là, par blocs, vous aviez raison, là, 52.5. On
était, au moment de la discussion, à 52.6, mais je vous rappelle qu'il n'est
pas exclu pour tout membre de traiter de d'autres numéros. Il s'agit tout <simplement
de nous le dire...
Le Président (M. Montigny) :
…pour
tout membre de traiter de d'autres numéros. Il s'agit tout >simplement
de nous dire si jamais votre intervention concernait un autre… un autre numéro,
là, comme par exemple le 52.7 ou le 52.6. Au niveau… au niveau du temps étudié,
nous allons le faire sortir puis nous pouvons vous revenir, là, avec le temps
pour chacun. Ça vous donnerait une idée du nombre de temps qui a été utilisé,
là, sur chacune des sections de l'article 36. On va vous sortir ça pendant
vos échanges. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Et, pour
mémoire, M. le Président, et c'est vraiment une question ouverte, parce qu'on a
quand même débattu de ces… de cet article-là il y a un certain temps, et on
fait beaucoup de va-et-vient pour essayer de favoriser la logique de nos
débats, est-ce que la ministre avait fait la lecture en bloc de l'ensemble de
l'article 35 ou on avait divisé la présentation des articles avec les
commentaires explicatifs par blocs?
Le Président (M. Montigny) : L'information
que j'ai, c'est que ça avait été lu et présenté.
M. Paradis : Au complet?
Le Président (M. Montigny) :
Au complet.
M. Paradis : Très bien, donc,
l'ensemble de l'article avec l'ensemble des commentaires explicatifs?
Le Président (M. Montigny) :
Effectivement.
M. Paradis : ...pas discuté
en détail de 52.7 et 52.8?
Le Président (M. Montigny) : Non,
on était… Comme le 36 est par sections, on avait fait 52.5 et nous étions à
52.6, qui est la deuxième partie du 36. Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Je me
souviens, M. le Président, qu'on avait fait une révision assez, si je peux
dire, détaillée concernant toute la question de la définition de la juste
valeur des actifs, et qu'il y avait une présomption liée à la définition de la
juste valeur des actifs, et ça, cette présomption-là, on la voit à l'article 50 :
«Sont présumés prudemment acquis et utiles les actifs nécessaires pour assurer
l'exploitation du réseau de transport d'électricité, du réseau de distribution
d'électricité ou d'un réseau de distribution de gaz naturel, acquis ou
construits par le transporteur d'électricité, le distributeur d'électricité ou
un distributeur de gaz naturel.»
On a eu des échanges concernant tout cet
aspect-là pour, évidemment, dire que c'est une présomption, évidemment, très
favorable à Hydro-Québec et Énergir, et là on avait suspendu, puis là on parle...
le 9 avril, les articles 29 à 33, incluant 35, et
l'article 52.6, parce que la ministre devait retourner vérifier, peut-être
revenir avec un amendement, mais je crois que la ministre est revenue et nous a
confirmé qu'il n'y avait pas d'amendement. C'est ça. Donc, ça, c'est ma… Je
suis là, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
C'est parfait. Merci beaucoup, collègue. Vous avez encore la parole si vous le
souhaitez, Mme la députée.
Mme Garceau : Donc... et donc
je reviens à l'article 52.6...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
Mme Garceau : ...que «la
juste valeur des actifs pouvant faire partie de la base de tarification d'un
distributeur de gaz naturel», c'est la définition qui inclut une présomption
des coûts d'acquisition. Je pense qu'il faudrait avoir cette confirmation, Mme
la ministre, oui, on était là.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, très, très bien. Me Marois, je vous invite à prendre la parole, 52.6.
M. Marois (Samuel) : Oui.
Donc, vous établissez un lien, là, entre la présomption puis
l'article 52.6 parce qu'on utilise des mots similaires, mais la raison
pour laquelle on parle de la juste valeur des actifs, c'est parce qu'ici on crée
un tarif qui est applicable aux producteurs qui injectent du GSR dans le réseau
de distribution de gaz naturel, puis, quand on établit la base de tarification,
on tient compte… la régie, qui fait cet exercice-là, tient compte de la juste
valeur des actifs qui peuvent faire partie de la base de tarification. C'est
pour ça qu'on utilise ces mots-là, mais, dans le contexte ici, ça n'a pas de
lien avec l'article qu'on a étudié précédemment, sur la présomption.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Me Marois. Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Donc, la
définition de la juste valeur des actifs, nous la trouvons à quel article?
M. Marois (Samuel) : Je vous
réfère au paragraphe 1° du premier alinéa de l'article 49, qui explique de
quelle manière la régie établit une base de tarification.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la députée.
Mme Garceau : OK, merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec <l'article 36?
Oui, M. le député de Jean-Talon...
Le Président (M. Montigny) :
...très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec >l'article 36?
Oui, M. le député de Jean-Talon, je ne suis pas trop sûr... Oui, OK, allez-y,
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Oui, j'essaie
de... j'essaie de m'assurer, là, qu'on est en ligne avec ce dont on a discuté.
Notamment, je pense qu'on a eu beaucoup de discussions à l'article 52.5,
au dernier paragraphe, sur la récupération des revenus requis visés au deuxième
alinéa. Donc, c'est les revenus requis pour assurer la prestation des services
visés au premier alinéa. Donc, je suis à 52.5, là, puis c'est les coûts de
transport du gaz naturel, et pourriez-vous nous rappeler, Mme la ministre, là,
quel était l'objectif de ce dernier alinéa et s'il était vraiment essentiel à
l'architecture de ce que vous proposez dans le projet de loi n° 69? Parce
que certains des groupes qui sont venus en consultations particulières
s'inquiétaient notamment de ce dernier... de ce dernier alinéa et certains
proposaient de l'enlever.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Donc, M. le
Président, alors, le dernier alinéa, bien, vise à rendre plus attractif, donc,
le gaz de sources renouvelables en lui associant un tarif moindre. Donc, c'est
l'objectif de l'alinéa.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Il n'y a pas d'autre intervention
en lien avec l'article 36. Alors, comme ça, nous allons procéder à sa mise
aux voix. Est-ce que l'article 36 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) :
L'article 36 est donc adopté. Merci. Ça nous amène donc... Il avait été
adopté avec amendement, je crois, hein? Non? Parfait. Il a été adopté. Ça nous
amène maintenant à l'article 40, merci, à moins que vous vouliez revenir à
un article suspendu.
• (17 heures) •
Mme Fréchette : Si vous
permettez, on pourrait proposer de revenir à l'article 39 qui avait été
suspendu.
Le Président (M. Montigny) : Tout
à fait, avant d'aller à 40, c'est parfait, d'aller à 39. Alors, est-ce que nous
avons le consentement pour réouvrir l'article 39 qui avait été suspendu
précédemment? Consentement. Oui, vous aviez une question, M. le député de
Jean-Talon?
M. Paradis : Oui. Est-ce
qu'on pourrait avoir une mise à jour où est-ce qu'on en était?
Le Président (M. Montigny) : Pour
le temps sur l'article, oui, on pourrait suspendre quelques instants puis vous
faire cette mise à jour.
M. Paradis : Suspendre quelques
minutes, oui.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 01)
17 h (version révisée)
(Reprise à 17 h 07)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Je vais vous demander si vous avez le
consentement pour reprendre l'étude d'un article suspendu et d'un amendement
suspendu. Est-ce que nous avons consentement pour reprendre <l'étude...
Le Président (M. Montigny) :
...et
d'un amendement suspendu. Est-ce que nous avons consentement pour reprendre >l'étude
de l'article 39? Consentement. Est-ce que vous avez... vous me donnez
consentement pour reprendre l'étude de l'amendement suspendu à
l'article 39? Consentement. Parfait.
Nous reprenons donc l'étude de
l'amendement de l'article 39 qui avait été suspendu. C'est un amendement
qui était amené par le député de Jean-Talon. Il vous restait environ
16 minutes, M. le député de Jean-Talon, et les autres députés avaient leur
bloc de 20 minutes de disponible. Alors, sur ce, M. le député de Jean-Talon,
je vous redonne la parole.
M. Paradis : Bien. Merci, M.
le Président. Donc, c'est... ce sont des conversations qu'on avait suspendues
il y a déjà quelques jours, il faut reprendre le fil. Donc, on est au cœur de
ce que moi, j'ai appelé un des principaux mécanismes de privatisation de la
vente d'électricité au Québec.
L'article précédent, qui est adopté, c'est
l'article 38 du projet de loi qui modifie l'article 60 de la Loi sur
les Régie de l'énergie et qui permet désormais... malgré l'interdiction qui existait
avant, hein? Donc, en 1996 et ensuite en 2000, il y a eu des amendements à la
loi qui ont ouvert une minuscule possibilité qu'une compagnie privée vende de
l'électricité à une autre compagnie privée. Dans le cas où il y avait de la
biomasse qui produit de l'électricité, là, ton voisin immédiat, tu peux lui
vendre. Et on se souviendra qu'on a eu un échange, la ministre et moi, un de
nos échanges, où la ministre me confirmait qu'il n'y avait, au moment où on se
parle, aucun tel cas au Québec où quelqu'un, une compagnie privée, qui vend...
qui produit de l'électricité avec de la biomasse, en vend à son voisin
immédiat. La grande modification à l'article 60 de la Loi sur la Régie de
l'énergie, qui a été adoptée sur division, c'est que, désormais, tout producteur
d'électricité de source renouvelable va pouvoir en vendre à un autre, donc
d'une entreprise privée à une autre entreprise privée.
• (17 h 10) •
Ce qu'il y a d'intéressant, ensuite, c'est
qu'on article... on arrive à l'article 61, et là, en plus de mettre la
ceinture, désormais, on met la bretelle. 61, c'est l'article qui dit que nul ne
peut distribuer d'électricité au Québec à tout autre consommateur sans être
titulaire d'un droit exclusif. Puis ceux qui ont un droit exclusif, c'est
notamment ceux qui sont nommés à l'article 62, qui va suivre, je suis en
train d'expliquer la logique entre les articles et la logique de mon amendement.
Et les titulaires, c'est Hydro-Québec et un nombre très limité de producteurs
privés, je pense qu'il y en a 10 ou 12, si je me souviens bien, qui sont nommés
au Québec, mais ils sont déjà nommés.
Alors, ma première question, je pense,
quand on avait commencé à discuter de ça, c'est : Pourquoi on a besoin de
la ceinture et des bretelles? Parce que c'est déjà dit qui sont les titulaires
de distribution, puis on l'a déjà créée, la brèche à l'article précédent. Donc,
la première raison, c'est : Pourquoi, juridiquement, on a besoin de cette
phrase-là? À moins qu'on veuille lancer un signal très clair qu'on est dans une
nouvelle ère, celle de vente... de la vente d'électricité par des producteurs
privés.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député.
Mme Fréchette : ...Me Marois.
Le Président (M. Montigny) : Tout
à fait. Alors, Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Donc,
le... Il faut voir l'article suivant, là, de votre projet de loi, là, qui
modifie l'article 62 de la Loi sur la Régie de l'énergie, c'est l'article
qui prévoit le droit exclusif de distribuer de certaines personnes. Donc,
certaines personnes ont un droit exclusif de distribuer. Hydro-Québec fait
partie de ces personnes.
Le corollaire du droit exclusif de
distribuer, c'est l'interdiction de distribuer si on n'est pas titulaire d'un
droit exclusif, puis à ça est associée des sanctions pénales. Donc, c'est pour
ça que l'article 61 de la Loi sur la Régie de l'énergie existe. Ce qu'on
fait dans le projet de loi, c'est qu'on le modifie pour dire que la
distribution, dans le cas d'exception prévue au nouvel article... bien, à
l'article précédent, là, pour le site adjacent, bien, dans ce cas-là, comme il
y a une autorisation de distribuer, bien, il ne faut pas que ce soit interdit
de le faire. Donc, c'est une modification de concordance qu'on a devant les yeux.
Puis, sur le... sur la question plus
technique de <l'amendement...
M. Marois (Samuel) :
...concordance
qu'on a devant les yeux.
Puis, sur le... sur la question plus
technique de >l'amendement, le fait de retirer les mots «sauf dans le
cas visé au troisième alinéa de l'article 60» aurait pour effet de rendre
interdite une activité qui serait maintenant permise en vertu de l'article
précédent. Ça fait que c'est sûr que c'est... au niveau de la cohérence, pour
ne pas que cette activité permise par la loi soit également interdite par la
loi, bien, c'est sûr que l'amendement ne permet pas d'atteindre cette
cohérence-là.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Me Marois. Maintenant, M. le député de Jean-Talon, vous avez la
parole.
M. Paradis : Bon. Je remercie
Me Marois pour cette précision, mais notons ce qui suit, dans l'ancienne
version de la loi, à l'article 61, ça disait déjà : «Nul ne peut
exploiter un réseau de distribution d'électricité sur le territoire d'un
titulaire d'un droit exclusif de distribution d'électricité.» Et il n'y avait
pas cette mention-là de l'exception, qui existait déjà, c'était une minuscule
exception, je le redis depuis longtemps, mais ça existait déjà à l'article 60.
Puis on n'avait pas pris la peine de rajouter les bretelles ou la ceinture à
61. Donc, à 60, ça disait déjà qu'«un droit exclusif de distribution
d'électricité confère à son titulaire, sur un territoire où il porte, à
l'exclusion de quiconque, le droit d'exploiter un réseau de distribution.Ce
droit n'empêche pas quiconque de produire et de distribuer sur son réseau
l'électricité qu'il consomme ou de distribuer l'électricité produite à partir
de biomasse forestière à un consommateur sur un emplacement adjacent au site de
production». Ça existait déjà à 60, deuxième alinéa, deuxième phrase, cette
minuscule ouverture.
D'une manière intéressante, on ne prenait
pas la peine, au début de 61, de dire «sauf dans le cas visé au deuxième alinéa
de l'article 60». On ne disait pas ça. Là, c'est intéressant, le
gouvernement prend la... prend la peine de le mentionner de nouveau. Et, je
conviens, là, oui, des fois, il y a des aspects techniques, mais ici ce n'est
pas une coquetterie, ce n'est pas une simple coquetterie de dire : Ah! on
va améliorer la façon dont c'est écrit, c'est que c'est une nouvelle ère qui
s'ouvre, celle de la privatisation de la vente d'électricité, l'ouverture à ce
que des compagnies vendent à d'autres compagnies.
Et là maintenant qu'on a le... Oui, parce
que le législateur ne parle pas pour ne rien dire, hein, ça fait plusieurs fois
que je le mentionne, et ça nous amène à des échanges qu'on a eus, la ministre
et moi, puis j'ai même eu ces échanges-là avec le premier ministre, qui s'est
levé en réponse à certaines de mes questions. Et j'ai bien vu vos
communications, Mme la ministre, sur les réseaux sociaux, notamment hier, vous
prenez toujours le soin de dire : Il n'y a pas de privatisation
d'Hydro-Québec. Il n'y a personne qui parle de privatisation d'Hydro-Québec.
Privatiser Hydro-Québec, ça veut dire que, ah! on va prendre des actions qui
appartiennent à tous les Québécois puis on va les vendre au privé. Il n'y a
personne qui n'a jamais dit ça nulle part. Mais moi, je voudrais savoir, Mme la
ministre, comment ça se fait que vous prenez toujours la peine de répondre ceci :
Il n'y a pas de privatisation d'Hydro-Québec, alors que ce n'est pas la
question?
Moi, je vous dis qu'il y a une très grande
ouverture ici, ailleurs dans le projet de loi, quand, maintenant, on autorise
Hydro-Québec à vendre des actifs de production au secteur privé, quand on
facilite l'octroi au secteur privé de droits d'utilisation des cours d'eau du
Québec, ça, c'est ailleurs dans le projet de loi, c'est des ouvertures au
privé. Pourquoi vous ne répondez pas à cette question-là directement, là?
L'article 61, qui vient avec 60, avant, c'est une ouverture à la vente de
compagnies privées à d'autres compagnies privées.
Je vous ai posé plusieurs fois la question :
Il va y en avoir combien, deux, cinq, 10, 50, 200? Vous... vous n'avez jamais
répondu à cette question-là, vous avez dit que vous ne le savez pas. Êtes-vous
d'accord, oui ou non, que vous ouvrez à une privatisation avec 61, qu'on est en
train d'étudier, et avec 60, qui est lié, vous ouvrez toute grande la porte à
une privatisation de la vente d'électricité par des... donc, par des compagnies
privées à d'autres compagnies privées? Avant, biomasse à ton voisin, là, celui
qui a une usine juste à côté. Il y en a combien au Québec? Zéro. Maintenant,
tout producteur d'énergie renouvelable au Québec va être capable de faire ça.
Oui ou non, y a-t-il par cette voie une privatisation de la vente d'électricité
au Québec?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. C'est toujours étonnant de voir que lorsqu'une possibilité de
vendre de l'électricité à un voisin, qui a été permise par le Parti québécois,
est sans impact aux yeux du <député...
Mme Fréchette :
…de
l'électricité à un voisin, qui a été permise par le
Parti québécois, est
sans impact aux yeux du >député de Jean-Talon, alors que, si ça provient
d'une proposition de la Coalition avenir Québec, là, tout d'un coup, ça prend
une ampleur considérable, et on vient remettre en question bien des éléments
qui sont associés à Hydro-Québec. Donc, voilà.
Ce qui est proposé dans le projet de loi,
c'est de permettre, tout comme il avait été permis par le… grâce au Parti
québécois, de vendre de l'électricité à un voisin, à un seul compteur
électrique, point. Alors, on peut imaginer que ce genre de projet là, ça
requiert des investissements quand même considérables et que pas grand monde va
vouloir s'en remettre à cette façon de faire. Néanmoins, ça pourrait… ça
pourrait être utile à des gens pour qui l'approvisionnement d'une… à partir
d'une source d'énergie renouvelable pourrait être une voie de solution,
advenant qu'ils ne puissent être connectés au réseau d'Hydro-Québec assez
aisément ou rapidement.
Et voilà, c'est le pourquoi, donc, de cet…
de cet amendement précédent qui a été adopté. Et puis ça, ça fait tout
simplement œuvre de cohérence, cet article-là. Donc, voilà, c'est pour être
dans la même vision des choses, dans la cohérence, dans la bonification qu'est
proposé l'article 61.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député Jean-Talon.
M. Paradis : C'est intéressant,
hein, que la ministre sente toujours le besoin de s'appuyer sur le Parti
québécois. Je le note avec beaucoup d'intérêt. Mais, encore une fois, j'ai
rappelé ici, lorsqu'on a eu le débat sur l'article précédent, ces deux
articles-là sont liés, j'ai rappelé le contexte dans lequel l'amendement avait
été effectué en 2000 par le ministre Jacques Brassard. Et c'était vraiment
relativement à une situation dans le domaine de la foresterie. Et l'idée était
de permettre de valoriser les résidus forestiers, notamment la biomasse, et de
dire : Quand tu produis de l'électricité avec de la biomasse, tu peux en
vendre à ton voisin immédiat, là, celui qui est à côté, là, il n'y a pas
d'histoire de ça peut être sur des centaines de kilomètres. Ça prend de la
biomasse, donc ça prend des résidus de bois. On génère de l'électricité avec
ça. Ton voisin d'à côté te dit : Heille! Je peux me brancher là-dessus.
Là, tu as le droit de lui en vendre. C'est la seule exception.
• (17 h 20) •
Et, redisons-le, répétons-le, la ministre
elle-même a confirmé qu'il n'y en avait aucun, actuellement, zéro. Ce que vous
proposez est entièrement différent. Donc, vous ne pouvez pas faire la… vous ne
pouvez pas comparer des oranges avec des tomates ou même des tournevis. Ce
n'est pas la même chose. Ici, vous ouvrez la possibilité que n'importe quel
producteur d'énergie renouvelable, au Québec, puis il y en a plusieurs, puisse
vendre à une autre compagnie privée, n'importe quelle compagnie privée, sur des
centaines de kilomètres. C'est complètement différent. C'est une privatisation.
Il va y avoir plus de compagnies privées qui vendent à d'autres compagnies
privées.
Et ça, ça fait partie du pacte québécois
sur l'électricité. C'est acquis depuis le début, depuis la privatisation en
1963, il n'y a personne d'autre qu'Hydro-Québec qui vend de l'électricité au
Québec, sauf les titulaires très limités de permis, dont on parle à
l'article 62, le suivant. Il n'y en a pas d'autre, exception. Puis on a
dit : C'est ça, puis ça, ça fait… c'est un pacte qu'on a avec les
Québécois. Avec taxes et impôts, vous… on construit ensemble des
infrastructures, mais il n'y a personne d'autre qui vend de l'électricité.
Pourquoi? Pourquoi? Parce que, les profits
générés par la vente d'électricité, on veut que ça vienne dans la… dans les
poches des Québécois pour payer les services de santé, pour payer les services
d'éducation, les routes, les infrastructures. Et actuellement on a un déficit
historique, deux années de suite. Les experts d'Hydro-Québec sont les seuls à avoir
produit une étude. En consultations particulières, ils disent qu'on va perdre
en faisant ça, et avec les autres articles qui arrivent plus loin, qui ouvrent
la porte à une privatisation, on va perdre, comme Québécois,
3 milliards de dollars qui vont aller dans la poche de compagnies
privées. Et il n'y a aucune autre étude qui est venue la contredire. Et ce sont
les experts d'Hydro-Québec qui sont venus nous dire ça ici.
J'ai posé plusieurs fois la question à la
ministre puis je n'ai jamais eu de réponse. C'est ça qui est en train de se
passer. Ce n'est pas la même chose. Et la question ici, c'est : Il faut le
faire à visière levée. Si c'est ce qu'on veut faire, si on veut s'attaquer au
pacte québécois sur <l'électricité…
M. Paradis :
...ici,
c'est : Il faut le faire à visière levée. Si c'est ce qu'on veut faire, si
on veut s'attaquer au pacte québécois sur >l'électricité, il faut
demander aux Québécois s'ils sont d'accord. La nationalisation de
l'électricité, elle a été effectuée par des élections générales qui ont été
déclenchées par le Parti libéral en 1962 sur cette question-là. C'est ça,
l'importance que ça a. Si le gouvernement de la CAQ veut s'octroyer le droit de
toucher le pacte québécois sur l'électricité, qu'il demande aux Québécois. Et
on revient au fait qu'il n'y a pas eu de consultation là-dessus et que tout le
monde veut se prononcer là-dessus.
Alors, si ce n'est pas ça que la ministre
est prête à faire, demander aux Québécois, je lui repose la question : Pourquoi
prend-elle toujours le soin de répondre qu'il n'y a pas de privatisation
d'Hydro-Québec? Pourquoi le premier ministre prend toujours soin de répondre :
Il n'y aura pas de privatisation d'Hydro-Québec? Pourquoi, dans votre
publication sur les réseaux sociaux d'hier, vous avez dit : Il n'y a pas
de privatisation d'Hydro-Québec, alors que ce n'est pas ça, la question?
Personne ne parle de vendre des actions d'Hydro-Québec au privé. Ce dont on
parle, c'est la privatisation de la vente d'électricité, et c'est exactement ce
qui est en train de se passer à l'article 61.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, M. le Président, je voudrais mentionner, comme je l'ai déjà fait déjà
plusieurs fois, que tous veulent être raccordés au réseau d'Hydro-Québec. Je
veux dire, ça, il n'y a même pas de questionnement là-dessus. Il n'y a pas un
joueur que j'ai rencontré, depuis que j'ai pris mes fonctions à l'Économie, qui
ne voulait pas d'abord et avant tout être approvisionné, alimenté par le réseau
d'Hydro-Québec. Maintenant, il y a des limites à ce que le réseau peut faire à
court terme. Et encore faut-il être dans les priorités d'Hydro-Québec si on
aspire à être raccordé et qu'on est situé dans une zone un peu plus en retrait
des réseaux de l'organisation. Donc, voilà, ça, c'est le souhait de tout un
chacun.
Alors, le Parti québécois, en 2000, avait
permis la vente d'électricité à un voisin à partir de biomasse. C'est une
formule qui peut être une alternative, je dirais, pertinente. Et là il s'avère
qu'au cours des 25 dernières années, l'énergie produite à partir
d'éoliennes ou encore de panneaux solaires est devenue franchement plus
accessible. Alors, on ouvre à d'autres sources énergétiques renouvelables cette
possibilité-là de vendre à un voisin, un seul voisin, ce qui veut dire un seul
compteur électrique.
Et, bon, je vois que le député de
Jean-Talon se questionne à savoir pourquoi est-ce que je m'en remets toujours
au Parti québécois quand j'aborde ces questions-là de privatisation. Bien,
c'est, d'une part, parce que c'est du Parti québécois qu'est venue cette
possibilité-là de vendre à un voisin pour l'approvisionnement énergétique. Et
c'est aussi une idée qui avait été promue par le chef du Parti québécois, et le
chef précédent, M. Parizeau, aussi, lui, proposait une privatisation
d'Hydro-Québec à hauteur de 10 %. Donc, l'idée émerge de temps en temps,
puis ça fait en sorte que ça reste dans l'espace public.
Alors, je pense, c'est important de
préciser que notre formation, notre gouvernement n'entend aucunement privatiser
Hydro-Québec, parce que c'est ce que certains peuvent craindre, tout
simplement. Je pense, c'est important de rassurer les gens, parce que c'est un
élément quand même fondamental de notre pacte social. Alors, c'est important de
le rappeler. Donc, voilà, c'est en ce sens-là. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Toujours
intéressant aussi de voir la ministre essayer d'embarquer dans ces histoires-là,
mais c'est intéressant qu'elle cite un chef du Parti québécois qui avait écrit
un livre avant de devenir le chef du Parti québécois et un chef du Parti
québécois qui s'est prononcé là-dessus après sa retraite de la politique.
Cela étant dit, revenons à nos moutons,
l'article en question. L'important est de fonctionner à visière levée. Est-ce
que, oui ou non, au Québec, il existe un pacte sur l'électricité qui dit que
seule Hydro-Québec vend de l'électricité, sauf les titulaires qui existent
depuis très longtemps, là, pour des raisons historiques, qui sont nommés
notamment à l'article 62? Est-ce que la ministre est d'accord avec ça, oui
ou non? C'est ça quand on parle que... C'est de ça dont on parle quand on parle
du monopole d'Hydro-Québec sur la vente d'électricité. Est-ce qu'elle est
d'accord que ça existe au Québec, ça?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors...
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
Mme la ministre, vous avez la <parole...
Des voix :
...
Le Président (M. Montigny) :
Alors...
Mme Fréchette :
...
Le Président (M. Montigny) :
Oui,
Mme la ministre, vous avez la >parole.
Mme Fréchette : ...donc,
j'aimerais rappeler en fait que c'est le Parti québécois qui a déréglementé la
production privée. Et ça a permis de développer toute une industrie, dont on
peut être fiers, là, aujourd'hui. La vente d'électricité, en fait, a été
déréglementée en... autour de 2000, au début des années 2000. Donc, ça, je
pense que c'est important de le... de le rappeler.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je suis étonné
encore une fois par ce réflexe de la ministre de constamment revenir au Parti
québécois. Je sais que le Québécois... les Québécois reconnaissent le rôle
historique de René Lévesque en matière d'électricité. C'est très vrai que notre
fondateur, le fondateur de notre parti a joué un rôle essentiel. C'est vrai que
le Parti québécois a toujours été à l'avant-plan pour la protection des
intérêts publics et de... du rôle d'Hydro-Québec dans le fait que c'est notre
richesse collective. C'est vrai qu'on joue un rôle essentiel dans la protection
de notre richesse... de notre richesse collective.
Cela étant dit, on parle de ce que ce
gouvernement de la CAQ est en train de faire. Je suis surpris que la ministre
ne convienne pas avec moi et avec tout le monde au Québec que, quand on parle
du monopole d'Hydro-Québec, c'est de ça dont on parle. La réponse, ça devrait
être clairement oui. Il ne devrait pas avoir d'hésitation, il ne devrait pas y
avoir de moment où on consulte autour, c'est... Ce qu'on veut, c'est, quand on
vend de l'électricité au Québec, les profits que ça génère, parce que c'est le
fruit de notre travail, c'est le fruit de notre labeur, c'est nous qui avons
construit les infrastructures, c'est vous... c'est nous qui avons fait du
Québec un géant à l'échelle internationale... Parce que, c'est ça, quand on
vend de l'électricité puis qu'il y a des profits à faire, on veut que ça vienne
dans les poches des Québécois. C'est ça, le principe, c'est de ça dont on
parle.
• (17 h 30) •
Donc, la question qui vient, j'aurais mis
une réponse plus claire à ça, mais la question suivante est la suivante, la
question suivante, donc, est celle-ci : Est-ce que la ministre est prête à
admettre à visière levée que l'article 61 qu'on étudie, lié à
l'article 60 qui précède, c'est une ouverture à ce que plus de compagnies
privées vendent de l'électricité à d'autres compagnies privées? C'est écrit
noir sur blanc dans les articles, mais la ministre ne le dit jamais en réponse
au salon rouge puis ne le dit pas ici. C'est ça, l'objectif, privatisation de
la vente d'électricité. Les articles disent ça. Pourquoi la ministre n'est pas
capable de le dire à visière levée aux Québécois? Ils nous regardent, là.
Le Président (M. Montigny) : ...M.
le député, juste pour votre information, il vous restera 12 secondes. Je
ne voulais pas vous couper. Mme la ministre. Mme la ministre, vous avez la
parole.
Mme Fréchette : Oui. Il y a
bien des industries, par exemple, dans des zones éloignées qui, pour l'instant,
utilisent des sources d'énergie fossile et qui aimeraient bien, eux aussi, entrer
dans le principe de décarbonation, s'engager dans la transition énergétique.
Qu'est-ce que le député de Jean-Talon offre à ces entreprises, qu'est-ce qu'il
offre?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
très bien, il reste 10 secondes.
M. Paradis : Je suis
stupéfait que la ministre me pose la question à moi. C'est son projet de loi.
Et elle, elle l'offre la privatisation de la vente d'électricité. C'est ça
qu'elle offre aux Québécois.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Bien, je
pense qu'on comprend qu'il n'y a pas d'alternative qui est proposée par le
député de Jean-Talon. C'est important, dans le contexte actuel, d'offrir des
alternatives à de l'énergie fossile, et c'est ce qu'on propose sur la base
d'une proposition qui avait été initialement mise de l'avant par le Parti
québécois.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
toujours à l'étude de cet article, est-ce qu'il y a d'autres interventions? M.
le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Bien, c'est une
conversation intéressante, M. le Président. Moi, ma question pour la ministre,
c'est... Parce que, concrètement, donc, ce que je comprends de ce que... de ce
que vous nous dites, c'est que cet article-là vient régler une cohérence avec
l'article précédent qu'on a... qu'on a adopté. Donc, si l'article est adopté
tel quel, sans l'amendement, ça voudrait dire qu'une compagnie qui décide de
distribuer... enfin, qui produit de l'électricité...
17 h 30 (version révisée)
M. Bouazzi : ...l'amendement,
ça voudrait dire qu'une compagnie qui décide de distribuer... enfin, qui
produit de l'électricité pourrait distribuer à un consommateur... Juste,
expliquez-moi pourquoi on a absolument besoin de ça pour que l'article
précédent fonctionne. Je ne comprends pas.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Bien, Me Marois
nous a expliqué, là, tout à l'heure, le pourquoi : c'est dans un esprit de
cohérence que c'est... cet amendement-là est mis de l'avant, et voilà, je... À
moins qu'on veuille lui redemander de nous réexpliquer, je pense que l'explication
a été donnée tout à l'heure.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. Bouazzi : Mais, si on
revient à l'affirmation que cette modification n'existait pas, alors que la
vente... des questions de biomasses qui effectivement ne se sont jamais
vraiment matérialisées existaient, pourquoi avant c'était possible, et
maintenant on a besoin de cette modification-là?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je le répète,
c'est une bonification, c'est une amélioration. C'est juste dans un esprit de
cohérence, «tant qu'à», tant qu'à revoir le vocabulaire.
M. Bouazzi : Du coup, on en a
besoin? Je comprends, là. Mais, d'un côté, on dit : Si on n'a pas ça, on
ne peut pas appliquer l'article précédent, et de l'autre côté on dit :
Bien, en fait, on pouvait, mais là on ne fait qu'améliorer. On améliore quoi,
au juste? C'est quoi? J'aimerais bien qu'on... C'est ou bien avant, la loi ne
marchait pas, puis c'est correct si c'est ça, votre réponse, ou bien la loi
marchait, et donc ça, bien, ça apporte quelque chose de plus ou de moins, mais
ça change quelque chose, là.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Avant, il y
avait une incohérence dans le projet de loi. Donc, on vient réparer cette
incohérence-là. Je pense que ce n'était pas l'esprit de ceux qui avaient
élaboré la loi, mais, dans les faits, dans les termes, il y avait une forme d'incohérence.
M. Bouazzi : OK. Très bien.
Et donc là, ce qu'on dit, c'est... Concrètement, la seule chose qu'on permet, c'est
à une compagnie privée de produire de l'électricité et à vendre à un acheteur
privé, et ça, ça le matérialise encore plus, disons que ça le... ça garde une
cohérence dans le projet de loi. Mais ce n'est ni plus ni moins. C'est bien ça?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Ce n'est ni
plus ni moins un... À la fin, vous avez dit... Votre dernier mot?
M. Bouazzi : Bien, de la
phrase que je viens de dire, c'est-à-dire le fait qu'un producteur privé peut
vendre à un producteur...
Mme Fréchette : Oui, oui. C'est
ça, ça vient confirmer ce qui a été adopté à l'article précédent. Ça vient
rétablir la cohérence.
M. Bouazzi : Ça fait
maintenant... depuis le début des années 60 qu'Hydro-Québec existe. Là,
vous revenez souvent sur l'exemple de quelqu'un, un groupe qui est quelque part
qui n'est pas raccordé à Hydro-Québec et qui voudrait être raccordé à un
producteur privé. Combien il y en a eu depuis 1962, des groupes comme ça qui n'ont
pas pu être raccordés?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Souhaitez-vous suspendre quelques instants ou... Non? Allez-y, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Non, bien, en
fait, on n'a pas le décompte de ceux qui reposent sur une source d'énergie qui
ne relève pas d'Hydro-Québec, combien il y en a. Je sais que dans les zones
plus isolées, il y en a, et ça va être d'une grande utilité que d'avoir une
alternative éolienne, par exemple, ou solaire. Mais on n'a pas le... on n'a pas
le compte.
M. Bouazzi : Ça fait qu'on ne
sait pas combien il y en a, mais on va répondre à leurs besoins en
permettant... en faisant un changement majeur. Parce que c'est vraiment un
changement majeur, là, vous en êtes consciente, Mme la ministre. L'idée de dire :
Bien, à partir de maintenant, le privé peut vendre au privé, ce n'est pas
petit, là, c'est comme... ce n'est pas petit, c'est gros, là. On va avoir des
réseaux parallèles à ceux d'Hydro-Québec qui sont des réseaux privés.
Effectivement, il y a des zones quelque
part qui font de l'autoproduction. Vous n'avez pas le décompte de ces gens...
de ces gens-là, mais on peut se mettre d'accord que ça fonctionne, qu'ils sont
capables d'autoproduire pour eux-mêmes, là.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Bien, pas
tout le monde veut autoproduire pour soi-même, au sens où il y en a pour qui ce
n'est pas le cœur de leurs activités économiques. Ils n'ont pas nécessairement
l'envie de se lancer dans cette nouvelle activité économique d'autoproduction,
et, s'ils peuvent reposer sur quelqu'un qui est prêt à fournir de l'électricité
à cette organisation-là, eh bien, je pense que c'est une chose qu'ils vont
peut-être <considérer...
Mme Fréchette :
...cette
organisation-là, eh bien, je pense que c'est une chose qu'ils vont peut-être
>considérer.
Il y en a d'autres qui vont vouloir rouler
sur la façon de faire qu'ils ont eue depuis des décennies, et puis voilà, il
n'y aura pas d'impact. Il y en a qui voudraient s'inscrire dans la transition
énergétique, et je pense que ça va pouvoir représenter une option. Ce n'est pas
une option facile, c'est compliqué, c'est coûteux, mais, au moins, ça pourrait
offrir une option dans un contexte où on est dans la raréfaction de l'offre
énergétique aussi. Donc ça, c'est un élément qui est différent par rapport à ce
qui prévalait il y a plusieurs années. C'est que l'offre énergétique n'est pas
la même, les besoins sont très grands, très variés, et il va falloir... il faut
faire des priorités. Mais, par conséquent, voilà, le contexte change la donne
un peu.
M. Bouazzi : OK. Il y a deux
conversations quand même, Mme la ministre, parce que, d'un côté, il y a une
question de la rareté de l'offre, bon, soit, et, de l'autre côté, il y a le
fait qu'il y a des gens qui ne sont pas connectés au réseau parce qu'ils sont
loin. Aujourd'hui, je veux dire, on peut très bien imaginer l'inverse,
c'est-à-dire des gens qui sont très, très proches et qui vont recevoir de
l'électricité de compagnies privées. Surtout, encore une fois, si on voit à
quel point la notion d'adjacent est élastique, là, on a toujours du mal...
Je vous avouerai que, depuis notre
dernière conversation, j'ai beaucoup réfléchi pour me dire : Mais comment
est-ce que le gouvernement peut affirmer que ce qui se passe avec TES Canada est
conforme à la loi? Et je me dis peut-être, et c'est une question que je vous
pose, Mme la ministre, est-ce que vous considérez que, quand on met une...
quand TES loue un morceau de terre de 100 m fois 100 m proche de Sainte-Thècle
pour mettre son éolienne qui, évidemment, on s'entend, très loin de Shawinigan,
est-ce que vous considérez que le 100 m par 100 m qu'il a loué pour
mettre son éolienne, ça devient son terrain et donc, par définition, il est
dans son terrain? C'est, comment vous arrivez à expliquer qu'on est adjacent à
20 km de distance?
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, on a discuté longuement de cette question-là il y a plusieurs
semaines. Moi, j'aimerais vous ramener sur l'amendement. Pour vous donner un
cas d'exemple, les capacités techniques d'Hydro-Québec, on le sait qu'elles
sont proches de leur maximum dans un certain nombre de régions. Je prends un
cas hypothétique : advenant qu'il y ait deux projets d'entreprise qui sont
intéressés à aller s'établir dans une région où la capacité est presque
atteinte, la capacité maximale est presque atteinte, eh bien, si la seule
possibilité, c'est de se raccorder au réseau d'Hydro-Québec, eh bien, il va
falloir abandonner un des deux projets d'entreprise, si le nombre de mégawatts
requis est trop important par rapport à la capacité technique. Avec la
possibilité de s'approvisionner via une source d'énergie éolienne ou solaire,
eh bien là, ça vient quand même ouvrir une option pour que les deux projets
puissent vivre. Je peux vous dire que, dans bien des communautés, avoir deux projets
d'entreprise plutôt qu'une, ça peut faire une grande différence en termes
d'activité économique.
Donc, dans le contexte de la raréfaction
de l'offre énergétique, c'est un atout que d'avoir une alternative qui s'offre.
Je pense que, pour du développement économique régional, ça vient franchement
offrir une option qui pourrait être intéressante, bien que, je le rappelle,
c'est une option coûteuse qui demande du temps, des efforts, une expertise
particulière. Mais tout de même, ça, au moins, offre une opportunité, une
option qui autrement, n'existerait juste pas.
• (17 h 40) •
M. Bouazzi : Alors, prenons
cet exemple-là et puis allons plus profond, parce que, pour moi, je vous
avouerai que les... je reste... il reste toujours énigmatique pour moi, cet
aspect capitaliste, néolibéral, sans limites, en se disant : Voilà, on a
la solution, on va en faire plus et puis tout le monde va en avoir plus. Alors,
prenons le cas un par un.
D'abord, on est bien d'accord, Mme la
ministre, que les gisements éoliens — c'est comme ça qu'on les
appelle, comme il y avait des gisements de pétrole, maintenant il y a des
gisements de vent — ils ne sont pas infinis. Donc, tous les gisements
que le privé va exploiter, c'est des gisements qu'Hydro-Québec n'exploitera
pas. Sommes-nous déjà d'accord sur ce point?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Donc,
Hydro-Québec peut soit produire lui-même ou s'approvisionner auprès d'une
entreprise qui lui fournira, vendra l'électricité éolienne, à base
d'éoliennes.
M. Bouazzi : Ce n'est pas ma
question, Mme la ministre. Ma question, c'est : Il y a du vent, c'est un
gisement, c'est de l'énergie, c'est un commun, ça appartient à tout le monde.
Et cette énergie-là, ces <gisements...
M. Bouazzi :
...c'est
de l'énergie, c'est un commun, ça appartient à tout le monde. Et cette
énergie-là, ces >gisements éoliens, comme on les appelle techniquement,
ne sont pas infinis. Ils sont finis. Bon. Et, partout où on va exploiter ces
gisements-là, bien, c'est ou Hydro ou le privé. Mais, une fois qu'on a mis une
éolienne du privé, bien, on n'a pas mis une éolienne d'Hydro. Est-ce qu'on est
juste d'accord que les capacités de la terre, au Québec, ça fait partie... sont
finies et le vent qui se balade est fini?
Et donc, à chaque fois qu'on va décider
que le privé, comme dans TES Canada, va exploiter 200 km² de vent, bien,
ces 200 km² là, ce n'est pas vrai qu'on va pouvoir rajouter autant qu'on
veut d'éoliennes d'Hydro-Québec. Ce n'est pas... Ce n'est pas un piège. Moi,
j'ai d'autres questions après. Je veux juste qu'on se mette d'accord que les
gisements éoliens sont finis. Et, à chaque fois qu'on va en donner une partie
au privé, bien, c'est une partie dont on se prive, là.
Mme Fréchette : On peut aussi
mettre des panneaux solaires sur les éoliennes, éventuellement, question de
multiplier les sources. C'est sûr que c'est fini, mais on est loin du compte,
là. On entame notre intégration dans le secteur de l'énergie solaire et
éolienne.
M. Bouazzi : Oui mais...
Donc, déjà on avance, donc c'est fini. Ça fait qu'à chaque fois qu'on va se
dire : Il n'y a pas de problème, le privé va pouvoir produire au privé, ce
n'est pas mon problème au public, nous avons transféré une partie de notre
richesse, qu'est le vent, qui... les gisements éoliens qui existent au Québec,
au privé. Bon.
Les travailleuses et travailleurs sont
finis. Bon. Les capitalistes aiment bien les appeler des «ressources». Bon.
Tout est une ressource. Le vent est une ressource, les êtres humains, c'est une
ressource. Bon. Appelez-les ressources, restons dans votre vocabulaire et dans
celui de mon ancien employeur, que je salue. Et les ressources humaines sont...
sont finies aussi. Je veux dire, nous avons eu M. Sabia nous dire :
Attention! Si vous mettez trop de TES Canada, bien, moi, mon projet ne marche
plus. Le risque n° 1 qu'Hydro-Québec... Ils ont trois
risques, là, dans leur document, ce n'est pas beaucoup de risques... les
analyser.
Le premier, c'est le manque de
main-d'oeuvre. Si on se retrouve avec, dans l'exemple que vous donnez, de la
main-d'oeuvre qui est accaparée pour pouvoir répondre a un projet de privé au
privé parce qu'il est plus rentable, bien, évidemment, c'est de la
main-d'oeuvre qu'Hydro-Québec n'aura pas pour faire le projet que vous, vous
pensez essentiel, Mme la ministre. Est-ce qu'on est d'accord que c'est fini
aussi, l'expertise, sur notre territoire au Québec? Et qu'à chaque fois qu'on
va envoyer de l'expertise pour faire de la vente du privé au privé, bien, c'est
de l'expertise dont on se prive?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, la terre
est finie, le talent, sur la terre, est fini, je veux dire...
M. Bouazzi : C'est un fait.
Mme Fréchette : Mais, en même
temps, il y a des améliorations technologiques.
M. Bouazzi : Vous avez raison
de trouver ça drôle. Mais le capitalisme, il ne trouve pas ça drôle du tout, il
pense que c'est vrai. Il y a comme... Hein? Il n'y a que... comme on dit, il
n'y a que les économistes et les fous qui pensent que la terre est infinie.
Mais c'est un problème que nous avons à résoudre en ce moment ensemble. Bon.
Donc, on est d'accord qu'il y a des
ressources, que, si elles partent au privé, bien, elles ne seront pas utilisées
au public. C'est un fait en santé, c'est un fait en éducation, c'est évidemment
un fait pour Hydro-Québec.
Mme Fréchette : Mais c'est un
fait aussi que, parfois, quand c'est produit au privé, bien, c'est plus
efficace.
M. Bouazzi : Maintenant, le
problème qu'on a, c'est que tout ceci est fini. Et, nous, on a une transition
écologique, énergétique à réussir. Il y a des projets, là, qui ne servent pas à
grand-chose. La cryptomonnaie, là, ça ne sert pas à grand-chose. Vous avez même
mis, dans votre projet loi, dans un des nombreux amendements que vous nous avez
envoyés, pour dire : Au-dessus de je ne sais plus, c'est vraiment très
faible, là, en énergie, nous, on ne donne pas d'électricité aux cryptomonnaies.
Pour le privé au privé, là, demain, il y a quelqu'un qui veut faire de la
cryptomonnaie sur le territoire, il met des éoliennes, il a un contrat, ça
rapporte de l'argent. C'est de la spéculation pure. Ça rapporte de l'argent. Il
veut investir dans... comment elle s'appelle, la cryptomonnaie de Trump, là?
Trump Crypto? Je ne sais pas. Il l'appelle True Trump? Comment il l'appelle?
Truth?
Une voix : ...
M. Bouazzi : Trump coin. Bon.
Et là, il peut? Vous vous êtes donné des règles pour dire : Moi, je ne
veux pas que mon énergie aille à ce genre de compagnie. Est-ce qu'on est
d'accord, Mme la ministre, que ce que vous proposez aujourd'hui, c'est de dire :
Bien oui, s'il y a une compagnie qui veut faire une ferme énergivore qui va
créer des cryptomonnaies, elle a... elle peut tout à fait, effectivement, avoir
un contrat avec Boralex et produire de l'énergie pour cette compagnie-là?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Je rappelle
que ça va prendre une autorisation du gouvernement. Et, nos orientations, c'est
à l'effet qu'il faut que ce soit structurant, il faut qu'il y ait des retombées
économiques. Et puis il y a des secteurs. Puis vous nommez les cryptomonnaies,
qui, effectivement, ne cadrent pas avec les objectifs que, nous, on se donne.
Donc, l'autorisation ne serait pas <donnée...
Mme Fréchette :
...ne
cadrent pas avec les objectifs que nous on se donne. Donc, l'autorisation ne
serait pas >donnée.
M. Bouazzi : OK. Mais on est
d'accord que c'est quand même des projets que vous avez décidé de ne pas...
auxquels vous avez décidé de ne pas donner d'énergie. Vous avez donné un
exemple, là. Quelque part en région, il y a deux projets. Il y en a un, vous
dites : Oui, lui, je le connecte, et l'autre, vous dites : Bien là,
je ne peux pas. Ça fait que, là, il se débrouille lui-même. C'est sûr que celui
que vous avez autorisé est plus utile sur tous vos critères que l'autre. On est
d'accord qu'on va se retrouver à pouvoir accaparer et de la ressource éolienne,
des gisements éoliens, ou du soleil, hein, si vous voulez, mais aussi... mais
aussi de l'expertise et de la sueur de travailleuses, de travailleurs pour le
privé qui n'iront pas au public, qui n'iront pas aux projets...
Je veux dire, on l'a vu, Mme la ministre,
c'est assez terrible à quel point... Est-ce que, pour une fois... Tu sais,
d'habitude, on regarde, là, le système de santé, on se dit : Oh là là là!
Il y a du privé partout, on n'est pas capable d'avoir une infirmière, etc. Il
va falloir réussir à corriger ça après qu'on ait ouvert les vannes partout. Là,
on a l'inverse, on a quelque chose qui fonctionne, qui appartient aux
Québécoises et Québécois et on se dit : Bien, tiens, je vais essayer
d'ouvrir. Bien, évidemment que ça va comme détériorer le service
d'Hydro-Québec.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
pour le bénéfice de tous, je nous rappelle que nous sommes à une proposition
d'amendement à l'article 39. Ça fait quand même un bon petit bout de temps
qu'on avait des échanges, je voulais simplement le rappeler. Mme la ministre.
Mme Fréchette : En fait,
bien, je voulais mentionner que, par exemple, si nos deux entreprises, il y en
a une, c'est de l'aquaculture, et l'autre, c'est de la production en serre, et
que les deux projets sont intéressants, les deux projets apportent de
l'activité économique, mais que, parce qu'on est limité en termes de mégawatts
dans la région, il faut dire oui soit à un soit à l'autre, mais les deux sont
impossibles à combiner parce que les mégawatts ne sont pas là, bon, là,
actuellement, il faudrait dire : Désolé, ce ne sera pas possible, à un des
deux projets. Mais, si la région veut les deux et qu'avec l'amendement on a la
possibilité d'alimenter un des deux projets avec de l'énergie éolienne ou
solaire, eh bien, il me semble que c'est un plus pour la région, il me semble
que c'est un plus pour les promoteurs de chacun des projets économiques de
pouvoir aller de l'avant.
Alors, je comprends que votre préférence
ce serait qu'un des deux on lui dise non parce que ça pourrait affecter l'accès
d'Hydro-Québec à des ressources ou des talents. Je trouve que, là, on est dans
un scénario un peu extrême, là, dans le sens qu'on n'en est pas là...
• (17 h 50) •
M. Bouazzi : Est-ce que vous
avez... Je veux dire, est-ce que vous avez juste lu les trois risques qui sont
associés au plan d'Hydro-Québec? Parce que, je veux dire, ce n'est pas un
scénario extrême, c'est le risque n° 1, l'accès aux
ressources humaines.
Mme Fréchette : Oui, mais
réduit à l'échelle d'une entreprise, d'un projet d'entreprise, on n'en est pas
dans la gestion d'un risque immense, là, pour Hydro-Québec.
M. Bouazzi : Bien, qu'est-ce
qui dit qu'il ne va pas y en avoir plein, des projets comme ça?
Mme Fréchette : Bien, parce
que tout le monde, comme je disais à la base, veut être d'office rattaché,
raccordé à Hydro-Québec. C'est ça, le souhait de tout le monde.
M. Bouazzi : Non, je
comprends, mais il n'y a plus d'électricité disponible, on le sait. Votre
prédécesseur a distribué des mégawatts, en veux-tu en voilà. Il n'y en a plus,
là. Ça fait que tout ceux que... à qui vous dites non, ils vont vouloir planter
des éoliennes ou embaucher Boralex pour leur donner de l'électricité. Ça fait
que c'est quoi? Est-ce que vous avez des études qui diraient : Bien là, il
va peut-être y en avoir juste 10, juste 100, juste deux? C'est quoi,
vos...
Mme Fréchette : La réalité va
évoluer, d'une part, et elle est différente d'une région à l'autre.
M. Bouazzi : OK. Et est-ce
que...
Mme Fréchette : Donc, on ne
peut pas établir un nombre pour le Québec au complet, là, parce que ça se
décline différemment dans les différentes régions.
M. Bouazzi : Et sachant
qu'Hydro-Québec dit que son accès à l'expertise est le risque n° 1,
est-ce que vous avez fait une étude d'impact pour dire à quel point est-ce que
ça met à risque la planification d'Hydro-Québec jusqu'à 2035, voire 2050?
Mme Fréchette : Dans la
mesure où ces projets-là peuvent n'alimenter qu'un seul compteur électrique, ce
ne seront pas des mégaprojets qui vont, comment dire, ratisser une part
significative des talents disponibles au Québec, là. À chaque fois, on parle
d'un seul consommateur. Et on l'a vu avec la biomasse, il n'y a pas eu
utilisation de cette possibilité-là.
M. Bouazzi : Mais, Mme la
ministre, TES Canada, c'est un seul compteur... ce n'est même pas... c'est zéro
<compteur...
M. Bouazzi :
...la
ministre, TES Canada, c'est un seul compteur... ce n'est même pas... c'est zéro
>compteur, là. Mais imaginons qu'il vende de l'électricité. C'est un
seul compteur, c'est 133 éoliennes de 200 mètres de haut, là. C'est
du monde, là. C'est du monde, là. Il y a... Un des gros défauts des énergies
solaire et éolienne, c'est qu'il faut vraiment beaucoup de cellules solaires et
d'éoliennes pour que ça fonctionne, et il faut d'ailleurs beaucoup d'espace
aussi parce que ça prend énormément d'espace.
Ça fait qu'aucune étude d'impact, on est
d'accord? Je comprends votre argument d'un seul... un seul consommateur. Mais
il n'y a aucune étude d'impact pour dire est-ce que, oui ou non, ça met à
risque les plans d'Hydro-Québec?
Mme Fréchette : L'étude, elle
va se faire à chacun des projets qui seront soumis. Je le rappelle, ça prend
une autorisation gouvernementale. Les gens ne vont pas partir comme ça, à
droite, à gauche, avec, chacun, leur projet dans leur besace, puis développer
ça, puis on va se réveiller, un matin, qu'il n'y aura plus de talents
disponibles pour Hydro-Québec parce que tout le monde va avoir démarré son
projet en parallèle. Ça va prendre des études sérieuses pour chacun des projets
qui nous seront soumis, et, si ce n'est pas structurant, si les impacts ne sont
pas ceux souhaités, eh bien, ce sera refusé.
M. Bouazzi : Bien, moi,
j'aimerais bien faire confiance à la raison, mais, malheureusement, votre
prédécesseur, Mme la ministre, il a quand même distribué 2 500 MW en
18 mois, basé sur aucune étude, qui ne servent même pas à décarboner. Ça
fait qu'il y a-tu une étude qui disait que ça mettait à mal ou pas nos
objectifs de baisse de CO2? On a eu des gens qui ont fait les
calculs, en commission, qui nous ont dit : Bien, en fait, tout ce qu'on a
prévu pour le développement économique a déjà été dilapidé par les promesses de
votre prédécesseur et à peu près rien n'a été fait pour les baisses de CO2.
Même M. Sabia nous a dit ça, là.
Ça fait que... ça fait que rien ne nous
prouve que, si vous, vous ne le faites pas, que le prochain ne va pas dire :
Bien, moi je suis très ami avec les multinationales, je vais leur permettre
toutes sortes de choses. Et puis tant pis pour les consommateurs québécois, là,
rien. Parce qu'il n'y a jamais eu le mandat, pour M. Fitzgibbon, de faire
ce qu'il a fait avec nos mégawatts, là.
Il y a... il y a un point d'ordre.
Allez-y.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
M. le député.
M. Tremblay : Oui. En tout
respect...
Le Président (M. Montigny) : Bien,
ce ne sera pas long.
M. Tremblay : ...35-6, 211.
On amalgame des faits très hypothétiques. Je pense qu'on pourrait revenir au
sujet, M. le Président.
M. Bouazzi : J'aurais aimé
qu'ils soient hypothétiques, cher collègue. Ils sont très, très documentés,
malheureusement.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Oui. Ça fait
que, tu sais, il n'y a aucun garde-fou. Est-ce que vous dites... je ne sais
pas, moi, est-ce que... est-ce qu'on pourrait imaginer un mécanisme qui dit,
bien : pas plus de tant de projets par an, pas... Parce que vous dites
aujourd'hui : il y a un seul... il y a un seul client. À partir du moment
où on a cassé le principe, un omnibus, et puis on dit : pas un, mais 10,
et puis il y aura 10 clients, là. Je veux dire, le principe est cassé, là,
puis c'est un principe qui, quand même, date du début des années 60, là.
C'est gros, là.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Je
rappelle que le principe existe depuis 2000, depuis 25 ans.
M. Bouazzi : Depuis quoi?
Mme Fréchette : Depuis 25 ans,
le principe, qu'il existe.
M. Bouazzi : Bon, d'abord,
depuis 25 ans, il n'y a pas cet article-là, ça fait qu'on pourrait s'en
passer. Et puis, deuxièmement, on s'entend qu'on ne parle pas de la même chose,
Mme la ministre, quand même, là. Je comprends l'argument que vous donnez au
Parti québécois, bon, c'est de bonne guerre, mais pas à nous, là, ça ne marche
pas, là. Il n'existe pas, le principe, il n'y a aucun cas d'espèce, il n'y en a
pas. Il n'y a aucun projet.
Mme Fréchette : Le principe
n'existe pas parce qu'il y a un cas. Il existe parce qu'il est permis.
M. Bouazzi : Mais ce n'était
pas un risque pour la privatisation de la production de l'électricité au
Québec. Il n'y a aucun cas. Mais ça, on s'entend que, si vous le mettez là,
c'est que ça va arriver, là.
Mme Fréchette : Donc, s'il y
avait deux cas, là, on serait... on serait dans un grand risque pour
Hydro-Québec?
M. Bouazzi : Mais si vous me
dites : Limitons à deux.
Mme Fréchette : Non, je parle
de la biomasse. S'il y en avait eu deux, vous ne pourriez pas dire qu'il n'y
avait pas de risque pour Hydro-Québec?
M. Bouazzi : D'abord, moi, je
ne comparais pas la biomasse avec des éoliennes et du solaire. Deuxièmement, il
y en a zéro. Ça fait qu'effectivement moi, régler des problèmes qui n'existent
pas, ça ne m'intéresse pas beaucoup.
Ça, moi, je pense qu'il y en aura plein,
parce que l'électricité, vous avez raison de dire : Il en a besoin. Et
puis il va... je vous dis, ce qui va arriver, c'est, les choses les plus
rentables, qui ne sont pas spécialement celles qui diminuent le gaz à effet de
serre, je veux dire, toute électricité qui est accaparée pour faire de
l'intelligence <artificielle...
M. Bouazzi :
...à
effet de serre, je veux dire, toute électricité qui est accaparée pour faire de
l'intelligence >artificielle aujourd'hui, dans des énormes... Vous allez
dire : Ah! bien non, l'intelligence artificielle, c'est contre nos
principes. Vous allez dire oui, et puis ce qui va se passer, c'est qu'on va
avoir une privatisation des gisements éoliens à perte de vue et évidemment,
toutes sortes de «data centers» qui font de l'intelligence artificielle, plutôt
que d'électrifier les choses qui donnent de la job dans les régions, par
exemple. Et c'est vraiment dangereux, là, vous jouez aux apprentis sorciers,
Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
d'autres interventions? Mme la députée de Robert-Baldwin. Il nous reste à peu
près 1 min 30 s avant l'ajournement.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. La ministre a répondu à une question de mon collègue de
Maurice-Richard, j'ai trouvé la réponse intéressante, concernant l'article 61,
et qu'on a réglé une incohérence. Et j'aimerais savoir quelle incohérence
est-ce que vous avez réglée avec l'article 61.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
En une minute, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Me Marois
nous l'a nommée tout à l'heure, là, il disait qu'un article pouvait contredire
le précédent.
Mme Garceau : Bien, je pense
qu'il va falloir clarifier exactement c'est quoi, l'incohérence. Parce que je
regarde l'article 60, le troisième alinéa, et l'article... l'ancien
article 61, le nouveau article 61... Donc, j'aimerais voir comment
tout ça, c'est... est cohérent.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, en 30 secondes. Souhaitez-vous... Me Marois.
M. Marois (Samuel) : Bien, en
30 secondes... Bien, avant, pour la biomasse, il y avait une possibilité
de distribuer l'électricité, mais on avait, dans l'article d'après, une
disposition qui disait «nul ne peut distribuer d'électricité» ou... je
paraphrase, là, essentiellement, c'était ça. Donc là, on corrige une
incohérence en venant spécifier que, quand on distribue de l'électricité comme
dans le cas permis par le gouvernement à l'article 60, bien, ce n'est pas
une... ça ne participe pas de l'interdiction de distribuer prévue à l'article 61.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, je vous remercie pour votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 18 heures)