Journal des débats (Hansard) of the Committee on Planning and the Public Domain
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, November 21, 2023
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Vol. 47 N° 28
Special consultations and public hearings on bill 39, An Act to amend the Act respecting municipal taxation and other legislative provisions
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Intervenants par tranches d'heure
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Dufour, Virginie
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Grandmont, Etienne
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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Schneeberger, Sébastien
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Caron, Linda
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Laforest, Andrée
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Girard, Eric
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Dufour, Virginie
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Caron, Linda
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Jeannotte, Chantale
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Dufour, Virginie
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Caron, Linda
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Dufour, Virginie
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Caron, Linda
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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Schneeberger, Sébastien
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Caron, Linda
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Dufour, Virginie
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Caron, Linda
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Schneeberger, Sébastien
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Arseneau, Joël
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Laforest, Andrée
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Dufour, Virginie
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Caron, Linda
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Caron, Linda
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Schneeberger, Sébastien
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Dufour, Virginie
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures cinquante et une minutes)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, bon matin à tous. Premièrement, je voudrais m'excuser pour ma voix,
j'ai un peu une petite grippette, comme on dit, alors un petit peu la voix
rauque ce matin.
Alors, ayant le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'aménagement du territoire ouverte. Je vous
demanderais de bien vouloir fermer vos cellulaires, si vous en avez, au niveau
de la sonnerie.
Alors, la commission est réunie aujourd'hui
en consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 39, Loi modifiant la Loi sur la fiscalité municipale et
d'autres dispositions législatives.
Est-ce que nous avons des remplaçants, M.
le secrétaire?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Caron
(La Pinière); et M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est remplacé par M. Grandmont
(Taschereau).
Remarques préliminaires
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous allons débuter par... ce matin, par les
remarques préliminaires au niveau de la députation et de la ministre, et nous
entendrons par la suite trois groupes, soit l'Union des municipalités du
Québec que je salue, qui sont déjà assis à la table, la Fédération québécoise
des municipalités et la ville de Gatineau. Alors, Mme la ministre, vous avez
six minutes pour faire vos remarques préliminaires.
Mme Andrée Laforest
Mme Laforest : Merci.
Alors, je suis très heureuse d'être ici, évidemment, pour étudier le projet de
loi... étudier le projet de loi n° 39, oui, c'est
bien ça, 39, parce que, depuis cinq ans maintenant, c'était un des projets de
loi qui étaient demandés depuis le début avec l'Union des municipalités, la
Fédération québécoise des municipalités, Québec, Montréal. La première demande
qu'on a eue, c'était d'avoir un projet de loi pour moderniser la fiscalité
municipale. Donc, c'est sûr qu'avant de moderniser la fiscalité municipale il a
fallu étudier plusieurs projets de loi pour en arriver avec la fiscalité comme
telle. Donc, on a étudié sept projets de loi avec mes collègues, que je
remercie, qui étaient ici ou presque tous ici pour les autres projets de loi, et
ça s'est quand même très, très bien fait.
Donc, le projet de loi n° 39,
c'est quand même, si je peux le dire ainsi, c'est la finalité de plusieurs
nouvelles réglementations qu'on a faites dans le milieu municipal, mais, en
même temps, plusieurs réglementations nouvelles que... si ça se passe quand
même bien avec mes collègues, députée de Mille-Îles, députée de La Pinière,
député de Taschereau, les Îles-de-la-Madeleine, normalement, ça se passe bien
en commission, nous pourrions... nous aurions la chance de vous aider au niveau
de la fiscalité municipale.
Donc, c'est sûr qu'il y a parfois certains
articles de loi qui sont assez... qui seront assez complexes. On travaillera
avec l'équipe des Affaires municipales, avec, ici, M. Jocelyn Savoie,
sous-ministre. Mais aussi je suis convaincue qu'avec tout le monde, que je
connais maintenant depuis cinq ans... je suis très heureuse d'être avec vous
tous, et on va encore accomplir de grandes choses pour toutes les villes du
Québec. Alors, voilà. Merci, tout le monde.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Alors, Mme la députée des Mille-Îles, vous avez aussi un temps de
parole de deux minutes... 4 min 30 s, oui.
Mme Dufour : Hein? Ce
n'est pas sept? Quatre minutes?
Le Président (M. Schneeberger) :
4 min 30 s.
Mme Dufour : 4 min 30 s,
hein?
Le Président (M. Schneeberger) :
Bien, quasiment.
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : Oui. Merci, M.
le Président. Alors, merci à tous. C'est un grand plaisir d'être ici, et je
remercie la ministre pour le projet de loi qui nous donne encore l'opportunité
de parler des municipalités. Les villes, je crois, attendaient impatiemment,
évidemment, le nouveau pacte fiscal qu'on a entendu parler il y a quelques
semaines et, évidemment, ce projet de loi là qui reflète l'entente... l'entente,
notamment, en insérant dans la loi le partage de la croissance d'une partie de
la TVQ. Et ça, je pense que c'était attendu parce que ça va amener de la
prévisibilité pour les villes qui doivent jongler, là, avec un budget, là, dans
les... On est dans la période où les budgets doivent être établis, et ce n'est
pas... ce n'est pas facile, actuellement, on le voit avec la hausse, l'inflation
dans les services que les municipalités rentrent... rendent.
Bien, l'inflation a été supérieure à ce qu'on
connaît, là, au niveau de l'inflation pour les biens et services. Et on voit
aussi que le projet de loi, ça va donner plus de flexibilité pour les villes
pour taxer, taxer de différentes façons. Par contre, on ne trouve pas de
nouvelles sources de revenus dans ce projet de loi là, et ça, c'est une... je
pense, c'est une déception. On aurait aimé, je pense, que ça aille plus loin,
mais on aura l'occasion d'en discuter davantage.
Une autre inquiétude, c'est qu'on veut
limiter les redevances de développement, ce qui est une source de revenus
importante pour certaines villes. En période, actuellement, de crise du <logement,
on comprend peut-être le besoin de l'encadrer...
Mme Dufour :
...de
crise du >logement, on comprend peut-être le besoin de l'encadrer, mais
ceci dit, d'un côté, on dit qu'on veut donner plus de flexibilité et de
nouvelles sources de revenus aux villes et, d'un autre côté, on leur en enlève.
Alors, il y a ici un enjeu qu'on devra analyser davantage.
Je constate aussi qu'on ne prévoit
toujours pas d'assurer 100 % les compensations tenant lieu de taxes pour
les écoles primaires et secondaires, et on n'assume toujours pas la facture des
terrains des écoles. Ça, c'est une aberration qui est venue, là, en 2020, alors
que l'éducation, c'est clairement une compétence provinciale et non municipale.
Donc, aujourd'hui, on entendra plusieurs groupes, et je vous remercie, là, tous
ceux qui sont dans la salle, d'être présents. On va être à l'écoute, évidemment,
des demandes d'amélioration. Et puis je pense que ce projet de loi là est
perfectible, et ce qu'on fera... ce qu'on va faire dans les prochaines
semaines, tenter de trouver le meilleur équilibre pour bénéficier aux
municipalités qui, on s'entend, sont le premier gouvernement... le plus près
des citoyens et qui sont aux premières loges de la crise du logement, la crise
des changements climatiques. Alors, sur ce, M. le Président, je vous remercie
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté du député de Taschereau
pour 1 min 30 s, maximum.
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : Merci, M.
le Président. D'abord, salutations à la ministre, à tous les collègues qui sont
présents aussi, au personnel qui accompagne Mme la ministre et la partie gouvernementale.
Merci aussi aux gens qui sont ici pour nous aider sur les aspects techniques,
pour nous permettre de faire cette commission de manière adéquate et dans le
bon ordre.
La fiscalité, c'est un enjeu important au
Québec, on le sait, et c'est une... c'est un moyen, en fait, de répondre à
plusieurs enjeux qui sont importants au Québec, notamment les enjeux
d'étalement urbain qui sont... qui est fortement lié à la dépendance des
municipalités à l'impôt foncier. Donc, c'est clair que la fiscalité peut être
une réponse à plusieurs enjeux que nous vivons, que nous rencontrons ici,
aujourd'hui, au Québec. On comprend évidemment que le PL n° 39
s'inscrit dans un moment, à la fin de l'année, où les municipalités sont en
train d'écrire leur budget, d'en discuter avec leurs citoyens, leurs
citoyennes.
Donc, évidemment, on va essayer d'agir de
manière collaborative et en toute diligence aussi. Bien entendu, on aura des
propositions d'amendements à apporter. Donc, on espère aussi que la ministre
saura les entendre et saura se montrer clémente face à ces propositions
d'amendements, puisque tout ce que nous souhaitons, et je suis sûr que c'est la
même chose, là, du côté de la partie gouvernementale, c'est le meilleur projet
de loi pour aider les municipalités à répondre à ces enjeux importants qui sont
devant nous. Donc, je m'arrêterai là-dessus. Merci, M. le Président.
Auditions
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant commencer nos exposés. Alors,
je salue l'union des membres de... l'Union des municipalités du Québec. Je vous
inviterais à vous présenter à tour de rôle pour savoir à qui... parce que, même
si je nomme les noms, on ne saura pas... pour mettre un nom sur chaque visage.
Alors, je vous demande de vous présenter puis, après ça, vous commencez votre
mémoire. Voilà.
Union des municipalités du Québec
M. Damphousse (Martin) :
Merci. Martin Damphousse, maire de Varennes et président de l'Union des
municipalités du Québec.
M. Boucher (Jean-Philippe) :
Jean-Philippe Boucher, directeur général de l'UMQ.
M. Roy (Samuel) : Samuel
Roy, conseiller stratégique aux politiques à l'UMQ.
M. Damphousse (Martin) : Merci.
Mme la ministre des Affaires municipales, M. le Président de la commission,
Mmes, MM. les membres de la commission, je vous remercie de nous recevoir
aujourd'hui dans le cadre des consultations sur le projet de loi n° 39,
Loi modifiant la Loi sur la fiscalité municipale et d'autres dispositions
législatives.
• (10 heures) •
D'emblée, l'UMQ salue le dépôt de cette
importante pièce législative. Elle répond à une demande phare de l'union et
concrétise un engagement du premier ministre du Québec pris lors du sommet
électoral de l'UMQ en septembre 2022. L'union souhaite d'abord souligner
l'important jalon que représente l'enchâssement dans la loi du partage de la
croissance de l'équivalent d'un point de TVQ en matière de fiscalité
municipale. Ce changement législatif vient assurer la pérennité de cet
important transfert pour le milieu municipal. Le contexte actuel de la crise du
logement, de la crise de l'itinérance puis de la crise climatique pose
d'importants défis aux gouvernements de proximité. Malheureusement, à l'heure
actuelle, il n'est pas... ce n'est pas l'ensemble des outils fiscaux nécessaires
pour faire face à ces importants défis. Le projet de loi prévoit certaines
avancées en ce sens.
Nonobstant l'entente que nous avons très
hâte de signer avec vous, Mme la ministre, il y a quand même deux sujets que
nous savons... les deux sujets qui suivront, qui se <retrouveront dans
nos rencontres...
>
10 h (version révisée)
< M. Damphousse (Martin) :
...qui
se >retrouveront dans nos rencontres annuelles.
Donc, cependant, certains éléments sont
absents du projet de loi. Dans l'éventualité de leur inclusion, ils
permettraient une meilleure atteinte de nos objectifs collectifs. Nous
souhaitons donc soumettre des recommandations en ce sens. Dans notre
présentation, nous mettrons l'accent sur certains éléments importants de notre
mémoire, soit l'importance de poursuivre la modernisation de la fiscalité
municipale, l'autonomie municipale et l'expropriation déguisée.
Premièrement, les immeubles qui font
partie du réseau de l'éducation sont non imposables aux fins de la taxation
foncière municipale, mais font l'objet des compensations tenant lieu de taxes
versées par le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation. Alors que
le taux de compensation applicable est de 100 % pour les immeubles du
réseau de la santé et des services sociaux, de l'enseignement supérieur et des
services de garde, ce taux est à 82 % pour les immeubles du réseau de l'enseignement
primaire et secondaire.
Pourtant, les municipalités sont tenues d'offrir
100 % des services municipaux aux immeubles scolaires du réseau de l'enseignement
primaire et secondaire. Il en résulte que la compensation tenant lieu de taxes
versée aux municipalités pour les immeubles du réseau de l'enseignement
primaire et secondaire ne correspond pas à l'ensemble des taxes que les
municipalités seraient en mesure de percevoir si ces immeubles ne faisaient pas
partie de ce réseau. Le manque à gagner pour les municipalités est estimé à
environ 50 millions de dollars.
Par ailleurs, le milieu municipal craint d'assister
à un recul des compensations tenant lieu de taxes qui seront versées aux
municipalités dans les prochaines années. En effet, la croissance importante
des valeurs imposables pour le secteur résidentiel crée une tendance à la
baisse sur les taux de taxation par 100 $ d'évaluation foncière. Cela a
pour effet d'entraîner une pression à la baisse sur le taux global de taxation,
l'indice utilisé par le MAMH pour verser les compensations tenant lieu de taxes
aux municipalités.
Or, ces distorsions créent des variations
importantes sur le rôle d'évaluation d'une municipalité et ne devraient pas
entraîner une réduction des compensations versées. Il apparaît important de
revoir la mécanique prévue en matière de compensation tenant lieu de taxes afin
que les municipalités ne soient pas pénalisées dans un contexte où la pression
sur leurs dépenses est forte.
C'est pourquoi l'UMQ recommande de hausser
à 100 % le taux de compensation de taxes pour les immeubles du réseau de l'enseignement
primaire et secondaire. L'union recommande en plus de revoir la mécanique du
taux global de taxation afin que les compensations de taxes versées aux
municipalités ne soient pas affectées négativement par le dépôt des rôles d'évaluation.
Deuxièmement, les municipalités doivent
actuellement payer de la TVQ au gouvernement du Québec pour ensuite être
remboursées à seulement 50 %. Elles doivent donc taxer davantage leurs
citoyennes et leurs citoyens pour payer cette taxe au gouvernement du Québec.
Pour l'union, il est clair qu'un gouvernement ne devrait pas en taxer un autre.
À cet effet, rappelons que le gouvernement fédéral rembourse la TPS à 100 %.
Le gouvernement du Québec devrait emboîter le pas et rembourser 100 % de
la TVQ.
Pourtant, le remboursement à 100 % de
la TVQ permettrait d'accélérer les investissements productifs des
municipalités. Les municipalités jouent un rôle clé pour créer un environnement
propice aux affaires. Malheureusement, bien des investissements nécessaires
pour soutenir la croissance économique et des projets structurants sur les
plans économique et environnemental n'ont pas une rentabilité fiscale
strictement foncière, ce qui réduit d'autant leur intérêt pour les
municipalités qui les retardent, voire les délaissent.
Par la suite, l'article 244.64.9 de
la Loi sur la fiscalité municipale permet d'alléger le fardeau des petites
entreprises commerciales ou industrielles et prévoit la possibilité de fixer,
pour chaque catégorie ou sous-catégorie d'immeubles non résidentiels et pour
les immeubles industriels, des taux différents s'appliquant selon des strates
de la valeur des immeubles visés. À l'heure actuelle, cette disposition n'est
pas permise pour le secteur résidentiel, malheureusement.
Cependant, elle permettrait de corriger
plusieurs iniquités qui entrent les contribuables... qui existent entre les
contribuables municipaux. Effectivement, plusieurs municipalités ont noté une
croissance plus <importante des valeurs...
M. Damphousse (Martin) :
...plusieurs
municipalités ont noté une croissance plus >importante des valeurs
foncières pour les immeubles résidentiels se trouvant sous la moyenne des
valeurs imposables des immeubles résidentiels, comparativement aux immeubles de
plus grande valeur.
Concrètement, ce phénomène entraîne un
transfert du fardeau fiscal des mieux nantis vers les moins bien nantis. Par un
souci d'équité entre les contribuables du secteur résidentiel, la flexibilité
prévue pour le secteur non résidentiel à l'article 244.64.9 de la Loi sur la
fiscalité municipale devrait être étendue au secteur résidentiel afin que les
municipalités puissent ajuster les taux de taxation en fonction des variations
du rôle d'évaluation.
L'UMQ recommande donc de permettre l'ajout
d'une deuxième catégorie de taxation en fonction de la valeur des immeubles
pour le secteur résidentiel, tel que permet actuellement le secteur non
résidentiel à l'article 244.64.9 de la Loi sur la fiscalité. Si je peux me
permettre, personnellement, un exemple très concret, on pourrait définir que la
strate serait jusqu'à la valeur de l'évaluation moyenne de la maison. Donc,
tout ce qui serait en bas de la valeur moyenne pourrait avoir un taux moindre. Donc,
on viendrait aider les moins nantis de chacune des municipalités, et la strate
au-dessus de la valeur moyenne pourrait avoir un taux légèrement plus élevé pour
compenser le manque à gagner de la première strate qui serait payée par les plus
nantis. Donc, on viendrait aider la clientèle moins nantie de chaque
municipalité.
À l'heure actuelle, certaines
municipalités font déjà face à des contestations devant les tribunaux en ce qui
concerne le règlement instituant une redevance au développement. C'est le cas,
notamment, vous le savez bien, de la ville de Brossard, pour laquelle plusieurs
dizaines de millions de dollars sont potentiellement à risque en raison de
cette contestation. Dans une perspective de réduction du risque juridique et de
consolidation du pouvoir de redevance de développement, l'union recommande
d'affirmer que les règlements municipaux pris en vertu du pouvoir de redevance
de développement doivent être interprétés de manière large et libérale par les
tribunaux, et nous souhaitons le retrait de l'article 2 du projet de loi.
Le prochain sujet, c'est assurément mon
sujet de prédilection, vous le comprendrez rapidement. Le contexte économique
actuel est difficile pour l'ensemble de la population. Le milieu municipal
souhaite respecter la capacité de payer des citoyennes et des citoyens, et ce,
dans un contexte où les coûts augmentent rapidement tant pour la population que
pour les municipalités. Or, pour plusieurs municipalités, il pourrait être très
difficile d'y arriver.
En effet, certaines dispositions de la Loi
sur la fiscalité municipale pourraient contraindre ces municipalités à hausser
substantiellement le fardeau fiscal du secteur résidentiel afin d'éviter un
effritement de leurs revenus autonomes. La Loi sur la fiscalité municipale
prévoit des taux maximums pour les taux de taxation particuliers à la catégorie
des immeubles non résidentiels, qui sont obtenus en multipliant le taux de base
de la municipalité qui s'applique au secteur résidentiel par des coefficients
qui sont établis à l'article 240.40 de la Loi sur la fiscalité municipale.
Ces coefficients ne reflètent plus la
réalité observée sur le terrain. En effet, un déséquilibre de plus en plus
important est observé entre la croissance de la valeur des propriétés résidentielles
et non résidentielles. Si je peux me permettre, on a de nouveaux rôles qui sont
sortis cette année. On a vu apparaître des augmentations résidentielles qui
dépassent le 50 %, et l'année prochaine...
• (10 h 10) •
Le Président (M. Schneeberger) : ...une
minute de plus que vous avez droit. Alors là, il faut que je le... On peut
continuer, mais il faut que j'aie la permission de la ministre d'être sur son
temps à elle. Alors, je ne sais pas si vous avez encore beaucoup de temps à
faire, là. Moi, je suis...
M. Damphousse (Martin) : Je
vais faire vite, c'est promis.Donc, la croissance rapide des valeurs
des propriétés résidentielles, au cours des dernières années, a amené bon
nombre de municipalités à réduire le taux de taxation de manière à ne pas créer
un choc important sur le compte de taxes des citoyennes et des citoyens. En
bref, des hausses de valeur de 50 % des propriétés n'ont pas engendré une
hausse de 50 % du compte de taxes. Le même principe s'applique même, dans
une mesure moindre, du côté non résidentiel, étant donné une croissance de la
valeur des propriétés <beaucoup moins rapide...
M. Damphousse (Martin) :
...du
côté non résidentiel, étant donné une croissance de la valeur des propriétés >beaucoup
moins rapide.
Or, ce phénomène a pour effet d'accentuer
l'écart entre les taux de base et le taux de taxation particulier de la
catégorie des immeubles non résidentiels, et ce, sans que le fardeau fiscal
d'un secteur ait augmenté par rapport au fardeau fiscal de l'autre secteur. Il
s'agit de situations qui ne sont pas souhaitables dans les deux cas.
Concrètement, dans certains cas, nous assisterons à une hausse municipale
résidentielle de 8 % seulement pour maintenir le taux de taxe du secteur
non résidentiel à son taux actuel.
Parallèlement à ça, dans ma ville, à
Varennes, on observe qu'en respectant le plafond du taux résidentiel une
entreprise a vu son compte réduit de 33 % dans les 10 dernières
années afin que l'entreprise investisse 20 millions pour agrandir ses installations.
Le coefficient prévu à l'article 244.40 de la Loi sur la fiscalité
municipale... ont été ajustés à plusieurs reprises par le passé. En effet, la
dernière modification date de 2017. Puis ce qu'on apprend, c'est que Montréal
n'a pas de plafond de taux, ce que plusieurs municipalités aimeraient avoir.
Pour terminer, il y aurait lieu de
procéder à un nouvel ajustement de ce coefficient qui reflète l'évolution des
valeurs imposables au cours des dernières années, sans aucun coût pour le
gouvernement. Là-dessus, je vous dis merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, merci beaucoup. Alors, je vais... On va débuter par une période de
questions. Alors, je laisse Mme la ministre des Affaires municipales procéder
aux questions, échanges.
Mme Laforest : Oui.
Alors, merci. Je vous entends bien puis je sais que c'étaient des demandes
aussi dans le passé. Si on parle, par exemple, de la taxe résidentielle, on le
sait déjà, que c'est possible de taxer cinq fois le taux de base. Maintenant,
est-ce que... puis on a fait le tour de toutes les municipalités du Québec puis
on voit qu'il y a certaines municipalités qui n'ont pas osé taxer le
résidentiel comme elles devraient le faire, mais souvent, elles se reprennent
sur le commercial. Donc, c'est sûr que, là, si on acceptait cette
possibilité-là, moi, je me pose la question à savoir : Est-ce que vous ne
croyez pas qu'à ce moment-là ce serait, pour des municipalités qui n'ont pas
été... qui n'ont pas osé s'ajuster avec la taxation résidentielle... qu'il
était possible de le faire au moment qu'elles pouvaient le faire?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, je vous dirais, Mme la ministre, non, pour une raison précise qu'on
observe depuis deux ans, et, la réalité, ça va s'accentuer, c'est que, quand on
a une hausse dans un nouveau rôle, la hausse résidentielle est gigantesque par
rapport à la hausse commerciale puis encore plus par rapport à celle
industrielle. Quand on a une augmentation, une hausse de plus de 50 % dans
un nouveau rôle, vous le savez, on ajuste le taux à la baisse. On n'a pas le
choix, mais, en l'ajustant, on attire aussi à la baisse le taux commercial
industriel qui, lui, peut avoir eu une hausse de 12 %, de 15 %.
Ça fait qu'on crée un déséquilibre qui est
tellement grand que, là, on se retrouve à accorder un crédit de taxe, par
rapport à l'année précédente, au commercial et industriel. Ça fait que c'est
surtout ce qu'on ne veut pas faire. On veut qu'ils aient une hausse, mais pas
une hausse démesurée par rapport à ce qu'ils avaient avant, mais une hausse
juste logique. Mais là, à cause qu'on est liés avec le taux résidentiel, on
vient faire baisser la valeur taxable industrielle et commerciale. C'est ça qui
n'a pas de bon sens.
L'exemple de Kronos, à Varennes, est un
bel exemple. En 10 ans, ils ont baissé leur compte de taxes de 33 %.
Pensez-vous que c'est ce que je souhaite? Bien, c'est sûr que non. Ils ont même
investi 20 millions puis leur taux de taxe... leur compte de taxes est
plus bas. Personne ne veut ça. On ne veut pas les faire exploser, mais on veut
juste que ça puisse suivre une logique, mais là, à cause de l'écart et du
facteur cinq fois, on est pris. On est obligés de baisser leur taux ou de
suraugmenter le taux résidentiel, puis assurément, c'est ce qu'on ne veut surtout
pas non plus, là.
Mme Laforest : Puis, si
je vous demandais quelle formule vous auriez puis comment... Est-ce que vous
accepteriez que, s'il y avait un maximum...
M. Damphousse (Martin) : En
fait, pour être réaliste, là, enlever le plafond, on a des risques que ça ne
passe pas. Ça fait que j'aime mieux, sincèrement, qu'on fasse un gain ensemble
en augmentant le coefficient pour donner de l'air aux municipalités. Si ça ne
bouge pas, on est plusieurs municipalités au Québec... Ceux qui ont beaucoup de
commercial et industriel sont pris... aujourd'hui, là, ils sont vraiment dans
le trouble, puis la liste est longue dans... de villes, mais, si on était capables
de changer le plafond, le taux... On est à cinq de coefficient, si on était à six,
si on était à sept... parce que l'enlever, ce serait l'idéal pour nous.
Montréal n'en a pas. Montréal, aujourd'hui, n'en a pas. C'est un privilège <extraordinaire,
qui est un peu... qui est, à mon avis...
M. Damphousse (Martin) :
...c'est
un privilège >extraordinaire, qui est un peu... qui est, à mon avis, une
compétition déloyale avec ses voisins. Bon, tant mieux pour eux, mais la
réalité, c'est que, pour être sûrs de faire un gain, j'aime mieux qu'on
augmente le coefficient, qu'il y en ait un, mais, au moins, on donne de l'air,
comme c'est arrivé en 2017.
Mme Laforest : Je vais vous
demander si c'est possible, là, dans les prochains jours, de nous envoyer des
exemples, comment vous feriez ça.
M. Damphousse (Martin) : Avec
plaisir.
Mme Laforest : J'ai aussi une
question par rapport... parce qu'on s'est questionnés à savoir... le partage
des revenus pour le... entre les municipalités, parce que, dans le projet de
loi n° 39, il y a le partage des revenus pour... dans
tout développement avec d'autres municipalités. C'était demandé. On l'applique
dans le projet de loi n° 39. Il
va y avoir un article pour le partage, les effets bénéfiques de cet article-là.
Maintenant, est-ce que vous croyez
sincèrement que toutes les municipalités vont participer à ce partage au niveau
des nouveaux développements? Exemple, il y a une nouvelle usine dans un secteur
ou encore, peu importe, là, un nouveau quartier ou... industriel. Est-ce que
vous croyez vraiment qu'il va y avoir une... bref, une collaboration de toutes
les municipalités qui sont autour ou il faudrait y aller plus sévèrement pour
l'obliger?
M. Damphousse (Martin) : En
fait, j'aurai ma position puis je vais inviter mes collègues, s'ils veulent
intervenir.
Dans les parcs industriels existants, je
ne peux pas m'imaginer qu'une ville accepte tout à coup : Bien, je vais
partager mes revenus, parce qu'ils n'ont pas contribué aux dépenses, parce que,
très souvent, c'est des investissements importants, mais il y a aussi des
effets qui peuvent être pervers, de ces... Quand il y a beaucoup de transport, de
transport pas en commun, mais transport lourd, bien, souvent, c'est des effets
néfastes que la municipalité va vivre.
Par contre, dans des futurs projets de
développement... prenons juste l'exemple de Northvolt, qui est un bel exemple
pour moi, que je connais bien, mais, si la communauté et la MRC décidaient
d'investir ensemble et d'accueillir ensemble les futurs employés, là, il y a
une logique qui s'installe. Mais je ne peux pas m'imaginer, Mme la ministre,
qu'une municipalité qui reçoit l'entreprise sur son territoire, qui fait des
investissements majeurs pour les accueillir, qu'elle ne partage que les
bénéfices sans les investissements. Mais, dans une approche où une région se
met en commun pour les dépenses, pour trouver une formule de partage, je trouve
que ça fait du sens, mais, tant que c'est sur une base volontaire, ça risque
d'être difficile à organiser, mais je suis convaincu qu'il y a des régions qui
seraient favorables à ça. L'exemple de l'éolien est un bel exemple, en
Gaspésie. Bravo, encore une fois, pour eux autres.
Mme Laforest : Merci. Puis
j'ai une question aussi sur... Est-ce que...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Laforest : Ah! OK. J'ai
une question par rapport aux terrains vagues. Est-ce que... parce que, là,
encore une fois, on va le permettre, les terrains vacants, au niveau de la
taxation. Est-ce que vous en entendez vraiment parler beaucoup des
municipalités?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, il y a de moins en moins de terrains vagues desservis.
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
M. Damphousse (Martin) : Mais,
pour ceux qui sont là, de ce que j'ai compris, vous augmentez le coefficient à
quatre fois. C'est une très bonne chose, on est très contents de ça, parce
qu'au fond ce qu'on déteste... Dans les municipalités, dans un contexte de
pénurie de logements, dans un contexte actuel, qu'un promoteur s'assoie sur un
terrain et ne fait rien, quand, en plus, le terrain est desservi, d'être
capables de surcharger la taxe de cette façon-là, c'est excellent.
Mme Laforest : Au niveau... vous
parlez des logements vacants... parce que nous, ce qu'on disait, c'est qu'on
entendait : Oui, vous pouvez le faire, c'est excellent, mais ça va... ce
sera compliqué de faire ça dans chacune des municipalités. C'est sûr que vous
demandiez ça, de taxer les logements vacants, qui sont vacants depuis peut-être,
possiblement, 180 jours et plus, mais est-ce que vous avez... au niveau de
l'application, comment ça va se passer? Vous êtes confiant que ça va bien aller?
Pour trouver les logements qui sont vacants, qui ne sont pas loués, pour taxer
ces logements-là, il n'y a pas de problème?
• (10 h 20) •
M. Damphousse (Martin) : Moi,
j'ai répondu sur les terrains vacants. Là, en lien avec les logements vacants,
ce que j'observe, c'est assurément les territoires et municipalités qui sont en
lien avec l'aspect touristique et l'Airbnb. À Varennes, les logements vacants
sont rares puis ils ne restent pas longtemps. Ça fait que c'est sûr que je ne
perdrai pas de temps à les chercher, là, mais c'est vraiment dans un contexte
Airbnb, où des gens sortent leurs appartements du pool locatif pour faire plus
de revenus. Bien, eux autres, je suis convaincu que des villes comme Montréal,
Québec... je pense à Gaspé, où l'aspect touristique et l'Airbnb prend trop de
place, qu'ils vont trouver des mécanismes pour suivre à la lettre ces
appartements-là. Comment ils vont faire? Là, on peut vous revenir avec leurs
méthodes qu'ils auront adoptées, mais c'est sûr que ce <n'est pas une
mauvaise chose, assurément...
M. Damphousse (Martin) :
...mais
c'est sûr que ce >n'est pas une mauvaise chose, assurément.
Mme Laforest : C'est bon. Je
voulais vous poser des... bien, je vais vous poser une question du champ
gauche, ça me tente. Les offices de consultation publique, pour vous, est-ce
que c'est vraiment quelque chose que vous considérez utile?
M. Damphousse (Martin) : Moi,
je n'en ai pas, à Varennes. J'essaie de voir quelle est la réponse la plus
«politically correct» que je peux vous donner, là.
Mme Laforest : C'est une
question du champ gauche.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, je vais répondre d'une autre façon. J'ai plaidé, dans les dernières
semaines, beaucoup le problème du «pas dans ma cour» des zones contiguës, là,
les deux, trois maisons qui ne veulent pas un projet, là, puis c'est triste
parce qu'il y a souvent, dans trop de cas, des projets de qualité qui ne se
font pas à cause de deux, trois voisins. Puis je ne suis pas contre la
consultation, puis je ne suis pas contre que des gens de la population aient un
pouvoir d'intervenir, mais je n'aimerais pas qu'on permette à seulement une
petite zone contiguë de bloquer un projet de qualité. Qu'on permette à
l'ensemble de la municipalité d'avoir le pouvoir, et si, vraiment, le projet
municipal déposé ne tient pas la route, bien, la population s'exprimera, mais
pas aux voisins... pas sous le contexte de «pas dans ma cour».
Ça fait que c'est ça que je n'aime pas, mais,
si c'est présenté à la population, puis les gens disent : Bien non, mais
c'est bien correct, ça, parfait. Dans le contexte de densification, je suis
100 % d'accord avec ça, mais le «pas dans ma cour», c'est souvent deux
voisins immédiats qui viennent solliciter l'ensemble de leur zone puis qui
bloquent des projets de grande qualité. Ça, c'est un vrai problème.
Mme Laforest : Donc, les
offices de consultation, en lien avec ça, qu'est-ce qu'ils viennent faire avec ma...
Votre réponse... Je ne comprends pas le lien avec... Est-ce que... Pour vous,
est-ce que c'est utile dans une municipalité ou une...
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, c'est fait par la ville, ce n'est pas obligatoirement fait par
l'office de consultation, là. La municipalité peut la mettre en place, cette
consultation-là, mais l'office, à part les grandes villes, je n'en vois pas
dans bien des municipalités au Québec, là.
Mme Laforest : OK, c'est bon,
vous êtes très prudent, je le vois aussi, là. Dernière question, quand on parle
de la taxation résidentielle... Pour revenir à ça, la taxe résidentielle, quand
on dit que, dans le projet de loi, on va permettre, bien, au niveau... Dans le
projet de loi, il y a certaines mesures pour la taxation par secteur avec les
taux variés résidentiels. Si, admettons, on dit : Nous, on demande de hausser...
pouvoir hausser plus librement la taxe résidentielle, vous ne croyez pas que la
taxe par secteur est suffisante, non?
M. Damphousse (Martin) : Non.
Puis, en fait, la façon dont... Je vais essayer de trouver une réponse la plus
précise possible, là.
Il n'existe pas, dans des municipalités,
des secteurs précis où ce ne sont que les maisons de riches, un autre secteur
où ce ne sont que les maisons à faibles revenus. Il y a toujours des mélanges
dans chacun des secteurs, tandis que, si on y va, Mme la ministre, sur la base
de la valeur, chaque municipalité a une valeur de maison moyenne.
400 000 $ à Varennes, parfait. En bas de 400 000 $, sur
l'ensemble de mon territoire, je baisse mon taux pour aider la population moins
nantie, et toutes les maisons, sur l'ensemble du territoire, dont la valeur est
plus élevée, je peux changer le coefficient du taux légèrement à la hausse. Ce
sont les plus nantis qui vont payer ça.
Donc, c'est pour ça que je trouve que
c'est beaucoup plus logique comme ça que par secteur, parce que chaque secteur,
tu as des maisons de riches puis tu as des maisons moins riches. Ça fait que,
donc, je fais quoi? Je l'augmente dans ce secteur-là, mais le moins nanti qui,
malheureusement, habite sur une rue de ce secteur-là va être impacté? Ce n'est
pas ça que je veux faire.
Mme Laforest : C'est bon.
Moi, j'ai terminé mes questions. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup, Mme la ministre. Alors, nous allons maintenant du côté de
l'opposition officielle. Alors, j'écoute Mme la députée de Mille-Îles, je
pense, oui?
Mme Dufour : Oui, merci,
monsieur...
Le Président (M. Schneeberger) : Vous
avez un 10 min 24 s.
Mme Dufour : 10 min 24 s,
excellent. Écoutez, M. le Président, peut-être... Merci, d'ailleurs, d'abord,
pour votre exposé puis votre mémoire. Je voudrais peut-être continuer sur les
logements vacants. Vous en avez parlé brièvement. Vous mentionnez dans votre
rapport que le taux devrait être haussé à 3 %, la taxation sur les
logements vacants. Vous soulignez que c'est ce qui se fait à Vancouver puis
c'est comme ça que ce serait le plus optimal. Est-ce qu'il y a des simulations
qui ont été faites, combien de... en revenus, la différence que ça pourrait
représenter pour les municipalités? Puis est-ce qu'à Vancouver ils ont vu
vraiment un effet notoire? Est-ce qu'ils ont testé le 1 % versus le
3 % ou... Je voudrais vous entendre à ce sujet-là.
M. Damphousse (Martin) : Si
vous me permettez, je vais laisser la parole à Samuel.
Mme Dufour : Sans problème.
M. Roy (Samuel) : Oui. Donc,
en fait, pour répondre à votre question, effectivement, à Vancouver, c'est une
taxe qui a été <mise en place, puis qui a donné des résultats, puis il y
a des...
M. Roy (Samuel) :
...qui
a été >mise en place, puis qui a donné des résultats, puis il y a des...
plusieurs centaines, des milliers de logements qui sont retournés sur le marché
locatif.
Donc, on comprend que l'idée, c'est de
donner davantage de latitude aux municipalités pour pouvoir utiliser ce
pouvoir-là pour faire en sorte d'établir le taux qui, selon leur évaluation,
sera optimal pour atteindre les objectifs de politique publique qu'ils vont
avoir. Donc, c'est pour ça qu'on recommande de hausser le taux maximum. Ça ne
veut pas nécessairement dire que les municipalités qui adopteraient ce
pouvoir-là iraient jusqu'au taux maximum, mais, de donner cette flexibilité-là,
ça fait en sorte qu'on peut atteindre davantage nos objectifs, là.
Mme Dufour : OK, d'accord. Merci.
Je veux peut-être aussi vous entendre sur les terres en friche. Ça, vous en
avez parlé... Vous ne l'avez pas mentionné, ça fait que je vous donne
l'occasion, là, d'en parler davantage, là. Dans le fond, ce que vous vouliez
ici, si je ne me trompe, c'était, dans le fond, d'imposer une taxe foncière sur
les terres en friche sur l'ensemble des municipalités. Ça, je comprends que
c'est en zone agricole, donc en zone verte. Actuellement, il y a quelques
villes qui ont le pouvoir. Dans le fond, l'objectif, ce serait quoi, exactement,
que vous souhaiteriez comme amendement, là?
M. Damphousse (Martin) : C'est
intéressant que vous me posiez cette question-là parce que j'ai entendu l'UPA
qui sont un peu inconfortables avec ça, puis je comprends leur position. Et la
nôtre, elle est claire, c'est que... Sans vouloir reprendre toujours un exemple
de Varennes, là, mais il y a une terre agricole qui est cultivée depuis des
lunes à Varennes, mais qui appartient à un promoteur immobilier, pas un
agriculteur. Il loue sa terre et là il a décidé : Je ne la loue plus à
l'agriculteur, je la laisse en friche. Une terre de qualité qui devient en
friche parce qu'il rêve au jour où elle sera peut-être tellement en friche que
ça va être plus facile de la dézoner, ça n'arrivera pas, ça, mais moi, je veux
être capable de le convaincre, puis souvent, c'est par la taxation spéciale.
Donc, cette formule-là de transformer une
terre qui était cultivable en friche, ce sont malheureusement des mauvais
joueurs qui font ça... pas la terre qui ne se développe pas, parce que j'ai
entendu l'UPA dire : Mais il existe des terres en friche qui ne sont pas
cultivables. OK, mais ne pénalisons pas l'agriculteur qui a une portion qu'il
n'est pas capable de développer. Ce n'est pas ça que je veux faire. C'est
vraiment le propriétaire non agricole qui transforme la terre cultivable en
friche, et ça, tout le monde est perdant pour ça. Si j'étais capable de lui
charger une taxation additionnelle, probablement qu'il y penserait deux fois
avant de la laisser en friche, c'est juste ça.
Mme Dufour : Peut-être juste
pour ma compréhension, j'étais sous l'impression que... parce que, là, on parle
d'une terre probablement sous exclusion ou c'est une terre en zone agricole?
M. Damphousse (Martin) : Oui,
oui, zone agricole, exact.
Mme Dufour : En zone agricole,
OK, parce qu'en exclusion agricole c'est différent, là, il y a... quand elles
sont... elle n'est plus exploitée, bien, automatiquement, elle tombe sous le
taux de taxation régulier, là, il n'y a plus le taux de taxation, disons,
agricole, mais je comprends votre appréhension. Donc, il faudrait, à ce
moment-là, que ce soit la totalité de la terre qui... tu sais, il faudrait
prévoir quelque chose pour les cas où vous dites qu'il y a des agriculteurs qui
ne peuvent pas opérer leur terre, là, dans le fond, là.
M. Damphousse (Martin) : C'est
sûr qu'il faut que ce soit dédié au lot, à la superficie qui est devenue en
friche, pas à l'ensemble de la terre, là. Des fois, c'est juste des parcelles,
bien là, il faut que ce soit ce bout-là, pas toute la terre, s'il y a une
portion qui est cultivée, là, assurément pas, là.
Mme Dufour : Oui, OK. Merci.
Concernant les terrains vagues desservis, il y a... j'ai posé la question... on
a eu une rencontre hier avec la ministre, puis je posais la question du risque
juridique que ça pouvait représenter pour les municipalités quand une... le
fait qu'elles ne soient pas développées... le terrain n'est pas développé, et,
dû à, par exemple, les capacités d'infrastructures, oui, elle est desservie,
mais l'usine d'eau potable ou l'usine d'eaux usées est rendue à pleine
capacité, et donc la municipalité ne peut pas octroyer le terrain pour cette
raison-là.
Il n'y a pas un risque, en augmentant, à un
moment donné, les taxes de façon indue, qu'il y ait des poursuites dans ce
cas-là? Et je me demandais, tu sais, s'il n'y aurait pas la possibilité de
prévoir peut-être une exclusion dans des cas comme ça, que... tu sais, que les
municipalités puissent imposer cette taxe-là seulement si le terrain n'est pas
développé à cause des contraintes, là.
• (10 h 30) •
M. Damphousse (Martin) : Bien
là, vous avez tout à fait raison, là, jamais dans 100 ans je ne me serais
imaginé qu'on surtaxe un terrain vacant parce que la ville ne peut pas lui
offrir le service d'égout, d'eau. C'est sûr que non. Moi, ce que je vois, c'est
l'inverse, c'est que le terrain est desservi, est développable, mais c'est le
promoteur qui fait le choix de ne pas vouloir le développer. C'est dans ces
cas-là où il faut être capable d'avoir une poignée additionnelle.
Mme Dufour : Mais
actuellement, quand on impose une... quand on décide, comme ville, de mettre
cette <taxation supplémentaire là, on doit le faire...
>
10 h 30 (version révisée)
<19287
Mme
Dufour :
...actuellement, quand on impose une taxe... quand on
décide, comme ville, de mettre cette >taxation supplémentaire là, on
doit le faire sur tous les terrains, peu importe s'ils sont... tous les
terrains desservis vacants. Il n'y a pas... On ne peut pas faire le choix, dire :
Lui oui, lui non, si je ne me trompe pas, là.
M. Damphousse (Martin) : C'est
une bonne question.
M. Boucher (Jean-Philippe) : Bien,
en fait, moi, ce que j'ajouterais en complément de la réponse du président, c'est
qu'étant donné... nous, selon notre analyse, étant donné qu'il y a quand même
encore un plafond, c'est-à-dire fois quatre le taux qui est prévu, on considère
que le risque juridique est quand même, somme toute, limité, de poursuites. On
considère que l'analyse a été faite, est appuyée sur des fondements juridiques
qui nous permettraient de passer la rampe, là.
Mme Dufour : OK. D'accord.
Donc, vous considérez qu'il y aurait un risque, mais qu'il est minime pour l'instant.
M. Boucher (Jean-Philippe) : Très,
très limité, là.
Mme Dufour : OK. Excellent.
Je vais peut-être juste vous entendre sur le risque, justement, juridique. Vous
parlez, à la page 12, là, de votre mémoire, là, les risques juridiques,
vous parlez, là, qu'il y aurait... on devrait avoir une vigie des règlements
adoptés en vertu du pouvoir de redevances de développement, mais aussi le
pouvoir général de redevances réglementaires. Peut-être vous entendre parce qu'on
ne l'a pas... vous n'avez pas eu la chance d'en parler, là, dans votre
allocution.
M. Roy (Samuel) : Oui. Bien,
en fait, l'idée, c'est... de manière générale, c'est de pouvoir démocratiser
ces nouveaux pouvoirs là qui ont été octroyés aux municipalités dans les
dernières années, donc de favoriser l'utilisation de ces pouvoirs-là. Donc, il
y a plusieurs façons de le faire. Il y a, d'une part, de s'assurer que,
vraiment, on vienne dire aux tribunaux que c'est les règlements qui sont pris
par les municipalités et, en vertu de ces pouvoirs-là, qu'ils soient vraiment
interprétés de manière large et libérale. Ça, c'est très important. Mais une
autre façon aussi de... d'aider à l'utilisation de ces pouvoirs-là, c'est de
connaître, justement, les différents exemples qui sont déployés dans l'ensemble
des municipalités du Québec. Donc, on pense qu'il y a un rôle qui peut être
joué, notamment par le gouvernement, pour faire un certain suivi puis s'assurer
que, collectivement, on se dote des meilleurs outils fiscaux dans les
municipalités.
Mme Dufour : Parfait. Mais c'est
parce que vous voyez qu'il y a un risque juridique actuellement, parce que la
ville de Percé, notamment, a été poursuivie. Donc là, ce que je comprends, ce
qu'il y a aussi l'intention de limiter ces risques juridiques là aussi.
M. Roy (Samuel) : Bien,
effectivement, je dirais que c'est une volonté assez claire, puis d'ailleurs
qui se reflète dans notre mémoire, là, qu'on souhaite vraiment que... qu'il y
ait, disons, une affirmation claire du fait que les règlements qui sont pris en
vertu de ces pouvoirs-là soient interprétés de manière très large et libérale
par les tribunaux. Ça fait notamment écho aux enjeux qui ont été connus à
Percé, là.
Mme Dufour : Si vous avez une
proposition d'amendement au projet de loi, on apprécierait voir comment ça
pourrait être rédigé.
Je vais maintenant céder la parole à ma
collègue députée de La Pinière. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, allez-y, députée de La Pinière. Vous avez une minute et demie.
Mme Caron : Merci. Alors, ma
question portera sur votre recommandation n° 7, de
retirer l'article 2 du projet de loi à propos des redevances. Vous avez
mentionné la ville de Brossard, pour qui il y aurait des impacts de dizaines de
millions. Est-ce que vous pourriez nous parler davantage des impacts de... ou,
s'il y a des avantages, là, de nous en parler davantage, s'il vous plaît?
M. Roy (Samuel) : Bien, en
fait, les redevances de développement, ça fait partie, justement, des nouveaux
pouvoirs fiscaux qui ont donnés aux municipalités dans les dernières années
puis c'est... ce sont des... Il y a plusieurs municipalités... en fait, des
dizaines de municipalités qui se sont données... dotées de règlements en la
matière dans les dernières années. Donc, c'est un outil qui est vraiment
intéressant, qui permet, dans le fond, de vraiment utiliser, là, le concept d'utilisateur
payeur pour financer les nouvelles infrastructures. Donc, on est dans une
période, justement, de crise du logement. Il y a beaucoup de nouvelles infrastructures
qui devaient être construites par les municipalités. C'est une façon pour elles
de se financer puis de s'assurer qu'on puisse payer le développement avec le
développement.
Ensuite, vous l'avez mentionné, du côté de
Brossard et dans d'autres cas également, il y a des règlements qui sont
contestés, ce qui vient, disons, créer certains enjeux pour le déploiement de
ces redevances-là. Donc, il y a vraiment un travail à faire pour s'assurer qu'encore
une fois... que les tribunaux interprètent de manière large et libérale les
règlements qui sont pris dans ces contextes-là puis qu'en fait on vienne
vraiment élargir les pouvoirs des municipalités en cette matière-là plutôt que
de les restreindre.
Donc, pour nous, c'est important de s'assurer
qu'on respecte l'autonomie municipale en matière d'adoption de redevances de
développement, puis c'est dans ce contexte-là, avec ces considérations-là, qu'on
a fait la recommandation.
Mme Caron : Merci. Est-ce qu'il
reste encore quelques secondes?
Le Président (M. Schneeberger) : Cinq
secondes.
Mme Caron : J'allais demander
combien de villes actuellement seraient touchées, qui se servent de cet
outil-là, mais qui ne...
M. Damphousse (Martin) : On
estime entre 30 et 40...
Mme Caron : Villes?
M. Damphousse (Martin) : ...qui
ont mis des redevances, oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous allons maintenant du côté du député de Taschereau pour 3 min 28 s.
M. Grandmont : 3 min 28 s.
Merci beaucoup, M. le Président. Merci à vous, gens de l'UMQ, d'être présents
aujourd'hui. On a très peu de temps, comme vous l'avez vu.
J'aimerais savoir d'abord, le
remboursement de TVQ, là, que vous demandez à 100 %, je comprends le
principe, là, de taxer deux fois, <dans le fond...
M. Grandmont :
...à
100 %, je comprends le principe, là, de taxer deux fois, >dans le
fond, là, qui est assez évident, est-ce que vous avez une évaluation du manque
à gagner que ça peut représenter, de votre côté... bien, des côtés des
municipalités?
M. Damphousse (Martin) : Estimé
à un peu plus de 600 millions de valeur.
M. Grandmont : 600 millions.
M. Damphousse (Martin) : Oui.
M. Grandmont : Parfait.
Excellent, merci. Maintenant, pour ce qui est des terres en friche, vous
proposez une approche de taxation des terres qui ne sont pas en exploitation,
des terres agricoles qui ne sont pas en exploitation. J'ai quelques questions
là-dessus. La première : Est-ce qu'on n'est pas en train de... On en a
discuté dans le PL n° 22 sur les expropriations
notamment. Il y avait l'UPA, notamment, qui avait proposé... la CMM aussi qui
avait proposé d'un pouvoir d'exproprier après trois ans de non-exploitation
d'une terre agricole. Est-ce que ce n'est pas un moyen qui est plus agile, plus
pertinent dans... parce que, si on taxe de manière supplémentaire, est-ce qu'on
ne vient pas augmenter le coût du terrain et donc aussi, bien, limiter la
capacité d'un agriculteur de reprendre cet immeuble-là et, dans le fond, de
l'exploiter?
M. Damphousse (Martin) : Je
vous dirais qu'aujourd'hui nos réflexions ne vont pas dans ce sens-là. On est
plus dans un contexte de taxation, d'un projet de loi de taxation. On souhaite
davantage taxer. On pourrait évaluer plus tard l'impact potentiel de ça, mais
là on est vraiment plus dans les taxations, ceux qui... les terrains qui
devraient être développés en agricole, mais qui ne sont volontairement pas
développés par des promoteurs, là, souvent, là.
M. Grandmont : ...bien, mais
est-ce que ça ne risque pas, finalement, de limiter la capacité de l'agriculteur
de reprendre ces biens-là puis de les exploiter par la suite? Le coût de la
terre, dans le fond, est très élevé. Si on vient taxer de manière
supplémentaire, ça augmente aussi le coût de la terre. Donc, on a de la
difficulté, pour un agriculteur, de le reprendre et de l'exploiter.
M. Damphousse (Martin) : Ou
ça incite le propriétaire à relouer rapidement à l'agriculteur. C'est plus ça
qu'on souhaite.
M. Grandmont : Ah oui!
Effectivement, OK, d'accord.
M. Damphousse (Martin) : Oui,
c'est ça, l'objectif.
M. Grandmont : Mais vous
seriez ouvert à d'autres mécanismes, dans le fond, l'objectif étant de
reprendre cette terre-là puis qu'elle soit agricole, elle soit exploitée.
M. Damphousse (Martin) : Exact.
M. Grandmont : On s'entend
là-dessus. Parfait. Qu'en est-il des terres qui seraient zonées agricoles, mais
qui seraient des terres à bois, par exemple? Est-ce qu'on n'est pas... est-ce
qu'on ne devrait pas garder certaines formes d'exception ou s'assurer,
finalement, qu'une terre à bois qui serait zonée agricole ne soit pas...
M. Damphousse (Martin) : Mais
pour moi, une terre à bois n'est pas une terre en friche, là.
M. Grandmont : Non, non, non,
tout à fait, exactement.
M. Damphousse (Martin) : Donc,
on ne surtaxe pas la terre à bois, là. Elle a sa grande valeur.
M. Grandmont : D'accord. Dans
votre esprit, on n'est pas dans une situation de terres en friche?
M. Damphousse (Martin) : Pas
du tout.
M. Grandmont : Exactement.
Parfait, excellent. Je pense que ça va être tout en ce qui me concerne. Vous
avez été tellement efficace dans vos réponses. Merci beaucoup.
M. Damphousse (Martin) : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Il
vous restait presque 50 secondes.
M. Grandmont : Oui, c'est
correct. Non, mais ça va être beau.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Parfait. Alors, député des Îles-de-la-Madeleine pour 2 min 38 s.
M. Arseneau : 2 min 38 s.
Merci beaucoup. M. le Président, Messieurs, M. Damphousse, MM. Boucher
et Roy, je suis surpris de voir un aussi grand nombre de propositions, de
recommandations, une trentaine de recommandations. Est-ce qu'il faut conclure
que c'est le résiduel de ce que vous n'avez pas pu obtenir dans l'entente de
partenariat qui a été signée avec le ministère des Affaires municipales que
vous déposez ici, dans l'objectif d'en obtenir davantage que ce que vous avez
déjà obtenu dans l'entente? Je prends pour exemple le 100 % de taux de
compensation pour tenant lieu de taxes ou rembourser 100 % de la TVQ.
Est-ce que ça a vraiment sa place dans ce projet de loi là ou est-ce que ce
n'était pas discuté dans l'entente puis, si ça revient là, c'est parce que le
gouvernement n'a pas accepté d'ouvrir la porte?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
c'est intéressant. C'est une façon pour nous de rappeler que c'est des demandes
historiques de l'UMQ. Mais, comme je l'ai dit en préambule, c'est que, dans la
nouvelle entente, on aura le privilège de se rasseoir annuellement avec la
ministre puis c'est assurément des sujets qui vont revenir régulièrement parce
qu'au fond on juge que c'est important. Ça fait que c'est une tribune que nous
avons pour l'ajouter, mais ce n'est pas parce que l'entente ne fait pas notre
affaire. Vous avez raison, c'est dans la liste des demandes historiques que
nous avions, on se permet de le rementionner, mais ce n'est pas du tout un
désaveu envers l'entente qu'on a là.
• (10 h 40) •
M. Arseneau : Non, je
comprends que c'est les ententes... c'est les demandes historiques, mais, là-dessus...
parce que j'essaie de faire le tri en ce qui est de l'ordre du politique, de la
revendication historique et ce qui est de l'ordre du... on va bonifier le
projet de loi, là, je n'ai pas eu le temps de passer des heures là-dessus. Mais
quel est le pourcentage de vos recommandations qui sont vraiment de l'ordre, je
dirais, des améliorations techniques à apporter au projet de loi?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
parler de pourcentage, c'est peut-être plus difficile, mais, je l'ai mentionné
tantôt, là, d'augmenter le plafond des taux commerciaux industriels, dans un
contexte aujourd'hui d'explosion des valeurs, ça, honnêtement, là, vous pouvez
considérer que c'est...
M. Arseneau : C'est une
mesure législative.
M. Damphousse (Martin) : ...c'est
une mesure très importante, parce qu'on a aujourd'hui des municipalités qui
sont dans le trouble et, l'année prochaine, <avec le nouveau rôle...
M. Damphousse (Martin) :
...très
importante, parce qu'on a aujourd'hui des municipalités qui sont dans le
trouble et, l'année prochaine, >avec le nouveau rôle qui va arriver, on
va exploser les problèmes. Première des choses.
Puis deuxième, c'est d'avoir deux strates,
comme je l'ai mentionné, de taxation dans le résidentiel. C'est vraiment une
demande qui est, pour nous, très logique. Ça fait que ça, c'est très clair
là-dessus. Mais les autres éléments, bien, on sait que ça... on va continuer à
en discuter et à en débattre.
M. Arseneau : Excellent.
Je...
Le Président (M. Schneeberger) : ...on
n'a plus de temps.
M. Arseneau : Ah! c'est bon.
Le Président (M. Schneeberger) : Désolé.
Alors, merci beaucoup pour votre contribution à la commission.
Alors, nous allons suspendre quelques
instants pour laisser place à la Fédération québécoise des municipalités. Merci
beaucoup.
(Suspension de la séance à 10 h 42)
(Reprise à 10 h 48)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons la séance. Alors, nous en sommes maintenant avec la Fédération
québécoise des municipalités.
Alors, bonjour à vous deux. Dans un
premier temps, vous présenter à tour de rôle et, par la suite, commencer votre
mémoire. Alors, c'est à vous.
Fédération québécoise des municipalités
M. Demers (Jacques) :
Parfait. Merci, M. le Président. Bonjour. Mme la ministre des Affaires
municipales, Mmes et MM. membres de la commission, merci de nous recevoir
aujourd'hui. Jacques Demers, maire de Sainte-Catherine-de-Hatley, préfet de la
MRC de Memphrémagog et président de la Fédération québécoise des municipalités.
Je suis aujourd'hui accompagné de Me Sylvain Lepage, directeur général de
la FQM.
La Fédération québécoise des municipalités,
ça réunit, sur une base volontaire, plus de 1 000 membres, dont
l'ensemble des MRC du Québec. Donc, on est le porte-parole des régions et nous
vous remercions de nous permettre d'être ici avec vous ce matin pour contribuer
à l'étude de ce projet de loi.
Ce projet de loi est important. Nous vous
remercions, Mme la ministre, de le proposer aux membres de l'Assemblée
nationale. Au-delà de son titre, qui fait principalement référence à la
fiscalité municipale, ce projet de loi marque une première étape, dans le fond,
l'entente de réciprocité, qui est... qu'on a déjà parlé il y a quelques
semaines. En effet, le gouvernement et les municipalités ont convenu de
structurer leur relation sur de nouvelles bases, et les travaux sur le projet
de loi n° 39 que nous débutons aujourd'hui
constituent, en quelque sorte, le lancement de cette nouvelle relation.
• (10 h 50) •
Notre mémoire abordera plusieurs points,
Me Lepage va développer dans les prochaines minutes, il fera aussi des
propositions de modifications constructives afin d'en améliorer le contenu, mais
permettez-moi de souligner que ce projet de loi s'inscrit notamment dans la
loi... qui va inscrire notamment dans la loi le transfert de la croissance du
point de TVQ, de nouveaux pouvoirs en matière de taxation foncière, des
pouvoirs en matière d'habitation pour les MRC, de nouveaux éléments en matière
d'éthique qui devront être bonifiés.
Enfin, je... excusez, ce projet de loi qui
est important aussi sur l'ensemble de différents points qu'on va avoir la
chance de discuter. Au niveau de la FQM, on constate que le projet de loi
apporte plusieurs choses, mais on a quand même <quelques questionnements...
M. Demers
(Jacques):
...on constate que le projet
de loi apporte plusieurs choses, mais on a quand même >quelques
questionnements sur le projet de loi. En matière de conservation, qu'est-ce
qu'on fait? Qu'est-ce qui est la solution au niveau de la conservation des
milieux humides, des pouvoirs qui ont été cédés du gouvernement envers les
municipalités? Il y a ce côté-là qu'on trouve qu'au niveau environnemental, il
y a peut-être des pouvoirs qui nous manquent réellement, si on veut être
capables d'appliquer ce qui nous a été cédé. Je vais attendre, du côté de la
ministre, des propositions de ce côté-là. Je pense que lors du congrès, le
29 septembre passé, on avait eu un discours qui nous amenait dans ce
sens-là. Il ne faudra surtout pas l'oublier, si on veut pouvoir continuer dans
l'ensemble de ces dossiers. Merci beaucoup. Me Lepage.
M. Lepage (Sylvain) : Alors,
merci beaucoup, tout le monde. D'abord, comme M. Demers vient de le dire,
la fédération est très satisfaite, là, du contenu du projet de loi. La loi,
effectivement, là, constitue le premier jalon vers la nouvelle relation
partenariale. C'est un mot qui a déjà été utilisé avant, mais la vision
d'engagement est réciproque, là, satisfait la commission, et on souhaite
qu'effectivement, lorsque ce sera mis en pratique, ça donne des résultats
concrets.
Je vais aborder avec vous ce matin quatre
thèmes principaux, c'est-à-dire le partage de la croissance de la TVQ,
certaines mesures que je qualifierais de plus techniques, vous avez constaté
comme moi que c'est quand même un projet de loi très technique, les mesures
relatives aux conflits d'intérêts et, comme M. Demers vient de vous le
dire, là, la question de l'immunité lorsque nous avons à protéger... lorsque
nos membres ont à protéger les milieux humides.
Alors, d'abord, le partage de la
croissance de la TVQ. Je pense que c'est un secret pour personne que le partage
de la croissance de la TVQ correspond à une revendication historique de
l'ensemble des intervenants du monde municipal. Depuis toujours, les municipalités
se plaignent avec raison de... que leur financement se fonde presque
essentiellement sur le foncier. Alors, pour la première fois, à l'occasion du
dernier pacte fiscal, il y a une première mesure qui a été mise en place, qui
doit, à terme, et de plus en plus dans le futur, amener des revenus qui ne sont
pas sur la base du foncier.
Alors, évidemment, la fédération est très
satisfaite que la loi insère... hein, que l'on insère dans une loi, que l'on
codifie, si je peux m'exprimer ainsi, là, cette mesure-là. Pourquoi on est
satisfait? C'est qu'évidemment, en période financière plus difficile,
lorsqu'une mesure est prévue dans une loi, c'est toujours un peu plus
compliqué, évidemment, d'y porter atteinte et ça nous donne davantage de
sécurité qu'une entente de bonne foi avec le gouvernement en place. Alors,
c'est une grande avancée d'inscrire dans la loi le fait que cette croissance-là
doit être partagée entre les municipalités.
Ceci dit, la fédération désire insister,
mais insister fortement, sur le partage de la croissance de cette TVQ là. La
mesure actuelle, évidemment, au départ, on parlait de sommes peu considérables,
fait en sorte que, pour l'essentiel... je dis pour l'essentiel, parce qu'il y a
effectivement une petite pondération fondée sur ce qu'on appelle l'indice de
vitalité économique, mais l'essentiel du partage est en fonction de la
population. Et la position de la fédération, qui a été exprimée clairement
autour de la table à l'occasion des discussions, c'est que cette formule-là
n'est pas acceptable, n'est plus acceptable, d'autant plus qu'on s'en va, par
exemple, l'an prochain, sur un partage de la croissance de plus de
500 millions. Alors, vous comprenez qu'on parle de 500 millions. Puis
je vous dirais qu'à terme, si on se place en 2030, les chiffres qui nous ont
été fournis, évidemment, c'est des estimés, on parle de 1 milliard de
dollars.
Alors, lorsque l'on connaît une croissance
aussi importante puis qu'on connaît les besoins dans les communautés
territoriales et dans les plus petites municipalités, on ne peut pas, en ce qui
nous concerne, essentiellement prendre ce milliard-là ou ce 500 millions
l'an prochain, là, et le diviser par tête de pipe, si je peux m'exprimer ainsi.
Vous avez tous vu, au cours des dernières
semaines, avec raison, tous les élus... tous les intervenants ont souligné le
nombre stupéfiant, si je peux m'exprimer ainsi, de démissions d'élus municipaux
au cours des deux dernières années. Il y a beaucoup de gens qui font une
relation, je vous dirais, entre ces démissions-là et le contexte des médias
sociaux que vous connaissez. Mais, du côté de la fédération, on est persuadés
que, s'il y avait une étude approfondie des motifs à l'origine de ces
démissions-là... Et je signalerais qu'en ce qui nous concerne, là, la très,
très, très grande majorité de ces démissions-là intervienne dans des petites
communautés, là. Avec tout le respect que j'ai, ce n'est pas dans les villes de
100 000 habitants où il y a une avalanche de démissions, c'est
souvent dans les municipalités de 20 000, 10 000, 5 000,
800 habitants que les gens n'en peuvent plus, essentiellement. Alors, il
faut se poser la question : Pourquoi?
De notre côté, le diagnostic que nous
faisons... Je le répète, si nous faisions une étude, probablement qu'on constaterait
que le <problème de base est l'absence de moyens...
M. Lepage (Sylvain) :
...je
le répète, si nous faisions une étude, probablement qu'on constaterait que le >problème
de base est l'absence de moyens, l'absence de fonctions publiques dans les plus
petites communautés... puis, par plus petites communautés, vous pouvez dire municipalités
de 5 000 habitants, 7 000 habitants, 8 000 habitants.
Évidemment, plus la municipalité est grande, plus elle peut compter sur une
fonction publique professionnelle, mais, dans la grande majorité des
municipalités, j'oserais dire qu'une partie importante des fonctions
municipales sont accomplies par des élus presque sous forme de bénévolat. Quand
on parle d'une rémunération de 6 000 $, 7000 $ par année puis que le maire se
retrouve à faire fonctionner une usine d'épuration des eaux ou à devoir
intervenir quand le feu prend, excusez l'expression, bien, essentiellement, ça
devient extrêmement difficile pour ces gens-là.
Alors, c'est pourquoi, pour la fédération...
puis on l'a exprimé clairement à nos vis-à-vis municipaux et à nos partenaires,
nous ne pouvons pas voir comment cette occasion-là unique, là, parce que c'est
quand même des transferts financiers considérables qui vont avoir lieu du
gouvernement du Québec vers les municipalités, pourrait résulter... dans un
simple exercice mathématique, bien, il y a tant d'habitants, alors ils vont
avoir tant de dollars. On doit tenir compte des particularismes, on doit tenir
compte de l'étendue des territoires, et, je le répète, de cette fonction
publique là, que les gens, généralement, n'ont pas les moyens de se payer.
Alors donc, je le répète, on... la fédération entend revendiquer un partage
différent de... de la croissance de la TVQ, je m'excuse.
Alors, si on continue, je vous ai
également dit qu'on... je vous glisserais quelques mots sur d'autres mesures
techniques. Le projet de loi, vous le savez, prévoit notamment la possibilité
de prévoir des taux de taxes variés. OK, pour nous, c'est une excellente
mesure. Ceci dit, la rédaction de la loi telle qu'elle est faite actuellement
prévoit une obligation de déposer un rôle préliminaire — vous allez
me dire : On est dans le très, très technique, mais ça a des conséquences
très concrètes pour nos membres — avant le 15 août de chaque
année. C'est l'article 18 du projet de loi, OK? En ce qui nous concerne,
cette proposition-là est irréaliste pour ce qu'on appelle généralement les
OMRE, qui, la plupart du temps, sont des MRC. Évidemment, ça fonctionne bien dans
une municipalité de grande taille, je vais dire Québec, je vais dire Laval, je peux
dire Val-d'Or également, mais, dans la plupart des OMRE-MRC, ces gens-là font
de nombreux rôles. Ils ne font pas un seul rôle, ils font de nombreux rôles,
bon, évidemment, selon la période prévue par la loi, de trois ans. Mais de
prévoir qu'il y a un rôle préliminaire qui doit être déposé le 15 août
sans possibilité de prolongation, c'est clairement, en ce qui nous concerne,
irréaliste.
Je vais vous donner un exemple. La FQM à
un service d'évaluation. Vous le savez peut-être, nous desservons actuellement
27 OMRE... Oh! je comprends que mon temps se termine.
Le Président (M. Schneeberger) : Il
vous reste peu de temps, parce que...
M. Lepage (Sylvain) : Deux secondes,
monsieur.
Le Président (M. Schneeberger) : OK,
allez-y.
M. Lepage (Sylvain) : Alors
donc, nous desservons 300 municipalités. Il est impossible à notre service
de rentrer dans les délais du 15 août.
Alors, je vous aurais parlé de la question...
puis je pourrai répondre à vos questions sur les mesures qui touchent les
conflits d'intérêts. Je pense, c'est une des mesures phares de ce projet... de
loi là, pardon, où nous devrions avoir certaines améliorations aussi.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant commencer la période d'échange avec Mme
la ministre des Affaires municipales.
Mme Laforest : Oui. Merci, M. Lepage,
mais vous pouvez continuer, si ce n'est pas trop long. Il vous restait un point?
• (11 heures) •
M. Lepage (Sylvain) : Bien,
essentiellement, sur les mesures de conflit d'intérêts, vous le savez, Mme la
ministre, on est très contents de ce que vous apportez. Ceci dit, comme on l'a
souligné dans notre mémoire, on ne parle que d'acquisition de biens. Vous savez
que souvent, souvent, on va faire de la location. Je prends le domaine de la
construction. Alors, le projet de loi, par acquisition de biens, ne viserait
pas la location. Je pense que c'est essentiel que ça vise la location.
Par ailleurs, on pense également que la
loi devrait prévoir expressément, expressément que ces dispositions-là devront
être interprétées par la Commission municipale, qui va en être la gardienne,
comme... de façon large et généreuse, alors que, normalement, ils vont avoir
tendance à dire que c'est des exceptions au principe des conflits d'intérêts.
Alors, ils peuvent avoir une interprétation... je ne voudrais pas être méchant
avec la commission, mais un peu tatillonne, mais l'objectif de base de la loi,
c'est de faire en sorte que les communautés puissent fonctionner puis que... on
l'a répété souvent, soit les gens qui ont la meilleure littératie financière
puissent s'impliquer au conseil municipal. Alors, il ne faut pas se retrouver
avec des mesures où la commission va se mettre à mesurer le... va se mettre à
mesurer le kilométrage. D'ailleurs, on vous présente une autre mesure que le
kilométrage. Mais, je le répète, en ce qui nous concerne, la loi devrait spécifiquement
<prévoir que la commission...
>
11 h (version révisée)
< M. Lepage (Sylvain) :
...je
le répète, en ce qui nous concerne, la loi devrait spécifiquement >prévoir
que la commission doit interpréter ces mesures-là dans une... avec largesse, de
façon à ce que ça fonctionne bien, sans par ailleurs permettre, évidemment, les
conflits d'intérêts inacceptables ou le copinage, si je peux m'exprimer ici,
mais, encore là, il faut que la commission use de bon jugement dans l'application
de ces mesures-là. Et, pour nous, c'est essentiel que ce soit prévu à la loi,
parce que les règles d'interprétation des lois vont nous mener exactement à l'interprétation
contraire.
Mme Laforest : D'accord.
Merci beaucoup. Je voulais... En fait, j'ai plusieurs petites questions. Quand
vous... Quand on parle, justement, de commerces de proximité, le cinq kilomètres,
les menus travaux, là, ce que j'entends, c'est que vous voulez qu'on ajoute une
particularité pour de la location.
M. Lepage (Sylvain) : Pour la
location, et on vous suggère également de ne pas fonctionner avec la limite du
cinq kilomètres, mais...
Mme Laforest : Pourquoi,
hein?
M. Lepage (Sylvain) : Parce
que... Je vais prendre l'exemple de mon village natal, Barraute. Donc, tous
ceux qui me connaissent, je le répète... Je vois le sous-ministre rire en m'entendant.
Bien, essentiellement, Barraute, là, à cinq kilomètres, c'est la forêt, OK?
Le...
Mme Laforest : C'est bien, la
forêt. Moi, je trouve ça bien.
M. Lepage (Sylvain) : Le
village le plus près, il est à 20 kilomètres, puis le... Alors, si moi, je
suis à... je suis maire de Barraute et actionnaire, le village le plus près, c'est
Belcourt ou Senneterre, alors on... Puis, encore là, vous le savez, il y a des
regroupements actuels de municipalités où, parfois, il y a deux pôles
urbains. Alors, il faut que la rédaction de la loi permette, finalement, aux
gens qui vivent dans la communauté de pouvoir faire affaire avec le commerce de
proximité le plus près, puis, s'il est à 22 kilomètres, qu'est-ce que vous
voulez, il va être à 22 kilomètres, là, tu sais.
Mme Laforest : Merci.
M. Lepage (Sylvain) : C'est
ça, la logique de la loi, puis, je pense, c'est ce que vous souhaitez aussi,
là, tu sais.
Mme Laforest : OK. On va
regarder ça avec mes collègues. L'autre chose... J'aimerais ça vous entendre
plus longuement sur la conservation des milieux humides. C'est concernant l'expropriation?
M. Lepage (Sylvain) : Oui,
effectivement. Vous savez que, dans le cadre d'un autre projet de loi, nous
avons revendiqué l'importance d'accorder aux municipalités une immunité légale
lorsqu'elles posent un geste qui est requis par une loi du gouvernement du
Québec. Je pense que vous êtes tous au courant du fait que les MRC et les
municipalités, là, doivent adopter des mesures de protection des milieux
humides, et on sait, et ça a déjà commencé, qu'il y aura des recours
judiciaires prétendant, là, à... essentiellement à des expropriations
déguisées.
Alors, dans la mesure où on veut... on ne
fait qu'appliquer une ordonnance, si je peux m'exprimer ainsi, du gouvernement
du Québec, toutes les MRC et municipalités du Québec souhaitent être protégées,
bénéficier d'une immunité dans ces cas-là, dans la mesure, évidemment, où c'est
ces règles-là que nous appliquons.
Mme Laforest : C'est bon. OK.
Votre... Dans la recommandation 1, la FQM recommande qu'une nouvelle
formule de partage de la croissance du point de TVQ «soit négociée rapidement
afin que toutes les municipalités de moins de 50 000 habitants aient
accès à une hausse raisonnable de leurs transferts». Ça, je vous mets tout de
suite au courant, ce n'est pas dans la loi, la formule de calcul...
M. Lepage (Sylvain) : C'est
dans le règlement.
Mme Laforest : ...ça va être
dans le règlement. Ça fait que ça, c'est sûr qu'on ne pourra pas appliquer ça
dans le projet de loi n° 39.
Je vous pose une question comme ça, parce
que certains collègues mentionnent parfois que les municipalités des... les
villages de 500 habitants et moins n'ont pas les mêmes demandes
financières, n'ont pas besoin des demandes financières que les municipalités de
500 habitants et plus. J'aimerais vous entendre sur ça.
M. Lepage (Sylvain) : Bien,
écoutez, évidemment, on est absolument en désaccord avec ça, Mme la ministre.
Je viens de vous l'expliquer, on a vraiment des cas où c'est le maire et le
directeur général qui vont s'occuper, là, lorsqu'une... on disait chez
nous une calvette — un ponceau bloque, là. Alors, quand on me dit que
ces gens-là n'ont pas besoin d'aide, puis n'ont pas besoin de fonction
publique, puis n'ont pas besoin d'argent pour, justement, embaucher des gens,
je suis tout à fait en désaccord avec une affirmation comme celle-là. Puis je
pourrais laisser mon patron s'exprimer, il est lui-même maire d'une petite
communauté, là.
M. Demers (Jacques) :
...de démontrer ça, je regarderais juste la municipalité voisine de
chez nous, qui est quand même connue, North Hatley, une petite municipalité qui
n'a pas 700 de population. Mais, quand vous regardez les aqueducs, le système d'eau,
tout ce qu'ils ont à tenir... Puis il faut s'entendre que les normes
environnementales, pour une petite municipalité, sont exactement les mêmes que
pour les grands... les plus grandes municipalités, là. Mais, si vous arrivez
dans une... dans un endroit comme ça, vous allez voir que cette pauvre petite
municipalité là charge trois, quatre fois plus de taxes foncières que ses
voisins, où est-ce qu'ils n'ont pas ce genre de services là.
Ça fait que, quand on me dit que la
petite, ça lui coûte moins cher, il va falloir que quelqu'un m'explique à quel
endroit que ça lui coûte moins cher, parce que ce n'est souvent pas le cas,
puis les petites ont souvent beaucoup de kilométrage... de routes, là, toutes
proportions gardées, pour le nombre de population. C'est assez incroyable, les
superficies qu'ils ont à entretenir. Quand on voit que les coûts de
déneigement, présentement... puis les déchets, on les ramasse... tout ce qui
est camionnage, les nouveaux contrats, ça explose, bien, ça coûte encore plus
cher dans ces petites municipalités là, où est-ce qu'il y a moins de
densification.
Mme Laforest : Est-ce que ces
municipalités-là vous parlent des fusions?
M. Demers (Jacques) :Certains ont beaucoup... il y a <beaucoup...
M. Demers (Jacques) :
...beaucoup... il y a >beaucoup déjà de
fusions de services. Ça, c'est surtout là qu'on a de besoin présentement. Ce
qu'il y a une urgence, c'est des fusions de services, parce que, sur le bout de
la ligne, là, ce n'est pas d'avoir un conseil qui a sept personnes, quand
le maire gagne 10 000 $ par année, puis les autres ont
3 000 $ ou 4 000 $ comme conseillers, là. Le coût d'en
avoir un ou d'en avoir cinq, certains diront : Bon, bien, ça
représente mieux mes citoyens, je suis là. Il est où, le coût de différence à
ce moment-là? Où est-ce qu'on le retrouve, c'est quand il y a des communautés
que des fois... n'ont même pas de village, ils sont en milieu rural, disent :
Oui, on va bien ensemble, puis ça va travailler d'une même façon.
Ce qui est en train de se fusionner, c'est
des services. On vient de regrouper, nous, 10 municipalités pour les
incendies ensemble. Le site d'enfouissement, on est rendus
20 municipalités à travailler ça ensemble. On va le faire au niveau de la
voirie, on va le faire... Évidemment, ça va amener aussi d'autres qui sont en
train d'analyser, de dire : Bien, tant qu'à aller jusque-là, pourquoi
qu'on ne fusionne pas l'ensemble? Mais moi, je pense que ça devient des choix
locaux. Mais oui, vous avez raison qu'il va y en avoir de plus en plus que je
pense... qu'une fois qu'on a fusionné ça. Puis les besoins de DG ou de
représentant d'un certain niveau... Puis il y a un coût, là, pour avoir un bon
directeur général d'une municipalité, mais peut-être qu'on va se le partager à
deux ou trois. Il y aura des adjoints. Il y a beaucoup de choses qui sont en
train de travailler sur le terrain qui font exactement ce que je pense, le bon
sens, là.
Mme Laforest : ...justement.
M. Lepage (Sylvain) : Puis,
si je peux me permettre également, Mme la ministre, avec tout le respect que
j'ai, l'exemple des fusions de 2002, si on fait le bilan en termes d'économie,
on peut parler d'autres aspects qui sont positifs, mais toutes les études
démontrent qu'il n'y a pas eu de grandes économies financières résultant, là.
Mme Laforest : Non, je
parlais juste des 500 et moins, M. Lepage. Ne soyez pas inquiet, puis il
n'y a rien de fait là-dessus, il n'y a pas de... C'était une question comme ça
parce que vous dites que les 500 habitants et moins ont plus de
difficulté.
Il y a la recommandation 6 au niveau
de... au sujet de l'article 18 sur l'impossibilité de déposer le rôle
préliminaire avant le 16 août. Je vais le regarder aussi avec mes
collègues. Moi, je ne vois pas d'enjeu. En tout cas, on va regarder ça
ensemble. C'est la recommandation 6. Ça fait qu'on va se mettre un point
d'interrogation sur ça.
La recommandation 8 : «La FQM
recommande que la notion de "à des fins de prévention" soit définie à
l'article 19 du projet de loi afin d'éviter les enjeux d'interprétation.»
M. Lepage.
M. Lepage (Sylvain) : Oui.
Bien, essentiellement, ce que le projet de loi prévoit, c'est la possibilité de
partager des renseignements qui sont souvent sensibles, hein? Par exemple, on a
des évaluations, on a des états financiers, on a un certain nombre de choses.
Alors, qu'est-ce qu'on entend par prévention exactement? Qu'est-ce qui peut
être partagé et qu'est-ce qui ne peut pas être partagé? Vous devez comprendre
que nos évaluateurs, puis vous le savez, on en a à la FQM qui se présentent, ne
sont pas toujours reçus avec bien... bienséance, si je peux m'exprimer ainsi,
puis ils vont l'être moins si les gens savent qu'en me donnant leurs états
financiers je peux partager ça avec différents services. On comprend la
préoccupation de la... votre préoccupation de faire en sorte, là, qu'à des fins
de prévention il puisse y avoir échange de certains renseignements, mais ce
serait important que ce soit bien... bien balisé, exactement, qu'est-ce qu'on
vise par là, là, parce que les gens sont très hésitants, là, quand on... Il
faut comprendre qu'on pose des questions très détaillées, un peu comme l'impôt,
entre guillemets, là, pour avoir des renseignements, alors...
Mme Laforest : OK. On va
discuter plus longuement de ça, la recommandation... OK, le cinq kilomètres,
on en a parlé. La recommandation 13 : «La FQM recommande que la
notion des "travaux de réparation et d'entretien" introduite à
l'article 3 du projet de loi soit définie afin d'éviter les problématiques
d'interprétation et les requêtes en inhabilité.» «Inhabilité» veut dire... ça,
c'est la personne, le conseiller du...
M. Lepage (Sylvain) : Il ne
peut... il ne pourrait plus être conseiller.
Mme Laforest : C'est ce qu'on
a discuté. OK.
• (11 h 10) •
M. Lepage (Sylvain) : Puis ça
rejoint ce que je vous ai dit, Mme la ministre, quand je vous disais que ces
dispositions-là devraient être interprétées par la commission de façon large et
généreuse et non pas restrictive. Si vous adoptiez une disposition comme
celle-là, ça réglerait ça. Autrement dit, on ne commencera pas à s'obstiner à
savoir si, en posant un mur, c'est-tu de l'entretien, c'est-tu de la nouvelle
construction, c'est...
Bon, ce qu'on parle, c'est de choses
relativement menues, d'une valeur peu importante. Fondamentalement, c'est ça.
Il ne faut pas tomber dans un... Il ne faut pas tomber dans une situation où la
commission va regarder le dictionnaire puis elle va dire : Ah! ça ne
rencontre pas la définition du dictionnaire, donc vous êtes inhabile, donc
vous... je vais prendre... entreprendre un recours pour que vous quittiez le
conseil.
L'idée, c'est que les gens dans la
communauté puissent fonctionner raisonnablement sans népotisme et sans
favoritisme, mais, en même temps, ne pas les empêcher de s'impliquer dans les
conseils municipaux. C'est une véritable problématique, vous le savez, que les
gens qui sont les mieux en mesure de lire des états financiers puis de
comprendre la finance ne puissent plus s'impliquer autant qu'avant, là.
Mme Laforest : J'avais...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Laforest : OK. Est-ce
qu'il y en a qui ont des questions, mes collègues? Sinon, moi, je peux
continuer.
Il y a la <recommandation 20...
Mme Laforest :
...
la >recommandation 20... Bien, la recommandation 20, moi, ça
m'embête, parce que c'est sûr que c'est pour vérifier s'il n'y a pas... au
niveau de la concurrence, parce que... un élu qui a un intérêt puisse
soumissionner dès le premier appel d'offres et qu'à défaut d'autres soumissions
conformes... Mais on fait justement ça pour essayer de trouver d'autres
soumissionnaires que ceux du conseil.
M. Lepage (Sylvain) : On a un
problème immense, actuellement, sur le fait que, souvent, il n'y a aucun
soumissionnaire ou qu'il y a un seul soumissionnaire. Alors, c'est... ce n'est
pas un problème artificiel, on le voit en déneigement. Là, encore là, on
pourrait vous en parler longtemps, puis mon patron est probablement mieux que
moi, mais c'est un problème qui nous revient de façon récurrente, là, tu sais.
Il y a un... Il n'y a pas de soumissionnaire ou il y a un seul soumissionnaire,
alors c'est vraiment...
Mme Laforest : OK, je
comprends votre notion, c'est de dire que, si, admettons, on a juste un
soumissionnaire, on l'accepte, c'est tout, même si... OK, là, je comprends.
M. Lepage (Sylvain) : Mais, autrement
dit, on... il pourra soumissionner encore, dans le cadre, là, de ce que vous
avez défini.
Mme Laforest : C'est ça. C'est
bon, ça. OK, c'est bon.
Dernière question. Recommandation 17 :
«La FQM recommande que les modifications demandées par la FQM à l'article 3
relatif au territoire soient également appliquées aux alinéas 1 et 2 du
nouvel article 305.0.1 de la Loi sur les élections et les référendums.»
Ah! c'est la même chose pour les adaptations nécessaires. Ça, c'est correct,
correct.
Et j'avais la question sur le partage de
la croissance du point de TVQ pour la nouvelle formule, qu'on va regarder
ensemble, mais, comme je vous explique, ce n'est pas dans le projet de loi,
justement, parce que...
M. Lepage (Sylvain) : Vous
avez raison, mais la loi peut baliser certains critères quand même. Il y a un
règlement, là, le règlement est large, il pourrait y avoir n'importe quoi à
l'intérieur du règlement, là.
Mme Laforest : OK. Puis est-ce...
Vous, vous êtes en faveur, évidemment, là, pour un nouveau projet, un nouveau
parc industriel, une nouvelle usine sur le territoire pour partager des
revenus.
M. Lepage (Sylvain) : Oui, on
est d'accord avec ça.
Mme Laforest : Est-ce que
vous croyez que ce sera facile à exécuter ou...
M. Demers (Jacques) :...de chaque MRC ou chaque territoire. Souvent, il y a des
questions légales, mais il y a des questions de personnes aussi. Il y en a qui
ont appris depuis longtemps de travailler ensemble, puis ça va très bien.
D'autres places, il y aura des cas plus difficiles. Ça fait que je ne dirais
pas que ça le sera partout de la même façon, mais oui, on a l'ouverture vers
ça, absolument.
Mme Laforest : OK, moi, j'ai
terminé mes questions. Si mes collègues ont des questions... C'est bon?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Deux minutes.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : ...au
niveau des milieux humides, vous êtes en train de déposer vos plans, là, vos
PRMHH, là, puis vous mentionnez que... vous parliez d'avoir plus de
restrictions à ce niveau-là. Quand vous parlez de ça, c'est au niveau de
l'acquisition de terrains ou des expropriations? Peut-être aller un petit peu
plus loin là-dessus.
M. Demers (Jacques) :Bien, notre vraie crainte, c'est les poursuites, là-dessus,
là. On a beau vouloir avancer, tous, en environnement, quand on entend le
ministre de l'Environnement nous parler de 30 % de la biodiversité, quand,
de l'autre côté, il dit : Wo! Là, maintenant, vous êtes dû pour vérifier
vos territoires, l'ouvrage est fait dans la majorité des MRC pour... C'est
quoi, nos milieux humides? Puis c'est important de les protéger, mais, si les
municipalités se font poursuivre à chaque fois qu'elles vont vers une
application que le gouvernement lui demande de faire, on dit : Il y a
quelque chose qui n'est pas conséquent, là, il y a a une problématique de ce
côté-là. On se dit : Il faut être immunisés, de ce côté-là. Si on n'a pas
de protection, de quelle façon qu'on va avancer? Il n'y a pas beaucoup de
monde, il n'y a pas beaucoup de MRC qui vont les adopter puis encore moins
quand on va vouloir l'appliquer au niveau des municipalités.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : OK.
Puis une dernière question : Vous pensez quoi des pouvoirs, là, justement,
pour nos MRC, là, en matière d'habitation, qu'on prévoit, là, justement, au
niveau du PL n° 39?
M. Lepage (Sylvain) : ...de
ces mesures-là. Évidemment, ça va demander, dans chaque cas, un certain
jugement, si je peux m'exprimer ainsi, mais oui, on est... de façon générale,
on est satisfait de ce qu'il y a au projet de loi.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Moi,
ça va, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, merci. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle
avec la députée de Mille-Îles. Vous avez un 10 min 24 s
Mme Dufour : ...M. le
Président. Je pars le chrono. Parfait.
Donc, peut-être une question sur la
vacance. Vous parlez des logements vacants, dans votre mémoire, et vous parlez,
là, de la créance en cas de faillite, que vous aviez un enjeu sur la définition
et aussi la créance... qu'est-ce qui arrive en cas de faillite. Donc, si vous
pouviez peut-être nous en parler davantage, c'est à la page...
M. Lepage (Sylvain) : Vous
êtes à quelle page, Mme la...
Mme Dufour : Pages 6, 7
et 8. Vous...
M. Lepage (Sylvain) : La page 6
et 7.
Mme Dufour : Je peux vous le
lire, là. Ça dit...
M. Lepage (Sylvain) : Oui. Bien,
essentiellement, ce qu'on dit à... en haut de la page 6, là... puis c'est
très, très, très technique, là, mais toute l'évaluation se fait en fonction
d'un guide qui est <rédigé...
M. Lepage (Sylvain) :
...
qui est >rédigé, puis qui est rédigé à une époque où on ne connaissait
pas ce que nous connaissons aujourd'hui, c'est-à-dire le télétravail largement
répandu. Je pense, c'est un secret de polichinelle qu'il y a beaucoup de gens
qui ont quitté la ville puis qui ont transformé leur chalet en habitation.
Alors, il y a comme une réforme à faire de ce côté-là.
Ensuite, si on continue au... à la
recommandation 2, là, essentiellement, ce qu'on souhaite, là, c'est que...
puis là vous êtes au premier paragraphe, là, c'est que, dans le... dans la Loi
sur la faillite, là — là, on est très, très technique, là — il
y a une certaine... il y a une protection pour les lois... pour les taxes
municipales, mais il n'y a pas de protection, selon la jurisprudence, sur une
créance pour cette forme de taxe là. Alors, il faudrait que le Code civil soit
modifié pour prévoir un rang de colocation, que ce soit inclus dans les taxes
municipales. C'est essentiellement ça que nous indiquons, là, tu sais. Alors,
on va voir la... En cas de faillite, on voit notre priorité diminuer, alors
donc, ce qu'on... on vous demande un ajustement, voyez-vous, à
l'article 2651.5° du Code civil. Je ne l'ai pas amené avec moi
aujourd'hui, pour être honnête, là, mais...
Mme Dufour : OK, 2651.5°. OK,
excellent. Puis vous mentionnez, puis ça, c'est intéressant, là, il n'existe
aucune information à l'égard de la vacance sur les immeubles de trois logements
et moins, donc... mais trois logements et plus, c'est... il y a cette
information-là ou, plutôt...
M. Lepage (Sylvain) : Je ne
pourrais pas vous répondre à votre question sans vous mentir, mais je sais que,
compte tenu de notre service d'évaluation qui est largement en milieu rural,
nous n'avons pas cette information-là pour les trois logements et moins.
Est-ce qu'elle est disponible dans les grands centres? Peut-être que oui... qui
ont une meilleure méthodologie que la nôtre. Mais nous, demain matin, vous nous
demanderiez : C'est quoi, le taux de vacance dans les immeubles de trois logements
et moins?, on est incapables de vous fournir de l'information là-dessus. Est-ce
qu'il y en a? Est-ce qu'il n'y en a pas? Nous ne le savons pas.
Mme Dufour : Donc,
l'application même d'une taxation, comme ça, sur des logements vacants, si on
n'a pas l'information, comment...
M. Lepage (Sylvain) : Pour
avoir participé aux discussions autour de la table, ma compréhension, c'est que,
du côté des grandes villes, ils sont en mesure de colloquer cette
information-là. Au moment où on se parle, de notre côté, c'est une information
qu'à notre connaissance les municipalités n'ont pas.
Mme Dufour : Ça fait que,
pour faire en sorte que vous soyez capables d'avoir cette information-là, ça
impliquerait des revenus... des dépenses supplémentaires.
M. Lepage (Sylvain) : Je vous
annonce que, là, il y a quand même un aspect vie privée. Moi, si vous me dites :
On veut savoir si votre chalet, il est vacant, ou votre maison ne l'est pas, je
vais peut-être vous dire que vous ne rentrerez pas chez nous, là, tu sais,
parce que je suis en vacances en Floride trois mois par année, là. Mais on
m'a expliqué, bon, clairement que, dans les grandes villes, les municipalités
étaient en mesure de vérifier cette information-là.
Mme Dufour : Mais, pour vous,
de... pour les plus petites villes, ce que je comprends, c'est que ce n'est
pas... ce serait complexe.
M. Lepage (Sylvain) : C'est
une chose que nous n'avons pas.
Mme Dufour : Puis que ça
impliquerait... pour pouvoir appliquer une telle taxe, ça impliquerait des
dépenses supplémentaires.
M. Lepage (Sylvain) : Oui,
tout à fait.
Mme Dufour : Excellent.
M. Demers (Jacques) :...questionnable, ce que... Souvent, la deuxième
habitation, quand tu n'as pas de multilogement, c'est, des fois, du
bigénérationnel qui, du jour au lendemain, quand il y a un décès, devient
probablement un loyer. Mais est-ce que cette maison-là, qui est occupée, est
considérée comme vacante, étant donné qu'il n'y a pas d'habitant dans le
bigénérationnel? Est-ce que c'est un logement qui est libre? Ou il ne peut pas
être habité, selon la réglementation de la municipalité, si c'est considéré, à
cet endroit-là, seulement du bigénérationnel et il ne l'est pas? Tu sais, c'est
obligé. Ça fait qu'on trouvait... Pour nous, ça, ce n'est pas ça... ce n'était
pas évident d'aller chercher ces données-là, du moins, on avait... il y avait
plusieurs points d'interrogation, là.
Mme Dufour : Je comprends.
Merci.
M. Lepage (Sylvain) : ...de
mon point de vue, l'enjeu semble être les riches étrangers qui, à une époque,
ont acheté des lots complets de condos ou de tours à des fins spéculatives.
Puis, dans la vraie vie, ils habitent à... je vais vous dire à Dubaï plutôt
qu'à Montréal ou à Québec, là. Il n'y a pas beaucoup de condos à Barraute qui
sont vendus à des riches à Dubaï, tu sais.
• (11 h 20) •
Mme Dufour : Excellent.
Peut-être j'aimerais vous entendre sur la taxation distincte selon les
secteurs. Bon, vous, pour... vous mentionniez, là, que ça pourrait entraîner
des coûts supplémentaires, que vos outils, là, d'évaluation n'étaient pas
adaptés à ça. C'est ce que je comprends?
M. Lepage (Sylvain) : Bien, il
faut comprendre, encore là, qu'une partie importante de... chez une partie
importante de nos membres, ils ne font pas eux-mêmes l'évaluation. C'est
sous-traité à des services, dont un que la FQM exploite, là, pour des raisons
de concurrence, et que nous avons mis sur pied il y a environ quatre ans.
Alors, personne, personne n'a fait une échelle de coûts ou de... une grille de
coûts en fonction de ces nouvelles dispositions là. Alors, il est clair que ça
va entraîner des ajustements. Mais, encore là, dans les grandes villes qui font
eux-mêmes leur taxation, bien, écoutez, ça... ils vont y... ils contrôlent
eux-mêmes le rythme, <comprenez-vous...
M. Lepage (Sylvain) :
...le
rythme, >comprenez-vous, de ce qu'ils souhaitent faire en fonction des
effectifs qu'ils ont, là.
Mme Dufour : Je comprends. Et
j'aimerais vous entendre sur la proposition, dans le fond, du groupe qui vous a
précédé, l'Union des municipalités du Québec, qui disait que la taxation selon
la valeur aussi serait intéressante. Est-ce que ça, c'est une proposition qui
vous... De votre côté, là, je comprends qu'il y aurait des ajustements à faire,
mais est-ce que ça serait quelque chose que vous seriez favorable également?
M. Lepage (Sylvain) : Tout
dépend de ce qu'on appelle la valeur, là. Je n'ai pas entendu, je vous le dis
bien respectueusement, quelle était la proposition de l'UMQ.
Mme Dufour : Je pense qu'on
visait, là, des maisons un petit peu plus, disons, cossues, là, les... qui ont
des valeurs foncières, là, tu sais, d'avoir des taux de taxation distincts si
on dépasse une certaine valeur versus... entre ça. Parce que, bien, il y a eu
une hausse fulgurante des valeurs des maisons, peut-être, meilleur marché, là,
et donc ça crée un déséquilibre, là, avec les maisons plus cossues.
M. Demers
(Jacques) :...déjà, quand vous regardez
sur la taxe de bienvenue. Les taxes de bienvenue, il y a une base provinciale
de la formule, mais certaines municipalités décident de modifier puis passer à
500 000 $, 1 million. Il y a des strates qui existent de ce
côté-là.
Ça fait qu'on comprend la demande. On
comprend que des gens pourraient vouloir... Moi, je ne suis jamais contre
d'avoir des nouveaux outils pour le monde municipal, mais, après ça, laissons
le choix local, par exemple. Tu sais, si... J'ai de la misère... du mur-à-mur
parce qu'on aurait des exemples qui ne s'appliqueraient pas puis, tu sais,
c'est ce qu'il ne faudrait pas défaire non plus.
Mme Dufour : Tout à fait. Je
vais laisser la parole à ma collègue députée de La Pinière. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Allez-y, députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci. Alors,
j'ai été interpelée par votre... presque votre préambule sur les... votre
diagnostic, en fait, sur les démissions d'élus. Puis ce n'est pas juste à cause
des réseaux sociaux, mais finalement la... peut-être la charge mentale associée
à répondre à toutes les obligations légales et de reddition de comptes qui sont
très grandes pour les petites municipalités comme les plus grandes.
Alors, vous disiez qu'une étude pourrait
peut-être corroborer votre propre diagnostic. Alors, je pense que... Je ne sais
pas si c'était une demande officielle d'études à la ministre des Affaires
municipales, mais sans doute que ce serait un bon... une belle... un beau
mandat, en tout cas, de voir tout ce qui entoure ça, parce que c'est... on
parle de manque... vous avez parlé de manque de moyens vis-à-vis, là, les
obligations. Alors, c'est fort important. Merci d'avoir souligné ça.
J'avais une question sur les redevances de
développement. Donc, l'UMQ, qui a parlé avant vous, demandait que soit retiré
l'article 2 du projet de loi à propos des redevances de développement ou
qui relèveraient, là... qui seraient balisées par la ministre. Est-ce que vos
membres à vous sont touchés par cet article-là ou... parce que je... à moins
d'avoir manqué quelque chose, je ne l'ai pas vu dans votre mémoire. Est-ce que
c'est une préoccupation ou pas pour vous?
M. Lepage (Sylvain) : Non, ce
n'est pas une préoccupation.
Mme Caron : Ça ne vous touche
pas. D'accord.
Quand vous avez parlé, à quelques
reprises, là, pour les territoires, milieux naturels, et tout ça, vous parliez
de risques sur le plan financier. Est-ce que ces risques-là sont
essentiellement liés aux poursuites et à ce que les poursuites peuvent
représenter pour les municipalités sur le plan financier ou est-ce qu'il y
avait autre... d'autres volets de risques de plan financier?
M. Demers (Jacques) :C'est vraiment l'aspect premier évidemment, c'est les
poursuites qu'on craint le plus puisque... Collectivement, on veut tout mieux
faire pour l'environnement, on veut protéger, mais, quand on tombe sur des
dossiers comme ça, qui, juridiquement... Puis c'est un virage quand même
important pour certains, là, qui étaient propriétaires, qui pensaient pouvoir
faire des choses. Quand on modifie puis quand on donne l'obligation aux
municipalités de modifier, bien là, on s'est dit : Comment ça se fait que
c'est nous autres qui se retrouvent en cour à avoir des poursuites, nous faire
payer ça? Il me semble, c'est des belles décisions qui sont d'un niveau plus macro,
là, tu sais, si c'est pour l'ensemble. On veut être mieux pour la planète, on
veut que tout le monde, collectivement, on le soit, mais on finit que la
facture est très locale. C'est le bout qu'on dit : Non, non, il faut
s'immuniser de ça parce qu'il faut avancer dans ce sens-là. Ça fait que... tout
simplement.
Mme Caron : Parfait, merci.
Puis vous aviez... À votre recommandation 18, vous demandiez que la notion
de «manuellement», qui était introduite à l'article 15 du projet de loi,
soit définie afin d'éviter les problématiques d'interprétation puis les
requêtes en inhabilité. Est-ce que vous aviez une définition à proposer à la
place de «manuellement»?
M. Lepage (Sylvain) : Bien,
essentiellement, ce qu'on souhaite, c'est qu'on le définisse, mais, non, on n'a
pas rédigé de... on n'a pas rédigé, entre guillemets, de définition. On
pourrait le faire, par exemple, mais ce qu'on souhaite, tu sais... Je pense
qu'on a tous une idée sur ce que ça peut <vouloir...
M. Lepage (Sylvain) :
...
ça peut >vouloir dire, mais, je pense, c'est important que la loi le
définisse, là.
Mme Caron : D'accord. Merci.
Est-ce que le temps est écoulé?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : ...parce qu'on a
hérité du temps des collègues. J'aurais juste une question. Sur les terrains
vagues non desservis, vous suggérez, dans votre mémoire, de... que la
possibilité de taxer davantage des... comme c'est proposé pour les terrains
vagues desservis, que vous puissiez le faire aussi sur les terrains vagues non
desservis. N'y a-t-il pas un risque? Est-ce que vous l'avez évalué, qu'il y ait
un risque que... de poursuites? Parce que, lorsque le développement ne se fait
pas, parce que le terrain est non desservi, alors que, souvent... bien, en tout
cas, dans les grandes villes, quand c'est... quand ce n'est pas développé,
c'est souvent parce que la municipalité n'est pas en mesure encore d'amener les
services. Est-ce qu'il y a un risque que vous voyez de ce côté-là?
M. Demers (Jacques) :...dans le sens que, pour bien des municipalités, il y a
plusieurs centaines de municipalités qui n'ont aucun territoire desservi. Ça
fait que, si on n'inclut pas ce parti-là, bien, on vient d'éliminer plusieurs municipalités
qui ne pourront pas mettre de pression pour que ça se passe à cet endroit-là.
Puis présentement, on n'accepte pas d'agrandir des périmètres urbains, ou de
desservir plus grand, ou de rajouter des routes, mais ça, c'est ceux qui sont
déjà lotis qui ont le pouvoir de le faire, mais qui ne le font pas. On devrait
le voir un peu dans le même sens que, pour une grande ville qui, elle, dit :
Non, elle n'est pas rendue là, c'est pour ça qu'elle ne l'a pas desservi,
tandis que, dans la municipalité, c'est des terrains qui dorment présentement,
qui auraient des possibilités de construction que si on ne les inclut pas...
mais ce n'est pas des nouveaux services, il n'y a aucun coût pour le provincial
de desservir ces endroits-là. Ça va être des puits, ça va être des champs qui
vont leur appartenir. Ça fait qu'il n'y a pas de coût supplémentaire, mais il y
a des endroits qui dorment, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci...
Oui.
M. Lepage (Sylvain) : ...le
développement où c'est possible parce qu'il y a un problème, vous le savez,
d'habitation. Alors, ça va favoriser, entre guillemets...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté du député de Taschereau, avec 4 min 8 s.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Bonjour à vous deux, content de vous revoir. On devient des
habitués. Merci de faire le lien avec la vague de démissions au Québec. Moi
aussi, c'est quelque chose qui nous intéresse et nous interpelle beaucoup. On a
vu les articles récemment. C'est évidemment quelque chose qui... duquel il
faudra se préoccuper très bientôt.
Je n'irai pas là-dessus. Cela dit, pour
commencer, j'irais sur les milieux humides. Vous avez là-dessus, dans le fond...
parce que je comprends que, dans le PL n° 22, sur les expropriations, vous
n'avez pas obtenu l'assurance puis les moyens de pouvoir résoudre cette
problématique-là, qui est très grande et très grave. Donc, est-ce que vous...
qu'est-ce que vous proposez à travers le PL n° 39 pour compenser, finalement,
ce qu'on n'a pas obtenu du côté du ministre... du ministère des Transports?
M. Lepage (Sylvain) : Écoutez,
nous, on profite de l'occasion, excusez l'expression, pour demander à nouveau
des dispositions là-dessus. On ne peut pas penser que le Québec va rencontrer
ses obligations, puis les obligations font consensus, en tout cas en ce qui me
concerne, au niveau de tous les partis politiques. On ne peut pas penser que le
Québec va être en mesure de rencontrer ses objectifs, s'il n'y a pas une protection
législative lorsque les municipalités puis les MRC se mettent en action pour
mettre en place, justement, là, la réglementation nécessaire pour les
rencontrer.
C'est simple, on entend toujours le même
commentaire de la part des MRC : Nous ne l'adopterons pas, le plan, parce
que nous serons poursuivis en prétendant qu'il y a une expropriation déguisée.
Et les gens vont souvent vous dire : Oui, mais ça va être rejeté au bout
de la ligne. N'importe qui qui a fait affaire avec un avocat sait qu'on dépense
200000 $, 300 000 $
d'honoraires rapidement. Alors, les gens, surtout dans un exercice aussi
ambitieux que celui-là, ne sont pas prêts à prendre le risque. Alors, oui, ça
doit être balisé.
Entendons-nous, il ne s'agit pas de donner
une protection illimitée à n'importe quoi, mais, lorsqu'on fait, on applique
les exigences du gouvernement du Québec, la loi devrait être claire pour dire :
Bien, cet exercice-là, en autant qu'il est vraiment cet exercice-là et non pas
autre chose, entendons-nous, il est protégé, tu sais.
• (11 h 30) •
M. Grandmont : Donc, on n'a
pas obtenu les outils dont on avait besoin sur le projet de loi qui touchait
les expropriations. J'espère que, dans le cadre d'un projet de loi...
M. Lepage (Sylvain) : C'est
notre demande.
M. Grandmont : ...qui touche
les affaires municipales, on aura des outils, parce qu'effectivement tout le
milieu, pas seulement la FQM, mais l'UMQ, les municipalités, les communautés
métropolitaines, l'Ordre des urbanistes, avait ramené cet enjeu-là comme...
puis j'en oublie certainement, là, mais nommait cet enjeu-là comme hyperimportant.
M. Lepage (Sylvain) : C'est un
enjeu qui fait consensus. C'est une position qui fait consensus. Évidemment,
c'est le côté désagréable d'adopter des mesures de protection de
l'environnement. Je pense qu'on en convient tous, mais on... Je pense que tout
le monde convient qu'il y a un grand virage à prendre au niveau de la société. C'en
fait partie.
M. Grandmont : Je vous
entends bien. Je vous entends bien. Tout à l'heure... ça n'apparaissait pas
dans votre <mémoire, là, mais, tout à l'heure...
>
11 h 30 (version révisée)
<19267
M.
Grandmont :
...ça n'apparaissait pas dans votre >mémoire,
là, mais... tout à l'heure, on a parlé avec l'UMQ. Vous les avez peut-être
entendus, là, si vous avez assisté à leur audience. Ils demandaient deux choses
sur lesquelles j'aimerais vous entendre, le remboursement à 100 % de la
TVQ puis, d'autre part, le remboursement des taxes des écoles primaires et
secondaires, qui ne le sont qu'à 82 %.
M. Demers (Jacques) :...dans l'entente de réciprocité qu'on vient d'avoir comme
accord, ça fait partie des demandes. On peut juste les appuyer là-dessus.
Évidemment, c'est un plus, pour l'ensemble des municipalités, de pouvoir aller
chercher ces éléments-là.
M. Grandmont : Parfait. Merci.
Puis peut-être, sur les terrains vagues non desservis, moi aussi, j'avais une
question là-dessus, je suis content que ma collègue l'ait abordé tout à l'heure.
Puis je comprends que la situation dans les plus petites municipalités,
évidemment, tout le système... tous les terrains ne sont pas immédiatement raccordés.
Cela dit, il y a des terrains qui se retrouvent quand même dans les secteurs
identifiés au schéma comme étant développables. Donc, votre proposition vise
des terrains qui ne seraient qu'identifiés, c'est-à-dire qu'on vient baliser,
en fait, la possibilité d'augmenter les taxes à fois quatre, mais en
concordance avec le schéma, j'imagine.
M. Demers (Jacques) :...il faut que ça corresponde à ces terres-là. Si ce n'est
pas des endroits que tu peux bâtir, bien, évidemment, on ne pourra pas taxer de
façon supplémentaire à cet endroit-là. Mais, veux veux pas, il y a des gens qui
se bâtissent une belle grosse maison et achètent les huit terrains qui sont
autour en se disant : Tant que j'habite cette maison-là, bien, je vais...
il n'y aura pas personne autour, mais je me garde le droit de bâtir sur ces
maisons-là, elles ne sont pas loties, elles ne sont pas ramenées dans un lot.
Ça fait que tu fais : Bien, voyons!
Là, on va approcher... la commission, on
va vouloir agrandir nos territoires, ils vont dire : Vous ne pouvez pas
agrandir, parce que vous avez des terrains qui ne sont pas bâtis. Mais c'est de
là qu'on se dit : Bien, mettons au moins de la pression sur ceux qui
retiennent ces terrains-là, qui empêchent... parce que, quand on regarde les
pourcentages d'endroits qu'on peut bâtir dans une municipalité, parfois, on dit :
Heille! il y en a beaucoup. Mais quand on y va de façon plus spécifique, on s'aperçoit
qu'il n'y en a pas beaucoup qui sont réellement bâtissables, parce que certains
ont la mainmise et qui attendent plus longtemps avec ça, là.
M. Grandmont : Merci pour vos
interventions. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, c'est terminé. Alors, on n'a plus de temps. Désolé pour tout
le monde, le temps est terminé.
Alors, nous suspendons quelques instants
pour recevoir, par la suite, la ville de Gatineau.
(Suspension de la séance à 11 h 33)
(Reprise à 11 h 39)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Nous recevons maintenant la ville de Gatineau.
Alors, nous avons trois personnes à la table et une personne en
visioconférence, qui s'appelle M. St-Pierre. Alors, bonjour à M. St-Pierre.
Alors, Mme la mairesse, je vous laisse vous présenter avec vos deux autres
collègues, puis allez-y avec votre mémoire, et je sais que vous avez aussi une
présentation infographique.
Ville de Gatineau
Mme Bélisle (France) : Oui, à
laquelle je ferai référence au cours de la présentation.
• (11 h 40) •
Bonjour à tous et toutes. M. le Président,
Mme la ministre, membres de la commission, c'est un plaisir d'être ici. Je vous
présente, à ma droite, Me Christian Tanguay, de la direction générale de
la ville de Gatineau, il est responsable des services administratifs. À ma
gauche, Mme Havard, qui travaille avec nous sur les politiques à la ville
de Gatineau. Et vous avez en ligne, Mario St-Pierre, le directeur des finances
et également trésorier de la ville de Gatineau. C'est vraiment un plaisir
d'être ici. Merci de nous accueillir. Ça me permet, comme mairesse, de vous
partager ma préoccupation mais aussi celle des membres du conseil municipal.
Dans notre mémoire que vous avez reçu, il
y a neuf recommandations. On ne les couvrira pas toutes. On en a choisi
certaines, peut-être plus complexes, sur lesquelles on souhaitait s'attarder.
J'espère de tout mon cœur, pour les gens de Gatineau, mais aussi pour d'autres
citoyens du Québec, que les recommandations présentées seront considérées,
parce que je pense qu'on partage tous le même objectif, celui de donner un peu
d'air aux citoyens et aux citoyennes.
Gatineau est l'une des premières grandes
villes à capter 100 % des effets de la pandémie, avec le dépôt de son rôle
d'évaluation qui a eu lieu il y a un <mois...
Mme Bélisle (France) :
...dépôt
de son rôle d'évaluation qui a eu lieu il y a un >mois. Alors que des
villes comme Montréal ont perdu des résidents, Gatineau a poursuivi sa
croissance. Le marché gatinois a connu une surchauffe immobilière
significative. Et quand on a pris la température du marché, vous le voyez sur
le tableau, on l'a fait en juillet 2022 alors que le marché était effervescent.
Conséquence : une augmentation historique des valeurs foncières qui va,
vous l'avez bien compris, se traduire aussi par une augmentation historique des
taxes pour les citoyens. On va y revenir tout à l'heure.
L'augmentation moyenne est de 71,9 %
dans le secteur résidentiel. C'est considérable. Et ce qu'il faut retenir,
c'est que, toutes catégories confondues, deux tiers des propriétés se retrouvent
au-dessus de la moyenne. Même si les citoyens paient plus, la ville ne
s'enrichit pas sur leur dos. Tout ça, c'est une répartition fiscale. Certains
augmentent, d'autres baissent, et on vise l'équilibre. Et notre plaidoyer,
aujourd'hui, ce n'est pas dans l'objectif de faire plus d'argent avec
l'exercice du rôle municipal. Au contraire, ce qu'on souhaite, c'est éviter un
choc de taxation pour les citoyens. Cependant, la loi actuelle sur la fiscalité
municipale ne nous permet pas d'éviter ce choc. J'aurai une supersolution plus
tard pour vous.
Le dépôt du projet de loi n° 39,
c'est une étape significative qui démontre l'engagement du gouvernement à
offrir de la latitude aux villes. Merci, Mme Laforest. En ce sens, la ville
de Gatineau souligne l'importance du mémoire qui a été présenté tout à l'heure
par l'UMQ, et je vais me permettre d'insister sur quelques-unes de leurs
recommandations.
Tout d'abord, la recommandation qui
demande au gouvernement du Québec de payer 100 % le taux de compensation tenant
lieu de taxes pour les immeubles scolaires du primaire et du secondaire, il est
crucial. L'obligation pour les villes de fournir gratuitement des terrains pour
construire des écoles pèse lourd. Un exemple, récemment, la ville de Gatineau
s'est vue forcée d'acheter un terrain pour une école primaire : 13 millions de
dollars. En plus, on doit faire des aménagements connexes qui nous coûteront
8 millions de dollars. On croit fermement que les terrains scolaires
devraient être payés par la province, à tout le moins, l'ajustement demandé
permettrait à terme d'amoindrir l'impact sur les finances municipales. Et, pour
Gatineau, ça représenterait 2 millions de dollars par année.
Dans le même ordre d'idée, on croit que la
TVQ payée par les villes devrait aussi être remboursée à 100 %, tout comme
la TPS. Considérant le volume d'infrastructures à réaliser et les quantités de
services que les villes acquièrent chaque année, ce remboursement à 100 %
augmenterait notre capacité à investir davantage. Pour Gatineau, le
remboursement à 100 % de la TVQ représenterait des sommes approximatives
de 15 millions de dollars par année.
L'UMQ en a parlé tout à l'heure,
redevances de développement, taux distinct, taux global de taxation, je vais y
revenir et, en toute humilité, je me permettrais de bonifier quelques
recommandations. Les villes peuvent en effet mettre en œuvre des redevances de
développement et ça nous paraît responsable de l'envisager. Dans certains cas,
toutefois, des villes qui ont opté pour des redevances font face à des
poursuites. La ville de Gatineau est passée par la voie des tribunaux en 2013, et,
en 2016, le gouvernement du Québec a corrigé le tir. Force est de constater que
des écueils existent toujours puisque d'autres dossiers ont pris la voie
judiciaire. Les paramètres doivent être clairs pour éviter les contestations
judiciaires mais aussi protéger les villes. Les modalités d'application doivent
se faire en consultation avec les municipalités pour répondre aux besoins, peu
importe leur taille.
Aussi, dans le contexte de la crise du
logement, le recours aux redevances doit être balisé pour ne pas être un frein
additionnel à la construction de logis. La proposition actuelle, telle que
formulée dans le PL 39, mériterait d'être clarifiée. Il n'est pas clair
pour nous quel problème on tente réellement de régler.
Le 18 octobre dernier, Gatineau a
déposé son nouveau rôle d'évaluation foncière, ce qui nous amène
particulièrement ici aujourd'hui. La valeur totale du rôle est passée de
42 milliards à 65 milliards de dollars. C'est 20 milliards
en trois ans, c'est du jamais-vu. Soyons clairs, presque toutes les propriétés
ont augmenté. En termes de taxation, c'est une aberration. Les maisons les plus
chères sont moins impactées que celles de moindre valeur. C'est-à-dire que tout
le monde qui s'est arraché des maisons durant la pandémie, bien, évidemment, il
y a une <conséquence...
Mme Bélisle (France) :
...évidemment,
il y a une >conséquence. Le choc le plus grand est sur les propriétaires
d'unifamiliales et de condos. Je vous donne un exemple. La valeur médiane... et
on le voit sur le tableau, la valeur médiane de l'unifamiliale est passée de 256 000 $
à 454 000 $, une augmentation de 78 %. Pour le condo, la
variation est de 81 %. Avec le nouveau rôle, deux propriétaires sur trois
feront face à une hausse de taxes importante. Je vous rappelle qu'on a pris la
température du marché en juillet 2022, post-pandémie. Ce que Gatineau vous
raconte aujourd'hui, d'autres villes du Québec le vivront dans les prochains
mois.
Mettons un visage sur ces hausses.
J'aimerais vous parler de Ginette et Michel, des retraités propriétaires d'un
bungalow depuis des années. Durant la pandémie, ils n'en revenaient tout
simplement pas du prix de la maison qui s'est vendue sur leur rue. La maison
est passée de 258 000 $ à 516 000 $, 600 $ de plus sur
le compte de taxes. Un taux distinct permettrait de réduire l'augmentation de
taxes pour Ginette et Michel d'à peu près 170 $. On pourrait créer un
palier avec des tranches d'imposition différentes, un peu comme on le fait sur
l'impôt pour le revenu. Cette solution, et ce n'est pas banal, permettrait à
Gatineau d'ajuster le coût pour 85 000 propriétés sur 95 000.
Assez ironiquement, je l'ai dit tout à l'heure, les propriétés de plus grande
valeur vont profiter d'une baisse de taxe.
Ce qui m'amène à un prochain exemple,
celui de Yasmina et Joseph. Professionnels, ils habitent un quartier plus
récent. La valeur de leur maison a bondi de 67 %, donc moins que la
moyenne. Dans leur cas, ils vont payer 600 $ de moins de taxes. Un taux
distinct permettrait de rééquilibrer les choses.
En introduction, je précisais que la ville
ne tire aucun revenu additionnel des taxes foncières avec le nouveau rôle
foncier, mais, si la mécanique globale de taxation demeure inchangée, les
villes comme Gatineau vont perdre de l'argent. Pour Gatineau uniquement,
Gatineau perdra 3,6 millions de dollars par année en compensation tenant
lieu de taxe à compter de 2025. Pour cette raison, la ville recommande au
gouvernement de réintroduire le mécanisme de pondération pour le taux global de
taxation. Cette mesure éviterait aux villes de perdre des revenus en lien avec
le dépôt du nouveau rôle. En d'autres mots, à l'heure actuelle, alors que le
deux tiers des résidents connaîtront une hausse, leur compte de taxes sans
hausse de revenus pour la ville, le gouvernement, lui, va profiter d'une baisse
de taxe de près de 18 %.
Il y a d'autres recommandations qui vous
sont présentées, on sera disponibles pour des questions, mais on voulait
absolument parler de cet impact du rôle. Et, encore une fois, je vous remercie
d'accepter de nous accueillir. Il y a parfois des moments, dans des projets de
loi comme celui-là, où la décision collective peut faire une différence sur le
portefeuille des citoyens. Et je nous invite tous à être proactifs, puisque
vous verrez sinon frapper à vos portes d'autres villes et citoyens du Québec
qui seront frappés, comme le sont ceux de Gatineau à l'heure actuelle. Merci, M.
le Président, de m'avoir écouté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup pour la présentation. Alors, vous êtes dans les temps.
Alors, merci pour votre aptitude. Alors, Mme la ministre, c'est à vous pour une
période d'échange.
• (11 h 50) •
Mme Laforest : En fait,
si j'entends bien, puis avec ce qu'on a entendu ce matin aussi, Mme la
mairesse, si on parle, par exemple, que la FQM et l'UMQ ont demandé d'avoir une
possibilité de varier la taxe résidentielle, vous, ça irait au-delà de ça? En
fait, vous voulez complètement changer les taux par secteur, revoir
l'efficience la taxation, c'est ça?
Mme Bélisle (France) : Bien,
en fait, ce qu'on souhaite surtout, c'est d'avoir des taux distincts sur les
paliers selon les valeurs. Et je me rends compte que j'ai sauté un petit
paragraphe parce que je voulais m'assurer d'être dans mon temps, mais peut-être,
Mme la ministre, que ça peut répondre partiellement à la question, et
M. St-Pierre pourrait compléter.
La ville de Gatineau a annoncé ses
couleurs, et l'augmentation de taxes municipales sera probablement de
2,9 % à Gatineau, ce qui est peu comparativement à ce qu'on voit dans
d'autres villes. On a fait des efforts significatifs, et une des raisons
pourquoi on a fait autant d'efforts sur la taxe municipale, c'est qu'avec
l'impact du nouveau rôle foncier, c'était majeur pour les <citoyens...
Mme Bélisle (France) :
...nouveau
rôle foncier, c'était majeur pour les >citoyens. Alors, on s'est serré
la ceinture, on a fait des choix. Le rôle, le rééquilibrage, avec un taux
distinct, nous permettrait de donner un coup de pouce pour éviter les extrêmes
qu'on vit en ce moment. Et M. St-Pierre pourrait sûrement compléter ma réponse
à la ministre.
Le Président (M. Schneeberger) : ...M. St-Pierre.
M. St-Pierre (Mario) : Oui.
Merci, M. le Président. Donc, effectivement, on a vu, le projet de loi
présentait, là... nous permettait d'avoir des taux par secteurs et des taux
différenciés par sous-catégories. Ces deux éléments-là sont appréciés, et on ne
veut pas les... qu'ils soient retirés. Par contre, ils ne répondent pas aux
besoins qu'on a, qu'on vit à Gatineau. Essentiellement, à Gatineau, ce qu'on
vise, c'est que... globalement, au niveau du résidentiel, c'est que les petites
propriétés ont augmenté beaucoup plus que les grandes, donc on va se retrouver
avec un transfert de fardeau fiscal des grandes propriétés vers les petites
propriétés. Et la façon de contrecarrer ça, c'est... et c'est la demande qu'on
fait aujourd'hui, c'est de nous permettre d'avoir deux taux différenciés, comme
dans le non résidentiel. Donc, c'est-à-dire qu'on aurait, je le dis à titre
d'exemple, un taux pour les valeurs de 0 $ à 500 000 $, et les
valeurs au-dessus auraient un taux plus élevé.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Mme Laforest : C'est
bon. Je voulais également savoir combien vous avez eu de nouveaux citoyens
durant la pandémie à Gatineau.
Mme Bélisle (France) : Excusez-moi,
je n'ai pas entendu la question.
Mme Laforest : Vous avez
eu combien de nouveaux citoyens? Les gens, là, souvent... bien, la... Il y a eu
75 000 personnes qui ont quitté la grande ville pour aller vers les
régions et vers des villes comme Gatineau. Combien vous en avez eu chez vous, à
Gatineau?
Mme Bélisle (France) : Je
n'ai pas le compte exact, Mme Laforest, là. On frôle les
300 000 habitants. Ce que je peux vous dire, c'est qu'on a quand même
une migration très importante des Ontariens qui viennent dans notre ville. Si
ma mémoire est bonne, là, je pense que la statistique date de 2021, il y avait
autour de 21 000 Ontariens qui avaient quitté l'Ontario pour
s'installer au Québec et, en très grande proportion, ces gens viennent à
Gatineau.
Mme Laforest : OK. Je ne
sais pas si je pourrais avoir... si on pourrait avoir l'information, si
vraiment il y a un déplacement de... il y a une migration importante.
J'aimerais ça savoir le nombre exact, si c'est possible.
Maintenant, je veux vous entendre aussi
sur les terrains vagues et les logements vacants dans le projet de loi.
Comment... Pensez-vous qu'avec... dans votre municipalité, ça va vraiment
accélérer la construction? Oui?
Mme Bélisle (France) : Je
laisserais M. Tanguay répondre à cette question.
M. Tanguay (Christian) : On
reçoit positivement la proposition qui est faite dans le projet de loi. On
considère que, comme les unions l'ont présenté antérieurement, qu'en ajoutant
une charge à des terrains vacants il y aura un mouvement vers la construction
ou, à tout le moins, le redéveloppement de ces installations-là.
Par rapport au taux de taxation pour les
logements vacants, on doit vous avouer que ça peut représenter un certain défi
en termes techniques et d'application, parce que les données ne sont peu ou pas
disponibles ou encore difficiles à aller chercher. Donc, c'est les deux
éléments qu'on aurait à vous répondre par rapport à cette... à ces deux
propositions.
Mme Laforest : OK.
Ensuite, est-ce que c'est la même chose aussi, la difficulté pour les
redevances de développement?
M. Tanguay (Christian) : Les
redevances de développement, le plus grand frein que nous rencontrons, c'est le
risque juridique en lien avec les dispositions actuelles. Les deux unions qui
nous ont précédés nous ont présenté la demande de sécuriser l'exercice de ce
pouvoir-là pour les municipalités, et c'est une demande que nous appuyons et
que nous avons aussi.
Mme la mairesse l'a mentionné dans son
introduction, en 2013, la ville de Gatineau a fait l'objet... a été précurseure
en voulant introduire d'une certaine façon les redevances de développement,
chose qui avait fait l'objet d'un long débat et coûteux débat devant les
tribunaux. En 2016, le gouvernement du Québec a introduit des dispositions
permettant de légitimer cette approche-là. Toutefois, force est d'admettre
qu'actuellement les risques juridiques freinent certaines municipalités à aller
de l'avant. Nous avons un appétit, qui a été communiqué dans un plan financier
long terme que la ville a préparé, qui... On pourra vous rendre disponible, si
cela vous intéresse.
Et aussi le conseil municipal,
dernièrement, dans le cadre de l'étude budgétaire, nous a demandé, en termes
d'administration, d'entamer les démarches pour aller plus loin dans
l'élaboration de redevances de développement. Dans le cadre de l'analyse de
cette démarche-là, on anticipe des <risques...
M. Tanguay (Christian) :
...démarches
pour aller plus loin dans l'élaboration de redevances de développement. Dans le
cadre de l'analyse de cette démarche-là, on anticipe des >risques,
notamment dans toute l'élaboration de qu'est-ce qui peut être admissible, quel
est le coût exact que l'on peut facturer en termes de redevances de
développement. Il y a certaines attributions dans la loi qui nous aident, qui
nous guident. Toutefois, ça demeure complexe, ça demeure imprécis. Et si on
pouvait compter sur l'appui du gouvernement et des législateurs pour nous
rassurer, dans l'exercice de ce pouvoir-là, ce serait grandement apprécié.
Mme Laforest : D'accord. Si
je vous posais la question, Mme la mairesse... Vous parlez beaucoup de
Gatineau, Gatineau qui est différente, c'est un secteur différent, c'est une
ville qui est différente, les Ontariens se déplacent à Gatineau. Si, admettons,
je vous demandais, là, qu'est-ce qui est différent avec Gatineau... parce qu'on
a le tableau, ici, des villes, avec les rôles fonciers aussi, les changements
de rôles, puis il y a quand même une dizaine de municipalités que leur rôle a
vraiment, vraiment été en augmentation incroyable, là. On le voit ici. Mais
quand vous dites : Gatineau, on n'est pas pareils, Gatineau, on est
différents, j'aimerais ça vous entendre pour savoir vraiment comment qu'on
pourrait dire : Bien oui, Gatineau est différent, même si d'autres
municipalités ont eu un rôle foncier très élevé.
Mme Bélisle (France) : Tous
les maires et les mairesses pensent que leur ville est extraordinaire et
différente. Mais, en fait, c'est que Gatineau vit une pression différente des
autres villes, c'est-à-dire, je vais prendre l'exemple du logement et de
l'habitation, on devient le logement abordable d'Ottawa, pas parce que le
logement est abordable, mais tout simplement parce que la propriété est plus
accessible du côté gatinois. Ça, c'est un exemple qui a créé une pression sans
précédent, entre autres durant la pandémie. Alors, on a vu des gens se
déplacer, chercher des cours, chercher des espaces, vouloir venir s'installer,
et c'était comme ça, en fait, avant la pandémie, mais il y a quelque chose qui
s'est exacerbé.
Alors, cette pression-là sur l'habitation,
elle est immense, elle fait gonfler les prix. Et, quand on s'est retrouvés en
pandémie avec des gens qui cherchaient des propriétés, on s'est retrouvés dans
un marché de surenchère complètement incroyable, et je vous dirais qu'on vit
toujours ça. Bien sûr, ça s'est un petit peu calmé avec les taux d'intérêt,
mais on vit encore une pression qui est vraiment... qui est vraiment immense du
côté de la rivière.
En même temps, je me permets un petit
aparté pour dire que, pour le gouvernement du Québec, c'est un potentiel
économique aussi immense, parce que la ville de Gatineau et l'Outaouais offrent
au Québec la plus longue frontière sur l'Ontario. Il devrait savoir en profiter
davantage.
Mme Laforest : J'imagine. Si
vous pouvez, là, bien entendu, peut-être me donner... m'envoyer, là, la
différence que vous voyez... On va regarder avec les autres municipalités, là,
puis on va regarder s'il y a quelque chose à faire, évidemment, pour vous
aider, pour aider les citoyens à ce moment-ci. J'ai...
Le Président (M. Schneeberger) : ...si
vous avez de la documentation à envoyer, c'est bon pour vous mais aussi pour
toutes les personnes qui passent en commission...
Mme Laforest : Ah! oui, oui,
tout le monde.
Le Président (M. Schneeberger) : ...de
bien l'envoyer au secrétaire de la commission, et on va le rediffuser par la
suite pour que tous les députés l'aient. C'est bon? Merci beaucoup.
Mme Bélisle (France) : Avec
plaisir, M. le Président. Dans le mémoire aussi, il y a déjà des données qui
ont été ventilées avec des scénarios sur le taux distinct, là, aussi, là, je
pense, en page 11 du mémoire, là.
• (12 heures) •
Mme Laforest : C'est bon. OK.
C'est bon. Une question comme j'ai posée tantôt avec l'UMQ, les offices de
consultation publique pour les grandes villes, c'est quoi, votre point de vue par
rapport aux offices de consultation publique? On sait que Longueuil vient
d'en... d'adopter une... l'office de consultation, et Montréal l'avait depuis
2002, je crois. Qu'est-ce que vous pensez de cet... ces organismes-là?
Mme Bélisle (France) : Quelques
éléments. Je pense qu'on doit d'abord et avant tout s'accrocher à l'objectif et
non pas à l'instrument. L'objectif, c'est de consulter et d'interagir avec nos
citoyens. Alors, je vais me permettre de donner l'exemple de la ville de
Gatineau, qui est en train de réactualiser une politique de participation
citoyenne. On a aussi créé, à l'intérieur de notre ville, le service
d'interaction citoyenne. On avait... Mme Laforest, on s'en était parlé
lorsqu'on s'était rencontrées à la suite de mon élection, la ville de Gatineau,
dans le précédent mandat, avait formulé une demande pour avoir un office de
consultation publique. Et, dans les premiers mois qui ont suivi l'élection, le
conseil municipal, à la majorité, a rejeté cette demande. Alors, on n'est pas allés
de l'avant et on a choisi de faire de l'interaction citoyenne différemment. Il
faut aussi se dire que les... le <mouvement qu'on voit, il est très
positif au Québec...
>
12 h (version révisée)
< Mme Bélisle (France) :
Il
faut aussi se dire que le >mouvement qu'on voit, il est très positif, au
Québec, les citoyens qui veulent suivre la démocratie. Leur intérêt est, par
contre, assez souvent orienté vers les questions de développement et d'urbanisme.
Alors, s'il y a quelque chose à clarifier, c'est probablement là-dessus qu'on
doit agir, et la consultation ne peut pas non plus déresponsabiliser des élus
de prendre des décisions, même si elles sont parfois difficiles.
Mme Laforest : Donc, vous ne
regrettez pas non plus si ça se passe bien comme ça avec le... ce que vous avez...
le service de consultation citoyenne que vous avez mis en place. Donc, ça se
passe possiblement aussi bien que d'avoir instauré l'office?
Mme Bélisle (France) : Ce qu'on
vise... La valeur qu'on voyait de créer un service d'interaction citoyenne, c'était
de changer la culture à l'intérieur plutôt que d'avoir un organe externe qui
pilote des consultations, qui peuvent être tout à fait pertinentes, là, soit
dit en passant, mais d'être capables de changer la culture de l'interaction
citoyenne. Le changement organisationnel de l'interne nous paraissait très
important et positif. On est déjà bons à la ville de Gatineau. Je pense que,
juste pour 2023, on a plus de 40 consultations et interactions avec les
citoyens qui étaient à l'agenda.
Mme Laforest : C'est
beaucoup, c'est beaucoup. C'est sûr que la dernière chose... comme, là, c'est le
projet de loi n° 39, c'est pour toutes les municipalités en général. Je vais
vraiment attendre, là, toutes vos informations pour voir est-ce qu'il y a une
particularité différente pour Gatineau, parce que c'est sûr que tous les points
que vous nous amenez, c'est pour la ville de Gatineau. On va regarder, nous, de
notre côté, est-ce que vous êtes vraiment différents, mais je vais attendre
quand même toutes ces informations-là, puis mes collègues aussi. De toute
manière, j'envoie toujours toutes les informations, parce qu'on parle, oui, du projet
de loi n° 39 dans vos recommandations, mais, en même temps, on parle... Aujourd'hui,
on n'a parlé que de la ville de Gatineau. Ça fait que moi, si je peux essayer
de vous aider, on va le faire de cette manière-là, à voir c'est quoi, vos
particularités, puis on va regarder avec mes collègues s'il y a vraiment
quelque chose à travailler pour aider vos citoyens.
Mme Bélisle (France) : Si
vous me permettez, Mme la ministre, je peux vous dire... parce qu'on avait
beaucoup de collègues à travers le Québec qui savaient qu'on voulait venir vous
parler. Je ne crois pas que la situation est unique à la ville de Gatineau. Je
crois que Gatineau vit une pression supplémentaire, mais ce qu'on a vu dans les
régions du Québec avec la pandémie... de l'explosion des maisons, je pense que
ça dépasse largement les frontières de la ville de Gatineau, et je sais que
notre administration a eu beaucoup de discussions aussi avec d'autres
administrations à travers le Québec parce qu'ils partagent cette préoccupation.
Mme Laforest : Bien, vous
avez raison. Puis, en même temps, bien, je vais essayer de voir qu'est-ce qu'on
peut faire quand même avec votre municipalité, mais vous avez totalement
raison. Disons que je suis au courant de tous les citoyens qui ont quitté la
grande ville pour aller dans les régions. On n'était peut-être pas prêts à
recevoir tous ces nouveaux citoyens là. C'est pour ça que je vous posais la
question : Vous en avez eu combien chez vous? Exemple, au Saguenay, on en
a eu 5 000, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, 5 000 de plus, des gens qui
ont quitté la grande ville, ça fait que c'est énorme. C'est pour ça qu'il faut
construire plus vite et se dépêcher pour cette fameuse pression sur le logement,
mais je vais attendre vos informations. Moi, j'ai terminé. Je vais laisser la
parole à mes collègues. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
députée de...
Mme Jeannotte : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
...Labelle, excusez-moi. Vous avez deux minutes.
Mme Jeannotte : Deux minutes?
D'accord. Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour, Mme la mairesse. J'ai eu la
chance d'habiter à Gatineau, donc, pendant...
Mme Bélisle (France) : J'ai
perdu un contribuable, c'est ce que vous nous dites?
Mme Jeannotte : Bien oui. Bien
oui, la belle ville, mais j'aimerais vous réentendre sur deux aspects qui m'ont
frappée. Dans le fond, la distorsion, là, que vous semblez dire, justement, au
niveau de la mécanique qui devrait être revue, comme le disait également l'UMQ,
parce que, suite à la pandémie, effectivement, il y a certains secteurs, là,
qui ont... dont leur valeur a tellement augmenté que ça mériterait d'être revu
par secteur. Puis effectivement, l'ayant vécu, là, je peux comprendre que
certains...
Est-ce que ça se pourrait que les contribuables
qui habitent dans certains secteurs de la municipalité avaient des revenus
beaucoup moindres que dans d'autres secteurs où... toutes proportions gardées, dans
les secteurs plus... on va dire le mot «bourgeois», entre parenthèses, ou
cossu, on va dire ça, l'impact est beaucoup plus grand chez les petits
bungalows, là? Donc, peut-être que les contribuables qui habitent là, est-ce
que ça se pourrait... J'essaie de comprendre la distorsion que... parce que
vous souhaitez qu'on revoie le mécanisme, si j'ai bien compris.
Mme Bélisle (France) : Exact,
et je pense qu'il faut être prudent. On ne parle pas <systématiquement ou
nécessairement des moins bien nantis...
Mme Bélisle (France) :
On
ne parle pas >systématiquement ou nécessairement des moins bien nantis, c'est-à-dire
que le couple retraité dont je parlais, qui a acheté sa maison il y a 25 ans,
bien, bien sûr que son bungalow, il l'a payé 85 000 $. Comprenez-vous?
Quand, là, soudainement, il y a un rôle d'évaluation, à cause d'une pression,
qui l'amène à 516 000 $... C'est un superbe bungalow, mais qui a été
acheté à une certaine époque.
En contrepartie, le jeune couple qui
voulait s'acheter sa première maison, il s'est peut-être acheté un bungalow
parce que, justement, c'était ce qui était accessible dans un contexte de
pandémie. Alors, lui aussi, il est allé à la banque pour négocier un prêt pas
possible et là il va se retrouver avec une facture extrêmement salée. Les gens
qui avaient déjà des maisons de grande valeur, à 700 000 $, à
800 000 $, bien, bien sûr que, par rapport à la moyenne, cette
maison-là a fluctué moins que le bungalow acheté ou qui a été construit dans
les années 80 ou 90. Alors, c'est là où on se retrouve avec une distorsion et à
un déséquilibre.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. On n'a plus de temps.
Mme Jeannotte : Exemple,
Côte-d'Azur versus le cégep, ces secteurs-là?
Mme Bélisle (France) : Exact.
Mme Jeannotte : Parfait. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle avec
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Micro? Voilà.
Mme Dufour : OK, merci. Merci,
M. le Président. Donc, merci pour votre exposé, puis je pense que vous l'avez
bien expliqué visuellement. C'était très intéressant. Est-ce que cette
présentation va...
Mme Bélisle (France) : ...absolument,
on l'enverra avec les autres documents avec plaisir.
Mme Dufour : Oui, ce serait
apprécié. Merci. Vous avez mentionné lors de votre exposé qu'il y avait quand
même, le chiffre m'a étonnée, là, une... tu sais, il y a une augmentation
moyenne de 54 % des valeurs pour le résidentiel, mais une diminution de
18 % pour les propriétés dont le gouvernement est responsable. Est-ce que
vous avez cette simulation-là à quelque part? Parce qu'on ne la trouve pas dans
le document.
Mme Bélisle (France) : Je
pense qu'on ne l'a pas ventilé dans un tableau, mais on a les données. Je ne
sais pas, M. Tanguay, si vous pouvez ajouter des précisions?
M. Tanguay (Christian) : Absolument.
Donc, c'est le mécanisme de répartition pour l'établissement des contributions.
On pourra, avec plaisir, vous transmettre une ventilation ou, à tout le moins,
une démonstration qui appuie, là, la donnée qu'on vous a communiquée.
Mme Dufour : Excellent. Merci
beaucoup. Ce serait apprécié. Et là vous parliez, dans votre mémoire, du taux
global de taxation pondéré qui a été retiré, bon, je pense, c'était en janvier
2022, que vous soulignez. Moi, j'ai quitté la politique municipale en 2021. Donc,
je n'ai pas vu cet impact-là, mais là, de ce que je comprends, c'est... dans le
fond, ce que vous proposez, là, d'avoir différents paliers, c'est ça, la
taxation pondérée, ou c'est autre chose?
Mme Bélisle (France) : C'est
autre chose, et, sur le niveau de taxation pondérée, vous me corrigez si je me
trompe, M. Tanguay, mais c'est quelque chose qui existait à l'époque, qui a été
retiré en 2006 parce que le gouvernement a dit : Voyons, on ne vivra plus
jamais ça. Et finalement on se retrouve dans une situation similaire presque 20 ans
plus tard. Donc, M. Tanguay ou M. St-Pierre, je ne sais pas si vous pouvez
clarifier la question pour...
M. Tanguay (Christian) : Oui,
absolument. Donc, à la page 12 du mémoire, 12 et 13... D'ailleurs, mon collègue
M. St-Pierre nous rappelle à l'ordre, le fait que les données que vous nous
demandez sont vraiment à la page 13 du mémoire, d'une certaine façon. Donc, M.
St-Pierre pourra assurément bonifier la réponse que je vous donnerai, mais, à
l'époque, Gatineau avait fait des représentations pour s'assurer que cette
flexibilité demeure au sein de la loi, et, comme Mme la mairesse l'a mentionné,
là, c'est quelque chose qui avait été retiré parce qu'on voulait alléger
l'administration, notamment. C'était dans la foulée, là, de la révision des
redditions de comptes et des différentes charges administratives. Alors, nous,
on considère actuellement que la réintroduction du taux, du TGT pondéré, serait
de grande aide, là, pour nous permettre d'atténuer l'impact.
• (12 h 10) •
Mme Dufour : Juste pour bien
comprendre, là, vous avez dit que c'était à la page 13, le tableau, parce que,
peut-être, je... on parle... valeur des réseaux, «réseaux», c'est
«gouvernement»? C'est comme ça qu'on doit l'interpréter?
M. Tanguay (Christian) : Exactement.
M. St-Pierre pourra assurément vous donner plus de précisions.
Mme Bélisle (France) : Là, on
se tourne vers quelqu'un d'expert, là, qui va nous aider à comprendre le
tableau 13.
M. St-Pierre (Mario) : ...oui,
excusez. Exactement, la valeur des réseaux, là, c'est nos hôpitaux, écoles
secondaires, primaires, etc., à Gatineau, donc, qui étaient... Essentiellement,
là, ils ont augmenté de 33 % et le résidentiel a augmenté de 72 %. Le
TGT est basé sur l'augmentation du résidentiel, essentiellement. Ça fait que vous
voyez la distorsion entre les deux qui va créer une diminution des en-lieu de taxes.
Mme Dufour : Excellent. Merci.
Ça aide à comprendre le tableau. Merci beaucoup. Vous mentionnez dans votre
mémoire, là, que <l'étalement de taxes qui...
Mme Dufour :
Vous
mentionnez dans votre mémoire, là, que >l'étalement de taxes qui est
proposé, là, dans le fond, dans le projet de loi, que vous souhaiteriez qu'il
puisse se faire selon la catégorie... des catégories de... là, ce que je
comprends, des catégories résidentielles. Oui, c'est ça, quelles catégories on
réfère exactement...
Mme Bélisle (France) : M.
St-Pierre, est-ce que vous pouvez répondre sur quelles catégories on réfère?
M. St-Pierre (Mario) : Excusez,
j'ai manqué le début de la question. On faisait...
Mme Dufour : C'est la
recommandation 5, dans le fond, lorsqu'on dit... On voudrait que les
municipalités puissent décider quelles catégories d'immeubles l'étalement
pourrait s'appliquer... Là, ce que je comprends, tu sais, par exemple, s'il y a
un taux de taxation qui venait se faire... selon votre proposition, là, pondéré,
est-ce que le... est-ce que l'étalement des taxes pourrait aussi être selon ces
niveaux-là? En fait, j'imagine, c'est ça, votre questionnement ou votre proposition,
mais...
M. St-Pierre (Mario) : Je
vais y aller, là. La recommandation 5 traite de l'étalement du paiement des
droits de mutation.
Mme Dufour : Oui, exact.
M. St-Pierre (Mario) : Actuellement,
le paiement de mutation, c'est en un seul versement, et la loi nous permettrait
d'avoir plus de versements. Nous, ce qu'on demande ici, c'est d'avoir le choix,
en tant que municipalité, de l'appliquer selon la catégorie, et là on fait
référence aux catégories de taxation : résidentiel, non résidentiel,
industriel, terrain vague. Donc, essentiellement, à titre d'exemple, on
pourrait l'appliquer au résidentiel, mais ne pas le permettre au non
résidentiel.
Mme Dufour : OK, ma
compréhension, peut-être... en tout cas, ma compréhension, c'est que ce serait
quelque chose qui serait possible, mais là est-ce que vous auriez un intérêt à
ce que ce soit aussi possible de déterminer des catégories à l'intérieur du
résidentiel? Et c'était ça, mon questionnement principal, est-ce que... tu
sais, parce que... En fait il y a des municipalités qui voudraient pouvoir
l'offrir, par exemple, bon, à des catégories d'immeubles en deçà d'un certain
seuil, droit de mutation, premier acheteur, mais une maison à 2 millions,
ils n'ont peut-être pas besoin d'un étalement des taxes... de la taxe de
bienvenue, là. C'était ça, mon questionnement.
M. Tanguay (Christian) : Je
pourrais peut-être me permettre...
M. St-Pierre (Mario) : Allez-y,
M. Tanguay.
M. Tanguay (Christian) : Donc,
j'utiliserais la même formule que le président de la fédération tout à l'heure.
On n'est jamais contre plus de pouvoirs qui nous permettent de mieux répondre à
la réalité du terrain. Donc, si c'est une proposition qui vous sied, assurément
qu'on serait ouverts à la recevoir. Il faut savoir ici que nous... la plus
grande préoccupation, si on veut s'assurer d'être en mesure de répondre à
certains impératifs. À titre d'exemple, si c'est l'accès à la propriété qui est
difficile, on veut être en mesure de pouvoir permettre l'étalement pour les
résidences et pas nécessairement pour les entreprises, qui ne sont pas
confrontées aux mêmes problématiques.
Mme Dufour : Tout à fait.
Peut-être vous entendre sur les propositions concernant le vérificateur, parce
que ça, vous n'avez pas eu la chance d'en parler. Je trouvais ça fort
intéressant compte tenu de ce qui se passe à Saguenay présentement. Ça fait
presque un an et demi, je crois, qu'ils sont sans vérificateur. Donc, vous
faites des propositions intéressantes, peut-être si vous pouviez en parler...
M. Tanguay (Christian) : Donc,
vous parlez de Saguenay qui est dans une situation... Nous, on souhaite ne pas
être dans cette situation-là. Vous savez que, la vérificatrice générale de la ville
de Gatineau, son mandat se termine en début d'année 2024. Nous avons un
processus de recrutement qui est en cours. Le processus va bon train. Toutefois,
nous ne sommes pas en mesure de déjà déterminer si le processus se soldera par
une embauche, une recommandation au conseil ou non, et ça nous amène une
période d'incertitude, et on souhaite avoir des leviers pour faire face à cette
période d'incertitude là.
Vous avez fait référence à une ville. Je
crois qu'il y a eu d'autres villes qui ont eu des défis importants dans le
recrutement, le recrutement pour trouver des personnes qualifiées, ou encore
des institutions qui ont embauché des personnes, et que l'Ordre des comptables
a déterminé que la personne n'avait pas les qualifications requises pour
occuper le poste. Donc, c'est l'objet de l'une de nos recommandations, de nous
assurer que le législateur soit ferme à l'effet que le fait d'être membre de
l'Ordre des comptables satisfait aux exigences nécessaires pour être un
vérificateur général dans une organisation municipale.
Donc, c'est les deux objectifs. Et la
troisième recommandation que nous avons aussi à cet égard-là, c'est dans le
contexte où une personne qui occupe un poste de vérificateur général devait
subir une période d'arrêt de travail. Vous savez qu'on est contraints par des
délais très rigides. On souhaite avoir la possibilité de pouvoir faire appel à
un autre organisme municipal pour venir offrir le service pendant la période de
transition. Notamment, si c'est une période toute simple, de trois mois,
peut-être qu'un <autre organisme...
M. Tanguay (Christian) :
...notamment,
si c'est une période toute simple de trois mois, peut-être qu'un >autre
organisme, par le biais d'une entente de service, serait en mesure de nous
aider, ou encore la Commission municipale.
Peut-être que votre question serait :
Pourquoi ne pas le faire actuellement? C'est que la Loi des cités et villes
prévoit expressément que le vérificateur général est à emploi exclusif. Donc,
nous n'avons pas cette flexibilité-là, et, si on pouvait compter sur votre
appui, ça serait grandement apprécié.
Mme Dufour : Merci. Je vais
céder la parole à ma... à la députée de La Pinière.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, je reviens à la recommandation n° 3,
donc, sur les différents paliers dans la catégorie résidentielle. Est-ce que
vous... parce que l'UMQ, si je ne m'abuse, proposait que le palier soit la
valeur moyenne des résidences, donc, au-delà d'une valeur supérieure à la
valeur moyenne, pour avoir un taux de taxation différent des résidences qui
sont en deçà de ce taux-là. Dans votre cas, est-ce que c'est la même
proposition ou est-ce que c'est plutôt en fonction d'une valeur établie, auquel
cas... Qu'est-ce que vous proposiez? Parce que, si, dans la loi, on mettait une
valeur établie dans... ça pourrait ne pas faire l'affaire de toutes les
municipalités, ou cette valeur-là, en raison du marché, pourrait être amenée à
changer, et là on serait pris avec ce qui serait indiqué dans la loi
précisément.
Mme Bélisle (France) : Exact.
Je pense que M. St-Pierre pourrait fournir une réponse à cette question.
M. St-Pierre (Mario) : Notre
demande n'est pas de fixer un... des tranches dans la loi, non, essentiellement,
c'est de nous permettre d'établir des tranches en fonction de notre réalité de
chacune des villes. Évidemment, ça risque de ressembler à quelque chose qui va
se rapprocher de la moyenne, fort probablement. Puis on a fait des simulations
chez nous, et évidemment, les meilleurs résultats, on les obtient près de la
moyenne. Ça fait qu'essentiellement ça risque d'être ça, mais on ne voudrait
pas être limités à une valeur qui est prescrite dans la loi, qui va changer à
chaque dépôt de rôle, effectivement. L'élément qui est important, nous, par
contre... Oh! excusez.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
bien, on a déjà 30 secondes de passées. Alors, à un moment donné, je ne
peux pas étirer, étirer, là.
M. St-Pierre (Mario) : C'est
beau, je termine.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
excusez-moi, c'est comme ça. Alors, je suis lousse, là, mais pas tant que ça.
Alors, député de Taschereau, vous avez 3 min 28 s, s'il vous plaît.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. On va retenir cette citation-là contre vous à un moment donné.
Merci pour votre présentation, messieurs
dames, Mme la mairesse, très intéressante et effectivement très révélatrice
d'un enjeu qu'on vit partout. Puis je tiens à le souligner à Mme la ministre, oui,
on le vit avec beaucoup d'acuité, là, disons, là, à Gatineau, mais je connais
bien la région de Charlevoix. Baie-Saint-Paul subit aussi cette pression-là,
qui est énorme aussi, sur les résidences. Des couples qui ont acheté leurs
maisons dans les années 70 aussi ont des taux de taxation qui sont
énormes. Donc, cette situation-là, elle n'est vraiment pas circonscrite à
Gatineau. Donc, je l'invite, Mme la ministre, à être attentive à ça.
Sur les propositions que vous proposez,
vous proposez un taux distinct de taxation, là, avec des paliers, limité à 500 000 $.
Est-ce que vous avez évalué d'autres mécanismes qui auraient pu atteindre le
même objectif avant de faire votre proposition, les taxes sur le patrimoine,
par exemple, ou autre chose?
Mme Bélisle (France) : Je ne
crois pas qu'on soit allés dans ce sens-là, M. St-Pierre, à moins que vous ayez
fait des petits calculs que je ne connais pas.
M. St-Pierre (Mario) : Non,
rapidement, on a regardé tous les pouvoirs qui étaient possibles dans la loi et
on a inséré... avec un pouvoir qui existe dans la loi pour le non-résidentiel,
qu'on voudrait appliquer dans le résidentiel.
M. Grandmont : Donc, vous
êtes restés à l'intérieur des paramètres de la loi. Vous n'avez pas proposé
quelque chose qui était complètement révolutionnaire non plus, là, de changer
complètement la façon de taxer les ménages ou, en fait, les propriétaires, là,
québécois.
• (12 h 20) •
Mme Bélisle (France) : Et, dans
les faits, ce qu'on demande, pour revenir aussi à la question précédente, c'est
un principe, et non pas un plafond, mais la souplesse de pouvoir le faire et de
s'adapter à la réalité de chacune des villes.
M. Grandmont : Et ce que je
comprends aussi, puis je pense que c'est ce qui a été dit par M. Demers, si je
ne me trompe pas, pour le nom, là, que, dans le fond, c'est un mécanisme qui
existe déjà pour le non-résidentiel, que vous voulez pouvoir appliquer au
résidentiel tout simplement.
Mme Bélisle (France) : Exact,
et qui ressemble beaucoup aux paliers d'imposition de l'impôt sur le revenu,
par exemple.
M. Grandmont : Parfait.
Merci. J'aimerais vous amener sur la taxe sur les logements vacants. Moi, je
vous avouerais que cette mesure-là, je la trouve intéressante parce
qu'effectivement ça peut permettre de remettre disponible sur le marché des
logements qui sont inoccupés. Donc, c'est un outil qu'on a, qu'on donne aux municipalités.
Évidemment, dans une situation de crise du logement qui, j'imagine, est très
aiguë à Gatineau, là, vous ne serez pas contre ce mécanisme-là, mais, sur la
difficulté de l'application, qu'est-ce que ça représente, pour vous, comme <moyens
à déployer, dans le fond...
M. Grandmont :
...difficulté
de l'application qu'est-ce que ça représente, pour vous, comme >moyens à
déployer, dans le fond, pour... parce que je comprends qu'à la base on compte
sur une dénonciation volontaire, mais, au-delà de ça, là...
M. Tanguay (Christian) : Bien,
écoutez, les éléments à prendre en compte, c'est vraiment l'accès à
l'information et la précision de l'information. Donc, tenant pour acquis où
nous n'avons pas la donnée en temps réel ou encore c'est une déclaration
volontaire, vous comprenez que ça peut amener des enjeux à différents égards, premièrement,
sur l'uniformité et l'équité. Donc, comment est-ce qu'on peut s'assurer que
l'ensemble des propriétaires, dans cette situation-là, paie sa juste part? Et,
d'autre part, il est important de nous assurer que ça soit opérationnalisable,
là, d'un point de vue de grand volume.
Alors, c'est là les enjeux que nous avons.
On n'est pas contre le principe. Nous sommes toutefois préoccupés sur la façon
de pouvoir le mettre en œuvre. On est toutefois ouverts à recevoir des idées ou
encore évaluer différents partenariats avec des instances gouvernementales qui
pourraient obtenir ce type d'information là pour nous faciliter la tâche. Donc,
à titre d'exemple...
M. Grandmont : Le ministère
du Revenu, par exemple, pourrait être impliqué là-dedans?
M. Tanguay (Christian) : Revenu
Québec.
M. Grandmont : Oui, Revenu
Québec.
M. Tanguay (Christian) : Exactement,
mais là on s'entend qu'à toutes les fois qu'on ajoute des partenaires, avec le
nombre de villes, les systèmes informatiques, il faut que ça se parle, etc. Là,
on parle de grands volumes, ça peut présenter certains défis. Toutefois, on est
ouverts.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons du côté des Îles-de-la-Madeleine pour 2 min 38 s.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci pour votre présentation, Mme la mairesse et votre
équipe.
Je vais revenir sur la question des taux.
Si on poussait un peu plus loin le parallèle entre les tables d'imposition puis
les taux que vous proposez, est-ce que vous avez envisagé la possibilité
d'avoir plus que deux taux? Si on veut être encore plus justes, plus équitables,
est-ce que ce serait possible? Est-ce que c'est ce que vous souhaiteriez
obtenir dans la loi, adopter deux taux ou trois taux, une table avec différents
taux?
Mme Bélisle (France) : Je
pense que M. St-Pierre est la bonne personne pour répondre à cette question-là.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
St-Pierre.
M. St-Pierre (Mario) : Nous,
comme on a mentionné tantôt, on s'est limités essentiellement à ce qui est
prévu dans la loi ou des articles de loi pour d'autres catégories. Évidemment,
on n'a pas exploité ou regardé, analysé la possibilité d'avoir plus que deux,
c'est... Évidemment, si on veut nous accorder le pouvoir d'en avoir plus que
deux, c'est quelque chose qu'on va regarder, évidemment.
M. Arseneau : Mais ça
pourrait être plus juste, évidemment, comme calcul, si on en avait davantage.
Je me posais la question, peut-être que vous y avez déjà... vous avez déjà fait
allusion à ça tantôt, mais est-ce que cette formule-là, elle serait vraiment
novatrice pour le Québec, mais est-ce qu'elle est éprouvée? Selon la réflexion
que vous avez faite ou la recherche, est-ce qu'ailleurs on utilise ce type de
formule?
Mme Bélisle (France) : En
fait, on le fait dans le commercial déjà.
M. Arseneau : Oui, pour le
commercial, mais, je veux dire, ailleurs dans le monde moderne?
Mme Bélisle (France) : Dans
d'autres provinces? On n'a pas fait pas cette vérification.
M. Arseneau : Non, vous
n'avez pas fait cette vérification-là. Et puis donc ce que ça voudrait dire
dans le concret, c'est qu'à l'adoption, au dépôt d'un nouveau rôle
d'évaluation, on adopte à la fois un taux et à la fois... bien, en fait, deux
taux, les paliers, et on peut les réviser à chaque dépôt de rôle d'évaluation.
Donc, le taux...
Mme Bélisle (France) : Exact,
là, l'exercice pourrait se faire basé sur la moyenne, et/ou la médiane, et/ou
les deux, là, en fonction de la réalité et de la fluctuation du marché.
M. Arseneau : D'accord. Donc,
à chaque année, on peut jouer avec le taux d'imposition, mais pas avec les
tables.
Mme Bélisle (France) : Probablement,
puis j'imagine...
M. Arseneau : C'est ça?
Mme Bélisle (France) : M.
St-Pierre?
M. St-Pierre (Mario) : Par
défaut, on va jouer avec les tables à cause que nous, on applique l'étalement
de base. Ça fait qu'évidemment notre table va... Les catégories... Les strates,
elles vont varier d'une année à l'autre, mais, en théorie, quelqu'un qui
n'applique pas l'étalement devrait normalement avoir la même table pour la
durée d'un rôle.
M. Arseneau : Pour la durée
d'un rôle? OK, c'est bien. Je vous remercie beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup... alors ce qui met un terme à notre consultation pour ce matin.
Alors, merci à la ville de Gatineau et ses représentants, et je vous souhaite
un bon dîner à tous.
(Suspension de la séance à 12 h 25)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 18)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. Juste bien
vérifier que vos téléphones cellulaires soient bien fermés.
Alors, nous en sommes... cet après-midi,
nous entendrons quatre groupes : la ville de Montréal, L'Institut de
développement urbain du Québec, Pre Fanny Tremblay-Racicot et Vivre en ville.
Alors, nous débutons par la ville de
Montréal. Alors, vous êtes en visioconférence. Alors, bonjour à vous trois. Alors,
dans un premier temps, vous vous présentez à tour de rôle, et, par la suite, la
personne qui présentera votre mémoire, bien, vous pouvez y aller directement.
Alors, à vous la parole.
Ville de Montréal
M. Therrien (Jean) : Alors, bonjour.
Jean Therrien, je suis directeur du Bureau des relations gouvernementales et
municipales à la ville de Montréal.
M. Rabouin (Luc) : Bonjour.
Luc Rabouin, président du comité exécutif de la ville de Montréal.
Mme Rault (Stéphanie) : Bonjour.
Stéphanie Rault, directrice par intérim du budget et de la planification
fiscale et financière.
M. Rabouin (Luc) : On y va?
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, allez-y.
M. Rabouin (Luc) : Parfait.
Merci beaucoup. M. le Président, Mme la ministre, Mmes et MM. les députés,
permettez-moi tout d'abord de vous remercier d'avoir convié la métropole du
Québec aux auditions d'aujourd'hui. Donc, je suis accompagné, ils se sont déjà présentés,
là, de M. Therrien et Mme Rault.
La ville de Montréal est heureuse de
prendre part aux présentes consultations entourant le dépôt du projet de loi n° 39,
la Loi modifiant la Loi sur la fiscalité municipale et d'autres dispositions
législatives, déposé dans la foulée de l'entente de partenariat conclue entre
le gouvernement du Québec et le milieu municipal. La ville de Montréal
accueille favorablement la volonté du gouvernement de répondre à plusieurs
demandes exprimées au fil des dernières années par les municipalités par l'introduction
de ce projet de loi. Celui-ci met en évidence la place du gouvernement du
Québec dans l'amélioration des milieux de vie des résidantes et des résidants
de sa métropole et sa volonté de lui donner les outils fiscaux supplémentaires.
• (15 h 20) •
En pérennisant le partage de la croissance
d'une partie de la taxe de vente du Québec avec les municipalités, ce projet de
loi représente un pas de plus vers une plus grande diversification des revenus
des municipalités.
Nous croyons toutefois que le projet de
loi pourrait certainement bénéficier de l'expertise de la ville de Montréal
afin de bonifier quelques aspects significatifs. Les modifications qu'on vous
propose aujourd'hui permettront de renforcer encore davantage les outils rendus
disponibles par l'introduction du présent projet de loi.
Comme vous l'avez constaté, le mémoire de
la ville de Montréal se décline en quatre axes. Le premier est celui d'atteindre
une fiscalité municipale plus efficace et plus équitable. Afin de rendre
permanente sa mesure fiscale destinée aux commerces et entreprises de taille
modeste, la ville de Montréal réitère sa demande de retirer l'obligation de
devoir mettre en place une stratégie de réduction du fardeau fiscal entre les
immeubles résidentiels et non résidentiels. En effet, la poursuite de cette
stratégie pourrait avoir pour effet l'accroissement du fardeau résidentiel plus
rapidement que celui des immeubles non résidentiels, dans un contexte où les
particuliers sont déjà très touchés par l'inflation, la hausse des taux des
prêts hypothécaires, etc.
Par ailleurs, la ville souhaite conserver
le pouvoir d'appliquer des taux différenciés pour les <immeubles...
M. Rabouin (Luc) :
...ailleurs,
la ville souhaite conserver le pouvoir d'appliquer des taux différenciés pour
les >immeubles non résidentiels de plus faible valeur. Dans le cas
contraire, l'abandon de cette mesure impliquerait un accroissement de près de
20 % du fardeau fiscal des petites entreprises situées dans des plus
petits immeubles non résidentiels. Dans un contexte de ressources limitées et
de forte dépendance à l'impôt foncier, comme vous le savez, qui notre
principale source de revenus, vous conviendrez qu'il serait souhaitable de
pérenniser cette approche gagnante qui est actuellement en place dans la
métropole, c'est-à-dire d'avoir un taux différencié, là, sur les plus petits
immeubles non résidentiels.
La hausse importante des valeurs des
immeubles résidentiels actuellement, de façon souvent hétérogène entre les
types d'immeubles, peut induire aussi un rebalancement abrupt de la facture
fiscale entre les propriétaires d'immeubles résidentiels. Cette situation
implique que, sans une intervention différenciée au niveau des taux de
taxation, les ménages montréalais supporteraient, dans un contexte de forte inflation,
des variations importantes de leur compte de taxes.
Afin de répondre à cet enjeu, la ville
recommande l'introduction d'un second jalon avec l'introduction de taux
différenciés pour les immeubles résidentiels similaires à ceux appliqués lors
de l'imposition des immeubles non résidentiels. Cette nouvelle flexibilité
permettrait la mise en place de découpages fiscaux plus efficaces, ce qui
partagerait plus équitablement les charges fiscales pour l'ensemble des
contribuables.
Le deuxième axe de notre mémoire concerne
l'amélioration de l'efficience par la densification. Le plafond imposé par la Loi
sur la fiscalité municipale, à deux fois le taux de base pour les immeubles de
la catégorie des terrains vagues desservis, prive les municipalités d'un outil
supplémentaire pour accélérer le développement de ces terrains. Le projet de
loi n° 39 accède à notre demande et permet ainsi
d'offrir un outil fiscal bonifié visant à encourager la densification du
territoire. Évidemment, la ville de Montréal accueille très favorablement
l'ajout de cette disposition.
Toutefois, le gouvernement propose
l'application par les municipalités d'un crédit de taxe obligatoire dans le cas
où les terrains vacants sont acquis par succession. En introduisant ce crédit,
nous sommes d'avis que la mesure visant à développer les terrains vacants s'en
trouve affaiblie. Alors que le legs d'un terrain vague puisse se révéler être
un déclencheur essentiel portant vers une utilisation plus optimale du terrain,
ce crédit, valide pour une longue période, minerait son efficacité au détriment
du bien-être collectif. Si l'intention du gouvernement est d'alléger le fardeau
fiscal dans le cas où des particuliers héritent d'un terrain, une modification
aux dispositions sur le gain en capital aurait permis ou permettrait
d'atteindre le même objectif sans alourdir les opérations des municipalités.
La ville de Montréal est d'avis que ce
crédit de taxe obligatoire de surcroît ne devrait pas se retrouver dans la Loi
sur la fiscalité municipale, notamment parce que celui-ci vise autant les
personnes physiques que les personnes morales.
Le troisième axe du mémoire porte sur les outils
fiscaux disponibles pour répondre à la crise du logement. La ville de Montréal
appuie la disposition du projet de loi qui permet d'imposer une taxe basée sur
la valeur foncière à l'égard des immeubles comportant un logement vacant ou
sous-utilisé à des fins d'habitation et ainsi favoriser le retour sur le marché
locatif de ses unités d'habitation. La mise en place d'une telle taxe nécessite
la collecte de données et la vérification de celle-ci.
Afin de répondre à cet enjeu, la ville de
Montréal recommande de prévoir que les municipalités disposent d'un pouvoir de
conclure, avec une autre personne, y compris des ministères et des organismes
gouvernementaux, une entente prévoyant le partage et le traitement
d'informations ou de données nécessaires à l'imposition et à l'application de
cette taxe.
La ville insiste aussi sur l'importance de
revoir les limitations prévues à l'article 500.5.3, et ce, afin de
permettre aux municipalités d'imposer la taxe sur les logements impropres à
l'habitation. Selon l'expérience de la ville, ces exceptions, telles que
rédigées actuellement, pourraient engendrer des effets délétères, notamment en
favorisant des attitudes contre-productives de la part de certains
propriétaires mal intentionnés qui pourraient volontairement faire que leurs
unités d'habitation deviennent impropres pour se soustraire de cette taxe.
La métropole recommande donc de prévoir
une exception donnant le pouvoir aux municipalités d'imposer une taxe relative
aux logements vacants ou sous-utilisés à l'égard de tout logement impropre à
l'habitation.
Le quatrième et dernier axe du mémoire de
la ville touche certaines des mesures plus techniques proposées dans le projet
de loi actuel, notamment les délais prévus pour le dépôt d'un rôle comportant
des sous-catégories et pour la préparation et le dépôt d'un rôle préliminaire
ou définitif. Je souhaite que ces éléments soient discutés à brève échéance
entre nos équipes pour qu'ils... puisqu'ils occasionnent des enjeux
opérationnels non négligeables.
En conclusion, il me fait plaisir de
réitérer l'accueil favorable de la <métropole...
M. Rabouin (Luc) :
En
conclusion, il me fait plaisir de réitérer l'accueil favorable de la >métropole
au projet de loi n° 39, lequel contient des mesures importantes et viennent
moderniser le régime fiscal municipal. Je tiens toutefois à rappeler que
l'obtention d'une plus grande diversification des sources de revenus demeure
une priorité pour la ville de Montréal. Les discussions formelles issues de la
déclaration de réciprocité se tiendront au cours des 12 prochains mois
entre le gouvernement du Québec et le milieu municipal. Elles seront clés pour
la suite des choses.
Par ces échanges, la ville de Montréal
souhaite atteindre, sur le plan fiscal, une plus grande agilité et une
diversification accrue de ses sources de revenus. L'atteinte de ces objectifs
est essentielle pour répondre, de façon pérenne, tant aux besoins des citoyens
montréalais qu'à l'atteinte des objectifs gouvernementaux dans les domaines de
l'environnement, de la lutte aux changements climatiques, du développement
social et du développement économique.
En terminant, je veux souligner la
relation, l'écoute, le dialogue, la relation... l'approche de collaboration
menée par la ministre de l'Habitation. Donc, je tiens à rassurer tous les
parlementaires, il y a une réelle volonté de collaborer. On est très heureux de
la façon que le dossier chemine, de l'écoute qu'on a, et, pour nous, c'est
vraiment très important que ce projet de loi là soit adopté le plus rapidement
possible. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup. Alors, nous allons procéder maintenant à une période d'échange,
en commençant par Mme la ministre. Alors, la parole est à vous.
Mme Laforest : Oui. Alors, bonjour,
M. Therrien. Encore une fois, bonjour, heureuse d'être avec vous. M.
Rabourin... bien, Rabouin, oui, félicitations, parce que maintenant vous êtes
président du comité exécutif. Ça s'est fait rapidement. Merci beaucoup. Mme
Rault, salutations également.
Je vais tout de suite revenir sur la
recommandation 5 : «La ville de Montréal recommande de prévoir une
exception donnant le pouvoir aux municipalités d'imposer une taxe relative aux
logements vacants ou sous-utilisés à l'égard de tout logement impropre à
l'habitation.» Ce n'était pas... Ça, c'est une recommandation que vous voulez, sauf
que, là, si je comprends bien, ou vous allez m'expliquer, le logement impropre,
il faudrait qu'il soit sorti de la loi, si je vous entends bien. Sinon,
expliquez-moi. Je ne comprends pas la différence entre les deux que vous
voulez.
M. Rabouin (Luc) : En fait,
ce qu'on veut, c'est que la taxe s'applique aussi aux logements impropres à
l'habitation. Parce que si ce n'est pas le cas, bien, certains propriétaires
malintentionnés pourraient juste laisser se dégrader leurs logements pour
qu'ils deviennent impropres à la location et ainsi se soustraire à la taxe sur
les logements vacants. Donc, un propriétaire pourrait décider, par exemple,
d'enlever les toilettes dans son immeuble. Ce n'est plus un logement qui est
propre à l'habitation, et, bien, de cette manière-là, on ne peut pas lui
imposer la taxe sur les logements vacants.
Mme Laforest : OK. Bien,
juste me le clarifier, par exemple, parce qu'on me disait que c'était une
demande de la ville de Montréal, ça. Donc, ce n'est pas vraiment... On devrait le
lire comme la recommandation et non ce que vous avez demandé dans le passé. C'est
ça?
M. Rabouin (Luc) : Bien, en
tout cas, ce qui est écrit dans le mémoire, c'est ce qu'on demande aujourd'hui.
Mme Laforest : OK, parce
qu'il y a peut-être eu un changement, là.
Il y a la recommandation 3 : «La
ville de Montréal demande de retirer l'article 40 du projet de loi n° 39, qui
prévoit un crédit de taxes obligatoire dans le cas de l'acquisition d'un
terrain vague par succession.» Nous... Je vais juste vous expliquer les
demandes qu'on a eues. Peut-être que vous allez mieux comprendre le besoin de
respecter les successions. En fait, c'est qu'il y a quand même... puis c'est
très rare, là. Tu sais, il n'y en a pas énormément dans les municipalités, là.
Mais ceux ou celles qui, si je peux dire, qui reçoivent ou qui ont la chance
d'avoir un terrain qui a été donné dans une succession, bien, c'est sûr que
leur dire tout de suite : OK, le terrain est vacant, on va vous le
surtaxer, mais... c'est assez embêtant.
• (15 h 30) •
Ce qu'on disait, c'est que ce serait quand
même important de respecter qu'il y a eu un moment où le terrain a été donné
par succession. Est-ce qu'on doit tout de suite le taxer ou le surtaxer parce
qu'il est vacant? C'est une question à se poser. C'est pour ça qu'au départ on
disait : Au moins, laissez une période... Je sais que, là, c'est cinq ans.
On avait discuté aussi que ça pourrait être trois ans. Maintenant, on va
discuter avec mes collègues ici, en commission parlementaire, mais sauf que
ceux qui ont un legs, on arrive tout de suite en disant... Un jeune de 30 ans,
mettons, qui reçoit un terrain en succession à Montréal, et tout de suite on le
surtaxe parce que le terrain est vacant, vous n'êtes pas d'accord de lui
laisser une chance de voir : Est-ce qu'il va avoir un projet? Est-ce qu'il
va construire ou est-ce qu'il va... Est-ce qu'il veut le vendre ou... Tout de
suite, vous, vous dites : Non, il n'a pas d'affaire à... Il doit
absolument faire partie, comme ceux qui ont des terrains vacants... être
surtaxés. Qu'est-ce que vous en pensez?
M. Rabouin (Luc) : Ma
compréhension des choses, c'est que le terrain vacant, il doit avoir déjà une
surtaxe, parce que c'est un terrain vacant lors de la succession, donc il était
déjà imposé à ça. Parce que ce qu'on veut, c'est d'éviter que des terrains
restent vacants, hein? On en a <très peu encore, des terrains vacants...
>
15 h 30 (version révisée)
< M. Rabouin (Luc) :
...on
en a >très peu encore, des terrains vacants qui sont disponibles, et
pour construire du logement, et pour faire du développement économique. Donc,
on veut juste éviter... Notre objectif, c'est d'éviter que... ce terrain-là, qu'on
encourage qu'il reste vacant.
Mme Laforest : D'accord, sauf
que là, présentement, les terrains sont taxés deux fois et non quatre fois,
comme le projet de loi le propose, là.
M. Rabouin (Luc) : Exact. Et
donc, là, il reviendrait à quatre fois.
Mme Laforest : Oui, mais
présentement il ne l'est pas, à quatre fois. Donc, vous, vous n'êtes même pas
pour dire : OK, on vous le laisse à deux fois, pendant trois ans ou cinq
ans, peu importe, là. Tout de suite, ce serait quatre fois, c'est ça?
M. Rabouin (Luc) : Bien,
écoutez, nous, notre position, là, c'est vraiment qu'il y ait un incitatif, parce
que la loi, ce qu'elle prévoit, c'est... En fait, l'idée de taxer à quatre
fois, c'est que c'est un incitatif au développement. Donc, on veut juste éviter
qu'il y ait un message qui s'envoie, où on dit : Ah! bien, on... Donc,
après cinq ans, on trouvait que c'était beaucoup. Peut-être qu'il y a moyen de
trouver une façon intermédiaire. Ce qu'on veut surtout, c'est de nous assurer
qu'on n'encourage pas que le terrain reste vacant pendant trois, quatre, cinq
ans. C'est ça, notre objectif principal.
Mme Laforest : Oui, c'est
toujours l'objectif, c'est pour ça qu'on le met dans le projet de loi.
Avez-vous fait un inventaire, admettons, à Montréal? Parce que cette demande-là
est là depuis que je suis en poste... en fait, depuis cinq ans. Avez-vous un
inventaire des terrains vacants à Montréal?
Mme Rault (Stéphanie) : Oui,
oui. Dans le rôle d'évaluation, oui.
Mme Laforest : Vous êtes...
Puis ça ressemble à quoi?
Mme Rault (Stéphanie) : Dans
quel sens?
Mme Laforest : Bien, vous en
avez, admettons, combien, en pourcentage, là, de... ou vous en avez combien,
environ?
Mme Rault (Stéphanie) : Il
faudrait que je vous revienne pour ça. Je n'ai pas les chiffres en tête sur le
nombre. Ce qu'on sait, c'est que... et ce qu'on a fait valoir dans le passé, c'est
que d'augmenter la taxation des terrains vagues de deux à trois fois le taux,
par exemple, ça rapporterait à peu près 10 millions de dollars à la
ville de Montréal.
Mme Laforest : OK. C'est bon.
Mme Rault (Stéphanie) : Mais,
en nombre de terrains, il faudrait vous revenir.
Mme Laforest : OK. Non, bien
là, c'est... on va être capables de faire le calcul. Pour les logements
vacants, est-ce que vous voyez ça... parce qu'il y en a certains qui nous
disent que ça pourrait être complexe, mettre ça en place, taxer les logements
vacants. Comment vous voyez ça, pour Montréal?
M. Rabouin (Luc) : Bien, c'est
sûr qu'il y a un enjeu de complexité pour la mise en œuvre. Je pense qu'on est
d'accord sur l'objectif, c'est un bon moyen. Ce qu'on veut, c'est que les
logements reviennent sur le marché locatif. On est en pleine crise de logement,
là, donc je pense qu'on a tous cet objectif-là de nous assurer que les
logements qui existent devraient être rendus aussi disponibles sur le marché.
Sur l'application, c'est pour ça qu'on a
une demande qui est de nous permettre, dans la loi, de conclure des ententes,
notamment avec des ministères et des organismes publics, pour s'assurer qu'on
puisse partager des informations, justement, pour faciliter l'application et la
mise en œuvre.
Mme Laforest : D'accord. Au
niveau des redevances de développement, vous savez, pourquoi on met ça en
place, de mieux encadrer les redevances de développement, c'est parce qu'il y a
certains abus dans certaines municipalités, comme je le mentionnais ce matin. À
Montréal, est-ce que vous avez des exemples, présentement, ou ça se passe bien,
ou c'est plus complexe?
M. Rabouin (Luc) : Nous, on a
des ententes de développement, on fait des accords de développement dans
certains projets. On n'a pas de redevance particulière de développement.
Mme Laforest : Il n'y a pas
aucune redevance?
M. Therrien (Jean) : En fait,
il n'y a que celles qui sont imposées pour le REM, pour le projet du REM de l'Ouest,
mais il n'y a pas de redevance de... touchée directement par la ville parce qu'on
crée... on conclut des ententes avec les développeurs pour des territoires
précis, des ententes de développement.
Mme Laforest : OK. Ensuite,
au niveau des sous-catégories résidentielles, je voulais vous poser la question :
Pensez-vous qu'en ajoutant ces sous-catégories-là résidentielles, ça va
permettre à Montréal de mieux répartir l'augmentation du fardeau fiscal, en
particulier, là, pour les résidences?
M. Rabouin (Luc) : Oui, tout
à fait. On envisage ça positivement. Ça va nous permettre une meilleure équité.
Mme Laforest : C'est bon.
Ensuite, vous avez la possibilité d'avoir un programme pour les nouveaux
acheteurs, puis nous, dans le projet de loi n° 39, on veut ajouter une
disposition, en fait, pour les premiers acheteurs dans toutes les municipalités
du Québec. On le sait que Montréal et Québec ont déjà cette possibilité-là.
Est-ce que vous vous en servez beaucoup?
M. Rabouin (Luc) : Pour les
nouveaux acheteurs?
M. Therrien (Jean) : Vous
parlez du remboursement de la taxe de bienvenue?
Mme Laforest : Oui. Est-ce
que vous le faites ou c'est plus... Est-ce que vous vous en servez?
M. Therrien (Jean) : On l'a
appliqué, effectivement, il y a des citoyens qui en ont bénéficié. Et je crois
qu'elle est encore en vigueur, mais elle a été... jusqu'à l'an dernier, elle l'était.
Mme Laforest : OK. Puis je
pose la question, là... ne soyez pas inquiets, là, je pose la question à tout
le monde. Est-ce qu'aujourd'hui vous êtes encore en mesure de dire qu'on serait
peut-être plus prudents ou plus sérieux, si on ajoutait <certaines...
Mme Laforest :
...vous
êtes encore en mesure de dire qu'on serait peut-être plus prudents ou plus
sérieux, si on ajoutait >certaines recommandations pour les offices de
consultation publique? Parce que vous savez que vous n'avez pas... vous n'êtes...
pas juste à Montréal, il y a Longueuil aussi. Donc, est-ce que vous seriez en
faveur, si on ajoutait certaines mesures, mais sans aller dans les détails, là,
je ne veux pas avoir de malaise, mais, en même temps, si on était plus... si
c'était mieux encadré, seriez-vous à l'aise avec cette mesure-là, si on
ajoutait une mesure dans le PL n° 39, avec mes collègues?
M. Rabouin (Luc) : Évidemment,
nous, depuis le début de la situation qui se passe au cours des dernières
semaines... Nous, on a défendu très fortement la pertinence, la nécessité de
l'Office de consultation publique de Montréal comme contribution à la
démocratie, mais on a aussi dit qu'il fallait absolument renforcer les
mécanismes d'encadrement, notamment en ce qui concerne la gestion. C'est
important que l'office soit indépendant dans ses recommandations, ses processus
de consultation, mais, sur la gestion, elle doit rendre des comptes et il doit
y avoir des mesures d'encadrement beaucoup plus claires. Donc, on est
évidemment favorables à ça.
Mme Laforest : Merci. Puis
les dispositions de redevances, comme vous parliez tantôt, M. Therrien, pour le
REM, est-ce que c'est bienvenu? Est-ce que vous avez eu, je ne sais pas, là, de
la difficulté à mettre ça en place ou... Comment vous voyez ça, cette... parce
que, là, c'est sûr, chez vous, c'est possible, mais, si on le met à la grandeur
du Québec, comment vous voyez ça? C'est quoi, le positif, et quels sont les
enjeux, selon vous?
M. Therrien (Jean) : Bien,
écoutez, je ne suis pas un spécialiste des questions de transport et de
redevances, là, et je crois que ça rapporte... elle va rapporter quand même des
revenus substantiels au CPDQ pour le REM de l'Ouest, la redevance, là, sur le
REM. Il est aussi question qu'il y en ait une qui va être appliquée aussi pour
la ligne bleue dans l'est de Montréal. Donc, c'est une source de revenus qui a
une certaine, comment dire, force, qui amène un certain revenu, des sommes de
revenus intéressantes.
Maintenant, il faut évidemment les moduler
en fonction de quels types de bâtiments sont visés, et on a... notamment pour
le REM de l'Ouest, ça a été exclu, les logements sociaux, de cette
redevance-là, et il y a discussion pour le faire, quelque chose de similaire
avec le REM de... avec la ligne bleue dans l'Est, donc... mais oui, c'est une
mesure qui peut avoir un effet positif en termes de retour sur l'investissement
public et de permettre de financer des travaux, des installations publiques
comme un système de transport structurant.
Mme Laforest : OK. C'est bon.
Vous dites : ajouter la disposition selon la valeur de la propriété. Vous,
la valeur par secteur, ce n'est pas suffisant, j'imagine?
Mme Rault (Stéphanie) : La
valeur par secteur... En fait, ce qui est recherché, ce serait une disposition
similaire à celle qui est disponible pour les immeubles non résidentiels, donc
ce serait d'ajouter de la progressivité dans l'impôt foncier et non pas de
découper par... en fonction des valeurs moyennes des différents secteurs de la
ville.
Mme Laforest : OK. Moi, j'ai
terminé les questions que j'avais... parce que c'est sûr que ça fait plusieurs
années qu'on travaille ce projet de loi là, donc je connais pas mal vos
demandes, mais, en même temps, je vais laisser plus de temps à mes collègues,
si vous voulez bien. Merci, puis j'espère que ça va bien aller. Ça devrait bien
aller, l'étude, mais... Voilà. Est-ce que vous aviez des questions...
Des voix : ...
Mme Laforest : OK, c'est bon.
• (15 h 40) •
Le Président (M. Schneeberger) : Non?
Alors, bon, parfait. Alors, merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du
côté de l'opposition officielle, et je donne la parole à la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Et, M. le
Président, combien de temps on a?
Le Président (M. Schneeberger) : Étant
donné que le député des Îles-de-la-Madeleine est présent, alors, à ce
moment-là, vous avez un 10 min 24 s.
Mme Dufour : Excellent.
Merci. Donc, merci à vous trois d'être présents.... virtuellement, mais d'être
avec nous pour la présentation.
Je veux peut-être vous entendre, vu que...
je ne pense pas qu'on en ait parlé... vous en ayez parlé, mais la valorisation
des droits aériens pour les projets structurants en transport, ça fait partie
de votre mémoire, recommandation 4. Dans le fond, ce que vous souhaitez, c'est
de pouvoir, là... Dans le fond, là, vous parlez qu'il y aurait une possibilité
de jusqu'à 300 millions en financement innovant, mais qu'actuellement... le
cadre légal actuel, là, empêche la STM de réaliser ces valorisations. Alors,
j'aimerais vous entendre davantage à ce sujet.
M. Therrien (Jean) : Bien, je
vais me permettre de répondre. Ça fait un peu un lien avec la question de la
ministre sur les redevances de développement. Le 300 millions, notamment,
là, évoqué va venir de cette source de revenus. Et pour faire... pour tenir des
redevances de développement, il faut faire du développement. S'il n'y a pas de
développement, il n'y a pas de redevances, on <s'entend...
M. Therrien (Jean) :
S'il
n'y a pas de développement, il n'y a pas de redevances, on >s'entend.
Donc, les stations de métro... puis la loi
actuelle qui encadre les sociétés de transport, c'est qu'elle ne peut que
construire l'édicule de l'entrée de métro, mais elle ne peut pas construire
l'édifice sur les droits aériens qui surplombent cet édicule-là, de sorte que
c'est compliqué, après ça, de... Ce qu'on souhaite, c'est que... la demande
qu'on fait, c'est que la STM puisse s'asseoir avec un partenaire privé qui est
propriétaire des terrains adjacents et qu'on puisse construire un complexe qui,
à la fois, est sur le terrain adjacent puis aussi sur les droits aériens de
l'édicule, de façon à rentabiliser et à densifier au maximum le terrain, qui
est un terrain de grande valeur, hein? Notamment, sur la ligne bleue, quand
même, les terrains sont chers. Donc, sinon, avec la loi actuelle, on va se
retrouver avec des petits édicules sur des terrains énormes qui ont grande
valeur, avec aucun logement, aucun commerce, parce que le seul commerce qu'il y
aura, c'est peut-être le dépanneur dans l'édicule de la station de métro.
Alors, on pense que cet ajustement-là
permettrait... et c'est notamment important pour une des stations, où on
pourrait aller en appel d'offres avec un promoteur propriétaire des terrains
adjacents, le... pour faire un appel d'offres conjoint, à la fois l'édicule et
la tour qui serait sur l'édicule, que ce soit de l'habitation ou du commerce,
mais probablement plus de l'habitation dans ce cas-là. Alors, voilà l'idée
derrière cette demande.
Mme Dufour : Et est-ce que
vous avez un libellé, que vous pourriez nous proposer, de ce que vous souhaitez
comme modification pour avoir... dans le fond, pour atteindre l'objectif que
vous visez? Est-ce que ce serait possible...
M. Therrien (Jean) : Oui,
qu'on pourrait envoyer au ministère dans les prochaines heures ou prochains
jours.
Mme Dufour : Excellent. Merci
beaucoup. OK. Je vais peut-être vous parler de logements vacants. Un peu plus
tôt aujourd'hui, on a rencontré des gens de la Fédération québécoise des
municipalités, qui nous soulignaient que pour... eux, ils voyaient
difficilement, là, applicable cette taxe-là parce qu'ils ne connaissaient pas
l'état, dans le fond, de vacance, là, des logements sur leurs territoires.
Et là, en lisant votre mémoire, il semble
que... ça semble aussi une difficulté chez vous, qui êtes quand même la plus
grande ville du Québec. Donc, vous parlez, là, qu'il serait peut-être
nécessaire de prévoir le partage d'informations avec d'autres organismes pour
obtenir l'information. Donc, je ne sais pas si vous pouvez m'en dire plus sur
l'état de la connaissance que vous avez des logements vacants sur votre
territoire.
M. Therrien (Jean) : Peut-être
plus Stéphanie, mais...
Mme Rault (Stéphanie) : C'est
sûr que ce type de taxe là est plus complexe à mettre en place que de l'impôt
foncier, donc ça va nous demander certains ajustements dans nos différents
processus. Ce qu'on a observé ailleurs, c'est beaucoup de pratiques
d'autodéclaration avec, bien entendu, des enquêtes de la municipalité qui met
en place la mesure pour s'assurer de l'exactitude des renseignements qui ont
été déclarés.
Par contre, pour certains éléments plus
spécifiques, là, notamment, dans le projet de loi, on prévoit des exemptions
pour toute personne qui serait liée au propriétaire, donc, pour s'assurer que
ces choses-là soient bien validées. Parfois, ce sont des renseignements qui
sont déjà détenus par des agences gouvernementales. Donc, pour éviter un
dédoublement du fardeau administratif pour le citoyen, là, on souhaite pouvoir
conclure des ententes ciblées pour valider certaines informations comme ça avec
différentes agences gouvernementales ou autres qui détiendraient déjà l'info.
M. Rabouin (Luc) : Puis
peut-être, je peux ajouter, le défi d'application, c'est sûr qu'il est
important, puis on le voit dans l'application de notre réglementation sur la
location touristique, par exemple. Donc, c'est un défi d'avoir l'information,
mais on en a de l'information. On n'a pas des données objectives, mais on a des
signalements, on a des gens qui nous appellent, qui nous informent qu'il y a de
la location touristique, donc c'est comme ça qu'on est capables aussi
d'intervenir.
Donc, ça, c'est un élément, c'est un
mécanisme d'information dont on dispose, mais, si on était capables d'avoir des
ententes avec certains ministères ou organismes pour partager, évidemment, de
manière confidentielle, entre nous, des informations, ça nous aiderait à
appliquer la réglementation.
Mme Dufour : Et est-ce que
vous considérez qu'il y en a beaucoup, des logements vacants qui répondent à
tous les critères, là, d'exclusion qu'on... Et là je comprends que ça n'inclut
pas non plus ceux qui s'en vont sur le marché du Airbnb, là, de l'hébergement
touristique temporaire. Donc, est-ce qu'il y en aurait beaucoup que ça
serait... que ça pourrait s'appliquer, finalement, cette taxation-là?
Mme Rault (Stéphanie) : Bien,
c'est sûr que c'est difficile à chiffrer de manière précise parce qu'on n'a pas
l'inventaire en ce moment, mais on pense que le potentiel est là. Encore une
fois, ce n'est pas une mesure qu'on mettrait en place nécessairement pour
obtenir des revenus, mais vraiment pour les effets bénéfiques que la mesure va
causer, donc d'inciter les propriétaires à rendre les logements disponibles sur
le marché de la location à long terme.
M. Rabouin (Luc) : C'est
vraiment ça, notre objectif, là, dans le contexte du manque de logements, là.
Mme Dufour : Je <comprends...
Mme Dufour :
Je >comprends.
Ça pourrait, finalement, vous coûter plus cher que les revenus que vous en
gagneriez, parce que je comprends qu'il y a quand même des mises à jour de
système, puis il va falloir aller chercher l'information, là. Ça fait que ce ne
serait peut-être pas un gain, mais je comprends que ce serait un gain pour la
construction.
L'Union des municipalités du Québec, ce
matin, suggérait d'augmenter à 3 % le maximum de la valeur foncière, là,
de la valeur du rôle foncier de cette taxation-là. Vous, vous semblez satisfait
du 1 % qui est proposé actuellement. Est-ce que vous avez fait des
évaluations, des scénarios?
Mme Rault (Stéphanie) : Bien,
c'est sûr que ce qu'on observe dans d'autres juridictions... les taux en
vigueur sont plus élevés. C'est sûr que ça a pu être mis en vigueur de façon
graduelle. Donc, même si on avait un plafond plus élevé, à 3 %, ça semble
cohérent avec ce qu'on voit ailleurs, à Vancouver, à Toronto, etc. Donc, ce
serait effectivement intéressant. Comme toute mesure fiscale, c'est bien d'y
aller graduellement, donc peut-être que le... 1 % en début, et puis, en
fonction de l'effet de la mesure, cela pourrait être réévalué dans le futur.
Mme Dufour : OK. Parfait. Je
vais maintenant passer la parole à ma collègue de La Pinière, députée de La
Pinière. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Allez-y,
députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, j'aimerais vous entendre sur votre recommandation n° 7,
à propos des rôles d'évaluation, le moment qui semble... vous semblez dire que
ça porte... ça cause problème, actuellement, le dépôt de tous les rôles en même
temps. Alors, est-ce que vous pouvez nous en parler davantage?
Mme Rault (Stéphanie) : Oui.
Alors, dans le cas particulier de Montréal, nous sommes une agglomération dans
laquelle il y a 16 municipalités différentes, et, dans le contexte de...
dans ce contexte bien particulier, les rôles de toutes les municipalités
doivent être déposés de manière définitive en même temps. Donc, si une seule
des municipalités sur l'île demande à l'évaluateur un rôle préliminaire, ça
retarde les travaux des 15 autres municipalités. Donc, ce qu'on demande,
c'est de pouvoir ne pas retarder les travaux des autres municipalités si une
municipalité choisit de se prévaloir des disponibilités... des dispositions
pour les sous-catégories.
Mme Caron : Et il n'y a pas
de... il n'y aurait pas d'effet négatif sur la taxation après? C'est-à-dire que,
s'il y a une municipalité qui le fait plus tard que les autres, pour l'entrée
en vigueur, est-ce que...
Mme Rault (Stéphanie) : Il ne
devrait pas y avoir d'effet négatif sur la taxation à l'intérieur de la
municipalité. Puis pour s'assurer qu'il n'y ait pas d'effet sur la taxation à
l'intérieur de l'agglomération, par le biais des quotes-parts, il faudrait
s'assurer qu'entre le dépôt du rôle préliminaire et le dépôt du rôle définitif,
il n'y ait pas de modification qui soit apportée aux unités d'évaluation, autre
que simplement, là, la catégorisation... d'évaluation.
Mme Caron : D'accord. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Une
minute.
Mme Dufour : Oui, merci. Je
veux juste... j'attends le micro. Voilà. OK. Je veux peut-être... Dernière
question que je vous poserais, c'est concernant votre recommandation 1, de
retirer l'obligation de l'exigence de se doter d'une stratégie de réduction de
l'écart du fardeau fiscal. Est-ce que vous pouvez en parler davantage de cette
demande-là?
• (15 h 50) •
M. Rabouin (Luc) : Oui. En
fait, actuellement, on a la possibilité d'avoir un taux différencié. Donc,
nous, ce qu'on fait à Montréal, c'est que, pour les immeubles non résidentiels,
la première tranche de 900 000 $ à un taux de taxation plus bas que
le reste de l'immeuble... ce qui nous permet, là, de protéger les petits
immeubles commerciaux, là, classiques de nos rues commerciales, par exemple,
les petites entreprises. Et ça, c'est possible, s'il y a une stratégie de
réduction de l'écart entre le résidentiel et le non résidentiel.
Dans le contexte actuel d'inflation
importante, d'augmentation des valeurs résidentielles, on pense que ce n'est
pas... en tout cas, on ne souhaite pas avoir l'obligation... on veut pouvoir
maintenir le taux différencié sans avoir l'obligation d'avoir une stratégie de
réduction de l'écart fiscal entre le résidentiel et le non résidentiel. Sinon,
ça va vouloir possiblement dire une augmentation importante du fardeau fiscal
sur les immeubles résidentiels, parce que, si le non résidentiel paie moins,
bien, il y a quelqu'un qui paie, au final, puis ça va être le résidentiel.
Mme Dufour : D'accord. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition avec
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Combien de
temps, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) : 3 min 28 s.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Bonjour à vous trois. Merci pour votre participation. Merci pour
votre mémoire.
J'aimerais vous amener, rapidement, là,
sur les logements vacants. Donc, dans le fond, ce que je <comprends...
M. Grandmont :
Donc,
dans le fond, ce que je >comprends de votre proposition, c'est d'élargir
un peu la notion de logement vacant, d'amener les logements qui sont impropres
aussi à l'habitation, normalement, pour pouvoir les taxer aussi. Quel effet
vous pensez que ça peut avoir sur le retour d'une plus grande offre
d'habitation sur le marché pour les ménages locataires?
M. Rabouin (Luc) : Bien, en
fait, la mesure, comme telle, sur les logements vacants, on pense que ça va
avoir un impact incitatif pour remettre des logements sur le marché locatif,
là, qui est notre principal objectif. Et ce qu'on veut surtout éviter, c'est
que certains propriétaires mal intentionnés s'arrangent pour que leur logement
qui est propre à la location devienne impropre à la location juste pour se
soustraire de ça. Et ça, ce n'est pas une bonne affaire. Donc, on comprend
l'intention, mais on pense qu'il faut éviter cet effet délétère là en taxant
l'ensemble des unités d'habitation.
M. Grandmont : Non, je
comprends. Je comprends bien. On a d'ailleurs des cas, nous aussi, à Québec,
là, dans le Vieux-Québec, notamment, là, de logements qui sont comme ça, un peu
à l'abandon, qui sont probablement... qui rentrent dans cette catégorie, là, de
logements impropres.
Sur les expropriations déguisées,
j'aimerais vous entendre. Ça représente quoi, pour vous, là, comme... parce que
je comprends bien qu'on fait référence au projet de loi n° 22, dans lequel
on n'a pas réussi à faire bouger le gouvernement, là, sur la question des
expropriations déguisées. En même temps, ça représente quoi pour la ville de
Montréal de ne pas avoir eu cela dans le 22, puis, dans le fond, pourquoi vous
le ramenez dans le 39, là?
M. Rabouin (Luc) : Bien,
c'est important pour nous que cette disposition-là soit dans le projet de loi
n° 39. Notre compréhension, c'est que c'était transféré dans le projet de
loi n° 39. C'est une mesure qui est essentielle pour
nous, et la ville de Montréal, et la communauté métropolitaine, on a une
position commune là-dessus. C'est vraiment essentiel que ça... je veux dire,
c'est au cœur de nos enjeux. Si on veut protéger des milieux naturels, il faut
qu'on puisse avoir cette protection-là, les municipalités.
M. Grandmont : Parfait. Je
vous remercie. Et finalement, sur le fait de s'unir à un promoteur pour
favoriser le développement au-dessus des abords d'une infrastructure, là, de
transport collectif, là, est-ce que vous ciblez ça simplement pour les édicules
de métro? C'est l'exemple que vous avez utilisé. Parce qu'on comprend aussi que
ça... c'est là où il y a le plus grand potentiel, finalement, de développement
résidentiel, puis il y a aussi une réponse, à quelque part aussi, à la crise du
logement puis à la possibilité de bâtir des aires TOD là où on articule bien le
transport collectif et l'urbanisme. Est-ce que ça peut s'appliquer dans
d'autres types d'infrastructures de transport que vous avez... qui sont sous la
juridiction, par exemple, de la STM?
M. Rabouin (Luc) : Bien,
essentiellement, puis mes collègues pourront compléter, c'était autour des
stations de métro parce que c'est l'enjeu principal. En plus, on a une station
de métro, donc ce qu'on veut, c'est des logements proches de la station de
métro, là. On a besoin de ça, là, dans notre perspective de densification.
Donc, c'est essentiellement autour des stations de métro.
M. Grandmont : Parfait. Je
vous remercie. Merci pour votre mémoire.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté du député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
2 min 36 s.
M. Arseneau : D'accord.
Merci, M. le Président. Merci à vous trois pour la présentation.
Alors, je voulais d'abord parler de la
façon d'intervenir pour tenter d'atténuer les effets de la crise du logement. À
la page 8 de votre mémoire, vous dites qu'encore faut-il que l'outil
puisse être suffisamment incitatif, puis vous faites référence au fait qu'une
taxe... en fait, que vous auriez besoin d'informations, un partage
d'informations détenues par d'autres organismes. Vous faites référence à quels
organismes qui devraient être mis à contribution, qui auraient cette
information que vous dites ne pas posséder?
M. Rabouin (Luc) : Bien, on
pense évidemment à Revenu Québec, en premier lieu, avec qui on pourrait
partager des informations. C'est la principale, je pense, source d'information
potentielle.
M. Arseneau : D'accord.
Maintenant, l'autre élément, sur, justement, la page 9, concernant, là,
les logements qui sont vacants ou sous-utilisés, la recommandation 6, vous
dites : prévoir une exception. En fait, ce que je comprends, c'est que
vous voudriez qu'on puisse se soustraire aux exceptions qui sont proposées dans
le projet de loi. C'est ce que je comprends, donc, c'est... non pas une
exception pour la ville de Montréal, c'est de dire que ces exceptions-là ne
devraient pas nécessairement être retenues. C'est à peu près ça?
M. Rabouin (Luc) : Exact.
M. Arseneau : D'accord, OK.
Maintenant, l'autre question que j'avais, c'était concernant les taux
différenciés pour les immeubles résidentiels. Ce matin, avec la ville de
Gatineau, on a discuté d'une proposition qui me semble être similaire. Je ne
sais pas si vous avez eu l'occasion d'entendre leur présentation. Est-ce que
vous parlez, par exemple, de l'adoption d'une espèce de table de taux selon la
valeur des résidences, et donc d'avoir des taux différenciés? C'est un peu
similaire à ce qu'on a discuté ce matin?
M. Rabouin (Luc) : Bien, je
ne peux pas.... Nous, on est en conseil municipal aujourd'hui, donc je n'ai pas
pu entendre la ville de Gatineau, mais c'est l'idée. On a déjà cette
disposition-là pour les immeubles non résidentiels, comme je l'expliquais un
peu précédemment. La première tranche de 900 000 $, par exemple...
Donc, les plus petits immeubles ont un taux différencié et ensuite... C'est un
impôt, c'est une taxe <progressive...
M. Rabouin (Luc) :
C'est
un impôt, c'est une taxe >progressive, et on a la même vision pour le
résidentiel.
M. Arseneau : Est-ce que vous
ne voyez que deux taux ou la table pourrait comporter plusieurs taux?
M. Rabouin (Luc) : Elle
pourrait comporter plusieurs taux, mais, pour nous, deux taux, ce serait déjà
une très bonne avancée. On cherche quelque chose de simple à appliquer.
M. Arseneau : D'accord. C'est
bien. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Bon.
Alors, merci beaucoup. Cela met fin à nos discussions. Alors, je vous remercie
de votre présentation. Alors, nous allons suspendre quelques instants et
nous reviendrons avec L'Institut de développement urbain du Québec.
(Suspension de la séance à 15 h 57)
(Reprise à 15 h 59)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, je salue L'Institut du développement urbain
du Québec, alors... et ses deux représentants. Alors, bonjour à vous deux. Dans
un premier temps, même si je vous connais déjà... pour une ancienne vie, alors
vous vous présentez avec votre titre, et puis, par la suite, vous présenterez
votre mémoire. Alors, allez-y.
L'Institut de développement urbain du Québec (IDU‑Québec)
Mme Melançon (Isabelle) : Bonjour,
M. le Président. Isabelle Melançon, PDG de L'Institut du développement urbain
du Québec.
M. Cloutier (Carl) : Carl
Cloutier, vice-président Exploitation, Institut de développement urbain du
Québec.
Mme Melançon (Isabelle) : Alors,
M. le Président, je vous salue. Je salue aussi la ministre des Affaires
municipales. Mmes, MM. les députés, très heureuse de vous retrouver
aujourd'hui. Vous allez me permettre d'entrée de jeu, M. le Président, de
remercier Mme Suzanne Lévesque, qui est consultante en fiscalité et en
politiques publiques, ex-sous-ministre adjointe au ministère des Affaires
municipales, au ministère des Finances, et qui... à qui l'IDU avait donc confié
un mandat spécial cet été, de nous proposer une réflexion dans une perspective
globale concernant l'enjeu de l'habitation au Québec. Nous nous sommes donc
largement inspirés du document de réflexion de Mme Lévesque pour élaborer
le mémoire que nous vous soumettons aujourd'hui à cette commission, en espérant
que le fruit de ses réflexions saura en inspirer plusieurs.
• (16 heures) •
Depuis plusieurs mois, les enjeux et les
défis qui touchent l'industrie immobilière et l'habitation au Québec se
multiplient et se complexifient. La crise du logement et celle des changements
climatiques s'intensifient et les besoins sont criants. Les immeubles de
bureaux ne se sont pas encore remis de la pandémie, la vitalité de nos
centres-ville s'en trouve fragilisée. Il y a urgence de développer un plan de
match ambitieux, concerté — vous allez entendre souvent le mot
«concerté» aujourd'hui — pour répondre adéquatement à ces défis.
Plusieurs pistes de solutions sont donc
connues. Elles nécessitent une augmentation de l'offre en habitation par
l'ajout de mesures incitatives, comme, par exemple, l'exemption de la TPS
introduite par le gouvernement fédéral sur les constructions d'immeubles
locatifs.
À ce sujet, vous me permettrez de répéter
que l'on souhaite, à l'IDU, toujours que Québec emboîte le pas avec l'exemption
de la TVQ comme d'autres provinces ont choisi de le faire, notamment l'Ontario,
la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse ainsi que Terre-Neuve.
Cela va nécessiter également une
densification planifiée de nos milieux de vie, des infrastructures adaptées à
ces changements et un plus grand soutien pour le développement urbain.
L'enjeu de l'habitation est
multisectoriel, et se loger fait partie des besoins de <base de la
pyramide...
>
16 h (version révisée)
Mme Melançon (Isabelle) : ...multisectoriel,
et se loger fait partie des besoins de base de la pyramide de Maslow. Par
conséquent, des pistes de solution et les différents leviers relèvent de
plusieurs ministères et nécessitent donc une offensive concertée, une offensive
qui implique le gouvernement, les municipalités et l'ensemble des acteurs de l'habitation.
Il est donc primordial que chaque effort consenti pour régler la crise de l'habitation
fasse partie d'un tout, une stratégie concertée et un plan gouvernemental au
service de l'exécution d'une vision globale et non des modifications à la pièce
comme nous ont trop souvent habitués les gouvernements. C'est d'ailleurs la
principale demande du groupe des 21, dont fait partie l'IDU. Nous nous sommes
adressés au premier ministre du Québec, en juin dernier, afin d'obtenir un plan
global et concerté, et je réitère aujourd'hui cette demande.
Je tiens à rappeler qu'à l'IDU nous sommes
en mode collaboration, en mode recherche de solutions, et, chaque occasion d'agir
sur le front de l'habitation, l'IDU répond présent. Notre objectif est d'apporter
une contribution à la recherche de solutions durables pour mettre fin à la
crise du logement, en plus de collaborer au développement des villes
abordables, résilientes et vertes. C'est au cœur de la mission de notre institut.
Quand le gouvernement pose de bons gestes, on le souligne. On le fait aujourd'hui,
auprès de la ministre des Affaires municipales, qui, avec le projet de loi n° 39,
reconnaît le besoin d'encadrer le recours aux redevances de développement qui
rendent difficile la construction de logements abordables. Bravo, Mme la
ministre. On profite également de la tribune que nous avons aujourd'hui pour
saluer l'amendement apporté par la ministre de l'Habitation, dans le projet de
loi n° 31, permettant aux villes d'accélérer l'approbation des projets de
construction d'habitations et contrer les effets négatifs des processus de
consultation, ce qu'on appelle plus souvent le «pas dans ma cour».
Au dépôt du projet de loi n° 39, la
ministre des Affaires municipales a dit qu'elle visait cinq objectifs. Je ne
vais pas les énumérer ici, mais je tiens simplement dire à la ministre que l'IDU
partage également ces objectifs. D'emblée, il faut saluer que le projet de loi
reconnaît le besoin d'un encadrement du recours aux redevances par les
municipalités, comme l'avait réclamé l'IDU en avril dernier. Au Québec, le
pouvoir de prélever des redevances de développement est prévu depuis 2016 dans
la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. La situation est préoccupante, car
cette source de revenu municipal a augmenté de 43 % entre 2016 et 2021. Si
rien n'est fait pour mieux encadrer son utilisation, on peut anticiper que la
progression se poursuivra dans les prochaines années. Or, la plupart de ces
initiatives ne respectent pas le cadre légal sur lequel elles s'appuient. Dans
pareil cas, ça ressemble davantage à une taxe foncière additionnelle.
Dans le contexte actuel, où il est
mathématiquement quasi impossible de démarrer des chantiers et construire des
logements que les familles pourront se payer, tous frais supplémentaires, toute
taxe foncière additionnelle contribuent à aggraver la crise que nous vivons
ensemble. C'est pourquoi l'IDU est d'accord avec l'intention du législateur d'encadrer
le recours aux redevances de développement. Nous croyons toutefois qu'il serait
nécessaire de bonifier l'article 2, car il faudrait qu'en plus de
démontrer la nécessité des infrastructures projetées pour la réalisation de
tels projets, que les municipalités soient tenues de documenter, par des études
sérieuses, le coût de celles-ci plutôt que se limiter à des renseignements
sommaires sur des projets qui valent plusieurs millions de dollars. Aussi, la Loi
sur l'aménagement et l'urbanisme devrait prévoir une reddition de comptes
régulière sur l'utilisation qui est... qui sont faites de ces redevances, ainsi
que la possibilité, pour les promoteurs de projets visés, de contester l'imposition
d'une redevance qu'ils jugent déraisonnable.
L'IDU accueille favorablement la volonté
de permettre aux municipalités d'introduire un taux varié par secteur et par
catégorie d'immeubles dans la mesure, évidemment, où cela permettra de
favoriser une densification planifiée et, du même souffle, contribuer à la
vitalité de nos centres-villes qui en ont bien besoin. Si l'on veut vraiment
ajouter plus de 1,2 million de logements, d'ici la fin de 2030, pour
rétablir l'équilibre et l'abordabilité, comme l'estime la SCHL, il faut
absolument élargir les outils des villes pour favoriser le développement,
notamment dans les zones prioritaires de développement ainsi que dans les zones
TOD et les secteurs à revitaliser. Dans la mesure où l'instauration de taux
sectoriel créera des écarts de niveau de taxation sur le territoire, il est
important que le recours à ces nouvelles dispositions fasse l'objet d'un
certain encadrement.
Dans cette perspective, l'IDU soumet
l'idée que la résolution municipale qui établira un secteur ou en <modifiera
les délimitations...
Mme Melançon (Isabelle) :
...fasse
l'objet d'un certain encadrement.
Dans cette perspective, l'IDU soumet
l'idée que la résolution municipale qui établira un secteur ou en >modifiera
les délimitations mentionne clairement les objectifs poursuivis en matière
d'aménagement du territoire. Par ailleurs, dans le but de favoriser la
densification urbaine, l'IDU soumet aussi l'idée qu'en cas d'imposition de taux
variés par secteur le taux imposé, dans un secteur situé à proximité d'une
station de réseau de transport collectif structurant, soit inférieur à ceux
imposés dans les autres secteurs. Il serait très intéressant d'encourager les
bons gestes plutôt que de les pénaliser.
Un élément du projet de loi que nous
souhaitons porter à l'attention de la ministre concerne son intention
d'introduire des taxes sur les logements vacants. Afin de stimuler l'offre et
les investissements dans le parc existant, l'IDU suggère, particulièrement dans
la conjoncture économique difficile que nous vivons actuellement, de miser sur des
mesures incitatives plutôt que des mesures qui seraient pénalisantes.
J'aimerais attirer l'attention des parlementaires sur la baisse importante de
l'occupation des espaces à bureaux et de l'offre commerciale dans les
centres-villes qui est grandement imputable au télétravail, comme on le sait,
mais aussi au commerce électronique, deux phénomènes accélérés par la pandémie.
Cependant, on ne peut pas mettre tout sur le dos de la pandémie. Il y a
d'autres facteurs, sous le contrôle des municipalités, qui contribuent, depuis
fort longtemps, à aggraver les problèmes rencontrés par l'immobilier non
résidentiel. C'est le fardeau... le fardeau fiscal, pardonnez-moi,
disproportionné qui lui est imposé.
À ce chapitre, la ville de Montréal se
distingue... se distingue défavorablement par l'écart du taux de taxation
foncière entre les immeubles résidentiels et les immeubles non résidentiels. En
fait, à Montréal, on impose un surpoids non résidentiel de 4,33 %, alors
qu'à Vancouver ce taux est à 3,57 %; à Québec, à 3,53 %; et à
Toronto, 3,26 %. Ce fardeau fiscal disproportionné affecte l'attractivité
de Montréal, décourage les investissements, accentue l'étalement urbain et
compromet les efforts de relance postpandémie. C'est pourquoi nous pensons que
le projet de loi n° 39 pourrait permettre de rétablir un certain équilibre
entre les fardeaux fonciers respectifs.
En conclusion, la crise que nous vivons
actuellement en habitation est historique. Les conditions particulières dans
lesquelles elle sévit mettent à mal la capacité de construire, mais surtout la
capacité de... de livrer des logements dont les coûts permettront aux familles
de se loger à coût raisonnable. Mais je vais le répéter, une fois de plus, il
faut une vision globale, un plan d'action concerté qui se nourrira des forces
de chacun pour y arriver.
Nous sommes disponibles pour répondre à
vos questions. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
bien, merci beaucoup, Mme Melançon. Alors, nous allons débuter par une période
de questions avec la ministre. Alors, la parole est à vous.
Mme Laforest : Oui. Alors,
merci beaucoup. J'ai... j'ai bien lu votre mémoire. Quand on parle... Parce que
là c'est sûr qu'on parle beaucoup de logement, d'habitation, de construction
avec la ville de Montréal, au niveau des terrains vacants, au niveau des
projets en habitation, il y a quand même plusieurs freins pour des projets en
habitation. Alors, croyez-vous vraiment que le projet de loi va vous aider?
Puis, en même temps, c'est bien, vous avez spécifié aussi le projet de loi n° 31
de ma collègue en habitation, puis... Comment vous voyez ces impositions-là par
les municipalités? Parce que vous avez quand même plusieurs demandes, là j'entends
juste le 4,33 % pour la ville de Montréal. Comment on pourrait y arriver,
ce serait de plafonner... d'obliger Montréal de plafonner son taux? À ce
moment-ci, on touche l'autonomie municipale, c'est assez particulier.
Mais ma question est très large, mais, en
même temps, pensez-vous que Montréal a tous les outils pour pouvoir faire ça?
Comment vous voyez ça?
• (16 h 10) •
Mme Melançon (Isabelle) : Bien,
à vrai dire, actuellement, vous... on parlait tout à l'heure, par exemple, des
redevances. Vous avez posé la question à la ville de Montréal, là — nous
étions en salle, on a pu entendre — si la ville de Montréal avait des
redevances sur le développement, par exemple. Il est vrai que la ville de
Montréal n'a pas de redevances pour le développement, mais il y a d'autres
types de redevances. Et, à chaque fois qu'on ajoute une redevance, une taxe
supplémentaire, ce n'est pas la taxe en soi qui coûte très, très cher, c'est
l'accumulation de toutes ces taxes-là qui. au final... qu'on appelle des
redevances, mais que nous, on appelle carrément des taxes à ce moment-ci, qui
viennent alourdir, dans le fond, le coût, puis, au final, ce n'est pas les
promoteurs qui allons payer la taxe, le montant au bout de la ligne, c'est l'acheteur
et/ou le locataire qui va <payer plus cher...
Mme Melançon (Isabelle) :
...pas
les promoteurs qui allons payer la taxe, le montant au bout de la ligne, c'est
l'acheteur et/ou le locataire qui va >payer plus cher.
Donc, à votre question : Est-ce que
la ville de Montréal a, entre les mains, tous les outils? La réponse est
clairement non, parce que la taxe foncière à elle seule, à un moment donné,
avec toutes les exigences que la ville a comme fardeau, à laquelle ils doivent
répondre, mais ils ne sont pas capables d'y arriver uniquement avec la taxe
foncière. Là, je vais vous laisser le soin de négocier avec eux le nouveau
pacte fiscal, mais, assurément, ça va prendre de nouvelles entrées d'argent
pour les municipalités qui en ont besoin.
Là où, du côté de l'institut, où on n'est
pas d'accord, dans le fond, c'est lorsqu'on vient introduire de nouvelles
redevances qui ne nous permettent pas, malheureusement, parce que là il y a
deux problématiques, hein, il y a la conjoncture puis il y a le structurel.
Actuellement, il y a un problème d'offre, de demande qui est assez clair, mais,
de l'autre côté, on nous dit : Allez-y, bâtissez, faites du logement, on
en a besoin. Il n'y a pas un promoteur qui, avec les taux que l'on note
actuellement, là, devant nous, a envie de dire : Bien oui, on va se lancer
dans des grands projets, ça coûte beaucoup, beaucoup trop cher.
Là, je pourrais vous parler de la
réglementation, je pourrais vous parler, bien sûr, des permis, de l'émission
des permis. Il y a plusieurs problématiques qui freinent actuellement. Est-ce
que tout est dans la cour des municipalités? La réponse, c'est non. Est-ce
qu'il y en a une partie qui est dans leur cour? La réponse, c'est oui. Puis, du
côté de l'Institut du développement urbain, je tiens à vous le dire, Mme la
ministre, on travaille avec la ville de Montréal. On siège sur plusieurs
tables, plusieurs comités pour trouver des solutions. Par exemple, il y a une
cellule facilitatrice avec la ville de Montréal sur laquelle on siège. Il y a
un autre comité qui est Chantier Montréal abordable pour voir comment est-ce
qu'on peut rendre l'abordabilité, là, si on veut construire des nouveaux
logements.
Et, je le répète, si on a besoin de sortir
1,2 million d'unités d'ici 2030, ça, ça veut dire que c'est 164 000 unités
annuellement, bien, je veux simplement vous dire qu'on est très, très loin du
compte, parce que, cette année, on n'aura pas bâti plus de 37 000 unités.
On est très, très loin du compte actuellement, et c'est pour ça qu'on dit que
chaque taxe, chaque coût supplémentaire, c'est sûr que c'est une rentrée
d'argent pour la ville de Montréal, mais c'est un frein pour pouvoir créer
justement du logement et un frein aussi pour pouvoir parler d'abordabilité. On
nous demande de faire de l'abordabilité, mais ce n'est pas abordable
actuellement de bâtir des logements. On parle d'une augmentation de coûts de
30 % dans les deux dernières années, les deux dernières années, c'est
excessivement coûteux.
Mme Laforest : Est-ce que...
Tantôt, vous dites : Ce n'est pas des redevances de développement, sauf
que c'est des taxes. Donnez-moi des exemples, voir.
Mme Melançon (Isabelle) : Bien,
peut-être... Oui, merci beaucoup, Carl. On a fait une étude où on est allé
chercher combien ça coûtait, les redevances, par exemple, pour le REM. On a
fait Brossard puis ville Saint-Laurent, c'est sur le site Internet de
l'institut. On parle, au total, lorsqu'on les additionne... je ne sais pas si
c'est celles que j'ai ici, oui, c'est exactement celles-ci. Du côté de
Brossard, lorsqu'on additionne la redevance du REM, la contribution du
règlement métropole mixte, ça, ça ne touche pas Brossard, mais les redevances,
donc, de développement, parce qu'il y en a du côté de Brossard, les frais de
parc, les permis de construction et autres, incluant aussi les droits de
mutation, on parle par unité, Mme la ministre, par unité, à Brossard, de 33 712 $
supplémentaires.
Si je regarde du côté de l'arrondissement
de Saint-Laurent, on parle d'une augmentation... Là il y a des redevances REM.
Il est vrai qu'il n'y a pas de redevance de développement, mais il y a la
contribution de Règlement pour une métropole mixte qu'on appelle le «20-20-20».
Il y a les frais de parc, il y a les permis de construction, il y a les droits
de mutation. On en a pour 36 204 $ par unité. Donc, lorsque l'on vous
dit que ce n'est pas de façon individuelle qu'il faut le regarder, mais il faut
faire l'addition de tout ça, mais ça, le coût est refilé à qui? Bien, il est
refilé à celui qui va acheter l'unité ou à celui qui va louer l'unité.
Mme Laforest : OK, excellent.
La taxation pour les terrains vacants, est-ce que vous voyez à Montréal qu'il y
en a vraiment plusieurs, des terrains?
Mme Melançon (Isabelle) : Bien,
à Montréal, il y a moins de terrains vacants que dans d'autres municipalités,
auxquelles vous pensez et auxquelles je pense aussi, donc, je ne pourrais pas
vous dire, là. Même la ville de Montréal ne pouvait pas vous dire combien on en
avait répertorié, là je ne l'ai pas <du côté de l'institut...
Mme Melançon (Isabelle) :
...donc,
je ne pourrais pas vous dire, là. Même la ville de Montréal ne pouvait pas vous
dire combien on en avait répertorié, là je ne l'ai pas >du côté de
l'institut. Mais je tiens à vous rappeler une chose, Mme la ministre, je pense
que c'est important pour ceux qui nous écoutent aussi, L'Institut du
développement urbain, ce n'est pas qu'à Montréal hein, c'est aussi à Québec,
puis c'est sur l'ensemble du territoire. Je voyais les gens de Gatineau tout à
l'heure. Pas plus tard qu'après la commission, je m'en vais dans votre région,
je m'en vais à Saguenay pour rencontrer des promoteurs que nous représentons du
côté de l'institut. Donc, des terrains, il y en a un peu partout sur le
territoire, bien entendu.
On ne s'est pas penchés particulièrement
sur ce point-là, vous l'avez vu, d'ailleurs, à l'intérieur de notre mémoire, on
a des opinions sur plusieurs autres dossiers. Cependant, je tiens à vous le
rappeler, là, actuellement, l'ajout de toute taxe ou de tout frein, dans le
fond, au développement, pas pendant la crise, on n'en a pas besoin maintenant,
là. Le vent de face est tellement fort, actuellement, que ce qu'on doit faire
c'est d'arriver avec des mesures incitatives pour permettre du développement,
et non pas des mesures punitives.
Mme Laforest : Au niveau des
mesures incitatives, vous avez parlé des mesures incitatives, d'y aller plus
avec ces mesures-là pour le logement vacant, que notre mesure, pour dire :
On taxe les logements qui sont vacants. Donnez-moi des exemples, voir, de
mesures incitatives qu'on pourrait prendre pour du logement vacant, par
exemple. Parce qu'on a eu, durant la pandémie, d'ailleurs, plusieurs... de
jeunes entrepreneurs qui ont acheté un immeuble pour en faire du logement
d'hébergement touristique de courte durée, et c'est particulier, parfois,
qu'ils louent ces logements-là même pas quatre mois, cinq mois par année. Donc,
si vous dites : Nous, ce ne serait pas notre mesure d'y aller par la
taxation, quelles mesures vous auriez, quelles mesures vous avez pensées?
Mme Melançon (Isabelle) : Moi,
si je vous reviens, je veux simplement vous dire : Sur cette question
spécifique là, je vous invite, vraiment, à poser la question plus à la CORPIQ.
C'est vraiment plus du côté de la CORPIQ où ils sont dans ces mesures de
logement, parce que nous, les gens que nous représentons sont, principalement,
des bâtisseurs, donc, on est plus dans le nouveau parc que dans le parc déjà
construit.
Cependant, si je reviens à la page 12
du document que nous avons présenté, je vais d'ailleurs citer Éric Sansoucy,
qui est le président de la CORPIQ : «Le parc locatif traditionnel ne
reçoit pas les investissements requis pour sa conservation. La législation
actuelle bloque l'entretien et la rénovation et pousse... et puisse donc les
acteurs du milieu vers la sortie. Les petits propriétaires sont
particulièrement à bout de souffle, puisque les conditions de détention pour
les plex ne font plus de sens. Il est urgent que des correctifs soient apportés
en amont afin d'encourager l'entretien du parc locatif. La dernière chose qu'il
nous faut pour y arriver, c'est une surtaxe punitive, tandis qu'il n'a jamais
été aussi difficile de rénover.»
C'est sur les coûts de rénovation
actuellement. Je vous parlais de l'explosion des coûts. On parle de 30 %
d'explosion de coûts. Donc, les propriétaires qui ont des... ou qui veulent
acheter un logement qui est peut-être vraiment défraîchi actuellement, il n'y a
rien qui les incite, justement, à aller vers une rénovation, pour pouvoir remettre
le plus rapidement possible sur le marché.
Mme Laforest : Excellent.
Maintenant, au niveau, encore une fois, des redevances de développement, vous
dites : «Quoiqu'en accord avec l'intention du législateur d'encadrer le
recours aux redevances de développement, nous croyons que l'article 2 du
projet de loi devrait être modifié afin d'ajouter, après le paragraphe 3°,
"déterminer des exigences relatives à la documentation que doit présenter
la municipalité — ça, c'est bon — déterminer un mécanisme
de contestation de l'exigence du paiement d'une contribution et, 3°, prévoir la
fréquence à laquelle la municipalité doit rendre compte de son utilisation du
paiement de contribution".» Ça, ça ne se fait pas, normalement?
• (16 h 20) •
Mme Melançon (Isabelle) : Non.
La réponse, c'est non. Concernant... concernant le mécanisme de contestation de
l'exigence du paiement, là, il n'y a rien actuellement, et ce qu'on s'aperçoit,
c'est, bien sûr, qu'il y a des municipalités qui, actuellement, vont aller
chercher les redevances en développement, peuvent les mettre de côté pour
pouvoir faire, peut-être, un futur projet, je ne sais pas, moi, je vais parler
d'aqueduc, d'égout, ou je ne sais pas trop quoi. Mais, actuellement, il n'y a
pas... il n'y a pas un suivi déterminé pour s'assurer que les sommes ont été
engagées et à quel niveau elles ont été engagées.
Mme Laforest : OK. Ça, je
trouve ça quand même vraiment intéressant, cet ajout-là. Il y a dans... des
recettes foncières non résidentielles, par rapport au résidentiel, que les
municipalités, particulièrement les plus grandes, réduisent les taux non
résidentiels et des niveaux davantage comparables à ceux <des autres
villes...
Mme Laforest :
...des
recettes foncières non résidentielles, par rapport au résidentiel, que les
municipalités, particulièrement les plus grandes, réduisent les taux non
résidentiels et des niveaux davantage comparables à ceux >des autres
villes de la Communauté métropolitaine ou de l'agglomération à laquelle elles
appartiennent. On parle toujours du 4,33, Mme Melançon?
Mme Melançon (Isabelle) : Oui,
en effet.
Mme Laforest : OK. Puis, pour
terminer, est-ce que... Là, on comprend les deux dernières années que ça a été
plus... très, très difficile avec les taux d'intérêt, les coûts des matériaux.
Mais, en fait, vous avez parlé tantôt des permis. Parce que nous, on a fait
quand même le tour de plusieurs municipalités, on a parlé beaucoup à la FQM, à
l'UMQ pour livrer les permis plus rapidement. Puis oui, mais, en même temps il
n'y a pas juste ça. Puis vous avez raison tantôt de dire : Il n'y a pas
juste les permis, il n'y a pas juste une raison spécifique à la non-construction,
il y a plusieurs raisons. Mais, si vous avez, parfois, des municipalités, là,
que vous pouvez nous parler, que c'est très, très complexe ou c'est très long,
bien, on ne le dira pas publiquement ici, mais il faut le savoir. Parce qu'en
même temps on fait le tour de plusieurs municipalités, puis c'est sûr qu'il y
en a qui disent : Oui, c'est vrai, nous, c'est plus long pour telle,
telle, telle raison, mais il y en a qui nous disent que, non, ça va très bien,
puis ce n'est pas le cas.
Ça fait que, si vous avez vraiment... Puis
je parle beaucoup aussi à ma collègue à l'Habitation, j'ai des exemples, mais,
si vous en avez encore plus à nous donner, là, je crois qu'on est bien placés
pour envoyer un avis, là, comme de quoi il y a quelque chose qui se passe, puis
on le fait souvent, là. Ça fait que, si vous voulez, là...
Mme Melançon (Isabelle) : Bien,
je tiens... je tiens à rebondir un peu sur votre demande, Mme la ministre. Je
veux me garder des amis dans le monde municipal, donc, non, je ne donnerai pas
des exemples à micro ouvert, bien entendu.
Mme Laforest : Non, non,
mais...
Mme Melançon (Isabelle) : Cependant,
je tiens quand même à faire des coups de chapeau, et je sais que ce n'était pas
votre demande, là, du tout, j'ai bien compris.
Mme Laforest : Non, mais ils
ne sont pas offusqués, hein, quand on pose des questions parce qu'ils ont des
bonnes raisons.
Mme Melançon (Isabelle) : Exact.
Mme Laforest : Des fois, là,
quand les permis ne sont pas octroyés, mais, parfois, ils ont des raisons de ne
pas les octroyer aussi. Ça fait que ce n'est pas mal vu, là.
Mme Melançon (Isabelle) : Ce
que je tiens à mentionner, c'est qu'on sent la volonté politique actuellement,
là, l'urgence d'agir, parce que, si on sait qu'il y a une crise du logement, si
vous savez qu'il y a une crise du logement, puis si tout le monde le reconnaît,
bien, je pense qu'on doit se dire que les élus municipaux le savent aussi, là,
parce que c'est leur monde avec une proximité qui est très, très grande, là, du
côté du monde municipal. On sent, donc, cette volonté-là politique. Parfois,
les machines sont un peu réticentes, on va se le dire, mais j'ai quand même des
exemples en tête, où il y a des municipalités qui m'appellent au bureau puis
qui me disent : Bien, nous autres, de notre côté, là, on a regardé puis on
sait qu'il y a des problèmes dans telle, telle et telle ville actuellement.
Nous autres, on est en train de faire l'inverse, on est en train de se doter de
mesures facilitantes.
Je peux déjà vous parler de Rimouski. Je
suis avec Guy Caron sur une base assez régulière, là, où on... il siège avec
nous sur le groupe des 21. Jean Lamarche, du côté de Trois-Rivières, c'est la
même chose, là. Ils le savent. Lorsque je parlais avec Catherine Fournier, du
côté de Longueuil, puis qu'elle nous disait : Bien, nous autres, là, c'est
un enjeu qui est majeur actuellement puis on veut que ça bouge. Carl, qui
m'accompagne aujourd'hui, siège sur différents comités du côté de la ville de
Laval. Je pense qu'on peut saluer le travail qui est fait de ce côté-là. Donc,
on n'est pas juste là pour être en confrontation avec des municipalités, on est
là, bien entendu, pour leur dire : Bien, voici comment est-ce qu'on peut
faire, comment est-ce qu'on peut regarder le processus. Puis on ne veut pas
faire... on ne veut pas bâtir n'importe quoi n'importe où.
Et d'ailleurs c'est pour ça qu'on demande
à ce qu'il y ait un plan gouvernemental concerté avec un véritable état de
situation actuellement. Parce que je suis persuadée que Guy Caron, à Rimouski,
n'a pas nécessairement les mêmes besoins que Valérie Plante, à Montréal. Et je
suis persuadée que c'est la même chose du côté de Saguenay, et la même chose du
côté de l'Abitibi. Donc, on doit être capables de se définir, qu'est-ce qu'on a
besoin de bâtir, où est-ce qu'on a besoin de bâtir quoi, puis d'accompagner les
municipalités pour que le règlement puisse suivre justement ce qu'on a besoin
de faire.
Mais il y a une chose qui est certaine,
Mme la ministre, c'est qu'au moment où on se parle, actuellement, on a besoin
de pouvoir faire de la densification. Si on veut éviter l'étalement urbain,
hein, on est en pleine crise climatique en plus, si on veut éviter l'étalement
urbain, il va falloir qu'on se donne le potentiel de faire de la densification.
Pas partout, pas n'importe comment. Je ne parle pas de gratte-ciel de
38 étages en plein cœur de... en plein coeur de Varennes, par exemple. Le
président de l'UMQ va être très content que je parle de Varennes. Mais ce n'est
pas ce qu'on vise, pas du tout, c'est de pouvoir faire, justement, ce qu'on
appelle de la densification intelligente, de pouvoir voir où est-ce qu'on peut
en faire, comment est-ce qu'on peut en faire, puis de se rapprocher des... pour
faire, justement, de la densification, au lieu de dire aux promoteurs :
Ah! Ah! toi, je vais aller te taxer, parce que tu es dans l'aire TOD, tu vas
pouvoir <vendre plus cher...
Mme Melançon (Isabelle) :
...pour faire, justement, de la densification, au lieu de dire aux promoteurs :
Ah! Ah! toi, je vais aller te taxer, parce que tu es dans l'aire TOD, tu vas
pouvoir >vendre plus cher. Hein, je vous ai bien fini ça, M. le
Président? J'ai vu le signe.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
c'est parfait. On a dépassé, mais, bon, je dépasse toujours un petit peu avec
tout le monde. Ça fait que, des fois, on se permet aussi du côté ministériel.
Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle, avec la
députée de Mille-Îles, pour 10 min 24 s.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Merci, Mme Melançon, monsieur...
Mme Melançon (Isabelle) : Cloutier.
Mme Dufour : ...Cloutier,
pour votre exposé. Moi, je vais peut-être aller sur le coefficient maximal que
vous parlez, là, dans votre rapport, dans votre mémoire, puis, en passant, un
mémoire fort intéressant. Je ne sais pas si le rapport de Mme Tremblay est
envoyé ou serait disponible pour les membres de la commission, ce serait...
Mme Melançon (Isabelle) : Ce
que je vous propose, Mme la députée, c'est, bien sûr, de prendre le document de
Mme Lévesque, et je pourrais le rendre disponible à l'ensemble de la
commission.
Mme Dufour : ...merci. J'ai
dit Mme Tremblay, c'est Mme Lévesque.
Mme Melançon (Isabelle) : Oui,
on... on a compris.
Mme Dufour : Merci. Donc, le
coefficient maximal par lequel, là, une municipalité peut augmenter la taxe non
résidentielle versus le résidentiel, là il y a eu des calculs qui ont été
faits. Je vous avoue que c'est plus bas que je pensais, parce que moi, j'avais
déjà été interpelée, dans mon ancienne vie, comme élue municipale et, dans un
même quartier, un bâtiment commercial versus... pour la même valeur, pour la
même valeur, c'était du 10 pour un. Donc, en termes de compte municipal, donc, c'était
vraiment 10 fois plus élevé pour le commercial, le compte que j'avais...
j'avais vu.
Ça fait que là un coefficient, bon, vous
mentionniez, là, c'est 4,8 maximum pour pour Laval, Gatineau. Dans le cas de
Montréal, vous mentionnez que, là, ça peut aller même à plus élevé que ça,
parce qu'ils peuvent le faire par règlement. Ce matin, on a entendu l'Union des
municipalités du Québec qui nous faisait part qu'ils souhaitaient que ce
coefficient-là soit, en fait, enlevé, parce qu'ils disaient qu'il y aurait
peut-être un enjeu, là, au niveau... un choc, un choc fiscal, finalement, pour
le résidentiel. Et donc, là, on a comme les deux côtés ici, je ne sais pas
comment vous... vous envisagez ça.
Mme Melançon (Isabelle) : Bien,
il y a différentes choses. Il y a, bien sûr, la valeur foncière sur laquelle on
doit se baser, parce que, si on regarde les pourcentages, je vous amène à la
page 16, dans le fond, de notre mémoire, là, la surcontribution du secteur
non résidentiel face aux revenus fonciers, c'est sûr qu'à partir du moment où
on le regarde, puis qu'on se dit : Ah oui! il y a une valeur qui est
beaucoup, beaucoup plus grande d'un côté de l'autre, que l'autre, on arrive
avec un problème. Je tiens à vous le mentionner, parce qu'actuellement, dans le
non résidentiel, puis je vais parler ici du centre-ville de Montréal, mais ça
pourrait très bien s'appliquer à Québec, avec la crise des bureaux que nous
sommes à vivre, avec les taux d'inoccupation qui atteignent des niveaux
historiques, là. Là, soit on dit : Ça, c'est historique, là, mais la crise
des bureaux, actuellement, là, c'est du jamais-vu. Il ne faut pas qu'on s'en
aille dans un mur, comme l'a fait Calgary, par exemple, où les taux
d'inoccupation pouvaient être de l'ordre de 34 %, 35 % environ. Là,
on est au-dessus, à certains endroits, du 20 %, 21 %.
Et, selon les analystes, actuellement, ce
taux d'inoccupation là va être encore plus grand. La journée où les rôles
d'évaluation vont être déposés, moi, je peux vous dire quelque chose, il y a
des villes, avec des centres-villes, qui ne trouveront pas ça drôle. Puis, à
partir du moment où ces rôles-là vont... Parce que ça va être des revenus,
beaucoup, beaucoup d'argent en moins dans les coffres de la ville, je parle de
Montréal, je parle de Québec. On peut parler de Gatineau aussi qui... où est-ce
que ça sévit actuellement. Bien, je pense qu'on doit regarder.
• (16 h 30) •
Puis c'est pour ça qu'on le regarde avec
une lorgnette un peu différente aussi, en disant : Bien, oui, c'est sûr
qu'il y a une valeur qui est très, très grande, mais à partir... puis à partir
du moment où c'est quatre fois, quatre fois plus que le résidentiel, à un
moment donné, il faut penser aussi à l'attractivité. Pour nous, là, à l'institut,
c'est ce qu'on regarde. Pour Québec, pour Montréal, les taux sont plus élevés
qu'à Vancouver ou à Toronto, ce qui est, selon nous, inacceptable.
Mme Dufour : Oui, tout à
fait. Ce que le maire de Varennes soulignait ce matin, c'était que, dans un cas
précis, il disait que le... et même les immeubles gouvernementaux étaient dans
la même situation, où est-ce que c'étaient des baisses de taxes, alors que,
dans le résidentiel, c'est des hausses substantielles qui pourraient... avec
les nouveaux rôles qui sortiraient. Donc là, il y aurait comme un rééquilibre
qui pourrait se faire, mais eux,ce qu'ils disaient, c'est qu'ils voulaient, dans
le fond, que le coefficient soit enlevé, là.
Mme Melançon (Isabelle) : Je
vais laisser le soin à Carl Cloutier qui est spécialiste dans le sujet.
M. Cloutier (Carl) : Chaque municipalité
a ses situations...
16 h 30 (version révisée)
Mme Dufour : ...eux, ce qu'ils
disaient, c'est qu'ils voulaient, dans le fond, que le coefficient soit enlevé,
là.
Mme Melançon (Isabelle) : Je
vais laisser le soin à Carl Cloutier, qui est spécialiste dans le sujet...
M. Cloutier (Carl) : Chaque
municipalité a ses situations particulières dues à sa composition du parc
immobilier et la date du dépôt du rôle. Dans le cas de Montréal, la date du
dépôt du rôle, on en a encore pour deux ans. Et là les valeurs, par contre, ont
baissé, mais les taux de taxe sont maintenus. Vous voyez que c'est là que ça ne
fonctionne pas. Ça fait que c'est... La situation de Varennes, aussi, c'est une
situation particulière, je veux dire, il y a beaucoup de revenus pour... Donc
là, il y a une situation particulière qui est distincte d'une autre. Mais à
Montréal il y a un écart important, puis ça affecte, là, l'attractivité de la
ville puis la vitalité commerciale aussi, parce qu'il y a moins de travailleurs
dans les rues, moins de consommateurs. Bien, un moment donné, il y a des taxes,
puis elles se sont maintenues au même niveau, ça fait que ça a des effets.
Mme Dufour : Merci. Bien, d'ailleurs,
page 9 et 10, vous en parlez abondamment, de l'enjeu, là, des bureaux
vacants, et je vous remercie, là, vous mettez le doigt sur quelque chose qu'on
n'entend pas assez parler, à mon avis. En même temps, c'est des immeubles
qui... c'est de l'espace qui est utilisé pour... Bon, on parle de bureaux
vacants, puis là, éventuellement, on manque de logements. La ville de Calgary a
eu une stratégie pour convertir, est-ce que c'est quelque chose que vous avez
regardé, de votre côté?
Mme Melançon (Isabelle) : Non
seulement on l'a regardé, on a même fait un événement autour de la conversion
des bureaux, avec nos membres, où on avait invité des spécialistes sur la
possible conversion. Et vous savez quoi, avec toutes les exigences pour réussir
une conversion, actuellement, là, puis là je pourrais vous faire la liste, je
pourrais même vous envoyer le document, si ça vous intéresse, on a vu au final,
avec tout ce que... les exigences, avec... Ça prend un minimum de pieds carrés
pour pouvoir arriver à la conversion, ça nous prend des édifices classés B, C,
la plupart du temps, si on veut arriver à des coûts qui vont être raisonnables
pour pouvoir transformer.
Au final, on se ramasse avec quatre
possibles conversions, à Montréal, dans le centre-ville de Montréal, quatre.
Donc, ceux qui pensaient que ça pouvait être vraiment la fête, puis dire :
Bon, bien, OK, les bureaux se vident, bien, let's go, on va pouvoir faire de la
conversion, ce n'est malheureusement pas le cas. Et on le voit parce que ça
prend aussi des pourcentages assez élevés de taux de vacance, de plus de
50 %. Parce que, tes locataires qui sont là, il faut que le bail puisse
être respecté. Donc, au final, quatre édifices seulement pour le centre-ville
de Montréal, ce n'est pas beaucoup et c'est excessivement coûteux.
Je peux vous donner un exemple, parce que,
dans un comté qui s'appelle le comté de Verdun, que je connais assez bien, du
côté de l'île des Soeurs, il y a eu une conversion qui a été faite du côté des
Pages jaunes, les deux édifices des Pages jaunes, pour ceux qui utilisaient la
10, là, fréquemment. Là, la conversion a été faite, a été réalisée, ça a été
très dispendieux. Les gens nous ont dit qu'ils apprenaient, là, tu sais, ça
prenait aussi de l'apprentissage, dans de la conversion. Mais c'est
excessivement coûteux, c'est excessivement long aussi. Et, du côté de chez
Claude Lachance, qui était le promoteur, le propriétaire de l'édifice, l'édifice
était vacant complètement, ce qui facilitait la conversion à ce moment-là.
Mme Dufour : Merci. Je veux
peut-être vous entendre, pour une dernière question pour moi, là, pour l'exemption
de TVQ pour la construction de logements locatifs. Vous en avez parlé
brièvement, mais pourquoi c'est si important pour vous, puis est-ce qu'il y a
des risques à ne pas le faire, particulièrement pour une ville comme Gatineau,
qui est à côté de l'Ontario, qui prévoit le faire?
Mme Melançon (Isabelle) : C'est
une excellente question. Merci pour cette question. J'étais à Gatineau, pas
plus tard que la semaine dernière, on est allés les rencontrer. Assurément, à
partir du moment où la TPS a été exemptée, à partir du moment où l'Ontario a
décidé d'y aller de l'exemption de la taxe provinciale aussi, bien là, on est
dans un... complet, que ce soit à Gatineau ou que ce soit sur l'ensemble du
territoire du Québec, je tiens à le dire. Parce qu'il faut garder une chose en
tête, actuellement, c'est les capitaux. Les capitaux, pour pouvoir bâtir, là,
la plupart du temps, on fait affaire avec des fonds qui sont pancanadiens, qui
se retrouvent un peu partout au Canada. Si, au jour 1, on est assurés d'avoir
un rendement de 8 %, ce qui représente à peu près la taxe chez les
voisins, que ce soit en Ontario, en Colombie-Britannique ou encore du côté de
Terre-Neuve, bien, c'est certain que les rendements <vont attirer...
Mme Melançon (Isabelle) :
...
encore du côté de Terre-Neuve, bien, c'est certain que les rendements >vont
attirer des capitaux, vont... Donc, on va avoir une fuite de capitaux ici au
Québec. On vient avantager d'autres... d'autres territoires. Et au Québec,
actuellement, la crise, elle est là, mais on est en train de se battre avec les
autres territoires, sur... au Canada, qui vivent aussi une crise du logement.
D'où l'importance d'essayer d'y aller avec l'exemption de la TVQ qui est
demandée et qu'on espère pour le prochain budget.
Mme Dufour : Merci. Je
vais passer la... la parole à...
Le Président
(M. Schneeberger) : Et 20 secondes.
Mme Caron : Bien, en
fait, vous avez cité le cas de Brossard, avec les frais, les redevances. C'est
dans le comté de La Pinière, je connais bien. Par contre, c'est un secteur
où... C'est une ville dans une ville, le secteur Solar, tout près du REM.
Alors, comment... Comment... Je comprends qu'on ne veut pas que les logements
coûtent trop cher, mais il n'en demeure pas moins que l'infrastructure est
d'ampleur, d'envergure et coûte très cher dans ce secteur-là. Alors, comment on
arriverait à réduire? Je comprends l'objectif, parce que c'est près d'un TOD,
mais comment... Je fais référence à votre recommandation n° 3.
Comment on pourrait ne pas... la ville pourrait ne pas profiter de ce
secteur-là pour imposer des redevances, étant donné les coûts importants des
infrastructures pour cette ville dans la ville?
Mme Melançon (Isabelle) : Il
ne faut quand même pas oublier...
Le Président (M. Schneeberger) :
...
Mme Melançon (Isabelle) : ...qu'il
y a une création de richesse qui est faite, à ce moment-là, mais... Oui, M. le
Président?
Le Président
(M. Schneeberger) : Nous devons arrêter. C'est parce que vous
avez déjà dépassé de 40 secondes le 20 secondes qu'il restait. Alors,
peut-être, si on a quelques... qu'il reste quelque temps sur les autres
groupes, peut-être qu'on pourra y revenir, là. Malheureusement. Alors, député
de Taschereau, à vous pour la suite, 3 min 28 s.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour à vous, représentants de L'IDU. Content de
vous voir. Merci beaucoup pour votre mémoire. Très intéressant. Moi, j'aimerais
vous entendre sur un sujet dont vous ne semblez pas avoir parlé dans votre mémoire,
ce sont les terrains vagues desservis, donc raccordés. Pourquoi vous avez...
vous n'avez pas abordé cet enjeu-là, là? À moins que je l'aie manqué, mais...
Mme Melançon (Isabelle) : Non,
non, mais vous avez... vous n'avez rien manqué. Comme je le disais tout à
l'heure, on s'est inspirés très, très largement d'un rapport qui a été... qui
avait été commandé directement à Suzanne Lévesque. On n'était pas allés en ce
sens-là. Et le rapport sur lequel on s'est inspirés était avant le dépôt du
projet de loi que vous étudiez actuellement.
M. Grandmont : D'accord.
D'accord. Mais c'est un sujet, là, dont à peu près tous les acteurs nous ont
parlé ce matin. Est-ce que vous avez une opinion que vous n'avez pas écrite
là-dessus, que vous pourriez nous donner maintenant?
Mme Melançon (Isabelle) : Oui.
Bien, comme je l'ai mentionné tout à l'heure auprès de la ministre, bien
entendu, nous, du côté de l'institut, on se dit qu'actuellement c'est des
mesures incitatives et non pas des mesures punitives que ça prend. Si on veut
pouvoir démarrer un projet, un chantier, si on veut pouvoir faire du logement,
actuellement, c'est des mesures incitatives. Je vous dirais que la conjoncture
dans laquelle on vit actuellement, c'est assez punitif, merci.
M. Grandmont : Oui. Bien,
venons-en justement au contexte, là, la crise du logement, sur la... votre
recommandation 4, là, concernant, justement, des mesures plutôt
incitatives plutôt que coercitives sur les logements vacants.Je veux
dire, avant d'attendre qu'un logement soit vacant... Je veux dire, il y a une
crise du logement, là, les gens sont prêts à payer des prix de fous pour se
loger. C'est un bon incitatif à construire des logements ou, en tout cas, à
prendre des logements qui sont vacants puis à les remettre sur le marché, non?
• (16 h 40) •
Mme Melançon (Isabelle) : Bien,
le problème, c'est qu'actuellement il y a les coûts rattachés à ça. Je vous
expliquais tout à l'heure que pour faire de la construction actuellement, là...
M. Grandmont : Là, on
parle de logements vacants, là.
Mme Melançon (Isabelle) : Oui.
Bien, un logement, habituellement, là, s'il est vacant, c'est et/ou il a besoin
d'amour un petit peu, beaucoup, pas mal, parce que c'est... Ce qui ne se loue
pas actuellement, c'est des logements qui ne sont pas toujours les plus...
M. Grandmont : Il y a
quand même plusieurs restrictions, là, actuellement, dans le projet de loi, il
y a beaucoup...
Mme Melançon (Isabelle) : Pardonnez-moi,
je n'ai pas entendu.
M. Grandmont : Il y a
plusieurs restrictions, en fait, là, de logements qui sont exclus. On a eu des
représentations de la ville de Montréal qui disait : On devrait enlever
des restrictions parce qu'il y a trop de logements. Il y a des propriétaires
qui pourraient même ne pas entretenir, voire faire... enlever les toilettes,
par exemple, donc, le rendre insalubre, et donc ne seraient plus assujettis à
la surtaxe. Donc, j'ai de la misère à comprendre la logique, là. Il y a une
crise de logement, les gens sont prêts à payer les prix de fou, on a des
logements existants, ils sont vacants et donc considérés salubres pour la
location, ils ne sont pas mis sur le marché. Je ne comprends pas, là, de
quoi... de quoi on a peur, à L'IDU, d'une mesure... d'une mesure coercitive qui
va être un incitatif, là, tout simplement, là.
Mme Melançon (Isabelle) : On
n'a pas peur de grand-chose, à L'IDU, au contraire. Je soulève, depuis les six
derniers mois, toutes les pierres qu'on peut soulever pour tenter de trouver
des solutions. Ce que je peux vous mentionner, c'est qu'actuellement, du côté
de L'IDU... <Parce que je le...
Mme Melançon (Isabelle) :
...
que je peux vous mentionner, c'est qu'actuellement, du côté de L'IDU... >Parce
que, je le disait tout à l'heure, du côté de la CORPIQ, ils ont beaucoup plus
de données. Moi, je n'ai pas ces données-là, du côté de L'IDU, donc c'est
difficile, à un moment donné, d'essayer de vous faire un résumé complet et
total sur des données que je n'ai pas entre les mains.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté des Îles-de-la-Madeleine pour
un 2 min 38 s.
M. Arseneau : Merci
beaucoup. Alors, on est dans l'archipel, maintenant, on est arrivés, on a une
crise du logement, également. Mais non, sérieusement, je veux continuer sur la
question des logements vacants. Vous parlez de mesures incitatives. Outre l'histoire
de la TVQ, est-ce qu'il y a des mesures que vous avez à proposer spécifiquement
pour ça, là? À quoi on pourrait penser? Un logement vacant, comment on pourrait,
justement, le transformer pour qu'il soit mis sur le marché?
Mme Melançon (Isabelle) : Carl?
M. Cloutier (Carl) : Bon,
les taux réduits de taxation par zones, ce qui serait prévu dans le projet de
loi actuellement, on propose par contre, là, que... Vous voyez à la fin du
mémoire que le projet de loi, il propose de rendre possibles des taux distincts
par secteurs ou par zones, mais que ce taux distinct doit varier, soit... Il y
a des marges, entre 66 % et 130 quelques pour cent, 133 %. Mais, si
on se retrouve dans des... puis on crée une catégorie de six logements et plus
ou de nombre de logements, on ne précise pas que, si on demande plus de
logements... que ce taux doit être inférieur au taux général.
Le genre de mesures, exemple, qui
pourraient être considérées par une ville, c'est de donner un taux de taxation
réduit pour les immeubles de forte densité pour inciter à la construction de
logements denses, on peut donner des réductions sur les droits de mutation pour
les premiers acheteurs, on peut réduire les frais dont on a discuté ici pour la
construction puis s'en tenir à des choses pour les nouvelles constructions,
considérant que les nouvelles constructions vont générer de la richesse
foncière puis, donc, des revenus de taxation supplémentaires, est-ce que tous
ces frais sont requis pour favoriser l'émergence des projets...
M. Arseneau : Mais ces
mesures-là, vous en faites la proposition aux villes, si je comprends bien?
Mme Melançon (Isabelle) : Oui.
M. Arseneau : C'est ça.
OK. Merci. Je n'ai probablement pas beaucoup de temps, mais je voulais vous
entendre sur ce que vous mentionnez à la page 7, concernant les redevances
de développement. Vous parlez des initiatives qui s'apparentent davantage à une
taxe foncière additionnelle. C'est comme si on ne respectait pas le cadre
légal. C'est quand même, en fait, une accusation quand même assez sérieuse,
non?
Mme Melançon (Isabelle) : Ça
a été vérifié, il y a des cas qui ont été soulevés où il y a des redevances. Et
d'ailleurs je pense que, la ministre puis du côté du ministère, ils sont bien
au fait de ces cas-là, mais ça a été observé, ça a été décrié. Et on le dit,
là, il y a une augmentation de : Bien, on va mettre une redevance sur le
développement puis on va bâtir un hôtel de ville ou un aréna. On n'appelle pas
ça nécessairement du développement.
M. Arseneau : C'est bon?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
fini, plus de temps.
M. Arseneau : Oui, c'est
fini.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme Melançon,
juste par... question d'être juste, il y avait une question de la députée de La
Pinière. Est-ce que vous vous en souvenez, la question qui avait été posée?
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Bon,
je vous donnerais peut-être une minute, parce qu'on avait du temps encore de
pas pris, du gouvernement, ça fait que je vous laisserais peut-être juste y
répondre.
Une voix : ...
Mme Melançon (Isabelle) : Oui,
c'est ça. Dans le fond, si on ne veut pas aller avec les redevances du REM,
parce que c'était grosso modo ça, la question, c'est qu'on vient d'aller créer
de la richesse foncière. La ville, là, avec les nouveaux... les unités de
logement supplémentaires qui ont été... qui sont sorties de terre, bien, il va
y avoir, bien sûr, un versement de taxes assez intéressant pour la ville. Donc,
lorsqu'on dit : Oui, mais ça vient créer une infrastructure, vous avez
raison, mais, à ce moment-ci, là, la taxe, la redevance REM pour Brossard,
serait de 14 124 $. Vous comprenez que tout à l'heure je vous ai dit
que c'était autour de 34 000 $, il reste un 20 000 $
supplémentaire aussi sur lesquels on est capables d'aller travailler. C'est là
où il faut les regarder dans l'ensemble, et non pas de façon individuelle.
Je le répète, là, je comprends que les
municipalités cherchent de l'argent, actuellement, pour offrir le plus de
services possible. Mais, à l'inverse, il faut aussi regarder la capacité de
payer des locateurs... des locataires, c'est-à-dire, ainsi que des futurs
propriétaires.
Le Président (M. Schneeberger) : Voilà.
Bien, merci beaucoup, alors, merci. Alors, on vous remercie.
Et nous suspendons quelques instants, pour
la prochaine personne. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 46)
(Reprise à 16 h 55)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Alors, nous recevons Mme Fanny
Tremblay-Racicot, professeure agréée à l'ENAP, CERGO, Centre de recherche sur
la gouvernance. Alors, bonjour à vous.
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) : Bonjour,
M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
je vous invite à... Étant donné que vous êtes seule, pas besoin de vous
présenter, je viens de le faire, alors je vous invite à lire votre mémoire.
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) : Très
bien. Merci, M. le Président. Mme la ministre, mesdames et messieurs, chers
membres de la commission, je vous remercie de m'avoir invitée à vous offrir mes
commentaires sur ce projet de loi fort attendu.
Mon expertise en matière de fiscalité
municipale se concentre plus spécifiquement sur l'écofiscalité ou sur
l'utilisation des pouvoirs fiscaux aux fins de développement durable, principalement
en ce qui concerne l'utilisation du pouvoir général de taxation, du pouvoir de
prélever des redevances réglementaires et des redevances de développement. Mon <analyse...
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) :
...
des redevances réglementaires et des redevances de développement. Mon >analyse
du projet de loi à l'étude s'est donc réalisée sous le prisme du développement
urbain durable, plus particulièrement à l'égard des principes d'équité sociale,
du respect de l'environnement et de l'augmentation de la capacité financière
des municipalités.
Je tiens d'abord à féliciter le
gouvernement et les équipes qui ont travaillé à la conception de ce projet de
loi, dont certaines dispositions offriraient davantage de latitude aux
municipalités quant à l'utilisation de leur pouvoir de perception et de
prélèvement monétaire. Cependant, l'apport de certaines modifications et
l'ajout de quelques mécanismes supplémentaires le rendraient encore plus
robuste et en faciliteraient l'application. Mes commentaires sont ordonnancés
en fonction de trois lois plus spécifiques qui font l'objet de modifications, à
savoir la LAU, la LCV et la LFM.
Concernant la Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme, au sujet des modifications qui sont proposées aux dispositions qui
encadrent l'adoption des redevances de développement, je me permets les
observations et les propositions suivantes. Donc, en premier lieu, la
définition d'«infrastructures», dans les règles du ministère des Affaires
municipales et de l'habitation, devrait être élargie pour inclure les
infrastructures vertes, donc les solutions fondées sur la nature, puisque
celles-ci doivent être priorisées dans un contexte de mitigation et
d'adaptation aux changements climatiques. De plus, les infrastructures et les
équipements de transport collectif devraient aussi pouvoir être financés par
les redevances de développement.
Ensuite, la possibilité que la ministre
puisse exempter toute personne du paiement d'une contribution et puisse
prescrire les règles différentes pour toute municipalité présente un risque
d'iniquité entre les municipalités et entre les personnes visées. Mais afin de
minimiser ce risque d'iniquité, justement, et de contestation judiciaire, la
ministre pourrait édicter ou proposer des règles qui permettent de calculer les
contributions devant être prises en charge par les promoteurs immobiliers.
Finalement, afin de minimiser la
compétition intermunicipale, qui freine l'adoption des redevances, les
municipalités dont l'indice de vitalité économique se situe dans les deux premiers
quintiles devraient être dans l'obligation d'adopter un règlement encadrant la
perception des redevances de développement d'ici les quatre prochaines années.
Concernant la Loi sur les cités et villes et
la taxe sur les logements vacants, je salue l'idée de la permettre
explicitement. Je me permets les observations et les recommandations suivantes.
La ministre pourrait offrir aux municipalités un guide d'application de ces
dispositions, notamment en offrant des critères qui permettent de déterminer
qu'un logement soit vacant ou soit réputé vacant. Quant au taux de la taxe, qui
est d'un minimum de 1 % de la valeur imposable, celui-ci pourrait être
d'un maximum de 3 %, de manière à s'aligner avec ceux imposés à Toronto et
à Vancouver. Puis cela offrirait aux municipalités la latitude nécessaire pour
envoyer un signal de prix aux propriétaires, en augmentant le taux
progressivement avec le temps, et ce, tout en donnant aux propriétaires
suffisamment de temps pour modifier leurs comportements de sous-utilisation ou
de spéculation. Finalement, les différents ministères devraient mettre à
disposition leurs bases de données aux municipalités afin que celles-ci puissent
vérifier l'information qui est déclarée par les propriétaires.
Concernant le pouvoir général de taxation
et le pouvoir général de redevances réglementaires dont l'utilisation n'est pas
touchée par le présent projet de loi, je recommande que le ministère facilite
leur adoption en obligeant leur perception lorsque leur prélèvement requiert la
collaboration d'un mandataire, de la même manière que les commerçants sont
obligés de percevoir les taxes de vente. De plus, considérant l'impact de
certains bâtiments institutionnels sur les services et les infrastructures
municipales, les mandataires de l'État, donc les hôpitaux, les écoles, etc.,
devraient être assujettis au pouvoir général de taxation et au pouvoir général
de redevances réglementaires ou, du moins, ces prélèvements devraient être pris
en compte dans le calcul des compensations tenant lieu de taxes.
Concernant la Loi sur la fiscalité
municipale, le projet de loi introduit la possibilité de faire varier les taux
de taxe foncière en fonction de sous-catégories d'immeubles déterminés en
fonction d'une caractéristique au rôle d'évaluation foncière, sauf sa valeur et
sa localisation. Il introduit aussi la possibilité d'introduire des taux
sectoriels de la taxe foncière générale et maintient la possibilité d'avoir
deux paliers de taxation pour les catégories d'immeubles non résidentiels et
industriels.
• (17 heures) •
Faire varier les taux en fonction de
caractéristiques du rôle d'évaluation et en fonction de secteurs pourrait
permettre une meilleure adéquation entre le coût en infrastructures et en services
municipaux qui sont associés à une unité d'évaluation et le compte de taxe
foncière des propriétaires d'immeubles. Par exemple, les propriétés d'une plus
grande superficie pourraient payer davantage que les plus petites unités
résidentielles. Quant aux secteurs, ceux-ci pourraient être déterminés de
manière à atténuer certaines distorsions et à rendre la taxation plus équitable
en fonction des services rendus par la municipalité. Ainsi, les taux pourraient
être moins élevés dans les secteurs où sont localisées certaines rues privées ou
ils pourraient être plus ou moins élevés dans certains secteurs où les valeurs
foncières sont particulièrement faibles ou particulièrement élevées dû à la localisation
de la propriété.
Quant à l'objectif de revitalisation ou de
densification, une variation à la baisse du taux dans les secteurs à
revitaliser ou à densifier pourrait permettre l'atteinte de cet objectif,
puisque l'augmentation de valeur qui en découle est moins taxée qu'elle le
serait avec un taux unique. Cependant, l'imposition d'une redevance de
revitalisation, telle que permise en Alberta et au Manitoba, pourrait aussi
servir cet objectif en finançant les projets publics de revitalisation. Les
redevances de revitalisation permettent parfois l'imposition de deux taux
distincts sur la même unité d'évaluation, ce qui n'est pas permis dans le
régime d'imposition actuel. Donc, je recommande qu'un projet de loi distinct
portant sur les redevances de revitalisation soit éventuellement étudié.
L'introduction de ces nouveaux...
17 h (version révisée)
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) :
...actuel. Donc, je recommande qu'un projet de loi distinct portant sur les
redevances de revitalisation soit éventuellement étudié.
L'introduction de ces nouveaux mécanismes
pourrait rendre la perception de la taxe foncière plus juste et équitable. Par
contre, leur application est néanmoins d'une grande complexité, comme en
témoignent plusieurs sections du projet de loi. De plus, cette latitude dans le
prélèvement des taxes foncières pourrait mener à une multitude d'approches dans
l'application de la taxe foncière, ce qui requiert une vigilance toute
particulière afin de diffuser les meilleures pratiques et d'éviter que se
répandent les conséquences non anticipées.
Ainsi, il m'apparaît souhaitable que les
mesures suivantes soient introduites. Donc, l'établissement de sous-catégories
d'immeubles ou de secteurs devrait se faire par l'adoption d'un règlement,
lequel doit être précédé d'un avis de motion et du dépôt d'un projet de
règlement lors d'une séance antérieure à son adoption, et non pas par
résolution qui peut être adoptée par séance tenante... en séance tenante. Le
règlement établissant le ou les secteurs devrait pouvoir être adopté à chaque
année et non pas uniquement avant la date du 15 août qui précède le nouveau
rôle afin que les municipalités puissent appliquer les nouvelles dispositions
de la loi dès son entrée en vigueur et qu'elles puissent corriger les erreurs
ou les distorsions non anticipées annuellement. Le greffier devrait devoir
transmettre au ministère la copie des règlements adoptés en vertu des articles
relatifs à l'établissement de nouveaux paramètres de perception afin de
permettre au ministère de suivre l'utilisation de ces nouveaux pouvoirs et d'en
faire rapport. Puis un fonds d'aide technique devrait être créé afin que les
plus petites municipalités puissent avoir accès à l'expertise nécessaire pour
profiter pleinement de ces nouvelles dispositions.
Finalement, je suis d'avis que le
ministère devrait envisager la création d'un observatoire sur la fiscalité
municipale au Québec dont le mandat serait d'étudier et de diffuser les
meilleures pratiques en matière de perception des nouveaux pouvoirs par le
biais d'un rapport annuel d'orientation, par exemple. Cet observatoire pourrait
aussi avoir le mandat d'analyser et de diffuser les innovations réglementaires
en matière d'aménagement et d'urbanisme, de manière à faciliter l'atteinte des
objectifs de la Politique nationale de l'architecture et de l'aménagement du
territoire. Donc, je vous remercie de votre attention.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, merci beaucoup pour votre rapidité, parce qu'il vous restait encore
deux minutes et demie. Alors, vous avez... vous êtes la gagnante aujourd'hui.
Alors, on poursuit pour une période d'échange avec Mme la ministre.
Mme Laforest : Bien,
justement, vous parliez, au niveau du projet de loi fiscalité, qu'il pourrait y
avoir un lien avec les infrastructures vertes, si je comprends bien, puis, à la
fin, vous parlez du lien avec la Politique nationale d'architecture et d'aménagement
du territoire. Est-ce que c'est possible de me donner quelques exemples. Si on
veut faire le lien avec la PNAAT, la Politique nationale d'aménagement et d'architecture
du territoire, et les infrastructures vertes, comment vous voyez ça? Parce que,
là, c'est sûr que, non, c'est vrai que, dans le projet de loi, ce n'est pas
mentionné au niveau des infrastructures vertes, mais, en même temps, il y a
plusieurs programmes pour les infrastructures vertes. Comment vous voyez ça, le
lien qu'on aurait pu faire?
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) :
En fait, c'est... Dans la définition d'infrastructure qui est utilisée par
le ministère de l'Habitation et des Affaires municipales, je propose que la
définition d'infrastructure soit élargie pour inclure les infrastructures
vertes. Comme ça, les municipalités vont pouvoir financer des projets de
revitalisation et de requalification des berges à même la redevance de
développement, par exemple. Parce que, là, lorsque les municipalités adoptent
des règlements qui visent l'implantation de redevances de développement, elles
peuvent financer des infrastructures qui sont rendues nécessaires par le
nouveau développement immobilier, les usines de traitement des eaux, les
centres de gestion de matières résiduelles, le surdimensionnement des réseaux d'infrastructure
et d'égouts, mais la notion d'infrastructure dans le MAMH, c'est uniquement les
infrastructures dites grises. Donc, je propose que ce soit élargi aux
infrastructures vertes. Mais ça, ça ne s'inscrit pas dans un projet de loi, c'est
simplement la définition.
Mme Laforest : C'est ça,
c'est plus la définition également dans nos programmes.
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) :
Voilà.
Mme Laforest : Je
comprends la différence. OK. C'est intéressant. Ensuite, vous parlez de la
contribution par les promoteurs immobiliers des deux premiers quintiles.
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) :
Oui.
Mme Laforest : Donnez-moi
aussi des exemples.
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) :
En fait, c'est l'indice de vitalité économique des villes, des
municipalités du Québec. Donc, les municipalités qui se situent dans les deux
premiers quintiles, généralement, c'est des — je l'ai, le rapport,
ici, là — ce sont des municipalités qui se situent dans les grandes
régions métropolitaines, qui sont... qui ont un indice de vitalité économique
positif, tu sais, donc ils ont un taux d'emploi... La démographie, les gens, il
y a un niveau de revenu suffisant. Donc, ce sont des villes qui sont en
développement.
Donc, pour faciliter l'implantation des
règlements qui imposent des redevances de développement, les municipalités qui
se situent dans ces deux premiers quintiles là devraient être obligées d'imposer
des redevances de développement. Et ça, on voit ça aux États-Unis, dans les
États où il y a des stratégies de gestion de la croissance, pour s'assurer que
les municipalités aient les revenus nécessaires pour accueillir le
développement immobilier. Donc, on oblige les municipalités, là, à avoir des
règlements qui encadrent les redevances de développement.
Mme Laforest : OK, c'est
bon. Est-ce que vous pouvez... Je ne sais pas, vous avez sûrement la réponse,
pourquoi les redevances de développement, elles n'ont pas été utilisées autant
depuis 2016? Là, c'est sûr qu'on veut les encadrer parce que, vous le savez, il
y a eu <certains abus. Donc, on veut mieux les encadrer...
Mme Laforest :
...vous
le savez, il y a eu >certains abus. Donc, on veut mieux les encadrer.
Mais pourquoi... Tu sais, comme là vous dites : On pourrait obliger
d'imposer les redevances de développement aux deux... aux deux premiers
quintiles. Mais pourquoi, selon vous, les redevances n'ont pas été utilisées
autant qu'elles auraient dû?
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Bien, c'est qu'il y a une certaine compétition
intermunicipale. Donc, on veut que les taux de taxation soient le plus bas
possible et les redevances également soient les plus basses possible pour
attirer le développement immobilier. Donc, il y a une compétition à la baisse
des niveaux de taxation. Ça, c'est une tendance qu'on voit, c'est normal.
Il y a aussi l'aspect de la complexité des
règlements puis il y a aussi le fait que les règlements qui encadrent les
ententes avec les promoteurs immobiliers. Donc, les villes peuvent adopter un
règlement qui encadre ces ententes-là pour le paiement des infrastructures qui
sont nécessaires au développement et, généralement, sont réalisées par le
promoteur et puis sont cédées à la municipalité.
Donc, pour ça, pour avoir un règlement sur
les redevances de développement, il faut d'abord avoir un règlement qui encadre
les ententes avec les promoteurs, puis ça, c'est seulement 50 % des
municipalités. Il y a une étude qui a été commandée par votre ministère, qui a
dit que... Il y a un sondage qu'on... qui a été réalisé par le MAMH et l'UQAM,
qui a démontré que c'est un peu... c'est autour de 50 % des villes qui ont
un règlement qui encadre les ententes. Donc, ça, ça... c'est sûr que ça demande
une certaine, tu sais, une certaine capacité administrative pour concevoir des
règlements, puis c'est assez complexe à réaliser aussi, là. Donc, c'est un
ensemble de facteurs.
Mme Laforest : J'ai
aussi la question... Le maximum de 3 % au niveau des logements vacants,
vous dites que vous seriez d'accord pour les hausser à 3 %. C'est bien ce
que vous avez dit?
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Exactement. Donc, à Vancouver et à Toronto, les taux vont...
À Toronto, les taux vont être ramenés à 3 %, à Vancouver, ils le sont
déjà. Puis, à Vancouver, ça a mené à 37 % de diminution des logements
vacants entre 2017 et 2021. Donc, ça a eu un effet sur... sur le développement
ou l'occupation de ces... de ces logements-là, puis on va chercher, à
Vancouver, 67 millions de dollars par année aussi. Donc, c'est une
source de revenus importante puis ça envoie un signal de prix aussi aux
propriétaires. Puis l'objectif, ce n'est pas que les villes imposent un
3 % tout de suite. On commence par 0,5 %, année 2, 1 %,
année 3, 1,5 %. Donc, envoyer un signal de prix, avoir une
prévisibilité, puis l'adoption, tu sais, l'application progressive des taux, ça
envoie vraiment un message de prix aux propriétaires.
Mme Laforest : Puis, parce
qu'ici ce qu'on entend depuis ce matin, c'est que c'est très, très complexe. En
tout cas, les municipalités nous disent vraiment que ce sera difficile
d'appliquer ce règlement-là. Donc, vous, est-ce que vous... J'imagine, vous
avez sûrement en tête comment appliquer un règlement comme ça pour le taux de
taxation de logements vacants. Comment... Voyez-vous ça complexe aussi?
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Ils le font en Ontario, ils le font aussi en
Colombie-Britannique. Donc, ça serait intéressant de voir la manière dont les
villes l'imposent là-bas. Moi, ce que je recommande, c'est que le ministère des
Affaires municipales pourrait édicter des règles uniformes pour faciliter le
travail des villes. Puis, généralement, c'est de l'autodéclaration. Donc, les
propriétaires doivent faire la démonstration. S'ils ne font pas la démonstration,
c'est réputé vacant. Puis, si c'est réputé vacant, ils sont imposés.
Mme Laforest : Bon,
c'est ça qu'on peut faire aussi, mais je me disais, avez-vous la recette
magique?
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Bien, vous pourriez... Vous pourriez regarder la définition,
les critères, par exemple, d'Ottawa, qui sont très bien déterminés...
Mme Laforest : Définis.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : ...définis, puis l'appliquer, le suggérer aux municipalités
québécoises, là.
Mme Laforest : OK. Parce
que, juste arriver avec le 1 %, je vous dis que ça a été... C'est sûr, là,
on voit un édifice de 400 000 $, ça veut dire que, s'il y a le
1 %, c'est 4 000 $, quand même, de plus pour le logement vacant.
Mais, vous, 3 %, ce serait 12 000 $ sur la valeur de l'immeuble
qui est 400 000 $, vous seriez d'accord avec ça ici?
• (17 h 10) •
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Bien, si c'était implanté de manière progressive, je pense
que c'est juste, puis ça s'aligne sur les autres juridictions aussi, là.
Mme Laforest : OK. C'est
bon. Ensuite, vous parliez... Vous alliez vite, là, mais je pense, j'ai... OK.
Vous dites : Ça prendrait un projet de loi de redevance des
revitalisations.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Oui.
Mme Laforest : Expliquez-moi,
voir.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Alors, captation de la plus-value foncière. Donc, c'est
appliqué dans les... C'est permis en Alberta et au Manitoba. Puis je savais que
la question allait venir. Donc, ici, au temps... Par exemple, OK, la Commission
de la capitale nationale à Québec, vous avez annoncé la phase IV de la
promenade Samuel-de Champlain. Souvent, les... ce sont des... des droits qui
sont donnés à des... à des commissions spéciales ou à des autorités de taxation
particulières qui font des projets de revitalisation, mais ça peut aussi être
le cas d'une municipalité, d'accord? Donc, au temps 1, il y a un rôle
initial, on fait des projections. Donc, s'il n'y avait pas eu l'investissement
public, l'augmentation du taux de... l'augmentation de la valeur aurait eu
cette croissance-là. Puis tout ce qui est jugé incrémental, tout ce qui est
jugé dû à l'investissement est <taxé à un taux égal ou supérieur...
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) :
...l'investissement est >taxé à un taux égal
ou supérieur au taux de taxe foncière et sert à rembourser l'investissement. Donc,
par exemple, en Alberta, à Calgary, il y a le Rivers District. Ils sont allés
chercher 400 millions de dollars depuis les investissements de
revitalisation. Ça peut être des travaux de décontamination, ça peut être des
travaux d'investissement dans des bibliothèques, ça peut être des accès
routiers pour développer un nouveau secteur. On pense toute la revitalisation
phase IV, ça serait le genre de projet qui serait parfait pour faire
l'implantation de ces mesures-là.
Parfois, les risques c'est que, tu sais,
il y a des critères du n'eût été. Donc, n'eût été l'investissement public, il
n'y aurait pas eu d'investissement privé, et le critère de paupérisation. Donc,
il faut que ce soit des secteurs qui soient défavorisés. Des fois, les deux
critères ne sont pas nécessairement rencontrés. Donc, ça, c'est les risques.
Des fois, ça a été utilisé aux États-Unis, par exemple, pour financer des
stades. Donc, ce n'est pas nécessairement le genre d'investissement qu'on
voudrait, mais les... En fait, pour les travaux de décontamination, on pense à
des projets comme le Carré Laval, et tout ça, ça serait un mécanisme idéal pour
financer ces grands projets là.
Mme Laforest : OK. Puis
c'était quoi, l'obligation de perception? Ça, c'était... Non, c'est beau.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Oui, les mandataires?
Mme Laforest : Oui,
exactement.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Donc, c'est le cas de Percé. Donc, Percé, son règlement est
contesté, donc, la redevance visant les touristes, parce qu'on le... Dans la
loi, c'est écrit, la possibilité de s'entendre avec un mandataire. Mais les
mandataires devraient être obligés de percevoir les redevances et les taxes qui
sont adoptées par les municipalités parce que, sinon, ces dispositions-là de la
redevance réglementaire sont inopérantes parce que, dans la loi, on peut
imposer une redevance réglementaire sur la distribution d'un bien ou d'un
service, par exemple, ou sur la présence d'un individu sur le territoire, mais
si ça prend un mandataire qui accepte et si on doit s'entendre avec lui, bien,
ces dispositions-là sont quasiment inopérantes. Donc, comme la taxe de vente,
par exemple, où les commerçants sont obligés de la percevoir, on pense que les
mandataires, là, comme par exemple la SAAQ pour l'imposition d'une taxe sur les
droits d'immatriculation supplémentaires, que les mandataires soient obligés de
percevoir ces taxes, ces redevances.
Mme Laforest : Puis, là,
je ne sais pas, je vais me dépêcher, j'avais peut-être une dernière question.
Le Président (M. Schneeberger) :
...aussi, là.
Mme Laforest : OK. Je
vais tellement vite. Le... OK. Je voulais avoir des précisions sur... C'était sur :
«L'établissement de sous-catégories d'immeubles ou de secteurs devrait se faire
par l'adoption d'un règlement, lequel doit être précédé». OK. C'est ça que vous
avez mentionné tantôt.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Pas par résolution, mais par règlement.
Mme Laforest : OK.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Donc, il doit y avoir un avis, un projet qui soit déposé à
une séance du conseil d'administration... du conseil municipal précédent pour
qu'il y ait une certaine prévisibilité, là, pour la part des oppositions, qu'il
y ait une transparence, là, pour que le règlement soit étudié.
Mme Laforest : C'est
pour la prévisibilité? Parce que vous ne pensez pas que ça, ça va devenir plus
compliqué en faisant ça, non?
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Non.
Mme Laforest : C'est
bon. Puis, après ça, j'avais... Ah! l'observatoire sur la fiscalité municipale
au Québec.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Oui, c'est quelque chose qui manque selon moi. En Ontario,
il y a le IMFG, Institute on Municipal Finance and Governance. On s'y réfère
beaucoup, les chercheurs, parce que c'est de la recherche appliquée, mais ce
n'est pas... C'est encore moins appliqué, disons, que la recherche qu'on fait
ici, au Québec, là. Il y a des communautés de pratique au Québec, ce qui fait...
Tu sais, il y a des comités de l'UMQ, il y a des comités de la COMAQ, des
comités d'experts, sauf que cette information-là n'est pas publique, puis on
cherche des sources de données. Parce que, par exemple, lorsque j'ai fait l'étude
sur les redevances de développement, bien, il a fallu faire la recherche sur
Google, Google Search, là, pour trouver les règlements qui imposent des
redevances de développement.
Donc, on pense que ce serait préférable
d'avoir un institut, un observatoire qui fait la recension des innovations
réglementaires des communautés de pratiques, sur les meilleures pratiques
aussi, parce que les municipalités ont besoin de conseils et de ressources pour
voir que... diffuser les meilleures pratiques essentiellement, documenter les
innovations. Parce que ce qui est extraordinaire, c'est que les municipalités
québécoises, elles ont beaucoup de latitude de perception, de prélèvement. Puis
on est des leaders canadiens, sinon mondiaux, dans l'adoption de mesures écofiscales
dans les villes québécoises. Mais ça, pour qu'une invention réglementaire
soit... devienne une innovation et soit diffusée, bien, il faut que
l'information soit connue, puis les gens, comme par exemple, Toronto, qui ont
le pouvoir général de taxation, ils ne savent pas quoi faire avec leur pouvoir
général de taxation, ils pensent qu'ils ne peuvent rien faire avec ça, alors
que les villes québécoises en font beaucoup. Donc, il faut...
Mme Laforest : OK. Je
trouve ça vraiment intéressant parce qu'au début, ce matin, c'est ça que je
mentionnais, parce que le projet de loi en fiscalité, on le travaille depuis
quand même cinq ans, mais c'était tellement complexe, il y avait tellement
d'acteurs à rencontrer, de mesures à vérifier, c'est assez particulier. Puis là
c'est la première fois que <j'entends ça, un observatoire sur la
fiscalité...
Mme Laforest :
...c'est
la première fois que >j'entends ça, un observatoire sur la fiscalité.
Puis là, je comprends. J'en comprends tout son sens, là. Alors, bien, merci
beaucoup. Merci, parce que je suis très heureuse de vous avoir entendue pour
certaines mesures qu'on va réfléchir ici ensemble. Puis, en même temps, de vous
entendre, ça me réconforte parce que vous avez félicité quand même le projet de
loi sur la fiscalité municipale. Alors, je suis quand même rassurée. Mais bravo
pour vos connaissances et vos compétences.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Bravo aux équipes, et aussi à vous.
Mme Laforest : Oui, nos
équipes travaillent très fort.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Elles travaillent fort.
Mme Laforest : Merci. Et
on va se revoir sûrement bientôt. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition
officielle et Mme la députée de Mille-Îles pour 10 min 24 s.
Mme Dufour : Merci, M.
le Président... Merci. Donc, je voudrais peut-être vous entendre sur, bon, les
redevances de développement. On a entendu des groupes ce matin. Bien, en fait,
juste avant vous, il y avait un groupe qui souhaitait que ce soit mieux
encadré. Même, je pense qu'ils préféreraient même que ce soit complètement
aboli, là. De votre côté, vous proposez plutôt l'inverse, là, que ce soit
généralisé, du moins dans les villes des deux premiers quintiles, que vous
mentionnez. Et donc... Et les raisons que vous avez évoquées, là, je les
comprends parce que j'étais à la ville de Laval avant, au municipal, et, tu
sais, la réflexion qui s'était faite, c'était ça, c'était de dire : Bien,
si on l'impose, ça va aller développer plus au nord, donc Mirabel, etc. Puis
ça, finalement, favorise l'étalement urbain. Donc... Mais par contre, on est en
crise du logement. Et donc, est-ce que... est-ce que vous... Puis là, en ce
moment, puis c'est ça, l'IDU, qui vous précédait, eux avaient plutôt la
prémisse que ça... ça n'a pas, tu sais, ça reportait en fait des
investissements, des redevances de développement, puis que ça peut faire en
sorte de diminuer l'abordabilité. Est-ce que vous pensez que peut-être il y a...
Un moratoire, par exemple, de quelques années, est-ce que ce serait quelque
chose dans... que vous voyez qui pourrait être une possibilité ou vous pensez
vraiment que c'est nécessaire de les imposer?
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Ça prend des infrastructures pour accueillir le
développement immobilier. C'est ça, le problème, c'est que les villes sont dans
une situation où elles veulent accueillir le développement, mais il y a des
investissements qui sont nécessaires. Moi, je suis une... je fais la promotion
des redevances dites minimales. Donc, c'est pour ça que peut-être un
encadrement sur qu'est-ce qui peut être financé, comment ça doit être calculé
pour s'assurer que ce soit bien fait, que ce soit... que ce soit réalisé, là. Donc...
Donc, ça serait mon... Moi, je suis une défenseure d'une... des redevances
minimales.
Puis, au Québec, il faut dire que les
redevances de développement, la moyenne, c'est de 4 000 $ la porte.
Donc, il ne faut pas trop... Il ne faut pas trop jeter le bébé avec l'eau du
bain, là. Donc, les redevances de développement, c'est un outil qui permet de
financer des projets d'infrastructure, mais c'est seulement... Si c'est bien
calculé, la redevance, elle ne sera pas... elle ne sera pas terriblement élevée,
là. Donc, c'est seulement une portion des infrastructures, parce que la
redevance est supposée payer ce qui est rendu nécessaire par le nouveau
développement immobilier. Donc... Donc, la redevance la plus élevée de
développement au Québec est de 15 000 $ l'unité, puis la plus faible
est quelque part entre... Je pense que c'est 700 $, 750 $ la porte.
Donc, ça permet aux municipalités d'aller chercher un financement pour financer...
pour accueillir ce développement-là. Donc, c'est...
• (17 h 20) •
Puis, pour ce qui est de l'abordabilité,
ça dépend du marché. Dans les marchés de grande, de très grande vigueur, le
prix va être reporté sur le coût de location, mais dans les marchés de moins
grande vigueur, il y a une partie du coût qui va être pris en charge par le
promoteur... par le promoteur immobilier. Donc, ça dépend vraiment du marché.
Puis, bien, ces mesures-là d'abordabilité, ça peut être garanti. C'est parce
que ce n'est pas tant... C'est la capacité d'accéder au logement, ce n'est pas
tant le prix du logement que la capacité à y accéder qui est importante, donc
des mécanismes d'accès à la propriété, par exemple, des réserves foncières qui
sont constituées par la municipalité, l'abolition de la taxe de vente sur les
nouveaux projets de développement immobilier. Donc, les bonus de densité, ça
peut être des mesures qui préservent l'abordabilité aussi, là, mais ça ne veut
pas dire que les redevances de développement ne doivent pas être imposées.
Donc, je pense que c'est le bon prélèvement et le bon mécanisme pour le bon
objectif, là.
Mme Dufour : Moi,
j'aimerais vous entendre. Vous avez évoqué les... que 50 % des villes ont
un règlement qui gère les développements, dans le fond, faits en... nous, on
appelait ça en maîtrise d'œuvre privée, là, par les développeurs, puis par la
suite les infrastructures sont cédées à la municipalité. Bien, dans un cas
comme ça, quand c'est développé comme ça, bien, c'est le développeur qui assume
tous ces coûts-là, justement, des infrastructures et, par la suite, bien, c'est
cédé à la municipalité. En tout cas, moi, c'était comme ça, à l'époque, à
Laval, là, pour ce genre de développement là. Donc, c'est une forme, d'une
certaine façon, de... Est-ce que ça ne fait pas l'équivalent de la <redevance...
Mme Dufour :
...d'une
certaine façon, de... Est-ce que ça ne fait pas l'équivalent de la >redevance?
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Non, il faut faire la distinction entre les contributions
des promoteurs en vertu des ententes et la redevance de développement. Les
contributions des promoteurs en vertu des ententes, ça sert pour les
infrastructures qui sont nécessaires au développement immobilier. Donc,
généralement, ce sont des infrastructures qui sont sur le site et qui ne sont
pas utilisées par les autres résidents. Donc, c'est vraiment «on site». Et les
redevances de développement, ce sont les infrastructures qui sont rendues
nécessaires par le nouveau développement immobilier, tous les travaux de
surdimensionnement, par exemple, l'agrandissement de l'usine de traitement des
eaux, l'agrandissement... Une nouvelle bibliothèque ou une nouvelle caserne de
pompiers. Donc, il faut calculer la proportion qui... de ces infrastructures-là
qui sont rendues nécessaires par le nouveau développement. Et ce sont des
infrastructures qui peuvent généralement être utilisées aussi par les autres
citoyens. Donc, il y a vraiment une distinction à faire entre les deux.
Mme Dufour : Ça fait que
le 50 %, que vous référiez, des villes qui avaient un règlement, c'était
par rapport à la deuxième, deuxième option, c'est ça que...
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : À la première option.
Mme Dufour : À la
première?
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) :
Sur le site, oui. Les...
Mme Dufour : Mais ça,
c'est nécessaire que ce soit en place pour être capable d'imposer les
redevances de développement de la deuxième catégorie. C'est ça?
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Bien, normalement, oui. Comme ma collègue Marie-Claude
Prémont dit, c'est le crémage sur le gâteau, là, il faut d'abord avoir un
gâteau avant de manger le crémage.
Mme Dufour : Excellent.
Merci. C'est très clair. Je voudrais peut-être vous entendre sur les redevances
réglementaires. Vous mentionnez dans votre mémoire, là, je ne sais pas c'est où
exactement, mais... bien, dans votre texte, en fait, que les bâtiments, dans le
fond, gouvernementaux, actuellement, ce que vous suggérez, c'est qu'elles
soient aussi admissibles à cette redevance-là. Donc, en ce moment, ce n'est pas
le cas. C'est ce que je comprends?
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Oui.
Mme Dufour : Donc,
est-ce...
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Donc, l'État et ses mandataires ne sont pas assujettis au
pouvoir général de taxation et au pouvoir de prélever des redevances
réglementaires. C'est... Pour donner un exemple, supposons qu'une municipalité
voulait adopter une redevance qui vise les grands générateurs de déplacements.
Donc, les grands générateurs de déplacements, ce sont les grands employeurs,
puis on veut que les employeurs soient dotés de plans de gestion des transports
pour les... pour réduire l'utilisation de l'auto solo chez les employés. Puis
la redevance, elle serait imposée uniquement aux générateurs de déplacements
qui ne disposent pas de plans de gestion. Bien là, dans ce cas-là, dans une
ville, les écoles, les hôpitaux, les immeubles gouvernementaux ne sont pas
assujettis, alors que ce sont de grands générateurs de déplacements. Donc,
c'est pour ça qu'on recommande qu'ils soient assujettis et que le paiement des
redevances, parce que les paliers de gouvernement ne se taxent pas les uns les
autres, là, donc que la redevance soit calculée dans le calcul de... les
paiements en-lieu de taxes.
Mme Dufour : Les
paiements tenant lieu de taxes. OK. Parfait. Vous parlez aussi d'écofiscalité,
là. En fait, vous êtes spécialisée, ce que je comprends, en écofiscalité. Il y
a... Il n'y a pas rien là-dedans, dans le projet de loi, présentement, qui
traite vraiment d'écofiscalité, à part peut-être des... certains éléments qui
vont... qui pourraient contrer l'étalement urbain, ou l'inverse, là, ça
pourrait même créer l'inverse. Mais est-ce qu'il y a des éléments que vous
pensez qu'on pourrait prendre l'opportunité d'introduire?
Puis je vais peut-être vous amener
ailleurs. Ce matin, la... Je pense, c'est la Fédération québécoise des
municipalités mais c'est peut-être aussi l'Union des municipalités du Québec,
là, je ne suis pas certaine, mais une des deux, elle nous a mentionné qu'il y
avait actuellement un risque avec les redevances réglementaires. Dans le fond,
il y a des poursuites, notamment à Gaspé, il y a eu une poursuite pour une...
pour une taxation supplémentaire.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : À Percé, oui.
Mme Dufour : À Percé,
pardon, vous avez raison, c'est Percé. Et donc là il y avait comme un enjeu de
ce côté-là, un risque. Puis qu'il y a des municipalités qui, tu sais, qui
n'osent pas aller de l'avant parce qu'ils regardent ça puis ils se
disent : Est-ce que je serai le prochain à me faire poursuivre, là?
Prévost, cette semaine... bien, je pense, la semaine passée plutôt...
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : C'est une réglementation à Prévost, par exemple, ce n'est
pas de l'écofiscalité.
Mme Dufour : Ça, c'est
autre chose. Mais il reste que, tu sais, à chaque fois qu'il y en a une qui
teste quelque chose, là, il y a des villes qui mettent des taxations sur les
stationnements pour... pour ce que ça génère, mais on ne sait pas encore s'il
va y avoir éventuellement une réaction. Donc, est-ce qu'il y a quelque chose
que, nous, on pourrait faire, puis en profiter, de ce projet de loi là, pour
venir réduire les risques qu'il y ait ces poursuites-là?
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Que les mandataires soient dans l'obligation de les
percevoir, comme j'ai recommandé.
Mme Dufour : OK.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Puis il y a aussi des mesures d'écofiscalité qui sont... qui
pourraient être implantées par les municipalités, mais qui ne le sont pas parce
que leur risque d'implantation ou leur implantation est trop compliquée comme,
par exemple, les redevances sur les colis livrés dans une municipalité. Donc, ça
nuit aux artères commerciales, ça utilise les routes locales, mais qui dit que
UPX puis... FedEx et UPS voudraient être... voudraient les prélever et
voudraient les rendre à la municipalité? Donc, le gouvernement provincial, même
le gouvernement fédéral, selon nous, devrait percevoir des redevances sur les
colis et redistribuer cet argent-là aux municipalités. Donc, ça, c'est une
source, ça serait une nouvelle source de revenus et ça permettrait aux
municipalités de financer les équipements de... liés à la collecte et au
traitement des... de ces matières-là, de ces déchets, financer les artères
locales, financer le... les routes sur lesquelles <roulent ces camions-là...
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) :
...locales, financer le... les routes sur lesquelles >roulent
ces camions-là. Donc, ça, c'est une... ce serait une mesure que... qui pourrait
être mise en œuvre par le gouvernement, là.
Mme Dufour : Merci. Je
vais laisser la parole à la députée de La Pinière.
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, merci. C'est... Je dirais que c'est
rafraîchissant de lire ce mémoire, avec les... les, je dirais, les innovations
qui sont... qui sont incluses, notamment quand il est question de redevances,
où on ne veut pas... on ne veut pas freiner le développement et... Parce qu'il
y a des villes où il y a des moratoires sur le développement immobilier en ce
moment parce que les infrastructures d'eau sont insuffisantes ou sont
inexistantes, il faut en construire davantage. Donc, avec les redevances dont
il est question, on pourrait... Les municipalités peuvent s'en servir pour
mettre les infrastructures qui sont... qui sont nécessaires pour promouvoir le
développement. Quand vous, vous proposez pour les municipalités qui sont dans
les deux premiers quintiles d'être dans l'obligation d'adopter un règlement qui
encadre la perception des redevances, est-ce que vous obligez aussi... ça veut
nécessairement dire obliger d'avoir des redevances, ou juste celles qui en ont,
on les obligerait?
Une voix : ...
Mme Caron : Pardon.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Ce serait d'obliger l'adoption d'un règlement qui impose des
redevances de développement d'ici les quatre prochaines années.
Mme Caron : OK.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté du député de
Taschereau pour 3 min 28 s.
M. Grandmont : Merci, M.
le Président. Bonjour, Mme Tremblay-Racicot.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Bonjour.
M. Grandmont : Merci
pour votre présentation, pour votre mémoire. Avant de l'oublier, je vous dirais,
c'est vrai que c'est intéressant de vous entendre, là, sur les propositions que
vous faites. Si vous avez des exemples que vous pouvez nous envoyer à la
commission qui seront, après ça, distribués, ça nous ferait, je pense, tous
plaisir d'avoir quelques exemples, là, pour faciliter la discussion lors de
l'étude détaillée. Je pense que ça...
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Des exemples de quoi? Je m'excuse.
M. Grandmont : Bien, un
peu de ce qu'on a discuté ensemble. Si vous avez des études qui viennent
soutenir ce que vous avez mentionné dans votre mémoire, je pense, ce serait
vraiment apprécié. Donc, après ça, à vous de choisir, puis on pourra peut-être
vous relancer, là, mais bref, ce que vous avez sous la main, notamment.
On a entendu plus tôt l'IDU tantôt, là,
décrier en fait, là, le fait que les redevances, ça coûte cher aux promoteurs,
aux propriétaires. On parle dans leur cas de perte de compétitivité. Vous
apportez quand même des exemples internationaux, même ici, ailleurs au Canada.
Est-ce que, pour vous, bien, utiliser des redevances, c'est signe de perte de
compétitivité, ou ça peut au contraire aider, peut-être? Je ne le sais pas.
J'aimerais vous entendre là-dessus.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Bien, en Ontario, les redevances de développement, ça va
jusqu'à 140 000 $ par unité résidentielle. Donc, on n'est pas dans le
4 000 $ moyen du Québec, et je pense que l'objectif, c'est d'avoir un
certain rattrapage avec l'Ontario. C'est sûr qu'avoir une redevance de
développement à 140 000 $ l'unité, c'est... ça fait en sorte que ça
freine l'abordabilité. C'est une des raisons pour laquelle le Québec a une
meilleure abordabilité de la propriété, c'est parce qu'il n'y a pas de
redevance de développement. Puis ça a un impact important sur le marché
immobilier, parce que ça fait en sorte qu'il y a seulement un petit nombre de
promoteurs qui ont les reins assez solides pour construire. Mais, au Québec, on
n'est pas là du tout, du tout, du tout, on est loin de ça. Puis, dans les 28 règlements
au Québec qu'on a analysés, il y en a seulement une poignée qui impose des
redevances de développement sur le développement commercial et industriel. Le reste
des règlements s'impose uniquement au... au résidentiel, on le sait, là.
M. Grandmont : Parfait.
Merci.
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) :
Donc, ça, ça serait ma réponse.
• (17 h 30) •
M. Grandmont : Parfait.
Bien, c'est excellent. Sur les mandataires de l'État, là, vous avez parlé
d'exemples, là, qui nous parlaient évidemment beaucoup, là, notamment, sur les
plans de... les plans de... les plans de déplacement. Dans le fond, ce que
j'entends, dans le fond, c'est qu'en quelque part, pour l'instant, l'État
échappe à son rôle, à son devoir d'exemplarité, en fait, là. Il est lui-même
générateur de déplacement, il est lui-même générateur d'un certain nombre
d'externalités, dans le fond. Et donc les bâtiments qui appartiennent aux
différents mandataires de l'État, aux ministères, devraient être assujettis aux
mêmes règles qu'à peu près tout le monde, dans le fond.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Oui. Oui, je serais d'accord avec cette affirmation-là. Ça
serait idéal. Ça favoriserait l'adoption des règlements, parce que ça
permettrait une plus grande efficacité parce que, quand on a un... Supposons
qu'une municipalité a adopté un règlement sur... qui impose une redevance sur
les grands générateurs de déplacement, puis que c'est une ville comme Québec,
qui est le... Un des plus grands générateurs de déplacement est le gouvernement.
Bien, à quoi ça sert? C'est aussi une iniquité aussi envers les autres... les
autres employeurs. Donc, c'est une question, effectivement, d'exemplarité de
l'État.
M. Grandmont : Parfait.
Peut-être une dernière question sur les redevances. Je vais revenir là-dessus, mais
quand vous parlez d'une moyenne de 4 000 $, on comprend que c'est les
portes qui sont assujetties à des redevances, là, la moyenne.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Voilà.
M. Grandmont : ...ne comprend
pas les portes qui ne sont pas touchées par des redevances.
Mme Tremblay-Racicot
(Fanny) : Voilà. Lorsqu'il y a des redevances de développement...
17 h 30 (version révisée)
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) : ...lorsqu'il
y a des redevances de développement, il y a 28 règlements qu'on a
analysés, puis c'était en moyenne 4000 $
la porte. Puis il faut dire que ça permet de ne pas imposer 666 $ aux
résidents actuels. Donc, dans les villes qui ont adopté des redevances de
développement, le montant qui est perçu, ça équivaut à 666 $ la porte pour
les résidents actuels. Donc, on ne perçoit pas auprès des propriétaires
actuels. C'est vraiment les nouveaux résidents qui paient pour la croissance.
M. Grandmont : Parfait,
merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Voilà.
Alors, député des Îles-de-la-Madeleine, pour 2 min 38 s.
M. Arseneau : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Merci, Mme Tremblay-Racicot pour la présentation et
toutes ces idées qui sont stimulantes.
Je vais continuer sur la question des
redevances de développement. Vous avez parlé de l'imposition, là, pour les deux
premiers quintiles, que vous suggérez que ce soit obligatoire. Qu'en est-il des
petites municipalités? Si on regarde la carte du Québec, tu sais, par exemple,
une ville comme Port-Cartier, c'est au... dans le deuxième quintile, c'est,
vraisemblablement, parce qu'il y a une grosse usine ou deux qui sont là. Est-ce
que ça s'applique quand même pour des régions comme celle-là, ou probablement
que...
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) : Il
y en a quelques-unes. Si vous regardez la carte ici, l'indice de vitalité
économique...
M. Arseneau : Exact.
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) :
Il y en a quelques-unes qui sont positives dans le Nord.
M. Arseneau : Bien, en fait,
ma question : Est-ce que ça s'applique aussi pour les petites villes de
région ou on parle surtout des milieux densément urbanisés?
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) : Honnêtement,
dans ces régions-là, il y a un indice de vitalité économique positif, il n'y a
pas beaucoup de compétition entre les municipalités. Est-ce qu'il y a
énormément de compétition de promoteurs immobiliers? Il y a très peu de
promoteurs que, généralement, qui sont dans ce marché-là. Il faudrait y
réfléchir davantage, parce que... aussi l'avantage du pouvoir général de
taxation, pouvoir général de redevances réglementaires, même les redevances de
développement, on peut prévoir des exclusions.
M. Arseneau : OK.
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) :
Donc, il faudrait voir comment ça... quelles conséquences ça pourrait avoir
dans des plus petits milieux comme ça.
M. Arseneau : La présentation
du groupe précédent, L'Institut de développement urbain, là, parlait de l'effet
cumulatif, bon, des redevances de développement, et tout. C'est quoi, votre...
votre point de vue, là-dessus, là? Parce que c'est comme si c'était de trop d'arriver
avec des redevances, si j'ai bien compris leur propos.
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) : Bien,
il faut le tenir... il faut le prendre en compte, parce que... c'est sûr, sûr,
sûr qu'il faut en tenir compte quand on adopte des nouveaux règlements qui
imposent des contributions aux promoteurs immobiliers parce que c'est la même
assiette. Quand on pense à des redevances de transport et des redevances de
développement, bien, il faut que les taux... il faut voir, il faut prendre en
compte, en considération que ça va être cumulatif, là. Donc, effectivement, c'est
important de tenir compte de ces... de l'effet cumulatif des différentes
perceptions.
M. Arseneau : Et ce n'est pas
ici, au législateur, d'en tenir compte, mais bien au pouvoir municipal?
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) : Oui,
parce que certaines... chaque municipalité a un contexte particulier, là, puis
je pense que les élus sont très à même de juger de l'acceptabilité sociale de
ces mesures-là, là.
M. Arseneau : Si j'ai encore
quelques secondes?
Le Président (M. Schneeberger) : 10 secondes.
M. Arseneau : Sur la question
des logements vacants, quand il a été question du crédit de taxes sur les
successions, est-ce que vous avez un point de vue là-dessus, là, ou sur ce qui
se passe ailleurs, en Ontario, par exemple? Est-ce que c'est...
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) : Je
n'ai pas de point de vue là-dessus.
M. Arseneau : D'accord.
Merci.
Mme Tremblay-Racicot (Fanny) :
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Merci beaucoup. Alors, très instructif.
Alors, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 17 h 35)
(Reprise à 17 h 40)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, nous accueillons maintenant les deux
personnes... deux membres de Vivre en ville. Alors, je vous invite à vous
présenter et, par la suite, vous procéderez à votre allocution au niveau de
votre mémoire. Allez-y.
M. Savard (Christian) : Merci
beaucoup. Mon nom est Christian Savard, directeur général de Vivre en ville. Je
suis accompagné d'Émile Perreault, coordonnateur aux affaires publiques chez
nous. Merci à la commission de nous recevoir dans le cadre de ce projet de loi
quand même... quand même important sur... sur la fiscalité municipale.
De manière de manière générale, l'esprit
de notre intervention, comme le dit le titre de notre mémoire, vise à préparer
l'avenir vers un nouveau régime fiscal et considère que les propositions
contenues dans le projet de loi sont un premier <pas...
M. Savard (Christian) :
...contenues
dans le projet de loi sont un premier >pas.
Donc, de manière générale, Vivre en ville
accueille favorablement le projet de loi, considère qu'on donne des moyens
intéressants aux villes pour diversifier leurs approches en matière de
fiscalité, mais on considère qu'il s'agit d'un premier pas vers une nécessaire
réforme de la fiscalité municipale plus profonde, qui va donner davantage de
revenus aux villes, bon, on le sait, qu'il y a des enjeux de ce côté-là, mais
qui va également donner une destination, des orientations plus claires sur le
type de développement urbain qu'on veut avoir pour le Québec, parce que le...
donc, dans notre projet de loi... dans notre projet de loi... désolé, dans
notre mémoire — on est en novembre, on est tous un peu fatigués — dans
notre mémoire, on propose des ajustements, éventuellement au projet de loi,
mais on propose, et c'est notre recommandation n° 1, d'adopter le projet
de loi, mais également de démarrer un chantier plus profond en matière de
fiscalité, et on pense que... parce qu'on pense qu'il y a eu des choses qui ont
été faites dans le passé, je pense notamment aux redevances de développement,
il y a le pouvoir qui a été donné en 2016, et qu'on voit déjà peut-être
certaines dérives ou des utilisations pas optimales. D'ailleurs, la ministre,
dans le projet de loi, se donne le pouvoir de peut-être remettre en question
certaines de ces redevances de développement là.
Donc, nous, on croit qu'il faudrait, de
manière générale, que les nouveaux pouvoirs fiscaux, que ça soit ceux-ci... on
pourrait peut-être penser à des ajustements au projet de loi actuel ou dans un
chantier plus profond dans le futur, soient assujetti à quatre principes :
assurer l'équilibre des finances publiques à long terme, autant du gouvernement
du Québec que des municipalités, assurer l'équité, notamment en internalisant,
donc, le troisième principe, les coûts du développement urbain. Et je pourrais
peut-être revenir sur certains exemples de comment les redevances de
développement sont utilisées actuellement et ne respectent pas toujours les
principes d'équité et d'internalisation des coûts, ce qui fait en sorte que
certains types de développement sont davantage pénalisés. C'est le cas,
d'ailleurs, aussi pour les catégories d'usage résidentiel, actuellement. Et de,
dernier principe, favoriser l'émergence de collectivités viables, et c'est
probablement une des faiblesses du projet de loi actuel.
De manière générale, Vivre en ville a
toujours trouvé que le régime fiscal ne donnait pas assez de flexibilité aux
villes, les taux uniques imposés de manière systématique, et le projet de loi
vient ouvrir, justement, avec une taxation par secteur, avec une taxation par
un certain nombre de sous-catégories de bâtiments résidentiels. Donc, le projet
de loi donne des moyens, mais ne donne pas la destination. On ne sait pas, donc
on pourrait, comme on dit, on pourrait faire... les villes pourraient faire la
bonne chose qui va avoir les plus grands cobénéfices pour la collectivité et la
société, mais les villes pourraient faire aussi la mauvaise chose, et on pense
qu'il va falloir davantage un certain nombre de balises en matière... pour ces
nouveaux pouvoirs-là, avec une certaine flexibilité aux villes, pour savoir
jusqu'où ils veulent aller.
Donc, je pense que, là, actuellement, on
donne des nouveaux moyens qui répondent à certaines demandes traditionnelles
des villes, mais il y a certaines balises qui n'existent pas. Par exemple, on
pourrait décider que, si on veut favoriser la construction de logements à but
non lucratif, bien, ils pourraient ne pas être assujettis aux redevances de
développement. Les secteurs en revitalisation, consolidation, les secteurs
centraux qui ont des forts bénéfices environnementaux ne pourraient pas être
assujettis aux redevances ou à certaines catégories de taxation qui feraient en
sorte qu'ils seraient plus taxés. Et actuellement, et peut-être qu'en période
de questions j'aurai l'occasion d'y revenir, là, mais on en a des exemples où
on ne va pas... l'application des mesures par les villes ne va pas dans le bon
sens.
Donc, pour certaines recommandations
spécifiques, je passe la parole à Émile Perreault.
M. Perreault (Émile) : Merci,
Christian. Je veux attirer votre attention sur certaines de nos recommandations
plus spécifiques. La première, c'est d'adopter la disposition qui enchâsse dans
la loi le versement annuel aux <municipalités...
M. Perreault (Émile) :
...la
disposition qui enchâsse dans la loi le versement annuel aux >municipalités
des revenus tirés de la croissance d'un point de TVQ. C'est une mesure qu'on
tient à saluer. C'est une mesure aussi qui va permettre de diversifier, de
protéger les sources de revenus des municipalités. Dans la mesure où les
municipalités ont besoin d'un soutien financier structurel et non seulement
ponctuel, ce transfert sera une contribution substantielle et récurrente du
gouvernement au financement des services et des infrastructures municipales, et
c'est la raison pour laquelle nous recommandons que cette mesure soit adoptée.
La deuxième recommandation, c'est
d'adopter un taux maximal de 5 % pour assurer l'efficacité de la taxe sur
un immeuble comportant un logement vacant ou sous-utilisé. L'urgence réelle de
la crise de l'habitation requiert des mesures fortes, puis même si c'est une
mesure que nous saluons, celle que le gouvernement souhaite mettre de l'avant,
c'est-à-dire de permettre aux municipalités d'imposer une taxe sur les
immeubles comportant des logements vacants ou sous-utilisés, qui est une mesure
nécessaire, selon nous, on se questionne quand même sur la pertinence de
délimiter ce seuil-là en le plafonnant à 1 %. C'est possible dans
certaines régions où la crise de l'habitation est plus grave qu'ailleurs, où
une taxe sur les logements vacants est plus nécessaire qu'ailleurs, qu'une taxe
de 1 % soit, dans les faits, insuffisante. C'est pourquoi on encourage le
législateur à augmenter le seuil maximal de la taxe sur un immeuble comportant
un logement vacant ou sous-utilisé.
Et enfin la troisième recommandation sur
laquelle je souhaite attirer votre attention, c'est de protéger les moyens
d'action et les finances des municipalités en codifiant le principe selon
lequel l'exercice, par une municipalité, des pouvoirs d'urbanisme, notamment
lorsqu'ils sont exercés à des fins de protection de milieux naturels d'intérêt,
de boisés et de corridors écologiques identifiés, ne peut donner lieu à une
indemnisation. Comme le gouvernement, les villes et de nombreux observateurs,
Vivre en ville considère que le concept d'expropriation déguisée demeure une
menace importante pour les finances municipales et pour l'exercice des pouvoirs
municipaux. La capacité des municipalités à exercer certains pouvoirs a été
sévèrement limitée, au cours des dernières années, par certaines
interprétations des tribunaux qui vont à l'encontre de l'intention du
législateur. Ces décisions ont eu pour effet d'exiger que l'exercice de
certains pouvoirs municipaux, en matière de zonage notamment, puisse donner
lieu à une indemnisation comme s'il s'agissait d'une expropriation.
Le gouvernement a reconnu ce problème et a
indiqué son intention de le régler, mais ailleurs que dans le cadre du projet
de loi n° 22, Loi concernant l'expropriation. Le projet de loi n° 39
représente donc, à notre avis, une belle occasion à saisir pour régler ce
problème-là. L'exercice légitime par les municipalités des pouvoirs prévus dans
la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme ou dans la Loi sur le patrimoine
culturel doit être protégé, et c'est donc un principe qui devrait être enchâssé
dans la loi. Merci.
M. Savard (Christian) : Donc,
pour conclure, bien, effectivement, notre dernière recommandation vise en
quelque part profiter du projet de loi actuel pour terminer le travail du
projet de loi n° 22. C'est un peu particulier, mais il reste... je pense
qu'il y a un peu urgence d'agir.
Je terminerai également en soulignant que,
lorsqu'on parle de taxation, lorsqu'on parle de redevances de développement, il
faut être conscient qu'il faut qu'il y ait une certaine cohérence dans
qu'est-ce qui coûte cher, qu'est-ce qui coûte moins cher, et pas qu'est-ce qui
est plus facile à taxer versus, uniquement, qu'est-ce qui est moins facile à
taxer.
À titre d'exemple, la loi actuelle permet
de taxer davantage les bâtiments de six logements et plus possédés par
quelqu'un qui loue. Un des problèmes de cette approche-là, c'est que, bien,
actuellement, c'est des... les villes un peu prises à la gorge ont tendance à
taxer plus ça, parce que, bien, il y a moins de propriétaires, il y a moins de
gens qui votent, mais, à la fin, c'est des locataires qui, par la bande, par
leur loyer, paient cette taxation-là différenciée.
• (17 h 50) •
Donc, je crois qu'il va falloir que le
Québec se dote, éventuellement, de balises, pour ce type de taxation là, qui
feraient en sorte que, finalement, ceux... ceux pour qui ça coûte le plus
cher... Puis j'attirerais votre attention sur le schéma de la page 12, là,
qui démontre que ce n'est pas tous les types de développement qui coûtent aussi
cher à la société et qu'il faut considérer, là, lors de nos interventions
fiscales sur le milieu municipal. Donc, je vous remercie.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant passer à la période de questions,
échange. Alors, Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Laforest : Oui. Mais
alors je suis quand même contente, parce que, quand j'ai lu votre mémoire,
évidemment, je sais que, dans le projet de loi, il y a quand même plusieurs
mesures qui se retrouvent, donc vous ne serez pas déçus. Puis je voyais, quand
vous... c'était mentionné, c'est un bon... un bon début.
Une voix : ...
Mme Laforest : Mais vous allez
voir qu'on va quand même très, très loin. Donc, la recommandation «adopter la
disposition qui enchâsse dans la loi», ça, c'était prévu aussi avec les
municipalités, on va essayer de faire. La recommandation 3 qui était «modifier
le projet de loi pour les taux sectoriels», ça, on essaie de le ...
Mme Laforest : ...faire aussi.
La recommandation 4 : «...modalités
fiscales avantageuses pour certaines catégories d'immeubles», on essaie d'y
voir aussi», puis là je peux le mentionner, on a tous le même projet de loi.
La recommandation 5 et 6, par contre,
je vous le dis tout de suite, ça, c'est dans un règlement. Donc, c'est certain,
quand on parle d'un projet de loi, il va falloir le modifier dans un règlement,
donc et la sixième, la 5, la recommandation 6 aussi.
La recommandation 7, en fait, là, si
je comprends bien, vous dites : «Adopter un taux maximal de 5 %».
C'est sûr que 5 %... Tantôt, on donnait l'exemple d'un immeuble de 400000 $, ça donnait
1 %, 4000 $
d'obligation de paiement du logement vacant. Ça veut dire que, là, ça coûterait
20000 $ du
logement vacant. C'est sûr que c'est très... c'est énorme, là. On va regarder
cette proposition-là, mais je vous dis tout de suite que 5 %, c'est quand
même énorme.
Puis l'autre chose aussi, qui était la
recommandation 8 : «Préciser, au besoin, que la taxe sur les
immeubles... de logements vacants sous-utilisés s'applique sur des immeubles...
faisant l'objet d'un avis de détérioration, même si un ordre d'évacuation...»
Là, c'est sûr que le logement, à ce moment-ci, n'est pas habité, mais on va
regarder si, à ce moment-là, on peut faire quelque chose.
Il y a la recommandation 9 dans le
projet de loi n° 31, ça relève aussi de ma collègue à
l'Habitation, puis la 10 ᵉ : «Protéger les moyens d'action et des
finances des municipalités, en codifiant le principe sur lequel l'exercice, par
une municipalité des pouvoirs d'urbanisme — notamment lorsqu'ils sont
exercés à des fins de protection de milieux naturels d'intérêt, de boisés et de
corridors écologiques...». Bien, en toute honnêteté, il va falloir que je
discute avec mes collègues pour avoir cette disposition-là, si on travaille
cette disposition-là, évidemment, on va le décider tous ensemble.
Alors, c'est rapide pour moi, mais je vais
passer tout de suite vos recommandations. Puis, pour terminer, en disant :
Je crois que vous ne serez pas déçu à ce moment-là de notre projet de loi.
Alors, je laisse la parole à mes collègues.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté... Il n'y avait pas d'autre
question du côté gouvernemental? Non? Parfait. Alors, nous allons maintenant du
côté de l'opposition officielle. Alors, députée de Mille-Îles, la parole est à
vous.
Mme Dufour : Merci. Ça vient
plus tôt que prévu. Écoutez, je suis en train de finaliser la lecture de votre
mémoire, mais je vais aller sur un élément que j'avais sous les yeux où vous
parlez que... parce que vous parlez des redevances pour le développement de
transport en commun, et là vous dites : C'est à se demander si une
redevance ne devrait pas... une telle redevance ne devrait pas être appliquée
pour les nouvelles infrastructures autoroutières, et je trouve ça intéressant. Je
voudrais vous entendre davantage à ce sujet-là.
M. Savard (Christian) : De
manière générale, puis c'est l'exemple du REM, une des raisons... une des
manières qu'on a... une des choses qu'on a faites pour financer le REM, c'est
d'instaurer une redevance de développement aux... sur les édifices qui sont
situés à côté du REM, en disant : Bien, il y a une plus-value parce que tu
es à côté du REM, l'État va capter une partie de cette plus-value-là pour
financer le REM.
A priori, on peut penser que c'est une
bonne idée, mais, selon nous, il y a comme quelque chose comme un deux poids,
deux mesures. Bien, d'abord, s'il y a du développement aux abords du transport
en commun, on trouve que c'est une bonne chose. Et là, ce que l'État a fait,
c'est qu'on lui a donné une taxe supplémentaire. Donc, construire une unité de
condos à côté du REM à Brossard a une taxe supplémentaire que de construire
une... puis là je ne nommerai pas de ville pour ne pas faire... pointer
personne, mais de construire une unité de condos sur le bord d'une autoroute à
la périphérie de Montréal, et là, il n'y a pas de taxation. Et donc il y a
comme, là, dans les redevances de développement, une adéquation. Puis on
voulait donner cet exemple-là entre qu'est-ce qu'on permet, puis des fois on
taxe la vertu et on taxe moins ce qu'on veut moins.
Si je peux me permettre, je vais donner un
autre exemple. Beaucoup de villes ont utilisé la redevance sur le développement
et ils l'ont utilisée de manière uniforme, et fait en sorte que c'est 15000 $ la porte peu
importe tu es où dans la ville, peu importe quel type d'unité d'habitation que
c'est. Mais la vérité, c'est, dans un bâtiment plus dense, tu utilises moins de
rues, tu utilises moins d'aqueducs, tu utilises moins de services. C'est un peu
ce que le schéma de la page 12 dit. Et actuellement, bien, les villes,
c'est 15000 $
la porte. Donc, il y a comme... toi, comme comme personne qui achète ou qui
construit, dans le fond, tu vas utiliser moins de ressources des pouvoirs
publics, que ça soit les pouvoirs publics supérieurs ou de la ville, mais tu
paies aussi cher ta redevance que si c'est dans un endroit qui coûte plus cher,
qui prend plus <d'infrastructures...
M. Savard (Christian) :
...redevance
que si c'est dans un endroit qui coûte plus cher, qui prend plus >d'infrastructures.
Donc, c'est pour ça que, si on est relativement d'accord sur les ouvertures
qu'il y a sur le projet de loi, on pense qu'éventuellement, là, et je ne suis
pas sûr qu'on va pouvoir tout régler dans ce projet de loi là, il va falloir
aller plus loin et pousser plus loin notre réflexion. Et c'est ça que je
comprends aussi, d'ailleurs, sur certains pouvoirs que s'est donnés la ministre
sur peut-être qu'il y a des redevances qui se passent, dans des villes, qu'on
ne veut pas, et éventuellement je crois qu'il va falloir une réforme fiscale
plus profonde qui va venir donner plus de sens à la fiscalité municipale.
Voilà.
C'est bon? Excusez.
Mme Dufour : Merci.
D'ailleurs, peut-être que vous l'avez mentionné. Là, la page 12, il est
fort pertinent, là, le graphique que vous présentez, il y a eu... puis là vous
mentionnez que ce serait intéressant de pouvoir taxer, bien, les secteurs, mais
vous parliez, vous, de secteurs moins denses, plus denses.
M. Savard (Christian) : Oui,
oui, oui.
Mme Dufour : Et ce que je
comprends, c'est que le projet de loi pourrait permettre de faire ça.
M. Savard (Christian) : Tout à
fait.
Mme Dufour : Mais faudrait-il
encore qu'une municipalité souhaite le faire de cette façon-là.
M. Savard (Christian) : C'est
ça.
Mme Dufour : Ou, tu sais...
puis, à l'intérieur d'un secteur, il pourrait y avoir différents types de
densité aussi. Donc, peut-être que ça ne se verrait pas finalement.
Mais il y a eu plusieurs propositions, ce
matin et cet après-midi, de le faire peut-être sur la valeur des propriétés, et
ça, c'était un autre aspect, là, qui soulevait... Puis, tu sais, on pourrait
penser que, de façon générale, des propriétés unifamiliales avec des grands
terrains vont valoir plus que, par exemple, des condos tout empilés, et tout
ça, là.
M. Savard (Christian) : Oui.
Mme Dufour : Ça fait que je
ne sais pas ce que vous en pensez, de cette option-là, d'y aller aussi sur la
valeur plutôt...
M. Savard (Christian) : J'aurais
tendance... qu'il va falloir... La petite histoire, là, des redevances de
développement, au Québec, là, ça a débuté à Gatineau, qui a voulu imposer des
redevances de développement parce que sa voisine, Ottawa, le faisait, puis elle
se disait : Bien, j'ai de l'espace fiscal, moi, pour le faire. Et, quand
elle l'a fait, bien, son intention, c'était de... bien, si je construis des
nouveaux développements en «greenfield» — excusez-moi, c'est
l'expression qu'on utilise — en terrain vierge, en périphérie, j'ai
des coûts d'infrastructure supplémentaires que je voudrais pouvoir absorber à
travers les redevances de développement, mais mon centre-ville, lui, toutes les
infrastructures sont déjà présentes. Donc, la ville de Gatineau avait décidé
qu'il n'y avait pas de redevances de développement à ces endroits-là. Donc,
c'était ça... c'est ça, la logique, et éventuellement c'est la logique qu'il va
falloir, selon moi... arriver au Québec. Et ce que je veux dire, sur la valeur,
c'est que ça peut faire en sorte que j'ai une valeur élevée parce que je suis
bien positionné dans une ville, mais que mes coûts sont nuls, parce que
c'est... les infrastructures sont déjà toutes présentes. Donc, ça pourrait
renforcer, finalement... le comportement qu'on souhaite, ça pourrait le
décourager, là.
Mme Dufour : Là, je ne
parlais pas de redevances de développement, là, je parlais des taux...
M. Savard (Christian) : Vous
parlez plus de taxation.
Mme Dufour : C'est ça.
M. Savard (Christian) : Oui.
Mme Dufour : Les taux de
taxation différenciée.
M. Savard (Christian) : Parfait.
Mme Dufour : C'était plutôt
de ça, là, que...
M. Savard (Christian) : Tout
à... Oui, oui, on pourrait penser à quelque chose... à quelque chose du genre,
mais ça aurait quand même l'effet. Les redevances et les deux... La redevance,
c'est lors de la construction, hein, puis tandis que l'autre, c'est récurrent, année
après année, ça fait que ça peut aussi avoir le même effet.
• (18 heures) •
Je réitère qu'actuellement les villes
taxent plus, grosso modo, les immeubles locatifs de plus de six loyers parce
que la loi leur permet puis parce que c'est comme un endroit facile à taxer,
mais qu'en quelque part, tu sais, les propriétaires, là, ça, c'est un frais
qu'ils peuvent mettre à l'augmentation de loyer, là. Donc, il y a comme là
quelque chose qui est comme un règlement un peu antidensité, par exemple, dans
ce cas-ci. Et là on peut voir qu'est-ce que ça va donner dans la prochaine
année, dans les deux prochaines années, mais, moi, j'ai peur à un mouvement qui
ne va peut-être pas amener... faire des collectivités plus durables, mais
plutôt taxer là où est-ce que c'est facile, sans avoir des impacts positifs sur
le type de développement qu'on fait. Mais, de manière générale, d'y aller avec
des taux différenciés nous apparaît intéressant, mais il faudrait avoir plus de
balises pour donner davantage de direction, une destination vers laquelle on
veut aller.
Mme Dufour : Merci. Je vais
laisser la parole à la députée de La Pinière.
Le Président (M. Schneeberger) : Allez-y.
Mme Caron : Merci. Alors, si
je reviens à votre recommandation n° 5 où vous parlez... bon, Mme la
ministre a dit que ce serait plutôt dans un règlement que ça serait.... que ça
serait abordé. Mais, quand vous parlez d'exclusion pour exempter les
centres-villes et les cœurs de villages, est-ce que vous parlez dans les grandes
villes également ou bien dans les plus...
18 h (version révisée)
Mme Caron : ...et des
centres-villes dans les grandes villes également ou bien dans les plus petites
municipalités?
M. Savard (Christian) : Ça
peut... Dans tout type de municipalité.
Mme Caron : Dans tout
type de municipalité.
M. Savard (Christian) : Dans
tout type de municipalité, également... bien, tout simplement parce que c'est
des milieux qui ont des défis particuliers. Et on est revenus à l'esprit de
Gatineau, qui était précurseur, qui avait fait ça. Éventuellement, il pourrait
y avoir un autre procédé à travers des zones que la ville se veut de
consolider, tu sais, puis que, si on veut la consolider, bien, elle doit avoir
un taux de taxation ou de redevances, là, pour moi, c'est deux choses
semblables, c'est deux choses concomitantes, mais également, là, pour le
logement à but non lucratif qu'on veut... qu'on veut multiplier puis qu'on sait
que les chiffriers Excel ont de la difficulté à arriver en raison du
financement plus difficile. Ça serait une manière d'accélérer aussi ce type de...
d'habitation là, qui a pris un fort retard, dans les dernières années, au
Québec et qu'on tente, là... puis il y a quand même eu des sommes intéressantes
lors de la mise à jour économique, qu'on tente de relancer, là, pour faire face,
en partie, à la crise de l'habitation.
Mme Caron : OK. Parce
que, je pense, par exemple... bon, tantôt, vous n'avez pas voulu nommer de
ville, mais vous aviez nommé Brossard juste avant, dans le secteur du REM,
actuellement, là, où c'est une ville dans la ville, comme je disais à un groupe
un petit peu plus tôt, avec le développement... on parle de milliers d'unités
puis on parle d'un quadrilatère de là où la ville a dû donner un terrain assez
grand au centre de services scolaire pour la construction d'une école primaire
et, un petit peu plus tard, d'une école secondaire qui sera rattachée, bref.
Mais il y a... il y a un autre secteur auprès de la... d'une autre station du
REM, Panama, où il y aura un développement immobilier qui est... qui est prévu,
qui n'est pas... ce n'est pas actuellement un centre-ville, mais, dans la
vision de la ville, de ce que j'en connais, ça va... c'est appelé à devenir le
centre-ville, donc. Alors, le centre-ville... Disons que cette exclusion-là ne
pourrait pas s'appliquer au moment où le développement se fait, mais après ce
serait un centre-ville, alors...
M. Savard (Christian) : ...on
pourrait le décider ou il pourrait y avoir des orientations qui soient données.
Et je... sur la mécanique, comment y arriver, avec le délai qu'on a eu pour la
commission, je n'ai pas 100 % des réponses à donner. Ça arrive qu'on a
beaucoup de réponses, à Vivre en ville. Dans ce cadre-ci, on se... on se laisse
un peu de marge de manœuvre. Mais, oui, il faudrait... il faudrait donner
signal. Et, si je peux me permettre, je vais donner l'exemple de...
Le Président (M. Schneeberger) :
...donnez-moi juste un instant...
M. Savard (Christian) : Oui,
excusez.
Le Président (M. Schneeberger) :
...parce que le temps est terminé.
M. Savard (Christian) :
Excusez-moi.
Le Président (M. Schneeberger) :
Par contre, il y a eu des discussions, puis, du côté ministériel, ils vous
alloueraient un 10 minutes de temps supplémentaire qu'ils n'ont pas pris,
alors, qui va être réparti sur les trois groupes d'opposition. Alors, j'ai
besoin du consentement pour ça.
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, j'imagine que vous allez consentir certainement, mais j'ai besoin d'en
faire la... la... en tout cas, là, pas la motion, mais, en tout cas, de le
dire. Alors, vous avez un 6 min 18 s, 2 min 6 s
pour le député de Taschereau et 1 min 36 s pour le député des
Îles.
Mme Caron : Donc, bref,
on peut... c'est... c'est à moduler en fonction des cas, parce qu'il peut y avoir
des cas particuliers où...
M. Savard (Christian) : Je
vais... Je suis... J'ai donné l'exemple de Brossard parce que je suis... je
suis de la Rive-Sud de Montréal, je suis né là-bas, même si maintenant j'habite
majoritairement à Québec. Vous savez, il y a du développement autour des... des
Promenades St-Bruno, puis la ville de Saint-Bruno veut développer. Il n'y a pas
de station de REM. C'est... va être un développement probablement axé autour de
l'auto, qui est axé aussi autour de la 30. Mais pourquoi, eux, qui vont se
développer là grâce à la 30, il n'y a pas de redevance de développement à payer
mais que, Brossard, qui va avoir un développement axé autour du transport en
commun, bien, il y a des redevances de développement?
Il y a comme là quelque chose qu'il
faut... qu'il faut pousser la réflexion au Québec sur notre fiscalité pour en...
faire en sorte que ça soit... L'écofiscalité, c'est encourager les bons
comportements, que ça soit des comportements individuels ou corporatifs,
encourager les bons... ou municipals, encourager les bons... comportements et
décourager les moins bons, sans obligatoirement les interdire, avoir une
certaine régulation économique par rapport à ça. Et le régime actuel ne le
permet pas. Le régime proposé là va pouvoir le permettre pour ceux qui vont
vouloir jouer le jeu, mais ceux qui ne voudront pas jouer le jeu ou qui vont
essayer de pousser un peu là où ce que ça va être plus facile ou... il n'y a
pas vraiment de balise. Et, ce bout-là, on pense qu'il nous faut une bonne
réflexion par rapport... par rapport à ça. On est quand même favorables au
projet de loi pour commencer, mais je pense qu'il va nous falloir un grand tour
de roue collectif pour aller plus loin et arriver à un régime fiscal qui va
nous amener dans la bonne... dans la bonne direction.
Mme Caron : D'accord.
Maintenant, pour la recommandation 7, où vous parlez d'un taux maximal de
5 % plutôt que le 1 % pour les logements vacants, la Pre Tremblay,
qui a fait une <présentation...
Mme Caron :
...un taux
maximal de 5 % plutôt que le 1 % pour les logements vacants, la Pre
Tremblay, qui a fait une >présentation avant vous, nous... nous
proposait plutôt un maximum de 3 % mais qui serait appliqué
progressivement, par exemple peut-être un 0,5 % la première année, ensuite
1 % la deuxième année ou... bon, peu importe le... la temporalité, mais
qui permet aux promoteurs d'avoir une prévisibilité aussi sur... pas aux
promoteurs, mais aux propriétaires de logements vacants d'avoir une
prévisibilité. Est-ce que c'est quelque chose qui... que vous verrez d'un bon
oeil aussi?
M. Savard (Christian) : C'est
une approche qui pourrait s'avérer, effectivement, intéressante. C'est sûr que
nous, on... c'est un peu un électrochoc qu'on propose, parce qu'on considère...
qu'on considère que... tu sais, que d'avoir des locaux vacants, en 2023,
pendant qu'on est en crise de l'habitation... c'est parce qu'il y en a, des
gens, qui s'assoient dessus, pour différentes raisons. Ça fait qu'effectivement
le taux qu'on propose est un peu un électrochoc, mais, s'il arrivait une
solution, peut-être, mitoyenne, ça pourrait être aussi intéressant. C'est
intéressant à considérer, effectivement.
Mme Caron : Merci.
Des voix : ...
Mme Caron : Je vais...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Dufour : Oui. Merci, M.
le Président. Je vais peut-être profiter des minutes qui me restent pour vous
entendre davantage sur les... la façon, disons, administrative d'être capable
de recenser les logements vacants. Il y a plusieurs... On a entendu d'autres
municipalités qui semblaient voir ça quand même pas évident, là. Tu sais, la
mesure est intéressante, mais comment l'appliquer, ça, c'est... c'est moins
évident. Même que la Fédération québécoise des municipalités nous a carrément
dit qu'ils n'avaient pas les moyens, là, de faire ça, là, les petites
municipalités. Donc, j'aimerais vous entendre, parce que vous faites une
proposition, là, dans votre mémoire, ça fait que, peut-être, vous pourriez nous
en parler davantage.
M. Savard (Christian) : C'est...
C'est un défi. Il faut... Il faut voir aussi si tout le monde va vouloir
l'utiliser ou pas, là, il y a... il y a ça aussi éventuellement comme... comme option,
mais je ne crois pas qu'on puisse... qu'on puisse faire... Puis, à la limite,
si on a des idées, on vous les transmettra avec grand plaisir. On a une équipe
en habitation à Vivre en ville qui pourrait aussi... pourrait vous revenir avec
une réponse plus précise. Mais il faut trouver des moyens... et je pense que
c'est une demande aussi de beaucoup de villes, là, il faut trouver des moyens
de remettre sur le marché, le plus rapidement possible, tous les espaces qu'on
a besoin. C'est ça, le grand défi de la crise de l'habitation, le déficit de
logements qu'on a. Donc, il faut agir. Et ce n'est pas parce qu'une mesure est
imparfaite ou pas applicable à 100 % à tout le monde qu'il ne faut pas...
qu'il ne faut pas l'adopter dans ce cadre-ci, je pense.
Mme Dufour : ...excusez-moi,
vous parlez dans votre mémoire, dans le fond, du relevé 31. Je comprends,
c'est à peu près la même chose pour le registre des loyers, là, j'avais vu ça
aussi dans le 31.
M. Savard (Christian) : Oui, tout
à fait.
Mme Dufour : Donc... Donc,
peut-être... Et, c'est ça, comment vous voyez ça? Ce serait l'ensemble des
contribuables qui auraient à remplir ce document-là, à ce moment-là?
Des voix : ...
M. Perreault (Émile) : Oui,
c'est ça, on peut... je peux y aller sur le relevé 31. On n'est pas rentré
dans la mécanique exacte de quel, par exemple, champ pourrait être inclus au
relevé 31 pour aller chercher l'information nécessaire, mais on a fait le
constat, puis on n'est pas les... le... la seule organisation à faire ce
constat-là : il nous manque des données sur la situation du logement au
Québec. On dépend essentiellement de données qui sont issues de statistiques
fédérales, la SCHL. C'est des données qui sont... qui ne sont pas parfaites,
qui sont incomplètes. Et, en intégrant, par exemple, au relevé 31 des
champs qui nous permettraient d'aller chercher cette information-là à la source
directement, qui serait gérée par le gouvernement du Québec mais mise à la
disposition, par la suite, pour les municipalités, en données ouvertes, bien,
ça permettrait d'avoir un portrait de la situation peut-être un peu plus exact
que ce qu'on... ce qu'on a actuellement, surtout que, les duplex, les triplex,
on n'a pas d'information sur ce type de logements là actuellement, puis, dans
les centres urbains, au Québec, en grande partie, ce sont des immeubles qui
font partie du portrait.
• (18 h 10) •
Mme Dufour : OK. Puis... Puis
vous parlez...
Le Président (M. Schneeberger) : On
n'a plus...
Mme Dufour : C'est... Est-ce
que mon temps est terminé?
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
pas mal fini.
Mme Dufour : OK. Parfait. Bien,
merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de député de
Taschereau.
M. Grandmont : Pour combien
de temps, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) : Pour
un 5 min 34 s.
M. Grandmont : 5 min 34 s.
Merci beaucoup, M. le Président. M. Savard, M. Perreault, merci
beaucoup pour votre présence. Merci pour votre mémoire très étoffé, considérant
le peu de temps que vous avez eu pour le rédiger. Donc, merci pour votre
contribution.
Première question, j'aurais... je vous
poserais la question assez largement, là : Est-ce que le régime fiscal
actuel et ce qui est proposé dans le PL 22 actuellement favorisent
l'étalement urbain au Québec? Je veux dire, actuellement, là, ce qu'on a sur la
table, et le projet de loi.
M. Savard (Christian) : Le... Qu'est-ce qui est sur... Le régime fiscal actuel ne permet
pas, effectivement, d'internaliser les <coûts...
M. Savard (Christian) :
...Qu'est-ce
qui est sur... Le régime fiscal actuel ne permet pas, effectivement,
d'internaliser les >coûts de notre développement urbain, notamment le
développement urbain en mode étalement en périphérie. Donc, en quelque sorte,
notre régime fiscal a tendance à subventionner l'étalement urbain en
n'attachant pas tous les coûts liés à ce développement-là à la taxation ou au
régime fiscal. Donc, c'est... c'est... c'est un enjeu important, au Québec, de
notre régime fiscal.
Le projet de loi actuel pourrait ou ne
pourrait pas s'attaquer à cette situation-là de manière... et donc ça va être à
chaque ville... les villes vont pouvoir maintenant prendre action, mais
certaines pourraient ne pas le faire, et certaines pourraient même empirer la
situation, et certaines pourraient aller... finalement, améliorer la situation.
Donc, c'est comme si on avait fait le bon premier pas en commençant à réfléchir
à une approche par secteurs, une approche par catégories d'immeubles mais qu'il
n'y a pas de... on ne sait pas la destination qu'on veut atteindre, d'où
certains ajustements qu'on propose.
Et on propose même qu'à terme...
éventuellement, là, je pense qu'il faut regarder que la question des redevances
de développement soit davantage gérée à l'échelle nationale, à l'échelle du
Québec, pour avoir un éventuel outil de redistribution entre les secteurs à
consolider, qui redemandent parfois des investissements publics, versus les
développements qui se font en mode d'étalement, qui coûtent de l'argent. Donc,
il pourrait y avoir éventuellement un genre de péréquation municipale. Je pense
que c'est un chantier qu'on a à ouvrir.
Mais donc, pour répondre... finir la
réponse, oui, le régime pousse à l'étalement actuellement, et le projet de loi
ne pousse pas mais ne... peut même permettre d'aller dans le sens... dans le
bon sens mais pourrait aussi maintenir la situation actuelle puis l'empirer
s'il y a des mauvais joueurs.
M. Grandmont : Est-ce que...
Est-ce que vous pensez qu'une forme de compétition entre municipalités peut
s'installer et que, finalement, on n'utilise pas les outils qui sont mis de
l'avant par le projet de loi... puis, justement, aller dans le sens de
poursuivre l'étalement urbain, là?
M. Savard (Christian) : C'est...
C'est... C'est tout à fait ça. Et on pense que les villes doivent avoir une
certaine marge de manœuvre pour leurs réalités propres. Mais, par exemple, on
pense que, les redevances de développement, ça va être difficile d'aller au
bout de cet outil-là en raison de la compétition entre les villes, parce que,
si la bonne chose à faire, c'est... c'est x, pour internaliser les coûts de
développement, pour... pour... être moins incitatif à l'étalement, pour qu'il y
ait un coût, par exemple, à l'artificialisation des sols, à, donc, construire
sur des milieux naturels, par exemple, si l'autre... la voisine ne le fait pas,
l'autre ville ne fera pas, parce qu'elle dit : Ils vont tous partir dans
l'autre ville.
Donc, c'est clair pour moi qu'on ne va pas
au bout de nos outils fiscaux à travers le régime actuel et que,
particulièrement pour les redevances de développement, une approche nationale
serait probablement... aurait probablement plus d'impact positif que l'approche
à la pièce.
M. Grandmont : Sur les
expropriations... pas déguisées, les... pardon, les redevances de
développement, vous dites : Il faudrait exclure les centres-villes, il
faudrait exclure les coeurs villageois. Je comprends de votre schéma, là, à la
page 12, où vous voulez aller.
Vraiment une question pratico-pratique,
là, puis j'essaie de me mettre dans la peau de la ministre, là : Comment
on... Quel chemin on prend pour rétablir la bonne... tu sais, le bon... le bon
mode de taxation par secteurs, alors que tout le monde se sent accoté, on est
dans une situation où les hypothèques ont monté? Ça fait que, bref, comment on
réussit à rééquilibrer ça, là? Est-ce qu'on le fait de façon progressive avec
les nouvelles constructions, par exemple?
M. Savard (Christian) : Bien,
c'est... Vous savez, à titre d'exemple... Puis là c'est... c'est une question
quand même assez profonde. Ce n'est pas pour rien qu'on propose un chantier. Puis
on trouve que, dans le projet de loi, il y a les premiers outils, c'est juste,
comme on le dit... on ne leur donne pas la destination, donc on pourrait faire
à peu près n'importe quoi. Mais, lorsqu'on fait des changements de taxation, ce
qui est important, là, c'est : si, à un moment donné, on dit : Bien,
ça, là, les gens ne payaient pas le juste coût, bien, pour y arriver,
effectivement, c'est, sur les nouvelles constructions, toujours plus facile.
Lorsqu'il y a eu les fusions municipales, on a ajusté des taux de taxation puis
on l'a fait sur 15 ans. Éventuellement, lorsque viendra le temps, ça pourra
être une manière d'y arriver.
M. Grandmont : Merci encore
pour votre présentation.
M. Savard (Christian) : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : ...Alors,
nous allons maintenant du côté des Îles-de-la-Madeleine. À vous.
M. Arseneau : Oui. Merci
beaucoup, MM. Savard et Perreault, pour la présentation et le riche mémoire. Je
vais aussi aborder la question des redevances de développement et des <outils...
M. Arseneau :
...et
le riche mémoire. Je vais aussi aborder la question des redevances de
développement et des >outils.
Bien, d'abord, peut-être, de façon plus
générale, vous avez mentionné à plusieurs reprises qu'on ne connaît pas la
destination. Est-ce qu'on peut, dans le cadre d'un... du travail des
législateurs, selon vous, inscrire une destination? Ce que... Ce que vous êtes
en train de dire, qu'il faudrait amender le projet de loi, est-ce qu'il y a une
façon, selon vous, de le préciser?
M. Savard (Christian) : Le...
Notre position, puis c'est notre recommandation n° 1,
c'est que, pour arriver à la vraie destination, il va falloir avoir une
bonne... un bon chantier collectif sur cette question-là. Nous, on est plus
favorables à adopter le projet de loi avec certains ajustements. Puis, comme
j'ai dit, on n'a pas 100 % des réponses, mais il y en a un facile, par
exemple, sur l'habitation à but non lucratif. Ça, on pourrait dire : Il
n'y a pas de redevance là-dessus. Ce n'est pas très difficile et ça
améliorerait le projet de loi.
Est-ce qu'on pourrait dire : Les
villes, sur certains secteurs centraux en revitalisation, ne peuvent pas avoir
des redevances plus élevées? Vous le savez, actuellement, il y a des villes, là,
qui dit : On veut revamper notre centre-ville, mais ça coûte aussi cher la
porte au centre-ville, si quelqu'un construit des nouvelles unités d'habitation,
qu'à... au pourtour de la ville, tu sais. Donc, il y a... il y a comme
peut-être là des mécanismes à aller chercher. Donc...
Puis il y a aussi des bons aspects du
projet de loi sur les immeubles vacants, les choses comme ça, qu'on considère
important de conserver. Selon moi, c'est pour ça qu'on dit que c'est un bon
premier pas, mais il faut tout de suite commencer à voir qu'est-ce... comment
on pourrait aller plus loin, là, dans cette fiscalité-là, pour s'en aller vers
une meilleure adéquation entre les coûts du développement versus la taxation,
mais également pour un développement urbain plus durable. Donc, c'est comme... c'est
comme... on a des bons outils de départ, mais ça pourrait avoir certaines... certaines...
Beaucoup de villes pourraient prendre des mauvaises directions,
malheureusement.
M. Arseneau : Bien,
exactement, mais on a quand même un enjeu où on... enfin, plusieurs souhaitent
que les villes soient considérées comme des gouvernements de proximité et...
bon, il y a des élus qui sont démocratiquement choisis par leurs populations,
et leur donner le pouvoir, la flexibilité, et tout ça. Comment est-ce qu'on
trouve cet équilibre-là? Parce que vous avez même évoqué qu'on pourrait même...
j'allais... centraliser les revenus. Est-ce que ça ne va pas à l'encontre,
justement, d'une prise en charge davantage locale ou régionale des défis?
M. Savard (Christian) : C'est
pour ça qu'il peut y avoir une modulation par villes, mais il y a certains
grands principes, et je dirais, par exemple, la protection de... de
l'environnement, la protection des finances publiques fait en sorte que c'est
normal que l'État québécois joue un certain rôle pour orienter. Et je pense
qu'il n'y a pas un gouvernement qui n'a pas dit... qui n'a pas dit : Bien,
c'est nous qui prenons les grandes orientations, et les villes les appliquent
d'une certaine manière. Dans certains cas, là, bien, les villes pourraient
aller complètement à l'encontre des grandes orientations qu'on s'est données.
J'espère que non, j'espère que le milieu municipal ne le fera pas, mais ça
pourrait arriver. Et on sent bien, d'ailleurs, que le législateur, là, dans... à
travers la proposition, s'est même donné des poignées sur les redevances sur développement
pour peut-être pallier à certaines dérives possibles. C'est ce que je
comprends.
M. Arseneau : Il y avait
l'idée de... je pense, ça a été évoqué dans certains mémoires, de... soit d'un
observatoire ou de s'assurer que, justement, une fois qu'on a donné des outils
aux municipalités... bien, qu'on puisse valider si elles sont... Est-ce que
c'est un peu dans le sens... le sens de vos propositions, qu'on puisse valider
si les outils supplémentaires sont utilisés à bon escient?
• (18 h 20) •
M. Savard (Christian) : Je
pense que de monter notre niveau de connaissance sur l'utilisation de ces
outils-là est essentiel. Et on sait déjà... par exemple, les redevances de
développement sont appliquées, là, depuis quelques années, et nous, on constate
déjà certaines taxes aux bonnes pratiques. Le REM en est une, certaines taxes à
la densité. Donc, il y en a déjà, des pratiques, qui ne vont pas
obligatoirement dans le bon sens, actuellement. Et donc c'est pour ça qu'on
propose, en recommandation n° 1, d'ouvrir ce
chantier-là pour donner un autre tour de roue, éventuellement dans une... dans
un second temps, pour faire en sorte d'avoir un régime fiscal plus durable pour
les municipalités du Québec, plus durable dans tous les sens du terme.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup.
M. Arseneau : Merci beaucoup.
M. Savard (Christian) : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci pour votre apport à la commission.
Alors, avant de conclure les auditions, je
procède au dépôt des mémoires des personnes et des organismes qui n'ont pas été
entendus mais qui ont déposé un mémoire. Donc, cela est fait.
Alors, je remercie tout le monde pour
les... la contribution aux travaux.
Et la commission, ayant accompli son
mandat, ajourne ses travaux sine die. Bonsoir à tous.
(Fin de la séance à 18 h 21)