(Neuf heures quarante-six minutes)
Le
Président (M. Schneeberger) : Alors, bon matin à tous. Alors, je déclare la Commission de l'aménagement du territoire ouverte. Je vous demanderais juste de vérifier
vos sonneries pour ne pas déranger le groupe.
Alors, la
commission est réunie ce matin pour entreprendre des consultations
particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 50, loi édictant la Loi sur la sécurité civile visant à
favoriser la résilience aux sinistres et modifiant diverses dispositions
législatives... relatives, pardon, notamment aux centres de communications
d'urgence et de protection contre les incendies.
Alors, est-ce que nous avons des remplaçants ce
matin?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont) est remplacée par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis).
Le
Président (M. Schneeberger) : Parfait. Alors, pour débuter nos auditions ce matin,
nous allons recevoir la Fédération
québécoise des municipalités, l'Union des municipalités du Québec et l'Association
des gestionnaires en sécurité incendie et civile du Québec.
Remarques préliminaires
Alors,
nous... nous allons procéder maintenant par les remarques préliminaires. Alors,
j'invite le... M. le ministre de la Sécurité publique... pardon, à
commencer. Vous avez six minutes.
M. François
Bonnardel
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Alors, je serai bref, parce qu'on aura la chance de parler de la...
de cette loi, de cette refonte complète de
la Loi sur la sécurité civile dans les prochaines... les prochaines semaines.
Ce qui est important pour moi, c'est vraiment saluer mes collègues qui
sont là aujourd'hui, la collègue de l'opposition, les partenaires de la FQM, de l'UMQ, qui vont être avec nous ce matin, mes
partenaires aussi, mon sous-ministre, qui sont avec moi, du ministère,
pour m'accompagner.
Rapidement, trois points majeurs, que j'ai
mentionnés lors du dépôt de cette loi, là, qui... qui vont être partie prenante
de cette refonte. En premier lieu, c'est la mission de la SOPFEU. On va
recevoir la SOPFEU aujourd'hui. Comme on le sait, dû aux... dû aux changements
climatiques, aux catastrophes naturelles que l'on vit depuis... depuis les
dernières années, particulièrement depuis 2023, bien, la mission de la SOPFEU
a, je peux dire... a grandement évolué. Sa mission première, dans les dernières
décennies, a toujours été celle de sauver l'industrie forestière, mais la
matière ligneuse aussi. Puis il faut comprendre qu'avec les catastrophes des
dernières années, bien, la mission a... a évolué.
Elle devient celle de sauver des vies. Elle devient celle de sauver des
communautés, des infrastructures névralgiques et aussi, par la suite,
donc, la matière ligneuse de l'industrie forestière. Donc, la SOPFEU... SOPFEU
sera sous l'égide de la... du ministère de la Sécurité publique après
l'adoption de la loi, donc d'ici... d'ici la fin de l'année.
Le deuxième point important, bien, c'est une
réponse aussi aux catastrophes, c'est une réponse aussi aux municipalités,
petites, moyennes, grosses, qui, dans les dernières années, on l'a vu, on l'a
entendu, que ce soient les inondations ou autres, les feux de forêt,
particulièrement l'été passé, à la fin... à la fin du printemps ou au début de
l'été passé... où on s'est bien rendu compte que faire appel aux forces armées,
ça va de soi quand on a besoin des forces armées, mais de sortir de la boîte et
de... et de créer une réserve opérationnelle, une réserve civile opérationnelle
va nous permettre de répondre à des impondérables, à des catastrophes que des
municipalités pourraient subir suite à une demande sans faire affaire... sans
faire appel tout le temps, donc, aux Forces armées canadiennes. Alors, c'est
une réponse qui va être importante. C'est un financement aussi qui... qui a
suivi avec l'annonce... l'annonce du ministre des Finances voilà quelques jours
déjà. Donc, on va travailler en partenariat avec, nécessairement, la SOPFEU,
avec la mission de la Croix-Rouge aussi. On aura peut-être d'autres
partenaires, mais on aura la chance d'élaborer puis d'échanger aussi avec eux.
• (9 h 50) •
Un deuxième point qui touche... qui touche les
municipalités dans une certaine mesure, la gestion de risques, les générateurs
de risques aussi, donc, une meilleure connaissance. On s'est malheureusement
rendu compte pendant les feux, l'année passée, qu'on... qu'on avait peut-être
une méconnaissance de certains générateurs de risques dans certaines
municipalités, parce que... parce que, bon, on n'avait pas... on n'avait pas
cette information. Donc, pour moi, ce qui... pour moi puis le ministère, ce qui
est important, c'est d'être capables de s'assurer d'avoir tous ces facteurs de risque complets dans chacune... dans chacune des
municipalités, mais je sais que c'est une... c'est un questionnement. C'est un
questionnement qui est... qui a plein de sens du côté des municipalités, de se
dire : Bien, comment on va y arriver? Est-ce qu'on va être capables d'y
arriver? Bien, je leur dis oui, parce que, pour moi, la base, c'est important
d'être un... d'être un partenaire et qu'il y ait un accompagnement pour la mise
en oeuvre de ces éléments du projet de loi qui sont, pour moi, essentiels, donc
que ce soit un soutien technique, que ce soient nos directions... nos
directions régionales qui vont y participer, que ce soient les documents,
guides de référence, outils informatisés à l'intention des municipalités puis
des MRC et accompagnement, accompagnement, bien important, lors de... lors de
la mise en place de la préparation du règlement.
Je leur dis... Je vous dis en toute franchise et
humblement que vous allez être des partenaires dans tout ça. On ne vous
abandonnera pas puis on va travailler ensemble pour être capables de se donner
tous les outils pour affronter... affronter les prochaines catastrophes dans
les prochaines années, qu'on va... qu'on va nécessairement, malheureusement,
avoir. Donc, voilà, je termine ça là-dessus.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup, M. le ministre. Alors, nous allons
du côté de l'opposition officielle, et vous avez... Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
vous avez un 4 min 30 s.
Mme Jennifer
Maccarone
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Un plaisir de siéger à cette commission, aménagement du territoire.
On disait, juste avant l'ouverture des remarques préliminaires, que c'est une
première pour plusieurs d'entre nous. Alors, contente de vous trouver, M. le
Président, membres de la commission ainsi que le ministre, son équipe et mon
équipe, évidemment. Je suis bien entourée, vraiment, aujourd'hui.
On est en train d'entreprendre un projet de loi
important, majeur, je dirais même. Pourquoi? Parce que c'est la première fois
dans environ 20 ans, depuis, que nous n'avons pas adressé tout ce qui est
en lien avec sécurité civile. Alors, c'est des enjeux très importants.
J'ai hâte à entendre les groupes qui vont
témoigner en commission parlementaire parce que... de nous alimenter en ce qui
concerne ce projet de loi. Il n'y a aucun projet de loi qui est déposé à
l'Assemblée nationale qui ne peut pas être bonifié, qui n'a pas besoin d'être
amélioré avec des amendements qu'on fait en collaboration. Pourquoi? Parce que chaque fois qu'on dépose un
projet de loi, ça n'appartient plus au gouvernement, ça n'appartient pas
aux oppositions, mais ça appartient au... société civile. Alors, j'ai vraiment
hâte d'entendre les échanges que nous aurons avec tous les partenaires qui vont
venir témoigner.
D'abord, c'est un projet de loi que... j'ai dit
«majeur». Pourquoi? Parce que ça édicte une nouvelle loi sur la sécurité civile
afin de favoriser la résilience aux sinistres. On peut comprendre pourquoi le
gouvernement souhaite procéder avec ce projet de loi quand on parle juste des
feux de forêt historiques l'an dernier. On peut imaginer les inondations — j'ai
une petite pensée pour les pompiers qui ont perdu leur vie dernièrement à
Baie-Saint-Paul, par exemple, en ce qui concerne une inondation — un
sinistre, le verglas.
Évidemment, on ne peut pas être contre le fait
que... de nous mieux préparer pour faire face aux sinistres, mais c'est un
projet loi qui soulève aussi beaucoup de questions. Alors, on espère que le
ministre pourra nous répondre, ainsi que son équipe.
Je comprends aussi les très bonnes intentions
derrière ce projet de loi, mais je pense que ça prend un équilibre, puis c'est
ça que nous souhaitons chercher. On se souvient tous ce qui est arrivé pendant
la pandémie, les pouvoirs extraordinaires, ce qui était doté le gouvernement.
Il arrive parfois que la ligne entre le devoir et l'État... De ces obligations
ont été questionnées et même critiquées. Ça fait que je pense qu'on a une
obligation de s'en souvenir, de ceci, lors des échanges.
Il faut donc être prudents, je vous dirais, il
faut... il faut être prudents de ce que nous voulons mettre en place pour
assurer que l'objectif du protection de le public demeure notre préoccupation
principale. Puis c'est ça que je souhaite. Ça va être dans cet angle que nous
allons aborder le débat pour l'opposition officielle.
Le facteur déterminant, vraiment, dans le projet
de loi n° 50, c'est la responsabilisation, la
responsabilisation de la population, des partenaires, des ministères, des
municipalités. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de pouvoirs qui vont être
octroyés au gouvernement, au ministre ainsi qu'aux municipalités. Alors, je
comprends, on a aussi des préoccupations qui vont être soulevées avec tous ces pouvoirs
qui seront octroyés.
Alors, M. le Président, je dirais que moi, je
vais être là pour entendre, écouter, de travailler en collaboration. Encore une
fois, on comprend l'importance de ce projet de loi majeur. On souhaite
travailler d'une façon concertée, en collaboration, mais surtout de main en
main avec tous les partenaires qui vont témoigner puis qui vont nous aider avec
notre travail. Alors, merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième
opposition, et je donne la parole au député de Laurier-Dorion pour
1 min 30 s.
M. Andrés
Fontecilla
M.
Fontecilla : Merci, M. le Président. Donc, j'aimerais commencer
par saluer M. le ministre, son personnel, ses équipes ainsi que tout le personnel de l'Assemblée nationale, mes
collègues, là, pour entamer le projet de loi n° 50
sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux sinistres.
Donc, c'est un projet de
loi important, surtout dans un contexte de changements climatiques qui
provoquent directement des grands désastres naturels de différents types, ne
serait-ce que... On va se rappeler des grands feux de forêt qui ont affecté le
Québec, des inondations, etc. Donc, il est temps, après 20 ans, de moderniser
ce projet de loi à la lumière de la réalité actuelle des changements
climatiques.
Donc, je vais être très attentif, essayer
d'améliorer, de bonifier, parce que la sécurité civile, on l'a dit, ça concerne tout le monde. Ça concerne tous les paliers
de gouvernement et ça prend un savant dosage entre les différentes
responsabilités du monde municipal, du gouvernement du Québec et même du
gouvernement fédéral. Donc, c'est un projet... un projet de loi très important,
et on va y accorder toute l'attention requise. Merci, M. le Président.
Auditions
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup, M. le député. Alors, nous allons
procéder... débuter cet échange, les consultations, avec la Fédération
québécoise des municipalités. Alors, vous avez un 10 minutes. Je vous demanderais de débuter par votre
présentation à vous deux et puis procéder à la période... bien, à procéder à
votre mémoire. Voilà.
Fédération québécoise
des municipalités (FQM)
M. Larose (Steven) : Parfait. Merci
beaucoup. M. le ministre de la Sécurité publique, M. le Président, Mmes, MM.
les membres de la commission, la Fédération québécoise des municipalités, à
titre de porte-parole des régions réunissant plus de 1 000 membres,
dont la totalité des MRC, remercie les membres de la commission de
l'opportunité qui lui est offerte de présenter ses commentaires et recommandations
sur le projet de loi n° 50.
Ces dernières années, le Québec a été le théâtre
de nombreux sinistres importants, particulièrement sur le plan des catastrophes naturelles. On n'a qu'à
penser aux incendies de forêt sans précédent de l'été 2023, du glissement
de terrain de Rivière-Éternité ou encore de l'inondation dans la région de
Charlevoix, pour ne nommer que les plus récents. Les dérèglements majeurs de
la... de la nature, causés principalement par les changements climatiques, sont
portés à s'accroître. Malheureusement et inévitablement, chacune de ces
catastrophes, souvent naturelles, mais parfois
liées à l'activité humaine, entraîne d'importantes conséquences pour la
population qui les subit, des dommages matériels, certes, mais aussi
parfois des pertes de vie humaine.
La Fédération québécoise des municipalités, à
travers ses membres, comprend la nécessité de mettre à jour la Loi sur la
sécurité civile, qui date de 2001, afin qu'elle soit plus en phase avec
l'accroissement des risques des sinistres et le rôle des responsabilités des
élus locaux. En revanche, la fédération ne peut accepter certaines dispositions
du projet de loi, en particulier la relation à sens unique entre le
gouvernement et les gouvernements de proximité contenue dans le projet de loi
et l'absence de ressources humaines et financières pour accompagner les
municipalités et les MRC dans leurs nouvelles obligations. Nous nous
interrogeons également sur la portée de la modification proposée à la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme. C'est donc principalement sur ces aspects que
nous nous pencherons aujourd'hui.
La première partie de notre mémoire aborde le
rôle des MRC et les municipalités locales dans la nouvelle loi sur la sécurité
civile telle qu'édictée par le projet de loi n° 50.
La municipalité constitue la première ligne lorsque survient un sinistre. Le fait
est que, par sa proximité à la fois avec les lieux physiques de la catastrophe
et avec le citoyen, c'est vers la municipalité que se tournera d'abord ce
dernier, en quête de secours et de solutions lors de situations d'urgence.
C'est aussi la municipalité qui est la plus à même de réagir en premier et de
prendre les décisions urgentes qui protégeront sa population. Advenant le
manque de ressources, la municipalité se tournera vers sa voisine ou encore la
MRC, parfois mieux organisée pour faire face aux sinistres. Nous sommes en
d'accord... en accord avec la nécessité que tous les acteurs doivent être
mobilisés, que, dans un monde idéal, les ressources soient optimisées en
situation de mesures d'urgence. C'est l'objectif global du projet de loi n° 50, et nous le comprenons.
En revanche, la FQM est déçue que le projet de
loi ne prévoie que des obligations des gouvernements de proximité vers le
gouvernement du Québec sans que rien ne soit demandé en retour à ce dernier. Le
projet de loi fait effectivement mention des responsabilités et obligations du
ministre par rapport à sa propre démarche de gestion de risques de sinistre au
niveau québécois, mais à aucun endroit il n'est question de ce que les
autorités gouvernementales québécoises entendent mettre en place pour seconder
les municipalités locales et régionales dans la gestion des mesures d'urgence
en cas de sinistre. Cet élément constitue à lui seul un élément qui empêche la
fédération, dans ces circonstances, de donner son aval au projet de loi n° 50
tel que présenté.
• (10 heures) •
Nous tenons à rappeler au gouvernement les
résolutions que nos membres ont adoptées lors du congrès de septembre
dernier : «De mettre à jour les méthodes de communication et de diffusion
des informations disponibles dans les différents paliers de gouvernance pour
que celles-ci soient plus efficacement assimilées sur le terrain; d'intégrer
les MRC lors de la collecte et la diffusion d'informations sur le terrain de
manière que l'information disponible soit la meilleure et la plus uniforme
possible; et d'intégrer systématiquement des élus municipaux et leurs officiers
dans les rencontres de l'organisation régionale de la sécurité civile lorsque
l'état d'urgence est déclaré dans une ou plusieurs municipalités.»
Les éléments qui y sont développés sont le fruit
d'observations et de réflexions de nos membres lors de sinistres vécus au cours
de l'année dernière. Le message est clair, nos membres ont eu à prendre action
lors de sinistres, et la réponse des autorités de la sécurité civile n'a pas
été à la hauteur, surtout en ce qui concerne la communication.
Or, comme mentionné précédemment, le projet ne contient aucune obligation des
autorités gouvernementales envers les gouvernements de proximité, ce qui nous
déçoit. Nous demanderons donc des modifications au projet de loi à ce chapitre.
Le projet de loi
oblige aussi les municipalités locales à mettre en place une structure de
coordination de la sécurité civile chargée de la gestion des risques de
sinistre et de la coordination de la réponse aux sinistres sur son territoire.
Sous l'autorité d'un coordonnateur municipal de la sécurité civile qui doit
adopter un plan de mesures de sécurité civile, elle doit de plus adopter un
plan de sécurité civile dans lequel sont constamment... notamment consignées
des mesures de préparation générales pour répondre à un sinistre ou à son
imminence dans des procédures d'alerte de sa population et de sa mobilisation
des ressources. Parallèlement à ce qui est demandé aux municipalités locales,
les articles 8 et 9 de la nouvelle loi introduisent l'obligation, cette
fois au niveau de la MRC, de réaliser une démarche de gestion des risques de
sinistre selon un processus d'amélioration continue.
Toutefois, le projet
de loi est silencieux quant au partage des responsabilités entre la MRC et les
municipalités locales, et ce manque de clarté quant au rôle des MRC est
problématique. De plus, et nous le soulignons, aucune nouvelle somme n'est
prévue par le gouvernement du Québec afin de soutenir les efforts des
municipalités dans la réalisation de cette démarche.
Dans le mémoire
présenté au Conseil des ministres, il est mentionné qu'un soutien financier
sera nécessaire pour permettre aux municipalités et aux municipalités
régionales de comté de s'acquitter de leurs nouvelles responsabilités. Or, ce
soutien est carrément absent, et le monde municipal est en droit de
s'interroger sur la suite des choses après la lecture du budget du 12 mars
dernier. En effet, nous demandons si on n'assiste pas au premier transfert des
responsabilités sans ressource, alors que l'encre utilisée pour la signature de
l'entente de réciprocité est à peine sèche.
Au moment où le
gouvernement verse 127 millions aux MRC pour la préparation du plan
climat, l'absence d'engagement budgétaire concret nous inquiète au plus haut
point, particulièrement... particulièrement dans le contexte où les
municipalités ont déjà plein les bras avec tous les règlements et obligations
légales déjà en place. C'est pourquoi la FQM demande au ministre de modifier
son projet de loi pour faire entrer en vigueur les articles de son projet de
loi décrivant les nouvelles responsabilités imposées aux municipalités et aux
MRC seulement lorsque les ressources financières et humaines suffisantes auront
été confirmées.
Pour terminer, le
projet de loi n° 50 prévoit modifier la loi sur
l'aménagement de... et l'urbanisme par l'ajout de l'article 145.44 quant à
la délivrance des permis. Cette disposition obligerait, par exemple, une
municipalité qui reçoit une demande de permis dans un lieu qu'elle croit
potentiellement exposé à un risque, mais qui n'est pas déjà désigné à titre de
zone de contraintes et qui n'est pas régi en ce sens à suspendre l'émission de
permis pour une période maximale d'un an, le temps, le cas échéant, d'adopter
un règlement adapté encadrant l'usage du sol, la construction ou la réalisation
d'un ouvrage dans le lieu visé.
Nous sommes
conscients des enjeux qui sous-tendent cette modification législative et de
l'importance de trouver de nouveaux moyens pour assurer la protection de la
sécurité de nos communautés face à la hausse marquée de la fréquence et de
l'ampleur des événements climatiques. Toutefois, nous sommes d'avis que les
implications de cette disposition législative seront énormes pour les municipalités
et qu'une analyse plus poussée de ses impacts est nécessaire avant son
adoption.
L'article 145.44
tel que proposé a une portée beaucoup plus large que le projet... que le sujet
du projet de loi et risque d'engager la responsabilité des municipalités. Les
municipalités pourraient faire face à de nombreuses poursuites judiciaires
suivant cet élargissement de principe de précaution et devoir s'engager dans
des débats d'experts pour démontrer les risques anticipés. Leur responsabilité
pourrait également être engagée dans les cas où, bien que conscientes d'un
risque, elles ne seraient pas en mesure de modifier leur réglementation et leur
cartographie des zones de contraintes dans le délai imparti et se verraient
dans l'obligation de délivrer un permis.
Déjà en 2021, la FQM
soulevait cette question de la responsabilité municipale suivant la publication
d'un nouveau cadre réglementaire en regard de la gestion des risques liés aux
inondations. Dans un mémoire, la FQM se questionnait quant à la responsabilité
municipale de la connaissance d'un risque, voire de l'absence d'un risque,
alors que c'est le gouvernement qui limitait l'utilisation d'une cartographie à
jour. Cette préoccupation a été soulignée de nouveau dans une résolution
adoptée par notre conseil d'administration en avril 2022.
Le projet de loi
n° 50 propose donc une solution qui va s'appliquer à tout ce qui pourrait
soulever un enjeu de sécurité publique, et cet élargissement de principe de
précaution est proposé sans analyse complète. Aussi, ce qui paraît simple et
évident à première vue aurait probablement des répercussions énormes dont on ne
connaît pas la portée si cet article est adopté comme proposé.
Une réflexion
rigoureuse s'impose donc avant l'adoption d'une telle disposition. Les impacts
doivent être mesurés et discutés. Toutefois, ce qui est clair dès aujourd'hui
est que l'ajout d'une disposition de ce genre devrait inévitablement être
accompagné d'une exonération de la responsabilité pour les municipalités.
Voici donc quelques
commentaires qui auraient bien résumé le contenu plus élaboré de notre mémoire.
Nous vous remercions de votre attention et nous sommes disponibles pour
répondre à vos questions.
Puis, juste pour
votre information, je suis aussi entouré de Pierre Châteauvert, directeur des
politiques de la Fédération québécoise des municipalités, qui est là également
pour m'assister.
M.
Châteauvert (Pierre) : Et toi.
M. Larose
(Steven) : Et Steven Larose, maire de la municipalité de
Montcalm, MRC des Laurentides, président de la commission permanente de la
sécurité civile, sécurité incendie de la FQM puis administrateur aussi de la
FQM.
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, merci beaucoup pour votre présentation. Alors,
nous allons débuter une période d'échange avec les députés et le ministre.
Alors, M. le ministre, vous avez un 16 minutes 30 s pour débuter vos
échanges.
M.
Bonnardel : Merci, M. le Président. Je veux prendre quelques
questions puis je vais laisser mes collègues aussi en poser, s'ils en
ont.
Merci pour
votre mémoire. C'est... Vous êtes les premiers à participer à l'exercice. Vous
avez participé à l'exercice en amont avec nous aussi pour être capables
de préparer... de préparer ce projet de loi, cette réforme qui n'a pas été
faite depuis... depuis presque... plus que deux... deux décennies.
Puis il y a quelque chose qui m'a titillé
tantôt. Au-delà de vous poser des questions, là, sur votre mémoire, quand vous
avez parlé de communication, j'ose croire que vous avez fait... Vous le savez,
depuis début 2023, on a eu notre lot de catastrophes, là. Ça nous a
frappés, les municipalités, nous et les citoyens, partout... partout au Québec.
J'imagine que vous avez fait un post-mortem avec certains qui ont été touchés
plus fortement que d'autres, peut-être. Et vous avez tantôt dit «manque de
communication». Je suis un peu surpris, parce que je me suis promené quand même pas mal, puis, veux veux pas, quand je suis
sur le terrain, je placote puis je discute avec les maires, puis là... puis
les intervenants de la sécurité civile, puis tous ceux qui sont partenaires
puis qui sont là le matin aux rencontres, aux statutaires.
C'est la première fois que... qu'on m'amène le fait que... Puis, quand je dis
ça, bien, vous... ça concerne ceux qui sont à ma gauche, ça concerne
ceux qui sont en arrière de moi. Vous parlez d'un manque de communication ou d'une mauvaise communication entre les
partenaires, donc, entre vous et la sécurité civile lors d'événements? J'ai un
petit peu de la misère à comprendre où... Vous avez dit ça, là, tantôt,
là.
M. Larose (Steven) : Oui.
M. Bonnardel : Expliquez-moi un
petit peu plus, là, parce que ça me titille, ce genre de commentaire, là.
M. Larose (Steven) : Les
commentaires que vous avez entendus en lien avec le manque de communication
faisaient surtout référence quand qu'il y a des grands sinistres. On... Quand
on parlait à nos collègues préfets, maires de l'Abitibi, de Saguenay—Lac-Saint-Jean,
même, là, dans la région de Vaudreuil-Soulanges, à chaque fois qu'il y a un
grand sinistre, on a comme l'impression que la communication ne se fait pas bien
entre tous les intervenants municipaux, régionaux, la MRC et le ministère de la
Sécurité publique. On a quand même écouté, dans d'autres régions, comme, entre autres, dans Charlevoix,
avec Baie-Saint-Paul, où est-ce que la communication a très bien été, parce
que le sinistre, il était vraiment, comme, concentré à deux, trois
municipalités.
Mais les commentaires qu'on a entendus, c'était
surtout en lien avec les feux de forêt qu'on a eus puis les grandes inondations
du lac des Deux-Montagnes, entre autres, où est-ce qu'on a cru comprendre qu'il
y a plusieurs MRC qui essayaient d'intervenir, puis le MSP tassait les MRC
parce qu'il se disait comme quoi qu'ils n'étaient pas... les MRC n'avaient
rien... aucun rôle à jouer dans l'événement, ils... puis chacune des
municipalités ne recevait pas la même information du MSP. Et c'est pour ça que
nous autres, dans notre mémoire, on demande, justement, que... quand il y a un événement comme ça, de s'asseoir à
table avec vous, du moins le monde municipal, pour vraiment qu'on ait
toute la même communication, tous ensemble.
M. Châteauvert (Pierre) : ...si vous permettez, je vais vous donner deux exemples.
Lors du verglas, l'an dernier, c'est nous qui avons organisé les discussions,
les rencontres entre Hydro-Québec et les élus à travers... Et maintenant,
depuis, c'est réglé chez Hydro-Québec. Ils se sont réorganisés à la lumière de
cette activité-là. Donc là, il y avait un problème. Puis d'ailleurs on se
parlait, il dit : Comment vous faites, puis tout? Puis nous avons organisé
des... pas... des webinaires, en fait, des
rencontres avec... Avec nos moyens de communication, on a contacté tous les
élus, toutes les municipalités, membres, pas membres, et il y avait des
centaines de personnes qui se branchaient. Dans le cas de... Et ce n'est pas
nécessairement... C'est que ça va vite dans ces affaires-là, là, puis que
les... Ce que les gens demandent, c'est d'être à la table. Vous avez vu dans
les feux de forêt, c'est souvent nos... notre monde qui était... qui était interviewé par les journalistes. Et
l'information n'était pas là, alors qu'elle était disponible. Il y a un délai,
et c'est ce problème-là.
• (10 h 10) •
Autre
exemple, dans le nord du Lac-Saint-Jean, l'actualité, aujourd'hui, parle de...
C'est combien de kilomètres de... C'est fou, là, le nombre de kilomètres en
forêt, 500 000, je pense, kilomètres en forêt, là, de... Et ça, c'est un
problème. Et, bon, l'auto de police était à une place, mais ça rentre de
partout. Et ce sont les MRC qui, elles-mêmes, ont... la MRC de
Maria-Chapdelaine, vous pourrez demander à Luc Simard, le préfet, qui a
eux-mêmes organisé l'évacuation puis le contact de tous ceux qui étaient en
forêt. Et c'est des milliers de personnes. Et c'est eux-mêmes qui ont pris ça
sur eux en disant : Regardez, si c'est dangereux, et tout ça... Le contact
n'avait pas été fait.
En fait, on a
comme l'impression que c'est une question d'organisation. Et c'est pour ça que
la principale... Ça a été discuté en
assemblée... en atelier, en assemblée générale. Les préfets qui étaient là, les
maires qui étaient des... qui... ils
étaient tous là, ceux qui avaient été à ce... malheureusement impliqués dans ce
genre de démarches, de problèmes là, de problématiques là. Ils ont tous
dit la même chose : On n'est... on n'est pas à la table où ça se prend,
puis il... on a des délais qui devraient être supprimés, qui ne devraient pas
être là en termes de communication. C'est là, le problème.
Notre revendication, elle n'est pas compliquée.
Elle est là. C'est... Ce n'est pas d'envoyer... C'est... On n'a pas besoin de
louer un aréna, là, pour une réunion, là, mais d'ajouter une, deux personnes
responsables qui vont participer à la discussion,
échanger l'information, qui vont être capables d'informer le monde, c'est...
c'est notre... C'est le problème qu'on a vécu et qui devient intense à certains
endroits.
M. Bonnardel : Qu'est-ce qui... J'ai
le goût d'aller plus loin, là, tant qu'à... tant qu'à ouvrir la porte. Suite à
votre post-mortem, au-delà de la communication, qu'est-ce qui ressort d'un top
trois à revoir, à améliorer ou à se dire :
Bien, on a fait un bon... un bon travail? Comme je vous... j'ai mentionné, j'en
ai vu pas mal, là, mais vous étiez... vous étiez partie prenante puis
nécessairement plus sur le terrain, là, que le commun des mortels, là. Mais
qu'est-ce qui ressort après ça, selon vous,
là, de... des événements, là, surtout, là, des événements, là, sur la façon de
faire, au-delà de la... au-delà de la communication, là?
M. Larose (Steven) : La rapidité...
M.
Bonnardel : Parce que... Juste... Excusez-moi. Parce que je
sais qu'à chaque... En tout cas, à chaque événement majeur, j'ai vu des
façons de faire. Vous avez nommé Baie-Saint-Paul tantôt. Chapeau! Chapeau! Il y
en a d'autres, places aussi, là. Pendant les feux de forêt, là, c'était
incroyable, la volonté des partenaires municipaux, des employés de la Sûreté
du Québec qui s'en vont avec des
bidons de gaz à Chibougamau pour aider les gens puis à... Bon, ça, on...
Mais, au-delà de tout ça, je sais qu'à chaque
jour il y avait des rencontres, il y avait de l'information qui se donnait. Là,
vous semblez me dire : Bon, François... Je prends note, là, je prends, là,
note comme tel, là, de vos... de ce côté plus négatif, là, de la situation,
mais qu'est-ce qui ressort, outre ça, qui, selon vous, aurait dû être amélioré,
au-delà des communications? Est-ce qu'il y en a qui... Est-ce qu'il y a
d'autres choses qui étaient soulevées ou...
M. Larose (Steven) : Qu'est-ce qu'on
a entendu, c'était surtout après le sinistre. C'était de dire que d'avoir l'aide financière suivant le sinistre, des fois,
ça peut être long, c'est des commentaires qu'on a entendus, puis aussi les
redditions de comptes. Mais, je pense, les
redditions de comptes, on voit ça, je pense, parmi tous les autres ministères.
Mais...
M. Bonnardel : Quand vous dites...
Excusez-moi. L'aide au sinistre, là, c'est-tu l'aide au sinistre de ceux qui
sont les citoyens, là? Parce qu'on a amélioré nos processus énormément, là,
énormément, énormément. Ça, ça... On a envoyé
les équipes... Exemple, Baie-Saint-Paul, on a envoyé des équipes sur le terrain
directement pour aller supporter les citoyens. Je comprends, là. Je
prends acte de ce que vous me dites, là.
M. Larose (Steven) : Bien, vous
parlez beaucoup de Baie-Saint-Paul, mais c'est un exemple aussi. C'est... À un
moment donné, le sinistre a lieu, les gens ont quitté, les caméras ont quitté,
mais par la suite il y a des travaux à faire dans la rivière en aval, et là
c'est un petit peu plus difficile d'avoir de l'aide financière, d'avoir les
rapports, les permis, tout, pour procéder
aux travaux. Ça, c'est un commentaire qu'on a entendu. Puis la reddition de
comptes, bien, c'est quelque chose qu'on entend régulièrement aussi.
M.
Bonnardel : OK.
M. Châteauvert (Pierre) : Effectivement, l'après, c'est... Bon, les longueurs, hein,
c'est toujours quand on fait face... Puis
c'est vrai qu'il y a une grande amélioration, une grande, grande amélioration
suite à la refonte, c'est 2019, je pense, le programme, là, qui avait
été... et tout ça, et une grande... puis on en a besoin. Puis il faut qu'on se
parle rapidement puis il faut mettre en place des choses, parce que ce qui
s'annonce pour l'été prochain, c'est... ça ne s'annonce
pas bien. On le sait tous, là, les observations qui sont faites par la SOPFEU
puis le ministère des Forêts, là, sur le terrain, ça ne s'annonce pas
bien. On va tous aller allumer des lampions à Sainte-Anne-de-Beaupré pour ne
pas que ça arrive. Mais la... Effectivement, le manque de...
Dans la loi, on parlait, là, bon, l'organisation
régionale de la sécurité civile, les élus ne sont pas là ou les représentants du monde municipal ne sont pas
membres, ne sont pas là. Donc, ça, peut-être une modification à faire là,
et aussi de... On le fait beaucoup en aménagement, on le fait de plus en plus
en environnement, il faut que les gens s'assoient pour mieux organiser. Il y a
encore... il y a encore un flou, un flou sur le rôle des niveaux d'intervention
sur le terrain, de la mise en commun, tu sais, entre la MRC puis la
municipalité. C'est... Il y a probablement du travail à faire là, parce
qu'effectivement, le maire, c'est lui qui est le responsable et le contact,
mais, on l'a vu dans le cas, notamment, de Rivière-Éternité, c'est les gens de
la MRC qui étaient là, puis tout ça, puis les choses ne sont pas toujours
claires, et ça, ça crée des problèmes. Malheureusement, là, c'est essai et
erreur, là, puis c'est...
C'est des conclusions qu'on voit, mais peut-être
qu'il faudrait avoir un peu plus de précisions à ce niveau-là, au niveau du
rôle de chaque niveau d'intervention quand il arrive une catastrophe, quand il
arrive un problème comme ça, quand il arrive un sinistre. Et ça, là-dessus, il
faudrait peut-être travailler.
Ceci étant, on reconnaît que... tu sais,
l'effort qui est là-dedans, là. Puis effectivement, vous l'avez dit, on a
participé, puis il fallait le faire, puis c'était urgent, et avec ce qui s'en
vient, là, c'est absolument urgent de mettre ça à jour, mais disons qu'il y a
encore beaucoup... il y a encore du travail à faire sur le terrain. Attendre...
Ça a toujours référence à la cohésion des interventions.
M. Bonnardel : Mais ce que vous
dites, si je vous suis, là, c'est que les préfets vous ont dit : Si... Des
fois, les préfets sont... bien, ce n'est pas «des fois», ils sont maires d'une
ville en majorité, sinon à 99 %.
M.
Châteauvert (Pierre) : La plupart.
M.
Bonnardel : Oui.
Ces préfets ne sont pas assez impliqués dans la prise de décision. Même s'ils
peuvent paraître, des fois, dans un
territoire très loin d'un événement, je ne nommerai pas personne, là, très loin
d'un événement, eux, ils se
disent : Bien, nous autres, on est dans la structure... structure
autorités régionales locales, là. Ils ne sont pas là. Ils ne sont pas
assez là. C'est un peu ça que vous dites.
M. Larose (Steven) : Bien, nous
avons vu des événements, entre autres en Abitibi, où est-ce qu'il y a certains
maires peut-être qui étaient dépassés avec la situation, puis le préfet
arrivait en arrière, était prêt à donner un coup de main, puis le MSP les
tassait, d'une certaine façon : Non, tu es juste préfet, tu sais, en
voulant dire : On deale avec les municipalités.
Et c'est pour ça que, dans notre mémoire, on mentionne que le rôle de la MRC
doit être un petit peu plus clarifié et que la MRC, elle a quand même un
rôle à jouer, je crois, pour supporter ses municipalités.
M. Bonnardel : Si on parle de...
Parlez-moi un peu des plans de sécurité civile. Corrigez-moi, là. Si on dit que
80 %, 90 % des petites, moyennes municipalités au Québec ont un plan
de sécurité civile, sinon plus que ça, présentement,
est-ce qu'on peut dire que l'ensemble sont prêts à... bien, peu importe la
grosseur des catastrophes, ou autres, a un plan en marche présentement
au Québec? Est-ce que c'est bien le cas?
M. Larose (Steven) : Vous avez mis
un programme en place, il y a déjà quatre, cinq ans, je crois, qui a permis aux
municipalités d'avoir toutes leurs pleines mesures d'urgence en place, mais ce
n'est pas toutes les municipalités qui le revoient de façon régulière, de façon
annuelle. Et on n'est peut-être pas au même niveau, là, chacune des
municipalités.
M. Châteauvert (Pierre) :
Bien, il faut le faire vivre, et
c'est la structure pour le faire vivre, la mise à jour, et tout ça. On est en
train de relancer le processus d'aménagement, puis, on s'en aperçoit de plus en
plus, pendant des années, il n'y a pas eu de... il n'y a personne qui
s'occupait vraiment des schémas. Oui, il y a plein de monde qui travaillait,
mais, sur la mise à jour, puis tout ça... Et là on le relance puis on voit le
phénomène. En sécurité civile, on n'a pas ça.
M.
Bonnardel : Là, le pourcentage, êtes-vous capables de me le
dire ou... qui sont... qui sont... À date, si on peut... si je peux le
dire ainsi, c'est-tu 80 % ou moins que ça?
M. Châteauvert (Pierre) : Ce n'est pas... ce n'est pas juste ça. Ça a des
implications aussi au niveau de la réglementation. Lors de l'inondation de
2019, on s'est aperçus qu'au-delà de 50 % des règlements municipaux
n'étaient pas... n'étaient pas conformes aux schémas par rapport aux réalités
d'urgence si on a une inondation. C'est l'importance de faire vivre ça, de
l'alimenter. Parce que, là, effectivement, comme M. Larose l'a dit, avec le...
c'était via l'agence 9-1-1, là, qu'on a fait financer tout ça, mais il
faut que le texte qui est adopté, puis tout ça... Puis ça demeure une base
extraordinaire, parce que les gens s'y réfèrent, mais, il y a des fois, il faut
qu'ils cherchent un peu, parce qu'il est un
peu loin dans les papiers, là, puis là s'y référer... C'est quelque chose qu'il
faut vivre. C'est un système qu'on doit mettre en place, qui doit vivre.
M. Bonnardel : Le financement qui
est octroyé pour le plan climat, est-ce que vous êtes... c'est déjà enclenché, ces plans climat, ils sont déjà
préparés? Parce... Je vous dis ça parce que la démarche de gestion de risques
va être pas mal calquée sur ce que vous avez déjà fait comme travail. Donc, je
ne vous dis pas que ça va être un copier-coller, qu'on va prendre ce qui a été
déjà fait, puis on va le mettre à la sauce MSP, mais ça va se ressembler, se ressembler pas mal. Il risque d'y avoir un
petit 10 %, là, pour les risques, les risques reliés aux sinistres
majeurs, là, tremblements de terre, industriels ou autres, ou autres,
là, où, là, comme je l'ai mentionné d'entrée de jeu dans mon préambule... où,
là, nous, on va participer grandement avec vous, là, pour vous accompagner...
vous accompagner dans ce... ce que je
trouve... 10 %, là, je dis 10 %, 15 %, peut-être 20 %, là,
mais on considère, au ministère, que c'est un 10 % qu'on va devoir
travailler avec vous pour être capables de bien se préparer, puis, je le disais
tantôt, là, que ce soient nos directions
régionales, les guides et documents de référence, tout ce qui est outil
informatisé, et surtout, je sais que c'est un point, la préparation du
règlement.
Là-dessus, vous avez ma parole ce matin, puis là
je vois les gens de l'UMQ qui viennent d'arriver, vous allez être des
partenaires en préparation de ce règlement. On ne le fera pas en vase clos. On
ne le fera pas tout seuls dans notre coin.
Je ne peux pas faire ça sans mes deux principaux partenaires, qui sont vous
deux. Donc, je vous le dis puis je le répéterai s'il le faut tantôt, à
la préparation de ce règlement, vous serez partenaires. Puis, quand je dis
quelque chose ici, c'est parce que ça va se
faire par la suite. Donc, c'est, pour moi, important qu'on clarifie ça, parce
que vous êtes des partenaires dans tout ça. Donc, pour moi, c'est
important que vous soyez partie prenante de la préparation de tout ça. Je ne
sais pas si mes collègues ont une ou deux questions. Oui, peut-être que oui.
• (10 h 20) •
Mme
Jeannotte : Bien, bonjour. Merci d'être présents, M. le maire et puis
membres de la FQM. Vous savez que, dans le comté de Labelle, on a vécu un... la
menace d'une digue qui nous menaçait de céder, donc, et puis effectivement les
enjeux d'intégrer les élus avec les officiers ont été soulevés, les enjeux de
communication aussi. Dans le fond, est-ce que c'est un enjeu de loi ou est-ce
que c'est un enjeu de gestion? Parce que... Puis il y a du court terme puis il y a du moyen terme, parce qu'effectivement, le
très, très court terme, dépendamment des personnalités, les gens vont réagir
différemment face à une menace comme ça. Il y a de l'anxiété, il y a énormément
de... puis il faut... Donc, il y a une question de leadership, le court terme.
Ça fait que je répète ma question : Êtes-vous sûrs que c'est dans le
projet de loi que ça prendrait, par exemple, d'éclaircir cette espèce de
confusion ou si ce n'est pas plutôt une question de gestion, à savoir :
Est-ce que, dans le fond, les équipes des hauts fonctionnaires pourraient, tout
simplement, caller, en bon canadien, un meeting avec les élus locaux?
M.
Châteauvert (Pierre) : Merci pour la
question, madame. En fait, dans ce cas-là, c'est une propriété du ministère de
l'Environnement, le barrage en question. Donc, ça démontre l'importance de la
démarche qui est proposée, de s'asseoir puis de mettre en place. M. le
ministre, tantôt, a fait la référence au plan climat. C'est deux ans de
travail, nous, qu'on a... Ça fait deux ans qu'on travaille ça avec le ministère
de l'Environnement pour, premièrement, connaître le territoire, hein,
identifier les problématiques puis prioriser aussi les interventions... en tout
cas, à identifier les interventions et aussi les prioriser, parce qu'on sait
qu'il n'y aura pas d'argent pour tout faire. Donc, l'idée des plans climat,
c'est exactement ça.
Et il faut faire la
même chose en sécurité civile, parce qu'il faut connaître l'ensemble du
territoire. Vous avez parlé des Laurentides,
c'est... des barrages privés, des barrages municipaux. C'est une région qui...
Les lacs, hein, il y en a énormément. Donc, à quelque part, il peut...
il peut arriver quelque chose avec ça. L'entretien de ces barrages-là, c'est
une problématique de sécurité civile majeure dans ce coin-là, ce qui fait
que... Et là, donc, ici, avec le ministère de l'Environnement, il faut
connaître l'ensemble des barrages, et tout ça. Il est arrivé ça, donc il faut
prévoir les interventions par après.
Donc, ce que M. le
ministre disait tantôt par rapport aux ressources, on est très contents
d'entendre ça et... parce que c'est une problématique majeure, parce que ça va
coûter des sous, faire ça, ça va demander énormément d'énergie. Mais là on
embarque... Le gouvernement a annoncé, et l'annonce est faite, je pense, c'est
le 8 février, les deux unions...
Le Président (M.
Schneeberger) : On n'a plus de temps. Excusez. Le temps est écoulé.
Peut-être que vous pourrez poursuivre par la suite, là. Je m'excuse de vous
couper, mais c'est le... je veux être juste pour tout le monde. Alors, nous
allons maintenant du côté de l'opposition officielle pour
12 min 23 s.
Mme
Maccarone : Je vous laisse le soin de terminer.
M.
Châteauvert (Pierre) : Ce que je disais,
c'est que l'annonce sur les plans climat, c'est fait. C'est un travail de deux
ans avec le gouvernement. Puis on est profondément fiers de ça parce qu'on met
en place... Je pense que le Québec va devenir le seul endroit... un des rares
endroits où est-ce que l'ensemble de son territoire habité va avoir des plans
d'adaptation, et d'acclimatation, et d'atténuation de changements climatiques.
Et tout le monde, toute la société va en profiter. Puis, en même temps, c'est
avec les schémas d'aménagement. Donc, tout ça va se mettre ensemble. Mais
effectivement, la sécurité civile, il faut mettre ça en place, puis là il faut
réunir les conditions pour que ça fonctionne. Voilà. Merci.
Mme
Maccarone : Ça conclut bien, parce que j'étais pour arriver à des
schémas plus tard, mais, parce qu'on est
déjà sur cet élan-là, je serais curieuse de savoir, cette... Parce que vous
l'avez évoqué, la cartographie, comment c'est compliqué. Ça prend combien de temps de mettre en place ce schéma? Puis,
si ça doit être renouvelé, à quelle fréquence?
M. Larose
(Steven) : C'est quel schéma que vous faites référence?
Mme
Maccarone : Bien, on parle du plan de sécurité civile.
M. Larose (Steven) :
Pour les municipalités?
Mme
Maccarone : Oui.
M. Larose
(Steven) : Bon, c'est sûr que l'exercice, je vous dirais, il y a
quatre ou cinq ans, il y a des municipalités qui l'ont fait très rapidement
parce que leurs plans étaient déjà très à jour, mais il y en a d'autres que ça a été plus long. Puis on a vu certaines
municipalités qui ont fait affaire avec des... une troisième partie, des
consultants, puis ça a été copié-collé. Dans plusieurs municipalités, on
voit, c'est les mêmes plans qui reviennent.
Et c'est pour ça qu'à
un moment donné, comme disait M. Châteauvert tantôt, c'est important de
les faire vivre, ces plans-là, puis de ne pas attendre qu'il y ait un désastre
avant de les sortir du placard, là. Et c'est pour ça qu'à un moment donné, nous
autres, qu'est-ce qu'on dit dans nos mémoires, c'est important que la MRC, elle
ait un rôle peut-être un peu plus important dans le processus juste pour au
moins pouvoir épauler officiellement les municipalités qui le demandent, parce
qu'on le sait, que, quand il y a des grands sinistres, je reviens encore sur
les feux de forêt parce que ça a été plusieurs municipalités, plusieurs MRC,
bien, les municipalités ne sont pas toutes au même niveau, et c'est là que la
MRC, elle arrive en appui, en arrière.
Mme Maccarone : OK. Vous avez
évoqué, dans vos remarques ainsi que dans votre mémoire... Merci pour votre mémoire, en passant. C'est très étoffé,
c'est très complet. C'est vraiment bien fait. Vous avez des préoccupations en ce qui concerne, dans le fond, la fin de la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme. Ça représente un enjeu majeur pour vous.
Pourriez-vous élaborer un peu pour qu'on comprenne mieux vos préoccupations?
M.
Châteauvert (Pierre) : Oui, merci
beaucoup, madame, pour la question. En fait, effectivement, ça fait longtemps
qu'on y pense, et tout ça. La question d'origine, c'est à propos des
cartographies. La cartographie, c'est long à
faire. Et, à partir du moment où est-ce qu'une municipalité ou une MRC a une information
concernant la dangerosité potentielle
d'un territoire et ne peut pas l'appliquer, qu'est-ce qu'on fait? Qui est
responsable? On a posé régulièrement la question au ministère de
l'Environnement, parce que, là, on était avec le ministère, la réponse n'est
jamais venue. Il y a eu des interventions,
comme M. Larose disait, et là on arrive avec cette... Quand on a vu le
dépôt du projet de loi, on a vu,
bon... La proposition qui était faite, c'est global, et on n'est pas sûrs qu'on
a évalué l'impact. Là, on parle pour des motifs sérieux.
Bon, vous savez
comment ça fonctionne. L'officier municipal émet le permis et le conseil a un
an pour dire : Bon, oh! il y a
peut-être quelque chose qui va arriver, je suspends. Potentiel de poursuite.
Parce que ça, on l'a fait sur les milieux humides, puis l'Assemblée
nationale nous a donné l'immunité par rapport à ça, mais là c'est après. Donc, potentiel de poursuite. Puis là, après un an, si,
effectivement, on n'a pas réussi à le démontrer, on émet le permis, et là, bien,
quand même, il y a une catastrophe, donc, autre potentiel de poursuite.
Et ça, la définition
du motif sérieux et pourquoi, jusqu'où ça va? Ça a des impacts dans la vie de
tous les jours. Tu sais, on regardait ça
avec nos équipes. Nous, on a... Vous savez, la FQM, qui est une vraie compagnie
d'assurance, on assure 85 % des municipalités. On regardait ça. On
a dit : Bien, c'est quoi, l'impact, jusqu'où ça va? Et c'est la discussion
qu'on aimerait avoir avec vous autres.
En tout cas, une
chose est certaine, c'est que ce qu'on demande, c'est l'exonération, parce que,
dans ce genre de... parce que c'est des motifs sérieux, là, la sécurité, là.
Bien là, ce moment-là, il ne faut quand même pas... Il y a un potentiel de
poursuites à l'infini là-dedans, là. Donc, c'est notre... On a vraiment... On
est vraiment... On se questionne énormément sur la portée de cet article-là. On
n'est pas contre, au contraire, là, tu sais, ce n'est pas ça qu'on veut, c'est
que jusqu'où ça va? Puis c'est... Quelles sont les définitions là-dedans? On
n'est pas certains que l'analyse qui a été faite est complète.
Mme
Maccarone : Ça existe quelque part, une définition dont vous pensez
qu'il serait juste qu'un... que nous pourrons aborder? Parce que je présume que
ça fait partie de vos recommandations, en plus de l'exonération.
M.
Châteauvert (Pierre) : Ce qu'on comprend,
ce qui se passe ailleurs, c'est que le débat est pas mal partout. Jusqu'où on
va, la sécurité, là? C'est des... La notion de sécurité... Qui peut arrêter un
permis, tout ça, en fonction... Parce que, nous, là, quand le règlement est en
vigueur, tu donnes... c'est oui ou non, tu donnes le permis ou tu ne le donnes
pas. Ce n'est pas à des conditions. C'est le fonctionnement. Mais là, à ce
moment-là, il y a une intervention en dedans d'un an, puis les municipalités
peuvent dire : Oups! on pense qu'il peut y avoir glissement de terrain, on
a une information, puis là, bien, au bout d'un an, tu n'as pas la
démonstration, et après il y a un glissement de terrain.
Mme
Maccarone : Ça fait que, quand vous parlez d'exonération, vous, vous
parlez d'une immunité contre les poursuites.
M. Châteauvert (Pierre) : Bien, c'est ça. Puis là la... Aussi, c'est... c'est quoi, le motif
sérieux? Supposons, après, il arrive... tu donnes ton permis, tu n'es
pas intervenu, et il arrive quelque chose. C'est jusqu'où ça va?
Mme
Maccarone : Vous l'avez abordé dans votre mémoire, c'était abordé un
peu dans les échanges, mais on... Tu sais, quand on parle de l'autonomie, je
pense que c'est ça qu'on veut. On... Je crois personnellement dans les
gouvernements de subsidiarité, vous, vous êtes un gouvernement de proximité,
puis on aura beaucoup de respect pour ça, mais l'autonomie fiscale, ce n'est
peut-être pas la même chose. Alors, serez-vous capables de livrer tout ce qui
est évoqué dans le projet de loi dans sa mouture actuelle sans avoir du
financement?
M. Larose
(Steven) : On parle de rajouter des ressources supplémentaires dans
chacune des MRC pour pouvoir livrer ces plans-là. Et c'est comme... Tu sais, on
ne veut pas comparer avec le schéma de couverture de risques d'il y a 22 ans, 23 ans, mais, à cette époque-là, il y
avait eu quand même une ressource qui avait été dédiée à la MRC pour développer ces plans de schéma de
couverture de risques. On pense que ça va être à peu près la même énergie
qui va devoir être déployée à l'ensemble du
territoire. Et, encore là, bien, quand on est... qu'on connaît les
responsabilités des municipalités, des
MRC, bien, on n'a pas les ressources, là, présentement, là, en place pour
pouvoir livrer correctement.
M.
Châteauvert (Pierre) : On a aussi donné
l'exemple des plans de climat, mais aussi... Je vais vous en donner un autre. On relance, comme on disait
tantôt, les schémas d'aménagement. Ça va coûter énormément d'argent à
tout le monde municipal de refaire les schémas d'aménagement. Mais le ministère
des Affaires municipales a une contribution, aussi, qui part... qui est... part
le 1er avril pour trois ans, justement, pour contribuer à la mise à jour des schémas d'aménagement. Ça ne veut pas dire qu'on
veut la... on va... on demande la totalité, mais on... Et, à quelque part,
c'est une responsabilité conjointe, donc, financement conjoint, financement...
financement...
• (10 h 30) •
Mme
Maccarone : Financement conjoint. OK. C'est parce que ce n'était pas
clair, puis je voulais juste m'assurer que ce que vous souhaitez vraiment,
c'est d'avoir un accompagnement du gouvernement en ce qui concerne le
financement, qui m'amène aussi aux obligations. Quelles devront être les
obligations du gouvernement versus les obligations du municipal?
M.
Châteauvert (Pierre) : Bien, en fait,
c'est... Il va falloir discuter de ça. Il y a un règlement qui s'en vient, il y a... qui est prévu, c'est l'article 9 ou
10, je ne me souviens pas, là, et tout ça. Puis, jusqu'où ça va, et tout ça, il
va falloir qu'on discute.
Tantôt, M. le
ministre a dit... puis ce qu'il... Il disait qu'il... En fait, grosso modo, ce
qu'on comprend, c'est que le ministère puis le gouvernement vont être là. On
est très contents. Mais effectivement, nous, on est disponibles à la discussion
pour voir jusqu'où ça va puis qu'est-ce qu'il faut faire. Ça, c'est certain
qu'on est... on va être aux réunions, présents aux réunions.
Mme
Maccarone : Bien, moi aussi, je suis disponible. Si jamais on peut
faire... Parce que, dans le fond, ce que vous évoquez, c'est quelque chose qui
est cher pour nous aussi. Je dirais que je serais très contente. Puis je pense
que c'est une belle... une belle démonstration de transparence si le
gouvernement peut déposer leurs orientations en ce qui concerne le cadre
réglementaire. On l'a déjà fait quand nous avons fait le débat pour plusieurs
projets de loi en matière d'éducation. Ça fait qu'on sait qu'il y a un
précédent de ceci. Ça a fait derrière les portes closes, mais ça reste quand même... C'est des enjeux, parce qu'il
y a beaucoup d'orientations dans ce projet de loi, c'est très technique, que...
Je comprends vos préoccupations puis je pense que ce serait bien aussi d'avoir
ce partage pour mieux comprendre. Ça va aider, nous, à vous accompagner dans
vos préoccupations.
Vous êtes parmi, à
date, de ce que j'ai vu, les seuls, à date, qui parlent du 9-1-1 puis la loi
sur les centres de la communication d'urgence. Peut-être, vous pourriez parler
un peu de vos préoccupations, parce que, dans le fond, on comprend, c'est un enjeu, le 9-1-1. Puis c'est quoi... Ce que je
souhaite voir... Parce que j'ai vu votre recommandation, mais je veux
savoir comment la mettre à l'oeuvre. Ça fait que, dans votre réponse,
peut-être, si vous avez des recommandations, mais juste de nous faire un
préambule de pourquoi vous l'évoquez comme préoccupation puis c'est quoi, vos
recommandations.
M.
Châteauvert (Pierre) : En fait, la
recommandation, on est tout à fait d'accord sur le transfert de
responsabilités, ce qui est dans la loi, là. Il y a une mise à jour,
actuellement, des centres de 9-1-1. Le gouvernement a prévu des sommes. Il y a une hausse de la taxe, et, bon, le
financement est là. Bien, il va peut-être falloir... Puis il y a aussi
une indexation qui est prévue. Bon, ça, ça va bien par rapport à ça.
Non, la question qui
était posée dans notre mémoire, c'est que ça a été soulevé par nos membres qui
sont le long de la frontière, c'est que, lorsque ça répond en anglais, puis tu
es en français, là, puis que ça a un poste... c'est un centre qui est en Ontario, et tout ça, là, donc, bien là, il faut
trouver une façon d'essayer, effectivement, que les gens puissent avoir
le service en français partout sur le territoire, là.
Mais, grosso modo, on
est tout à fait d'accord avec l'orientation. De toute façon, les discussions
sont toujours avec le ministère de la Sécurité civile. Bon, le financement
vient des Affaires municipales, de notre monde, et tout ça. Ça fonctionne bien,
l'agence. Moi, je suis membre du conseil d'administration. Ça fonctionne bien.
On a une nouvelle directrice générale, là. Elle fait très bien... Elle remplit
très bien ses fonctions. Et donc, grosso modo, on est tout à fait d'accord avec
l'orientation qui est prévue dans le mémoire.
Mme
Maccarone : Votre recommandation 8 : «Que le gouvernement
s'assure que le financement de la SOPFEU soit en adéquation avec les besoins
grandissants considérant l'accroissement des risques de feux de forêt amplifiés
par les changements climatiques. Par la même occasion, qu'il reconsidère la
décision de fermer la base de Maniwaki et s'engager à rouvrir», notre collègue
le député de Pontiac s'est impliqué dans ce dossier. Peut-être que vous
pourriez juste expliquer un peu pourquoi c'est un enjeu important pour vous.
M. Larose
(Steven) : En premier, juste vous mentionner que je pense que le fait
que la SOPFEU s'en va avec le ministère de
la Sécurité publique, c'est une excellente nouvelle. Bravo pour ça. Mais on
sait qu'il va y avoir de plus en plus d'événements en lien avec les feux
de forêt, et on a une certaine inquiétude que tout soit centralisé dans
certains secteurs, dans un, deux, trois secteurs à la grandeur de la province,
sachant très bien que les feux de forêt, les feux de broussailles sont comme
partout. Et là on avait déjà, nous autres, dans l'Outaouais, une bonne base qui
couvrait très bien l'ensemble de Lanaudière, Laurentides, l'Outaouais, même la
Montérégie, et de savoir que cette base-là est rendue en Abitibi, qu'elle est
rendue quand même très loin d'où est-ce qu'il y a beaucoup d'incendies nous amène une certaine inquiétude. Et c'est pour
ça qu'avec le nombre qui s'en vient, bien, on ne voudrait pas que ce soit
tout centralisé dans deux, trois villes... centres du Québec, tu sais, on
voudrait que l'urgence puisse être répondue à plusieurs endroits, là, à la
grandeur de la province.
Mme
Maccarone : OK. Peut-être, j'ai le temps pour une dernière question.
Le Président (M.
Schneeberger) : 30 secondes.
Mme Maccarone :
30 secondes. Dans les
dispositions transitoires, le projet de loi sera en vigueur le
1er janvier 2025. Est-ce que vous serez capables de mettre tout ça à
l'oeuvre, rendu cette date-là?
M. Larose
(Steven) : Comme qu'on mentionnait dans notre mémoire, on veut
vraiment avoir les ressources pour pouvoir nous donner un coup de main. Pour
pouvoir mettre ces plans-là en place, ça prend les ressources pour débuter.
Mme Maccarone : Message reçu. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup pour l'échange. Alors, nous allons maintenant du côté de la
deuxième opposition, et je laisse la parole au député de Laurier-Dorion pour 4
min 8 s.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Bonjour, messieurs. Merci beaucoup d'être ici.
Écoutez, vous avez été très clairs dans votre
mémoire, vous craignez un transfert des responsabilités sans les ressources qui les accompagnent. Vous en avez fait
mention. Moi, je voudrais plus précisément voir des conséquences de cette situation. Si ça persiste tel quel, si on
continue, si votre prédiction se concrétise, là, qu'est-ce qui va arriver, là,
et quels sont... concrètement, quels sont les... Comment ça se traduit, les
moyens, les ressources que vous demandez, là, sur le terrain, là, pour
accomplir les mandats qu'on vous donne?
M. Châteauvert (Pierre) : Merci. En fait, pour faire ces plans-là, il y aura
énormément d'acquisition de connaissances et des travaux à faire sur le
terrain, en fait, des travaux de... mais ça, ça demande des ressources, ça
demande des sous. Ces sous-là, actuellement, là, les municipalités, comme le
gouvernement et tout le monde, on est tous
sous pression. On a des responsabilités qui débarquent et qui demandent
énormément de temps, puis, en fait, on ne les a pas, pour répondre à ce
besoin... à cette loi-là.
De façon... Comme les plans climat, comme les
schémas d'aménagement, en fait, c'est une responsabilité partagée. Donc, à quelque part, il faut qu'il y
ait une contribution. Nous, ce qu'on dit, c'est : Il faut qu'il y ait
absolument une contribution importante du gouvernement pour la mise en
place de cette loi-là. On demande des plans au niveau de la MRC. Ce n'est pas
toutes les MRC qui sont dotées de responsables au niveau de la sécurité civile,
et tout ça, et les ressources, souvent, des fois, c'est une personne et... Bon,
il y en a quelques-unes qui sont mieux équipées, mais il faut vraiment qu'on
obtienne... en fait, que le gouvernement mobilise des ressources puis les
transfère au monde municipal pour livrer. Sinon, bien, ce qui va arriver, bien,
ça va s'étirer dans le temps, et il va peut-être arriver des catastrophes, puis
on va manquer... on va manquer le bateau. Il faut... Parce que, comme on disait
tantôt, c'est une question de cohésion puis
d'organisation, de partage, et tout ça, puis il faut que les... Ça, ça coûte
des sous. Il faut connaître...
Prenez la MRC de Maria-Chapdelaine. C'est des
milliers de personnes, l'été, qui sont sur le territoire, sur des... C'est des
dizaines de milliers de kilomètres carrés. Puis là, bon, ils savent grosso modo
où est-ce qu'ils sont, parce qu'ils ont la responsabilité de la gestion de la
villégiature sur les terres publiques. C'est via ce canal-là qu'ils sont
capables de rejoindre les gens puis de s'assurer d'évacuer les gens quand il y
a... qu'ils ont évacués l'été passé, mais c'est un peu bancal, ça. Il faut
qu'il y ait un système mieux organisé que ça parce que c'est des... c'est des
vies humaines qui sont en jeu. Et ça, c'est sur l'ensemble du territoire. Donc,
il faut vraiment se mettre ensemble, puis travailler, puis de professionnaliser
la démarche. C'est ça qu'on veut.
M. Fontecilla : Juste pour bien
comprendre, vous demanderiez, par exemple, que le ministère de Sécurité
publique vous permette d'embaucher des spécialistes, des urbanistes ou vous
transfère du personnel spécialisé, aux différentes MRC, concrètement, ou aux
municipalités.
M. Châteauvert (Pierre) : Comme on l'a vécu, comme on l'a vécu en développement
local, où est-ce que le ministère de... le ministère de l'Économie, il y a
200 000 $ par année pour deux ressources, deux ou trois ressources pour le développement local. C'est la
contribution. Il y avait déjà des ressources sur le terrain, puis ils sont
venus appuyer, parce qu'il y avait des objectifs supplémentaires qu'ils
sont venus ajouter, fixer, qu'ils ont déterminés aux MRC au niveau de leur
action en développement local. Donc, le gouvernement est venu appuyer.
La même chose en aménagement du territoire. À
partir du 1er avril, on met à jour les schémas. Le ministère des Affaires
municipales transfère des sous pour permettre l'engagement de ressources pour
livrer, et c'est à la municipalité, c'est à la MRC de s'occuper quelles
ressources elle a besoin. Ce n'est pas nécessairement des... C'est eux autres
qui s'organisent, et, habituellement, la très, très, très grande majorité des
fois, ils livrent très bien la... en fait, ils répondent à la commande.
La même chose qui est en train de se faire en
plan climat. Il y a une mobilisation incroyable actuellement sur le terrain
pour livrer ces plans climat là. Les gens... Il y a des sous qui s'en viennent.
Ils sont en train de s'organiser. Ils vont aller voir les ressources qu'ils ont
de besoin en fonction des objectifs qu'ils se sont fixés et ils vont livrer des
plans climat, que, je suis certain, vont être vraiment de très haute qualité.
On l'a vécu avec les milieux humides. Le système est en train de se mettre en
place. Il y a des ressources. Le gouvernement a mis... a transféré des sommes
aux MRC. Ce sont les MRC qui ont décidé...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. On n'a plus de temps.
M. Châteauvert (Pierre) : ...qui qu'ils allaient engager.
M. Fontecilla : Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, merci beaucoup pour votre
présentation.
Alors, nous allons suspendre quelques...
quelques instants pour accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 10 h 40)
(Reprise à 10 h 45)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous poursuivons cette période d'échange. Alors, nous accueillons maintenant l'Union
des municipalités du Québec. Alors, bonjour à vous deux. Alors, vous avez
10 minutes pour présenter votre
mémoire, et puis après ça, par la suite, il y aura une période d'échange.
Alors, je vous inviterais à vous présenter en premier temps et continuer
pour... sur votre mémoire par la suite.
Union des municipalités
du Québec (UMQ)
M. Angers (Michel) : Parfait.
Bien, bonjour à tous. Merci de nous recevoir. Michel Angers. Je suis le maire de la ville de Shawinigan puis président de
la commission sur la sécurité publique à l'Union des municipalités du Québec
depuis quelques années déjà, passablement.
M. Létourneau (Yves) : Oui.
Bonjour. Yves Létourneau, conseiller stratégique aux politiques, notamment sur
les dossiers de sécurité publique à l'UMQ.
M. Angers (Michel) : Alors, on
démarre. Bien, M. le ministre de la Sécurité publique, M. le Président de la
commission, Mmes, MM. les membres de la commission, je vous remercie de nous
donner l'occasion aujourd'hui de vous faire part de nos commentaires sur le
projet de loi 50, sur la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la
résilience aux sinistres.
Je suis
accompagné, bon, d'Yves Létourneau, conseiller stratégique senior, je dirais
bien, aux politiques de l'UMQ.
Alors, depuis maintenant plus de 100 ans,
l'UMQ rassemble les gouvernements de proximité de toutes les tailles et de
toutes les régions du Québec afin de mobiliser l'expertise municipale,
accompagner ses membres dans l'exercice de leurs compétences et valoriser la
démocratie municipale. Nos membres représentent plus de 85 % de la
population du territoire du Québec.
J'aimerais avant tout souligner l'important
travail accompli par le ministre et son équipe dans l'élaboration de ce projet de loi qui vise avant tout à
favoriser la résilience des Québécoises et des Québécois. En effet, tous reconnaissent
que la loi en vigueur jusqu'à maintenant ne répondait plus aux besoins ni aux
réalités des municipalités et de la population. Le contexte de la sécurité
civile a changé de manière importante dans les deux dernières décennies avec
une augmentation de la fréquence et de l'ampleur des sinistres. Un grand nombre
de sinistres survenus au Québec au cours des dernières années démontre plus que
jamais l'importance pour les municipalités de se préparer à agir rapidement
lors d'une situation d'urgence. La nécessité de développer la connaissance des
risques de sinistre en tenant compte notamment de l'impact des changements
climatiques n'est plus à démontrer. Par conséquent, l'UMQ appuie la révision de
la Loi sur la sécurité civile et les objectifs poursuivis par celle-ci. Pour ce
faire, nous offrons notre entière collaboration au ministre de la Sécurité
publique pour y arriver.
À la lecture du projet de loi n° 50,
certaines ambiguïtés sont constatées notamment quant aux attentes du ministre
de la Sécurité publique en lien avec la mise en oeuvre d'une démarche de
gestion des risques. Ainsi, le projet de loi oblige les municipalités à
réaliser une démarche de gestion des risques de sinistre et exige également de
chaque municipalité l'adoption d'un plan régional de résilience aux sinistres
dans lequel seront consignées les mesures planifiées à la suite de la démarche
de gestion des risques plutôt qu'un schéma de sécurité civile qui était
auparavant utilisé. Ainsi, selon les articles 7 et 8 de la nouvelle loi,
les autorités locales et régionales n'auront plus... n'auront pas seulement à
documenter les risques et à déterminer des objectifs de protection qui peuvent
être atteints en fonction des mesures et des ressources disponibles, elles
auront également l'obligation de traiter les risques et de mettre en place des
mesures pour prévenir les sinistres, en plus de préparer la réponse à ceux-ci.
Notre inquiétude porte sur les moyens qu'auront
les autorités municipales pour s'acquitter de ces obligations de prévention des
sinistres sur leurs territoires. Nous croyons que l'obligation de prendre les
mesures de prévention des sinistres qu'impose la nouvelle loi aux autorités
municipales devrait être atténuée par les mots suivants : «dans la mesure
des pouvoirs et des moyens dont elles disposent». Il est davantage dans les
possibilités de planifier la réponse aux sinistres que de les gérer et de les
prévenir.
Par ailleurs, un règlement suivra l'adoption du
présent projet de loi, qui permettra de préciser les attentes du ministère à
cet effet. Ce règlement permettra, nous l'espérons, aux municipalités de mieux
identifier leurs obligations municipales. L'UMQ souhaite également que le ministre
s'assure de consulter le monde municipal — et, quand on est arrivés, le
ministre le disait justement — et que des estimations de besoins
municipaux en matière de ressources humaines et financières soient réalisées,
et ce, avant le dépôt de ce règlement.
Une autre
préoccupation majeure de l'UMQ concerne le rôle des municipalités régionales et
des municipalités locales dans la prévention des risques de sinistre.
Selon la nouvelle loi, la responsabilité de mettre en place une structure de coordination de la gestion des
risques et la réponse aux sinistres relève de la responsabilité de la
municipalité locale. Cependant, l'obligation de réaliser la démarche de
gestion des risques de sinistre relève de la MRC. Le projet de
loi donne alors une grande souplesse aux municipalités locales et aux MRC pour
s'entendre entre elles afin de déléguer leurs responsabilités à l'une ou à
l'autre.
• (10 h 50) •
Le projet de loi n° 50 donne des opportunités aux municipalités locales qui
le souhaitent de s'entendre avec les municipalités avoisinantes pour s'assurer
d'offrir la couverture exigée par la Loi sur la sécurité civile. Contrairement
aux services incendie, la MRC peut totalement déléguer les responsabilités en
sécurité civile à une municipalité locale. La diversité des situations dans les
relations entre les municipalités locales et les MRC à travers les régions du
Québec nécessite de proposer un cadre législatif souple qui permet de répondre
aux différentes réalités municipales. Ainsi, il serait souhaitable que la mise
en place d'une structure de coordination des services de sécurité civile et la
réalisation d'une démarche de gestion des risques relèvent de la responsabilité
de l'organisation locale, et je précise, qui
dispose déjà des ressources et qui connaît donc mieux les informations sur les
risques présents sur le territoire. Ceci est dans un objectif
d'optimisation des ressources et afin d'éviter des dédoublements des actions.
Par ailleurs, le
gouvernement déterminera par règlement les personnes dont les biens et les
activités peuvent être à l'origine d'un sinistre. Ces derniers devront alors
collaborer avec les autorités municipales sur les territoires desquels les
biens sont situés ou les activités exercées en produisant une déclaration de
risque. En ce sens, le législateur confère
aux municipalités un nouveau pouvoir réglementaire en leur permettant notamment
d'imposer aux générateurs de risques sur le territoire l'obligation de
mettre en place et de déployer des mesures supplémentaires à celles prévues par le règlement du gouvernement.
Le législateur octroie donc le pouvoir d'inspection aux municipalités également
aux fins d'application de leurs règlements. Ainsi, et comme mentionné plus tôt,
le législateur octroie davantage de pouvoirs
aux municipalités. Étant donné l'importance et les impacts potentiels de cette
mesure sur les niveaux d'imputabilité
et de conformité attendus de la part des municipalités, nous croyons qu'une
consultation plus approfondie auprès du secteur municipal avant
l'adoption d'un règlement détaillé est plus que nécessaire.
Par ailleurs, le
projet de loi prévoit de transférer la responsabilité de la SOPFEU au ministre
de la Sécurité publique. Jusqu'à maintenant,
la SOPFEU relevait du ministre des Ressources naturelles. L'UMQ est d'accord
avec ce changement. En ce sens, le
mandat de la SOPFEU sera... serait élargi afin d'organiser la protection des
communautés, des infrastructures stratégiques et du milieu forestier
contre les incendies de forêt et ceux qui la menacent pour le territoire pour lequel il est désigné. La SOPFEU
devrait alors accomplir sa charge en conformité avec les orientations et
les directives que lui donnent conjointement le ministre de la Sécurité
publique et la ministre des Ressources naturelles
et des Forêts. Pour atteindre l'objectif commun, la sécurité des populations et
des infrastructures, nous demandons de prévoir le financement des sommes
nécessaires pour assurer la formation des combattants des feux de forêt au sein
des équipes de pompiers, des communautés et des villes. Nous avons d'ailleurs
constaté depuis que des sommes à cet effet ont été prévues dans le budget
déposé la semaine dernière.
Également, nous
aimerions revenir sur un élément de l'article 18 de la loi, soit le
nouveau pouvoir du ministre d'ordonner le déploiement des mesures
d'intervention ou le rétablissement d'un plan de sécurité civile de la
municipalité dans le cas où une municipalité locale est empêchée d'agir ou fait
défaut d'agir. Nous comprenons la raison d'être de cet article. En cas de
situation d'urgence, il faut très certainement agir. Toutefois, nous rappelons
au ministre que les cas où la municipalité
locale met en oeuvre adéquatement son plan de sécurité civile... désolé, la
priorité du ministère doit être de collaborer avec celle-ci. La
collaboration est l'élément essentiel de la réussite, selon nous.
En terminant, l'UMQ
appuie la prolongation de la durée maximale de la déclaration d'état d'urgence
local à 10 jours et l'élimination de l'autorisation de renouvellement par
le ministre.
Nous vous remercions
de votre attention, et on est maintenant disponibles pour répondre à vos
questions.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci, M. Angers, pour votre présentation. Alors, nous
allons maintenant débuter une période d'échange avec le ministre pour un temps
de 16 min 30 s.
M.
Bonnardel : Merci, M. le Président. Merci, messieurs, pour votre
mémoire très enrichissant.
Bien, je saute
d'entrée de jeu, là, l'état d'urgence local, je pense que ça allait de soi.
J'en parle, là, mais, à chaque cinq jours, ça n'avait plus de bon sens que je
doive signer ces documents à chaque fois. Ça avait plus de bon sens de l'amener
à 10 jours sans autorisation ministérielle puis que vous ayez
l'obligation, six mois plus tard, là, de faire une reddition de comptes pour
expliquer à vos concitoyens pourquoi. Je pense qu'on a convenu... on a convenu
que c'était une approche, là, qui était... un allègement qui était, je pense,
normal avec les situations que l'on vivait et puis qu'on risque de vivre,
malheureusement, dans les prochaines années.
J'ai le goût de
vous... de vous poser un peu la même question que vos collègues tantôt de la
FQM. Bon, ils ont a été frappés d'un lot de
catastrophes, vous le savez très bien, dans les dernières années,
particulièrement depuis... depuis le début de 2023. Vous êtes dans ce
comité spécifique de la sécurité publique, sécurité civile. Qu'est-ce qui est
ressorti, là, un peu, là, de... J'imagine, vous avez fait un post-mortem,
peut-être, là, avec certains... certaines villes qui ont été plus touchées. Qu'est-ce qui est... Au-delà du projet de
loi, là, qu'est-ce qui est ressorti, là, de positif, négatif sur... si
je vous demandais un top trois, là, de ce qui est sorti fortement? Parce que,
bon, vous le savez, je le disais tantôt, je
me suis quand même promené pas mal, dû aux événements, puis j'ai vu des...
peut-être, des fois, des inégalités. Tantôt,
on parlait, là, de communication. Tu sais, des fois, il y en a qui me
disaient : François, on a trop de rencontres, puis là, des fois,
ils me disaient : On n'a pas assez de rencontres. Mais, bon, c'était...
c'était peut-être inégal. Mais je vous laisse m'exposer, là, en quelques
minutes un peu votre pouls, votre pouls terrain sur ce qui s'est passé... sur
ce qui s'est passé, là, dans les derniers événements qu'on a connus, là.
M. Angers
(Michel) : Bien, je ne vous cache pas qu'il y a des territoires, des
municipalités ou des villes qui ont été
touchés plus fortement que d'autres, puis deux fois, puis trois fois plutôt
qu'une. Alors, ça, ça a été extrêmement difficile. On est revenus
régulièrement en conseil d'administration sur la préparation comme telle à ces
sinistres, qui, à une certaine époque,
arrivaient une fois par... par jamais, mais qui, maintenant, nous arrivent de
façon assez régulière. Donc, tout est
dans la préparation à contrer éventuellement ces sinistres, quand c'est
possible, évidemment, de le faire.
La notion des changements climatiques, vous le
savez, on a interpelé votre gouvernement sur des montants assez importants, hein, pour qu'on fasse face aux
changements climatiques, donc, dans des mesures qui nous permettent,
justement, comme villes et comme municipalités, de voir venir les choses. Bon,
j'écoutais tout à l'heure la FQM. C'est la même chose de notre côté aussi. On
a, évidemment, des budgets qui sont... qui sont limités dans ce genre
d'interventions, et souvent les préparations à ça nous demandent beaucoup de
temps, beaucoup, beaucoup d'énergie. Et il faut être en mesure de pouvoir y
répondre, parce que c'est une question de sécurité civile, c'est une question
également de protéger l'ensemble de nos populations. Alors, on peut parler de
digues, on peut parler de tranchées, on peut parler d'énormément de choses qui,
je vous dirais, il y a 15 ou 20 ans, étaient plus ou moins sur le radar.
Aujourd'hui, il faut... il faut s'y attarder de façon plus importante.
On se... bon, le terme n'est pas exact, mais on
se nourrit, évidemment, des difficultés que plusieurs villes ont eues pour
faire en sorte qu'on soit capables de mieux se préparer dans l'éventualité où
il y a des cas qui peuvent être similaires, particulièrement avec les
inondations, l'eau, les fortes pluies. C'est des éléments aussi importants.
J'entendais tout à l'heure toute la notion également des forêts, des feux de
forêt, de la rapidité avec laquelle on peut intervenir, jusqu'où on peut aller.
Alors, c'est
extrêmement complexe. Puis, je me mets dans vos bottines, M. le ministre, c'est
toute une tâche de s'assurer de faire
en sorte qu'on soit capables de travailler en collaboration avec les villes
pour être... mieux les préparer. On pourra parler d'argent tantôt, de
ressources, etc., mais, essentiellement, c'est ça.
Je termine
sur un constat important. Bon, il y a le concept des MRC puis il y a le concept
des villes. Bon, moi, j'ai le grand privilège, à Shawinigan, d'être une ville
MRC. Alors, je suis en mesure de m'entendre avec moi-même puis mon
conseil, puis je vous dirais que ça va relativement bien. Dans la plupart des
villes au Québec, ça va aussi relativement bien, mais il y a des poids
proportionnels différents d'un endroit à l'autre. On peut voir des MRC, avec
82 % d'une population dans une MRC, où ils sont huit, neuf, 10, 11, 12. On
peut voir Thetford Mines, on peut voir Drummondville, on peut voir toutes
sortes de choses. Il y a déjà présentement des expertises qui existent dans les
villes locales, des endroits où déjà on est mieux équipés, et je vous dirais
que le constat qu'on a pu faire — je vais terminer
là-dessus — le
constat qu'on a pu faire, M. le ministre, c'est que, dans les villes où ils
sont bien équipés, donc, une population suffisamment importante, ils ont
été en mesure de mieux répondre aux différentes attentes, parce que ça prend... ça prend beaucoup de temps, beaucoup
d'énergie, beaucoup de déploiement, ça peut être les cols bleus. Il y a beaucoup
de choses aussi à mettre en place. Alors, il faut retenir qu'il y a des
expertises qui sont déjà là un peu partout à
travers le Québec et il faut juste faire attention à ne pas rajouter des
dédoublements un peu partout qui vont faire en sorte qu'on va perdre du
temps, perdre de l'énergie et perdre de l'argent.
M. Bonnardel : Ça fait que c'est un
peu... Si je vous suis, c'est un peu ces... je le dis bien respectueusement,
ces inégalités, dans une certaine mesure, entre moyennes villes, petites
villes, 2 000 habitants, 1 000 habitants, où là tu te rends
compte que c'est plus compliqué, là, appliquer les plans... les plans de sécurité
civile, puis la participation du MSP est
encore plus fortement demandée parce que, bon, il y en a qui peuvent... qui
sont moins capables d'y répondre, sinon de faire appel à la MRC, si
possible, ou à une plus grande ville voisine, là, qui est capable d'adapter
puis de supporter cette ville.
• (11 heures) •
Mais une
question : Communications, est-ce que, pour vous, les communications entre
les municipalités, les partenaires pour accomplir les efforts de guerre, pour
rassurer, réparer et s'assurer de répondre aux besoins... est-ce que c'était convenable, correct? Ça, ce n'est pas
un... Vous ne me l'avez pas mentionné. Tantôt, vos collègues me disaient,
là, que, communicationnellement, ce n'était
peut-être pas parfait, puis on prend acte de ça, mais, pour ça, est-ce que, pour
vous, ça a été soulevé ou pas pantoute?
M. Angers (Michel) : Bien, jusqu'à
maintenant, la collaboration avec...
M. Bonnardel : Était bonne?
M. Angers (Michel) : ...avec le
ministère de la Sécurité publique a toujours été... a toujours été là. Bon,
vous avez raison, il y a des schémas de sécurité civile qui sont à géométrie
variable d'un endroit à l'autre. Il y a des petites municipalités qui sont
incapables, malgré qu'ils sont sur le bord de cours d'eau, bord du fleuve, bord
de rivière... Dans des situations un peu plus problématiques, ils sont très
limités dans leur capacité d'intervention.
Mais, de notre côté, bon, je vais prendre mon
exemple, moi, chez nous, la collaboration avec... avec la Sécurité civile, elle
est impeccable. Bon, au niveau de l'Union des municipalités du Québec, avec
votre personnel, vos gens, à chaque fois
qu'on a fait des demandes de rencontre, etc., pour préparer les documents, des
choses comme ça... Puis, sans
flagornerie, là, vous faites partie des ministères où c'est assez facile de
pouvoir discuter. Votre niveau d'intervention est très rapide également,
et vous êtes disponibles aussi pour aller faire un tour partout où ça va moins bien. Alors, moi, en tout cas, je ne sais pas...
Tu as peut-être plus, Yves, au niveau des autres municipalités, mais, moi,
dans ce que j'ai entendu de Gatineau, de différents endroits, ça va
relativement bien.
M.
Létourneau (Yves) : Oui, tout à fait. Évidemment, on a eu beaucoup
d'événements au cours des dernières années
dans plusieurs endroits, donc c'était à géométrie variable, question aussi de
rapidité d'action, mais c'était... fort généralement, les communications avec votre ministère étaient bonnes. Il
y avait, évidemment, beaucoup d'intervenants sur le milieu. Il n'y a pas
que votre ministère puis les gens de la ville, il y a plusieurs autres
intervenants, puis c'était à ce niveau-là aussi qu'on essaie d'améliorer la
communication. Mais je pense qu'avec votre ministère, comme Michel l'a dit, ça
a bien été.
M. Bonnardel : C'est bon... c'est
bon à entendre. Puis je veux juste resoulever un peu les similitudes dans vos
deux mémoires entre la FQM et vous, là, où vous vous questionnez sur la
démarche de gestion de risques. Puis, là-dessus, je veux vous rassurer, là.
Tantôt, vos collègues, on l'a mentionné, la question que je leur ai posée... Le
plan climat qui a été financé par le ministère, je pense que c'est
127 millions, si je ne me trompe pas, là, pour... puis vos collègues,
tantôt, disaient : François, c'est deux ans de préparation.
Quand je parle de démarche de gestion de
risques, pour moi, ce n'était pas d'alourdir un autre processus puis que ça
prenne encore deux ans. Je le disais tantôt, ça va être calqué à 90 % de
tous les éléments qu'on a besoin pour définir cette démarche de gestion de
risques. Il y a un 10 % où, là, c'est des risques plus anthropiques, qu'on
dit, là, des tremblements de terre ou autres catastrophes, là, plus... plus
importantes où, là, on va... on va rentrer plus fortement pour vous épauler
pour... pour l'exercice comme tel.
Puis, je le mentionnais tantôt, là, que ce
soient nos directions régionales, que ce soient les guides, documents de
référence, que ce soient les outils informatisés, en tout cas, on va tout
mettre en place pour vous faciliter la tâche, puis pas que ça prenne... Puis je
ne veux pas que ça prenne un an, là, que ça prend un an et demi, là. Il faut
que ce soit simple. Comme je vous le disais, on va se calquer pas mal sur le
plan climat, puis, de l'autre côté, pour nous, ça va être des... un travail
surtout pour la préparation du règlement par la suite, où, là, je le disais
tantôt, juste quand vous êtes arrivés, là, vous êtes des partenaires, dans tout
ça, archi-importants pour moi, archi-importants pour nous. Donc, vous allez
être partie prenante de la préparation de ce règlement. Ça, vous avez ma
parole, vous avez ma parole là-dessus.
Petite question. J'imagine la réponse, là,
mais... J'ai vu, plus souvent qu'autrement, jusqu'à quel point, dans les...
surtout les grandes villes, mais même les... même ceux qui ont des travaux...
qui ont... qui ont une expertise de travaux publics avec quelques employés,
jusqu'à quel point, des fois, ils peuvent être débordés face à une inondation
ou autre, aller chercher des citoyens en chaloupe ou autre. La réserve
opérationnelle, veux veux pas, quand on a commencé à préparer ce projet de loi,
on s'est bien dit : On ne peut pas faire appel aux forces armées à chaque
fois. Oui, oui, si une situation majeure... Mais je pense que cette création de
réserve, pour vous, répond à vos attentes, besoins
si particuliers. Vous le voyez, je pense, d'une bonne... d'une bonne façon,
d'une bonne manière, cette réserve.
M. Angers (Michel) : Bien,
évidemment, évidemment. Un des objectifs poursuivis, c'est d'être en mesure de pouvoir répondre à des situations qui peuvent
être critiques. On a déjà vu l'armée débarquer... débarquer chez nous. On a
déjà vu l'armée aussi débarquer à d'autres endroits. Je pense que ça, c'est
quand même important de pouvoir, dans des cas spécifiques et extrêmes,
être en mesure de pouvoir compter sur cette... ces forces-là. Mais, en même temps aussi, il faut que nous, comme villes, comme
municipalités, on soit capables de bien se préparer aussi, d'avoir un bon plan,
de bien se préparer et d'être capables d'anticiper, parce qu'on est capables
souvent d'anticiper éventuellement les difficultés qui peuvent nous
arriver. On peut être enclavés entre deux barrages puis d'avoir une excellente
entente avec Hydro-Québec pour nous assurer que, quand le réservoir... Vous
savez, bon, quand il y a 12, 13 barrages sur une rivière comme la rivière Saint-Maurice et qu'on se retrouve dans des
situations de débordement, de forte pluie, là, il faut être en mesure d'avoir aussi des bons partenaires et il faut
que, du côté des générateurs de risques, éventuellement... qu'on ait une
excellente collaboration avec eux. Parce que, bon, l'entreprise privée a
peut-être, des fois, tendance à vouloir,
peut-être, cacher un certain nombre de choses pour ne pas faire peur à la
population, ou autre, mais, en même temps,
s'il arrive des difficultés importantes, bien, il faut être en mesure de
pouvoir y répondre rapidement, puis, si on n'a pas l'ensemble des informations,
bien là, c'est là qu'on se retrouve à improviser. Et il n'y a rien de pire que
de faire de l'improvisation quand on se retrouve en situation de risque.
Donc, tous
les éléments du projet de loi sont fort intéressants, les pouvoirs accrus aussi
au niveau des municipalités. Il
s'agit maintenant que le message se passe aux sociétés d'État, particulièrement
au niveau d'Hydro-Québec, parce que, bon,
il y a certains endroits où ils peuvent réguler le niveau de l'eau. On ne peut
rien faire avec le fleuve, ou autre, mais il reste qu'il y a... il y a
quand même une préparation que nos employés peuvent... être faite.
Alors, j'en profite également pour vous reparler
des feux de forêt. Une des... Un des éléments, bon, vous l'avez... on l'a
mentionné, puis vous nous avez fait signe de tête, bon, de la formation aussi.
Plus on va former de pompiers pour être en
mesure de pouvoir combattre, faire la prévention... Il est important de pouvoir
le faire, mais vous comprenez qu'on ne pourra pas, par mesure
préventive, faire des tranchées un peu partout autour des villes, des municipalités, un peu partout dans les forêts, au
cas où. Il y a un facteur de risque qu'il faut... faut prendre, d'une certaine
façon. Et plus on sera rapides à intervenir,
plus on sera rapides à circonscrire les incendies, ou autres, bien, plus on va
être efficaces à ce moment-là. Et mieux on est préparés, mieux on est... on est
en mesure d'y répondre.
M. Bonnardel : En rafale, vite,
vite, avant de passer la parole à mes collègues, les générateurs de risques,
vous les connaissez déjà. Je pense, j'ai la réponse, là, mais vous les
connaissez déjà grâce aux schémas de couverture incendie. Ça, ce n'est pas une surprise, là, à moins... à moins qu'il y
a une entreprise qui arrive, une nouvelle, puis que vous ne soyez pas
informés, mais vous les connaissez déjà.
Puis je termine en vous
disant : La SOPFEU, c'est une priorité pour moi, là. Bien, quand je dis...
Il y en a plusieurs, mais ça, c'en est toute
une, pour s'assurer... premièrement, le financement, vous l'avez vu, là, puis
de s'assurer d'avoir... puis de donner tous les outils à la SOPFEU pour
être capable de répondre le plus convenablement. On a vécu une saison historique l'année passée. On ne souhaitera pas en avoir
une pareille, mais les conditions... les conditions étant ce qu'elles sont, là, avec ce qu'on vit,
avec un hiver un petit peu plus... un petit peu moins l'hiver qu'on connaît,
ça pourrait être... ça pourrait être un peu plus difficile.
Donc, j'arrête ça là. Mes collègues, avez-vous
une petite question ou deux? Si...
M.
Létourneau (Yves) : ...les générateurs de feux, oui, on a... de risques,
oui, de générateurs de feux éventuellement...
M. Bonnardel : Oui, c'est ça.
M. Létourneau (Yves) : ...nous avons
l'information, mais c'est... ça peut être inégal d'une municipalité à l'autre.
C'est ça qu'on voulait soulever, là. À l'intérieur d'une MRC, il y a des
services incendie, pour prendre ces exemples-là, qui ont beaucoup plus
d'informations sur l'ensemble des générateurs de risques, pas juste de leurs territoires, parfois parce qu'ils desservent
d'autres municipalités. Ça fait que c'est inégal d'une municipalité à l'autre, mais
nous l'avons de façon générale.
M. Angers
(Michel) : ...M. le ministre, si vous... si vous permettez...
Bon, j'ai fait le lien tantôt entre les MRC et les grandes villes. C'est
une grande préoccupation. Je ne vous le cache pas, on l'a fait,
Mme Laforest également, la ministre des Affaires municipales. C'est une
grande préoccupation pour nous, parce que les plus grandes villes, les plus
grandes municipalités sont en mesure de pouvoir intervenir rapidement,
efficacement, ou autre. Et, malgré que presque partout à travers le Québec il y
a des bonnes ententes, on l'a mentionné, il y a des endroits où ça va plus ou moins bien, où ça se tiraille un petit peu. Puis
la municipalité, la grande ville est souvent mise un peu de côté au profit du
nombre de maires et mairesses autour d'une table de territoires de MRC. Alors,
ce qu'on veut, c'est de faire en sorte qu'on
soit les plus efficients possible. Alors, même chose au niveau des schémas de
couverture de risques, au niveau des incendies. C'est vrai en sécurité
civile aussi. Prenons l'expertise où elle est puis tentons, autant que
possible, de favoriser les échanges pour faire en sorte qu'on soit capables
d'être le meilleur possible.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, pour une minute, la députée de Labelle.
Mme
Jeannotte : ...le diable est dans les détails. Entre les élus
et les officiers qui sont désignés, parfois, il y a... Est-ce que vous...
Est-ce que vos membres vous ont mentionné des enjeux où ce n'était pas assez
clair, le rôle des intervenants sur le terrain?
• (11 h 10) •
M. Angers (Michel) : Entre la
responsabilité du maire ou de la mairesse et des officiers qui ont... enfin, la
responsabilité?
Mme Jeannotte : Oui.
M. Angers (Michel) : Moi, je ne peux
pas parler nécessairement pour les autres. Chez nous, les rôles sont
parfaitement bien définis, structurés et organisés. Alors, il arrive une
situation, voici le a, b, c et d. Tout est là, les livres sont là, tout est prêt. En théorie, ça devrait être comme ça
partout. En théorie, ça devrait être comme ça partout. Est-ce qu'on est exempts d'en échapper?
Possiblement, mais il reste que c'est... Et je pense qu'un projet de loi comme celui-là,
où la... Même si c'est un peu plus difficile pour des plus petites
municipalités, on a tous des citoyens, des humains
qu'on a à protéger, d'une certaine façon, alors on doit faire les efforts
nécessaires puis trouver les moyens, là, d'être égal pour tout le monde.
Mme Jeannotte : Parfait. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : ...beaucoup.
Alors, nous poursuivons maintenant du côté de l'opposition officielle. Alors,
je vous laisse la parole.
Mme Maccarone : Moi, je suis la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Bonjour. Bonjour, M. Angers, M. Létourneau. C'est un plaisir
d'échanger avec vous. Merci beaucoup pour votre mémoire, c'est... c'était très
intéressant, puis vos remarques ainsi.
Je veux revenir un peu sur le sujet du budget
puis le financement. Je sais que vous avez déjà eu des échanges puis... mais je
veux mieux comprendre. Parce que vous, vous l'avez évoquée dans votre
recommandation 4, l'aide du gouvernement, puis c'est bien qu'on ne devrait
pas se limiter aux outils et guides. Je comprends qu'il va y avoir un
accompagnement, puis c'est essentiel, puis je salue l'intervention, mais ça
devrait inclure aussi un engagement financier,
l'instauration des programmes adéquats, puis vous l'avez aussi évoqué lors de
votre recommandation 8, où vous avez
parlé un peu de la formation. Avez-vous estimé les coûts nécessaires pour...
pour l'implantation de ce projet de loi? Qu'avez-vous besoin pour faire
ceci?
M.
Létourneau (Yves) : Bien, écoutez, je... La réponse ne sera pas très
compliquée. Sans avoir de règlement qui précise quelles sont nos obligations,
il est très difficile, je pense qu'on l'a écrit à quelque part, d'arriver à
évaluer les impacts pour les municipalités.
Donc, non, en ce moment, on ne pourrait pas dire. Mais on demande que ça se
fasse au moment où le règlement va... va prendre forme, qu'on... Parce
que, souvent, on voit, dans d'autres ministères, que des règlements arrivent
avec des obligations aux municipalités sans tenir compte des impacts financiers
que ça peut avoir sur les municipalités. On demande que ce soit réfléchi en
ayant une estimation, autant que possible, de quels seront les impacts pour les
municipalités. Mais, sans le règlement, à ce moment-ci, c'est très difficile.
M. Angers
(Michel) : Puis, comme je le mentionnais tout à l'heure, bien, si,
dans l'éventualité... Bon, j'écoutais tout à
l'heure nos collègues de la FQM mentionner que chaque territoire de MRC devrait
avoir ses ressources, préparer ses choses. Je vais vous donner l'exemple
d'une MRC. Quand Drummondville est en mesure de pouvoir prendre l'ensemble de la charge de la MRC à 82 %, 83 %, bien,
ça évite probablement de mettre une ressource... une, ou deux, ou trois
ressources directement au niveau du territoire de la MRC et de pouvoir en
confier la responsabilité à une ville comme Drummondville avec des coûts
probablement moindres pour le ministère, le gouvernement. Alors, c'est là qu'on
dit que c'est important d'être capable de faire une bonne évaluation.
Vous savez, du
mur-à-mur, hein, ce qui est bon pour minou est bon pour pitou, on l'a dit, que
ce n'est pas une bonne chose, mais ça existe encore trop souvent. Alors, nous,
ce qu'on dit, c'est : Dans l'éventualité où la MRC est le meilleur
véhicule pour être en mesure de faire le travail, allons-y. Dans l'éventualité
où il y a des villes qui veulent le faire, puis qui sont en mesure de pouvoir
le faire, et qui ont l'expertise de pouvoir le faire et de prendre en charge,
bien, pourquoi pas? Alors, c'est pour ça qu'il faut faire... Il ne faut pas
faire deux poids, deux mesures. Il faut s'assurer qu'on soit efficients en
fonction de la réalité de chaque territoire.
Mme Maccarone :
Ça fait que pas juste du mur-à-mur, mais du sur-mesure. C'est ça qu'on a
besoin. Je comprends, la ville de Gatineau fait partie de l'UMQ.
M. Angers
(Michel) : Oui.
Mme Maccarone :
Parce qu'eux, dans leur mémoire, c'est la première recommandation. Eux, ils
disent : «La ville de Gatineau recommande que ce soit inclus dans le
projet de loi n° 50, la mention d'une aide financière accrue et pérenne
aux municipalités, afin de leur fournir les ressources nécessaires et la
flexibilité pour faire face aux nouvelles responsabilités qui leur
incomberont.» Vous, vous ne faites pas cette même recommandation. Pourquoi?
M. Angers
(Michel) : Non, mais, attention, on fait...
Mme Maccarone :
Oui. Clarifiez. C'est bon.
M. Angers
(Michel) : ...on fait la même recommandation. Ce qu'on dit, c'est
qu'on... Une ville comme Gatineau, bon, puis on connaît bien la situation
là-bas, une ville comme Gatineau a déjà des moyens, des ressources, du
personnel de disponible, mais, en même temps, ils sont incapables, ce n'est pas
prévu dans leur... dans leur profil, de faire face à des situations comme ils
ont vécues. Donc, oui, ils ont besoin d'avoir un argent supplémentaire pour
être en mesure de pouvoir le faire. Mais, dans l'éventualité où une situation
comme celle-là se retrouve dans une MRC, à côté ou à l'autre, de quelle façon on
est en mesure de pouvoir intervenir le mieux? Gatineau a besoin d'argent, a
besoin de ressources, a besoin de tout ça. Est-ce que ce sera moins que si on
partageait ça de façon différente avec d'autres petites MRC... d'autres autres
petites municipalités autour? Peut-être que oui, peut-être que non. Mais leur
première préoccupation, leur première demande, c'est exactement la demande
aussi de la plupart des villes et des territoires de MRC pour faire face à une
situation qui existait beaucoup moins il y a 30 ans.
Mme Maccarone :
Merci. La FQM, lors de les interventions qu'on a eues avec eux quand ils
ont passé juste avant vous, ils ont quand même soulevé une préoccupation. Pour
eux, c'était identifié comme un enjeu majeur en ce qui concerne la modification
de la loi sur l'aménagement, territoire et urbanisme, parce que... comme on
sait, par l'ajout d'un article quant à la délivrance des permis. Ils ont
demandé d'être exonérés, une immunité. Est-ce que vous, vous êtes de la même
avis qu'eux? Est-ce que ça, c'est quelque chose que vous souhaitez voir dans le
projet de loi?
M. Angers
(Michel) : De l'immunité?
Mme Maccarone :
Face aux poursuites.
M. Létourneau
(Yves) : Oui. C'est le... J'oublie le numéro, mais c'est la
modification à la LAU qui permet... bien, qui oblige le conseil municipal
d'intervenir si, je n'ai pas les termes exacts, là, il juge qu'il y a... qu'il
y a un risque évident. Écoutez, on a consulté certains de nos membres,
Gatineau, notamment. Sur ça, il y avait des préoccupations,
mais on comprenait, encore une fois, pourquoi c'était là puis on trouvait que
le 12 mois qui permettait aux municipalités de modifier un
règlement répondait généralement à nos préoccupations. Évidemment, là, il y a
peut-être des... certaines municipalités qui ont moins de ressources, puis,
devant l'obligation d'interdire d'émettre un permis,
il peut y avoir des poursuites, il peut y avoir des conséquences, et on est
conscients que ça peut créer des problèmes. Donc, oui, il y a une
réflexion... une réflexion à avoir, mais ce n'était pas une priorité pour tout
le monde.
M. Angers
(Michel) : ...
M. Létourneau (Yves) : Non.
Mme Maccarone : OK. J'étais
quand même surprise qu'à date, dans tous les échanges qu'on a eus puis ce qu'on
a lu aussi dans les mémoires, on ne parle pas des matières dangereuses,
toxiques. Puis je souhaite vous lire un commentaire
qu'on a reçu d'un citoyen qui s'appelle M. Lemire, qu'il a envoyé à tous
les membres de la commission. Je ne sais pas si M. Lemire suit nos
travaux, mais je vais quand même le citer, parce qu'il a dit que «je suis déçu
de constater que la notion de sinistre n'inclut pas la gestion des risques de
sinistre de nature technologique qui peuvent mettre
en danger la population du Québec, à titre d'exemple, les réseaux de
distribution d'énergie, la gestion des barrages, les systèmes de
contrôle de l'eau potable, de filtration» et de... l'assainissement.
Une voix : ...
Mme
Maccarone : Oui, c'est ça,
vous m'avez comprise. «Ce sont des infrastructures qui mettent la population
à risque en cas de défaillance ou surtout
d'intervention malveillante comme une cyberattaque. Ce n'est plus de la
fiction. Ce genre de sinistre, accidentel ou non, doit être pris en
compte dans l'analyse des risques des villes et MRC, et des mesures de
mitigation doivent être prises.
«La même situation s'applique pour les villes
possédant des industries minières ou des usines de procédés complexes comme les
alumineries. Un dysfonctionnement peut avoir des conséquences pour la santé et
la sécurité publique. Bref, je crois que ce
projet de loi est incomplet si les sinistres technologiques ayant des
conséquences sur la sécurité publique
ne sont pas inclus dans les exigences en matière de gestion de risques.» Vous,
votre opinion là-dessus.
M. Angers (Michel) : Bien, déjà,
dans notre schéma de couverture de risques, on a une préoccupation pour nos
usines d'eau potable, pour les entreprises, pour un peu... un peu tout ce qui
touche... En théorie, il faut avoir une excellente connaissance de notre
territoire puis des éléments qui pourraient potentiellement être à risque.
Je trouve intéressant ce que vous avez
mentionné, tout l'aspect de la cybersécurité. Bon, on est justement en train de
travailler, à l'union des municipalités, on a rencontré le ministre Caire à
quelques reprises également, et on va... et on veut et on va collaborer avec
eux, justement, pour ces risques technologiques là de cyberattaque, de
cybersécurité, ou autres, qui est un... qui est un phénomène qui est grandissant,
qui est déjà là présentement. Et il y a peu,
très peu de gens qui sont vraiment au fait des risques, des risques importants
pour les municipalités, pour les entreprises, pour le gouvernement, pour
des institutions publiques, ou autres, et c'est un enjeu majeur. Tant et aussi
longtemps que ça ne nous a pas frappés, on n'est pas là.
Alors, bon, le citoyen pense peut-être que le
projet de loi est peut-être incomplet. Il y a d'autres... d'autres lois ou il y
a d'autres réglementations municipales qui nous permettent, là, de travailler
sur ces éléments-là. Est-ce qu'on peut tout prévoir? Non, on ne peut pas tout
prévoir, mais on va tenter d'en prévoir le plus possible. Et tous les risques technologiques, on peut parler
d'intelligence artificielle, on va parler de plein de choses, hein, alors tout
ça, bien, c'est en mode évolutif. Puis je pense que monsieur... M. Caire
est bien... est bien aligné dans cette question-là, puis on va... on va collaborer avec lui puis avec tous
ceux qui vont vouloir travailler avec l'Union
des municipalités du Québec.
• (11 h 20) •
Mme Maccarone : Ça fait que vous,
vous serez confortables avec un amendement, mettons, à l'article 2. Parce que, quand on parle de la définition des
sinistres, on ne parle pas des événements imprévisibles, on ne parle pas
de la technologie, on ne parle pas de, mettons, les attaques cyber.
M. Angers (Michel) : Ça fait partie
de la réalité d'aujourd'hui, très certainement.
Mme Maccarone : OK. OK. C'est...
c'est très bien. Je dirais que... Peut-être juste une dernière question. Que
devons-nous prévoir lors de l'éventuelle adoption de ce projet de loi pour
informer la population, faire un accompagnement de la population? Je pense que
c'est quelque chose qu'on n'énumère pas assez. Je comprends qu'il va y avoir un
règlement, mais, vous, vos souhaits sont quoi en ce qui concerne l'information
qu'on va partager avec vos citoyens?
M. Angers (Michel) : Bien, deux
souhaits. D'abord, dans un premier temps, le ministre l'a bien indiquée, sa
volonté de travailler avec les partenaires importants que sont les villes et
les municipalités. Et, dans la préparation du règlement, comme on l'a fait un
peu dans la préparation du projet de loi, d'avoir été entendus, mais pas
seulement entendus, écoutés également. Donc, il y a eu des modifications qui se
sont faites en cours... en cours de route. Et ça, c'est un élément qui est
majeur.
Maintenant, au niveau de la communication, il
n'y a rien de mieux que deux gouvernements, celui de proximité puis le
gouvernement provincial, qui parlent en même temps et de la même... de la même
façon d'informer l'ensemble de la population sur l'importance comme telle.
Parce que, vous savez, un projet de loi comme celui-là peut rassurer
éventuellement une population qui sait que ses gouvernements de proximité et
provincial travaillent main dans la main pour assurer le maximum de sécurité.
Et, quand on parle d'argent pour... pour travailler sur la sécurité des gens,
les gens sont assez ouverts à ce moment-là. Quand on dit : Bien, on va
protéger vos résidences, vos maisons, on va protéger éventuellement des
cyberattaques, tout ça, je pense que les gens sont très ouverts.
Et nous, on ne demande qu'une chose,
on l'a obtenue jusqu'à maintenant, mais on le redit encore une fois, on veut
avoir la collaboration du ministre puis de l'ensemble des députés pour mener à
bien un projet de loi comme celui-là.
M. Létourneau
(Yves) : Peut-être juste en complément, on parle beaucoup de
responsabilité partagée, puis, dans le projet de loi, on en parle, ça inclut le
citoyen puis ça inclut... Donc, oui, au niveau de l'information des citoyens,
c'est vraiment une responsabilité partagée, là, que nous avons.
Mme
Maccarone : J'ai une autre question pour vous. Vous avez... vous avez évoqué,
dans vos remarques, l'article 18, le pouvoir d'intervenir du ministre puis
votre responsabilité à... Qu'est-ce que vous souhaitez voir à l'intérieur du
projet de loi en ce qui concerne le pouvoir du ministre d'intervenir?
M. Angers
(Michel) : Dans des situations où ça n'a pas de bon sens, bien, le
ministre a raison d'intervenir puis de faire en sorte de corriger une
situation. Mais, en même temps, il faut toujours faire attention avec le
pouvoir du ministre également. Bon, il faut le faire de la bonne façon. Il
faut... il faut respecter la loi, il faut respecter les règles, il faut
respecter les orientations. Et, jusqu'à maintenant, bon, tant que... tant et
aussi longtemps que les choses font en sorte que le ministre peut corriger une
situation qui est déficiente, c'est une chose. Quand on voit l'incapacité d'une
petite municipalité à répondre aux grandes lignes de la loi, à ce moment-là,
une discussion va de soi. On peut... on peut appliquer une règle très stricte,
je veux dire : Voici, c'est ça et ça s'arrête là, tu te conformes ou on
discute ensemble, on parle, puis éventuellement on trouve des solutions
ensemble.
Mme
Maccarone : OK. Merci. Je dirais... Je... conclure, M. le Président,
en demandant au ministre et son équipe de déposer et de partager avec les
membres de la commission l'analyse d'impact, parce que, suite à ce que nous
avons entendu en ce qui concerne les préoccupations budgétaires,
l'accompagnement... Une analyse d'impact, ça existe, puis je pense que ça peut
juste être aidant, entre nous, pour les travaux que nous sommes en train de
faire, d'avoir copie de cette analyse pour en discuter en toute transparence
avec tous les partenaires puis les gens qui sont concernés suite à
l'application de ce projet de loi. Merci. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci beaucoup, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Alors, il n'y a pas d'autre intervenant. Alors, là-dessus, je vous dis merci
pour votre apport à la commission.
Nous suspendons
quelques instants pour accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à
11 h 24)
(Reprise à 11 h 29)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, nous voici de retour. Alors, nous poursuivons
avec le troisième groupe de ce matin, avec l'Association des gestionnaires en
sécurité incendie et civile du Québec. Alors, bonjour à vous quatre. Alors,
dans un premier temps, vous avez 10 minutes pour faire votre présentation
et vous présenter aussi. Alors, la parole est à vous.
Association des gestionnaires en sécurité incendie
et civile du Québec (AGSICQ)
M. Bartolo
(Jean) : M. le Président, M. le ministre, Mmes et MM. les députés,
l'AGSICQ remercie la Commission de l'aménagement du territoire de se prononcer
sur le projet de loi n° 50.
Pour
notre présentation, je suis accompagné de notre directeur général, Sylvain
Mireault, de M. Jean Melançon, qui
est directeur du service d'incendie de l'agglomération de Longueuil
et coprésident de l'association, de M. Richard Amnotte, qui est directeur adjoint au service de sécurité
de la ville de Lévis et aussi vice-président à la sécurité civile pour
notre association, et moi-même, Jean Bartolo. Je suis directeur du
service de prévention et de lutte contre les incendies de Repentigny et
également coprésident de l'association.
• (11 h 30) •
M. le Président,
l'AGSICQ salue les efforts du gouvernement afin de faire évoluer la loi pour
améliorer la gestion des sinistres et
reconnaît certains ajouts qui sont pertinents. Notre organisation est en faveur
d'une modernisation du cadre de
gestion de la sécurité civile au Québec pour lui permettre de surmonter avec
plus d'agilité les défis croissants auxquels la collectivité fait face,
principalement face aux aléas des changements climatiques.
L'AGSICQ tient à vous
partager son expertise afin de bonifier réalistement le projet de loi et de
vous transmettre certaines observations constructives que mon collègue Richard
Amnotte vous exposera.
Notre compréhension
est que le projet de loi n° 50 offre des pistes de solution innovantes et
efficaces en sécurité civile. Notre humble compréhension nous dicte qu'un
certain nombre de précisions et ajustements seront nécessaires afin que les
changements proposés puissent trouver écho sur le terrain.
M. Amnotte (Richard) : Merci. Alors, M. le
Président, M. le ministre, Mmes et MM. les commissaires, bonjour.
L'association souhaite porter à votre attention
six principaux points. D'abord, relativement à l'article 5 portant sur la
responsabilité des personnes à concourir à la sécurité civile et être
responsables de leur sécurité de même que celle de leurs biens et leurs activités, pour l'association, il
apparaît juste que les citoyens soient bien engagés et impliqués en ce
qui concerne leur préparation et leur capacité de faire face aux sinistres
pouvant les impacter. L'article 5 du projet de loi prévoit désormais que
les personnes devront, selon la situation et la... dans la mesure de leurs
capacités, assurer leur autonomie en cas de sinistre et contribuer à en limiter
les conséquences. À cet égard, notre
préoccupation réside dans les attentes qu'auront les citoyens en cas d'urgence
versus la réalité des municipalités en
matière de réaction aux sinistres. Nous croyons que la loi devrait
s'accompagner de programmes de soutien appropriés permettant de mettre de
l'avant des initiatives de valorisation et de sensibilisation pour un meilleur
état de préparation des personnes pour y répondre.
Deuxièmement, relativement au devoir des
municipalités en matière de planification de la sécurité civile et de la
résilience aux sinistres, l'AGSICQ est en faveur des mesures proposées qui
permettraient d'outiller les municipalités pour une meilleure planification de
sécurité civile. Ce qui nous apparaît très important est l'adoption du
règlement afférent dans les meilleurs délais et sa réalisation en collaboration
avec les parties prenantes du milieu municipal, ce qui favoriserait une
cohérence et une cohésion avec la réalité du milieu. Nous sommes à même de constater qu'il s'agit d'un changement majeur qui
va bien au-delà de l'actuel règlement sur la réalisation des plans de
sécurité civile. La charge de travail qui s'imposera alors aux municipalités
locales et régionales est substantiellement plus
élevée. De plus, au Québec, nous ne retrouvons pas un bassin suffisamment
important de ressources habilitées et compétentes pour répondre des
obligations découlant de l'application réglementaire pour plus de
1 000 municipalités locales et une centaine de municipalités
régionales.
Troisièmement, pour répondre à la formation en
sécurité civile, il y a des besoins d'uniformisation de la formation. À l'heure
actuelle, il existe au Québec plusieurs organismes d'éducation favorisant...
offrant, plutôt, la formation en sécurité civile et la gestion de risques, lesquels
proposent un contenu pédagogique qui diffère d'un endroit à l'autre puisqu'il
n'existe pas de programme défini. Nous sommes d'avis qu'il serait avantageux
que les obligations de formation prévues par règlement incluent une définition
claire des niveaux de services attendus pour développer l'expertise, soutenir
les travaux à venir, en incluant des moyens financiers et une offre de
formation standardisée et accessible dans
tout le Québec. Nous croyons que le Québec possède déjà une institution gouvernementale
à qui cette responsabilité pourrait être confiée.
En ce qui concerne la responsabilité
d'inspection des personnes dont les biens et activités peuvent être à l'origine de sinistres, nous recommandons au
gouvernement d'instaurer, à l'image des préventionnistes pour l'application de
la réglementation en prévention incendie, un programme de formation sur
l'analyse de risques et l'application réglementaire afférente à la sécurité
civile.
Quatrièmement, portant sur la notion des
générateurs de risques et la réglementation qui en découle, l'AGSICQ est
favorable à la réglementation relative aux personnes dont les biens et
activités peuvent être à l'origine de sinistres. Cela permettra aux
municipalités d'avoir une meilleure connaissance des risques anthropiques et de
voir à ce que les mesures de contrôle et de réduction des risques soient
réalisées pour atténuer les conséquences d'un incident.
Toutefois, les municipalités locales et régionales font face à une importante
difficulté d'accès à une main-d'oeuvre compétente
dans ces champs d'expertise pointue, et les ressources financières sont
limitées pour réaliser les obligations qui en sont afférentes. Un
mécanisme uniformisé doit être envisagé pour permettre une appréciation juste
des risques, visant un niveau équivalent de
sécurité à la population sur tout le territoire québécois. Nous croyons donc
que la réglementation provinciale en cette matière doit avoir une portée
provinciale favorisant une application équitable partout quant au niveau de
sécurité recherché et facilitant l'application des mesures de prévention.
Cinquièmement, à propos des centres de
communications d'urgence 9-1-1, nous saluons la décision du gouvernement
de créer une loi spécifique pour ceux-ci, ainsi reconnaissant la spécificité de
ce domaine primordial pour la santé et la sécurité de la population du Québec.
Nous espérons que ce n'est qu'un début et que les nouvelles améliorations
visant à assurer la robustesse de la chaîne d'intervention pourront être
apportées dans l'avenir. À cet égard, nous indiquons à la commission qu'il
serait intéressant d'analyser la possibilité de prévoir une gouvernance unique du système encadrant le cheminement des
appels d'urgence au Québec, premier maillon de la chaîne d'intervention.
Cette gouvernance unique aurait pour but d'assurer un cadre légal uniforme
s'appliquant à la fois aux centres 9-1-1 ainsi
qu'à l'ensemble des centres secondaires de communications d'urgence au Québec,
garantissant ainsi des normes cohérentes et un niveau de qualité de service
à la grandeur du territoire québécois. Cette gouvernance assurerait que les
centres... s'assurerait que les centres disposent des mêmes équipements, de
processus uniformes et des systèmes de communications interopérables, allant
des centres 9-1-1 aux intervenants sur le terrain, et ce, au grand
bénéfice de l'ensemble des citoyens et des municipalités du Québec.
Sixièmement, au regard des modifications
portant... permettant la suspension de délivrance d'un permis de construire
pour une raison de sécurité, l'AGSICQ croit que le délai statutaire de
12 mois proposé à la modification de l'article 145.4 de la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme est trop court considérant toutes les étapes
inhérentes à une modification réglementaire. Nous suggérons l'ajout d'une
mesure qui permettrait d'accorder un prolongement pouvant aller jusqu'à une période additionnelle de 12 mois sur
démonstration des mesures entreprises à l'appréciation du ministre pour
l'autoriser.
Finalement, l'AGSICQ soutient sans équivoque la
position du gouvernement avec son intention d'inclure la protection contre les
incendies de forêt à la Loi sur la sécurité incendie. Je vous remercie.
M. Bartolo (Jean) : Merci, Richard.
Il est important de préciser que pour l'ensemble des points énoncés par mon
collègue Richard et ceux inclus dans notre mémoire, il faudra maintenant avoir
les moyens de nos ambitions, qui nécessiteront les ressources financières et
humaines dédiées dans les organisations municipales.
En terminant, M. le
Président, M. le ministre, Mmes et MM. les députés, la sécurité des citoyens et
la confiance envers les pompiers sont à la base de la légitimité du travail
qu'ils effectuent. C'est pour cette raison que l'AGSICQ soutient les efforts du
ministre visant à améliorer la gestion des sinistres, favoriser la résilience
aux sinistres, soutenir les autorités en cas
de catastrophe naturelle, entre autres par la mise en place d'une réserve
d'intervention d'urgence, soit d'une équipe d'intervention d'urgence en
sécurité civile. Possédant des connaissances bien pointues en sécurité civile,
l'association est prête à collaborer bien humblement dans les différents
règlements qui suivront le projet de loi n° 50.
Merci.
Le
Président (M. Schneeberger) : Alors, merci beaucoup pour votre présentation.
Alors, nous allons débuter une période d'échange avec M. le ministre,
pour un temps de 16 min 30 s.
M.
Bonnardel : Merci, M.
le Président. Merci, messieurs,
d'être là ce matin, là. Votre mémoire est important pour la suite... la
suite de nos travaux.
J'ai quelques questions pour vous, puis
peut-être que mes collègues en auront aussi par la suite. Puis j'ai le goût de
commencer un peu de la même façon que j'ai commencé avec les autorités
municipales. Vous le savez, on a vécu, dans les dernières années,
particulièrement 2023, là, des catastrophes naturelles qui nous ont frappés.
Vous êtes des acteurs non négligeables, que ce soient les pompiers volontaires,
que ce soient les réguliers, vous êtes des acteurs non négligeables, je le répète, quand il arrive des... quand il arrive
des catastrophes. J'imagine que, de votre côté, il y a une sorte de
post-mortem aussi qui se fait, annuellement, peut-être, là, suite aux
catastrophes que... malheureuses que l'on
connaît aussi, là, dans les dernières années. Qu'est-ce qui... Qu'est-ce qui
ressort un peu, là, des deux, trois dernières années, particulièrement
2023, des derniers événements qui, pour vous, méritent d'être soulignés? Des
bons coups, les mauvais coups, ce qu'on... peut-être une approche qui n'est
peut-être pas reliée au projet de loi, mais donnez-moi un peu votre portrait, là, de la situation que nous avons vécue
ensemble, là, dans les... dans les 24, 36 derniers mois, là.
M. Melançon (Jean) : En fait, M. le
ministre, quand on a fait un post-mortem des événements qui est arrivé dans les dernières années, ce qu'on constate,
c'est que nous, avec le COG à Québec, on est en mesure de soutenir le COG
puis on a l'ensemble des ressources et des
équipements qu'on a sur le territoire. Donc, on travaille avec le ministère
pour s'assurer de travailler en amont et aussi pendant l'intervention.
Ce qu'on constate, comme par exemple les feux de
forêt l'année passée, quand on a voulu intervenir, comme pompiers municipals, évidemment, on n'était pas
formés, et là on discutait... pendant la crise, on discutait comment on
pourrait se former, comment on pourrait le faire, comment on va financer ça,
qui va payer, comment ça va fonctionner. Donc, on se questionnait alors qu'on était en pleine crise. C'est là
qu'on dit, nous autres : Dorénavant, on devrait en amont se préparer davantage. Puis on souligne d'ailleurs
ce que vous soulignez comme une force, là, une force d'urgence, là, qui serait déjà en amont, préparée pour justement
faire face à la situation, et de ne pas réfléchir et trouver des solutions alors
qu'on est en pleine crise, mais plutôt de mettre les efforts sur les événements
ou l'événement en cause.
• (11 h 40) •
M.
Bonnardel : Est-ce qu'on peut considérer que... bien,
j'imagine que oui, la réponse, là, que plusieurs de vos... de vos collègues
étaient prêts à intervenir... Puis je reviens, excusez-moi, je reviens juste...
juste sur ce que vous avez dit, certains de vos pompiers, vos collègues
étaient prêts à intervenir, mais pas formés. Oui, on s'est rendu compte jusqu'à
quel point, du côté de la SOPFEU, ceux qui étaient habiles à former étaient
débordés. Je pense que je vous... Je vous vois tous hocher de la tête, là. Vous
convenez... vous convenez, là, qu'on était en mode urgence, là, puis on n'était malheureusement pas capables de
dire : On prend une cohorte de 20, de 10, puis on essaie d'en former le plus
rapidement possible. Puis c'était... C'est pour ça que l'aide internationale a
été plus que la bienvenue. Sinon, on n'y serait pas arrivés. De là, de là notre
volonté de créer cette réserve civile opérationnelle.
Puis de quelle façon... de quelle façon, selon
vous, vous pourrez être... vous pourriez être des acteurs, des acteurs
importants pour la suite? J'ai le goût de vous demander, là, ça... j'imagine
que oui, là, ça devait lever la main assez
fortement, là, quand vous disiez : Heille! moi, là, je suis formé, mais je
ne suis pas formé pour aller dans le bois, qu'est-ce que ça me prend de
plus pour être capable d'aller... d'aller... d'aller épauler les pompiers qui
étaient... qui étaient formés, là, de la SOPFEU, sur le terrain?
M. Bartolo
(Jean) : Vous savez, M. le ministre, dans notre métier,
vous avez effectivement raison, quand on lève la main, on a des volontaires. Je crois que, dans l'ensemble, au niveau
de la préparation, il y a quand même 21 000 pompiers, que ce
soient permanents, volontaires au Québec. Je pense que c'est une belle force de
frappe. D'ailleurs, on est impliqués dans tout ce qui touche souvent les
premières interventions. On est rapidement sur le terrain. Alors, je pense que de former ces gens-là sur les divers aléas,
entre autres, on l'a vu avec les feux de forêt, des gens spécialisés, par la
SOPFEU... On s'entend tous qu'un incendie de bois ne se traite pas de la même
façon qu'un incendie de bâtiment. Donc, d'aller en amont avec ça pour
faire en sorte d'avoir des ressources quand même pas mal partout sur l'ensemble
du territoire du Québec, prêtes à intervenir, c'est une façon, là, de prévenir
et de se préparer, justement, à différents événements dus aux aléas des
changements climatiques.
M. Bonnardel : Donnez-moi un
petit... Selon vous, là, si on levait... on faisait un sondage demain matin,
sur vos 21 000, là, il y en a, quoi... il y en a 1 000 qui lèvent la
main, il y en a plus, 1 500?
M. Bartolo (Jean) : Assurément, je
vous dirais, là... je vous dirais plus que 1 000, oui.
M. Bonnardel : Ah
oui, hein?
M. Melançon (Jean) : Oui.
M. Bonnardel : OK. Intéressant.
M.
Melançon (Jean) : Le défi, M. le ministre, c'est les conditions
aussi dans lesquelles ils s'engagent. Tu sais, dans le fond, quand on va constituer la réserve, là, dans le fond, c'est
dans quelles... dans quelles circonstances, comment ils s'intègrent à
cette ressource-là.
M. Bonnardel : Bien, c'est tout ça
qu'on va nécessairement évaluer et travailler avec nos partenaires, là. Je ne mets pas de chiffre, là, sur la table, là, pour
ne pas monter les attentes, mais il reste quand même qu'on... que c'est la première
fois. On était... on était à une rencontre fédérale-provinciale voilà à peine
trois semaines, un mois avec différents partenaires, ministres de la Sécurité
civile, puis, je peux le dire sans gêne, là, humblement, on est les seuls, les
premiers au Canada à sortir de la boîte, là, puis à mettre en place cette
réserve qui va nous permettre de répondre aux municipalités, là. Et puis, veux
veux pas, vous risquez d'être des parties prenantes non négligeables... non
négligeables pour la suite.
J'ai le goût
de vous demander aussi, là, l'article 5, là, vous parlez, là, comme tel,
là... Pouvez-vous me détailler un petit peu plus votre proposition comme
telle dans votre mémoire, là, sur l'article 5?
M. Amnotte (Richard) : Bien, notre
préoccupation, c'est, en fait, la responsabilité que l'on accentue vers le
citoyen quant à son besoin de se prendre en charge, d'assurer sa propre
sécurité dans l'éventualité d'un sinistre. C'est une approche qui est... qui
est novatrice, mais qui est nouvelle.
Généralement, au sein de notre population, elle
s'attend à une réponse très rapide des services d'urgence. Elle arrive
rapidement sur les lieux et prend... assure le... en fait, la prise en charge
du citoyen. Maintenant, ce changement-là va amener le citoyen à devoir mieux se
préparer, et, pour mieux se préparer, c'est de savoir aussi comment le faire.
Et cette... Ces mesures-là vont au-delà de, bon, la publicité qu'on peut
entendre de la trousse 72 heures. Ça
demande une meilleure autonomie. Ça demande le développement d'une meilleure
pratique, de meilleurs réflexes quant à comment une population, comment
des personnes, une famille peut assurer son autonomie dans les circonstances
d'un sinistre majeur et pouvoir savoir quels sont les repères qui lui
permettraient de pouvoir réussir à... les recours qu'elle pourrait prendre pour
pouvoir assurer son autonomie.
Alors, dans la circonstance ou la promulgation
de la loi, ce changement-là amène nécessairement une modification importante
qu'on doit s'attendre des comportements de nos citoyens, et on devra, à mon
avis, faire une... à notre avis, faire
une... prendre des mesures qui sont appropriées pour bien informer la
population de cette réalité.
M. Bonnardel : Bien, je trouvais que
c'était un point... c'était un point important, là, de tenir compte que la
population et les citoyens, à la base, ont une responsabilité.
J'ose vous poser la question, puis je pense que
j'ai la réponse, puis on part de loin, là, mais, la trousse 72 heures, avec l'expérience que vous avez
sur le terrain, il y a combien de pourcentage de Québécois, selon vous, qui
sont... Oui, c'est ça. Je vous vois... je vous vois réagir. Ça, pour moi, on a
du travail à faire. Mais il faut commencer à quelque part, là. C'est
archi-important, archi-important avec ce qu'on vit depuis les dernières années
puis ce qu'on risque de vivre. Ce n'est pas
d'infantiliser les gens, mais il faut... il faut leur mettre dans... il faut
leur faire comprendre jusqu'à quel point, quand tu es bien préparé,
bien, tu peux mieux affronter puis tu es moins dans une situation de
catastrophe qui peut... qui peut te toucher. Ça fait que la réponse, bien, vous
allez me dire : François, il n'y en a pas beaucoup.
M. Bartolo (Jean) : Bien, très peu
ou... On fait souvent des... On intègre souvent dans des journées portes
ouvertes, ou etc., des... la trousse 72 heures. Les gens connaissent le
principe, mais, quand on commence à poser des questions
sur : OK, avez-vous des piles, avez-vous... là, c'est comme : Ah oui!
j'ai de l'eau, mais pas de pile, non, pas de radio, pas de... Ça fait que, tu
sais, ce n'est pas... C'est connu, mais, au niveau de la pratique, ce n'est
peut-être pas bien appliqué. Puis là on parle vraiment de la préparation
de base, là, des gens. Ce n'est pas rare, quand on est en mesures d'urgence, que les gens rapidement
téléphonent, après une heure, après deux heures. Donc, c'est tout ce
concept de préparation, là, puis d'autonomie, là, qui doit être... qui
doit être pris en charge, puis les gens doivent se prendre en charge pour justement faire en sorte de passer
les premières heures. Quand on ouvre un centre de coordination de mesures
d'urgence, souvent, ce ne sont pas dans les premières minutes qu'on va être en
mesure de prendre des décisions sur où on va
héberger les gens, comment on va le faire. Ça prend plusieurs heures avant de
s'organiser souvent, et les gens doivent être en mesure d'être autonomes
pendant ce temps-là.
M. Bonnardel : Non, je sais qu'on a
un travail à faire là-dessus, là, puis on va y répondre. Parlez-moi de la...
Détaillez-moi un petit peu le sujet de la formation standardisée, là.
M. Amnotte (Richard) : Actuellement,
la formation en matière de sécurité civile est surtout dépendante des organismes et des entreprises qui dispensent cette
formation-là. Dans le contexte actuel, on parle d'homologation de la formation
par le ministère de la Sécurité publique. Toutefois, chacune des entreprises
peut constituer ses programmes de formation. Puis
je donnerais, exemple, Sécurité civile 101, 102, 103, par exemple. L'entreprise
A a un programme qui s'étale sur ces trois cursus-là, mais la compagnie a
peut-être des concepts de formation aussi 101, 102, 103, mais sans nécessairement qu'ils s'arriment l'un
l'autre. Et, dans... notamment dans les lois de marchés publics, bien, on est
appelés à devoir faire des appels d'offres.
Et donc formation 1 est donnée à l'année a, la formation 2 est
donnée, bon, une année subséquente.
Ça fait en sorte que ce n'est peut-être pas nécessairement la même entreprise
qui sera appelée à devoir fournir la formation, et il y a peut-être
absence de cohérence ou de continuité.
M.
Bonnardel : 30 secondes. Ce sont des entreprises
qualifiées quand même, là, mais qui ont un cursus un peu différent.
C'est-tu ça que vous dites?
M. Amnotte (Richard) : Elles ne
qualifient pas, elles offrent de la formation. Alors donc...
M. Bonnardel : Oui, oui, c'est ça,
mais...
M. Amnotte
(Richard) : ...la formation qui est offerte, elle est en
fonction du programme qu'elles ont développé, en fonction de leurs
critères, cette formation-là qui aura été, dans plusieurs des cas, soumise au
ministère pour une homologation de contenu de formation, mais sans pour autant
qu'il y ait, à notre avis, le fait que formation de la compagnie A et formation
de la compagnie B soient compatibles l'une de l'autre, dans l'éventualité où on
a à assurer une continuité dans la livraison des programmes de formation.
M. Bonnardel : Donc, c'est des
inégalités dans le cursus de formation. C'est ça que vous soulevez, là.
M. Amnotte (Richard) : Bien, le
cours... le cours Sécurité civile 101 de compagnie A n'est peut-être pas nécessairement le même contenu que la compagnie B,
ce qui fait en sorte que, quand on passe aux étapes subséquentes...
M. Bonnardel : Même s'ils sont
autorisés à le faire. C'est ça?
M. Amnotte (Richard) : Elles
pourraient être autorisées à le faire. Il y a peut-être aussi des entreprises
qui n'ont pas nécessairement de formation homologuée et qui offrent des
possibilités de formation sur l'intérêt.
M. Bonnardel : Il y en a qui le
font.
M. Amnotte (Richard) : Ce n'est pas
impossible, là. Alors, il y a un besoin, il y a des attentes sur le terrain. Alors, quelles sont toutes ces entreprises qui
offrent de la formation et qui assurent la livraison de cette formation-là? On
peut aussi se permettre de faire une analyse des besoins.
M. Bonnardel : OK. Merci pour vos
réponses. Si mes collègues veulent...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous poursuivons avec la députée de Labelle.
• (11 h 50) •
Mme Jeannotte : Merci, M. le Président.
Bien, bonjour, messieurs. Dans mon comté, j'ai vécu une menace de digue qui
était pour s'effondrer, donc on a évacué pas loin de 2 000 personnes,
donc...
Mais j'aimerais revenir sur la réserve
d'intervention. Puis c'est... c'est formidable, là, l'ouverture que vous avez pour lever la main. Mais, justement, le
cursus de la formation, est-ce que vous le voyez aussi... aussi large, parce que...
dans d'autres secteurs? Par exemple, ce qui arrive très, très fréquemment,
c'est des manques d'électricité. Des feux, ça, on le voit aussi chaque année,
les inondations, les vents violents. Exemple, moi, j'ai beaucoup de citoyens
qui sont venus à mon bureau puis ils avaient besoin d'aide pour ne serait-ce
que couper des arbres. Puis ça coûte une fortune couper des arbres, tasser des
branches, tu sais, quand il y a des vents violents, des tornades. Je voulais
vous entendre sur... Est-ce que vous seriez ouverts aussi à une panoplie...
Parce qu'il y en a plusieurs, là, ce n'est pas juste les feux. Donc, est-ce que... est-ce que les pompiers sont ouverts à une
formation qui serait vraiment... où les pompiers pourraient intervenir
dans toutes sortes d'enjeux?
M. Melançon (Jean) : Oui,
absolument. Bien, on le fait déjà, d'ailleurs, les pompiers, sur les
interventions de toute nature. Puis nous, ce qu'on voit aussi, la force de
réserve, on la voit aussi multidisciplinaire, tu sais, avec plusieurs métiers,
plusieurs corps de métier, plusieurs corps professionnels. Parce que vous
soulevez certains éléments où ce n'est pas
nécessairement des pompiers, mais ça pourrait être, par exemple, des gens au
génie, les gens de travaux publics, tu sais. Je pense que cette
réserve-là doit être multidisciplinaire pour faire en sorte, justement, selon
les besoins et selon l'événement, qu'on puisse avoir l'expertise de plusieurs
personnes, là, dans le dossier.
Mme
Jeannotte : Parfait. Puis, peut-être, si j'ai encore du temps,
j'aimerais vous entendre sur l'accompagnement du MSP dans les schémas d'intervention en sécurité incendie. Est-ce que,
de ce côté-là, vous aimeriez développer... Non? Dans... Ça va bien,
l'accompagnement avec le ministère, dans le fond?
M. Bartolo (Jean) : Pour les schémas
de couverture de risques d'incendie?
Mme Jeannotte : Oui.
M. Bartolo (Jean) : Oui,
actuellement, ça va bien au niveau de l'accompagnement avec le ministère. On a
une bonne collaboration avec les gens du ministère puis on a de l'écoute.
Mme Jeannotte : Parfait. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça?
Mme Jeannotte : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
parfait. Alors, nous poursuivons maintenant avec la députée de Westmount—Saint-Louis, de la première... l'opposition officielle, pardon. Alors, allez-y.
Bien, je voulais dire «première opposition», mais c'est l'opposition
officielle. Alors, allez-y, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Un plaisir de vous avoir avec nous en commission parlementaire pour
échanger sur le projet loi 50.
D'emblée, je veux juste dire, pour répondre un
peu à la question de ma collègue, quand j'ai eu l'occasion de passer du temps à
la caserne de Repentigny avec vous, M. Bartolo, je dois dire, pour tous
les gens qui nous écoutent, eux, là, ils
sont sur la coche. Ça fait que, quand on parle des schémas de couverture puis
la façon qu'ils déploient leurs équipes,
la façon qu'ils font la formation, on a quelque chose à apprendre de vous, puis
la façon de faire à la ville, en ce qui
concerne tout ce qui est sécurité incendie. Alors, je vous félicite, hein,
parce que j'ai été extrêmement impressionnée.
Et je dirais la même chose à vous,
M. Melançon, que nous avons passé du temps ensemble à l'époque pour
comprendre un peu la formation de nos... de nos pompiers, des gens qui
oeuvrent, qui souhaitent... qui souhaitent oeuvrer, dans le fond, dans ce
métier. J'étais également très impressionnée par ce que j'ai vu puis ce que
vous faites sur le terrain, accompagnement.
Ça m'a donné beaucoup d'espoir. Puis, dans le fond, quand j'ai quitté cette
formation que nous avons faite ensemble, j'ai senti vraiment en
sécurité. Ce que j'ai réalisé, c'est... Mais c'est à coût variable, parce que
ce n'est pas partout qu'on a cette même formation. Puis j'ai hâte à avoir votre
mémoire, parce que je pense que ça va nous aider à élaborer des amendements,
s'il y a lieu, ou bien de bien comprendre votre position en ce qui concerne le
projet de loi.
Mais évidemment c'est la formation, le ministre
l'a évoqué, il y a plusieurs questions en ce qui concerne la formation, vous aussi. Ça fait que je souhaite
vous entendre. Puis je vais quand même partager des chiffres, des statistiques.
S'ils ne sont plus bons, bien, je vous invite à me corriger, mais, en 2018, au
Québec, près de 21 000 pompiers étaient répartis dans plus de 600 services incendie afin d'assurer la
sécurité de la population. Sur ce nombre, près de 16 000 d'entre
eux étaient à temps partiel ou encore des pompiers volontaires. Puis vous,
votre association, en février 2023, ça fait que ça fait à peu près un an, vous
avez dévoilé des résultats dans votre étude, intitulée Les enjeux de relève
chez les pompiers, et vous avez évoqué que plus la municipalité est petite,
plus les défis en matière de recrutement et de rétention des pompiers sont
importants. Hors des grands centres, c'est extrêmement préoccupant, notamment
pour les autorités municipales.
Ça fait que je souhaite vous entendre un peu en
ce qui concerne ces préoccupations, parce qu'on parle de sécurité civile. Vous,
vous serez interpelés, vos membres seront interpelés. Que souhaitez-vous qu'on
sache comme matière la plus importante, lors des échanges, lors de l'étude
détaillée du projet de loi, pour s'assurer qu'on rejoint vos besoins? Ça fait
que je vous donne le temps. Je ne veux pas vous interrompre. On peut parler de
recrutement, de pénurie de main-d'oeuvre et formation, des trois écoles. C'est
quoi, votre vision?
M. Bartolo (Jean) : Écoutez, il y a
effectivement plus de 600 services d'incendie au Québec. On a constaté,
dans les dernières années, plus de difficultés à embaucher des pompiers. On
parle de pompiers à temps partiel. Ici, là, il
faut faire la distinction entre le pompier permanent puis le pompier à temps
partiel. On a eu, dans les dernières années, plusieurs régions au Québec
avec de la difficulté d'embauche et de rétention de personnel.
Toute la question de la formation, qui s'est
améliorée énormément au cours des dernières années, mais il reste encore du
travail à faire au niveau de la formation, de la collaboration entre les
maisons d'enseignement aussi pour faciliter encore davantage cette formation-là
au niveau des pompiers, au Québec, et de faciliter l'attraction de ce
métier-là.
Bon, il y a... Ce n'est pas une critique, c'est
un constat. On change... On a changé de génération. On change de génération. Vous savez, je suis sûr que mes
collègues ici avec moi, on dort encore avec une paire de pantalons sur le coin
du lit puis on est prêts à partir quand ça sonne. Maintenant, aujourd'hui,
c'est un peu différent. Les gens qu'on embauche ont des priorités ou des
valeurs qui sont très bien, mais un peu différentes de ce que... dans lequel on
a été habitués de travailler. Il faut s'adapter, nous, à ces changements-là,
mais il faut aussi adapter tout l'aspect de la formation, la disponibilité de la formation, faciliter à ces gens-là
leur implication, valoriser, dans certaines régions, le travail d'implication
au niveau du métier de pompier volontaire pour faire en sorte d'avoir de la
relève, tu sais.
Comme je vous dis, ce n'est pas partout pareil.
On parle de pompiers temps plein. Pompiers temps plein, ce n'est pas une problématique. Pompiers à temps
partiel, ça commence à devenir une problématique, et on voit, dans les
prochaines années, cette problématique-là s'accentuer compte tenu du manque
d'implication dans certaines régions du Québec, ce n'est pas partout non
plus, certaines régions du Québec. Ça fait qu'il faut commencer à travailler,
se poser des questions, faciliter l'accès à la formation
puis la valorisation du métier de pompier pour être en mesure d'assurer la
relève.
M. Melançon
(Jean) : ...un autre élément, Mme la députée, c'est que,
rappelons-nous, au début des années 2000, on avait à peu près
900 services d'incendie au Québec. On est rendus autour de 600 et on
travaille activement, je pense que... tout le monde, pour essayer de diminuer
le nombre de services pour être davantage efficaces,
puis travailler davantage en collaboration, et aller aussi trouver des éléments
pour comment convaincre... ou convenir de la pénurie de main-d'oeuvre,
comment on peut venir corriger cette lacune-là, entre autres, en... peut-être
en se fusionnant ensemble ou en travaillant multicaserne, en équipe. Donc,
900 services en 2000, 600 en 2024, puis on s'en va de plus en plus vers
une diminution du nombre de services, qui est une bonne chose en soi.
M. Bartolo
(Jean) : Ce qu'on pense, c'est que ça va être la clé du succès des
prochaines années, la collaboration, les regroupements, les ententes de
services, pour faire en sorte d'être en mesure d'avoir des forces de frappe qui
soient efficaces partout au Québec. Et ça va passer par là. Vous savez, des fois,
on se dit : Le métier de pompier volontaire, volontaire, volontaire, là,
c'est... ça devient de plus en plus difficile.
Mme
Maccarone : Quand vous avez fait votre présentation puis vous avez
parlé des obligations de formation, évidemment — je ne sais pas si vous
l'avez dit, mais je l'avais écrit — standardisée, parce qu'on
sait qu'il y a quand même trois endroits généralement, je sais qu'on a autres
places où les gens peuvent avoir un genre de technique ou une formation qui est
non accréditée, quelle est votre vision en ce qui concerne la formation? Parce
qu'on a les trois endroits. Peut-être, vous pourriez expliquer un peu aussi,
pour les gens qui nous écoutent, pour qu'ils
comprennent de quoi je parle un peu. Je vais vous laisser le soin de faire.
Mais que devons-nous faire pour s'assurer de la standardisation? Puis je
soulève la question, M. Melançon, quand on était ensemble, j'ai vraiment vu,
c'est à coût variable, là. Les gens ne sont pas formés de la même façon,
tout dépendamment où on va se déplacer. Alors, je veux bien comprendre.
Qu'avons-nous besoin à cet égard?
M. Melançon
(Jean) : Bien, rapidement, peut-être, pour ne pas... pour ne pas être
trop long, il y a différentes maisons
d'enseignement au Québec au niveau du métier de pompier. Nous, ce qu'on pense,
c'est que l'École nationale des pompiers du Québec doit prendre le
leadership de la formation, de la coordination, de la pertinence puis de la
cohérence de la formation des pompiers au Québec et s'assurer que les maisons
d'enseignement travaillent toutes en collaboration pour faire en sorte d'offrir
des programmes de formation qui sont innovants, des programmes de formation à
la grandeur du Québec. Mais on pense que le leadership doit être pris par
l'École nationale des pompiers du Québec.
Mme
Maccarone : OK. Merci. J'aurais une autre question pour vous. On a...
Vous avez évoqué... Vous avez eu l'échange aussi avec le ministre. On parle de
la réserve, l'article 33, paragraphe 6°, la réserve opérationnelle.
On a déjà entendu ce... la réserve civile. Vous n'êtes pas préoccupés de ça?
Parce qu'on parle... Déjà, on a des pompiers, surtout
des pompiers volontaires, qui n'ont peut-être pas la même formation. Mais
j'amène ça comme... Je suis inquiète. Je veux savoir votre vision si vous
avez à écrire cet article ou si vous avez à écrire la formation que ces
personnes devront avoir avant de participer dans... je ne sais pas, dans ce...
un déploiement parce qu'on a eu un enjeu. C'est quoi, votre vision là-dessus? Vous serez à l'aise à faire quoi? C'est
qui qui devra offrir cette formation? Ce serait quoi, l'accompagnement?
• (12 heures) •
M. Melançon
(Jean) : Bien, nous, d'abord, pour la force de la réserve, on n'est
pas préoccupés, bien au contraire. Comme on
vous disait tantôt, les 21 000 pompiers, il y a plusieurs pompiers
qui peuvent participer. Comme on vous disait tantôt, on voyait vraiment
ça multidisciplinaire. Tu sais, ça prend différents corps de métier, différents
professionnels pour faire en sorte de faire face à toute situation.
Et nous, dans les
circonstances... Puis on est conscients qu'en travaillant avec le ministre dans
les... dans les formations qu'on va donner aux pompiers, tu sais, si, par
exemple, on dit : Bon, bien, les pompiers urbains, on voudrait qu'ils
interviennent aussi au niveau forestier, bien, on va leur donner une formation
additionnelle pour qu'ils soient capables
d'intervenir au niveau forestier, ce genre d'exemple là. Nous, on est on est...
on est très confiants à l'effet qu'on va amener nos pompiers à un niveau
nécessaire, où on s'est... où on décidera ensemble comment cette réserve-là
sera... sera constituée, avec quelles compétences ils devront avoir, mais ne
pas faire ce qu'on a fait l'année passée, où, pendant la situation critique, on
n'était pas en mesure de préparer notre monde pour être capables d'aider le
Québec.
Mme
Maccarone : Juste pour la clarté, c'est vous qui ferez la formation,
mettons, feux de forêt ou ce serait la SOPFEU qui ferait ça?
M. Melançon (Jean) : Bien, je pense que ce
serait la SOPFEU puis les maisons d'enseignement, les personnes qualifiées
dans le domaine.
Mme
Maccarone : OK.
M. Bartolo
(Jean) : Si je peux peut-être me permettre, Jean, c'est... l'idée,
c'est... Il faut travailler dans le futur.
Et il y a différents aléas au Québec, dans différentes régions du Québec, et ça
pourrait être inclus dans un cursus de formation dès le départ chez les
pompiers. Alors, on pourrait... Dès la base, donc, dans le futur, les pompiers
embauchés, soit des pompiers à temps partiel ou des pompiers à temps plein,
pourraient bénéficier de cette formation-là à la base, et tout ça encore
chapeauté par l'École nationale des pompiers du Québec.
Mme Maccarone : Mais c'est... Votre
réponse est rassurante, mais j'avoue que je reste quand même un peu préoccupée,
parce que ce qu'on a vu avec les deux pompiers qui sont décédés à Saint-Urbain,
dans la région de Charlevoix, c'est... ils ne savaient pas nager. C'est quand
même une formation de base, tout dépendamment de l'école où on... qu'on
fréquente. Tu sais, ça aussi, je comprends. Mais comment est-ce qu'on va éviter
ce type de tragédie quand on fait face à la sécurité civile?
M. Bartolo
(Jean) : Écoutez, on va laisser le rapport de... le rapport
d'enquête au niveau de cet événement-là particulier, mais ce que je vous
dirais, c'est que la grande majorité des pompiers au Québec sont formés pour
différents types d'intervention. Évidemment, est-ce qu'on peut prévoir
et prémunir tous les pompiers du Québec contre un événement fortuit comme...
comme il s'est produit? Ce serait difficile d'y répondre.
Mais honnêtement, en ce qui nous concerne, on
est... on est encouragés par, justement, cette réserve-là ou cette constitution
de réserve là, bien encadrée, bien formée, avec des paramètres précis où les
gens connaissent les conditions dans lesquelles ils vont travailler, ils
travaillent... ils connaissent les conditions de formation. Former nos gens, on croit que c'est un... c'est un pas de
géant par en avant. Vous savez, on dit tout le temps qu'on fait la glace au fur
et à mesure en sécurité civile des fois. Alors, de la préparer avant, ce
serait déjà très bien.
M. Melançon (Jean) : Il faut
que nos citoyens soient conscients de cette force-là éventuellement puis de la faire connaître, parce que ce qu'on voit sur le
terrain souvent, c'est que les gens sont confiants puis ils se sentent sécures
quand l'armée atterrit chez nous, alors que, si la force de frappe qu'on se
donne ensemble au Québec, elle est... c'est connu des citoyens, bien, ils vont
être déjà conscients de dire : Regarde, la force est là, les gens s'en
viennent, puis on vient s'occuper de notre monde à même les sources qui
existent au Québec.
M. Bartolo (Jean) : Et ça, le
secret, c'est... c'est la collaboration, c'est de se parler puis de se
préparer.
Mme Maccarone : Et, sur ce, il
me reste peu de temps ou très peu de temps, mon temps est écoulé, mais je
voulais juste vous remercier pour l'échange puis aussi faire la mention que,
comme vous le savez, j'avais... j'ai déposé
un mandat d'initiative en ce qui concerne directement l'échange qu'on vient
d'avoir ici, la formation, puis que nous devons faire pour mieux vous
accompagner, pour protéger nos pompiers puis nos pompières. Alors, j'espère
d'avoir l'occasion de continuer cet échange avec vous si jamais le gouvernement
vote en faveur d'étudier le mandat d'initiative,
parce que, malgré qu'on a le projet de loi 50 ici qui parle de sécurité
civile, vos enjeux sont vraiment spécifiques. Alors, vous devez avoir la chance, je pense, d'être entendus en
commission parlementaire pour mieux vous accompagner dans tout ce que
vous faites pour nous protéger. Alors, merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Alors, nous allons maintenant du
côté de la deuxième opposition. Et, M. le député de Laurier-Dorion, vous avez
4 min 8 s.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Bonjour, messieurs. Je vais y aller pour un point relativement précis.
Vous avez... vous avez nommé tantôt le...
comment dire, le processus, l'orientation de diminuer le nombre des services
d'incendie. Vous êtes passés de 900 à 600, je crois bien. Donc, peut-être que
ça va continuer, ce processus-là. Donc, ça... Automatiquement, ça fait allusion
à une couverture, en termes territorial, plus grande, là, pour... en moyenne,
là, pour chaque service d'incendie, là, surtout en région non urbaine.
D'autre part, on a entendu de la part du monde
municipal, là, toute la question de la préparation de... les plans, les schémas
de couverture de risques en sécurité incendie, qui, si on croit la... ce qu'ils
nous ont apporté en termes de... dans les mémoires, ça n'a pas été de tout
repos, là, cette... ce processus-là de préparation de schéma, qui exige une
concertation et une coordination entre les municipalités locales et les MRC.
Plusieurs ont pointé la nécessité de mieux clarifier le rôle des MRC, etc., là.
Dans tous ces silos, comment pensez-vous... Est-ce que... est-ce qu'il y aurait
des choses à améliorer à ce niveau-là en termes de coordination, là, des
municipalités locales, MRC, en vue de mieux se préparer pour d'éventuelles
catastrophes?
M. Melançon (Jean) : Bien, en
fait, la loi, la Loi sur la sécurité incendie a été modifiée dans les derniers mois, et nous, avec ça, on avait apporté des
commentaires. Les commentaires ont été retenus à l'intérieur de la loi, par exemple,
les schémas de couverture de risques, qui étaient avant sur cinq ans,
maintenant sur 10 ans pour permettre, justement, la meilleure
collaboration puis la meilleure... le meilleur travail ensemble pour faire
évoluer les schémas.
Il est trop tôt pour en faire un constat,
c'est-à-dire que, comme la loi vient d'être... de passer, et on est en train de
l'implanter tranquillement pas vite, c'est dans les prochains mois, dans les
prochaines années qu'on va être en mesure de dire ce qui a été fait au niveau
des amendements de la loi. Est-ce qu'on a atteint l'objectif? On pense que oui.
Ce qui se retrouve dans la loi, on pense qu'on va être en mesure de faciliter
ces éléments-là en lien avec le schéma de couverture de risques incendie.
M. Fontecilla :
Très bien. Merci. Vous avez joué un rôle crucial lors des grands feux de
forêt. Vous avez... vous avez fait mention de quelques éléments à améliorer, la
formation, etc., mais j'aimerais vous entendre sur quel est le... comment dire, le bilan de... suite à ces... à ces feux de
forêt, le bilan que vous faites de l'état de préparation ou ce qu'il
vous faudrait pour mieux être préparés, là, dans ces grandes lignes, là, pour
affronter à nouveau, peut-être, des grands feux, là, qui viendront, pas plus
tard que cet été, là.
M. Melançon
(Jean) : En fait, vous savez, il y a les quatre dimensions en sécurité
civile : préparation, prévention, intervention puis rétablissement. Et on
pense, là aussi, dans l'aménagement de la loi qu'on... le projet de
loi 50 qu'on est en train d'étudier ensemble, on pense que,
là-dedans, il y a les outils, justement, pour être capables davantage de faire
face à ces quatre plans-là. Et on se le dit depuis le début tantôt ici, là, la
préparation et la prévention, c'est là que
ça commence et non à l'intervention. Souvent, on attend et on attendait qu'il
arrive une intervention pour un peu
s'organiser, tandis que ce qui est dans le projet de loi 50, nous, ce
qu'on constate, c'est qu'on va travailler en amont justement pour être
capables de faire face aux quatre phases de la sécurité civile.
Puis
il y a un élément qui est important, pour l'avoir vécu dans les inondations
dans le passé, le rétablissement. Rappelez-vous, au niveau des citoyens
aussi, c'était... c'était quand même assez laborieux, le rétablissement puis
les... le financement. Mais ça aussi, il y a des modifications importantes qui
vont faire en sorte, justement, qu'on devrait être plus agiles pour supporter
le citoyen puis les organisations aussi en matière de sécurité civile dans les
quatre dimensions.
On mettait souvent
l'emphase sur l'intervention. On se disait : Bien, si un jour il arrive de
quoi, on a un plan puis on va le mettre à exécution. Mais là qu'est-ce qu'on
peut faire en amont? Comme on disait tantôt, préparer le citoyen à être autonome, et le reste, et le reste,
là. Tu sais, il y a un paquet d'éléments qui est dans le projet de loi 50
puis, je pense, dans les règlements que M. le ministre va
éventuellement...
Le Président (M.
Schneeberger) : En terminant.
M. Melançon
(Jean) : ...où on va voir,
justement, des changements significatifs pour améliorer notre desserte
en sécurité civile.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, cela met un terme à notre
commission ce matin. Alors, je vous remercie.
Et nous suspendons les
travaux jusqu'après la période de questions.
(Suspension de la séance à
12 h 09)
(Reprise à 15 h 17)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, bon après-midi à tous. Alors, la Commission de
l'aménagement du territoire reprend ses travaux. Alors, juste vérifier vos
appareils électroniques, qu'ils soient bien fermés.
Alors, nous
poursuivons les consultations particulières et auditions publiques sur le
projet de loi n° 50, Loi édictant la Loi sur la sécurité civile visant à
favoriser la résilience aux sinistres et modifiant diverses dispositions
relatives notamment aux centres de communications d'urgence et à la protection
contre les incendies de forêt.
Alors,
cet après-midi, nous recevons la Société de protection des forêts contre le
feu, la Croix-Rouge canadienne, Québec, l'Association des centres
d'urgence du Québec, la Sûreté du Québec et l'Assemblée des Premières Nations
Québec-Labrador.
Alors, nous débutons
immédiatement. Alors, je vous salue, les représentants de la Société de
protection des forêts contre le feu. Alors,
vous avez un 10 minutes pour présenter votre exposé, et je vous demanderais de
commencer par vous présenter, et vous poursuivez par la suite. C'est à
vous.
Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU)
M. Cantin (Daniel) : Donc, mon micro est
ouvert? Bonjour à tous. Permettez-moi de me présenter. Daniel Cantin, président du conseil d'administration de la SOPFEU
et directeur du service de sécurité incendie de la ville de
Dolbeau-Mistassini. Je suis accompagné, à ma gauche, du directeur général de la
SOPFEU, M. Éric Rousseau, et, à ma droite, de M. Stéphane Caron,
coordonnateur des communications et de la prévention à la SOPFEU.
Donc, aujourd'hui,
nous souhaitons donner notre avis sur les articles 47 à 65 du projet de
loi et également sur le sixième alinéa de l'article 33.
D'entrée de jeu, la
SOPFEU accueille très positivement le dépôt de ce projet de loi. Par les
changements qui la concernent, le gouvernement reconnaît le rôle essentiel de
la SOPFEU en matière de sécurité civile pour la protection des vies humaines, des communautés, des infrastructures
stratégiques et, en plus, de la ressource forestière. Il s'agit de
modifications législatives qui étaient attendues puisqu'elles sont cohérentes
avec l'esprit de la nouvelle mission de notre organisation, de son plan
stratégique 2021-2024 et de la volonté de la SOPFEU de devenir un leader
en matière de gestion des feux de végétation et un partenaire clé des
collectivités.
M. Rousseau
(Éric) : Alors, à mon tour. Bonjour à tous et à toutes. Un changement
de paradigme important. Depuis le début du XXe siècle, le gouvernement du
Québec et l'industrie forestière ont assuré la protection des forêts contre le feu. On commence avec l'association
coopérative de protection, les sociétés de conservation et, depuis 1994,
la SOPFEU. Avec le projet de loi n° 50, il ne s'agit
plus uniquement de protéger les forêts contre le feu, mais bien de protéger le
Québec contre les incendies de forêt.
Ce changement de paradigme est l'aboutissement
logique de l'évolution des besoins et des attentes, tant du gouvernement que de
la population, en matière de protection contre les incendies de forêt. Le
transfert de la responsabilité ministérielle des activités de la SOPFEU vers le
ministère de la Sécurité publique est donc très bien accueilli. De plus, on se réjouit que le projet de loi n° 50
maintienne des liens étroits entre la SOPFEU et le ministère des Ressources naturelles et des Forêts, puisque la
protection des forêts et de cette importante ressource pour le Québec doit demeurer
au coeur de notre mission.
• (15 h 20) •
Des événements qui ont changé le cours des
choses. Au cours de la dernière décennie, plusieurs événements ont pavé la voie à ce changement de paradigme,
donc, de revoir nos priorités d'intervention. On se rappelle qu'en 2013
il y a eu... il y avait un feu qui menaçait Baie-Johan-Beetz dans la Minganie,
et puis la première ministre de l'époque, Mme
Marois, avait demandé à la SOPFEU d'intervenir. La même année, même
préoccupation, toutefois c'était dans la région Nord-du-Québec, près
d'Eastmain. Ces événements sont les précurseurs d'un début de protection dans
la zone nordique au niveau de sécurité civile.
En 2020, un feu de tourbière à Rivière-Ouelle,
dans le Bas-Saint-Laurent, qui a causé la fermeture de l'autoroute 20, et un feu au nord du Lac-Saint-Jean, qui
s'approchait du barrage Péribonka IV, où le premier ministre, M.
Legault, nous rappelait l'importance de nos priorités d'intervention...
Évidemment, on ne peut pas oublier 2023, où près
de 30 communautés ont été menacées et évacuées par des feux de forêt, puis qui
nous a tenus en haleine tout l'été.
Tous ces
événements et bien d'autres nous ont obligés à intervenir au-delà de notre
strict mandat de protection de la forêt québécoise, mais bien d'inclure
également la sécurité civile. En ce sens, on peut dire que les faits ont
précédé la réflexion qui s'en est suivie.
Plan stratégique et nouvelle mission. C'est donc
à la lumière de ces nouvelles attentes implicites du gouvernement et de la population que la SOPFEU s'est dotée d'un nouveau
plan stratégique pour les années 2021 à 2024. L'esprit du projet de
loi n° 50 s'avère donc tout à fait cohérent avec les
orientations de notre plan stratégique, dont l'une des cibles visait à revoir
le mode de fonctionnement avec l'appareil gouvernemental. En ce sens, la
volonté du législateur de transférer la responsabilité ministérielle de la SOPFEU
vers le ministère de la Sécurité publique et d'élargir notre mandat à la
protection des communautés et des infrastructures stratégiques est une
évolution naturelle pour aujourd'hui, mais surtout pour demain.
Feux de forêt et feux de végétation. La véritable
menace pour la sécurité de la population et des infrastructures ne vient pas
uniquement des feux de forêt, mais est surtout le fait de feux de végétation ou
de ce que l'on nomme en anglais des
«wildfires». Avec l'augmentation des températures et des changements
climatiques qu'elles... qu'elle entraîne, il sera de plus en plus
fréquent de voir apparaître au Québec des feux de végétation menaçant des
communautés. Soulignons qu'un peu partout sur la planète ce ne sont pas les
feux de forêt à proprement parler qui sont le plus menaçants pour les
communautés, mais bien les feux de végétation. En ce sens, il serait approprié
que le projet de loi en fasse mention, ce qui ne veut surtout pas dire que la
SOPFEU devienne responsable de la suppression de
l'ensemble des feux de végétation, incluant les feux de broussailles, mais nous
croyons que la problématique doit être prise
en compte de façon globale. À cet égard, la SOPFEU peut jouer un rôle de leader
et de partenaire pour la gestion de l'aléa feux de végétation, et ce, dans sa
globalité, notamment en matière de formation, d'atténuation des risques
et de prévention.
M. Caron (Stéphane) : ...dévolus à
la SOPFEU par l'actuelle Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier est la prévention. Cela est inscrit en
toutes lettres dans cette loi. Or, le projet
de loi n° 50, pour sa part,
résume le rôle de l'organisme de
protection à la protection contre les incendies de forêt. Nous sommes d'avis
que l'importance que le gouvernement accorde à la prévention doit
transparaître dans le projet de loi. Ainsi, nous proposons de définir, au nouvel article 150.3 de la Loi sur la
sécurité incendie, les moyens à prendre par l'organisme de protection en
stipulant «entre autres pour prévenir, atténuer les risques, détecter et
éteindre les feux de forêt et de végétation».
Rappelons aussi qu'en matière de prévention la
SOPFEU joue un rôle important relativement à la mise en place des mesures
préventives telles que la délivrance des permis de brûlage industriel et l'interdiction
de faire des feux à ciel ouvert. Aux yeux de l'organisme de protection, ces
mesures s'inscrivent dans une logique d'un continuum cohérent lié à la sévérité
de la situation. Or, si le projet de loi est adopté tel quel, ces mesures
relèveront de deux ministères différents. Ainsi, afin d'assurer la cohérence
des mesures et d'en élargir surtout la portée au-delà de l'industrie
forestière, nous recommandons de transférer l'essentiel de la section III
de la loi sur l'aménagement du territoire... durable du territoire forestier
dans la nouvelle loi sur la sécurité incendie.
Aussi, je voudrais vous parler de trois causes
de feu importantes. Dans le même esprit, la SOPFEU croit qu'il serait opportun de saisir l'opportunité que
représente l'étude du projet de loi n° 50 pour revoir l'encadrement
législatif et réglementaire des trois principales causes de feu qui sont
actuellement couvertes par la Loi sur l'aménagement durable du territoire
forestier. On parle de mégots de cigarette, de brûlage domestique et de feux de
camp. À eux seuls, ces trois causes
représentent 60 % des feux de forêt de cause humaine au Québec. Ainsi, on
recommande de rapatrier sous la loi de la sécurité incendie les pouvoirs
réglementaires en matière de prévention de ces feux en prévoyant notamment le pouvoir de donner... de donner aux corps
policiers et aux services incendie le pouvoir de remettre des constats
d'infraction, ce qui n'est pas le cas en ce moment.
M. Rousseau (Éric) : Un petit mot
maintenant sur l'équipe d'intervention en cas de sinistre majeur. Pour le
gouvernement du Québec, la SOPFEU a démontré à de nombreuses reprises sa
capacité à gérer tous les aspects d'une
situation d'urgence à la grandeur du Québec. La solidité et l'agilité de la
SOPFEU sont reconnues et ont fait leurs preuves. Souvenons-nous de 2023.
Un mandat taillé sur mesure pour la SOPFEU.
Évidemment, la SOPFEU ne détient pas l'expertise pour supporter les municipalités et le gouvernement pour tous les types de
sinistres aujourd'hui. Cependant, notre expertise en intervention
d'urgence et notre agilité nous permettraient de s'approprier rapidement ces
nouveaux champs de compétence. Notre organisation tient donc à réitérer auprès
du gouvernement du Québec notre ouverture à explorer avec les autorités du
ministère de la Sécurité publique et autres partenaires les possibilités
d'élargir nos champs d'intervention respectifs dans l'esprit du projet de loi
n° 50.
M. Cantin
(Daniel) : Le rehaussement des températures entraîne un
assèchement important des combustibles et augmente le niveau
d'inflammabilité. Cela a pour conséquence que les feux sont plus nombreux, plus
intenses et leur propagation est plus grande. Les changements climatiques ont
également pour effet d'étirer la durée de la saison de feux. Conséquemment, ça entraîne une augmentation... une augmentation
significative de la sévérité de la saison et génère des impacts tant
pour la forêt et ses écosystèmes que pour la population. La saison 2023 en
est une éloquente démonstration.
Face à ces défis, la SOPFEU a entrepris une
importante réflexion qui l'a conduite à adopter un plan stratégique qui aura
certainement contribué à alimenter les orientations gouvernementales en matière
de protection contre les incendies de
végétation. Le projet de loi n° 50 vient nous donner les moyens de
réaliser une part importante de ces
objectifs. Ce changement important, allié au rehaussement de son financement et
aux investissements gouvernementaux
en matière d'atténuation des risques, permettra à la SOPFEU de poursuivre son
développement et de répondre aux attentes du gouvernement et de la
population québécoise. Celui-là... Cela lui permettra également d'appuyer
le gouvernement et les communautés lorsque surgissent différents sinistres
majeurs. On protège la forêt, on protège le Québec. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Alors, nous débutons une période
d'échange avec M. le ministre. Alors, vous avez un 16 min 30 s.
M. Bonnardel : Merci, M. le Président.
Messieurs, bonjour. Très heureux de vous revoir. On s'est vus assez souvent
l'année passée. On va peut-être se revoir aussi souvent cette année, je ne le
sais pas, mais les prévisions ne sont quand même pas, en tout cas à date,
joyeuses. Mais je veux le dire d'entrée de jeu, là... Je vous l'ai dit... je
vous l'ai dit en privé, mais je veux vous dire merci encore, au nom de tous les
Québécois, vous... puis là vos... tous les employés
de la SOPFEU, là, tous ceux qui ont participé de près et de loin, là. Vous avez
été des acteurs, des combattants, des hommes et des femmes qui n'ont pas
compté les heures, qui étaient là pour une mission qui était celle initiale,
dans votre mandat, de sauver la matière ligneuse, sauver l'industrie
forestière.
Mais, je le disais, ce pour quoi on s'en va là
aujourd'hui, la SOPFEU sous l'égide du MSP, du ministère de la Sécurité
publique, on en est fiers. C'est parce que votre mission a évolué, votre
mission change. Quand je dis «la mission change», bien, aujourd'hui, je l'ai
répété assez publiquement, assez... quelques fois, assez souvent, je
disais : Bien, maintenant, la SOPFEU,
c'est aussi sauver des vies. Ce l'était aussi avant, mais là sa mission
principale, c'est celle des vies, des communautés, des infrastructures névralgiques,
névralgiques, puis, oui, la matière ligneuse, l'industrie forestière.
Expliquez-nous un peu en quoi cela change la
mission comme telle de la SOPFEU aujourd'hui quand on se dit : Bien,
pendant des décennies, ou à peu près, on était concentrés... on était
concentrés sur un secteur, puis là, aujourd'hui,
bien, notre mission est plus élargie, et c'est... Nécessairement, bien, ça
amène... ça amène peut-être une... pas une pression additionnelle, mais
quand même un mandat additionnel qui, pour vous puis que pour nous, est important, pour ceux qui nous écoutent puis ceux
qui vous ont vus, puis qui vous ont entendus, puis qui ont levé la main pour
vous donner un coup de main, là.
M. Rousseau (Éric) : Si je peux me
permettre, M. le... M. le ministre, je pense qu'on est comme chanceux un peu,
parce que c'est arrivé graduellement. Tantôt, quand je disais que ça fait déjà
une décennie qu'on a...
M.
Bonnardel : Vous avez dit, excusez-moi, tantôt, «une évolution
naturelle». J'ai pris une note. C'est ça, hein, que vous avez dit.
M. Rousseau (Éric) : Oui.
M. Bonnardel : OK. Je... Excusez, je
vous ai coupé.
• (15 h 30) •
M. Rousseau (Éric) : Naturelle,
qu'on n'a pas provoquée, mais qui nous a permis de goûter un peu à c'est quoi,
la protection de la sécurité civile, donc d'élargir notre mandat sans... sans
l'avoir officiellement, mais on a appris à travailler
avec. On s'est fréquentés un peu, sans le savoir, avant de procéder à ce qu'on
vit aujourd'hui. Donc, ça nous a permis de faire évoluer nos pratiques, nos
processus, pour être en mesure de mieux s'adapter à cette nouvelle réalité là.
Puis je dirais qu'autant les changements
climatiques ont contribué à ça, autant la... le nombre de personnes qui
résident proche des forêts a augmenté aussi. Donc, on se doit d'être plus près
de cette éventualité-là avec la protection
des vies humaines, premièrement, puis des communautés. Ça nous a occupés beaucoup
l'été passé puis c'était vraiment
important. Donc, c'est vraiment une progression naturelle, puis je pense
qu'aujourd'hui on est rendus à une étape, qu'on va franchir un pas de
façon officielle, pour la protection de la sécurité civile.
M. Bonnardel : Je veux vous entendre
un peu sur... Je sais que, le post-mortem, on l'a fait ensemble, là. Vous
l'avez fait, vous aussi, autant le CA avec vos équipes. Je dis souvent :
Le nerf de la guerre, quand il arrive des catastrophes
comme ça, c'est l'information, l'information qu'on partage pour donner la bonne
info à nos élus, les élus, que — c'étaient nos partenaires ce
matin — vous
n'avez peut-être pas entendus, là, mais la FQM était là, l'UMQ était là. Puis
certains nous disent : Bien, il y avait peut-être une... dans le
post-mortem qu'on fait, de la mauvaise communication. Puis, de l'autre côté, ce
que j'entendais dire, c'est que, des fois, il y avait trop de communication,
dans le sens où trop de... trop de meetings, bien là, on n'est pas sur le terrain
puis on ne travaille pas assez.
Qu'est-ce que vous... qu'est-ce que vous
répondez à ça? Selon vous, est-ce que c'était un aspect qui était problématique avec le partage d'information que la
Sécurité civile, vous-mêmes, les acteurs principaux, Hydro-Québec, ou autres,
là... Comment vous avez vu... comment vous avez vu ça, là, pendant cette saison
qui a été historique, là, au bas mot, là?
M. Rousseau (Éric) : Oui, c'est
un... c'est un bon point. Puis je ne cherche pas d'excuse avec ça, parce que c'est... nous autres aussi, on a constaté des...
certains ratés ou certaines... certains manques, mais ça fait des décennies
qu'on travaille avec peut-être une communauté par année qui est menacée, tandis
que, là, dans l'espace d'une journée, on a eu 180 feux qui sont
apparus à travers la grandeur du Québec. Puis là ce n'était pas juste une
communauté, c'en était beaucoup, beaucoup. Ça a mis à rude épreuve tous nos
processus, nos façons de faire. Il a fallu s'adapter puis il a fallu apprendre à marcher en marchant, mais...
non, il a fallu qu'on apprenne à marcher en courant, parce que c'était
vraiment... c'était vraiment le cas. Et puis, là, bien, étant donné qu'il y
avait beaucoup de communautés qui étaient menacées, la Sécurité civile
était très présente, en plus du ministère des Ressources naturelles et des
Forêts. Ça a été : Où... à qui qu'on
parle, puis comment est-ce qu'on peut rendre ça plus fonctionnel? Je vais dire
ça de même. Donc, il y a eu des petits ratés, mais je pense qu'on a
beaucoup appris.
M. Bonnardel : Bien, j'imagine... Je
sais que M. Caron a été un... bien, vous le savez, là, a été un visage
qu'on a vu assez souvent, là. Bien, est-ce que... Au-delà des communications
officielles pour la population comme telle,
à l'interne, j'imagine que vous avez... vous allez revoir certaines affaires ou
améliorer certaines choses qui vont nous permettre de... qui vont vous
permettre de mieux communiquer. Je le dis bien humblement, là,
respectueusement, là. Comme vous dites, on fait un peu ce constat, nous aussi,
là.
M. Rousseau (Éric) : Bien, on a fait
des changements à l'intérieur chez nous pour mieux s'adapter à ça parce que
c'est une nouvelle réalité, puis, si on n'a pas appris l'année passée, on va
avoir un souci, là. Ça fait qu'on a mis ça en place.
M.
Bonnardel : OK. Je conviens qu'on n'apprendra jamais avec...
c'est ça, c'est sûr que, si... avec l'année passée qui était extrêmement
difficile, là, j'en conviens.
La réserve, la réserve civile opérationnelle,
jusqu'à quel point, jusqu'à quel point, selon vous, ça peut être un outil
additionnel pour vous donner un coup de main ou même, vous-mêmes, vous-mêmes,
nous donner un coup de main, là, dans des
situations? Hormis les feux d'été, hormis les feux d'été, tu sais, comment vous
voyez ça, cette réserve civile
opérationnelle, là, dans le... dans le... tout le processus, tout le processus
d'amélioration qu'on veut pour répondre... répondre aux catastrophes,
là, que ce soient les feux ou autres, là?
M. Rousseau (Éric) : Je vous dirais,
premièrement, c'est... c'est venu de la base chez nous. Moi, je suis entré au printemps 2018 et puis, quand je
faisais le tour de mes différentes bases pour rencontrer les pompiers, je ne
sais pas combien de personnes qui me l'ont dit : Éric, on peut-tu
aller aider les pompiers municipaux? Parce que c'était l'année, en 2018,
c'était l'année qu'il y avait eu des grosses inondations dans le coin de
Montréal, puis mes gens voulaient y aller, mais on n'était pas organisés à
l'époque, ça fait que... Donc, il y a un besoin.
Vous savez, éteindre un feu, on joue dans
l'urgence, on joue dans des catastrophes. Tu aimes ça ou tu n'aimes pas ça. Nos
gens qui travaillent chez nous, ils aiment ça. Puis, quand je dis «ils
aiment ça», ils sont faits pour ça puis ils voient qu'ils peuvent être utiles
différemment dans des périodes qu'on n'a pas des feux de forêt à éteindre. Puis
je pense que c'est vraiment la base qui nous le... qui nous le demande.
Puis, en même temps, je vous dirais, de façon un
peu égoïste, si on pourrait allonger un peu leur période de travail, ça
permettrait peut-être de... je suis sûr qu'ils seraient contents, mais,
surtout, ça aiderait à avoir une meilleure rétention de notre personnel. Parce
que c'est long, former des pompiers, c'est très long, puis on a juste l'été pour les former. Ça fait que, si on peut les
garder plus longtemps, je pense que tout le monde va être gagnant là-dedans.
Puis je dirais... je rajouterais aussi que ce n'est pas juste nos pompiers,
c'est tout notre staff, parce qu'on a le staff qui est
nécessaire pour combattre des feux de forêt, mais qu'on peut combattre... pas
combattre, mais intervenir sur d'autres situations tragiques.
M. Cantin
(Daniel) : On est habitués aux urgences. C'est... c'est notre vie. On
fait... L'organisation travaille là-dedans. On carbure avec ça. Puis on a des
communications radio, on a des spécialistes en météo qui peuvent aider, de façon hydrique, autrement. On est mobilisés partout
sur le territoire québécois. Bien, je pense qu'on peut contribuer
davantage à la collectivité québécoise que ce qu'on fait présentement.
M.
Bonnardel : Non, je suis content de vous entendre. J'ai une dernière
question puis je vais laisser mes collègues après, là. Je suis content de vous
entendre, parce que je sais jusqu'à quel point vous êtes... vous êtes bien
formés, vous êtes des professionnels. Je l'ai dit à plusieurs, plusieurs
personnes.
On a une saison
historique, mais, à quelque part, derrière toutes les heures puis tout le
travail que vous avez fait sur le terrain, l'aide internationale des différents
pays, vous me corrigerez, là, mais je n'ai pas eu vent de blessures graves,
d'hommes et femmes qui sont tombés au combat. C'est assez incroyable, là, c'est
assez incroyable avec les nombreuses heures que vous avez passées sur le
terrain. Puis, vous le savez autant que moi, là, il y en a qui ont passé des...
plus que des huit heures puis des 12 heures, là. C'est phénoménal.
Puis, je vous le dis encore, au nom de tous les Québécois, un énorme, énorme
merci.
En terminant, de mon
côté, parlez-moi un peu, là, de la saison 2024, là. Vous êtes déjà... vous
êtes déjà prêts. Vous m'avez dit... bien,
vous avez dit deux semaines, publiquement, là, en avance sur... Déjà un
record. Parlez-nous un petit peu, là, rapidement, là, juste pour la gouverne de
tout le monde, là, ce que vous voyez sur vos écrans radars, là.
M. Rousseau
(Éric) : Bien, veux veux pas, c'est la météo qui nous force à se
préparer plus hâtivement, parce que notre printemps est pas mal plus hâtif,
puis on peut le voir. On a une gang de météorologues à la SOPFEU, puis ça, ça
nous aide à avoir de l'information juste et à temps. On a décidé qu'on
ouvrait... on faisait le rappel de nos pompiers et pompières deux semaines
plus tôt. Si on fait ça, ça veut dire que, tout notre système, toute notre
structure, il fallait qu'ils commencent deux semaines plus tôt, et c'est
fait. Il y a une semaine jour pour jour, mardi dernier, on a eu notre premier
feu, le 11 mars. C'est... Donc, c'est une journée plus tôt que notre
record qu'on avait dans le passé,
en 2010. Donc, on voit qu'on a... on a bien fait de se préparer plus tôt.
Quelle va être notre saison? On n'en a aucune espèce d'idée, parce que
ce n'est pas le printemps hâtif qui va décider qu'on va avoir une saison avec
beaucoup de feux ou pas beaucoup de feux, mais nous autres, on se prépare au
pire, comme toutes les années, et puis on va être... on va être là.
M.
Bonnardel : Rapidement, 30 secondes. Le terme «zombie fire», on a
vu, en Alberta, des feux qui brûlent, qui continuent de chauffer, là, sous la
neige, ça... pour la gouverne de tout le monde, ce n'est pas le cas au Québec.
M. Rousseau
(Éric) : Disons que... C'est important puis c'est une bonne question.
En Alberta, ils ont des endroits qui ont de l'humus à une profondeur très, très
forte. Ça fait que le feu a dormi là pendant tout l'hiver, puis après ça, à un
moment donné, il s'est réveillé. Au Québec, les endroits qu'il n'y a pas eu
beaucoup de précipitations l'été passé, c'est surtout la Baie-James, puis, dans
la Baie-James, pour ceux qui ont déjà été faire un tour là, il n'y a pas
beaucoup de sol. Ça fait que des endroits où est-ce que le feu a pu dormir là
pendant longtemps sont assez rares. Ce n'est pas impossible qu'on en ait, mais
les probabilités sont très faibles au Québec.
M.
Bonnardel : J'ai mes collègues... Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Alors, nous allons poursuivre avec le député de Lac-Saint-Jean.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Oui. Merci, M. le Président. Bonjour, bonjour à
vous trois. M. Rousseau, on se connaît,
quelqu'un de la région, puis on a quand même une base à Roberval, de la SOPFEU,
qui est très importante pour la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean
et tout le nord aussi du Québec.
Puis
vous avez parlé tout à l'heure un peu... Bien, premièrement, félicitations pour
l'année que vous avez eue. Je sais que ça n'a pas été facile. Puis même nous,
dans les bureaux de député, en tout cas, chez moi, on a été beaucoup interpelés, là, par surtout des villégiateurs,
parce que... J'aimerais ça, peut-être, que vous... qu'on parle un peu de
l'aspect citoyen. Puis ce n'était pas évident, parce qu'à un moment donné il y
a... il y a des accès partout, puis ça devient très,
très difficile, là, à contrôler tout le
monde. Donc, l'aspect citoyen, la responsabilisation citoyenne, je pense qu'on
en est rendus là.
Puis peut-être
entendre un petit peu... vous entendre un petit peu sur aussi vos... je dirais,
un peu les partenaires qui sont les entrepreneurs forestiers, qui sont très,
très présents en forêt, puis on en a discuté tout à l'heure, Éric, un peu... excusez, M. Rousseau, un peu, là, l'aspect, le
côté, des fois, qu'ils peuvent servir ou aider. Puis je sais que ce n'est pas facile. C'est complexe
aussi. Donc, peut-être commencer avec l'aspect citoyen, la responsabilisation.
• (15 h 40) •
M. Rousseau
(Éric) : C'est assez important, parce qu'il y a tellement de gens qui
ne voient pas l'ampleur d'un feu de forêt, comment est-ce que ça peut arriver
vite. Et puis notre problème, pourquoi qu'on est assez stricts pour... quand
c'est le temps d'évacuer, pourquoi qu'on est assez stricts, c'est parce que,
quand il reste des gens puis qu'on s'en aperçoit, bien, on est obligés
d'arrêter d'éteindre des feux pour aller évacuer ces gens-là en hélicoptère.
Ça, c'est... c'est aussi dangereux pour notre personnel. Ça fait qu'on n'a
aucun gain. Donc, on va continuer d'en faire, de la sensibilisation citoyenne.
Pour ce qui est de
l'entreprise forestière, entre autres, l'été passé, on sait, ils ont été
arrêtés beaucoup, très longtemps. C'est la première fois que ça arrive aussi
longtemps pour une aussi grosse partie du Québec. On a eu des discussions avec le
CIFQ là-dessus pour voir si on pourrait trouver une manière de les impliquer,
peut-être de les former d'avance. Et puis, actuellement, on discute avec une
entreprise forestière du Nord-du-Québec pour avoir un projet pilote pour tester
la formation avec eux autres.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Intéressant, mais ce n'est pas facile
nécessairement, parce que c'est une mobilité qui est... qui se déplace
beaucoup. Ils sont habitués de travailler dans des équipements aussi. Puis de
combattre les feux en forêt, c'est différent complètement puis plus
physique.
Mais l'aspect au niveau des citoyens... Parce
qu'on sait qu'il y a beaucoup plus de villégiature, puis c'est de la
sensibilisation, mais je sais que ce n'est pas nécessairement tout le temps
évident de contrôler les accès. Puis on a des... aussi d'autres partenaires,
d'autres associations, entre autres les SÉPAQ... pas les... les zecs. Il y a
aussi la question des pourvoiries. Pour...
Est-ce... Il y a la sensibilisation, mais d'autres solutions, peut-être, pour
l'accès à la forêt, qui pourraient...
qui pourraient nous aider des fois à sensibiliser, mais mieux aussi contrôler
parfois, là, ces accès-là, si vous avez des pistes de solution.
M. Rousseau (Éric) : Oui, je vais
demander à mon collègue Stéphane là-dessus.
M. Caron
(Stéphane) : Le Québec a quand même une belle expertise, et
c'est historique, là. Ça fait longtemps qu'on fait de la prévention, mais... puis avec un certain succès, hein?
Il y a 40 ans au Québec, là, il
y a 40, 50 ans, il y avait
à peu près 1 000 feux de forêt chaque année. Là, on est à 450. Donc,
il y a des interventions, autant des municipalités que de la SOPFEU ou des
organismes qui l'ont précédée, qui ont été efficaces.
Cependant, avec
les changements climatiques, on observe un changement de tendance, c'est-à-dire
qu'il y avait toujours une diminution du nombre de feux chaque année, et
là cette diminution-là est en train de s'affaiblir, et on pense que c'est lié
avec les changements climatiques. Donc, il faut faire maintenant des campagnes
peut-être plus vigoureuses que simplement la
page Facebook, la diffusion du danger d'incendie, la distribution de cahiers de
Garofeu dans les écoles.
Et là le
gouvernement, le ministère des Ressources naturelles et des Forêts a donné,
vous l'avez probablement entendu à l'automne, une subvention
particulière à la SOPFEU, un montant de 16 millions, dont une bonne partie
va être utilisée en prévention. Donc, dès ce
printemps, on va avoir une première campagne média majeure, télé, radio, etc., qui
va commencer à la fin avril, pour sensibiliser le public, parce que 80 %
des feux de forêt au Québec en zone de protection intensive sont dus à des feux
de cause humaine. Puis je vous les ai mentionnées tantôt, là. Le mégot de
cigarette, le feu de camp et les brûlages de rebuts, c'est les
trois principales causes, et vous comprendrez que c'est facile à éviter.
Il faut que la population apprenne à... les fumeurs, à ne pas jeter leurs
mégots de cigarette par terre. 80 feux
de forêt chaque année sont causés par des mégots de cigarette, puis ça, je ne
compte pas les feux de végétation, qui n'entrent pas dans la catégorie
feux de forêt.
M. Cantin (Daniel) : Oui. J'aimerais
peut-être faire le pont aussi avec la Loi sur la sécurité incendie. Si vous
vous souvenez...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Cantin (Daniel) : ...bon, bien,
rapidement, l'orientation principale du ministre, à ce moment-là, était la
prévention. Donc, il faut continuer à faire l'éducation du public, c'est
évident.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, nous allons voir du côté de
l'opposition officielle, et j'entends la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Merci, M. le Président. Bonjour, messieurs. Un
plaisir de vous avoir avec nous en commission parlementaire pour un
projet de loi qui est fort intéressant.
Je reflète les mêmes paroles que le ministre.
Merci. Merci pour tout ce que vous avez fait. Je pense qu'on ne peut jamais assez
faire la mention de votre travail acharné. La population était derrière vous.
Je ne peux même pas imaginer comment c'était sur le terrain. Ça fait que merci
beaucoup au nom de tous les Québécois et Québécoises. C'était formidable. Une
chance que vous êtes là. Puis j'espère que tous les travaux que nous allons
entamer ici, en commission parlementaire, seront là pour vous aider à continuer
à travailler sur la prévention puis, malheureusement, aussi à combattre si
jamais on fait face à d'autres incendies de forêt.
Alors, je veux comprendre un peu. C'était
intéressant hier, hier et avant-hier aussi. À Google, ils parlaient beaucoup
des incendies de forêt puis de l'intelligence artificielle, puis je serais
curieuse de savoir de vous : Au niveau des technologies, innovations dans
les stratégies de SOPFEU en ce qui concerne la prévention et la détection,
est-ce que ça, c'est un angle que vous êtes en train aussi d'aborder dans vos
stratégies?
M. Rousseau (Éric) : Le nerf de la
guerre pour éteindre un feu, c'est de le savoir le plus petit possible. Donc, la détection est vraiment importante pour
nous, puis les avancées technologiques nous aident beaucoup. Juste l'été
passé, on a réussi à avoir des drones qui étaient capables de survoler pendant
la nuit. Même s'il y a beaucoup de fumée, ils étaient
capables de survoler pour qu'on soit capables de détecter les points chauds du
feu. Ça, ça a l'air de rien, mais, avant ça, on le faisait en hélicoptère quand
il y avait moins de boucane. Ça fait que, là, on a des grosses avancées.
Un autre élément
important, c'est via les satellites. Ça nous permet, dans la zone nordique en
particulier, de détecter l'arrivée de nouveaux feux. Parce que c'est un
territoire immense, le Québec, on le sait, en particulier dans la zone
nordique. C'est très loin des populations. Donc, ça, ça nous permet de détecter
rapidement. Puis, en plus, ces satellites-là nous permettent de détecter
l'évolution des feux, je dirais, pas en temps réel, mais pas loin. Ça fait que ça nous permet, là, à tous les jours de voir la
progression rapide des feux puis d'adapter nos moyens de suppression en fonction
de la nouvelle réalité que le feu a décidé de nous donner.
Mme
Maccarone : C'est fort intéressant. Puis j'étais aussi très intéressée
par votre mémoire. J'ai appris beaucoup. J'ai appris beaucoup, parce que je
pense que votre métier, il est méconnu. Alors, je souhaite comprendre, parce
que, là, on parle des feux de forêt puis les feux de végétation, «wildfires».
Quel sera l'impact si, mettons, on n'inclut pas «et de végétation»? Vous faites
la recommandation, dans le fond, à deux places... Bon, c'est votre
recommandation n° 1, mais vous l'évoquez aussi un peu dans la
recommandation n° 2, parce que, selon vous, c'est écrit uniquement à l'article 150.5 pour la zone nordique. C'est
quoi, l'impact si, mettons, on ne fait pas cet amendement? Je veux juste
comprendre les implications.
M. Caron
(Stéphane) : Au Québec, on parle tout le temps de feux de forêt, entre
autres à cause de notre historique qui fait que c'était l'industrie forestière
qui protégeait d'abord et avant tout la matière ligneuse. Donc, c'est ce qui
importait. Et les budgets du ministère des Ressources naturelles ou du
ministère des Forêts étaient axés vers la protection de cette matière ligneuse
là, ce qui fait qu'il y a une définition de l'intervention, par exemple, de la SOPFEU qui vise à éteindre des feux de forêt ou
qui menacent la forêt. Donc, tout le reste, les autres feux, de broussailles,
les feux de tourbière, etc., sont hors du champ d'intervention directe de la
SOPFEU.
Nous, ce qu'on dit,
c'est... comme M. Rousseau l'a mentionné, ce n'est pas nécessairement
qu'il faut que la SOPFEU intervienne sur tous les feux de broussailles, mais,
dans une logique de sécurité civile, le fait d'être cohérents et de travailler avec les services incendie municipaux, par
exemple, la SOPFEU pourrait les former davantage pour être plus
efficaces sur le combat de ces feux-là, c'est là où il y a un intérêt de
regarder la problématique de façon globale. Tant qu'à changer de paradigme, là,
changeons-le au complet.
Puis, juste en
terminant, quand vous voyez à la télévision des feux comme en Australie, qu'il
y a eu en 2020, ce n'est pas des feux de forêt, là, qui étaient la
catastrophe, c'est les feux de broussailles qui rentrent jusque dans les
quartiers. Moi, j'ai eu l'occasion de visiter Fort McMurray ou de voir des
quartiers pareils comme le mien, à Beauport, qui a brûlé complètement. Mais ça,
ce n'est pas la forêt. Ils n'étaient pas en forêt, ces quartiers-là. C'est les
champs, à côté, de broussailles qui ont amené jusqu'aux quartiers et qui ont
causé les catastrophes qu'on connaît.
Mme Maccarone :
Merci. C'est très clair. Vous
avez identifié les 60 % de feux de forêt, les trois éléments clés.
Le 40 % manquant, c'est quoi, les causes?
• (15 h 50) •
M. Caron
(Stéphane) : Bien, il y a plein d'autres causes. Ça peut être des
activités ferroviaires. Il y a l'industrie
forestière aussi qui... par ses opérations. Il y a aussi les feux d'artifice,
les VTT, mais c'est souvent... Les VTT, c'est 10 feux de forêt, généralement, par année. Les feux
d'artifice, c'est trois. Donc, ce n'est pas des causes majeures comme la cigarette. Évidemment, il y a la cause
naturelle, là, qui est la foudre, là. La foudre, c'est 20 %, mais ça, on ne
peut pas faire de campagne pour arrêter la foudre.
Mme
Maccarone : Évidemment. Mais, en parlant de campagne puis de
collaboration, j'ai entendu la question...
le collègue. Je présume que vous avez une collaboration avec les communautés
autochtones. Si oui, comment ça fonctionne, le lien avec eux? Parce que,
quand on parle aussi, comme... J'ai vu vos recommandations, «encadrer par voie réglementaire des mesures de sécurité»,
mais je présume qu'il y a quand même des éléments qui sont attribués à nos communautés autochtones qui sont
traditionnels, disons. Ça fait que que faites-vous pour faire un accompagnement
auprès d'eux?
M. Rousseau (Éric) : Disons que
l'année 2023 nous a aidés à établir des moyens de communication peut-être
plus directs, on va se dire les vraies choses, là, puis ça... C'est très
facilitant, puis nos échanges sont plus fréquents depuis un certain temps.
Par contre, si on
regarde les communautés autochtones qui sont plus dans la zone nordique, donc
en montant vers la Baie-James ou en s'en
allant vers la Minganie, bien, depuis très longtemps, on est en communication
avec eux autres, on les forme, on les
aide à former, parce qu'ils sont dans des régions beaucoup plus éloignées.
C'est... Il y a moins d'accès, ça fait qu'on... Avec eux, je pense que,
particulièrement, on est déjà là depuis très longtemps.
Mme
Maccarone : Bravo! Je suis contente de l'entendre, surtout si la voie
de communication est maintenant ouverte, parce que je pense qu'ils sont des
partenaires essentiels.
M. Rousseau
(Éric) : Disons qu'elle n'était pas fermée, mais elle s'est... elle
s'est améliorée.
Mme Maccarone : Super. Je souhaite
parler un peu des implications financières, le potentiel de la mise en oeuvre
des mesures proposées dans le projet de loi. Je comprends que vous avez reçu
dernièrement un montant qui a été alloué par le dernier
budget qui était déposé par le gouvernement. Je présume que vous êtes contents
de ceci, mais je veux comprendre un peu
comment votre budget est octroyé. Par exemple, à l'intérieur de ce
29 millions, c'est quoi, l'état de votre flotte, puis ça coûte
combien? Je sais que ça... ça ne s'appelle pas un avion, là, mais je pense
qu'on appelle ça un aéronef. Ça... C'est quoi, le coût de ceci? J'ai compris
dans votre mémoire que vous avez près de 60 sous-contrats
avec le secteur privé et 14 avions-citernes opérés par le Service aérien
gouvernemental, puis vous-mêmes, vous possédez également deux pistes
d'atterrissage privées. C'est quoi, le budget octroyé à ceci? Est-ce que
vous... Est-ce que c'est prévu d'acheter d'autres équipements, l'état de
l'équipement actuel?
M. Rousseau (Éric) : Bon...
Mme
Maccarone : Beaucoup de questions dans une question, mais
c'est parce que je trouve que c'est fascinant. C'est très intéressant.
On comprend aussi très peu, comme, le fonctionnement.
M. Rousseau (Éric) : Oui. Tout
d'abord, la SOPFEU, elle a un budget d'opération qui est planifié tout
l'automne précédent. Une fois que les délais... la saison des feux est finie,
on prépare déjà notre budget pour la prochaine saison, puis on part de là, puis
là on voit qu'est-ce qui risque d'augmenter, entre autres les salaires, mais aussi
les contrats qu'on a avec nos différents fournisseurs. Le secteur aérien est un
gros fournisseur pour la SOPFEU. C'est un peu plus que... Le tiers de notre
chiffre d'affaires provient de tous les aéronefs. Puis le Service aérien
gouvernemental, avec nos avions-citernes, qui est une grande force pour nous,
bien, c'est une grosse partie de ce budget-là aussi.
Donc, on prépare ça, puis c'est ce qu'on
présente à notre conseil d'administration, qui est challengé, puis qui est...
qui est validé, et puis qui... Une fois que ça est fini, bien là, on s'assure
de voir : On est-tu en mesure d'avoir cet argent-là par les mesures
budgétaires du gouvernement à toutes les années, comme on le fait depuis belle
lurette? Et puis, quand la saison arrive, bien là, nous autres, on a notre
budget puis on suit ce qu'on a à faire.
Par contre,
tout l'aspect plus suppression, c'est vraiment parce qu'on ne peut pas la
prévoir d'avance. Celle-ci est rémunérée... elle nous est remboursée,
là, à mesure qu'on présente nos frais de suppression. Mais c'est très normé,
là. On ne peut pas présenter n'importe quoi. C'est... c'est très bien encadré.
Mme Maccarone : Et l'état de la
flotte? C'est-tu dans un bon état? C'est-tu...
M. Rousseau (Éric) : Bien, la... le
Québec, on est vraiment chanceux, parce qu'au niveau canadien, le Québec, on est l'endroit qui a le plus
d'avions-citernes au Canada. On en a 14, avions-citernes. De nos
14 avions-citernes, on en a huit que c'est des 415, vraiment les
moins vieux, je vais dire ça de même, mais les moins âgés, et puis actuellement
ils sont dans un processus pour tout moderniser l'avionique de ces huit
avions-là. Ça va être les premiers au monde à être modernisés. Le Québec, on
fait... on fait vraiment oeuvre d'un leadership là-dedans.
Par la suite, on a quand même des avions à
turbines qui...
Une voix : À pistons.
M. Rousseau (Éric) : ...à pistons...
non, mais on a des avions un petit peu plus âgés, mais à turbines aussi qui vont avoir besoin d'avoir une revalidation de
l'usure avionique aussi, mais il nous reste quand même
quatre avions à pistons. Ce n'est pas vieux, là, 50 ans, là. C'est
très jeune. Moi, je trouve que c'est très jeune, 50 ans, maintenant,
mais...
Mme Maccarone : Je suis d'accord.
M. Rousseau (Éric) : ...mais, pour
un avion, ça commence à être assez âgé parce que ça... ça travaille dur, ces
avions-là. Donc, on va avoir des décisions à prendre, je dirais, à moyen terme,
là, là-dessus.
Mme Maccarone : Et les pilotes? Les
pilotes, c'est... ça, ce n'est pas vous. Les pilotes, il me semble, c'est un
contrat avec le fédéral. Ça fait qu'eux, est-ce... Non? Expliquez-moi comment
ça fonctionne.
M. Rousseau (Éric) : Le Service
aérien gouvernemental, qui appartient au gouvernement du Québec, donc, ont la
responsabilité d'entretenir les aéronefs et puis de... avec leurs techniciens
puis avec les pilotes aussi. Donc, c'est eux autres qui s'occupent de tout
l'aspect avion-citerne.
Mme Maccarone : OK. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça? Alors, merci beaucoup.
Mme Maccarone : Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition, et j'entends le
député de Laurier-Dorion pour 4 min 8 s.
M. Fontecilla : Merci,
M. le Président. Bonjour, messieurs. Je profite à mon tour de vous féliciter
pour l'oeuvre si importante que vous faites, essentielle.
Écoutez... Mais je veux... je veux commencer
avec une question un peu... peut-être un peu plus difficile. La Fédération
québécoise des municipalités s'inquiétait, puis je vais aller directement au
but, là, de la fermeture... de la fermeture d'une base à Maniwaki. Selon eux,
ça risquait de moins protéger le reste du Québec. Je suis sûr qu'il y a des
raisons techniques, mais j'aimerais... j'aimerais vous entendre.
M. Rousseau (Éric) : Bien, tout
d'abord, il n'y a pas de fermeture de base.
M. Fontecilla : OK.
M.
Rousseau (Éric) : Ça, ça a été réglé quand on a fait l'unification
de la région de l'ouest. Avant ça, il y avait deux bases, une à
Maniwaki et une à Val-d'Or, et puis on avait des problèmes de mobilité puis
d'agilité parce que c'était... et on avait des difficultés organisationnelles
avec ça. Ça fait qu'on a unifié cette région-là, comme on a au centre et puis
comme on a dans l'est de la province. Puis nous, quand on a fait ça, on s'est
engagés à ne pas fermer la base, ne pas congédier des gens, garder tout le même
nombre de personnel. Tout a été fait, puis, même, depuis ce temps-là, il s'est
rajouté bien du monde de plus à la base de Maniwaki. Donc, il n'y a pas de
fermeture à Maniwaki. C'est... On l'a prouvé, on l'a dit, puis les faits
sont-là, il y a plus de monde qui travaille là.
M. Fontecilla : Merci beaucoup,
merci beaucoup pour les informations. Je vous entendais, vous parliez de
l'utilisation des satellites, drones, etc., là. Je me demandais si vous aviez
une fonction de recherche, comment améliorer vos techniques, etc. Je lisais,
pas plus tard que cette semaine, un article sur les feux de nuit, etc., là. Comment vous faites avancer vos connaissances?
Est-ce que vous avez des partenariats? Est-ce que c'est... vous avez une
fonction à l'interne?
M. Rousseau (Éric) : On n'a pas de
chercheur en tant que tel à la SOPFEU. Ça, c'est bien clair. Par contre, on a
des... on a des anciens employés de la SOPFEU qui sont rendus chercheurs, entre
autres, chez Ressources naturelles Canada, et puis... Donc, on collabore
beaucoup autant au niveau technique qu'au niveau recherche avec eux autres.
FPInnovations, qui est une organisation canadienne, fait beaucoup de la
recherche sur les feux de forêt avec les
autres provinces, nos collègues des autres provinces. Donc, on participe avec
ça aussi. Puis, avec les différentes universités du Québec, il y a d'autres
petits projets de recherche qu'on collabore toujours. Ça fait qu'on se tient à
la fine pointe, parce que, si on veut être encore là demain, il faut être à la
fine pointe. Tantôt, je donnais l'exemple des drones,
là. Bien, c'est parce qu'il y a eu de la recherche avant qu'on puisse les
utiliser. Ça fait qu'on suit ça de très près.
M. Fontecilla : Je suis curieux de
mieux connaître votre... comment dire, votre fonctionnement. Vous savez, dans le PL 50, on va parler beaucoup de
coordination entre les différents... différentes instances de la société,
municipalités, MRC et ministères, SOPFEU. Il y a énormément
d'intervenants, là. Mais vous, là, là, lorsque vous êtes appelés à intervenir, là, comment vous vous placez, là?
Expliquez-moi la mécanique, là, de cette coordination et votre rôle. Quand
est-ce... Qui vous appelle pour vous dire : Bien là, faites décoller un
avion, là? Comment ça fonctionne?
M. Rousseau (Éric) : Bien,
premièrement, il faut détecter le feu. Une fois qu'on a détecté le feu, il y a
quelqu'un qui nous a...
M. Fontecilla : Qui le détecte?
M. Rousseau (Éric) : ...qui a vu un
feu, ou il y a un avion qui a survolé qui a détecté le feu, ou nos avions, ou
les satellites ont détecté le feu, là, bien là, on enclenche le processus
d'aller vérifier ça puis d'enclencher le combat automatiquement. Ça fait que
ça, c'est surtout pour la forêt publique.
Quand il y a des feux qui décollent plus sur...
proches des communautés, dans des municipalités, bien, les services de sécurité
incendie, eux autres, ils sont rapides, ils sont déjà là. Ça fait qu'ils vont
déjà faire les premiers... les premiers pas. Puis, s'ils sont capables de
l'éteindre, ils vont l'éteindre. Sinon, nous autres, on arrive en renfort pour
les aider. Mais...
• (16 heures) •
M. Fontecilla : Est-ce qu'il y a une
coordination entre les interventions au sol et...
M. Rousseau (Éric) : Oui. Environ
60 % du nombre de feux au Québec est éteindu par les services de sécurité
incendie de... des différentes communautés qu'on a au Québec. C'est... Ce n'est
pas en termes de... Ça peut paraître gros, 60 % des feux, mais c'est des
petites superficies. Le 40 %, là, c'est toutes les grosses superficies.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
merci beaucoup. Alors, je vous remercie pour votre apport à la commission.
Alors, nous suspendons quelques instants pour
accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 16 h 01)
(Reprise
à 16 h 04)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, nous reprenons les travaux. Nous recevons la
Croix-Rouge canadienne, division Québec. Alors, bonjour à vous deux. Vous avez
10 minutes pour présenter votre mémoire. Alors, je vous demanderais de
commencer par vous présenter et ensuite faire la présentation.
Croix-Rouge canadienne,
division du Québec
M. Mathieu
(Pascal) : Bien sûr. Bonjour, M. le Président. M. le... M. le
ministre, MM., Mmes les députés, bonjour. Je suis Pascal Mathieu,
vice-président de la Croix-Rouge pour le Québec. Je me trouve à diriger
l'ensemble des opérations au Québec. Et je vous présente Claudie Laberge, notre
directrice principale aux interventions.
Vous avez
probablement reçu copie du mémoire qu'on a envoyé ce midi. M. le Président,
j'aimerais, un, débuter par une brève présentation du rôle de la Croix-Rouge au
Québec, ensuite, quelques constats sur le contexte émergeant de la sécurité civile au Québec, et ensuite des commentaires
plus spécifiques sur des articles du projet de loi 50.
Rappel de quelques
chiffres avant que Claudie vous présente un survol de nos opérations. La
Croix-Rouge au Québec, c'est avant tout 2 400 bénévoles actifs d'un
bout à l'autre du Québec, incluant des employés libérés par des grandes
entreprises. C'est aussi... Ils sont... Ils agissent au sein de 98 équipes
prêtes à intervenir 24 heures sur 24, sept
jours sur sept, une équipe pour chaque MRC du Québec. Nos bénévoles et employés
sont mis en action principalement par 890 municipalités. Presque
toutes les municipalités du Québec ont confié à la Croix-Rouge la prise en
charge des personnes sinistrées. Et le
résultat de tout ça, c'est trois à quatre interventions par jour, 1 200
par année, principalement lors d'incendies résidentiels, mais aussi
d'événements de plus grande importance.
Au-delà de nos
bénévoles, et employés, et partenaires, on a aussi la chance de compter 150 entreprises
de formation que nous, on appelle les partenaires de formation. Ce sont eux qui
dispensent les cours de secouristes ou de gardiens avertis pour la Croix-Rouge.
Claudie.
Mme Laberge
(Claudie) : Merci, Pascal. Merci, M. le Président, M. le ministre,
Mmes, MM. les députés. En termes de programmes, la Croix-Rouge intervient sur
quatre dimensions de la sécurité civile, c'est-à-dire en prévention, en
préparation, en intervention et en rétablissement.
En prévention, nous
intervenons principalement par de la formation en secourisme auprès du grand
public québécois. On parle, pour
l'année 2022-2023, de la formation de 32 000 adultes et de
49 000 jeunes, dont, entre autres, pour les cours de gardiens
avertis, que vous connaissez sans doute.
En préparation, la
Croix-Rouge est l'un des principaux formateurs d'employés municipaux en
sécurité civile ainsi qu'auprès des Premières Nations. La Croix-Rouge a aussi
un programme de préparation à l'évacuation lors de sinistres pour les familles.
En
intervention, on parle d'accompagnement de personnes sinistrées et de
réconfort, de gestion de centre d'accueil et d'hébergement, de
coordination logistique.
Enfin,
en rétablissement, nous sommes en mesure de faire la gestion des programmes
d'aide et d'accompagnement à moyen et
à long terme pour des personnes sinistrées ainsi que la collecte... la gestion
de collecte de dons de la population.
Notre entente avec le
ministère de la Sécurité publique prévoit la planification, l'organisation des
services en intervention pour le soutien en hébergement intérimaire, en
accompagnement adapté aux besoins des personnes particulièrement vulnérables,
en collaboration avec le ministère de la Sécurité publique et les équipes de
soins psychosociaux du ministère de la Santé et des Services sociaux dans les
diverses régions.
Nous
assurons également la gestion du matériel d'urgence, dont
20 000 unités de matériel, comme des lits de camp, couvertures,
oreillers et trousses d'hygiène, réparties dans 15 entrepôts partout au
Québec, et nous gérons également deux unités mobiles d'intervention.
Notre
force comme organisation repose sur notre capacité de mobiliser et de déployer
des ressources en période de pointe de façon coordonnée et holistique
afin de soutenir les communautés sinistrées.
Nos forces vives sont
composées de plus de 2 400 bénévoles répartis dans les grands centres
et toutes les régions du Québec. Parmi ceux-ci, nous comptons sur plusieurs
centaines d'employés de nos partenaires corporatifs, Partenaires dans l'action, qui peuvent inclure des experts en
logistique, des professionnels de la santé, des professionnels en
ressources humaines et en communication.
M. Mathieu
(Pascal) : Merci, Claudie. Si on tombe sur le contexte lui-même, le
contexte d'intervention en sécurité civile est en profonde évolution. Vous
l'avez deviné, c'est en bonne partie lié aux changements climatiques, mais pas seulement. Pour ce qui est des
changements climatiques, ce qu'on note, c'est une multiplication, une
intensification, une diversification des types de sinistres qui frappent
le Québec, des urgences plus fréquentes, plus complexes et, parce qu'elles frappent parfois à répétition les
mêmes communautés, un long processus de rétablissement. À cet effet, vous le
savez, l'été 2023 a été particulièrement révélatrice. Rappelez-vous, des
pannes de courant prolongées pendant l'hiver et au printemps, suivies
d'inondations printanières violentes, notamment dans... à Baie-Saint-Paul,
notamment aussi dans l'Outaouais, suivies de conditions chaudes et
sèches qui ont mené à 690 feux de forêt sur 5 millions d'hectares. La SOPFEU était ici juste avant moi,
alors je n'aurai pas besoin de m'étendre, mais ça a mené à des milliers
de personnes évacuées.
• (16 h 10) •
Nous, à la
Croix-Rouge, on a mis en place des dizaines de centres d'accueil, une douzaine
de centres d'hébergement, et plus de 11 000 personnes ont été
inscrites auprès de nos services. Après ce nombre record d'évacuations et de
feux de forêt, on a aussi eu droit à un nombre record
d'épisodes de pluie abondante, suivis, rappelez-vous, de quelques inondations
et surtout d'un glissement de terrain tragique qui a frappé la petite
communauté de Rivière-Éternité, au Saguenay, où il y avait eu des décès.
Ajoutez à cela quelques vents violents, quelques tornades. Je crois qu'on vient
d'avoir une année dont on va se rappeler longtemps.
Le problème, c'est qu'avec les changements
climatiques j'ai bien peur que, dans ma carrière, je reverrai ce type
d'événements. Il y a un tableau, en page 9 de notre mémoire, qui présente
les types d'événements en croissance avec
les changements climatiques, la nature des impacts sur la population et les
types d'intervention que la Croix-Rouge met en place habituellement.
Vous savez, ça va faire presque 20 ans que
je travaille avec la Croix-Rouge. Lorsque j'ai débuté... Et Claudie était là
bien avant moi. Lorsque j'ai débuté, on avait l'habitude d'avoir un... une
intervention majeure à chaque année. Je me rappelle même d'une année où il n'y
en avait pas eu. Alors, rendez-vous compte? Ensuite, on est passés à deux, à
trois, à quatre, et, à l'été dernier, je vous ai donné une courte liste, là, on
les compte... enfin, je n'ai plus assez de doigts sur une main pour les
compter. La réalité, c'est que la cadence des interventions de la Croix-Rouge
au Québec a augmenté à toute vitesse au cours d'une courte période de
20 ans.
Par ailleurs, dans nos interventions et en
rétablissement, parce qu'on est aussi en action avec le ministère de la
Sécurité publique lors du rétablissement, il faut tenir compte de l'état des
personnes sinistrées que nous soutenons. L'INSPQ, notamment, parle de trois
types de facteurs de vulnérabilité. La sensibilité individuelle. Pensez à
l'âge, le handicap, aux maladies chroniques
ou à des revenus très faibles pour certaines personnes. Pensez au lieu de
résidence. En ce cas-ci, ce que j'ai particulièrement en tête, c'est... Réfléchissez,
peut-être qu'il y en a dans vos comtés, à des gens
qui ont été inondés plus d'une fois, parfois à chaque année, mais aussi pensez
à l'été dernier, à des communautés qui ont eu à vivre pendant des
longues périodes avec de la fumée intense, où nous, on a côtoyé des
communautés, entre autres autochtones, qui ont été évacuées deux fois dans le
même été. Et le niveau de préparation du citoyen, qui est un des éléments sur
lesquels le projet de loi annonce qu'il y aura plus de travail.
Finalement, j'ajouterais, dans les facteurs de
difficulté, notre contexte sociétal et mondial. On a, au Québec, une population
vieillissante. Ça se reflète lorsqu'on doit aider des sinistrés moins mobiles.
On doit aussi, lorsque le sinistre se prolonge... Il n'y a pas eu de
destruction de maison par les feux de forêt, mais ça aurait pu. Mes collègues
dans d'autres provinces ont eu à faire face à ça. Disons que les gens de la
SOPFEU ont réussi à sauver les maisons, mais il n'y a pas de garantie pour
l'avenir. Pensez aussi à des inondations qui, fréquemment, détruisent des
maisons.
Alors là, je vais vous introduire un deuxième
sujet, qui est celui de la pénurie de logements. Lorsque nous, nous avons une certaine quantité de sinistrés à
aider, éventuellement, il y a des programmes menés par la municipalité,
mais menés par le MSP pour que les gens retournent se réinstaller. Dans un
contexte de pénurie de logements, c'est toujours plus long, plus difficile.
J'ajouterais l'arrivée importante de ressortissants étrangers, qui amène une
clientèle qui est moins familière avec nos
infrastructures, moins familière avec la langue, qui demande un... une
attention particulière.
Bon, je pourrais vous mentionner rapidement,
vous le savez, le risque de pandémie et la fracture numérique, pour ne nommer
que quelques-uns des facteurs qui aggravent le niveau de difficulté auquel nos
équipes font face.
Tout cela, ça représente des demandes plus
intenses qui peuvent avoir lieu en même temps tout au long de l'année. L'impact
de ces effets combinés est sournois. Tout d'abord, nous, on repère une usure,
une fatigue chez les personnes sinistrées, surtout ceux qui sont sinistrés à
répétition. Mais on repère aussi parfois une usure et une fatigue chez des
intervenants. Je pense, entre autres, aux intervenants municipaux avec qui on
travaille. Fréquemment, on en a vu qui sont très motivés, très efficaces au début
d'une opération. Quand ça se prolonge, quand ça se répète, ça devient un défi.
Et finalement parlons d'usure et de fatigue parmi nos employés et nos
bénévoles. Notre réseau est composé d'employés qui doivent faire des très
longues heures et de bénévoles qui doivent prendre leurs semaines de congé avec
générosité et expertise pour venir travailler sur le terrain.
Le constat, c'est qu'on aura besoin de plus de
monde. Les citoyens et le gouvernement comptent sur nous, toutes les
municipalités. Alors... Là, alors qu'on est en quasi-permanence d'intervention,
quelques-unes de nos opérations courantes doivent être parfois mises de côté.
Pensez à l'été dernier. On a eu moins de temps pour faire du recrutement,
moins...
Le Président (M. Schneeberger) : Excusez-moi,
je vous arrête. Je voudrais juste avoir le consentement pour prendre le temps
du... sur le temps du ministre.
M. Mathieu (Pascal) : M. le
ministre...
Le
Président (M. Schneeberger) :
Parce que je veux avoir le
consentement pour avoir... sur le temps du ministre. Alors, poursuivez.
M. Mathieu (Pascal) : Merci.
Merci, M. le ministre. M. le Président, je vais aller rapidement. Donc, moins de temps pour faire du recrutement et de la
formation de bénévoles, moins de temps pour des initiatives de prévention,
moins de temps pour notre préparation.
Ma conclusion. Il devient de plus en plus urgent
de renforcer, d'adapter et de moderniser les outils collectifs de préparation
nationale.
J'en viens à nos constats sur le projet de
loi 50. La Croix-Rouge au Québec salue toute amélioration au régime de la
sécurité civile qui vise la résilience de nos communautés, et c'est le cas. Il
est clair qu'il faudra collectivement mieux
se préparer à faire face aux risques, détenir une plus grande capacité de réponse
et offrir davantage d'appui aux municipalités qui
le demandent. On côtoie des municipalités qui ont des niveaux de capacité
différents selon la nature de la
municipalité et du sinistre. On salue un projet qui va permettre de déployer
des moyens pour les aider.
Claudie, tu passes
vite sur le...
Mme Laberge
(Claudie) : Oui. Donc, premièrement, on le réitère, le projet de loi
met l'accent sur la résilience, comme principe, par une meilleure préparation
des citoyens et des communautés. L'aide aux individus pour les aider à
renforcer leur propre résilience est l'essence même de la mission de la
Croix-Rouge et se reflète dans de nouveaux... de nombreux programmes de
formation que nous avons, que nous offrons à un public de tous âges.
Deuxièmement, plusieurs
considérations sont mentionnées dans le projet de loi concernant la
responsabilité partagée entre les différents acteurs ainsi qu'une approche
intégrée, voire régionale de la sécurité civile. Nous accueillons cet aspect
favorablement. Un aléa peut toucher plusieurs villes d'une même région, et les
plans pour augmenter la résilience ou pour
intervenir tiendront dorénavant compte de la planification réciproque en
collaboration avec les divers partenaires sur le terrain, tant pour
l'intervention que pour le rétablissement.
Troisièmement, nous
applaudissons la démarche de renforcer la coordination avec les différents
acteurs et partenaires de la sécurité civile, en particulier sa reconnaissance
des contributions bénévoles à la sécurité civile et le bien-être de leurs
concitoyens. Ensuite, nous voyons d'un bon oeil la possibilité de conclure des
ententes avec des organisations internationales. Nous aimerions rappeler que
les différentes sociétés nationales de la Croix-Rouge ont chacune développé une
spécialité en aide humanitaire. Tout comme la nôtre, elles s'orientent sur le
déploiement d'hôpitaux mobiles. La Croix-Rouge mexicaine, par exemple,
travaille avec des chiens de recherche en sauvetage dans les décombres en
milieu urbain lors de sinistres.
En dernier lieu, nous
soulignons la volonté de faciliter l'accès à l'aide aux personnes et aux
familles sinistrées concernant les frais de
remboursement de besoins essentiels en hébergement, ravitaillement et
alimentation.
Voici ce qui
contenu... qui conclut notre présentation, M. le Président. Je vous remercie de
votre attention.
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, nous allons procéder à
une période d'échange avec le côté ministériel, avec le ministre. Alors, vous
avez... Il vous reste 13 min 20 s pour l'échange.
M. Bonnardel :
...M. le Président. Messieurs dames, merci d'être là. Encore une fois, je
vous l'ai déjà dit, je l'ai dit à certains de vos bénévoles, un énorme merci
pour tout le travail que vos bénévoles ont fait en 2023, ont fait auparavant,
mais, je regarde la liste de 2023, disons qu'on a eu une année toffe, entre
guillemets.
Et ma première
question, c'est... c'est sur le portrait comme tel. Vous l'avez un peu
mentionné, là, les... Quand tu... Quand vous dites qu'on a
2 400 bénévoles, puis on regarde les années subséquentes versus 2023,
je peux comprendre... je peux comprendre le mot «fatigue». C'est des bénévoles.
Je vous ai vus à digue Morier, je vous ai vus
à Baie-Saint-Paul, je vous ai vus aux feux de forêt un peu partout, que ce soit
quand on a évacué Chibougamau, Lebel, vous étiez là. Jusqu'à quel point
ça a donné... ça a donné un coup de fatigue, en 2023, face à vos bénévoles?
Jusqu'à quel point il y a certaines régions où ça a été un petit peu plus
compliqué? J'imagine qu'il y a une mobilité aussi entre certains de vos bénévoles. Vous n'avez comme pas le choix, là.
J'imagine, là, dû au bassin, des fois, là, plus important de Montréal, qu'il y en a qui souhaitent aller
donner un coup de main. Faites-moi un portrait de 60... 60 à 90 secondes
là-dessus, là.
M. Mathieu
(Pascal) : La bonne nouvelle, c'est qu'on a eu une période plus
tranquille depuis janvier. Alors, nos bénévoles sont à nouveau tous prêts à
intervenir au moment où on se parle. Nos bénévoles sont motivés par la capacité
d'aider puis de faire une différence. Disons qu'ils ont eu la chance d'être
motivés l'été dernier.
Pour ce qui est de la
mobilité, nous, on gère l'ensemble de nos bénévoles au Québec comme étant un
bassin. Alors, l'intervention, peu importe l'endroit... Alors, tout à l'heure,
je saluais Mme Jeannotte parce que notre dernière opération a eu lieu... grande
opération a eu lieu dans son comté. Bien, les premiers à répondre, c'est nos
bénévoles qui habitent sur place, parce que c'est les plus vite rendus, mais
c'est clair que notre équipe à Mont-Laurier n'est pas énorme. C'est une petite
équipe qui répond aux incendies résidentiels. Les renforts, les bénévoles que
vous avez croisés à Mont-Laurier venaient de partout au Québec. Par exemple,
ceux que vous avez croisés, M. le ministre, à Baie-Saint-Paul, il y en a
plusieurs qui pouvaient, par exemple, venir, évidemment, de Charlevoix, mais
aussi de Québec, qui est la grande ville la plus proche. Alors, on utilise
notre bassin.
On a refait nos
forces. Là où on en est, c'est que, si on devait avoir à nouveau, encore et
encore des étés comme celui-là ou des événements de cette ampleur, on a besoin
d'augmenter la taille de nos équipes, que ce soit le nombre de bénévoles, le
nombre d'employés, le nombre de partenaires et, je ne l'ai pas mentionné, le
matériel disponible, dans certains cas aussi, pour se donner une réserve, une
marge de manoeuvre, qui était plutôt mince à la fin de l'été dernier.
• (16 h 20) •
M. Bonnardel :
...je vous pose la même question, là. Qu'est-ce qui ressort de cette
année 2023, au-delà des feux de forêt, là, de toutes les catastrophes
qu'on a connues? Qu'est-ce qui ressort du post-mortem que vous faites de 2023
en termes... en termes humains, en termes d'aide? Puis peut-être que vous
pourriez nous dire, tu sais, le modus operandi du jour 1 au jour 3 jusqu'à
tant qu'on embarque du côté de la Sécurité publique pour supporter les
sinistrés. Vous constatez quoi, là, de cette dernière année en vous disant :
Bien, ça, ça, ça, là, c'est peut-être... c'est peut-être à améliorer?
Sincèrement, je vous le dis, là, vous avez fait
un travail incroyable. Je ne peux même pas compter sur les doigts d'une main
les gens qui m'ont dit : La Croix-Rouge ne font pas le travail, on ne
répond pas à nos attentes. Sincèrement, vous avez fait
toute une job, toute une job. Mais il reste quand même qu'on est toujours en
constante... On veut s'améliorer, on veut être encore meilleurs, puis c'est ce
que j'ai dit à tout le monde aussi. Malgré le fait qu'on a bien traversé cette
saison des feux, on peut toujours être meilleurs. Donc, qu'est-ce qu'on peut
faire de mieux avec le constat qu'on fait des événements passés, là?
M. Mathieu (Pascal) : C'est
très clair. Le premier élément nous concerne, nous, en particulier. Il faut
qu'on trouve des moyens d'investir plus de ressources dans nos équipes, que ce
soient les bénévoles, mais les bénévoles, ça implique du recrutement, de la
supervision, de la coordination. Ça, c'est fait par du personnel. C'est le
premier élément pour pouvoir avoir plus de gens disponibles au cas où il y
aurait plus d'événements, des événements de plus grande ampleur.
Le deuxième élément où... Puis là c'est un peu
particulier puis c'est un peu en dehors. Je vais vous amener un peu en dehors.
On avait commencé, nous, à recruter des bénévoles et des employés autochtones.
L'été dernier, une bonne partie de notre travail a été l'accueil de communautés
autochtones. Mon apprentissage : j'en ai besoin de plus, parce que, là où j'ai des bénévoles avec un grand coeur pour
accueillir une communauté évacuée, j'ai besoin de plus qu'une personne,
qui ne peut pas tenir 24/7, pour faire l'adaptation culturelle, pour s'assurer
que ça fonctionne bien avec la communauté.
Je pense qu'on peut encore travailler. On a eu
beaucoup de rencontres avec vos équipes, M. le ministre, concernant notre
coordination, notre travail ensemble. Je pense qu'on a innové cet été, par
exemple, parce qu'on avait un bon système de vigie, une belle collaboration
avec la SOPFEU. On a... on a su un peu à l'avance où les évacuations auraient
eu lieu. Ça nous a permis — c'est
la première fois qu'on le faisait — de déplacer notre matériel à
travers le Québec, en fait, votre matériel qu'on gère, pour s'assurer qu'il soit
à proximité. Je pense qu'il y a encore du chemin à faire sur ces
innovations-là. Alors, ça, c'est un secteur où on peut être encore plus
efficaces.
Mais ma plus grande inquiétude... Je vous
remercie de dire que les gens étaient satisfaits du travail de nos équipes. Je pense que ma plus grande inquiétude,
c'est ceux qui faisaient un bon travail. Il y a des semaines où je commençais à
trouver qu'il n'en restait pas beaucoup de disponibles, parce qu'ils étaient
tous sur le terrain. Alors, c'est... c'est notre plus grand défi.
Le... Nos...
Tout à l'heure, je mentionnais, on a des ententes depuis très... en fait, c'est
Claudie qui le mentionnait, avec toutes les villes du Québec ou à peu
près. On a aussi une entente avec le ministère de la Sécurité publique depuis très longtemps. On en a une avec le
ministère de l'Immigration, le MIFI aussi, avec... Je ne l'ai pas mentionné, mais, depuis un an et demi ou dans la dernière
année, c'est 8 000 citoyens ukrainiens qui ont été accueillis au
Québec avec notre aide. Pendant que
tout ce qu'on s'est dit se passait, nous, on était aussi fidèles, à Montréal,
au mandat que le MIFI nous avait confié, qui était d'accueillir les
citoyens ukrainiens.
Je pense que
le prochain morceau, c'est d'augmenter notre capacité, parce qu'on est aussi
parfois demandés... Là, je mentionnais le MIFI, mais, gardez en tête,
là, il n'y a pas que le MSP. On a travaillé beaucoup avec le ministère de la...
de la Santé, le MSSS, lors de la pandémie. Alors là, moi, dans mon rôle de
vice-président, je dis : Bon, OK, on
travaille pour le MIFI, on a des feux de forêt partout au Québec, des
inondations, des glissements de terrain, si quelqu'un d'autre
m'appelait, par exemple le MSSS, qu'est-ce qu'il me reste comme marge?
M. Bonnardel : OK.
Sous-question : Jusqu'à quel point l'idée de cette réserve opérationnelle
peut vous aider... peut vous aider comme
partenaire? J'ai posé la même question à la SOPFEU. Jusqu'à quel point ça peut
être utile pour vous, là, comme
organisation, d'avoir... d'avoir cette réserve? Bon, il y a le côté terrain,
bras, hommes et femmes qui sont là, mais, de l'autre côté, le côté
humain est aussi important pour accompagner ces personnes évacuées pour des
raisons x, y, z, là, et selon les besoins des catastrophes que... qu'on
pourrait avoir, là.
M. Mathieu (Pascal) : C'est ce
que... Ça va être très utile, M. le ministre. C'est ce que sous-tendaient tous
mes commentaires précédents en disant : Avec l'augmentation, on a besoin
de plus de capacité. La réserve, dont beaucoup de détails restent à discuter
avec vous, pour ce qu'on en sait, est un investissement dans cette capacité-là.
Ça fait que je pense que la conclusion va de soi, alors... Et je travaille avec
des collègues dans d'autres provinces, et le Québec est la première province à
prendre cette décision. Ça a soulevé beaucoup de questions. J'ai des premiers
ministres qui ont appelé certains de mes collègues pas plus tard que la semaine
dernière suite à vos annonces.
M. Bonnardel : ...je me fais
plaisir, lors du... de la... de la rencontre avec le fédéral et les provinces,
voilà trois, quatre semaines...
M. Mathieu (Pascal) : Ah! ça
doit être pour ça qu'ils ont appelé.
M. Bonnardel : Votre... votre
président canadien était là. Puis, je le dis bien humblement, on est les
premiers, c'est ça, vous l'avez dit, les premiers au Canada à mettre cette
réserve en place.
Au-delà de
tout ça, dernière question avant de laisser la parole à mes collègues. Je suis
surpris, là. 890 municipalités, il en reste une centaine qui n'ont
pas de...
M. Mathieu (Pascal) : ...on
avait commencé avec les très grosses. Puis, quand on fait une entente, il y
a... il y a tout un processus administratif. La municipalité doit passer ça au
conseil. Nous, on les facture en fonction de la population. On a tranché, à un moment donné, que, les municipalités de
moins de 700 habitants, on n'avait pas besoin de
signer, on les couvrait gratuitement, parce que le processus administratif de
leur part et du nôtre coûtait plus cher que le chèque qu'ils nous feraient.
M. Bonnardel : Oui, c'est ça.
C'est une bonne chose. Bravo!
M. Mathieu (Pascal) : C'est
tout simplement ça.
M. Bonnardel : Bravo! Mes
collègues, avez-vous... Questions?
Des voix : ...
Mme Jeannotte : ...Mme Jeanotte,
députée du comté de Labelle, pour vous remercier...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, Mme la députée de Labelle.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président. Parce qu'effectivement, là, vous avez... Moi, je n'en suis pas
revenue, comment vous avez été présents, puis ça nous a aidés énormément.
Vous avez mentionné la question des logements,
qui est un nouvel enjeu, la crise du logement. Est-ce qu'une entente avec la
SHQ, parce qu'ils ont des outils de recherche de logement, pourrait être
quelque chose, une piste à explorer?
Mme Laberge (Claudie) : Bien,
en fait, on travaille un mandat... Comme je vous l'ai mentionné tout à l'heure,
dans... dans le cadre de notre entente avec le ministère de la Sécurité
publique, on a un mandat d'organiser l'hébergement
intérimaire. Donc, oui, on travaille avec les ressources municipales,
l'ensemble de toutes les ressources qui peuvent être disponibles pour
être en mesure de trouver des... de trouver des solutions, mais il reste que la
pénurie de logements est... est un... S'il y avait vraiment des pertes majeures
dans certains milieux d'habitation, ça pourrait devenir un problème,
effectivement.
Mme Jeannotte : Et puis,
peut-être, vous savez, les fameux lits de camp qu'on installe... Quand la
fatigue s'installe puis que les gens sont allés chez mononcle, matante, le
cousin, la cousine, mais là, à un moment donné, le cousin puis la cousine sont un peu tannés, ça fait que, là, il y a
des... il y a des lits de camp, tout ça, malheureusement, on s'est rendu
compte, en tout cas, que ce n'est pas tant prisé, hein, parce que ce n'est pas
le fun, dormir dans un gymnase. Est-ce que, de ce côté-là, vous avez des
recommandations à faire?
M. Mathieu (Pascal) : Jusqu'à
maintenant, la décision... Vous savez, les services que la Croix-Rouge offre...
OK. Je recule de deux pas. La décision, jusqu'à maintenant, d'évacuer puis de
mettre en place des services provenait des villes jusqu'à maintenant. Donc,
nous, on est, en premier, en soutien aux villes, d'où les ententes. La décision
d'ouvrir un centre d'hébergement ou de mettre les gens à l'hôtel, à la base,
appartient à la ville. Donc, dans le cas spécifique que vous mentionnez, c'est
des décisions municipales de contrôle de coûts qui fait que c'était ça, cette
option-là.
Ceci dit, nous, on a aussi... Puis on
privilégie, lorsque c'est possible aussi, de mettre des gens à l'hôtel si les
hôtels sont disponibles, principalement quand on parle de familles plus
vulnérables. Pensez à des personnes âgées, des
femmes enceintes, des gens malades. Alors, généralement, on recommande aux
villes, mais, là-dessus, jusqu'à maintenant, c'était une décision
municipale.
Mme Jeannotte : OK. Ça fait
que, quand les hôtels ne sont plus disponibles, c'est là que...
M. Mathieu (Pascal) : Ah! bien,
s'il n'y a pas d'hôtel, là, on... c'est les lits de camp.
Mme Jeannotte : C'est là qu'on
n'a plus le choix, là.
M. Mathieu (Pascal) : En
fait... Oui. Là, c'est un peu plus complexe. Quand il y a une opération
d'urgence, on a le choix, à la décision de la ville, en collaboration avec le
MSP, de mettre les gens soit à l'hôtel, soit dans des centres d'hébergement,
sur des lits de camp. S'il y a des hôtels de disponibles, parfois, souvent...
Pensez à votre exemple, là. À Mont-Laurier,
il n'y avait pas assez d'hôtels pour tout le monde, de toute façon. Alors, ça,
c'est le premier scénario.
Il y a
quelques instants, quand vous parliez de la... de la SHQ, lorsque les sinistres
se prolongent très longtemps, pensez à Lac-Mégantic ou pensez à des
inondations où il n'y a pas suffisamment de main-d'oeuvre pour reconstruire
toutes les maisons rapidement, il y a des gens qui vont être longtemps en
dehors de chez eux. On a un mandat avec le MSP, donc financé par le provincial,
qui est de chercher des alternatives qui peuvent être, par exemple, louer un
chalet pour plusieurs mois, qui peuvent être... On a déjà pris des
appartements, mais là on parle... Ce n'est plus le cas de Mont-Laurier, là.
C'est des opérations à plus long terme qui peuvent aller, par exemple, jusqu'à
l'option de, nous, louer quelques appartements, les faire meubler puis les
prêter aux gens, qui sont tannés d'être sur le divan, là. Et il existe même,
dans notre coffre d'outils... On ne l'a jamais fait au Québec, mais on l'a fait
dans d'autres provinces lorsque... Dans des conditions
extrêmes, on pourrait installer un quartier de roulottes sur une ville. Ça fait
partie d'un mandat qui nous a été confié par le MSP. Et, justement, dans le
cadre de l'analyse, on s'apercevait que c'était viable seulement si tu as beaucoup de gens pendant une longue période. Ça fait
que c'est juste pour vous expliquer qu'il y a un continuum au-delà du
lit de camp.
• (16 h 30) •
Mme Laberge (Claudie) : Je
voudrais juste compléter. En amont de ça, il y a la préparation des familles et
des citoyens. Et ça, c'est... c'est vraiment fondamental. Si les familles sont
prêtes à être évacuées, et elles savent quoi faire, et qu'elles ont un plan,
une alternative à ce qu'elles soient hébergées par leur municipalité via la
Croix-Rouge, bien, tu es mieux d'aller vers
une alternative. La solution des parents, des amis, c'est une chose, la
solution d'hébergement en hôtel,
mais, quand on parle de lits de camp, on parle à la Croix-Rouge. Nous, on
appelle ça des centres d'hébergement d'urgence. Donc, c'est d'urgence.
Ce qu'on souhaite, c'est une, deux, trois nuits maximum, pour que les gens
aient d'autres ressources à leur disposition. Donc, ce n'est pas la... La
meilleure des solutions rapides, c'est le lit de camp, mais la meilleure
solution pour plusieurs jours, c'est autre chose qu'un lit de camp, oui.
Mme Jeannotte : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : ...alors,
le temps est écoulé. Alors, nous en sommes maintenant du côté de l'opposition
officielle, et j'entends la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. Mathieu, Mme Laberge. C'est un plaisir de vous
avoir avec nous. Merci beaucoup pour tout ce que vous faites pour accompagner
nos citoyens ici et ailleurs, parce que, comme vous avez mentionné, vous avez
un déploiement d'expertise.
Je souhaite
vous entendre un peu par rapport à cette expertise que vous avez ici, comment
c'est déployé. Est-ce que ça veut dire que... Quand cette expertise est
déployée, est-ce que, nous, nos réserves sont diminuées si on fait face à des
difficultés? Ça fait que, peut-être, si vous pourriez élaborer un peu, puis
quand vous faites le choix de demander de l'expertise d'ailleurs à
l'international.
M. Mathieu (Pascal) : Donc,
vous... vous faites référence à des déploiements hors du Québec.
Mme Maccarone : Oui.
M. Mathieu (Pascal) : OK. Merci
de votre question. En fait, c'est des équipes complètement distinctes. Les personnes que la Croix-Rouge canadienne déploie
hors du Québec ne sont pas nos bénévoles. Ce sont des professionnels
spécialisés là-dedans. Donc, ce n'est pas le même bassin.
Mais l'inverse, par contre, n'est pas vrai. Je
vous explique. Lorsqu'on... (panne de son) ...à l'étranger... Il existe 192
Croix-Rouge et Croissant-Rouge à travers le monde, puis, lorsqu'on se déploie à
l'étranger, c'est toujours, toujours, toujours suite à une demande de la
Croix-Rouge locale. Les bénévoles, la main-d'oeuvre, c'est leur responsabilité
de les fournir. Alors, ce qu'on envoie, c'est des experts, des spécialistes.
Par exemple, ça peut être le personnel médical des deux hôpitaux mobiles qu'on
possède. Ça peut être, par exemple, des experts, des ingénieurs pour planifier
une reconstruction d'un village ou ça peut... Bon, vous pouvez un peu imaginer.
C'est des très hauts niveaux d'expertise. La
masse des travailleurs, on la prend sur place. Alors donc, ça n'a pas un impact
sur nos opérations.
Mais, quand je disais «l'inverse n'est pas
vrai», lorsque le ministère de la Santé m'a appelé en avril 2020 pour demander
de l'aide dans le cadre de la COVID, on a rapatrié de nos équipes
internationales nos médecins, nos experts en
santé publique et les deux hôpitaux qui ont été déployés sur le territoire
québécois. Donc, c'est plutôt l'inverse de ce que vous aviez imaginé.
Puis ensuite, si on parle d'expertise, Claudie y
faisait allusion tout à l'heure, bon, j'ai dit : Il y a 192 sociétés
nationales de Croissant-Rouge... ou de Croissant-Rouge, mais il y en a, je ne
sais pas, moi, une bonne vingtaine qui sont
des grosses organisations, il y en a des plus petites. Nous, on compte parmi
les très grandes. Alors, nos collègues des autres sociétés nationales
ont des niveaux d'expertise très élevés. Il y en a qui ont aussi des hôpitaux
mobiles comme nous. La Croix-Rouge française
est équipée pour alimenter des dizaines de milliers de personnes en eau potable
parce que c'est la spécialité qu'ils ont choisie. Tout à l'heure,
Claudie mentionnait la Croix-Rouge mexicaine, pratiquement nos voisins, qui,
eux ont, parce qu'ils vivent dans une zone de haut risque de tremblement de
terre, ont des équipes de recherche dans le cadre d'un tremblement de terre
avec des chiens, expertise très rare au Québec.
Alors, si on prend ces exemples-là à travers le
réseau, il y a une expertise qu'on pourrait... Puis il y a une disposition, dans le projet de loi, qui fait
référence à faire venir de l'aide de l'étranger, qui nous permettrait, à nous,
de faire venir des renforts à la demande du gouvernement du Québec.
Mme
Maccarone : C'est très intéressant. Comment faites-vous le
recrutement pour occuper ces postes spécialisés de professionnels?
M. Mathieu (Pascal) : La... Une
bonne partie des professionnels qu'on déploie à l'étranger font ça de façon
occasionnelle. À la Croix-Rouge, ça porte le titre de délégué. Un délégué, chez
nous, c'est une forme de pigiste, si vous
voulez. Puis là il y a... Vous pouvez faire un lien peut-être avec une future
réserve d'opération au Québec. Notre banque de délégués, c'est des gens
qui ont un emploi ailleurs, qui passent à l'avance tout le processus
d'entrevue, qui passent à l'avance les vaccins, les
formations, et qui acceptent d'être sur des listes de rappel. C'est une
condition qu'ils aient obtenu l'autorisation de leur employeur pour prendre des
sans solde de six semaines. Alors, ils prennent un sans solde de leur employeur, ils tombent sur notre salaire, parce
que je vous ai dit qu'à l'étranger on ne déploie pas de bénévoles, alors
ils tombent sur notre salaire et ils sont employés. Quelques-uns d'entre eux
font ça à temps plein parce qu'ils vont d'un contrat à l'autre, mais la
majorité, entre autres notre personnel médical, travaille dans le réseau de la
santé québécois en majorité.
Lorsque la
Croix-Rouge... J'étais déjà à la Croix-Rouge à l'époque, en 2010. Nous, on
était en plein travail lorsque le tremblement en terre en Haïti a
frappé. On travaillait avec la Croix-Rouge norvégienne, qui possédait un
hôpital de campagne et qui... On avait
convenu qu'ils allaient nous former pour que nous, on en possède un, un hôpital
mobile. Et c'est le gouvernement du Québec qui nous a permis de faire
notre première campagne de recrutement, où est-ce qu'on a recruté près de 200 médecins, infirmières dans le réseau,
qui, à l'occasion, prenaient des sans solde. Et le gain, à l'époque, ma
compréhension du gouvernement du Québec, c'est que ces gens-là qui travaillent
dans le réseau allaient chercher une
formation puis une expérience lors de catastrophes que peut-être qu'on n'aura
jamais à vivre ici, mais ils ont ramené toute cette expérience-là chez
eux. Pour vous dire, notre premier déploiement s'est fait à Haïti.
Mme Maccarone : Ça m'amène à une
autre question en ce qui concerne la formation des intervenants. Ça fait partie de votre mémoire. Je souhaite vous
entendre, parce que je... C'est bien, vous êtes encouragés par l'emphase mise
sur la formation des intervenants et partenaires à tout niveau, mais c'est
quoi, votre... votre plan, c'est quoi, votre
stratégie pour soit accompagner le gouvernement ou faire la formation
vous-mêmes? Surtout, je comprends, on parle beaucoup au niveau
international, mais ici, on ne sait pas à quoi s'attendre pour cet été.
Mme Laberge (Claudie) : OK. En fait,
à la Croix-Rouge, on a notre propre équipe de formation, donc, pour être en
mesure de développer les formations. Nous, on est spécialisés principalement
dans l'aide aux services aux sinistrés dans les centres d'hébergement, etc.
Donc, on a développé nos propres formations avec notre équipe de spécialistes
en formation. Et on a un réseau aussi de formateurs qui est en mesure de faire
ces formations-là, OK? Donc, on peut aussi aller chercher de l'aide auprès des
partenaires de formation qui donnent des cours de premiers soins pour bonifier
nos équipes de formation si on avait des centaines de personnes, par exemple, à
former. Mais, bon an, mal an, on forme à peu près 300 à 400 de nos bénévoles
nouveaux par année sur des formations de base.
Qui est bénévole à la Croix-Rouge passe en
entrevue, fait un processus de sélection et s'engage à faire de la formation.
Le curriculum de base pour être un intervenant à la Croix-Rouge, c'est environ
15 heures de formation, donc, incluant
de la formation sur la sécurité, parce qu'on travaille dans des situations qui
peuvent souvent être à risque, et comment on intervient auprès des
personnes qui ont besoin d'aide, qui sont sinistrées. Ensuite de ça, ça peut
aller pour... jusqu'à quelqu'un qui fait de
la coordination d'un site d'hébergement, jusqu'à une centaine d'heures de
formation. Donc, tout ça est fait avec des bénévoles.
M. Mathieu (Pascal) : Il y a toute
une hiérarchie puis des types de postes. Quand on parle de bénévoles à la
Croix-Rouge, des fois, les gens ont une image... Ceux qui ne les ont pas vus,
là, peuvent peut-être imaginer des retraités qui sortent de chez eux puis
qui... En fait, chez nous, nos bénévoles sont presque... sont souvent des
retraités, des jeunes retraités, mais des gens qui ont eu des hautes fonctions
professionnelles toute leur vie. Ils ont presque
tous des diplômes universitaires. C'est des gens avec un très haut niveau de
compétence. Ici même, à Québec, là, notre chef d'équipe est un ingénieur
qui gérait les bâtiments de l'Université Laval avant sa retraite. Alors, c'est
le niveau de bénévoles auquel on a accès.
• (16 h 40) •
Par contre, pour ce qui est des formations
externes, Claudie le mentionnait, on forme déjà depuis une dizaine d'années les
employés municipaux. On a un programme de formation sur l'évacuation, sur des
éléments de leur plan d'urgence. On a aussi
eu un mandat de former, depuis une dizaine d'années, puis qui vient d'être
renouvelé, les intervenants d'urgence
dans les communautés autochtones. Et ça, c'est subventionné, ce qui n'est pas
le cas des formations municipales. Alors là, il y a une place où aller.
Dans le cadre de la COVID, tantôt, je vous
disais... je vous parlais de l'appel que j'avais eu du ministère de la Santé,
en cours de route, ils ont fait appel à la Croix-Rouge pour former près de
20 000 personnes dans le réseau de
la santé, une certaine... Puis on l'a fait dans des vitesses record. Dans
certains cas, c'était de former leurs médecins spécialistes sur la
prévention et le contrôle des infections de la façon que nous, on le fait en
Afrique, parce que nos experts ont combattu
l'Ebola à plus d'une reprise. Alors, c'est plus... En fait, l'objectif était de
former 1 000 infirmières spécialistes et...
1 000 médecins spécialistes et infirmières. Je pense qu'au final on
en a formé 1 400. À ça, on a reformé un
bon... une bonne dizaine de milliers d'infirmières, préposés sur le port
sécuritaire des items de protection. Et en cours de route s'est ajouté
aussi un cours d'initiation aux premiers secours psychologiques à l'intention
des préposés, qui vivaient des moments très difficiles.
Alors, il y a une gamme, là. On parle... On
passe d'un cours de 40 minutes à un cours de plusieurs jours, avec des
niveaux différents. Mais on a la possibilité de former. Mais, après ça,
l'application de tout ça dépendra des discussions qu'on aura avec les équipes
au ministère et des mandats qui seront dessinés.
Mme Maccarone : Fascinant. C'est
fascinant, puis je pense que c'est aussi peu connu. Alors, merci d'avoir
partagé ça. J'espère que c'est de l'information qu'on va trouver plus souvent
sur la place publique quand on parle de la Croix-Rouge, parce que c'est vrai,
l'image que nous avons, ce n'est peut-être pas représentatif de la réalité.
Je souhaiterais vous voir
plus souvent dans nos écoles, parce que la prochaine question que j'aurais,
c'est le recrutement. Puis je comprends
qu'il y a eu quand même des échanges, mais... Vous faites une campagne de
recrutement en prévention. Comment ça
fonctionne? Parce que moi, ce que je souhaiterais, c'est... comme, par exemple,
mes enfants s'impliquent parce qu'ils
ont eu un appel, il y a eu une présentation à l'école, parce qu'ils aiment ça,
faire du bénévolat, puis ils sont prêts, ils sont jeunes, ils sont
habiles.
M. Mathieu (Pascal) : Jusqu'à
maintenant, on a arrêté de faire des campagnes de recrutement il y a quelques
années parce qu'on reçoit beaucoup, beaucoup, beaucoup de candidatures sans
faire d'efforts. On refuse...
Mme Maccarone : OK. Mais vous avez
dit que vous avez besoin.
M. Mathieu (Pascal) : ...on
refuse... Oui, l'enjeu, j'y arrive.
Mme Maccarone : OK.
M. Mathieu (Pascal) : On refuse
60 % des gens qui appliquent, d'une part, parce qu'on a des critères de
sélection très élevés, ensuite, en raison de nos critères de disponibilité. Si
tu veux être bénévole à la Croix-Rouge, soit qu'il faut que tu sois capable de
prendre à court préavis six à 10 jours de congé pour aller sur une
opération qui a lieu loin de chez toi, soit que tu choisis de pouvoir te
promener de garde pendant une certaine période puis d'être capable de te présenter sur un incendie dans une
heure. Ça exclut beaucoup de gens qui travaillent, ça exclut beaucoup d'étudiants, vous comprenez? Mais il y a des gens
qui peuvent le faire. Alors, ça, on est très sélectifs là-dessus, ça et les
compétences, l'attitude.
On relance...
Le deuxième élément pour lequel... Puis là c'est là que je disais tantôt...
Parce que là vous voyez une dichotomie.
Je disais à M. le ministre que j'ai besoin de plus de bénévoles, je vous dis
que je ne fais pas de campagne. Le
problème, former les bénévoles actuels nous coûte 2 millions de
dollars par année, les gérer, 1 million de plus. Alors, je n'ai pas
d'argent présentement pour grossir nos équipes de bénévoles. Ça fait que
l'enjeu, ce n'est pas le manque de candidats.
Quand le ministère de la Santé nous a demandé de
remplacer l'armée, on avait six semaines pour trouver
1 100 personnes. En six semaines, on a passé
6 000 entrevues, on a eu plus de 12 000 candidatures.
Alors, on est capables d'avoir des candidats. On a l'image de marque la plus
forte au monde. On a le logo le plus connu au monde. Quand on est sortis sur les médias sociaux et en entrevue pour
dire : Le gouvernement du Québec veut qu'on remplace l'armée, les gens se sont bousculés à nos portes.
Et comment on a fait pour faire 6 000 entrevues? Bien, les
entreprises avec qui on fait affaire,
nommément Desjardins, entre autres, et d'autres nous ont prêté à temps plein,
pendant un mois, 40 professionnels
de ressources humaines. Comment peux-tu faire des 6 000 entrevues?
Avec des amis. On a un fort réseau d'amis.
Mais l'idée
derrière ça, c'est que recruter, ce n'est pas le défi. Le défi, c'est maintenir
notre monde, puis ça, ça va prendre un investissement.
Mme Maccarone : Oui,
je vous ai compris, c'est... Oui, évidemment, ça prend de l'investissement,
mais aussi les gens sont brûlés, la fatigue...
M. Mathieu (Pascal) : Oui,
c'est ça. C'est ça, oui.
Mme Maccarone : ...oui, un
accompagnement.
Le Président (M. Schneeberger) : ...le
temps est écoulé.
Mme Maccarone : Ah! merci.
M. Mathieu (Pascal) : ...les
réponses sont un peu longues. Je m'excuse, M. le Président.
Le
Président (M. Schneeberger) :
Nous allons maintenant du côté de
la deuxième opposition, et j'entends le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci,
M. le Président. Bonjour, monsieur, madame. Merci beaucoup. À vous entendre, on
voit un peu l'ampleur de votre... votre travail. C'est impressionnant.
Je vous... je vous félicite.
Écoutez, je vais aller du côté de... d'un point
que vous avez soulevé dans votre mémoire, le renforcement des liens entre les
municipalités et avec les MRC. Évidemment, si je comprends bien, vous allez
m'expliquer, là, vous avez... comment dire, vous êtes un acteur, un témoin
privilégié lors des moments de crise. Vous êtes là avec les gens qui décident,
qui prennent des décisions, là, de toutes sortes, là, dans un moment de crise, là,
ça dépend de la crise, une inondation, un
feu, de l'ampleur, etc., là, et vous êtes en mesure de voir, d'une part, les
obstacles, les difficultés, les problèmes institutionnels qu'il pourrait y
avoir dans cette coordination-là, et, des fois, qui vous concernent
directement, et qui vous empêcheraient peut-être de faire votre travail.
D'autres fois, c'est des obstacles qui empêchent les gens de faire un bon
travail, là.
Qu'est-ce
que vous pourriez nous dire, là, sur ces obstacles-là et ces difficultés-là en
termes de coordination? Et en quoi ce projet de loi pourrait venir aider ces
situations-là?
Mme Laberge
(Claudie) : Oui. La première chose, je pense, c'est un renforcement de
la formation que les intervenants municipaux devraient avoir, OK, je dirais
bien «devraient avoir». Il y a déjà de la formation, mais je pense qu'il faut
rehausser ça pour mieux comprendre, pour mieux... pour être plus préparés,
d'une part.
Et une autre clé que
nous, on a vue à quelques reprises, c'est tout ce qui est d'entraide
municipale, donc, des municipalités qui vont aider d'autres municipalités. Ça
aussi, c'est une clé du succès. On l'a vu dans les... dans les inondations
printanières. On a vu la ville de Québec qui est allée aider la ville de
Baie-Saint-Paul. On a vu le directeur général de Lac-Beauport qui est allé
bénévolement aider le DG de Saint-Urbain dans son travail. Ça, c'est une bonne
clé du succès également puis qui fait en sorte qu'on diminue l'épuisement des
ressources également qui sont disponibles pour être à... qui travaillent au
niveau municipal.
M. Fontecilla : Mais est-ce que cette
aide doit se produire spontanément? Est-ce qu'on devrait l'institutionnaliser
ou ça va se produire quand même, cette collaboration?
Mme Laberge
(Claudie) : Bien, il y a déjà des entraides... des ententes d'entraide
municipale. Il y a déjà les associations de DG municipaux. Il y a... il y a
aussi du partenariat au niveau des services incendie, des organisations de
sécurité civile, qui sont très, très sensibles à ça. Mais il faut... il
faudrait promouvoir davantage, parce que ce n'est pas évident pour une ville,
pour des élus de dire : On a besoin d'aide, OK? Et ça, on voit souvent des
gens épuisés, dans les municipalités, qui sont... qui ont beaucoup de difficultés
à prendre des décisions ou à analyser les situations. Et c'est souvent le...
c'est souvent le frein de demander de l'aide, oui.
M. Mathieu
(Pascal) : Ce qu'il faut comprendre derrière ça, là, quand Claudie
parle de villes qui peuvent avoir besoin
d'aide, il y a une immense différence entre des très grandes villes qui,
souvent, ont un ou des professionnels à temps plein en sécurité civile,
des professionnels hautement compétents, et beaucoup, beaucoup de villes plus
petites dont l'équipe parfois est composée de trois ou quatre professionnels...
(Interruption)
M. Mathieu (Pascal) : Excusez. Tu sais, on prend l'exemple de Saint-Urbain, je me rappelle,
le DG expliquait, ils sont trois, là.
Ça fait que c'est sûr qu'il n'y a personne dans leur équipe qui est à temps
plein en sécurité civile. Alors, une partie de la... Puis ça, c'est un
facteur.
L'autre facteur que
je vous amènerais, c'est qu'il y a des villes qui ont beaucoup de récurrences
et qui ont bâti une expérience. J'ai vu, au fil des ans, Gatineau frappée
quatre fois consécutives par des sinistres, devenir très compétente en sécurité civile parce que les
sinistres revenaient. Donc, si une intervention se produit dans une ville plus
petite où il y a peu d'expérience, bien là, ils ont besoin, possiblement,
d'appui.
Alors, une partie de
la solution, comme Claudie disait, ce serait de réinvestir dans la formation.
L'autre partie pourrait se situer dans
l'entraide. On a aussi des villes, parfois, qui s'échangent de l'aide entre
eux, deux villes voisines.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci. Votre temps est écoulé.
M. Mathieu
(Pascal) : ...M. le Président.
M.
Fontecilla : Merci beaucoup.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...merci beaucoup. Alors, je vous remercie pour
l'apport à votre... pour la commission.
Alors, nous allons
suspendre quelques instants afin d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à
16 h 49)
(Reprise à 16 h 55)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, nous reprenons nos travaux. Alors, nous
accueillons maintenant les gens de l'Association des centres d'urgence du Québec. Alors, bonjour à vous trois. Alors, vous avez un
10 minutes pour faire votre exposé. Alors, je vous donne... je vous
demanderais, pardon, de commencer par vous présenter et poursuivre par la
suite.
Association des centres d'urgence du Québec (ACUQ)
Mme Raîche
(Carole) : Oui. Bonjour. Moi, je suis Carole Raîche. Je suis
présidente de l'Association des centres d'urgence du Québec et, dans ma vraie
vie, je suis aussi directrice générale du Centre d'appel d'urgence des régions
de l'Est du Québec.
M. Roberge
(Pascal) : Pascal Roberge, vice-président de l'Association des centres
d'urgence du Québec et également directeur général du Centre de communication
santé Estrie, à Sherbrooke.
Mme Chouinard (Patricia) : Bonjour.
Patricia Chouinard, administratrice de l'ACUQ et également, je vais dire comme
Carole, dans ma vraie vie, coordonnatrice de la centrale 9-1-1 de la ville
de Lévis.
Mme Raîche (Carole) : Donc, l'ACUQ
souhaite remercier M. le président de la commission pour l'opportunité qui lui
est offerte de présenter son mémoire dans le cadre des travaux sur la Loi sur
les centres de communications d'urgence, donc la loi qui va découler du même...
du projet de loi actuel.
M. le ministre, Mmes et MM. les députés,
l'Association des centres d'urgence du Québec a été créée en 2001 pour
représenter les centres d'urgence 9-1-1. En 2009, notre association
élargit son mandat afin de représenter également les missions couvertes par l'ensemble
des centres d'urgence, soit les missions de centre de répartition d'un service
de sécurité incendie, de centre de répartition d'un service de police ou de
centre de communication santé. Il existe 38 centres de communications
d'urgence au Québec. Tous sont membres de l'ACUQ.
L'ACUQ souhaite confirmer à la commission
qu'elle supporte totalement la mise en oeuvre de la Loi sur les centres de
communications d'urgence. Cette loi permet de reconnaître le maillon important
que représentent les centres de communications d'urgence au sein de la chaîne
d'intervention d'urgence. Cette reconnaissance spécifique par une loi
facilitera le développement et la mise en valeur de l'expertise de ces centres
ainsi que la reconnaissance des personnes qui assurent au quotidien la
véritable première ligne du service auprès de la population. L'ACUQ souhaite
aussi profiter de l'occasion pour remercier le ministère d'avoir procédé, le
20 février 2023, à la création d'une direction du 9-1-1 et des
télécommunications d'urgence, qui témoigne l'importance qu'accorde le ministère
au rôle qu'assument les centres de communications d'urgence auprès de la
population. Elle souhaite aussi remercier la qualité de son équipe, sa
collaboration et particulièrement son écoute et son respect face à l'expertise
de nos centres.
Recommandation n° 1 :
On souhaiterait, l'ACUQ, apporter un amendement à l'article 1 afin de
soumettre les centres de communications santé à l'application de la Loi sur les
centres de communications d'urgence. L'article 1 dit : «La présente
loi a pour objet d'assurer une réponse appropriée, efficiente et de qualité aux
communications que reçoivent les centres de communications d'urgence.»
Un centre d'urgence 9-1-1, bien, est «un
centre qui reçoit les communications[...], détermine la nature de l'urgence [...] et la transmet, avec les
renseignements pertinents dont il dispose, au centre secondaire de communications
d'urgence approprié». On parle ici : «Qu'il s'agisse d'un centre de
répartition d'un service de sécurité incendie [...] d'un corps de police ou
d'un centre de communication santé» en vertu de la Loi sur les services
préhospitaliers d'urgence.
Toutefois, le deuxième alinéa de cet article
vient soustraire à cette loi certains centres de communications d'urgence que sont les centres de communication
santé. Il y a 10 centres de communication santé au Québec. Sept centres
de communication santé seront exclus de la présente loi.
Pourquoi inclure les centres de communication
santé? Les travaux des deux dernières années relativement à la mise en oeuvre du réseau 9-1-1 de
prochaine génération, réseau de communication pancanadien dont la mise en
oeuvre officielle est prévue le 4 mars 2025, nous dictent sans
équivoque l'importance de l'inclusion de tous les centres de communications
d'urgence à cette nouvelle loi. En 2014, le Conseil de la radiodiffusion et des
télécommunications canadiennes, qu'on appelle le CRTC, indiquait que les
Canadiens devaient avoir... à des services 9-1-1 nouveaux, améliorés et
novateurs dotés de capacités fondées sur la technologie IP, aussi appelés
services 9-1-1 de prochaine génération ou services... on va dire
9-1-1 PG comme acronyme, là, usuel.
En 2018, le CRTC révisait sa position quant à la
portée de l'application de ses décisions relatives à la mise en oeuvre du
9-1-1 PG. Ce dernier redéfinissait la portée des limites du 9-1-1 PG
aux centres secondaires de communications d'urgence, qui sont les polices,
pompiers, ambulances, qui, jusqu'alors, n'étaient pas considérés dans toutes
les décisions relatives au 9-1-1.
• (17 heures) •
En 2019, le CRTC convenait que certaines mesures
devaient être établies à l'avance pour qu'une demande d'aide d'urgence puisse
être acheminée de façon adéquate, fiable et sécurisée à travers le Canada et
puisse être intelligible entre toutes les
parties. Cette décision venait imposer de nombreuses obligations en matière de
technologie, de sécurité des réseaux,
d'interopérabilité entre les centres, etc. Aucun centre de communications
d'urgence au Québec n'était encore branché au nouveau
réseau 9-1-1 PG, et, normalement, on a jusqu'au 4 mars 2025 pour
le faire. Au niveau canadien, toutes les provinces qui ont légiféré en matière
de 9-1-1 incluent leurs centres de communication santé à la loi. J'ai mis
d'ailleurs en annexe, vous allez voir, les lois et les articles de loi
correspondants.
Au niveau du ministère de la Sécurité publique,
ce dernier détient déjà une équipe d'inspecteurs qualifiés pour tenir les
inspections, assume depuis avril 2022 les coordinations provinciales du
déploiement du 9-1-1 PG par des tables d'échange regroupant toutes les
parties prenantes concernées, incluant les centres de communication santé, et, en mars 2023, le ministre de la Sécurité
publique, M. Bonnardel, annonçait un financement de 45,5 millions
pour tous les centres de communications d'urgence, incluant les centres
de communication santé. Deux exceptions, qui est la Sûreté du Québec et
Urgences-santé, mais j'en fais... j'en fais part dans mon mémoire. L'inclusion
des centres de communication santé dans le projet de loi sur les centres de
communications d'urgence est essentielle pour éviter la création de deux classes de centres secondaires. Exclure les centres de
communication santé de cette législation pourrait entraîner des disparités
dans les normes, les critères de qualité et les pratiques entre les centres
secondaires, ce qui pourrait compromettre l'interopérabilité et la coordination
entre les différents services d'urgence. Il nous apparaît donc
crucial que tous les centres de communications d'urgence soient régis par des
normes et des critères similaires pour assurer une réponse efficace et
cohérente pour la population.
Il est important de souligner que le ministère
de la Santé et des Services sociaux n'adresse pas les enjeux couverts par la
Loi sur les centres de communications d'urgence parce qu'il ne s'agit pas de
son expertise. La performance des services publics prend racine sur
l'identification de porteurs appropriés des dossiers et sur la mise en oeuvre de processus communicationnels,
administratifs et... simples, efficaces, en appui à l'expertise des acteurs
locaux.
Recommandation n° 2 :
Apporter un amendement à l'article 17 afin de prévoir la notion d'omission
à l'exonération de responsabilité. Bien
qu'il y ait eu consensus dans le cadre des travaux concernant l'ajout de la
notion de l'omission à l'exonération de responsabilité, cette notion
n'apparaît pas au libellé de l'article 17 du projet de loi. Là, je parle toujours de la future Loi sur les
centres de communications d'urgence. Toutes les provinces qui ont légiféré
en matière d'exonération à l'égard de leurs centres de communications d'urgence
ont considéré la notion d'omission involontaire au libellé de leur article de
loi. Ajouter la notion d'omission à l'article de loi n'enlève rien à personne
et permet de s'assurer que l'interprétation des tribunaux à l'égard de cet
article sera conforme aux attentes advenant une situation délétère qui pourrait
résulter d'une omission involontaire.
Recommandation 3 : Apporter un amendement
à l'article 23 pour alléger le fardeau associé à la présomption
d'infraction afin de répondre à la réalité des organisations visées. L'article
tel que proposé par le projet de loi 50 a pour effet d'imposer une
importante présomption de commission d'infraction pour tout administrateur ou
dirigeant d'un centre de communications d'urgence. De plus, le moyen de défense
qui est prévu à cet article est trop lourd à rencontrer dans le contexte
particulier des centres de communications d'urgence.
Le libellé proposé par le projet de loi se
retrouve dans certaines lois provinciales québécoises. L'objet de ces lois
diffère de celui que vise la Loi sur les centres de communications d'urgence,
laquelle s'inscrit dans un tout autre contexte.
En effet, les infractions prévues à ces lois visent principalement des
propriétaires et des exploitants d'entreprises à but lucratif, qu'ils
soient des personnes physiques ou morales.
Compte tenu de la nature particulière de la
gouvernance des centres de communications d'urgence — et je
les ai mis aussi en annexe, les gouvernances, les types de mandats dans le
mémoire — il
est important de considérer qu'une telle disposition insérée dans le... dans la
Loi sur les centres de communications d'urgence impose une présomption et un
fardeau de preuve injustifiés. Il s'agit d'un texte d'article de loi uniforme à
d'autres lois, qui n'est pas cohérent au type de gouvernance municipale et
publique des centres de communications d'urgence. Il s'agit également d'un
libellé à caractère général et imprécis quant aux critères à rencontrer par les
administrateurs et les dirigeants de ces organismes afin d'assumer le fardeau
qui leur sera imposé. Au surplus, la confusion qui risque de découler de cette
disposition pénale représente un défi d'application pour le ministère comme
pour les organisations, administrateurs et dirigeants, qui devront composer
avec une incertitude quant aux critères d'application du moyen de défense.
Conséquemment, l'ACUQ considère qu'il n'est pas
justifié d'imposer un fardeau de preuve aussi important en obligeant les
organisations et les administrateurs à démontrer qu'ils ont fait preuve de
diligence raisonnable en prenant toutes les mesures nécessaires, et là j'appuie
sur le mot «nécessaires», qui a quand même une portée importante en
jurisprudence, et ce, si une infraction à la présente loi est commise par une
autre personne ou un autre organisme. Voilà le résumé du mémoire.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Vous êtes juste à temps. Alors,
nous procéderons maintenant à une période d'échange avec le ministre
pour une durée de 16 min 30 s.
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Merci, messieurs dames, d'être là cet après-midi. Je suis content de
vous avoir. On a fait un petit bout de chemin assez important ensemble
depuis... depuis 18 mois avec les sommes qui vous ont été dédiées.
Cette loi, qui est importante, puis là ses
particularités, là, qui vont vous toucher, là, dans cette loi, une loi dans une
loi, si je peux presque dire... dire ainsi, donc, je pense que ça... ça répond
en majorité à ce que... à ce que vous souhaitiez. Il y a quelques petits points
d'interrogation qu'on va essayer de répondre ensemble. J'ai déjà fait un peu de
travail, là, pour essayer de vous donner des éléments... des éléments de
réponse.
Mais, juste avant, là, je pense que, la réponse,
je l'ai, mais je veux juste vous entendre pareil, là, sur le prolongement de la
période de validité des certificats de conformité, je pense que ce qu'il y a
là-dedans, ça vous... ça vous convient, l'adaptation aux avancées
technologiques, les pratiques interdites, tout ça, là. Rapidement, là-dessus,
je pense qu'on est à la bonne place.
Mme Raîche (Carole) : Oui, je vous
le confirme, M. le ministre. Écoutez, je l'ai dit en début de mémoire puis je
le redis, la qualité du travail que nous avons avec... avec votre équipe est
exceptionnelle, dans le sens qu'on travaille ensemble, il y a une coordination,
il y a un travail et un respect qui se fait. Et effectivement le prolongement du délai de certification, c'était une demande
qu'on avait. Tu sais, on était certifiés aux deux ans, mais ça prenait un an à se faire certifier, puis dans... On avait un an
de break, comme on peut dire en bon français, puis on recommençait. Donc,
je pense que ça, c'est... c'est tout à fait à point.
Et tout ce qu'on retrouve, effectivement, dans
le... dans le projet de loi répond à des demandes que nous avions, à part,
effectivement, quelques petits points qui se précisent un peu plus d'avance. Tu
sais, comme le fardeau de la preuve, ce n'est pas des choses qu'on avait
discutées. L'exonération, nous en avions déjà discuté, mais, bon, en tout cas, je ne sais pas ce qu'il... Puis les
centres de communication en santé, bien, c'est plus... je pense
qu'effectivement, comme vous disiez, au cours de la... des deux dernières années, avec le
9-1-1 de prochaine génération... que ça devient une évidence que, là, on ne peut plus fonctionner avec deux gouvernances.
Il faut regrouper ça au sein d'une gouvernance pour assurer une
cohérence du service qu'on doit livrer à la population.
M. Bonnardel : Vous répondez quand
même un peu à ma prochaine question, qui était celle de votre recommandation n° 1, là.
Mme Raîche (Carole) : Oui.
M.
Bonnardel : Bon, je
vous laisse me... nous réexposer, pour notre... notre gouverne personnelle, là,
puis je vais vous donner un peu le sens pourquoi on va là puis pourquoi on
va... Je vous laisse nous exposer avant d'aller plus loin, là.
Mme Raîche (Carole) : Bien, votre
question est, précisément...
M.
Bonnardel : Bien, c'est... c'est... Vous, vous dites :
Apportez un amendement à l'article 1, là. Pour vous, les centres de
communication, ceux de santé, il faudrait les incorporer.
Mme Raîche (Carole) : Oui.
M.
Bonnardel : Bon, on le sait, que c'est sous le... c'est sous
l'égide du MSSS présentement. Donc, donnez-nous, pour le... en
60 secondes, pourquoi, absolument, il faudrait... il faudrait aller là.
Puis je vais vous donner un élément de réponse qui est... qui va suivre.
Mme Raîche (Carole) : Bien, écoutez,
je vais vous dire, à brûle-pourpoint, la meilleure... la première réponse
serait : Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Ça, c'est ma première
réponse.
La deuxième, c'est que, bon, oui, effectivement,
il y a des budgets qui appartiennent au ministère de la Santé, qui sont
financés par le ministère de la Santé au niveau des centres de communication
santé, sauf que, tu sais, je veux dire, la
loi s'applique aux centres d'urgence municipaux, puis ce n'est pas le budget du
ministère de la Sécurité publique. C'est le budget des municipalités et
c'est quand même le ministère qui encadre.
L'autre chose, bien, tu sais, on nous dit :
Bien, la Loi sur les services préhospitaliers d'urgence prévoit déjà des normes de qualité qu'éventuellement eux aussi
veulent développer, mais, tu sais, dans un contexte de performance de
l'État, tu sais, on en parle beaucoup dans les derniers temps, bien, pourquoi
réécrire... Parce qu'il va falloir que ce soient des mêmes normes, là. On
s'entend, là, les normes ne pourront pas être différentes. Donc, pourquoi
réécrire deux fois les mêmes normes dans deux ministères, alors que ce serait
beaucoup plus facile d'avoir une gouvernance unique avec une loi qui regroupe
l'ensemble des éléments qui concernent les centres de communications d'urgence?
Tu sais, on a déjà la loi sur les services préhospitaliers, on a la loi sur les
services incendie et les services de police qui
nous impactent, dans leurs décisions, dans leur cadre, par rapport à... Le fait
que... Tu sais, je veux dire, les schémas de couverture de risques, les déploiements, les déploiements en fonction
du niveau de risque, en santé, les priorités, bien, c'est tous des
éléments qui nous impactent.
Par contre, on a besoin d'avoir une loi-cadre,
pour les centres de communications d'urgence, en lien avec nos enjeux et nos
mandats, qui sont précis, pour assurer une transparence puis une fluidité du
service à la population, parce que, vous
voyez dans notre annexe, là, il y a plein de centres d'urgence. Les gens
pensent, quand ils font le 9-1-1, là, que, tu sais, c'est...
M. Bonnardel : Oui, c'est tout...
Oui, mais c'est complexe.
• (17 h 10) •
Mme Raîche (Carole) : ...ce n'est
pas si complexe que ça, mais, au fond, c'est toute une complexité en arrière de
ça. Et ça, je pense que le ministère de la Sécurité publique a l'expertise pour
gérer ce mandat-là global puis cette
interface-là qu'on... le rôle qu'on joue entre les citoyens et les intervenants
d'urgence. Et cette interface-là, qu'on soit santé, qu'on soit pour la
police, qu'on soit pour l'incendie, est la même. On doit travailler en
collaboration. Puis le 9-1-1 PG nous amène beaucoup d'éléments qui vont
nécessiter ce travail de collaboration là, beaucoup, beaucoup, beaucoup. Ça vient renforcir. Et c'est là qui,
dans nos éléments, nous dit : Bien, on n'a pas le choix, il faut aller
vers ça.
Puis,
peut-être, je ne sais pas si M. Roberge veut ajouter quelque chose, parce que,
tu sais, un centre de communication santé a un mandat unique. Moi, j'ai
les deux.
M. Roberge (Pascal) : Si je peux
rajouter, en fait, on écoutait les gens de la SOPFEU tantôt, quand ils ont
parlé de plusieurs intervenants au niveau de l'intervention, et tout ça, bien,
c'est un peu le même type de situation qui peut nous... qui peut se produire si
on a deux ministères avec deux règles différentes ou des paramètres qui ne sont
pas les mêmes. Bien, quand... quand vient le temps de faire des interventions
au niveau terrain ou quand vient le temps de descendre des procédures, des
politiques, bien là, on a... on va avoir deux instances qui... avec des centres
différents.
Il faut comprendre que les centres de
communication santé comme le mien, on ne fait pas de police, on ne fait pas d'incendie. Donc, on est gérés à
100 % par le ministère de la Santé. Mais, les interventions qu'on fait
ensemble au quotidien, parce que c'est vraiment au
quotidien qu'on travaille ensemble avec les autres centres secondaires, bien, si les critères sont différents ou si les
intervenants... Même si les critères sont pareils, quand on fait face à des
individus, si les individus sont
différents, bien, la façon de les interpréter ou la façon de les gérer devient
peut-être problématique, donc, de là
l'importance d'être chapeautés par une seule et unique loi, au niveau des
centres de communications d'urgence, pour pouvoir, effectivement, rendre
un meilleur service aux patients. Parce qu'on a parlé... Tantôt, on a parlé
d'événements tragiques avec la Croix-Rouge. On les... on les traite au
quotidien, ces événements-là. Donc, si on n'est pas les... sur les mêmes
règles, sur les mêmes égides, sur les... avec les mêmes personnes, quand il va
arriver des situations problématiques au niveau terrain, bien, on peut s'en
ressentir au quotidien, et à ce moment-là c'est le service à la population
direct qui peut être menacé. Puis on joue avec des vies, là, on... Je deviens
un peu émotif quand je parle de ça, mais on joue réellement avec des vies au
quotidien. Ça fait que je pense que c'est important que la ligne directrice
vienne de la même source.
Mme Raîche (Carole) : Puis, pour
rallonger votre 30 secondes, M. le ministre, que vous m'avez accordé,
parce qu'on y croit vraiment, si on y va avec la technologie du 9-1-1 PG, bien,
je veux dire, on va... éventuellement, avec le 9-1-1 PG, on va pouvoir faire du
texto en temps réel aux centres d'urgence. Actuellement, la population ne peut
pas texter aux centres d'urgence 9-1-1. On va pouvoir faire ça. Bien, ça,
c'est... que tu sois santé, police ou incendie, ça ne change rien sur la
technologie, l'arrimage de technologie. On va... On doit répondre... Ils
appellent ça le EIDO, là, mais c'est... c'est en anglais, c'est qu'on va
être... devoir être capables de s'échanger en temps réel des données dans nos
cartes d'appel, dans nos systèmes informatiques pour être capables de... Par
exemple, moi, je vais pouvoir envoyer à Lévis, écrire une information, si on
intervient ensemble sur des interventions, lui écrire une information, puis elle, elle va pouvoir le
consulter, me le modifier, me le renvoyer. Et ça, ça prend... C'est des
technologies. C'est au-delà du mandat d'intervenant terrain qu'on
dessert. C'est vraiment le mandat de centre de communications d'urgence.
Et le 9-1-1 PG, là, ce n'est que le début. Le 4
mars 2025, là, si la date n'est pas reculée, ce n'est que le début. Ce n'est
pas un aboutissement, là. Éventuellement, il va y avoir probablement des vidéos
qu'on va pouvoir se transférer, de la
documentation. Comment on applique la gestion de la documentation, des
renseignements personnels? Quelqu'un
nous envoie son dossier médical au 9-1-1, qui qui a accès? L'application de la
loi 25 sur les renseignements... Écoute, il y en a, là, il y en a pour
avoir du fun pendant encore plusieurs années, mais il va falloir avoir une
gouvernance qui va être plus... qui va être vigoureuse par rapport à
l'ensemble des centres de communications d'urgence. Je l'ai mis dans ma chaîne
à la fin. Puis on le voit bien, là, tu sais, la santé est comme une bibitte à
part, c'est un peu ça.
M. Bonnardel : Non, non, mais
je peux comprendre, je peux comprendre, là, les points... les points que vous apportez. Vous le savez, vous l'avez sûrement
suivi, le PL 15 a été... a été voté. C'est un projet de loi qui était
énorme. Il y a une refonte du préhospitalier dans tout ça. Veux veux
pas, les deux ministères, nous et eux, il y aura un arrimage qui va se faire, autant du côté des dispositions législatives
ou réglementaires. Donc, on va... Pour la suite, là, je veux quand même vous rassurer, là, vous
rassurer là-dessus, là, pour nous, si ça reste comme tel, il y aura... il y
aura nécessairement des arrimages importants qui seront faits entre les
deux pour s'assurer qu'autant du côté du 9-1-1 conventionnel, si je peux le
dire ainsi, versus santé, bien, il n'y aura pas des disparités, là. Ce n'est
pas le but, là, ce n'est pas le but d'en arriver à qu'un soit plus sévère que
l'autre, là. Je pense que l'arrimage des deux, je pense que c'est le bon mot,
là, doit être... doit être partie prenante des activités que vous faites, là,
pour... pour la suite, là.
L'autre point où je veux vous rassurer aussi,
c'est le critère d'omission. J'ai lu... j'ai lu la portion de mémoire où vous
le mentionnez, là. Déjà, notre sous-ministre va... a mis l'équipe au travail
pour voir de quelle façon on peut... on peut intégrer ce... Bon, il y a
toujours des particularités avec les légistes.
Mme Raîche (Carole) : Je n'en
doute pas.
M. Bonnardel : Je reste
là-dessus, je ne vais pas plus loin, mais c'est ça. Alors, on est... on va être
au travail, là, pour être capables de voir si on peut... si on peut adapter
cette recommandation, apporter un amendement, là, pour prévoir la notion
d'omission dans cet article.
Et voilà. Donc, c'est un peu... c'est un peu...
Puis, la recommandation n° 3, là, donc, je veux vous
entendre un petit peu plus aussi, là, sur le
dernier point que vous avez mentionné, là, dans votre mémoire, là, sur la
présomption d'infraction, là, qui est reliée... qui serait reliée, là, aux
organisations visées, plus précisément, là, aux administrateurs. Je
pense que c'est ça qui est...
Mme Raîche (Carole) : Oui,
c'est ça, exactement.
M. Bonnardel : Je vous laisse
m'exposer un peu ça aussi, là, rapidement, là.
Mme Raîche
(Carole) : Bien, en fin de compte, dans les... au niveau des
organisations, tu sais, les administrateurs qui sont sur nos conseils
d'administration, qu'on parle des régies intermunicipales de police ou qu'on
parle d'un centre comme... un OBNL comme nous, bien souvent, c'est des élus ou
c'est... tu sais, c'est des gens qui vont travailler peut-être avec des jetons
ou du bénévolat. Donc, si on n'est pas dans le même niveau que quand on
s'adresse par la loi, par exemple, à la loi sur... tu sais, contre le tabagisme
ou ces choses-là, c'est quelque chose qui est complètement différent.
Et, tu sais, dans un
centre d'urgence, bien, je veux dire, tu dois, comme administrateur, faire
preuve de diligence raisonnable, c'est-à-dire d'assurer une vigilance, hein,
d'assurer un niveau de risque, mais là on va très, très loin dans dire «toutes
les mesures nécessaires». Bien, c'est quoi, toutes les mesures nécessaires?
Comment l'administrateur peut se prémunir contre toutes les mesures
nécessaires? Et comment, après ça, le... on peut établir son fardeau de preuve
ou son fardeau de dire : Bien, voyons, j'ai tout fait? C'est quoi, les
mesures nécessaires? Ce n'est pas clair.
Et là je trouve que, par rapport à nos
organisations publiques, des organisations qui sont majoritairement aussi
municipales, on ne fait pas... Tu sais, on ne fait pas affaire avec le privé
ici. Donc, je trouve que c'est un autre niveau de responsabilité qui devrait
être considéré, qu'il soit plus en relation avec ce qu'on retrouve normalement
dans nos organisations publiques, là, comme fardeau de preuve.
M. Bonnardel : On va faire
notre travail, mais les deux mots, je pense, c'est important, dans l'article de
loi, c'est «diligence raisonnable».
Mme Raîche (Carole) : Exact.
M. Bonnardel : Ce sont ces deux
mots, là, qui font foi de tout, là, pour s'assurer que... Quand on le... on le
prononce, on le dit, bien, cette diligence, elle est faite en bonne et due
forme, bien, ça exonère les administrateurs comme tels. Puis c'est un texte ou
des termes qui sont utilisés dans d'autres lois, mais je regarde... on va le
regarder quand même aussi, là, pour être certains qu'on répond convenablement à
vos... à vos craintes, là, aux craintes.
Mme Raîche (Carole) : Oui,
parce que, nous, le petit bout qui nous fatigue — l'approche diligente
raisonnable, ça va — c'est
quand ça... il ajoute «en prenant toutes les mesures nécessaires».
M.
Bonnardel : ...les
précautions nécessaires.
Mme Raîche (Carole) : Que c'est que
ça veut dire, ça, pour un administrateur, tu sais, «toutes les mesures
nécessaires», dans un contexte d'une loi comme celle-là?
M. Bonnardel : OK. Merci pour
vos interventions. Je ne sais pas si mes collègues ont des questions pour...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Députée de Labelle.
Mme Jeannotte : ...oui, merci,
M. le Président. Donc, merci pour votre mémoire. Puis peut-être vous entendre
sur le 9-1-1 prochaine génération. Dans le fond, qu'est-ce que ça va changer,
ça, pour les Québécois?
Mme Raîche (Carole) : Bien,
comme on dit, là, on est présentement sur des liens analogiques, donc on peut
faire un appel vocal standard, tandis que la téléphonie IP, premièrement, c'est
un nouveau réseau pancanadien. Donc, tous les centres d'urgence au Canada, on
va être reliés ensemble. Donc, on va pouvoir, nous, prendre un appel, puis, si
c'est un appel de quelqu'un qui s'inquiète de sa fille qui est à Vancouver, on
va pouvoir prendre l'appel puis le transférer à Vancouver sans problème. Et là,
pour être capables de faire ça, un peu comme le CRTC dit, bien, il faut rehausser tout l'ensemble de notre technologie à
un niveau qui nous permet de tous parler le même langage. Et c'est là qu'arrive
la notion des... tu sais, des normes technologiques, la notion de cybersécurité.
On s'entend-tu, par rapport à ça, que c'est un énorme enjeu? Donc, c'est
vraiment tous ces éléments-là.
Puis on va avoir... Ça va... L'objectif du CRTC,
c'est d'améliorer l'accessibilité des Canadiens et des Canadiennes au
réseau 9-1-1 en leur donnant d'autres opportunités que juste un appel
vocal. Tu sais, on a déjà eu, à un moment donné, dans des tueries... Tu sais,
aux États-Unis, on voyait ça, tu sais, les gens faisaient des textos, là. Bien,
tu sais, nous, vous ne pouvez pas texter au 9-1-1, même si vous êtes en danger.
Bien, éventuellement, ça va être ça. Mais ce
ne sera pas un SMS, là. On appelle ça un texto en temps réel, c'est-à-dire que,
tu sais, la personne va texter, puis, si
elle recule, puis elle efface, puis elle écrit un autre mot, on va le voir en
direct. Donc, c'est vraiment des technologies qui sont vraiment
poussées.
Ça demande beaucoup d'investissements.
D'ailleurs, c'est pour ça qu'on a remercié le ministre de mettre de l'argent,
parce que ça prend beaucoup d'argent à l'intérieur de ça. Et éventuellement ça
va nous permettre d'envoyer beaucoup d'autres choses aux centres
d'urgence 9-1-1 que... Là, on parle du texto, mais on parle de toutes
sortes de documents que les gens vont pouvoir nous envoyer. Ils vont pouvoir
envoyer de la vidéo, de la photo, tu sais, des... Ils vont filmer un événement
en direct, ils vont pouvoir nous envoyer ça.
Bien, comment on gère cet événement-là? On
envoie quoi à la santé? Qu'est-ce qui est... qu'est-ce qui est approprié? Puis
nos répartiteurs, là, ce n'est pas tous des policiers puis des pompiers, des
ambulanciers. Donc, comment nous, on va
gérer cette information-là? Comment on va... comment on va l'ouvrir, ce
dossier-là? Quels sont les enjeux de
post-traumatique associés à ça, tu sais? Donc, il y a énormément de questions.
Écoutez, les 10 prochaines années, on va avoir du fun pour...
• (17 h 20) •
Mme
Chouinard (Patricia) : ...ou les gens qui connaissent moins ça, c'est le
plus gros changement que le 9-1-1 va vivre depuis les 20, 25... depuis son...
depuis son entrée en fonction, en fait. Puis c'est vraiment... Actuellement, il
y a des contraintes
technologiques qui fait que ce n'est pas... ce n'est pas possible de transférer
un appel à Vancouver. Donc là, c'est vraiment ça qui va ouvrir cette... Cette
nouvelle technologie là, mais au gré de plusieurs investissements, va
faire qu'il va y avoir une facilité pour le citoyen et entre centres à
communiquer ensemble.
Mme Raîche (Carole) : Donc, de là
notre importance d'une gouvernance unifiée, je le répète. Je suis comme une
goutte, moi. Supplice de la goutte, M. le ministre.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
ça va comme ça? Alors, s'il n'y a pas d'autre question, nous allons du côté de
la... l'opposition officielle avec la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. J'aime ça, l'image de la goutte, je trouve très bon. Je suis à
l'opposition, alors, souvent, je me trouve moi aussi comme une petite goutte.
J'essaie de faire avancer les choses.
Merci. Merci pour votre présence puis vos
explications qui sont très claires. J'apprécie énormément ce que vous faites. C'est quelque chose que... Depuis que
j'ai la chance de porter le dossier de sécurité publique pour ma formation
politique, je suis passionnée par ce que vous faites. Les répartiteurs, les
appels 9-1-1, c'est fascinant. Puis c'est vrai, vous êtes première ligne.
Alors, je suis curieuse de vous entendre, parce
que c'était médiatisé dernièrement, malheureusement. Parce que, là, on parle de prochaine génération, la
technologie, faire un appel d'ici, transférer à Vancouver, mais on a entendu
dernièrement qu'il y avait des Québécois quand même qui ont fait des appels,
qui sont francophones, qui n'ont pas pu être répondus en français. Quelle est
votre vision, solution, maintenant qu'on parle d'un règlement? C'est CRTC. Je
peux vous donner tout le temps que vous souhaitez, ça fait que... Mais je
souhaite vous entendre là-dessus, parce que je comprends que c'est... c'est
complexe, c'est délicat. Puis là c'est des contrats qui sont sous-traitants, ce
n'est pas nécessairement géré ici, ça fait que ce n'est pas sous votre
responsabilité nécessairement, mais, étant donné qu'on va faire une évolution,
qui est une révolution, à l'intérieur de le 9-1-1, comment voyez-vous cette
transition?
Mme Raîche (Carole) : Bien, écoutez,
je suis contente que vous nous posiez la question, parce que ça, c'est la patte du canard qui est cassée, donc, dans le
sens qu'au niveau... Ce que le CRTC a pris comme décision, c'est qu'il
permet à des... Lui, son objectif au départ, c'est d'améliorer la compétitivité
pour les Canadiens et les Canadiennes relativement aux économies ou aux frais
de facturation des compagnies de téléphone cellulaire et puis... cellulaire
puis la téléphonie IP particulièrement. C'est plus IP, là, je ne veux pas mêler
les choses. Donc... Puis ces gens-là, ces compagnies-là sont... sont autorisés
par le CRTC de faire affaire avec un tiers parti, qu'on appelle, donc de ne pas
être sur le réseau 9-1-1 et de ne pas avoir à payer les frais pour être
sur un... le réseau 9-1-1, qui est un réseau privé. Donc, ces gens-là
signent des contrats avec des centres d'appels qui ne sont pas régis, qui ne
sont pas réglementés par personne, qui sont
un peu dans l'air, mais c'est autorisé. Et ils signent avec ces gens... avec
ces centres d'appels là, ces
compagnies de téléphone là signent avec ces centres d'appels là, qui, eux,
après ça, bien, doivent faire une évaluation de l'appel et nous le renvoyer dans le bon centre. Et ça, la mise en
place du 9-1-1 PG ne changera rien à ça. Donc, ces compagnies de
téléphone IP là qui veulent...
Tu sais, je... C'est une notion économique, le
CRTC. Parce que nous, on s'est déjà opposés contre, là, puis je ne sais pas si Patricia veut renchérir, mais on
s'est déjà, comme ACUQ, dit contre cette notion-là parce qu'on trouvait que ça avait un préjudice face à la sécurité
publique. Mais lui, le CRTC, sa position, c'est d'améliorer la compétitivité
entre les fournisseurs de téléphonie IP en leur...
en leur diminuant les frais qu'ils ont à payer, puis un frais de
réseau 9-1-1, bien, c'est... il semble que ce soit un frais. Donc,
ils font affaire par ces tiers partis là, et malheureusement ça... ça, ça va
demeurer.
Et l'enjeu qu'on a, c'est que, normalement,
quand ils vendent, ces compagnies-là, ils sont supposés de dire : Bien, tu
sais, tu as... tu fais affaire... tu vas avoir un accès limité au
service 9-1-1. Ils sont supposés écrire ça dans leurs publicités, sur leurs facturations. Probablement qu'ils le disent
dans leurs contrats en petit, mais les gens ne sont pas vraiment informés de ce que ça représente
comme risque puis comme décision éclairée quand ils font l'achat de... le
choix d'un forfait. Donc, ils se ramassent avec des situations comme ça.
Et, si on veut porter plainte au CRTC pour
dire... porter plainte, là, bien, nous, on a déjà essayé d'appeler, là, puis
nous, on est dans le milieu, là, puis on n'a pas été capables de trouver la
personne. Donc, il n'y a pas vraiment de
processus pour être capable de porter plainte au CRTC. Mais ça, c'est fédéral,
là, tu sais, que... On est... Nous autres, on est, tu sais... Si on va, là, dans le palier de gouvernement, on est
fédéral, provincial, municipal, donc nous, nous autres, notre pouvoir
qu'on a de changer ça... Mais l'ACUQ, on travaille avec l'agence municipale au
niveau du CRTC. On a déjà déposé un mémoire parce qu'il y a déjà eu un rapport
du coroner sur un décès suite à une situation comme ça dans l'Outaouais, mais
ça n'a rien changé. Donc là, je ne peux pas vous en dire plus.
Mme Chouinard (Patricia) : ...de
ces... de ces situations-là, c'est bien, mais, en même temps, ça arrive au moment où on se dit : Les gens vont confondre,
justement, la téléphonie IP versus le 9-1-1 PG, qui est de la téléphonie IP,
là. On se dit : Les gens vont penser,
justement, qu'il va y avoir de l'amélioration, puis malheureusement ce n'est
pas le cas. Et, pour tous les centres 9-1-1, ce n'est pas agréable
de gérer ces appels-là, ce type d'appels là, parce que l'appelant arrive, et
souvent ça fait 10 minutes qu'il se fait balader d'un centre à l'autre,
puis c'est...
Mme Maccarone : Mais le choix est
fait parce qu'on sauve de l'argent, parce que... Je sais que vous faites face
aussi à des difficultés de recrutement. C'est un poste qui est très, très, très
difficile. Il y a un impact majeur sur les personnes qui
travaillent sur la première ligne, santé mentale. Il faut... ça prend un
accompagnement, surtout quand on parle des centres de répartition. Souvent, on
perd les gens des centres de répartition pour aller au 9-1-1. Alors, est-ce que la réponse à ça, c'est de faire
plus de recrutement, d'ouvrir plus d'OBNL pour être en mesure d'offrir
ce service? C'est quoi, la réponse pour éviter qu'on fait recours à...
Mme Raîche
(Carole) : Aux partis tiers? C'est que les fournisseurs... Tu sais, je
veux dire, il y a... il y a un centre au Québec, entre autres, qui fait du
parti tiers, qui répond, mais c'est des centres d'appels qui sont... c'est des
centres d'appels privés qui vont répondre à des compagnies privées avec
lesquelles ils font des ententes. Ça ne nous touche pas du tout, nous autres.
On est... C'est comme un réseau parallèle, on va dire, au vrai
réseau 9-1-1, tu sais. Donc, ça n'a pas
rapport avec notre recrutement, ça n'a par rapport avec l'argent, parce que, de
toute façon, la téléphonie IP, ils nous versent quand même une taxation, mais
c'est... c'est juste que, pour embarquer sur, on va dire, le réseau 9-1-1
privé, bien, il y a des frais
additionnels. Et ça, le CRTC leur permet de ne pas... d'être à part. Mais, tu
sais, ces appels-là nous arrivent sur une ligne à 10 chiffres standard,
là, même ligne qu'on appelle n'importe qui, là. Donc, il n'y a pas d'affichage, il n'y aura pas de fonctionnalité,
puis il n'y en aura pas plus avec le 9-1-1 PG, mais... Puis les gens achètent
ces forfaits-là de ces compagnies-là parce que c'est moins cher.
Mme Chouinard
(Patricia) : ...avec ces compagnies-là parce que c'est moins cher.
Mme Raîche
(Carole) : Mais il ne le sait pas, quels sont les risques que ça
représente au niveau de sa sécurité, parce
qu'ils ne sont pas nécessairement expliqués, parce que personne, au niveau du
CRTC, ne supervise ça. Et puis, même s'il veut porter plainte, bien,
bonne chance, tu sais. Voilà. Mais, tu sais, ce n'est ni du gouvernement
provincial ni à... du niveau municipal. C'est vraiment de la responsabilité du
fédéral par rapport à ça.
Mme
Maccarone : Je comprends. J'essaie de penser, par contre, s'il y a un
amendement que nous pouvons aborder ici,
dans ce projet de loi, pour s'assurer que, quand il y a des citoyens qui font
des appels qui sont francophones... qu'ils sont répondus en français
puis...
Mme Raîche
(Carole) : En français.
Mme
Maccarone : Mais je comprends que c'est complexe. Je comprends qu'il y
a aussi le CRTC, je comprends qu'il y a fédéral, mais, il me semble, il y a
quelque chose que nous pouvons faire à l'intérieur de ce projet de loi pour
s'assurer de la protection de tous nos citoyens et citoyennes.
Mme Raîche (Carole) : Oui, puis il y a... Bien,
comme elle dit, Patricia, il n'y a pas juste la notion de français, il y
a la notion de connaître le territoire, là, tu sais...
M. Roberge
(Pascal) : La localisation.
Mme Raîche
(Carole) : ...la localisation, parce que c'est un enjeu. Bien, je vais
te laisser peut-être...
Mme Chouinard
(Patricia) : Bien, des exemples, on en a au quotidien, là, que le
siège social de cette compagnie-là est à Montréal. Donc, pour cette... ce
centre d'appels là qui n'a pas les données que nous avons dans les
centres 9-1-1... Je ne sais même pas si... Ils tapent-tu ça sur Google
pour savoir l'adresse? Je ne sais pas ce qu'ils font. Bien, ils vont transférer l'appel au 9-1-1 Montréal, mais la
situation, elle ne se passe pas là, elle se passe dans l'autre usine qui est dans l'Est du Québec. Donc, c'est...
On doit faire du rattrapage quotidiennement pour des situations comme ça.
Mme
Maccarone : Je souhaite vous entendre par rapport à la formation. Vous
avez, dans... Vous parlez beaucoup de certification des centres de
communications d'urgence, ça fait que ça peut être une question à double tranchant, mais je souhaite comprendre toutes les
mesures que vous devez prendre pour avoir cette certification puis ce que
vous devez faire aussi auprès de tous les membres qui font partie de votre
regroupement en termes de formation. Un an,
c'est long, tu sais, mais je pense que ça... ça va nous aider à comprendre le
rôle essentiel que vous vous occupez. Puis c'est aussi un milieu
méconnu, tu sais, veux veux pas, comme vous avez dit, on... Tu sais, 9-1-1, on
ne sait pas tout ce qui est derrière tout ça. Ça fait que je pense que ça va
être aidant pour les gens qui suit nos travaux de bien comprendre la complexité. La raison que je pose cette question, c'est
parce que, quand on arrive à vos recommandations suivantes par rapport à
des exonérations, je pense que les gens vont mieux comprendre quand on comprend
toute la complexité derrière tout ce que vous faites.
Mme Raîche
(Carole) : Bien, c'est sûr que, la formation, il y en a déjà de prévue
dans le... au niveau de la certification,
sur le nombre d'heures qu'on doit donner. Mais il y a... effectivement, il y a
tellement d'enjeux, d'éléments à... Tu sais, quand on reçoit un appel
puis quand on parle de l'exonération de responsabilité, là, c'est qu'au niveau
d'un appel il y a tellement d'éléments que... ce que notre personnel doit
faire, il y a tellement de coordination qu'il doit faire. Et, quand on parle de
déploiement d'équipes incendie, bien, il ne faut pas que tu en oublies une, là,
tu sais, puis surtout que, s'il y en a...
Puis astheure, avec les déploiements, tu peux avoir trois, quatre équipes
incendie. Il ne faut pas que tu oublies de... Des fois, c'est...
• (17 h 30) •
Puis
c'est tout informatisé, hein? Il n'y a rien, là. C'est tout informatisé, c'est
des clics, là. Tu sais, on clique là, on
clique là, on clique là puis on clique là, tu sais. Donc, des fois, vous ne
cliquez pas à la bonne place dans un écran, là, de... comme ça, bien, ça
peut faire qu'au lieu que ce soit une priorité urgente, ça peut être une
priorité moins urgente, puis là c'est un déploiement qui est différent, qui
peut amener un délai supplémentaire. Et il y a tellement de mini, microactions
que c'est sûr que c'est facile de faire un oubli par rapport à ça.
Puis, quand on parle de formation, avec ce qui
s'en vient au 9-1-1 PG, dans lequel tous nos centres vont être, bien, écoutez,
on... Tu sais, même la technologie se développe encore, et ça va prendre
énormément de formation. On parle juste en
texto, là, tu sais, comment les gens vont nous écrire? Tu sais, parce que nous,
admettons, on est plus vieux, tu
sais, mais les jeunes, là, ils écrivent avec des acronymes que... Tu sais, ce
n'est pas sûr qu'on comprend tout.
Donc, tu sais, il va y avoir une éducation du
public à faire sur la façon d'écrire, une éducation à nous, comment on pourra
comprendre ces messages-là. Puis en plus ça va avoir du traitement beaucoup
plus long. Tu sais, le traitement texto, ce
n'est pas comme on parle, là. Tu sais, moi, je ne suis pas capable d'écrire
aussi vite que je parle, tu sais, c'est sûr. Donc, tu sais, c'est un peu tout
ça. Donc, il y a beaucoup de formation qui... Puis, sur le nombre
d'heures puis le temps réel qu'on va avoir besoin de formation pour le 9-1-1
PG, ça nous reste encore à définir.
M. Roberge
(Pascal) : ...choses inconnues pour nous encore, ce qui va se
produire. Puis c'est des changements aussi de système, en plus, c'est... Nos
répartitions assistées par ordinateur vont changer aussi. Est-ce que le
répartiteur va voir si on a du vidéo? Comment on va traiter le
post-traumatique, comme expliquait à Carole plus tôt?
Puis je vais aller un peu plus loin au niveau de
la formation suite à votre question, Mme la députée. C'est en lien avec la santé, parce que je parle pour ma
paroisse parfois. Alors, on est formés cliniquement aussi pour comprendre
les problèmes de santé. En général, on a des formations de premier répondant
élargies, surtout téléphoniques, parce qu'il faut comprendre que nous, on
travaille avec nos oreilles, pas nos yeux et nos mains. Donc, on a beaucoup
d'heures de formation qui est reliée au clinique pour essayer d'aider les
patients en attendant l'arrivée des secours, que ce soit le massage cardiaque,
le...
Une voix : ...
M. Roberge (Pascal) : Oui,
plusieurs consignes au niveau médical. On a 33 protocoles médicaux. Il y a
des protocoles au niveau police qui s'en viennent. D'ailleurs, ce... on revient
à ce qu'on disait tantôt par rapport à la norme
n° 1, où le... ce qu'on demande de modifier, c'est
qu'on va avoir des interventions policières, au niveau de notre protocole santé, qui vont être incluses à travers
ça. Ça fait que, oui, il y a beaucoup de formation sur les 33 protocoles.
Il y a des formations sur l'utilisation des
RAO assistées par ordinateur, le territoire, les territoires adjacents, les
collègues, les ressources qui peuvent venir en entraide. Donc, c'est...
c'est tout ça qu'on travaille quotidiennement au niveau de la formation.
Vous avez parlé de recrutement. C'est sûr que le
recrutement, ce n'est pas évident. Dernièrement, il y a eu des négociations au
niveau des conventions collectives. Ça nous a donné un petit coup de main,
parce que les salaires des gens au niveau des 9-1-1, ce n'était pas très élevé,
n'en déplaise à ceux qui pensent que ce l'était, mais ça nous a donné un petit
coup de main. Mais il n'y a pas juste le salaire, il y a aussi... Les gens qui
font ce métier-là, ils le font par coeur puis...
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
M. Roberge (Pascal) : ...par plaisir
d'aider. Ça fait que... Désolé, ça se peut que, quand on... quand je pose une
question, je parle trop. Je suis désolé.
Mme Maccarone : Bien non, c'était
bien. Merci.
M. Roberge (Pascal) : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
bon. Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième
opposition, et j'entends le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Bonjour, messieurs dames. Vous nous introduisez dans un domaine, en
tout cas, très... très nouveau pour moi, avec un niveau de complexité certain,
là. Vous mettez beaucoup l'emphase sur la notion de l'inclusion, si je
comprends bien, des centres de communication santé dans le périmètre de la...
du PL... PL 50, là. Bien, vous avez fourni, dans votre mémoire, un schéma très
instructif, là, de la chaîne.
Je voudrais, très rapidement, à mon bénéfice et
au bénéfice des gens qui nous écoutent, faire connaître... connaître votre
réalité et surtout votre fonction, là. Donc, il y a un citoyen qui appelle, je
suppose, pour un problème de santé urgent, et ça passe par un centre d'urgence.
C'est référé, ensuite, à un autre centre qui serait le centre de communication
santé. Ensuite, cet appel-là se fait référer à un intervenant terrain, et il y
aurait un service à la population au bout, là. Juste comprendre votre... votre
chemin. Mais vous, là, les centres de communication santé, là, quel est votre
rôle, finalement?
M. Roberge (Pascal) : Tu y vas?
Mme
Raîche (Carole) : Bien, écoutez, je vais... il faut juste
comprendre... puis je vais laisser Pascal continuer. Tu sais, il y a plusieurs réalités. Par exemple,
si on prend, ici, Lévis, c'est un centre 9-1-1. Si c'est un appel
qui concerne les... la police ou les pompiers, elle va conserver son
appel. Elle va le traiter au complet parce qu'elle a aussi ces mandats secondaires là. Et, si elle a besoin de la
santé, elle va le transférer au centre de communication santé de son secteur.
Moi, ici, je suis une autre bibitte. Donc... Et
je fais du 9-1-1, je fais de l'incendie et de la santé. Donc, si
l'appel 9-1-1 sur l'Est du Québec rentre chez moi, bien, je vais
traiter... je vais garder l'appel si c'est un incendie, je vais garder l'appel
si c'est en santé, je vais faire mon traitement. Et, si ça concerne la police,
bien, sur mon territoire, c'est
principalement la Sûreté du Québec, et j'ai des communautés autochtones policières,
donc c'est mes partenaires, tandis que, pour son territoire, bien, lui,
il va faire affaire avec différents 9-1-1, par exemple la ville de Sherbrooke,
qui a un 9-1-1 et qui va, à ce moment-là, garder l'appel si c'est incendie et
police parce qu'elle fait ces mandats-là, et elle va transférer à un centre de
santé qui est le centre de santé de l'Estrie.
Mme Chouinard (Patricia) : Selon des
standards attendus aussi, il faut préciser, là. Il y a des délais, il y a des
délais.
Mme Raîche (Carole) : Exactement,
selon les protocoles, les délais, les temps et nos fonctions, donc tout... On
parlait de la formation clinique tantôt, bien, on a une formation en incendie
pareille pour ceux qui font de l'incendie, puis il y a des formations
policières qui sont nécessaires aussi en complément pour répondre aux attentes police, parce que, tu sais, il y a plusieurs
enjeux, puis réprimer le crime ou prévenir... faire de la prévention, c'est
autre chose. Donc, c'est un petit peu ça. Puis, si on veut y aller plus
précisément avec la formation santé, bien, je vais te...
M. Roberge (Pascal) : Bien, le rôle
du centre de communication santé, c'est, bien sûr, de prendre l'appel qui provient du primaire pour affecter une ressource
le plus rapidement possible. Par contre, on passe à travers un protocole,
comme je l'ai dit tantôt, de 33... 33 protocoles médicaux à travers un
questionnaire assez rapide au niveau... avec l'appelant qui nous appelle.
On a parlé du 9-1-1 PG tantôt. Le 9-1-1 évolué
actuellement dans lequel on vit, l'affichage, c'est le 9-1-1 primaire qui nous
dit... qui nous dicte les informations de la localisation de l'appelant. Dans
le futur, on va les avoir sans que ce soit dicté par le 9-1-1. Donc, on rentre
ça à travers nos cartes d'appel, on traite le patient à travers le protocole.
L'appelant... Je vous ai dit «le patient», mais c'est toujours «l'appelant»,
qu'on dit, parce que ce n'est pas la personne qui souffre qui nous appelle. Des
fois, c'est le cas, mais des fois ce n'est pas le cas. Donc, on traite la
personne à travers le protocole santé. On envoie les intervenants. On gère
aussi des premiers répondants. Donc, c'est souvent des services incendie qui
sont affectés par les centres de santé, ce qui est une autre particularité de
notre... notre environnement. On gère aussi des premiers répondants DEA, donc
des policiers de la Sûreté du Québec ou des services municipaux qui se dirigent
vers les appelants avec des défibrillateurs ou... ou ils ont des techniques
aussi de désobstruction, ou tout ce qui est choc anaphylactique, à titre
d'exemple. Il y a des niveaux de premiers répondants au Québec, et les PR-DEA,
c'est celui qui procède avec un défibrillateur. Donc, c'est comme ça que ça
fonctionne au niveau du centre de santé jusqu'à l'intervention terrain.
Puis après ça il y a une gestion des équipes
terrain, du déploiement dynamique, qu'on appelle. On positionne les véhicules
ambulanciers un peu partout sur le territoire en fonction de ce qui se passe ou
du nombre de véhicules. Puis, si je peux...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Oui, c'est terminé.
M. Fontecilla : C'est terminé.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre apport à la commission.
Alors, nous suspendons quelques instants pour accueillir
le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 17 h 38
)
(Reprise à 17 h 43)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, la prochaine intervention est la Sûreté du
Québec, et j'accueille, en visioconférence, M. Patrick Marchand, qui est
inspecteur-chef et directeur des mesures d'urgence. Alors, M. Marchand,
bonjour. Alors, vous avez 10 minutes pour présenter votre mémoire, et par
la suite nous procéderons avec une période d'échange avec le ministre et les
députés.
Sûreté du Québec (SQ)
M. Marchand (Patrick) : Alors, merci
beaucoup. Merci d'abord à la commission de nous permettre de représenter la
Sûreté du Québec et de présenter la mission de la Sûreté du Québec.
Donc, comme vous le savez, la Sûreté du Québec,
corps de police de niveau 6, assure les services en patrouille-gendarmerie
et en enquête ainsi qu'en mesures d'urgence et en services spécialisés sur
l'ensemble du territoire du Québec. Pour ce faire, la
Sûreté du Québec compte sur 8 200 effectifs, 5 885 policiers
et 2 321 membres civils. Donc, notre mandat est de maintenir la paix,
l'ordre et la sécurité publique, prévenir et réprimer le crime, en assurant la
sécurité des personnes et des biens, en sauvegardant les droits et libertés de
chacun et en étant attentifs aux besoins des victimes, et collaborer avec la
communauté.
Le territoire desservi par la Sûreté du Québec,
c'est 1 042 municipalités réparties dans 86 municipalités
régionales de comté, ce qui représente 2 752 500 habitants. Le
territoire couvert est d'un peu plus de 1,1 million de kilomètres carrés.
Pour ce faire, nous avons quatre districts, le district Nord, Sud, Est et
Ouest, qui se redivisent chacun en deux régions.
Plus précisément, la Direction des mesures
d'urgence dirige et coordonne les opérations spéciales ou mesures d'urgence,
par exemple, les inondations, les tempêtes, les conflits, et soutient à la
desserte autochtone et la protection des dignitaires et dignitaires étrangers,
les opérations de maintien et de rétablissement de l'ordre, les situations
d'urgence et les désordres sociaux d'envergure, les missions de recherche et de
sauvetage ainsi que les équipes spécialisées telles que la plongée sous-marine,
les maîtres-chiens, l'équipe équestre et le volet héliporté. Donc, nous
maintenons une capacité d'intervention, à la Sûreté du Québec, en mesures
d'urgence via nos modules d'intervention, qui sont répartis dans trois points
de service : Saint-Hubert, Québec et Mascouche.
Nous réalisons, bien évidemment, des activités
de veille et de suivi pour... ou assurons la coordination des événements qui
peuvent se dérouler sur le territoire du Québec. On assure une lecture
constante de l'environnement de façon à identifier les risques, les menaces et
les opportunités pour bien orienter les opérations.
Nous avons également un centre de vigie et de
coordination opérationnelle qui est situé ici, au quartier général, à
Parthenais. Le centre compte des officiers, dont quatre capitaines, huit
lieutenants, qui travaillent sur des relèves de façon à assurer une présence de
gestionnaires 24 heures sur 24, sept jours par semaine. Donc, ils assurent
une prise en charge en temps réel des événements opérationnels. Ils peuvent
coordonner les assignations et déploiements rapides des mesures... des
ressources spécialisées. Il assure une coordination opérationnelle dans les
chaînes de communication, des commandements jusqu'à la prise en charge de
l'événement par des gestionnaires de l'organisation, et fait un lien avec la
direction pour le suivi.
Spécifiquement, pour réaliser notre mission,
nous avons une structure des mesures d'urgence qui nous permet d'établir une
chaîne de commandement structurée, en cohésion. Pour ce faire, nous avons des
événements... donc, des critères de mise en place de la structure des mesures
d'urgence, nous avons... que ce soit un événement d'envergure demandant un
déploiement d'effectifs au-delà de la capacité de la desserte policière
régulière, un événement qui peut impliquer un nombre élevé de personnes
impliquées, de victimes, ou des circonstances hors du commun, ou des événements
impliquant plusieurs collaborateurs internes ou externes ainsi que plusieurs
partenaires externes de la Sûreté, ou tout autre événement ciblé dans un plan
d'opération spécifique.
Précisément, dans le Plan national de sécurité
civile, nous avons la responsabilité de la mission évacuation, sécurisation et
réintégration. Conséquemment, lors d'un sinistre majeur, la Sûreté du Québec
doit notamment déployer en tout temps les effectifs nécessaires pour assurer
une évacuation massive, par exemple, et sécuritaire, assurer la sécurité et la
circulation prioritaire des travailleurs d'urgence qui sont assignés à cette
opération-là, qu'ils soient de l'intérieur de la Sûreté ou des partenaires, et
organiser et coordonner l'exécution d'opérations policières, donc, porter secours aux personnes qui peuvent
être sinistrées, donc les rechercher s'ils sont disparus. On a également
le mandat, dans les cas de catastrophes
majeures, de s'assurer de faire les enquêtes sur les décès et de porter
assistance aux coroners.
Au-delà de ces mandats principaux et
intermédiaires, la Sûreté doit également coordonner l'évacuation de ces sinistrés, et mettre en place des périmètres
de sécurité, et, selon le besoin, gérer les accès aux zones qui sont interdites,
répondre aux demandes d'assistance des partenaires concernant les mandats et la
mission de la sûreté, assurer la présence
d'un agent de liaison aux rencontres de l'organisation régionale de la sécurité
civile, agir à titre de responsable d'activité et de soutien pour les
11 autres missions des ministères et organismes prévues au plan national.
Notre structure, elle est à trois niveaux,
c'est-à-dire que, le plus près de l'événement, il va y avoir autant de postes
de commandement établis que le besoin. On peut donner l'exemple des inondations
ou des feux de forêt, qui, dans la dernière
année, ont nécessité plusieurs postes de commandement un peu partout dans le
Québec. De façon régionale, nous avons des centres d'opérations dans
chacune des régions précitées un peu plus... au début de ma présentation. Et, pour coordonner le tout, nous avons un centre
de contrôle qui est situé ici, à Parthenais, qui agit pour prendre en charge
les opérations et donner les orientations stratégiques, ce qui est en lien avec
la mission... avec l'OSCQ, donc les... l'OSCQ, les organisations régionales et
les organisations municipales. Donc, il y a une cohésion entre chaque palier de
l'organisation de la Sûreté du Québec et celle de la sécurité civile.
• (17 h 50) •
J'agis à titre de coordonnateur ministériel dans
le cadre de l'Organisation de la sécurité civile. Donc, je siège sur les
différents comités, et les différentes réunions, et les... Au moment où la
structure est déclenchée, je vais aussi participer ou faire des présentations à
l'OSCQ.
En terminant, bien, je voudrais vous présenter
quelques opérations qui vont venir un peu donner, en images, ce que ça peut représenter. Dans la dernière année,
d'avril à mai, nous avons eu des inondations majeures,
142 municipalités ont été touchées par les inondations. Plus de
800 résidents ont été évacués. Donc, on a activé notre mission
d'évacuation, sécurisation, réintégration. En décembre dernier, nous avons
intervenu dans notre mission dans le cadre
des événements de la digue Morier, au réservoir Kiamika, donc, deux
municipalités touchées, 1 088 adresses au total et
2 334 personnes évacuées. En juillet dernier, les pluies
torrentielles et la crue des eaux qui ont frappé l'ensemble du Québec, donc, plus de quatre régions touchées. Et, bien
évidemment, du 27 mai au 25 août, la séquence des feux de forêt au
Québec, où plusieurs feux d'envergure ont menacé les municipalités, donc,
13 déclarations d'urgence locale qui ont été décrétées,
27 communautés évacuées, dont certaines à plusieurs reprises, plus de
25 000 résidents évacués en urgence.
La structure des mesures d'urgence avait été
mise en place de façon complète. Nous avons participé au Plan national de
sécurité civile. Plus de 500 policiers ont été déployés en surplus des
effectifs qui étaient déjà assignés en temps régulier sur les postes. Nous
avons mis en place des restrictions régionales pour assurer l'interdiction
d'accès à la forêt, collaborer avec différents ministères, dont le MRNF, et
nous avons réalisé 10 sauvetages héliportés pour 29 personnes qui
étaient en danger dans les endroits ciblés par les événements.
Donc, de façon assez rapide, ça présente la
Sûreté du Québec et sa mission à l'intérieur du Plan national de sécurité
civile.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant procéder à une période d'échange avec
le ministre pour un temps de 16 min 30 s.
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. Marchand.
M. Marchand (Patrick) : Bonjour.
M. Bonnardel : Content de vous avoir
avec nous en cette fin d'après-midi. On va le dire, disons que la Sûreté du
Québec a été un acteur non négligeable, elle aussi, dans la dernière
année 2023, puis je prends le temps de vous le dire au nom... au nom de
mes collègues, mais au nom de tous les Québécois et les Québécoises, là. Je
vous ai vus travailler à Baie-Saint-Paul, je vous ai vus travailler à la digue
Morier, je vous ai vus travailler aux feux de forêt, et, autant du côté
professionnel que du côté humain, vous avez fait tout un travail. Je vous dis
merci, encore une fois, au nom... au nom de tous les Québécois et en mon nom
personnel.
Puis, quand je dis professionnel et humain, pour
ceux qui ne le savent pas, je vous raconte une petite anecdote qui en est une,
mais qui en est une tellement le fun pour... c'est celle de Chibougamau. M.
Marchand, quand vos policiers, vos hommes et
vos femmes ont commencé l'évacuation, ceux qui se promenaient avec des bidons
d'essence dans la valise pour supporter et aider les familles qui partaient
puis qui n'avaient peut-être pas le plein d'essence pour quitter... quitter Chibougamau,
bien, vos policiers et vos policières ont aidé beaucoup, beaucoup, beaucoup de
citoyens. Donc, ça, il n'y a pas grand monde qui savait, mais je me fais
plaisir aussi aujourd'hui de le dire, de le dire publiquement.
Ça a été une question, M. Marchand, que
j'ai posée à pas mal tout le monde : Avec l'année difficile de 2023, autant les feux, surtout les feux, mais aussi les
inondations qui nous ont frappés, puis le travail que vous avez fait, quelle
sorte de post-mortem, un peu, vous faites de cette dernière année? On est
toujours dans un contexte d'amélioration continue. C'est un terme qui est
facile à dire, mais le mettre en application, ce n'est pas non plus simple.
Puis de se dire... Bien, quand on fait un pas de recul et on se dit : Bon,
qu'est-ce qu'on aurait pu faire mieux, que ce soient nos relations avec avec
les citoyens, oui, mais relations avec les villes, et tout ça?, donc, est-ce
que... est-ce qu'il ressort un ou deux
points importants pour vous, là, qui est une matière à amélioration face aux
événements qu'on a subis en 2023?
M. Marchand
(Patrick) : Bien, d'abord, merci beaucoup, M. le ministre,
pour ces bons mots. C'est très apprécié, et ils seront relayés.
Probablement un peu comme l'ensemble des
intervenants qui vont passer devant vous, force est d'admettre que la roue,
actuellement, ou la séquence des événements s'accélère dans les dernières
années. Vous savez, je fais des mesures d'urgence depuis plus de 13 ans et
je peux vous dire que cette année, ça a été la... l'année qui a été le plus
impactant en matière de sécurité civile, d'interventions, d'interventions en
mode catastrophe. Pour vous donner un exemple assez frappant, là, on sortait
des chiffres récemment, et, l'année passée, dans les feux de forêt, on avait dépensé 2 000 $ dans une année qui était
quand même un petit peu tranquille. L'an passé, la Sûreté du Québec a investi, en 2023‑2024, le budget 2023‑2024, plus de
5 millions en argent pour les feux de forêt, donc, du temps
supplémentaire, de l'équipement, du temps-homme. Ça ne compte même pas
le temps régulier, parce que, je vous le disais tantôt, les 500 policiers
qui travaillaient en temps supplémentaire, bien, il y en avait presque autant
qui faisaient du temps régulier parce que c'étaient les trois quarts du Québec
qui étaient impactés par cette situation-là, ce qui est assez particulier, là. On avait connu des feux de forêt
localisés par le passé. Maintenant, on a connu des sinistres qui étaient de
plus grande ampleur.
Si je parle des inondations, anciennement, on
avait une période qui était très ciblée d'inondations, qui était le printemps, puis c'était... on se préparait.
Maintenant, on a des inondations et des glissements de terrain, ce qui découle
de l'eau, on en a en décembre, on en a un à peu près toute l'année.
Donc, notre séquence, nos connaissances de...
nos préparations vont devoir être maintenant sur 12 mois par rapport à
avant, où on avait une séquence... Les feux de forêt, c'était l'été, et les
inondations, c'était au printemps. Tout,
tout a changé, et je pense que ça va rester comme ça, là. C'est une des
constatations qu'on fait. Ça s'accélère, là, ça, c'est sûr. Il y a une
accélération du nombre et des impacts que ça a sur la Sûreté.
M. Bonnardel : Parlez-moi un petit
peu du processus... des processus, parce que c'est arrivé plus d'une fois, des
processus d'évacuation des populations, relations avec... avec les élus versus
le fait qu'en peu d'heures on dit : Bon, bien là, on évacue, le processus
de mettre en place ces évacuations, d'aviser les gens. Je le disais tantôt,
vous avez... vous
aviez des bidons pour supporter les familles qui devaient quitter puis qui
n'avaient pas le plein d'essence. Comment...
Est-ce que ça, ça s'est, selon vous, bien déroulé ou il y a matière à
s'améliorer en communication? Est-ce qu'on est allés... Est-ce qu'on n'a
pas été assez vite, selon vous, dans certaines situations qu'on aurait pu faire
mieux? Je pense qu'on a bien fait dans son
ensemble, mais vous... qu'est-ce qui ressort, selon vous, là, de... des
multiples évacuations qu'on a eues quand même sur le territoire, là?
M. Marchand (Patrick) : Effectivement,
là, je pense que ça a très bien été. Là, si vous m'auriez demandé, il y a un
an, est-ce qu'on pensait être capables d'être prêts à évacuer une ville de la
grosseur de Sept-Îles dans le temps où on l'a fait, j'aurais peut-être été un
peu plus sceptique. Maintenant, je sais qu'on est capables de le faire.
Un des facteurs importants... Et je pense que la
préparation de l'OSCQ, la loi, le Plan national de sécurité civile, le fait qu'on est habitués, maintenant, de
travailler en synergie avec l'ensemble des partenaires... Puis peut-être que
le volet pandémique, qui nous a amenés, là, depuis quatre ans, à travailler
beaucoup avec les ministères, les organismes, les municipalités... mettre en
place cette structure-là nous a aidés. Quand il est arrivé les feux de forêt et
on a eu à faire une évacuation, les canaux de communication, ils étaient déjà,
je pense, assez bien ouverts entre les ministères, organismes et entre les
municipalités, ce qui a fait qu'on a pu le réaliser assez rapidement. Ça, je pense
que c'est un facteur vraiment intéressant puis qui contribue au succès, le fait
que l'OSCQ soit là quand on a ouvert le CNCG puis que les acteurs étaient tous
assis ensemble puis ils pouvaient échanger l'information très rapidement, parce
que ce n'est pas...
On va se le dire, là, à
8 000 personnes à la Sûreté, c'est sûr que je ne peux pas couvrir
l'ensemble du territoire complètement. J'ai besoin de partenaires pour réaliser
ça. Je coordonne, j'ai eu des bons partenaires. Si on prend l'exemple de Sept-Îles ou de Chibougamau, les autorités
municipales, que ce soient les pompiers, que ce soient les travailleurs
de la municipalité, les élus nous ont donné un coup de main là-dedans, là. On
s'est assis, on l'a fait puis on l'a réalisé. Il n'y a pas assez de policiers
au Québec pour faire ça tout seuls. Ça fait que c'était un mandat de
coordination, mais c'est un mandat de collaboration. On l'a vu dans les feux de
forêt, pour restreindre l'accès à la forêt à trois quarts du Québec, ce n'est
pas vrai qu'avec les millions de kilomètres de sentiers forestiers on aurait pu
réaliser ça avec 5 800 policiers. C'est...
Puis, je vais vous dire, là, le citoyen du
Québec a été bon aussi. Il participe. D'ailleurs, c'est un des... c'est un des des piliers du fondement de la loi, puis il a
bien participé à ça. Il a majoritairement bien collaboré à ces actions-là. On
a eu... Si on n'avait pas eu le support, je pense, des citoyens, ça aurait été
beaucoup plus compliqué.
• (18 heures) •
M. Bonnardel : Bien, vous
amenez un bon point. Souvent, on l'oublie, mais la responsabilité citoyenne est
importante, puis, dans ces situations hors du commun, bien, tout le monde doit
faire un effort majeur.
Puis j'ai peut-être une dernière question. Le
déploiement, là, vous avez... Expliquez-nous un peu plus, là, comment,
rapidement, vous avez pu... Juste pour les feux, là, je pense, je me souviens
des chiffres qu'on m'avait donnés, en Abitibi, c'était près de
200 effectifs d'un coup, là, qui avaient été... qui avaient été envoyés,
là. Comment ça fonctionne, chez vous, quand... Vous demandez aux collègues,
vous levez la main : Ça vous tente-tu d'être d'être envoyés dans telle situation?, ou c'est :
Bien, voici le portrait, puis là, bien, on vous demande de donner un coup de
main, ça fait partie du travail de policière, policier, là?
M. Marchand (Patrick) : En
mesures d'urgence, c'est un peu plus directif que ça. On tombe en structure
paramilitaire. C'est sûr que, bon, localement, en général, il va y avoir un
poste de commandement qui va être établi par le poste local de la Sûreté du
Québec. Ensuite, s'il y a plusieurs postes de commandement qui sont déployés un
peu partout dans une région, il va y avoir un centre d'opérations qui va être
mis en place pour superviser ça. On en avait un en... bien, qui faisait tout le
district Nord, dans le fond, parce qu'on avait plusieurs postes de commandement
ouverts. Et là, bien, c'est eux qui vont nous dire leurs besoins. Ça fait que,
très rapidement, ils vont établir leurs besoins. Ils vont dire : Moi, là,
pour faire ma patrouille de base, j'ai besoin de x polices, pour venir m'aider,
j'ai besoin de x polices de plus.
Moi, j'ai le pouvoir, en plus, de décréter, en
fonction du contrat de travail et des politiques de gestion, ce qu'on appelle
le 12-12, c'est-à-dire que, soit sectoriel soit... à la limite, ça pourrait
aller, même, jusqu'à l'ensemble des effectifs de la Sûreté, je peux les...
suspendre des congés, suspendre les relèves normales et mettre autant de
policiers que j'ai besoin de jour ou de nuit pour faire la patrouille de base,
puis je prends l'excédentaire pour aller faire le travail que j'ai besoin.
Donc, ça me donne un capital humain de quand même 5 800 polices. Dans
un cas comme les feux de forêt, il a été un
bout de temps où on a engagé... si on calcule, là, les effectifs réguliers qui,
en même temps, faisaient de la patrouille régulière, mais qui
travaillaient aussi un peu pour les feux de forêt pour sécuriser, on avait
jusqu'à 800 personnes dans le Nord, là, qui travaillaient pour... pour
rétablir ça, mais j'avais quand même un bassin important que j'aurais pu
engager si la menace ou la situation se serait envenimée. J'avais... j'avais
quand même un bon capital humain.
On ne peut pas faire ça sur une très longue
période. Les ressources s'essoufflent, à un moment donné. On a des mécanismes
en place pour être capables de leur donner des temps de repos pour faire des...
faire des rotations. C'est ce qu'on a fait à un moment donné, surtout en
période d'été, là. On sait que c'est un peu plus dur parce que c'est... c'est une période de vacances. Il faisait
beau, il faisait très beau dans la partie où il y avait les feux... les feux de
forêt. Ça fait que c'est un peu comme ça.
M. Bonnardel : Merci,
M. Marchand. Je laisse mes collègues s'ils ont des questions.
Le
Président (M. Schneeberger) :
Oui. Alors, nous allons du côté de
la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne : Merci, M. le
Président. Alors, bonsoir. Moi, je serais curieuse de voir aussi... Dans le cas
d'une évacuation, tu sais, on parle beaucoup
de communication. C'est quand même important aussi pour développer...
déployer les équipes tactiques. Bien, je voulais savoir comment la SQ
travaillait avec la MRC à établir, justement, un poste de commandement avec la SOPFEU, avec la Croix-Rouge. Tu sais,
comment ça se déploie sur le terrain, là, quand il y a une intervention
qui arrive?
M. Marchand (Patrick) : Chaque
municipalité a sa propre structure de mesures d'urgence, et, en temps régulier,
là, les gens ont déjà des liens, que ce soit avec les autorités municipales,
les maires, par exemple. En général, les
coordonnateurs en mesures d'urgence sont désignés. Souvent, c'est des
responsables des services incendie. Donc, les liens sont déjà établis.
Et, lorsque nous... Bon, nous, nous avons des
noms d'opération, là. On aime beaucoup les noms, à la Sûreté du Québec. Donc,
tout ce qui est désastre, c'est des noms d'insecte. Donc, à partir du moment
où, par exemple, dans les feux de forêt, on
avisait qu'on déclenchait l'opération Chenille, bien, immédiatement, le
directeur du poste se mettait en lien avec le coordonnateur municipal de
la... de la région touchée, et là on commençait tout de suite à regarder quelle
est la structure qu'on va mettre en place, quels sont les besoins qui vont
se... qui vont se faire sentir, est-ce que tu as besoin d'un agent de liaison
dans... Parce qu'en général on va mettre une structure unifiée, là,
c'est-à-dire que la municipalité ouvre un centre d'opérations, puis nous, on
met un agent de liaison. On a notre propre poste de commandement, où on prend
nos décisions policières tactiques, mais on met un agent de liaison avec la
municipalité. C'est lui, en général, qui va nous donner des informations sur
des besoins que la municipalité a.
Les
communications, elles, pour communiquer avec le citoyen, bien, c'est sûr que
notre service des communications, à
la Sûreté du Québec, est en lien avec Services
Québec. Il y a des lignes de
communication qui sont préparées, qui sont autorisées par la structure
de mesures d'urgence.
Dans le fond,
il faut comprendre, là, une structure des mesures d'urgence, c'est une Sûreté
parallèle à la Sûreté, et on bâtit un organigramme parallèle pour
prendre en charge une opération le temps qu'elle va durer. Elle peut être très précise dans le temps. Je vais vous donner...
Par exemple, si on pense aux événements malheureux de L'Isle-Verte, là,
c'était restreint dans l'espace. Donc, on a bâti une Sûreté parallèle à ça pour
prendre en charge ces événements-là. Les feux de forêt, c'est un peu plus
large, mais, quand même, c'est une structure complètement parallèle avec sa...
pendant que le reste de la Sûreté continue, elle, à desservir le reste de la
Sûreté du Québec. Donc, si j'ai besoin des gens de la logistique, des
communications, des ressources humaines, je me... moi, comme directeur des
mesures d'urgence, j'ai le loisir de bâtir une Sûreté parallèle à la Sûreté,
et, pour cette opération-là, on relève directement de l'état-major et on fait
des rapports à l'état-major sur l'état d'avancement. Une fois que c'est
terminé, on défait cette structure-là, tout le monde retourne dans sa structure
normale, à ses occupations. Pour cette structure-là, les gens relèvent de la
structure, donc du commandement de la Direction des mesures d'urgence.
Mme Dionne : Merci.
Mme Jeannotte : ...une dernière
question, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
oui, il reste du temps. Députée de Labelle.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président. Bien, merci infiniment, M. Marchand, puis je tiens également à
vous remercier, là, pour les événements de la digue Morier. Donc, ça a été
incroyable, votre support.
Puis, justement, je vais faire du pouce sur ce
que ma collègue vient de poser comme question, l'ayant vécu moi-même. On
dit : Le diable est dans les détails, mais qu'est-ce que vous... qu'est-ce
que, dans le fond, vous aimeriez qu'on... Quels étaient les éléments de
surprise ou les choses qu'on pourrait améliorer dans cette structure-là qui doit s'élaborer très rapidement? Puis il y a
des gens qui sont nerveux, il y a des personnalités qui réagissent, il y a...
sur le terrain, à chaque fois. Maintenant
que vous avez toute cette connaissance-là, cette expertise-là, y a-t-il des
choses qu'on pourrait améliorer
dans... lorsqu'on met en place rapidement cette structure-là? Qu'est-ce qui
vous vient à l'esprit spontanément quand je parle, là, de... Parce que,
quand on est dans les premières heures, là, il y a énormément de nervosité.
Vous avez parlé de communication, mais y a-t-il des éléments qu'on devrait
s'attarder pour améliorer la mise en place de cette structure rapidement, là,
qu'on doit mettre en place?
M. Marchand (Patrick) : Bien oui. Ce
qu'on s'aperçoit, c'est que plus on connaît le rôle de chacun des partenaires,
plus on est efficaces. D'ailleurs, je suis content que vous me posiez la
question, parce que, dans le cadre du Plan national de sécurité civile, il y a
un plan d'action. Ce plan d'action là, l'an passé, on a choisi, nous, la Sûreté
du Québec, d'y mettre une action pour laquelle nous sommes responsables, et
cette action-là, c'est de faire connaître à l'ensemble des élus du Québec le
rôle de la Sûreté du Québec dans ce plan-là de façon à ce qu'il n'y ait pas de déception, il n'y ait pas de fausses attentes, que
les gens sachent exactement ce qu'ils peuvent s'attendre de la Sûreté du Québec
si jamais le plan est déclenché.
Donc, on a
entamé une série d'actions pour faire connaître. D'ailleurs, on touche du bois,
là, c'est... les fils sont quand même bien attachés, il va y avoir, à
l'UMQ, à la FQM, des kiosques de la Sûreté du Québec, et, cette année, on a choisi justement ce thème-là pour aller faire connaître
à l'ensemble des élus. Et là on essaie de se glisser dans les plénières pour
faire une présentation générale, là, à l'ensemble des élus de façon à ce qu'ils
puissent connaître nos services. Puis, quand
on va déclencher, ils vont savoir exactement ce qu'on peut leur apporter, ce
qu'on ne peut pas leur apporter, donc ce qui doit être fait par d'autres
intervenants.
Mais la beauté de la chose, c'est que ça prend
de la flexibilité, et je pense qu'on l'a, cette flexibilité-là. Des fois, il y
a des... il y a des choses qu'on va faire qui ne sont pas notre mandat premier,
mais il n'y a pas personne d'autre, où on
est les mieux placés. Je vais vous donner un exemple tout simple. Dans une inondation,
pas celle-là, pas cette année, il y a quelques années, il y avait une...
il y avait un élevage de chiens qui était isolé sur une île. Personne n'était
capable de donner du support à ça. Le cours d'eau était trop violent pour
pouvoir y accéder en bateau, et là on avait des bêtes qui étaient à risque, qui
n'étaient pas nourries. Bien, on a utilisé l'hélicoptère de la Sûreté, qui
normalement n'est pas fait pour ça, pour amener de la nourriture puis être
capables de s'assurer que les gens qui avaient cette mission-là de préserver,
donc, ils pouvaient... eux autres, ils ne l'avaient pas, mais nous, on l'avait,
cette capacité-là.
Donc, c'est ça que la Loi sur la sécurité civile
amène, c'est une flexibilité, d'être assis, tous les intervenants, puis de dire :
J'ai un besoin, qui peut me le faire? Ce n'est pas ma mission, mais je suis
capable de te le faire, je vais te le faire. C'est ça, la beauté de la chose.
• (18 h 10) •
Mme
Jeannotte : Ah! bien, merci beaucoup. C'est intéressant puis
ça démontre qu'on est dans la bonne direction, ça fait que je suis vraiment contente. Merci encore une fois, là, pour
votre intervention à Mont-Laurier, Chute-Saint-Philippe et
Lac-des-Écorces. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle avec la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui, merci, M. le
Président. Merci beaucoup pour votre présence, M. Marchand, puis pour votre témoignage. Je reflète les mêmes
sentiments que mes collègues. Votre rôle est essentiel, puis on est chanceux
de vous avoir sur le terrain pour
accompagner tous les citoyens, citoyennes, surtout en cas de sinistre puis dans
des états... quand on fait face à des catastrophes.
Je souhaite
vous entendre... Parce que j'ai beaucoup apprécié votre présentation, mais je
ne vous ai pas entendu en ce qui concerne les dispositions à l'intérieur
du projet de loi n° 50. Alors, je voulais savoir si vous avez évalué les
dispositions puis, si oui, s'il y avait des éléments... Je présume que vous
êtes en faveur, parce que vous avez parlé grandement en faveur de tous les
travaux qui sont déjà entamés, mais est-ce qu'il y a des éléments que, vous
jugez, on a à améliorer ou des éléments que
vous jugez qui sont plus opportuns à discuter ici, en commission parlementaire?
M. Marchand (Patrick) : Bien, merci
beaucoup pour la question. Et d'ailleurs la Sûreté du Québec avait collaboré en amont à certains travaux, via l'OSCQ,
là, pour amener des réflexions. Je ne sais pas si c'est nos commentaires,
mais, entre autres, le fait que les décrets d'urgence des municipalités passent
de cinq à 10 jours, bien, c'est quelque chose,
ça, qu'on apprécie beaucoup, parce que c'était rapide, cinq jours, pour les
municipalités. Le temps de la déclencher, de faire quelques actions,
puis on était déjà rendus à savoir : Est-ce qu'on est encore dans le
décret d'urgence? Puis ce n'est pas toutes
les municipalités qui ont nécessairement les mêmes capacités. Les plus petites
municipalités avaient des fois, parfois, de la difficulté à suivre un
peu la cadence. Je pense que le projet de loi, en modifiant et en amenant ces décrets-là à 10 jours, ça va être
beaucoup plus facile, pour nous aussi, parce qu'on va savoir qu'on est dans le
cadre de mesures d'urgence.
Il faut comprendre que la loi, telle
qu'actuellement elle est faite, elle ne donne pas de pouvoir spécifique à la
police. Nos pouvoirs à nous sont donnés par d'autres lois, la Loi sur la
police, le Code de la sécurité routière, le Code criminel, ainsi de suite.
Donc, là-dedans, il y avait... il y avait, je dirais, sur les... Par exemple,
ce qu'on a vécu cet été dans les feux de forêt, nous, quand on fait une
restriction, c'était en fonction de la common law, parce qu'il y avait... Bon, le
MRNF décrétait l'interdiction de forêt, mais nous, pour interdire à quelqu'un
d'y accéder, il n'y avait pas de conséquence
pénale, donc on se référait à la common law. Là, de ce qu'on peut comprendre du
projet de loi, il va y avoir des pouvoirs pour le ministre de décréter
l'interdiction et de nommer des gens... oh! excusez, de nommer des gens pour
pouvoir appliquer ça. Là, il va y avoir des conséquences pénales, et, si nous
sommes désignés pour appliquer les conséquences pénales, bien, c'est sûr que ça
rajoute un outil. Parce que l'utilisation de la common law, ça veut dire que,
bon, j'interdis à quelqu'un d'entrer, s'il n'écoute pas, on tombe en... à ce
moment-là, dans une portion du Code criminel, et ce n'est jamais plaisant. On
n'a pas eu à le faire dans les feux de forêt, mais quelqu'un qui n'aurait pas
écouté puis qui aurait voulu passer un barrage ou une restriction, il aurait pu
être arrêté, au Code criminel, pour entrave au travail d'un agent de la paix ou
différentes autres dispositions, alors que, là, on va avoir, on pense, là, des
dispositions pénales qui vont nous aider. C'est, grosso modo, les deux choses
qu'on a remarquées, là, à l'étude du projet de loi.
Mme Maccarone : Et vous n'avez pas
fait mention de la réserve opérationnelle, les civils qui vont venir en aide.
Est-ce que ça, c'est quelque chose que vous appuyez, que vous avez peut-être
des préoccupations, formation?
M. Marchand (Patrick) : Bien, bien
évidemment que le... Je le disais tantôt, je pense, le succès ou la pierre angulaire
de la loi qui est... actuellement, c'est l'intercollaboration entre les
différents ministères et organismes. Donc, d'avoir un
bassin plus grand de gens qui sont formés, équipés, on ne peut pas être contre
ça, parce que c'est le succès de la sécurité civile, c'est le travail coude à
coude.
Mme
Maccarone : Vous avez parlé beaucoup de le déploiement de vos
effectifs lors des cas de sinistre, surtout quand un état-major est déployé.
Comment est-ce que vous priorisez le déploiement de vos équipes, étant donné que vous faites face à une pénurie
d'effectifs? On a beaucoup de vos policiers qui sont en temps supplémentaire.
On entend des histoires qu'ils sont brûlés,
ils sont fatigués. Ça fait que comment est-ce que vous priorisez le déploiement
de vos équipes dans un cas d'urgence?
M. Marchand
(Patrick) : Bon, il faut comprendre d'abord que les premières
ressources qui sont engagées dans les premières minutes, c'est toujours le
poste local qui fait face à la menace, de façon à prendre en charge le plus
rapidement possible, immédiatement. En général, on va essayer de regarder si,
régionalement, les gens sont capables de subvenir à l'événement. Il faut
comprendre aussi qu'il y a le service d'intervention d'urgence, qui relève de
moi. Au total, toute la direction chez nous, on est 125 membres, et en général
ce sont les premiers qu'on lance dans la mêlée pour venir supporter les gens.
Donc, c'est ce qui a été fait. Les premiers policiers qui ont été envoyés en
renfort à Sept-Îles pour l'évacuation d'urgence, c'étaient les gens du service
d'intervention d'urgence, donc une trentaine
de policiers qui sont formés, équipés, habitués à suspendre un peu le quotidien
et leurs congés pour remettre ça à un peu plus tard. Donc, on les a
lancés dans la mêlée assez rapidement, et là, après ça, quand on a vu que ça
nécessitait des ressources supplémentaires, qui étaient, il faut se le dire,
assez exceptionnelles, on n'était pas dans le régulier, là... Puis est-ce qu'on
va le revivre l'année prochaine ou, en tout cas, cet été, de cette ampleur-là?
On ne le sait pas, mais... Et là, à ce moment-là, on y a été par déclenchement
de ce que je vous expliquais, c'est-à-dire le fameux article sur le 12-12,
c'est-à-dire qu'on prenait... On a commencé par un poste, la région, on a fini
avec presque tout le district pendant une certaine période, et là on s'est
assurés d'avoir une rotation dans nos gens de façon à donner des journées de
congé pour que les gens puissent aller se reposer un peu.
Il y avait des gens
là-dedans qui étaient... Vous avez parlé... Ce n'est pas vous, mais vous avez
parlé de Chibougamau. Chibougamau, les gens, ils étaient en opération puis ils
étaient évacués en même temps. Ils faisaient les deux. Et j'ai des gens, en
Abitibi, qui étaient évacués de Lebel-sur-Quévillon mais qui, en même temps,
devaient assurer... Donc, on vient leur donner des périodes de congé de façon à
reposer nos gens. Et on avait quand même une bonne capacité de réserve, là. On
n'avait pas encore atteint un point de rupture, parce que 800 sur 5 000,
il y avait encore un petit peu de... On peut aller chercher des enquêteurs qui
sont formés puis qui ont encore leur équipement de patrouilleur, et j'ai mes
partenaires. La restriction des régions, le MRNF, via ses employés, en ont fait.
On a fait de l'éducation, on a fait de la prévention, on a fait... et on a fait
beaucoup de communication avec les citoyens, et, en général, ça a très bien
fonctionné.
Mme
Maccarone : Parce que c'est une formation spécifique, quand on parle
d'évacuation.
M. Marchand
(Patrick) : Non. L'évacuation, en tant que telle, ce n'est pas une
formation, outre que... Parce qu'en général c'est un plan de porte-à-porte. Il
y a une opération qui est prévue pour ça qui prévoit les actions qu'on doit poser dans du porte-à-porte. Si on prend
l'exemple de Sept-Îles, par exemple, on avait décidé... on avait quadrillé
la ville en secteurs, et on avait assigné des ressources, et là, dépendamment
d'où le feu aurait été rendu, on entamait des quadrillages de secteur. Ça fait
que les ressources avaient été identifiées. On prenait ce secteur-là, par
exemple, secteur nord, je ne me souviens plus exactement du nom, et là on
l'évacuait. Donc, c'est le premier qu'on faisait, et ensuite, si le feu
dépassait telle limite, on faisait un autre secteur. Ça fait que toutes les
ressources étaient identifiées d'avance.
Mme
Maccarone : En parlant d'évacuation, j'ai pris le soin de parler avec
beaucoup de vos collègues, beaucoup de vos
membres en ce qui concerne le projet de loi pour prendre un peu le pouls, puis
ce qui est sorti régulièrement des policiers, c'est que vous n'avez pas
les mêmes pouvoirs d'évacuation que les pompiers, ça fait que, malgré que vous travaillez dans ces mesures, dans l'état
d'urgence, bien, vous n'avez pas le pouvoir d'obliger quelqu'un de sortir
de chez eux comme les pompiers, qu'ils ont. Puis c'était une demande d'eux de
formuler ce type de modification à l'intérieur du projet, mais vous, vous ne
l'avez pas évoqué dans votre présentation, ça fait que je veux juste peut-être
mieux comprendre votre position.
M. Marchand
(Patrick) : Bien là, de ce... le ministre va avoir maintenant le
pouvoir d'évacuer en matière d'incendie. En matière d'inondation... On a
toujours les pouvoirs de common law. On a des pouvoirs. Cependant, et c'est
correct comme ça, c'est que l'obligation législative d'aller chercher les
motifs en urgence... on se doit d'avoir des partenaires.
Et je vais vous
donner l'exemple de comment on a fonctionné cette année avec le MRNF et les
feux de forêt, c'est-à-dire que le MRNF avait décrété, par exemple, la
restriction à une zone particulière, on prenait des points de contrôle et on
signifiait aux gens qu'ils n'avaient pas le droit. Advenant le cas où on avait
un signalement que quelqu'un n'avait pas écouté notre ordre et avait contourné,
bien là, on allait voir avec les spécialistes du secteur, donc, la SOPFEU : Est-ce qu'il y a un danger
réel à ce moment-là, là, qui... dans les... dans les prochains temps? Oui? Parfait.
On faisait l'intervention et là on avait le pouvoir de dire : Si tu
n'écoutes pas, à ce moment-là, ça devient une entrave au
travail d'un agent de la paix. Et ça fait plusieurs années qu'on fonctionne
comme ça. Ça a toujours bien été, et on n'a pas de problème là-dedans.
• (18 h 20) •
De ce qu'on comprend, dans la nouvelle loi, en
matière d'incendie, pour restreindre, il va y en avoir. C'est sûr que ça va
peut-être faciliter un petit peu, mais la même logique s'applique, c'est-à-dire
que les policiers, avant de l'exécuter, se doivent d'utiliser le gros bon sens
aussi un petit peu. Il y a de l'émotivité dans les évacuations, vous savez. On prend quelqu'un, on prend un citoyen, on
lui dit : Tu vas quitter, tu vas laisser derrière toi ta maison, tes biens.
Tu ne sais pas s'ils vont être là mais qu'il revienne. Il faut être humain
là-dedans puis il faut comprendre que les gens n'ont pas nécessairement la même
lucidité de prendre les décisions que lorsque ça ne les touche pas. Ça fait que
je pense que nos policiers sont bien formés à ça, puis la chaîne de
commandement est bien consciente de ça aussi.
Mme Maccarone : Merci beaucoup.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça? Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition,
et j'entends le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. Marchand. Écoutez, à vous entendre, à entendre votre
témoignage, on prend un peu l'ampleur de votre travail, de votre niveau
d'intervention. On en comprend aussi que... deux éléments, somme toute. Tout
d'abord, la communication, la coordination, dans une année qui était comme une
sorte d'année test, l'année passée, là, ça fonctionne bien, d'après ce que je
comprends, entre les différents ministères, avec les paliers municipaux, etc.,
à moins que vous me disiez qu'on peut améliorer cet élément, ce qui est
toujours possible. D'autre part, le PL 50 vous donne des outils légaux pour
mieux faire votre travail en termes de... lors des évacuations, là.
Il y a une... Vous avez dit quelque chose qui
m'a intrigué, là. Ça concerne d'autres niveaux que le vôtre. Vous avez
dit : Des fois, les petites municipalités ont de la difficulté à suivre la
cadence. Et je me questionne sur la capacité des petites municipalités à faire
face à des catastrophes, des sinistres de grande ampleur. Qu'est-ce que vous
avez voulu dire, là, par «certaines petites municipalités ont eu de la
difficulté à suivre la cadence»?
M. Marchand (Patrick) : Bien,
c'est-à-dire que vous comprenez qu'une municipalité, par exemple, de moins de 1 000 habitants n'a pas la
même... n'a pas le même niveau de préparation que la ville de Québec, la ville
de Lévis pourrait avoir, ou la ville
de Sept-Îles avait, mais la beauté de la chose, je pense, c'est que les
organisations régionales en sécurité civile, via leurs conseillers, sont
justement venues prendre en charge ces municipalités-là et les supporter dans la prise de décision et des actions à poser.
Donc, ça, c'est un facteur, je pense, qui est... qui est rassurant pour les...
pour les municipalités.
Et moi aussi, là, comme Sûreté du Québec, comme
police de juridiction, j'ai un rôle à jouer là-dedans. Je vous le disais, on
veut les... on veut les éduquer à savoir exactement quel est notre rôle puis
qu'est-ce qu'on peut faire pour eux, mais,
rapidement, quand il survient un événement, il faut que je communique avec eux,
il faut que je leur dise : Voici ce qui risque d'arriver. Mais je
pense que les organisations régionales de la sécurité civile viennent bien
supporter les différentes municipalités qui n'ont peut-être pas des contentieux
légaux. Ils n'ont peut-être pas les fonctionnaires
autant que la ville de Sept-Îles, Baie-Comeau pouvait avoir, ou Rouyn et Val-d'Or.
Donc, je pense que les organisations régionales de la sécurité civile
viennent vraiment bien les supporter là-dedans puis les conseiller, et
eux-mêmes sont supportés par l'appareil de l'OSCQ. Donc, si ça déborde et ça
prend de l'ampleur, ils sont capables d'aller chercher...
Et, je vais
vous dire, là, les quatre ans de... bien, les trois ans de pandémie où on était
pratiquement en opération tout le
temps parce qu'on a eu différentes mesures à mettre en place, ça a été un mosus
de beau laboratoire pour attacher les fils de communication. Puis on
s'en sert maintenant, là. On a les fruits de ce trois ans de pandémie. Il y
aura eu au moins des bonnes choses qui peuvent ressortir d'une pandémie, c'est
que les fils avec les différents ministères, organismes et partenaires de tous
les niveaux... On n'a pas eu le choix de se parler, pendant trois ans, pour
mettre en place différentes mesures, que ce soient les restrictions sanitaires,
ou les restrictions de région qu'on a connues, ou le couvre-feu. Donc, je pense que ça a été un facteur qui a été facteur de
succès pour les autres opérations qu'on va vivre.
Là, c'est sûr qu'il y a toujours un roulement de
gens. Les acteurs, parfois, changent au niveau politique, municipal. C'est à
nous de maintenir la cadence pour bien tout le temps les informer de nos rôles
et responsabilités. Je parle, en tout cas, beaucoup pour la Sûreté du Québec.
On va essayer d'être présents dans les prochaines années pour qu'ils
comprennent bien notre rôle.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. 10 secondes.
M. Fontecilla : Merci beaucoup.
Le
Président (M. Schneeberger) : Alors, M. Marchand, merci pour votre
implication au niveau de la commission. Alors, c'est très précieux.
Alors, je vous souhaite une belle fin de journée.
Et, pour nous, nous suspendons quelques instants
pour accueillir le dernier groupe de la journée.
(Suspension de la séance à 18 h 26)
(Reprise
à 18 h 32)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, nous reprenons nos travaux. Alors, nous en
sommes à notre dernier groupe de la journée.
Nous accueillons l'Assemblée des
Premières Nations du Québec-Labrador, alors, représentée par M. Diamond et M. Lavigne. Alors,
bonjour à vous deux. Alors, vu que les présentations ont été faites, je vous
laisse. Vous avez un 10 minutes pour présenter votre mémoire, et par la
suite on va avoir une période d'échange avec les députés et le ministre.
W8banaki
M. Diamond
(Maxime) : Parfait. Tout d'abord, merci à la commission de permettre à
l'APNQL, l'Association des Premières Nations Québec-Labrador, de prendre place
ici aujourd'hui et représenter les Premières Nations.
Une petite nuance, nous ne sommes pas l'APNQL, mais bien le Grand conseil
Waban-Aki, maintenant appelé W8banaki. Nous sommes une organisation
tribale. Un petit peu plus loin, je vais présenter l'organisation en détail.
Je me nomme Maxime
Diamond, directeur des mesures d'urgence et de l'habitation chez W8banaki. Je
suis accompagné aujourd'hui de mon
spécialiste en gestion des urgences, Daniel Lavigne, qui va participer à sa
présentation un peu plus loin.
C'est
quoi, le Conseil tribal W8banaki? C'est une organisation abénaquise à but non
lucratif offrant des services aux
communautés autochtones du Québec. Fondé en 1979 sur le territoire de Wôlinak,
W8banaki possède, entre autres, des expertises en services techniques,
services sociaux et gestion des urgences. La représentation, le développement et l'administration sont les missions primaires
auprès des membres abénaquis, mais l'ensemble des Premières Nations
reconnaît W8banaki dans leurs différents secteurs d'activité.
Apolitique,
l'organisation ne prend aucune position sur la gouvernance des communautés
autochtones de la province et du fédéral. Elle partage ses observations et ses
recommandations lorsqu'elle est invitée à le faire, comme dans le cadre du
projet de loi... du PL 50.
Depuis 2018, le
département de la gestion des urgences de W8banaki, mandaté par Services aux
Autochtones Canada, SAC, soutient les Premières Nations dans le cadre des
quatre piliers de la sécurité civile.
Le Programme d'aide à
la gestion des urgences, communément appelé PAGU. W8banaki a été présent pour
soutenir les communautés des Premières Nations, entre autres durant la pandémie
de la COVID-19, les inondations de 2019 et,
plus récemment, lors des feux de forêt de l'été 2023. Durant ces
événements, les communautés ont pu compter sur une équipe hautement formée afin de répondre aux incidents, obtenir
l'accompagnement nécessaire dans l'implantation des services aux membres
des communautés affectées ainsi que le rétablissement de la situation.
W8banaki prend la
parole afin d'exprimer ses interrogations face à la PL 50 et partage ses
réflexions ainsi que ses recommandations aux membres de la Commission de
l'aménagement du territoire.
La
résilience des Premières Nations sur le territoire québécois. Sur le territoire
du Québec habitent 10 Premières Nations différentes constituées de
99 638 membres, dont 58 147 membres vivent sur une
quarantaine de communautés reconnues, aussi appelées réserves. Les communautés
des Premières Nations réfèrent à la Loi sur les Indiens, qui est de niveau
fédéral. Cette loi permet entre autres au gouvernement fédéral d'administrer
des gouvernements locaux des Premières Nations et de la gestion des terres de
réserve. La Loi sur les Indiens définit aussi l'obligation du gouvernement
fédéral envers les Premières Nations. En matière de sécurité civile visant à
favoriser la résilience aux sinistres sur les communautés, rien ne figure dans
la Loi sur les Indiens. Dans ce contexte, SAC, Services autochtones Canada, a
mis en place un programme d'aide à la gestion des urgences. Au Québec, SAC et
W8banaki soutiennent les communautés dans le cadre de la loi fédérale sur la
gestion des urgences et la diligence raisonnable. De ce fait, comme c'est le
cas dans la Loi sur la sécurité civile actuelle, il est... il n'est pas
surprenant de constater qu'il n'y a aucune mention claire à propos des
Premières Nations dans le PL 50.
Dans la mesure où le
PL 50 vise à favoriser la résilience aux sinistres sur l'ensemble du
territoire québécois en responsabilisant principalement les municipalités, on
pourrait penser que cela inclut les principales communautés, réserves des Premières
Nations. Toutefois, et encore une fois, il n'y a rien de clair au sujet du
statut de réserve du côté municipal, bien que la plupart de celles-ci figurent
au répertoire des municipalités du Québec, non pas dans la liste de répertoire
qui précise entre... entre autres que les villages cris et naskapis ne sont pas
inclus dans la liste, mais plutôt via l'outil de recherche du répertoire, par
exemple la communauté de Wôlinak, où à peine quelques données géographiquement figurent. Tout ceci laisse donc
un grand flou face, entre autres, aux interactions entre les municipalités
et les réserves en matière de résilience face aux sinistres, à l'analyse de
risques, aux plans des mesures d'urgence ainsi
qu'au traitement réservé aux membres des Premières Nations vivant sur réserve,
par exemple, lors d'évacuations hors réserve.
Une collaboration
entre toutes les parties prenantes lors d'un sinistre sur territoire québécois
devrait être envisagée. Les plans régionaux de résilience aux sinistres
devraient prendre en considération la présence des communautés près des
municipalités. Qui plus est, le ministère de la Sécurité publique ainsi que
toute une autre organisation du gouvernement provincial impliquée gagneraient à
être plus proactifs auprès des organisations et des communautés des Premières
Nations pour tisser des liens solides afin de bien définir le rôle et les
attentes des parties prenantes, l'objectif commun étant d'augmenter la
résilience aux sinistres en territoire québécois. Merci beaucoup.
M. Lavigne (Damien) : De mon côté, je vais
poursuivre avec l'analyse qu'on avait faite du projet de loi n° 50, et
on suggère quelques recommandations du côté de W8banaki. Donc, les quatre
prochains points vont suivre, entre autres, les observations qu'on a faites.
Je débute avec le premier.
Nous avons noté l'absence de documentation claire définissant la coordination
entre la province, les municipalités et les Premières Nations en cas de
sinistre ou de catastrophe. C'est une lacune qui engendre des difficultés
significatives en matière d'interopérabilité et de coordination des efforts de
réponse. Aucun document ne décrit la
coordination entre la province, les municipalités et les Premières Nations,
comme nous le mentionnons.
Ce que nous suggérons, c'est que... Comme les
Premières Nations ne sont pas intégrées dans les structures de sécurité civile au Québec, elles évoluent de façon
générale dans un monde plutôt parallèle. Il arrive qu'elles soient exclues, ignorées ou encore intégrées bien après
les autres parties prenantes lors d'un sinistre ou d'un sinistre imminent.
La concertation et la coordination entre la province, les municipalités et les
Premières Nations sont ardues par cet enjeu de structure. Aucun document ne
décrit comment la coordination devrait se faire tant sur le terrain ou du point
de vue de la gouvernance.
Les MRC, les villes, les municipalités devraient
devoir se concerter avec les Premières Nations avec
lesquelles elles partagent le territoire pour les aspects de préparation aux
urgences majeures dont la source est hors réserve,
mais qui ont un impact sur les personnes, les infrastructures, l'environnement
et le bien des Premières Nations. Un document-cadre devrait être
identifié, des méthodes de coordination avec les Premières Nations... et
faciliter les interventions d'urgence à grande échelle. Un document-cadre
concernant les rôles, responsabilités et les normes applicables devrait être
rédigé afin de soutenir le bon déroulement des opérations d'évacuation et
assurer les standards applicables, qu'ils
soient compris dans... qu'ils soient compris de tous lors d'évacuations. On met
en exemple, entre autres, le Joint Emergency Management Standards, qui
provient de l'Ontario, qui couvre ces éléments.
Mon deuxième point se porte sur... Le projet de
loi ne prévoit pas d'interaction entre les mesures de gestion des risques des
municipalités et les droits, territoires et ressources propres aux Premières
Nations, ce qui peut apporter comme solution que les MRC, les villes, les
municipalités devraient devoir se concerter avec les Premières Nations avec
lesquelles elles partagent des territoires pour les aspects de gestion des
risques hors réserve, mais qui ont un impact
tout de même sur les personnes, les infrastructures, l'environnement et les
biens et des Premières Nations.
• (18 h 40) •
En troisième point, nous parlons de la
protection du patrimoine culturel et environnemental autochtone, qui devrait
être intégré comme principe dans la loi afin qu'il soit possible de les
protéger lors d'une l'urgence. On met... En exemple, le Old Post de Nemaska est
situé hors réserve et, l'été dernier, il a été menacé par les flammes, mais en
revanche, comme ce site d'importance patrimoniale n'est pas reconnu, il n'était
pas possible de faire la défense de ce territoire qui faisait face aux flammes.
En quatrième lieu, nous abordons la
consolidation de la relation entre la SOPFEU et les Premières Nations dans le
changement de gouvernance. Pour nous, la SOPFEU est un partenaire qui est à...
qui est très, très important, qui accompagne les communautés dans l'atténuation
des risques et dans la préparation aux urgences. Le ministère qui est proposé actuellement dans le projet de loi
n° 50 devrait convenir du maintien des services
offerts par la SOPFEU dans l'objectif
d'éviter que les responsables des mesures d'urgence des Premières Nations
soient dépourvus de soutien par la province lors de feux de forêt.
Ce qui nous amène comme conclusion que W8banaki
comprend que le projet de loi n° 50 proposé vise à
renforcer la sécurité civile, l'objectif commun étant d'augmenter la résilience
aux sinistres en territoire québécois. On y décerne une volonté de
clarification des rôles et responsabilités de toutes les parties prenantes à la
gestion des urgences découlant d'un sinistre. Paradoxalement, l'ensemble des
Premières Nations du Québec, parties prenantes lors de la majorité des derniers
sinistres majeurs survenus en territoire québécois, ne semblent pas être
clairement considérées. Minimalement, il serait profitable pour toutes les
collectivités québécoises que ce soit défini... que soit définie la
coordination entre la province, les municipalités et les Premières Nations.
Dans le réseau des intervenants en mesures
d'urgence des Premières Nations, dont nous, on fait partie, W8banaki, il y a
quatre mots qui priment. Ce sont les quatre c : la coopération, la
collaboration, la coordination et la communication. Ces quatre c sont garants
d'un réseau fort prônant la proactivité et le travail d'équipe. Ceux-ci
résument bien la vision du PAGU W8banaki concernant le projet de loi n° 50. C'est dans cet esprit que W8banaki tend la main aux
organisations du gouvernement provincial afin de tisser des liens solides en
matière de résilience et aux sinistres.
Pour les points mentionnés plus... derniers, je
tiens à remercier d'abord le président ainsi que le ministre Bonnardel et Mmes
et MM. les députés pour nous avoir écoutés lors de la présentation. Ça résume
la présentation. Merci grandement.
Le Président
(M. Schneeberger) : Alors, merci beaucoup, M. Lavigne et
M. Diamond, pour votre présentation. Alors, nous allons débuter... nous débutons, pardon, une période
d'échange avec M. le ministre. Alors, vous avez la parole.
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Messieurs, vous êtes les derniers de la journée, mais non les
moindres. Votre mémoire est très instructif. Puis je n'ai pas de leçons à vous
donner, là, sur les façons... les façons... vos explications que vous nous
donnez aujourd'hui. Vous savez très bien que la sécurité civile sur les
communautés, c'est de juridiction fédérale. On a dû travailler... on a dû
travailler, lors de la dernière saison des feux, qui a été majeure, avec
Services autochtones Canada. Vous le savez, on a évacué près de 10 000 de
vos compatriotes partout sur le territoire, et quelquefois plus d'une fois.
Mais je vais aller... Je voulais juste exposer
la situation. Puis je veux... je voulais vous exposer un peu les... Ce n'est
pas parce que c'est de juridiction fédérale qu'on se dit : On ne fait
rien. Quand je dis ça, je le dis pour vous rassurer, oui,
dans une certaine mesure, en vous disant que ce qui va être important pour moi
puis pour le ministère, c'est que, dans les prochaines semaines... Vous êtes un
acteur non négligeable, avec Services autochtones aussi, pour assurer, je vais
dire, des services-conseils, mais c'est peut-être plus que ça encore, vis-à-vis
vos collègues, vos... les différentes communautés. Donc, vous allez être partie
prenante de futures rencontres avec la... avec la sécurité civile, notre
sous-ministre, dans les prochaines semaines. Puis on va aussi mieux faire
connaître le rôle de la sécurité civile du Québec aux différentes communautés,
parce que, bon, la situation de 2023 risque de se répéter. On ne le souhaite pas, là, mais, si ça se répète, il faut continuer
de bien faire notre travail, mais que vous soyez des partenaires encore plus...
encore plus importants pour la suite des choses.
Puis, une des portions où vous mentionnez...
pour moi, qui est... qui est importante, c'est la gestion des risques. Même si
on ne l'a pas mentionné dans la loi, dans l'habilitation réglementaire, vous
allez être partie prenante de cette complémentarité, si je peux le dire ainsi,
entre les autorités municipales et vous-mêmes, les Premières Nations, pour être
capables de définir... de définir un partenariat entre... entre vous et les
communautés pour que cette définition de «gestion de risques», bien, soit...
soit autant utile pour vous que pour les autres communautés. Donc, ça, soyez-en assurés, là, que vous allez
être partie prenante, là, de ce règlement qui va définir votre rôle aussi dans
tout ça. Et, pour moi, ça va être... ça va être important.
J'ai juste le goût de... ma première question,
de vous... J'imagine qu'avec l'été qu'on a eu,vous avez posé des questions,
vous avez parlé aux différents membres des différentes communautés. Comment ça
s'est... Je pense, la réponse, je pense la savoir, mais, les
10 000 personnes de vos membres, de vos... des différentes
communautés qui ont été évacuées, j'étais
quand même présent pas mal lors de ces évacuations, est-ce que, dans
l'ensemble, on ressort avec un bilan positif de ces... de ces
évacuations? Parce que Services autochtones Canada, je le répète, nous ont dit — pas François : M. le ministre, vos équipes,
vous embarquez sur le terrain puis vous donnez tout ce que vous pouvez pour... Puis,
tu sais, je le dis souvent, là, c'était sauver des vies qui était le premier
réflexe qu'on voulait pour l'ensemble... l'ensemble des Québécois qui étaient
évacués, là. Est-ce que ça s'est bien déroulé, selon vous, ou il y a matière à
amélioration pour la suite des choses? Puis j'imagine que c'est des questions
aussi qu'on... qu'on allait vous poser aussi de la part... de la part du
ministère, là, mais je veux vous entendre pour le bénéfice de tout le monde,
là.
M. Diamond (Maxime) : Damien, tu
veux te prononcer ou...
M. Lavigne (Damien) : Absolument.
M. Diamond (Maxime) : Premièrement,
oui, il y a toujours matière à amélioration dans peu importent les projets dans
lesquels nous participons. Cet été, on a vécu plusieurs événements qui se sont
reproduits. Vous l'avez mentionné, M. le ministre, on a dû évacuer et réévacuer
certaines communautés. Techniquement parlant, on a senti le support aussi des
municipalités qui ont accueilli nos membres des Premières Nations, qui a été...
Ça a été un enjeu majeur pour nous, là. On a pu faire la gestion des
évacuations comme il se devait grâce au support de tout ce qui était alentour
de nos communautés. Damien, si tu veux poursuivre.
M. Lavigne
(Damien) : Merci, M. le ministre, pour votre question. C'est
grandement apprécié. Actuellement, étant donné qu'on est dans la
préparation, on peut vous certifier que de notre côté, on est en rétroaction
auprès des communautés à recueillir leurs commentaires, à savoir comment était
l'accueil dans les sites de sinistrés, comment était le travail de la Croix-Rouge, qui est un partenaire direct avec
nous, ainsi que le travail de la SOPFEU, notre travail personnel ainsi
que le travail du fédéral. On ne mentionne pas le travail de la province, parce
que de façon générale, comme vous le
mentionnez, les communautés sont sous juridiction fédérale. Donc, dans le but
où généralement le MSP offre différents services et est également
attaché à la SOPFEU, est également attaché à la Croix-Rouge, il va de soi de
faire tout de même un travail en amont avec eux, de mieux comprendre nos rôles
et responsabilités.
De ma part, j'ai été sur le terrain à plusieurs
reprises, que ce soit du côté de Val-d'Or, que ce soit du côté du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Rentrer dans les centres d'opérations d'urgence, directement sur les centres de
sinistrés, était très facile. Ça allait très, très bien. La collaboration était
numéro un.
De façon générale, les communautés, ce qu'elles
vont préférer, c'est d'évacuer dans une communauté soeur ou encore, cette
année, on ne vise le moins possible d'évacuations. On a travaillé avec la
Santé, qui est une branche de Services autochtones Canada qui s'appelle la
Direction générale de la santé des Premières Nations et des Inuit, avec qui on a développé un projet qui... qui
s'appelle les centres d'air pur, les centres d'air pur étant des endroits à
pression positive, évitant,
justement, que la qualité de l'air à l'intérieur de cet endroit-là ne soit
néfaste pour la population vulnérable. Ceci
dit, ce n'est pas un outil qui est à 100 % étanche, ce n'est pas un outil
qui va être 100 % «bulletproof», si vous me permettez l'anglicisme,
pour l'été prochain.
Donc, on s'attend, justement, à avoir un bon
travail de notre côté autant avec l'association de la sécurité civile du
Québec, qui nous donne un bon coup de main en approchant différentes villes
pour nous permettre d'avoir des lieux clés pour accueillir les différentes
communautés qui risqueraient de quitter. Parce que, cette fois-ci, on ne veut
pas que les communautés nécessairement, même s'ils ont le dernier mot à ce
niveau-là, ne quittent seulement à cause de la fumée. Les municipalités ne
l'ont pas fait l'année dernière, et on aimerait que ce soit également
applicable du côté des communautés grâce à notre service-conseil, grâce aux
conseils de la SOPFEU, qui vont mentionner le comportement du feu, par exemple,
sans nécessairement prendre la décision pour la communauté de dire : Vous devez évacuer. Ce n'est pas leur
mandat. Donc, nous non plus, on ne prend pas la décision. Ça va toujours
rester le mandat du chef. Mais avec des outils comme le centre d'air pur, les
bons outils également d'analyse de la situation du feu, les bons plans de mesures
d'urgence, les bonnes analyses de risques et en ayant des lieux stratégiques
près des municipalités ou des villes d'accueil, ça va être un travail qui va
être fait beaucoup plus facilement lors d'évacuations, si celles-ci arrivent
durant l'été prochain.
• (18 h 50) •
M.
Bonnardel : Comment vous avez... comment vous avez évalué la
communication entre les différents partenaires, principalement la SOPFEU, mais
autant de notre côté aussi? Est-ce que, côté communicationnel, c'était adéquat
ou il y a matière à amélioration sur certains... sur certains points? Est-ce
que les chefs étaient bien informés, assez rapidement, de la situation? Je
crois que oui, là, mais peut-être que vous allez m'exposer certaines situations
que j'ai... où je n'ai pas eu vent, là, de plus... de problématiques. Mais
comment... Du côté communication, là, vous considérez qu'on peut se donner une
bonne note ou non?
M. Lavigne
(Damien) : La communication va toujours rester le nerf de la guerre, on
ne se le cachera pas. La désinformation était tout de même assez importante sur
les communautés. Je dirais...
M.
Bonnardel : Attendez, là. La désinformation?
M. Lavigne
(Damien) : La désinformation, oui, effectivement. Certains membres qui
se... qui se retrouvent dans le territoire, des fois, donnent l'information où
les flammes s'en vont, vers une direction ou vers une autre, et par la suite on
lève le flag en disant : Il y a une situation, qu'est-ce qu'on fait,
comment on se mobilise, est-ce qu'on sait si la SOPFEU s'en vient? Donc, ça,
c'est des éléments clés qui sont importants de signifier, du côté de Services
autochtones Canada ou du côté de W8banaki, pour qu'on puisse engendrer les ORSC
nécessaires afin de savoir quelle est la
situation réelle. Donc, la circulation peut se produire tout de même assez
rapidement dans une communauté comme dans une municipalité. Donc, ce
n'est pas... ce n'est pas différent d'un endroit à un autre, mais, lorsqu'on
veut avoir l'élément clé, ça peut toutefois devenir difficile avec les endroits
régionaux.
Nous,
de notre côté, afin que ça se parle de ministre à ministre, on monte
l'information à Services autochtones Canada. Donc, en ayant une liste
des personnes qui sont responsables des régions desservies par le MSP, ça
devient tout de même assez facile d'obtenir l'information pour la descendre
auprès de la communauté.
D'un autre côté, des
relations comme on a avec la Croix-Rouge ou la SOPFEU, ils sont tout de même
très, très efficaces étant donné qu'on les travaille beaucoup en amont. Donc,
on a des relations rapides.
La note... Vous avez
tout de même une très, très bonne note concernant les évacuations de l'année
dernière, concernant la situation de la route. Par exemple, sur la Billy
Diamond, des choses comme ça, ça allait très, très bien. Des fois, c'était plus difficile de trancher les
décisions parce qu'il y a des communautés qui risquaient de ne pas avoir
de... comment dire, de denrées essentielles, comme du lait maternel ou des
choses comme ça, auprès de leurs enfants. C'était tout de même difficile pour
eux autres de dire : Bien, nous, on patrouille la route qui mène à
notre... à notre communauté, du côté de la Baie-James, et le... actuellement,
le risque est moindre, mais, la Billy Diamond, qui était fermée à partir de Matagami afin de prévenir toute
situation dangereuse pour les conducteurs, tout à fait justifié. Mais,
pendant ce temps-là, c'était difficile d'avoir tout ce qui était aérien, tous
les outils supplémentaires, en fait, pour assurer la sécurité de leurs membres
sur leurs territoires.
M. Bonnardel :
Faites juste me... Je veux juste
clarifier quelque chose. Tantôt, vous avez dit : Lors d'évacuations.
Est-ce que, dans le processus d'évacuation, si la SOPFEU dit à un chef, à une
communauté : Vous devriez évacuer, voici les raisons x, est-ce que vous avez un rôle à jouer? Est-ce qu'on vous
interpelle? Est-ce que vous avez un rôle-conseil en disant : Messieurs,
vous êtes des experts en sécurité, est-ce que... qu'est-ce que vous en pensez
vis-à-vis... vis-à-vis la recommandation de la SOPFEU? Est-ce que vous
faites... vous êtes partie prenante de cette décision, ou pas du tout, ou...
M. Lavigne
(Damien) : On va participer aux rencontres avec les communautés, mais,
comme mentionné, ce serait... ce serait très, très surprenant que la SOPFEU
prenne une position aussi importante, parce que, par la suite, ils pourraient
se faire dire : Bien, crime, on s'est fait recommander fortement
d'évacuer. Ce serait très surprenant. Mais, dans une rencontre où la SOPFEU
serait autour de la table, Services autochtones Canada ainsi que notre
présence, on pourrait évaluer la possibilité de, en conséquence des
informations spécifiques concernant la météorologie, entre autres, le
comportement du feu, et par la suite donner conseil, à dire : Écoutez,
actuellement, la situation avec le feu est à 20 kilomètres, les vents sont
dominants vers votre communauté, vous avez le choix d'évacuer, mais avisez-nous
pour qu'on puisse communiquer l'information à l'endroit que vous désirez
évacuer, que ce soit la ville de Québec, que ce soit Val-d'Or, que ce soit Rouyn-Noranda.
Donc, nous, notre travail va être de communiquer l'information à SAC, créer la branche pour faire le filament
entre : On a parlé avec la communauté, on a une confirmation
d'évacuation, et ils pensent se diriger là-bas, est-ce qu'on peut savoir
s'il y a un endroit, un centre d'hébergement d'urgence possible? C'est une évacuation complète de
2 000 personnes. On va avoir besoin de repas, on va avoir besoin d'un
espace pour leurs animaux de compagnie. Donc, on fait le fil conducteur
de toutes ces informations-là pour libérer le poids des épaules des communautés
afin qu'eux autres puissent se concentrer sur les opérations sur leur
territoire local pour procéder à l'évacuation.
M. Bonnardel :
OK. Merci, messieurs, pour ces
clarifications. Je ne sais pas si mes collègues ont des questions.
Sinon, on va aller à l'opposition, si...
Mme
Jeannotte : ...
M.
Bonnardel : Ça va.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Ça va? Oui, ça va comme ça? Alors, nous allons maintenant du côté de
l'opposition officielle avec la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Bonsoir, M. Diamond et M. Lavigne. Merci beaucoup pour
votre présentation puis votre mémoire. Comme le ministre a dit, c'est très
instructif.
Suite à votre recommandation d'un document-cadre
qui devrait identifier les méthodes de coordination que vous avez évoqué dans
votre mémoire puis votre discours, puis le ministre a dit que c'est quelque
chose que nous pouvons mettre peut-être ensemble par le biais d'un règlement,
que souhaitez-vous voir à l'intérieur de ce document? Il doit y avoir des
éléments clés. Je comprends que ça prend une consultation, mais il doit y avoir
des éléments clés que, vous souhaitez, font partie de ce type de document.
M. Lavigne (Damien) : En fait, ce
serait tout ce qui serait au niveau de l'alerte, l'après-alerte, le chemin
directeur afin de décider vers qui on se tourne. Est-ce que vous, de votre
côté, vous préférez, de la province, que les communautés qui sont desservies
sur le territoire, dépendamment de leur emplacement, se tournent davantage vers
leurs régions ou vous accepteriez qu'ils se
dirigent vers d'autres régions? Ça pourrait être mis en branle, ça pourrait
être discuté à ce niveau-là.
Donc, il y a tout ce qui est la concertation
également, savoir que les communautés vont être considérées dans la prise de
décision, le partage des risques, sur le territoire des municipalités, qui
pourraient affecter également les communautés, et peut-être que... obtenir,
comment dire, la tradition ou la culture des communautés, à savoir à quel point ça va être affecté si on décide de faire un
travail d'atténuation important, une bande d'aménagement pour libérer tout
combustible sur le sol. Est-ce qu'il y a... cet endroit-là contenait des baies
sauvages, des choses comme ça? Donc, la concertation afin d'avoir vraiment une
idée claire du risque... de l'impact, plutôt, sur la communauté.
Et le travail, bien entendu, d'équipe par la
suite, dans le cas d'une situation d'évacuation où... Je vais donner l'exemple
de... Louvicourt décide d'évacuer Lac-Simon, qui est à environ six kilomètres,
si je ne me trompe pas. À ce moment-là, ce
serait intéressant de savoir, bien, vous, dans votre plan régional, si vous
croyez évacuer vers Val-d'Or, bien,
c'est quel endroit, vous vous dirigez. Est-ce qu'on peut travailler ensemble
pour faciliter le transport, par exemple? Donc, c'est ce genre de choses
là que moi, j'aimerais bien voir dans une loi ou, du moins, dans une procédure
écrite concernant les Premières Nations.
Mme Maccarone : OK. Merci. Je suis
curieuse de savoir si vous avez des pratiques traditionnelles, des
connaissances de vos communautés dont vous représentez en matière de gestion de
risques et d'urgence que vous souhaitez
partager avec les membres de la commission, parce que c'est quand même une
expertise qui est spécialisée, quand on parle du grand conseil de
W8banaki. Alors, je souhaite vous entendre là-dessus, s'il vous plaît.
M. Lavigne
(Damien) : W8banaki, bien, se tourne moins vers le
traditionalisme. C'est davantage les aînés des communautés qui vont
apporter leurs points, qui vont décrire un petit peu plus quels genres de
pratiques ils faisaient auparavant. Nous, on va toujours prôner les bonnes
pratiques, les meilleures, également, disponibles du côté de la sécurité civile
de la province, les meilleures du côté du fédéral, et on va suggérer, par le
biais de gabarits, de plans de mesures
d'urgence, comment procéder en temps... en temps et lieu. On utilise également
le système de commandement d'incident,
le SCI, qui est mis en application à travers l'intérieur de la... pancanadien,
plutôt, pour faire en sorte qu'on ait un système de communication
efficace. Donc, des fois, c'est plus difficile du côté des aînés, mais, du côté
des coordonnateurs de mesures d'urgence, donc
nos principaux intéressés, et des comités de mesures d'urgence, c'est ce qu'on
prône et ce qu'on va préférer que les communautés utilisent.
Mais, encore une fois, ils ne sont pas obligés
de le faire, bien entendu, mais c'est ce qu'on essaie de souligner,
l'importance d'une communication efficace, d'une bonne préparation. Donc, si
eux, ils préfèrent, sur leurs territoires,
impliquer les personnes plus aînées, dont ils ont vécu différents feux et qui
ont vécu différentes situations, et qu'ils ont des idées claires pour
les partager, les mettre dans leurs plans de mesures d'urgence ou encore les
partager auprès des municipalités, à ce
moment-là, on voit l'opportunité de les écouter, de les entendre et peut-être
d'utiliser ce qu'ils veulent nous partager.
Maxime, j'ai remarqué que tu avais libéré ton
micro.
M. Diamond
(Maxime) : Oui. Bien, pour faire un peu d'avancement sur les
propos de Damien, le volet tradition a été touché cet été lors des
évacuations, c'est-à-dire que les communautés ont cuisiné des plats
traditionnels lors d'évacuations dans les centres d'hébergement d'urgence.
Donc, les aînés ont participé, puis ça joue sur le psychologique des personnes
évacuées. Donc, ils ont pu sentir un peu leur chez-eux en grande ville pour une
période de sept à huit jours, et puis
ensuite ils sont retournés dans leurs communautés. Donc, les chants, la cuisine
autochtone a été... a été mise de l'avant, là, dans certaines régions.
Mme Maccarone : Merci. C'est très
intéressant. Est-ce que vous avez aussi des mesures que vous proposez pour
renforcer la résilience, la sécurité des communautés autochtones dont vous
représentez face aux menaces telles que les catastrophes naturelles aussi? Parce que
je présume... Vous évoquez beaucoup de communication, mais, vous, le
moyen que vous communiquez puis protégez votre population, comment vous...
c'est quoi, la mise en oeuvre ou le déploiement de ces initiatives?
• (19 heures) •
M. Lavigne (Damien) : La gouvernance
locale doit primer d'abord et avant tout. Donc, chaque communauté est maître
chez elle, un peu comme une municipalité, si on pourrait dire. Donc, à ce
moment-là, on va laisser l'initiative à la communauté de gérer, selon leurs
ressources locales, la situation. S'ils se sentent dépassés, à ce moment-là, ils peuvent communiquer avec Services
autochtones Canada comme ils peuvent communiquer avec W8banaki pour
qu'on puisse mettre en branle soit une mobilisation directement sur le
territoire afin de leur soutenir dans leurs opérations ou encore de le faire à
distance en communiquant avec eux, en leur fournissant des outils comme des fiches, des outils également électroniques pour un
centre d'opérations d'urgence mieux adapté, un centre de commandement
directement sur la communauté afin de se mobiliser et se rapprocher de l'aléa
qui cause le sinistre.
Donc, c'est... c'est très variable selon la
situation, bien entendu, mais ça passe énormément également par la formation,
bien entendu. Je vous ai mentionné le SCI, mais on a également une entente avec
l'UQAC, qui propose une formation s'appelant La gestion des risques et la
planification des urgences, qui est basée, entre autres, sur les meilleures
pratiques, autant provinciales que fédérales. Et on a également tout ce qui est
services aux personnes sinistrées offerts par la Croix-Rouge. On a également
Intelli-feu, FireSmart, qui est offert par la SOPFEU, ainsi que les formations spécifiques pour tout ce qui est
pompier auxiliaire sur communauté par l'entremise de la SOPFEU. Et on a également la possibilité de faire des exercices,
des entraînements selon les aléas, les catastrophes pouvant survenir sur
le territoire.
Donc, on se
rapproche très près du mandat du MSP, certes, auprès des municipalités et on
fait le même travail du côté des communautés.
Mme Maccarone : Est-ce que ces
formations sont traduites? Parce qu'on parle quand même d'un service essentiel,
urgent. Est-ce qu'elles sont traduites pour les membres de votre communauté qui
ne parlent peut-être pas anglais ou français?
M. Lavigne (Damien) : J'aime
beaucoup votre question. Effectivement, c'était... c'est une pratique qui est
tout de même assez difficile. On essaie de plus en plus de le faire, mais, de
façon générale, les communautés sont divisées à 50-50, donc ils vont parler
français, anglais, cri, attikamek. Donc, ils parlent au moins deux, trois
langages de façon générale. Mais, pour les
aînés, qui est une notion tout de même assez importante, le maintien de la
langue, nous tâchons le plus possible de les traduire, mais c'est un
défi de taille.
Mme Maccarone : OK. Peut-être une
dernière question, juste par curiosité : Est-ce que vous avez une entente avec les policiers autochtones en ce qui
concerne le déploiement des mesures quand on fait face à un état d'urgence?
M. Lavigne (Damien) : Les policiers
sont davantage vers la sécurité publique. Donc, ils sont soutenus par la
province, ils sont également soutenus par Sécurité publique Canada. De façon
générale, ce sont des instances ou des ressources qui vont être mises en branle
dans les plans de mesures d'urgence au même titre que les services incendie.
Donc, moi, je vous dirais non, pas directement.
Je sais que l'APNQL font un travail assez
important du côté des services des corps policiers autochtones, mais nous, de
notre côté, on va travailler selon la vue d'ensemble de la communauté par
l'entremise du coordonnateur des mesures d'urgence, qui va aller chercher la
sécurité publique, qui va aller chercher la santé. Donc, je ne vous apprends
rien à ce niveau-là. C'est pareil comme les municipalités.
Mme Maccarone : Parfait. Merci
beaucoup. C'était très instructif d'échanger avec vous. Merci.
M. Lavigne (Damien) : Merci.
M. Diamond (Maxime) : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition avec le député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. Bonjour,
messieurs. Merci de nous apporter ce point de vue essentiel à un projet... un
projet de loi de cet ordre-là.
Je voudrais juste préciser une information que
vous avez... que vous avez dite il y a quelques minutes. Pour la décision
d'évacuer une communauté, si j'ai bien compris, c'est la décision finale. Même
s'il y a beaucoup d'éléments de concertation, c'est... c'est le chef de la
communauté qui doit donner son aval pour... J'ai bien compris? C'est cela. Très
bien.
Vous nous avez dit... Vous nous avez informés,
dans votre mémoire, qu'entre autres... bien, non, vous êtes... il y a un
programme de... fédéral qui s'appelle le Programme d'aide à la gestion
d'urgences, qui est appliqué... qui est
par... via le Secrétariat aux
affaires autochtones... non, je...
avec le SAC, qui est dirigé vers les communautés. Est-ce que toutes les
communautés autochtones du Québec appliquent à ce programme d'aide à la gestion
d'urgences?
M. Lavigne
(Damien) : Votre question est excellente. Le programme PAGU, le
Programme d'aide à la gestion des urgences, c'est un programme pancanadien.
Donc, l'ensemble des communautés, de façon générale, peuvent obtenir les
services, mais, bien entendu, les territoires desservis par le programme sont
ceux qui sont reconnus par la Loi sur les Indiens.
Je prends... Par exemple, Kitcisakik, qui est
une communauté située dans le parc de La Vérendrye et environ à une heure de Val-d'Or,
est une communauté qui n'est pas reconnue. Donc, on peut les soutenir, mais
tout ce qui va être remboursement de frais
suite aux mesures d'urgence devrait passer du côté de la province, et le MSP
aurait également un travail à faire en amont avec cette communauté-là,
en situation d'urgence, dans... dans le soutien nécessaire auprès de la
communauté. Bien entendu, on poursuit notre travail, on les soutient, on leur
offre... les offre le cursus de formation comme on le ferait à n'importe quelle
communauté, mais cette communauté-là particulièrement n'est pas desservie directement par notre programme, au
même titre qu'Akwesasne. Akwesasne est une communauté mohawk limitrophe entre
l'Ontario, le Québec et les États-Unis. Donc, cette communauté-là est desservie
par le programme de l'Ontario.
M. Fontecilla : Très bien. Bon. Ça
pose plusieurs types de questions, mais je voudrais aller à ce qui me paraît essentiel, là. Vous dites que le PL 50 ne
considère pas les communautés autochtones, en effet, mais je voudrais... Est-ce
que, vous, votre opinion, c'est de faire en sorte que le PL 50 considère la
réalité autochtone, considère certains aspects, étant donné qu'il y a comme une
double... comment dire, il y a le fédéral qui rentre en ligne de compte, ou
qu'on considère certains aspects en particulier, là?
M. Lavigne (Damien) : L'importance
de notre mémoire est davantage vers la concertation, donc le travail nécessaire à assurer la sécurité, la résilience de
l'ensemble du territoire du Québec, par l'entremise du projet de loi n° 50,
afin d'assurer que les communautés ne soient pas laissées à eux-mêmes. Si les
municipalités ont le soutien nécessaire du MSP pour une situation d'évacuation,
si nous, on crée une ORSC auprès de ce secteur précis là, s'il y a une
communauté environnante juste à côté, bien, ce serait important que nous, par
la suite, on puisse faire le pont nécessaire afin de leur informer de la
situation par le biais de la municipalité qui est environnante. Tout ce qui va
être travaux d'atténuation, tout ce qui va être le plan de gestion des risques
régional, ce serait une bonne idée de pouvoir avoir... pas l'amont, mais plutôt
la collaboration entre les Premières Nations et les municipalités. Ce serait
davantage sur ça que notre mémoire se base, entre autres, là, pour valider
l'approche auprès des Premières Nations, malgré qu'ils sont sous juridiction
fédérale.
M. Fontecilla : Donc, pour vous, là,
c'est... l'importance est située dans l'inclusion, dans le PL 50, du principe de la collaboration et la concertation
avec les communautés autochtones. Est-ce que je traduis bien votre sentiment?
M. Lavigne (Damien) : Exactement.
M. Fontecilla : Je vous...
M. Diamond (Maxime) : On a un
parallèle à faire aussi...
M. Fontecilla : Oui.
M. Diamond (Maxime) : Pardonnez-moi.
On a un parallèle à faire avec les communautés qui ont le service urgence desservi par les municipalités,
c'est-à-dire les services de pompiers et policiers. Il y a plusieurs communautés
au Québec qu'ils n'ont pas de service incendie, donc le service est provenu
d'une municipalité avoisinante. Voilà, ça, c'est... c'est des enjeux à
considérer aussi, là, dans cette loi.
M. Fontecilla : Tout à fait. Tout à
fait. Je vous remercie.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
C'est fini? Alors, s'il n'y a plus de question, alors, je vous remercie, à vous deux, pour votre contribution à la
commission. Alors, je vous laisse là-dessus et je vous souhaite une belle
soirée.
Pour notre
part, bien, nous ajournons les travaux à demain, mercredi 20 mars,
après la période des questions...
(Fin de la séance à 19 h 08)