Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mardi 19 mars 2024
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Vol. 47 N° 44
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 50, Loi édictant la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux sinistres et modifiant diverses dispositions relatives notamment aux centres de communications d’urgence et à la protection contre les incendies de forêt
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Intervenants par tranches d'heure
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Schneeberger, Sébastien
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Bonnardel, François
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Maccarone, Jennifer
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Fontecilla, Andrés
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Schneeberger, Sébastien
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Bonnardel, François
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Jeannotte, Chantale
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Maccarone, Jennifer
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Maccarone, Jennifer
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Schneeberger, Sébastien
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Fontecilla, Andrés
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Bonnardel, François
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Bonnardel, François
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Schneeberger, Sébastien
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Jeannotte, Chantale
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Maccarone, Jennifer
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Schneeberger, Sébastien
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Bonnardel, François
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Jeannotte, Chantale
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Maccarone, Jennifer
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Maccarone, Jennifer
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Schneeberger, Sébastien
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Fontecilla, Andrés
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Schneeberger, Sébastien
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Bonnardel, François
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Bonnardel, François
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Schneeberger, Sébastien
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Girard, Eric
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Maccarone, Jennifer
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Fontecilla, Andrés
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Schneeberger, Sébastien
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Bonnardel, François
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Jeannotte, Chantale
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Maccarone, Jennifer
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Maccarone, Jennifer
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Schneeberger, Sébastien
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Fontecilla, Andrés
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Schneeberger, Sébastien
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Bonnardel, François
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Jeannotte, Chantale
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Maccarone, Jennifer
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Fontecilla, Andrés
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Fontecilla, Andrés
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Schneeberger, Sébastien
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Bonnardel, François
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Dionne, Amélie
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Dionne, Amélie
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Jeannotte, Chantale
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Schneeberger, Sébastien
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Maccarone, Jennifer
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Fontecilla, Andrés
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Schneeberger, Sébastien
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Bonnardel, François
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Jeannotte, Chantale
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Maccarone, Jennifer
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Fontecilla, Andrés
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Fontecilla, Andrés
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Schneeberger, Sébastien
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Alors, je déclare à la Commission de l'aménagement du
territoire ouverte.
Je vous demanderais juste de vérifier vos
sonneries pour ne pas déranger le groupe.
Alors, la commission est réunie ce matin
pour entreprendre des consultations particulières et auditions publiques sur le
projet de loi n° 50, loi édictant la Loi sur la sécurité civile visant à
favoriser la résilience aux sinistres et modifiant diverses dispositions
législatives... relatives, pardon, notamment aux centres de communications
d'urgence et de protection contre les incendies.
Alors, est-ce que nous avons des remplaçants
ce matin?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont) est remplacée par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis).
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, pour débuter nos auditions ce matin, nous allons recevoir la Fédération
québécoise des municipalités, l'Union des municipalités du Québec et l'Association
des gestionnaires en sécurité incendie et civile du Québec.
Remarques préliminaires
Alors, nous... nous allons procéder
maintenant par les remarques préliminaires. Alors, j'invite le... M. le
ministre de la Sécurité publique... pardon, à commencer. Vous avez six minutes.
M. François Bonnardel
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Alors, je serai bref, parce qu'on aura la chance de parler de la...
de cette loi, de cette refonte complète de la Loi sur la sécurité civile dans
les prochaines... les prochaines semaines. Ce qui est important pour moi, c'est
vraiment saluer mes collègues qui sont là aujourd'hui, la collègue de l'opposition,
les partenaires de la FQM, de l'UMQ, qui vont être avec nous ce matin, mes
partenaires aussi, mon sous-ministre, qui sont avec moi, du ministère, pour m'accompagner.
Rapidement, trois points majeurs, que j'ai
mentionnés lors du dépôt de cette loi, là, qui... qui vont être partie prenante
de cette refonte. En premier lieu, c'est la mission de la SOPFEU. On va
recevoir la SOPFEU aujourd'hui. Comme on le sait, dû aux... dû aux changements
climatiques, aux catastrophes <naturelles...
M. Bonnardel :
...comme
on le sait, dû aux... dû aux changements climatiques, aux catastrophes >naturelles
que l'on vit depuis... depuis les dernières années, particulièrement depuis
2023, bien, la mission de la SOPFEU a, je peux dire... a grandement évolué. Sa
mission première, dans les dernières décennies, a toujours été celle de sauver
l'industrie forestière, mais la matière ligneuse aussi. Puis il faut comprendre
qu'avec les catastrophes des dernières années, bien, la mission a... a évolué.
Elle devient celle de sauver des vies. Elle devient celle de sauver des
communautés, des infrastructures névralgiques et aussi, par la suite, donc, la
matière ligneuse de l'industrie forestière. Donc, la SOPFEU... SOPFEU sera sous
l'égide de la... du ministère de la Sécurité publique après l'adoption de la
loi, donc d'ici... d'ici la fin de l'année.
Le deuxième point important, bien, c'est
une réponse aussi aux catastrophes, c'est une réponse aussi aux municipalités,
petites, moyennes, grosses, qui, dans les dernières années, on l'a vu, on l'a
entendu, que ce soient les inondations ou autres, les feux de forêt,
particulièrement l'été passé, à la fin... à la fin du printemps ou au début de
l'été passé... où on s'est bien rendu compte que faire appel aux forces armées,
ça va de soi quand on a besoin des forces armées, mais de sortir de la boîte et
de... et de créer une réserve opérationnelle, une réserve civile opérationnelle
va nous permettre de répondre à des impondérables, à des catastrophes que des
municipalités pourraient subir suite à une demande sans faire affaire... sans
faire appel tout le temps, donc, aux Forces armées canadiennes. Alors, c'est
une réponse qui va être importante. C'est un financement aussi qui... qui a
suivi avec l'annonce... l'annonce du ministre des Finances voilà quelques jours
déjà. Donc, on va travailler en partenariat avec, nécessairement, la SOPFEU,
avec la mission de la <i>Croix-Rouge aussi. On aura peut-être d'autres
partenaires, mais on aura la chance d'élaborer puis d'échanger aussi avec eux.
• (9 h 50) •
Un deuxième point qui touche... qui touche
les municipalités dans une certaine mesure, la gestion de risques, les
générateurs de risques aussi, donc, une meilleure connaissance. On s'est
malheureusement rendu compte pendant les feux, l'année passée, qu'on... qu'on avait
peut-être une méconnaissance de certains générateurs de risques dans certaines
municipalités, parce que... parce que, bon, on n'avait pas... on n'avait pas
cette information. Donc, pour moi, ce qui... pour moi puis le ministère, ce qui
est important, c'est d'être capables de s'assurer d'avoir tous ces facteurs de
risque complets dans chacune... dans chacune des municipalités, mais je sais
que c'est une... c'est un questionnement. C'est un questionnement qui est...
qui a plein de sens du côté des municipalités, de se dire : Bien, comment
on va y arriver? Est-ce qu'on va être capables d'y arriver? Bien, je leur dis
oui, parce que, pour moi, la base, c'est important d'être un... d'être un
partenaire et qu'il y ait un accompagnement pour la mise en œuvre de ces
éléments du projet de loi qui sont, pour moi, essentiels, donc que ce soit un
soutien technique, que ce soient nos directions... nos directions régionales
qui vont y participer, que ce soient les documents, guides de référence, outils
informatisés à l'intention des municipalités puis des MRC et accompagnement,
accompagnement, bien important, lors de... lors de la mise en place de la
préparation du règlement.
Je leur dis... Je vous dis en toute
franchise et humblement que vous allez être des partenaires dans tout ça. On ne
vous abandonnera pas puis on va travailler ensemble pour être capables de se
donner tous les outils pour affronter... affronter les prochaines catastrophes
dans les prochaines années, qu'on va... qu'on va nécessairement,
malheureusement, avoir. Donc, voilà, je termine ça là-dessus.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Alors, nous allons du côté de l'opposition
officielle, et vous avez... Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, vous avez
un 4 min 30 s.
Mme Jennifer Maccarone
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Un plaisir de siéger à cette commission, aménagement du territoire.
On disait, juste avant l'ouverture des remarques préliminaires, que c'est une
première pour plusieurs d'entre nous. Alors, contente de vous trouver, M. le
Président, membres de la commission ainsi que le ministre, son équipe et mon
équipe, évidemment. Je suis bien entourée, vraiment, aujourd'hui.
On est en train d'entreprendre un projet
de loi important, majeur, je dirais même. Pourquoi? Parce que c'est la première
fois dans environ 20 ans, depuis, que nous n'avons pas adressé tout ce qui
est en lien avec sécurité civile. Alors, c'est des enjeux très importants.
J'ai hâte à entendre les groupes qui vont
témoigner en commission parlementaire parce que... de nous alimenter en ce qui
concerne ce projet de loi. Il n'y a aucun projet de loi qui est déposé à
l'Assemblée nationale qui ne peut pas être bonifié, qui n'a pas besoin d'être
amélioré avec des amendements qu'on fait en collaboration. Pourquoi? Parce que
chaque fois qu'on dépose un projet de loi, ça n'appartient plus au
gouvernement, ça n'appartient pas aux oppositions, mais ça appartient au...
société civile. Alors, j'ai vraiment hâte d'entendre les échanges que nous
aurons avec tous les partenaires qui vont venir témoigner.
D'abord, c'est un projet de loi que...
j'ai dit «majeur». Pourquoi? Parce que ça édicte une nouvelle loi sur la
sécurité civile afin de favoriser la résilience aux sinistres. On peut
comprendre pourquoi le gouvernement souhaite procéder avec ce projet de loi quand
on parle juste des feux de forêt historiques l'an dernier. On peut imaginer les
inondations — j'ai une petite pensée pour les pompiers qui ont perdu
leur vie dernièrement à Baie-Saint-Paul, par exemple, en ce qui concerne une
inondation — un sinistre, le verglas.
Évidemment, on ne peut pas être contre le
fait que... de nous mieux préparer pour faire face aux <sinistres...
Mme Maccarone :
...on
ne peut pas être contre le fait que... de nous mieux préparer pour faire face
aux >sinistres, mais c'est un projet loi qui soulève aussi beaucoup de
questions. Alors, on espère que le ministre pourra nous répondre, ainsi que son
équipe.
Je comprends aussi les très bonnes
intentions derrière ce projet de loi, mais je pense que ça prend un équilibre,
puis c'est ça que nous souhaitons chercher. On se souvient tous ce qui est
arrivé pendant la pandémie, les pouvoirs extraordinaires, ce qui était doté le
gouvernement. Il arrive parfois que la ligne entre le devoir et l'État... De ces
obligations ont été questionnées et même critiquées. Ça fait que je pense qu'on
a une obligation de s'en souvenir, de ceci, lors des échanges.
Il faut donc être prudents, je vous
dirais, il faut... il faut être prudents de ce que nous voulons mettre en place
pour assurer que l'objectif du protection de le public demeure notre
préoccupation principale. Puis c'est ça que je souhaite. Ça va être dans cet
angle que nous allons aborder le débat pour l'opposition officielle.
Le facteur déterminant, vraiment, dans le
projet de loi n° 50, c'est la responsabilisation, la
responsabilisation de la population, des partenaires, des ministères, des
municipalités. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de pouvoirs qui vont être
octroyés au gouvernement, au ministre ainsi qu'aux municipalités. Alors, je comprends,
on a aussi des préoccupations qui vont être soulevées avec tous ces pouvoirs
qui seront octroyés.
Alors, M. le Président, je dirais que moi,
je vais être là pour entendre, écouter, de travailler en collaboration. Encore
une fois, on comprend l'importance de ce projet de loi majeur. On souhaite
travailler d'une façon concertée, en collaboration, mais surtout de main en
main avec tous les partenaires qui vont témoigner puis qui vont nous aider avec
notre travail. Alors, merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième
opposition, et je donne la parole au député de Laurier-Dorion pour
1 min 30 s.
M. Andrés Fontecilla
M. Fontecilla : Merci, M. le Président.
Donc, j'aimerais commencer par saluer M. le ministre, son personnel, ses
équipes ainsi que tout le personnel de l'Assemblée nationale, mes collègues,
là, pour entamer le projet de loi n° 50 sur la
sécurité civile visant à favoriser la résilience aux sinistres.
Donc, c'est un projet de loi important,
surtout dans un contexte de changements climatiques qui provoquent directement
des grands désastres naturels de différents types, ne serait-ce que... On va se
rappeler des grands feux de forêt qui ont affecté le Québec, des inondations,
etc. Donc, il est temps, après 20 ans, de moderniser ce projet de loi à la
lumière de la réalité actuelle des changements climatiques.
Donc, je vais être très attentif, essayer
d'améliorer, de bonifier, parce que la sécurité civile, on l'a dit, ça concerne
tout le monde. Ça concerne tous les paliers de gouvernement et ça prend un
savant dosage entre les différentes responsabilités du monde municipal, du
gouvernement du Québec et même du gouvernement fédéral. Donc, c'est un projet...
un projet de loi très important, et on va y accorder toute l'attention requise.
Merci, M. le Président.
Auditions
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, M. le député. Alors, nous allons procéder... débuter cet échange, les
consultations, avec la Fédération québécoise des municipalités. Alors, vous
avez un 10 minutes. Je vous demanderais de débuter par votre présentation
à vous deux et puis procéder à la période... bien, à procéder à votre mémoire.
Voilà.
Fédération québécoise des municipalités (FQM)
M. Larose (Steven) : Parfait.
Merci beaucoup. M. le ministre de la Sécurité publique, M. le Président, Mmes,
MM. les membres de la commission, la Fédération québécoise des municipalités, à
titre de porte-parole des régions réunissant plus de 1 000 membres,
dont la totalité des MRC, remercie les membres de la commission de
l'opportunité qui lui est offerte de présenter ses commentaires et
recommandations sur le projet de loi n° 50.
Ces dernières années, le Québec a été le théâtre
de nombreux sinistres importants, particulièrement sur le plan des catastrophes
naturelles. On n'a qu'à penser aux incendies de forêt sans précédent de
l'été 2023, du glissement de terrain de Rivière-Éternité ou encore de
l'inondation dans la région de Charlevoix, pour ne nommer que les plus récents.
Les dérèglements majeurs de la... de la nature, causés principalement par les
changements climatiques, sont portés à s'accroître. Malheureusement et inévitablement,
chacune de ces catastrophes, souvent naturelles, mais parfois liées à
l'activité humaine, entraîne d'importantes conséquences pour la population qui
les subit, des dommages matériels, certes, mais aussi parfois des pertes de vie
humaine.
La Fédération québécoise des
municipalités, à travers ses membres, comprend la nécessité de mettre à jour la
Loi sur la sécurité civile, qui date de 2001, afin qu'elle soit plus en phase
avec l'accroissement des risques des sinistres et le rôle des responsabilités
des élus locaux. En revanche, la fédération ne peut accepter certaines
dispositions du projet de loi, en particulier la relation à sens unique entre
le gouvernement et les gouvernements de proximité contenue dans le projet de
loi et l'absence de ressources humaines et financières pour accompagner les
municipalités et les MRC dans leurs nouvelles obligations. Nous nous
interrogeons également sur la portée de la modification proposée à la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme. C'est donc <principalement...
M. Larose (Steven) :
...sur
la portée de la modification proposée à la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme. C'est donc >principalement sur ces aspects que nous nous
pencherons aujourd'hui.
La première partie de notre mémoire aborde
le rôle des MRC et les municipalités locales dans la nouvelle loi sur la
sécurité civile telle qu'édictée par le projet de loi n° 50.
La municipalité constitue la première ligne lorsque survient un sinistre. Le
fait est que, par sa proximité à la fois avec les lieux physiques de la
catastrophe et avec le citoyen, c'est vers la municipalité que se tournera
d'abord ce dernier, en quête de secours et de solutions lors de situations
d'urgence. C'est aussi la municipalité qui est la plus à même de réagir en
premier et de prendre les décisions urgentes qui protégeront sa population.
Advenant le manque de ressources, la municipalité se tournera vers sa voisine
ou encore la MRC, parfois mieux organisée pour faire face aux sinistres. Nous
sommes en d'accord... en accord avec la nécessité que tous les acteurs doivent
être mobilisés, que, dans un monde idéal, les ressources soient optimisées en
situation de mesures d'urgence. C'est l'objectif global du projet de loi n° 50, et nous le comprenons.
En revanche, la FQM est déçue que le
projet de loi ne prévoie que des obligations des gouvernements de proximité
vers le gouvernement du Québec sans que rien ne soit demandé en retour à ce
dernier. Le projet de loi fait effectivement mention des responsabilités et
obligations du ministre par rapport à sa propre démarche de gestion de risques
de sinistre au niveau québécois, mais à aucun endroit il n'est question de ce
que les autorités gouvernementales québécoises entendent mettre en place pour
seconder les municipalités locales et régionales dans la gestion des mesures
d'urgence en cas de sinistre. Cet élément constitue à lui seul un élément qui
empêche la fédération, dans ces circonstances, de donner son aval au projet de
loi n° 50 tel que présenté.
• (10 heures) •
Nous tenons à rappeler au gouvernement les
résolutions que nos membres ont adoptées lors du congrès de septembre
dernier : «De mettre à jour les méthodes de communication et de diffusion
des informations disponibles dans les différents paliers de gouvernance pour
que celles-ci soient plus efficacement assimilées sur le terrain; d'intégrer
les MRC lors de la collecte et la diffusion d'informations sur le terrain de
manière que l'information disponible soit la meilleure et la plus uniforme
possible; et d'intégrer systématiquement des élus municipaux et leurs officiers
dans les rencontres de l'organisation régionale de la sécurité civile lorsque
l'état d'urgence est déclaré dans une ou plusieurs municipalités.»
Les éléments qui y sont développés sont le
fruit d'observations et de réflexions de nos membres lors de sinistres vécus au
cours de l'année dernière. Le message est clair, nos membres ont eu à prendre
action lors de sinistres, et la réponse des autorités de la sécurité civile n'a
pas été à la hauteur, surtout en ce qui concerne la communication. Or, comme
mentionné précédemment, le projet ne contient aucune obligation des autorités
gouvernementales envers les gouvernements de proximité, ce qui nous déçoit.
Nous demanderons donc des modifications au projet de loi à ce chapitre.
Le projet de loi oblige aussi les
municipalités locales à mettre en place une structure de coordination de la sécurité
civile chargée de la gestion des risques de sinistre et de la coordination de
la réponse aux sinistres sur son territoire. Sous l'autorité d'un coordonnateur
municipal de la sécurité civile qui doit adopter un plan de mesures de sécurité
civile, elle doit de plus adopter un plan de sécurité civile dans lequel sont
constamment... notamment consignées des mesures de préparation générales pour
répondre à un sinistre ou à son imminence dans des procédures d'alerte de sa
population et de sa mobilisation des ressources. Parallèlement à ce qui est
demandé aux municipalités locales, les articles 8 et 9 de la nouvelle loi
introduisent l'obligation, cette fois au niveau de la MRC, de réaliser une
démarche de gestion des risques de sinistre selon un processus d'amélioration
continue.
Toutefois, le projet de loi est silencieux
quant au partage des responsabilités entre la MRC et les municipalités locales,
et ce manque de clarté quant au rôle des MRC est problématique. De plus, et
nous le soulignons, aucune nouvelle somme n'est prévue par le gouvernement du
Québec afin de soutenir les efforts des municipalités dans la réalisation de
cette démarche.
Dans le mémoire présenté au Conseil des
ministres, il est mentionné qu'un soutien financier sera nécessaire pour
permettre aux municipalités et aux municipalités régionales de comté de
s'acquitter de leurs nouvelles responsabilités. Or, ce soutien est carrément
absent, et le monde municipal est en droit de s'interroger sur la suite des
choses après la lecture du budget du 12 mars dernier. En effet, nous
demandons si on n'assiste pas au premier transfert des responsabilités sans
ressource, alors que l'encre utilisée pour la signature de l'entente de
réciprocité est à peine sèche.
Au moment où le gouvernement verse
127 millions aux MRC pour la préparation du plan climat, l'absence
d'engagement budgétaire concret nous inquiète au plus haut point,
particulièrement... particulièrement dans le contexte où les municipalités ont
déjà plein les bras avec tous les règlements et obligations légales déjà en
place. C'est pourquoi la FQM demande au ministre de modifier son projet de loi
pour faire entrer en vigueur les articles de son projet de loi décrivant les
nouvelles responsabilités imposées aux municipalités et aux MRC seulement
lorsque les ressources financières et humaines suffisantes auront été
confirmées.
Pour terminer, le projet de loi n° 50 prévoit modifier la loi sur l'aménagement de... et
l'urbanisme par l'ajout de l'article 145.44 quant à la délivrance des
permis. Cette disposition <obligerait...
>
10 h (version révisée)
< M. Larose (Steven) :
...l'ajout
de l'article 145.44 quant à la délivrance des permis. Cette disposition >obligerait,
par exemple, une municipalité qui reçoit une demande de permis dans un lieu qu'elle
croit potentiellement exposé à un risque, mais qui n'est pas déjà désigné à
titre de zone de contraintes et qui n'est pas régi en ce sens à suspendre l'émission
de permis pour une période maximale d'un an, le temps, le cas échéant, d'adopter
un règlement adapté encadrant l'usage du sol, la construction ou la réalisation
d'un ouvrage dans le lieu visé.
Nous sommes conscients des enjeux qui
sous-tendent cette modification législative et de l'importance de trouver de
nouveaux moyens pour assurer la protection de la sécurité de nos communautés
face à la hausse marquée de la fréquence et de l'ampleur des événements
climatiques. Toutefois, nous sommes d'avis que les implications de cette
disposition législative seront énormes pour les municipalités et qu'une analyse
plus poussée de ses impacts est nécessaire avant son adoption.
L'article 145.44 tel que proposé a
une portée beaucoup plus large que le projet... que le sujet du projet de loi
et risque d'engager la responsabilité des municipalités. Les municipalités
pourraient faire face à de nombreuses poursuites judiciaires suivant cet
élargissement de principe de précaution et devoir s'engager dans des débats d'experts
pour démontrer les risques anticipés. Leur responsabilité pourrait également
être engagée dans les cas où, bien que conscientes d'un risque, elles ne
seraient pas en mesure de modifier leur réglementation et leur cartographie des
zones de contraintes dans le délai imparti et se verraient dans l'obligation de
délivrer un permis.
Déjà en 2021, la FQM soulevait cette
question de la responsabilité municipale suivant la publication d'un nouveau
cadre réglementaire en regard de la gestion des risques liés aux inondations.
Dans un mémoire, la FQM se questionnait quant à la responsabilité municipale de
la connaissance d'un risque, voire de l'absence d'un risque, alors que c'est le
gouvernement qui limitait l'utilisation d'une cartographie à jour. Cette
préoccupation a été soulignée de nouveau dans une résolution adoptée par notre
conseil d'administration en avril 2022.
Le projet de loi n° 50 propose donc une
solution qui va s'appliquer à tout ce qui pourrait soulever un enjeu de
sécurité publique, et cet élargissement de principe de précaution est proposé
sans analyse complète. Aussi, ce qui paraît simple et évident à première vue
aurait probablement des répercussions énormes dont on ne connaît pas la portée
si cet article est adopté comme proposé.
Une réflexion rigoureuse s'impose donc
avant l'adoption d'une telle disposition. Les impacts doivent être mesurés et
discutés. Toutefois, ce qui est clair dès aujourd'hui est que l'ajout d'une
disposition de ce genre devrait inévitablement être accompagné d'une
exonération de la responsabilité pour les municipalités.
Voici donc quelques commentaires qui
auraient bien résumé le contenu plus élaboré de notre mémoire. Nous vous
remercions de votre attention et nous sommes disponibles pour répondre à vos
questions.
Puis, juste pour votre information, je
suis aussi entouré de Pierre Châteauvert, directeur des politiques de la
Fédération québécoise des municipalités, qui est là également pour m'assister.
M. Châteauvert (Pierre) :Et toi.
M. Larose (Steven) : Et
Steven Larose, maire de la municipalité de Montcalm, MRC des Laurentides,
président de la commission permanente de la sécurité civile<i>, sécurité incendie
de la FQM puis administrateur aussi de la FQM.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Alors, nous allons débuter une période
d'échange avec les députés et le ministre. Alors, M. le ministre, vous avez un 16 minutes
30 s pour débuter vos échanges.
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Je veux prendre quelques questions puis je vais laisser mes
collègues aussi en poser, s'ils en ont.
Merci pour votre mémoire. C'est... Vous
êtes les premiers à participer à l'exercice. Vous avez participé à l'exercice
en amont avec nous aussi pour être capables de préparer... de préparer ce
projet de loi, cette réforme qui n'a pas été faite depuis... depuis presque...
plus que deux... deux décennies.
Puis il y a quelque chose qui m'a titillé
tantôt. Au-delà de vous poser des questions, là, sur votre mémoire, quand vous
avez parlé de communication, j'ose croire que vous avez fait... Vous le savez,
depuis début 2023, on a eu notre lot de catastrophes, là. Ça nous a
frappés, les municipalités, nous et les citoyens, partout... partout au Québec.
J'imagine que vous avez fait un post-mortem avec certains qui ont été touchés
plus fortement que d'autres, peut-être. Et vous avez tantôt dit «manque de
communication». Je suis un peu surpris, parce que je me suis promené quand même
pas mal, puis, veux veux pas, quand je suis sur le terrain, je placote puis je
discute avec les maires, puis là... puis les intervenants de la sécurité
civile, puis tous ceux qui sont partenaires puis qui sont là le matin aux
rencontres, aux statutaires. C'est la première fois que... qu'on m'amène le
fait que... Puis, quand je dis ça, bien, vous... ça concerne ceux qui sont à ma
gauche, ça concerne ceux qui sont en arrière de moi. Vous parlez d'un manque de
communication ou d'une mauvaise communication entre les partenaires, donc,
entre vous et la sécurité civile lors d'événements? J'ai un petit peu de la
misère à comprendre où... Vous avez dit ça, là, tantôt, là.
M. Larose (Steven) : Oui.
M. Bonnardel : Expliquez-moi
un petit peu plus, là, parce que ça me titille, ce genre de commentaire, là.
M. Larose (Steven) : Les
commentaires que vous avez entendus en lien avec le manque de communication
faisaient surtout référence quand qu'il y a des grands sinistres. On... Quand on
parlait à nos collègues préfets, maires de l'Abitibi, de Saguenay—Lac-Saint-Jean,
même, là, dans la région de Vaudreuil-Soulanges, à chaque fois qu'il y a un
grand sinistre, on a comme l'impression que la <communication...
M. Larose (Steven) :
...à
chaque fois qu'il y a un grand sinistre, on a comme l'impression que la >communication
ne se fait pas bien entre tous les intervenants municipaux, régionaux, la MRC
et le ministère de la Sécurité publique. On a quand même écouté, dans d'autres
régions, comme, entre autres, dans Charlevoix, avec Baie-Saint-Paul, où est-ce
que la communication a très bien été, parce que le sinistre, il était vraiment,
comme, concentré à deux, trois municipalités.
Mais les commentaires qu'on a entendus,
c'était surtout en lien avec les feux de forêt qu'on a eus puis les grandes
inondations du lac des Deux-Montagnes, entre autres, où est-ce qu'on a cru
comprendre qu'il y a plusieurs MRC qui essayaient d'intervenir, puis le MSP
tassait les MRC parce qu'il se disait comme quoi qu'ils n'étaient pas... les MRC
n'avaient rien... aucun rôle à jouer dans l'événement, ils... puis chacune des
municipalités ne recevait pas la même information du MSP. Et c'est pour ça que
nous autres, dans notre mémoire, on demande, justement, que... quand il y a un
événement comme ça, de s'asseoir à table avec vous, du moins le monde
municipal, pour vraiment qu'on ait toute la même communication, tous ensemble.
M. Châteauvert (Pierre) :...si vous permettez, je vais vous donner deux exemples.
Lors du verglas, l'an dernier, c'est nous qui avons organisé les discussions,
les rencontres entre Hydro-Québec et les élus à travers... Et maintenant,
depuis, c'est réglé chez Hydro-Québec. Ils se sont réorganisés à la lumière de
cette activité-là. Donc là, il y avait un problème. Puis d'ailleurs on se
parlait, il dit : Comment vous faites, puis tout? Puis nous avons organisé
des... pas... des webinaires, en fait, des rencontres avec... Avec nos moyens
de communication, on a contacté tous les élus, toutes les municipalités,
membres, pas membres, et il y avait des centaines de personnes qui se
branchaient. Dans le cas de... Et ce n'est pas nécessairement... C'est que ça
va vite dans ces affaires-là, là, puis que les... Ce que les gens demandent, c'est
d'être à la table. Vous avez vu dans les feux de forêt, c'est souvent nos...
notre monde qui était... qui était interviewé par les journalistes. Et
l'information n'était pas là, alors qu'elle était disponible. Il y a un délai,
et c'est ce problème-là.
• (10 h 10) •
Autre exemple, dans le nord du
Lac-Saint-Jean, l'actualité, aujourd'hui, parle de... C'est combien de
kilomètres de... C'est fou, là, le nombre de kilomètres en forêt, 500 000,
je pense, kilomètres en forêt, là, de... Et ça, c'est un problème. Et, bon,
l'auto de police était à une place, mais ça rentre de partout. Et ce sont les
MRC qui, elles-mêmes, ont... la MRC de Maria-Chapdelaine, vous pourrez demander
à Luc Simard, le préfet, qui a eux-mêmes organisé l'évacuation puis le contact
de tous ceux qui étaient en forêt. Et c'est des milliers de personnes. Et c'est
eux-mêmes qui ont pris ça sur eux en disant : Regardez, si c'est
dangereux, et tout ça... Le contact n'avait pas été fait.
En fait, on a comme l'impression que c'est
une question d'organisation. Et c'est pour ça que la principale... Ça a été
discuté en assemblée... en atelier, en assemblée générale. Les préfets qui
étaient là, les maires qui étaient des... qui... ils étaient tous là, ceux qui
avaient été à ce... malheureusement impliqués dans ce genre de démarches, de
problèmes là, de problématiques là. Ils ont tous dit la même chose : On n'est...
on n'est pas à la table où ça se prend, puis il... on a des délais qui devraient
être supprimés, qui ne devraient pas être là en termes de communication. C'est
là, le problème.
Notre revendication, elle n'est pas
compliquée. Elle est là. C'est... Ce n'est pas d'envoyer... C'est... On n'a pas
besoin de louer un aréna, là, pour une réunion, là, mais d'ajouter une, deux
personnes responsables qui vont participer à la discussion, échanger
l'information, qui vont être capables d'informer le monde, c'est... c'est notre...
C'est le problème qu'on a vécu et qui devient intense à certains endroits.
M. Bonnardel : Qu'est-ce qui...
J'ai le goût d'aller plus loin, là, tant qu'à... tant qu'à ouvrir la porte.
Suite à votre post-mortem, au-delà de la communication, qu'est-ce qui ressort
d'un top trois à revoir, à améliorer ou à se dire : Bien, on a fait un bon...
un bon travail? Comme je vous... j'ai mentionné, j'en ai vu pas mal, là, mais
vous étiez... vous étiez partie prenante puis nécessairement plus sur le
terrain, là, que le commun des mortels, là. Mais qu'est-ce qui ressort après
ça, selon vous, là, de... des événements, là, surtout, là, des événements, là,
sur la façon de faire, au-delà de la... au-delà de la communication, là?
M. Larose (Steven) : La
rapidité...
M. Bonnardel : Parce que...
Juste... Excusez-moi. Parce que je sais qu'à chaque... En tout cas, à chaque
événement majeur, j'ai vu des façons de faire. Vous avez nommé Baie-Saint-Paul
tantôt. Chapeau! Chapeau! Il y en a d'autres, places aussi, là. Pendant les
feux de forêt, là, c'était incroyable, la volonté des partenaires municipaux,
des employés de la Sûreté du Québec qui s'en vont avec des bidons de gaz à Chibougamau
pour aider les gens puis à... Bon, ça, on...
Mais, au-delà de tout ça, je sais qu'à
chaque jour il y avait des rencontres, il y avait de l'information qui se
donnait. Là, vous semblez me dire : Bon, François... Je prends note, là,
je prends, là, note comme tel, là, de vos... de ce côté plus négatif, là, de la
situation, mais qu'est-ce qui ressort, outre ça, qui, selon vous, aurait dû
être amélioré, au-delà des communications? Est-ce qu'il y en a qui... Est-ce
qu'il y a d'autres choses qui étaient soulevées ou...
M. Larose (Steven) : Qu'est-ce
qu'on a entendu, c'était surtout après le sinistre. C'était de dire que d'avoir
l'aide financière suivant le sinistre, des fois, ça peut être long, c'est des
commentaires qu'on a entendus, puis aussi les redditions de comptes. Mais, je
pense, les redditions de comptes, on voit ça, je pense, parmi tous les autres
ministères. Mais...
M. Bonnardel : Quand vous
dites... Excusez-moi. L'aide au sinistre, là, c'est-tu l'aide au sinistre de
ceux qui sont les <citoyens...
M. Bonnardel :
...l'aide
au sinistre de ceux qui sont les >citoyens, là? Parce qu'on a amélioré
nos processus énormément, là, énormément, énormément. Ça, ça... On a envoyé les
équipes... Exemple, Baie-Saint-Paul, on a envoyé des équipes sur le terrain
directement pour aller supporter les citoyens. Je comprends, là. Je prends acte
de ce que vous me dites, là.
M. Larose (Steven) : Bien,
vous parlez beaucoup de Baie-Saint-Paul, mais c'est un exemple aussi. C'est... À
un moment donné, le sinistre a lieu, les gens ont quitté, les caméras ont
quitté, mais par la suite il y a des travaux à faire dans la rivière en aval, et
là c'est un petit peu plus difficile d'avoir de l'aide financière, d'avoir les
rapports, les permis, tout, pour procéder aux travaux. Ça, c'est un commentaire
qu'on a entendu. Puis la reddition de comptes, bien, c'est quelque chose qu'on
entend régulièrement aussi.
M.
Bonnardel
:
OK.
M. Châteauvert (Pierre) :Effectivement, l'après, c'est... Bon, les longueurs, hein,
c'est toujours quand on fait face... Puis c'est vrai qu'il y a une grande
amélioration, une grande, grande amélioration suite à la refonte, c'est 2019,
je pense, le programme, là, qui avait été... et tout ça, et une grande... puis
on en a besoin. Puis il faut qu'on se parle rapidement puis il faut mettre en
place des choses, parce que ce qui s'annonce pour l'été prochain, c'est... ça
ne s'annonce pas bien. On le sait tous, là, les observations qui sont faites
par la SOPFEU puis le ministère des Forêts, là, sur le terrain, ça ne s'annonce
pas bien. On va tous aller allumer des lampions à Sainte-Anne-de-Beaupré pour
ne pas que ça arrive. Mais la... Effectivement, le manque de...
Dans la loi, on parlait, là, bon, l'organisation
régionale de la sécurité civile, les élus ne sont pas là ou les représentants
du monde municipal ne sont pas membres, ne sont pas là. Donc, ça, peut-être une
modification à faire là, et aussi de... On le fait beaucoup en aménagement, on
le fait de plus en plus en environnement, il faut que les gens s'assoient pour
mieux organiser. Il y a encore... il y a encore un flou, un flou sur le rôle
des niveaux d'intervention sur le terrain, de la mise en commun, tu sais, entre
la MRC puis la municipalité. C'est... Il y a probablement du travail à faire
là, parce qu'effectivement, le maire, c'est lui qui est le responsable et le
contact, mais, on l'a vu dans le cas, notamment, de Rivière-Éternité, c'est les
gens de la MRC qui étaient là, puis tout ça, puis les choses ne sont pas
toujours claires, et ça, ça crée des problèmes. Malheureusement, là, c'est
essai et erreur, là, puis c'est...
C'est des conclusions qu'on voit, mais
peut-être qu'il faudrait avoir un peu plus de précisions à ce niveau-là, au
niveau du rôle de chaque niveau d'intervention quand il arrive une catastrophe,
quand il arrive un problème comme ça, quand il arrive un sinistre. Et ça,
là-dessus, il faudrait peut-être travailler.
Ceci étant, on reconnaît que... tu sais,
l'effort qui est là-dedans, là. Puis effectivement, vous l'avez dit, on a
participé, puis il fallait le faire, puis c'était urgent, et avec ce qui s'en
vient, là, c'est absolument urgent de mettre ça à jour, mais disons qu'il y a
encore beaucoup... il y a encore du travail à faire sur le terrain. Attendre...
Ça a toujours référence à la cohésion des interventions.
M. Bonnardel : Mais ce que
vous dites, si je vous suis, là, c'est que les préfets vous ont dit : Si...
Des fois, les préfets sont... bien, ce n'est pas «des fois», ils sont maires
d'une ville en majorité, sinon à 99 %.
M. Châteauvert
(Pierre) : La plupart.
M.
Bonnardel
: Oui.
Ces préfets ne sont pas assez impliqués dans la prise de décision. Même s'ils
peuvent paraître, des fois, dans un territoire très loin d'un événement, je ne
nommerai pas personne, là, très loin d'un événement, eux, ils se disent :
Bien, nous autres, on est dans la structure... structure autorités régionales
locales, là. Ils ne sont pas là. Ils ne sont pas assez là. C'est un peu ça que
vous dites.
M. Larose (Steven) : Bien,
nous avons vu des événements, entre autres en Abitibi, où est-ce qu'il y a
certains maires peut-être qui étaient dépassés avec la situation, puis le
préfet arrivait en arrière, était prêt à donner un coup de main, puis le MSP
les tassait, d'une certaine façon : Non, tu es juste préfet, tu sais, en
voulant dire : On deale avec les municipalités. Et c'est pour ça que, dans
notre mémoire, on mentionne que le rôle de la MRC doit être un petit peu plus
clarifié et que la MRC, elle a quand même un rôle à jouer, je crois, pour
supporter ses municipalités.
M. Bonnardel : Si on parle de...
Parlez-moi un peu des plans de sécurité civile. Corrigez-moi, là. Si on dit que
80 %, 90 % des petites, moyennes municipalités au Québec ont un plan
de sécurité civile, sinon plus que ça, présentement, est-ce qu'on peut dire que
l'ensemble sont prêts à... bien, peu importe la grosseur des catastrophes, ou
autres, a un plan en marche présentement au Québec? Est-ce que c'est bien le
cas?
M. Larose (Steven) : Vous
avez mis un programme en place, il y a déjà quatre, cinq ans, je crois, qui a
permis aux municipalités d'avoir toutes leurs pleines mesures d'urgence en
place, mais ce n'est pas toutes les municipalités qui le revoient de façon
régulière, de façon annuelle. Et on n'est peut-être pas au même niveau, là,
chacune des municipalités.
M. Châteauvert (Pierre) :
Bien, il faut le faire vivre, et
c'est la structure pour le faire vivre, la mise à jour, et tout ça. On est en
train de relancer le processus d'aménagement, puis, on s'en aperçoit de plus en
plus, pendant des années, il n'y a pas eu de... il n'y a personne qui
s'occupait vraiment des schémas. Oui, il y a plein de monde qui travaillait,
mais, sur la mise à jour, puis tout ça... Et là on le relance puis on voit le
phénomène. En sécurité civile, on n'a pas ça.
M. Bonnardel : Là, le pourcentage,
êtes-vous capables de me le dire ou... qui sont... qui sont... À date, si on
peut... si je peux le dire ainsi, c'est-tu 80 % ou moins que ça?
M. Châteauvert (Pierre) :Ce n'est pas... ce n'est pas juste ça. Ça a des
implications aussi au niveau de la réglementation. Lors de l'inondation de
2019, on s'est aperçus qu'au-delà de 50 % des règlements municipaux
n'étaient pas... n'étaient pas conformes aux schémas par rapport aux réalités
d'urgence si on a une inondation. C'est l'importance de faire vivre ça, de
l'alimenter. Parce que, là, effectivement, comme M. Larose l'a dit, avec le...
c'était via l'agence 9-1-1, là, qu'on a fait <financer...
M. Châteauvert
(Pierre) :
...faire vivre ça, de
l'alimenter. Parce que, là, effectivement, comme M. Larose l'a dit, avec le...
c'était via l'agence 9-1-1, là, qu'on a fait >financer tout ça, mais
il faut que le texte qui est adopté, puis tout ça... Puis ça demeure une base
extraordinaire, parce que les gens s'y réfèrent, mais, il y a des fois, il faut
qu'ils cherchent un peu, parce qu'il est un peu loin dans les papiers, là, puis
là s'y référer... C'est quelque chose qu'il faut vivre. C'est un système qu'on
doit mettre en place, qui doit vivre.
M. Bonnardel : Le financement
qui est octroyé pour le plan climat, est-ce que vous êtes... c'est déjà
enclenché, ces plans climat, ils sont déjà préparés? Parce... Je vous dis ça
parce que la démarche de gestion de risques va être pas mal calquée sur ce que
vous avez déjà fait comme travail. Donc, je ne vous dis pas que ça va être un
copier-coller, qu'on va prendre ce qui a été déjà fait, puis on va le mettre à
la sauce MSP, mais ça va se ressembler, se ressembler pas mal. Il risque d'y
avoir un petit 10 %, là, pour les risques, les risques reliés aux
sinistres majeurs, là, tremblements de terre, industriels ou autres, ou autres,
là, où, là, comme je l'ai mentionné d'entrée de jeu dans mon préambule... où,
là, nous, on va participer grandement avec vous, là, pour vous accompagner...
vous accompagner dans ce... ce que je trouve... 10 %, là, je dis 10 %,
15 %, peut-être 20 %, là, mais on considère, au ministère, que c'est
un 10 % qu'on va devoir travailler avec vous pour être capables de bien se
préparer, puis, je le disais tantôt, là, que ce soient nos directions
régionales, les guides et documents de référence, tout ce qui est outil
informatisé, et surtout, je sais que c'est un point, la préparation du
règlement.
Là-dessus, vous avez ma parole ce matin,
puis là je vois les gens de l'UMQ qui viennent d'arriver, vous allez être des
partenaires en préparation de ce règlement. On ne le fera pas en vase clos. On
ne le fera pas tout seuls dans notre coin. Je ne peux pas faire ça sans mes
deux principaux partenaires, qui sont vous deux. Donc, je vous le dis puis je
le répéterai s'il le faut tantôt, à la préparation de ce règlement, vous serez
partenaires. Puis, quand je dis quelque chose ici, c'est parce que ça va se
faire par la suite. Donc, c'est, pour moi, important qu'on clarifie ça, parce
que vous êtes des partenaires dans tout ça. Donc, pour moi, c'est important que
vous soyez partie prenante de la préparation de tout ça. Je ne sais pas si mes
collègues ont une ou deux questions. Oui, peut-être que oui.
• (10 h 20) •
Mme Jeannotte : Bien, bonjour.
Merci d'être présents, M. le maire et puis membres de la FQM. Vous savez que,
dans le comté de Labelle, on a vécu un... la menace d'une digue qui nous
menaçait de céder, donc, et puis effectivement les enjeux d'intégrer les élus
avec les officiers ont été soulevés, les enjeux de communication aussi. Dans le
fond, est-ce que c'est un enjeu de loi ou est-ce que c'est un enjeu de gestion?
Parce que... Puis il y a du court terme puis il y a du moyen terme, parce
qu'effectivement, le très, très court terme, dépendamment des personnalités,
les gens vont réagir différemment face à une menace comme ça. Il y a de
l'anxiété, il y a énormément de... puis il faut... Donc, il y a une question de
leadership, le court terme. Ça fait que je répète ma question : Êtes-vous
sûrs que c'est dans le projet de loi que ça prendrait, par exemple, d'éclaircir
cette espèce de confusion ou si ce n'est pas plutôt une question de gestion, à
savoir : Est-ce que, dans le fond, les équipes des hauts fonctionnaires
pourraient, tout simplement, caller, en bon canadien, un meeting avec les élus
locaux?
M. Châteauvert (Pierre) :Merci pour la question, madame. En fait, dans ce cas-là,
c'est une propriété du ministère de l'Environnement, le barrage en question. Donc,
ça démontre l'importance de la démarche qui est proposée, de s'asseoir puis de
mettre en place. M. le ministre, tantôt, a fait la référence au plan climat.
C'est deux ans de travail, nous, qu'on a... Ça fait deux ans qu'on travaille ça
avec le ministère de l'Environnement pour, premièrement, connaître le
territoire, hein, identifier les problématiques puis prioriser aussi les
interventions... en tout cas, à identifier les interventions et aussi les
prioriser, parce qu'on sait qu'il n'y aura pas d'argent pour tout faire. Donc,
l'idée des plans climat, c'est exactement ça.
Et il faut faire la même chose en sécurité
civile, parce qu'il faut connaître l'ensemble du territoire. Vous avez parlé
des Laurentides, c'est... des barrages privés, des barrages municipaux. C'est
une région qui... Les lacs, hein, il y en a énormément. Donc, à quelque part,
il peut... il peut arriver quelque chose avec ça. L'entretien de ces
barrages-là, c'est une problématique de sécurité civile majeure dans ce
coin-là, ce qui fait que... Et là, donc, ici, avec le ministère de
l'Environnement, il faut connaître l'ensemble des barrages, et tout ça. Il est
arrivé ça, donc il faut prévoir les interventions par après.
Donc, ce que M. le ministre disait tantôt
par rapport aux ressources, on est très contents d'entendre ça et... parce que
c'est une problématique majeure, parce que ça va coûter des sous, faire ça, ça
va demander énormément d'énergie. Mais là on embarque... Le gouvernement a
annoncé, et l'annonce est faite, je pense, c'est le 8 février, les deux unions...
Le Président (M. Schneeberger) : On
n'a plus de temps. Excusez. Le temps est écoulé. Peut-être que vous pourrez
poursuivre par la suite, là. Je <m'excuse de vous...
Le Président (M. Schneeberger) :
...pourrez poursuivre par la suite, là. Je >m'excuse de vous
couper, mais c'est le... je veux être juste pour tout le monde. Alors, nous
allons maintenant du côté de l'opposition officielle pour
12 min 23 s.
Mme Maccarone : Je vous
laisse le soin de terminer.
M. Châteauvert (Pierre) :Ce que je disais, c'est que l'annonce sur les plans climat,
c'est fait. C'est un travail de deux ans avec le gouvernement. Puis on est
profondément fiers de ça parce qu'on met en place... Je pense que le Québec va
devenir le seul endroit... un des rares endroits où est-ce que l'ensemble de
son territoire habité va avoir des plans d'adaptation, et d'acclimatation, et
d'atténuation de changements climatiques. Et tout le monde, toute la société va
en profiter. Puis, en même temps, c'est avec les schémas d'aménagement. Donc,
tout ça va se mettre ensemble. Mais effectivement, la sécurité civile, il faut
mettre ça en place, puis là il faut réunir les conditions pour que ça
fonctionne. Voilà. Merci.
Mme Maccarone : Ça conclut
bien, parce que j'étais pour arriver à des schémas plus tard, mais, parce qu'on
est déjà sur cet élan-là, je serais curieuse de savoir, cette... Parce que vous
l'avez évoqué, la cartographie, comment c'est compliqué. Ça prend combien de
temps de mettre en place ce schéma? Puis, si ça doit être renouvelé, à quelle
fréquence?
M. Larose (Steven) : C'est
quel schéma que vous faites référence?
Mme Maccarone : Bien, on
parle du plan de sécurité civile.
M. Larose (Steven) : Pour les
municipalités?
Mme Maccarone : Oui.
M. Larose (Steven) : Bon, c'est
sûr que l'exercice, je vous dirais, il y a quatre ou cinq ans, il y a des
municipalités qui l'ont fait très rapidement parce que leurs plans étaient déjà
très à jour, mais il y en a d'autres que ça a été plus long. Puis on a vu
certaines municipalités qui ont fait affaire avec des... une troisième partie,
des consultants, puis ça a été copié-collé. Dans plusieurs municipalités, on
voit, c'est les mêmes plans qui reviennent.
Et c'est pour ça qu'à un moment donné,
comme disait M. Châteauvert tantôt, c'est important de les faire vivre,
ces plans-là, puis de ne pas attendre qu'il y ait un désastre avant de les
sortir du placard, là. Et c'est pour ça qu'à un moment donné, nous autres,
qu'est-ce qu'on dit dans nos mémoires, c'est important que la MRC, elle ait un
rôle peut-être un peu plus important dans le processus juste pour au moins
pouvoir épauler officiellement les municipalités qui le demandent, parce qu'on
le sait, que, quand il y a des grands sinistres, je reviens encore sur les feux
de forêt parce que ça a été plusieurs municipalités, plusieurs MRC, bien, les
municipalités ne sont pas toutes au même niveau, et c'est là que la MRC, elle
arrive en appui, en arrière.
Mme Maccarone : OK. Vous avez
évoqué, dans vos remarques ainsi que dans votre mémoire... Merci pour votre
mémoire, en passant. C'est très étoffé, c'est très complet. C'est vraiment bien
fait. Vous avez des préoccupations en ce qui concerne, dans le fond, la fin de
la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Ça représente un enjeu majeur pour
vous. Pourriez-vous élaborer un peu pour qu'on comprenne mieux vos
préoccupations?
M. Châteauvert (Pierre) :Oui, merci beaucoup, madame, pour la question. En fait,
effectivement, ça fait longtemps qu'on y pense, et tout ça. La question
d'origine, c'est à propos des cartographies. La cartographie, c'est long à
faire. Et, à partir du moment où est-ce qu'une municipalité ou une MRC a une
information concernant la dangerosité potentielle d'un territoire et ne peut
pas l'appliquer, qu'est-ce qu'on fait? Qui est responsable? On a posé
régulièrement la question au ministère de l'Environnement, parce que, là, on
était avec le ministère, la réponse n'est jamais venue. Il y a eu des
interventions, comme M. Larose disait, et là on arrive avec cette... Quand
on a vu le dépôt du projet de loi, on a vu, bon... La proposition qui était
faite, c'est global, et on n'est pas sûrs qu'on a évalué l'impact. Là, on parle
pour des motifs sérieux.
Bon, vous savez comment ça fonctionne.
L'officier municipal émet le permis et le conseil a un an pour dire : Bon,
oh! il y a peut-être quelque chose qui va arriver, je suspends. Potentiel de
poursuite. Parce que ça, on l'a fait sur les milieux humides, puis l'Assemblée
nationale<i> nous a donné l'immunité par rapport à ça, mais là c'est
après. Donc, potentiel de poursuite. Puis là, après un an, si, effectivement,
on n'a pas réussi à le démontrer, on émet le permis, et là, bien, quand même,
il y a une catastrophe, donc, autre potentiel de poursuite.
Et ça, la définition du motif sérieux et
pourquoi, jusqu'où ça va? Ça a des impacts dans la vie de tous les jours. Tu
sais, on regardait ça avec nos équipes. Nous, on a... Vous savez, la FQM, qui
est une vraie compagnie d'assurance, on assure 85 % des municipalités. On
regardait ça. On a dit : Bien, c'est quoi, l'impact, jusqu'où ça va? Et
c'est la discussion qu'on aimerait avoir avec vous autres.
En tout cas, une chose est certaine, c'est
que ce qu'on demande, c'est l'exonération, parce que, dans ce genre de... parce
que c'est des motifs sérieux, là, la sécurité, là. Bien là, ce moment-là, il ne
faut quand même pas... Il y a un potentiel de poursuites à l'infini là-dedans,
là. Donc, c'est notre... On a vraiment... On est vraiment... On se questionne
énormément sur la portée de cet article-là. On n'est pas contre, au contraire,
là, tu sais, ce n'est pas ça qu'on veut, c'est que jusqu'où ça va? Puis
c'est... Quelles sont les définitions là-dedans? On n'est pas certains que
l'analyse qui a été faite est complète.
Mme Maccarone : Ça existe
quelque part, une définition dont vous pensez qu'il serait juste qu'un... que
nous pourrons aborder? Parce que je présume que ça fait partie de vos
recommandations, en plus de l'exonération.
M. Châteauvert (Pierre) :Ce qu'on comprend, ce qui se passe ailleurs, c'est que le
débat est pas mal partout. Jusqu'où on va, la sécurité, là? C'est des... La
notion de sécurité... Qui peut arrêter un permis, tout ça, en fonction... Parce
que, nous, là, quand le règlement est en vigueur, tu donnes... c'est <oui
ou non, tu donnes...
M. Châteauvert
(Pierre) :
...quand le règlement
est en vigueur, tu donnes... c'est >oui ou non, tu donnes le permis ou
tu ne le donnes pas. Ce n'est pas à des conditions. C'est le fonctionnement.
Mais là, à ce moment-là, il y a une intervention en dedans d'un an, puis les
municipalités peuvent dire : Oups! on pense qu'il peut y avoir glissement
de terrain, on a une information, puis là, bien, au bout d'un an, tu n'as pas
la démonstration, et après il y a un glissement de terrain.
Mme Maccarone : Ça fait que,
quand vous parlez d'exonération, vous, vous parlez d'une immunité contre les
poursuites.
M. Châteauvert (Pierre) :Bien, c'est ça. Puis là la... Aussi, c'est... c'est quoi,
le motif sérieux? Supposons, après, il arrive... tu donnes ton permis, tu n'es
pas intervenu, et il arrive quelque chose. C'est jusqu'où ça va?
Mme Maccarone : Vous l'avez
abordé dans votre mémoire, c'était abordé un peu dans les échanges, mais on...
Tu sais, quand on parle de l'autonomie, je pense que c'est ça qu'on veut. On...
Je crois personnellement dans les gouvernements de subsidiarité, vous, vous
êtes un gouvernement de proximité, puis on aura beaucoup de respect pour ça, mais
l'autonomie fiscale, ce n'est peut-être pas la même chose. Alors, serez-vous
capables de livrer tout ce qui est évoqué dans le projet de loi dans sa mouture
actuelle sans avoir du financement?
M. Larose (Steven) : On parle
de rajouter des ressources supplémentaires dans chacune des MRC pour pouvoir
livrer ces plans-là. Et c'est comme... Tu sais, on ne veut pas comparer avec le
schéma de couverture de risques d'il y a 22 ans, 23 ans, mais, à
cette époque-là, il y avait eu quand même une ressource qui avait été dédiée à
la MRC pour développer ces plans de schéma de couverture de risques. On pense
que ça va être à peu près la même énergie qui va devoir être déployée à
l'ensemble du territoire. Et, encore là, bien, quand on est... qu'on connaît
les responsabilités des municipalités, des MRC, bien, on n'a pas les
ressources, là, présentement, là, en place pour pouvoir livrer correctement.
M. Châteauvert (Pierre) :On a aussi donné l'exemple des plans de climat, mais aussi...
Je vais vous en donner un autre. On relance, comme on disait tantôt, les
schémas d'aménagement. Ça va coûter énormément d'argent à tout le monde
municipal de refaire les schémas d'aménagement. Mais le ministère des Affaires
municipales a une contribution, aussi, qui part... qui est... part le 1er avril
pour trois ans, justement, pour contribuer à la mise à jour des schémas
d'aménagement. Ça ne veut pas dire qu'on veut la... on va... on demande la
totalité, mais on... Et, à quelque part, c'est une responsabilité conjointe,
donc, financement conjoint, financement... financement...
• (10 h 30) •
Mme Maccarone : Financement
conjoint. OK. C'est parce que ce n'était pas clair, puis je voulais juste
m'assurer que ce que vous souhaitez vraiment, c'est d'avoir un accompagnement
du gouvernement en ce qui concerne le financement, qui m'amène aussi aux
obligations. Quelles devront être les obligations du gouvernement versus les
obligations du municipal?
M. Châteauvert (Pierre) :Bien, en fait, c'est... Il va falloir discuter de ça. Il y
a un règlement qui s'en vient, il y a... qui est prévu, c'est l'article 9
ou 10, je ne me souviens pas, là, et tout ça. Puis, jusqu'où ça va, et tout ça,
il va falloir qu'on discute.
Tantôt, M. le ministre a dit... puis ce qu'il...
Il disait qu'il... En fait, grosso modo, ce qu'on comprend, c'est que le
ministère puis le gouvernement vont être là. On est très contents. Mais
effectivement, nous, on est disponibles à la discussion pour voir jusqu'où ça
va puis qu'est-ce qu'il faut faire. Ça, c'est certain qu'on est... on va être
aux réunions, présents aux réunions.
Mme Maccarone : Bien, moi
aussi, je suis disponible. Si jamais on peut faire... Parce que, dans le fond,
ce que vous évoquez, c'est quelque chose qui est cher pour nous aussi. Je dirais
que je serais très contente. Puis je pense que c'est une belle... une belle
démonstration de transparence si le gouvernement peut déposer leurs
orientations en ce qui concerne le cadre réglementaire. On l'a déjà fait quand
nous avons fait le débat pour plusieurs projets de loi en matière d'éducation.
Ça fait qu'on sait qu'il y a un précédent de ceci. Ça a fait derrière les
portes closes, mais ça reste quand même... C'est des enjeux, parce qu'il y a
beaucoup d'orientations dans ce projet de loi, c'est très technique, que... Je
comprends vos préoccupations puis je pense que ce serait bien aussi d'avoir ce
partage pour mieux comprendre. Ça va aider, nous, à vous accompagner dans vos
préoccupations.
Vous êtes parmi, à date, de ce que j'ai
vu, les seuls, à date, qui parlent du 9-1-1 puis la loi sur les centres de la
communication d'urgence. Peut-être, vous pourriez parler un peu de vos
préoccupations, parce que, dans le fond, on comprend, c'est un enjeu, le 9-1-1.
Puis c'est quoi... Ce que je souhaite voir... Parce que j'ai vu votre
recommandation, mais je veux savoir comment la mettre à l'oeuvre. Ça fait que, dans
votre réponse, peut-être, si vous avez des recommandations, mais juste de nous
faire un préambule de pourquoi vous l'évoquez comme préoccupation puis c'est
quoi, vos recommandations.
M. Châteauvert (Pierre) :En fait, la recommandation, on est tout à fait d'accord sur
le transfert de responsabilités, ce qui est dans la loi, là. Il y a une mise à
jour, actuellement, des centres de 9-1-1. Le gouvernement a prévu des sommes. Il
y a une hausse de la taxe, et, bon, le financement est là. Bien, il va
peut-être falloir... Puis il y a aussi une indexation qui est prévue. Bon, ça,
ça va bien par rapport à ça.
Non, la question qui était posée dans notre
mémoire, c'est que ça a été soulevé par nos membres qui sont le long de la
frontière, c'est que, lorsque ça répond en anglais, puis tu es en français, là,
puis que ça a un poste... c'est un centre qui est en Ontario, et tout ça, là,
donc, bien là, il faut trouver une façon d'essayer, effectivement, que les gens
puissent <avoir...
>
10 h 30 (version révisée)
< M. Châteauvert
(Pierre) :
...d'essayer,
effectivement,
que les gens puissent >avoir le service en français partout sur le
territoire, là.
Mais, grosso modo, on est tout à fait d'accord
avec l'orientation. De toute façon, les discussions sont toujours avec le
ministère de la Sécurité civile. Bon, le financement vient des Affaires
municipales, de notre monde, et tout ça. Ça fonctionne bien, l'agence. Moi, je
suis membre du conseil d'administration. Ça fonctionne bien. On a une nouvelle
directrice générale, là. Elle fait très bien... Elle remplit très bien ses
fonctions. Et donc, grosso modo, on est tout à fait d'accord avec l'orientation
qui est prévue dans le mémoire.
Mme Maccarone : Votre recommandation 8 :
«Que le gouvernement s'assure que le financement de la SOPFEU soit en
adéquation avec les besoins grandissants considérant l'accroissement des
risques de feux de forêt amplifiés par les changements climatiques. Par la même
occasion, qu'il reconsidère la décision de fermer la base de Maniwaki et s'engager
à rouvrir», notre collègue le député de Pontiac s'est impliqué dans ce dossier.
Peut-être que vous pourriez juste expliquer un peu pourquoi c'est un enjeu
important pour vous.
M. Larose (Steven) : En
premier, juste vous mentionner que je pense que le fait que la SOPFEU s'en va
avec le ministère de la Sécurité publique, c'est une excellente nouvelle. Bravo
pour ça. Mais on sait qu'il va y avoir de plus en plus d'événements en lien
avec les feux de forêt, et on a une certaine inquiétude que tout soit
centralisé dans certains secteurs, dans un, deux, trois secteurs à la grandeur
de la province, sachant très bien que les feux de forêt, les feux de
broussailles sont comme partout. Et là on avait déjà, nous autres, dans l'Outaouais,
une bonne base qui couvrait très bien l'ensemble de Lanaudière, Laurentides, l'Outaouais,
même la Montérégie, et de savoir que cette base-là est rendue en Abitibi, qu'elle
est rendue quand même très loin d'où est-ce qu'il y a beaucoup d'incendies nous
amène une certaine inquiétude. Et c'est pour ça qu'avec le nombre qui s'en
vient, bien, on ne voudrait pas que ce soit tout centralisé dans deux, trois
villes... centres du Québec, tu sais, on voudrait que l'urgence puisse être
répondue à plusieurs endroits, là, à la grandeur de la province.
Mme Maccarone : OK. Peut-être,
j'ai le temps pour une dernière question.
Le Président (M. Schneeberger) : 30 secondes.
Mme Maccarone : 30 secondes.
Dans les dispositions transitoires, le projet de loi sera en vigueur le 1er janvier
2025. Est-ce que vous serez capables de mettre tout ça à l'oeuvre, rendu cette
date-là?
M. Larose (Steven) : Comme qu'on
mentionnait dans notre mémoire, on veut vraiment avoir les ressources pour
pouvoir nous donner un coup de main. Pour pouvoir mettre ces plans-là en place,
ça prend les ressources pour débuter.
Mme Maccarone : Message reçu.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup pour l'échange. Alors, nous allons maintenant du côté de la
deuxième opposition, et je laisse la parole au député de Laurier-Dorion pour 4
min 8 s.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Bonjour, messieurs. Merci beaucoup d'être ici.
Écoutez, vous avez été très clairs dans
votre mémoire, vous craignez un transfert des responsabilités sans les
ressources qui les accompagnent. Vous en avez fait mention. Moi, je voudrais
plus précisément voir des conséquences de cette situation. Si ça persiste tel
quel, si on continue, si votre prédiction se concrétise, là, qu'est-ce qui va
arriver, là, et quels sont... concrètement, quels sont les... Comment ça se
traduit, les moyens, les ressources que vous demandez, là, sur le terrain, là,
pour accomplir les mandats qu'on vous donne?
M. Châteauvert (Pierre) :Merci. En fait, pour faire ces plans-là, il y aura
énormément d'acquisition de connaissances et des travaux à faire sur le
terrain, en fait, des travaux de... mais ça, ça demande des ressources, ça
demande des sous. Ces sous-là, actuellement, là, les municipalités, comme le
gouvernement et tout le monde, on est tous sous pression. On a des
responsabilités qui débarquent et qui demandent énormément de temps, puis, en
fait, on ne les a pas, pour répondre à ce besoin... à cette loi-là.
De façon... Comme les plans climat, comme
les schémas d'aménagement, en fait, c'est une responsabilité partagée. Donc, à
quelque part, il faut qu'il y ait une contribution. Nous, ce qu'on dit, c'est :
Il faut qu'il y ait absolument une contribution importante du gouvernement pour
la mise en place de cette loi-là. On demande des plans au niveau de la MRC. Ce
n'est pas toutes les MRC qui sont dotées de responsables au niveau de la
sécurité civile, et tout ça, et les ressources, souvent, des fois, c'est une
personne et... Bon, il y en a quelques-unes qui sont mieux équipées, mais il
faut vraiment qu'on obtienne... en fait, que le gouvernement mobilise des
ressources puis les transfère au monde municipal pour livrer. Sinon, bien, ce
qui va arriver, bien, ça va s'étirer dans le temps, et il va peut-être arriver
des catastrophes, puis on va manquer... on va manquer le bateau. Il faut...
Parce que, comme on disait tantôt, c'est une question de cohésion puis d'organisation,
de partage, et tout ça, puis il faut que les... Ça, ça coûte des sous. Il faut
connaître...
Prenez la MRC de Maria-Chapdelaine. C'est
des milliers de personnes, l'été, qui sont sur le territoire, sur des... C'est
des dizaines de milliers de kilomètres carrés. Puis là, bon, ils savent grosso
modo où est-ce qu'ils sont, parce qu'ils ont la responsabilité de la gestion de
la villégiature sur les terres publiques. C'est via ce canal-là qu'ils sont
capables de rejoindre les gens puis de s'assurer d'évacuer les gens quand il y
a... qu'ils ont évacués l'été passé, mais c'est un peu bancal, ça. Il faut
qu'il y ait un <système mieux organisé...
M. Châteauvert
(Pierre) :
...d'évacuer les gens
quand il y a... qu'ils ont évacués l'été passé, mais c'est un peu bancal, ça. Il
faut qu'il y ait un >système mieux organisé que ça parce que c'est des...
c'est des vies humaines qui sont en jeu. Et ça, c'est sur l'ensemble du
territoire. Donc, il faut vraiment se mettre ensemble, puis travailler, puis de
professionnaliser la démarche. C'est ça qu'on veut.
M. Fontecilla : Juste pour
bien comprendre, vous demanderiez, par exemple, que le ministère de Sécurité
publique vous permette d'embaucher des spécialistes, des urbanistes ou vous
transfère du personnel spécialisé, aux différentes MRC, concrètement, ou aux
municipalités.
M. Châteauvert (Pierre) :Comme on l'a vécu, comme on l'a vécu en développement
local, où est-ce que le ministère de... le ministère de l'Économie, il y a
200 000 $ par année pour deux ressources, deux ou trois ressources
pour le développement local. C'est la contribution. Il y avait déjà des
ressources sur le terrain, puis ils sont venus appuyer, parce qu'il y avait des
objectifs supplémentaires qu'ils sont venus ajouter, fixer, qu'ils ont
déterminés aux MRC au niveau de leur action en développement local. Donc, le
gouvernement est venu appuyer.
La même chose en aménagement du territoire.
À partir du 1er avril, on met à jour les schémas. Le ministère des
Affaires municipales transfère des sous pour permettre l'engagement de
ressources pour livrer, et c'est à la municipalité, c'est à la MRC de s'occuper
quelles ressources elle a besoin. Ce n'est pas nécessairement des... C'est eux
autres qui s'organisent, et, habituellement, la très, très, très grande
majorité des fois, ils livrent très bien la... en fait, ils répondent à la
commande.
La même chose qui est en train de se faire
en plan climat. Il y a une mobilisation incroyable actuellement sur le terrain
pour livrer ces plans climat là. Les gens... Il y a des sous qui s'en viennent.
Ils sont en train de s'organiser. Ils vont aller voir les ressources qu'ils ont
de besoin en fonction des objectifs qu'ils se sont fixés et ils vont livrer des
plans climat, que, je suis certain, vont être vraiment de très haute qualité.
On l'a vécu avec les milieux humides. Le système est en train de se mettre en
place. Il y a des ressources. Le gouvernement a mis... a transféré des sommes
aux MRC. Ce sont les MRC qui ont décidé...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. On n'a plus de temps.
M. Châteauvert (Pierre) :...qui qu'ils allaient engager.
M. Fontecilla : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, merci beaucoup pour votre présentation.
Alors, nous allons suspendre quelques...
quelques instants pour accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 10 h 40)
(Reprise à 10 h 45)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous poursuivons cette période d'échange. Alors, nous accueillons
maintenant l'Union des municipalités du Québec. Alors, bonjour à vous deux.
Alors, vous avez 10 minutes pour présenter votre mémoire, et puis après
ça, par la suite, il y aura une période d'échange. Alors, je vous inviterais à
vous présenter en premier temps et continuer pour... sur votre mémoire par la
suite.
Union des municipalités du Québec (UMQ)
M. Angers (Michel) : Parfait.
Bien, bonjour à tous. Merci de nous recevoir. Michel Angers. Je suis le maire
de la ville de Shawinigan puis président de la commission sur la sécurité
publique à l'Union des municipalités du Québec depuis quelques années déjà,
passablement.
M. Létourneau (Yves) : Oui.
Bonjour. Yves Létourneau, conseiller stratégique aux politiques, notamment sur
les dossiers de sécurité publique à l'UMQ.
M. Angers (Michel) : Alors,
on démarre. Bien, M. le ministre de la Sécurité publique, M. le Président de la
commission, Mmes, MM. les membres de la commission, je vous remercie de nous
donner l'occasion aujourd'hui de vous faire part de nos commentaires sur le
projet de loi 50, sur la <i>Loi sur la sécurité civile visant à
favoriser la résilience aux sinistres.
Je suis accompagné, bon, d'Yves
Létourneau, conseiller stratégique senior, je dirais bien, aux politiques de
l'UMQ.
Alors, depuis maintenant plus de
100 ans, l'UMQ rassemble les gouvernements de proximité de toutes les
tailles et de toutes les régions du Québec afin de mobiliser l'expertise
municipale, accompagner ses membres dans l'exercice de leurs compétences et
valoriser la démocratie municipale. Nos membres représentent plus de 85 %
de la population du territoire du Québec.
J'aimerais avant tout souligner
l'important travail accompli par le ministre et son équipe dans l'élaboration
de ce projet de loi qui vise avant tout à favoriser la résilience des
Québécoises et des Québécois. En effet, tous reconnaissent que la loi en
vigueur jusqu'à maintenant ne répondait plus aux besoins ni aux réalités des
municipalités et de la population. Le contexte de la sécurité civile a changé
de manière importante dans les deux dernières décennies avec une augmentation
de la fréquence et de l'ampleur des sinistres. Un grand nombre de sinistres
survenus au Québec au cours des dernières années démontre plus que jamais l'importance
pour les municipalités de se préparer à agir rapidement lors d'une situation
d'urgence. La nécessité de développer la connaissance des risques de sinistre
en tenant compte notamment de l'impact des changements climatiques n'est plus à
démontrer. Par conséquent, l'UMQ appuie la révision de la Loi sur la sécurité
civile et les objectifs poursuivis par celle-ci. Pour ce faire, nous offrons
notre entière collaboration au ministre de la Sécurité publique pour y arriver.
À la lecture du projet de loi n° 50, certaines ambiguïtés sont constatées notamment quant
aux attentes du ministre de la Sécurité publique en lien avec la mise en œuvre
d'une démarche de gestion des risques. Ainsi, le projet de loi oblige les
municipalités à réaliser une démarche de gestion des risques de sinistre et
exige également de chaque municipalité l'adoption d'un plan régional de
résilience aux sinistres dans lequel seront consignées les mesures planifiées à
la suite de la démarche de gestion des risques plutôt qu'un schéma de sécurité
civile qui était auparavant utilisé. Ainsi, selon les articles 7 et 8 de
la nouvelle loi, les autorités locales et régionales n'auront plus... n'auront
pas <seulement...
M. Angers (Michel) :
...7
et 8 de la nouvelle loi, les autorités locales et régionales n'auront plus...
n'auront pas >seulement à documenter les risques et à déterminer des
objectifs de protection qui peuvent être atteints en fonction des mesures et
des ressources disponibles, elles auront également l'obligation de traiter les
risques et de mettre en place des mesures pour prévenir les sinistres, en plus
de préparer la réponse à ceux-ci.
Notre inquiétude porte sur les moyens
qu'auront les autorités municipales pour s'acquitter de ces obligations de
prévention des sinistres sur leurs territoires. Nous croyons que l'obligation
de prendre les mesures de prévention des sinistres qu'impose la nouvelle loi
aux autorités municipales devrait être atténuée par les mots suivants : «dans
la mesure des pouvoirs et des moyens dont elles disposent». Il est davantage
dans les possibilités de planifier la réponse aux sinistres que de les gérer et
de les prévenir.
Par ailleurs, un règlement suivra
l'adoption du présent projet de loi, qui permettra de préciser les attentes du
ministère à cet effet. Ce règlement permettra, nous l'espérons, aux
municipalités de mieux identifier leurs obligations municipales. L'UMQ souhaite
également que le ministre s'assure de consulter le monde municipal — et,
quand on est arrivés, le ministre le disait justement — et que des
estimations de besoins municipaux en matière de ressources humaines et
financières soient réalisées, et ce, avant le dépôt de ce règlement.
Une autre préoccupation majeure de l'UMQ
concerne le rôle des municipalités régionales et des municipalités locales dans
la prévention des risques de sinistre. Selon la nouvelle loi, la responsabilité
de mettre en place une structure de coordination de la gestion des risques et
la réponse aux sinistres relève de la responsabilité de la municipalité locale.
Cependant, l'obligation de réaliser la démarche de gestion des risques de
sinistre relève de la MRC. Le projet de loi donne alors une grande souplesse
aux municipalités locales et aux MRC pour s'entendre entre elles afin de
déléguer leurs responsabilités à l'une ou à l'autre.
• (10 h 50) •
Le projet de loi n° 50
donne des opportunités aux municipalités locales qui le souhaitent de
s'entendre avec les municipalités avoisinantes pour s'assurer d'offrir la
couverture exigée par la Loi sur la sécurité civile. Contrairement aux services
incendie, la MRC peut totalement déléguer les responsabilités en sécurité
civile à une municipalité locale. La diversité des situations dans les
relations entre les municipalités locales et les MRC à travers les régions du
Québec nécessite de proposer un cadre législatif souple qui permet de répondre
aux différentes réalités municipales. Ainsi, il serait souhaitable que la mise
en place d'une structure de coordination des services de sécurité civile et la
réalisation d'une démarche de gestion des risques relèvent de la responsabilité
de l'organisation locale, et je précise, qui dispose déjà des ressources et qui
connaît donc mieux les informations sur les risques présents sur le territoire.
Ceci est dans un objectif d'optimisation des ressources et afin d'éviter des
dédoublements des actions.
Par ailleurs, le gouvernement déterminera
par règlement les personnes dont les biens et les activités peuvent être à
l'origine d'un sinistre. Ces derniers devront alors collaborer avec les autorités
municipales sur les territoires desquels les biens sont situés ou les activités
exercées en produisant une déclaration de risque. En ce sens, le législateur
confère aux municipalités un nouveau pouvoir réglementaire en leur permettant
notamment d'imposer aux générateurs de risques sur le territoire l'obligation
de mettre en place et de déployer des mesures supplémentaires à celles prévues
par le règlement du gouvernement. Le législateur octroie donc le pouvoir
d'inspection aux municipalités également aux fins d'application de leurs
règlements. Ainsi, et comme mentionné plus tôt, le législateur octroie
davantage de pouvoirs aux municipalités. Étant donné l'importance et les
impacts potentiels de cette mesure sur les niveaux d'imputabilité et de conformité
attendus de la part des municipalités, nous croyons qu'une consultation plus
approfondie auprès du secteur municipal avant l'adoption d'un règlement
détaillé est plus que nécessaire.
Par ailleurs, le projet de loi prévoit de
transférer la responsabilité de la SOPFEU au ministre de la Sécurité publique.
Jusqu'à maintenant, la SOPFEU relevait du ministre des Ressources naturelles.
L'UMQ est d'accord avec ce changement. En ce sens, le mandat de la SOPFEU sera...
serait élargi afin d'organiser la protection des communautés, des
infrastructures stratégiques et du milieu forestier contre les incendies de
forêt et ceux qui la menacent pour le territoire pour lequel il est désigné. La
SOPFEU devrait alors accomplir sa charge en conformité avec les orientations et
les directives que lui donnent conjointement le ministre de la Sécurité
publique et la ministre des Ressources naturelles et des Forêts. Pour atteindre
l'objectif commun, la sécurité des populations et des infrastructures, nous
demandons de prévoir le financement des sommes nécessaires pour assurer la
formation des combattants des feux de forêt au sein des équipes de pompiers,
des communautés et des villes. Nous avons d'ailleurs constaté depuis que des
sommes à cet effet ont été prévues dans le budget déposé la semaine dernière.
Également, nous aimerions revenir sur un
élément de l'article 18 de la loi, soit le <nouveau...
M. Angers (Michel) :
...nous
aimerions revenir sur un élément de l'article 18 de la loi, soit le >nouveau
pouvoir du ministre d'ordonner le déploiement des mesures d'intervention ou le
rétablissement d'un plan de sécurité civile de la municipalité dans le cas où
une municipalité locale est empêchée d'agir ou fait défaut d'agir. Nous
comprenons la raison d'être de cet article. En cas de situation d'urgence, il
faut très certainement agir. Toutefois, nous rappelons au ministre que les cas
où la municipalité locale met en œuvre adéquatement son plan de sécurité civile...
désolé, la priorité du ministère doit être de collaborer avec celle-ci. La
collaboration est l'élément essentiel de la réussite, selon nous.
En terminant, l'UMQ appuie la prolongation
de la durée maximale de la déclaration d'état d'urgence local à 10 jours
et l'élimination de l'autorisation de renouvellement par le ministre.
Nous vous remercions de votre attention,
et on est maintenant disponibles pour répondre à vos questions.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
M. Angers, pour votre présentation. Alors, nous allons maintenant débuter une
période d'échange avec le ministre pour un temps de 16 min 30 s.
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Merci, messieurs, pour votre mémoire très enrichissant.
Bien, je saute d'entrée de jeu, là, l'état
d'urgence local, je pense que ça allait de soi. J'en parle, là, mais, à chaque
cinq jours, ça n'avait plus de bon sens que je doive signer ces documents à
chaque fois. Ça avait plus de bon sens de l'amener à 10 jours sans
autorisation ministérielle puis que vous ayez l'obligation, six mois plus tard,
là, de faire une reddition de comptes pour expliquer à vos concitoyens pourquoi.
Je pense qu'on a convenu... on a convenu que c'était une approche, là, qui
était... un allègement qui était, je pense, normal avec les situations que l'on
vivait et puis qu'on risque de vivre, malheureusement, dans les prochaines
années.
J'ai le goût de vous... de vous poser un
peu la même question que vos collègues tantôt de la FQM. Bon, ils ont a été
frappés d'un lot de catastrophes, vous le savez très bien, dans les dernières
années, particulièrement depuis... depuis le début de 2023. Vous êtes dans ce comité
spécifique de la sécurité publique, sécurité civile. Qu'est-ce qui est
ressorti, là, un peu, là, de... J'imagine, vous avez fait un post-mortem,
peut-être, là, avec certains... certaines villes qui ont été plus touchées.
Qu'est-ce qui est... Au-delà du projet de loi, là, qu'est-ce qui est ressorti,
là, de positif, négatif sur... si je vous demandais un top trois, là, de ce qui
est sorti fortement? Parce que, bon, vous le savez, je le disais tantôt, je me
suis quand même promené pas mal, dû aux événements, puis j'ai vu des...
peut-être, des fois, des inégalités. Tantôt, on parlait, là, de communication.
Tu sais, des fois, il y en a qui me disaient : François, on a trop de
rencontres, puis là, des fois, ils me disaient : On n'a pas assez de
rencontres. Mais, bon, c'était... c'était peut-être inégal. Mais je vous laisse
m'exposer, là, en quelques minutes un peu votre pouls, votre pouls terrain sur
ce qui s'est passé... sur ce qui s'est passé, là, dans les derniers événements
qu'on a connus, là.
M. Angers (Michel) : Bien, je
ne vous cache pas qu'il y a des territoires, des municipalités ou des villes
qui ont été touchés plus fortement que d'autres, puis deux fois, puis trois
fois plutôt qu'une. Alors, ça, ça a été extrêmement difficile. On est revenus
régulièrement en conseil d'administration sur la préparation comme telle à ces
sinistres, qui, à une certaine époque, arrivaient une fois par... par jamais,
mais qui, maintenant, nous arrivent de façon assez régulière. Donc, tout est
dans la préparation à contrer éventuellement ces sinistres, quand c'est
possible, évidemment, de le faire.
La notion des changements climatiques,
vous le savez, on a interpelé votre gouvernement sur des montants assez
importants, hein, pour qu'on fasse face aux changements climatiques, donc, dans
des mesures qui nous permettent, justement, comme villes et comme
municipalités, de voir venir les choses. Bon, j'écoutais tout à l'heure la FQM.
C'est la même chose de notre côté aussi. On a, évidemment, des budgets qui sont...
qui sont limités dans ce genre d'interventions, et souvent les préparations à
ça nous demandent beaucoup de temps, beaucoup, beaucoup d'énergie. Et il faut
être en mesure de pouvoir y répondre, parce que c'est une question de sécurité
civile, c'est une question également de protéger l'ensemble de nos populations.
Alors, on peut parler de digues, on peut parler de tranchées, on peut parler
d'énormément de choses qui, je vous dirais, il y a 15 ou 20 ans, étaient
plus ou moins sur le radar. Aujourd'hui, il faut... il faut s'y attarder de
façon plus importante.
On se... bon, le terme n'est pas exact,
mais on se nourrit, évidemment, des difficultés que plusieurs villes ont eues
pour faire en sorte qu'on soit capables de mieux se préparer dans l'éventualité
où il y a des cas qui peuvent être similaires, particulièrement avec les
inondations, l'eau, les fortes pluies. C'est des éléments aussi importants.
J'entendais tout à l'heure toute la notion également des forêts, des feux de
forêt, de la rapidité avec laquelle on peut intervenir, jusqu'où on peut aller.
Alors, c'est extrêmement complexe. Puis,
je me mets dans vos bottines, M. le ministre, c'est toute une tâche de
s'assurer de faire en sorte qu'on soit capables de travailler en collaboration
avec les villes pour être... mieux les préparer. On pourra parler d'argent
tantôt, de ressources, etc., mais, essentiellement, c'est ça.
Je termine sur un constat important. Bon,
il y a le concept des MRC puis il y a le concept des villes. Bon, moi, j'ai le
grand privilège, à Shawinigan, d'être une ville MRC. Alors, je suis en mesure
de <m'entendre...
M. Angers (Michel) :
...le
grand privilège, à Shawinigan, d'être une ville MRC. Alors, je suis en mesure
de >m'entendre avec moi-même puis mon conseil, puis je vous dirais que
ça va relativement bien. Dans la plupart des villes au Québec, ça va aussi
relativement bien, mais il y a des poids proportionnels différents d'un endroit
à l'autre. On peut voir des MRC, avec 82 % d'une population dans une MRC,
où ils sont huit, neuf, 10, 11, 12. On peut voir Thetford Mines, on peut voir
Drummondville, on peut voir toutes sortes de choses. Il y a déjà présentement
des expertises qui existent dans les villes locales, des endroits où déjà on
est mieux équipés, et je vous dirais que le constat qu'on a pu faire — je
vais terminer là-dessus — le constat qu'on a pu faire, M. le
ministre, c'est que, dans les villes où ils sont bien équipés, donc, une
population suffisamment importante, ils ont été en mesure de mieux répondre aux
différentes attentes, parce que ça prend... ça prend beaucoup de temps,
beaucoup d'énergie, beaucoup de déploiement, ça peut être les cols bleus. Il y
a beaucoup de choses aussi à mettre en place. Alors, il faut retenir qu'il y a
des expertises qui sont déjà là un peu partout à travers le Québec et il faut
juste faire attention à ne pas rajouter des dédoublements un peu partout qui
vont faire en sorte qu'on va perdre du temps, perdre de l'énergie et perdre de
l'argent.
M. Bonnardel : Ça fait que
c'est un peu... Si je vous suis, c'est un peu ces... je le dis bien
respectueusement, ces inégalités, dans une certaine mesure, entre moyennes
villes, petites villes, 2 000 habitants, 1 000 habitants,
où là tu te rends compte que c'est plus compliqué, là, appliquer les plans...
les plans de sécurité civile, puis la participation du MSP est encore plus
fortement demandée parce que, bon, il y en a qui peuvent... qui sont moins
capables d'y répondre, sinon de faire appel à la MRC, si possible, ou à une
plus grande ville voisine, là, qui est capable d'adapter puis de supporter
cette ville.
• (11 heures) •
Mais une question : Communications, est-ce
que, pour vous, les communications entre les municipalités, les partenaires
pour accomplir les efforts de guerre, pour rassurer, réparer et s'assurer de
répondre aux besoins... est-ce que c'était convenable, correct? Ça, ce n'est
pas un... Vous ne me l'avez pas mentionné. Tantôt, vos collègues me disaient,
là, que, communicationnellement, ce n'était peut-être pas parfait, puis on
prend acte de ça, mais, pour ça, est-ce que, pour vous, ça a été soulevé ou pas
pantoute?
M. Angers (Michel) : Bien,
jusqu'à maintenant, la collaboration avec...
M. Bonnardel : Était bonne?
M. Angers (Michel) : ...avec
le ministère de la Sécurité publique a toujours été... a toujours été là. Bon,
vous avez raison, il y a des schémas de sécurité civile qui sont à géométrie
variable d'un endroit à l'autre. Il y a des petites municipalités qui sont
incapables, malgré qu'ils sont sur le bord de cours d'eau, bord du fleuve, bord
de rivière... Dans des situations un peu plus problématiques, ils sont très
limités dans leur capacité d'intervention.
Mais, de notre côté, bon, je vais prendre
mon exemple, moi, chez nous, la collaboration avec... avec la Sécurité civile,
elle est impeccable. Bon, au niveau de l'Union des municipalités du Québec, avec
votre personnel, vos gens, à chaque fois qu'on a fait des demandes de
rencontre, etc., pour préparer les documents, des choses comme ça... Puis, sans
flagornerie, là, vous faites partie des ministères où c'est assez facile de
pouvoir discuter. Votre niveau d'intervention est très rapide également, et
vous êtes disponibles aussi pour aller faire un tour partout où ça va moins
bien. Alors, moi, en tout cas, je ne sais pas... Tu as peut-être plus, Yves, au
niveau des autres municipalités, mais, moi, dans ce que j'ai entendu de
Gatineau, de différents endroits, ça va relativement bien.
M. Létourneau (Yves) : Oui,
tout à fait. Évidemment, on a eu beaucoup d'événements au cours des dernières
années dans plusieurs endroits, donc c'était à géométrie variable, question
aussi de rapidité d'action, mais c'était... fort généralement, les
communications avec votre ministère étaient bonnes. Il y avait, évidemment,
beaucoup d'intervenants sur le milieu. Il n'y a pas que votre ministère puis
les gens de la ville, il y a plusieurs autres intervenants, puis c'était à ce
niveau-là aussi qu'on essaie d'améliorer la communication. Mais je pense
qu'avec votre ministère, comme Michel l'a dit, ça a bien été.
M. Bonnardel : C'est bon...
c'est bon à entendre. Puis je veux juste resoulever un peu les similitudes dans
vos deux mémoires entre la FQM et vous, là, où vous vous questionnez sur la
démarche de gestion de risques. Puis, là-dessus, je veux vous rassurer, là.
Tantôt, vos collègues, on l'a mentionné, la question que je leur ai posée... Le
plan climat qui a été financé par le ministère, je pense que c'est
127 millions, si je ne me trompe pas, là, pour... puis vos collègues,
tantôt, disaient : François, c'est deux ans de préparation.
Quand je parle de démarche de gestion de
risques, pour moi, ce n'était pas d'alourdir un autre processus puis que ça
prenne encore deux ans. Je le disais tantôt, ça va être calqué à 90 % de
tous les éléments qu'on a besoin pour définir cette démarche de gestion de
risques. Il y a un 10 % où, là, c'est des risques plus anthropiques, qu'on
dit, là, des tremblements de terre ou autres catastrophes, là, plus... plus
importantes où, là, on va... on va rentrer plus fortement pour vous épauler
pour... pour l'exercice comme tel.
Puis, je le mentionnais tantôt, là, que ce
soient nos directions régionales, que ce soient les guides, documents de
référence, que ce soient les outils informatisés, en tout cas, on va tout
mettre en place pour vous faciliter la tâche, puis pas que ça prenne... Puis je
ne veux pas que ça prenne un an, là, que ça prend un an et demi, là. Il faut
que ce soit <simple...
>
11 h (version révisée)
<11
M.
Bonnardel :
...pour vous faciliter la tâche, puis pas que ça
prenne... Puis je ne veux pas que ça prenne un an, là, que ça prend un an et
demi, là. Il faut que ce soit >simple. Comme je vous le disais, on va se
calquer pas mal sur le <i>plan climat, puis, de l'autre côté, pour nous,
ça va être des... un travail surtout pour la préparation du règlement par la
suite, où, là, je le disais tantôt, juste quand vous êtes arrivés, là, vous
êtes des partenaires, dans tout ça, archi-importants pour moi, archi-importants
pour nous. Donc, vous allez être partie prenante de la préparation de ce
règlement. Ça, vous avez ma parole, vous avez ma parole là-dessus.
Petite question. J'imagine la réponse, là,
mais... J'ai vu, plus souvent qu'autrement, jusqu'à quel point, dans les...
surtout les grandes villes, mais même les... même ceux qui ont des travaux...
qui ont... qui ont une expertise de travaux publics avec quelques employés, jusqu'à
quel point, des fois, ils peuvent être débordés face à une inondation ou autre,
aller chercher des citoyens en chaloupe ou autre. La réserve opérationnelle,
veux veux pas, quand on a commencé à préparer ce projet de loi, on s'est bien
dit : On ne peut pas faire appel aux forces armées à chaque fois. Oui,
oui, si une situation majeure... Mais je pense que cette création de réserve,
pour vous, répond à vos attentes, besoins si particuliers. Vous le voyez, je
pense, d'une bonne... d'une bonne façon, d'une bonne manière, cette réserve.
M. Angers (Michel) : Bien,
évidemment, évidemment. Un des objectifs poursuivis, c'est d'être en mesure de
pouvoir répondre à des situations qui peuvent être critiques. On a déjà vu l'armée
débarquer... débarquer chez nous. On a déjà vu l'armée aussi débarquer à d'autres
endroits. Je pense que ça, c'est quand même important de pouvoir, dans des cas
spécifiques et extrêmes, être en mesure de pouvoir compter sur cette... ces
forces-là. Mais, en même temps aussi, il faut que nous, comme villes, comme
municipalités, on soit capables de bien se préparer aussi, d'avoir un bon plan,
de bien se préparer et d'être capables d'anticiper, parce qu'on est capables
souvent d'anticiper éventuellement les difficultés qui peuvent nous arriver. On
peut être enclavés entre deux barrages puis d'avoir une excellente entente avec
Hydro-Québec pour nous assurer que, quand le réservoir... Vous savez, bon,
quand il y a 12, 13 barrages sur une rivière comme la rivière
Saint-Maurice et qu'on se retrouve dans des situations de débordement, de forte
pluie, là, il faut être en mesure d'avoir aussi des bons partenaires et il faut
que, du côté des générateurs de risques, éventuellement... qu'on ait une
excellente collaboration avec eux. Parce que, bon, l'entreprise privée a
peut-être, des fois, tendance à vouloir, peut-être, cacher un certain nombre de
choses pour ne pas faire peur à la population, ou autre, mais, en même temps, s'il
arrive des difficultés importantes, bien, il faut être en mesure de pouvoir y
répondre rapidement, puis, si on n'a pas l'ensemble des informations, bien là,
c'est là qu'on se retrouve à improviser. Et il n'y a rien de pire que de faire
de l'improvisation quand on se retrouve en situation de risque.
Donc, tous les éléments du projet de loi
sont fort intéressants, les pouvoirs accrus aussi au niveau des municipalités.
Il s'agit maintenant que le message se passe aux sociétés d'État,
particulièrement au niveau d'Hydro-Québec, parce que, bon, il y a certains
endroits où ils peuvent réguler le niveau de l'eau. On ne peut rien faire avec
le fleuve, ou autre, mais il reste qu'il y a... il y a quand même une
préparation que nos employés peuvent... être faite.
Alors, j'en profite également pour vous
reparler des feux de forêt. Une des... Un des éléments, bon, vous l'avez... on
l'a mentionné, puis vous nous avez fait signe de tête, bon, de la formation
aussi. Plus on va former de pompiers pour être en mesure de pouvoir combattre,
faire la prévention... Il est important de pouvoir le faire, mais vous
comprenez qu'on ne pourra pas, par mesure préventive, faire des tranchées un
peu partout autour des villes, des municipalités, un peu partout dans les
forêts, au cas où. Il y a un facteur de risque qu'il faut... faut prendre, d'une
certaine façon. Et plus on sera rapides à intervenir, plus on sera rapides à
circonscrire les incendies, ou autres, bien, plus on va être efficaces à ce
moment-là. Et mieux on est préparés, mieux on est... on est en mesure d'y
répondre.
M. Bonnardel : En rafale,
vite, vite, avant de passer la parole à mes collègues, les générateurs de
risques, vous les connaissez déjà. Je pense, j'ai la réponse, là, mais vous les
connaissez déjà grâce aux schémas de couverture incendie. Ça, ce n'est pas une
surprise, là, à moins... à moins qu'il y a une entreprise qui arrive, une nouvelle,
puis que vous ne soyez pas informés, mais vous les connaissez déjà.
Puis je termine en vous disant : La
SOPFEU, c'est une priorité pour moi, là. Bien, quand je dis... Il y en a
plusieurs, mais ça, c'en est toute une, pour s'assurer... premièrement, le
financement, vous l'avez vu, là, puis de s'assurer d'avoir... puis de donner
tous les outils à la SOPFEU pour être capable de répondre le plus
convenablement. On a vécu une saison historique l'année passée. On ne
souhaitera pas en avoir une pareille, mais les conditions... les conditions
étant ce qu'elles sont, là, avec ce qu'on vit, avec un hiver un petit peu plus...
un petit peu moins l'hiver qu'on connaît, ça pourrait être... ça pourrait être
un peu plus difficile.
Donc, j'arrête ça là. Mes collègues, avez-vous
une petite question ou deux? Si...
M. Létourneau (Yves) : ...les
générateurs de feux, oui, on a... de risques, oui, de générateurs de feux
éventuellement...
M. Bonnardel : Oui, c'est ça.
M. Létourneau (Yves) : ...nous
avons l'information, mais c'est... ça peut être inégal d'une municipalité à l'autre.
C'est ça qu'on voulait soulever, là. À l'intérieur d'une MRC, il y a des
services incendie, pour prendre ces <exemples-là...
M. Létourneau (Yves) :
...incendie,
pour prendre ces >exemples-là, qui ont beaucoup plus d'informations sur
l'ensemble des générateurs de risques, pas juste de leurs territoires, parfois
parce qu'ils desservent d'autres municipalités. Ça fait que c'est inégal d'une
municipalité à l'autre, mais nous l'avons de façon générale.
M. Angers (Michel) : ...M. le
ministre, si vous... si vous permettez... Bon, j'ai fait le lien tantôt entre
les MRC et les grandes villes. C'est une grande préoccupation. Je ne vous le
cache pas, on l'a fait, Mme Laforest également, la ministre des Affaires
municipales. C'est une grande préoccupation pour nous, parce que les plus
grandes villes, les plus grandes municipalités sont en mesure de pouvoir
intervenir rapidement, efficacement, ou autre. Et, malgré que presque partout à
travers le Québec il y a des bonnes ententes, on l'a mentionné, il y a des
endroits où ça va plus ou moins bien, où ça se tiraille un petit peu. Puis la
municipalité, la grande ville est souvent mise un peu de côté au profit du
nombre de maires et mairesses autour d'une table de territoires de MRC. Alors,
ce qu'on veut, c'est de faire en sorte qu'on soit les plus efficients possible.
Alors, même chose au niveau des schémas de couverture de risques, au niveau des
incendies. C'est vrai en sécurité civile aussi. Prenons l'expertise où elle est
puis tentons, autant que possible, de favoriser les échanges pour faire en
sorte qu'on soit capables d'être le meilleur possible.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, pour une minute, la députée de Labelle.
Mme Jeannotte : ...le diable
est dans les détails. Entre les élus et les officiers qui sont désignés,
parfois, il y a... Est-ce que vous... Est-ce que vos membres vous ont mentionné
des enjeux où ce n'était pas assez clair, le rôle des intervenants sur le
terrain?
• (11 h 10) •
M. Angers (Michel) : Entre la
responsabilité du maire ou de la mairesse et des officiers qui ont... enfin, la
responsabilité?
Mme Jeannotte : Oui.
M. Angers (Michel) : Moi, je
ne peux pas parler nécessairement pour les autres. Chez nous, les rôles sont
parfaitement bien définis, structurés et organisés. Alors, il arrive une
situation, voici le a, b, c et d. Tout est là, les livres sont là, tout est
prêt. En théorie, ça devrait être comme ça partout. En théorie, ça devrait être
comme ça partout. Est-ce qu'on est exempts d'en échapper? Possiblement, mais il
reste que c'est... Et je pense qu'un projet de loi comme celui-là, où la... Même
si c'est un peu plus difficile pour des plus petites municipalités, on a tous des
citoyens, des humains qu'on a à protéger, d'une certaine façon, alors on doit
faire les efforts nécessaires puis trouver les moyens, là, d'être égal pour
tout le monde.
Mme Jeannotte : Parfait. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : ...beaucoup.
Alors, nous poursuivons maintenant du côté de l'opposition officielle. Alors,
je vous laisse la parole.
Mme Maccarone : Moi, je suis
la députée de Westmount—Saint-Louis. Bonjour. Bonjour, M. Angers, M. Létourneau.
C'est un plaisir d'échanger avec vous. Merci beaucoup pour votre mémoire,
c'est... c'était très intéressant, puis vos remarques ainsi.
Je veux revenir un peu sur le sujet du
budget puis le financement. Je sais que vous avez déjà eu des échanges puis...
mais je veux mieux comprendre. Parce que vous, vous l'avez évoquée dans votre
recommandation 4, l'aide du gouvernement, puis c'est bien qu'on ne devrait
pas se limiter aux outils et guides. Je comprends qu'il va y avoir un
accompagnement, puis c'est essentiel, puis je salue l'intervention, mais ça
devrait inclure aussi un engagement financier, l'instauration des programmes
adéquats, puis vous l'avez aussi évoqué lors de votre recommandation 8, où
vous avez parlé un peu de la formation. Avez-vous estimé les coûts nécessaires
pour... pour l'implantation de ce projet de loi? Qu'avez-vous besoin pour faire
ceci?
M. Létourneau (Yves) : Bien,
écoutez, je... La réponse ne sera pas très compliquée. Sans avoir de règlement
qui précise quelles sont nos obligations, il est très difficile, je pense qu'on
l'a écrit à quelque part, d'arriver à évaluer les impacts pour les
municipalités. Donc, non, en ce moment, on ne pourrait pas dire. Mais on
demande que ça se fasse au moment où le règlement va... va prendre forme,
qu'on... Parce que, souvent, on voit, dans d'autres ministères, que des
règlements arrivent avec des obligations aux municipalités sans tenir compte
des impacts financiers que ça peut avoir sur les municipalités. On demande que ce
soit réfléchi en ayant une estimation, autant que possible, de quels seront les
impacts pour les municipalités. Mais, sans le règlement, à ce moment-ci, c'est
très difficile.
M. Angers (Michel) : Puis,
comme je le mentionnais tout à l'heure, bien, si, dans l'éventualité... Bon,
j'écoutais tout à l'heure nos collègues de la FQM mentionner que chaque
territoire de MRC devrait avoir ses ressources, préparer ses choses. Je vais
vous donner l'exemple d'une MRC. Quand Drummondville est en mesure de pouvoir
prendre l'ensemble de la charge de la MRC à 82 %, 83 %, bien, ça
évite probablement de mettre une ressource... une, ou deux, ou trois ressources
directement au niveau du territoire de la MRC et de pouvoir en confier la
responsabilité à une ville comme Drummondville avec des coûts probablement
moindres pour le ministère, le gouvernement. Alors, c'est là qu'on dit que
c'est important <d'être...
M. Angers (Michel) :
...c'est
là qu'on dit que c'est important >d'être capable de faire une bonne
évaluation.
Vous savez, du mur-à-mur, hein, ce qui est
bon pour minou est bon pour pitou, on l'a dit, que ce n'est pas une bonne
chose, mais ça existe encore trop souvent. Alors, nous, ce qu'on dit, c'est :
Dans l'éventualité où la MRC est le meilleur véhicule pour être en mesure de
faire le travail, allons-y. Dans l'éventualité où il y a des villes qui veulent
le faire, puis qui sont en mesure de pouvoir le faire, et qui ont l'expertise
de pouvoir le faire et de prendre en charge, bien, pourquoi pas? Alors, c'est
pour ça qu'il faut faire... Il ne faut pas faire deux poids, deux mesures. Il
faut s'assurer qu'on soit efficients en fonction de la réalité de chaque
territoire.
Mme Maccarone : Ça fait
que pas juste du mur-à-mur, mais du sur-mesure. C'est ça qu'on a besoin. Je
comprends, la ville de Gatineau fait partie de l'UMQ.
M. Angers (Michel) : Oui.
Mme Maccarone : Parce
qu'eux, dans leur mémoire, c'est la première recommandation. Eux, ils disent :
«La ville de Gatineau recommande que ce soit inclus dans le projet de loi
n° 50, la mention d'une aide financière accrue et pérenne aux
municipalités, afin de leur fournir les ressources nécessaires et la
flexibilité pour faire face aux nouvelles responsabilités qui leur incomberont.»
Vous, vous ne faites pas cette même recommandation. Pourquoi?
M. Angers (Michel) : Non,
mais, attention, on fait...
Mme Maccarone : Oui. Clarifiez.
C'est bon.
M. Angers (Michel) : ...on
fait la même recommandation. Ce qu'on dit, c'est qu'on... Une ville comme
Gatineau, bon, puis on connaît bien la situation là-bas, une ville comme
Gatineau a déjà des moyens, des ressources, du personnel de disponible, mais,
en même temps, ils sont incapables, ce n'est pas prévu dans leur... dans leur
profil, de faire face à des situations comme ils ont vécues. Donc, oui, ils ont
besoin d'avoir un argent supplémentaire pour être en mesure de pouvoir le faire.
Mais, dans l'éventualité où une situation comme celle-là se retrouve dans une
MRC, à côté ou à l'autre, de quelle façon on est en mesure de pouvoir
intervenir le mieux? Gatineau a besoin d'argent, a besoin de ressources, a
besoin de tout ça. Est-ce que ce sera moins que si on partageait ça de façon
différente avec d'autres petites MRC... d'autres autres petites municipalités
autour? Peut-être que oui, peut-être que non. Mais leur première préoccupation,
leur première demande, c'est exactement la demande aussi de la plupart des
villes et des territoires de MRC pour faire face à une situation qui existait
beaucoup moins il y a 30 ans.
Mme Maccarone : Merci.
La FQM, lors de les interventions qu'on a eues avec eux quand ils ont passé
juste avant vous, ils ont quand même soulevé une préoccupation. Pour eux,
c'était identifié comme un enjeu majeur en ce qui concerne la modification de
la <i>loi sur l'aménagement, territoire et urbanisme, parce que... comme
on sait, par l'ajout d'un article quant à la délivrance des permis. Ils ont
demandé d'être exonérés, une immunité. Est-ce que vous, vous êtes de la même
avis qu'eux? Est-ce que ça, c'est quelque chose que vous souhaitez voir dans le
projet de loi?
M. Angers (Michel) : De
l'immunité?
Mme Maccarone : Face aux
poursuites.
M. Létourneau (Yves) : Oui.
C'est le... J'oublie le numéro, mais c'est la modification à la LAU qui permet...
bien, qui oblige le conseil municipal d'intervenir si, je n'ai pas les termes
exacts, là, il juge qu'il y a... qu'il y a un risque évident. Écoutez, on a
consulté certains de nos membres, Gatineau, notamment. Sur ça, il y avait des
préoccupations, mais on comprenait, encore une fois, pourquoi c'était là puis
on trouvait que le 12 mois qui permettait aux municipalités de modifier un
règlement répondait généralement à nos préoccupations. Évidemment, là, il y a
peut-être des... certaines municipalités qui ont moins de ressources, puis,
devant l'obligation d'interdire d'émettre un permis, il peut y avoir des
poursuites, il peut y avoir des conséquences, et on est conscients que ça peut
créer des problèmes. Donc, oui, il y a une réflexion... une réflexion à avoir,
mais ce n'était pas une priorité pour tout le monde.
M. Angers (Michel) : ...
M. Létourneau (Yves) : Non.
Mme Maccarone : OK. J'étais
quand même surprise qu'à date, dans tous les échanges qu'on a eus puis ce qu'on
a lu aussi dans les mémoires, on ne parle pas des matières dangereuses,
toxiques. Puis je souhaite vous lire un commentaire qu'on a reçu d'un citoyen
qui s'appelle M. Lemire, qu'il a envoyé à tous les membres de la
commission. Je ne sais pas si M. Lemire suit nos travaux, mais je vais
quand même le citer, parce qu'il a dit que «je suis déçu de constater que la
notion de sinistre n'inclut pas la gestion des risques de sinistre de nature
technologique qui peuvent mettre en danger la population du Québec, à titre
d'exemple, les réseaux de distribution d'énergie, la gestion des barrages, les
systèmes de contrôle de l'eau potable, de filtration» et de... l'assainissement.
Une voix : ...
Mme Maccarone : Oui, c'est ça,
vous m'avez comprise. «Ce sont des infrastructures qui mettent la population à
risque en cas de défaillance ou surtout d'intervention malveillante comme une
cyberattaque. Ce n'est plus de la fiction. Ce genre de sinistre, accidentel ou
non, doit être pris en compte dans l'analyse des risques des villes et MRC, et
des mesures de mitigation doivent être prises.
«La même situation s'applique pour les
villes possédant des industries minières ou des usines de procédés complexes comme
les alumineries. Un dysfonctionnement peut avoir des conséquences pour la santé
et la sécurité publique. Bref, je crois que ce projet de loi <est...
Mme Maccarone :
...publique.
Bref, je crois que ce projet de loi >est incomplet si les sinistres
technologiques ayant des conséquences sur la sécurité publique ne sont pas
inclus dans les exigences en matière de gestion de risques.» Vous, votre
opinion là-dessus.
M. Angers (Michel) : Bien,
déjà, dans notre schéma de couverture de risques, on a une préoccupation pour
nos usines d'eau potable, pour les entreprises, pour un peu... un peu tout ce
qui touche... En théorie, il faut avoir une excellente connaissance de notre
territoire puis des éléments qui pourraient potentiellement être à risque.
Je trouve intéressant ce que vous avez
mentionné, tout l'aspect de la cybersécurité. Bon, on est justement en train de
travailler, à <i>l'union des municipalités, on a rencontré le ministre
Caire à quelques reprises également, et on va... et on veut et on va collaborer
avec eux, justement, pour ces risques technologiques là de cyberattaque, de
cybersécurité, ou autres, qui est un... qui est un phénomène qui est
grandissant, qui est déjà là présentement. Et il y a peu, très peu de gens qui
sont vraiment au fait des risques, des risques importants pour les
municipalités, pour les entreprises, pour le gouvernement, pour des
institutions publiques, ou autres, et c'est un enjeu majeur. Tant et aussi
longtemps que ça ne nous a pas frappés, on n'est pas là.
Alors, bon, le citoyen pense peut-être que
le projet de loi est peut-être incomplet. Il y a d'autres... d'autres lois ou
il y a d'autres réglementations municipales qui nous permettent, là, de
travailler sur ces éléments-là. Est-ce qu'on peut tout prévoir? Non, on ne peut
pas tout prévoir, mais on va tenter d'en prévoir le plus possible. Et tous les
risques technologiques, on peut parler d'intelligence artificielle, on va
parler de plein de choses, hein, alors tout ça, bien, c'est en mode évolutif. Puis
je pense que monsieur... M. Caire est bien... est bien aligné dans cette
question-là, puis on va... on va collaborer avec lui puis avec tous ceux qui
vont vouloir travailler avec l'Union des municipalités du Québec.
• (11 h 20) •
Mme Maccarone : Ça fait que
vous, vous serez confortables avec un amendement, mettons, à l'article 2.
Parce que, quand on parle de la définition des sinistres, on ne parle pas des
événements imprévisibles, on ne parle pas de la technologie, on ne parle pas
de, mettons, les attaques cyber.
M. Angers (Michel) : Ça fait
partie de la réalité d'aujourd'hui, très certainement.
Mme Maccarone : OK. OK. C'est...
c'est très bien. Je dirais que... Peut-être juste une dernière question. Que
devons-nous prévoir lors de l'éventuelle adoption de ce projet de loi pour
informer la population, faire un accompagnement de la population? Je pense que
c'est quelque chose qu'on n'énumère pas assez. Je comprends qu'il va y avoir un
règlement, mais, vous, vos souhaits sont quoi en ce qui concerne l'information
qu'on va partager avec vos citoyens?
M. Angers (Michel) : Bien,
deux souhaits. D'abord, dans un premier temps, le ministre l'a bien indiquée,
sa volonté de travailler avec les partenaires importants que sont les villes et
les municipalités. Et, dans la préparation du règlement, comme on l'a fait un
peu dans la préparation du projet de loi, d'avoir été entendus, mais pas
seulement entendus, écoutés également. Donc, il y a eu des modifications qui se
sont faites en cours... en cours de route. Et ça, c'est un élément qui est
majeur.
Maintenant, au niveau de la communication,
il n'y a rien de mieux que deux gouvernements, celui de proximité puis le
gouvernement provincial, qui parlent en même temps et de la même... de la même façon
d'informer l'ensemble de la population sur l'importance comme telle. Parce que,
vous savez, un projet de loi comme celui-là peut rassurer éventuellement une
population qui sait que ses gouvernements de proximité et provincial
travaillent main dans la main pour assurer le maximum de sécurité. Et, quand on
parle d'argent pour... pour travailler sur la sécurité des gens, les gens sont
assez ouverts à ce moment-là. Quand on dit : Bien, on va protéger vos
résidences, vos maisons, on va protéger éventuellement des cyberattaques, tout
ça, je pense que les gens sont très ouverts.
Et nous, on ne demande qu'une chose, on
l'a obtenue jusqu'à maintenant, mais on le redit encore une fois, on veut avoir
la collaboration du ministre puis de l'ensemble des députés pour mener à bien
un projet de loi comme celui-là.
M. Létourneau (Yves) : Peut-être
juste en complément, on parle beaucoup de responsabilité partagée, puis, dans
le projet de loi, on en parle, ça inclut le citoyen puis ça inclut... Donc,
oui, au niveau de l'information des citoyens, c'est vraiment une responsabilité
partagée, là, que nous avons.
Mme Maccarone : J'ai une
autre question pour vous. Vous avez... vous avez évoqué, dans vos remarques,
l'article 18, le pouvoir d'intervenir du ministre puis votre
responsabilité à... Qu'est-ce que vous souhaitez voir à l'intérieur du projet
de loi en ce qui concerne le pouvoir du ministre d'intervenir?
M. Angers (Michel) : Dans des
situations où ça n'a pas de bon sens, bien, le ministre a raison d'intervenir
puis de faire en sorte de corriger une situation. Mais, en même temps, il faut
toujours faire attention avec le pouvoir du ministre également. Bon, il faut le
faire de la bonne façon. Il faut... il faut respecter la loi, il faut respecter
les règles, il faut respecter les orientations. Et, jusqu'à maintenant, bon, tant
que... tant et aussi longtemps que les choses font en sorte que le ministre
peut corriger une situation qui est déficiente, c'est une chose. Quand on voit
l'incapacité d'une petite municipalité à répondre aux grandes lignes de la loi,
à ce moment-là, une discussion va de soi. On peut... on peut appliquer une
règle <très...
M. Angers (Michel) :
...on
peut... on peut appliquer une règle >très stricte, je veux dire : Voici,
c'est ça et ça s'arrête là, tu te conformes ou on discute ensemble, on parle,
puis éventuellement on trouve des solutions ensemble.
Mme Maccarone : OK. Merci. Je
dirais... Je... conclure, M. le Président, en demandant au ministre et son
équipe de déposer et de partager avec les membres de la commission l'analyse
d'impact, parce que, suite à ce que nous avons entendu en ce qui concerne les
préoccupations budgétaires, l'accompagnement... Une analyse d'impact, ça existe,
puis je pense que ça peut juste être aidant, entre nous, pour les travaux que
nous sommes en train de faire, d'avoir copie de cette analyse pour en discuter
en toute transparence avec tous les partenaires puis les gens qui sont concernés
suite à l'application de ce projet de loi. Merci. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Alors, il n'y a pas d'autre
intervenant. Alors, là-dessus, je vous dis merci pour votre apport à la
commission.
Nous suspendons quelques instants pour
accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 11 h 24)
(Reprise à 11 h 29)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous voici de retour. Alors, nous poursuivons avec le troisième groupe de ce
matin, avec l'Association des gestionnaires en sécurité incendie et civile du
Québec. Alors, bonjour à vous quatre. Alors, dans un premier temps, vous avez
10 minutes pour faire votre présentation et vous présenter aussi. Alors,
la parole est à vous.
Association des gestionnaires en sécurité incendie
et civile du Québec (AGSICQ)
M. Bartolo (Jean) : M. le
Président, M. le ministre, Mmes et MM. les députés, l'AGSICQ remercie la Commission
de l'aménagement du territoire de se prononcer sur le projet de loi n° 50.
Pour notre présentation, je suis
accompagné de notre directeur général, Sylvain Mireault, de M. Jean
Melançon, qui est directeur du service d'incendie de l'agglomération de Longueuil
et coprésident de l'association, de M. Richard Amnotte, qui est directeur
adjoint au service de sécurité de la ville de Lévis et aussi vice-président à
la sécurité civile pour notre association, et moi-même, Jean Bartolo. Je suis
directeur du service de prévention et de lutte contre les incendies de Repentigny
et également coprésident de l'association.
• (11 h 30) •
M. le Président, l'AGSICQ salue les
efforts du gouvernement afin de faire évoluer la loi pour améliorer la gestion
des sinistres et reconnaît certains ajouts qui sont pertinents. Notre
organisation est en faveur d'une modernisation du cadre de gestion de la
sécurité civile au Québec pour lui permettre de surmonter avec plus d'agilité
les défis croissants auxquels la collectivité fait face, principalement face
aux aléas des changements climatiques.
L'AGSICQ tient à vous partager son
expertise afin de bonifier réalistement le projet de loi et de vous transmettre
certaines observations constructives que mon collègue Richard Amnotte vous
exposera.
Notre compréhension est que le projet de
loi n° 50 offre des pistes de solution innovantes et efficaces en sécurité
civile. Notre humble compréhension nous dicte qu'un certain nombre de
précisions et ajustements seront nécessaires afin que les changements proposés
puissent trouver écho sur le terrain.
M. Amnotte (Richard) : Merci.
Alors, M. le Président, M. le ministre, Mmes et MM. les commissaires, bonjour.
L'association souhaite porter à votre
attention six principaux points. D'abord, relativement à l'article 5
portant sur la responsabilité des personnes à concourir à la sécurité civile et
être responsables de leur sécurité de même que celle de leurs biens et leurs
activités, pour l'association, il apparaît juste que les citoyens soient bien
engagés et impliqués en ce qui concerne leur préparation et leur capacité de
faire face aux sinistres pouvant les impacter. L'article 5 du projet de
loi prévoit désormais que les personnes devront, selon la situation et la...
dans la mesure de leurs capacités, assurer leur autonomie en cas de sinistre et
contribuer à en limiter les conséquences. À cet égard, notre préoccupation
réside dans les attentes qu'auront les citoyens en cas d'urgence versus la
réalité des municipalités en matière de réaction aux sinistres. Nous croyons
que la loi devrait s'accompagner de programmes de soutien appropriés permettant
de mettre de l'avant des initiatives de valorisation et de sensibilisation pour
un meilleur état de préparation des personnes pour y répondre.
Deuxièmement, relativement au devoir des
municipalités en matière de planification de la sécurité civile et de la
résilience aux sinistres, l'AGSICQ est en faveur des mesures proposées qui
permettraient d'outiller les municipalités pour une meilleure planification de sécurité
civile. Ce qui nous apparaît très important est l'adoption du règlement
afférent dans les meilleurs délais et sa réalisation en collaboration avec les
parties prenantes du milieu municipal, ce qui favoriserait une cohérence et une
cohésion avec la réalité du milieu. Nous sommes à même de constater qu'il
s'agit d'un changement majeur qui va bien au-delà de l'actuel <i>règlement
sur la réalisation des plans de sécurité civile. La charge de travail qui
s'imposera alors aux municipalités locales et régionales est substantiellement
plus élevée. De plus, au Québec, nous ne retrouvons pas un bassin suffisamment
important de ressources habilitées et compétentes pour répondre des obligations
découlant de l'application réglementaire pour plus de 1 000 municipalités
<locales...
>
11 h 30 (version révisée)
< M. Amnotte (Richard) :
...réglementaire
pour plus de 1 000 municipalités >locales et une centaine de
municipalités régionales.
Troisièmement, pour répondre à la
formation en sécurité civile, il y a des besoins d'uniformisation de la
formation. À l'heure actuelle, il existe au Québec plusieurs organismes d'éducation
favorisant... offrant, plutôt, la formation en sécurité civile et la gestion de
risques, lesquels proposent un contenu pédagogique qui diffère d'un endroit à l'autre
puisqu'il n'existe pas de programme défini. Nous sommes d'avis qu'il serait
avantageux que les obligations de formation prévues par règlement incluent une
définition claire des niveaux de services attendus pour développer l'expertise,
soutenir les travaux à venir, en incluant des moyens financiers et une offre de
formation standardisée et accessible dans tout le Québec. Nous croyons que le
Québec possède déjà une institution gouvernementale à qui cette responsabilité
pourrait être confiée.
En ce qui concerne la responsabilité d'inspection
des personnes dont les biens et activités peuvent être à l'origine de
sinistres, nous recommandons au gouvernement d'instaurer, à l'image des
préventionnistes pour l'application de la réglementation en prévention
incendie, un programme de formation sur l'analyse de risques et l'application
réglementaire afférente à la sécurité civile.
Quatrièmement, portant sur la notion des
générateurs de risques et la réglementation qui en découle, l'AGSICQ est
favorable à la réglementation relative aux personnes dont les biens et
activités peuvent être à l'origine de sinistres. Cela permettra aux
municipalités d'avoir une meilleure connaissance des risques anthropiques et de
voir à ce que les mesures de contrôle et de réduction des risques soient
réalisées pour atténuer les conséquences d'un incident. Toutefois, les
municipalités locales et régionales font face à une importante difficulté d'accès
à une main-d'œuvre compétente dans ces champs d'expertise pointue, et les
ressources financières sont limitées pour réaliser les obligations qui en sont
afférentes. Un mécanisme uniformisé doit être envisagé pour permettre une
appréciation juste des risques, visant un niveau équivalent de sécurité à la
population sur tout le territoire québécois. Nous croyons donc que la
réglementation provinciale en cette matière doit avoir une portée provinciale
favorisant une application équitable partout quant au niveau de sécurité
recherché et facilitant l'application des mesures de prévention.
Cinquièmement, à propos des centres de
communications d'urgence 9-1-1, nous saluons la décision du gouvernement
de créer une loi spécifique pour ceux-ci, ainsi reconnaissant la spécificité de
ce domaine primordial pour la santé et la sécurité de la population du Québec.
Nous espérons que ce n'est qu'un début et que les nouvelles améliorations
visant à assurer la robustesse de la chaîne d'intervention pourront être
apportées dans l'avenir. À cet égard, nous indiquons à la commission qu'il
serait intéressant d'analyser la possibilité de prévoir une gouvernance unique
du système encadrant le cheminement des appels d'urgence au Québec, premier
maillon de la chaîne d'intervention. Cette gouvernance unique aurait pour but d'assurer
un cadre légal uniforme s'appliquant à la fois aux centres 9-1-1 ainsi qu'à
l'ensemble des centres secondaires de communications d'urgence au Québec,
garantissant ainsi des normes cohérentes et un niveau de qualité de service à
la grandeur du territoire québécois. Cette gouvernance assurerait que les
centres... s'assurerait que les centres disposent des mêmes équipements, de
processus uniformes et des systèmes de communications interopérables, allant
des centres 9-1-1 aux intervenants sur le terrain, et ce, au grand
bénéfice de l'ensemble des citoyens et des municipalités du Québec.
Sixièmement, au regard des modifications
portant... permettant la suspension de délivrance d'un permis de construire
pour une raison de sécurité, l'AGSICQ croit que le délai statutaire de 12 mois
proposé à la modification de l'article 145.4 de la Loi sur l'aménagement
et l'urbanisme est trop court considérant toutes les étapes inhérentes à une
modification réglementaire. Nous suggérons l'ajout d'une mesure qui permettrait
d'accorder un prolongement pouvant aller jusqu'à une période additionnelle de
12 mois sur démonstration des mesures entreprises à l'appréciation du
ministre pour l'autoriser.
Finalement, l'AGSICQ soutient sans
équivoque la position du gouvernement avec son intention d'inclure la
protection contre les incendies de forêt à la Loi sur la sécurité incendie. Je
vous remercie.
M. Bartolo (Jean) : Merci,
Richard. Il est important de préciser que pour l'ensemble des points énoncés
par mon collègue Richard et ceux inclus dans notre mémoire, il faudra
maintenant avoir les moyens de nos ambitions, qui nécessiteront les ressources
financières et humaines dédiées dans les organisations municipales.
En terminant, M. le Président, M. le
ministre, Mmes et MM. les députés, la sécurité des citoyens et la confiance
envers les pompiers sont à la base de la légitimité du travail qu'ils
effectuent. C'est pour cette raison que l'AGSICQ soutient les efforts du
ministre visant à améliorer la gestion des sinistres, favoriser la résilience
aux sinistres, soutenir les autorités en cas de catastrophe naturelle, entre
autres par la mise en place d'une réserve d'intervention d'urgence, soit d'une
équipe d'intervention d'urgence en sécurité civile. Possédant des connaissances
bien pointues en sécurité civile, l'association est prête à collaborer bien
humblement dans les différents règlements qui suivront le projet de loi n° 50. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Alors, nous allons débuter une période
d'échange avec M. le ministre, pour un temps de 16 min 30 s.
M.
Bonnardel
:
Merci, M. le <Président...
Le Président (M.
Schneeberger) :
...M. le ministre, pour un temps de
16 min 30 s.
M. Bonnardel :
Merci,
M. le >Président. Merci, messieurs, d'être là ce matin, là. Votre
mémoire est important pour la suite... la suite de nos travaux.
J'ai quelques questions pour vous, puis
peut-être que mes collègues en auront aussi par la suite. Puis j'ai le goût de
commencer un peu de la même façon que j'ai commencé avec les autorités
municipales. Vous le savez, on a vécu, dans les dernières années,
particulièrement 2023, là, des catastrophes naturelles qui nous ont frappés.
Vous êtes des acteurs non négligeables, que ce soient les pompiers volontaires,
que ce soient les réguliers, vous êtes des acteurs non négligeables, je le
répète, quand il arrive des... quand il arrive des catastrophes. J'imagine que,
de votre côté, il y a une sorte de post-mortem aussi qui se fait, annuellement,
peut-être, là, suite aux catastrophes que... malheureuses que l'on connaît
aussi, là, dans les dernières années. Qu'est-ce qui... Qu'est-ce qui ressort un
peu, là, des deux, trois dernières années, particulièrement 2023, des derniers
événements qui, pour vous, méritent d'être soulignés? Des bons coups, les
mauvais coups, ce qu'on... peut-être une approche qui n'est peut-être pas
reliée au projet de loi, mais donnez-moi un peu votre portrait, là, de la
situation que nous avons vécue ensemble, là, dans les... dans les 24,
36 derniers mois, là.
M. Melançon (Jean) : En fait,
M. le ministre, quand on a fait un post-mortem des événements qui est arrivé
dans les dernières années, ce qu'on constate, c'est que nous, avec le COG à
Québec, on est en mesure de soutenir le COG puis on a l'ensemble des ressources
et des équipements qu'on a sur le territoire. Donc, on travaille avec le
ministère pour s'assurer de travailler en amont et aussi pendant
l'intervention.
Ce qu'on constate, comme par exemple les
feux de forêt l'année passée, quand on a voulu intervenir, comme pompiers
municipals, évidemment, on n'était pas formés, et là on discutait... pendant la
crise, on discutait comment on pourrait se former, comment on pourrait le
faire, comment on va financer ça, qui va payer, comment ça va fonctionner.
Donc, on se questionnait alors qu'on était en pleine crise. C'est là qu'on dit,
nous autres : Dorénavant, on devrait en amont se préparer davantage. Puis
on souligne d'ailleurs ce que vous soulignez comme une force, là, une force
d'urgence, là, qui serait déjà en amont, préparée pour justement faire face à
la situation, et de ne pas réfléchir et trouver des solutions alors qu'on est
en pleine crise, mais plutôt de mettre les efforts sur les événements ou
l'événement en cause.
• (11 h 40) •
M. Bonnardel : Est-ce qu'on
peut considérer que... bien, j'imagine que oui, la réponse, là, que plusieurs
de vos... de vos collègues étaient prêts à intervenir... Puis je reviens,
excusez-moi, je reviens juste... juste sur ce que vous avez dit, certains de
vos pompiers, vos collègues étaient prêts à intervenir, mais pas formés. Oui,
on s'est rendu compte jusqu'à quel point, du côté de la SOPFEU, ceux qui
étaient habiles à former étaient débordés. Je pense que je vous... Je vous vois
tous hocher de la tête, là. Vous convenez... vous convenez, là, qu'on était en
mode urgence, là, puis on n'était malheureusement pas capables de dire :
On prend une cohorte de 20, de 10, puis on essaie d'en former le plus
rapidement possible. Puis c'était... C'est pour ça que l'aide internationale a
été plus que la bienvenue. Sinon, on n'y serait pas arrivés. De là, de là notre
volonté de créer cette réserve civile opérationnelle.
Puis de quelle façon... de quelle façon,
selon vous, vous pourrez être... vous pourriez être des acteurs, des acteurs
importants pour la suite? J'ai le goût de vous demander, là, ça... j'imagine
que oui, là, ça devait lever la main assez fortement, là, quand vous
disiez : Heille! moi, là, je suis formé, mais je ne suis pas formé pour
aller dans le bois, qu'est-ce que ça me prend de plus pour être capable
d'aller... d'aller... d'aller épauler les pompiers qui étaient... qui étaient
formés, là, de la SOPFEU, sur le terrain?
M. Bartolo (Jean) : Vous
savez, M. le ministre, dans notre métier, vous avez effectivement raison, quand
on lève la main, on a des volontaires. Je crois que, dans l'ensemble, au niveau
de la préparation, il y a quand même 21 000 pompiers, que ce soient
permanents, volontaires au Québec. Je pense que c'est une belle force de
frappe. D'ailleurs, on est impliqués dans tout ce qui touche souvent les
premières interventions. On est rapidement sur le terrain. Alors, je pense que
de former ces gens-là sur les divers aléas, entre autres, on l'a vu avec les
feux de forêt, des gens spécialisés, par la SOPFEU... On s'entend tous qu'un
incendie de bois ne se traite pas de la même façon qu'un incendie de bâtiment.
Donc, d'aller en amont avec ça pour faire en sorte d'avoir des ressources quand
même pas mal partout sur l'ensemble du territoire du Québec, prêtes à
intervenir, c'est une façon, là, de prévenir et de se préparer, justement, à
différents événements dus aux aléas des changements climatiques.
M. Bonnardel : Donnez-moi un
petit... Selon vous, là, si on levait... on faisait un sondage demain matin,
sur vos 21 000, là, il y en a, quoi... il y en a 1 000 qui lèvent la
main, il y en a plus, 1 500?
M. Bartolo (Jean) : Assurément,
je vous dirais, là... je vous dirais plus que 1 000, oui.
M. Bonnardel : Ah oui, hein?
M. Melançon (Jean) : Oui.
M. Bonnardel : OK. Intéressant.
M. Melançon (Jean) : Le défi,
M. le ministre, c'est les conditions aussi dans lesquelles ils s'engagent. Tu
sais, dans le fond, quand on va constituer la réserve, là, dans le fond, c'est
dans quelles... dans quelles circonstances, comment ils s'intègrent à cette
ressource-là.
M. Bonnardel : Bien, c'est
tout ça qu'on va nécessairement évaluer et travailler avec nos partenaires, là.
Je ne mets pas de chiffre, là, sur la table, là, pour ne pas monter les
attentes, mais il reste quand même qu'on... que c'est la première fois. On <était...
M. Bonnardel :
...les
attentes, mais il reste quand même qu'on... que c'est la première fois. On >était...
on était à une rencontre fédérale-provinciale voilà à peine trois semaines, un
mois avec différents partenaires, ministres de la Sécurité civile, puis, je
peux le dire sans gêne, là, humblement, on est les seuls, les premiers au
Canada à sortir de la boîte, là, puis à mettre en place cette réserve qui va nous
permettre de répondre aux municipalités, là. Et puis, veux veux pas, vous
risquez d'être des parties prenantes non négligeables... non négligeables pour
la suite.
J'ai le goût de vous demander aussi, là, l'article 5,
là, vous parlez, là, comme tel, là... Pouvez-vous me détailler un petit peu
plus votre proposition comme telle dans votre mémoire, là, sur l'article 5?
M. Amnotte (Richard) : Bien,
notre préoccupation, c'est, en fait, la responsabilité que l'on accentue vers
le citoyen quant à son besoin de se prendre en charge, d'assurer sa propre
sécurité dans l'éventualité d'un sinistre. C'est une approche qui est... qui
est novatrice, mais qui est nouvelle.
Généralement, au sein de notre population,
elle s'attend à une réponse très rapide des services d'urgence. Elle arrive
rapidement sur les lieux et prend... assure le... en fait, la prise en charge
du citoyen. Maintenant, ce changement-là va amener le citoyen à devoir mieux se
préparer, et, pour mieux se préparer, c'est de savoir aussi comment le faire.
Et cette... Ces mesures-là vont au-delà de, bon, la publicité qu'on peut
entendre de la trousse 72 heures. Ça demande une meilleure autonomie. Ça
demande le développement d'une meilleure pratique, de meilleurs réflexes quant
à comment une population, comment des personnes, une famille peut assurer son
autonomie dans les circonstances d'un sinistre majeur et pouvoir savoir quels
sont les repères qui lui permettraient de pouvoir réussir à... les recours
qu'elle pourrait prendre pour pouvoir assurer son autonomie.
Alors, dans la circonstance ou la
promulgation de la loi, ce changement-là amène nécessairement une modification
importante qu'on doit s'attendre des comportements de nos citoyens, et on
devra, à mon avis, faire une... à notre avis, faire une... prendre des mesures
qui sont appropriées pour bien informer la population de cette réalité.
M. Bonnardel : Bien, je
trouvais que c'était un point... c'était un point important, là, de tenir
compte que la population et les citoyens, à la base, ont une responsabilité.
J'ose vous poser la question, puis je
pense que j'ai la réponse, puis on part de loin, là, mais, la trousse
72 heures, avec l'expérience que vous avez sur le terrain, il y a combien
de pourcentage de Québécois, selon vous, qui sont... Oui, c'est ça. Je vous
vois... je vous vois réagir. Ça, pour moi, on a du travail à faire. Mais il
faut commencer à quelque part, là. C'est archi-important, archi-important avec
ce qu'on vit depuis les dernières années puis ce qu'on risque de vivre. Ce
n'est pas d'infantiliser les gens, mais il faut... il faut leur mettre dans...
il faut leur faire comprendre jusqu'à quel point, quand tu es bien préparé,
bien, tu peux mieux affronter puis tu es moins dans une situation de
catastrophe qui peut... qui peut te toucher. Ça fait que la réponse, bien, vous
allez me dire : François, il n'y en a pas beaucoup.
M. Bartolo (Jean) : Bien,
très peu ou... On fait souvent des... On intègre souvent dans des journées
portes ouvertes, ou etc., des... la trousse 72 heures. Les gens
connaissent le principe, mais, quand on commence à poser des questions
sur : OK, avez-vous des piles, avez-vous... là, c'est comme : Ah oui!
j'ai de l'eau, mais pas de pile, non, pas de radio, pas de... Ça fait que, tu
sais, ce n'est pas... C'est connu, mais, au niveau de la pratique, ce n'est
peut-être pas bien appliqué. Puis là on parle vraiment de la préparation de
base, là, des gens. Ce n'est pas rare, quand on est en mesures d'urgence, que
les gens rapidement téléphonent, après une heure, après deux heures.
Donc, c'est tout ce concept de préparation, là, puis d'autonomie, là, qui doit
être... qui doit être pris en charge, puis les gens doivent se prendre en
charge pour justement faire en sorte de passer les premières heures. Quand on
ouvre un centre de coordination de mesures d'urgence, souvent, ce ne sont pas
dans les premières minutes qu'on va être en mesure de prendre des décisions sur
où on va héberger les gens, comment on va le faire. Ça prend plusieurs heures
avant de s'organiser souvent, et les gens doivent être en mesure d'être
autonomes pendant ce temps-là.
M. Bonnardel : Non, je sais
qu'on a un travail à faire là-dessus, là, puis on va y répondre. Parlez-moi de
la... Détaillez-moi un petit peu le sujet de la formation standardisée, là.
M. Amnotte (Richard) : Actuellement,
la formation en matière de sécurité civile est surtout dépendante des
organismes et des entreprises qui dispensent cette formation-là. Dans le
contexte actuel, on parle d'homologation de la formation par le ministère de la
Sécurité publique. Toutefois, chacune des entreprises peut constituer ses
programmes de formation. Puis je donnerais, exemple, Sécurité civile 101, 102,
103, par exemple. L'entreprise A a un programme qui s'étale sur ces trois cursus-là,
mais la compagnie a peut-être des concepts de formation aussi 101, 102, 103,
mais sans nécessairement qu'ils s'arriment l'un l'autre. Et, dans... notamment
dans les lois de marchés publics, bien, on est appelés à devoir faire des
appels d'offres. Et donc formation 1 est donnée à l'année a, la
formation 2 est donnée, bon, une année subséquente. Ça fait en sorte que
ce n'est peut-être pas <nécessairement...
M. Amnotte (Richard) :
...bon,
une année subséquente. Ça fait en sorte que ce n'est peut-être pas >nécessairement
la même entreprise qui sera appelée à devoir fournir la formation, et il y a
peut-être absence de cohérence ou de continuité.
M. Bonnardel : 30 secondes.
Ce sont des entreprises qualifiées quand même, là, mais qui ont un cursus un
peu différent. C'est-tu ça que vous dites?
M. Amnotte (Richard) : Elles
ne qualifient pas, elles offrent de la formation. Alors donc...
M. Bonnardel : Oui, oui,
c'est ça, mais...
M. Amnotte (Richard) : ...la
formation qui est offerte, elle est en fonction du programme qu'elles ont
développé, en fonction de leurs critères, cette formation-là qui aura été, dans
plusieurs des cas, soumise au ministère pour une homologation de contenu de
formation, mais sans pour autant qu'il y ait, à notre avis, le fait que
formation de la compagnie A et formation de la compagnie B soient compatibles
l'une de l'autre, dans l'éventualité où on a à assurer une continuité dans la
livraison des programmes de formation.
M. Bonnardel : Donc, c'est
des inégalités dans le cursus de formation. C'est ça que vous soulevez, là.
M. Amnotte (Richard) : Bien,
le cours... le cours Sécurité civile 101 de compagnie A n'est peut-être
pas nécessairement le même contenu que la compagnie B, ce qui fait en sorte
que, quand on passe aux étapes subséquentes...
M. Bonnardel : Même s'ils
sont autorisés à le faire. C'est ça?
M. Amnotte (Richard) : Elles
pourraient être autorisées à le faire. Il y a peut-être aussi des entreprises
qui n'ont pas nécessairement de formation homologuée et qui offrent des
possibilités de formation sur l'intérêt.
M. Bonnardel : Il y en a qui
le font.
M. Amnotte (Richard) : Ce
n'est pas impossible, là. Alors, il y a un besoin, il y a des attentes sur le
terrain. Alors, quelles sont toutes ces entreprises qui offrent de la formation
et qui assurent la livraison de cette formation-là? On peut aussi se permettre
de faire une analyse des besoins.
M. Bonnardel : OK. Merci pour
vos réponses. Si mes collègues veulent...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous poursuivons avec la députée de Labelle.
• (11 h 50) •
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président. Bien, bonjour, messieurs. Dans mon comté, j'ai vécu une menace de
digue qui était pour s'effondrer, donc on a évacué pas loin de
2 000 personnes, donc...
Mais j'aimerais revenir sur la réserve
d'intervention. Puis c'est... c'est formidable, là, l'ouverture que vous avez
pour lever la main. Mais, justement, le cursus de la formation, est-ce que vous
le voyez aussi... aussi large, parce que... dans d'autres secteurs? Par
exemple, ce qui arrive très, très fréquemment, c'est des manques d'électricité.
Des feux, ça, on le voit aussi chaque année, les inondations, les vents
violents. Exemple, moi, j'ai beaucoup de citoyens qui sont venus à mon bureau
puis ils avaient besoin d'aide pour ne serait-ce que couper des arbres. Puis ça
coûte une fortune couper des arbres, tasser des branches, tu sais, quand il y a
des vents violents, des tornades. Je voulais vous entendre sur... Est-ce que vous
seriez ouverts aussi à une panoplie... Parce qu'il y en a plusieurs, là, ce
n'est pas juste les feux. Donc, est-ce que... est-ce que les pompiers sont
ouverts à une formation qui serait vraiment... où les pompiers pourraient
intervenir dans toutes sortes d'enjeux?
M. Melançon (Jean) : Oui,
absolument. Bien, on le fait déjà, d'ailleurs, les pompiers, sur les
interventions de toute nature. Puis nous, ce qu'on voit aussi, la force de
réserve, on la voit aussi multidisciplinaire, tu sais, avec plusieurs métiers,
plusieurs corps de métier, plusieurs corps professionnels. Parce que vous
soulevez certains éléments où ce n'est pas nécessairement des pompiers, mais ça
pourrait être, par exemple, des gens au génie, les gens de travaux publics, tu
sais. Je pense que cette réserve-là doit être multidisciplinaire pour faire en
sorte, justement, selon les besoins et selon l'événement, qu'on puisse avoir
l'expertise de plusieurs personnes, là, dans le dossier.
Mme Jeannotte : Parfait. Puis,
peut-être, si j'ai encore du temps, j'aimerais vous entendre sur
l'accompagnement du MSP dans les schémas d'intervention en sécurité incendie.
Est-ce que, de ce côté-là, vous aimeriez développer... Non? Dans... Ça va bien,
l'accompagnement avec le ministère, dans le fond?
M. Bartolo (Jean) : Pour les
schémas de couverture de risques d'incendie?
Mme Jeannotte : Oui.
M. Bartolo (Jean) : Oui,
actuellement, ça va bien au niveau de l'accompagnement avec le ministère. On a
une bonne collaboration avec les gens du ministère puis on a de l'écoute.
Mme Jeannotte : Parfait.
Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça?
Mme Jeannotte : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
parfait. Alors, nous poursuivons maintenant avec la députée de Westmount—Saint-Louis,
de la première... l'opposition officielle, pardon. Alors, allez-y. Bien, je
voulais dire «première opposition», mais c'est l'opposition officielle. Alors,
allez-y, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Un plaisir de vous avoir avec nous en commission parlementaire pour
échanger sur le projet loi 50.
D'emblée, je veux juste dire, pour
répondre un peu à la question de ma collègue, quand j'ai eu l'occasion de
passer du temps à la caserne de Repentigny avec vous, M. Bartolo, je dois
dire, pour tous les gens qui nous écoutent, eux, là, ils sont sur la coche. Ça
fait que, quand on parle des schémas de couverture puis la façon qu'ils
déploient leurs équipes, la façon qu'ils font la formation, on a quelque chose
à apprendre de vous, puis la façon de faire à la ville, en ce qui concerne tout
ce qui est sécurité incendie. Alors, je vous félicite, hein, parce que j'ai été
extrêmement impressionnée.
Et je dirais la même chose à vous, M. Melançon,
que nous avons passé du temps ensemble à l'époque pour comprendre un peu la
formation de nos... de nos pompiers, des gens qui oeuvrent, qui souhaitent...
qui souhaitent œuvrer, dans le fond, dans ce métier. J'étais également très
impressionnée par ce que j'ai vu puis ce que vous faites sur le terrain,
accompagnement. Ça m'a donné beaucoup d'espoir. Puis, dans le fond, quand j'ai
quitté cette formation que nous avons faite ensemble, j'ai senti <vraiment...
Mme Maccarone :
...quand
j'ai quitté cette formation que nous avons faite ensemble, j'ai senti >vraiment
en sécurité. Ce que j'ai réalisé, c'est.... Mais c'est à coût variable, parce
que ce n'est pas partout qu'on a cette même formation. Puis j'ai hâte à avoir
votre mémoire, parce que je pense que ça va nous aider à élaborer des
amendements, s'il y a lieu, ou bien de bien comprendre votre position en ce qui
concerne le projet de loi.
Mais évidemment c'est la formation, le
ministre l'a évoqué, il y a plusieurs questions en ce qui concerne la
formation, vous aussi. Ça fait que je souhaite vous entendre. Puis je vais
quand même partager des chiffres, des statistiques. S'ils ne sont plus bons,
bien, je vous invite à me corriger, mais, en 2018, au Québec, près de 21 000 pompiers
étaient répartis dans plus de 600 services incendie afin d'assurer la
sécurité de la population. Sur ce nombre, près de 16 000 d'entre eux
étaient à temps partiel ou encore des pompiers volontaires. Puis vous, votre
association, en février 2023, ça fait que ça fait à peu près un an, vous avez
dévoilé des résultats dans votre étude, intitulée Les enjeux de relève chez
les pompiers, et vous avez évoqué que plus la municipalité est petite, plus
les défis en matière de recrutement et de rétention des pompiers sont
importants. Hors des grands centres, c'est extrêmement préoccupant, notamment
pour les autorités municipales.
Ça fait que je souhaite vous entendre un
peu en ce qui concerne ces préoccupations, parce qu'on parle de sécurité
civile. Vous, vous serez interpelés, vos membres seront interpelés. Que
souhaitez-vous qu'on sache comme matière la plus importante, lors des échanges,
lors de l'étude détaillée du projet de loi, pour s'assurer qu'on rejoint vos
besoins? Ça fait que je vous donne le temps. Je ne veux pas vous interrompre.
On peut parler de recrutement, de pénurie de main-d'oeuvre et formation, des
trois écoles. C'est quoi, votre vision?
M. Bartolo (Jean) : Écoutez,
il y a effectivement plus de 600 services d'incendie au Québec. On a
constaté, dans les dernières années, plus de difficultés à embaucher des
pompiers. On parle de pompiers à temps partiel. Ici, là, il faut faire la
distinction entre le pompier permanent puis le pompier à temps partiel. On a
eu, dans les dernières années, plusieurs régions au Québec avec de la
difficulté d'embauche et de rétention de personnel.
Toute la question de la formation, qui
s'est améliorée énormément au cours des dernières années, mais il reste encore
du travail à faire au niveau de la formation, de la collaboration entre les
maisons d'enseignement aussi pour faciliter encore davantage cette formation-là
au niveau des pompiers, au Québec, et de faciliter l'attraction de ce métier-là.
Bon, il y a... Ce n'est pas une critique,
c'est un constat. On change... On a changé de génération. On change de
génération. Vous savez, je suis sûr que mes collègues ici avec moi, on dort
encore avec une paire de pantalons sur le coin du lit puis on est prêts à
partir quand ça sonne. Maintenant, aujourd'hui, c'est un peu différent. Les
gens qu'on embauche ont des priorités ou des valeurs qui sont très bien, mais
un peu différentes de ce que... dans lequel on a été habitués de travailler. Il
faut s'adapter, nous, à ces changements-là, mais il faut aussi adapter tout
l'aspect de la formation, la disponibilité de la formation, faciliter à ces
gens-là leur implication, valoriser, dans certaines régions, le travail
d'implication au niveau du métier de pompier volontaire pour faire en sorte
d'avoir de la relève, tu sais.
Comme je vous dis, ce n'est pas partout
pareil. On parle de pompiers temps plein. Pompiers temps plein, ce n'est pas
une problématique. Pompiers à temps partiel, ça commence à devenir une
problématique, et on voit, dans les prochaines années, cette problématique-là
s'accentuer compte tenu du manque d'implication dans certaines régions du
Québec, ce n'est pas partout non plus, certaines régions du Québec. Ça fait
qu'il faut commencer à travailler, se poser des questions, faciliter l'accès à
la formation puis la valorisation du métier de pompier pour être en mesure
d'assurer la relève.
M. Melançon (Jean) : ...un
autre élément, Mme la députée, c'est que, rappelons-nous, au début des années 2000,
on avait à peu près 900 services d'incendie au Québec. On est rendus
autour de 600 et on travaille activement, je pense que... tout le monde, pour
essayer de diminuer le nombre de services pour être davantage efficaces, puis
travailler davantage en collaboration, et aller aussi trouver des éléments pour
comment convaincre... ou convenir de la pénurie de main-d'oeuvre, comment on
peut venir corriger cette lacune-là, entre autres, en... peut-être en se
fusionnant ensemble ou en travaillant multicaserne, en équipe. Donc, 900 services
en 2000, 600 en 2024, puis on s'en va de plus en plus vers une diminution du
nombre de services, qui est une bonne chose en soi.
M. Bartolo (Jean) : Ce qu'on
pense, c'est que ça va être la clé du succès des prochaines années, la
collaboration, les regroupements, les ententes de services, pour faire en sorte
d'être en mesure d'avoir des forces de frappe qui soient efficaces partout au
Québec. Et ça va passer par là. Vous savez, des fois, on se dit : Le
métier de pompier volontaire, volontaire, volontaire, là, c'est... ça devient
de plus en plus difficile.
Mme Maccarone : Quand vous
avez fait votre présentation puis vous avez parlé des obligations de formation,
évidemment — je ne sais pas si vous l'avez dit, mais je l'avais écrit — standardisée,
<parce qu'on...
Mme Maccarone :
...
évidemment
— je ne sais pas si vous l'avez dit, mais je
l'avais écrit
— standardisée, >parce qu'on sait qu'il y
a quand même trois endroits généralement, je sais qu'on a autres places où les
gens peuvent avoir un genre de technique ou une formation qui est non
accréditée, quelle est votre vision en ce qui concerne la formation? Parce
qu'on a les trois endroits. Peut-être, vous pourriez expliquer un peu aussi,
pour les gens qui nous écoutent, pour qu'ils comprennent de quoi je parle un
peu. Je vais vous laisser le soin de faire. Mais que devons-nous faire pour
s'assurer de la standardisation? Puis je soulève la question, M. Melançon,
quand on était ensemble, j'ai vraiment vu, c'est à coût variable, là. Les gens
ne sont pas formés de la même façon, tout dépendamment où on va se déplacer.
Alors, je veux bien comprendre. Qu'avons-nous besoin à cet égard?
M. Melançon (Jean) : Bien,
rapidement, peut-être, pour ne pas... pour ne pas être trop long, il y a
différentes maisons d'enseignement au Québec au niveau du métier de pompier.
Nous, ce qu'on pense, c'est que l'École nationale des pompiers du Québec doit
prendre le leadership de la formation, de la coordination, de la pertinence
puis de la cohérence de la formation des pompiers au Québec et s'assurer que
les maisons d'enseignement travaillent toutes en collaboration pour faire en
sorte d'offrir des programmes de formation qui sont innovants, des programmes
de formation à la grandeur du Québec. Mais on pense que le leadership doit être
pris par l'École nationale des pompiers du Québec.
Mme Maccarone : OK. Merci.
J'aurais une autre question pour vous. On a... Vous avez évoqué... Vous avez eu
l'échange aussi avec le ministre. On parle de la réserve, l'article 33,
paragraphe 6°, la réserve opérationnelle. On a déjà entendu ce... la
réserve civile. Vous n'êtes pas préoccupés de ça? Parce qu'on parle... Déjà, on
a des pompiers, surtout des pompiers volontaires, qui n'ont peut-être pas la
même formation. Mais j'amène ça comme... Je suis inquiète. Je veux savoir votre
vision si vous avez à écrire cet article ou si vous avez à écrire la formation que
ces personnes devront avoir avant de participer dans... je ne sais pas, dans
ce... un déploiement parce qu'on a eu un enjeu. C'est quoi, votre vision
là-dessus? Vous serez à l'aise à faire quoi? C'est qui qui devra offrir cette
formation? Ce serait quoi, l'accompagnement?
• (12 heures) •
M. Melançon (Jean) : Bien,
nous, d'abord, pour la force de la réserve, on n'est pas préoccupés, bien au
contraire. Comme on vous disait tantôt, les 21 000 pompiers, il y a
plusieurs pompiers qui peuvent participer. Comme on vous disait tantôt, on
voyait vraiment ça multidisciplinaire. Tu sais, ça prend différents corps de
métier, différents professionnels pour faire en sorte de faire face à toute
situation.
Et nous, dans les circonstances... Puis on
est conscients qu'en travaillant avec le ministre dans les... dans les
formations qu'on va donner aux pompiers, tu sais, si, par exemple, on
dit : Bon, bien, les pompiers urbains, on voudrait qu'ils interviennent
aussi au niveau forestier, bien, on va leur donner une formation additionnelle
pour qu'ils soient capables d'intervenir au niveau forestier, ce genre
d'exemple là. Nous, on est on est... on est très confiants à l'effet qu'on va
amener nos pompiers à un niveau nécessaire, où on s'est... où on décidera
ensemble comment cette réserve-là sera... sera constituée, avec quelles
compétences ils devront avoir, mais ne pas faire ce qu'on a fait l'année passée,
où, pendant la situation critique, on n'était pas en mesure de préparer notre
monde pour être capables d'aider le Québec.
Mme Maccarone : Juste pour la
clarté, c'est vous qui ferez la formation, mettons, feux de forêt ou ce serait
la SOPFEU qui ferait ça?
M. Melançon (Jean) : Bien, je
pense que ce serait la SOPFEU puis les maisons d'enseignement, les personnes
qualifiées dans le domaine.
Mme Maccarone : OK.
M. Bartolo (Jean) : Si je
peux peut-être me permettre, Jean, c'est... l'idée, c'est... Il faut travailler
dans le futur. Et il y a différents aléas au Québec, dans différentes régions
du Québec, et ça pourrait être inclus dans un cursus de formation dès le départ
chez les pompiers. Alors, on pourrait... Dès la base, donc, dans le futur, les
pompiers embauchés, soit des pompiers à temps partiel ou des pompiers à temps
plein, pourraient bénéficier de cette formation-là à la base, et tout ça encore
chapeauté par l'École nationale des pompiers du Québec.
Mme Maccarone : Mais c'est...
Votre réponse est rassurante, mais j'avoue que je reste quand même un peu
préoccupée, parce que ce qu'on a vu avec les deux pompiers qui sont décédés à
Saint-Urbain, dans la région de Charlevoix, c'est... ils ne savaient pas nager.
C'est quand même une formation de base, tout dépendamment de l'école où on...
qu'on fréquente. Tu sais, ça aussi, je comprends. Mais comment est-ce qu'on va
éviter ce type de tragédie quand on fait face à la sécurité civile?
M. Bartolo (Jean) : Écoutez,
on va laisser le rapport de... le rapport d'enquête au niveau de cet
événement-là particulier, mais ce que je vous dirais, c'est que la grande
majorité des pompiers au Québec sont formés pour différents types
d'intervention. Évidemment, est-ce qu'on peut prévoir et prémunir tous les
pompiers du Québec contre un événement fortuit comme... comme il s'est produit?
Ce serait difficile d'y répondre.
Mais honnêtement, en ce qui nous concerne,
on est... on est encouragés par, justement, cette réserve-là ou cette
constitution de réserve là, bien encadrée, bien formée, avec des paramètres
précis où les gens connaissent les conditions dans lesquelles ils vont
travailler, ils travaillent... ils connaissent les conditions de formation.
Former nos gens, on croit que c'est un... c'est un pas de géant par en avant.
Vous savez, on dit tout le temps qu'on fait la glace au fur et à mesure en
sécurité civile des fois. Alors, de la préparer avant, ce serait déjà très <bien...
>
12 h (version révisée)
< M. Bartolo (Jean) :
...au
fur et à mesure en sécurité civile des fois. Alors, de la préparer avant, ce
serait déjà très >bien.
M. Melançon (Jean) : Il
faut que nos citoyens soient conscients de cette force-là éventuellement puis
de la faire connaître, parce que ce qu'on voit sur le terrain souvent, c'est
que les gens sont confiants puis ils se sentent sécures quand l'armée atterrit
chez nous, alors que, si la force de frappe qu'on se donne ensemble au Québec, elle
est... c'est connu des citoyens, bien, ils vont être déjà conscients de dire :
Regarde, la force est là, les gens s'en viennent, puis on vient s'occuper de
notre monde à même les sources qui existent au Québec.
M. Bartolo (Jean) : Et
ça, le secret, c'est... c'est la collaboration, c'est de se parler puis de se
préparer.
Mme Maccarone : Et, sur ce,
il me reste peu de temps ou très peu de temps, mon temps est écoulé, mais je
voulais juste vous remercier pour l'échange puis aussi faire la mention que,
comme vous le savez, j'avais... j'ai déposé un mandat d'initiative en ce qui
concerne directement l'échange qu'on vient d'avoir ici, la formation, puis que
nous devons faire pour mieux vous accompagner, pour protéger nos pompiers puis
nos pompières. Alors, j'espère d'avoir l'occasion de continuer cet échange avec
vous si jamais le gouvernement vote en faveur d'étudier le mandat d'initiative,
parce que, malgré qu'on a le projet de loi 50 ici qui parle de sécurité
civile, vos enjeux sont vraiment spécifiques. Alors, vous devez avoir la
chance, je pense, d'être entendus en commission parlementaire pour mieux vous
accompagner dans tout ce que vous faites pour nous protéger. Alors, merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Alors, nous allons
maintenant du côté de la deuxième opposition. Et, M. le député de Laurier-Dorion,
vous avez 4 min 8 s.
M. Fontecilla : Merci, M.
le Président. Bonjour, messieurs. Je vais y aller pour un point relativement
précis. Vous avez... vous avez nommé tantôt le... comment dire, le processus, l'orientation
de diminuer le nombre des services d'incendie. Vous êtes passés de 900 à 600, je
crois bien. Donc, peut-être que ça va continuer, ce processus-là. Donc, ça...
Automatiquement, ça fait allusion à une couverture, en termes territorial, plus
grande, là, pour... en moyenne, là, pour chaque service d'incendie, là, surtout
en région non urbaine.
D'autre part, on a entendu de la part du
monde municipal, là, toute la question de la préparation de... les plans, les
schémas de couverture de risques en sécurité incendie, qui, si on croit la... ce
qu'ils nous ont apporté en termes de... dans les mémoires, ça n'a pas été de
tout repos, là, cette... ce processus-là de préparation de schéma, qui exige
une concertation et une coordination entre les municipalités locales et les MRC.
Plusieurs ont pointé la nécessité de mieux clarifier le rôle des MRC, etc., là.
Dans tous ces silos, comment pensez-vous... Est-ce que... est-ce qu'il y aurait
des choses à améliorer à ce niveau-là en termes de coordination, là, des
municipalités locales, MRC, en vue de mieux se préparer pour d'éventuelles
catastrophes?
M. Melançon (Jean) : Bien,
en fait, la loi, la Loi sur la sécurité incendie a été modifiée dans les
derniers mois, et nous, avec ça, on avait apporté des commentaires. Les
commentaires ont été retenus à l'intérieur de la loi, par exemple, les schémas
de couverture de risques, qui étaient avant sur cinq ans, maintenant sur 10 ans
pour permettre, justement, la meilleure collaboration puis la meilleure... le
meilleur travail ensemble pour faire évoluer les schémas.
Il est trop tôt pour en faire un constat,
c'est-à-dire que, comme la loi vient d'être... de passer, et on est en train de
l'implanter tranquillement pas vite, c'est dans les prochains mois, dans les
prochaines années qu'on va être en mesure de dire ce qui a été fait au niveau
des amendements de la loi. Est-ce qu'on a atteint l'objectif? On pense que oui.
Ce qui se retrouve dans la loi, on pense qu'on va être en mesure de faciliter
ces éléments-là en lien avec le schéma de couverture de risques incendie.
M. Fontecilla : Très
bien. Merci. Vous avez joué un rôle crucial lors des grands feux de forêt. Vous
avez... vous avez fait mention de quelques éléments à améliorer, la formation,
etc., mais j'aimerais vous entendre sur quel est le... comment dire, le bilan
de... suite à ces... à ces feux de forêt, le bilan que vous faites de l'état de
préparation ou ce qu'il vous faudrait pour mieux être préparés, là, dans ces
grandes lignes, là, pour affronter à nouveau, peut-être, des grands feux, là,
qui viendront, pas plus tard que cet été, là.
M. Melançon (Jean) : En
fait, vous savez, il y a les quatre dimensions en sécurité civile :
préparation, prévention, intervention puis rétablissement. Et on pense, là
aussi, dans l'aménagement de la loi qu'on... le projet de loi 50 qu'on
est en train d'étudier ensemble, on pense que, là-dedans, il y a les outils, justement,
pour être capables davantage de faire face à ces quatre plans-là. Et on se le
dit depuis le début tantôt ici, là, la préparation et la prévention, c'est là
que ça commence et non à l'intervention. Souvent, on attend et on attendait qu'il
arrive une intervention pour un peu s'organiser, tandis que ce qui est dans le
projet de loi 50, nous, ce qu'on constate, c'est qu'on va travailler en
amont justement pour être capables de faire face aux quatre phases de la
sécurité civile.
Puis il y a un élément qui est important,
pour l'avoir vécu dans les inondations dans le passé, le rétablissement.
Rappelez-vous, au niveau des citoyens <aussi
M. Melançon (Jean) :
...l'avoir
vécu dans les inondations dans le passé, le rétablissement. Rappelez-vous, au
niveau des citoyens >aussi, c'était... c'était quand même assez
laborieux, le rétablissement puis les... le financement. Mais ça aussi, il y a
des modifications importantes qui vont faire en sorte, justement, qu'on devrait
être plus agiles pour supporter le citoyen puis les organisations aussi en
matière de sécurité civile dans les quatre dimensions.
On mettait souvent l'emphase sur
l'intervention. On se disait : Bien, si un jour il arrive de quoi, on a un
plan puis on va le mettre à exécution. Mais là qu'est-ce qu'on peut faire en
amont? Comme on disait tantôt, préparer le citoyen à être autonome, et le reste,
et le reste, là. Tu sais, il y a un paquet d'éléments qui est dans le projet de
loi 50 puis, je pense, dans les règlements que M. le ministre va
éventuellement...
Le Président (M. Schneeberger) :
En terminant.
M. Melançon (Jean) : ...où
on va voir, justement, des changements significatifs pour améliorer notre
desserte en sécurité civile.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, cela met un terme à notre commission ce matin. Alors, je vous
remercie.
Et nous suspendons les travaux jusqu'après
la période de questions.
(Suspension de la séance à 12 h 09)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 17)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon après-midi à tous. Alors, la Commission de l'aménagement du territoire
reprend ses travaux. Alors, juste vérifier vos appareils électroniques, qu'ils
soient bien fermés.
Alors, nous poursuivons les consultations
particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 50, Loi
édictant la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux
sinistres et modifiant diverses dispositions relatives notamment aux centres de
communications d'urgence et à la protection contre les incendies de forêt.
Alors, cet après-midi, nous recevons la
Société de protection des forêts contre le feu, la <i>Croix-Rouge
canadienne, Québec, l'Association des centres d'urgence du Québec, la Sûreté du
Québec et <i>l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador.
Alors, nous débutons immédiatement. Alors,
je vous salue, les représentants de la Société de protection des forêts contre
le feu. Alors, vous avez un 10 minutes pour présenter votre exposé, et je vous
demanderais de commencer par vous présenter, et vous poursuivez par la suite. C'est
à vous.
Société de protection des forêts contre le feu
(SOPFEU)
M. Cantin (Daniel) : Donc,
mon micro est ouvert? Bonjour à tous. Permettez-moi de me présenter. Daniel
Cantin, président du conseil d'administration de la SOPFEU et directeur du
service de sécurité incendie de la ville de Dolbeau-Mistassini. Je suis
accompagné, à ma gauche, du directeur général de la SOPFEU, M. Éric Rousseau,
et, à ma droite, de M. Stéphane Caron, coordonnateur des communications et
de la prévention à la SOPFEU.
Donc, aujourd'hui, nous souhaitons donner
notre avis sur les articles 47 à 65 du projet de loi et également sur le
sixième alinéa de l'article 33.
D'entrée de jeu, la SOPFEU accueille très <positivement...
M. Cantin (Daniel) :
...projet
de loi et également sur le sixième alinéa de l'article 33.
D'entrée de jeu, la SOPFEU accueille
très >positivement le dépôt de ce projet de loi. Par les changements qui
la concernent, le gouvernement reconnaît le rôle essentiel de la SOPFEU en
matière de sécurité civile pour la protection des vies humaines, des
communautés, des infrastructures stratégiques et, en plus, de la ressource
forestière. Il s'agit de modifications législatives qui étaient attendues
puisqu'elles sont cohérentes avec l'esprit de la nouvelle mission de notre
organisation, de son plan stratégique 2021-2024 et de la volonté de la
SOPFEU de devenir un leader en matière de gestion des feux de végétation et un
partenaire clé des collectivités.
M. Rousseau (Éric) : Alors, à
mon tour. Bonjour à tous et à toutes. Un changement de paradigme important. Depuis
le début du XXe siècle, le gouvernement du Québec et l'industrie forestière ont
assuré la protection des forêts contre le feu. On commence avec l'association
coopérative de protection, les sociétés de conservation et, depuis 1994, la
SOPFEU. Avec le projet de loi n° 50, il ne s'agit
plus uniquement de protéger les forêts contre le feu, mais bien de protéger le
Québec contre les incendies de forêt.
Ce changement de paradigme est
l'aboutissement logique de l'évolution des besoins et des attentes, tant du
gouvernement que de la population, en matière de protection contre les
incendies de forêt. Le transfert de la responsabilité ministérielle des
activités de la SOPFEU vers le ministère de la Sécurité publique est donc très
bien accueilli. De plus, on se réjouit que le projet de loi n° 50
maintienne des liens étroits entre la SOPFEU et le ministère des Ressources
naturelles et des Forêts, puisque la protection des forêts et de cette
importante ressource pour le Québec doit demeurer au cœur de notre mission.
• (15 h 20) •
Des événements qui ont changé le cours des
choses. Au cours de la dernière décennie, plusieurs événements ont pavé la voie
à ce changement de paradigme, donc, de revoir nos priorités d'intervention. On
se rappelle qu'en 2013 il y a eu... il y avait un feu qui menaçait
Baie-Johan-Beetz dans la Minganie, et puis la première ministre de l'époque, <i>Mme
Marois, avait demandé à la SOPFEU d'intervenir. La même année, même
préoccupation, toutefois c'était dans la région Nord-du-Québec, près d'Eastmain.
Ces événements sont les précurseurs d'un début de protection dans la zone
nordique au niveau de sécurité civile.
En 2020, un feu de tourbière à
Rivière-Ouelle, dans le Bas-Saint-Laurent, qui a causé la fermeture de
l'autoroute 20, et un feu au nord du Lac-Saint-Jean, qui s'approchait du
barrage Péribonka IV, où le premier ministre, M. Legault, nous rappelait
l'importance de nos priorités d'intervention...
Évidemment, on ne peut pas oublier 2023,
où près de 30 communautés ont été menacées et évacuées par des feux de forêt,
puis qui nous a tenus en haleine tout l'été.
Tous ces événements et bien d'autres nous
ont obligés à intervenir au-delà de notre strict mandat de protection de la
forêt québécoise, mais bien d'inclure également la sécurité civile. En ce sens,
on peut dire que les faits ont précédé la réflexion qui s'en est suivie.
Plan stratégique et nouvelle mission.
C'est donc à la lumière de ces nouvelles attentes implicites du gouvernement et
de la population que la SOPFEU s'est dotée d'un nouveau plan stratégique pour
les années 2021 à 2024. L'esprit du projet de loi n° 50
s'avère donc tout à fait cohérent avec les orientations de notre plan
stratégique, dont l'une des cibles visait à revoir le mode de fonctionnement
avec l'appareil gouvernemental. En ce sens, la volonté du législateur de
transférer la responsabilité ministérielle de la SOPFEU vers le ministère de la
Sécurité publique et d'élargir notre mandat à la protection des communautés et
des infrastructures stratégiques est une évolution naturelle pour aujourd'hui,
mais surtout pour demain.
Feux de forêt et feux de végétation. La
véritable menace pour la sécurité de la population et des infrastructures ne
vient pas uniquement des feux de forêt, mais est surtout le fait de feux de
végétation ou de ce que l'on nomme en anglais des «wildfires». Avec
l'augmentation des températures et des changements climatiques qu'elles...
qu'elle entraîne, il sera de plus en plus fréquent de voir apparaître au Québec
des feux de végétation menaçant des communautés. Soulignons qu'un peu partout
sur la planète ce ne sont pas les feux de forêt à proprement parler qui sont le
plus menaçants pour les communautés, mais bien les feux de végétation. En ce
sens, il serait approprié que le projet de loi en fasse mention, ce qui ne veut
surtout pas dire que la SOPFEU devienne responsable de la suppression de
l'ensemble des feux de végétation, incluant les feux de broussailles, mais nous
croyons que la problématique doit être prise en compte de façon globale. À cet
égard, la SOPFEU peut jouer un rôle de leader et de partenaire pour la gestion
de l'aléa feux de végétation, et ce, dans sa globalité, notamment en matière de
formation, d'atténuation des risques et de prévention.
M. Caron (Stéphane) : ...dévolus
à la SOPFEU par l'actuelle Loi sur l'aménagement durable du territoire
forestier est la prévention. Cela est inscrit en toutes lettres dans cette loi.
Or, le projet de loi n° 50, pour sa part, résume le rôle de l'organisme de
protection à la protection contre les incendies de <forêt...
M. Caron (Stéphane) :
...pour
sa part, résume le rôle de l'organisme de protection à la protection contre les
incendies de >forêt. Nous sommes d'avis que l'importance que le
gouvernement accorde à la prévention doit transparaître dans le projet de loi.
Ainsi, nous proposons de définir, au nouvel article 150.3 de la Loi sur la
sécurité incendie, les moyens à prendre par l'organisme de protection en
stipulant «entre autres pour prévenir, atténuer les risques, détecter et
éteindre les feux de forêt et de végétation».
Rappelons aussi qu'en matière de
prévention la SOPFEU joue un rôle important relativement à la mise en place des
mesures préventives telles que la délivrance des permis de brûlage industriel
et l'interdiction de faire des feux à ciel ouvert. Aux yeux de l'organisme de
protection, ces mesures s'inscrivent dans une logique d'un continuum cohérent
lié à la sévérité de la situation. Or, si le projet de loi est adopté tel quel,
ces mesures relèveront de deux ministères différents. Ainsi, afin d'assurer la
cohérence des mesures et d'en élargir surtout la portée au-delà de l'industrie
forestière, nous recommandons de transférer l'essentiel de la section III
de la loi sur l'aménagement du territoire... durable du territoire forestier
dans la nouvelle loi sur la sécurité incendie.
Aussi, je voudrais vous parler de trois
causes de feu importantes. Dans le même esprit, la SOPFEU croit qu'il serait
opportun de saisir l'opportunité que représente l'étude du projet de loi
n° 50 pour revoir l'encadrement législatif et réglementaire des trois
principales causes de feu qui sont actuellement couvertes par la Loi sur
l'aménagement durable du territoire forestier. On parle de mégots de cigarette,
de brûlage domestique et de feux de camp. À eux seuls, ces trois causes
représentent 60 % des feux de forêt de cause humaine au Québec. Ainsi, on
recommande de rapatrier sous la loi de la sécurité incendie les pouvoirs
réglementaires en matière de prévention de ces feux en prévoyant notamment le
pouvoir de donner... de donner aux corps policiers et aux services incendie le
pouvoir de remettre des constats d'infraction, ce qui n'est pas le cas en ce
moment.
M. Rousseau (Éric) : Un petit
mot maintenant sur l'équipe d'intervention en cas de sinistre majeur. Pour le
gouvernement du Québec, la SOPFEU a démontré à de nombreuses reprises sa
capacité à gérer tous les aspects d'une situation d'urgence à la grandeur du
Québec. La solidité et l'agilité de la SOPFEU sont reconnues et ont fait leurs
preuves. Souvenons-nous de 2023.
Un mandat taillé sur mesure pour la SOPFEU.
Évidemment, la SOPFEU ne détient pas l'expertise pour supporter les
municipalités et le gouvernement pour tous les types de sinistres aujourd'hui.
Cependant, notre expertise en intervention d'urgence et notre agilité nous
permettraient de s'approprier rapidement ces nouveaux champs de compétence.
Notre organisation tient donc à réitérer auprès du gouvernement du Québec notre
ouverture à explorer avec les autorités du ministère de la Sécurité publique et
autres partenaires les possibilités d'élargir nos champs d'intervention
respectifs dans l'esprit du projet de loi n° 50.
M. Cantin (Daniel) : Le
rehaussement des températures entraîne un assèchement important des
combustibles et augmente le niveau d'inflammabilité. Cela a pour conséquence
que les feux sont plus nombreux, plus intenses et leur propagation est plus
grande. Les changements climatiques ont également pour effet d'étirer la durée
de la saison de feux. Conséquemment, ça entraîne une augmentation... une
augmentation significative de la sévérité de la saison et génère des impacts
tant pour la forêt et ses écosystèmes que pour la population. La
saison 2023 en est une éloquente démonstration.
Face à ces défis, la SOPFEU a entrepris
une importante réflexion qui l'a conduite à adopter un plan stratégique qui
aura certainement contribué à alimenter les orientations gouvernementales en
matière de protection contre les incendies de végétation. Le projet de loi
n° 50 vient nous donner les moyens de réaliser une part importante de ces
objectifs. Ce changement important, allié au rehaussement de son financement et
aux investissements gouvernementaux en matière d'atténuation des risques,
permettra à la SOPFEU de poursuivre son développement et de répondre aux
attentes du gouvernement et de la population québécoise. Celui-là... Cela lui
permettra également d'appuyer le gouvernement et les communautés lorsque
surgissent différents sinistres majeurs. On protège la forêt, on protège le
Québec. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Alors, nous débutons une période
d'échange avec M. le ministre. Alors, vous avez un 16 min 30 s.
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Messieurs, bonjour. Très heureux de vous revoir. On s'est vus assez
souvent l'année passée. On va peut-être se revoir aussi souvent cette année, je
ne le sais pas, mais les prévisions ne sont quand même pas, en tout cas à date,
joyeuses. Mais je veux le dire d'entrée de jeu, là... Je vous l'ai dit... je
vous l'ai dit en privé, mais je veux vous dire merci encore, au nom de tous les
Québécois, vous... puis là vos... tous les employés de la SOPFEU, là, tous ceux
qui ont participé de près et de loin, là. Vous avez été des acteurs, des
combattants, des hommes et des femmes qui n'ont pas compté les heures, qui <étaient
là...
M. Bonnardel :
...des
acteurs, des combattants, des hommes et des femmes qui n'ont pas compté les
heures, qui >étaient là pour une mission qui était celle initiale, dans
votre mandat, de sauver la matière ligneuse, sauver l'industrie forestière.
Mais, je le disais, ce pour quoi on s'en
va là aujourd'hui, la SOPFEU sous l'égide du MSP, du ministère de la Sécurité
publique, on en est fiers. C'est parce que votre mission a évolué, votre
mission change. Quand je dis «la mission change», bien, aujourd'hui, je l'ai
répété assez publiquement, assez... quelques fois, assez souvent, je disais :
Bien, maintenant, la SOPFEU, c'est aussi sauver des vies. Ce l'était aussi
avant, mais là sa mission principale, c'est celle des vies, des communautés,
des infrastructures névralgiques, névralgiques, puis, oui, la matière ligneuse,
l'industrie forestière.
Expliquez-nous un peu en quoi cela change
la mission comme telle de la SOPFEU aujourd'hui quand on se dit : Bien, pendant
des décennies, ou à peu près, on était concentrés... on était concentrés sur un
secteur, puis là, aujourd'hui, bien, notre mission est plus élargie, et c'est...
Nécessairement, bien, ça amène... ça amène peut-être une... pas une pression
additionnelle, mais quand même un mandat additionnel qui, pour vous puis que
pour nous, est important, pour ceux qui nous écoutent puis ceux qui vous ont vus,
puis qui vous ont entendus, puis qui ont levé la main pour vous donner un coup
de main, là.
M. Rousseau (Éric) : Si je
peux me permettre, M. le... M. le ministre, je pense qu'on est comme chanceux
un peu, parce que c'est arrivé graduellement. Tantôt, quand je disais que ça
fait déjà une décennie qu'on a...
M. Bonnardel : Vous avez dit,
excusez-moi, tantôt, «une évolution naturelle». J'ai pris une note. C'est ça,
hein, que vous avez dit.
M. Rousseau (Éric) : Oui.
M. Bonnardel : OK. Je...
Excusez, je vous ai coupé.
• (15 h 30) •
M. Rousseau (Éric) : Naturelle,
qu'on n'a pas provoquée, mais qui nous a permis de goûter un peu à c'est quoi,
la protection de la sécurité civile, donc d'élargir notre mandat sans... sans
l'avoir officiellement, mais on a appris à travailler avec. On s'est fréquentés
un peu, sans le savoir, avant de procéder à ce qu'on vit aujourd'hui. Donc, ça
nous a permis de faire évoluer nos pratiques, nos processus, pour être en
mesure de mieux s'adapter à cette nouvelle réalité là.
Puis je dirais qu'autant les changements
climatiques ont contribué à ça, autant la... le nombre de personnes qui
résident proche des forêts a augmenté aussi. Donc, on se doit d'être plus près
de cette éventualité-là avec la protection des vies humaines, premièrement,
puis des communautés. Ça nous a occupés beaucoup l'été passé puis c'était
vraiment important. Donc, c'est vraiment une progression naturelle, puis je
pense qu'aujourd'hui on est rendus à une étape, qu'on va franchir un pas de
façon officielle, pour la protection de la sécurité civile.
M. Bonnardel : Je veux vous
entendre un peu sur... Je sais que, le post-mortem, on l'a fait ensemble, là. Vous
l'avez fait, vous aussi, autant le CA avec vos équipes. Je dis souvent : Le
nerf de la guerre, quand il arrive des catastrophes comme ça, c'est
l'information, l'information qu'on partage pour donner la bonne info à nos élus,
les élus, que — c'étaient nos partenaires ce matin — vous
n'avez peut-être pas entendus, là, mais la FQM était là, l'UMQ était là. Puis
certains nous disent : Bien, il y avait peut-être une... dans le post-mortem
qu'on fait, de la mauvaise communication. Puis, de l'autre côté, ce que
j'entendais dire, c'est que, des fois, il y avait trop de communication, dans
le sens où trop de... trop de meetings, bien là, on n'est pas sur le terrain
puis on ne travaille pas assez.
Qu'est-ce que vous... qu'est-ce que vous
répondez à ça? Selon vous, est-ce que c'était un aspect qui était problématique
avec le partage d'information que la Sécurité civile, vous-mêmes, les acteurs
principaux, Hydro-Québec, ou autres, là... Comment vous avez vu... comment vous
avez vu ça, là, pendant cette saison qui a été historique, là, au bas mot, là?
M. Rousseau (Éric) : Oui,
c'est un... c'est un bon point. Puis je ne cherche pas d'excuse avec ça, parce
que c'est... nous autres aussi, on a constaté des... certains ratés ou
certaines... certains manques, mais ça fait des décennies qu'on travaille avec
peut-être une communauté par année qui est menacée, tandis que, là, dans
l'espace d'une journée, on a eu 180 feux qui sont apparus à travers la
grandeur du Québec. Puis là ce n'était pas juste une communauté, c'en était
beaucoup, beaucoup. Ça a mis à rude épreuve tous nos processus, nos façons de
faire. Il a fallu s'adapter puis il a fallu apprendre à marcher en marchant, mais...
non, il a fallu qu'on apprenne à marcher en courant, parce que c'était vraiment...
c'était vraiment le cas. Et puis, là, bien, étant donné qu'il y avait beaucoup
de communautés qui étaient menacées, la Sécurité civile était très présente, en
plus du ministère des Ressources naturelles et des Forêts. Ça a été : Où...
à qui qu'on parle, puis comment est-ce qu'on peut rendre ça plus fonctionnel?
Je vais dire ça de même. Donc, il y a eu des petits ratés, mais je pense qu'on
a beaucoup appris.
M. Bonnardel : Bien, j'imagine...
Je sais que M. Caron a été un... bien, vous le savez, là, a été un visage
qu'on a vu assez souvent, là. Bien, est-ce que... Au-delà des communications
officielles pour la population comme telle, à l'interne, j'imagine que vous
avez... vous allez revoir certaines affaires ou améliorer certaines choses qui
vont nous permettre de... qui vont vous permettre de mieux communiquer. Je le
dis bien humblement, là, respectueusement, là. Comme vous dites, on fait un peu
ce <constat, nous aussi...
>
15 h 30 (version révisée)
M. Bonnardel : ...respectueusement,
là, comme vous dites, on fait un peu ce constat, nous aussi, là.
M. Rousseau (Éric) : Bien, on
a fait des changements à l'intérieur, chez nous, pour mieux s'adapter à ça,
parce que c'est une nouvelle réalité, puis, si on n'a pas appris l'année
passée, on va avoir un souci, là. Ça fait qu'on a mis ça en place.
M. Bonnardel : OK. Je
conviens qu'on n'apprendra jamais avec... C'est ça, c'est sûr que si... avec l'année
passée qui était extrêmement difficile, là, j'en conviens.
La réserve, la réserve civile
opérationnelle, jusqu'à quel point, jusqu'à quel point, selon vous, ça peut
être un outil additionnel pour vous donner un coup de main, ou même vous-même,
vous-même nous donner un coup de main, là, dans des situations? Hormis les feux
d'été, hormis les feux d'été, tu sais, comment vous voyez ça, cette réserve
civile opérationnelle, là, dans le... dans le... le... tout le processus, tout
le processus d'amélioration qu'on veut pour répondre, répondre aux catastrophes,
là, que ce soit les feux ou autres, là?
M. Rousseau (Éric) : Je vous
dirais, premièrement, c'est... c'est venu de la base chez nous. Moi, je suis
entré au printemps 2018, et puis quand je faisais le tour de mes
différentes bases pour rencontrer les pompiers, je ne sais pas combien de
personnes qui me l'ont dit : Éric, on peut-tu aller aider les pompiers
municipaux? Parce que c'était l'année, en 2018, c'était l'année qu'il y
avait eu des grosses inondations dans le coin de Montréal. Puis mes gens
voulaient y aller, mais on n'était pas organisés à l'époque. Ça fait que... Donc,
il y a un besoin. Vous savez, éteindre un feu, on joue dans l'urgence, on joue
dans des catastrophes, tu aimes ça ou tu n'aimes pas ça. Nos gens qui
travaillent chez nous, ils aiment ça, puis quand je dis «ils aiment ça»,
ils sont faits pour ça. Puis ils voient qu'ils peuvent être utiles différemment
dans des périodes qu'on n'a pas des feux de forêt à éteindre. Puis je pense que
c'est vraiment la base qui nous le... qui nous le demande.
Puis, en même temps, je vous dirais, de
façon un peu égoïste, si on pourrait allonger un peu leur période de travail,
ça permettrait peut-être de... de... je suis sûr qu'ils seraient contents,
mais, surtout, ça aiderait à avoir une meilleure rétention de notre personnel.
Parce que c'est long, former des pompiers, c'est très long, puis on a juste l'été
pour les former. Ça fait que, si on peut les garder plus longtemps, je pense
que tout le monde va être gagnant là-dedans. Puis je dirais... je rajouterais
aussi que ce n'est pas juste nos pompiers, c'est tout notre staff, parce qu'on
a le staff qui est nécessaire pour combattre des feux de forêt, mais qu'on peut
combattre... pas combattre, mais intervenir sur d'autres situations tragiques.
M. Cantin (Daniel) : On est
habitués aux urgences, c'est... c'est notre vie, on fait... l'organisation
travaille là-dedans, on carbure avec ça. Puis on a des communications radio, on
a des spécialistes en météo qui peuvent aider, de façon hydrique, autrement. On
est mobilisés partout sur le territoire québécois. Bien, je pense qu'on peut
contribuer davantage à la collectivité québécoise que ce qu'on fait
présentement.
M. Bonnardel : Non, je suis
content de vous entendre, j'ai une dernière question puis je vais laisser mes
collègues après, là, je suis content de vous entendre, parce que je sais jusqu'à
quel point vous êtes... vous êtes bien formés, vous êtes des professionnels. Je
l'ai dit à plusieurs, plusieurs personnes. On a une saison historique. Mais, à
quelque part, derrière toutes les heures puis tout le travail que vous avez
fait sur le terrain, l'aide internationale des différents pays, vous me
corrigerez, là, mais je n'ai pas eu vent de blessures graves d'hommes et femmes
qui sont tombés au combat. C'est assez incroyable, là, c'est assez incroyable
avec les nombreuses heures que vous avez passées sur le terrain, puis vous le
savez autant que moi, là, il y en a qui ont passé des... plus que des huit heures
puis des 12 heures, là, c'est phénoménal. Puis je vous le dis encore, au
nom de tous les Québécois, un énorme, énorme merci.
En terminant, de mon côté, parlez-moi un
peu, là, de la saison 2024, là. Vous êtes déjà... vous êtes déjà prêts.
Vous m'avez dit... bien, vous avez dit, deux semaines, publiquement, là,
en avance sur... sur... sur... déjà un record. Parlez-nous un petit peu, là,
rapidement, là, juste pour la gouverne de tout le monde, là, ce que vous voyez
sur vos écrans radars, là.
M. Rousseau (Éric) : Bien,
veux veux pas, c'est la météo qui nous force à se préparer plus hâtivement,
parce que notre printemps est pas mal plus hâtif, puis on peut le voir. On a
une gang de météorologues à la SOPFEU, puis ça, ça nous aide à avoir de l'information
juste et à temps. On a décidé qu'on ouvrait... on faisait le rappel de nos
pompiers et pompières deux semaines plus tôt. Si on fait ça, ça veut dire
que tout notre système, toute notre structure, il fallait qu'ils commencent
deux semaines plus tôt, et c'est fait. Il y a une semaine, jour pour
jour, mardi dernier, on a eu notre premier feu, le 11 mars. C'est... Donc,
c'est une journée plus tôt que notre record qu'on avait dans le passé en 2010.
Donc, on voit qu'on... qu'on a... on a bien fait de se préparer plus tôt.
Quelle va être notre saison? On n'en a aucune espèce d'idée, parce que ce n'est
pas le printemps hâtif qui va décider qu'on va avoir une saison avec beaucoup
de feux ou pas beaucoup de feux. Mais nous autres, on se prépare au pire, comme
toutes les années, et puis on va être... on va être là.
M. Bonnardel : Rapidement, 30 secondes.
Le terme «zombie fire». On a vu, en Alberta, des feux qui brûlent, qui
continuent de chauffer, là, sous la neige. Ça... c'est... pour la gouverne de
tout le monde, ce n'est pas le cas au Québec.
M. Rousseau (Éric) : Disons
que... c'est <important...
M. Rousseau (Éric) :
...Disons
que... c'est >important, puis c'est une bonne question. En Alberta, ils
ont des endroits qui ont de l'humus à une profondeur très, très forte. Ça fait
que le feu a dormi là pendant tout l'hiver, puis après ça, à un moment donné,
il s'est réveillé. Au Québec, les endroits qu'il n'y a pas eu beaucoup de
précipitations, l'été passé, c'est surtout la Baie-James, puis, dans la
Baie-James, pour ceux qui ont déjà été faire un tour là, il n'y a pas beaucoup
de sol. Ça fait que des endroits où est-ce que le feu a pu dormir là pendant
longtemps sont assez rares. Ce n'est pas impossible qu'on en ait, mais les
probabilités sont très faibles au Québec.
M. Bonnardel : J'ai mes
collègues... Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, nous allons poursuivre avec le député de Lac-Saint-Jean.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui.
Merci, M. le Président. Bonjour, bonjour à vous trois. M. Rousseau, on se
connaît, quelqu'un de la région, puis on a quand même une base à Roberval, de
la SOPFEU, qui est très importante pour la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean et
tout le nord aussi du Québec. Puis vous avez parlé tout à l'heure un peu... Bien,
premièrement, félicitations pour l'année que vous avez eue! Je sais que ça n'a
pas été facile. Puis même nous, dans les bureaux de députés... en tout cas,
chez moi, on a été beaucoup interpelés, là, par surtout des villégiateurs,
parce que j'aimerais ça, peut-être, que vous... qu'on parle un peu de l'aspect
citoyen. Puis ce n'était pas évident, parce qu'à un moment donné, il y a... il
y a... il y a des accès partout puis ça devient très, très difficile, là, à
contrôler tout le monde. Donc, l'aspect citoyen, la responsabilisation
citoyenne, je pense qu'on en est rendu là.
Puis peut-être entendre un petit peu...
vous entendre un petit peu sur aussi vos... je dirais, un peu les partenaires
qui sont les entrepreneurs forestiers, qui sont très, très présents en forêt,
puis on en a discuté tout à l'heure, Éric, un peu... excusez, M. Rousseau, un
peu, là, l'aspect, le côté des fois qui peuvent servir ou aider, puis je sais
que ce n'est pas facile, c'est complexe aussi. Donc, peut-être commencer avec
l'aspect citoyen, la responsabilisation.
• (15 h 40) •
M. Rousseau (Éric) : C'est
assez important, parce qu'il y a tellement de gens qui... qui ne voient pas
l'ampleur d'un feu de forêt, comment est-ce que ça peut arriver vite. Et puis
notre problème, pourquoi qu'on est assez strict pour... quand c'est le temps
d'évacuer, pourquoi qu'on est assez strict, c'est parce que, quand il reste des
gens puis qu'on s'en aperçoit, bien, on est obligés d'arrêter d'éteindre des
feux pour aller évacuer ces gens-là en hélicoptère. Ça, c'est... c'est aussi
dangereux pour notre personnel. Ça fait qu'on n'a aucun lien. Donc, on va
continuer d'en faire, de la sensibilisation citoyenne.
Pour ce qui est de l'entreprise
forestière, entre autres, l'été passé, on sait, ils ont été arrêtés beaucoup,
très longtemps. C'est la première fois que ça arrive aussi longtemps pour une
aussi grosse partie du Québec. On a eu des discussions avec le CIFQ là-dessus
pour voir si on pourrait trouver une manière de les impliquer, peut-être de les
former d'avance. Et puis, actuellement, on discute avec une entreprise
forestière du nord du Québec pour avoir un projet pilote pour tester la
formation avec eux autres.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Intéressant,
mais ce n'est pas facile nécessairement, parce que c'est une mobilité qui est...
qui se déplace beaucoup, ils sont habitués de travailler dans des équipements
aussi. Puis de combattre les feux en forêt, c'est différent, complètement, puis
plus physique, mais l'aspect au niveau des citoyens... parce qu'on sait qu'il y
a beaucoup plus de villégiature, puis c'est de la sensibilisation, mais je sais
que ce n'est pas nécessairement tout le temps évident de contrôler les accès. Puis
on a des... aussi, d'autres partenaires, d'autres associations, entre autres
les SÉPAQ... pas les... les zecs, il y a aussi la question des pourvoiries.
Pour... est-ce... Il y a la sensibilisation, mais d'autres solutions,
peut-être, pour l'accès à la forêt, qui pourraient... qui pourraient nous aider
des fois à sensibiliser, mais mieux aussi contrôler parfois, là, ces accès-là,
si vous avez des pistes de solutions.
M. Rousseau (Éric) : Oui, je
vais demander à mon collègue Stéphane là-dessus.
M. Caron (Stéphane) : Le
Québec a quand même une belle expertise et c'est historique, là, ça fait
longtemps qu'on fait de la prévention, mais... puis avec un certain succès,
hein? Il y a 40 ans, au Québec, là, il y a 40, 50 ans, il y avait à
peu près 1 000 feux de forêt chaque année. Là, on est à 450. Donc, il
y a des interventions, autant des municipalités que de la SOPFEU, ou des
organismes qui l'ont précédée, qui ont été efficaces. Cependant, avec les
changements climatiques, on observe un changement de tendance, c'est-à-dire
qu'il y avait toujours une diminution du nombre de feux chaque année, et là,
cette diminution-là est en train de s'affaiblir, et on pense que c'est lié avec
les changements climatiques.
Donc, il faut faire maintenant des
campagnes peut-être plus vigoureuses que simplement la page Facebook, la
diffusion du danger d'incendie, la distribution de cahiers de Garofeu dans les
écoles. Et là le gouvernement, le ministère des Ressources naturelles et des
Forêts a donné, vous l'avez probablement entendu à l'automne, une subvention
particulière à la SOPFEU, un montant de 16 millions, dont une bonne partie
va être utilisée en prévention. Donc, dès ce printemps, on va avoir une <première...
M. Caron (Stéphane) :
...on
va avoir une >première campagne média majeure, télé, radio, etc., qui va
commencer à la fin avril pour sensibiliser le public, parce que 80 % des
feux de forêt au Québec en zone de protection intensive sont dus à des feux de
causes humaines, puis je vous les ai mentionnés tantôt, là, le mégot de
cigarette, le feu de camp et les brûlages de rebuts, c'est les trois principales
causes, et vous comprendrez que c'est facile à éviter. Il faut que la
population apprenne à... les fumeurs, à ne pas jeter leurs mégots de cigarette
par terre. 80 feux de forêt chaque année sont causés par des mégots de
cigarettes, puis ça, je ne compte pas les feux de végétation qui n'entrent pas
dans la catégorie feux de forêt.
M. Cantin (Daniel) : Oui. J'aimerais
peut-être faire le pont aussi avec la Loi sur la sécurité incendie. Si vous
vous souvenez...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Cantin (Daniel) : ...bon,
bien, rapidement, l'orientation principale du ministre, à ce moment-là, était
la prévention. Donc, il faut continuer à faire l'éducation du public, c'est
évident.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons voir du côté de l'opposition officielle et
j'entends la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Bonjour, messieurs. Un plaisir de vous avoir avec nous en commission
parlementaire pour un projet de loi qui est fort intéressant. Je reflète les
mêmes paroles que le ministre. Merci. Merci pour tout ce que vous avez fait. Je
pense qu'on ne peut jamais assez faire la mention de votre travail acharné. La
population était derrière vous. Je ne peux même pas imaginer comment c'était
sur le terrain. Ça fait que merci beaucoup au nom de tous les Québécois et
Québécoises, c'était formidable. Une chance que vous êtes là. Puis j'espère que
tous les travaux que nous allons entamer ici, en commission parlementaire,
seront là pour vous aider à continuer à travailler sur la prévention puis,
malheureusement, aussi à combattre si jamais on fait face à d'autres incendies
de forêt.
Alors, je veux comprendre un peu. C'était
intéressant hier, hier et avant-hier aussi. À Google, ils parlaient beaucoup
des incendies de forêt puis de l'intelligence artificielle. Puis je serais
curieuse de savoir de vous au niveau des technologies, innovations, dans les
stratégies de SOPFEU, en ce qui concerne la prévention et la détection. Est-ce
que ça, c'est un angle que vous êtes en train aussi d'aborder dans vos
stratégies?
M. Rousseau (Éric) : Le nerf
de la guerre pour éteindre un feu, c'est de le savoir le plus petit possible.
Donc, la détection est vraiment importante pour nous, puis les avancées
technologiques nous aident beaucoup. Juste l'été passé, on a réussi à avoir des
drones qui étaient capables de survoler pendant la nuit. Même s'il y a beaucoup
de fumée, ils étaient capables de survoler pour qu'on soit capables de détecter
les points chauds du feu. Ça, ça a l'air de rien, mais avant ça, on le faisait
en hélicoptère quand il y avait moins de boucane. Ça fait que, là, on a des
grosses avancées.
Un autre élément important, c'est via les
satellites. Ça nous permet, dans la zone nordique en particulier, de détecter
l'arrivée de nouveaux feux. Parce que c'est un territoire immense, le Québec,
on le sait, en particulier dans la zone nordique, c'est très loin des
populations. Donc, ça, ça nous permet de détecter rapidement. Puis, en plus,
ces satellites-là nous permettent de détecter l'évolution des feux, je dirais,
pas en temps réel, mais pas loin. Ça fait que ça nous permet, là, à tous les
jours de voir la progression rapide des feux puis d'adapter nos moyens de
suppression en fonction de la nouvelle réalité que le feu a décidé de nous
donner.
Mme Maccarone : C'est fort
intéressant. Puis j'étais aussi très intéressée par votre mémoire. J'ai appris
beaucoup. J'ai appris beaucoup parce que je pense que votre métier, il est
méconnu. Alors, je souhaite comprendre. Parce que, là, on parle des feux de
forêt puis les feux de végétation, «wildfires». Quel sera l'impact si, mettons,
on n'inclut pas «et de végétation»? Vous faites la recommandation, dans le
fond, à deux places, bon, c'est votre recommandation n° 1, mais vous
l'évoquez aussi un peu dans la recommandation n° 2 parce que, selon vous,
c'est écrit uniquement à l'article 150.5 pour la zone nordique. C'est quoi,
l'impact si, mettons, on ne fait pas cet amendement? Je veux juste comprendre
les implications.
M. Caron (Stéphane) : Au
Québec, on parle tout le temps de feux de forêt, entre autres à cause de notre
historique qui fait que c'était l'industrie forestière qui protégeait d'abord
et avant tout la matière ligneuse. Donc, c'est ce qui importait. Et les budgets
du ministère des Ressources naturelles ou du ministère des Forêts étaient axés
vers la protection de cette matière ligneuse là, ce qui fait qu'il y a une
définition de l'intervention, par exemple, de la SOPFEU qui vise à éteindre des
feux de forêt ou qui menace la forêt. Donc, tout le reste, les autres feux de <broussailles...
M. Caron (Stéphane) :
...les
autres feux de >broussailles, les feux de tourbière, etc., sont hors du
champ d'intervention directe de la SOPFEU. Nous, ce qu'on dit... comme M. Rousseau
l'a mentionné, ce n'est pas nécessairement qu'il faut que la SOPFEU intervienne
sur tous les feux de broussailles, mais, dans une logique de sécurité civile,
le fait d'être cohérent et de travailler avec les services incendie municipaux,
par exemple la SOPFEU pourrait les former davantage pour être plus efficaces
sur le combat de ces feux-là. C'est là où il y a un intérêt de regarder la
problématique de façon globale. Tant qu'à changer de paradigme, là,
changeons-le au complet.
Puis, juste en terminant, quand vous voyez
à la télévision des feux comme en Australie, qu'il y a eu en 2020, ce
n'est pas des feux de forêt, là, qui étaient la catastrophe. C'est les feux de
broussailles qui rentrent jusque dans les quartiers. Moi, j'ai eu l'occasion de
visiter Fort McMurray ou de voir des quartiers pareils comme le mien à Beauport
qui a brûlé complètement. Mais ça, ce n'est pas la forêt, ils n'étaient pas en
forêt, ces quartiers-là, ils... C'est les champs, à côté, de broussailles qui
ont amené jusqu'aux quartiers et qui ont causé les catastrophes qu'on connaît.
Mme Maccarone : Merci. C'est
très clair. Vous avez identifié les 60 % de feux de forêt, les trois éléments
clés. Le 40 % manquant, c'est quoi les causes?
• (15 h 50) •
M. Caron (Stéphane) : Bien,
il y a plein d'autres causes. Ça peut être des activités ferroviaires. Il y a
l'industrie forestière aussi qui... par ses opérations. Il y a aussi les feux
d'artifice, les VTT, mais c'est souvent... Les VTT, c'est 10 feux de
forêt, généralement, par année. Les feux d'artifice, c'est trois. Donc, ce
n'est pas des causes majeures comme la cigarette. Évidemment, il y a la cause
naturelle, là, qui est la foudre, là. La foudre, c'est 20 %, mais ça, on
ne peut pas faire de campagne pour arrêter la foudre.
Mme Maccarone : Évidemment.
Mais, en parlant de campagne puis de collaboration, j'ai entendu la question...
le collègue, je présume que vous avez une collaboration avec les communautés
autochtones. Si oui, comment ça fonctionne, le lien avec eux? Parce que, quand
on parle aussi... comme, j'ai vu vos recommandations, «encadrer par voie
réglementaire des mesures de sécurité», mais je présume qu'il y a quand même
des éléments qui sont attribués à nos communautés autochtones, qui sont
traditionnelles, disons. Ça fait que que faites-vous pour faire un
accompagnement auprès d'eux?
M. Rousseau (Éric) : Disons
que l'année 2023 nous a aidés à établir des moyens de communication
peut-être plus directs, on va se dire les vraies choses, là, puis ça... c'est
très facilitant, puis nos échanges sont plus fréquents depuis un certain temps.
Par contre, si on regarde les communautés autochtones qui sont plus dans la
zone nordique, donc en montant vers la Baie-James ou en s'en allant vers la
Minganie, bien, depuis très longtemps, on est en communication avec eux autres,
on les forme, on les aide à former. Parce qu'ils sont dans des régions beaucoup
plus éloignées, c'est... il y a moins d'accès, ça fait qu'on... avec eux, je
pense que, particulièrement, on est déjà là depuis très longtemps.
Mme Maccarone : Bravo! Je
suis contente de l'entendre, surtout si la voie de communication est maintenant
ouverte, parce que je pense qu'ils sont des partenaires essentiels.
M. Rousseau (Éric) : Disons
qu'elle n'était pas fermée, mais elle s'est... elle s'est améliorée.
Mme Maccarone : Super! Je
souhaite parler un peu des implications financières, le potentiel de la mise en
oeuvre des mesures proposées dans le projet de loi. Je comprends que vous avez
reçu dernièrement un montant qui a été alloué par le dernier budget qui était
déposé par le gouvernement. Je présume que vous êtes content de ceci, mais je
veux comprendre un peu comment votre budget est octroyé. Par exemple, à
l'intérieur de ce 29 millions, c'est quoi, l'état de votre flotte, puis ça
coûte combien? Je sais que ça... ça ne s'appelle pas un avion, là, mais je
pense qu'on appelle ça un aéronef. Ça... C'est quoi, le coût de ceci? J'ai
compris dans votre mémoire que vous avez près de 60 sous-contrats avec le
secteur privé et 14 avions-citernes opérés par le Service aérien
gouvernemental, puis vous-même, vous possédez également deux pistes
d'atterrissage privées. C'est quoi, le budget octroyé à ceci? Est-ce que vous...
Est-ce que c'est prévu d'acheter d'autres équipements, l'état de l'équipement
actuel?
M. Rousseau (Éric) : Bon...
Mme Maccarone : Beaucoup de
questions dans une question, mais c'est parce que je trouve que c'est fascinant.
C'est très intéressant. On comprend aussi très peu, comme, le fonctionnement.
M. Rousseau (Éric) : Oui.
Tout d'abord, la SOPFEU, elle a un budget d'opération qui est planifié tout
l'automne précédent. Une fois que les délais... la saison des feux est finie,
on prépare déjà notre budget pour la prochaine saison, puis on part de là, puis
là, on voit qu'est-ce qui risque d'augmenter, entre autres les salaires, mais
aussi les contrats qu'on a avec nos différents fournisseurs. Le secteur aérien
est un gros fournisseur pour la SOPFEU. C'est un peu plus que... Le tiers de
notre chiffre <d'affaires...
M. Rousseau (Éric) :
...de
notre chiffre >d'affaires provient de tous les aéronefs. Puis le Service
aérien gouvernemental, avec nos avions-citernes, qui est une grande force pour
nous, bien, c'est une grosse partie de ce budget-là aussi.
Donc, on prépare ça, puis c'est ce qu'on
présente à notre conseil d'administration qui est challengé puis qui... qui est...
qui est validé, et puis qui... Une fois que ça est fini, bien là, on s'assure
de voir, on est-tu en mesure d'avoir cet argent par les mesures budgétaires du
gouvernement à toutes les années, comme on le fait depuis belle lurette. Et
puis, quand la saison arrive, bien là, nous autres, on a notre budget puis on
suit ce qu'on a à faire.
Par contre, tout l'aspect plus
suppression, c'est vraiment parce qu'on ne peut pas la prévoir d'avance.
Celle-ci est rémunérée... elle nous est remboursée, là, à mesure qu'on présente
nos frais de suppression. Mais c'est très normé, là, on ne peut pas présenter
n'importe quoi. C'est... c'est très bien encadré.
Mme Maccarone : Et l'état de
la flotte? C'est-tu dans un bon état? C'est-tu...
M. Rousseau (Éric) : Bien, la...
le Québec, on est vraiment chanceux parce qu'au niveau canadien, le Québec, on
est l'endroit qui a le plus d'avions-citernes au Canada, on en a
14 avions-citernes. De nos 14 avions-citernes, on en a huit que c'est
des 415, vraiment les moins vieux, je vais dire ça de même, mais les moins âgés.
Et puis, actuellement, ils sont dans un processus pour tout moderniser
l'avionique de ces huit avions-là. Ça va être les premiers au monde à être
modernisés. Le Québec, on fait... on fait vraiment oeuvre d'un leadership
là-dedans. Par la suite, on a quand même des avions à turbines qui...
Une voix : À pistons.
M. Rousseau (Éric) : ...à
pistons. Non, mais on a des avions un petit peu plus âgés, mais à turbines
aussi, qui vont avoir besoin d'avoir une revalidation de l'usure avionique
aussi. Mais il nous reste quand même quatre avions à pistons. Ce n'est pas
vieux, là, 50 ans, là, c'est très jeune. Moi, je trouve que c'est très
jeune, 50 ans, maintenant. Mais...
Mme Maccarone : Je suis
d'accord.
M. Rousseau (Éric) : Mais
pour un avion, ça commence à être assez âgé parce que ça... ça travaille dur,
ces avions-là. Donc, on va avoir des décisions à prendre, je dirais, à moyen
terme, là, là-dessus.
Mme Maccarone : Et les
pilotes? Les pilotes, c'est... ça, ce n'est pas vous. Les pilotes, il me
semble, c'est un contrat avec le fédéral. Ça fait qu'eux, est-ce... non?
Expliquez-moi comment ça fonctionne.
M. Rousseau (Éric) : Le Service
aérien gouvernemental, qui appartient au gouvernement du Québec, donc, ont la
responsabilité d'entretenir les aéronefs et puis de... avec leurs techniciens
puis avec les pilotes aussi. Donc, c'est eux autres qui s'occupent de tout
l'aspect avion-citerne.
Mme Maccarone : OK. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça? Alors, merci beaucoup.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition et j'entends le député
de Laurier-Dorion pour 4 min 8 s
M. Fontecilla : Merci. M. le
Président. Bonjour, messieurs. Je profite à mon tour pour vous féliciter pour
l'oeuvre si importante que vous faites, essentielle, écoutez... mais je veux...
je veux commencer avec une question un peu... peut-être un peu plus difficile.
La Fédération québécoise des municipalités s'inquiétait, puis je vais aller
directement au but, là, de la fermeture... de la fermeture d'une base à
Maniwaki. Selon eux, ça risquait de moins protéger le reste du Québec. Je suis
sûr qu'il y a des raisons techniques, mais j'aimerais... j'aimerais vous
entendre.
M. Rousseau (Éric) : Bien,
tout d'abord, il n'y a pas de fermeture de base.
M. Fontecilla : OK.
M. Rousseau (Éric) : Ça, ça a
été réglé quand on a fait l'unification de la région de l'Ouest. Avant ça, il y
avait deux bases, une à Maniwaki et une Val-d'Or. Et puis on avait des
problèmes de mobilité puis d'agilité parce que c'était... et on avait des
difficultés organisationnelles avec ça. Ça fait qu'on a unifié cette région-là
comme on a au Centre et puis comme on a dans l'Est de la province. Puis nous,
quand on a fait ça, on s'est engagé à ne pas fermer la base, pas congédier des
gens, garder tout le même nombre de personnel. Tout a été fait, puis même,
depuis ce temps-là, il s'est rajouté bien du monde de plus à la base de
Maniwaki. Donc, il n'y a pas de fermeture à Maniwaki. C'est... on l'a prouvé,
on l'a dit, puis les faits sont-là, il y a plus de monde qui travaille là.
Une voix : ...
M. Fontecilla : Merci
beaucoup, merci beaucoup pour les informations. Je vous entendais, vous parliez
de l'utilisation des satellites, drones, etc., là. Je me demandais si vous
aviez une fonction de recherche, comment améliorer vos techniques, etc. Je
lisais, pas plus tard que cette semaine, un article sur les feux de nuit, etc.,
là. Comment vous faites avancer vos connaissances? Est-ce que vous... vous avez
des partenariats? Est-ce que c'est... vous avez une fonction à l'interne?
M. Rousseau (Éric) : On n'a
pas de chercheur en tant que tel à la SOPFEU. Ça, c'est bien clair. Par contre,
on a des... on a des anciens employés de la SOPFEU qui sont rendus chercheurs,
entre autres chez Ressources naturelles Canada, et puis... donc on collabore
beaucoup, autant au niveau technique qu'au niveau recherche avec eux <autres...
M. Rousseau (Éric) :
...eux
>autres. FPInnovations, qui est une organisation canadienne, fait
beaucoup de la recherche sur les feux de forêt avec les autres provinces, nos
collègues des autres provinces, donc on participe avec ça aussi. Puis avec les
différentes universités du Québec, il y a d'autres petits projets de recherche
qu'on collabore toujours. Ça fait qu'on se tient à la fine pointe parce que, si
on veut être encore là demain, il faut être à la fine pointe. Tantôt, je
donnais l'exemple des drones, là, bien, c'est parce qu'il y a eu de la
recherche avant qu'on puisse les utiliser. Ça fait qu'on suit ça de très près.
M. Fontecilla : Je suis
curieux de mieux connaître votre... comment dire, votre fonctionnement. Vous
savez, dans le PL 50, on va parler beaucoup de coordination entre les
différents... différentes instances de la société, municipalités, MRC et
ministères, SOPFEU. Il y a énormément d'intervenants, là. Mais vous, là, là, lorsque
vous êtes appelés à intervenir, là, comment vous vous placez, là? Expliquez-moi
la mécanique, là, de cette coordination et votre rôle. Quand est-ce... Qui vous
appelle pour vous dire : Bien là, faites décoller un avion, là? Comment ça
fonctionne?
M. Rousseau (Éric) : Bien,
premièrement, il faut détecter le feu. Une fois qu'on a détecté le feu, il y a
quelqu'un qui nous a...
M. Fontecilla : Qui le
détecte?
M. Rousseau (Éric) : ...qui...
qui a vu un feu, ou il y a un avion qui a survolé qui a détecté le feu, ou nos
avions, ou les satellites ont détecté le feu, là, bien là, on enclenche le
processus d'aller vérifier ça puis d'enclencher le combat automatiquement. Ça
fait que ça, c'est surtout pour la forêt publique.
Quand il y a des feux qui décollent plus
sur... proches des communautés, dans des municipalités, bien, les services de
sécurité incendie, eux autres, ils sont rapides, ils sont déjà là, ça fait
qu'ils vont déjà faire les premiers... les premiers pas. Puis, s'ils sont
capables de l'éteindre, ils vont l'éteindre. Sinon, nous autres, on arrive en
renfort pour les aider. Mais...
• (16 heures) •
M. Fontecilla : Est-ce qu'il
y a une coordination entre les interventions au sol et...
M. Rousseau (Éric) : Oui. Environ
60 % du nombre de feux au Québec est éteindu par les services de sécurité
incendie de... des différentes communautés qu'on a au Québec. C'est... c'est...
Ce n'est pas en termes de... Ça peut paraître gros, 60 % des feux, mais
c'est des petites superficies. Le 40 %, là, c'est toutes les grosses
superficies.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
merci beaucoup. Alors, je vous remercie pour votre apport à la commission.
Alors, nous suspendons quelques instants
pour accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 16 h 1)
16 h (version révisée)
(Reprise à 16 h 04)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Nous recevons la <i>Croix-Rouge canadienne,
division Québec. Alors, bonjour à vous deux. Vous avez 10 minutes pour
présenter votre mémoire, alors je vous demanderais de commencer par vous
présenter et ensuite faire la présentation.
M. Mathieu (Pascal) : Bien
sûr. Bonjour, M. le Président. M. le... M. le ministre, messieurs, mesdames les
députés, bonjour. Je suis Pascal Mathieu, vice-président de la Croix-Rouge pour
le Québec. Je me trouve à diriger l'ensemble des opérations au Québec, et je
vous présente Claudie Laberge, notre directrice principale aux interventions.
Vous avez probablement reçu copie du
mémoire qu'on a envoyé ce midi. M. le Président, j'aimerais, un, débuter par
une brève présentation du rôle de la Croix-Rouge au Québec. Ensuite, quelques
constats sur le contexte émergeant de la sécurité civile au Québec et, ensuite,
des commentaires plus spécifiques sur des articles du projet de loi 50.
Rappel de quelques chiffres, avant que
Claudie vous présente un survol de nos opérations. La Croix-Rouge au Québec, c'est
avant tout 2 400 bénévoles actifs d'un bout à l'autre du Québec,
incluant des employés libérés par des grandes entreprises. C'est aussi... ou
c'est... ils sont... ils agissent au sein de 98 équipes prêtes à
intervenir 24 heures sur 24, sept jours sur sept, une... une équipe pour
chaque MRC du Québec. Nos bénévoles et employés sont mis en... en action
principalement par 890 municipalités. Presque toutes les municipalités du
Québec ont confié à la Croix-Rouge la prise en charge des personnes sinistrées.
Et le résultat de tout ça, c'est trois à quatre interventions par jour, 1 200
par année, principalement lors d'incendies résidentiels, mais aussi d'événements
de plus grande importance. Au-delà de nos bénévoles et employés et partenaires,
on a aussi la chance de compter 150 entreprises de formation que, nous, on
appelle les «partenaires de formation». Ce sont eux qui dispensent les cours de
secouristes ou de gardiens avertis pour la Croix-Rouge. Claudie.
Mme Laberge (Claudie) : Merci,
Pascal. Merci, M. le Président, M. le ministre, Mmes, MM. les députés. En
termes de programmes, la Croix-Rouge intervient sur quatre dimensions de la
sécurité civile, c'est-à-dire en prévention, en préparation, en intervention et
en rétablissement.
En prévention, nous intervenons
principalement par de la formation en secourisme auprès du grand public
québécois. On parle, pour l'année 2022-2023, de la formation de 32 000 adultes
et de 49 000 jeunes, dont entre autres pour les cours de gardiens
avertis, que vous connaissez sans doute.
En préparation, la Croix-Rouge est l'un
des principaux formateurs d'employés municipaux en sécurité civile ainsi qu'auprès
des Premières Nations. La Croix-Rouge a aussi un programme de préparation à l'évacuation
lors de sinistres pour les familles.
En intervention, on parle d'accompagnement
de personnes sinistrées et de réconfort, de gestion de centres d'accueil et d'hébergement,
de coordination logistique.
Enfin, en rétablissement, nous sommes en
mesure de faire la gestion des programmes d'aide et d'accompagnement à moyen et
à long terme pour des personnes sinistrées, ainsi que la collecte... la gestion
de collecte de dons de la population.
Notre entente avec le ministère de la
Sécurité publique prévoit la planification, l'organisation des services en
intervention pour le soutien en hébergement intérimaire, en accompagnement
adapté aux besoins des personnes particulièrement vulnérables, en collaboration
avec le ministère de la Sécurité publique et les équipes de soins psychosociaux
du ministère de la Santé et des Services sociaux dans les diverses régions.
Nous assurons également la gestion du
matériel d'urgence, dont 20... 20 000 unités de matériel, comme des lits
de camp, couvertures, oreillers et trousses d'hygiène réparties dans 15 entrepôts
partout au Québec, et nous gérons également deux unités mobiles d'intervention.
Notre force comme organisation repose sur
notre capacité de mobiliser et de déployer des <ressources...
Mme Laberge (Claudie) :
...Notre
force comme organisation repose sur notre capacité de mobiliser et de déployer
des >ressources en période de pointe, de façon coordonnée et holistique,
afin de soutenir les communautés sinistrées. Nos forces vives sont composées de
plus de 2 400 bénévoles, répartis dans les grands centres et toutes
les régions du Québec. Parmi ceux-ci, nous comptons sur plusieurs centaines
d'employés de nos partenaires corporatifs, Partenaires dans l'action, qui
peuvent inclure des experts en logistique, des professionnels de la santé, des
professionnels en ressources humaines et en communication.
M. Mathieu (Pascal) : Merci,
Claudie. Si on tombe sur le contexte lui-même, le contexte d'intervention en
sécurité civile est en profonde évolution. Vous l'avez deviné, c'est en bonne
partie lié aux changements climatiques, mais pas seulement. Pour ce qui est des
changements climatiques, ce qu'on note, c'est une multiplication, une
intensification, une diversification des types de sinistres qui frappent le
Québec, des urgences plus fréquentes, plus complexes et, parce qu'elles
frappent parfois à répétition les mêmes communautés, un long processus de
rétablissement. À cet effet, vous le savez, l'été 2023 a été
particulièrement révélatrice. Rappelez-vous, des pannes de courant prolongées
pendant l'hiver et au printemps, suivies d'inondations printanières violentes,
notamment dans... à Baie-Saint-Paul, notamment aussi dans l'Outaouais, suivies
de conditions chaudes et sèches, qui a mené à 690 feux de forêt sur cinq
millions d'hectares. La SOPFEU était ici juste avant moi, alors je n'aurai pas
besoin de m'étendre, mais ça a mené à des milliers de personnes évacuées.
Nous, à la Croix-Rouge, on a mis en place
des dizaines de centres de... d'accueil, une douzaine de centres d'hébergement,
et plus de 11 000 personnes ont été inscrits auprès de nos services.
Après ce nombre record d'évacuations et de feux de forêt, on a aussi eu droit à
un nombre record d'épisodes de pluie abondante, suivis, rappelez-vous, de
quelques inondations et, surtout, d'un glissement de terrain tragique qui a
frappé la petite communauté de Rivière-Éternité, au Saguenay, où il y avait eu
des décès. Ajoutez à cela quelques vents violents, quelques tornades : je
crois qu'on vient d'avoir une année dont on va se rappeler longtemps.
Le problème, c'est qu'avec les changements
climatiques j'ai bien peur que, dans ma carrière, je reverrai ce type
d'événements. Il y a un tableau, en page 9 de notre mémoire, qui présente
les types d'événements en croissance avec les changements climatiques, la
nature des impacts sur la population et les types d'intervention que la
Croix-Rouge met en place habituellement.
• (16 h 10) •
Vous savez, ça va faire presque 20 ans
que je travaille avec la Croix-Rouge. Lorsque j'ai débuté... et Claudie était
là bien avant moi. Lorsque j'ai débuté, on avait l'habitude d'avoir un... une
intervention majeure à chaque année. Je me rappelle même d'une année où il n'y
en avait pas eu, alors rendez-vous compte... Ensuite, on est passés à deux, à
trois, à quatre. Et, à l'été dernier, je vous ai donné une courte liste. Là, on
les compte... enfin, je n'ai plus assez de doigts sur une main pour les compter.
La réalité, c'est que la cadence des interventions de la Croix-Rouge au Québec
a augmenté à toute vitesse au cours d'une courte période de 20 ans.
Par ailleurs, dans nos interventions et en
rétablissement, parce qu'on est aussi en action avec le ministère de la
Sécurité publique lors du rétablissement, il faut tenir compte de l'état des
personnes sinistrées que nous soutenons. L'INSPQ, notamment, parle de trois
types de facteurs de vulnérabilité. La sensibilité individuelle. Pensez à
l'âge, le handicap, aux maladies chroniques ou à des revenus très faibles pour
certaines personnes. Pensez au lieu de résidence. En ce cas-ci, ce que j'ai
particulièrement en tête, c'est... réfléchissez, peut-être qu'il y en a dans
vos comtés... à des gens qui ont été inondés plus d'une fois, parfois à chaque
année. Mais aussi, pensez à l'été dernier, à des communautés qui ont eu à
vivre, pendant des longues périodes, avec de la fumée intense, où, nous, on a
côtoyé des communautés, entre autres autochtones, qui ont été évacuées deux
fois dans le même été, et le niveau de préparation du citoyen, qui est un des
éléments sur lesquels le projet de loi annonce qu'il n'y aura plus de travail.
Finalement, j'ajouterais, dans les
facteurs de difficulté, notre contexte sociétal et mondial. On a, au Québec,
une population vieillissante. Ça se reflète lorsqu'on doit aider des sinistrés
moins mobiles. On doit aussi, lorsque le sinistre se prolonge... Il n'y a pas
eu de destruction de maisons par les feux de forêt, mais ça aurait pu. Mes
collègues dans d'autres provinces ont eu à faire face à ça. Disons que les gens
de la SOPFEU ont réussi à sauver les maisons, mais il n'y a pas de garantie
pour l'avenir. Pensez aussi à des inondations qui, fréquemment, détruisent des
maisons.
Alors là, je vais vous introduire un
deuxième sujet, qui est celui de la pénurie de logements. Lorsque nous, nous
avons une certaine quantité de sinistrés à aider, éventuellement, il y a des
programmes, menés par la municipalité, mais menés par le MSP, pour que les gens
retournent se réinstaller. Dans un contexte de pénurie de logements, c'est
toujours plus long, plus difficile. J'ajouterais l'arrivée importante de
ressortissants étrangers, qui amène une clientèle qui est moins familière avec
nos infrastructures, moins familière avec la langue, qui demande un... une <attention
particulière...
M. Mathieu (Pascal) :
...familière
avec nos infrastructures, moins familière avec la langue, qui demande un... une
attention >particulière. Bon, je pourrais vous mentionner rapidement,
vous le savez, le risque de pandémie et la fracture numérique, pour ne nommer
que quelques-uns des facteurs qui aggravent le niveau de difficulté auquel nos
équipes font face. Tout cela, ça représente des demandes plus intenses qui
peuvent avoir lieu en même temps tout au long de l'année.
L'impact de ces effets combinés est
sournois. Tout d'abord, nous, on... on repère une usure, une fatigue chez les
personnes sinistrées, surtout ceux qui sont sinistrés à répétition. Mais on
repère aussi parfois une usure et une fatigue chez des intervenants. Je pense
entre autres aux intervenants municipaux avec qui on travaille. Fréquemment, on
en a vu qui sont très motivés, très efficaces au début d'une opération. Quand
ça se prolonge, quand ça se répète, ça devient un défi. Et finalement, parlons
d'usure et de fatigue parmi nos employés et nos bénévoles. Notre réseau est
composé d'employés qui doivent faire des très longues heures et de bénévoles
qui doivent prendre leur semaine de congé avec générosité et expertise pour
venir travailler sur le terrain.
Le constat, c'est qu'on aura besoin de
plus de monde. Les citoyens et le gouvernement comptent sur nous, toutes les
municipalités. Alors... Là, alors qu'on est en quasi-permanence d'intervention,
quelques-unes de nos opérations courantes doivent être parfois mises de côté.
Pensez à l'été dernier, on a eu moins de temps pour faire du recrutement, moins...
Le Président (M. Schneeberger) :
Excusez-moi, je vous arrête. Je voudrais juste avoir le consentement pour
prendre le temps du... sur le temps du ministre.
M. Mathieu (Pascal) : M.
le ministre...
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Parce que je veux avoir le consentement pour avoir sur le temps du ministre.
Alors, poursuivez.
M. Mathieu (Pascal) : Merci.
Merci, M. le ministre. M. le Président, je vais aller rapidement. Donc, moins
de temps pour faire du recrutement et de la formation de bénévoles, moins de
temps pour des initiatives de prévention, moins de temps pour notre préparation.
Ma conclusion. Il devient de plus en plus
urgent de renforcer, d'adapter et de moderniser les... les outils collectifs de
préparation nationale.
J'en viens à nos constats sur le projet de
loi 50. La Croix-Rouge au Québec salue toute amélioration au régime de la
sécurité civile qui vise la résilience de nos communautés. Et c'est le cas. Il
est clair qu'il faudra collectivement mieux se préparer à faire face aux risques,
détenir une... une plus grande capacité de réponse et offrir davantage d'appui
aux municipalités qui le demandent. On côtoie des municipalités qui ont des
niveaux de capacité différents selon la nature de la municipalité et du
sinistre. On salue un projet qui va permettre de déployer des moyens pour les
aider. Claudie, tu passes vite sur le...
Mme Laberge (Claudie) : Oui.
M. Mathieu (Pascal) : OK.
Mme Laberge (Claudie) : Donc,
premièrement, on le réitère, le projet de loi met l'accent sur la résilience
comme principe par une meilleure préparation des citoyens et des communautés.
L'aide aux individus pour les aider à renforcer leur propre résilience est
l'essence même de la mission de la Croix-Rouge et se reflète dans de nouveaux...
de... de nombreux programmes de formation que nous avons, que nous offrons à un
public de tous âges.
Deuxièmement, plusieurs considérations
sont mentionnées dans le projet de loi concernant la responsabilité partagée
entre les différents acteurs ainsi qu'une approche intégrée, voire régionale,
de la sécurité civile. Nous accueillons cet... cet aspect favorablement. Un
aléa peut toucher plusieurs villes d'une même région et les plans pour
augmenter la résilience ou pour intervenir tiendront dorénavant compte de la
planification réciproque en collaboration avec les divers partenaires sur le
terrain, tant pour l'intervention que pour le rétablissement.
Troisièmement, nous applaudissons la
démarche de renforcer la coordination avec les différents acteurs et
partenaires de la sécurité civile, en particulier sa reconnaissance des
contributions bénévoles à la sécurité civile et le bien-être de leurs
concitoyens. Ensuite, nous voyons d'un bon œil la possibilité de conclure des
ententes avec des organisations internationales. Nous aimerions rappeler que
les différentes sociétés nationales de la Croix-Rouge ont chacune développé une
spécialité en aide humanitaire. Tout comme la nôtre, elles s'orientent sur le
déploiement d'hôpitaux mobiles. La Croix-Rouge mexicaine, par exemple, travaille
avec des chiens de recherche en sauvetage dans les décombres en milieu urbain
lors de sinistres.
En dernier lieu, nous soulignons la
volonté de faciliter l'accès à l'aide aux personnes et aux familles sinistrées
concernant les frais de remboursement de besoins essentiels en hébergement,
ravitaillement et alimentation. Voici ce qui contenu... qui conclut notre
présentation, M. le Président. Je vous remercie de votre attention.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous allons procéder à une période d'échange avec le...
le côté ministériel, avec le ministre. Alors, vous avez... Il vous reste
13 min 20 s pour l'échange.
M. Bonnardel : ...M. le
Président. Messieurs dames, merci d'être là. Encore une fois, je vous l'ai déjà
dit, je l'ai dit à certains de vos bénévoles, un énorme merci pour tout le
travail que vos bénévoles ont fait en 2023, ont fait auparavant, mais je
regarde la... la liste de 2023, disons qu'on a eu une année toffe, entre
guillemets. Et ma première question, c'est... c'est sur le portrait comme tel.
Vous l'avez un peu <mentionné...
M. Bonnardel :
...Et
ma première question, c'est... c'est sur le portrait comme tel. Vous l'avez un
peu >mentionné, là, les... quand tu... quand vous dites qu'on a
2 400 bénévoles puis on regarde les années subséquentes versus 2023,
je peux comprendre... je peux comprendre le mot «fatigue». C'est des bénévoles.
Je vous ai vus à digue Morier, je vous ai vus à Baie-Saint-Paul, je vous ai vus
aux feux de forêt un peu partout, que ce soit quand on a évacué Chibougamau, <i>Lebel,
vous étiez là. Jusqu'à quel point ça a donné... ça a donné un coup de fatigue,
en 2023, face à vos bénévoles? Jusqu'à quel point il y a certaines régions où
ça a été un petit peu plus compliqué? J'imagine qu'il y a une mobilité aussi
entre certains de vos bénévoles. Vous n'avez comme pas le choix, là. J'imagine,
là, dû au bassin, des fois, là, plus important de Montréal, qu'il y en a qui
souhaitent aller donner un coup de main. Faites-moi un portrait de 60... 60 à
90 secondes là-dessus, là.
M. Mathieu (Pascal) : La
bonne nouvelle, c'est qu'on a eu une période plus tranquille depuis janvier.
Alors, nos bénévoles sont à nouveau tous prêts à intervenir au moment où on se
parle. Nos bénévoles sont motivés par la capacité d'aider puis de faire une
différence. Disons qu'ils ont eu la chance d'être motivés l'été dernier.
Pour ce qui est de la mobilité, nous, on
gère l'ensemble de nos bénévoles au Québec comme étant un bassin. Alors,
l'intervention, peu importe l'endroit... Alors, tout à l'heure, je saluais Mme
Jeannotte parce que notre dernière opération a eu lieu... grande opération a eu
lieu dans son comté. Bien, les premiers à répondre, c'est nos bénévoles qui
habitent sur place, parce que c'est les plus vite rendus. Mais c'est clair que
notre équipe à Mont-Laurier n'est pas énorme. C'est une petite équipe qui
répond aux incendies résidentiels. Les renforts, les bénévoles que vous avez
croisés à Mont-Laurier venaient de partout au Québec. Par exemple, ceux que
vous avez croisés, M. le ministre, à Baie-Saint-Paul, il y en a plusieurs qui
pouvaient, par exemple, venir évidemment de Charlevoix, mais aussi de Québec,
qui est la grande ville la plus proche. Alors, on utilise notre bassin.
• (16 h 20) •
On a refait nos forces. Là où on en est,
c'est que, si on devait avoir à nouveau, encore et encore des étés comme
celui-là ou des événements de cette ampleur, on... on a besoin d'augmenter la
taille de nos équipes, que ce soit le nombre de bénévoles, le nombre
d'employés, le nombre de partenaires et, je ne l'ai pas mentionné, le matériel
disponible dans certains cas aussi, pour se donner une réserve, une... une
marge de manœuvre, qui était plutôt mince à la fin de l'été dernier.
M. Bonnardel : ...je vous
pose la même question, là. Qu'est-ce qui ressort de cette année 2023,
au-delà des feux de forêt, là, de toutes les catastrophes qu'on a connues,
qu'est-ce qui ressort du post mortem que vous faites de 2023 en termes... en
termes humains, en termes d'aide? Puis peut-être que vous pourriez nous dire,
tu sais, le modus operandi du jour un au jour trois jusqu'à tant qu'on embarque
du côté de la sécurité publique pour supporter les sinistrés. Vous constatez
quoi, là, de cette dernière année en vous disant : Bien, ça, ça, ça, là, c'est
peut-être... c'est peut-être à améliorer?
Sincèrement, je vous le dis, là, vous avez
fait un travail incroyable. Je ne peux même pas compter sur les doigts d'une
main les gens qui m'ont dit : La Croix-Rouge ne font pas le travail, on...
on ne répond pas à nos attentes. Sincèrement, vous avez fait toute une job,
toute une job, mais il reste quand même qu'on est toujours en constante... on
veut s'améliorer, on veut être encore meilleurs, puis c'est ce que j'ai dit à
tout le monde aussi. Malgré le fait qu'on a bien traversé cette saison des
feux, on peut toujours être meilleurs. Donc, qu'est-ce qu'on peut faire de
mieux avec le constat qu'on fait des... des événements passés, là?
M. Mathieu (Pascal) : C'est
très clair. Le premier élément nous concerne nous, en particulier. Il faut
qu'on trouve des moyens d'investir plus de ressources dans nos équipes, que ce
soit les bénévoles... mais les bénévoles, ça implique du recrutement, de la
supervision, de la coordination. Ça, c'est fait par du personnel. C'est le
premier élément pour pouvoir avoir plus de gens disponibles au cas où il y
aurait plus d'événements, des événements de plus grande ampleur.
Le deuxième élément où... puis là c'est un
peu particulier puis c'est un peu en dehors, je vais vous amener un peu en
dehors. On avait commencé, nous, à recruter des bénévoles et des employés
autochtones. L'été dernier, une bonne partie de notre travail a été l'accueil
de communautés autochtones. Mon apprentissage : j'en ai besoin de plus,
parce que là où j'ai des bénévoles avec un grand cœur pour accueillir une
communauté évacuée, j'ai besoin de plus qu'une personne, qui ne peut pas tenir
24/7, pour faire l'adaptation culturelle, pour s'assurer que ça fonctionne bien
avec la communauté.
Je pense qu'on peut encore travailler, on
a eu beaucoup de rencontres avec vos équipes, M. le ministre, concernant notre
coordination, notre travail ensemble. Je pense qu'on a innové cet été, par
exemple, parce qu'on avait un bon système de vigie, une belle collaboration
avec la SOPFEU. On a... on a su un peu à l'avance où les évacuations auraient
eu lieu. Ça nous a permis — c'est la première fois qu'on le faisait — de
déplacer notre matériel à travers le Québec, en fait, votre matériel qu'on
gère, pour s'assurer qu'il soit à proximité. Je pense qu'il y a encore du
chemin à faire sur ces innovations-là. Alors, ça, c'est un secteur où on peut
être encore plus efficaces.
Mais ma plus grande inquiétude... Je vous
remercie de dire que... que les gens étaient satisfaits du travail de nos
équipes. Je pense que ma plus grande inquiétude, c'est ceux qui faisaient un
bon travail. Il y a des semaines où <je...
M. Mathieu (Pascal) :
...Je
pense que ma plus grande inquiétude, c'est ceux qui faisaient un bon travail. Il
y a des semaines où >je commençais à trouver qu'il n'en restait pas
beaucoup de disponibles, parce qu'ils étaient tous sur le terrain. Alors, c'est...
c'est notre plus grand défi.
Le... nos... Tout à l'heure, je
mentionnais, on a des ententes depuis très... en fait, c'est Claudie qui le
mentionnait, avec toutes les villes du Québec, ou à peu près, on a aussi une
entente avec le ministère de la Sécurité publique depuis très longtemps, on en
a une avec le ministère de l'Immigration, le MIFI, aussi, avec... Je ne l'ai
pas mentionné, mais, depuis un an et demi ou dans la dernière année, c'est 8 000 citoyens
ukrainiens qui ont été accueillis au Québec avec notre aide. Pendant que tout
ce qu'on s'est dit se passait, nous, on était aussi fidèles, à Montréal, au mandat
que le MIFI nous avait confié, qui était d'accueillir les citoyens ukrainiens.
Je pense que le prochain morceau, c'est
d'augmenter notre capacité, parce qu'on est aussi parfois demandés... Là, je
mentionnais le MIFI, mais gardez en tête, là, il n'y a pas que le MSP, on... on
a travaillé beaucoup avec le ministère de la... de la Santé, le MSSS, lors de
la pandémie. Alors là, moi, dans mon rôle de vice-président, je dis : Bon,
OK, on travaille pour le MIFI, on a des feux de forêt partout au Québec, des...
des inondations, des glissements de terrain, si quelqu'un d'autre m'appelait,
par exemple, le MSSS, qu'est-ce qu'il me reste comme marge?
M. Bonnardel : OK.
Sous-question : Jusqu'à quel point l'idée de cette réserve opérationnelle
peut vous aider... peut vous aider comme partenaire? J'ai posé la même question
à la SOPFEU. Jusqu'à quel point ça peut être utile pour vous, là, comme
organisation d'avoir... d'avoir cette réserve? Bon, il y a le côté terrain,
bras, hommes et femmes qui sont là, mais, de l'autre côté, le côté humain est
aussi important pour accompagner ces... ces personnes évacuées pour des raisons
x, y, z, là, et selon les besoins des... des catastrophes que... qu'on... qu'on
pourrait avoir, là.
M. Mathieu (Pascal) : C'est
ce que... Ça va être très utile, M. le ministre. C'est ce que sous-tendaient
tous mes... mes commentaires précédents, en disant : Avec l'augmentation,
on a besoin de plus de capacités. La réserve, dont beaucoup de détails restent
à discuter avec vous, pour ce qu'on en sait, est un investissement dans cette
capacité-là. Ça fait que je pense que la... la conclusion va de soi, alors... Et
je travaille avec des collègues dans d'autres provinces, et le Québec est la
première province à prendre cette décision. Ça a soulevé beaucoup de questions.
J'ai des premiers ministres qui ont appelé certains de mes collègues pas plus
tard que la semaine dernière, suite à vos annonces.
M. Bonnardel : Je me
fais plaisir, lors du... de la... de la rencontre avec le fédéral et les
provinces, voilà trois, quatre semaines...
M. Mathieu (Pascal) : Ah!
ça doit être pour ça qu'ils ont appelé.
M. Bonnardel : ...si
votre... votre président canadien était là, puis je le dis bien humblement, on
est les premiers, c'est ça, vous l'avez dit, les premiers au Canada à mettre
cette réserve en place.
Au-delà de tout ça, dernière question
avant de laisser la parole à mes collègues. Je suis surpris, là, 890 municipalités,
il en reste une centaine qui n'ont pas de...
M. Mathieu (Pascal) : ...on
avait commencé avec les très grosses, puis, quand on fait une entente, il y a...
il y a tout un processus administratif, la municipalité doit passer ça au
conseil, nous, on les facture en fonction de la population. On a tranché, à un
moment donné, que les municipalités de moins de 700 habitants, on n'avait
pas besoin de signer, on les couvrait gratuitement, parce que le processus
administratif de leur part et du nôtre coûtait plus cher que le chèque qu'ils
nous feraient.
M. Bonnardel : Oui,
c'est ça. C'est une bonne chose. Bravo!
M. Mathieu (Pascal) : C'est
tout simplement ça.
M. Bonnardel : Bravo!
Mes collègues, avez-vous... questions?
Des voix : ...
Mme Jeannotte : ...Mme Jeanotte,
députée du comté de Labelle, pour vous remercier...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, Mme... députée de Labelle.
Mme Jeannotte : Merci, M.
le Président. Parce qu'effectivement, là, vous avez... Moi, je n'en suis pas
revenue comment vous avez été présents, puis ça nous a aidés énormément. Vous
avez mentionné la question des logements, qui est un nouvel enjeu, la crise du
logement. Est-ce qu'il y a une entente avec la SHQ? Parce qu'ils ont des outils
de recherche de logements... pourrait être quelque chose, une piste à explorer?
Mme Laberge (Claudie) : Bien,
en fait, on travaille un mandat... Comme je vous l'ai mentionné tout à l'heure,
dans... dans le cadre de notre entente avec le ministère de la Sécurité
publique, on a un mandat d'organiser l'hébergement intérimaire. Donc, oui, on
travaille avec les ressources municipales, l'ensemble de... de toutes les
ressources qui peuvent être disponibles pour être en mesure de... de trouver
des... de trouver des solutions, mais il reste que la pénurie de logements est...
est un... S'il y avait vraiment des pertes majeures dans certains milieux de...
d'habitation, ça pourrait devenir un problème, effectivement.
Mme Jeannotte : Et puis,
peut-être, vous savez, les... les fameux lits de camp qu'on installe. Quand la
fatigue s'installe puis que les gens sont allés chez mononcle, matante, le
cousin, la cousine... mais là, à un moment donné, le cousin puis la cousine
sont un peu tannés, ça fait que là, il y a des... il y a des lits de camp, tout
ça. Malheureusement, on s'est rendu compte, en tout cas, que ce n'est pas tant
prisé, hein, parce que ce n'est pas le fun, dormir dans un gymnase. Est-ce que,
de ce côté-là, vous avez des recommandations à faire?
M. Mathieu (Pascal) : Jusqu'à
maintenant, la décision... Vous savez, les services que la Croix-Rouge offre...
OK, je recule de deux pas. La décision, jusqu'à maintenant, d'évacuer puis de
mettre en place des services, provenait des villes. Jusqu'à maintenant. Donc,
nous, on est, en premier, en soutien aux villes, d'où les ententes. La décision
d'ouvrir un centre d'hébergement ou de mettre les <gens...
M. Mathieu (Pascal) :
...aux
villes, d'où les ententes. La décision d'ouvrir un centre d'hébergement ou de
mettre les >gens à l'hôtel, à la base, appartient à la ville. Donc, dans
le cas spécifique que vous mentionnez, c'est des décisions municipales de
contrôle de coûts qui fait que c'était ça, cette option-là. Ceci dit, nous, on
a aussi... puis on privilégie, lorsque c'est possible, aussi, de mettre des
gens à l'hôtel si les hôtels sont disponibles, principalement quand on parle de
familles plus vulnérables, pensez à des personnes âgées, des femmes enceintes,
des gens malades. Alors, généralement, on recommande aux villes. Mais
là-dessus, jusqu'à maintenant, c'était une décision municipale.
Mme Jeannotte : OK. Ça
fait que, quand les hôtels ne sont plus disponibles, c'est là que...
M. Mathieu (Pascal) : Ah!
bien, s'il n'y a pas d'hôtel, là, on... c'est les lits de camp.
Mme Jeannotte : C'est là
qu'on n'a plus le choix, là.
M. Mathieu (Pascal) : En
fait... Oui, là, c'est un peu plus complexe. Quand il y a une opération
d'urgence, on a le choix, à la décision de la ville, en collaboration avec le
MSP, de mettre les gens soit à l'hôtel, soit dans des centres d'hébergement sur
des lits de camp. S'il y a des hôtels de disponibles, parfois, souvent...
Pensez à votre exemple, à Mont-Laurier, il n'y avait pas assez d'hôtels pour
tout le monde, de toute façon. Alors, ça, c'est le premier scénario.
Il y a quelques instants, quand vous
parliez de la... de la SHQ, lorsque les sinistres se prolongent très longtemps,
pensez à Lac-Mégantic ou pensez à des inondations où il n'y a pas suffisamment
de main-d'oeuvre pour reconstruire toutes les maisons rapidement, il y a des
gens qui vont être longtemps en dehors de chez eux. On a un mandat avec le MSP,
dont financé par le provincial, qui est de chercher des alternatives qui
peuvent être, par exemple, louer un chalet pour plusieurs mois, qui peuvent
être... on a déjà pris des appartements, mais là on parle... Ce n'est plus le
cas de Mont-Laurier, là, c'est des opérations à plus long terme qui peuvent
aller, par exemple, jusqu'à l'option de, nous, louer quelques appartements, les
faire meubler puis les prêter aux gens qui sont tannés d'être sur le divan, là.
Et il existe même, dans notre coffre d'outils, on ne l'a jamais fait au Québec,
mais on l'a fait dans d'autres provinces, lorsque... dans des conditions
extrêmes, on pourrait installer un quartier de roulottes sur une ville. Ça fait
partie d'un mandat qui nous a été confié par le MSP. Et justement, dans le
cadre de l'analyse, on s'apercevait que c'était viable seulement si tu as
beaucoup de gens pendant une longue période. Ça fait que c'est juste pour vous
expliquer qu'il y a un continuum au-delà du lit de camp.
• (16 h 30) •
Mme Laberge (Claudie) : Je
voudrais juste compléter. En amont de ça, il y a la préparation des familles et
des citoyens, et ça, c'est... c'est vraiment fondamental. Si les familles sont
prêts à être évacuées, et elles savent quoi faire, et qu'elles ont un plan, une
alternative à... à ce qu'elles soient hébergées par leur municipalité via la
Croix-Rouge, bien, tu es mieux d'aller vers une alternative. La... la solution
des parents, des amis, c'est une chose, la solution d'hébergement en hôtel,
mais, quand on parle de lits de camp, on... on parle à la Croix-Rouge. Nous, on
appelle ça des «centres d'hébergement d'urgence», donc c'est d'urgence. Ce
qu'on souhaite, c'est une, deux, trois nuits maximum, pour que les gens aient
d'autres ressources à leur disposition.
Donc, ce n'est pas la... La meilleure des
solutions rapides, c'est le lit de camp, mais la meilleure solution pour
plusieurs jours, c'est autre chose qu'un lit de camp, oui.
Mme Jeannotte : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : ...Alors,
le temps est écoulé. Alors, nous en sommes maintenant du côté de l'opposition
officielle, et j'entends la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M.
le Président. Bonjour, M. Mathieu, Mme Laberge. C'est un plaisir de
vous avoir avec nous. Merci beaucoup pour tout ce que vous faites pour
accompagner nos citoyens ici et ailleurs, parce que, comme vous avez mentionné,
vous avez un déploiement d'expertises.
Je... je souhaite vous entendre un peu par
rapport à cette expertise que vous avez ici, comment c'est déployé. Est-ce que
ça veut dire que, quand cette expertise est déployée... est-ce que, nous, nos
réserves sont diminuées si on fait face à... à des difficultés? Ça fait que,
peut-être, si vous pourriez élaborer un peu... puis quand vous faites le choix de
demander de l'expertise d'ailleurs à l'international.
M. Mathieu (Pascal) : Donc,
vous... vous faites référence à des déploiements hors du Québec.
Mme Maccarone : Oui.
M. Mathieu (Pascal) : OK.
Merci de votre question. En fait, c'est des équipes complètement distinctes.
Les personnes que la Croix-Rouge canadienne déploie hors du Québec ne sont pas
nos bénévoles, sont des professionnels spécialisés là-dedans. Donc, ce n'est
pas le même bassin. Mais l'inverse, par contre, n'est pas vrai. Je vous
explique. Lorsqu'on... à l'étranger... Il existe 192 Croix-Rouge et
Croissant-Rouge à travers le monde, puis, lorsqu'on se déploie à l'étranger,
c'est toujours, toujours, toujours suite à une demande de la Croix-Rouge locale.
Les bénévoles, la main-d'œuvre, c'est leur responsabilité de les fournir.
Alors, ce qu'on envoie, c'est des experts, des spécialistes. Par exemple, ça
peut être le personnel médical des deux hôpitaux mobiles qu'on possède. Ça peut
être, par exemple, des experts, des ingénieurs pour planifier une
reconstruction d'un village ou ça peut... bon, vous pouvez un peu imaginer.
C'est des très hauts niveaux d'expertise. La masse des travailleurs, on la
prend sur place. Alors donc, ça n'a pas un impact sur nos opérations...
16 h 30 (version révisée)
M. Mathieu (Pascal) : ...la
masse des travailleurs, on la prend sur place, alors donc, ça n'a pas un impact
sur nos opérations. Mais quand je disais l'inverse n'est pas vrai, lorsque le
ministère de la Santé m'a appelé en avril 2020 pour demander de l'aide dans le
cadre de la COVID, on a rapatrié de nos équipes internationales nos médecins,
nos experts en santé publique et les deux hôpitaux qui ont été déployés sur le
territoire québécois. Donc, c'est plutôt l'inverse de ce que vous aviez imaginé.
Puis ensuite, si on parle d'expertise,
Claudie y faisait allusion tout à l'heure, bon, j'ai dit il y a 192 sociétés
nationales de Croissant-Rouge... ou de Croissant-Rouge, mais il y en a, je ne
sais pas, moi, une bonne vingtaine qui sont des grosses organisations, il y en
a des plus petites, nous, on compte parmi les très grandes. Alors, nos
collègues des autres sociétés nationales ont des niveaux d'expertise très
élevés. Il y en a qui ont aussi des hôpitaux mobiles comme nous. La Croix-Rouge
française est équipée pour alimenter des dizaines de milliers de personnes en
eau potable parce que c'est la spécialité qu'ils ont choisie. Tout à l'heure,
Claudie mentionnait la Croix-Rouge mexicaine, pratiquement nos voisins, qui,
eux ont, parce qu'ils vivent dans une zone de haut risque de tremblements de
terre, ont des équipes de recherche dans le cadre d'un tremblement de terre
avec des chiens, expertise très rare au Québec.
Alors, si on prend ces exemples-là à
travers le réseau, il y a une expertise qu'on pourrait... Puis il y a une
disposition, dans le projet de loi, qui fait référence à faire venir de l'aide
de l'étranger, qui nous permettrait, à nous, de faire venir des renforts à la
demande du gouvernement du Québec.
Mme Maccarone : C'est très
intéressant. Comment faites-vous le recrutement pour occuper ces postes
spécialisés des professionnels?
M. Mathieu (Pascal) : La...
une bonne partie des professionnels qu'on déploie à l'étranger font ça de façon
occasionnelle. À la Croix-Rouge, ça porte le titre de délégué. Un délégué, chez
nous, c'est une forme de pigiste, si vous voulez. Puis là il y a... vous pouvez
faire un lien peut-être avec une future réserve d'opération au Québec. Notre
banque de délégués, c'est des gens qui ont un emploi ailleurs, qui passent à l'avance
tout le processus d'entrevue, qui passent à l'avance les vaccins, les
formations, et qui acceptent d'être sur des listes de rappel. C'est une
condition qu'ils aient obtenu l'autorisation de leur employeur pour prendre des
sans solde de six semaines. Alors, ils prennent un sans solde de leur
employeur, ils tombent sur notre salaire, parce que je vous ai dit qu'à l'étranger
on ne déploie pas de bénévoles, alors ils tombent sur notre salaire et ils sont
employés. Quelques-uns d'entre eux font ça à temps plein parce qu'ils vont d'un
contrat à l'autre, mais la majorité, entre autres notre personnel médical,
travaille dans le réseau de la santé québécois en majorité.
Lorsque la Croix-Rouge... J'étais déjà à
la Croix-Rouge à l'époque, en 2010, nous, on était en plein travail lorsque le
tremblement en terre en Haïti a frappé. On travaillait avec la Croix-Rouge
norvégienne, qui possédait un hôpital de campagne, et qui, on avait convenu
qu'ils allaient nous former pour que nous, on en possède un, un hôpital mobile.
Et c'est le gouvernement du Québec qui nous a permis de faire notre première
campagne de recrutement, où est-ce qu'on a recruté près de 200 médecins,
infirmières dans le réseau, qui, à l'occasion, prenaient des sans solde. Et le
gain, à l'époque, ma compréhension du gouvernement du Québec, c'est que ces
gens-là, qui travaillent dans le réseau, allaient chercher une formation puis
une expérience lors de catastrophes que peut-être qu'on n'aura jamais à vivre
ici, mais ils ont ramené toute cette expérience-là chez eux. Pour vous dire,
notre premier déploiement s'est fait à Haïti.
Mme Maccarone : Ça m'amène à
une autre question en ce qui concerne la formation des intervenants, ça fait
partie de votre mémoire. Je souhaite vous entendre, parce que je... C'est bien,
vous êtes encouragés par l'emphase mise sur la formation des intervenants et
partenaires à tout niveau, mais c'est quoi votre... votre plan, c'est quoi
votre stratégie pour soit accompagner le gouvernement ou faire la formation
vous-mêmes? Surtout, je comprends, on parle beaucoup au niveau international,
mais ici, on ne sait pas à quoi s'attendre pour cet été.
Mme Laberge (Claudie) : OK.
En fait, à la Croix-Rouge, on a notre propre équipe de formation, donc, pour
être en mesure de développer les formations. Nous, on est spécialisés
principalement dans... dans l'aide aux services aux sinistrés dans les centres
d'hébergement, etc. Donc, on a développé nos propres formations avec notre
équipe de spécialistes en formation. Et on a un réseau aussi de formateurs qui
est en mesure de faire ces formations-là, OK? Donc, on peut aussi aller
chercher de l'aide auprès des partenaires de formation qui donnent des cours de
premiers soins pour bonifier nos équipes de formation, si on avait des
centaines de personnes, par exemple, à former. Mais, bon an mal an, on forme à
peu près 300 à 400 de nos bénévoles nouveaux par année sur des formations de
base.
Qui est bénévole à la Croix-Rouge passe en
entrevue, fait un processus de sélection et s'engage à faire de la formation.
Le curriculum de base pour être un intervenant à la Croix-Rouge, c'est environ
15 heures de formation, donc, incluant de la formation sur la sécurité,
parce qu'on travaille dans des situations qui peuvent souvent être à risque, et
comment on intervient <auprès des personnes...
Mme Laberge (Claudie) :
...donc,
incluant de la formation sur la sécurité, parce qu'on travaille dans des
situations qui peuvent souvent être à risque, et comment on intervient >auprès
des personnes qui ont besoin d'aide, qui sont sinistrées. Ensuite de ça, ça
peut aller pour... jusqu'à quelqu'un qui fait de la coordination d'un site
d'hébergement, jusqu'à une centaine d'heures de formation. Donc, tout ça est
fait avec des bénévoles.
M. Mathieu (Pascal) : Il y a
toute une hiérarchie puis des types de postes. Quand on parle de bénévoles à la
Croix-Rouge, des fois, les gens ont une image... Ceux qui ne les ont pas vus,
là, peuvent peut-être imaginer des retraités qui sortent de chez eux puis qui...
En fait, chez nous, nos bénévoles sont presque... sont souvent des retraités,
des jeunes retraités, mais des gens qui ont eu des hautes fonctions
professionnelles toute leur vie. Ils ont presque tous des diplômes
universitaires, c'est des gens avec un très haut niveau de compétence. Ici même,
à Québec, là, notre chef d'équipe est un ingénieur qui gérait les bâtiments de
l'Université Laval avant sa retraite. Alors, c'est le niveau de bénévoles
auquel on a accès.
• (16 h 40) •
Par contre, pour ce qui est des formations
externes, Claudie le mentionnait, on forme déjà, depuis une dizaine d'années,
les employés municipaux. On a un programme de formation sur l'évacuation, sur
des éléments de leur plan d'urgence. On a aussi eu un mandat de former, depuis
une dizaine d'années, puis qui vient d'être renouvelé, les intervenants
d'urgence dans les communautés autochtones, et ça, c'est subventionné, ce qui
n'est pas le cas des formations municipales. Alors là, il y a une place où
aller.
Dans le cadre de la COVID, tantôt, je vous
disais... je vous parlais de l'appel que j'avais eu du ministère de la Santé, en
cours de route, ils ont fait appel à la Croix-Rouge pour former près de
20 000 personnes dans le réseau de la santé, une certaine... puis on
l'a fait dans des vitesses record. Dans certains cas, c'était de former leurs
médecins spécialistes sur la prévention et le contrôle des infections de la
façon que nous, on le fait en Afrique, parce que nos experts ont combattu
l'Ebola à plus d'une reprise. Alors, c'est plus... En fait, l'objectif était de
former 1 000 infirmières spécialistes et... 1 000 médecins
spécialistes et infirmières, je pense qu'au final on en a formé 1 400. À
ça, on a reformé un bon... une bonne dizaine de milliers d'infirmières,
préposés sur le port sécuritaire des items de protection. Et, en cours de route,
s'est ajouté aussi un cours d'initiation aux premiers secours psychologiques à
l'intention des préposés qui vivaient des moments très difficiles.
Alors, il y a une gamme, là, on parle... on
passe d'un cours de 40 minutes à un cours de plusieurs jours, avec des
niveaux différents, mais on a la possibilité de former. Mais, après ça,
l'application de tout ça dépendra des discussions qu'on aura avec les équipes
au ministère et des mandats qui seront dessinés.
Mme Maccarone : Fascinant, c'est
fascinant, puis je pense que c'est aussi peu connu. Alors, merci d'avoir
partagé ça. J'espère que c'est de l'information qu'on va trouver plus souvent
sur la place publique quand on parle de la Croix-Rouge, parce que c'est vrai,
l'image que nous avons, ce n'est peut-être pas représentatif de la réalité. Je
souhaiterais vous voir plus souvent dans nos écoles, parce que la prochaine
question que j'aurais, c'est la recrutement. Puis je comprends qu'il y a eu
quand même des échanges, mais... Vous faites une campagne de recrutement en
prévention. Comment ça fonctionne? Parce que moi, ce que je souhaiterais, c'est...
comme, par exemple, mes enfants s'impliquent, parce qu'ils ont eu un appel, il
y a une présentation à l'école, parce qu'ils aiment ça, faire du bénévolat,
puis ils sont prêts, ils sont jeunes, ils sont habiles.
M. Mathieu (Pascal) : Jusqu'à
maintenant, on a arrêté de faire des campagnes de recrutement il y a quelques
années, parce qu'on reçoit beaucoup, beaucoup, beaucoup de candidatures sans
faire d'efforts. On refuse...
Mme Maccarone : OK, mais vous
avez dit que vous avez besoin.
M. Mathieu (Pascal) : ...on
refuse... Oui, l'enjeu, j'y arrive.
Mme Maccarone : OK.
M. Mathieu (Pascal) : On
refuse 60 % des gens qui appliquent, d'une part, parce qu'on a des
critères de sélection très élevés, ensuite, en raison de nos critères de
disponibilité. Si tu veux être bénévole à la Croix-Rouge, soit qu'il faut que
tu sois capable de prendre à court préavis six à 10 jours de congé pour
aller sur une opération qui a lieu loin de chez toi, soit que tu choisis de
pouvoir te promener de garde pendant une certaine période puis d'être capable
de te présenter sur un incendie dans une heure. Ça exclut beaucoup de gens qui
travaillent, ça exclut beaucoup d'étudiants, vous comprenez? Mais il y a des
gens qui peuvent le faire. Alors, ça, on est très sélectifs là-dessus, ça et
les compétences, l'attitude.
On relance... Le deuxième élément pour
lequel... Puis là, c'est là que je disais tantôt, parce que là vous voyez une
dichotomie, je disais à M. le ministre que j'ai besoin de plus de bénévoles, je
vous dis que je ne fais pas de campagne. Le problème, former les bénévoles
actuels nous coûte 2 millions de dollars par année, les gérer,
1 million de plus. Alors, je n'ai pas d'argent présentement pour grossir
nos équipes de bénévoles. Ça fait que l'enjeu, ce n'est pas le manque de
candidats. Quand le ministère de la Santé nous a demandé de remplacer l'armée,
on avait six semaines pour trouver 1 100 personnes. En six semaines,
on a passé 6 000 entrevues, on a eu plus de
12 000 candidatures. Alors, on est capables d'avoir des candidats. On
a l'image de marque la plus forte au monde. On a le logo le plus connu au
monde.
Quand on est sorti sur <les médias
sociaux...
M. Mathieu (Pascal) :
...on
a l'image de marque la plus forte au monde. On a le logo le plus connu au monde.
Quand on est sorti sur >les
médias sociaux et en entrevue pour dire : Le gouvernement du Québec veut
qu'on remplace l'armée, les gens se sont bousculés à nos portes. Et comment on
a fait pour faire 6 000 entrevues? Bien, les entreprises avec qui on
fait affaire, nommément Desjardins, entre autres, et d'autres nous ont prêté à
temps plein, pendant un mois, 40 professionnels de ressources humaines.
Comment peux-tu faire des 6 000 entrevues? Avec des amis. On a un
fort réseau d'amis. Mais... mais l'idée derrière ça, c'est que recruter, ce
n'est pas le défi, le défi, c'est maintenir notre monde, puis ça, ça va prendre
un investissement.
Mme Maccarone : Oui, je
vous ai compris, c'est... Oui, évidemment, ça prend de l'investissement, mais
aussi les gens sont brûlés, la fatigue...
M. Mathieu (Pascal) : Oui,
c'est ça. C'est ça, oui.
Mme Maccarone : ...oui,
un accompagnement.
Le Président (M. Schneeberger) :
...le temps est écoulé.
Mme Maccarone : Ah! Merci.
M. Mathieu (Pascal) : ...les
réponses sont un peu longues. Je m'excuse, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition, et j'entends le
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M.
le Président. Bonjour, monsieur, madame. Merci beaucoup. À vous entendre, on
voit un peu l'ampleur de votre... votre travail, c'est impressionnant. Je vous...
je vous félicite. Écoutez, je vais aller du côté de... d'un point que vous avez
soulevé dans votre mémoire, le renforcement des liens entre les municipalités
et avec les MRC. Évidemment, si je comprends bien, vous allez m'expliquer, là,
vous avez... comment dire, vous êtes un acteur, un témoin privilégié lors des
moments de crise. Vous êtes là avec les gens qui décident, qui prennent des
décisions, là, de toutes sortes, là, dans un moment de crise, là. Ça dépend de
la crise, une inondation, un feu, l'ampleur, etc., là. Et vous êtes en mesure
de voir, d'une part, les obstacles, les difficultés, les problèmes
institutionnels qu'il pourrait y avoir dans... dans cette coordination-là et,
des fois, qui vous concernent directement et qui vous empêcheraient peut-être
de faire votre travail. D'autres fois, c'est des obstacles qui empêchent les
gens de faire un bon travail, là.
Qu'est-ce que vous pourriez nous... nous
dire, là, sur ces obstacles-là et ces difficultés-là en termes de coordination
et en quoi ce projet de loi pourrait venir aider ces situations-là?
Mme Laberge (Claudie) : Oui.
La première chose, je pense, c'est un renforcement de la formation que les
intervenants municipaux devraient avoir, OK, je dirais bien, devraient avoir.
Il y a déjà de la formation, mais je pense qu'il faut rehausser ça pour mieux
comprendre, pour mieux... pour être plus préparés d'une part. Et une autre clé
que, nous, on a vue à quelques reprises, c'est tout ce qui est d'entraide
municipale, donc, des municipalités qui vont aider d'autres municipalités. Ça
aussi, c'est une clé du succès. On l'a vu dans les... dans les inondations
printanières. On a vu la ville de Québec qui est allée aider la ville de
Baie-Saint-Paul. On a vu le directeur général de Lac-Beauport qui est allé
bénévolement aider... le DG de Saint-Urbain dans son travail. Ça, c'est une
bonne clé du succès également, puis qui fait en sorte qu'on diminue l'épuisement
des ressources également qui sont disponibles pour être à... qui travaillent au
niveau municipal.
M. Fontecilla : Mais
est-ce que cette aide doit se... se produire spontanément? Est-ce qu'on devrait
l'institutionnaliser ou ça va se produire quand même, cette collaboration?
Mme Laberge (Claudie) : Bien,
il y a déjà des entraides... des ententes d'entraide municipale. Il y a déjà
les associations de DG municipaux. Il y a... Il y a aussi du partenariat au
niveau des services incendie, des organisations de sécurité civile, qui sont
très, très sensibles à ça. Mais il faut... il faudrait promouvoir davantage,
parce que ce n'est pas évident pour une ville, pour des élus, de dire : On
a besoin d'aide, OK? Et ça, on voit souvent des gens épuisés dans les
municipalités qui sont... qui ont beaucoup de difficultés à prendre des
décisions ou à analyser les situations. Et c'est souvent le... c'est souvent le
frein de demander de l'aide. Oui.
M. Mathieu (Pascal) : Ce
qu'il faut comprendre derrière ça, là, quand Claudie parle de villes qui
peuvent avoir besoin d'aide, il y a une immense différence entre des très
grandes villes qui, souvent, ont un ou des professionnels à temps plein en
sécurité civile, des professionnels hautement compétents et beaucoup, beaucoup
de villes plus petites dont l'équipe parfois est composée de trois ou quatre
professionnels...
(Interruption)
M. Mathieu (Pascal) : ...excusez.
Tu sais, on prend l'exemple de Saint-Urbain, je me rappelle, le DG expliquait,
ils sont trois, là. Ça fait que c'est sûr qu'il n'y a personne dans leur équipe
qui est à temps plein en sécurité civile. Alors, une partie de la... Puis ça,
c'est un facteur. L'autre facteur que je vous amènerais, c'est qu'il y a des
villes qui ont beaucoup de récurrences et qui ont bâti une expérience. J'ai vu,
au fil des ans, Gatineau frappée quatre fois consécutives, par des sinistres,
devenir très compétents en sécurité civile parce que les sinistres revenaient.
Donc, si une <intervention se produit...
M. Mathieu (Pascal) :
...consécutives,
par des sinistres, devenir très compétents en sécurité civile parce que les
sinistres revenaient. Donc, si une >intervention se produit dans une
ville plus petite, où il y a peu d'expériences, bien là, ils ont besoin, possiblement,
d'appui. Alors, une partie de la solution, comme Claudie disait, ce serait de
réinvestir dans la formation, l'autre partie pourrait se situer dans l'entraide.
On a aussi des villes, parfois, qui s'échangent de l'aide entre eux, deux
villes voisines.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
votre temps est écoulé.
M. Mathieu (Pascal) : ...M.
le Président.
M. Fontecilla : Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : ...merci
beaucoup. Alors, je vous remercie pour l'apport à votre... pour la commission.
Alors, nous allons suspendre quelques
instants afin d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 16 h 49)
(Reprise à 16 h 55)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Alors, nous accueillons maintenant les gens de l'Association
des centres d'urgence du Québec. Alors, bonjour à vous trois. Alors, vous avez
un 10 minutes pour faire votre exposé. Alors, je vous donne... je vous
demanderais, pardon, de commencer par vous présenter et poursuivre par la suite.
Mme Raîche (Carole) : Oui.
Bonjour. Moi, je suis Carole Raîche. Je suis présidente de l'Association des
centres d'urgence du Québec, et dans ma vraie vie, je suis aussi directrice
générale du Centre d'appel d'urgence des régions de l'Est du Québec.
M. Roberge (Pascal) : Pascal
Roberge, vice-président de l'Association des centres d'urgence du Québec et
également directeur général du Centre de communication santé Estrie, à
Sherbrooke.
Mme Chouinard (Patricia) : Bonjour.
Patricia Chouinard, administratrice de l'ACUQ et également, je vais dire comme
Carole, dans ma vraie vie, coordonnatrice de la centrale 9-1-1 de la Ville
de Lévis.
Mme Raîche (Carole) : Donc, l'ACUQ
souhaite remercier M. le Président, la commission pour l'opportunité qui lui
est offerte de présenter son mémoire dans le cadre des travaux sur la Loi sur
les centres de communications d'urgence, donc la loi qui va découler du même...
du projet de loi actuel. M. le ministre, Mme et MM. les députés, l'Association
des centres d'urgence du Québec a été créée en 2001 pour représenter les
centres d'urgence 9-1-1. En 2009, notre association élargit son mandat
afin de représenter également les missions couvertes par l'ensemble des centres
d'urgence, soit l'émission de centres de répartition d'un service de sécurité
incendie, de centres de répartition d'un service de police ou de centres de
communications santé. Il existe 38 centres de communications d'urgence au
Québec, tous sont membres de l'ACUQ.
L'ACUQ souhaite confirmer à la commission
qu'elle supporte totalement la mise en œuvre de la Loi sur les centres de communications
d'urgence. Cette loi permet de reconnaître le maillon important que
représentent les centres de communications d'urgence au sein de la chaîne
d'intervention d'urgence. Cette reconnaissance spécifique par une loi
facilitera le développement et la mise en valeur de l'expertise de ces centres
ainsi que la reconnaissance des personnes qui assurent au quotidien la
véritable première ligne du service auprès de la population. L'ACUQ souhaite
aussi profiter de l'occasion pour remercier le ministère d'avoir procédé, le
20 février 2023, à la création d'une direction du 9-1-1 et des
télécommunications d'urgence, qui témoigne l'importance qu'accorde le ministère
au rôle qu'assument les centres de communications d'urgence auprès de la
population. Elle souhaite aussi remercier la qualité de son équipe, sa
collaboration et particulièrement son écoute et son respect face à l'expertise
de nos centres.
Recommandation n° 1,
on souhaiterait, l'ACUQ, apporter un amendement à l'article 1 afin de
soumettre les centres de communications santé... l'application de la Loi sur
les centres de communications d'urgence. L'article 1 dit : «La
présente loi a pour objet d'assurer une réponse appropriée, efficiente et de
qualité aux communications que reçoivent les centres de communications
d'urgence.
«1° Un centre d'urgence 9-1-1 — bien — est
un centre qui reçoit les communications, détermine la nature d'urgence et la
transmet, avec des renseignements pertinents dont il dispose, au centre
secondaire de communications d'urgence approprié — on parle ici — qu'il
s'agisse d'un centre de répartition d'un service de sécurité incendie, d'un
corps de police ou d'un centre de communication santé en vertu de la Loi sur
les services préhospitaliers d'urgence.»
Toutefois, le deuxième alinéa de cet
article vient soustraire <à cette loi...
Mme Raîche (Carole) :
...centre
de communication santé en vertu de la Loi sur les services préhospitaliers
d'urgence.»
Toutefois, le deuxième alinéa de cet
article vient soustraire >à cette loi certains centres de communication
d'urgence, que sont les centres de communications santé. Il y a 10 centres
de communications santé au Québec, sept centres de communications santé seront
exclus de la présente loi.
Pourquoi inclure les centres de
communications santé? Les travaux des deux dernières années relativement à la
mise en œuvre du réseau 9-1-1 de prochaine génération, réseau de
communication pancanadien, dont la mise en œuvre officielle est prévue le
4 mars 2025, nous dicte sans équivoque l'importance de l'inclusion de tous
les centres de communications d'urgence à cette nouvelle loi. En 2014, le
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, qu'on
appelle le CRTC, indiquait que les Canadiens devraient avoir... des
services 9-1-1 nouveaux, améliorés et novateurs, dotés de capacités
fondées sur la technologie IP, aussi appelés services 9-1-1 de prochaine
génération ou services... on va dire 9-1-1 PG comme acronyme, là, usuel.
En 2018, le CRTC révisait sa position
quant à la portée de l'application de ses décisions relatives à la mise en
œuvre du 9-1-1 PG. Ce dernier redéfinissait la portée des limites du 9-1-1 PG
aux centres secondaires de communications d'urgence, qui sont les polices,
pompiers, ambulances, qui, jusqu'alors, n'étaient pas considérés dans toutes
les décisions relatives au 9-1-1.
• (17 heures) •
En 2019, le CRTC convenait que certaines
mesures devaient être établies à l'avance pour qu'une demande d'aide d'urgence
puisse être acheminée de façon adéquate, fiable et sécurisée à travers le
Canada et puisse être intelligible entre toutes les parties. Cette décision
venait imposer de nombreuses obligations en matière de technologie, de sécurité
des réseaux, d'interopérabilité entre les centres, etc. Aucun centre de
communications d'urgence au Québec n'était encore branché au nouveau
réseau 9-1-1 PG, et, normalement, on a jusqu'au 4 mars 2025 pour
le faire.Au niveau canadien, toutes les provinces qui ont légiféré en matière
de 9-1-1 incluent leurs centres de communications santé à la loi. J'ai mis
d'ailleurs en annexe, vous allez voir, les lois et les articles de loi
correspondants.
Au niveau du ministère de la Sécurité
publique, ce dernier détient déjà une équipe d'inspecteurs qualifiés pour tenir
les inspections, assume, depuis avril 2022, les coordinations provinciales du
déploiement du 9-1-1 PG par des tables d'échange regroupant toutes les
parties prenantes concernées, incluant les centres de communication santé. Et, en
mars 2023, le ministre de la Sécurité... publique, M. Bonnardel, annonçait
un financement de 45,5 millions pour tous les centres de communications
d'urgence, incluant les centres de communication santé, deux exceptions, qui
est la Sûreté du Québec et Urgences-santé, mais j'en fais... j'en fais part
dans mon mémoire. L'inclusion des centres de communication santé, dans le
projet de loi sur les centres de communications d'urgence, est essentielle pour
éviter la création de deux classes de centres secondaires. Exclure les centres
de communication santé de cette législation pourrait entraîner des disparités
dans les normes, les critères de qualité et les pratiques entre les centres
secondaires, ce qui pourrait compromettre l'interopérabilité et la coordination
entre les différents services d'urgence. Il nous apparaît donc crucial que tous
les centres de communications d'urgence soient régis par des normes et des
critères similaires pour assurer une réponse efficace et cohérente pour la
population.
Il est important de souligner que le
ministère de la Santé et des Services sociaux n'adresse pas les enjeux couverts
par la Loi sur les centres de communications d'urgence parce qu'il ne s'agit
pas de son expertise. La performance des services publics prend racine sur
l'identification de porteurs appropriés des dossiers et sur la mise en œuvre de
processus communicationnels, administratifs, et simples, efficaces, en appui à
l'expertise des acteurs locaux.
Recommandation n° 2,
apporter un amendement à l'article 17 afin de prévoir la notion d'omission
à l'exonération de responsabilité. Bien qu'il y ait eu consensus dans le cadre
des travaux concernant l'ajout de la notion de l'omission à l'exonération de
responsabilité, cette notion n'apparaît pas au libellé de l'article 17 du
projet de loi. Là, je parle toujours de la future loi sur les centres de
communications d'urgence. Toutes les provinces qui ont légiféré en matière
d'exonération à l'égard de leurs centres de communications d'urgence ont
considéré la notion d'omission involontaire au libellé de leur article de loi.
Ajouter la notion d'omission à l'article de loi n'enlève rien à personne et
permet de s'assurer que l'interprétation des tribunaux à l'égard de cet article
sera conforme aux attentes advenant une situation délétère qui pourrait
résulter d'une omission involontaire.
Recommandation 3, apporter un
amendement à l'article 23 pour alléger le fardeau associé à la présomption
d'infraction afin de répondre à la réalité des organisations visées. L'article,
tel que proposé par le projet de loi 50, a pour effet d'imposer une
importante présomption...
17 h (version révisée)
Mme Raîche (Carole) : ...d'infractions
afin de répondre à la réalité des organisations visées. L'article tel que
proposé par le projet de loi n° 50 a pour effet d'imposer une importante
présomption de commission d'infraction pour tout administrateur ou dirigeant d'un
centre de communications d'urgence. De plus, le moyen de défense qui est prévu
à cet article est trop lourd à rencontrer dans le contexte particulier des
centres de communications d'urgence. Le libellé proposé par le projet de loi se
retrouve dans certaines lois provinciales québécoises. L'objet de ces lois
diffère de celui que vise la Loi sur les centres de communications d'urgence,
laquelle s'inscrit dans un tout autre contexte. En effet, les infractions
prévues à ces lois visent principalement des propriétaires et des exploitants d'entreprises
à but lucratif, qu'ils soient des personnes physiques ou morales.
Compte tenu de la nature particulière de
la gouvernance des centres de communications d'urgence — et je les ai
mis aussi en annexe, les gouvernances, les types de mandats dans le mémoire — il
est important de considérer qu'une telle disposition insérée dans le... dans la
Loi sur les centres de communications d'urgence impose une présomption et un
fardeau de preuve injustifiés. Il s'agit d'un texte d'article de loi uniforme à
d'autres lois qui n'est pas cohérent au type de gouvernance municipale et
publique des centres de communications d'urgence. Il s'agit également d'un
libellé à caractère général et imprécis quant aux critères à rencontrer par les
administrateurs et les dirigeants de ces organismes afin d'assumer le fardeau
qui leur sera imposé. Au surplus, la confusion qui risque de découler de cette
disposition pénale représente un défi d'application pour le ministère comme
pour les organisations, administrateurs et dirigeants qui devront composer avec
une incertitude quant aux critères d'application du moyen de défense.
Conséquemment, l'ACUQ considère qu'il n'est
pas justifié d'imposer un fardeau de preuve aussi important en obligeant les
organisations et les administrateurs à démontrer qu'ils ont fait preuve de
diligence raisonnable en prenant toutes les mesures nécessaires, et là j'appuie
sur le mot «nécessaire», qui a quand même une portée importante en
jurisprudence, et ce, si une infraction à la présente loi est commise par une
autre personne ou un autre organisme. Voilà le résumé du mémoire.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Vous êtes juste à temps. Alors, nous procéderons maintenant à une
période d'échange avec le ministre pour une durée de 16 min 30 s.
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Merci, messieurs, dames d'être là cet après-midi. Je suis content de
vous avoir. On a fait un petit bout de chemin assez important ensemble depuis...
depuis 18 mois avec les sommes qui vous ont été dédiées. Cette loi qui est
importante, puis là ses particularités, là, qui vont vous toucher, là, dans
cette loi... une loi dans une loi, si je peux presque dire... que dire ainsi,
dont je pense que ça, ça répond en majorité à ce que... à ce que vous
souhaitiez. Il y a quelques petits points d'interrogation, qu'on va essayer de
répondre ensemble. J'ai déjà fait un peu de travail, là, pour essayer de vous
donner des éléments... des éléments de réponse. Mais, juste avant, là, je pense
que, la réponse, je l'ai, mais je veux juste vous entendre pareil, là, sur le
prolongement de la période de validité des certificats de conformité. Je pense
que ce qu'il y a là-dedans, ça vous... ça vous convient, l'adaptation aux avancées
technologiques, les pratiques interdites, tout ça, là. Rapidement, là-dessus,
je pense qu'on est à la bonne place?
Mme Raîche (Carole) : Oui, je
vous le confirme, M. le ministre. Écoutez, je l'ai dit en début de mémoire puis
je le redis, la qualité du travail que nous avons avec... avec votre équipe est
exceptionnelle, dans le sens qu'on travaille ensemble, il y a une coordination,
il y a un travail et un respect qui se fait. Et effectivement le prolongement
du délai de certification, c'était une demande qu'on avait. Tu sais, on était
certifiés aux deux ans, mais ça prenait un an à se faire certifier, puis
dans... on avait un an de break, comme on peut dire, en bon français, puis on
recommençait. Donc, je pense que ça, c'est... c'est tout à fait à point.
Et tout ce qu'on retrouve effectivement
dans le... dans le projet de loi répond à des demandes que nous avions, à part,
effectivement, quelques petits points, qui se précisent un peu plus d'avance. Tu
sais, comme le fardeau de la preuve, ce n'est pas des choses qu'on avait
discutées. L'exonération, nous en avions déjà discuté, mais, bon, en tout cas,
je ne sais pas ce qu'il... Puis les centres de communications en santé, bien, c'est
plus... je pense qu'effectivement, comme vous disiez, au cours de la... des
deux dernières années, avec le 9-1-1 de prochaine génération... que ça devient une
évidence que, là, on ne peut plus fonctionner avec deux gouvernances. Il faut
regrouper ça au sein d'une gouvernance pour assurer une cohérence du service qu'on
doit livrer à la population.
M. Bonnardel : Vous répondez
quand même un peu à ma prochaine question, qui était celle de votre
recommandation no 1, là.
Mme Raîche (Carole) : Oui.
M.
Bonnardel
: Bon,
je vous laisse me... nous réexposer pour notre... notre gouverne personnelle,
là, puis je vais vous donner un peu le sens pourquoi on va là puis pourquoi on
va... Je vous laisse nous exposer avant d'aller plus loin, là.
Mme Raîche (Carole) : Bien,
votre question est, précisément?
M. Bonnardel : Bien, c'est...
c'est... vous, vous dites : Apportez un amendement à l'article 1, là.
Pour vous, les centres de communications, ceux de santé, il faudrait les
incorporer.
Mme Raîche (Carole) : Oui.
M. Bonnardel : Bon, on le
sait que c'est sous le... c'est sous l'égide du MSSS présentement. Donc,
donnez-nous pour... le... en 60 secondes pourquoi, absolument, il faudrait
il faudrait... il faudrait aller là. Puis je vais vous donner un élément de
réponse qui est... qui... qui va suivre.
Mme Raîche (Carole) : Bien,
écoutez, je vais vous dire, à brûle-pourpoint, la meilleure... la première
réponse serait : Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Ça, c'est ma
première réponse. La deuxième, c'est que, bon, oui, effectivement, il y a des <budgets...
Mme Raîche (Carole) :
...ça,
c'est ma première réponse. La deuxième, c'est que, bon, oui, effectivement, il
y a des >budgets qui appartiennent au ministère de la Santé, qui sont
financés par le ministère de la Santé, au niveau des centres de communication
santé, sauf que, tu sais, je veux dire, la loi s'applique aux centres
d'urgences municipaux, puis ce n'est pas le budget du ministère de la Sécurité
publique, c'est le budget des municipalités, et c'est quand même le ministère
qui encadre.
L'autre chose, bien, tu sais, on... on
nous dit, bien, la Loi sur les services préhospitaliers d'urgence prévoit déjà
des normes de qualité, qu'éventuellement eux aussi veulent développer. Mais tu
sais, dans un contexte de performance de l'État, tu sais, on en parle beaucoup
dans les derniers temps, bien, pourquoi réécrire... Parce qu'il va falloir que
ce soient des mêmes normes, là. On s'entend, là, les normes ne pourront pas
être différentes. Donc, pourquoi réécrire deux fois les mêmes normes dans deux
ministères, alors que ce serait beaucoup plus facile d'avoir une gouvernance
unique avec une loi qui regroupe l'ensemble des éléments qui concernent les
centres de communication d'urgence?
Tu sais, on a déjà la Loi sur les services
préhospitaliers, on a la <i>loi sur les services incendie et les services
de police, qui nous impactent, dans leurs décisions, dans leur cadre, par
rapport à... le fait que, tu sais... je veux dire, les schémas de couverture de
risques, les déploiements, les déploiements en fonction du niveau de risque, en
santé, les priorités, bien, c'est tous des éléments qui nous impactent.
Par contre, on a besoin d'avoir une
loi-cadre, pour les centres de communication d'urgence, en lien avec nos enjeux
et nos mandats, qui sont précis, pour assurer une transparence puis une
fluidité du service à la population. Parce que, vous voyez dans notre annexe,
là, il y a plein de centres d'urgence. Les gens pensent, quand ils font le
9-1-1, là, que, tu sais, c'est...
M. Bonnardel : Oui, c'est
tout... Oui, mais c'est complexe.
• (17 h 10) •
Mme Raîche (Carole) : ...ce
n'est pas si complexe que ça, mais au fond, c'est toute une complexité en
arrière de ça. Et ça, je pense que le ministère de la Sécurité publique a l'expertise
pour gérer ce mandat-là global puis cette interface-là, qu'on... que le rôle
qu'on joue entre les citoyens et les intervenants d'urgence. Et cette
interface-là, qu'on soit santé, qu'on soit pour la police, qu'on soit pour
l'incendie est le même, on doit travailler en collaboration.
Puis le 9-1-1 PG nous amène beaucoup
d'éléments qui vont nécessiter ce travail de collaboration là, beaucoup,
beaucoup, beaucoup. Ça vient renforcir, et c'est là qui... dans nos éléments,
nous dit : Bien, on n'a pas le choix, il faut aller vers ça. Puis,
peut-être, je ne sais pas si M. Roberge veut ajouter quelque chose. Parce que,
tu sais, un centre de communication santé a un mandat unique, moi, j'ai les
deux.
M. Roberge (Pascal) : Si je
peux rajouter, en fait, on écoutait les gens de la SOPFEU, tantôt, quand ils
ont parlé de plusieurs intervenants, aux niveaux d'interventions, et tout ça.
Bien, c'est un peu le même type de situation qui peut nous... qui peut se
produire si on a deux ministères avec deux règles différentes ou des paramètres
qui... qui ne sont pas les mêmes. Bien, quand... quand vient le temps de faire
des interventions au niveau terrain ou quand vient le temps de descendre des
procédures, des politiques, bien là, on a... on va avoir deux instances qui...
avec des centres différents.
Il faut comprendre que les centres de
communications santé comme le mien, on ne fait pas de police, on ne fait pas
d'incendie, donc on est gérés à 100 % par le ministère de la Santé. Mais
les interventions qu'on fait ensemble au quotidien, parce que c'est vraiment au
quotidien qu'on travaille ensemble avec les autres centres secondaires, bien,
si les critères sont différents ou si les intervenants... même si les critères
sont pareils, quand on fait face à des individus, si les individus sont
différents, bien, la façon de les interpréter ou la façon de les gérer devient
peut-être problématique. Donc, de là l'importance d'être chapeautés par une
seule et unique loi, au niveau des centres de communications d'urgence, pour
pouvoir, effectivement, rendre un meilleur service aux patients.
Parce qu'on a parlé... Tantôt, on a parlé
d'événements tragiques avec la <i>Croix-Rouge. On les... on les traite au
quotidien, ces événements-là. Donc, si on n'est pas les... sur les mêmes règles,
sur les mêmes... sur les... avec les mêmes personnes, quand il va arriver des
situations problématiques au niveau terrain, bien, on peut s'en ressentir au
quotidien. Et à ce moment-là c'est le service aux... à la population direct qui
peut être menacé, puis on joue avec des vies, là, on... Je deviens un peu
émotif quand je parle de ça, mais on joue réellement avec des vies au quotidien.
Ça fait que je pense que c'est important que la ligne directrice vienne de la
même source.
Mme Raîche (Carole) : Puis,
pour rallonger votre 30 secondes, M. le ministre, que vous m'avez accordé,
parce qu'on y croit vraiment, si on y va avec la technologie du 9-1-1 PG, bien,
je veux dire, on va... éventuellement, avec le 9-1-1 PG, on va pouvoir faire du
texto en temps réel aux centres d'urgences. Actuellement, la population ne peut
pas texter aux centres d'urgence 9-1-1. On va pouvoir faire ça. Bien, ça,
c'est... que tu sois santé, police ou incendie, ça ne change rien sur la
technologie, l'arrimage de technologie. On va... on doit répondre... ils
appellent ça le EIDO, là, mais c'est... c'est en anglais, c'est qu'on va être...
devoir être capables de s'échanger en temps réel des données dans nos cartes
d'appel, dans nos systèmes informatiques pour être capables de...
Par exemple, moi, je vais pouvoir envoyer
à Lévis, écrire une information, si on intervient ensemble sur des
interventions, lui écrire une information, puis elle, elle va pouvoir le
consulter, me le modifier, me le renvoyer. Et ça, ça prend... c'est les technologies,
c'est au-delà du mandat... du... d'intervenant terrain qu'on dessert, c'est
vraiment le mandat de centre de communications d'urgence.
Et le 9-1-1 PG, là, ce n'est que le début.
Le 4 mars 2025, là, si la date n'est pas reculée, ce n'est que le début, ce
n'est pas un aboutissement, là. Éventuellement, il va y avoir probablement des
vidéos qu'on va pouvoir se transférer, de la documentation, comment on applique
la gestion de la documentation, des renseignements personnels. Quelqu'un nous
envoie son dossier médical au 9-1-1, qui, qui a accès? <L'application...
Mme Raîche (Carole) :
...renseignements
personnels, quelqu'un nous envoie son dossier médical au 9-1-1, qui, qui a
accès? >L'application de la loi 25 sur les renseignements...
Écoute, il y en a, là, il y en a pour avoir du fun pendant encore plusieurs
années, mais il va falloir avoir une gouvernance qui va être plus... qui va
être vigoureuse par rapport à l'ensemble des centres de communications
d'urgence. Je l'ai mis dans ma chaîne à la fin, puis on le voit bien, là, tu
sais, la santé est comme une bibitte à part, c'est un peu ça.
M. Bonnardel : Non, non,
mais je peux comprendre, je peux comprendre, là, les points... les points que
vous apportez. Vous le savez, vous l'avez sûrement suivi, le PL 15 a été...
a été voté. C'est un projet de loi qui était énorme, il y a une refonte du
préhospitalier, dans tout ça. Veux veux pas, les deux ministères, nous et eux,
il y aura un arrimage qui va se faire, autant du côté des dispositions
législatives ou réglementaires.
Donc, on va... pour la suite, là, je veux
quand même vous rassurer, là, vous rassurer là-dessus, là, pour nous, si ça
reste comme tel, il y aura... il y aura nécessairement des arrimages importants
qui seront faits entre les deux pour s'assurer qu'autant du côté du 9-1-1
conventionnel, si je peux le dire ainsi, versus santé, bien, il n'y aura pas
des disparités, là. Ce n'est pas le but, là, ce n'est pas le but d'en arriver à
qu'un soit plus sévère que l'autre, là. Je pense que l'arrimage des deux, je
pense que c'est le bon mot, là, doit être... doit être partie prenante des
activités que vous faites, là, pour... pour la suite, là.
L'autre point où je veux vous rassurer
aussi, c'est le critère d'omission. J'ai lu... j'ai lu la portion de mémoire où
vous le mentionnez, là. Déjà, notre sous-ministre va... a mis l'équipe au
travail pour voir de quelle façon on peut... on peut intégrer ce... Bon, il y a
toujours des particularités avec les légistes.
Mme Raîche (Carole) : Je
n'en doute pas.
M. Bonnardel : Je reste
là-dessus, je ne vais pas plus loin, mais c'est ça. Alors, on est... on va être
au travail, là, pour être capables de voir si on peut... si on peut adapter
cette recommandation, apporter un amendement, là, pour prévoir la notion
d'omission dans... dans cet article.
Et voilà. Donc, c'est un peu... c'est un
peu... puis la recommandation no 3, là, donc je veux vous entendre un
petit peu plus aussi, là, sur le dernier point que vous avez mentionné, là,
dans votre mémoire, là, sur la présomption d'infraction, là, qui est reliée... qui
serait reliée, là, aux organisations visées, plus précisément, là, aux
administrateurs, je pense que c'est ça qui est...
Mme Raîche (Carole) : Oui,
c'est ça, exactement.
M. Bonnardel : Je vous
laisse m'exposer un peu ça aussi, là, rapidement, là.
Mme Raîche (Carole) : Bien,
en fin de compte, dans les... au niveau des organisations, tu sais, les
administrateurs qui sont sur nos conseils d'administration, qu'on parle des
régies intermunicipales de police ou qu'on parle d'un centre comme... un OBNL
comme nous, bien souvent, c'est des élus ou c'est... tu sais, c'est des gens
qui vont travailler peut-être avec des jetons ou du bénévolat. Donc, si on
n'est pas dans le même niveau que quand on s'adresse par la loi, par exemple, à
la loi sur... tu sais, contre le tabagisme ou ces choses-là, c'est quelque chose
qui est complètement différent.
Et, tu sais, dans un centre d'urgence,
bien, je veux dire, tu dois, comme administrateur, faire preuve de diligence
raisonnable, c'est-à-dire d'assurer une vigilance, hein, d'assurer un niveau de
risque, mais là on va très, très loin dans dire «toutes les mesures nécessaires».
Mais c'est quoi, toutes les mesures nécessaires? Comment l'administrateur peut
se prémunir contre toutes les mesures nécessaires? Et comment, après ça, le... on
peut établir son fardeau de preuve ou son fardeau de dire : Bien, voyons,
j'ai tout fait? C'est quoi, les mesures nécessaires? Ce n'est pas clair.
Et là je trouve que, par rapport à nos
organisations publiques, des organisations qui sont majoritairement aussi
municipales, on ne fait pas... tu sais, on ne fait pas affaire avec le privé,
ici. Donc, je trouve que c'est un autre niveau de responsabilité qui devrait
être considéré, qu'il soit plus en relation avec ce qu'on retrouve normalement
dans nos organisations publiques, là, comme fardeau de preuve.
M. Bonnardel : On va
faire notre travail, mais les deux mots, je pense, c'est important, dans
l'article de loi, c'est «diligence raisonnable».
Mme Raîche (Carole) : Exact.
M. Bonnardel : Ce sont
ces deux mots-là qui... qui font foi tout, là, pour s'assurer que... bien,
quand on le... on le prononce, on le dit, bien, cette diligence, si elle est
faite en bonne et due forme, bien, ça exonère les administrateurs comme tels.
Mme Raîche (Carole) : ...
M.
Bonnardel
: Puis
c'est un texte ou des termes qui sont utilisés dans d'autres lois, mais je
regarde... on va le regarder quand même aussi, là, pour être certain qu'on...
qu'on répond convenablement à vos... à vos craintes, là, aux craintes.
Mme Raîche (Carole) : Oui,
parce que, nous, le petit bout qui nous fatigue, l'approche diligente
raisonnable, ça va, c'est quand ça... il ajoute en prenant «toutes les mesures
nécessaires».
M.
Bonnardel
:
...les précautions nécessaires.
Mme Raîche (Carole) : Que
c'est que ça veut dire, ça, pour un administrateur, tu sais, toutes les mesures
nécessaires, dans un contexte d'une loi comme celle-là.
M. Bonnardel : OK. Merci
pour vos interventions. Je ne sais pas si mes collègues ont des questions pour...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Députée de Labelle.
Mme Jeannotte : ...oui. Merci,
M. le Président. Donc, merci pour votre mémoire. Puis peut-être vous entendre
sur le 9-1-1 prochaine génération. Dans le fond, qu'est-ce que ça va changer,
ça, pour les Québécois?
Mme Raîche (Carole) : Bien,
comme on dit, là, on est présentement sur des liens analogiques. Donc, on peut
faire un appel vocal standard, tandis que la téléphonie IP, premièrement, c'est
un nouveau réseau pancanadien. Donc, tous les centres d'urgence au Canada, on
va être reliés ensemble. Donc, on va pouvoir, nous, prendre un appel, puis, si
c'est un appel de quelqu'un qui s'inquiète de sa fille qui est à Vancouver, on
va pouvoir prendre l'appel puis le transférer à Vancouver sans problème. Et là,
pour être capables de faire ça, un peu comme le CRTC dit, bien, il faut
rehausser tout l'ensemble de notre technologie à un <niveau...
Mme Raîche (Carole) :
...de
faire ça, un peu comme le CRTC dit, bien, il faut rehausser tout l'ensemble de
notre technologie à un >niveau qui nous permet de tous parler le même
langage. Et c'est là qu'arrive la notion des... tu sais, des normes
technologiques, la notion de cybersécurité, on s'entend-tu, par rapport à ça,
que c'est un énorme enjeu. Donc, c'est vraiment tous ces éléments-là.
Puis on va avoir... ça va... L'objectif du
CRTC, c'est d'améliorer l'accessibilité des Canadiens et des Canadiennes au
réseau 9-1-1 en leur donnant d'autres opportunités que juste un appel
vocal. Tu sais, on a déjà eu, à un moment donné, dans des tueries, tu sais, aux
États-Unis, on voyait ça, tu sais, les gens faisaient des textos, là. Bien, tu
sais, nous, vous ne pouvez pas texter au 9-1-1, même si vous êtes en danger,
mais éventuellement, ça va être ça. Mais ça va... ce ne sera pas un SMS, ça, on
appelle ça un texto en temps réel, c'est-à-dire que, tu sais, la personne va
texter, puis si elle recule, puis elle efface, puis elle écrit un autre mot, on
va le voir en direct. Donc, c'est vraiment des technologies qui sont vraiment
poussées.
Ça demande beaucoup d'investissement.
D'ailleurs, c'est pour ça qu'on a remercié le ministre de mettre de l'argent, parce
que ça prend beaucoup d'argent à l'intérieur de ça. Et éventuellement ça va
nous permettre d'envoyer beaucoup d'autres choses aux centres
d'urgence 9-1-1, que... Là on parle du texto, mais on parle de toutes
sortes de documents que les gens vont pouvoir nous envoyer, ils vont pouvoir
envoyer de la vidéo, de la photo, tu sais, des... ils vont filmer un événement
en direct, ils vont pouvoir nous envoyer ça.
Mais comment on gère cet événement-là? On
envoie quoi à la santé? Qu'est-ce qui est... qu'est-ce qui est approprié? Puis
nos répartiteurs, là, ce n'est pas tous des policiers puis des pompiers, des
ambulanciers. Donc, comment nous, on va gérer cette information-là? Comment on
va... comment on va l'ouvrir, ce dossier-là? Quels sont les enjeux de
post-traumatique associés à ça, tu sais? Donc, il y a énormément de questions.
Écoutez, les 10 prochaines années, on va avoir du fun pour... pour...
• (17 h 20) •
Mme Chouinard (Patricia) : ...ou
les gens qui connaissent moins ça, c'est le plus gros changement que le 9-1-1
va vivre depuis les 20, 25... depuis son... depuis son entrée en fonction, en
fait. Puis c'est vraiment... actuellement, il y a des contraintes
technologiques qui fait que ce n'est pas... ce n'est pas possible de transférer
un appel à Vancouver. Donc là, c'est vraiment ça qui va ouvrir cette... cette
nouvelle technologie là, mais au gré de plusieurs investissements... va faire
qu'il va y avoir une facilité pour le citoyen et entre centres à communiquer
ensemble.
Mme Raîche (Carole) : Donc,
de là notre importance d'une gouvernance unifiée, je le répète. Je suis comme
une goutte, moi. C'est plus de la goutte, M. le ministre.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
ça va comme ça. Alors, s'il n'y a pas d'autre question, nous allons du côté de
la... l'opposition officielle avec la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. J'aime ça, l'image de la goutte, je trouve très bon. Je suis à
l'opposition, alors, souvent, je me trouve moi aussi comme une petite goutte.
J'essaie de faire avancer les choses. Merci. Merci pour votre présence puis vos
explications qui sont très claires. J'apprécie énormément ce que vous faites.
C'est quelque chose que... depuis que j'ai de la chance de porter le dossier de
sécurité publique pour... pour ma formation politique, je suis passionnée par
ce que vous faites. Les répartiteurs, les appels 9-1-1, c'est fascinant.
Puis c'est vrai, vous êtes première ligne.
Alors, je suis curieuse de vous entendre
parce que c'était médiatisé dernièrement, malheureusement... Parce que, là, on
parle de prochaine génération, la technologie, faire un appel d'ici, transférer
à Vancouver, mais on a entendu dernièrement qu'il y avait des Québécois quand
même qui ont fait des appels, qui sont francophones, qui n'ont pas pu être
répondus en français.
Quelle est votre vision, solution, maintenant
qu'on parle d'un règlement? C'est CRTC. Je peux vous donner tout le temps que
vous souhaitez, ça fait que... mais je souhaite vous entendre là-dessus parce
que je comprends que c'est... c'est complexe, c'est délicat. Puis là c'est des
contrats qui sont sous-traitants, ce n'est pas nécessairement géré ici, ça fait
que ce n'est pas sous votre responsabilité nécessairement, mais étant donné
qu'on va faire une évolution, qui est une révolution à l'intérieur de le 9-1-1,
comment voyez-vous cette transition?
Mme Raîche (Carole) : Bien,
écoutez, je suis contente que vous nous posiez la question, parce que ça, c'est
la patte du canard qui est cassée. Donc, dans le sens qu'au niveau... ce que le
CRTC a pris comme décision, c'est qu'il permet à des... Lui, son objectif au
départ, c'est d'améliorer la compétitivité pour les Canadiens et les
Canadiennes relativement aux économies ou aux frais de facturation des
compagnies de téléphone cellulaire. Et puis... cellulaire puis la téléphonie
IP, particulièrement, c'est plus IP, là, je ne veux pas mêler les choses, donc,
puis ces gens-là, ces compagnies-là sont... sont autorisés par le CRTC de faire
affaire avec un tiers parti, qu'on appelle, donc de ne pas être sur le
réseau 9-1-1 et de ne pas avoir à payer les frais pour être sur un... le
réseau 9-1-1, qui est un réseau privé. Donc, ces gens-là signent des
contrats avec des centres d'appel qui ne sont pas régis, qui ne sont pas
réglementés par personne, qui sont un peu dans l'air, mais c'est autorisé. Et
ils signent avec ces gens... avec ces centres d'appel là, ces compagnies de
téléphone là signent avec ces centres d'appel là, qui, eux, après ça, bien,
doivent faire une évaluation de l'appel et nous le renvoyer dans le bon centre.
Et ça, la mise en place du 9-1-1 PG ne changera rien à ça.
Donc, ces compagnies de... de téléphone IP
là qui veulent... Tu sais, je... c'est une notion économique, le CRTC. Parce
que <nous...
Mme Raîche (Carole) :
...compagnies
de... de téléphone IP là qui veulent... Tu sais, je... c'est une notion
économique, le CRTC. Parce que >nous, on s'est déjà opposés contre, là,
puis je ne sais pas si Patricia veut renchérir, mais on s'est déjà... comme
ACUQ a dit contre cette notion-là, parce qu'on trouvait que ça avait un
préjudice face à la sécurité publique. Mais lui, le CRTC, sa position, c'est
d'améliorer la compétitivité entre les fournisseurs de téléphonie IP en leur...
en leur diminuant les frais qu'ils ont à payer. Puis un frais de réseau 9-1-1,
bien, c'est... il semble que ce soit un frais, donc ils font affaire par ces
tiers parties là, et malheureusement ça... ça, ça va demeurer.
Et l'enjeu qu'on a, c'est que, normalement,
quand ils vendent, ces compagnies-là, ils sont supposés de dire : Bien, tu
sais, tu as... tu fais affaire... tu vas avoir un accès limité au service 9-1-1.
Ils sont supposés écrire ça dans leurs publicités, sur leurs facturations,
probablement qu'ils le disent dans leurs contrats en petit, mais les gens ne
sont pas vraiment informés de ce que ça représente comme risque puis comme
décision éclairée quand ils font l'achat de... le choix d'un forfait. Donc, ils
se ramassent avec des situations comme ça.
Et, si on veut porter plainte au CRTC pour
dire... porter plainte, là, bien, nous, on a déjà essayé d'appeler, là, puis
nous, on est dans le milieu, là, puis on n'a pas été capables de trouver la
personne. Donc, il n'y a pas vraiment de processus pour être capable de porter
plainte au CRTC, mais ça, c'est fédéral, là, tu sais, que... On est... Nous
autres, on est, tu sais... si on va, là, dans le palier de gouvernement, on est
fédéral, provincial, municipal, donc nous, nous autres, notre pouvoir qu'on a
de changer ça... Mais l'ACUQ, on travaille avec l'agence municipale au niveau
du CRTC. On a déjà déposé un mémoire, parce qu'il y a déjà eu un rapport du
coroner sur un décès suite à une situation comme ça dans l'Outaouais, mais ça
n'a rien changé. Donc là, je ne peux pas vous en dire plus.
Mme Chouinard (Patricia) : ...de
ces... de ces situations-là, c'est bien, mais, en même temps, ça arrive au
moment où on se dit : Les gens vont confondre justement la téléphonie IP
versus le 9-1-1 PG, qui est de la téléphonie IP, là. On se dit, les gens vont penser
justement qu'il va y avoir de l'amélioration, puis malheureusement ce n'est pas
le cas. Et, pour tous les centres 9-1-1, ce n'est pas agréable de gérer
ces appels-là, ce type d'appel là, parce que l'appelant arrive, et souvent ça
fait 10 minutes qu'il se fait balader d'un centre à l'autre puis c'est...
Mme Maccarone : Mais le choix
est fait parce qu'on sauve de l'argent? Parce que... je sais que vous faites
face aussi à des difficultés de recrutement. C'est un poste qui est très, très,
très difficile. Il y a un impact majeur sur les personnes qui travaillent sur
la première ligne, santé mentale, il faut... ça prend un accompagnement,
surtout quand on parle des centres de répartition. Souvent, on perd les gens
des centres de répartition pour aller au 9-1-1. Alors, est-ce que la réponse à
ça, c'est de faire plus de recrutement, d'ouvrir plus d'OBNL pour être en
mesure d'offrir ce service? C'est quoi, la réponse pour éviter qu'on fait
recours à...
Mme Raîche (Carole) : Aux
parties tiers? C'est que les fournisseurs... Tu sais, je veux dire, il y a...
il y a un centre au Québec, entre autres, qui fait du partie tiers, qui répond,
mais c'est des centres d'appels qui sont... c'est des centres d'appels privés
qui vont répondre à des compagnies privées avec lesquelles ils font des
ententes. Ça ne nous touche pas du tout, nous autres, on est... C'est comme un
réseau parallèle, on va dire, au vrai réseau 9-1-1, tu sais. Donc, ça n'a
pas rapport avec notre recrutement, ça n'a par rapport avec l'argent, parce
que, de toute façon, la téléphonie IP, ils nous versent quand même une
taxation, mais c'est... c'est juste que, pour embarquer sur, on va dire, le
réseau 9-1-1 privé, bien, il y a des frais additionnels. Et ça, le CRTC
leur permet de ne pas... d'être à part. Mais, tu sais, ces appels-là nous
arrivent sur une ligne à 10 chiffres standard, là, même ligne qu'on
appelle n'importe qui, là. Donc, il n'y a pas d'affichage, il n'y aura pas de
fonctionnalité, puis il n'en aura pas plus avec le 9-1-1 PG, mais... Puis les
gens achètent ces forfaits-là de ces compagnies-là parce que c'est moins cher.
Mme Chouinard (Patricia) : ...avec
ces compagnies-là parce que c'est moins cher.
Mme Raîche (Carole) : Mais il
ne le sait pas, quels sont les risques que ça représente au niveau de sa
sécurité, parce qu'ils ne sont pas nécessairement expliqués, parce que
personne, au niveau du CRTC, ne supervise ça. Et puis, même s'il veut porter
plainte, bien, bonne chance, tu sais. Voilà. Mais, tu sais, c'est ni du gouvernement
provincial ni à... du niveau municipal, c'est vraiment de la responsabilité du
fédéral par rapport à ça.
Mme Maccarone : Je comprends.
J'essaie de penser, par contre, s'il y a un amendement que nous pouvons aborder
ici, dans ce projet de loi, pour s'assurer que, quand il y a des citoyens qui
font des appels qui sont francophones... qu'ils sont répondus en français,
puis...
Mme Raîche (Carole) : En
français.
Mme Maccarone : Mais je
comprends que c'est complexe. Je comprends qu'il y a aussi le CRTC, je
comprends qu'il y a fédéral, mais, il me semble, il y a quelque chose que nous
pouvons faire à l'intérieur de ce projet de loi pour s'assurer de la protection
de tous nos citoyens et citoyennes.
Mme Raîche (Carole) : Oui,
puis il y a... Bien, comme elle dit Patricia, il n'y a pas juste la notion de
français, il y a la notion de connaître le territoire, là, tu sais...
M. Roberge (Pascal) : La
localisation.
Mme Raîche (Carole) : ...la
localisation, parce que c'est un enjeu. Bien, je vais te laisser peut-être...
Mme Chouinard (Patricia) : ...on
en a au quotidien, là, que le siège social de cette compagnie-là est à
Montréal, donc, pour cette... ce centre d'appels là qui n'a pas les données que
nous avons dans les centres 9-1-1... Je ne sais même pas si... Ils
tapent-tu ça sur Google pour savoir l'adresse? Je ne sais pas ce qu'ils font.
Bien, ils vont transférer l'appel au 9-1-1 Montréal, mais la situation, elle ne
se passe pas là, elle se passe dans l'autre usine qui est dans l'Est du Québec.
Donc, <c'est...
Mme Chouinard (Patricia) :
...elle
ne se passe pas là, elle se passe dans l'autre usine qui est dans l'Est du
Québec. Donc, >c'est...on doit faire du rattrapage quotidiennement pour
des situations comme ça.
Mme Maccarone : Je souhaite
vous entendre par rapport à la formation. Vous avez dans... vous parlez
beaucoup de certification des centres de communications d'urgence. Ça fait que
ça peut être une question à double tranchant, mais je souhaite comprendre
toutes les mesures que vous devez prendre pour avoir cette certification puis
ce que vous devez faire aussi auprès de tous les membres qui font partie de
votre regroupement en termes de formation. Un an, c'est long, tu sais, mais je
pense que ça... ça va nous aider à comprendre le rôle essentiel que vous vous
occupez. Puis c'est aussi un milieu méconnu, tu sais, veux veux pas, comme vous
avez dit, on... tu sais, 9-1-1, on ne sait pas tout ce qui est derrière tout ça.
Ça fait que je pense que ça va être aidant pour les gens qui suit nos travaux
de bien comprendre la complexité. La raison que je pose cette question, c'est
parce que, quand on arrive à vos recommandations suivantes par rapport à des
exonérations, je pense que les gens vont mieux comprendre quand on comprend
toute la complexité derrière tout ce que vous faites.
Mme Raîche (Carole) : Bien,
c'est sûr que, la formation, il y en a déjà de prévue dans le... au niveau de
la certification, sur le nombre d'heures qu'on doit donner. Mais il y a... effectivement,
il y a tellement d'enjeux, d'éléments à... Tu sais, quand on reçoit un appel,
puis quand on parle de l'exonération de responsabilité, là, c'est qu'au niveau
d'un appel, il y a tellement d'éléments que... ce que notre personnel doit
faire, il y a tellement de coordination qu'il doit faire. Et, quand on parle de
déploiement d'équipes incendie, bien, il ne faut pas que tu en oublies une, là,
tu sais, puis surtout que s'il y en a... Puis, à cette heure, avec les
déploiements, tu peux avoir trois, quatre équipes incendie, il ne faut pas que
tu oublies de... des fois, c'est...
• (17 h 30) •
Puis c'est tout informatisé, hein? Il n'y
a rien, là, c'est tout informatisé, c'est des clics, là. Tu sais, on clique là,
on clique là, on clique là puis on clique là, tu sais. Donc, des fois, vous ne
cliquez pas à la bonne place dans un écran, là, de... comme ça, bien, ça peut
faire qu'au lieu que ce soit une priorité urgente, ça peut être une priorité
moins urgente, puis là c'est un déploiement qui est différent, qui peut amener
un délai supplémentaire. Et il y a tellement de mini, micro actions que c'est
sûr que c'est facile de faire un oubli par rapport à ça.
Puis, quand on parle de formation, avec ce
qui s'en vient au 9-1-1 PG, dans lequel tous nos centres vont être, bien,
écoutez, on... Tu sais, même la technologie se développe encore et ça va
prendre énormément de formation. On parle juste en texto, là, tu sais, comment
les gens vont nous écrire? Tu sais, parce que nous, admettons, on est plus
vieux, tu sais, mais les jeunes, là, ils écrivent avec des acronymes que, tu
sais, ce n'est pas sûr qu'on comprend tout.
Donc, tu sais, il va y avoir une éducation
du public à faire sur la façon d'écrire, en éducation à nous comment on pourra
comprendre ces messages-là. Puis en plus ça va avoir du traitement... tu sais, beaucoup
plus long. Tu sais, le traitement texto, ce n'est pas comme on parle, là. Tu
sais, moi, je ne suis pas capable d'écrire aussi vite que je parle, tu sais,
c'est sûr. Donc, tu sais, c'est un peu tout ça. Donc, il y a beaucoup de
formation qui... Puis, sur le nombre d'heures puis le temps réel qu'on va avoir
besoin de formation pour le 9-1-1 PG, ça nous reste encore à définir.
M. Roberge (Pascal) : ...choses
inconnues pour nous encore, ce qui va se produire. Puis c'est des changements
aussi de système en plus, c'est... nos répartitions assistées par ordinateur
vont changer aussi. Est-ce que le répartiteur va voir si on a du vidéo? Comment
on va traiter le post-traumatique, comme expliquait à Carole plus tôt?
Puis je vais aller un peu plus loin au
niveau de la formation, suite à votre question, Mme la députée, c'est en lien
avec la santé, parce que je parle pour ma paroisse parfois. Alors, on... on est
formés cliniquement aussi pour comprendre les problèmes de santé. En général,
on a des formations de premier répondant élargies, surtout téléphoniques, parce
qu'il faut comprendre que nous, on travaille avec nos oreilles, pas nos yeux et
nos mains. Donc, on a beaucoup d'heures de formation qui est reliée au clinique
pour essayer d'aider les patients en attendant l'arrivée des secours, que ce
soit le massage cardiaque, le...
Une voix : ...
M. Roberge (Pascal) : Oui,
plusieurs consignes au niveau médical. On a 33 protocoles médicaux. Il y a
des protocoles au niveau police qui s'en viennent. D'ailleurs, ce... on revient
à ce qu'on disait tantôt par rapport à la norme numéro un, où le... ce qu'on
demande de modifier, c'est qu'on va avoir des interventions policières au
niveau de notre protocole santé qui vont être incluses à travers ça. Ça fait
que, oui, il y a beaucoup de formation sur les 33 protocoles, il y a des
formations sur l'utilisation des RAO assistées par ordinateur, le territoire,
les territoires adjacents, les collègues, les ressources qui peuvent venir en
entraide. Donc, c'est... c'est tout ça qu'on travaille quotidiennement au
niveau de la formation.
Vous avez parlé de recrutement. C'est sûr
que le recrutement, ce n'est pas évident. Dernièrement, il y a eu des
négociations au niveau des conventions collectives, ça nous a donné un petit
coup de main, parce que les salaires des gens au niveau des 9-1-1, ce... ce
n'était pas très élevé, n'en déplaise à ceux qui pensent que... que ce l'était,
mais ça nous a donné un petit coup de main. Mais il n'y a pas juste le salaire,
il y a aussi les gens qui font ce métier-là, ils le font par cœur puis...
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
M. Roberge (Pascal) : ...par
plaisir d'aider. Ça fait que... Oups! Désolé, ça se peut que, quand on... quand
je pose une question, je parle trop, je suis désolé.
Mme Maccarone : Bien non,
c'était bien. Merci.
M. Roberge (Pascal) : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
bon. Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième
opposition, et j'entends le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Bonjour, messieurs, dames. Vous nous introduisez dans un domaine, en
tout cas, très... très nouveau pour moi, avec un niveau de complexité certain,
là. Vous mettez beaucoup...
17 h 30 (version révisée)
M. Fontecilla : ...en tout
cas, très nouveau pour moi, avec un niveau de complexité certain, là, et vous
mettez beaucoup d'emphase sur la notion de... de l'inclusion, si je comprends
bien, des centres de communications santé dans le périmètre de la... du... du PL
n° 50, là. Mais vous avez fourni, dans votre mémoire,
un schéma très instructif, là, de la chaîne. Et je voudrais, très rapidement, à
mon bénéfice et au bénéfice des gens qui nous écoutent, faire connaître...
connaître votre réalité et surtout votre fonction, là. Donc, il y a un citoyen
qui appelle, je suppose, pour un problème de santé urgent, et ça passe par un
centre d'urgence. C'est référé, ensuite, à un autre centre qui serait le centre
de communications santé. Ensuite, cet appel-là se fait référer à un intervenant
terrain, et il y aurait un service à la population au bout, là. Juste comprendre
votre... votre chemin. Mais vous, là, les centres de communications santé, là,
quel est votre rôle, finalement?
M. Roberge (Pascal) : Tu y vas?
Mme Raîche (Carole) : Bien,
écoutez, il faut juste comprendre... puis je je vais laisser Pascal continuer.
Tu sais, il y a plusieurs réalités. Par exemple, si on prend, ici, Lévis, c'est
un centre 9-1-1. Si c'est un appel qui concerne les... la police ou les
pompiers, elle va conserver son appel, elle va le traiter au complet parce qu'elle
a aussi ces mandats secondaires là. Et si elle a besoin de la santé, elle va le
transférer au centre de communications santé de son secteur.
Moi, ici, je suis une autre bibitte, donc,
et je fais du 9-1-1, je fais de l'incendie et de la santé. Donc, si l'appel 9-1-1
sur l'est du Québec rentre chez moi, bien, je vais traiter... je vais garder l'appel
si c'est un incendie, je vais garder l'appel si c'est en santé, je vais faire
mon traitement, et si ça concerne la police, bien, sur mon territoire, c'est
principalement la Sûreté du Québec, et j'ai des communautés autochtones
policières, donc c'est mes partenaires. Tandis que, pour son territoire, bien,
lui, il va faire affaire avec différents 9-1-1, par exemple, la ville de Sherbrooke,
qui a un 9-1-1 et qui va, à ce moment-là, garder l'appel, si c'est incendie et
police parce qu'elle fait ces mandats-là et elle va transférer à un centre de
santé qui est le centre de santé de l'Estrie.
Mme Chouinard (Patricia) : Selon
des standards attendus aussi, il faut préciser, là, il y a des délais, il y a
des délais.
Mme Raîche (Carole) : Exactement,
selon les protocoles, les délais, les temps et nos fonctions, donc tout que...
On parlait de la formation clinique tantôt, bien, on a une formation en
incendie pareille pour ceux qui font de l'incendie, puis il y a des formations
policières qui sont nécessaires aussi en complément pour répondre aux attentes
police parce que, tu sais, il y a plusieurs enjeux, puis réprimer le crime ou
prévenir... faire de la prévention, c'est autre chose. Donc, c'est un petit peu
ça. Puis, si on veut y aller plus précisément avec la formation santé, bien, je
vais te...
M. Roberge (Pascal) : Bien,
le rôle du centre de communications santé, c'est, bien sûr, de prendre l'appel
qui provient du primaire pour affecter une ressource le plus rapidement
possible. Par contre, on passe à travers un protocole, comme je l'ai dit
tantôt, de 33... 33 protocoles médicaux à travers un questionnaire assez
rapide au niveau... avec l'appelant qui nous appelle. On a parlé du 9-1-1 PG
tantôt, le 9-1-1 évolué actuellement dans lequel on vit, l'affichage, c'est le
9-1-1 primaire qui nous dit... qui nous dicte les informations de la
localisation de l'appelant. Dans le futur, on va les avoir sans que ça soit
dicté par le 9-1-1. Donc, on rentre ça à travers nos cartes d'appel. On traite
le patient à travers le protocole. L'appelant, je vous ai dit le patient, mais
c'est toujours l'appelant qu'on dit parce que ce n'est pas la personne qui
souffre qui nous appelle. Des fois, c'est le cas, mais des fois ce n'est pas le
cas. Donc, on traite la personne à travers le protocole santé. On envoie les
intervenants. On gère aussi des premiers répondants. Donc, c'est souvent des
services incendie qui sont affectés par les centres de santé, ce qui est une
autre particularité de notre... notre environnement. On gère aussi des premiers
répondants DEA, donc des policiers de la Sûreté du Québec ou des services
municipaux qui se dirigent vers les appelants avec des défibrillateurs, ou...
ou ils ont des techniques aussi de désobstruction, ou tout ce qui est choc
anaphylactique, à titre d'exemple. Il y a des niveaux de premiers répondants au
Québec et les PR-DEA, c'est celui qui procède avec un défibrillateur. Donc, c'est
comme ça que ça fonctionne au niveau du centre de santé jusqu'à l'intervention
terrain, puis après ça, il y a une gestion des équipes terrain, du déploiement
dynamique qu'on appelle, on positionne les véhicules ambulanciers un peu
partout sur le territoire en fonction de ce qui se passe ou du nombre de
véhicules. Puis si je peux...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Oui, c'est terminé.
M. Fontecilla : C'est
terminé.
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre apport à la commission. Alors, nous suspendons
quelques instants pour accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 17 h 38
)
(Reprise à 17 h 43)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, la prochaine intervention est la Sûreté du
Québec, et j'accueille, en visioconférence, M. Patrick Marchand, qui est
inspecteur-chef et directeur des mesures d'urgence. Alors, M. Marchand,
bonjour. Alors, vous avez 10 minutes pour présenter votre mémoire et, par
la suite, nous procéderons avec une période d'échange avec le ministre et les
députés.
M. Marchand (Patrick) : Alors,
merci beaucoup. Merci d'abord à la commission de nous permettre de représenter
la Sûreté du Québec et de présenter la mission de la Sûreté du Québec. Donc,
comme vous le savez, la Sûreté du Québec, corps de <police...
M. Marchand (Patrick)T :
...la
mission de la Sûreté du Québec. Donc, comme vous le savez, la Sûreté du Québec,
corps de >police de niveau 6, assure les services en patrouilles,
gendarmerie et en enquêtes, ainsi qu'en mesures d'urgence et en services
spécialisés sur l'ensemble du territoire du Québec. Pour ce faire, la Sûreté du
Québec compte sur 8200 effectifs, 5885 policiers et 2321 membres
civils. Donc, notre mandat est de maintenir la paix, l'ordre et la sécurité
publique, prévenir et réprimer le crime, en assurant la sécurité des personnes
et des biens, en sauvegardant les droits et libertés de chacun et en étant
attentifs aux besoins des victimes et collaborer avec la communauté. Le
territoire desservi par la Sûreté du Québec, c'est 1042 municipalités
réparties dans 86 municipalités régionales de comté, ce qui représente
2 752 500 habitants, le territoire couvert est d'un peu plus de 1,1 million
de kilomètres carrés.
Pour ce faire, nous avons quatre
districts, le district nord, sud, est et ouest, qui se redivisent chacun en
deux régions. Plus précisément, la Direction des mesures d'urgence dirige et
coordonne les opérations spéciales ou mesures d'urgence, par exemple, les
inondations, les tempêtes, les conflits et soutien à la desserte autochtone et
la protection des dignitaires et dignitaires étrangers, les opérations de
maintien et de rétablissement de l'ordre, les situations d'urgence et les
désordres sociaux d'envergure, les missions de recherche et de sauvetage ainsi
que des équipes spécialisées telles que la plongée sous-marine, les
maîtres-chiens, l'équipe équestre et le volet héliporté.
Donc, nous maintenons une capacité
d'intervention, à la Sûreté du Québec, en mesures d'urgence via nos modules
d'intervention qui sont répartis dans trois points de service :
Saint-Hubert, Québec et Mascouche. Nous réalisons, bien évidemment, des
activités de veille et de suivi pour... ou assurons la coordination des événements
qui peuvent se dérouler sur le territoire du Québec. On assure une lecture
constante de l'environnement de façon à identifier les risques, les menaces et
les opportunités pour bien orienter les opérations. Nous avons également un
centre de vigie et de coordination opérationnelle qui est situé ici, au
quartier général, à Parthenais. Le centre compte des officiers, dont quatre
capitaines, huit lieutenants qui travaillent sur des relèves de façon à assurer
une présence de gestionnaires 24 heures sur 24, sept jours par semaine.
Donc, ils assurent une prise en charge en temps réel des événements
opérationnels. Ils peuvent coordonner les assignations et déploiements rapides
des mesures des ressources spécialisées. Ils assurent une coordination opérationnelle
dans les chaînes de communication, des commandements jusqu'à la prise en charge
de l'événement par des gestionnaires de l'organisation et fait un lien avec la
direction pour le suivi.
Spécifiquement, pour réaliser notre
mission, nous avons une structure des mesures d'urgence qui nous permet
d'établir une chaîne de commandement structurée, en cohésion. Pour ce faire,
nous avons des événements... donc, des critères de mise en place de la
structure des mesures d'urgence. Nous avons... que ce soit un événement
d'envergure demandant un déploiement d'effectifs au-delà de la capacité de la
desserte policière régulière, un événement qui peut impliquer un nombre élevé
de personnes impliquées, de victimes ou des circonstances hors du commun, ou
des événements impliquant plusieurs collaborateurs internes ou externes, ainsi
que plusieurs partenaires externes de la Sûreté<i> ou tout autre
événement ciblé dans un plan d'opération spécifique.
Précisément, dans le Plan national de
sécurité civile, nous avons la responsabilité de la mission évacuation,
sécurisation et réintégration. Conséquemment, lors d'un sinistre majeur, la
Sûreté du Québec doit notamment déployer en tout temps les effectifs
nécessaires pour assurer une évacuation massive, par exemple, et sécuritaire, assurer
la sécurité et la circulation prioritaire des travailleurs d'urgence qui sont
assignés à cette opération-là, qu'ils soient de l'intérieur de la Sûreté ou des
partenaires, et organiser et coordonner l'exécution d'opérations policières,
donc, porter secours aux personnes qui peuvent être sinistrées, donc les
rechercher s'ils sont disparus. On a également le mandat, dans les cas de
catastrophes majeures, de s'assurer de faire les enquêtes sur les décès et de
porter assistance aux coroners. Au-delà de ces mandats principaux et
intermédiaires, la Sûreté doit également coordonner l'évacuation de ces <sinistrés...
M. Marchand (Patrick)T :
...intermédiaires,
la Sûreté doit également coordonner l'évacuation de ces >sinistrés et
mettre en place des périmètres de sécurité et, selon le besoin, gérer les accès
aux zones qui sont interdites, répondre aux demandes d'assistance des
partenaires concernant les mandats et la mission de la sûreté, assurer la
présence d'un agent de liaison aux rencontres de l'organisation régionale de la
sécurité civile, agir à titre de responsable d'activité et de soutien pour les
11 autres missions des ministères et organismes prévues au plan national.
Notre structure, elle est à trois niveaux,
c'est-à-dire que le plus près de l'événement, il va y avoir autant de postes de
commandement établis que le besoin. On peut donner l'exemple des inondations ou
des feux de forêt qui, dans la dernière année, ont nécessité plusieurs postes
de commandement un peu partout dans le Québec. De façon régionale, nous avons
des centres d'opérations dans chacune des régions précitées un peu plus... au
début de ma présentation. Et, pour coordonner le tout, nous avons un centre de
contrôle qui est situé ici, à Parthenais, qui agit pour prendre en charge les
opérations et donner les orientations stratégiques, ce qui est en lien avec la
mission... avec l'OSCQ, donc les... l'OSCQ, les organisations régionales et les
organisations municipales. Donc, il y a une cohésion entre chaque palier de
l'organisation de la Sûreté du Québec et celle de la sécurité civile.
• (17 h 50) •
J'agis à titre de coordonnateur
ministériel dans le cadre de l'Organisation de la sécurité civile<i>.
Donc, je siège sur les différents comités et les différentes réunions et les...
au moment où la structure est déclenchée, je vais aussi participer ou faire des
présentations à l'OSCQ.
En terminant, bien, je voudrais vous
présenter quelques opérations qui vont venir un peu donner, en images, ce que
ça peut représenter. Dans la dernière année, d'avril à mai, nous avons eu des
inondations majeures. 142 municipalités ont été touchées par les inondations.
Plus de... de 800 résidents ont été évacués. Donc, on a activé notre
mission d'évacuation, sécurisation, réintégration. En décembre dernier, nous
avons intervenus dans notre mission dans le cadre des événements de la digue
Morier au réservoir Kiamika, donc deux municipalités touchées,
1 088 adresses au total et 2 334 personnes évacuées. En
juillet dernier, les pluies torrentielles et la crue des eaux qui ont frappé
l'ensemble du Québec, donc plus de quatre régions touchées. Et, bien
évidemment, du 27 mai au 25 août, la séquence des feux de forêt au Québec, où plusieurs
feux d'envergure ont menacé les municipalités, donc 13 déclarations
d'urgence locales qui ont été décrétées, 27 communautés évacuées, dont
certaines à plusieurs reprises, plus de 25 000 résidents évacués en
urgence.
La structure des mesures d'urgence avait
été mise en place de façon complète. Nous avons participé au Plan national de
sécurité civile. Plus de 500 policiers ont été déployés en surplus des
effectifs qui étaient déjà assignés en temps régulier sur les postes. Nous
avons mis en place des restrictions régionales pour assurer l'interdiction
d'accès à la forêt, collaborer avec différents ministères, dont le MRNF, et
nous avons réalisé 10 sauvetages héliportés pour 29 personnes qui
étaient en danger dans les endroits ciblés par les événements.
Donc, de façon assez rapide, ça présente
la Sûreté du Québec et sa mission à l'intérieur du Plan national de sécurité
civile.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant procéder à une période d'échange avec
le ministre pour un temps de 16 minutes 30.
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. Marchand.
M. Marchand (Patrick) : Bonjour.
M. Bonnardel : Content de
vous avoir avec nous en cette fin d'après-midi. On va le dire, disons que la
Sûreté du Québec a été un acteur non négligeable, elle aussi, dans la dernière
année 2023, puis je prends le temps de vous le dire au nom... au nom de
mes collègues, mais au nom de tous les Québécois et les Québécoises, là. Je
vous ai vu travailler à Baie-Saint-Paul, je vous ai vu travailler à la digue
Morier, je vous ai vu travailler aux feux de forêt, et, autant du côté
professionnel que du côté humain, vous avez fait tout un travail. Je vous dis
merci, encore une fois, au nom... au nom de tous les Québécois et en mon nom
personnel.
Puis, quand je dis professionnel et
humain, pour ceux qui ne le savent pas, je vous raconte une petite anecdote qui
en est une, mais qui en est une tellement le fun pour... c'est celle de
Chibougamau. M. Marchand, quand vos policiers, vos hommes et vos femmes ont
commencé l'évacuation, ceux qui se promenaient avec des bidons d'essence dans
la valise pour supporter et aider les <familles...
M. Bonnardel :
...ceux
qui se promenaient avec des bidons d'essence dans la valise pour supporter et
aider les >familles qui partaient puis qui n'avaient peut-être pas le
plein d'essence pour... pour quitter... quitter Chibougamau, bien, vos
policiers et vos policières ont aidé beaucoup, beaucoup, beaucoup de citoyens.
Donc, ça, il n'y a pas grand monde qui savait, mais je me fais plaisir aussi
aujourd'hui de le dire, de le dire publiquement.
Ça a été une question, M. Marchand,
que j'ai posée à pas mal tout le monde : Avec l'année difficile de 2023,
autant les feux, surtout les feux, mais aussi les inondations qui nous ont
frappées, puis le travail que vous avez fait, quelle sorte de post-mortem, un
peu, vous faites de cette dernière année? On est toujours dans un contexte
d'amélioration continue, c'est un terme qui est facile à dire, mais le mettre
en application, ce n'est pas non plus simple. Puis de se dire... bien, quand on
fait un pas de recul et on se dit : Bon, qu'est-ce qu'on aurait pu faire
mieux, que ce soient nos relations avec avec les citoyens, oui, mais relations
avec les villes, et tout ça? Donc, est-ce que ce qu'il ressort un ou deux
points importants pour vous, là, qui est une matière à amélioration face aux
événements qu'on a subis en 2023?
M. Marchand (Patrick) : Bien,
d'abord, merci beaucoup, M. le ministre, pour ces bons mots, c'est très
apprécié et ils seront relayés. Probablement un peu comme l'ensemble des
intervenants qui vont passer devant vous, force est d'admettre que la roue,
actuellement, ou la séquence des événements s'accélère dans les dernières
années. Vous savez, je fais des mesures d'urgence depuis plus de 13 ans et
je peux vous dire que cette année, ça a été la... l'année qui a été le plus
impactant en matière de sécurité civile, d'interventions, d'interventions en
mode catastrophe. Pour vous donner un exemple assez frappant, là, on sortait
des chiffres récemment et l'année passée, dans les feux de forêt, on avait
dépensé 2 000 $ dans une année qui était quand même un petit peu
tranquille. L'an passé, la Sûreté du Québec a investi, en 2023‑2024, le
budget 2023‑2024, plus de 5 millions en argent pour les feux de
forêt. Donc, du temps supplémentaire, de l'équipement, du temps-homme. Ça ne
compte même pas le temps régulier parce que, je vous le disais tantôt, les
500 policiers qui travaillaient en temps supplémentaire, bien, il y en
avait presque autant qui faisaient du temps régulier parce que c'était les
trois quarts du Québec qui étaient impactés par... par cette situation-là, ce
qui est assez particulier, là. On avait connu des feux de forêt localisés par
le passé. Maintenant, on a connu des sinistres qui étaient de plus grande
ampleur. Si je parle des... des inondations, anciennement, on avait une période
qui était très ciblée d'inondations, qui était le printemps, puis c'était... on
se préparait. Maintenant, on a des inondations et des glissements de terrain,
ce qui découle de l'eau, on en a en décembre, on en a un à peu près toute
l'année. Donc, notre séquence, nos connaissances de... Nos préparations vont
devoir être maintenant sur 12 mois par rapport à avant, où on avait une
séquence, les feux de forêt, c'était l'été et les inondations, c'était au
printemps. Tout, tout a changé, et je pense que ça va rester comme ça, là.
C'est une des constatations qu'on fait. Ça s'accélère, là, ça, c'est sûr, il y
a une accélération du nombre et des impacts que ça a sur la Sûreté.
M. Bonnardel : Parlez-moi un
petit peu du processus... des processus, parce que c'est arrivé plus d'une
fois, des processus d'évacuation des populations, relation avec... avec les
élus versus le fait qu'en peu d'heures, on dit : Bon, bien là, on évacue.
Le processus de mettre en place ces évacuations, d'aviser les gens. Je le
disais tantôt, vous avez... vous aviez des bidons pour supporter les familles
qui devaient quitter puis qui n'avaient pas le plein d'essence. Comment...
Est-ce que ça, ça s'est, selon vous, bien déroulé ou il y a matière à
s'améliorer en communication? Est-ce qu'on est allés... Est-ce qu'on n'a pas
été assez vite selon vous dans certaines situations, qu'on aurait pu faire
mieux? Je pense qu'on a bien fait dans son ensemble. Mais vous... qu'est-ce qui
ressort selon vous, là, de... des multiples évacuations qu'on a eues quand même
sur le territoire, là?
M. Marchand (Patrick) : Effectivement,
là, je pense que ça a très bien été. Là, si vous m'auriez demandé, il y a un
an, est-ce qu'on pensait être capables d'être prêts à évacuer une ville de la
grosseur de Sept-Îles dans le temps où on l'a fait? J'aurais peut-être été un
peu plus sceptique. Maintenant, je sais qu'on est capables de le faire. Un des
facteurs importants... Et je pense que la préparation de l'OSCQ, la loi, le
Plan national de sécurité civile, le fait qu'on est habitués, maintenant, de
travailler en synergie avec l'ensemble des partenaires, puis peut-être que le
volet pandémique qui nous a amenés, là, depuis quatre ans, à travailler
beaucoup avec les ministères, les organismes et les municipalités, mettre en
place cette structure-là nous a aidés. Quand il est arrivé les feux de forêt et
on a eu à faire une évacuation, les canaux de communication, ils étaient déjà,
je pense, assez bien ouverts entre les ministères, organismes et entre les
municipalités, ce qui a fait qu'on a pu le réaliser assez rapidement, ça, je
pense que c'est un facteur vraiment intéressant puis qui <contribue...
M. Marchand (Patrick)T :
...réaliser
assez rapidement, ça, je pense que c'est un facteur vraiment intéressant puis
qui >contribue au succès, le fait que l'OSCQ soit là quand on a ouvert
le CNCG puis que les acteurs étaient tous assis ensemble puis ils pouvaient
échanger l'information très rapidement. Parce que ce n'est pas... on va se le
dire là, à 8 000 personnes à la Sûreté, c'est sûr que je ne peux pas
couvrir l'ensemble du territoire complètement, j'ai besoin de partenaires pour
réaliser ça. Je coordonne, j'ai eu des bons partenaires. Si on prend l'exemple
de Sept-Îles ou de Chibougamau, les autorités municipales, que ce soient les
pompiers, que ce soient les travailleurs de la municipalité, les élus nous ont
donné un coup de main là-dedans, là. On s'est assis, on l'a fait puis on l'a
réalisé. Il n'y a pas assez de policiers au Québec pour faire ça tout seul. Ça
fait que c'était un mandat de coordination, mais c'est un mandat de
collaboration. On l'a vu dans les feux de forêt, pour restreindre l'accès à la
forêt à trois quarts du Québec, ce n'est pas vrai qu'avec les millions de
kilomètres de sentiers forestiers, on aurait pu réaliser ça avec
5 800 policiers. C'est... Puis je vais vous dire, là, le citoyen du
Québec a été bon aussi, il participe. D'ailleurs, c'est un des... c'est un des
des piliers du fondement de la loi puis il a bien participé à ça. Il a,
majoritairement, bien collaboré à ces actions-là. On a eu... Si on n'avait pas
eu le support, je pense, des citoyens, ça aurait été beaucoup plus compliqué.
• (18 heures) •
M. Bonnardel : Bien,
vous amenez un bon point. Souvent, on l'oublie, mais la responsabilité
citoyenne est importante puis dans ces situations hors du commun, bien, tout le
monde doit faire un effort majeur.
Puis j'ai peut-être une dernière question.
Le déploiement, là, vous avez... Expliquez-nous un peu plus, là, comment,
rapidement, vous avez pu... Juste pour les feux, là, je pense, je me souviens
des chiffres qu'on m'avait donnés, en Abitibi, c'était près de
200 effectifs d'un coup, là, qui avaient été... qui avaient été envoyés,
là? Comment ça fonctionne, chez vous quand... Vous demandez aux collègues, vous
levez la main, ça vous tente-tu d'être d'être envoyés dans telle situation ou
c'est : Bien, voici le portrait, puis là, bien, on vous demande de donner
un coup de main, ça fait partie du travail de policière, policier, là?
M. Marchand (Patrick) : En
mesures d'urgence, c'est un peu plus directif que ça, on tombe en structure
paramilitaire. C'est sûr que, bon, localement, en général, il va y avoir un
poste de commandement qui va être établi par le poste local de la Sûreté du
Québec. Ensuite, s'il y a plusieurs postes de commandement qui sont déployés un
peu partout dans une région, il va y avoir un centre d'opération qui va être
mis en place pour superviser ça. On en avait un en... bien, qui faisait tout le
district Nord, dans le fond, parce qu'on avait plusieurs postes de commandement
ouverts. Et là, bien, c'est eux qui vont nous dire leurs besoins. Ça fait que,
très rapidement, ils vont établir leurs besoins, ils vont dire : Moi, là,
pour faire ma patrouille de base, j'ai besoin de x polices. Pour venir m'aider,
j'ai besoin de x polices de plus. Moi, j'ai le pouvoir, en plus, de décréter,
en fonction du contrat de travail et des politiques de gestion, ce qu'on
appelle le 12-12, c'est-à-dire que soit sectoriel, soit à la limite, ça
pourrait aller même jusqu'à l'ensemble des effectifs de la Sûreté, je peux
les... suspendre des congés, suspendre les relèves normales et mettre autant de
policiers que j'ai besoin de jour ou de nuit pour faire la patrouille de base.
Puis je prends l'excédentaire pour aller faire le travail que j'ai besoin.
Donc, ça me donne un capital humain de quand même 5 800 polices. Dans
un cas comme les feux de forêt, il a été un bout de temps où on a engagé, si on
calcule, là, les effectifs réguliers qui, en même temps, faisaient de la
patrouille régulière, mais qui travaillaient aussi un peu pour les feux de
forêt pour sécuriser, on avait jusqu'à 800 personnes dans le nord, là, qui
travaillaient pour... pour rétablir ça. Mais j'avais quand même un bassin
important que j'aurais pu engager si la menace ou la situation se seraient
envenimées. J'avais... J'avais quand même un bon capital humain. On ne peut pas
faire ça sur une très longue période, les ressources s'essoufflent, à un moment
donné, on a des mécanismes en place pour être capables de leur donner des temps
de repos pour faire des... faire des rotations. C'est ce qu'on a fait à un
moment donné, surtout en période d'été, là. On sait que c'est un peu plus dur
parce que c'est... c'est une période de vacances. Il faisait beau, il faisait
très beau dans... dans la partie où il y avait les feux... les feux de forêt.
M. Bonnardel : Merci,
M. Marchand, je laisse...
M. Marchand (Patrick) : Ça
fait que c'est un peu comme ça.
M. Bonnardel : ...mes
collègues s'ils ont des questions.
Le Président
(M. Schneeberger) : Oui. Alors, nous allons du côté de la députée
de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne : Merci, M.
le Président. Alors, bonsoir. Moi, je serais curieuse de voir aussi... Dans le
cas d'une évacuation, tu sais, on parle beaucoup de communication, c'est quand
même important aussi pour développer... déployer les équipes tactiques, mais je
voulais savoir comment la SQ travaillait avec la MRC à établir, justement, un
poste de commandement avec la SOPFEU, avec la Croix-Rouge<i>, tu sais.
Comment ça se déploie sur le terrain, là, quand il y a une intervention qui
arrive?
M. Marchand (Patrick) : Chaque
municipalité a sa propre structure de mesures d'urgence et en temps réguliers,
là, les gens ont déjà des liens...
18 h (version révisée)
M. Marchand (Patrick) : ...en
temps régulier, là, les gens ont déjà des liens, que ce soit avec les autorités
municipales, les maires, par exemple. En général, les coordonnateurs en mesures
d'urgence sont désignés. Souvent, c'est des responsables des services incendie.
Donc, les liens sont déjà établis, et lorsque nous... bon. Nous, nous avons des
noms d'opérations, là, on aime beaucoup les noms, à la Sûreté du Québec. Donc,
tout ce qui est désastre, c'est des noms d'insectes. Donc, à partir du moment où,
par exemple, dans les feux de forêt, on avisait qu'on déclenchait l'opération
Chenille, bien, immédiatement, le directeur du poste se mettait en lien avec le
coordonnateur municipal de la... de la région touchée, et là on commençait tout
de suite à regarder quelle est la structure qu'on va mettre en place, quels
sont les besoins qui vont se qui vont se faire sentir, est-ce que tu as besoin
d'un agent de liaison dans... Parce qu'en général on va mettre une structure
unifiée, là, c'est-à-dire que la municipalité ouvre un centre d'opérations, puis
nous, on met un agent de liaison. On a notre propre poste de commandement, où
on prend nos décisions policières tactiques, mais on met un agent de liaison
avec la municipalité. C'est lui, en général, qui va nous donner des
informations sur des besoins que la municipalité a.
Les communications, elles, pour
communiquer avec le citoyen, bien... c'est sûr que notre service des
communications à la Sûreté du Québec est en lien avec Services Québec, il y a
des lignes de communication qui sont préparées, qui sont autorisées par la
structure de mesures d'urgence. Dans le fonds, il faut comprendre, là, une
structure des mesures d'urgence, c'est une Sûreté parallèle à la Sûreté, et on
bâtit un organigramme parallèle pour prendre en charge une opération le temps
qu'elle va durer.
Elle peut être très précise dans le temps.
Je vais vous donner... Par exemple, si on pense aux événements malheureux de L'Isle-Verte,
là, c'était restreint dans l'espace. Donc, on a bâti une Sûreté parallèle à ça
pour prendre en charge ces événements-là. Les feux de forêt, c'est un peu plus
large, mais, quand même, c'est une structure complètement parallèle, avec sa...
pendant que le reste de la Sûreté continue, elle, à desservir le reste de la
Sûreté du Québec. Donc, si j'ai besoin des gens de la logistique, des
communications, des ressources humaines, je me... moi, comme directeur des
mesures de l'urgence, j'ai le loisir de bâtir une Sûreté parallèle à la Sûreté,
et, pour cette opération-là, on relève directement de l'état-major et on fait
des rapports à l'état-major sur l'état d'avancement. Une fois que c'est
terminé, on défait cette structure-là, tout le monde retourne dans sa structure
normale, à ses occupations. Pour cette structure-là, les gens relèvent de la
structure, donc du commandement de la Direction des mesures d'urgence.
Mme Dionne : Merci.
Mme Jeannotte : ...une
dernière question, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
oui, il reste du temps. Députée de Labelle.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président. Bien, merci infiniment, M. Marchand, puis je tiens également à vous
remercier, là, pour les événements de la digue Morier, donc, ça a été
incroyable, votre support. Puis, justement, je vais faire du pouce sur ce que
ma collègue vient de poser comme question, l'ayant vécu moi-même. On dit :
Le diable est dans les détails, mais qu'est-ce que vous... qu'est-ce que, dans
le fond, vous aimeriez qu'on... quels étaient les éléments de surprise ou les
choses qu'on pourrait améliorer dans cette structure-là qui doit s'élaborer
très rapidement? Puis il y a des gens qui sont nerveux, il y a des
personnalités qui réagissent, il y a... sur le terrain, à chaque fois.
Maintenant que vous savez, toute cette
connaissance-là, cette expertise-là, y a-t-il des choses qu'on pourrait
améliorer dans... lorsqu'on met en place rapidement cette structure-là? Qu'est-ce
qui vous vient à l'esprit spontanément quand je parle, là, de... Parce que,
quand on est dans les premières heures, là, il y a énormément de nervosité.
Vous avez parlé de communications, mais y a-t-il des éléments qu'on devrait s'attarder
pour améliorer la mise en place de cette structure rapidement, là, qu'on doit
mettre en place?
M. Marchand (Patrick) : Bien
oui. Ce qu'on s'aperçoit, c'est que plus on connaît le rôle de chacun des
partenaires, plus on est efficaces. D'ailleurs, je suis content que vous me
posiez la question, parce que, dans le cadre du Plan national de sécurité civile,
il y a un plan d'action. Ce plan d'action là, l'an passé, on a choisi, nous, la
Sûreté du Québec, d'y mettre une action pour laquelle nous sommes responsables,
et cette action-là, c'est de faire connaître à l'ensemble des élus du Québec le
rôle de la Sûreté du Québec dans ce plan-là, de façon à ce qu'il n'y ait pas de
déception, il n'y ait pas de fausses attentes, que les gens sachent exactement
ce qu'ils peuvent s'attendre de la Sûreté du Québec si jamais le plan est
déclenché.
Donc, on a entamé une série d'actions pour
faire connaître. D'ailleurs, on touche du bois, là, c'est... les fils sont
quand même bien attachés, il va y avoir, à l'UMQ, à la FQM, des kiosques de la
Sûreté du Québec. Et, cette année, on a choisi justement ce thème-là pour aller
faire connaître à l'ensemble des élus. Et là on essaie de se glisser dans les
plénières pour faire une présentation générale, là, à l'ensemble des <élus...
M. Marchand (Patrick) :
...là,
à l'ensemble des >élus, de façon à ce qu'ils puissent connaître nos
services. Puis, quand on va déclencher, ils vont savoir exactement ce qu'on
peut leur apporter, ce qu'on ne peut pas leur apporter, donc ce qui doit être
fait par d'autres intervenants. Mais la beauté de la chose, c'est que ça prend
de la flexibilité, et je pense qu'on l'a, cette flexibilité-là. Des fois, il y
a des... il y a des choses qu'on va faire qui ne sont pas notre mandat premier,
mais il n'y a pas personne d'autre, où on est les mieux placés.
Je vais vous donner un exemple tout simple.
Dans une inondation, pas celle-là, pas cette année, il y a quelques années, il
y avait une... il y avait un élevage de chiens qui était isolé sur une île, personne
n'était capable de donner du support à ça, le cours d'eau était trop violent
pour pouvoir y accéder en bateau, et là on avait des bêtes qui étaient à
risque, qui n'étaient pas nourries. Bien, on a utilisé l'hélicoptère de la Sûreté,
qui normalement n'est pas fait pour ça, pour amener de la nourriture puis être
capables de s'assurer que les gens qui avaient cette mission-là de préserver,
donc, ils pouvaient... eux autres, ils ne l'avaient pas, mais nous, on l'avait,
cette capacité-là.
Donc, c'est ça que la Loi sur la sécurité
civile amène, c'est une flexibilité, d'être assis, tous les intervenants, puis
de dire : J'ai un besoin, qui peut me le faire? Ce n'est pas ma mission,
mais je suis capable de te le faire, je vais te le faire. C'est ça, la beauté
de la chose.
• (18 h 10) •
Mme Jeannotte : Ah bien!
merci beaucoup, c'est intéressant puis ça démontre qu'on est dans la bonne
direction, ça fait que je suis vraiment contente. Merci encore une fois, là,
pour votre intervention à Mont-Laurier, Chute-Saint-Philippe et Lac-des-Écorces.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle avec la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui, merci, M.
le Président. Merci beaucoup pour votre présence, M. Marchand, puis pour votre
témoignage. Je reflète les mêmes sentiments que mes collègues, votre rôle est
essentiel, puis on est chanceux de vous avoir sur le terrain pour accompagner
tous les citoyens, citoyennes, surtout en cas de sinistre puis dans des états...
quand on fait face à des catastrophes.
Je souhaite vous entendre... parce que
j'ai beaucoup apprécié votre présentation, mais je ne vous ai pas entendu en ce
qui concerne les dispositions à l'intérieur du projet de loi n° 50. Alors, je
voulais savoir si vous avez évalué les dispositions puis, si oui, s'il y avait
des éléments... Je présume que vous êtes en faveur, parce que vous avez parlé
grandement en faveur de tous les travaux qui sont déjà entamés, mais est-ce
qu'il y a des éléments que, vous jugez, on a à améliorer ou des éléments que
vous jugez qui sont plus opportuns à discuter ici, en commission parlementaire?
M. Marchand (Patrick) : Bien,
merci beaucoup pour la question. Et d'ailleurs la Sûreté du Québec avait
collaboré en amont à certains travaux, via l'OSCQ, là, pour amener des
réflexions. Je ne sais pas si c'est nos commentaires, mais, entre autres, le
fait que les décrets d'urgence des municipalités passent de cinq à
10 jours, bien, c'est quelque chose, ça, qu'on apprécie beaucoup, parce
que c'était rapide, cinq jours, pour les municipalités. Le temps de la
déclencher, de faire quelques actions, puis on était déjà rendus à savoir :
Est-ce qu'on est encore dans le décret d'urgence? Puis ce n'est pas toutes les
municipalités qui ont nécessairement les mêmes capacités. Les plus petites
municipalités avaient des fois, parfois, de la difficulté à suivre un peu la
cadence. Je pense que le projet de loi, en modifiant et en amenant ces décrets-là
à 10 jours, ça va être beaucoup plus facile, pour nous aussi, parce qu'on
va savoir qu'on est dans le cadre de mesures d'urgence.
Il faut comprendre que la loi, telle
qu'actuellement elle est faite, elle ne donne pas de pouvoir spécifique à la
police. Nos pouvoirs à nous sont donnés par d'autres lois, la Loi sur la
police, le Code de la sécurité routière le Code criminel, ainsi de suite. Donc,
là-dedans, il y avait... il y avait, je dirais, sur les... Par exemple, ce
qu'on a vécu cet été, dans les feux de forêt, nous, quand on fait une
restriction, c'était en fonction de la common law, parce qu'il y avait... bon,
le MRNF décrétait l'interdiction de forêt, mais nous, pour interdire à
quelqu'un d'y accéder, il n'y avait pas de conséquence pénale, donc on se
référait à la common law. Là, de ce qu'on peut comprendre du projet de loi, il
va y avoir des pouvoirs pour le ministre de décréter l'interdiction et de
nommer des gens... oh! excusez, de nommer des gens pour pouvoir appliquer ça.
Là, il va y avoir des conséquences pénales, et, si nous sommes désignés pour
appliquer les conséquences pénales, bien, c'est sûr que ça rajoute un outil.
Parce que l'utilisation de la common law, ça veut dire que, bon, j'interdis à
quelqu'un d'entrer, s'il n'écoute pas, on tombe en... à ce moment-là, dans une
portion du Code criminel, et ce n'est jamais <plaisant...
M. Marchand (Patrick) :
...criminel,
et ce n'est jamais >plaisant. On n'a pas eu à le faire dans les feux de
forêt, mais quelqu'un qui n'aurait pas écouté puis qui aurait voulu passer un
barrage ou une restriction, il aurait pu être arrêté, au Code criminel, pour
entrave au travail d'un agent de la paix ou différentes autres dispositions,
alors que, là, on va avoir, on pense, là, des dispositions pénales qui vont
nous aider. C'est, grosso modo, les deux choses qu'on a remarquées, là, à
l'étude du projet de loi.
Mme Maccarone : Et vous
n'avez pas fait mention de la réserve opérationnelle, les civils qui vont venir
en aide. Est-ce que ça, c'est quelque chose que vous appuyez, que vous avez
peut-être des préoccupations... formation?
M. Marchand (Patrick) : Bien,
bien évidemment que le... je le disais tantôt, je pense, le succès ou la pierre
angulaire de la loi qui est actuellement, c'est l'intercollaboration entre les
différents ministères et organismes. Donc, d'avoir un bassin plus grand de gens
qui sont formés, équipés, on ne peut pas être contre ça parce que c'est le
succès de la sécurité civile, c'est le travail coude à coude.
Mme Maccarone : Vous avez
parlé beaucoup de le déploiement de vos effectifs lors des cas de sinistres,
surtout quand un état majeur est déployé. Comment est-ce que vous priorisez le
déploiement de vos équipes, étant donné que vous faites face à une pénurie
d'effectifs? On a beaucoup de vos policiers qui sont en temps supplémentaire,
on entend des histoires qu'ils sont brûlés, ils sont fatigués. Ça fait que
comment est-ce que vous priorisez le déploiement de vos équipes dans un cas
d'urgence?
M. Marchand (Patrick) : Bon.
Il faut comprendre d'abord que les premières ressources qui sont engagées dans
les premières minutes, c'est toujours le poste local qui fait face à la menace,
de façon à prendre en charge le plus rapidement possible, immédiatement. En
général, on va essayer de regarder si, régionalement, les gens sont capables de
subvenir à l'événement. Il faut comprendre aussi qu'il y a le service
d'intervention d'urgence, qui relève de moi. Au total, toute la direction chez
nous, on est 125 membres, et en général ce sont les premiers qu'on lance dans
la mêlée pour venir supporter les gens.
Donc, c'est ce qui a été fait. Les
premiers policiers qui ont été envoyés en renfort à Sept-Îles pour l'évacuation
d'urgence, c'étaient les gens du service d'intervention d'urgence, donc une
trentaine de policiers qui sont formés, équipés, habitués à suspendre un peu le
quotidien et leurs congés pour remettre ça à un peu plus tard. Donc, on les a
lancés dans la mêlée assez rapidement, et là, après ça, quand on a vu que ça
nécessitait des ressources supplémentaires, qui étaient, il faut se le dire,
assez exceptionnelles, on n'était pas dans le régulier, là... puis est-ce qu'on
va le revivre l'année prochaine ou, en tout cas, cet été, de cette ampleur-là, on
ne le sait pas, mais... Et là, à ce moment-là, on y a été par déclenchement de
ce que je vous expliquais, c'est-à-dire le fameux article sur le 12-12,
c'est-à-dire qu'on prenait... On a commencé par un poste, la région, on a fini
avec presque tout le district pendant une certaine période, et là on s'est
assuré d'avoir une rotation dans nos gens, de façon à donner des journées de
congé pour que les gens puissent aller se reposer un peu.
Il y avait des gens là-dedans qui étaient...
Vous avez parlé... ce n'est pas vous, mais vous avez parlé de Chibougamau.
Chibougamau, les gens, ils étaient en opération, ils étaient évacués en même
temps, ils faisaient les deux, et j'ai des gens en Abitibi qui étaient évacués
de Lebel-sur-Quévillon mais qui, en même temps, devaient assurer... Donc, on
vient leur donner des périodes de congé de façon à reposer nos gens. Et on
avait quand même une bonne capacité de réserves, là, on n'avait pas encore
atteint un point de rupture, parce que 800 sur 5 000, il y avait encore un
petit peu de... on peut aller chercher des enquêteurs qui sont formés puis qui
ont encore leur équipement de patrouilleurs, et j'ai mes partenaires. La
restriction des régions... Le MRNF, ses employés en ont fait, on a fait de
l'éducation, on a fait de la prévention, on a fait... et on a fait beaucoup de
communication avec les citoyens, et; en général; ça a très bien fonctionné.
Mme Maccarone : Parce que
c'est une formation spécifique, quand on parle d'évacuation?
M. Marchand (Patrick) : Non.
L'évacuation, en tant que telle, ce n'est pas une formation, outre que... Parce
qu'en général c'est un plan de porte-à-porte, il y a une opération qui est
prévue pour ça qui prévoit les actions qu'on doit poser dans du porte-à-porte.
Si on prend l'exemple de Sept-Îles, par exemple, on avait décidé... on avait quadrillé
la ville en secteurs et on avait assigné des ressources, et là, dépendamment
d'où le feu aurait été rendu, on entamait des quadrillages de secteur, ça fait
que les ressources avaient été identifiées, on prenait ce secteur-là, par
exemple, secteur nord, je ne me souviens plus exactement du nom, et là on
l'évacuait. Donc, c'est le premier qu'on faisait, et ensuite, si le feu
dépassait telle limite, on faisait un autre secteur. Ça fait que toutes les
ressources étaient identifiées d'avance.
Mme Maccarone : En parlant
d'évacuation, j'ai pris le soin de parler avec beaucoup de vos <collègues...
Mme Maccarone :
...avec
beaucoup de vos >collègues, beaucoup de vos membres, en ce qui concerne
le projet de loi, pour prendre un peu le pouls, puis ce qui est sorti
régulièrement des policiers, c'est que vous n'avez pas les mêmes pouvoirs
d'évacuation que les pompiers, ça fait que, malgré que vous travaillez dans ces
mesures, dans l'état d'urgence, bien, vous n'avez pas le pouvoir d'obliger quelqu'un
de sortir de chez eux comme les pompiers, qu'ils ont. Puis c'était une demande
d'eux de formuler ce type de modification à l'intérieur du projet, mais vous,
vous ne l'avez pas évoqué dans votre présentation, ça fait que je veux juste
peut-être mieux comprendre votre position.
M. Marchand (Patrick) : Bien
là, de ce... le ministre va avoir maintenant le pouvoir d'évacuer en matière
d'incendie. En matière d'inondation, on a toujours les pouvoirs de common law,
on a des pouvoirs. Cependant, et c'est correct comme ça, c'est que l'obligation
législative d'aller chercher les motifs, en urgence... on se doit d'avoir des
partenaires.
Et je vais vous donner l'exemple de
comment on a fonctionné cette année avec le MRNF et les feux de forêt. C'est-à-dire
que le MRNF avait décrété, par exemple, la restriction à une zone particulière,
on prenait des points de contrôle et on signifiait aux gens qu'ils n'avaient
pas le droit. Advenant le cas où on avait un signalement que quelqu'un n'avait
pas écouté notre ordre et avait contourné, bien là, on allait voir avec les
spécialistes du secteur, donc, la SOPFEU : est-ce qu'il y a un danger réel
à ce moment-là, là, qui... dans les... dans les prochains temps? Oui? Parfait.
On faisait l'intervention et là on avait le pouvoir de dire : Si tu
n'écoutes pas, à ce moment-là, ça devient une entrave au travail d'un agent de
la paix. Et ça fait plusieurs années qu'on fonctionne comme ça, ça a toujours
bien été, et on n'a pas de problème là-dedans.
• (18 h 20) •
De ce qu'on comprend, dans la nouvelle loi
en matière d'incendie, pour restreindre, il va y en avoir. C'est sûr que ça va
peut-être faciliter un petit peu, mais la même logique s'applique, c'est-à-dire
que les policiers, avant de l'exécuter, se doivent d'utiliser le gros bon sens
aussi un petit peu.
Il y a de l'émotivité, dans les
évacuations, vous savez. On prend quelqu'un, on prend un citoyen, on lui dit :
Tu vas quitter, tu vas laisser derrière toi ta maison, tes biens, tu ne sais
pas s'ils vont être là mais qu'il revienne. Il faut être humain, là-dedans, puis
il faut comprendre que les gens n'ont pas nécessairement la même lucidité de
prendre les décisions que lorsque ça ne les touche pas. Ça fait que je pense
que nos policiers sont bien formés à ça puis la chaîne de commandement est bien
consciente de ça aussi.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça? Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition,
et j'entends le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. Marchand. Écoutez, à vous entendre, à entendre votre
témoignage, on prend un peu l'ampleur de votre travail, de votre niveau
d'intervention. On en comprend aussi que... deux éléments, somme toute. Tout
d'abord, la communication, la coordination, dans une année qui était comme une
sorte d'année test, l'année passée, là, ça fonctionne bien, d'après ce que je
comprends, entre les différents ministères, avec les paliers municipaux, etc.,
à moins que vous me disiez qu'on peut améliorer cet élément, ce qui est
toujours possible. D'autre part, le PL 50 vous donne des outils légaux pour
mieux faire votre travail en termes de... lors des évacuations, là.
Il y a une... Vous avez dit quelque chose
qui m'a intrigué, là, ça concerne d'autres niveaux que le vôtre, vous avez dit :
Des fois, les petites municipalités ont de la difficulté à suivre la cadence.
Et je me questionne sur la capacité des petites municipalités à faire face à
des catastrophes, des sinistres de grande ampleur. Qu'est-ce que vous avez
voulu dire, là, par «certaines petites municipalités ont eu de la difficulté à
suivre la cadence»?
M. Marchand (Patrick) : Bien,
c'est-à-dire que vous comprenez qu'une municipalité, par exemple, de moins de 1 000 habitants
n'a pas la même... n'a pas le même niveau de préparation que la ville de
Québec, la ville de Lévis pourrait avoir, ou la ville de Sept-Îles avait, mais
la beauté de la chose, je pense, c'est que les organisations régionales en
sécurité civile, via leurs conseillers, sont justement venues prendre en charge
ces municipalités-là et les supporter dans la prise de décisions et des actions
à poser. Donc, ça, c'est un facteur, je pense, qui est... qui est rassurant
pour les... pour les municipalités.
Et moi aussi, là, comme Sûreté du Québec,
comme police de juridiction, j'ai un rôle à jouer là-dedans. Je vous le disais,
on veut les... on veut les éduquer à savoir exactement quel est notre <rôle...
M. Marchand (Patrick) :
...savoir
exactement quel est notre >rôle puis qu'est-ce qu'on peut faire pour eux,
mais, rapidement, quand il survient un événement, il faut que je communique
avec eux, il faut que je leur dise : Voici ce qui risque d'arriver. Mais
je pense que les organisations régionales de la sécurité civile viennent bien
supporter les différentes municipalités qui n'ont peut-être pas des contentieux
légaux, ils n'ont peut-être pas les fonctionnaires autant que la ville de
Sept-Îles, Baie-Comeau pouvaient avoir, ou Rouyn et Val-d'Or. Donc, je pense
que les organisations régionales de la sécurité civile viennent vraiment bien
les supporter là-dedans puis les conseiller, et eux-mêmes sont supportés par
l'appareil de l'OSCQ. Donc, si ça déborde et ça prend de l'ampleur, ils sont
capables d'aller chercher...
Et je vais vous dire, là, les quatre ans
de... bien, les trois ans de pandémie, où on était pratiquement en opération
tout le temps parce qu'on a eu différentes mesures à mettre en place, ça a été
un mosus de beau laboratoire pour attacher les fils de communication, puis on
s'en sert maintenant, là, on a les fruits de ce trois ans de pandémie. Il y
aura eu au moins des bonnes choses qui peuvent ressortir d'une pandémie, c'est
que les fils avec les différents ministères, organismes et partenaires de tous
les niveaux... on n'a pas eu le choix de se parler, pendant trois ans, pour
mettre en place différentes mesures, que ce soient les restrictions sanitaires,
ou les restrictions de région qu'on a connues, ou le couvre-feu. Donc, je pense
que ça a été un facteur qui a été facteur de succès pour les autres opérations
qu'on va vivre.
Là, c'est sûr qu'il y a toujours un
roulement de gens. Les acteurs, parfois, changent au niveau politique,
municipal. C'est à nous de maintenir la cadence pour bien tout le temps les
informer de nos rôles et responsabilités, je parle, en tout cas, beaucoup pour
la Sûreté du Québec. On va essayer d'être présents dans les prochaines années
pour qu'ils comprennent bien notre rôle.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. 10 secondes.
M. Fontecilla : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
M. Marchand, merci pour votre implication au niveau de la commission.
Alors, c'est très précieux. Alors, je vous souhaite une belle fin de journée.
Et, pour nous, nous suspendons quelques
instants pour accueillir le dernier groupe de la journée.
(Suspension de la séance à 18 h 26)
(Reprise à 18 h 32)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Alors, nous en sommes à notre dernier groupe de la
journée. Nous accueillons l'Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador,
alors, représentée par M. Diamond et M. Lavigne.
Alors, bonjour à vous deux. Alors, vu que
les présentations ont été faites, je vous laisse, vous avez un 10 minutes
pour présenter votre mémoire et, par la suite, on va avoir une période
d'échange avec les députés et le ministre.
M. Diamond (Maxime) : Parfait.
Tout d'abord, merci à la commission de permettre à l'APNQL, l'Association des Premières
Nations Québec-Labrador, de prendre place ici aujourd'hui et représenter les
Premières Nations. Une petite nuance, nous ne sommes pas l'APNQL, mais bien le Grand
conseil Waban-Aki, maintenant appelé W8banaki. Nous sommes une organisation
tribale. Un petit peu plus loin, je vais présenter l'organisation en détail. Je
me nomme Maxime Diamond, directeur des mesures d'urgence et de l'habitation chez
W8banaki. Je suis accompagné aujourd'hui de mon spécialiste en gestion des
urgences, Daniel Lavigne, qui va participer à sa présentation un peu plus loin.
C'est quoi, le Conseil tribal W8banaki?
C'est une organisation abénaquise à but non lucratif offrant des services aux
communautés autochtones du Québec. Fondé en 1979 sur le territoire de Wôlinak,
W8banaki possède, entre autres, des expertises en services techniques, services
sociaux et gestion des urgences. La représentation, le développement et l'administration
sont les missions primaires auprès des membres abénaquis, mais l'ensemble des
Premières Nations reconnaît W8banaki dans leurs différents secteurs d'activités.
Apolitique, l'organisation ne prend aucune
position sur la gouvernance des communautés autochtones de la province et du
fédéral. Elle partage ses observations et ses recommandations lorsqu'elle est
invitée à le faire, comme dans le cadre du projet de loi... du PL 50. Depuis
2018, le département de la gestion...
18 h 30 (version révisée)
M. Diamond (Maxime) : ...depuis
2018, le Département de la gestion des urgences de W8banaki, mandaté par Services
aux Autochtones Canada, SAC, soutient les Premières Nations dans le cadre des
quatre piliers de la sécurité civile.
Le Programme d'aide à la gestion des
urgences, communément appelé PAGU. W8banaki a été présent pour soutenir les
communautés des Premières Nations, entre autres durant la pandémie de la COVID-19,
les inondations de 2019 et plus récemment lors des feux de forêt de l'été 2023.
Durant ces événements, les communautés ont pu compter sur une équipe hautement
formée afin de répondre aux incidents, obtenir l'accompagnement nécessaire dans
l'implantation des services aux membres des communautés affectées ainsi que le
rétablissement de la situation.
W8banaki prend la parole afin d'exprimer
ses interrogations face à la PL 50 et partage ses réflexions ainsi que ses
recommandations aux membres de la Commission de l'aménagement du territoire .
La résilience des Premières Nations sur le
territoire québécois.
Sur le territoire du Québec habitent 10 Premières
Nations différentes constituées de 99 638 membres, dont 58 147 membres
vivent sur une quarantaine de communautés reconnues aussi appelées réserves.
Les communautés des Premières Nations
réfèrent à la Loi sur les Indiens, qui est de niveau fédéral. Cette loi permet,
entre autres, au gouvernement fédéral d'administrer des gouvernements locaux
des Premières Nations et de la gestion des terres de réserves.
La Loi sur les Indiens définit aussi l'obligation
du gouvernement fédéral envers les Premières Nations en matière de sécurité
civile visant à favoriser la résilience aux sinistres sur les communautés. Rien
ne figure dans la Loi sur les Indiens.
Dans ce contexte, SAC, <i>Services Autochtones
Canada a mis en place un programme d'aide à la gestion des urgences. Au Québec,
SAC et W8banaki soutiennent les communautés dans le cadre de la Loi fédérale
sur la gestion des urgences et la diligence raisonnable. De ce fait, comme c'est
le cas dans la Loi sur la sécurité civile actuelle, il est... il n'est pas
surprenant de constater qu'il n'y a aucune mention claire à propos des
Premières Nations dans la PL 50.
Dans la mesure où le PL 50 vise à
favoriser la résilience aux sinistres sur l'ensemble du territoire québécois en
responsabilisant principalement les municipalités, on pourrait penser que cela
inclut les principales communautés, réserves des Premières Nations. Toutefois,
et encore une fois, il n'y a rien de clair au sujet du statut de réserve du
côté municipal, bien que la plupart de celles-ci figurent au répertoire des
municipalités du Québec, non pas dans la liste de répertoire qui précise... entre
autres que les villages cris et naskapis ne sont pas inclus dans la liste, mais
plutôt via l'outil de recherche de répertoire. Par exemple, la communauté de Wôlinak,
où à peine quelques données géographiquement figurent.
Tout ceci laisse donc un grand flou face,
entre autres, aux interactions entre les municipalités et les réserves en matière
de résilience face aux sinistres, à l'analyse de risques, aux plans des mesures
d'urgence ainsi qu'au traitement réservé aux membres des Premières Nations
vivant sur réserves, par exemple lors d'évacuations hors réserve.
Une collaboration entre toutes les parties
prenantes lors d'un sinistre sur territoire québécois devrait être envisagée.
Les plans régionaux de résilience aux sinistres devraient prendre en
considération la présence des communautés près des municipalités. Qui plus est,
le ministère de la Sécurité publique ainsi que toute une autre organisation du
gouvernement provincial impliquée gagneraient à être plus proactifs auprès des
organisations et des communautés des Premières Nations pour tisser des liens
solides afin de bien définir le rôle et les attentes des parties prenantes, l'objectif
commun étant d'augmenter la résilience aux sinistres en territoire québécois.
Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :5909 Le Président (M. Schneeberger) :Oui.
M. Lavigne (Damien) : De mon
côté, je vais poursuivre avec l'analyse qu'on avait faite du projet de loi n° 50,
et on suggère quelques recommandations du côté de W8banaki. Donc, les quatre
prochains points vont suivre, entre autres, les observations qu'on a faites.
Je débute avec le premier. Nous avons noté
l'absence de documentation claire définissant la coordination entre la
province, les municipalités et les Premières Nations en cas de sinistre ou de
catastrophe. C'est une lacune qui engendre des difficultés significatives en
matière d'interopérabilité et de coordination des efforts de réponse.
Aucun document ne décrit la coordination
entre la province, les municipalités et les Premières Nations, comme nous le
mentionnons. Ce que nous suggérons, c'est que... Comme les Premières Nations ne
sont pas intégrées dans les structures de sécurité civile au Québec, elles
évoluent de façon générale dans un monde plutôt parallèle. Il arrive qu'elles
soient exclues, ignorées ou encore intégrées bien après les autres parties
prenantes lors d'un sinistre ou d'un sinistre imminent. La concertation et la
coordination entre la province, les municipalités et les Premières Nations sont
ardues par cet enjeu de structure. Aucun document ne décrit comment la
coordination devrait se faire, tant sur le terrain ou du point de vue de la
gouvernance. Les MRC, les villes, les municipalités devraient devoir se
concerter avec les Premières <Nations...
M. Lavigne (Damien) :
...devraient devoir se concerter avec les Premières >Nations
avec lesquelles elles partagent le territoire pour les aspects de préparation
aux urgences majeures dont la source est hors réserve, mais qui ont un impact
sur les personnes, les infrastructures, l'environnement et le bien des
Premières Nations. Un document-cadre devrait être identifié, des méthodes de
coordination avec les Premières Nations... et faciliter les interventions
d'urgence à grande échelle. Un document-cadre concernant les rôles,
responsabilités et les normes applicables devrait être rédigé afin de soutenir
le bon déroulement des opérations d'évacuation et assurer les standards
applicables, qu'ils soient compris dans... qu'ils soient compris de tous lors
d'évacuations. On met en exemple, entre autres, le Joint Emergency Management standards,
qui provient de l'Ontario, qui couvre ces éléments.
Mon deuxième point se porte sur : le
projet de loi ne prévoit pas d'interaction entre les mesures de gestion des
risques des municipalités et les droits, territoires et ressources propres aux
Premières Nations. Ce qui peut apporter comme solution que les MRC, les villes,
les municipalités devraient devoir se concerter avec les Premières Nations avec
lesquelles elles partagent des territoires pour les aspects de gestion des
risques hors réserve, mais qui ont un impact tout de même sur les personnes,
les infrastructures, l'environnement et les biens et des Premières Nations.
• (18 h 40) •
En troisième point, nous parlons de la
protection du patrimoine culturel et environnemental autochtone qui devrait
être intégré comme principe dans la loi afin qu'il soit possible de les
protéger lors d'une l'urgence. On met en exemple le Old Post de Nemaska :
est situé hors réserve et, l'été dernier, il a été menacé par les flammes, mais
en revanche, comme ce site d'importance patrimoniale n'est pas reconnu, il
n'était pas possible de... de faire la défense de ce territoire qui faisait
face aux flammes.
En quatrième lieu, nous abordons la
consolidation de la relation entre la SOPFEU et les Premières Nations dans le
changement de gouvernance. Pour nous, la SOPFEU est un partenaire qui est à...
qui est très, très important, qui accompagne les communautés dans l'atténuation
des risques et dans la préparation aux urgences. Le ministère qui est proposé
actuellement dans le projet de loi n° 50 devrait
convenir du maintien des services offerts par la SOPFEU dans l'objectif
d'éviter que les responsables des mesures d'urgence des Premières Nations
soient dépourvus de soutien par la province lors de feux de forêt.
Ce qui nous amène comme conclusion que
W8banaki comprend que le projet de loi n° 50 proposé
vise à renforcer la sécurité civile, l'objectif commun étant d'augmenter la
résilience aux sinistres en territoire québécois. On y décerne une volonté de
clarification des rôles et responsabilités de toutes les parties prenantes à la
gestion des urgences découlant d'un sinistre. Paradoxalement, l'ensemble des
Premières Nations du Québec, parties prenantes lors de la majorité des derniers
sinistres majeurs survenus en territoire québécois, ne semblent pas être
clairement considérées. Minimalement, il serait profitable pour toutes les
collectivités québécoises que ce soit défini... que soit définie la
coordination entre la province, les municipalités et les Premières Nations.
Dans le réseau des intervenants en mesure
d'urgence des Premières Nations, dont nous, on fait partie, W8banaki, il y a
quatre mots qui priment, ce sont les quatre c : la coopération, la
collaboration, la coordination et la communication. Ces quatre c sont garants
d'un réseau fort prônant la proactivité et le travail d'équipe. Ceux-ci
résument bien la vision du PAGU W8banaki concernant le projet de loi n° 50. C'est dans cet esprit que W8banaki tend la main aux
organisations du gouvernement provincial afin de tisser des liens solides en
matière de résilience et aux sinistres.
Pour les points mentionnés plus...
derniers, je tiens à remercier d'abord le président ainsi que le ministre
Bonnardel et Mmes et MM. les députés pour nous avoir écoutés lors de la
présentation. Ça résume la présentation. Merci grandement.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup, M. Lavigne et M. Diamond, pour votre présentation. Alors,
nous allons débuter... nous débutons, pardon, une période d'échange avec M. le
ministre. Alors, vous avez la parole.
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Messieurs, vous êtes les derniers de la journée, mais non les
moindres. Votre mémoire est très instructif. Puis je n'ai pas de leçon à vous
donner, là, sur les façons... les façons... vos explications que vous nous
donnez aujourd'hui. Vous savez très bien que la sécurité civile sur les
communautés, c'est de juridiction fédérale. On a dû travailler... On a dû
travailler, lors de la dernière saison des feux, qui a été majeure, avec <i>Services
Autochtones Canada. Vous le savez, on a évacué près de 10 000 de vos
compatriotes partout sur le territoire, et, quelques fois, plus d'une fois.
Mais je vais aller... Je voulais juste
exposer la situation. Puis je veux... je voulais vous exposer un peu les... Ce
n'est pas parce que c'est de juridiction fédérale qu'on se dit : On ne
fait rien. Quand je dis ça, je le dis pour vous rassurer, oui, dans une
certaine mesure, en vous disant que ce qui va être important pour moi puis pour
le ministère, c'est que dans les prochaines semaines, vous êtes un acteur non
négligeable, avec <i>Services Autochtones <aussi...
M. Bonnardel :
...avec
Services Autochtones >aussi, pour assurer, je vais dire, des
services-conseils, mais c'est peut-être plus que ça encore vis-à-vis vos
collègues, vos... les différentes communautés. Donc, vous allez être parties
prenantes de futures rencontres avec la... avec la sécurité civile, notre
sous-ministre, dans les prochaines semaines. Puis on va aussi mieux faire
connaître le rôle de la sécurité civile du Québec aux... aux différentes
communautés, parce que, bon, la situation de 2023 risque de se répéter. On ne
le souhaite pas, là, mais, si ça se répète, il faut continuer de bien faire
notre travail, mais que vous soyez des partenaires encore plus... encore plus importants
pour la suite des choses.
Puis, une des portions où vous mentionnez,
pour moi, qui est... qui est importante, c'est la gestion des risques. Même si
on ne l'a pas mentionnée dans la loi, dans l'habilitation réglementaire, vous
allez être parties prenantes de cette complémentarité, si je peux le dire
ainsi, entre les autorités municipales et vous-mêmes, les Premières Nations,
pour être capables de définir... de définir un partenariat entre... entre vous
et les communautés pour que cette définition de gestion de risques, bien, soit...
soit autant utile pour vous que pour les autres communautés. Donc, ça, soyez-en
assurés, là, que vous allez être parties prenantes, là, de ce règlement qui va
définir votre rôle aussi dans tout ça. Et, pour moi, ça va être... ça va être important.
J'ai juste le goût de... ma première
question, de vous... J'imagine qu'avec l'été qu'on a eu, vous avez posé des
questions, vous avez parlé aux différents membres des différentes communautés.
Comment ça s'est... Je pense, la réponse, je pense la savoir. Mais les 10 000 personnes
de vos membres, de vos... des différentes communautés qui ont été évacuées,
j'étais quand même présent pas mal lors de ces évacuations, est-ce que dans
l'ensemble on ressort avec un bilan... positif de ces évacuations? Parce que <i>Services
Autochtones Canada, je le répète, nous ont dit : pas François, M. le
ministre, vos équipes, vous embarquez sur le terrain puis vous donnez tout ce
que vous pouvez pour... Puis, tu sais, je le dis souvent, là, c'était sauver
des vies qui était le premier réflexe qu'on voulait pour l'ensemble...
l'ensemble des Québécois qui étaient évacués, là. Est-ce que ça s'est bien
déroulé, selon vous, ou il y a matière à amélioration pour la suite des choses?
Puis j'imagine que c'est des questions aussi qu'on... qu'on allait vous poser
aussi de la part... de la part du ministère, là, mais je veux vous entendre
pour le bénéfice de tout le monde, là.
M. Diamond (Maxime) : Damien,
tu veux te prononcer, ou...
M. Lavigne (Damien) : Absolument.
M. Diamond (Maxime) : Premièrement,
oui, il y a toujours matière à amélioration dans peu importent les projets dans
lesquels nous participons. Cet été, on a vécu plusieurs événements qui se sont
reproduits. Vous l'avez mentionné, M. le ministre, on a dû évacuer et réévacuer
certaines communautés. Techniquement parlant, on a senti le support aussi des
municipalités qui ont accueilli nos membres des Premières Nations, qui a été...
ça a été un enjeu majeur pour nous, là. On a pu faire la gestion des
évacuations comme il se devait grâce au support de tout ce qui était alentour
de nos communautés.
Damien, si tu veux poursuivre.
M. Lavigne (Damien) : Merci,
M. le ministre, pour votre question. C'est grandement apprécié.
Actuellement, étant donné qu'on est... dans
la préparation, on peut vous certifier que de notre côté, on est en rétroaction
auprès des communautés à recueillir leurs commentaires, à savoir comment était
l'accueil dans les sites de sinistrés, comment était le travail de la <i>Croix-Rouge,
qui est un partenaire direct avec nous, ainsi que le travail de la SOPFEU,
notre travail personnel ainsi que le travail du fédéral. On ne mentionne pas le
travail de la province, parce que de façon générale, comme vous le mentionnez,
les communautés sont sous juridiction fédérale. Donc, dans le but où
généralement le MSP offre différents services et est également attaché à la
SOPFEU, est également attaché à la Croix-Rouge, il va de soi de faire tout de
même un travail en amont avec eux, de mieux comprendre nos rôles et
responsabilités.
De ma part, j'ai été sur le terrain à
plusieurs reprises, que ce soit du côté de Val-d'Or, que ce soit du côté du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Rentrer dans les centres d'opération d'urgence, directement sur les centres de
sinistrés, était très facile, ça allait très, très bien, la collaboration était
numéro un. De façon générale, les communautés, ce qu'elles vont préférer, c'est
d'évacuer dans une communauté soeur, où encore cette année on ne vise... le
moins possible d'évacuations. On a travaillé avec la Santé, qui est une branche
de <i>Services Autochtones Canada qui s'appelle la Direction générale de
la santé des Premières Nations et des Inuits, avec qui on a développé un projet
qui... qui s'appelle les centres d'air pur, les centres d'air pur étant des
endroits à pression positive, évitant justement que la qualité de l'air à
l'intérieur de cet endroit-là ne soit néfaste pour la population vulnérable.
Ceci dit, ce n'est pas un outil qui est à
100 % étanche, ce n'est pas un outil qui va être 100 % «bulletproof»,
si vous me permettez l'anglicisme, pour l'été prochain. Donc, on s'attend
justement à avoir un bon travail de notre côté autant avec l'association de la
sécurité civile du Québec, qui nous donne un bon coup de main en approchant
différentes villes pour nous permettre d'avoir des lieux clés pour accueillir <les...
M. Lavigne (Damien) :
...d'avoir des lieux clés pour accueillir >les différentes
communautés qui risqueraient de quitter. Parce que, cette fois-ci, on ne veut
pas que les communautés nécessairement, même s'ils ont le... le dernier mot à
ce niveau-là, ne quittent seulement à cause de la fumée. Les municipalités ne
l'ont pas fait l'année dernière, et on aimerait que ce soit également
applicable du côté des communautés grâce à notre service-conseil, grâce aux
conseils de la SOPFEU, qui vont mentionner le comportement du feu, par exemple,
sans nécessairement prendre la décision pour la communauté de dire : Vous
devez évacuer. Ce n'est pas leur mandat. Donc, nous non plus, on ne prend pas
la décision. Ça va toujours rester le mandat du chef. Mais avec des outils
comme le centre d'air pur, les bons outils également d'analyse de la situation
du feu, les bons plans de mesures d'urgence, les bonnes analyses de risque et
en ayant des lieux stratégiques près des municipalités ou des villes d'accueil,
ça va être un travail qui va être fait beaucoup plus facilement lors
d'évacuations, si celles-ci arrivent durant l'été prochain.
• (18 h 50) •
M. Bonnardel : Comment vous
avez... Comment vous avez évalué la communication entre les différents
partenaires, principalement la SOPFEU, mais autant de notre côté aussi? Est-ce
que, côté communicationnel, c'était adéquat ou il y a matière à amélioration
sur certains... sur certains points? Est-ce que les chefs étaient bien informés,
assez rapidement, de la situation? Je crois que oui, là, mais peut-être que
vous allez m'exposer certaines situations que j'ai ou je n'ai pas eu vent, là,
de plus... de problématiques. Mais comment... Du côté communication, là, vous
considérez qu'on peut se donner une bonne note ou non?
M. Lavigne (Damien) : La
communication va toujours rester le nerf de la guerre, on ne se le cachera pas.
La désinformation était tout de même assez importante sur les communautés. Je
dirais...
M. Bonnardel : Attendez, là.
La désinformation?
M. Lavigne (Damien) : La
désinformation, oui, effectivement. Certains membres qui se retrouvent dans le
territoire, des fois, donnent l'information où les flammes s'en vont, vers une
direction ou vers une autre, et, par la suite, on... on lève le flag en disant :
Il y a une situation, qu'est-ce qu'on fait, comment qu'on se mobilise, est-ce
qu'on sait si la SOPFEU s'en vient. Donc, ça, c'est des éléments clés qui sont
importants de signifier, du côté de <i>Services Autochtones Canada ou du
côté de W8banaki, pour qu'on puisse engendrer les ORSC nécessaires afin de
savoir quelle est la situation réelle. Donc, la circulation peut se produire
tout de même assez rapidement dans une communauté comme dans une municipalité,
donc ce n'est pas... ce n'est pas différent d'un endroit à un autre, mais
lorsqu'on veut avoir l'élément clé, ça peut toutefois devenir difficile avec
les endroits régionaux.
Nous, de notre côté, afin que ça se parle
de ministre à ministre, on monte l'information à <i>Services Autochtones
Canada. Donc, en ayant une liste des personnes qui sont responsables des
régions desservies par le MSP, ça devient tout de même assez facile d'obtenir
l'information pour la descendre auprès de la communauté. D'un autre côté, des
relations comme on a avec la Croix-Rouge ou la SOPFEU, ils sont tout de même
très, très efficaces. Étant donné qu'on les travaille beaucoup en amont, donc
on a des relations rapides.
La note... Vous avez tout de même une
très, très bonne note concernant les évacuations de l'année dernière,
concernant la situation de la route. Par exemple sur la Billy Diamond, des
choses comme ça, ça allait très, très bien. Des fois, c'était plus difficile de
trancher les décisions, parce qu'il y a des communautés qui risquaient de ne
pas avoir de, comment dire... de denrées essentielles, comme du lait maternel
ou des choses comme ça, auprès de leurs enfants. C'était tout de même difficile
pour eux autres de dire : Bien, nous, on patrouille la route qui mène à
notre... à notre communauté, du côté de la Baie-James, et le... actuellement,
le risque est moindre, mais la Billy Diamond, qui était fermée à partir de
Matagami afin de prévenir toute situation dangereuse pour les conducteurs, tout
à fait justifié. Mais, pendant ce temps-là, c'était difficile d'avoir tout ce
qui était aérien, tous les outils supplémentaires, en fait, pour assurer la
sécurité de leurs membres sur leur territoire.
M. Bonnardel : Faites juste
me... Je veux juste clarifier quelque chose. Tantôt, vous avez dit : Lors
d'évacuations. Est-ce que, dans le processus d'évacuation, si la SOPFEU dit à
un chef, à une communauté : Vous... Vous devriez évacuer, voici les
raisons x, est-ce que vous avez un rôle à jouer? Est-ce qu'on vous interpelle?
Est-ce que vous avez un rôle-conseil en disant : Messieurs, vous êtes des
experts en sécurité, est-ce que... qu'est-ce que vous en pensez vis-à-vis... vis-à-vis
la recommandation de la SOPFEU? Est-ce que vous faites... vous êtes parties
prenantes de cette décision, ou pas du tout, ou...
M. Lavigne (Damien) : On va
participer aux rencontres avec les communautés. Mais, comme mentionné, ce
serait... ce serait très, très surprenant que la SOPFEU prenne une position
aussi importante, parce que, par la suite, ils pourraient se faire dire :
Bien, crime, on s'est fait recommander fortement d'évacuer. Ce serait très
surprenant. Mais, dans une rencontre où la SOPFEU serait autour de la table, <i>Services
Autochtones Canada ainsi que notre présence, on pourrait évaluer la possibilité
de en conséquence des informations spécifiques concernant la météorologie,
entre autres, le comportement du feu et, par la suite, donner conseil, à dire :
Écoutez, actuellement, la situation avec le feu est à 20 kilomètres, les
vents sont dominants vers votre communauté, vous avez le choix d'évacuer, mais
avisez-nous pour qu'on puisse communiquer l'information à l'endroit que vous
désirez évacuer, que ce soit la ville de Québec, que ce soit Val-d'Or, que ce
soit Rouyn-Noranda. Donc, nous, notre travail va être de communiquer
l'information à SAC et la branche pour faire le filament <entre...
M. Lavigne (Damien) :
...et
la branche pour faire le filament >entre on a parlé avec la
communauté, on a une confirmation d'évacuation et ils pensent se diriger
là-bas, est-ce qu'on peut savoir s'il y a un endroit, un centre d'hébergement
d'urgence possible. C'est une évacuation complète de 2 000 personnes,
on va avoir besoin de repas, on va avoir besoin d'un espace pour leurs animaux
de compagnie, donc on fait le fil conducteur de toutes ces informations-là pour
libérer le poids des épaules des communautés afin qu'eux autres puissent se
concentrer sur les opérations sur leur territoire local pour procéder à
l'évacuation.
M. Bonnardel : OK. Merci, messieurs,
pour ces clarifications. Je ne sais pas si mes collègues ont des questions. Sinon
on va aller à l'opposition, si...
Mme Jeannotte : ...
M.
Bonnardel
: Ça
va.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Ça va? Oui, ça va comme ça? Alors, nous allons maintenant du côté de
l'opposition officielle avec la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Bonsoir, M. Diamond et M. Lavigne. Merci beaucoup pour votre
présentation puis votre mémoire. Comme le ministre a dit, c'est très instructif.
Suite à votre recommandation d'un
document-cadre qui devrait identifier les méthodes de coordination, que vous
avez évoqué dans votre mémoire puis votre discours, puis le ministre a dit que
c'est quelque chose que nous pouvons mettre peut-être ensemble par le biais
d'un règlement, que souhaitez-vous voir à l'intérieur de ce document? Il doit y
avoir des éléments clés. Je comprends que ça prend une consultation, mais il
doit y avoir des éléments clés que vous souhaitez font partie de ce type de
document?
M. Lavigne (Damien) : En
fait, ce serait tout ce qui serait au niveau de l'alerte, l'après-alerte, le
chemin directeur afin de décider vers qui on se tourne : est-ce que vous,
de votre côté, vous préférez, de la province, que les communautés qui sont
desservies sur le territoire, dépendamment de leur emplacement, se tournent
davantage vers leurs régions ou vous accepteriez qu'ils se dirigent vers
d'autres régions. Ça pourrait être mis en branle, ça pourrait être discuté à ce
niveau-là. Donc, il y a tout ce qui est la concertation, également, savoir que
les communautés vont être considérées dans la prise de décision, le partage des
risques sur le territoire des municipalités, qui pourraient affecter également
les communautés. Et peut-être qu'obtenir, comment dire, la tradition ou la
culture des communautés, à savoir à quel point ça va être affecté, si on décide
de faire un travail d'atténuation important, une bande d'aménagement pour
libérer tout combustible sur le sol, est-ce qu'il y a... cet endroit-là
contenait des baies sauvages, des choses comme ça, donc la concertation afin
d'avoir vraiment une idée claire du risque... de l'impact, plutôt, sur la
communauté.
Et le travail, bien entendu, d'équipe, par
la suite, dans le cas d'une situation d'évacuation où, je vais donner l'exemple
de Louvicourt... décide d'évacuer Lac-Simon, qui est à environ six kilomètres,
si je ne me trompe pas, à ce moment-là, ce serait intéressant de savoir, bien,
vous, dans votre plan régional, si vous croyez évacuer vers Val-d'Or, bien,
c'est quel endroit vous vous dirigez, est-ce qu'on peut travailler ensemble
pour faciliter le transport, par exemple. Donc, c'est ce genre de choses là
que, moi, j'aimerais bien voir dans une loi ou, du moins, dans une procédure
écrite concernant les Premièresd Nations.
Mme Maccarone : OK. Merci. Je
suis curieuse de savoir si vous avez des pratiques traditionnelles, des
connaissances de vos communautés dont vous représentez en matière de gestion de
risques et d'urgence que vous souhaitez partager avec les membres de la
commission. Parce que c'est quand même une expertise qui est spécialisée, quand
on parle du <i>Grand Conseil de W8banaki, alors je souhaite vous entendre
là-dessus, s'il vous plaît.
M. Lavigne (Damien) : W8banaki,
bien, se tourne moins vers le traditionalisme. C'est davantage les aînés des
communautés qui vont apporter leurs points, qui vont décrire un petit peu plus
quel genre de pratiques ils faisaient auparavant. Nous, on va toujours prôner
les bonnes pratiques, les meilleures, également, disponibles du côté de la
sécurité civile de la province, les meilleures du côté du fédéral. Et on va
suggérer, par le biais de gabarits, de plans de mesures d'urgence, comment
procéder en temps... en temps et lieu. On utilise également le système de
commandement d'incident, le SCI, qui est mis en application à travers
l'intérieur de la... pancanadien, plutôt, pour faire en sorte qu'on ait un
système de communication efficace. Donc, des fois, c'est plus difficile du côté
des aînés, mais du côté des coordonnateurs de mesures d'urgence, donc nos principaux
intéressés, et des comités de mesures d'urgence, c'est ce qu'on prône et ce
qu'on va préférer que les communautés utilisent. Mais, encore une fois, ils ne
sont pas obligés de le faire, bien entendu, mais c'est ce qu'on essaie de
souligner, l'importance d'une communication efficace, d'une bonne préparation.
Donc, si, eux, ils préfèrent, sur leur territoire, impliquer les personnes plus
aînées, dont iis ont vécu différents feux, et qui ont vécu différentes
situations, et qu'ils ont des idées claires pour les partager, les mettre dans
leur plan de mesures d'urgence ou encore les partager auprès des municipalités,
à ce moment-là, on voit l'opportunité de les écouter, de les entendre et
peut-être d'utiliser ce qu'ils veulent nous partager.
Maxime, j'ai remarqué que tu avais libéré
ton micro.
M. Diamond (Maxime) : Oui. Bien,
pour faire un peu d'avancement sur les propos de Damien, le volet tradition a
été <touché...
M. Diamond (Maxime) :
...Damien,
le volet tradition a été >touché cet été lors des évacuations. C'est-à-dire
que les communautés ont cuisiné des plats traditionnels lors d'évacuations dans
les centres d'hébergement d'urgence. Donc, les aînés ont participé, puis ça
joue sur le psychologique des personnes évacuées. Donc, ils ont pu sentir un
peu leur chez eux en grande ville pour une période de sept à huit jours, et
puis, ensuite, ils sont retournés dans leurs communautés. Donc, les chants, la
cuisine autochtone a été... a été mise de l'avant, là, dans certaines régions.
Mme Maccarone : Merci. C'est
très intéressant. Est-ce que vous avez aussi des mesures que vous proposez pour
renforcer la résilience, la sécurité des communautés autochtones dont vous
représentez face aux menaces telles que les catastrophes naturelles aussi?
Parce que je présume... Vous évoquez beaucoup de communication, mais vous, le
moyen que vous communiquez puis protégez votre population, comment vous...
c'est quoi, la mise en oeuvre ou le déploiement de ces initiatives?
• (19 heures) •
M. Lavigne (Damien) : La
gouvernance locale doit primer d'abord et avant tout. Donc, chaque communauté
est maître chez elle, un peu comme une municipalité, si on pourrait dire. Donc,
à ce moment-là, on va laisser l'initiative à la communauté de gérer, selon
leurs ressources locales, la situation. S'ils se sentent dépassés, à ce
moment-là, ils peuvent communiquer avec <i>Services Autochtones Canada
comme ils peuvent... communiquer avec W8banaki pour qu'on puisse mettre en
branle soit une mobilisation directement sur le territoire afin de leur
soutenir dans leur opération ou encore de le faire à distance en communiquant
avec eux, en leur fournissant des outils comme des fiches, des outils également
électroniques pour un centre d'opérations d'urgence mieux adapté, un centre de
commandement directement sur la communauté afin de se... se mobiliser et se
rapprocher de l'aléa qui cause le sinistre.
Donc, c'est... c'est très variable, selon
la situation, bien entendu, mais ça passe énormément également par la
formation, bien entendu. Je vous ai mentionné le SCI, mais on a également une
entente avec l'UQAC, qui propose une formation s'appelant La gestion des
risques et la planification des urgences, qui est basée, entre autres, sur les
meilleures pratiques, autant provinciales que fédérales. Et on a également tout
ce qui est services aux personnes sinistrées offerts par la Croix-Rouge, on a
également Intelli-feu, FireSmart, qui est offert par la SOPFEU, ainsi que les
formations spécifiques pour tout ce qui est pompier auxiliaire sur communauté
par l'entremise de la SOPFEU. Et on a également la possibilité de faire des
exercices, des entraînements selon les aléas, les catastrophes pouvant survenir
sur le territoire.
Donc, on se rapproche très près du mandat
du MSP certes auprès des municipalités, et on fait le même travail du côté des
communautés.
Mme Maccarone : Est-ce que
ces formations sont traduites? Parce qu'on parle quand même d'un service
essentiel, urgent. Est-ce qu'elles sont traduites pour les membres de votre
communauté qui ne parlent peut-être pas anglais ou français?
M. Lavigne (Damien) : J'aime
beaucoup votre question. Effectivement, c'était... c'est une pratique qui est
tout de même assez difficile. On essaie de plus en plus de le faire, mais de
façon générale, les communautés sont divisées à 50-50, donc ils vont parler
français, anglais, cri, atikamekw. Donc, ils parlent au moins deux, trois
langages de façon générale. Mais, pour les aînés, qui est une notion tout de
même assez importante, le maintien de la langue, nous tâchons le plus possible
de les traduire. Mais c'est un défi de taille.
Mme Maccarone : OK. Peut-être
une dernière question juste par curiosité : Est-ce que vous avez une
entente avec les policiers autochtones en ce qui concerne le déploiement des
mesures quand on fait face à un état d'urgence?
M. Lavigne (Damien) : Les
policiers sont davantage vers la sécurité publique, donc ils sont soutenus par
la province, ils sont également soutenus par... Sécurité publique Canada. De
façon générale, ce sont des instances ou des ressources qui vont être mises en
branle dans les plans de mesures d'urgence au même titre que les services
incendie. Donc, moi, je vous dirais non, pas directement. Je sais que l'APNQL
font un travail assez important du côté des services des corps policiers
autochtones, mais nous, de notre côté, on va travailler selon la vue d'ensemble
de la communauté par l'entremise du... mesures d'urgence, qui va aller chercher
la sécurité publique, qui va aller chercher la santé. Donc, je ne vous apprends
rien à ce niveau-là, c'est pareil comme les municipalités.
Mme Maccarone : Parfait.
Merci beaucoup. C'était très instructif d'échanger avec vous. Merci.
M. Lavigne (Damien) : Merci.
M. Diamond (Maxime) : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Alors, nous allons maintenant du côté
de la deuxième opposition, avec le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. Bonjour,
messieurs. Merci de nous apporter ce point de vue essentiel à un projet... un
projet de loi de cet ordre-là.
Je voudrais juste préciser une information
que vous avez... que vous avez dite il y a quelques minutes. Pour la décision
d'évacuer une... une communauté, si j'ai bien compris, c'est la décision finale.
Même s'il y a beaucoup d'éléments de concertation, c'est... c'est le chef de la
communauté qui doit donner son aval pour... J'ai bien compris? C'est cela. Très
bien...
19 h (version révisée)
M. Fontecilla : ...cela. Très
bien. Vous nous avez dit... Vous nous avez informés, dans votre mémoire, qu'entre
autres... bien, non, vous êtes... il y a un programme de... fédéral qui s'appelle
le <i>programme d'aide à la gestion d'urgences, qui est appliqué... qui
est par... via le Secrétariat aux affaires autochtones... non, je... avec le
SAC, qui est dirigé vers les communautés. Est-ce que toutes les communautés
autochtones du Québec appliquent à ce programme d'aide à la gestion d'urgences?
M. Lavigne (Damien) : Votre
question est excellente. Le programme PAGU, le Programme d'aide à la gestion
des urgences, c'est un programme pancanadien. Donc, l'ensemble des communautés,
de façon générale, peuvent obtenir les services, mais, bien entendu, les
territoires desservis par le programme sont ceux qui sont reconnus par la Loi
sur les Indiens.
Je prends, par exemple, Kitcisakik, qui
est une communauté située dans le parc de La Vérendrye et environ à une heure
de Val-d'Or, est une communauté qui n'est pas reconnue. Donc, on peut les
soutenir, mais tout ce qui va être remboursement de frais suite aux mesures d'urgence
devrait passer du côté de la province, et le MSP aurait également un travail à
faire en amont avec cette communauté-là, en situation d'urgence, dans... dans
le soutien nécessaire auprès de la communauté. Bien entendu, on poursuit notre
travail, on les soutient, on leur offre... les offre le cursus de formation
comme on le ferait à n'importe quelle communauté, mais cette communauté-là particulièrement
n'est pas desservie directement par notre programme, au même titre qu'Akwesasne.
Akwesasne est une communauté mohawk limitrophe entre l'Ontario, le Québec et
les États-Unis, donc cette communauté-là est desservie par le programme de l'Ontario.
M. Fontecilla : Très bien.
Bon. Ça pose plusieurs types de questions, mais je voudrais aller à ce qui me
paraît essentiel, là. Vous dites que le PL 50 ne considère pas les communautés
autochtones, en effet, mais je voudrais... Est-ce que, vous, votre opinion, c'est
de faire en sorte que le PL 50 considère la réalité autochtone, considère
certains aspects, étant donné qu'il y a comme une double... comment dire, il y
a le fédéral qui rentre en ligne de compte, ou qu'on considère certains aspects
en particulier, là?
M. Lavigne (Damien) : L'importance
de notre mémoire est davantage vers la concertation, donc le travail nécessaire
à assurer la sécurité, la résilience de l'ensemble du territoire du Québec, par
l'entremise du projet de loi n° 50, afin d'assurer que les communautés ne
soient pas laissées à eux-mêmes. Si les municipalités ont le soutien nécessaire
du MSP pour une situation d'évacuation, si, nous, on crée une ORSC auprès de ce
secteur précis là, s'il y a une communauté environnante juste à côté, bien, ça
serait important que nous, par la suite, on puisse faire le pont nécessaire
afin de leur informer de la situation par le biais de la municipalité qui est
environnante. Tout ce qui va être travaux d'atténuation, tout ce qui va être le
plan de gestion des risques régional, ça serait une bonne idée de pouvoir avoir...
pas l'amont, mais plutôt la collaboration entre les Premières Nations et les
municipalités. Ça serait davantage sur ça que notre mémoire se base, entre
autres, là, pour valider l'approche auprès des Premières Nations, malgré qu'ils
sont sous juridiction fédérale.
M. Fontecilla : Donc, pour
vous, là, c'est... l'importance est située dans l'inclusion, dans le PL 50, du
principe de la collaboration et la concertation avec les communautés
autochtones. Est-ce que je traduis bien votre sentiment?
M. Lavigne (Damien) : Exactement.
M. Fontecilla : Je vous...
M. Diamond (Maxime) : On a un
parallèle à faire aussi...
M. Fontecilla : Oui?
M. Diamond (Maxime) : Pardonnez-moi.
On a un parallèle à faire avec les communautés qui ont le service urgence
desservi par les municipalités, c'est-à-dire les services de pompiers et
policiers. Il y a plusieurs communautés au Québec qu'ils n'ont pas de service
incendie, donc le service est provenu d'une municipalité avoisinante. Voilà,
ça, c'est... c'est des enjeux à considérer aussi, là, dans cette loi.
M. Fontecilla : Tout à fait. Tout
à fait. Je vous remercie.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
c'est fini? Alors, s'il n'y a plus de questions, alors, je vous remercie, à
vous deux, pour votre contribution à la commission. Alors, je vous laisse
là-dessus et je vous souhaite une belle soirée.
Pour notre part, bien, nous ajournons les
travaux à demain, mercredi 20 mars, après la période des questions...
(Fin de la séance à 19 h 08)