(Quinze
heures trente et une minutes)
La Présidente
(Mme Dionne) : Alors, bonjour à tous et à toutes. Ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de
l'éducation ouverte.
La commission est
réunie aujourd'hui afin de procéder à l'étude du volet Culture et
Communications des crédits budgétaires du portefeuille Culture et
Communications pour l'exercice financier 2023-2024. Une enveloppe de
2 h 30 min a été allouée pour l'étude des crédits.
M. le secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
Le
Secrétaire : Non, Mme la Présidente.
Culture et Communications
Discussion générale
La Présidente
(Mme Dionne) : Donc, nous allons procéder à une discussion
d'ordre général par blocs d'échange incluant les questions et les réponses. La
mise aux voix des programmes 1 et 2 de ces crédits sera effectuée à la fin
du temps qui leur est alloué, soit à la fin de la séance, vers 18 heures.
Donc, on débute à
15 h 31. Il y a-t-il consentement pour poursuivre jusqu'à
18 h 01?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Donc, je suis maintenant prête à reconnaître une première intervention de
l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange. Je vous rappelle que la
longueur des questions doit être également proportionnelle... la
longueur des réponses, pardon, doit être également proportionnelle à la
longueur des questions. Donc, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont, la parole est à vous.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la Présidente.
Bien, juste en introduction, quelques... quelques petites remarques préliminaires. Premièrement, j'aimerais vous
saluer, saluer M. le ministre de la Culture, mes collègues du... au
gouvernement, mes collègues de l'opposition, vos recherchistes. Moi, je suis
accompagnée de ma recherchiste, Mme Jolyanne Gagné. J'aimerais saluer les
membres de votre équipe, M. le ministre, les gens de la régie.
C'est un bloc très
important, la Culture, puis, vous avez raison, M. le ministre, on n'a pas
échangé beaucoup ensemble en Chambre sur des questions de culture. Je pense que
c'est arrivé seulement deux fois. Ce n'est pas parce que le sujet n'est pas important. Au contraire, la culture, c'est
extrêmement important. C'est au coeur de notre spécificité québécoise. Je
dirais même que, si on vivait dans un monde sans culture, ce serait un monde
drabe. C'est comme si on vivait dans un monde sans couleur, en noir et
blanc. Donc, j'ai des questions, plusieurs questions à poser, que j'ai préparées.
Mes collègues en ont sûrement beaucoup. Donc, moi, je vais réserver mon temps
pour les questions. Merci.
Est-ce que, ça,
c'étaient les... Donc, moi, j'enchaîne tout de suite dans mon bloc de...
La Présidente
(Mme Dionne) : Oui, vous avez...
Mme Setlakwe :
Non, non, je me demandais s'il y avait un échange de remarques
préliminaires.
Donc, sans plus
tarder, j'aimerais qu'on aborde, en premier lieu, la question des Espaces
bleus. J'aimerais qu'on obtienne une mise à jour et des précisions sur ce
projet d'une grande ampleur qui a été annoncé en juin 2021. Le premier ministre
avait fait la promotion de ses futurs musées régionaux, voyons où en est le
projet presque deux ans après son annonce initiale. Alors que ni le budget
inaugural du premier ministre ni le discours sur le plus récent budget n'en
faisaient mention, il est temps d'obtenir des précisions sur ce projet dont
plusieurs aspects semblent demeurer indéfinis à ce jour.
Je commencerais par
le financement au niveau des infrastructures. Bon, nous savons que le montant
initial de 259 millions mis de l'avant en juin 2021 pour 18 Espaces
bleus n'est plus valide. On comprend que les conditions de marché ont évolué,
bon, marché de la construction, elles sont difficiles, mais, même lors de
l'annonce, il s'agissait, et je cite
Baptiste Ricard-Châtelain du journal Le Soleil, «d'un
montant qui ne concordait déjà pas avec ce que le premier ministre
lui-même avançait ce jour-là en conférence de presse. Le premier ministre avait
alors dit», et je le cite, «pour l'Espace bleu de Québec, on parle d'un coût
pour les infrastructures de 48 millions. Les autres Espaces bleus vont
être à peu près à moitié de la grandeur d'ici, donc, évidemment, le budget va
être à peu près la moitié de ce qu'on a ici.» Fin de la citation.
Dès lors, l'enveloppe initiale n'était pas
réaliste. Les informations obtenues par le journal Le Soleil auprès
de la Société québécoise des infrastructures, SQI, qui gère les chantiers, et rendues publiques en décembre 2022
révèlent que,
pour l'Espace bleu de la Capitale-Nationale, le coût du projet est maintenant estimé à
60 millions, alors qu'on parlait de 47,3 millions. Pour celui
de l'Abitibi-Témiscamingue, la plus récente évaluation, 26,3 millions. Ça
ressemble à ce qui est au PQI, dans ce cas-là, à 25 millions. Pour la
Gaspésie, 25 millions maintenant, alors que le montant initial était de 20,8 millions. Et, finalement, pour
celui de Charlevoix, parmi les quatre déjà annoncés, on... le projet tournerait
autour de 41 millions, alors que le montant initialement annoncé était de
30 millions.
Pour ces quatre premiers Espaces bleus en cours,
nous serions, donc, rendus à une somme totale de près de 153 millions. Il
nous semble très clair qu'on n'arrivera pas à respecter le budget global de
259 millions initialement prévu pour le déploiement de 18 nouveaux
lieux de diffusion culturelle dans toutes les régions du Québec.
Pour citer,
encore une fois, Baptiste Ricard-Châtelain du Soleil, «il ne resterait
qu'un peu plus de 100 millions pour la petite caisse pour donner
vie aux 14 Espaces bleus restants.».
Pour citer,
cette fois-ci, Mario Girard de La Presse en janvier 2023 : «Une fois de plus, il y a perte de contrôle, et,
une fois de plus, on a balancé des chiffres sans connaître vraiment le gouffre
qui sépare l'excitation de la réalité.» Fin de la citation.
Alors, ma première question à M. le
ministre : L'enveloppe globale du réseau des Espaces bleus est estimée à
combien?
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
à vous, M. le ministre.
M. Lacombe : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Bien, d'abord, je vais aussi prendre quelques secondes pour tous et toutes vous saluer, vous dire que je
suis très heureux d'être avec vous pour ces premiers crédits en culture,
communication et, plus tard, aujourd'hui, en jeunesse, parce que, bon, après
quatre ans au ministère de la Famille, où j'étais bien confortable avec les
données, bien là c'est un nouvel univers maintenant.
Et je peux vous dire qu'il y avait énormément,
énormément de dossiers dont nous devions prendre connaissance. Et je pense que le nombre de gens qui sont présents ici
avec nous derrière moi le représente assez bien. C'est tout l'état-major de la
Culture, pratiquement, au Québec qui est... qui est là. Je trouve ça toujours
impressionnant quand tout le monde est dans la même salle parce que ça
témoigne du fait qu'on a énormément de gens qui travaillent avec nous. Donc,
évidemment, je ne les saluerai pas tous et toutes, mais je veux les remercier
d'être là puis évidemment vous signifier que je suis accompagné de notre
sous-ministre Nathalie Verge, que je remercie aussi d'être là, et de notre
directeur de cabinet Jonathan.
Donc, c'est beaucoup de travail, les crédits
budgétaires, puis je pense aux équipes des ministères, pas seulement le mien,
mais de... le ministère de tous nos collègues qui travaillent très, très fort
pour être capable de répondre aux collègues qui ont des questions. Donc, c'est
avec beaucoup de plaisir que je me prête à cet exercice-là. Puis je suis
content d'avoir l'occasion d'en discuter dans un cadre peut-être un petit peu
plus serein que la période de questions aussi. C'est vrai que, la dernière
fois, j'ai peut-être été un peu raide, là, quand j'ai commencé à répondre à la
question parce que je sais que probablement que vous aimeriez ça, poser plus de
questions, mais il y a tellement de choses à parler en... dans l'actualité
québécoise que la culture, c'en est une d'entre elles.
Les Espaces bleus, donc. D'abord, ce que je
souhaite mentionner, c'est qu'au contraire on est en grand contrôle sur ce
projet-là. Lorsque je suis arrivé, lorsque non seulement j'ai été élu, mais
après, lorsque le premier ministre m'a fait l'honneur d'être nommé ministre de
la Culture et des Communications, c'est un des sujets prioritaires sur lequel
je me suis penché, parce qu'effectivement il y a des défis devant nous pour le
déploiement du réseau d'Espaces bleus partout au Québec, d'abord pour le
vaisseau amiral ici, dans la capitale, mais aussi pour les édifices, pour les
institutions qui vont s'ouvrir un peu partout au Québec. Parce que, le marché de
la construction étant ce qu'il est, il y a effectivement une explosion des
coûts un peu partout. Et ça dépasse bien largement la culture. On parle de ça
aussi en santé, en éducation, on peut en parler dans le marché résidentiel
aussi, dans le privé.
Donc, oui, certainement qu'il y a des défis
devant nous, certainement qu'on aura besoin de davantage que ce qui avait été
planifié au départ pour mener à bien l'ensemble du déploiement des Espaces
bleus partout au Québec, mais je pense que c'est une évidence que de dire ça
parce que, ce... cette explosion des coûts, on la connaît partout. Et, si vous
me demandez mon avis, bien honnêtement, on s'en serait passé. Ce n'est pas
quelque chose que le gouvernement contrôle, cette explosion des coûts dans
l'industrie de la construction. Ce que nous contrôlons, c'est le déploiement,
la vitesse à laquelle nous ferons ce déploiement-là. C'est le processus d'appel
d'offres, par exemple, s'assurer qu'il soit fait au bon moment, s'assurer de
travailler avec les meilleurs, parfois revoir des projets, s'assurer qu'on les
a optimisés au maximum pour qu'à la fin on puisse réaliser tout ça avec un
budget qui est raisonnable.
Et j'ai envie aussi de vous dire que le montant
qui nous est octroyé en ce moment, qui est de 262 millions, il est
largement, bien largement suffisant pour mener à terme les projets qui ont déjà
été annoncés et qui nous donnent actuellement beaucoup de travail. Ce n'est pas
une cachette, je l'ai dit publiquement en réponse à des journalistes qui me
posaient la question, si ma mémoire est bonne, il y a deux ou trois mois, et
j'ai répondu bien, bien honnêtement, de
façon très transparente, que, oui, nous ajusterons le rythme de déploiement à
cette réalité-là, c'est-à-dire on prendra notre temps pour déployer le
réseau partout au Québec. On a quatre projets qui sont actuellement annoncés.
C'est sur ceux-ci que nous travaillons, puis on va s'assurer que ce soit fait
de la meilleure façon.
Maintenant, s'il y a des spécificités dans un ou
l'autre des projets, évidemment, on gère des fonds publics, on s'assurera que ce soit raisonnable. Mais, en même
temps, c'est un projet qu'on maintient. Les annonces ont été faites, puis
on continue d'y travailler.
• (15 h 40) •
La Présidente (Mme Dionne) :
Merci.
Mme Setlakwe :
Merci. Donc là, vous parlez de 262 millions pour les quatre projets
déjà annoncés.
M. Lacombe : On
parle d'une enveloppe... Là, est-ce que vous me donnez la parole à chaque fois,
ou on peut y aller sous forme de conversation?
La Présidente (Mme Dionne) : ...non,
non.
M. Lacombe : Parfait.
Excellente décision. Je vous aime beaucoup.
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
ça, on va perdre trop de temps, là. Ça fait que je vous laisse discuter...
M. Lacombe : Bien, ça dépend
des présidences, n'est-ce pas? Donc, je vous remercie de votre décision.
Sur le 262 millions, c'est le budget qui
nous est... qui nous est octroyé actuellement, qui est effectivement le budget
de départ pour l'ensemble du réseau. Par contre, je pense qu'on convient tous
qu'il y a eu, depuis ce temps-là, une explosion dans l'industrie de la
construction. Les coûts ont beaucoup augmenté, donc on va s'ajuster. Pour l'instant, c'est de l'argent qu'on a qui nous est
réservé pour ce projet-là et qui est une enveloppe qui est bien suffisante
pour non seulement mener à terme les projets qui ont été annoncés, mais aussi,
possiblement, pour en annoncer d'autres prochainement.
Donc, on n'est pas à court d'argent, Mme la
Présidente. Il n'y a pas d'enjeux qui font en sorte qu'on doive arrêter, par
exemple, les annonces parce que l'enveloppe est atteinte. Pour l'instant, on a
suffisamment de fonds. Les fonds dont on a
besoin sont disponibles pour qu'on puisse poursuivre le déploiement du réseau à
une cadence révisée, effectivement, parce que je suis personnellement
impliqué dans ce dossier-là, je le suis à la trace, que ce soit avec la Société
québécoise des infrastructures, que ce soit, évidemment, avec le ministère, par
le biais du bureau de projet avec lequel nous travaillons avec le Musée de la
civilisation. Encore cette semaine, la semaine dernière, je suis allé sur les lieux, j'avais des questions. On
questionne les chiffres, on questionne la façon dont c'est déployé, on amène
des nouvelles idées, on travaille là-dessus activement. Donc, bref, on a
suffisamment d'argent pour faire notre travail.
Mme Setlakwe : Merci.
Donc là, je veux juste bien comprendre. Initialement, c'était 259 pour
18 Espaces bleus puis là... Oui.
M. Lacombe : ...259 ou 262.
Nous, c'est 262 qu'on a.
Mme Setlakwe : Oui,
puis là, donc... Bien, 262, ça tient encore la route pour 18 Espaces bleus
en date d'aujourd'hui. Vous en avez largement... suffisamment. Mais...
M. Lacombe : Mais ce n'est pas
ce que je dis. Ce n'est pas ce que je dis, là.
Mme Setlakwe : Non?
M. Lacombe : Mais je peux...
Mme Setlakwe : Mais il
semblerait que l'été...
M. Lacombe : ...je peux
préciser, si vous voulez.
Mme Setlakwe : Oui.
L'été 2022, vous aviez avancé un chiffre de 300 millions. Ça avait
été rapporté par Mme Jocelyne Richer de La Presse
canadienne.
M. Lacombe : Moi, je n'ai pas
avancé sur ce chiffre-là. Je ne sais pas...
Mme Setlakwe : Ou ça vient de
votre ministère, peut-être?
M. Lacombe : Je ne sais pas à
quoi vous faites référence.
Mme Setlakwe : Est-ce que... On
est-tu plus vers 300 que 262?
M. Lacombe : Ce
que je vous dis, je vais essayer d'être très clair, là, pour que tout le monde
comprenne bien, peut-être que je me suis mal exprimé, bien sûr que l'enveloppe
nécessaire pour réaliser l'entièreté du déploiement sur tout le
territoire québécois, dans les 18 régions, on aura besoin d'une enveloppe
plus importante que le 262 millions. Ça,
c'est une évidence. Je pense qu'il n'y a personne de surpris ici. Il y a eu une
explosion des coûts de construction partout au Québec dans tous les
domaines.
Maintenant, ce que je dis, et qui est très
important de comprendre, c'est qu'actuellement cette enveloppe-là, qu'on a déjà, qui est de l'argent qui est réservé
au ministère de la Culture pour ce projet-là et au Musée de la civilisation, c'est qu'elle est
suffisante, l'enveloppe, elle est suffisante non seulement pour mener à terme
les projets qu'on a déjà annoncés, malgré l'augmentation
des coûts, si ça reste raisonnable, mais aussi pour possiblement annoncer
d'autres projets.
Donc, on n'est pas, en ce moment, en attente
parce qu'on n'a pas assez de budget. On a les sommes que ça nous prend pour
être capable de livrer ce qui a été annoncé puis même de travailler à ajouter
quelques régions pendant ce mandat-ci.
Mme Setlakwe : Mais ça
risque... OK, je comprends qu'on peut... vous ne pouvez pas fournir un chiffre
précis pour l'ensemble du réseau, mais... Si on revient dans le temps, là, même
en... je veux dire, en 2021, puis on était en pandémie, il y avait déjà une
surchauffe du marché de la construction, le premier ministre disait, bon :
À la tête du réseau, celui de Québec, on pense que ça va coûter
48 millions plus 17 succursales régionales à plus ou moins... dans le
fond... parce qu'il avait dit à moitié du coût, donc 24 millions. Si on
fait le calcul mathématique, on était à 456 millions sans même tenir
compte des dépassements de coûts.
Ça fait que je vous entends, M. le ministre, que
vous avez de la difficulté à sortir un chiffre pour le déploiement de tout le
réseau de 18 Espaces bleus, mais là le 262, là, permettez-moi de douter
qu'il va réussir à... qu'il va être suffisant pour construire même... Parce que
je vais vous laisser compléter, là, parce que je suis confuse, moi, sur,
aujourd'hui, où est-ce qu'on se situe. Parce que même... Si je recule, là,
puis... Tu sais, tout à l'heure, je disais : 60, 26, 25, 41, ça fait 153
pour quatre premiers Espaces bleus, qui sont... les chantiers de construction
ne sont pas terminés. Donc, ça reste comme... Il reste 100 millions pour
les 14 autres? C'est...
M. Lacombe : Bien là, peut-être
que je ne suis pas assez clair, là, mais là je... Vous avez raison, là. Je peux
le dire autrement, mais vous avez raison. Mais on a ce que ça nous prend pour
les quatre actuellement, possiblement pour en ajouter d'autres aussi pendant le
mandat. On est en train d'y travailler. Mais vous avez raison, vous avez raison
que, pour poursuivre l'ensemble du déploiement dans toutes les régions du
Québec, ça nous prendra plus que 262 millions. Là, je ne peux pas être
plus clair que ça. Mais, en même temps, je pense que tous ceux qui nous écoutent,
et j'espère qu'ils sont nombreux, même si j'en doute, mais tous ceux qui nous
écoutent vont comprendre que c'est normal, parce que bien contre la... tu sais,
vraiment contre la volonté du gouvernement, là, il y a une explosion dans les
coûts de construction partout au Québec, pas juste dans les projets
gouvernementaux, mais aussi dans l'industrie privée. Donc, c'est sûr, c'est sûr
que ça va nous prendre plus que ça. Mais, pour l'instant, ce que je vous dis,
c'est que nous, on garde le cap. Et, tant que les coûts pour un établissement
restent raisonnables, on garde le cap. Si les coûts deviennent déraisonnables,
évidemment, on prendra des décisions au cas par cas, mais, pour l'instant, on
garde le cap.
Mme Setlakwe : Très
bien. Je comprends très bien ce que vous avez dit. Je pense qu'on est loin de
pouvoir fournir une estimation des
coûts pour 18 Espaces bleus. D'ailleurs, le directeur du Musée de la civilisation, Stéphan La Roche, qui supervise le projet, avait admis, en juin
2022, que fixer le montant de la facture totale serait, et je le cite, «de la
pure fiction». Vous en pensez quoi?
M. Lacombe : Bien, je
comprends, là, que vous pouvez tenter de dépeindre ça comme une perte de
contrôle et dire : On a perdu le
contrôle des coûts. Première chose, permettez-moi d'être en désaccord, première
chose. Il ne s'agit pas de faire de la politique que de dire qu'il y a
une explosion des coûts actuellement et que le marché, il est instable puis il
est imprévisible. Donc, c'est vrai que d'arriver, en ce moment, avec une
estimation précise de ce que pourrait avoir
l'air la facture quand ce déploiement-là va se faire sur bien des années, ça
peut être hasardeux. On pourrait se prêter à l'exercice, mais c'est vrai
que la marge d'erreur risquerait d'être assez importante.
Maintenant, encore une fois, deuxième élément,
au contraire, moi, je pense qu'être rigoureux et prendre le contrôle de ce
dossier-là, ça veut dire quoi? Ça veut dire, pour moi, m'en occuper
personnellement, m'assurer que les projets avancent bien, m'assurer qu'ils
avancent dans le sens qu'ils doivent avancer, qu'on maximise le temps des
travaux, qu'on s'assure que les échéanciers ne soient pas trop étendus malgré
les défis qu'on connaît, s'assurer qu'on garde
le contrôle des coûts aussi. Parce que, je vous le répète, si les coûts d'un
des Espaces bleus devenaient déraisonnables, à ce moment-là, on prendra, si c'était le cas, on prendra les décisions
qui s'imposent. Mais, pour l'instant, on garde le cap puis on les suit
méticuleusement.
Donc, encore
une fois, je comprends peut-être la stratégie de vouloir nous dépeindre comme
un gouvernement qui a perdu le contrôle du chantier des Espaces bleus,
mais, moi, je vous dis, c'est totalement le contraire, on est en contrôle.
Puis, depuis que je suis arrivé, je m'en occupe vraiment personnellement.
Mme Setlakwe : ...s'il
n'annonce pas une stratégie, c'est pour avoir des réponses, des clarifications
sur ce grand chantier, ce grand projet. Au-delà des infrastructures, là, ces
nouveaux musées devront être financés dans leurs opérations. À ce stade-ci, pouvez-vous nous fournir des
précisions à l'égard du mode de gestion, du budget de fonctionnement qui sera
octroyé pour ces quasi-musées financés par l'État, ou est-il encore trop tôt?
M. Lacombe : Bien, pour le mode
de gestion, peut-être, d'abord, c'est important pour nous de faire ce
travail-là de concert avec les gens sur le terrain, de consulter, parce qu'en
même temps je pense qu'on ne doit pas se mettre
la tête dans le sable. Et, quand je vous dis que je m'assure qu'on garde le
contrôle de ce dossier, le déploiement des
Espaces bleus, je suis bien conscient que, dans bien des régions, il y a eu des
inquiétudes, au départ, parce que c'est quelque chose de nouveau.
Vous
parlez de musée. Ce n'est pas comme ça qu'on l'a présenté, mais je comprends
qu'il y a une inquiétude dans certaines régions. Puis, pour nous, pour moi,
particulièrement, c'est important de s'assurer... de m'assurer que, lorsqu'on
arrivera avec des ouvertures, le modèle de gestion des Espaces bleus réponde
aussi à ce que souhaitent les régions puis que les régions soient parties
prenantes.
Donc, on est au
travail là-dessus, puis je peux vous dire que ce travail-là, il avance bien. Il
est trop tôt aujourd'hui pour que je puisse vous faire une annonce, mais,
lorsqu'on sera prêts, on le fera. Et moi, je prédis que ça risque d'atténuer
les craintes qui ont été exprimées un peu partout dans certaines régions. Donc,
on est en train de travailler sur ce modèle de gestion, parce que, comme je le
dis, au-delà des craintes, ce qu'on veut aussi, c'est que la communauté soit
partie prenante puis qu'elle participe, qu'elle participe, là, carrément à la
gestion.
• (15 h 50) •
Mme Setlakwe :
Merci. On va avoir besoin de revenus autonomes. Mais là vous n'êtes pas
rendu à savoir l'entrée va être gratuite, il va y avoir des coûts. Vous n'avez
pas de précision à ce stade-ci, j'imagine?
M. Lacombe :
Non, effectivement, on est dans le... on est à plus haut vol que ça actuellement,
on est dans la construction. Mais je vous dirais qu'en parallèle ça avance
quand même assez bien, là, parce que, quand on parle du modèle de gestion, bien, ça, c'est assez... c'est assez pointu, assez
précis. Mais, évidemment, du moment où on aura défini le modèle de
gestion, qu'il y aura, là je ne veux pas trop m'avancer, mais que ce modèle de
gestion, je vais le dire comme ça, va se déployer, on sera en mesure d'avoir
des réponses à ces questions-là.
Mais, encore une
fois, c'est important d'attendre que le modèle de gestion soit déployé puis
qu'on travaille avec les partenaires pour répondre à ces questions-là. Parce
que, si nous le faisons en ce moment, tout seul à Québec, bien, évidemment, ça
va soulever beaucoup de critiques, avec raison, probablement. Donc, on veut se
prémunir de ça parce qu'on veut que ce soit un succès.
La Présidente
(Mme Dionne) : ...Mme la députée, le bloc est terminé. Donc, si
vous êtes d'accord, on va passer au deuxième groupe d'opposition officielle, la
députée de Mercier. La parole est à vous.
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente.
Merci, tout le monde. Bonjour, M. le ministre... Vous voulez giguer?
M. Lacombe :
Est-ce qu'on va parler de gigue? Est-ce qu'on va parler de gigue?
Mme Ghazal : Bien, si vous voulez...
vous avez envie d'en parler, oui, vous pouvez. Bien, bonjour, les membres de la
commission. Merci beaucoup à toutes les personnes qui sont présentes, qui
travaillent très, très fort, là, pour préparer ces crédits.
Je voulais revenir,
avant de parler de gigue, parce qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui auraient
des questions pour ça, mais peut-être que vous pouvez les rencontrer plus tard,
je voulais revenir sur les Espaces bleus. Ce que je comprends, c'est que, là,
il y a quatre projets en cours. Le montant qui était prévu au départ a augmenté
à cause de ce que vous venez de nous dire, avec les coûts de construction.
Donc, le montant global qui est prévu dans le budget ne permettra pas d'en
faire plus que quatre. C'est ce que je comprends.
M. Lacombe : Ce n'est pas ce que... Ce
n'est, encore une fois, pas ce que j'ai dit, là. Ce que j'ai dit, c'est que...
Mme Ghazal :
Ça permet d'en faire combien?
M. Lacombe :
Je vais rester prudent là-dessus parce que tout ça est évolutif, mais, en
ce moment, cette somme-là nous permet de réaliser, si nous le souhaitons, les
quatre Espaces bleus qui sont sur la table. Ces projets-là gardent le cap.
Encore une fois, si
le coût d'un de ces projets-là ou de plusieurs de ces projets-là devenait
déraisonnable, évidemment qu'on prendra des
décisions à ce moment-là. Mais, pour l'instant, on garde le cap avec les quatre
qui ont été annoncés. Et,
parallèlement à ça, il nous reste encore une marge de manoeuvre pour annoncer
de nouveaux projets, dont le nombre reste à définir parce que, bon, comme je
vous dis, tout ça est vivant, puis je le suis de très, très près.
Mme Ghazal : ...il y a combien de
personnes qui travaillent sur ce projet-là, là, les Espaces bleus? C'est quoi,
l'équipe qui travaille là-dessus? Ils sont... C'est combien de personnes, quand
ça a été annoncé?
M. Lacombe : Bien, je commence,
pendant que j'obtiens la réponse du Musée
de la civilisation, mais, au
ministère, on a un bureau de projet,
donc où il y a des gens qui travaillent, et, au bureau de projet, ce qu'on nous
dit, c'est qu'il y a sept personnes qui travaillent à temps plein, sous la
direction d'une directrice, et qu'au Musée
de la civilisation on parle
d'une vingtaine de personnes.
Mme Ghazal : Puis les sept personnes
qui sont au ministère, là, est-ce que ça a toujours été sept depuis le début, depuis
l'annonce?
M. Lacombe :
Bien, ça a augmenté.
Mme Ghazal :
Ça a augmenté?
M. Lacombe :
Ça n'a pas diminué.
Mme Ghazal :
Ça n'a pas diminué?
M. Lacombe :
Exact.
Mme Ghazal :
Donc, les rumeurs qui disent que ça a diminué sont fausses?
M. Lacombe : Ah!
bien là, vous savez, moi, là, depuis que je fais de la politique...
Mme Ghazal :
Non, mais on est ici pour régler les rumeurs.
M. Lacombe : ...depuis que je fais de
la politique, depuis que je fais de la politique, je ne commente pas les rumeurs.
Mme Ghazal :
Bien là, je ne veux pas... je ne voulais pas...
M. Lacombe :
J'ai appris que la plupart des rumeurs sont fausses.
Mme Ghazal :
...je ne voulais pas commenter des rumeurs. Je vous parle des rumeurs en
lien avec les Espaces bleus puis... Donc, ce n'est pas sur pause, ça continue,
mais vous n'avez pas de plan pour dire : Voici, si on veut en avoir 18, au
bout de la ligne, là, si on veut en avoir 18, de prévoir, tu sais, comme un
plan d'action, de dire : Bien là, maintenant, on va faire ces quatre-là, à
tel moment, on va faire... on va faire une annonce pour un ou deux, peu
importe. Est-ce que vous avez comme un plan dans le futur, une vision, ou vous
y allez au jour le jour, en fonction des montants qui vous sont octroyés? C'est-à-dire
que : Est-ce qu'un jour, avant 2026, il va y avoir 18 Espaces bleus,
ou vous ne pouvez pas mettre votre carrière là-dessus?
M. Lacombe :
Bien, avant 2026, avant 2026, je vous garantis que ce ne sera pas le cas.
Là, je pense que, ça, il faut que ce soit clair. J'ai déjà dit... Puis,
d'ailleurs, ça, j'ai déjà répondu ça aux journalistes, là, qui me posaient la question en mêlée de presse. C'est sûr que le
déploiement ne sera pas terminé avant 2026, c'est absolument impensable.
Maintenant...
Mme Ghazal :
Juste une seconde. Vous n'êtes pas capable de dire, d'ici 2026, ça va être
combien parce que vous n'avez pas de plan.
M. Lacombe :
2026... Bien oui, on a un plan. D'ici 2026, c'est clair que les Espaces
bleus que nous avons annoncés vont avoir beaucoup, beaucoup avancé. Et je pense
aussi pouvoir dire qu'on aura été en mesure d'en annoncer de nouveaux. C'est
tout à fait... C'est tout à fait possible parce qu'on a les disponibilités
budgétaires pour le faire et parce qu'on a
des projets... on a des projets qui sont aussi, j'allais dire, crédibles, là,
le mot m'échappe, mais on a des projets qui sont viables, là. Donc,
c'est peut-être le meilleur mot.
Et c'est sûr qu'on
s'adapte aussi, parce qu'on n'est pas dans la construction de bâtiments neufs,
n'est-ce pas? On est dans... On est dans l'habitation ou, en tout cas, on
investit dans des bâtiments patrimoniaux. Donc, ces bâtiments-là sont limités,
au Québec. Il faut les trouver. Il faut travailler avec les communautés. Il
faut qu'il y ait de l'acceptabilité sociale, justement. Donc, c'est sûr que ça
demande beaucoup de travail. Puis souvent les coûts sont très variables aussi
d'une région à l'autre. Donc, on s'assure de travailler là-dessus.
Mais actuellement ce
que je réponds à tous les collègues qui viennent me voir pour me dire que leur
communauté leur parle de ça puis qu'ils ont envie d'avoir des Espaces bleus,
c'est : Bien, continuez le travail avec la communauté, soumettez-nous un
projet. On fait de la concertation régionale. Il y a des régions où il y a deux
villes qui aimeraient ça, l'accueillir. On
travaille avec elles. Et, moi, la commande très claire, la commande très claire
que j'ai donnée à mon équipe, au ministère, c'est de continuer le
travail, de s'assurer que, lorsqu'on aura... lorsqu'on voudra aller de l'avant
avec des projets d'Espaces bleus dans les régions, qu'il y ait des projets qui
soient prêts ou, en tout cas, qui soient assez avancés. Donc, on travaille
là-dessus.
Mme Ghazal :
OK. Une dernière question sur les Espaces bleus, puis je vais passer à un
autre sujet. Comment est-ce que vous vous assurez que les inquiétudes du milieu
muséal... Moi, j'ai parlé aussi avec des... je ne me rappelle plus du regroupement, là, des musées qui
sont extrêmement inquiets que c'est sûr qu'ils vous ont parlé, que vous êtes au
courant, comme... qui ont peur que ça cannibalise le travail qu'ils font puis
qu'on... ils devraient, eux, être les... je veux dire, avoir de l'argent
pour pouvoir mettre un peu de bleu ou de fierté nationale à la CAQ, là,
comme... appelez ça comme vous voulez. Comment est-ce que vous vous assurez que
ça ne cannibalise pas le travail? C'est quoi, le mot, juste en une phrase ou
deux, là, si vous êtes capable, que vous utilisez pour les rassurer que ça ne
vient pas cannibaliser, en fait, le travail qu'eux, ils font, puis au contraire
leur... prendre de l'argent pour le mettre ailleurs, pour la fierté nationale à
la sauce CAQ, là, que vous voulez mettre dans ces musées-là?
M. Lacombe : Bien, si j'avais à
résumer en un mot, je dirais «complémentarité». Pourquoi est-ce qu'on a à la
fois des théâtres puis des salles de spectacle dans nos municipalités? Pourquoi
est-ce qu'on a parfois deux, trois salles de spectacle dans une municipalité? Est-ce que c'est trop? Est-ce qu'on
devrait se dire qu'on doit en avoir juste une ou deux?
Mme Ghazal : Moi,
je ne suis pas une experte. Parce qu'en fait, souvent, quand on vient faire un
projet, on répond à une demande qui existe.
Là, ici, on a l'impression que c'est plus une... comme une sorte de legs que le
premier ministre veut avoir pour garder au Québec pour dire : Ça,
c'est mon empreinte bleue caquiste, alors que les gens, ils disent : On
est capables, nous aussi, dans les musées, de parler de la fierté nationale, on
est capables de le faire. Pourquoi est-ce
qu'on ne nous demande pas à nous de le faire puis nous donner de l'argent? On a
de la misère à y arriver. Pourquoi est-ce qu'on ne vient pas... Pourquoi
est-ce qu'on vient ajouter une autre chose à côté qui, visiblement, coûte cher, qui va prendre beaucoup de temps,
alors qu'on est là puis on peut le faire, on peut nous donner la commande?
Ça fait que
comment est-ce que vous les rassurez, en une dernière phrase? Puis, si vous ne
me rassurez pas, je passe à d'autres questions.
M. Lacombe : Bien, moi, j'ai
beaucoup de difficultés avec : Ça coûte cher. Oui, évidemment, je l'ai
dit, il faut être rigoureux. Je suis le projet, je m'assure que les coûts
restent raisonnables. Puis on effectue une vigie, puis on a une vigilance
constante, je vais dire ça comme ça. Mais, en même temps, se dire que la
culture québécoise coûte trop cher, moi,
j'ai un problème avec ça. Moi, je pense qu'on doit investir dans notre culture
et je pense qu'il y a là une complémentarité.
Oui, dans certaines régions, il y a un musée, mais je pense qu'on peut très
bien aussi avoir un Espace bleu.
Je vous donne un exemple très concret, là. On va
continuer d'investir dans les musées. On a actuellement un projet d'Espace bleu
dans Charlevoix et on vient juste d'annoncer, par ailleurs, qu'on investit
3 millions de dollars... en fait,
2 millions, pardon, 2 millions de dollars au musée... au
musée... j'ai un blanc de mémoire... au musée maritime, au musée maritime, là, pour les goélettes, par
exemple. Est-ce qu'on arrête d'investir parce qu'on a un projet d'Espace bleu
juste à côté? Non, on continue.
Ici, dans la région de la Capitale-Nationale, il
y a le bateau... le vaisseau amiral des Espaces bleus qui est là, puis on
investit quand même plusieurs dizaines de millions pour l'Espace Riopelle au Musée
national des beaux-arts du Québec, par exemple. Donc, je pense qu'on peut très
bien être complémentaire.
Mme Ghazal : On
ne dit pas que vous arrêtez d'investir à jamais dans aucun autre, mais, en ce
moment, il y a de l'argent, beaucoup d'argent qui est investi dans ce projet
qui n'a pas été demandé par les gens du milieu. Je ne parle pas de moi, ou de vous, ou du premier ministre.
Les gens du milieu ne l'ont pas demandé, ça, c'est un fait. Et l'idée, ce n'est
pas...
M. Lacombe : D'accord. Il faut
faire preuve de leadership aussi, là, tu sais.
• (16 heures) •
Mme
Ghazal : ...l'idée, ce n'est pas... l'idée, ce n'est pas
de... ça coûte trop cher, c'est de mettre cet argent-là puis beaucoup
plus dans les musées qui existent déjà, à la demande... en leur donnant des
missions. Mais, bon, on va suivre ça de près.
Moi, je voulais vous parler de l'argent à la
SODEC. À la page E.8 du document budgétaire, on parle... vous parlez de...
«le rôle de la SODEC sera bonifié», que la SODEC aura un nouveau rôle. Première
question, j'en ai deux : Expliquez un peu plus de quel rôle vous parlez.
Puis, la deuxième chose, le milieu demande qu'il
y ait des conditions minimales de travail aux artistes. Les artistes, en ce moment, ce qu'ils demandent...
C'est-à-dire que, des fois, les producteurs reçoivent de l'argent, il y en a beaucoup
qui ne sont pas membres d'une association professionnelle, donc il n'y a pas
d'entente, là, syndicale, là. Et donc, quand on donne de l'argent public, il
faut que ça soit conditionnel à ce que les conditions de travail des artistes
soient respectées. En ce moment, on donne de l'argent, et cette vérification-là
n'est pas faite. Puis il y en a qui ne respectent pas les artistes, l'argent ne
percole pas jusqu'aux artistes ou artisans, et donc leurs conditions ne sont
pas respectées, malgré l'argent public qui est donné.
Est-ce que vous allez... vous avez l'intention,
puisque ça n'a pas été fait à la dernière fois, même s'il y a eu la loi sur le
statut de l'artiste, qu'il y ait des conditions minimales de travail aux
artistes? Ça peut être fait par l'ajout d'une lettre d'association d'artistes,
qui dit : Voici ce que vous devez respecter, parce que, moi, je vous donne
de l'argent public, M. ou Mme la productrice, pour vous assurer que l'argent se
rende aux artistes, ce qui n'est pas le cas en ce moment pour tout le monde.
M. Lacombe : Bonne question.
Là, il y a comme deux parties à la question, qui sont très, très différentes,
donc je vais peut-être commencer par la SODEC, sur la transformation.
Mme Ghazal : Oui, il y avait
deux questions, oui.
M. Lacombe : Oui,
c'est ça. Sur la transformation... Puis je ne sais pas on a combien de temps.
Vous voulez que...
La Présidente (Mme Dionne) : Il
reste...
M. Lacombe : OK. Donc, je me
dépêche.
La Présidente (Mme Dionne) : Oui,
il reste moins de deux minutes.
M. Lacombe : Il nous reste deux
minutes?
La Présidente
(Mme Dionne) : Il nous reste moins de deux minutes.
M. Lacombe : Je me dépêche. Sur
la SODEC, moi, je pense que le milieu culturel a besoin d'une SODEC modernisée
qui va être capable de compétitionner ou, en tout cas, de jouer sur le même
terrain qu'Investissement Québec, par exemple. Pourquoi est-ce que la SODEC, la
Société de développement des entreprises culturelles, ait fait, à certains... à
certains égards, un travail similaire à Investissement Québec, mais n'a pas les
mêmes outils... et n'a pas les mêmes outils, donc, pour être capable d'investir
dans nos entreprises culturelles, qui font en sorte que, bien, notre culture,
elle est vivante puis que non seulement elle est vivante ici, mais qu'on peut
l'exporter avec encore plus de vigueur? Moi, je pense qu'on doit avoir cette
ambition-là.
La SODEC, c'est un legs incroyable de Liza
Frulla, à l'époque, et je pense que, maintenant, elle fait un travail
exceptionnel, mais je pense qu'on est capables de l'aider encore plus. Vous
savez, c'est une des premières choses que j'ai demandées à la SODEC, quand je
suis arrivé, quand on a pris connaissance des deux fonds qui sont disponibles
par le biais de la SODEC et qui, actuellement, ne sont pas aussi performants
qu'on le souhaiterait. En posant des questions, ils m'ont très bien expliqué
que c'est parce qu'ils ne sont pas adaptés nécessairement à ce dont on a besoin
pour investir en culture, dans nos entreprises à vocation culturelle. Donc,
rapidement, je leur ai demandé ce qu'on pouvait faire et on a... on est arrivé,
après quelques retours, à un plan de match ambitieux. Donc, on aura l'occasion
de le présenter. On est en train d'y travailler, mais je pense qu'on est... je
pense que ce sera une excellente nouvelle. Je pense que ce sera une excellente
nouvelle qui nous permettra de nous propulser vers l'avant.
Mme Ghazal : ...on va le
savoir?
M. Lacombe : Bien, on est en
train d'y travailler, on est... Je suis aussi impatient que vous. Ça va être...
Mme Ghazal : OK. Il reste
30 secondes.
M. Lacombe : Ça va être un des
projets majeurs que je souhaite livrer pendant le mandat. Puis sinon, sur les
conditions des artistes, ce matin, j'ai rencontré la nouvelle présidente de
l'UDA, Mme Kontoyanni, qui me semble... sera une partenaire vraiment
exceptionnelle. Je pense qu'on s'entendra sur beaucoup de choses.
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, M. le ministre.
M. Lacombe : En terminant, je
lui ai assuré que, s'il y a des enjeux, je suis très ouvert à les écouter pour
qu'on puisse améliorer ensemble ce qui a déjà été fait.
Mme Ghazal : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Vous
allez avoir un autre bloc à vous. Merci beaucoup de vos interventions. Je vous
rappelle, si vous voulez que je vous laisse plus libre, de ne pas couper la
parole et de garder un ton respectueux également. Donc, nous sommes au deuxième
bloc de l'opposition officielle avec Mme la députée de Mont-Royal—Outremont. C'est à vous la parole.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. On revient encore un peu sur les Espaces bleus. Vous avez... puis
je remercie ma collègue de Mercier. Oui, on a eu d'autres informations. Donc,
vous parlez, puis j'ai bien compris, de complémentarité, parce que la question
est pertinente, là, de se demander : Bien, il n'y aura pas comme une... on
ne va pas diluer l'offre muséale existante? On a des musées régionaux qui,
quand même, ont des difficultés. Vous parlez de complémentarité, parce que le
concept est intéressant, là, de parler de fierté, tout ça, mais il n'en demeure
pas moins qu'on parle quand même d'histoire des régions, identité spécifique
des régions. J'essaie de voir, tu sais, il
n'y aura pas une redondance? Moi, ça m'inquiète. On est... On ne sera pas en
train d'enlever... d'en enlever aux musées existants? Puis là je me réfère
spécifiquement à un très bon exemple qui avait été soulevé par Mario Girard de La Presse : «En visitant le Musée régional de Rimouski, j'ai
vu qu'on y présente une exposition consacrée à La Bolduc. Voilà un
exemple formidable d'un sujet que l'on souhaiterait avoir dans les Espaces
bleus et qui est déjà réalisé dans un musée régional.» Moi, en lisant ça, je me
suis dit : Bien, c'est un excellent exemple. Donc, pouvez-vous élaborer un
peu plus sur la mission des Espaces bleus versus, tu sais, ce qu'un musée
régional a comme mission? Parce que, là, cet exemple-là est... pour moi, est
percutant.
M. Lacombe : Bien, la
complémentarité dans le secteur culturel, je comprends, là, ces questions-là puis
je les respecte, parce que je ne veux pas dénigrer ce questionnement-là ou ce
raisonnement-là, parce qu'en même temps je le reçois aussi du terrain. Bien, en
même temps, je pense qu'il faut aussi regarder ce qu'on fait déjà puis se dire
que cette complémentarité, elle existe, là, bien au-delà des Espaces bleus qui
vont cohabiter, par exemple, avec des musées existants.
Les musées entre eux offrent déjà des produits
qui sont complémentaires. Est-ce qu'on devrait se dire qu'on n'a pas besoin de
rénover le Musée d'art contemporain à Montréal, comme on est en train de le
faire actuellement, parce qu'on a le Musée des beaux-arts de Montréal? Les deux
sont là. Certains diront : Bien, c'est deux musées qui présentent des
oeuvres, mais, en même temps, dans leur mission, ils ont quelque chose de
différent. Ils ne présentent pas exactement la même
chose, même si, parfois, on pourrait retrouver des expositions qui peuvent être
semblables, sur lesquelles on... avec lesquelles on pourrait faire des
rapprochements. Est-ce que ça nous passerait par la tête de dire : Ça n'a pas de bon sens de financer
deux institutions comme celles-là, on pourrait n'en avoir qu'une? Moi, je pense
que, ce raisonnement-là, il faut l'appliquer aussi aux Espaces bleus.
Je vous donne un exemple, et vous pourrez en
parler peut-être avec le député de Pontiac, je pense qu'il pourra peut-être
vous le confirmer. En Outaouais, nous n'avons pas de musées régionaux, une des
seules régions... en fait, la seule région
qui n'a pas de musée régional. Puis vous savez quoi? On travaille avec la
région pour être capable de se doter
d'un musée régional, mais, par ailleurs, la région veut aussi un espace bleu,
puis ils nous disent : On a besoin de ces infrastructures culturelles, puis, oui, ce sera complémentaire,
puis on a envie d'y participer, parce qu'on est capables d'offrir des choses qui sont différentes. Puis, à
la fin, avoir de l'offre, je ne pense pas que c'est une tare. Moi, je pense
que c'est tout à fait justifié d'être capables d'offrir des choses qui sont
différentes, qui sont complémentaires.
Mme Setlakwe : Bien, la
situation à Montréal, pour moi, elle est... c'est une chose, la situation dans
les régions... Parce que les musées ont des
enjeux, puis je vais revenir, propres à... oui, à la situation en région. Il y
a une... la pénurie de main-d'oeuvre. Puis comment est-ce que vous
pensez qu'il va y avoir des experts pour travailler dans les Espaces bleus? Ils ont de la difficulté à
attirer et à retenir en région, les espaces, puis les conditions de travail ne
sont pas faciles.
M. Lacombe : Bien
là, c'est ... (Panne de son) ...ça, là, je trouve, là, c'est... Ce que vous
venez essentiellement de nous dire,
c'est : Montréal est à part. Ça nous prend des infras culturelles à
Montréal, mais, en région... c'est compliqué, il n'y a pas de monde, il
ne faut pas investir.
Mme Setlakwe : Bien... non,
non, non, la...
La Présidente (Mme Dionne) : On
ne coupe pas la parole, s'il vous plaît, laissez le ministre répondre.
Mme Setlakwe : D'accord.
M. Lacombe : Moi, j'ai un
problème avec ça, là. Je pense qu'on a une responsabilité d'investir en région,
puis ce n'est pas parce que c'est plus compliqué puis parce que c'est plus
difficile d'embaucher du monde qu'on va se mettre d'arrêter... on va arrêter
d'investir en région. Il n'en est pas question, là. Je comprends que vous
dites : Montréal, c'est à part, moi... vous me dites ça... Moi, je ne
comprends pas pourquoi Montréal serait à part, là. Puis, quand vous me dites, après ça : En région,
bien là, on a une pénurie de main-d'oeuvre, ça fait que pourquoi est-ce qu'on
ferait ça? Moi, je suis totalement en désaccord avec vous.
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant. Merci.
Mme Setlakwe : ...juste revenir
sur... Là, moi, ici, je n'ai pas fait... je n'ai pas dit que c'était deux
mondes différents, là, Montréal puis les
régions. Je m'appuie sur un mémoire qui a été soumis par un intervenant, par la
Fédération nationale des communications et de la culture dans le cadre des consultations prébudgétaires.
Et ils ont spécifiquement dit qu'«outre l'inflation qui entraîne une
hausse des frais de fonctionnement pour l'ensemble du réseau muséal, les
institutions muséales situées en région font face à des défis liés à leur
éloignement, soit un bassin de population limité, vite atteint, entraînant un
besoin régulier de renouvellement des expositions, un contexte de pénurie de
main-d'oeuvre — là,
ce n'est pas moi qui l'a inventé — exacerbé par la distance et la difficulté
à offrir des conditions de travail compétitives pour attirer et retenir une
main-d'oeuvre qualifiée qui assurera le bon fonctionnement de ces institutions.
Il n'est pas normal qu'en 2023 des techniciens en muséologie aient une
rémunération annuelle qui frôle le salaire
minimum. Un contexte de pénurie de logements ajoutant une difficulté pour les
travailleurs et travailleuses recrutés de trouver à se loger, entraînant
par conséquent des difficultés de recrutement.»
Le mémoire
fait aussi état de ce qui suit : «Les musées régionaux réclament une
meilleure capacité à valoriser leurs
spécificités régionales et à présenter de nouvelles expositions. Les demandes
de financement par projets demandent tellement
d'efforts et de temps aux équipes que les petites institutions régionales — incroyables — faute
de ressources administratives, renoncent à répondre aux appels de projets,
alors que ce ne sont pas les idées qui manquent. Par ailleurs, l'annonce des Espaces bleus et des
investissements qui leur sont attribués fait craindre aux petites institutions régionales
une concurrence indue à plusieurs niveaux.»
• (16 h 10) •
Moi, je pense que ça vaut la peine de continuer,
parce que c'est assez percutant, là, puis ça rejoint le... notre discussion de tout à l'heure. «Avec un
investissement de 300 millions en Espaces bleus, auquel s'ajoutera inévitablement
un financement récurrent, le projet se réalise au détriment des institutions
muséales en place. On va créer de la concurrence dans la recherche de
financements privés et de commanditaires, dédoublement de la mission des musées
implantés sur le territoire par les
communautés locales, impact sur la fréquentation, sur la capacité à fidéliser
une clientèle en soif de nouveauté, dans un contexte de pénurie de
main-d'oeuvre, les impacts sur les ressources humaines des musées existants,
que la création d'Espaces bleus enterre la demande des musées à vocation
scientifique d'implanter un Musée des sciences et de l'innovation du Québec.»
Je pense, j'ai fait mon point, là, puis j'ai bien présenté les inquiétudes, là,
de la FNCC. Vous n'êtes pas inquiet de l'avenir de nos musées existants, M. le
ministre?
M. Lacombe :
Bien, je pense surtout qu'on n'a pas le droit de se dire que c'est trop
compliqué. Vous savez, moi, je pourrais rentrer au bureau chaque matin puis ne
voir que ces enjeux-là, ne voir que ces problèmes-là puis me dire : Bon,
on a une pénurie de main-d'oeuvre. Puis c'était la même chose au ministère de
la Famille. Tu sais, il y a des gens qui nous disaient : Ça sert à quoi,
de construire des CPE? On manque de monde.
Donc, est-ce que je devrais
rentrer à l'édifice Guy-Frégault, le matin, puis me dire : Bon, on a une
pénurie de main-d'oeuvre, ça va être difficile, donc, là, non seulement on
n'investira pas dans nos Espaces bleus en région, mais, en plus de ça, bien, on
n'investira pas non plus pour rénover des salles, on ne rénovera pas les
théâtres, on n'ira pas de l'avant avec des nouveaux projets culturels, parce
que, de toute façon, on n'aura pas de monde? Moi, je refuse de faire ça. Tu
sais, les gens ne nous élisent pas pour baisser les bras puis se dire :
C'est trop compliqué, on ne sera pas capable. Les gens nous élisent pour
trouver des solutions.
Donc, oui,
clairement, il y a un enjeu, mais je pense qu'on est capable de le relever.
Puis moi, je ne veux surtout pas qu'on arrête. En tout cas, ce ne sera pas sous
ma gouverne qu'on arrêtera d'investir dans le milieu culturel. Et là je parle dans les infrastructures, parce qu'on le fait
de toute façon dans les programmes. Bien, ce n'est... certainement pas
sous ma gouverne qu'on cessera d'investir dans le béton avec des nouvelles
salles, des nouveaux musées sous prétexte qu'il y a une pénurie de
main-d'oeuvre.
Mme Setlakwe : Merci.
Non, j'ai... En tout cas, rapidement, vous allez traiter de ces enjeux-là, si
j'ose espérer, mais là vous êtes quand même en train d'amener, alors qu'il y a
ces enjeux-là, un nouveau... déployer un nouveau réseau de musées.
Échéancier,
ça a été mentionné, juste revenir là-dessus, là. Sur les quatre qui ont été
annoncés, les dates d'ouverture seraient prévues pour quand? Donc,
vous... Parmi les quatre, là, on a... on parle de Québec, Abitibi-Témiscamingue, Gaspésie
et Charlevoix. Vous avez dit que... probablement qu'ils seraient... il pourrait
y en avoir d'ouverts avant la fin de votre mandat, en 2026. Et l'ordre,
l'ordre dans lequel vous pensez qu'ils vont être ouverts...
M. Lacombe :
Oui, tout à fait. Bien, d'abord, ce sera l'Espace bleu de Québec qui va
être ouvert en premier. Je peux... je peux vous en assurer. Sinon, évidemment,
il y aura des ouvertures avant la fin du mandat, vous pouvez compter sur moi là-dessus aussi. Bien, en ce
moment, comme je vous mentionnais, je suis en train, avec les deux mains dans
le projet, de m'assurer que les projets sont viables, de m'assurer qu'ils
avancent correctement, de travailler avec le musée, le ministère, par le
biais du bureau de projet, supporté par la SQI, pour nous assurer qu'on est
capable d'optimiser aussi les échéanciers.
Donc, je vais rester avec ce qui a déjà été publié pour l'instant, mais, si on
a des mises à jour à faire, on les fera, bien sûr, le moment venu.
Mme Setlakwe :
Merci. À part les quatre sites déjà annoncés, est-ce qu'il y a d'autres
sites que vous avez identifiés à ce stade-ci? Est-ce que vous êtes... Quels
sont... l'état des démarches, là, pour les... le choix des sites pour le reste
du réseau?
M. Lacombe : Heille, là, j'aurais le
goût, j'aurais le goût. Bien là, ah! on me pince la cuisse, là, en ce moment.
Oui, oui. Le député de Matane nous dit qu'on devrait investir dans
Chaudière-Appalaches, c'est une magnifique région. Je pense que le
député de Beauce-Sud est d'accord avec ça.
Des voix : ...
M. Lacombe : Bien, on reçoit beaucoup
de propositions, mais, je vais vous dire, on a... Peut-être que ce qui... Parce
que, je le dis à la blague, parce que ça m'habite beaucoup, là, je suis
impétueusement ce dossier-là et j'aurais le goût de vous parler de ces sites-là, mais bon. On travaille avec des
immeubles patrimoniaux, donc c'est ce qui rend ça, je pense, encore plus
excitant, mais il faut être prudents, parce que, tant que les projets ne sont
pas officialisés, je ne voudrais certainement pas leur nuire, à ces projets,
donc je reste prudent. Bien, on parle d'immeubles patrimoniaux partout au
Québec, que ce soit... que ce soit en Estrie, que ce soit au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
que ce soit dans les Laurentides, que ce
soit en Outaouais, que ce soit à Montréal, où, là, bon, les immeubles
patrimoniaux, il y en a, mais où on a peut-être des stratégies
différentes. On est en train de travailler là-dessus.
Mme Setlakwe :
Vous avez mentionné, tout à l'heure, qu'il y a des consultations ou que
certains de vos collègues vous font des propositions pour leur région. Donc,
les députés sont impliqués dans les démarches, ceux du gouvernement. Est-ce que
ceux de l'opposition aussi devraient être impliqués dans les démarches, ce ne
serait pas l'ensemble des élus qui pourraient participer à ça?
M. Lacombe :
Bien, en fait, évidemment, ce n'est pas un processus formel où j'ai demandé
à mes collègues de me déposer des demandes, mais je suis certain que c'est
aussi le cas dans tous les autres caucus. C'est sûr que mes collègues viennent
me voir pour me soumettre des idées, informellement, parfois, veulent me
rencontrer à ce sujet-là, mais je vous soumets bien ouvertement que, si vous
avez un projet pour Montréal, par exemple, vous pouvez aussi venir me voir et
que ça me fera plaisir. Bien, c'est qu'à chaque fois que les députés des autres
partis nous parlent des Espaces bleus, c'est
pour nous dire que ce n'est pas une bonne idée. Donc là, en même temps, je ne
suis pas tellement surpris qu'ils ne viennent pas me voir pour me
proposer des projets, mais je vous assure, je vous assure...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, M. le ministre.
M. Lacombe : ...que,
si vous avez des idées, bien, ça nous fera plaisir de nous en inspirer.
Mme Setlakwe : ...que c'était
une mauvaise idée. Je pose des questions pour en savoir plus. Bien, justement,
à Montréal, est-ce que... qu'est-ce qui... qu'est-ce qui arrive avec le projet
d'Espaces bleus dans la métropole, là? On avait su, sous la plume de Mario
Girard, que... bien, on le sait, là, que le MAC a dû revoir le budget de son
projet d'agrandissement. Puis, pour ce qui est du McCord, je pense que son rêve
de devenir plus grand est chose du passé, là, il semble s'évanouir.
M. Lacombe : Bien, je ne sais pas
pourquoi vous dites ça pour McCord, mais, bref, je vais passer là-dessus en disant qu'on travaille, on travaille sur le
projet d'Espaces bleus aussi, de Montréal, on a des pistes... on a des pistes
intéressantes, sur lesquelles je ne me
m'épancherai pas, parce qu'effectivement elles sont préliminaires, mais
peut-être profiter de l'occasion pour
vous rassurer sur le musée d'art contemporain. C'est un autre dossier que j'ai
pris à bras-le-corps, personnellement, quand je suis arrivé, parce que
je me disais que ça n'avait aucun, aucun, aucun bon sens, que ce musée, qui est une institution phare au Québec,
soit fermé, que les... que la collection, les collections soient inaccessibles,
pour la plupart, bien qu'il y en a une petite partie d'accessible à la Place
Ville-Marie, et tout ça en raison, oui, de dépassements de coûts, mais de
difficultés à s'entendre, notamment avec le gouvernement fédéral. Donc, non
seulement avec le directeur général, John, mais aussi avec la présidente,
Claudie, on a travaillé et on continue de le
faire. Je suis ce dossier-là personnellement, j'en parle avec mon homologue au
fédéral, avec qui je m'entends très bien, Pablo, et moi, je suis très
confiant qu'on sera en mesure de faire des annonces bientôt.
Mme Setlakwe : Merci. Dans le
Bas-Saint-Laurent, qu'est-ce que... est-ce que vous avez dit qu'il y a un site
qui avait été identifié, un bâtiment?
M. Lacombe : ...non, je ne vous
ai pas dit ça, parce qu'il y a différentes personnes qui sont intéressées par
l'accueil d'un espace bleu. Donc, il y a deux sites, et on a... j'ai bien
entendu la proposition d'avoir un espace bleu qui serait scindé, là. Je pense
que c'était ça, la proposition. Je vois des collègues qui font oui de la tête.
Bien, on est encore au stade des discussions, il n'y a véritablement aucun site
qui a été identifié dans le Bas-du-Fleuve.
Mme Setlakwe : Est-ce que vous
avez acquis des édifices patrimoniaux?
M. Lacombe : ...
Mme Setlakwe : Non, non,
généralement, pour le réseau.
M. Lacombe : À l'heure
actuelle, techniquement parlant, je devrais dire... je devrais dire... acquis,
est-ce qu'on a acquis, techniquement, oui?
Des voix : ...
M. Lacombe : Donc, oui.
Mme Setlakwe : Lesquels, déjà?
M. Lacombe : Oui,
bien, ce n'est pas le gouvernement, là, qui fait l'acquisition, d'ailleurs,
ça... c'était un enjeu au départ, c'est le musée qui fait... qui fait
l'acquisition. Donc, on a fait l'acquisition, mais, techniquement, est-ce qu'on
peut dire ça de...
Des voix : ...
M. Lacombe : Donc,
Amos, Percé, on peut dire oui, Baie-Saint-Paul, là, il y a des nuances, là, on
est en promesse d'achat, mais ce n'est pas complété.
Mme Setlakwe : ...envisagez des
constructions neuves ou pas à ce stade-ci?
M. Lacombe : Des
constructions neuves, bien, pour le moment, je vais dire non. Je vais dire non,
pour le moment, mais il y a quand même des... il y a quand même des
endroits, par exemple, comme à Percé, où le bâtiment original, qui est un bâtiment patrimonial, puis ça, c'est
une évidence, là, ne nous permet pas d'accueillir tout ce qu'on voudrait
accueillir. Donc, il pourrait y avoir une
phase deux, par exemple, qui doive relever d'un nouveau bâtiment, mais à la
base on part d'un bâtiment qui est un bâtiment patrimonial dans la
presque totalité des cas.
• (16 h 20) •
La Présidente (Mme Dionne) : ...vous
rappeler, Mme la députée, il reste deux minutes à cette intervention.
Mme Setlakwe : Parfait. Merci.
Le contenu, là, des Espaces bleus, je présume qu'il y a des consultations.
Avez-vous une idée des expositions? J'imagine que vous êtes en réflexion avec
les instances locales. Est-ce que vous avez formé des comités consultatifs? Si oui,
est-ce qu'on peut en connaître les membres? Puis, vous, M. le ministre, là, quelle
est votre vision du contenu à présenter? Tu sais, vous avez dû en parler, je
vous ai entendu, en janvier, dire que ce
sera tout sauf quétaine. Bien, donnez-moi un petit peu plus d'informations.
Vous avez dû avoir des discussions avec
le premier ministre. Vous voyez ça comment vous, là, ces nouveaux lieux de
fierté? Puis est-ce qu'on va n'y présenter, tu sais, que des moments heureux de
notre histoire ou aussi des moments sombres ou des personnalités plus
controversées? Comment vous voyez ça?
M. Lacombe : Bien, d'abord, je
suis tombé dans le piège avec cette question-là. On apprend ça, au tout début,
ne jamais répéter les mots de la question qui nous est formulée par un
journaliste. Je me suis laissé prendre. On m'a demandé : Est-ce que ça va
être quétaine, M. le ministre? Puis là j'ai dit : Bien non, ce ne sera pas
quétaine, parce qu'on veut vraiment que ça fasse vibrer les gens. Puis la... je
le sais que la ligne, elle est mince, je le sais qu'il y a peut-être des
nuances, mais, le sentiment qu'on... dont on souhaite les Québécois se voir
habiter quand ils entreront dans un espace bleu, c'est vrai que c'est un
sentiment de fierté, fierté de notre histoire nationale. L'histoire va prendre
un... une place importante, puis pas juste les beaux moments, pas juste les
moments, évidemment, que... dont est fiers, peut-être des moments dont on est
effectivement moins fiers, mais ce qui fait partie de notre histoire, parce
que, globalement, je pense qu'on peut être très, très fiers de la nation qu'on
est devenue.
Mettre en évidence des grandes réalisations
québécoises, que ce soient des legs de premiers ministres, de gouvernements
libéraux, qui en ont fait beaucoup, que ce soit... que ce soit sur la question
nationale, par exemple, qui a été portée par le Parti québécois, par de grands
premiers ministres aussi, par des éléments plus contemporains. Donc, ce n'est
pas un espace où il y aura des couleurs politiques. Bien, c'est vraiment un
espace où non seulement l'histoire sera mise à l'honneur, mais où les grands
personnages historiques seront aussi mis à l'honneur, pour qu'à la fin, que ce
soit dans le domaine culturel, que ce soit dans le domaine sportif, on soit
capables de ressortir de là... Et, si on avait des doutes... bien, moi, je
pense que les Québécois sont fiers à la base, mais, si on avait des doutes de
se dire : Heille, moi, je suis fier d'être Québécois, puis, mon Dieu, on
en a fait des grandes choses! Puis ça peut être des réalisations, ça peut être
des personnages.
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, M. le ministre.
M. Lacombe : Ça
peut être notre langue aussi. Donc, tous des scénarios sur lesquels travaille
le musée actuellement.
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
maintenant la fin de ce bloc. Et je cède maintenant la parole au député
indépendant de... député de Matane-Matapédia. C'est à vous la parole.
M. Bérubé : Député du Parti
québécois, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dionne) : ...je
suis désolée.
M. Bérubé : Vous en savez
quelque chose, on a déjà milité ensemble. Mme la Présidente, comme le ministre
parle de nationalisme, je vais lui poser les questions qui s'imposent. Dans le
plan nationaliste de son parti, on parle de
rapatrier l'ensemble des budgets dédiés au milieu culturel par les institutions
fédérales. L'an dernier, j'ai posé la question à sa prédécesseure; non
seulement je n'ai jamais eu de réponse, mais elle s'était engagée à déposer à
la commission l'ensemble de la correspondance. Je n'ai toujours rien reçu un an
après. Alors, je pose la question au ministre : Est-ce qu'il peut nous déposer l'ensemble de la
correspondance adressée au gouvernement du Canada concernant précisément
le rapatriement des budgets et des pouvoirs en culture?
M. Lacombe : Mme la
Présidente, bien, bien content de cette... bien content de cette question-là.
Ça a été une question posée par le Parti québécois... bien, en fait, dans le
cadre de cette étude de crédits, puis on a communiqué toutes... on a
communiqué toutes les lettres qui ont été échangées avec mon homologue fédéral
déjà.
M. Bérubé : ...pour le bénéfice
des personnes qui nous écoutent, qui nous regardent, la réponse, c'est aucune.
Il y a eu des lettres qui ont été échangées sur la base de certains enjeux où
le gouvernement a été sollicité, mais aucune lettre ne témoigne d'une volonté
de la CAQ de rapatrier les budgets en culture, et ainsi que les pouvoirs. Alors, c'est un an plus un jour. Il n'y a pas de
réponse. Donc, je ne sais pas ça commence quand, le nationalisme, mais
ce ne serait pas prématuré de commencer en matière culturelle.
Donc, c'est
la même réponse que l'an dernier. Je trouve ça dommage, parce que j'ai même
entendu le ministre dire à
Radio-Canada qu'il souhaitait agir sur les GAFA, même si on n'a pas les
pouvoirs. Alors, je pense que ce serait mieux d'avoir les pouvoirs avant
si on veut intervenir sur les GAFA, est-il d'accord avec ça?
M. Lacombe : Bien, c'est une
discussion intéressante, ça, Mme la Présidente, parce que je comprends ce que
le député de Matane nous dit, c'est-à-dire demander la permission puis
dire : Bien, M. Rodriguez, on aimerait avoir les pouvoirs en culture. Et je comprends, effectivement, c'est vrai, il
n'y a pas de lettre sous ma signature qui est partie depuis mon assermentation en octobre, je vous
rappelle que ça ne fait pas un an. Bien, sous ma signature puis sous ma... mon
leadership, il n'y a pas effectivement de lettre qui... de lettre, là, un
morceau de papier qui est parti à Ottawa pour demander ça.
Je comprends que le député
de Matane nous dit : Il faudrait faire ça, il faut demander la permission
à Ottawa pour rapatrier ces pouvoirs-là.
Moi, ce que j'ai envie de vous dire, c'est que ça peut être une stratégie.
Nous, on est toujours d'accord avec ça. D'ailleurs, le premier ministre
s'est levé en... au salon bleu, il y a quelques semaines, pour réitérer qu'on
veut toujours rapatrier les pouvoirs en culture, mais je pense que la première
façon, avant de demander un rapatriement ou de demander une permission, c'est
d'agir dans les champs de compétence où nous, on pense avoir compétence, puis
on est en train, on n'est pas en train de travailler là-dessus. D'ailleurs, je
me suis entouré de professionnels. Je pense que le député de Matane va juger
que ce sont des professionnels de très haute qualité. Bien, je pense que ce
serait gênant que vous diriez le... que vous disiez le contraire, mais on en
reparlera vendredi.
La Présidente (Mme Dionne) :
En...
M. Bérubé : ...j'ai peu de
temps, Mme la Présidente, notamment à cause d'une négociation...
La Présidente (Mme Dionne) : Allez-y,
posez vos questions, M. le député.
M. Bérubé : ...qui
ne nous a pas permis d'en avoir beaucoup. Donc, c'est plus de quatre ans. Il
n'y a eu aucune lettre depuis quatre
ans, le ministre assume, manifestement, le bilan de son gouvernement. Donc,
aucune lettre en plus de quatre ans pour demander les budgets. Ce ne
serait pas, encore une fois, prématuré de le faire. Parce qu'on peut bien
essayer... d'exercer un pouvoir sur les juridictions qu'on n'a pas, il vaut
mieux les obtenir. C'est ma prétention, je suggère ça. Pour l'année prochaine,
faites-le, comme ça je n'aurai pas besoin de reposer la question, ce sera
consigné dans le cahier. Je veux dire, on ne peut pas avoir une posture
nationaliste, je veux dire, homéopathique, là. On n'en met pas trop, tu sais,
mais il me semble que la moindre des choses, ce serait de le demander.
Espaces bleus, beaucoup de choses ont été dites.
Je veux quand même dire, pour le bénéfice de l'Assemblée, qu'en caucus de la CAQ on a clairement demandé aux
députés de proposer des projets, de venir voir le ministère de la Culture, plusieurs collègues de la CAQ me l'ont
confirmé. Jamais on ne m'a consulté pour les projets au Bas-Saint-Laurent,
Mme la Présidente, jamais on ne m'a demandé de dire : Il y a-tu un endroit
que vous trouvez qui serait intéressant à suggérer? Jamais. Seuls les députés
de la CAQ ont été consultés en circuit fermé. Je le dis de mon siège, d'accord?
Je suis sûr de mon coup.
Les Espaces bleus, comment ça a commencé? Un
article de Denis Lessard qui dit que c'est essentiellement un legs que le premier ministre veut laisser au
Québec. Un legs, donc un nouveau réseau. Après les maisons des aînés,
après les maternelles quatre ans, après que sais-je encore, là, c'est un
réseau, le ministre est pogné avec ça. Est-ce que, dans un... Est-ce qu'il
pense qu'il va arriver à terme, qu'il y aura 17 Espaces bleus? Est-ce
qu'il ne pense pas que l'argent serait mieux utilisé de mieux financer... 18,
c'est encore pire, de mieux financer le réseau muséal? Notre position, là,
transparence totale, nous, on aimerait mieux financer, mieux financer le réseau
muséal que de faire des Espaces bleus. Entre ça puis des Espaces bleus, on va
prendre financer le réseau muséal. C'est quoi, l'échéancier de réalisation,
c'est-tu la fin du mandat?
M. Lacombe : Bien, j'ai répondu
à cette question-là, tantôt, là, ça fait que je pense... je vais prendre les
précieuses minutes qu'on a pour répondre à autre chose. Je veux absolument
revenir sur le rapatriement de pouvoirs dont parle le député de Matane pour
dire qu'effectivement je comprends la posture du député de Matane qui
dit : Bien, vous devriez envoyer une
lettre au ministre fédéral pour lui demander la permission puis rapatrier
certains pouvoirs.
Nous, ce qu'on dit, ce que je dis, la prétention
que j'ai, et je le martèle depuis déjà un moment, c'est qu'on est dans un monde
qui a changé, dans un monde numérique où la culture doit se frayer un chemin
puis où la culture québécoise doit plus que jamais se frayer un chemin si elle
veut survivre, et moi, je veux qu'elle survive. Donc, on est en train d'étudier quels moyens on a à notre
disposition, sans envoyer une lettre à Pablo Rodriguez pour lui demander,
puis demander la permission, puis de rapatrier des pouvoirs, pour voir comment
on est capable, dans ce nouveau monde qui a changé, d'occuper notre champ de
compétence puis de ne pas laisser toute la place à Ottawa.
Ottawa a déposé son projet de loi C-11.
Pourquoi le Québec ne serait pas en mesure, lui aussi, de poser des gestes pour
encadrer les GAFAM? Est-ce qu'on a la légitimité de le faire? Nous, on pense
que oui, et les experts qu'on consulte nous disent aussi que oui. Et, en tout
respect, je dis au député de Matane que ce sont des experts qui, je pense, vont amener son respect. Donc, on aura
l'occasion d'en reparler, peut-être, lorsque... lorsque je ferai une annonce
là-dessus.
Et sinon,
pour les Espaces bleus, bien, moi, je vous dis : Il n'y a pas de
consultation des députés de la CAQ par le ministère sur l'emplacement des
Espaces bleus. On y va surtout par les projets qui nous sont soumis par la
communauté. Et, si le député de Matane a une idée, moi, ça me fera
plaisir de l'écouter.
M. Bérubé : ...beaucoup, mais
je n'ai encore pas beaucoup de minutes, comme tout à l'heure.
La Présidente (Mme Dionne) : ...M.
le député.
• (16 h 30) •
M. Bérubé : Je sais, mais j'ai
beaucoup à dire. En matière de patrimoine, je vous donne un exemple, la maison
Chevalier, hein, dans le Vieux-Québec, un des endroits les plus emblématiques
de notre patrimoine. Ils l'ont vendue 2,2 millions de dollars à une
compagnie de meubles. Entre... Il me semble que le sérieux de la préservation,
c'était pas mal là que ça se passait. Il y a une pétition qui a été déposée à
l'Assemblée nationale. Comment on a pu vendre la maison
Chevalier pour bâtir un siège social? Et j'ai une liste de plein de bâtiments,
là, qui ont besoin de financement pour être adaptés, pour être maintenus, pour
y faire autre chose. C'est ça qui devrait être la priorité. Si on dit aux Québécois :
C'est quoi, votre priorité? Maintenir le patrimoine existant, là où il y a des
mobilisations ou des Espaces bleus, je suggère que c'est ça, l'enjeu.
Quant au ministre qui dit que je vais... je vais
gagner le respect, en fait, le respect sera gagné par les gestes qui vont être
faits, les résultats, surtout. Le gouvernement du Québec n'a pas pouvoir, n'a
pas juridiction en ces matières, et tant mieux si le ministre essaie un coup de
force, puis ça fonctionne, je serais le premier à le saluer, mais moi, j'ai
tiré des conclusions politiques du Canada depuis longtemps. Et ce n'est pas une
posture que j'ai, c'est une conviction très profonde. Ce n'est pas la voie la
plus facile, mais, quant à moi, c'est la plus responsable. Une des raisons
fortes qui fait en sorte que je suis indépendantiste, c'est la culture. Je
pense que vous êtes mieux placés que Pablo Rodriguez pour gérer la culture,
prétention, oui, mais le problème, c'est que vous ne cherchez pas à avoir
l'autre moitié qui manque pour gérer la culture, et je vous demande
éventuellement d'avoir cette ambition-là, c'est très important.
Donc, pour les Espaces bleus, beaucoup a été
dit. Je maintiens que c'est... vous n'aviez pas besoin de ça dans votre mandat.
Je ne sais pas ce que dit votre lettre de mandat, si c'est indiqué qu'il faut
le finir en 2026. Je repose ma question, ma dernière là-dessus. Est-ce que le
ministre veut boucler ce réseau-là avant la fin du mandat, oui ou non?
M. Lacombe : Bien là, il n'y a
pas de cachette. J'ai répondu à cette question-là il y a quelques minutes en
disant qu'en 2026...
M. Bérubé : C'est moi qui...
M. Lacombe : Bien, je
comprends, là. Je vais vous le dire. Vous aurez votre clip pour Facebook. Je
suis en train de vous dire que, 2026, véritablement, non, on n'aura pas
terminé. Ce serait complètement illusoire de penser qu'on sera capable d'avoir
fini...
M. Bérubé : ...
M. Lacombe : Bien là, vous avez
pris du temps pour votre question. Je pense que je peux prendre du temps pour
ma réponse.
M. Bérubé : ...tout à l'heure,
c'est juste oui ou non, avant la fin du mandat ou pas.
M. Lacombe : Oui, mais moi, je
vous donne une mise en contexte.
M. Bérubé : Bien
là...
La Présidente (Mme Dionne) : ...les
questions et les réponses, mais...
M. Bérubé : Bien, c'est de son
côté qu'il va falloir équilibrer...
La Présidente (Mme Dionne) :
D'accord, en terminant. Il reste deux minutes.
M. Lacombe : Ça nous prendra
plus que 2026, mais je veux juste vous souligner quand même qu'il faut être
fiers et que, si... je comprends que, si, à l'époque des CPE, vous aviez été
là, vous auriez dit : Un autre réseau, un autre réseau, ça ne vaut pas la
peine.
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, monsieur...
M. Lacombe : Aujourd'hui, on en
est fier, de ça.
La Présidente (Mme Dionne) : Je
vous rappelle que les questions doivent être relatives aux réponses, mais ça
inclut les préambules. Donc, parfait, merci, je vous laisse continuer.
M. Bérubé : OK. Je suggère, Mme
la Présidente, que son collègue, lui, a averti ce matin que, 2026, il y aura un
réseau de transport d'une rive à l'autre. Je lui demandais d'être plus précis.
Dernier élément, il a dit qu'il allait avoir... Ça allait être terminé pour
2026, ou amorcé. Alors, lui, il est plus précis. Vous pouvez vous inspirer de
votre collègue de l'Éducation. Je suis convaincu que ça pourrait nous permettre
d'avoir des réponses plus précises.
Je veux poser une question au ministre. Télé-Québec,
est-ce normal, et je le dis avec tout le respect pour un collègue de l'Assemblée nationale, que... organise
une conférence dans une école secondaire avec le chef, le porte-parole
de Québec solidaire? On ne nous a pas offert ça, au Parti québécois, ni au
Parti libéral ni à la CAQ. J'ai le document que je dépose ici. Télé-Québec
présente des conférences dans une école secondaire. Je ne dis pas qu'on est
contre, mais je dis qu'il faut l'offrir à tout le monde. Alors, ces jeunes-là
qui vont voter à la prochaine élection... Je sais que la PDG de Télé-Québec est
ici, je crois. Est-ce que le ministre pense que c'est approprié?
Document déposé
La Présidente
(Mme Dionne) : ...engagez à transmettre au secrétariat de la
commission, s'il vous plaît, le document? Merci.
M. Bérubé :
Et j'ai même prévenu le ministre d'avance que j'allais lui poser la
question.
M. Lacombe :
C'est vrai. Il est bon de... C'est vrai. Il m'a texté hier pour me dire
qu'il allait me parler de ça.
M. Bérubé :
Alors, vous avez une réponse de prête?
M. Lacombe :
Bien, en fait, je vais vous répondre la même chose qu'hier. C'est sûr que,
lorsque j'ai vu... lorsque j'ai... Là, vous n'allez pas lire mon texto,
j'imagine, là, quand même, mais, lorsque... lorsque j'ai été informé de ça...
C'est sûr que, si vous me demandez mon avis, je trouve que c'est surprenant
puis je vous avoue que j'ai un certain malaise, mais, en même temps, ce n'est
pas non plus, je pense... Je me suis posé la question hier soir. Je ne pense pas non plus que c'est mon rôle de m'ingérer
dans les affaires de Télé-Québec, qui est une société d'État distincte,
à un bras de distance du gouvernement, et de
lui dire ce qu'elle devrait faire ou non dans son contenu de cette nature-là. Je
pense que, si je le faisais, les collègues ici autour de la table seraient les
premiers à me le reprocher. Sur une base personnelle,
c'est sûr que j'ai un malaise de voir un chef de formation politique, dans un
véhicule qui est une société d'État, faire le tour des écoles pour
exposer sa vision politique du Québec, mais, en même temps, en même temps, je
ne m'ingérerai pas dans les affaires de Télé-Québec.
M. Bérubé : On ne demande pas de...
On ne demande pas de participer à Belle et Bum, là. On veut que ce soit équitable
pour l'ensemble des élus, hein, à Télé-Québec. Alors, quel que soit... je le
dépose, ainsi que mon malaise.
La Présidente
(Mme Dionne) : M. le député, oui, merci.
M. Lacombe :
...concours l'année prochaine s'il veut.
M. Bérubé :
Oui, mais...
La Présidente
(Mme Dionne) : C'est terminé pour les échanges. Vous... On
passe... On va passer à la parole au gouvernement. Merci, M. le député de
Matane. Le Parti québécois... Je vous rappelle que le député indépendant, ce n'est qu'une procédure de la commission. Alors,
petit aparté. Maintenant, je cède la parole au gouvernement. Alors, M.
le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Bonjour, M. le ministre. Bonjour à mes collègues des oppositions, évidemment, mes collègues du gouvernement. Je
tiens à saluer également la brigade du ministère de la Culture, Mme la
sous-ministre, les gens qui vous accompagnent, les différentes sociétés d'État,
M. le directeur de cabinet.
C'est important,
l'exercice que l'on fait cet après-midi non seulement pour la culture au
Québec, mais aussi pour les artisans de notre culture, qui, on doit le dire, à
travers la pandémie, ont vécu des moments pas faciles au cours des dernières
années. Il n'en demeure pas moins que, lorsqu'on regarde le budget du ministère
de la Culture au cours des dernières années, il a augmenté de façon importante.
Et d'ailleurs votre
prédécesseure, M. le ministre, a été saluée pour son leadership auprès des
différentes organisations culturelles à
travers le Québec. Je pense, entre autres, aux gens qui oeuvrent dans le
domaine du cinéma, qui oeuvrent dans l'industrie de la production télé
ou même auprès de différentes institutions, sociétés d'État, à quel point notre
gouvernement a été au rendez-vous, à quel point le ministère de la Culture a
été au rendez-vous. Et même les oppositions, je me souviens, à l'Assemblée
nationale, au cours du dernier mandat, ont salué le leadership de la ministre de la Culture de l'époque et à quel point
on a permis au milieu culturel de rebondir et d'avancer. Alors, ça, je pense, c'est
important de pouvoir le placer dans la discussion.
On pourra également,
ce soir, lors des crédits jeunesse, parler, justement, de la culture, parce
que, dans le plan jeunesse, on a ajouté un volet culture qui est important. On
pourra évidemment parler de l'avenir du français chez les jeunes aussi, qui est quelque chose de superimportant. Les
derniers rapports de l'OQLF, qui nous démontrent une indifférence des
jeunes face au français, ça vous pousse, et ça nous pousse, comme gouvernement,
à faire plus pour le contact des jeunes avec la culture québécoise. Ne
serait-ce, entre autres, sur le numérique, on pourra parler de découvrabilité
aussi. Vous avez donné beaucoup d'entrevues sur le sujet.
Alors, je serais
intéressé à en entendre davantage, mais, aussi, vous êtes à la base... Et ça,
il faut le rappeler, j'entendais les oppositions parler des investissements que
l'on fait en culture, parce que ce n'est pas une dépense, hein, c'est un
investissement. Lorsqu'on investit dans les Espaces bleus, lorsqu'on investit
dans nos infrastructures, ce sont des sommes... qui est importante. Vous
m'entendez souvent, M. le ministre, comme adjoint parlementaire, faire le comparatif avec le sport, hein? Tu sais,
je veux dire, pourtant, à certains endroits, il y a 17 équipes de soccer,
puis ce n'est pas grave, tu sais? Alors, pourquoi il y aurait deux musées? Tu
sais, je me dis : Ce ne serait pas la fin du monde. L'important, c'est d'en consommer, de la culture.
Puis je pourrais aussi vous parler de l'importance de rendre hommage
aussi au milieu culturel québécois, à quel point c'est important, parce qu'on
rend hommage à nos sportifs, il faut le faire, mais il faut aussi rendre
hommage aux gens du milieu culturel québécois.
Mais vous êtes à la tête
d'un ministère économique qui apporte des retombées économiques importantes, et
vous me permettrez de vous parler de cinéma, entre autres, parce qu'il y a des
données qui sont fort intéressantes sur le marché du film québécois. Malgré les
aléas de la pandémie au cours des dernières années, la part de marché des films
québécois, dans les entrées en salle, est en légère hausse un peu
partout : 2020, 13,1 %, 2021, 13,5 %. La part, d'ailleurs, des
films québécois, parmi les projections en salle, est de 15 %. C'est un
sommet depuis 2005. Alors, non seulement on a des producteurs, on a des gens
qui réussissent à trouver le financement nécessaire et qui réussissent
également à aller en salles québécoises, on a également, comme gouvernement,
fait tout un travail, entre autres, en relations internationales, pour
permettre à différentes grandes productions de venir tourner des films ici, au
Québec. C'est important qu'ils puissent venir s'enrichir non seulement de ce
qui se passe dans les villes, mais également dans les régions.
Alors,
j'aimerais vous entendre sur votre vision, entre autres, concernant le cinéma
québécois, le fait également que nos
productions télé ne tournent pas juste dans les grands centres. Il y a une
tournée également dans les différentes régions du Québec. On a vu des
séries, La faille, entre autres, qui est venue tourner à Québec, La
faille 3, que le premier ministre a
écoutée en fin de semaine, qui est allée tourner dans des villages québécois.
Alors, il y a un effort qui doit continuer d'être fait pour faire en
sorte que nos productions télé se retrouvent dans les régions, mais également
engagent, on sait, des gens dans les différentes régions du Québec.
Alors, comment voyez-vous l'avenir du cinéma,
des salles de cinéma, également, au Québec, qui, somme toute, ont réussi, après
la pandémie, à rebondir de façon importante? Et qu'est-ce qu'on doit faire
ultimement pour, lorsqu'on regarde les fiches à la film, bien, il y ait encore
plus de films québécois qui soient à l'affiche?
• (16 h 40) •
M. Lacombe : Bien, merci
beaucoup. Je veux remercier mon collègue que je sais éminemment passionné et
animé d'un amour ardent pour la culture. Donc, c'est vraiment un plaisir de
parler de ça avec lui.
Le cinéma, puis je vais faire une parenthèse,
peut-être, sur le cinéma jeunesse, et là vous ne m'aviez pas donné vos
questions à l'avance, donc là c'est intéressant, on le fait... on a la
discussion pour vrai, contrairement à ce que
bien des gens pensent, mais le cinéma jeunesse... Le cinéma jeunesse, pour moi,
c'est une pierre angulaire de notre stratégie qu'on doit adopter pour être
capable de répondre à la priorité numéro un que je me suis fixée, que le premier
ministre m'a donnée lorsqu'il m'a rencontré un lundi soir, très tard, avant la
composition du Conseil des ministres. Il faut reconnecter nos jeunes avec la
culture québécoise.
Donc, le cinéma jeunesse, je pense que c'est un
outil très, très stratégique pour qu'on soit capable d'y arriver, et, quand on
a une offre, quand on a une offre de cinéma jeunesse, cette offre-là, elle
trouve preneur. Puis, je pense, si on regarde, là, les dernières semaines, on a
eu Coco ferme, par exemple, qui a très bien fait aussi en salle. On a
eu, par exemple, Katak, si ma mémoire
est bonne aussi, l'histoire d'un dauphin. Là, je ne veux pas tomber dans
l'anecdote, mais moi, j'ai des
enfants, puis ça les intéresse beaucoup. Donc, quand on a des produits comme
ça, qui existent pour les jeunes, les produits trouvent preneurs, puis
je pense qu'on doit amener cette habitude-là.
Puis je lisais, dans le cadre de l'exercice
budgétaire, des créateurs qui ont fait une sortie en disant : Ça nous prendrait un minimum, là, de... un certain minimum
de films québécois pour enfants à chaque année, et pas seulement des films comme La guerre des tuques ou
comme Coco ferme, avec des acteurs en chair et en os, mais aussi des
films d'animation, et on en a, de bons studios. Je parlais, notamment,
récemment, avec une créatrice qui se spécialise... qui se spécialise là-dedans et qui a son studio en banlieue de Québec, ici,
puis qui m'expliquait à quel point c'est difficile, ce marché-là, mais à quel point, pour elle, c'est
une mission qu'elle s'est donnée, puis je ne peux pas être plus en accord.
Donc, peut-être simplement terminer en vous
disant que j'y crois, que je pense que ça doit faire partie de notre stratégie,
qu'on est déjà en discussion avec les artisans du domaine cinématographique
pour voir comment on peut les soutenir davantage, que je suis bien au courant
aussi de leurs demandes là-dessus, puis qu'on doit ramener peut-être la belle
époque des Contes pour tous, là, où il y avait une effervescence, où il
y a eu... Ça parle peut-être aux plus expérimentés des parlementaires autour de
la table, mais je pense que je ne nommerai pas de nom, mais je... même s'il
fait des... mais je pense qu'on doit peut-être revenir à cette époque-là.
Mais ce n'est pas un marché qui est facile.
C'est ce que j'ai appris aussi. Tu sais, ne serait-ce que dans le classement
des films, ça marche beaucoup en dollars, là, de recettes pour dire : un
film est populaire ou pas. Les billets pour enfants coûtent moins cher. Ces
films-là, on a peut-être moins l'impression, parfois, qu'ils réussissent bien,
que ce sont des grands succès en salle, alors que, dans les faits, parfois, il
y a beaucoup de monde qui vont les voir,
mais, parce que c'est calculé en dollars, des fois, c'est peut-être moins
représentatif. Bref, j'en aurais long à dire, mais il faut que ça fasse
partie de la stratégie.
M. Poulin : Excellent, puis
sans compter également que, dans les histoires pour enfants, les histoires pour
jeunes... Vous êtes allé au salon du livre récemment, où les jeunes sont au
rendez-vous pour les livres. Alors, on a des livres qu'on peut adapter en
séries télé, comme on a vu à une certaine époque. Il va falloir agir à ce
niveau-là.
J'ai d'autres collègues qui ont des questions, alors
je vais leur céder la parole. Il reste combien de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Dionne) : Il
nous reste quatre minutes.
M. Poulin : OK, parce que je ne
sais pas si Louis...
La Présidente (Mme Dionne) :
J'ai le député de Côte-du-Sud et le député... M. le député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Oui,
je vais y aller. Je te laisse terminer, Louis. Je vais y aller vite.
D'abord, M. le ministre, je suis très heureux de
pouvoir, comme adjoint gouvernemental à la culture, travailler avec vous et vos
équipes, je tiens à le souligner, du travail qui est effectué pour arriver à ce
processus de crédits budgétaires là. Vous savez, la jeunesse me touche
énormément, le travail d'éducation artistique auprès des jeunes, il
y a... À travers le monde, les
jeunes... consomment des biens culturels, et nous, ici, bien, on a cette
volonté-là, vous le savez, de vouloir
amener les produits québécois à nos jeunes pour cette consommation-là.
Pouvez-vous nous dire comment qu'on
peut faire, là, pour être davantage encore présents avec nos jeunes au niveau
de la consommation des biens culturels, nous citer quelques exemples que vous
pouvez avoir en tête de nous partager pour cette consommation-là de
biens culturels?
M. Lacombe : Bien, je pense
qu'il y a plusieurs pistes de solution. Le cinéma, c'en est une, hein? On amène
nos jeunes dans les sorties culturelles,
dans les salons du livre, mais on les amène aussi en salle, voir des films, des
films québécois. Donc, je pense que ça, c'est une avenue qui est
intéressante.
D'ailleurs, ce que le député de Beauce-Sud
souligne, en parlant de littérature jeunesse québécoise, les histoires sont là.
D'ailleurs, la PDG de la SODEC me disait récemment : Le matériel est là,
les histoires existent, il suffit de les
transposer à l'écran. Puis j'avoue que je suis très d'accord avec elle et avec
le député de Beauce-Sud là-dessus. Donc,
on doit miser là-dessus. On a d'incroyables succès, en librairie, de livres
jeunesse, qu'on peut transposer à l'écran. Il faut rejoindre les jeunes
avec ce qui leur parle. Il faut leur donner le goût d'aimer la culture
québécoise.
Et, vous savez, récemment, je pense que c'est le
commentaire qui m'a fait le plus réagir, j'étais dans une école, et un jeune,
première expérience au cinéma pour aller voir un film québécois, évidemment je
ne le nommerai pas parce que tout ça est
bien personnel, mais il me dit : Le cinéma québécois, c'est plate. Et là
je lui demande pourquoi. Bien, il est déçu. Il était déçu de sa première
expérience au cinéma, peut-être le choix du film, moins adapté pour un enfant de son âge, un ado de son âge, et moi, je
pense qu'il faut redoubler d'efforts pour tellement exposer nos jeunes à
nos produits culturels québécois qu'ils trouvent quelque chose qui les
intéresse puis qu'ils ne se disent surtout pas que la culture québécoise est plate, mais qu'au contraire elle est
intéressante parce qu'elle parle de nous, avec nos mots, avec nos
accents, avec nos décors, avec nos coutumes, avec nos traditions, et ça, je
pense qu'il n'y a rien de plus important que ça.
Puis, si je
fais une parenthèse, peut-être un petit détour par le budget, pour dire que,
notamment, dans le budget qui a été présenté par notre collègue le
ministre des Finances...
La Présidente (Mme Dionne) : ...M.
le ministre.
M. Lacombe : ...on
veut avoir de l'argent pour mettre sur pied un passeport culturel au cours des
deux prochaines années pour que nos jeunes soient plus en contact avec
les produits.
La Présidente (Mme Dionne) : Il
nous reste... Il reste 1 min 30 s. Donc, allez-y, M. le député.
M. Lemieux : ...M.
le ministre, vous siégez avec une demi-douzaine de ministres à un comité
interministériel sur la langue française et son avenir. C'est, j'espère,
le plus tôt possible, mais on a dit que ce serait au plus tard qu'il y aurait
un plan d'action, pas pour freiner, parce que, si on freine, ça ne donne pas
grand-chose, mais renverser la tendance du
déclin du français. Avez-vous les moyens de vos ambitions? Et, dans votre
portefeuille à vous, vous allez faire quoi?
M. Lacombe : Bien, moi, je
pense qu'on doit avoir les moyens de nos ambitions. Je pense qu'on les aura.
Et, quand on parle de langue, moi, je pense
que, plus largement que la langue, il faut parler de culture. La langue
française fait partie de la culture québécoise, et, la langue, c'est un
des éléments à protéger, mais ça fait aussi partie plus largement d'un
contexte. Vous voyez, récemment, pour le biais d'un... bien, pour les fins d'un
club de lecture, je relisais Fernand Dumont, qui l'illustre particulièrement de
façon assez éloquente. La langue, c'est probablement l'élément le plus
important de notre culture, mais ce n'est pas le seul. La culture, c'est un
écosystème.
Puis, oui, on aura les moyens de nos ambitions.
On a diverses opportunités devant nous, que ce soient des éléments plus
techniques comme un passeport culturel, par exemple, comme une année du livre
et de la lecture, qu'on souhaite mettre sur pied. Ce sont des exemples plus
techniques, mais aussi, sur le fond, comment est-ce qu'on peut, comme État,
comme nation, nous assurer de contrôler davantage de leviers, que ce soit ici
ou sur la scène internationale, où on peut avoir beaucoup de leadership, pour
être capable d'infléchir la tendance puis de nous assurer non seulement que le français cesse de reculer, parce que je
vous rappelle qu'on a passé la barre... on est passé sous la barre du 50 % à Montréal, c'est très
inquiétant, mais qu'au-delà de la langue notre culture aussi continue d'être vivante,
parce qu'au-delà de la langue, qu'est-ce qui nous distingue des Français ou des
Belges, qui parlent aussi français, bien, c'est notre culture plus large.
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci beaucoup. Alors, nous sommes rendus au
deuxième bloc. Donc, étant donné qu'on
veut permettre aux députés de s'exprimer, je pense qu'il y a encore beaucoup de
questions à poser, on va essayer d'avoir
des réponses concises. Donc, c'est le tour de l'opposition officielle. Mme la
députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Troisième bloc,
n'est-ce pas, oui?
La
Présidente (Mme Dionne) : Le troisième. Donc, il vous reste un
quatrième bloc un peu plus tard.
Mme Setlakwe :
Merci. Donc, juste pour boucler la boucle, là, sur les musées, vous avez
compris les... non, les musées... les musées régionaux, les musées qui existent
déjà, vous avez saisi, je pense, le point que je mettais de l'avant, là, qu'ils
ont des défis dans les régions, des défis d'achalandage. Les chiffres ne sont
pas revenus au niveau prépandémique. Ils doivent renouveler leurs expositions.
Le bassin de population est limité, vite atteint. Donc, ils ont des enjeux. Ils
souffrent d'un manque de financement.
Entendons-nous, là,
pour les Espaces bleus, entendons-nous sur un chiffre de 300 millions pour
je ne sais pas trop combien. Je ne pense pas que ça va être le réseau complet,
loin de là, mais comment est-ce qu'on peut parler de 300 millions, alors qu'il y a un manque de financement, qu'il y a
autour de... Tu sais, il y a 300 musées agréés. Il y en a 120 qui reçoivent de l'aide dans le programme
PAFIM, qui n'est pas indexé adéquatement, qui stagne. Comment est-ce qu'on peut
parler de mettre autant d'argent dans les Espaces bleus? Et je n'ai pas dit que
l'idée, le concept n'était pas intéressant, mais il faut être réaliste. On
parle d'autant d'argent dans les Espaces bleus, puis de seulement, corrigez-moi
si j'ai tort, 20 millions pour le PAFIM, dont l'enveloppe stagne.
M. Lacombe :
Bien, malheureusement, là, je ne sais pas si j'ai le droit de dire ça, Mme
la Présidente, mais les chiffres ne sont pas exacts, puis il ne faudrait
surtout, surtout pas que les gens aient cette impression-là. D'abord, peut-être
une nuance, quand on parle de 300 millions, là, je pense comprendre que
notre collègue additionne les coûts
d'infrastructures, donc le béton, au coût prévu de fonctionnement. Bien là,
elle me dit non, mais, sinon, je m'explique mal le calcul, là.
• (16 h 50) •
Mme Setlakwe : Mais là vous avez dit
clairement que vous aviez une enveloppe de 262 puis que vous en aviez suffisamment pour les projets déjà annoncés, mais
moi, je ne vous ai pas entendu dire que vous en aviez suffisamment pour
18 Espaces bleus.
M. Lacombe :
Non, mais la question...
Mme Setlakwe :
C'est à quelque part entre quatre et 18, là, non?
M. Lacombe :
Bien, c'est parce que vous parlez de 300 millions, mais...
Mme Setlakwe :
Bien, c'est parce que je ne l'ai pas, le chiffre, ça fait que j'arrondis.
M. Lacombe :
Mais ce chiffre-là, de 300 millions, je ne sais pas à quoi vous faites
référence, en fait.
Mme Setlakwe :
Bien, c'est parce que c'est un chiffre qui était sorti dans les médias,
mais je ne l'ai pas eu, le chiffre, de votre
part, actualisé. Vous avez dit qu'avec 262 vous en aviez suffisamment, mais, je
pense que, là, pour les fins de la discussion, moi, je m'en vais dans le
PAFIM, là, on met un montant...
M. Lacombe :
Oui, c'est important, là.
Mme Setlakwe :
Oui, il est important. Bien là, si vous voulez revenir sur votre
déclaration...
M. Lacombe :
Parce que, là, vous balancez des chiffres, là...
Mme Setlakwe :
Oui, mais, alors, je vous donne l'opportunité de nous donner un chiffre
pour le réseau des Espaces bleus.
M. Lacombe :
Bien, je peux vous faire... parce que vous dites que ce n'est pas
important. Moi, je pense que c'est important, parce que les gens, là... Puis
tout ça va être archivé, notre discussion. Donc, je pense qu'il faut dire les
choses clairement. Vous balancez ce chiffre de 300 millions, je pense...
Je ne veux pas vous mettre de mots dans la
bouche, mais je pense que ce à quoi vous faites référence, c'est le coût des
infrastructures, à 262 millions, auquel on ajoute un coût projeté
pour le fonctionnement, donc l'argent qui devra être versé à ces Espaces bleus
pour qu'ils puissent fonctionner. Je pense
que vous arrivez, donc, à 300 millions en faisant ça. Donc, ce n'est pas
300 millions dans le fonctionnement des Espaces bleus.
Ensuite, je pense que
c'est important, c'est complètement faux de dire que le PAFIM, qui est le
programme de financement des institutions
muséales, stagne. Au contraire, il ne stagne pas du tout. On vient de faire une
annonce. On a augmenté le budget de
17 millions de dollars. Donc, il est passé de 54 à
71 millions de dollars. L'enveloppe 2019-2022, elle a
augmenté... En fait, si on regarde l'enveloppe 2019-2022 et
l'enveloppe 2022-2025, l'enveloppe 2022-2025, elle a augmenté de
17 millions. On est passé de 54 à 71.
Donc, c'est faux de dire que ça stagne. Et je
pense que c'est un exemple éloquent du fait que, oui, on a un projet d'Espaces bleus, mais qu'en contrepartie on
ne gèle pas le financement. Le financement ne stagne pas pour nos
institutions muséales, que nous savons, par ailleurs, confrontées à des défis
importants, notamment en termes de main-d'oeuvre, mais aussi de maintien des
actifs. Donc, ce montant-là, il s'ajoute. Donc, il n'y a pas de stagnation,
bien au contraire.
Mme Setlakwe :
Je suis heureuse de l'apprendre. Donc, les musées existants, ils sont
combien, dans... à bénéficier de cette enveloppe-là?
M. Lacombe :
On peut vous revenir, là, avec... Je pense, de mémoire, qu'il y en a plus
d'une centaine, mais je pourrais vous revenir avec le chiffre... le chiffre exact.
Une voix : ...
M. Lacombe :
124.
Mme Setlakwe : 124, c'est quand même...
qui ont besoin de financement, qui pigent dans cette enveloppe-là,
c'est...
M. Lacombe :
Bien, c'est sûr, mais on peut retourner aux années libérales et aussi voir
cette enveloppe-là était de combien. Moi, je
pense que de l'avoir monté à 71, une augmentation de 17 millions par
rapport à la précédente, c'est quand même un bon pas en avant.
Mme Setlakwe :
Vous aviez... vous êtes... pas vous, vous, ça fait... ça fait... vous êtes
dans votre première année, mais ça fait cinq ans qu'il y a une... un ministre
de la Culture caquiste, et puis, quand on se fait... quand on entre au pouvoir
puis qu'on a un surplus extrêmement important, les choix sont peut-être plus
faciles à... en tout cas, il y a des choix qui sont... qui se font, qui peuvent
justifier cette augmentation, mais là je pense qu'on ne peut plus parler des
années libérales. Là, ça fait cinq ans qu'on a des budgets caquistes en
culture.
Parlons de l'impact
humain. J'aimerais ça revenir sur notre discussion, la semaine dernière,
l'intelligence artificielle et ses impacts sur... On a parlé du doublage qui
est à risque, là, en raison des avancées de l'intelligence artificielle, mais
c'est beaucoup plus large que le doublage, ça touche toute l'industrie du film,
ça touche les chansons, ça touche l'art, c'est... Pour citer Sébastien
Dhavernas, ce n'est pas juste le doublage, c'est aussi pour tout ce qui est
narration, publicité, toutes les voix. Donc, je vous ai entendu dire qu'il n'y
a pas de solution miracle, que c'est... que c'est plus large que le Québec.
Oui, c'est très large, puis, en fait, c'est... oui, c'est très impressionnant
ce qui se passe, mais, moi, ce que je veux savoir, c'est quels sont les gestes
que vous avez l'intention de poser, les montants que vous comptez investir.
Est-ce que vous êtes en discussion avec le milieu?
M. Lacombe :
Oui, il y a une discussion qui est en cours, je pense que je peux dire ça,
dans le sens où, bien sûr, vous avez... Je
vous ai donné la réponse au sujet du travail que mon collègue Pierre Fitzgibbon
est... s'est attelé à faire, donc,
parce que, plus largement, l'intelligence artificielle relève de sa
responsabilité avec le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de
l'Énergie, mais, plus précisément, en culture, oui, il y a un travail qui se
fait.
Il y a un comité qui
est en place au ministère de la Culture, qui travaille avec nos sociétés d'État
pour faire une... j'ai envie de dire une certaine vigie ou encore peut-être
élaborer certaines pistes de solution, mais je répète aussi ce que j'ai dit lors de la période de questions, où vous m'avez
posé cette question-là. C'est un enjeu qui dépasse, d'abord, bien
largement les frontières du Québec, mais c'est un enjeu qui dépasse aussi bien
largement les frontières du monde culturel.
Est-ce que ça veut dire qu'on ne peut rien faire? Non, mais ça veut dire qu'il
faut... qu'il faut suivre ce qui se fait, travailler sur des solutions.
D'ailleurs,
ce matin... Et il faut dire aussi que c'est un enjeu qui est très récent, là.
Tout ça a émergé, personne ne m'a parlé de ça avant, je dirais, la
sortie qui... des scientifiques du milieu de l'intelligence artificielle, qui
nous ont dit qu'il y avait un problème. Je pense que tout le monde a été assez
surpris à ce moment-là. En tout cas, c'est à partir de ce moment-là qu'on m'y a
sensibilisé. Et, d'ailleurs, l'Union des artistes, par exemple, ne m'en avait
pas nécessairement parlé avant. Ce matin, j'ai eu une rencontre avec la
présidente, et c'est un des sujets principaux dont elle m'a parlé. Donc, c'est
une préoccupation nouvelle, je dirais, et c'est normal, parce que ce débat-là,
il est nouveau, il est tout, tout, tout récent, puis, dans la mesure de ce
qu'on a à offrir, on va contribuer non seulement aux discussions, là, mais à
trouver des solutions.
Mme Setlakwe :
En termes de solutions, avez-vous des pistes à avancer? Puis, tu sais,
quand vous dites que c'est récent, je suis d'accord que ça évolue très
rapidement, c'est relativement récent, mais on s'attend de vous, comme
ministre, que vous soyez proactif et que vous fassiez partie des discussions.
M. Lacombe :
Bien là, en même temps, je comprends, là, je comprends, mais là, d'abord,
on parle d'un phénomène mondial qui dépasse largement le monde culturel et les
frontières québécoises, qui est apparu tout récemment, là, j'ai envie de dire
dans les derniers jours, là. Bien, je ne sais pas à partir de combien de temps
on peut arrêter de dire «les derniers jours» puis dire «les dernières
semaines», mais, tu sais, c'est très, très récent. Donc, je pense que de
m'aventurer ici aujourd'hui à vous dire qu'on a les réponses à ces
questions-là, ce serait malhonnête parce que ce ne serait pas vrai. Donc, je
préfère vous dire bien honnêtement qu'on regarde ça. On va travailler ça avec
le milieu. Et, s'il y a des pistes de solutions auxquelles je peux participer,
comme ministre de la Culture, si, comme État, on a des leviers à notre
disposition pour mieux protéger nos artisans, entre autres ceux du doublage,
qui faisaient l'objet de votre question, bien, évidemment qu'on va... qu'on va
travailler là-dessus.
Mme Setlakwe :
...rencontré la présidente, la nouvelle présidente ou des représentants de
l'UDA. Est-ce qu'il y a des demandes précises qui ont été formulées?
M. Lacombe : ...de demande
précise. Il n'y a pas de demandes précises qui sont formulées pour l'instant,
sinon la demande que, solidairement, on suive ce qui se passe puis qu'on puisse
arriver, ultimement, peut-être, avec des pistes de solutions qui vont, je
pense, je pense, dépasser largement les frontières du Québec puis les
frontières du monde culturel. Peut-être que ça nous touche... Puis, tu sais, on
prenait l'exemple du doublage, peut-être que ça nous touche particulièrement
parce qu'ici, au Québec, oui, on parle français, mais, souvent, dans le
doublage, quand c'est du français international, c'est un petit peu plus
fatigant. Bien sûr, on aime mieux que ce soient des artisans québécois qui
fassent le doublage. Peut-être que c'est un problème, je le dis sous toute
réserve, qui sera moins visible dans le reste du Canada, par exemple, où les
gens sont davantage anglophones, mais je comprends qu'au Québec cette
demande-là, elle est particulièrement importante, puis qu'on voit ça
particulièrement comme un défi important, puis je comprends tout à fait ça.
Donc, on travaillera avec le milieu.
Mme Setlakwe : Allez-vous
envisager des crédits d'impôt pour le doublage? Non, vous n'êtes pas rendu dans
des idées spécifiques?
M. Lacombe : Bien, bien,
d'abord, il y en a déjà, mais le crédit d'impôt n'est pas toujours la solution.
Le crédit d'impôt, dans ce cas-ci ou dans d'autres cas, c'est une solution dans
un panier, mais je pense qu'il faut regarder la forêt et pas seulement un des
arbres pour être capable d'avoir une solution qui est pérenne. C'est bien
intéressant, là, d'augmenter des crédits d'impôt et de faire des annonces, mais,
si ça ne s'inscrit pas dans un plan plus large, coordonné, puis qui a
véritablement un effet sur le terrain, je pense que ça ne sert à rien.
Mme Setlakwe : Merci.
Pages 9, 10, «déployer la créativité et promouvoir le contenu culturel
québécois dans l'univers numérique», c'est
important. On sait qu'au Québec on a une expertise dans ce domaine-là. Est-ce
que vous avez des idées, des exemples en tête pour donner suite à vos
engagements, là, puis aux sommes d'argent importantes qui vont être consacrées
à ce thème-là?
M. Lacombe : Sur le plan
d'action numérique en culture?
Mme Setlakwe : Oui, oui.
M. Lacombe : Excusez-moi, là,
mon fils m'a texté en même temps, ça m'a déconcentré.
Mme Setlakwe : Ah! c'est
important, c'est important.
M. Lacombe : Il voulait me
parler d'un deal de fin d'année scolaire, là, un cadeau.
Mme Setlakwe : Là, là-dessus,
là, moi aussi, je lâche tout quand mon fils m'écrit.
M. Lacombe : Là, je suis en
émoi, là, parce que, d'habitude, je lui réponds toujours, je sors de ma
réunion, parce que c'est rare qu'il m'appelle, mais là je ne peux pas, ça fait
que désolé.
Mme Setlakwe : Bien, non, il y
a...
La Présidente (Mme Dionne) : ...
Mme Setlakwe : Oui, on revient
à nos crédits, aucun souci, je vais reprendre mon idée.
• (17 heures) •
M. Lacombe : Désolé.
Mme Setlakwe : Je comprends ça.
Pages E.9, E.10, item deux de trois, là, de... tu sais, quand on parle de
vos investissements majeurs, «déployer la
créativité et promouvoir le contenu culturel québécois dans l'univers
numérique», puis on sait qu'il y a une expertise au Québec, je trouve ça
intéressant. Est-ce que... Par exemple, là, à 10, là, vous avez détaillé un
petit peu, mais est-ce que vous pouvez me donner des exemples de comment vous
allez soutenir les entreprises du secteur de la créativité numérique?
M. Lacombe : Ah oui, oui, oui!
Mon Dieu! Heille! Ça, c'est intéressant, trésor, je dirais, caché, peut-être de
moins en moins, mais trésor caché de l'économie québécoise et de la culture
québécoise, les entreprises en créativité numérique, qui sont des chefs de
file. Je suis allé à South by Southwest, au Texas, récemment, puis je peux vous
dire, là, qu'on ne doit surtout pas être
gênés. Au contraire, on doit être immensément fiers de ces entreprises-là. Je
faisais le tour... Vous savez, là-bas, il y a un événement où on
rassemble les entreprises ou les organisations de partout dans le monde qui
offrent des expériences d'immersion numérique, et je faisais le tour, avec
l'organisateur, de cet endroit-là puis je lui demandais : Quand vous voyez
une entreprise québécoise... On était bien représentés là-bas, d'ailleurs, puis, quand je lui demandais : Quand vous voyez une
entreprise québécoise arriver, qu'est-ce que vous vous dites? C'est quoi, le
premier réflexe que vous avez?, puis là il me disait : On est certains que
c'est un projet qui repousse... qui repousse... tu sais, qui pousse
l'innovation plus loin, et on est vraiment des chefs de file.
Bref, je pense qu'il
y a énormément de choses qu'on peut faire pour les aider. Je les ai assurés
qu'on serait là, c'est une de leurs demandes, pour structurer l'industrie, lui
donner une poussée dans le dos. Parce qu'on a déjà des joueurs qui sont gagnants,
on a de petites entreprises, on a de moyennes entreprises, on a de grandes
entreprises, mais on a besoin d'un plan de match plus global puis d'un appui
gouvernemental à ce plan de match là.
Donc, je travaille
sur une stratégie pour nos entreprises en créativité numérique. D'ailleurs, ça
a été accueilli très favorablement. Donc, on est en train d'y travailler, on a
obtenu des sommes dans le dernier budget pour être capable d'y arriver. Donc,
évidemment, je ne vous dirai pas tout de suite ce qui va se retrouver dans la
stratégie, mais on va les écouter, on va écouter les entreprises en créativité
numérique. On va bonifier notre stratégie d'exportation aussi pour que cette
créativité numérique qu'on a au Québec continue de rayonner, elle rayonne déjà,
mais qu'elle continue de rayonner davantage, puis on va travailler vraiment
avec les partenaires sur le terrain, qui font un travail extraordinaire,
vraiment.
Donc, on a un
diamant, là, entre les mains. Puis moi, j'ai envie de vous dire : On a
connu l'industrie des jeux vidéo, Montréal, le Québec, plus largement, est
devenu...
La Présidente
(Mme Dionne) : ...M. le ministre.
M. Lacombe :
...un cheval de course dans cette industrie-là, puis je pense, on pense qu'on a
peut-être les mêmes ingrédients pour refaire cet exploit-là, mais avec les
entreprises en créativité numérique.
Mme Setlakwe : Merci beaucoup. Je pense
que c'est important qu'on revienne sur la SODEC, là. Ma collègue de Mercier a posé la question, on a eu comme un
début de réponse, mais je pense que ça vaut la peine qu'on poursuive.
Parce que, là, je me réfère, encore une fois, au budget, puis il y a une
annonce ou un montant de 200 millions, une enveloppe de 200 millions
sur... ça, est-ce que c'est... sur cinq ans, mais on dit que les détails vont
être dévoilés ultérieurement. Qu'est-ce que
c'est, pour vous, là, ce rôle élargi ou ces nouveaux outils que vous souhaitez qui
soient à la disposition de la SODEC, là, pour servir les entreprises?
M. Lacombe : Actuellement, la SODEC
joue bien son rôle puis elle fait un travail extraordinaire auprès de nos
entreprises à vocation culturelle.
D'ailleurs, quand je vais dans un événement, les gens, souvent, vont remercier
le travail de la SODEC, preuve, donc, que la SODEC, elle est efficace,
mais je pense qu'on peut faire encore mieux.
Quand j'ai rencontré
le président de la SODEC et la PDG, au début de mon mandat, on a parlé des
défis. Puis, comme je disais tantôt, je leur
ai demandé : Qu'est-ce qu'on peut faire de plus? Puis on en discutait,
puis j'ai dit : Qu'est-ce qu'on peut faire pour aller encore plus
loin que ça puis être plus ambitieux? Puis on est arrivé avec ce projet de moderniser la SODEC et d'en faire
véritablement une banque, une banque d'affaires, une banque de développement culturel
avec des outils modernes, des outils qui sont dignes du XXIe siècle, de
2023, pour être capable de travailler sur le même terrain qu'Investissement
Québec, par exemple.
Pourquoi nos
entreprises qui oeuvrent dans le domaine, dans le milieu culturel, ne
pourraient pas avoir accès à ces mêmes outils là, par exemple,
qu'Investissement Québec peut offrir, parfois dans le milieu culturel, on nous
demande notre avis parce qu'on a cette expertise-là, mais aussi beaucoup
ailleurs? Moi, je pense que la SODEC, elle a l'expertise, elle doit pouvoir
jouer ce rôle-là.
Donc, effectivement,
on a deux fonds, actuellement, qui n'offrent pas la performance qu'on
souhaiterait. On souhaite injecter
200 millions de dollars, revoir le modèle puis nous assurer, donc,
que les outils soient plus modernes. Ça va prendre un projet de loi,
donc on aura l'occasion d'y participer ensemble.
La Présidente
(Mme Dionne) : Il vous reste 1 min 30 s, Mme la
députée.
Mme Setlakwe : Très intéressant, merci.
Juste pour peut-être boucler la boucle sur cet aspect-là du budget, E.8, là, vous
parlez de poursuivre et adapter le Plan d'action gouvernemental en culture, qui
était de... qui s'échelonnait de 2018 à 2023. Et, pour consolider les acquis,
le gouvernement prévoit près de 300 millions, là, pour la poursuite du plan pour les cinq prochaines années. Qu'est-ce
que vous entendez par là? Il reste des choses à... Est-ce qu'on va adopter
un nouveau plan d'action, là? Pourquoi il y a ce chiffre-là de
300 millions?
M. Lacombe : Là,
il nous reste... il nous reste combien de temps, juste pour que je sois certain
de...
La Présidente
(Mme Dionne) : Il reste 55 secondes.
M. Lacombe :
OK. Bien, donc, le Plan d'action gouvernemental en culture est venu à
échéance. Et, bon, évidemment, là-dedans, il
y a beaucoup de mesures que nous souhaitions voir continuer d'aller de l'avant.
Je prends un exemple, par exemple, les dimanches gratuits, qui étaient une
excellente initiative sous le gouvernement libéral, je pense...
Des voix :
...
M. Lacombe :
Oui, bon, sous le gouvernement libéral, donc, bien oui, vous voyez, je ne suis
pas juste négatif. Donc, ça, par exemple, c'est une mesure qui va continuer
d'aller de l'avant. Pour être capables d'y arriver, on a besoin de 60 millions de dollars par année,
300 millions de dollars, donc, sur les cinq années. Donc, c'est les
sommes qu'on est allé chercher au budget pour être capable de pérenniser
les mesures les plus porteuses.
Mme Setlakwe :
...
La Présidente (Mme Dionne) : Six
secondes, mais on va le reprendre au dernier bloc. Il vous reste un bloc après.
Mme Setlakwe :
...
La Présidente
(Mme Dionne) : Il n'y a pas de problème. Je cède maintenant la
parole au deuxième groupe d'opposition officielle. Mme la députée de Mercier,
la parole est à vous.
Mme Ghazal :
J'ai 12 minutes, j'ai six questions, ça fait qu'il va falloir être
vraiment court.
M. Lacombe :
Deux minutes.
Mme Ghazal :
Oui.
M. Lacombe :
Bien, faites des questions courtes.
Mme Ghazal : Plan d'action
gouvernemental 2018‑2023... que ma collègue vient de poser, est-ce qu'il va y
en avoir un nouveau? Parce qu'il termine, là, 2023.
M. Lacombe : Bien, c'est-à-dire qu'on
est allés chercher des sommes pour prendre des... Bien là, qu'est-ce que... Vous
voulez que j'aille plus vite?
Mme Ghazal :
Non, non, j'écoute.
M. Lacombe :
OK. OK. On est allé... Je me demandais bien ce que ça voulait dire. On est
allé chercher des sommes, donc, pour être capable de pérenniser des mesures qui
existent dans le plan qui est venu à échéance, par exemple, je le disais, les
dimanches gratuits des musées.
Mme Ghazal :
Je comprends. Donc, il ne va pas y avoir un nouveau plan en 2023, plus
cinq, là, 2028.
M. Lacombe :
Bien, techniquement, on peut...
Mme Ghazal :
Il y en aura... Est-ce qu'il va y en avoir un ou pas?
M. Lacombe :
Bien, techniquement, on peut dire que non, mais, en même temps, ce n'est
pas une mauvaise nouvelle. Ce n'est comme pas une... ce n'est comme pas un
problème.
Mme Ghazal :
C'est une question, c'est tout. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise
nouvelle.
M. Lacombe :
Oui. Non, mais on annonce, donc, le renouvellement de
300 millions de dollars de mesures.
Mme Ghazal :
Je comprends. Ça fait qu'il n'y aura pas...
La Présidente
(Mme Dionne) : ...s'il vous plaît! Sinon, je vais reprendre le
contrôle de la discussion. Merci.
Mme Ghazal :
Très bien. Donc, d'ici 2026, est-ce qu'il risque d'y avoir un nouveau plan
gouvernemental en matière de culture?
M. Lacombe :
Bien, on a la politique culturelle, mais là, vous voulez dire...
Mme Ghazal :
Oui ou non, c'est tout, là.
M. Lacombe :
Bien, un autre plan... Parce que, là, je ne veux pas sortir d'ici avec une
manchette : Le gouvernement n'a pas de plan en culture. Ça fait que je
fais attention à ce que je dis, mais... mais, disons, le nouveau plan, là, ce
sera mettre de l'avant les 300 millions de dollars de mesures qu'on
est allé chercher dans le budget.
Mme Ghazal :
En fait, je comprends. C'est juste le milieu culturel veut juste le savoir.
Oui, il y a de l'argent pour continuer à faire qu'est-ce qui est écrit dans le
plan 2018‑2023. La question, c'est : Est-ce qu'il va y avoir un autre
plan avec d'autres actions, pas juste de l'argent? C'est juste ça. Ça fait que
la réponse, c'est non?
M. Lacombe : Bien,
ce n'est pas prévu.
Mme Ghazal : C'est correct.
M. Lacombe : Ce n'est pas prévu
pour l'instant.
Mme Ghazal : Parfait.
M. Lacombe : Mais, en même
temps, je sais que le milieu culturel a des questions sur, justement, ce
300 millions, mais on se parle, on se parle fréquemment.
Mme Ghazal : Très bien. Tout à
l'heure, le ministre a dit que notre langue, pour qu'elle puisse être valorisée,
pour qu'elle vive, et tout ça, ça prend la culture, mais la culture, pour
qu'elle vive, au Québec, bien, ça prend des artistes. Puis je vais revenir sur
les conditions de vie... les conditions de travail des artistes.
Ce que je
disais, tantôt... ma question était par rapport à la reddition de comptes des
organismes subventionnés, les producteurs, que ce soit en musique, en
n'importe quoi, dans n'importe quel secteur culturel, qui reçoivent de l'argent
public, en ce moment, même s'il y a eu la Loi sur le statut de l'artiste qui a
fait des avancées, il n'y a pas eu... c'est-à-dire qu'il y a une inquiétude,
toutes les associations d'artistes sont extrêmement inquiètes, puis peut-être
que vous en avez parlé avec Mme Kontoyanni, sur le fait qu'il y a des
producteurs qui ne respectent pas les ententes qui ont été conclues avec les artistes ou, des fois, tu sais, il n'y a
pas de syndicat. Et est-ce que c'est possible... Est-ce que vous allez
travailler sur le fait que les artistes puissent avoir des conditions minimales
de travail qui sont respectées par les organismes qui reçoivent de l'argent
public?
M. Lacombe : Bien, vous savez,
aujourd'hui, je rencontrais, justement, la nouvelle présidente de l'Union des
artistes puis j'ai terminé la rencontre en lui disant : S'il y a d'autres
enjeux auxquels on est confrontés, s'il y a des
éléments auxquels nous n'avons pas pensé, s'il y a des discussions à
poursuivre, moi, je suis tout à fait disponible pour le faire.
Donc, est-ce qu'il y a des ajustements à faire?
Peut-être. Est-ce qu'il y a des discussions à continuer d'avoir? Probablement.
Est-ce qu'il reste encore de défis? Certainement. Donc, je l'ai assurée, ce
matin, quand on pourra avoir ces
discussions-là, mais, en même temps, elle vient d'arriver, là, je pense qu'on
va avoir cette discussion-là au cours des prochaines semaines, puis,
s'il faut poser des gestes, moi, je n'exclus rien.
• (17 h 10) •
Mme Ghazal : En
fait, oui, le ministre a parlé avec la présidente de l'UDA, mais il y a plein
d'autres organisations, puis moi, je
peux l'informer : ils se sont déjà exprimés. Peut-être que le ministre n'a
pas eu le temps de voir c'est quoi, leurs demandes. Les associations
d'artistes, ce qu'ils disent, c'est qu'en ce moment il n'y a pas ces conditions
minimales de travail qui sont respectées, ce n'est pas le cas.
Est-ce que le ministre... Je comprends qu'il
n'est peut-être pas prêt puis là ce n'est pas en deux minutes qu'il va pouvoir
me répondre amplement... Est-ce qu'il peut considérer de revenir, en tout cas,
de travailler sur le fait qu'il y ait ces
conditions minimales, par exemple, quand il n'y a pas d'entente collective?
L'UDA, tu sais, c'est un syndicat. Quand il n'y a pas d'entente
collective, quand il n'y a pas de syndicat, des fois, il y a comme un
producteur qui ne fait pas partie d'une association professionnelle, il faut
qu'avec les artistes, à la pièce, il fasse une entente. Bien, il faut qu'il y
ait des conditions minimales, que ce soit... sinon, là, si ces conditions
minimales pour les conditions de travail des artistes ne sont pas respectées,
bien, il n'y aura pas d'argent pour les producteurs. En ce moment, c'est une demande très importante pour les artistes. Ils
ont décidé de laisser ça de côté en... après, parce qu'ils voulaient que
la Loi sur le statut de l'artiste passe, puis ils ont dit : On va revenir,
mais là ça fait quand même longtemps, ça fait... Tu sais, moi, je suis inquiète
que le ministre ne soit pas plus au courant de cette demande-là. Ça fait que
peut-être que je lui demanderais de... Allez-y, oui.
M. Lacombe : Bien,
en fait, ce n'est pas que je ne suis pas au courant, là, mais c'est que,
concrètement, je pense qu'il faut que ce soit plus qu'une discussion de
coin de table, là. Ce que je dis, c'est que, oui, je suis au courant, là, qu'il y a des demandes. Ce matin, précisément avec
l'UDA, j'ai eu cette discussion-là, mais évidemment il y a d'autres partenaires,
il y a la guilde, bon, il y a... je pourrais tous vous les nommer, là, on a eu
une rencontre ensemble, ça fait quelques semaines... une couple de mois,
puis... bon, ils vous en ont parlé.
Donc, oui, je suis au courant de ça. Il y a déjà
du travail qui a été fait, notamment par la SODEC, qui a élargi son pouvoir
de... qui a un pouvoir élargi de vérification à tous ces programmes. Je
comprends que ce n'est pas assez.
Mme Ghazal : ...suffisant.
M. Lacombe : Je comprends que
ce n'est pas assez, je comprends que ce n'est pas suffisant. C'est ce qu'ils
nous disent. Donc, on va continuer la conversation avec eux. Puis, évidemment,
je pense que le milieu culturel voit aussi qu'on est de bonne foi puis qu'on
est prêts à poser des gestes pour le protéger, puis je pense que le travail qui
a été fait sur le statut de l'artiste, ça en est l'exemple le plus éloquent.
Maintenant, est-ce que c'est parfait? Je
comprends que non, là, on m'a déjà sensibilisé à ça, mais, comme je vous dis, à
l'heure où on se parle, à moins que vous me disiez, là, que vous avez, vous,
là, toutes les solutions, je ne pense pas... puis là
vous... C'est ça, je pense qu'on a le même avis là-dessus, on n'a pas toutes
les solutions, mais je pense qu'on peut continuer le dialogue.
Mme Ghazal :
Bien, l'idée, c'est d'être à l'écoute...
M. Lacombe :
Oui, oui, oui.
Mme Ghazal :
...de ces associations, plus que vous l'avez été, par exemple, pour le
monde muséal. Voilà. J'arrête là-dessus. J'ai une autre question.
M. Lacombe :
Bien, on a augmenté le financement de 17 millions. Vous auriez mis
combien, vous?
La Présidente
(Mme Dionne) : ...
Mme Ghazal :
Oui, merci. J'ai une autre question, sur le CALQ. On a parlé de la SODEC,
là, je veux parler du CALQ, il y a le conseil du théâtre québécois aussi, qui a
dit que c'était quand même un budget assez conservateur en milieu de la culture. Je comprends qu'à cause de la fin des mesures
d'aide, notamment, par exemple, à la billetterie, à cause de la pandémie, là... c'est-à-dire que ce
n'est peut-être pas tout terminé, mais ça a été réduit, puis on dit : Bon,
là, on est revenu à la normale. Pour ce monde-là, ce n'est pas encore
revenu à la normale, notamment pour le milieu du théâtre. Et ils sont très,
très inquiets par le fait que vous baissez, selon les calculs que j'ai faits,
le CALQ de 28 %. C'est une importante
baisse du CALQ. Comment est-ce que vous l'expliquez? Est-ce que vous
l'expliquez uniquement parce qu'il n'y a plus de pandémie?
M. Lacombe :
Bien, en fait, peut-être une correction, d'abord : la mesure d'aide à
la billetterie, elle n'est pas terminée,
elle n'est pas du tout terminée. D'ailleurs, nos représentants de sociétés
d'État, le CALQ et la SODEC, pourraient vous le confirmer, j'ai
lourdement insisté, avant que le budget soit terminé d'écrire, sur le fait
qu'on devait avoir suffisamment de sommes.
Ce sont des
estimations, parce qu'on ne peut pas savoir on aura combien de réclamations,
mais je me suis assuré que les sommes que nous mettions dans le programme pour
les trois prochaines années, donc on a de prévisibilité, soient suffisantes
pour répondre à la demande, et on m'assure que ce sera le cas. Donc, je pense
qu'on ne peut pas dire, donc, que ça arrive à terme, on a renouvelé ça pour les
trois prochaines années. Puis bien sûr que les montants baissent, parce que les
gens reviennent en salle, donc on a moins besoin de compenser, mais on me dit
qu'il y aura suffisamment d'argent. Donc, ça, je pense que c'est la première
bonne nouvelle.
Ensuite, bien là, il
ne faut pas comparer des pommes avec des oranges, il ne faut pas comparer la
base budgétaire du CALQ ou de la SODEC avec le chiffre qui comprendrait la base
budgétaire plus l'argent qu'on lui envoie pour mener à bien certains
programmes. Donc, si, par exemple, je compare avec le budget, je compare, je prends les chiffres du budget 2023‑2024,
le CALQ est à 144 millions, la SODEC, à 129 millions, mais il y a
plusieurs sommes qui vont s'ajouter à ça : il y a les sommes du
PAGC, donc, tantôt, on parlait du 300 millions de dollars sur cinq
ans; il y a des sommes qui vont descendre vers la SODEC, vers le CALQ; il y a
la dernière année du plan de trois ans, qui était le plan de... propulser,
faire briller, bon, qui est de 225 millions... 226 sur trois ans, on est
dans la dernière année, c'est 41 millions cette année; il y a la mesure
billetterie; il y a le plan d'action numérique en culture. Donc, il y a
énormément d'argent qui va descendre, ce qui fait en sorte qu'on va arriver
sensiblement à ce qu'on arrivait l'année dernière, là. Donc, il ne faut pas
comparer ces deux chiffres-là.
Mme Ghazal :
Donc, le fait que le CALQ ait baissé... vous dites que ça n'a pas baissé,
le CALQ n'a pas baissé. Donc, il y a une
mauvaise compréhension du budget par nous et par, par exemple, le CQT, le
Conseil québécois du théâtre. Puis, moi, selon ce que j'ai regardé,
c'est ce que j'ai vu, c'est que ça a baissé, mais je ne veux pas... je ne veux
pas aller sur plus... Peut-être qu'on pourra en reparler, là, mais, de toute
façon, le milieu des artistes... je vais aller plus général sur le budget,
voudrait que ce soit 2 %, en matière de culture, sur le budget du Québec.
En ce moment, on est à combien?
M. Lacombe :
On est à 1 %, mais c'est historique, ça, c'est historique, donc, mais,
si on calcule les crédits d'impôt puis si on regarde ça de façon plus globale,
on dépasse le 1 %. Ça dépend de la façon de calculer.
Mme Ghazal :
Est-ce que le ministre a l'intention d'aller jusqu'au 2 %?
M. Lacombe :
Bien, moi, j'ai l'intention de me battre pour le milieu culturel puis de
m'assurer qu'on ait toujours les moyens de
nos ambitions, mais je veux juste revenir, parce que, là, vous avez pris quand
même beaucoup de temps pour établir quelque chose, puis je veux juste
que ce soit clair, là, au bénéfice des gens qui nous écoutent. 2023‑2024,
le budget 2023‑2024, le CALQ est à 144 millions, base budgétaire.
En 2022‑2023, on ne peut pas comparer avec la dépense, qui
était de 187 millions, parce qu'entre le 144 de cette année puis le 187 de
l'année dernière... l'année dernière, ça comprenait des dépenses, par
exemple, qui venaient du Plan d'action gouvernemental en culture, du plan
propulser, faire briller, de la mesure billetterie, du plan d'action numérique.
Donc,
cette année, il y a certaines de ces sommes-là qui vont aussi aller vers le
CAG, vers la SODEC, donc peut-être qu'il y aura une petite variation, mais, en
même temps, il y a des mesures COVID, effectivement, qui arrivent à terme, qui étaient là pour répondre à
un besoin lié à la COVID. Ce besoin-là, il disparaît de plus en plus. Il y a
d'autres défis, là, mais ce besoin-là, il disparaît. Donc, je pense qu'à la
fin, si on compare des pommes avec des pommes on ne pourra pas arriver à
cette conclusion-là.
Mme Ghazal :
Ça fait que ça n'a pas baissé...
La Présidente
(Mme Dionne) : En conclusion. Il vous reste 50 secondes.
Désolée.
Mme Ghazal :
OK. Ça n'a pas baissé, mais les gens du milieu de la culture, en tout cas,
ils vous le diront, ils ne nagent pas dans l'argent, ni avant la pandémie ni
maintenant, puis le fait que des mesures d'aide ne soient pas pérennisées, ça
ne va pas venir les aider.
Je voulais parler de
trois autres sujets, c'est sûr que je n'y arriverai pas. Pour les GAFAM, le
ministre a dit : Là, en ce moment, il y a une loi au fédéral qui n'est pas
encore votée, et, après ça, il va y avoir le CRTC, et tout ça. Qu'est-ce que...
Vu que le ministre et le gouvernement de la CAQ n'ont pas décidé ou n'ont pas
voulu aller chercher, rapatrier tout l'argent du fédéral au Québec,
contrairement à leur intention en 2015...
La Présidente (Mme Dionne) : C'est,
malheureusement, le temps qu'on avait. Je dois couper pour ce bloc, c'est
le dernier bloc. Je suis désolée. Alors, je vais passer la parole...
Des voix : ...
Document déposé
La Présidente (Mme Dionne) : Vous
pourrez vous en reparler. Je cède la parole au député de Matane. M. le député, j'ai pris connaissance du document
que vous nous avez transmis. Donc, j'autorise le dépôt du document, et ce
dernier sera mis sur le site Web de la commission et celui du Greffier. La
parole est à vous.
M. Bérubé :
Merci, Mme la Présidente. On a évoqué, tout à l'heure, l'Union des
artistes, qui a une nouvelle présidente, une nouvelle équipe. J'ai devancé un
peu le ministre, lundi, je leur ai parlé un peu de l'exercice des crédits. Et je veux essayer de résumer une demande
importante, que je veux porter en leur nom, non pas que le ministre n'en
est pas sensibilisé, mais pour que la réponse soit publique.
Transparence
totale, Mme la Présidente, je veux évoquer que ma conjointe est membre de
l'Union des artistes, on est au moins deux à vivre ça autour de cette table.
Alors, je veux l'évoquer parce que c'est un syndicat, donc je fais ça pour... de façon générale, mais je le fais à
chaque année, donc, je voulais le dire. Je ne pense pas révéler grand-chose
non plus.
L'audiovisuel, donc,
la production, ça, c'est à la base, c'est là que les projets commencent. Alors,
le ministre n'ignore pas que l'inflation, la hausse constante des coûts touche
aussi durement le secteur de l'audiovisuel, donc les matériaux, les frais de
location de véhicules, l'essence, l'augmentation des prix d'équipement. Et il y
a la pénurie de main-d'oeuvre. Les mesures d'aide temporaire pour atténuer les
effets de la COVID-19 ont soulagé temporairement le milieu de la culture, mais, maintenant qu'elles ne sont pas
reconduites, le milieu est laissé à lui-même, dans un contexte de forte
inflation et de pénurie de main-d'oeuvre.
• (17 h 20) •
Ma question :
Que compte faire le ministre de la Culture pour soutenir la production
audiovisuelle de langue française? Est-ce
que le ministre peut s'engager à mettre en oeuvre des mesures fiscales ou en
financement supplémentaire pour soutenir la production du Québec?
Autrement dit, c'est à partir de ces projets qu'on peut engager des artistes
qu'on voit à l'écran ou sur la scène et les gens qui contribuent aux
productions. Donc, c'est une question un peu large, mais l'objectif est quand
même : Quelles sont les mesures à venir pour augmenter notre production?
M. Lacombe :
Bien, je pense... Et c'est un sujet sur lequel je me penche beaucoup ces
temps-ci, d'ailleurs, je vais être avec les gens de l'AQPM à leur gala demain,
je suis certain qu'on aura l'occasion d'en reparler. Je vous dirais deux choses. D'abord, dans le dernier
budget, il y a quand même des gestes qu'on pose qui vont être bénéfiques
aux gens auxquels vous faites référence, à
leurs entreprises. Pensons, notamment, à l'investissement de 100 millions de dollars que nous
ferons dans Télé-Québec pour la production, notamment d'émissions... principalement
d'émissions jeunesse. Évidemment, cet argent-là va aller directement à nos
créateurs, à nos créatrices, à nos entreprises qui vont recevoir des mandats pour produire des émissions. Donc, je
pense qu'il y a là une bonne nouvelle. On investit dans le secteur
audiovisuel québécois. Ça, c'est une chose.
Le deuxième élément
que je soulignerais, c'est... notamment, ça aura aussi une incidence, la
modernisation de la SODEC avec une banque
d'affaires moderne dotée de 200 millions de dollars. Je pense que ce
sera un outil parmi les autres dans
le coffre à outils pour être capable d'appuyer nos entreprises qui oeuvrent
dans ce secteur-là. Et j'entends bien, j'entends bien leur demande de
relever le niveau du crédit d'impôt. Ils me l'ont bien faite, je l'ai bien
comprise.
M. Bérubé : Quant à l'AQPM, il
existe une table régionale de producteurs, il y en a de nombreux, puis c'est
ceux qui sont établis à plus de 150 kilomètres de Montréal. L'an dernier,
j'avais déposé une lettre qui indiquait que l'essentiel
de la production était basé notamment à Montréal ou à Québec. Donc, ils se sont
regroupés. Il y en a partout au Québec. Je
vais déposer à nouveau cette lettre-là. Il y en a en Outaouais, il y en a
trois, au Bas-Saint-Laurent, en Estrie, Gaspésie, les Îles, Abitibi,
Côte-Nord, Mauricie.
Donc, je veux tout simplement redéposer à
nouveau ça, cette lettre-là, parce qu'il n'y a pas eu un suivi qui était satisfaisant. «Que propose le ministre pour
soutenir la vitalité économique de la production audiovisuelle régionale?
Le milieu réclame une enveloppe annuelle de 3,5 millions de la SODEC pour
la production en région, précisément en région, 3,5 millions.» Est-ce
compatible avec la baisse de 40 millions du financement de la SODEC cette
année? Est-ce que je peux leur dire, je
pense à Productions PVP, chez nous, qu'on a des bonnes nouvelles ou pas? Et je
dépose la lettre à nouveau.
M. Lacombe : Bien, c'est un
phénomène duquel j'ai été mis au courant, avéré ou non, là, je vous avoue que
je n'ai pas les données sous la main, mais c'est sûr que je pense que c'est
important qu'il y ait une part de la production qui soit réalisée dans les
entreprises qui sont en région, pas seulement dans les grands centres.
D'ailleurs, on m'a déjà bien sensibilisé à ça. Je connais une productrice qui
est bien insistante avec moi à ce sujet-là et j'ai bien entendu cette
demande-là. Maintenant, je pense qu'il y a un travail continu, à travers nos
programmes, pour être capable de toujours être plus représentatif de tout ce qui
se fait partout au Québec.
M. Bérubé : Très bien. Puis
c'est souhaitable, hein, parce que des productions peuvent se faire partout au
Québec. Ça contribue à la vitalité économique et c'est souhaitable. Ces
entreprises-là comptent beaucoup sur vous. J'ai donné l'exemple de votre
région, il y en a trois, quand même.
Question très
technique pour quiconque... je ne sais pas qui le premier peut trouver la
réponse : Combien il y a d'employés présentement à la Direction
générale du patrimoine? N'importe qui.
Des voix : ...
M. Bérubé : 60?
M. Lacombe : Bon. Jean-Jacques
nous dit 64.
M. Bérubé : OK. Alors...
M. Lacombe : Une soixantaine.
On va dire ça, une soixantaine.
M. Bérubé : Bon.
Alors, c'est quand même 100 de moins qu'à l'origine, quand M. Lévesque est
arrivé comme premier ministre du Québec. C'est beaucoup moins qu'avant,
puis je suggère que le patrimoine, ça vieillit, alors ça en prend encore, des
gens qui sont vigilants pour s'assurer qu'on protège le patrimoine, qu'on pose
les gestes qu'il faut. Puis, sur ce nombre de fonctionnaires, je ne sais pas
s'il y en a qui sont affectés aux Espaces bleus, mais je voulais soumettre
cette statistique... Jean-François Nadeau, c'est à lui que revient le mérite,
du Devoir, que... je suis convaincu qu'il apparaît régulièrement dans
votre revue de presse. Je veux lui rendre hommage, je veux lui rendre hommage
parce qu'il fait un travail consciencieux et professionnel sur le patrimoine et
il mérite qu'on salue sa contribution. Donc,
je vous soumets cette statistique, parce que, souvent, ce qu'on veut faire,
c'est comparer ce qui a été accordé et ce qui... autrefois. Puis il y a de
l'évolution dans les ministères, peut-être qu'il y a des raisons qui le
justifient, mais je ne l'ai pas pas plus que...
Les écrivains, si vous permettez, parce que ça
relève également de la culture, ils aimeraient une refonte de la Loi sur le
développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre. On en est
où avec ça?
M. Lacombe : Bien, peut-être,
d'abord, sur le patrimoine, juste faire une parenthèse en vous disant que...
Vous demandez s'ils sont vigilants, s'ils le sont assez.
M. Bérubé : Le chiffre me
suffisait.
M. Lacombe : Non, mais c'est
une bonne... Je trouve que c'est une bonne discussion à avoir, mais je peux
vous dire une chose, c'est que les gens sur le terrain, les citoyens et les
entrepreneurs, les trouvent pas mal vigilants. Donc, quand ça appelle au
cabinet ou au ministère pour se plaindre que le ministère est trop vigilant, en
termes de patrimoine, je pense que c'est quand même un indicateur intéressant.
M. Bérubé : ...
M. Lacombe : Mais, sur le
livre... Voulez-vous que je réponde sur le livre?
M. Bérubé : Oui.
M. Lacombe : Bien, sur le
livre, c'est un secteur qui me tient particulièrement à coeur, que j'apprécie
particulièrement, pour plein de raisons, ce serait long de vous les expliquer,
on en reparlera, mais on a l'intention de mettre sur pied
puis d'annoncer une année du livre et de la lecture au cours de notre mandat.
C'est un engagement électoral que je mènerai à bien. Puis, dans le cadre de
cette année-là, évidemment, il y aura toute une série de gestes qui seront
posés. Et je réserverai mes commentaires pour l'instant.
M. Bérubé : Quelques
questions courtes. Bibliothèque et
Archives nationales, je vois sa PDG
qui est là, est-ce que... Question d'appréciation de votre part :
Est-ce qu'on a les moyens pour le virage numérique? Parce que, là, les employés
vont écouter avec attention, et tous les utilisateurs de cette grande
institution québécoise qui nous tient à coeur. Alors, est-ce qu'on a les moyens
du virage numérique?
M. Lacombe : Bien, je pense
qu'on a d'importants moyens, mais je pense que le virage numérique, qu'on soit
au gouvernement ou dans l'entreprise privée, va toujours demander plus de
moyens que ce qu'on a sur la table, parce que c'est un immense chantier où on
pourrait toujours aller plus vite, mais où il faut aussi faire les choses correctement. Donc, d'importants moyens, mais je
pense qu'il faut continuer, parce que, comme le dit bien Marie Grégoire,
on doit... on doit aller vers une société apprenante. Je pense que c'est comme
ça qu'elle l'a dit, puis BANQ, c'est un partenaire de choix là-dedans.
M. Bérubé : On
ne l'a pas abordé beaucoup : Est-ce que le ministre est toujours
responsable de la fête nationale?
M. Lacombe : Bien, tout à fait.
Avec beaucoup de fierté, d'ailleurs.
M. Bérubé : Oui? Alors, ça a
peut-être été discuté tout à l'heure, mais je...
Une voix : ...
M. Bérubé : Ah bon! Je vais en
parler. Il existait une pratique, autrefois, où, je ne sais pas si c'était
comme les Espaces bleus, on consultait le caucus à savoir qui voulait
accueillir le spectacle télévisé. Ça a été deux fois à l'extérieur de Montréal, c'est revenu à Montréal. Est-ce qu'il y a des
changements cette année pour le financement de la fête nationale? Est-ce qu'on peut... Le budget est
le même que l'an dernier, plus haut, plus bas? Ça, c'est ma première
question.
Et
l'autre : Est-ce qu'il y a des changements quant à la télédiffusion de la
fête nationale, pour le grand spectacle télévisé où le ministère est
partenaire? Il y en a même deux, en fait.
M. Lacombe : Bien, d'abord, je
peux vous assurer qu'on s'assure que nos organisations aient des moyens
importants, là. Je parle du Mouvement national des Québécois puis de la société
de la... Voyons, j'ai un blanc...
Une voix : ...
M. Lacombe : ...du comité des
fêtes nationales à Montréal, qu'ils aient des moyens importants pour être
capables de mener à bien leur mission. Puis, encore une fois, cette année, je
vais vous dire, on est allé de l'avant avec un financement supplémentaire parce
que ça me préoccupait, notamment...
M. Bérubé : Est-ce que vous
avez les chiffres?
M. Lacombe : ...qu'ils ne
soient pas en mesure... Est-ce que je peux donner les chiffres? Oui, je peux
les donner, hein?
M. Bérubé : On est aux crédits.
Si ce n'est pas là, c'est jamais, hein?
M. Lacombe : Le député de
Matane dit qu'on peut le faire. Donc, c'est 500 000 $ au... parce que
je n'étais pas certain que c'était annoncé. 500 000 $ de plus au
comité de la fête nationale. Puis, le Mouvement national des Québécois avait
une demande, là, qui était différente, techniquement, souhaitait utiliser ses
surplus, ne pouvait pas le faire sans notre autorisation. Donc, on l'a autorisé
à le faire, donc, à hauteur de plus de 640 000 $. Donc, on s'assure
qu'ils aient... qu'ils aient suffisamment d'argent pour que tout le monde
puisse entrer dans la danse le moment venu, le 23... le 24 juin.
La Présidente (Mme Dionne) : Il
reste une minute.
M. Bérubé : Je
prends la parole du ministre, mais j'aimerais vraiment avoir les chiffres de
façon très précise pour l'ensemble du Québec, le grand spectacle de
Montréal. Je veux quand même le lire. J'aimerais avoir les chiffres. Tout à l'heure, un des collègues a évoqué la participation
du ministre au comité sur la langue française. Il y a beaucoup de monde
autour de la table. Mystérieusement, le ministre qui a porté la loi n° 96
n'a pas été invité. Je ne sais pas pourquoi, mais le ministre de la Culture est
là, alors, je lui en parle à lui.
Quelles seraient, par exemple, des avenues où le
ministère de la Culture peut intervenir? Parce que moi, je suis heureux qu'il y
soit, parce que la proposition qu'on va faire, nous, va parler à la fois de
langue, de culture et d'immigration. Et, en matière
culturelle, est-ce qu'il y a des pistes qu'il peut déjà évoquer, par exemple,
puis qui peuvent favoriser la vitalité du français? Il y a une initiative, par
exemple, sur le livre en milieu scolaire, annoncée par son collègue, récemment. Je suis totalement d'accord avec ça, c'est
une belle initiative, mais vers quoi on s'en va? Qu'est-ce que le
ministre peut nous dire sur le côté culture, pour ce comité, la contribution de
la culture au comité?
La Présidente
(Mme Dionne) : En 20 secondes.
M. Lacombe :
En 20 secondes? Bien oui, on aura beaucoup de mesures. Il y en a
certaines qui sont déjà dans le budget, le passeport culturel en est une, par
exemple. Si on veut que nos jeunes aiment la culture québécoise, encore faut-il
qu'ils la connaissent, qu'ils puissent la choisir. C'est tout l'enjeu, entre
autres, de la découvrabilité. Je pense que le passeport va nous aider... va
nous aider à faire ça. On se pose des questions sur beaucoup d'autres...
• (17 h 30) •
La Présidente
(Mme Dionne) : C'est maintenant terminé. Je dois terminer la
discussion, désolée, et céder la parole de nouveau à la députée de Mont-Royal—Outremont pour le dernier
bloc d'interventions.
Mme Setlakwe :
Merci, Mme la Présidente. J'ai des questions en vrac, M. le ministre, avant
de parler plus du développement des projets dans le PQI.
Télé-Québec,
évidemment, on salue l'annonce. Vous annoncez des investissements de quelque
100 millions sur cinq ans pour
réaffirmer le rôle de Télé-Québec en programmation jeunesse et culturelle,
notamment, afin de proposer une offre originale et renouvelée. C'est
extrêmement important. Donc, c'est un parti pris ferme, là, pour soutenir
l'identité culturelle des médias du Québec dans un contexte de mondialisation
et de transformation de l'écosystème médiatique
québécois. Leur mission est superimportante, notamment dans l'approche
jeunesse, sinon on va essentiellement s'en remettre aux Disney de ce
monde, là, pour dicter notre culture.
Ma question, c'est la
suivante : En termes de programmation, vous répondez présent, mais est-ce
que vous pouvez nous donner des précisions
sur qu'est-ce que vous allez apporter comme aide en termes de structure de
travail qui est réduite?
M. Lacombe : Bien, c'est une
excellente question, parce que, oui, on investit 100 millions dans la
programmation, donc dans ce que les Québécois, les Québécoises vont voir à
l'écran, mais on investit aussi dans la structure de Télé-Québec. Donc, le dernier budget prévoit 10 millions, un peu plus... un peu
plus... tu sais, aux alentours de 10 millions de dollars par
année pour aider Télé-Québec, combler son déficit... le déficit avec lequel
elle était aux prises, parce qu'il faut dire
que, pendant des années, il n'y a pas eu d'augmentation de son financement.
C'était très difficile pour Télé-Québec. Puis, aussitôt que je suis
arrivé, je me suis dit : Ça n'a pas de bon sens, il faut absolument donner
un coup de barre. Donc, effectivement, on a, dans la programmation,
100 millions sur les prochaines années, mais, par ailleurs, un
10 millions par année pour venir combler son déficit.
Mme Setlakwe :
Merci. Je vous l'ai dit, c'était en vrac. Est-ce qu'il y avait une
précision à apporter? Je vous vois... Non?
M. Lacombe :
Bien, le 10 millions va combler son déficit.
Mme Setlakwe :
OK... par année, là, c'est pour combler le déficit.
M. Lacombe :
C'est par année.
Mme Setlakwe :
Oui, par année pour combler le déficit.
Spectacle Décembre,
on a entendu beaucoup parlé qu'il ne... dont... qu'on ne retrouvera pas...
c'est au Théâtre Maisonneuve, de mémoire, à la Place des Arts. Ça a été discuté
beaucoup dans les médias. Avez-vous des développements? Est-ce que vous les
avez rencontrés? Est-ce qu'il y a une solution qui a été mise de l'avant pour
qu'ils puissent adapter la pièce et qu'on puisse, tu sais, le voir... le voir
ailleurs? C'est quand même un important joyau de notre culture folklorique, là,
du temps des fêtes.
M. Lacombe :
Tout à fait, tout à fait. Puis moi, je n'ai rien contre Décembre,
là. Je suis allé... je suis allé voir,
justement, en décembre dernier, avec la famille, puis on a beaucoup aimé ça.
Donc, évidemment, ce n'est pas moi, comme
ministre de la Culture, qui fait la programmation de la Place des Arts. La
Place des Arts connaît les spectateurs, a cette expertise-là. Évidemment, c'est
un complexe qui comprend plusieurs salles. Ils ont cette intelligence
d'affaires, et, selon eux... et c'est leur décision, la PDG l'a
défendue, selon eux, il était temps d'aller vers un renouvellement de l'offre,
tout en gardant une saveur québécoise. Ça, c'est quelque chose qui m'a
interpelé par contre. J'ai voulu... On a posé beaucoup de questions pour nous
assurer qu'on ne remplaçait pas ça par une production américaine, par exemple,
juste parce qu'on pense pouvoir vendre des billets. Donc, ça restera fermement
Québécois, l'offre qui sera présentée. Mais en même temps, encore une fois, je
comprends ces questions-là, mais je pense que, si on était dans une société où c'est le ministre qui disait :
Bien, voici la programmation que vous devez avoir... je pense que ce serait
aussi un peu inquiétant. Donc, ce n'est pas la posture que j'ai prise avec eux.
Mais, par ailleurs, maintenant que cette
décision-là est prise, qu'est-ce qu'on peut faire pour aider les producteurs de
Décembre? Bien, moi, ça, je suis bien ouvert. Est-ce qu'ils peuvent
s'installer ailleurs? Est-ce qu'ils peuvent continuer de
présenter un spectacle? Si tel est leur souhait, puis je pense comprendre que
ça l'est, bien, nous, on est disposés à leur
donner un coup de main, mais ils ont des exigences puis des demandes qui sont
assez pointues. Donc, nous, on collabore dans la mesure du possible avec
eux.
Mme Setlakwe : Mais là
j'entends deux choses, là. S'ingérer dans les décisions de la Place des
Arts, moi, je n'étais pas là-dessus nécessairement. Moi, je suis plus
dans : Est-ce que vous leur avez parlé, aux producteurs de Décembre?
M. Lacombe : Oui, mon équipe
est en contact avec eux. Il y a eu de multiples contacts qui se... dont les
doigts des deux mains ne suffisent pas pour les compter, là. Donc, il y en
a eu beaucoup.
Mme Setlakwe : Donc, il n'y a pas
une aide qui a été... vous n'avez pas convenu, le ministère n'a pas convenu
d'une aide pour que le... il y ait des ajustements ou... Tu sais, eux, ils
avaient même investi. Bon, c'est... ça, c'est très malheureux, là, pour... ils
pensaient continuer à la Place des Arts. Mais est-ce que, donc, il y a une aide
qui sera fournie?
M. Lacombe : Bien, s'il y a une
demande, ça nous fera plaisir de l'étudier. Actuellement, il n'y a pas de projet. Actuellement, il n'y a rien sur la table.
Donc, s'il y a un projet sur la table où la participation du gouvernement
pourrait rendre le projet possible, pourrait faire la différence, bien, moi, je
serai disposé à écouter puis à regarder ça avec eux. Pour l'instant, ce n'est
pas le cas.
Mme Setlakwe : Merci. En
octobre 2018, votre gouvernement avait annoncé en grande pompe à... la
découverte d'une palissade à Québec, là, la palissade de Beaucours, qui,
supposément, datait de 1693. Depuis, bon, je
pense qu'il y a eu des études
d'experts qui ont dit que ça ne date pas de cette époque-là. Vous avez une mise
à jour à nous fournir? Est-ce que...
Qu'est-ce qui arrive avec ça? Quel genre de sommes d'argent ont été investies
dans ce projet-là?
M. Lacombe : Bien, si vous le
permettez, sur cette question-là, je n'ai pas eu beaucoup recours à nos
collaborateurs des sociétés d'État, mais peut-être que M. La Roche du
musée pourrait s'approcher à l'instant.
La Présidente (Mme Dionne) : ...M.
La Roche du musée puisse intervenir?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Allez-y.
M.
La Roche (Stéphan) :
Bonjour. Stéphan La Roche,
président-directeur général du Musée
de la civilisation.
Donc, sur le rempart palissadé de Beaucours, en
fait, le rempart, il a été traité, là, depuis quelques années par le Centre de
conservation du Québec. Il a été stabilisé. Donc, le projet est de présenter
une partie... parce que, vous savez, vous comprenez que c'est un objet qui est
quand même imposant, une partie du rempart palissadé à l'intérieur de la
prochaine exposition permanente qui va porter sur le Québec au Musée de la
civilisation. D'ailleurs, dans les prochains jours, là, on va faire entrer
une... cet objet-là au musée dans... d'ici deux semaines, je pense. Et
donc ça va être installé, là, dans les prochains mois, dans la prochaine
exposition.
Mme Setlakwe : Merci beaucoup.
Je vous l'ai dit, c'était en vrac. Là, je m'en vais sur le passeport culturel. Annonce intéressante. Est-ce que vous avez des
précisions? Ça va entrer en vigueur à quel moment? Ça va prendre quelle
forme?
M. Lacombe : Bien, là, c'est...
je peux vous répondre. Ça me fait sourire parce que c'est mon adjoint
parlementaire le député de Beauce-Sud qui a ce mandat-là au gouvernement, mais
là, bon, pour la forme, je vais répondre. Évidemment, c'est un dossier que...
c'est un dossier que je vais... Bien, à moins qu'il... Est-ce que tu veux
répondre?
La Présidente (Mme Dionne) : M.
le député peut répondre s'il y a consentement à autoriser notre...
M. Poulin : ...Bien, merci,
mais c'est en complément... en complément de ce que... M. le ministre l'a dit,
effectivement, dans le dernier budget, il y a des sommes financières qui ont
été allouées pour développer la passe culturelle, le passeport culturel. Vous
n'êtes pas sans savoir que, dans différents pays à travers le monde, il s'est
développé ce genre de passeport pour, entre autres, permettre aux jeunes
d'avoir accès à la culture. Alors, avec les professionnels du gouvernement,
avec les gens du ministère de la Culture, on est en train de déterminer les
contours de ce que pourrait avoir l'air ce
passeport culturel là. Évidemment, ce qui nous guide, c'est l'accès à la
culture québécoise, l'accès à la culture francophone et de permettre,
justement, à des jeunes d'avoir accès, par exemple, à nos librairies ou à
différents matériels culturels. Alors, on est encore dans l'élaboration.
L'objectif que nous avons, c'est dans les...
La Présidente (Mme Dionne) : ...
M. Poulin :
Mais c'est tellement passionnant, Mme la Présidente. Mais l'objectif que
nous avons, c'est les deux prochaines années, Mme la députée.
Mme Setlakwe : ...d'ici à deux ans.
Ah! c'est ça. Bien là, c'est parce que je voulais la réponse. D'ici
deux ans?
M. Poulin :
Bien, d'ici deux ans, ce que l'on souhaite, parce que vous comprenez
que ça peut être un défi d'informatique, ça peut être un défi de mise en place.
Alors, d'ici les deux prochaines années, c'est ce qu'on souhaite
effectivement, mais c'est inscrit comme ça dans le... dans la mesure
budgétaire, effectivement.
Mme Setlakwe :
...relativement flou, vous regardez ça, ça reste à définir.
M. Poulin : Bien, en fait, on est en
train de le définir. On est preneur de toutes les suggestions. Puis, oui, il y
aura de l'argent, Mme la députée, pour bien financer le tout.
Mme Setlakwe :
Merci. Encore une fois, là, je change de sujet. Moi, j'ai rencontré, en
mars dernier, l'Association des bibliothèques publiques du Québec et ce sont...
ils sont des acteurs de terrain de premier plan en lien avec les municipalités
et les citoyens du Québec. On en a une dont on est très fiers dans ma
circonscription à ville Mont-Royal, et d'autres. Ils sont notamment actifs au
niveau de la transformation numérique, la jeunesse, etc. Ils me disent, tu
sais, qu'ils sentent qu'ils tombent un peu... ils tombent un peu entre
deux chaises. Tu sais, eux, ils répondent
à la mission, tu sais, qu'on cherche, là, de faire la promotion de la culture
auprès de nos jeunes notamment, mais... Moi, ils sont venus me voir,
puis je les ai trouvés passionnés, puis je me disais... je me
demandais quelle est votre vision de la place des bibliothèques publiques,
là, dans le rayonnement et la transmission de la culture. Puis est-ce que
c'est... ça relève uniquement des municipalités, ou vous, vous les voyez comme
un acteur important?
• (17 h 40) •
M. Lacombe :
Non. Non. Moi, je les vois... Là, honnêtement, je pourrais partir, puis je
ne ferai pas ça, mais ça, c'est un sujet, là, qui me touche profondément parce
que la lecture, je pense... Tu sais, la campagne La lecture en cadeau, là, je
trouve qu'au-delà du slogan c'est véritablement, effectivement, la plus belle
chose qu'on peut offrir à un enfant, la lecture. Moi, vous savez, là, si je
suis ministre de la Culture aujourd'hui, c'est grâce à la lecture, c'est ce qui
a fait en sorte que je suis devenu bon à l'école, c'est ce qui a fait... et je
venais d'une famille avec très peu de moyens, donc les bibliothèques, les
bibliothèques ont joué un grand, grand rôle. Puis, passé des journées dans une
bibliothèque à me perdre à travers les rayons, puis à lire, puis à découvrir
des livres dans des bibliothèques qui n'étaient pas faites toujours pour des
petits gars de mon âge, avec des ouvrages un peu bizarres sur des sujets que je
ne connaissais pas, moi, en tout cas, ça m'a forgé.
Donc, bref, je ne
veux pas trop personnaliser ça, mais je peux vous dire que moi, j'ai un
attachement envers les bibliothèques. Puis je sais qu'il y a beaucoup de
travail à faire à certains endroits, mais ce n'est pas toutes les familles, et je le sais très bien, qui ont les
moyens d'aller à la librairie pour acheter des livres neufs. Donc, nos
bibliothèques restent un lieu de diffusion de la culture puis un lieu
d'alphabétisation aussi, j'ai envie de dire, qui est névralgique pour le Québec puis pour nous assurer que notre
culture, non seulement elle ne recule pas, mais que les Québécois soient
de plus en plus en contact avec elle.
Donc,
oui. Réponse courte, là, oui, tout à fait. Moi, je pense qu'on a un rôle à
jouer puis je pense que ce rôle-là, bien honnêtement, il faut qu'on le
joue de plus en plus parce que les bibliothèques changent, les bibliothèques
changent aussi.
Mme Setlakwe :
...oui, c'est comme la porte d'entrée, là, dans toutes les municipalités,
puis les jeunes... Mais est-ce qu'il y a un lien entre le ministère de la
Culture puis les bibliothèques, parce que... étant donné le rôle qu'il joue, le
rôle aussi dans la transformation numérique? Est-ce qu'il y a...
M. Lacombe :
Oui, tout à fait, tout à fait. Là, j'ai juste l'abréviation en tête, mais
les centres régionaux de...
Une voix :
...
M. Lacombe : ...de services. En tout cas, on a, évidemment,
des bibliothèques, mais on finance des bibliothèques. Évidemment, on
investit là-dedans. Bien, d'abord, je voudrais dire, on a BANQ qui est la plus
grande bibliothèque au Québec, qui est
une... qui est une société d'État, qui est absolument magnifique, un autre
superbe legs, de Lucien Bouchard cette fois-ci. Et moi, je pense qu'on
doit en prendre soin. Puis BANQ vous dirait qu'il reste du travail à faire,
entre autres pour la numérisation, entre autres pour... On est conscient de ça,
on peut toujours en faire plus.
Mais, au-delà de
BANQ, ensuite, il y a toutes les bibliothèques qui sont partout sur le
territoire, dans les municipalités. On a investi dans le béton, par exemple,
des agrandissements, de la modernisation, on a investi dans les livres. Puis,
au-delà de ces bibliothèques-là, il y a même des milieux où... On a des petits
villages, par exemple, qui ne peuvent pas
accueillir une bibliothèque en bonne et due forme, donc, par le biais... Puis
là j'ai un blanc, là, c'est ça, c'est les CR...
Une voix : ...
M. Lacombe : Les CRSBP. Les?
Une
voix : ...
M. Lacombe :
Centres régionaux de services aux bibliothèques publiques. J'en ai dans ma
circonscription. Vous savez, là, il y a une petite affichette, à un moment
donné, on entre, puis là ça identifie l'endroit où on peut avoir accès à des
livres, en emprunter sans que ce soit une bibliothèque avec quatre murs,
un toit, comme ce qu'on est habitué de voir. On investit là-dedans aussi.
Mme Setlakwe :
Merci... Ils demandaient spécifiquement, et je remercie ma recherchiste,
parce que, là, j'essayais de me rappeler, puis ils nous avaient donné un
mémoire, un plan de développement des bibliothèques publiques, la
reconnaissance de la mission d'éducation des bibliothèques publiques, comme le
définit l'UNESCO, faire de la lecture une
vraie priorité nationale, le financement nécessaire pour donner des services de
qualité et poursuivre l'implantation de la stratégie de littératie
familiale, de la stratégie numérique. Ça fait que, là, je vais un petit peu
plus en détail sur leur demande. Vous répondez quoi?
M. Lacombe :
Bien, moi, je réponds qu'ils sont indispensables. Donc, évidemment, je ne
peux pas faire d'annonce avant de faire des annonces, mais ce que je peux vous
dire, c'est qu'ils sont indispensables, qu'on aura une année du livre et de la
lecture au cours du mandat. On est en train d'y travailler. Et j'ai bien
indiqué déjà... La consigne que j'ai donnée, c'est que je veux que ce soit plus
qu'une campagne publicitaire à la télé qui nous incite à acheter des livres.
C'est important, mais il faut que ça aille plus loin que ça, il faut que ça
veuille véritablement dire quelque chose,
cette année-là, qu'on remette le livre au centre de la discussion au Québec,
qu'on en fasse une priorité nationale, qu'on agisse, que ce soit dans nos lois,
dans nos règlements, dans les moyens qu'on donne aux gens sur le terrain
pour mettre en valeur le livre. Je veux vraiment que ce soit quelque chose de
véritablement engagé comme année nationale du livre et de la lecture, donc.
Mme Setlakwe :
...c'est très rassurant. Puis je vous invite à... c'est ça, à regarder
quelle... leur demande puis à y donner suite, puis je pense que, dans le
contexte actuel dans lequel évoluent nos jeunes, là, c'est extrêmement
pertinent. Mais je vois que vous êtes déjà sensibilisé.
Là,
on me dit que la législation québécoise ne reconnaît pas la bibliothèque comme
ayant une vocation éducative, même si l'UNESCO lui donne cette
caractéristique. Là, je suis dans le très précis, là, mais vous répondez quoi à
ça?
M. Lacombe :
Bien, je réponds qu'on sera preneur de toutes les bonnes idées dans le
cadre des gestes qu'on posera pour une année nationale du livre et de la
lecture.
Mme Setlakwe :
Bon, bien, on va attendre des annonces. Merci.
Donc,
PQI, on parle du musée... on en a parlé un petit peu tout à l'heure, Musée national des beaux-arts du Québec, Espace Riopelle, un extraordinaire projet. Le
concours d'architecture s'est terminé en août 2022. Est-ce que vous
pensez être capable de livrer le nouveau pavillon en 2025? Puis je
m'excuse si vous avez répondu tout à l'heure à ça, là, mais on aimerait avoir
des précisions sur ce projet-là.
La Présidente
(Mme Dionne) : Il vous reste deux minutes d'interventions.
M. Lacombe :
Pour l'instant... Bien, d'abord, peut-être une parenthèse pour dire que ce
projet-là, il est exceptionnel. Puis je pense que les gens de Québec peuvent
être très, très fiers que ça se fasse dans la capitale nationale. En tout cas, quand je parle avec la présidente du Musée
national des beaux-arts du Québec, Christiane Germain, elle est
absolument ravie que ça se fasse ici, parce qu'évidemment la région de Québec a
des liens avec Riopelle, on a un collègue qui pourrait, d'ailleurs, nous parler
plus longuement de ça, mais je pense que c'est une exceptionnelle nouvelle que
ce soit ici, à Québec, au Musée national des beaux-arts. Et donc ce projet-là
me tient à coeur. On est en train d'y
travailler. C'est sûr que, comme tous les autres projets, il est confronté à
des défis. Mais, pour l'instant, on garde le cap sur l'horizon qu'on a
donné au moment de... au moment de l'annonce, 2025.
Mme Setlakwe :
On garde le cap sur 2025. Les travaux sont en cours. Comment vont les...
M. Lacombe :
...Les travaux sont en cours, oui, là, on est...
Mme Setlakwe :
Non, non, je comprends. Oui, oui, oui.
M. Lacombe :
Le travail est en cours, oui.
Mme Setlakwe :
Oui, oui, le travail. Vous avez...
M. Lacombe :
Il n'y a pas de pépine.
Mme Setlakwe :
Oui, vous avez raison. Au niveau des budgets, mise à jour?
M. Lacombe : Bien,
on n'a pas de mise à jour à communiquer à ce moment-ci. Mais, comme je vous le
disais, c'est sûr que, comme tous les autres chantiers, celui-là est
aussi confronté aux défis qu'on connaît dans l'industrie de la construction.
Mais on s'assure de suivre ça de près.
Mme Setlakwe : Maison
de la chanson et de la musique du Québec, dans l'ancienne bibliothèque
Saint-Sulpice. Il est en planification dans le PQI. Est-ce que ça avance
bien?
La Présidente (Mme Dionne) : ...
M. Lacombe : Oui, tout à fait.
D'ailleurs, j'ai eu le grand bonheur de souper avec Mme Giroux au bal de
l'Orchestre métropolitain. Bien, d'ailleurs, vous étiez là, vous étiez là.
C'était une superbe soirée qu'on a partagée. Et Mme Giroux était là, puis
j'ai profité de l'occasion pour la féliciter pour le travail qu'ils effectuent
avec Bibliothèque et Archives nationales,
avec BANQ, avec Mme Grégoire, parce que Mme Giroux, Mme Grégoire
travaillent très bien ensemble. Le
budget, à l'heure où on se parle, il semble être respecté, c'est les
indications qu'on nous donne, les échéanciers aussi. Puis on s'enligne
pour avoir quelque chose de superintéressant.
La Présidente (Mme Dionne) : Cinq secondes.
M. Lacombe : Des projets qui
vont bien, on aime ça.
Mme Setlakwe : ...
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci beaucoup de... Je passe maintenant la parole
du côté du gouvernement. M. le député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : ...Riopelle
aussi rayonnera en Chaudière-Appalaches
durant l'été également. Donc, c'est
l'année Riopelle. Merci, M. le ministre. Quand on parle de culture,
hein, on parle de passion aussi. Je suis très heureux de voir mon collègue le
député de la Beauce, là, d'avoir cette passion-là et de nous enflammer comme il
le fait.
Avant de parler du rayonnement, justement,
international, que nos industries culturelles, que nos entreprises culturelles
qui sont créatives et qui sont présentes dans nos milieux... de quelle façon on
peut apporter ça? On parle de formation, hein, artistique. Pouvez-vous me
parler un petit peu... On a parlé du passeport culturel, qui est un excellent
véhicule pour nous propulser. Puis, d'ailleurs, je salue l'élément de
nouveauté, hein, qu'on apporte avec le passeport culturel. J'aimerais ça qu'on
puisse parler un peu de formation artistique, entre autres les conservatoires, ou de voir un peu... Culture à l'école, des
programmes comme ça qui sont présents dans nos milieux et des investissements
qui sont réalisés, là, actuellement.
M. Lacombe : Pour la formation,
vous voulez dire?
M. Rivest : Oui, entre
autres... entre autres les éléments nouveaux. Je pense au conservatoire de
musique du Québec ou...
M. Lacombe : Oui. Oui, tout à
fait. Bien, là, tantôt, j'ai lancé des fleurs au député de Beauce-Sud, mais je
vais vous en lancer aussi parce que je sais à quel point vous êtes aussi animé
de ce feu brûlant et ardent pour la formation de nos jeunes musiciens. Mais
évidemment vous étiez dans ce domaine-là avant, mais je... Vous l'êtes encore.
Donc, on a souvent de bonnes discussions là-dessus et sur la philanthropie,
entre autres, dans le monde de la culture. Ça nous anime beaucoup ces temps-ci.
• (17 h 50) •
Mais, sur le conservatoire, c'était important,
oui, pour nous de poser un geste, puis on l'a posé. Parce que le conservatoire,
c'est une... je dirais peut-être une bibitte un peu particulière en ce sens...
bien, une bibitte qu'on aime, là, c'est...
en ce sens où elle relève du ministère de la Culture, puis le financement, il
n'est pas le même que pour d'autres institutions
d'études postsecondaires. Donc, c'est important pour nous d'ajouter du
financement pour que le conservatoire soit capable de se rendre jusqu'à
1 000 étudiants, ce qui n'est pas le cas actuellement. Donc, pour
ça... en musique. Pour ça, on a été capables
d'ajouter des sommes au budget, ce qui fait qu'à terme, lorsqu'ils auront...
lorsqu'ils auront atteint le 1 000 étudiants, bien, ce sera un
ajout de 5 millions de dollars récurrent à leur budget.
Donc, c'est important pour nous parce que, si on
veut... On peut bien avoir un discours à l'effet que c'est important que nos
jeunes s'intéressent à la culture dans ce qu'ils consomment, oui, bien sûr,
mais quoi de mieux aussi que de former la
relève musicale puis de lui faire une plus grande place au conservatoire? Donc,
c'est une demande de M. Hervieux
puis de Mme Leroux, Monique Leroux, la présidente du CA, qu'on a acceptée
puis qui a été exaucée dans le dernier budget.
M. Rivest : Merci. Vous savez,
une fois que nos étudiants sont formés dans nos études, on veut rayonner à travers le monde, puis je pense que le Québec, là,
on fait figure de proue, là, à travers nos industries culturelles. Y a-t-il des éléments qui viendront dans ce budget-là qui
nous permettent d'aider davantage, de supporter nos industries culturelles
à faire ce rayonnement à travers le monde?
M. Lacombe :
Oui, tout à fait. Il y a, dans le dernier budget, si ma mémoire est bonne,
c'est 2,5, 2,5 millions pour notre stratégie d'exportation. Parce que
c'est vrai que ce qu'on fait en culture au Québec, ça mérite d'être d'être vu
ailleurs. Puis pourquoi est-ce que ce serait toujours les produits culturels
américains qui viendraient chez nous et que
ça ne pourrait pas être l'inverse? On le fait déjà, remarquez, là, puis je
pense qu'on le fait très, très bien. On a des exemples assez éloquents
qui... Mais, au-delà des exemples éloquents, au jour le jour, là, il y a
beaucoup de petites entreprises, il y a
beaucoup de créateurs, de créatrices qui veulent se propulser sur la scène
internationale puis on va être là pour... on a va être là pour les aider. Puis
la SODEC puis le CALQ, de toute façon, sont déjà là. Mais on bonifie ce qu'on fait
en exportation.
M. Rivest :
...d'ailleurs, fait un travail, dans les quatre dernières années,
entre autres avec la pandémie, qui est assez exemplaire dans le soutien avec le
CALQ des artistes et des entreprises culturelles de l'ensemble de nos milieux
puis je tenais à le souligner.
M. Lacombe :
Tout à fait. Dans le cadre de la pandémie... C'est 1 milliard?
Une voix :
...
M. Lacombe :
1 milliard d'argent de fonds publics qui ont été investis, pas dépensés,
mais investis dans le monde culturel pour
passer... pour passer à travers. Puis je pense que c'est unanime sur le
terrain, même si tout n'était pas parfait, là, comme dans tous les
autres secteurs. Je pense que c'était unanime de dire qu'on a été au
rendez-vous pour la culture québécoise.
M. Rivest :
...j'ai envie de dire : Au-delà de l'argent, je pense qu'il y a eu
l'accompagnement qui a été donné par l'ensemble des acteurs qui sont ici, qui a
été vraiment réalisé d'une façon toute particulière et qui est d'une grande
attention. Je tiens à les féliciter aujourd'hui puis les remercier.
M. Lacombe :
...ma voix à la vôtre.
M. Rivest :
Merci.
La Présidente
(Mme Dionne) : D'autres interventions du côté du... Oui, M. le
député de Beauce-Sud.
M. Poulin :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci à la députée de Mont-Royal—Outremont de m'avoir permis de parler du passeport culturel, et
c'est un leadership du ministre, du gouvernement d'avoir quand même installé
les sommes à l'intérieur du budget afin de pouvoir arriver à un résultat au
cours des prochaines années. Mais sachez que nous sommes preneurs de toute
suggestion également et de toute proposition en ce sens.
M. le ministre, vous
avez, lors de la semaine de relâche, accordé plusieurs entrevues dans différents
médias et vous avez parlé de découvrabilité. D'ailleurs, ce n'est pas un mot
très sexy, hein, il faudrait trouver une variante parce que ça ne dit pas ce
que ça a à dire, où, par exemple, on veut donner accès plus facilement aux
produits francophones auprès de notre population. C'est un défi important. Je
sais que nous partageons le souhait de rendre plus facilement accessible la
culture québécoise sur les grandes plateformes, Netflix, c'en est une.
J'aimerais vous entendre sur vos relations avec les grands joueurs de
l'industrie, de quelle façon vous voyez le tout, mais également sur nos
archives. On a beaucoup parlé tout à l'heure de la BANQ nationale, des
archives. On sait que c'est très difficile de pouvoir retrouver un vieux Watatatow
que je souhaiterais écouter. On voudrait écouter un documentaire comme À
hauteur d'homme, par exemple. C'est très difficile de pouvoir le trouver.
Alors,
de quelle façon on peut, dans les prochaines années, s'assurer, justement, que
cette culture québécoise là soit plus facilement accessible? Sans
compter le fait aussi que l'on vit dans un univers francophone, on... tout à
l'heure, on a parlé de cinéma, où on a vu, tranquillement pas vite, des joueurs
s'installer tranquillement sur Netflix, mais aussi on arrive avec trop de
plateformes. On a Tou.tv, qui est régie par Radio-Canada, on a Club Illico,
Illico, on a Télé-Québec qui a sa
plateforme. Alors, on se retrouve, finalement, à avoir cinq,
six plateformes différentes que l'on doit télécharger sur nos
cellulaires pour pouvoir consommer de la culture francophone et de la culture
québécoise. Comment on peut simplifier le tout? Comment on peut réussir à mieux
positionner également le français?
Vous avez fait
beaucoup de rencontres également dans différentes institutions scolaires, où je
sais que vous vous êtes adressé aux jeunes, puis vous avez dit : Vous, là,
vous en consommez-vous, de la culture québécoise? Puis les réponses sont, somme toute, surprenantes dans certains cas où très
peu de jeunes consomment la culture québécoise. Allez sur YouTube, c'est
difficile de pouvoir trouver de la culture québécoise. Alors, quel est votre
plan de match? En fait, quels sont vos liens
avec les grands diffuseurs, mais également les grandes plateformes pour
s'assurer que les produits culturels québécois se retrouvent plus facilement et
qu'au bout du compte on puisse atteindre notre objectif de rejoindre
plus de jeunes et qu'ils consomment plus de culture québécoise?
M. Lacombe :
Bien, mon Dieu! Il y aurait tellement de choses. Il va falloir aller
prendre une bière pour en parler parce qu'il y a tellement... il y a tellement
d'angles à aborder dans ce sujet-là. Je vais y aller rapidement, là, en résumant. Oui, j'ai rencontré Netflix récemment.
Tout le monde est pour la vertu. Bon, la personne qui s'occupe de Netflix au
Canada est un Québécois, Stéphane Cardin, qui connaît bien le milieu culturel,
pour y avoir oeuvré longtemps, spécifiquement le milieu culturel québécois.
Donc, c'est sûr que, en même temps, lui, bon, a aussi des impératifs commerciaux en lien avec l'entreprise qu'il représente, mais
j'ai senti une certaine ouverture aux revendications qu'on a. Mais j'ai aussi
senti que le diable est dans les détails puis que, ces détails-là, bien, on va
devoir en parler.
Puis c'est
l'écosystème, je pense, dans lequel on navigue actuellement. Je fais attention
parce que c'est toujours un sujet délicat, mais c'est l'écosystème dans lequel
on navigue actuellement, qui date, qui est un héritage de décennies passées, où ces plateformes n'existaient pas puis où on
n'était pas dans un monde numérique comme celui qu'on connaît présentement, donc la structure de financement, la
question des droits d'auteur, donc toute la façon dont nos oeuvres
circulent après avoir été produites puis, à la base, la façon dont elles sont
financées.
C'est sûr que,
parfois, on essaie de faire rentrer un carré dans un rond, là, puis c'est
difficile. Puis Netflix, c'est un peu ce qu'ils nous ont dit. Mais, en même
temps, je pense que les grandes plateformes sont capables de faire plus de place au contenu québécois. Moi, je
regarde ce qui se fait, notamment, avec Crave, qui n'est pas parfait, ce n'est
pas parfait ce qui se fait sur Crave, mais qui, en même temps, donne une place
quand même intéressante au contenu québécois, qui est engagé aussi. Et je pense
qu'on a des leviers à notre disposition.
Encore une fois, on
est en train d'y travailler pour être capable de se tailler une plus grande
place. Mais après on peut bien tordre le bras aux grandes plateformes pour
qu'elles aient du contenu, mais, si ce contenu-là, personne ne veut leur
revendre, par exemple, parce qu'il y a des questions de financement, parce
qu'il y a aussi toutes les structures commerciales des entreprises qui
produisent... Et, encore là, je n'en nommerai pas particulièrement, mais, quand votre modèle d'affaires, c'est de programmer
du contenu original, qui est disponible seulement pour les abonnés de votre plateforme, ce qui vous sert aussi, et
c'est bien correct, mais à vendre des abonnements au câble ou à Internet, bien,
je comprends que le modèle d'affaires ne se prête pas nécessairement à avoir du
contenu partagé sur une grande plateforme québécoise.
Donc, il y a
énormément de défis, il y a énormément de défis. Mais moi, je ne veux pas qu'on
baisse les bras, et c'est la raison pour laquelle on est en train de travailler
là-dessus, de s'entourer des meilleurs pour être capable...
La Présidente
(Mme Dionne) : ...
M. Lacombe :
Oui. Là, je parle longtemps, là, mais on pourrait en parler longtemps.
M. Poulin :
...
La Présidente
(Mme Dionne) : Il nous reste 1 min 30 s.
M. Poulin :
Bien, vous avez raison, M. le ministre, c'est un chantier qui est énorme.
Vous avez parlé de Crave, on peut parler
d'Amazon Prime aussi, qui a diffusé de plus en plus de contenu québécois.
Alors, effectivement, il va falloir trouver peut-être, par moments même,
un modèle d'affaires pour s'assurer de rendre le tout encore plus accessible,
entre autres, pour nos jeunes. Et ça, c'est important parce que, dans nos
écoles, on a un défi aussi de présenter des films québécois. On a un défi
également de faire en sorte qu'il y ait un réflexe davantage de se tourner vers
le cinéma québécois auprès de nos jeunes. Alors, il y a des enjeux de promotion
qui sont importants.
Je pense qu'on a
réussi, avec les investissements, à stimuler l'intérêt des jeunes envers la
lecture. Vous parlez de l'année de la lecture, qui est un de vos mandats, où on
aura un travail à faire pour approcher la lecture des jeunes, même si c'est bien entamé, mais il faudra faire un
grand chantier également pour les cinémas puis nos séries télé également.
On a des grands, grands succès en séries
télé à travers le Québec, mais nos jeunes peuvent les découvrir peut-être plus
facilement.
Et
on aura aussi des discussions à avoir, éventuellement, avec le fédéral et
Tou.tv et Radio-Canada pour s'assurer que le fédéral aussi enregistre le
fait français...
La Présidente (Mme Dionne) :
...20 secondes, M. le député.
M. Poulin :
...qui est extrêmement important également.
La Présidente
(Mme Dionne) : Ou M. le ministre? 20 secondes.
M. Poulin :
Vous pouvez faire vos remerciements, M. le ministre, dans le
20 secondes, si... Oui.
M. Lacombe :
Bien, la beauté de la chose, c'est qu'on fera ce travail-là ensemble, avec
Mathieu, parce que... avec le député de Côte-du-Sud, pardon, parce qu'on est tous les trois dans ces dossiers, et puis on
le fera, évidemment, avec tous les collègues. Donc, bien, merci, merci à
tous pour ces fructueux échanges.
• (18 heures) •
La Présidente
(Mme Dionne) : Merci. Le temps est écoulé. Merci beaucoup. Merci
pour vos échanges. Donc, le temps alloué à
l'étude des crédits est maintenant terminé. Donc, ce sont les crédits
budgétaires pour les programmes 1 et 2 du portefeuille Culture et
Communications.
Adoption des crédits
Donc, nous allons maintenant procéder à la mise
aux voix des crédits. Le programme 1, intitulé Direction administration et
soutien à la mission, est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Je
note division. Sous division.
Le programme 2, intitulé Soutien et
développement de la culture, des communications et du patrimoine, est-il
adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Dionne) :
Sous division. Adopté sous division.
Documents déposés
Donc, en terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements des oppositions.
Et, compte
tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux jusqu'au
mardi 2 mai à 9 h 45, où elle entreprendra l'étude
du volet Éducation préscolaire, enseignement primaire et secondaire des crédits
budgétaires du portefeuille Éducation.
Alors, merci beaucoup à tous pour votre discipline.
Je vous souhaite une excellente soirée.
(Fin de la séance à 18 h 01)