Journal des débats de la Commission de la culture et de l’éducation
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mardi 25 avril 2023
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Vol. 47 N° 7
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Culture et des Communications, volet Culture et Communications
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Intervenants par tranches d'heure
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Dionne, Amélie
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Setlakwe, Michelle
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Lacombe, Mathieu
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Ghazal, Ruba
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Ghazal, Ruba
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Lacombe, Mathieu
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Dionne, Amélie
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Setlakwe, Michelle
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Bérubé, Pascal
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Bérubé, Pascal
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Lacombe, Mathieu
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Dionne, Amélie
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Poulin, Samuel
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Rivest, Mathieu
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Lemieux, Louis
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Setlakwe, Michelle
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Lacombe, Mathieu
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Dionne, Amélie
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Setlakwe, Michelle
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Ghazal, Ruba
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Bérubé, Pascal
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Setlakwe, Michelle
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Lacombe, Mathieu
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Dionne, Amélie
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Poulin, Samuel
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Rivest, Mathieu
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15 h (version révisée)
(Quinze heures trente et une minutes)
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
bonjour à tous et à toutes. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission est réunie aujourd'hui afin
de procéder à l'étude du volet Culture et Communications des crédits budgétaires
du portefeuille Culture et Communications pour l'exercice financier 2023-2024.
Une enveloppe de 2 h 30 min a été allouée pour l'étude des
crédits.
M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
Le Secrétaire : Non, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Dionne) : Donc,
nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'échange
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix des programmes 1
et 2 de ces crédits sera effectuée à la fin...
15 h 30 (version révisée)
La Présidente (Mme Dionne) : ...d'ordre
général par bloc d'échange, incluant les questions et les réponses. La mise aux
voix des programmes 1 et 2 de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui
leur est alloué, soit à la fin de la séance, vers 18 heures.
Donc, on débute à 15 h 31. Il y
a-t-il consentement pour poursuivre jusqu'à 18 h 01?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Donc, je suis maintenant prête à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échange. Je vous rappelle que la longueur des
questions doit être également proportionnelle... la longueur des réponses,
pardon, doit être également proportionnelle à la longueur des questions. Donc, Mme
la députée de Mont-Royal—Outremont, la parole est à vous.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. Bien, juste en introduction, quelques... quelques petites remarques
préliminaires. Premièrement, j'aimerais vous saluer, saluer M. le ministre de
la Culture, mes collègues du... au gouvernement, mes collègues de l'opposition,
vos recherchistes. Moi, je suis accompagnée de ma recherchiste, Mme Jolyanne Gagné.
J'aimerais saluer les membres de votre équipe, M. le ministre, les gens de la
régie.
C'est un bloc très important, la Culture,
puis, vous avez raison, M. le ministre, on n'a pas échangé beaucoup ensemble en
Chambre sur des questions de culture. Je pense que c'est arrivé seulement deux
fois. Ce n'est pas parce que le sujet n'est pas important. Au contraire, la
culture, c'est extrêmement important. C'est au cœur de notre spécificité
québécoise. Je dirais même que, si on vivait dans un monde sans culture, ce
serait un monde drabe. C'est comme si on vivait dans un monde sans couleur, en
noir et blanc. Donc, j'ai des questions, plusieurs questions à poser, que j'ai
préparées. Mes collègues en ont sûrement beaucoup. Donc, moi, je vais réserver
mon temps pour les questions. Merci.
Est ce que, ça, c'étaient les... Donc,
moi, j'enchaîne tout de suite dans mon bloc de...
La Présidente (Mme Dionne) : Oui,
vous avez...
Mme Setlakwe : Non, non, je
me demandais s'il y avait un échange de remarques préliminaires.
Donc, sans plus tarder, j'aimerais qu'on
aborde, en premier lieu, la question des espaces bleus. J'aimerais qu'on
obtienne une mise à jour et des précisions sur ce projet d'une grande ampleur
qui a été annoncé en juin 2021. Le premier ministre avait fait la promotion de
ses futurs musées régionaux, voyons où en est le projet presque deux ans après
son annonce initiale. Alors que ni le budget inaugural du premier ministre ni
le discours sur le plus récent budget n'en faisaient mention, il est temps d'obtenir
des précisions sur ce projet dont plusieurs aspects semblent demeurer indéfinis
à ce jour.
Je commencerais par le financement au
niveau des infrastructures. Bon, nous savons que le montant initial de 259 millions
mis de l'avant en juin 2021 pour 18 espaces bleus n'est plus valide. On
comprend que les conditions de marché ont évolué, bon, marché de la
construction, elles sont difficiles, mais, même lors de l'annonce, il s'agissait,
et je cite Baptiste Ricard-Châtelain du journal Le Soleil, «d'un
montant qui ne concordait déjà pas avec ce que le premier ministre lui-même
avançait ce jour-là en conférence de presse. Le premier ministre avait alors
dit», et je le cite, «pour l'Espace bleu de Québec, on parle d'un coût pour les
infrastructures de 48 millions. Les autres espaces bleus vont être à peu
près à moitié de la grandeur d'ici, donc, évidemment, le budget va être à peu
près la moitié de ce qu'on a ici.» Fin de la citation.
Dès lors, l'enveloppe initiale n'était pas
réaliste. Les informations obtenues par le journal Le Soleil auprès
de la Société québécoise des infrastructures, SQI, qui gère les chantiers, et
rendues publiques en décembre 2022 révèlent que, pour l'Espace bleu de la Capitale-Nationale,
le coût du projet est maintenant estimé à 60 millions, alors qu'on parlait
de 47,3 millions. Pour celui de l'Abitibi-Témiscamingue, la plus récente
évaluation, 26,3 millions. Ça ressemble à ce qui est au PQI, dans ce
cas-là, à 25 millions. Pour la Gaspésie, 25 millions maintenant,
alors que le montant initial était de 20,8 millions. Et finalement, pour
celui de Charlevoix, parmi les quatre déjà annoncés, on... le projet tournerait
autour de 41 millions, alors que le montant initialement annoncé était de
30 millions.
Pour ces quatre premiers espaces bleus en
cours, nous serions donc rendus à une somme totale de près de 153 millions.
Il nous semble très clair qu'on n'arrivera pas à respecter le budget global de
259 millions initialement prévu pour le déploiement de 18 nouveaux
lieux de diffusion culturelle dans toutes les régions du Québec.
Pour citer encore une fois Baptiste
Ricard-Châtelain du Soleil, «il ne resterait qu'un peu plus de 100 millions
pour la petite caisse pour donner vie aux 14 espaces bleus restants.».
Pour citer, cette fois-ci, Mario Girard de
LaPresse en janvier 2023 : «Une fois de plus, il y a
perte de contrôle, et, une fois de plus, on a balancé des chiffres sans
connaître vraiment le gouffre qui sépare l'excitation de la réalité.» Fin de la
citation.
Alors, ma première question à M. le
ministre : L'enveloppe globale du réseau des espaces bleus est estimée à
combien?
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
à vous, M. le ministre.
M. Lacombe : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Bien, d'abord, je vais aussi prendre quelques secondes pour tous
et toutes vous saluer, vous dire que je suis très heureux d'être <avec...
M. Lacombe :
...prendre
quelques secondes pour tous et toutes vous saluer, vous dire que je suis très
heureux d'être >avec vous pour ces premiers crédits en culture,
communication et, plus tard, aujourd'hui, en jeunesse, parce que, bon, après
quatre ans au ministère de la Famille, où j'étais bien confortable avec les
données, bien là c'est un nouvel univers maintenant.
Et je peux vous dire qu'il y avait
énormément, énormément de dossiers dont nous devions prendre connaissance. Et
je pense que le nombre de gens qui sont présents ici avec nous derrière moi le
représente assez bien. C'est tout l'état-major de la Culture, pratiquement, au
Québec qui est... qui est là. Je trouve ça toujours impressionnant quand tout
le monde est dans la même salle parce que ça témoigne du fait qu'on a
énormément de gens qui travaillent avec nous. Donc, évidemment, je ne les
saluerai pas tous et toutes, mais je veux les remercier d'être là puis
évidemment vous... vous signifier que je suis accompagné de notre sous-ministre
Nathalie Verge, que je remercie aussi d'être là, et de notre directeur de
cabinet Jonathan.
Donc, c'est beaucoup de travail, les crédits
budgétaires, puis je pense aux équipes des ministères, pas seulement le mien,
mais de... le ministère de tous nos collègues qui travaillent très, très fort
pour être capable de répondre aux collègues qui... qui ont des questions. Donc,
c'est avec beaucoup de plaisir que je me prête à cet exercice-là. Puis je suis
content d'avoir l'occasion d'en discuter dans un cadre peut-être un petit peu
plus serein que la période de questions aussi. C'est vrai que, la dernière
fois, j'ai peut-être été un peu raide, là, quand j'ai commencé à répondre à la
question parce que je sais que probablement que vous aimeriez ça, poser plus de
questions, mais il y a tellement de choses à parler en... dans l'actualité
québécoise que la culture, c'en est une d'entre elles.
Les espaces bleus, donc. D'abord, ce que
je souhaite mentionner, c'est qu'au contraire on est en grand contrôle sur ce
projet-là. Lorsque je suis arrivé, lorsque non seulement j'ai été élu, mais
après, lorsque le premier ministre m'a fait l'honneur d'être nommé ministre de
la Culture et des Communications, c'est un des sujets prioritaires sur lequel
je me suis penché, parce qu'effectivement il y a des défis devant nous pour le
déploiement du réseau d'espaces bleus partout au Québec, d'abord pour le
vaisseau amiral ici, dans la capitale, mais aussi pour les... les édifices,
pour les... les institutions qui vont s'ouvrir un peu partout au Québec. Parce
que, le marché de la construction étant ce qu'il est, il y a effectivement une
explosion des coûts un peu partout. Et ça dépasse bien largement la culture. On
parle de ça aussi en santé, en éducation, on peut en parler dans le marché
résidentiel aussi, dans le privé.
Donc, oui, certainement qu'il y a des
défis devant nous, certainement qu'on aura besoin de davantage que ce qui avait
été planifié au départ pour mener à bien l'ensemble du déploiement des espaces
bleus partout au Québec, mais je pense que c'est une évidence que de dire ça
parce que, ce... cette explosion des coûts, on la connaît partout. Et, si vous
me demandez mon avis, bien honnêtement, on s'en serait passé. Ce n'est pas
quelque chose que le gouvernement contrôle, cette explosion des coûts dans
l'industrie de la construction. Ce que nous contrôlons, c'est le déploiement,
la vitesse à laquelle nous ferons ce déploiement-là. C'est le processus d'appel
d'offres, par exemple, s'assurer qu'il soit fait au bon moment, s'assurer de
travailler avec les meilleurs, parfois revoir des projets, s'assurer qu'on les
a optimisés au maximum pour qu'à la fin on puisse réaliser tout ça avec un
budget qui est raisonnable.
Et j'ai envie aussi de vous dire que le
montant qui nous est octroyé en ce moment, qui est de 262 millions, il est
largement, bien largement suffisant pour mener à terme les projets qui ont déjà
été annoncés et qui nous donnent actuellement beaucoup de travail. Ce n'est pas
une cachette, je l'ai dit publiquement en réponse à des journalistes qui me
posait la question, si ma mémoire est bonne, il y a deux ou trois mois, et j'ai
répondu bien, bien honnêtement, de façon très transparente, que, oui, nous
ajusterons le rythme de déploiement à cette réalité-là, c'est-à-dire on prendra
notre temps pour déployer le réseau partout au Québec. On a quatre projets qui
sont actuellement annoncés. C'est sur ceux-ci que nous travaillons, puis on va
s'assurer que ce soit fait de la meilleure façon.
Maintenant, s'il y a des spécificités dans
un ou l'autre des projets, évidemment, on gère des fonds publics, on s'assurera
que ce soit raisonnable. Mais, en même temps, c'est un projet qu'on... qu'on
maintient. Les annonces ont été faites, puis on continue d'y... d'y travailler.
• (15 h 40) •
La Présidente (Mme Dionne) :
Merci.
Mme Setlakwe : Merci. Donc
là, vous parlez de 262 millions pour les quatre projets déjà annoncés.
M. Lacombe : On... on parle
d'une enveloppe...
Là, est-ce que vous me donnez la parole à
chaque fois, ou on peut y aller sous forme de conversation?
La Présidente (Mme Dionne) : ...non,
non.
M. Lacombe : Parfait.
Excellente décision. Je vous aime beaucoup.
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
ça, on va perdre trop de temps, là. Ça fait que je vous laisse discuter...
M. Lacombe : Bien, ça dépend
des présidences, n'est-ce pas? Donc, je vous remercie de votre décision.
Sur le 262 millions, c'est le budget
qui nous est... qui nous est octroyé actuellement, qui est effectivement le
budget de départ pour l'ensemble du réseau. Par contre, je pense qu'on convient
tous qu'il y a eu, depuis ce temps-là, une explosion dans l'industrie de la
construction. Les coûts ont beaucoup augmenté, donc on va s'ajuster. Pour
l'instant, c'est de l'argent qu'on a qui nous est réservé pour ce projet-là et
qui est une enveloppe qui est bien suffisante pour non seulement mener à <terme...
M. Lacombe :
...nous
est réservé pour ce projet-là et qui est une enveloppe qui est bien suffisante
pour non seulement mener à >terme les projets qui ont été annoncés, mais
aussi, possiblement, pour en annoncer d'autres prochainement.
Donc, on n'est pas à court d'argent, Mme
la Présidente. Il n'y a pas d'enjeux qui font en sorte qu'on doive arrêter, par
exemple, les annonces parce que l'enveloppe est atteinte. Pour l'instant, on a
suffisamment de fonds. Les fonds dont on a besoin sont disponibles pour qu'on
puisse poursuivre le déploiement du réseau à une cadence révisée,
effectivement, parce que je suis personnellement impliqué dans ce dossier-là,
je le suis à la trace, que ce soit avec la Société québécoise des infrastructures,
que ce soit, évidemment, avec le ministère, par le biais du bureau de projet
avec lequel nous travaillons avec le Musée de la civilisation. Encore cette
semaine, la semaine dernière, je suis allé sur les lieux, j'avais des
questions. On questionne les chiffres, on questionne la façon dont c'est
déployé, on amène des nouvelles idées, on travaille là-dessus activement. Donc,
bref, on a suffisamment d'argent pour faire notre travail.
Mme Setlakwe : Merci. Donc
là, je veux juste bien comprendre. Initialement, c'était 259 pour
18 espaces bleus puis là... Oui.
M. Lacombe : ...259 ou 262.
Nous, c'est 262 qu'on a.
Mme Setlakwe : Oui, puis là,
donc... Bien, 262, ça tient encore la route pour 18 espaces bleus en date
d'aujourd'hui. Vous en avez largement... suffisamment. Mais...
M. Lacombe : Mais ce n'est
pas ce que je dis. Ce n'est pas ce que je dis, là.
Mme Setlakwe : Non?
M. Lacombe : Mais je peux...
Mme Setlakwe : Mais il
semblerait que l'été...
M. Lacombe : ...je peux
préciser, si vous voulez.
Mme Setlakwe : Oui.
L'été 2022, vous aviez avancé un chiffre de 300 millions. Ça avait
été rapporté par Mme Jocelyne Richer de LaPresse canadienne.
M. Lacombe : Moi, je n'ai pas
avancé sur ce chiffre-là. Je ne sais pas...
Mme Setlakwe : Ou ça vient de
votre ministère, peut-être?
M. Lacombe : Je ne sais pas à
quoi vous faites référence.
Mme Setlakwe : Est-ce que...
On est-tu plus vers 300 que 262?
M. Lacombe : Ce que je vous
dis, je vais essayer d'être très clair, là, pour que tout le monde comprenne
bien, peut-être que je me suis mal exprimé, bien sûr que l'enveloppe nécessaire
pour réaliser l'entièreté du déploiement sur tout le territoire québécois, dans
les 18 régions, on aura besoin d'une enveloppe plus importante que le
262 millions. Ça, c'est une évidence. Je pense qu'il n'y a personne de
surpris ici. Il y a eu une explosion des coûts de construction partout au
Québec dans tous les domaines.
Maintenant, ce que je dis, et qui est très
important de comprendre, c'est qu'actuellement cette enveloppe-là, qu'on a
déjà, qui est de l'argent qui est réservé au ministère de la Culture pour ce
projet-là et au Musée de la civilisation, c'est qu'elle est suffisante,
l'enveloppe, elle est suffisante non seulement pour mener à terme les projets
qu'on a déjà annoncés, malgré l'augmentation des coûts, si ça reste
raisonnable, mais aussi pour possiblement annoncer d'autres projets.
Donc, on n'est pas, en ce moment, en
attente parce qu'on n'a pas assez de budgets. On a les sommes que ça nous prend
pour être capable de livrer ce qui a été annoncé puis même de travailler à
ajouter quelques régions pendant ce mandat-ci.
Mme Setlakwe : Mais ça
risque... OK, je comprends qu'on peut... vous ne pouvez pas fournir un chiffre
précis pour l'ensemble du réseau, mais... Si on revient dans le temps, là, même
en... je veux dire, en 2021, puis on était en pandémie, il y avait déjà une
surchauffe du marché de la construction, le premier ministre disait, bon :
À la tête du réseau, celui de Québec, on pense que ça va coûter
48 millions plus 17 succursales régionales à plus ou moins... dans le
fond... parce qu'il avait dit à moitié du coût, donc 24 millions. Si on
fait le calcul mathématique, on était à 456 millions sans même tenir
compte des dépassements de coûts.
Ça fait que je vous entends, M. le
ministre, que vous avez de la difficulté à sortir un chiffre pour le
déploiement de tout le réseau de 18 espaces bleus, mais là le 262, là,
permettez-moi de douter qu'il va réussir à... qu'il va être suffisant pour
construire même... Parce que je... je vais vous laisser compléter, là, parce
que je suis confuse, moi, sur, aujourd'hui, où est-ce qu'on se situe. Parce que
même... Si je recule, là, puis... Tu sais, tout à l'heure, je disais : 60,
26, 25, 41, ça fait 153 pour quatre premiers espaces bleus, qui sont... les
chantiers de construction ne sont pas terminés. Donc, ça reste comme... Il
reste 100 millions pour les 14 autres? C'est...
M. Lacombe : Bien là,
peut-être que je ne suis pas assez clair, là, mais là je... Vous avez raison,
là. Je peux le dire autrement, mais vous avez raison. Mais on a ce que ça nous
prend pour les quatre actuellement, possiblement pour en ajouter d'autres aussi
pendant le mandat. On est en train d'y travailler. Mais vous avez raison, vous
avez raison que, pour poursuivre l'ensemble du déploiement dans toutes les
régions du Québec, ça nous prendra plus que 262 millions. Là, je ne peux
pas être plus clair que ça. Mais, en même temps, je pense que tous ceux qui
nous écoutent, et j'espère qu'ils sont nombreux, même si j'en doute, mais tous
ceux qui nous écoutent vont comprendre que c'est normal, parce que bien contre
la... tu sais, vraiment contre la volonté du gouvernement, là, il y a une
explosion dans les coûts de construction partout au Québec, pas juste dans les
projets <gouvernementaux...
M. Lacombe :
...explosion
dans les coûts de construction partout au Québec, pas juste dans les projets >gouvernementaux,
mais aussi dans l'industrie privée. Donc, c'est sûr, c'est sûr que ça va nous
prendre plus que ça. Mais, pour l'instant, ce que je vous dis, c'est que nous,
on garde le cap. Et, tant que les coûts pour un établissement restent
raisonnables, on garde le cap. Si les coûts deviennent déraisonnables, évidemment,
on prendra des décisions au cas par cas, mais, pour l'instant, on garde le cap.
Mme Setlakwe : Très bien. Je
comprends très bien ce que vous avez dit. Je pense qu'on est loin de pouvoir
fournir une estimation des coûts pour 18 espaces bleus. D'ailleurs, le
directeur du Musée de la civilisation, Stéphan La Roche, qui supervise le
projet, avait admis, en juin 2022, que fixer le montant de la facture totale
serait, et je le cite, «de la pure fiction». Vous en pensez quoi?
M. Lacombe : Bien, je
comprends, là, que vous pouvez tenter de dépeindre ça comme une perte de
contrôle et dire : On a perdu le contrôle des coûts. Première chose,
permettez-moi d'être en désaccord, première chose. Il ne s'agit pas de faire de
la politique que de dire qu'il y a une explosion des coûts actuellement et que
le marché, il est instable puis il est imprévisible. Donc, c'est vrai que
d'arriver, en ce moment, avec une estimation précise de ce que pourrait avoir
l'air la facture quand ce déploiement-là va se faire sur bien des années, ça
peut être hasardeux. On pourrait se prêter à l'exercice, mais c'est vrai que la
marge d'erreur risquerait d'être assez importante.
Maintenant, encore une fois, deuxième
élément, au contraire, moi, je pense qu'être rigoureux et prendre le contrôle
de ce dossier-là, ça veut dire quoi? Ça veut dire, pour moi, m'en occuper
personnellement, m'assurer que les projets avancent bien, m'assurer qu'ils
avancent dans le sens qu'ils doivent avancer, qu'on maximise le temps des
travaux, qu'on s'assure que les échéanciers ne soient pas trop étendus malgré
les défis qu'on connaît, s'assurer qu'on garde le contrôle des coûts aussi.
Parce que, je vous le répète, si les coûts d'un des espaces bleus devenaient
déraisonnables, à ce moment-là, on prendra, si c'était le cas, on prendra les
décisions qui s'imposent. Mais, pour l'instant, on garde le cap puis on les
suit méticuleusement.
Donc, encore une fois, je comprends
peut-être la stratégie de vouloir nous dépeindre comme un gouvernement qui a
perdu le contrôle du chantier des espaces bleus, mais, moi, je vous dis, c'est
totalement le contraire, on est en contrôle. Puis, depuis que je suis arrivé,
je m'en occupe vraiment personnellement.
Mme Setlakwe : ...s'il
n'annonce pas une stratégie, c'est pour avoir des réponses, des clarifications
sur ce grand chantier, ce grand projet. Au-delà des infrastructures, là, ces
nouveaux musées devront être financés dans leurs opérations. À ce stade-ci,
pouvez-vous nous fournir des précisions à l'égard du mode de gestion, du budget
de fonctionnement qui sera octroyé pour ces quasi-musées financés par l'État,
ou est-il encore trop tôt?
M. Lacombe : Bien, pour le
mode de gestion, peut-être, d'abord, c'est important pour nous de faire ce
travail-là de concert avec les gens sur le terrain, de consulter, parce qu'en
même temps je pense qu'on ne doit pas se mettre la tête dans le sable. Et,
quand je vous dis que je m'assure qu'on garde le contrôle de ce dossier, le
déploiement des espaces bleus, je suis bien conscient que, dans bien des
régions, il y a eu des inquiétudes, au départ, parce que c'est quelque chose de
nouveau.
Vous parlez de musée. Ce n'est pas comme
ça qu'on l'a présenté, mais je comprends qu'il y a une inquiétude dans
certaines régions. Puis, pour nous, pour moi, particulièrement, c'est important
de s'assurer... de m'assurer que, lorsqu'on arrivera avec des ouvertures, le
modèle de gestion des espaces bleus réponde aussi à ce que souhaitent les
régions puis que les régions soient parties prenantes.
Donc, on est au travail là-dessus, puis je
peux vous dire que ce travail-là, il avance bien. Il est trop tôt aujourd'hui
pour que je puisse vous faire une annonce, mais, lorsqu'on sera prêts, on le
fera. Et moi, je prédis que ça risque d'atténuer les craintes qui ont été
exprimées un peu partout dans certaines régions. Donc, on est en train de
travailler sur ce modèle de gestion, parce que, comme je le dis, au-delà des
craintes, ce qu'on veut aussi, c'est que la communauté soit partie prenante puis
qu'elle participe, qu'elle participe, là, carrément à la gestion.
• (15 h 50) •
Mme Setlakwe : Merci. On va
avoir besoin de revenus autonomes. Mais là vous n'êtes pas rendu à savoir l'entrée
va être gratuite, il va y avoir des coûts. Vous n'avez pas de précision à ce
stade-ci, j'imagine?
M. Lacombe : Non,
effectivement, on est... on est dans le... on est à plus haut vol que ça
actuellement, on est dans la construction. Mais je vous dirais qu'en parallèle
ça avance quand même assez bien, là, parce que, quand on parle du modèle de
gestion, bien, ça, c'est assez... c'est assez pointu, assez précis. Mais
évidemment, du moment où on aura défini le modèle de gestion, qu'il y aura, là
je ne veux pas trop m'avancer, mais que ce modèle de gestion, je vais le dire
comme ça, va se déployer, on sera en mesure d'avoir des réponses à ces
questions-là.
Mais, encore une fois, c'est important
d'attendre que le modèle de gestion soit déployé puis qu'on travaille avec les
partenaires pour répondre à ces questions-là. Parce que, si nous le faisons en
ce moment, tout seul à Québec, bien, évidemment, ça va soulever beaucoup de
critiques, avec raison, probablement. Donc, on veut se prémunir de ça parce
qu'on veut que ce soit un succès.
La Présidente (Mme Dionne) : ...Mme
la députée, le bloc est terminé. Donc, si vous êtes d'accord, on va passer au
deuxième groupe d'opposition officielle, la députée de Mercier. La parole est à
<vous...
La Présidente (Mme Dionne) :
...la
députée de Mercier. La parole est à >vous.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Merci, tout le monde. Bonjour, M. le ministre... Vous voulez
giguer?
M. Lacombe : Est-ce qu'on va
parler de gigue? Est-ce qu'on va parler de gigue?
Mme Ghazal : Bien, si vous
voulez... vous avez envie d'en parler, oui, vous pouvez. Bien, bonjour, les
membres de la commission. Merci beaucoup à toutes les personnes qui sont
présentes, qui travaillent très, très fort, là, pour préparer ces crédits.
Je voulais revenir, avant de parler de
gigue, parce qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui auraient des questions pour
ça, mais peut-être que vous pouvez les rencontrer plus tard, je voulais revenir
sur les espaces bleus. Ce que je comprends, c'est que, là, il y a quatre
projets en cours. Le montant qui était prévu au départ a augmenté à cause de ce
que vous venez de nous dire, avec les coûts de construction. Donc, le montant
global qui est prévu dans le budget ne permettra pas d'en faire plus que
quatre. C'est ce que je comprends.
M. Lacombe : Ce n'est pas ce
que... Ce n'est, encore une fois, pas ce que j'ai dit, là. Ce que j'ai dit,
c'est que...
Mme Ghazal : Ça permet d'en
faire combien?
M. Lacombe : Je vais rester
prudent là-dessus parce que tout ça est évolutif, mais, en ce moment, cette
somme-là nous permet de réaliser, si nous le souhaitons, les quatre espaces
bleus qui sont sur la table. Ces projets-là gardent le cap.
Encore une fois, si le coût d'un de ces
projets-là ou de plusieurs de ces projets-là devenait déraisonnable, évidemment
qu'on prendra des décisions à ce moment-là. Mais, pour l'instant, on garde le
cap avec les quatre qui ont été annoncés. Et, parallèlement à ça, il nous reste
encore une marge de manœuvre pour annoncer de nouveaux projets, dont le nombre
reste à définir parce que, bon, comme je vous dis, tout ça est vivant, puis je
le suis de très, très près.
Mme Ghazal : ...il y a
combien de personnes qui travaillent sur ce projet-là, là, les espaces bleus?
C'est quoi, l'équipe qui travaille là-dessus? Ils sont... C'est combien de
personnes, quand ça a été annoncé?
M. Lacombe : Bien, je
commence, pendant que j'obtiens la réponse du Musée de la civilisation, mais,
au ministère, on a un bureau de projet, donc où il y a des gens qui travaillent,
et, au bureau de projet, ce qu'on nous dit, c'est qu'il y a sept personnes qui
travaillent à temps plein, sous la direction d'une directrice, et qu'au Musée
de la civilisation on parle d'une vingtaine de personnes.
Mme Ghazal : Puis les sept
personnes qui sont au ministère, là, est-ce que ça a toujours été sept depuis
le début, depuis l'annonce?
M. Lacombe : Bien, ça a
augmenté.
Mme Ghazal : Ça a augmenté?
M. Lacombe : Ça n'a pas
diminué.
Mme Ghazal : Ça n'a pas
diminué?
M. Lacombe : Exact.
Mme Ghazal : Donc, les
rumeurs qui disent que ça a diminué sont fausses?
M. Lacombe : Ah! bien là,
vous savez, moi, là, depuis que je fais de la politique...
Mme Ghazal : Non, mais on est
ici pour régler les rumeurs.
M. Lacombe : ...depuis que je
fais de la politique, depuis que je fais de la politique, je ne commente pas
les rumeurs.
Mme Ghazal : Bien là, je ne
veux pas... je ne voulais pas...
M. Lacombe : J'ai appris que
la plupart des rumeurs sont fausses.
Mme Ghazal : ...je ne voulais
pas commenter des rumeurs. Je vous parle des rumeurs en lien avec les espaces
bleus puis... Donc... Donc, ce n'est pas sur pause, ça continue, mais vous
n'avez pas de plan pour dire : Voici, si on veut en avoir 18, au bout de
la ligne, là, si on veut en avoir 18, de prévoir, tu sais, comme un plan
d'action, de dire : Bien là, maintenant, on va... on va faire ces
quatre-là, à tel moment, on va faire... on va faire une annonce pour un ou
deux, peu importe. Est-ce que vous avez comme un plan dans le futur, une
vision, ou vous y allez au jour le jour, en fonction des montants qui vous sont
octroyés? C'est-à-dire que : Est-ce qu'un jour, avant 2026, il va y avoir
18 espaces bleus, ou vous ne pouvez pas mettre... mettre votre... votre
carrière là-dessus?
M. Lacombe : Bien, avant
2026, avant 2026, je vous garantis que ce ne sera pas le cas. Là, je pense que,
ça, il faut que ce soit clair. J'ai déjà dit... Puis d'ailleurs, ça, j'ai déjà
répondu ça aux journalistes, là, qui me posaient la question en mêlée de
presse. C'est sûr que le déploiement ne sera pas terminé avant 2026, c'est
absolument impensable. Maintenant...
Mme Ghazal : Juste une
seconde. Vous n'êtes pas capable de dire, d'ici 2026, ça va être combien parce
que vous n'avez pas de plan.
M. Lacombe : 2026... Bien
oui, on a un plan. D'ici 2026, c'est clair que les espaces bleus que nous avons
annoncés vont avoir beaucoup, beaucoup avancé. Et je pense aussi pouvoir dire
qu'on aura été en mesure d'en annoncer de nouveaux. C'est tout à fait... C'est tout
à fait possible parce qu'on a les disponibilités budgétaires pour le faire et
parce qu'on a des projets... on a des projets qui sont aussi, j'allais dire,
crédibles, là, le mot m'échappe, mais on a des projets qui... qui sont viables,
là. Donc, c'est peut-être le meilleur mot.
Et c'est sûr qu'on s'adapte aussi, parce
qu'on n'est pas dans la construction de bâtiments neufs, n'est-ce pas? On est
dans... On est dans l'habitation ou, en tout cas, on investit dans des
bâtiments patrimoniaux. Donc, ces bâtiments-là sont limités, au Québec. Il faut
les trouver. Il faut travailler avec les communautés. Il faut qu'il y ait de
l'acceptabilité sociale, justement. Donc, c'est sûr que ça demande beaucoup de
travail. Puis souvent les coûts sont très variables aussi d'une région à
l'autre. Donc, on s'assure de travailler là-dessus.
Mais actuellement ce que je réponds à tous
les collègues qui viennent me voir pour me dire que leur communauté leur parle
de ça puis qu'ils ont envie d'avoir des espaces bleus, c'est : Bien,
continuez le travail avec la communauté, soumettez-nous un projet. On fait de
la concertation régionale. Il y a des régions où il y a deux villes qui aimeraient
ça, l'accueillir. On travaille avec elles. Et moi, la commande très claire, la
commande très claire que j'ai donnée à mon <équipe...
M. Lacombe :
...travaille
avec elles. Et moi, la commande très claire, la commande très claire que j'ai
donnée à mon >équipe, au ministère, c'est de continuer le travail, de
s'assurer que, lorsqu'on aura... lorsqu'on voudra aller de l'avant avec des
projets d'espaces bleus dans les régions, qu'il y ait des projets qui soient
prêts ou, en tout cas, qui soient assez avancés. Donc, on travaille là-dessus.
Mme Ghazal : OK. Une dernière
question sur les espaces bleus, puis je vais passer à un autre sujet. Comment
est-ce que vous vous assurez que les inquiétudes du milieu muséal... Moi, j'ai
parlé aussi avec des... je ne me rappelle plus du regroupement, là, des musées qui
sont extrêmement inquiets que c'est sûr qu'ils vous ont parlé, que vous êtes au
courant, comme... qui ont peur que ça cannibalise le travail qu'ils font puis
qu'on... ils devraient, eux, être les... je veux dire, avoir de l'argent pour
pouvoir mettre un peu de bleu ou de fierté nationale à la CAQ, là, comme... appelez
ça comme vous voulez. Comment est-ce que vous vous assurez que ça ne
cannibalise pas le travail? C'est quoi, le mot, juste en une phrase ou deux,
là, si vous êtes capable, que vous utilisez pour les rassurer que ça ne vient
pas cannibaliser, en fait, le travail qu'eux, ils font, puis au contraire leur...
prendre de l'argent pour le mettre ailleurs, pour la fierté nationale à la
sauce CAQ, là, que vous voulez mettre dans ces musées-là?
M. Lacombe : Bien, si j'avais
à résumer en un mot, je dirais «complémentarité». Pourquoi est-ce qu'on a à la
fois des théâtres puis des salles de spectacle dans nos municipalités? Pourquoi
est-ce qu'on a parfois deux, trois salles de spectacle dans une municipalité?
Est-ce que c'est trop? Est-ce qu'on devrait se dire qu'on doit en avoir juste
une ou deux?
Mme Ghazal : Moi, je ne suis
pas une experte. Parce qu'en fait, souvent, quand on vient faire un projet, on
répond à une demande qui existe. Là, ici, on a l'impression que c'est plus
une... comme une sorte de legs que le premier ministre veut avoir pour garder
au Québec pour dire : Ça, c'est mon empreinte bleue caquiste, alors que
les gens, ils disent : On est capables, nous aussi, dans les musées, de
parler de la fierté nationale, on est capables de le faire. Pourquoi est-ce
qu'on ne nous demande pas à nous de le faire puis nous donner de l'argent? On a
de la misère à y arriver. Pourquoi est-ce qu'on ne vient pas... Pourquoi est-ce
qu'on vient ajouter une autre chose à côté qui, visiblement, coûte cher, qui va
prendre beaucoup de temps, alors qu'on est là puis on peut le faire, on peut
nous donner la commande?
Ça fait que comment est-ce que vous les
rassurez, en une dernière phrase? Puis, si vous ne me rassurez pas, je passe à
d'autres questions.
M. Lacombe : Bien, moi, j'ai
beaucoup de difficultés avec : Ça coûte cher. Oui, évidemment, je l'ai
dit, il faut être rigoureux. Je suis le projet, je m'assure que les coûts
restent raisonnables. Puis on effectue une vigie, puis on a une vigilance
constante, je vais dire ça comme ça. Mais, en même temps, se dire que la
culture québécoise coûte trop cher, moi, j'ai un problème avec ça. Moi, je
pense qu'on doit investir dans notre culture et je pense qu'il y a là une
complémentarité. Oui, dans certaines régions, il y a un musée, mais je pense
qu'on peut très bien aussi avoir un espace bleu.
Je vous donne un exemple très concret, là.
On va continuer d'investir dans les musées. On a actuellement un projet
d'espace bleu dans Charlevoix et on vient juste d'annoncer, par ailleurs, qu'on
investit 3 millions de dollars... en fait, 2 millions, pardon,
2 millions de dollars au musée... au musée... j'ai un blanc de
mémoire... au musée maritime, au musée maritime, là, pour les goélettes, par
exemple. Est-ce qu'on arrête d'investir parce qu'on a un projet d'espace bleu
juste à côté? Non, on continue.
Ici, dans la région de la Capitale-Nationale,
il y a le bateau... le vaisseau amiral des espaces bleus qui est là, puis on
investit quand même plusieurs dizaines de millions pour l'Espace Riopelle au Musée
national des beaux-arts du Québec, par exemple. Donc, je pense qu'on peut très
bien être complémentaire.
Mme Ghazal : On ne dit pas
que vous arrêtez d'investir à jamais dans aucun autre, mais, en ce moment, il y
a de l'argent, beaucoup d'argent qui est investi dans ce projet qui n'a pas été
demandé par les gens du milieu. Je ne parle pas de moi, ou de vous, ou du
premier ministre. Les gens du milieu ne l'ont pas demandé, ça, c'est un fait.
Et l'idée, ce n'est pas...
M. Lacombe : D'accord. Il
faut... Il faut faire preuve de leadership aussi, là, tu sais.
• (16 heures) •
Mme Ghazal : ...l'idée, ce
n'est pas... l'idée, ce n'est pas de... ça coûte trop cher, c'est de mettre cet
argent-là puis beaucoup plus dans les musées qui existent déjà, à la demande...
en leur donnant des missions. Mais, bon, on va suivre ça de... de près.
Moi, je voulais vous parler de l'argent à
la SODEC. À la page E.8 du document budgétaire, on parle... vous parlez de... «le
rôle de la SODEC sera bonifié», que la SODEC aura un nouveau rôle. Première
question, j'en ai deux : Expliquez un peu plus de quel rôle vous parlez.
Puis, la deuxième chose, le milieu demande
qu'il y ait des conditions minimales de travail aux artistes. Les artistes, en
ce moment, ce qu'ils demandent... C'est-à-dire que, des fois, les producteurs
reçoivent de l'argent, il y en a beaucoup qui ne sont pas membres d'une
association professionnelle, donc il n'y a pas d'entente, là, syndicale, là. Et
donc, quand on donne de l'argent public, il faut que ça soit conditionnel à ce
que les conditions de travail des artistes soient respectées. En ce moment, on
donne de l'argent, et cette vérification-là n'est pas faite. Puis il y en a qui
ne respectent pas les artistes, l'argent ne percole pas jusqu'aux artistes ou
artisans, et donc leurs conditions ne sont pas respectées, malgré l'argent
public qui est donné.
Est-ce que vous allez... vous avez
l'intention, puisque ça n'a pas été fait à la dernière fois, même s'il y a eu
la loi sur le statut de l'artiste, qu'il y ait des conditions minimales de
travail aux artistes? Ça peut être fait par l'ajout d'une lettre d'association
d'artistes qui dit : Voici ce que vous devez respecter parce que, moi, je
vous donne de l'argent public...
16 h (version révisée)
Mme Ghazal : ...qui dit :
Voici ce que vous devez respecter, parce que moi, je vous donne de l'argent
public, M. ou Mme la productrice, pour vous assurer que l'argent se rende aux
artistes, ce qui n'est pas le cas en ce moment pour tout le monde.
M. Lacombe : Bonne question. Là,
il y a comme deux parties à la question, qui sont très, très différentes, donc
je vais peut-être commencer par la SODEC, sur la transformation.
Mme Ghazal : Oui, il y avait
deux questions, oui.
M. Lacombe : Oui, c'est ça.
Sur la transformation... Puis je ne sais pas on a combien de temps? Vous voulez
que...
La Présidente (Mme Dionne) : Il
reste...
M. Lacombe : OK. Donc, je me
dépêche.
La Présidente (Mme Dionne) : Oui,
il reste moins de deux minutes.
M. Lacombe : Il nous reste
deux minutes?
La Présidente (Mme Dionne) : Il
nous reste moins de deux minutes.
M. Lacombe : Je me dépêche.
Sur la SODEC, moi, je pense que le milieu culturel a besoin d'une SODEC
modernisée qui va être capable de compétitionner ou, en tout cas, de jouer sur
le même terrain qu'Investissement Québec, par exemple. Pourquoi est-ce que la
SODEC, la Société de développement des entreprises culturelles, ait fait, à
certains... à certains égards, un travail similaire à Investissement Québec,
mais n'a pas les mêmes outils... et n'a pas les mêmes outils, donc, pour être
capable d'investir dans nos entreprises culturelles, qui font en sorte que,
bien, notre culture, elle est vivante puis que non seulement elle est vivante
ici, mais qu'on peut l'exporter avec encore plus de vigueur? Moi, je pense qu'on
doit avoir cette ambition-là.
La SODEC, c'est un legs incroyable de Liza
Frulla, à l'époque, et je pense que maintenant elle fait un travail
exceptionnel, mais je pense qu'on est capables de l'aider encore plus. Vous
savez, c'est une des premières choses que j'ai demandées à la SODEC, quand je
suis arrivé, quand on a pris connaissance des deux fonds qui sont disponibles
par le biais de la SODEC et qui, actuellement, ne sont pas aussi performants qu'on
le souhaiterait. En posant des questions, ils m'ont très bien expliqué que c'est
parce qu'ils ne sont pas adaptés nécessairement à ce dont on a besoin pour
investir en culture, dans nos entreprises à vocation culturelle. Donc,
rapidement, je leur ai demandé ce qu'on pouvait faire et on a... on est arrivés,
après quelques retours, à un plan de match ambitieux. Donc, on aura l'occasion
de le présenter. On est en train d'y travailler, mais je pense qu'on est... je
pense que ce sera une excellente nouvelle. Je pense que ce sera une excellente
nouvelle qui nous permettra de nous propulser vers l'avant.
Mme Ghazal : ...on va le
savoir?
M. Lacombe : Bien, on est en
train d'y travailler, on est... Je suis aussi impatient que vous. Ça va être...
Mme Ghazal : OK. Il reste...
il reste 30 secondes.
M. Lacombe : Ça va être un
des projets majeurs que je souhaite livrer pendant le mandat. Puis sinon, sur
les conditions des artistes, ce matin, j'ai rencontré la nouvelle présidente de
l'UDA, Mme Kontoyanni, qui me semble... sera une partenaire vraiment
exceptionnelle. Je pense qu'on s'entendra sur beaucoup de choses.
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, M. le ministre.
M. Lacombe : En terminant, je
lui ai assuré que, s'il y a des enjeux, je suis très ouvert à les écouter pour
qu'on puisse améliorer ensemble ce qui a déjà été fait.
Mme Ghazal : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Vous
allez avoir un autre bloc à vous. Merci beaucoup de vos interventions. Je vous
rappelle, si vous voulez que je vous laisse plus libre, de ne pas couper la
parole et de garder un ton respectueux également. Donc, nous sommes au deuxième
bloc de l'opposition officielle avec Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
C'est à vous la parole.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. On revient encore un peu sur les Espaces bleus. Vous avez... puis
je remercie ma collègue de Mercier. Oui, on a eu d'autres... d'autres
informations. Donc, vous parlez, puis j'ai bien compris, de complémentarité,
parce que la question est pertinente, là, de se demander : Bien, il n'y
aura pas comme une... on ne va pas diluer l'offre muséale existante? On a des
musées régionaux qui, quand même, ont des difficultés. Vous parlez de
complémentarité, parce que le concept est intéressant, là, de parler de fierté,
tout ça, mais il n'en demeure pas moins qu'on parle quand même d'histoire des
régions, identité spécifique des régions. J'essaie de voir, tu sais, il n'y
aura pas une redondance? Moi, ça... moi, ça m'inquiète. On est... On ne sera
pas en train d'enlever... d'en enlever aux musées existants? Puis là je me
réfère spécifiquement à un très bon exemple qui avait été soulevé par Mario
Girard de La Presse : «En visitant le Musée régional de Rimouski, j'ai
vu qu'on y présente une exposition consacrée à La Bolduc. Voilà un exemple
formidable d'un sujet que l'on souhaiterait avoir dans les Espaces bleus et qui
est déjà réalisé dans un musée régional.» Moi, en lisant ça, je me suis dit :
Bien, c'est un excellent exemple. Donc, pouvez-vous élaborer un peu plus sur la
mission des Espaces bleus versus, tu sais, ce qu'un musée régional a comme
mission? Parce que, là, cet exemple-là est... pour moi, est percutant.
M. Lacombe : Bien, la
complémentarité dans le secteur culturel, je comprends, là, ces questions-là
puis je les respecte, parce que je ne veux pas dénigrer ce questionnement-là ou
ce raisonnement-là, parce qu'en même temps je le reçois aussi du terrain. Bien,
en même temps, je pense qu'il faut aussi regarder ce qu'on... ce qu'on fait
déjà puis se dire que cette complémentarité, elle existe, là, bien au-delà des Espaces
bleus qui vont cohabiter, par exemple, avec des musées existants.
Les musées entre eux offrent déjà des
produits qui sont complémentaires. Est-ce qu'on devrait se dire qu'on n'a pas
besoin de rénover le Musée d'art contemporain à Montréal, comme on est en train
de le faire actuellement, parce qu'on a le Musée des beaux-arts de Montréal?
Les deux sont là. Certains diront : Bien, c'est deux musées qui présentent
des œuvres, mais, en même temps, dans leur mission, ils ont quelque chose de <différent...
M. Lacombe :
...beaux-arts
de Montréal? Les deux sont là. Certains diront : Bien, c'est deux musées
qui présentent des œuvres, mais, en même temps, dans leur mission, ils ont
quelque chose de >différent. Ils ne présentent pas exactement la même
chose, même si, parfois, on pourrait retrouver des expositions qui peuvent être
semblables, sur lesquelles on... avec lesquelles on pourrait faire des
rapprochements. Est-ce que ça nous passerait par la tête de dire : Ça n'a
pas de bon sens de financer deux institutions comme celles-là, on pourrait n'en
avoir qu'une? Moi, je pense que, ce raisonnement-là, il faut l'appliquer aussi
aux Espaces bleus.
Je vous donne un exemple, et vous pourrez
en parler peut-être avec le député de Pontiac, je pense qu'il pourra peut-être
vous le confirmer. En Outaouais, nous n'avons pas de musées régionaux, une des
seules régions... en fait, la seule région qui n'a pas de musée régional. Puis
vous savez quoi? On travaille avec la région pour être capable de se doter d'un
musée régional, mais, par ailleurs, la région veut aussi un espace bleu, puis
ils nous disent : On a besoin de ces infrastructures culturelles, puis,
oui, ce sera complémentaire, puis on a envie d'y participer, parce qu'on est
capables d'offrir des choses qui sont différentes. Puis, à la fin, avoir de
l'offre, je ne pense pas que c'est une tare. Moi, je pense que c'est tout à
fait justifié d'être capables d'offrir des choses qui sont différentes, qui
sont complémentaires.
Mme Setlakwe : Bien, la
situation à Montréal, pour moi, elle est... c'est une chose, la situation dans
les régions... Parce que les musées ont des enjeux, puis je vais revenir,
propres à... oui, à la situation en région. Il y a... il y a une... la pénurie
de main-d'œuvre. Puis comment est-ce que vous pensez qu'il va y avoir des
experts pour travailler dans les Espaces bleus? Ils ont de la difficulté à
attirer et à retenir en région, les espaces, puis les conditions de travail ne
sont pas faciles.
M. Lacombe : Bien là, c'est ...
(Panne de son) ...ça, là, je trouve, là, c'est... Ce que vous venez
essentiellement de nous dire, c'est : Montréal est à part. Ça nous prend
des infras culturelles à Montréal, mais, en région... c'est compliqué, il n'y a
pas de monde, il ne faut pas investir.
Mme Setlakwe : Bien... non,
non, non, la...
La Présidente (Mme Dionne) : On
ne coupe pas la parole, s'il vous plaît, laissez le ministre répondre.
Mme Setlakwe : D'accord.
M. Lacombe : Moi, j'ai un
problème avec ça, là. Je pense qu'on a une responsabilité d'investir en région,
puis ce n'est pas parce que c'est plus compliqué puis parce que c'est plus
difficile d'embaucher du monde qu'on va se mettre d'arrêter... on va... on va
arrêter d'investir en région. Il n'en est pas question, là. Je comprends que
vous dites : Montréal, c'est à part, moi... vous me dites ça... Moi, je ne
comprends pas pourquoi Montréal serait à part, là. Puis, quand vous me dites,
après ça : En région, bien là, on a une pénurie de main-d'œuvre, ça fait
que pourquoi est-ce qu'on ferait ça? Moi, je suis totalement en désaccord avec
vous.
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant. Merci.
Mme Setlakwe : ...juste
revenir sur... Là, moi, ici, je n'ai pas fait... je n'ai pas dit que c'était
deux mondes différents, là, Montréal puis les régions. Je m'appuie sur un
mémoire qui a été soumis par un intervenant, par la Fédération nationale des
communications et de la culture dans le cadre des consultations prébudgétaires.
Et ils ont spécifiquement dit qu'«outre l'inflation qui entraîne une hausse des
frais de fonctionnement pour l'ensemble du réseau muséal, les institutions
muséales situées en région font face à des défis liés à leur éloignement, soit
un bassin de population limité, vite atteint, entraînant un besoin régulier de
renouvellement des expositions, un contexte de pénurie de main-d'œuvre — là,
ce n'est pas moi qui l'a inventé — exacerbé par la distance et la
difficulté à offrir des conditions de travail compétitives pour attirer et
retenir une main-d'oeuvre qualifiée qui assurera le bon fonctionnement de ces
institutions. Il n'est pas normal qu'en 2023 des techniciens en muséologie
aient une rémunération annuelle qui frôle le salaire minimum. Un contexte de
pénurie de logements ajoutant une difficulté pour les travailleurs et
travailleuses recrutés de trouver à se loger, entraînant par conséquent des
difficultés de recrutement.»
Le mémoire fait aussi état de ce qui suit :
«Les musées régionaux réclament une meilleure capacité à valoriser leurs
spécificités régionales et à présenter de nouvelles expositions. Les demandes
de financement par projets demandent tellement d'efforts et de temps aux
équipes que les petites institutions régionales — incroyables — faute
de ressources administratives, renoncent à répondre aux appels de projets, alors
que ce ne sont pas les idées qui manquent. Par ailleurs, l'annonce des Espaces
bleus et des investissements qui leur sont attribués fait craindre aux petites
institutions régionales une concurrence indue à plusieurs niveaux.»
• (16 h 10) •
Moi, je pense que ça vaut la peine de
continuer, parce que c'est assez percutant, là, puis ça rejoint le... notre
discussion de tout à l'heure. «Avec un investissement de 300 millions en Espaces
bleus, auquel s'ajoutera inévitablement un financement récurrent, le projet se
réalise au détriment des institutions muséales en place. On va créer de la
concurrence dans la recherche de financements privés et de commanditaires,
dédoublement de la mission des musées implantés sur le territoire par les
communautés locales, impact sur la fréquentation, sur la capacité à fidéliser
une clientèle en soif de nouveauté, dans un contexte de pénurie de
main-d'oeuvre, les impacts sur les ressources humaines des musées existants,
que la création d'Espaces bleus enterre la demande des musées à vocation
scientifique d'implanter un Musée des sciences et de l'innovation du Québec.»
Je pense, j'ai fait mon point, là, puis j'ai... j'ai bien présenté les
inquiétudes, là, de la FNCC. Vous n'êtes pas inquiet de l'avenir de nos musées
existants, M. le ministre?
M. Lacombe : Bien, je pense
surtout qu'on n'a pas le droit de se dire que c'est trop compliqué. Vous savez,
moi, je pourrais rentrer au bureau chaque matin puis ne voir que ces enjeux-là,
ne voir que ces problèmes-là puis me dire : Bon, on a une pénurie de
main-d'oeuvre. Puis c'était la même chose au ministère de la <Famille...
M. Lacombe :
...ne
voir que ces enjeux-là, ne voir que ces problèmes-là puis me dire : Bon,
on a une pénurie de main-d'oeuvre. Puis c'était la même chose au ministère de
la >Famille. Tu sais, il y a des gens qui nous disaient : Ça sert à
quoi, de construire des CPE, on manque de monde?
Donc, est-ce que je devrais rentrer à
l'édifice Guy-Frégault, le matin, puis me dire : Bon, on a une pénurie de
main-d'oeuvre, ça va être difficile, donc, là, non seulement on n'investira pas
dans nos Espaces bleus en région, mais, en plus de ça, bien, on n'investira pas
non plus pour rénover des salles, on... on ne rénovera pas les théâtres, on
n'ira pas de l'avant avec des nouveaux projets culturels, parce que, de toute
façon, on n'aura pas de monde? Moi, je refuse de faire ça. Tu sais, les gens ne
nous élisent pas pour baisser les bras puis se dire : C'est trop
compliqué, on ne sera pas capables. Les gens nous élisent pour trouver des
solutions.
Donc, oui, clairement, il y a un enjeu,
mais je pense qu'on est capables de le... de le relever. Puis moi, je ne veux
surtout pas qu'on arrête. En tout cas, ce ne sera pas sous ma gouverne qu'on
arrêtera d'investir dans le milieu culturel. Et là je parle dans les
infrastructures, parce qu'on le fait de toute façon dans les programmes. Bien,
ce n'est... certainement pas sous ma gouverne qu'on cessera d'investir dans le
béton avec des nouvelles salles, des nouveaux musées sous prétexte qu'il y a
une pénurie de main-d'oeuvre.
Mme Setlakwe : Merci. Non,
j'ai... En tout cas, rapidement, vous allez traiter de ces enjeux-là, si j'ose
espérer, mais là vous êtes quand même en train d'amener, alors qu'il y a ces
enjeux-là, un nouveau... déployer un nouveau... un nouveau réseau de musées.
Échéancier, ça a été mentionné, juste
revenir là-dessus, là. Sur... sur les quatre qui ont été annoncés, les dates
d'ouverture seraient prévues pour quand? Donc, vous... Parmi les quatre, là, on
a... on parle de Québec, Abitibi-Témiscamingue, Gaspésie et Charlevoix. Vous avez
dit que... probablement qu'ils seraient... il pourrait y en avoir d'ouverts
avant la fin de votre mandat, en 2026. Et l'ordre, l'ordre dans lequel vous
pensez qu'ils vont être ouverts?
M. Lacombe : Oui, tout à
fait. Bien, d'abord, ce sera l'espace bleu de Québec qui va être ouvert en
premier. Je peux... je peux vous en assurer. Sinon, évidemment, il y aura des
ouvertures avant la fin du mandat, vous pouvez compter sur moi là-dessus aussi.
Bien, en ce moment, comme je vous mentionnais, je suis en train, avec les deux
mains dans le projet, de m'assurer que les projets sont viables, de m'assurer
qu'ils avancent correctement, de travailler avec le musée, le ministère, par le
biais du bureau de projet, supporté par la SQI, pour nous assurer qu'on est
capables d'optimiser aussi les échéanciers. Donc, je vais rester avec ce qui a
déjà été publié pour l'instant, mais, si on a des mises à jour à faire, on les
fera, bien sûr, le moment venu.
Mme Setlakwe : Merci. À part
les quatre sites déjà annoncés, est-ce qu'il y a d'autres sites que vous avez
identifiés à ce stade-ci? Est-ce que vous êtes... Quels sont... l'état des
démarches, là, pour les... le choix des sites pour le reste du réseau?
M. Lacombe : Heille, là,
j'aurais le goût, j'aurais le goût. Bien là, ah! on me pince la cuisse, là, en
ce moment. Oui, oui. Le député de Matane nous dit qu'on devrait investir dans
Chaudière-Appalaches, c'est une magnifique région. Je pense que le député de
Beauce-Sud est d'accord avec ça.
Des voix : ...
M. Lacombe : Bien, on reçoit
beaucoup de propositions, mais, je vais vous dire, on a... Peut-être que ce
qui... Parce que, je le dis à la blague, parce que ça m'habite beaucoup, là, je
suis impétueusement ce dossier-là et j'aurais le goût de vous parler de ces
sites-là, mais bon. On travaille avec des immeubles patrimoniaux, donc c'est ce
qui rend ça, je pense, encore plus excitant, mais il faut être prudents, parce
que, tant que les projets ne sont pas officialisés, je ne voudrais certainement
pas leur nuire, à ces projets, donc je reste prudent. Bien, on parle
d'immeubles patrimoniaux partout au Québec, que ce soit... que ce soit en
Estrie, que ce soit au Saguenay—Lac-Saint-Jean, que ce soit dans les
Laurentides, que ce soit en Outaouais, que ce soit à Montréal, où, là, bon, les
immeubles patrimoniaux, il y en a, mais où on a peut-être des stratégies
différentes. On est en train de travailler là-dessus.
Mme Setlakwe : Vous avez
mentionné, tout à l'heure, qu'il y a des consultations ou que certains de vos
collègues vous font des propositions pour leur région. Donc, les députés sont...
sont impliqués dans les démarches, ceux du gouvernement. Est-ce que ceux de
l'opposition aussi devraient être impliqués dans les démarches, ce ne serait pas
l'ensemble des élus qui pourraient participer à ça?
M. Lacombe : Bien, en fait,
évidemment, ce n'est pas un processus formel où j'ai demandé à mes collègues de
me déposer des demandes, mais je suis certain que c'est aussi le cas dans tous
les autres caucus. C'est sûr que mes collègues viennent me voir pour me
soumettre des idées, informellement, parfois, veulent me rencontrer à ce
sujet-là, mais je vous soumets bien ouvertement que, si vous avez un projet
pour Montréal, par exemple, vous pouvez aussi venir me voir et que ça me fera
plaisir. Bien, c'est qu'à chaque fois que les députés des autres partis nous
parlent des Espaces bleus, c'est pour nous dire que ce n'est pas une bonne idée.
Donc là, en même temps, je ne suis pas tellement surpris qu'ils ne viennent pas
me voir pour me proposer des projets, mais je vous assure, je vous assure...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, M. le ministre.
M. Lacombe : ...que, si vous
avez des idées, bien, ça nous fera plaisir de nous en inspirer.
Mme Setlakwe : ...que c'était
une <mauvaise...
M. Lacombe :
...pour
me proposer des projets, mais je vous assure, je vous assure...
La Présidente (Mme Dionne) :
En
terminant, M. le ministre.
M. Lacombe :
...que,
si vous avez des idées, bien, ça nous fera plaisir de nous en inspirer.
Mme Setlakwe :
...que
c'était une >mauvaise idée. Je pose des questions pour en savoir plus.
Bien, justement, à Montréal, est-ce que... qu'est-ce qui... qu'est-ce qui
arrive avec le projet d'Espaces bleus dans la métropole, là? On avait su, sous
la plume de Mario Girard, que... bien, on le sait, là, que le MAC a dû revoir
le budget de son projet d'agrandissement. Puis, pour ce qui est du McCord, je
pense que son rêve de devenir plus grand est chose du passé, là, il semble
s'évanouir.
M. Lacombe : Bien, je ne sais
pas pourquoi vous dites ça pour McCord, mais, bref, je vais passer là-dessus en
disant qu'on travaille, on travaille sur le projet d'Espaces bleus aussi, de
Montréal, on a des pistes... on a des pistes intéressantes, sur lesquelles je
ne me m'épancherai pas, parce qu'effectivement elles sont... elles sont préliminaires,
mais peut-être profiter de l'occasion pour vous rassurer sur le musée d'art
contemporain. C'est un autre dossier que j'ai pris à bras-le-corps,
personnellement, quand je suis arrivé, parce que je me disais que ça n'avait
aucun, aucun, aucun bon sens, que ce musée, qui est une institution phare au
Québec, soit fermé, que les... que la collection, les collections soient
inaccessibles, pour la plupart, bien qu'il y en a une petite partie
d'accessible à la Place Ville-Marie, et tout ça en raison, oui, de dépassements
de coûts, mais de difficultés à s'entendre, notamment avec le gouvernement
fédéral. Donc, non seulement avec le directeur général, John, mais aussi avec
la présidente, Claudie, on a travaillé et on continue de le faire. Je suis ce
dossier-là personnellement, j'en parle avec mon homologue au fédéral, avec qui
je m'entends très bien, Pablo, et moi, je suis très confiant qu'on sera en
mesure de faire des annonces bientôt.
Mme Setlakwe : Merci. Dans le
Bas-Saint-Laurent, qu'est-ce que... est-ce que vous avez dit qu'il y a... il y
a un site qui avait été identifié, un bâtiment?
M. Lacombe : ...non, je ne
vous ai pas dit ça, parce qu'il y a... il y a différentes personnes qui sont
intéressées par... par l'accueil d'un espace bleu. Donc, il y a deux... deux
sites, et on a... j'ai bien entendu la proposition d'avoir un espace bleu qui
serait scindé, là. Je pense que c'était ça... c'était ça, la proposition. Je
vois des collègues qui font oui de la tête. Bien, on est encore au stade des
discussions, il n'y a véritablement aucun site qui a été identifié dans le Bas-du-Fleuve.
Mme Setlakwe : Est-ce que
vous avez acquis des édifices patrimoniaux?
M. Lacombe : ...
Mme Setlakwe : Non, non, généralement,
pour le réseau.
M. Lacombe : À l'heure
actuelle, techniquement parlant, je devrais dire... je devrais dire... acquis,
est-ce qu'on a acquis, techniquement, oui?
Des voix : ...
M. Lacombe : Donc, oui.
Mme Setlakwe : Lesquels,
déjà?
M. Lacombe : Oui, bien, ce
n'est pas le gouvernement, là, qui fait l'acquisition, d'ailleurs, ça... c'était
un enjeu au départ, c'est le musée qui fait... qui fait l'acquisition. Donc, on
a fait l'acquisition, mais techniquement est-ce qu'on peut dire ça de...
Des voix : ...
M. Lacombe : Donc, Amos,
Percé, on peut dire oui, Baie-Saint-Paul, là, il y a des nuances, là, on est en
promesse d'achat, mais ce n'est pas complété.
Mme Setlakwe : ...envisagez
des constructions neuves ou pas à ce stade-ci?
M. Lacombe : Des
constructions neuves, bien, pour le moment, je vais dire non. Je vais dire non,
pour le moment, mais il y a quand même des... il y a quand même des endroits,
par exemple, comme à Percé, où le bâtiment original, qui est un bâtiment
patrimonial, puis ça, c'est... c'est une évidence, là, ne nous permet pas
d'accueillir tout ce qu'on voudrait accueillir. Donc, il pourrait y avoir une
phase deux, par exemple, qui doive relever d'un nouveau bâtiment, mais à la
base on part d'un bâtiment qui est un bâtiment patrimonial dans la presque
totalité des cas.
• (16 h 20) •
La Présidente (Mme Dionne) : ...vous
rappeler, Mme la députée, il reste deux minutes à cette intervention.
Mme Setlakwe : Parfait.
Merci. Le contenu, là, des Espaces bleus, je présume qu'il y a des
consultations. Avez-vous une idée des expositions? J'imagine que vous êtes en
réflexion avec les instances locales. Est-ce que vous avez formé des comités
consultatifs? Si oui, est-ce qu'on peut en connaître les membres? Puis, vous,
M. le ministre, là, quelle est votre vision du contenu à présenter? Tu sais, vous
avez dû en parler, je vous ai entendu, en janvier, dire que ce sera tout sauf
quétaine. Bien, donnez-moi un petit peu plus d'informations. Vous avez dû avoir
des discussions avec le premier ministre. Vous voyez ça comment vous, là, ces
nouveaux lieux de fierté? Puis est-ce qu'on va n'y présenter, tu sais, que des
moments heureux de notre histoire ou aussi des moments sombres ou des
personnalités plus controversées? Comment vous voyez ça?
M. Lacombe : Bien, d'abord,
je suis tombé dans le piège avec cette question-là. On apprend ça, au tout
début, ne jamais répéter les mots de la question qui nous est formulée par un
journaliste. Je me suis laissé prendre. On m'a demandé : Est-ce que ça va
être quétaine, M. le ministre? Puis là j'ai dit : Bien non, ce ne sera pas
quétaine, parce qu'on veut vraiment que ça fasse vibrer les gens. Puis la... je
le sais que la ligne, elle est mince, je le sais qu'il y a peut-être des
nuances, mais, le sentiment qu'on... dont on <souhaite...
M. Lacombe :
...veut
vraiment que ça fasse vibrer les gens. Puis la... je le sais que la ligne, elle
est mince, je le sais qu'il y a peut-être des nuances, mais, le sentiment
qu'on... dont on >souhaite les Québécois se voir habiter quand ils
entreront dans un espace bleu, c'est vrai que c'est un sentiment de fierté,
fierté de notre histoire nationale. L'histoire va prendre un... une place
importante, puis pas juste les beaux moments, pas juste les moments, évidemment,
que... dont est fiers, peut-être des moments dont on est effectivement moins
fiers, mais ce qui fait partie de notre histoire, parce que, globalement, je
pense qu'on peut être très, très fiers de la nation qu'on est devenue.
Mettre en évidence des grandes
réalisations québécoises, que ce soient des legs de premiers ministres, de
gouvernements libéraux, qui en ont fait beaucoup, que ce soit... que ce soit
sur la question nationale, par exemple, qui a été portée par le Parti
québécois, par de grands premiers ministres aussi, par des éléments plus
contemporains. Donc, ce n'est pas un espace où il y aura des couleurs
politiques. Bien, c'est vraiment un espace où non seulement l'histoire sera
mise à l'honneur, mais où les grands personnages historiques seront aussi mis à
l'honneur, pour qu'à la fin, que ce soit dans le domaine culturel, que ce soit
dans le domaine sportif, on soit capables de ressortir de là... Et, si on avait
des doutes... bien, moi, je pense que les Québécois sont fiers à la base, mais,
si on avait des doutes de se dire : Heille, moi, je suis fier d'être
Québécois, puis, mon Dieu, on en a fait des grandes choses! Puis ça peut être
des réalisations, ça peut être des personnages.
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, M. le ministre.
M. Lacombe : Ça peut être
notre langue aussi. Donc, tous des scénarios sur lesquels travaille le musée
actuellement.
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
maintenant la fin de ce bloc. Et je cède maintenant la parole au député
indépendant de... député de Matane-Matapédia. C'est à vous la parole.
M. Bérubé : Député du Parti
québécois, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dionne) : ...je
suis désolée.
M. Bérubé : Vous en savez
quelque chose, on a déjà milité ensemble. Mme la Présidente, comme le ministre
parle de nationalisme, je vais lui poser les questions qui s'imposent. Dans le
plan nationaliste de son parti, on parle de rapatrier l'ensemble des budgets
dédiés au milieu culturel par les institutions fédérales. L'an dernier, j'ai
posé la question à sa prédécesseure, non seulement je n'ai jamais eu de
réponse, mais elle s'était engagée à déposer à la commission l'ensemble de la
correspondance. Je n'ai toujours rien reçu un an après. Alors, je pose la
question au ministre : Est-ce qu'il peut nous déposer l'ensemble de la
correspondance adressée au gouvernement du Canada concernant précisément le
rapatriement des budgets et des pouvoirs en culture?
M. Lacombe : Mme la
Présidente, bien, bien content de cette... bien content de cette question-là.
Ça a été une question posée par le Parti québécois... bien, en fait, dans le
cadre de cette étude de crédits, puis on a communiqué toutes... on a communiqué
toutes les lettres qui ont été échangées avec mon homologue fédéral déjà.
M. Bérubé : ...pour le
bénéfice des personnes qui nous écoutent, qui nous regardent, la réponse, c'est
aucune. Il y a eu des lettres qui ont été échangées sur la base de certains
enjeux où le gouvernement a été sollicité, mais aucune lettre ne témoigne d'une
volonté de la CAQ de rapatrier les budgets en culture, et ainsi que les
pouvoirs. Alors, c'est un an plus un jour. Il n'y a pas de réponse. Donc, je ne
sais pas ça commence quand, le nationalisme, mais ce ne serait pas prématuré de
commencer en matière culturelle.
Donc, c'est la même réponse que l'an
dernier. Je trouve ça dommage, parce que j'ai même entendu le ministre dire à
Radio-Canada qu'il souhaitait agir sur les GAFA, même si on n'a pas les
pouvoirs. Alors, je pense que ce serait mieux d'avoir les pouvoirs avant si on
veut intervenir sur les GAFA, est-il d'accord avec ça?
M. Lacombe : Bien, c'est une
discussion intéressante, ça, Mme la Présidente, parce que je comprends ce que
le député de Matane nous dit, c'est-à-dire demander la permission puis dire :
Bien, M. Rodriguez, on aimerait avoir les pouvoirs en culture. Et je
comprends, effectivement, c'est vrai, il n'y a pas de lettre sous ma signature
qui est partie depuis mon assermentation en octobre, je vous rappelle que ça ne
fait pas un an. Bien, sous ma signature puis sous ma... mon leadership, il n'y
a pas effectivement de lettre qui... de lettre, là, un morceau de papier qui
est parti à Ottawa pour demander ça.
Je comprends que le député de Matane nous
dit : Il faudrait faire ça, il faut demander la permission à Ottawa
pour... pour rapatrier ces pouvoirs-là. Moi, ce que j'ai envie de vous dire,
c'est que ça peut être une stratégie. Nous, on est toujours d'accord avec ça.
D'ailleurs, le premier ministre s'est levé en... au salon bleu, il y a quelques
semaines, pour réitérer qu'on veut toujours rapatrier les pouvoirs en culture,
mais je pense que la première façon, avant de demander un rapatriement ou de
demander une permission, c'est d'agir dans les champs de compétence où nous, on
pense avoir... avoir compétence, puis on est en train, on n'est pas en train de
travailler là-dessus. D'ailleurs, je me suis entouré de professionnels. Je
pense que le député de Matane va juger que ce sont des professionnels de très
haute qualité. Bien, je pense que ce serait gênant que vous diriez le... que
vous disiez le contraire, mais on en reparlera vendredi.
La Présidente (Mme Dionne) :
En...
M. Bérubé : ...j'ai peu de
temps, Mme la Présidente, notamment à cause d'une négociation...
La Présidente (Mme Dionne) : Allez-y,
posez vos questions, M. le député.
M. Bérubé : ...qui ne nous a
pas permis d'en avoir beaucoup. Donc, c'est plus de quatre ans. Il n'y a eu
aucune lettre depuis quatre ans, le ministre assume, manifestement, le bilan de
son gouvernement. Donc, aucune lettre en plus de quatre ans pour demander les
budgets. Ce ne serait pas, encore une fois, <prématuré...
M. Bérubé :
...assume,
manifestement, le bilan de son gouvernement. Donc, aucune lettre en plus de
quatre ans pour demander les budgets. Ce ne serait pas, encore une fois, >prématuré
de le faire. Parce qu'on peut bien essayer... d'exercer un pouvoir sur les
juridictions qu'on n'a pas, il vaut mieux les obtenir. C'est ma prétention, je
suggère ça. Pour l'année prochaine, faites-le, comme ça je n'aurai pas besoin
de reposer la question, ce sera consigné dans le cahier. Je veux dire, on ne
peut pas avoir une posture nationaliste, je veux dire, homéopathique, là. On
n'en met pas trop, tu sais, mais il me semble que la moindre des choses, ce
serait de le demander.
Espaces bleus, beaucoup de choses ont été
dites. Je veux quand même dire, pour le bénéfice de l'Assemblée, qu'en caucus
de la CAQ on a clairement demandé aux députés de proposer des projets, de venir
voir le ministère de la Culture, plusieurs collègues de la CAQ me l'ont
confirmé. Jamais on ne m'a consulté pour les projets au Bas-Saint-Laurent, Mme
la Présidente, jamais on ne m'a demandé de dire : Il y a-tu un endroit que
vous trouvez qui serait intéressant à suggérer? Jamais. Seuls les députés de la
CAQ ont été consultés en circuit fermé. Je le dis de mon siège, d'accord? Je
suis sûr de mon coup.
Les Espaces bleus, comment ça a commencé?
Un article de Denis Lessard qui dit que c'est essentiellement un legs que le
premier ministre veut laisser au Québec. Un legs, donc un nouveau réseau. Après
les maisons des aînés, après les maternelles quatre ans, après que sais-je encore,
là, c'est un réseau, le ministre est pogné avec ça. Est-ce que, dans un...
Est-ce qu'il pense qu'il va arriver à terme, qu'il y aura 17 Espaces
bleus? Est-ce qu'il ne pense pas que l'argent serait mieux utilisé de mieux
financer... 18, c'est encore pire, de mieux financer le réseau muséal? Notre
position, là, transparence totale, nous, on aimerait mieux financer, mieux
financer le réseau muséal que de faire des Espaces bleus. Entre ça puis des Espaces
bleus, on va prendre financer le réseau muséal. C'est quoi, l'échéancier de
réalisation, c'est-tu la fin du mandat?
M. Lacombe : Bien, j'ai
répondu à cette question-là, tantôt, là, ça fait que je pense... je vais
prendre les précieuses minutes qu'on a pour répondre à autre chose. Je veux
absolument revenir sur le rapatriement de pouvoirs dont parle le député de
Matane pour dire qu'effectivement je comprends la posture du député de Matane
qui dit : Bien, vous devriez envoyer une lettre au ministre fédéral pour
lui demander la permission puis rapatrier certains pouvoirs.
Nous, ce qu'on dit, ce que je dis, la
prétention que j'ai, et je le martèle depuis déjà un moment, c'est qu'on est
dans un monde qui a changé, dans un monde numérique où la culture doit se
frayer un chemin puis où la culture québécoise doit plus que jamais se frayer
un chemin si elle veut survivre, et moi, je veux qu'elle survive. Donc, on est
en train d'étudier quels moyens on a à notre disposition, sans envoyer une
lettre à Pablo Rodriguez pour lui demander, puis demander la permission, puis
de rapatrier des pouvoirs, pour voir comment on est capables, dans ce nouveau
monde qui a changé, d'occuper notre champ de compétence puis de ne pas laisser
toute la place à Ottawa.
Ottawa a déposé son projet de loi C-11.
Pourquoi le Québec ne serait pas en mesure, lui aussi, de poser des gestes pour
encadrer les GAFAM? Est-ce qu'on a la légitimité de le faire? Nous, on pense
que oui, et les experts qu'on consulte nous disent aussi que oui. Et, en tout
respect, je dis au député de Matane que ce sont des experts qui, je pense, vont
amener son respect. Donc, on aura l'occasion d'en reparler, peut-être, lorsque...
lorsque je ferai une annonce là-dessus.
Et sinon, pour les Espaces bleus, bien,
moi, je vous dis : Il n'y a pas de consultation des députés de la CAQ par
le ministère sur l'emplacement des Espaces bleus. On y va surtout par les
projets qui nous sont soumis par la communauté. Et, si le député de Matane a
une idée, moi, ça me fera plaisir de l'écouter.
M. Bérubé : ...beaucoup, mais
je n'ai encore pas beaucoup de minutes, comme tout à l'heure.
La Présidente (Mme Dionne) : ...M.
le député.
• (16 h 30) •
M. Bérubé : Je sais, mais
j'ai beaucoup à dire. En matière de patrimoine, je vous donne un exemple, la
maison Chevalier, hein, dans le Vieux-Québec, un des endroits les plus
emblématiques de notre patrimoine. Ils l'ont vendue 2,2 millions de dollars
à une compagnie de meubles. Entre... Il me semble que le sérieux de la
préservation, c'était pas mal là que ça se passait. Il y a une pétition qui a
été déposée à l'Assemblée nationale. Comment on a pu vendre la maison Chevalier
pour bâtir un siège social? Et j'ai une liste de plein de bâtiments, là, qui
ont besoin de financement pour être adaptés, pour être maintenus, pour y faire
autre chose. C'est ça qui devrait être la priorité. Si on dit aux Québécois :
C'est quoi, votre priorité? Maintenir le patrimoine existant, là où il y a des
mobilisations ou des Espaces bleus, je suggère que c'est ça, l'enjeu.
Quant au ministre qui dit que je vais...
je vais gagner le respect, en fait, le respect sera gagné par les gestes qui
vont être faits, les résultats, surtout. Le gouvernement du Québec n'a pas
pouvoir, n'a pas juridiction en ces matières, et tant mieux si le ministre
essaie un coup de force, puis ça fonctionne, je serais le premier à le saluer,
mais moi, j'ai tiré des conclusions politiques du Canada depuis longtemps. Et
ce n'est pas une posture que j'ai, c'est une conviction très profonde. Ce n'est
pas la voie la plus facile, mais, quant à moi, c'est la plus responsable. Une
des raisons fortes qui fait en sorte que je suis indépendantiste, c'est la culture.
Je pense que vous êtes mieux placés que Pablo Rodriguez pour gérer la culture,
prétention, oui, mais le problème, c'est que vous... vous ne cherchez pas à
avoir l'autre moitié qui manque pour gérer la culture...
16 h 30 (version révisée)
M. Bérubé : ...que vous êtes
mieux placé que Pablo Rodriguez pour gérer la culture. Une prétention, oui,
mais le problème, c'est que vous ne cherchez pas à avoir l'autre moitié qui
manque pour gérer la culture, et je vous demande éventuellement d'avoir cette
ambition-là, c'est très important.
Donc, pour les Espaces bleus, beaucoup a
été dit. Je maintiens que c'est... vous n'aviez pas besoin de ça dans votre
mandat. Je ne sais pas ce que dit votre lettre de mandat, si c'est indiqué qu'il
faut le finir en 2026. Je repose ma question, ma dernière là-dessus. Est-ce que
le ministre veut boucler ce réseau-là avant la fin du mandat, oui ou non?
M. Lacombe : Bien là, il n'y
a pas de cachette. J'ai répondu à cette question-là il y a quelques minutes en
disant qu'en 2026...
M. Bérubé : C'est moi qui...
M. Lacombe : Bien, je
comprends, là. Je vais vous le dire. Vous aurez votre clip pour Facebook. Je
suis en train de vous dire que, 2026, véritablement, non, on n'aura pas
terminé. Ce serait complètement illusoire de penser qu'on sera capables d'avoir
fini...
M. Bérubé : ...
M. Lacombe : Bien là, vous
avez pris du temps pour votre question. Je pense que je peux prendre du temps
pour ma réponse.
M. Bérubé : ...tout à l'heure,
c'est juste oui ou non, avant la fin du mandat ou pas.
M. Lacombe : Oui, mais moi,
je vous donne une mise en contexte.
M.
Bérubé
: Bien
là...
La Présidente (Mme Dionne) : ...les
questions et les réponses, mais...
M. Bérubé : Bien, c'est de
son côté qu'il va falloir équilibrer...
La Présidente (Mme Dionne) : D'accord,
en terminant. Il reste deux minutes.
M. Lacombe : Ça nous prendra
plus que 2026, mais je veux juste vous souligner quand même qu'il faut être fiers
et que, si... je comprends que, si, à l'époque des CPE, vous aviez été là, vous
auriez dit : Un autre réseau, un autre réseau, ça ne vaut pas la peine.
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, monsieur...
M. Lacombe : Aujourd'hui, on
en est fiers, de ça.
La Présidente (Mme Dionne) : Je
vous rappelle que les questions doivent être relatives aux réponses, mais ça
inclut les préambules. Donc, parfait, merci, je vous laisse continuer.
M. Bérubé : OK. Je suggère, Mme
la Présidente, que son collègue, lui, a averti ce matin que, 2026, il y aura un
réseau de transport d'une rive à l'autre. Je lui demandais d'être plus précis. Dernier
élément, il a dit qu'il allait avoir... Ça allait être terminé pour 2026, ou
amorcé. Alors, lui, il est plus précis. Vous pouvez vous inspirer de votre
collègue de l'Éducation. Je suis convaincu que ça pourrait nous permettre d'avoir
des réponses plus précises.
Je veux poser une question au ministre. Télé-Québec,
est-ce normal, et je le dis avec tout le respect pour un collègue de l'Assemblée
nationale, que... organise une conférence dans une école secondaire avec le
chef, le porte-parole de Québec solidaire? On ne nous a pas offert ça, au Parti
québécois, ni au Parti libéral ni à la CAQ. J'ai le document que je dépose ici.
Télé-Québec présente des conférences dans une école secondaire. Je ne dis pas
qu'on est contre, mais je dis qu'il faut l'offrir à tout le monde. Alors, ces
jeunes-là qui vont voter à la prochaine élection... Je sais que la PDG de
Télé-Québec est ici, je crois. Est-ce que le ministre pense que c'est
approprié?
La Présidente (Mme Dionne) : ...engagez
à transmettre au secrétariat de la commission, s'il vous plaît, le document?
Merci.
M. Bérubé : Et j'ai même
prévenu le ministre d'avance que j'allais lui poser la question.
M. Lacombe : C'est vrai. Il
est bon de... C'est vrai. Il m'a texté hier pour me dire qu'il allait me parler
de ça.
M. Bérubé : Alors, vous avez
une réponse de prête?
M. Lacombe : Bien, en fait,
je vais vous répondre la même chose qu'hier. C'est sûr que, lorsque j'ai vu...
lorsque j'ai... Là, vous n'allez pas lire mon texto, j'imagine, là, quand même,
mais, lorsque... lorsque j'ai été informé de ça... C'est sûr que, si vous me
demandez mon avis, je trouve que c'est surprenant puis je vous avoue que j'ai
un certain malaise, mais, en même temps, ce n'est pas non plus, je pense... Je
me suis posé la question hier soir. Je ne pense pas non plus que c'est mon rôle
de m'ingérer dans les affaires de Télé-Québec, qui est une société d'État
distincte, à un bras de distance du gouvernement, et de lui dire ce qu'elle
devrait faire ou non dans son contenu de cette nature-là. Je pense que, si je
le faisais, les collègues ici autour de la table seraient les premiers à me le reprocher.
Sur une base personnelle, c'est sûr que j'ai un malaise de voir un chef de
formation politique, dans un véhicule qui est une société d'État, faire le tour
des écoles pour exposer sa vision politique du Québec, mais, en même temps, en
même temps, je ne m'ingérerai pas dans les affaires de Télé-Québec.
M. Bérubé : On ne demande pas
de... On ne demande pas de participer à Belle et Bum, là. On veut que ce
soit équitable pour l'ensemble des élus, hein, à Télé-Québec. Alors, quel que
soit... je le dépose, ainsi que mon malaise.
La Présidente (Mme Dionne) : M.
le député, oui, merci.
M. Lacombe : ...concours l'année
prochaine s'il veut.
M.
Bérubé
: Oui,
mais...
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
terminé pour les échanges. Vous... On passe... On va passer à la parole au
gouvernement. Merci, M. le député de Matane. Le Parti québécois... Je vous
rappelle que le député indépendant, ce n'est qu'une procédure de la commission.
Alors, petit aparté. Maintenant, je cède la parole au gouvernement. Alors, M.
le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Bonjour, M. le ministre. Bonjour à mes collègues des
oppositions, évidemment, mes collègues du gouvernement. Je tiens à saluer
également la brigade du ministère de la Culture, Mme la sous-ministre, les gens
qui vous accompagnent, les différentes sociétés d'État, M. le directeur de
cabinet.
C'est important, l'exercice que l'on fait
cet après-midi non seulement pour la culture au Québec, mais aussi pour les
artisans de notre culture, qui, on doit le dire, à travers la pandémie, ont
vécu des moments pas faciles au cours des dernières années. Il n'en demeure pas
moins que, lorsqu'on regarde le budget du ministère de la Culture au cours des
dernières années, il a augmenté de façon importante.
Et d'ailleurs votre prédécesseure, M. le <ministre,
a été saluée pour son leadership auprès...
M. Poulin :
...et
d'ailleurs votre prédécesseure, M. le >ministre, a été saluée pour son
leadership auprès des différentes organisations culturelles à travers le Québec.
Je pense, entre autres, aux gens qui œuvrent dans le domaine du cinéma, qui
œuvrent dans l'industrie de la production télé ou même auprès de différentes
institutions, sociétés d'État, à quel point notre gouvernement a été au
rendez-vous, à quel point le ministère de la Culture a été au rendez-vous. Et
même les oppositions, je me souviens, à l'Assemblée nationale, au cours du
dernier mandat, ont salué le leadership de la ministre de la Culture de
l'époque et à quel point on a permis au milieu culturel de rebondir et
d'avancer. Alors, ça, je pense, c'est important de pouvoir le placer dans la
discussion.
On pourra également, ce soir, lors des
crédits jeunesse, parler, justement, de la culture, parce que, dans le plan
jeunesse, on a ajouté un volet culture qui est important. On pourra évidemment
parler de l'avenir du français chez les jeunes aussi, qui est quelque chose de
superimportant. Les derniers rapports de l'OQLF, qui nous démontrent une
indifférence des jeunes face au français, ça vous pousse, et ça nous pousse,
comme gouvernement, à faire plus pour le contact des jeunes avec la culture
québécoise. Ne serait-ce, entre autres, sur le numérique, on pourra parler de
découvrabilité aussi. Vous avez donné beaucoup d'entrevues sur le sujet.
Alors, je serais intéressé à en entendre
davantage, mais, aussi, vous êtes à la base... Et ça, il faut le rappeler, j'entendais
les oppositions parler des investissements que l'on fait en culture, parce que
ce n'est pas une dépense, hein, c'est un investissement. Lorsqu'on investit
dans les Espaces bleus, lorsqu'on investit dans nos infrastructures, ce sont
des sommes... qui est importante. Vous m'entendez souvent, M. le ministre,
comme adjoint parlementaire, faire le comparatif avec le sport, hein? Tu sais,
je veux dire, pourtant, à certains endroits, il y a 17 équipes de soccer, puis
ce n'est pas grave, tu sais? Alors, pourquoi il y aurait deux musées? Tu sais,
je me dis : Ce ne serait pas la fin du monde. L'important, c'est d'en
consommer, de la culture. Puis je pourrais aussi vous parler de l'importance de
rendre hommage aussi au milieu culturel québécois, à quel point c'est
important, parce qu'on rend hommage à nos sportifs, il faut le faire, mais il
faut aussi rendre hommage aux gens du milieu culturel québécois.
Mais vous êtes à la tête d'un ministère
économique qui apporte des retombées économiques importantes, et vous me
permettrez de vous parler de cinéma, entre autres, parce qu'il y a des données
qui sont fort intéressantes sur le marché du film québécois. Malgré les aléas
de la pandémie au cours des dernières années, la part de marché des films
québécois, dans les entrées en salle, est en légère hausse un peu partout :
2020, 13,1 %, 2021, 13,5 %. La part, d'ailleurs, des films québécois,
parmi les projections en salle, est de 15 %. C'est un sommet depuis 2005.
Alors, non seulement on a des producteurs, on a des gens qui réussissent à
trouver le financement nécessaire et qui réussissent également à aller en
salles québécoises, on a également, comme gouvernement, fait tout un travail,
entre autres, en relations internationales, pour permettre à différentes
grandes productions de venir tourner des films ici, au Québec. C'est important
qu'ils puissent venir s'enrichir non seulement de ce qui se passe dans les
villes, mais également dans les régions.
Alors, j'aimerais vous entendre sur votre
vision, entre autres, concernant le cinéma québécois, le fait également que nos
productions télé ne tournent pas juste dans les grands centres. Il y a une
tournée également dans les différentes régions du Québec. On a vu des séries, La
faille, entre autres, qui est venue tourner à Québec, La faille 3,
que le premier ministre a écoutée en fin de semaine, qui est allée tourner dans
des villages québécois. Alors, il y a un effort qui doit continuer d'être fait
pour faire en sorte que nos productions télé se retrouvent dans les régions,
mais également engagent, on sait, des gens dans les différentes régions du
Québec.
Alors, comment voyez-vous l'avenir du
cinéma, des salles de cinéma, également, au Québec, qui, somme toute, ont
réussi, après la pandémie, à rebondir de façon importante? Et qu'est-ce qu'on
doit faire ultimement pour, lorsqu'on regarde les fiches à la film, bien, il y
ait encore plus de films québécois qui soient à l'affiche?
• (16 h 40) •
M. Lacombe : Bien, merci
beaucoup. Je veux remercier mon collègue que je sais éminemment passionné et
animé d'un amour ardent pour la culture. Donc, c'est vraiment un plaisir de
parler de ça avec lui.
Le cinéma, puis je vais faire une
parenthèse, peut-être, sur le cinéma jeunesse, et là vous ne m'aviez pas donné
vos questions à l'avance, donc là c'est intéressant, on le fait... on a la
discussion pour vrai, contrairement à ce que bien des gens pensent, mais le
cinéma jeunesse... Le cinéma jeunesse, pour moi, c'est une pierre angulaire de
notre stratégie qu'on doit adopter pour être capables de répondre à la priorité
numéro un que je me suis fixée, que le premier ministre m'a donnée lorsqu'il
m'a rencontré un lundi soir, très tard, avant la composition du Conseil des
ministres. Il faut reconnecter nos jeunes avec la culture québécoise.
Donc, le cinéma jeunesse, je pense que
c'est un outil très, très stratégique pour qu'on soit capables d'y arriver, et,
quand on a une offre, quand on a une offre de cinéma jeunesse, cette offre-là,
elle trouve preneur. Puis, je pense, si on regarde, là, les dernières semaines,
on a eu Coco ferme, par exemple, qui a très bien fait aussi en salle. On
a eu, par exemple, Katak, si ma mémoire est <bonne aussi,
l'histoire d'un dauphin
M. Lacombe :
...si
ma mémoire est >bonne aussi, l'histoire d'un dauphin. Là, je ne veux pas
tomber dans l'anecdote, mais moi, j'ai des enfants, puis ça les intéresse
beaucoup. Donc, quand on a des produits comme ça, qui existent pour les jeunes,
les produits trouvent preneurs, puis je pense qu'on doit amener cette
habitude-là.
Puis je lisais, dans le cadre de
l'exercice budgétaire, des créateurs qui ont fait une sortie en disant :
Ça nous prendrait un minimum, là, de... un certain minimum de films québécois
pour enfants à chaque année, et pas seulement des films comme La guerre des
tuques ou comme Coco ferme, avec des acteurs en chair et en os, mais
aussi des films d'animation, et on en a, de bons studios. Je parlais,
notamment, récemment, avec une créatrice qui se spécialise... qui se spécialise
là-dedans et qui a son studio en banlieue de Québec, ici, puis qui m'expliquait
à quel point c'est difficile, ce marché-là, mais à quel point, pour elle, c'est
une mission qu'elle s'est donnée, puis je ne peux pas être plus en accord.
Donc, peut-être simplement terminer en
vous disant que j'y crois, que je pense que ça doit faire partie de notre
stratégie, qu'on est déjà en discussion avec les artisans du domaine
cinématographique pour voir comment on peut les soutenir davantage, que je suis
bien au courant aussi de leurs demandes là-dessus, puis qu'on doit ramener
peut-être la belle époque des Contes pour tous, là, où il y avait une
effervescence, où il y a eu... Ça parle peut-être aux plus expérimentés des
parlementaires autour de la table, mais je pense que je ne nommerai pas de nom,
mais je... même s'il fait des... mais je pense qu'on doit peut-être revenir à
cette époque-là.
Mais ce n'est pas un marché qui est facile.
C'est ce que j'ai appris aussi. Tu sais, ne serait-ce que dans le classement
des films, ça marche beaucoup en dollars, là, de recettes pour dire : un
film est populaire ou pas. Les billets pour enfants coûtent moins cher. Ces
films-là, on a peut-être moins l'impression, parfois, qu'ils réussissent bien,
que ce sont des grands succès en salle, alors que, dans les faits, parfois, il
y a beaucoup de monde qui vont les voir, mais, parce que c'est calculé en
dollars, des fois, c'est peut-être moins représentatif. Bref, j'en aurais long
à dire, mais il faut que ça fasse partie de la stratégie.
M. Poulin : Excellent, puis
sans compter également que, dans les histoires pour enfants, les histoires pour
jeunes... Vous êtes allé au salon du livre récemment, où les jeunes sont au
rendez-vous pour les livres. Alors, on a des livres qu'on peut adapter en séries
télé, comme on a vu à une certaine époque. Il va falloir agir à ce niveau-là.
J'ai d'autres collègues qui ont des
questions, alors je vais leur céder la parole. Il reste combien de temps, Mme
la Présidente?
La Présidente (Mme Dionne) : Il
nous reste quatre minutes.
M. Poulin : OK, parce que je
ne sais pas si Louis...
La Présidente (Mme Dionne) : J'ai
le député de Côte-du-Sud et le député... M. le député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Oui, je vais y
aller. Je te laisse terminer, Louis. Je vais y aller vite.
D'abord, M. le ministre, je suis très
heureux de pouvoir, comme adjoint gouvernemental à la culture, travailler avec
vous et vos équipes, je tiens à le souligner, du travail qui est effectué pour
arriver à ce processus de crédits budgétaires là. Vous savez, la jeunesse me
touche énormément, le travail d'éducation artistique auprès des jeunes, il y a...
À travers le monde, les jeunes... consomment des biens culturels, et nous, ici,
bien, on a cette volonté-là, vous le savez, de vouloir amener les produits
québécois à nos jeunes pour cette consommation-là. Pouvez-vous nous dire
comment qu'on peut faire, là, pour être davantage encore présents avec nos
jeunes au niveau de la consommation des biens culturels, nous citer quelques
exemples que vous pouvez avoir en tête de nous partager pour cette
consommation-là de biens culturels?
M. Lacombe : Bien, je pense
qu'il y a plusieurs pistes de solution. Le cinéma, c'en est une, hein? On amène
nos jeunes dans les sorties culturelles, dans les salons du livre, mais on les
amène aussi en salle, voir des films, des films québécois. Donc, je pense que
ça, c'est une avenue qui est intéressante.
D'ailleurs, ce que le député de Beauce-Sud
souligne, en parlant de littérature jeunesse québécoise, les histoires sont là.
D'ailleurs, la PDG de la SODEC me disait récemment : Le matériel est là,
les histoires existent, il suffit de les transposer à l'écran. Puis j'avoue que
je suis très d'accord avec elle et avec le député de Beauce-Sud là-dessus.
Donc, on doit miser là-dessus. On a d'incroyables succès, en librairie, de
livres jeunesse, qu'on peut transposer à l'écran. Il faut rejoindre les jeunes
avec ce qui leur parle. Il faut leur donner le goût d'aimer la culture
québécoise.
Et, vous savez, récemment, je pense que
c'est le commentaire qui m'a fait le plus réagir, j'étais dans une école, et un
jeune, première expérience au cinéma pour aller voir un film québécois,
évidemment je ne le nommerai pas parce que tout ça est bien personnel, mais il
me dit : Le cinéma québécois, c'est plate. Et là je lui demande pourquoi.
Bien, il est déçu. Il était déçu de sa première expérience au cinéma, peut-être
le choix du film, moins adapté pour un enfant de son âge, un ado de son âge, et
moi, je pense qu'il faut redoubler d'efforts pour tellement exposer nos jeunes
à nos produits culturels québécois qu'ils trouvent quelque chose qui les
intéresse puis qu'ils ne se disent surtout pas que la culture québécoise est
plate, mais qu'au contraire elle est intéressante parce qu'elle parle de nous,
avec nos mots, avec nos accents, avec nos décors, avec nos coutumes, avec nos
traditions, et ça, je pense qu'il n'y a rien de plus important que ça.
Puis, si je fais une parenthèse, peut-être
un petit détour par le budget, pour dire que, notamment, dans le budget qui a
été <présenté par notre collègue le ministre des Finances...
M. Lacombe :
...dans
le budget qui a été >présenté par notre collègue le ministre des
Finances...
La Présidente (Mme Dionne) : ...M.
le ministre.
M. Lacombe : ...on veut avoir
de l'argent pour mettre sur pied un passeport culturel au cours des deux
prochaines années pour que nos jeunes soient plus en contact avec les produits.
La Présidente (Mme Dionne) : Il
nous reste... Il reste 1 min 30 s. Donc, allez-y, M. le député.
M. Lemieux : ...M. le
ministre, vous siégez avec une demi-douzaine de ministres à un comité
interministériel sur la langue française et son avenir. C'est, j'espère, le
plus tôt possible, mais on a dit que ce serait au plus tard qu'il y aurait un
plan d'action, pas pour freiner, parce que, si on freine, ça ne donne pas
grand-chose, mais renverser la tendance du déclin du français. Avez-vous les
moyens de vos ambitions? Et, dans votre portefeuille à vous, vous allez faire
quoi?
M. Lacombe : Bien, moi, je
pense qu'on doit avoir les moyens de nos ambitions. Je pense qu'on les aura.
Et, quand on parle de langue, moi, je pense que, plus largement que la langue,
il faut parler de culture. La langue française fait partie de la culture
québécoise, et, la langue, c'est un des éléments à protéger, mais ça fait aussi
partie plus largement d'un contexte. Vous voyez, récemment, pour le biais
d'un... bien, pour les fins d'un club de lecture, je relisais Fernand Dumont,
qui l'illustre particulièrement de façon assez éloquente. La langue, c'est
probablement l'élément le plus important de notre culture, mais ce n'est pas le
seul. La culture, c'est un écosystème.
Puis, oui, on aura les moyens de nos
ambitions. On a diverses opportunités devant nous, que ce soient des éléments
plus techniques comme un passeport culturel, par exemple, comme une année du
livre et de la lecture, qu'on souhaite mettre sur pied. Ce sont des exemples
plus techniques, mais aussi, sur le fond, comment est-ce qu'on peut, comme
État, comme nation, nous assurer de contrôler davantage de leviers, que ce soit
ici ou sur la scène internationale, où on peut avoir beaucoup de leadership,
pour être capables d'infléchir la tendance puis de nous assurer non seulement
que le français cesse de reculer, parce que je vous rappelle qu'on a passé la
barre... on est passés sous la barre du 50 % à Montréal, c'est très
inquiétant, mais qu'au-delà de la langue notre culture aussi continue d'être
vivante, parce qu'au-delà de la langue, qu'est-ce qui nous distingue des
Français ou des Belges, qui parlent aussi français, bien, c'est notre culture
plus large.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. Alors, nous sommes rendus au deuxième bloc. Donc, étant donné qu'on
veut permettre aux députés de s'exprimer, je pense qu'il y a encore beaucoup de
questions à poser, on va essayer d'avoir des réponses concises. Donc, c'est le
tour de l'opposition officielle. Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Troisième
bloc, n'est-ce pas, oui?
La Présidente (Mme Dionne) : Le
troisième. Donc, il vous reste un quatrième bloc un peu plus tard.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
juste pour boucler la boucle, là, sur les musées, vous avez compris les... non,
les musées... les musées régionaux, les musées qui existent déjà, vous avez
saisi, je pense, le point que je mettais de l'avant, là, qu'ils ont des défis
dans les régions, des défis d'achalandage. Les chiffres ne sont pas revenus au
niveau prépandémique. Ils doivent renouveler leurs expositions. Le bassin de
population est limité, vite atteint. Donc, ils ont des enjeux. Ils souffrent
d'un manque de financement.
Entendons-nous, là, pour les Espaces
bleus, entendons-nous sur un chiffre de 300 millions pour je ne sais pas trop
combien. Je ne pense pas que ça va être le réseau complet, loin de là, mais
comment est-ce qu'on peut parler de 300 millions, alors qu'il y a un manque de
financement, qu'il y a autour de... Tu sais, il y a 300 musées agréés. Il y en
a 120 qui reçoivent de l'aide dans le programme PAFIM, qui n'est pas indexé
adéquatement, qui stagne. Comment est-ce qu'on peut parler de mettre autant
d'argent dans les Espaces bleus? Et je n'ai pas dit que l'idée, le concept
n'était pas intéressant, mais il faut être réaliste. On parle d'autant d'argent
dans les Espaces bleus, puis de seulement, corrigez-moi si j'ai tort, 20
millions pour le PAFIM, dont l'enveloppe stagne.
M. Lacombe : Bien,
malheureusement, là, je ne sais pas si j'ai le droit de dire ça, Mme la
Présidente, mais les chiffres ne sont pas exacts, puis il ne faudrait surtout,
surtout pas que les gens aient cette impression-là. D'abord, peut-être une
nuance, quand on parle de 300 millions, là, je pense comprendre que notre
collègue additionne les coûts d'infrastructures, donc le béton, au coût prévu
de fonctionnement. Bien là, elle me dit non, mais, sinon, je m'explique mal le
calcul, là.
• (16 h 50) •
Mme Setlakwe : Mais là vous
avez dit clairement que vous aviez une enveloppe de 262 puis que vous en aviez
suffisamment pour les projets déjà annoncés, mais moi, je ne vous ai pas
entendu dire que vous en aviez suffisamment pour 18 Espaces bleus.
M. Lacombe : Non, mais la question...
Mme Setlakwe : C'est à quelque
part entre quatre et 18, là, non?
M. Lacombe : Bien, c'est
parce que vous parlez de 300 millions, mais...
Mme Setlakwe : Bien, c'est
parce que je ne l'ai pas, le chiffre, ça fait que j'arrondis.
M. Lacombe : Mais ce
chiffre-là, de 300 millions, je ne sais pas à quoi vous faites référence, en
fait.
Mme Setlakwe : Bien, c'est
parce que c'est un chiffre qui était sorti dans les médias, mais je ne l'ai pas
eu, le chiffre, de votre part, actualisé. Vous avez dit qu'avec 262 vous en aviez
suffisamment, mais, je pense que, là, pour les fins de la discussion, moi, je
m'en vais dans le PAFIM, là, on met un montant...
M. Lacombe : Oui, c'est
important, là.
Mme Setlakwe : Oui, il est
important. Bien là, si vous voulez revenir sur votre déclaration...
M. Lacombe : Parce que, là, vous
balancez des chiffres, là...
Mme Setlakwe : Oui, mais,
alors, je vous donne l'opportunité de nous donner un chiffre pour le réseau des
Espaces bleus.
M. Lacombe : Bien, je peux
vous faire... parce que vous dites que ce n'est pas important. Moi, je pense
que c'est important, parce que les gens, là... Puis tout ça va être archivé,
notre discussion. Donc, je pense qu'il faut dire les choses clairement. Vous
balancez ce chiffre de 300 millions, je pense... Je ne veux pas vous <mettre
de mots dans...
M. Lacombe :
...je
pense... je ne veux pas vous >mettre de mots dans la bouche, mais je
pense que ce à quoi vous faites référence, c'est le coût des infrastructures, à
262 millions, auquel on ajoute un coût projeté pour le fonctionnement, donc
l'argent qui devra être versé à ces Espaces bleus pour qu'ils puissent
fonctionner. Je pense que vous arrivez, donc, à 300 millions en faisant
ça. Donc, ce n'est pas 300 millions dans le fonctionnement des Espaces
bleus.
Ensuite, je pense que c'est important,
c'est complètement faux de dire que le PAFIM, qui est le programme de
financement des institutions muséales, stagne. Au contraire, il ne stagne pas
du tout. On vient de faire une annonce. On a augmenté le budget de
17 millions de dollars. Donc, il est passé de 54 à
71 millions de dollars. L'enveloppe 2019-2022, elle a augmenté... En
fait, si on regarde l'enveloppe 2019-2022 et l'enveloppe 2022-2025,
l'enveloppe 2022-2025, elle a augmenté de 17 millions. On est passés
de 54 à 71.
Donc, c'est faux de dire que ça stagne. Et
je pense que c'est un exemple éloquent du fait que, oui, on a un projet d'Espaces
bleus, mais qu'en contrepartie on ne gèle pas le financement. Le financement ne
stagne pas pour nos institutions muséales, que nous savons, par ailleurs,
confrontées à des défis importants, notamment en termes de main-d'œuvre, mais
aussi de maintien des actifs. Donc, ce montant-là, il s'ajoute. Donc, il n'y a
pas de stagnation, bien au contraire.
Mme Setlakwe : Je suis
heureuse de l'apprendre. Donc, les musées existants, ils sont combien, dans... à
bénéficier de cette enveloppe-là?
M. Lacombe : On peut
vous revenir, là, avec... Je pense, de mémoire, qu'il y en a plus d'une
centaine, mais je pourrais vous revenir avec le chiffre... le chiffre exact.
Une voix : ...
M. Lacombe : 124.
Mme Setlakwe : 124, c'est
quand même... qui... qui ont besoin de financement, qui pigent dans cette
enveloppe-là, c'est...
M. Lacombe : Bien, c'est
sûr, mais on peut retourner aux années libérales et aussi voir cette
enveloppe-là était de combien. Moi, je pense que de l'avoir monté à 71, une
augmentation de 17 millions par rapport à la précédente, c'est quand même
un bon pas en avant.
Mme Setlakwe : Vous
aviez... vous êtes... pas vous, vous, ça fait... ça fait... vous êtes dans
votre première année, mais ça fait cinq ans qu'il y a une... un ministre de la
Culture caquiste, et puis, quand on se fait... quand on entre au pouvoir puis
qu'on a un surplus extrêmement important, les choix sont peut-être plus faciles
à... en tout cas, il y a des choix qui sont... qui se font, qui peuvent
justifier cette augmentation, mais là je pense qu'on ne peut plus parler des
années libérales. Là, ça fait cinq ans qu'on a des budgets caquistes en
culture.
Parlons de l'impact humain. J'aimerais ça
revenir sur notre discussion, la semaine dernière, l'intelligence artificielle
et ses impacts sur... On a parlé du doublage qui est à risque, là, en raison
des avancées de l'intelligence artificielle, mais c'est beaucoup plus large que
le doublage, ça touche toute l'industrie du film, ça touche les chansons, ça
touche l'art, c'est... Pour citer Sébastien Dhavernas, ce n'est pas juste le
doublage, c'est aussi pour tout ce qui est narration, publicité, toutes les
voix. Donc, je vous ai entendu dire qu'il n'y a pas de solution miracle, que
c'est... que c'est plus large que le Québec. Oui, c'est très large, puis, en
fait, c'est... oui, c'est très impressionnant ce qui se passe, mais, moi, ce
que je veux savoir, c'est quels sont les gestes que vous avez l'intention de
poser, les montants que vous comptez investir. Est-ce que vous êtes en
discussion avec le milieu?
M. Lacombe : Oui, il y a
une discussion qui est en cours, je pense que je peux dire ça, dans le sens où,
bien sûr, vous avez... Je vous ai donné la réponse au sujet du travail que mon
collègue Pierre Fitzgibbon est... s'est attelé à faire, donc, parce que, plus
largement, l'intelligence artificielle relève de sa responsabilité avec le
ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, mais, plus
précisément, en culture, oui, il y a un travail qui se fait.
Il y a un comité qui est en place au
ministère de la Culture, qui travaille avec nos sociétés d'État pour faire une...
j'ai envie de dire une certaine vigie ou encore peut-être élaborer certaines
pistes de solution, mais je répète aussi ce que j'ai dit lors de la période de
questions, où vous m'avez posé cette question-là. C'est un enjeu qui dépasse,
d'abord, bien largement les frontières du Québec, mais c'est un enjeu qui
dépasse aussi bien largement les frontières du monde culturel. Est-ce que ça
veut dire qu'on ne peut rien faire? Non, mais ça veut dire qu'il faut... qu'il
faut suivre ce qui se fait, travailler sur des solutions.
D'ailleurs, ce matin... Et il faut dire
aussi que c'est un enjeu qui est très récent, là. Tout ça a émergé, personne ne
m'a parlé de ça avant, je dirais, la sortie qui... des scientifiques du milieu
de l'intelligence artificielle, qui nous ont dit qu'il y avait un problème. Je
pense que tout le monde a été assez surpris à ce moment-là. En tout cas, c'est
à partir de ce moment-là qu'on m'y a sensibilisé. Et d'ailleurs l'Union des
artistes, par exemple, ne m'en avait pas nécessairement parlé avant. Ce matin,
j'ai eu une rencontre avec la présidente, et c'est un des sujets principaux dont
elle m'a parlé. Donc, c'est une préoccupation nouvelle, je dirais, et c'est <normal,
parce que ce...
M. Lacombe :
...
je
dirais, et c'est >normal, parce que ce débat-là, il est nouveau, il est
tout, tout, tout récent, puis, dans la mesure de ce qu'on a à offrir, on va
contribuer non seulement aux discussions, là, mais à trouver des solutions.
Mme Setlakwe : En termes de
solutions, avez-vous des pistes à avancer? Puis, tu sais, quand vous dites que
c'est récent, je suis d'accord que ça évolue très rapidement, c'est
relativement récent, mais on s'attend de vous, comme ministre, que vous soyez
proactif et que vous fassiez partie des discussions.
M. Lacombe : Bien là, en même
temps, je comprends, là, je comprends, mais là, d'abord, on parle d'un
phénomène mondial qui dépasse largement le monde culturel et les frontières
québécoises, qui est apparu tout récemment, là, j'ai envie de dire dans les
derniers jours, là. Bien, je ne sais pas à partir de combien de temps on peut
arrêter de dire «les derniers jours» puis dire «les dernières semaines», mais,
tu sais, c'est très, très récent. Donc, je pense que de m'aventurer ici
aujourd'hui à vous dire qu'on a les réponses à ces questions-là, ce serait
malhonnête parce que ce ne serait pas vrai. Donc, je préfère vous dire bien
honnêtement qu'on regarde ça. On va travailler ça avec le milieu. Et, s'il y a
des pistes de solutions auxquelles je peux participer, comme ministre de la
Culture, si, comme État, on a des leviers à notre disposition pour mieux
protéger nos artisans, entre autres ceux du doublage, qui faisaient l'objet de
votre question, bien, évidemment qu'on va... qu'on va travailler là-dessus.
Mme Setlakwe : ...rencontré
la présidente, la nouvelle présidente ou des représentants de l'UDA. Est-ce
qu'il y a des demandes précises qui ont été formulées?
M. Lacombe : ...de demande
précise. Il n'y a pas de demandes précises qui sont formulées pour l'instant,
sinon la demande que, solidairement, on suive ce qui se passe puis qu'on puisse
arriver, ultimement, peut-être, avec des pistes de solutions qui vont, je
pense, je pense, dépasser largement les frontières du Québec puis les
frontières du monde culturel. Peut-être que ça nous touche... Puis, tu sais, on
prenait l'exemple du doublage, peut-être que ça nous touche particulièrement
parce qu'ici, au Québec, oui, on parle français, mais, souvent, dans le
doublage, quand c'est du français international, c'est un petit peu plus
fatigant. Bien sûr, on aime mieux que ce soient des artisans québécois qui
fassent le doublage. Peut-être que c'est un problème, je le dis sous toute
réserve, qui sera moins visible dans le reste du Canada, par exemple, où les
gens sont davantage anglophones, mais je comprends qu'au Québec cette
demande-là, elle est particulièrement importante, puis qu'on voit ça
particulièrement comme un défi important, puis je comprends tout à fait ça.
Donc, on travaillera avec le milieu.
Mme Setlakwe : Allez-vous
envisager des crédits d'impôt pour le doublage? Non, vous n'êtes pas rendu dans
des idées spécifiques?
M. Lacombe : Bien, bien, d'abord,
il y en a déjà, mais le crédit d'impôt n'est pas toujours la solution. Le
crédit d'impôt, dans ce cas-ci ou dans d'autres cas, c'est une solution dans un
panier, mais je pense qu'il faut regarder la forêt et pas seulement un des
arbres pour être capables d'avoir une solution qui est pérenne. C'est bien
intéressant, là, d'augmenter des crédits d'impôt et de faire des annonces, mais,
si ça ne s'inscrit pas dans un plan plus large, coordonné, puis qui a
véritablement un effet sur le terrain, je pense que ça ne sert à rien.
Mme Setlakwe : Merci. Pages 9,
10, «déployer la créativité et promouvoir le contenu culturel québécois dans
l'univers numérique», c'est important. On sait qu'au Québec on a une expertise
dans ce domaine-là. Est-ce que vous avez des idées, des exemples en tête pour
donner suite à vos engagements, là, puis aux sommes d'argent importantes qui
vont être consacrées à ce thème-là?
M. Lacombe : Sur le plan
d'action numérique en culture?
Mme Setlakwe : Oui, oui.
M. Lacombe : Excusez-moi, là,
mon fils m'a texté en même temps, ça m'a déconcentré.
Mme Setlakwe : Ah! c'est
important, c'est important.
M. Lacombe : Il voulait me
parler d'un deal de fin d'année scolaire, là, un cadeau.
Mme Setlakwe : Là, là-dessus,
là, moi aussi, je lâche tout quand mon fils m'écrit.
M. Lacombe : Là, suis en
émoi, là, parce que, d'habitude, je lui réponds toujours, je sors de ma
réunion, parce que c'est rare qu'il m'appelle, mais là je ne peux pas, ça fait
que désolé.
Mme Setlakwe : Bien, non, il
y a...
La Présidente (Mme Dionne) : ...
Mme Setlakwe : Oui, on revient
à nos crédits, aucun souci, je vais reprendre mon idée.
• (17 heures) •
M. Lacombe : Désolé.
Mme Setlakwe : Je comprends
ça. Pages E.9, E.10, item deux de trois, là, de... tu sais, quand on parle de
vos investissements majeurs, «déployer la créativité et promouvoir le contenu
culturel québécois dans l'univers numérique», puis on sait qu'il y a une expertise
au Québec, je trouve ça intéressant. Est-ce que... Par exemple, là, à 10, là, vous
avez détaillé un petit peu, mais est-ce que vous pouvez me donner des exemples
de comment vous allez soutenir les entreprises du secteur de la créativité
numérique?
M. Lacombe : Ah oui, oui, oui!
Mon Dieu! Heille! Ça, c'est intéressant, trésor, je dirais, caché, peut-être de
moins en moins, mais trésor caché de l'économie québécoise et de la culture
québécoise, les entreprises en créativité numérique, qui sont des chefs de
file. Je suis allé à South by Southwest, au Texas, récemment puis je peux vous
dire, là, qu'on ne doit surtout pas être gênés. Au contraire, on doit être
immensément fiers de ces entreprises-là. Je faisais le tour... Vous savez,
là-bas, il y a un événement où on rassemble les entreprises ou les
organisations de partout dans le monde qui offrent des expériences d'immersion
numérique, et je faisais le tour, avec l'organisateur, de cet endroit-là puis
je lui demandais : Quand vous voyez une entreprise québécoise... On était
bien représentés là-bas, d'ailleurs, puis, quand je lui demandais...
17 h (version révisée)
M. Lacombe : ...quand vous
voyez une entreprise québécoise... on était bien représentés là-bas, d'ailleurs,
puis quand... je lui demandais : Quand vous voyez une entreprise
québécoise arriver, qu'est-ce que vous vous dites? C'est quoi, le premier réflexe
que vous avez?, puis là il me disait : On est certains que c'est un projet
qui repousse... qui repousse... tu sais, qui pousse l'innovation plus loin, et
on est vraiment des chefs de file.
Bref, je pense qu'il y a énormément de
choses qu'on peut faire pour les aider. Je les ai assurés qu'on serait là, c'est
une de leurs demandes, pour structurer l'industrie, lui donner une poussée dans
le dos. Parce qu'on a déjà des joueurs qui sont gagnants, on a de petites
entreprises, on a de moyennes entreprises, on a de grandes entreprises, mais on
a besoin d'un plan de match plus global puis d'un appui gouvernemental à ce
plan de match là.
Donc, je travaille sur une stratégie pour
nos entreprises en créativité numérique. D'ailleurs, ça a été accueilli très favorablement.
Donc, on est en train d'y travailler, on a obtenu des sommes dans le dernier
budget pour être capable d'y arriver. Donc, évidemment, je ne vous dirai pas
tout de suite ce qui va se retrouver dans la stratégie, mais on va les écouter,
on va écouter les entreprises en créativité numérique. On va bonifier notre
stratégie d'exportation aussi pour que cette créativité numérique qu'on a au
Québec continue de rayonner, elle rayonne déjà, mais qu'elle continue de
rayonner davantage, puis on va travailler vraiment avec les partenaires sur le
terrain, qui font un travail extraordinaire, vraiment.
Donc, on a un diamant, là, entre les
mains. Puis moi, j'ai envie de vous dire : On a connu l'industrie des jeux
vidéo, Montréal, le Québec, plus largement, est devenu...
La Présidente (Mme Dionne) :
...M. le ministre.
M. Lacombe : ...un cheval de
course dans cette industrie-là, puis je pense, on pense qu'on a peut-être les
mêmes ingrédients pour refaire cet exploit-là, mais avec les entreprises en
créativité numérique.
Mme Setlakwe : Merci
beaucoup. Je pense que c'est important qu'on revienne sur la SODEC, là. Ma
collègue de Mercier a posé la question, on a eu comme un début de réponse, mais
je pense que ça vaut la peine qu'on poursuive. Parce que, là, je me réfère,
encore une fois, au budget, puis il y a une annonce ou un montant de 200 millions,
une enveloppe de 200 millions sur... ça, est-ce que c'est... sur cinq ans,
mais on dit que les détails vont être dévoilés ultérieurement. Qu'est-ce que c'est,
pour vous, là, ce rôle élargi ou ces nouveaux outils que vous souhaitez qui
soient à la disposition de la SODEC, là, pour servir les entreprises?
M. Lacombe : Actuellement, la
SODEC joue bien son rôle puis elle fait un travail extraordinaire auprès de nos
entreprises à vocation culturelle. D'ailleurs, quand je vais dans un événement,
les gens souvent vont remercier le travail de la SODEC, preuve, donc, que la
SODEC, elle est efficace, mais je pense qu'on peut faire encore mieux.
Quand j'ai rencontré le président de la
SODEC et la PDG, au début de mon mandat, on a parlé des défis. Puis, comme je
disais tantôt, je leur ai demandé : Qu'est-ce qu'on peut faire de plus?
Puis on en discutait, puis j'ai dit : Qu'est-ce qu'on peut faire pour
aller encore plus loin que ça puis être plus ambitieux? Puis on est arrivés
avec ce projet de moderniser la SODEC et d'en faire véritablement une banque,
une banque d'affaires, une banque de développement culturel avec des outils
modernes, des outils qui sont dignes du XXIe siècle, de 2023, pour être
capables de travailler sur le même terrain qu'Investissement Québec, par
exemple.
Pourquoi nos entreprises qui oeuvrent dans
le domaine, dans le milieu culturel, ne pourraient pas avoir accès à ces mêmes
outils là, par exemple, qu'Investissement Québec peut offrir, parfois dans le
milieu culturel, on nous demande notre avis parce qu'on a cette expertise-là,
mais aussi beaucoup ailleurs? Moi, je pense que la SODEC, elle a l'expertise,
elle doit pouvoir jouer ce rôle-là.
Donc, effectivement, on a deux fonds,
actuellement, qui n'offrent pas la performance qu'on souhaiterait. On souhaite
injecter 200 millions de dollars, revoir le modèle puis nous assurer,
donc, que les outils soient plus modernes. Ça va prendre un projet de loi, donc
on aura l'occasion d'y participer ensemble.
La Présidente (Mme Dionne) : Il
vous reste 1 min 30 s, Mme la députée.
Mme Setlakwe : Très
intéressant, merci. Juste pour peut-être boucler la boucle sur cet aspect-là du
budget, E.8, là, vous parlez de poursuivre et adapter le Plan d'action
gouvernemental en culture, qui était de... qui s'échelonnait de 2018 à 2023.
Et, pour consolider les acquis, le gouvernement prévoit près de 300 millions,
là, pour la poursuite du plan pour les cinq prochaines années. Qu'est-ce que
vous entendez par là? Il reste des choses à... Est-ce qu'on va adopter un
nouveau plan d'action, là? Pourquoi il y a ce chiffre-là de 300 millions.
M. Lacombe : Là, il nous
reste... il nous reste combien de temps, juste pour que je sois certain de...
La Présidente (Mme Dionne) : Il
reste 55 secondes.
M. Lacombe : OK. Bien, donc,
le Plan d'action gouvernemental en culture est venu à échéance. Et, bon,
évidemment, là-dedans, il y a beaucoup de mesures que nous souhaitions voir
continuer d'aller de l'avant. Je prends un exemple, par exemple, les dimanches
gratuits, qui étaient une excellente initiative sous le gouvernement libéral,
je pense...
Des voix : ...
M. Lacombe : Oui, bon, sous le
gouvernement libéral, donc, bien oui, vous voyez, je ne suis pas juste négatif.
Donc, ça, par exemple, c'est une mesure qui va continuer d'aller de l'avant.
Pour être capables d'y arriver, on a besoin de 60 millions de dollars
par année, 300 millions de dollars, donc, sur les cinq années. Donc,
c'est les sommes qu'on est allés chercher au budget pour être capables de
pérenniser les mesures les plus <porteuses...
M. Lacombe :
...donc
c'est les sommes qu'on est allés chercher au budget pour être capables de
pérenniser les mesures les plus >porteuses.
Mme Setlakwe : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Six
secondes, mais on va le reprendre au dernier bloc. Il vous reste un bloc après.
Mme Setlakwe : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Il
n'y a pas de problème. Je cède maintenant la parole au deuxième groupe
d'opposition officielle. Mme la députée de Mercier, la parole est à vous.
Mme Ghazal : J'ai
12 minutes, j'ai six questions, ça fait qu'il va falloir être vraiment
court.
M. Lacombe : Deux minutes.
Mme Ghazal : Oui.
M. Lacombe : Bien, faites des
questions courtes.
Mme Ghazal : Plan d'action
gouvernemental 2018‑2023... que ma collègue vient de poser, est-ce qu'il va y
en avoir un nouveau? Parce qu'il termine, là, 2023.
M. Lacombe : Bien,
c'est-à-dire qu'on est allés chercher des sommes pour prendre des... Bien là,
qu'est-ce que... Vous voulez que j'aille plus vite?
Mme Ghazal : Non, non,
j'écoute.
M. Lacombe : OK. OK. On est
allés... Je me demandais bien ce que ça voulait dire. On est allés chercher des
sommes, donc, pour être capables de pérenniser des mesures qui existent dans le
plan qui est venu à échéance, par exemple, je le disais, les dimanches gratuits
des musées.
Mme Ghazal : Je comprends.
Donc, il ne va pas y avoir un nouveau plan en 2023, plus cinq, là, 2028.
M. Lacombe : Bien, techniquement,
on peut...
Mme Ghazal : Il y en aura...
Est-ce qu'il va y en avoir un ou pas?
M. Lacombe : Bien,
techniquement, on peut dire que non, mais, en même temps, ce n'est pas une
mauvaise nouvelle. Ce n'est comme pas une... ce n'est comme pas un problème.
Mme Ghazal : C'est une
question, c'est tout. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise nouvelle.
M. Lacombe : Oui. Non, mais
on annonce, donc, le renouvellement de 300 millions de dollars de
mesures.
Mme Ghazal : Je comprends. Ça
fait qu'il n'y aura pas...
La Présidente (Mme Dionne) : ...s'il
vous plaît! Sinon, je vais reprendre le contrôle de la discussion. Merci.
Mme Ghazal : Très bien. Donc,
d'ici 2026, est-ce qu'il risque d'y avoir un nouveau plan gouvernemental en
matière de culture?
M. Lacombe : Bien, on a la
politique culturelle, mais là, vous voulez dire...
Mme Ghazal : Oui ou non,
c'est tout, là.
M. Lacombe : Bien, un autre
plan... Parce que, là, je ne veux pas sortir d'ici avec une manchette : Le
gouvernement n'a pas de plan en culture. Ça fait que je fais attention à ce que
je dis, mais... mais, disons, le nouveau plan, là, ce sera mettre de l'avant
les 300 millions de dollars de mesures qu'on est allé chercher dans
le budget.
Mme Ghazal : En fait, je
comprends. C'est juste le milieu culturel veut juste le savoir. Oui, il y a de
l'argent pour continuer à faire qu'est-ce qui est écrit dans le plan 2018‑2023.
La question, c'est : Est-ce qu'il va y avoir un autre plan avec d'autres
actions, pas juste de l'argent? C'est juste ça. Ça fait que la réponse, c'est
non?
M. Lacombe : Bien, ce n'est
pas prévu.
Mme Ghazal : C'est correct.
M. Lacombe : Ce n'est pas
prévu pour l'instant.
Mme Ghazal : Parfait.
M. Lacombe : Mais, en même
temps, je sais que le milieu culturel a des questions sur, justement, ce
300 millions, mais on se parle, on se parle fréquemment.
Mme Ghazal : Très bien. Tout
à l'heure, le ministre a dit que notre langue, pour qu'elle puisse être
valorisée, pour qu'elle vive, et tout ça, ça prend la culture, mais la culture,
pour qu'elle vive, au Québec, bien, ça prend des artistes. Puis je vais revenir
sur les conditions de vie... les conditions de travail des artistes.
Ce que je disais, tantôt... ma question
était par rapport à la reddition de comptes des organismes subventionnés, les
producteurs, que ce soit en musique, en n'importe quoi, dans n'importe quel
secteur culturel, qui reçoivent de l'argent public, en ce moment, même s'il y a
eu la Loi sur le statut de l'artiste qui a fait des avancées, il n'y a pas
eu... c'est-à-dire qu'il y a une inquiétude, toutes les associations d'artistes
sont extrêmement inquiètes, puis peut-être que vous en avez parlé avec Mme
Kontoyanni, sur le fait qu'il y a des producteurs qui ne respectent pas les
ententes qui ont été conclues avec les artistes ou, des fois, tu sais, il n'y a
pas de syndicat. Et est-ce que c'est possible... Est-ce que vous allez
travailler sur le fait que les artistes puissent avoir des conditions minimales
de travail qui sont respectées par les organismes qui reçoivent de l'argent
public?
M. Lacombe : Bien, vous
savez, aujourd'hui, je rencontrais justement la nouvelle présidente de l'Union
des artistes puis j'ai terminé la rencontre en lui disant : S'il y a
d'autres enjeux auxquels on est confrontés, s'il y a des éléments auxquels nous
n'avons pas pensé, s'il y a des discussions à poursuivre, moi, je suis tout à
fait disponible pour le faire.
Donc, est-ce qu'il y a des ajustements à
faire? Peut-être. Est ce qu'il y a des discussions à continuer d'avoir?
Probablement. Est-ce qu'il reste encore de défis? Certainement. Donc, je l'ai
assurée, ce matin, quand on pourra avoir ces discussions-là, mais, en même
temps, elle vient d'arriver, là, je pense qu'on va avoir cette discussion-là au
cours des prochaines semaines, puis, s'il faut poser des gestes, moi, je
n'exclus rien.
• (17 h 10) •
Mme Ghazal : En fait, oui, le
ministre a parlé avec la présidente de l'UDA, mais il y a plein d'autres
organisations, puis moi, je peux l'informer : ils se sont déjà exprimés. Peut-être
que le ministre n'a pas eu le temps de voir c'est quoi, leurs demandes. Les
associations d'artistes ce qu'ils disent, c'est qu'en ce moment il n'y a pas
ces conditions minimales de travail qui sont respectées, ce n'est pas le cas.
Est-ce que le ministre... Je comprends
qu'il n'est peut-être pas prêt puis là ce n'est pas en deux minutes qu'il va
pouvoir me répondre amplement... Est-ce qu'il peut considérer de revenir, en
tout cas, de travailler sur le fait qu'il y ait ces conditions minimales, par
exemple, quand il n'y a pas d'entente collective? L'UDA, tu sais, c'est un
syndicat. Quand il n'y a pas d'entente collective, quand il n'y a pas de
syndicat, des fois, il y a comme un producteur qui ne fait pas partie d'une
association professionnelle, il faut qu'avec les artistes, à la pièce, il fasse
une entente. Bien, il faut qu'il y ait des conditions minimales, que ce soit...
sinon, là, si ces conditions minimales pour les conditions de travail des
artistes ne sont pas respectées, bien, il n'y aura pas d'argent pour les
producteurs. En ce moment, c'est une demande très importante pour les artistes.
Ils ont décidé de laisser ça de côté en... après, parce qu'ils <voulaient...
Mme Ghazal :
...en
ce moment, c'est une demande très importante pour les artistes. Ils ont décidé
de laisser ça de côté en... après, parce qu'ils >voulaient que la Loi
sur le statut de l'artiste passe, puis ils ont dit : On va revenir, mais
là ça fait quand même longtemps, ça fait... Tu sais, moi, je suis inquiète que
le ministre ne soit pas plus au courant de cette demande-là. Ça fait que
peut-être que je lui demanderais de... Allez-y, oui.
M. Lacombe : Bien, en fait,
ce n'est pas que je ne suis pas au courant, là, mais c'est que, concrètement,
je pense qu'il faut que ce soit plus qu'une discussion de coin de table, là. Ce
que je dis, c'est que, oui, je suis au courant, là, qu'il y a des demandes. Ce
matin, précisément avec l'UDA, j'ai eu cette discussion-là, mais évidemment il
y a d'autres partenaires, il y a la guilde, bon, il y a... je pourrais tous
vous les nommer, là, on a eu une rencontre ensemble, ça fait quelques
semaines... une couple de mois, puis... bon, ils vous en ont parlé.
Donc, oui, je suis au courant de ça. Il y
a déjà du travail qui a été fait, notamment par la SODEC, qui a élargi son
pouvoir de... qui a un pouvoir élargi de vérification à tous ces programmes. Je
comprends que ce n'est pas assez.
Mme Ghazal : ...suffisant.
M. Lacombe : Je comprends que
ce n'est pas assez, je comprends que je n'est pas suffisant. C'est ce qu'ils
nous disent. Donc, on va continuer la conversation avec eux. Puis, évidemment,
je pense que le milieu culturel voit aussi qu'on est de bonne foi puis qu'on
est prêts à poser des gestes pour le protéger, puis je pense que le travail qui
a été fait sur le statut de l'artiste, ça en est l'exemple le plus éloquent.
Maintenant, est-ce que c'est parfait? Je
comprends que non, là, on m'a déjà sensibilisé à ça, mais, comme je vous dis, à
l'heure où on se parle, à moins que vous me disiez, là, que vous avez, vous,
là, toutes les solutions, je ne pense pas... puis là vous... C'est ça, je pense
qu'on a le même avis là-dessus, on n'a pas toutes les solutions, mais je pense
qu'on peut continuer le dialogue.
Mme Ghazal : Bien, l'idée,
c'est d'être à l'écoute...
M. Lacombe : Oui, oui, oui.
Mme Ghazal : ...de ces
associations, plus que vous l'avez été, par exemple, pour le monde muséal.
Voilà. J'arrête là-dessus. J'ai une autre question.
M. Lacombe : Bien, on a
augmenté le financement de 17 millions. Vous auriez mis combien, vous?
La Présidente (Mme Dionne) : ...
Mme Ghazal : Oui, merci. J'ai
une autre question, sur le CALQ. On a parlé de la SODEC, là, je veux parler du
CALQ, il y a le conseil du théâtre québécois aussi, qui a dit que c'était quand
même un budget assez conservateur en milieu de la culture. Je comprends qu'à
cause de la fin des mesures d'aide, notamment, par exemple, à la billetterie, à
cause de la pandémie, là... c'est-à-dire que ce n'est peut-être pas tout
terminé, mais ça a été réduit, puis on dit : Bon, là, on est revenu à la
normale. Pour ce monde-là, ce n'est pas encore revenu à la normale, notamment
pour le milieu du théâtre. Et ils sont très, très inquiets par le fait que vous
baissez, selon les calculs que j'ai faits, le CALQ de 28 %. C'est une
importante baisse du CALQ. Comment est-ce que vous l'expliquez? Est-ce que vous
l'expliquez uniquement parce qu'il n'y a plus de pandémie?
M. Lacombe : Bien, en fait,
peut-être une correction, d'abord : la mesure d'aide à la billetterie,
elle n'est pas terminée, elle n'est pas du tout terminée. D'ailleurs, nos
représentants de sociétés d'État, le CALQ et la SODEC, pourraient vous le
confirmer, j'ai lourdement insisté, avant que le budget soit terminé d'écrire,
sur le fait qu'on devait avoir suffisamment de sommes.
Ce sont des estimations, parce qu'on ne
peut pas savoir on aura combien de réclamations, mais je me suis assuré que les
sommes que nous mettions dans le programme pour les trois prochaines années,
donc on a de prévisibilité, soient suffisantes pour répondre à la demande, et
on m'assure que ce sera le cas. Donc, je pense qu'on ne peut pas dire, donc,
que ça arrive à terme, on a renouvelé ça pour les trois prochaines années. Puis
bien sûr, que les montants baissent, parce que les gens reviennent en salle,
donc on a moins besoin de compenser, mais on me dit qu'il y aura suffisamment
d'argent. Donc, ça, je pense que c'est la première bonne nouvelle.
Ensuite, bien là, il ne faut pas comparer
des pommes avec des oranges, il ne faut pas comparer la base budgétaire du CALQ
ou de la SODEC avec le chiffre qui comprendrait la base budgétaire plus
l'argent qu'on lui envoie pour mener à bien certains programmes. Donc, si, par
exemple, je compare avec le budget, je compare, je prends les chiffres du
budget 2023‑2024, le CALQ est à 144 millions, la SODEC, à
129 millions, mais il y a plusieurs sommes qui vont s'ajouter à ça :
il y a les sommes du PAGC, donc, tantôt, on parlait du
300 millions de dollars sur cinq ans; il y a des sommes qui vont
descendre vers la SODEC, vers le CALQ; il y a la dernière année du plan de
trois ans, qui était le plan de... propulser, faire briller, bon, qui est de
225 millions... 226 sur trois ans, on est dans la dernière année, c'est
41 millions cette année; il y a la mesure billetterie; il y a le plan
d'action numérique en culture. Donc, il y a énormément d'argent qui va
descendre, ce qui fait en sorte qu'on va arriver sensiblement à ce qu'on
arrivait l'année dernière, là. Donc, il ne faut pas comparer ces deux chiffres-là.
Mme Ghazal : Donc, le fait
que le CALQ ait baissé... vous dites que ça n'a pas baissé, le CALQ n'a pas
baissé. Donc, il y a une mauvaise compréhension du budget par nous et par, par
exemple, le CQT, le Conseil québécois du théâtre. Puis moi, selon ce que j'ai
regardé, c'est ce que j'ai vu, c'est que ça a baissé, mais je ne veux pas... je
ne veux pas aller sur plus... Peut-être qu'on pourra en reparler, là, mais, de
toute façon, le milieu des <artistes...
Mme Ghazal :
...je
ne veux pas aller sur... plus... Peut-être qu'on pourra en reparler, là, mais,
de toute façon, le milieu des >artistes... je vais aller plus général
sur le budget, voudrait que ce soit 2 %, en matière de culture, sur le
budget du Québec. En ce moment, on est à combien?
M. Lacombe : On est à
1 %, mais c'est historique, ça, c'est historique, donc, mais, si on
calcule les crédits d'impôt puis si on regarde ça de façon plus globale, on
dépasse le 1%. Ça dépend de la façon de calculer.
Mme Ghazal : Est-ce que le
ministre a l'intention d'aller jusqu'au 2 %?
M. Lacombe : Bien, moi, j'ai
l'intention de me battre pour le milieu culturel puis de m'assurer qu'on ait
toujours les moyens de nos ambitions, mais je veux juste revenir, parce que,
là, vous avez pris quand même beaucoup de temps pour établir quelque chose,
puis je veux juste que ce soit clair, là, au bénéfice des gens qui nous
écoutent. 2023‑2024, le budget 2023‑2024, le CALQ est à 144 millions, base
budgétaire. En 2022‑2023, on ne peut pas comparer avec la dépense, qui était de
187 millions, parce qu'entre le 144 de cette année puis le 187 de l'année
dernière... l'année dernière, ça comprenait des dépenses, par exemple, qui
venaient du Plan d'action gouvernemental en culture, du plan propulser, faire
briller, de la mesure billetterie, du plan d'action numérique.
Donc, cette année, il y a certaines de ces
sommes-là qui vont aussi aller vers le CAG, vers la SODEC, donc peut-être qu'il
y aura une petite variation, mais, en même temps, il y a des mesures COVID,
effectivement, qui arrivent à terme, qui étaient là pour répondre à un besoin
lié à la COVID. Ce besoin-là, il disparaît de plus en plus. Il y a d'autres
défis, là, mais ce besoin-là, il disparaît. Donc, je pense qu'à la fin, si on
compare des pommes avec des pommes on ne pourra pas arriver à cette
conclusion-là.
Mme Ghazal : Ça fait que ça
n'a pas baissé...
La Présidente (Mme Dionne) : En
conclusion. Il vous reste 50 secondes. Désolée.
Mme Ghazal : OK. Ça n'a pas
baissé, mais les gens du milieu de la culture, en tout cas, ils vous le diront,
ils ne nagent pas dans l'argent, ni avant la pandémie ni maintenant, puis le
fait que des mesures d'aide ne soient pas pérennisées, ça ne va pas venir les
aider.
Je voulais parler de trois autres sujets,
c'est sûr que je n'y arriverai pas. Pour les GAFAM, le ministre a dit : Là,
en ce moment, il y a une loi au fédéral qui n'est pas encore votée, et, après
ça, il va y avoir le CRTC, et tout ça. Qu'est-ce que... Vu que le ministre et
le gouvernement de la CAQ n'ont pas décidé ou n'ont pas voulu aller chercher, rapatrier
tout l'argent du fédéral au Québec, contrairement à leur intention en 2015...
La Présidente (Mme Dionne) : C'est,
malheureusement, le temps qu'on avait. Je dois couper pour ce bloc, c'est le
dernier bloc. Je suis désolée. Alors, je vais passer la parole...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Vous
pourrez vous en reparler. Je cède la parole au député de Matane. M. le député,
j'ai pris connaissance du document que vous nous avez transmis. Donc,
j'autorise le dépôt du document, et ce dernier sera mis sur le site Web de la
commission et celui du Greffier. La parole est à vous.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. On a évoqué, tout à l'heure, l'Union des artistes, qui a une
nouvelle présidente, une nouvelle équipe. J'ai devancé un peu le ministre,
lundi, je leur ai parlé un peu de l'exercice des crédits. Et je veux essayer de
résumer une demande importante, que je veux porter en leur nom, non pas que le
ministre n'en est pas sensibilisé, mais pour que la réponse soit publique.
Transparence totale, Mme la Présidente, je
veux évoquer que ma conjointe est membre de l'Union des artistes, on est au moins
deux à vivre ça autour de cette table. Alors, je veux l'évoquer parce que c'est
un syndicat, donc je fais ça pour... de façon générale, mais je le fais à
chaque année, donc, je voulais le dire. Je ne pense pas révéler grand-chose non
plus.
L'audiovisuel, donc, la production, ça,
c'est à la base, c'est là que les projets commencent. Alors, le ministre
n'ignore pas que l'inflation, la hausse constante des coûts touche aussi
durement le secteur de l'audiovisuel, donc les matériaux, les frais de location
de véhicules, l'essence, l'augmentation des prix d'équipement. Et il y a la
pénurie de main-d'oeuvre. Les mesures d'aide temporaire pour atténuer les
effets de la COVID-19 ont soulagé temporairement le milieu de la culture, mais,
maintenant qu'elles ne sont pas reconduites, le milieu est laissé à lui-même,
dans un contexte de forte inflation et de pénurie de main-d'œuvre.
• (17 h 20) •
Ma question : Que compte faire le
ministre de la Culture pour soutenir la production audiovisuelle de langue
française? Est-ce que le ministre peut s'engager à mettre en œuvre des mesures
fiscales ou en financement supplémentaire pour soutenir la production du
Québec? Autrement dit, c'est à partir de ces projets qu'on peut engager des
artistes qu'on voit à l'écran ou sur la scène et les gens qui contribuent aux
productions. Donc, c'est une question un peu large, mais l'objectif est quand
même : Quelles sont les mesures à venir pour augmenter notre production?
M. Lacombe : Bien, je
pense... Et c'est un sujet sur lequel je me penche beaucoup ces temps-ci, d'ailleurs,
je vais être avec les gens de l'AQPM à leur gala demain, je suis certain qu'on
aura l'occasion d'en reparler. Je vous dirais deux choses. D'abord, dans le
dernier budget, il y a quand même des gestes qu'on pose qui vont être
bénéfiques aux gens auxquels vous faites référence, à leurs entreprises.
Pensons, notamment, à l'investissement de
100 millions de dollars que nous ferons dans Télé-Québec pour la
production, notamment d'émissions... principalement d'émissions jeunesse.
Évidemment, cet argent-là va aller directement à nos <créateurs...
M. Lacombe :
...la
production, notamment d'émissions... principalement d'émissions jeunesse.
Évidemment, cet argent-là va aller directement à nos >créateurs, à nos créatrices,
à nos entreprises qui vont recevoir des mandats pour produire des émissions.
Donc, je pense qu'il y a là une bonne nouvelle. On investit dans le secteur
audiovisuel québécois. Ça, c'est une chose.
Le deuxième élément que je soulignerais,
c'est... notamment, ça aura aussi une incidence, la modernisation de la SODEC
avec une banque d'affaires moderne dotée de 200 millions de dollars.
Je pense que ce sera un outil parmi les autres dans le coffre à outils pour
être capable d'appuyer nos entreprises qui oeuvrent dans ce secteur-là. Et
j'entends bien, j'entends bien leur demande de relever le niveau du crédit
d'impôt. Ils me l'ont bien faite, je l'ai bien comprise.
M. Bérubé : Quant à l'AQPM,
il existe une table régionale de producteurs, il y en a de nombreux, puis c'est
ceux qui sont établis à plus de 150 kilomètres de Montréal. L'an dernier,
j'avais déposé une lettre qui indiquait que l'essentiel de la production était
basé notamment à Montréal ou à Québec. Donc, ils se sont regroupés. Il y en a
partout au Québec. Je vais déposer à nouveau cette lettre-là. Il y en a en
Outaouais, il y en a trois, au Bas-Saint-Laurent, en Estrie, Gaspésie, les
Îles, Abitibi, Côte-Nord, Mauricie.
Donc, je veux tout simplement redéposer à
nouveau ça, cette lettre-là, parce qu'il n'y a pas eu un suivi qui était
satisfaisant. «Que propose le ministre pour soutenir la vitalité économique de
la production audiovisuelle régionale? Le milieu réclame une enveloppe annuelle
de 3,5 millions de la SODEC pour la production en région, précisément en
région, 3,5 millions. Est-ce compatible avec la baisse de 40 millions
du financement de la SODEC cette année? Est-ce que je peux leur dire, je pense
à Productions PVP, chez nous, qu'on a des bonnes nouvelles ou pas? Et je dépose
la lettre à nouveau.
M. Lacombe : Bien, c'est un
phénomène duquel j'ai été mis au courant, avéré ou non, là, je vous avoue que
je n'ai pas les données sous la main, mais c'est sûr que je pense que c'est
important qu'il y ait une part de la production qui soit réalisée dans les
entreprises qui sont en région, pas seulement dans les grands centres.
D'ailleurs, on m'a déjà bien sensibilisé à ça. Je connais une productrice qui
est bien insistante avec moi à ce sujet-là et j'ai bien entendu cette demande-là.
Maintenant, je pense qu'il y a un travail continu, à travers nos programmes,
pour être capables de toujours être plus représentatif de tout ce qui se fait
partout au Québec.
M. Bérubé : Très bien. Puis
c'est souhaitable, hein, parce que des productions peuvent se faire partout au
Québec. Ça contribue à la vitalité économique et c'est souhaitable. Ces
entreprises-là comptent beaucoup sur vous. J'ai donné l'exemple de votre
région, il y en a trois, quand même.
Question très technique pour quiconque... je
ne sais pas qui le premier peut trouver la réponse : Combien il y a
d'employés présentement à la Direction générale du patrimoine? N'importe qui.
Des voix : ...
M. Bérubé : 60?
M. Lacombe : Bon.
Jean-Jacques nous dit 64.
M. Bérubé : OK. Alors...
M. Lacombe : Une soixantaine.
On va dire ça, une soixantaine.
M. Bérubé : Bon. Alors, c'est
quand même 100 de moins qu'à l'origine, quand M. Lévesque est arrivé comme
premier ministre du Québec. C'est beaucoup moins qu'avant, puis je suggère que
le patrimoine, ça vieillit, alors ça en prend encore, des gens qui sont
vigilants pour s'assurer qu'on protège le patrimoine, qu'on pose les gestes
qu'il faut. Puis, sur ce nombre de fonctionnaires, je ne sais pas s'il y en a qui
sont affectés aux Espaces bleus, mais je voulais soumettre cette statistique...
Jean-François Nadeau, c'est à lui que revient le mérite, du Devoir, que...
je suis convaincu qu'il apparaît régulièrement dans votre revue de presse. Je
veux lui rendre hommage, je veux lui rendre hommage parce qu'il fait un travail
consciencieux et professionnel sur le patrimoine et il mérite qu'on salue sa
contribution. Donc, je vous soumets cette statistique, parce que, souvent, ce
qu'on veut faire, c'est comparer ce qui a été accordé et ce qui... autrefois. Puis
il y a de l'évolution dans les ministères, peut-être qu'il y a des raisons qui
le justifient, mais je ne l'ai pas pas plus que...
Les écrivains, si vous permettez, parce
que ça relève également de la culture, ils aimeraient une refonte de la Loi sur
le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre. On en
est où avec ça?
M. Lacombe : Bien, peut-être,
d'abord, sur le patrimoine, juste faire une parenthèse en vous disant que... Vous
demandez s'ils sont vigilants, s'ils le sont assez.
M. Bérubé : Le chiffre me
suffisait.
M. Lacombe : Non, mais c'est
une bonne... Je trouve que c'est une bonne discussion à avoir, mais je peux
vous dire une chose, c'est que les gens sur le terrain, les citoyens et les
entrepreneurs, les trouvent pas mal vigilants. Donc, quand ça appelle au
cabinet ou au ministère pour se plaindre que le ministère est trop vigilant, en
termes de patrimoine, je pense que c'est quand même un indicateur intéressant.
M.
Bérubé
: ...
M. Lacombe : Mais, sur le
livre... Voulez-vous que je réponde sur le livre?
M. Bérubé : Oui.
M. Lacombe : Bien, sur le
livre, c'est un secteur qui me tient particulièrement à cœur, que j'apprécie
particulièrement, pour plein de raisons, ce serait long de vous les expliquer,
on en reparlera, mais on a l'intention de mettre sur pied puis d'annoncer une
année du livre et de la lecture au cours de notre mandat. C'est un engagement
électoral que je mènerai à bien. Puis dans le cadre de cette année-là, <évidemment...
M. Lacombe :
...la
lecture au cours de notre mandat. C'est un engagement électoral que je mènerai
à bien. Puis dans le cadre de cette année-là, >évidemment, il y aura
toute une série de gestes qui seront posés. Et je réserverai mes commentaires
pour l'instant.
M. Bérubé : Quelques
questions courtes. Bibliothèque et Archives nationales, je vois sa PDG qui est
là, est-ce que... Question d'appréciation de votre part : Est-ce qu'on a
les moyens pour le virage numérique? Parce que, là, les employés vont écouter
avec attention, et tous les utilisateurs de cette grande institution québécoise
qui nous tient à coeur. Alors, est-ce qu'on a les moyens du virage numérique?
M. Lacombe : Bien, je
pense qu'on a d'importants moyens, mais je pense que le virage numérique, qu'on
soit au gouvernement ou dans l'entreprise privée, va toujours demander plus de
moyens que ce qu'on a sur la table, parce que c'est un immense chantier où on
pourrait toujours aller plus vite, mais où il faut aussi faire les choses
correctement. Donc, d'importants moyens, mais je pense qu'il faut continuer,
parce que, comme le dit bien Marie Grégoire, on doit... on doit aller vers une
société apprenante. Je pense que c'est comme ça qu'elle l'a dit, puis BANQ,
c'est un partenaire de choix là-dedans.
M. Bérubé : On ne l'a
pas abordé beaucoup : Est-ce que le ministre est toujours responsable de
la fête nationale?
M. Lacombe : Bien, tout
à fait. Avec beaucoup de fierté, d'ailleurs.
M. Bérubé : Oui? Alors,
ça a peut-être été discuté tout à l'heure, mais je...
Une voix : ...
M. Bérubé : Ah bon! Je
vais en parler. Il existait une pratique, autrefois, où, je ne sais pas si
c'était comme les Espaces bleus, on consultait le caucus à savoir qui voulait
accueillir le spectacle télévisé. Ça a été deux fois à l'extérieur de Montréal,
c'est revenu à Montréal. Est-ce qu'il y a des changements cette année pour le
financement de la fête nationale? Est-ce qu'on peut... Le budget est le même
que l'an dernier, plus haut, plus bas? Ça, c'est ma première question.
Et l'autre : Est-ce qu'il y a des
changements quant à la télédiffusion de la fête nationale, pour le grand
spectacle télévisé où le ministère est partenaire? Il y en a même deux, en
fait.
M. Lacombe : Bien,
d'abord, je peux vous assurer qu'on s'assure que nos organisations aient des
moyens importants, là. Je parle du Mouvement national des Québécois puis de la
société de la... Voyons, j'ai un blanc...
Une voix : ....
M. Lacombe : ...du comité
des fêtes nationales à Montréal, qu'ils aient des moyens importants pour être
capables de mener à bien leur mission. Puis, encore une fois, cette année, je
vais vous dire, on est allés de l'avant avec un financement supplémentaire
parce que ça me préoccupait, notamment...
M. Bérubé : Est-ce que
vous avez les chiffres?
M. Lacombe : ...qu'ils
ne soient pas en mesure... Est-ce que je peux donner les chiffres? Oui, je peux
les donner, hein?
M. Bérubé : On est aux
crédits. Si ce n'est pas là, c'est jamais, hein?
M. Lacombe : Le député
de Matane dit qu'on peut le faire. Donc, c'est 500 000 $ au... parce
que je n'étais pas certain que c'était annoncé. 500 000 $ de plus au
comité de la fête nationale. Puis, le Mouvement national des Québécois avait
une demande, là, qui était différente, techniquement, souhaitait utiliser ses
surplus, ne pouvait pas le faire sans notre autorisation. Donc, on l'a autorisé
à le faire, donc, à hauteur de plus de 640 000 $. Donc, on s'assure
qu'ils aient... qu'ils aient suffisamment d'argent pour que tout le monde
puisse entrer dans la danse le moment venu, le 23... le 24 juin.
La Présidente (Mme Dionne) :
Il reste une minute.
M. Bérubé : Je prends la
parole du ministre, mais j'aimerais vraiment avoir les chiffres de façon très
précise pour l'ensemble du Québec, le grand spectacle de Montréal. Je veux
quand même le lire. J'aimerais avoir les chiffres. Tout à l'heure, un des
collègues a évoqué la participation du ministre au comité sur la langue
française. Il y a beaucoup de monde autour de la table. Mystérieusement, le
ministre qui a porté la loi n° 96 n'a pas été invité. Je ne sais pas
pourquoi, mais le ministre de la Culture est là, alors, je lui en parle à lui.
Quelles seraient, par exemple, des avenues
où le ministère de la Culture peut intervenir? Parce que moi, je suis heureux
qu'il y soit, parce que la proposition qu'on va faire, nous, va parler à la
fois de langue, de culture et d'immigration. Et, en matière culturelle, est-ce
qu'il y a des pistes qu'il peut déjà évoquer, par exemple, puis qui peuvent
favoriser la vitalité du français? Il y a une initiative, par exemple, sur le
livre en milieu scolaire, annoncée par son collègue, récemment. Je suis
totalement d'accord avec ça, c'est une belle initiative, mais vers quoi on s'en
va? Qu'est-ce que le ministre peut nous dire sur le côté culture, pour ce
comité, la contribution de la culture au comité?
La Présidente (Mme Dionne) :
En 20 secondes.
M. Lacombe : En
20 secondes? Bien oui, on aura beaucoup de mesures. Il y en a certaines
qui sont déjà dans le budget, le passeport culturel en est une, par exemple. Si
on veut que nos jeunes aiment la culture québécoise, encore faut-il qu'ils la
connaissent, qu'ils puissent la choisir. C'est tout l'enjeu, entre autres, de
la découvrabilité. Je pense que le passeport va nous aider... va nous aider à
faire ça. On se pose des questions sur beaucoup d'autres...
• (17 h 30) •
La Présidente (Mme Dionne) :
C'est maintenant terminé. Je dois terminer la discussion, désolée, et céder
la parole de nouveau à la députée de Mont-Royal—Outremont
pour le dernier bloc d'interventions.
Mme Setlakwe : Merci,
Mme la Présidente. J'ai des questions en vrac, M. le ministre, avant de parler
plus du développement des projets dans le PQI.
Télé-Québec, évidemment, on salue
l'annonce. Vous annoncez des investissements de quelque 100 millions sur
cinq ans pour réaffirmer le rôle de Télé-Québec en programmation jeunesse et
culturelle, notamment, afin de proposer une offre originale et renouvelée.
C'est extrêmement important. Donc, c'est un parti pris ferme, là, pour soutenir
l'identité culturelle des médias du Québec dans un contexte de mondialisation
et de transformation de l'écosystème médiatique québécois. Leur mission est
superimportante, notamment dans l'approche jeunesse, sinon, on va
essentiellement s'en remettre aux Disney de ce monde, là, pour dicter notre
culture.
Ma question, c'est la suivante...
17 h 30 (version révisée)
Mme Setlakwe : ...aux Disney
de ce monde, là, pour dicter notre culture. Ma question, c'est la suivante :
En termes de programmation, vous répondez... vous répondez présent, mais est-ce
que vous pouvez nous donner des précisions sur qu'est-ce que vous allez
apporter comme aide en termes de structure de travail qui est réduite?
M. Lacombe : Bien, c'est une
excellente question, parce que, oui, on investit 100 millions dans la
programmation, donc dans ce que les Québécois, les Québécoises vont voir à l'écran,
mais on investit aussi dans la structure de Télé-Québec. Donc, le dernier
budget prévoit 10 millions, un peu plus... un peu plus... tu sais, aux
alentours de 10 millions de dollars par année pour aider Télé-Québec,
combler son déficit... le déficit avec lequel elle était aux prises, parce qu'il
faut dire que, pendant des années, il n'y a pas eu d'augmentation de son
financement. C'était très difficile pour Télé-Québec. Puis, aussitôt que je
suis arrivé, je me suis dit : Ça n'a pas de bon sens, il faut absolument
donner un coup de barre. Donc, effectivement, on a, dans la programmation, 100 millions
sur les prochaines années, mais par ailleurs un 10 millions par année pour
venir combler son déficit.
Mme Setlakwe : Merci. Je vous
l'ai dit, c'était en vrac. Est-ce qu'il y avait une précision à apporter? Je
vous vois... Non?
M. Lacombe : Bien, le 10 millions
va combler son déficit.
Mme Setlakwe : OK... par
année, là, c'est pour combler le déficit.
M. Lacombe : C'est par année.
Mme Setlakwe : Oui, par année
pour combler le déficit.
Spectacle Décembre, on a entendu
beaucoup parlé qu'il ne... dont... qu'on ne retrouvera pas... c'est au Théâtre
Maisonneuve, de mémoire, à la Place des Arts. Ça a été discuté beaucoup dans
les médias. Avez-vous des développements? Est-ce que vous les avez rencontrés?
Est-ce qu'il y a une solution qui a été mise de l'avant pour qu'ils puissent
adapter la pièce et qu'on puisse, tu sais, le voir... le voir ailleurs? C'est
quand même un important joyau de notre culture folklorique, là, du temps des
fêtes.
M. Lacombe : Tout à fait,
tout à fait. Puis moi, je n'ai rien contre Décembre, là. Je suis allé...
je suis allé voir, justement, en décembre dernier, avec la famille, puis on a...
on a beaucoup aimé ça. Donc, évidemment, ce n'est pas moi, comme ministre de la
Culture, qui fait la programmation de la Place des Arts. La Place des Arts
connaît les spectateurs, a cette expertise-là. Évidemment, c'est un complexe
qui comprend plusieurs salles. Ils ont cette intelligence d'affaires, et, selon
eux... et c'est leur décision, la PDG l'a défendue, selon eux, il était temps d'aller
vers un renouvellement de l'offre, tout en gardant une saveur québécoise. Ça, c'est
quelque chose qui m'a interpelé par contre. J'ai voulu... On a posé beaucoup de
questions pour nous assurer qu'on ne remplaçait pas ça par une production
américaine, par exemple, juste parce qu'on pense pouvoir vendre des billets.
Donc, ça restera fermement Québécois, l'offre qui sera présentée. Mais en même
temps, encore une fois, je comprends ces questions-là, mais je pense que, si on
était dans une société où c'est le ministre qui disait : Bien, voici la
programmation que vous devez avoir... je pense que ce serait aussi un peu
inquiétant. Donc, ce n'est pas la posture que j'ai prise avec eux.
Mais par ailleurs, maintenant que cette
décision-là est prise, qu'est-ce qu'on peut faire pour aider les producteurs de
Décembre? Bien, moi, ça, je suis bien ouvert. Est-ce qu'ils peuvent s'installer
ailleurs? Est-ce qu'ils peuvent continuer de présenter un spectacle? Si tel est
leur souhait, puis je pense comprendre que ça l'est, bien, nous, on est disposés
à leur donner un coup de main, mais ils ont des exigences puis des demandes qui
sont assez pointues. Donc, nous, on collabore dans la mesure du possible avec
eux.
Mme Setlakwe : Mais là j'entends
deux choses, là. S'ingérer dans les décisions de la Place des Arts, moi,
je n'étais pas là-dessus nécessairement. Moi, je suis plus dans : Est-ce
que vous leur avez parlé, aux producteurs de Décembre?
M. Lacombe : Oui, mon équipe
est en contact avec eux. Il y a eu de multiples contacts qui se... dont les
doigts des deux mains ne suffisent pas pour les compter, là. Donc, il y en
a eu beaucoup.
Mme Setlakwe : Donc, il n'y a
pas une aide qui a été... vous n'avez pas convenu, le ministère n'a pas convenu
d'une aide pour que le... il y ait des ajustements ou... Tu sais, eux, ils
avaient même investi. Bon, c'est... ça, c'est très malheureux, là, pour... ils
pensaient continuer à la Place des Arts. Mais est-ce... est-ce que, donc, il y
a... il y a une aide qui sera fournie?
M. Lacombe : Bien, s'il y a
une demande, ça nous fera plaisir de l'étudier. Actuellement, il n'y a pas de
projet. Actuellement, il n'y a rien sur la table. Donc, s'il y a un projet sur
la table où la participation du gouvernement pourrait rendre le projet
possible, pourrait faire la différence, bien, moi, je serai disposé à écouter
puis à regarder ça avec eux. Pour l'instant, ce n'est pas le cas.
Mme Setlakwe : Merci. En
octobre 2018, votre gouvernement avait annoncé en grande pompe à... la
découverte d'une palissade à Québec, là, la palissade de Beaucours, qui,
supposément, datait de 1693. Depuis, bon, je pense qu'il y a eu des études d'experts
qui ont dit que ça ne date pas de cette époque-là. Vous avez une mise à jour à
nous fournir? Est-ce que... Qu'est-ce qui arrive avec ça? Quel genre de sommes
d'argent ont été <investies...
Mme Setlakwe :
...ont
été >investies dans ce projet-là?
M. Lacombe : Bien, si vous le
permettez, sur cette question-là, je n'ai pas eu beaucoup recours à nos
collaborateurs des sociétés d'État, mais peut-être que M. La Roche du
musée pourrait s'approcher à l'instant.
La Présidente (Mme Dionne) : ...M.
La Roche du musée puisse intervenir?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Allez-y.
M. La Roche
(Stéphan) :Bonjour. Stéphan La Roche,
président-directeur général du Musée de la civilisation.
Donc, sur le rempart palissadé de
Beaucours, en fait, le rempart, il a été traité, là, depuis quelques années par
le Centre de conservation du Québec. Il a été stabilisé. Donc, le projet est de
présenter une partie... parce que vous savez... vous comprenez que c'est un...
un objet qui est quand même imposant, une partie du rempart palissadé à
l'intérieur de la prochaine exposition permanente qui va porter sur le Québec
au Musée de la civilisation. D'ailleurs, dans les prochains jours, là, on va
faire entrer une... cet objet-là au musée dans... d'ici deux semaines, je
pense. Et donc ça va être installé, là, dans les prochains mois, dans la
prochaine exposition.
Mme Setlakwe : Merci
beaucoup. Je vous l'ai dit, c'était en vrac.
Là, je m'en vais sur le... le passeport
culturel. Annonce intéressante. Est-ce que vous avez des précisions? Ça va
entrer en vigueur à quel moment? Ça va prendre quelle forme?
M. Lacombe : Bien, là,
c'est... c'est... je peux... je peux vous répondre. Ça me fait sourire parce
que c'est mon adjoint parlementaire le député de Beauce-Sud qui a ce mandat-là
au gouvernement, mais là, bon, pour la... la forme, je vais... je vais... je
vais répondre. Évidemment, c'est un dossier que... c'est un dossier que je
vais... Bien, à moins qu'il... Est-ce que tu veux répondre?
La Présidente (Mme Dionne) : M.
le député peut répondre s'il y a consentement à autoriser notre...
M. Poulin : ...Bien, merci,
mais c'est en complément... en complément de ce que... M. le ministre l'a dit,
effectivement, dans le dernier budget, il y a des sommes financières qui ont
été allouées pour développer la passe culturelle, le passeport culturel. Vous n'êtes
pas sans savoir que, dans différents pays à travers le monde, il s'est
développé ce genre de passeport pour, entre autres, permettre aux jeunes
d'avoir accès à la culture. Alors, avec les professionnels du gouvernement,
avec les gens du ministère de la Culture, on est en train de déterminer les
contours de ce que pourrait avoir l'air ce passeport culturel là. Évidemment,
ce qui nous guide, c'est l'accès à la culture québécoise, l'accès à la culture
francophone et de permettre, justement, à des jeunes d'avoir accès, par
exemple, à nos librairies ou à... ou à différents matériels culturels. Alors,
on est encore dans l'élaboration. L'objectif que nous avons, c'est dans les...
La Présidente (Mme Dionne) : ...
M. Poulin : Mais c'est tellement
passionnant, Mme la Présidente. Mais l'objectif que nous avons, c'est les deux prochaines
années, Mme la députée.
Mme Setlakwe : ...d'ici à
deux ans. Ah! c'est ça. Bien là, c'est parce que je voulais la réponse. D'ici
deux ans?
M. Poulin : Bien, d'ici deux ans,
ce que l'on souhaite, parce que vous comprenez que ça peut être un... un défi
d'informatique, ça peut être un défi de mise en place. Alors, d'ici les deux prochaines
années, c'est ce qu'on souhaite effectivement, mais c'est inscrit comme ça dans
le... dans la mesure budgétaire, effectivement.
Mme Setlakwe : ...relativement
flou, vous regardez ça, ça reste à définir.
M. Poulin : Bien, en fait, on
est en train de le définir. On est preneur de toutes les suggestions. Puis, oui,
il y aura de l'argent, Mme la députée, pour bien financer le tout.
Mme Setlakwe : Merci. Encore
une fois, là, je change de sujet. Moi, j'ai rencontré en mars dernier
l'Association des bibliothèques publiques du Québec et ce sont... ils sont des
acteurs de terrain de premier plan en lien avec les municipalités et les
citoyens du Québec. On en a une dont on est très fiers dans ma circonscription
à ville Mont-Royal, et d'autres. Ils sont notamment actifs au niveau de la
transformation numérique, la jeunesse, etc. Ils me disent, tu sais, qu'ils
sentent qu'ils tombent un peu... ils tombent un peu entre deux chaises. Tu
sais, eux, ils répondent à la mission, tu sais, qu'on cherche, là, de faire...
de faire la promotion de... de la culture auprès... auprès de nos jeunes
notamment, mais... Moi, ils sont venus me voir, puis je les ai trouvés
passionnés, puis je me disais... je me demandais quelle est votre vision
de la place des bibliothèques publiques, là, dans le rayonnement et la
transmission de la culture. Puis est-ce que c'est... ça relève uniquement des
municipalités, ou vous, vous les voyez comme un acteur important?
• (17 h 40) •
M. Lacombe : Non. Non. Moi,
je les vois... Là, honnêtement, je pourrais partir, puis je ne ferai pas ça,
mais ça... c'est un sujet, là, qui me touche profondément parce que la lecture,
je pense... Tu sais, la campagne La lecture en cadeau, là, je trouve qu'au-delà
du slogan c'est véritablement, effectivement, la plus belle chose qu'on peut
offrir à un enfant, la lecture. Moi, vous savez, là, si je suis ministre de la
Culture aujourd'hui, c'est grâce à la lecture, c'est... c'est... c'est ce qui a
fait en sorte que je suis devenu bon à l'école, c'est ce qui a fait... et je
venais d'une famille avec très peu de moyens, donc les bibliothèques, les
bibliothèques ont joué un grand, grand rôle. Puis, passé des journées dans une
bibliothèque à me perdre à travers les rayons, puis à lire, puis à découvrir
des livres dans des bibliothèques qui n'étaient pas faites toujours pour des
petits gars de mon âge, avec des ouvrages un peu bizarres sur des sujets que je
ne connaissais pas, moi, en tout cas, ça m'a forgé.
Donc, <bref...
M. Lacombe :
...Donc,
>bref, je ne veux pas trop personnaliser ça, mais je peux vous dire que
moi, j'ai un attachement envers les bibliothèques. Puis je sais qu'il y a
beaucoup de travail à faire à certains endroits, mais ce n'est pas toutes les
familles, et je le sais très bien, qui ont les moyens d'aller à la librairie
pour acheter des livres neufs. Donc, nos bibliothèques restent un lieu de
diffusion de la culture puis un lieu d'alphabétisation aussi, j'ai envie de
dire, qui est névralgique pour... pour le Québec puis pour nous assurer que
notre culture, non seulement elle ne recule pas, mais que les Québécois soient
de plus en plus en contact avec elle.
Donc, oui. Réponse courte, là, oui, tout à
fait. Moi, je pense qu'on a un rôle à jouer puis je pense que ce rôle-là, bien
honnêtement, il faut qu'on le joue de plus en plus parce que les bibliothèques
changent, les bibliothèques changent aussi.
Mme Setlakwe : ...oui, c'est
comme la porte d'entrée, là, dans toutes les municipalités, puis les jeunes...
Mais est-ce qu'il y a un lien entre le ministère de la Culture puis les
bibliothèques, parce que... étant donné le rôle qu'il joue, le rôle aussi dans
la transformation numérique? Est-ce qu'il y a...
M. Lacombe : Oui, tout à
fait, tout à fait. Là, j'ai juste l'abréviation en tête, mais les centres
régionaux de...
Une voix : ...
M. Lacombe : ...de services.
En tout cas, on a... on a, évidemment, des bibliothèques, mais on finance des
bibliothèques. Évidemment, on investit là-dedans. Bien, d'abord, je voudrais
dire, on a BANQ qui est la plus grande bibliothèque au Québec, qui est une...
qui est une société d'État, qui est absolument magnifique, un autre superbe
legs, de Lucien Bouchard cette fois-ci. Et moi, je pense qu'on doit en prendre
soin. Puis BANQ vous dirait qu'il reste du travail à faire, entre autres pour
la numérisation, entre autres pour... On est conscients de ça, on peut toujours
en faire plus.
Mais, au-delà de BANQ, ensuite, il y a
toutes les bibliothèques qui sont partout sur le territoire, dans les
municipalités. On a investi dans le béton, par exemple des agrandissements, de
la modernisation, on a investi dans les livres. Puis, au-delà de ces
bibliothèques-là, il y a même des milieux où... On a des petits villages, par
exemple, qui ne peuvent pas accueillir une bibliothèque en bonne et due forme,
donc, par le biais... Puis là j'ai un blanc, là, c'est ça, c'est les CR...
Une voix : ...
M. Lacombe : Les CRSBP. Les?
Une voix : ...
M. Lacombe : Centres
régionaux de services aux bibliothèques publiques. J'en ai dans ma
circonscription. Vous savez, là, il y a une petite affichette, à un moment
donné, on entre, puis là ça identifie l'endroit où on peut avoir accès à des
livres, en emprunter sans que ce soit une bibliothèque avec quatre murs,
un toit, comme ce qu'on est habitué de voir. On investit là-dedans aussi.
Mme Setlakwe : Merci... Ils demandaient
spécifiquement, et je remercie ma recherchiste, parce que, là, j'essayais de me
rappeler, puis ils nous avaient donné un mémoire, un plan de développement des
bibliothèques publiques, la reconnaissance de la mission d'éducation des
bibliothèques publiques, comme le définit l'UNESCO, faire de la lecture une
vraie priorité nationale, le financement nécessaire pour donner des services de
qualité et poursuivre l'implantation de la stratégie de littératie familiale,
de la stratégie numérique. Ça fait que, là, je vais un petit peu plus en détail
sur leur demande. Vous répondez quoi?
M. Lacombe : Bien, moi, je
réponds qu'ils sont indispensables. Donc, évidemment, je ne peux pas faire
d'annonces avant de faire des annonces, mais ce que je peux vous dire, c'est
qu'ils sont indispensables, qu'on aura une année du livre et de la lecture au
cours du mandat. On est en train d'y travailler. Et j'ai bien indiqué déjà...
La consigne que j'ai donnée, c'est que je veux que ce soit plus qu'une campagne
publicitaire à la télé qui nous incite à acheter des livres. C'est important,
mais il faut que ça aille plus loin que ça, il faut que ça veuille
véritablement dire quelque chose, cette année-là, qu'on remette le livre au
centre de la discussion au Québec, qu'on en fasse une priorité nationale, qu'on
agisse, que ce soit dans nos lois, dans nos règlements, dans les moyens qu'on
donne aux gens sur le terrain pour mettre en valeur le livre. Je veux vraiment
que ce soit quelque chose de véritablement engagé comme année nationale du
livre et de la lecture, donc.
Mme Setlakwe : ...c'est... c'est
très rassurant. Puis je vous invite à... c'est ça, à regarder quelle... leur
demande puis à y donner suite, puis je pense que, dans le contexte actuel dans
lequel évoluent nos jeunes, là, c'est extrêmement pertinent. Mais je vois que
vous êtes déjà sensibilisé.
Là, on me dit que la législation
québécoise ne reconnaît pas la bibliothèque comme ayant une vocation éducative,
même si l'UNESCO lui donne cette caractéristique. Là, je suis dans le très
précis, là, mais vous répondez quoi à ça?
M. Lacombe : Bien, je réponds
qu'on sera preneur de toutes les bonnes idées dans le cadre des gestes qu'on
posera pour une année nationale du livre et de la lecture.
Mme Setlakwe : Bon, bien, on
va attendre... attendre des annonces. Merci.
Donc, PQI, on parle de... du musée... on
en a parlé un petit peu tout à l'heure, Musée national des beaux-arts du Québec,
Espace Riopelle, un extraordinaire projet. Le concours d'architecture s'est
terminé en août 2022. Est-ce que vous pensez être capable de livrer le
nouveau pavillon en 2025? Puis je m'excuse si vous avez répondu tout à
l'heure à ça, là, mais on aimerait avoir des précisions sur ce projet-là.
La Présidente (Mme Dionne) : Il
vous reste deux minutes d'interventions.
M. Lacombe : Pour <l'instant...
Bien, d'abord...
M. Lacombe :
...pour
>l'instant... Bien, d'abord, peut-être une parenthèse pour dire que ce
projet-là, il est exceptionnel. Puis je pense que les gens de Québec peuvent
être très, très fiers que ça se fasse dans la capitale nationale. En tout cas,
quand je parle avec la présidente du Musée national des beaux-arts du Québec,
Christiane Germain, elle est absolument ravie que ça se fasse ici, parce
qu'évidemment la région de Québec a des liens avec Riopelle, on a un collègue
qui pourrait d'ailleurs nous parler plus longuement de ça, mais je pense que
c'est une exceptionnelle nouvelle que ce soit ici, à Québec, au Musée national
des beaux-arts. Et donc ce projet-là me tient à coeur. On est en train d'y
travailler. C'est sûr que, comme tous les autres projets, il est confronté à
des défis. Mais, pour l'instant, on garde le cap sur l'horizon qu'on a donné au
moment de... au moment de l'annonce, 2025.
Mme Setlakwe : On garde le
cap sur 2025. Les travaux sont en cours. Comment vont les...
M. Lacombe : ...Les travaux
sont en cours, oui, là, on est...
Mme Setlakwe : Non, non, je
comprends. Oui, oui, oui.
M. Lacombe : Le travail est
en cours, oui.
Mme Setlakwe : Oui, oui, le
travail. Vous avez...
M. Lacombe : Il n'y a pas de
pépine.
Mme Setlakwe : Oui, vous avez
raison. Au niveau des budgets, mise à jour?
M. Lacombe : Bien, on n'a pas
de mise à jour à communiquer à ce moment-ci. Mais, comme je vous le disais,
c'est sûr que, comme tous les autres chantiers, celui-là est aussi confronté
aux défis qu'on connaît dans l'industrie de la construction. Mais on s'assure
de suivre ça de près.
Mme Setlakwe : Maison de la
chanson et de la musique du Québec, dans l'ancienne bibliothèque Saint-Sulpice.
Il est en planification dans le PQI. Est-ce que ça avance bien?
La Présidente (Mme Dionne) : ...
M. Lacombe : Oui, tout à
fait. D'ailleurs, j'ai eu le grand bonheur de souper avec Mme Giroux au bal de
l'Orchestre métropolitain. Bien, d'ailleurs, vous étiez là, vous étiez là.
C'était une superbe soirée qu'on a partagée. Et Mme Giroux était là, puis j'ai
profité de l'occasion pour la féliciter pour le travail qu'ils effectuent avec
Bibliothèque et Archives nationales, avec BANQ, avec Mme Grégoire, parce que Mme
Giroux, Mme Grégoire travaillent très bien ensemble. Le budget, à l'heure où on
se parle, il semble être respecté, c'est les indications qu'on nous donne, les
échéanciers aussi. Puis on s'enligne pour avoir quelque chose de
superintéressant.
La Présidente (Mme Dionne) : Cinq secondes.
M. Lacombe : Des projets qui
vont bien, on aime ça.
Mme Setlakwe : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup de... Je passe maintenant la parole du côté du gouvernement. M. le
député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : ...Riopelle aussi
rayonnera en Chaudière-Appalaches durant l'été également. Donc, c'est l'année
Riopelle. Merci, M. le ministre. Quand on parle de culture, hein, on parle de passion
aussi. Je suis très heureux de voir mon collègue le député de la Beauce, là,
d'avoir cette passion-là et de nous enflammer comme il... comme il le fait.
Avant de parler de... du rayonnement,
justement, international, que nos industries culturelles, que nos entreprises
culturelles qui sont créatives et qui sont présentes dans nos milieux... de
quelle façon on peut apporter ça? On parle de formation, hein, artistique. Pouvez-vous
me parler un petit peu... On a parlé du passeport culturel, qui est un
excellent véhicule pour nous propulser. Puis d'ailleurs je salue l'élément de
nouveauté, hein, qu'on apporte avec le passeport culturel. J'aimerais ça qu'on
puisse parler un peu de formation artistique, entre autres les conservatoires,
ou de voir un peu... Culture à l'école, des programmes comme ça qui sont
présents dans nos milieux et des investissements qui sont... qui sont réalisés,
là, actuellement.
M. Lacombe : Pour la
formation, vous voulez dire?
M. Rivest : Oui, entre
autres... entre autres les éléments nouveaux. Je pense au conservatoire de
musique du Québec ou...
M. Lacombe : Oui. Oui, tout à
fait. Bien, là, tantôt, j'ai lancé des fleurs au député de Beauce-Sud, mais je
vais vous en lancer aussi parce que je sais à quel point vous êtes aussi animé
de ce feu brûlant et ardent pour la formation de nos jeunes musiciens. Mais
évidemment vous étiez dans ce domaine-là avant, mais je... Vous l'êtes encore.
Donc, on a souvent de bonnes discussions là-dessus et sur la philanthropie,
entre autres, dans le monde de la culture. Ça nous anime beaucoup ces temps-ci.
• (17 h 50) •
Mais, sur le conservatoire, c'était
important, oui, pour nous de poser un geste, puis on l'a posé. Parce que le
conservatoire, c'est une... une... je dirais peut-être une bibitte un peu
particulière en ce sens... bien, une bibitte qu'on aime, là, c'est... en ce
sens où elle relève du ministère de la Culture, puis le financement, il n'est
pas le même que pour d'autres institutions d'études postsecondaires. Donc,
c'est important pour nous d'ajouter du financement pour que le conservatoire
soit capable de se rendre jusqu'à 1 000 étudiants, ce qui n'est pas
le cas actuellement. Donc, pour ça... en musique. Pour ça, on a été capables
d'ajouter des sommes au budget, ce qui fait qu'à terme, lorsqu'ils auront...
lorsqu'ils auront atteint le 1 000 étudiants, bien, ce sera un ajout
de 5 millions de dollars récurrent à leur budget.
Donc, c'est important pour nous parce que,
si on veut... On peut bien avoir un discours à l'effet que c'est important que
nos jeunes s'intéressent à la culture dans ce qu'ils consomment, oui, bien sûr,
mais quoi de mieux aussi que de former la relève musicale puis de lui faire une
plus grande place au conservatoire? Donc, c'est une demande de M. Hervieux puis
de Mme Leroux, Monique Leroux, la présidente du CA, qu'on a acceptée puis qui a
été exaucée dans le dernier budget.
M. Rivest : Merci. Vous <savez...
M. Rivest :
...Merci.
Vous >savez, une fois que nos étudiants sont formés dans nos études, on
veut rayonner à travers le monde, puis je pense que le Québec, là, on fait
figure de proue, là, à travers nos industries culturelles. Y a-t-il des
éléments qui viendront dans ce budget-là qui nous permettent d'aider davantage,
de supporter nos industries culturelles à faire ce rayonnement à travers le
monde?
M. Lacombe : Oui, tout à
fait. Il y a, dans le dernier budget, si ma mémoire est bonne, c'est 2,5,
2,5 millions pour notre stratégie d'exportation. Parce que c'est vrai que
ce qu'on fait en culture au Québec, ça mérite d'être d'être vu ailleurs. Puis
pourquoi est-ce que ce serait toujours les produits culturels américains qui
viendraient chez nous et que ça ne pourrait pas être l'inverse? On le fait
déjà, remarquez, là, puis je pense qu'on le fait très, très bien. On a des...
on a des exemples assez éloquents qui... Mais, au-delà des exemples éloquents,
au jour le jour, là, il y a beaucoup de petites entreprises, il y a beaucoup de
créateurs, de créatrices qui veulent se propulser sur la scène internationale
puis on va être là pour... on a va être là pour les aider. Puis la SODEC puis
le CALQ, de toute façon, sont... sont déjà là. Mais on bonifie ce qu'on fait en
exportation.
M. Rivest : ...d'ailleurs
fait un travail, dans les quatre dernières années, entre autres avec la pandémie,
qui est assez exemplaire dans le soutien avec le CALQ des artistes et des
entreprises culturelles de l'ensemble de nos milieux puis je tenais à le
souligner.
M. Lacombe : Tout à fait.
Dans le cadre de la pandémie... C'est 1 milliard?
Une voix : ...
M. Lacombe : 1 milliard
d'argent de fonds publics qui ont été investis, pas dépensés, mais investis
dans le monde culturel pour passer... pour passer à travers. Puis je pense que
c'est unanime sur le terrain, même si tout n'était pas parfait, là, comme dans
tous les autres secteurs. Je pense que c'était unanime de dire qu'on a été au
rendez-vous pour la culture québécoise.
M. Rivest : ...j'ai envie de
dire : Au-delà de l'argent, je pense qu'il y a eu l'accompagnement qui a
été donné par l'ensemble des acteurs qui sont ici, qui a été vraiment réalisé
d'une façon toute particulière et qui est d'une grande attention. Je tiens à
les féliciter aujourd'hui puis les remercier.
M. Lacombe : ...ma voix à la
vôtre.
M. Rivest : Merci.
La Présidente (Mme Dionne) : D'autres
interventions du côté du... Oui, M. le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Merci à la députée de Mont-Royal—Outremont de
m'avoir permis de parler du passeport culturel, et c'est un leadership du
ministre, du gouvernement d'avoir quand même installé les sommes à l'intérieur
du budget afin de pouvoir arriver à un résultat au cours des prochaines années.
Mais sachez que nous sommes preneurs de toute suggestion également et de toute
proposition en ce sens.
M. le ministre, vous avez, lors de la
semaine de relâche, accordé plusieurs entrevues dans différents médias et vous
avez parlé de découvrabilité. D'ailleurs, ce n'est pas un mot très sexy, hein,
il faudrait trouver une variante parce que ça ne dit pas ce que ça a à dire, où,
par exemple, on veut donner accès plus facilement aux produits francophones
auprès de notre population. C'est un défi important. Je sais que nous
partageons le souhait de rendre plus facilement accessible la culture
québécoise sur les grandes plateformes, Netflix, c'en est une. J'aimerais vous
entendre sur vos relations avec les grands joueurs de l'industrie, de quelle
façon vous voyez le tout, mais également sur nos archives. On a beaucoup parlé
tout à l'heure de la BANQ nationale, des archives. On sait que c'est très
difficile de pouvoir retrouver un vieux Watatatow que je souhaiterais
écouter. On voudrait écouter un documentaire comme À hauteur d'homme,
par exemple. C'est très difficile de pouvoir le trouver.
Alors, de quelle façon on peut, dans les
prochaines années, s'assurer justement que cette culture québécoise là soit
plus facilement accessible? Sans compter le fait aussi que l'on vit dans un
univers francophone, on... tout à l'heure, on a parlé de cinéma, où on a vu,
tranquillement pas vite, des joueurs s'installer tranquillement sur Netflix,
mais aussi on arrive avec trop de plateformes. On a Tou.TV qui est régie par Radio-Canada,
on a Club Illico, Illico, on a Télé-Québec qui a sa plateforme. Alors, on se
retrouve, finalement, à avoir cinq, six plateformes différentes que l'on
doit télécharger sur nos cellulaires pour pouvoir consommer de la culture
francophone et de la culture québécoise. Comment on peut simplifier le tout?
Comment on peut réussir à mieux positionner également le français?
Vous avez fait beaucoup de rencontres
également dans différentes institutions scolaires, où je sais que vous vous
êtes adressé aux jeunes, puis vous avez dit : Vous, là, vous en consommez-vous
de la culture québécoise? Puis les réponses sont, somme toute, surprenantes
dans certains cas où très peu de jeunes consomment la culture québécoise. Allez
sur YouTube, c'est difficile de pouvoir trouver de la culture québécoise. Alors,
quel est votre... votre plan de match? En fait, quels sont vos liens avec les
grands diffuseurs, mais également les grandes plateformes pour s'assurer que
les produits culturels québécois se retrouvent plus facilement et qu'au bout du
compte on puisse atteindre notre objectif de rejoindre plus de jeunes et qu'ils
consomment plus de culture québécoise?
M. Lacombe : Bien, mon Dieu!
Il y aurait tellement de choses. Il va falloir aller prendre une bière pour en
parler parce qu'il y a tellement... il y a tellement d'angles à aborder dans ce
sujet-là. Je vais y aller rapidement, là, en résumant. Oui, j'ai rencontré
Netflix <récemment...
M. Lacombe :
...
Netflix >récemment. Tout le monde est pour la vertu. Bon, la personne
qui s'occupe de Netflix au Canada est un Québécois, Stéphane Cardin, qui
connaît bien le milieu culturel, pour y avoir oeuvré longtemps, spécifiquement
le milieu culturel québécois. Donc, c'est sûr qu'en même temps lui, bon, a
aussi des impératifs commerciaux en lien avec l'entreprise qu'il représente,
mais j'ai senti une certaine ouverture aux revendications qu'on a. Mais j'ai
aussi senti que le diable est dans les détails puis que, ces détails-là, bien,
on va devoir en parler.
Puis c'est l'écosystème, je pense, dans
lequel on navigue actuellement. Je fais attention parce que c'est toujours un
sujet délicat, mais c'est l'écosystème dans lequel on navigue actuellement, qui
date, qui est un héritage de décennies passées, où ces plateformes n'existaient
pas puis où on n'était pas dans un monde numérique comme celui qu'on connaît
présentement, donc la structure de financement, la question des droits
d'auteur, donc toute la façon dont nos oeuvres circulent après avoir été
produites puis, à la base, la façon dont elles sont financées.
C'est sûr que, parfois, on essaie de faire
rentrer un carré dans un rond, là, puis c'est difficile. Puis Netflix, c'est un
peu ce qu'ils nous ont dit. Mais, en même temps, je pense que les grandes
plateformes sont capables de faire plus de place au contenu québécois. Moi, je
regarde ce qui se fait, notamment, avec Crave, qui n'est pas parfait, ce n'est
pas parfait ce qui se fait sur Crave, mais qui, en même temps, donne une place
quand même intéressante au contenu québécois, qui est engagé aussi. Et je pense
qu'on a des leviers à notre disposition.
Encore une fois, on est en train d'y
travailler pour être capables de se tailler une plus grande place. Mais après
on peut bien tordre le bras aux grandes plateformes pour qu'elles aient du
contenu, mais si, ce contenu-là, personne ne veut leur revendre, par exemple,
parce qu'il y a des questions de financement, parce qu'il y a aussi toutes les
structures commerciales des entreprises qui produisent... Et, encore là, je
n'en nommerai pas, particulièrement, mais, quand votre modèle d'affaires, c'est
de programmer du contenu original, qui est disponible seulement pour les
abonnés de votre plateforme, ce qui vous sert aussi, et c'est bien correct,
mais à vendre des abonnements au câble ou à Internet, bien, je comprends que le
modèle d'affaires ne se prête pas nécessairement à avoir du contenu partagé sur
une grande plateforme québécoise.
Donc, il y a énormément de défis, il y a
énormément de défis. Mais moi, je ne veux pas qu'on baisse les bras, et c'est
la raison pour laquelle on est en train de travailler là-dessus, de s'entourer
des meilleurs pour être capables...
La Présidente (Mme Dionne) : ...
M. Lacombe : Oui. Là, je
parle longtemps, là, mais on pourrait en parler longtemps.
M. Poulin : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Il
nous reste 1 min 30 s
M. Poulin : Bien... Bien, vous
avez raison, M. le ministre, c'est un chantier qui est énorme. Vous avez parlé
de Crave, on peut parler d'Amazon Prime aussi, qui a diffusé de plus en plus de
contenu québécois. Alors, effectivement, il va falloir trouver peut-être, par
moments même, un modèle d'affaires pour s'assurer de rendre le tout encore plus
accessible, entre autres, pour nos jeunes. Et ça, c'est important parce que,
dans nos écoles, on a un défi aussi de présenter des films québécois. On a un
défi également de faire en sorte qu'il y ait un réflexe davantage de se tourner
vers le cinéma québécois auprès de nos jeunes. Alors, il y a des enjeux de
promotion qui sont importants.
Je pense qu'on a réussi, avec les
investissements, à stimuler l'intérêt des jeunes envers la lecture. Vous parlez
de l'année de la lecture, qui est un de vos mandats, où on aura un travail à
faire pour approcher la lecture des jeunes, même si c'est bien entamé, mais il
faudra faire un grand chantier également pour les cinémas puis nos séries télé
également. On a des grands, grands succès en séries télé à travers le Québec,
mais nos jeunes peuvent les découvrir peut-être plus facilement.
Et on aura aussi des discussions à avoir,
éventuellement, avec le fédéral et Tou.tv et Radio-Canada pour s'assurer que le
fédéral aussi enregistre le fait français...
La Présidente (Mme Dionne) :
...20 secondes, M. le député.
M. Poulin : ...qui est
extrêmement important également.
La Présidente (Mme Dionne) : Ou
M. le ministre? 20 secondes.
M. Poulin : Vous pouvez faire
vos remerciements, M. le ministre, dans le 20 secondes, si... Oui.
M. Lacombe : Bien, la beauté
de la chose, c'est qu'on fera ce travail-là ensemble, avec Mathieu, parce
que... avec le député de Côte-du-Sud, pardon, parce qu'on est tous les trois
dans ces dossiers, et puis on le fera, évidemment, avec tous les collègues. Donc,
bien, merci, merci à tous pour ces fructueux échanges.
• (18 heures) •
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Le temps est écoulé. Merci beaucoup. Merci pour vos échanges. Donc, le temps
alloué à l'étude des crédits est maintenant terminé. Donc, ce sont les crédits
budgétaires pour les programmes 1 et 2 du portefeuille Culture et
Communications.
Donc, nous allons maintenant procéder à la
mise aux voix des crédits. Le programme 1, intitulé Direction
administration et soutien à la mission, est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Je
note division. Sous division.
Le programme 2, intitulé Soutien et
développement de la culture, des communications et du patrimoine, est-il
adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Dionne) :
Sous division. Adopté sous division.
Donc, en terminant, je dépose les réponses
aux demandes de renseignements des oppositions.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux jusqu'au mardi 2 mai à 9 h 45, où elle
entreprendra l'étude du volet Éducation préscolaire, enseignement primaire et
secondaire des crédits budgétaires...
18 h (version révisée)
La Présidente (Mme Dionne) : ...secondaire
des crédits budgétaires du portefeuille Éducation.
Alors, merci beaucoup à tous pour votre
discipline. Je vous souhaite une excellente soirée.
(Fin de la séance à 18 h 01)