(Dix heures une minute)
La
Présidente (Mme Bogemans) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare la séance de la Commission de la culture
et de l'éducation ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'interpellation du député de Jean-Lesage au ministre de la Culture et des
Communications sur le sujet suivant : La souveraineté culturelle du Québec
face au pouvoir excessif des géants du divertissement et du numérique.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le
Secrétaire : Oui, Mme
la Présidente. M. Kelley
(Jacques-Cartier) remplace Mme Cadet (Bourassa-Sauvé).
La Présidente (Mme Bogemans) :
Merci. Conformément à l'entente prévue pour la 43e législature,
l'opposition officielle interviendra lors de la deuxième, de la quatrième et de
la sixième série d'interventions. Sur ce, M. le député de Jean-Lesage, vous
avez la parole pour 10 minutes.
Exposé du sujet
M. Sol Zanetti
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. C'est très apprécié. Merci à la ministre et à tous les députés
venus ici collaborer à cette interpellation. Je trouve extrêmement important
qu'on parle de cet enjeu-là, parce qu'on est en train de vivre, au Québec, ce
que l'Europe vit déjà depuis plusieurs années, et ils sont dans une situation
qui rend très difficile la découvrabilité de leurs propres artistes, de leur propre
culture. Et nous, au Québec, on commence, avec l'arrivée de Live Nation dans le
paysage, dans l'écosystème culturel, à vivre quelque chose de similaire. Il
faut agir avant qu'on se rende aussi loin que qu'est-ce qui se passe en Europe.
Il y a des réflexions qui sont avancées à la fois en Europe, au Québec. Je suis
venu ici pour en parler avec vous. Je suis persuadé que c'est un sujet sur
lequel on peut se rallier, tous les partis, là, et il ne m'apparaît pas, dans
les propositions qui ont été faites, y avoir des choses qui pourraient, disons,
effaroucher, d'un point de vue des valeurs politiques et de la vision
politique, des formations politiques ici présentes à l'Assemblée nationale.
Alors, c'est pour ça que je viens vraiment ici
dans une optique de main tendue. Vous avez probablement vu, tout le monde ici,
là, le très préoccupant reportage d'Enquête, qui a été diffusé à
Radio-Canada le 5 février dernier. Le titre
du documentaire, c'était Voler le show, puis c'est quelque chose qui a
mis en lumière plusieurs choses, d'abord, la difficulté qu'ont les
festivals indépendants, les salles de spectacles indépendants à survivre dans
l'écosystème actuel et aussi au fait qu'on se rend compte que, de façon non
délibérément planifiée, je dirais, là, des subventions publiques se retrouvent
dans les poches de multinationales américaines milliardaires comme Live Nation.
C'est clair que ce n'est pas ça qui a été prévu par le gouvernement au moment
où les programmes de subvention ont été mis sur place. Personne ne s'est dit : Live Nation fait pitié, il faudrait
les aider. Je veux dire, le salaire du PDG de Live Nation, le salaire
annuel, c'est 85 millions de dollars. Les amis, ça, c'est de
l'argent, et le chiffre d'affaires de Live Nation, je suis en train de le
rechercher dans mes papiers, c'est... Je vais vous revenir avec ça.
Mais bref, ils n'ont pas besoin de l'argent des
Québécois durement gagné, ça, c'est clair et net. Puis quand je vois aussi les difficultés de l'état des finances
actuelles du Québec et, en même temps, les difficultés des finances de plein
de festivals qui animent toutes les régions
du Québec et qui, des fois, ça leur prendrait un 70 000 $, un
100 000 $ pour tout régler, pour faire la différence, puis là
on donne 15 millions qui se retrouvent dans des festivals organisés par
Live Nation, je me dis : Il y a un problème, il y a quelque chose qu'il
faut régler. On n'a pas à choisir entre financer les Francofolies de Montréal, le Festival de jazz et définancer Live
Nation. C'est complexe. Il y a une réflexion à y avoir. Ce n'est pas un enjeu
qui est super facile, mais je pense qu'on pourrait aujourd'hui afficher tous et
toutes la volonté de faire quelque chose pour faire changer le vent de
bord.
Je vais vous parler de... Ah oui! pour le...
disons, la valeur nette, bien, en Europe...
Une voix : ...
M. Zanetti : Oui, c'est ça, mais la
valeur nette de l'entreprise, c'est ça que je cherchais tantôt, c'est dans les
500 milliards, je pense, à peu près, là. Je vais vous revenir avec ça,
mais bref, ils n'ont pas besoin de l'argent des Québécoises et Québécois.
Live Nation, c'est
une compagnie américaine, je l'ai dit, qui possède, aux États-Unis, 60 %
des catalogues d'artistes. Donc, si on ne fait pas affaire avec Ticketnation,
qui est possédée à 100 %... Ticketmaster, pardon, qui est possédée à
100 % par Live Nation, on se brime de la possibilité d'avoir 60 % des
artistes américains parmi les plus populaires. Alors,
c'est clair que ça entraîne une espèce de clé de bras pour aller utiliser
Ticketmaster, qui, donc, est en train de
s'accroître... de s'accaparer le monopole américain. Ils sont d'ailleurs
poursuivis pour pratiques anticoncurrentielles,
depuis 2024, par plus d'une trentaine d'États américains. C'est devant la cour
américaine. Ils vont trancher, mais, en attendant, nous autres, on doit
agir parce que Live Nation a acheté 49 % de la compagnie evenko, qui est une compagnie qui était québécoise, qui
est possédée, donc, à 49 % par Live Nation et à 51 % par le Groupe
CH, qui est possédé à son tour par
Geoffrey Molson, qui possède aussi la Brasserie Molson, qui possède donc, avec
Ticketmaster, la compagnie evenko, qui possède Spectra, qui organise le
Festival de jazz, Montréal en lumière et les Francos, mais aussi evenko organise les festivals du parc
Jean-Drapeau, Osheaga, Lasso, îleSoniq. Devinez quelle vente de bière se fait
là-bas, les amis? De la Molson.
Alors,
c'est une espèce d'organisation extrêmement tentaculaire de groupes d'intérêts
qui sont en train de s'accaparer tous les rouages du secteur culturel afin de
maximiser les profits. Le modèle de Ticketmaster, donc, c'est... de Live
Nation, plutôt, c'est d'avoir des billetteries avec Ticketmaster, d'acheter des
salles de spectacle et des festivals, puis d'aller chercher, après ça, des
commandites, faire de la promotion et d'aller chercher des subventions d'argent
public. Pas parce qu'ils en ont besoin, hein, pas parce qu'ils en ont besoin.
Le PDG de Live Nation a un salaire de 85 millions de dollars
annuel... mais bien parce que parce que ça fait plus d'argent. C'est une
compagnie qui ne vise que ça.
Alors, quand Live
Nation achète evenko à 49 %, ce n'est pas un chiffre anodin. C'est pour
pouvoir faire le maximum de profits avec evenko, tout en gardant evenko
admissible à des subventions publiques de l'État québécois pour aller
ponctionner l'argent durement gagné des Québécoises et des Québécois au lieu
que cet argent-là aille aider à soutenir des festivals indépendants en région
qui en ont bien besoin.
Alors, cette
affaire-là, c'est quelque chose qu'il faut arrêter, parce qu'au moment où les
finances du Québec sont mises à mal, bien,
on ne peut pas se permettre de donner de l'argent à des milliardaires. On ne
peut pas se permettre de mettre en péril, justement, ces festivals-là
partout en région.
Je l'ai dit, Live
Nation est poursuivie pour pratiques monopolistiques. Et, en Europe, c'est
assez grave, la situation parce qu'en Europe... je vais vous montrer un autre
tableau didactique ici, là. Ça a l'air... c'est trop petit, vous ne verrez pas,
là, exactement les noms de tout, là, mais regardez, Live Nation, ici, et toutes
ces compagnies-là dans plein de pays
européens, là, tout ce qui est ici, là, c'est toutes des possessions de Live
Nation, OK, et ça regroupe 30 % de tous les festivals européens,
30 % de tous les festivals européens.
Je cite Fabien
Miclet, qui est un consultant spécialisé sur les enjeux européens de la
musique, qui prend part à l'initiative Music Moves Europe de la Commission
européenne. Il dit : «En quelques années, on a assisté à la transformation
d'une économie segmentée où chacun faisait son métier, les tourneurs, vente de
billets, directions de festivals, à une pieuvre qui accapare tout le secteur.»
Et, à partir du moment où vous voulez, dans votre festival, avoir tel artiste
qui appartient à Live Nation, bien là, ils disent : OK, bien, alors là, si
vous voulez, nos artistes, en fait, il faut que vous vous laissiez nous
acheter, ou il faut que vous ayez Ticketmaster, ou il faut que vous fassiez
telle affaire. Puis, une fois qu'ils ont ça, bien, quand c'est au Québec,
évidemment, bien, il faut que vous achetiez de la Molson. Puis, si une salle
indépendante refuse de prendre une entente d'exclusivité avec Molson toute
l'année, bien, ils n'auront pas tel artiste qui est lié au portefeuille de Live
Nation. Ça, ça tue la culture.
Un autre fait que
déplorent les Européens et qu'on voit ici aussi, c'est qu'ils disent : Une
fois que Live Nation possède tout, possède 30 % de tous les festivals, qui
font-ils tourner? Ils font tourner leurs artistes, et la majorité de leurs
artistes, c'est des artistes américains ou anglais, bref anglophones, et même
en Europe, où l'enjeu de la survie linguistique, je dirais, tu sais, n'est pas
la même qu'au Québec, parce qu'il y a une espèce d'équilibre puis beaucoup plus de langues dans leur écosystème
global, mais ils voient la même chose. Ils disent : Bien, finalement,
c'est une forme d'impérialisme culturel anglophone, principalement américain.
Et, au Québec, vu la vulnérabilité du français,
bien, c'est encore plus grave. Les articles... Enquête de Radio-Canada
démontraient que, à Montréal, dans les salles qui étaient, de près ou de loin,
liées à Live Nation, il y avait seulement 8 % des spectacles qui étaient
diffusés qui étaient en français, seulement 8 %. Après, la compagnie a
dit : Non, non, ce n'est pas vrai, c'est plutôt tel chiffre. Il y a eu un
rectificatif de Radio-Canada qui a dit : Non, non, nos estimations sont
quand même pas pire. N'essayez pas de nous remplir. Donc, je dis que c'est
très, très, très préoccupant. Il ne faut pas qu'on se rende là où l'Europe
s'est rendue. Au Québec, par exemple, même Ticketmaster, qui appartient à Live
Nation, est en train de prendre du marché de
billetterie important. Le Grand Théâtre de Québec fait affaire avec
Ticketmaster, place des Arts, à Montréal, font... fait affaire avec
Ticketmaster. Ça, là, ce sont des sociétés d'État. Comment ça que des sociétés
d'État donnent des contrats à Ticketmaster, alors qu'il existe des billetteries
proprement québécoises qui auraient pu faire ce travail-là? D'autant plus, il
me reste 20 secondes, Ticketmaster, ça arrive avec une tarification dynamique
qui fait, en fait, qui est... qui est décrit par beaucoup de monde dans le
milieu comme de l'arnaque, où, finalement, les billets les moins chers sont dissimulés jusqu'à la dernière seconde, et puis, ça
fait... ça réduit l'accès économique à la culture. Merci, Mme la
Présidente.
• (10 h 10) •
La Présidente (Mme
Bogemans) : Merci beaucoup. Je cède maintenant la parole à la
ministre, également pour une période de 10 minutes.
Réponse de la ministre
Mme Amélie Dionne
Mme
Dionne : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Donc, je voudrais, d'entrée de jeu, remercier le député de
Jean-Lesage pour cette interpellation, ce matin, du ministre... pour le
ministre de la Culture et des Communications. J'ai l'honneur de le remplacer ce matin, il est en
mission, justement, à Paris pour défendre notre culture et notre langue. Donc,
ce sera un plaisir de partager et de discuter avec vous ce matin. Donc,
j'aimerais aussi saluer les collègues de la
banquette gouvernementale, alors, MM. les députés de Saint-Jean et Côte-du-Sud,
bonjour, merci d'être là, collègues. Et évidemment, le député de
Jacques-Cartier, alors, salutations au député de Jacques-Cartier et à toute
l'équipe, également, qui m'accompagne ce matin.
Donc, j'ai le plaisir de prendre la parole en
son nom et je vous dirais que c'est un sujet qui m'interpelle beaucoup. J'ai
oeuvré pendant 20 ans en organisation d'événements, alors, la fibre
nationaliste en moi et qui... je voulais,
justement, promouvoir les différents partenaires, les différents artistes
locaux lorsque j'organisais des événements. Bien, écoutez, c'est un
sujet qui m'interpelle profondément.
Avant toute chose, Mme la Présidente, on parle
aussi, dans tout ça, de la protection de la langue française, on parle, ce
matin, de souveraineté culturelle. Donc, j'aimerais d'emblée mettre en lumière,
tout de même, tout ce que le ministre a
fait, au cours des dernières années, pour... en faveur de la souveraineté
culturelle du Québec. Bien, d'abord, en
décembre dernier, vous vous souvenez, l'Assemblée nationale a adopté à
l'unanimité un projet de loi sur la souveraineté culturelle, édictant la
Loi sur la découvrabilité des contenus culturels francophones dans
l'environnement numérique.
Donc, cette nouvelle loi comporte deux volets.
Donc, d'une part, elle introduit, dans la Charte des droits et libertés de la
personne, le droit à la découvrabilité des contenus culturels d'expression
originale de langue française et l'accès à ces contenus. D'autre part, elle
édicte également la Loi sur la découvrabilité des contenus culturels
francophones dans l'environnement numérique. Donc, je pense que c'est une
grande avancée pour notre souveraineté culturelle et ça s'inscrit aussi dans
l'approche de notre gouvernement, hein? On doit occuper et défendre nos champs de compétence. La loi québécoise sur la
découvrabilité va permettre aussi de favoriser un meilleur accès aux Québécois
à des contenus culturels d'expression de la
langue française. En d'autres termes, ce qu'on veut, bien, c'est se sentir chez
nous, au Québec, lorsqu'on consomme des contenus sur les différentes
plateformes.
Parlons
maintenant de la mission du ministre à Paris. Vous savez, le ministre a fait
beaucoup pour promouvoir, également, la diversité des expressions culturelles,
tant sur la scène nationale, mais à l'international, donc, notamment, au
sein des instances de la Francophonie et de l'UNESCO, comme en témoigne sa
mission actuelle qui est sur le point de se
terminer. Vous savez, j'aimerais aussi mentionner, Mme la Présidente,
que le thème souveraineté culturelle, l'enjeu
souveraineté culturelle est quand même un concept qui a été mis en place, il y
a plus de 50 ans, par Robert Bourassa. Donc,
je pense que c'est important ici, aujourd'hui... Je vois le collègue de Jacques-Cartier qui
sourit. Donc, j'aimerais quand même souligner que c'est un enjeu qui
est, je vous dirais, non partisan, que tout le monde ici n'est totalement pas
contre cette idée-là, au contraire. Donc, voilà, je voulais quand même préciser
que je pense que l'ensemble des parlementaires sont tous d'accord à cette idée
de souveraineté culturelle.
Donc, au cours de la mission, le ministre a
participé à la 19e session du comité intergouvernemental de la convention de
2005, qui porte sur la protection et la promotion de la diversité des
expressions culturelles à l'UNESCO, et il a eu l'occasion de faire valoir la
position du Québec, parce que, Mme la Présidente, il faut le dire, lorsque le
Québec prend la parole à l'international, on nous écoute. On nous écoute.
Alors, on est d'ailleurs en faveur d'un protocole additionnel à la convention
de 2005, qui donnerait un pouvoir juridique à l'ensemble des États parties pour justement légiférer sur les plateformes et
mieux protéger notre culture et notre langue. Donc, Mme la Présidente,
sur la scène internationale, bien, on a une grande... on a une grande
crédibilité, pardon.
Donc, la preuve en est que cette position, qui
est d'ailleurs promue par le ministre depuis des années et depuis surtout la
dernière semaine, a été adoptée à l'unanimité par les membres du comité cette
semaine. Donc, je vous dirais que le Québec
fait sa part auprès des autres nations du monde pour travailler les défis qui
s'imposent avec la place grandissante des plateformes transnationales
pour l'accès au contenu.
Le combat que notre nation mène, bien, c'est un
combat pour toutes les cultures minoritaires dans l'environnement numérique. Et notre gouvernement est convaincu également
qu'on doit se doter d'une force de frappe, d'un bouclier international, qu'il
est essentiel d'agir ensemble, notamment face aux puissantes entreprises
numériques, entre autres.
Vous savez,
je ferais un parallèle avec la commission sur le temps d'écran chez les jeunes,
que j'ai eu l'honneur de présider, dont le rapport a été déposé en mai
dernier. Vous savez, l'article... la recommandation 45 du rapport fait état,
justement, que le... que la commission recommande au gouvernement de faire des
travaux intergouvernementals pour inciter l'adoption d'une réglementation des
plateformes à l'international qui soit... d'une régie interne, mais dans une approche globale. Donc, vous voyez, Mme
la Présidente, l'ère numérique a des impacts sur tous les secteurs. On
l'a vu, entre autres, avec les Meta de ce monde, à la commission sur les
écrans, et ce que le ministre est en train de faire... justement, de se doter
d'un pouvoir juridique à l'international, eh bien, ça faisait partie,
d'ailleurs, des recommandations de la commission sur les écrans.
Bon, le dossier Live Nation, bien entendu, le
ministre et moi sommes très sensibles au dossier Enquête. Puis
d'ailleurs, je pense qu'on parle déjà d'une porte qui est déjà ouverte. On a eu
plusieurs discussions, justement, avec le CH Montréal, vous savez, France
Margaret Bélanger, qui est une fière Matanaise du Bas-Saint-Laurent, fière
Québécoise. Tout le monde est sensible à cette place de Live Nation et
Ticketmaster, qui occupent l'écosystème culturel du Québec. Je pense qu'il faut
faire la lumière sur des pratiques d'entreprise et voir aussi si on assiste à
des pratiques monopolistiques ou non. Mais,
vous savez, le ministre de la Culture et moi, on a toujours travaillé de la
même façon, Mme la Présidente, on
souhaite le faire en partenariat avec les différents acteurs culturels, avec
nos partenaires.
On a mis en chantier plusieurs comités pour se
pencher sur les différents enjeux que vit actuellement... que vivent les festivals et événements, mais aussi
toute l'industrie audiovisuelle, les artistes, les artisans. On l'a vu aussi en
pandémie, hein, on nous disait : Bon,
bien, on a eu des aides exceptionnelles qu'on a octroyées à nos festivals et
événements, ici,
à notre ministère du Tourisme, mais également au ministère de la Culture. Donc,
je pense qu'on est à l'écoute de nos... de notre industrie, et ce sont des
discussions concernant les salles de spectacles, concernant les billetteries,
qui se font, d'ailleurs, depuis quelques mois, là, avec le ministre.
Donc,
vous savez, l'objectif, c'est de vérifier ce qui serait allégué, le cas
échéant, trouver des solutions efficaces. Et, vous savez, Mme la
Présidente, il faut... sans être dogmatiques, mais soyons pragmatiques, donc
des solutions qui pourront vraiment avoir un impact. Mais je pense que les
chantiers qui ont été débutés présentement avec le ministre de la Culture et
notre ministère vont faire la lumière là-dessus.
Il faut aussi
rappeler, Mme la Présidente, qu'au niveau des festivals et événements, bien, on
a comme... on intervient sur deux logiques, donc certainement une qui est sur
le culturel, la logique culturelle, mais également sur l'économie et le
tourisme. Donc, les deux logiques cohabitent. Vous savez, elles sont
nécessaires pour attirer des événements variés qui contribuent à l'attractivité
du Québec. Donc, mon rôle comme ministre du Tourisme, c'est vraiment d'attirer des visiteurs de l'extérieur
pour qu'ils choisissent le Québec et qu'ils dépensent de l'argent neuf. Donc, quand
on parle de festivals comme Osheaga, où 63 % des participants, des
visiteurs viennent de l'extérieur, viennent dépenser dans nos commerces,
viennent réserver des chambres d'hôtel, je pense qu'il faut quand même ne pas
mettre en opposition les grands festivals et les petits festivals.
Vous savez, au
ministère du Tourisme, ce sont plus de 300 festivals et événements qui
sont financés à l'ensemble du Québec. Donc,
je pense qu'il y a matière à en nommer quelques-uns, soit Le Festif! de
Baie-Saint-Paul, BleuBleu à Carleton-sur-Mer, le festival musical la
Noce. Donc, je pense qu'avec notre programme, il y a vraiment des... du financement pour l'ensemble de nos
festivals, mais je pense qu'il ne faut pas mettre en contradiction les petits événements,
les petits festivals en région et nos grands événements qui nous permettent
justement d'avoir de l'argent neuf au Québec. Alors, quand on constate
aussi que le Jazz de Montréal génère 48 millions de dollars en
retombées économiques pour Montréal, je pense que ce n'est pas à négliger.
D'ailleurs, Mme la
Présidente, j'aimerais aussi partager à mes collègues que les six principaux
événements touristiques majeurs au Québec,
dont le Festival Western de Saint-Tite, le Carnaval de Québec, où j'étais récemment,
ensuite le festival Juste pour rire, génèrent des retombées moyennes de
30 millions de dollars annuellement chacun. Donc, j'aurai l'occasion,
là, de poursuivre cette discussion avec mon collègue. Merci.
• (10 h 20) •
La Présidente (Mme
Bogemans) : Merci. Nous en sommes maintenant à la première série
d'interventions. Donc, nous allons débuter cette période d'échange avec M. le
député de Jean-Lesage pour cinq minutes.
Argumentation
M. Zanetti : Merci,
Mme la Présidente. J'ai quelques questions par rapport à tout ce qui vient
d'être dit, évidemment. Donc, je vais y aller un peu en rafale puis je vais
voir si on peut obtenir des réponses par rapport à ça.
D'abord,
la ministre dit que plusieurs comités ont été mis en place avec différents
mandats, mais notamment elle laisse entendre qu'il y a, notamment, un comité
qui se penche sur la question des possibles pratiques monopolistiques,
notamment de Live Nation. J'aimerais savoir quel est ce comité, qui il consulte
et s'il est possible, par exemple, pour des
députés de l'opposition, notamment moi, par exemple, de le rencontrer et
d'entrer en contact avec ce comité. Alors, ça, c'est ma première
question.
Ma deuxième question,
c'est concernant les retombées économiques, parce que clairement, nous, notre message, c'est : il faut financer les
festivals au Québec, parce qu'on veut des gros festivals, on veut attirer des
retombées économiques, on veut...
puis on veut que ce ne soit pas juste à Montréal, hein, aussi, on veut que ce
soit partout. La ministre a nommé le Carnaval de Québec, je suis bien
content.
Maintenant, quand on
parle des festivals qui sont organisés, par exemple, au parc Jean-Drapeau par
evenko, on parle d'Osheaga, Lasso et ÎleSoniq, ils sont sur une île puis ils
mangent les choses qui sont là, ils boivent la bière de la brasserie Molson. Tout l'argent en retombées économiques, à part
leur Airbnb, retombe dans les poches d'evenko, et donc de Live Nation, et du groupe CH, et de Geoffrey Molson. Ça fait
que les retombées économiques, à part les Airbnb qui, notamment, font
augmenter le prix des logements à Montréal en retirant des logements... Quelle
proportion des retombées économiques vont vraiment, là, chez les restaurateurs
et puis toute la faune diversifiée, non monopolisée, de l'économie montréalaise
dans le cas de ces... des festivals qui sont au parc Jean-Drapeau? C'est une
question qu'on peut se poser.
Et, quand on parle du
Festival de jazz, par exemple, avec les retombées économiques... puis c'est des
chiffres impressionnants, et puis je trouve ça tout à fait positif. La question
est : Lorsqu'on donne de l'argent du Tourisme à ces festivals pour qu'ils
se produisent, est-ce qu'on leur demande d'abord d'ouvrir leurs livres? Est-ce
qu'on leur donne des subventions parce que, si on ne le faisait pas, ils
seraient déficitaires et ça compromettrait l'existence même du festival? Est-ce
que c'est une situation comme ça, par exemple? Parce que, dans des festivals
indépendants, il y en a plein que c'est
clair, eux autres, il y en a qui... c'est comme... ils sont à
70 000 $ de fermer, de ne plus exister, puis ça, c'est clair,
c'est des OBNL. Leurs livres, ils sont très ouverts, puis eux, c'est clair
qu'on peut avoir la preuve qu'ils ont besoin de subventions. Mais je me
questionne beaucoup, là, à savoir si... tu sais, evenko, c'est possédé par Groupe CH. Est-ce que Groupe CH a besoin de
subventions publiques? Est-ce que Live Nation a besoin de subventions
publiques? Est-ce que Geoffrey Molson a besoin de subventions publiques? Je pense
que la réponse, c'est non, là, à moins que vous ayez la preuve par écrit que
oui. Et j'aimerais savoir si la ministre a la preuve par écrit que oui,
Geoffrey Molson et Live Nation ont besoin de subventions publiques.
Alors, pour... récapituler mes questions. La
première : Quel est le comité en place qui se penche sur la question des
pratiques monopolistiques dans le milieu de la culture, notamment montréalais,
mais aussi partout au Québec? Est-ce qu'il est possible
de les rencontrer? Qui sont les groupes qui sont consultés par ces comités? Et
les retombées extérieures ont-elles été calculées en fonction aussi de... dans
les poches à qui elles retombent? Y en a-t-il vraiment qui échappent à Live
Nation ou au Groupe CH? Et le Festival de jazz, par exemple, pour ne prendre
que... bien, tous les événements, en fait, organisés par evenko, est-ce
qu'avant de les subventionner on leur demande d'ouvrir leurs livres puis on
sait si ces compagnies-là sont profitables? Il me reste 53 secondes, mais
honnêtement, plutôt que de les utiliser, je préfère laisser plus de temps pour
avoir des réponses à mes questions. Alors, voilà.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Parfait. Donc, la parole est maintenant à la ministre pour cinq minutes.
Mme Dionne : Merci, Mme la
Présidente. Donc, oui, bien, effectivement, pour votre question... pour la question n° 1 du député de Jean-Lesage, le
ministère de la Culture a organisé, avec l'Institut du Nouveau Monde, tout
un chantier de travail, on se rappellera, sur les arts vivants, puis ça a été
une table sur les... il y avait aussi une table sur les festivals, qui était d'ailleurs présidée par Sandy Boutin. Donc,
je vous dirais, Mme la Présidente, que le travail se poursuit avec les
groupes et organismes.
Donc, le ministre, pas plus tard que la semaine
dernière, s'est montré ouvert à discuter, justement, surtout la question du
dossier Enquête, sur les enjeux de billetterie, les enjeux des salles de
spectacle. Il y a même eu des discussions
avec le Groupe CH, donc, evenko, le REMI. Je vous dirais qu'on en a discuté
également ensemble, le ministre et moi. On est très sensibles à ces
enjeux-là.
Comme je vous
dis, ce sont des tables de discussion, des groupes de travail qui sont en
continu. Puis nous, bien, au ministère du Tourisme, bien, on a vraiment
une... on a une direction qui est entièrement dédiée pour échanger en continu
avec les différents événements, avec Attraction Québec, avec le REFRAIN, avec
REMI.
Vous savez, pour revenir à... bon, bien, aux
événements du parc Jean-Drapeau, je vous dirais, de un, vous savez, Mme la
Présidente, ces événements-là, bien, ça profite... ça donne des revenus à notre
société d'État, qui est le parc
Jean-Drapeau. Ça crée également des emplois, l'organisation de festivals et
événements, et je suis la mieux placée pour vous le dire. Il y a tout un
écosystème autour de l'organisation de festivals et d'événements. Puis, quand
je vous dis que 64 % des festivaliers
proviennent de l'extérieur, bien, les associations hôtelières nous le mentionnent
que ça crée des nuitées à Montréal. Donc, il serait faux de dire qu'il
n'y a pas de retombées économiques parce que c'est un événement qui se passe uniquement au parc Jean-Drapeau. Donc, les gens
profitent de leur séjour, prolongent leur séjour, d'ailleurs, à
Montréal, souvent, pour visiter d'autres attraits, et tout ça, donc.
Puis en termes de... pour ouvrir les livres,
bien, écoutez, là, on a des programmes au ministère qui sont normés, et nos
programmes, au ministère, bien, c'est sûr que c'est... on finance des
entreprises qui sont légalement constituées au Québec. D'ailleurs, evenko est
une entreprise québécoise. Donc, ce sont des programmes mis en place avec des
critères précis, même chose au ministère de la Culture. Donc, pour revenir à ce
chantier qui a été mis en place par le ministre en 2025, bien, il y a... il y a
deux chantiers, en fait. Donc, il y a un pour... sur les festivals puis les
autres arts de la scène, qui a été conduit, justement, par l'Institut du
Nouveau Monde, et il y a également des... un chantier pour la mise en place de
moyens qui pourraient assurer la pérennité financière des organismes et
accroître aussi le lien entre l'offre culturelle proposée et le public
québécois.
Donc, le chantier sur les festivals a été mis en
place avec la collaboration de la SODEC, qu'on remercie, justement. Et le
mandat, bien, il y a 15 membres... sur ce comité, Mme la Présidente,
autour de la table, et c'est vraiment... c'était d'identifier des pistes
d'action qui visent la pérennité du milieu des festivals. Donc, quand on parle
de pérennité du milieu des festivals, bien, c'est sûr qu'il y a différents
enjeux auxquels on s'attarde. Parmi les sujets aussi qui ont été discutés, il y
a eu... il a été question du développement des publics, le renforcement des
revenus autonomes, l'adaptation du soutien gouvernemental, justement, et le
développement de l'intelligence d'affaires dans le milieu.
Donc, le
rapport, il a été remis le 30 septembre puis il y a quand même quatre
recommandations et 25 actions. Donc, je vous dirais, Mme la Présidente,
que la SODEC et le CALQ tiennent compte des conclusions du rapport dans leurs
travaux pour, justement, la prochaine planification stratégique qui aura lieu
en 2027‑2031 Donc, quand on vous dit qu'on
consulte le milieu, qu'on prend en compte les différents enjeux puis qu'on est
en constante communication avec les
différents partenaires, même à notre ministère, là, vraiment, comme je vous
dis, là, c'est une direction dédiée pour discuter avec les différents
partenaires des festivals et événements pour, justement, répondre à ces
enjeux-là.
Donc, encore
une fois, on est sensibles à toute la question de Live Nation, mais je suis
quand même... je dois quand même rappeler qu'il s'agit de six événements
sur 319 événements et festivals que le ministère finance chaque année dans
l'ensemble des régions, donc. Et puis, comme je vous dis, on a des critères
normés, mais le rôle de la ministre du Tourisme, c'est vraiment d'amener de
l'argent neuf. Donc, on doit aussi faire rayonner la destination du Québec à travers ces grands événements là, parce que,
sinon, bien, c'est d'autres provinces qui en profitent ou d'autres régions qui
en profitent. Donc, je vais m'arrêter là, puis ça me fera plaisir de poursuivre
cette discussion.
La
Présidente (Mme Bogemans) :
Merci. Je cède maintenant la parole au député de Saint-Jean pour cinq minutes.
• (10 h 30) •
M.
Lemieux : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je suis bien
content, enthousiaste même, de pouvoir participer à cette interpellation
sur la souveraineté culturelle du Québec face aux pouvoirs excessifs des géants
du divertissement et du numérique, à laquelle nous invite le député de Jean-Lesage,
qui sera probablement déçu, parce qu'il parle de géants du divertissement et de
Live Nation depuis le début, mais moi, c'est la partie numérique qui m'a
beaucoup intéressé et stimulé, parce que
c'est, effectivement, une grande question et un grand défi. Si je suis ici avec
vous ce matin, c'est
parce que j'ai été, moi aussi, de 2018 à 2022, l'adjoint parlementaire de la
Culture, et d'ailleurs je siège toujours à la Commission de la culture
et de l'éducation, qui a étudié et adopté les projets de loi dont on parle ici
aujourd'hui, lorsqu'il est question de souveraineté culturelle et numérique.
On parle d'un important chantier lancé par le
gouvernement, et je nous félicite, parce que ce sont des questions qui me
préoccupe beaucoup, considérant que j'ai eu le privilège de travailler dans les
médias traditionnels au moment où la technologie, le numérique et les médias
sociaux faisaient leur apparition. Bien oui, je suis vieux de même, et j'ai été
à même de constater, en les découvrant, ces énormes changements, et en les
vivant moi-même, en première ligne, dans les médias, les effets parfois pervers
que ça a eu sur nos médias, un peu comme l'arrivée de l'intelligence artificielle générative qui a, à plusieurs égards, les
mêmes effets révolutionnaires, mais qui nous font tous poser un peu les
mêmes questions.
À mon avis, il ne faut surtout pas se braquer et
dire : Non, moi, je ne boirai pas de ce vin-là, parce qu'on passe à côté de quelque chose dans une sorte de
mode un peu réactionnaire. Parce que, oui, avec le recul, il y a des effets et des conséquences négatives induites par les
changements, mais aussi des avantages, qu'on aurait eu intérêt à accepter
plutôt que de les combattre. Parce qu'au
final, ça revient toujours à la même chose, il faut profiter plutôt que de
subir, et accepter, voire embrasser le changement. En tout cas, moi,
c'est ma devise de vie, et c'est d'autant plus vrai, je pense, dans le cas qui
nous occupe, en culture, en général, et pour notre langue, en particulier.
D'un côté,
les nouvelles technologies nous donnent accès à des oeuvres de partout dans le
monde. Le potentiel est énorme et
attrayant pour le partage culturel. De l'autre côté, la révolution
technologique exerce une pression immense sur les cultures et les
langues minoritaires, comme le disait la ministre. Il était urgent de se
concerter et surtout d'agir. Ce sont toutes
nos langues, cultures et identités qui sont à risque. Les statistiques sont
équolentes... éloquentes, suivez-moi bien. 92 % des jeunes ont de
la difficulté à repérer les biens culturels québécois francophones disponibles sur les plateformes. 77 % des internautes
québécois disposent de services d'abonnement payants pour visionner des films ou
des séries. C'est donc désormais plus que le câble. Sur les 10 000
chansons les plus écoutées au Québec en 2023, seulement 5 % étaient des
titres francophones de chez nous, alors qu'il n'y a pas si longtemps, à
l'époque des disques compacts, une vente sur deux était faite en faveur d'un
artiste québécois, et je vous laisse imaginer ce que c'était avant les CD. J'y
reviendrai, parce que j'ai très envie de partager avec vous la genèse de cette
nouvelle loi sur les rouages, parce qu'on en est carrément dans le nouveau
droit de cette nouvelle loi, et c'est loin d'être banal.
Mais, pour l'instant, je vais me contenter de
répéter que le Québec n'a pas besoin du fédéral pour agir. C'est la nation
québécoise qui est le meilleur juge de ce qui est légitime pour sa langue et sa
culture. On est les mieux placés pour
décider de notre avenir et affirmer notre singularité, et ce n'est pas nouveau,
Mme la Présidente. Le Québec a toujours agi pour protéger sa culture. Du
temps où il n'y avait que des imprimés, puis de la radio, et du cinéma, avant
la télévision, et maintenant du numérique... parce que la culture et la langue
sont au coeur de l'identité québécoise. Et je
vais donc revenir pour vous expliquer les détails de cette nouvelle loi, la
109, qui nous donne le droit d'agir pour protéger notre culture sur
notre territoire, y compris dans l'espace numérique.
Mais, pour ce qui est de ce que le député nous
propose comme conversation sur les géants du divertissement, je pense qu'il a
l'oreille non seulement de la ministre ce matin et du ministre de la Culture,
mais de la plupart des députés ici, qui ont tous été... je ne dirai pas
choqués, parce qu'il y en a qui ne l'étaient peut-être pas, ou surpris parce
que certains ne l'étaient peut-être pas, mais qui n'ont pas aimé ce qu'ils ont
vu et entendu dans cette émission d'Enquête, que je souligne au passage, continuez... que je
souligne au passage, continuez de faire du formidable travail. Dans ce
cas-ci, c'est un oeil au beurre noir pour notre industrie, en tout cas, une
partie de l'industrie. Et j'étais très content
d'entendre la ministre nous dire que non seulement on y travaillait, mais on y
réfléchissait même avant, ce qui va nous permettre de réagir et de
rebondir. Merci...
La
Présidente (Mme Bogemans) : Merci beaucoup. Nous débutons maintenant la
deuxième série d'interventions. Donc, la parole est au député de Jacques-Cartier
pour cinq minutes.
M. Kelley : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Bonjour, chers collègues. Je sais que je ne peux pas citer un
collègue qui n'est pas présent, mais je suis content de remplacer ma collègue
qui n'est pas capable d'être ici aujourd'hui, mais je sais que la députée de Bourassa-Sauvé
est quelqu'un qui lutte chaque jour et chaque semaine ici, à l'Assemblée nationale, pour la culture
québécoise, et je suis fier de la remplacer elle et de faire mon mieux
possible, Mme la Présidente.
Je ne peux pas dire que je suis complètement en
désaccord avec mon collègue de Saint-Jean, mais je veux faire une déclaration
pas mal déclarative, Mme la Présidente. Moi, je pense que l'intelligence
artificielle est la plus grande menace à notre nation, à notre langue commune
et à notre culture et je vais vous expliquer pourquoi, Mme la Présidente. C'est
les logiciels qui sont un peu en train de remplacer toute l'humanité, tout qui
est humain. C'est facile d'écrire un texte, maintenant, avec une «prompt»,
écris une couple de mots dans un logiciel, puis un texte est formulé. Il n'y a
aucune «aim» dans ça, il n'y a aucune humanité. Et avec votre permission, Mme
la Présidente, je veux juste faire un petit exemple, sur mon cellulaire, de
comment c'est facile de produire un poème sur la nation québécoise faite par le
député de Jacques-Cartier.
(Présentation audiovisuelle)
M. Kelley : C'est évident, Mme la Présidente, ce n'est pas
moi. Et c'est sur qu'à ce stade ici, Mme la Présidente, j'ai fait ça
dans 30 secondes, mais avec le développement de cette technologie...
Une voix : ...
M. Kelley : Exactement, mais
c'est pour nos discussions sur... c'est quelque chose qui va changer. Mais
c'est juste un exemple, c'est moi qui récite un poème, mais ce n'est pas moi.
Il n'y a aucune humanité dans ça. Mais quelqu'un
qui regarde ça rapidement peut penser que le député de Jacques-Cartier vient de livrer un formidable poème sur la nation, et ça, ça
m'inquiète.
Et aussi, Mme
la Présidente, pour la suite des choses... ici, tout le monde ici connaît un
monde sans l'intelligence artificielle, sans les applications qui sont
capables de produire les vidéos rapidement. Présentement, on est capable
souvent de noter que ça, c'est une vidéo qui a été faite avec l'intelligence
artificielle, mais je sais qu'entre nous, avec nos amis et nos réseaux sociaux, on voit souvent des gens qui partagent
des fausses nouvelles et des fausses vidéos sans être au courant que ces
vidéos-là ou cette photo-là est une «fake». Pour la jeunesse, Mme la
Présidente, ils vont grandir avec ce type de technologie, et, pour eux
autres, ça va être facile de produire des poèmes, des chansons. Je sais que le
collègue à côté est capable de, lui, produire quand même des bonnes chansons,
jouer sur la guitare de temps en temps, il est très bon, meilleur que moi. Mais
ça m'inquiète parce que, de plus en plus, on utilise ces technologies qui sont
faciles d'avoir l'accès à... Ça va nous mettre de la pression sur nos propres
artistes parce que ça va être facile de produire des choses formidables sans
vraiment avoir le talent. Et l'autre chose, Mme la Présidente, que, je trouve,
est menaçant, ces logiciels sont développés à Silicon Valley. Il y a des
centaines de milliards de dollars qui va dans le «hyperscaling» pour rendre ces logiciels de plus en plus efficaces, les
«large language models», et tout ça. Et ChatGPT, on peut regarder, La
Presse a déjà une poursuite contre eux autres pour le droit à l'auteur. On
sait qu'eux autres ont poussé la limite des droits à l'auteur pour former le
logiciel. Et il n'y a aucun profit pour nous, il n'y a aucun profit pour nos
artistes, nos écrivains.
Et une chose qui m'inquiète beaucoup, et ce
n'est pas une critique envers le gouvernement... Il y a toute une stratégie, il
faut développer pour les centres de données, avec beaucoup de prudence, mais on
pense peut-être créer un centre de données
pour Microsoft, mais comme... pour l'intelligence artificielle, mais quand
même, Microsoft a fait une étude et ont indiqué certains emplois qui
sont menacés de disparaître ou, au minimum, être vraiment, excusez pour
l'anglicisme, impactés par ces technologies. Et parmi ces emplois-là, on voit
des écrivains, des auteurs et des gens dans
le secteur culturel. Les gens qui sont en train de bâtir ces logiciels veut
remplacer nos artistes, et c'est écrit noir sur blanc... a dit : Je
veux remplacer tous des emplois avec une tâche importante. Et voilà.
La Présidente (Mme Bogemans) :
...ministre pour cinq minutes.
• (10 h 40) •
Mme Dionne : Merci, Mme la
Présidente. Merci au député de Jacques-Cartier pour cette intervention, parce
qu'effectivement on est au coeur d'une révolution technologique, c'est vrai.
C'est pourquoi le Québec doit remettre à jour ses politiques culturelles, mais
bien d'autres politiques. J'étais justement en conférence hier sur la
commission sur les écrans, on parlait du rapport, on parlait... bon, bien,
l'ère numérique est parmi nous, il ne faut quand même pas tout jeter du revers,
mais, en même temps, il faut trouver des mécanismes pour protéger, entre
autres, nos jeunes sur la désinformation,
sur l'accès à du contenu, justement, trafiqué. Donc, c'est vrai chez nous,
comme ça l'est partout dans le monde.
Et je le répète encore, notre ministre de la
Culture, qui est présentement en mission, qui est avec la SODEC... Je pense
qu'il faut vraiment aussi développer nos relations intergouvernementales à
l'international parce que seuls, on n'y arrivera pas. Ce sont des géants, des
plateformes géantes, donc, puis ça s'est introduit très vite dans nos vies.
Maintenant, il faut prendre, je pense, un pas de recul, et revoir où on en est
avec tout ça, puis modifier nos politiques en ce sens.
Donc, on est
au travail, entre autres, avec la loi n° 109, qui a été adoptée le 11 décembre dernier, sur
la découvrabilité, mais vous savez, effectivement, depuis plusieurs
années, c'est un... l'évolution de l'environnement soulève vraiment son lot de
défis, donc, puis c'est vrai pour les secteurs de la culture et des
communications, mais ça l'est aussi pour d'autres secteurs. Et je vous dirais
que le portrait, il est clair, mais il est quand même inquiétant.
Alors, l'un des principaux effets de la
numérisation de la culture, justement, c'est de détourner le public québécois
de sa propre culture et de la culture francophone de manière générale, et, je
vous dirais, particulièrement chez nos jeunes. Donc, il est désormais
essentiel, vraiment, de faire en sorte que nos organisations et nos expressions
culturelles s'adaptent aux défis de la transition numérique en cours. Et, pour
y arriver, bien, il faut d'abord mettre des actions
en place, comme la loi n° 109 et... pour protéger la culture québécoise et
francophone. Donc, le Québec doit aussi, comme je le disais, se
positionner sur la scène internationale pour défendre le français avec ses
partenaires de la Francophonie, et c'est ce que le ministre est en train de
faire actuellement.
Donc, entre autres termes, le rôle de la
découvrabilité, c'est vraiment permettre aussi à une population d'être exposée,
sur le Web, à la culture produite en son sein, donc, je le disais tout à
l'heure, se sentir au Québec lorsqu'on consulte
diverses plateformes de diffusion. Donc, c'est également un fondement de la
souveraineté culturelle numérique. Bref, c'est pourquoi notre
gouvernement met en action des solutions pour nous permettre à la fois de
préserver la souveraineté culturelle du Québec mais aussi de promouvoir le
contenu culturel québécois et francophone. Et laissez-moi vous dire que la
qualité, au Québec, il y en a. Alors, je suis d'ailleurs une grande fan de
plusieurs séries québécoises, de plusieurs artistes québécois.
Donc, les travaux du ministère en matière de
découvrabilité, bien, voilà, ça consiste à optimiser notre rayonnement,
accroître la consommation de contenus culturels québécois et accroître aussi le
niveau de littératie et de maturité
numérique du milieu culturel et du milieu public, parce qu'il faut le dire
aussi, on doit collecter des données, on doit savoir d'où l'on vient. C'est un... L'ère
numérique est arrivée rapidement dans notre société, donc on doit, justement, collecter
ces données-là, analyser la situation pour mieux comprendre les nouvelles
tendances qui s'accélèrent de plus en plus.
Donc, il y a aussi eu des actions ministérielles
qui ont été mis en place pour atteindre ces objectifs, dont le Plan culturel numérique du Québec, alors... avec
la première stratégie menée avec la France, où 12 leviers de découvrabilité
ont été identifiés. Donc, pensons,
justement, aux données descriptives au coeur des dernières planifications
stratégiques avec le ministère, le conseil des arts et la SODEC, qui
sont nécessaires pour la circulation fluide des contenus dans l'environnement
numérique.
Il y a eu également la collaboration, via cinq
comités sectoriels, avec des acteurs du milieu culturel, bien évidemment, parce qu'on consulte beaucoup le
milieu, le déploiement de bonnes pratiques et de normes de standardisation aussi des données. Il y a eu également un soutien
au déploiement d'un écosystème de la donnée descriptive avec... par le
biais de projets très structurants comme MétaMusique, Scène Pro, de RIDEAU, la
Vitrine et Volum... et le projet Volum de l'ADISQ.
Il y a eu également le lancement, en 2024, du
Programme de soutien à la standardisation des données, qui a permis de soutenir, Mme la Présidente, plus de
45 projets de standardisation, donc, pour un total de plus de
2 millions d'investissements pour le gouvernement. Donc, les actions sur
les données d'usage et d'intelligence d'affaires, également, on a octroyé un financement à TV5 Québec Canada et
également un soutien à Télé-Québec. J'en parlerai plus longuement tout à
l'heure.
La Présidente (Mme Bogemans) : Je
cède maintenant la parole au député de Saint-Jean pour cinq minutes.
M. Lemieux : Merci, Mme la
Présidente. Merci au député de Jacques-Cartier de nous avoir fait cette
démonstration avec un poème plutôt qu'avec des chansons, parce que ça
fonctionne tout aussi bien qu'avec des chansons, mais je n'avais vraiment pas
le goût de l'entendre. Pour la poésie... voyons voir. Mais, vous savez, je suis
d'accord sur le fond avec ce que vous évoquez et ce que vous dites. Oui, c'est
inquiétant, mais moi, mon verre est toujours à moitié plein. Je profite au lieu
de subir. Bon, ChatGPT, je me bats avec lui pour ne pas qu'il écrive pour moi,
mais, des fois, c'est plus vite qu'il me donne le mot que je recherche que de
le chercher dans le dictionnaire. Mais c'est
une posture, ce n'est pas... ce n'est pas parce que je n'ai pas peur, ça fait
peur. Et on va pouvoir en reparler, mais là on est rendu à trois niveaux
de la conversation sur ce que... la raison pour laquelle on est ici
aujourd'hui.
Il faut savoir et dire que le gouvernement
accorde une grande importance à trouver de nouveaux moyens pour valoriser notre
culture et préserver notre identité, notamment, via notre production
audiovisuelle, comme vient de dire la ministre. Déjà, plusieurs initiatives ont
été mises en place dans ce secteur, la loi n° 108,
par exemple, sur la modernisation de l'offre de services financiers, de
reconnaître le domaine de la créativité numérique à la SODEC, et la fameuse
loi n° 109, sur laquelle je vous avais promis de
revenir. Et je vous disais qu'on a une nouvelle loi qui affirme que le Québec a
le droit d'agir pour protéger sa culture sur son territoire, y compris dans
l'espace numérique. C'est loin d'être banal, c'est du droit nouveau, et voici
comment on y est arrivés.
À l'initiative du ministre de la Culture et des
Communications, un comité-conseil, formé en 2023, avait le mandat de cibler les
actions à poser pour favoriser la découvrabilité. En passant, c'est un mot qui
n'était même pas dans le dictionnaire, il y
a trois ou quatre ans, la découvrabilité des contenus culturels francophones
dans l'environnement numérique. Son rapport, en janvier 2024, confirmait
que le Québec dispose d'une capacité à légiférer pour protéger sa langue et sa
culture dans l'univers numérique, ce qui a mené, le 21 mai 2025, au début du...
au dépôt du projet de loi n° 109, projet de loi affirmant la souveraineté
culturelle du Québec et édictant la Loi sur la découvrabilité des contenus culturels francophones dans
l'environnement numérique, que nous avons adopté tous ensemble ici, le 11 décembre
dernier, et qui était cohérent avec les recommandations du comité-conseil, et
qui témoignait de la volonté du gouvernement de réaffirmer les droits culturels
du Québec et de protéger durablement notre spécificité linguistique et
culturelle dans l'espace numérique, sans oublier que ça s'inscrit dans la
démarche du gouvernement de promouvoir l'usage du français, notre langue
officielle et commune. Et, depuis l'adoption de la loi sur l'intégration, on
peut et on doit aussi parler, je vous le signale, d'une culture commune qui
prend tout son sens avec la nouvelle loi n° 109
qui, en gros, introduit, dans la Charte des droits et libertés de la personne
du Québec, le droit à la découvrabilité des contenus culturels d'expression
originale de langue française et à l'accès de tels contenus, et il donne la
possibilité au gouvernement d'adopter, par
règlement, des obligations qui visent à favoriser l'accès aux contenus
culturels d'expression originale de langue française sur les plateformes
numériques et leur découvrabilité, et la présence et la mise en avant de
certaines plateformes de visionnement offrant majoritairement des contenus
culturels d'expression originale de langue française, sur les téléviseurs
intelligents, par exemple, et les autres appareils connectés.
Donc, c'est ça, la réponse législative du Québec
aux difficultés de découvrabilité du contenu francophone à l'ère numérique,
particulièrement auprès des jeunes, parce qu'aujourd'hui le principal champ de
bataille, c'est indéniable, le champ de
bataille du français, c'est le numérique. Sans intervention de l'État, les
algorithmes favorisent massivement les contenus anglophones au détriment
des oeuvres québécoises et francophones. Le PL n° 109
agit là où les jeunes consomment la culture, les plateformes, les interfaces et
les recommandations qu'elles nous font. Comment?
En définissant un cadre législatif proportionné, flexible et progressif pour
favoriser l'accès et les découvrabilités des contenus culturels
d'expression originale de langue française dans l'environnement numérique, en prenant en compte les créateurs, les
producteurs, les distributeurs de notre culture et en leur assurant des
retombées.
D'ailleurs, il faut
aussi parler de ça, du financement. Commençons par dire qu'aucun gouvernement
n'en a fait autant en culture que le nôtre.
Comme le premier ministre l'avait dit, nous avons augmenté le budget de la
culture de 60 % dans les sept dernières
années. C'est majeur, et ça a eu des impacts concrets sur le milieu. Seulement
dans le budget actuel, qui a rehaussé le financement du Conseil des arts et des
lettres du Québec à 200 millions de dollars par année, une mesure qui a été accueillie très favorablement par le
milieu culturel... Rehausser le financement du Conseil des arts et des lettres, et ça, je tiens à le dire,
c'est aussi un moyen de s'assurer que les artistes des régions, de toutes les
régions, même des régions éloignées, reçoivent leur juste part des
sommes investies qui dépassent le milliard depuis notre arrivée au pouvoir.
Merci, Mme la Présidente.
• (10 h 50) •
La Présidente (Mme
Bogemans) : Merci beaucoup. Nous en sommes à la troisième série d'interventions.
Donc, la parole est maintenant au député de Jean-Lesage pour cinq minutes.
M.
Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Je pense qu'il y a des fonds publics alloués par le ministère du
Tourisme qui seraient mieux répartis et qui feraient plus de bien dans
les festivals indépendants du Québec, partout sur le territoire. Et je prends un exemple, parce que j'avais posé une question
là-dessus en Chambre, il y a quelques semaines, et la ministre du Tourisme m'avait dit, dans les
exemples d'investissement, que le ministère du Tourisme fait à Montréal... qui
entraîne des retombées économiques, notamment le financement du Grand Prix de
formule 1 à Montréal. C'est quand même
beaucoup d'argent public qui va là-dedans. On parle d'une entente renouvelée,
de 2032 à 2035, pour 117 millions par tous les paliers de gouvernement.
Là-dessus, 31 millions vient du Québec, spécifiquement du ministère du
Tourisme. Donc, mettons que c'est sur trois ans, moi, je comprends que
c'est à peu près 10 millions, mais vous me corrigerez, c'est peut-être 3 millions, c'est peut-être
10 millions. Moi, ce que je veux mettre en parallèle là-dedans, là, c'est
que, selon le REFRAIN, le regroupement des festivals indépendants du
Québec, c'est 5,5 millions de dollars environ que ça prendrait pour
mettre tous les festivals du Québec à flot, pour les mettre vraiment, là, tu
sais, à l'aise pour accomplir leur mission puis continuer de faire rayonner le
Québec partout.
Alors, moi, j'ai une
proposition pour la ministre, c'est de prendre l'argent de la F1 puis de le
mettre dans les festivals indépendants du Québec. Puis quand on regarde, tu
sais, la F1, ce n'est pas superglorieux à tous les jours. Il y a un article... sorti dans le Journal de
Montréal, le 7 février dernier, quelques jours, et on y citait
qu'on... Je vais citer un extrait de l'article : «Le financier
pédophile Jeffrey Epstein aimait les Québécoises et la débauche de Montréal,
une ville qu'il avait l'habitude de fréquenter lors des Grands Prix de la
formule 1.» Le titre de l'article, c'est Jeffrey Epstein adorait
Montréal et les Québécoises, glorieux. En 2017, ça dit : Prostitution
durant le Grand Prix et fugues aux centres jeunesse. Ça, c'est TVA
Nouvelles, donc, on parle ici de prostitution juvénile. En 2019, un autre
article du Journal de Montréal : Sa fille a été recrutée par des
pimps au début du Grand Prix. Et un article de 2022, dans Le Devoir :
Des militantes alertent sur la prostitution juvénile lors du Grand Prix.
Alors, c'est un grand
événement, effectivement, probablement le plus grand événement touristique du
Canada, comme disent certains. Mais c'est aussi un événement qui génère
énormément de prostitution juvénile, qui est quelque chose que je pense que
tout le monde condamne ici et qui est illégal. Et je pense qu'on doit
reconsidérer le financement public du festival de la F1 à Montréal. L'argent du
tourisme devrait aller ailleurs. On s'entend que ces gens-là, qui organisent ces affaires-là, ce sont des milliardaires. Ils
n'ont pas besoin de l'argent durement gagné, et cet argent-là irait
mieux dans les festivals partout au Québec.
Alors, moi, je
demande à la ministre de reconsidérer l'octroi de fonds publics à un événement
qui entraîne des conséquences sociales telles que le reportent les médias,
vraiment, de façon périodique.
Je vais aller sur un
autre sujet aussi, une autre proposition, qui est, cette fois-ci, une
proposition qui est portée par le REFRAIN et
que j'ai demandé au ministre de la Culture d'évaluer en Chambre récemment, lors
d'une question dans une période de questions des affaires courantes. Je
lui ai demandé : Est-il possible de revoir les critères d'octroi de
financement de fonds publics à des festivals pour s'assurer que ça n'aille pas
dans les poches de compagnies étrangères? Parce que, la façon dont c'est fait
en ce moment, c'est ça qui se passe, et je sais que ce n'est pas ça qui est
voulu. Je ne prête aucunement au gouvernement l'intention de donner de l'argent
à Live Nation, mais, par contre, il faut se
sortir de l'idée qu'on n'a pas bien, bien le choix de faire ça, si on veut
financer les Francos et le festival de jazz. Il doit y avoir une façon
de faire.
Parce que, quand que
la ministre disait, tout à l'heure : Oui, mais evenko, c'est une compagnie
québécoise. Regardez, je veux bien que
c'était une compagnie québécoise, là, mais ça... c'est mon tableau didactique,
ici, vous voyez evenko, puis, en fond, Live Nation possède 49 % d'evenko.
Live Nation possède aussi Ticketmaster, qui est la billetterie officielle
d'evenko. Alors, après ça, vous avez Geoffrey Molson, qui possède le Groupe CH
et la bière qui est vendue dans les événements ici, et puis le Groupe
CH, 51 % propriétaire d'evenko. Donc, tu sais, c'est, mettons, Québécois à
moitié, là, hein, à moitié, et puis voilà.
Donc, tous ces
événements-là, 49 % des profits, parce qu'il y en a, notamment grâce à
l'argent public qu'on met dedans, bien, ça
s'en va ailleurs, dans les poches d'un PDG dont la valeur boursière est dans
les centaines de milliards et qui a un salaire annuel de
85 millions de dollars.
Alors,
moi, quand je regarde le maigre... à peu près 5,5 millions qu'il manque pour
financer adéquatement tous les petits festivals indépendants du Québec,
je me dis : On doit revoir nos priorités.
La Présidente (Mme Bogemans) : Merci,
M. le député. La parole est maintenant à la ministre pour cinq minutes.
Mme Dionne :
Merci, Mme la Présidente. Donc, je vais essayer de répondre à toutes les
propositions, toutes les questions et toutes les... tous les sujets de mon
collègue.
Bon, d'abord,
pour les programmes, festivals et événements, écoutez, le programme a été revu
en entier en 2025, et sachez, Mme la Présidente, que cette refonte du
programme a été faite en entière collaboration avec événements attractifs Québec, avec le REMI, avec le REFRAIN, avec
l'ensemble de nos associations touristiques régionales. Il faut comprendre, Mme la Présidente, que le
gouvernement, notre ministère, a également bonifié son enveloppe à près
de 35 millions en mars 2025 et que, pour l'année 2025‑2026, au
ministère, on... c'était 319 projets qui avaient reçu une aide financière
pour les programmes.
Vous savez, Mme la Présidente, quand l'un des
plus grands DJ international, originaire de Belgique, que je ne nommerai pas,
partage sur ses réseaux sociaux des images de mon Bas-Saint-Laurent, alors je
ne peux que vous dire, Mme la Présidente, que ça devient une carte postale de
grande valeur pour les futurs touristes. Alors, oui, il y a Montréal, mais il y
a l'ensemble de notre soutien pour les régions. Et je parle de l'histoire du
Musique Fest de Rivière-du-Loup, qui est parti de rien, qu'on a soutenu depuis
le début, Musique Fest qui a une cause qui redonne ses revenus à des organismes
de la région. Donc, quand on dit qu'on finance également l'ensemble des
festivals en région, on le fait. On le fait via deux programmes, même, Mme la
Présidente. On a notre programme festivals et événements, mais on a également
nos programmes à l'intérieur de nos 21 associations touristiques, qui ont
aussi le volet de pouvoir financer des événements dans leur région. Et on
laisse le soin aux régions d'identifier les meilleurs projets, ceux qui sont le
plus structurants et qui ont des meilleures retombées économiques pour les
régions. Donc, Mme la Présidente, on agit,
et, comme je vous dis, le programme a été revu en entier avec la collaboration
des différents acteurs des festivals et événements.
Maintenant, pour ce qui est de la F1, écoutez,
Mme la Présidente, le montant accordé par le ministère du Tourisme, on parle de
5 millions environ par année, mais on parle de 67,4 millions de
dollars en retombées, en retombées économiques, et 11 milliards de dollars
en retombées fiscales, Mme la Présidente. Donc, il ne faut pas mettre en
opposition les grands événements internationaux avec les festivals et
événements qu'on subventionne.
Vous savez, Mme la Présidente, au niveau de mon
collègue à la Culture, c'est 798 000 $ qui est octroyé aux événements
d'evenko, Live Nation. On parle des Francos et du jazz. Donc, c'est des
programmes qui sont très normés, qui concernent des critères au niveau de la
culture, au niveau de... justement, pour mettre en valeur notre culture et notre langue. Maintenant, les
programmes du gouvernement, du ministère du Tourisme, je vous le répète, ils
sont pour... ils ont des critères de
retombées économiques, et ça, c'est très important pour... autant, pour les
restaurants, pour nos hôtels.
Vous savez, Mme la Présidente, cette semaine,
Montréal annonçait ses statistiques en tourisme. Ils ont assisté à une année record. Ce sont près de
12 millions de touristes qui ont visité Montréal. C'est une hausse de
7,3 %. Et vous savez quoi, Mme la Présidente? C'est grâce à des festivals
et des événements majeurs que tout ça est possible. On parle du Carnaval de Québec aussi qui a connu un vif
succès. Saviez-vous, Mme la Présidente, que c'est la destination numéro un des
touristes canadiens à chaque année? Donc, ce sont des retombées économiques
majeures pour Montréal, pour Québec, mais,
je le répète, pour l'ensemble de nos régions. Donc, dans ce contexte, le rôle
de l'État n'est pas accessoire, mais il est stratégique dans ses
interventions.
Maintenant, on parle du parc Jean-Drapeau. Parc
Jean-Drapeau, il y a eu six grands événements de financement qui ont permis,
Mme la Présidente, d'ajouter des attraits comme les mosaïcultures, qu'on adore
tous. Alors, ce sont grâce à des événements
qui se tiennent au parc Jean-Drapeau qu'on est en mesure de financer des
attraits comme les mosaïcultures. Maintenant, on a dépeint un peu aussi
la formule 1. Je suis très sensible à ce qui se passe pendant l'événement. On
n'est pas restés les bras croisés, Mme la Présidente. Le ministère a mis en
place un programme, un programme, le programme Lueur, avec le ministère de la
Sécurité publique. Donc, le ministère du Tourisme
fait beaucoup d'actions durant les événements, principalement pendant la F1,
mais pendant d'autres festivals et événements d'envergure, pour
sensibiliser et mieux protéger notre jeunesse.
Merci, Mme la Présidente.
• (11 heures) •
La
Présidente (Mme Bogemans) : Merci. La parole est maintenant au député de Côte-du-Sud pour cinq minutes.
M. Rivest : Merci,
Mme la Présidente. Vous savez, on parle d'éléments quand même graves ici, là,
puis il y a un travail qui doit être
effectué. Mais je vais souligner puis je vais en profiter, parce que mon
collègue de Jacques-Cartier... hier, on a eu l'occasion de prendre un
verre l'un à côté de l'autre, et d'ailleurs, avec votre exemple, vous m'avez
fait pensé au député de Côte-du-Sud—Rivière-du-Loup—Kataskomiq—Témiscouata du côté fédéral, qui avait pris ce genre d'exemple là. Ça s'était
terminé d'une façon un peu différente, mais c'était quand même un peu
particulier.
Mais je rappelle à mon collègue qu'hier soir,
nous avions Ultra Violette, qui était sur scène en même temps que la Bourse
RIDEAU, et qui nous a animé toute la soirée, qui a fait un spectacle
extraordinaire. D'avoir cette ambiance-là, et d'une jeune femme du Kamouraska
d'ailleurs, qui nous a apporté dans un environnement qui était très agréable,
qui nous a permis de passer une belle soirée... Donc, je me permets de le
souligner et, comme ma soirée ne s'est pas terminée là, je me suis rendu dans
un restaurant où il y avait une pianiste qui était là, Geneviève, qui a animé la soirée et qui nous a permis de
vivre quelque chose d'extraordinaire. Donc, j'apporte ici un certain élément
d'équilibre dans les discussions qu'on a.
Puis, parlant d'équilibre, bien, je rappellerais
à notre collègue de Jean-Lesage aussi, qu'il est important de souligner
l'apport du gouvernement du Québec non seulement à Montréal, mais dans
différents lieux au Québec, de différentes
grandeurs, des petits joueurs, des moins grands joueurs, et que cet apport-là
est important et qui... pour moi, qui
représente des régions du Québec, bien, je vais vous en parler un petit peu, en
plus de vous parler de la souveraineté culturelle, parce que, quand on
parle de cet élément-là, de grands principes, on parle aussi d'identité, on
parle de langue, on parle de rayonnement.
Ma
collègue au Tourisme le mentionnait aussi, puis ce côté-là de souveraineté
culturelle du Québec, bien, ne repose pas juste sur des discours, il repose sur
des gestes qui sont concrets. On fait des choix au Québec, des choix aussi
budgétaires, puis ça repose sur notre volonté d'investir dans nos créateurs,
dans nos artistes, dans les festivals qui font vibrer les régions du Québec et
nos villes. C'est pourquoi le ministère de la Culture et des Communications
soutient des événements qui permettent aux artistes d'ici de rencontrer leur
public, de créer des espaces d'expression artistique qui structurent notre
écosystème culturel et qui contribuent au dynamisme économique et culturel de
nos communautés. Ces mêmes artistes là, on aurait un travail à faire ensemble,
avec l'exemple que vous nous avez donné,
cher collègue de Jacques-Cartier, pour définir le mot poésie, de définir l'art et
de définir l'ensemble du travail. Mais effectivement, on parle d'enjeux
concrets et importants.
Dans le secteur du
livre, d'ailleurs, on soutient aussi les rendez-vous majeurs comme le Salon du
livre de Montréal. Ça rassemble, à chaque année, des auteurs, des maisons
d'édition, le milieu de nos... des lecteurs, entre autres, puis autour de la littérature québécoise d'une façon toute
particulière, et littérature francophone d'ailleurs. Nous appuyons également
Expozine, qui est un événement consacré à l'édition indépendante et
alternative, mon collègue de Jean-Lesage va aimer ça, puis ça met en valeur, en
plus, les créateurs émergents. On soutient également le Salon du livre des Premières Nations, qui offre une
tribune essentielle aux voix autochtones puis qui contribue à faire connaître
la richesse littéraire des différentes nations.
Dans le domaine des
métiers d'art, je pense au salon des métiers d'art de Québec, qui offre aux
artisans un espace de diffusion et de mise
en marché d'une façon exceptionnelle, le rendez-vous des artisans de Wendake...
Je pourrais en nommer encore plusieurs.
Du
côté de l'audiovisuel, maintenant, on soutient d'une façon très concrète, on
investit des sommes, 310 000 $ dans le festival Fantasia, qui
présente une programmation qui est unique au Québec, axée sur le cinéma de
genre et le cinéma international. On soutient également le Festival du nouveau
cinéma, qui propose des oeuvres contemporaines venues du Québec et d'ailleurs. On appuie également le festival de films
CINEMANIA, consacré au cinéma francophone, ainsi que le Festival de
cinéma de la ville de Québec, qui met en avant le cinéma d'auteur. Nous
soutenons également Image+Nation, festival consacré aux films LGBTQ+ et le
festival international de cinéma Les Percéides, qui contribue à la vitalité
culturelle de la Gaspésie, Mme la Présidente.
En musique et en
variété, c'est des sommes colossales. Festival d'été de Québec, le Festival
international de jazz de Montréal, les
Francos de Montréal, le Festival Juste pour Rire, ComédiHa!, le festival de
Québec... Également, Mme la Présidente, on appuie le Festival
international de chanson de Granby, le festival traditionnel du monde de Sherbrooke, le Festival de la poutine de Drummondville,
le festival KWE! À la rencontre des peuples autochtones, et je pense
aussi à ma région, le festival mondial de l'accordéon, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Bogemans) : Merci,
M. le député. Nous débutons maintenant la quatrième série d'interventions.
La parole est au député de Jacques Cartier pour cinq minutes.
M. Kelley : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. J'ai apprécié des échanges avec les collègues et
je veux... reviens là-dessus. C'est sûr que, demain, on ne parle pas que les
spectacles vont disparaître à cause de l'intelligence artificielle, mais une de
mes inquiétudes, c'est sur le long terme. On va voir de plus en plus une jeune
génération qui ne sort pas. Une des raisons,
c'est peut-être que ça coûte trop cher, d'aller voir un spectacle, maintenant.
Ils sont de plus en plus dans un monde des écrans. Je vais prendre...
citer un exemple, mais le hockey est très important pour notre culture, mais d'aller à un match des Canadiens,
pour plusieurs des familles, c'est impossible. On peut donner cet exemple
aussi à plusieurs autres artistes qui arrivent ici, au Québec : trop cher
pour aller voir un spectacle.
Alors, eux autres
vont s'être habitués de voir un artiste par un écran, et si ce n'est pas...
définir que c'est un vrai ou pas, c'est juste... on va commencer à flirter avec
une ligne comme ça. Et pourquoi je reviens sur ce sujet? Parce que c'est
directement en lien avec la souveraineté culturelle. La ministre a noté le fait
que... et le collègue de Saint-Jean, qu'il y a eu un rapport d'un
comité-conseil sur la découvrabilité des contenus culturels, et dedans, on
parle de l'intelligence artificielle. Il pose des bonnes questions sur la
gestion des droits des auteurs et la propriété intellectuelle, sur les banques
de données sur lesquelles les IA sont entraînées, sur la juste rémunération de
le travail des artistes. J'espère que
ChatGPT va m'envoyer un chèque pour le poème que j'ai fait sur leur logiciel.
Je m'en doute, mais c'est un exemple aussi qui est superimportant.
Alors est-ce que
c'est utile, pour ce stade ici, qu'il peut aider quelqu'un d'écrire un texte,
réviser un texte? Oui, mais j'ai une inquiétude qu'on va devenir... devient
paresseux un petit peu aussi. C'est trop facile de faire des «prompt» dans un logiciel, d'avoir du... et ça, ça
m'inquiète sur ce point-là. Et quand même, si des collègues dit : Bien, Greg,
peut-être vous... exagère un petit peu sur la question, ces menaces pour la
nation, je vous rappelle que, dans le rapport
qui a été demandé par le gouvernement du Québec, si nous sommes prêts pour
l'intelligence artificielle, que vers la
fin, vers la fin, dans les menaces... on parle des forces, mais on regarde les
menaces, la dernière menace, c'est écrit noir sur blanc dans le rapport,
c'est les risques existentiels pour l'humanité.
Et on est chanceux
qu'ici, au Québec, oui, grâce à le premier ministre, M. Couillard, puis je
sais que le travail a continué avec le premier ministre, M. Legault, on a
des experts dans le domaine de l'intelligence artificielle ici, comme M. Yoshua Bengio, qui est quelqu'un qui
est reconnu partout sur la planète comme quelqu'un qui est responsable pour la création de ces logiciels de
l'intelligence artificielle, mais quand même quelqu'un qui lève le drapeau
souvent sur les menaces pour l'humanité. Et aussi, dans ce rapport ici, il y a
des sections qui parlent aussi de la culture et des risques qui existent pour
nos artistes.
Tout
ça pour dire, Mme la Présidente, que la suggestion et la raison que ce rapport
a été fourni, c'était que le gouvernement va de l'avant avec un encadrement de
l'intelligence artificielle et aussi qu'une politique est mise en place pour, oui, former nos jeunes dans nos écoles... et ce
n'est pas juste pour nos jeunes aussi, je pense que les boomers puis toutes les autres générations, ma génération aussi, a
besoin d'une formation un petit peu, d'avoir peut-être, un jour, une indication claire que, quand je
regarde quelque chose sur Instagram, Facebook, que c'est un humain et pas
une vidéo qui a été faite par l'intelligence artificielle va être super
important.
Puis aussi, je veux juste prendre un moment...
que ma collègue la députée de Bourassa-Sauvé a quand même demandé d'avoir une
initiative... excusez-moi, d'avoir une commission spéciale, un mandat
d'initiative pour regarder les questions autour de l'intelligence artificielle
pour la profession journalistique qui, encore, est superimportant pour notre
souveraineté culturelle. C'est d'avoir des journalistes qui sont réels, pas
tous des textes qui sont écrits par un logiciel.
L'offre est toujours sur la table. J'espère que le gouvernement va peut-être un
jour répondre à la demande de ma collègue
et aussi, d'un jour, prendre le temps, avec tous les élus, lancer un vrai...
des états généraux ou une commission spéciale pour aller sur le
territoire du Québec, d'aller voir M. Bengio puis ses collègues pour dire :
Comment le Québec peut bien encadrer
l'intelligence artificielle et, en même temps, profiter de certain des
bénéfices pour la recherche et le développement? Mais ça va être l'enjeu
de ma génération, et j'espère qu'un jour on va en parler plus ici, à l'Assemblée
nationale.
• (11 h 10) •
La Présidente (Mme Bogemans) : Merci,
M. le député. La parole est maintenant à Mme la ministre pour cinq minutes.
Mme Dionne : Merci, Mme la
Présidente. Oui, j'adore les travaux de M. Bengio. Il y a certains
éléments... bien, en fait, plusieurs éléments de mon collègue de
Jacques-Cartier qui se retrouvent, justement, dans le rapport de la commission
sur les écrans et les jeunes, un rapport qui comporte 56 recommandations.
Vous vous souvenez, c'est une commission qui
avait été créée à l'époque, transpartisane, adoptée à l'unanimité par les
parlementaires, dont il y a certains
collègues ici... de vos collègues qui... des collègues de... du député de
Jean-Lesage et de Jacques-Cartier, qui étaient, justement, sur la
commission.
Effectivement, le constat est important, puis il
faut le mentionner, on passe beaucoup de temps sur nos écrans, y compris les adultes. Alors, dans ces
recommandations-là, Mme la Présidente, il y avait également l'interdiction
des cellulaires à l'école, recommandation qui a été prise en compte par notre
ancien ministre de l'Éducation. Et, vous savez,
Mme la Présidente, il y avait deux constats dans cette recommandation-là. De
un, vous saviez, les problèmes dits de cyberintimidation se passaient souvent
sur les heures d'école, et la commission, justement, se penchait sur comment
on pourrait limiter le temps d'écran chez les jeunes.
Donc, est venue, justement, la recommandation de
l'interdiction des cellulaires à l'école, donc, mesure qui fonctionne quand
même très bien, Mme la Présidente. Je reçois même des commentaires de parents,
parfois, qui me disent que leurs enfants ont une discussion à la table, qu'ils
reviennent de l'école et ont des histoires à raconter, des événements qui se
sont produits à l'école. Donc, vous vous souvenez, lorsqu'on était allés
visiter les écoles, ça m'avait frappée, dans
les couloirs d'école, à quel point plus personne ne se parlait, que tout le
monde était sur ses écrans, tous les jeunes étaient sur leurs écrans.
Maintenant, on voit de la vie dans les écoles.
Bien entendu, ça vient avec d'autres
recommandations, parce que pour passer moins de temps sur les écrans, on se
doit aussi de développer des infrastructures, continuer de développer des
infrastructures pour... justement, dans les
parcs, à l'école. Il y a aussi... mon collègue de Jacques-Cartier parlait de
citoyenneté numérique. Bien évidemment que, dans le rapport, il y a...
il est question aussi d'une recommandation sur l'intégration de la citoyenneté
numérique dans le système d'éducation. C'est quand même très important parce
qu'il y a des... des fléaux, hein, on va se le dire, du contenu qui est inapproprié pour des jeunes de 12, 13 ans. On parle
aussi des vérifications du... des mécanismes de vérification de l'âge
qui ne sont pas adaptés, bref, intelligence artificielle aussi qui vient créer
de la désinformation. Question, aussi, du
travail des influenceurs, qu'il faudrait aussi mieux encadrer, bref, c'est un
autre sujet qu'on pourra aborder,
mais il n'en est pas moins qu'il y a 56 recommandations dans ce rapport-là
qui font état de plusieurs sujets de mon collègue.
Concernant, bien... bien entendu que la
découvrabilité du contenu... des contenus culturels francophones, c'est un
enjeu majeur. Je vous le rappelle, mon ministre... mon collègue ministre de la
Culture, il travaille très fort, plusieurs mesures ont été mises en place depuis
qu'il est élu. C'est un sujet qu'il traite en priorité. Donc, vous savez, les
appareils connectés, les plateformes numériques occupent désormais une place
prépondérante. Bon, on parle des jeunes, mais on parle aussi des adultes... où
on consomme beaucoup également de contenus sur ces plateformes-là.
Donc, l'importance que prennent ces nouveaux
points d'accès à la culture, on va se le dire, et la tendance qu'ils ont, bien,
c'est de favoriser l'homogénéisation culturelle et linguistique qui nécessite
que le Québec encadre de plus près leurs activités sur son territoire. Donc,
c'est ce que le ministre a voulu faire en créant la loi n° 109,
donc, qui a été adoptée, justement, le 21 mai 2025 à l'Assemblée
nationale, donc... qui a été déposée, pardon, le 21 mai, qui a été adopté
le 11 décembre. Bien, vous savez, si on revient sur cette loi, bien, c'est
justement pour faire face à la fragilisation de l'usage du français au Québec.
C'est aussi de favoriser, dans l'environnement numérique, une plus grande exposition
de contenus culturels francophones auprès des Québécois et des Québécoises. Et
je le répète encore, ça aussi, ça revêt d'un
encadrement, d'un pouvoir de réglementation, puis justement, le ministre s'est
fait dire qu'au Québec, on a... on peut légiférer sur une... sur une loi
et venir réglementer les plateformes.
Les
fabricants aussi sont visés, par ailleurs, pour... et être tenus d'offrir, sur
le territoire québécois, une interface qui puisse être aisément configurée en
français. Dans le même esprit, bien, les fabricants concernés seront aussi soumis
à des conditions, des modalités, qui vont les obliger à mettre de l'avant les
plateformes de visionnement comme Télé-Québec.
La
Présidente (Mme Bogemans) :
Merci, Mme la ministre. La parole est maintenant au député de Saint-Jean pour cinq minutes.
M. Lemieux : Merci, Mme la
Présidente. Pour la dernière fois ce matin... vous savez, j'apprécie beaucoup
les interpellations. On vient ici avec de la matière à livrer, mais, quand on
est un communicateur, on comprend aussi que,
si on est interpelé, il faut pouvoir répondre. Et c'est ce que je vais faire
dans cette dernière intervention par rapport à ce que j'ai entendu
depuis le début.
Vous savez, donc, c'est un florilège que je vais
vous soumettre, je suis impressionné par la sagesse du député de Jacques-Cartier.
Malgré son jeune âge, on sent que la paternité a une influence et que ses
enfants le font réfléchir, je dirais, dans
la bonne direction. En tout cas, pour ce qui est de l'intelligence artificielle,
M. le député de Jacques-Cartier, merci de cette conversation qui est
importante, qui est fondamentale. Oui, il y a les travaux de Yoshua Bengio,
mais il y a... j'allais dire le vrai monde,
parce qu'il est tellement intelligent, je vois que... on va l'oublier. Mais
tout le monde apprend à découvrir, connaître, essayer, travailler avec,
puis encadrement... à un moment donné, on encadre tout puis on... En tout cas,
je ne sais pas où ça va aller, mais il faut qu'on fasse un bout de chemin
là-dessus.
Je ne veux pas être en reste avec mon collègue
parce qu'il a nommé tous les festivals, y compris le sien. Je ne l'ai pas
entendu parler de l'International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu.
C'est mon festival, notre festival dans le Haut-Richelieu, mais je n'en parle
pas juste pour m'en vanter, c'est parce qu'ils sont fragiles, nos festivals, pas seulement à cause de la question
abordée par le député de Jean-Lesage ce matin, mais parce que nos festivals sont fragiles. Il y a des années de vaches maigres,
des années de vaches grasses, puis ce n'est pas parce qu'ils travaillent mal, c'est parce que la météo ne collabore pas
toujours. En tout cas, chez nous, c'est un énorme facteur dans le succès
d'un festival année après année.
Je me souviens que le Festival d'été de Québec
parlait de créer quelque chose à l'épreuve de la pluie. Je ne sais pas s'ils
ont réussi, mais c'est, à chaque année, un défi. J'entendais parler du REMI
tantôt, le regroupement des grands festivals, on en a bien besoin. Effectivement,
il travaille très fort pour aider tous les festivals, et on apprend, à chaque
année, les uns des autres entre festivals. C'est beau à voir. Je ne peux pas
passer sous silence non plus l'effort gigantesque en signe de dollars que le
gouvernement avait consacré aux festivals pendant la pandémie et après la
pandémie. Oui, on avait aidé les salles de spectacle, les billets, tout ça,
mais pour les festivals, c'était une question de vie ou de mort. Et on s'est retrouvés à la pandémie avec des festivals
bien vivants, et j'en suis très fier, et j'en remercie le gouvernement.
Je voulais juste, note de bas de page, vous dire
que... on parlait de billets tout à l'heure, le projet de loi n° 10 sur les billets arrive, la semaine prochaine, en
étude détaillée. C'est important parce que, oui, les... tout ce dont on parle
est important, parce que, vous savez quoi, ça touche directement le monde. Ils
achètent des billets, ils vont dans des
spectacles, ils consomment la bière Molson, comme le disait le député de
Jean-Lesage. Puis, à quelque part, il va se passer de quoi dans ces
consultations-là. C'est le ministre de la Justice qui est là, pas parce qu'il
manque d'ouvrage de ce temps-là, mais c'est parce
qu'il est responsable des droits des consommateurs, et c'est sous sa gouverne
qu'on dépose, donc, le projet de loi n° 10
sur la revente des billets. Je vous invite à tendre l'oreille. Bien, vous, ça
va être fait automatiquement, mais je parle surtout aux gens qui nous écoutent
peut-être. Parce que j'ai reçu des courriels pour dire : Comment ça, ce n'est pas commencé encore, comment ça, ce
n'est pas arrivé, on voudrait, bon... parce que c'est pas mal, je
pense... je ne dirai pas transpartisan, mais pas mal tout le monde est
d'accord.
• (11 h 20) •
Puis je voudrais terminer sur quelque chose qui
me frappe dans ces questions-là qu'on aborde. Puis c'est vrai pour le téléphone
à l'école, puis c'est vrai pour le temps d'écran, puis c'est vrai pour le numérique,
puis c'est vrai pour tout, les citoyens ont un rôle à jouer aussi dans le
partage de la culture à nos jeunes et aux nouveaux arrivants aussi. C'est pourquoi le premier ministre avait
qualifié cette mission de défi collectif. Et je nous engage, parce que tous
ensemble, nous avons le devoir de faire notre part en tendant la main aux
nouveaux citoyens et à ceux de demain pour faire vivre notre culture commune.
Parce que, j'insiste, avec le projet de loi n° 84 sur la... voyons, je
l'ai oublié, sur l'intégration, voilà, on a maintenant une culture commune, et
c'est fondamental pour la suite des choses. C'est le contraire du
multiculturalisme, le nouveau modèle d'intégration au Québec. Et ce n'est pas
contre personne, c'est avec tout le monde, c'est pour tous ceux qui sont ici.
Pour que nos cultures puissent vivre ensemble, il faut qu'elles soient, à
quelque part, autour d'une culture commune pour que nos référents soient les
mêmes, pour qu'on puisse mieux vivre
ensemble et pour qu'on puisse mieux consommer cette culture et cette langue que
j'adore. Merci, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme Bogemans) : Merci, M. le député. Nous allons débuter la
cinquième série d'interventions. La parole est maintenant au député de
Jean-Lesage pour cinq minutes.
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Alors, c'est maintenant le temps des solutions. Je vais vous
proposer trois solutions à laquelle
j'aimerais bien que vous commenciez à réfléchir. Je suis bien conscient
qu'aujourd'hui, qu'on met ça à
l'improviste, vous n'allez pas dire : Formidable, c'est adopté. Je
comprends bien qu'il faut que vous y réfléchissiez, mais je sollicite,
dans le fond, votre ouverture d'esprit pour réfléchir à ces solutions-là,
réfléchir rapidement. Ce sont des solutions qui viennent du milieu, de
différents milieux.
La première solution, c'est l'idée, ça vient du
REFRAIN qui représente les festivals indépendants, c'est de revoir les critères
pour les subventions publiques aux festivals dans une optique de trouver un
mécanisme qui évite qu'on finance des... bien, Live Nation, pour le dire très
rapidement comme ça. Je sais que la ministre a dit que les critères d'octroi de financement ont été revus en
2025 en collaboration avec le milieu et que, notamment, le REFRAIN a été consulté. Maintenant, comme c'est une
revendication qui vient du REFRAIN, je me dis la conjoncture a dû changer ou
les résultats à l'époque n'ont pas dû pleinement non plus satisfaire peut-être
leurs revendications. Dans tous les cas, la
réalité de maintenant, c'est qu'il y a une demande pour ça. Et ce n'est pas
uniquement le REFRAIN, qui est déjà largement représentatif d'énormément
de festivals au Québec, là, je pense, plus d'une centaine, de mémoire, 300... Donc, c'est beaucoup. Et voilà, donc, ça, c'est la
première solution. Je pense que ça ne coûterait pas cher de faire ça, puis il
faudrait le faire, évidemment, en consultation avec le milieu.
Et il ne faut pas présumer qu'on ne trouverait
pas de solution. Il ne faut pas présumer que revoir les critères, ça définancerait
des festivals auxquels on tient, comme les Francos et le Festival de jazz, sous
prétexte qu'ils sont organisés par Spectra, qui est possédée par evenko, qui
est possédée par Live Nation. Je pense qu'il y aurait une façon de faire, et, si on demande aux milieux de
trouver des astuces, avec toute la crédibilité... la créativité et la
crédibilité qu'ils ont, ils vont trouver.
Deuxième solution, il s'agirait d'une redevance
de solidarité sur les billets de grande capacité. C'est une revendication des SMAQ, les scènes musicales
indépendantes du Québec, et c'est quelque chose qui existe, notamment au
Royaume-Uni, mais dans d'autres pays aussi. L'idée, c'est de dire, les... les
artistes internationaux qui remplissent le Centre
Bell, par exemple, ou le Centre Vidéotron, les salles à plus de
2 000 billets, par exemple, bien, on irait chercher une redevance. Au
Royaume-Uni, c'est une livre. Mettons, au Québec, qu'on disait 2 $ par
billet juste pour les grandes capacités, là, on établirait ça,
admettons, disons, aujourd'hui, pour la discussion, à 2 000, bien, on
irait chercher un fonds qui permettrait de financer les salles indépendantes et
les festivals indépendants peut-être également.
Donc, ça, c'est un système qui ne demanderait
l'ajout d'aucun argent public supplémentaire dans un... alors, dans un contexte
de déficit important, ça ne demande pas un effort supplémentaire. C'est une
redistribution de la richesse à l'intérieur d'un écosystème où il y a de plus
en plus d'inégalités, puis ça n'affectera pas la vie, le niveau de vie des grandes stars internationales, de
Céline Dion à Taylor Swift, mais ça ferait toute la différence pour
l'écosystème des petites salles, qui
est absolument nécessaire pour que continuent d'émerger des talents
extraordinaires au Québec. Parce que,
s'il n'y a pas de salles de 200 ou 300 places qui survivent, bien, il n'y
en aura plus des Lou-Adrianne Cassidy puis des Ariane Roy qui, de par le
monde, font briller le Québec et puis expriment quelque chose de notre ressenti
collectif qui est absolument essentiel.
Dernière
proposition, c'est qu'on fasse une étude approfondie et une adaptation
québécoise des recommandations du Reset! network, qui est un regroupement
européen qui réfléchit aux enjeux des pratiques monopolistiques, notamment
entraînées par Live Nation, mais en Europe, parce qu'en Europe ces affaires-là
ont commencé avant. C'est juste embryonnaire au Québec. Eux, ils ont découvert
qu'il y avait des problèmes là, et ils ont pensé à des solutions, et ils ont
pensé à des solutions qui sont à l'attention des législateurs partout en
Europe, dans plusieurs pays. Et moi, je pense qu'on devrait se pencher
là-dessus pour voir qu'est-ce qui pourrait s'adapter à la situation québécoise,
quels problèmes avons-nous en commun, même si embryonnaires soient-ils, et
quelles solutions on pourrait mettre en place
pour éviter qu'on se retrouve, comme en Europe, à une situation où Live Nations
possède 30 % des festivals, y amène ces artistes américains et nuit
à la découvrabilité et à la survie de la diversité de l'écosystème culturel
québécois.
Alors,
c'est... je pourrais l'envoyer, évidemment, par courriel à la ministre du
Tourisme et à la ministre... au ministre de la Culture, donc deux
rapports qui ont été faits, qui sont vraiment intéressants. Merci, Mme la
Présidente.
La
Présidente (Mme Bogemans) : Merci beaucoup. La parole est maintenant à Mme la
ministre pour cinq minutes.
Mme Dionne : Merci, Mme la
Présidente, et merci au député de Jean-Lesage pour ce rapport qu'il souhaite
nous remettre. Bien, bien évidemment que le Québec regarde ce qui se fait à
l'international. On l'a fait pendant la commission sur les écrans également. On
a fait venir des gens du Royaume-Uni, de la France. Le ministre est à Paris
présentement avec l'UNESCO. Il a réussi à convaincre les 24 membres de
l'État partie de créer un protocole qui va nous permettre d'avoir des outils
juridiques pour mieux protéger nos cultures. Alors, je vous l'ai dit tout à
l'heure, quand le Québec parle à l'international, on est crédibles, on nous
écoute, mais nous aussi, on écoute effectivement ce qui se fait à
l'international.
Dans le cadre
des critères de financement, bien, écoutez, Mme la Présidente, la SODEC a
resserré ses critères de financement en 2024, justement, sur les événements
culturels qui ont une entente de gestion, soit avec Live Nation, evenko.
La SODEC, qui regarde aussi avec les ententes de service des OBNL, comme le
Jazz, comme les Francos, pour vérifier aussi
que les montants sont transférés entre... dans le fond, pour vérifier que les
montants sont transférés entre
entités. Alors, je vous dirais, Mme la Présidente, que la SODEC joue un rôle,
vraiment, de s'assurer que les sommes qui
sont octroyées via les programmes, dans le fond, sont financées pour les bonnes
dépenses qui sont admissibles, soit nos OBNL.
Dans le cas du ministère du Tourisme, bien,
écoutez, je vous dirais que les discussions sont toujours en cours à chaque
fois, vous savez, au ministère du Tourisme. On n'a pas... Ce sont beaucoup des
programmes qui sont renouvelés. Donc, à chaque fois qu'il y a un renouvellement
de programme au ministère, on discute avec nos différents partenaires, ça se
fait en continu, on regarde les enjeux qu'il y a sur le terrain. Meilleur
exemple, c'est pendant la pandémie, Mme la
Présidente, suite à la pandémie, bien, effectivement que le gouvernement a été
très généreux. On a octroyé des
aides, des aides exceptionnelles après la pandémie. Puis ensuite, le milieu,
bien, a considéré que l'aide gouvernementale, après le retrait des aides
d'urgence pendant la pandémie, n'était pas suffisante pour maintenir le
fonctionnement des événements. Bien, ce qu'on a fait, Mme la ministre... Mme la
Présidente, avec mon collègue à la Culture, c'est qu'on a mis en place des
chantiers qui ont justement été formés pour discuter de ces enjeux-là et bien d'autres enjeux, alors,
des chantiers qui ont mis en action plusieurs sujets, quatre recommandations et
25 actions, justement, pour améliorer puis aider encore mieux nos
festivals et événements.
Pour ce qui est des
redevances dont le député de Jean-Lesage parle, nous, Mme la Présidente, quand
on parle au milieu, bien, on nous demande de financer, en fait, une étude de
faisabilité sur cette idée de redevance de solidarité à la vente de billets.
Sauf Québec solidaire, Mme la Présidente, personne n'a encore arrêté de
solution. Là, on parle vraiment de nos partenaires du milieu, avec qui on
travaille régulièrement. Vous savez, Mme la Présidente, en Angleterre,
l'initiative de redevance de solidarité n'a pas récolté... a récolté, je pense,
500 000 livres. Donc, c'est très peu, puis je pense que ce n'est pas
une solution à long terme. Par contre, c'est ça, on nous demande de financer
une étude de faisabilité qui pourrait peut-être pousser plus loin cette
idée-là.
• (11 h 30) •
Donc, Mme la
Présidente, concernant aussi les aides que... octroyées par le ministère du
Tourisme, et Live Nation, et compagnie, je vous dirais que notre ministère n'a
pas la mission de financer des activités des Canadiens ou les événements
d'evenko qui se passent à l'intérieur du Centre Bell. Notre programme de
financement est plutôt de financer, en respect du programme, des grands événements
puis des grands festivals... dont plusieurs sont offerts gratuitement puis qui
sont à l'extérieur de ces infrastructures-là. Donc, quand on parle de gratuité
d'événements à Montréal, eh bien, sachez,
Mme la Présidente, qu'il y a certains événements qui sont financés, justement,
pour permettre la gratuité de certains... d'avoir accès à certains de
ces événements-là.
Donc, vous savez, Mme
la Présidente, comme je vous dis, le ministre... mon collègue ministre à la
Culture et moi-même, on est ouverts à des changements,
des améliorations. Vous savez, ce n'est pas parfait, Mme la Présidente,
mais je pense que la force qu'on a, c'est vraiment de travailler en
collaboration avec notre milieu, donc le REMI, le REFRAIN, le CH. Le CH est ouvert aussi à des discussions pour adresser
certains enjeux. Donc, je pense que la discussion est en cours. Ce n'est pas des chantiers qui
commencent et qui s'arrêtent. Je pense que ce sont des chantiers de discussion
puis d'amélioration qui se poursuivent semaine après semaine.
La
Présidente (Mme Bogemans) :
Merci, Mme la ministre. Maintenant, la parole est au député de Côte-du-Sud pour cinq minutes.
M. Rivest : ...beaucoup,
Mme la Présidente. Tout à l'heure, lors de mes premiers échanges avec vous, on
a fait quand même la nomenclature, là, de quelques événements particuliers,
particulièrement des événements en région, qui vivent peut-être ce qu'on parle
aujourd'hui d'une façon différente. Je pense aussi au Festival Country de Lotbinière, le Festival de musique émergente en
Abitibi-Témiscamingue, Envol et Macadam, le FestiVoix à Trois-Rivières. Bien, toute cette nomenclature-là, elle s'ajoute
peut-être, pour répondre d'une façon plus significative à mon collègue de Jean-Lesage, qui parlait de Lou-Adriane
Cassidy, qui parlait d'Ariane Roy, Jeanne Laforest, j'en rajouterais d'autres,
Carl Mayotte...
Je suis très fier,
moi, d'avoir ce vécu-là dans mon passé. Puis je pense au Camp musical
Saint-Alexandre, où ces artistes-là sont
passés se former et vivent aujourd'hui une véritable découvrabilité de leur
travail, comme créateurs, comme personnes, et on les voit sur scène, et
on en est fiers, et je partage ça avec mon collègue de Jean-Lesage.
Mais je rajouterais
aussi cette fierté-là du travail que... qui est déjà en marche, parce que mon
collègue à la Culture, en plus d'être à l'international à ce moment-ci, a mis
sur pied des chantiers, ma collègue au Tourisme en parlait tout à l'heure. Je vais vous les nommer, les quatre chantiers
qui ont été réalisés, pas il y a 20 ans, pas il y a 15 ans, dans
les derniers mois, Mme la Présidente. Il y a le rapport sur le Chantier sur les
arts de la scène, il y a le rapport du Chantier
sur les festivals, le Plan d'action sur la diffusion des arts actuels, et un
merveilleux rapport, que j'ai mené avec le plus de rigueur et de
bienveillance possible, celui qui s'appelle Cultiver l'engagement — Pour
une philanthropie au service de la culture. Puis si je vous en parle aujourd'hui... parce
que j'aimerais aller plus loin puis j'aimerais répondre spécifiquement à
la première proposition qui est faite par le collègue de Jean-Lesage.
Dans les
recommandations que... je vous invite de lire, d'ailleurs, ces rapports-là...
sur le rapport du Chantier sur les festivals... c'est public actuellement, vous
avez accès à ces rapports-là, il y a quatre recommandations. Je vous les cite
puis je vous invite à écouter la première, qui est en ligne directe avec ce que
vous avez posé, M. le député de Jean-Lesage,
comme intervention ici, dans vos recommandations que vous faites vous-même. Il
y a quatre recommandations. La première, assurer une adéquation entre le
nombre de festivals financés et le montant des subventions publiques. On est
quand même dans une direction similaire à ce qu'on vient de discuter. Deuxième
recommandation, favoriser la création et la mise en oeuvre de différentes
stratégies de diversification de revenus autonomes dans le secteur des festivaliers. On est dans d'autres choses. On
parle de financement, on parle de commandites, on parle de philanthropie
culturelle, et je rappelle même que, dans
les quatre rapports, il y avait un volet commun qui traite de philanthropie
culturelle, de financement privé. Je tenais à le souligner également.
Recommandation
n° 3 : renforcer la collaboration
intergouvernementale et intragouvernementale pour accroître la fluidité
et la cohérence des financements publics. C'est quand même fabuleux de voir
qu'il y a déjà un chemin de réflexion qui a été mené avec rigueur, attention,
par l'ensemble des gens qui... de la scène, qui travaillent au niveau des festivals au Québec, et c'est quand même très
cohérent de voir qu'ils ont aussi cette réflexion-là et que c'est déjà en
travail, déjà amorcé.
Recommandation
n° 4 : améliorer l'utilité des données
collectées pour soutenir les opérateurs de festival dans leur
interprétation, pour bonifier leurs programmes et leur modèle d'affaires. Donc,
il y a quand même déjà plusieurs éléments qui sont articulés actuellement.
Donc, pour
terminer, je vous amènerais dans un volet, là... notre collègue ministre de la
Culture des Communications... et
d'ailleurs, sur son retour de mission de l'UNESCO à Paris pour expliquer la
position du Québec en matière de découvrabilité sur la
scène internationale. On souhaite nous-mêmes faire notre part d'une façon
toute particulière des autres nations du monde pour lutter contre les dérives
des GAFAM, entre autres. Le Québec est d'ailleurs
à la tête d'une vaste coalition internationale pour s'assurer que les États
puissent légiférer dans l'univers numérique.
Le combat qu'on mène, ce n'est pas seulement pour nous, mais on le fait aussi
pour les cultures minoritaires.
Je trouve ça important également de le rappeler
que l'Assemblée nationale a été le premier Parlement au monde à adopter la
convention de 2005. Donc, notre combat, il ne date pas d'hier. On est déjà en
route et c'est la suite logique d'un engagement de longue date. Je vous dirais
aussi que force est de constater que beaucoup de choses ont changé, évidemment,
depuis 2005. Dans les 20 dernières années, les GAFAM ont eu un impact
majeur sur nos cultures nationales, et il est aujourd'hui essentiel...
La Présidente (Mme Bogemans) : Merci,
M. le député. On en est à la sixième série d'interventions avec le député de Jacques-Cartier
pour 2 min 30 s.
M.
Kelley : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. J'ai eu le
plaisir de siéger avec deux anciens ministres, un ancien ministre de la Culture
et des Relations internationales, Christine St-Pierre puis Isabelle Melançon,
qui était directrice de cabinet de la ministre de la Culture à une certaine
époque, deux personnes qui connaîent le milieu très, très bien. Je suis d'accord avec le ministre, on a eu un bon échange,
tout le monde croit dans la souveraineté culturelle du Québec. C'est M. Bourassa qui a mis l'idée de
l'avant et juste rappeler aussi qu'est-ce que le gouvernement libéral a
fait dans le passé.
C'était Jean Lesage, avec Georges-Émile Lapalme,
qui a créé le premier ministère des Affaires culturelles. La première politique culturelle, c'était fait par
Liza Frulla; la loi sur le statut de l'artiste était faite par Lise Bacon; entrée
à l'UNESCO, c'était pendant les années de
Jean Charest; la Convention sur la protection de la promotion et la diversité
des expressions culturelles a été adoptée à l'UNESCO sous Line Beauchamp. Je
sais que ma collègue, ancienne collègue, Christine St-Pierre, quand elle était
ministre responsable pour les relations étrangères, a toujours, toujours lutté pour le milieu culturel, particulièrement à
Paris, mais partout sur la planète. Et je pense qu'on peut faire la même chose
pour le Parti québécois, le même exercice, qu'eux autres ont fait des gains. Je
peux noter les gains que le côté gouvernement a faits dans la dernière couple
des années. Je pense que la loi n° 109, ça
apporte certains éléments intéressants, modification de la Charte des droits et
libertés.
Il y a
toujours des choses qu'on peut faire plus. C'est très... c'était très
intéressant d'écouter le collègue de Québec solidaire. C'est sûr que le financement des petites salles de spectacle,
particulièrement en région, il faut porter attention à ça. Au minimum,
il est arrivé ici avec certaines solutions qui est mise sur la table, et c'est
important d'écouter ça puis avoir une bonne
discussion. Je pense qu'on a eu une discussion très fructueuse aujourd'hui et
un ton avec beaucoup de respect. Mais je veux juste dire merci. Je sais
que j'ai resté beaucoup sur l'intelligence artificielle, et je vais juste
répéter, parce que ça va être inévitable qu'on va parler de plus en plus de ce
sujet, comme le député de Saint-Jean dit :
Est-ce que c'est nécessaire d'encadrer ça? Moi, je vais dire oui, mais, en même
temps, ça commence avec une bonne réflexion entre nous, des élus, parce
que tout le monde, oui, va utiliser l'intelligence artificielle, mais comment
on peut bien utiliser... et une vraie discussion, il faut avoir. Alors, merci
beaucoup, Mme la Présidente, pour l'écoute et merci à tous mes collègues.
Conclusions
La Présidente (Mme Bogemans) : Merci,
M. le député. On en est maintenant aux dernières interventions. Donc, Mme la
ministre, vous avez 10 minutes.
Mme Amélie Dionne
Mme Dionne : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Donc, nous avons eu d'excellents échanges aujourd'hui. Donc, je remercie beaucoup le député de
Jean-Lesage de nous avoir permis d'exposer nos points de vue sur différents
sujets. Tout ça a bifurqué vers d'autres chantiers, alors j'en suis très
heureuse.
• (11 h 40) •
Au final, je peux dire que je suis quand même
très satisfaite de ce que notre gouvernement a réalisé pour permettre au milieu
culturel et à la créativité québécoise de se développer et de rayonner. Je suis
particulièrement fière aussi de ce que mon collègue ministre a accompli en
faveur de l'affirmation de la souveraineté culturelle du Québec. Il reste beaucoup à faire, j'en conviens,
et il est clair que le ministre et moi, eh bien, on s'est engagés, je pense... on
est engagés sur la bonne voie, comme je vous dis, Mme la Présidente. On est
très près de nos milieux, très près de nos partenaires. On n'a négligé aucune
piste de réflexion ni d'action, et ça, bien, c'est... on veut le faire au
bénéfice du domaine culturel et au bénéfice
de nos partenaires dans l'événementiel. Je salue son travail, d'ailleurs, et
j'espère que sa grande capacité d'écoute va en inspirer plusieurs, parce que,
oui, on a un ministre de la Culture et des Communications très à
l'écoute.
Pour revenir sur les différents sujets qui ont
été discutés avec mes collègues députés, eh bien, oui, on a parlé de
transformations technologiques qui ont... on voit, qui affectent tous les
secteurs de notre vie. On a parlé des plateformes, bon, il y a la... toute la
question des billetteries, des écrans chez les enfants. Alors, on a eu aussi...
mais je pense qu'on doit reconnaître aussi qu'il y a un consensus québécois à
travailler sur ces questions-là, à travailler sur la souveraineté culturelle
puis à travailler également de façon transpartisane. Je le souhaite.
Les
festivals travaillent... Dans le fond, on... pour les festivals, on travaille
avec... en collaboration, le ministre et moi, avec nos partenaires, avec
nos ministères. Bien entendu, il faut toujours s'assurer d'identifier les
meilleures solutions. On est très sensibles au reportage d'Enquête.
Maintenant, il faut prendre le temps d'analyser tout ça, de consulter notre
milieu, d'identifier des meilleures solutions, mais sachez, Mme la Présidente,
qu'avant même cette interpellation ce matin nous étions déjà très actifs sur ce
dossier. Donc, je tiens à rassurer le député de Jean-Lesage. Le ministre
Lacombe et moi-même, eh bien, on reconnaît qu'il faut agir, et puis on s'était
d'ailleurs engagés... le ministre s'était
engagé publiquement, là, à donner suite à certains éléments du reportage d'Enquête,
comme je viens de le mentionner.
Alors, il
faut rester mobilisé. Je remercie le député de Jean-Lesage aussi d'être
mobilisé puis d'être sensible à cette question-là, et on va poursuivre, là, les
réflexions, là, pour trouver les meilleures solutions comme je vous disais.
Avant d'aller plus loin, bien, permettez-moi une
dernière fois, Mme la Présidente, de prendre quelques instants pour... je vous
dirais, parce qu'il n'était pas là aujourd'hui, mais pour rappeler la vision et
les actions de notre ministre de la Culture.
Vous savez, concernant l'encadrement législatif sur la découvrabilité des
contenus culturels francophones dans l'environnement numérique, c'est...
l'élaboration des travaux qui ont mené à vraiment l'adoption d'une loi qui affirme la souveraineté culturelle
du Québec et qui édicte la Loi sur la découvrabilité des contenus culturels
francophones dans l'environnement numérique, qui repose, Mme la Présidente, sur
un travail très consciencieux. Donc, je le remercie beaucoup pour ça. On a pris
les devants. Je pense qu'on fait preuve de leadership également à l'international. Alors, à cet égard, il est important
vraiment de souligner que cette loi a trouvé d'importants appuis également
dans le milieu culturel, puis c'est un milieu qui sera vraiment le premier à
bénéficier de cette nouvelle loi.
Comme l'ont mentionné aussi mes collègues, je
pense que c'est un enjeu de société, la découvrabilité de nos contenus
culturels et francophones. Je pense que tout un chacun, on a intérêt à y
contribuer, à commencer par chez nous, dans
nos maisons, dans nos résidences, auprès de nos enfants, auprès de nos amis,
bref, à faire rayonner cette culture.
Et, à titre de ministre du Tourisme, bien, j'en
suis très fière, parce que, vous savez, le ministère du Tourisme, oui, c'est un
ministère économique, un ministère de région, mais c'est aussi un ministère
culturel, parce que tous les petits festivals et événements, qu'ils soient
partout au Québec, comme l'a mentionné mon collègue de Côte-du-Sud, sont des
événements dans des communautés qui nous permettent de faire rayonner notre
culture, de faire rayonner notre langue, d'affirmer
qui nous sommes et de promouvoir notre ADN auprès des nombreux touristes
internationaux qui viennent nous visiter. Et ça, il faut le rappeler, Mme la
Présidente, je le répète encore, on ne doit pas mettre en opposition les
grands événements et nos festivals et événements régionaux parce que tout le
monde y gagne.
Vous savez, on est parti de loin avec les
retombées en tourisme. On est parti, en 2018, avec 3,76 milliards de devises étrangères. En 2024, ce sont 4,4 milliards
de devises étrangères qui entrent au Québec. C'est de l'argent neuf, Mme
la Présidente, donc il faut prendre... il faut quand même le considérer, c'est
grâce à nos attraits, à nos festivals et à
nos événements, également au nombre de visiteurs. Depuis 2019, ce sont
5 millions de visiteurs de plus qui viennent au Québec. Donc, ce sont des retombées
économiques, je le rappelle, importantes, essentielles pour l'ensemble de nos
belles régions. Donc, c'est important aussi de mentionner tout ça.
Évidemment, nos festivals et événements sont
présents partout, et on va continuer à les aider. Pourquoi? Bien, parce qu'on
est dans un contexte qui est de plus en plus exigeant et concurrentiel. On va
se le dire, on en a discuté tout à l'heure, il faut savoir aujourd'hui, Mme la
Présidente, que l'industrie événementielle évolue aussi dans un environnement
de profonde transformation. On le voit à l'ère numérique, on le voit avec des
phénomènes comme Live Nation. Alors, il y a
une hausse de coûts de production, bien entendu, de la pression aussi sur les
chaînes d'approvisionnement, la compétition internationale qui est
accrue.
Je le répète, Mme la Présidente, le ministère du
Tourisme s'est donné comme priorité de continuer à financer des événements
internationaux parce que c'est important pour la destination du Québec à
l'international. Ce sont... C'est important pour les retombées économiques,
puis il faut demeurer attractif, il faut demeurer compétitif. Alors, c'est ce qu'on va continuer de faire. Il y a une
consolidation aussi à avoir autour du marché des grands acteurs mondiaux,
bien entendu, et toute la question du taux de change.
Donc, Mme la Présidente, l'industrie des
festivals et événements est devenue très, très concurrentielle, et le ministre
de la Culture et moi-même allons continuer à poser des gestes et des actions
pour justement favoriser nos événements au Québec et continuer de les soutenir
là-dedans.
Dans ce contexte, bien, je vous dirais que le
rôle de l'État n'est pas accessoire. Je pense qu'il est stratégique, et, en tant que gouvernement, bien, on a le souci
de nous assurer que le Québec demeure compétitif, bien entendu, et...
mais également que nous poursuivions la protection, que nous continuons à
protéger notre langue, protéger notre culture et encourager nos artistes
québécois.
Nous devons assurément... Nous voulons assurer
que nos événements puissent rivaliser avec les grandes destinations, et c'est ce que nous faisons en tant que gouvernement
pragmatique. Et c'est ce que je veux faire également en tant que
ministre, je vous dirais, régionaliste.
Donc, pour revenir à la culture, bien,
maintenant que le premier jalon de la loi a été mis en place, les travaux de
réflexion en vue de l'élaboration du cadre réglementaire se poursuivent et sont
entamés. Alors, en parallèle, là, le ministre aussi va continuer de collaborer
avec la société d'État, et ses partenaires internationaux, et avec le secteur
culturel québécois pour mettre en place des actions stratégiques pour la
découvrabilité afin de s'assurer que la culture québécoise puisse rayonner,
oui, à travers nos festivals et événements, mais aussi dans l'environnement
numérique.
Concernant la diplomatie culturelle, bien, on
l'a mentionné tantôt, mais je tiens à le réitérer, le ministre a fait beaucoup, depuis 2022, pour promouvoir la
diversité des expressions culturelles, tant sur la scène nationale
qu'internationale, notamment au sein
des instances de la Francophonie et de l'UNESCO. On l'a vu dernièrement, ce
qu'il a réussi à faire, en faisant adopter le
nouveau protocole. Dans le même esprit, le ministre a exprimé sa position lors
d'un événement parallèle avec des représentants de la société civile par la
Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle.
Donc, le Québec se réjouit, donc, que le Comité
intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des
expressions culturelles de la convention ait décidé de recommander aux États
parties à la convention de se positionner en faveur de ce protocole
additionnel. Alors, je pense qu'on peut se réjouir, Mme la Présidente, de cette
grande avancée.
Alors, merci
au ministre de la Culture pour sa sensibilité à tous ces enjeux. Et, concernant
le suivi des chantiers sur les arts de la scène, les festivals, la
philanthropie et les arts culturels, soyez sans crainte, Mme la Présidente, que
l'objectif est de mettre en route... est de continuer, plutôt, le dialogue et
de concevoir les prochaines étapes de nos améliorations avec le milieu, parce
que, vous savez, Mme la Présidente, c'est une responsabilité partagée. Merci.
• (11 h 50) •
La
Présidente (Mme Bogemans) : Je cède maintenant la parole, pour la dernière
remarque, au député de Jean-Lesage pour 10 minutes.
M. Sol Zanetti
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Merci à la ministre pour sa réponse... ses réponses aujourd'hui,
ses commentaires.
J'aurais une mise en garde à faire à la ministre
par rapport à la façon de consulter le milieu lorsqu'il s'agit de subventions à des grands festivals, des grands
événements. Je pense qu'il faut consulter les gens qui peinent à y arriver dans
le système, et non pas consulter le Groupe CH, par exemple, evenko et Live
Nation, parce que ces gens-là, essentiellement, n'ont pas intérêt à ce que les
choses changent. Le Groupe CH, en ce moment, puis Live Nation n'ont pas intérêt
à ce que les choses changent. Alors, évidemment que les consulter pour voir
comment on pourrait changer les choses, ça voudrait dire les... les consulter
pour voir comment on peut changer les choses sans que les choses ne changent
trop dans le sens contraire dans leurs intérêts. Et là c'est le contraire qu'il
faut faire. Je ne dis pas qu'il ne faut pas leur parler, évidemment, il faut
laisser les canaux de conversation ouverts, mais il faut toujours s'assurer
que... ce n'est pas eux qui ont besoin de l'aide du gouvernement en ce moment.
Ce n'est pas Jeffery Molson, ce n'est pas le
propriétaire de Live Nation, c'est le Festival de la chanson de Tadoussac, le
Festival de la chanson de Petite-Vallée, c'est les Concerts aux Îles du Bic, c'est le festival de danse FURIES de
Marsoui, c'est tous les autres festivals au Québec qui n'arrivent pas.
Et je vais réitérer, quand même, une proposition
que j'ai faite à la ministre par rapport à la F1, parce qu'au fond, le montant
que le ministère du Tourisme donne par année à la F1, à peu près
5 millions, ça ressemble beaucoup aux
5,7 millions dont ont besoin tous les festivals du Québec pour arriver.
Alors, ce serait vraiment un beau changement de cap de dire : On va
aller mettre l'argent, parce que moi, je ne... ça ne me rentre pas dans la
tête, l'idée que, surtout en période financièrement difficile pour le
gouvernement du Québec, qu'on finance des milliardaires. Ça, ça ne me rentre pas dans la tête. Et les milliardaires,
souvent, sont milliardaires parce qu'ils sont devenus excellents pour convaincre
les gens et les gouvernements de leur donner des millions de dollars. C'est
très, très rare, là, les milliardaires qui deviennent milliardaires sans fonds
publics. Je ne passerai pas les exemples québécois de ça qui ont fait leur
fortune grâce à la caisse... aux investissements de la Caisse de dépôt et de
placement du Québec, mais il y a des exemples, à l'international, de ça aussi, et, très clairement, ce n'est pas eux
qu'il faut aider. C'est comme... ils n'ont pas besoin de notre aide.
C'est le contraire, en fait.
Il faut qu'ils contribuent davantage, ces
gens-là. Il faut qu'ils contribuent davantage à la société québécoise, et ça ne
peut pas être vrai que c'est une fatalité de dire : Ah! on n'a pas le
choix, on est attachés, là, les mains comme ça.
Si on ne finance pas les milliardaires, il n'y aura pas les Francos, il n'y
aura pas le Festival de jazz. Je comprends que ce n'est pas ce qui a été dit
aujourd'hui, là, mais c'est quand même... c'est quand même sous-jacent au
comportement du gouvernement. Il y a cette idée-là qu'il faut absolument
requestionner, et critiquer, et sortir de nos têtes.
Je vais réitérer les solutions dont on a parlé
aujourd'hui. Alors, il y a évidemment prendre l'argent de la F1 et donner ça
aux festivals indépendants du Québec. 5 millions, 5 millions, et
voilà, ça serait de la belle redistribution de la richesse à coût nul, à somme nulle pour l'État. Ensuite de ça, il y a
l'idée de revoir les critères de financement pour les festivals. Je sais que ça
a été fait assez récemment, mais là la conjoncture change rapidement. Ça ne
peut pas être une fatalité qu'on finance les milliardaires, il faut
changer les critères.
L'autre chose, sur la redevance de solidarité,
effectivement, on peut commencer par une étude de faisabilité pour savoir
comment on pourrait faire ça au Québec. C'est une proposition très, très, très
modérée, soutenue par les SMAC, et on la fait nôtre. Je pense qu'une étude de
faisabilité comme ça, selon l'évaluation des SMAC, ça coûterait à peu près
200 000 $. On pourrait voir comment on pourrait faire ce système de
redevance là au Québec et appliquer celui qui est le plus adapté. Selon les
estimations très préliminaires des SMAC, qui se sont demandé combien ça ferait d'argent au Québec, cette affaire-là, bien,
ils avaient des estimations qui tournaient entre 3 et 5 millions de dollars,
dépendamment de comment on organise cette
mesure-là. Alors, 3 et 5 millions de dollars, ça commence dangereusement
à ressembler au 5,7 millions de dollars qui est nécessaire pour
permettre à tous les festivals indépendants au Québec d'arriver et de continuer
à faire rayonner la culture puis à offrir des scènes aux artistes et à notre
culture québécoise.
Et la dernière recommandation, c'est de
s'inspirer du mémoire de Reset! Network, qui est un groupe qui a réfléchi sur comment faire barrage aux pratiques
monopolistiques qui sont en train d'étouffer même les cultures européennes,
dont... Live Nation possède à peu près 30 % des festivals en Europe.
Alors, c'est des réflexions. Il faut qu'on bénéficie de leur expérience, il ne faut pas
qu'on se rende trop loin, il ne faut pas qu'on se rende à des endroits où,
finalement, on aura tué toutes les scènes indépendantes, toutes les petites...
les agences d'artistes indépendantes, toutes les billetteries
indépendantes, tous les festivals indépendants et que, là, on sera devant des
mastodontes monopolistiques qu'il va falloir séparer, disséquer, puis là ça va
prendre du temps, de redémarrer cette affaire-là.
On a une richesse, en ce moment, une ébullition
d'initiatives collectives et locales, à but non lucratif le plus souvent, qui
font rayonner la culture québécoise, qui offrent des scènes à des artistes
émergents, qui sont capables de dire :
Bien, écoutez, là, on va faire une salle de 200 puis peut-être que, dans deux
ans, on fera une salle de 2 000 puis on fera le Centre Bell, mais
il faut avoir ce lieu-là. C'est un lieu d'ébullition, c'est un lieu de... qui
permet l'émergence d'une culture.
Et, si on ne fait pas ça... si on ne fait pas
ça, si on laisse ça s'éteindre, ça va prendre énormément de temps, des décennies à recréer le milieu, l'écosystème
nécessaire à l'émergence de cette culture-là qui est extrêmement riche. Alors,
maintenons ça.
Ça ne prend que quelques millions. Les choses
dont j'ai parlé aujourd'hui, par rapport aux festivals, on parle de 5 millions, qui n'est même pas obligé
d'être de l'argent neuf, qui peut juste passer d'une poche à l'autre, des
enveloppes gouvernementales de subventions déjà existantes. Il y a des
mécanismes, là-dedans, qui pourraient redistribuer l'argent à l'intérieur même de l'écosystème en allant chercher aux
milliardaires et en le donnant aux artistes émergents et à tous ceux qui
les font exister, qui leur permettent de s'exprimer.
Alors, c'est
ce message-là général que je voulais transmettre aujourd'hui. Je suis content
d'avoir eu l'occasion de le faire. Je remercie énormément la ministre, les
députés qui étaient présents ici et toutes celles et ceux qui les
accompagnaient. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Bogemans) : Merci,
M. le député. Donc, compte tenu de l'heure, je lève la séance de...
La commission
ayant accompli son mandat, on ajourne les travaux jusqu'au 24 février, après
les avis touchant les travaux des commissions, où la commission entreprendra un
autre mandat. Merci, tout le monde. Bon retour.
(Fin de la séance à 11 h 57)