Journal des débats (Hansard) of the Committee on Culture and Education
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Thursday, May 14, 2026
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Vol. 49 N° 4
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Culture et des Communications
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Intervenants par tranches d'heure
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Guillemette, Nancy
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Zanetti, Sol
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Cadet, Madwa-Nika
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Lacombe, Mathieu
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Lacombe, Mathieu
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Zanetti, Sol
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Guillemette, Nancy
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Cadet, Madwa-Nika
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Lacombe, Mathieu
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Cadet, Madwa-Nika
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Guillemette, Nancy
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Gentilcore, Catherine
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Dufour, Pierre
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Guillemette, Nancy
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Cadet, Madwa-Nika
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Lacombe, Mathieu
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures quarante minutes)
La Présidente (Mme Guillemette) :
Donc, bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission est réunie aujourd'hui afin
de procéder à l'étude de crédits budgétaires du portefeuille Culture et Communication
pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de deux heures a
été allouée pour l'étude des crédits, mais on a un petit peu de retard, donc
les temps de tout le monde, avec le consentement de tout le monde, ont été
ajustés en conséquence.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Non, Mme la
Présidente, il n'y a pas de remplacement.
Discussion générale
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Donc, nous allons procéder maintenant à une discussion d'ordre général,
incluant questions et réponses. La mise aux voix de ces crédits sera faite à la
fin de la séance, soit vers 13 h 15.
M. Zanetti : ...le temps a
été compressé comment?
La Présidente (Mme Guillemette) :
C'est trois minutes par groupe, là, proportionnellement avec ce qu'on a, là.
M. Zanetti : OK. Puis qui a
donné le consentement, de notre côté, pour ça? Moi, je n'ai pas consenti, là.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Et nous, on nous a dit qu'il y avait eu consentement de tout le monde. Je ne
sais pas si c'est votre leader...
M. Zanetti : On peut-tu
suspendre deux minutes? Je vais faire des vérifications.
La Présidente (Mme Guillemette) :
On ne peut pas suspendre. Vous pouvez vous informer pendant qu'on déroule
la séance. Si on suspend, on va devoir suspendre sur votre temps.
Donc, comme je le disais, la mise aux voix
va être mise vers 13 h 15. Donc, je céderais la parole, pour un
premier bloc d'intervention, à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, M. le ministre. Donc, je plonge immédiatement. Merci de
vous prêter à l'exercice de l'étude des crédits budgétaires.
Donc, je commence avec un sujet qui a
quand même, donc, défrayé les manchettes il y a quelques jours, peut-être pas
celui que vous pensez en premier, mais celui d'en fin de semaine, qui était le
dossier sur l'intelligence artificielle. Donc, on a vu un dossier du Journal
de Montréal, donc, qui parlait des œuvres de centaines d'artistes du Québec
utilisées sans leur accord. On a vu, donc, des témoignages quand même assez
poignants, là et au cours des derniers mois, des dernières semaines, même, des
simulations qui ont été faites, qui étaient quand même assez troublantes.
De mon côté, je ne sais pas si vous aviez
vu ça, en février dernier, moi, j'avais déposé une demande de mandat d'initiative
demandant, donc, une... donc, une commission, là, qu'une de nos commissions
parlementaires se penche sur le dossier de l'intelligence artificielle. De mon
côté, c'était du côté des médias, hein, vous vous souvenez des sites de fausses
nouvelles qui pullulaient en ligne, donc, notamment sur les plateformes de
médias sociaux. Je me disais : Bien, je pense qu'à Québec, donc, on a la
juridiction pour pouvoir se pencher sur ces questions-là.
Donc, ma première question pour vous :
D'abord, est-ce que vous acceptez cette demande de mandat d'initiative? Puis
ensuite, donc, plus largement, voir quelles sont les initiatives qui sont
faites au niveau de l'intelligence artificielle à l'égard du ministère de la
Culture.
M. Lacombe : Bien, en fait,
sur la question du mandat d'initiative, évidemment, vous le savez encore plus
que moi, la commission... la commission peut... est souveraine, donc ce n'est
pas à moi, comme ministre, de vous dire si, oui ou non, ça va arriver. Par
contre, par contre, je pense que c'est un sujet transpartisan qu'il serait
intéressant de traiter de cette façon-là. Maintenant, on comprend aussi que le
temps avance, le temps file, donc est-ce que c'est, de façon réaliste, quelque
chose qu'on aurait le temps de traiter d'ici la fin de la session parlementaire?
Ça me semble... ça me semble assez hasardeux. Mais honnêtement c'est le type d'initiative
que j'aurais pu soutenir parce que je trouve que c'est un enjeu qui est
transpartisan, comme beaucoup d'enjeux culturels, d'ailleurs.
Sinon, sur ce qui est fait, sur ce que
nous faisons, je dirais qu'on a porté une attention particulière, dans les
derniers mois, parce qu'on a eu des cas, notamment avec des médias, j'ai un
exemple en tête, où on s'est fait interpeler parce que le contenu était généré
par l'intelligence artificielle. Et évidemment que, pour nous, ce n'est pas
quelque chose, dans le domaine de l'information, précisément, dans ce cas-ci,
qui est souhaitable, donc on s'est assurés qu'on puisse, par exemple dans le
cadre de nos programmes, s'assurer que le travail soit fait par des humains.
Donc, ça, c'est le cas.
Ensuite, pour tout le reste, bien,
évidemment, c'est un immense chantier, je n'ai pas la prétention de vous dire
qu'on a réglé ça, je pense qu'on devra le faire avec le milieu. Vous avez <soulevé
une...
M. Lacombe :
... qu'on
a réglé ça, je pense qu'on devra le faire avec le milieu. Vous avez >soulevé
une une piste, tantôt, de véhicule pour y arriver de façon transpartisane, mais
sinon on a une attention particulière, que ce soit au Conseil des arts et des
lettres du Québec, que ce soit à la Société de développement des entreprises
culturelles, dans nos programmes, pour nous assurer qu'on ne vienne pas
subventionner du travail qui serait fait par l'intelligence artificielle.
Mais, en même temps, j'ai aussi envie de
vous dire que la ligne est mince, parce qu'on a aussi des créateurs qui nous
disent : On veut utiliser l'intelligence artificielle, mais on veut
qu'elle soit au service de notre création, on ne veut pas qu'elle nous
remplace. Donc, cette ligne-là, elle est très mince. Donc, je réitère
l'importance de le travailler avec le milieu puis, idéalement, aussi, de façon
transpartisane.
Mme Cadet : Merci. Hier soir,
justement, il y a un article qui a été publié sur le site de Radio-Canada qui
concernait le fait que le Regroupement pour l'Art Humain dénonçait l'usage de
l'IA par Télé-Québec. Vous avez peut-être vu ça passer. Donc, Télé-Québec,
donc, a été quand même assez transparent dans son usage de l'intelligence
artificielle, à créé, donc, un épisode, donc, complet d'une série jeunesse, Lotus
et Cali, par intelligence artificielle générative. Puis, bien évidemment,
c'est sûr que ça inquiète un peu le milieu. On ne vous a pas entendu sur ce
dossier-là. Vous, qu'est-ce que vous en pensez?
M. Lacombe : Bien, je me
réfère à ce que je viens de dire dans ma précédente réponse, c'est-à-dire que
la ligne est mince. La ligne, elle est mince, mais je ne pense pas qu'on puisse
écarter du revers de la main le recours à l'intelligence artificielle
lorsqu'elle est au service des créateurs et des créatrices. Je pense que là où
ça devient un problème, c'est quand ça remplace les créateurs et les créatrices
et quand on se prive, donc, de leur créativité, de la créativité humaine. Donc,
ça, c'est évidemment non négociable, il faut protéger ça non seulement au
Québec, mais partout dans le monde. Maintenant, est-ce qu'on doit laisser le
train passer puis regarder ça en ne faisant rien? Je ne pense pas. Je pense
qu'on doit se dire que l'intelligence artificielle est là pour rester. Comme, à
l'époque, la dernière transformation, ça a été l'arrivée d'Internet. Bien,
Internet, on pouvait bien se dire que ce serait passager. Évidemment, ce ne
l'était pas, c'était là pour rester. Donc, il faut en tenir compte puis il faut
travailler.
Donc, que Télé-Québec... que Télé-Québec travaille
avec l'intelligence artificielle non pas pour remplacer les créateurs et les
créatrices, mais pour voir comment on peut mettre l'intelligence artificielle
au service de la création des créateurs et des créatrices, bien, moi, je pense
que c'est bien, je pense que c'est bien, mais il faut évidemment le faire de
façon très, très prudente et ne pas remplacer la création humaine par le
recours à l'intelligence artificielle.
Mme Cadet : Mardi, lors de
l'étude... l'étude de crédits budgétaires en langue française, j'avais noté
dans le cahier de crédits que le ministère de la Langue française avait fait
appel à ElevenLabs pour un montant de 101 $. Ça fait que, là, je me
demandais, donc, c'est quoi, ça, puis on m'a expliqué que c'était pour une voix
hors champ. Donc, je comprends que le ministère de Langue française avait
voulu, donc, réaliser des capsules et puis s'est dit : Ah! bien, on va
utiliser l'IA, donc, pour faire une voix hors champ, plutôt que d'utiliser,
donc, un être humain. Qu'est-ce que vous, vous pensez de cet usage de l'IA par
le ministère de la Langue française?
M. Lacombe : Je vais les
laisser répondre à ces questions-là, je pense que... Vous avez discuté déjà de
ça avec mon collègue en étude de crédits?
Mme Cadet : ...on a
discuté...
M. Lacombe : Bon, bien, il
vous a donné sa réponse, j'imagine.
Mme Cadet : Bien, j'ai
soulevé, donc, une inquiétude et puis je pense qu'il a pris la balle au bond,
qu'il s'est dit qu'effectivement qu'il y avait peut-être du travail à faire de
ce côté-là. Donc, je vous rassure, donc, votre collègue l'a dénoncé, cet
usage-là, puis qu'ils vont en prendre acte. Mais à vous, donc, je vous pose la
question : Est-ce que vous pensez que le gouvernement du Québec, donc,
devrait avoir une politique sur l'exemplarité de l'usage et l'intelligence
artificielle dans des cas comme celui-là?
M. Lacombe : Bien, une
politique d'exemplarité en toute chose, je pense que, oui, évidemment, on doit
montrer l'exemple. En matière de culture, je pense que je peux quand même le
souligner, parce que c'est important, mais, par exemple, lorsqu'on est en
campagne électorale, bien, on s'engage à faire affaire avec des créateurs, des
créatrices qui sont des humains, donc la création humaine, et ne pas avoir
recours à l'intelligence artificielle pour ça. Je pourrais vous dire aussi
qu'on s'assure de toujours faire affaire avec des artistes qui sont représentés
par l'UDA. Donc, ça, c'est important.
Donc, évidemment, je pense que le
gouvernement doit montrer l'exemple. Mais, ensuite, puis je ne veux pas
m'étendre là-dessus, mais je pense qu'il faut se poser la question pour
l'avenir, parce qu'il y a des métiers qui risquent d'être profondément transformés.
Puis l'idée, ce n'est pas de dire : Bien, tassons-les tout de suite puis
passons à l'intelligence artificielle. Mais il faut avoir la réflexion, il faut
avoir la réflexion parce que c'est inéluctable, ça va amener de grands
changements dans les industries culturelles.
• (11 h 50) •
Mme Cadet : Puis jusqu'à quel
point? Parce que, plus tôt, vous disiez que vous étiez en réflexion là-dessus. Puis
jusqu'à quel point vos réflexions ont avancé? Parce que, quand on regarde le
rapport du GTAAQ, il y avait quand même les recommandations 30 à 32 qui
s'intéressaient à la question de l'intelligence artificielle, on vous demandait
de mettre en place un comité chargé de réfléchir spécifiquement à <l'impact
de...
Mme Cadet :
...
demandait de mettre en place un comité chargé de réfléchir spécifiquement à
>l'impact de l'essor des IA génératives sur les artistes et autres
professionnels de la culture au Québec. Le rapport sur la découvrabilité aussi,
à sa mesure 68, nous parlait de créer, bon... Bon, pour eux, c'était un
observatoire responsable de la transformation numérique en IA, là. Mais il y
avait, donc, les questions d'intelligence artificielle, donc, qui étaient...
vous étaient, donc, soumises. Donc, jusqu'à quel point, donc, vous avez un
sentiment d'urgence puis jusqu'à quel point vous avez avancé dans la mise en
oeuvre de ces recommandations du rapport du GTAAQ?
M. Lacombe : Bien, je suis
animé d'un sentiment d'urgence à tous les jours, je suis dans l'urgence, mes
équipes peuvent en témoigner, on est toujours en train d'essayer de voir
comment on peut en faire plus. Dans le... Sur les points précis que vous
soulevez, qui sont dans le... dans les recommandations du Groupe de travail sur
l'avenir de l'audiovisuel, la première ministre l'a mentionné lors du discours
d'ouverture, je vais avoir l'occasion de présenter les suites que nous
donnerons au rapport du Groupe de travail sur l'avenir de l'audiovisuel d'ici
la fête nationale. Donc, à ce moment-là, ce sera sous la forme d'une stratégie
québécoise de l'audiovisuel, je l'ai déjà dit publiquement. À ce moment-là, on
pourra répondre à ces questions-là. Donc, je ne ferai pas les annonces avant
l'annonce, mais évidemment que...
Mme Cadet : ...
M. Lacombe : Pardon?
Mme Cadet : Non, je poursuis,
parce que je regarde le temps. Alors, parlons-en, d'audiovisuel. Parce que
l'autre nouvelle de la semaine, c'est la sortie de M. Péladeau sur la
fragilité, la grande fragilité du secteur audiovisuel. Donc, vous avez dit,
effectivement, donc, que cette stratégie s'en venait pour vous. Mais plus
précisément, donc, tu sais, vous, qu'est-ce que vous avez pensé de ce cri du
coeur là?
M. Lacombe : Je pense que
c'est un dossier dans lequel il y a beaucoup de nuances. Je pense que c'est un
défi qu'on doit relever collectivement, où le gouvernement a un rôle à jouer,
où les institutions publiques ont un rôle à jouer, mais où les entreprises
privées aussi ont un rôle à jouer, parce qu'évidemment on n'est pas aux
commandes de ces entreprises, puis elles ont la responsabilité de s'adapter au
nouvel environnement d'affaires dans lequel elles sont.
On ne reviendra pas en arrière. Je le
disais tantôt pour l'IA, c'est la même chose pour les plateformes numériques.
On ne reviendra pas à une époque où tout le monde va s'abonner massivement au
câble, c'est terminé. C'est une industrie qui est en décroissance. Les revenus
liés à l'industrie du câble, les revenus publicitaires sont en décroissance,
même chose pour les chaînes spécialisées. L'écosystème a complètement changé.
Donc, il faut que les entreprises adaptent leurs modèles d'affaires. Puis
adapter son modèle d'affaires, ça ne veut pas dire demander des subventions au
gouvernement, parce qu'à ce titre-là ça voudrait dire nationaliser les chaînes
privées, si on y pense puis si on va au bout du raisonnement. Donc, les
entreprises ont leur rôle.
Mais, de notre côté, les institutions
publiques, le gouvernement du Québec ont un rôle dans la façon dont les
programmes sont conçus, évidemment, dans la hauteur des investissements qui
sont faits. Puis c'est ce qu'on vise à faire avec la stratégie québécoise de
l'audiovisuel, c'est de donner au milieu tous les moyens que nous pouvons lui
donner, comme gouvernement, comme institution publique, pour qu'il puisse
affronter les défis de ce nouvel écosystème là.
Mme Cadet : Par exemple, dans
sa présentation, M. Péladeau demandait l'ajout d'un incitatif fiscal
supplémentaire pour les achats publicitaires dans les entreprises médiatiques
québécoises. Donc, vous, qu'est-ce que vous pensez de cette recommandation-là?
M. Lacombe : Bien, encore une
fois, je réserve mes commentaires sur les solutions pour la présentation de la stratégie
québécoise de l'audiovisuel, parce que c'est dans quelques semaines. Donc, je
ne vous donne pas rendez-vous l'année prochaine, on pourra en parler à ce
moment-là.
Mais je tiens quand même à dire qu'on a
posé des gestes, déjà, dans le dernier budget. Je pense notamment à cette
demande de longue date des entreprises, comme le Groupe TVA, mais aussi comme
Cogeco, comme Bell, par exemple, et d'autres diffuseurs, aussi, privés en
région, d'avoir accès au crédit d'impôt pour le salaire des journalistes. C'était
accessible seulement pour la presse écrite. À mon sens, ça n'avait pas de sens.
Les journalistes qui travaillent à la radio dans nos régions, qui travaillent à
la télévision dans nos régions mais aussi dans la métropole, dans la capitale
font un travail qui est aussi important. Donc, on est allés... on est allés de
l'avant avec cette demande-là qui va... qui va leur donner de l'air puis qui va
permettre aux citoyens, aux Québécois, aux Québécoises, d'avoir accès à de
l'information partout au Québec.
Mme Cadet : Bien, d'ailleurs,
vous avez tardé un petit peu, là, on... il y avait quand même plusieurs motions
à l'Assemblée nationale qui demandaient, donc, la mise en oeuvre de cette
recommandation-là. Donc, oui, effectivement. Donc, finalement, ça a été fait.
Donc, il y a peut-être d'autres aspects
sur lesquels vous voulez peut-être vous prononcer avant la mise en oeuvre de
cette stratégie-là. Par exemple, on sait que le gouvernement... On revient à
l'exemplarité, donc, en fait, des achats publicitaires, donc, sur... au sein,
donc, de nos médias québécois. C'est quoi, le niveau d'engagement du
gouvernement en ce qui concerne les dépenses publicitaires, donc, des
ministères et sociétés d'État, donc, auprès de nos médias?
M. Lacombe : Bien, je pense
qu'on peut dire qu'on... Je confirmais juste si le chiffre n'avait pas changé,
mais, de mémoire, on était à 85 % d'achats dans nos médias, ici, les
médias québécois, puis à peu près un 15 % sur les plateformes, parce
qu'évidemment il faut aussi rejoindre les gens là où ils sont. Donc, de
mémoire, ce sont les derniers chiffres que j'avais. Donc, <quand on
parle...
M. Lacombe :
... où
ils sont. Donc, de mémoire, ce sont les derniers chiffres que j'avais. Donc, >quand
on parle d'exemplarité, je pense qu'on peut dire qu'on... qu'on fait notre
part.
Mme Cadet : Sujet connexe,
parce qu'on va rester dans l'audiovisuel, vous avez peut-être vu une lettre
d'opinion disant, donc, qu'il fallait miser sur la musique, une lettre d'opinion,
donc, il y a quelques semaines, qui vous disait, bien : Ce serait
important que le gouvernement mette en place des incitatifs financiers pour
aider les créations audiovisuelles à intégrer davantage de musique québécoise.
Une mesure simple et efficace serait de rendre admissible aux crédits d'impôt
le coût des licences de synchronisation de musique québécoise. Est-ce que ça va
faire partie de votre stratégie qui arrive bientôt?
M. Lacombe : Bien, encore une
fois, je ne dévoilerai pas la stratégie avant de la dévoiler, mais la question
porte sur l'industrie musicale, bien, je peux peut-être vous répondre ceci. Je
trouve que, dans le cadre du mandat qui a été le mien dans les quatre dernières
années, le mandat s'achève, on a fait énormément de travail pour l'industrie
audiovisuelle, pour le milieu des arts aussi, avec la bonification des budgets
du CALQ. On a eu plusieurs initiatives très structurantes. Mais, vous savez, à
un moment donné, il y a 24 heures dans une journée, il y a sept jours dans
une semaine, on ne peut pas tout faire en même temps. Mais l'industrie
musicale, l'avenir de notre industrie musicale, de la chanson, de la musique
québécoise, je pense qu'au début d'un prochain mandat, peu importe le
gouvernement qui sera là, je pense vraiment que ça devrait faire l'objet d'une
priorité ministérielle, pour aller un peu dans le même sens que ce qu'on a fait
avec le Groupe de travail sur l'avenir de l'audiovisuel québécois. Je pense
qu'on doit se poser de sérieuses questions sur l'avenir de la musique et de la
chanson québécoise. Mais, évidemment, bon...
Mme Cadet : Merci. Puis le
18 février dernier, j'avais déposé une motion à l'Assemblée nationale,
donc, pour reconnaître l'apport indéniable des quotidiens hebdomadaires et
magazines imprimés qui renseignent, éclairent et divertissent des millions de
Québécois. Vous le savez, M. le ministre, donc, l'industrie, donc, de nos
médias imprimés, donc, vit aussi, donc, des difficultés. Je sais que vos... que
c'est... donc, le milieu, donc, rencontre également, donc, vos collègues à
l'Environnement, qui vous disent : Bien, écoutez, donc, tout ce qui
concerne, donc, le recyclage des médias imprimés, c'est compliqué, ça nous
coûte excessivement cher, nous, on a besoin d'une exception à cette réforme-là.
Est-ce que vous acquiescez à leur demande?
M. Lacombe : Bien, en fait,
puis là je vais résumer parce que je sais que le temps est compté, mais je vais
vous dire la chose suivante. À un moment donné, j'ai dû prendre une décision à
savoir si je faisais des demandes budgétaires pour subventionner ces frais-là
qui sont chargés à nos entreprises. Parce qu'il a été un moment où on leur
envoyait une subvention pour qu'ils soient capables de payer cette facture-là, et,
pour moi, ça n'avait plus de sens. Les coûts augmentaient, d'ailleurs, et ça
revenait à dire... à demander à tous les contribuables québécois de
subventionner la copie papier des gens qui voulaient en obtenir une, donc...
Mme Cadet : ...pourraient en
être exemptés. Ce n'est peut-être pas une subvention.
M. Lacombe : Bien, c'est une
excellente question. Puis je vous dirais que c'est une discussion qui doit
avoir lieu avec la ministre de l'Environnement. Mais je vous dirais que cette
discussion-là, elle est...
Mme Cadet : Est-ce que vous
l'avez, cette discussion-là, avec votre collègue?
M. Lacombe : Oui.
Mme Cadet : Oui, puis vous
lui dites... Dans le fond, je comprends, c'est que votre recommandation, ce
serait que nos médias imprimés soient exemptés de la réforme?
M. Lacombe : Il y a d'autres
juridictions qui le font. Je pense que c'est un dossier qui est compliqué, mais
c'est un dossier qu'on continue de travailler, que ma collègue au premier chef,
la ministre de l'Environnement, parce que c'est sa prérogative, continue de
travailler, entre autres, avec les médias.
Mme Cadet : Merci. Combien de
temps on a, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Guillemette) :
1 min 30 s.
Mme Cadet : OK. Parfait. Bon,
on a du temps. Dans ce cadre-ci, M. le ministre, donc, vous parliez plus tôt, donc,
que le gouvernement continue d'acheter, donc, sur les médias sociaux, parce que
vous dites : Bien, les jeunes, donc, sont là-dessus. Vous avez peut-être
vu le documentaire de Mounir Kaddouri, il y a quelques jours, donc, qui
parlait, donc, de la transformation du milieu. Je sais, là, que cet automne
vous aviez, donc, fait une annonce, donc, en lien avec nos créateurs
numériques. Est-ce qu'on devrait aller plus loin?
M. Lacombe : Bien sûr qu'il
faut aller plus loin. Non, mais c'est sûr qu'il faut aller plus loin. Puis là
vous me partez, quand vous parlez de ça, mais je sais que le temps est compté,
mais c'est sûr qu'il faut aller plus loin. C'est l'avenir, c'est une partie de
l'avenir de la diffusion de notre culture. Puis, quand on dit... Et là-dessus
je rejoins notamment Maire de Laval, c'est son nom d'artiste, je rejoins sa
vision des choses. C'est-à-dire, on ne peut pas dire que les jeunes ne
consomment plus de culture québécoise, c'est-à-dire, ils ne la consomment pas
de la même façon que leurs parents puis ils consomment autre chose aussi. Donc,
il faut aussi investir là-dedans puis arrêter de lever le nez là-dessus, parce
que, sinon, ils vont consommer du contenu qui vient d'ailleurs, les jeunes.
Donc, oui, il faut... il faut agir. Puis, dans la stratégie québécoise de
l'audiovisuel, il y aura des éléments là-dessus.
La Présidente (Mme Guillemette) :
10 secondes, neuf...
Mme Cadet : Parfait. Merci
beaucoup, M. ministre. On se reverra, donc, au prochain échange.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Donc, je cède la parole au
député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Pour combien de
temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Guillemette) :
17 min 36 s.
M. Zanetti : Parfait. Merci.
Merci beaucoup, M. le ministre. Merci à tout le monde qui <l'accompagne...
M. Zanetti :
...
Parfait. Merci. Merci beaucoup, M. le ministre. Merci à tout le monde qui >l'accompagne.
C'est vraiment impressionnant de vous voir toutes et tous ici en même temps.
• (12 heures) •
Je veux revenir sur le sujet de
l'intelligence artificielle générative. Il y a eu un gros dossier dans Le
Journal de Québec récemment, puis on en parle depuis longtemps. Et je vais
vous rappeler ces images que vous avez déjà vues. Il y a une de ces planches de
bande dessinée là qui a été faite par Elise Gravel, et l'autre qui a été faite
par l'intelligence... — je vous vois essayer de deviner lequel est
lequel — l'intelligence artificielle générative. Alors, les deux...
Une voix : ...
M. Zanetti : Oui, c'est ça,
l'intelligence artificielle est ici. Les deux sont signées, hein, quelqu'un qui
ne connaît pas trop Elise Gravel pourrait vraiment être trompé, là, dire :
Wow! C'est des beaux dessins. Dans les deux cas, c'est beau, mais, bon, on
préfère celui avec du texte, le vrai. Mais ça pose la question du droit
d'auteur et de l'éthique qui encadre l'intelligence artificielle générative.
Je vous ai entendu avoir des échanges au
sujet de comment est-ce que le Québec va encadrer cette pratique-là. Le gros
problème... Puis les illustrateurs et illustratrices du Québec sont très
mobilisés sur cette question-là, ils disent : Bien, ça va faire
disparaître nos emplois, ça va faire disparaître nos revenus, ça va nous faire
disparaître, et il faut agir de façon... Puis en plus, toutes les... tout ce
qui va être créé est créé en rupture puis en bafouant les droits d'auteur.
Donc, il y a un problème là.
Alors, quand on dit, par exemple... Parce
que je vous entendais dire : On va s'assurer que l'intelligence
artificielle ne remplace personne. Mais, tu sais, on peut difficilement
empêcher qu'elle soit utilisée par des artistes dans le cadre de leur processus
de création, je résume vos mots. Mais, en même temps, même là, il y a le
problème du droit d'auteur qui est bafoué parce que l'utilisation de l'IAG créé
ce problème-là.
Alors, la question que je vais vous poser,
c'est : Est-ce que vous êtes ouverts à amener des conditions au soutien
financier aux organisations qui le reçoivent? Je vais... Ça part compliqué, ma
question, je la reformule plus simplement : Est-ce qu'il serait possible
que les subventions qui sont données viennent avec des conditions de ne pas
utiliser l'intelligence artificielle générative?
M. Lacombe : Bien, votre
question est intéressante. En fait, elle est sensiblement identique à la
question de notre collègue, précédemment, mais il y a une distinction
importante quand même dans le terme que vous utilisez. On parle d'intelligence
artificielle générative. Bon, évidemment, c'est... ça le dit, ça produit
quelque chose, c'est-à-dire une image, une chanson, une séquence vidéo. Mais,
en même temps, l'intelligence artificielle, plus largement, elle est aussi
utilisée par certains créateurs, certaines créatrices, dans l'exercice de leur
art. Je vous donne un exemple. On m'expliquait, par exemple, qu'en créativité
numérique, donc, installation, son, lumière, par exemple, bien, il y a des gens
qui utilisent l'intelligence artificielle pour aider à synchroniser puis à
créer des séquences qu'ils imaginent, mais qui, ensuite, peuvent être
appliquées par l'intelligence artificielle de la même façon dont on utiliserait
un autre outil informatique. Est-ce qu'on doit s'empêcher de faire ça si les
créateurs nous disent : Ça, on en a besoin? C'est un exemple.
Donc, moi, je suis assez mal à l'aise à
dire aujourd'hui : Il faut freiner ça, puis de le faire unilatéralement,
sans d'abord avoir consulté, sans d'abord voir quelles sont les meilleures
pratiques un peu partout dans le monde. Donc, je pense qu'il faut avoir cette
discussion-là, il faut s'assurer, là, évidemment qu'on ne subventionne pas
n'importe quoi. Ça, je vous l'ai dit, SODEC, CALQ, ministère, on s'en assure. Mais,
quand on veut aller plus loin puis revoir nos politiques publiques à ce
sujet-là de façon plus profonde, bien, je pense qu'il faut avoir la discussion
avec le milieu, et cette discussion-là, elle n'est pas... elle n'est pas
terminée puis, je dirais, elle n'est même pas commencée officiellement de façon
organisée.
J'ai regardé aussi ce qui se fait ailleurs
dans le monde. Par exemple, l'exemple de la France est intéressant. J'ai
rencontré des parlementaires, avec qui je dois m'entretenir à nouveau
prochainement, qui souhaitent que, par exemple, la France se dote d'une loi
pour renverser la présomption... c'est-à-dire le fardeau de la preuve dans des
cas où des artistes disent : L'intelligence artificielle a usurpé mes
droits, mes droits d'auteur. C'est très difficile pour les artistes de prouver
ça. Donc, les Français ont ce souhait-là. Est-ce que c'est une bonne ou une
mauvaise idée? J'ai entendu des opinions d'un côté ou de l'autre, donc on est
en train de... Moi, en tout cas, j'ai l'oeil là-dessus. Mais, encore une fois,
il faut le travailler avec le milieu, parce que je ne pense pas qu'on peut
prendre une décision unilatérale.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, M. le ministre.
M. le député.
M. Zanetti : Alors, je vais
passer à un autre sujet, pour des raisons de temps, mais ce que j'espère, c'est
que ces discussions-là vont aller rapidement, parce que l'intelligence
artificielle générative, ça va très, très vite. Malheureusement, on est en fin
de législature, il peut être tard pour déposer d'autres projets de loi, mais je
compte... j'espère que le ministre va faire tout ce qui est en son pouvoir,
d'un point de vue réglementaire et de consultations, pour au moins que le
prochain gouvernement, quel qu'il soit, soit outillé pour agir très <rapidement...
>
12 h (version révisée)
<17955
M. Zanetti :
...pour au moins que le prochain gouvernement, quel qu'il soit, soit outillé
pour agir très >rapidement, parce qu'on pourra difficilement se
permettre d'attendre une autre année. Puis je ne peux pas ne pas souligner le
fait que c'est bien tannant, hein, que les lois sur le droit d'auteur se décident
à Ottawa pendant qu'on est ici à attendre devant cette inaction. Vive le Québec
libre!
Maintenant, je veux vous parler de livres,
ce qui a été fait par la ministre de l'Éducation par rapport au budget des
livres. En fusionnant des enveloppes, bien, les budgets pour l'achat de livres
et des sorties culturelles se sont fusionnés avec des budgets pour faire des
projets spéciaux, et des activités sportives, et toutes sortes d'autres d'affaires.
Ça crée un grand mécontentement dans le milieu, qui s'était dit : Wow! On
a réussi à faire un gain, on a eu l'écoute du gouvernement, on a protégé les
sommes, sauf que, là, les sommes, finalement, sont fusionnées dans des
enveloppes puis elles pourraient être utilisées à d'autres choses.
Alors, moi, ce que j'aimerais savoir, c'est
qu'est-ce que le ministre de la Culture pense de ça. Est-ce qu'il est d'accord
avec cet enlignement ou est-ce qu'il souhaiterait qu'il y ait un retour à une
enveloppe dédiée pour les activités culturelles et les livres?
M. Lacombe : Bien, moi,
je pense qu'il n'y a jamais trop de livres dans les écoles. Il faut investir
dans l'achat de livres. Il faut s'assurer que ces investissements-là se fassent,
et je dirais que j'ai confiance... que je sais que c'est ce que souhaite aussi
ma collègue, puis que j'ai confiance que le réseau scolaire, donc, les
directions d'établissement vont prendre les bonnes décisions, parce que je suis
certain qu'ils sont animés de la même passion que nous puis du même souhait que
nous, que les jeunes aient davantage de livres entre les mains.
M. Zanetti : On peut le
souhaiter. On peut le souhaiter. Évidemment, ça met en péril, notamment, les
sorties culturelles, les livres aussi, mais les sorties culturelles dont dépend
une grande partie, notamment, de tous ceux qui font du théâtre jeune public,
pour ne prendre que cet exemple-là, mais il y en a beaucoup d'autres aussi. Est-ce
que le ministre a été consulté par rapport à ça par la ministre de l'Éducation?
M. Lacombe : Bien, moi,
je vais vous dire la chose suivante. Sur l'utilisation des sommes, j'entends
évidemment tout ce qui se passe puis je travaille aussi, en ce moment, avec le
milieu culturel, même chose pour ma collègue, pour voir quelles sont leurs
inquiétudes puis comment on peut peut-être mettre sur la table des éléments
pour les rassurer, pour aussi s'assurer que les dépenses se fassent, mais je...
J'ai oublié ce que j'allais vous dire. J'ai oublié ce que j'allais vous dire.
J'ai oublié ce que j'allais vous dire.
M. Zanetti : Est-ce que
vous avez été consulté?
M. Lacombe : Oui, bien,
je dirais... je dirais qu'évidemment c'est une décision gouvernementale qui
relève de la ministre de l'Éducation, mais, à la fin, c'est une décision
gouvernementale qui appartient au ministère de l'Éducation. Je pense que ce
dont il faut s'assurer, c'est que ces sommes-là soient dépensées pour l'acquisition
de livres.
M. Zanetti : Alors, on
vous sent plus solidaire que consulté et d'accord, mais je vais passer à un
autre sujet et laisser planer le doute, le règlement sur le livre. Il me reste...
Oui, j'ai le temps, OK. Le règlement sur le livre, le milieu du livre... Vous
avez annoncé plus tôt, bien, il y a quelques mois, une modification au
règlement entourant toute l'industrie du livre. Vous avez rencontré le milieu. Ça
devait être des changements plutôt ciblés. Ils vous ont écrit une lettre parce
qu'en voyant sortir les travaux ils ont réalisé que, finalement, c'était
beaucoup plus global. Ça les inquiète, il y a une inquiétude. C'est un
écosystème très fragile, toute la chaîne du livre, et puis ils ne se sont pas
sentis, mettons, mis dans le coup de cette affaire-là.
Je voulais savoir... La demande qu'ils
vous font... Puis là je recherche la... ah oui! c'est ça, la lettre qu'ils vous
ont envoyée demande une suspension de l'application de ce règlement-là pour pouvoir,
eux autres, réfléchir à ça, puis vous donner des enlignements plus clairs, et
puis que la chose soit faite en consultation avec eux. Est-ce que vous êtes
ouvert à faire une suspension de l'application de ce règlement et de la
réflexion pour mettre le milieu du livre dans le coup?
M. Lacombe : Bien, d'abord,
le règlement, il n'est pas édicté, là. Ça, c'est la première chose. Si on
décidait d'aller de l'avant... si on décidait d'aller de l'avant, il y aurait
une prépublication qui sert bien exactement à ça, consulter, recueillir les
commentaires, puis, à la fin, il peut y avoir des modifications, il peut y
avoir retrait. Donc, ça, c'est une chose. J'entends ce que... ce que Livres
Québec nous dit dans ce cas-ci. Vous savez, nous, on veut que ça fonctionne. S'il
y a des inquiétudes qui sont partagées par plusieurs acteurs du milieu du
livre, on n'ira pas de l'avant. Si on va de l'avant, encore une fois, on va
consulter. Donc, la décision, elle n'est pas prise, elle n'est pas prise à ce
moment-ci.
M. Zanetti : OK. Donc, ce
que j'entends, c'est que, si le <milieu du livre a des inquiétudes...
M. Zanetti :
...j'entends,
c'est que, si le >milieu du livre a des inquiétudes, vous allez les
écouter puis travailler avec eux autres pour être sûr que ce qui sort est bon.
• (12 h 10) •
M. Lacombe : Ce qu'on
fait déjà depuis de nombreuses années, j'ai envie de dire, parce que ça ne date
pas du mois passé, là, ça date d'il y a sept ans, huit ans?
Une voix : ...
M. Lacombe : 14 ans, bon.
M. Zanetti : OK, parfait.
Sur la question du rapport sur l'avenir de l'audiovisuel, vous avez dit que
vous allez annoncer quelque chose avant la fête nationale. Bien content. J'ai
une question juste de principe. Je ne vous demanderai pas de faire des
préannonces, là... des préannonces, je sais que vous n'en ferez pas, mais, sur
le principe... Tu sais, je regardais, cette semaine, le Groupe TVA, et son PDG
disait : On n'arrive plus, il va falloir couper sur les salaires des
artistes, et des artisans, et peut-être aussi avoir plus de subventions, puis
assouplir les règles, blablabla. Puis là on voit que la maison mère de Groupe
TVA, Québecor, tu sais, il y a un article qui sort, ils ont fait 22 %
d'augmentation de profit dans le premier trimestre. Ils ont des profits annuels
d'à peu près 1,4 milliard de dollars. C'est presque le budget du
ministère de la Culture. À 1,9, 2 millions, tu te dis : C'est
stratosphérique. Alors, on voit bien que l'argent est là quelque part,
peut-être pas dans la division Groupe TVA, mais il n'est pas... il n'est pas
loin.
Ça amène, en fait, le sujet de la
redistribution de la richesse puis d'où est-ce qu'on va aller chercher l'argent
pour financer notre culture. Évidemment, il y a les GAFAM, mais là, ça, on laisse
ça entre les mains d'Ottawa encore une fois, puis là ils se mettent à plat
ventre devant Donald Trump sans rien donner en échange. Donc, il y a comme un
peu un cul-de-sac. Je me dis : Il va falloir peut-être aller taxer les
grandes fortunes au Québec. Est-ce que vous êtes d'accord que ça vaudrait la
peine d'envisager des modes d'imposition des grandes fortunes, on ne parle pas
des citoyens, là, normaux, là, et... pour être capable de financer adéquatement
la culture au Québec, juste comme sur le principe?
M. Lacombe : Bien, je ne
pense pas que c'est le moyen que j'utiliserais. C'est-à-dire, imposer les
grandes fortunes pour financer la culture, je ne pense pas que c'est le moyen
que j'utiliserais, mais c'est un débat qui... qui est légitime, là, mais... Je
ne pense pas que c'est le moyen que j'utiliserais.
M. Zanetti : Quand le
Groupe TVA dit : On n'a pas assez d'argent, on doit couper dans les
conditions des artistes, puis qu'après ça, après, on réalise que, dans le fond,
Québecor, la maison mère, augmente ses profits de 22 %, est-ce que ça vous
émeut?
M. Lacombe : C'est plus
compliqué que ça, c'est... mais la vérité, c'est que c'est plus compliqué que
ça. On peut dire : C'est noir ou c'est blanc, voici les gentils, voici les
méchants, mais la réalité, c'est que c'est plus compliqué que ça. Puis,
évidemment, comme ministre, il faut que je garde la tête froide, il faut que je
regarde ce qui est en train de se passer.
Groupe TVA, est-ce que vous achèteriez ça demain
matin si vous aviez l'opportunité? Je pense que les gens ne se bousculeraient
pas pour en faire l'acquisition, dans le sens où c'est une marque qui est
prestigieuse, ça fait partie de notre paysage audiovisuel, mais, en même temps,
c'est un groupe qui ne fait pas d'argent, qui n'est pas rentable quand vous
prenez le groupe en tant que tel. Puis, je veux dire, ces données-là sont
publiques. Bon, ils ont annoncé, cette semaine, que, pour la première fois, ils
ont eu un trimestre où ils ont renoué avec la rentabilité, ce qui n'était pas
arrivé depuis des années, puis, vous regardez, la ligne a été franchie à peu
près, là, en 2014. À partir de 2014, les diffuseurs se sont mis à faire des
pertes. Ça revient à ce que je disais tantôt. Le modèle d'affaires ne
fonctionne plus dans le nouvel environnement.
Donc, demain matin, et ce n'est pas pour
prendre sa défense, c'est factuel, il pourrait décider, M. Péladeau, de se
départir du Groupe TVA en disant : Ceci n'est plus rentable, je m'en
départis. Est-ce que ce serait souhaitable? C'est une décision qui lui
appartient, évidemment. Mon rôle, ce n'est pas de dire aux diffuseurs :
Voici comment vous devriez changer votre modèle d'affaires, mais c'est de les
inciter à le faire en ayant, de notre côté, du côté gouvernemental, des
programmes d'aide qui sont adaptés à ce nouvel environnement là puis qui dirigent
un peu le trafic vers l'innovation puis vers le changement des modèles
d'affaires.
Donc, est-ce que ça m'émeut? Moi, j'ai
envie que TVA continue d'exister, mais, en même temps, ce n'est pas vrai qu'on
va faire un chèque aux diffuseurs. On ne nationalisera pas par la bande des
diffuseurs privés. Ça, c'est impossible.
M. Zanetti : Sur un
autre sujet, bon, en 2015, le projet nationaliste de la Coalition avenir Québec
incluait l'idée de rapatrier les fonds fédéraux en culture et aussi... pas
nécessairement de rapatrier tous les pouvoirs en culture, mais d'assurer
l'autonomie, hein, des pouvoirs en culture au Québec puis une prépondérance des
pouvoirs dans le domaine de la culture. Malheureusement, ce n'est pas arrivé.
Pouvez-vous nous dire quels obstacles se sont trouvés sur votre route pour
aller faire ces rapatriements nationalistes?
M. Lacombe : Le
gouvernement du Canada?
M. Zanetti : Oui.
M. Lacombe : Je dirais
que c'est ça, l'obstacle. Bien, c'est-à-dire, c'est sûr que, dans un domaine
comme la culture, il y a une compétition. C'est-à-dire, Ottawa veut dire qu'ils
font leur part au Québec parce que c'est éminemment émotif, parce que c'est <très
identitaire...
M. Lacombe :
...au
Québec parce que c'est éminemment émotif,
parce que c'est >très
identitaire. Vous avez vu, d'ailleurs, qu'ils ont renommé leur ministère du
Patrimoine canadien en le nommant ministère de la Culture et de l'Identité
canadienne. Donc, il y a cette volonté-là de l'État fédéral de dire aux États
fédérés : On fait... on fait ce travail-là nous aussi.
Ce n'est pas comme en économie, par
exemple, où, bon, c'est beaucoup plus fluide, c'est-à-dire, quand on signe la
venue d'une grande entreprise ici, que ça génère des retombées économiques
positives, il n'y a pas de compétition entre Ottawa et Québec. Il y a vraiment
un travail... Dans beaucoup de dossiers, on essaie de travailler conjointement.
Je dirais qu'on arrive à le faire, mais moi, je pense qu'il n'y aura pas de
jour où Ottawa va nous dire tout bonnement : Bien, voici les clés, on vous
donne ces pouvoirs-là.
Moi, je pense qu'il ne faut pas demander
la permission. Moi, je pense qu'on ne doit pas demander la permission puis on
doit poser des gestes unilatéraux dans notre champ de compétence, comme on l'a
fait, par exemple, avec le projet de loi n° 109 pour encadrer les géants
numériques. On se faisait dire : C'est de notre compétence à nous, ça, à
Ottawa, on ne veut pas que vous vous mêliez de ça, si vous vous mêlez de ça,
vous allez compliquer les choses, ça ne vous appartient pas, ce n'est pas dans
votre champ de compétence. Je leur ai dit : Je suis en désaccord, on va
légiférer. On n'a pas eu à demander la permission. On le fait de façon
unilatérale. C'est comme ça.
Puis l'écosystème, j'y reviens encore, il
est en train de changer. Tout se dirige dans le numérique. Donc, l'époque où
Ottawa réglementait le câble, réglementait la radio sur la bande FM, tout ça,
là, c'est en train d'être révolu. On est en train de transformer l'écosystème,
et c'est le moment, en ce moment, pour le Québec, d'occuper sa place, d'occuper
son champ de compétence, de déposer des projets de loi, que ce soit
l'intelligence artificielle, que ce soit l'encadrement des géants, que ce soit,
par exemple, la modernisation du Fonds des médias du Canada. Pourquoi on ne se
doterait pas d'un fonds ici, chez nous, au Québec, qui fonctionnerait d'une
façon différente, adaptée à l'univers numérique? Donc, on n'a pas besoin de
demander la permission.
M. Zanetti : Alors,
est-ce que vous seriez d'accord pour qu'on fasse une loi pour protéger le droit
d'auteur dans la conjoncture de l'intelligence artificielle générative?
M. Lacombe : Je pense
qu'on doit utiliser tous les leviers qu'on a, et, quand on a une chance
raisonnable... Parce qu'évidemment vous savez bien que ce n'est pas moi qui
écris les projets de loi dans mon bureau, le soir, avec un verre de vin rouge.
Je travaille avec... je travaille avec les experts du ministère, d'abord, pour
élaborer ce qu'on veut comme politique publique, ce qu'on veut faire avec le
projet de loi, ensuite avec nos légistes à la Direction des affaires
juridiques, puis, quand c'est plus compliqué, bien, avec les Affaires
constitutionnelles aussi puis avec mon collègue le ministre Jolin-Barrette. Donc,
moi, je pense qu'il faut étirer l'élastique constitutionnel le plus possible
pour occuper notre champ de compétence, puis on est capables de le faire. Donc,
si, dans ce cas-là, on est capables de le faire, faisons-le. Si on est capables
de le faire dans d'autres domaines, faisons-le. Quand on a une chance
raisonnable, quand on se dit : On pense que ça passe le test devant les
tribunaux, faisons-le.
M. Zanetti : Auriez-vous
été plus heureux...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, M. le...
M. Zanetti : Ah non!
C'était la...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, M. le député de Jean-Lesage. On l'avait calculé, il était dans votre
temps.
M. Zanetti : Ah bon!
La Présidente (Mme Guillemette) :
Mme la députée de Bourassa-Sauvé, c'est à vous.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. M. le ministre, livres à l'école, vous n'avez pas répondu à la
question du collègue. Est-ce que vous avez été consulté ou non sur la décision
de la ministre de l'Éducation?
M. Lacombe : Ma réponse
là-dessus, c'est que, pour moi, ce qui est important, maintenant que la
décision est prise, c'est de m'assurer que les achats de livres vont continuer
de se faire dans les écoles. Donc, vous pouvez compter sur moi et ma collègue,
d'ailleurs, aussi pour veiller là-dessus.
Mme Cadet : Bien, hier,
la ministre de l'Éducation, elle a répondu que vous aviez été consulté. Donc,
vous avez été consulté, oui ou non?
M. Lacombe : Je vais
vous dire que je vais m'assurer qu'on continue d'acheter des livres dans les écoles.
C'est, je pense, mon rôle comme ministre de la Culture, puis je suis certain
que ma collègue est animée de la même passion pour les livres et pour la
jeunesse. Donc, on va faire ça ensemble.
Mme Cadet : Persuadée
que vous êtes un fervent défenseur du milieu du livre, là, M. le ministre. Donc,
j'ai confiance en votre... en votre esprit de chevalier pour notre milieu, mais
vous ne répondez pas à la question. Est-ce que vous avez été consulté?
M. Lacombe : Je vais
vous réitérer la même réponse que je viens de vous faire. Vous savez, c'est une
décision qui relève de la ministre de l'Éducation. À la fin, c'est une décision
gouvernementale. Mon rôle, là-dedans, c'est de m'assurer, comme la ministre de
l'Éducation, donc on va le faire ensemble, que les achats de livres dans les
écoles ne soient pas à la baisse puis que les sommes qu'on donne aux directions...
On leur fait confiance que ces sommes-là continuent de servir à la question de
livres.
Mme Cadet : Bien, en
fait, ce n'est pas exactement ça qu'on a saisi de la part de la ministre de
l'Éducation. Donc, ce qu'elle disait, c'est qu'elle ne voulait pas, en fait,
garantir l'achat de livres, qu'elle laissait ça, donc, à la discrétion du
milieu, mais qu'elle garantissait la lecture, donc, essentiellement, donc, que
les jeunes vont pouvoir lire du Martine, là, ou peut-être qu'on va
continuer de lire, donc, du Aurélie Laflamme, ce qui est extraordinaire.
Mais aussi l'objectif de la politique sur l'achat de livres, bien, c'est qu'ils
puissent avoir, donc, des nouveaux ouvrages, hein, dans les <milieux
scolaires. Donc, ce qu'elle disait...
Mme Cadet : ...des
nouveaux ouvrages, hein, dans les >milieux scolaires. Donc, ce qu'elle
disait, c'est : Non, non, on va garantir la lecture parce que c'est ça qui
est important pour l'apprentissage. Bien, ce qu'elle nous a dit, c'est que vous
aviez été consulté, puis on a cru comprendre que vous étiez, donc, en accord.
Je comprends que vous êtes solidaire de la décision gouvernementale, mais
est-ce que vous pouvez nous confirmer, maintenant qu'on sait que vous avez été
consulté, que vous étiez en accord avec sa décision?
• (12 h 20) •
M. Lacombe : C'est une
décision qui relève de la ministre de l'Éducation. C'est sa prérogative. À la
fin, c'est une décision gouvernementale, et je pense que mon rôle, je le
réitère, c'est de m'assurer non pas, ligne par ligne, que les écoles dépensent
tel montant ou tel montant, mais que, globalement, il n'y a pas une chute
drastique, par exemple, dans l'acquisition de livres. Je pense que, ça, on est
capable de veiller à ce que ça n'arrive pas tout en permettant aux écoles,
parce que c'était l'objectif de ma collègue... tout en permettant aux écoles
d'avoir plus de latitude dans leurs règles budgétaires. Donc, c'est la décision
qu'elle a prise. C'est sa prérogative. Puis, à partir de maintenant, elle et
moi, de façon solidaire, je pense que notre rôle, c'est de nous assurer que la
lecture puis l'accès aux livres dans les écoles ne soient pas en baisse.
Mme Cadet : OK, bien,
vous savez, donc, moi, mercredi... mardi, plutôt, donc, j'ai tenu un point
presse avec les gens du milieu du livre, avec l'ensemble de la chaîne du livre,
qui se dit... qui est excessivement inquiète. Je peux entendre la ministre de
l'Éducation qui, sous se chapeau-là, nous dit : OK, mais, pour la réussite
éducative, bien, moi, ce qui est important pour moi, c'est de garantir la
lecture, mais vous, comme ministre de la Culture, vous, vous avez le mandat de
veiller à ce que le milieu du livre continue d'être... d'être prospère.
Puis, on l'a vu l'année dernière, donc, il
y a une baisse de 10 %. Donc, grâce à Gaspard, il y a eu une baisse de
10 %... grâce à Gaspard, on est capable de voir, donc, qu'il y a eu cette
baisse-là au niveau des livres jeunesse vendus aux collectivités. Donc, ça,
c'est l'équivalent de 250 000 livres qui ne se sont pas vendus. On
connaît la loi n° 51. On sait à quel point, donc,
c'est important pour la vitalité du milieu du livre que les ventes aux
collectivités demeurent à un certain niveau, un certain seuil.
Donc là, il n'y a pas de garantie d'achat
de nouveaux livres. Ce que... c'est littéralement ce qu'elle nous a dit :
Bien, écoutez, bien là, peut-être que, dans telle municipalité, les jeunes vont
pouvoir aller à la bibliothèque à côté, il n'y aura pas besoin d'avoir les
livres à l'école, ils vont marcher jusqu'à la bibliothèque qui est en face, il
fait beau, on s'en va là. Donc, vous, est-ce que ce scénario-là, il vous
satisfait?
M. Lacombe : Mme la
députée, ce que... ce que je vous dirais, là, comme ministre... comme ministre
de la Culture et des Communications, comme père de deux enfants qui sont à
l'école primaire, je peux vous assurer que, sous ma gouverne, je n'accepterais
pas qu'il y ait une baisse drastique d'achats de livres dans nos écoles,
certainement pas, puis je suis certain, je suis persuadé que c'est la même
chose pour ma collègue ministre de l'Éducation.
Donc, je pense qu'on peut résumer ça comme
ça. On donne plus de flexibilité au réseau scolaire, aux écoles, mais, si ça
devait se traduire par une baisse marquée, par exemple, de l'achat de livres
puis, ultimement, d'accès à la lecture pour nos jeunes, je pense qu'on aurait
de sérieuses questions à se poser, mais je fais confiance aux directions des
établissements, aux gens qui sont à la tête de notre réseau scolaire. C'est la
même chose évidemment pour ma collègue la ministre de l'Éducation, Mme LeBel.
Donc, on va être vigilants là-dessus, mais
certainement qu'on ne pourrait pas accepter ça. Comme ministre de l'Éducation,
je ne pourrais pas vous dire que je serais à l'aise avec ça, ni comme père de
deux jeunes enfants qui sont à l'école primaire.
Mme Cadet : Je suis
persuadée que les directions des 72 centres de services scolaires sont de
bonne foi. Je suis persuadée qu'ils ont besoin de cette latitude-là, de façon
générale, au niveau des nouvelles règles budgétaires, mais, maintenant, ces
mêmes directions là, parfois, ils ont des arbitrages difficiles à faire. Vous
venez de dire que vous n'accepteriez pas une baisse drastique. Ça veut dire
quoi, pour vous, une baisse drastique?
M. Lacombe : Bien, je
pense que je ne me lancerai pas là-dedans, mais vous comprenez ce que je veux dire,
là.
Mme Cadet : Bien, l'année
passée, il y a eu une baisse de 10 %. Est-ce que c'est une baisse
drastique pour vous ou pas?
M. Lacombe : Moi, je
pense que plus il y aura de livres dans les écoles, mieux la nation va se
porter puis plus beau sera l'avenir du Québec.
Mme Cadet : C'est
poétique.
M. Lacombe : Bien, c'est
la vérité. Donc, je pense qu'il faut tendre... il faut tendre vers ça.
Maintenant, il y a une décision qui a... qui a été prise. C'est une décision
gouvernementale, puis je pense que, là, pour la suite, il faut s'assurer... Maintenant
qu'on leur a donné cette flexibilité au réseau scolaire, il faut s'assurer que
ça ne se traduise pas par des conséquences malheureuses sur l'accès à la
lecture. Ce n'est pas du tout, évidemment, l'intention gouvernementale, puis
j'ai assez confiance aux gens sur le terrain pour croire qu'ils vont continuer
de prioriser l'achat de livres, même chose pour les sorties culturelles aussi,
d'ailleurs. Donc, je pense que, si ce n'était pas le cas, bien...
Mme Cadet : ...même
enveloppe, d'ailleurs, donc, livres, sorties culturelles, sports, loisirs,
projets particuliers, c'est large.
M. Lacombe : C'est sûr
que c'est plus large. C'était l'objectif de ma collègue, de simplifier
l'administration de tout ça. C'était réclamé par le milieu de l'éducation.
Donc, je comprends la décision qui a... qui a été prise par ma collègue, mais elle
a la même préoccupation que moi, c'est-à-dire de s'assurer qu'il n'y a pas <non
plus de baisse...
M. Lacombe :
...de
s'assurer qu'il n'y a pas >non plus de baisse.
Mme Cadet : J'ai
mentionné Gaspard. C'est l'outil qui nous a permis de savoir qu'il y avait eu
une baisse significative, une baisse marquée des ventes des livres jeunesse aux
collectivités l'année passée, mais, justement, donc, Gaspard est... donc, il y
a des modifications qui sont réclamées, donc, encore une fois, donc, par le
milieu du livre.
Je vous avais posé une question en Chambre
en décembre dernier. Je sais que vous venez d'avoir un peu l'échange avec mon
collègue ici, mais, en décembre, là, je vous demandais, bien, d'une part, quand
est-ce que... bien, en fait... le règlement, donc, devrait être mis à jour sous
peu, parce que c'est ce que vous aviez laissé entendre au milieu du livre, peut-être
une première question là-dessus parce que je ne suis pas certaine d'avoir bien
saisi ça dans votre échange avec le collègue. Est-ce que la modification du
règlement s'en vient rapidement ou pas?
M. Lacombe : Bien, en
fait, le projet de règlement, il est prêt. La décision, à savoir si on va en
prépublication ou pas n'est pas encore prise. C'est-à-dire, est-ce qu'on le dépose
ou pas? La décision, elle n'est pas encore prise. Nous, on est prêts, mais, en
même temps, j'entends qu'il y a des inquiétudes de certains acteurs dans le
milieu. Puis évidemment l'objectif, là, ce n'est pas d'arriver avec quelque
chose qui ne fera pas... qui ne fera pas consensus. Est-ce que ça fera
l'unanimité? C'est difficile, l'unanimité, mais, à tout le moins, consensus,
c'est ce qu'on vise. Donc, on va prendre le temps de bien faire les choses. Ça
fait 14 ans. Donc, je me dis qu'on n'est peut-être pas à quelques semaines
près de s'assurer que ce soit bien reçu.
Mme Cadet : Non, effectivement,
tu sais, je n'ai pas l'impression que le milieu se dit qu'on est à quelques
semaines près, puis qu'ils ont... ils ont besoin d'avoir le nouveau règlement
en prépublication demain matin, mais il y avait certaines revendications qui
étaient... qui étaient mises de l'avant, puis, si vous prenez plus de temps,
justement, pour répondre... répondre à ces revendications-là, je pense que ça
va être apprécié de la part du milieu du livre. Donc, est-ce que vous êtes en
train de nous dire que, là, vous êtes en hésitation parce que, là, vous
regardez pour qu'un acteur bien présent dans le milieu du livre puisse aussi
dévoiler ses données sur la plateforme Gaspard? C'est pour ça que ça prend plus
de temps?
M. Lacombe : C'est comme
Voldemort, on dirait que vous ne voulez pas le nommer, Renaud-Bray, Renaud-Bray,
qui est un partenaire important, parce que, grosso modo, la vente de livres au
Québec, de mémoire, c'est 50 % à peu près chez Renaud-Bray, 50 % dans
nos librairies indépendantes. Donc, les deux sont importants. Nos librairies
indépendantes, souvent, sont dans les plus petites communautés. Elles ont une
expertise extraordinaire, sont menées par des gens qui ont ça à cœur, même
chose...
Mme Cadet : ...aux collectivités
aussi, oui.
M. Lacombe : Pardon?
Mme Cadet : Ils vendent
beaucoup aux collectivités aussi, dont les écoles, mais on continue, oui.
M. Lacombe : Oui, exactement,
donc, pour les sources d'approvisionnement, donc les trois sources, par
exemple, où les institutions doivent s'approvisionner, mais, en même temps,
Renaud-Bray, c'est une grande entreprise culturelle qui est présente souvent
dans les plus grands centres puis qui fait rayonner le livre, notamment le
livre québécois.
Mme Cadet : Donc, M. le
ministre, parce que, là, je vous entends depuis tantôt, évidemment, on a le
même constat sur le rayonnement de Renaud-Bray, mais est-ce que vous êtes en
train de nous dire que vous êtes en communication avec Renaud-Bray pour qu'ils
puissent dévoiler leurs données sur la plateforme Gaspard comme le fait
50 % du marché?
M. Lacombe : C'est une
discussion qu'on a eue avec à la fois les librairies indépendantes et
Renaud-Bray, la question du partage de données, parce qu'évidemment ça, c'est...
Effectivement, en fait, c'est une demande des librairies indépendantes que
Renaud-Bray partage ses données de vente, bien, en fait, plus largement ses
données, et, de l'autre côté, Renaud-Bray aussi a des demandes.
C'est-à-dire, ils souhaitent que, par
exemple, l'approvisionnement... quand on parle de trois sources pour nos
institutions, que ce soit fait de façon plus équitable, parce qu'en ce moment
on peut avoir trois sources, par exemple, puis dire : Bien, j'achète
80 % dans un... chez un des libraires, 15 % chez l'autre, puis
5 % seulement chez l'autre, et eux nous disent qu'ils sont désavantagés
par ça. Donc, ils veulent qu'on agisse.
Donc, des deux côtés, il y a des demandes,
et là le jeu d'équilibriste, c'est d'arriver avec le règlement qui va faire
consensus, où on ne répondra pas à toutes les demandes des librairies
indépendantes, où on ne répondra pas à toutes les demandes de Renaud-Bray, mais
où on arrivera avec le meilleur résultat.
Mme Cadet : ...pour
parler des librairies indépendantes, là, pas nécessairement toutes les
demandes, là, mais, celle-là, est-ce que vous êtes prêt à répondre à cette
demande précise là des librairies indépendantes?
M. Lacombe : Quand on
déposera le règlement, si on le dépose, les gens pourront... pourront voir ce
qu'il y a à l'intérieur, puis je dirais même qu'ils vont pouvoir le commenter,
parce que c'est pour ça qu'on... qu'on... évidemment que... qu'il y a une
prépublication, mais là la décision n'est pas prise.
Mme Cadet : Mais je vous
entends... Est-ce que... la décision n'est pas prise, mais il y a une...
M. Lacombe : À savoir si
on dépose.
Mme Cadet : OK, mais là
est-ce que la décision... Je comprends que la décision n'est pas prise de
savoir si vous déposez, mais je comprends que la décision n'est pas prise non
plus à savoir si Renaud-Bray devra publier ses données sur la plateforme
Gaspard.
M. Lacombe : Bien, le
règlement, il est écrit, là. Le règlement, il est écrit, mais là on a entendu...
Mme Cadet : ...actuel du
règlement qu'est le...
M. Lacombe : Bien, je ne
vous le dirai pas. On va... on va déposer quand on sera prêts à déposer, puis,
à ce moment-là, on pourra avoir la discussion, puis les gens vont pouvoir
commenter, les gens vont pouvoir faire leurs <suggestions, vont pouvoir
nous dire...
M. Lacombe :
...les
gens vont pouvoir faire leurs >suggestions, vont pouvoir nous dire... puis,
à la fin, on pourra... si on dépose, puis que les gens nous font des
recommandations, on pourra faire des modifications, ultimement, mais là la
décision, à savoir si on va de l'avant ou pas, elle n'est pas prise parce que,
visiblement, il y a encore des gens qui ont des inquiétudes, puis je n'ai pas
envie et je ne pense pas que ce serait bien d'aller de l'avant avec quelque chose
qui ne ferait pas consensus. Donc, on va... on va regarder ça rapidement. J'ai
pris acte de ça, là, dans les derniers jours, puis on va prendre notre décision
ensuite. Je prendrai ma décision ensuite.
• (12 h 30) •
Mme Cadet : Parfait.
PAFOFA, Programme d'aide au fonctionnement des organismes de formation en art,
est-ce que le programme, il est indexé?
M. Lacombe : Pardon?
Mme Cadet : Est-ce que
le programme est indexé?
M. Lacombe : Indexé?
Mme Cadet : Oui, est-ce
que les sommes qui sont attribuées à ce programme-là ont été indexées?
M. Lacombe : Bien, on n'a
aucun programme... on n'a aucun programme qui... qui est indexé. En fait, je ne
pense même pas que... avoir vu un programme gouvernemental indexé. Les
indexations, dans nos programmes, on n'a pas ça. On a souvent des ententes, là,
dans certains programmes. Prenez les musées, par exemple, ou les ententes qu'on
fait avec le CALQ, les organismes culturels, quand on est en demande
budgétaire, on augmente nos demandes souvent pour être capable de couvrir
l'inflation, mais il n'y a pas... il n'y a pas d'indexation en tant que telle.
Mme Cadet : OK, et c'est
quand, la dernière fois que le programme a été augmenté, alors?
M. Lacombe : La dernière
fois que le programme a été augmenté?
Mme Cadet : Oui,
puisqu'il n'y a pas de... évidemment, donc, vous venez de dire, donc, qu'il n'y
a pas d'indexation, donc, c'est quand, la dernière fois qu'il y a eu une
augmentation de budget pour ce programme-là?
M. Lacombe : Bonne
question. OK. Donc, la triennale... Je vous disais qu'on fonctionne souvent par
ententes, donc, triennales. Dans ce cas-ci, 2019-2022, on était à
40,6 millions de dollars pour l'enveloppe totale, et, si vous prenez
la triennale 2022-2025, donc celle qui a suivi, on est à 47,5 millions de
dollars. Donc, il y a eu une augmentation de 17 % entre les deux
triennales, ce qui... Bon, il faudrait voir quelle a été l'inflation entre 2019
et 2025, mais ça me semble quand même suivre...
Mme Cadet : Parce que
vous comprenez que, parmi ceux qui reçoivent l'enveloppe du PAFOFA, bien, on a
les écoles supérieures en art. Ces écoles-là, donc, sont en concurrence avec,
bien, par exemple, donc, ici, au Québec, le Conservatoire de musique et d'art
dramatique du Québec, mais ils sont aussi en concurrence avec plusieurs, donc,
écoles de leur propre discipline partout au Canada, puis, de ce qu'on comprend,
donc, de leur grande préoccupation, c'est qu'ils se disent : Bien, nous,
on a un peu l'impression d'être les grands oubliés puis qu'avec cette
concurrence-là, bien, c'est un... c'est un peu difficile de se démarquer. On
arrive quand même à tirer notre épingle du jeu, donc, au niveau supérieur,
hein, parce que, bon, il y a de la formation, donc, parfois, plutôt générale où,
donc, il y a des gens qui vont suivre leur cursus, mais, quand ils arrivent au
niveau supérieur, bien, ils disent : On tire notre épingle du jeu, on
arrive à former des jeunes qui sont sur les plus belles planches au monde, mais
on le fait à coût excessivement réduit, surtout quand ils se comparent au
conservatoire ou avec d'autres... d'autres institutions du genre. Qu'est-ce que
vous pensez de leurs préoccupations?
M. Lacombe : Bien, ce
sont des préoccupations légitimes. Je dis souvent : On pourrait tripler,
quadrupler le budget du ministère de la Culture et des Communications puis on
n'aurait pas trop d'argent parce qu'on peut toujours en faire plus.
Mme Cadet : ...par
exemple, au conservatoire, un professeur va gagner en moyenne
55 000 $ par année, alors que, pour les autres écoles supérieures
d'art, bien, les professeurs, donc, ont une rémunération moyenne de
17 310 $, est-ce que vous trouvez ça normal?
M. Lacombe : Bien, c'est
une préoccupation qui est... qui est légitime, puis je dirais que c'est une
préoccupation qui est partagée par mon collègue aussi, député de Côte-du-Sud,
qui est mon adjoint gouvernemental, qui s'est notamment penché sur cette
question-là. Donc, M. le député, j'aurais aimé ça que vous puissiez répondre à
la question, mais...
Mme Cadet : ...
M. Lacombe : Oui, c'est
ça, mais je comprends ces revendications-là, qui sont légitimes. On a vu
l'augmentation, quand même, de budget. Donc, je pense que les gens voient qu'il
y a une volonté, mais je pense qu'effectivement il y a des questions à se poser
sur l'avenir du programme, qu'est-ce qu'on peut faire différemment. Donc, je
pourrais vous dire qu'on n'a pas l'intention de faire de changement, mais, en
fait, ce que je vous dis précisément, c'est que mon collègue le député de
Côte-du-Sud m'en a parlé abondamment. Je sais que ça lui tient à coeur. Le
milieu nous en a parlé, puis on pense qu'effectivement on devrait faire des
modifications, mais là on n'est pas... on n'est pas à l'étape où on est prêts à
faire ça.
Mme Cadet : Non, c'est ça,
parce que, là, je pense que, dans le budget, il y avait comme une ligne
budgétaire qui parlait d'un financement, mais, en bout de ligne, donc, le
milieu s'est fait dire : Non, non, ça, c'était une erreur, c'était déjà
dans le budget qui était... qui leur était alloué <précédemment...
>
12 h 30 (version révisée)
<19261
Mme Cadet :
...c'était une erreur, c'était déjà dans le budget qui était... qui
leur était alloué >précédemment. C'est-tu... C'était-tu une erreur? C'était
quoi, ça?
M. Lacombe : Non, ce n'était
pas une erreur, c'est qu'il nous manquait... Vous savez, parfois, en temps
budgétaires difficiles, il faut être créatif. Donc, plutôt que de faire des
compressions, par exemple, dans l'enveloppe, on a décidé d'aller de l'avant
avec seulement deux années de financement confirmées, qu'on est venu compléter
par une troisième année. Là, on parle d'un 2,8 millions de dollars?
Mme Cadet : Oui, c'est
ça, exactement.
M. Lacombe : Oui? Donc, c'est
la somme qui a servi à boucler la troisième année de financement.
Mme Cadet : Je comprends.
Il reste peu de temps. Programme d'Aide aux immobilisations. Dans le cahier de
réponses, on voit que le montant s'élève seulement, donc, à près de 7 millions
cette année, comparativement à 53 millions l'année passée. Comment vous
expliquez ça?
M. Lacombe : Bien, j'explique
ça par le fait que le... on a moins d'argent que l'année dernière. C'est
littéralement tel quel. C'est sûr qu'on a... on a eu beaucoup moins de sommes,
ce qui a fait en sorte... Puis je pense que ça a une valeur, quand même, là, qu'on
se concentre sur le maintien, c'est-à-dire ce qu'on appelle dans le jargon le
P1, priorité 1, donc le maintien de nos infrastructures...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Merci, M. le ministre.
Mme Cadet : Merci
beaucoup.
M. Lacombe : Oui. Donc...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Prochain bloc, Mme la députée, peut-être. Donc, je cède la parole à la députée
de Terrebonne. Mme la députée.
Mme Gentilcore : Merci, Mme
la Présidente. M. le ministre. Merci à tous d'être ici aujourd'hui. Toujours un
plaisir de se retrouver.
L'ensemble de votre mandat a été rythmé
par vos échanges avec le milieu de l'audiovisuel, qui, je pense, tout comme
nous, attend avec impatience votre stratégie. On en a beaucoup parlé l'automne
dernier alors que vous avez déposé le rapport du GTAAQ. On peut penser, d'ailleurs,
que, n'eût été des bouleversements internes à la CAQ, peut-être qu'on aurait
déjà cette stratégie-là en main. Je laisse le soin aux gens à la maison de... d'en
décider ou de l'apprécier.
Vous nous avez dit que la stratégie allait
être présentée d'ici le 24 juin. Est-ce que ça va être présenté avant la
fin des travaux parlementaires? Est-ce qu'on va avoir l'occasion d'en discuter?
Est-ce qu'on va avoir l'occasion de pouvoir en parler avant de quitter pour la
campagne électorale?
M. Lacombe : Bien, avant
la campagne électorale, bien sûr, parce que Mme la première ministre a indiqué
que ce serait avant la fête nationale, le 24 juin. Donc, c'est mon
anniversaire le 23 juin. Ce sera un beau cadeau de fête.
Mme Gentilcore : Non,
mais ce que je veux dire, c'est qu'on arrête de siéger quelque part à la
mi-juin. On aimerait ça pouvoir prendre état de ce... de votre plan avant ça. C'est
quand même quatre années de travail pour vous. Ça a été au centre de vos
actions. Ça fait longtemps qu'on attend ça. Il y a eu plusieurs étapes,
plusieurs consultations, un rapport qui a été déposé, et là on attend, quand même,
cette stratégie-là depuis longtemps. Donc, moi, ce que je veux savoir, c'est :
Est-ce qu'on va avoir le temps, cette législature-ci, d'en discuter avant de
repartir dans nos circonscriptions?
M. Lacombe : Bien, c'est
une bonne... c'est une bonne question, à laquelle je ne peux pas... je ne peux
pas répondre. On a donné l'horizon de temps, fête nationale du Québec, donc 23
ou 24 juin. Mais, bon, d'ici là, la date, elle n'est pas arrêtée encore.
Mme Gentilcore : Mais la
stratégie est prête, elle est écrite, vous l'avez vue?
M. Lacombe : Bien oui,
bien sûr.
Mme Gentilcore : OK.
M. Lacombe : Je l'ai vue,
je l'ai lue, je...
Mme Gentilcore : Non,
mais, tout à l'heure... Non, mais c'est intéressant, parce que, tout à l'heure,
vous avez fait...
M. Lacombe : Je l'ai commentée
dans le suivi des modifications de Word. Je ne sais pas si vous utilisez ça,
mais moi, je suis très mauvais avec ça.
Mme Gentilcore : Vous
avez fait un vibrant plaidoyer, tout à l'heure, nous disant qu'il ne fallait
pas attendre l'aval du fédéral pour agir puis qu'on avait des mécanismes pour
agir, et vous avez évoqué le fonds québécois des médias. Est-ce que c'est ça,
le plan que vous allez nous présenter, votre stratégie, de fonder un fonds
québécois des médias?
M. Lacombe : Non, non, ce
n'est pas ce que... ce que je vais proposer, mais je pense qu'on devrait se
poser la question. Moi, je me pose la question en ce moment.
Vous savez, le Fonds des médias du Canada
fonctionne de la façon suivante : les câblodistributeurs mettent 5 %
de leurs revenus dans le fonds pour financer la création québécoise et, bien
évidemment, canadienne, canadienne et québécoise. Mais, évidemment, les revenus
sont en décroissance parce que les abonnements au câble sont en décroissance.
Donc, le gouvernement fédéral, ponctuellement, doit rajouter de l'argent.
C'est un modèle qui est dépassé, le Fonds
des médias du Canada. Donc, dans un contexte où ce modèle-là est dépassé,
pourquoi le Québec ne se doterait pas de son propre outil puis ne laisserait
pas le gouvernement du Canada se doter du sien? Moi, je pense que, quand on
parle de souveraineté culturelle au Québec, ça, c'est un bon exemple.
Mme Gentilcore : Mais,
si c'est le meilleur plan, selon vous, pourquoi ce n'est pas ça qui se
retrouverait dans votre stratégie?
M. Lacombe : Bien, c'est-à-dire,
c'est un outil. Un fonds comme ça, ce serait un outil. Moi, je pense que le
prochain ministre de la Culture, quel qu'il soit, peu importe le parti d'où il
viendra, devra se poser cette question-là. Mais ça ne devient pas une stratégie,
un fonds québécois des médias, ça devient plutôt un outil pour financer une
stratégie québécoise de l'audiovisuel. Donc, je pense que, comme outil, il
faut... il faut <l'envisager...
M. Lacombe :
...Donc,
je pense que, comme outil, il faut... il faut >l'envisager.
• (12 h 40) •
Mme Gentilcore : Vous
avez évoqué aussi la loi n° 109, évidemment, qu'on a adoptée, là, il y a
plusieurs mois de ça maintenant. Plusieurs des acteurs qui sont ciblés par
cette loi-là, donc, qu'on veut réglementer, que je pense à Netflix, par
exemple, Amazon, les... plusieurs géants, ne se sont pas présentés en
commission parlementaire, ne sont pas venus débattre démocratiquement ou
exposer leurs points de vue.
Depuis l'adoption du projet... de la loi,
on n'a pas entendu grand-chose là-dessus. On a beaucoup entendu parler du GTAAQ
puis de l'audiovisuel, mais très peu des suites de ce... de cette loi-là. Qu'en
est-il, Lucille? J'imagine que vous avez des discussions avec ces géants-là. J'imagine
qu'il y a des... certaines portes qui s'ouvrent, peut-être, ou pas. Est-ce
qu'il y a des portes ouvertes de leur part? Est-ce qu'il y a des négociations
qui sont en cours? Est-ce que ça a avancé? Parce que, là, la loi est là, elle a
été votée, j'en conviens, mais elle n'est pas opérationnelle. Quand est-ce
qu'elle sera opérationnelle? Puis quand est-ce qu'on va avoir une idée de... des
règlements mis en place autour de ça?
M. Lacombe : Bien, vous
avez raison que, pour que la loi prenne effet, il faut adopter les règlements.
Donc, la première étape, ça a été de se doter de la loi. C'était la première
fois qu'on légiférait en cette matière-là, donc ça nous a pris un certain temps.
J'ai envie de dire qu'on a été très rapides quand on se compare au gouvernement
canadien, qui a pris à peu près une décennie pour être capable d'y arriver.
Maintenant, là, les règlements, on est en
train d'y travailler. Le premier règlement... Est-ce que je peux le dire
publiquement? C'est le règlement... bien, en fait, ce n'est pas très... ce
n'est pas très sexy, mais c'est... c'est le règlement sur l'enregistrement des
entreprises, donc, parce qu'évidemment les entreprises doivent s'enregistrer,
et tout ça, c'est très technique. On est en train de travailler sur celui-là,
mais plus largement aussi sur les autres qui vont être édictés au fur et à
mesure qu'ils vont... qu'ils vont être prêts. C'est la discussion qu'on avait
eue dans le cadre de l'étude du projet de loi. Donc, ça, c'est... c'est en
train d'être fait. Et, à ceux qui trouvent ça long, je réitère que — comparons-nous
à Ottawa — je trouve qu'on est rapides.
Mme Gentilcore : Est-ce
qu'on a un horizon, quand même?
M. Lacombe : Bien, le
premier règlement, ce ne sera pas pendant mon mandat, ça va être au début d'un
prochain mandat, sous le prochain gouvernement, mais nos...
Mme Gentilcore : ...québécois,
finalement...
M. Lacombe : Bien,
c'est-à-dire, le fonds des médias québécois, moi, je pense que c'est quelque
chose que le prochain ministre de la Culture doit travailler puis devrait
mettre de l'avant. Je trouve que ce serait un geste éminemment structurant, où
nous n'avons pas besoin de demander la permission à Ottawa. On n'a pas besoin
de demander la permission, on n'a pas besoin de négocier, on va de l'avant de
façon unilatérale. Moi, je pense qu'il faut le faire. Il faut arrêter de
négocier sur des éléments où on a la légitimité d'agir.
Dans le cadre du projet de loi, le
règlement, je ne dirais pas que c'est la même chose que le fonds des médias,
c'est-à-dire, là le travail, il est bien enclenché, là c'est du travail
administratif qui se fait. Puis on n'est pas en train de négocier avec les
plateformes. La loi, elle est adoptée, il n'y a pas de négociation. Les gens
vont être soumis... Les entreprises vont être soumises à la loi, puis après on
pourra négocier des ententes avec elles, des... dans le cadre des mesures de
substitution, mais il n'y a pas de négociation. La loi, c'est la loi.
Mme Gentilcore : Parlons-en,
d'Ottawa, un petit peu. Vous savez, c'est un sujet que j'aime. Mark Carney s'est
présenté comme le défenseur de l'identité canadienne unique, avec son nouveau
ministère, vous l'avez dit tout à l'heure, le ministère de l'Identité
canadienne. Ça pose évidemment plusieurs questions, la première : le
mandat de Radio-Canada, qui est en train d'être redéfini. Vous aviez annoncé
que vous aviez des exigences par rapport à ça, par rapport au mandat de
Radio-Canada. Vous vouliez, entre autres, voir inscrite dans la charte de
Radio-Canada la spécificité du Québec. Est-ce que vous avez eu cette
discussion-là avec votre homologue fédéral, M. Miller? Et, si oui, comment
ça s'est passé?
M. Lacombe : Bien, ça
s'est passé.
Mme Gentilcore : Mais
encore?
M. Lacombe : Bien,
c'est-à-dire, il n'y a aucun appétit de leur côté pour faire ces
modifications-là. Ça, c'est un élément sur lequel nous, on ne peut pas agir de
façon unilatérale, parce que c'est une institution canadienne, qui relève,
donc, du gouvernement du Canada, c'est une société d'État. Mais, en même temps,
je réponds aussi à mon homologue fédéral puis au gouvernement canadien que, si
on a été capables de s'entendre pour qu'il y ait des juges québécois à la Cour
suprême, on devrait être capables de s'entendre pour qu'il y ait des administrateurs
québécois nommés sur recommandation du gouvernement du Québec au CA de
Radio-Canada. Mais, bon, c'est une décision qui appartient au fédéral. Nous, on
leur a... on leur a dit ce qu'on... ce qu'on souhaiterait voir.
Mme Gentilcore : Mais
c'est une fin de non-recevoir, la porte est fermée, rien à faire?
M. Lacombe : Ça me donne plus
de temps pour me concentrer sur l'avenir de notre diffuseur public à Télé-Québec.
Mme Gentilcore : Autre
point avec nos amis du fédéral, dans la foulée des difficultés de TVA, là, on
en parle beaucoup depuis... depuis que je suis là, en fait, depuis que je suis
en poste. Vous avez dit cette semaine que vous étiez prêt à retirer Télé-Québec
du marché publicitaire. Vous avez...
M. Lacombe : ...
Mme Gentilcore : ...oui,
que, bien... Bien, envisager, être prêt... Vous avez discuté de cette
éventualité-là et vous avez aussi demandé à Radio-Canada, le cas échéant, de
faire la même chose. Ça fait des mois que je demande ça de mon côté. J'ai,
d'ailleurs, republié votre message et j'abonde dans votre sens. Mais, très
rapidement, ce qu'on a vu <ensuite...
Mme Gentilcore :
...j'abonde
dans votre sens. Mais, très rapidement, ce qu'on a vu >ensuite, c'est
que le gouvernement fédéral a fermé la porte à l'idée de sortir Radio-Canada du
marché publicitaire. Comment va votre relation avec le fédéral?
M. Lacombe : Bien, moi,
on m'a questionné là-dessus, c'est-à-dire, je n'ai pas fait de sortie publique,
je n'ai pas émis un communiqué, je n'ai pas formulé une exigence ni une
recommandation. On m'a dit : Est-ce que... On m'a demandé si, à mon avis,
Radio-Canada devrait se retirer du marché publicitaire, j'ai répondu ce que je
pense profondément, c'est-à-dire oui, parce que nos médias privés vivent des
moments difficiles, puis je pense que plus on sépare l'assiette publicitaire,
bien, moins ça en laisse pour nos médias privés.
Maintenant, s'ils décident de ne pas le
faire, ce qui, vraisemblablement, est en train d'arriver, si je me fie à la
réponse de mon homologue, ça leur appartient. Moi, ce n'est pas une exigence
que je formule, ça leur appartient comme décision.
Mme Gentilcore : Donc,
pas de gain là non plus. Sinon, mon collègue parlait tout à l'heure des
rapatriements des pouvoirs, des budgets fédéraux. Juste pour savoir, par acquit
de conscience, c'est quand, la dernière fois que vous avez tenté de rapatrier
les budgets en culture, les pouvoirs qui nous appartiennent, au Québec?
M. Lacombe : Ce n'est
pas le style de la maison, c'est-à-dire, je ne cognerai pas...
Mme Gentilcore : ...de
votre parti, vous voulez dire?
M. Lacombe : Bien, en
fait, moi, ce n'est pas la façon dont je me gouverne. Ce n'est pas vrai que,
comme ministre de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec,
comme représentant du gouvernement des Québécois, je vais aller supplier le
gouvernement fédéral de nous faire des concessions alors qu'ils ne veulent pas...
ils ne veulent pas en faire en matière de culture.
La solution, c'est de poser des gestes de
façon unilatérale. Je vous parlais tantôt, par exemple, d'un fonds québécois
des médias. Il y a une fenêtre d'opportunité là, on peut le faire. Ça demande
du travail. Moi, je pense que le prochain ministre de la Culture devrait faire
ça. Puis quel serait le résultat, quel serait le résultat à la fin? Le
résultat, ce serait que l'argent serait ici, l'argent ne serait pas à Ottawa.
Donc, c'est une façon, ça, de rapatrier les sommes qui sont investies en
culture au Québec sans avoir à négocier, sans avoir à demander la permission à
un autre gouvernement, qui n'est pas notre gouvernement national.
Mme Gentilcore : Je
comprends ça, mais vous dites que ce n'est pas le style de la maison, mais
c'était pourtant dans la longue liste de ce que la CAQ avait comme désirs de
rapatriement de la part du fédéral. C'était... C'était en tête de liste, là, rapatrier
les pouvoirs en culture. Vous dites que ce n'est pas dans la... dans le style
de la maison. Donc, c'est quoi, le style de la maison? Là, vous êtes en train
de me dire que vous...
M. Lacombe : Bien,
rapatrier puis négocier pour rapatrier, c'est deux choses.
Mme Gentilcore : Non,
mais vous voulez de nouveaux mécanismes pour essayer d'aller chercher de
l'argent, je comprends ça, mais rapatrier les pouvoirs en culture, c'est quand
même bien quasiment 1 milliard de dollars par année qu'on... auquel on n'a
pas accès puis qu'on pourrait dépenser selon nos priorités culturelles et
linguistiques, là.
M. Lacombe : Bien, je
dirais d'abord qu'Ottawa investit... puis là je n'ai pas les chiffres exacts
d'Ottawa, mais investit probablement de moins en moins, là, quand on regarde
sur la dernière décennie, quand on ajuste tout ça à l'inflation. Donc, ça,
c'est... c'est préoccupant.
Mais, de toute façon, je fais une nuance,
là, dans ce que vous venez de dire. Négocier le rapatriement de pouvoirs, ça,
c'est une chose. Rapatrier les pouvoirs, ça, c'est une autre chose. Moi, je ne
pense pas qu'on doive négocier. Je ne pense pas qu'on doive négocier parce que
le gouvernement fédéral ne veut rien savoir puis je pense qu'on doit poser des
gestes unilatéraux pour rapatrier, non pas négocier pour rapatrier, mais pour
rapatrier. Projet de loi n° 109, c'est un bon exemple...
Mme Gentilcore : C'est
ça. Donc, c'est l'échec de la troisième voie dans sa... toute sa splendeur. C'est
parfait.
M. Lacombe : Bien, est-ce
qu'on considère que PL n° 109, c'est un échec?
Mme Gentilcore : Bien, à
vous de me dire. Je veux dire, pour l'instant, il n'y a rien qui... on n'a pas
les... on n'a pas les éléments, il n'y a rien qui a été...
M. Lacombe : Bien, on a
légiféré.
Mme Gentilcore : Vous
avez légiféré, mais il n'y a rien qui se passe en ce moment. Puis, les géants,
à ce qu'on sache, on n'a pas de nouvelles d'eux.
M. Lacombe : Mais là on
parle de... on parle de champ de compétence sur le fond. Quand on parle de
rapatrier des compétences, rapatrier des leviers, bien, ça, c'est un bon
exemple. Puis là, après, évidemment, bon, on légifère, puis la loi prend un
certain temps avant de produire ses effets. Mais, sur le fait d'avoir plus de
pouvoirs, qui étaient auparavant exercés par Ottawa, bien, le projet de loi n° 109,
c'est un bon exemple.
Mme Gentilcore : Le
1er mars, vous avez dit à l'émission Tout peut arriver que ce qui
est une menace à notre culture, la vraie menace à notre culture, ce sont les
GAFAM. Et, pour autant, votre gouvernement a dépensé 20 millions de
dollars en publicité dans les GAFAM dans les cinq dernières années. Est-ce que
c'est cohérent, selon vous?
M. Lacombe : Bien, je
pense que ce qui est... ce qui est cohérent, c'est la proportion. C'est-à-dire,
quand on investit 85 % de nos dépenses publicitaires... quand on fait
85 % de nos dépenses... Bon, on me dit 83 %, pour être plus exact. Ma
mémoire n'était quand même pas très loin de la réalité. 83 %, je trouve
que ça témoigne de notre engagement envers les médias québécois. Après, il faut
aussi investir sur les plateformes parce qu'il faut rejoindre... quand on fait
une campagne contre l'alcool au volant, quand on fait une campagne contre la
violence conjugale, il faut aussi rejoindre les gens qui ne sont pas... qui ne
sont pas exposés aux médias traditionnels. Donc, il faut aussi aller sur les
plateformes.
Mme Gentilcore :
Je vais quand même revenir sur la saga sorties scolaires
et livres dans nos <écoles
...
Mme Gentilcore :
...
Je vais quand même revenir sur la saga sorties
scolaires et livres dans nos >écoles, parce que je pense que c'est
important d'en discuter. En fait, ce que la ministre de l'Éducation a dit hier
en crédits, c'est qu'avant de couper dans les sorties culturelles scolaires
vous avez été consulté, on vous a demandé un avis. Alors, moi, je veux savoir. Est-ce
que c'était un avis écrit? Y a-tu des traces de ça? Si je hacke votre
ordinateur, est-ce que je vais trouver l'information?
• (12 h 50) •
M. Lacombe : Bien,
d'abord, je dois vous dire que je ne suis pas juriste, mais je vous déconseille
de pirater un ordinateur gouvernemental. Je pense que ça pourrait mal virer.
Mme Gentilcore : Je ne
saurais pas comment faire, pauvre de moi!
M. Lacombe : Vous allez
avoir le MCN sur le dos.
Mme Gentilcore : C'est
déjà le cas.
M. Lacombe : C'est déjà...
Puis l'autre élément qui me fait tiquer dans votre... dans votre question,
c'est que vous dites qu'on a coupé. Il n'y a pas eu de compressions. Ça, c'est
important de le dire. C'est-à-dire, on n'a pas diminué de budgets. Les budgets
sont là, les budgets sont au rendez-vous. Les dépenses vont pouvoir être au
même niveau. Donc, il n'y a pas eu de coupes dans les budgets.
Mme Gentilcore : Non,
mais avant de... avant de procéder à la fusion des enveloppes, là. Donc, est-ce
qu'il y a un avis écrit? Est-ce qu'on peut y avoir accès? Qu'est-ce que vous
avez dit?
M. Lacombe : Je vais m'en
tenir à ma réponse précédente. L'important, pour moi, là, c'est qu'on s'assure
que, maintenant que cette décision-là est prise... qu'il n'y ait pas de
conséquence dommageable pour l'accès aux enfants à la lecture, aux livres. Puis
je pense que les directions d'école... ma collègue, en premier lieu, puis les
directions d'école ont aussi cet objectif-là.
Mme Gentilcore : Mais il y a...
il y a les sorties scolaires aussi. Moi, j'ai rencontré aussi plusieurs
diffuseurs. Vous qui êtes tout le temps partout et de toutes les premières,
vous avez bien dû en croiser plusieurs qui ont dû vous dire leur inquiétude.
Parce que, moi, ce qu'on m'a dit, c'est : Ça représente tant de pour cent
de mon budget, les sorties scolaires, quand les jeunes viennent chez nous, puis
là c'est très incertain à savoir s'ils vont revenir. Là, on a annoncé qu'on
remettait les sous, puis tout ça, puis... mais là on se rend compte que ce
n'est pas une enveloppe, ce n'est plus une enveloppe qui est dédiée, comme on
l'a dit avec mes collègues plus tôt. Maintenant, c'est laissé au jugement,
finalement, des centres de services scolaires et des écoles.
Qu'est-ce que vous dites à ces
diffuseurs-là pour les rassurer? Parce qu'en région c'est un... c'est un vrai
enjeu, là. C'est une bonne portion de leurs revenus. Ils doivent être inquiets.
Qu'est-ce que vous leur dites pour les rassurer par rapport à ça?
M. Lacombe : Bien,
d'abord, l'objectif d'avoir deux sorties scolaires, c'est un objectif qui, pour
moi, est essentiel, donc je pense qu'il faut le réitérer, deux sorties
scolaires pour lesquelles les établissements scolaires vont avoir... deux
sorties culturelles, pardon, pour lesquelles les établissements scolaires vont
avoir le budget, parce qu'il n'y a pas eu de diminution de budget, malgré les
changements qui ont été effectués par ma collègue dans les règles budgétaires.
Puis, pour les rassurer, bien, c'est de
les asseoir à la table avec nous. Donc, c'est ce que je leur ai proposé, qu'on
s'assoie, Culture, Éducation et eux, parce que je pense que leurs
préoccupations sont légitimes puis je pense qu'il ne faut pas les revirer, là,
puis dire : Bien, vous n'avez pas raison d'être inquiets. Quand les gens
du milieu sont inquiets comme ça, il faut s'asseoir avec eux, c'est ce qu'on
est en train de faire, pour voir comment on peut les rassurer. Mais, au-delà
des paroles, qu'est-ce qu'on pourrait faire pour essayer de garder cette
flexibilité-là, parce que je pense que l'objectif est noble, dans le milieu
scolaire, d'avoir plus de flexibilité, moins de paperasse pour les directeurs,
pour le personnel, mais qu'en même temps il n'y ait pas de conséquences
négatives pour l'accès à la culture? Ça fait que, le milieu culturel, je pense
que c'est un bon... va être de bon conseil là-dedans. Donc, on est... on est
là-dedans.
Mme Gentilcore : Dernière
petite question pour vous. Vous avez fait une belle annonce, que je salue,
récemment pour aider nos musées dans les régions éloignées. Donc, merci pour ça.
Lequel de ces musées-là vous allez visiter cet été? Moi, je m'en vais en
Gaspésie. J'avais visité le Musée de la Gaspésie, je suis allée il y a
longtemps, mais ça va être un bonheur pour moi d'y retourner. Est-ce que vous
avez l'intention de vous promener un peu puis d'aller en visiter un? Si oui, lequel
vous intéresse le plus?
M. Lacombe : Bien, je vous
dirais... là, j'étire un peu, mais je dirais le Musée national de l'histoire du
Québec.
Mme Gentilcore : Ah! ce
n'est pas en région éloignée, ça.
M. Lacombe : Ce n'est
pas en région éloignée. Vous avez dit en région éloignée?
Mme Gentilcore : Bien
oui. Oui, oui. Mais il ne sera pas prêt cet été, là.
M. Lacombe : En région
éloignée? Bien, c'est une... c'est une bonne question. Je pourrais aller
visiter la région de Mme la Présidente, n'est-ce pas? Mais les musées,
honnêtement, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, sont incroyables. Bien, partout au
Québec, en fait. Mais je pense que nos musées de l'Est ont mené une bonne
bataille, je vais dire ça.
Mme Gentilcore : Oui. Je
les salue.
M. Lacombe : Puis ça a
été fait de façon très correcte, mais ils ont mis leurs souliers de course,
leurs gants. On a eu des bonnes discussions constructives. Donc, je pense que
j'irais visiter un musée de l'Est pour leur lever mon chapeau.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Merci, M. le ministre. C'est tout le temps que le bloc permettait.
Donc, je cède la parole au député d'Abitibi-Est.
M. Dufour : Merci. Très
simplement, M. le ministre, vous le saviez, on en avait déjà parlé l'autre
jour, 72 % du budget culturel va dans les régions de Montréal, Québec, ce
qui m'amène à vous amener un cas typique... puis ce n'est pas le seul, là, je
vais... je vais donner un exemple, là, mais, le Centre de musique et de danse
de Val-d'Or, ça fait 15 ans qu'il remplit des formulaires, puis il n'y a
jamais d'augmentation sur le <budget...
M. Dufour :
...remplit
des formulaires, puis il n'y a jamais d'augmentation sur le >budget, il
n'y a aucune majoration qui vient apparaître, même si on leur demande des
indicateurs de performance, des inscriptions additionnelles ou des choses comme
ça.
Trouvez-vous ça normal qu'un organisme,
puis c'est... comme je vous le dis, là, ce n'est pas le seul, mais je donne
l'exemple de celui-là, que ça fait 15 ans qu'il n'y a aucune majoration,
alors que les coûts d'opération augmentent à chaque année, là?
M. Lacombe : ...l'organisme?
M. Dufour : Le Centre de
musique et de danse de Val-d'Or, par exemple. Mais c'est ça que je dis, c'est
que ça fait 15 ans qu'on leur demande de faire des formulaires, de remplir
des indicateurs de performance, mais, malgré tout ça, il n'y a jamais rien qui
apparaît additionnel au niveau du budget.
M. Lacombe : Bien, est-ce
que je trouve ça normal? Là, c'est hypothétique, parce que je ne connais pas le
dossier précisément de cet organisme-là, qui doit être financé au PAFOFA,
programme d'aide au...
Une voix : ...
M. Lacombe : ...c'est ça,
dont on a parlé un peu plus tôt. Il faudrait que je voie, mais, bon, je pense,
c'est une évidence, là, de dire que, si vous êtes... si vous avez une
subvention au fonctionnement qui n'a pas été augmentée depuis 15 ans, ça
me semble problématique. Mais, en même temps, je trouve ça surprenant, parce
que le PAFOFA, justement, a augmenté de 17 % entre les deux triennales.
Donc, il faudrait... il faudrait voir...
Une voix : ...
M. Lacombe : ...il
faudrait voir, oui, l'évaluation du... l'évaluation du dossier, parce
qu'évidemment on ne fait pas non plus juste des chèques pour faire des chèques,
on s'assure qu'il y a des critères bien précis qui sont remplis. Je prends le...
ce n'est pas l'objet de votre question, mais, par exemple, au Conseil des arts
et des lettres du Québec, quand on renégocie les... là j'ai un blanc de mémoire
sur le nom, les ententes...
Une voix : ...
M. Lacombe : ...non, mais,
quand on... quand on octroie le financement aux organismes culturels qu'on
finance avec les... avec les ententes quadriennales, bien, il y en a qui
augmentent, parfois il y en a qui baissent, parce que, si on... si l'organisme
ne se qualifie pas ou se qualifie moins, il peut y avoir du mouvement. Mais il
faudrait voir.
M. Dufour : Mais je
pense que ce qu'il est important de retenir, puis toute votre équipe est ici en
arrière, là, c'est qu'on n'arrête pas de demander de remplir de la paperasse à
ces gens-là, et ça ne donne pas grand, grand-chose au bout de la ligne. Donc,
je pense que c'est... vraiment, l'élément central de tout ça, c'est qu'à un
moment donné je comprends qu'il y a des restrictions budgétaires ou il y a des
enjeux budgétaires...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci.
M. Dufour : ...mais on
peut-tu raccourcir, à un moment donné, les délais?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, M. le député. Merci. Donc, je cède la parole à la députée de Bourassa-Sauvé
pour son dernier bloc.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Bien, je vais rester sur la paperasse, parce que je trouvais le
dossier... la question du collègue assez intéressante ici.
M. le ministre, donc, vous savez, il y a les
ententes de développement culturel municipales et régionales, donc, qui sont...
qui sont signées, donc, qui permettent, donc, aux municipalités, aux MRC de
pouvoir avoir une certaine forme, donc, de flexibilité sur l'offre culturelle
qui se déploie sur leurs territoires. La raison d'être du programme, c'est... c'est
de valider le fait qu'en raison de leur proximité avec leurs... la population
puis de leurs champs de responsabilité, bien, elles sont les plus aptes à
répondre aux besoins culturels de leurs territoires. Donc, ces ententes-là
existent. Et, pour avoir fait le tour... bien, le tour du Québec, puis, en
fait, donc, des tournées, donc, dans différentes régions, ce qu'on constate,
c'est que, parfois, c'est un petit peu difficile, tu sais, dans son application.
Je vais peut-être, alors, dans ce cas-ci,
tu sais, vous poser une question, puis ça va peut-être vous donner une idée.
Par exemple, mettons qu'on a un jeune artiste qui vient de finir... qui vient
de gagner Secondaire en spectacle, donc, on a ça partout au Québec, donc, on ne
pourra pas identifier la région comme ça... a gagné Secondaire en spectacle, la
MRC veut l'embaucher pour qu'il puisse, donc, être en prestation, donc, en
vertu de cette entente-là. Est-ce que, selon vous, ça, ça devrait être une
dépense admissible?
M. Lacombe : C'est une
bonne question. L'embaucher pour faire de l'animation culturelle?
Mme Cadet : Oui, c'est...
exactement, pour de l'animation, oui, culturelle, oui.
M. Lacombe : Bien, c'est
une bonne question. J'aurais envie, instinctivement, de vous dire oui. Mais là j'imagine
que vous allez me dire que ce n'est pas possible dans le cadre des règles
actuelles?
Mme Cadet : Bien, ce
n'est pas exactement ça, mais c'est... je vous donne un demi-point, donc, pour
la réponse ici. C'est qu'en fait, oui, donc, en vertu des ententes de
développement culturel, dans les dépenses admissibles, donc, on a les cachets
d'artistes locaux et émergents pour de l'animation, de la médiation culturelle
ou de la formation, de la création, de la diffusion au bénéfice de la... de la
citoyenne ou du citoyen. Donc, ça, c'est très clair. Vous voyez, donc, j'ai...
on a... j'ai vraiment consulté l'ensemble des ententes pour voir si ce qu'on me
disait... est-ce que ce n'est vraiment pas possible. Donc, en le lisant, je me
dis : Bien, en théorie, je vois bien que, sur papier, c'est possible, mais,
quand on a des MRC qui viennent nous dire : Bien, regardez, là, on soumet,
c'est bien compliqué... on est bien ceux qui sommes bien au courant, donc, de
ceux qu'on est capable, donc, d'embaucher pour ce type de contrat là, non?
M. Lacombe : Bien,
écoutez, là, je ne sais pas trop quoi vous répondre. Il faudrait... Il faudrait
voir, là. C'est très niché puis technique, c'est contractuel. Il faudrait voir.
Mais, tu sais, dans des... dans des cas comme... vous
savez, dans des cas comme ça, nos directions <régionales...
M. Lacombe :
...dans
des cas comme... vous savez, dans des cas comme ça, nos directions >régionales
sont là pour ça. Et, s'il y a des MRC, des municipalités, des villes qui ont
des enjeux de ce type-là, bien, elles peuvent se tourner vers nos directions
régionales, puis on va... on va les aider. Puis, si vous avez un cas concret,
vous pouvez nous le partager aussi, puis on...
• (13 heures) •
Mme Cadet : La question que
j'ai pour vous ici... puis, tu sais, vous voyez, là, j'ai donné, donc, un
exemple, donc, assez... assez précis, mais, tu sais, c'est un peu, donc, ce
type de... Disons, là, ce que les MRC... ce que certaines MRC nous disent,
c'est que, oui, bon, on sait très bien que les directions régionales, donc,
sont là pour nous appuyer, mais, parfois, c'est un peu difficile, tu sais, on a
l'impression qu'on ne nous donne pas, donc, l'autonomie nécessaire pour prendre
ce type de décision là, puis disent : Bien, voyons donc, on est quand même
bien ceux qui sommes en mesure de pouvoir prendre ce type de décision là. Là,
on nous dit : Non, non, non, tel artiste, ça, ça ne marche pas, il ne
reçoit pas de subvention du CALQ, donc là ça, ce ne sera pas une dépense admissible.
Je vous ai donné un exemple, donc, très
concret, réel de jeunes de Secondaire en spectacle, parce que, là, on ne peut
pas identifier la MRC quand je donne cet exemple-là, mais il y en a d'autres du
type qui nous disent : Bien, comment ça se fait qu'on a besoin d'avoir
autant de va-et-vient avec nos directions régionales? Il me semble que, si on
veut plus de culture en région, tu sais, si on se dit qu'en vertu même de la
raison d'être de l'entente... bien, qu'on dispose de l'autonomie nécessaire, disons,
qu'on est considérés comme les plus aptes à répondre aux besoins culturels du
territoire, bien, encore faudrait-il, donc, que ce soit facilité par les
directions régionales.
Donc, vous, est-ce que vous vous engagez à
partager une directive, à donner une directive au ministère puis dire :
Bien, regardez, on... tu sais, on va regarder ça, tu sais, pour faciliter les
interactions de nos MRC avec vous?
M. Lacombe : Bien,
d'abord, c'est sûr qu'on a des normes à suivre, notamment qui sont discutées,
qui sont approuvées ensuite avec le Secrétariat du Conseil du trésor. Donc, ça,
c'est une chose. Mais, en même temps, nos ententes de développement culturel,
c'est probablement un des véhicules les plus flexibles qu'on a, où on,
justement, contribue à hauteur, par exemple, de 50 %, la municipalité, un
autre 50 %, puis on peut financer, avec ça, des projets culturels. Entre
autres, par exemple, à Gatineau, dont je représente une partie du territoire, il
y a plusieurs beaux projets qui ont vu le jour grâce à ça.
Maintenant, est-ce que ça peut être plus
simple, plus flexible? On peut toujours améliorer ça, évidemment. Mais donc,
là, vous soulevez quelque chose, peut-être, dont je n'étais pas au courant.
Mme Cadet : ...l'interprétation
administrative ici, là.
M. Lacombe : Oui. Je
n'étais pas au courant de ça. On ne m'a pas rapporté ça. Ce n'est pas quelque
chose pour lequel on... Ce n'est pas... Ce n'est pas quelque chose qui a été
porté à mon attention par les partenaires. Donc, si c'est un irritant, puis là
vous semblez dire que c'est le cas pour certains partenaires, bien, on pourra
peut-être se parler après. On pourra, sinon, voir avec... C'est difficile d'aider
les gens quand on ne sait pas exactement d'où ça vient, mais on verra... on
verra qu'est-ce qu'on peut faire.
Mme Cadet : On pourrait
voir, donc, pour peut-être même clarifier l'interprétation, s'assurer que ce
soit fait, donc, de façon uniforme, parce que vous semblez dire que c'est un
programme qui est déjà assez flexible.
M. Lacombe : Bien, c'est
l'objectif, en tout cas, oui.
Mme Cadet : C'est ça,
bien, c'est ce que je lis aussi. Donc, c'est l'objectif du programme. Ça fait
que je pense que c'est un objectif qui est partagé. Je vous l'ai dit, moi,
quand on m'a dit : Non, non, ça, ce n'est pas admissible, je suis allée
regarder l'ensemble de l'entente en me disant : Ça n'a absolument pas de
bon sens, puis, en le lisant, effectivement, on comprend bien que, sur papier,
c'est flexible, mais, si, dans les faits, il y a ces irritants-là, je pense que
ça demande qu'on puisse regarder ça puis s'assurer qu'on puisse respecter la
raison d'être du programme.
M. Lacombe : C'est bien
entendu. Puis le programme va être en révision. Le renouvellement est prévu
pour l'an prochain, donc en avril 2027, au 1er avril 2027. Donc, ce sera
l'occasion, au cours de la prochaine année, de se pencher sur le programme.
Donc, on prendra ça en considération. C'est noté.
Mme Cadet : Parfait.
Toujours au niveau des MRC, je me demandais, M. le ministre... Parce que je
sais qu'au 1er avril 2026 c'était le délai pour que plusieurs MRC
complètent leurs inventaires du patrimoine immobilier, donc ça ne fait pas très
longtemps. Est-ce que vous avez une idée de combien de ces MRC et municipalités
là ont complété leurs inventaires?
M. Lacombe : Bien,
actuellement, il y en a 65 qui ont été adoptés. Donc, ça, c'est le chiffre
total qui...
Une voix : ...
M. Lacombe : 106 doivent
le faire... Pas au total?
Une voix : Oui.
M. Lacombe : Au Québec?
Une voix : Oui.
M. Lacombe : Ah oui? Il
me semble, c'est peu. Mais 106, donc, doivent le faire, 65 l'ont... l'ont
adopté, 32 sont en cours, huit sont en préparation puis un n'a pas encore
débuté. Je pense qu'il faudrait qu'il commence.
Mme Cadet : Bien, un
peu, c'est ça, parce que... y a-tu des sanctions pour les municipalités qui ne
l'auraient pas complété avant le 1er avril?
M. Lacombe : Est-ce
qu'il y a une sanction pour... Bien, en fait... en fait...
(Consultation)
M. Lacombe : Il faudrait
que je vous revienne avec la <réponse...
>
13 h (version révisée)
<17927
M.
Lacombe : Il faudrait que je vous revienne avec la >réponse.
Là, je vous avoue que je n'ai pas cette réponse-là.
La Présidente (Mme Guillemette) :
...vous engagez, M. le ministre, à... M. le ministre, à donner la réponse, à revenir
pour la réponse?
Mme Cadet : Bien, je l'ai peut-être
pour le ministre.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Allez-y.
Mme Cadet : Moi, ce que je
comprends, c'est, bon, il y a quelque temps, donc, le ministère de la Culture rappelait
que l'obligation de réaliser un inventaire est connue depuis plus de cinq ans,
donc c'est votre prédécesseure, donc, qui avait déposé le projet de loi, et
prévient que, tant qu'ils n'auront pas été complétés, les municipalités seront
privées de financement en rapport avec le patrimoine. Les immeubles qui ne sont
pas inscrits dans un inventaire admissible ne seront pas admissibles au
Programme d'ententes en patrimoine à partir du 1er avril 2026.
M. Lacombe : Bien, je pense
que vous venez d'apporter une partie de la réponse, là. Vous aviez fouillé
cette question-là précisément. Sinon, ce qu'on m'explique...
Mme Cadet : ...avec... Est-ce
que c'est toujours d'actualité?
M. Lacombe : Bien, il y a ce
dont vous venez de parler, qui est un bon exemple, ce que vous venez de
souligner. Mais, en même temps, les municipalités doivent respecter la loi. C'est
comme ça dans toutes les lois. Donc, il n'y a pas de sanctions, précisément,
qui sont prévues, par exemple, une sanction financière ou... mais, bon, les
municipalités doivent respecter les lois québécoises, celle-là comme toutes les
autres.
Mme Cadet : Bien sûr.
M. Lacombe : Puis, il y a des
effets ensuite, notamment celui dont vous venez de parler.
Mme Cadet : Oui, bien sûr, je
pense qu'il n'y a personne qui est en train de dire qu'une municipalité, donc,
ne devrait pas respecter la loi. Je pense que c'est assez clair. Mais l'objectif
ici, c'est de voir : Est-ce que... Tu sais, est-ce que vous considérez que
le délai, donc, qui est imparti était assez long pour une municipalité? Parce
que, quand on a peut-être, quoi, 60 %, tu sais, à peu près 60 % des
municipalités qui ont complété en date du 1er avril, est-ce qu'elles avaient
l'accompagnement nécessaire pour pouvoir réaliser l'inventaire?
M. Lacombe : Bien, honnêtement...
Mme Cadet : Est-ce que vous
êtes satisfait, alors, de cette note de passage, là, 60 %?
M. Lacombe : Bien, je dirais
que, bien honnêtement, là, elles ont eu suffisamment de temps, puis on a mis
des ressources en place dont le nombre m'échappe, là, mais on a mis des
ressources en place pour les aider à faire ces inventaires-là. On a été... Je
pense qu'on peut dire qu'on a fait preuve d'ouverture et de flexibilité.
Maintenant, il faut que... il faut que les
municipalités respectent la loi. Donc, je vous ai donné les chiffres tantôt,
puis après ça, bien, il y a des conséquences, c'est-à-dire pas des sanctions,
mais il y a des conséquences à ne pas respecter la loi, c'est-à-dire... vous
savez, vous en avez parlé tantôt. Ensuite, quand on est... si on veut que les
bâtiments soient...
Mme Cadet : ...additionnel
pour... une nouvelle échéance pour ceux qui ne l'ont pas... le 40 % qui ne
l'ont pas respectée?
M. Lacombe : Bien, on ne
donnera pas une nouvelle échéance. Ça va être... le plus rapidement possible, ils
doivent se conformer à la loi. La loi, c'est la loi. Donc, on ne va pas leur
donner un délai supplémentaire. Ils sont... Ils vont être en contravention de
la loi, puis il va falloir qu'ils remédient à ça. Parce que, sinon, il y a des
conséquences, encore une fois, pas des sanctions, mais des conséquences, qui s'appliquent,
c'est-à-dire, par exemple, perdre l'accès à des sommes qui pourraient... qui
auraient pu être octroyées, par exemple, pour la rénovation de bâtiments
patrimoniaux qui, là, ne seraient plus accessibles parce que l'inventaire n'est
pas complété.
Donc, je pense que les municipalités ont
tout intérêt à... bien, en fait, elles doivent respecter la loi, puis, en plus
de ça, bien, ça va leur permettre de continuer à avoir accès à du financement.
Mme Cadet : Parfait.
M. Lacombe : ...le chiffre,
là, c'est près de 11 millions, 10,7 millions qui ont été octroyés
pour les aider à réaliser cet inventaire-là.
Mme Cadet : Parfait. Patrimoine
religieux, pour avoir rencontré, donc, certains acteurs du milieu, c'est... ce qu'on
me disait, c'est : Bien, écoutez, le gouvernement de la CAQ nous a fait des
promesses, bien, en partie, bien, en théorie, ils peuvent dire : Regardez,
on l'a réalisé, voici le budget, mais là on vous retire, donc, le budget auquel
vous aviez accès, donc, pour la rénovation du patrimoine religieux. Je comprends,
puis je pense que, M. le ministre, vous vous êtes déjà exprimé là-dessus dans l'espace
public, en disant : Bien, écoutez, il y a tellement de demandes, c'est
beaucoup plus populaire que ce à quoi on s'attendait. Donc, dans cette
perspective-là, bien, il faut qu'on mette ça sur pause pour réfléchir à la
suite des choses pour le patrimoine religieux.
Aujourd'hui, est-ce que vous avez réfléchi
à ça? Elle est... Elle en est à quelle étape, votre réflexion?
• (13 h 10) •
M. Lacombe : Bien, quand on
parle de réflexion, on fait allusion, donc, au Comité national sur le
patrimoine religieux immobilier. Donc, ça a été un groupe de travail qu'on a
créé, où on a mis plusieurs personnes à la table, des représentants des grands
propriétaires des immeubles religieux, qui ont une grande valeur patrimoniale, <évidemment...
M. Lacombe :
...des
grands propriétaires des immeubles religieux, qui ont une grande valeur
patrimoniale, >évidemment, des gens aussi de l'UMQ, de la FQM, puis ce
qu'on a voulu déterminer, c'est, par exemple, quel est le rôle... en fait,
quels sont les rôles, quelles sont les responsabilités des différents
intervenants, comment on peut arriver à avoir une meilleure... une meilleure
gestion, une gestion plus saine de ses actifs immobiliers, assurer aussi la
viabilité des projets de conservation, de transformation, les approches de
financement aussi.
Mme Cadet : Est-ce que vous
trouvez...
M. Lacombe : Donc, les travaux
ne sont pas encore terminés, ça va se terminer à l'automne 2026. Donc, à
ce moment-là, on sera en mesure de décider ce qu'on fait pour la suite.
Mme Cadet : OK. Parfait.
Conseil du patrimoine religieux du Québec, moi, j'ai un cas, donc, d'une... de
travaux, donc, qui a... pour lesquels, donc, un organisme, donc, avait reçu,
donc, les... la subvention pour la première étape, pour la deuxième étape,
mais, la troisième étape, ils n'ont pas été capables de recevoir leur dernière
subvention parce que... bien, selon eux, bien, il n'y avait aucun fonds qui
avait été accordé par le ministère. Est-ce que, la mise sur pause du programme,
vous trouvez ça normal, qu'elle l'a été aussi pour des projets en cours? Les
projets futurs, ça, c'est normal, je pense qu'on va s'entendre, là, mais, pour
les projets qui étaient déjà en cours de réalisation, est-ce que vous trouvez
ça normal?
M. Lacombe : Bien, ce sont
des projets qui coûtent cher. Puis, parfois, ces projets-là sont phasés. Donc,
ça veut... ça ne veut pas dire qu'on laisse des bâches sur les toits puis qu'on
laisse des murs éventrés, ça veut dire qu'il y a peut-être une troisième phase
de travaux. Je ne sais pas à quel projet vous faites référence, mais, oui, ça
peut arriver. Parce que, dans les deux dernières années, la stratégie qu'on a
adoptée, c'est de mettre 10 millions de dollars en disponibilité pour
des travaux d'urgence. Donc, évidemment, il y en a partout au Québec, des
travaux qui doivent être faits de façon urgente pour préserver l'intégrité de
l'immeuble, donc, ça, c'est disponible, mais, pour tout le reste, on a mis ça
sur pause. Donc, oui, c'est... c'est un cas qui m'apparaît probable.
Mme Cadet : Vous dites, donc,
que, malheureusement, donc, ça peut arriver qu'il y ait des... les organismes
se soient fait dire : Bien, voici, donc, les subventions auxquelles vous
aurez droit, et que, là, finalement... et là, dans ce cas-ci, ils avaient
réalisé les travaux et, là, donc, s'endettent parce que, finalement, ils ne
sont pas capables de recevoir la troisième enveloppe du... Bien, ça, c'est
normal.
M. Lacombe : Ça, je suis
moins sûr de ça, par contre, je suis moins sûr de ça. Est-ce qu'on... Est-ce
qu'on a des cas où on leur a annoncé une subvention, ils ont commencé des
travaux avant de recevoir les sommes et là ils se retrouvent avec des dettes en
raison de... Je ne vous confirmerais pas ça, là, parce que je suis... je ne
suis pas au courant du dossier...
Mme Cadet : On pourra s'en...
M. Lacombe : ...précisément de
ce dossier-là, là, auquel vous faites référence.
Mme Cadet : Avec le temps
qu'il nous reste, on pourra garder précisément ce dossier pour la suite.
Théâtre Colas, M. le ministre. Donc, c'est
un projet sur l'île de Montréal, le... qu'ils souhaitent, donc, revaloriser,
donc, le théâtre de «La Poune», construit en 1929, donc notre bijou national
Rose Ouellette. Est-ce que vous connaissez ce projet? Puis qu'est-ce que vous
en pensez?
M. Lacombe : Oui, je connais
ce projet-là. Mon équipe a eu des discussions avec Mme Colas à ce sujet-là, Mme
Colas que j'ai croisée aussi dans un événement l'an dernier, si ma mémoire est
bonne, qui m'en avait parlé brièvement, encore une fois, si ma mémoire est
bonne. Mais, oui, j'ai pris connaissance de son projet. C'est un projet, pour
l'instant, pour lequel on n'a pas de somme disponible parce que toutes les
sommes que nous avions disponibles ont été attribuées et que, pour l'instant,
on y faisait...
Mme Cadet : ...trouvais
intéressant quand même. C'est le Théâtre Cartier, Théâtre Cartier.
M. Lacombe : Bien, tous les
projets... tous les projets sont intéressants, tous les projets sont
intéressants. Plus on a de théâtres, plus on a de bibliothèques, plus on a de
musées... C'est toujours intéressant. Il n'y en a jamais trop. Mais après il y
a une disponibilité budgétaire, par contre, qui doit être au rendez-vous.
Mme Cadet : Si vous aviez la...
Là, je comprends que vous ne l'avez pas. Mais, si vous l'aviez, vous dites :
Ah! bien, ça, c'est un projet intéressant qui aurait plus être considéré.
M. Lacombe : Si on avait
10 fois plus de disponibilité dans notre PQI, probablement qu'on n'aurait
pas cette discussion-là en ce moment, effectivement. Mais là, dans un contexte
où on priorise, puis ça, c'est important, on l'a dit tantôt, on priorise le
maintien d'actifs surtout... J'ai fait une annonce récemment à Montréal. On
peut penser à d'autres chantiers majeurs aussi qui sont en cours sur l'île. On
a beaucoup, beaucoup investi sur l'île de Montréal, puis c'est normal, c'est la
métropole, mais là...
Mme Cadet : On va poursuivre.
Merci. Dans les cahiers de crédits, entre 2023-2024...
Une voix : ...
Mme Cadet : Dans les cahiers
de crédits, en 2023-2024, vous avez investi 300 $, vous avez transféré...
300 000 $ au CALQ pour le Fonds de soutien psychosocial destiné aux
artistes et travailleurs culturels, en 2024-2025, 300 000 $, en 2025-2026,
200 000 $. Pourquoi vous coupez dans la santé mentale?
M. Lacombe : Ce qu'on
m'explique, c'est parce qu'il y avait un solde. Donc, il y a des sommes reportées.
C'est des sommes reportées qui n'avaient pas été utilisées. Peut-être qu'on
pourrait...
Des voix : ...
Mme Cadet : En attendant, je
vais poser une autre question parce que le temps file.
Des voix : ...
M. Lacombe : Donc, il y a...
qui n'avaient pas été utilisées...
Mme Cadet : Je comprends. <Parfait...
M. Lacombe :
...
il
y a... qui n'avaient pas été utilisées...
Mme Cadet :
Je
comprends. >Parfait.
M. Lacombe : ...dans les deux
premières années auxquelles vous faites référence, puis le Conseil des arts et
des lettres peut rapporter ces sommes-là.
Mme Cadet : Dans les crédits...
Merci. Dans les crédits accordés à certains fournisseurs, limousines, SAVM,
aéroport de Québec, 12 806 $. Donc, ça, c'est des réunions qui sont
approuvées par le Conseil du trésor. Qui est-ce que vous êtes allé chercher
avec... 12 000 $ pour des frais de limousine, essentiellement,
limousines et transport. Comment vous expliquez cette dépense-là? Qui est-ce
que vous êtes allé chercher, là?
M. Lacombe : Oui. Bien, ce
n'est pas moi, ce n'est pas moi qui a des limousines. Ce n'est pas ce qu'on est
allé chercher, c'est qui sommes-nous allés chercher.
Mme Cadet : Bien, c'est ça. Qui?
C'est ça. Je suis...
M. Lacombe : Donc, on parle
de dignitaires étrangers...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Merci, M. le ministre.
M. Lacombe : ...dans le cadre
de la Conférence des ministres de la Culture de la Francophonie.
Adoption des crédits
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la députée. Donc, le temps alloué à l'étude des crédits
budgétaires du portefeuille Culture et Communications étant écoulé, je vais
maintenant passer à la mise aux voix. Le programme 1, intitulé Direction, administration
et soutien à la mission, est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Sur division. Le programme 2, intitulé Soutien et développement de la
culture, des communications et du patrimoine, est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Sur division. Et finalement l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille
Culture et Communications pour l'exercice financier 2026-2027 est-il
adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements des oppositions.
Je voudrais dire merci à M. le ministre,
aux collègues qui étaient ici, aux équipes et particulièrement à
Mme Paquette, la secrétaire, qu'on a fait travailler très, très fort
aujourd'hui, question de temps.
Donc, compte tenu de l'heure, la
commission ajourne les travaux au mardi 26 mai 2026, à
16 h 30, où elle entreprendra l'étude du volet Enseignement supérieur
des crédits budgétaires du portefeuille Enseignement supérieur. Sur ce, bonne
fin de journée à tous.
(Fin de la séance à 13 h 17)