(Onze heures quarante minutes)
La Présidente (Mme
Guillemette) : Donc, bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum,
je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission est
réunie aujourd'hui afin de procéder à l'étude de crédits budgétaires du
portefeuille Culture et Communication pour l'exercice financier 2026‑2027.
Une enveloppe de deux heures a été allouée pour l'étude des crédits, mais
on a un petit peu de retard, donc les temps de tout le monde, avec le
consentement de tout le monde, ont été ajustés en conséquence.
Mme la secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
La
Secrétaire : Non, Mme la Présidente, il n'y a pas de remplacement.
Discussion générale
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. Donc, nous allons procéder maintenant à une
discussion d'ordre général, incluant
questions et réponses. La mise aux voix de ces crédits sera faite à la fin de
la séance, soit vers 13 h 15.
M. Zanetti : ...le
temps a été compressé comment?
La Présidente (Mme Guillemette) : C'est
trois minutes par groupe, là, proportionnellement avec ce qu'on a, là.
M. Zanetti :
OK. Puis qui a donné le consentement, de notre côté, pour ça? Moi, je n'ai pas
consenti, là.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Et nous, on nous a dit qu'il y avait eu consentement de
tout le monde. Je ne sais pas si c'est votre leader...
M. Zanetti : On
peut-tu suspendre deux minutes? Je vais faire des vérifications.
La Présidente (Mme
Guillemette) : On ne peut pas suspendre. Vous pouvez vous informer
pendant qu'on déroule la séance. Si on suspend, on va devoir suspendre sur
votre temps.
Donc, comme je le disais, la mise aux voix va être
mise vers 13 h 15. Donc, je céderais la parole, pour un premier
bloc d'intervention, à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. Bonjour, M. le ministre. Donc, je plonge immédiatement.
Merci de vous prêter à l'exercice de l'étude des crédits budgétaires.
Donc, je commence
avec un sujet qui a quand même, donc, défrayé les manchettes il y a quelques
jours, peut-être pas celui que vous pensez en premier, mais celui d'en fin de
semaine, qui était le dossier sur l'intelligence artificielle. Donc, on a vu un
dossier du Journal de Montréal, donc, qui parlait des oeuvres de
centaines d'artistes du Québec utilisées sans leur accord. On a vu, donc, des
témoignages quand même assez poignants, là et au cours des derniers mois, des
dernières semaines, même, des simulations qui ont été faites, qui étaient quand
même assez troublantes.
De mon côté, je ne
sais pas si vous aviez vu ça, en février dernier, moi, j'avais déposé une
demande de mandat d'initiative demandant, donc, une... donc, une commission,
là, qu'une de nos commissions parlementaires se penche sur le dossier de
l'intelligence artificielle. De mon côté, c'était du côté des médias, hein,
vous vous souvenez des sites de fausses nouvelles qui pullulaient en ligne,
donc, notamment sur les plateformes de médias sociaux. Je me disais :
Bien, je pense qu'à Québec, donc, on a la juridiction pour pouvoir se pencher
sur ces questions-là.
Donc, ma première
question pour vous : D'abord, est-ce que vous acceptez cette demande de
mandat d'initiative? Puis ensuite, donc, plus largement, voir quelles sont les
initiatives qui sont faites au niveau de l'intelligence artificielle à l'égard
du ministère de la Culture.
M. Lacombe : Bien, en fait, sur la
question du mandat d'initiative, évidemment, vous le savez encore plus que moi,
la commission... la commission peut... est souveraine, donc ce n'est pas à moi,
comme ministre, de vous dire si, oui ou non, ça va arriver. Par contre, par
contre, je pense que c'est un sujet transpartisan qu'il serait intéressant de
traiter de cette façon-là. Maintenant, on comprend aussi que le temps avance,
le temps file, donc est-ce que c'est, de façon réaliste, quelque chose qu'on
aurait le temps de traiter d'ici la fin de la session parlementaire? Ça me
semble... ça me semble assez hasardeux. Mais honnêtement c'est le type
d'initiative que j'aurais pu soutenir parce que je trouve que c'est un enjeu
qui est transpartisan, comme beaucoup d'enjeux culturels, d'ailleurs.
Sinon, sur ce qui est
fait, sur ce que nous faisons, je dirais qu'on a porté une attention
particulière, dans les derniers mois, parce qu'on a eu des cas, notamment avec
des médias, j'ai un exemple en tête, où on s'est fait interpeler parce que le
contenu était généré par l'intelligence artificielle. Et évidemment que, pour
nous, ce n'est pas quelque chose, dans le domaine de l'information,
précisément, dans ce cas-ci, qui est souhaitable, donc on s'est assurés qu'on
puisse, par exemple dans le cadre de nos programmes, s'assurer que le travail
soit fait par des humains. Donc, ça, c'est le cas.
Ensuite, pour tout le reste, bien, évidemment,
c'est un immense chantier, je n'ai pas la prétention de vous dire qu'on a réglé
ça, je pense qu'on devra le faire avec le milieu. Vous avez soulevé une une
piste, tantôt, de véhicule pour y arriver de façon transpartisane, mais sinon
on a une attention particulière, que ce soit au Conseil des arts et des lettres
du Québec, que ce soit à la Société de développement des entreprises
culturelles, dans nos programmes, pour nous
assurer qu'on ne vienne pas subventionner du travail qui serait fait par
l'intelligence artificielle.
Mais, en même temps, j'ai aussi envie de vous
dire que la ligne est mince, parce qu'on a aussi des créateurs qui nous
disent : On veut utiliser l'intelligence artificielle, mais on veut
qu'elle soit au service de notre création, on ne veut pas qu'elle nous
remplace. Donc, cette ligne-là, elle est très mince. Donc, je réitère
l'importance de le travailler avec le milieu puis, idéalement, aussi, de façon
transpartisane.
Mme Cadet : Merci. Hier soir,
justement, il y a un article qui a été publié sur le site de Radio-Canada qui
concernait le fait que le Regroupement pour l'Art Humain dénonçait l'usage de
l'IA par Télé-Québec. Vous avez peut-être vu ça passer. Donc, Télé-Québec,
donc, a été quand même assez transparent dans son usage de l'intelligence
artificielle, à créé, donc, un épisode, donc, complet d'une série jeunesse, Lotus
et Cali, par intelligence artificielle générative. Puis, bien évidemment,
c'est sûr que ça inquiète un peu le milieu. On ne vous a pas entendu sur ce
dossier-là. Vous, qu'est-ce que vous en pensez?
M. Lacombe : Bien, je me réfère à ce
que je viens de dire dans ma précédente réponse, c'est-à-dire que la ligne est
mince. La ligne, elle est mince, mais je ne pense pas qu'on puisse écarter du
revers de la main le recours à l'intelligence
artificielle lorsqu'elle est au service des créateurs et des créatrices. Je
pense que là où ça devient un problème, c'est quand ça remplace les
créateurs et les créatrices et quand on se prive, donc, de leur créativité, de
la créativité humaine. Donc, ça, c'est évidemment non négociable, il faut
protéger ça non seulement au Québec, mais partout dans le monde.Maintenant,
est-ce qu'on doit laisser le train passer puis regarder ça en ne faisant rien?
Je ne pense pas. Je pense qu'on doit se dire que l'intelligence artificielle
est là pour rester. Comme, à l'époque, la dernière transformation, ça a été
l'arrivée d'Internet. Bien, Internet, on pouvait bien se dire que ce serait
passager. Évidemment, ce ne l'était pas, c'était là pour rester. Donc, il faut
en tenir compte puis il faut travailler.
Donc, que Télé-Québec... que Télé-Québec
travaille avec l'intelligence artificielle non pas pour remplacer les créateurs
et les créatrices, mais pour voir comment on peut mettre l'intelligence
artificielle au service de la création des créateurs et des créatrices, bien,
moi, je pense que c'est bien, je pense que c'est bien, mais il faut évidemment
le faire de façon très, très prudente et ne pas remplacer la création humaine
par le recours à l'intelligence artificielle.
Mme Cadet : Mardi, lors de
l'étude... l'étude de crédits budgétaires en langue française, j'avais noté
dans le cahier de crédits que le ministère de la Langue française avait fait
appel à ElevenLabs pour un montant de 101 $. Ça fait que, là, je me
demandais, donc, c'est quoi, ça, puis on m'a expliqué que c'était pour une voix
hors champ. Donc, je comprends que le ministère de Langue française avait
voulu, donc, réaliser des capsules et puis s'est dit : Ah! bien, on va
utiliser l'IA, donc, pour faire une voix hors champ, plutôt que d'utiliser,
donc, un être humain. Qu'est-ce que vous, vous pensez de cet usage de l'IA par
le ministère de la Langue française?
M. Lacombe : Je vais les laisser
répondre à ces questions-là, je pense que... Vous avez discuté déjà de ça avec
mon collègue en étude de crédits?
Mme Cadet : ...on a discuté...
M. Lacombe : Bon, bien, il vous a
donné sa réponse, j'imagine.
Mme Cadet : Bien, j'ai soulevé,
donc, une inquiétude et puis je pense qu'il a pris la balle au bond, qu'il
s'est dit qu'effectivement qu'il y avait peut-être du travail à faire de ce
côté-là. Donc, je vous rassure, donc, votre collègue l'a dénoncé, cet usage-là,
puis qu'ils vont en prendre acte. Mais à vous, donc, je vous pose la
question : Est-ce que vous pensez que le gouvernement du Québec, donc,
devrait avoir une politique sur l'exemplarité de l'usage et l'intelligence
artificielle dans des cas comme celui-là?
M. Lacombe : Bien, une politique
d'exemplarité en toute chose, je pense que, oui, évidemment, on doit montrer
l'exemple. En matière de culture, je pense que je peux quand même le souligner,
parce que c'est important, mais, par exemple, lorsqu'on est en campagne
électorale, bien, on s'engage à faire affaire avec des créateurs, des
créatrices qui sont des humains, donc la création humaine, et ne pas avoir
recours à l'intelligence artificielle pour ça. Je pourrais vous dire aussi
qu'on s'assure de toujours faire affaire avec des artistes qui sont représentés
par l'UDA. Donc, ça, c'est important.
Donc, évidemment, je pense
que le gouvernement doit montrer l'exemple. Mais, ensuite, puis je ne veux pas
m'étendre là-dessus, mais je pense qu'il faut se poser la question pour
l'avenir, parce qu'il y a des métiers qui risquent d'être profondément
transformés. Puis l'idée, ce n'est pas de dire : Bien, tassons-les tout de
suite puis passons à l'intelligence artificielle. Mais il faut avoir la
réflexion, il faut avoir la réflexion parce que c'est inéluctable, ça va amener
de grands changements dans les industries culturelles.
• (11 h 50) •
Mme Cadet : Puis jusqu'à quel point?
Parce que, plus tôt, vous disiez que vous étiez en réflexion là-dessus. Puis
jusqu'à quel point vos réflexions ont avancé? Parce que, quand on regarde le
rapport du GTAAQ, il y avait quand même les recommandations 30 à 32 qui
s'intéressaient à la question de l'intelligence artificielle, on vous demandait
de mettre en place un comité chargé de réfléchir spécifiquement à l'impact de
l'essor des IA génératives sur les artistes et autres professionnels de la
culture au Québec. Le rapport sur la découvrabilité aussi, à sa mesure 68,
nous parlait de créer, bon... Bon, pour eux, c'était un observatoire
responsable de la transformation numérique en IA, là. Mais il y avait, donc,
les questions d'intelligence artificielle, donc, qui étaient... vous étaient,
donc, soumises. Donc, jusqu'à quel point, donc, vous avez un sentiment
d'urgence puis jusqu'à quel point vous avez avancé dans la mise en oeuvre de
ces recommandations du rapport du GTAAQ?
M. Lacombe : Bien, je suis animé
d'un sentiment d'urgence à tous les jours, je suis dans l'urgence, mes équipes
peuvent en témoigner, on est toujours en train d'essayer de voir comment on
peut en faire plus. Dans le... Sur les points précis que vous soulevez, qui
sont dans le... dans les recommandations du Groupe de travail sur l'avenir de
l'audiovisuel, la première ministre l'a mentionné lors du discours d'ouverture,
je vais avoir l'occasion de présenter les suites que nous donnerons au rapport
du Groupe de travail sur l'avenir de l'audiovisuel d'ici la fête nationale.
Donc, à ce moment-là, ce sera sous la forme d'une stratégie québécoise de
l'audiovisuel, je l'ai déjà dit publiquement. À ce moment-là, on pourra
répondre à ces questions-là. Donc, je ne ferai pas les annonces avant
l'annonce, mais évidemment que...
Mme Cadet : ...
M. Lacombe : Pardon?
Mme Cadet : Non, je poursuis, parce
que je regarde le temps. Alors, parlons-en, d'audiovisuel. Parce que l'autre
nouvelle de la semaine, c'est la sortie de M. Péladeau sur la fragilité, la
grande fragilité du secteur audiovisuel. Donc, vous avez dit, effectivement,
donc, que cette stratégie s'en venait pour vous. Mais plus précisément, donc,
tu sais, vous, qu'est-ce que vous avez pensé de ce cri du coeur là?
M.
Lacombe : Je pense que c'est un dossier dans lequel il y a
beaucoup de nuances. Je pense que c'est un défi qu'on doit relever
collectivement, où le gouvernement a un rôle à jouer, où les institutions
publiques ont un rôle à jouer, mais où les entreprises privées aussi ont un
rôle à jouer, parce qu'évidemment on n'est pas aux commandes de ces
entreprises, puis elles ont la responsabilité de s'adapter au nouvel
environnement d'affaires dans lequel elles sont.
On ne reviendra pas en arrière. Je le disais
tantôt pour l'IA, c'est la même chose pour les plateformes numériques. On ne
reviendra pas à une époque où tout le monde va s'abonner massivement au câble,
c'est terminé. C'est une industrie qui est en décroissance. Les revenus liés à
l'industrie du câble, les revenus publicitaires sont en décroissance, même
chose pour les chaînes spécialisées. L'écosystème a complètement changé. Donc,
il faut que les entreprises adaptent leurs modèles d'affaires. Puis adapter son
modèle d'affaires, ça ne veut pas dire demander des subventions au
gouvernement, parce qu'à ce titre-là ça voudrait dire nationaliser les chaînes
privées, si on y pense puis si on va au bout du raisonnement. Donc, les
entreprises ont leur rôle.
Mais, de notre côté, les institutions publiques,
le gouvernement du Québec ont un rôle dans la façon dont les programmes sont conçus,
évidemment, dans la hauteur des investissements qui sont faits. Puis c'est ce
qu'on vise à faire avec la stratégie québécoise de l'audiovisuel, c'est de
donner au milieu tous les moyens que nous pouvons lui donner, comme
gouvernement, comme institution publique, pour qu'il puisse affronter les défis
de ce nouvel écosystème là.
Mme Cadet : Par exemple, dans sa
présentation, M. Péladeau demandait l'ajout d'un incitatif fiscal
supplémentaire pour les achats publicitaires dans les entreprises médiatiques
québécoises. Donc, vous, qu'est-ce que vous pensez de cette recommandation-là?
M. Lacombe : Bien, encore une fois,
je réserve mes commentaires sur les solutions pour la présentation de la stratégie québécoise de l'audiovisuel, parce
que c'est dans quelques semaines. Donc, je ne vous donne pas rendez-vous
l'année prochaine, on pourra en parler à ce moment-là.
Mais je tiens quand même à dire qu'on a posé des
gestes, déjà, dans le dernier budget. Je pense notamment à cette demande de
longue date des entreprises, comme le Groupe TVA, mais aussi comme Cogeco,
comme Bell, par exemple, et d'autres diffuseurs, aussi, privés en région,
d'avoir accès au crédit d'impôt pour le salaire des journalistes. C'était
accessible seulement pour la presse écrite. À mon sens, ça n'avait pas de sens.
Les journalistes qui travaillent à la radio dans nos régions, qui travaillent à
la télévision dans nos régions mais aussi dans la métropole,
dans la capitale font un travail qui est aussi important. Donc, on est allés...
on est allés de l'avant avec cette demande-là qui va... qui va leur donner de
l'air puis qui va permettre aux citoyens, aux Québécois, aux Québécoises,
d'avoir accès à de l'information partout au Québec.
Mme Cadet : Bien, d'ailleurs, vous
avez tardé un petit peu, là, on... il y avait quand même plusieurs motions à
l'Assemblée nationale qui demandaient, donc, la mise en oeuvre de cette
recommandation-là. Donc, oui, effectivement. Donc, finalement, ça a été fait.
Donc, il y a peut-être d'autres aspects sur
lesquels vous voulez peut-être vous prononcer avant la mise en oeuvre de cette
stratégie-là. Par exemple, on sait que le gouvernement... On revient à
l'exemplarité, donc, en fait, des achats publicitaires, donc, sur... au sein,
donc, de nos médias québécois. C'est quoi, le niveau d'engagement du
gouvernement en ce qui concerne les dépenses publicitaires, donc, des
ministères et sociétés d'État, donc, auprès de nos médias?
M. Lacombe : Bien, je pense qu'on
peut dire qu'on... Je confirmais juste si le chiffre n'avait pas changé, mais,
de mémoire, on était à 85 % d'achats dans nos médias, ici, les médias
québécois, puis à peu près un 15 % sur les plateformes, parce
qu'évidemment il faut aussi rejoindre les gens là où ils sont. Donc, de mémoire,
ce sont les derniers chiffres que j'avais. Donc, quand on parle d'exemplarité,
je pense qu'on peut dire qu'on... qu'on fait notre part.
Mme Cadet : Sujet connexe, parce
qu'on va rester dans l'audiovisuel, vous avez peut-être vu une lettre d'opinion
disant, donc, qu'il fallait miser sur la musique, une lettre d'opinion, donc,
il y a quelques semaines, qui vous disait, bien : Ce serait important que
le gouvernement mette en place des incitatifs financiers pour aider les
créations audiovisuelles à intégrer davantage de musique québécoise. Une mesure
simple et efficace serait de rendre admissible aux crédits d'impôt le coût des
licences de synchronisation de musique québécoise. Est-ce que ça va faire
partie de votre stratégie qui arrive bientôt?
M. Lacombe : Bien, encore une fois,
je ne dévoilerai pas la stratégie avant de la dévoiler, mais la question porte
sur l'industrie musicale, bien, je peux peut-être vous répondre ceci. Je trouve
que, dans le cadre du mandat qui a été le mien dans les quatre dernières
années, le mandat s'achève, on a fait énormément de travail pour l'industrie
audiovisuelle, pour le milieu des arts aussi, avec la bonification des budgets
du CALQ. On a eu plusieurs initiatives très
structurantes. Mais, vous savez, à un moment donné, il y a 24 heures dans
une journée, il y a sept jours dans une semaine, on ne peut pas tout
faire en même temps. Mais l'industrie musicale, l'avenir de notre industrie
musicale, de la chanson, de la musique québécoise, je pense qu'au début d'un
prochain mandat, peu importe le gouvernement qui sera là, je pense vraiment que
ça devrait faire l'objet d'une priorité ministérielle, pour aller un peu dans
le même sens que ce qu'on a fait avec le Groupe de travail sur l'avenir de
l'audiovisuel québécois. Je pense qu'on doit se poser de sérieuses questions
sur l'avenir de la musique et de la chanson québécoise. Mais, évidemment,
bon...
Mme Cadet : Merci. Puis le
18 février dernier, j'avais déposé une motion à l'Assemblée nationale,
donc, pour reconnaître l'apport indéniable des quotidiens hebdomadaires et
magazines imprimés qui renseignent, éclairent et divertissent des millions de
Québécois. Vous le savez, M. le ministre, donc, l'industrie, donc, de nos
médias imprimés, donc, vit aussi, donc, des difficultés. Je sais que vos... que
c'est... donc, le milieu, donc, rencontre également, donc, vos collègues à
l'Environnement, qui vous disent : Bien, écoutez, donc, tout ce qui
concerne, donc, le recyclage des médias
imprimés, c'est compliqué, ça nous coûte excessivement cher, nous, on a besoin
d'une exception à cette réforme-là. Est-ce que vous acquiescez à leur
demande?
M. Lacombe : Bien, en fait, puis là
je vais résumer parce que je sais que le temps est compté, mais je vais vous
dire la chose suivante. À un moment donné, j'ai dû prendre une décision à
savoir si je faisais des demandes budgétaires pour subventionner ces frais-là
qui sont chargés à nos entreprises. Parce qu'il a été un moment où on leur
envoyait une subvention pour qu'ils soient capables de payer cette facture-là,
et, pour moi, ça n'avait plus de sens. Les coûts augmentaient, d'ailleurs, et
ça revenait à dire... à demander à tous les contribuables québécois de
subventionner la copie papier des gens qui voulaient en obtenir une, donc...
Mme Cadet : ...pourraient en être
exemptés. Ce n'est peut-être pas une subvention.
M. Lacombe : Bien, c'est une
excellente question. Puis je vous dirais que c'est une discussion qui doit
avoir lieu avec la ministre de l'Environnement. Mais je vous dirais que cette
discussion-là, elle est...
Mme Cadet : Est-ce que vous l'avez,
cette discussion-là, avec votre collègue?
M. Lacombe : Oui.
Mme Cadet : Oui, puis vous lui
dites... Dans le fond, je comprends, c'est que votre recommandation, ce serait
que nos médias imprimés soient exemptés de la réforme?
M.
Lacombe : Il y a d'autres juridictions qui le font. Je pense que c'est
un dossier qui est compliqué, mais c'est un dossier qu'on continue de
travailler, que ma collègue au premier chef, la ministre de l'Environnement,
parce que c'est sa prérogative, continue de travailler, entre autres, avec les
médias.
Mme Cadet : Merci.
Combien de temps on a, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
Guillemette) : 1 min 30 s.
Mme Cadet :
OK. Parfait. Bon, on a du temps. Dans ce cadre-ci, M. le ministre, donc, vous
parliez plus tôt, donc, que le gouvernement continue d'acheter, donc, sur les
médias sociaux, parce que vous dites : Bien, les jeunes, donc, sont
là-dessus. Vous avez peut-être vu le documentaire de Mounir Kaddouri, il y a
quelques jours, donc, qui parlait, donc, de la transformation du milieu. Je sais,
là, que cet automne vous aviez, donc, fait une annonce, donc, en lien avec nos
créateurs numériques. Est-ce qu'on devrait aller plus loin?
M. Lacombe : Bien
sûr qu'il faut aller plus loin. Non, mais c'est sûr qu'il faut aller plus loin.
Puis là vous me partez, quand vous parlez de ça, mais je sais que le temps est
compté, mais c'est sûr qu'il faut aller plus loin. C'est l'avenir, c'est une
partie de l'avenir de la diffusion de notre culture. Puis, quand on dit... Et
là-dessus je rejoins notamment Maire de Laval, c'est son nom d'artiste, je
rejoins sa vision des choses. C'est-à-dire, on ne peut pas dire que les jeunes
ne consomment plus de culture québécoise, c'est-à-dire, ils ne la consomment
pas de la même façon que leurs parents puis ils consomment autre chose aussi.
Donc, il faut aussi investir là-dedans puis arrêter de lever le nez là-dessus,
parce que, sinon, ils vont consommer du contenu qui vient d'ailleurs, les
jeunes. Donc, oui, il faut... il faut agir. Puis, dans la stratégie québécoise
de l'audiovisuel, il y aura des éléments là-dessus.
La Présidente (Mme
Guillemette) : 10 secondes, neuf...
Mme Cadet :
Parfait. Merci beaucoup, M. ministre. On se reverra, donc, au prochain échange.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci beaucoup, Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Donc,
je cède la parole au député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Pour
combien de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
Guillemette) : 17 min 36 s.
M. Zanetti : Parfait.
Merci. Merci beaucoup, M. le ministre. Merci à tout le monde qui l'accompagne.
C'est vraiment impressionnant de vous voir toutes et tous ici en même temps.
• (12 heures) •
Je veux revenir sur
le sujet de l'intelligence artificielle générative. Il y a eu un gros dossier
dans Le Journal de Québec récemment, puis on en parle depuis longtemps.
Et je vais vous rappeler ces images que vous avez déjà vues. Il y a une de ces
planches de bande dessinée là qui a été faite par Elise Gravel, et l'autre qui
a été faite par l'intelligence... — je
vous vois essayer de deviner lequel est lequel — l'intelligence artificielle générative. Alors, les
deux...
Une voix :
...
M. Zanetti :
Oui, c'est ça, l'intelligence artificielle est ici. Les deux sont signées,
hein, quelqu'un qui ne connaît pas trop
Elise Gravel pourrait vraiment être trompé, là, dire : Wow! C'est des
beaux dessins. Dans les deux cas, c'est beau, mais, bon, on préfère celui
avec du texte, le vrai. Mais ça pose la question du droit d'auteur et de
l'éthique qui encadre l'intelligence artificielle générative.
Je vous ai entendu avoir des échanges au sujet de
comment est-ce que le Québec va encadrer cette pratique-là. Le gros
problème... Puis les illustrateurs et illustratrices du Québec sont très
mobilisés sur cette question-là, ils disent : Bien, ça va faire
disparaître nos emplois, ça va faire disparaître nos revenus, ça va nous faire
disparaître, et il faut agir de façon... Puis en plus, toutes les... tout ce
qui va être créé est créé en rupture puis en bafouant les droits d'auteur.
Donc, il y a un problème là.
Alors, quand on dit,
par exemple... Parce que je vous entendais dire : On va s'assurer que
l'intelligence artificielle ne remplace personne. Mais, tu sais, on peut
difficilement empêcher qu'elle soit utilisée par des artistes dans le cadre de
leur processus de création, je résume vos mots. Mais, en même temps, même là,
il y a le problème du droit d'auteur qui est bafoué parce que l'utilisation de
l'IAG créé ce problème-là.
Alors, la question
que je vais vous poser, c'est : Est-ce que vous êtes ouverts à amener des
conditions au soutien financier aux organisations qui le reçoivent? Je vais...
Ça part compliqué, ma question, je la reformule plus simplement : Est-ce
qu'il serait possible que les subventions qui sont données viennent avec des
conditions de ne pas utiliser l'intelligence artificielle générative?
M. Lacombe : Bien,
votre question est intéressante. En fait, elle est sensiblement identique à la
question de notre collègue, précédemment, mais il y a une distinction
importante quand même dans le terme que vous utilisez. On parle d'intelligence artificielle générative.
Bon, évidemment, c'est... ça le dit, ça produit quelque chose, c'est-à-dire
une image, une chanson, une séquence vidéo. Mais, en même temps, l'intelligence
artificielle, plus largement, elle est aussi utilisée par certains créateurs,
certaines créatrices, dans l'exercice de leur art. Je vous donne un exemple. On
m'expliquait, par exemple, qu'en créativité numérique, donc, installation, son,
lumière, par exemple, bien, il y a des gens qui utilisent l'intelligence
artificielle pour aider à synchroniser puis à créer des séquences qu'ils imaginent,
mais qui, ensuite, peuvent être appliquées par l'intelligence artificielle de
la même façon dont on utiliserait un autre outil informatique. Est-ce qu'on
doit s'empêcher de faire ça si les créateurs nous disent : Ça, on en a
besoin? C'est un exemple.
Donc, moi, je suis
assez mal à l'aise à dire aujourd'hui : Il faut freiner ça, puis de le
faire unilatéralement, sans d'abord avoir consulté, sans d'abord voir quelles
sont les meilleures pratiques un peu partout dans le monde. Donc, je pense
qu'il faut avoir cette discussion-là, il faut s'assurer, là, évidemment qu'on
ne subventionne pas n'importe quoi. Ça, je vous l'ai dit, SODEC, CALQ,
ministère, on s'en assure. Mais, quand on veut aller plus loin puis revoir nos
politiques publiques à ce sujet-là de façon plus profonde, bien, je pense qu'il
faut avoir la discussion avec le milieu, et cette discussion-là, elle n'est
pas... elle n'est pas terminée puis, je dirais, elle n'est même pas commencée
officiellement de façon organisée.
J'ai regardé aussi ce
qui se fait ailleurs dans le monde. Par exemple, l'exemple de la France est
intéressant. J'ai rencontré des parlementaires, avec qui je dois m'entretenir à
nouveau prochainement, qui souhaitent que, par exemple, la France se dote d'une
loi pour renverser la présomption... c'est-à-dire le fardeau de la preuve dans
des cas où des artistes disent : L'intelligence artificielle a usurpé mes
droits, mes droits d'auteur. C'est très difficile pour les artistes de prouver
ça. Donc, les Français ont ce souhait-là. Est-ce que c'est une bonne ou une
mauvaise idée? J'ai entendu des opinions d'un côté ou de l'autre, donc on est
en train de... Moi, en tout cas, j'ai l'oeil là-dessus. Mais, encore une fois,
il faut le travailler avec le milieu, parce que je ne pense pas qu'on peut
prendre une décision unilatérale.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Zanetti :
Alors, je vais passer à un autre sujet, pour des raisons de temps, mais ce que
j'espère, c'est que ces discussions-là vont aller rapidement, parce que
l'intelligence artificielle générative, ça va très, très vite. Malheureusement,
on est en fin de législature, il peut être tard pour déposer d'autres projets
de loi, mais je compte... j'espère que le ministre va faire tout ce qui est en
son pouvoir, d'un point de vue réglementaire et de consultations, pour au moins
que le prochain gouvernement, quel qu'il soit, soit outillé pour agir très
rapidement, parce qu'on pourra difficilement se permettre d'attendre une autre
année. Puis je ne peux pas ne pas souligner le fait que c'est bien tannant,
hein, que les lois sur le droit d'auteur se décident à Ottawa pendant qu'on est
ici à attendre devant cette inaction. Vive le Québec libre!
Maintenant, je veux
vous parler de livres, ce qui a été fait par la ministre de l'Éducation par
rapport au budget des livres. En fusionnant des enveloppes, bien, les budgets
pour l'achat de livres et des sorties culturelles se sont fusionnés avec des
budgets pour faire des projets spéciaux, et des activités sportives, et toutes
sortes d'autres d'affaires. Ça crée un grand mécontentement dans le milieu, qui
s'était dit : Wow! On a réussi à faire un gain, on a eu l'écoute du
gouvernement, on a protégé les sommes, sauf que, là, les sommes, finalement,
sont fusionnées dans des enveloppes puis elles pourraient être utilisées à
d'autres choses.
Alors, moi, ce que
j'aimerais savoir, c'est qu'est-ce que le ministre de la Culture pense de ça.
Est-ce qu'il est d'accord avec cet enlignement ou est-ce qu'il souhaiterait
qu'il y ait un retour à une enveloppe dédiée pour les activités culturelles et
les livres?
M. Lacombe :
Bien, moi, je pense qu'il n'y a jamais trop de livres dans les écoles. Il faut
investir dans l'achat de livres. Il faut s'assurer que ces investissements-là
se fassent, et je dirais que j'ai confiance... que je sais que c'est ce que
souhaite aussi ma collègue, puis que j'ai confiance que le réseau scolaire,
donc, les directions d'établissement vont prendre les bonnes décisions, parce
que je suis certain qu'ils sont animés de la même passion que nous puis du même
souhait que nous, que les jeunes aient davantage de livres entre les mains.
M. Zanetti :
On peut le souhaiter. On peut le souhaiter. Évidemment, ça met en péril,
notamment, les sorties culturelles, les livres aussi, mais les sorties
culturelles dont dépend une grande partie, notamment, de tous ceux qui font du
théâtre jeune public, pour ne prendre que cet exemple-là, mais il y en a
beaucoup d'autres aussi. Est-ce que le ministre a été consulté par rapport à ça
par la ministre de l'Éducation?
M. Lacombe :
Bien, moi, je vais vous dire la chose suivante. Sur l'utilisation des sommes,
j'entends évidemment tout ce qui se passe puis je travaille aussi, en ce
moment, avec le milieu culturel, même chose pour ma collègue, pour voir quelles
sont leurs inquiétudes puis comment on peut peut-être mettre sur la table des
éléments pour les rassurer, pour aussi s'assurer que les dépenses se fassent,
mais je... J'ai oublié ce que j'allais vous dire. J'ai oublié ce que j'allais
vous dire. J'ai oublié ce que j'allais vous dire.
M. Zanetti :
Est-ce que vous avez été consulté?
M. Lacombe : Oui, bien, je
dirais... je dirais qu'évidemment c'est une décision gouvernementale qui relève
de la ministre de l'Éducation, mais, à la fin, c'est une décision
gouvernementale qui appartient au ministère de l'Éducation.
Je pense que ce dont il faut s'assurer, c'est que ces sommes-là soient
dépensées pour l'acquisition de livres.
M. Zanetti : Alors, on vous
sent plus solidaire que consulté et d'accord, mais je vais passer à un autre
sujet et laisser planer le doute, le règlement sur le livre. Il me reste... Oui,
j'ai le temps, OK. Le règlement sur le livre, le milieu du livre... Vous avez
annoncé plus tôt, bien, il y a quelques mois, une modification au règlement
entourant toute l'industrie du livre. Vous avez rencontré le milieu. Ça devait
être des changements plutôt ciblés. Ils vous ont écrit une lettre parce qu'en
voyant sortir les travaux ils ont réalisé que, finalement, c'était beaucoup
plus global. Ça les inquiète, il y a une inquiétude. C'est un écosystème très
fragile, toute la chaîne du livre, et puis ils ne se sont pas sentis, mettons,
mis dans le coup de cette affaire-là.
Je voulais savoir... La demande qu'ils vous
font... Puis là je recherche la... ah oui! c'est ça, la lettre qu'ils vous ont
envoyée demande une suspension de l'application de ce règlement-là pour
pouvoir, eux autres, réfléchir à ça, puis vous donner des enlignements plus
clairs, et puis que la chose soit faite en consultation avec eux. Est-ce que
vous êtes ouvert à faire une suspension de l'application de ce règlement et de
la réflexion pour mettre le milieu du livre dans le coup?
M. Lacombe : Bien, d'abord, le
règlement, il n'est pas édicté, là. Ça, c'est la première chose. Si on décidait
d'aller de l'avant... si on décidait d'aller de l'avant, il y aurait une
prépublication qui sert bien exactement à ça, consulter, recueillir les
commentaires, puis, à la fin, il peut y avoir des modifications, il peut y
avoir retrait. Donc, ça, c'est une chose. J'entends ce que... ce que Livres
Québec nous dit dans ce cas-ci. Vous savez, nous, on veut que ça fonctionne.
S'il y a des inquiétudes qui sont partagées par plusieurs acteurs du milieu du
livre, on n'ira pas de l'avant. Si on va de l'avant, encore une fois, on va
consulter. Donc, la décision, elle n'est pas prise, elle n'est pas prise à ce
moment-ci.
M. Zanetti : OK. Donc, ce que
j'entends, c'est que, si le milieu du livre a des inquiétudes, vous allez les
écouter puis travailler avec eux autres pour être sûr que ce qui sort est bon.
• (12 h 10) •
M. Lacombe : Ce qu'on fait déjà
depuis de nombreuses années, j'ai envie de dire, parce que ça ne date pas du
mois passé, là, ça date d'il y a sept ans, huit ans?
Une voix : ...
M. Lacombe : 14 ans, bon.
M. Zanetti : OK, parfait. Sur
la question du rapport sur l'avenir de l'audiovisuel, vous avez dit que vous
allez annoncer quelque chose avant la fête nationale. Bien content. J'ai une
question juste de principe. Je ne vous demanderai pas de faire des préannonces,
là... des préannonces, je sais que vous n'en ferez pas, mais, sur le
principe... Tu sais, je regardais, cette semaine, le Groupe TVA, et son PDG
disait : On n'arrive plus, il va falloir couper sur les salaires des
artistes, et des artisans, et peut-être aussi avoir plus de subventions, puis
assouplir les règles, blablabla. Puis là on voit que la maison mère de Groupe
TVA, Québecor, tu sais, il y a un article qui sort, ils ont fait 22 %
d'augmentation de profit dans le premier trimestre. Ils ont des profits annuels
d'à peu près 1,4 milliard de dollars. C'est presque le budget du
ministère de la Culture. À 1,9, 2 millions, tu te dis : C'est
stratosphérique. Alors, on voit bien que l'argent est là quelque part,
peut-être pas dans la division Groupe TVA, mais il n'est pas... il n'est pas
loin.
Ça amène, en fait, le sujet de la redistribution
de la richesse puis d'où est-ce qu'on va aller chercher l'argent pour financer
notre culture. Évidemment, il y a les GAFAM, mais là, ça, on laisse ça entre
les mains d'Ottawa encore une fois, puis là ils se mettent à plat ventre devant
Donald Trump sans rien donner en échange. Donc, il y a comme un peu un
cul-de-sac. Je me dis : Il va falloir peut-être aller taxer les grandes
fortunes au Québec. Est-ce que vous êtes d'accord que ça vaudrait la peine
d'envisager des modes d'imposition des grandes fortunes, on ne parle pas des
citoyens, là, normaux, là, et... pour être capable de financer adéquatement la
culture au Québec, juste comme sur le principe?
M. Lacombe : Bien, je ne pense
pas que c'est le moyen que j'utiliserais. C'est-à-dire, imposer les grandes
fortunes pour financer la culture, je ne pense pas que c'est le moyen que
j'utiliserais, mais c'est un débat qui... qui est légitime, là, mais... Je ne
pense pas que c'est le moyen que j'utiliserais.
M. Zanetti : Quand le Groupe
TVA dit : On n'a pas assez d'argent, on doit couper dans les conditions
des artistes, puis qu'après ça, après, on
réalise que, dans le fond, Québecor, la maison mère, augmente ses profits de
22 %, est-ce que ça vous émeut?
M. Lacombe : C'est plus
compliqué que ça, c'est... mais la vérité, c'est que c'est plus compliqué que
ça. On peut dire : C'est noir ou c'est blanc, voici les gentils, voici les
méchants, mais la réalité, c'est que c'est plus compliqué que ça. Puis,
évidemment, comme ministre, il faut que je garde la tête froide, il faut que je
regarde ce qui est en train de se passer.
Groupe TVA, est-ce que
vous achèteriez ça demain matin si vous aviez l'opportunité? Je pense que les
gens ne se bousculeraient pas pour en faire l'acquisition, dans le sens où
c'est une marque qui est prestigieuse, ça fait partie de notre paysage
audiovisuel, mais, en même temps, c'est un groupe qui ne fait pas d'argent, qui
n'est pas rentable quand vous prenez le groupe en tant que tel. Puis, je veux
dire, ces données-là sont publiques. Bon, ils ont annoncé, cette semaine, que,
pour la première fois, ils ont eu un trimestre où ils ont renoué avec la
rentabilité, ce qui n'était pas arrivé
depuis des années, puis, vous regardez, la ligne a été franchie à peu près, là,
en 2014. À partir de 2014, les diffuseurs se sont mis à faire des
pertes. Ça revient à ce que je disais tantôt. Le modèle d'affaires ne
fonctionne plus dans le nouvel environnement.
Donc, demain matin, et ce n'est pas pour prendre
sa défense, c'est factuel, il pourrait décider, M. Péladeau, de se départir du
Groupe TVA en disant : Ceci n'est plus rentable, je m'en départis. Est-ce
que ce serait souhaitable? C'est une décision qui lui appartient, évidemment.
Mon rôle, ce n'est pas de dire aux diffuseurs : Voici comment vous devriez
changer votre modèle d'affaires, mais c'est de les inciter à le faire en ayant,
de notre côté, du côté gouvernemental, des programmes d'aide qui sont adaptés à
ce nouvel environnement là puis qui dirigent un peu le trafic vers l'innovation
puis vers le changement des modèles d'affaires.
Donc, est-ce que ça m'émeut? Moi, j'ai envie que
TVA continue d'exister, mais, en même temps, ce n'est pas vrai qu'on va faire
un chèque aux diffuseurs. On ne nationalisera pas par la bande des diffuseurs
privés. Ça, c'est impossible.
M. Zanetti : Sur un autre
sujet, bon, en 2015, le projet nationaliste de la Coalition avenir Québec
incluait l'idée de rapatrier les fonds fédéraux en culture et aussi... pas
nécessairement de rapatrier tous les pouvoirs en culture, mais d'assurer
l'autonomie, hein, des pouvoirs en culture au Québec puis une prépondérance des
pouvoirs dans le domaine de la culture. Malheureusement, ce n'est pas arrivé.
Pouvez-vous nous dire quels obstacles se sont trouvés sur votre route pour
aller faire ces rapatriements nationalistes?
M. Lacombe : Le gouvernement du
Canada?
M. Zanetti : Oui.
M. Lacombe : Je dirais que c'est
ça, l'obstacle. Bien, c'est-à-dire, c'est sûr que, dans un domaine comme la
culture, il y a une compétition. C'est-à-dire, Ottawa veut dire qu'ils font
leur part au Québec parce que c'est éminemment émotif, parce que c'est très
identitaire. Vous avez vu, d'ailleurs, qu'ils ont renommé leur ministère du
Patrimoine canadien en le nommant ministère de la Culture et de l'Identité
canadienne. Donc, il y a cette volonté-là de l'État fédéral de dire aux États
fédérés : On fait... on fait ce travail-là nous aussi.
Ce n'est pas comme en économie, par exemple, où,
bon, c'est beaucoup plus fluide, c'est-à-dire, quand on signe la venue d'une
grande entreprise ici, que ça génère des retombées économiques positives, il
n'y a pas de compétition entre Ottawa et Québec. Il y a vraiment un travail...
Dans beaucoup de dossiers, on essaie de travailler conjointement. Je dirais
qu'on arrive à le faire, mais moi, je pense qu'il n'y aura pas de jour où
Ottawa va nous dire tout bonnement : Bien, voici les clés, on vous donne ces
pouvoirs-là.
Moi, je pense qu'il ne faut pas demander la
permission. Moi, je pense qu'on ne doit pas demander la permission puis on doit
poser des gestes unilatéraux dans notre champ de compétence, comme on l'a fait,
par exemple, avec le projet de loi n° 109 pour encadrer les géants
numériques. On se faisait dire : C'est de notre compétence à nous, ça, à
Ottawa, on ne veut pas que vous vous mêliez de ça, si vous vous mêlez de ça,
vous allez compliquer les choses, ça ne vous
appartient pas, ce n'est pas dans votre champ de compétence. Je leur ai
dit : Je suis en désaccord, on va légiférer. On n'a pas eu à demander la
permission. On le fait de façon unilatérale. C'est comme ça.
Puis l'écosystème, j'y reviens encore, il est en
train de changer. Tout se dirige dans le numérique. Donc, l'époque où Ottawa
réglementait le câble, réglementait la radio sur la bande FM, tout ça, là,
c'est en train d'être révolu. On est en train de transformer l'écosystème, et
c'est le moment, en ce moment, pour le Québec, d'occuper sa place, d'occuper
son champ de compétence, de déposer des projets de loi, que ce soit
l'intelligence artificielle, que ce soit l'encadrement des géants, que ce soit,
par exemple, la modernisation du Fonds des médias du Canada. Pourquoi on ne se
doterait pas d'un fonds ici, chez nous, au Québec, qui fonctionnerait d'une
façon différente, adaptée à l'univers numérique? Donc, on n'a pas besoin de
demander la permission.
M. Zanetti : Alors, est-ce que
vous seriez d'accord pour qu'on fasse une loi pour protéger le droit d'auteur
dans la conjoncture de l'intelligence artificielle générative?
M. Lacombe : Je pense qu'on
doit utiliser tous les leviers qu'on a, et, quand on a une chance
raisonnable... Parce qu'évidemment vous savez bien que ce n'est pas moi qui
écris les projets de loi dans mon bureau, le soir, avec un verre de vin rouge.
Je travaille avec... je travaille avec les experts du ministère, d'abord, pour
élaborer ce qu'on veut comme politique publique, ce qu'on veut faire avec le
projet de loi, ensuite avec nos légistes à la Direction des affaires
juridiques, puis, quand c'est plus compliqué, bien, avec les Affaires
constitutionnelles aussi puis avec mon collègue le ministre Jolin-Barrette. Donc,
moi, je pense qu'il faut étirer l'élastique constitutionnel le plus possible
pour occuper notre champ de compétence, puis on est capables de le faire. Donc,
si, dans ce cas-là, on est capables de le faire, faisons-le. Si on est capables
de le faire dans d'autres domaines, faisons-le. Quand on a une chance
raisonnable, quand on se dit : On pense que ça passe le test devant les
tribunaux, faisons-le.
M. Zanetti :
Auriez-vous été plus heureux...
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
M. le...
M. Zanetti : Ah non! C'était
la...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, M. le député de Jean-Lesage. On l'avait calculé, il était dans votre
temps.
M. Zanetti : Ah bon!
La Présidente (Mme Guillemette) :
Mme la députée de Bourassa-Sauvé, c'est à vous.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. M. le ministre, livres à l'école, vous n'avez pas répondu à la
question du collègue. Est-ce que vous avez été consulté ou non sur la décision
de la ministre de l'Éducation?
M. Lacombe : Ma réponse
là-dessus, c'est que, pour moi, ce qui est important, maintenant que la
décision est prise, c'est de m'assurer que les achats de livres vont continuer
de se faire dans les écoles. Donc, vous pouvez compter sur moi et ma collègue,
d'ailleurs, aussi pour veiller là-dessus.
Mme Cadet : Bien, hier, la
ministre de l'Éducation, elle a répondu que vous aviez été consulté. Donc, vous
avez été consulté, oui ou non?
M. Lacombe : Je vais vous dire
que je vais m'assurer qu'on continue d'acheter des livres dans les écoles.
C'est, je pense, mon rôle comme ministre de la Culture, puis je suis certain
que ma collègue est animée de la même passion pour les livres et pour la
jeunesse. Donc, on va faire ça ensemble.
Mme Cadet : Persuadée que vous êtes
un fervent défenseur du milieu du livre, là, M. le ministre. Donc, j'ai
confiance en votre... en votre esprit de chevalier pour notre milieu, mais vous
ne répondez pas à la question. Est-ce que vous avez été consulté?
M. Lacombe : Je
vais vous réitérer la même réponse que je viens de vous faire. Vous savez,
c'est une décision qui relève de la ministre de l'Éducation. À la fin,
c'est une décision gouvernementale. Mon rôle, là-dedans, c'est de m'assurer,
comme la ministre de l'Éducation, donc on va le faire ensemble, que les achats
de livres dans les écoles ne soient pas à la baisse puis que les sommes qu'on
donne aux directions... On leur fait confiance que ces sommes-là continuent de
servir à la question de livres.
Mme Cadet : Bien, en fait, ce
n'est pas exactement ça qu'on a saisi de la part de la ministre de l'Éducation.
Donc, ce qu'elle disait, c'est qu'elle ne voulait pas, en fait, garantir
l'achat de livres, qu'elle laissait ça, donc, à la discrétion du milieu, mais
qu'elle garantissait la lecture, donc, essentiellement, donc, que les jeunes
vont pouvoir lire du Martine, là, ou peut-être qu'on va continuer de
lire, donc, du Aurélie Laflamme, ce qui est extraordinaire. Mais aussi
l'objectif de la politique sur l'achat de livres, bien, c'est qu'ils puissent
avoir, donc, des nouveaux ouvrages, hein, dans les milieux scolaires. Donc, ce
qu'elle disait, c'est : Non, non, on va garantir la lecture parce que
c'est ça qui est important pour l'apprentissage. Bien, ce qu'elle nous a dit, c'est
que vous aviez été consulté, puis on a cru comprendre que vous étiez, donc, en
accord. Je comprends que vous êtes solidaire de la décision gouvernementale,
mais est-ce que vous pouvez nous confirmer, maintenant qu'on sait que vous avez
été consulté, que vous étiez en accord avec sa décision?
• (12 h 20) •
M. Lacombe : C'est une décision
qui relève de la ministre de l'Éducation. C'est sa prérogative. À la fin, c'est
une décision gouvernementale, et je pense que mon rôle, je le réitère, c'est de
m'assurer non pas, ligne par ligne, que les écoles dépensent tel montant ou tel
montant, mais que, globalement, il n'y a pas une chute drastique, par exemple,
dans l'acquisition de livres. Je pense que, ça, on est capable de veiller à ce
que ça n'arrive pas tout en permettant aux écoles, parce que c'était l'objectif
de ma collègue... tout en permettant aux écoles d'avoir plus de latitude dans
leurs règles budgétaires. Donc, c'est la décision qu'elle a prise. C'est sa
prérogative. Puis, à partir de maintenant, elle et moi, de façon solidaire, je
pense que notre rôle, c'est de nous assurer que la lecture puis l'accès aux
livres dans les écoles ne soient pas en baisse.
Mme Cadet : OK, bien, vous
savez, donc, moi, mercredi... mardi, plutôt, donc, j'ai tenu un point presse
avec les gens du milieu du livre, avec l'ensemble de la chaîne du livre, qui se
dit... qui est excessivement inquiète. Je peux entendre la ministre de
l'Éducation qui, sous se chapeau-là, nous dit : OK, mais, pour la réussite
éducative, bien, moi, ce qui est important pour moi, c'est de garantir la
lecture, mais vous, comme ministre de la Culture, vous, vous avez le mandat de
veiller à ce que le milieu du livre continue d'être... d'être prospère.
Puis, on l'a vu l'année dernière, donc, il y a une
baisse de 10 %. Donc, grâce à Gaspard, il y a eu une baisse de
10 %... grâce à Gaspard, on est capable de voir, donc, qu'il y a eu cette
baisse-là au niveau des livres jeunesse vendus aux collectivités. Donc, ça, c'est
l'équivalent de 250 000 livres qui ne se sont pas vendus. On connaît
la loi n° 51. On sait à quel point, donc, c'est
important pour la vitalité du milieu du livre que les ventes aux collectivités
demeurent à un certain niveau, un certain seuil.
Donc là, il n'y a pas de garantie d'achat de
nouveaux livres. Ce que... c'est littéralement ce qu'elle nous a dit :
Bien, écoutez, bien là, peut-être que, dans telle municipalité, les jeunes vont
pouvoir aller à la bibliothèque à côté, il n'y aura pas besoin d'avoir les
livres à l'école, ils vont marcher jusqu'à la bibliothèque qui est en face, il
fait beau, on s'en va là. Donc, vous, est-ce que ce scénario-là, il vous
satisfait?
M. Lacombe : Mme la députée, ce
que... ce que je vous dirais, là, comme ministre... comme ministre de la
Culture et des Communications, comme père de deux enfants qui sont à l'école
primaire, je peux vous assurer que, sous ma
gouverne, je n'accepterais pas qu'il y ait une baisse drastique d'achats de
livres dans nos écoles, certainement pas, puis je suis certain, je suis
persuadé que c'est la même chose pour ma collègue ministre de l'Éducation.
Donc, je pense qu'on peut résumer ça comme ça.
On donne plus de flexibilité au réseau scolaire, aux écoles, mais, si ça devait
se traduire par une baisse marquée, par exemple, de l'achat de livres puis,
ultimement, d'accès à la lecture pour nos jeunes, je pense qu'on aurait de
sérieuses questions à se poser, mais je fais confiance aux directions des
établissements, aux gens qui sont à la tête de notre réseau scolaire. C'est la
même chose évidemment pour ma collègue la ministre de l'Éducation,
Mme LeBel.
Donc, on va être vigilants là-dessus, mais
certainement qu'on ne pourrait pas accepter ça. Comme ministre de l'Éducation,
je ne pourrais pas vous dire que je serais à l'aise avec ça, ni comme père de
deux jeunes enfants qui sont à l'école primaire.
Mme Cadet : Je suis persuadée
que les directions des 72 centres de services scolaires sont de bonne foi.
Je suis persuadée qu'ils ont besoin de cette latitude-là, de façon générale, au
niveau des nouvelles règles budgétaires, mais, maintenant, ces mêmes directions
là, parfois, ils ont des arbitrages difficiles à faire. Vous venez de dire que
vous n'accepteriez pas une baisse drastique. Ça veut dire quoi, pour vous, une
baisse drastique?
M. Lacombe : Bien, je pense que je ne me lancerai pas
là-dedans, mais vous comprenez ce que je veux dire, là.
Mme Cadet : Bien, l'année
passée, il y a eu une baisse de 10 %. Est-ce que c'est une baisse
drastique pour vous ou pas?
M. Lacombe : Moi, je pense que
plus il y aura de livres dans les écoles, mieux la nation va se porter puis
plus beau sera l'avenir du Québec.
Mme Cadet : C'est poétique.
M. Lacombe : Bien, c'est la
vérité. Donc, je pense qu'il faut tendre... il faut tendre vers ça. Maintenant,
il y a une décision qui a... qui a été prise. C'est une décision
gouvernementale, puis je pense que, là, pour la suite, il faut s'assurer...
Maintenant qu'on leur a donné cette flexibilité au réseau scolaire, il faut
s'assurer que ça ne se traduise pas par des conséquences malheureuses sur
l'accès à la lecture. Ce n'est pas du tout, évidemment, l'intention gouvernementale,
puis j'ai assez confiance aux gens sur le terrain pour croire qu'ils vont
continuer de prioriser l'achat de livres, même chose pour les sorties
culturelles aussi, d'ailleurs. Donc, je pense que, si ce n'était pas le cas,
bien...
Mme Cadet : ...même enveloppe, d'ailleurs, donc, livres,
sorties culturelles, sports, loisirs, projets particuliers, c'est large.
M. Lacombe : C'est sûr que
c'est plus large. C'était l'objectif de ma collègue, de simplifier
l'administration de tout ça. C'était réclamé par le milieu de l'éducation.
Donc, je comprends la décision qui a... qui a été prise par ma collègue, mais
elle a la même préoccupation que moi, c'est-à-dire de s'assurer qu'il n'y a pas
non plus de baisse.
Mme Cadet : J'ai mentionné
Gaspard. C'est l'outil qui nous a permis de savoir qu'il y avait eu une baisse
significative, une baisse marquée des ventes des livres jeunesse aux
collectivités l'année passée, mais, justement, donc, Gaspard est... donc, il y a des modifications qui sont réclamées,
donc, encore une fois, donc, par le milieu du livre.
Je vous avais posé une question en Chambre en
décembre dernier. Je sais que vous venez d'avoir un peu l'échange avec mon
collègue ici, mais, en décembre, là, je vous demandais, bien, d'une part, quand
est-ce que... bien, en fait... le règlement, donc, devrait être mis à jour sous
peu, parce que c'est ce que vous aviez laissé entendre au milieu du livre,
peut-être une première question là-dessus parce que je ne suis pas certaine
d'avoir bien saisi ça dans votre échange avec le collègue. Est-ce que la
modification du règlement s'en vient rapidement ou pas?
M. Lacombe :
Bien, en fait, le projet de règlement, il est prêt. La décision, à savoir
si on va en prépublication ou pas n'est pas encore prise. C'est-à-dire, est-ce
qu'on le dépose ou pas? La décision, elle n'est pas encore prise. Nous, on est
prêts, mais, en même temps, j'entends qu'il y a des inquiétudes de certains
acteurs dans le milieu. Puis évidemment l'objectif, là, ce n'est pas d'arriver
avec quelque chose qui ne fera pas... qui ne fera pas consensus. Est-ce que ça fera l'unanimité? C'est
difficile, l'unanimité, mais, à tout le moins, consensus, c'est ce qu'on
vise. Donc, on va prendre le temps de bien faire les choses. Ça fait
14 ans. Donc, je me dis qu'on n'est peut-être pas à quelques semaines près
de s'assurer que ce soit bien reçu.
Mme Cadet : Non, effectivement,
tu sais, je n'ai pas l'impression que le milieu se dit qu'on est à quelques
semaines près, puis qu'ils ont... ils ont besoin d'avoir le nouveau règlement
en prépublication demain matin, mais il y avait certaines revendications qui
étaient... qui étaient mises de l'avant, puis, si vous prenez plus de temps,
justement, pour répondre... répondre à ces revendications-là, je pense que ça
va être apprécié de la part du milieu du livre. Donc, est-ce que vous êtes en
train de nous dire que, là, vous êtes en hésitation parce que, là, vous
regardez pour qu'un acteur bien présent dans le milieu du livre puisse aussi
dévoiler ses données sur la plateforme Gaspard? C'est pour ça que ça prend plus
de temps?
M. Lacombe : C'est
comme Voldemort, on dirait que vous ne voulez pas le nommer, Renaud-Bray,
Renaud-Bray, qui est un partenaire important, parce que, grosso modo, la
vente de livres au Québec, de mémoire, c'est 50 % à peu près chez
Renaud-Bray, 50 % dans nos librairies indépendantes. Donc, les deux sont
importants. Nos librairies indépendantes, souvent, sont dans les plus petites
communautés. Elles ont une expertise extraordinaire, sont menées par des gens
qui ont ça à coeur, même chose...
Mme Cadet : ...aux
collectivités aussi, oui.
M. Lacombe : Pardon?
Mme Cadet : Ils vendent
beaucoup aux collectivités aussi, dont les écoles, mais on continue, oui.
M. Lacombe : Oui, exactement,
donc, pour les sources d'approvisionnement, donc les trois sources, par
exemple, où les institutions doivent s'approvisionner, mais, en même temps,
Renaud-Bray, c'est une grande entreprise culturelle qui est présente souvent
dans les plus grands centres puis qui fait rayonner le livre, notamment le
livre québécois.
Mme Cadet : Donc, M. le
ministre, parce que, là, je vous entends depuis tantôt, évidemment, on a le
même constat sur le rayonnement de Renaud-Bray, mais est-ce que vous êtes en
train de nous dire que vous êtes en communication avec Renaud-Bray pour qu'ils
puissent dévoiler leurs données sur la plateforme Gaspard comme le fait
50 % du marché?
M. Lacombe : C'est une
discussion qu'on a eue avec à la fois les librairies indépendantes et
Renaud-Bray, la question du partage de données, parce qu'évidemment ça,
c'est... Effectivement, en fait, c'est une demande des librairies indépendantes
que Renaud-Bray partage ses données de vente, bien, en fait, plus largement ses
données, et, de l'autre côté, Renaud-Bray aussi a des demandes.
C'est-à-dire, ils souhaitent que, par exemple,
l'approvisionnement... quand on parle de trois sources pour nos institutions,
que ce soit fait de façon plus équitable, parce qu'en ce moment on peut avoir
trois sources, par exemple, puis dire : Bien, j'achète 80 % dans
un... chez un des libraires, 15 % chez l'autre, puis 5 % seulement
chez l'autre, et eux nous disent qu'ils sont désavantagés par ça. Donc, ils
veulent qu'on agisse.
Donc, des deux côtés, il y a des demandes, et là
le jeu d'équilibriste, c'est d'arriver avec le règlement qui va faire
consensus, où on ne répondra pas à toutes les demandes des librairies
indépendantes, où on ne répondra pas à toutes les demandes de Renaud-Bray, mais
où on arrivera avec le meilleur résultat.
Mme Cadet : ...pour parler des
librairies indépendantes, là, pas nécessairement toutes les demandes, là, mais,
celle-là, est-ce que vous êtes prêt à répondre à cette demande précise là des
librairies indépendantes?
M. Lacombe : Quand
on déposera le règlement, si on le
dépose, les gens pourront... pourront
voir ce qu'il y a à l'intérieur, puis je dirais même qu'ils vont pouvoir
le commenter, parce que c'est pour ça qu'on... qu'on... évidemment que... qu'il
y a une prépublication, mais là la décision n'est pas prise.
Mme Cadet : Mais je vous
entends... Est-ce que... la décision n'est pas prise, mais il y a une...
M. Lacombe : À savoir si on
dépose.
Mme Cadet : OK, mais là est-ce
que la décision... Je comprends que la décision n'est pas prise de savoir si
vous déposez, mais je comprends que la décision n'est pas prise non plus à savoir
si Renaud-Bray devra publier ses données sur la plateforme Gaspard.
M. Lacombe : Bien, le
règlement, il est écrit, là. Le règlement, il est écrit, mais là on a
entendu...
Mme Cadet :
...actuel du règlement qu'est le...
M. Lacombe : Bien,
je ne vous le dirai pas. On va... on va déposer quand on sera prêts à déposer,
puis, à ce moment-là, on pourra avoir la discussion, puis les gens vont pouvoir
commenter, les gens vont pouvoir faire leurs suggestions, vont pouvoir nous dire...
puis, à la fin, on pourra... si on dépose, puis que les gens nous font des
recommandations, on pourra faire des modifications, ultimement, mais là la
décision, à savoir si on va de l'avant ou pas, elle n'est pas prise parce que,
visiblement, il y a encore des gens qui ont des inquiétudes, puis je n'ai pas
envie et je ne pense pas que ce serait bien d'aller de l'avant avec quelque
chose qui ne ferait pas consensus. Donc, on va... on va regarder ça rapidement.
J'ai pris acte de ça, là, dans les derniers jours, puis on va prendre notre
décision ensuite. Je prendrai ma décision ensuite.
• (12 h 30) •
Mme Cadet : Parfait. PAFOFA,
Programme d'aide au fonctionnement des organismes de formation en art, est-ce
que le programme, il est indexé?
M. Lacombe : Pardon?
Mme Cadet : Est-ce que le
programme est indexé?
M. Lacombe : Indexé?
Mme Cadet : Oui, est-ce que les
sommes qui sont attribuées à ce programme-là ont été indexées?
M. Lacombe : Bien, on n'a aucun
programme... on n'a aucun programme qui... qui est indexé. En fait, je ne pense
même pas que... avoir vu un programme gouvernemental indexé. Les indexations,
dans nos programmes, on n'a pas ça. On a souvent des ententes, là, dans
certains programmes. Prenez les musées, par exemple, ou les ententes qu'on fait
avec le CALQ, les organismes culturels, quand on est en demande budgétaire, on
augmente nos demandes souvent pour être capable de couvrir l'inflation, mais il
n'y a pas... il n'y a pas d'indexation en tant que telle.
Mme Cadet : OK, et c'est quand,
la dernière fois que le programme a été augmenté, alors?
M. Lacombe : La dernière fois
que le programme a été augmenté?
Mme Cadet : Oui, puisqu'il n'y
a pas de... évidemment, donc, vous venez de dire, donc, qu'il n'y a pas
d'indexation, donc, c'est quand, la dernière fois qu'il y a eu une augmentation
de budget pour ce programme-là?
M. Lacombe : Bonne question.
OK. Donc, la triennale... Je vous disais qu'on fonctionne souvent par ententes,
donc, triennales. Dans ce cas-ci, 2019-2022, on était à
40,6 millions de dollars pour l'enveloppe totale, et, si vous prenez la triennale 2022-2025, donc celle
qui a suivi, on est à 47,5 millions de dollars. Donc, il y a eu une
augmentation de 17 % entre les
deux triennales, ce qui... Bon, il faudrait voir quelle a été l'inflation entre
2019 et 2025, mais ça me semble quand même suivre...
Mme Cadet : Parce que vous
comprenez que, parmi ceux qui reçoivent l'enveloppe du PAFOFA, bien, on a les
écoles supérieures en art. Ces écoles-là, donc, sont en concurrence avec, bien,
par exemple, donc, ici, au Québec, le Conservatoire de musique et d'art
dramatique du Québec, mais ils sont aussi en concurrence avec plusieurs, donc,
écoles de leur propre discipline partout au Canada, puis, de ce qu'on comprend,
donc, de leur grande préoccupation, c'est
qu'ils se disent : Bien, nous, on a un peu l'impression d'être les grands
oubliés puis qu'avec cette concurrence-là, bien, c'est un... c'est un
peu difficile de se démarquer. On arrive quand même à tirer notre épingle du
jeu, donc, au niveau supérieur, hein, parce que, bon, il y a de la formation,
donc, parfois, plutôt générale où, donc, il y a des gens qui vont suivre leur
cursus, mais, quand ils arrivent au niveau supérieur, bien, ils disent :
On tire notre épingle du jeu, on arrive à former des jeunes qui sont sur les
plus belles planches au monde, mais on le fait à coût excessivement réduit,
surtout quand ils se comparent au conservatoire ou avec d'autres... d'autres
institutions du genre. Qu'est-ce que vous pensez de leurs préoccupations?
M. Lacombe : Bien,
ce sont des préoccupations légitimes. Je dis souvent : On pourrait
tripler, quadrupler le budget du
ministère de la Culture et des Communications puis on n'aurait pas trop
d'argent parce qu'on peut toujours en faire plus.
Mme Cadet : ...par exemple, au
conservatoire, un professeur va gagner en moyenne 55 000 $ par année,
alors que, pour les autres écoles
supérieures d'art, bien, les professeurs, donc, ont une rémunération moyenne de
17 310 $, est-ce que vous trouvez ça normal?
M. Lacombe : Bien, c'est une
préoccupation qui est... qui est légitime, puis je dirais que c'est une
préoccupation qui est partagée par mon collègue aussi, député de Côte-du-Sud,
qui est mon adjoint gouvernemental, qui s'est notamment penché sur cette question-là.
Donc, M. le député, j'aurais aimé ça que vous puissiez répondre à la question,
mais...
Mme Cadet : ...
M. Lacombe : Oui,
c'est ça, mais je comprends ces revendications-là, qui sont légitimes. On a vu
l'augmentation, quand même, de budget. Donc, je pense que les gens voient qu'il
y a une volonté, mais je pense qu'effectivement il y a des questions à se poser
sur l'avenir du programme, qu'est-ce qu'on peut faire différemment. Donc, je
pourrais vous dire qu'on n'a pas l'intention de faire de changement, mais, en
fait, ce que je vous dis précisément, c'est que mon collègue le député de
Côte-du-Sud m'en a parlé abondamment. Je sais que ça lui tient à coeur. Le
milieu nous en a parlé, puis on pense qu'effectivement on devrait faire des modifications,
mais là on n'est pas... on n'est pas à l'étape où on est prêts à faire ça.
Mme Cadet : Non, c'est ça, parce
que, là, je pense que, dans le budget, il y avait comme une ligne budgétaire
qui parlait d'un financement, mais, en bout de ligne, donc, le milieu s'est
fait dire : Non, non, ça, c'était une erreur, c'était déjà dans le budget
qui était... qui leur était alloué précédemment. C'est-tu... C'était-tu une
erreur? C'était quoi, ça?
M. Lacombe : Non, ce n'était
pas une erreur, c'est qu'il nous manquait... Vous savez, parfois, en temps
budgétaires difficiles, il faut être créatif. Donc, plutôt que de faire des
compressions, par exemple, dans l'enveloppe, on a décidé d'aller de l'avant
avec seulement deux années de financement confirmées, qu'on est venu compléter
par une troisième année. Là, on parle d'un 2,8 millions de dollars?
Mme Cadet : Oui, c'est ça,
exactement.
M. Lacombe : Oui? Donc, c'est
la somme qui a servi à boucler la troisième année de financement.
Mme Cadet : Je comprends. Il
reste peu de temps. Programme d'Aide aux immobilisations. Dans le cahier de réponses, on voit que le montant s'élève
seulement, donc, à près de 7 millions cette année, comparativement à
53 millions l'année passée. Comment vous expliquez ça?
M. Lacombe : Bien, j'explique
ça par le fait que le... on a moins d'argent que l'année dernière. C'est
littéralement tel quel. C'est sûr qu'on a... on a eu beaucoup moins de sommes,
ce qui a fait en sorte... Puis je pense que ça a une valeur, quand même, là,
qu'on se concentre sur le maintien, c'est-à-dire ce qu'on appelle dans le
jargon le P1, priorité 1, donc le maintien de nos infrastructures...
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Merci, M. le ministre.
Mme Cadet : Merci beaucoup.
M. Lacombe : Oui. Donc...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Prochain bloc, Mme la députée, peut-être. Donc, je cède la parole à la députée
de Terrebonne. Mme la députée.
Mme Gentilcore : Merci, Mme la
Présidente. M. le ministre. Merci à tous d'être ici aujourd'hui. Toujours un
plaisir de se retrouver.
L'ensemble de votre mandat a été rythmé par vos
échanges avec le milieu de l'audiovisuel, qui, je pense, tout comme nous,
attend avec impatience votre stratégie. On en a beaucoup parlé l'automne
dernier alors que vous avez déposé le rapport du GTAAQ. On peut penser,
d'ailleurs, que, n'eût été des bouleversements internes à la CAQ, peut-être
qu'on aurait déjà cette stratégie-là en main. Je laisse le soin aux gens à la
maison de... d'en décider ou de l'apprécier.
Vous nous avez dit que la stratégie allait être
présentée d'ici le 24 juin. Est-ce que ça va être présenté avant la fin
des travaux parlementaires? Est-ce qu'on va avoir l'occasion d'en discuter?
Est-ce qu'on va avoir l'occasion de pouvoir en parler avant de quitter pour la
campagne électorale?
M. Lacombe : Bien, avant la
campagne électorale, bien sûr, parce que Mme la première ministre a indiqué que ce serait avant la fête nationale, le
24 juin. Donc, c'est mon anniversaire le 23 juin. Ce sera un beau
cadeau de fête.
Mme Gentilcore : Non, mais ce
que je veux dire, c'est qu'on arrête de siéger quelque part à la mi-juin. On
aimerait ça pouvoir prendre état de ce... de votre plan avant ça. C'est quand
même quatre années de travail pour vous. Ça a été au centre de vos actions. Ça
fait longtemps qu'on attend ça. Il y a eu plusieurs étapes, plusieurs
consultations, un rapport qui a été déposé, et là on attend, quand même, cette
stratégie-là depuis longtemps. Donc, moi, ce que je veux savoir, c'est :
Est-ce qu'on va avoir le temps, cette législature-ci, d'en discuter avant de
repartir dans nos circonscriptions?
M. Lacombe : Bien, c'est une
bonne... c'est une bonne question, à laquelle je ne peux pas... je ne peux pas
répondre. On a donné l'horizon de temps, fête nationale du Québec, donc 23 ou
24 juin. Mais, bon, d'ici là, la date, elle n'est pas arrêtée encore.
Mme Gentilcore :
Mais la stratégie est prête, elle est écrite, vous l'avez vue?
M. Lacombe :
Bien oui, bien sûr.
Mme Gentilcore :
OK.
M. Lacombe :
Je l'ai vue, je l'ai lue, je...
Mme Gentilcore :
Non, mais, tout à l'heure... Non, mais c'est intéressant, parce que, tout à
l'heure, vous avez fait...
M. Lacombe :
Je l'ai commentée dans le suivi des modifications de Word. Je ne sais pas
si vous utilisez ça, mais moi, je suis très mauvais avec ça.
Mme Gentilcore :
Vous avez fait un vibrant plaidoyer, tout à l'heure, nous disant qu'il ne
fallait pas attendre l'aval du fédéral pour agir puis qu'on avait des
mécanismes pour agir, et vous avez évoqué le fonds québécois des médias. Est-ce
que c'est ça, le plan que vous allez nous présenter, votre stratégie, de fonder
un fonds québécois des médias?
M. Lacombe :
Non, non, ce n'est pas ce que... ce que je vais proposer, mais je pense
qu'on devrait se poser la question. Moi, je me pose la question en ce moment.
Vous savez, le Fonds des médias du Canada
fonctionne de la façon suivante : les câblodistributeurs mettent 5 % de
leurs revenus dans le fonds pour financer la création québécoise et, bien
évidemment, canadienne, canadienne et québécoise. Mais, évidemment, les revenus
sont en décroissance parce que les abonnements au câble sont en décroissance.
Donc, le gouvernement fédéral, ponctuellement, doit rajouter de l'argent.
C'est un modèle qui
est dépassé, le Fonds des médias du Canada. Donc, dans un contexte où ce
modèle-là est dépassé, pourquoi le Québec ne se doterait pas de son propre
outil puis ne laisserait pas le gouvernement du Canada se doter du sien? Moi,
je pense que, quand on parle de souveraineté culturelle au Québec, ça, c'est un
bon exemple.
Mme Gentilcore :
Mais, si c'est le meilleur plan, selon vous, pourquoi ce n'est pas ça qui
se retrouverait dans votre stratégie?
M. Lacombe :
Bien, c'est-à-dire, c'est un outil. Un fonds comme ça, ce serait un outil.
Moi, je pense que le prochain ministre de la Culture, quel qu'il soit, peu
importe le parti d'où il viendra, devra se poser cette question-là. Mais ça ne devient pas une stratégie, un fonds
québécois des médias, ça devient plutôt un outil pour financer une stratégie
québécoise de l'audiovisuel. Donc, je pense que, comme outil, il faut... il
faut l'envisager.
• (12 h 40) •
Mme Gentilcore :
Vous avez évoqué aussi la loi n° 109, évidemment, qu'on a adoptée, là,
il y a plusieurs mois de ça maintenant. Plusieurs des acteurs qui sont ciblés
par cette loi-là, donc, qu'on veut réglementer, que je pense à Netflix, par
exemple, Amazon, les... plusieurs géants, ne se sont pas présentés en
commission parlementaire, ne sont pas venus débattre démocratiquement ou
exposer leurs points de vue.
Depuis l'adoption du
projet... de la loi, on n'a pas entendu grand-chose là-dessus. On a beaucoup
entendu parler du GTAAQ puis de l'audiovisuel, mais très peu des suites de
ce... de cette loi-là. Qu'en est-il, Lucille? J'imagine que vous avez des
discussions avec ces géants-là. J'imagine qu'il y a des... certaines portes qui
s'ouvrent, peut-être, ou pas. Est-ce qu'il y a des portes ouvertes de leur part?
Est-ce qu'il y a des négociations qui sont en cours? Est-ce que ça a avancé?
Parce que, là, la loi est là, elle a été votée, j'en conviens, mais elle n'est
pas opérationnelle. Quand est-ce qu'elle sera opérationnelle? Puis quand est-ce
qu'on va avoir une idée de... des règlements mis en place autour de ça?
M. Lacombe :
Bien, vous avez raison que, pour que la loi prenne effet, il faut adopter
les règlements. Donc, la première étape, ça a été de se doter de la loi.
C'était la première fois qu'on légiférait en cette matière-là, donc ça nous a
pris un certain temps. J'ai envie de dire qu'on a été très rapides quand on se
compare au gouvernement canadien, qui a pris à peu près une décennie pour être
capable d'y arriver.
Maintenant, là, les
règlements, on est en train d'y travailler. Le premier règlement... Est-ce que
je peux le dire publiquement? C'est le règlement... bien, en fait, ce n'est pas
très... ce n'est pas très sexy, mais c'est... c'est le règlement sur l'enregistrement des entreprises, donc, parce
qu'évidemment les entreprises doivent s'enregistrer, et tout ça, c'est très technique. On est en train de
travailler sur celui-là, mais plus largement aussi sur les autres qui vont être édictés au
fur et à mesure qu'ils vont... qu'ils vont être prêts. C'est la discussion
qu'on avait eue dans le cadre de l'étude du projet de loi. Donc, ça, c'est... c'est en train d'être
fait. Et, à ceux qui trouvent ça long, je réitère que — comparons-nous
à Ottawa — je
trouve qu'on est rapides.
Mme Gentilcore :
Est-ce qu'on a un horizon, quand même?
M. Lacombe : Bien,
le premier règlement, ce ne sera pas pendant mon mandat, ça va être au début
d'un prochain mandat, sous le prochain gouvernement, mais nos...
Mme Gentilcore :
...québécois, finalement...
M. Lacombe : Bien,
c'est-à-dire, le fonds des médias québécois, moi, je pense que c'est quelque
chose que le prochain ministre de la Culture doit travailler puis devrait
mettre de l'avant. Je trouve que ce serait un geste éminemment structurant, où
nous n'avons pas besoin de demander la permission à Ottawa. On n'a pas besoin
de demander la permission, on n'a pas besoin de négocier, on va de l'avant de
façon unilatérale. Moi, je pense qu'il faut le faire. Il faut arrêter de
négocier sur des éléments où on a la légitimité d'agir.
Dans le cadre du projet de loi, le règlement, je
ne dirais pas que c'est la même chose que le fonds des médias, c'est-à-dire, là
le travail, il est bien enclenché, là c'est du travail administratif qui se
fait. Puis on n'est pas en train de négocier avec les plateformes. La loi, elle
est adoptée, il n'y a pas de négociation. Les gens vont être soumis... Les
entreprises vont être soumises à la loi, puis après on pourra négocier des
ententes avec elles, des... dans le cadre des mesures de substitution, mais il
n'y a pas de négociation. La loi, c'est la loi.
Mme Gentilcore : Parlons-en,
d'Ottawa, un petit peu. Vous savez, c'est un sujet que j'aime. Mark Carney s'est présenté comme le défenseur de l'identité canadienne unique, avec son
nouveau ministère, vous l'avez dit tout à l'heure, le ministère de l'Identité canadienne. Ça pose
évidemment plusieurs questions, la première : le mandat de Radio-Canada, qui est en train d'être redéfini. Vous aviez annoncé que vous aviez des
exigences par rapport à ça, par rapport au mandat de Radio-Canada. Vous
vouliez, entre autres, voir inscrite dans la charte de Radio-Canada la
spécificité du Québec. Est-ce que vous avez
eu cette discussion-là avec votre homologue fédéral, M. Miller? Et, si
oui, comment ça s'est passé?
M. Lacombe : Bien, ça s'est
passé.
Mme Gentilcore : Mais encore?
M. Lacombe : Bien,
c'est-à-dire, il n'y a aucun appétit de leur côté pour faire ces
modifications-là. Ça, c'est un élément sur lequel nous, on ne peut pas agir de
façon unilatérale, parce que c'est une institution canadienne, qui relève,
donc, du gouvernement du Canada, c'est une société d'État. Mais, en même temps,
je réponds aussi à mon homologue fédéral puis au gouvernement canadien que, si
on a été capables de s'entendre pour qu'il y ait des juges québécois à la Cour
suprême, on devrait être capables de s'entendre pour qu'il y ait des
administrateurs québécois nommés sur recommandation du gouvernement du Québec
au CA de Radio-Canada. Mais, bon, c'est une décision qui appartient au fédéral.
Nous, on leur a... on leur a dit ce qu'on... ce qu'on souhaiterait voir.
Mme Gentilcore : Mais c'est une
fin de non-recevoir, la porte est fermée, rien à faire?
M.
Lacombe : Ça me donne plus de temps pour me concentrer sur
l'avenir de notre diffuseur public à Télé-Québec.
Mme Gentilcore : Autre point
avec nos amis du fédéral, dans la foulée des difficultés de TVA, là, on en
parle beaucoup depuis... depuis que je suis là, en fait, depuis que je suis en
poste. Vous avez dit cette semaine que vous étiez prêt à retirer Télé-Québec du
marché publicitaire. Vous avez...
M. Lacombe : ...
Mme Gentilcore : ...oui, que,
bien... Bien, envisager, être prêt... Vous avez discuté de cette éventualité-là
et vous avez aussi demandé à Radio-Canada, le cas échéant, de faire la même
chose. Ça fait des mois que je demande ça de mon côté. J'ai, d'ailleurs,
republié votre message et j'abonde dans votre sens. Mais, très rapidement, ce
qu'on a vu ensuite, c'est que le gouvernement fédéral a fermé la porte à l'idée
de sortir Radio-Canada du marché publicitaire. Comment va votre relation avec
le fédéral?
M. Lacombe : Bien,
moi, on m'a questionné là-dessus, c'est-à-dire, je n'ai pas fait de sortie
publique, je n'ai pas émis un
communiqué, je n'ai pas formulé une exigence ni une recommandation. On m'a
dit : Est-ce que... On m'a demandé si, à mon avis, Radio-Canada
devrait se retirer du marché publicitaire, j'ai répondu ce que je pense
profondément, c'est-à-dire oui, parce que
nos médias privés vivent des moments difficiles, puis je pense que plus on
sépare l'assiette publicitaire, bien, moins ça en laisse pour nos médias
privés.
Maintenant, s'ils décident de ne pas le faire,
ce qui, vraisemblablement, est en train d'arriver, si je me fie à la réponse de
mon homologue, ça leur appartient. Moi, ce n'est pas une exigence que je
formule, ça leur appartient comme décision.
Mme Gentilcore : Donc,
pas de gain là non plus. Sinon, mon collègue parlait tout à l'heure des
rapatriements des pouvoirs, des budgets fédéraux. Juste pour savoir, par
acquit de conscience, c'est quand, la dernière fois que vous avez tenté de
rapatrier les budgets en culture, les pouvoirs qui nous appartiennent, au
Québec?
M. Lacombe : Ce n'est pas le style
de la maison, c'est-à-dire, je ne cognerai pas...
Mme Gentilcore : ...de votre
parti, vous voulez dire?
M. Lacombe :
Bien, en fait, moi, ce n'est pas la façon dont je me gouverne. Ce n'est pas
vrai que, comme ministre de la Culture et des Communications du gouvernement du
Québec, comme représentant du gouvernement des Québécois, je vais aller
supplier le gouvernement fédéral de nous faire des concessions alors qu'ils ne
veulent pas... ils ne veulent pas en faire en matière de culture.
La solution, c'est de poser des gestes de façon
unilatérale. Je vous parlais tantôt, par exemple, d'un fonds québécois des
médias. Il y a une fenêtre d'opportunité là, on peut le faire. Ça demande du
travail. Moi, je pense que le prochain ministre de la Culture devrait faire ça.
Puis quel serait le résultat, quel serait le résultat à la fin? Le résultat, ce
serait que l'argent serait ici, l'argent ne serait pas à Ottawa. Donc, c'est
une façon, ça, de rapatrier les sommes qui
sont investies en culture au Québec sans avoir à négocier, sans avoir à
demander la permission à un autre gouvernement, qui n'est pas notre
gouvernement national.
Mme Gentilcore : Je comprends
ça, mais vous dites que ce n'est pas le style de la maison, mais c'était
pourtant dans la longue liste de ce que la CAQ avait comme désirs de
rapatriement de la part du fédéral. C'était... C'était en tête de liste, là,
rapatrier les pouvoirs en culture. Vous dites que ce n'est pas dans la... dans
le style de la maison. Donc, c'est quoi, le style de la maison? Là, vous êtes
en train de me dire que vous...
M. Lacombe : Bien, rapatrier
puis négocier pour rapatrier, c'est deux choses.
Mme Gentilcore : Non, mais vous
voulez de nouveaux mécanismes pour essayer d'aller chercher de l'argent, je
comprends ça, mais rapatrier les pouvoirs en culture, c'est quand même bien
quasiment 1 milliard de dollars par année qu'on... auquel on n'a pas accès
puis qu'on pourrait dépenser selon nos priorités culturelles et linguistiques,
là.
M. Lacombe : Bien, je dirais
d'abord qu'Ottawa investit... puis là je n'ai pas les chiffres exacts d'Ottawa,
mais investit probablement de moins en moins, là, quand on regarde sur la
dernière décennie, quand on ajuste tout ça à l'inflation. Donc, ça, c'est...
c'est préoccupant.
Mais, de toute façon, je fais une nuance, là,
dans ce que vous venez de dire. Négocier le rapatriement de pouvoirs, ça, c'est
une chose. Rapatrier les pouvoirs, ça, c'est une autre chose. Moi, je ne pense
pas qu'on doive négocier. Je ne pense pas qu'on doive négocier parce que le
gouvernement fédéral ne veut rien savoir puis je pense qu'on doit poser des
gestes unilatéraux pour rapatrier, non pas négocier pour rapatrier, mais pour
rapatrier. Projet de loi n° 109, c'est un bon exemple...
Mme Gentilcore : C'est
ça. Donc, c'est l'échec de la troisième voie dans sa... toute sa splendeur.
C'est parfait.
M. Lacombe : Bien, est-ce qu'on
considère que PL n° 109, c'est un échec?
Mme Gentilcore : Bien, à vous
de me dire. Je veux dire, pour l'instant, il n'y a rien qui... on n'a pas
les... on n'a pas les éléments, il n'y a rien qui a été...
M. Lacombe : Bien, on a
légiféré.
Mme Gentilcore : Vous avez
légiféré, mais il n'y a rien qui se passe en ce moment. Puis, les géants, à ce
qu'on sache, on n'a pas de nouvelles d'eux.
M. Lacombe : Mais là on parle
de... on parle de champ de compétence sur le fond. Quand on parle de rapatrier
des compétences, rapatrier des leviers, bien, ça, c'est un bon exemple. Puis
là, après, évidemment, bon, on légifère, puis la loi prend un certain temps
avant de produire ses effets. Mais, sur le fait d'avoir plus de pouvoirs, qui
étaient auparavant exercés par Ottawa, bien, le projet de loi n° 109,
c'est un bon exemple.
Mme Gentilcore : Le
1er mars, vous avez dit à l'émission Tout peut arriver que ce qui
est une menace à notre culture, la vraie menace à notre culture, ce sont les
GAFAM. Et, pour autant, votre gouvernement a dépensé 20 millions de dollars en publicité dans les GAFAM dans les cinq
dernières années. Est-ce que c'est cohérent, selon vous?
M. Lacombe : Bien, je pense que
ce qui est... ce qui est cohérent, c'est la proportion. C'est-à-dire, quand on
investit 85 % de nos dépenses publicitaires... quand on fait 85 % de
nos dépenses... Bon, on me dit 83 %, pour être plus exact. Ma mémoire
n'était quand même pas très loin de la réalité. 83 %, je trouve que ça
témoigne de notre engagement envers les médias québécois. Après, il faut aussi
investir sur les plateformes parce qu'il faut rejoindre... quand on fait une
campagne contre l'alcool au volant, quand on fait une campagne contre la
violence conjugale, il faut aussi rejoindre les gens qui ne sont pas... qui ne
sont pas exposés aux médias traditionnels. Donc, il faut aussi aller sur les
plateformes.
Mme Gentilcore :
Je vais quand même revenir sur la saga sorties scolaires
et livres dans nos écoles, parce que je pense que c'est important d'en
discuter. En fait, ce que la ministre de l'Éducation a dit hier en crédits,
c'est qu'avant de couper dans les sorties culturelles scolaires vous avez été
consulté, on vous a demandé un avis. Alors, moi, je veux
savoir. Est-ce que c'était un avis écrit? Y a-tu des traces de ça? Si je hacke
votre ordinateur, est-ce que je vais trouver l'information?
• (12 h 50) •
M. Lacombe : Bien, d'abord, je
dois vous dire que je ne suis pas juriste, mais je vous déconseille de pirater
un ordinateur gouvernemental. Je pense que ça pourrait mal virer.
Mme Gentilcore : Je ne saurais
pas comment faire, pauvre de moi!
M. Lacombe : Vous allez avoir
le MCN sur le dos.
Mme Gentilcore : C'est déjà le
cas.
M. Lacombe : C'est déjà... Puis
l'autre élément qui me fait tiquer dans votre... dans votre question, c'est que
vous dites qu'on a coupé. Il n'y a pas eu de compressions. Ça, c'est important
de le dire. C'est-à-dire, on n'a pas diminué de budgets. Les budgets sont là, les
budgets sont au rendez-vous. Les dépenses vont pouvoir être au même niveau.
Donc, il n'y a pas eu de coupes dans les budgets.
Mme Gentilcore : Non,
mais avant de... avant de procéder à la fusion des enveloppes, là. Donc, est-ce
qu'il y a un avis écrit? Est-ce qu'on peut y avoir accès? Qu'est-ce que
vous avez dit?
M. Lacombe : Je vais m'en tenir
à ma réponse précédente. L'important, pour moi, là, c'est qu'on s'assure que,
maintenant que cette décision-là est prise... qu'il n'y ait pas de conséquence
dommageable pour l'accès aux enfants à la lecture, aux livres. Puis je pense
que les directions d'école... ma collègue, en premier lieu, puis les directions
d'école ont aussi cet objectif-là.
Mme Gentilcore : Mais il y a... il y
a les sorties scolaires aussi. Moi, j'ai rencontré aussi plusieurs diffuseurs.
Vous qui êtes tout le temps partout et de toutes les premières, vous avez bien
dû en croiser plusieurs qui ont dû vous dire leur inquiétude. Parce que, moi,
ce qu'on m'a dit, c'est : Ça représente tant de pour cent de mon budget,
les sorties scolaires, quand les jeunes viennent chez nous, puis là c'est très
incertain à savoir s'ils vont revenir. Là, on
a annoncé qu'on remettait les sous, puis tout ça, puis... mais là on se rend
compte que ce n'est pas une enveloppe, ce n'est plus une enveloppe qui
est dédiée, comme on l'a dit avec mes collègues plus tôt. Maintenant, c'est
laissé au jugement, finalement, des centres de services scolaires et des
écoles.
Qu'est-ce que vous dites à ces diffuseurs-là
pour les rassurer? Parce qu'en région c'est un... c'est un vrai enjeu, là.
C'est une bonne portion de leurs revenus. Ils doivent être inquiets. Qu'est-ce
que vous leur dites pour les rassurer par rapport à ça?
M. Lacombe : Bien, d'abord,
l'objectif d'avoir deux sorties scolaires, c'est un objectif qui, pour moi, est
essentiel, donc je pense qu'il faut le réitérer, deux sorties scolaires pour
lesquelles les établissements scolaires vont avoir... deux sorties culturelles,
pardon, pour lesquelles les établissements scolaires vont avoir le budget,
parce qu'il n'y a pas eu de diminution de budget, malgré les changements qui
ont été effectués par ma collègue dans les règles budgétaires.
Puis, pour les rassurer, bien, c'est de les
asseoir à la table avec nous. Donc, c'est ce que je leur ai proposé, qu'on
s'assoie, Culture, Éducation et eux, parce que je pense que leurs
préoccupations sont légitimes puis je pense qu'il ne faut pas les revirer, là,
puis dire : Bien, vous n'avez pas raison d'être inquiets. Quand les gens
du milieu sont inquiets comme ça, il faut s'asseoir avec eux, c'est ce qu'on
est en train de faire, pour voir comment on peut les rassurer. Mais, au-delà
des paroles, qu'est-ce qu'on pourrait faire pour essayer de garder cette flexibilité-là,
parce que je pense que l'objectif est noble, dans le milieu scolaire, d'avoir
plus de flexibilité, moins de paperasse pour les directeurs, pour le personnel,
mais qu'en même temps il n'y ait pas de conséquences négatives pour l'accès à
la culture? Ça fait que, le milieu culturel, je pense que c'est un bon... va
être de bon conseil là-dedans. Donc, on est... on est là-dedans.
Mme Gentilcore : Dernière
petite question pour vous. Vous avez fait une belle annonce, que je salue,
récemment pour aider nos musées dans les régions éloignées. Donc, merci pour
ça. Lequel de ces musées-là vous allez visiter cet été? Moi, je m'en vais en
Gaspésie. J'avais visité le Musée de la Gaspésie, je suis allée il y a longtemps, mais ça va être un bonheur pour moi d'y
retourner. Est-ce que vous avez l'intention de vous promener un peu puis
d'aller en visiter un? Si oui, lequel vous intéresse le plus?
M.
Lacombe : Bien, je vous dirais... là, j'étire un peu, mais
je dirais le Musée national de l'histoire du Québec.
Mme Gentilcore : Ah! ce n'est
pas en région éloignée, ça.
M. Lacombe : Ce n'est pas en
région éloignée. Vous avez dit en région éloignée?
Mme Gentilcore : Bien oui. Oui,
oui. Mais il ne sera pas prêt cet été, là.
M. Lacombe :
En région éloignée? Bien, c'est une... c'est une bonne question. Je
pourrais aller visiter la région de Mme la Présidente, n'est-ce pas? Mais les
musées, honnêtement, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
sont incroyables. Bien, partout au Québec, en fait. Mais je pense que nos
musées de l'Est ont mené une bonne bataille, je vais dire ça.
Mme Gentilcore :
Oui. Je les salue.
M. Lacombe : Puis
ça a été fait de façon très correcte, mais ils ont mis leurs souliers de
course, leurs gants. On a eu des
bonnes discussions constructives. Donc, je pense que j'irais visiter un musée
de l'Est pour leur lever mon chapeau.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Merci, M. le ministre. C'est tout le
temps que le bloc permettait. Donc, je cède la parole au député d'Abitibi-Est.
M. Dufour :
Merci. Très simplement, M. le ministre, vous le saviez, on en avait déjà
parlé l'autre jour, 72 % du budget culturel va dans les régions de
Montréal, Québec, ce qui m'amène à vous amener un cas typique... puis ce n'est
pas le seul, là, je vais... je vais donner un exemple, là, mais, le Centre de
musique et de danse de Val-d'Or, ça fait 15 ans qu'il remplit des formulaires,
puis il n'y a jamais d'augmentation sur le budget, il n'y a aucune majoration
qui vient apparaître, même si on leur demande des indicateurs de performance,
des inscriptions additionnelles ou des choses comme ça.
Trouvez-vous ça
normal qu'un organisme, puis c'est... comme je vous le dis, là, ce n'est pas le
seul, mais je donne l'exemple de celui-là, que ça fait 15 ans qu'il n'y a
aucune majoration, alors que les coûts d'opération augmentent à chaque année,
là?
M. Lacombe :
...l'organisme?
M. Dufour :
Le Centre de musique et de danse de Val-d'Or, par exemple. Mais c'est ça que je
dis, c'est que ça fait 15 ans qu'on leur demande de faire des formulaires,
de remplir des indicateurs de performance, mais, malgré tout ça, il n'y a jamais
rien qui apparaît additionnel au niveau du budget.
M. Lacombe :
Bien, est-ce que je trouve ça normal? Là, c'est hypothétique, parce que je ne
connais pas le dossier précisément de cet organisme-là, qui doit être financé
au PAFOFA, programme d'aide au...
Une voix :
...
M. Lacombe :
...c'est ça, dont on a parlé un peu plus tôt. Il faudrait que je voie, mais,
bon, je pense, c'est une évidence, là, de dire que, si vous êtes... si vous
avez une subvention au fonctionnement qui n'a pas été augmentée depuis 15 ans, ça me semble problématique. Mais, en même
temps, je trouve ça surprenant, parce que le PAFOFA, justement, a
augmenté de 17 % entre les deux triennales. Donc, il faudrait... il
faudrait voir...
Une voix :
...
M. Lacombe :
...il faudrait voir, oui, l'évaluation du... l'évaluation du dossier, parce
qu'évidemment on ne fait pas non plus juste des chèques pour faire des chèques,
on s'assure qu'il y a des critères bien précis qui sont remplis. Je prends
le... ce n'est pas l'objet de votre question, mais, par exemple, au Conseil des
arts et des lettres du Québec, quand on renégocie les... là j'ai un blanc de
mémoire sur le nom, les ententes...
Une voix :
...
M. Lacombe :
...non, mais, quand on... quand on octroie le financement aux organismes
culturels qu'on finance avec les... avec les ententes quadriennales, bien, il y
en a qui augmentent, parfois il y en a qui baissent, parce que, si on... si l'organisme ne se qualifie pas ou
se qualifie moins, il peut y avoir du mouvement. Mais il faudrait voir.
M. Dufour :
Mais je pense que ce qu'il est important de retenir, puis toute votre équipe
est ici en arrière, là, c'est qu'on n'arrête pas de demander de remplir de la
paperasse à ces gens-là, et ça ne donne pas grand, grand-chose au bout de la
ligne. Donc, je pense que c'est... vraiment, l'élément central de tout ça,
c'est qu'à un moment donné je comprends qu'il y a des restrictions budgétaires
ou il y a des enjeux budgétaires...
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci.
M. Dufour :
...mais on peut-tu raccourcir, à un moment donné, les délais?
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci, M. le député. Merci. Donc, je cède la
parole à la députée de Bourassa-Sauvé pour son dernier bloc.
Mme Cadet :
Merci, Mme la Présidente. Bien, je vais rester sur la paperasse, parce que je
trouvais le dossier... la question du collègue assez intéressante ici.
M. le ministre, donc, vous savez, il y a les
ententes de développement culturel municipales et régionales, donc, qui sont... qui sont signées, donc, qui
permettent, donc, aux municipalités, aux MRC de pouvoir avoir une certaine
forme, donc, de flexibilité sur l'offre culturelle qui se déploie sur leurs
territoires. La raison d'être du programme, c'est... c'est de valider le fait
qu'en raison de leur proximité avec leurs... la population puis de leurs champs
de responsabilité, bien, elles sont les plus
aptes à répondre aux besoins culturels de leurs territoires. Donc, ces
ententes-là existent. Et, pour avoir fait le tour... bien, le tour du
Québec, puis, en fait, donc, des tournées, donc, dans différentes régions, ce
qu'on constate, c'est que, parfois, c'est un petit peu difficile, tu sais, dans
son application.
Je vais
peut-être, alors, dans ce cas-ci, tu sais, vous poser une question, puis ça va
peut-être vous donner une idée. Par exemple, mettons qu'on a un jeune
artiste qui vient de finir... qui vient de gagner Secondaire en spectacle,
donc, on a ça partout au Québec, donc, on ne pourra pas identifier la région
comme ça... a gagné Secondaire en spectacle, la MRC veut l'embaucher pour qu'il
puisse, donc, être en prestation, donc, en vertu de cette entente-là. Est-ce
que, selon vous, ça, ça devrait être une dépense admissible?
M. Lacombe : C'est une bonne
question. L'embaucher pour faire de l'animation culturelle?
Mme Cadet : Oui, c'est...
exactement, pour de l'animation, oui, culturelle, oui.
M. Lacombe : Bien, c'est une
bonne question. J'aurais envie, instinctivement, de vous dire oui. Mais là
j'imagine que vous allez me dire que ce n'est pas possible dans le cadre des
règles actuelles?
Mme Cadet : Bien, ce n'est pas
exactement ça, mais c'est... je vous donne un demi-point, donc, pour la réponse
ici. C'est qu'en fait, oui, donc, en vertu des ententes de développement
culturel, dans les dépenses admissibles, donc, on a les cachets d'artistes
locaux et émergents pour de l'animation, de la médiation culturelle ou de la
formation, de la création, de la diffusion au bénéfice de la... de la citoyenne
ou du citoyen. Donc, ça, c'est très clair. Vous voyez, donc, j'ai... on a...
j'ai vraiment consulté l'ensemble des ententes pour voir si ce qu'on me
disait... est-ce que ce n'est vraiment pas possible. Donc, en le lisant, je me
dis : Bien, en théorie, je vois bien que, sur papier, c'est possible,
mais, quand on a des MRC qui viennent nous dire : Bien, regardez, là, on
soumet, c'est bien compliqué... on est bien ceux qui sommes bien au courant,
donc, de ceux qu'on est capable, donc, d'embaucher pour ce type de contrat là,
non?
M. Lacombe : Bien, écoutez, là,
je ne sais pas trop quoi vous répondre. Il faudrait... Il faudrait voir, là.
C'est très niché puis technique, c'est contractuel. Il faudrait voir. Mais, tu
sais, dans des... dans des cas comme... vous savez,
dans des cas comme ça, nos directions régionales sont là pour ça. Et, s'il
y a des MRC, des municipalités, des villes qui ont des enjeux de ce type-là,
bien, elles peuvent se tourner vers nos directions régionales, puis on va... on
va les aider. Puis, si vous avez un cas concret, vous pouvez nous le partager
aussi, puis on...
• (13 heures) •
Mme Cadet : La question que j'ai
pour vous ici... puis, tu sais, vous voyez, là, j'ai donné, donc, un exemple,
donc, assez... assez précis, mais, tu sais, c'est un peu, donc, ce type de...
Disons, là, ce que les MRC... ce que certaines MRC nous disent, c'est que, oui,
bon, on sait très bien que les directions régionales, donc, sont là pour nous
appuyer, mais, parfois, c'est un peu difficile, tu sais, on a l'impression
qu'on ne nous donne pas, donc, l'autonomie nécessaire pour prendre ce type de
décision là, puis disent : Bien, voyons donc, on est quand même bien ceux
qui sommes en mesure de pouvoir prendre ce type de décision là. Là, on nous
dit : Non, non, non, tel artiste, ça, ça ne marche pas, il ne reçoit pas
de subvention du CALQ, donc là ça, ce ne sera pas une dépense admissible.
Je vous ai donné un exemple, donc, très concret,
réel de jeunes de Secondaire en spectacle, parce que, là, on ne peut pas
identifier la MRC quand je donne cet exemple-là, mais il y en a d'autres du
type qui nous disent : Bien, comment ça se fait qu'on a besoin d'avoir
autant de va-et-vient avec nos directions régionales? Il me semble que, si on
veut plus de culture en région, tu sais, si on se dit qu'en vertu même de la
raison d'être de l'entente... bien, qu'on dispose de l'autonomie nécessaire,
disons, qu'on est considérés comme les plus aptes à répondre aux besoins
culturels du territoire, bien, encore faudrait-il, donc, que ce soit facilité
par les directions régionales.
Donc, vous, est-ce que vous vous engagez à
partager une directive, à donner une directive au ministère puis dire :
Bien, regardez, on... tu sais, on va regarder ça, tu sais, pour faciliter les
interactions de nos MRC avec vous?
M. Lacombe : Bien, d'abord,
c'est sûr qu'on a des normes à suivre, notamment qui sont discutées, qui sont
approuvées ensuite avec le Secrétariat du Conseil du trésor. Donc, ça, c'est
une chose. Mais, en même temps, nos ententes de développement culturel, c'est
probablement un des véhicules les plus flexibles qu'on a, où on, justement,
contribue à hauteur, par exemple, de 50 %, la municipalité, un autre
50 %, puis on peut financer, avec ça, des projets culturels. Entre autres,
par exemple, à Gatineau, dont je représente une partie du territoire, il y a
plusieurs beaux projets qui ont vu le jour grâce à ça.
Maintenant, est-ce que ça peut être plus simple,
plus flexible? On peut toujours améliorer ça, évidemment. Mais donc, là, vous
soulevez quelque chose, peut-être, dont je n'étais pas au courant.
Mme Cadet :
...l'interprétation administrative ici, là.
M. Lacombe : Oui.
Je n'étais pas au courant de ça. On ne m'a pas rapporté ça. Ce n'est pas
quelque chose pour lequel on... Ce n'est pas... Ce n'est pas quelque chose qui
a été porté à mon attention par les partenaires. Donc, si c'est un irritant,
puis là vous semblez dire que c'est le cas pour certains partenaires, bien, on
pourra peut-être se parler après. On pourra, sinon, voir avec... C'est
difficile d'aider les gens quand on ne sait pas exactement d'où ça vient, mais
on verra... on verra qu'est-ce qu'on peut faire.
Mme Cadet : On pourrait voir,
donc, pour peut-être même clarifier l'interprétation, s'assurer que ce soit
fait, donc, de façon uniforme, parce que vous semblez dire que c'est un
programme qui est déjà assez flexible.
M. Lacombe : Bien, c'est
l'objectif, en tout cas, oui.
Mme Cadet : C'est ça, bien,
c'est ce que je lis aussi. Donc, c'est l'objectif du programme. Ça fait que je
pense que c'est un objectif qui est partagé. Je vous l'ai dit, moi, quand on
m'a dit : Non, non, ça, ce n'est pas admissible, je suis allée regarder
l'ensemble de l'entente en me disant : Ça n'a absolument pas de bon sens,
puis, en le lisant, effectivement, on comprend bien que, sur papier, c'est
flexible, mais, si, dans les faits, il y a ces irritants-là, je pense que ça
demande qu'on puisse regarder ça puis s'assurer qu'on puisse respecter la
raison d'être du programme.
M. Lacombe : C'est bien
entendu. Puis le programme va être en révision. Le renouvellement est prévu
pour l'an prochain, donc en avril 2027, au 1er avril 2027. Donc, ce sera
l'occasion, au cours de la prochaine année, de se pencher sur le programme.
Donc, on prendra ça en considération. C'est noté.
Mme Cadet : Parfait. Toujours
au niveau des MRC, je me demandais, M. le ministre... Parce que je sais qu'au
1er avril 2026 c'était le délai pour que plusieurs MRC complètent leurs
inventaires du patrimoine immobilier, donc ça ne fait pas très longtemps.
Est-ce que vous avez une idée de combien de ces MRC et municipalités là ont complété
leurs inventaires?
M. Lacombe : Bien,
actuellement, il y en a 65 qui ont été adoptés. Donc, ça, c'est le chiffre
total qui...
Une voix : ...
M. Lacombe : 106 doivent le
faire... Pas au total?
Une voix : Oui.
M. Lacombe : Au Québec?
Une voix : Oui.
M. Lacombe : Ah oui?
Il me semble, c'est peu. Mais 106, donc, doivent le faire, 65 l'ont... l'ont
adopté, 32 sont en cours, huit sont en préparation puis un n'a pas
encore débuté. Je pense qu'il faudrait qu'il commence.
Mme Cadet : Bien, un peu, c'est
ça, parce que... y a-tu des sanctions pour les municipalités qui ne l'auraient
pas complété avant le 1er avril?
M. Lacombe : Est-ce qu'il y a
une sanction pour... Bien, en fait... en fait...
(Consultation)
M. Lacombe : Il faudrait que je
vous revienne avec la réponse. Là, je vous avoue que je n'ai pas cette
réponse-là.
La Présidente (Mme Guillemette) :
...vous engagez, M. le ministre, à... M. le ministre, à donner la réponse, à
revenir pour la réponse?
Mme Cadet : Bien, je l'ai peut-être
pour le ministre.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Allez-y.
Mme Cadet : Moi, ce que je
comprends, c'est, bon, il y a quelque temps, donc, le ministère de la Culture
rappelait que l'obligation de réaliser un inventaire est connue depuis plus de
cinq ans, donc c'est votre prédécesseure, donc, qui avait déposé le projet de
loi, et prévient que, tant qu'ils n'auront pas été complétés, les municipalités
seront privées de financement en rapport avec le patrimoine. Les immeubles qui
ne sont pas inscrits dans un inventaire
admissible ne seront pas admissibles au Programme d'ententes en patrimoine à
partir du 1er avril 2026.
M.
Lacombe : Bien, je pense que vous venez d'apporter une partie de la
réponse, là. Vous aviez fouillé cette question-là précisément. Sinon, ce qu'on
m'explique...
Mme Cadet :
...avec... Est-ce que c'est toujours d'actualité?
M. Lacombe :
Bien, il y a ce dont vous venez de parler, qui est un bon exemple, ce que vous
venez de souligner. Mais, en même temps, les municipalités doivent respecter la
loi. C'est comme ça dans toutes les lois. Donc, il n'y a pas de sanctions,
précisément, qui sont prévues, par exemple, une sanction financière ou... mais,
bon, les municipalités doivent respecter les lois québécoises, celle-là comme
toutes les autres.
Mme Cadet :
Bien sûr.
M. Lacombe :
Puis, il y a des effets ensuite, notamment celui dont vous venez de parler.
Mme Cadet :
Oui, bien sûr, je pense qu'il n'y a personne qui est en train de dire qu'une municipalité,
donc, ne devrait pas respecter la loi. Je pense que c'est assez clair. Mais
l'objectif ici, c'est de voir : Est-ce que... Tu sais, est-ce que vous
considérez que le délai, donc, qui est imparti était assez long pour une
municipalité? Parce que, quand on a peut-être, quoi, 60 %, tu sais, à peu
près 60 % des municipalités qui ont complété en date du 1er avril,
est-ce qu'elles avaient l'accompagnement nécessaire pour pouvoir réaliser
l'inventaire?
M. Lacombe :
Bien, honnêtement...
Mme Cadet :
Est-ce que vous êtes satisfait, alors, de cette note de passage, là, 60 %?
M. Lacombe :
Bien, je dirais que, bien honnêtement, là, elles ont eu suffisamment de temps,
puis on a mis des ressources en place dont le nombre m'échappe, là, mais on a
mis des ressources en place pour les aider à faire ces inventaires-là. On a
été... Je pense qu'on peut dire qu'on a fait preuve d'ouverture et de
flexibilité.
Maintenant, il faut que... il faut que les
municipalités respectent la loi. Donc, je vous ai donné les chiffres tantôt, puis
après ça, bien, il y a des conséquences, c'est-à-dire pas des sanctions, mais
il y a des conséquences à ne pas
respecter la loi, c'est-à-dire... vous savez, vous en avez parlé tantôt.
Ensuite, quand on est... si on veut que les bâtiments soient...
Mme
Cadet : ...additionnel
pour... une nouvelle échéance pour ceux qui ne l'ont pas... le 40 % qui ne
l'ont pas respectée?
M. Lacombe :
Bien, on ne donnera pas une nouvelle échéance. Ça va être... le plus rapidement
possible, ils doivent se conformer à la loi. La loi, c'est la loi. Donc, on ne
va pas leur donner un délai supplémentaire. Ils sont... Ils vont être en
contravention de la loi, puis il va falloir qu'ils remédient à ça. Parce que,
sinon, il y a des conséquences, encore une fois, pas des sanctions, mais des
conséquences, qui s'appliquent, c'est-à-dire, par exemple, perdre l'accès à des
sommes qui pourraient... qui auraient pu être octroyées, par exemple, pour la
rénovation de bâtiments patrimoniaux qui, là, ne seraient plus accessibles
parce que l'inventaire n'est pas complété.
Donc, je pense que
les municipalités ont tout intérêt à... bien, en fait, elles doivent respecter
la loi, puis, en plus de ça, bien, ça va leur permettre de continuer à avoir
accès à du financement.
Mme Cadet :
Parfait.
M. Lacombe :
...le chiffre, là, c'est près de 11 millions, 10,7 millions qui ont
été octroyés pour les aider à réaliser cet inventaire-là.
Mme Cadet :
Parfait. Patrimoine religieux, pour avoir rencontré, donc, certains acteurs du
milieu, c'est... ce qu'on me disait, c'est : Bien, écoutez, le
gouvernement de la CAQ nous a fait des promesses, bien, en partie, bien, en théorie, ils peuvent dire : Regardez, on l'a
réalisé, voici le budget, mais là on vous retire, donc, le budget auquel vous
aviez accès, donc, pour la rénovation du
patrimoine religieux. Je comprends, puis je pense que, M. le ministre, vous vous êtes déjà exprimé
là-dessus dans l'espace public, en disant : Bien, écoutez, il y a
tellement de demandes, c'est beaucoup plus populaire que ce à quoi on s'attendait. Donc, dans cette perspective-là,
bien, il faut qu'on mette ça sur pause pour réfléchir à la suite des
choses pour le patrimoine religieux.
Aujourd'hui, est-ce
que vous avez réfléchi à ça? Elle est... Elle en est à quelle étape, votre
réflexion?
• (13 h 10) •
M.
Lacombe : Bien, quand on
parle de réflexion, on fait allusion, donc, au Comité national sur le patrimoine religieux immobilier. Donc, ça a été un
groupe de travail qu'on a créé, où on a mis plusieurs personnes à la table, des représentants des grands propriétaires des immeubles religieux, qui ont
une grande valeur patrimoniale, évidemment, des gens aussi de l'UMQ, de la FQM, puis ce qu'on a voulu déterminer,
c'est, par exemple, quel est le
rôle... en fait, quels sont les rôles, quelles sont les responsabilités des
différents intervenants, comment on
peut arriver à avoir une meilleure... une meilleure gestion, une gestion plus saine
de ses actifs immobiliers, assurer aussi la viabilité des projets de
conservation, de transformation, les approches de financement aussi.
Mme Cadet :
Est-ce que vous trouvez...
M. Lacombe :
Donc, les travaux ne sont pas encore terminés, ça va se terminer à
l'automne 2026. Donc, à ce moment-là, on sera en mesure de décider ce
qu'on fait pour la suite.
Mme
Cadet : OK. Parfait. Conseil du patrimoine religieux du
Québec, moi, j'ai un cas, donc, d'une... de travaux, donc, qui a... pour lesquels, donc, un organisme,
donc, avait reçu, donc, les... la subvention pour la première étape, pour
la deuxième étape, mais, la troisième étape,
ils n'ont pas été capables de recevoir leur dernière subvention parce que...
bien, selon eux, bien, il n'y avait aucun fonds qui avait été accordé par le
ministère. Est-ce que, la mise sur pause du programme, vous trouvez ça normal, qu'elle l'a été aussi pour
des projets en cours? Les projets futurs, ça, c'est normal, je pense qu'on va
s'entendre, là, mais, pour les projets qui étaient déjà en cours de
réalisation, est-ce que vous trouvez ça normal?
M.
Lacombe : Bien, ce sont des projets qui coûtent cher. Puis,
parfois, ces projets-là sont phasés. Donc, ça veut... ça ne veut pas
dire qu'on laisse des bâches sur les toits puis qu'on laisse des murs éventrés,
ça veut dire qu'il y a peut-être une troisième phase de travaux. Je ne sais pas
à quel projet vous faites référence, mais, oui, ça peut arriver. Parce que,
dans les deux dernières années, la stratégie qu'on a adoptée, c'est de mettre
10 millions de dollars en disponibilité pour des travaux d'urgence.
Donc, évidemment, il y en a partout au Québec, des travaux qui doivent être
faits de façon urgente pour préserver l'intégrité de l'immeuble, donc, ça,
c'est disponible, mais, pour tout le reste, on a mis ça sur pause. Donc, oui,
c'est... c'est un cas qui m'apparaît probable.
Mme Cadet : Vous dites, donc, que,
malheureusement, donc, ça peut arriver qu'il y ait des... les organismes se
soient fait dire : Bien, voici, donc, les subventions auxquelles vous
aurez droit, et que, là, finalement... et là, dans ce cas-ci, ils avaient
réalisé les travaux et, là, donc, s'endettent parce que, finalement, ils ne sont
pas capables de recevoir la troisième enveloppe du... Bien, ça, c'est normal.
M.
Lacombe : Ça, je suis moins sûr de ça, par contre, je suis
moins sûr de ça. Est-ce qu'on... Est-ce qu'on a des cas où on leur a annoncé une subvention, ils ont
commencé des travaux avant de recevoir les sommes et là ils se retrouvent
avec des dettes en raison de... Je ne vous
confirmerais pas ça, là, parce que je suis... je ne suis pas au courant du
dossier...
Mme Cadet : On pourra s'en...
M. Lacombe : ...précisément de ce
dossier-là, là, auquel vous faites référence.
Mme Cadet : Avec le temps qu'il nous
reste, on pourra garder précisément ce dossier pour la suite.
Théâtre Colas, M. le ministre. Donc, c'est un
projet sur l'île de Montréal, le... qu'ils souhaitent, donc, revaloriser, donc,
le théâtre de «La Poune», construit en 1929, donc notre bijou national Rose
Ouellette. Est-ce que vous connaissez ce projet? Puis qu'est-ce que vous en
pensez?
M. Lacombe : Oui, je connais ce
projet-là. Mon équipe a eu des discussions avec Mme Colas à ce sujet-là, Mme
Colas que j'ai croisée aussi dans un événement l'an dernier, si ma mémoire est
bonne, qui m'en avait parlé brièvement,
encore une fois, si ma mémoire est bonne. Mais, oui, j'ai pris connaissance de
son projet. C'est un projet, pour l'instant, pour lequel on n'a pas de
somme disponible parce que toutes les sommes que nous avions disponibles ont
été attribuées et que, pour l'instant, on y faisait...
Mme Cadet : ...trouvais intéressant
quand même. C'est le Théâtre Cartier, Théâtre Cartier.
M. Lacombe : Bien, tous les
projets... tous les projets sont intéressants, tous les projets sont
intéressants. Plus on a de théâtres, plus on a de bibliothèques, plus on a de
musées... C'est toujours intéressant. Il n'y en a jamais trop. Mais après il y
a une disponibilité budgétaire, par contre, qui doit être au rendez-vous.
Mme Cadet : Si vous aviez la... Là,
je comprends que vous ne l'avez pas. Mais, si vous l'aviez, vous dites :
Ah! bien, ça, c'est un projet intéressant qui aurait plus être considéré.
M. Lacombe : Si on avait
10 fois plus de disponibilité dans notre PQI, probablement qu'on n'aurait
pas cette discussion-là en ce moment, effectivement. Mais là, dans un contexte
où on priorise, puis ça, c'est important, on l'a dit tantôt, on priorise le
maintien d'actifs surtout... J'ai fait une annonce récemment à Montréal. On
peut penser à d'autres chantiers majeurs aussi qui sont en cours sur l'île. On
a beaucoup, beaucoup investi sur l'île de Montréal, puis c'est normal, c'est la
métropole, mais là...
Mme Cadet : On va poursuivre. Merci.
Dans les cahiers de crédits, entre 2023-2024...
Une voix : ...
Mme Cadet : Dans les cahiers de crédits,
en 2023-2024, vous avez investi 300 $, vous avez transféré... 300 000 $ au CALQ pour le Fonds de soutien
psychosocial destiné aux artistes et travailleurs culturels, en 2024-2025,
300 000 $, en 2025-2026, 200 000 $. Pourquoi vous coupez dans la santé
mentale?
M.
Lacombe : Ce qu'on m'explique, c'est parce qu'il y avait un solde.
Donc, il y a des sommes reportées. C'est des sommes reportées qui n'avaient pas
été utilisées. Peut-être qu'on pourrait...
Des voix :
...
Mme Cadet : En
attendant, je vais poser une autre question parce que le temps file.
Des voix :
...
M. Lacombe :
Donc, il y a... qui n'avaient pas été utilisées...
Mme Cadet :
Je comprends. Parfait.
M. Lacombe :
...dans les deux premières années auxquelles vous faites référence, puis le Conseil
des arts et des lettres peut rapporter ces sommes-là.
Mme Cadet : Dans
les crédits... Merci. Dans les crédits accordés à certains fournisseurs,
limousines, SAVM, aéroport de Québec, 12 806 $. Donc, ça, c'est des
réunions qui sont approuvées par le Conseil du trésor. Qui est-ce que vous êtes
allé chercher avec... 12 000 $ pour des frais de limousine,
essentiellement, limousines et transport. Comment vous expliquez cette
dépense-là? Qui est-ce que vous êtes allé chercher, là?
M. Lacombe : Oui.
Bien, ce n'est pas moi, ce n'est pas moi qui a des limousines. Ce n'est pas ce
qu'on est allé chercher, c'est qui sommes-nous allés chercher.
Mme Cadet :
Bien, c'est ça. Qui? C'est ça. Je suis...
M. Lacombe : Donc,
on parle de dignitaires étrangers...
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. Merci, M. le ministre.
M. Lacombe :
...dans le cadre de la Conférence des ministres de la Culture de la
Francophonie.
Adoption des crédits
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci, Mme la députée. Donc, le temps alloué à l'étude
des crédits budgétaires du portefeuille Culture et Communications étant écoulé,
je vais maintenant passer à la mise aux voix. Le programme 1, intitulé
Direction, administration et soutien à la mission, est-il adopté?
Des voix :
...
La Présidente (Mme
Guillemette) : Sur division. Le programme 2, intitulé Soutien et
développement de la culture, des communications et du patrimoine, est-il
adopté?
Des voix :
...
La Présidente (Mme
Guillemette) : Sur division. Et finalement l'ensemble des crédits
budgétaires du portefeuille Culture et Communications pour l'exercice
financier 2026-2027 est-il adopté?
Des voix :
...
La Présidente (Mme
Guillemette) : Sur division.
Documents déposés
En terminant, je
dépose les réponses aux demandes de renseignements des oppositions.
Je voudrais dire
merci à M. le ministre, aux collègues qui étaient ici, aux équipes et
particulièrement à Mme Paquette, la secrétaire, qu'on a fait travailler
très, très fort aujourd'hui, question de temps.
Donc, compte tenu de
l'heure, la commission ajourne les travaux au mardi 26 mai 2026, à
16 h 30, où elle entreprendra l'étude du volet Enseignement supérieur
des crédits budgétaires du portefeuille Enseignement supérieur. Sur ce, bonne
fin de journée à tous.
(Fin de la séance à 13 h 17)