Journal des débats (Hansard) of the Committee on Labour and the Economy
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, April 26, 2023
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Vol. 47 N° 8
Étude des crédits budgétaires du ministère du Tourisme
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
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D'Amours, Sylvie
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Lakhoyan Olivier, Sona
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Proulx, Caroline
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Lakhoyan Olivier, Sona
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D'Amours, Sylvie
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Proulx, Caroline
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Grandmont, Etienne
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Proulx, Caroline
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Grandmont, Etienne
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D'Amours, Sylvie
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Bérubé, Pascal
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Lakhoyan Olivier, Sona
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Proulx, Caroline
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D'Amours, Sylvie
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Lakhoyan Olivier, Sona
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Dionne, Amélie
16 h (version révisée)
(Seize heures quinze minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance à la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Tourisme pour l'exercice
financier de 2023-2024. Une enveloppe de 1 h 30 min a été
allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata); M. Dufour (Abitibi-Est) est remplacé par Mme Tremblay
(Hull); et M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par M. Grandmont
(Taschereau).
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par périodes d'échange,
incluant les questions et réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi vers
17 h 45.
Je suis maintenant prêt à reconnaître la
députée de Chomedey. La parole est à <vous...
La Présidente (Mme D'Amours) :
...17 h 45.
Je suis maintenant Verbprêt à
reconnaître la députée de
Chomedey. La parole est à >vous.
Mme Lakhoyan Olivier : Bonjour.
Je suis honorée de faire partie de cette démocratie québécoise. C'est ma
première fois que je fais une étude de crédits. Bonjour, Mme la ministre.
Bonjour, tout le monde, les... les collègues députés, Mme la Présidente. Voilà.
Je... Au Québec, l'hébergement touristique
de courte durée est régi par la Loi sur l'hébergement touristique et son Règlement
sur l'hébergement touristique. Cela fait suite à l'adoption du projet de loi
n° 100, en octobre 2021, où la classification obligatoire et le panonceau
étoilé ont été abolis et remplacés par un enregistrement en ligne et une
déclaration annuelle de l'offre d'hébergement et des activités et des services
qui y sont liés.
Depuis le 25 mars 2023, il est permis
de louer sa résidence principale sur des plateformes comme Airbnb pour une
durée maximale de 30 jours. Cela fait suite à l'adoption du projet de loi
n° 67, en mars 2021, dont certaines dispositions permettent aux
municipalités de mieux encadrer l'hébergement collaboratif dans les
établissements de résidence principale tout en rendant la pratique plus
accessible pour les citoyens. Ainsi, à moins qu'une... municipalité n'interdise
ou ne limite l'offre d'hébergement touristique dans certaines zones de leur
territoire par voie de référendum, aucun règlement municipal ne peut en
interdire... l'exploitation. Les propriétaires qui souhaitent louer leur
demeure aux touristes doivent s'enregistrer auprès de la Corporation de
l'industrie touristique du Québec, le CIT... TQ. Les propriétaires qui n'ont
pas ce numéro d'enregistrement peuvent être sanctionnés par Revenu Québec.
Le 16 mars 2023, un incendie majeur
éclate dans un édifice patrimonial du Vieux-Montréal qui abritait des logements
de location à court terme sur la plateforme Airbnb, faisant sept victimes,
malheureusement. Le Service de sécurité incendie de Montréal révèle que ces
logements étaient illégaux car ils ne respectaient pas certaines normes
d'habitation comme celles du fonctionnement du système d'incendie et des
sorties de secours. De plus, la ville de Montréal a confirmé que les locations
étaient illégales car la zone où se trouvait le bâtiment interdisait la
location de résidences aux touristes.
Dans la foulée de cet... incendie, on
apprend qu'il y a des centaines de logements Airbnb illégaux dans le
Vieux-Montréal, alors que le zonage l'interdit dans ce quartier historique. La ville
de Montréal estime que la responsabilité revient à Revenu Québec de s'assurer
du respect de la Loi sur l'hébergement touristique. Cependant, Québec estime
que ce sont aux municipalités de faire respecter la réglementation municipale
et non les inspecteurs du Revenu Québec.
À ce moment, pas moins de 92,5 % des
quelque 13 900 appartements montréalais offerts sur Airbnb ne
détenaient aucun permis ou licence d'exploitation de la ville ou du
gouvernement du Québec, selon Inside Airbnb qui compte... qui compile les
activités de la plateforme de location partout sur la planète.
La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a
demandé au gouvernement du Québec de mettre plus de... d'inspecteurs en place
pour gérer les locations d'Airbnb, notamment ceux en location illégale. De son
côté, la ministre du Tourisme estime que c'est la responsabilité de la ville de
Montréal d'agir car le bâtiment incendié se trouvait à l'extérieur de la zone
où la location de courte durée est permise par l'arrondissement de Ville-Marie.
• (16 h 20) •
Le 20 mars 2023, la ministre du Tourisme,
Mme Proulx, vous avez annoncé que vous allez... implanter des nouvelles
mesures législatives pour attaquer au problème des locations à court terme
effectuées illégalement en modifiant la Loi sur l'hébergement touristique. Vous
voulez obliger... l'affichage du numéro d'enregistrement dans l'annonce sur la
plateforme de location et vous voulez obliger les plateformes à exiger une
photo du certificat d'enregistrement dans l'annonce. Enfin, des infractions
seraient également imposées sur les... locateurs et les plateformes.
De son côté, le ministre des Finances,
Eric Girard, affirme qu'il va se pencher sur la façon dont Revenu Québec fait
la chasse aux Airbnb illégaux. Il n'écarte pas une hausse du nombre
d'inspecteurs. Pendant ce temps, la ville de Montréal mettra sur pied, en juin,
une équipe <d'inspecteurs...
Mme Lakhoyan Olivier :
...d'inspecteurs.
Pendant ce temps, la ville de Montréal mettra sur pied, en juin, une équipe
>d'inspecteurs chargés de débusquer les locations touristiques non
conformes.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Mme
la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : Pouvez-vous
juste placer votre micro, s'il vous plaît, pour qu'on puisse vous...
Mme Lakhoyan Olivier : Ah!
La Présidente (Mme D'Amours) : Ce
n'est pas sur le bon... le bon. Et je vous rappelle qu'on doit appeler les
collègues par leur titre et non par leur nom de famille.
Mme Lakhoyan Olivier : C'est
vrai. Désolée.
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
pouvez continuer.
Mme Lakhoyan Olivier : Désolée,
Mme la ministre. C'est vrai, sachant très bien, mais...
Alors, ça... ça se voit qu'il y a un grave
manque d'effectif en place actuellement pour les inspecteurs. Est-ce que... Pour
faire respecter les règlements, est-ce qu'on pense ajouter des inspecteurs pour
qu'on puisse ne plus vivre la... la tragédie qu'on a vécue?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Plaisir, collègue, de vous... de faire votre connaissance.
Quelques petites précisions. D'abord,
avant tout, en ce qui a trait au laïus d'introduction de la députée de
Chomedey, on ne peut pas créer de lien de cause à effet entre un incendie
tragique qui a eu lieu à Montréal. Il y a une enquête publique du coroner, où
on a tous, comme Québécois, comme gouvernement, hâte de lire les conclusions de...
de l'enquête de... de la coroner.
Maintenant, je vous invite à faire
attention à Inside Airbnb. Vous savez qu'au ministère du Tourisme on a des
mandataires. La CITQ, Corporation de l'industrie touristique, à laquelle vous
faisiez référence, est un mandataire du ministère. Évidemment, on a l'Alliance
de l'industrie touristique. C'est... Ce sont des mandataires, donc, qui sont
désignés par l'équipe du ministère. Donc, il faut faire attention aux chiffres
d'Airbnb.
Maintenant, dans votre laïus, vous parliez
de la responsabilité du zonage dans le projet de loi n° 100, le projet de
loi initial. C'étaient des demandes de la FQM, donc Fédération des
municipalités du Québec, et de l'UMQ, qu'elles puissent prendre ces
responsabilités-là, qu'elles soient maîtresses de décider du zonage de la
région, de la rue, du quadrilatère dans l'arrondissement, la municipalité, la
ville où elles décident de faire l'exploitation, donc, pour, entre autres, la
résidence principale. Des précisions qui sont importantes à ce stade-ci à
apporter.
Oui, impératif de travailler avec les
équipes de Revenu Québec, une collaboration qui est là depuis les premières
heures. 2022-2023, il y a eu plus de 2 342 inspections qui ont été faites
par des enquêteurs de Revenu Québec, et c'est près de 5 millions de
demandes qui ont été signifiées, donc, aux gens qui n'affichaient pas ou
n'avaient pas leur numéro d'enregistrement qui doit être affiché, comme vous le
savez, sur toutes plateformes, transactionnelles ou non, et même à votre marché
d'alimentation. Sur les plateformes également, comme Facebook, on devait
l'annoncer.
Donc, les activités de Revenu Québec, c'est
des activités d'inspection dans le secteur de l'hébergement touristique, qui
veillent, vous avez raison, à ce que les citoyens, citoyennes et les
entreprises respectent, donc, leurs obligations en matière d'hébergement
touristique courte durée. Comme je le signifiais, là, c'est près de
5 millions de dollars que Revenu Québec a imposés aux gens qui
étaient délinquants. Le rôle de Revenu Québec demeure toujours de s'assurer du
respect de la Loi sur l'hébergement touristique. Et Revenu Québec valide, évidemment,
toujours tous les signalements qui lui sont assignés.
Dans le budget 2023-2024, donc, des
sommes additionnelles, comme vous le savez, Mme la députée, ont été allouées à
l'équipe de Revenu Québec pour renforcer le rôle de ce qu'on appelle le contrôle
fiscal. Le contrôle fiscal, évidemment, relève du prélèvement de la taxe de
vente du Québec sur unités d'hébergement touristique et événements. À vos
souhaits! Le 3,5 % de la taxe sur l'hébergement qui va... comme vous le
savez, est préservé par nuitée pour être redistribué à nos ATR pour en faire la
promotion et la mise en marché dans chacun de leur territoire. Donc, les
équipes sont là, à Revenu Québec.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci
pour votre réponse, Mme la ministre. À... À la suite de votre rencontre avec...
avec tous ces Airbnb, vous avez... vous avez exigé dorénavant que votre numéro
d'enregistrement de la CITQ soit affiché dans toutes les annonces sur leur
plateforme, qui est excellent, et puis Airbnb a retiré toutes les annonces
illégales au Québec.
Aussi le gouvernement... notre
gouvernement aura accès au portail des villes, de la <plateforme...
Mme Lakhoyan Olivier :
...Aussi
le gouvernement... notre gouvernement aura accès au portail des villes, de la >plateforme
afin d'assurer le respect des règles par les hôtes. Cela représente 23 245 annonces
illégales qui doivent être retirées ou qui sont retirées au Québec car elles ne
présentaient pas un numéro d'enregistrement. Selon le Regroupement des comités...
de comités de logement et... associations de locataires du Québec, le R-C-L-A-L-Q,
c'est près de 80 % des annonces publiées sur Airbnb à l'échelle de la
province, à Montréal, c'est plus de 89 % des annonces, à Québec, c'est
près de... 66 %, et Laval, ce n'est pas moins de 95 % sur des
annonces.
Or, quelques jours après l'annonce
d'Airbnb et le retrait des annonces illégaux effectué, le plateforme ainsi que
des locateurs tentent de contourner la loi. Dans un article de Journal du
Québec, on rapporte que les annonces comportent de faux numéros
d'enregistrement ou des numéros d'hôtel. Le journal a notamment vu une annonce
que, pour un logement à Laval avec un numéro d'enregistrement 123456,
probablement vous l'avez entendu, après... vérification des journalistes, aucun
établissement n'est officiellement enregistré à ce numéro. Des utilisateurs ont
aussi remarqué de certaines propriétaires... utilisaient le même numéro pour
plusieurs locations à différentes adresses. Donc, le plateforme Airbnb incite
aussi maintenant ses utilisateurs locateurs à modifier les conditions de leur
location en louant pour du long terme, car lorsqu'on.... un propriétaire loue
pour plus de 31 jours, il n'a pas besoin de... posséder un numéro CITQ.
Enfin, pour contourner les obligations, certains propriétaires se sont
rapidement tournés vers d'autres plateformes qui n'ont pas été visées par le
ministère du Tourisme, comme VRBE et Marketplace.
Donc, voilà. Comment vous allez faire pour
corriger cette situation? Qu'est-ce que vous pouvez faire pour que les numéros
d'enregistrement soient valides, et que ce soient tous vraiment enregistrés, et
que ce soit légal?
Mme Proulx : Bien, j'en
profite pendant que tous les collègues sont là, les porte-parole officiels en
matière de tourisme, député de Matane-Matapédia, députée de Chomedey,
évidemment, vous et le député de... de Taschereau, pardon : j'espère que
vous allez être là au dépôt du projet de loi. Je souhaite ardemment qu'on
puisse vraiment travailler, nous quatre ensemble, sur le projet de loi qu'on va
déposer très prochainement. Je pense que j'ai été claire, là, avant la
rencontre avec Airbnb, et limpide comme une fontaine claire de pouvoir débattre
avec vous, donc, du projet de loi, là, de la volonté de la ministre et du
gouvernement du Québec de déposer un nouveau projet de loi.
Je ne peux pas porter outrage au
Parlement, donc je ne peux pas discuter de ce dont on aura l'occasion, je le
souhaite vraiment ardemment, là, de discuter. Il y a eu un engagement solennel
du premier ministre d'ici la fin de la session parlementaire qui, sauf erreur,
Mme la Présidente, est le 9 juin. On aura donc déposé et on aura eu
l'occasion de débattre de ce projet de loi très important.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
• (16 h 30) •
Mme Lakhoyan Olivier : J'ai
hâte de... de participer à ça, c'est sûr. Ce serait ma première expérience.
Des voix : ...
Mme Lakhoyan Olivier : Ce ne
sera pas long. Deux petites minutes. Désolée, hein?
Il y a eu une Commission spéciale sur
l'exploitation sexuelle des mineurs en tourisme, puis il y a eu des
recommandations, puis il y a eu un rapport. Puis, une des recommandations, la
recommandation n° 26, la commission recommande que le gouvernement du
Québec exige que les plateformes locatives numériques, les établissements
hôteliers, les propriétaires des lieux d'hébergement touristique, bien sûr, les
salons de massage érotique et les saunas affichent de manière visible les
coordonnées pour rapporter un crime d'exploitation sexuelle des mineurs. Et
puis, on dirait, rien n'a été fait. Donc, ma question, c'est : Avec le
Grand Prix qui approche à grands pas, et, comme vous le savez sans doute, c'est
un terrain propice à l'exploitation sexuelle des mineurs, ma collègue, la
députée de Westmount—Saint-Louis...
16 h 30 (version révisée)
Mme Lakhoyan Olivier : ...à l'exploitation
sexuelle des mineurs. Ma collègue la députée de Westmount—Saint-Louis, qui est
responsable du dossier, aimerait savoir quelles mesures votre ministère prend
pour sensibiliser les touristes à ce fléau et les encourager à signaler les
comportements suspects.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Trois grandes associations hôtelières au Québec, avec leurs
présidents, présidentes, l'AHQ, association hôtelière du Québec, AHGM, grands hôtels
de Montréal, et ici, à Québec, qu'on a tous rencontrés bien avant la commission
spéciale sur l'exploitation sexuelle, pendant le récent... le précédent mandat
et dans ce mandat-ci, et les messages sont très clairs. D'ailleurs, ma
sous-ministre est présente ici pour, chaque année, renvoyer un message d'intérêt
à nos partenaires hôteliers non seulement de continuer à faire de la formation
auprès de leurs employés pour... de la formation pour les sensibiliser à l'exploitation
sexuelle dont ils pourraient être témoins dans leurs établissements. Donc, ces
formations-là sont là à chaque année, on leur rappelle leurs obligations. On a
une collaboration extraordinaire avec nos trois associations parce qu'ils sont
partenaires avec nous là, pour freiner, donc, l'exploitation sexuelle des
mineurs.
Je dois également saluer qui... avant la
commission spéciale, toutes les équipes du Grand Prix de formule 1 du Canada,
qui est l'événement touristique le plus important au Canada, ou ex aequo avec
le festival de Calgary, qui, évidemment, génère des retombées économiques
extrêmement importantes pour l'ensemble du Québec. Mais il y a des actions qui
sont menées chaque année par les équipes du Grand Prix de formule 1 du Canada,
et des équipes à Montréal, mais également les équipes internationales, pour s'assurer
qu'il n'y ait pas d'exploitation sexuelle des mineurs.
Maintenant, il y a d'autres rencontres qui
auront lieu, là, avec nos associations hôtelières. On réfléchit à d'autres
méthodes d'intervention, Mme la députée. On voyait le ministre la Sécurité publique,
cette semaine, qui a fait une sortie très touchante pour prévenir les femmes
qui sont victimes de la drogue du viol dans les bars, où il a sorti, là, comme
vous en avez été témoins, là, ce couvercle, là, qu'on peut déposer sur notre
verre au bar, pour... pour limiter, donc, des gens qui pourraient avoir l'intention
de mettre cette drogue du viol là dans nos verres.
Bref, nous, à Tourisme, on regarde
également, là, davantage... Mais il y a toutes les équipes des hôtels qui sont
là, qui sont... qui ont conscientisé, il y a des formations qui sont faites,
mais on réfléchit à d'autres moyens d'action, à l'intérieur des chambres d'hôtel,
par exemple, des gîtes, en fait, de l'hébergement touristique, de façon
générale, exprimé ici. Il ne faut pas avoir une vision tunnel là-dedans, il
faut avoir une vision très large. Et on réfléchit, donc, à d'autres actions qui
pourraient être mises en place pour... pour prévenir cette exploitation-là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Il nous reste sept secondes, Mme la députée, je vous suggère de le mettre sur
votre prochain bloc. Et nous passerions à la période d'échange pour le député
de Taschereau, deuxième opposition. Monsieur, la parole est à vous.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. J'ai combien de temps?
La Présidente (Mme D'Amours) : Neuf
minutes.
M. Grandmont : Combien?
La Présidente (Mme D'Amours) : Neuf
minutes, neuf minutes.
M. Grandmont : Neuf minutes.
Parfait. Donc, je vais avoir deux blocs de neuf minutes, c'est ça?
La Présidente (Mme D'Amours) : On
verra pour le... le prochain.
M. Grandmont : OK, parfait.
Bien, d'abord, merci, Mme la Présidente. Merci… enchanté de vous rencontrer
pour une première fois. On prendra le temps, évidemment, là, de discuter, le
temps nous a manqué, il y a eu des gros dossiers. Salutations aussi aux
collègues, merci d'être là, nos invités aussi. Merci à la technique aussi d'être
là, on ne les souligne pas assez souvent, ils sont là puis ils nous regardent
aussi. Donc, c'est ça, j'ai peu de temps, donc je vous demanderais de garder
vos réponses assez brèves pour qu'on ait le temps d'échanger sur un maximum de
sujets possible, si c'est possible, Mme la ministre.
J'aimerais commencer sur Airbnb moi aussi,
c'est un enjeu qui est extrêmement important. Vous le savez, on en parle
souvent chez Québec solidaire, évidemment, à la fois pour ce que c'est que pour
les conséquences que ça peut avoir sur le marché locatif privé. Vous n'êtes pas
sans savoir que, selon les chiffres du RCLALQ, le regroupement des comités
logement d'aide aux locataires du Québec, il y a près de 80 % des annonces
de location offertes sur Airbnb qui seraient illégales. Le mois dernier, vous
vous êtes engagée à modifier la loi en obligeant les... les propriétaires
qui... qui louent, en fait, de courtes durées, là, d'afficher un numéro d'enregistrement.
On comprend qu'il y a des… il y a des nuances puis il y aura des vérifications
à faire, puis on... on participera de bonne foi aussi au projet de loi, ça va
nous faire plaisir. Évidemment, on veut que les choses se règlent. Donc, on
vous félicite pour ça.
J'aimerais revenir sur comment ça s'est...
comment on en est arrivés là. En septembre 2021, lors de l'étude détaillée
du projet de loi n° 100, mon collègue de... Laurier-Dorion, pardon, avait
déposé un amendement afin d'obliger, justement, toute entreprise qui offre un
service de réservation en ligne d'afficher le numéro d'enregistrement des
unités d'hébergement touristique. L'amendement a été battu par le gouvernement.
Donc, j'aimerais comprendre <pourquoi…
M. Grandmont :
...d'hébergement
touristique. L'amendement a été battu par le gouvernement. Donc, j'aimerais
comprendre >pourquoi, à cette époque-là, vous avez refusé cet
amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : …
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Je suis vraiment contente que vous soyez là, porte-parole en
tourisme, M. le député de Taschereau. Je vais être plate : vous aviez voté
contre le principe. On a déposé le projet de loi, et Québec solidaire a voté
contre le principe de la loi. C'est plate en titi quand tu déposes un projet de
loi important comme celui-là, qui était une réforme majeure, hein, de la Loi
sur l'hébergement touristique, qui, d'abord et avant tout, là, pour la petite
histoire... c'était un allègement réglementaire, d'abord et avant tout.
Rappelez-vous, il y avait des panonceaux étoilés, puis des classificateurs,
puis, si tu avais un oreiller en soie, tu avais plus de points qu'un oreiller
pas en soie. On jugeait que ce n'était pas au gouvernement du Québec d'apposer
ces critères-là, que le marché était là, et se transformait beaucoup, puis
qu'on avait besoin donc, de revoir cette loi-là. Donc, c'était d'abord un
allègement réglementaire qui était… qui était amorcé.
Et on avait introduit, comme vous le
savez, une nouvelle catégorie d'hébergement touristique, qui s'appelait la
résidence principale, où on permettait aux Québécois, quelques semaines par
année... C'est là qu'ils y vivent. Que ce soient ton rapport d'impôt, ta carte
d'assurance maladie, ton renouvellement de permis de conduire, c'est l'adresse
principale ou tu fais affaire avec le gouvernement. Donc, on avait dit : Quelques
jours par année, quelques semaines par année, selon des conditions très claires.
Si tu es dans un syndicat de copropriété, tu dois avoir l'autorisation du
syndicat pour en faire l'exploitation. Vous êtes dans un plex, vous devez avoir
l'autorisation du propriétaire du plex pour en faire… l'exploitation. Vous
devez toujours avoir l'autorisation de l'arrondissement, de la municipalité ou
de la ville pour en faire l'exploitation. Si l'arrondissement, la ville dit
non, vous ne pouvez pas le faire. On avait vu un cas, là, dans Hochelaga-Maisonneuve,
où, woup! soudainement, le maire d'Hochelaga-Maisonneuve a rajusté le tir,
parce que là où il y avait de l'exploitation, c'était dans une zone commerciale
où c'était permis.
Bref, le précédent projet de loi, vous avez
voté contre le principe. Maintenant, j'espère vraiment que, cette fois-ci,
quand on va déposer le projet de loi, très, très prochainement, très, très
prochainement, on aura l'occasion, au moins, de pouvoir s'asseoir ici, en
commission parlementaire, que vous m'apportiez des propositions, des
amendements, des suggestions, puis qu'on puisse travailler ensemble sur ce
projet de loi là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. Grandmont : On va sortir
du projet de loi, le projet n° 100. En mai 2022,
ma collègue de Mercier avait demandé, en Chambre, à la ministre, à votre… à
vous, en fait, là, de mettre au pas Airbnb en obligeant la multinationale à
respecter la loi québécoise, qui était claire. Vous aviez répondu qu'il n'y
avait pas de problème, que tout était beau. Donc, j'aimerais savoir pourquoi,
après cette relance, dans une question en Chambre, vous aviez dit que tout
était beau et qu'on n'avait pas besoin d'assujettir, de demander à la
multinationale de respecter les lois québécoises.
Mme Proulx : ...de respecter
ou non les lois québécoises. Initialement, l'objectif, c'était de permettre aux
Québécois de faire de l'exploitation courte durée, mettre quelques milliers de
dollars dans leurs poches à travers la résidence principale. À cette époque-là,
on n'obligeait pas, effectivement, les plateformes à afficher ce fameux numéro
d'enregistrement là. Force est de constater que, quelques mois plus tard, on
arrivera, très, très prochainement, avec un nouveau projet de loi, où on
viendra répondre aux questions que vous soulevez...
M. Grandmont : Oui, oui, et
on participera avec plaisir à ce projet de loi là, je l'ai dit.
Mme Proulx : Super, super.
M. Grandmont : Par contre, ça
a pris un drame à Montréal… puis je suis tout à fait d'accord avec vous, il n'y
a pas de cause à effet, mais il a fallu un drame à Montréal, il a fallu qu'il y
ait un incendie, il a fallu qu'il y ait des gens qui en meurent pour que,
finalement, on décide d'agir, qu'on décide de finalement, demander à la
multinationale de mettre les numéros d'enregistrement. Pourquoi avoir attendu
aussi longtemps avant d'agir, Mme la ministre?
Mme Proulx : Il faut faire
très attention, là…
M. Grandmont : Oui, oui, tout
à fait. Absolument.
Mme Proulx : …il y a une
enquête du coroner. Il n'y a aucun lien de cause à effet entre la location
courte durée et ce tragique incendie...
M. Grandmont : Tout à fait.
Mme Proulx : ...primo. Secundo,
dans ce fameux building là, la première pauvre victime de 79 ans qu'on a
extirpée des cendres était une femme qui avait un bail en bonne et due forme,
donc était locataire depuis plusieurs, plusieurs années. Alors, je nous invite
tous ici à la prudence, à ne pas créer de lien de cause à effet entre l'incendie
tragique du Vieux-Montréal et les décès...
• (16 h 40) •
M. Grandmont : Je suis très
d'accord avec vous, je suis très d'accord avec vous.
Mme Proulx : Maintenant, maintenant…
M. Grandmont : Ah! bien, je
vais vous laisser terminer.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député, s'il vous plaît, laissez finir la ministre. Si vous voulez...
M. Grandmont : Je pensais
qu'elle avait terminé. Mon erreur.
Mme Proulx : Non, excusez-moi.
Non, il n'y a pas d'offense, pas d'offense, il n'y a vraiment pas d'offense.
Maintenant, quand j'ai rencontré Airbnb, je pense que ça a été assez clair. Le
lendemain de la rencontre, ils ont contacté ma directrice de cabinet, et on
a... de façon volontaire, ils ont retiré les numéros illégaux. J'ai été très
claire avec Airbnb, M. le député, extrêmement claire, on ne peut plus claire.
M. Grandmont : Je vous
poserais la question autrement. Je suis très d'accord sur le fait qu'on ne peut
pas faire de lien de cause à effet entre la façon dont la loi était écrite
auparavant et l'incendie, les décès. Je suis tout à fait d'accord avec vous.
Par contre, est-ce qu'on peut faire un <lien…
M. Grandmont :
...écrite
auparavant et l'incendie, les décès. Je suis tout à fait d'accord avec vous.
Par contre, est-ce qu'on peut faire un >lien entre le fait que le
nouveau projet de loi que vous avez annoncé, la réaction très rapide que vous
avez décidé de faire, l'engagement très fort que vous avez fait de vouloir
assujettir la multinationale aux lois québécoises et d'obliger l'affichage du
numéro d'enregistrement… que ça se soit passé juste après l'incendie? Est-ce
qu'il n'y a pas un lien de cause à effet entre justement, un événement
médiatique important et le fait que vous réagissiez enfin à cette demande-là,
qui était récurrente depuis des années?
Mme Proulx :
15 décembre, 15 décembre… ça fait donc un petit peu plus qu'un mois
et demi que le premier ministre m'a reconduite dans mes fonctions avec ma
sous-ministre, les équipes du ministère, qui sont tous là, d'ailleurs, derrière
moi, que je salue… déjà, on était dans des modifications réglementaires pour la
loi n° 100. Déjà, on avait amorcé des travaux
pour... Et c'est d'ailleurs mon conseiller politique, ici présent, qui, en
décembre dernier, m'avait présenté une note pour me dire : Madame, on va
aller plus loin. Alors, la réponse, c'est non. Et la réponse : C'est faux.
M. Grandmont : D'accord.
Donc, depuis le mois...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le député…
M. Grandmont : Pardon?
La Présidente (Mme D'Amours) : …une
minute.
M. Grandmont : Une minute.
Donc, depuis le mois de décembre, vous nous confirmez que vous étiez déjà en
train de travailler sur un projet de loi, et que vous vouliez assujettir la
multinationale à la loi, et que vous vouliez que les numéros d'enregistrement
soient, effectivement, affichés?
Mme Proulx : Des modifications
réglementaires, initialement. Maintenant, on ira avec un projet de loi.
M. Grandmont : Parfait. Merci
pour l'instant.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Maintenant, je vais céder la parole à la députée de Chomedey. La parole est à
vous.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci,
Mme la Présidente. Comme vous le savez, les événements touristiques ont
traversé une période difficile avec la pandémie. Plusieurs ont de la misère à
se remettre sur pied à cause de la hausse des coûts des productions et la perte
de main-d'œuvre qualifiée, quelque chose qu'on connaît tous. Selon une étude du
Regroupement des événements majeurs internationaux, REMI, réalisée en 2018, les
festivals majeurs, au Québec, amènent une valeur de 290,8 millions à
l'économie du Québec, ainsi que des recettes fiscales de 66,6 millions aux
deux gouvernements, dont 49,3 millions juste pour le gouvernement du
Québec. Juste pour les événements membres du REMI, pas moins de 190 603
touristes sont venus de l'extérieur du Québec, principalement, pour participer
à un événement. Pour des événements qui ne font pas partie du REMI, leur
contribution économique est également significative. Par exemple, Le Festif! de
Baie-Saint-Paul génère des retombées économiques de 4 millions dans la
région de Charlevoix, selon la direction de l'événement.
Certains ont de la misère à rejoindre les
bouts et ont besoin de toute l'aide possible. J'aimerais diriger la ministre à
la page 21.5 du budget des dépenses 2023-2024, dans le
programme de... du développement du tourisme, à l'élément Soutien aux
événements touristiques, donc... c'est lui, développement du tourisme, Soutien
aux événements touristiques, c'est ça. On remarque une baisse de
10 millions cette année par rapport à l'année dernière. Sachant
l'importance de soutenir financièrement nos événements touristiques en cette
période post-pandémique, pourquoi on retrouve une coupe de 10 millions
dans cet élément? Ce montant de 10 millions est retiré ou est-ce qu'il a
été replacé? C'est ça, on voit le 10 millions, puis ça fait… ça fait
demander qu'est-ce qui s'est passé, parce que vous avez mis beaucoup partout
ailleurs.
Mme Proulx : Oui,
1,8 milliard durant la pandémie, c'est ce qu'on a mis au gouvernement du
Québec, pour soutenir l'industrie touristique. Vous avez raison, l'industrie
des festivals et événements est extrêmement importante pour le développement
économique, Montréal, Québec, et grandes villes, partout en région. J'ai des
collègues des régions ici qui ont besoin de ces festivals et ces événements-là.
Donc, replongeons-nous dans la pandémie.
Il y a eu un soutien exceptionnel de la part du gouvernement du Québec pour
soutenir nos festivals et nos événements, qui est un tissu extrêmement
important de l'industrie touristique. Et ce qu'on avait décidé de faire, c'est
qu'en plus de primes exceptionnelles pour nos festivals et événements on avait
un 10 millions de dollars pour les festivals, pour les soutenir,
malgré le fait qu'ils ne diffuseraient pas, donc, en période de COVID. On a eu
des mesures exceptionnelles qui étaient là pour la période de la COVID, où on
venait soutenir nos festivals et nos événements pour s'assurer qu'il n'y ait
pas une <déstructuration…
Mme Proulx :
...pour
la période de la COVID, où on venait soutenir nos festivals et nos événements
pour s'assurer qu'il n'y ait pas une >déstructuration de l'offre. Donc,
c'était une mesure COVID, qui n'existe plus aujourd'hui.
Mais laissez-moi vous rassurer. Hier, on a
annoncé un 25 millions de dollars additionnels pour nos festivals et
nos événements, donc, pour les trois prochaines années, parce que les gens des
festivals et des événements veulent avoir de la prévisibilité, c'est ce qu'ils
nous ont souvent demandé. Donc, avec 25 millions additionnels pour les
trois prochaines années, c'est 30,1 millions de dollars qui vont être
consentis à nos festivals et à nos événements, question d'avoir, donc, de la
prévisibilité pour les organisateurs. Excellente nouvelle, appel à projets,
donc, qui a été lancé hier pour les éditions des festivals et événements qui se
tiendront entre novembre 2023 et avril 2024.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
J'ai rencontré l'Association Restauration Québec, au début du mois de... pour
me faire part des enjeux auxquels fait face cette industrie. Comme vous le
savez, c'est une industrie qui a été aussi durement touchée par la pandémie.
13 % des restaurants au Québec ont fermé leurs portes pendant cette période.
Cependant, ils m'ont notamment fait part d'une demande qui est en cours. L'ARQ
demande d'être reconnue formellement comme une association touristique
sectorielle par… par vous, Mme la ministre, le ministère du Tourisme, et être
un interlocuteur principal. Après tout, l'Alliance de l'industrie touristique
du Québec l'a reconnue comme une ATS en novembre dernier. Donc, ma question
pour la ministre : Allez-vous accepter que l'ARQ soit officiellement
reconnue comme une ATS par le ministère du Tourisme ou allez-vous les laisser
tomber?
Mme Proulx : Le gouvernement
du Québec ne les a pas laissé tomber. D'ailleurs, j'étais récemment dans un
événement avec le ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie... et
de l'Énergie, où il a, à travers son ministère, soutenu, donc, des grands
restaurateurs du Québec. On s'est rencontrés récemment… à la hauteur de 800 000 $,
donc… pour réunir les grandes tables du Québec, les grands chefs du Québec,
pour voir comment on peut avoir une action qui est plus concertée pour faire la
promotion et la mise en marché de la restauration, qui, comme vous le savez,
relève de mon collègue.
Maintenant, chez nous, à l'industrie… au
ministère du Tourisme, on a l'agrotourisme et le tourisme gourmand, où on a
annoncé, en juin dernier, avec la regrettée ministre des Relations
internationales, une somme de 600 000 $ ou 800 000 $, là…
je veux juste préciser... ne pas faire d'erreur… pour la promotion et la mise
en marché, donc, de tout ce qui est l'agrotourisme au Québec, à travers les
délégations du Québec qui sont bien ciblées, évidemment, qui sont des marchés
cibles qui pourraient entrer ici, au Québec, à titre de clientèles. Et on a nos
économusées. Les économusées sont donc une combinaison, par exemple, d'une
distillerie artisanale locale qui vend des produits, comme... Je n'ai pas le
droit de nommer de marque, hein? Non, pas le droit... madame, je n'ai le droit
de nommer de marque, hein?
La Présidente (Mme D'Amours) : Non.
Mme Proulx : Donc, une grande
distillerie que je ne nommerai pas, qui, en annexe, fait donc la démonstration
de comment on produit de l'alcool. Alors, on appelle ça des économusées. Donc,
on les met en valeur à travers le ministère du Tourisme, c'est une association
touristique sectorielle qui est soutenue. Et donc à travers les économusées,
l'agrotourisme, tourisme gourmand et le travail du ministre de l'Économie, on
vient mettre en valeur, donc, des produits de la table, sur la table pour les
Québécois puis les touristes internationaux. Puis j'ai tout à fait confiance
dans la démarche qui est entreprise par mon collègue de l'Économie pour
accompagner, donc, des restaurateurs dans une grande réflexion de mise en
marché et de valorisation des grands restaurateurs et des grands chefs qu'on a
au Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre, je vous ai induite en erreur. On peut nommer une marque.
Mme Proulx : Ah bon? Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : On
ne peut pas avoir de marque devant nous pour faire de la publicité, mais on
peut nommer une marque. Désolée.
• (16 h 50) •
Mme Proulx : Donc, la
distillerie le Grand Dérangement, où on parle, donc, du Grand Dérangement, de
la déportation... là, je n'osais pas… des Acadiens. Donc, on raconte l'histoire
des Acadiens à travers un alcool qui s'appelle le Grand Dérangement. Donc c'est
vraiment intéressant de pouvoir greffer culture, histoire québécoise,
acadienne, en... dans ce cas-ci, et de faire de la promotion et de la… mise en
marché.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc,
je réitère la question : Est-ce que l'ARQ va être reconnue comme
une ATS? Est-ce que l'ARQ va être considérée, reconnue comme ATS, en fin
de compte?
Mme Proulx : Non, bien, j'ai…
je les ai rencontrés, on discute avec eux, on analyse. Pour le moment, on a des
partenaires qui sont là, là, deux ATS qui sont là, avec nous, qui font le
travail. Mais on les a rencontrés, avec des discussions, là, avec… avec, entre
autres, le ministère, pour analyser peut-être d'autres formes de partenariat
qu'on pourrait <avoir…
Mme Proulx :
...là, avec…
avec, entre autres, le ministère, pour analyser peut-être d'autres formes de
partenariat qu'on pourrait >avoir avec l'association des restaurateurs
du Québec à court et à moyen terme donc, avec… avec l'association.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui.
Juste pour… pour finir là-dessus, en 2022, l'ARQ regroupait 17 916
établissements, avec 186 000 emplois. Leurs ventes, l'année dernière,
totalisaient 12,6 milliards. La TVQ perçue, en 2022, dans les restaurants,
était de 1,3 milliard pour l'État québécois. Liste des associations
touristiques sectorielles, il y en a de toutes sortes : le Camping Québec,
Aventure Écotourisme. Donc, l'Association Restauration Québec, l'ARQ, regroupe
plus de 5 000 propriétaires de restaurants au Québec, a pour mission
de fournir à l'ensemble des établissements toutes sortes de services. Donc, ils
seraient curieux à savoir si l'ARQ sera considérée comme ATS.
Mme Proulx : …avoir déjà, Mme
la députée, répondu à cette question-là, qu'il y a des examens qui sont faits
de la part des équipes du ministère. Je connais bien, bien, bien les gens de
l'ARQ, je les ai rencontrés lors de cette fameuse rencontre-là. Donc, il y a
des discussions qui ont lieu avec leurs représentants. Mais je vous rappelle
que les… les restaurants sont sous la responsabilité de mon collègue le
ministre de l'Économie, quoique font partie, évidemment, du panier de l'offre
touristique au Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) : …Mme
la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui, merci.
Comme vous le savez, toujours comme vous le savez, les stations de ski au
Québec sont un joueur important dans notre industrie touristique. Ce secteur
génère des retombées annuelles de 870 millions de dollars, attirant
plus de 6 millions de visiteurs, dont 1,4 million adeptes de sports
de glisse. Or, elles doivent faire face aux changements climatiques et à des
conditions de glisse plus précaires. Pour pouvoir s'adapter au futur, elles ont
besoin de meilleurs canons à neige, qui peuvent performer à des températures
plus élevées et sont moins énergivores. Au cours des derniers mois, elles ont
demandé l'aide de Québec pour renouveler la flotte actuelle de canons à neige,
qui date. L'Association des stations de ski du Québec chiffre le coût de
renouvellement de ces canons à neige à 65 millions de dollars.
Il est aussi bon de savoir que le
gouvernement du Vermont a d'ailleurs participé à un renouvellement semblable
des canons à neige à ses stations de ski alpin dans les dernières années. La
demande est entre les mains du ministère de l'Économie et celui du Tourisme, et
on sait que le ministre Fitzgibbon a montré de l'ouverture. Donc, j'aimerais
savoir ce que la ministre va faire dans ce dossier. Va-t-elle mettre de la
pression pour que le gouvernement réponde de façon positive à l'aide demandée
par nos stations de ski? Va-t-elle répondre présente?
Mme Proulx : Très heureuse de
répondre à une question liée aux changements climatiques. Pas peu fier d'avoir
été le premier gouvernement à demander, au Tourisme, au ministère du Tourisme,
une enveloppe de 30 millions de dollars pour le développement durable
de l'industrie touristique. De ça est découlé un fameux Plan montagnes, parce
que, oui, les montagnes au Québec font face à des enjeux climatiques, qui ne
sont pas les mêmes en Estrie, à Charlevoix, Sag-Lac... Saguenay—Lac-Saint-Jean,
pardon, ou encore dans les Laurentides. Donc, 11 millions de dollars qui
ont été consentis à neuf régions touristiques qu'on a identifiées où
l'objectif, justement, pour contrer les changements climatiques, c'est de
diversifier l'offre de nos stations de ski au Québec. Certaines ont un modèle
unique d'exploitation, uniquement basé sur le ski alpin. Or, avec le Plan
montagnes et le développement durable, ce qu'on souhaite faire, c'est d'amener
nos stations de ski à se développer sur un quatre saisons, d'avoir une économie
circulaire, un circuit lent autour de la montagne, des déplacements qui sont
courts, qui sont responsables et qui sont durables. On est à travailler
là-dessus, avec les équipes du ministère, et même, nos adjoints gouvernementaux
et adjoints parlementaires, sur le fameux Plan montagnes.
Pour ce qui est des canons à neige, il y a
eu du financement dans des programmes qui existaient avant mon arrivée au
ministère. Sauf erreur, dans le programme de soutien aux stratégies du
développement de l'industrie touristique, qui est un programme qui n'existe
plus, il y a eu un soutien qui a été fait pour… pour certains canons à neige.
Nous, ce qu'on a fait, c'est, en temps de pandémie, on a décidé d'aider nos
stations de ski avec une mesure qu'on appelait Énergie. Donc, les canons à
neige coûtent beaucoup en énergie à produire, donc, de la neige, et donc, entre
janvier et juin, durant la pandémie, on permettait à nos stations de ski, aux
spas, d'ailleurs, également, de pouvoir demander un <remboursement…
Mme Proulx :
...durant
la pandémie, on permettait à nos stations de ski, aux spas, d'ailleurs,
également, de pouvoir demander un >remboursement d'une valeur maximale
de 35 000 $ par mois, pour un maximum de 250 000 $, entre
janvier et juin, pour soutenir, donc, la production de neige de nos stations de
ski.
Donc, vous voyez, c'est très varié, là,
c'est très large, en fait, je veux dire, l'aide qui est offerte à nos stations
de ski à travers divers programmes, entre autres, et principalement pour
contrer les changements climatiques. C'est un Plan montagnes pour diversifier
l'offre sur nos montagnes, et qu'elles puissent opérer et avoir de la
rentabilité sur quatre saisons.
La Présidente (Mme D'Amours) : …Mme
la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Vous
savez, lorsque vous parlez de diversification des montagnes pour leur offre de
services, il y a beaucoup de montagnes qui ont bâti des condos alentour. Puis
faire d'autres activités, c'est bien, les quatre saisons, c'est bien, parce que
c'est tellement beau ici, mais la neige... on a besoin de la neige pour faire
le ski alpin, pour les gens qui aiment ça, nos touristes locaux et
internationaux, quand même. Donc, un canon à neige, c'est comme important,
malgré le fait qu'on veut diversifier. Des fois, ce n'est pas possible,
certaines montagnes, mais, quand même, pour le ski alpin, on a besoin de… des
canons à neige qui fonctionnent bien. Donc, est-ce que... est-ce qu'il y aura
de l'aide là-dessus spécifiquement?
Mme Proulx : ...qu'on a
financée, qu'on a donnée, donc, à l'Association des stations de ski du Québec,
dont on est en train de prendre connaissance. C'est un financement qui a eu
lieu l'année dernière, donc on prend connaissance de ça. C'est important de
dire que, les stations de ski, le Québec fait face à des changements climatiques
majeurs. On ne peut pas uniquement investir sur des canons à neige, on doit
investir sur la diversification des activités commerciales d'une montagne, pour
que ne se noie pas... ce ne soit pas, pardon, une activité monoski. On doit
absolument soutenir nos stations, nos montagnes... en fait, on appelle ça le Plan
montagnes, ce n'est pas pour rien… pour assurer, donc, une diversification des
activités en montagne. Développer, par exemple, le vélo de montagne. Il
pourrait y avoir de l'arbre en arbre. Bref, on travaille avec nos montagnes,
avec nos ATR pour développer un plan, puis s'assurer qu'il y ait une
rentabilité et permettre d'accrocher également les employés sur quatre saisons
dans les montagnes, ici, au Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) : …Mme
la députée, 1 min 40 s.
Mme Lakhoyan Olivier : OK.
Donc, le livre de budget, plan budgétaire, page B.41, Contribuer à la
prospérité des régions, il y a plusieurs investissements. La troisième ligne,
c'est : assurer le développement et la mise en valeur de nos attraits
touristiques. Les montants qui sont... qui sont planifiés : 2023-2024,
39,6 millions; 2024-2025, 64,9 millions; 2025-2026, on réduit à 45;
ensuite, 2026-2027 puis 2027-2028, ça… c'est réduit à 1 million, 1,4,
1,8 million. Quelle est la raison de cette immense baisse?
Mme Proulx : …je vais prendre
connaissance de votre question, là. Oui, mais...
Mme Lakhoyan Olivier : C'est
la page B.41. Il y a… il y a un gros changement d'investissement.
Mme Proulx : Oui, on pourra
vous revenir, là, au cours de la...
Mme Lakhoyan Olivier : Ah!
correct, pas de problème.
Mme Proulx : Oui, non, je
comprends. On pourra vous revenir au cours de la session, là, puis de voir la
page en question. Je ne veux pas vous répondre n'importe quoi, donc on va
prendre le soin de regarder la page B.46.
Mme Lakhoyan Olivier : B.41.
Mme Proulx : 41. Et on y
reviendra.
Mme Lakhoyan Olivier : 41.
Voilà.
Mme Proulx : Merci.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci
à vous.
La Présidente (Mme D'Amours) : …il
vous reste 35 secondes. On le transfère dans votre prochain bloc?
25 secondes. Je le transfère dans votre prochain bloc, madame?
Mme Lakhoyan Olivier : Ah!
oui. Bien oui, bien oui.
• (17 heures) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je passe maintenant à la période d'échange avec le deuxième groupe
d'opposition. Député de Taschereau, la parole est à vous.
M. Grandmont : Je dispose de
combien de temps?
La Présidente (Mme D'Amours) : 9 min 49 s.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. Donc, Mme la ministre, rapidement, là, en deux, trois phrases, là,
est-ce que vous pourriez me résumer ce que c'est, pour vous, le tourisme
durable?
Mme Proulx : En deux, trois
phrases? C'est une blague?
M. Grandmont : Oui, oui, on
fait un petit effort de synthèse, là.
Mme Proulx : J'ai… là, j'ai…
M. Grandmont : Deux, trois
phrases. Je n'ai pas beaucoup de temps.
Mme Proulx : OK. Bien, en
deux, trois phrases? Parfait, bien, je réponds à votre défi. 30 millions,
budget développement durable, tourisme responsable et durable, première fois
dans l'histoire d'un ministère du Tourisme, et le député de Matane-Matapédia
pourra corroborer, et lui-même a été ministre du Tourisme…
17 h (version révisée)
Mme Proulx : ...OK, bien, en
deux, trois phrases, parfait. Bien, je réponds à votre défi. 30 millions,
budget développement durable, tourisme responsable et durable. Première fois
dans l'histoire d'un ministère du Tourisme, et le député de Matane-Matapédia
pourra corroborer, lui-même a été ministre du Tourisme, première dans l'histoire,
développement d'un plan montagne, obligation de nos festivals et événements
pour avoir du financement additionnel, d'avoir du développement durable,
programme PARIT, programme d'aide financière...
M. Grandmont : Ce n'est pas
ça.
Mme Proulx : C'est quoi,
votre question alors? Bien, vous m'avez dit...
M. Grandmont : Ma question, c'est,
concrètement, qu'est-ce que c'est, du tourisme durable? Quels sont les critères
pour qualifier un projet, par exemple, de tourisme durable?
Mme Proulx : Bien, en fait, c'est
dans nos programmes normés, il y a donc des éléments dans le programme normé,
par exemple le Programme d'aide à la relance de l'industrie touristique, où
vous avez une... vous avez du développement durable dans votre projet. Par
exemple, vous utilisez 100 % du bois du Québec et des matériaux du Québec,
vous pourriez avoir jusqu'à 10 % additionnel de financement. Nos
festivals, nos événements, on leur a fait... Développement durable, on est
là-dedans, là. Le tourisme durable, c'est d'avoir des festivals et des
événements qui sont écoresponsables. Festivals et événements : obligation
d'avoir du développement durable, pas juste des bouteilles à remplissage
unique, là, beaucoup plus loin que ça, compostage, recyclage, entre autres.
M. Grandmont : Merci. Je ne
sais pas si vous avez entendu parler du projet géoLagon, dans Charlevoix.
Mme Proulx : Oui.
M. Grandmont : Parfait.
Excellent. Comme vous savez, qui est porté par Louis Massicotte, il mise sur la
création de quatre villages vacanciers en plein coeur de Charlevoix, en Estrie,
dans Lanaudière et aussi dans les Laurentides. Il y a quatre projets, au
Québec, là. Juste dans Charlevoix, on parle d'un lagon géothermique, chauffé
par du solaire, là, il y a 120 000 pieds cubes de... à chauffer, en
fait, d'eau à chauffer, des centaines de logements Airbnb. La prévente a déjà
commencé. Peut-être que je me mélange un peu sur la grosseur du géoLagon, là,
mais... puis à peu près... c'est ça, puis la prévente des chalets a déjà
commencé. Est-ce que vous... est-ce que vous, vous qualifieriez ce projet-là de
durable?
Mme Proulx : Je ne les ai
jamais rencontrés, et tant qu'il n'y aura pas d'acceptabilité sociale, ce qu'il
ne semble pas y avoir pour l'instant, il n'y aura pas d'aide du gouvernement du
Québec, du ministère du Tourisme.
M. Grandmont : Parfait. Vous
êtes au courant qu'il y a plusieurs personnes et plusieurs maires, préfets, la
préfète, d'ailleurs, aussi... l'ancienne préfète et le préfet ont levé des
drapeaux rouges pour ce projet-là, qu'il est bloqué, que les élus luttent
contre ce projet-là?
Mme Proulx : Oui.
M. Grandmont : Parfait.
Mme Proulx : Pas d'acceptabilité
sociale.
M. Grandmont : Est-ce que...
Là, vous ne les avez pas rencontrés, jusqu'à maintenant?
Mme Proulx : Je ne les
rencontrerai pas.
M. Grandmont : Vous ne les
rencontrerez pas? C'est bon. Si jamais il y a une demande de financement du
gouvernement du Québec, est-ce que vous allez...
Mme Proulx : Ce n'est pas moi
qui vais les rencontrer.
M. Grandmont : Ce n'est pas
vous. Ce serait qui?
Mme Proulx : Ah bien, ça
pourrait être les équipes du ministère, mais ce ne serait certainement pas moi.
M. Grandmont : Parfait.
Excellent. C'est une bonne chose. Quelque chose de réglé. Moi, je suis très
content de ça.
On va pouvoir passer au prochain sujet,
les claims miniers. Je comprends qu'on est sur d'autres choses, les claims
miniers, on en parle beaucoup...
Mme Proulx : Vous avez l'habitude
de faire ça. L'année passée, c'était les caribous forestiers. Je me doutais que
les claims...
M. Grandmont : Oui, oui, mais
quand même, il y a des liens, il y a des liens très intéressants. J'en parle
beaucoup avec votre collègue la ministre des Affaires municipales, actuellement,
dans le projet de loi n° 16, parce qu'il y a plusieurs organisations qui
demandent l'abrogation de l'article 246, qui fait en sorte que la Loi sur
les mines est au-dessus du droit des municipalités, en fait, des... de l'organisation
des schémas d'aménagement.
Il y a plusieurs organismes, donc, qui
lèvent le drapeau, qui lèvent des drapeaux rouges par rapport à ça, parce qu'on
a clairement... puis vous avez sans doute entendu à la période des questions,
on a beaucoup de claims qui se... qui se réservent, actuellement, dans le sud
du Québec, principalement. Il y a des régions qui sont particulièrement
touchées parce qu'on parle des minéraux critiques, des minéraux qui serviraient
notamment dans la création des batteries qui servent à l'électrification des
transports, notamment. La Mauricie est particulièrement touchée. L'Estrie est
particulièrement touchée, les Laurentides, le Bas-Saint-Laurent, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine,
l'Outaouais, Lanaudière aussi. Il y aura une explosion du nombre de claims. Pour
faire court, comme la Loi sur les mines est au-dessus de la loi... est comme
préséante sur la loi sur l'aménagement, en fait, ça vient geler le territoire
pour du développement, du développement touristique, notamment, que des
municipalités voudraient pouvoir mettre en place. Plusieurs claims ont été
directement collés aux abords d'un secteur à vocation touristique ou encore
sont à l'intérieur des zones touristiques, des lacs, des milieux naturels
valorisés. Quelques exemples, des claims à l'intérieur de la réserve faunique
des Chic-Chocs et aux abords du parc national de la Gaspésie, qui est un
habitat essentiel du caribou, on y revient, des claims aux abords du parc
national du Mont-Tremblant, des claims aux abords du parc national Mont-Mégantic,
des claims à l'intérieur de la réserve faunique La Vérendrye. Vous comprendrez
qu'on est inquiets pour ces lieux qui sont importants par rapport à Tourisme.
Est-ce que, d'abord, vous trouvez ça
normal d'avoir cette pression de la Loi sur les mines, des claims miniers sur
des territoires qui sont... qui relèvent de votre <ministère...
M. Grandmont :
...de
la Loi sur les mines, des claims miniers sur des territoires qui sont... qui
relèvent de votre >ministère, en fin de compte, puis qui sont des vecteurs
de tourisme importants au Québec?
Mme Proulx (Berthier) : ...à poser
la question à ma collègue qui est responsable des Ressources naturelles et des
Forêts lors de l'étude de ses crédits. Comme vous le savez, elle l'a mentionné,
elle y a fait référence à la période des questions pas plus tard que ce matin
au salon bleu. Elle a répondu à une question, justement, de la députée de
Verdun, en ce qui a trait aux fameux claims miniers et... qu'elle a amorcé
présentement un processus de consultations. Puis j'ai confiance en ma collègue,
là, qu'elle va mener à bien ce processus de consultations là, mais je vous
invite à poser la question à ma collègue lors de son étude de crédits.
M. Grandmont : ...posé la
question, on lui a posé la question en Chambre, également, aussi. Pour
l'instant, elle semble dire qu'il n'y a pas de problème, que le système actuel
répond aux besoins. Je vous épargne les détails, là, mais on parle de
territoires incompatibles avec l'activité minière, puis elle a dit qu'il n'y a
pas de problème.
Comme je vous dis, on est en train de
regarder ça à l'intérieur du PL n° 16 aussi. J'espère faire changer, faire
abroger cet article 246, qui est, pour nous, une menace importante au droit des
municipalités de gérer et aux MRC de gérer leurs territoires, mais j'espère
trouver en vous, considérant vos fonctions importantes en tourisme, une alliée
pour convaincre vos collègues députés, vos collègues ministres, qui, pour
l'instant, ne semblent pas si ouvertes que ça à protéger nos territoires
touristiques. Est-ce qu'on peut compter sur vous?
Mme Proulx : Moi, j'ai un
territoire à protéger, ça s'appelle l'industrie touristique du Québec. Moi, je
fais la promotion, la mise en marché, la valeur d'une des plus belles
industries au Québec.
M. Grandmont : Je suis tout à
fait d'accord.
Mme Proulx : Je ne mets pas
mes pattes dans le ministère de l'Économie, je ne mets pas mes pattes dans
aucun autre ministère. Il y a du travail interministériel, évidemment, qui est
fait, occasionnellement, entre autres, à travers un projet de loi sur
l'hébergement touristique, où on aura l'occasion, j'espère, de débattre
ensemble. J'ai hyper confiance en ma collègue la ministre responsable des
Ressources naturelles et de la Forêt. Je vous invite encore une fois à poser
des questions à ma collègue.
M. Grandmont : Je vous
relance quand même la question. Nous, on a beaucoup de gens qui sont inquiets...
Mme Proulx : Je comprends.
M. Grandmont : ...des gens
qui aimeraient pouvoir... qui aimeraient pouvoir mettre... protéger le
territoire, notamment pour des projets touristiques, des projets à vocation
régionale, à vocation locale qui ont un potentiel de développement économique
local et régional extrêmement important.
Mme Proulx : Ayez bonne foi
en ma collègue. Elle amorce une consultation, ayez foi dans cette
consultation-là. À la lumière de la consultation, on aura l'occasion,
certainement, vous et moi, M. le député de Taschereau, d'en discuter, mais, si
elle amorce une consultation, c'est parce qu'elle veut aller sur le terrain, à
l'écoute des gens qui sont préoccupés et ceux qui le sont moins, aller, donc,
amasser ces commentaires-là pour pouvoir les déposer et les partager avec les
collègues responsables des dossiers dans les oppositions officielles en ce qui
a trait aux ressources naturelles et aux forêts.
M. Grandmont : Vous savez, je
commence à apprendre mon travail, comme député.
Mme Proulx : Vous êtes bon.
M. Grandmont : Je vois
comment ça fonctionne, entre nous, même, tu sais, au caucus de Québec
solidaire, on a des dossiers souvent qui recoupent les différentes
responsabilités qu'on a. Donc, je suis très conscient que c'est exactement la
même chose aussi à la partie ministérielle. Si ces claims-là ne sont pas... si
la Loi sur les mines, si l'article 246 n'est pas abrogé, si on continue à
claimer le territoire puis que ça a un impact sur votre ministère, sur votre
industrie...
Mme Proulx : ...M. le député.
M. Grandmont : ...sur l'industrie
que vous défendez, est-ce que ça ne devient pas un problème et est-ce que vous
ne devez pas parler à vos collègues pour améliorer les choses?
La Présidente (Mme D'Amours) : La
réponse en 40 secondes.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Je ne peux pas présumer d'un résultat. Je veux dire, il y a une
commission qui est en cours, ma collègue est en train de faire une
consultation. Je comprends les souhaits que vous manifestez ici, je vous
demande de les adresser à elle. Je ne peux pas présumer du résultat. Il y a une
consultation qui est en cours. Je sais que vous ferez le travail que Québec
solidaire vous demande de faire et que ma collègue fera le travail qu'elle doit
faire.
M. Grandmont : Est-ce que
vous pourrez participer à la consultation?
Mme Proulx : Je vais
consulter mon agenda avec beaucoup de plaisir, je vous reviendrai dans les
meilleurs délais.
M. Grandmont : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : 15
secondes, M. le député. Ça va?
M. Grandmont : C'est beau,
j'ai...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Je suis prête, maintenant, à entendre le député de Matane-Matapédia. La parole
est à vous, M. le député.
• (17 h 10) •
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Mme la ministre, depuis que la CAQ est au pouvoir, il y a eu cinq
budgets, 2019, 2020, 2021, 2022, 2023. Dans aucun de ces budgets, le projet
d'agrandissement du Palais des congrès de Montréal n'a avancé, toujours à
l'étude après cinq budgets. Comment la ministre explique ça, et est-ce qu'elle
pense que les travaux vont commencer avant la fin du mandat actuel?
Mme Proulx : Plaisir de vous
voir en étude de crédits, M. le député. Palais des congrès... D'ailleurs, je
tiens à saluer la présence d'Emmanuelle Legault, la première femme PDG.
M. Bérubé : Je n'ai pas
beaucoup de temps.
Mme Proulx : Je tiens à le
souligner.
M. Bérubé : Je vous salue.
Mme Proulx : Première femme PDG
du Palais des congrès, nommée par nous.
M. Bérubé : OK, mais j'ai
cinq minutes, Mme la ministre.
Mme Proulx : Oui. Non, je vais
aller vite. Donc, Palais des congrès, Palais des congrès, plusieurs enjeux,
comme vous le savez, dès le début de mon mandat, sur le fameux lien
architectural pour l'agrandissement du Palais des congrès. Vous savez à quoi je
fais <référence...
Mme Proulx :
...sur
le fameux lien architectural pour l'agrandissement du Palais des congrès. Vous
savez à quoi je fais >référence ou... Vous voulez que je continue sur
l'enjeu lié au lien architectural?
M. Bérubé : Non. Mme la
Présidente, en tout respect, ma question : Est-ce que vous allez commencer
les travaux avant la fin du mandat, oui ou non?
Mme Proulx : OK. Bien,
la réponse à ça, c'est que, et vous ne l'aimerez pas, il y a eu une pandémie.
Le modèle d'affaires du tourisme d'affaires, je veux dire, on a fait un 180 degrés.
M. Bérubé : D'accord.
Mme Proulx : On a fait
un 180 degrés.
La Présidente (Mme D'Amours) : En
terminant.
Mme Proulx : Nous devons
donc avoir l'obligation... Et c'est ce que... la PDG du Palais des congrès de
Montréal...
La Présidente (Mme D'Amours) : En
terminant, Mme la ministre. En terminant.
M. Bérubé : Merci. Donc,
ce n'est pas moi que ça va attrister, c'est la Chambre de commerce du Montréal
métropolitain, c'est Tourisme Montréal, c'est les hôteliers. C'est attendu. 150
organisations auraient pu être intéressées par des événements. Il n'y a pas
d'agrandissement.
Tout à l'heure, la ministre a dit qu'elle
ne se mettait pas les pattes dans les autres ministères, mais son collègue des
Finances, lui, a dit devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain,
un peu avant Noël, qu'il n'y en aurait pas, d'agrandissement. Et j'ai les
déclarations d'à peu près tout le monde ici.
Alors, ma question, à nouveau : Qu'est-ce
qui empêche le gouvernement du Québec de faire passer le projet
d'agrandissement du Palais des congrès d'à l'étude à en mouvement d'ici la fin
du mandat? Son collègue de Chaudière-Appalaches, lui, a dit... pour le projet
de liaison entre la Rive-Sud puis Québec, il est capable de dire que ça va
commencer avant la fin du mandat. Je demande à la ministre, si elle est capable
de l'annoncer. Si ce n'est pas le cas, j'ai ma réponse.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Proulx : Ce n'est
pas ça. La réponse, c'est que le modèle du tourisme d'affaires a changé
100 % depuis la pandémie. On est passés de 100 % en présentiel à
100 % en virtuel. Ce qu'on est à faire présentement... Et on fait une
analyse à travers le monde pour voir comment le modèle d'affaires va changer :
va-t-il revenir comme il était avant ou va-t-il se modifier? On fait des
études. À la lumière des études, on aura une décision éclairée sur
l'agrandissement ou non du Palais des Congrès.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. Bérubé : Merci, Mme
la Présidente. Pendant ce temps-là, Toronto, Vancouver, Calgary, eux,
accueillent les événements qu'on n'est pas capables d'avoir et n'ont pas ces
réflexions-là sur le fait qu'eux, la pandémie... Ils accueillent les congrès,
présentement. Et, si vous voulez vous en convaincre, Tourisme Montréal, Chambre
de commerce du Montréal métropolitain, les hôteliers peuvent tous vous le
confirmer.
Je veux quand même dire que le
gouvernement a procédé à 19 millions de dollars pour des acquisitions
de trois terrains à l'est de la rue Saint-Urbain. C'est quand même important.
Alors, soit qu'on va de l'avant, soit qu'on ne va pas de l'avant. Alors, pour
cinq budgets consécutifs, y compris... y compris trois budgets avant pandémie,
ça n'a pas bougé, 2019, 2020, 2021. Alors, qu'est-ce qui explique que...
Peut-être deux. Alors, qu'est-ce qui explique que ça ne bouge pas, que c'est
toujours à l'étude?
Et, dans un article récent, post-budget,
on indiquait dans LaPresse que ce n'est pas près de bouger.
Alors, il y a quelqu'un qui bloque, à quelque part, qui ne veut pas que ça se
fasse.
Mme Proulx : Très
intéressant que vous souleviez Toronto, Vancouver et Calgary, financement
accordé par le gouvernement fédéral, ce qu'on n'a pas eu, nous, la première
année de mon mandat, où on avait des comités pour l'agrandissement du Palais
des congrès. Il n'y a eu du gouvernement fédéral, contrairement à Toronto,
Calgary et Vancouver... qui finançait un tiers de l'agrandissement du Palais
des congrès de Toronto, de Vancouver et de BC... l'engagement du fédéral,
qu'ils ont payé. À Montréal, on n'a jamais eu l'engagement.
M. Bérubé : Bon. Alors
là, c'est davantage dommage pour la ministre, qui croit bien davantage au
Canada que moi, parce que j'aurais aimé que la présence de ce gouvernement
nationaliste permette d'aller chercher cet argent. Je l'ajoute à la colonne des
demandes qui n'ont pas eu de suite. Alors, moi, j'ai...
Mme Proulx : ...non,
mais là, c'est...
M. Bérubé : Je
termine...
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre, s'il vous plaît, laissez le député, là.
M. Bérubé : ...tirer des
conclusions politiques à mon appartenance au Canada. Ceci étant dit, j'ai ma
réponse, qui pourra être transmise aux trois organisations indiquées, quant à
l'avenir du Palais des congrès.
Stade olympique. En 2017, le gouvernement
libéral a pris un engagement pour 2022. Le gouvernement de la CAQ a dit oui.
Après, on a dit 2022. La ministre a dit, l'an dernier, en février : Dans
les plus brefs délais, 2024. Et là on m'indique qu'il n'y a plus aucun
échéancier. La même question que pour le Palais des congrès de Montréal :
Est-ce que la ministre s'engage à ce que ce dossier avance, progresse avant la
fin du mandat, oui ou non?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Proulx : Oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
50 secondes.
M. Bérubé : Quel est
l'échéancier?
Mme Proulx : Quand vous
avez été ministre du Tourisme, la première chose que vous auriez dû faire,
c'est de changer la vocation du... Mme la Présidente, de la Régie des
installations olympiques en société commerciale pour, justement, amorcer tous
les travaux inhérents au remplacement de la toiture du parc...
M. Bérubé : ...
Mme Proulx : Bien oui,
j'ai répondu oui. Votre première question, c'était oui ou non, j'ai répondu
oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...n'a
pas terminé sa réponse. Laissons la ministre terminer.
M. Bérubé : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Non,
laissons la ministre terminer sa réponse, elle n'a pas terminé. Allez-y.
M. Bérubé : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Bien,
elle prend le temps qui lui est...
M. Bérubé : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Allez-y. Il vous reste 12 secondes.
Mme Proulx : En faire
une société commerciale était le premier des gestes à poser, Mme la Présidente,
pour ensuite amorcer les <travaux...
Mme Proulx (Berthier) :
...premier
des gestes à poser, Mme la Présidente, pour ensuite amorcer les >travaux.
Et on ne fera pas les erreurs des gouvernements précédents puis... de livrer
une toiture pour les...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. C'est tout ce qui... tout le temps qu'on avait. Maintenant, je suis
prête à reconnaître la députée de Chomedey. À vous la parole.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci,
Mme la Présidente. Mme la ministre, est-ce que l'équipe peut revenir avec la
réponse à la question précédente? Ils sont-tu prêts?
Mme Proulx (Berthier) : Oui.
Avec l'autorisation des collègues, je dois, sauf erreur, soumettre la
possibilité que la sous-ministre puisse répondre à la question? Est-ce qu'il y
a consentement?
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que j'ai le consentement pour que la sous-ministre? Pas de problème.
Consentement. Allez-y, Mme la sous-ministre. Veuillez vous nommer, et vous
présenter, et commencer votre allocution.
Mme Murray (Audrey) :Bonjour. Alors, Audrey Murray, sous-ministre au Tourisme.
Donc, si j'ai bien compris votre question, en fait, le tableau auquel vous
faites référence, je crois que c'est le tableau B.20. Est-ce que c'est
bien le même tableau que je regarde? J'essaie de comprendre parce qu'en fait
vous voyez des...
Mme Lakhoyan Olivier : ...
Mme Murray (Audrey) :
Pardon?
Mme Lakhoyan Olivier : B.17.
À la page B.41.
Mme Murray (Audrey) :Bon. Alors, l'équipe va me trouver le tableau. Moi, j'avais
le B.20, qui est le budget qui est consenti, là, au Tourisme dans le budget que
vous regardez. Donc, j'essaie de comprendre la diminution que vous y voyez,
parce qu'évidemment on a obtenu 143 millions dans divers programmes pour
l'année en cours, donc c'est une année d'investissements importants en termes
budgétaires pour le ministère du Tourisme. Donc, j'essaie de bien comprendre
votre question, vous référez à une diminution. Peut-être...
Mme Lakhoyan Olivier : ...je
m'excuse. 2026‑2027 puis 2027‑2028, vraiment un grand écart, là, 1 million
seulement, comparé à 39, 64 puis 45 millions chaque année.
Mme Murray (Audrey) :Oui, mais vous comprenez qu'à chaque année, dans le fond,
il y a des nouveaux budgets puis que, quand on projette sur trois ans, quatre ans,
cinq ans, bien sûr, qu'il pourrait y avoir de nouveaux montants pour les années
subséquentes, là. Donc, pour les trois prochaines années, en fait, vous le
voyez bien au tableau B.20, là, les investissements sont significatifs
dans chacun des axes prioritaires, là, pour le Tourisme, dans le dernier budget
du Québec, oui.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc,
ça peut changer?
Mme Murray (Audrey) :Absolument, oui.
Mme Lakhoyan Olivier : OK.
Bon. Merci pour la réponse.
Mme Murray (Audrey) :Merci.
Mme Lakhoyan Olivier :
L'industrie du tourisme n'est pas épargnée par le manque de travailleurs.
Plusieurs ont quitté cette industrie gravement affectée par la pandémie pour
aller vers d'autres secteurs de l'économie. Il y a donc un énorme défi de
recrutement pour les industries touristiques. Au dernier trimestre de 2022, il
y avait plus de 34 000 postes à combler... qui sont actuellement à
combler dans cette industrie, ce qui correspond à 14 % de tous les postes
vacants au Québec. Avec ces postes non comblés, de nombreuses entreprises ont
dû réduire leurs heures d'ouverture ou leurs activités.
Donc, l'État doit donc être présent pour
soutenir nos entreprises touristiques. Et j'ai questionné Mme la ministre, le
9 décembre dernier, lors... En ce moment, elle m'a mentionné qu'elle
allait, au mois de décembre... elle a été, au mois en décembre 2022, oui... elle
s'en allait en recrutement à Paris. Juin et décembre, vous êtes allée en
recrutement, ça se peut-tu?
Mme Proulx (Berthier) : Oui.
En fait, le mandataire du ministère, c'est-à-dire le Conseil québécois des
ressources humaines en tourisme, qui est mon mandataire pour faire la
promotion, la rétention des postes en hôtellerie et en tourisme est allé faire des
missions en juin et en décembre dernier.
Mme Lakhoyan Olivier : En décembre.
Voilà.
Mme Proulx (Berthier) : Pas
moi. C'est donc mon mandataire qui est allé faire ces missions-là.
Mme Lakhoyan Olivier : Voilà.
Merci pour la clarification.
• (17 h 20) •
Mme Proulx (Berthier) : De
rien.
Mme Lakhoyan Olivier : C'était
la même chose, donc, ma question, c'est : Quelle est la contribution
financière du ministère dans cette mission de recrutement?
Mme Proulx (Berthier) : Ah bien,
là, il faudrait que j'aie les chiffres de l'équipe, d'une personne ou deux, je
crois, qui est allée, en juin et en décembre dernier, faire du recrutement,
donc pour, l'industrie touristique.
Une voix : ...
Mme Proulx (Berthier) : Ah! Bon.
On me dit que c'est le ministère de l'Emploi — excellente nouvelle — qui
a financé la mesure donc pour envoyer le Conseil québécois des ressources
humaines en tourisme pour aller recruter des travailleurs dans l'industrie.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc,
si je comprends bien, c'est le ministre de l'Emploi qui a investi pour toutes
ces dépenses-là, pour aller... le recrutement.
Mme Proulx (Berthier) : En
fait, nous, il y a deux subventions qui totalisent 5 millions de
dollars au CQRHT. Donc, un, recrutement des clientèles éloignées et
sous-représentées sur le marché du travail, transformation numérique,
valorisation des métiers. Donc, il y a eu des mandats qui ont été donnés pour
pouvoir... L'attraction, rétention de la main-d'œuvre 2020‑2023, les trois
priorités d'action <étaient...
Mme Proulx (Berthier) :
...rétention
de la main-d'œuvre
2020‑2023, les trois priorités d'action >étaient
donc : recrutement de clientèles éloignées sous représentées,
transformation numérique et valorisation des métiers et des professions, carrières
en tourisme. C'est dans ce volet, donc, là, que nous, on a pu envoyer le CQRHT
faire du recrutement.
Mme Lakhoyan Olivier : OK, donc
le ministère de l'Emploi s'est occupé de ce mandat, mais le ministère du
Tourisme a mis 5 millions. C'est ça que je comprends?
Mme Proulx (Berthier) : Pour
d'autres gestes, d'autres gestes.
Mme Lakhoyan Olivier : Pour
d'autres gestes.
Mme Proulx (Berthier) : Oui,
pour la rétention et recruter du personnel en... main-d'œuvre. Bien, c'est
parce qu'en fait, à votre question précise, là, sur les deux missions de juin
et de décembre, oui, c'est notre mandataire, mais qui a été financé par un
autre ministère.
Nous, au ministère du Tourisme, c'est
5 millions de dollars pour le Conseil québécois des ressources
humaines en tourisme, entre autres, pour de l'innovation, des plateformes, des
campagnes de valorisation, pour recruter des travailleurs. Il y a eu, donc, des
missions de recrutement à l'international, donc beaucoup de gestes qui ont été
posés.
Puis honnêtement, si je peux me permettre,
là, les chiffres vont beaucoup mieux, parce que, dans un récent article d'avril
dernier, le 5 avril dernier, oui, il y avait des pénuries de main-d'œuvre
liées aux travailleurs dans la haute saison, particulièrement du côté de
l'hôtellerie, mais là il y a une recrudescence, honnêtement, le taux grimpe, dans
les hôtels du Québec, d'abord et avant tout parce qu'il y a eu des
augmentations de salaire dans le secteur hôtelier qui ont pu grimper jusqu'à
35 %. Donc, on a pu séduire à nouveau ces travailleurs-là et les ramener
dans l'industrie touristique, d'abord et avant tout, là, dans les hôtels, qui
est la colonne vertébrale de l'industrie.
Mme Lakhoyan Olivier : Moi,
ce que j'ai comme... au mois d'avril... Ah! ça, c'est 2022. 2023, OK, donc, il
y a une amélioration là-dedans.
Mme Proulx (Berthier) : ...amélioration,
oui.
Mme Lakhoyan Olivier : OK,
bien, tant mieux.
Mme Proulx (Berthier) : Les
taux d'occupation, d'ailleurs, des hôtels reprennent les chiffres avant la
pandémie. Et, pour ce qui est de dans les hôtels, on parle jusqu'à 35 %
d'augmentation des salaires. À Entourage sur-le-Lac, Lac-Beauport, près de
Québec, le chef exécutif, lui, a parlé d'augmentation de plus de 35 %, partager
une partie des profits entre les employés, ce que certaines entreprises
décident de faire. Et même la présidente de l'AHQ, Mme Tremblay, a
souligné, dans cet entretien-là à un quotidien, que c'est une hausse très, très
importante des salaires en entretien ménager, en cuisine, en précisant, donc,
que c'est un élément important, là, évidemment, les salaires dans l'industrie
touristique. Donc, nette amélioration.
La Présidente (Mme D'Amours) :
...
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Pour revenir à ma question... Merci pour les informations. Pour revenir à ma
question concernant la mission de recrutement à Paris, est-ce que vous pouvez
faire un bilan de cette mission?
Mme Proulx (Berthier) : On
n'a pas de bilan à présenter pour le moment. C'est des efforts qui sont faits
en continu, hein, de la part du Conseil québécois des ressources humaines en
tourisme. Parfois, on se déplace sur place dans le cadre de forums ou de
grandes rencontres de l'industrie. Ça peut se faire par d'autres moyens,
également, mais le mandat premier du Conseil québécois des ressources humaines
en tourisme, même s'il n'y a pas de solution miracle, c'est de s'assurer
d'aller chercher des travailleurs dans l'industrie et de les avoir pour quatre
saisons, évidemment.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc,
pour cette question, est-ce qu'il y a eu des retombées par le biais de ces
visites-là? Parce qu'on est au mois d'avril, ça fait comme quatre mois depuis
décembre. Est-ce qu'il y a eu des embauches qui ont été réalisées? Je
comprends, peut-être, ça ne se fait pas tout de suite, mais ça fait quand même
quatre mois. Est-ce qu'il y a eu des embauches?
Mme Proulx (Berthier) : Bien,
je ne peux pas vous dire, au niveau des embauches, là, parce que c'est une
mission de recrutement, ça fait que je ne serais pas en mesure de vous donner
des chiffres, combien d'embauches ont été faites liées à cette mission-là.
Le travail du CQRHT est un travail en
continu. Parce que, bien avant la pandémie... il y avait déjà 15 000
travailleurs qui étaient manquants dans le secteur avant la pandémie. On
comprend que, durant la pandémie, il y a des gens, pour des nécessités
évidentes, qui ont décidé d'aller travailler ailleurs. Le CQRHT fait une vaste
campagne de promotion, de mise en valeur du travail dans l'industrie
touristique. Et là on le voit, avec l'augmentation des salaires, il y a des
travailleurs qui reviennent, donc, travailler dans l'industrie touristique.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc,
on ne peut pas dire, la mission de décembre, combien d'employés on a pu avoir?
Mme Proulx (Berthier) : Je ne
suis pas en mesure de vous donner ce chiffre-là, non.
Mme Lakhoyan Olivier : C'est
bien, merci. Dans l'article du Soleil du 5 avril dernier, on aborde
la difficulté des entreprises touristiques à <loger...
Mme Lakhoyan Olivier :
...dans
l'article du Soleil du 5 avril dernier, on aborde la difficulté des
entreprises touristiques à >loger leurs travailleurs saisonniers venus
de l'extérieur et même ceux... ceux qui aimeraient travailler à l'année, à
cause du manque de logements dans les régions. Toujours dans le même article,
on mentionne le cas de Michel, un résident de Québec qui souhaite travailler en
tourisme. Il a reçu deux offres d'emploi dans la région de Charlevoix, mais il
a dû les refuser car il n'y a aucun logement disponible.
Sachant que cela représente un défi majeur
pour nos entreprises touristiques et connaissant très bien Charlevoix, comment
on a des endroits qu'il vaut la peine de visiter... et les besoins sont grands,
à Charlevoix aussi, est-ce que la ministre a considéré des pistes d'action pour
venir en aide à l'industrie touristique sur cet aspect?
Mme Proulx (Berthier) : Oui.
Le problème de logement, donc, pour les travailleurs dans l'industrie, ma
collègue, vous comprenez que, là, c'est une question d'habitation, donc il
faudra peut-être diriger votre question du côté de la ministre responsable de
l'Habitation.
Par contre, si on revient à l'industrie
touristique, on a vu des initiatives extraordinaires de certaines entreprises
qui ont décidé de bâtir des logements sur le périmètre pour venir, donc, aider
les... entre autres, certains travailleurs étrangers temporaires, de pouvoir
les loger. Ce sont des initiatives qui ont été faites par certains
entrepreneurs.
Maintenant, si on regarde le problème plus
largement, le problème de l'habitation plus largement examiné, je vous
inviterai à poser la question lors de l'étude des crédits de ma collègue du
côté de l'Habitation.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui.
Pour les prochains mois, est-ce qu'il va y avoir des mesures entreprises pour
la rétention de la main-d'œuvre pour le tourisme?
Mme Proulx (Berthier) : ...déjà.
Je pense qu'une des choses, et d'ailleurs c'était au dernier budget... la
modernisation de l'industrie touristique et de se tourner vers la technologie
est un impératif. Bien sûr, l'humain est au cœur de l'industrie touristique. Il
y a quand même des éléments des secteurs dans l'industrie touristique où... on
peut avoir de l'automatisation de certains secteurs de l'industrie touristique,
entre autres, des plateformes d'échange d'employés, ne serait-ce qu'à travers
le Web.
Donc, on fera les annonces en temps et
lieu, Mme la députée, mais c'est clair qu'il y a un soutien qui doit être
apporté. On a des sommes. On déclinera en temps et lieu, là, les mesures plus
spécifiques et ponctuelles qu'on aura pour venir régénérer. Ça va être
régénératif, là, pour l'industrie touristique, de pouvoir aller du côté de
l'adaptation, avec la modernisation de l'industrie touristique à travers
l'univers Web.
• (17 h 30) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Il
y a des questions que je demandais, ça a rapport avec d'autres ministères,
comme pour le logement, pour le travail. Est-ce qu'il... est-ce qu'il y a un
travail qui se fait entre les ministères? Parce que, comme la mission à Paris
au mois de décembre, bien, c'est le ministre du Travail qui a... qui a comme
investi dedans. Quand on parle de manque de logements, bien, c'est un autre
ministère. Donc, est-ce qu'il y a un travail qui se fait entre les ministères
afin qu'on ait des résultats, des résultats positifs où on réussit dans notre
mandat du développement et de rétention des touristes dans notre belle
province?
Mme Proulx (Berthier) : En
fait, ça doit être plus largement décrit, là, la collaboration
interministérielle. Puis, s'il y a un ministère qui est transversal, c'est bien
celui du Tourisme, où on travaille avec le ministère des Relations
internationales, on travaille avec le ministère des Affaires municipales, avec
le projet de loi n° 67, où on a donné le pouvoir aux municipalités
d'interdire, de régir, de restreindre les zones d'exploitation, entre autres,
de la résidence principale. Évidemment, avec Emploi, on travaille avec Emploi
pour du recrutement à l'international, ici, au Québec, des mesures, donc, pour
nous aider là-dessus. Le ministère de l'Économie...
17 h 30 (version révisée)
Mme Proulx : ...ici, au
Québec, des mesures, donc, pour nous aider là-dessus. Ministère de l'Économie,
un incontournable, avec lequel, évidemment, on travaille. Donc, on est un des
ministères les plus transversals et où on a l'occasion de travailler, donc,
avec les ministères auxquels je fais référence, le ministère de la Culture,
évidemment, et des Communications, qui est imbriqué, là, à peu près directement
avec le ministère du Tourisme. Donc, oui, beaucoup de collaboration, beaucoup d'interministériel.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Allez-y.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Là, je reconnais le visage. Comment on fait pour... pour combler les emplois
venant de l'étranger? Parce que les prérequis pour venir ici, ce n'est pas
évident, ça prend des points, et tout ça. Donc, quand on veut amener des
employés pour le tourisme, comment... comment on fonctionne pour amener les
employés de l'extérieur? Est-ce que c'est fait avec tous les ministères qui
travaillent ensemble? C'est-tu par l'industrie qui vient vous voir? Comment on
fonctionne? Est-ce que c'est fait centralisé? Donc, on a... bon, on a besoin
tant de cuisiniers, tant de n'importe quoi... Comment on fonctionne? Entretien
ménager, donc on en a besoin de 50, pour le Québec, on a 10 hôtels qui ont
besoin des employés, et donc on s'en va chercher ou on s'en va regarder la
liste des gens qui ont appliqué, puis on dit : Bien, eux autres, ça, c'est
du potentiel, on va les prendre? Je suis curieuse de savoir comment ça
fonctionne, puisque... puisque...
Mme Proulx : Bien, je
comprends votre curiosité, puis c'est une bonne curiosité. Effectivement, c'est
une... c'est une...
Mme Lakhoyan Olivier : Le
tourisme, là, sans les employés, on ne peut pas donner un service. Puis j'ai
déjà été à des hôtels où les chambres étaient fermées, donc, puis il n'y avait
pas assez d'employés. Donc, les employés sont importants. Puisqu'ils nous
manquent des employés, pour aller les chercher de l'extérieur, vous avez
mentionné que ça se fait, est-ce que c'est centralisé par le ministère de l'Immigration?
Comme vous avez dit : Tous les ministères travaillent ensemble, je me
demande comment vous travaillez.
Mme Proulx : C'est une
question qui est intéressante puis c'est une question qui est à plusieurs
volets, parce qu'on est un des ministères les plus transversals. Avec la
permission des collègues, j'inviterais ma sous-ministre à vous détailler toutes
les opérations que le ministère, et donc le cabinet, on fait avec les autres
ministères pour répondre, entre autres, aux questions que vous soulevez liées à
la main-d'œuvre. Mme la Présidente, je demande l'autorisation de la députée.
La Présidente (Mme D'Amours) : On
a déjà eu le consentement pour que madame puisse prendre la parole. Allez-y, madame.
Mme Murray (Audrey) :...donc, en fait, sur l'évaluation des besoins en main-d'oeuvre,
donc combien de personnes on a besoin dans le secteur du tourisme pour nos
métiers et professions, il y a un exercice rigoureux qui se fait avec le
conseil québécois, le CQRHT, et le ministère de l'Emploi. À chaque année, cette
évaluation-là, elle est faite et elle est projetée sur cinq ans. Et, bien sûr,
pour aller chercher, pour recruter, pour s'assurer qu'on a la main-d'oeuvre au
rendez-vous, il y a différents leviers qui sont disponibles pour le secteur du
tourisme et pour d'autres secteurs.
Le premier levier, c'est de s'assurer qu'on
a suffisamment de jeunes dans nos programmes de formation. Donc, c'est pour ça,
Mme la ministre disait qu'on a investi 5 millions... confié 5 millions
de subvention pour mener une campagne de valorisation. Donc, on souhaite
attirer les jeunes dans nos programmes de formation, bien sûr, qui
professionnalisent nos professions dans le secteur du tourisme.
Mme Lakhoyan Olivier : ...
Mme Murray
(Audrey) :Ensuite, il y a aussi des
programmes qui existent pour qu'on aille recruter des gens qui sont éloignés du
marché du travail. Donc, le gouvernement a mis en place des leviers, qui sont
disponibles pour le secteur du tourisme à travers Services Québec, qui permet d'intégrer
des personnes éloignées du marché du travail dans les différentes entreprises.
Et, pour le volet de reconnaissance de compétences, il y a des outils qui
existent quand les gens viennent d'ailleurs pour qu'on soit capables, soit du
côté de l'éducation ou du CQRHT, d'équivaloir leurs compétences.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Merci. Nous sommes maintenant à la dernière période...
(Panne de son)
Mme Dionne : ...merci, Mme la
Présidente. Mme la ministre, mes collègues, nombreux partenaires de l'industrie
touristique, anciens collègues du ministère, merci d'être présents. Bien, moi,
c'est sans surprise que je vais vous parler des régions aujourd'hui. Donc, c'est
sûr que, si on veut augmenter notre richesse collective au Québec, nos régions
sont déterminantes. Nos régions font également preuve de beaucoup de créativité
et de leadership dans plusieurs domaines, dont l'industrie touristique, et je
suis bien placée pour en parler.
Au dernier budget, on a annoncé qu'on
allait soutenir la prospérité des régions, d'ailleurs, en investissant,
justement, des... 1,4 milliard de dollars, comme le faisait mention
ma collègue tout à l'heure, d'une part pour stimuler la vitalité économique,
mais aussi pour le développement et la mise en valeur de nos nombreux attraits
touristiques. Ce sont également 153,1 millions de dollars
additionnels, au cours des cinq prochaines <années...
Mme Dionne :
...la
mise en valeur de nos nombreux attraits touristiques. Ce sont également
153,1 millions de dollars additionnels, au cours des cinq prochaines
>années, qui sont octroyés pour le développement de ce secteur clé de
notre économie. C'est donc dire que, depuis 2018, donc depuis l'arrivée d'un
gouvernement caquiste, et de la ministre, d'ailleurs, on a assisté à une hausse
considérable, quand même, de 139 % d'augmentation.
Je pense, par exemple, aussi... quand on
parle régions, on parle festivals. Donc, le budget prévoit, qui a été annoncé
hier, d'ailleurs, une aide additionnelle de 25 millions de dollars
sur trois ans. Cette enveloppe-là passera à 30 millions. Ça représente
quand même une augmentation de 38 % par rapport à 2018. Mme la ministre...
Mme la Présidente, désolée, oui, il faut que je m'adresse à la... à la
présidence, en tant que députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata, incluant Les
Basques, une circonscription qui compte quand même 43 municipalités, je
suis particulièrement à même de constater que... à quel point l'industrie... touristique
contribue grandement à la vitalité économique mais aussi sociale de nos belles
régions. Je pense qu'on reconnaît enfin que l'industrie touristique est un
véritable moteur de développement économique pour notre Québec.
En contrepartie, on va se le dire, les
impacts de la pandémie sur l'industrie touristique sont significatifs, et je
pense aussi qu'on doit continuer quand même à les soutenir dans une
perspective, je vous dirais, de relance. Donc, 25 millions supplémentaires pour
les festivals, 45 millions réservés pour prolonger le Programme d'appui au
développement des attraits touristiques, 25 millions additionnels, aussi,
pour le tourisme d'affaires, qui connaît, d'ailleurs, une importante croissance
dans certaines régions comme le Bas-Saint-Laurent. Je pense bien que ces
bonifications-là s'inscrivent parfaitement dans une volonté de relance et
viennent aussi répondre aux défis posés par l'inflation, également, de la
dernière année. Personnellement, le budget 2023-2024 se devait d'inclure
deux éléments phares, pour moi, soit de continuer à soutenir la relance et
aider nos régions à se développer davantage et pour que le Québec, en fait,
devienne une destination internationale, et été comme hiver.
Ma question : Notre gouvernement
souhaite déployer... Je vais revenir sur les festivals et événements, parce que
c'est très important pour nos régions. Donc, on souhaite déployer certaines
mesures pour favoriser le dynamisme de nos régions, dont la bonification du
programme F. Que... quels impacts significatifs pensez-vous aura ce
programme-là sur, un, nos organisateurs, mais également cette mesure
pourra-t-elle favoriser une augmentation des retombées économiques et sociales
pour nos régions?
Mme Proulx : Je suis
contente, Mme la députée, que vous parliez des organisateurs, parce que c'est
sur eux que pèse tout le poids d'organiser des festivals et des événements qui
vont attirer des clientèles du Québec et de l'international. Je suis
particulièrement heureuse... quoiqu'on souhaite ne plus l'entendre un jour, que
l'industrie touristique est encore en relance. On sera un des derniers secteurs
qui se sortira de cet événement horrible qui a frappé de plein fouet, vous y
étiez à mes côtés à l'époque. Donc, on est encore en relance, et c'est la
raison pour laquelle on a ajouté, hier, là, 25 millions de dollars
pour nos festivals et événements, ce qui mène à 30,1 millions par année
pour les trois prochaines années.
• (17 h 40) •
Un, les organisateurs ont besoin de prévisibilité,
là. En pandémie, c'est une des choses dont ils nous parlaient le plus souvent.
Deux, on est conscients qu'on est encore en relance. Et donc, au-delà de ces
investissements-là, qui sont superimportants, on ajoute des allègements pour
les organisateurs de festivals et d'événements. Encore cette année, on leur dit :
Écoutez, cette année, là, pour vous, les organisateurs, vous n'aurez pas besoin
de soumettre de nouvelles études de provenance. On sait qu'on n'avait pas de
touristes internationaux ou très peu, l'année passée, des frontières ont été
fermées, il n'y avait pas de croisières internationales. La dernière étude sera
valide pour déposer votre demande de financement au ministère du Tourisme.
Donc, oui, c'est 25 millions de dollars, oui c'est 30,1 pour les
festivals et les événements pour... sur trois ans... chaque année pour les
trois prochaines années. Bien, je suis vraiment contente que vous parliez des
organisateurs, parce que ça a été difficile pour eux, «difficile», comme
diraient certains. Et ces certains... ces allègements-là vont permettre à nos
organisateurs de présenter, j'en suis convaincue, des... des festivals, des
événements qui sont extrêmement importants pour toutes les régions.
On pense aux gros, là, on les a tous en
tête, les gros, là, Bas-Saint-Laurent, Nicolet-Bécancour, chez vous, M. le
député. Hull, vous en avez des gros également. Dans la belle région de la Capitale-Nationale,
vous en avez des gigantesques. C'est important de les soutenir, ça fait partie
de la colonne vertébrale de l'industrie touristique. Il y a des gens qui
choisissent le Québec uniquement pour venir faire une tournée des festivals et
des événements. J'y ai travaillé quelques années, ils sont précieux à mon cœur.
C'est une richesse pour toutes les régions. Très heureuse que le ministre des
Finances ait consenti cette <bonification-là...
Mme Proulx :
...j'y ai
travaillé quelques années, ils sont précieux à mon cœur. C'est une richesse
pour toutes les régions. Très heureuse que le ministre des Finances ait
consenti cette >bonification-là aux festivals et aux événements. Merci,
Mme la députée.
Mme Dionne : Puis on parle
aussi qu'on veut, justement, que le tourisme se promène à travers nos régions,
donc à l'ensemble du Québec. Donc, je pense que ça peut devenir aussi attrayant
d'avoir ces événements-là.
Mme Proulx : Et les festivals
et les événements commencent de plus en plus tôt et finissent de plus en plus
tard. Quand on parle de pouvoir répartir les touristes sur une plus grande
période de temps, bien, ça aussi, c'est plaisant, de voir des organisateurs qui
commencent un peu plus tôt dans la saison et d'autres qui vont finir un peu
plus tard de ce que, traditionnellement, on aurait pu voir.
Mme Dionne : Oui, on a parlé
de relance. Puis je suis d'accord avec vous, à un moment donné, on va passer à
autre chose. Bien, il faut quand même mentionner des éléments positifs. En
2022, je vais citer le Bas-Saint-Laurent, parce que, bon, que voulez-vous, j'ai
un petit... un petit...
Mme Proulx : Vous avez un
passif, vous avez passif, Mme la députée.
Mme Dionne : Oui. Le
Bas-Saint-Laurent connait un achalandage quand même record, comparable à avant
la pandémie. Donc, au niveau des données touristiques, j'aimerais savoir, Mme
la... Mme la ministre, qu'est-ce qu'il en est des autres régions. Est-ce qu'on
peut affirmer que, peut-être, de manière générale, le tourisme a repris au même
niveau que la période prépandémique partout au Québec?
Mme Proulx : Il y a des
régions qui ont vraiment, vraiment bien performé, particulièrement chez vous.
Les pronostics sont très bons. Bon, comme je le disais, les croisières
internationales sont de retour. Il y a des vols, comme vous le savez, durant la
pandémie, de nouveaux vols qui sont entrés sur le Québec, à Québec pour pouvoir
se déployer vers l'est. Donc, quatre vols par semaine avec Air France, qui va
commencer ses opérations, ma foi, cette semaine. Les pronostics sont très, très
bons, également, pour Montréal. On revient tout près des chiffres de 2019, mais
je vous dirais qu'au-delà de ça, des chiffres puis de la performance, ce qui
est bien, c'est que l'industrie touristique est prise au sérieux. On a injecté
massivement, les gens ont pris la pleine mesure de la valeur et du poids
économique. Oui, pour les grands centres, mais également pour les régions, vous
en... profité, ces dernières années, qu'on est une industrie maintenant qui a
un poids économique, qui est, je le rappelle, troisième produit d'exportation
au Québec après l'aluminium et l'aéronautique, troisième produit d'exportation
qui est consommé sur place, le grand paradoxe de l'industrie touristique. Bref,
en 2019, on avait d'excellents chiffres, des chiffres records.
On a des ambitions très sérieuses,
600 millions de visiteurs d'ici 2026, avoir dépassé les 14 milliards de
PIB touristique d'ici 2026, avoir dépassé également les 5 milliards d'entrées
de devises internationales, raison pour laquelle on aura des offensives, là,
très, très fortes sur le marché de la côte Est américaine, mais également chez
nos amis européens français, qui représentent 10 % du volume de touristes
mais 20 % des dépenses. Si on peut augmenter juste de 5 % le volume
des touristes français, on peut espérer augmenter le volume de dépenses, idem
pour les touristes américains. Bref, les pronostics sont bons.
Le Bas-Saint-Laurent a connu des bons
chiffres, 2019 a eu des bons scores, et les pronostics sont très bons, là. Juste
à Montréal, 9,5 millions de visiteurs en 2023, c'est ce qui est prévu, là,
par Tourisme Montréal. Des congrès majeurs, on a eu la COP15 qui s'est amenée
au Palais des congrès. Je tiens à féliciter, d'ailleurs, la PDG d'avoir
organisé la COP15 à Montréal dans des conditions pas évidentes et pas faciles,
exceptionnel travail de notre PDG. Bref, les chiffres sont bons, puis on va
continuer d'investir pour amener ces touristes internationaux et continuer de
faire voyager les Québécois au Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) : 10 secondes,
Mme la députée
Mme Dionne : Bien, je vais
laisser la parole à Mme la ministre, si elle veut faire ses remerciements à ce
moment-là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Cinq
secondes.
Mme Proulx : Total, sur tout?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Total.
Mme Proulx : Heille! Merci,
tout le monde. Ce fut bref mais intense, plaisir d'avoir fait votre
connaissance.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Le temps alloué à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Tourisme
étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des
crédits.
Le programme 1, intitulé Direction,
administration et gestion des programmes, est-il adopté? Adopté sur division.
Le programme 2, intitulé
Développement du tourisme, est-il adopté? Adopté sur division.
Finalement, l'ensemble des crédits
budgétaires du portefeuille Tourisme pour l'exercice financier 2023-2024
est-il... Ah! pardon, j'ai... j'ai sauté le programme 3. Mme la ministre,
je reviens au programme 3, intitulé Organismes relevant du ministre, est-il
adopté? Sur division.
Et finalement, l'ensemble des crédits
budgétaires du portefeuille Tourisme pour l'exercice financier 2023-2024,
est-il adopté? Adopté sur division.
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de <l'heure...
La Présidente (Mme D'Amours) :
...est-il adopté? Adopté sur division.
En terminant, je dépose les réponses
aux demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de >l'heure, la
commission ajourne ses travaux à jeudi 27 avril, où elle entreprendra
l'étude du volet Économie, PME et Innovation des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie. Merci, tout le monde.
(Fin de la séance à 17 h 47)