(Seize
heures quinze minutes)
La Présidente (Mme
D'Amours) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance à la Commission de l'économie et du travail ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille
Tourisme pour l'exercice financier de 2023‑2024. Une enveloppe de
1 h 30 min a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata);
M. Dufour (Abitibi-Est) est remplacé par Mme Tremblay (Hull); et M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par M. Grandmont (Taschereau).
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par périodes
d'échange, incluant les questions et réponses. La mise aux voix de ces crédits
sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi vers
17 h 45.
Discussion générale
Je suis maintenant
prête à reconnaître la députée de Chomedey. La parole est à vous.
Mme Lakhoyan
Olivier : Bonjour. Je suis honorée de faire partie de cette démocratie
québécoise. C'est ma première fois que je
fais une étude de crédits. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour, tout le monde,
les collègues députés, Mme la Présidente. Voilà.
Je... Au Québec,
l'hébergement touristique de courte durée est régi par la Loi sur l'hébergement
touristique et son Règlement sur l'hébergement touristique. Cela fait suite à
l'adoption du projet de loi n° 100, en octobre 2021, où la classification
obligatoire et le panonceau étoilé ont été abolis et remplacés par un
enregistrement en ligne et une déclaration annuelle de l'offre d'hébergement et
des activités et des services qui y sont liés.
Depuis le
25 mars 2023, il est permis de louer sa résidence principale sur des
plateformes comme Airbnb pour une durée maximale de 30 jours. Cela fait
suite à l'adoption du projet de loi n° 67, en mars 2021, dont certaines
dispositions permettent aux municipalités de mieux encadrer l'hébergement
collaboratif dans les établissements de résidence principale tout en rendant la
pratique plus accessible pour les citoyens. Ainsi, à moins qu'une municipalité n'interdise ou ne limite l'offre d'hébergement
touristique dans certaines zones de leur territoire par voie de référendum,
aucun règlement municipal ne peut en interdire l'exploitation. Les
propriétaires qui souhaitent louer leur demeure aux touristes doivent s'enregistrer auprès de la
Corporation de l'industrie touristique du Québec, le CITQ. Les propriétaires
qui n'ont pas ce numéro d'enregistrement peuvent être sanctionnés par Revenu
Québec.
Le 16 mars 2023,
un incendie majeur éclate dans un édifice patrimonial du Vieux-Montréal qui
abritait des logements de location à court terme sur la plateforme Airbnb,
faisant sept victimes, malheureusement. Le Service de sécurité incendie de
Montréal révèle que ces logements étaient illégaux car ils ne respectaient pas
certaines normes d'habitation comme celles du fonctionnement du système
d'incendie et des sorties de secours. De plus, la ville de Montréal a confirmé
que les locations étaient illégales car la zone où se trouvait le bâtiment
interdisait la location de résidences aux touristes.
Dans la foulée de cet
incendie, on apprend qu'il y a des centaines de logements Airbnb illégaux dans
le Vieux-Montréal, alors que le zonage l'interdit dans ce quartier historique.
La ville de Montréal estime que la responsabilité revient à Revenu Québec de
s'assurer du respect de la Loi sur l'hébergement touristique. Cependant, Québec
estime que ce sont aux municipalités de faire respecter la réglementation
municipale et non les inspecteurs du Revenu Québec.
À ce moment, pas
moins de 92,5 % des quelque 13 900 appartements montréalais
offerts sur Airbnb ne détenaient aucun permis ou licence d'exploitation de la
ville ou du gouvernement du Québec, selon Inside Airbnb qui compte... qui
compile les activités de la plateforme de location partout sur la planète.
La mairesse de
Montréal, Valérie Plante, a demandé au gouvernement du Québec de mettre plus
de... d'inspecteurs en place pour gérer les
locations d'Airbnb, notamment ceux en location illégale. De son côté, la ministre
du Tourisme estime que c'est la responsabilité de la ville de Montréal d'agir
car le bâtiment incendié se trouvait à l'extérieur de la zone où la location de
courte durée est permise par l'arrondissement de Ville-Marie.
• (16 h 20) •
Le 20 mars 2023,
la ministre du Tourisme, Mme Proulx, vous avez annoncé que vous allez
implanter des nouvelles mesures législatives pour attaquer au problème des
locations à court terme effectuées illégalement en modifiant la Loi sur l'hébergement touristique. Vous voulez obliger
l'affichage du numéro d'enregistrement dans l'annonce sur la plateforme
de location et vous voulez obliger les plateformes à exiger une photo du
certificat d'enregistrement dans l'annonce. Enfin, des infractions seraient
également imposées sur les locateurs et les plateformes.
De
son côté, le ministre des Finances, Eric Girard, affirme qu'il va se pencher
sur la façon dont Revenu Québec fait
la chasse aux Airbnb illégaux. Il n'écarte pas une hausse du nombre
d'inspecteurs. Pendant ce temps, la ville de Montréal mettra sur pied,
en juin, une équipe d'inspecteurs chargés de débusquer les locations
touristiques non conformes.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Mme
la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Pouvez-vous juste placer votre micro, s'il vous
plaît, pour qu'on puisse vous...
Mme Lakhoyan Olivier : Ah!
La Présidente (Mme D'Amours) : Ce
n'est pas sur le bon... le bon. Et je vous rappelle qu'on doit appeler les
collègues par leur titre et non par leur nom de famille.
Mme Lakhoyan Olivier : C'est vrai.
Désolée.
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
pouvez continuer.
Mme Lakhoyan Olivier : Désolée, Mme
la ministre. C'est vrai, sachant très bien, mais...
Alors, ça... ça se voit qu'il y a un grave
manque d'effectif en place actuellement pour les inspecteurs. Est-ce que...
Pour faire respecter les règlements, est-ce qu'on pense ajouter des inspecteurs
pour qu'on puisse ne plus vivre la tragédie qu'on a vécue?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Plaisir, collègue, de vous... de faire votre connaissance.
Quelques petites précisions. D'abord, avant
tout, en ce qui a trait au laïus d'introduction de la députée de Chomedey, on ne peut pas créer de lien de cause à
effet entre un incendie tragique qui a eu lieu à Montréal... Il y a une
enquête publique du coroner, où on a tous, comme Québécois, comme gouvernement,
hâte de lire les conclusions de l'enquête de la coroner.
Maintenant, je vous invite à faire attention à
Inside Airbnb. Vous savez qu'au ministère du Tourisme on a des mandataires. La
CITQ, Corporation de l'industrie touristique, à laquelle vous faisiez
référence, est un mandataire du ministère. Évidemment, on a l'Alliance de
l'industrie touristique. C'est... Ce sont des mandataires, donc, qui sont
désignés par l'équipe du ministère. Donc, il faut faire attention aux chiffres
d'Airbnb.
Maintenant, dans votre laïus, vous parliez de la
responsabilité du zonage dans le projet de loi n° 100, le projet de loi initial. C'étaient des demandes de la FQM,
donc Fédération des municipalités du Québec, et de l'UMQ qu'elles
puissent prendre ces responsabilités-là, qu'elles soient maîtresses de décider
du zonage de la région, de la rue, du quadrilatère dans l'arrondissement, la
municipalité, la ville où elles décident de faire l'exploitation, donc, pour,
entre autres, la résidence principale. Des précisions qui sont importantes à ce
stade-ci à apporter.
Oui, impératif de travailler avec les équipes de
Revenu Québec, une collaboration qui est là depuis les premières heures. 2022-2023, il y a eu plus de 2 342 inspections
qui ont été faites par des enquêteurs de Revenu Québec, et c'est près de
5 millions de demandes qui ont été signifiées, donc, aux gens qui
n'affichaient pas ou n'avaient pas leur
numéro d'enregistrement, qui doit être affiché, comme vous le savez, sur toutes
plateformes, transactionnelles ou non, et même à votre marché
d'alimentation. Sur les plateformes également, comme Facebook, on devait
l'annoncer.
Donc, les
activités de Revenu Québec, c'est des activités d'inspection dans le secteur de
l'hébergement touristique, qui veillent, vous avez raison, à ce que les
citoyens, citoyennes et les entreprises respectent, donc, leurs obligations en
matière d'hébergement touristique courte durée. Comme je le signifiais, là,
c'est près de 5 millions de dollars que Revenu Québec a imposés aux gens qui étaient délinquants. Le rôle de
Revenu Québec demeure toujours de s'assurer du respect de la Loi sur l'hébergement touristique. Et Revenu Québec
valide, évidemment, toujours tous les signalements qui lui sont
assignés.
Dans le budget 2023-2024, donc, des sommes
additionnelles, comme vous le savez, Mme la députée, ont été allouées à
l'équipe de Revenu Québec pour renforcer le rôle de ce qu'on appelle le
contrôle fiscal. Le contrôle fiscal, évidemment,
relève du prélèvement de la taxe de vente du Québec sur unités d'hébergement
touristique et événements — ...
Une voix : ...
Mme Proulx : ...à vos souhaits — le
3,5 % de la taxe sur l'hébergement qui va... comme vous le savez, est
préservé par nuitée pour être redistribué à nos ATR pour en faire la promotion
et la mise en marché dans chacun de leur territoire. Donc, les équipes sont là,
à Revenu Québec.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci pour
votre réponse, Mme la ministre. À la suite de votre rencontre avec tous ces
Airbnb, vous avez... vous avez exigé dorénavant que votre numéro
d'enregistrement de la CITQ soit affiché dans toutes les
annonces sur leur plateforme, qui est excellent, et puis Airbnb a retiré toutes
les annonces illégales au Québec.
Aussi le
gouvernement... notre gouvernement aura accès au portail des villes, de la
plateforme, afin d'assurer le respect des règles par les hôtes. Cela représente
23 245 annonces illégales qui doivent être retirées ou qui sont
retirées au Québec car elles ne présentaient pas un numéro d'enregistrement.
Selon le Regroupement des comités... de comités de logement et... associations
de locataires du Québec, le RCLALQ, c'est près de 80 % des annonces
publiées sur Airbnb à l'échelle de la province, à Montréal, c'est plus de
89 % des annonces, à Québec, c'est près de 66 %, et Laval, ce n'est
pas moins de 95 % sur des annonces.
Or, quelques jours
après l'annonce d'Airbnb et le retrait des annonces illégaux effectué, le
plateforme ainsi que des locateurs tentent de contourner la loi. Dans un
article de Journal du Québec, on rapporte que les annonces comportent de
faux numéros d'enregistrement ou des numéros d'hôtel. Le journal a notamment vu
une annonce que, pour un logement à Laval avec un numéro
d'enregistrement 123456, probablement vous l'avez entendu, après
vérification des journalistes, aucun établissement n'est officiellement
enregistré à ce numéro. Des utilisateurs ont aussi
remarqué de certaines propriétaires... utilisaient le même numéro pour
plusieurs locations à différentes adresses. Donc, le plateforme Airbnb incite aussi maintenant ses utilisateurs
locateurs à modifier les conditions de leur location en louant pour du long terme, car, lorsqu'on... un
propriétaire loue pour plus de 31 jours, il n'a pas besoin de... posséder
un numéro CITQ. Enfin, pour contourner les
obligations, certains propriétaires se sont rapidement tournés vers d'autres plateformes
qui n'ont pas été visées par le ministère du Tourisme, comme VRBE et
Marketplace.
Donc, voilà, comment
vous allez faire pour corriger cette situation? Qu'est-ce que vous pouvez faire
pour que les numéros d'enregistrement soient valides, et que ce soient tous
vraiment enregistrés, et que ce soit légal?
Mme Proulx : Bien,
j'en profite pendant que tous les collègues sont là, les porte-parole officiels
en matière de tourisme, député de Matane-Matapédia, députée de Chomedey, évidemment, vous et le député de... de Taschereau, pardon, j'espère que vous
allez être là au dépôt du projet de loi. Je souhaite ardemment qu'on puisse
vraiment travailler, nous quatre ensemble, sur le projet de loi qu'on va
déposer très prochainement. Je pense que j'ai été claire, là, avant la rencontre avec Airbnb, et limpide comme une
fontaine claire de pouvoir débattre avec vous, donc, du projet de loi, là, de
la volonté de la ministre et du gouvernement du Québec de déposer un nouveau
projet de loi.
Je ne peux pas porter
outrage au Parlement, donc je ne peux pas discuter de ce dont on aura
l'occasion, je le souhaite vraiment ardemment, là, de discuter. Il y a eu un
engagement solennel du premier ministre d'ici la fin de la session parlementaire, qui, sauf erreur, Mme la
Présidente, est le 9 juin. On aura donc déposé et on aura eu l'occasion
de débattre de ce projet de loi très important.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Mme la députée.
• (16 h 30) •
Mme Lakhoyan
Olivier : J'ai hâte de participer à ça, c'est sûr. Ce serait ma
première expérience.
Des voix :
...
Mme Lakhoyan
Olivier : Ce ne sera pas long. Deux petites minutes. Désolée, hein?
Il y a eu une
Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs en tourisme, puis
il y a eu des recommandations, puis il y a eu un rapport. Puis une des
recommandations, la recommandation n° 26, la commission recommande que le
gouvernement du Québec exige que les plateformes locatives numériques, les
établissements hôteliers, les propriétaires des lieux d'hébergement
touristique, bien sûr, les salons de massage érotique et les saunas affichent
de manière visible les coordonnées pour rapporter un crime d'exploitation
sexuelle des mineurs. Et puis, on dirait,
rien n'a été fait. Donc, ma question, c'est : Avec le Grand Prix qui
approche à grands pas, et, comme vous le savez sans doute, c'est un
terrain propice à l'exploitation sexuelle des mineurs, ma collègue, la députée
de Westmount—Saint-Louis,
qui est responsable du dossier, aimerait savoir quelles mesures votre ministère
prend pour sensibiliser les touristes à ce fléau et les encourager à signaler
les comportements suspects.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Mme la ministre.
Mme Proulx : Merci, Mme la Présidente. Trois grandes
associations hôtelières au Québec, avec leurs présidents, présidentes,
l'AHQ, association hôtelière du Québec, AHGM, grands hôtels de Montréal, et
ici, à Québec, qu'on a tous rencontrés bien
avant la Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle, pendant le récent...
le précédent mandat et dans ce
mandat-ci, et les messages sont très clairs. D'ailleurs, ma sous-ministre est
présente ici pour, chaque année, renvoyer un message d'intérêt à nos
partenaires hôteliers non seulement de continuer à faire de la formation auprès
de leurs employés pour... de la formation
pour les sensibiliser à l'exploitation sexuelle dont ils pourraient être témoins
dans leurs établissements. Donc, ces
formations-là sont là à chaque année, on leur rappelle leurs obligations. On a
une collaboration extraordinaire avec nos trois associations parce
qu'ils sont partenaires avec nous là, pour freiner, donc, l'exploitation
sexuelle des mineurs.
Je
dois également saluer qui... avant la commission spéciale, toutes les équipes
du Grand Prix de formule 1 du Canada, qui est l'événement touristique le
plus important au Canada, ou ex aequo avec le festival de Calgary, qui, évidemment, génère des retombées économiques
extrêmement importantes pour l'ensemble du Québec. Mais il y a des actions qui sont menées chaque année par les
équipes du Grand Prix de formule 1 du Canada, et des équipes à Montréal, mais
également les équipes internationales, pour s'assurer qu'il n'y ait pas
d'exploitation sexuelle des mineurs.
Maintenant, il y a
d'autres rencontres qui auront lieu, là, avec nos associations hôtelières. On
réfléchit à d'autres méthodes d'intervention, Mme la députée. On voyait le
ministre de la Sécurité publique, cette semaine, qui a fait une sortie très
touchante pour prévenir les femmes qui sont victimes de la drogue du viol dans
les bars, où il a sorti, là, comme vous en
avez été témoins, là, ce couvercle, là, qu'on peut déposer sur notre verre au
bar, pour... pour limiter, donc, des gens qui pourraient avoir
l'intention de mettre cette drogue du viol là dans nos verres.
Bref, nous, à Tourisme, on regarde également,
là, davantage... Mais il y a toutes les équipes des hôtels qui sont là, qui
sont... qui ont conscientisé, il y a des formations qui sont faites, mais on
réfléchit à d'autres moyens d'action, à
l'intérieur des chambres d'hôtel, par exemple, des gîtes, en fait, de
l'hébergement touristique, de façon générale, exprimé ici. Il ne faut
pas avoir une vision tunnel là-dedans, il faut avoir une vision très large. Et
on réfléchit, donc, à d'autres actions qui pourraient être mises en place
pour... pour prévenir cette exploitation-là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Il nous reste sept secondes, Mme la députée, je vous suggère de le mettre sur
votre prochain bloc. Et nous passerions à la période d'échange pour le député
de Taschereau, deuxième opposition. Monsieur, la parole est à vous.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. J'ai combien de temps?
La Présidente (Mme D'Amours) : Neuf
minutes.
M. Grandmont : Combien?
La Présidente (Mme D'Amours) : Neuf
minutes, neuf minutes.
M. Grandmont : Neuf minutes.
Parfait. Donc, je vais avoir deux blocs de neuf minutes, c'est ça?
La Présidente (Mme D'Amours) : On
verra pour le prochain.
M. Grandmont : OK, parfait. Bien,
d'abord, merci, Mme la Présidente. Merci... enchanté de vous rencontrer pour
une première fois. On prendra le temps, évidemment, là, de discuter, le temps
nous a manqué, il y a eu des gros dossiers. Salutations aussi aux collègues,
merci d'être là, nos invités aussi. Merci à la technique aussi d'être là, on ne
les souligne pas assez souvent, ils sont là puis ils nous regardent aussi.
Donc, c'est ça, j'ai peu de temps, donc je vous demanderais de garder vos
réponses assez brèves pour qu'on ait le temps d'échanger sur un maximum de
sujets possible, si c'est possible, Mme la ministre.
J'aimerais commencer sur Airbnb moi aussi, c'est
un enjeu qui est extrêmement important. Vous le savez, on en parle souvent chez
Québec solidaire, évidemment, à la fois pour ce que c'est que pour les
conséquences que ça peut avoir sur le marché
locatif privé. Vous n'êtes pas sans savoir que, selon les chiffres du RCLALQ,
le regroupement des comités logement d'aide aux locataires du Québec, il
y a près de 80 % des annonces de location offertes sur Airbnb qui seraient
illégales. Le mois dernier, vous vous êtes engagée à modifier la loi en
obligeant les propriétaires qui louent, en fait, de courte durée, là,
d'afficher un numéro d'enregistrement. On comprend qu'il y a des... il y a des nuances puis il y aura des vérifications à faire,
puis on participera de bonne foi aussi au projet de loi, ça va nous faire
plaisir. Évidemment, on veut que les choses se règlent. Donc, on vous
félicite pour ça.
J'aimerais revenir sur comment ça s'est... comment
on en est arrivés là. En septembre 2021, lors de l'étude détaillée du projet de loi n° 100, mon
collègue de... Laurier-Dorion, pardon, avait déposé un amendement afin
d'obliger, justement, toute entreprise qui offre un service de
réservation en ligne d'afficher le numéro d'enregistrement des unités d'hébergement touristique. L'amendement a
été battu par le gouvernement. Donc, j'aimerais comprendre pourquoi, à
cette époque-là, vous avez refusé cet amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme
Proulx : Merci, Mme la Présidente. Je suis vraiment
contente que vous soyez là, porte-parole en tourisme, M. le député de
Taschereau. Je vais être plate : vous aviez voté contre le principe. On a
déposé le projet de loi, et Québec solidaire a voté contre le principe de la loi. C'est plate
en titi quand tu déposes un projet de loi important comme celui-là, qui
était une réforme majeure, hein, de la Loi sur l'hébergement touristique, qui,
d'abord et avant tout, là, pour la petite histoire... c'était un allègement
réglementaire, d'abord et avant tout. Rappelez-vous, il y avait des panonceaux
étoilés, puis des classificateurs, puis, si tu avais un oreiller en soie, tu
avais plus de points qu'un oreiller pas en
soie. On jugeait que ce n'était pas au gouvernement du Québec d'apposer ces
critères-là, que le marché était là, et se transformait beaucoup, puis
qu'on avait besoin, donc, de revoir cette loi-là. Donc, c'était d'abord un
allègement réglementaire qui était... qui était amorcé.
Et on avait introduit, comme vous le savez, une
nouvelle catégorie d'hébergement touristique, qui s'appelait la résidence
principale, où on permettait aux Québécois, quelques semaines par année...
C'est là qu'ils y vivent. Que ce soit ton rapport d'impôt, ta carte d'assurance
maladie, ton renouvellement de permis de conduire, c'est l'adresse principale
ou tu fais affaire avec le gouvernement. Donc, on avait dit : Quelques
jours par année, quelques semaines par année, selon des conditions très
claires. Si tu es dans un syndicat de copropriété, tu dois avoir l'autorisation
du syndicat pour en faire l'exploitation. Vous êtes dans un plex, vous devez
avoir l'autorisation du propriétaire du plex pour en
faire... l'exploitation. Vous devez toujours avoir l'autorisation de l'arrondissement,
de la municipalité ou de la ville pour en
faire l'exploitation. Si l'arrondissement, la ville dit non, vous ne pouvez pas
le faire. On avait vu un cas, là, dans Hochelaga-Maisonneuve, où, woup!
soudainement, le maire d'Hochelaga-Maisonneuve a rajusté le tir parce que là où
il y avait de l'exploitation, c'était dans une zone commerciale, où c'était
permis.
Bref, le précédent projet de loi, vous avez voté
contre le principe. Maintenant, j'espère vraiment que cette fois-ci, quand on va déposer le projet de loi,
très, très prochainement, très, très prochainement, on aura l'occasion au moins
de pouvoir s'asseoir ici, en commission parlementaire, que vous m'apportiez des
propositions, des amendements, des suggestions, puis qu'on puisse travailler
ensemble sur ce projet de loi là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. Grandmont : On va sortir du
projet de loi, le projet n° 100. En mai 2022, ma
collègue de Mercier avait demandé, en
Chambre, à la ministre, à votre... à vous, en fait, là, de mettre au pas Airbnb
en obligeant la multinationale à respecter la loi québécoise, qui était claire.
Vous aviez répondu qu'il n'y avait pas de problème, que tout était beau.
Donc, j'aimerais savoir pourquoi, après cette relance dans une question en
Chambre, vous aviez dit que tout était beau et qu'on n'avait pas besoin
d'assujettir, de demander à la multinationale de respecter les lois
québécoises.
Mme
Proulx : ...de respecter ou non les lois québécoises.
Initialement, l'objectif, c'était de permettre aux Québécois de faire de l'exploitation courte durée, mettre
quelques milliers de dollars dans leurs poches à travers la résidence
principale. À cette époque-là, on
n'obligeait pas, effectivement, les plateformes à afficher ce fameux numéro
d'enregistrement là. Force est de constater que, quelques mois plus
tard, on arrivera, très, très prochainement, avec un nouveau projet de loi où
on viendra répondre aux questions que vous soulevez...
M. Grandmont : Oui, oui, et on
participera avec plaisir à ce projet de loi là, je l'ai dit.
Mme Proulx : Super, super.
M.
Grandmont : Par contre, ça a pris un drame à Montréal... puis
je suis tout à fait d'accord avec vous, il n'y a pas de cause à effet,
mais il a fallu un drame à Montréal, il a fallu qu'il y ait un incendie, il a
fallu qu'il y ait des gens qui en meurent
pour que, finalement, on décide d'agir, qu'on décide de finalement demander à
la multinationale de mettre les numéros d'enregistrement. Pourquoi avoir
attendu aussi longtemps avant d'agir, Mme la ministre?
Mme Proulx : Il faut faire très
attention, là...
M. Grandmont : Oui, oui, tout à
fait. Absolument.
Mme
Proulx : ...il y a une enquête du coroner. Il n'y a aucun
lien de cause à effet entre la location courte durée et ce tragique
incendie...
M. Grandmont : Tout à fait.
Mme
Proulx : ...primo. Secundo, dans ce fameux building là, la
première pauvre victime de 79 ans qu'on a extirpée des cendres était une femme
qui avait un bail en bonne et due forme, donc était locataire depuis plusieurs,
plusieurs années. Alors, je nous invite tous ici à la prudence, à ne pas
créer de lien de cause à effet entre l'incendie tragique du Vieux-Montréal et
les décès...
• (16 h 40) •
M. Grandmont : Je suis très d'accord
avec vous, je suis très d'accord avec vous.
Mme Proulx : Maintenant, maintenant...
M. Grandmont : Ah! bien, je vais
vous laisser terminer.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
député, s'il vous plaît, laissez finir la ministre. Si vous voulez...
M. Grandmont : Je pensais qu'elle
avait terminé. Mon erreur.
Mme Proulx : Non, excusez-moi. Non,
il n'y a pas d'offense, pas d'offense, il n'y a vraiment pas d'offense. Maintenant, quand j'ai rencontré Airbnb, je pense
que ça a été assez clair. Le lendemain de la rencontre, ils ont contacté
ma directrice de cabinet, et on a... de
façon volontaire, ils ont retiré les numéros illégaux. J'ai été très claire
avec Airbnb, M. le député, extrêmement claire, on ne peut plus claire.
M. Grandmont : Je vous poserais la
question autrement. Je suis très d'accord sur le fait qu'on ne peut pas faire
de lien de cause à effet entre la façon dont la loi était écrite auparavant et
l'incendie, les décès. Je suis tout à fait d'accord avec vous. Par contre, est-ce
qu'on peut faire un lien entre le fait que le nouveau projet de loi que vous
avez annoncé, la réaction très rapide que vous avez
décidé de faire, l'engagement très fort que vous avez fait de vouloir
assujettir la multinationale aux lois québécoises et d'obliger l'affichage du
numéro d'enregistrement... que ça se soit passé juste après l'incendie? Est-ce
qu'il n'y a pas un lien de cause à effet entre, justement, un événement
médiatique important et le fait que vous réagissiez enfin à cette demande-là,
qui était récurrente depuis des années?
Mme Proulx : 15 décembre,
15 décembre... ça fait donc un petit peu plus qu'un mois et demi que le
premier ministre m'a reconduite dans mes
fonctions avec ma sous-ministre, les équipes du ministère, qui sont tous là,
d'ailleurs, derrière moi, que je salue... déjà, on était dans des
modifications réglementaires pour la loi n° 100.
Déjà, on avait amorcé des travaux pour... Et c'est d'ailleurs mon conseiller
politique, ici présent, qui, en décembre dernier, m'avait présenté une note pour me dire : Madame, on
va aller plus loin. Alors, la réponse, c'est non. Et la réponse : C'est
faux.
M. Grandmont : D'accord. Donc,
depuis le mois...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le député...
M. Grandmont : Pardon?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...une
minute.
M. Grandmont : Une minute. Donc,
depuis le mois de décembre, vous nous confirmez que vous étiez déjà en train de
travailler sur un projet de loi, et que vous vouliez assujettir la
multinationale à la loi, et que vous vouliez que les numéros d'enregistrement
soient effectivement affichés?
Mme Proulx : Des modifications
réglementaires, initialement. Maintenant, on ira avec un projet de loi.
M. Grandmont : Parfait. Merci pour
l'instant.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Maintenant, je vais céder la parole à la députée de Chomedey. La parole est à
vous.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci, Mme la
Présidente. Comme vous le savez, les événements touristiques ont traversé une
période difficile avec la pandémie. Plusieurs ont de la misère à se remettre
sur pied à cause de la hausse des coûts des productions et la perte de
main-d'oeuvre qualifiée, quelque chose qu'on connaît tous. Selon une étude du
Regroupement des événements majeurs internationaux, REMI, réalisée en 2018, les
festivals majeurs, au Québec, amènent une valeur de 290,8 millions à
l'économie du Québec, ainsi que des recettes fiscales de 66,6 millions aux
deux gouvernements, dont 49,3 millions juste pour le gouvernement du
Québec. Juste pour les événements membres du REMI, pas moins de
190 603 touristes sont venus de l'extérieur du Québec,
principalement, pour participer à un événement.
Pour des événements qui ne font pas partie du REMI, leur contribution
économique est également significative. Par exemple, Le Festif! de Baie-Saint-Paul génère des retombées
économiques de 4 millions dans la région de Charlevoix, selon la
direction de l'événement.
Certains ont de la misère à rejoindre les bouts
et ont besoin de toute l'aide possible. J'aimerais diriger la ministre à la
page 21.5 du budget des dépenses 2023-2024, dans le
programme de... du développement du tourisme, à l'élément Soutien aux événements touristiques, donc... c'est lui,
développement du tourisme, Soutien aux événements touristiques, c'est
ça. On remarque une baisse de 10 millions cette année par rapport à
l'année dernière. Sachant l'importance de soutenir financièrement nos
événements touristiques en cette période post-pandémique, pourquoi on retrouve une coupe de 10 millions dans cet
élément? Ce montant de 10 millions est retiré ou est-ce qu'il a été
replacé? C'est ça, on voit le 10 millions, puis ça fait... ça fait
demander qu'est-ce qui s'est passé, parce que vous avez mis beaucoup partout
ailleurs.
Mme Proulx : Oui, 1,8 milliard
durant la pandémie, c'est ce qu'on a mis, au gouvernement du Québec, pour
soutenir l'industrie touristique. Vous avez raison, l'industrie des festivals
et événements est extrêmement importante pour
le développement économique, Montréal, Québec et grandes villes, partout en
région. J'ai des collègues des régions ici qui ont besoin de ces
festivals et ces événements-là.
Donc, replongeons-nous dans la pandémie. Il y a
eu un soutien exceptionnel de la part du gouvernement du Québec pour soutenir nos festivals et nos
événements, qui est un tissu extrêmement important de l'industrie touristique.
Et ce qu'on avait décidé de faire, c'est qu'en plus de primes exceptionnelles
pour nos festivals et événements on avait un 10 millions de
dollars pour les festivals, pour les soutenir, malgré le fait qu'ils ne
diffuseraient pas, donc, en période de COVID. On a eu des mesures exceptionnelles
qui étaient là pour la période de la COVID, où on venait soutenir nos festivals
et nos événements pour s'assurer qu'il n'y ait pas une déstructuration de
l'offre. Donc, c'était une mesure COVID qui n'existe plus aujourd'hui.
Mais laissez-moi vous rassurer. Hier, on a
annoncé un 25 millions de dollars additionnels pour nos festivals et
nos événements, donc, pour les trois prochaines années, parce que les gens des
festivals et des événements veulent avoir de la prévisibilité, c'est ce qu'ils
nous ont souvent demandé. Donc, avec 25 millions additionnels pour les
trois prochaines années, c'est 30,1 millions de dollars qui vont être
consentis à nos festivals et à nos événements, question d'avoir,
donc, de la prévisibilité pour les organisateurs. Excellente nouvelle, appel à
projets, donc, qui a été lancé hier pour les éditions des festivals et
événements qui se tiendront entre novembre 2023 et avril 2024.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci. J'ai
rencontré l'Association Restauration Québec, au début du mois de... pour me
faire part des enjeux auxquels fait face cette industrie. Comme vous le savez,
c'est une industrie qui a été aussi durement touchée par la pandémie. 13 %
des restaurants au Québec ont fermé leurs portes pendant cette période.
Cependant, ils m'ont notamment fait part d'une demande qui est en cours. L'ARQ
demande d'être reconnue formellement comme
une association touristique sectorielle par... par vous, Mme la ministre, le
ministère du Tourisme, et être un interlocuteur principal. Après tout,
l'Alliance de l'industrie touristique du Québec l'a reconnue comme une ATS en
novembre dernier. Donc, ma question pour la ministre : Allez-vous accepter
que l'ARQ soit officiellement reconnue comme une ATS par le ministère du
Tourisme ou allez-vous les laisser tomber?
Mme Proulx : Le gouvernement du
Québec ne les a pas laissé tomber. D'ailleurs, j'étais récemment dans un événement avec le ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie... et de l'Énergie où il a, à travers son
ministère, soutenu, donc, des grands restaurateurs du Québec. On s'est
rencontrés récemment... à la hauteur de 800 000 $, donc, pour réunir les grandes tables du Québec, les
grands chefs du Québec, pour voir comment on peut avoir une action qui est
plus concertée pour faire la promotion et la mise en marché de la restauration,
qui, comme vous le savez, relève de mon collègue.
Maintenant,
chez nous, à l'industrie... au ministère du Tourisme, on a l'agrotourisme et le
tourisme gourmand, où on a annoncé, en juin dernier, avec la regrettée
ministre des Relations internationales, une somme de 600 000 $ ou
800 000 $, là, je veux juste préciser, ne pas faire d'erreur, pour la
promotion et la mise en marché, donc, de tout ce qui est l'agrotourisme au Québec à travers les délégations du Québec,
qui sont bien ciblées, évidemment, qui sont des marchés cibles qui
pourraient entrer ici, au Québec, à titre de clientèles. Et on a nos
économusées. Les économusées sont donc une combinaison, par exemple, d'une
distillerie artisanale locale qui vend des produits, comme... Je n'ai pas le
droit de nommer de marque, hein? Non, pas le droit... madame, je n'ai le droit
de nommer de marque, hein?
La Présidente (Mme D'Amours) : Non.
Mme
Proulx : Donc, une grande distillerie que je ne nommerai
pas, qui, en annexe, fait donc la démonstration de comment on produit de l'alcool. Alors, on appelle ça des économusées.
Donc, on les met en valeur à travers le ministère du Tourisme, c'est une association touristique
sectorielle qui est soutenue. Et donc, à travers les économusées,
l'agrotourisme, tourisme gourmand et le travail du ministre de
l'Économie, on vient mettre en valeur, donc, des produits de la table sur la
table pour les Québécois puis les touristes internationaux. Puis j'ai tout à
fait confiance dans la démarche qui est
entreprise par mon collègue de l'Économie pour accompagner, donc, des
restaurateurs dans une grande réflexion de mise en marché et de valorisation
des grands restaurateurs et des grands chefs qu'on a au Québec.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Mme la ministre, je vous ai induite en erreur. On
peut nommer une marque.
Mme Proulx : Ah bon? Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : On ne
peut pas avoir de marque devant nous pour faire de la publicité, mais on peut
nommer une marque. Désolée.
• (16 h 50) •
Mme Proulx : Donc, la distillerie le
Grand Dérangement, où on parle, donc, du Grand Dérangement, de la
déportation... là, je n'osais pas... des Acadiens. Donc, on raconte l'histoire
des Acadiens à travers un alcool qui s'appelle le Grand Dérangement. Donc c'est
vraiment intéressant de pouvoir greffer culture, histoire québécoise,
acadienne, en... dans ce cas-ci, et de faire de la promotion et de la mise en
marché.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc, je
réitère la question : Est-ce que l'ARQ va être reconnue comme
une ATS? Est-ce que l'ARQ va être considérée, reconnue comme ATS, en fin
de compte?
Mme Proulx : Non, bien, j'ai... je
les ai rencontrés, on discute avec eux, on analyse. Pour le moment, on a des
partenaires qui sont là, là, deux ATS qui sont là, avec nous, qui font le
travail. Mais on les a rencontrés, avec des discussions, là, avec... avec,
entre autres, le ministère, pour analyser peut-être d'autres formes de
partenariat qu'on pourrait avoir avec
l'association des restaurateurs du Québec à court et à moyen terme, donc, avec...
avec l'association.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme
Lakhoyan Olivier : Oui. Juste pour... pour finir là-dessus, en 2022,
l'ARQ regroupait 17 916 établissements, avec
186 000 emplois. Leurs ventes, l'année dernière, totalisaient
12,6 milliards. La TVQ perçue, en 2022 dans les restaurants, était de 1,3 milliard pour l'État québécois. Liste des
associations touristiques sectorielles, il y en a de toutes
sortes : le Camping Québec, Aventure Écotourisme. Donc, l'Association
Restauration Québec, l'ARQ, regroupe plus de
5 000 propriétaires de restaurants au Québec, a pour mission de
fournir à l'ensemble des établissements toutes sortes de services. Donc, ils
seraient curieux à savoir si l'ARQ sera considérée comme ATS.
Mme Proulx : ...avoir déjà, Mme la
députée, répondu à cette question-là, qu'il y a des examens qui sont faits de
la part des équipes du ministère. Je connais bien, bien, bien les gens de
l'ARQ, je les ai rencontrés lors de cette fameuse rencontre-là. Donc, il y a
des discussions qui ont lieu avec leurs représentants. Mais je vous rappelle
que les restaurants sont sous la responsabilité de mon collègue le ministre de
l'Économie, quoique font partie, évidemment, du panier de l'offre touristique
au Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Mme
la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui, merci.
Comme vous le savez, toujours comme vous le savez, les stations de ski au
Québec sont un joueur important dans notre industrie touristique. Ce secteur
génère des retombées annuelles de
870 millions de dollars, attirant plus de 6 millions de visiteurs,
dont 1,4 million adeptes de sports de glisse. Or, elles doivent
faire face aux changements climatiques et à des conditions de glisse plus
précaires. Pour pouvoir s'adapter au futur, elles ont besoin de meilleurs
canons à neige, qui peuvent performer à des températures plus élevées et sont
moins énergivores. Au cours des derniers mois, elles ont demandé l'aide de
Québec pour renouveler la flotte actuelle de
canons à neige, qui date. L'Association des stations de ski du Québec chiffre
le coût de renouvellement de ces canons à neige à
65 millions de dollars.
Il est aussi
bon de savoir que le gouvernement du Vermont a d'ailleurs participé à un
renouvellement semblable des canons à neige à ses stations de ski alpin
dans les dernières années. La demande est entre les mains du ministère de
l'Économie et celui du Tourisme, et on sait que le ministre Fitzgibbon a montré
de l'ouverture. Donc, j'aimerais savoir ce que la ministre va faire dans ce
dossier. Va-t-elle mettre de la pression pour que le gouvernement réponde de
façon positive à l'aide demandée par nos stations de ski? Va-t-elle répondre
présente?
Mme Proulx : Très heureuse de
répondre à une question liée aux changements climatiques. Pas peu fière d'avoir été le premier gouvernement à demander, au
Tourisme, au ministère du Tourisme, une enveloppe de 30 millions de
dollars pour le développement durable de l'industrie touristique. De ça est
découlé un fameux Plan montagnes, parce que,
oui, les montagnes, au Québec, font face à des enjeux climatiques qui ne sont
pas les mêmes en Estrie, à Charlevoix, Sag-Lac... Saguenay—Lac-Saint-Jean, pardon, ou encore dans les Laurentides. Donc, 11 millions de
dollars qui ont été consentis à neuf
régions touristiques qu'on a identifiées où l'objectif, justement, pour contrer
les changements climatiques, c'est de diversifier l'offre de nos
stations de ski au Québec. Certaines ont un modèle unique d'exploitation,
uniquement basé sur le ski alpin. Or, avec le Plan montagnes et le
développement durable, ce qu'on souhaite faire, c'est d'amener nos stations de
ski à se développer sur un quatre saisons, d'avoir une économie circulaire, un
circuit lent autour de la montagne, des déplacements qui sont courts, qui sont
responsables et qui sont durables. On est à travailler là-dessus, avec les
équipes du ministère et même nos adjoints gouvernementaux et adjoints
parlementaires, sur le fameux Plan montagnes.
Pour ce qui est des canons à neige, il y a eu du
financement dans des programmes qui existaient avant mon arrivée au ministère. Sauf erreur, dans le
programme de soutien aux stratégies du développement de l'industrie touristique,
qui est un programme qui n'existe plus, il y a eu un soutien qui a été fait
pour certains canons à neige. Nous, ce qu'on
a fait, c'est, en temps de pandémie, on a décidé d'aider nos stations de ski
avec une mesure qu'on appelait
Énergie. Donc, les canons à neige
coûtent beaucoup, en énergie, à produire, donc, de la neige, et donc entre
janvier et juin, durant la pandémie, on permettait à nos stations de ski, aux
spas, d'ailleurs, également, de pouvoir demander un remboursement d'une
valeur maximale de 35 000 $ par mois, pour un maximum de
250 000 $, entre janvier et juin, pour soutenir, donc, la production
de neige de nos stations de ski.
Donc, vous voyez, c'est très varié, là, c'est
très large, en fait, je veux dire, l'aide qui est offerte à nos stations de ski
à travers divers programmes, entre autres, et principalement pour contrer les
changements climatiques. C'est un Plan montagnes pour diversifier l'offre sur
nos montagnes, et qu'elles puissent opérer et avoir de la rentabilité sur
quatre saisons.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Mme
la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Vous savez,
lorsque vous parlez de diversification des montagnes pour leur offre de
services, il y a beaucoup de montagnes qui ont bâti des condos alentour. Puis
faire d'autres activités, c'est bien, les quatre saisons, c'est bien, parce que
c'est tellement beau ici, mais la neige... on a besoin de la neige pour faire
le ski alpin, pour les gens qui aiment ça, nos touristes locaux et
internationaux, quand même. Donc, un canon à neige, c'est comme important, malgré le fait qu'on veut diversifier. Des fois,
ce n'est pas possible, certaines montagnes, mais, quand même, pour le
ski alpin, on a besoin de... des canons à neige qui fonctionnent bien. Donc,
est-ce que... est-ce qu'il y aura de l'aide là-dessus spécifiquement?
Mme Proulx : ...qu'on a financée,
qu'on a donnée, donc, à l'Association des stations de ski du Québec, dont on est en train de prendre connaissance. C'est un
financement qui a eu lieu l'année dernière, donc on prend connaissance de
ça. C'est important de dire que, les stations de ski, le Québec fait face à des
changements climatiques majeurs. On ne peut
pas uniquement investir sur des canons à neige, on doit investir sur la
diversification des activités commerciales d'une
montagne pour que ne se noie pas... ce ne soit pas, pardon, une activité
monoski. On doit absolument soutenir nos stations, nos montagnes... en fait, on
appelle ça le Plan montagnes, ce n'est pas pour rien, pour assurer, donc, une
diversification des activités en montagne. Développer, par exemple, le vélo de
montagne. Il pourrait y avoir de l'arbre en
arbre. Bref, on travaille avec nos montagnes, avec nos ATR pour développer un
plan, puis s'assurer qu'il y ait une rentabilité et permettre d'accrocher
également les employés sur quatre saisons dans les montagnes, ici, au Québec.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...Mme la députée, 1 min 40 s.
Mme Lakhoyan Olivier : OK. Donc, le livre de
budget, plan budgétaire, page B.41, Contribuer à la prospérité des régions, il y a plusieurs investissements. La
troisième ligne, c'est : «Assurer le développement et la mise en valeur
de nos attraits touristiques.» Les montants
qui sont... qui sont planifiés : 2023-2024, 39,6 millions; 2024-2025,
64,9 millions; 2025-2026, on réduit à 45; ensuite, 2026-2027 puis
2027-2028, ça... c'est réduit à 1 million, 1,4, 1,8 million. Quelle
est la raison de cette immense baisse?
Mme Proulx : ...je
vais prendre connaissance de votre question, là. Oui, mais...
Mme Lakhoyan
Olivier : C'est la page B.41. Il y a... il y a un gros changement
d'investissement.
Mme Proulx : Oui,
on pourra vous revenir, là, au cours de la...
Mme Lakhoyan
Olivier : Ah! correct, pas de problème.
Mme Proulx :
Oui, non, je comprends. On pourra vous revenir au cours de la session, là, puis
de voir la page en question. Je ne veux pas vous répondre n'importe quoi, donc
on va prendre le soin de regarder la page B.46.
Mme Lakhoyan
Olivier : B.41.
Mme Proulx : 41.
Et on y reviendra.
Mme Lakhoyan
Olivier : 41. Voilà.
Mme Proulx : Merci.
Mme Lakhoyan
Olivier : Merci à vous.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...il vous reste 35 secondes. On le transfère dans
votre prochain bloc? 25 secondes. Je le transfère dans votre prochain
bloc, madame?
Mme Lakhoyan
Olivier : Ah! oui. Bien oui, bien oui.
• (17 heures) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je passe maintenant à la période d'échange avec le deuxième groupe d'opposition.
Député de Taschereau, la parole est à vous.
M.
Grandmont : Je dispose de combien de temps?
La Présidente (Mme
D'Amours) : 9 min 49 s.
M. Grandmont :
Merci, Mme la Présidente. Donc,
Mme la ministre, rapidement, là, en deux, trois phrases, là, est-ce que
vous pourriez me résumer ce que c'est, pour vous, le tourisme durable?
Mme Proulx : En
deux, trois phrases? C'est une blague?
M.
Grandmont : Oui, oui, on fait un petit effort de synthèse, là.
Mme Proulx :
J'ai... là, j'ai...
M.
Grandmont : Deux, trois phrases. Je n'ai pas beaucoup de temps.
Mme Proulx :
OK. Bien, en deux, trois phrases? Parfait, bien, je réponds à votre défi.
30 millions, budget développement durable, tourisme responsable et
durable, première fois dans l'histoire d'un ministère du Tourisme, et le député
de Matane-Matapédia pourra corroborer, et lui-même a été ministre du Tourisme,
première dans l'histoire, développement d'un
plan montagne, obligation de nos festivals et événements pour avoir du
financement additionnel, d'avoir du développement durable, programme PARIT,
programme d'aide financière...
M. Grandmont : Ce n'est pas ça.
Mme Proulx : C'est
quoi, votre question, alors? Bien, vous m'avez dit...
M.
Grandmont : Ma question, c'est : Concrètement, qu'est-ce
que c'est, du tourisme durable? Quels sont les critères pour qualifier
un projet, par exemple, de tourisme durable?
Mme Proulx : Bien, en fait, c'est
dans nos programmes normés, il y a donc des éléments dans le programme normé,
par exemple le Programme d'aide à la relance de l'industrie touristique, où
vous avez une... vous avez du développement durable dans votre projet. Par exemple,
vous utilisez 100 % du bois du Québec et des matériaux du Québec, vous
pourriez avoir jusqu'à 10 % additionnel de financement. Nos festivals, nos
événements, on leur a fait... Développement durable, on est là-dedans, là. Le
tourisme durable, c'est d'avoir des festivals et des événements qui sont
écoresponsables. Festivals et événements : obligation d'avoir du
développement durable, pas juste des bouteilles à remplissage unique, là,
beaucoup plus loin que ça, compostage, recyclage, entre autres.
M. Grandmont : Merci. Je ne sais pas
si vous avez entendu parler du projet géoLagon, dans Charlevoix.
Mme Proulx : Oui.
M. Grandmont : Parfait. Excellent.
Comme vous savez, qui est porté par Louis Massicotte, il mise sur la création de quatre villages vacanciers en plein
coeur de Charlevoix, en Estrie, dans Lanaudière et aussi dans les Laurentides.
Il y a quatre projets au Québec, là. Juste
dans Charlevoix, on parle d'un lagon géothermique, chauffé par du solaire, là, il y a
120 000 pieds cubes de... à chauffer, en fait, d'eau à chauffer, des
centaines de logements Airbnb. La prévente a déjà commencé. Peut-être que je me mélange un peu sur la grosseur du
géoLagon, là, mais... puis à peu près... c'est ça, puis la prévente des
chalets a déjà commencé. Est-ce que vous... est-ce que vous, vous qualifieriez
ce projet-là de durable?
Mme Proulx : Je ne les ai jamais
rencontrés, et, tant qu'il n'y aura pas d'acceptabilité sociale, ce qu'il ne
semble pas y avoir pour l'instant, il n'y aura pas d'aide du gouvernement du
Québec, du ministère du Tourisme.
M. Grandmont : Parfait. Vous êtes au
courant qu'il y a plusieurs personnes et plusieurs maires, préfets, la préfète, d'ailleurs, aussi... l'ancienne préfète
et le préfet ont levé des drapeaux rouges pour ce projet-là, qu'il est bloqué,
que les élus luttent contre ce projet-là?
Mme Proulx : Oui.
M. Grandmont : Parfait.
Mme Proulx : Pas d'acceptabilité
sociale.
M. Grandmont : Est-ce que... Là,
vous ne les avez pas rencontrés, jusqu'à maintenant?
Mme Proulx : Je ne les rencontrerai
pas.
M. Grandmont : Vous ne les
rencontrerez pas? C'est bon. Si jamais il y a une demande de financement du
gouvernement du Québec, est-ce que vous allez...
Mme Proulx : Ce n'est pas moi qui
vais les rencontrer.
M. Grandmont : Ce n'est pas vous. Ce
serait qui?
Mme Proulx : Ah! bien, ça pourrait
être les équipes du ministère, mais ce ne serait certainement pas moi.
M.
Grandmont : Parfait. Excellent. C'est une bonne chose. Quelque
chose de réglé. Moi, je suis très content de ça.
On va pouvoir passer au prochain sujet, les
claims miniers. Je comprends qu'on est sur d'autres choses, les claims miniers,
on en parle beaucoup...
Mme
Proulx : Vous avez l'habitude de faire ça. L'année passée,
c'était les caribous forestiers. Je me doutais que les claims...
M. Grandmont : Oui, oui, mais, quand
même, il y a des liens, il y a des liens très intéressants. J'en parle beaucoup
avec votre collègue la ministre des Affaires municipales, actuellement dans le
projet de loi n° 16, parce qu'il y a plusieurs organisations qui demandent
l'abrogation de l'article 246, qui fait en sorte que la Loi sur les mines
est au-dessus du droit des municipalités, en fait, des... de l'organisation des
schémas d'aménagement.
Il y a plusieurs organismes, donc, qui lèvent le
drapeau, qui lèvent des drapeaux rouges par rapport à ça parce qu'on a
clairement... puis vous avez sans doute entendu à la période des questions, on
a beaucoup de claims qui se... qui se réservent actuellement dans le sud du Québec principalement. Il y
a des régions qui sont particulièrement touchées parce qu'on parle des
minéraux critiques, des minéraux qui serviraient notamment dans la création des
batteries qui servent à l'électrification
des transports, notamment. La Mauricie est particulièrement touchée. L'Estrie
est particulièrement touchée, les
Laurentides, le Bas-Saint-Laurent, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, l'Outaouais, Lanaudière aussi. Il y aura une explosion du
nombre de claims.
Pour faire court, comme la Loi sur les mines est
au-dessus de la loi... est comme préséante sur la loi sur l'aménagement, en fait, ça vient geler le
territoire pour du développement, du développement touristique, notamment, que
des municipalités voudraient pouvoir mettre en place. Plusieurs claims ont été
directement collés aux abords d'un secteur
à vocation touristique ou encore sont à l'intérieur des zones touristiques, des
lacs, des milieux naturels valorisés. Quelques exemples, des claims à
l'intérieur de la réserve faunique des Chic-Chocs et aux abords du parc
national de la Gaspésie, qui est un habitat
essentiel du caribou, on y revient, des claims aux abords du parc national du
Mont-Tremblant, des claims aux abords du parc national Mont-Mégantic,
des claims à l'intérieur de la réserve faunique La Vérendrye. Vous comprendrez
qu'on est inquiets pour ces lieux qui sont importants par rapport à Tourisme.
Est-ce que, d'abord, vous trouvez ça normal
d'avoir cette pression de la Loi sur les mines, des claims miniers sur des
territoires qui sont... qui relèvent de votre ministère, en fin de compte, puis
qui sont des vecteurs de tourisme importants au Québec?
Mme Proulx : ...à poser la question
à ma collègue qui est responsable des Ressources naturelles et des Forêts lors
de l'étude de ses crédits. Comme vous le savez, elle l'a mentionné, elle y a
fait référence à la période des questions
pas plus tard que ce matin au salon bleu. Elle a répondu à une question,
justement, de la députée de Verdun, en
ce qui a trait aux fameux claims miniers et... qu'elle a amorcé présentement un
processus de consultations. Puis j'ai confiance en ma collègue, là,
qu'elle va mener à bien ce processus de consultations là, mais je vous invite à
poser la question à ma collègue lors de son étude de crédits.
M. Grandmont : ...posé
la question, on lui a posé la question en Chambre également aussi. Pour
l'instant, elle semble dire qu'il n'y
a pas de problème, que le système actuel répond aux besoins. Je vous épargne
les détails, là, mais on parle de territoires incompatibles avec
l'activité minière, puis elle a dit qu'il n'y a pas de problème.
Comme je vous dis, on est en train de regarder
ça à l'intérieur du PL n° 16 aussi. J'espère faire changer, faire abroger
cet article 246, qui est, pour nous, une menace importante au droit des
municipalités de gérer et aux MRC de gérer leurs territoires, mais j'espère
trouver en vous, considérant vos fonctions importantes en tourisme, une alliée
pour convaincre vos collègues députés, vos collègues ministres, qui, pour
l'instant, ne semblent pas si ouvertes que ça à protéger nos territoires
touristiques. Est-ce qu'on peut compter sur vous?
Mme Proulx : Moi, j'ai un territoire
à protéger, ça s'appelle l'industrie touristique du Québec. Moi, je fais la
promotion, la mise en marché, la valeur d'une des plus belles industries au
Québec.
M. Grandmont : Je suis tout à fait
d'accord.
Mme Proulx : Je ne mets pas mes
pattes dans le ministère de l'Économie, je ne mets pas mes pattes dans aucun
autre ministère. Il y a du travail interministériel, évidemment, qui est fait
occasionnellement, entre autres, à travers un projet de loi sur l'hébergement
touristique, où on aura l'occasion, j'espère, de débattre ensemble. J'ai hyper confiance en ma collègue la ministre
responsable des Ressources naturelles et de la Forêt. Je vous invite encore
une fois à poser des questions à ma collègue.
M. Grandmont : Je vous relance quand
même la question. Nous, on a beaucoup de gens qui sont inquiets...
Mme Proulx : Je comprends.
M. Grandmont : ...des gens qui
aimeraient pouvoir... qui aimeraient pouvoir mettre... protéger le territoire,
notamment pour des projets touristiques, des projets à vocation régionale, à
vocation locale, qui ont un potentiel de développement économique local et
régional extrêmement important.
Mme
Proulx : Ayez bonne foi en ma collègue. Elle amorce une
consultation, ayez foi dans cette consultation-là. À la lumière de la
consultation, on aura l'occasion, certainement, vous et moi, M. le député de
Taschereau, d'en discuter, mais, si
elle amorce une consultation, c'est parce qu'elle veut aller sur le terrain, à
l'écoute des gens qui sont préoccupés et ceux qui le sont moins, aller,
donc, amasser ces commentaires-là pour pouvoir les déposer et les partager avec
les collègues responsables des dossiers dans
les oppositions officielles en ce qui a trait aux ressources naturelles et aux
forêts.
M. Grandmont : Vous savez, je
commence à apprendre mon travail, comme député.
Mme Proulx : Vous êtes bon.
M. Grandmont : Je vois comment ça
fonctionne, entre nous, même, tu sais, au caucus de Québec solidaire, on a des
dossiers souvent qui recoupent les différentes responsabilités qu'on a. Donc,
je suis très conscient que c'est exactement la même chose
aussi à la partie ministérielle. Si ces claims-là ne sont pas... si la Loi sur
les mines, si l'article 246 n'est pas
abrogé, si on continue à claimer le territoire puis que ça a un impact sur
votre ministère, sur votre industrie...
Mme Proulx : ...M. le député.
M. Grandmont : ...sur l'industrie
que vous défendez, est-ce que ça ne devient pas un problème et est-ce que vous
ne devez pas parler à vos collègues pour améliorer les choses?
La Présidente (Mme D'Amours) : La
réponse en 40 secondes.
Mme
Proulx : Merci, Mme la Présidente. Je ne peux pas présumer
d'un résultat. Je veux dire, il y a une commission qui est en cours, ma
collègue est en train de faire une consultation. Je comprends les souhaits que
vous manifestez ici, je vous demande de les adresser à elle. Je ne peux
pas présumer du résultat. Il y a une consultation qui est en cours. Je sais que vous ferez le travail que Québec
solidaire vous demande de faire et que ma collègue fera le travail qu'elle doit
faire.
M. Grandmont : Est-ce que vous
pourrez participer à la consultation?
Mme
Proulx : Je vais consulter mon agenda avec beaucoup de
plaisir, je vous reviendrai dans les meilleurs délais.
M. Grandmont : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : 15
secondes, M. le député. Ça va?
M. Grandmont : C'est beau, j'ai...
La Présidente
(Mme D'Amours) : Je suis
prête, maintenant, à entendre le député de Matane-Matapédia. La parole
est à vous, M. le député.
• (17 h 10) •
M.
Bérubé : Merci, Mme la Présidente. Mme la ministre, depuis
que la CAQ est au pouvoir, il y a eu cinq budgets, 2019, 2020, 2021, 2022, 2023. Dans aucun de ces
budgets le projet d'agrandissement du Palais des congrès de Montréal n'a avancé, toujours à l'étude après cinq budgets.
Comment la ministre explique ça? Et est-ce qu'elle pense que les travaux
vont commencer avant la fin du mandat actuel?
Mme Proulx : Plaisir de vous voir en
étude de crédits, M. le député. Palais des congrès... D'ailleurs, je tiens à
saluer la présence d'Emmanuelle Legault, la première femme PDG.
M. Bérubé : Je n'ai pas beaucoup de
temps.
Mme Proulx : Je tiens à le
souligner.
M. Bérubé : Je vous salue.
Mme Proulx : Première femme PDG du
Palais des congrès, nommée par nous.
M. Bérubé : OK, mais j'ai cinq
minutes, Mme la ministre.
Mme Proulx : Oui. Non, je vais aller
vite. Donc, Palais des congrès, Palais des congrès, plusieurs enjeux, comme vous le savez, dès le début de mon mandat,
sur le fameux lien architectural pour l'agrandissement du Palais des congrès.
Vous savez à quoi je fais référence ou... Vous voulez que je continue sur
l'enjeu lié au lien architectural?
M. Bérubé : Non.
Mme la Présidente, en tout respect, ma question : Est-ce que vous allez
commencer les travaux avant la fin du mandat, oui ou non?
Mme Proulx : OK.
Bien, la réponse à ça, c'est que, et vous ne l'aimerez pas, il y a eu une
pandémie. Le modèle d'affaires du tourisme d'affaires, je veux dire, on
a fait un 180 degrés.
M. Bérubé : D'accord.
Mme Proulx : On a fait un
180 degrés.
La Présidente (Mme D'Amours) : En
terminant.
Mme Proulx : Nous
devons donc avoir l'obligation... Et c'est ce que la PDG du Palais des congrès
de Montréal...
La Présidente (Mme
D'Amours) : En terminant, Mme la ministre. En terminant.
M. Bérubé : Merci. Donc, ce
n'est pas moi que ça va attrister, c'est la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, c'est Tourisme Montréal, c'est les
hôteliers. C'est attendu. 150 organisations auraient pu être intéressées
par des événements. Il n'y a pas d'agrandissement.
Tout à l'heure, la ministre a dit qu'elle ne se
mettait pas les pattes dans les autres ministères, mais son collègue des
Finances, lui, a dit, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain
un peu avant Noël, qu'il n'y en aurait pas, d'agrandissement. Et j'ai les
déclarations d'à peu près tout le monde ici.
Alors, ma question, à nouveau : Qu'est-ce
qui empêche le gouvernement du Québec de faire passer le projet
d'agrandissement du Palais des congrès d'à l'étude à en mouvement d'ici la fin
du mandat? Son collègue de Chaudière-Appalaches, lui, a dit... pour le projet
de liaison entre la Rive-Sud puis Québec, il est capable de dire que ça va commencer avant la fin du mandat. Je demande
à la ministre si elle est capable de l'annoncer. Si ce n'est pas le cas,
j'ai ma réponse.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Proulx : Ce
n'est pas ça. La réponse, c'est que le modèle du tourisme d'affaires a changé
100 % depuis la pandémie. On est passés de 100 % en présentiel
à 100 % en virtuel. Ce qu'on est à faire présentement... Et on fait une analyse à travers le monde pour voir comment
le modèle d'affaires va changer : va-t-il revenir comme il était avant
ou va-t-il se modifier? On fait des études. À la lumière des études, on aura
une décision éclairée sur l'agrandissement ou non du Palais des Congrès.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Pendant ce temps-là, Toronto, Vancouver, Calgary, eux, accueillent les événements qu'on n'est pas capables d'avoir et
n'ont pas ces réflexions-là sur le fait qu'eux, la pandémie... Ils accueillent
les congrès présentement. Et, si vous voulez vous en convaincre, Tourisme
Montréal, Chambre de commerce du Montréal métropolitain, les hôteliers peuvent
tous vous le confirmer.
Je veux quand même dire que le gouvernement a
procédé à 19 millions de dollars pour des acquisitions de trois
terrains à l'est de la rue Saint-Urbain. C'est quand même important. Alors,
soit qu'on va de l'avant, soit qu'on ne va
pas de l'avant. Alors, pour cinq budgets consécutifs, y compris... y compris
trois budgets avant pandémie, ça n'a pas
bougé, 2019, 2020, 2021. Alors, qu'est-ce qui explique que... Peut-être deux.
Alors, qu'est-ce qui explique que ça ne bouge pas, que c'est toujours à
l'étude?
Et, dans un
article récent, post-budget, on indiquait, dans La Presse, que ce n'est pas près de bouger. Alors, il y a quelqu'un
qui bloque, à quelque part, qui ne veut pas que ça se fasse.
Mme Proulx : Très intéressant
que vous souleviez Toronto, Vancouver et Calgary, financement accordé par le
gouvernement fédéral, ce qu'on n'a pas eu, nous, la première année de mon
mandat où on avait des comités pour l'agrandissement du Palais des congrès. Il
n'y a eu du gouvernement fédéral, contrairement à Toronto, Calgary et
Vancouver... qui finançait un tiers de l'agrandissement du Palais des congrès
de Toronto, de Vancouver et de BC... l'engagement du fédéral, qu'ils ont payé.
À Montréal, on n'a jamais eu l'engagement.
M. Bérubé : Bon, alors là,
c'est davantage dommage pour la ministre, qui croit bien davantage au Canada
que moi, parce que j'aurais aimé que la présence de ce gouvernement
nationaliste permette d'aller chercher cet argent. Je l'ajoute à la colonne des
demandes qui n'ont pas eu de suite. Alors, moi, j'ai...
Mme Proulx : ...non, mais là
c'est...
M. Bérubé : Je termine...
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre, s'il vous plaît, laissez le député, là.
M. Bérubé : ...tirer
des conclusions politiques à mon appartenance au Canada. Ceci étant dit, j'ai
ma réponse, qui pourra être transmise aux trois organisations indiquées,
quant à l'avenir du Palais des congrès.
Stade olympique. En 2017, le gouvernement
libéral a pris un engagement pour 2022. Le gouvernement de la CAQ a dit oui.
Après, on a dit 2022. La ministre a dit l'an dernier, en février : Dans
les plus brefs délais, 2024. Et là on
m'indique qu'il n'y a plus aucun échéancier. La même question que pour le Palais
des congrès de Montréal : Est-ce que la ministre s'engage à ce que
ce dossier avance, progresse avant la fin du mandat, oui ou non?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Proulx : Oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
50 secondes.
M. Bérubé :
Quel est l'échéancier?
Mme Proulx :
Quand vous avez été ministre du Tourisme, la première chose que vous auriez
dû faire, c'est de changer la vocation du... Mme la Présidente, de la
Régie des installations olympiques en société commerciale pour justement
amorcer tous les travaux inhérents au remplacement de la toiture du parc...
M. Bérubé :
...
Mme Proulx :
Bien oui, j'ai répondu oui. Votre première question, c'était oui ou non,
j'ai répondu oui.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...n'a pas terminé sa réponse. Laissons la ministre
terminer.
M. Bérubé :
...
La Présidente (Mme D'Amours) : Non,
laissons la ministre terminer sa réponse, elle n'a pas terminé. Allez-y.
M. Bérubé :
...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Bien, elle prend le temps qui lui est...
M. Bérubé :
...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Allez-y. Il vous reste 12 secondes.
Mme Proulx :
En faire une société commerciale était le premier des gestes à poser, Mme
la Présidente, pour ensuite amorcer les travaux. Et on ne fera pas les erreurs
des gouvernements précédents puis... de livrer une toiture pour les...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. C'est tout ce qui... tout le temps qu'on avait. Maintenant, je
suis prête à reconnaître la députée de Chomedey. À vous la parole.
Mme Lakhoyan
Olivier : Merci, Mme la Présidente. Mme la ministre, est-ce que
l'équipe peut revenir avec la réponse à la question précédente? Ils sont-tu
prêts?
Mme Proulx : Oui.
Avec l'autorisation des collègues, je dois, sauf erreur, soumettre la
possibilité que la sous-ministre puisse répondre à la question. Est-ce qu'il y
a consentement?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Est-ce que j'ai le consentement pour que la
sous-ministre... Pas de problème. Consentement. Allez-y, Mme la sous-ministre.
Veuillez vous nommer, et vous présenter, et commencer votre allocution.
Mme
Murray (Audrey) : Bonjour. Alors,
Audrey Murray, sous-ministre au Tourisme. Donc, si j'ai bien compris votre
question, en fait, le tableau auquel vous faites référence, je crois que c'est
le tableau B.20. Est-ce que c'est bien le même tableau que je regarde?
J'essaie de comprendre, parce qu'en fait vous voyez des...
Mme Lakhoyan
Olivier : ...
Mme
Murray (Audrey) : Pardon?
Mme Lakhoyan
Olivier : B.17. À la page B.41.
Mme
Murray (Audrey) : Bon. Alors, l'équipe va
me trouver le tableau. Moi, j'avais le B.20, qui est le budget qui est consenti, là, au Tourisme dans le budget que vous
regardez. Donc, j'essaie de comprendre la diminution que vous y voyez, parce qu'évidemment on a obtenu
143 millions dans divers programmes pour l'année en cours, donc c'est une
année d'investissements importants en termes budgétaires pour le ministère du
Tourisme. Donc, j'essaie de bien comprendre votre question, vous référez
à une diminution. Peut-être...
Mme Lakhoyan
Olivier : ...je m'excuse. 2026‑2027 puis 2027‑2028, vraiment un grand
écart, là, 1 million seulement, comparé à 39, 64 puis 45 millions
chaque année.
Mme
Murray (Audrey) : Oui, mais vous comprenez
qu'à chaque année, dans le fond, il y a des nouveaux budgets puis que, quand on
projette sur trois ans, quatre ans, cinq ans, bien sûr, qu'il pourrait y avoir
de nouveaux montants pour les années subséquentes, là. Donc, pour les trois
prochaines années, en fait, vous le voyez bien au tableau B.20, là, les
investissements sont significatifs dans chacun des axes prioritaires, là, pour
le Tourisme dans le dernier budget du Québec, oui.
Mme
Lakhoyan Olivier : Donc, ça peut changer?
Mme
Murray (Audrey) : Absolument, oui.
Mme Lakhoyan
Olivier : OK. Bon, merci pour la réponse.
Mme
Murray (Audrey) : Merci.
Mme Lakhoyan Olivier : L'industrie du tourisme n'est pas épargnée par le
manque de travailleurs. Plusieurs ont quitté cette industrie gravement
affectée par la pandémie pour aller vers d'autres secteurs de l'économie. Il y
a donc un énorme défi de recrutement pour les industries touristiques. Au
dernier trimestre de 2022, il y avait plus de 34 000 postes à
combler... qui sont actuellement à combler dans cette industrie, ce qui
correspond à 14 % de tous les postes vacants au Québec. Avec ces postes
non comblés, de nombreuses entreprises ont dû réduire leurs heures d'ouverture
ou leurs activités.
Donc, l'État doit
donc être présent pour soutenir nos entreprises touristiques. Et j'ai
questionné Mme la ministre le 9 décembre dernier, lors... En ce moment,
elle m'a mentionné qu'elle allait, au mois de décembre... elle a été, au mois en décembre 2022, oui... elle s'en
allait en recrutement à Paris. Juin et décembre, vous êtes allée en recrutement,
ça se peut-tu?
Mme Proulx : Oui.
En fait, le mandataire du ministère, c'est-à-dire le Conseil québécois des
ressources humaines en tourisme, qui est mon mandataire pour faire la
promotion, la rétention des postes en hôtellerie et en tourisme, est allé faire
des missions en juin et en décembre derniers.
Mme Lakhoyan
Olivier : En décembre. Voilà.
Mme Proulx : Pas
moi. C'est donc mon mandataire qui est allé faire ces missions-là.
Mme Lakhoyan
Olivier : Voilà. Merci pour la clarification.
• (17 h 20) •
Mme Proulx : De
rien.
Mme Lakhoyan
Olivier : C'était la même chose, donc, ma question, c'est :
Quelle est la contribution financière du ministère dans cette mission de
recrutement?
Mme Proulx : Ah!
bien là, il faudrait que j'aie les chiffres de l'équipe, d'une personne ou
deux, je crois, qui est allée, en juin et en décembre derniers, faire du
recrutement, donc pour, l'industrie touristique.
Une voix : ...
Mme Proulx :
Ah bon! On me dit que c'est le ministère de l'Emploi — excellente
nouvelle — qui
a financé la mesure, donc, pour envoyer le Conseil québécois des ressources
humaines en tourisme pour aller recruter des travailleurs dans l'industrie.
Mme Lakhoyan
Olivier : Donc, si je comprends bien, c'est le ministre de l'Emploi
qui a investi pour toutes ces dépenses-là, pour aller... le recrutement.
Mme Proulx : En
fait, nous, il y a deux subventions qui totalisent 5 millions de
dollars au CQRHT. Donc, un, recrutement des clientèles éloignées et
sous-représentées sur le marché du travail, transformation numérique,
valorisation des métiers. Donc, il y a eu des mandats qui ont été donnés pour
pouvoir... L'attraction, rétention de la main-d'oeuvre 2020‑2023,
les trois priorités d'action étaient donc : recrutement de clientèles
éloignées sous représentées, transformation numérique et valorisation
des métiers et des professions, carrières en tourisme. C'est dans ce volet,
donc, là, que nous, on a pu envoyer le CQRHT faire du recrutement.
Mme Lakhoyan
Olivier : OK, donc le ministère de l'Emploi s'est occupé de ce mandat,
mais le ministère du Tourisme a mis 5 millions. C'est ça que je comprends?
Mme Proulx : Pour
d'autres gestes, d'autres gestes.
Mme Lakhoyan
Olivier : Pour d'autres gestes.
Mme Proulx : Oui, pour la rétention et recruter du personnel
en... main-d'oeuvre. Bien, c'est parce qu'en fait, à votre question précise,
là, sur les deux missions de juin et de décembre, oui, c'est notre mandataire,
mais qui a été financé par un autre ministère.
Nous, au ministère du Tourisme, c'est
5 millions de dollars pour le Conseil québécois des ressources
humaines en tourisme, entre autres, pour de l'innovation, des
plateformes, des campagnes de valorisation, pour recruter des travailleurs. Il
y a eu, donc, des missions de recrutement à l'international, donc beaucoup de
gestes qui ont été posés.
Puis honnêtement, si
je peux me permettre, là, les chiffres vont beaucoup mieux, parce que, dans un
récent article d'avril dernier, le 5 avril dernier, oui, il y avait des
pénuries de main-d'oeuvre liées aux travailleurs dans la haute saison,
particulièrement du côté de l'hôtellerie, mais là il y a une recrudescence,
honnêtement, le taux grimpe, dans les hôtels du Québec, d'abord et avant tout
parce qu'il y a eu des augmentations de salaire, dans le secteur hôtelier, qui
ont pu grimper jusqu'à 35 %. Donc, on a pu séduire à nouveau ces
travailleurs-là et les ramener dans l'industrie touristique, d'abord et avant
tout, là, dans les hôtels, qui est la colonne vertébrale de l'industrie.
Mme Lakhoyan
Olivier : Moi, ce que j'ai comme... au mois d'avril... Ah! ça, c'est
2022. 2023, OK, donc, il y a une amélioration là-dedans.
Mme Proulx : ...amélioration,
oui.
Mme Lakhoyan
Olivier : OK, bien, tant mieux.
Mme Proulx : Les
taux d'occupation, d'ailleurs, des hôtels reprennent les chiffres avant la
pandémie. Et, pour ce qui est de dans les
hôtels, on parle jusqu'à 35 % d'augmentation des salaires. À Entourage
sur-le-Lac, Lac-Beauport, près de Québec, le chef exécutif, lui, a parlé
d'augmentation de plus de 35 %, partager une partie des profits entre les employés, ce que certaines entreprises décident de
faire. Et même la présidente de l'AHQ, Mme Tremblay, a souligné,
dans cet entretien-là à un quotidien, que c'est une hausse très, très
importante des salaires en entretien ménager, en cuisine, en précisant donc que
c'est un élément important, là, évidemment, les salaires, dans l'industrie
touristique. Donc, nette amélioration.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
Mme Lakhoyan
Olivier : Merci. Pour revenir à ma question... Merci pour les
informations. Pour revenir à ma question concernant la mission de recrutement à
Paris, est-ce que vous pouvez faire un bilan de cette mission?
Mme Proulx : On
n'a pas de bilan à présenter pour le moment. C'est des efforts qui sont faits
en continu, hein, de la part du Conseil québécois des ressources humaines en
tourisme. Parfois, on se déplace sur place dans le cadre de forums ou de
grandes rencontres de l'industrie. Ça peut se faire par d'autres moyens
également, mais le mandat premier du Conseil québécois des ressources humaines
en tourisme, même s'il n'y a pas de solution miracle, c'est de s'assurer
d'aller chercher des travailleurs dans l'industrie et de les avoir pour quatre
saisons, évidemment.
Mme Lakhoyan
Olivier : Donc, pour cette question, est-ce qu'il y a eu des retombées
par le biais de ces visites-là? Parce qu'on
est au mois d'avril, ça fait comme quatre mois depuis décembre. Est-ce qu'il y
a eu des embauches qui ont été réalisées? Je comprends, peut-être, ça ne
se fait pas tout de suite, mais ça fait quand même quatre mois. Est-ce qu'il y
a eu des embauches?
Mme Proulx : Bien,
je ne peux pas vous dire au niveau des embauches, là, parce que c'est une
mission de recrutement, ça fait que je ne serais pas en mesure de vous donner
des chiffres, combien d'embauches ont été faites, liées à cette mission-là.
Le
travail du CQRHT est un travail en continu, parce que, bien avant la
pandémie... il y avait déjà 15 000 travailleurs qui étaient
manquants dans le secteur avant la pandémie. On comprend que, durant la
pandémie, il y a des gens, pour des nécessités évidentes, qui ont décidé
d'aller travailler ailleurs. Le CQRHT fait une vaste campagne de promotion, de
mise en valeur du travail dans l'industrie touristique. Et là on le voit, avec
l'augmentation des salaires, il y a des travailleurs qui reviennent, donc,
travailler dans l'industrie touristique.
Mme Lakhoyan
Olivier : Donc, on ne peut pas dire, la mission de décembre, combien
d'employés on a pu avoir?
Mme Proulx : Je
ne suis pas en mesure de vous donner ce chiffre-là, non.
Mme Lakhoyan
Olivier : C'est bien, merci. Dans l'article du Soleil du
5 avril dernier, on aborde la difficulté
des entreprises touristiques à loger leurs travailleurs saisonniers
venus de l'extérieur, et même ceux qui aimeraient travailler à l'année, à cause
du manque de logements dans les régions. Toujours dans le même article, on
mentionne le cas de Michel, un résident de
Québec qui souhaite travailler en tourisme. Il a reçu deux offres d'emploi dans
la région de Charlevoix, mais il a dû les refuser car il n'y a aucun
logement disponible.
Sachant
que cela représente un défi majeur pour nos entreprises touristiques et
connaissant très bien Charlevoix, comment on a des endroits qu'il vaut
la peine de visiter, et les besoins sont grands à Charlevoix aussi, est-ce que
la ministre a considéré des pistes d'action pour venir en aide à l'industrie
touristique sur cet aspect?
Mme Proulx :
Oui. Le problème de logement, donc, pour les travailleurs dans l'industrie,
ma collègue, vous comprenez que, là, c'est
une question d'habitation, donc il faudra peut-être diriger votre question du
côté de la ministre responsable de l'Habitation.
Par
contre, si on revient à l'industrie touristique, on a vu des initiatives
extraordinaires de certaines entreprises qui ont décidé de bâtir des
logements sur le périmètre pour venir, donc, aider les... entre autres,
certains travailleurs étrangers temporaires, de pouvoir les loger. Ce sont des
initiatives qui ont été faites par certains entrepreneurs.
Maintenant, si on
regarde le problème plus largement, le problème de l'habitation plus largement
examiné, je vous inviterai à poser la question lors de l'étude des crédits de
ma collègue du côté de l'Habitation.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Mme la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui.
Pour les prochains mois, est-ce qu'il va y avoir des mesures entreprises pour
la rétention de la main-d'oeuvre pour le tourisme?
Mme Proulx :
...déjà. Je pense qu'une des choses, et d'ailleurs c'était au dernier
budget... la modernisation de l'industrie touristique et de se tourner vers la
technologie est un impératif. Bien sûr, l'humain est au coeur de l'industrie
touristique. Il y a quand même des éléments des secteurs dans l'industrie
touristique où... on peut avoir de l'automatisation
de certains secteurs de l'industrie touristique, entre autres des plateformes
d'échange d'employés, ne serait-ce qu'à travers le Web.
Donc, on fera les
annonces en temps et lieu, Mme la députée, mais c'est clair qu'il y a un
soutien qui doit être apporté. On a des
sommes. On déclinera en temps et lieu, là, les mesures plus spécifiques et
ponctuelles qu'on aura pour venir
régénérer. Ça va être régénératif, là, pour l'industrie touristique, de pouvoir
aller du côté de l'adaptation, avec la modernisation de l'industrie
touristique à travers l'univers Web.
• (17 h 30) •
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Mme la députée.
Mme Lakhoyan
Olivier : Il y a des questions que je demandais, ça a rapport avec
d'autres ministères, comme pour le logement, pour le travail. Est-ce qu'il...
est-ce qu'il y a un travail qui se fait entre les ministères? Parce que, comme la mission à Paris au mois de
décembre, bien, c'est le ministre du Travail qui a... qui a comme investi
dedans. Quand on parle de manque de logements, bien, c'est un autre ministère.
Donc, est-ce qu'il y a un travail qui se fait entre les ministères afin qu'on
ait des résultats, des résultats positifs où on réussit dans notre mandat du
développement et de rétention des touristes dans notre belle province?
Mme Proulx :
En fait, ça doit être plus largement décrit, là, la collaboration
interministérielle. Puis, s'il y a un
ministère qui est transversal, c'est bien celui du Tourisme, où on travaille
avec le ministère des Relations internationales, on travaille avec le
ministère des Affaires municipales, avec le projet de loi n° 67 où on a
donné le pouvoir aux municipalités d'interdire, de régir, de restreindre les
zones d'exploitation, entre autres, de la résidence principale. Évidemment, avec Emploi, on travaille avec Emploi
pour du recrutement à l'international ici, au Québec, des mesures, donc, pour nous aider là-dessus. Le ministère
de l'Économie, un incontournable, avec lequel, évidemment, on travaille. Donc,
on est un des ministères les plus transversals et où on a l'occasion de
travailler, donc, avec les ministères auxquels
je fais référence, le ministère de la Culture, évidemment, et des
Communications, qui est imbriqué, là, à peu près directement avec le
ministère du Tourisme. Donc, oui, beaucoup de collaboration, beaucoup
d'interministériel.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Allez-y.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci. Là, je reconnais
le visage. Comment on fait pour... pour combler les emplois venant de l'étranger? Parce que les prérequis pour
venir ici, ce n'est pas évident, ça prend des points, et tout ça. Donc,
quand on veut amener des employés pour le tourisme, comment... comment on
fonctionne pour amener les employés de l'extérieur? Est-ce que c'est fait avec
tous les ministères qui travaillent ensemble? C'est-tu par l'industrie qui vient vous voir? Comment on fonctionne? Est-ce que
c'est fait centralisé? Donc, on a... bon, on a besoin tant de cuisiniers,
tant de n'importe quoi, comment on fonctionne? Entretien ménager, donc, on en a
besoin de 50 pour le Québec, on a 10 hôtels
qui ont besoin des employés, et donc on s'en va chercher ou on s'en va regarder
la liste des gens qui ont appliqué puis
on dit : Bien, eux autres, ça, c'est du potentiel, on va les prendre? Je
suis curieuse de savoir comment ça fonctionne, puisque... puisque...
Mme Proulx : Bien,
je comprends votre curiosité, puis c'est une bonne curiosité. Effectivement,
c'est une... c'est une...
Mme Lakhoyan
Olivier : Le tourisme, là, sans les employés, on ne peut pas donner un
service. Puis j'ai déjà été à des hôtels où
les chambres étaient fermées, donc, puis il n'y avait pas assez d'employés.
Donc, les employés sont importants. Puisqu'il nous manque des employés,
pour aller les chercher de l'extérieur, vous avez mentionné que ça se fait, est-ce que c'est centralisé par le
ministère de l'Immigration? Comme vous avez dit : Tous les ministères
travaillent ensemble, je me demande comment vous travaillez.
Mme
Proulx : C'est une question qui est intéressante puis c'est une
question qui est à plusieurs volets, parce qu'on est un des ministères les plus
transversals. Avec la permission des collègues, j'inviterais ma sous-ministre à
vous détailler toutes les opérations que le
ministère, et donc le cabinet, on fait avec les autres ministères pour répondre,
entre autres, aux questions que vous
soulevez liées à la main-d'oeuvre. Mme la Présidente, je demande l'autorisation
de la députée.
La Présidente (Mme
D'Amours) : On a déjà eu le consentement pour que madame puisse
prendre la parole. Allez-y, madame.
Mme
Murray (Audrey) : ...donc, en fait, sur
l'évaluation des besoins en main-d'oeuvre, donc combien de personnes on a
besoin dans le secteur du tourisme pour nos métiers et professions, il y a un
exercice rigoureux qui se fait avec le conseil québécois, le CQRHT, et le
ministère de l'Emploi. À chaque année, cette évaluation-là, elle est faite et elle est projetée sur cinq ans. Et, bien
sûr, pour aller chercher, pour recruter, pour s'assurer qu'on a la main-d'oeuvre
au rendez-vous, il y a différents leviers qui sont disponibles pour le secteur
du tourisme et pour d'autres secteurs.
Le premier levier,
c'est de s'assurer qu'on a suffisamment de jeunes dans nos programmes de
formation. Donc, c'est pour ça, Mme la ministre disait qu'on a investi
5 millions... confié 5 millions de subvention pour mener une campagne
de valorisation. Donc, on souhaite attirer les jeunes dans nos programmes de
formation, bien sûr, qui professionnalisent nos professions dans le secteur du
tourisme.
Mme Lakhoyan
Olivier : ...
Mme
Murray (Audrey) : Ensuite, il y a aussi des programmes qui
existent pour qu'on aille recruter des gens qui sont éloignés du marché du
travail. Donc, le gouvernement a mis en place des leviers qui sont disponibles
pour le secteur du tourisme à travers Services Québec, qui permet d'intégrer
des personnes éloignées du marché du travail
dans les différentes entreprises. Et, pour le volet de reconnaissance de
compétences, il y a des outils qui existent quand les gens viennent
d'ailleurs pour qu'on soit capables, soit du côté de l'éducation ou du CQRHT,
d'équivaloir leurs compétences.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Merci. Nous sommes maintenant à la dernière période...
(Panne de son)
Mme Dionne : ...merci,
Mme la Présidente. Mme la ministre, mes collègues, nombreux partenaires de
l'industrie touristique, anciens collègues du ministère, merci d'être présents.
Bien, moi, c'est sans surprise que je vais
vous parler des régions aujourd'hui. Donc, c'est sûr que, si on veut augmenter
notre richesse collective au Québec, nos régions sont déterminantes. Nos
régions font également preuve de beaucoup de créativité et de leadership dans
plusieurs domaines, dont l'industrie touristique, et je suis bien placée pour
en parler.
Au dernier budget, on
a annoncé qu'on allait soutenir la prospérité des régions, d'ailleurs, en
investissant, justement, des...
1,4 milliard de dollars, comme le faisait mention ma collègue tout à
l'heure, d'une part pour stimuler la vitalité économique, mais aussi
pour le développement et la mise en valeur de nos nombreux attraits
touristiques. Ce sont également 153,1 millions de dollars
additionnels, au cours des cinq prochaines années, qui sont octroyés pour le
développement de ce secteur clé de notre économie. C'est donc dire que, depuis
2018, donc depuis l'arrivée d'un gouvernement caquiste, et de la ministre,
d'ailleurs, on a assisté à une hausse considérable, quand même, de 139 %
d'augmentation.
Je pense, par
exemple, aussi... quand on parle régions, on parle festivals. Donc, le budget
prévoit, qui a été annoncée hier, d'ailleurs, une aide additionnelle de
25 millions de dollars sur trois ans. Cette enveloppe-là passera à 30 millions. Ça représente quand même une
augmentation de 38 % par rapport à 2018. Mme la ministre... Mme la Présidente, désolée — oui, il faut que je m'adresse à la présidence — en
tant que députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata, incluant Les Basques, une circonscription qui compte quand même
43 municipalités, je suis particulièrement à même de constater que... à quel point l'industrie touristique contribue
grandement à la vitalité économique, mais aussi sociale de nos belles régions. Je pense qu'on reconnaît enfin que
l'industrie touristique est un véritable moteur de développement
économique pour notre Québec.
En contrepartie, on
va se le dire, les impacts de la pandémie sur l'industrie touristique sont
significatifs, et je pense aussi qu'on doit continuer quand même à les soutenir
dans une perspective, je vous dirais, de relance. Donc, 25 millions supplémentaires pour les festivals, 45 millions
réservés pour prolonger le Programme d'appui au développement des attraits touristiques, 25 millions
additionnels, aussi, pour le tourisme d'affaires, qui connaît, d'ailleurs, une
importante croissance dans certaines régions comme le Bas-Saint-Laurent.
Je pense bien que ces bonifications-là s'inscrivent parfaitement dans une
volonté de relance et viennent aussi répondre aux défis posés par l'inflation,
également, de la dernière année.
Personnellement, le budget 2023-2024 se devait d'inclure deux éléments
phares, pour moi, soit de continuer à soutenir la relance et aider nos
régions à se développer davantage et pour que le Québec, en fait, devienne une
destination internationale, et été comme hiver.
Ma question : Notre gouvernement souhaite
déployer... Je vais revenir sur les festivals et événements parce que c'est très important pour nos régions. Donc,
on souhaite déployer certaines mesures pour favoriser le dynamisme de nos régions, dont la
bonification du programme F. Que... Quels impacts significatifs pensez-vous
aura ce programme-là sur, un, nos
organisateurs, mais également cette mesure pourra-t-elle favoriser une
augmentation des retombées économiques et sociales pour nos régions?
Mme Proulx : Je
suis contente, Mme la députée, que vous parliez des organisateurs parce que
c'est sur eux que pèse tout le poids d'organiser des festivals et des
événements qui vont attirer des clientèles du Québec et de l'international. Je
suis particulièrement heureuse... quoiqu'on souhaite ne plus l'entendre un
jour, que l'industrie touristique est encore en relance. On sera un des
derniers secteurs qui se sortira de cet événement horrible qui a frappé de plein
fouet, vous y étiez, à mes côtés à l'époque. Donc, on est encore en relance, et
c'est la raison pour laquelle on a ajouté, hier, là, 25 millions de
dollars pour nos festivals et événements, ce qui mène à 30,1 millions par
année pour les trois prochaines années.
• (17 h 40) •
Un, les organisateurs
ont besoin de prévisibilité, là. En pandémie, c'est une des choses dont ils
nous parlaient le plus souvent. Deux, on est conscients qu'on est encore en
relance. Et donc, au-delà de ces investissements-là, qui sont superimportants, on ajoute des allègements
pour les organisateurs de festivals et d'événements. Encore cette année, on
leur dit : Écoutez, cette année, là, pour vous, les organisateurs, vous
n'aurez pas besoin de soumettre de nouvelles études de provenance. On
sait qu'on n'avait pas de touristes internationaux ou très peu l'année passée,
des frontières ont été fermées, il n'y avait
pas de croisières internationales. La dernière étude sera valide pour déposer
votre demande de financement au ministère du Tourisme.
Donc, oui, c'est
25 millions de dollars, oui c'est 30,1 pour les festivals et les
événements pour... sur trois ans, chaque année pour les trois prochaines
années. Bien, je suis vraiment contente que vous parliez des organisateurs, parce que ça a été difficile pour eux, «dicile»,
comme diraient certains. Et c'est certain, ces allègements-là vont permettre
à nos organisateurs de présenter, j'en suis
convaincue, des festivals, des événements qui sont extrêmement importants
pour toutes les régions.
On
pense aux gros, là, on les a tous en tête, les gros, là, Bas-Saint-Laurent, Nicolet-Bécancour, chez vous, M. le député. Hull, vous en avez des gros également.
Dans la belle région de la Capitale-Nationale, vous en avez des gigantesques.
C'est important de les soutenir, ça fait partie de la colonne vertébrale de
l'industrie touristique. Il y a des gens qui choisissent le Québec uniquement
pour venir faire une tournée des festivals et des événements. J'y ai travaillé
quelques années, ils sont précieux à mon coeur. C'est une richesse pour toutes
les régions. Très heureuse que le ministre des Finances ait consenti cette
bonification-là aux festivals et aux événements. Merci, Mme la députée.
Mme Dionne : Puis
on parle aussi qu'on veut justement que le tourisme se promène à travers nos
régions, donc à l'ensemble du Québec. Donc, je pense que ça peut devenir aussi
attrayant d'avoir ces événements-là.
Mme Proulx : Et
les festivals et les événements commencent de plus en plus tôt et finissent de
plus en plus tard. Quand on parle de pouvoir répartir les touristes sur une
plus grande période de temps, bien, ça aussi, c'est plaisant de voir des
organisateurs qui commencent un peu plus tôt dans la saison et d'autres qui
vont finir un peu plus tard de ce que, traditionnellement, on aurait pu voir.
Mme Dionne : Oui, on a parlé de relance. Puis je suis d'accord
avec vous, à un moment donné, on va passer à autre chose. Bien, il faut
quand même mentionner des éléments positifs. En 2022, je vais citer le
Bas-Saint-Laurent, parce que, bon, que voulez-vous, j'ai un petit... un
petit...
Mme Proulx : Vous
avez un passif, vous avez passif, Mme la députée.
Mme Dionne : Oui.
Le Bas-Saint-Laurent connaît un achalandage quand même record, comparable à
avant la pandémie. Donc, au niveau des données touristiques, j'aimerais savoir,
Mme la... Mme la ministre, qu'est-ce qu'il en est des autres régions. Est-ce
qu'on peut affirmer que, peut-être, de manière générale, le tourisme a repris
au même niveau que la période prépandémique partout au Québec?
Mme Proulx : Il
y a des régions qui ont vraiment, vraiment bien performé, particulièrement chez
vous. Les pronostics sont très bons. Bon,
comme je le disais, les croisières internationales sont de retour. Il y a des
vols, comme vous le savez, durant la pandémie, de nouveaux vols qui sont
entrés sur le Québec, à Québec, pour pouvoir se déployer vers l'est. Donc,
quatre vols par semaine avec Air France, qui va commencer ses opérations, ma
foi, cette semaine. Les pronostics sont très, très bons également pour
Montréal. On revient tout près des chiffres de 2019.
Mais je vous dirais
qu'au-delà de ça, des chiffres puis de la performance, ce qui est bien, c'est
que l'industrie touristique est prise au sérieux. On a injecté massivement, les
gens ont pris la pleine mesure de la valeur et du poids économique. Oui, pour
les grands centres, mais également pour les régions, vous en profitez, ces
dernières années, qu'on est une industrie maintenant qui a un poids économique
qui est, je le rappelle, troisième produit d'exportation au Québec après
l'aluminium et l'aéronautique, troisième produit d'exportation qui est consommé
sur place, le grand paradoxe de l'industrie touristique. Bref, en 2019, on
avait d'excellents chiffres, des chiffres records.
On a des ambitions
très sérieuses, 600 millions de visiteurs d'ici 2026, avoir dépassé les 14
milliards de PIB touristique d'ici 2026, avoir dépassé également les 5
milliards d'entrées de devises internationales, raison pour laquelle
on aura des offensives, là, très, très fortes sur le marché de la côte Est
américaine, mais également chez nos amis
européens français, qui représentent 10 % du volume de touristes mais
20 % des dépenses. Si on peut augmenter juste de 5 % le volume des touristes français, on peut espérer
augmenter le volume de dépenses, idem pour les touristes américains.
Bref, les pronostics sont bons.
Le
Bas-Saint-Laurent a connu des bons chiffres, 2019 a eu des bons scores, et les
pronostics sont très bons, là. Juste à Montréal, 9,5 millions de
visiteurs en 2023, c'est ce qui est prévu, là, par Tourisme Montréal. Des
congrès majeurs, on a eu la COP15 qui s'est
amenée au Palais des congrès. Je tiens à féliciter, d'ailleurs, la PDG d'avoir
organisé la COP15 à Montréal dans des conditions pas évidentes et pas
faciles, exceptionnel travail de notre PDG. Bref, les chiffres sont bons, puis on va continuer d'investir pour amener ces
touristes internationaux et continuer de faire voyager les Québécois au
Québec.
La Présidente (Mme
D'Amours) : 10 secondes, Mme la députée
Mme Dionne : Bien,
je vais laisser la parole à Mme la ministre, si elle veut faire ses
remerciements à ce moment-là.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Cinq secondes.
Mme Proulx : Total?
Sur tout?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Total.
Mme Proulx :
Heille! Merci, tout le monde. Ce fût bref mais intense, plaisir d'avoir fait
votre connaissance.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci.
Mme Proulx :
Merci, Mme la Présidente.
Adoption des crédits
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Le temps alloué à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Tourisme
étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des
crédits.
Le programme 1,
intitulé Direction, administration et gestion des programmes, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix : Sur
division.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté sur division.
Le programme 2,
intitulé Développement du tourisme, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix : Sur
division.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté sur division.
Finalement,
l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille Tourisme pour l'exercice
financier 2023-2024 est-il... Ah!
pardon, j'ai... j'ai sauté le programme 3. Mme la ministre, je reviens au
programme 3, intitulé Organismes relevant du ministre, est-il
adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix : Sur
division.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Sur division.
Et
finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille Tourisme pour
l'exercice financier 2023-2024, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix : Sur
division.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté sur division.
Documents
déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux à jeudi 27 avril, où elle entreprendra l'étude du
volet Économie, PME et Innovation des crédits budgétaires du portefeuille
Économie, Innovation et Énergie. Merci, tout le monde.
(Fin de la séance à 17 h 47)