Journal des débats (Hansard) of the Committee on Labour and the Economy
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, September 20, 2023
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Vol. 47 N° 21
Special consultations and public hearings on Bill 17, An Act to amend various provisions for the main purpose of reducing regulatory and administrative burden
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Intervenants par tranches d'heure
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D'Amours, Sylvie
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Skeete, Christopher
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Beauchemin, Frédéric
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Bouazzi, Haroun
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D'Amours, Sylvie
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Skeete, Christopher
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Dufour, Pierre
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Beauchemin, Frédéric
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Bouazzi, Haroun
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Bouazzi, Haroun
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D'Amours, Sylvie
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Skeete, Christopher
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Skeete, Christopher
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D'Amours, Sylvie
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Tremblay, Suzanne
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Beauchemin, Frédéric
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Bouazzi, Haroun
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D'Amours, Sylvie
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Skeete, Christopher
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Tremblay, Suzanne
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Beauchemin, Frédéric
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Beauchemin, Frédéric
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D'Amours, Sylvie
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Cadet, Madwa-Nika
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Bouazzi, Haroun
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D'Amours, Sylvie
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Skeete, Christopher
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Dufour, Pierre
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Tremblay, François
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Beauchemin, Frédéric
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Cadet, Madwa-Nika
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Bouazzi, Haroun
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D'Amours, Sylvie
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Skeete, Christopher
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Dufour, Pierre
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Tremblay, Suzanne
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D'Amours, Sylvie
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Cadet, Madwa-Nika
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Bouazzi, Haroun
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D'Amours, Sylvie
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Skeete, Christopher
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Tremblay, Suzanne
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Beauchemin, Frédéric
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Cadet, Madwa-Nika
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Cadet, Madwa-Nika
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D'Amours, Sylvie
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Bouazzi, Haroun
11 h (version révisée)
(Onze heures seize minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
tout le monde. À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare
la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte.
Je vous souhaite la bienvenue et je
demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder
aux consultations particulières et aux auditions publiques sur le projet de loi
n° 17, Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins
d'allègement du fardeau réglementaire et administratif.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par M. Bouazzi (Maurice-Richard).
Remarques préliminaires
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous débutons, ce... nous débuterons, pardon, ce matin, par des remarques
préliminaires puis nous entendrons, par la suite, les témoins suivants : l'Union
des municipalités du Québec, en visioconférence, et l'Association des
restaurateurs du Québec.
J'invite maintenant le ministre délégué à
l'Économie à faire ses remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez
de six minutes. La parole est à vous.
M. Christopher Skeete
M. Skeete : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. C'est toujours un plaisir de vous retrouver. J'ai très hâte de
poursuivre ces travaux-là avec vous et votre grande expérience. Collègues de l'opposition
officielle, bonjour. Ça me fait plaisir de partager cette scène avec vous
aujourd'hui, parce qu'on va entamer des beaux projets ensemble et, surtout, on
va être dans ma passion personnelle, qui est l'allègement réglementaire. C'est
quelque chose qui est... je le dis souvent, tu sais, ce n'est pas sexy, là, tu
sais, on ne vend pas des tee-shirts avec ça, là, mais c'est tellement important.
C'est tellement important et c'est quelque chose qu'on fait qui aide, non
seulement nos entreprises, mais qui rend l'appareil gouvernemental plus
efficace.
Alors, sur ce, je voulais vraiment prendre
un moment, là, de dire que ça me plaît énormément d'être ici. Ça fait longtemps
que j'attends ce moment et ça me fait plaisir d'être ici avec vous.
Notre gouvernement a fait de l'allègement
réglementaire une priorité. On s'est dotés d'un plan ambitieux pour aider les
entreprises et les PME à se développer et à stimuler aussi le développement
économique de ces entreprises-là. Notre plan d'action qu'on a créé en matière d'allègement
réglementaire et administratif vise à réduire le fardeau réglementaire et la...
la paperasse, pardon, gouvernementale, qui, bien souvent, inonde nos
entreprises.
Depuis des années, on a fait du chemin. Je
pense au principe du un pour un qui a été instauré. Je pense aussi aux analyses
d'impact réglementaire que les ministères doivent régler... rédiger, pardon,
lors de la présentation des différents projets de loi. Ces impacts
réglementaires là, ces analyses-là forcent le gouvernement à se poser des
questions importantes. La lutte contre la paperasse, c'est aussi une lutte de
tous instants. Ça force la machine gouvernementale à se poser des questions qu'elle
n'a pas souvent le goût de se poser. Ça me force à poser des questions à mes
collègues qu'ils n'ont peut-être pas le goût de se poser et ça force aussi l'appareil
à être redevable envers ses citoyens corporatifs, mais aussi ses citoyens
proprement dits.
On a... dans le projet de loi, on vise 41 mesures
qui vont intervenir dans différents secteurs, que ce soient les boissons
alcooliques, les courses et jeux, la construction, la sécurité des bâtiments,
la publicité légale des entreprises, l'emploi, les mines, la foresterie, l'acériculture,
les affaires municipales, les droits des personnes et réels et immobiliers, le
travail et les marchés publics. Les mesures, dans le projet de loi n° 17,
vont être appliquées et mises en œuvre par les ministères et organismes
responsables dans les secteurs concernés, mais ça va aussi les aider à voir
que, quand on veut, bien, on est capable de faire atterrir des belles choses.
Puis il faut se le dire, on doit améliorer les choses. On se doit d'avoir cette
philosophie-là qui nous permet d'être plus efficaces en général, tu sais.
• (11 h 20) •
Puis je veux juste être clair pour ceux
qui sont inquiets, l'allègement réglementaire, ce n'est pas de passer la hache,
là, puis de dire : Bien, on déréglemente tout puis c'est le «free-for-all»,
là, puis de couper un peu bêtement partout. L'allègement réglementaire, c'est
de rendre plus efficace, c'est de se poser des questions. Est-ce que cette
formalité-là est encore nécessaire? Et, si elle n'est pas nécessaire, bien, d'en
faire fi, mais aussi de se dire, s'il y a d'autres affaires à regarder, bien,
il ne faut pas avoir peur de se poser ces questions-là. Et je pense que ça
prend un courage aussi, ministériel, de se dire : Oui, tu sais, on va se
questionner sur ces façons de faire là pour faire autrement.
Juste un petit rappel, le projet de loi,
dès son adoption, va permettre des économies d'à peu près 5 millions de
dollars. On anticipe des retombées futures à 7 millions de dollars, et
ça, c'est un petit montant, je le concède, quand on se compare à ce que la FCEI.
Les entreprises québécoises, ils nous disent, juste en 2020, bien, c'est près
de 8,2 milliards de dollars pour se conformer à différentes <réglementations...
M. Skeete :
...conformer
à différentes >réglementations.
Alors, c'est sûr qu'on fait des petits pas
aujourd'hui, mais c'est des petits pas qu'on continue de faire. On s'est donné
comme objectif 2020 à 2025 de réduire de 200 millions la paperasse.
On va dépasser les 50 millions avec l'initiative aujourd'hui, et je compte
continuer dans ce bon travail-là qui s'est fait avant mon arrivée comme délégué...
ministre délégué à l'Économie.
Bref, c'est quelque chose qui me
passionne, c'est quelque chose qui me stimule, Mme la Présidente, et, vraiment,
j'ai hâte d'échanger avec les collègues pour voir comment on peut bonifier, le
cas échéant, mais surtout avancer pour donner ces économies-là à nos
entreprises qui en ont vraiment besoin. Alors, merci beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le ministre. J'invite maintenant le porte-parole de l'opposition officielle
et député de Marguerite-Bourgeoys à faire ses remarques préliminaires pour une
durée de 4 min 30 s. La parole est à vous.
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Merci à vous tous d'être ici ce matin pour qu'on
puisse effectivement discuter de quelque chose qui est extrêmement important
pour la productivité de l'ensemble de nos entreprises au Québec. C'est sûr et
certain que, pour moi, c'est un enjeu que je trouve qui est essentiel puis je suis
bien content de pouvoir faire partie de ça en tant que porte-parole officiel de
l'opposition en économie.
Je suis heureux de voir que le
gouvernement prend ça au sérieux au niveau de l'allègement administratif, mais
vous savez, on va faire notre travail pareil de parlementaire puis on va
s'assurer qu'on ne laisse pas personne derrière ou dans le trouble. C'est notre
responsabilité, donc on doit regarder les deux côtés aussi.
Je ne prendrai pas beaucoup de votre
temps, mais je vais être clair sur une chose avec le ministre délégué, le plus
grand absent du projet de loi, c'est l'abolition du timbre de droit. Pourtant,
la CAQ, en 2018, a voté en faveur de ce... de l'opposition... avec l'opposition
pour justement éliminer cette méthode archaïque qui date vraiment, là, d'une
autre époque. Je vous dis, Mme la Présidente, là, à la fin de l'étude
détaillée, si le ministre délégué ne l'a pas inclus dans le projet de loi, il
va être tanné d'en entendre parler, c'est sûr et certain, parce que je vais
l'amener tout le temps. Donc, c'est la seule... et c'est le seul commentaire
que j'ai. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. J'invite maintenant le porte-parole du deuxième groupe
d'opposition et député de Maurice-Richard à faire ses remarques préliminaires
pour une durée de 1 min 30 s. La parole est à vous.
M. Haroun Bouazzi
M. Bouazzi : Merci, Mme la
Présidente. Je vais aller très vite. Je suis très heureux d'être ici et de
pouvoir collaborer et j'espère améliorer un certain nombre de points. Le timbre
en fait partie. On nous en parle beaucoup, que ce soit au niveau des
restaurateurs ou des microbrasseries, donc j'espère vraiment une collaboration
de la part du gouvernement pour pouvoir améliorer ces points-là.
Je note aussi l'absence de la SAQ dans les
consultations. J'ai compris qu'ils ont été invités et qu'ils auraient refusé.
Je me demande pourquoi et je ne peux qu'être triste qu'une société d'État ne
vienne pas s'exprimer devant les Québécoises et les Québécois et devant les
caméras. Peut-être qu'il y a eu des conversations derrière des portes closes
avec le gouvernement, mais on ne pense pas que, d'un point de vue démocratique,
ce soit suffisant. Merci, Mme la Présidente.
Auditions
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Nous allons maintenant débuter nos auditions. Je souhaite
maintenant la bienvenue à l'Union des municipalités du Québec. Je vous
rappelle, messieurs, que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé,
puis nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission.
Je vous invite donc à vous présenter et à commencer votre exposé, s'il vous
plaît.
Union des municipalités du Québec (UMQ)
M. Damphousse (Martin) : Bonjour
à tous. Martin Damphousse, maire de Varennes et président de l'Union des
municipalités du Québec. Donc, M. le ministre délégué à l'Économie du Québec,
M. Christopher Skeete, content d'entendre que ce soit votre passion.
Mme la Présidente de la Commission de
l'économie et du travail, Mmes et MM. les membres de la commission, je vous
remercie de nous donner l'occasion aujourd'hui de vous faire part de nos
commentaires sur le dossier du fardeau réglementaire et administratif.
Je suis accompagné aujourd'hui par
M. Yves Létourneau, conseiller stratégique aux politiques de l'UMQ.
Le projet de loi n° 17 actuellement à
l'étude a pour objectif très louable de réduire la lourdeur réglementaire et
administrative pour les organisations du Québec. Ce thème est une préoccupation
pour les membres de l'UMQ depuis de nombreuses années. D'ailleurs, déjà en
2015, dans le but d'alléger le fardeau des municipalités, le gouvernement du
Québec déposait le Plan d'action gouvernemental pour alléger le fardeau
administratif des municipalités, mais aujourd'hui les municipalités ont de
plus en plus de responsabilités et d'interactions avec différents ministères
pour des demandes de subventions, pour des questions réglementaires, des
redditions de comptes ou pour le partage d'informations qui impliquent des
efforts et des coûts importants dans un environnement de rareté de ressources.
L'environnement administratif évolue rapidement, faisant en sorte que les <gains...
M. Damphousse (Martin) :
...administratif
évolue rapidement, faisant en sorte que les >gains qui ont pu être
réalisés grâce au plan d'action gouvernemental ont été rapidement effacés par
des nouvelles demandes administratives.
La recherche d'allègement réglementaire
devient encore plus cruciale lorsque celle-ci s'inscrit dans un contexte de
pénurie de main-d'œuvre tel que nous la vivons présentement. Toutes les
organisations sont confrontées à de graves pénuries de main-d'œuvre. La
situation n'est pas meilleure dans le secteur public où tant les
administrations municipales que l'administration québécoise ont de la
difficulté à recruter du personnel qualifié ou à remplacer temporairement des
départs en maladie ou en congé.
L'enjeu est d'autant plus important dans
un contexte où les municipalités offrent plusieurs services de proximité considérés
comme essentiels, tels le traitement des eaux usées, d'aqueducs, de collecte
des matières résiduelles, de l'entretien des routes et voiries, de l'insécurité
publique, incendie, environnement et, dernièrement, l'itinérance.
À cet effet, afin d'identifier des mesures
concrètes d'allègement, l'Union des municipalités du Québec a mandaté la firme
Raymond Chabot Grant Thornton pour réaliser une étude visant à identifier les
impacts des exigences administratives du gouvernement du Québec sur les municipalités.
Cette étude, récemment terminée, a révélé que les exigences de la part du
gouvernement génèrent des coûts, pour les municipalités, estimés à
328 millions de dollars. On évalue aussi qu'il y a au minimum
4 100 salariés municipaux qui travaillent à plein temps afin de
répondre aux différentes demandes du gouvernement du Québec.
Bien que l'étude n'ait pas inclus
l'analyse des impacts de ces exigences sur le travail des fonctionnaires du
gouvernement du Québec, nous pouvons facilement croire que l'intensité du
travail demandé à ces derniers pour traiter les réponses des municipalités est
somme toute équivalente. On parlerait donc de plus de 8 000 personnes
entièrement occupées par les demandes gouvernementales aux municipalités.
L'étude demandée par l'UMQ identifie des allègements dont la mise en place
pourrait rapidement entraîner des économies de 21 millions de dollars
aux municipalités sans conséquence pour le bon fonctionnement de celles-ci.
Nous comprenons que les solutions
proposées dans l'étude ne peuvent être intégrées au présent projet de loi.
Cependant, nous croyons qu'il est urgent que le gouvernement du Québec dépose
rapidement un projet de loi spécifique aux organismes municipaux visant la
réduction de leur fardeau réglementaire administratif. Nous recommandons donc
que le gouvernement élabore un projet de loi visant la réduction de la lourdeur
administrative et de la reddition de comptes auxquelles sont soumises les
municipalités, les MRC, les communautés métropolitaines pour favoriser leur efficacité.
Le second enjeu de ce projet de loi qui
préoccupe les municipalités concerne les modifications législatives visant
l'application et la surveillance des codes de construction et de sécurité. Un
des objectifs importants est de permettre l'harmonisation des codes de
construction et de sécurité au niveau national et de réduire ou éliminer les
différences entre les codes modèles et les codes adoptés par les municipalités.
L'UMQ est entièrement favorable à cet objectif et en accord avec la proposition
de modifier la Loi sur le bâtiment, notamment pour garantir que seules des
normes les plus exigeantes puissent être adoptées par les municipalités afin
d'uniformiser l'application de certaines dispositions portant sur la sécurité
publique.
• (11 h 30) •
Toutefois, le projet de loi n° 17
propose également des mesures qui débordent largement cette volonté
d'harmonisation. Il confère notamment à la Régie du bâtiment du Québec, RBQ, un
pouvoir réglementaire de déterminer et fixer les obligations des municipalités
en matière de vérification de l'application du Code de construction et du Code
de sécurité. Nous comprenons que la RBQ pourrait imposer des normes de
construction ou de sécurité particulières à certaines municipalités et leur
demander d'assurer la vérification de leurs applications.
Alors que l'actuelle délégation de pouvoir
à une municipalité se fait sur la base d'une entente commune entre cette
dernière et la RBQ, les modifications proposées laissent entrevoir que la
délégation de pouvoir pourrait se faire par un règlement édicté par la RBQ. Si <l'objectif
de ces modifications est de favoriser...
>
11 h 30 (version révisée)
< M. Damphousse (Martin) :
...édicté
par la RBQ. Si >l'objectif de ces modifications est de favoriser la
conciliation réglementaire pour l'harmonisation des codes et de permettre de
répondre plus rapidement aux demandes des municipalités, nous croyons que ces
dernières doivent être consultées et qu'elles doivent avoir les ressources
nécessaires pour répondre à leurs obligations.
Nous comprenons que la RBQ va s'assurer de
recenser les besoins des municipalités, en matière de soutien à l'application
des codes, et participera au développement d'outils tels que les guides, des
grilles d'inspection, des activités de formation. Mais, malgré les bonnes
intentions, les municipalités et les services incendie ne disposent pas des
ressources nécessaires pour assurer la vérification des normes de sécurité. Ce
manque de ressources n'est pas le propre uniquement des plus petites
municipalités, mais c'est une réalité qui touche l'ensemble d'entre elles. L'accroissement
des inspections implique des coûts considérables. Nous craignons que ces
mesures ne constituent un autre exemple de transfert des obligations
gouvernementales vers les municipalités sans compensation financière adéquate.
Pour l'UMQ, le transfert de la
responsabilité d'inspection de la RBQ vers une municipalité ne peut se faire
uniquement après discussion avec celle-ci et à sa demande. Nous croyons donc
que le règlement édicté par la RBQ doit être élaboré après consultation de la
municipalité, en s'assurant qu'elle est bien informée et qu'elle est d'accord avec
cette délégation de pouvoirs. Nous recommandons donc de modifier l'article 108
du projet de loi n° 17 afin de préciser que la Régie du bâtiment peut, à
la demande d'une municipalité, déterminer dans quels cas des normes plus
sévères s'appliquent et que la vérification est de la responsabilité de la
municipalité.
En ce qui concerne les nouvelles exigences
pour la délivrance des permis de construction, l'UMQ croit qu'il y a un besoin
urgent de mieux documenter le mécanisme actuel et d'identifier de nouvelles
façons de faire permettant de mieux optimiser le transfert d'informations entre
la RBQ et les municipalités. Bien que des émissions de permis plus rapides ne
suffiront pas à elles seules à renverser la tendance du nombre de mises en
chantier, l'UMQ est en action et travaille à accompagner ses membres dans l'amélioration
continue, l'efficacité des processus d'émission des permis, pour aller encore
plus loin dans ce domaine.
Enfin, le projet de loi n° 17 vise à
permettre aux municipalités régionales de comté, MRC, lors d'années d'élections
générales, d'adopter leur budget lors d'une séance postérieure à la séance
ordinaire de novembre. Selon nous, cette mesure risque d'entraîner des retards
dans l'adoption des budgets des municipalités, qui devront possiblement
attendre un mois supplémentaire avant de recevoir leur quote-part à verser à
leur MRC. Dans les circonstances, nous croyons que ce délai accordé aux MRC n'est
pas justifié.
Nous sommes maintenant disponibles pour
répondre à vos questions. Nous vous remercions de votre attention.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vous remercie pour votre exposé. Nous allons maintenant commencer la période d'échange.
M. le ministre, la parole est à vous.
M. Skeete : Merci beaucoup
pour cette présentation. C'est très intéressant. J'ai quelques questions. En
tout cas, je suis très content d'entendre que vous avez la même passion que moi
sur l'allègement réglementaire. Pouvez-vous me faire un énoncé sur ce que l'UMQ
fait directement pour l'amélioration et la réduction du fardeau administratif?
Avez-vous un comité où est-ce que vous... où est-ce que vous présentez ces
idées-là? Est-ce que vous arrivez à faire l'élaboration de ce que vous désirez
en termes d'allègement réglementaire? Comment vous êtes organisés pour ces
dossiers-là d'allègement?
M. Damphousse (Martin) : En
fait, je vais me permettre une réponse, mais je vais inviter M. Létourneau à
bonifier le détail de votre question. En fait, il est clair que ce qu'on
observe, M. Skeete, depuis quelques années, cette fameuse lourdeur
administrative là représente des sommes colossales, puis plus, malheureusement,
la municipalité est petite, moins elle a de moyens. Et malheureusement, il y en
a qui vont même se restreindre à faire des demandes de subvention parce qu'ils
ne sont pas capables d'administrer la lourdeur administrative. Mais il est
clair que l'UMQ a mis en place un comité non seulement là-dessus, mais a aussi
commandé la fameuse étude de Raymond Chabot Grant Thornton, qui vient nous donner
des précisions sur l'impact réel que ça représente.
Puis honnêtement, même si on a pris le
même nombre d'employés chez vous que chez nous, sur cette lourdeur
administrative là, je pense sincèrement qu'on le voit dans des demandes... par
exemple, en environnement, on avait l'obligation... vous aviez l'obligation de
répondre dans un délai prescrit, mais, aujourd'hui, on apprend que, malgré ce
délai-là, souvent, la réponse n'est <même pas faisable...
M. Damphousse (Martin) :
...on
avait l'obligation... vous aviez l'obligation de répondre dans un délai
prescrit, mais, aujourd'hui, on apprend que, malgré ce délai-là, souvent, la
réponse n'est >même pas faisable parce que vous n'avez même plus le
nombre d'employés nécessaires pour y répondre. Ça fait que, dans ce
contexte-là, je vais inviter M. Létourneau, en ouvrant son micro, en ajoutant
un complément... Merci.
M. Létourneau (Yves) : Bien,
écoutez, je ne vais que rajouter à ce que M. Damphousse a déjà dit. Dans un
contexte de pénurie de main-d'oeuvre, c'est une préoccupation. Oui, il y a un
comité qui en parle, mais je peux vous dire qu'à chaque instance de l'UMQ on
discute des façons de mieux travailler. On parlait des permis... M. Damphousse
parlait de l'émission des permis. On est actuellement en train d'enquêter, on
fait des sondages, auprès de nos membres, sur comment être plus efficaces.
Donc, c'est un travail qui se fait à plusieurs niveaux, et il y a plusieurs...
L'étude est un exemple, là, on vient à peine de la recevoir, c'est de trouver
des façons d'être plus efficaces.
Puis, comme je dis, le contexte du... de
la pénurie, de la rareté de main-d'œuvre fait en sorte que les villes n'ont pas
le choix de trouver des façons d'optimiser leurs ressources, donc, d'être plus
efficaces et de réduire la lourdeur administrative.
M. Skeete : Bien, je vous
répondrais que vous avez en moi un allié important, là, puis ces comités-là que
vous avez, ça me ferait plaisir de venir participer et de contribuer à vos
travaux. On travaille déjà la prochaine mouture du projet de loi pour
l'année 2024, donc, je pense qu'il serait opportun qu'on vienne se voir
avant Noël. Donc, je vous lance ainsi l'invitation de poursuivre notre bon
travail ensemble.
J'aimerais vous demander, dans... Là, je
comprends que vous avez répondu un peu sur ce qui a été présenté, mais est-ce
que votre comité arrive à produire des recommandations précises, là? Je
comprends, dans votre recommandation, vous dites : «Afin de réduire les
coûts estimés de 330 millions de dollars par année, que le
gouvernement élabore un projet de loi visant la réduction de la lourdeur
administrative, la reddition des comptes auxquels sont soumises les
municipalités, les MRC et les communautés métropolitaines pour favoriser leur
efficacité.»
Ça fait que, là, vous arrivez avec des
principes où est-ce que, tu sais, vous êtes d'accord à réduire le fardeau, vous
êtes d'accord qu'il y a des enjeux, mais avez-vous, là, fait l'élaboration
précise de : Cet article de loi là, vraiment, mène à plein d'effets
pervers, donc, on voudrait... Est-ce que vous avez cet inventaire-là de lois
que vous voudrez qu'on fasse le ménage?
M. Damphousse (Martin) : En
fait, je vais me permettre une introduction, mais je suis convaincu... Je vois
le visage de M. Létourneau qui me dit : Oui, on a de l'information, parce
que, dans le rapport qu'on a, on a assurément des éléments très précis. Mais ce
que moi, j'entends, parce que je viens de faire la tournée du Québec, M. Skeete...
M. le ministre, vous le savez très bien, puis, quand on parle de lourdeur
administrative, c'est souvent dans la reddition de comptes. Pour avoir une
subvention, pour avoir accès à des nouveaux outils de service, il y a des
villes qui n'arrivent pas, ils ne sont juste pas capables. Puis, quand ils remettent
le document au gouvernement, bien là, il y a des compléments d'information, de
réponse, puis souvent il se passe 60 jours, 75 jours avant d'avoir
juste un accusé de réception. Ça fait qu'on perd un délai monumental, puis je
convaincu qu'on pourrait vous donner des pistes très, très précises.
Au-delà de ce que M. Létourneau vous dira,
on pourra vous envoyer des énoncés très clairs de vers où on pourrait alléger
sans avoir d'effet pervers et négatif sur les programmes en soi. M. Létourneau.
• (11 h 40) •
M. Létourneau (Yves) : Écoutez,
dans... bien, dans le mémoire qu'on vous a transmis, en annexe, on a identifié,
suite à l'étude, parce qu'on voulait avoir des mesures très concrètes, des
exemples précis, puis là on parle uniquement de reddition de comptes, en annexe I,
avec des mesures recommandées qui sortent du rapport de RCGT qu'on pourra vous
transmettre, des mesures très... je pense qu'il y a 11 mesures très
précises de comment changer un programme qui ferait que ce serait plus rapide,
plus efficace, sans rien affecter au niveau du processus des programmes d'aide.
Par ailleurs, dans l'enquête que RCGT a
faite... et j'ai assisté à certaines des séances, on a eu plusieurs séances
avec des municipalités de différentes tailles pour identifier des mesures
concrètes. Là, on s'est surtout penché sur les redditions de comptes, mais il y
a beaucoup d'éléments, puis l'enquête s'est faite au niveau de la sécurité
publique, au niveau des finances, au niveau de la gestion contractuelle, donc,
sur l'ensemble des éléments des municipalités. Puis les participants, puis ça a
été une enquête qui a duré quand même plusieurs mois, avec plusieurs
rencontres, ont identifié des points très précis. Dans le mémoire, on a
insisté sur la reddition de comptes, mais effectivement, on a des exemples,
mais qu'on veut documenter davantage avant de les rendre publics, là, sur
d'autres façons de faire qui pourraient améliorer l'efficacité, tant des
municipalités, que du gouvernement <du Québec...
M. Létourneau (Yves) :
...avant
de les rendre publics, là, sur d'autres façons de faire qui pourraient
améliorer l'efficacité, tant des municipalités, que du gouvernement >du
Québec.
M. Skeete : Il me reste deux
petites questions. Vous avez mis, dans vos recommandations, d'enlever le délai,
suite aux élections, aux MRC, de produire leur budget plus tard. Je serais
curieux de savoir pourquoi vous... parce que l'esprit du gouvernement, c'est de
donner le temps à ces gens-là, qui venaient juste d'être élus, d'arriver pour
produire un budget. Pourquoi vous êtes contre cette mesure-là?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
pour moi, la réponse est claire. Vous le savez, bon, j'étais préfet, puis on
dépend toujours de nos organismes régionaux pour être capables, les
municipalités, de finaliser nos budgets. Donc, si on accorde des retards à des
organismes, on n'y arrivera jamais. Nous, on sera toujours... parce que ça a
une incidence majeure quand on reçoit un budget, que ce soit de la police, que
ce soit de la régie des eaux, que ce soit de la MRC. Puis en même temps, là, les
membres de la MRC, ce sont les mêmes maires, mairesses qui font partie de ceux
qui attendent ces résultats-là. Ça fait que c'est comme si on se faisait une
jambette à nous-mêmes, comme municipalités, de permettre que la MRC ait du
retard. Honnêtement, on n'y arrivera juste pas.
Ça fait qu'on ne pense vraiment pas que
c'est nécessaire, parce qu'en même temps l'administratif d'une MRC restera là,
ils seront capables de prévoir et de planifier vers où on va, puis honnêtement,
pour nous, on ne voit pas de délai additionnel nécessaire.
M. Skeete : Et ma dernière
question, mes collègues de l'opposition m'ont fait valoir qu'on va vouloir
parler de timbrage sur l'alcool : Avez-vous, en tant que municipalité, une
opinion par rapport au timbrage sur l'alcool?
M. Damphousse (Martin) : Je
pense sincèrement que les restaurateurs qui vont venir après nous risquent de
vous en parler pas mal plus. Moi, honnêtement, moi, je n'en ai pas
personnellement, là, mais M. Létourneau a sûrement des éléments
additionnels, s'il veut ajouter. Mais je ne pense pas que le timbre est un
enjeu pour nous.
M. Létourneau (Yves) : Non.
Puis, comme vous avez dit tantôt, M. Damphousse, vous avez dû voir à mon
visage que je n'avais pas d'élément à rajouter sur cette question.
M. Skeete : Parfait. Je vais
laisser la parole. Je pense que mon collègue a une question.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais donner la parole à votre collègue, M. le ministre. Donc, je cède la... je
vais céder la parole au député d'Abitibi-Est.
M. Dufour : Bonjour, Martin,
bonjour, Yves. Vous avez, dans votre première recommandation, reddition de
comptes... vous dites que vous pourriez sauver 330 millions, ce qu'on voit
dans votre mémoire. Vous le savez quand même que c'est... on travaille avec de
l'argent public, je pense que tout le monde le sait. Ça prend une rigueur
comptable aussi au niveau municipal, c'est...
Le but exact, c'est-tu vraiment... La
problématique, au niveau de la reddition de comptes, c'est-tu de la faire, la
reddition de comptes, ou c'est le délai de réponse, souvent, du ministère...
des ministères avec lesquels vous travaillez, que vous trouvez qui est trop
long? Parce qu'en fin de compte on parle de deux éléments, là, différents, là,
sur cet aspect-là.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
j'aurais une réponse, puis, encore une fois, si M. Létourneau veut bonifier,
avec plaisir, là. En fait, c'est que ce qu'on observe... Puis qu'on s'entende
bien, là, on ne veut pas qu'il n'y ait plus de reddition de comptes, on
comprend que c'est de l'argent public. C'est la même chose pour nous, quand on
donne de l'argent à des organismes communautaires régionaux, bien, on s'attend
à une reddition de comptes. Mais on sent, depuis quelques années, une
augmentation de la lourdeur administrative, les exigences gouvernementales, les
exigences pour les programmes provinciaux, puis, dans certains cas, vous le
savez très bien, c'est fédéraux et provinciaux. Donc, les exigences pour être
capable de finaliser nos dossiers ne font qu'augmenter.
Donc, dans un contexte de rareté de
main-d'oeuvre, pouvons-nous travailler ensemble pour s'assurer qu'on amincisse
les exigences tout en restant rigoureux pour qu'on puisse gagner
collectivement, autant chez vous que chez nous, gagner du temps, donc, de
l'efficacité?
M. Dufour : Et si on suit la
logique, il y a des endroits où vous demandez simplement l'échantillon de
facture. Est-ce que, pour vous, vous jugez que c'est assez? Je vois, exemple, d'un
programme du PIQM, vous dites : Un échantillon de facture serait assez
pour valider les dépenses. Il reste quand même qu'un échantillon de facture, si
tu regardes ça, pour un fonctionnaire, ce n'est pas toujours évident non plus
de faire un lien direct avec la dépense.
M. Damphousse (Martin) : Yves,
je vais te laisser répondre sur le détail des factures.
M. Létourneau (Yves) : Oui,
puis peut-être je vais juste revenir un peu en arrière, de préciser que le
330... 328 millions, c'est le coût de la reddition de comptes... bien, les
coûts des mesures administratives. On ne dit pas qu'on peut couper
330 millions, comme M. Damphousse disait, on ne veut pas enlever
totalement les mesures, au contraire. Par contre, on a identifié
21,4 millions de dollars qui pourraient être réduits.
Vous donnez l'exemple des factures, ces
mesures-là <ont été proposées...
M. Létourneau (Yves) :
Vous
donnez l'exemple des factures, ces mesures-là >ont été proposées par le
rapport RCGT, qui sont des comptables chevronnés. Et c'est la façon qui peut se
faire ailleurs, dans d'autres secteurs qui sont fonctionnels. C'est pour ça
qu'on les a mis, parce qu'on a un appui d'un bureau de comptables qui nous dit :
Non, ça fonctionne ailleurs, pourquoi est-ce que les municipalités, ça doit
être plus... Et je répète que nous, ce qu'on a identifié dans l'étude, c'est
21,4 millions de dollars et non pas les 328 millions.
M. Dufour : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le ministre.
M. Skeete : Merci, Mme
la Présidente. Encore une fois, je suis désolé pour l'impair de tantôt.
La Présidente (Mme D'Amours) : Ah!
il n'y a pas de problème.
M. Skeete : Mais dans
l'esprit de la bonne entente et de collaboration, je serais prêt à céder le
temps qu'il reste au gouvernement à mes collègues de l'opposition.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Maintenant, je cède la parole au député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Écoutez, je vais prendre la balle au bond. Quand
vous parliez tantôt, donc, du 21,4 millions de dollars qui a été
identifié, qui pourrait potentiellement être, donc, réduit, là, de ce 328
millions de dollars là, bien, la question... en reddition de comptes, là.
La question qui me vient à l'esprit, c'est de savoir : Ces éléments-là
additionnels que vous avez fait mention tout à l'heure, des nouvelles questions
à remplir, formulaires, et tout ça, là, qui semblent s'être additionnés dans
les dernières années, voyez-vous, dans tout ça, donc, qu'il y a eu un
dédoublement, puis c'est en éliminant ce dédoublement-là de questions, de
rapports, et tout, qui ferait qu'on économise 21,4 millions de dollars, ou
est-ce que c'est juste parce que c'est une façon différente de faire les
choses?
J'aimerais juste qu'on me clarifie comment
vous en êtes arrivés à penser que l'économie va être de 21,4 millions de
dollars.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
je pense que les données du rapport qu'on vous enverra, avec les 21 points,
dont M. Létourneau vous parle... vous parlait tantôt, risquent de préciser
ces éléments-là. Mais, dans ma compréhension, là, encore une fois, je suis
convaincu que ce n'est pas qu'on dédouble, c'est qu'on augmente la lourdeur
administrative avec de nouvelles redditions de comptes que nous n'avions pas
avant. Ça fait que c'est ça qui fait qu'on prend plus de temps, que c'est plus
complexe. Et les délais de réponse, à cause de la rareté de la main-d'oeuvre
des deux côtés, autant gouvernemental, que municipal, bien, ces délais-là
coûtent de l'argent. Parce que, si on attend, par exemple, une subvention
importante, puis souvent on parle... on chiffre ça en millions de dollars,
mais, quand on n'a pas cet argent-là, vous comprenez que c'est le financement
qu'on doit assumer, nous, financièrement, temporaire, transitoire. Ça fait que
c'est des coûts énormes. Chaque mois, chaque journée qui passe, c'est des coûts
additionnels.
Ça fait que quand, malheureusement, les
municipalités manquent de personnel, bien, elles étirent, des fois, des délais
additionnels pour des demandes additionnelles, pas un doublon, mais des
demandes plus exigeantes que nous avions avant. M. Létourneau.
M. Létourneau (Yves) : Et
l'étude est une étude comptable, donc, sur la réalité — excusez, s'il
y a du bruit, il y a une manifestation à l'extérieur de nos bureaux — sur
des aspects comptables qui étaient présents dans les budgets des villes en
2022. À ça va se rajouter des éléments, des nouvelles obligations. Comme on
parle dans notre mémoire, éventuellement, s'il y avait des obligations, pour
les municipalités, de surveillance de l'application, de vérification d'application
des codes de sécurité de bâtiment, ça alourdit énormément, encore une fois, puis
ça n'est pas tenu en compte dans l'étude.
Et il y a aussi parfois des dédoublements,
je pense, au niveau, par exemple, du Directeur général des élections. Ça a été
identifié que les dépenses, pour les remboursements des élus après les
élections, sont vérifiées à trois reprises, par le greffier de la ville, par le
vérificateur puis au niveau du DGEQ. Ça fait qu'il y a... Ça, c'est un exemple,
là, où il y a moyen aussi peut-être de simplifier ou d'enlever certains
dédoublements.
• (11 h 50) •
M. Beauchemin : Bien,
merci, en fait, parce que je pense qu'on va tous s'entendre sur une chose,
c'est sûr et certain, le fruit le plus bas de l'arbre, c'est justement tout ce
qui est justifiable, en termes de dédoublement, qui peut facilement, donc, être
éliminé, là, du processus, puis là-dessus, je le vois bien.
Ça m'amène cependant à vous poser la
question suivante : Qu'est-ce qui fait en sorte qu'on en arrive à avoir
des exigences additionnelles? C'est qu'on veut mesurer... Puis je ne dis pas
ça, que c'est la façon de faire tout le temps, là, mais souvent, plus souvent
qu'autrement, c'est parce qu'on veut mesurer, de façon plus précise,
l'efficacité, le montant d'argent mis dans tel ou tel programme. Et donc,
initialement, on voulait juste savoir c'était quoi, la grandeur, c'était quoi,
la largeur, là, maintenant, on veut avoir le poids, on veut avoir... tu sais,
si je prends un exemple médical, ton poids, masse, etc. Donc, on veut avoir
plus de précisions à savoir si l'argent est <bel et bien utilisé.
M. Beauchemin :
Donc,
on veut avoir plus de précisions à savoir si l'argent est >bel et bien
utilisé.
Donc, est-ce que, dans votre économie de
21,4 millions de dollars, ça fait en sorte qu'en bout de piste la mesure
d'efficacité de l'argent donné, bien, elle est juste moins précise, selon vous?
M. Damphousse (Martin) : C'est
une bonne question. Honnêtement, si c'est pour aller chercher des données
additionnelles, plus de précisions, est-ce que ça ne peut pas être fait sous
forme de sondage après que le programme soit complètement terminé, les argents
remis, au lieu de sonder chacun des participants? Parce que, vous le savez, là,
à partir du moment où on a une masse critique de répondants, on a une tendance
assez claire de la qualité des réponses, mais de le faire systématiquement à
tout le monde... Je comprends qu'on souhaite avoir plus de précisions, c'est
utile, autant pour le milieu municipal que pour vous. On est dans le même
bateau, mais la réalité, c'est de le faire systématiquement à tout le monde,
c'est ça qui amène une lourdeur additionnelle.
Puis je pense qu'en sondant, par la
suite... On le fait souvent, à l'UMQ, puis on a, des fois, 60 répondants
sur 400 membres, mais 60, c'est très significatif pour avoir une tendance
claire et c'est suffisant selon nous.
M. Beauchemin : Bien, je
dois, en fait, féliciter là-dessus, parce qu'effectivement c'était la direction
que j'allais, le sondage est l'élément ultime pour faire améliorer les
processus, généralement, là, par... dans le monde des affaires. Est-ce que des
nouveaux programmes pourraient, selon vous, aussi faire augmenter la paperasse?
On ajoute un nouveau programme d'aide quelconque, x, y, z. Est-ce que ça aussi,
selon vous, ça ferait augmenter la paperasse ou il y aurait peut-être,
justement, des économies d'échelle qui seraient potentiellement possibles de
faire?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
malheureusement, ce qu'on observe, depuis quelques années, chaque nouveau
programme, on est tout le temps content. Je regarde PRIMEAU, je regarde
ailleurs, on est, tout le temps heureux, enfin, un nouveau programme, souvent,
qui est attendu. Mais, quand on regarde la reddition de comptes qui vient avec...
Puis je vous le dis, là, plus la municipalité est petite... Ça va bien, là,
j'ai 21 500, à Varennes, je me débrouille bien, mais, quand on est à 5 000,
6 000, 1 000 employés, c'est ingérable pour eux. Puis ce qui est triste,
là, c'est qu'ils passent à côté d'options, de subventions, de support
superimportant pour eux, mais ils ne sont juste pas capables, ça fait qu'ils
abandonnent de déposer le projet. Ça fait qu'honnêtement c'est un peu triste.
M. Beauchemin : Je veux
revenir sur la Régie du bâtiment. Si l'article 108, là, il n'était comme
pas modifié, selon vous, là, quelles seraient les conséquences?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, ce qu'on craint, c'est que le RBQ, ayant le pouvoir de décréter la
responsabilité de la surveillance des constructions à une municipalité, soyons
francs, là, le milieu municipal, on n'a pas cette expertise-là. Nous n'avons
pas ces employés-là capables de superviser des chantiers pour s'assurer que les
nouvelles normes RBQ soient bien suivies. Ça n'a jamais été notre travail de le
faire. Par contre, je pense à Montréal, puis il y a peut-être d'autres grandes
villes au Québec qui ont ce personnel-là. Montréal, c'est la métropole, ils ont
beaucoup, beaucoup, beaucoup plus d'employés et d'expertise. Donc, si eux la
souhaitent, bien, c'est parfait que la RBQ leur transfère la responsabilité. S'ils
sont convaincus qu'ils seront plus efficaces, tant mieux, mais la grande
majorité des municipalités, et là je suis à 95 %, on n'a pas ces
expertises-là.
Et, s'il fallait que la RBQ nous la
transfère, là, honnêtement, là, on vient d'ajouter une lourdeur de délais de
construction qui sera ingérable. Et je suis convaincu que les entrepreneurs
n'accepteront pas ce délai-là additionnel, parce que ce délai-là va leur coûter
trop d'argent, et là on va créer un chaos encore plus grand avec la rareté de
logements qu'on connaît aujourd'hui.
M. Beauchemin : Je vous
entends, je comprends, évidemment. Écoutez, tantôt, vous parliez d'un chiffre,
ça a quand même frappé l'imaginaire, là, je n'étais pas au courant que
c'était... Quand je l'ai lu, là, le rapport, ça m'a quand même frappé, je
n'avais pas pensé que c'était autant, 4 100 employés municipaux
travaillent à temps plein à répondre aux différentes demandes du gouvernement
du Québec. Puis là vous avez fait une loi, une loi pour déterminer... On assume
«therefore» qu'il y a 4 100 fonctionnaires à Québec, qui doivent être
de l'autre côté pour répondre. Peut-être c'est le cas, peut-être que ça ne
l'est pas, mais, en tout cas, j'espère que ce n'est pas le cas.
Ceci étant, si... supposons qu'on pouvait
en libérer, puis je ne sais pas exactement le chiffre que vous avez mentionné,
qui pourrait être atteignable en termes de nombre d'emplois... Est-ce que vous
l'aviez mentionné? Parce que <je ne l'ai pas entendu...
M. Beauchemin :
...qui
pourrait être atteignable en termes de nombre d'emplois... Est-ce que vous
l'aviez mentionné? Parce que >je ne l'ai pas entendu?
M. Damphousse (Martin) : Non.
M. Beauchemin : OK. Si
on pouvait en libérer, je ne sais pas, disons, 5 % ou 10 %, tu sais,
c'est 200 à 400 employés de plus. Qu'est-ce qu'ils pourraient faire de
plus, ces employés-là, pour votre univers à vous?
M. Damphousse (Martin) : Ils
pourront... Ils pourraient mieux répondre aux besoins de la population. Et je
donne des exemples. Tantôt, j'ai rajouté le mot «itinérance». Honnêtement, je
suis maire depuis 15 ans. Si on m'avait dit, il y a 15 ans, un jour,
là, tu vas devoir gérer l'itinérance, la maladie mentale, les opioïdes,
l'alcool, le mal de vivre, je dis : Non, non, non, c'est impossible. Ce
n'est pas la responsabilité du milieu municipal, mais on libérerait des
employés pour être capables des plus performants. Mais, dans les exemples...
Puis c'est vrai que le nombre d'employés est choquant, puis, malheureusement,
je l'ai juste doublé, en prenant pour acquis que le nombre d'employés
provinciaux serait le même. Je crains malheureusement que ça soit beaucoup plus
important que ça, malheureusement.
Mais je vais vous donner l'exemple de...
parce qu'on parle beaucoup d'adaptation aux changements climatiques, d'érosion
des berges. Je sais de quoi je parle, à Varennes, je suis pris avec ça. Mais on
demande à toutes les villes voisines qui veulent faire des études, parce qu'ils
veulent... ils doivent intervenir le long du fleuve, le long des rivières, et
là on demande des mêmes études. Ça vient d'une autre ville? Ah! non, non, non.
L'UMQ ne pourra pas chapeauter ces études-là pour l'ensemble d'une collectivité
qui ont les mêmes enjeux, c'est le même fleuve. Bien non, mais ces études-là
prennent trois ans, et ça représente des centaines de milliers de dollars
d'études juste pour avoir la permission d'intervenir pour endiguer l'érosion. Imaginez
ce que ça prend, puis là c'est le ministère de l'Environnement du Québec, mais,
en plus, dans le fleuve, il y a le fédéral qui est impliqué.
Ça fait que, quand on parle de lourdeur
administrative, là, honnêtement, le fleuve, c'est probablement le pire exemple,
ou le meilleur pour nous, pour démontrer à quel point on n'est pas capables
d'avancer efficacement. Puis, pendant ce temps là, bien, l'érosion fait son
œuvre, puis on perd des infrastructures. Ça fait que c'est des exemples
simples, mais honnêtement, on gagnerait beaucoup, autant Québec, Canada, que le
milieu municipal.
M. Beauchemin : C'est un
exemple qui est, en fait, extrêmement frappant. Il y a moyen certainement de
pouvoir faire avancer ça, que ce soit donner des lettres de procuration, que ce
soit donner une acceptabilité d'avoir des consentements dans un ensemble proche
de Varennes, que ce soit Boucherville, que ce soit Saint-Lambert, Longueuil.
Donc, c'est sûr et certain qu'il y aurait un avantage énorme là-dessus.
Écoutez, bien, je vous entends. C'est
drôle, moi, j'aurais conclu peut-être à l'inverse en souhaitant, j'espère, que
la machine à Québec est plus efficace d'une certaine façon. J'aurais cru que le
chiffre aurait peut-être été moins que 4 100, et non plus, comme vous le
sous-entendez, mais sait-on jamais.
M. Damphousse (Martin) : ...je
vous laisse avec vos illusions.
M. Beauchemin : On va
aller chercher puis on l'apprendra par soi-même. Merci beaucoup, monsieur et
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard... Maurice-Richard,
oui.
M. Bouazzi : Combien on
a de temps?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...11 secondes.
M. Bouazzi : Ah, super!
Merci beaucoup. C'était très intéressant. Avant peut-être de vous poser des
questions sur le mémoire, vous avez parlé des questions de pénurie de
main-d'œuvre, évidemment, qui est un problème généralisé sur toutes sortes de
secteurs, et vous, vous en faites les frais. Je sais qu'il y a eu des voix
aussi qui disaient que vous traitiez spécialement bien vos fonctionnaires.
Est-ce que, si vous diminuez l'environnement,
la qualité de l'environnement de travail ou la rémunération de vos employés, ça
vous aiderait dans la pénurie de main-d'œuvre?
• (12 heures) •
M. Damphousse (Martin) : Assurément
pas, parce qu'on va affecter la qualité du service. Donc, honnêtement, là, ce
n'est pas la solution. Puis de prétendre qu'on paie... Bon, ce n'est pas du
tout le sujet de l'heure, là, mais de prétendre qu'on paie trop nos employés,
disons que c'est probablement, à notre avis, là, l'État qui ne paie pas assez
pour s'assurer d'une fiabilité... puis regardez les enseignants, mais je pense
que c'est un autre débat, là. On est en bas du secteur privé. Nos employés sont
de qualité. Ils reçoivent ce qu'ils doivent recevoir pour assurer le
gouvernement de proximité et l'ensemble des services, qui ne cessent
d'augmenter, auxquels la population s'attend.
M. Bouazzi : On sera
d'accord là-dessus. Mon autre question est sur la question... Je vous avouerais,
moi, j'ai travaillé 15 ans sur des questions d'optimisation de processus
avant de me rendre ici. Et j'entends beaucoup <l'exemple des factures, par
exemple. Pour avoir moi-même travaillé sur...
>
12 h (version révisée)
<19305
M.
Bouazzi :
...ici, et j'entends beaucoup >l'exemple des
factures. Par exemple, pour avoir moi-même travaillé sur... parmi les choses
sur lesquelles je travaillais, c'était sur des demandes où... qui demandaient
beaucoup de factures. Là, ce n'était pas un échantillonnage, mais c'était l'idée
de demander juste 90 % du montant d'argent. Et, en général, il y a
quelques factures qui sont spécialement énormes, et plein de toutes petites
factures, de boîtes à clous ou je ne sais pas quelle affaire, dont on pourrait
se débarrasser, qui ferait en sorte qu'on se débarrasse de 90 % des
factures en gardant 90 % du montant, si vous comprenez mon raisonnement.
Mon point, c'est que tous les processus
sont différents et qu'ils méritent, évidemment, une attention particulière pour
trouver comment les optimiser. Vous avez donné des très, très bons exemples sur
les questions des berges aussi, et évidemment, je ne pense pas que c'est ici qu'on
pourra entrer dans toutes les possibilités qui pourront améliorer la vie des 4 000 personnes
qui travaillent sur tous ces processus-là. Mais évidemment, on vous entend, et
j'espère qu'il y aura une attention particulière qui rentrera dans le détail de
chacun de ces processus.
Ceci étant dit, une partie de la solution,
de mon expérience, passe beaucoup par la question de la technologie, la
numérisation, le fait qu'on n'ait pas à rentrer 22 fois les mêmes données
dans 22 fichiers PDF différents, qu'il y a des données que le gouvernement
a déjà et qu'il pourrait préremplir toutes sortes de choses. Est-ce que vous
avez des réflexions, en fait, qui touchent aussi à ça, au-delà de ce qu'on vous
demande de remplir comme conditions, mais aussi la rapidité à laquelle tout ce
processus-là pourrait être accéléré avec une numérisation des services?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
je pense que le milieu municipal est particulièrement bien avancé dans le
contexte de numérisation. On a des logiciels qui sont adaptés au milieu
municipal, puis la grande majorité du milieu municipal les utilise.
Vous allez me permettre de revenir sur...
même si ce n'était pas une question, parce que j'ai aimé un bout de votre
intervention préalable qui disait : Peut-être que, dans le cadre du
programme de subventions, si le gouvernement octroyait rapidement 90 % des
sommes pour alléger l'impact financier d'assumer la transition des réponses...
Puis souvent, vous avez raison, il reste un 10 % que le gouvernement peut
garder, ça ne me dérange pas, jusqu'à tant qu'on ait clos le dossier des
factures de boîtes à clous puis tous les autres de l'exemple que vous avez
donné. Et donc on viendrait alourdir l'impact financier, parce que c'est
souvent ça qui est le drame, chaque délai qu'on a de reddition de compte,
surtout pour des montants de subventions, qui se chiffrent souvent à plusieurs
millions de dollars, bien, ça a des impacts financiers qui sont énormes. Votre
idée d'avancer le 90 %, je la retiens, je l'aime beaucoup. Espérons qu'on
réussisse à faire gagner ce petit point-là dans les prochains mois.
M. Bouazzi : Excellent. Elle
était en contrepartie, évidemment, de factures qui représentent 90 % des
coûts aussi, évidemment, là, je veux dire. Mais je voulais juste mieux
comprendre votre point sur la question des régies du bâtiment du Québec. Donc,
on comprend, en plus, avec les différentes normes qui vont évoluer avec les
questions de lutte contre la crise climatique, dans les questions de bâtiments,
il va y avoir, évidemment, du... si vous m'excusez l'anglicisme, du «top-down»
aussi, donc, une approche par le haut pour pouvoir harmoniser toutes sortes de
choses qui touchent au bâtiment. Là, vous parlez des questions de sécurité,
mais ça peut bien être d'autres choses dans le futur.
Et je comprends que vous... Je voudrais
juste être sûr que... Vous êtes d'accord, donc, de ce que je comprends, avec
une forme de centralisation, tout en demandant une collaboration, pour
comprendre les ressources dont vous avez besoin pour pouvoir mettre en place,
justement, les normes qui vont venir de la Régie du bâtiment du Québec. C'est
bien ça?
M. Damphousse (Martin) : Yves
voudra assurément compléter, là, mais dans ma compréhension... Première des
choses, de moderniser la Régie du bâtiment en fonction des nouvelles normes de
construction, on applaudit ça, c'est parfait. Il y a des nouvelles façons de construire,
il y a des nouveaux matériaux qui sont entrés en fonction, et c'est excellent,
ça. Il fallait aller là. Maintenant, anciennement, la Régie du bâtiment
était l'organisme gouvernemental qui s'assurait que le constructeur fasse ce qu'il
doit faire en fonction des règles édictées par la Régie du bâtiment, et c'est
parfait. Quand il y a un projet qui est déposé dans une municipalité, il y a
des ingénieurs, il y a des architectes qui signent les plans. Ils assument
leurs responsabilités, c'est parfait. Nous, on a un <urbaniste...
M. Damphousse (Martin) :
...architectes
qui signent les plans. Ils assument leurs responsabilités, c'est parfait. Nous,
on a un >urbaniste qui va émettre le permis, mais ce ne sera... ce ne
doit pas être à nous, si on ne le souhaite pas, de s'assurer de superviser la
construction et de faire appliquer les règles de la Régie du bâtiment. On n'a
pas les compétences, on n'a pas les ressources et on a encore moins les moyens
pour s'assurer de faire ça.
Par contre, ce que j'ai précisé tantôt, si
une ville comme Montréal, qui considère avoir les moyens et les employés pour
le faire, qu'ils sont convaincus d'être plus efficaces mais... qu'ils
souhaiteraient qu'on leur délègue cette responsabilité-là, soit, c'est parfait,
mais ne surtout pas prendre le risque de la transférer à des municipalités,
comme Varennes et plein d'autres, qui ne sont surtout pas équipées pour ça,
parce qu'on craint que l'argent ne vienne pas avec.
M. Bouazzi : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : 50 secondes.
M. Bouazzi : 50 secondes.
Bien, peut-être, en 50 secondes, un aspect aussi qui n'est pas abordé,
évidemment, dans ce projet de loi mais qui va être abordé dans les prochaines
semaines, c'est la question du financement aussi. Vous l'abordez quand même sur
les coûts que c'est. Il y a évidemment des problèmes de financement plus
profonds qui touchent aux municipalités, et, je pense... malheureusement, on
n'aura pas beaucoup de temps, mais je pense qu'un des nœuds aussi du problème,
c'est... en vous transférant des responsabilités, il faut aussi vous transférer
de l'argent qui vous permet de répondre à ces responsabilités.
La Présidente (Mme D'Amours) : 10
secondes.
M. Damphousse (Martin) : Vous
avez raison. Il ne reste pas assez de temps, mais comme vous le savez, on en
entend parler. Le milieu municipal est dans sa négociation du renouvellement de
notre pacte fiscal, mais on en a une, entente, aujourd'hui, jusqu'en décembre
2024. C'est amorcé, on amorce des discussions, et j'ai la certitude qu'on
trouvera des solutions ensemble.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. Damphousse, M. Létourneau, pour votre contribution aux travaux de la
commission.
Je suspends les travaux quelques instants
afin que nos prochains invités prennent place. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 08)
(Reprise à 12 h 14)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux, et je souhaite maintenant la bienvenue à l'Association
des restaurateurs du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons à la période d'échange
avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter puis
commencer votre exposé, s'il vous plaît.
Association des restaurateurs du Québec (ARQ)
M. Philippin (Hugues) : Mme
la Présidente de la commission, M. le ministre de l'Économie, de l'Innovation
et de l'Énergie, MM. et Mmes les députés, bonjour. Je me nomme Hugues
Philippin. Je suis le propriétaire du restaurant Chic Alors!, à Québec, et
aussi président du conseil d'administration de l'Association Restauration
Québec, aussi connue sous l'acronyme ARQ. L'association, qui célèbre son
85e anniversaire en juin dernier... qui a célébré, d'ailleurs, son 85e,
compte plus de 5 200 membres dans toutes les régions du Québec, ce
qui en fait le plus important regroupement de gestionnaires de la restauration
sous toutes ses formes. Je suis accompagné aujourd'hui du directeur général
adjoint de l'ARQ, M. Laurence-Olivier Malouin Trudel, ainsi que de la
directrice des affaires publiques et gouvernementales, Mme Dominique Tremblay.
Je tiens à remercier les membres de la commission de nous avoir invités
aujourd'hui à présenter nos observations sur les besoins d'allègement
réglementaire et administratif au secteur de la restauration.
Au cours de la dernière année, l'industrie
de la restauration a commencé à se relever progressivement de la commotion
provoquée par les années de pandémie et de mesures sanitaires. Ce défi
historique a mis à l'épreuve la ténacité des restaurateurs, qui ont dû
redoubler d'efforts et d'ingéniosité pour traverser cette crise.
Malheureusement, en dépit des efforts de nos exploitants, la pandémie s'est
soldée par une victoire à la Pyrrhus pour notre industrie. En effet, une fois
les restrictions sanitaires levées, la restauration s'est trouvée confrontée à
une pénurie de main-d'œuvre chronique, à l'endettement engendré par les vagues
de fermetures, à l'inflation galopante et à une menace récessionniste de plus
en plus tangible. Notre industrie est donc actuellement fragilisée par de
nombreux facteurs externes extrêmement défavorables. Dans ce contexte, l'ARQ
considère que des allègements réglementaires et administratifs pourraient
grandement soulager notre secteur.
Plus précisément, nous allons nous
concentrer sur les préoccupations de la restauration en matière de vente, de
distribution et de service des boissons alcoolisées. Tout d'abord, c'est avec
une joie que l'industrie de la restauration a accueilli l'article 10 du
projet de loi n° 44, qui modifie l'article 37 de la Loi sur les permis
d'alcool de sorte à autoriser les restaurateurs titulaires de permis à <vendre...
M. Philippin (Hugues) :
...l'article
37 de la Loi sur les permis d'alcool de sorte à autoriser les restaurateurs
titulaires de permis à >vendre des boissons alcooliques à base d'alcool
de malt ou de spiritueux pour emporter ou aller en livraison. L'ARQ tient aussi
à saluer les récents progrès qui permettront la vente de cocktails prêts à
boire à base de spiritueux en livraison et avec des mets à emporter. Ces
boissons possèdent une meilleure... la meilleure croissance de popularité
auprès des consommateurs depuis 2018, et le format est idéal pour le transport.
Elles représentent une opportunité commerciale très intéressante pour les
restaurateurs titulaires d'un permis d'alcool. Par conséquent, l'ARQ recommande
que le PL n° 44, modifiant l'article 37 de la Loi sur les permis
d'alcool, soit adopté dans les plus brefs délais.
Parallèlement, au cours des deux dernières
années... décennies, la variété, la qualité et le volume des alcools québécois
ont explosé. Pour l'ensemble de ces produits, la restauration représente un
point de distribution essentiel. En effet, les restaurateurs permettent aux
consommateurs de découvrir ces alcools dans un contexte privilégié de
dégustation et d'accords avec les mets diversifiés. De plus, l'offre croissante
de cocktails à base de boissons québécoises dans les restaurants représente
également une vitrine avantageuse pour ces produits. Inversement, malgré les
efforts évidents des dernières années, qui méritent quand même d'être
soulignés, la distribution des alcools artisanaux québécois par la Société des
alcools du Québec est toujours loin de satisfaire les producteurs. En effet, la
politique de la SAQ dicte quelles bouteilles auront accès aux tablettes de
l'ensemble des succursales, selon des critères de demande et de notoriété
difficilement atteignables pour des produits tentant de défricher des nouveaux
marchés ou simplement de satisfaire un besoin niche.
Alors, je vais laisser M. Malouin Trudel
poursuivre.
M. Malouin Trudel (Laurence-Olivier) :
Merci, Hugues. Donc, l'ARQ pense que la restauration pourrait jouer un rôle
complémentaire clé dans la commercialisation de nouveaux produits alcoolisés
québécois, notamment en permettant aux producteurs de distribuer facilement
leurs productions dans les restaurants. Ces derniers pourraient alors faire
découvrir leurs produits même s'ils ne sont pas encore aptes à répondre à
l'ensemble des critères de commercialisation imposés par la SAQ.
Par conséquent, l'ARQ recommande que les
producteurs québécois de boissons alcoolisées puissent vendre leurs productions
directement aux restaurants titulaires d'un permis d'alcool de consommation sur
place sans passer par le réseau de la SAQ. La majoration des prix serait quand
même perçue par la SAQ sur les bouteilles vendues dans les restaurants,
celle-ci n'aurait alors donc pas à s'inquiéter de voir ses profits chuter. Les
brasseries livrent déjà leurs bières directement aux établissements titulaires
de permis, alors pourquoi ne pas étendre ce droit aux autres producteurs
d'alcool québécois, qui ont un besoin criant de débouchés, particulièrement
après ces années postpandémiques?
Dans la même optique, l'ARQ croit que
l'adoption des restaurants comme points de vente de bouteilles de vin ou de
spiritueux permettrait une meilleure couverture de la demande des consommateurs,
qui ne vivent pas tous à proximité d'une succursale de la SAQ, particulièrement
en région. Un tel réseau de distribution faciliterait l'accès des consommateurs
à des produits plus nichés, encore une fois, particulièrement dans les régions
éloignées des grands centres urbains, où la clientèle est normalement
contrainte de se rendre dans des agences SAQ, qui, elles, n'offrent qu'une
sélection souvent limitée de produits. Les restaurants, comme points de vente
complémentaires, pourraient donc permettre une meilleure distribution des
produits alcoolisés, complémentaire à celle de la SAQ.
L'ARQ est convaincue que l'État québécois
n'en sortirait que gagnant et répondrait également à une demande de la
population, parce que 71 % des consommateurs québécois souhaiteraient
acheter du vin au détail directement au restaurant, selon une étude de
l'Institut économique de Montréal produite en 2020. Par conséquent, l'ARQ
recommande que l'État québécois permette aux restaurateurs de vendre au détail,
directement sur place, les bouteilles de vin, voire de spiritueux, qu'ils
tiennent en stock, comme le font actuellement les cavistes en France et qui est
un modèle éprouvé qui fonctionne bien.
Je laisserais maintenant la parole à ma
collègue Mme Tremblay.
Mme Tremblay (Dominique) : Merci.
Dans une optique... dans une autre optique, le timbre de droit de la SAQ
représente clairement un obstacle administratif à la commercialisation des
alcools québécois et aux opérations courantes des restaurateurs. Pourtant, en
2018, le projet de loi n° 170 visant à moderniser la vente et le service
de boissons alcooliques devait marquer l'abolition de ce dernier. Cependant,
devant l'absence de solution de remplacement, le timbre de droit a tout
simplement été réhabilité par l'adoption du projet de loi n° 41, en mars
2020, alors que son retrait avait été voté unanimement à l'Assemblée nationale
deux ans plus tôt.
• (12 h 20) •
L'ARQ est dépitée de voir qu'en 2023
aucune alternative n'a été trouvée, alors que le Québec est pourtant la seule
province du Canada à fonctionner avec ce système vétuste. Ironiquement, le
Québec est aussi la seule province avec un outil puissant de vérification des
transactions, soit le module d'enregistrement des ventes, le MEV, qui pourrait
facilement être mis à contribution pour faire des comparatifs achats-ventes.
D'ailleurs, l'instauration prochaine du nouveau système de MEV Web devrait
encore renforcer la capacité de contrôle de l'État en validant, en conservant
et en transmettant les données de vente en continu à Revenu Québec.
Concernant le timbre, il est important de
rappeler qu'un exploitant peut recevoir une amende ou même se voir suspendre
son permis d'alcool parce qu'un employé de la société d'État a oublié de
timbrer une ou plusieurs de ses bouteilles. Devoir systématiquement demander à
un employé de vérifier une par une les 200 bouteilles commandées pour
s'assurer qu'un salarié de la SAQ n'ait pas commis d'erreur est problématique
dans le contexte de pénurie de main-d'œuvre historique qui frappe le Québec.
Encore plus irritant, il est simplement possible que le timbre se décolle avec
le temps ou que le nettoyage <récurrent...
Mme Tremblay (Dominique) :
...encore
plus irritant, il est simplement possible que le timbre se décolle avec le
temps ou que le nettoyage >récurrent des bouteilles l'endommage. Les
bouteilles de vin optant pour une esthétique de bouteilles anciennes, comme
celle du Châteauneuf-du-Pape, représentent une autre problématique.
Effectivement, pour obtenir... leur patine, pardon, ces bouteilles sont
recouvertes d'une sorte de sable fin qui n'adhère pas solidement à la
bouteille. Par conséquent, les timbres collés sur ces bouteilles ne tiennent
jamais bien longtemps puisqu'ils sont appliqués sur une surface friable.
Dans une autre optique, à cause de ce
système de timbres, il est très difficile pour les restaurateurs de
s'approvisionner directement à la succursale la plus proche de leur établissement.
En effet, les bouteilles trouvées sur les tablettes des succursales qui
n'offrent pas le service de marquage ne peuvent pas être achetées par un
titulaire de permis. Il est aussi impossible de faire transférer ces produits
d'une succursale à une autre. Si un restaurateur cherche un millésime
particulier et ne parvient pas à le trouver... que dans le réseau dédié aux
restaurateurs de la SAQ, sa seule option est d'acheter cette bouteille à titre
personnel, de l'amener lui-même à une SAQ offrant le service de timbrage, de se
faire rembourser ladite bouteille, qui sera ensuite timbrée devant lui pour lui
être vendue. Il est clair que ce processus est inefficient.
Il est également notable que la seule
justification de l'existence de ce timbre soit qu'il est censé prévenir
l'évasion fiscale. Or, lors d'une récente demande à l'accès de l'information,
il a été porté à notre attention que le ministère des Finances n'a aucun
document lors des 10... n'a produit, pardon, aucun document lors des 10
dernières années pour évaluer l'impact du timbre de droit sur l'évasion fiscale
au Québec. Cela signifie que, depuis au moins une décennie, ce moyen de
contrôle contraignant et coûteux n'a jamais été évalué de sorte à s'assurer que
les coûts du système de timbrage actuel ne soient pas supérieurs à ceux de
l'évasion fiscale supposément évitée par ce dernier.
Finalement, une dernière situation
témoigne de l'inefficience du timbre de droit de la SAQ, soit celle du marché
du cidre. En effet, les producteurs de cidre peuvent vendre leurs produits
inférieurs ou égals à 7 % d'alcool aux titulaires de permis de restaurants
pour vendre, de bars, de clubs et d'épicerie, sans passer par l'intermédiaire
de la SAQ ou du timbrage. En d'autres termes, ce produit, dont le taux d'alcool
et le processus de fermentation sont pratiquement identiques à celui de la
bière, bénéficie d'une exemption, alors que les produits des brasseurs doivent
être timbrés. Il est également intéressant de se demander pourquoi le vin, les
spiritueux et la bière sont considérés comme représentant une menace d'évasion
fiscale justifiant l'imposition d'un système de contrôle invasif, mais pas le
cidre.
Par conséquent, considérant que le
timbrage est un mécanisme de contrôle inefficace, archaïque, arbitraire et dont
les résultats ne sont même pas mesurés, l'ARQ recommande une abolition rapide
et complète du timbre de droit, qui représente une nuisance importante pour les
restaurateurs comme les producteurs d'alcool. Nous vous remercions de votre
écoute et espérons que vous serez sensibles à notre argumentaire. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Je suis maintenant rendue à la période d'échange et je cède la parole
au ministre. La parole est à vous.
M. Skeete : Merci, Mme la
Présidente. Bienvenue. Bienvenue chez vous. Ça me fait plaisir de vous recevoir
en présentiel. C'est important de... on le disait tantôt entre nous, là, mais
c'est important de s'approprier cette enceinte. Alors, merci d'avoir pris le
temps de vous déplacer, c'est apprécié.
Je comprends aussi par votre présence
que... On attendait M. Vézina, mais j'ai pu comprendre qu'il a eu une bonne
nouvelle, alors... nouvellement papa. Félicitations! Souhaitez-lui mes
félicitations.
Je voulais jaser avec vous par rapport au
contexte, surtout alcool, mais... Je comprends que l'essentiel de votre mémoire
porte sur les dispositions alcool, puis ça me fait plaisir d'échanger avec vous
sur ça, mais, avant qu'on arrive à l'alcool... le projet de loi n° 17, ce
n'est pas une loi qui fait juste de l'allègement réglementaire sur l'alcool, ça
touche plein de secteurs. Avez-vous d'autres commentaires qui toucheraient la
restauration, qui pourraient être intéressants à regarder par rapport à de
l'allègement potentiel? Je comprends qu'il faut jaser d'alcool, mais est-ce
qu'il y a d'autres sujets? Avez-vous eu le temps de voir quoi d'autre on
pourrait regarder, côté restauration, pour l'allègement en général?
M. Malouin Trudel (Laurence-Olivier) :
Bien, c'est sûr qu'il y a d'autres éléments qu'on pourrait regarder. De
notre côté, si on a décidé, ce matin, ce midi, de vous parler de ceux-ci, c'est
parce qu'on juge que c'est les plus prioritaires, c'est certain. Il y a
d'autres éléments dont on pourrait parler, que ce soit au niveau des crédits
d'impôt pour le partage des pourboires, etc. Il y a plein de choses, mais je
pense que, vraiment, ce qu'on veut faire aujourd'hui, c'est focuser sur ces
enjeux-là.
On ne veut pas se dissiper, on veut être
bien concentrés sur ceux-ci, particulièrement le point dont ma collègue Mme
Tremblay a parlé, au niveau du timbre, qui est un irritant qui est là depuis
longtemps. Vous savez, ça fait cinq ans que je suis à l'ARQ, je suis arrivé,
puis on en parlait déjà depuis au moins 10 ans. Donc, c'est un gros enjeu qui
date depuis longtemps. On pensait avoir fait un gros gain, quand je venais tout
juste de rentrer à l'ARQ, en 2018, avec le changement de loi. Malheureusement,
bon, on a eu des mauvaises nouvelles en 2020, mais on voit l'opportunité
d'aujourd'hui de pouvoir remettre ça sur la table puis, peut-être, là, faire
les changements qu'on n'a pas été capables de faire, là, auparavant.
M. Skeete : Le timbre, là, le
fameux timbre, là, ça existe pourquoi, selon vous?
M. Philippin (Hugues) : Ça
date de la prohibition, presque, ce timbre-là. C'est sûr que c'est un outil qui
a servi... On ne sait pas s'il nous a servis dans le <temps...
M. Philippin (Hugues) :
On
ne sait pas s'il nous a servis dans le >temps, mais actuellement, je
pense qu'en 2018, à l'unanimité, l'Assemblée nationale a décidé que c'était
inutile et qu'elle allait l'abolir. Il a été réinstauré parce qu'ils n'ont pas
trouvé d'équivalent, mais l'équivalent pour faire quoi, exactement, on ne le
sait pas. Alors, c'était plus pour surveiller que la bouteille soit bien
achetée en succursale de la SAQ, plutôt que d'acheter en Ontario ou acheter sur
une tablette d'épicerie pour être vendue en restaurant, mais il n'y a pas... ça
n'empêche pas le transvidage de bouteilles, ça n'empêche pas un paquet de
choses. Si jamais quelqu'un voulait le faire, il pourrait le faire. Donc, ce
n'est pas un système qui a fait ses preuves comme...
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : ...
M. Philippin (Hugues) : ...mécanisme
de contrôle, exactement.
Mme Tremblay (Dominique) : C'est
sûr que ça prend un mécanisme de contrôle, on le comprend très bien. C'est
juste que la façon de faire avec le timbre, ça ne fonctionne juste plus. Nous,
on a des membres qui nous ont appelés au fil des ans... Moi, ça va faire
17 ans que je suis à l'ARQ, donc, c'est un dossier récurrent qui revient,
puis j'aimerais bien, pendant ma carrière, peut-être, que ce dossier soit réglé
à un moment donné, mais...
En fait, c'est que oui, ça prend un
mécanisme de contrôle, mais c'est ça, les gens nous appelaient, puis ils nous
envoyaient des photos, ils recevaient des bouteilles timbrées, les timbres à
moitié décollés, deux timbres sur la bouteille, des choses comme ça, donc. Puis
le restaurateur, il a le fardeau sur lui de faire cette vérification-là en plus,
sinon, s'il y a un contrôle policier, bien, c'est lui qui se fait pénaliser,
qui a des amendes, qui se fait saisir les bouteilles, qui doit aller défendre
son dossier, etc. Donc, on comprend qu'il y a un mécanisme de contrôle, on
pense juste que le mécanisme de contrôle, là, il est dû pour être changé.
Puis, avec le module d'enregistrement des
ventes, il y a une façon de passer par achats-ventes, puis ça va être direct
avec le MEV Web, les données vont se rendre directement dans les serveurs de
l'État. Donc, on pense qu'il faut que ça change, là. C'est juste que le timbre,
ce n'est pas efficace, là.
M. Skeete : Puis, tu sais,
précisément, là, mettons, moi, je suis un restaurateur... Là, vous avez parlé
d'inspection, là. Ça arrive comment, là? Un policier va rentrer dans
l'établissement puis... bien, comment que ça se passe, ça?
M. Philippin (Hugues) : Il
arrive, il vérifie si les bouteilles ont des timbres, puis, si elles ont les
timbres, tout est beau. Alors, c'est... Des timbres peuvent avoir 15 ans.
Moi, j'ai des bouteilles de crème de banane qui ont 15 ans, le timbre est
encore dessus. Même si on nettoie, il peut s'effacer. Il est capable de lire
encore les chiffres. Si, malheureusement, il ne peut plus lire les chiffres, on
doit détruire la bouteille. Alors, c'est aussi ça, ce côté-là, qui est un peu
tannant, parce qu'il y a certains produits qui sortent vite, il y a d'autres
produits qui ne sortent pas vite, mais il n'y a pas de contrôle plus que ça. Et
je pense que, théoriquement, il pourrait aller vérifier dans les registres si
la bouteille a bien été achetée par mon établissement et non par un autre
établissement, mais je ne peux pas dire qu'ils le font, là. Honnêtement, ils
regardent, il y a un timbre : Ah! c'est correct.
M. Skeete : Puis vous en
faites une grande priorité. Combien de fois par semaine un policier va venir à
votre restaurant vérifier les timbres? Ça arrive-tu à tous les jours? C'est-tu
une fois par semaine?
M. Philippin (Hugues) : Ah! tous
les jours, non. Bien, au Québec, oui, mais, dans chaque établissement,
peut-être deux fois par année, quelque chose comme ça, mais c'est le contrôle
constant pareil, parce que, tu sais, le timbre... Nous, évidemment, on respecte
la loi puis on achète nos bouteilles à la SAQ, mais le timbre, ça ne fait pas
foi de ça, nécessairement, voyez-vous?
De toute façon, la SAQ, elle a le
contrôle, elle a le monopole sur la vente d'alcool au Québec, et puis on n'ira
pas acheter une bouteille en Ontario pour sauver 5 $. Puis, même, je ne
pense même pas que c'est intéressant au niveau des prix, alors il n'y a pas
de... il n'y a pas d'avantage pour exploiter une entreprise de cette façon-là,
honnêtement.
Mme Tremblay (Dominique) : C'est
juste que ça ajoute des tâches aussi aux restaurateurs que... tu sais, dans un
contexte de pénurie de main-d'oeuvre, on... Je sais qu'on en parle beaucoup,
mais c'est une réalité. On la vivait avant la pandémie. C'est encore pire
depuis la pandémie, comme d'autres industries aussi, maintenant, la vivent,
mais il y a un manque de personnel. Vous le voyez peut-être, vous-mêmes, des
fois, en allant au restaurant, que vous n'avez peut-être pas un service aussi
rapide, aussi... comme vous le voudriez ou... parce qu'il y a un manque de
personnel.
Là, on prend du personnel pour vérifier
les bouteilles quand les... la commande arrive dans l'établissement pour
voir... puis avant de les mettre... même les caisses, parce que la police va
vérifier si vous avez des caisses fermées, il a accès à tout ça, là, donc, ils
ont accès à tout. Ils vont aller vérifier, donc, avant de les mettre dans votre
frigo au froid, avant de... Puis, des fois, le timbre, il va tomber, il va se
décoller, mais le nettoyage fréquent... parce que c'est juste du papier, là, ce
n'est pas plastifié. Donc, tu sais, on nettoie, parce qu'il y a une obligation
d'avoir, tu sais, un contrôle des mouches à fruits aussi, ça fait qu'on nettoie
les bouteilles, etc. Le timbre va s'altérer avec le temps, à force du
nettoyage, alors qu'on fait un bon contrôle de notre inventaire, et tout ça.
• (12 h 30) •
Ça fait que, tu sais, c'est des petits
irritants, mais que... au bout de la ligne, avec le manque de personnel, c'est
des irritants de trop que les restaurateurs ne devraient plus avoir à gérer, là.
Ça devrait être d'un automatisme, plutôt que : est-ce que mon timbre, il
est là? Est-ce qu'il faut que je retourne à la SAQ? J'ai-tu le temps de
retourner à la SAQ pour le refaire retimbrer? C'est juste ça qu'on ne veut
plus, là.
M. Skeete : Puis, tu sais,
vos membres, eux, quand ils... Mettons, le policier arrive, puis là, tu sais,
ça a décollé... Vous avez combien de situations devant un juge, actuellement,
avec des restaurateurs? C'est-tu quelque chose qui est <commun, qui est
fréquent...
>
12 h 30 (version révisée)
<17873
M.
Skeete :
...situation devant un juge, actuellement, avec des
restaurateurs? C'est-tu quelque chose qui est >commun, qui est fréquent?
M. Philippin (Hugues) : J'ai
beaucoup d'anecdotes, par exemple, un client qui amène une bouteille de vin pour
un anniversaire, elle est non timbrée, parce que c'est le client qui l'a
rentrée dans le restaurant. C'est arrivé déjà qu'il oublie sa bouteille sur la
banquette. Le lendemain, il y a une inspection, ils trouvent la bouteille de
vin, puis c'est le restaurateur qui est fautif, parce que c'est une bouteille
de vin non timbrée qui se trouve dans l'établissement, ou, des fois, les
employés, avant la fermeture des dépanneurs, vont vite acheter de la bière, ou
acheter du vin, ou quelque chose, un spiritueux, ils vont acheter quelque chose
au dépanneur, ils rentrent ça dans le restaurant parce qu'ils ne veulent pas le
laisser dans l'auto au froid. On se retrouve en contravention, à ce moment-là,
aussi. Donc, c'est juste la présence du timbre qui fait... qui nous met dans
une situation qui peut être délicate. Puis ça arrive, des situations comme ça,
oui.
M. Skeete : Puis tout ça, ça
fait quoi, en termes d'impact judiciaire, là? On...
M. Malouin Trudel (Laurence-Olivier) :
Bien, ce qu'il faut comprendre, c'est que, souvent, nos membres ont la
chance de tomber sur des policiers qui ne sont pas zélés, qui ont une
compréhension, comme le cas que M. Philippin vient de mentionner. Donc, dans la
plupart des cas, nos membres vont bien s'en tirer. Ils vont nous appeler, ils
vont dire : Aïe! j'ai été chanceux, il est arrivé telle situation. Bien, qu'est-ce
que vous faites? Parce que, concrètement, c'est vivre avec une épée de Damoclès
au-dessus de la tête. Le contrôle des clients qui amènent un cadeau, parce qu'ils
ont réservé une salle, puis il y a une bouteille de vin, puis là il faut qu'il
y ait un contrôle policier. Il suffit d'un policier un peu plus zélé qui va
appliquer la loi comme elle est écrite, sans faire... sans utiliser le gros bon
sens, puis il va se retrouver, à ce moment-là, avec un constat d'infraction.
Maintenant, le plus simple, souvent, c'est que plutôt que d'aller perdre du
temps, c'est juste de payer l'amende. On s'entend que, dans ces cas-là, ce n'est
pas des suspensions de permis directes, là, non plus, qui arrivent, donc il y a
une gradation. Ça fait que...
M. Philippin (Hugues) : ...la
situation, il y a eu une journée de suspension de permis. Ils ont dû sceller
les alcools dans la salle de bain pour être sûrs, avec des «tapes» pour ne pas
qu'il puisse les prendre, il y a eu une suspension d'une journée. Il a dû se
présenter à la RACJ, il a dû plaider sa cause. Ça lui a pris du temps, deux
jours de travail.
M. Skeete : Bien, ma question,
c'est : Tout ça, là, à cause du timbre, ça arrive à quel intervalle? C'est-tu
quelque chose qui arrive une fois de temps en temps? C'est-tu quelque chose qui
arrive une fois par semaine? C'est quoi, l'intervalle de vos membres qui...
Mme Tremblay (Dominique) : ...
excusez-moi, on n'a pas de fréquence nécessairement. Je n'ai pas les chiffres
maintenant, mais nous, on a des appels, souvent, à propos de ça. Tu sais, les
problèmes, au niveau, tu sais, du permis d'alcool, c'est les timbres qui
reviennent souvent. Les mouches à fruits, le contrôle est des fois difficile
aussi, même s'il y a des bouchons, même s'il y a des protections. On a tous des
mouches à fruits dans notre cuisine, cette année, beaucoup. Donc, c'est les
sujets qui reviennent le plus pour nous...
M. Skeete : Je comprends.
Mme Tremblay (Dominique) : ...mais,
tu sais, je n'aurais pas de chiffre à vous dire, en ce moment, il y a combien
de cas qui sont devant la régie, ou des choses comme ça, mais c'est parmi les causes
les plus fréquentes, d'avoir des constats d'infraction à gérer, là.
M. Skeete : C'est dans le top,
là.
M. Tremblay (Dominique) : C'est
ça, oui.
M. Skeete : OK. Vous avez
dit, dans votre demande n° 2, que... là, je vais juste le sortir vite,
vite... «permettre aux producteurs québécois de boissons alcoolisées de vendre
leur production directement au restaurant titulaire d'un permis de consommation
sur place, sans passer par le réseau de la SAQ».
Mme Tremblay (Dominique) : Bien,
en fait, c'est que ces distributeurs-là, ces producteurs-là pourraient vendre
leurs produits aux restaurants qui, eux, le vendent, mais la majoration SAQ...
Tu sais, la SAQ ne perdrait pas de l'argent là-dedans. Tu sais, c'est ça qu'on
veut rassurer. C'est juste qu'on... les restaurateurs pourraient offrir un
service de plus, que les gens peuvent se procurer ces alcools-là sur place, puis
des alcools, peut-être, qu'ils n'ont pas accès à la SAQ, parce qu'il n'y a pas
assez de tablettes ou ils ne répondent pas à tous les critères, et tout ça.
Donc, le restaurateur, lui, pourrait faire office de... comme un caviste en
France, finalement, il vend les bouteilles aux clients sur place, mais la SAQ
ramasse, tu sais, quand même sa majoration. Il y a... C'est des... peut-être
des ventes additionnelles, avec des taxes additionnelles qui rentrent dans les
coffres de l'État aussi, qui se font à ce moment-là.
Puis on donne la chance aux producteurs d'ici
d'être capables de vendre et d'écouler leurs produits. On l'a vu, il y a
beaucoup d'entreprises qui se sont... qui ont ouvert, les dernières années, au
niveau distilleries, les microbrasseries, etc. Donc, leur donner la chance
aussi de vendre leurs produits plus facilement, bien, je pense, ça peut juste
être un plus. Puis c'est une offre de plus, intéressante, pour les
restaurateurs, d'aller chercher aussi peut-être des revenus supplémentaires. Tu
sais, après la pandémie, ça a changé beaucoup, puis c'est un peu difficile
encore économiquement. Donc, c'est une autre façon aussi de diversifier, dans
le fond, son offre de ventes et de revenus.
M. Skeete : OK. Ce n'est pas
comme ça que je l'avais compris. Donc, vous, ce que vous souhaitez, en fait,
vous souhaitez devenir un peu comme une succursale ou une... pas une succursale,
mais, comme l'épicerie, là, de vendre d'autres produits.
Mme Tremblay (Dominique) : ...de
distribution, un point de vente, là, oui.
M. Skeete : Un point de
vente, carrément, d'alcool. OK. Parfait. Sinon, je ne sais pas, Mme la Présidente,
si mes collègues ont des questions. Oui?
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
j'ai... il y a une de vos collègues...
M. Skeete : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...le
temps. Oui, parfait. Je vais céder la parole à la députée de Hull.
Mme Tremblay (Hull) : Oui. Alors,
bonjour. Vous avez parlé, là, justement, bien, tout... du problème, là, de
timbrage. Bon, vous avez dit, effectivement, qu'il y a... bon, il y a certains
inspecteurs qui sont plus zélés, puis ça amène certaines situations. Ça, je... on
l'a entendu puis on sait que c'est important pour vous, on voit que c'est un
dossier qui est prioritaire, mais je veux vous entendre sur, bon... Bon, c'est
un système de contrôle. Si on souhaite maintenir un certain <contrôle...
Mme Tremblay (Hull) : Si on
souhaite maintenir un certain >contrôle, puis vous en avez... vous avez
même effleuré un petit peu la question en parlant du système, là, MEV, là,
mécanisme d'enregistrement des ventes. C'est quoi, votre solution, si on veut
maintenir un contrôle? Est-ce que vous y avez pensé plus largement avec des
propositions concrètes?
Mme Tremblay (Dominique) : Bien,
c'est sûr qu'on a fait des évaluations au fil du temps puis on a essayé d'aussi
penser à d'autres solutions qui seraient avec ça, mais nous, ce qui nous
apparaît le plus évident, c'est le module d'enregistrement des ventes. Donc,
c'est que les ventes aux clients sont enregistrées, sont envoyées... parce qu'il
y a une obligation de remise de factures depuis des années. Donc, la vente
qu'on fait au client est enregistrée, et, à ce moment-là, bien, il y aurait un
enregistrement des bouteilles achetées aussi à la SAQ. On peut coupler les
données puis que ça... on a les sorties, puis les entrées, puis les sorties, et
tout ça. Le mécanisme, il est là, donc ce serait la façon la plus facile. Puis
c'est un... le MEV, c'est un outil du gouvernement, là, un outil de
vérification fiscale du gouvernement. Donc, utilisons-le dans... à cet
escient-là aussi pour faciliter les choses, tout simplement, là.
M. Philippin (Hugues) : ...donc,
si vous... Il faut dire la sorte de soupe du jour, là. Donc, si on vend une
bouteille de Tommasi, ça va être écrit bouteille de Tommasi sur la facture, et
c'est facile de voir, on a acheté du Tommasi, on a vendu du Tommasi. Au net, on
est à 1-1. Donc, il n'y a pas d'alcool qui a été acheté ailleurs que par le
réseau de la SAQ.
Mme Tremblay (Hull) : Donc,
pour vous, d'utiliser ce... d'améliorer ce système-là pourrait être une
façon...
M. Philippin (Hugues) : Juste
de l'exploiter à son plein potentiel, en effet, là.
Mme Tremblay (Hull) : Ça
pourrait être une des solutions que vous proposez pour le moment à cela. Je
vais revenir sur... oups! sur votre recommandation n° 3. Pour tous ceux et
celles qui nous écoutent puis qui sont peut-être moins familiers avec,
justement, qu'est-ce qui se passe, là, du côté de la France, tu sais, vous avez
dit : Bon, bien, comme le font les cavistes en France... donc, juste nous
expliquer un peu ce modèle puis comment vous vouliez que ça se reflète ici, au
Québec.
Mme Tremblay (Dominique) : ...bien,
je ne sais pas si tu veux parler du fait de... Je peux y aller? OK. En fait,
bien, les cavistes, c'est juste, dans le fond, sur place, les gens peuvent
acheter, en France, les bouteilles de vin qui sont disponibles, puis
effectivement ça devient comme un peu un point de vente, une succursale. Donc,
les gens n'ont pas besoin d'acheter un repas pour emporter avec, ils peuvent
acheter juste la bouteille, comme ils le feraient, bien, ici au dépanneur, ou,
tu sais, à l'épicerie, ou à la SAQ. Les restaurateurs deviendraient des points
de vente des ces produits-là, aussi, alcoolisés.
Donc, on croit beaucoup que, tu sais, ça
devrait évoluer de ce côté-là puis que ça offrirait une belle opportunité.
C'est du donnant-donnant. On veut mettre les produits du Québec de l'avant,
aider les gens qui se partent des entreprises là-dedans, ça fait que c'est une
belle solution, une belle occasion. Puis, comme mon collègue le disait dans sa
présentation, il y a des sondages qui ont été faits à propos de ça, puis les
gens, la population souhaite que ce soit possible de le faire, d'acheter, bien,
notamment du vin, là, directement auprès du restaurant. Des fois, ils ont des
produits de niche, ils ont des produits d'importation privée qu'il n'y a pas
nécessairement à la SAQ. Ça fait que c'est de pouvoir acheter ces produits-là
directement, sans que ce soit parce qu'on a mangé sur place ou parce qu'on
achète un repas pour emporter. Donc, c'est ça qu'on veut, qu'il y ait une
évolution, là, de ce côté-là.
M. Philippin (Hugues) : Si je
peux ajouter, c'est qu'en étant titulaire de permis on a déjà passé toutes les
étapes de vérification de... pour être sûr qu'on a... ce privilège-là nous est
donné puis qu'il y ait quand même un contrôle. Donc, en ayant ce permis-là, on
est déjà... on vend déjà de l'alcool, mais on le vend dans des... sur place,
maintenant pour emporter, sur certains produits, mais pas encore... Par
exemple, on ne peut pas vendre de spiritueux, on ne peut pas vendre de certains
autres produits. Donc, ce serait le fun d'extensionner ça pour qu'on puisse
offrir un peu cet éventail de produits là. Souvent, c'est des produits plus
nichés, des spécialisations, des... que le restaurateur connaît
particulièrement parce qu'il vient, disons, d'une région de la France, puis il
veut vendre des produits de son endroit. Donc, ça permet vraiment d'aller
offrir un produit qui est particulier aux consommateurs, tout en... en
complément à la SAQ, qui aura plus le... donc un éventail plus volumineux. Bien
là, on aurait des produits de spécialité.
• (12 h 40) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
C'est tout le temps que nous avions. Maintenant, je vais céder la parole au
député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bien, écoutez, votre première recommandation, je
pense, ça va de soi. Dans les plus brefs délais, c'est tout à fait normal. Je
pense que ça fait partie, effectivement, donc, d'une efficacité. La vente aux
restaurateurs... de vendre de la production directement aux restaurants
titulaires de permis de consommation sur place, sans passer par la SAQ, comme
vous l'aviez expliqué, ça se fait déjà ailleurs, dans d'autres juridictions,
juste à côté, là. Donc, ça, c'est une mise à jour qui serait tout à fait
normale, selon moi. Sur votre recommandation n° 3, j'ai une question.
Selon vous, là, quelle est l'opinion de la Société des alcools là-dessus?
M. Philippin (Hugues) : ...on
sait par... on le sait parce qu'on a eu des rencontres qu'ils sont en faveur,
mais ils se gardent une gêne, là, avant de se prononcer <publiquement...
M. Philippin (Hugues) :
...gardent
une gêne, là, avant de se prononcer >publiquement là-dessus, oui.
M. Malouin Trudel (Laurence-Olivier) :
...ce qu'il faut comprendre, c'est qu'au niveau de la SAQ, c'est des
énormes coûts opérationnels, ça. On a des données, là, du passé prépandémique,
là, qu'il y avait un coût de 6 millions pour administrer ce programme-là
de timbrage, en opération, en manipulation, en timbres, etc. Donc, c'est sûr
que c'est des sommes qui pourraient être investies à bien meilleur escient, si
on perdait ça. Donc, c'est sûr que, pour eux, c'est une bonne chose, c'est...
Ma collègue le mentionnait, bien, la question de... la bouteille n'est pas disponible
dans la SAQ, qui timbre, donc je l'achète ailleurs, je viens avec ma bouteille,
je la retourne, on me rembourse, je la réachète dans la... dans cette SAQ-là
parce qu'ils timbrent, c'est d'une inefficacité opérationnelle que la SAQ
conçoit également. Donc, je pense qu'eux aussi, là, ils trouveraient leur
compte puis auraient des gros avantages avec ça, là.
M. Beauchemin : ...c'est
intéressant, parce que ça me rappelle que j'ai eu une question à Mme Dagenais,
justement, à savoir combien coûtait l'opération timbrage pour la SAQ, et j'ai
eu une partielle de réponse et non la réponse complète. Elle m'a dit que
c'était 2 millions de dollars, mais...
Mme Tremblay (Dominique) : Ça
a peut-être changé, mais, dans le temps, il y a quelques années, ça tournait
autour de ça.
M. Beauchemin : Non, mais c'est
parce que... c'était vraiment la simple application du collant, OK?
Mme Tremblay (Dominique) : OK,
oui. Oui, il y a toute l'opération autour, là.
M. Beauchemin : Tout le reste
coûte, évidemment, beaucoup plus cher. Bien, écoutez, je suis content de voir
les questions du gouvernement, parce que je pense que vous prenez pouls du fait
comme quoi c'est important. Parce que le plus gros gorille dans la pièce, qui a
été totalement ignoré dans ce projet de loi là, bien, c'est effectivement le
timbrage. Puis c'est quelque chose qui date du Moyen-Âge, on en a parlé. Vous
avez un allié en moi, ça, c'est sûr et certain, parce que l'époque de...
justement, de la contrebande, puis toute cette histoire-là, ça n'existe plus, comme,
pour l'alcool, ça n'existe pas, les gens ne font pas confiance à des produits
qui ne sont pas avec un sceau de qualité. Et donc il y a plusieurs façons de
moderniser, tout en conservant le sceau de qualité. Et donc c'est
difficilement... mais je ne veux pas vendre la mèche sur mes prochaines
questions, mais c'est difficilement comprenable pourquoi qu'on ne veut pas
avancer là-dessus.
Bien, j'ai trouvé ça fascinant, votre
question... votre point, tantôt, quand vous aviez dit qu'il n'y a aucun
document qui a été fait au ministère du Revenu pour quantifier, dans les
10 dernières années, ce que potentiellement aurait pu être cela. Est-ce
que vous pourriez me donner un petit peu plus de couleurs? Parce que, ça, je
prends des notes, là, c'est une période de questions qui s'en vient, là.
Mme Tremblay (Dominique) : Bien,
c'est sûr que nous, tu sais, on voulait avoir les données, parce que c'est sûr
qu'on aime ça, avoir les justificatifs de pourquoi une méthode est utilisée. On
comprend s'ils disent : On sauve x millions en évasion fiscale, et tout
ça. OK, ça justifie peut-être, mais là on... tu sais, nous, on trouve que ces
données-là sont importantes à connaître pour justifier un système qui... ça ne
balance peut-être plus, puis qui occasionne une dépense supplémentaire au
gouvernement ou une dépense trop grande au gouvernement, puis qu'il pourrait y
avoir des changements significatifs à ce niveau-là, là, donc.
M. Beauchemin : Donc, ce que
vous ne dites pas mais que je comprends, c'est que, finalement, ce n'est
peut-être pas ça, la vraie raison pour laquelle le timbre du Moyen-Âge existe
encore, là. Donc, quels seraient, selon vous, les autres éléments motivateurs
qui pourraient justifier qu'on garde encore une époque lointaine comme modèle
d'affaires?
Mme Tremblay (Dominique) : C'est
sûr que, comme on disait, ça reste un mécanisme de contrôle que... Ils
veulent... C'est sûr que le gouvernement veut un mécanisme de contrôle. C'est
sûr, un timbre, c'est visuel. Puis peut-être aussi... C'est sûr que le but,
notre but, nous, ce n'est pas que les restaurateurs aillent s'approvisionner au
dépanneur puis à l'épicerie puis passent par d'autres réseaux. Les réseaux
d'approvisionnement vont rester les mêmes. Donc, il y a ça aussi, que c'est sûr
que le timbre, ça montre que c'est acheté auprès des réseaux dédiés à la
restauration, à l'hôtellerie, etc., mais, en passant par le MEV, les mêmes
choses peuvent se faire, et tout ça, puis ça va être très clair à nos
restaurateurs que le... vos points d'approvisionnement restent les mêmes. C'est
les... bien, les brasseries, les grands... les brasseurs, les microbrasseries,
la SAQ, les agences d'importation privée, ça va être les mêmes points d'achat,
là. Donc, ce n'est pas dans un but d'aller acheter à l'épicerie ou au
dépanneur, là.
M. Beauchemin : Non, puis
c'est clair pour plusieurs raisons, mais la raison principale étant... ça
revient encore au sceau de qualité puis de contribuer de façon tout à fait
équitable, comme l'ensemble des entrepreneurs québécois, à l'essor de notre
économie. Donc, en ayant une facture plus élevée en l'achetant à la SAQ en tant
que <restaurateur...
M. Beauchemin :
...tout
à fait équitable, comme l'ensemble des entrepreneurs québécois, à l'essor de
notre économie. Donc, en ayant une facture plus élevée en l'achetant à la SAQ
en tant que >restaurateur, versus un individu, bien, évidemment, vous
contribuez... Puis c'est ça qui est incroyable, c'est que la motivation d'agir
ainsi, elle est présente. Donc, étant donné qu'il y a des codes-barres, étant
donné que le MEV existe, étant donné que la solution apparaît tellement
évidente, j'essaie de comprendre encore : Bien, qu'est-ce qui bloque?
Parce que, dans le fond, tu sais, tout est là pour que ça fonctionne, puis, en
plus, ça a été voté en 2018. Ça fait que pourquoi qu'il y a eu ce recul-là,
selon vous, en 2020?
M. Philippin (Hugues) : En
fait, nous, on a eu beaucoup de représentations, justement, avec la RACJ, et
puis les personnes, les entités qui s'opposent à l'élimination du timbre sont
la RACJ. Parce qu'ils n'ont pas d'inspecteurs, ils financent la SQ pour faire
les inspections. La SQ, elle ne veut pas commencer à fouiller dans les MEV.
Donc, ça permet à la SQ de continuer d'inspecter et répondre aux... à la
demande de la RACJ pour vérifier si les restaurants sont conformes à la loi.
M. Beauchemin : Ce que vous
me dites, ça me dépasse, parce qu'on parle de simplement faire un entraînement
d'une heure pour montrer aux inspecteurs que, voici, ça, c'est ton MEV, tu
rentres ton truc dedans, puis là tu vas avoir tout le data qui va être sur ton
cellulaire. Ça prend... C'est fait comme ça en Californie, donc je ne comprends
pas pourquoi qu'on n'est pas capables de le faire ici, c'est... Pour moi, ça me
dépasse, j'ai de la misère, mais ça me fait croire que c'est parce que,
finalement, il y a des chasses gardées dans plusieurs ministères qui font en
sorte que, bien, on ne veut juste peut-être pas se parler. C'est-tu ça, selon
vous?
M. Malouin Trudel (Laurence-Olivier) :
...honnêtement, on ne sait pas. En 2018, on n'était pas non plus au même
endroit, on était avec le MEV. Donc, c'était la version originale du MEV, qui
était le MEV physique. Puis ce qui avait été beaucoup discuté, c'était une
méthode de remplacement qui demeurait mécanique, donc, plutôt qu'un timbrage
physique, une gravure à la bouteille, etc., puis la technologie n'était pas
disponible. Donc là, dans les deux années qui ont suivi, on n'a pas été capables
de trouver... le gouvernement ou peu importe, là, personne n'a réussi à trouver
une solution qui allait pallier à ce mécanisme-là.
Par contre, là, on est rendus en 2023,
puis le MEV 2.0., donc le module qui va être Web, arrive et, lui, va nous
donner davantage de possibilités, je pense, pour aller de l'avant avec ça.
Donc, est-ce que ça, ça peut être une piste d'explication? Peut-être, je ne
sais pas, je ne suis pas dans le secret des dieux, mais peut-être que c'est ça.
Mme Tremblay (Dominique) : ...plus
de raison de ne pas aller de l'avant puis de changer, de rentrer dans l'ère de
la modernité un peu. Tout est là pour passer à autre chose. Donc, c'est
important de ce côté-là.
Puis aussi je voudrais ajouter un petit
quelque chose. Si je ne me trompe pas, maintenant, les microbrasseurs sont
tenus responsables aussi en cas de... s'il n'y a pas le timbre sur la
bouteille. Avant, le restaurateur était entièrement responsable, c'était à lui
de se défendre. Et là on a entendu... je pense que, dernièrement, les policiers
commencent aussi à vérifier puis à tenir responsables, là, les microbrasseurs,
là. Donc, ça s'étend à cause du timbre, là. Donc, c'est ça, le mécanisme de
vérification, il y a une belle solution qui est en place, il s'agit de
l'adapter, changer. Oui, c'est du changement, ça demande de l'analyse puis des
efforts, de passer à une autre méthode, mais c'est là. Donc, pourquoi ne pas le
faire, tout simplement?
M. Beauchemin : Puis étant donné
la fragilisation de votre industrie dans les dernières années... Puis je
comprends les questions du ministre délégué, à savoir, bon, OK, correct, la
fréquence, combien de fois ça arrive que la police débarque, etc., etc., mais
on parle de, quand même, une valorisation du terroir québécois. On parle à un
employeur qui est dans toutes les régions du Québec. Dans les 17 régions
économiques du Québec, il y a des restaurateurs. Donc, ça m'apparaît d'une
évidence claire que de simplifier la chose, dans un contexte où est-ce que,
justement, on veut alléger le fardeau administratif, passer à la version 2.0
devrait être la solution tout à fait logique, mais des fois ce n'est pas tout
le temps comme ça.
• (12 h 50) •
Puis j'ai une question pour vous,
peut-être qui va être... qui va revenir un petit peu... un facteur historique,
pour ceux qui ont peut-être suivi le dossier, là : Pourquoi, selon vous,
il y a une exemption pour le cidre?
Mme Tremblay (Dominique) : Je
ne le sais pas.
M. Philippin (Hugues) : ...le
cidre, c'est une chose, il y a... les timbres de la bière, c'est une autre,
c'est un timbre générique, il n'y a pas de numéro attitré à chaque
restaurateur, donc, c'est un numéro générique pour le producteur. Donc, il y a
deux inventaires de bière, un pour la vente au détail, un pour la restauration.
Les vins, c'est une autre chose. Alors, c'est un peu mêlé, tout ça, là, il y a
plein d'exceptions puis de particularités, là, qui se sont rajoutées et...
Mme Tremblay (Dominique) : ...aussi,
c'est un produit qui est moins couru, moins vendu, il y a quelques années, mais
ça, c'est un autre beau produit qui s'est développé aussi puis qui a une plus
grande offre. Ça fait que, peut-être, la <méthode...
Mme Tremblay (Dominique) :
...moins couru, moins vendu, il y a quelques années, mais ça, c'est
un autre beau produit qui s'est développé aussi puis qui a une plus... une plus
grande offre. Ça fait que, peut-être, la >méthode, à ce moment-là,
d'assujettir ces produits-là, ça ne valait pas le coup. Donc...
M. Beauchemin : Bien,
Mme Tremblay, je vais vous féliciter, parce que vous pointez dans la
direction de la réponse que je savais, mais la réalité, c'est que c'est une
erreur historique. Donc, il y a eu un oubli, au Moyen-Âge, mais, de par la
suite, ça ne fait que... ça n'a été que répété de par projet de loi par projet
de loi par la suite. Et donc, malheureusement, on en est rendus là, donc.
Bien, il y a quand même une effervescence
du cidre des glaces depuis plusieurs années, et donc c'est un produit qui est
en demande dans plusieurs restaurants à tendance française. Avec un foie gras,
il n'y a rien de tel qui peut bien aller avec ça. Donc, je peux comprendre que
ça peut créer problème, mais... Bien, on parle d'efficacité, c'est probablement
le gorille le plus énorme de la pièce, qui a été abandonné dans... oublié, si
on peut dire, dans ce projet de loi là.
Je suis heureux de vous avoir entendus
puis je suis heureux d'avoir entendu mes collègues poser des questions sur le
timbre. Puis j'espère, ça va faire du chemin, parce que c'est essentiel pour
l'industrie, pour votre association, d'aller de l'avant avec cette
recommandation extrêmement importante. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, Mme
la Présidente. Combien j'ai de temps? Excusez-moi.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Bouazzi : Je vais
aller vite. Merci beaucoup d'être ici pour participer à cet exercice
démocratique. C'est un exercice important, et vous représentez des institutions
économiques et, je dirais, culturelles et sociales importantes de notre tissu
social au Québec. Ça fait que merci d'être là et de nous partager quelques-unes
de vos recommandations.
Je vous ai entendus, évidemment, avec
beaucoup d'attention. J'ai aussi eu la chance de rencontrer des personnes
représentantes de votre association, et donc... auparavant, et d'être
sensibilisé à ce que vous dites. Évidemment, je pense que, pour les gens qui
nous écoutent, on ne peut que ne pas comprendre, en fait, pourquoi est-ce qu'il
y a encore ce timbre, hein? Une décision à l'unanimité de l'Assemblée
nationale, historiquement, toutes sortes de bonnes raisons d'avoir le timbre,
des taxations différentes, la prohibition, effectivement, toutes sortes de
choses qui ne sont plus du tout d'ordre aujourd'hui. Une numérisation des
systèmes de facturation, une obligation de donner des factures, et donc la
possibilité, de toute façon, de valider toutes sortes de choses d'une manière
beaucoup plus efficace.
Un coût exorbitant pour toutes les petites
PME que vous représentez et, évidemment, pour notre société d'État à la SAQ. Ça
fait que j'espère que le ministre ici présent a pris des notes. Et puis
j'espère peut-être qu'il a trouvé un groupe qu'il aurait pu inviter pour
défendre ce timbre, parce que j'ai l'impression qu'on va ou avoir des gens qui
n'ont pas d'avis, parce que ça ne les touche pas, ou avoir des gens qui sont contre.
Et j'espère que cet exercice démocratique va être utile pour bonifier le projet
de loi.
Donc, c'est une longue introduction pour
vous dire que je ne vais pas répéter, évidemment, tous vos arguments, mais peut-être
aller dans un endroit... Je sais qu'il y a des... parce qu'il y a des
microbrasseries pour qui, effectivement, c'est beaucoup de complexité pour pas
grand-chose, qui, elles, vendent leur bière au même prix, en fait, dans les
dépanneurs, et puis à vos restaurants, et donc... Mais je sais qu'il y a des
grosses compagnies, en fait, qui... des gros brasseurs qui ne vendent pas le
même prix, en fait. Est-ce que vous pensez qu'il y a peut-être une raison?
Est-ce que vous pensez que les grosses compagnies sont avantagées, peut-être,
par ce... Pour elles, c'est important? On essaie de trouver quelqu'un pour qui
c'est important. Est-ce que, pour elles, c'est important de vous vendre de la
bière plus chère, par exemple?
Mme Tremblay (Dominique) : C'est
sûr que les grands brasseurs, bon, ils ont le timbrage des bouteilles
automatique. C'est plus un code qui est mis sur la bouteille, là, ce n'est pas
un timbre papier. Dans ces cas-ci, c'est sûr qu'il y a... Leur justification du
prix différent de vente, c'est qu'il y a la manipulation. Puis justement, le
timbre, le système de timbre, ça leur ajoute une étape, eux autres, dans leurs
ventes, et tout ça. Bien, c'est des caisses différentes, c'est un réseau de
distribution différent. C'est sûr, il y a la manutention. Souvent, ils vont à
l'établissement, le chauffeur va prendre et ramener des bouteilles vides, etc.,
donc. Bien oui, ça fait effectivement un prix de vente différent. Et une des
raisons évoquées par les grands brasseurs est ce... bien, le timbrage est une
étape de plus pour eux, là, dans le travail.
M. Bouazzi : Ça fait que
j'espère que le... encore une fois, que le ministre a trouvé quelqu'un avec...
qui serait d'accord avec ce timbre. Bien, moi, je résume. Nous, on est un parti
du parti pris, hein? On prend le parti pris des locataires qui ont du mal à se
loger, on prend le parti pris des PME, des réseaux de restauration, des
microbrasseries, de la société d'État, de la SAQ, qui, j'espère, espère
économiser le 7 millions, n'est vraiment pas à celui d'énormes compagnies
qui font des gains énormes et qui sont <capables...
M. Bouazzi :
...qui,
j'espère, espère économiser le 7 millions, n'est vraiment pas à celui
d'énormes compagnies qui font des gains énormes et qui sont >capables
d'imposer ou de profiter de cette législation qu'on a du mal à comprendre. Ça
fait que j'espère que le gouvernement n'a pas juste pris le parti pris
d'énormes brasseries, est contre, en fin de compte, parce que c'est ça que
c'est, en fin de compte, celui des petites PME que vous représentez ou des
microbrasseries qu'on aura la chance d'écouter bientôt. Ce sera tout pour moi,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Je vous remercie, chers invités, pour votre contribution à nos
travaux.
La commission suspend ses travaux jusqu'à
15 heures. Merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à 12 h 57)
14 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 01)
La Présidente (Mme D'Amours) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'économie et du travail reprend ses
travaux. Je demande à toutes les personnes de la salle de bien vouloir éteindre
la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Nous poursuivons les consultations particulières
et auditions publiques sur le projet de loi n° 17, Loi modifiant diverses
dispositions principalement aux fins d'allègement du <fardeau
réglementaire et administratif...
>
15 h (version révisée)
<15399
La
Présidente (Mme D'Amours) :
... particulières et auditions
publiques sur le projet de loi n° 17,
Loi modifiant diverses
dispositions principalement aux fins d'allègement du >fardeau
réglementaire et administratif.
Cet après-midi, nous entendrons les
témoins suivants, soit la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante,
Spiritueux Québec, l'Association des microbrasseries du Québec et l'Union
québécoise des microdistilleries.
Je souhaite maintenant la bienvenue à la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante. Je vous rappelle que vous avez 10 minutes
pour votre exposé, puis nous procéderons à la période d'échange avec les
membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter et à commencer
votre exposé, s'il vous plaît.
Fédération canadienne de l'entreprise indépendante
(FCEI)
M. Vincent (François) : Merci,
Mme la Présidente. Mme la Présidente, M. le ministre, Mmes et MM. les députés,
bonjour. Je suis François Vincent, je suis vice-président pour le Québec de la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante.
La FCEI, qui est le plus gros groupe de
PME au pays, compte 97 000 membres au Canada et 21 000 membres
au Québec. Nous vous remercions de nous recevoir aujourd'hui dans le cadre des
consultations du projet de loi n° 17, un projet de loi qui tient à cœur à
notre organisation et qui fera une grande différence pour les petites et
moyennes entreprises québécoises.
Vous savez, Mme la Présidente, cela fait
15 ans que nous avons priorisé l'allègement réglementaire à la FCEI. Le
poids de la paperasserie figurait toujours parmi la tête de liste des préoccupations
de nos membres. Donc, on a décidé dans... à l'époque, de documenter, analyser,
comparer les présentes... les provinces, dis-je. Depuis, toutes les provinces
ont pris des actions, comme la province de Québec, avec à sa tête le ministre
Skeete qui démontre un grand leadership sur la question, notamment avec ce
projet de loi n° 17. Puis, au nom des PME du Québec, je le remercie. Notre
implication est importante aussi au Québec. Je copréside, avec M. le ministre,
le comité-conseil sur l'allègement administratif et réglementaire du
gouvernement du Québec.
Maintenant, avant d'aller dans le détail
des dispositions, je tiens à décrire pourquoi diminuer le fardeau administratif
et réglementaire fait une différence pour les PME. D'abord, le temps pour remplir
les formulaires, faire les suivis est lourd à porter pour les petites
entreprises et, en plus, l'enjeu est inversement proportionnel à la grandeur de
l'entreprise.
Vous savez, les entreprises canadiennes de
moins de cinq employés consacrent annuellement, en moyenne, 165 heures par
employé pour se conformer à la réglementation, tandis que celles de 100 employés
et plus consacrent 17 heures en moyenne. Considérant que 53 % des
entreprises ont moins de cinq employés au Québec, c'est une donnée qui parle.
La lourdeur de la paperasse a aussi un impact sur le moral de nos entrepreneurs.
Ce sont 87 % des chefs de PME qui affirment que le fardeau administratif
et réglementaire engendre un stress significatif dans leur vie. Ce sont trois
dirigeants sur cinq qui vont même jusqu'à déconseiller à leurs enfants de se
lancer en entrepreneuriat en raison de la charge administrative et la
paperasserie qui y est associée.
L'enjeu prend de l'ampleur avec la pénurie
de main-d'oeuvre qui frappe particulièrement le Québec. Entre avril 2023 et
avril 2019, c'est 50 % plus de postes vacants qu'on a au Québec. Selon les
données les plus récentes de la FCEI, c'est 60 % des PME québécoises qui
sont en situation de pénurie de main-d'oeuvre, plus précisément 43 % qui n'ont
pas tous leurs employés pour juste fonctionner et 17 % qui n'ont pas tous
les employés pour pouvoir prendre de l'expansion.
Les impacts, là-dedans... Bien, d'abord
les impacts financiers. On a fait une étude qui démontre qu'il y a 11 milliards de
dollars de pertes pour les PME, en 2022, mais il y a aussi le temps, le temps
qu'on ajoute aux charges déjà lourdes des dirigeants de PME. C'est le premier
impact qu'ils nous disent, à 72 % des dirigeants, en situation de pénurie
de main-d'oeuvre, c'est : Je travaille plus d'heures sur mon entreprise.
Puis on a calculé cette charge de travail là, puis ça représente 60 heures
par semaine pour un dirigeant de PME au Québec. Mme la Présidente, c'est l'équivalent
d'une semaine de huit jours, puis une semaine de huit jours, bien, ça existe
dans les... dans le répertoire des Beatles puis ça existe dans la fiction, mais
ça n'existe pas dans la réalité.
Dans la réalité, c'est un frein majeur
pour les PME québécoises, comme le démontrent également, mois après mois, les
données de... baromètre des affaires, qui démontrent qu'au Québec les deux
principaux facteurs qui entravent la capacité d'augmenter des ventes et la
production sont les pénuries de main-d'oeuvre qualifiée et non <qualifiée.
Donc...
M. Vincent (François) :
...ventes
et la production sont les pénuries de main-d'oeuvre qualifiée et non >qualifiée.
Donc, le projet de loi n° 17 améliorera la vie des propriétaires
d'entreprise, va favoriser la compétitivité, la croissance, l'innovation des
PME et générer des économies très attendues pour les entrepreneurs.
Mme la Présidente, le projet de loi n° 17
comprend 41 mesures qui généreraient des économies nettes, selon l'analyse
d'impact réglementaire, de près de 12 millions sur deux ans pour les 118 000 entreprises
de 12 secteurs visés.
Plus spécifiquement, maintenant, sur le
projet de loi, la FCEI tient d'abord à saluer les mesures relatives au secteur
de la construction, notamment l'harmonisation des normes de construction et de
sécurité des bâtiments. C'est 63 % des PME du secteur de la construction,
selon nos données, qui vivent le manque d'employés. Donc, simplifier leur vie
avec le code unique, c'est une bonne voie, puis, en plus, c'était demandé
depuis longtemps par les acteurs du milieu.
Nous accueillons favorablement aussi les
dispositions visant à simplifier la vie des producteurs d'alcool et la
distribution de leurs produits. Je cite particulièrement la suppression de
l'exigence, pour les détenteurs de permis de brasseur, de producteur artisanal
de bières de production, de marquer les contenants alcoolisés qu'ils fabriquent
lorsqu'ils vendent sur les lieux de fabrication, l'allègement par rapport à ça.
Sur un même ordre d'idée, la FCEI invite
les parlementaires à analyser la possibilité de réintégrer dans le projet de
loi les dispositions qui avaient été mises dans le projet de loi n° 170,
en 2018, pour abolir les timbres pour l'alcool vendu dans les établissements,
tels les bars, les brasseries et les restaurants. C'est un changement qui n'a
jamais vu le jour. Malheureusement, ça n'a jamais vu le jour, puis c'était
salué par tous les acteurs économiques du milieu. La FCEI précise que d'autres
provinces ont déjà mis en place des systèmes codes barres, puis on ne voit pas
pourquoi ce ne serait pas possible d'intégrer une solution technologique,
d'autant plus que toutes les entreprises visées doivent se doter d'un module
d'enregistrement des ventes.
Nous soulignons aussi la réduction de la
bureaucratie associée à l'obligation de la formation des entreprises, grâce à
l'abolition de la déclaration de formation. C'est 71 % de nos membres qui
disent que la réduction des coûts des entreprises est le meilleur moyen de les
aider à investir en formation, donc alléger le fardeau administratif pour ces
entreprises visées là, ça va dans la bonne direction.
En somme, nous vous encourageons fortement
à adopter ce projet de loi. Maintenant, nous sommes très heureux d'avoir
entendu le ministre être ouvert aux suggestions, pour le prochain omnibus, en
allègement réglementaire. Nous vous invitons à prendre en considération nos
recommandations dans notre mémoire, notamment faire de la Politique
gouvernementale sur l'allègement réglementaire et administratif une loi, aussi
de revoir la définition de la méthodologie pour calculer le un pour un,
c'est-à-dire la mesure pour réduire d'autant le coût ou les formalités d'une
nouvelle formalité administrative qui est créée. Mais actuellement, si
l'obligation n'est pas incluse dans une formalité faite par le ministère, ce
n'est pas considéré comme étant une formalité administrative, mais, dans les
faits, ça crée de la paperasserie pour les PME.
Puis aussi, bien, on vous invite à abolir
la Loi des décrets de convention collective, la LDCC. C'est une loi unique en
Amérique du Nord qui ajoute une lourde paperasserie mensuelle puis une taxe sur
la masse salariale supplémentaire pour certains secteurs puis certaines régions
du Québec. Pour être plus précis, ce sont 10 240 entreprises qui sont
assujetties, sur un total de 274 296 entreprises avec employés au
Québec. C'est 3,7 % des entreprises qui sont assujetties. Cela pourrait
faire partie du prochain omnibus, certes, mais pourquoi attendre? Nous vous
invitons fortement à vous pencher dès maintenant sur la question.
• (15 h 10) •
Hier, on a dévoilé une étude, puis les
résultats sont choquants puis parlent d'eux-mêmes. La FCEI a sondé seulement
les chefs de PME du Québec qui sont assujettis à la loi... décrets de
convention collective, puis c'est 64 % qui demandent son abolition. L'étude
illustre aussi que 67 % déclarent qu'elle occasionne une augmentation du
fardeau administratif et réglementaire de leur entreprise. Ce sont 75 %
des propriétaires de PME assujettis qui ne voient aucun avantage de cette loi,
aucun.
Je profite de cette tribune pour vous
déposer 1 500 pétitions signées par des dirigeants d'entreprises
assujetties qui demandent de tenir un vote sur la pertinence des comités
paritaires ou tout simplement d'abolir la loi. Cela représente 15 % des
entreprises assujetties qui ont signé notre pétition, 15 %. Avec les
résultats de notre étude et le nombre de pétitionnaires, qu'on ne vienne pas me
dire que cette loi et le lien de confiance entre le régulateur et les <assujettis...
M. Vincent (François) :
...vienne
pas me dire que cette loi et le lien de confiance entre le régulateur et les
>assujettis ne sont pas brisés. Saisissez l'occasion, dès maintenant,
d'en parler et de faire des changements significatifs pour nos PME.
Merci, Mme la Présidente. Je vais être
prêt à échanger avec vous.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup pour votre exposé. Nous allons maintenant commencer la période
d'échange. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Skeete : Merci, Mme la
Présidente. J'espère que tout le monde a bien mangé. Je vous écoute, M.
Vincent, puis on apprend à se connaître, on fait des échanges souvent, on jase
souvent. La FCEI est un partenaire important pour la réduction du fardeau
administratif pour le gouvernement du Québec. Je vous applaudis pour ce
travail-là.
J'aimerais... Bien, en fait, avant de
poser mes questions, je sais que le temps est limité, 10 minutes. Ce n'est
pas beaucoup pour exposer l'énoncé. Est-ce que vous vous souhaitez ajouter
d'autres choses par rapport à vos documents que vous soumettez ici aujourd'hui?
J'aimerais vous permettre l'occasion de le faire, si c'est quelque chose que
vous souhaitez faire. Je ne veux pas que vous vous sentiez bousculé dans votre
présentation.
M. Vincent (François) : Bien,
on a été assez clairs sur le mémoire. Tu sais, il y a plein de modifications
qui sont positives, notamment sur les concours aussi, on est encore uniques au
Canada, on allège ici. Il y en a pour le secteur agricole, les marchés publics.
Bon, on a vraiment détaillé l'ensemble des dispositions puis on incite
fortement les parlementaires à aller de l'avant.
Puis l'exercice est superimportant parce
que... puis votre rôle aussi, en tant que ministre, parce que l'allègement
réglementaire, c'est aussi assurer la meilleure gestion possible. Comment on
peut faire mieux? Comment on peut alléger? Est-ce que... Tu sais, souvent, on
peut être... tendance à avoir un problème, puis, ah, on va mettre une nouvelle
loi, on va mettre un nouveau règlement. Mais, après ça, ça s'accumule, ça
s'accumule, ça s'accumule. Mais là ça permet vraiment à l'appareil d'État
d'être agile puis d'apporter des changements positifs pour les entrepreneurs.
Puis ça, bien, je pense que c'est un projet de loi qui est important puis qui
doit être salué.
M. Skeete : Puis, dans les
discussions et les rencontres qu'on a, la table qu'on partage, qu'on copréside,
il y a combien de joueurs? C'est qui qui est là, sur cette table-là, pour
discuter des enjeux puis qui nous aide à nourrir les réflexions sur
l'allègement réglementaire?
M. Vincent (François) : Bien,
le comité-conseil est composé par moi puis vous. Il y a les organisations les
plus représentatives du secteur, il y a le Conseil du patronat, il y a la Fédération
des chambres de commerce, il y a les Manufacturiers Exportateurs, je pense, il
y a nous, il y a aussi le Conseil québécois du commerce de détail, parce que le
plan d'action précédent visait le commerce de détail, puis, après ça, il y a
des sous-ministres de différents secteurs, puis ça permet d'avoir un échange
constructif pour voir comment faire mieux, comment adapter.
Donc, ça, je pense que c'est un des
comités qui fonctionne bien pour voir comment on peut améliorer les choses puis
fonctionner de façon constructive. Je pense que c'est une bonne façon aussi
d'aller chercher le pouls des entrepreneurs parce que chaque association a leur
membership. Mais également vous aviez mis en place la boîte à suggestions qui
permet à n'importe quel entrepreneur ou groupe d'entrepreneurs de faire une
suggestion live, pendant qu'on se parle, puis c'est analysé par vos
sous-ministres, puis, après ça, ça fonctionne, puis ça travaille dans la
machine, donc ouvert à l'amélioration continue. Donc, vraiment, ça, c'est
excellent.
M. Skeete : Une des premières
choses que j'ai faites, lorsque j'ai pris la présidence de ce comité-là avec
vous, c'était d'augmenter la fréquence à deux fois par année. On a eu des discussions
récemment, et c'est quoi, la... c'est quoi, l'élément que vous souhaitez
retrouver dans le projet omnibus? Si jamais on ne réussit pas à faire tous les
changements qui se retrouvent dans votre mémoire aujourd'hui, c'est quoi,
l'orientation qu'on devrait se donner pour les prochains projets de loi?
M. Vincent (François) : Bien,
si on considère que vous réglez la question des comités paritaires dans
celui-ci, en proposant tout de suite des amendements pour abolir la loi ou
plusieurs décrets ou, minimalement, pour les assujettir à la loi de l'accès à
l'information... On a demandé des informations : Non, on n'est pas
assujettis à la loi d'accès à l'information. Heille! Tu prends des décisions
pour des assujettis, tu as une force de régulateur puis tu n'es même pas
assujetti à la loi de l'accès à l'information? C'est un non-sens, c'est
complètement un non-sens.
Je pourrais continuer aussi là-dessus. Tu
sais, il y a certains secteurs, là, il y a neuf entreprises visées, sept...
sept pour les décrets de la... matériaux de construction, neuf pour décret... des
déchets solides. La plupart ont moins de 500 entreprises visées. Des
compétiteurs qui siègent sur un comité, qui décident des règles, qui font des
enquêtes, il me semble que ce n'est pas le meilleur modèle de gouvernance
possible. Puis nos membres disent qu'ils ne sont même pas <consultés
quand il y a...
M. Vincent (François) :
...gouvernance
possible. Puis nos membres disent qu'ils ne sont même pas >consultés
quand il y a des décisions qui sont prises.
Donc, tu sais, il y a quelque chose qui
est... Je ne comprends juste pas pourquoi on n'a pas fait le ménage de cette
loi-là. Ça a pris combien d'années pour abolir le dernier décret sur les
coiffeurs à Gatineau? Ça a pris... C'est M. Boulet qui l'a fait en
entrant, mais ça a pris des années. Ils avaient tous été abolis, dans les
années 80, 90, mais il y en a un qui est resté, puis ça protégeait les
faits qu'il n'y aurait pas de coupe de cheveux à 10 $. Tu sais, ils
donnaient cet argument-là, au début. Moi, je me fais couper les cheveux, là,
puis ça ne me coûte pas 10 $, à Montréal, mais bon... Puis, je veux dire,
ça va très bien, là, dans le secteur, là, il n'y a pas eu des changements
significatifs.
Puis quand on regarde les décrets — je
suis parti, là — le décret des services automobiles, ce n'est même
pas toutes les régions, au Québec, qui sont assujetties. Ça fait qu'ils vont
dire : Ah! bien, ça va protéger les citoyens, ça va améliorer la
formation, ça va protéger les employés. Pourquoi il n'y a pas d'autres régions
qui sont assujetties? Est-ce qu'il y a plus d'accidents? Est-ce que les autos
vont moins bien là-bas? Est-ce que les employés ont moins... des moins bons
salaires? Ça fonctionne très bien, au niveau du service automobile. Le décret de
la menuiserie métallique, c'est une centaine de kilomètres de Montréal,
l'assujettissement. Pourquoi? Pourquoi ça arrête après 161 kilomètres? Je
ne me rappelle plus si c'est 260 ou 160. J'ai demandé au ministère du Travail,
il n'y a personne qui a été capable de me répondre. Ça fait que ça prend du
courage politique pour passer au XXIe siècle. Puis on ne me dira pas que
les autres provinces... On regarde l'Ontario, le salaire moyen en Ontario est
mieux qu'ici, ils n'ont pas de décret de convention collective. Ça fait que...
J'ai réglé ça, maintenant.
Après ça, bien, moi, j'irais... Tu sais,
on va consulter l'ensemble de nos groupes membres, on va consulter l'ensemble
de nos membres aussi pour aller chercher des recommandations spécifiques sur
des changements à apporter, mais on va plus y aller sur du... tu sais, sur du
fondamental, d'une certaine façon. Admettons, prendre la politique qui existe
déjà puis adoptez-la en loi, en tant que parlementaires, dites :
L'allègement réglementaire, c'est quelque chose d'important. Bien, ça mettrait
aussi du poids au ministre, quand il arrive à des processus d'omnibus, à
alimenter ses autres collègues pour que l'omnibus soit tonifiant puis fasse un
impact significatif. Je pense que la méthodologie aussi, là, un pour un, va
être importante. On va y aller aussi sur des propositions plus fondamentales et
aussi des propositions plus sectorielles, mais ça, on va arriver en temps et
lieu, là, en janvier, pour vous faire plein de recommandations.
M. Skeete : Puis la FCEI fait
un bulletin annuel qui classe les différentes provinces. Le Québec, il figure
où dans ce...
M. Vincent (François) : Il
est en bonne position et il a une note de B plus. Je l'ai ici avec moi. Vraiment,
on analyse différents éléments, on analyse des catégories, des sous-catégories.
On a aussi des sondages par rapport à nos membres, sur leurs perceptions sur
l'allègement réglementaire. On va vous revenir prochainement aussi pour une
rencontre avec la méthodologie qui va être utilisée, parce qu'il y a eu des
changements récemment. Il y a le commerce interprovincial aussi qui prenait une
certaine part là-dedans. Mais le Québec fait figure parmi les... non, je vois
ici, A moins, ça fait que... figure parmi les meilleures provinces puis
figurerait encore plus haut, si on adoptait la politique sous forme de loi.
• (15 h 20) •
M. Skeete : Parfait. Mme la
Présidente, c'est tout pour le moment pour moi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je vais céder la parole, maintenant, à la députée de Hull.
Mme Tremblay (Hull) : Oui, bonjour.
Alors, bon, vous faites état, là, de la paperasserie, là, dans... puis qu'il y
a des coûts importants associés à ça, des difficultés au niveau aussi, là, des
PME qui vivent avec ça. Donc, dans l'éventualité, là, possible, dans peut-être
un autre projet ou... qu'est-ce que vous souhaiteriez? Est-ce que vous l'avez
évalué, là, ce que vous souhaiteriez alléger au niveau de la paperasserie?
Donc, est-ce que vous avez eu une réflexion plus poussée, là, sur cet enjeu-là?
M. Vincent (François) : Bien,
pour le prochain omnibus, on va arriver avec des recommandations plus
spécifiques. Puis après ça, bien, aussi, il faudra mettre dans le registre du
lobby l'ensemble des recommandations spécifiques qu'on a. Ça fait que, là, je
n'en avancerai pas ici maintenant, mais je vous réfère au... la dernière
section de notre mémoire, où on parle de la politique d'allègement
réglementaire, qui tenait de la transformer en loi, de la notion aussi des
analyses d'impact réglementaire. Ça, on voit que c'est une autre <problématique...
M. Vincent (François) :
...notion
aussi des analyses d'impact réglementaire. Ça, on voit que c'est une autre >problématique,
parce qu'il y a bien des changements qui peuvent survenir, lors d'une étude
détaillée, ce qui est normal parce que c'est le rôle des députés de modifier
une loi.
Maintenant, il y a eu des modifications
qui ont été portées, récemment, à la politique d'allègement réglementaire pour
faire en amont l'analyse d'impact réglementaire. Parce que, dans le fond,
chaque ministère doit analyser un projet, une loi, etc., sur l'impact que ça a
en termes de coûts, puis, ensuite de ça, avant, il devait déposer un plan
d'allègement, pour respecter le un pour un, 12 mois après l'adoption d'une
loi. Bien, ça fait trois ans que je suis à la tête de la FCEI Québec, puis
avant ça j'étais... de 2009 à 2016, puis je n'ai jamais vu de plan déposé sur
l'allègement réglementaire pour respecter le un pour un. Puis je vais prendre
le récent projet de loi sur la réforme de la santé et sécurité au travail, qui
a énormément de fardeaux administratifs et réglementaires qui sont ajoutés aux
PME, mais elles ne sont pas considérées parce que ce n'est pas la CNESST qui va
faire le formulaire, mais c'est l'entrepreneur qui va devoir faire quelque
chose.
Donc, deux éléments. D'abord, réanalyser
les analyses d'impact réglementaires suite à l'adoption d'un projet de loi, c'est
fait. Mais après ça, c'est quoi, l'impact sur le respect du un pour un? Puis
ensuite de de ça, bien, revoir la méthodologie.
Mme Tremblay (Hull) : Merci.
Je vous amène sur la LDCC parce que, dans la recommandation, là, à la
page 20, la recommandation 11, vous, vous parlez, là, d'abolir cette
loi-là. J'aimerais ça connaître c'est quoi, les difficultés, là, brièvement,
là, vécues, les plus grandes difficultés vécues sur le terrain en lien avec
cette loi-là.
M. Vincent (François) : Bien,
il y a un rapport mensuel qui doit être fait à chaque mois pour chacun des
employés. Donc, ça, c'est un pas supplémentaire en termes... Tu sais, quand on
parle de papier, là, il y en a, du papier. Ensuite de ça, il y a une taxe sur
la masse salariale supplémentaire. Ça peut aller jusqu'à 0,5 % pour le
travailleur puis pour l'employeur. Ce n'est pas tous les comités qui vont aller
jusqu'à 0,5 %, mais il y en a plusieurs qui le font pour fonctionner par
rapport... à faire fonctionner le comité paritaire. Les cotisations ne sont
même pas liées aux déductions automatiques de l'IDAS à la source. Ça, c'est un
coût supplémentaire. On avait demandé au ministère du Travail de nous envoyer,
dans le fond, le nombre d'entreprises assujetties puis les contributions... les
cotisations totales au... des comités paritaires, puis on parle de
12 millions de taxes sur la masse salariale supplémentaire pour les
entreprises. Donc, vous dites : S'il y a un garage qui est dans une place
où il y a un comité paritaire, bien, lui, il va avoir une taxe supplémentaire à
payer, puis l'employé aussi, qu'un compétiteur n'aura pas ou qu'une même
entreprise dans une autre province canadienne n'aura pas.
Ensuite de ça, on reçoit beaucoup de
commentaires par rapport à l'inspection. Nos membres disent que les inspecteurs
sont rudes. Après ça, bien, c'est de l'information qui peut même aller vers des
compétiteurs. On a des membres que le comité paritaire a appelé ses
fournisseurs à Toronto. Ça envoie une mauvaise image à l'entrepreneur. Tu sais,
admettons, là, Revenu Québec ou la CNESST, ils ont des guides d'enquête, ils
ont une pratique pour... tu sais, là, il y a un certain sentiment que
l'entrepreneur est pris en charge puis qu'il y a des droits. Ça, on ne le sent
pas dans... la part de nos entreprises qui sont assujetties. Puis après ça,
bien, c'est des barrières à l'entrée, là, une certaine convention collective
qui est imposée pour une région ou pour un secteur, puis, donc, bien, ils vont
avoir des ratios apprentis compagnons, etc., que d'autres entreprises n'auront
pas, ou des obligations par rapport aux heures supplémentaires, etc. Ça fait
que ça, ça rajoute un casse-tête supplémentaire aux dirigeants d'entreprise.
Mme Tremblay (Hull) : Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Maintenant, nous sommes à la période d'échange avec l'opposition
officielle. Je cède la parole au député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Merci, M. Vincent, pour votre exposé. Je
trouve ça intéressant. J'ai vu votre mémoire, j'ai écouté aussi ce que vous
avez dit. 165 heures versus 17 heures pour les plus petites
entreprises... Le chiffre, je pense, c'était cinq employés ou moins, c'est-tu
ça?
M. Vincent (François) : ...
M. Beauchemin : Incroyable!
Puis j'essaie d'extrapoler, là, pour en arriver à quantifier peut-être le
nombre d'employés «overall» que ça peut peut-être <représenter...
M. Beauchemin :
...quantifier
peut-être le nombre d'employés «overall» que ça peut peut-être >représenter.
Quand vous disiez, là... C'est que, selon
votre analyse, les entreprises du Québec ont dépensé 8,2 milliards, en
2020, pour se conformer aux réglementations fédérales, québécoises et
municipales puis qu'il serait possible de réduire le fardeau réglementaire de
28 % sans nuire à l'intérêt public. Ce matin, on a rencontré l'Union des
municipalités du Québec qui nous ont dit que, pour répondre à la demande
d'administratif du Québec, du gouvernement du Québec, ça représente 4 100 emplois
dans l'ensemble du réseau municipal, au Québec, ce qui est énorme. C'est
inconcevable, comment que c'est gros, mais c'est un gros chiffre pareil.
Je me demandais, pour vous, ça représente
combien de postes dans l'ensemble de nos 270 000, approximativement, PME
qu'on a au Québec? Combien de postes que ça peut représenter? Puis est-ce que,
s'il y a, justement, là, les allègements administratifs qui pourraient
permettre de réduire le fardeau réglementaire de 28 %... combien de postes
que ça pourrait représenter en ce temps de pénurie de main-d'oeuvre?
M. Vincent (François) : Là,
la question de postes, je ne l'ai pas directement. On pourrait la calculer, là,
160 heures divisées par 40 heures, pour avoir un mois, etc. Je ne
l'ai pas, là, je ne veux pas dire des faussetés, là. C'est probablement dans
l'étude qu'on a publiée en 2021.
Par rapport aux 28 %, c'est... nous,
on a demandé à nos membres : Est-ce que vous pensez... C'est quoi, le
pourcentage que vous pensez qu'on pourrait réduire sans nuire à l'intérêt
public? Parce que, tu sais, les entrepreneurs, ils le savent que ça prend des
lois, que ça prend des règlements, que ça prend des formulaires. Ils sont
conscients de tout ça. Ça fait que c'est basé là-dessus.
Maintenant, en termes de nombre
d'employés, je ne l'ai pas, mais on voit que la surcharge est beaucoup plus
grande pour les plus petites parce que tu as moins d'employés pour être capable
de le faire, puis donc ça va te prendre plus de temps. Puis les coûts aussi,
là, tu sais, les coûts pour les honoraires professionnels, puis etc., c'est
beaucoup plus grand pour le budget de l'entreprise. Puis on a mis les tableaux,
là, aux pages... aux pages 6 et 7, avec les références pour que vous
puissiez aller voir la recherche, la principale, sur laquelle on s'est basés
là-dessus.
Mais un fait à noter que je n'ai pas dit
sur les entreprises de cinq et moins, par rapport aux postes vacants, nos données
du baromètre indiquent aussi que le taux des postes vacants est plus important
pour les plus petites par rapport aux plus grandes. Mais, quand tu manques un
employé dans ton entreprise, bien, la proportion est plus importante sur ta
force de production.
Donc, je n'ai pas répondu à votre
question, mais j'y réponds puis je note, là, pour l'UMQ, c'est quand même
intéressant, s'ils réduisent la paperasse, ils vont avoir moins d'employés,
puis on va pouvoir peut-être baisser les taxes municipales, là.
• (15 h 30) •
M. Beauchemin : Peut-être,
effectivement, mais je trouve ça intéressant, quand même. Parce qu'on parle
souvent de la pénurie de main-d'œuvre, on parle souvent des solutions
potentielles, innovation, travailleurs expérimentés, immigration temporaire et
permanente, etc., mais il y a là aussi une réponse claire à cet enjeu-là qui
est significatif, là, pour l'ensemble du Québec, évidemment, là, puis
l'ensemble de nos PME. Donc, ce serait vraiment, effectivement, intéressant
d'avoir un estimé, ça n'a pas besoin d'être précis, là, mais... un estimé,
éventuellement, parce que je pense que, bien, autant pour le ministre délégué
que pour les oppositions, c'est un chiffre qu'on aimerait pouvoir discuter puis
mettre de la pression un peu pour faire que ça avance plus, évidemment, dans ce
sens. Parce que, bon, c'est-tu 28 %, c'est-tu 10 %, je ne sais pas,
mais c'est quand même... Tu sais, si c'est 5 %, c'est quand même beaucoup
de bras additionnels qu'on pourrait...
M. Vincent (François) : ...la
paperasse, c'est fait par le dirigeant d'entreprise puis c'est fait par leurs
comptables.
M. Beauchemin : Oui, c'est
des heures qu'ils pourraient mettre ailleurs ou c'est la huitième journée
qu'ils n'auraient pas à faire.
M. Vincent (François) : Oui,
bien, c'est ça. Puis la pénurie de main-d'oeuvre, puis je vais être, demain,
sur la consultation sur l'immigration, c'est tellement aigu qu'il faut avoir
une série de mesures. Il faut aider les entreprises à s'automatiser, puis il y
a des mesures, puis il y a des efforts qui sont faits. Puis on va sortir
bientôt là-dessus, sur l'impact que ça a sur les petites entreprises ou comment
on peut davantage les aider. Il faut augmenter le seuil d'immigration, il faut
aider les entreprises avec la formation, il faut ramener les gens éloignés du
marché du travail en emploi. Mais il ne faut pas oublier que maintenant l'allègement
réglementaire est de <plus en plus stratégique...
>
15 h 30 (version révisée)
< M. Vincent (François) :
...mais
il ne faut pas oublier que maintenant l'allègement réglementaire est de >plus
en plus stratégique, comme il ne l'a jamais été. Puis j'ai signé une lettre
ouverte d'ailleurs là-dessus, sur ce... redonner du temps à nos entrepreneurs,
dans LaPresse en mai, qui parlait de cet enjeu-là.
Puis, par rapport aux efforts, une des
choses les plus importantes, c'est d'avoir une imputabilité pour le faire, puis
ça, le gouvernement du Québec le fait avec le plan de l'allègement
réglementaire. Puis ils ont fait quelque chose qui n'avait jamais été fait
avant, c'est-à-dire qu'ils ont dit : On va aussi réduire le nombre de
formalités administratives. Parce que, dans les plans précédents, on parlait du
volume, de la baisse du volume, l'impact au niveau du coût, les économies, mais
il n'y avait jamais eu le... une obligation de résultat sur les formalités. Puis
ils se sont... bien, ils l'ont mis, puis donc ça met de la pression pour livrer
encore plus la marchandise mais faire une différence pour les entrepreneurs.
Parce que qu'est-ce qu'on a vu, c'est...
oui, il y a eu une diminution du volume de façon importante, une diminution du
coût, mais il y a plus de formalités administratives qu'avant, puis maintenant
il y en a beaucoup qui sont, excusez-moi l'anglicisme, mais «outsourcées» des
organismes et ministères, mais c'est avec des plans d'action comme le
gouvernement fait, c'est avec des projets de loi omnibus pour encore aller plus
loin puis aller plus vite, puis c'est avec une contribution de l'ensemble des
élus qui pourrait être encore plus grande, si on faisait de la politique de l'allègement
réglementaire une loi.
M. Beauchemin : Je vais céder
mon temps de parole à ma collègue.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui?
Ah! d'accord. Donc, je cède la parole à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Merci, M. Vincent. Bonjour, M. le ministre et toute l'équipe.
Bonjour, chers collègues.
Je vais me concentrer, avec la balance du
temps qui m'est alloué, pour poser des questions, moi aussi, sur la Loi sur les
décrets de convention collective. Donc, vous nous avez exposé, donc, une
situation dont il semble, donc, assez... qui semble préoccuper, donc, un grand
membre... un grand nombre de vos membres. Donc, ma collègue ici, donc, vous a
posé, donc, des questions au niveau de l'impact. C'est un peu la première
question que j'avais. Donc, ça semble être un cadre législatif extrêmement
désuet, qui date de 1934, qui est bigarré, qui n'est pas tout à fait... qui est
un peu inégal sur le territoire. Quel est l'impact sur la compétitivité des
entreprises membres qui sont soumises à ces décrets de convention collective?
M. Vincent (François) : Je
vais répondre. On l'a dans nos questions de sondage. Bien, sur la
compétitivité, bien, dans la figure 2 de notre étude, ça augmente le
fardeau administratif à 77 %, ça crée un stress important, 36 %; ça
désavantage mon entreprise par rapport à celles qui ne sont pas sur le décret,
à 32 %; ça freine la productivité, à 21 %. Donc, on voit vraiment que
c'est des impacts assez majeurs.
Puis, par rapport aux impacts concrets,
bien, il y a des entrepreneurs... il y a un propriétaire d'une PME de
fabrication au Centre-du-Québec qui dit : «Injustice et concurrence par
des entreprises qui ne sont pas assujetties au décret, ont moins de frais fixes
que nous pour des salaires exigés. Nous payons déjà au-dessus de ce qui est demandé
par les comités paritaires.» Un propriétaire de commerce de détail de la
Mauricie : «Le rapport mensuel exige du temps, et, en raison de la pénurie
de main-d'oeuvre, il y a beaucoup de mouvement dans le personnel, et cela
nécessite donc encore plus de gestion et, au bout de compte, n'apporte pas
grand-chose pour l'employé.» Propriétaire d'un service personnel d'hiver,
Laurentides : «C'est une dépense inutile, autant pour les employés que
pour les employeurs.» Puis un propriétaire d'une PME en Estrie : «Une loi
qui remonte au temps des dinosaures, une antiquité qui favorise un petit groupe
d'individus. Cette loi devrait être enterrée vivante le plus rapidement
possible. Certaines régions ne sont pas soumises à un des décrets, et personne
ne s'en plaint.»
Mme Cadet : ...on parlait que
la loi, donc... qu'un petit groupe, donc, d'individus... est sous le joug,
donc, d'un petit groupe d'individus. Il y a eu quelques défis, justement, donc,
face à certains comités paritaires qui ont été médiatisés dans les dernières
années. Il y a eu une enquête qui avait été déclenchée par le ministre du
Travail d'une durée de deux ans. Est-ce que, vous, vous avez les résultats de
cette enquête?
M. Vincent (François) : Non,
on n'a pas de résultat de cette enquête. Il y en a plus que... Il y a eu plus
qu'une enquête là-dessus qui ont été faites. Il y a eu plusieurs projets de loi
qui ont été déposés aussi. Puis, tu sais, «fun fact», excusez-moi l'anglicisme
encore, le plan actuel d'allègement réglementaire reprend l'ancien plan d'allègement
réglementaire sur le commerce de détail, je pense que c'est la mesure 6...
proposait d'avoir des modifications par rapport au décret. Ça avait mené au projet
de loi n° 53. Ça n'a jamais été adopté. Il y a eu deux projets de loi qui
ont été déposés, puis un autre aussi qui transférait notamment le pouvoir d'enquête
à la commission de... la CNESST pour enlever ça des mains des comités
paritaires. Donc, bien, oui, il y a eu des enquêtes. Il y a eu un gros
reportage dans LaPresse aussi <là-dessus...
M. Vincent (François) :
...paritaires.
Donc, bien, oui, il y a eu des enquêtes. Il y a eu un gros reportage dans
La
Presse
aussi >là-dessus. Bien, tu sais, ça devrait... Tu sais, on a envoyé une
lettre pour demander à ce qu'on les reçoive, là, cesdites enquêtes-là, mais...
Une voix : ...
M. Vincent (François) : Bien,
tu sais, j'imagine qu'il faut avoir une analyse par rapport à ça.
Maintenant, c'est quoi que ces enquêtes-là
disent? Pourquoi il y en a eu? Pourquoi ça va mal? Est-ce qu'on règle ça juste
par une petite réformette réglementaire qu'on a faite? Puis je ne comprends
juste pas pourquoi ces organismes-là n'ont pas les mêmes responsabilités qu'un
organisme public. C'est... ou juste pourquoi...
Tu sais, quand ça a été mis en place, il
n'y avait pas de filet social comme aujourd'hui. Puis on a mis... on a essayé
de mettre en place un modèle qui est présent en Europe. Puis après ça, bien, il
y a eu l'arrêt Wagner, puis on a envoyé aux milieux de travail le droit de se
syndiquer. Puis, après ça, il y a eu l'adoption de la loi des normes, la loi
sur la santé, la loi sur l'équité, la loi sur le Régime québécois d'assurance parentale,
un paquet de protections pour le filet social. Puis les décrets sont passés
d'au-dessus de 100 dans les années 60, puis après ça, ça a diminué, ça a
diminué, ça a diminué. Ça a diminué pour être... La dernière réforme, c'est le
PQ, dans les années 90, puis là on est autour d'une quinzaine de décrets
parce qu'on a scindé le décret de la sécurité pour faire la sécurité des... sur
la route.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Vincent (François) : En
terminant, si ça avait été un modèle qui fonctionne, bien, ça aurait vu le jour
dans les autres provinces.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup.
M. Vincent (François) : Puis
il y en aurait eu plus au Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, Mme la
Présidente. J'entends l'argument de : Si c'était bien, l'Ontario l'aurait
fait. Je pense quand même, pour notre spécificité au Québec, qu'il est court un
peu, cet argument-là. Mais il y en avait d'autres qui étaient peut-être plus
convaincants.
D'abord, vous en avez parlé très peu, mais,
sur les timbres, parce que c'est une question qui est revenue et qui va revenir
plus tard, on comprend que, vous, vous êtes pour vous en débarrasser une fois
pour toutes.
M. Vincent (François) : Bien,
on peut faire la... on peut faire... assurer qu'il y ait une conformité de la
part des bars, des restaurants, sans leur demander de mettre des timbres
partout. Puis il y a eu le débat en commission puis il y a eu l'adoption qui a
été faite en 2018.
Maintenant, il y a d'autres provinces...
Bien, peut-être que, là, pour les autres provinces, ça pourrait être un
argument que vous pouvez utiliser durant l'étude détaillée, comme j'ai utilisé
pour les décrets de convention collective, mais la technologie existe puis elle
est là. Donc, tu sais, peut-être ne pas confier ça à ceux qui ont fait le
passeport, là, mais peut-être qu'il y a quelque chose qui pourrait se faire assez
facilement puis qui va décharger les propriétaires de bar et de restaurant
d'une formalité assez importante.
M. Bouazzi : Pour vous
répondre, on a largement assez d'arguments pour ne pas avoir à se demander ce
que l'Ontario fait sur la question du timbre.
Je vais faire peut-être du pouce sur les
décrets de convention collective. Donc, juste pour comprendre, vous voulez leur
abolition pure et simple. Vous pensez que ça n'a rien à faire.
• (15 h 40) •
M. Vincent (François) : Voilà.
M. Bouazzi : Et donc il n'y
aurait pas une réforme possible pour faire en sorte que ça soit peut-être bon
pour les travailleurs et travailleuses?
M. Vincent (François) : Bien,
dans les secteurs non assujettis, on n'a pas vu une diminution des salaires,
là. Il n'y a pas... Le salaire moyen au Québec, là, continue d'augmenter. Le
taux de syndicalisation est encore de 40 % au Québec. Donc, de mettre une
certaine barrière supplémentaire à l'entrée pour certains secteurs, pour
certaines régions, c'est un illogisme puis c'est juste, selon nous, le fait
qu'on ne veut pas brasser, puis que ça fonctionne bien, puis on va les laisser
faire leurs petites affaires. Mais, d'un point de vue théorique, je ne vois
vraiment pas qu'est-ce qu'il y a... une différence dans une région au niveau
des services automobiles. OK, dans cette région-là, ils ont décidé qu'ils
voulaient s'entendre entre eux autres puis d'imposer des barrières à l'entrée
pour le reste des secteurs. Ça ne marche pas, là.
M. Bouazzi : Donc, par
exemple, dans le ménage ou dans la sécurité, est-ce que vous voyez, peut-être
juste quelque part, un exemple où un travailleur, ou une travailleuse en
l'occurrence, pourrait avoir une meilleure protection avec que sans... juste
une <personne...
M. Bouazzi :
...pourrait
avoir une meilleure protection avec que sans... juste une >personne,
peut-être?
M. Vincent (François) : En
2012, j'ai fait une étude de cas puis j'ai parlé avec... C'étaient quatre, cinq
entrepreneurs par secteur, dont l'entretien ménager, puis les entrepreneurs
disaient : Bien, tu sais, si on veut protéger le salaire de ces
personnes-là parce qu'on juge que ça pourrait être plus bas, bien, pourquoi l'État,
il ne le décide pas puis il dit : OK, on décide que, certains secteurs,
ils vont avoir des plus gros salaires parce que c'est des jobs plus difficiles,
puis les gens ne le veulent pas. Mettez-les dans la loi des normes, puis
enlevez la paperasse, puis enlevez le fait que le comité décide de mettre des
certificats de conformité pour, ensuite de ça, harceler les entreprises qui
sont assujetties. Mettez-le dans les normes puis enlevez la paperasse aux
entreprises visées.
M. Bouazzi : Mais alors...
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La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
M. Bouazzi : En
20 secondes. Comme vous le savez, moi, j'ai passé 15 ans à travailler
avec les PME. J'ai une affection particulière pour les entrepreneurs. Ceci
étant dit, je ne peux pas me baser sur leur avis à eux pour savoir si leurs
travailleuses et travailleurs se sentent mieux avec ou sans ce genre de
convention. Ça fait que je comprends que c'est vos membres, mais, encore une
fois, c'est un argument insuffisant.
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La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. C'est tout le temps que nous avions. Je suis
désolée. Vous pourrez répondre à la question un peu plus tard à M. le député.
J'ai une question avant de terminer,
M. Vincent. La pétition que vous avez déposée sur le pupitre, si vous la
déposez ici, seulement les députés de la commission, législateurs qui sont ici,
pourront avoir une copie. Si vous voulez que ce soit à l'Assemblée nationale
qu'elle soit déposée, il faut qu'elle soit... que la pétition soit déposée au salon
bleu, où tout le monde va la recevoir.
Alors, on va vous poser la question
maintenant, si vous désirez que ce soit juste à la commission.
M. Vincent (François) : Je
vous offre ça pour l'analyse de l'étude détaillée. Si vous voulez la déposer à
l'Assemblée, soit, vous pouvez le faire, ou quelqu'un, le ministre veut le
faire ou un député. Maintenant, on va aussi la déposer au ministre du Travail,
là. Ça s'adresse aussi à lui.
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La Présidente (Mme
D'Amours) : Donc, ce que j'en comprends... D'accord.
M. Vincent (François) : Mais
on pensait que c'était important que les députés aillent cela.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Ce que j'en comprends, c'est qu'on va prendre la pétition. Est-ce que vous
l'avez électronique? Sinon, bien, vous comprendrez que ça va prendre un certain
temps avant que les collègues l'aient ici, parce qu'on va devoir passer ça...
M. Vincent (François) : Vous
pouvez juste la laisser au ministre puis, si les députés veulent l'avoir, vous
ferez des photocopies. Mais, je veux dire, c'est...
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La Présidente (Mme
D'Amours) : On va s'organiser avec ça. Parfait.
M. Vincent (François) : C'est
ça. C'est un cadeau.
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La Présidente (Mme
D'Amours) : Je vous remercie infiniment pour votre contribution à nos
travaux, M. Vincent.
Et je suspends les travaux quelques
instants afin de permettre aux prochains invités de prendre place. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 44)
(Reprise à 15 h 49)
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
souhaite maintenant la bienvenue aux Spiritueux Québec. Je veux... Je vous
rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, puis nous
procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission. Je vous
invite donc à vous présenter et à nous dire votre exposé, s'il vous plaît.
Spiritueux Québec
M. D'Astous (Hugo) : Parfait.
Merci. Merci pour l'invitation. Je m'appelle Hugo D'Astous. Je suis directeur
général de Patates Dolbec, copropriétaire de Ubald Distillerie et président de
Spiritueux Québec.
• (15 h 50) •
Spiritueux Québec, c'est un regroupement
de... je vais vous dire, de quatre distilleries et demie, donc des distilleries
qui fabriquent 100 % de leurs produits à partir des matières premières
agricoles et qui ont fait le choix de faire de vrais spiritueux, de vrais
produits au Québec, avec tous les défis que ça implique. Je dis quatre et demi
parce que, le cinquième membre, on ne sait pas s'il va réussir à passer l'année.
Il risque de fermer les portes d'ici à la fin de l'année parce qu'on est dans
une situation très, très, très difficile.
Si vous permettez, je vais commencer par
faire un petit retour sur le contexte de l'alcool au Québec parce que tout part
de là. Alors, je vous ai fait un petit... On va regarder si le PowerPoint
fonctionne. Et voilà. Alors, l'alcool au Québec. Vous êtes tous consommateurs
de... à la SAQ. La SAQ a fait trois identifiants : l'Embouteillé, le Préparé
et Origine Québec. Et tout ça, on est chanceux ici, au Québec, ils ont fait ces
identifiants-là, donc on est capables de répertorier les produits.
Maintenant, ces trois modes de production
là, on a besoin de bien... et vous, les élus, vous avez besoin de bien
comprendre ce qu'il y a derrière ça. Tous les jours, on doit éduquer les
consommateurs, puis il y a beaucoup d'incompréhension. Alors, l'alcool, ça part
d'une matière première, OK, qu'on transforme en sucre, qu'on <fermente...
M. D'Astous (Hugo) :
...l'alcool,
ça part d'une matière première, OK, qu'on transforme en sucre, qu'on >fermente.
On crée l'alcool. On distille pour concentrer l'alcool et les saveurs une fois,
deux fois, et, suite à ça, on a, pour faire un terme simple, on a une vodka, un
alcool de base, et cet alcool de base là, qui est souvent entre 95 % et
96 % d'alcool, on va le distiller une troisième fois pour l'aromatiser. Et
là on l'aromatise... On fait des gins, qui étaient beaucoup à la mode. Et, suite
à ça, il y a d'autres méthodes où on peut aromatiser avec des arômes liquides,
et on va embouteiller tout ça. OK?
Je vous ai mis à l'écran un petit peu ce
que ça ressemble en termes de création d'emplois. Vous êtes des élus. Alors, on
est toujours intéressés par la création de jobs au Québec. Bien, chez nous, là,
j'ai regardé un petit peu qu'est-ce qu'il en était en termes d'emploi, parce
que nous, on fait toutes les opérations. J'ai deux emplois pour fabriquer
l'alcool, j'ai un demi-emploi pour aromatiser l'alcool et j'ai un demi-emploi
pour embouteiller ce que je fabrique. OK? Donc, vous voyez le rapport, là :
de un, donc deux jobs pour faire l'alcool, une job pour aromatiser et embouteiller.
Ça correspond au picto, là, bleu, là, qui est Origine Québec à la SAQ.
Le Préparé au Québec. Le Préparé au
Québec, c'est 90 % des distilleries. OK? Ces distilleries-là achètent de
l'alcool en importation, en Ontario ou à l'extérieur du Canada. Donc, ils
achètent l'alcool tout fait. Il reste à aromatiser par distillation, par arômes
liquides et il reste à embouteiller. Donc, retenez, là, 90 % des
distilleries.
Et on a l'Embouteillé, là, que, ça, je ne
vous ai pas amené les chiffres, là, mais c'est probablement 80 % des
ventes, les... on dit «produits du Québec». Ici, on est dans Romeo Gin, que
l'alcool arrive en millilitres. Il met les arômes puis il embouteille... ou la Pur
Vodka. En fait, l'alcool est acheté à 95 %. Il met de l'eau, il dilue à
40 % et il embouteille. OK? Donc, ça, c'est 80 % du volume, là, de...
soi-disant des produits du Québec.
Puis vous avez vu, en haut, j'ai mis les
investissements basés sur notre projet à nous. OK? Donc, 80 % des sous
investis sur un projet de 2 quelques millions est pour faire de l'alcool. Une
embouteilleuse, ça coûte 250 000 $ puis un petit alambic pour
aromatiser, distiller, hein, donc, c'est environ 250 000 $. Donc, les...
on a besoin de beaucoup d'équipements pour faire un alcool de base, une vodka
de qualité. OK? C'est ce qui fait qu'on peut avoir des produits qui sont
distinctifs.
Alors, je pense que l'élément clé
là-dedans qu'on doit comprendre, le Québec et vous, les élus, les acteurs du
milieu, c'est d'où vient cet alcool-là. Et une image vaut 1 000 mots.
OK? J'ai mis à gauche la colonne chez nous, OK, production artisanale. Les
membres de Spiritueux Québec, on est en mesure de produire entre 250 000 à
450 000 litres annuellement d'alcool à 95 %,
450 000 litres avec quelques investissements substantiels, mais
c'est... on est capables de monter notre volume, là, avec un petit peu
d'investissement.
Les 80 % des distilleries achètent
notamment, là, de Chapman en Ontario, qui est le GreenField Ethanol, OK, ou
importation, mais comprenez que ça vient de raffineries. Il n'y a rien de sexy
dans ce qu'on voit là. C'est une usine comme Ultramar, l'autre côté du fleuve.
Ce sont des raffineries qui ont une grande, grande capacité à extraire les
saveurs d'alcool, et de concentré, et l'éthanol. Et ça fait des produits qui
brûlent en bouche, comparativement à des produits plus artisanaux. Donc, la
filière de l'alcool au Québec, c'est de l'alcool, comme ça, de raffinerie qui
est aromatisé ici. Et souvenez-vous des jobs que ça crée, versus peu de jobs,
versus les produits 100 % d'ici.
Donc, ce qu'on souhaite, Spiritueux
Québec, et pourquoi on se bat à tous les jours, on veut bâtir un patrimoine
pour le Québec. Ce qu'on veut léguer, là, ici, ce qu'on veut léguer aux
générations futures, c'est un savoir-faire. C'est un savoir-faire pour être
capable de fermenter, prendre des matières premières, les transformer en
produits, parce que, quand on fermente, c'est là qu'on crée toute la saveur
dans les alcools, les concentrer. En concentrant, on concentre aussi les
saveurs puis les textures de nos alcools pour en faire des produits aromatisés
ou pas, et embouteiller.
Alors, dans 20 ans, là, croyez-moi,
ce n'est pas les entreprises qui achètent de l'alcool de raffinerie, à l'aromatiser
qui vont percer sur les marchés internationaux. Ce n'est pas ça que les
acheteurs recherchent. J'étais avec des acheteurs internationaux depuis deux...
depuis lundi. Ils viennent d'Europe, des États-Unis. Ils cherchent cette
spécificité-là du Québec et ils questionnent : Oui, mais vous le prenez
où, votre alcool? Bien non, nous, on fait tout notre alcool chez nous. Et là
les yeux deviennent comme ça parce qu'ils disent : C'est un vrai produit
du Québec.
Alors, c'est ces produits d'exception là
qu'on est capables de faire en partant de nos matières premières. Et ça
prend... c'est beaucoup d'investissements. Je vous ai parlé de 2 millions, chez
Ubald, pour faire de <l'alcool...
M. D'Astous (Hugo) :
...c'est
beaucoup d'investissements. Je vous ai parlé de 2 millions, chez Ubald, pour
faire de >l'alcool. Faire de l'alcool, c'est facile, monter de l'alcool
à 85 %, 90 %, c'est facile avec des petits alambics, mais, pour
arriver à 95 % ou 96 %, qui est le standard européen, ça prend
beaucoup d'investissements, ça prend des colonnes de distillation pour
vraiment, là, faire un produit de qualité. Et ça, on ne peut pas investir
là-dedans puis faire 20 000 bouteilles par année, on ne réussit pas à
rentabiliser les installations.
L'autre élément aussi, c'est... dans toute
cette pérennité-là, c'est l'agrotourisme. Chez nous, chez Ubald, on a peut-être
des gens qui passent l'été... ce n'est pas très touristique, mais on va aller
vendre un 2 500, 3 000, 4 000 bouteilles. Les gens, ils viennent
à la ferme, parce qu'on est producteurs agricoles, on explique comment l'alcool
se fait, donc c'est un beau moteur régional puis aussi c'est un beau moteur
pour sensibiliser les gens et les former. Marcel, qui est derrière moi, Distillerie
du Grand Dérangement, qui est de Spiritueux Québec, c'est la même chose, qui
est dans le coin de Joliette, c'est une ferme, les gens passent dans son
village puis ils viennent faire de l'agrotourisme.
L'autre élément, puis M. Legault nous en a
beaucoup parlé dans son premier mandat, créer des jobs payantes au Québec, bien,
embaucher quelqu'un qui prend de l'alcool puis qui met des arômes, ce n'est pas
très compliqué comme job, mais fermenter, c'est des gens qui ont des
techniques, c'est des gens qui ont des bacs. Chez nous, là, la job la moins
chère en production, c'est 27 $ de l'heure. OK? Donc, on crée des jobs en
région, puis les gens gagnent bien leur vie parce que c'est des emplois
spécialisés. Et M. Girard n'est pas ici aujourd'hui, j'aurais aimé ça, le
voir, mais semble-t-il qu'il a dit, via mon député, que, chez Ubald, on avait
choisi le mauvais modèle d'affaires parce qu'on savait que ce qui fonctionnait
au Québec, c'était d'embouteiller. Ça fait que de faire des produits 100 %
d'ici, il nous a fait passer le message que ce n'était pas le bon modèle
d'affaires. Bien, moi, je n'y crois pas, parce que je crois qu'on n'a pas
besoin de seulement financer des usines de batteries puis des trucs high-tech.
Ces emplois-là sont quand même high-tech, puis il y a un beau savoir-faire,
puis c'est des belles jobs.
Alors... puis finalement, l'autre élément,
c'est la collaboration entre les distilleries. On croit en créer une industrie
qui va être prospère, forte et fière. Nous, on est capables, chez Spiritueux
Québec, dans nos membres, de vendre de l'alcool à d'autres microdistilleries
pour qu'ils fassent des produits 100 % d'ici. Exemple, Distillerie St. Laurent
pourrait acheter son alcool de moi, il pourrait l'aromatiser chez lui puis il
aurait des produits qui viennent 100 % d'ici. On a cette ouverture-là puis
on croit qu'en collaborant comme ça on va arriver à se distinguer en dehors du
Québec. Donc... Oui?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...monsieur.
M. D'Astous (Hugo) : Implanter — je
vais faire ça vite, madame — implanter des distilleries, de la
matière première à la bouteille, donc prospères et rentables, c'est l'objectif.
Retenons, il faut augmenter le volume des produits 100 % d'ici au détail
dans les bars, dans les restaurants parce que, présentement, c'est l'enfer, ce
qu'on vit en SAQ. Il y a tellement de produits que nos produits, même s'ils se
vendent, ils se font mettre de côté le mois suivant pour mettre un autre
produit. Augmenter le volume de fabrication d'alcool de base pour amortir les
coûts, vous comprenez bien, il faut aller chercher du volume pour amortir nos
équipements coûteux. On veut faire de la collaboration, puis il faut aussi
garder des points de vente ouverts en région, là, dans nos boutiques qui sont
non rentables.
• (16 heures) •
Ce qui m'amène, avec un petit dépassement
de quelques minutes... Mme la Présidente, vous allez voir, ça vaut la
peine, alors, le PL n° 17, OK, il y avait la notion,
dans le permis artisanal, d'exclure le maltage comme opération exécutée sur les
yeux... En fait, je recommence. Le projet a été présenté avec l'obligation de
malter sur les lieux de fabrication, bon. Alors, je n'irai pas trop dans le
détail, mon temps est court, je pourrais vous expliquer ce qu'est le maltage et
à quoi ça sert, mais sachez qu'on peut faire un whisky avec de l'orge malté ou
des enzymes qui viennent d'usines, donc. Mais retenez que, sur la planète, là,
le maltage n'est jamais fait dans les distilleries. C'est exceptionnel. C'est
des filières à côté, des partenaires. On en a déjà au Québec. Regardez, je vous
ai mis Malterie Caux, Innomalt, il y a d'autres petites malteries. Donc, ça,
là, ça prend des équipements spécialisés avec des bons volumes de production,
et c'est beaucoup plus logique que ce soit fait par des partenaires. Marcel,
derrière moi, il cultive son orge, il l'envoie à la malterie, ça va être malté
puis ça revient chez lui. Donc, il y a toute une traçabilité dans tout ça, ce
qui m'amène au deuxième point du PL n° 17.
C'est que, présentement, on a un choix à
faire. Moi, présentement, je suis permis industriel. Merci pour l'ouverture. Les
grains et les patates vont être ajoutés au permis artisanal. Mais, si je
choisis de passer d'un permis industriel à un permis artisanal, je n'aurai plus
le droit de vendre de l'alcool à d'autres microdistilleries. Présentement, on
est dans cette dualité. Donc, permis industriel, je dois payer ma majoration
sur les lieux... les ventes sur les lieux de <fabrication à la SAQ...
>
16 h (version révisée)
< M. D'Astous (Hugo) :
...je
dois payer ma majoration sur les lieux… les ventes sur les lieux de >fabrication
à la SAQ, environ 52 %. Donc, chaque bouteille génère une perte chez nous.
La boutique n'est pas rentable. Techniquement, elle devrait être fermée, si on
était plus rationnels en affaires. Et j'ai la possibilité de vendre de l'alcool
à d'autres microdistilleries. Si je m'en vais sur le permis artisanal, parce
que je voudrais conserver la boutique ouverte, mes ventes vont être rentables,
je vais rentabiliser, mais là je ne pourrai plus vendre ou je ne pourrai pas
vendre de l'alcool de base à d'autres microdistilleries.
Ce qui m'amène, Mme la Présidente, à une
grande question, donc : Quel bien avons-nous, comme société, hein, qu'une
distillerie sous permis artisanal vende de l'alcool de base à une distillerie
québécoise sous permis industriel? Qu'est-ce qu'on va gagner de nous forcer à
faire un choix entre Hugo, chez Ubald, ferme ta boutique ou vends de l'alcool à
une autre distillerie? Qu'allons-nous gagner à forcer ce choix-là? Moi, je n'en
vois aucune, raison, de forcer ce choix-là. Je pense qu'on est assez créatifs,
les Québécois, pour trouver une façon que, sous permis artisanal, je puisse, vu
que je suis un producteur agricole, avoir ne pas de majoration à payer sur les
ventes sur place, à Saint-Ubalde. On parle, là, 2 500, 3 000,
maximum, 5 000 bouteilles, ça va bien, puis que je puisse vendre mon
alcool à Distillerie St. Laurent, et qu'il puisse faire son gin 100 % du
Québec avec une collaboration.
Alors, ça, c'est évidemment la deuxième
modification qu'on demande. On dit : Dans le PL n° 17, s'il vous
plaît, soyons créatifs, autorisons les distilleries sous permis artisanal à
pouvoir vendre de l'alcool de base, à un taux d'alcool de 95 % et plus, à
des distilleries sous permis industriel. Pourquoi? J'ai presque terminé. Bien,
on va encourager l'investissement dans des équipements de qualité, coûteux, qui
vont être encore là dans 20 ans, donc c'est la pérennité du secteur. On va
accélérer la rentabilité et le retour sur l'investissement de ces
investissements-là qui sont coûteux. On va augmenter les produits 100 % du
Québec sur le marché, hein, puis ça, comme ça, les gens n'attendent que ça. On
va contribuer à développer cette expertise-là, fermentation, distillation,
hein, et les emplois de qualité. Puis évidemment, on va encourager l'agrotourisme
et aussi la formation des consommateurs. Alors, tout ça pour une chose
importante, on veut créer une industrie des spiritueux qui est prospère, qui
est forte, et qui est fière, et, pour ça, on a besoin de vous.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. D'Astous. Pour le bénéfice de mes autres invités qui étaient passés, vous
avez pris plus de temps, mais vous n'aurez pas plus de temps avec le ministre,
parce que j'ai coupé le temps du ministre de 4 min 7 s, que vous
avez dépassé, et qui a bien voulu vous laisser terminer. Alors, pour la justice
pour tout le monde, M. le ministre, il vous reste 12 min 22 s
pour votre période d'échange. La parole est à vous.
M. Skeete : Merci, Mme la
Présidente. Ça me fait plaisir de me donner votre temps, mais effectivement, ça
va écourter nos échanges. Ça fait que, si jamais j'interviens pour avoir une
réponse directe, ce n'est pas parce que je ne vous aime pas. Parfait.
Vous avez fait un témoignage important. Je
pense que c'est important, effectivement. Puis on se pose la question, au
ministère de l'Économie, tu sais, la valeur ultime de grain à la bouteille
versus aromatiser, dans le fond, l'alcool neutre qui arrive de n'importe où.
Bon, ça fait que ça, c'est un argument qui nous rejoint. Mais où est-ce que j'ai
besoin de clarifier un petit peu, c'est que là, en ce moment, vous êtes
artisanal dans votre permis...
M. D'Astous (Hugo) : …
M. Skeete : Vous êtes
industriel? Bon. Parce que, selon vous... vous dites : Bien, je n'ai pas
le choix d'être industriel parce que, vraiment, je suis artisanal dans tout ce
que je fais, mais, si je veux pouvoir vendre mon alcool de 95 % à un
autre, je dois faire le choix d'aller vers l'industriel, ce qui me met dans une
autre catégorie, où est-ce que je perds mes privilèges artisanaux. Le permis
artisanal existe, par contre, pour favoriser les petits entrepreneurs, les
petits propriétaires de terrains qui veulent exploiter leurs terres.
Vous, ce que vous suggérez, en fait, c'est
de faire une exploitation industrielle. Alors, comment on fait pour concilier
les deux? Comment je fais pour concilier l'argument que vous faites, qui est
très vrai : Moi, je produis localement puis je veux être capable de vendre
mon alcool neutre... puis effectivement, c'est plus souhaitable, ça, que de le
faire venir de l'Ontario, mais, en même temps, ce que vous faites, c'est de l'exploitation
industrielle… versus un petit, qui, lui, fait une production locale, il fait
300, 400, peut-être 1 000 bouteilles, puis lui, il est bien content de
faire ça, puis il y a des avantages qui viennent avec ce permis-là? Comment qu'on
fait pour expliquer cette réalité-là? Comment qu'on fait pour naviguer dans ces
deux mondes-là?
M. D'Astous (Hugo) : Bien, en
fait, il faut déjà se questionner sur ce qui est industriel, ce qui est
artisanal, et ce débat-là, il existe au sein de l'industrie. En fait, vous êtes
tous invités à venir chez Ubald. Nous avons une production <artisanale…
M. D'Astous (Hugo) :
En
fait, vous êtes tous invités à venir chez Ubald. Nous avons une production >artisanale,
OK. Oui, je comprends que, chez nous, on a choisi de fermenter en
10 000 litres, mais on produit quelque 200 000… on pourrait
produire 200 000, 150 000, 200 000 litres d'alcool à
95 % en poussant la machine. Mais là la game, là, c'est des 200 millions
de litres, là. L'industrie des spiritueux, dans le monde, est détenue par huit
grands joueurs qui détiennent 80 % de toutes les marques. Nous sommes une
plus grosse distillerie artisanale. On est, avant tout, une ferme, on cultive
tous nos intrants. Oui, on est une grosse ferme, mais, quand même, on est
artisanal.
Alors là, ce débat-là d'artisanal, de dire :
Heille! moi, je suis très petit, puis je suis plus petit que toi, puis toi, tu
es trop gros, là, il faut se lever la tête un petit peu, se serrer les coudes puis
dire : Oui, mais le vrai gros industriel, là, c'est la photo que vous avez
vue, là, c'est une raffinerie. Chez nous, là, c'est un «pot still», là, les
étapes sont toutes faites à la main, là. On coupe le début de la distillation,
on coupe la fin à la main puis on garde le centre, là, OK.
M. Skeete : ...c'est de dire
que le permis artisanal est trop limitatif.
M. D'Astous (Hugo) : Le
permis... En fait, on est... on a une vision un petit peu... c'est réducteur, OK.
On voit l'artisan qui fait 1 000 bouteilles avec ses mains. Si on va
aux États-Unis, là, la notion d'artisanal, là, ça va jusqu'à, je pense, je vais
dire, 400 000 bouteilles. Il faudrait que je ressorte les normes, là.
C'est normé dans les associations. On a une vision étroite, OK, au Québec, puis
on veut que le secteur reste très, très petit, OK. Donc, on est capables, on...
En fait, on a plus d'envergure que ça, les Québécois, hein, s'il vous plaît, là.
On est capables de dire que, si Ubald fait 200 000 bouteilles puis en
exporte sous une méthode qui est artisanale, comme le petit va faire, bien,
super, parce qu'on crée des jobs puis on rayonne à travers le monde. Donc,
élevons-nous un petit peu pour donner un peu d'ampleur à notre secteur.
M. Skeete : ...est
contagieuse. Je vais vous poser une autre question, par rapport au maltage. Qu'est-ce
qui arrive, si on fait mal le maltage?
M. D'Astous (Hugo) : Si on
fait mal...
M. Skeete : Mettons, un
artisan... parce qu'en ce moment, un artisan doit faire son propre maltage pour
être artisan, il ne peut pas le sous-traiter à un tiers. C'est quoi, la
conséquence... C'est-tu difficile, faire du maltage? Pourquoi qu'ils ne le font
pas localement? Pourquoi que ce n'est pas quelque chose qui est plus répandu?
M. D'Astous (Hugo) : J'aimerais
donc vous expliquer ça en détail, si Mme la présidente me donnait 15 minutes
de plus.
M. Skeete : Non, ça va
dépendre de mes collègues de l'autre bord, s'ils veulent prendre leur temps.
M. D'Astous (Hugo) : Le
maltage, là, c'est tout simple, OK. Les grains ou les patates ne fermentent
pas, c'est de l'amidon, c'est des chaînes complexes de glucose. Pour réussir à
ce que ça fermente, il faut les couper en sucre simple, en un glucose. Le maltage,
le grain commence à pousser, puis, quand ça a commencé à germer, on arrête ça,
puis, dans le grain, on a commencé à créer les enzymes. Les enzymes, c'est ce
qui coupe les longues chaînes moléculaires. Donc, si le maltage a été mal fait,
quand je vais venir pour faire ma fermentation, mon… ma conversion en sucre va
être trop basse. C'est le principal enjeu.
M. Skeete : …un enjeu de
goût? C'est-tu un enjeu de santé? C'est quoi?
M. D'Astous (Hugo) : Aucun
enjeu de santé. C'est vraiment un enjeu de mauvais goût. Effectivement, le
produit va être plus ou moins bien fait. Donc, d'aller le faire chez un
partenaire qui maîtrise ça, c'est gage de succès, et de constance, puis de
rentabilité pour les entreprises.
M. Skeete : OK. C'est que
c'est clair. Puis on ne s'improvise pas un malteur, là. Tu sais, ce n'est pas
quelque chose qu'on se réveille le matin puis on dit : Moi, je vais faire
malter mes affaires puis ça va être bien fait.
M. D'Astous (Hugo) : Bien,
c'est parce que, si tu veux malter comme du monde, là, tu vas encore... tu vas
investir 50 000 $, 100 000 $, 150 000 $,
200 000 $, 300 000 $, tu comprends? Dans le temps, il y a
200 ans, ils mettaient ça sur le plancher, ils laissaient ça germer puis
ils allaient nus pieds virer ça. On n'est plus là, là, OK. Ça prend des
équipements, maintenant, là, pour maîtriser le procédé, sécher, etc., donner de
la saveur. Donc, non, on ne s'improvise pas malteur. C'est une filière.
• (16 h 10) •
M. Skeete : Alors, même si le
concept d'artisanat, c'est de dire : du grain à la bouteille, ça devrait
être fait sur le lieu de production, vous, vous êtes d'avis qu'on devrait
pouvoir sous-traiter cette partie-là de la production.
M. D'Astous (Hugo) : Oui.
Sous permis artisanal, tu fais pousser ton grain, tu récoltes, on le met dans
des sacs, on l'envoie à la malterie, ils maltent notre grain, puis ils nous le
remettent dans le sac, puis ça revient. Donc, c'est notre grain qui a été
malté, là, alors...
M. Skeete : Comment on fait pour
s'assurer, justement, que c'est mon grain, pas le grain d'un autre, ou d'un
tiers, ou de... Comment je fais pour contrôler ça, si c'est... tu sais, pour
garder... parce que, dans le fond, le permis artisanal est là pour assurer une
équité entre les producteurs. Comment qu'on fait pour s'assurer de ça, si on le
sous-traite?
M. D'Astous (Hugo) : Bien,
c'est assez simple. Tu sais, si l'équipement de maltage fonctionne, je ne sais
pas, je vais dire, en trois tonnes, puis j'envoie trois tonnes, il met trois
tonnes dans sa machine, il va le passer dans toutes les étapes, puis il va le
sortir au bout. Ce n'est pas tout mélangé, cette affaire-là. Puis quand on le
livre, tout est bien identifié, avec une traçabilité, et tout ça. Donc, c'est
des gens professionnels, là, ils sont capables d'assurer la traçabilité.
M. Skeete : Ça fait que vous,
ce n'est pas un enjeu, là, de savoir qu'est-ce qui rentre puis qu'est-ce qui
sort.
M. D'Astous (Hugo) : Absolument
pas. Non, tout à fait. Ils sont déjà organisés comme ça, ces entreprises-là.
M. Skeete : Parfait. Moi, je
n'ai plus de question, Mme la Présidente. Je ne sais pas si mes collègues en
ont.
La Présidente (Mme D'Amours) :
M. le député d'Abitibi-Est.
M. Dufour : Oui. On a vu un
peu, sur l'angle que vous amenez, la particularité. Vous n'êtes pas seulement
sur les <allègements…
M. Dufour :
Oui. On
a vu un peu, sur l'angle que vous amenez, la particularité. Vous n'êtes pas
seulement sur les >allègements, vous êtes aussi sur tout l'aspect des
spiritueux versus le rendement qui est donné à la SAQ quand vous le vendez chez
vous. Il reste, par contre... Je regardais, là, dernièrement, chez nous, on a un
distilleur qui a fait un rhum, avec une promotion avec un chanteur bien connu
présentement, puis il a quand même un grand succès. C'est le troisième rhum le
plus vendu, présentement, dans les SAQ du Québec. Est-ce que ça, ce n'est pas
quand même une orientation qui pourrait être prise par les entreprises?
M. D'Astous (Hugo) : Vous
voulez dire, l'orientation de créer des partenaires...
M. Dufour : De créer des partenariats,
exactement.
M. D'Astous (Hugo) : Bien, je
pense que tout ça, c'est du marketing. Ce n'est pas une mauvaise idée. Puis,
soit dit en passant, je ne suis pas… je ne suis pas contre les gens qui vont
acheter du rhum des Caraïbes, puis ils vont l'embouteiller ici. Puis c'est
correct, là, je veux dire, la question, c'est un équilibre dans tout ça. Du
rhum, là, on ne peut pas en faire au Québec. La canne à sucre, ça ne pousse
pas. Par contre, des alcools, des vodkas, des gins, il y a un paquet de
produits, là, qu'on est capables de faire 100 % d'ici. Soyons assez
ouverts et créatifs pour encourager cette entreprise-là, parce que les autres
pays le font.
Il y a des provinces, comme la Colombie-Britannique,
au Canada qui ont été hypercréatives, puis ils ont investi, ils se sont donné
une vision pour la filière du spiritueux. Ils ont fait en sorte que les
entreprises ont triplé et quadruplé là-bas parce qu'ils ont mis des conditions
économiques pour que ces entreprises-là, du grain à la bouteille, en
Colombie-Britannique, puissent quand même opérer et à rendement, pouvoir
réinvestir dans leur entreprise. Donc, ce n'est pas un enjeu, en fait, des
produits comme ça.
M. Dufour : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député de Dubuc.
M. Tremblay : Il reste du
temps?
La Présidente (Mme D'Amours) : Trois
minutes.
M. Tremblay : Précision. Est-ce
que je me trompe? Corrigez-moi. Je prendrais l'exemple de la Distillerie du
Fjord, au Saguenay. Est-ce qu'on en est même rendus... vous avez parlé de
patrimoine, je fais un peu de millage sur ce que vous avez exposé de façon très
intense et passionnée. Est-ce qu'on n'est pas rendus aussi sur un axe
touristique? On parle d'agrotourisme, là, mais là-bas, où ils embauchent des
cueilleurs en périphérie du site, sur l'axe boréal, bien, on veut créer de
l'emploi in situ pour que ça devienne un moteur d'économie touristique, où,
finalement, le produit lui-même, et tout ce qu'on a parlé, va encore plus loin,
avec des sous-segments d'emplois. Je pense que c'est là où… quand vous parlez
de patrimoine, c'est là où on s'oriente.
M. D'Astous (Hugo) : La Distillerie
du Fjord, c'est un beau modèle, évidemment. Jean-Philippe aimerait acheter de
l'alcool du Québec puis faire les conditions... qui'il y ait les conditions
pour le faire. Puis ils ont un beau modèle, ils ont des bons produits. Il fait
de l'alcool aussi, il fait son alcool à partir des bleuets. Tu sais, comprenez,
là, l'enjeu... puis les espaces tablettes qui sont pris en SAQ, là, le co-80 %
d'espace qu'on n'a pas, c'est du NGS. C'est des produits de qualité très
moyenne, parce que c'est de l'aromatisation avec des liquides, des arômes
artificiels qui sont mis dans les produits, puis les gens sortent des produits
à répétition. Ça, il n'y a pas de pérennité là-dedans, il n'y a pas de
patrimoine. Ce n'est pas avec ça qu'on va faire une industrie qui est prospère,
forte et fière. Pas de fierté là-dedans. C'est des produits qui ne seront pas
là dans 20 ans, mais la Distillerie du Fjord va y être. Ça, c'est quand
même un beau modèle d'affaires. On est fiers d'eux.
La Présidente (Mme D'Amours) : …je
cède maintenant la parole au député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. J'ai… j'aime beaucoup ce que j'entends, votre
vision de générations futures, là. C'est une industrie du terroir, finalement,
qui permet l'agrotourisme en même temps. Donc, oui… non, effectivement, je
pense que de s'assurer que c'est possible de pouvoir identifier notre produit,
une certaine traçabilité, là, c'est évidemment ça, là, qu'on a besoin d'avoir.
J'essaie de comprendre, de votre point de
vue à vous, puis peut-être qu'on peut revenir rapidement là-dessus… Donc, il y
a un chiffre à partir duquel ça a de l'allure de faire ça en masse, la
distillerie, comme, si j'ai bien compris, en bas de... je pense que... est-ce
que c'était...
M. D'Astous (Hugo) : ...artisanal,
là, qu'est-ce qui est artisanal, qu'est-ce qui ne l'est pas, écoutez, il y a
des données mondialement... les États-Unis ont tracé des lignes, là. Puis
écoutez, là, je n'ai pas... j'y vais de mémoire, mais dans notre cas, c'est au
moins une production, je pense, de 200 000 litres d'alcool, là. Ça,
c'est normé. Si on fait des petites recherches, là, c'est assez... Mais, vous
comprenez, on est à des années-lumière de la vision de... Je fais 3 000 bouteilles
dans mon garage chez nous, vous comprenez? Ça fait que là, le débat n'est pas
là, là.
M. Beauchemin : OK, mais il y
a probablement aussi un enjeu de qualité, quand c'est 3 000 <bouteilles…
M. Beauchemin :
OK,
mais il y a probablement aussi un enjeu de qualité, quand c'est
3 000 >bouteilles dans ton sous-sol, à la maison, versus ce
que vous faites, là, évidemment.
M. D'Astous (Hugo) : Évidemment.
Tu sais, nous, il y a plus de volume, mais on a une chimiste qui travaille pour
nous, on a des équipements de laboratoire qui sont très coûteux pour tester la
qualité de nos alcools. On ne se fie pas juste qu'à la SAQ. Donc, avec des
artisans un petit peu plus gros, il y a un gage de qualité aussi.
M. Beauchemin : …vous parliez
tout à l'heure que vous aviez quatre et demi partenaires, là, en tout et
partout. Je n'ai pas compris très bien, là. La demi-partenaire, il se passe
quoi avec, là?
M. D'Astous (Hugo) : Le
cinquième membre de Spiritueux Québec, ils sont en difficulté, puis on n'est
pas certains qu'ils vont être encore là à la fin de l'année. Pour dire, le
membership coûte 100 $ puis il n'est pas payé encore. Donc là, ils
grattent les fonds de tiroirs, mises à pied. Il a fermé la boutique, il a fermé
le bar, etc., donc... C'était un des pionniers, puis c'est là qu'on est.
M. Beauchemin : Puis la cause
de cet enjeu-là, c'est...
M. D'Astous (Hugo) : Les
ventes en SAQ, perte d'espace tablette. On ne peut pas générer... on ne peut
pas survivre si on ne vend pas des… nos bouteilles à la SAQ. La SAQ,
présentement... Puis ils font ce qu'ils peuvent hein? Moi, je ne suis pas en
train de dire que c'est... Le problème, ce n'est pas la SAQ. C'est le
gouvernement qui donne les indications à la SAQ. C'est au gouvernement puis aux
élus à donner une direction claire de ce qu'on veut dans notre réseau de
distribution qui fait partie de l'État.
M. Beauchemin : C'est une
politique gouvernementale que la SAQ suit qui fait en sorte que votre collègue
en arrache.
M. D'Astous (Hugo) : Vous
êtes des élus. Moi, je me suis posé la question : Quelle autre nation à
travers le monde est assez créative pour inventer un picto «Embouteillé au
Québec» pour faire des jambettes aux produits qui sont 100 % d'ici? C'est
vrai que les Québécois, on est créatifs, des fois, mais on pousse peut-être un
peu fort, hein? Tout le monde est fier d'avoir des produits 100 %.
L'Écosse fait des whiskys. Bien non, nous autres, on fait des jambettes pour
dire : Aïe! n'oubliez pas, consommateurs, là, je vais tout te mêler entre
un picto «Embouteillé», «Préparé» ou «Origine Québec», parce que ça, c'est
embouteillé.
Bien là, le consommateur, lui, il pense
que, finalement, c'est tous des produits du Québec. Puis quand ils exécutent
leur promotion, des fois, c'est tellement mal exécuté en SAQ qu'ils ne peuvent
pas faire de promotions juste Origine parce que, quand ça arrive à la caisse,
les clients sont tous mêlés, ils ont pensé qu'«Embouteillé» c'était dans la promotion
Origine Québec. Ça fait qu'ils ont tout mis ça dans l'Espace Québec maintenant.
Alors, «Embouteillé», «Préparé», «Origine Québec», c'est des produits
québécois. Bien, ça, messieurs, mesdames, vous avez les mains sur le volant
pour corriger la situation.
M. Beauchemin : Donc, ça
fait-tu partie du Panier bleu, tout ça? J'extrapole.
M. D'Astous (Hugo) : ...aux
consommateurs avec le Panier bleu.
M. Beauchemin : Bien, en
fait, c'était un peu l'autre point de ma question. Quand vous parliez, tout à
l'heure, de points de vente, là, au détail, qu'est-ce que vous aviez en tête,
vous, personnellement, pour votre gang?
M. D'Astous (Hugo) : Bien, pour
les points de vente, écoutez, la SAQ a certains programmes pour faire la
promotion des produits Origine Québec. Ils font des efforts, mais la SAQ est
prise avec une patate chaude de beaucoup de distilleries, beaucoup de produits.
Comment vont-ils faire pour dire à une distillerie que : Je ne prendrai
plus tes produits, puis pourquoi toi, je vais les prendre, puis même le «Embouteillé»,
là. Donc, ils sont un peu contraints de prendre les produits de tout le monde.
Là, ils essaient d'arriver avec une gestion de l'offre, mais là ça va faire
mal, OK, parce qu'il y a des distilleries qui ne pourront pas, finalement,
continuer à opérer.
La solution, elle est toute simple, mais
vous n'aimerez pas ce que je vais vous dire. La majorité de ces distilleries-là,
même si elles achètent l'alcool à l'extérieur, là, puis en Ontario, là, OK, puis
c'est… si elles pouvaient vendre sur place et avoir… ne pas payer la majoration
à la SAQ, elles arrêteraient de vendre à la SAQ, ça ferait de la place pour
d'autres produits. Ces gens-là seraient contents de juste faire de
l'agrotourisme, créer de l'emploi local puis avoir une rentabilité. Mais ça,
c'est une fin de non-recevoir au sein du gouvernement. On ne veut pas aller là,
pour un paquet de mauvaises raisons. C'est le statu quo, tout le monde se lance
la balle, puis personne ne veut prendre la pôle de trouver une réelle solution.
En d'autres mots, c'est gênant.
• (16 h 20) •
M. Beauchemin : On est entre
amis, là, il n'y a pas de gêne, là. Qu'est-ce qui peut être une des… disons,
les tops trois raisons, selon vous, là?
M. D'Astous (Hugo) : Ah! pour
le… pour ça?
M. Beauchemin : Oui?
M. D'Astous (Hugo) : Je ne
suis pas capable de répondre à cette question-là. En fait, depuis deux ans, je
gravite autour de ça, j'ai fait beaucoup de représentations. En fait, je
dirais, je pense que c'est un manque de courage des décideurs, un manque de
courage. Bien, en fait, on n'a pas de vision pour l'industrie. Puis en réalité,
là… puis c'est dur d'avoir du courage, comme, à tous les niveaux. Il y a
beaucoup d'intervenants, il n'y a pas de vision de l'industrie. La journée où
on va bâtir collectivement une vision de l'industrie d'où on veut être dans
20 ans, bien, les actions vont suivre, ça va être cohérent. Là, on ne peut
pas avoir de cohérence, il n'y a pas de <vision…
M. D'Astous (Hugo) :
...bien,
les actions vont suivre, ça va être cohérent. Là, on ne peut pas avoir de
cohérence, il n'y a pas de >vision, il n'y a pas d'objectif. Donc,
chacun, tu sais, de son côté, dire : Heille! je peux-tu vraiment changer
quelque chose? Je veux dire, les morceaux du puzzle ne sont pas tous reliés
ensemble. Donc, la principale cause : manque de vision claire, de cette
industrie-là, d'où on veut être dans 20 ans. On est capables, hein, de se
donner une belle vision, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme D'Amours) : Bien
sûr, monsieur.
M. D'Astous (Hugo) : Merci.
M. Beauchemin : Je vais céder
la parole à ma collègue de Bourassa-Sauvé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée de Bourassa-Sauvé, la parole est à vous.
Mme Cadet : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Bonjour, M. D'Astous.
M. D'Astous (Hugo) : Bonjour.
Mme Cadet : Merci pour votre
plaidoyer passionné pour votre industrie. Vous êtes manifestement... Un, vous
connaissez ça, vous la connaissez bien, votre industrie, puis vous l'aimez, donc,
je pense qu'ils sont chanceux de vous avoir. Puis vous nous avez prôné, donc, la…
des éléments extrêmement intéressants pour la diversification de notre
économie, donc, surtout au niveau régional.
Et ma première question, donc, porterait
sur les distinctions qui existent, donc, en ce moment, donc, entre le permis
industriel et le permis artisanal. Donc, je pense que le ministre a posé
quelques questions là-dessus initialement. J'aimerais savoir... Donc, on parle
beaucoup, donc, de comparaisons avec l'Ontario notamment, mais la
réglementation ailleurs au Canada, comment est-ce que ça fonctionne au niveau
de cette distinction-là?
M. D'Astous (Hugo) : C'est
une grande question, puis je ne suis pas au fait de ce qui se passe dans
chacune des provinces. Je peux vous dire, par contre, que le Québec et
l'Ontario, c'est les deux provinces où il y a le plus de contraintes. Puis je
pense que le plus beau modèle au Canada, c'est la Colombie-Britannique, qui a
vraiment choisi... ils ont regardé l'industrie des vins et ils se sont dit, il
y a plus de 10 ans : Bien, est-ce qu'on veut que cette industrie-là
se développe au niveau du spiritueux? Et là ils ont ouvert jusqu'à, de mémoire,
50 000 ou 60 000 bouteilles. Donc, ils peuvent vendre
directement aux restaurateurs sans payer de majoration. Donc, ils ont développé
des forces de vente, les distilleries ont embauché des gens. Ils peuvent aussi
vendre par Internet, ils peuvent... Là-bas, le réseau est semi-privé, semi-public.
Donc, ils peuvent vendre directement aux gens, là, dans le privé puis jusqu'à
50 000, 60 000 bouteilles. Puis les distilleries ont quadruplé,
là. Ça a été un beau, beau succès, puis c'est un moteur.
Donc, la Colombie-Britannique s'est dotée
d'une vision pour les spiritueux et le secteur de l'alcool. C'est ce qui fait
la différence. Donc, c'est ce qu'il faut retenir. On a besoin d'une vision au
Québec, qu'il y ait quelqu'un, qu'il y ait un élu… que les gouvernements
veuillent porter cette vision-là avec les acteurs dans le milieu.
Mme Cadet : Merci. Puis vous
parlez du modèle de la Colombie-Britannique, donc, mon... Donc, ça semble
aller, donc, beaucoup plus loin qu'en fait la question, donc, de la distinction
entre les différents types de permis. Donc, est-ce que vous diriez que ce que
vous nous avez exposé ici, dans votre document, dans votre mémoire, est-ce que
c'est le plus grand frein réglementaire, donc, en termes, donc, de l'allègement
réglementaire, donc, au développement de l'industrie, ou il y en aurait
d'autres que vous ne nous avez pas encore exposés?
M. D'Astous (Hugo) : En fait,
l'UQMD va passer tantôt, après moi, puis on a quand même travaillé ça
conjointement avec l'UQMD. Donc, ils ont beaucoup d'éléments clés. Donc, tu
sais, quand on parle de vente sur place, qu'on... tu sais, qu'on puisse...
Quand un visiteur vient chez nous, puis il me demande... je fais la visite de
la distillerie, puis je lui ai parlé des cocktails, puis il me dit :
Peux-tu me servir un cocktail?, bien, je dis : Je n'ai pas le droit de te
servir un cocktail. Il ne comprend pas, il dit : Bien, voyons donc, je
veux dire, je voudrais juste que tu me fasses un martini avec ta vodka. Non,
c'est impossible. Donc, ça, ça fait partie des éléments clés.
En Colombie-Britannique, on a la
possibilité de vendre directement aux consommateurs, d'aller vendre aux
restaurateurs, tout ça. C'est sûr que c'est des choses qui amèneraient de la
rentabilité à nos installations puis qui fait en sorte qu'il y a une pérennité
de l'industrie là-bas.
Mme Cadet : Autrement, donc,
je reviens, donc, sur vos... donc, en fait, votre vision pour bâtir un
patrimoine pour le Québec. Donc, vous nous parlez... donc, créer, donc, des
emplois spécialisés en région. Donc, moi, je connais peu votre industrie, donc,
j'ai été quand même assez surprise, donc, du taux horaire minimum qu'on y
retrouve. Donc, au niveau, donc, de l'employabilité, donc, à quoi ça ressemble,
donc, en termes de nombres, de chiffres?
M. D'Astous (Hugo) : Dans
notre cas, c'est quand même... on a un ingénieur en biotechnologie, c'est
quelqu'un qui est du Mexique, qui était à Montréal puis a choisi de venir
travailler pour nous. Il a pris sa famille puis il est déménagé à Saint-Ubalde.
On est à... quand même, entre Québec... On est en région, là, on va se le dire,
là, tu sais, Portneuf puis Saint-Ubalde. Ça fait qu'il a sauté avec nous, il
s'est acheté une maison. Donc, on a cette personne clé là. On a une autre
personne qui travaillait chez Pepsi, à Montréal, puis il a décidé de revenir en
région. Donc, c'est nos deux personnes clés au niveau, là, de la production, puis…
En fait, on avait trois personnes, mais on a dû congédier une des personnes, une
autre personne qui venait de Montréal aussi, qui avait fait une technique en...
tout ce qui touchait toute la <distillation…
M. D'Astous (Hugo) :
...une
autre personne qui venait de Montréal aussi, qui avait fait une technique en...
tout ce qui touchait toute la >distillation, là. On a dû couper, là, son
poste par manque de ventes, là. Maintenant, on fonctionne à deux personnes.
La Présidente (Mme D'Amours) : 50 secondes.
Mme Cadet : Ah! d'accord. Et
donc, si vous aviez, donc, un élément, là, un élément clé, donc, en terminant,
donc, pour nous, comme législateurs, donc, quel serait, donc... qu'est-ce qu'on
doit retenir de votre plaidoyer?
M. D'Astous (Hugo) : Bien,
retenir que, pour conserver des distilleries qui ont investi dans des capacités
de production d'alcool de base, là, que ce soit Grand Dérangement, que ce soit
Menaud, que ce soit nous, on a besoin de rentabiliser nos boutiques, nos… en
n'ayant pas de majoration sur les ventes sur place, et on a besoin de faire en
sorte qu'on puisse vendre notre alcool aussi à d'autres microdistilleries, ce
qui va venir nous aider. Puis je n'en ai pas parlé, par manque de temps, mais
il y a tout le PAPAQ aussi, qui doit arrêter de subventionner à 4 %
l'alcool ontarien.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
infiniment, monsieur. Le temps étant écoulé pour l'opposition officielle, deuxième
groupe d'opposition, M. le député de Maurice-Richard, la
parole est à vous.
M. Bouazzi : Merci, Mme la
Présidente. Merci beaucoup, effectivement, pour votre passion. Vous êtes,
évidemment, un personnage coloré. On n'a pas toujours l'occasion, dans ces
murs, de recevoir autant de passion. Je remercie aussi le ministre d'avoir
prêté son temps. Ce n'est pas un exercice habituel.
D'abord, vous avez parlé d'avoir deux
employés pour les deux premières étapes, et ensuite, un demi, un demi. Il y a combien...
ça oscille entre combien et combien, la somme des employés? Est-ce que ça,
c'était comme le nombre de personnes qui travaillent ou c'est...
M. D'Astous (Hugo) : En fait,
dans notre cas, on a quelqu'un… on a une graphiste à temps partiel. On va
bientôt embaucher deux représentants pour s'occuper nous-mêmes de nos ventes.
On a une maître distillatrice. On a quelqu'un qui fait du marketing à
demi-temps. Moi...
M. Bouazzi : Ce n'est pas
grave. Juste pour nous dire, c'est plutôt cinq…
M. D'Astous (Hugo) : Il y a
quand même beaucoup de monde, mais il faut retenir une chose, chez Ubald, on a
quand même automatisé certaines étapes. On est venus joindre l'artisanat au
contrôle de procédés. Donc, il y a des distilleries du grain à la bouteille,
comme nous, qui peuvent avoir plus de main-d'oeuvre, parce c'est un petit peu
moins automatisé.
M. Bouazzi : Mais on parle de,
plutôt, autour de 10 que… plutôt que 100?
M. D'Astous (Hugo) : Oui,
c'est ça. On ne crée pas... Effectivement, là, on n'est pas une usine pour
créer 300, 400 jobs.
M. Bouazzi : Parce qu'une des
questions... une des questions qui va se poser dans ce que vous nous parlez, et
je pense que le ministre réfléchissait aussi ce genre de question, c'est
qu'est-ce qui fait que c'est industriel ou artisana. Et puis, évidemment, le
nombre d'employés, ça ne peut pas être la seule chose, parce qu'il y a beaucoup
de choses qui s'automatisent de nos jours, mais quand même, c'est une des
questions. Et puis vous avez parlé de volume, et je pense qu'il y a aussi un
ordre de grandeur, de volume où on peut se poser la question.
Je n'ai vraiment pas beaucoup de temps, ça
fait que je vais vous poser deux questions d'un coup, et puis vous n'aurez pas
un ministre pour vous donner plus de minutes. Ça fait que la première, c'est… On
a eu l'Association des restaurateurs, juste avant, qui voulait avoir la
possibilité d'avoir des accords, de pouvoir vendre un certain nombre de
spiritueux, etc., et je me demandais, donc, qu'est-ce que vous en pensiez, d'un
côté. Et l'autre, c'est : Est-ce que vous avez un avis sur la question des
timbres et de leur utilisation pour pouvoir... dans les restaurants?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
• (16 h 30) •
M. D'Astous (Hugo) : Bon,
d'accord. L'UQMD va probablement en parler, la game avec les restaurateurs, et
surtout, les bars à cocktail, c'est très, très difficile. Les grands joueurs,
mes fameux huit joueurs, 80 % du marché arrivent dans les bars à cocktail
puis ils vont donner deux à trois bouteilles caisses pour lister les produits.
Donc, nous, quand on arrive, il faut donner souvent, au moins, une à deux
bouteilles caisses. Ça, ça veut dire que je paie tout juste la bouteille puis
l'alcool qu'il y a dedans. Alors, de réussir à faire des deals plus précis avec
des restaurateurs, ce serait vraiment intéressant. Ce serait des ventes
rentables pour nous, ça permet de rayonner et d'éduquer le consommateur à notre
marque.
Pour ce qui est du… des timbres, ce que les
gens vivent, c'est complexe. Tu peux prendre quelqu'un à Gaspé, puis il faut
que ça aille à Montréal, des fois, se faire timbrer, et tout ça. C'est
hypercompliqué. Ça va avec tout le package de l'alcool au Québec, là, tu sais.
Personnellement, pour nous, Spiritueux Québec, il y a d'autres enjeux plus
importants que ça. Ce serait le fun d'avoir un allègement, là, mais, avant
tout...
M. Bouazzi : ...le timbre? Parce
qu'on essaie de trouver quelqu'un qui aime les timbres depuis qu'on est...
M. D'Astous (Hugo) : Ah! non,
non.
M. Bouazzi : Non? OK.
M. D'Astous (Hugo) : Mais là
c'est sûr qu'on n'aime pas les timbres, là. On a beaucoup de choses qu'on
n'aime pas. Avant tout, des espaces tablettes, pour générer des ventes
rentables...
M. Bouazzi : C'est bon.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
infiniment. Merci beaucoup, M. D'Astous, d'avoir participé à notre
commission.
La pétition transmise par le groupe
précédent, la FCEI, sera distribuée de façon électronique aux membres
uniquement, et elle ne fera pas l'objet d'un <dépôt, et ne sera pas
rendue publique...
>
16 h 30 (version révisée)
<15399
La
Présidente (Mme D'Amours) :
...distribuée de façon électronique
aux membres uniquement, et elle ne fera pas l'objet d'un >dépôt, et ne
sera pas rendue publique.
Maintenant, je suspends les travaux
quelques instants afin de permettre à nos prochains invités de s'installer.
Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 32)
(Reprise à 16 h 35)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux, et je souhaite maintenant la bienvenue à l'Association
des microbrasseries du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, puis nous procéderons à la période d'échange. Alors, je vous
invite à vous présenter et à commencer votre exposé, s'il vous plaît.
Association des microbrasseries du Québec (AMBQ)
Mme Myrand (Marie-Eve) : Merci,
Mme la Présidente. Mmes, MM. les députés, bonjour. Il me fait plaisir d'être
ici aujourd'hui pour vous partager l'appréciation de l'Association des
microbrasseries du Québec en lien avec le projet de loi n° 17 et plus
particulièrement le chapitre III portant sur les dispositions concernant
les secteurs des boissons alcooliques et des concours publicitaires.
Je m'appelle Marie-Eve Myrand, et je suis
directrice générale de l'Association des microbrasseries du Québec, et je suis accompagnée
par Jean-François Nellis, qui est copropriétaire de la microbrasserie Pit
Caribou et président du conseil d'administration de l'AMBQ.
M. Nellis (Jean-François) : Bonjour.
Tout d'abord, merci de nous donner l'opportunité de nous exprimer sur ce projet
de loi. <Notre mémoire s'intitule d'ailleurs...
M. Nellis (Jean-François) :
...de
nous donner l'opportunité de nous exprimer sur ce projet de loi. >Notre
mémoire s'intitule d'ailleurs Une opportunité de moderniser l'environnement
d'affaires des microbrasseries du Québec. Avant de vous partager nos
recommandations relativement au projet de loi, permettez-moi de camper
brièvement ce qu'est l'Association des microbrasseries du Québec et l'industrie
que nous représentons.
L'AMBQ représente les microbrasseries du
Québec. Nous réunissons 250 microbrasseries sous les 330 permis de
brasseur et artisan brasseur à ce jour. On parle de 76 %. Au cours des 10 dernières
années, l'industrie a connu une croissance fulgurante. Aucune industrie
manufacturière n'a ouvert autant de lieux de production au Québec que les
microbrasseries. En termes d'occupation du territoire, les microbrasseries sont
réparties dans plus de 164 villes à travers le Québec, 106 circonscriptions
et 17 régions administratives. Plus de 33 % sont d'ailleurs
implantées dans des villes de moins de 10 000 habitants. Les
microbrasseries du Québec contribuent directement à la revitalisation de notre
territoire, notamment à travers les 6 500 emplois directs qui en
découlent. Les microbrasseries investissent et opèrent ici, au Québec, et leurs
profits sont injectés dans notre économie.
L'AMBQ tient à saluer la pertinence d'un
projet de loi en allègement réglementaire. Notre industrie est bien placée pour
savoir que certains encadrements sont désuets et plus d'actualité. Une
simplification s'impose. Je laisserais maintenant la directrice générale, Mme Myrand,
vous partager comment le projet de loi peut répondre à certains enjeux vécus
par les microbrasseries.
Mme Myrand (Marie-Eve) : Le
projet de loi offre l'occasion de modifier certains irritants concrètement et
de changer positivement le quotidien de plusieurs centaines d'entreprises. Plus
précisément, nous avons quatre recommandations.
Le premier... la première vise les timbres
de droit. La question des timbres de droit est un enjeu, pour les
microbrasseries, qui s'apparente à un réel cauchemar duquel on ne peut pas se
réveiller. Pour les entrepreneurs de notre industrie, cet irritant figure au
sommet de leur liste. Ce constat est le même aux quatre coins du Québec, seule
province d'ailleurs à opérer avec un tel système. Dans la réglementation
actuelle, les bières qui sont destinées à une consommation sur place doivent
présenter un timbre de droit. Ce timbre a comme objectif un contrôle fiscal, un
obstacle à l'économie souterraine. Ce timbre doit être collé manuellement sur
les bières ou encore imprimé lors de l'embouteillage ou de l'encanettage.
Depuis 2014, le timbre ne présente plus
aucune justification pour le contrôle fiscal car les mêmes taxes sont fixées
pour le producteur, tant en consommation à domicile, c'est-à-dire en épicerie
ou dépanneur, qu'en consommation sur place, dans les bars ou dans les
restaurants. Le timbre des microbrasseries n'a aucune incidence sur l'assiette
fiscale qui est versée au gouvernement.
Le Québec a fait le choix de mettre en
place les modules d'enregistrement des ventes partout chez les titulaires de
permis d'alcool. Cet outil technologique offre la possibilité de vérification
fiscale rigoureuse, il est largement accessible et offre une alternative de
choix au timbre sans les nombreuses irritants.
D'ailleurs, parlons-en, des inconvénients
de celui-ci. Pour les microbrasseries, le timbre, il est synonyme de perte de
productivité, de perte de revenus, d'irritant opérationnel quotidien et de
menace constante de poursuite. Les microbrasseries sont confrontées au choix de
maintenir deux inventaires de produits ou encore de timbrer manuellement les
bières qui sont destinées aux bars et restaurants en fonction des ventes. La
vaste majorité opte pour cette deuxième option pour éviter les pertes et
favoriser une meilleure fraîcheur de la bière. Un employé se voit ainsi la
responsabilité de timbrer manuellement les bières selon les commandes reçues.
Un sondage réalisé en mai par l'AMBQ estime l'impact financier direct qui
découle du timbre à plus de 1 million annuellement pour notre industrie. À
ça s'ajoutent évidemment les frais encourus en cas de poursuite, lesquels
peuvent rapidement se chiffrer à plusieurs milliers de dollars.
• (16 h 40) •
En 2018, dans le cadre du projet de loi n° 170, les parlementaires de tous les partis se sont
prononcés unanimement en faveur du retrait du timbre. Pour les microbrasseries
du Québec, chaque jour qui passe à vivre encore avec le timbre est un jour de
trop. Le projet de loi n° 17 effleure l'enjeu du
timbre, mais propose essentiellement de soustraire les entreprises de
l'obligation de timbrer les bières produites et vendues à la microbrasserie. On
reconnaît qu'il n'y a aucun risque à ce qu'une microbrasserie achète sur le
marché noir ses propres bières. Il s'agit d'un pas dans la bonne direction,
mais nous sommes très loin d'aborder le cœur de l'irritant. L'AMBQ demande aux
parlementaires de faire un pas de plus et de profiter de ce véhicule législatif
pour intégrer une disposition visant à soustraire les microbrasseries de
l'obligation de <timbrer leurs bières...
Mme Myrand (Marie-Eve) :
...disposition
visant à soustraire les microbrasseries de l'obligation de >timbrer
leurs bières.
Gardons en tête que les producteurs de
cidres industriels, qui ne sont pas tenus de timbrer leurs produits destinés
aux bars et aux restaurants, ont démontré à travers les années qu'un système
alternatif à celui du timbre peut fonctionner.
Notre second enjeu vise... notre seconde
recommandation vise la vente directement à un détenteur de permis de réunion.
Le projet de loi n° 17, qui s'inscrit dans un objectif d'allègement
réglementaire... et cet exemple de l'enjeu de la vente directe est un excellent
exemple de mécanisme qui peut être simplifié. Actuellement, l'approvisionnement
pour un festival, une fête de quartier ou tout autre événement privé ou public
nécessitant un permis de réunion ne peut pas être effectué directement auprès
d'un détenteur de permis de brasseur. L'approvisionnement doit être fait auprès
d'un titulaire d'épicerie ou d'un brasseur artisan.
Dans la réalité, des ententes doivent
généralement être effectuées entre les brasseurs et les détenteurs de permis de
réunion dans un souci de gestion de l'approvisionnement, du retour des
contenants consignés et du matériel promotionnel. Le rôle du détenteur de
permis d'épicerie est purement administratif. Gardons en tête que, lors de
l'émission des permis de réunion, la RACJ procède à des validations poussées
concernant différents paramètres, dont notamment l'âge du détenteur.
Donc, avec le même objectif d'allègement
réglementaire que celui qui est visé par le projet de loi n° 17, l'AMBQ
invite les parlementaires à bonifier ce dernier et que soit amendé le Règlement
sur les permis d'alcool afin d'autoriser le titulaire de permis de réunion à
acheter directement d'un brasseur.
Notre troisième recommandation vise la
dégustation des bières et vente dans les marchés publics. L'AMBQ salue
l'allègement prévu au projet de loi n° 17 permettant aux détenteurs de
permis d'épicerie d'effectuer eux-mêmes des dégustations. Cette mesure favorise
la découverte, ce qui est accueilli favorablement par les microbrasseries.
Dans ce même esprit, l'AMBQ invite les
parlementaires à profiter du PL n° 17 pour
permettre aux microbrasseries de vendre leurs bières dans les marchés publics.
Les marchés publics sont des lieux incontournables pour la découverte, la
promotion et la valorisation des produits locaux et il est inconcevable pour
nous qu'ils ne puissent contribuer... que ces microbrasseries-là ne puissent
contribuer aux dynamiques locales. L'AMBQ demande donc à ce que les
microbrasseries puissent avoir la possibilité de vendre leurs bières dans les
marchés publics.
Finalement, notre dernière recommandation
vise la vente en ligne et la distribution par un tiers. Le projet de loi
n° 17 prévoit une disposition visant à s'assurer que les détenteurs de
permis de production de boissons alcooliques conservent leurs responsabilités
dans l'éventualité où ces entreprises délégueraient à un tiers certaines
responsabilités.
L'AMBQ estime raisonnable que, dans ce cas
de figure, l'imputabilité demeure aux titulaires de permis et salue cette
ouverture préalable à la sous-traitance de certaines activités. En ce sens, les
habitudes de consommation des citoyens se tournent de plus en plus vers les
plateformes numériques pour leurs achats et on observe une demande grandissante
pour l'achat de bières de microbrasseries à travers ce canal.
L'AMBQ demande d'autoriser la vente de
bières de microbrasseries et permettre la livraison directement auprès des
consommateurs et par un tiers.
M. Nellis (Jean-François) : Comme
vous pouvez voir, le projet de loi n° 17 aborde timidement certains
irritants rencontrés par les microbrasseries, mais représente surtout
l'opportunité d'un véhicule législatif pour aborder, dès maintenant, des enjeux
qui représentent de véritables entraves au développement des microbrasseries de
notre économie.
Le gouvernement doit reconnaître l'impact
socioéconomique des microbrasseries et faire en sorte d'offrir un environnement
légal et réglementaire qui favorise non seulement la poursuite du développement
de notre industrie, mais le rayonnement de celle-ci.
À travers des mesures, qui sont non
financières pour le gouvernement, il est possible de faire une réelle
différence pour cette industrie dont le cadre juridique est très étoffé, dont
l'encadrement mériterait, depuis longtemps, une modernisation en profondeur.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Nous sommes maintenant à la période d'échange. M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Skeete : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Content de vous revoir. Merci beaucoup de vous être déplacés.
J'ai quelques questions pour vous. Vous demandez un allègement pour que vous
puissiez vendre vos produits dans les marchés publics. Vous avez des permis
industriels. Alors, si on vous permettait de vendre dans les marchés publics,
qu'est-ce qui empêcherait un gros, Labatt, Molson, Sleeman, de venir faire
pareil? Puis est-ce qu'on n'enlève pas, justemen,t un avantage que vous
souhaitez avoir, si on introduit des joueurs comme ça sur ces lieux-là?
Mme Myrand (Marie-Eve) : Ça
ne représente pas un enjeu, pour nous, <de permettre de manière large...
Mme Myrand (Marie-Eve) :
Ça
ne représente pas un enjeu, pour nous, >de permettre de manière large à
tous les détenteurs de permis de brasseurs, industriels ou artisans, d'avoir
accès aux marchés publics. Pour nous, dans le fond, c'est une question de
cohérence avec le rôle, l'ancrage local que les microbrasseries ont dans leur
territoire. Puis ce sera une décision qui sera prise de gré à gré, entre le
marché public, de voir quels producteurs ils souhaitent présenter, là, dans
leurs marchés, de la même manière que les détenteurs de permis d'épicerie, en
ce moment, déterminent eux-mêmes qui ils décident de mettre sur leurs
tablettes. Donc, pour nous, ça ne représente absolument pas un enjeu. On serait
ouverts à ça.
M. Skeete : Puis vous
n'êtes pas du tout inquiets par rapport à la grande force économique que ces
gros-là auraient pour contraindre un marché public : Regarde, je te fais
une subvention de X, puis c'est juste mes produits puis mes sous-produits qu'on
met là? Vous n'avez pas peur, un peu, comme les spiritueux nous disaient,
d'être exclus du marché par la grande puissance de ces gens-là?
Mme Myrand (Marie-Eve) : En
fait, il faut comprendre, je pense, le rôle... l'ancrage très... tu sais, les
racines profondes des microbrasseries dans leur territoire. Tout à l'heure,
M. Nellis mentionnait que 33 % sont dans des petites villes de moins
de 10 000 habitants. Ils contribuent à la vie, quotidiennement, de
leur communauté, à l'occupation du territoire. Ils sont là. Les
microbrasseries, souvent, on dit que c'est le nouveau parvis de l'église, les
gens se réunissent là. Et, quand arrivent certains marchés publics, certains
événements, bien, les microbrasseries ne peuvent pas s'y retrouver. Donc, c'est
pour ça que, pour nous, c'est juste une cohérence, une continuité et ça ne
représente pas une crainte ou un obstacle que tous, y compris les grands
joueurs, puissent y participer.
M. Skeete : Et combien
vous chiffrez la croissance du nombre de licences et du nombre de joueurs dans
l'industrie de la microbrasserie, je dirais, dans les 10 dernières années?
Mme Myrand (Marie-Eve) : C'est
une croissance qui est extrêmement grande. On a connu des taux de croissance,
là, qui se résorbent un peu, là. On sait que, tu sais, le contexte économique
est actuellement plus difficile pour les entreprises. Bon, il y a différents
enjeux, là, mais on a passé de croissances soutenues de 10 %, 15 %,
on est même allés jusqu'à 20 %. Depuis les 10 dernières années, c'est
extraordinaire, le nombre de microbrasseries. Puis vous devez l'avoir rencontré
dans vos circonscriptions respectives, les microbrasseries, là, prennent racine
un peu partout et font une réelle différence dans le paysage.
M. Nellis (Jean-François) : Juste
à titre de chiffres, Pit Caribou a été fondé le 23 juin 2007, on était le
permis numéro 54. On est en 2023, on est rendus 330, donc, 280 en
16 ans.
M. Skeete : Ça fait que
280 nouveaux entrepreneurs issus des régions dans les petites villes qui
viennent compétitionner pour faire valoir leur produit local, là.
M. Nellis (Jean-François) : Et
voilà.
Mme Myrand (Marie-Eve) : On
soulignait tout à l'heure notre impact économique, 6 500 emplois qui
sont directs, un impact économique global de près de trois quarts de milliard annuellement.
Donc, tu sais, ça a un réel... ça a une réelle empreinte, là, dans notre
Québec, là, l'industrie des microbrasseries.
M. Nellis (Jean-François) : Juste
à titre d'exemple, Pit Caribou, en Gaspésie, engage plus de personnes que
Molson, Labatt, Sleeman additionnés.
M. Skeete : Puis j'ai
bien compris 750 millions?
Mme Myrand (Marie-Eve) : Absolument.
M. Skeete : Parfait. Ça
fait que, là, vous demandez, comme plusieurs autres, un allègement sur le timbrage.
C'est un thème récurrent, mais, en fait, il y a déjà... il y a des allègements,
dans le projet de loi n° 17, sur le timbrage,
notamment pour le fameux fusil à timbrage qui vous enlève l'obligation de
suivre des numéros séquentiels, puis il y a aussi le fameux 1er janvier,
là, qu'il fallait changer tous les rubans, là. Est-ce que ça va aider ou c'est
un coup d'épée dans l'eau, ça?
Mme Myrand (Marie-Eve) : En
fait, pour nous, ça ne nous vise pas, le secteur de la bière, ces deux mesures-là.
Ce qui nous touche par rapport au timbre dans le projet de loi, c'est, comme on
le soulignait tout à l'heure, la possibilité, pour une microbrasserie, pour la
bière qui est produite et vendue sur place, de ne pas timbrer ces produits-là.
Mais sinon, pour tout le reste, c'est un paquet de troubles pour nous, M. le
ministre.
• (16 h 50) •
M. Nellis (Jean-François) : Ça
ne nous enlève pas nécessairement d'irritants, les mesures qui sont proposées,
dans le sens que nous, de notre côté, il va quand même falloir timbrer
manuellement. Chez Pit Caribou, c'est 1 000 heures par année qui est
dépensé inutilement pour une valeur qui n'est pas ajoutée. On est
300 microbrasseries dans la même situation. Donc, si on parle de plusieurs
mille heures, de plusieurs heures, on parle de 1 million de dépenses
inutiles en valeur non ajoutée en termes de main-d'œuvre. On est dans une
pénurie de main-d'oeuvre, c'est quelque chose qui est quand même très difficile
pour nous de combler.
Puis il y a aussi... des fois, on essaie
de faire de l'inventaire d'avance, on fait de la spéculation, ça peut être des
inventaires qu'on peut perdre <parce qu'ils peuvent passer date...
M. Nellis (Jean-François) :
...spéculation,
ça peut être des inventaires qu'on peut perdre >parce qu'ils peuvent
passer date. Donc, il y a un volet qui est quand même très «prise de temps»,
qui n'a pas de valeur ajoutée au niveau des microbrasseries, qu'on pourrait
réinvestir ailleurs aussi, là.
M. Skeete : Quand vous avez
fait vos revendications, j'imagine, vous avez fait le tour de mes collègues.
Puis quand vous leur parlez, mettons, de permettre... la demande 2, là,
pour... de vendre de la bière directement aux détenteurs de permis de réunion,
qu'est-ce qu'ils vous disent?
Mme Myrand (Marie-Eve) : Bien,
je vous dirais qu'on n'a pas eu de réponse ou d'accueil à cette question-là.
Les gens à la Sécurité publique, à la Régie des alcools, tu sais, qui sont
directement liés à ces mesures-là, tu sais, sont bien au fait de cette
demande-là. On ne sent pas qu'il y a un frein réel. Je vous dirais que c'est
plus de profiter d'un espace plus concret, là, pour enchâsser et changer... moderniser,
finalement, là, ces dispositions-là, mais on n'a pas entendu de freins ou, tu
sais, d'éléments qui sont réellement problématiques.
M. Skeete : Puis, dans vos
membres actuellement, là, ceux qui sont... qui gèrent le timbre, le fameux timbre,
là, il y en a-tu beaucoup qui se font donner des amendes? Est-ce que vous avez
chiffré c'est quoi, l'impact de cette réglementation-là sur vos membres?
Mme Myrand (Marie-Eve) : Bien,
il y en a un certain nombre, et ce nombre-là devient de plus en plus lourd, là,
c'est-à-dire... Ce qu'on a de la difficulté à comprendre, nous, c'est qu'on
produit notre bière avec un permis dans les règles de l'art, avec toute la
traçabilité qui vient avec. On paie nos taxes, au gouvernement, comme il se
doit, de façon adéquate. Le propriétaire de bar ou de restaurant achète, de
manière légale, à travers les bons canaux, de la bonne manière, la bière qu'on
leur produit. Et ultimement, on peut considérer qu'on est en infraction parce
que la bière qui s'y retrouve, il lui manque un petit timbre, un petit carré
qui, des fois, a décollé, des fois, c'est une erreur humaine.
Donc, toute cette judiciarisation de
l'erreur humaine, c'est là où ça pose problème. Parce que le fait d'avoir des
inspections, le fait, tu sais, qu'on puisse travailler en collaboration avec
les forces de l'ordre, qu'on puisse être dans un système qui est rigoureux, on
est amplement... on est à la même place, mais il existe, à notre avis, d'autres
mécanismes, aujourd'hui, qui peuvent être beaucoup plus simples dans
l'application et qui, pour nous, enlèvent un paquet d'irritants.
M. Skeete : Mais vous
reconnaissez, par exemple, je crois, par ce que vous venez de dire, la
différence entre l'alcool... qui n'est pas un produit comme un autre, là.
Mme Myrand (Marie-Eve) : On
la reconnaît assurément, cette différence-là. Et, comme je vous dis, on partage
les préoccupations de la Sécurité publique, on partage... on est favorable aux
mesures d'enquête, aux inspections. On veut être des collaborateurs à
l'intérieur de ça, mais le Québec s'est doté de MEV, de modules
d'enregistrement des ventes, qui sont un outil qui vise le contrôle fiscal.
Actuellement, on sous-utilise cet outil-là, et ceux qui en font les frais, ceux
qui paient la facture, au final, d'un système qui est désuet et un peu confus
par moment, bien, ce sont les microbrasseries. Parce que rappelons que... on le
soulignait tout à l'heure, mais il y a certains produits qui sont... qui n'ont
pas l'obligation d'être timbrés. Je réfère aussi aux cidres. Les «kegs», les
barils de bière, eux autres, n'ont pas besoin d'être timbrés.
Donc, c'est comme si on était avec un
système qui était... qui avait évolué à travers le temps. En 2014, on a fait le
choix de moderniser, puis, au niveau de la fiscalité, ça s'est harmonisé. Donc,
c'est là où, pour nous, le timbre n'a plus sa raison d'être.
M. Nellis (Jean-François) : Surtout
que, tu sais, de notre côté, en termes de... en tant que brasseurs, on est
capables de démontrer hors de tout doute qu'on a produit notre bière, qu'on a
payé les taxes pour la production de celle-ci par des déclarations de taxes mensuelles.
Le détaillant, lui, le restaurateur, il a un module d'enregistrement des ventes
qui va voir... qui va tracer ses ventes de son côté. Nous, on remet une
facturation dans laquelle les taxes vont être facturées, les gens sont capables
d'avoir une preuve. Donc, on a déjà des modules... des modèles qu'on pourrait
suivre sans nécessairement utiliser le timbre, parce qu'on voit que le
timbre...
Comme Marie-Eve vient de mentionner, moi,
je vends des barils, des barils de bière. Quand vous allez au café... au
restaurant Le Parlementaire, vous pouvez acheter de la Blonde de l'Anse puis de
la Bonaventure, mais elle est en baril, cette bière-là. Il n'y a pas de timbre
sur les barils, puis c'est vendu à l'Assemblée nationale. Mais, par contre, si
vous allez dans l'étage en dessous, vous prenez des canettes, elles vont être
timbrées. Mais pourtant, les deux... ont payé leurs taxes, ont été déclarées.
Donc, on a déjà des mécanismes en place
qui démontrent qu'on paie nos taxes. Nous, ce qu'on veut, c'est un allègement,
parce qu'on sait qu'on est capables déjà de le démontrer qu'on paie les taxes
au gouvernement.
M. Skeete : Je n'ai plus de
question, mais merci beaucoup pour votre temps et vos réponses.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
cède maintenant la parole au député d'Abitibi-Est.
M. Dufour : Simple petite
information que vous pouvez peut-être renchérir, c'est sur votre quatrième
proposition, <la vente en ligne...
M. Dufour :
...information,
que vous pouvez peut-être renchérir, c'est sur votre quatrième proposition, >la
vente en ligne et livraison, naturellement. Vous parlez, naturellement, de
l'Ontario, Colombie-Britannique et l'Alberta qui font déjà ce service-là.
Pouvez-vous nous en parler un petit peu plus, s'il vous plaît?
Mme Myrand (Marie-Eve) : Absolument,
absolument. Alors, évidemment, chaque province a son propre encadrement
juridique, ses propres canaux de distribution, qui sont prévus par la loi. Au
Québec, nous, comme producteurs de boissons alcooliques, on n'a pas la
possibilité de livrer directement... en fait, les microbrasseries n'ont pas la
possibilité de livrer directement aux consommateurs ou encore d'utiliser le
service d'un transporteur, là, Postes Canada ou autre, pour se rendre
directement aux consommateurs. La SAQ, par exemple, elle, a ce privilège-là, la
SQDC, bon, il y a différents canaux qui peuvent le faire, mais, comme
producteurs de boissons alcooliques, pour nous, ce n'est pas possible.
D'autres provinces, considérant, tu sais,
l'évolution des modes de consommation, ont fait d'autres choix et permettent ce
genre de commerce là. Donc, c'est ce qu'on souhaiterait éventuellement.
M. Dufour : Et est-ce que ça
fait plusieurs années que les autres provinces se sont adaptées?
Mme Myrand (Marie-Eve) : La
pandémie a été un élément changeant très, très important, là, dans la
possibilité de le faire. Donc, je pense que, tu sais, les dernières, là... puis
il faudrait que je regarde en détail, là, mais, tu sais, on parle de quelques
années, là, qui...
M. Nellis (Jean-François) : Si
vous voulez voir un modèle d'affaires où est-ce que les ventes par Internet est
vraiment fulgurante, vous pouvez aller voir le marché de l'Angleterre.
Actuellement, la bière qui est vendue en Angleterre, 11 % provient
d'Internet.
M. Dufour : OK. Donc, c'est
aussi une mode qui est... à plusieurs pays, qui est intégrée dans plusieurs
pays.
M. Nellis (Jean-François) : C'est
une tendance qui est très lourde, puis donc on doit s'adapter pour pouvoir
conserver notre marché, conserver nos clients puis garder le contact avec
ceux-ci. C'est juste une question de temps avant que ça arrive, donc question
de s'adapter pour être prêts.
M. Dufour : OK. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Hull pour quatre
minutes.
Mme Tremblay : Oui. Alors, au
niveau du système, là, tu sais, vous avez parlé... il y a d'autres moyens que
le timbrage. Bon, vous avez parlé du MEV, mais est-ce que ce... est-ce que ça,
toutes vos... ceux qui fabriquent la bière, est-ce qu'ils l'ont tous, ce
système-là, ou il y en a qui ne l'ont pas? Donc...
M. Nellis (Jean-François) : Le
MEV, ce seront les restaurateurs et les hôteliers qui vont vendre la bière qui
vont l'avoir. Le MEV, il faut considérer ça un peu comme la boîte noire d'un
avion. Donc, c'est là qu'est toute la base de données de la facturation que
vous allez avoir accès. Donc, en étant un agent de la paix qui veut retirer les
données, vous allez avoir accès à toute cette base de données là, dont
l'information que vous avez besoin.
Nous, de notre côté, en tant que
brasseurs, on est tenus par la loi de faire une déclaration de taxes mensuelle,
donc, j'ai produit tant d'hectolitres, et, à la fin de l'année, quand je
fais mon rapport, je vais faire assermenter à la... au conseil municipal pour
faire signer mon document comme quoi j'ai produit tant d'hectolitres dans
l'année, voici les témoins, ainsi de suite. Donc, c'est fait sur une base
mensuelle et c'est rebouclé, à la fin de l'année, une 13e fois. Donc, tous les
documents sont là.
Par rapport à la régie, nous, on est dans
l'obligation d'émettre des numéros de lot pour chaque lot de production pour
faire des rappels au niveau de l'assurance qualité. Donc, c'est un autre
procédé qu'on pourrait utiliser, cette façon-là. Donc, la base de données, elle
est là actuellement.
Mme Myrand (Marie-Eve) : Puis
je vous donnerais peut-être un autre exemple aussi d'un autre modèle
alternatif. Je partageais que les producteurs de cidre industriel ne sont pas
tenus de timbrer. Donc, dans le cas d'une inspection, évidemment, un policier
va constater qu'il n'y a pas de timbre sur la bouteille de cidre ou la canette.
Donc, il y a... la régie émet des communiqués... puis des communiqués, là,
qu'il est possible d'avoir, pour dire : Bien, effectivement, tu sais, les
producteurs de cidre ne sont pas tenus de timbrer, mais doivent démontrer, tu
sais, sur demande, une présentation de la facture. Donc, c'est un contrôle
fiscal qui est fait sur place au moment de la constatation. Ils doivent
inscrire sur leurs contenants leur numéro de producteur, mais, tu sais, ça,
c'est des... je vous dirais que c'est des voies de passage qui sont assurément
envisageables pour nous, là.
Ce qui est difficile, c'est de créer deux
catégories de produits, un produit qui est timbré et un produit qui n'est pas
timbré. C'est toute la manutention et l'erreur humaine qui découlent de ça, où,
comme producteurs, on a le sentiment de faire les choses dans les règles de
l'art, avec tout le contrôle qu'on peut y mettre, et il y a quelque chose qui
peut nous échapper à tout moment. Et on vit... ultimement, on vit avec une épée
de Damoclès.
Mme Tremblay : Parfait. Puis,
après ça... Je veux juste revenir, là, pour mieux comprendre, là. Donc, au
niveau du détenteur d'un permis de réunion, donc, quand on... quelqu'un, bon,
va se procurer un permis de réunion, à l'heure actuelle, ce que je comprends,
là, c'est que, si je me présente dans une microbrasserie, il n'est pas supposé
de me vendre d'alcool, si je lui dis que j'ai un permis de réunion pour... Admettons
que je veux acheter, je ne sais pas, moi, une vingtaine, trentaine,
cinquantaine de canettes, ça serait interdit, il faut vraiment que j'aille à
l'épicerie ou à la SAQ. Est-ce que j'ai bien compris l'esprit de ça?
• (17 heures) •
Mme Myrand (Marie-Eve) : Exactement.
En fait, bien, pour 20, 50 canettes, c'est plus pour une consommation
personnelle, j'imagine, là. Si vous êtes promoteur d'un festival, par exemple,
là, vous allez avoir besoin de <volumes qui sont un peu plus importants...
>
17 h (version révisée)
< Mme Myrand (Marie-Eve) :
...promoteur d'un festival par exemple, là, vous allez avoir besoin
de >volumes qui sont un peu plus importants. Pour pouvoir vous les
procurer, bien là, vous allez téléphoner à la microbrasserie, dire : Je
voudrais avoir, tu sais, de la bière. Puis là il faut trouver un détaillant qui
va accepter de fournir une facture. Donc, le détaillant arrive comme une
troisième roue du carrosse pour émettre une facture. Et puis là, bien, s'il
reste des bières après votre événement, bien là, on fait le chemin inverse.
Donc, le remboursement doit aussi passer par le détaillant quand... Tu sais,
dans les faits, tu sais, vous allez avoir un contact direct pour dire : Je
vais en avoir besoin de tant, à telle heure. Est-ce que c'est possible de me
fournir? Parce que, des fois, il peut y avoir un système de bière en fût qui
vient avec ça. Donc, tu sais, vous vous parlez directement, mais là il y a
comme un troisième joueur qui arrive dans l'intervalle. Donc, c'est dans cet esprit-là
que, pour nous, tu sais, dans un esprit d'allègement réglementaire, on le fait.
Il y en a, des détaillants, qui sont prêts encore à jouer le jeu, mais on
trouve que la valeur ajoutée est questionnable.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. C'est tout le temps que nous avions pour la partie gouvernementale.
Maintenant, je cède la parole à la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Merci à vous deux pour votre présentation
extrêmement rigoureuse. Tout comme le ministre, moi aussi, ce qui m'a frappée,
donc, c'est la croissance de l'industrie. Donc, vous nous avez mis de l'avant,
donc, un portrait extrêmement, donc, optimiste, donc, positif de la croissance
au cours des 20 dernières années, 164 villes, 106 circonscriptions,
une occupation du territoire, 6 500 employés, emplois directs, 280 nouveaux
entrepreneurs depuis 2005. C'est extrêmement impressionnant. Pour vous... Bien
d'abord, qu'est-ce qui motive, en fait, cette croissance-là? Parce que ce n'est
pas ce qu'on voit dans d'autres industries comparables. Donc, qu'est-ce qui
motive ça?
M. Nellis (Jean-François) : Donc,
on fait... C'est sûr, il y a beaucoup de passion derrière ça. Tranquillement, l'industrie
évolue. Donc, il y a de plus en plus un volet entrepreneurial qui se développe,
mais souvent, c'est beaucoup l'occupation du territoire. C'est des gens qui
venaient en région, qui avaient une fibre entrepreneuriale, mais qui aimaient
beaucoup le volet bière, qui ont commencé en étant artisans, tranquillement pas
vite. Nous, en tant qu'association, on développe ces artisans-là à devenir des
professionnels, à devenir des entrepreneurs. Donc, à la base, c'est souvent un
passionné qui va commencer son entreprise, qu'il va développer, puis ça va
faire boule de neige par la suite.
Mme Cadet : C'est
intéressant. Puis j'imagine que le portrait est quand même assez jeune. Donc,
ça doit être une industrie où les entrepreneurs, donc, sont plutôt des
entrepreneurs de la relève.
Mme Myrand (Marie-Eve) : Effectivement,
on a environ 50 % de l'industrie qui a moins de cinq ans. Donc, c'est
vraiment des jeunes entreprises mais, tu sais, plus le temps passe, plus ces
racines-là deviennent de plus en plus solides. Ceci dit, dans le contexte
actuel puis... tu sais, j'en faisais référence tout à l'heure, tu sais, la
crise de la main-d'oeuvre, c'est des choses qui les touchent, tu sais, l'inflation,
je dirais, la capacité de payer des consommateurs qui est affectée par le
contexte économique actuel, bien, c'est des choses qui touchent les
entreprises. Mais les microbrasseurs sont des passionnés. Ce sont des gens qui,
vraiment, se retroussent les manches, qui sont ancrés dans leur milieu puis qui
traversent tout ça.
Mme Cadet : Donc, avec
un contexte favorable, donc, vous anticipez quand même que cette tendance-là
devrait se maintenir ou croître à l'avenir?
Mme Myrand (Marie-Eve) : On
estime que les parts de marché des microbrasseries sont autour de 15 %.
Certains États américains où les microbrasseries sont vraiment bien implantées...
puis souvent, on regarde les États-Unis parce qu'ils ont peut-être une dizaine
d'années d'avance en termes de tendances, d'émergence, de... bon, etc., certains
États se rendent jusqu'à 25 %, 30 %. Donc, pour nous, il n'y a pas de
raison pour que le Québec n'ait pas, tu sais, davantage de parts de marché en
termes de microbrasseries puis que l'impact qu'on a, tu sais, continue de se
développer.
Mme Cadet : Donc, il y a
de l'espace dans le marché actuel pour que ça...
Mme Myrand (Marie-Eve) : C'est
ce qu'on croit.
Mme Cadet : ...puisse
croître étant donné l'enthousiasme et la ferveur qui subsiste autour de lui.
Donc, vous avez parlé de la présence, donc, dans... parfois, dans des très
petites localités, on le sait, quand, donc, des entreprises, donc, sont
implantées dans des localités plus restreintes, plus tissées serrées, bien, elles
font... elles sont assez intrinsèques à l'écosystème. Donc, elles n'évoluent
pas en silo, donc, elles en font partie. Comment la réglementation peut
constituer un frein à la pleine participation des microbrasseries à leur
écosystème local?
Mme Myrand (Marie-Eve) : Votre
question est très bonne. Et l'encadrement juridique des microbrasseries, parce
que ce n'est pas un produit comme les autres, il s'agit de boissons
alcooliques, il est extrêmement robuste, très rigoureux. Il y a un paquet d'irritants
qui figurent parmi, tu sais, ce que les microbrasseries vivent au quotidien. Et
je le réitère, le timbre, c'est celui qui est au sommet, c'est celui qui fait
grincer des dents. C'est le caillou dans le soulier qui demeure, et demeure, et
demeure. C'est celui pour lequel on a de la difficulté à trouver le sens pour
lequel on voit qu'il y aurait, tu sais, si <volonté il y avait, d'autres
avenues à explorer...
Mme Myrand (Marie-Eve) :
...pour
lequel on voit qu'il y aurait, tu sais, si >volonté il y avait, d'autres
avenues à explorer. Donc, celui pour lequel il pourrait y avoir une réelle
différence, bien, le timbre, il est important.
M. Nellis (Jean-François) : Pour
frapper sur le clou, le timbre, pour les entreprises et microbrasseries, nous,
c'est un frein à notre développement parce que le marché de l'hôtellerie, de la
restauration et des institutions représente environ 35 % du marché global
au Québec. Donc, ce timbre-là, qui est un frein à... qui est un frein par
rapport au niveau du développement de la main-d'oeuvre, mais aussi au niveau de
la gestion de la vente, parce que nous, de notre côté, il faut qu'on s'ajuste,
qu'on soit en mesure de pouvoir être compétitifs. Et ces coûts-là, reliés à la
gestion de la main-d'oeuvre, à la gestion de peut-être avoir une perte de mon
timbre fait en sorte que je ne serai pas capable d'être aussi compétitif que je
pourrais l'être à long terme.
Mme Myrand (Marie-Eve) : Donc,
ce qu'on souhaiterait, c'est que, tu sais, si le système dans son entier de
timbres souhaite être maintenu, pour toutes sortes de raisons... on a vu, à
travers la façon dont la loi est construite, que c'est possible de soustraire
certains groupes ou certains types de permis. Donc, c'est là où est-ce qu'on
souhaite que les microbrasseries puissent être soustraites, elles aussi, de
l'obligation de timbrer leurs bières.
Mme Cadet : Puis
justement, vous avez mentionné un de ces groupes, plus tôt. En répondant à
quelques questions, vous avez dit, donc, que les producteurs de cidre ne sont
pas tenus de timbrer. Est-ce que vous savez pourquoi?
Mme Myrand (Marie-Eve) : On
pense que c'est un oubli à travers le temps, là.
M. Nellis (Jean-François) : Dieu
seul le sait, et le diable s'en doute
Mme Cadet : Pardon?
M. Nellis (Jean-François) : Dieu
seul le sait, et le diable s'en doute.
Mme Cadet : OK. Donc,
c'est à ce point-là. Donc, quand on parle un peu, donc, d'incohérences dans le
système, donc, il n'y a pas de...
Mme Myrand (Marie-Eve) : Je
pense qu'il faut garder en tête que c'est un outil, rappelons-le, qui, au
départ, était là pour s'assurer d'un contrôle fiscal, pour s'assurer, tu
sais... mais on a harmonisé les niveaux de taxes. La taxe est payée. Il y a
d'autres manières de s'assurer de ça. Donc, aujourd'hui, c'est un outil qui est
désuet et qui est confus à travers le temps, qui a amené de la confusion puis
des distorsions, là.
M. Nellis (Jean-François) : Juste
pour retaper un peu sur le clou, nous, de notre côté, quand on vend en épicerie,
quand on vend aux détaillants, les dépanneurs, on n'est pas, là, dans
l'obligation de timbrer, mais on paie nos taxes quand même. C'est un gros volet
de nos ventes. Après ça, on revient avec les barils, comme j'expliquais tout à
l'heure, on ne timbre pas nos barils. Ça se passe super bien. Donc, dans la
vaste majorité des cas, au Québec, tout se passe bien sans le timbre. Donc,
nous, on demande de continuer dans cette optique-là. On a des preuves
concrètes, on le vit actuellement, que ça se passe bien sans le timbre.
Mme Cadet : Puis le
timbrage, donc, ici... Comment ça se passe à l'extérieur du Québec?
Mme Myrand (Marie-Eve) : Bien,
il n'y a aucune autre province qui utilise ce système-là.
Mme Cadet : Donc, ça, en
plus... puis la croissance de l'industrie, la croissance de l'industrie des
microbrasseries, donc, à l'extérieur, donc, du Québec, ça ressemble à quoi?
M. Nellis (Jean-François) : Au
Canada, actuellement... nous, on est membres de l'association canadienne des
microbrasseries. Dans l'association, il y a 1 160 membres. Le Québec,
avec 330 microbrasseries, a quand même une grosse part du lion. On voit
quand même qu'il y a quand même une très bonne croissance. Par contre, le
Québec, au niveau microbrassicole, on est un petit peu en avance sur les autres
provinces. En termes de développement de produits, en termes de développement
d'entreprises, on est un petit peu en avance, là, à cet effet-là.
Mme Myrand (Marie-Eve) : On
rayonne bien. On a développé une industrie qui est sur des assises de qualité
puis on a une réputation qui est enviable.
Mme Cadet : Génial.
C'est vraiment inspirant. Bien, j'imagine aussi que, dans le contexte,
l'objectif aussi, c'est de s'assurer que ce... que l'environnement
réglementaire, donc, ne prenne pas, donc, cet avantage concurrentiel là que le
Québec dispose par rapport aux autres provinces canadiennes dans le secteur.
Mme Myrand (Marie-Eve) : ...permettre
aux microbrasseries de se concentrer sur ce qu'elles font bien, c'est-à-dire de
la bière, de l'économie locale, puis enlever... tu sais, alléger, d'un point de
vue réglementaire, les irritants qui, selon nous, tu sais, sont dépassés.
Mme Cadet : Puis,
puisque le timbrage n'existe pas à l'extérieur du Québec, donc, dans aucune autre
province canadienne, donc, quel est le système qui leur permet de pouvoir,
donc, répondre aux différentes obligations, là, donc, de traçabilité puis
d'obligations fiscales?
Mme Myrand (Marie-Eve) : Bien,
encore là, comme je l'identifiais tout à l'heure, tu sais, chaque province a
son encadrement juridique, ses canaux. Donc, quand on utilise, tu sais, les
services d'un «liquor board», là, tu sais, c'est sûr que, tu sais, il y a comme
un certain registre qui se fait. D'autres provinces ont d'autres manières ou,
tu sais, sont vraiment dans des factures qui sont présentées. Parce
qu'évidemment chaque province souhaite que les taxes soient payées, là. On
n'est pas unique au Québec par rapport à ça, mais rappelons que le module
d'enregistrement des ventes permettrait de pouvoir rencontrer cet objectif-là,
ici.
• (17 h 10) •
Mme Cadet : Parce que,
là, l'exemple que vous avez donné, donc, c'est que, dans chaque province... Chaque
province, donc, dispose de son propre système. Donc, il n'y a pas nécessairement,
donc, d'outil technologique, donc, plus avancé ailleurs. En fait, avec ce que
vous me dites, c'est qu'en fait au Québec on aurait, donc, l'outil
technologique qui nous permettrait le mieux, là, de se substituer au timbrage.
Mme Myrand (Marie-Eve) : Le
module d'enregistrement des ventes Web qui s'en vient, qui va être en temps
réel, là, ça constitue <quand même quelque chose...
Mme Myrand (Marie-Eve) :
...ventes
Web qui s'en vient, qui va être en temps réel, là, ça constitue >quand
même quelque chose qui est vastement accessible sur tout le territoire puis qui
permet ce contrôle fiscal là. À ça peut s'ajouter, comme c'est dans le cas des
cidres actuellement... bien, on peut montrer une facture pour démontrer l'achat
et démontrer que ça a été acquis conformément à la loi. Et, rappelons-le, les
microbrasseries souhaitent être des bons citoyens corporatifs. On souhaite
faire les choses dans les règles de l'art, payer nos taxes, s'assurer d'une
stabilité puis, tu sais, qu'au niveau de la paix sociale, tout soit en place,
mais le timbre, bien, ce n'est pas le bon outil. On a comme poursuivi avec cet
outil-là à travers le temps quand peut-être que c'est le temps de se dire qu'on
est rendus ailleurs, là.
Mme Cadet : Oui, bien,
c'est ça, en fait, de ce que je comprends, c'est qu'avec le MEV, on est encore
mieux en mesure au Québec, quand on se compare aux autres environnements, aux
autres juridictions canadiennes, de réaliser ces objectifs fiscaux de
traçabilité que ce qui se fait déjà ailleurs au pays.
M. Nellis (Jean-François) : Justement,
parce que le restaurant, lui, vous êtes en mesure de voir l'exactitude de
toutes les ventes qu'il a faites. Puis avec la facture qu'il a reçue de, par
exemple, Pit Caribou ou, peu importe, un autre de nos membres, bien, il va
avoir la facture de ses achats plus les factures de ses ventes. Donc, on est
capable de faire le suivi super rapidement. Le timbre, rendu là, il y a... comme
M. Bouazzi, si je cherchais quelqu'un qui aime le timbre, moi, je le mettrais
au Musée de la civilisation, je serais très heureux, là.
Mme Cadet : Donc, je
vais y aller, donc, avec le... votre recommandation concernant la vente directe
à un détenteur de permis de réunion, donc... Bien, en fait, pourquoi cette
interdiction existe, à la base? Est-ce que vous savez?
Mme Myrand (Marie-Eve) : Il
y a un paquet de lois et de règlements, de dispositions pour lesquels on ne
connaît pas trop l'origine, mais... On a besoin, justement, d'allègements parce
qu'on traîne ces dispositions-là, ça vient s'empêtrer puis ça embête un peu le
fonctionnement. Celui-là en est un bon exemple.
Mme Cadet : Donc, il
serait en désuétude. Puis, encore une fois, au niveau coopératif, est-ce que
vous savez si cette interdiction-là, donc, existe pour des microbrasseurs
ailleurs?
Mme Myrand (Marie-Eve) : Je
n'ai pas l'information, malheureusement.
M. Nellis (Jean-François) : On
n'a pas l'information, mais de passer via un intermédiaire, on ne considère pas
que c'est quelque chose qui est vraiment constructif pour tout le monde, dans
le sens que le détenteur de permis viendrait directement chez nous, surtout
pour des événements comme les festivals. Je vais donner un exemple rapide, le
Festival de la Musique du Bout du Monde, en Gaspésie, c'est un des plus gros.
Moi, il va me commander six palettes. Ça ne veut pas dire que l'épicerie dans
son petit village va être en mesure de recevoir les six palettes puis les
conserver 48 heures parce qu'ils ont un problème d'espace dans la majorité
des épiceries.
Donc, nous, pour faciliter le travail, si
on peut aller directement sur place, bien, on va offrir un meilleur service, on
va enlever un facteur de stress à un épicier puis on va faire sauver des
charges aussi au festival qui doit payer lui-même des frais que l'épicier va
faire pour faire toute la gestion de la vente, mais aussi des retours parce que,
souvent, dans les festivals, quand le festival se termine, bien, nous, on
crédite les retours. Donc, c'est toute cette gestion-là que l'épicier s'oblige
à faire, mais qu'il ne fait pas de profits pour. Donc, c'est pour ça qu'il
charge des frais.
Mme Myrand (Marie-Eve) : Puis,
tu sais, dans les faits, tu sais, questionnons l'ensemble des festivals, que ce
soit le Festival d'été de Québec, le Festival de jazz, est-ce que toute cette
bière-là transite par une épicerie ou s'en va direct? Tu sais, à quoi sert le
rôle de l'épicier ou du détenteur de permis d'épicerie dans un cas comme ça? C'est
là où, pour nous, il n'y a pas tant de valeur ajoutée.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Il reste 10 secondes.
Mme Cadet : ...je
comprends que ça nous ramène un peu, donc, à ma question antérieure quant à
l'écosystème. C'est que, dans le fond, surtout à l'extérieur, donc, des grands
centres, donc, ça devient une valeur ajoutée non seulement pour vous, mais
également, donc, pour le client, donc, le festivalier. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.Je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, Mme
la Présidente. Merci beaucoup d'être ici. Quel plaisir de vous revoir. Comme
vous le savez, Québec solidaire a une affection particulière envers votre
industrie. Déjà, à l'époque, Émilise Lessard-Therrien avait été très vocale sur
toutes sortes de questions qui vous touchent directement, étant donné que c'est
une richesse, évidemment, économique mais aussi culturelle, sociale pour les
différentes régions du Québec. Et évidemment on espère pouvoir faire avancer
votre cause ici, surtout qu'à date, à peu près tous les gens qu'on a reçus sont
pas mal d'accord avec le principal point de tension qui est la question du
timbre.
Donc, je me dis qu'il y a bien des gens
qui profitent de ça, parce que je ne comprends pas... le ministre nous a dit à
quel point est-ce que c'est un fervent combattant contre la paperasse au
Québec, qu'il n'en veut pas, qu'il est vraiment le meilleur allié, et là on se
retrouve avec quelque chose où... il y a eu un vote à l'unanimité pour se
débarrasser de ce timbre et qu'à peu près tous les acteurs qu'on reçoit ne
l'aiment pas. Donc, je vais essayer de comprendre avec vous.
Bon, concrètement, vous, la bière, quand
vous vendez, que ce soit à un restaurant ou à une épicerie, vous la <vendez
en général le même prix...
M. Bouazzi :
...à
une épicerie, vous la >vendez en général le même prix?
Mme Myrand (Marie-Eve) : Absolument.
Les microbrasseries, évidemment, là, ont une structure de prix qui est basée
sur leur coût de revient, leur productivité et, parfois, tu sais, inclut les
frais liés à la livraison. Mais que ce soit dépanneur, épicerie ou bar,
restaurant, le prix demeure le même.
M. Bouazzi : Je vais
vous demander de rester brefs parce je n'ai pas beaucoup de minutes. Ma
question suivante, évidemment, c'est qu'on comprend qu'au début, quand le
timbre a été inventé, il y avait des systèmes de taxation différents.
Actuellement, c'est la même fiscalité.
Mme Myrand (Marie-Eve) : ...2014.
M. Bouazzi : C'est la
même fiscalité. Est-ce que les grosses brasseries, elles, vendent au même prix
pour les restaurants ou pour les épiciers?
M. Nellis (Jean-François) : Non.
M. Bouazzi : Donc, on
a... Est-ce qu'il arrive que des grosses compagnies qui, elles, sont
industrielles, immenses, évidemment, ont peut-être plus l'oreille du
gouvernement, se retrouvent à avoir des deals d'exclusivité pour vendre moins
cher un produit qu'elles vendraient plus cher, quand il a, encore une fois,
cet...
M. Nellis (Jean-François) : Oui.
M. Bouazzi : Et, à ce
moment-là, vous êtes exclus de ces restaurants-là?
M. Nellis (Jean-François) : En
fait, même à certains endroits, ils vont nous autoriser à vendre les produits,
mais on n'a pas le droit d'être sur le menu. Donc, il faut que tu demandes
réellement. Je vous parle de ça, par exemple, parce que ça nous arrive en
Gaspésie, même si on est très présents... mais oui, effectivement, avoir des
ententes d'exclusivité que les grands brasseurs vont faire, vont exclure les
produits de microbrasseries. Ils sont encore plus agressifs dans les festivals.
M. Bouazzi : Donc, on
comprend que vous êtes des porte-voix de la culture québécoise, des
spécificités locales, et qu'en face il y a des grosses industries où il y a des
milliardaires. Donc, parmi les 11 milliardaires, il y en a au moins un qui
se retrouve... Je rappelle, hein, donc une richesse de 1,5 milliard de
dollars, si mes souvenirs sont bons. Donc, ça prend à peu près
15 000 ans à mettre 100 000 $ de côté tous les ans pour
atteindre la richesse de cette personne-là... et qui, eux, profitent de ce
système-là ou... pour vendre plus cher leur bière aux restaurants, aux petites
PME, ou offrir des deals qui leur permettent d'avoir des exclusivités avec des
parasols, de la publicité, des choses comme ça. Évidemment, c'est des pratiques
qui vous sont totalement impossibles de concurrencer.
Mme Myrand (Marie-Eve) : En
fait, tu sais, outre...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...secondes.
Mme Myrand (Marie-Eve) : ...outre
l'environnement commercial, pour les microbrasseries, le fait d'avoir un
timbre, de gérer tous ces empêtrements-là est un grand défi. Puis c'est
vraiment, tu sais, sur cette question-là qu'on souhaiterait pouvoir avoir un
allègement réglementaire. Ce serait une grande différence pour notre industrie.
M. Nellis (Jean-François) : Et
on serait plus compétitifs.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup pour votre contribution aux travaux de la commission.
Je suspends les travaux quelques instants
afin de permettre à nos prochains invités de prendre place. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 19)
(Reprise à 17 h 27)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux, et je souhaite maintenant la bienvenue à l'Union
québécoise des microdistilleries.
Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, puis nous passerons à la période d'échange
avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter et à
commencer votre exposé, s'il vous plaît.
Union québécoise des microdistilleries (UQMD)
M. Lambert (Vincent) : Merci,
Mme la Présidente. Bonjour, mesdames et messieurs, distingués membres de la
commission. Je m'appelle Vincent Lambert. J'occupe le poste de secrétaire
général de l'Union québécoise des microdistilleries, l'UQMD. Je suis accompagné
aujourd'hui par ma collègue Madeleine Dufour, vice-présidente du conseil
d'administration de l'UQMD et également distillatrice et codirectrice générale
de la Famille Migneron de Charlevoix.
À toutes et à tous, merci de nous
permettre de vous présenter nos commentaires et propositions en lien avec le
projet de loi n° 17 et des mesures qui en découlent.
L'UQMD est le principal regroupement d'entreprises oeuvrant dans le secteur de
la distillation au Québec. L'union agit en tant que représentant des deux types
de permis qui régulent l'activité de distillation, à savoir le permis de
distillateur industriel et le permis de production artisanale. Avec plus de
50 membres, l'UQMD représente la masse critique de l'industrie.
Dans le dossier qui nous occupe
aujourd'hui, nous représentons l'ensemble de nos membres, c'est-à-dire des entreprises
québécoises de très petite, petite et aussi moyenne taille. Nous accueillons
avec un sincère enthousiasme le projet de loi n° 17,
dont la vision semble être orientée notamment vers un cadre réglementaire plus
favorable à la croissance de notre secteur. Malheureusement, le projet de loi,
dans sa forme actuelle, ne permet à aucune distillerie québécoise de profiter
de ces mesures. À travers notre mémoire et notre intervention aujourd'hui, nous
souhaitons présenter des suggestions pour bonifier l'applicabilité du projet de
loi en amenant des idées que nous jugeons mesurées et réalistes avec l'esprit
de celui-ci. Notre objectif est de s'assurer que les microdistilleries
québécoises puissent prospérer tout en valorisant l'agriculture locale, la vitalité
régionale et le développement économique dans son ensemble.
Nous sommes conscients que le mémoire que
nous avons déposé contient beaucoup de propositions, mais rassurez-vous,
aujourd'hui, nous nous concentrons sur des propositions centrales, et je dirais
même cruciales, qui, à elles seules, pourraient significativement changer le
visage de l'industrie. Pour cela, je cède la parole à ma collègue Madeleine qui
va pouvoir développer... qui va pouvoir élaborer plus en détail sur celle-ci.
Merci beaucoup.
Mme Dufour (Madeleine) : Merci,
Vincent. Merci à tout le monde. Ça nous fait plaisir d'être là aujourd'hui. Je
commence en disant que chaque détail dont on va parler aujourd'hui, ça peut
paraître microscopique, ça peut paraître être des virgules, ça peut paraître
être cosmétique. Sachez, avec l'expertise qu'on a du terrain, chaque virgule a
le potentiel, finalement, de faire une belle différence et une grande
différence majeure au sein de notre industrie. Donc, je vous invite à le garder
en tête.
Juste un petit préambule pour vous
rappeler qu'au Québec, sous le permis artisanal, il y a cinq matières
agricoles, donc, qui sont admises sous permis artisanal. Je les répète. Si tu
fais pousser du raisin, de la pomme, du miel, de l'érable ou des petits fruits,
tu as le droit d'avoir une licence artisanale en tant que distillateur.
Aujourd'hui, ce qu'on vient vous présenter, c'est seulement pour rétablir la
cohérence. On n'est pas dans le luxe, on n'est pas dans le cosmétique. Vous
allez le voir, on est assez... on parle avec bienveillance puis de transparence
pour notre industrie, puis on a l'humble interprétation que, si ça s'était
passé 15 ans plus tôt, l'industrie n'aurait pas la face qu'elle a
aujourd'hui. Ça fait que je vous invite à garder ça en tête dans les prochaines
minutes qu'on va vous présenter.
Aujourd'hui, on apporte des solutions.
Encore une fois, on est dans la zone du gros bon sens. On apprécie le travail
que vous avez fait avec le PL n° 17. On est
exactement dans le même carré de sable. On n'est pas allé dehors, on est resté
dans la cohérence puis dans la logique, donc. Et puis je réitère ce que mon
collègue Vincent a dit, c'est que, si les allègements qu'on vous propose en
plus aujourd'hui, donc l'expérience du terrain, si ça n'est pas considéré,
bien, ce sera un peu un coup d'épée dans l'eau, malheureusement, parce que ça
sera de ne pas prendre connaissance de ce qui se passe sur le terrain.
• (17 h 30) •
Je plonge dans quelques recommandations,
quelques propositions qui ont été faites au sein du mémoire. Inquiétez-vous
pas, on ne passera pas les 30 pages, on va y aller à l'essentiel. Alors,
le premier point, c'est vraiment de rétablir l'équité entre les matières
agricoles sous permis artisan. Une matière agricole fermentescible, c'est une
matière agricole que tu génères avec du sucre. Par définition, sur la planète,
c'est ça, la définition. Et donc on pense que <toutes les matières
agricoles...
>
17 h 30 (version révisée)
< Mme Dufour (Madeleine) :
...on
pense que >toutes les matières agricoles devraient être considérées sur
ce même point d'égalité. Encore une fois, pas du luxe.
Le deuxième point, c'est de permettre la
production de plusieurs matières agricoles sur un même permis artisanal. Je
vous donne un exemple, encore une fois, très, très rudimentaire. Un producteur
de miel qui fait son gros possible, s'il y a des pommiers chez eux, il ne peut
même pas valoriser ses pommes. Alors, encore une fois, une belle ligne d'incohérence
qu'on souhaiterait rétablir parce que ce n'est pas... Voilà, c'est... On peut
le... On peut passer outre ça.
Le troisième petit point, ce serait de
permettre de compléter sa production en achetant de la matière première
québécoise. Pourquoi? Parce que c'est déjà permis dans la filière des boissons
alcooliques ailleurs au Québec. Donc, je vous donne un exemple. Si un
producteur de raisin génère 50 tonnes de raisin chez lui, il a le droit d'acheter
50 tonnes de raisin au Québec. On juge que dans la filière des boissons
alcooliques, encore une fois, il devrait y avoir une cohérence et une équité à
travers toutes les matières agricoles.
Quatrième petit point, qui est, à mon avis
très, très important, c'est de faire l'effort d'inclure les distilleries
existantes, donc, ceux qui ont tapé le chemin dans les 10 dernières années
et puis qui travaillent de la matière agricole à la bouteille. Donc, je vous
remets un peu dans le contexte. Il y a certaines distilleries qui se sont vues
obligées de prendre une licence industrielle parce que leur matière n'était pas
admise comme artisanale. On demande, encore une fois avec beaucoup de
bienveillance, de rétablir cette iniquité-là et puis de les considérer. Puis
vous allez voir, dans le mémoire, il y a plusieurs points qui sont vraiment
dans cette optique-là de... les gens de cette gang-là, ils méritent d'avoir un
permis artisan.
Alors, par la suite, cinquième petit
point, le point du maltage. Je vous fais un petit topo. La céréale, l'alcool de
céréales et le whisky, ce sont trois choses très différentes. Ailleurs dans le
monde, dans les régions où on est... productrices de whisky, les malteries font
toujours à 100 % partie de l'écosystème des distilleries de whisky. C'est
pour ça qu'on demande qu'une distillerie artisanale qui fait pousser son propre
grain soit autorisée à collaborer, aussi simple que ça puisse être, avec la
malterie de son choix parce qu'en ce moment ce n'est pas permis.
Dernier petit point, le point de vue
lactosérum. On demande, dans le mémoire, que la notion de cheptel laitier soit
facultative au sein du projet de loi. On demande que ce soit facultatif parce
qu'encore une fois c'est un cas un peu à part. Je vous explique. Un producteur
de lait tout seul, tout nu dans la rue, ne peut pas générer de lactosérum. Du
lactosérum, c'est seulement des fromagers qui le génèrent. Donc, ici, on parle
de matières premières fermentescibles. On ne parle pas de plusieurs couches de
transformation, on parle de générer une matière agricole fermentescible. Et
puis les producteurs laitiers ne sont pas, finalement, générateurs de cette
matière-là, donc c'est une matière première qui doit venir obligatoirement d'une
fromagerie.
En petite conclusion, je vous invite à
garder en tête aujourd'hui que chaque petite virgule qu'on est en train d'écrire
en ce moment, le travail qu'on est en train de faire... je sais que vous avez
une belle longue journée à gérer beaucoup de virgules, la virgule va peut-être
avoir un potentiel assez grand dans notre industrie. Notre étude sociologique
et beaucoup d'expertise terrain a fait en sorte qu'on s'est rendu compte que le
dossier des alcools est très épineux. On n'a pas la prétention de dire qu'on va
régler ça aujourd'hui, on n'est pas... on est parfaitement lucides. Par contre,
sachez que ce dont on parle dans le mémoire, c'est un pas dans la bonne
direction puis c'est vers là qu'on veut s'en aller.
Donc, voilà, on est bien ouverts à vos
questions, puis merci de votre écoute.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Donc, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Skeete : Merci beaucoup.
Content de vous retrouver. Je suis un grand amateur de votre fromage. Vous êtes
des artistes manifestes. Content aussi de voir ma collègue la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré
qui vous accompagne aujourd'hui en solidarité. Merci beaucoup. Salutations à la
collègue.
Vous savez, on a eu la chance de jaser
dernièrement sur comment vous voyez les allègements qu'on pouvait peut-être
proposer. Vous n'êtes pas sans savoir qu'on ajoute trois nouvelles matières
qui, avant, ne l'étaient pas, possibles. Notamment, dans votre cas, ce qui
concerne, vous, personnellement mais en général votre membership, je pense que
le lactosérum, l'ajout de la patate et aussi les céréales, c'est une grande
avancée.
Quand vous dites, dans votre entrée... dans
votre introduction, «tous les produits qui sont fermentables», est-ce que vous
voulez dire, dans le fond, que dans... on devrait être agnostiques par rapport
à les produits, peu importe, puis juste laisser ça aller pour les permis
artisanals? C'est-tu ça que vous dites? Je ne suis pas sûr de comprendre. //
Mme Dufour (Madeleine) : Bien,
je vous <dirais...
Mme Dufour (Madeleine) :
Bien,
je vous >dirais, agnostique ou pas, un producteur agricole ou quelqu'un
qui génère sa matière comme c'est fait un peu ailleurs dans le monde... quand
tu as une licence artisanale, on n'est pas en train de calculer combien de
pommiers, combien de raisin puis combien de miel tu fabriques chez vous.
Normalement, une licence artisanale, c'est que, si tu es capable de la générer
toi-même, tu es en contrôle de ton permis.
M. Skeete : Ça fait qu'ici
vous parlez du... de la limitation du 400 hectolitres, dans le fond, là?
Mme Dufour (Madeleine) : Ah,
je parle de... c'est un sujet qui peut englober plusieurs, plusieurs éléments, mais
je parle surtout, mettons, en lien avec votre question... on parlerait
peut-être un peu plus de... du fait de pouvoir produire plusieurs matières agricoles
sous un même permis. Donc, je parlerais plus de cette nuance-là.
Le 400 hectolitres, ça, ça touche
vraiment précisément le plafond de la vente à la propriété. Donc, en ce moment,
c'est un privilège qui est octroyé aux distilleries artisanales. Ça,
d'ailleurs, on en parle un petit peu dans le mémoire, également, là. Je pense
que ça, ça avait été accueilli avec beaucoup de ferveur. On a apporté une
petite nuance par rapport au litrage absolu parce qu'en tant que distillerie
c'est comme ça qu'on calcule notre alcool. On n'est pas comme dans la bière ou
dans le vin, que le pourcentage est à peu près toujours pareil, là. On peut
avoir des spiritueux à 60 % puis un prêt à boire à 5 %, ça fait que
c'est important juste de déclarer de la bonne façon. Mais voilà.
M. Skeete : Puis ça arrive-tu
souvent qu'un agriculteur va avoir multiples produits? Je pose la question
parce qu'avant de voir... Tu sais, vous dites que les virgules sont
importantes, là, mais, avant de voir la nécessité de créer un nouveau type de
permis qui inclut de multiproduits fermentables, c'est-tu quelque chose qui
arrive souvent, ça, des gens qui ont multiples permis? Je sais que pour les
plus grands, les plus établis, les plus matures, ça peut arriver, mais c'est-tu
quelque chose qui est fréquent dans l'industrie?
Mme Dufour (Madeleine) : Bien,
je vous dirais, peut-être même à l'inverse, dès qu'on touche à un permis
artisan, la polyculture est non seulement très populaire, parce que, pour faire
une très grande monoculture, il faut être équipé en presque industriel, je vous
dirais, là. Donc, ça, c'est une pratique qui est très courante, qu'on peut le
voir à travers la mode, à travers les vins. La majorité, maintenant, des
producteurs de vin ont aussi un permis de cidre. Donc, tout le monde aime...
parce que tant qu'à avoir un équipement, tant qu'à avoir une boutique, tant
qu'à avoir l'amour de la distillation et de la fermentation, bien, pourquoi ne
pas toucher à différentes matières.
Donc, oui, c'est une pratique qui est
relativement courante, puis ailleurs dans le monde aussi. Ce n'est pas parce
que tu fais une eau-de-vie de prune que tu n'es plus capable de faire de
l'eau-de-vie de poire. Quand ça pousse exactement sur le même terrain, quand
c'est des poiriers ancestraux puis une petite culture par ci, par là, c'est ça
qui fait un peu l'authenticité du produit artisan, en effet.
M. Skeete : Puis parlez-moi
des bénéfices potentiels, là. Ça fait que, là, vous dites : Là, en ce
moment, ce n'est pas que ce n'est pas possible, c'est que ça requière deux
permis. C'est ça?
Mme Dufour (Madeleine) : ...en
ce moment, deux permis, c'est impossible. On est obligatoirement placés sous
permis industriel. Le permis industriel, par définition, chaque goutte d'alcool
vendue au Québec passe par l'État. Donc, le privilège de pouvoir vendre à la
propriété sans majoration, c'est seulement son permis artisanal.
M. Skeete : OK. Donc, juste
pour être clair, vous, ce que vous souhaitez, c'est des... un permis artisanal
polyculture?
Mme Dufour (Madeleine) : Oui,
puis qui inclut toutes les matières premières agricoles fermentescibles.
M. Skeete : Puis ça, ce n'est
pas possible actuellement.
Mme Dufour (Madeleine) : Ce
n'est pas possible actuellement.
M. Skeete : C'est seulement
possible avec le permis industriel. C'est ce que...
Mme Dufour (Madeleine) : Exactement,
exactement. Voilà 15 ans, si quelqu'un avait de la céréale chez lui, il
devait obligatoirement aller en permis industriel. Si quelqu'un avait du
lactosérum chez lui, parce qu'il est la première fromagerie canadienne à avoir
un projet d'écocircularité innovant, on est obligés d'aller sous tutelle
industrielle également.
M. Skeete : ...
Mme Dufour (Madeleine) : Pardonnez-moi?
M. Skeete : Si on peut
présumer du passage du projet de loi n° 17, ce ne sera plus le cas.
Mme Dufour (Madeleine) : Oui.
On est d'accord. On est d'accord. On est d'accord.
M. Skeete : OK. On peut
présumer...
Mme Dufour (Madeleine) : On
peut présumer de ce que vous voulez, si ça vous tente.
M. Skeete : ...mais il ne
faut pas présumer. C'est ça, parfait. OK. Ça fait que, là, je comprends, mais ça
soulève la question suivante : À quel point une production... puis ce
n'est plus artisanal puis ça devient industriel? Puis je pose la question de
manière philosophique, sans arrière-pensée et sans vraiment avoir de réponse
moi-même, là. C'est que je pense que, si on veut avoir un cadre législatif et
réglementaire qui encourage les agriculteurs... puis j'ai posé un peu la
question tantôt au dernier intervenant qui représentait Spiritueux Québec,
c'est de dire : À quel moment, vraiment, notre production devient-elle
industrielle? Tu sais, j'ai challengé le monsieur tantôt en disant : Bien,
quand on vend à d'autres entreprises, il me semble qu'on est rendu là, peut-être.
Vous, vous me dites : Oui, mais la polyculture... je veux faire plein de
choses puis je veux vendre à plein de personnes, mais on est au-delà d'une
production locale pour... il faut subvenir à une communauté locale ou de vendre
des boissons à des... nos voisins ou, tu sais, des passants en vélo, là. On est
vraiment dans une affaire sérieuse qui est commerciale puis plus vraiment
artisanale, là. Ça fait que comment vous nous suggérez d'évaluer ça, cette migration-là
vers d'artisanal à industriel? Comment qu'on fait pour balancer ça?
• (17 h 40) •
Mme Dufour (Madeleine) : ...je
vous dirais que la ségrégation, elle existe déjà. Dans le sens où les permis
artisanaux, ce qui est au coeur de leur motivation, c'est <l'agrotourisme...
Mme Dufour (Madeleine) :
...elle
existe déjà. Dans le sens où les permis artisanaux, ce qui est au cœur de leur
motivation, c'est >l'agrotourisme. Si quelqu'un ne veut pas faire
d'agrotourisme, il y a... il n'y a aucun privilège à aller dans le permis
artisan. Si quelqu'un veut être le best-seller à la SAQ, ou le best-seller à
New York, ou à Paris, bien, il n'y a aucun privilège à aller dans l'artisanal.
Vous comprenez ce que je veux dire? La seule motivation du permis artisan,
c'est l'agrotourisme.
Ça fait que je vous dirais, la différence
entre les deux, c'est vraiment ça. Si un industriel veut avoir une boutique en
agrotourisme chez lui, j'ai envie de vous dire, normalement, ce n'est pas... Si
on regarde les autres filières en alimentaire, par exemple, si, moi, je me
compare à mon industrie, à... qui est le fromage, un industriel n'a aucun
avantage à vouloir essayer de faire de l'agrotourisme chez lui. Les sous ne
sont pas là, le volume n'est pas là, donc c'est pour ça que le plafond, s'il
vient sécuriser tout le monde, c'est sûr que tout ça va se faire en dessous du
plafond, tu sais. On ne parle jamais de volumes astronomiques en artisanal.
M. Skeete : Mais l'autre gros
avantage du permis artisanal, c'est le fait qu'on ne paie pas la majoration, là,
tu sais, puis...
Mme Dufour (Madeleine) : Absolument.
C'est vraiment relié à l'agrotourisme, en effet.
M. Skeete : Ça fait que,
quand on pense au bas de laine des Québécois, quand on pense au monopole de la
SAQ, que personne ne remet en question, en passant, là, comment on fait pour
justement créer ces catégories-là, de dire : Bien, lui, il est industriel
parce qu'il produit... puis là je vous... aidez-moi à compléter la phrase. Il
produit de cette manière, puis là, après ça, l'autre, lui, parce qu'il est
artisanal, on lui donne une... entre guillemets, là, ce n'est pas ça du tout, mais
une passe droite, là, pour ne pas payer les majorations, justement, pour aider,
pour rendre ça facile, pour faciliter les ventes, pour, justement, donner une
certaine part de marché. Mais à quel point qu'on décide que, bien, on ne veut
plus ça, là? Puis c'est ça que j'ai besoin que vous m'aidiez à définir, selon
votre vision, là.
Mme Dufour (Madeleine) : Je
vous dirais que... Pouvez-vous répéter juste la première prémisse de la
question, s'il vous plaît? Je suis désolée.
M. Skeete : Bien oui. Dans le
fond, là, dans le fond, on donne un avantage aux artisanaux, parce qu'on veut
les encourager, on veut leur donner une certaine part de marché. On fait ça en
disant : Bien, vous, vous n'allez pas payer la majoration. Par contre, il
n'y a pas de majoration, donc, on ne va pas vous laisser vendre n'importe
comment, n'importe où, parce que vous rentrez en concurrence avec la SAQ. Puis
on s'est dit, au Québec, les Québécois se sont donné la SAQ, le monopole de la
SAQ, pour non seulement contrôler la vente de... d'un produit qui n'est pas
comme les autres, mais aussi pour être sûrs qu'on collectait toutes les taxes.
Ma question est de dire : À quel
point cédons-nous à ça pour dire, bien, la production, elle n'est plus
artisanale, elle est rendue industrielle? Comment qu'on fait pour définir ça
précisément? Parce que je comprends, vous voulez avancer, mais à quel point on
est carrément dans une autre catégorie?
Mme Dufour (Madeleine) : Le
point, c'est que ça existe déjà. Il y a cinq matières qui travaillent sous
tutelle artisanale en ce moment, qui font de l'alcool de raisin, de l'alcool de
pomme. Le volume existe déjà. Les gens n'ont pas peur... n'en ont pas plus peur
pour autant. La ligne, nous autres, ce qu'on veut tracer, c'est... quand tu
génères ta matière première puis que tu es producteur agricole, la ligne, elle
est là.
M. Skeete : ...si je produis,
on va dire, du grain à la bouteille, mais dans votre cas, c'est de la vache à
la bouteille...
Mme Dufour (Madeleine) : Oui,
de la... Oui, de la matière agricole. Il y a de la brebis aussi, hein?
M. Skeete : Bon, ça fait que,
si on fait ça, bien, automatiquement, je suis artisanal, donc pas de majoration.
Donc, je vends à qui je veux, comment je veux, pourvu que ça vient 100 %
de chez nous. Ce serait ça, votre vision du permis artisanal?
Mme Dufour (Madeleine) : Bien,
le privilège, en ce moment, c'est seulement de vendre à la boutique, là, parce
que sinon, l'autre goutte d'alcool que tu veux vendre ailleurs, elle passe par
l'État, elle passe par la SAQ.
M. Skeete : Je comprends.
Mme Dufour (Madeleine) : Ça
fait qu'on reste quand même dans des barèmes qui sont complètement déjà
existants, là. Ça fait que... Puis, ceci dit, selon nos calculs puis selon ce
qu'on vit avec d'autres filières des boissons alcooliques, je pense aux
microbrasseries qui sont passées devant nous autres ou n'importe quelle
filière, les cidres, les vins, chaque bouteille vendue à la propriété a
autant... écoutez, je n'ai pas de chiffres ou d'études devant moi qui me le
prouvent, mais il va y avoir autant de retombées économiques pour l'État, parce
que la personne qui vient acheter une bouteille d'eau-de-vie de pomme, bien,
peut-être qu'elle va être à l'hôtel puis elle va être allée prendre un café,
elle va être allée au musée autour, alors que la bouteille qui fait maison SAQ,
la... le client qui fait maison SAQ, qui part avec sa bouteille, bien, n'aura
pas injecté tant que ça d'autre argent. Donc, c'est pour ça que l'agrotourisme,
on souligne que c'est vraiment au coeur de la motivation.
M. Skeete : Puis ma dernière
question : Êtes-vous d'accord avec Spiritueux Québec, avec l'idée du fait
que c'est important de pouvoir faire la sous-traitance de la... du maltage?
Mme Dufour (Madeleine) : Par
rapport au maltage, absolument.
M. Skeete : OK. Puis, selon
votre expérience, comme sous-question, là, est-ce que le maltage... Là, tu
sais, on dit que le permis artisanal, c'est que tout est fait chez nous. Mais
là, si on commence à faire de la sous-traitance du maltage, est-ce qu'on ne
commence pas à justement... à dire qu'on frôle plus industriel? Qu'est-ce qui
fait que le maltage, ça devrait être permis, cette sous-traitance-là?
Mme Dufour (Madeleine) : Démarrer
une malterie, des fois, c'est plus coûteux que de démarrer une distillerie. Ça
fait que c'est pour ça qu'il y en a trois au Québec ou juste quelques-unes, là.
Puis ça fait toujours partie de <l'écosystème...
Mme Dufour (Madeleine) :
Puis
ça fait toujours partie de >l'écosystème.
Ce qu'il faut comprendre, encore une fois,
comme on l'a expliqué tout à l'heure, faire de l'alcool de grain, c'est
possible, mais dès qu'on tombe dans la catégorie du whisky, c'est très niché.
On est niché, là. Si on s'en va ensemble en Irlande ou en Écosse demain matin,
si on s'en va au Japon, qui font des whiskys exceptionnels maintenant, les
malteries sont toujours, toujours, toujours dans l'équation. J'ai envie de vous
dire : Est-ce que j'ai la prétention de dire que je peux trancher au
couteau? Absolument pas. Ceci dit, c'est comme ça que c'est fait à travers le
monde, ça fait que ce serait vraiment plate de pénaliser un pan de notre
industrie qui est en plein essor. À mon humble avis, je ne pense pas, parce que
les... ces distilleries-là existent, ça fait partie de notre écosystème de... du
paysage des distilleries québécoises. Puis, fiez-vous sur moi, on va être fiers
d'avoir nos bouteilles de whisky dans trois ans, 100 % québécoises,
vendues à la propriété. Puis en faire une force, comme un fleuron, comme les
fromages le sont devenus, comme les bières le sont devenues, parce qu'on a le
potentiel de faire ça au Québec, c'est magistral. Moi, je rêve du jour où on va
boire notre whisky québécois, et non autres. Voilà, ce n'est pas du
protectionnisme, là, rassurez-vous.
M. Skeete : Bien, merci beaucoup.
Mme la Présidente, moi, ça va, je n'ai pas d'autre question. Je ne sais pas si
les collègues ont des questions.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, je cède la parole maintenant à la députée de Hull. Il reste quatre
minutes.
Mme Tremblay : Quatre
minutes. J'aimerais ça vous réentendre sur la proposition n° 4, là, la
clause dérogatoire, là, qui soit effective pour permettre aux distilleries
existantes de passer... de changer, là, de permis, là, finalement, là. Donc,
juste pour bien comprendre, là, la situation, là, de...
Mme Dufour (Madeleine) : Absolument.
En fait, ce qu'on aimerait proposer entre autres solutions, c'est peut-être l'existence,
là, des clauses grand-père. On sait qu'il y a des précédents dans l'industrie
puis ça pourrait être possible.
Je cherche mon mémoire. Où est-il? Je n'ai
même pas besoin... Je suis «over this». C'est surtout par rapport au fait qu'il
y a des distilleries, comme elles ne pouvaient pas avoir l'obtention d'un
permis artisanal, elles ont été obligées d'avoir un permis industriel. Permis
industriel, bien souvent, quand tu demandes une demande à l'urbanisme de ta
ville, bien souvent, ils vont nous dire : Allez vous placer dans un parc
industriel, vous avez des besoins industriels. Donc, il y a seulement quelques
distilleries au Québec qui ont fait un... qui ont eu leur tête de cochon, puis
qui sont vraiment allées sur une zone agricole, et qui vont finalement avoir
leurs terres à proximité. Vous comprenez ce que je veux dire? Donc, c'est
principalement dans le monde de la céréale, je vous dirais.
Donc, une des clauses dérogatoires qu'on demanderait,
ce serait que les distilleries existantes puissent avoir une tolérance de
kilométrage avec leurs terres agricoles qu'elles cultivent. Je vous donne un
exemple. Une distillerie qui a déjà été établie, on demanderait qu'avec le
projet de loi n° 17, si cette distillerie-là passe au permis artisan,
bien, que cette distillerie-là aie le privilège de pouvoir avoir certains
kilomètres entre son lieu de fabrication et ses terres en production agricole.
Encore une fois, c'est une virgule, sauf
que, si ça, ça ne passe pas, on est en train de balayer du revers de la main
absolument toutes les distilleries qui font de la céréale au Québec... pas
toutes, mais beaucoup, malheureusement, puis on veut les... On veut qu'ils
traversent au permis artisan.
Mme Tremblay : Oui. Alors,
j'aurais... je vous amènerais à la proposition n° 10, donc... puis au
niveau, là, du cheptel. Donc, il faut exclure l'exigence du cheptel. Qu'est-ce
que vous voulez? Bien, m'expliquer puis cerner, là, la proposition n° 10 :
Pourquoi il faut l'exclure de l'exigence du cheptel?
Mme Dufour (Madeleine) : Parce
que l'exigence du cheptel, en fait, voudrait dire que le producteur de lait, la
fromagerie et la distillerie soient exactement à la même adresse. Dans le cas
actuel des fromageries au Québec, il n'y a pas beaucoup... c'est très marginal,
là, le nombre de fromageries qui vont avoir des fromages qu'on appelle
fermiers, donc qui vont générer 100 % de leur lait. La plupart du temps,
pour la grande, grande, grande, vaste majorité, les fromageries achètent leur
lait des producteurs environnants, ce qui veut dire qu'ils ne sont pas
autosuffisants en lait.
Donc, la notion du cheptel laitier à la
même adresse, on désirerait qu'elle soit facultative, parce que, si on revient
à l'essence du projet, qui est sur la matière première fermentescible, la
matière première n'est pas le lait, la matière première est le lactosérum.
Voilà.
Mme Tremblay : Est-ce qu'il
me reste encore du temps?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Tremblay : Une minute.
Bien, me dire votre... parce qu'il y en a plusieurs, des propositions. Est-ce
qu'il y en a une qui ressort plus, qui est plus importante pour vous, à l'heure
actuelle?
Mme Dufour (Madeleine) : Elles
sont toutes très importantes. Les six propositions que je vous ai un peu plus
énumérées en introduction, ça, c'est pas mal des piliers, je vous dirais. Les
autres propositions, comme, par exemple, les clauses dérogatoires, ce genre de suggestions-là,
c'est vraiment pour venir trouver des pistes de réflexion, finalement.
• (17 h 50) •
Donc, elles sont toutes... on voit ça un
peu comme des pièces de casse-tête. On sait que ce n'est pas tout qui va
passer, évidemment, mais on vous demande vraiment de considérer, parce que, si
on tranche la ligne en ce moment puis on ne regarde pas le passé, bien, encore
une fois, c'est un coup d'épée dans l'eau. Ça fait qu'on demande de tracer la
ligne, mais de regarder le passé en disant : Bon, bien, on va dans la
logique, on cultive sa matière première, OK, il va peut-être y avoir une <distillerie...
Mme Dufour (Madeleine) :
...peut-être
y avoir une >distillerie qui est à 10 kilomètres de sa terre, OK, ça
va être correct, tu sais. Ça fait que, finalement, on essaie juste d'y aller
encore une fois avec le gros bon sens, parce qu'à notre humble avis, au même
titre que, par exemple, tous les producteurs agricoles, ça arrive bien, bien,
bien souvent qu'on est en location avec des terres un peu... dans son village,
un petit peu ailleurs, et tout ça. C'est parfaitement normal, tu sais. Donc,
c'est vraiment le fait de rattacher ça à une adresse. Puis sachez-le, écoutez,
j'ai la chance de pouvoir...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme Dufour (Madeleine) : Ah!
pardon.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je cède maintenant la parole au député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
Écoutez, j'aime beaucoup ce que j'entends.
Je dois avouer que l'amélioration d'un modèle d'affaires, c'est ce qu'on se
doit tous de viser tout le temps, de toute façon, pour faire en sorte qu'on
puisse avoir des opportunités économiques grandissantes pour l'ensemble du
Québec. Donc, vous me considérez attentif à vos besoins.
Mais en parlant effectivement, donc, d'un
environnement d'affaires, celui actuel, on voit quand même qu'il y a une
croissance du secteur. Puis, dans vos propositions, là, vous parlez de faire en
sorte que toute la matière fermenticide... quel impact ça aurait, si tout
deviendrait comme ça au niveau de votre modèle d'affaires, si toutes les
matières pourraient l'être?
Mme Dufour (Madeleine) : Vous
voulez dire d'un point de vue général pour l'Union des microdistilleries?
M. Beauchemin : Exact.
Mme Dufour (Madeleine) : Ça
voudrait dire que... encore une fois, je réitère mon point qui est un petit peu
historique, c'est que faire de la céréale au Québec sous le permis artisan, ce
n'était même pas légal jusqu'à... au mois de mai, avec le PL n° 17, ce qui
veut dire que... alors que la céréale, c'est la matière la plus populaire à
travers le monde pour faire des spiritueux, ce qui veut dire que l'industrie
que vous connaissez en ce moment, avec tous ses revers, elle a poussé tout croche,
parce que ça, ce n'était pas accepté.
Donc, à mon humble avis, qui est vraiment
terrain, je pense que ça peut faire une différence qui est magistrale, parce
que ça va inciter les gens, non seulement ceux avec un modèle d'affaires qui ne
correspond pas, ceux qui vont acheter de l'alcool déjà fait. J'ose croire que
ceux qui achètent... qui fabriquent, qui ont une distillerie, par exemple,
industrielle et qui achètent de l'alcool déjà fait, c'est parce qu'ils ne
pouvaient pas faire l'autre affaire. J'ose croire que c'est peut-être par
rapport à ça puis parce que ce n'est pas viable de faire de la matière agricole
sous permis industriel. Ce n'est pas viable. Voilà.
M. Beauchemin : Donc, les ramifications
pourraient être significatives au niveau de l'industrie, de votre secteur
d'activité en tant que tel?
Mme Dufour (Madeleine) : Absolument.
M. Beauchemin : Mais, au
niveau profitabilité, au niveau rentabilité, selon vous, est-ce que vous voyez
peut-être, étant donné que chacun a ses forces quand on a un modèle en silo,
là, qui semble être le cas actuellement, chacun a ses forces... là, s'il n'y
avait pas, justement, cette approche-là, voyez-vous plus d'avantages financiers
en bout de piste quelque part?
Mme Dufour (Madeleine) : Je
pense que financièrement, chaque entreprise est libre de choisir son modèle
d'affaires, tant et aussi longtemps qu'on le permet. Par exemple, il y a des
producteurs artisanaux, que ce soit sous tutelle, par exemple, dans la filière
des vins et des cidres, des hydromels, il y a des producteurs artisanaux qui
ont... qui font le choix de vendre en SAQ, qui font le choix de faire de
l'export. Tout le monde a droit à ça, mais, au moins, c'est un privilège de
pouvoir vendre à la propriété. Donc, si le tourisme fait partie des missions de
l'entreprise, oui, financièrement, ça peut être intéressant et viable, et oui,
ça va donner une claque dans le dos, et oui, ça va alléger financièrement la
plupart d'entre elles.
M. Beauchemin : Dans la même
lignée, quand on parle à... bien, à l'ensemble de vos collègues, on parle...
vous parlez, vous, spécifiquement, bien, je pense, c'est votre proposition
n° 14, de lever les restrictions en matière d'élaboration de produits
dérivés. Évidemment, c'est souvent des produits à valeur encore plus ajoutée,
si je peux me fier à l'historique, là. Donc, vous, pour vous, est-ce que vous
êtes capables de nous donner comme des exemples plus spécifiques comme quoi,
ça, ce serait vraiment aussi une valeur ajoutée pour votre modèle d'affaires,
disons?
Mme Dufour (Madeleine) : Est-ce
que tu as des réponses? Je laisse la parole à Vincent.
M. Lambert (Vincent) : En
fait, ce point-là, c'est davantage un élément qui était... En fait, c'est que
le permis de production artisanal a été introduit avec le projet de loi
n° 88, il y a 15 ans. Puis, au moment de... que la loi soit écrite
sur l'autorisation d'élaborer des produits dérivés avec les alcools, seulement
le permis industriel existait. Et alors, de facto, mais a contrario, le permis
de production artisanale n'était pas compris là-dedans. Donc, c'est vraiment
plus une formulation dans la loi de ce côté-là. Donc, oui, ça va être la
création de produits, l'innovation qui va pouvoir être <permis...
M. Lambert (Vincent) :
...pouvoir
être >permis, si on inclut également cette proposition-là, qui, comme je
vous dis, est juste un... même pas un oubli, qui était... qui a juste besoin
d'une modification textuelle pour pouvoir être permis, là, finalement.
M. Beauchemin : J'ai deux
petites questions puis, par la suite, je vais passer la parole à ma collègue.
Pourquoi cibler la livraison par Postes Canada pour les achats en ligne? Je
trouve ça curieux, le choix du fournisseur, déjà.
M. Lambert (Vincent) : Bien, en
fait, cet élément-là, pour le transport, on parle seulement des spiritueux
artisanaux. Dans le cas pour Postes Canada, c'est, bien, tout simplement un canal
de distribution qui est utilisé dans les autres provinces canadiennes. Et donc,
juste sur une base de compétitivité et d'équité, c'était proposé ici d'également
pouvoir, pour les spiritueux artisanaux, de livrer par la poste, parce que
présentement, au Québec, on peut se faire livrer des spiritueux artisanaux de
d'autres provinces, là, essentiellement.
Mme Dufour (Madeleine) : Ça,
puis, si je ne m'abuse aussi, c'est surtout parce que Postes Canada a la
garantie, des fois, d'avoir une signature et d'avoir la confirmation que la
personne est âgée de plus de 18 ans. Donc, c'est pour ça que la SQDC et la
SAQ transigent actuellement avec Postes Canada. Ça fait qu'on fait juste
utiliser le même canal parce que c'est parfaitement logique.
M. Beauchemin : Oui. C'est parfaitement
logique. OK. Puis pourquoi la vente de cocktails est interdite sur les lieux de
fabrication, selon vous?
Mme Dufour (Madeleine) : Vous
nous demandez : Selon nous, pourquoi elle est interdite? Ah mon Dieu! C'est
une bonne question, ça. J'ai envie de vous dire : Parce que personne ne
l'a jamais fait. Ça se peut-tu? C'est-tu une réponse viable? Je pense que les dégustations
ont été traitées un peu toujours en plan B, comme si ça ne faisait pas partie
de notre agrotourisme, tu sais, alors qu'on fait des... on fait des spiritueux,
des fois, très nichés, je parle dans mon cas, mais ça reste que les gens ont besoin
d'avoir certains exemples, également. Pourquoi, historiquement, les cocktails
n'étaient pas permis? J'ai envie de vous dire : Méchante bonne question.
M. Lambert (Vincent) : Puis j'ajouterais,
si on regarde les provinces similaires au Québec pour le développement de la
filière, puis je pense à la Colombie-Britannique et l'Ontario, c'est des choses
qui sont permises également, Nouvelle-Écosse, Alberta également. C'est permis
dans la majorité des provinces également, cette...
M. Beauchemin : Intéressant.
On va en prendre note. Je passe la parole à ma collègue.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Merci pour votre échange extrêmement engagé. C'est très motivant.
Puis d'entrée de jeu, sur votre
introduction, je vous dirais, donc, qu'en grammaire les virgules structurent
nos phrases, donc ce sont ces outils qui encadrent nos propositions syntaxiques.
Donc, les virgules sont importantes et les virgules, donc, elles sont porteuses
de cohérence. Donc, oui, les virgules sont importantes.
Ma première question pour vous. Un peu comme
ce qu'on a noté avec l'industrie des microbrasseries qui vous a précédés, moi
aussi, j'ai quand même été assez étonnée ou intriguée par la croissance de
l'industrie. Donc, vous dites, dans votre mise en contexte, qu'en 2017
l'industrie comptait 14 membres, alors qu'aujourd'hui... en fait, votre
association, donc, compterait 14 membres aujourd'hui, donc, en représente
plus de 50. Donc, il y a quand même, donc, une certaine perspective de
croissance ici. Puis, en lisant vos propositions, la cohérence... la ligne
directrice, en fait, là, que je vois entre vos propositions, donc, n° 5, à
13 ou 14, c'est tout le contexte de distribution. Vous en avez parlé, puis ma question,
donc : Au niveau de propositions structurantes, donc, est-ce que votre
avis ou ce que vous tentez de nous communiquer avec votre mémoire, c'est que le
plus grand défi de votre industrie pour favoriser son essor et de poursuivre,
donc, la croissance qu'elle a déjà entamée, c'est d'être en mesure de pouvoir
rejoindre le consommateur directement? Est-ce que c'est... C'est un peu ma
compréhension, donc, en lisant, donc, brièvement, donc, votre mémoire. Donc,
est-ce que c'est un peu ce que vous souhaitez nous communiquer?
Mme Dufour (Madeleine) : J'ai
envie de vous dire que, par la bande, ce le sera. En ce moment, on est vraiment
en train de parler de la première ligne de la pyramide. On parle de mettre
toutes les matières premières sur le même pied d'égalité. Ça fait que j'ai
envie de vous dire : Oui, c'est merveilleux, les gens qui produisent ces
cinq matières-là parlent à leurs clients à tous les jours. Les autres matières
artisanales qui ne sont pas reconnues, qui vont opérer sous permis industriel,
par exemple... parce que je tiens à le répéter, un permis industriel peut
vendre à la propriété, mais doit quand même donner la cote à la SAQ, ce qui
veut dire que ça coûte plus cher, vendre à la propriété parce qu'il faut gérer,
évidemment, le plancher, l'équipe, les analyses, tout le laboratoire,
absolument tout.
• (18 heures) •
Donc, on perd de l'argent à vendre à la
propriété, ce qui veut dire que oui, par la bande, on va parler aux
consommateurs, puis, oui, par la bande, on va faire de l'agrotourisme. Mais,
encore une fois, on vous répète, aujourd'hui, on est ici pour parler de la <ligne
de base de la pyramide...
>
18 h (version révisée)
< Mme Dufour (Madeleine) :
...l'agrotourisme,
mais, encore une fois, on vous répète, aujourd'hui, on est ici pour parler de
la >ligne de base de la pyramide, qui est complètement le gros bon sens.
Donc, voilà, j'ai hâte de parler du jour
où on pourra parler de petits gains et de cosmétique. J'ai hâte à cette
journée-là. On sera vraiment, vraiment contents. On n'est vraiment pas là.
Mme Cadet : On n'est pas là,
pour une industrie qui est assez émergente, qui est en croissance, qui est
jeune. Vous l'avez dit tantôt, donc, ça s'est développé tout croche, et donc,
là, donc, c'est d'être capable de refaire un peu les fondations, là,
littéralement, de la maison.
Mme Dufour (Madeleine) : Et
de mettre l'agriculture en plein centre. C'est vraiment ça.
Mme Cadet : On n'a pas eu l'occasion...
je pense que personne ne vous a posé de question sur le timbrage. Peut-être,
rapidement, donc, sur cet élément-ci, je sais que c'est dans... plus dans vos
remarques, plutôt que dans vos propositions.
Mme Dufour (Madeleine) : Oui,
les remarques, c'est parce qu'on soutient les requêtes qui ont été faites par
rapport au timbrage. Nous, on a hâte de se rendre au timbrage, si vous saviez.
On a bien, bien hâte de se rendre là. Voilà, c'est pas mal ce que j'ai à dire,
parce que, finalement, on ne peut même pas vendre à la propriété, en ce moment,
quand on fait du lactosérum, ça fait que j'ai envie... j'ai hâte de timbrer,
oui.
Mme Cadet : Vous avez hâte de
ne plus timbrer, en fait.
Mme Dufour (Madeleine) : Ah!
de timbrer puis de ne plus timbrer parce qu'on l'aura allégé, avec grand
bonheur.
Mme Cadet : C'est laquelle,
la virgule la plus importante?
Mme Dufour (Madeleine) : L'acceptation
de toutes les matières puis le fait de considérer celles... les distilleries
qui existent. Mais, je vous dirais, la virgule, là, sur le projet de loi, en ce
moment, c'est qu'il y a cinq matières qui sont écrites. C'est juste de dire que
toutes les matières sont acceptées puis de considérer ce qui s'est fait dans le
passé, parce que, si on trace une ligne au crayon rouge puis qu'après ça on ne
regarde plus, ça n'aura pas servi à grand-chose parce qu'on va en avoir tué une
couple, malheureusement.
Mme Cadet : Puis peut-être,
en terminant, donc, comment est-ce que vous voyez l'avenir de votre industrie,
avec les différents allègements réglementaires que vous demandez?
Mme Dufour (Madeleine) : Bien,
je la vois belle, je la vois... je la vois centrée sur l'agriculture. Je la
vois sur le même pied d'égalité que les autres filières de boissons
alcooliques. J'ai hâte qu'on jase avec le Conseil des vins puis le conseil des
cidres, puis que tout le monde ait du fun, puis que leurs entreprises soient
viables. En ce moment, ce n'est même pas le cas pour les distilleries parce que
les gens sont pognés à la gorge. Ça fait que j'ai hâte qu'on puisse...
Mme Cadet : ...d'une entreprise
dans l'industrie?
Mme Dufour (Madeleine) : Pardonnez-moi.
Excusez, j'ai...
Mme Cadet : ...taux de
viabilité d'une entreprise dans le secteur?
Mme Dufour (Madeleine) : Ah
mon Dieu! En ce moment, c'est catastrophique, là, oui. Je ne sais pas si vous
avez besoin de chiffres, là, moi, je ne suis pas la fille de chiffres, vous l'aurez
bien compris, je suis la fille d'amour, mais c'est catastrophique, oui,
vraiment.
Mme Cadet : Peut-être, monsieur,
sur les chiffres.
M. Lambert (Vincent) : Sur le
taux de viabilité, je ne pourrais pas vous dire, c'est des informations qu'on n'a
pas sur les entreprises. Mais, comme Madeleine a dit, c'est... ça ne regarde
pas nécessairement bien, dans le futur.
Mme Cadet : Bien, ce que je
comprends, c'est que, donc, si tout est mis en place pour qu'on puisse refaire
les fondations, puis qu'on puisse s'assurer, donc, de bien comprendre ce que
vous faites, puis de la centrer sur l'agriculture, bien, alors là, donc, il y a
quand même une belle possibilité d'émergence, puis c'est ce que vous entrevoyez
avec amour.
Mme Dufour (Madeleine) : Absolument.
Mme Cadet : Merci beaucoup.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Merci beaucoup d'être là. C'était vraiment fort intéressant. Je
dois avouer que c'est une industrie que je ne connais pas du tout et que votre
mémoire est, pour le moins qu'on puisse dire, quand même détaillé, avec
beaucoup de propositions, effectivement. Et merci d'en avoir gardé juste
quelques-unes.
Je suis passé... Je vais souligner ce
moment où je vais poser la même question que le ministre, avec la même absence
d'arrière-pensée, sur la limite qu'on se donne. Je comprends tout à fait que,
si on décide que de ne pas avoir un cheptel ou qu'on va élargir la quantité de
matières premières, ça ne changera pas grand-chose, effectivement, mais si on
fait la somme de toutes les propositions et qu'on vend par Internet... j'ai vu
que vous demandez de pouvoir avoir plus qu'un point de vente, qu'en plus... enfin,
il y ait un certain nombre de choses.
À partir d'un moment, est-ce que... et je
dois avouer que je n'ai pas lu toutes les lignes de toutes les... enfin, qui
expliquent chacune des recommandations. On peut imaginer facilement que s'il n'y
a pas de limite dans chacune de ces lignes-là... D'abord, on peut imaginer que
quelqu'un de pur artisanal puisse profiter de... ce n'est pas en restant
artisanal, bien sûr, mais il y a bien un moment où on peut se dire : Bien,
quand est-ce que ça commence à ne plus l'être du tout? Parce qu'en en vendant
par Internet, parce qu'on a plein de points de vente, on continue à ne pas
payer la cote à la SAQ, des choses comme ça. Est-ce que c'est... c'est quoi que
vous voyez comme combinaison? Est-ce que...
Mme Dufour (Madeleine) : ...que
la ligne qui va rejoindre absolument tout ça, c'est le plafond qui a été
suggéré, parce que toutes ces activités-là sont soumises à un plafond. Donc, si
ce plafond-là, tout le monde est d'accord avec, bien, bingo!
M. Bouazzi : Donc, c'est un
plafond par... pour chacune des propositions, oui?
Mme Dufour (Virginie) : Non, c'est...
non, nous...
M. Bouazzi : OK. Plafond de
production de spiritueux par... OK.
Mme Dufour (Madeleine) : Absolument.
Absolument, puis ça, c'est...
M. Bouazzi : Il est de <combien...
M. Bouazzi :
Il est
de >combien? Excusez-moi.
Mme Dufour (Madeleine) : Qui
est a... On a dit 400 hectolitres.
M. Bouazzi : Ah! c'est le 400
qu'il y a. OK, oui.
Mme Dufour (Madeleine) : Sauf
que nous, on parle de 200 litres d'alcool absolu à la place, là. 250?
M. Bouazzi : Oui, j'ai...
Mme Dufour (Madeleine) : 200 hectolitres
d'alcool absolu.
M. Bouazzi : Bref, je
comprends.
Mme Dufour (Madeleine) : Bref,
oui...
M. Bouazzi : Oui, on comprend
le...
Mme Dufour (Madeleine) : Donc,
ce plafond-là, toutes les activités seraient régies par ce plafond-là.
M. Bouazzi : Donc, il y a... il
y en a une cinquantaine actuellement. C'est quoi, le... En moyenne, combien il
y a d'employés dans une distillerie?
M. Lambert (Vincent) : On est
environ à... avec les saisons hautes et basses, là, mais, en moyenne, on va se
retrouver à six employés à temps plein et deux à temps partiel.
M. Bouazzi : OK. Excellent.
Bien, moi, je n'aurais pas plus de questions. Vraiment, merci beaucoup. Je
comprends que vous ne tenez pas à avoir le timbre. Je tiens à le rappeler, même
si, pour l'instant, il ne vous touche pas du tout, le fameux timbre que
d'autres ne veulent pas, qu'on continue à chercher l'association ou
l'institution qui va nous demander et nous exprimer un amour pour le timbre. Ça
ne sera pas vous aujourd'hui.
Mme Dufour (Madeleine) : Bien,
j'ai envie de vous dire : On est dans le principe d'allègement
aujourd'hui. Je sais qu'on ne va pas déchirer les pages de ce qui s'est fait en
alcool dans les dernières années, on n'est pas là pour tout réécrire. Par
contre, on en appelle à la cohérence puis on en appelle à alléger des affaires.
J'ai eu mon inspection de taxes d'accise
la semaine dernière. Chaque goutte d'alcool, que ce soit dans un vignoble, dans
une cidrerie, dans une microbrasserie, tout ça est régi à la goutte près par le
gouvernement canadien, où il faut en faire la démonstration et la preuve
tangible parfaite. Puis, ensuite de ça, on est régis par la RACJ, puis tout le
monde fait très bien son travail. Puis, des paliers de sécurité, il y en a
énormément. Je pense que ce qu'il y a en commun avec ici, ce qu'il y a en
commun avec d'autres demandes... mais évidemment je vous disais ça tantôt à la
blague parce qu'on respecte énormément leurs demandes, mais c'est d'en appeler
à la cohérence, à l'équité, puis d'enlever une couche qui n'est pas nécessaire,
admettons. Voilà.
M. Bouazzi : C'est clair.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...beaucoup.
Je vous remercie d'avoir participé à nos travaux.
La commission ajourne ses travaux jusqu'à
demain, le jeudi 21 septembre, à 8 heures, où elle entreprendra
un autre mandat. Merci, tout le monde.
(Fin de la séance à 18 h 08)