Journal des débats (Hansard) of the Committee on Labour and the Economy
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Thursday, November 7, 2024
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Vol. 47 N° 79
Clause-by-clause consideration of Bill 71, An Act to improve support for persons and to simplify the social assistance regime
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Intervenants par tranches d'heure
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Schmaltz, Valérie
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Rouleau, Chantal
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Prass, Elisabeth
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McGraw, Désirée
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McGraw, Désirée
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Rouleau, Chantal
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Schmaltz, Valérie
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Labrie, Christine
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Schmaltz, Valérie
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McGraw, Désirée
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Rouleau, Chantal
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Paradis, Pascal
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Paradis, Pascal
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Rouleau, Chantal
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Schmaltz, Valérie
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Labrie, Christine
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Labrie, Christine
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Schmaltz, Valérie
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Rouleau, Chantal
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McGraw, Désirée
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Paradis, Pascal
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Rouleau, Chantal
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Schmaltz, Valérie
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Paradis, Pascal
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Labrie, Christine
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Picard, Marilyne
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Poulet, Isabelle
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Tardif, Marie-Louise
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McGraw, Désirée
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Rouleau, Chantal
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Schmaltz, Valérie
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Labrie, Christine
12 h (version révisée)
(Douze heures deux minutes)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Alors,
ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'économie
et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 71, Loi visant à
améliorer l'accompagnement des personnes et à simplifier le régime... d'assistance
sociale... mon Dieu!, je m'excuse, d'assistance sociale.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par Mme Picard
(Soulanges); M. Dufour (Abitibi-Est) est remplacé par Mme Dorismond
(Marie-Victorin); Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice); Mme Tremblay (Hull) est remplacée par Mme Poulet
(Laporte); Mme Cadet (Bourassa-Sauvé) est remplacée par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); Mme Lakhoyan Olivier (Chomedey) est remplacée par Mme Prass
(D'Arcy-McGee) et M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par Mme Labrie
(Sherbrooke).
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Merci. Alors, lors de l'ajournement de nos travaux hier, nous en étions à l'étude
de l'article 25 du projet de loi, plus précisément à l'étude du nouvel
article 53.1, qui y est introduit. Mme la ministre, pourriez-vous, s'il
vous plaît, nous en faire la lecture? Et on nous allons débuter les échanges
après.
Mme Rouleau : Bien sûr, oui,
parfait. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, à l'article 53.1 :
«La prestation de base est augmentée d'une
allocation pour contraintes sévères de santé lorsque l'adulte seul ou un membre
adulte de la famille, selon le cas, démontre, par la production d'un rapport
médical, que son état physique ou mental est, de façon significative, déficient
ou altéré pour une durée d'au moins un an et que, pour cette raison et compte
tenu de ses caractéristiques socioprofessionnelles, il présente des contraintes
sévères de
santé qui nuisent à la réalisation d'une activité
de préparation à l'emploi, d'insertion ou de maintien en emploi.
«Le ministre peut réévaluer annuellement
si une personne présente des contraintes sévères de santé.
«Le ministre peut, en raison de
circonstances particulières, exempter une personne de l'obligation de produire
un rapport médical.»
Le nouvel article 53.1 reconnaît une
contrainte sévère de santé lorsqu'un rapport médical démontre que l'état
physique ou mental d'une personne est, de façon significative, déficient ou
altéré pour une durée d'au moins un an de manière à nuire à la réalisation d'une
activité de préparation à l'emploi, d'insertion ou de maintien en emploi.
Lorsqu'une contrainte sévère de santé est
reconnue, une allocation est accordée et s'ajoute à la prestation de base. Le
ministre pourra, s'il le juge opportun, réévaluer annuellement l'existence d'une
contrainte sévère de santé. Une personne peut être exemptée de produire un
rapport médical en raison de circonstances exceptionnelles.
Et, Mme la Présidente, j'aurais un
amendement à proposer.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Alors, on va le déposer, l'amendement?
Mme Rouleau : Oui. Alors, à l'article 25,
article...
Une voix : ...
Mme Rouleau : Pardon.
Des voix : ...
Mme Rouleau : Alors, tout est
à l'écran. À l'article 25 (article 53.1 de la Loi sur l'aide aux
personnes et aux familles)
À l'article 53.1 de la Loi sur l'aide
aux personnes et aux familles, proposé par l'article 25 du projet de loi
tel qu'amendé :
1° remplacer le premier alinéa de l'article 53.1
de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles par le suivant :
«53.1. La prestation de base est augmentée
d'une allocation pour contraintes sévères de santé lorsque l'adulte seul ou <un
membre adulte...
Mme Rouleau :
...une
allocation pour contraintes sévères de santé lorsque l'adulte seul ou >un
membre adulte de la famille, selon le cas, démontre, par la production d'une
évaluation médicale et, s'il y a lieu, psychosociale, que son état de santé de
nature physique, mentale ou psychosociale est, de façon significative,
déficient ou altéré pour une durée d'au moins un an et que, pour cette raison
et compte tenu de ses caractéristiques socioprofessionnelles, il présente des
contraintes sévères de santé qui l'empêchent d'acquérir son autonomie
économique par l'emploi».
2° remplacer, dans le troisième alinéa,
«un rapport médical» par «une
évaluation médicale ou psychosociale».
L'amendement vise à modifier le premier
alinéa de l'article 53.1 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux
familles, proposé par l'article 25 du projet de loi, afin de remplacer
certains termes, «rapport médical» par «évaluation médicale et, s'il y a lieu,
psychosociale», en concordance avec la modification apportée à
l'article 31 de cette loi par l'article 12 du projet de loi. Il vise
également à préciser que la problématique de santé du prestataire peut être de
nature mentale, physique ou psychosociale et que cette problématique, ainsi que
ses caractéristiques socioprofessionnelles, l'empêche d'acquérir son autonomie
économique par l'emploi.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Est-ce que nous avons des interventions? Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Quand on parle de contraintes de santé sévères, est-ce que vous
prenez en considération, par exemple, les parents d'enfants avec un handicap
qui ont une contrainte sévère? Parce qu'encore une fois on parle d'une personne
adulte et les parents qui doivent rester à la maison, par exemple, à temps
plein pour s'occuper d'un enfant qui a besoin de... qui n'est pas autonome, qui
a besoin d'aide, de supervision, donc qui devient un proche aidant, si vous
voulez. Est-ce que vous considérez qu'eux, ils rentreraient dans cette
catégorie de contraintes sévères à l'emploi?
Mme Rouleau : L'ajustement
est fait au niveau de la proche aidance et en fonction de l'adulte qui reçoit
la prestation, alors...
Mme Prass : OK. Je répète ma
question : Est-ce que les parents d'enfants avec un handicap seraient
considérés dans la catégorie de personnes qui seraient aptes à recevoir... être
considérés à avoir une contrainte sévère à l'emploi?
Mme Rouleau : Il y avait la
contrainte temporaire à l'emploi qui est devenue contrainte de santé, alors
c'est contrainte de santé qui... en fait, qui devient une prestation spéciale
pour les parents ayant un enfant handicapé.
Mme Prass : Oui, j'ai compris
ça hier, mais ce que je vous demande, c'est : Est-ce que vous ne pensez
pas, justement, plutôt que d'être dans une nouvelle catégorie, que...
Pensez-vous qu'un parent avec un enfant avec un handicap devrait être considéré
comme ayant une sévère contrainte à l'emploi?
Mme Rouleau : Ce n'est pas le
cas.
Mme Prass : Mais je sais que
ce n'est pas le cas. Je vous demande la question. Donc, vous, pour vous, un
parent de ce genre ne devrait pas être considéré. Je ne vous demande pas ce qui
est dans la loi, je vous demande si vous pensez que ce qu'ils vivent, leur
réalité, ferait en sorte qu'ils devraient être considérés comme avoir une
contrainte sévère à l'emploi.
Mme Rouleau : Ce qui était
considéré, c'était la contrainte temporaire à l'emploi. On a modifié, on a...
on s'assure que les parents ayant un enfant handicapé... et là ce n'est pas une
question de... En fait, c'est lié à la personne. Alors, la personne a un enfant
handicapé, a donc une prestation spéciale pour parent avec enfant handicapé.
• (12 h 10) •
Mme Prass : Est ce qu'on...
Mme Rouleau : Et on n'est pas
dans contrainte sévère contre, on est dans prestation spéciale.
Mme Prass : Oui, mais je vous
communique ce qu'on entend, encore une fois, de la part du terrain et des
groupes qui voudraient, justement, voir les parents d'enfants avec un handicap
être considérés comme ayant des contraintes sévères. Alors, je vous demande une
question de base : Entre la prestation spéciale que ces parents recevront
et ce qu'une personne avec une contrainte sévère à l'emploi recevra, est-ce
qu'il y a un écart financier entre les deux?
Mme Rouleau : Il y a un écart,
oui.
Mme Prass : OK. Donc, je
reviens à ma question. Mettons de côté maintenant la prestation spéciale, parce
que ma question, c'est : Est-ce qu'on ne devrait pas les changer de
catégorie? Parce qu'eux, par exemple, Fédération de l'autisme, Société
québécoise de la déficience intellectuelle, pour eux, être parent d'un enfant
qui n'est pas autonome, qui a des contraintes... l'enfant qui a des contraintes
sévères à la santé, bien, le parent devrait être considéré dans la même
catégorie parce que c'est eux qui doivent s'occuper à temps plein de cet enfant
qui n'est pas autonome. <Donc, je comprends...
Mme Prass :
...catégorie
parce que c'est eux qui doivent s'occuper à temps plein de cet enfant qui n'est
pas autonome. >Donc, je comprends qu'il y a une... on enlève «contrainte
temporaire» et on le remplace par «une prestation spéciale», mais ma question
c'est : La catégorie de personnes dont je vous parle, est-ce que vous ne
pensez pas qu'ils rentrent dans la définition de la réalité d'une personne avec
une contrainte sévère à l'emploi?
Mme Rouleau : Ce n'est pas
prévu dans le projet de loi.
Mme Prass : Je vous pose une
question : Est-ce que...
Mme Rouleau : Je vous
réponds.
Mme Prass : OK. Donc, je ne
vous demande pas ce qui est dans le projet de loi, je vous demande si vous
considérez qu'un parent d'un enfant handicapé rentre dans la définition de ce
qui est une «contrainte sévère à l'emploi»?
Mme Rouleau : Alors, le
parent, il est parent d'un enfant handicapé, c'est le parent qui est prestataire.
Et, lorsque l'enfant handicapé deviendra adulte, il sera considéré comme
probablement avec une contrainte. Mais là on parle du parent qui est
prestataire.
Mme Prass : Oui, mais quand
on est parent d'un enfant qui est mineur, on est responsable pour cet
enfant-là, donc nous, on vit, à un certain point, la réalité de nos enfants.
Donc, si on considère qu'un enfant... parce qu'on considère juste les adultes
dans ce cas-là, si un enfant a une contrainte sévère et c'est son parent qui
s'occupe de lui à temps plein, 24 heures par jour parce qu'ils ne sont pas
autonomes, est-ce que, pour vous, vous ne pensez pas que, justement, cette
réalité se transfère aux parents, dans la définition qu'un enfant ne peut pas
être reconnu dans cette catégorie?
Mme Rouleau : Ce qui est... ce
qui est amené, ce qui est prévu, c'est la prestation pour les parents qui ont
un enfant handicapé.
Mme Prass : OK. Et là vous
venez de dire qu'il y a un écart financier entre cette prestation et ce qui est
rendu... et ce qui... ce qui est remis aux personnes qui sont considérées avoir
une sévère contrainte.
Mme Rouleau : Lorsque
l'enfant... S'il a une contrainte sévère de santé, lorsque l'enfant sera adulte
et qu'il est prestataire, il aura une contrainte sévère de santé, mais là on
parle du parent qui a un enfant qui est handicapé. C'est relié à la personne,
c'est relié à la condition de santé de cette personne.
Mme Prass : Mais justement,
si on est parent d'un enfant handicapé puis qu'on va s'occuper de cet enfant
pendant 17, 18 ans, avant qu'eux, ils puissent être reconnus d'avoir une
contrainte sévère et recevoir ce... être admis dans cette catégorie, ne
pensez-vous... Est-ce que vous ne pensez pas que le parent qui s'occupe d'un
enfant qui a des contraintes sévères à la santé, qu'eux... Si leur enfant,
quand ils arrivent à 18 ans, puis on dit : OK, on va maintenant
accorder à l'enfant le programme pour contraintes sévères à la santé, est-ce
que vous ne pensez pas que le parent qui s'occupe de cet enfant pendant
18 ans avant ne devrait pas être considéré dans la même catégorie? Parce
que, vous le dites, quand l'enfant a 18 ans, si c'est le cas, il va être
reconnu dans cette catégorie-là.
Donc, j'ai de la difficulté à comprendre
pourquoi on n'étend pas cette réalité et définition aux parents qui s'occupent
justement de ces jeunes qui, quand ils auront 18 ans, vont être reconnus
d'avoir une contrainte sévère de santé.
Mme Rouleau : Le régime
d'aide de dernier recours qu'on est en train de moderniser fait appel à...
maintenant, on parle de contraintes de santé liées au prestataire, liées à la
personne. Et, pour s'assurer que les parents avec des enfants handicapés... Je
vais toujours vous donner la même réponse parce que c'est ça, la réponse. Alors,
le parent avec un enfant handicapé a maintenant une prestation pour parent avec
enfant handicapé.
Mme Prass : Oui.
Mme Rouleau : Et c'est ça. Et
puis il n'y a pas de... il n'y a pas de changement autre.
Mme Prass : Non, je comprends
ça. Mais vous avez dit qu'il y a un écart dans le financement qu'un parent qui
va recevoir cette prestation spéciale et ceux qui sont considérés avec des
contraintes sévères de santé. Encore une fois, si un enfant, comme vous dites,
rendu à l'âge de 18 ans, là, en âge adulte va être considéré une personne
avec une contrainte sévère de santé, j'ai de la difficulté à comprendre
pourquoi on n'accorde pas cette réalité au parent qui va s'occuper d'eux
jusqu'à ce qu'ils arrivent à l'âge adulte.
Mme Rouleau : Il y a... Pour
accompagner le parent qui a des enfants ou un enfant handicapé, il y a des
programmes. Alors, la première chose, la personne, elle est sur le régime
d'aide de dernier recours, elle est parent d'un enfant handicapé, elle a une
prestation spéciale pour parent avec enfant handicapé, puis il y a d'autres
programmes qui peuvent entrer en ligne de compte, là, le programme SEHNSE, <ou
des choses comme ça...
Mme Rouleau :
...programmes
qui peuvent entrer en ligne de compte, là, le programme SEHNSE, >ou des
choses comme ça, qui peuvent entrer en ligne de compte pour... selon le cas,
parce qu'il peut y avoir différents cas. Alors, les parents ont... peuvent
avoir recours à d'autres programmes.
Mme Prass : Et vous avez
mentionné l'écart. Est-ce que vous... est-ce que vous pouvez nous dire de
combien est cet écart entre la prestation spéciale...
Mme Rouleau : Non, je n'ai
pas... je n'ai pas cette information-là. Ai-je l'information?
(Consultation)
Mme Rouleau : J'attends l'information,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
d'accord. Voulez-vous qu'on suspende quelques instants ou c'est correct?
Des voix : ...
Mme Prass : ...et... Je
comprends où vous vous positionnez, mais je voudrais... J'ai juste un petit
peu... À part le fait qu'il y a un programme dans lequel ils sont prévus, donc
la prestation spéciale, de façon, disons, philosophique, j'ai de la... mal à
comprendre pourquoi un enfant que... quand ils vont devenir adulte est
considéré avoir une contrainte sévère, que cette réalité-là ne soit pas étendue
à leurs parents tant qu'ils sont mineurs. Je vous demande, pour répondre au
groupe, justement, qui revendique cette réalité-là...
Mme Rouleau : Que je salue, d'ailleurs.
Mme Prass : On l'espère.
Mme Rouleau : Je les connais
aussi.
Mme Prass : Oui, tout à fait.
Mais je pense qu'ils voudraient mieux comprendre. À part le fait qu'il y a déjà
un programme qui existe pour ces parents-là, pourquoi, comme j'ai dit, est-ce
que, quand leur enfant va avoir 18 ans, il va être considéré d'avoir une
contrainte sévère de santé, pourquoi cette réalité-là ne leur est pas appliquée
pendant qu'eux s'occupent de leurs enfants?
Mme Rouleau : Parce que c'est
axé sur la personne. C'est axé sur la personne, sur la...
Mme Prass : Mais justement,
on parle de psychosocial. Alors, il y a des parents d'enfants handicapés qui
vont souffrir d'isolation, qui vont avoir des enjeux de santé mentale, qui vont
vivre différentes réalités en raison de leur rôle comme responsables de ce
jeune, d'un jeune avec une contrainte sévère à la santé.
Donc, encore une fois, on met l'emphase
sur l'adulte, et le prestataire n'est pas nécessairement sur la réalité qu'ils
vivent et le rôle qu'ils peuvent entreprendre en tant que parents d'un enfant
avec un handicap sévère.
• (12 h 20) •
Mme Rouleau : ...le cas de
parents qui auraient un enfant handicapé, lourdement handicapé, qui exige
certains soins particuliers ou équipements particuliers, il y a des prestations
qui sont ajoutées, là, qui sont liées à...
Mme Prass : Par exemple, ceux
du ministère... pas de votre ministère, du ministère de la Santé, par exemple,
j'imagine?
Mme Rouleau : ...le ministère
de la Santé puis il y a le ministère de la Solidarité sociale aussi qui a des programmes.
Mme Prass : Juste...
Mme Rouleau : Alors, ça vient
combler les besoins pour s'assurer, là, du bien-être de la famille, là.
Mme Prass : Je vous
laisserais juste avec la notion de ce que les responsabilités et le rôle que la
personne assume... devraient être également être pris en compte. Et je
comprends qu'on met l'emphase, encore une fois, sur l'adulte et le prestataire,
mais, si on est prestataire en raison de notre <responsabilité envers
notre enfant...
Mme Prass :
...encore
une fois, sur l'adulte et le prestataire, mais, si on est prestataire en raison
de notre >responsabilité envers notre enfant avec un handicap, je pense
que c'est question de peut-être jouer avec les mots, quoique... bien, pas
«jouer avec les mots», mais pas uniquement prendre en considération l'état de
l'adulte, mais des réalités qui font en sorte qu'ils peuvent se retrouver dans
ce programme, eux n'ayant pas de contrainte directe. Mais...
Mme Rouleau : On ne jouera
pas sur les mots. On va être très clairs. C'est qu'il y a la prestation
spéciale pour le parent qui a un enfant handicapé. Et, selon les besoins de cet
enfant handicapé, il y a d'autres programmes dans notre... en fait, d'autres
programmes gouvernementaux qui peuvent venir satisfaire les besoins. Alors,
c'est fait de manière très, très humanitaire et pour répondre à ces besoins.
Mme Prass : OK. Merci.
Mme Rouleau : Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce, vous voulez vous exprimer?
Mme McGraw : Oui. Donc, juste
pour poursuivre... Merci, Mme la Présidente. Juste pour répéter, l'écart,
encore, c'était de 410 $? Je veux juste confirmer l'écart entre la
situation présentement et la prestation...
Mme Rouleau : ...
Mme McGraw : 464 $ de plus
ou de moins?
Mme Rouleau : C'est-à-dire,
on parle d'un écart, là, avec solidarité... pas «solidarité», avec «santé
sévère» et la prestation, là, dans ce...
Mme McGraw : Juste
comprendre. Donc, la...
Mme Rouleau : Alors, la prestation,
c'est... la prestation spéciale, c'est la prestation d'aide de dernier recours.
Mme McGraw : Oui. C'est quoi?
Ça va être combien?
Mme Rouleau : En fait, c'est
une prestation spéciale pour le parent, le parent qui a un enfant handicapé.
Mme McGraw : Oui.
Mme Rouleau : Et puis là la
question qui était posée par votre collègue était la différence avec la... si
le parent était reconnu avec une contrainte sévère de santé, ce qui n'est pas
le cas, il y a une différence de... il y a un écart, là, de 400 quelques
dollars.
Mme McGraw : Dans quelle
direction?
Mme Rouleau : Mais ce que
j'ai dit aussi, c'est que... parce que l'important, là, pour votre collègue,
c'est que l'enfant... tu sais, qu'on veille sur l'enfant. Alors, il y a des
programmes gouvernementaux, autant au sein du ministère de la Solidarité
sociale que le ministère de la Santé et des Services sociaux, il y a des
programmes qui vont... qui viennent combler, là, les besoins.
Mme McGraw : Ces programmes
existent présentement?
Mme Rouleau : Existent.
Mme McGraw : Donc, pour la
famille, est-ce que... Si je comprends bien, avec ce changement, avec ce projet
de loi, ces familles ne seraient... parce qu'on ne reconnaît plus les
contraintes à l'emploi, sévères à l'emploi... pardon, les contraintes
temporaires à l'emploi, le CTE, c'est remplacé par «contraintes de santé», dont
on a discuté.
Mme Rouleau : C'est remplacé
par une prestation spéciale.
Mme McGraw : Parfait. Parce
que, de façon générale, c'est remplacé par «contraintes de santé». Mais pour ce
groupe-là, c'est-à-dire les parents qui sont des proches aidants pour des
enfants avec... vivant avec des handicaps, ça devient une prestation spéciale.
Et, pour la famille, pour le parent qui reçoit cette prestation spéciale, ça
représente 464 $ de moins?
Mme Rouleau : Non.
Mme McGraw : Je veux bien
comprendre.
Mme Rouleau : Non, ce n'est
pas ça. Il y a actuellement une contrainte temporaire à l'emploi pour le parent
avec un enfant handicapé. Cette... Il n'y a plus de contrainte temporaire à
l'emploi, c'est une contrainte santé. Ça s'appelle comme ça. Mais là le parent,
il a un enfant handicapé, ce n'est pas... il n'est pas nécessairement... il n'a
pas nécessairement une contrainte santé. Alors, il y a ce qu'on fait pour
s'assurer qu'il n'y ait pas de bris, là, pour... de bris de services
financiers, etc., pour ces gens-là, on crée une prestation spéciale du même
montant qu'il y a actuellement. Donc...
Mme McGraw : Tout à fait, du
même montant.
Mme Rouleau : Du même montant,
ça fait qu'il n'y a aucune perte.
Mme McGraw : Que sous la
contrainte temporaire.
Mme Rouleau : De ce qui
existe, ça fait que le même montant pour le parent avec enfant handicapé. Et,
s'il y a des besoins particuliers pour cet enfant handicapé, des équipements,
ses besoins d'équipements spéciaux, il y a...
Une voix : ...
Mme Rouleau : ...c'est ça, il
y a des programmes au ministère de la Santé et il y a des programmes au sein de
notre ministère. Donc, je vais appeler ça des programmes gouvernementaux parce
que ça peut être au sein de d'autres ministères pour répondre aux besoins.
Mme McGraw : OK. Donc, le
montant contrainte temporaire à l'emploi, présentement, ça serait combien, la
prestation? <Juste présentement...
Mme McGraw :
...le
montant contrainte temporaire à l'emploi, présentement, ça serait combien, la
prestation? >Juste présentement, la situation avant le projet de loi,
c'est combien pour une famille ou un parent qui est proche aidant?
Des voix : ...
Mme Rouleau : Bien, c'est ça,
c'est qu'il y a la prestation, la prestation de base plus 161 $. La
contrainte temporaire équivalait à 161 $ par mois. Alors, c'est la
prestation de base plus 161 $ qui devient une prestation spéciale avec un
seul... une seule prestation, un seul versement.
Mme McGraw : Et cette
prestation spéciale, ça va représenter le même montant que le 161 $ avec
la contrainte?
Mme Rouleau : C'est-à-dire,
le 161 $, c'était la contrainte temporaire d'emploi.
Mme McGraw : Je comprends.
Mme Rouleau : On ne parle
plus de cela.
Mme McGraw : Exact.
Mme Rouleau : On va parler
maintenant d'une prestation spéciale pour parent avec enfant handicapé, qui est
le total, un seul montant, qui représente ce qu'avait le parent avec la
contrainte temporaire en emploi, la CTE.
Mme McGraw : Donc, exactement,
le même montant.
Mme Rouleau : C'est la même
chose.
Mme McGraw : Donc, il n'y a
pas de changement pour la famille.
Mme Rouleau : Il n'y a pas de
changement.
Mme McGraw : Et, en plus, la
famille va avoir accès, potentiellement, à d'autres ressources qui existent
déjà.
Mme Rouleau : Ça existe, ça
existe.
Mme McGraw : Donc, ça, ça
reste, on va dire, contrôlé ici.
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...30 secondes,
juste pour vous demander d'attendre qu'un finisse la phrase de l'autre parce
qu'on a un petit peu de difficulté à la régie de vous comprendre.
Mme Rouleau : On s'emporte.
Mme McGraw : C'est une
question de mathématiques. Donc, je veux juste comprendre un peu la formule. Même
avec les chiffres exacts, ce serait très apprécié comme situation présentement,
avant la loi, avant le projet de loi n° 71 et après, le chiffre pourrait
être hyperclair. Parce qu'il me semble que ça va être la même chose pour la
personne. Et c'est important, parce qu'on a eu cette discussion-là hier pour
dire : Avec ce changement de contraintes temporaires à l'emploi, pour la
définition de contraintes de santé, qu'il y a des groupes puis il y a des gens
vulnérables qui ont peur de perdre... qui ont peur de perdre des acquis. La
ministre s'est engagée... elle les a rassurés. Et ma collègue, qui était à la
motion du mercredi, justement pour parler de l'itinérance, un des groupes
vulnérables... et là on met l'emphase, évidemment, sur ces groupes, ces familles
qui vivent avec... bien, qui ont des enfants avec... qui vivent avec des
handicaps.
Alors, on voudrait vraiment clarifier
cette situation-là avec ma collègue la députée de D'Arcy-McGee, puisqu'elle
travaille de très près elle-même... qui représente ces familles-là puis qui
travaille de très près... Donc, pour moi, mathématiquement parlant, ça a l'air
de quoi, avant et après le projet de loi n° 71, pour ces familles?
Mme Rouleau : C'est la même
chose.
• (12 h 30) •
Mme McGraw : Tout à fait la
même chose. Et, juste une autre chose, la ministre, elle avait dit que, selon
la contrainte... Donc, on comprend, pour ces familles-là, c'est statu quo, comment
ils vivent l'expérience, ça va être statu quo au niveau des allocations ou
prestations qu'elles vont recevoir. La ministre avait dit... Parce que ces
familles-là, bien que l'enfant, quand il va être adulte, il pourrait... il
risque d'être considéré... ça risque d'être considéré comme une contrainte de
santé, l'enfant qui vit avec un handicap, dépendamment du type de handicap,
etc., ça pourrait... Cette personne-là pourrait devenir prestataire selon les
définitions de contraintes de santé, selon le cas, mais, pour les parents, la
question de ma collègue, c'est pour les parents, ils ne seraient... ils
continueraient à recevoir des prestations, mais ce n'est pas parce que c'est
considéré une contrainte de santé. Avant, c'était considéré une contrainte
temporaire à l'emploi ou même sévère, si ça relève du Programme de revenu de
base, mais là, avec contraintes de santé, ça ne rentre plus dans cette
définition-là, bien que la ministre a confirmé que ça... son intention avec
contraintes de santé, c'est vraiment d'élargir la définition de contraintes de
santé, d'avoir une approche large.
Puis, on a eu toute une discussion sur
l'organisme mondial de santé, l'Institut national de santé publique du Québec,
qui avaient quand même une définition large qui comprenait l'aspect social,
l'aspect social des personnes, d'agir dans leur milieu et d'accomplir leur rôle
qu'elles entendent assumer d'une manière acceptable pour elles-mêmes et pour
les groupes dont elles font partie...
12 h 30 (version révisée)
Mme McGraw : ...pour
elle-même et pour les groupes dont elles font partie. Mais même avec cette
définition plus large, qui est sous-entendue, mais qu'on rend explicite avec
nos discussions, ça ne rentrerait pas dans cette définition plus large de contraintes
de santé.
Mme Rouleau : Là, vous
parlez de... du parent.
Mme McGraw : Exact.
Mme Rouleau : Le parent
n'a pas de contrainte de santé. Il a un enfant handicapé. Alors, parce qu'il a
un enfant handicapé, il a une prestation spéciale pour parents avec enfants
handicapés. Et, selon les besoins de cet enfant, s'il a besoin d'équipements ou
de choses particulières, il y a des programmes qui peuvent venir répondre aux
besoins, au sein du gouvernement, auprès de... du ministère de la Santé ou <i>ministère
de la Solidarité sociale.
Mme McGraw : Et c'est
très clair, c'est juste qu'avec une définition élargie de contraintes de santé,
potentiellement, ce parent-là aurait pu faire partie de la définition que je viens
de lire, parce que la ministre a confirmé que ce n'est vraiment pas juste le
bien-être mental, physique, mais, comme, social et psychosocial.
Et là on a... on a parlé beaucoup de
définition, on ne voulait pas... la ministre, elle... elle ne voulait pas
inclure une définition. J'aurais voulu voir une définition dans notre projet,
dans le projet loi, mais ça n'a pas été accepté. Mais on a eu cette
discussion-là pour clarifier justement que la ministre, son interprétation, sa
volonté, son intention, c'est que contraintes de santé et santé, c'est... c'est
en ligne, effectivement, avec le gouvernement du Québec et son interprétation
de la santé. Donc, c'est une interprétation large qui ne relève pas seulement
de l'état physique et mental, mais bien social aussi, psychosocial, social.
Donc, quand même, malgré cette discussion,
un parent ne... proche aidant pour un enfant avec un handicap ne rentrerait pas
dans cette définition-là. Par contre, la ministre... le ministère, la ministre
assurent les familles qu'ils vont quand même... même si c'est d'autres types de
prestations pour la famille, ça va être statu quo.
Pour des familles qui... Juste pour
revenir aux familles avec des jeunes enfants, préscolaires, 0 à 5 ans.
Beaucoup de ces parents-là, qu'ils soient monoparentals ou biparentals, ces
parents-là n'ont pas donc nécessairement des contraintes de santé, mais leurs
contraintes à l'emploi, c'est... ça pourrait être avoir à charge des enfants
préscolaires. Je veux juste confirmer. Pour ces familles-là qui risquent de ne
pas avoir de contraintes de santé, selon la définition, même selon la
définition élargie, si je comprends bien, c'est quoi, l'impact du projet de loi 71
pour ces familles? Parce que je pense qu'il y a aussi...
Mme Rouleau : Bien, généralement,
les familles biparentales, il n'y a pas de... il n'y a pas de... de changement.
Là où il y a un changement, c'est pour les familles monoparentales avec enfants
de moins de cinq ans. Puis c'est une discussion qu'on a eu l'occasion d'avoir,
là. C'est principalement des femmes, souvent des jeunes femmes. Il y avait une
contrainte temporaire à l'emploi. On l'enlève, cette contrainte temporaire à l'emploi,
en favorisant tous les... tous les mécanismes, là, qui vont permettre à cette
personne-là, à cette femme-là ou à ce parent-là monoparental, d'avoir accès à
des programmes qui vont lui permettre d'améliorer son... son revenu.
Et l'engagement que j'ai pris hier,
particulièrement pour ce... ce groupe-là... parce que c'est le... c'est le
groupe qui... qui, finalement, perd une contrainte... Ça, on s'entend
là-dessus, là, eux perdent quelque chose. Mais je m'engage à trouver des
solutions pour ces... ces femmes-là. Je travaille très, très activement avec
mes collègues pour ça. Alors là, je n'ai pas... je l'ai... je n'ai pas encore
cette solution-là à vous donner, mais j'ai dit hier que je m'y engageais.
Mme McGraw : Excellent.
Et vous avez... La ministre a déjà trouvé une solution pour les familles qui
sont des proches aidants, pour des... avec des familles... pardon, des enfants
qui vivent avec un handicap, mais elle est encore à la recherche d'une
solution. Je sais que ce n'est pas la même chose, mais...
Mme Rouleau : Avoir un
enfant de cinq ans... avoir un enfant en bas de cinq ans, ce n'est pas une
contrainte. Ce n'est pas, en fait, une contrainte, mais on convient qu'il y
a... il <faut...
Mme Rouleau :
...Ce
n'est pas, en fait, une contrainte, mais on convient qu'il y a... il >faut
aider cette... ce jeune parent, ce jeune... probablement jeune, là, on imagine
qu'ils sont... Bon. Puis on sait que c'est 95 % des... des femmes qui sont
femmes monoparentales avec enfants en bas de cinq ans.
Alors, l'objectif... Puis l'objectif de
toute cette modernisation et tout ce qu'on... tout ce qu'on travaille, c'est de
sortir les gens de l'isolement, c'est de les amener vers l'emploi par
différentes étapes de formation. Souvent, elles n'ont pas terminé leur
secondaire V, on va leur... on va les encourager à terminer leur
secondaire V. Il y aura des prestations. Il y a un bonus lorsqu'on obtient le...
le certificat de secondaire V. Il y a des... une panoplie de programmes, là.
Puis je vous ai fait part des... du... du continuum, là, de... de programmes
vers l'emploi, de Solidarité sociale et du ministère de l'Emploi aussi. Vous
avez... vous avez eu ce... ce schéma-là. Amener la personne... On élargit le
PAAS, le <i>programme d'aide et d'accompagnement social, on élargit Objectif
emploi, plein de mesures, de nouvelles façons de faire pour accompagner le
mieux possible ces gens-là.
Le programme... pas le programme, mais le
plan d'accompagnement personnalisé, il est important, là, c'est au cœur de
cette réforme aussi, là. Plan d'accompagnement personnalisé pour cette jeune
femme qu'on va accompagner, on va... avec des... tu sais... des façons de faire
pour... pour faire en sorte qu'elle puisse s'intégrer, créer un réseau, puisse
aller vers l'emploi et garder son emploi.
Et il y a déjà toutes sortes de mesures
aussi qui font en sorte que les personnes, les... les familles ont accès à des...
des services de garde, places... des places réservées pour les personnes...
pour les familles en situation de précarité dans les CPE, des accès vers des
services de garde privés, aussi, là, s'il y a lieu, transports, tu sais, il y a
plein de choses, là, qui sont... qui sont proposées aux personnes pour les
amener vers l'emploi.
Puis ça demeure... ça demeure un élément
central, parce que, depuis le début, je le dis aussi, puis tout le monde
acquiesce à ça, pour améliorer sa condition économique, bien, c'est par le
travail, c'est par la rémunération. Alors, c'est de les amener vers le travail
le plus possible, à la hauteur de leurs moyens, mais c'est de les amener.
Alors, la jeune fille... Puis là je... tu
sais, je peux revenir sur ce que j'ai déjà dit, là, cette jeune femme qui a un
enfant en bas âge et, elle-même, qui est... qui est peut-être très jeune,
peut-être trop jeune aussi, et qui est sur... tu sais, qui doit avoir accès à
cette aide de dernier recours, est-ce qu'on veut la laisser seule à la maison
ou on veut l'aider à être insérée dans la... dans la société puis l'aider à se
développer comme il se doit?
• (12 h 40) •
Mme McGraw : Et la
ministre a tout à fait raison de souligner l'importance de ces... de ces jeunes
femmes, de ces personnes. Je sais qu'à Notre-Dame-de-Grâce, on a Elizabeth
House qui travaille de très près avec... c'est surtout des jeunes femmes, des
fois, des ados qui ont des bébés et beaucoup d'appui pour relancer leur vie.
Donc, c'est très important de le souligner.
Pour une famille, par contre, une jeune
famille ou une famille avec des jeunes enfants préscolaires qui ne sont pas
monoparentales, là, par exemple, je pense situation d'itinérance, hier, on a eu
une discussion sur les personnes qui vivent l'itinérance que ça risque... je
pense que la ministre avait dit que ça risque d'avoir peut-être aussi des
problèmes de santé mentale, donc ça pourrait rentrer dans la définition de
contraintes. Mais là on comprend... Et ma collègue, elle a fait un excellent
débat hier, la motion de mercredi sur l'itinérance. On a appris que 23 %
des personnes qui vivent l'itinérance maintenant, c'est dû à une expulsion,
16 %...
Une voix : ...
Mme McGraw : Pardon?
Une voix : ...
Mme McGraw : De
logement, pardon, de logement et 16 % un revenu de travail. Ce n'est pas
nécessairement lié à un problème mental ou physique, c'est peut-être lié à une
situation, à une contrainte de vie, on va dire une situation, pour utiliser les
mots de ma collègue la députée de Sherbrooke, donc une <situation...
Mme McGraw :
...pour
utiliser les mots de ma collègue la députée de Sherbrooke, donc une >situation
pour ces personnes-là. Donc, ce n'est pas une contrainte... Est-ce que ça
serait considéré une contrainte de santé?
Mme Rouleau : Bien, en
fait, là, vous parlez de... de logement, là. Et c'est pour ça que dans le plan
de lutte à la pauvreté et à l'exclusion sociale, le tout récent plan de lutte,
on y inclut bien sûr toutes les... toutes les mesures, tout le plan de
l'habitation de ma collègue la ministre de l'Habitation où, là, il y a des...
des éléments importants, par exemple le programme de soutien au logement ou le
programme d'allocation au logement, des choses comme ça qui viennent aider les
personnes à avoir un logement.
Et... et ma collègue la ministre de
l'Habitation travaille extrêmement fort avec toute une panoplie de... de
partenaires, autant du milieu communautaire que du milieu privé, à construire
des logements, parce que, là, on fait face, actuellement, il y a une... Vous le
savez, là, qu'il y a une augmentation drastique de la population au Québec due
en grande partie à l'immigration, parce que c'est ça qui se passe, là,
l'immigration temporaire, où on a besoin de plus de logements. Et c'est ça
qu'on... On est en train de construire plus, plus et plus de logements. Et puis
il y a des mesures qui sont... et des mesures très... très fermes, qui sont
prises aussi par ma collègue la ministre de l'Habitation, notamment, pour que
les évictions, là... Tu sais, on a travaillé très fort sur les rénovictions et
empêcher ces choses-là, mettre en place des lois qui... qui font en sorte qu'on
retrouve moins de ces... de ces éléments-là.
Mais il y a aussi un contexte économique.
On a eu, on le sait, une pandémie. Tout de suite après la pandémie, le coût de
la vie qui a augmenté de manière drastique et qui vient plomber la... les... en
fait, plomber... qui vient mettre en lumière, là, le coût des loyers qui a
augmenté rapidement, parce que les coûts de construction ont augmenté, parce
que la main-d'œuvre est plus rare, parce que, parce que, parce que... la
réalité d'aujourd'hui. Alors... Et ça, on y travaille, on travaille avec
l'ensemble des partenaires, là, aussi.
Mme McGraw : Et les
collègues sont en train de travailler là-dessus, évidemment, puis on comprend
que tout est dans tout, et tout est interrelié. Et la crise du logement, ça a
un impact côté demande, mais aussi offre, ça a un impact direct sur le coût de
la vie et le fait que presque 10 % de la population québécoise se retrouve
à chaque mois dans... ayant recours à des banques alimentaires, dont des
personnes, je pense, un 20 % qui travaillent, qui ont des revenus de
travail.
Ça fait qu'on comprend que la situation...
Je pense que, même ici, en commission, pendant les consultations particulières,
Martin Munger, il a parlé de... le PDG des <i>banques alimentaires du
Québec, il a parlé d'une cassure du système et évidemment le fait que ce n'est
pas normal. Et ça, c'est les mots. Il a parlé de cassure du système, parce que,
oui, ce n'est pas normal que 940 000 Québécois par mois ont recours
aux banques alimentaires. Puis on ne peut pas être juste en mode réaction. Et
donc c'est pour ça que ce projet de loi, qui vient chercher à poser des gestes
structurants pour renforcer la sécurité sociale, est si important.
Mais pour revenir à la question. Puisqu'on
est en crise de logement, puisqu'il y a un problème de logement et puisque
23 % des personnes qui vivent l'itinérance sont là parce qu'elles ont été
expulsés d'un logement, 16 % qui vivent l'itinérance ont des revenus de
travail, pour la personne, par exemple, qui s'est fait expulser puis ils n'y ont
pas accès, est-ce que cette personne-là, même si elle n'a pas de problème de
santé mentale ou physique, est-ce que cette personne qui vit l'itinérance,
est-ce que ça serait considéré une contrainte de santé au sens large?
Mme Rouleau : La
personne qui... Si... s'il y a une personne qui se retrouve à la rue parce
qu'elle a perdu son logement, ce n'est pas une contrainte de santé, mais on va
aider cette personne à trouver un logement. Et c'est pour ça aussi qu'on met
énormément, énormément d'emphase et beaucoup d'argent, des... on parle de
milliards de dollars d'investissement, des mesures d'assouplissement pour les
municipalités pour faciliter la construction.
J'ai... j'ai été dans le milieu municipal.
Je sais que ça peut être très complexe. Alors, on met en place des mesures
d'assouplissement pendant un temps, <bien...
Mme Rouleau :
...ça
peut être très complexe. Alors, on met en place des mesures d'assouplissement
pendant un temps, >bien sûr, pour que ça puisse être fait de manière
diligente, mais toujours avec rigueur, bien sûr, pour faciliter la construction
de logements. Et là on voit apparaître toutes sortes de modèles aussi, là, de
logements pour répondre à ces besoins-là.
Ça fait que ça, ce n'est pas le régime
d'aide de dernier recours qui va répondre à cela, à moins que la personne ait
un problème, une... une contrainte de santé, à moins que la personne fasse la
demande et qu'elle réponde... qu'elle fasse la demande d'aide de dernier
recours et qu'elle réponde à des critères de base, tu sais, là elle pourra
obtenir l'aide, mais ce n'est pas toujours le cas. Vous me parlez de gens qui
travaillent et qui sont peut-être à la rue. C'est un autre enjeu, ça ne
concerne pas le régime d'aide de dernier recours nécessairement.
Cela dit, nous sommes très sensibles à la
situation et, lorsque nous rencontrons ces... ces personnes-là via les
organismes avec lesquels nous travaillons, bien, on cherche à trouver des
solutions, là, pour ces gens-là. On ne veut pas que personne soit à la rue puis
on ne veut pas que personne manque de nourriture au Québec, c'est certain.
C'est pour ça d'ailleurs que dans le plan de lutte à la pauvreté et à
l'exclusion sociale, il y a parmi les trois axes l'axe de sécurité alimentaire
et qu'on investit 141 millions de dollars, et que, dans le dernier
budget de... de... le dernier budget qui a été déposé, c'est
80 millions de dollars qu'on a mis pour juste l'achat, là, juste
s'assurer que les... répondre aux besoins de <i>banques alimentaires
Québec.
Tu sais, vous avez parlé de M. Munger,
banques alimentaires Québec, 40 millions de dollars. Jamais le
gouvernement... aucun autre gouvernement, à moins pendant la dépression, là, en
1929, là, peut-être à ce moment-là... mais, dans les récents gouvernements,
jamais les gouvernements n'ont été interpelés pour... pour financer l'achat de
nourriture.
Alors, moi, ce que je fais dans le plan de
lutte, par exemple, c'est de m'assurer... sortir de cet état d'urgence, là, de
devoir acheter de la nourriture puis trouver des façons de faire plus pérennes,
plus durables avec le milieu communautaire, avec... et avec les partenaires
pour... pour rapprocher la nourriture des gens, les éduquer aussi sur comment
cuisiner, parce que, des fois... des fois, ça... parfois, ça manque. Alors...
alors, on travaille avec les différents organismes pour s'assurer de cela,
l'agriculture urbaine, etc., développer de nouveaux canaux d'approvisionnement
d'aliments.
Mme McGraw : Et on est
tout à fait...
Mme Rouleau : Alors, on
agit sur bien des... biens des niveaux. Mais revenons au régime d'assistance
sociale, qui est de l'aide de dernier recours, et peut-être cet
article 53.1.
Mme McGraw : Je... Pour
l'instant, j'ai... s'arrêter là, mais je vais juste souligner qu'on est tout à
fait d'accord avec la ministre que ce n'est pas normal qu'un gouvernement doit...
Je veux dire, ce n'est pas normal qu'il y a tant de Québécois qui sont en
ligne, qui ont recours à des banques alimentaires. La situation n'est pas soutenable
et il faut agir en amont pour prévenir, sinon éliminer. Et je pense qu'il y a
beaucoup de banques alimentaires... diraient qu'elles voudraient être... pas
avoir à fonctionner, tu sais... en tout cas, je ne veux pas utiliser un
anglicisme, mais ça serait... elles aimeraient être «out of business», on va
dire. Mais, pour l'instant, c'est toutes mes questions pour la ministre.
• (12 h 50) •
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci,
merci, Mme la Présidente. Je veux y aller sur la dernière phrase de
l'article 53.1 que la ministre vient de modifier avec son amendement.
Auparavant, on parlait de contraintes «qui nuisent à la réalisation d'une
activité de préparation à l'emploi, d'insertion ou de maintien en emploi». Là,
ce qui est proposé ici, c'est de remplacer ça par «qui l'empêchent d'acquérir
son autonomie économique par l'emploi». Donc, j'imagine qu'il y a des raisons à
ce changement-là.
Nous, on avait été sensibilisés au fait
notamment que les personnes, notamment qui ont une déficience intellectuelle,
qui sont sur des plateaux de travail, la formulation qui était à l'article
initial, là, de 53.1 risquait de... de venir les empêcher, là, d'avoir la
reconnaissance d'une contrainte sévère, parce qu'ils sont <en...
Mme Labrie :
...empêcher,
là, d'avoir la reconnaissance d'une contrainte sévère, parce qu'ils sont >en
mesure de participer à des activités de plateau de travail. Donc, est-ce que...
est-ce que la ministre peut nous confirmer que c'est bien ce qu'elle tente de
régler, là, avec cette nouvelle formulation-là?
Mme Rouleau : Oui. La
formulation se veut juste plus englobante. Ce n'est pas pour poser des
restrictions.
Mme Labrie : Exact.
Donc, cette nouvelle formulation-là va permettre que des personnes, par
exemple, qui ont une déficience intellectuelle ou qui travaillent... qui ont...
qui sont sur des plateaux de travail, même si elles sont en mesure de faire ça
sur une base régulière, on ne va pas les... Ça ne deviendra pas un obstacle
pour elles, là, pour se faire reconnaître une...
Mme Rouleau : Non.
Mme Labrie : ...contrainte
sévère. Parfait. Merci. Ça répond à ma question.
Ensuite, je veux qu'on discute peut-être
de la question de la réévaluation annuelle. La ministre se donne le droit de
réévaluer annuellement. Bon, on est ici sur les contraintes sévères. Donc,
qu'est-ce qui justifierait, selon la ministre, de réévaluer annuellement une
contrainte sévère?
Mme Rouleau : C'est
comme ça en ce moment. Il y a une possible réévaluation, et ça... ça peut
être... OK. Oui. Ça, c'est...
Une voix : ...
Mme Rouleau : Des... Oui,
des exemples. Bien, en fait, on en a parlé préalablement, il peut y avoir une
amélioration de la condition de la personne, il peut y avoir une détérioration
de la condition de la personne. Alors, c'est ce qui permet de... de voir, là,
où elle en est, la personne. Et puis ça peut être... ça peut être annuel, puis
pour certaines personnes, ça peut être... elles peuvent être exemptées selon...
Mme Labrie : Et qu'est-ce
qui serait la norme? Est-ce que c'est plutôt une exception, une révision
annuelle?
Mme Rouleau : ...Certaines
personnes peuvent être exemptées, là, selon leur condition, là. Visiblement, la
condition, elle est... Ce sera comme ça pour toujours, et c'est... c'est une
contrainte sévère, sévère et permanente. Puis il y a des contraintes sévères
qui ne sont pas permanentes. Alors, c'est pour ça qu'il peut y avoir une
évaluation. Et puis c'est... ce sont les... les professionnels de la santé
qui... Tu sais, le professionnel de la santé peut dire : Tu sais, là, je
te donne, je constate, là, je confirme, là, une contrainte sévère de santé,
parce que blablabla, selon ce qui sera diagnostiqué, et reviens me voir dans
deux ans. Ça peut être ça, là.
Mme Labrie : Moi, ça,
que ce soit le professionnel justement qui dise : Voici le délai au terme
duquel je pense qu'il faut réévaluer la situation de la personne, ça me
convient. Là où j'ai un enjeu, c'est que ce qui est écrit ici, ce n'est pas ça.
C'est que c'est la ministre qui peut décider de réévaluer, mais à la limite
quasiment contre l'avis d'un professionnel, tu sais. Donc, moi, je pense que,
si on avait une formulation qui vient dire ici que le professionnel indique
dans son évaluation médicale ou psychosociale le délai autour duquel il faut
faire une réévaluation, bien là, je pense qu'on aurait écrit la bonne chose,
mais ce n'est pas ça qui est écrit.
Mme Rouleau : Mais...
mais il peut y avoir des... des moments où on pose des questions, parce que,
bon, on a 100 000 personnes qui sont en contraintes sévères
aujourd'hui, et en 2023-2024, il y a eu 187 révisions.
Mme Labrie : Donc, ce
n'est pas la norme actuellement de le faire sur tous les dossiers.
Mme Rouleau : Ce n'est
pas... ce n'est pas d'aller à l'encontre des... des diagnostics, des
évaluations médicales et mentales et psychosociales qui... Ce n'est pas aller à
l'encontre, mais c'est une... c'est un... une façon de... de s'assurer que tout
va bien. Parce qu'il y a des gens, là, qui sont impliqués dans tout ça. On a
parlé du réseau régional de... d'accompagnement, on a parlé du plan... du plan
d'accompagnement personnalisé, il y a le travail de... de notre... notre employé
du... du bureau de Services Québec, qui est... qui est à la tête de ça puis
qui... qui... Tu sais, on s'assure que les choses vont bien puis... et puis il
peut y avoir des changements qui... opportuns.
Mme Labrie : Ce que je
comprends de l'intention de la ministre, c'est qu'elle maintient ici la
pratique actuelle, et que dans la pratique actuelle, en vertu des chiffres
qu'elle me donne, l'option, disons, par défaut, c'est de se fier à l'avis du
professionnel qui a fait l'évaluation pour déterminer quand est-ce qu'on
réévalue, et qu'exceptionnellement elle... elle va elle-même demander une
réévaluation. Mais l'option par défaut, ce n'est pas de le faire
systématiquement, là, ou presque. C'est...
Mme Rouleau : Ce n'est
pas systématiquement, mais c'est qu'il était important de clarifier cette
possibilité d'une contrainte sévère, parce que, <dans...
Mme Rouleau :
...c'est
qu'il était important de clarifier cette possibilité d'une contrainte sévère,
parce que, >dans l'expérience qu'on a eue, il y a certains... puis là
c'étaient les médecins, là, qui étaient... qui donnaient cette... qui faisaient
le diagnostic, certains médecins ne... ne comprenaient pas la... n'allaient pas
vers la contrainte sévère, par exemple, ils allaient vers une contrainte
temporaire qui se répétait, qui se répétait, qui se répétait.
Alors que, là, avec les professionnels de
la santé, en... en intégrant la dimension santé mentale et, s'il y a lieu,
psychosociale, bien là, on est capables d'évaluer plus justement, je dirais :
Est-ce que c'est une contrainte sévère ou c'est une contrainte temporaire? Puis
les médecins, ils n'étaient pas capables et ne voulaient peut-être... en tout
cas, je ne veux pas... je ne veux pas juger de ce que le médecin pensait, là,
mais c'est... c'est pour... En tout cas, on a eu des exemples, on a eu des...
des rapports qui nous ont indiqué que c'était parfois difficile pour le médecin
de... de confirmer la... la contrainte sévère. Et là on vient clarifier, tout
simplement.
Mme Labrie : Les gens
qui ont un diagnostic évident ne seront pas soumis à une réévaluation demandée
par la ministre.
Mme Rouleau : Non.
Mme Labrie : Non. OK,
merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Bon. Bien, écoutez, merci de votre collaboration. Il reste deux minutes.
Vous vouliez prendre la parole pour deux minutes? C'est vous, là, moi, il n'y a
pas de souci.
Mme McGraw : Bien, c'est
sûr que j'ai d'autres questions...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Oui, oui, allez-y, Mme... Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : ...alors, pour
poursuivre ma collègue, les questions de la collègue. Donc... donc, juste pour
revenir... donc, l'itinérance, si je comprends bien, être sans-abri, ce n'est
pas nécessairement considéré une contrainte.
Mme Rouleau : L'itinérance
n'est pas une contrainte.
Mme McGraw : Être... L'itinérance
n'est pas nécessairement, en tant que telle... ça ne l'était pas avant, avant
le projet de loi, ni avant ni après.
Mme Rouleau : Ça n'a
jamais été une contrainte.
Mme McGraw : C'est au
cas par cas.
Mme Rouleau : La
personne peut avoir un enjeu de... de santé, de santé mentale, et... et c'est
axé sur la personne.
Mme McGraw : Donc, avec ce
projet de loi, est-ce qu'il y a des changements, des impacts sur une personne
qui est... est en situation d'itinérance?
Mme Rouleau : L'accompagnement.
Le plan... le plan personnalisé d'accompagnement.
Mme McGraw : L'accompagnement.
Oui. Donc, la qualité de l'accompagnement sera meilleure. Et on comprend qu'il
y a un travail à faire, parce que la ministre, elle a partagé que quatre sur 10 personnes
qui vivent... quatre sur 10...
Mme Rouleau : Bien là,
quatre sur...
Mme McGraw : Quatre sur
10 ou six sur 10.
Mme Rouleau : Six sur
10, ou quatre sur 10, ça dépend ce qu'on dit.
Mme McGraw : En tout
cas, de personnes qui vivent l'itinérance ou des potentiels... Est-ce qu'on
peut juste clarifier cette...
Mme Rouleau : Bien, ce
que j'ai dit, là, c'est que chez les personnes dans le... tout le... et toute
notre connaissance des personnes qui sont en situation d'itinérance, six sur
10, donc 60 %, sont prestataires de l'aide de dernier recours. Alors, il y
en a quatre qui ne le sont pas. Peut-être ont-elles besoin de l'aide de dernier
recours, mais n'ont pas demandé cette aide de dernier recours.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Merci. Compte tenu de l'heure...
Mme McGraw : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Je suis désolée. Alors, la commission suspend ses travaux jusqu'à 14 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 04)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Alors,
la Commission de l'économie et du travail reprend ses travaux. Nous poursuivons
l'étude détaillée du projet de loi n° 71, Loi visant à
améliorer l'accompagnement des personnes et à simplifier le régime d'assistance
sociale.
Lors de la suspension de nos travaux ce
midi, nous étions rendus à l'étude de l'amendement proposé par la ministre à l'article 53.1,
introduit par l'article 25 du projet de loi. Est-ce qu'il y avait d'autres
interventions? Oui, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Oui. Merci, Mme
la Présidente. C'était juste pour compléter... d'ailleurs, ma collègue, pour
appuyer ou compléter les questions qu'elle voulait poser. Donc, une autre...
peut-être une dernière là-dessus, c'est... présentement, lorsqu'un enfant... un
enfant avec... qui vit avec un handicap à long terme puis qui devient adulte
risque d'avoir accès aux prestations, qu'il va devenir adulte. Est-ce que,
normalement, le parent qui doit rester proche aidant continuait à avoir des
prestations? Est-ce que c'est... Est-ce que c'est le cas présentement?
Des voix : ...
Mme Rouleau : Je suspends
quelques instants.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Alors, on suspend quelques instants.
(Suspension de la séance à 14 h 05)
(Reprise à 14 h 10)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Mme
la ministre, je pense que vous vouliez ajouter quelque chose. Vous vouliez
ajouter quelque chose?
Mme Rouleau : Bien, en
réponse à Mme la députée, là, les parents avec la prestation spéciale, lorsque
leur... ont une prestation spéciale pour enfant handicapé lorsque l'enfant
handicapé atteint l'âge adulte et devient... il peut devenir prestataire, il
est prestataire avec une... il peut être prestataire avec une contrainte
sévère. Et les parents, puisqu'ils continuent à s'occuper de l'enfant,
maintiennent la prestation de parent avec enfant handicapé et n'ont aucune
démarche supplémentaire à faire.
Mme McGraw : Merci de
clarifier. Et, avec le projet de loi n° 71, on n'anticipe pas de
changement nécessairement à cette approche-là?
Mme Rouleau : Non, non.
Mme McGraw : Parfait.
Peut-être une dernière... de question, en attendant. On a... Suite à la...
pardon, l'amendement de la ministre, ce matin, on a eu une question d'un groupe
qui... beaucoup de groupes qui portent... qui suit nos discussions de très
près. Alors, la question, c'est : Comment on définit l'autonomie
économique par l'emploi? Est-ce que c'est le test de besoins ou de moyens au
PAFDR? Est-ce que les gens vont devoir, par exemple, faire Objectif emploi pour
valider leur incapacité d'atteindre l'autonomie économique? Et, <finalement...
Mme McGraw :
...incapacité
d'atteindre l'autonomie économique? Et, >finalement, comment les pros de
la santé... les professionnels de la santé vont attester de cette incapacité à
assumer son indépendance économique par le travail? Voilà.
Mme Rouleau : D'accord.
Alors... Merci beaucoup, Mme la Présidente. En fait, tout ce qu'on a indiqué
dans ce paragraphe, là, dans l'amendement 53.1, c'est de parler, là, de
l'autonomie économique vers... par l'emploi, simplement pour faire référence au
principe, au premier principe de la loi, parce qu'il y a la loi de l'assistance
sociale, là, qui est... qui existe déjà. Alors, on fait simplement référence à
ce principe qui est... dont la finalité, on parle de la finalité, là, du
programme, qui est de favoriser l'autonomie économique et sociale des personnes
et des familles. Ça fait que c'est dans le tout premier paragraphe de la loi,
c'est une référence qui est faite.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Avez-vous
d'autres interventions, Mme la députée? Non.
Mme McGraw : Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Non plus. D'accord. Alors donc, s'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Alors,
est-ce que l'amendement à l'article 53.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Donc,
l'amendement à l'article 53.1 est adopté. Alors, on va revenir à l'étude
de l'article 53.1. Est-ce qu'on a des interventions? Non, on n'a pas
d'intervention. Alors, est-ce que l'article... Oui. Est-ce que
l'article 25 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Adopté.
Alors, l'article 25 amendé est adopté. Parfait.
Alors, nous allons maintenant passer à
l'article 33, du bloc 5 tout le temps. Alors, je vais laisser la
parole à Mme la ministre.
Mme Rouleau : C'est
l'article 33... puis là je ne sais... je ne sais pas où j'ai mis l'amendement.
Des voix : ...
Mme Rouleau : Alors, Mme
la... Ah! c'est ici. Mme la Présidente, à l'article 33 : Le
chapitre II du titre II de cette loi, comprenant les articles 67
à 73, est abrogé.
L'article 33 du projet de loi abroge
le chapitre II du titre II de la Loi sur l'aide aux personnes et aux
familles, qui comprend les dispositions applicables au Programme de solidarité
sociale... — peux-tu me le trouver, ici? — Programme de
solidarité sociale. Ces dispositions ne sont plus nécessaires en raison de la
fusion de ce programme avec celui du Programme d'aide sociale.
Et j'ai un amendement à apporter.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Alors, vous allez déposer l'amendement?
Des voix : ...
Mme Rouleau : Ah! OK. Il n'y
a pas d'amendement.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Il
n'y a pas d'amendement. D'accord. Est-ce qu'on a des interventions sur
l'article 33? Pas d'intervention. Alors, s'il n'y a pas d'intervention,
est-ce que l'article 33 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Adopté.
Alors, l'article 33 est adopté.
Nous allons passer maintenant à
l'article 51.
Des voix : ...
Mme Rouleau : Je suspends
deux minutes, Mme la...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
On suspend deux minutes.
(Suspension de la séance à 14 h 15)
(Reprise à 14 h 17)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Alors, nous sommes de retour. Donc, on était rendus à l'article 51. Est-ce
qu'il y a des interventions?
Mme Rouleau : OK. Je l'ai...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Ah
non? Il faut que... Ah! vous avez un amendement?
Mme Rouleau : Non, il n'y a
pas d'amendement.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Il
n'y a pas d'amendement. OK, d'accord, il faudrait que vous nous lisiez
l'article.
Mme Rouleau : Je vous lis
l'article, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Je
suis désolée, je vais trop vite.
Mme Rouleau : À l'article 51 :
L'article 133 de cette loi est abrogé.
L'article 51 du projet de loi abroge
l'article 133 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles, lequel
regroupe la liste des habilitations réglementaires pour l'application du Programme
de solidarité sociale. Cet article ne sera plus nécessaire en raison de la
fusion du Programme d'aide sociale avec le Programme de solidarité sociale, en
concordance avec l'article 20 du projet de loi, qui établit le nouveau
programme.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Est-ce
que nous avons des interventions sur cet article? Donc, pas d'intervention.
Alors, est-ce que l'article 51 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Adopté.
Alors, l'article 51 est adopté.
L'article 52. Donc, Mme la ministre,
il faut que vous le lisiez.
Mme Rouleau : Merci, Mme la
Présidente. L'article 52 : L'article 133.2 de cette loi est
modifié :
1° par le remplacement, dans le
paragraphe 1°, de «à l'emploi et être prestataire du Programme de
solidarité sociale» par «de santé et être prestataire du Programme d'aide
financière de dernier recours»;
2° par le remplacement, dans le
paragraphe 2°, de «à l'emploi» par «de santé».
L'article 52 du projet de loi modifie
l'article 132... 133.2 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles,
lequel regroupe la liste des habilitations réglementaires pour le Programme de
revenu de base.
Cette modification est nécessaire afin de
tenir compte de la fusion du Programme d'aide sociale avec le Programme de
solidarité sociale et du remplacement des contraintes sévères à l'emploi par
des contraintes sévères de santé, en concordance avec d'autres articles du
projet de loi.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des interventions? Non. Alors, est-ce que l'article 52
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Adopté. Alors, l'article 52 est adopté.
Article 38. Mme la ministre.
Mme Rouleau : Oui, Mme la
Présidente, 38. À l'article 38 : L'article 83.18 de cette loi
est modifié :
1° par la suppression du premier
alinéa;
2° par le remplacement, dans le
deuxième alinéa, de «le premier alinéa» par «l'article 47».
L'article 38 du projet de loi modifie
l'article 83.18 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles à des
fins de concordance avec les modifications apportées par les articles 23
et 33 du projet de loi.
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...sur
l'article 38? Non. Alors, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 38 est adopté?
Des voix : Adopté.
• (14 h 20) •
La Présidente (Mme Schmaltz) : Adopté.
Alors, l'article 38 est adopté.
Article 36. Mme la ministre.
Mme Rouleau : À l'article 36,
Mme la Présidente : L'article 83.15 de cette loi est modifié par le
remplacement de «à l'emploi» par «de santé».
L'article 36 du projet de loi modifie
l'article 83.15 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles afin de
remplacer la référence aux contraintes temporaires à l'emploi par celle de
contraintes de santé, en concordance avec la modification apportée par
l'article 25 du projet de loi.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Y
a-t-il des interventions sur l'article 36? Non. Alors, s'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'article 36 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Adopté.
Alors, l'article 36 est adopté.
Maintenant, nous avons... En fait, nous allons
à l'article 28, mais nous devons demander le consentement pour reprendre
l'étude de l'article 28, qui avait été suspendue précédemment. Alors,
est-ce qu'il y a consentement pour reprendre l'étude de l'article 28?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Alors, Mme la ministre.
Mme Rouleau : Alors, je
reprends la lecture de l'article 28. À l'article 28 : L'article 57
de cette loi est modifié, dans le premier alinéa :
1° par l'insertion, dans ce qui <précède...
Mme Rouleau :
...
L'article 57 de cette loi est modifié, dans le premier alinéa :
1° par l'insertion, dans ce qui
>précède le paragraphe 1° et après «adulte», de «quiconque habite,
son père, sa mère, ses parents ou l'un d'eux et»;
2° — et c'est l'objet de
cette... de la discussion — par l'ajout, à la fin, du paragraphe
suivant :
«9° recevoir une allocation pour
contraintes sévères de santé.»
L'article 28 du projet de loi
modifie... L'article 28 du projet de loi modifie l'article 57 de la
Loi sur l'aide aux personnes et aux familles afin que les règles relatives à la
contribution parentale ne s'appliquent que si l'adulte cohabite avec un de ses
parents ou les deux.
Quant au paragraphe 2° de
l'article 28, il prévoit que les règles relatives à la contribution
parentale ne s'appliquent pas lorsque l'adulte reçoit une allocation pour
contrainte sévère de santé, qu'il cohabite ou non avec ses parents ou l'un
d'eux, comme c'est déjà le cas actuellement. Cette modification est effectuée à
des fins de concordance.
Et j'ai un amendement à apporter, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Alors, on va aller le... Il a été déposé sur Greffier? Il va l'être dans
quelques secondes.
Mme Rouleau : Ça fait que... OK.
Bien, c'est parce que... Alors, article 28, article 57 de la Loi sur
l'aide aux personnes et aux familles : Insérer, après le
paragraphe 1° de l'article 28 du projet de loi, le paragraphe
suivant :
«1.1° par le remplacement, dans le
paragraphe 7°, de «un rapport médical; ce rapport peut être remplacé par
un rapport écrit, constatant la grossesse, signé par une sage-femme et
indiquant le nom et la date de naissance de l'adulte, le nombre de semaines de
grossesse et la date prévue pour l'accouchement» par «l'attestation médicale
prévue au paragraphe 2° de l'article 53;».
Il s'agit d'un amendement de concordance
avec les modifications apportées à l'article 53 de la Loi sur l'aide aux
personnes et aux familles par l'article 25 du projet de loi afin que l'attestation
de grossesse prévue à cet article, incluant les personnes habilitées à la
rédiger ainsi que son contenu, s'applique également pour démontrer que la
personne n'est pas assujettie à une contribution parentale en raison de son
état de grossesse.
La Présidente (Mme Schmaltz) : On
a des interventions sur l'amendement? Pas d'intervention. Alors, est-ce que
l'amendement de l'article 28 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Adopté.
Parfait. Alors, l'article 28. Bon, est-ce qu'il y a des interventions sur
l'article 28? Non plus. Oui, il y en a une. Parfait. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Merci. C'est un
pas en avant, cette modification-là à l'article 57 du... de la loi, mais
dans les consultations particulières, on a entendu certaines personnes nous
suggérer qu'on pourrait tout simplement abolir la notion de contribution
parentale. D'abord, on nous a dit qu'il y avait peu de personnes qui étaient
touchées en réalité. Selon l'information que j'ai ici, c'est 377 personnes
qui étaient réputées recevoir une contribution parentale. Et aussi ça
simplifierait l'ensemble du système.
Mme Rouleau : Mme la
Présidente, cet article sur la contribution parentale a déjà été adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Ah!
bon. D'accord.
M. Paradis : ...est-ce qu'on
n'est pas à l'article 28 du projet de loi qui modifie l'article 57?
C'est ce qu'on est en train de regarder?
Mme Rouleau : ...la
discussion a eu lieu, mais...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Bon...
Oui. À ce moment-là, on peut peut-être juste répondre rapidement au député de Jean-Talon,
mais ça a... je vous rappelle, ça a été discuté déjà auparavant.
Mme Rouleau : La question
étant?
Des voix : ...
Mme Rouleau : L'objet de
cet... de ce changement au niveau de la contribution parentale, c'est une
contribution <parentale...
Mme Rouleau :
...L'objet
de cet... de ce changement au niveau de la contribution parentale, c'est une
contribution >parentale... la... une abolition partielle pour... Parce
que, bon, d'abord c'est pour aider des jeunes qui sont en situation difficile,
qui sortent d'un foyer, qui sortent, parfois, de la DPJ, qui n'ont... qui ont...
qui ont peu de ressources, et à qui on disait, malgré les situations qu'ils ont
pu vivre, on leur disait : Bien, retourne voir tes parents pour voir s'ils
peuvent t'aider financièrement, et ça, ça causait des drames vraiment
difficiles, extrêmement difficiles.
Alors, pour éviter ces situations-là, on
abolit partiellement la contribution parentale, qui représente un plus grand
nombre de jeunes. Et pour des jeunes qui vivent chez leurs parents, qui ont
déjà le soutien des parents, bien, l'abolition n'est pas... n'est pas requise.
M. Paradis : C'est, de fait,
un pas en avant, mais là, ici, on ajoute... on spécifie encore plus, hein, donc
«qui cohabite avec son père, sa mère, ses parents ou l'un d'eux et qui ne
remplit aucune des conditions suivantes», etc. Un des objectifs du projet de
loi, c'est de simplifier l'ensemble du processus. Et ce qu'on a entendu, en
consultations particulières, c'est que, dans le cas de cet article-ci, au lieu
de continuer à complexifier, on pourrait tout simplement abolir cette
notion-là, parce que, d'abord, on présume encore que, dans certains cas,
lorsqu'il y a cohabitation, il y a nécessairement une contribution parentale,
ce qui n'est pas toujours le cas.
Donc, on présume. La loi dit : Bien,
si vous cohabitez avec un parent, bien, donc, il y a une contribution
parentale, c'est pour ça qu'on va diminuer par ailleurs. On nous dit : Ce
n'est pas toujours vrai, et, deuxièmement, simplifions plutôt que de continuer
à complexifier. Et, comme je le mentionnais tout à l'heure, on disait : De
toute façon, il y a très peu de personnes qui sont touchées par ces mesures-là.
Alors, est-ce qu'on pourrait, au lieu d'ajouter des critères, simplifier et
abolir la contribution parentale présumée, peu importe qu'il y ait cohabitation
ou pas?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Mme
la ministre.
Mme Rouleau : On a répondu à
un enjeu qui nous est apparu vraiment, extrêmement important, c'est celui de
jeunes qui sortent d'un milieu difficile, d'un centre... de la DPJ ou... parce
que c'est beaucoup dans... dans ces circonstances-là, là, c'est la grande
majorité, des jeunes qui, s'ils n'ont pas... s'ils ne peuvent pas obtenir
l'aide de dernier recours, vont se retrouver à la rue. Alors, c'est vraiment
d'aider ces jeunes, et ce n'est pas de complexifier, c'est de plutôt
simplifier, de ne pas obliger ce jeune. Et même pour les personnes qui
travaillent au sein de nos... de nos organisations, de nos bureaux de Services
Québec, d'être obligées de dire à ce jeune : Va, va voir ton père ou ta
mère pour obtenir la signature, s'ils acceptent de contribuer à tes besoins
encore, ça, c'était dur, c'est dur humainement. Et pour le jeune, bien, c'était
catastrophique. Et il pouvait... il pouvait y avoir des conséquences
dramatiques à ça.
• (14 h 30) •
Alors, c'est à ça qu'on répond en
abolissant, pour les jeunes qui n'habitent pas chez leurs parents, la
contribution parentale. Et s'ils habitent chez leurs parents, bien, ce n'est
pas plus compliqué, ils habitent chez leurs parents.
M. Paradis : Puis les
situations dont vous parlez, là, sont... sont réelles. Mais, encore une fois,
donc, on ajoute là, on ajoute une couche dans l'article, en disant : Bien
là, s'il y a tel critère qui s'applique, on est dans cette possibilité-là, s'il
y a d'autres critères qui s'appliquent, on est dans d'autres possibilités.
Encore une fois, il n'y a pas beaucoup de personnes qui sont... qui sont touchées.
Est-ce qu'on... Est-ce que la ministre serait prête à considérer de tout
simplement abolir cette notion-là de la contribution parentale présumée qui, encore
une fois, en réalité, qu'on cohabite ou pas... Parce qu'ici, là, on ajoute le
critère de la cohabitation, c'est un pas en avant, mais même là, même quand on
cohabite, il est possible qu'il n'y ait pas réellement de contribution
parentale. Je ne sais pas si la ministre en convient, mais il y a plusieurs...
il y a plusieurs cas répertoriés où, bien, malheureusement, on disait :
Bien, le parent devrait être en train de contribuer, mais non, il ne contribue
pas...
14 h 30 (version révisée)
M. Paradis : ...devrait être
en train de contribuer, mais non, il ne contribue pas.
Mme Rouleau : C'est en
cohérence avec d'autres mesures, là, les études, contributions aux études...
aux études scolaires. Et à mon... à mon avis, ce n'est pas de complexifier, c'est
plutôt... Et je pense que ça a été très bien accueilli, parce que j'ai entendu
beaucoup de commentaires très positifs sur cet... ce changement-là, c'est d'aider
les jeunes. C'est une question de principe, ce n'est pas une question de
nombre, c'est une question de principe. C'est d'aider ces jeunes qui, sinon, si
on n'agit pas de manière aussi conséquente, bien, pourraient se retrouver dans
des situations très fâcheuses.
M. Paradis : Bien, vous dites
que ça a été plutôt bien accueilli, c'est vrai. Je le répète, là, puis je veux
le reconnaître, il y a un pas en avant qui est réalisé. Mais le Collectif pour
un Québec sans pauvreté et le Front commun des personnes assistées sociales du
Québec sont deux organisations qui sont venues nous proposer spécifiquement d'abolir
cette notion-là de la contribution parentale présumée, qui n'est pas toujours
réelle, parce que, justement, ce n'est pas toujours le cas. On ajuste les
prestations en présumant qu'il y a une contribution parentale dans la loi, mais
ce n'est pas toujours le cas. Et deuxièmement, parce que, si c'est vrai que,
oui, on a un pas vers la simplification, le véritable pas en avant pour la
simplification serait d'enlever ce critère-là dans le calcul des prestations.
Mme Rouleau : Je n'ai plus d'autre
commentaire, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Alors,
est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 28? Non. Alors,
est-ce que... tel qu'amendé, pardon. Alors, est-ce que... S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article tel qu'amendé, l'article 28 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Adopté.
Alors, l'article 28 amendé est adopté. Article 37. Mme la ministre.
Mme Rouleau : L'article 37.
À l'article 37 : L'article 83.17 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier
alinéa de «à l'emploi au sens de l'article 70 et est prestataire du Programme
de solidarité sociale» par «de santé et est prestataire du Programme d'aide
financière de dernier recours»;
2° par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, de «à l'emploi» par «de santé».
L'article 37 du projet de loi modifie
l'article... 83.17 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles à des
fins de concordance avec les modifications apportées par les articles 19,
20 et 25 du projet de loi. En effet, l'article remplace la référence au fait d'avoir
une contrainte sévère à l'emploi et d'être prestataire du Programme de
solidarité sociale par celle d'avoir une contrainte sévère de santé et d'être
prestataire du programme d'aide financière de dernier recours. De plus, l'article
remplace la référence aux contraintes temporaires à l'emploi par celle de
contraintes de santé.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 37.
Est-ce qu'on a... l'article 37, est-ce qu'on a des interventions? Donc, il
n'y a pas d'intervention sur 37? Non. Alors, est-ce que l'article 37 est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Adopté.
L'article 37 est adopté. Oui, vous avez un amendement.
Mme Labrie : Mme la
Présidente, j'aurais un article 37.1 à intégrer.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Parfait. Merci. Je m'excuse, j'ai un petit peu inversé là. C'est ça, c'est un
nouvel article qui s'insère après l'article 37. Alors, l'amendement, c'est
l'article 37.1, c'est ça, hein? OK. Parfait.
On va suspendre juste quelques instants, s'il
vous plaît.
(Suspension de la séance à 14 h 36)
(Reprise à 14 h 43
)
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Parfait. Alors, nous sommes de retour. La députée de Sherbrooke, vous aviez un
article que vous vouliez ajouter à l'article 37, article 37.1, c'est
ça?
Mme Labrie : C'est exact, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Mme Labrie : Merci. Donc, je
vais en faire la lecture, article 37.1 : L'article 177.43 du Règlement
mentionné à l'article 83.17 de cette loi est modifié par la modification
de «66» pour «36» et de «72» par «48».
Le nouveau règlement 177.43 se lira
ainsi : «Une personne est admissible au Programme de revenu de base
lorsque, depuis 36 mois au cours des 48 derniers, elle présente des
contraintes sévères à l'emploi et elle est prestataire du Programme de
solidarité sociale en tant qu'adulte.»
L'objectif de cet... de ce nouvel article
est de réduire le délai avant d'atteindre une admissibilité au Programme de
revenu de base. Écoutez, moi, à la lumière de ce que j'ai entendu en
commission, de ce que j'entends sur le terrain depuis plusieurs années, bien
avant de porter le dossier de la solidarité sociale, une chose qui est très
claire, c'est que le Programme de revenu de base, il faut en élargir l'accès. C'est
la façon de sortir les gens de la pauvreté.
J'aurais pu adopter une stratégie d'obstruction
parlementaire et déposer amendement après amendement pour tenter d'abord l'élargissement
au revenu de base à tout le monde puis, après ça, réduire, réduire la fenêtre,
réduire le délai. J'aurais pu déposer 50 amendements successifs en
réduisant toujours la fenêtre. Là, ce n'est pas mon genre. Je sais à qui je
fais face, donc, je m'essaie avec une proposition de compromis ici, bien que je
pense, au fond de mon cœur, que la meilleure politique publique, ce serait l'élargissement
de l'accès au revenu de base pour toute personne... ou, au minimum, pour toute
personne à qui on reconnaît une contrainte. Ce que je propose ici, c'est pour
moi un compromis, puis ça me fait comme je me marche dessus, là, mais j'essaie
de proposer quelque chose qui pourrait faire l'affaire. Après 36 mois,
avec une contrainte sévère à l'emploi, il me semble que, la personne, on peut
interpréter qu'elle devrait être sur le revenu de base.
Ce que nous a dit François Blais, qui
avait mis sur pied le revenu de base à l'époque, c'est essentiellement qu'il
avait tiré le 66 mois de son chapeau, là. Il n'y avait aucune étude, aucun
fondement pour baser ça sur 66 mois sur 72, simplement que c'était assez
longtemps à son goût. Puis on peut peut-être lire entre les lignes même que ça
faisait en sorte que ça entrait en vigueur après que son gouvernement ne serait
plus au pouvoir, ce qui l'arrangeait peut être au point de vue financier. Mais,
en tout cas, moi, ce que je constate, c'est qu'on maintient très longtemps des
gens dans une zone entre les deux alors qu'ils vont finir par y arriver de
toute façon. On fait seulement les... les mettre dans une situation de pauvreté
plus longtemps en attendant de les rendre admissibles.
Donc, c'est l'objectif de mon amendement,
puis j'aimerais vraiment entendre la ministre là-dessus, parce qu'elle est
consciente de l'impact de l'accès au Programme de revenu de base sur l'amélioration
de la qualité de vie des gens et sur la sortie de l'extrême précarité que ça
représente. Et j'aimerais l'entendre sur cette proposition-là. Puis, comme je
vous dis, j'ai mis 36 mois et 48, comme base de discussion. Je suis très
ouverte à ce qu'on modifie ces chiffres-là. L'objectif que j'ai, c'est qu'on
réduise le délai pour l'accès au revenu de base.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Des interventions, Mme la ministre?
Mme Rouleau : Bien, j'apprécie
les commentaires de la députée puis de préciser qu'elle ne veut pas éterniser
le débat non plus. Je comprends très bien d'arriver <avec une telle...
Mme Rouleau :
...les
commentaires de la députée, puis de préciser qu'elle ne veut pas éterniser le
débat non plus. Je comprends très bien d'arriver >avec une telle... une
proposition semblable, là, je comprends ça. Il faut revenir à l'objectif du
programme... Programme de revenu de base, qui est vraiment de sortir de la
pauvreté des personnes qui ont des contraintes sévères, persistantes. Là, on
est en train de modifier le régime d'assistance sociale au complet, on parle de
contraintes de santé, contraintes de santé et contraintes sévères. Contraintes
sévères ne sont pas toujours persistantes, même dans la contrainte de... en
fait, la contrainte... la contrainte sévère peut durer un an, deux ans. Une
personne qui a un cancer, une personne qui a tel, tel événement de santé
physique ou mentale ou... et, s'il y a lieu, psychosociale.
On a mis en place le Programme de revenu
de base. Je relève que vous... tu sais, on pourrait... on pourrait s'engager
sur quelque chose, puis : Ah! ce ne sera pas moi qui va le mettre au monde
alors ce n'est pas grave. Je pourrais dire ça d'un ancien gouvernement qui a...
qui a réfléchi auPRB puis qui n'a pas eu à le faire. Nous, on l'a fait, on l'a
mis... on l'a mis en place, mais depuis le 1er janvier 2023. Alors, ça
fait un an et quelques, là, que le Programme de revenu de base est en place
vraiment, fonctionne. Le basculement des personnes en solidarité sociale qui
avaient atteint le point de bascule, là, ça s'est fait rapidement,
correctement. Et puis on est en... on est en train, là, d'évaluer. Mais on n'a
même pas l'évaluation complète, là, parce que ça prend... c'est en 2027 qu'on
aura l'évaluation complète du PRB et de qu'est-ce qui va très bien, qu'est-ce
qui va moins bien, est-ce qu'il y a des ajustements à faire.
Alors, avant d'aller dans un ajustement
semblable... Et je comprends ce que vous dites, là, peut-être qu'on arrivera à
ça, peut-être pas. Parce que là ce qu'on... selon toutes les données, là, la
contrainte sévère qui n'est pas nécessairement persistante, on se rend jusqu'à
66 mois pour arriver à ce moment où c'est réellement persistant. Parce
qu'il y a des sorties, de l'aide entre-temps, après ça, après 66 mois, il
n'y en a presque plus. Alors, c'est dans ce contexte-là, c'est pour ça que
cette décision-là avait été prise à l'époque. Puis vous étiez... vous avez
entendu tous les commentaires de M. Blais, alors c'est... c'est ce qui a été
déterminé. Ça fait que... Et c'est vraiment pour aider des personnes qui ont
des contraintes qui... des contraintes très sévères, là, persistantes. Ça fait
que c'est ça l'objectif du Programme de revenu de base.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Mme
la députée.
• (14 h 50) •
Mme Labrie : Il me semble
quand même qu'on n'a pas besoin d'attendre 66 mois pour considérer qu'une
contrainte est persistante. La réflexion qui avait été faite à l'époque, c'est
de se dire : Avant de mettre une personne sur ce programme-là, on va
attendre d'être certains que plus jamais elle ne sera capable d'avoir un revenu
d'emploi suffisant pour vivre, à lui seul. Essentiellement, c'est ça, la
réflexion. Mais je ne vois pas pourquoi on se limiterait à ça, en fait, pour
quelle raison on s'empêcherait de donner accès à un programme à une personne
qui a une contrainte sévère, alors que, si elle n'y est plus admissible, à un
moment donné, au Programme de revenu de base, elle en sortira. Pourquoi il faut
absolument que les gens qu'on rend admissibles, on soit quasiment certains
qu'ils n'en sortiront jamais? C'est quoi, ce principe-là? Je ne comprends pas
pourquoi, c'est ça, la réflexion qui a été faite. Il n'y a rien qui nous
empêche de dire : Les personnes qui ont une contrainte... Là, on parle de
contraintes sévères ici, là. Je vous l'ai dit, moi, moi, je l'élargirais
beaucoup plus que ça.
Mais là ce dont on parle, c'est de
personnes qui ont une contrainte sévère, parce que j'essaie de vous proposer
quelque chose qui va vous apparaître raisonnable, des gens qui ont une
contrainte sévère pendant 36 mois, ça fait déjà trois ans, ils ont une
contrainte sévère. Moi, je trouve déjà qu'après 36 mois on peut trouver
que c'est persistant. Honnêtement, j'ai <le goût de dire...
Mme Labrie :
...pendant
36 mois, ça fait déjà trois ans, ils ont une contrainte sévère. Moi, je
trouve déjà qu'après 36 mois on peut trouver que c'est persistant.
Honnêtement, j'ai >le goût de dire : Donnons-leur accès. Puis, si,
dans trois ans, finalement, là, elles vont mieux puis qu'elles n'ont plus accès
ou qu'elles n'ont plus besoin du Programme de revenu de base, bien, tant mieux,
elles en sortiront. Ce n'est pas grave. Pourquoi on se... on s'enferme dans
cette idée-là qu'il faudrait absolument que, quand quelqu'un a accès au
Programme de revenu de base, il faudrait qu'elles y soient admissibles pour
toujours?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Mme
la ministre.
Mme Rouleau : Oui. Bien,
lorsque ce programme a été pensé, c'était pour répondre aux besoins. D'abord,
les organismes l'ont dit, il y a des gens qui sont oubliés, il y a des gens qui
sont oubliés dans le système. Il y a des gens qui ne pourront jamais, ne
pourront pas avoir, tu sais... bien, je ne pourrai même pas dire : Ne
pourront pas intégrer, parce que, même dans le PRB, il y a des gens qui peuvent
quand même travailler un certain nombre d'heures et avoir une certaine
intégration, mais ce sont des personnes qui étaient mises sur la voie de
garage. Et c'est pour répondre à ce besoin-là puis à la demande des organismes.
On voit que ça fonctionne, on dit : Bien, ça pourrait être pour tous. Non,
ça ne peut pas être pour tous. Parce que ce qu'on est en train de faire, c'est
justement d'améliorer le système qu'on a actuellement, qui était d'ordre plutôt
punitif, on humanise énormément, on améliore des... on améliore, par
l'accompagnement, les prestations des gens, parce qu'ils sont accompagnés puis
ils vont pouvoir embarquer, là, s'impliquer dans une démarche.
Et je pense qu'il faut laisser le temps au
PRB aussi, au Programme de revenu de base. Il est tout neuf. Il y a des choses
qui fonctionnent, il y a peut-être des choses qui fonctionnent moins bien,
alors... Et cette... la durée, c'est ce qui a été établi, parce que c'est ce
qui démontre qu'après un certain temps il n'y en a plus, de sortie, là, les
gens n'arrivent pas, alors... et c'est à 66 mois sur 72.
Mme Labrie : Exact. Bien,
c'est précisément ce que je disais. Pourquoi on a pris cette décision-là sur la
base du principe qu'il fallait choisir le moment où il n'y aurait plus de
sortie?
Mme Rouleau : Parce que, sans
ça, ces gens-là... C'est un programme qui a été pensé pour les gens qui ont
plus de difficultés et pour les aider à sortir de la pauvreté puis de leur
donner certains moyens. Avant ça, il y a encore d'autres possibilités. C'est
pour ça. Puis ces gens-là, qui sont 84 000, là, autour de ça, ont...
étaient sur une voie de garage, je m'excuse de le dire comme ça, mais c'était
ça, là. Et puis nous, comme société, pas juste notre gouvernement, mais comme
société, on dit : Bien, il faut prendre soin de ces gens-là. Puis, comme
gouvernement, on l'a fait, ce qui fait que le Québec est en avant-garde si on
se compare à d'autres, d'autres provinces ou d'autres nations dans le monde.
Mme Labrie : Des gens sur une
voie de garage, il y en a vraiment beaucoup, là. Il n'y a pas juste les gens
qui ont accès au revenu de base en ce moment qui étaient sur une voie de
garage, là, il y a des gens qui... à qui on ne reconnaît aucune contrainte en
ce moment, qui sont sur une voie de garage. Il y a des gens à qui on reconnaît
une contrainte temporaire depuis des années qui sont sur une voie de garage. Puis
il y a des gens à qui on reconnaît une contrainte sévère, depuis des années, aussi
qui sont encore sur une voie de garage. Ces gens-là mériteraient de vivre
dignement aussi. Je ne vois pas pourquoi on se dirait : Ah! on ne leur
permettra pas d'avoir accès à des conditions qui permettent de vivre dignement,
parce que ça ne sera pas... ça ne sera pas nécessairement pour toujours qu'ils
vont être dans cette situation-là, ce n'est pas grave.
J'ai le goût de dire : Tant mieux si
le programme qu'on offre aux gens leur permet de sortir de la pauvreté puis
qu'à un moment donné ils ne sont plus admissibles. C'est déjà prévu, là, hein,
qu'il y a des gens qui, à un moment donné, pourraient être débarqués du revenu
de base, il y a des conditions de réadmission qui existent. Ça existe, là,
c'est possible. Donc, je ne comprends pas pourquoi... Tu sais, à ce niveau-là,
c'est idéologique de dire : On veut absolument que ça soit exceptionnel qu'une
personne soit capable de sortir du revenu de base quand on lui donne accès. Ça,
c'est un choix idéologique, qui n'est même pas celui de la CAQ, <à vrai
dire...
Mme Labrie :
...qu'une
personne soit capable de sortir du revenu de base quand on lui donne accès. Ça,
c'est un choix idéologique, qui n'est même pas celui de la CAQ, >à vrai
dire, parce que ce n'est pas ce gouvernement-là qui a élaboré les modalités,
c'est un choix idéologique qui a été fait dans le passé.
Puis la CAQ a fait ça à de nombreuses
reprises, avoir des opinions qui divergent de ce qui avait été fait dans le
passé puis faire des réformes pour changer d'approche, là. Sur un paquet de
choses, dans un paquet de ministères, il y a eu des changements d'approche qui
ont été faits.
Mme Rouleau : Peut-on revenir
au règlement?
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...
Mme Labrie : Moi, c'est ce
que je propose de faire ici. Je propose de changer d'approche, parce que
l'idéologie qui a mené au choix de 66 mois sur 72 reposait sur : Il
faut que, quand la personne est admissible, elle n'en sorte plus jamais, et ça
ne... ça ne se justifie pas du point de vue de la dignité des gens dont on
devrait prendre soin.
Moi, je vous propose ici de réduire ce
délai-là. On pourrait réfléchir à d'autres façons de le faire aussi. On
pourrait se dire : Peu importe le programme sur lequel les gens sont,
s'ils y sont depuis 66 mois, ils devraient avoir accès au revenu de base,
là. Qu'ils aient eu des contraintes ou pas, on s'entend que, si, après 66 mois,
la personne est encore là, les statistiques sont probablement très, très
élevées pour dire qu'elle va rester là, hein, sur l'aide sociale, si, après 66 mois,
elle est encore là. Les statistiques montrent qu'après 66 mois d'aide
sociale on va y rester longtemps. Ça fait que tant qu'à ça, tant qu'à être sur
une voie de garage à ce point-là, comme la ministre le dit, pourquoi...
pourquoi on ne les amène pas directement au revenu de base, si c'est ça, le
critère idéologique qu'on se fixe? Il n'y a pas de cohérence là-dedans, là.
Donc, moi, c'est ce que je propose ici,
puis je ne me satisfais pas d'entendre qu'on va juste laisser faire ce qui a
été déterminé par un précédent gouvernement sans se demander... Tu sais, moi,
je ne demande pas ici de réformer l'ensemble du Programme de revenu de base,
là, je comprends que ça ne fait pas des années qu'il est en vigueur puis qu'on
n'est pas rendus à en faire une refonte complète, mais on parle d'un critère
d'accès, là, en ce moment, ici, on veut réduire une durée avant d'être
admissible. Ça n'empêche en rien, là, que les autres critères vont tous
continuer de s'appliquer. Puis, si la personne, après un certain temps, bien,
n'est plus admissible, bien, elle ne le sera plus puis elle débarquera du
revenu de base. Ça voudra dire qu'on l'a aidée à se sortir de cette situation
de vulnérabilité là, puis on sera heureux de l'avoir aidée à en sortir puis
qu'elle ne soit plus sur le revenu de base ni sur aucun programme.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Mme
la ministre.
Mme Rouleau : Oui. Bon, bien,
au début, je trouvais que Mme la députée était gentille, mais là elle l'est un
petit peu moins en prétendant qu'on change d'avis sur certaines idéologies, pas
du tout. Parce que, d'une part, avec la modernisation de la loi, du régime
qu'on fait à l'heure actuelle, on élargit l'accessibilité, on améliore
l'accessibilité au Programme d'aide sociale. On élargit le nombre... en fait,
les professionnels de la santé qui pourront donner un diagnostic. On élargit
avec... en parlant de santé, l'accès au régime pour les gens.
Alors, je pense qu'on est plutôt bons dans
ce qu'on fait, puis on sait... on sait où on s'en va, puis on ne veut laisser
personne derrière, ça, on l'a dit assez souvent. Puis mon prédécesseur,
l'ancien ministre du Travail, Solidarité... Emploi, Solidarité sociale, est-ce
que je peux le nommer, le ministre Boulet...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
on peut le nommer, hein? Oui.
Mme Rouleau : ...oui, Jean
Boulet, qui a travaillé par règlement, parce que c'est... Ce que vous... ce que
vous demandez, c'est par règlement, ce n'est pas dans la loi, ce n'est pas par
la loi qu'on peut le faire.
• (15 heures) •
Mme Labrie : ...par la loi,
pareil.
Mme Rouleau : Mais on...
c'est par règlement que ça se fait. Il a déjà fait des modifications, là, en
2021, sur comptabiliser les mois où les prestataires inadmissibles au Programme
de solidarité sociale ont bénéficié du carnet de réclamation. Il a travaillé
sur le <i>supplément pour enfant handicapé qui nécessite des soins
exceptionnels, avec le programme SEHNSE, les rentes d'invalidité provinciales
ou fédérales qui viennent s'ajouter.
Alors, il y a des gestes qui sont posés
pour améliorer le sort des gens. Et là ce que vous amenez comme amendement pour
modifier les délais, ça ne s'applique pas dans la loi. Ça pourrait se faire par
règlement. Il faut voir tous les impacts que ça a, parce que ça a des impacts
certains sur bien des choses. Alors, par règlement, mais ça ne se fera pas ici
aujourd'hui. Puis je ne prendrai pas de décision ici aujourd'hui sur des
changements sur la durée.
Mme Labrie : La ministre peut
nous dire qu'elle ne veut pas le faire, ça, c'est une chose. Bien sûr qu'on
pourrait changer ça par règlement, mais on peut aussi le faire dans la loi. Si
elle pense qu'on ne peut pas le faire dans la loi, comme je le fais par
amendement, je l'invite à soulever l'enjeu de la recevabilité de mon amendement
auprès de la présidence. Mais cet amendement-là, j'ai le droit de le faire ici,
après ça, elle a le droit de dire non. Mais c'est possible de changer un règlement...
15 h (version révisée)
Mme Labrie : ...recevabilité
de mon amendement auprès de la présidence, mais, cet amendement-là, j'ai le
droit de le faire ici. Après ça, elle a le droit de dire non, mais c'est
possible de changer un règlement par une loi.
Moi, je fais un amendement pour ça. Ça
fait que, quand il y a refus de le faire, c'est un refus qui est une position
politique. Ce n'est pas un refus technique, là, sur l'incapacité qu'on a de
procéder ici. On peut le faire.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Écoutez,
moi, je pense qu'on devrait éviter, là, aussi de tomber dans ce genre d'échange,
là, de mettre des mots dans la bouche ou des pensées.
Là, on est à votre... on est à l'article 37.1.
Alors, moi, ce que j'invite... je voudrais savoir : Est-ce que vous avez d'autres
interventions là-dessus, sur votre... votre amendement... votre article?
Mme Labrie : Oui, j'ai d'autres
interventions, parce que la ministre a laissé entendre qu'elle ne voulait pas
le faire ici, qu'elle n'était pas prête à prendre une décision là-dessus, mais
moi, je veux savoir c'est quoi, les réflexions qu'elle a là-dessus.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Mme la ministre.
Mme Rouleau : Je n'ai
pas de réflexion là-dessus aujourd'hui, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Parfait. Donc, j'ai entendu votre réponse.
Mme Labrie : Donc, il n'y
a aucune réflexion en cours du côté du ministère pour l'élargissement de l'accès
au <i>programme du revenu de base?
Mme Rouleau : Bien, c'est
ce que j'ai mentionné tantôt, c'est qu'il y a une évaluation du programme qui
doit se faire. On ne peut pas agir sans évaluation, sans avoir l'ensemble des
données. C'est un programme qui a été mis en place tout récemment, le 1er
janvier 2023, qui comporte beaucoup d'éléments. Et l'évaluation est en cours,
et on aura les résultats en 2027. Mais je ne peux pas m'avancer sur absolument
rien aujourd'hui sans avoir les informations pertinentes.
Mme Labrie : C'est quand
même curieux, parce que la ministre vient de dire que son prédécesseur du même
gouvernement est allé modifier des choses par règlement par rapport au revenu
de base. Puis il n'a pas attendu que cette évaluation-là ait lieu, là, il l'a
fait même si le programme était tout récent. Il ne s'est pas empêché de le
faire parce qu'il fallait attendre un certain nombre d'années.
Mme Rouleau : En 2020‑2021,
le programme n'était pas en place encore.
Mme Labrie : Alors, il s'est
permis des modifications avant même l'entrée en vigueur du programme.
Mme Rouleau : Il a
aménagé des façons de faire comme ce qu'on est en train de faire avec la
modernisation du régime d'aide de dernier recours, d'assistance sociale. On est
en train de fusionner des programmes pour simplifier. Moins de bureaucratie,
moins de formulaires, améliorer l'accessibilité, donner plus de pouvoir à des
professionnels de la santé, mettre en place des... des réseaux régionaux d'accompagnement,
des plans d'accompagnement personnalisé pour permettre aux gens qui sont
éloignés du marché du travail d'intégrer la société et le marché du travail le
plus possible pour améliorer ces revenus, c'est le travail qu'on est en train
de faire, là, à l'heure actuelle. Et ça, ça se fait via la loi... le projet de
loi 71. Suivront des règlements. Et, dans le cas du PRB, bien, il y a une
évaluation qui doit se faire, parce que ça vient tout juste d'être mis en place,
et là on va pouvoir évaluer puis on... il y a des décisions qui vont être
prises. Et, si je suis là, dans ce gouvernement-là, à ce moment-là, bien, ça me
fera plaisir d'en reparler avec vous, si vous êtes là aussi.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Mme la députée.
Mme Labrie : Oui. Bien,
je trouve ça dommage, Mme la Présidente, parce que... justement, améliorer l'accessibilité,
c'est des mots que la ministre a utilisés puis qu'elle utilise depuis le début
par rapport à sa réforme, bien, c'est ça qu'on essaie de faire avec cet
amendement-là. C'est ça qu'on essaie de faire. C'est précisément pour améliorer
l'accessibilité. C'est pour mieux prendre soin des gens, ultimement, puis qu'ils
se retrouvent moins dans une situation de précarité.
Donc, je... la ministre peut décider,
elle, d'attendre un certain nombre d'années avant d'évaluer les choses puis de
jouer sur les critères d'admissibilité. Ça lui appartient. Mais c'est une
décision politique qu'elle prend. Ce n'est pas une nécessité.
Quand je disais... C'est arrivé à ce
gouvernement-là de changer des choses qui étaient des positions idéologiques d'autres
partis avant eux. Ils l'ont fait sans attendre les évaluations. Je pense, par
exemple, aux tarifs modulés, là, pour les places en CPE : bien, le
gouvernement de la CAQ, quand ils sont arrivés...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Labrie : Non, mais c'est
un exemple, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Oui, oui. Non, je sais, mais on va rester quand même sur votre article.
Mme Labrie : Bien, c'est
un exemple. Ils l'ont fait. Ils n'ont pas attendu une évaluation. Ils se sont
dit : On n'est pas d'accord avec ça. Ce n'est pas un bon principe. On veut
le changer. Ils l'ont changé, ça n'a pas été trop long, là. Le gouvernement, il
a le droit de faire ça quand ils ne sont pas d'accord avec une approche. Moi,
ce que je comprends, c'est qu'ils sont essentiellement d'accord avec l'approche
parce que... sinon, ils ne se sont pas privés, là, de changer des choses quand
ils n'étaient pas d'accord.
Donc, je trouve ça dommage parce qu'on a
ici une belle occasion de justement travailler à améliorer l'accessibilité à
des programmes d'aide pour des gens. C'était l'intention de la ministre. Mais
là on échappe une belle occasion ici. Puis, tu sais, c'était le consensus qui
se dégageait de toutes les auditions, l'élargissement de l'accès au Programme
de revenu de base. C'est ça, la solution qui fait consensus en ce moment. Ça
fait que, quand on se refuse de le faire et même d'y réfléchir à court terme,
je trouve ça... je trouve ça dommage puis je trouve qu'on échappe un gros
morceau de la mission qu'on a ici, là.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Mme
la ministre, <avez-vous...
Mme Labrie :
...un
gros morceau de la mission qu'on a ici, là.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Mme la ministre, >avez-vous... Pas d'intervention? Parfait. Madame,
avez-vous... Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, hein, vous vouliez...
Parfait. Allez-y.
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. On parle beaucoup de François Blais. Je veux juste revenir. Il
avait proposé trois... trois projets pilotes et il les a décrits comme étant...
Et, je rappelle, c'était un projet pilote pour combattre le piège de la
pauvreté et de l'inactivité, le piège de l'isolement et de la monoparentalité
et, troisièmement, le piège du surendettement à l'aide sociale, puis je pense
qu'on va venir à parler des dettes. Il a décrit ces projets pilotes comme étant
cognitifs mais aussi transformatifs. Puis je veux juste citer, dans son
mémoire, le dernier paragraphe. Il dit : «Ces projets pilotes sont aussi
transformatifs, parce qu'indépendamment des observations que l'on pourra en
tirer et mettre au doigt... mettre le doigt sur les limites inhérentes
structurelles de l'aide sociale, des limites partiellement dépassées dans le Programme
de revenu de base actuel, et qu'il faudra, un jour, introduire progressivement
dans un régime de revenu minimum garanti complètement différent de ce que nous
connaissons aujourd'hui.» François Blais.
Juste pour revenir, donc, la ministre, si
je comprends bien, ils vont faire une évaluation, c'est tout récent, ça a été
mis en œuvre en janvier 2023, bien que c'était une initiative antérieure par un
gouvernement antérieur. Mais ce gouvernement l'a mis en place en janvier 2023.
Rappelez-nous, vous allez faire l'évaluation... Ça va être quand, l'évaluation,
encore? Ça va être en...
Mme Rouleau : L'évaluation
est en cours.
Mme McGraw : Est en cours.
Excellent. Je rappelle aussi qu'il y a des groupes qui ont parlé de comité
d'usagers, d'évaluation indépendante. Il y a Centraide qui a parlé de demander
aux... de faire une évaluation indépendante des effets cumulatifs des
différentes mesures, etc. Mais donc l'évaluation va être importante.
Je me rappelle avoir une discussion avec
M. Blais sur justement ce 72 mois, pourquoi c'était envisagé, puis il a parlé
d'un cinq ans qui était critique dans... si la personne qui avait une capacité
ou qui aurait une capacité — là on comprend que c'est des personnes
avec des contraintes sévères — de retourner sur le marché. C'était en
lien avec le Programme de solidarité sociale. Mais on n'a pas parlé de données,
on n'a pas parlé d'études.
Alors, la question, c'est : Est-ce
que le gouvernement, pour ce 72 mois, présentement, est-ce que c'est basé sur
des études ou des données? Je comprends qu'il va y avoir une évaluation, mais
c'est basé sur quoi, le 72 mois?
Mme Rouleau : Bien, dans le
troisième plan de lutte à la pauvreté, le PAGIEPS, là, qui avait été mis en
place par M. Blais, il y a un tableau dans ce... dans ce plan de lutte qui
indique le taux de sortie déterminé en fonction du comportement observé dans
les mois suivant l'arrivée au Programme de solidarité sociale. Et c'est ce taux
de sortie, ça, ça fait partie du... ça, c'est dans le plan de lutte, là, c'est
dans le PAGIEPS, ça... c'est ça qui a servi... Ce sont les études, les analyses
qui ont... qui se résument ainsi pour indiquer quel est le taux de sortie,
puis... Et c'est là que la... le 72 mois a été fixé. Après 72 mois, là, les
gens ne sortent plus. Et, avant ça, à 66 mois, bien... Disons qu'avant 66 mois,
on sort encore de la solidarité sociale, on va en emploi ou la... la contrainte
sévère, parce que, là, dans ce cas-ci, on est en solidarité... comment ça
s'appelle...
• (15 h 10) •
Une voix : ...
Mme Rouleau : ...solidarité
sociale, le Programme de solidarité sociale avec des contraintes sévères.
Alors, on se rend jusqu'à 66 mois. Puis, à 66 mois sur 72, bien là il n'y a
plus... il n'y a plus vraiment... il n'y a plus de sortie. Alors, c'est comme
ça que ça a été établi à 66 mois. Je lui ai moi-même posé la question, et puis
c'est clairement ce qu'il a donné comme information. Et, dans l'ensemble du
programme, c'est comme ça que tout a cheminé sur la base de ces... de ces... de
ces critères, informations que nous avions. Et là <le...
Mme Rouleau :
...que
tout a cheminé sur la base de ces... de ces... de ces critères, informations
que nous avions. Et là >le... nous avons mis ce programme-là en place le
1er janvier 2023. Il faut voir... Il faut en faire l'évaluation avant de
vouloir changer ceci ou cela. Il faut voir comment tout ça fonctionne. Ça fait
que, là, on se donne un délai, on fait l'analyse, on a... on a de la donnée qui
rentre, là, régulièrement, puis on analyse puis... et puis on pourra agir,
réagir sur des choses au moment opportun, mais... mais pas là. Ce n'est pas là.
Ce n'est pas le temps là.
Mme McGraw : Donc, si je
comprends bien, les informations que la ministre a soulignées dans le plan de
lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, suite à évaluation d'un vrai
programme, le PRB qui a été mis en place, suite à cette évaluation-là, il y
aurait une ouverture potentielle de réajuster les délais suite à évaluation de ce
programme.
Mme Rouleau : Ce n'est même
pas ça que je dis. Je dis qu'il faut faire l'évaluation, il faut avoir les
données. Le programme vient d'être mis en place.
Mme McGraw : Mais, si
l'évaluation fait en sorte que, justement, on voit que, dans les faits,
72 mois, c'est... ou 66 mois, le... cette période-là de 66, les 66
mois à l'intérieur de... des six ans, on va dire, que c'est moins pertinent
qu'on aurait pensé, il y aurait une ouverture à réajuster... réajuster, selon
les informations, selon cette évaluation.
Mme Rouleau : Je dis qu'il y
a une évaluation qui se fait de ce programme. Et cette... C'est... C'est...
voyons, cette... En fait, il y a une réflexion qui se fait en continu. Ça marche
ou ça ne marche pas. Puis... Est-ce que... Est-ce qu'il faut réajuster? Bien,
je... ça se peut, ça se peut, mais je ne peux pas vous dire... je ne peux pas
vous garantir que ça va être fait. Regardez, là, la loi sur laquelle on
travaille, ça a pris 20 ans pour qu'on la modifie complètement. Alors,
je... Ça ne veut pas dire que ça va prendre 20 ans ici, ce n'est pas ça
que ça veut dire, mais ayons les bonnes informations.
Alors, on est en évaluation. On s'est
donné jusqu'en 2027 pour obtenir toute l'information, puisque...
Puis, tu sais, le programme est parti, a
commencé le 1er janvier 2023, puis on se donne un délai de quatre ans pour
voir comment... comment tout ça fonctionne. Est-ce qu'il y a... et puis j'ose
dire : Est-ce qu'il y a des ajustements à faire, à la hausse ou à la
baisse? On ne le sait pas. Quand on aura l'évaluation, puis là je ne veux pas
vous faire peur...
Mme McGraw : Bien, on espère
que ça ne va pas être à la hausse...
Mme Rouleau : Non, mais ayons
l'information. Ayons l'information.
Mme McGraw : Oui, ayons
l'information. Mais moi, je sens une ouverture de la part de la ministre de
regarder la période, et, on espère, pas la hausse. Parce que c'est vrai, ce que
ma collègue a dit, que, justement, il y a beaucoup de groupes qui sont venus
nous voir. Surtout, on avait le Programme de solidarité sociale qui va être
fusionné avec le Programme d'aide sociale, et ça va devenir le programme d'aide
de dernier recours. Alors, ces personnes-là, qui avaient accès au PSS,
Solidarité sociale, avant, c'était un peu un pipeline, ça... c'étaient des
personnes avec des contraintes sévères, mais temporaires, ou des contraintes
temporaires. Parce qu'on... on confond, dans la... notre terminologie, la
sévérité aussi sur le temps. Je veux dire, on peut avoir des contraintes
sévères temporaires et des contraintes non sévères persistantes, mais... en
tout cas. Ça fait que ça porte un peu à confusion, mais c'est la terminologie.
Il y a des gens qui sont sur la... qui
étaient, qui sont présentement sur solidarité sociale, qui sont des
prestataires de solidarité sociale, qui ont des contraintes à l'emploi, donc je
parle de présentement, et, après une certaine période de temps, ils pourraient,
après 72 mois, et s'ils sont sur 66 mois, aller ensuite au PRB.
Là, tout va changer parce que ce groupe-là,
des prestataires, futurs prestataires, ça ne va pas exister, ce programme-là. Il
va être... autre programme. Et une des raisons qu'on voulait... on avait
proposé un projet de loi, puis à s'inspirer de certains éléments du Programme
de revenu de base, par exemple, un calcul cumulatif, entre autres, c'était
justement pour encourager les personnes qui ont la capacité, selon leurs
moyens, s'ils peuvent aller chercher des gains de travail sans se faire
pénaliser, <ça...
Mme McGraw :
...qui
ont la capacité, selon leurs moyens, s'ils peuvent aller chercher des gains de
travail sans se faire pénaliser, >ça... ils risquent de travailler
davantage s'ils ont la capacité.
Tout ça pour dire qu'avec ces changements
là, avec le changement, avec ce projet de loi, avec cette loi éventuelle, il va
y avoir un impact important sur ces personnes, futures personnes qui
seraient... je sais que ce n'est pas les prestataires présentement qui seraient
normalement dans le Programme de solidarité sociale. Alors, avec ce
changement-là, il y a beaucoup de groupes qui ont dit de donner, justement, un
accès... d'élargir le programme de PRB, de donner un accès immédiat et sans
passage par le Programme de solidarité sociale, qui, de façon, va... n'existera
plus. On a parlé de personnes ayant des contraintes sévères en emploi, on a
parlé de personnes sous curatelle ou de personnes faisant l'objet d'une
tutelle, on a parlé de parents ou personnes significatives, d'enfants ou adultes
ayant des besoins particulièrement élevés, des personnes seules ayant des
contraintes sévères à l'emploi, mais n'ayant pas eu accès au PSS à cause de
revenus d'un conjoint, en tout cas, toute une liste que des groupes ont
soulignée pour avoir cet accès immédiat. Donc, ça a été soulevé par beaucoup de
groupes, un accès immédiat et élargir le Programme de revenu de base, bon, à
tous les programmes. Alors, ça a été soulevé par beaucoup de groupes suite aux
changements ou en vue des changements proposés par le projet de loi 71, et
c'est pour ça... c'est peut-être dans cet esprit-là, de regarder l'accès au
PRB. Mais, si on comprend bien, la ministre...
Alors, peut-être une question : Pour
tous ces groupes-là, juste parce que c'est ces groupes-là, vulnérables, les
groupes, les experts qui sont venus nous parler, qui ont dit... qui ont demandé
un accès immédiat et/ou élargir le PRB sur l'ensemble des programmes, qu'est-ce
que vous répondez à ces groupes-là, qui parlent au nom de ces...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Je
vais... Juste un petit instant, s'il vous plaît. Je vais suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 15 h 19)
(Reprise à 15 h 27
)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Alors, nous sommes de retour pour, donc, l'amendement à l'article 37.1. Non,
excusez-moi, l'article 37.1. Est-ce que nous avons d'autres interventions?
Juste un instant, M. le député Jean-Talon avait demandé la parole. Allez-y.
M. Paradis : Bon, d'abord, j'aimerais
remercier la ministre d'accepter d'avoir... d'avoir cette conversation-là,
parce que je comprends qu'on aurait pu avoir un débat plus étendu sur la
recevabilité, là. C'est une question qui dépend des règlements, puis c'est ce
que 133.2 de la loi nous dit. Mais, en même temps, c'est tellement une question
essentielle, celle dont on discute. C'est une bonne chose qu'on l'ait, cette
conversation-là, parce que c'est vraiment les conditions d'admissibilité au Programme
de revenu de base.
Donc, je suis content qu'on ait eu une
partie des... des réponses aux questions des collègues cette semaine... dans
cette session-ci et j'aimerais continuer dans la foulée de ce que ma collègue
de Notre-Dame-de-Grâcesoulignait. Donc, je comprends de la ministre qu'il y a
des... des études en cours, qu'il y a des évaluations en cours. J'aimerais
savoir si elle peut nous indiquer dans quelle mesure ça touche notamment la
question qui est proposée ou qui est abordée par l'amendement de notre collègue
de Sherbrooke, c'est-à-dire sur cette fameuse... ce fameux délai, ce fameux
nombre de mois qui donne accès ou pas au Programme de revenu de base. Parce que
c'est vrai que, selon ce qu'on a entendu, ça semble avoir été fixé, au départ...
je ne veux pas dire «aléatoirement», mais qu'on a... on a fixé ce délai-là sans
peut-être avoir toutes les données. Est-ce qu'on se pose la question
actuellement? Est-ce que, dans les évaluations qui viennent, on va avoir plus d'informations
sur cette question, qui m'apparaît quand même vraiment importante, puis, je le
souligne, qui peut-être est tellement importante ne devrait pas être à la
hauteur des règlements, mais plutôt à la hauteur de la loi elle-même? Parce que
c'est une clé de tout le régime du Programme de revenu de base.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Mme
la ministre.
• (15 h 30) •
Mme Rouleau : Bien, l'évaluation
qui est en cours, elle porte sur différents aspects. D'abord, on a démarré le 1er janvier
2023. Il y a une... disons, une photo qui a été prise de la... de la situation
actuelle du profil des personnes et puis leurs capacités, etc. Il y a une
prochaine photo qui sera prise pour... pour voir l'évolution. Et puis, à la
fin, en 2024... 25, pardon, en 2025, pour 2026, pour ensuite colliger toutes
les informations, une autre, une autre photo qui sera prise.
Il y a... il y a cet aspect de durée qui
est... qui est évalué, mais il y a aussi les revenus de travail, l'insertion au
travail, les... puis les différents... les différentes... comment dire, les
différents critères, là, de ce programme, parce qu'il est quand même assez...
assez costaud. Alors, voir chacun de ces... de ces critères-là, évaluer les
critères, voir où on... Comment ça fonctionne? Où on en est? Est-ce que... Est-ce
que... Est-ce que tout ça permet aux personnes de sortir de la pauvreté, permet
une meilleure participation sociale?
Parce que, je répète, ces gens-là, ces
personnes-là étaient sur une voie de garage. Ils étaient oubliés. Ils ne
faisaient pas partie de la société. Il n'y avait pas d'intégration. Là,
maintenant, il y a une intégration pour des gens qui sont lourdement affectés
par... par une... des critères de santé sévères et persistants. Ils ne peuvent
pas revenir en arrière. Puis, s'il y en a, c'est... c'est vraiment sur les
doigts d'une main, là. Alors, c'est ça qu'on veut voir. Puis, lorsqu'on aura
cette évaluation, bien, il y a des décisions qui pourront se prendre.
Mais aujourd'hui, c'est trop tôt. On vient
de démarrer, on vient de débuter ce programme-là. Bien, tant mieux si tout le
monde considère que c'est parfait, que c'est idéal, puis qu'il faudrait le
mettre... l'uniformiser partout...
15 h 30 (version révisée)
Mme Rouleau : ...on considère
que c'est... c'est parfait, que c'est idéal, puis qu'il faudrait le mettre... l'uniformiser
partout, mais on n'est pas là, on ne peut pas faire ça.
Puis ce qu'on fait avec la modernisation
de la loi, c'est... c'est dans l'esprit du PRB, une meilleure participation
sociale, intégration vers l'emploi, aller chercher des revenus supplémentaires,
faire sortir les gens. L'idée, ce n'est pas de rester sur le <i>programme
d'aide de dernier recours, c'est d'en sortir, mais il y a des gens qui, eux, n'en
sortiront pas, alors il faut les aider, puis c'est ça qu'on doit évaluer.
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...député.
M. Paradis : Donc, la
ministre, au début de sa réponse, a indiqué : Oui, la durée est évaluée.
Donc, le nombre de mois à partir duquel on peut avoir accès au Programme de
revenu de base, ça fait partie de l'évaluation. Je veux juste préciser, ça fait...
c'est un critère qui est évalué parmi les autres aussi qu'elle a nommés.
Mme Rouleau : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...avez-vous...
Mme Rouleau : J'ai dit «bien
sûr».
La Présidente (Mme Schmaltz) : Ah!
d'accord. Parfait. Je m'excuse.
M. Paradis : Excusez-moi, je
n'ai pas entendu la réponse.
Mme Rouleau : Bien sûr.
M. Paradis : D'accord. Et
est-ce que la ministre peut nous dire que, si cette évaluation démontre qu'une
autre durée serait plus appropriée, elle va considérer ou elle pourrait
considérer des changements à cette durée-là?
Mme Rouleau : Ayons l'évaluation,
voyons les implications, et puis il y aura des décisions qui se prendront en
fonction de qu'est-ce qu'il faut aménager si cela doit être. Ayons l'évaluation.
M. Paradis : Est-ce que,
compte tenu de l'importance que ce seuil temporel représente pour l'accessibilité
à ce Programme de revenu de base... est-ce que la ministre pourrait considérer
que ça fasse désormais l'objet d'une norme dans la loi plutôt que dans les
règlements?
Mme Rouleau : Ça fait partie
du règlement, et je rappelle que c'est quelque chose qui n'existait pas avant
et qu'on a mis en place le 1er janvier 2023, et ça n'existait pas avant.
Alors, on prend quelque chose qui vient de démarrer, on l'évalue, et il y aura,
selon l'évaluation, les décisions qui se prendront en conséquence.
M. Paradis : Oui, je
comprends ce que la ministre dit, que ça n'existait pas avant, mais est-ce qu'elle
convient que ce seuil est vraiment un élément extrêmement important,
déterminant, à quel moment on a accès au Programme de revenu de base? Et est-ce
qu'en conséquence on pourrait considérer en faire une norme législative plutôt
que réglementaire?
Mme Rouleau : Le Programme de
revenu de base est constitué, là, de paramètres, notamment, là, où... des
paramètres où on a pu assouplir certaines choses. Il faut évaluer ça aussi. On
a assoupli. D'ailleurs, on assouplit aussi dans le régime.
Alors, voyons ce qu'il... ce qu'il adviendra,
là, lorsqu'on... lorsque nous aurons l'évaluation. Puis il ne me semble pas
judicieux de fixer un délai dans la loi, pas judicieux du tout. Qu'est-ce qui
me dit que le... que ce qui est fixé, ce qui est proposé par Mme la députée, c'est
la bonne chose? Il n'y a rien qui me dit que c'est la bonne chose. Alors,
voyons, et, par règlement, parce que c'est dans le règlement, par règlement,
avec les bonnes informations, les décisions pourront être prises. Ce n'est pas
dans la loi que ça va se retrouver, c'est par règlement, puis avec l'évaluation.
M. Paradis : Est-ce que la
ministre compte rendre... rendre publiques les informations qui seront issues
de cette évaluation, dans un souci de transparence, sur une question qui est
vraiment importante pour l'accès au Programme de revenu de base?
Mme Rouleau : Les rapports d'évaluation
sont généralement publics.
M. Paradis : Très bien. Donc,
la réponse est oui?
Mme Rouleau : La réponse est
oui.
M. Paradis : Très bien. Et je
reviens, en terminant, donc, sur la réponse de la ministre, là. Il y a deux ou
trois questions que je lui posais là-dessus. On est... on est <conscients...
M. Paradis :
...la
réponse de la ministre, là. Il y a deux ou trois questions que je lui posais
là-dessus. On est... on est >conscients que plusieurs des groupes qui
sont venus en consultations particulières en ont fait leur revendication phare,
que le Programme de revenu de base devrait être plus accessible. Et certains
nous ont demandé de le rendre... bon, je ne veux pas dire le mot «pratiquement
universel», mais ils nous demandent de considérer qu'il devienne le socle de ce
programme ou de cette loi. Et donc je comprends, de la réponse précédente,
donc, quand on disait si l'évaluation dit qu'on devrait considérer une
autre période de temps, oui, on pourrait le reconsidérer... est-ce que la
ministre se démontre... ou se montre ouverte aujourd'hui à considérer un
élargissement de ce programme-là?
Mme Rouleau : Bien, il y a
certaines décisions qui sont à prendre. On aura... on aura une évaluation de ce
programme que nous avons mis en place et qui a un coût aujourd'hui, mais que
nous avons accepté puis la société québécoise a accepté. On va évaluer. On aura
des données, on aura des décisions de... à prendre sur... avec, évidemment, le
souci d'une... évidemment, de la meilleure gestion des deniers publics
possible.
Et notre objectif aujourd'hui, c'est de
faire en sorte que les personnes qui font appel à l'aide de dernier recours,
qui sont plus éloignées du marché du travail qu'il y a 20 ans... que ces
personnes soient bien accompagnées pour être... pour réintégrer la société.
Parce que parfois elles en sont sorties, puis quand... quand elles sont sorties
de la société, c'est dur, on ne veut pas qu'elles sortent. On veut bien les
accompagner. On... on veut les encourager à aller chercher une formation pour...
leur diplôme secondaire. On veut les encourager à aller vers l'emploi, parce
que c'est par l'emploi qu'elles vont améliorer leur sort économique. Et ça,
partout, tout le temps, on m'a... on m'a dit... on a opiné du chef pour dire :
Oui, vous avez raison.
Alors, c'est l'objet de cette
modernisation du régime d'assistance sociale. Puis on a un PRB, un Programme de
revenu de base, le Québec est chef de file avec ce Programme de revenu de base
pour permettre à des personnes qui sont sincèrement défavorisées et qui ont des
problèmes lourds de santé d'avoir une vie plus digne. Parce que c'est plus...
beaucoup plus difficile pour ces gens-là. Alors, tous ceux qui sont capables,
toutes les personnes qu'on peut accompagner pour leur permettre d'améliorer
leur condition, là, on va le faire, mais avec... avec en esprit de faire en...
que ces gens-là s'impliquent pour améliorer leur condition. Puis on va les
accompagner là-dedans. C'est tout ce que je peux dire, Mme la Présidente.
• (15 h 40) •
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Je sais que la députée de Sherbrooke
avait levé la main.
Mme Labrie : J'avais levé la
main pour demander le vote par appel nominal.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Plus
d'autres interventions? Non. Alors...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Alors, on va mettre donc...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Mme la secrétaire, veuillez procéder au vote.
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Pour, contre, abstention. Mme Labrie (Sherbrooke)?
Mme Labrie : ...
La Secrétaire : Excusez-moi.
Je n'ai pas entendu.
Mme Labrie : Pour.
La Secrétaire : Merci. Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles)?
Mme Rouleau : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Contre.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire : Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Mme McGraw : Pour.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Donc l'amendement est rejeté. Alors donc, nous allons passer à...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui.
Parfait. Alors, nous allons passer à l'article 53.
Mme Rouleau : ...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui.
Il avait été adopté parce que c'était un amendement qui a été... qui avait été
introduit dans cet article-là, et vu qu'il a été rejeté, il avait déjà été <adopté...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
...qui
avait été introduit dans cet article-là, et vu qu'il a été rejeté, il avait
déjà été >adopté, l'article 37. Donc, article 53. Mme la
ministre.
Mme Rouleau : Mme la
Présidente, l'article 53 : L'article 133.3 de cette loi est
modifié par le remplacement de «aide financière accordée dans le cadre du
Programme de solidarité sociale ou» par «allocation pour contraintes sévères de
santé accordée dans le cadre du Programme d'aide financière de dernier recours
ou une aide financière accordée dans le cadre».
L'article 53 du projet de loi modifie
l'article 133.3 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles afin de
tenir compte de la fusion du Programme d'aide sociale avec le Programme de
solidarité sociale, en concordance avec l'article 20 du projet de loi qui
établit le nouveau programme.
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...sur
l'article 53? Non. Alors, est-ce que l'article 53 est adopté? Adopté.
L'article 53 est adopté. Article 26. Mme la ministre.
Mme Rouleau : Oui.
Article 26, page 59. L'article 26 : L'article 54 de
cette loi est modifié par le remplacement de «temporaires» par «de santé, d'un
ajustement pour adulte prévu par règlement».
L'article 26 du projet de loi modifie
l'article 54 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles afin de
tenir compte du remplacement des contraintes temporaires à l'emploi par des
contraintes de santé, et ce, en concordance avec la modification apportée par
l'article 25 du projet de loi.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Des
interventions sur l'article 26? Non. Alors, est-ce que l'article 26
est adopté? L'article 26 est adopté. Donc, l'article 12 avait été
adopté aussi. Alors, nous allons passer maintenant à l'article 46. Mme la
Présidente... Mme la ministre.
Mme Rouleau : C'est vous, Mme
la Présidente. Merci. À l'article 46 : L'article 110 de cette
loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «contraintes temporaires pour le motif prévu au paragraphe 1° du
premier alinéa de l'article 53, la personne qui effectue la révision doit
être médecin» par «contraintes de santé, la personne qui effectue la révision
doit être un professionnel de la santé ou des services sociaux désigné par
règlement»;
2° dans le deuxième alinéa :
a) par le remplacement de «au Programme de
solidarité sociale» par «à l'allocation pour contraintes sévères de santé»;
b) par le remplacement de «médecin» par
«un professionnel de la santé ou des services sociaux désigné par règlement».
L'article 46 du projet de loi modifie
l'article 110 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles en
concordance avec les articles 12 et 25 du projet de loi.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Des
interventions sur l'article 46? Non. Est-ce que l'article 46 est
adopté? L'article 46 est adopté. Alors, nous allons passer maintenant au
bloc VI, Insertion en emploi. Article 35. Mme la ministre.
Mme Rouleau : L'article 35.
À l'article 35, Mme la Présidente : L'article 83.1 de cette loi
est modifié par la suppression, dans le premier alinéa, de «, pour la première
fois,».
L'article... J'ai comme eu un... Alors,
l'article 35 du projet de loi modifie l'article 83.1 de la Loi sur
l'aide aux personnes et aux familles afin de permettre au gouvernement de
prévoir que des personnes qui ont déjà été prestataires d'aide financière de
dernier recours soient tenues de participer au programme Objectif emploi, ce
qui n'est pas le cas actuellement.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
nous avons une intervention. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Oui, Mme la
Présidente. J'aimerais ça savoir c'est qui, les adultes qui vont être tenus de
participer au programme Objectif Emploi. En particulier, je voudrais savoir si
les personnes qui ont une contrainte ou une contrainte sévère vont être tenues
de participer.
Des voix : ...
Mme Rouleau : ...des
personnes qui reviennent à l'aide sociale. Contraintes sévères, non.
Des voix : ...
Mme Rouleau : OK, Contrainte...
une contrainte de santé, donc court terme, de moins de trois mois. Ça fait que
la... Parce que la contrainte... la contrainte... En fait, s'il n'y a pas de
contrainte, on embarque. S'il y a une contrainte... la contrainte de santé, la
contrainte santé, c'est... attends <minute, là...
Mme Rouleau :
...contrainte
de santé, la contrainte santé, c'est... attends >minute, là...
Des voix : ...
Mme Rouleau : OK, OK. On
maintient le... Objectif emploi. Donc, elle démontre, par la production d'une
évaluation médicale, qu'elle se trouve dans la situation... pour une période
d'au moins 12 semaines consécutives.
Une voix : ...
Mme Rouleau : Oui, dans le
règlement... OK, on est dans le règlement, 177.10, donc moins de trois mois.
Une voix : ...
Mme Rouleau : Allez-y, là. Il
me manque...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Ça
va prendre juste le consentement pour laisser la parole à monsieur...
Mme Rouleau : Oui... il va se
nommer.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Juste
vous présenter, s'il vous plaît. Ça va aller mieux comme ça.
M. Gauthier (Francis) : Oui.
Francis Gauthier, sous-ministre adjoint, Solidarité sociale, assurance
parentale. Donc...
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...je
m'excuse. Il y a consentement? Parfait. Allez-y.
M. Gauthier (Francis) : L'intention,
c'est de maintenir la règle actuelle qui fait en sorte qu'un... quelqu'un qui a
une contrainte de santé temporaire, dans le régime actuel, et qui a... de moins
3 mois puis qui a un avis médical... un rapport médical, dans... dans le régime
actuel, va être...
Mme Rouleau : ...
M. Gauthier (Francis) : Oui,
évaluation médicale dans le futur, mais rapport médical dans... dans le
contexte actuel. Bien, l'idée, ce serait de maintenir cette règle-là. Donc,
cette personne-là n'est pas obligée d'aller vers Objectif emploi.
Mme Rouleau : ...trois mois?
M. Gauthier (Francis) : De
moins de trois mois.
Mme Rouleau : De moins.
Mme Labrie : Si la personne a
une contrainte de moins de trois mois, elle n'est pas obligée d'aller à
Objectif emploi. Et si elle en a une de plus de trois mois?
M. Gauthier (Francis) : C'est
selon l'évaluation médicale.
Mme Labrie : Donc, c'est
possible qu'elle y soit obligée si sa contrainte est de plus de trois mois,
mais elle n'y sera pas obligée si c'est de moins de trois mois. Moi, c'est ça
que j'ai compris. Ça ne se peut pas. J'ai mal compris ou bien ce n'est pas ça,
là, mais...
M. Gauthier (Francis) : C'est
ça, moins de trois mois, actuellement, les gens avec un... ils ne sont pas
obligés... ils sont... ils participent à Objectif emploi, à moins qu'il y ait
un avis médical. Plus de trois mois, ce n'est pas de facto une obligation.
Mme Rouleau : ...de ce que
vous venez de dire.
Mme Labrie : OK, c'est le
contraire. OK. C'est bon. Donc, avec contrainte...
Mme Rouleau : Fiou!
Mme Labrie : Bien, c'est ça,
je me disais, ça n'avait pas d'allure, mais bon, après ça, ce ne serait pas la
première chose pas d'allure. Donc, si contrainte sévère, non, pas d'obligation,
contrainte temporaire de plus de trois mois, pas d'obligation, et, de moins 3
mois, c'est le professionnel de la santé qui va dire si c'est possible ou pas.
C'est ça?
M. Gauthier (Francis) : ...normalement,
c'est... Ils vont quand même dans... dans Objectif emploi, mais il peut arriver
des cas où, selon l'avis médical du professionnel, ils n'iront pas vers
Objectif emploi.
Mme Labrie : Mais il n'y a
pas de pénalité, là, dans ce temps-là.
M. Gauthier (Francis) : Non.
Mme Labrie : Merci.
M. Gauthier (Francis) : C'est
ça, on parle de l'admission.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Pas
d'autres interventions? Ah! Oui, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, vous
vouliez intervenir? Il me semble que vous avez levé la main.
Mme McGraw : Ma collègue a
posé les questions pertinentes. Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...a
posé la question. Parfait. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions? Non.
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 35 est
adopté? Donc, l'article 35 est adopté.
• (15 h 50) •
Nous allons maintenant passer à
l'article 27. Par contre, je dois demander le consentement pour qu'on
puisse reprendre l'étude de l'article qui avait été précédemment suspendu.
Est-ce qu'il y a consentement? Consentement. Parfait. Alors, ici, nous avons
donc le... un troisième amendement qui est... Ah! c'est un paragraphe 3°,
pardon, donc, de l'article 27. Mme la ministre.
Mme Rouleau : Alors, à
l'article 27 : L'article 55 de cette loi est modifié, au
troisième paragraphe, par le remplacement du dernier alinéa par le suivant :
«En outre, lorsque le montant obtenu en
application du premier alinéa est supérieur à zéro, la prestation est
augmentée, dans les cas et aux conditions prévus par le règlement.»
Je continue?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
oui.
Mme Rouleau : «1° d'un
supplément aux revenus de travail dont le montant est calculé conformément à la
méthode qui y est prévue;
«2° d'un supplément pour les études menant
à l'obtention d'un diplôme d'études secondaires ou d'une prime à la
diplomation, dont les montants sont fixés par règlement.»
J'essaie de voir dans les... dans les
commentaires. Est-ce que je reprends tous les commentaires ou...
Une voix : ...
Mme Rouleau : Enfin, le...
alors dans les commentaires, le remplacement du dernier alinéa de
l'article 55 de la loi vise à introduire un nouveau pouvoir réglementaire
permettant au gouvernement <d'accorder...
Mme Rouleau :
...vise
à introduire un nouveau pouvoir réglementaire permettant au gouvernement >d'accorder
un supplément pour les études menant à l'obtention d'un diplôme d'études
secondaires ou une prime à la diplomation.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
...interventions? Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Quel sera
ce supplément?
Mme Rouleau : Ça se
retrouve dans... dans le règlement, un calcul qui va se faire dans le
règlement.
Mme Labrie : ...le
montant du supplément qui va être versé.
Mme Rouleau : Du
supplément et du bonus. Il y a un supplément par mois pour le... pour
encourager les gens à aller chercher leur diplôme d'études secondaires. Et,
lorsqu'ils ont leur diplôme, ils ont ce qu'on appelle un bonus.
Mme Labrie : J'ai
compris ça. J'ai demandé c'était quoi, le montant du...
Mme Rouleau : Je n'ai
pas le montant. C'est par règlement, c'est par règlement.
Mme Labrie : Ah! vous ne
connaissez pas encore le montant du supplément, OK.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
S'il vous plaît! Juste... On va attendre. C'est pour... par respect pour la
régie en bas, pour qu'ils puissent entendre chacune... chacun de vos... chacune
de vos interventions, s'il vous plaît.
Mme Rouleau : Ils sont
en bas où?
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Bien, je ne sais pas. J'ai dit «en bas», peut-être pas.
Des voix : ...
Mme Labrie : Je posais
la question parce que, pour certaines mesures spéciales, par exemple, en
violence conjugale, la ministre savait, là... avait été en mesure de nous dire
ça va être quoi, les montants, même si ça va se passer plus tard par règlement.
Donc là, pour ça, elle ne le sait pas encore.
Mme Rouleau : Parce que
c'était une CTE, une contrainte temporaire à l'emploi, on connaît le montant de...
161 $ par mois. Puis, dans le cas des femmes qui sont victimes de violence
conjugale, on sait qu'actuellement elles reçoivent et la CTE, dans une
prestation, et un montant de 100 $ parce qu'elles sont en maison
d'hébergement. Alors, la... ce qui fait que la prestation spéciale est de
261 $, parce que c'est déjà établi par ce qui est... ce qui existait
avant. Mais là c'est un nouveau... une nouvelle... habilitation réglementaire.
C'est un nouveau... nouveau programme, nouveau secteur, là. Alors, les montants
vont se retrouver par règlement.
Mme Labrie : On ne sait
pas qu'est-ce qui va guider ce montant-là, combien a été budgété pour offrir
ça?
Mme Rouleau : Non.
Mme Labrie : Non?
Mme Rouleau : Non.
Mme Labrie : Ça va
commencer quand?
Mme Rouleau : On a hâte
que le projet de loi soit adopté. Comme ça, on va pouvoir démarrer les choses.
Mme Labrie : OK.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Est-ce qu'on a d'autres interventions sur l'article 27? Non. Alors,
est-ce que l'article 27 est adopté? Donc, l'article 27 est adopté.
Bloc VII, Surendettement. Alors, nous allons passer à l'article 44.
Mme la ministre.
Mme Rouleau : ...l'article 44.
À l'article 44 : L'article 106 de cette loi est remplacé par le
suivant :
«106. Il y a une... il y a fausse
déclaration lorsqu'un montant est accordé à une personne à la suite d'une
omission d'effectuer une déclaration ou à la suite de la transmission d'un
document omettant un renseignement dans l'intention de se rendre ou de rendre
sa famille admissible à une aide financière ou dans l'intention de recevoir ou
de faire octroyer à sa famille un montant supérieur à celui qui aurait
autrement été accordé, sauf dans les cas et aux conditions prévus par
règlement.
«Il y a également fausse déclaration
lorsqu'un montant est accordé à une personne à la suite d'une déclaration ou de
la transmission d'un document qui contient un renseignement faux.».
L'article 44 du projet de loi
remplace l'article 106 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles
afin de revoir la notion de fausse déclaration et d'introduire une habilitation
réglementaire permettant au gouvernement de prévoir dans quels cas et dans
quelles conditions il n'y a pas de fausse déclaration.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Des interventions sur l'article 44? Là, je m'excuse, je ne sais pas...
C'est madame... Mme Notre-Dame-de-Grâce.... Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : ...Mme la
Présidente. Donc, est-ce que la ministre pourrait juste expliquer la différence
entre l'article 44 et l'article mis à jour? Si elle a l'intention... Si
elle reconnaît qu'il y a un problème avec la façon dont on définit les dettes,
est-ce qu'elle a l'intention d'annuler les dettes actuelles pour mettre au
terme... un terme au surendettement?
Mme Rouleau : Bien, on
parle du futur, les... ce n'est pas rétroactif à la décision, le règlement.
Mme McGraw : Et est-ce que...
juste pour... expliquer la différence entre <l'article 44...
Mme Rouleau :
...ce
n'est pas rétroactif à la décision, le règlement.
Mme McGraw :
Et
est-ce que... juste pour... expliquer la différence entre >l'article 44
et l'article qui est mis à jour.
Mme Rouleau : Ce qu'on a pu
constater, c'est qu'il y a des personnes... Tu sais, j'ai dit souvent que
les... Il y a un taux... un certain taux d'analphabétisation, que les
personnes, tu sais, au-delà de 40 %, n'ont pas de diplôme d'études
secondaires, ce qui fait que... peuvent avoir de la difficulté à lire, à comprendre
un formulaire, comprendre une question, mal cocher une case. Et, dans ce cas-là,
on a vu des personnes qui... qui étaient pénalisées parce que... avaient mal
compris la question de par leur condition. Alors, ce qu'on vient faire, c'est
établir ce qu'est une fausse... l'intention de fausse déclaration. Est-ce qu'il
y avait intention? Est-ce que je veux vraiment dire que... je dis ceci, là,
dans l'intention d'aller chercher une prestation, ou je n'ai pas bien saisi,
là, quelle était la question? Alors, c'est l'intention que nous voulons
établir.
Mme McGraw : Donc, il y a une
déclaration qui a été faite, qui a été mal comprise, ou une question de volonté
ou non, c'est ça, l'enjeu, de... la question d'intention de la personne.
Mme Rouleau : L'intention.
Mme McGraw : C'est une erreur,
ou autres, qui n'était pas dans le but effectivement de tromper, mais c'était à
cause de... comme la ministre a... mauvaise compréhension ou...
Mme Rouleau : Mauvaise
compréhension puis cocher la mauvaise case parce que j'ai mal compris, ce n'est
pas ça que... ce n'est vraiment pas ça, là, ce n'est pas ça, je n'ai pas
compris puis je... j'ai de la difficulté, j'étais trop... tu sais, j'ai de la
difficulté à lire. Alors, l'intention de commettre une faute.
Mme McGraw : ...c'est
vraiment dans cet esprit de s'éloigner du punitif.
Mme Rouleau : Oui. Vous avez
tout compris.
Mme McGraw : Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Mme
la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Ce sera au
ministère de démontrer l'intention?
Mme Rouleau : Oui.
Mme Labrie : Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : D'autres
interventions sur l'article 44? Non. Alors, est-ce que l'article 44
est adopté? L'article 44 est adopté. Article 32. Mme la ministre.
Mme Rouleau : À
l'article 32... à l'article 32, Mme la Présidente : L'article 65
de cette loi est modifié par le remplacement de «de manière à se rendre ou à
rendre leur famille admissible au programme ou de manière à ce» par «dans
l'intention de se rendre ou de rendre leur famille admissible au programme ou
dans l'intention».
L'article 32 du projet de loi modifie
l'article 65 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles en
concordance avec les modifications apportées à l'article 44 du projet de
loi.
• (16 heures) •
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...l'article 32?
Non. Alors, est-ce que l'article 32 est adopté? Donc, l'article 32
est adopté. Article 43.
Mme Rouleau : À
l'article 43. L'article 105 de cette loi est modifié :
1° par la suppression de la deuxième
phrase;
2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«S'il y a fausse déclaration, le
recouvrement d'un montant dû en vertu de la présente loi se prescrit par cinq
ans à compter de la date où le ministre a eu connaissance du fait que ce
montant est exigible. La période visée par la réclamation ne peut toutefois
excéder la période de cinq ans précédant la date de la connaissance de ce
fait.»
L'article 43 du projet de loi modifie
l'article 105 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles afin de
diminuer le délai de prescription applicable en cas de fausse déclaration de
15 ans à cinq ans, et ce, à compter de la connaissance de la ministre...
par le ministre de l'exigibilité du montant dû.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Interventions
sur l'article 43? Non. Alors, est-ce que l'article 43 est adopté?
Article 43 adopté. Alors, article 42.
Mme Rouleau : À
l'article 42 : Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 104, du suivant :
«104.1. Une remise partielle de dette peut
être accordée, même après le dépôt du certificat, à un débiteur d'un montant à
l'égard d'un programme...
16 h (version révisée)
Mme Rouleau : ...accordé, même
après le dépôt du certificat, à un débiteur d'un montant à l'égard d'un
programme d'assistance sociale prévu au titre II, selon le pourcentage
fixé par règlement et dans les cas et aux conditions qu'il détermine.»
L'article 42 du projet de loi modifie
la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles afin d'introduire le nouvel
article 104.1. Cet article vise à octroyer au gouvernement un pouvoir
réglementaire lui permettant d'accorder, dans certains cas et conditions, une
remise partielle de dette selon un pourcentage que le règlement fixera.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Intervention,
Mme la ministre... commence à être tard. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Malheureusement.
Ça coûterait plus cher. Ma question, ici, c'est sur les intentions
réglementaires de la ministre, par rapport à ça.
Mme Rouleau : On peut faire
une remise de dette pour une remise à l'emploi, parce que la personne retourne
en emploi ou retourne aux études.
Mme Labrie : Donc, c'est les
deux circonstances dans lesquelles la ministre prévoit, là...
Mme Rouleau : Par exemple.
Mme Labrie : Par exemple.
Mme Rouleau : Par exemple.
Mme Labrie : Donc, ce n'est
pas limitatif.
Mme Rouleau : C'est une
intention, c'est... l'intention, c'est d'aller dans cette direction-là.
Mme Labrie : Puis quand on
parle de remise partielle selon le pourcentage, on est dans quel ordre de
grandeur?
Mme Rouleau : C'est à
déterminer.
Mme Labrie : Ça va différer
selon les situations?
Mme Rouleau : Ça peut
différer selon les situations, on... Il reste à...
Mme Labrie : OK, mais juste,
mettons, pour avoir un ordre de grandeur. Je comprends que ce n'est pas
déterminé, mais on est plus de l'ordre de remettre la moitié de la dette ou
5 % de la dette, tu sais? Comment est-ce que... Je veux voir... je veux
essayer de voir c'est quoi, la différence que ça va faire dans la vie des gens,
ce...
Mme Rouleau : Bien, quand on
parle d'une remise de dette à certains pourcentages, si on prend la peine de le
faire, ça doit... ça va avoir un effet positif pour la personne qui... C'est
pour... en fait, ça encourage la personne à aller vers l'emploi. Son intérêt n'est
pas de rester là puis d'avoir une dette qui s'accumule, et elle fait vraiment
les démarches, soit pour aller en emploi, soit pour aller aux études. On veut l'encourager.
Mme Labrie : Il faudra donc
que ce... que ce pourcentage, pardon, soit assez élevé, parce que je dois vous
dire, moi, j'en ai rencontré, des gens qui avaient accumulé des dettes d'aide
sociale importantes, parfois solidairement, avec un conjoint, malheureusement,
et ça devient comme un... ça tue l'espoir de s'en sortir, je vais dire ça comme
ça. Quand le montant devient tellement élevé, avec les intérêts en plus, les
gens perdent tout espoir de réussir à venir à bout de cette dette-là et, donc,
trouvent inutile de même, éventuellement, retourner sur le marché du travail.
Donc, j'encouragerais à ce que ce soit un pourcentage le plus élevé possible.
Voilà.
Mme Rouleau : OK, je vous
entends.
La Présidente (Mme Schmaltz) : D'autres
interventions sur l'article 42? Non. Alors, est-ce que l'article 42
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : L'article 42
est adopté. Article 54.
Mme Rouleau : L'article 54...
Des voix : ...
Mme Rouleau : J'ai un... C'est
ça?
Une voix : Oui.
Mme Rouleau : J'ai un
amendement, 44.1, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Vous allez le déposer?
Mme Rouleau : Oui. Il est
parti.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
On va suspendre quelques instants, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 06)
(Reprise à 16 h 10)
La Présidente (Mme Schmaltz) : D'accord.
Nous sommes donc de retour. Alors, Mme la ministre, vous voulez introduire un
amendement?
Mme Rouleau : Oui, Mme la
Présidente.
L'article 44.1 (article 107 de
la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles)
Ajouter, après l'article 44 du projet
de loi, le suivant :
44.1 L'article 107 de cette loi est
modifié, dans le deuxième alinéa :
1° par le
remplacement de «d'un programme» par «du Programme»;
2° par le remplacement de «ou 104» par «, 104
ou 104.1».
Il s'agit d'une modification de
concordance pour ce qui concerne le paragraphe 1°. En ce qui concerne les
modifications apportées au paragraphe 2°, elles visent à ce que la décision de
faire une remise de dette partielle, un pouvoir prévu à l'article 104, ne
soit pas révisable devant les tribunaux administratifs.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Des
interventions sur l'amendement? Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Qu'est-ce que ça
veut dire que ce ne soit pas révisable devant un <tribunal...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
...Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Qu'est-ce
que ça veut dire que ce ne soit pas révisable devant un >tribunal
administratif?
Mme Rouleau : C'est... c'est
une discussion qu'on a eue précédemment, là, dans... pour le... le plan
personnalisé d'accompagnement, que ce n'est pas révisable, on ne peut pas aller
devant les tribunaux pour dire : Ce n'est pas un bon plan. Il y a une...
et dans ce cas-là, il y a des démarches qui se font pour améliorer le plan si
jamais la personne dit : Bien là, il y a... j'ai ceci ou cela de plus, là,
ou de moins, là. Alors, c'est la même chose dans le cas d'une... d'une remise
de dette, il n'y a pas de... il n'y a pas de... ce n'est pas une décision
révisable pour... auprès des tribunaux.
Mme Labrie : Je dois dire que
je le comprends pour le plan, mais, par rapport à une remise de dette, pourquoi
on ne veut pas que ce soit révisable? Pourquoi il n'y aurait pas un recours
pour que la personne demande une révision de la décision qui a été prise sur sa
remise de dette?
Mme Rouleau : C'est une règle
qui s'applique à tous les pouvoirs discrétionnaires du ministre. C'est déjà
prévu à la loi que certaines choses ne soient pas révisables.
Mme Labrie : C'est déjà prévu...
Là... Mais pourquoi on l'ajoute, d'abord, si c'est déjà prévu? Ça change de
place, ou...
Mme Rouleau : C'est parce que
c'est un nouveau pouvoir, puis il faut le... il faut confirmer... C'est pour ça
qu'il y a cet amendement pour venir compléter le... l'article.
La Présidente (Mme Schmaltz) : D'autres
interventions? Non? Alors, s'il n'y pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement
introduisant le nouvel article 44.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Adopté.
Donc, le nouvel... le nouvel article 44.1 est adopté. Parfait. Là, nous
allons passer au bloc 8... Ah! non, non, pardon, 54, oui, je suis trop
rapide., aujourd'hui. Je vais très...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
c'est vrai, j'avoue que je suis un peu rapide. Article 54, Mme la ministre.
Mme Rouleau : À l'article 54,
Mme la Présidente :
L'article 134 de cette loi est modifié par
l'insertion, après le paragraphe 9°, des suivants :
«9.1° déterminer, pour l'application de
l'article 104.1, dans quels cas et à quelles conditions une remise de
dette peut être accordée à un débiteur d'un montant à l'égard d'un programme
d'assistance sociale prévu au titre II ainsi que fixer le pourcentage de
remise;
«9.2° déterminer, pour l'application du
premier alinéa de l'article 106, dans quels cas et à quelles conditions
une omission d'effectuer une déclaration ou la transmission d'un document
omettant un renseignement ne constituent pas une fausse déclaration;».
L'article 54 du projet de loi modifie
l'article 134 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles, lequel
regroupe la liste des habilitations réglementaires pour l'application du
chapitre II du titre III en matière de recouvrement. Cette
modification est nécessaire afin de tenir compte de l'ajout de deux nouvelles
habilitations réglementaires, soit celle de l'article 104.1 de la Loi
portant sur la remise partielle de dette et celle de l'article 106 de la
Loi portant sur la fausse déclaration, qui ont été introduites par les articles 42
et 44 du projet.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Des
interventions sur l'article 54? Non? Alors, est-ce que l'article 54
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Donc, l'article 54 est adopté. Bloc 8, Modifications de concordance.
Article 48, Mme la ministre.
Mme Rouleau : L'article 48,
Mme la Présidente :
L'article 131 de cette loi est
modifié :
1° par la suppression, dans le paragraphe
5° et après «prestation d'aide», de «financière»;
2° par le remplacement du paragraphe 8°
par le suivant :
«8° prévoir dans quels cas et à quelles
conditions un enfant n'est pas à la charge d'une personne ou est à la charge
d'un autre adulte que son père ou sa mère ou ses parents ou l'un d'eux et
désigner cet adulte et limiter l'admissibilité d'un enfant mineur à certains
programmes ou à certaines prestations ou allocations ainsi que déterminer la
durée de cette admissibilité;»;
3° par l'insertion, après le paragraphe
13°, du suivant :
«13.1° désigner, pour l'application du
premier alinéa de l'article 31, les professionnels de la santé ou des
services sociaux habilités à produire un rapport médical;».
L'article 48 du projet de loi modifie
l'article 131 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles, une
disposition qui regroupe les <habilitations...
Mme Rouleau :
...modifie
l'article 131 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles, une
disposition qui regroupe les >habilitations réglementaires découlant du
titre un de cette loi, en concordance avec d'autres dispositions du projet de
loi.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Mme...
Mme Rouleau : J'ai un
amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Alors, on va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 17)
(Reprise à 16 h 29)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Alors,
on est de retour. Donc, Mme la ministre.
Mme Rouleau : Mme la
Présidente, il est 16 h 28 min 59 s, et je demande à
mes collègues si on peut prolonger de quelques minutes parce qu'il semble y...
il semble y avoir une volonté de vouloir... une volonté de terminer
aujourd'hui. Alors, ça dépend si...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Est-ce
qu'on a consentement pour la proposition de la ministre?
Mme Labrie : Non.
La Présidente (Mme Schmaltz) : On
n'a pas consentement de la députée de Sherbrooke.
Alors, étant donné... étant donné de
l'heure... étant donné l'heure, excusez-moi, alors je suis obligée... donc, la
commission doit ajourner ses travaux sine die. Bonne journée.
(Fin de la séance à 16 h 30)