(Onze heures vingt-cinq minutes)
Le Président (M. Simard) :
Alors,
chers collègues, à l'ordre, s'il vous plaît! Je constate que nous avons quorum.
Heureux de vous retrouver.
Comme vous le savez, la commission est réunie
afin de procéder aux consultations particulières et aux auditions publiques sur
le rapport sur la mise en oeuvre de la Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard des organismes publics.
Mme la secrétaire, bonjour. Y aurait-il des
remplacements ce matin?
La
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Bouazzi (Maurice-Richard) est remplacé par Mme Labrie (Sherbrooke).
Remarques préliminaires
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, bienvenue à nos collègues. Alors, comme le veut la tradition, nous
allons débuter ces consultations par nos remarques préliminaires, et, d'entrée
de jeu, je cède la parole au député de Maskinongé, qui dispose de six minutes.
Cher collègue.
M. Simon Allaire
M. Allaire : Merci, M. le
Président. D'abord, vous allez me permettre des salutations parce que c'est
souvent la chose qu'on oublie dans les
remarques préliminaires. Mme la ministre, merci d'être là. Je me demande si
vous êtes là pour me checker ou si vous êtes là... Plutôt, je pense que
vous êtes là parce que vous êtes intéressée à entendre le groupe, effectivement. Merci pour votre présence,
c'est très apprécié. Salutations à l'ensemble des parlementaires aussi,
qui sont là pour travailler sur la bonification, là, de la loi qui a été
adoptée en 2017. On a un rapport pour nous aider à le faire, donc ça sera une bonne base. On est ici pour entendre les
groupes. Donc, très hâte, d'ailleurs, de vous entendre. Vous allez me permettre, là, comme je l'ai dit
tantôt, de saluer les personnes qui travaillent au secrétariat, là, pour nous
supporter, là, dans tout ce beau dossier. Donc, M. Alexandre Hubert,
secrétaire associé et sous... au Sous-secrétariat, pardon, aux ressources humaines gouvernementales. Bon matin.
Mme Caroline Pelland, directrice des relations professionnelles et de la négociation. Caroline,
bon matin, merci d'être là. Et M. Philippe Bettez Quessy, coordonnateur gouvernemental
en éthique. Bon matin également, merci d'être là, c'est superapprécié.
Je suis heureux, je suis heureux, M. le
Président, là, qu'on soit ici ce matin parce que c'est important. C'est
important de prendre le temps d'étudier ce qui a été travaillé en 2017, et qui
a été adopté suite à la sanction du projet de loi, et qui a été mis en place.
On s'est donné un mécanisme pour être sûr d'être capable, là, de s'améliorer,
je vais le dire comme ça. Les lois sont toujours perfectibles, et, dans ce
cas-ci, c'est ce qu'on souhaite. Il y a un rapport qui a été travaillé par le
secrétariat, qui a été fait en partenariat, entre autres, avec les gens qui
sont principalement concernés par la loi
dans son application. Et je pense que, malgré le temps, là, qui a perduré, là,
il faut toujours se rappeler, quand
même, que le rapport a été travaillé trois ans après son adoption, tel que le
prévoit la loi, mais, malheureusement, avec
la pandémie, les élections, ça a été retardé un peu. Mais ce matin on est tous
ici et bien contents, là, d'y travailler.
La confiance envers nos institutions, M. le
Président, c'est extrêmement important. Dans ce contexte-ci de la loi, je pense
qu'il faut donner tous les moyens possibles à nos gestionnaires qui travaillent
dans la fonction publique d'être capables de
développer une culture et une éthique sans reproche au niveau de l'intégrité.
Et ça, ça y va par notre travail à nous, entre autres, de législateur,
là, qui leur permet de leur donner les meilleurs outils pour le faire. Aussi,
dans ce contexte-là, on doit aussi protéger les gens qui font des divulgations.
Ça aussi, c'est extrêmement important. Et je pense que, dans le rapport qui a
été déposé, on vient naturellement, là, améliorer cet aspect-là notamment. Le rapport, je l'ai dit tantôt, là, il a été
travaillé avec l'ensemble des gens concernés. Là, on parle ici, là, du
Protecteur du citoyen, le ministère des Affaires municipales et de
l'Habitation — c'était
la nomenclature à l'époque, là, on sait maintenant qu'ils sont scindés — et
également le ministère de la Famille.
Grosso modo, rapidement, le rapport présente
trois recommandations. On se propose de revoir le rôle et responsabilité des
acteurs qui doivent appliquer la loi. On veut également améliorer son
efficience. Et, au final, on veut créer un
comité, là, qui va être capable, là, d'assurer, là, justement, l'amélioration
de cette efficience-là au fil du temps.
Alors, M. le Président, je ne serai pas
tellement plus long, si ce n'est que vous dire que... et vous répétez que la
loi qui a été adoptée en 2017, elle est perfectible, je le répète, mais on est
là pour ça. Ça fait que travaillons en équipe,
là, pour faire les... poser les bons gestes, en fait, pour l'améliorer le plus
possible et conserver, là, cette culture, là, d'éthique et d'intégrité,
là, qui est chère à la ministre, présidente du Conseil du trésor. Merci, M. le
Président.
• (11 h 30) •
Le Président (M. Simard) : Alors, M.
le député de Maskinongé et adjoint parlementaire, merci pour cette
intervention. Je cède maintenant la parole à la porte-parole de l'opposition
officielle et députée de Saint-Laurent.
Mme Marwah Rizqy
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, chers collègues, Mme la Présidente du
Conseil du trésor ainsi que les députés de
la banquette gouvernementale. Ma collègue députée de Sherbrooke est aussi avec
nous. Je tiens à vous dire merci.
J'avais
écrit, à l'époque, c'était en 2020... vous étiez déjà, à cette époque-là, M. le
Président, le même président de cette dite commission, et je vous
demandais qu'on puisse se réunir pour justement faire un état des lieux suite à
l'adoption de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard
des organismes publics. C'est un état des lieux qui est important parce
qu'effectivement on peut voir qu'est-ce qu'on peut améliorer pour s'assurer que
les lanceurs d'alerte sont quand même protégés mais aussi d'avoir accès à cette
information.
Je
dois vous dire que maintenant, c'est ma cinquième année comme élue, que c'est
aussi la cinquième année... Permettez-moi de parler d'un dossier qui me
tient particulièrement à coeur, l'éducation. Ça fait cinq ans que je suis
porte-parole en éducation, et, très souvent, les gens qui nous parlent le font
en nous disant : J'ai peur de perdre mon emploi, et nous parlent dans
l'anonymat. Alors, j'aurais une attention très particulière pour ceux qui
oeuvrent dans des organismes publics mais aussi parapublics, particulièrement
ceux qui oeuvrent au niveau des écoles. Parce que, je l'ai déjà dit, pour nous,
au Parti libéral du Québec, le devoir de loyauté est d'abord et avant tout
envers ceux qu'on sert — dans
le cas des écoles, les élèves, c'est là, le devoir de loyauté — et
envers la profession, avant de parler du devoir
de loyauté de l'employeur. Alors, j'espère qu'on aura effectivement l'occasion
de s'assurer de donner les coudées franches à ceux qui veulent nous
interpeler, attirer notre attention sur des situations qui sont délicates, qui
sont complexes, sans avoir cette épée de Damoclès, ayant cette crainte de
perdre leur emploi parce qu'ils veulent faire les choses correctement pour
améliorer la situation, non pas pour eux, mais pour soit les élèves, les
patients ou toute autre personne qui... qui sont plus vulnérables.
Alors, merci
beaucoup, M. le Président, je ne serai pas plus longue dans mes remarques
préliminaires. Et je souhaite, évidemment, la bienvenue au Protecteur du
citoyen ainsi qu'à toute son équipe qui... qui l'accompagne aujourd'hui. Merci
beaucoup pour votre mémoire que vous nous avez transmis hier.
Le Président (M.
Simard) :
Alors, merci à vous, chère collègue. Je cède
maintenant la parole à la députée de Sherbrooke.
Mme Christine Labrie
Mme Labrie : Merci,
M. le Président. Je vais être très brève également, simplement pour dire que je
suis vraiment contente qu'on puisse se réunir aujourd'hui et tenir cette
audition dans la perspective d'améliorer la loi. C'est un enjeu qui est cher à Québec solidaire depuis très longtemps.
Déjà, dans le passé, on avait déposé des propositions de projets de loi pour
renforcer la protection des lanceurs d'alerte. C'est un enjeu dont j'ai entendu
parler dans tous les dossiers que
j'ai eu le privilège de porter depuis mon arrivée ici, à l'Assemblée nationale,
particulièrement en éducation et en services sociaux.
Je
vous dirais que les gens, sur le terrain, vivent des craintes importantes de
représailles, ont peur de dénoncer, se
créent des adresses courriel pour communiquer avec nous en cachette, de peur de
se faire réprimander, préfèrent venir en personne, ne pas laisser leur
nom, quasiment, se déguiser pour rentrer dans nos... dans nos bureaux,
tellement les gens ont la crainte, là,
vraiment, de subir des représailles, alors que, pourtant, ils ne veulent que
partager les inquiétudes qu'ils ont sur la qualité des services qui sont
offerts. Moi, je suis très préoccupée par ça. Donc, c'est un travail que je
prends vraiment au sérieux. Puis je vous remercie d'être ici ce matin, ainsi
que les autres qu'on va entendre.
Le Président (M.
Simard) : Alors, merci à vous, chère collègue. À ce stade-ci, j'aurais
besoin, de votre part, de deux consentements. Un premier consentement afin de
poursuivre au-delà de l'heure prévue, parce que nous avons commencé légèrement
en retard. Y aurait-il consentement à cet effet?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Simard) : Consentement, très bien. Et j'aurais besoin d'un second
consentement afin que notre collègue le député de Camille-Laurin puisse
participer à nos travaux. Y aurait-il, à cet effet, consentement?
Mme Labrie : ...de passer par le cabinet du leader pour ces
demandes-là, mais je vais donner mon consentement.
Le Président (M.
Simard) : Très bien, très bien. Alors, je constate qu'il y a
consentement? Très bien. Et, conséquemment, cher collègue, puisque nous n'avons
pas terminé la période des remarques préliminaires, si tant est que vous
souhaitiez dire quelques mots, vous auriez une minute pour le faire.
M. St-Pierre
Plamondon : Non.
Le Président (M.
Simard) : Ça vous va pour l'instant? Très bien. Alors, vous pourrez
poursuivre durant la période d'échange.
Auditions
Et nous en sommes maintenant rendus à l'étape de
l'audition formelle et nous avons l'honneur de recevoir, ce matin, des représentants du Protecteur du citoyen. Alors, mesdames, messieurs, bienvenue parmi
nous. Et auriez-vous d'abord, s'il vous plaît, l'amabilité de vous
présenter?
Protecteur du citoyen
M. Dowd
(Marc-André) : ...je suis Marc-André Dowd, Protecteur du citoyen.
Je suis accompagné de Me Hélène Vallières, vice-protectrice, Affaires
institutionnelles et prévention, de Me Caroline Moulin, avocate à la Direction des affaires juridiques et
institutionnelles du Protecteur du citoyen, et de M. Jean-Philippe
Drapeau, directeur des enquêtes en matière d'intégrité publique au
Protecteur du citoyen.
Le
Président (M. Simard) : ...vous remercie de vous joindre à nous. Et, comme
vous le savez, vous disposez de 10 minutes.
M. Dowd
(Marc-André) : Merci, M. le Président, Mme la ministre responsable
de l'Administration gouvernementale
et présidente du Conseil du trésor, Mmes, MM. les députés membres de la
commission. Je remercie la Commission des finances publiques d'avoir invité le Protecteur du citoyen à
présenter ses commentaires sur le rapport du Secrétariat du Conseil du trésor sur la mise en oeuvre de la Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard d'organismes publics. Alors, pour simplifier
les choses, pour la suite de ma présentation, vous allez me permettre de
désigner la loi par son acronyme, la LFDAROP.
Donc, pour rappel, je précise que le Protecteur
du citoyen reçoit les plaintes de toute personne insatisfaite des services d'un ministère, d'un organisme du
gouvernement du Québec, d'un établissement de détention provincial ou d'une
instance du réseau de la santé ou des services sociaux. Il mène aussi des
enquêtes, de sa propre initiative, sur des préjudices à portée collective. Il
veille également à l'intégrité des services publics en traitant des
divulgations d'actes répréhensibles. Ce
volet de son travail s'effectue en vertu de la LFDAROP. C'est de cette loi dont
il est question aujourd'hui.
Le
5 décembre 2019, le Protecteur du citoyen a transmis au secrétaire du
Conseil du trésor son bilan sur la mise en oeuvre de la LFDAROP depuis
son entrée en vigueur le 1er mai 2017. Ce bilan comptait
21 recommandations. Le 28 mai 2020, le président du Conseil du
trésor déposait à l'Assemblée nationale le rapport sur la mise en oeuvre de la
LFDAROP, qui fait l'objet des présentes auditions aujourd'hui.
D'entrée de
jeu, le Protecteur du citoyen souhaite marquer son accord avec les trois
grandes recommandations du Secrétariat du Conseil du trésor.
Aujourd'hui, après plus de trois ans, une mise à jour des recommandations du
Protecteur du citoyen s'avérait nécessaire. Le mémoire que je soumets à cette
commission dresse cette mise à jour. Il y est d'abord question de
développements qui ont eu lieu, ces dernières années, en matière d'intégrité
publique, et dont il faut se réjouir. La mise à jour des 21 recommandations
fait ensuite ressortir qu'elles sont généralement encore d'actualité, avec
parfois des nuances, et également, la proposition de nouvelles recommandations.
Enfin, nous dégageons des enjeux
prioritaires déjà nommés par le Protecteur du citoyen ou nouveaux. Les avancées
suggérées ont pour but de conférer à
la recherche et au maintien de l'intégrité publique les meilleurs outils et les
meilleures perspectives.
Dès la mise en oeuvre de la LFDAROP, la
protection contre les représailles des divulgateurs et des témoins s'est avérée
une préoccupation incontournable. L'efficacité d'un tel mécanisme passe, en
effet, par la confiance qu'il inspire aux potentiels lanceurs d'alertes et aux
collaborateurs aux enquêtes et vérifications du Protecteur du citoyen. Deux
comités ont été mis en place pour améliorer cette protection. L'un d'eux a été
formé par le Forum des partenaires en intégrité publique, soit les six entités
suivantes : l'Autorité des marchés publics, le Commissaire à la lutte
contre la corruption, la Commission municipale du Québec, l'inspecteur général
de la ville de Montréal, le ministère des Affaires municipales et de
l'Habitation et le Protecteur du citoyen. En plus de s'intéresser à la
protection des lanceurs d'alerte, ce comité s'est questionné sur l'opportunité
d'intégrer des sanctions administratives pécuniaires dans les lois des
organismes partenaires.
Un comité multipartite a également été créé en
réponse à l'une des recommandations du rapport sur la mise en oeuvre de la
LFDAROP, la recommandation 3. Le comité a terminé ses travaux en 2021. Je
salue aussi le fait que la Commission
municipale du Québec soit devenue, le 1er avril 2022, l'organisme
compétent pour traiter les divulgations d'actes répréhensibles à l'égard
des organismes municipaux.
Par ailleurs, le Protecteur du citoyen est
soucieux d'agir davantage sous l'angle de la prévention et de la promotion. Pour ce faire, il a récemment créé un
poste de conseiller aux partenariats, à la coopération et à l'éducation
au sein de sa Direction des enquêtes sur les divulgations en matière
d'intégrité publique. Ce poste-là est en dotation actuellement. Enfin, depuis
l'automne 2022, les discussions entre le Secrétariat du Conseil du trésor
et le Protecteur du citoyen ont repris dans le cadre du bilan de la LFDAROP.
Nos recommandations respectives ont donné lieu à de fructueux échanges.
Tel que je le mentionnais, notre bilan de 2019
comportait 21 recommandations. Notre mémoire en dresse la liste, assortie de nos brefs commentaires.
Globalement, nos recommandations demeurent d'actualité. Le temps qui m'est alloué
ne me permet évidemment pas de toutes les passer en revue. Je me limiterai à
donner quelques exemples.
Il est notamment question de la compétence des
différents acteurs en vertu de la LFDAROP. Ainsi, l'une de nos recommandations
portait plus particulièrement sur les responsables du suivi des divulgations,
un mécanisme au sein des ministères et des organismes. Nous étions et nous
sommes toujours d'avis qu'il est essentiel de convertir le mandat
actuel de ces personnes pour en faire des répondants internes jouant un rôle de
promotion et de prévention en matière d'intégrité publique et agissant comme
des agents de liaison avec le Protecteur du citoyen. Le traitement des
divulgations du personnel des organismes publics devrait relever exclusivement
du Protecteur du citoyen.
• (11 h 40) •
La confidentialité
entourant le traitement des divulgations est une notion phare dont nous sommes
tous ici bien conscients. Je vous parlais des recommandations initiales, qui
demeurent d'actualité, mais que l'expérience du Protecteur du citoyen amène à
nuancer. Ainsi, nous recommandions que le défaut de protéger la confidentialité
d'une personne ayant effectué une divulgation soit considéré comme une
infraction pénale. Le Protecteur du citoyen considère aujourd'hui que cela est
toujours pertinent, mais que d'autres moyens pourraient également être
envisagés.
Au moment de traiter
une divulgation, un autre élément central intervient : La divulgation
est-elle d'intérêt public, et comment définit-on l'intérêt public? Propos
toujours d'actualité, et le Protecteur du citoyen recommande que la LFDAROP
soit modifiée afin que cette notion d'intérêt public soit plus précise.
L'intérêt public doit être rattaché à l'objet de la divulgation, plutôt qu'aux
intentions du lanceur d'alerte.
Enfin, mon dernier
exemple se rapporte à la promotion et à la... à la promotion de la procédure de
divulgation et d'une culture éthique. En
2019, le Protecteur du citoyen recommandait que les dirigeants des organismes
assujettis à la LFDAROP soient tenus d'informer leur personnel relativement à
cette loi et aux moyens mis à leur disposition pour divulguer un acte
répréhensible. À ce sujet, le Protecteur du citoyen a pris acte de la démarche
du Secrétariat du Conseil du trésor, qui a effectué les rappels nécessaires
auprès de ces dirigeants. À notre avis, l'obligation dont il est question ici
doit tout de même être ajoutée à la LFDAROP.
Le
temps file. Je résume en mentionnant que d'autres recommandations, toujours
actuelles, portent, notamment, sur l'assujettissement des filiales des
entreprises du gouvernement à la LFDAROP, la possibilité de reconnaître,
à titre de cas grave de mauvaise gestion, l'action d'un organisme lié par
convention à un organisme public et la protection de l'identité des
divulgateurs et des témoins dans le cadre de procédures devant un tribunal
civil ou administratif.
J'enchaîne maintenant
sur certains enjeux que le Protecteur du citoyen estime prioritaires dans le
contexte de l'étude du rapport sur la mise en oeuvre de la LFDAROP. Depuis
2019, certains enjeux ont évolué, tandis que de nouveaux sont apparus. J'en
évoque quelques-uns. Une des finalités de la LFDAROP est de maintenir et
d'accroître la confiance des citoyens à l'égard des organismes publics. En ce
sens, il est d'intérêt public que le Protecteur du citoyen diffuse certaines
informations concernant les actes répréhensibles constatés. Cela passe
généralement par la parution de conclusions
publiques. Toutefois, celles-ci doivent tenir compte de la nécessaire
protection des divulgateurs et des témoins qui collaborent aux enquêtes.
Du point de vue du
Protecteur du citoyen, le législateur devrait être plus précis quant au niveau
de transparence attendu dans les conclusions d'enquête rendues publiques. Il
serait également pertinent de faire de la LFDAROP
une loi autoportante, qui permettrait de ne plus référer aux dispositions de la
Loi sur le Protecteur du citoyen. On en viendrait ainsi à mieux
distinguer le mandat en intégrité publique du mandat traditionnel de
l'ombudsman. Concrètement, cette distinction des mandats pourrait se traduire
par la création d'un vice-protectorat à l'intégrité publique, ce qui permettrait de mieux marquer et de donner toute sa
portée au rôle du Protecteur du citoyen en matière d'intégrité publique.
J'ai insisté, tout au
long de cette présentation, sur l'aspect de la confidentialité. Pour les
lanceurs d'alerte et les témoins, le fait de pouvoir faire une divulgation de
façon anonyme ou confidentielle représente la meilleure protection contre les représailles. Cela étant, la LFDAROP devrait
prévoir expressément la possibilité, pour le Protecteur du citoyen, d'émettre des ordonnances de
confidentialité. Toujours en vertu de la même loi, une présomption s'applique
lorsque les représailles alléguées affectent les conditions de travail du
divulgateur ou de la personne qui collabore à une enquête. En pareil cas, la
victime bénéficie de différents recours, notamment auprès de la CNESST. Nous
avons constaté que les personnes souhaitant exercer ce recours éprouvaient des
difficultés à effectuer leurs démarches et qu'elles finissaient souvent par ne
plus s'en prévaloir.
Enfin,
la protection en cas de représailles nécessite que la personne concernée
connaisse les différentes lois qui encadrent la divulgation d'actes
répréhensibles. La multiplication des organismes ayant des mandats
complémentaires en matière d'intégrité publique peut créer une certaine
confusion. De l'avis du Protecteur du citoyen, la démarche pour bénéficier
de la protection contre les représailles devrait être simplifiée. En outre, le
Protecteur du citoyen pourrait agir en tant
que guichet unique pour les plaintes en matière de représailles. Il jouerait
alors un rôle d'accompagnement des personnes et, le cas échéant, de
référence vers les bons recours, CNESST ou autres.
Je conclus en
soulignant tout le travail accompli, au cours des dernières années, par mon
équipe, au Protecteur du citoyen, pour
renforcer l'intégrité publique au Québec. Depuis 2017, l'éthique et l'intégrité
ont nettement fait leur place comme préoccupations collectives. Les
vérifications et les enquêtes du Protecteur du citoyen sur les divulgations ont
amené, au cours des six dernières années, des changements concrets et durables
dans les pratiques de certains organismes
publics, renforçant ainsi la culture d'intégrité publique du secteur public. Je
suis heureux d'avoir l'occasion d'échanger avec vous sur le sujet. Étant
donné que je suis Protecteur du citoyen depuis seulement un an, je précise que
mes collaborateurs et collaboratrices ici présents ont une connaissance fine de
l'évolution de notre mandat en intégrité publique au cours des dernières
années. Avec votre permission, M. le Président, je souhaiterais qu'ils puissent
prendre une part active dans la discussion qui va suivre. Je vous remercie.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Merci beaucoup, cher collègue. Je cède maintenant
la parole au député de Maskinongé, et vous disposez d'une période globale
d'environ 16 min 30 s.
M. Allaire : Excellent.
Merci, M. le Président. Merci pour votre présence, merci pour votre allocution.
Je vais y aller avec deux questions, pour
commencer, de façon plus générale, puis, après ça, on ira de façon plus
pointue. Vous avez un rôle à jouer, actuellement, avec la loi qui a été adoptée
en 2017. J'aimerais ça que vous preniez le temps de bien nous le définir, et de
nous définir le rôle que vous souhaiteriez jouer avec une refonte de la loi,
là, qu'on... qu'on va peut-être faire, là, selon les travaux qu'on... qu'on est
en train de faire.
M. Dowd
(Marc-André) : ...d'intégrité publique, c'est d'accueillir les
divulgations... en fait, là, premièrement, là, de créer un environnement
sécuritaire pour qu'une personne qui veut faire une divulgation puisse le faire
en toute confidentialité. D'effectuer, avec nos pouvoirs d'enquête, parce qu'on
dispose de pouvoirs d'enquête, toutes les vérifications nécessaires pour
évaluer le bien-fondé de la divulgation. Si nécessaire, aller en enquête
formelle, pour aller au fond des choses, dans le respect de l'équité
procédurale. Si la divulgation s'avère fondée après notre enquête, émettre un
rapport d'enquête à la plus haute autorité et des recommandations qui
s'adressent à la plus haute autorité pour mettre fin à l'acte répréhensible et
mettre en place les mesures pour éviter qu'une situation comme ça ne
resurgisse, donc la récurrence des situations. Cela dit, si, au terme d'une
enquête, la divulgation s'avère non fondée, on
va quand même faire un rapport d'enquête, qu'on va remettre à la plus haute
autorité visée, donc souvent, le sous-ministre ou le dirigeant
d'organisme, pour exposer la situation et exposer en quoi notre conclusion nous
amène à l'idée que la divulgation n'est pas fondée.
Donc, actuellement, dans les changements qu'on
propose, c'est important de comprendre qu'il y a... qu'il y a deux rôles
actuellement. Il y a le responsable du suivi des divulgations. Dans chaque
ministère et chaque organisme public, on doit nommer un responsable du suivi
des divulgations. Le rôle de cette personne-là, actuellement, c'est
d'accueillir les divulgations, et, actuellement, cette personne-là peut
effectuer certaines vérifications au sujet de la divulgation. C'est cette
partie-là qu'on souhaite revoir. L'expérience des dernières années nous apprend
que ça place les responsables de suivi de
divulgations, cette vérification-là, dans des situations souvent difficiles
dans leur organisation. Et également, il n'y a pas tant de volume de
divulgations, donc l'expertise en vérification ne se développe pas.
Donc, ce qu'on dit, c'est que le responsable des
suivis de divulgation a toute sa place, mais toute sa place pour promouvoir une
culture de l'intégrité publique au sein de l'organisme public, accueillir,
accompagner, assister la personne qui voudrait faire une divulgation, faire le
lien avec le Protecteur du citoyen, nous laissant le soin de faire les
vérifications et les enquêtes. Et également, l'avantage, c'est que cette
personne-là, le responsable des suivis de
divulgation, jouerait un rôle d'agent de liaison quand on a des vérifications
ou des enquêtes à faire au sein de
l'organisme. Donc, c'est, essentiellement, le premier élément. Est-ce qu'il y a
des éléments que vous souhaitez rajouter?
Mme
Vallières (Hélène) : Oui, peut-être... peut-être pour ajouter un rôle
qu'on joue au niveau de l'accompagnement des divulgateurs. Alors, une
partie importante de notre travail, c'est de répondre aux craintes, aux
demandes d'assistance, donc les questions que les lanceurs d'alerte ou les
divulgateurs pourraient avoir. On le fait par le biais de la direction des enquêtes,
qui va répondre à ces questions-là. On le fait aussi par le biais des consultations juridiques, lorsqu'une personne a
des inquiétudes, lorsqu'elle est impliquée dans un processus de divulgation.
On aimerait voir ce rôle-là se développer
davantage, donc, pour renforcer la protection des lanceurs d'alerte. On
aimerait jouer un rôle plus important pour les personnes qui croient subir des
représailles, donc mieux les guider dans
le... je dirais, l'interface assez complexe de ce qui existe comme recours,
soit avec la CNESST, avec les autres... les autres mécanismes existants. On se rend compte qu'il y a... qu'il y a
peut-être un manque au niveau de l'accompagnement des personnes qui se
disent victimes de représailles, donc on trouverait ça important qu'il y ait...
qu'on puisse jouer un rôle additionnel dans cet... dans cet effort-là, de mieux
les soutenir, de mieux les accompagner.
• (11 h 50) •
M. Dowd (Marc-André) : J'ajouterais,
si vous permettez, juste un élément, aussi, sur un rôle de conseil juridique
que la loi nous donne. Donc, une personne qui souhaite faire une divulgation ou
qui est appelée à être témoin dans le cadre de nos enquêtes et qui aurait
besoin de conseils juridiques peut nous faire une demande, on évalue la demande
et, si on estime que c'est approprié, on va convenir d'un nombre d'heures de
conseils juridiques, où la personne peut recueillir les conseils d'un... d'un
avocat de son choix. Donc, c'est... ça permet de donner un conseil juridique
dans l'accompagnement.
M. Allaire : ...là-dessus, je trouve
ça vraiment pertinent. Je vais employer le mot «promotion», mais je ne sais pas
si c'est le bon mot, ça fait drôle de l'employer dans ce contexte-là, mais vous
l'avez dit. Jusqu'à quel point que vous avez les bons outils pour bien informer
nos travailleurs qui travaillent dans la fonction publique pour qu'ils fassent
les bonnes dénonciations? C'est-à-dire que, des fois, vous devez aussi vous
retrouver avec des dénonciations que, woups! là, c'est... ils se sont fait
refuser un congé, là, tu sais, j'y vais à l'extrême, là, puis là, tu sais, ils
ont... ils ont le goût de passer via ce canaux-là pour faire une dénonciation,
puis qui n'est pas le bon canaux. Puis, d'un autre côté, il y a probablement
des fois où ce serait très fondé de le faire, mais ils ne savent pas trop
comment s'y prendre, parce qu'ils n'ont pas reçu l'information pour toutes
sortes de raisons. Ça fait que de quelle façon que vous voyez ça pour bien
informer les travailleurs? Est-ce que c'est, justement, le responsable de suivi
qui doit jouer ce rôle-là? Et quels... quels outils que cette personne-là doit
avoir pour, justement, bien jouer son rôle, là?
M. Dowd (Marc-André) : On voit un
rôle important du responsable des suivis de divulgations dans chaque ministère et organisme à cet effet-là. Ce qu'on a
constaté, par contre, c'est que les responsables de suivi de divulgations,
actuellement, sont peu appuyés, ils ne sont pas fédérés, ils ne sont pas... ils
ne sont pas mis en réseau, OK? Alors, justement, le
développement... J'annonçais le développement d'un poste de conseiller aux
partenariats à l'éducation et à la
coopération. Ça vise, justement, si je puis dire, à fédérer le réseau, entre
autres, là, des responsables de suivi de divulgations, à développer des
outils sur la loi, sur l'application de la loi, pour qu'il y ait comme une
compréhension commune dans tous les
ministères, tous les organismes, à faire de la formation, des activités de
formation, à sensibiliser les hauts dirigeants. Donc, oui.
Et on reconnaît qu'après
quelques années d'application de la loi là, où on a eu à traiter les
divulgations, le temps est venu maintenant
d'investir un peu plus d'efforts sur la promotion, notre rôle de promotion et
de communication de la LFDAROP, des... de ce que c'est, faire une
divulgation, du processus, et on veut s'engager là-dedans dans les prochaines
années.
M. Allaire : Cette personne-là, vous la voyez où, là, dans...
dans l'organigramme, je vais le dire comme ça, là?
M. Dowd (Marc-André) : Cette personne-là va être
rattachée à la direction des enquêtes en matière d'intégrité publique,
donc, et on est en processus de recrutement, là, de cette personne-là
actuellement.
M. Allaire : OK. Parfait, merci. Un autre élément que je veux
aborder avec vous, qui, je pense, est extrêmement important,
c'est : Comment qu'on trouve l'équilibre entre bien protéger le
divulgateur et être aussi, comme... comme gouvernement,
comme instance, transparent avec le public? C'est un équilibre qui est quand
même difficile à trouver. De votre perspective, vous le voyez comment?
M. Dowd
(Marc-André) : Oui. Si on prend le cadre normatif actuel, la loi telle
qu'elle est, quand on lit la loi, ce qu'on voit, ce qu'on comprend c'est que
c'est la confidentialité qui doit primer. Le premier souci, c'est d'assurer, en toutes circonstances, la protection
de l'identité du divulgateur et des témoins qui participent à nos enquêtes.
Et la loi nous dit aussi qu'on doit assurer la protection des droits des mis en
cause... des personnes mises en cause.
Il y a une petite
partie possible de communication publique, mais, dans la logique actuelle, ce
qu'on voit c'est que c'est la confidentialité qui... qui l'emporte, donc ça a
mené à une pratique où la communication publique est l'exception plutôt que la
norme. Cela dit, on voit l'évolution sociale, on voit les débats, on entend
bien un appel à plus de transparence de la part des organismes comme le nôtre
qui traitent des divulgations en matière d'intégrité publique, et ce qu'on se
dit c'est qu'on comprend cet appel à la transparence. En tout temps, ça doit se
faire, cependant, en continuant à respecter la confidentialité du divulgateur
et des témoins, les droits du mis en cause. Donc, il y a un équilibre à
trouver. Cet équilibre-là, j'en appelle au législateur pour nous aider à le
trouver.
Et on fait certaines
propositions dans le mémoire qu'on vous soumet aujourd'hui, où on en viendrait,
dans le cas de divulgations fondées... alors là, il faut comprendre qu'on parle
des divulgations où, après enquête, on estime qu'un
acte... on a une preuve d'acte répréhensible... alors, on pourrait ouvrir la...
une publication, en nommant l'instance, ce qui n'est pas fait aujourd'hui, en
nommant l'instance, à certaines conditions. Donc, la publication, dans les
dossiers fondés, pourrait devenir, disons, la norme, mais en gardant un
pouvoir discrétionnaire au Protecteur du citoyen pour décider de ne pas publier
un cas. Par exemple, si la publication du cas exposait nécessairement le
divulgateur, je pense que la protection du divulgateur devrait l'emporter. On
donne certains éléments. Par exemple, on pourrait dire qu'une modalité ça
pourrait être de déposer à l'Assemblée nationale le rapport d'enquête fondé,
après... après notre enquête. Ça, ça pourrait être une... une procédure.
Le fait de relancer
la balle au législateur, c'est que... je pense que c'est un débat social à
avoir sur le niveau de transparence attendu. Moi, comme Protecteur du citoyen
qui a appliqué la loi, je serais beaucoup plus confortable si la loi me précisait les critères, et ce qui est
attendu en termes de transparence, et légalement, puis ça nous protégerait
aussi, parce que là, si la loi me dit que je dois rendre public tel élément,
bien, je m'acquitte de mes obligations légales en le faisant.
M. Allaire : Ce que j'entends par ce que vous dites, qu'il y a
un peu un déséquilibre actuellement ou que, vu que ce n'est pas clair, ça amène
un certain flou, puis vous ne savez pas trop comment agir dans un contexte
comme ça.
M. Dowd
(Marc-André) : Bien, quand on lit la loi, actuellement, il y a un
article qui permet de faire... de rendre publique une conclusion si le
Protecteur du citoyen est insatisfait du suivi des recommandations faites par
une instance. Alors, ça implique qu'on a conclu à un acte répréhensible fondé,
on a fait des recommandations, et là, à notre avis, l'instance ne fait pas un
suivi satisfaisant de nos recommandations, il y a une disposition de la loi qui
nous le permet. Ça, c'est assez bien balisé. Donc, ça, c'est une possibilité
aujourd'hui.
Par référence à des
articles de la Loi sur le Protecteur du citoyen, donc, une référence qui est
incluse à la LFDAROP, on pourrait faire un commentaire public lorsque l'intérêt
public le justifie. Alors, ça, ça nous donne une certaine discrétion. Mais ce
que je vous dis, c'est que je pense que ce serait préférable qu'il y ait le
débat social avec... avec le... que le législateur dise : Bien, voici, on
la tranche, la ligne, et c'est dans ces cas-là qu'on va rendre public, et dans ces cas-là, on ne rendra pas
public. Et moi, ça va me faire plaisir d'appliquer la loi dans ces nouvelles...
dans ce nouveau cadre là.
M. Allaire : Avec...
avec cet équilibre-là, est-ce que vous pensez que ça va favoriser la
divulgation d'actes répréhensibles?
Mme
Vallières (Hélène) : En fait, ce que je
voulais ajouter, là, à la question précédente, c'était qu'il y a d'autres organismes canadiens, et même au
municipal où c'est plus clair, dans le fond, le fait de déposer, par exemple,
au municipal, le rapport d'enquête au conseil municipal, là, qui est... qui
est, de facto, une instance publique ou, par exemple, au commissaire fédéral,
là, à l'intégrité du secteur public du Canada, où, lui, c'est prévu, dans sa
loi, qu'il dépose le rapport fondé au Parlement. Donc, ce sont des exemples législatifs
qui existent, qui... qui, nous pensons, fonctionnent quand même bien, là, dans
notre mécanique juridique canadienne, et qui pourraient nous permettre d'avoir
plus de marge de manoeuvre.
Ce qui est difficile actuellement, c'est que,
comme M. Dowd le soulignait, légalement, on a des obligations qui sont un peu... qui sont... en fait, nos
obligations de confidentialité sont plus fortes que notre permission de diffuser
publiquement des informations. Donc, nous, on souhaite le faire, comme
organisme, parce qu'on pense que c'est important que le public soit informé sur
ces actes répréhensibles là, mais aussi qu'on définisse mieux la... les contours des actes répréhensibles. Pour le moment,
on l'applique, on l'interprète d'une certaine manière, et on aimerait ça
pouvoir en rendre compte publiquement et, quelque part, se valider, là, à
savoir, auprès des parlementaires, est-ce que notre compréhension des actes
répréhensibles reflète bien l'intention, est-ce qu'on est dans la bonne zone.
Donc, la communication publique permet d'avoir,
je dirais, un débat autour de cette loi-là, et de comment elle est appliquée, et de comment elle est
interprétée. Donc, je pense que, oui, ça favoriserait la divulgation, en
montrant aussi davantage les résultats de ces enquêtes-là. Si on est
capables d'aller plus loin en disant : Bien, écoutez, voici ce qu'on a découvert dans un organisme, voici ce
qu'on a recommandé comme mesures d'amélioration, voici ce qui a été
changé, bien ça permet... ça permet de voir l'effet aussi, là, toute
l'efficacité, là, de cette... de cette loi-là.
M. Allaire : Merci. Combien de
temps, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : 2 min 40 s.
• (12 heures) •
M. Allaire : Rapidement, on a parlé
tantôt de revoir les rôles et responsabilités. Entre autres, vous pensez que la CMQ doit avoir davantage de responsabilités
à ce niveau-là. Peut-être, deux minutes, là, rapidement, là, pour un peu...
nous dire un peu pourquoi, parce que, tu sais, on le voit, là, quand même, dans
chacune de nos municipalités, parfois, parfois, là, le contrôle, je dirais, ou
la façon de s'approprier les lois et les règlements, elle peut être difficile,
parce que c'est des nouveaux élus. Ça fait que là, je trouve que, des fois, la
ligne est très mince au niveau de l'interprétation. Ça fait que vous voyez ça
comment?
Mme Vallières (Hélène) : Bien... (panne de son) ...en matière municipale,
évidemment, on a vu l'évolution, là, des orientations, parce qu'au moment où la
loi a été adoptée c'est le commissaire à l'intégrité et aux enquêtes de la... du ministère des Affaires municipales et de
l'Habitation qui était responsable et, depuis les changements législatifs
et le nouveau rôle qui a été confié à la
commission municipale, on voit vraiment une intégration du mandat de
surveillance de la déontologie et de l'intégrité, là, au niveau soit des
élus et de l'administration municipale. Il faut comprendre que, dans le milieu
municipal, puis mes collègues de la commission pourraient... pourraient mieux
l'expliquer que moi, il y a souvent une interaction étroite entre les élus puis
l'administration, là. C'est souvent des petits... des petites municipalités au
Québec, là. Donc, d'avoir une vision d'ensemble de la déontologie et de
l'éthique au niveau municipal, on pense que c'est vraiment une bonne
orientation.
L'enjeu qu'on
a encore, c'est que, parfois, en matière municipale, il y a des interactions
avec les lois... les lois provinciales. Donc, la manière dont c'est
défini, c'est quand même assez... assez complexe, là, le monde municipal, puis
les lois provinciales qui s'appliquent en contexte municipal, donc ce corpus
législatif là est... est quand même compliqué. Donc, la... la commission
municipale a, je pense, vraiment l'expertise actuellement pour bien surveiller
les différents rôles que les organisations municipales vont... vont jouer, même
dans l'application de lois... de lois provinciales. Donc, c'est un peu ça qu'on
voulait... qu'on voulait soulever, en... en disant, dans le fond... en donnant
pleine confiance en nos... à nos collègues, là, de la commission municipale
dans le rôle qu'ils jouent actuellement, là, qui... qui, selon nous, là, est
très bien... très bien mené, là.
M. Allaire : Excellent, merci.
Merci, M. le Président. Ça va.
Le Président (M. Simard) : Merci à
vous, cher collègue.
M. Allaire : Merci à vous.
Le
Président (M. Simard) : Merci. Je cède la parole à la députée de
Saint-Laurent, qui dispose de 10 minutes.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M. le
Président. Je vais aller à la page 11, la recommandation 10 :
«Que les dirigeants des organismes publics assujettis à la loi fassent preuve
d'ouverture et de transparence et qu'ils adoptent une directive interne
relevant les avocats et les notaires de leur secret professionnel aux fins des
vérifications et des enquêtes menées en vertu de cette loi.» Je comprends
l'objectif. Donc, par exemple, on ne veut pas qu'un organisme se refuge
derrière le secret professionnel. Par contre, nous, les avocats, on a notre Code
des professions, on a notre code de déonto
et on a les règlements afférents. Une directive interne par rapport à une loi,
au niveau de la hiérarchie, là, ce n'est pas... je vous dirais, moi,
comme avocate, je ne me sentirais pas suffisamment blindée face à mon syndic.
Alors, je vous pose la
question suivante : Est-ce qu'on ne devrait pas plutôt faire un peu ce qui
existe déjà lorsqu'il est question de relever l'avocat? Dès qu'une personne
identifiée ou un groupe de personnes identifiables est en danger imminent, à ce
moment-là, nous, on est immédiatement relevés de notre secret professionnel, on
peut communiquer l'information pour permettre qu'il y ait une intervention.
Parce que c'est seulement une directive interne.
Un, la directive interne peut changer au gré du vent, selon la personne qui
siège, et deuxièmement, c'est qu'il peut y avoir une interprétation, par
la suite, de la jurisprudence.
Alors,
j'aimerais plus, peut-être, avoir votre avis, si on ne devrait pas plutôt
mettre ici la ceinture et la bretelle pour protéger vraiment
correctement les avocats, pour ne pas qu'eux, de... de leur côté, se tournent
vers leur syndic et se demandent si, oui ou non, ils respectent les autres
dispositions, Code de professions, code de déontologie et les règlements
afférents.
Mme Vallières (Hélène) : Oui. Bien, merci, pour votre question. C'est une excellente
question. En fait, on se retrouve dans une situation où, évidemment, le secret
professionnel liant l'avocat et le notaire à son client bénéficie des protections constitutionnelles. Donc, même une
modification législative à la loi, pour nous, c'était difficile de la... de la
concevoir, là. Donc, nous, on le voyait plus en termes de... de pratique
interne dans les... dans les ministères et les organismes, comme un peu
il s'est fait au niveau municipal, à la ville de Montréal, où les
arrondissements... c'est un peu l'exemple qu'on prenait, dans le fond. Les
arrondissements ont adopté des résolutions pour adopter le principe que, pour
les enquêtes de l'inspecteur général, bien, il y a une renonciation au secret
professionnel pour permettre à l'inspecteur
général de la ville de Montréal de faire toute la lumière sur une situation.
Donc, on partait de là, un peu, cet... cet exemple-là.
Évidemment, si on veut aller plus loin, si le législateur
veut aller plus loin, on n'a pas d'objection. C'est sûr que pour nous, on voit
quand même un intérêt public important pour les dirigeants d'organismes publics
d'avoir un portrait complet d'une situation. Souvent, les... les dirigeants, tu
sais, parfois, ils n'ont pas toute l'information sur ce qui s'est passé, là, donc ça peut leur permettre
d'avoir un... un portrait complet que de renoncer au secret professionnel.
Actuellement, on le fait à la pièce, là. C'est-à-dire que quand on est en
enquête, on va... on va rencontrer les gens, on va expliquer un peu la portée
de... de l'enquête. Puis on va demander, là, au dirigeant s'il accepte, là,
pour nous permettre de... de faire un tour
complet du... de la problématique, de renoncer. Donc, évidemment, bien, ça...
c'est variable, la réponse qu'on peut avoir à ça. Ça dépend... ça dépend
du type d'organisme, ça dépend de la culture interne, ça dépend si les
dirigeants sont concernés directement par l'enquête. C'est un sujet complexe,
là, parce que c'est... ça peut arriver que notre enquête vise les hauts
dirigeants aussi, et qu'ils souhaitent se protéger, là. Donc, évidemment, dans
ce contexte-là, le... le conseil des avocats devient... devient quelque chose
qui est important pour eux, là.
Donc, je... je pense qu'on ne voulait pas faire
de mur-à-mur, là, dans cette... dans ce débat-là, mais il y a certainement
quelque chose à renforcer. Il y a des exemples qui existent en Ontario pour
les... comme l'équivalent du Vérificateur
général. Puis, peut-être, Caroline,
tu pourras m'aider, mais il y a un article, là, dans une loi ontarienne qui
prévoit que pour les... les vérifications du Vérificateur général, le... le
secret professionnel peut être relevé.
Bon, alors, on peut explorer, là, si on veut
aller plus loin, mais c'est certainement un enjeu. Et, lorsque ça se présente
dans nos enquêtes, lorsque l'organisme invoque la protection du secret
professionnel, ça peut nous paralyser pendant des mois, voire des années, parce
que la mécanique qu'on doit mettre en place à ce compte-là, puis je pense que nos... nos collègues de l'UPAC pourraient en
parler aussi, c'est... c'est qu'on doit désigner un avocat tiers indépendant
pour revoir l'ensemble de la documentation qui pourrait être protégée. Puis là
la... le débat, c'est : Quelle est la portée du secret professionnel?
Est-ce qu'on est vraiment dans une... un conseil juridique ou on est dans un
conseil plus stratégique? Quel est le rôle de l'avocat? Donc, on doit revoir
chaque document, un à un, pour déterminer est-ce qu'il est couvert par le... le
secret professionnel ou non. Donc, c'est... c'est très lourd comme démarche,
assez que dans certains dossiers, nous, on a décidé de simplement de passer à
côté, d'avoir d'autres stratégies d'enquête, parce que ça... ça peut nous
paralyser, là, pendant... pendant de longues périodes. Donc, voilà.
Mme Rizqy : Mais nous... moi, ce qui
me guide, là, comme législateur, c'est vraiment la recherche de vérité, et en
temps utile, hein? Parce qu'un rapport, plus il est contemporain dans le temps,
plus il est pertinent. Et, lorsque vous êtes paralysé pendant des mois ou,
pire, des années, ça peut mettre non seulement un frein à la recherche de
vérité ou même la pertinence d'un futur rapport. Alors, moi, je serais plus
encline, et je vous le dis tout de suite, qu'on
envisage peut-être de faire une recherche pour vérifier qu'est-ce qui se fait,
par exemple, avec la loi de l'Ontario, que
vous dites... ou à laquelle vous faites référence. Parce qu'une directive
interne, changement de garde, changement de directive interne... Et, si,
par exemple, un avocat qui était dans un organisme a eu, pour us et coutume,
qu'il était relevé de son secret professionnel et que, tout à coup, transmet
une information parce qu'il pensait qu'il avait encore droit, mais qu'il y a eu
un changement de garde, puis que, là, les us et coutumes changent à l'interne,
il peut se... être en défaut. Et la sanction est assez grave pour un avocat qui
ne respecte pas le secret professionnel. Alors, moi, je... je pense qu'on
pourra réfléchir là-dessus. Merci beaucoup pour votre éclairage.
Je vais passer à une autre question, si vous
permettez. Recommandation 13, vous dites que vous avez... mis à part les
processus pénals, vous auriez d'autres recommandations. Ce serait quoi qui
pourrait être envisagé, mis à part les infractions pénales?
Mme Vallières (Hélène) : Je vais... Je vais passer la réponse à ma collègue, Me
Moulin.
Mme Rizqy : Oui, oui. Bonjour.
Mme
Moulin (Caroline) : Bonjour. Merci pour la question. En fait, on
pensait principalement aux ordonnances de
confidentialité. On aimerait que ce soit intégré à la loi, le fait de pouvoir,
là, émettre des ordonnances de confidentialité, ce qui nous permettrait
d'avoir, là, une assise juridique pour ensuite prendre certaines actions, si
jamais, là, la confidentialité n'était pas respectée à ce niveau-là. Donc, ce
serait un... un outil plus administratif, là, qui...
qui nous aiderait, nous, dans nos enquêtes, à pouvoir, là, émettre...
émettre... en fait, faire en sorte que la personne à qui on émet la...
l'ordonnance, là, ne puisse pas communiquer la... l'information qui... qui lui
est communiquée, là. Parce qu'on le voit dans nos enquêtes, là, tu sais,
quelqu'un qui est un témoin, par la suite, là, peut en discuter avec ses
collègues. Donc, en émettant une ordonnance, bien, ça amènerait un certain
frein au fait, là, de pouvoir discuter de l'enquête avec d'autres témoins, ou
d'autres collègues, ou même le divulgateur qui pourrait en parler avec d'autres
personnes, là, au sein de son organisation.
Mme Rizqy : Puis est-ce que ça inclurait, l'ordonnance de
non-confidentialité, aussi une ordonnance de non-publication?
• (12 h 10) •
Mme Moulin
(Caroline) : Dans... Dans nos enquêtes, non, on n'a pas nécessairement
de besoin d'une ordonnance de non-publication, là. C'est vraiment une
ordonnance de confidentialité pour que les témoins qu'on rencontre, le
divulgateur, par la suite, ne puissent pas en discuter avec d'autres personnes
ou bien publiquement, là. Tu sais, on... on
l'a vu dans certaines de nos enquêtes, là, qu'il y a des commentaires publics
qui sont faits sur nos enquêtes.
Mme Rizqy : OK.
D'accord. Donc, ce serait ça, au fond, en plus de... de pénal, l'ordonnance de
non... de confidentialité. Puis, en cas de non-respect de l'ordonnance de
confidentialité, ce serait quoi, la conséquence?
Mme Moulin
(Caroline) : Alors, on pourrait aller en outrage. C'est certain que ce
serait un outrage devant la Cour supérieure.
Parce que ce ne serait pas fait devant nous, donc il faudrait se référer à la
Cour supérieure, là, pour...
Mme Rizqy : OK.
Avec les mêmes dispositions qui existent?
Mme Moulin
(Caroline) : Mais on a également, là, dans notre loi, là, une
disposition sur l'entrave. Donc, on pourrait, là, faire une enquête sur entrave
et demander au DPCP, là, de poursuivre sur l'infraction d'entrave.
Mme Rizqy : OK,
parfait. Merci. La recommandation 15, une protection morcelée,
donc : «Que la Loi sur les normes du travail soit modifiée afin
qu'elle prévoie une protection générale contre les mesures de représailles exercées à l'encontre de tout membre du personnel
d'un organisme public qui dénonce ou divulgue un acte répréhensible à un
supérieur, ou toute personne qui dénonce ou divulgue un acte répréhensible à
une autorité publique compétente, soit toute entité ou tout organisme public de
surveillance de l'intégrité et de la saine gestion des organismes publics.»
Ma question, elle est
très précise, elle arrive. Prenons un exemple. Moi, je suis membre, je suis
présidente de la CAP. Nous, c'est comme l'ultime commission pour voir tout ce
qui se passe au Québec. Est-ce que vous avez réfléchi... Parce que souvent,
nous, les élus, à titre de députés, lorsqu'une personne sent qu'elle a épuisé presque
tous ses recours, elle vient dans nos bureaux à nous. Est-ce que ces gens-là
pourraient être protégés aussi lorsqu'ils viennent au bureau d'un député? Parce
que c'est très souvent le cas. On est leur dernier rempart.
Mme
Vallières (Hélène) : Bien, écoutez, tout
ça, c'est à définir, en fait, là. Nous... Nous, ce qu'on pense, c'est que, là,
actuellement, les canaux dans... avec lesquels on doit divulguer sont... sont
très séparés, là. Donc, si on est dans un acte criminel, il faut aller à
l'UPAC, si on est dans... au sein des ministères ou réseau... réseau public, il
faut aller au Protecteur du citoyen. Donc, tu sais, les... les canaux sont
morcelés. Je pense que ce serait à définir. Puis c'est un peu la stratégie qui
a été...
Mme Rizqy : Vous
n'avez pas d'objection?
Mme
Vallières (Hélène) : Non. C'est... C'est
vraiment à définir, là, la portée de... des divulgations qui seraient protégées, à qui on peut s'adresser pour
faire une divulgation. Nous, d'emblée, ce qu'on voyait, c'est au moins
d'élargir, à l'intérieur des organisations, au supérieur... au supérieur
immédiat.
Le Président (M.
Simard) : ...conclusion.
Mme
Vallières (Hélène) : Donc, voilà.
Mme Rizqy : Bien,
en conclusion — si
vous permettez, merci — Mme
la présidente du Conseil du trésor, j'aimerais qu'on ait en tête mon dernier
élément, pour qu'on puisse réfléchir à inclure les élus.
Le Président (M.
Simard) : Oui, très bien, très bien. Alors, je cède la parole à la
députée de Sherbrooke, qui dispose de 3 min 30 s.
Mme
Labrie : Merci, M. le Président. Je vais vous amener à un
endroit qui n'est pas dans vos recommandations. Là, on parle de la Loi
sur la divulgation de... d'actes répréhensibles à l'égard des organismes
publics. Il y a d'autres pays qui vont plus loin,
notamment, le Royaume-Uni. Depuis 25 ans déjà, eux, dans leur législation,
c'est possible de... bien, en fait, il est question aussi des dénonciations
dans les... dans les organismes privés. D'autres pays s'en sont inspirés, plusieurs,
donc j'aimerais savoir ce que vous en pensez.
Mme
Vallières (Hélène) : Bien, écoutez, là
encore, c'est un débat social. Dans le sens que je pense que c'est une tendance lourde en Europe, effectivement.
C'est... C'est vers là qu'on... qu'ils sont allés, là. Donc, il y a
plusieurs... Il y a une directive européenne. Il y a plusieurs... Il y a
plusieurs pays qui ont développé, vraiment, dans leurs lois du travail, parce que c'est vraiment intégré dans
leurs mécanismes de lois du travail, la possibilité de faire des dénonciations
puis de... d'être reconnu comme lanceur d'alerte, si on veut, là. Ça vient
vraiment avec une définition de qu'est-ce qu'un divulgateur, et si on fait une
dénonciation, à ce moment-là, on va être protégé avec les lois du travail. Donc,
bien, c'est un débat qui est ouvert.
Nous, évidemment, là,
nous, on... on applique une loi que le législateur a... a adoptée. Je pense
qu'en général, dans les... dans le milieu privé, puis si on... on regarde, par
exemple, dans le milieu financier ou dans les... les industries à haut niveau, il y a des... vraiment des pratiques qui se
sont développées pour signaler des situations problématiques qui portent
atteinte au... à l'éthique puis aux bonnes pratiques dans l'administration.
Donc, je pense que c'est une tendance qu'on remarque dans le milieu du privé
aussi. Est-ce qu'on veut l'encadrer au Québec? Bien, c'est un... c'est un débat
qui va... qui va vous revenir.
Mme Labrie : Mais
est-ce que je comprends que ça fait partie des bonnes pratiques à travers le
monde d'élargir, là, aux organismes privés?
Mme Vallières (Hélène) : Bien, c'est... En fait, il y a des pratiques... Parce que, dans le fond,
le... d'encourager le signalement de mauvaise gestion ou d'usage abusif
de fonds ou de... de situations contraires à l'éthique, bien, ça renforce les organismes, ça renforce les
organismes privés comme ça renforce les organismes publics, donc ça participe
d'une saine gestion, au global. Donc, c'est sûr qu'au privé, bien, il y a déjà
des pratiques qui sont développées à l'interne, là. Si on va voir dans les
grandes... les grandes entreprises, ils ont tous des lignes de dénonciation,
avec des... des mécanismes internes, des...
des vérifications très, très sérieuses qu'ils vont faire avec des normes ISO
associées à ça, là. Donc, oui, ça fait partie des... des pratiques qui
sont en... qui sont en cours dans le milieu privé.
Mme Labrie : Puis,
si... si le gouvernement décidait d'ouvrir cette voie-là, est-ce que vous
pensez que ça devrait relever du Protecteur du citoyen, d'appliquer cette
législation-là, ou ce serait plutôt de créer un commissaire?
M. Dowd
(Marc-André) : Je pense qu'il faudrait voir la proposition comme
telle, qu'est-ce que ça implique, l'impact que ça peut avoir sur l'exercice de
notre rôle général comme ombudsmans, est-ce que c'est compatible. Donc, ça nous
fera plaisir de participer au débat s'il y a des propositions qui... qui sont
avancées.
Mme Labrie : OK.
Je vous remercie.
M. Dowd
(Marc-André) : Merci.
Le Président (M. Simard) : Merci à vous, chère
collègue. Je cède maintenant la parole au député de Camille-Laurin, qui
dispose de 2 min 38 s.
M. St-Pierre
Plamondon : Merci beaucoup. Dans votre mémoire, donc, vous faites
état, là, des lacunes en matière de
protection contre les représailles, vous identifiez certaines solutions. Et je
note que ce n'est pas un problème théorique, là, vous êtes au courant
comme moi : Congédiements à Saint-Laurent, Deux présumées
lanceuses d'alerte suspendues sans solde, Chasse aux lanceurs d'alerte
dans un CISSS, Négligence dans un centre de réadaptation. Donc, ce
n'est pas théorique, ça, là, dans le cadre actuel, des gens perdent leur emploi
ou sont suspendus pour avoir agi comme lanceurs d'alerte.
Vous identifiez
certaines solutions avec lesquelles on est d'accord, par exemple, octroyer des
pouvoirs de... de réparation, vous parlez également de promotion à l'interne.
Mais on se comprend que, pour la personne qui se fait congédier, on parle de
perte de salaire, et soutenir les frais juridiques découlant d'une multitude de
poursuites, avec en plus l'incertitude liée au fardeau de la preuve de
démontrer que ce n'est pas lié... que c'est lié, le congédiement, avec la divulgation de lanceur d'alerte. Donc,
nous, en 2021, dans un projet de loi, on avait déposé cette idée d'instituer
un fonds du Protecteur du citoyen pour assurer le financement des frais
juridiques encourus par les divulgateurs qui sont victimes de représailles.
Est-ce que c'est une idée avec laquelle le protecteur est d'accord?
M. Dowd (Marc-André) : Écoutez, vous avez raison
de dire que c'est loin d'être théorique. Le renforcement du filet de protection contre les représailles, ça
doit être prioritaire dans... dans la réforme législative, dans la modification.
Maintenant, il faudrait voir concrètement, là, la proposition qui a été faite,
qu'est-ce que ça implique, de quelle manière c'est compatible ou non avec... à
notre mandat d'ombudsman. Certainement, il y a une chose qui est... que je veux insister, c'est qu'on se voit, on se voit
bien jouer un rôle de guichet unique en matière de représailles, c'est-à-dire d'accueillir
toutes les personnes qui s'estiment victimes...
M. St-Pierre Plamondon : Je suis...
Je suis obligé dans le temps.
M. Dowd (Marc-André) :
Oui.
M. St-Pierre Plamondon : Je suis
obligé de vous poser la question très précise : Avez-vous une position?
M. Dowd (Marc-André) : Non. La...
réponse...
M. St-Pierre Plamondon : Vous n'avez
pas pris de position là-dessus?
M. Dowd (Marc-André) : La... Il
faudrait que je voie la proposition et puis qu'on prenne position, mais je ne
suis pas en mesure de vous répondre aujourd'hui.
M. St-Pierre Plamondon : Donc, sur
cette question précise là, on aimerait un suivi dans la mesure où on vous
soumet que le simple fait de faire de la promotion à l'interne, quand les gens
vont perdre leur job puis ils vont soutenir les frais juridiques, ce n'est
vraiment pas proportionnel si on veut créer un climat qui va mener à d'autres
résultats que ceux-là. Donc, si c'est possible pour vous de prendre position
dans le cadre du processus qu'on va suivre, pour nous, ça nous semble
fondamental.
M. Dowd (Marc-André) : On va
examiner ça avec attention.
M. St-Pierre Plamondon : Merci.
Le Président (M. Simard) : Il vous
reste quelques secondes...
M. St-Pierre Plamondon : C'est
parfait.
M. Dowd (Marc-André) : Merci.
Le
Président (M. Simard) : Bien. Merci à tous pour votre précieuse
collaboration. Je salue tout particulièrement toute l'équipe du
protecteur, qui... qui était avec nous ce matin. Donc, vos interventions sont
très constructives.
Ceci dit,
nous allons donc, compte tenu de l'heure, ajourner nos travaux au
jeudi 8 juin. Alors, à nouveau, merci.
(Fin de la séance à 12 h 19)