Journal des débats (Hansard) of the Committee on Public Finance
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, May 21, 2024
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Vol. 47 N° 48
Clause-by-clause consideration of Bill 53, an Act to enact the Act respecting protection against reprisals related to the disclosure of wrongdoings and to amend other legislative provisions
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Intervenants par tranches d'heure
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Bogemans, Audrey
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LeBel, Sonia
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Fortin, André
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Marissal, Vincent
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Marissal, Vincent
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LeBel, Sonia
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Bogemans, Audrey
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Fortin, André
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Caron, Linda
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Caron, Linda
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Bogemans, Audrey
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Marissal, Vincent
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LeBel, Sonia
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Fortin, André
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Fortin, André
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LeBel, Sonia
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Bogemans, Audrey
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Marissal, Vincent
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Fortin, André
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LeBel, Sonia
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Bogemans, Audrey
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Marissal, Vincent
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Caron, Linda
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Bogemans, Audrey
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LeBel, Sonia
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Marissal, Vincent
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Fortin, André
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Caron, Linda
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LeBel, Sonia
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Bogemans, Audrey
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Caron, Linda
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Marissal, Vincent
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Caron, Linda
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LeBel, Sonia
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Bogemans, Audrey
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Marissal, Vincent
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Marissal, Vincent
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LeBel, Sonia
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Bogemans, Audrey
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Caron, Linda
15 h (version révisée)
(Quinze heures vingt-cinq minutes)
La Présidente (Mme Bogemans) : Donc,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des finances publiques ouverte. Je demande à toutes les personnes
dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 53, Loi édictant la Loi
sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles et modifiant d'autres dispositions législatives.
Donc, Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Simard (Montmorency) est remplacé par Mme Bogemans
(Iberville); M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys), par M. Fortin
(Pontiac); Mme Rizqy (Saint-Laurent), par Mme Caron (La Pinière);
et M. Bouazzi (Maurice-Richard), par M. Marissal (Rosemont).
Étude détailéée (suite)
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Lors de l'ajournement de nos travaux, jeudi le 8 mai, nous étions à l'étude
de l'amendement proposé par la ministre à l'article 37. Est-ce qu'il y a
des commentaires sur l'amendement proposé? Ou voulez-vous reprendre la lecture
de l'amendement, Mme la ministre?
Mme LeBel : ...en souhaitant
bonjour à tout le monde. Heureux de vous retrouver. D'ailleurs, je vais en
profiter pour saluer mes collègues de la banquette gouvernementale et souhaiter
un joyeux anniversaire à mon collègue de René-Lévesque, dont c'est la fête
aujourd'hui. Donc, ceci est votre «surprise». Donc, profitez-en pour les
prochaines trois heures.
Puis on peut... Non, je pense qu'on avait
lu l'article 37 principal, Mme la Présidente. J'avais lu l'amendement également.
Je pense qu'on peut peut-être ouvrir les... Je peux... pas le relire
nécessairement, mais si vous avez des questions... Mais là ça va prendre
peut-être un petit temps avant de se remettre dedans, là, donc, j'implore l'indulgence
pour répondre aux questions, mais on peut y aller sur la discussion. Allons-y,
plongeons.
M. Fortin :...mais considérez-vous salués, comme l'a fait la ministre,
et considérez-vous souhaité un joyeux anniversaire... mais pas sur l'amendement,
Mme la Présidente. Il n'y a pas de commentaire de notre part.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Pour le deuxième groupe de l'opposition? Donc, est-ce que...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce que l'article 37... Est-ce que <l'amendement...
La Présidente (Mme Bogemans) :
...que
>l'amendement de l'article 37 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 37 de manière générale?
Parfait.
M. Fortin :
...
La Présidente (Mme Bogemans) :
Ah! oui.
M. Fortin :Effectivement, là, l'article 37, il vient dire
essentiellement que c'est le Conseil du trésor qui peut établir les deux. À l'amendement 1
ou l'alinéa 1 : «Établir des modalités relatives à la désignation des
responsables de la gestion de l'éthique et de l'intégrité.» Donc, pourquoi ce
serait le Conseil du trésor qui viendrait établir les... des modalités pour le commissaire à l'éthique<i>?
Mme LeBel : Non, ce n'est pas
pour le commissaire à l'éthique, c'est pour les responsables qui étaient dans
chacune des organisations.
M. Fortin :Oui, c'est ça.
Mme LeBel : C'est ça, hein?
Je ne veux pas me tromper parce que, là, on reprend... on reprend puis il faut
que ma tête reprenne. Les responsables actuels, en vertu de la loi actuelle,
qui sont responsables de recevoir les plaintes et de traiter les plaintes, on
va leur attribuer des nouvelles fonctions, qui vont s'appeler responsables
de la gestion de l'éthique et de l'intégrité. Donc, ils vont avoir... comme on
l'expliquait dans les conversations précédentes, qu'on a eues avant le départ
pour nos circonscriptions respectives, on a eu... on avait discuté du fait que
ces gens-là vont se voir attribuer un nouveau rôle, entre autres un rôle de
prévention, potentiellement un rôle d'accompagnement, même s'ils n'ont pas le
rôle officiel de recevoir des dénonciations ou des divulgations, plutôt, compte
tenu de la loi sur laquelle on travaille. Ils vont quand même avoir un rôle
d'information, d'explication du processus et d'accompagnement minimal,
naturellement, là, le cas échéant, si quelqu'un se tourne vers eux encore
spontanément. Donc, naturellement, il va... ce sont des employés des
ministères, des différents organismes qui sont sous la <i>loi sur la
divulgation des actes répréhensibles, donc c'est le Conseil du trésor qui devra
rétablir les directives concernant leur nouveau rôle, finalement.
M. Fortin :Très bien. Merci de nous remettre dans le bain collectif.
Mme LeBel : Oui. Bien, je
l'ai fait, comme vous voyez, au fur et à mesure, hein? Ça ne paraissait pas
trop? C'est parfait.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires? Oui, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Au deuxième paragraphe, là : «Préciser les fonctions des
responsables de la gestion de l'éthique et de l'intégrité ainsi que les
conditions — je ne sais pas pourquoi j'essaie de lire sans mes lunettes,
ce sera bien mieux — ainsi que les conditions et modalités de leur
exercice.» Ça, c'est dans le but, Mme la ministre, je présume, d'uniformiser.
Mme LeBel : Ah! absolument.
M. Marissal : Ce ne sera pas
à la pièce, là, c'est...
Mme LeBel : Non, non, ce ne
sera pas à la pièce. On veut que le rôle de ces... Comme à l'instar du rôle qu'il
avait dans... qu'ils avaient dans l'ancienne loi, qui était uniforme, on veut
que leur nouveau rôle, leur nouvelle fonction soit identique, parce qu'on ne
voudrait pas qu'il y ait un déficit de... je dirais, dans certaines organisations,
par rapport à l'autre, sur l'information ou sur le rôle qu'on va leur
attribuer, qui deviendra principalement, je dois le dire, non pas uniquement,
mais notamment et principalement un rôle d'information, d'éducation, parce que,
dans le fond, ce qu'on veut, c'est favoriser un environnement de divulgation.
Dans le cadre de la confiance, il y avait naturellement la façon de divulguer
le processus. On vient... on s'attaque, je trouve que c'est un peu intense
comme terme, là, mais on vient répondre à cette préoccupation-là en envoyant ça
vers le guichet unique.
Mais l'information, hein, l'éducation, la
sensibilisation, la prévention va demeurer au sein des organismes publics, et
ces gens-là auront ce rôle-là, et on veut qu'il y ait quand même une certaine
uniformité. On ne les empêchera jamais d'en faire plus, mais je pense qu'il
faut avoir une certaine base.
• (15 h 30) •
M. Marissal : Mais vous
faites bien de le dire, parce que, tu sais, je fais un parallèle, par exemple,
avec la <i>loi d'accès à l'information, là, qui n'a rien à voir ici avec
le cas échéant, là, mais c'est parce que c'est supposé être uniforme, puis ça
s'est uniformisé aussi... que l'information ne sort à peu près plus. Ça fait
que, quand c'est trop uniformisé puis qu'il n'y a pas d'initiative prise par
quelqu'un qui voudrait justement faire plus, on a tendance à niveler par le bas,
donc, c'est «top-down». Le Conseil du trésor dit : C'est comme ça que ça
va marcher, puis dans chaque organisation, il va y avoir un responsable qui est
nommé. Ça va jusque-là?
Mme LeBel : Bien, c'est... oui,
ces gens-là. Donc, on va établir les modalités relatives à la désignation d'un
responsable et, par la suite, préciser les fonctions qu'ils auront à occuper.
M. Marissal : OK. Très bien.
Et qui conseille le Conseil du trésor? Est-ce que c'est des gens...
Mme LeBel : Bien, le Conseil
du trésor, c'est conseillé par le secrétariat au Conseil du trésor qui... bon,
je dis, ce n'est pas un ministère, le secrétariat, et le Conseil du trésor
et cinq ministres qui vont se faire soumettre des directives, en
l'occurrence, et qui vont prendre une décision.
M. Marissal : OK. Est-ce
qu'on part essentiellement de ce qu'on connaît déjà, ou on va plus loin, ou
est-ce qu'on... Est-ce qu'on part de ce qu'on a déjà dans la <i>loi sur
les lanceurs d'alerte puis qu'on dit : Le Conseil du trésor va reprendre
ce qu'on a déjà comme base?
Mme LeBel : Bien, ça n'existe
pas actuellement dans cette fonction-là. Au moment où on se parle... parce que
ce ne sera peut-être pas nécessairement la même personne, là, mais... dans le
sens de la personne physique, mais, au moment où on se parle, il y a, dans
chacune des organisations prévues par la loi... il y a peut-être des directives
qui viennent <soutenir ça, là, je m'en excuse si...
>
15 h 30 (version révisée)
<
Mme LeBel :
...des
directives qui viennent >soutenir ça, là, je m'en excuse si... Mais
disons qu'il y a un cadre qui prévoit, à la fois dans la loi, dans les
directives, que ces gens-là sont là pour recevoir les plaintes et traiter les
divulgations. Ils ont aussi un rôle d'information, mais on s'entend que le rôle
principal, c'est de traiter les plaintes... de recevoir la divulgation et de
traiter les plaintes, ce qui va être dirigé maintenant vers le Protecteur du
citoyen.
Maintenant, on veut s'assurer de recadrer
leurs fonctions, ou la fonction d'une telle personne, et on veut une certaine
uniformité parce que... Je viens de laguer, comme dirait mon fils. L'important,
c'est de... L'important, c'est de s'assurer que l'environnement de divulgation est
bien connu et que les gens connaissent leurs droits et dans quelles
circonstances ils peuvent divulguer pour bien profiter des protections de la
loi, là.
M. Marissal : OK. Puis l'information
qui va partir ou les directives qui vont partir du Conseil du trésor vers les
organismes, les ministères?
Mme LeBel : Oui, bien, le secrétariat
va s'assurer de faire la diffusion des directives adoptées par le Conseil du
trésor.
M. Marissal : Est-ce qu'elles
seront publiques?
Mme LeBel : En principe, oui.
M. Marissal : Elles seront
publiques.
Mme LeBel : En principe, oui.
Oui, oui.
M. Marissal : OK. C'est bon.
Ça va pour moi.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Parfait. S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 37,
tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, nous allons passer à l'article 38. Mme la ministre, voulez-vous en
faire la lecture?
Mme LeBel : Oui, absolument,
Mme la Présidente. Article 38 : L'article 33 de cette loi est
modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par la suppression, dans ce qui précède
le paragraphe 1°, de «Commet une infraction et»;
b) par le remplacement, dans le paragraphe 2°,
de «aux dispositions de l'article 30» par «à une interdiction imposée en
application de l'article 11.2»;
2° par la suppression du deuxième alinéa.
Commentaire. Cet article propose trois
modifications à l'article 33, qui est la loi... de la <i>loi
facilitant la divulgation d'actes... répréhensibles, pardon, à l'égard des
organismes publics :
1° la suppression d'un pléonasme;
2° l'introduction d'une infraction pénale
en cas de contravention à une interdiction de communication imposée en vertu de
l'article 11.2 de cette loi proposée par l'article 20 du projet de
loi. Cette nouvelle infraction remplace l'infraction relative aux représailles
prévue à l'article 30 de cette loi, remplacé par l'article 37 du
projet de loi étant donné qu'une nouvelle infraction pénale équivalente est
proposée par l'article 19 de la Loi sur la protection contre les
représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles, proposé à ce projet
de loi, qu'on verra d'ailleurs dans le bloc II;
3° la suppression de la règle applicable
en cas de récidive, étant donné que cette règle est réintroduite à l'article 35.1
proposé par l'article 42 du projet de loi. Donc, c'est un déplacement,
dans ce cas-là.
Et je ne pensais jamais que je procéderais
à la suppression d'un pléonasme, mais c'est fait. Bien, en tout cas, c'est
proposé.
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est pour
toujours. Ce sera fait.
M. Fortin :
Ce sera fait, si c'est adopté, oui.
Mme LeBel : Ce sera dans mon
CV.
M. Fortin :Dans vos mémoires, d'accord. Bien, si je comprends bien,
là, les trois... les trois modifications, il y en a une qui, effectivement... qui
est pour supprimer le pléonasme, au grand plaisir de la ministre, et les deux
autres, c'est pour simplement remplacer des trucs ailleurs dans le projet de
loi.
Mme LeBel : Exactement, qu'on
va voir ailleurs.
M. Fortin :Donc, il n'y a aucun changement de substance, là.
Mme LeBel : Non. Il n'y a
rien qui disparaît comme tel en termes de substance, effectivement.
M. Fortin :Ça va, Mme la Présidente. Très bien.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...est-ce
qu'il y a d'autres commentaires ou interventions?
M. Marissal : ...à la
suppression d'un pléonasme ici, en pleine commission. Ça manquait à ma culture.
Mme LeBel : Mais vous m'avez
introduite à un amendement par bloc... un rejet par bloc de...
M. Marissal : C'est vrai, mais
ce n'était pas nécessairement un pléonasme. En tout cas...
Mme LeBel : Non, pas
nécessairement.
M. Marissal : Ça me va. Ça me
va, merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 38 est
adopté?
Des voix
: Adopté.
Mme LeBel : Adopté, oui.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Passons maintenant à l'article 39.
Mme LeBel : Oui. Article 39 :
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 33, du suivant :
«33.1. Quiconque, sans y être dûment
autorisé, révèle un renseignement qu'il a obtenu dans l'exercice des fonctions
de vice-protecteur, de fonctionnaire ou d'employé du Protecteur du citoyen est
passible d'une amende de 5 000 $ à 30 000 $.»
L'article 33.1 de la Loi facilitant
la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics, proposé
par l'article 39 du projet de loi, est une disposition semblable à celle
de l'article 33 de la Loi sur le Protecteur du citoyen, applicable à la Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes
publics en vertu d'un renvoi qui y est fait à l'article 29 de cette loi.
Donc, ce nouvel article 33.1 est
proposé dans le cadre du remplacement du renvoi aux dispositions de la Loi sur
le Protecteur du citoyen... est fait à cet article 29 par l'incorporation
de ces dispositions dans la <i>loi facilitant d'actes répréhensibles à l'égard
des organismes publics proposé par le projet de loi. Bon, la fourchette
actuelle de l'amende est de 300 $ à 1 000 $, tandis que celle
proposée est de 5 000 $ à 30 000 $, donc, on... Le fait
brut... Le principe brut d'avoir une amende pour une telle infraction existe
déjà <dans...
Mme LeBel :
...pour
une telle infraction existe déjà >dans la Loi sur le Protecteur du
citoyen. On fonctionnait par renvoi.
Ce qu'on fait, c'est qu'on l'incorpore. Au
lieu d'en faire un renvoi, on l'incorpore comme tel dans la <i>loi
facilitant la divulgation des actes répréhensibles et on augmente... on
actualise, je vous dirais, la fourchette des amendes pour bien faire comprendre
l'importance de ne pas divulguer de tels renseignements, qui pourraient mettre
en péril soit l'identité du divulgateur, soit l'enquête en cours, soit bien des
choses.
M. Fortin :...Mme la ministre, un peu plus tôt, là, dans l'exercice,
on s'est dit que, si la plainte était envers le Protecteur du citoyen ou
l'organisme, là, lui-même, la plainte, elle allait à...
Mme LeBel : Le commissaire
à l'éthique<i>.
M. Fortin :C'était au commissaire à l'éthique, hein?
Mme LeBel : Oui, oui.
M. Fortin :Alors, est-ce que les employés du commissaire à l'éthique
ne devraient pas être inclus de la même façon pour un cas similaire?
Mme LeBel : C'est déjà
couvert. Il y a déjà un renvoi...
M. Fortin : OK. Dans ce
cas-là, c'est... Dans ce cas-là...
Mme LeBel : C'est déjà
couvert. Le principe est déjà couvert.
M. Fortin :OK. Mais, si la pénalité est la même, là?
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui.
M. Fortin :Très bien.
Mme LeBel : J'entends, oui, mais
effectivement on a l'effet miroir quelque part, là.
M. Fortin :Une bonne nouvelle.
Mme LeBel : C'est bon.
La Présidente (Mme Bogemans) : Super.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Oui.
M. Marissal : ...curiosité.
Tu sais, on passe de 300 $, à 1 000 $, à 5 000 $, à
30 000 $. Ça, j'imagine, ce n'est pas totalement aléatoire. C'est les
barèmes généralement utilisés quand on modernise les lois ces jours-ci?
Mme LeBel : Bien, dans le
texte actuel... Attends un petit peu. Je vais juste aller voir, là. Dans le
texte actuel, effectivement, on est... on passe de... Le texte actuel était de
5 000 $ à 30 000 $. Non, attends un petit peu. Je veux
juste être sûre, là.
M. Marissal : La loi
précédente, elle date de quand?
Mme LeBel : Bien, c'est ça...
Bien, c'est une loi dont les amendes ont été fixées il y a très, très
longtemps, la Loi sur le Protecteur du citoyen, là. Donc, on est, je dois dire...
je ne veux pas dire qu'on est identique, mais on est dans... on l'amène à des
barèmes similaires qui existent dans d'autres lois. Il faut comprendre qu'à
l'époque, quand la Loi du Protecteur du citoyen a été mise en place, c'était
beaucoup, là, ces amendes-là. Donc, je ne dirais pas que c'est une
actualisation parfaite, mais on ramène dans un giron d'amendes similaires pour
ce même type d'infractions dans d'autres lois, là. Je ne dirais pas que c'est
identique, je me garde une petite marge de manoeuvre, là, mais on actualise
pour le rendre dans les mêmes eaux.
M. Marissal : OK. Ça va.
Merci.
Mme LeBel : Il faut que ce
soit dissuasif, hein?
M. Marissal : ...ça, la
question, un peu, c'est... Quand on veut vraiment que ce soit dissuasif,
parfois, on va vraiment passer le message puis appuyer plus fort sur le crayon.
Mme LeBel : Non, mais on est
dans le barème dissuasif, mais qui demeure dans un barème qui est éprouvé dans
d'autres lois, et similaire, là. On ne veut pas... On ne se sort pas non plus
du corpus général, là.
M. Marissal : OK. Ça va.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, est-ce que l'article 39 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Passons maintenant à l'article 40.
Mme LeBel : Oui. Merci.
Article 40 : L'article 34 de cette loi est modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par le remplacement de «d'un
responsable du suivi des divulgations» par «du commissaire à l'éthique et à la
déontologie»;
b) par la suppression de «commet une
infraction et»;
2° par la suppression du deuxième alinéa.
• (15 h 40) •
Donc, cet article propose trois
modifications à l'article 34 de la Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard des organismes publics. Donc :
1° rendre applicable l'infraction prévue
par cet article au Commissaire à l'éthique et à la déontologie et non plus au
responsable du suivi des divulgations par concordance avec la suppression du
rôle de responsable de suivi des divulgations et avec le rôle confié au
commissaire de traiter les obligations qui mettent en cause le Protecteur du
citoyen, qui est proposé par le présent projet de loi;
2° encore, c'est mon deuxième pléonasme
que je supprime, alors ça devient une habitude;
3° la suppression de la règle applicable
en cas de récidive, étant donné que cette règle est réintroduite à
l'article 35.1 proposé par l'article 42 du projet de loi.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
M. Fortin :Vous savez que plus vous en supprimez, tu sais, ça devient
de moins en moins spécial à chaque fois, quand même, là. Ça...
Mme LeBel : Oui, je sais,
hein? J'ai déjà un petit... Oui, c'est presque banal.
M. Fortin :Enfin, c'est tout, Mme la Présidente.
M. Marissal : ...fâcheuse
tendance de se répéter...
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, est-ce que l'article 40 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, passons à l'article 41.
Mme LeBel : Article 41 :
L'article 35 de cette loi est modifié par le remplacement de «aux articles 33
et 34» par «à l'un des articles 33, 33.1 ou 34».
Donc, dans le fond, c'est une modification
de concordance qui vient prendre acte de l'article 33.1 qu'on vient
d'ajouter.
La Présidente (Mme Bogemans) : Des
commentaires?
M. Fortin :...Mme la <Présidente...
M. Fortin :
...la >Présidente.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, est-ce que l'article 41 est adopté?
Des voix : Adopté.
Mme LeBel : Je prendrais un
extrait du procès-verbal sur cet article.
Alors, article 42... avec votre
permission, naturellement : Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 35, des suivants :
«35.1. En cas de récidive, le montant des
amendes minimales et maximales prévues par la présente loi est porté au double.
«35.2. Une poursuite pénale pour une
infraction à une disposition de la présente loi se prescrit par trois ans
depuis la date de la connaissance par le poursuivant de la perpétration de
l'infraction. Toutefois, aucune poursuite ne peut être intentée s'il s'est
écoulé plus de sept ans depuis la date de la perpétration de l'infraction.»
Donc, ce que l'article 35.1 de la loi
fait... proposé par l'article 42 du projet de loi. Donc, il prévoit que la
règle applicable en cas de récidive en matière pénale, par concordance avec les
suppressions faites aux articles 33 et 34 de cette loi et afin de tenir
compte de la nouvelle infraction qui est prévue à 33.1 de cette loi, proposé
par l'article 39 du projet de loi... Donc, on vient tenir compte des
modifications qu'on vient de faire.
Et l'article 35.2 de cette loi,
proposé par l'article 42 du projet de loi, augmente le délai de
prescription pour intenter une poursuite pénale pour une infraction à la Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes
publics.
Et c'est... Peut-être pour compléter, là,
le délai de prescription proposé est identique à celui qui est mis en place par
la <i>loi transférant au commissaire au lobbyisme la responsabilité du
registre du lobbyisme, qu'on a faite, et c'était une proposition de la
commission Charbonneau. C'est toujours difficile d'avoir des prescriptions,
dans ce type d'infractions là, qui ne tiennent pas compte de la connaissance. Donc,
c'est pour ça que le premier jalon du départ de la prescription est la
connaissance, qui est trois ans, mais, tout de même, si sept ans s'est passé,
de la perpétration, ça devient également prescrit et ça donne le temps. Dans ce
genre d'infractions là, souvent, il y a la connaissance et il y a l'enquête à
faire. Ça donne le temps d'agir sans qu'on soit forclos d'agir pour un simple
délai de prescription. Donc, ça donne du temps nécessaire. Et, au fur et à
mesure qu'on progresse dans ce genre de lois là, on ajuste, je vous dirais, les
délais de prescription. On ne fait pas des projets de loi spécifiques pour les
délais de prescription, mais on les ajuste. C'est comme les pléonasmes, on
ajuste au fur et à mesure.
M. Fortin :...Mme la Présidente, il n'y a pas de problème, là. On l'a
vu que c'était... c'est le texte qui reconduit les articles précédents.
Pour le 35.2, est-ce que c'est... est-ce
que ça... Si j'ai bien compris ce que la ministre disait, là, c'est un article
miroir, là, ce qui a été proposé pour le Commissaire au lobbyisme?
Mme LeBel : Oui, tout à fait.
M. Fortin :Alors, c'est la même... les délais sont les mêmes?
Mme LeBel : Oui, tout à fait.
M. Fortin :Et ils sont prolongés, si j'ai bien compris... ils sont
prolongés dans les deux cas... c'est-à-dire le délai de prescription pour
intenter la poursuite et le délai, là, à partir de l'acte comme tel, les deux
sont prolongés.
Mme LeBel : Oui.
Actuellement, là, c'est un an de l'infraction pure, peu importe la
connaissance, donc. Et dans... Puis je peux en parler avec beaucoup
d'affirmation parce que j'ai été la ministre qui a été responsable de la
modification dans la <i>loi sur le commissaire au lobbyisme et je connais
légèrement quelques recommandations de la commission. Donc, ça fait partie
effectivement... pour donner le temps à ce genre d'organismes là, surtout le Protecteur
du citoyen ou d'autres types de commissaires, de porter les enquêtes. Et
souvent, la connaissance, malheureusement, était... dépassait le délai de
prescription lui-même. Donc, c'est... On ajuste, là, suivant les
recommandations, pour permettre... mais on met quand même, je dirais, une date
de fin. C'est qu'à un moment donné, connaissance ou pas connaissance, après
sept ans, ça devient prescrit.
M. Fortin :Est-ce que c'était... rappelez-moi, là, dans les
recommandations de la commission Charbonneau, est-ce que c'était... est-ce
qu'il y avait des délais spécifiques d'inscrits ou, ces délais-là, c'est vous
qui les avez choisis au moment, par exemple, des modifications sur le...
Mme LeBel : Je pense que
c'est ce type de délais là qu'on proposait, mais là j'avoue que c'est... Là, je
mentirais de...
Des voix : ...
Mme LeBel : Oui, c'est ça. C'était
exactement ça, d'appliquer un délai de prescription de poursuite pénale de
trois ans après la connaissance de l'infraction par le poursuivant, sans
excéder sept ans depuis sa perpétration. On parlait de la <i>loi sur les
contrats publics à l'époque, la <i>loi sur la transparence et l'éthique...
la Loi électorale, les lois municipales... des contrats, le code des... Tu
sais, on nommait plusieurs types de lois similaires, mais naturellement, le
type de lois qui étaient nommées là étaient en fonction de nos mandats
spécifiques. Mais je vous dirais que, compte tenu qu'on parle de la divulgation,
que la protection des divulgateurs ou des lanceurs d'alerte était au coeur, quand
même, de nos préoccupations. Je vous dirais que...
M. Fortin :OK. Je comprends que ce n'est pas exactement toujours les
mêmes cas, mais, depuis que ça a été mis en place au Commissaire au lobbyisme,
il n'y a pas eu... Est-ce que vous avez eu vent, par exemple... vous ne le
savez peut-être pas exactement, mais est-ce que vous avez eu vent d'instances
où on s'est dit : Ah! bien, ça aurait peut-être été bien d'avoir quelques
années de plus parce qu'on en a échappé une, là?
Mme LeBel : Bien, pas depuis
que ça a été mis en place parce que... Vous parlez de la nouvelle prescription?
M. Fortin :Oui.
Mme LeBel : Non, parce qu'au
contraire... Mais je vous dirais qu'à l'époque où on l'a mise en place... et
là, sous toute réserve de ma mémoire, là, il y avait quelques cas de figure, je
<pense...
Mme LeBel :
...il y
avait quelques cas de figure, je >pense, où la connaissance avait été
dépassée, le un an de la commission de l'infraction. Mais là, avec un trois et
sept ans, je vous dirais que...
M. Fortin :On met les chances de notre bord.
Mme LeBel : Bien, je n'ai pas
d'information précise, en toute transparence, là, mais quand ça... Sept ans,
là, c'est sept ans, quand même, là.
M. Fortin :Ça va.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...d'autres
interventions?
M. Fortin :On avait un an actuellement.
Mme LeBel : Oui, c'est ça,
c'était un an, c'est-à-dire un an tous azimuts, actuellement, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce que l'article 42 est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Pour
conclure le bloc I, est-ce qu'on a le consentement pour reprendre
l'article 22, qui avait été suspendu?
Mme LeBel : Oui. Il a été
suspendu, compte tenu qu'on a eu des discussions, Mme la Présidente, avec mes
collègues d'en face sur la possibilité pour le gouvernement, suite à nos
discussions puis à nos réflexions, de soumettre un amendement. Je sais qu'on
l'a envoyé au Greffier, si je ne trompe pas.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Absolument.
Mme LeBel : Est-ce que mes
collègues veulent le suspendre pour en prendre connaissance?
M. Fortin :...ce serait apprécié.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Pas de problème.
Mme LeBel : Si tout le monde
est d'accord, ça me va.
La Présidente (Mme Bogemans) : Donc,
nous allons suspendre pour quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 48)
(Reprise à 15 h 54)
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, nous reprenons avec l'amendement de l'article 22.
Mme LeBel : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Alors, on avait procédé à la lecture de l'article 22
principal. Suite aux discussions qui avaient eu lieu avant la suspension
précédente, on avait convenu que la partie gouvernementale proposerait un
amendement pour venir éclaircir le cas de figure qui est proposé dans
l'article 22. Alors, voici l'amendement qui est proposé, Mme la Présidente :
Remplacer l'article 22 du projet de loi par le suivant :
Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 13, du suivant :
«13.1. Le Protecteur du citoyen peut
suspendre le traitement d'une divulgation d'un acte répréhensible lorsqu'il
constate, en cours de vérification, que cet acte est déjà connu et que la
situation est prise en charge au sein de l'organisme public concerné; il en
informe alors la personne ayant la plus haute autorité administrative au sein
de cet organisme public de même que la personne ayant fait la divulgation, si
son identité est connue.
«La personne ayant la plus haute autorité
administrative au sein de l'organisme public doit informer le Protecteur du
citoyen de toute mesure correctrice pour remédier à la situation.
«Si le Protecteur du citoyen considère que
l'organisme public a pris des mesures satisfaisantes dans un délai raisonnable,
il met fin au traitement de la divulgation; dans le cas contraire, il reprend
le traitement.
«Malgré la suspension du traitement de la
divulgation, le Protecteur du citoyen transmet les avis prévus au deuxième
alinéa de l'article 10 à la personne ayant fait les divulgations, si son
identité est connue.»
Donc, ce que ça a pour objet... Cet
article-là a pour objet de permettre au Protecteur du citoyen de suspendre le
traitement d'une de ses... le traitement d'une enquête qui est faite suite à
une divulgation. C'était l'essence derrière l'article 22 qui était proposé.
On est d'accord et on en avait discuté, que l'article 22, tel que libellé
précédemment, qu'on vous demande de retirer par l'amendement et de remplacer,
pouvait porter à... pouvait laisser à penser que le Protecteur du citoyen
déléguait à la plus haute autorité le fait d'enquêter, ce qui n'est pas le cas.
Ce qui est visé ici, c'est le Protecteur
du citoyen, qui, dans le cadre de son enquête ou de sa vérification sur la
divulgation, constate, parce qu'il ne faut pas présumer que les plus hautes
autorités des organismes publics sont tous des gens qui veulent camoufler des
choses... constate, et c'est le Protecteur du citoyen qui fait ce constat et
qui décide de ça, constate que la situation est prise en charge. Je fais un
raccourci qui est un... qui est un raccourci court, donc je fais un raccourci...
mais constate que la situation est prise en charge, continue à garder un oeil
sur la situation, demande d'être informé des correctifs le cas échéant,
naturellement, ou de la conclusion, le cas échéant, et, s'il n'est pas
satisfait, a tout le loisir de continuer son traitement et de faire, naturellement,
les constats qu'il souhaitera faire sur la façon dont l'organisme public s'est
comporté, sur le processus qui a été mis en place et/ou les résultats, et de
faire les recommandations qu'il juge appropriées. Donc, ça permet donc au
Protecteur du citoyen de ne pas dédoubler la situation, si elle semble prise en
charge, mais il ne se lave pas du tout les <mains...
Mme LeBel :
...charge,
mais il ne se lave pas du tout les >mains de sa responsabilité. Il garde
un oeil et aura toujours le... tout le loisir de reprendre sa propre enquête,
s'il le souhaite approprié. J'ai essayé de résumer un peu nos discussions.
M. Fortin :...j'apprécie la proposition, là, qui est faite par la
ministre. Si je comprends bien, et parce que la... L'enjeu qui nous inquiétait,
là, c'est, par exemple, la personne qui fait une divulgation et qui se tourne
vers le Protecteur du citoyen. Elle veut peut-être protéger son identité, elle
n'est peut-être pas prête à le faire à l'intérieur de son propre... sa propre
organisation.
Alors là, ce qu'on vient dire, c'est :
Quand cet acte est déjà connu et que la situation est déjà prise en charge au
sein de l'organisme public concerné... Ça, ça veut dire essentiellement que le
Protecteur du citoyen reçoit la plainte, il commence son enquête ou il va voir
qu'est-ce qui est en train de se passer dans l'organisme public, il se rend
compte que, ah oui, OK, bien, ils sont déjà en train de travailler là-dessus, là,
il retourne voir, de un, la personne qui a fait la divulgation, si son identité
est connue, pour lui dire : Je suis allé voir, c'est déjà en train de se
faire, ils sont là-dessus, il y a ça qui se passe. Mais est-ce qu'il doit... À
ce moment-là, il a encore son obligation de protéger la personne?
Mme LeBel : Oui, tout à fait.
M. Fortin :Tout ça, ça ne change jamais.
Mme LeBel : Non.
M. Fortin :Donc, l'organisme en tant que tel n'aura jamais une... n'aura
jamais un rapport qui lui dit : Corrige ça ou tu es en train de corriger
ça, bravo, parce qu'on a reçu une plainte de telle, telle, telle personne. Alors,
elle, elle est quand même protégée. Mais cette personne-là, elle n'a pas la
possibilité de dire : Non, non, je veux que ce soit vous autres qui le
traitiez, là. Tu sais, c'est l'organisme qui fait les changements quand même.
Mme LeBel : Bien, elle a la
possibilité de dire au Protecteur du citoyen, bien, dans ses échanges... puis
on jase un cas de figure. Dans le cas de figure actuel, ce que l'ancien libellé
pouvait porter à croire, c'est que le Protecteur du citoyen transférait son
dossier.
M. Fortin :Exact.
Mme LeBel : Donc, dans le
transfert du dossier vient un transfert potentiel d'informations, même si sa
posture de base est toujours, d'abord et avant tout, de protéger l'identité du
divulgateur. On le dit, mais c'est ça... mais ça pouvait donner à penser qu'on
transférait le dossier, alors que, là, le Protecteur du citoyen ne transfère
aucune information vers l'organisme public. Il ne fait que constater que le... je
dirais, l'événement sur lequel il enquête est déjà en train d'être enquêté, ce
n'est pas le bon terme, là, mais traité par l'organisme. Donc, ça n'implique
aucun transfert d'informations. La personne, si elle existe, parce que ça prend...
s'il y a un divulgateur connu, là, pourrait dire au Protecteur du citoyen :
Moi, je n'ai pas confiance en l'organisme public, puis le Protecteur du citoyen
fera ses propres constats.
M. Fortin :Exact.
Mme LeBel : Mais il demeure,
de toute façon, toujours maître de ses propres constats. C'est pour ça qu'on
parle, au troisième alinéa, je pense, que... s'il considère qu'il a pris des
mesures satisfaisantes dans un délai raisonnable. Donc, ce sera à lui de juger
des mesures satisfaisantes, et j'imagine qu'il aura cette discussion-là de
toute façon, avec le divulgateur, sur les mesures qui ont été prises.
M. Fortin :OK. Donc, le... Un instant, là. Le Protecteur du citoyen,
qui constate qu'il y a déjà quelque chose qui est en train de se produire, là,
il y a déjà des changements qui sont en train de faire, là, au cours de sa
vérification, que cet acte est déjà connu et que la situation est prise en
charge, il suspend, comme on l'indique, là, au premier alinéa... il suspend le
traitement de la divulgation. Et donc il dit à la personne ayant la plus haute
autorité administrative au sein de l'organisme : Je suspends. C'est ça?
Quand on dit «il en informe», c'est... ça veut dire qu'il s'informe de la
suspension.
Mme LeBel : Oui, de la
suspension, pas de...
• (16 heures) •
M. Fortin :Alors, je vous informe de ça. Mais, au troisième
paragraphe, il vient essentiellement dire : Je vais quand même aller
vérifier pour voir si ce que vous avez fait, c'est satisfaisant à mes yeux, là.
Mme LeBel : Bien, donc, je
suspends, mais je ne me décharge pas. Donc, je suspends et je continue, dans le
fond, je suspends puis je vous surveille sur ce que vous allez faire. C'est un
peu ça qui est... Tu sais, c'est pour cette raison-là qu'il informe la personne
ayant la plus haute autorité administrative, c'est-à-dire : Je constate
que vous travaillez sur le même dossier que moi, disons-le comme ça, je
suspends, mais je vous...
M. Fortin :Je vais aller voir si ce que vous faites, ça marche, là.
Mme LeBel : Mais oui, mais...
Je vais voir si ce que vous faites, ça marche, mais donc je ne me décharge pas.
Ce n'est pas : Je vous transfère. Je suspends, mais je vous... mais je
m'attends à un résultat. C'est un peu ça que le troisième alinéa dit.
M. Fortin :Ce texte répond aux préoccupations initiales qu'on avait,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Bogemans) : Mme
la députée de La Pinière.
Mme Caron : ...alors, au
premier alinéa, quand on dit que le Protecteur en informe alors la personne
ayant la plus haute autorité administrative au sein de cet organisme public,
qu'arrive-t-il dans le cas où la divulgation viserait cette personne-là, la
plus haute autorité administrative?
Mme LeBel : Bien, je serais
portée à vous répondre que le Protecteur du Citoyen va continuer sa propre
enquête. Je veux dire, il ne va pas constater que le plus haut dirigeant s'en
occupe, il est la personne visée. Donc, ça ne donne aucune obligation au
Protecteur du citoyen. Et je serais portée à vous répondre, chère collègue,
que, si la personne ayant la <plus haute autorité administrative...
>
16 h (version révisée)
<17847
Mme
LeBel :
...la personne ayant la >plus haute autorité
administrative est visée par la divulgation, elle ne sera certainement pas en
train d'enquêter sur elle-même. Donc, le Protecteur du citoyen ne constatera
pas qu'une enquête est déjà prise en charge, je vais le dire comme ça. Et moi,
j'ose penser, là, et je ne présumerai pas des actions du protecteur, mais j'ose
penser qu'il ne... l'article 22... non, 13.1, plutôt, ne sera pas
enclenché, là.
Mme Caron : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
D'autres interventions? Oui.
M. Marissal : Merci. J'essaie
de voir pourquoi on a rajouté «si son identité est connue», parce qu'il y a
nécessairement... si le...
Mme LeBel : Non, parce que ça
peut être anonyme. On a précisé ou on va préciser, si ce n'est pas déjà fait...
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est déjà prévu
que la divulgation peut être anonyme. La personne n'est pas obligée de s'identifier
quand elle... Donc, si elle n'est pas identifiée, je ne peux pas l'aviser de
quoi que ce soit.
M. Marissal : Donc, ça peut
se rendre jusqu'au Protecteur du citoyen, mais que ce soit totalement anonyme,
qu'on ne puisse pas...
Mme LeBel : Ah! tout à fait.
Puis on va même prévoir, si ce n'est pas déjà fait, qu'un tiers peut divulguer
à la place de la personne.
M. Marissal : OK. Et, dans le
cas où c'est anonyme, là, ça devient tout simplement... parce que, si le
divulgateur est connu du Protecteur du citoyen, il y a un triangle, puis c'est
là que c'est intéressant parce qu'il y a un échange dans le triangle. Si on
fait disparaître une des pointes du triangle, qui est le divulgateur, parce qu'il
est anonyme, là, ça devient un dialogue entre la haute direction et le
protecteur. Ça fait que la personne qui a fait la plainte ne le saura jamais,
là, que ça avance, ou que ça n'avance pas, ou c'est rendu où.
Mme LeBel : Non, mais elle a
choisi d'être anonyme, donc c'est très difficile. Une personne qui... C'est
parce qu'on ne peut pas se priver de divulgation. Le bassin de divulgation
anonyme est un... puis c'est vrai dans tous les... j'allais dire, toutes les
catégories d'enquête possibles et tous les tous les organismes chargés d'enquêtes,
la divulgation anonyme, l'informateur anonyme, des choses comme ça. Ça existe.
Donc, on ne peut pas se priver de ce bassin d'informations là, et je ne
voudrais pas que les organismes publics... les actes répréhensibles qui
existent au sein des organismes publics, qu'on exige à toutes les fois que le
divulgateur soit connu. Je pense qu'on va limiter la divulgation d'actes
répréhensibles, et moi, je vous dis qu'on veut assainir ou, à tout le moins,
rendre... donner la confiance non seulement au divulgateur, mais au public
envers nos organismes publics. Donc, il faut être capable de donner la
possibilité à quelqu'un de divulguer de façon anonyme. À partir du moment où il
choisit d'être anonyme, on peut respecter ça, mais c'est très difficile d'informer
quelqu'un qui demeure anonyme, là, je veux dire.
M. Marissal : Mais c'est très
difficile de le protéger aussi.
Mme LeBel : Bien oui, mais...
Tout à fait, mais il a fait le choix d'être anonyme. Mais si un jour une
personne — on jase — divulgue de façon anonyme, puis tu me
corrigeras si je trompe, là, la protection s'applique pareil, là, si quelqu'un
devine son identité.
Une voix : ...
Mme LeBel : Bien oui, pour le
motif. Bien, il faut faire le lien de causalité. Il faut faire le lien de
causalité. Si une personne X divulgue de façon anonyme, et les renseignements,
la nature des renseignements... même si le Protecteur du citoyen a quand même l'obligation
de protéger, donc va faire attention aux renseignements qu'il expose pour être
sûr que ça ne cible pas une personne et qu'une personne subit des représailles
en disant : J'ai divulgué de façon anonyme et j'ai quand même été congédié
à cause de ma divulgation anonyme. Elle jouit de la protection de la loi. Il va
toujours demeurer le lien de causalité entre la divulgation et le congédiement,
qu'il faudrait établir devant les tribunaux, mais elle va jouir de la
protection. Mais à partir du moment où elle choisit, au départ, de divulguer de
façon anonyme, bien, c'est difficile pour le Protecteur du citoyen de l'informer
de quoi que ce soit, là.
M. Marissal : OK. Mais cas d'espèce
où...
Mme LeBel : Mais la
protection va être là.
M. Marissal : Je comprends,
mais, à un moment donné, le dossier va être clos. Cas d'espèce, le divulgateur
est anonyme, le protecteur commence néanmoins son enquête ou, enfin, commence à
se mettre le nez dans le dossier. Il se fait dire par la société d'État,
mettons, X, là : On est au courant, on est là-dessus, faites-nous
confiance. Le Protecteur du citoyen dit : Très bien, je ne dédoublerai pas,
allez-y; dans un délai raisonnable, j'aimerais avoir une réponse. La société
revient avec une réponse x ou y. Fin de l'histoire?
Mme LeBel : Bien, le
protecteur...
M. Marissal : Si ça convient
au protecteur, fin de l'histoire.
Mme LeBel : Oui.
M. Marissal : OK. Trois mois
plus tard, le divulgateur se fait mettre dehors.
Mme LeBel : Bien, si c'est
relié à sa divulgation, il jouit de la protection, mais il faudra toujours qu'il
prouve que c'est relié à sa divulgation, là. Mais si c'est relié... si le
congédiement est relié au fait d'avoir divulgué, il va jouir de la protection
contre les représailles, il est protégé. D'ailleurs, on va le voir dans... on
va faire une loi sur la protection des représailles, qui est liée à la
divulgation. Ce n'est pas lié à son statut de connu ou pas connu, c'est lié au
fait que la représaille est reliée à la divulgation. Mais je comprends tout à
fait ce que vous me dites, mais il n'y a pas de...
M. Marissal : Il n'y a aucune
façon de communiquer, entre le Protecteur du citoyen... à un divulgateur? Puis <comprenez-moi
bien...
M. Marissal :
Puis >comprenez-moi
bien, assurément protéger... Je vais me jeter en avant d'un autobus pour
protéger un divulgateur, là. Mais il n'y a aucune façon d'assurer un contact...
Mme LeBel : Bien, à part
exiger qu'il se fasse connaître et éliminer la possibilité d'être anonyme, la
réponse est non, et je pense que ce n'est pas judicieux d'éliminer la
possibilité de faire des...
M. Marissal : Absolument pas.
Mais il n'y a aucune façon de le faire en gardant le divulgateur anonyme?
Mme LeBel : Mais ce n'est pas
le fait... Là, on n'est pas dans le... garder le divulgateur anonyme. On est
dans le divulgateur qui choisit d'être anonyme auprès du Protecteur du
citoyen. Ce n'est pas la... on n'est pas dans le Protecteur du citoyen
doit garder l'anonymat du divulgateur. Ça, c'est vrai dans tous les cas de
figure, parce qu'il doit protéger...
M. Marissal : OK, je
m'exprime mal, là. Tous les journalistes d'enquête ont tous des informateurs
anonymes, ils ont tous une boîte courriel où ils peuvent communiquer néanmoins.
Ça peut se faire, là, puis la police fait ça aussi, là. Je ne cherche pas des
poux, je veux juste voir si, dans une petite organisation, là, où tout le monde
sait tout sur tout le monde, là, puis que finalement on règle le problème, et
que le divulgateur, lui, il retourne à son bureau, dans son cubicule, il
retourne faire son affaire, il se fait congédier après, parce que tout le monde
le sait que c'était lui... Là, il faut qu'il sorte de son anonymat puis qu'il
dise : Heille! Je pense que je me suis fait congédier... pas «je pense»,
je suis sûr que je me suis fait congédier parce que j'ai dit telle, telle,
telle chose.
Mme LeBel : Bien, il n'aura
pas le choix, là, s'il veut faire valoir ses droits, effectivement, mais il
aura déjà subi la représaille puis il aura déjà... Son allégation de base va
être : J'ai été congédié, ou je n'ai pas eu la promotion, ou peu importe,
là, parce que j'ai divulgué quelque chose. Donc, il va... Je veux dire, le
postulat de base, c'est que son identité est connue par son employeur qui a
fait... Il ne peut pas dire : Il m'a fait une représaille sans savoir qui
j'étais, là. Je veux dire, son postulat de base, c'est — je vais
parler de congédiement, là, pour avoir un terme : J'ai été congédié parce
que j'ai divulgué. Donc, en partant, si j'ai été congédié parce que j'ai
divulgué, il faut que son identité ait été devinée, je vais le dire comme ça,
devinée. Puis c'est ça, son argument, là. Il faut qu'il sorte de son anonymat,
à quelque part, s'il veut faire valoir ses droits.
Des voix : ...
Mme LeBel : J'ai peut-être
une idée par rapport à ce que vous dites. Si on peut suspendre quelques
minutes, je voudrais l'explorer. Mais on va continuer à penser que, quand c'est
anonyme, c'est difficile, hein?
M. Marissal : Oui, puis c'est
le moins pire des deux mondes, là. S'il faut absolument arriver là parce qu'on
veut la divulgation puis protéger... mais il y a peut-être une autre façon de
le faire aussi, là. OK.
Mme LeBel : Oui, peut-être.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'on a un consentement pour faire une suspension, pour suspendre?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Suspension. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 09)
(Reprise à 16 h 19)
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, est-ce qu'il y a d'autres interventions ou est-ce que Mme la ministre a
des...
Mme LeBel : ...d'autres
choses à ajouter, malgré la suspension, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, est-ce qu'il y a d'autres commentaires? On est prêts à mettre
l'article... Parfait. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce que... Donc, est-ce que l'article amendé, il est adopté également?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Passons maintenant à l'article 26...
Mme LeBel : Oui. De la même
façon que l'article 22, c'est un amendement que l'on propose à un article
qu'on avait suspendu, madame...
La Présidente (Mme Bogemans) : Tout
d'abord, Mme la présidente, est-ce que vous me permettez, comme il y a un
nouvel amendement, de retirer l'ancien amendement qui avait été soumis?
Mme LeBel : Oui, on peut
retirer, oui. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, il y a consentement pour le retrait de l'ancien amendement?
Mme LeBel : Oui, pour déposer
le nouveau.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Numéro un.
• (16 h 20) •
Mme LeBel : Est-ce que mes
collègues... C'était sur Greffier. Est-ce que mes collègues désirent une
suspension, ou je le lis et on suspend après, ou je lis et ne suspends pas?
Tout est prêt.
M. Fortin :...
Mme LeBel : C'est la
quatrième option, que je n'avais pas proposée.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Donc, nouvel amendement suite au retrait du précédent. Article 26
qui concerne l'article 17 de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles
à l'égard des organismes publics. À l'article 26 du projet de loi :
1° remplacer le sous-paragraphe c du
paragraphe 1° par le sous-paragraphe suivant :
c) par le remplacement des
paragraphes 7° et 8° par les suivants :
«7° le nombre de divulgations dont le
traitement a été suspendu en application de l'article 13.1;
«8° le nombre de divulgations visées
au paragraphe 7° dont le Protecteur du citoyen a repris le traitement;
«8.1° le nombre de divulgations
visées au paragraphe 7° dont le Protecteur du citoyen a mis fin au
traitement;»;
2° remplacer le paragraphe 2° par le
suivant :
2° par le remplacement du deuxième
alinéa par les suivants :
«Les renseignements visés aux paragraphes
1°, 2°, 4°, 5°, 8.1° et 9° doivent être répartis par organisme public concerné,
sauf pour les organismes publics visés au paragraphe 9° ou 9.1° de l'article 2
ou ceux qui... pour qui, notamment en raison de leur taille, une telle
indication ne permettrait pas de préserver la confidentialité de l'identité
d'une personne ayant divulgué des renseignements ou collaboré à une
vérification ou à une enquête menée en raison d'une divulgation. Le Protecteur du
citoyen doit également faire rapport sur le respect des délais de traitement
des divulgations.
«Le Protecteur du <citoyen inclut...
Mme LeBel :
«Le
Protecteur du >citoyen inclut le rapport dans son rapport d'activités.»
Donc, cet amendement a pour objet d'exiger
que certains renseignements relatifs aux divulgations dans le rapport
d'activité du Protecteur du citoyen soient indiqués pour chaque organisme
public, sauf pour les organismes municipaux et pour les organismes visés par la
Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance, de même que pour les
organismes pour qui une telle indication pourrait porter atteinte à la
confidentialité de l'identité d'un divulgateur ou d'un collaborateur à une
inspection ou à une enquête menée en raison d'une divulgation.
Et ça tient compte également, là, du
remplacement de l'article 22 du projet de loi, donc le... entre autres, le
nombre de suspensions qu'il aura... auquel il aura procédé, là, en vertu de
l'article 13.1 qu'on a étudié... 22 qui insère 13.1, qu'on aurait
étudié précédemment, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des interventions?
M. Fortin :...j'hésite à avancer en reculant, mais je vais le faire
quand même, Mme la Présidente. Tantôt, là, au dernier article, la ministre...
Mme LeBel : À 22?
M. Fortin :...oui, la ministre a mentionné la possibilité de faire une
plainte par un tiers, qu'on verrait ça plus tard. C'est quand est-ce qu'on va
voir ça?
Mme LeBel : C'est l'histoire
de pouvoir... C'est dans la loi sur... contre les représailles, la loi sur la
protection, dans le bloc 2.
M. Fortin :Dans le bloc 2? OK. C'est bon. C'est juste parce qu'on
approche la fin de ce bloc-là. Je voulais juste m'assurer que ça s'en venait.
Mme LeBel : Non, c'est ça,
c'était mon... d'instinct, c'est le bloc 2, mais je voulais être certaine.
C'est dans le bloc 2.
M. Fortin :On ne vous reprochera jamais de vérifier, Mme la ministre.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce que l'amendement... Est-ce qu'on a un consentement pour l'amendement?
Est-ce que c'est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Parfait. Super. Est-ce que l'article, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, l'article 26 est adopté, ce qui met fin au bloc de travail 1.
Nous passons maintenant au bloc de travail 2.
Donc, permets-moi... permettez-moi d'introduire l'article 1 du projet de
loi édicté, la Loi sur la protection contre les représailles liées à la
divulgation d'actes répréhensibles. Est ensuite introduit, à l'article 1,
le texte de la loi édictée qui comporte 28 articles. Nous procéderons à
l'étude article par article de chacun de ces 28 articles, de la même
manière que s'il s'agissait d'articles du projet de loi n° 53 lui-même.
Nous étudierons ensuite le titre du projet de loi, et les intitulés de chapitre,
et les sections, avant de mettre aux voix l'article 1 dans son entièreté.
Mme la ministre, je vous invite donc à
nous faire la lecture de l'alinéa introductif de l'article 1 et de
l'article 1 qui est proposé.
Mme LeBel : C'est ça, ici, oui.
Bien, effectivement, Mme la Présidente, juste pour me mettre moi-même en
contexte, là, donc, on va travailler sur la section du projet de loi actuel qui
vient mettre en place la Loi sur la protection contre les représailles liées à
la divulgation d'actes répréhensibles, et c'est un bloc qui va parler de cette
nouvelle loi là qui va être édictée, lorsque le projet de loi actuel est adopté,
par la mise en place de ces nouveaux articles. Donc :
Partie I.
Édiction de la Loi sur la protection
contre les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles.
1. La Loi sur la protection contre
les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles, dont le texte
figure à la présente partie, est édictée. «Loi sur la protection contre les
représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles».
Donc, ce que ça propose, c'est l'édiction
de la Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation
d'actes répréhensibles en remplacement de la protection contre les représailles,
qui est prévue par le chapitre VII de la Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard des organismes publics et de celle prévue par la
section III du chapitre VII.2 de la Loi sur les services de garde
éducatifs à l'enfance, de même que du recours à l'encontre de la pratique
interdite prévue au paragraphe 11° du premier alinéa de l'article 122 de
la Loi sur les normes du travail.
Donc, on vient faire une loi en elle-même
de sections déjà existantes et on va naturellement bonifier, au fur et à
mesure, là, cette protection.
La Présidente (Mme Bogemans) : OK.
Est-ce que vous êtes à l'aise pour poursuivre la lecture de l'article 1 du
chapitre I?
Mme LeBel : Donc, chapitre I,
dispositions introductives... celui-là? Avec plaisir.
«Chapitre I.
«Dispositions introductives
«1. Pour l'application de la présente
loi :
«1° une divulgation s'entend :
«a) d'une communication de
renseignements effectuée conformément à l'article 6 ou 7 de la Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes
publics;
«b) d'une communication, par une
personne à l'organisme public au sein duquel elle exerce une fonction, de
renseignements pouvant démontrer qu'un acte répréhensible a été commis ou est
sur le point de l'être à l'égard de cet organisme public;
«c) d'une communication, par une
personne à toute personne, toute société de personnes, toute entité ou tout
regroupement au sein duquel elle exerce une fonction, de renseignements pouvant
démontrer qu'un acte répréhensible a été commis ou est sur le point de l'être à
l'égard d'un organisme public et qui concerne cette personne, cette société de
personnes, cette entité ou ce <regroupement...
Mme LeBel :
...cette
entité ou ce >regroupement;
«2° un organisme public s'entend au
sens de l'article 2 de la Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard des organismes publics;
«3° un acte répréhensible s'entend au
sens de l'article 4 de cette loi.» Donc, ce que ça prévoit, là, c'est
les définitions de «divulgation», d'«organisme public» et d'«acte
répréhensible» pour son application.
Et la définition proposée de «divulgation»
inclut celles effectuées conformément à l'article 6 de la Loi facilitant
la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics, soit au
Protecteur du citoyen, à la Commission municipale du Québec, au ministre de la
Famille ou, en conformité avec l'article 16 du projet de loi, au Commissaire
à l'éthique et à la déontologie. Et cette définition inclut également celles
effectuées conformément à l'article 7 de cette loi, soit celles faites au
public selon les conditions prévues par cet article. Et enfin, cette définition
inclut les divulgations faites au sein d'un organisme public par une personne qui
y exerce une fonction et celles faites au sein de toute entité, lorsque l'acte
répréhensible concerne l'entité et un organisme public.
Donc, on est toujours dans la protection, donc,
qu'est-ce qu'une... quel type de divulgation enclenche une protection. C'est la
définition. Est-ce que je dois lire un autre article avant qu'on...
La Présidente (Mme Bogemans) : Non,
c'était... On a eu un amendement de déposé, on voulait savoir si vous étiez à
l'aise de le lire.
Mme LeBel : C'est moi, hein,
qui dépose ça? Je devrais être à l'aise. Amendement, article 1. Au
paragraphe 1° de l'article 1 de la Loi sur la protection contre les
représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles, proposé par
l'article 1 du projet de loi :
1° insérer, dans le sous-paragraphe a
et après «ou», «au premier alinéa de l'article»;
2° remplacer, dans le sous-paragraphe
c, «et qui» par «et que cet acte».
Donc, l'amendement a pour objet, Mme la
Présidente, de faire... de ne pas faire dépendre la protection contre les
représailles d'une personne ayant effectué une divulgation conformément à
l'article 7 de la Loi facilitant la divulgation d'actes à l'égard des
organismes publics du respect, là, des deux exigences, là, qui sont prévues — donc,
ce n'est pas un «et» nécessairement, à cet article — soit de communiquer
au préalable les renseignements à un corps de police ou au Commissaire à la
lutte contre la corruption et s'assurer que la communication de ces
renseignements n'a pas comme effet prévisible de nuire aux mesures
d'intervention pour parer au risque grave pour la santé ou la sécurité...
personne puis l'environnement.
C'est une discussion qui a eu lieu, entre
autres, pendant les consultations, du fait que c'était très difficile pour le
divulgateur qui se voyait devant la situation d'urgence, là, qui est le premier
critère, je vais le dire comme ça, d'avoir en plus l'obligation de divulguer à
un corps de police. Donc, on laisse dans l'article 7 la notion de
divulgation à un corps de police, parce qu'on veut quand même que les gens se
tournent vers les autorités compétentes pour enquêter, le cas échéant, mais on
n'en fait plus une condition sine qua non pour se tourner vers une divulgation
publique, dans le cadre de l'article 7.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des commentaires? Parfait. Est-ce... Parfait. Avons-nous...
Est-ce que...
Mme LeBel : Sur l'amendement?
La Présidente (Mme Bogemans) : ...l'amendement
est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 1 de la loi édictée?
M. Fortin :...ça, est-ce que c'est... est-ce que c'est complètement
nouveau, cette...Non, hein, c'était déjà là, ça?
• (16 h 30) •
Mme LeBel : Oui. C'est parce
que, comme on fait une loi, je vais dire, autoportante en matière de
représailles, de protection contre les représailles, on reprend les notions qui
étaient dans la loi actuelle, qui est la...
Une voix : ...
Mme LeBel : Mais... oui,
c'est ça, mais on ajoute b et c, là.
M. Fortin :Bien, c'est ça, vous venez rajouter... parce que moi, je ne
me souviens pas d'avoir vu une définition si large, disons, de «divulgation».
Mme LeBel : Non, non. Bien,
donc, on vient assurer une protection beaucoup plus large.Donc, la
notion de divulgation devient plus large, effectivement, pour s'assurer d'une
protection. Et en l'essence, là, l'article est le même, sauf b et c où on a
rajouté une notion beaucoup plus large.
M. Fortin :Bien, parlons-en, de b et c, là, parce que oui, ça vient
avec une protection pour le divulgateur.Ça vient aussi avec une
responsabilité pour la personne qui reçoit cette divulgation-là. Et là, par
exemple, dans le paragraphe c, là, d'une communication... et là on ne vient pas
de dire quelle forme de communication, là, c'est correct, «d'une communication,
par une personne à toute personne, toute société de personnes [...] au sein
duquel elle exerce une fonction, de renseignements pouvant démontrer qu'un acte
répréhensible a été commis», alors ça, ça peut être... tu sais, ça peut être
aussi large qu'un employé qui dit à son collègue : J'ai une preuve que
Jean-Louis vole l'organisme, là.
Mme LeBel : Oui.
M. Fortin :OK. Bien, donc, ce collègue-là qui, lui, reçoit cette
information-là... Tu sais, par exemple, je ne le sais pas, moi, j'ai une...
j'ai des preuves que Jean-Louis vole. Bien, cette personne-là qui entend cette
communication-là qui n'a pas besoin d'être très, très, très élaborée, là, si je
comprends bien, elle ne peut pas dire : Louise m'a dit que Jean-Louis
vole. Elle ne peut jamais dire ça.
Mme LeBel : Non, l'idée,
bien...
M. Fortin :C'est parce que, là, on rentre dans des communications qui
ne sont plus une plainte officielle, là, qui est faite, là.
Mme LeBel : Non, mais l'idée,
là, c'est qu'on ne veut pas... <on ne veut pas que la protection...
>
16 h 30 (version révisée)
<17847
Mme LeBel :
...mais l'idée, c'est qu'on ne veut pas... >on ne veut pas
que la protection ne s'applique que si la personne prend le canal officiel du Protecteur
du citoyen. Et ça peut arriver que dans le cadre d'une discussion... On ne
pourrait pas lui reprocher d'en avoir parlé à quelqu'un d'autre. Naturellement,
c'est la seule personne qui a la capacité de faire des ordonnances de
non-divulgation. Je vais le dire comme ça. Bien, on va prendre pour... On va
tenir pour acquis que la personne qui divulgue à quelqu'un... toute personne, a
confiance dans cette personne-là, de base, là, ou n'a pas de crainte de
représailles. Mais ça, ça lui appartient, cette évaluation-là, mais on ne peut
pas la... Mais par contre, même si elle ne craint pas les représailles et qu'il
y en a une quand même, on ne pourrait pas lui reprocher de ne pas avoir suivi
le canal officiel du Protecteur du citoyen. Ce n'est pas l'enjeu, et, encore
une fois, on revient à la notion, tantôt, de plainte anonyme pour illustrer mon
propos. On veut favoriser la divulgation.
M. Fortin :Mais c'est parce que le canal officiel du Protecteur du
citoyen, il y a aussi des gens, à l'intérieur de leur organisme, qui sont
habilités à encadrer, à épauler...
Mme LeBel : Oui, mais en
général...
M. Fortin :...ce qui est un canal officiel, si je comprends bien. Mais
là, ici, on vient inclure la notion de canal très, très, très non officiel, là.
Mme LeBel : Non. Pour la
protection et non pas pour la... pas pour le traitement de la plainte, mais
pour la notion de protection contre les représailles. Donc, si quelqu'un
divulgue un acte répréhensible qui rentre dans la catégorie actuelle des actes répréhensibles,
on ne change pas ces modifications...
M. Fortin :On s'entend.
Mme LeBel : ...et ces
définitions-là, et que, pour une raison x, y, z, ça se sait immédiatement et
elle est congédiée, même si elle n'a pas eu le temps, l'opportunité, le loisir
ou le choix, peu importe, de passer par le canal officiel du Protecteur du
citoyen, la protection contre les représailles va s'appliquer. Donc, elle
pourra, cette personne-là, faire la démonstration qu'elle a été... qu'elle a
été congédiée ou victime de représailles. Je prends toujours le congédiement,
mais vous savez que les représailles peuvent être multiples, là, mais je vais
dire congédiée, là, parce qu'elle a communiqué le fait qu'elle était au fait d'un
acte répréhensible. Donc, on voulait que la protection soit la plus large
possible. Maintenant...
M. Fortin :Mais la protection, c'est une chose. La protection, là, on
va s'entendre là-dessus, là, il faut qu'elle soit la plus large et englobante
possible. C'est la notion de responsabilité, là, qui vient nous inquiéter, là,
tu sais. Si je pense que mon employeur, là... tu sais, disons, mon patron
direct vole l'entreprise puis que j'en parle à un collègue, je lui montre :
Vois-tu les mêmes chiffres que moi? Tu vois-tu la même affaire? Cette
collègue-là, est-ce qu'elle a toutes les mêmes obligations que la personne qui
prend ma plainte officielle?
Mme LeBel : Non.
Personne n'a l'obligation de divulguer. On est dans la notion de protection.
M. Fortin :Non, au contraire. Non, pas l'obligation de divulguer.
Mme LeBel : Je ne suis pas
sûre de comprendre.
M. Fortin :Est-ce qu'elle a l'obligation de protéger, par exemple, mon
identité?
Mme LeBel : Non, non.
Non, parce que, je veux dire...
M. Fortin :Mais parce que c'est une divulgation quand même.
Mme LeBel : C'est une
communication.
M. Fortin :Ça rentre dans la définition de divulgation, ça, cette...
Mme LeBel : Oui, elle n'est
pas... Je ne peux pas... Je ne peux pas avoir cette obligation-là. Il faudrait
que j'aie une ordonnance de non-communication de tout ce type de renseignements
là, et cette communication-là pourrait être faite par inadvertance...
M. Fortin :Absolument.
Mme LeBel : ...parce que
quelqu'un ne réalise pas l'ampleur du renseignement qu'on vient de lui donner.
Donc...
M. Fortin :Absolument.
Mme LeBel : Et le niveau
d'aisance d'un divulgateur, bien, ça va être à géométrie variable. Quelqu'un
peut être très à l'aise d'en parler, ne voudra pas être anonyme et n'aura...
pourrait subir des représailles quand même, mais n'aurait pas cette crainte-là
en lui ou elle au départ et en parle à un collègue. Et là le collègue, je veux
dire, le jour où... Je reprends. Le jour où le Protecteur du citoyen est mis au
courant... pourrait venir par en arrière après ça puis dire : Bien, à qui
tu en as parlé?, puis de revenir avec des ordonnances de non-communication
envers cette personne-là. Mais d'entrée de jeu, au jour zéro de la
communication, je veux dire, on ne peut pas avoir, dans le projet de loi, une
ordonnance de communication qui dit... parce que, là, ça demande à la personne
d'évaluer elle-même que c'est un acte répréhensible, d'évaluer si elle est
soumise à l'ordonnance. Ça devient... et d'être... de faire face parce que... et
qui dit ordonnance ou interdiction de faire dit conséquences, donc, de peut-être
subir une conséquence parce qu'elle a mal évalué l'acte répréhensible.
C'est sûr que dans les responsables dont
on a parlé plus tôt, pour lequel le Conseil du trésor va définir par directive
une nouvelle responsabilité, l'une des choses qu'ils auront à faire, c'est d'éduquer
les gens dans ce genre de circonstances là. Peut-être que la personne pourra
diriger, dire : Bien, moi, j'ai eu la formation, j'en ai entendu parler, et
elle va parler au Protecteur du citoyen. Mais je vois mal comment je pourrais
mettre une interdiction d'en parler. D'entrée de jeu, ça demande... Ça met sur
la... Je dirais que ça met sur... Tu sais, c'est confident, confidence, là. Ça
met sur la tête de celui qui reçoit la confidence une lourde responsabilité, là.
Par contre, ce que ça fait, ça vient dire... c'est que, si ça fuit puis s'il y
a une conséquence, bien, la personne va être protégée, là.
M. Fortin :Non, mais ça, on est... je pense qu'on est d'accord sur l'idée
générale, là, qui est de protéger le divulgateur.
Mme LeBel : Oui, peu
importe où il se tourne.
M. Fortin :L'inquiétude qu'on avait, c'est que la personne informée
devienne... ait toutes sortes d'obligations mises sur elle alors que,
justement, elle a reçu cette information-là sans nécessairement le vouloir, là,
sans nécessairement comprendre l'ampleur ou la... ou tout ça. Alors, si vous me
dites que le divulgateur... que le <paragraphe...
M. Fortin :
...que le >paragraphe b et c, là, qui rendent
la divulgation beaucoup plus large...
Mme LeBel : Bien, c'est pour
ça...
M. Fortin : ...protège
tous ces gens-là qui vont exprimer, par exemple, une appréhension, une crainte,
une... tu sais, une situation, qui vont exprimer une situation, bien, eux sont
protégés, mais la personne qui les reçoit, là, elle ne vient pas de recevoir 50 000 obligations
en même temps.
Mme LeBel : Non.
M. Fortin :OK, dans ce cas-là.
Mme LeBel : Non, parce que ce
serait difficile de lui mettre ce fardeau-là sur les épaules, et c'est pour ça
qu'ici on... qu'on ne parle pas... à dessein, bien, on parle d'une divulgation,
on s'entend, mais qu'on parle d'une communication dans ce cas-ci, parce que ce
n'est pas un canal de divulgation. La personne ne reçoit pas une divulgation...
M. Fortin :Bien, c'est ça.
Mme LeBel : ...elle reçoit
une confidence, une information, une communication. Ça fait qu'on ne peut pas,
au récepteur, attribuer une responsabilité...
M. Fortin :Non, non. Je ne suis pas allé voir ma collègue pour,
justement, enclencher le processus de plainte. Je suis allé voir ma collègue
soit pour...
Mme LeBel : Peut-être lui
demander son avis.
M. Fortin :...tester quelque chose, oui, c'est ça.
Mme LeBel : Oui, voilà. Ça
fait qu'on ne pourrait pas transférer à la collègue qui reçoit cette
information-là et qui est partie à notre réflexion, comme divulgateur potentiel,
le fardeau de dire : Heille! moi, je peux-tu en parler, je peux-tu ne pas
en parler? Puis peut-être que cette personne-là va en parler à un autre
collègue en disant : Moi... Savais-tu que ce que l'autre vient de me dire?
Je trouve ça assez grave, tu sais. Peu importe. Et peut-être que la collègue en
question deviendra le divulgateur auprès du protecteur. On ne le sait pas, ce
n'est pas impossible non plus, là.
M. Fortin :Mais, si la collègue en question va voir quelqu'un d'autre
pour tester l'idée, ça devient une divulgation, ça aussi.
Mme LeBel : Non, ça devient
une communication, qui peut s'entendre une divulgation, mais ça dépend, là. À
un moment donné, on...
M. Fortin :Oui, mais...
Mme LeBel : On protège, oui,
on protège, mais...
M. Fortin :Oui, c'est ça. Il y a une protection pour cette personne-là
aussi, hein?
Mme LeBel : Bien, si elle
subit des représailles...
M. Fortin :C'est le même... C'est le même... Oui.
Mme LeBel : Bien oui, parce
qu'elle devient comme... elle communique une information...
M. Fortin :C'est ça.
Mme LeBel : ...qui est un
acte répréhensible, et si la personne, la collègue en question qui a eu le
bonheur de recevoir la confidence, subit, elle aussi, des représailles parce qu'elle
est au courant puis elle en a parlé...
M. Fortin :Il faut qu'elle soit protégée, elle aussi.
Mme LeBel : ...bien oui, elle
est protégée, parce que cette communication-là... Dans le fond, ce n'est pas...
ce n'est pas l'origine qui est protégée, c'est le fait de parler d'un acte
répréhensible et de... parce qu'on a communiqué un acte répréhensible, on a
subi une représaille, c'est ça qui est protégé, là. Mais je ne peux pas lui
donner...
M. Fortin :Ça va pour l'instanté Ça va.
Mme LeBel : ...je ne peux pas
lui donner l'obligation de se taire.
M. Fortin :Non, non, c'est bon. Ça va pour l'instant.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Merci. On va
faire un peu de sémantique. Dans les deux cas, là, une divulgation s'entend, a,
d'une communication de renseignements effectuée conformément à l'article 6,
7, je comprends que ça réfère...
Mme LeBel : Ça, c'est
identique à ce qui existe actuellement.
M. Marissal : Oui. Non,
excusez-moi, je ne suis pas à la bonne place, là. Je reprends. Premier
paragraphe, une divulgation s'entend... allons à b, «d'une communication par
une personne à l'organisme public au sein duquel elle exerce une fonction, de
renseignements pouvant démontrer qu'un acte répréhensible a été commis ou est...»
Moi, c'est le «renseignements pouvant
démontrer» qui... sur lequel j'accroche un peu, puis ça revient à c aussi,
c'est la même formulation. Donc, on demande à la... au divulgateur ou à la
personne divulgatrice d'apporter un renseignement pouvant démontrer qu'un acte
répréhensible... Il me semble que le seuil est quand même élevé de ce qu'on
demande à la personne. La personne n'est pas nécessairement placée pour...
• (16 h 40) •
Mme LeBel : Ce n'est pas la
personne qui doit faire ça, c'est le renseignement qui doit le démontrer. C'est
parce qu'à un moment donné, il faut que le renseignement... pour donner lieu à
une représaille, il faut que le renseignement soit de nature... qu'il ait un
certain poids. Donc, on ne peut pas parler de n'importe quelle rumeur qui est
divulgué au... sur le coin de la machine à café. On va se parler. Ce n'est pas
la personne qui va évaluer si son renseignement peut le démontrer, on devra
évaluer la qualité du renseignement par la suite. Donc, la personne n'a pas
cette capacité-là de voir si son renseignement peut démontrer... Mais il faut
que ce renseignement-là ait une certaine crédibilité, parce qu'on ne peut pas
protéger...
M. Marissal : Mais le
«pouvant démontrer» revient donc, Mme la ministre, au protecteur...
Mme LeBel : ...standard qu'on
n'a pas introduit, hein?
M. Marissal : La capacité de
démontrer si ça peut démontrer... Ça aussi, c'est un pléonasme. La capacité de
qualifier la divulgation, à savoir si elle démontre un acte répréhensible, ça,
ça appartient au protecteur, à la personne qui reçoit?
Mme LeBel : Bien, ça va
appartenir à la personne ou ça va appartenir à... le lien qu'on fera, un jour,
pour dire : Bien, j'ai été... Tu sais, il faut qu'il y ait une certaine
substance au renseignement qui est véhiculé pour, après ça, dire : J'ai
été... C'est à cause de ce renseignement-là que j'ai été congédié, etc. Mais on
n'introduit pas une nouvelle notion, là, ce standard-là existe déjà dans la loi
actuelle. Ce qu'on introduit ici, c'est l'élargissement des communications et
non pas... La nature du renseignement qui donne lieu à une protection,
c'est-à-dire pouvant démontrer un acte répréhensible, c'est une notion qui est
déjà dans la loi actuelle. Ça prend un renseignement d'une certaine... j'allais
dire d'une certaine substance, là, si je peux le dire comme ça.
M. Marissal : Est-ce qu'il y
a une nuance, à votre esprit, entre «qui peut démontrer», «qui démontre» ou
«pouvant démontrer»?
Mme LeBel : Bien, «qui
démontre», oui... qui démontre, c'est beaucoup plus... il faut que ça le <démontre...
Mme LeBel :
...il
faut que ça le >démontre. «Pouvant démontrer», c'est la capacité de le
faire, donc le succès n'est peut-être pas avéré mais...
M. Marissal : OK. Je comprends
bien. Et, même si on importe quelque chose qui existe déjà, il n'est pas
interdit d'améliorer une nouvelle loi.
Mme LeBel : Non, mais je ne
voulais juste pas qu'on pense que je... qu'on introduisait une nouvelle notion
étrangère à...
M. Marissal : Je comprends
bien. Moi, je ne voudrais pas... Tu sais, je... ma crainte ici, là, puis
«crainte» est un gros mot, là, mais je ne voudrais pas qu'on donne l'impression
que le fardeau de la preuve est sur les épaules de la personne divulgatrice qui,
dans le doute, va se dire : Je vais m'abstenir parce que je suis ne pas
sûre que mon affaire est assez grosse, parce que je ne voudrais pas être
accusée de déposer des plaintes futiles. Parce que j'imagine que ça, il y a des...
il y a des mesures contre ça, là. Évidemment, on veut...
Mme LeBel : Bien,
malheureusement, ça existe dans notre société.
M. Marissal : Oui, oui. Ah
oui! ça existe. Mais, tu sais, je ne veux pas qu'on... je ne voudrais pas qu'on
mette un poids trop grand sur quelqu'un qui, au pire, dépose quelque chose,
puis on lui dit : Il n'y a rien là ou ce n'est pas recevable, tu sais.
C'est...
Mme LeBel : Voilà. Elle n'a
pas à faire l'évaluation préalable de sa communication, en disant : Ah! je
peux-tu y aller, ça démontre-tu ou non? Ce n'est pas à elle de l'évaluer, là.
M. Marissal : Oui, cette
personne-là est protégée dans les cas... dans le cas où sa plainte ne serait
pas retenue ou, en fait, la divulgation ne serait pas retenue...
Mme LeBel : Bien, si elle est...
si elle subit une... si c'est un acte répréhensible, oui. Tu sais, au départ,
il faut que ce soit un acte répréhensible. Il faut que... puis il y aura
toujours, malheureusement, l'obligation de faire un lien de causalité entre la...
là, je... l'action, le congédiement, et la divulgation, et l'acte
répréhensible, là.
M. Marissal : Oui, je vois.
Mme LeBel : Je veux dire, il
y a beaucoup de raisons de congédier, là. Il faut s'assurer que c'est fait
parce que... tu sais, ça, c'est un incontournable, là.
M. Marissal : Dans un cas
comme... Oui, dans un cas comme celui-là.
Mme LeBel : Oui.
M. Marissal : OK. Bien, je e
peux vivre avec la formulation, là. Je comprends mieux quel est l'esprit de la
lettre ici, là.
Par ailleurs, un... «qu'un acte
répréhensible a été commis — ça, ça va, ça a été fait, c'est dans le
passé — ou est sur le point de l'être». Pourquoi vous avez choisi
cette formulation-là? Parce que «est sur le point de l'être», moi,
littérairement, si je le lis, j'ai l'impression que c'est... ça va se passer
demain ou ça va se passer bientôt. Je ne sais pas s'il y a un facteur temps
dans votre...
Mme LeBel : ...temps, mais il
y a un certain facteur temps, parce que, je veux dire, à un moment donné, ça te
prend une substance. Ce n'est pas juste : Peut-être, je pense que dans
cinq ans, mon boss va faire un acte répréhensible. Donc, tu as des
renseignements qui démontrent... Puis on ne veut pas... on ne voulait pas...
Puis ça existe déjà dans la loi actuelle.
L'idée, c'est que tu n'as pas besoin
d'attendre que ça ait été commis pour intervenir, mais il faut quand même...
Quand on dit «sur le point de l'être», ce n'est pas genre demain matin ou dans
24 heures, mais il y a quand même une substance qui dit qu'il y a quelque
chose qui est en marche, qui va avoir un aboutissement, là. Il faut le
comprendre. Mais il n'y a pas un facteur temps du genre «sur le point de
l'être». Ça ne veut pas dire dans 24 heures, dans deux jours, dans quatre
jours. Ce n'est pas ça, mais il faut quand même que le renseignement que je
transmets démontre que ce n'est pas juste une vue de l'esprit, qu'il y a
quelque chose de concret qui s'apprête à être commis. On n'a pas besoin d'être
assuré que l'acte est consommé, disons-le comme ça.
M. Marissal : Oui, je
comprends bien l'explication. Moi, j'accrochais un petit peu sur «le point de
l'être». Pourquoi n'aurions-nous pas choisi, par exemple, de dire «risque de
l'être»? Parce que, là, il n'y a pas...
Mme LeBel : Parce que c'est la
rédaction qui est employée dans la plupart des cas où on parle de quelque chose
qui est commis ou sur le point de l'être. C'est vraiment une... et ce n'est pas
interprété comme étant, genre, dans 24 heures, là. C'est d'usage dans tout
ce qui est pénal, dans ce qui est... ce n'est pas... ce n'est pas une
formulation qui est absente du corpus législatif pénal, pour dire : C'est
fait ou c'est sur le point d'être fait, là.
M. Marissal : Ça va.
La Présidente (Mme Bogemans) : Donc,
est-ce que l'article 1, tel qu'amendé, de la loi édictée, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Maintenant, nous pouvons procéder à la lecture de l'article 2 de la loi
édictée, comme l'article 1 de la loi édictée est adopté.
Mme LeBel : Donc,
article 2?
La Présidente (Mme Bogemans) : Article 2.
Mme LeBel : Article 2. «La
présente loi lie l'État.»
Cet article prévoit que la loi sur la
protection contre les représailles... d'État... lie l'État. Et c'est... Je ne
sais pas quel commentaire faire, supplémentaire, sur l'explication de cette
phrase.
Une voix : ...
Mme LeBel : Non, il n'y a pas
de pléonasme, et ce n'est pas très... C'est assez direct.
La Présidente (Mme Bogemans) : Donc,
l'article 2 de la loi édictée est-il adopté?
Mme LeBel : Adopté. À moins
que mes collègues ne veuillent pas que ça lie l'État. Non? Ça va.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Bogemans) : La
lecture de l'article 3, maintenant.
Mme LeBel : Je me trouve
drôle. Je vais lire l'article principal. Il y aura un amendement. Donc, je
m'autodéclare.
«Chapitre II.
«Protection contre les représailles.
«Section I.
«Interdiction.
«3. Il est interdit d'exercer des
représailles contre une personne pour l'un des motifs suivants :
«1° elle a fait une divulgation;
«2° elle a collaboré à une vérification ou
à une enquête menée pour l'application de la présente loi ou pour celle de la Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes
publics;
«3° elle a collaboré à une inspection ou à
une enquête menée en raison d'une divulgation pour l'application de la Loi sur
les services de garde <éducatifs...
Mme LeBel :
...enquête
menée en raison d'une divulgation pour l'application de la Loi sur les services
de garde >éducatifs à l'enfance;
«4° elle a exercé un droit que lui confère
la présente loi.
«Il est [...] interdit de menacer une
personne de représailles pour qu'elle s'abstienne de faire une divulgation, de
collaborer à une vérification, à une inspection ou à une enquête visée au
premier alinéa ou d'exercer un droit que lui confère la présente loi.»
Donc, ça prévoit l'interdiction d'exercer
des représailles ou de menacer d'exercer des représailles pour les motifs que
cet article énumère.
J'ai un amendement. Ah! il est ici.
Excuse-moi... C'est celui-là? OK. Parfait.
Des voix : ...
Mme LeBel : Ah! OK, excusez,
excusez-moi. Je m'excuse, Mme la Présidente, j'ai eu un petit moment de
confusion momentanée. Donc :
À l'article 3 de la Loi sur la
protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet de loi:
1° dans le premier alinéa :
a) supprimer le paragraphe 3°;
b) ajouter, à la fin, les paragraphes
suivants :
«5° elle a conseillé à une personne de
faire une divulgation ou d'exercer un droit que lui confère la présente loi, l'y
a encouragé ou l'a renseignée sur ces possibilités;
«6° elle a des liens notamment personnels
ou familiaux avec une personne ayant fait une divulgation ou exercé un droit
que lui confère la présente loi.»;
2° supprimer, dans le deuxième alinéa, « ,
à une inspection». Commentaires. Cet amendement a pour objet d'ajouter deux
motifs d'interdiction de représailles. Il a également pour objet de retirer des
motifs d'interdiction de représailles à la collaboration à une inspection ou à
une enquête menée en raison d'une divulgation pour l'application de la Loi sur
les services de garde éducatifs à l'enfance, par concordance avec le retrait de
la possibilité d'effectuer une divulgation au ministre de la Famille, proposé
par l'amendement au projet de loi. Donc, comme on ramène au Protecteur du
citoyen, il faut faire les... c'est de la concordance par rapport à cette
décision initiale.
Et enfin, cet amendement a pour objet de
retirer une référence à la notion d'inspection, laquelle ne s'applique que dans
le cadre de la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance. Donc, ça
aussi, c'est de la concordance, compte tenu de la décision qui a été prise de
ramener ça vers le Protecteur du citoyen, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Bogemans) : Commentaires
sur l'amendement? Est-ce que l'amendement de l'article 3 est adopté?
M. Fortin :Sur le nouveau... le nouveau 5°, là, «elle a conseillé à
une personne de faire une divulgation ou d'exercer un droit que lui confère la
présente loi, l'y a encouragé ou l'a renseignée sur ses possibilités», là, je
comprends que le scénario typique, là, c'est de dire, essentiellement : J'ai
demandé conseil à quelqu'un, elle m'a dit de divulguer... On ne veut pas qu'il
y ait de répercussions sur la personne qui m'a conseillé de...
Mme LeBel : La collègue en
question, à titre d'exemple, pourrait vous dire : Heille! moi, c'est assez
sérieux, je pense que tu devrais aller divulguer au Protecteur du citoyen. Par
ricochet, cette personne-là, si on sait qu'elle vous a conseillé d'aller voir
le Protecteur du citoyen, sera également... et qu'elle n'a pas divulgué le
renseignement, là, on ne parle pas qu'elle a fait une communication elle aussi,
qu'elle a... bien, je dirais «simplement», c'est quand même bien, là, mais
qu'elle a dit à la personne : Va, go, bien, elle est protégée par le fait
même d'avoir dit à la personne : Vas-y.
• (16 h 50) •
M. Fortin :À l'inverse, est-ce qu'il peut y avoir des représailles
contre une personne qui découragerait quelqu'un de faire des divulgations?
Mme LeBel : Bien, je vois mal
comment l'employeur va congédier quelqu'un qui a découragé son collègue de se
plaindre contre l'employeur.
M. Fortin :Bien, ça dépend de la situation, là. Mais, tu sais, c'est
parce que les gens évoluent de rôle, avec le temps, dans une organisation, là.
Les gens changent un peu. Il peut y avoir des liens, il peut y avoir toutes
sortes de choses. Puis je ne dis pas nécessairement, là, que ça pourrait être
un motif de l'employeur actuel, là, mais éventuellement, il pourrait y avoir
des changements.
Mme LeBel : Bien, c'est parce
que je vois mal le cas de figure où ça pourrait s'appliquer, honnêtement,
rapidement, comme ça. Et je vois mal de mettre dans un article de loi : Tu
peux déconseiller d'aller voir le Protecteur du citoyen.
M. Fortin :Mais, à l'inverse, est-ce qu'il pourrait y avoir des...
est-ce qu'il pourrait y avoir des mesures prises contre quelqu'un qui décourage
un plaignant potentiel de divulguer?
Mme LeBel : Oui, bien... mais
je suis un peu... Je ne sais pas quel genre... qui prendrait les mesures et
quel type de mesures? Puis je ne suis pas... C'est juste que j'essaie de
réfléchir rapidement avec vous, là, mais...
M. Fortin :Non, non. Je ne sais pas, mais, tu sais, un... Je ne sais
pas, moi, je vous donne un exemple, là, je vais voir un collègue, le collègue
me dit : Ne fais pas ça, ne va pas divulguer. Puis ce collègue-là, bien,
il est en relation avec le patron, là. Pas tout le monde qui sait tout ce qui
se passe, là, tu sais.
Alors, est-ce qu'il y a une... est-ce
qu'il peut y avoir des mesures de... des sanctions, par exemple, sur un
collègue qui...
Mme LeBel : Bien, il pourrait
être partie... Il pourrait... On a-tu de la...
M. Fortin :...tu sais, d'emblée, parce qu'il a des relations
personnelles ou peu importe.
Des voix : ...
M. Fortin :
Oui? OK.
Mme LeBel : ...de complicité.
Cette personne-là pourrait être accusée de complicité avec... parce qu'elle a
défavorisé l'acte répréhensible, donc, par ricochet... là, j'allais dire
l'article 21, mais je suis dans mon Code criminel, là, par le... le fait
d'avoir des conseillers devient complice de l'acte répréhensible, et moi, je
pense qu'il <pourrait...
Mme LeBel :
...je
pense qu'il >pourrait y avoir, dans le cadre de l'enquête du Protecteur
du citoyen, ce constat. Ce constat, là, j'emploie des mots qui sont durs quand
je parle de complicité, mais on comprend... Mais on ne pourrait pas... mais ce
n'est pas dans la loi sur... dans le cadre de la loi sur les représailles.
M. Fortin :Non, je comprends. Mais c'est parce qu'ici on vient dire :
OK, il va y avoir... il peut... il est interdit d'exercer des représailles
contre quelqu'un qui encourage. Ça, on se comprend.
Mme LeBel : Oui.
M. Fortin :Mais quelqu'un qui fait l'inverse pour une raison ou une
autre, il faut qu'il y ait...
Mme LeBel : Bien, moi, je
pense qu'il deviendrait potentiellement complice de la représaille... non, de
l'acte répréhensible. Mais comme on parle de la protection contre les
représailles, ici, l'employeur va probablement lui donner une promotion plutôt
que de... hein, ça va être le contraire.
M. Fortin :Bien, ça dépend de l'employeur, effectivement. Mais dans la...
tant que vous me dites, dans la situation qu'on décrit, là, qu'effectivement
cette personne-là peut se retrouver complice...
Mme LeBel : Bien, il pourrait
y avoir des mesures disciplinaires aussi, là. Je veux dire, il pourrait être...
OK, on jase. Il pourrait être potentiellement complice de l'acte répréhensible,
dépendamment de ce qu'il a dit puis de la conclusion que le Protecteur du
citoyen aura éventuellement. Exemple, je vais divulguer, puis je le dis au
Protecteur du citoyen, puis, en plus, untel m'a déconseillé de le faire. Bon,
est-ce qu'il m'a déconseillé de le faire juste parce qu'il se dit : Tu es
fou, fais-le pas, tu vas être congédié? Ça, c'est une chose, on s'entend. C'est
plutôt... j'exprime des craintes de ne pas le faire.
M. Fortin :Bien, tu es fou, fais-le pas, je suis à veille d'avoir une
promotion puis, tu sais, je ne veux pas m'embarquer là-dedans.
Mme LeBel : Exact. Bon,
exact, peut-être. Bien là, à ce moment-là, tous les cas de figure pourraient...
plusieurs situations pourraient répondre aux cas de figure en question, un, dépendamment
du motif du conseil de ne pas faire, et de la motivation, et tout ça, bien, ça
pourrait être quelqu'un qui pourrait devenir, par association, associé à l'acte
répréhensible. Il pourrait y avoir, d'un employeur... parce qu'on peut penser
qu'au sein de l'organisation, je veux dire, il y a des employeurs qui veulent
que l'organisation fonctionne et ne tolèrent pas les actes répréhensibles. Il
pourrait il y avoir une mesure disciplinaire contre cette personne-là, qui dit :
Heille! moi, là, moi, je suis la tête dirigeante de mon organisme, là, j'ai un
de mes cadres ou, peu importe, une personne qui commet des actes
répréhensibles, puis toi, bien... Donc, il est passible, j'imagine, de la même...
d'une conséquence au même titre que la personne qui a commis elle-même l'acte
répréhensible.
M. Fortin :Même s'il n'y a pas de bénéfice personnel pour cette
personne-là.
Mme LeBel : Bien là,
j'imagine que chaque cas de figure verra la conséquence appropriée. Est-ce que
c'est juste quelque chose à son dossier? Est-ce que c'est juste l'annulation de
sa... je ne sais pas, là, je nomme des choses, mais ce sera à l'employeur de
l'organisation, qui n'est pas impliqué dans l'acte répréhensible et qui
constate que non seulement il y a un acte répréhensible, mais il y a des
employés autour qui étaient au courant et qui ont... j'allais dire une entrave,
une entrave, c'est très grave aussi comme terme, mais ont déconseillé, pas par
crainte, parce que ça, ce n'est pas la même chose, là, mais qui ont déconseillé,
par intérêt personnel, de ne pas faire, bien...
M. Fortin :Ou par... ça peut être par intérêt personnel,
organisationnel aussi, là. Tu sais, on l'entend encore, cette espèce de...
Mme LeBel : Dans sa vision,
dans sa vision.
M. Fortin :Oui, tu sais, je n'en veux pas, dans mon secteur, de
plainte, là, puis je ne veux pas que rien ne bouge, là.
Mme LeBel : Oui, oui. À ce
moment là, je veux dire, le Protecteur du citoyen fera ledit constat, fera des recommandations
qui pourront également, par ricochet, viser la personne qui a déconseillé de
faire. Mais ça fait... là, il y a autant de conséquences possibles que de cas
de figure aussi dans ce cas là.
M. Fortin :Parce que dans un cas comme dans l'autre... ce qu'on est en
train de faire ici, puis je pense que l'objectif visé, c'est le même, là, c'est
que, tu sais, des gens qui veulent dénoncer, qui veulent divulguer, qu'il n'y
ait pas d'entrave nulle part.
Mme LeBel : Non.
M. Fortin :
Puis on l'entend encore, là, la question de l'omerta. On l'entend encore, tu
sais, dans le réseau de la santé, on l'entend encore dans plusieurs organismes
gouvernementaux. Alors, il y en a des gens qui, pour une raison ou une autre,
là...
Mme LeBel : Défavorisent.
M. Fortin :...tentent encore de mettre le couvercle sur la marmite,
des fois. Alors, il faut juste s'assurer que ces gens-là font face à une
certaine conséquence.
Mme LeBel : Mais ça fera
partie de l'enquête du Protecteur du citoyen puis du constat qu'il aura fait.
Puis on parle toujours d'actes répréhensibles. Donc, ce qu'on veut ici, c'est
favoriser la divulgation, vous avez raison. Ce qu'on veut ici, c'est de lancer
le message très clair qu'on ne tolérera pas d'acte répréhensible. Puis après
ça, bien, l'intervention de l'intermédiaire qui aura déconseillé de faire sera
jugée à sa valeur, c'est-à-dire compte tenu des circonstances, de l'intérêt, de
la motivation. Et ça fera partie, très certainement, des constats du Protecteur
du citoyen sur la... je veux dire, la... mais est-ce que l'organisation est
saine ou non, là, dans ce sens-là, là, puis à quel point il y a une une culture,
dans l'organisation, ou non de cacher les choses. Ça peut être très, très momentané,
ça peut être très personnel, ça peut être... ou ça peut être une culture, là. Tous
les cas de figure sont possibles, et le Protecteur du citoyen fera ses
recommandations en conséquence, là.
M. Fortin :Ça va pour l'instant, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Bogemans) : Commentaires?
Mme LeBel : Là, on était-tu
sur l'amendement?
M. Marissal : Je n'ai pas
autant d'imagination que mon collègue de Pontiac ou l'esprit aussi tordu, mais
j'allais à la même place, là. Mettons que Monique va luncher avec Roger puis
qu'elle lui dit : Je pense que la vice-présidente a fait quelque chose de
croche, je pense que je vais la dénoncer. Puis Roger dit à Monique : Es-tu
folle? Tu es à un an de ta <retraite...
M. Marissal :
Tu es
à un an de ta >retraite, tu vas te faire défoncer pour ça, ne fais pas
ça, laisses passer, c'est correct. Puis que, finalement, ça sort quand même
puis que la présidente de l'organisme démet la vice-présidente fautive puis dit
à Roger : Pourquoi tu as dit ça à Monique?
Mme LeBel : Bien là, ça va
dépendre du cas de figure. Tu sais, Roger dit : C'est parce que moi, je
craignais puis j'avais peur que Monique... Là, c'est toute la question de
l'éducation, de favoriser la culture de divulgation. Est-ce que la présidente
pourra dire à Roger : Bien, la prochaine fois, j'aimerais mieux que tu ne
dises pas quelque chose de même? Mais, tu sais, s'il le fait pour... on jase,
mais dans les circonstances, il l'aurait fait pour protéger Monique, là. Je
veux dire, à un moment donné, on ne peut pas lui en vouloir d'être son ami et
d'avoir, peut-être, une mauvaise compréhension, mais c'est... d'où les
responsables dans chacun des organismes qui vont devoir donner, favoriser,
expliquer le processus, d'expliquer que la personne est protégée. Parce que dans
le cas de figure que vous me... que vous me décrivez, Roger le fait pour
protéger Monique, là
M. Marissal : Oui, mais la
présidente zélée qui veut vraiment faire le ménage puis laver plus blanc que
blanc pourrait dire à Roger : Tu es fautif parce que tu as protégé. Alors,
moi, j'aurais juste mis : Elle a conseillé une personne dans son
cheminement...
Mme LeBel : Bien là, c'est
parce que si la présidente veut laver plus blanc que blanc, là, elle ne punira
pas quelqu'un qui, de bonne foi, a voulu protéger Monique qui a divulgué, là.
M. Marissal : Oui, je suis
dans un cas de figure extrême, là.
Mme LeBel : Bien, oui...
M. Marissal : Je comprends
juste qu'il ne faut jamais, jamais minimiser les risques dans une... Tu sais,
là, on parle toujours, là, dans les cas qu'on parle depuis tantôt, là, depuis
qu'on étudie le projet de loi, là, on parle d'endroits où ça va mal, hein, ce
n'est pas... ce n'est pas l'harmonie, là, c'est des lieux de travail pourris,
hein? Ça fait qu'il faut s'assurer que la communication soit bonne.
Mme LeBel : Il peut y avoir
des gens aussi qui sont impliqués sans le lieu de travail au grand complet, là.
Je veux garder, quand même, une certaine naïveté, une foi, en mes organismes
publics, si vous permettez.
M. Marissal : Ça vous honore.
Mme LeBel : Oui, tout le
monde, il n'est pas méchant dans la vie.
M. Marissal : Non, non, je ne
crois pas ça. Non, non, j'ai un bon fond. J'ai un bon fond, moi aussi.
Mme LeBel : Non, mais ici, là...
On va reprendre. Ici, là, ça veut donner une protection, là, contre la
divulgation, là. Ça ne peut pas prendre tous les cas de figure. On est dans la
protection contre les représailles suite à une divulgation. Donc, on peut
parler de ces cas de figure là, puis il y en a autant que l'imagination nous le
permet, et il y aura autant de conséquences possibles ou pas possibles.
Mais là, je m'excuse, mais si Roger a été
congédié par la présidente qui est trop zélée parce qu'il a conseillé à sa chum
de ne pas faire ça parce qu'il voulait la protéger, bien là, ça va rentrer dans
le droit du travail, puis la... tu sais, les normes du travail puis... Et ça ne
tiendra pas, éventuellement, ce congédiement-là, mais ça ne sera pas une
représaille suite à une divulgation. Donc, ça ne sera pas ce mécanisme-là qui
va s'appliquer, mais là Roger va dire : Ma présidente, là, elle est... j'ai
juste... puis le tribunal du travail<i>, le TAT, va probablement le
réintégrer dans ses choses puis en disant : La présidente, franchement... puis
là ça lave vraiment plus blanc que blanc, elle ne fera pas ça.
M. Marissal : C'est bon, je...
Mme LeBel : Mais il y a une
protection, il y a son syndicat, il y a les normes du travail, il y a la
protection contre les... j'allais dire congédiements abusifs ou, en tout cas,
démotions ou, en tout cas, toutes les choses qu'il pourrait y avoir,
suspensions non fondées. Il y a tout ce qu'il faut comme outils dans les
conditions de travail et dans le droit du travail, à ce moment-là, pour réagir
à ça.
M. Marissal : C'est bon,
c'est ce qu'on fait, on retourne toutes les pierres.
Mme LeBel : Exact.
M. Marissal : Je préfère être
plus sûr qu'avoir un doute. Merci.
• (17 heures) •
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'amendement? Est-ce que...
Mme LeBel : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : C'est
adopté. Donc, l'amendement de l'article 3 est adopté.
Mme LeBel : Avec notre
imagination, il nous emporte ailleurs.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 3? Est-ce que
l'article 3, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Donc,
l'article 3 de la loi édictée est adopté. Passons maintenant à
l'article 4.
Mme LeBel : Oui, merci, Mme
la Présidente. Article 4 :
«Constituent des représailles au sens de
l'article 3, notamment :
«1° le fait de déplacer, de suspendre, de
rétrograder ou de congédier une personne ou de mettre fin à son stage,
d'exercer à son endroit toute autre mesure disciplinaire ou portant atteinte à
son emploi, à ses conditions de travail ou à son stage, y compris des mesures
discriminatoires, ou de lui imposer toute autre sanction;
«2° dans le cas où la personne visée à cet
article est le parent d'un enfant à qui des services de garde sont fournis par
un organisme public visé au paragraphe 9° de la loi 2 de la Loi facilitant
la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics, le fait
de priver cette personne ou son enfant de droits, de lui appliquer un
traitement différent ou de procéder à la suspension ou à l'expulsion de
l'enfant de cette personne.
«Pour l'application de la présente loi :
«1° un stage s'entend au sens de
l'article 1 de la Loi visant à assurer la protection des stagiaires en
milieu de travail;
«2° est assimilée à un parent la personne
qui assume de fait la garde de l'enfant, sauf en cas d'opposition du titulaire
de l'autorité parentale.»
Donc, on fait référence à des notions qui
existent déjà dans d'autres lois pour la définition de ces choses-là. Donc, ce
que le premier alinéa fait, c'est de prévoir des <exemples de
représailles et on essaie d'englober tout...
>
17 h (version révisée)
<17847
Mme
LeBel :
...alinéa fait, c'est de prévoir des >exemples
de représailles. On essaie d'englober tous les cas de figure, mais on ajoute «et
de lui imposer toute autre sanction», pour être sûr qu'on n'en échappe pas, qui
pourrait faire l'objet, là, de... qui pourrait être une représaille liée à la
divulgation. Alors, malgré le fait que mon exemple récurrent est le
congédiement, on comprend qu'il y a toute une panoplie de représailles, et c'est
l'article 4, 1°, qui vient les énumérer.
Et le deuxième alinéa de cet article,
bon, donne des précisions de définition, là, pour l'application de la loi, mais
toujours en faisant référence à des définitions déjà connues dans d'autres lois
sur ces notions-là.
M. Fortin :Je comprends que ça vient d'autres lois, là, mais la...
puis on prend quand même le temps d'aller assez... de façon assez précise, là.
On vient parler des stages, entre autres, tout ça. Qu'est-ce qui arrive avec un
consultant? Parce que le gouvernement utilise quand même beaucoup, beaucoup de
gens de l'externe, par exemple, là... Alors, quelqu'un qui est... qui est utilisé,
qui a sa firme de consultants, qui arrive, est-ce que c'est mettre fin à son...
mettre fin à son contrat, ça? Parce que, de la façon que c'est écrit, moi, ça me
donne l'impression que c'est pour des gens qui sont à l'interne dans l'organisation.
Mme LeBel : Non.
M. Fortin :Non?
Mme LeBel : Non, non, ce n'est
pas des... Non, c'est vraiment la représaille, puis ça pourrait être de lui
imposer toute autre sanction, parce que la divulgation, c'est à l'égard d'un
organisme public. Donc, c'est quelqu'un qui divulgue, donc c'est sûr que ça
prend un lien entre l'organisme public et le divulgateur pour qu'il puisse y
avoir une sanction. Et le lien contractuel, là, dans le cas de figure, bon,
outre le fait qu'on peut aller contester devant les tribunaux la fin d'un
contrat prématuré, je vais le dire comme ça, bien, il y aurait aussi l'option
de le faire par... comme étant toute autre sanction, là, mais il y aurait
toujours aussi l'option de venir... même pas, il y aurait une option encore
plus simple, quant à moi, de ne... de passer par le fait de la fin d'un contrat
sans respecter les clauses, où il n'y a même pas besoin de faire un lien de
causalité avec une représailles ou une divulgation, là, mais là je ne donnerai
pas de conseil juridique ici. Mais je ne passerais pas par cette loi, je
passerais par la <i>loi sur les contrats...
M. Fortin :OK. Puis je...
Mme LeBel : ...je passerais
sur le contrat.
M. Fortin :Mais, encore là, ça, ça marche pour si c'est... le contrat est
avec la personne directement. C'est une...
Mme LeBel : Bien, ça prend un
lien. Pour qu'il y ait une représaille, il faut que l'organisme public ait un
moyen d'action sur la personne qui divulgue. C'est sûr que, si moi...
M. Fortin :Une infirmière d'agence, par exemple, là, le contrat est
signé avec l'agence, disons, là, et là, dans ce cas-ci, ce serait, j'imagine, exercer
toute autre mesure disciplinaire.
Mme LeBel : Bien, l'infirmière
pourrait être bannie. On pourrait dire à l'agence : Cette infirmière-là,
je ne la veux plus.
M. Fortin :On ne la veut plus. Tu sais... oui. Donc là, c'est... oui.
Mme LeBel : Bien, c'est ça.
Bien là, oui, ça serait toute autre sanction et ce serait couvert, sans mettre
fin au contrat, mettons, dans le cas de figure où on dit, là, où on parle...
mais là il faudrait qu'on prouve que l'agence qui, en général, a le choix de
ses infirmières, j'imagine, là, je ne veux pas... je ne suis pas au fait de
tous les détails des contrats, de la relation, mais j'imagine que l'agence
pourrait dire : Bien, moi, en vertu de mon contrat, je peux t'envoyer qui
je veux.
Donc, on pourrait toujours avoir cette
contestation-là en vertu des clauses de son contrat, qui, quant à moi, n'implique
pas de faire un lien de causalité avec une divulgation, ou l'infirmière
elle-même, qui aime travailler dans cet hôpital-là, à titre d'exemple, pourrait
toujours bien dire : Bien, on m'interdit de venir en fonction de, parce
que j'ai divulgué quelque chose dont j'ai été témoin, mais ce serait couvert, à
ce moment-là, par cette loi-là, parce qu'elle a une relation, il y a une
conséquence à sa divulgation.
M. Fortin :Très bien.
Mme LeBel : Et on pourrait
aussi... on pourrait aussi l'engager dans le secteur public dans une autre
région. Non, mais c'était mon petit... c'était mon petit «stunt» publicitaire, mais
oui, ce serait couvert, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : D'autres
commentaires? Est-ce que l'article 4 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Passons à l'article 5.
Mme LeBel : Oui. J'ai l'article 5
et j'aurai un amendement également à déposer. Donc, je vais faire la lecture de
l'article principal. Section II, Plaintes, article 5 :
«Une personne qui croit avoir été victime
de représailles ou de menaces de représailles interdites en vertu de
l'article 3 peut porter plainte au Protecteur du citoyen dans les
90 jours de ces représailles ou de ces menaces.
«La plainte peut être adressée, pour le
compte du plaignant qui y consent par écrit, par toute personne, tout organisme
ou toute association.
«Une plainte adressée après l'expiration
du délai prévu au premier alinéa n'est pas pour ce motif irrecevable si le
retard est causé par le fait que la plainte a d'abord été adressée dans ce
délai à la Commission des normes, de l'équité, de la santé ou de la sécurité du
travail, à la Commission municipale du Québec, au ministre de la Famille ou au
Tribunal administratif du travail.»
Donc, ce que ça confère ici... à toute
personne se croyant victime de représailles ou de menaces de représailles, le
droit de porter plainte au Protecteur du citoyen. Il précise par qui la plainte
peut être adressée et prévoit une exonération relative au délai pour porter
plainte.
Donc, ça vise à assurer que les personnes
qui sont victimes de représailles dénoncent la situation de manière
suffisamment contemporaine, là, pour permettre le traitement de la situation.
On se comprend, il n'y a pas ici d'enjeux de connaissance. Habituellement,
quand tu subis une représaille, c'est porté à ta connaissance au moment où tu
la subis. Maintenant, ce qu'on... Et, pour les représailles en <matière...
Mme LeBel :
...en
>matière d'emploi et de stage, le délai passe de 45 à 90 jours. Il
y avait déjà un délai, mais on le fait passer à 90 jours. Et plus c'est
contemporain, plus c'est... ça préserve la capacité de faire un lien, là, avec
la divulgation ou non.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que vous pouvez faire la lecture de l'amendement?
Mme LeBel : Oh oui! Absolument,
Mme la Présidente. Merci de me ramener à l'ordre. Donc, à l'article... amendement :
À l'article 5 de la Loi sur la protection contre les représailles liées à
la divulgation d'actes répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet
de loi :
1° insérer, dans le premier alinéa et
après «dans les 90 jours», «de la connaissance»;
2° remplacer le troisième alinéa par
le suivant :
«Le Protecteur du citoyen peut, pour un
motif raisonnable, relever une personne du défaut de respecter le délai prévu
au premier alinéa.»
Donc, on l'élargit encore plus. Même si ce
que j'ai dit tantôt demeure exact, il pourrait y arriver un cas de figure où
quelqu'un ne réalise pas que la mesure ou l'absence d'une promotion, à titre
d'exemple... qui pourrait être une représaille, donc on introduit quand même
«de la connaissance», pour être sûrs de ne pas faire s'écouler un délai à son
insu, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'amendement?
M. Fortin :Ça, ça appartient au Protecteur du citoyen et, j'imagine, dans
le cas d'une plainte au Protecteur du citoyen, au commissaire à
l'éthique<i>, là, qu'il ait cette possibilité-là de relever une
personne du délai de 90 jours.
Mme LeBel : Oui, on va voir
l'adaptation nécessaire, effectivement, là. Si la personne est un employé du
Protecteur du citoyen, tout ça se tourne vers... lire «commissaire à
l'éthique», à la place de «Protecteur du citoyen», dans ce qui va venir.
M. Fortin :OK. C'est bon pour l'amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce que l'amendement de l'article 5 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'article 5 tel qu'amendé?
M. Fortin :...dire, là, la personne... «la plainte peut être adressée,
pour le compte du plaignant, là, par toute personne, tout organisme, toute
association, ça inclut son syndicat, j'imagine? Le syndicat peut...
Mme LeBel : Oui, oui, tout,
tout, tout.
M. Fortin :Tout le monde, n'importe qui, là.
Mme LeBel : Bien, voilà.
M. Fortin :Par toute personne qui y consent par écrit. OK. Donc,
n'importe qui peut le faire pour nous.
Mme LeBel : Oui.
M. Fortin :
Il n'y a pas de... il n'y a aucune restriction.
Mme LeBel : Non.
M. Fortin :Et quand on dit : «la plainte peut être adressée, pour
le compte du plaignant», j'imagine, ça s'applique aussi tout le long du
processus, là. Tu sais, là, ici, il y a une...
Mme LeBel : Bien, l'interface
pourrait devenir la personne qui le fait, là, si la...
M. Fortin :Oui, c'est ça.
Mme LeBel : ...si le
plaignant désire demeurer anonyme, à titre d'exemple, là. Ça va devenir
l'interface, donc ça va... la personne va devenir le divulgateur, finalement,
pour les fins de...
M. Fortin :C'est ça. Si, par écrit, on désigne quelqu'un d'autre pour
cette personne-là, ou ce groupe-là, ou ce... OK, ça devient...
Mme LeBel : Bien, c'est ça
que je viens de parler, d'anonyme, puis il y a... il y a du par écrit, là, mais
on se comprend que ça peut devenir l'interface, là. Je ne dirais pas que c'est
une procuration, là, mais on est dans ce genre de... et ça vient couvrir la
situation. Je vous disais tantôt que les syndicats peuvent porter place...
plainte en lieu et place, mais on ne voulait pas être restrictif au syndicat,
parce qu'une personne pourrait, ça existe, ne pas vouloir se tourner vers son
syndicat.
M. Fortin :Oui. Non, non, on pourrait dire : Ça va être mon
avocat, ça va être mon...
Mme LeBel : Ça peut être... c'est
ça.
M. Fortin :
Peu importe.
Mme LeBel : C'est ça, c'est
ça. Donc, il ne fallait pas le limiter, mais ça inclut la demande d'être... de
pouvoir le faire par les syndicats. Donc, ils sont inclus, mais ce n'est pas
limité à.
M. Fortin :Très bien.
• (17 h 10) •
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Oui, député de Rosemont.
M. Marissal : Est-ce qu'il y
a un...
M. Fortin :
...
Mme LeBel : Oui, oui, on est
en représailles. Oui, c'est ça, parce qu'on est vraiment dans le compte des
représailles. Donc, il y a une certaine connaissance pour savoir pour... Comme
je disais tantôt, si tu as... tu es victime de représailles, à quelque part, il
faut que tu sois connu, mais on parle vraiment dans le processus de
représailles.
M. Fortin :...l'idée que ce soit plus large que le syndicat. Le
syndicat, ça peut être... ça peut marcher dans certains cas, mais dans d'autres
cas, ce n'est pas des syndicats comme tels. Ça peut être une fédération de
médecins, peu importe, là, ça peut être une...
Mme LeBel : Oui, puis il faut
que la personne demeure... il faut... On ne peut pas imposer un choix à une
personne de se diriger vers quelqu'un.
M. Fortin :Non, non, c'est ça. Non, ça va.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui. Et, dans
le cas où la personne est fin seule, ça, ça peut arriver, ou qu'elle ne
souhaite pas être représentée, là, est-ce qu'il y a... est-ce qu'il y a une
forme d'assistance qui lui est donnée?
Mme LeBel : Oui, par le
Protecteur du citoyen.
M. Marissal : Par le
protecteur?
Mme LeBel : On va le voir un
peu... mais il y a de... pour l'aider à se... devant les tribunaux, à faire
valoir.... parce que là on est toujours dans le cas où la personne pense avoir
été victime de représailles, souvent, suite à une divulgation d'actes
répréhensibles. Oui, le Protecteur du citoyen va l'assister.
M. Marissal : OK. Pour fins
de mémoire, là, est-ce qu'on a vu ça les dernières semaines ici, ou j'ai vu ça
dans un autre projet de loi, par exemple, l'intégrité dans les sports?
Mme LeBel : Non, mais on a
peut-être...
M. Marissal : On a... Est-ce
qu'on a parlé...
Mme LeBel : Mais que le
Protecteur du citoyen avait assisté?
M. Marissal : ...parce qu'il
y a un autre projet de loi sur lequel je travaille, l'intégrité dans les sports.
Il y a une commissaire qui a aussi mandat de médiateur et d'assistance. Je me
demande si c'est ici que j'ai vu ça.
Mme LeBel : On n'en a pas
parlé encore ici. J'ai peut-être mentionné qu'il y aurait de l'accompagnement.
On en a parlé un peu dans les consultations, parce que le protecteur est venu
parler de cet article-là où il allait y avoir de l'accompagnement, et s'en
disait satisfait, on se comprend, vu que c'était une de ses demandes, entre <autres...
Mme LeBel :
...entre
>autres. J'ai déjà... Je sais que, dans les consultations, j'en ai parlé
avec les syndicats, qui disaient : On veut accompagner. Nous, on disait :
Bien, le Protecteur du citoyen fait déjà le travail, a l'obligation, puis on
veut garder quand même la possibilité de... que ce soit fait... que tu n'es pas
obligé de passer par ton syndicat, donc, tu peux avoir l'accompagnement, mais
tu peux l'avoir aussi ici, là, si tu décides que c'est ton... un avocat ou...
Donc, on donne la possibilité, mais on ne le met pas exclusif. Peut-être qu'on
en a parlé...
M. Marissal : C'est l'impression
que oui, mais...
Mme LeBel : ...mais on n'a
pas vu l'article comme tel, c'est ça que je veux dire. Mais le fait d'en avoir...
de l'avoir mentionné, ce n'est pas impossible, mais des fois...
M. Marissal : On y arrivera,
de toute façon.
Mme LeBel : Tu sais, j'y ai-tu
pensé, je l'ai-tu dit? Je ne sais plus.
M. Marissal : Très bien.
Mais, de toute façon, vous me dites qu'on y arrivera, éventuellement.
Mme LeBel : Oui. On est dans
le coeur de ça, là.
M. Marissal : C'est bon.
C'est bon pour moi.
Mme LeBel : L'accompagnement,
puis on est toujours dans le coeur de la protection sur les représailles... On
n'est plus dans la divulgation, on est dans : malheureusement, s'il y a eu
une représaille, il faut quand même trouver des solutions pour accompagner et
réparer.
M. Marissal : Bueno. Merci.
C'est bon, merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 5, tel qu'amendé, de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
L'article 6 maintenant.
Mme LeBel : Oui. Article 6 :
«Le Protecteur du citoyen peut refuser de traiter une plainte frivole,
vexatoire ou [...] de mauvaise foi.»
Donc, ça prévoit les motifs pour lesquels
le Protecteur du citoyen peut refuser de traiter une plainte. Donc, je pense
qu'il faut lui donner la possibilité d'évaluer le poids de la plainte, là. Ça
lui appartient.
La Présidente (Mme Bogemans) : C'est
beau?
Une voix : ...
Mme LeBel : Bien, ça, malheureusement...
M. Fortin :
Ça va arriver.
Mme LeBel : On aimerait qu'il
n'y ait pas de représailles puis on aimerait que toutes les plaintes soient
solides, mais ça peut arriver.
La Présidente (Mme Bogemans) : Des
commentaires?
M. Marissal : ...est quelque
part, dans le corpus législatif du Québec, est définie?
Mme LeBel : Oh oui! Ce n'est pas
une notion qui a été inventée pour les fins de la protection, là.
M. Marissal : Oui, mais
est-ce qu'il y a... est-ce qu'il y a une définition de ce qui est frivole?
Mme LeBel : C'est les
tribunaux qui ont cette évaluation-là.
Une voix : ...
Mme LeBel : Ah! il y a un
exemple ici. Ah! une plainte pourrait être jugée frivole, si, par exemple — coup
de théâtre, j'avais un exemple pour votre question — un plaignant
prétendait ne pas être... ne prétend... attends un peu, un plaignant ne
prétendait pas être victime de représailles et faisait une demande relative à
une situation totalement étrangère à la... Oui, bien, exemple, je fais une
demande, puis ça n'a rien à voir avec un acte répréhensible, mais moi, je veux
quand même que le protecteur m'accompagne. Là, il pourrait dire : Bien,
regarde, c'est frivole, ça n'a pas rapport. Ce n'est manifestement... aucun
lien avec une représaille. Pas quelqu'un qui a de la difficulté à le prouver,
mais quelqu'un qui, de par sa demande, là, à sa face... sa «face value»...
C'est en anglais, hein?
M. Marissal : À sa face même.
Mme LeBel : Sa face même,
merci.
M. Marissal : C'est bon.
Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 6 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, l'article 6 de la loi édictée est adopté. L'article 7.
Mme LeBel : Oui. Article 7 :
Le Protecteur du citoyen... «Lorsque le Protecteur du citoyen refuse de traiter
une plainte, il notifie au plaignant sa décision et les motifs sur lesquels
celle-ci est fondée.
«Si la plainte est en matière d'emploi ou
de stage, la décision doit faire état de la possibilité pour le plaignant, dans
un délai de 90 jours de sa réception, de déposer sa plainte auprès du
Tribunal administratif du travail.»
Donc, ça prévoit l'obligation pour le
Protecteur du citoyen d'aviser le plaignant de sa décision de refuser, donc,
c'est un suivi à l'article précédent, là, ou de traiter la plainte, de même que
le contenu de la décision.
La Présidente (Mme Bogemans) : Des
interventions?
M. Fortin :Bien, encore là, emploi et stage, ça comprend, tu sais, contrats,
là, j'imagine.
Mme LeBel : Non, bien... Non,
le premier... oui... non. Le premier comprend cette notion-là. Donc, s'il y a...
il y a une plainte qui est faite par quelqu'un, de représailles, qui est faite
par quelqu'un, dans le cas de figure dont vous parliez, c'est le premier
alinéa, mais précisément, si c'est en matière d'emploi et de stage, on lui...
on l'avise du fait qu'il doit faire état de la possibilité, pour le plaignant,
quand même d'aller devant le tribunal du travail... administratif du travail,
qui est une possibilité qui n'existe pas.
M. Fortin :Ah oui! Parce qu'on n'amènera pas... OK. Oui, ça va. OK.
Mme LeBel : Non, c'est ça.
C'est ça, ça n'existera... il faut que ce soit un salarié au sens de la loi.
Donc, ça ne pourrait pas s'appliquer, mais le premier cas de figure est prévu
par l'alinéa 1.
M. Fortin :Très bien.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, on comprend que la personne qui a porté plainte, une plainte
qui est jugée frivole, n'est nécessairement pas anonyme puisque le protecteur
va lui... doit...
Mme LeBel : Bien, dans ce
cas-ci, on parle d'une personne qui se plaint d'une représaille, et non pas qui
porte une divulgation. Donc, à partir du moment où elle se plaint d'une
représaille, elle est connue.
Mme Caron : Elle est connue.
Mme LeBel : Oui.
Mme Caron : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...
M. Marissal : Bien, je veux
revenir, Mme la Présidente, sur ce que disait mon collègue de Pontiac, là. Dans
le cas d'un contrat... C'est parce que moi, j'ai un exemple dont je ne peux pas
parler ici, là, parce que c'est en cour, puis je ne peux pas vous donner les
détails, là, mais c'est dans un CIUSSS, puis c'est trois personnes...
Mme LeBel : Il commence à y
avoir beaucoup de détail.
M. Marissal : Non, non,
pas... Si vous trouvez la personne, vous êtes vraiment forte, là, les <trois personnes...
M. Marissal :
...les
>trois personnes... je vais même vous dire qu'il y a trois personnes,
vous êtes vraiment forte, très, très forte. Dans ce cas-là, où c'est un contrat
et non pas un... et non pas un lien d'emploi direct, là, il faut d'abord faire
la preuve que le contrat, de sa durée, de par sa durée, de par sa nature,
représente un lien d'emploi avant de bénéficier de...
Mme LeBel : Non.
M. Marissal : ...autrement tu
n'es pas couvert.
Mme LeBel : Bien oui, on le...
Bon, OK, il y a deux notions, là. Il y a la notion d'être couvert, d'être
protégé, je vais le dire comme ça, si vous divulguez un acte répréhensible à
l'égard d'un organisme public. Donc, si tu es, je vais prendre un cas de
figure, une infirmière qui travaille pour une agence de placement et qui, dans
le cadre de ses quarts de service qu'elle fait dans un hôpital public... elle
constate un acte répréhensible, elle se tourne vers le Protecteur du citoyen.
Si elle pense avoir subi une représaille quelconque, genre...
M. Marissal : La fin du
contrat.
Mme LeBel : Hein?
M. Marissal : La fin du
contrat.
Mme LeBel : Bien, la fin de
son... de sa présence à elle dans l'hôpital. La fin du contrat, là, c'est la
MOI qui va réagir, j'imagine, mais va devoir prouver le lien. Tout ça, c'est
couvert. C'est couvert, tout ça. Là, on parle ici... c'est couvert, donc ça
devient une représaille. Et là ce qu'on expliquait tantôt, c'est qu'il y a deux cas
de figure. Ou bien la MOI va parler de la fin... d'une fin de contrat prématurée
puis va choisir d'aller devant les tribunaux de droit commun pour dire :
Mon contrat a été mis fin pour des raisons qui ne sont pas prévues au contrat,
donc je conteste, et la raison pour laquelle... c'est parce que mon infirmière y
a divulgué la... elle peut y aller par la contestation de la fin de son contrat
devant les tribunaux de droit commun, ou l'infirmière elle-même, qui est
victime de la représaille, pourrait dire : Bien, moi, je n'ai plus
l'occasion de travailler dans l'hôpital Y parce que j'ai divulgué quelque
chose dont j'ai été témoin, et ça ne fonctionne pas. Donc là, à ce moment-là...
mais c'est couvert, ça.
Ici, ce n'est pas la même chose, là. Ce
qu'on dit, là, c'est que l'infirmière Y en question va voir le... va voir
le Protecteur du citoyen puis dit... Ah! j'essaie de trouver un cas de figure,
là, mais dit : Moi, je pense que telle situation est arrivée. Pourquoi?
Bien, parce que je n'ai pas dit salut à mon boss, mettons, OK? Je n'ai pas dit...
bon, non, mes collègues me trouvent bête sur l'étage, puis c'est pour ça que je
n'y vais plus. Bien là, le Protecteur du citoyen, je vais dire : Je
m'excuse, là, mais ça... ce n'est pas un acte répréhensible puis c'est frivole
à sa face même. Donc, moi, je ne traiterais pas ce dossier-là. C'est ça que ça
dit, là.
M. Marissal : Oui. Non, non,
mais c'est parce que moi...
Mme LeBel : Je cherche le...
M. Marissal : ...je m'en
remets au texte de la loi, là. Si la plainte est en matière d'emploi ou de
stage emploi, ça veut dire qu'il y a un lien d'emploi. Les CIUSSS, là, ils ont
un paquet de monde à contrat et parfois depuis des années.
Mme LeBel : Oui. Oui, mais ce
n'est pas des salariés au sens de la loi.
M. Marissal : Oui, oui, c'est
encore drôle, c'est...
Mme LeBel : Bien là, on... Bien
là, à ce moment-là...
M. Marissal : Il y a une zone
d'ombre ici, là, et c'est pareil dans d'autres domaines d'ailleurs, là. Il y a...
Parfois, il y a une zone d'ombre et tu es capable de démontrer que ton contrat,
sur la base de sa durée, représentait un lien d'emploi et que tu as le droit à
un dédommagement, donc...
Mme LeBel : Bien, alors, à ce
moment-là, la plainte sera en matière d'emploi. Là, c'est parce que...
M. Marissal : Bien, il faut
d'abord faire la démonstration que c'est bel et bien un lien d'emploi.
• (17 h 20) •
Mme LeBel : Bien oui, bien
oui, bien oui. Bien oui, mais là, oui, oui.
M. Marissal : Oui. OK.
Mme LeBel : Mais, tu sais, si
à sa face même... Moi, ma compréhension, c'est que ce n'est pas... il n'y a pas
de lien d'emploi pour le contrat, bien, elle ne le sera pas en matière d'emploi.
Mais la première étape sera de dire que c'est en matière d'emploi, c'est sûr.
M. Marissal : Oui, mais on
comprend que c'est plus facile de virer quelqu'un qui est à contrat parce qu'il
n'est pas syndiqué, il n'est pas représenté...
Mme LeBel : Oui, mais là on
n'est pas dans quelqu'un qui est viré. La divulgation est déjà faite, là.
M. Marissal : Non, mais il a
eu des représailles, donc il est viré.
Mme LeBel : Ah! viré dans le
sens...
M. Marissal : De congédié...
Mme LeBel : ...dans le sens
de congédié.
M. Marissal : ...licencié,
remercié.
Mme LeBel : Moi, je disais
viré dans le sens... le flipper pour le faire parler. On n'est pas dans la même...
on ne vient pas de la même... du même univers.
M. Marissal : Je ne sais pas
quel genre de... Je ne sais pas quel genre de méthodes d'interrogatoire vous
avez, mais moi, en journalisme, je ne fonctionnais pas comme ça.
Mme LeBel : Non, non, mais on
se comprend. On ne vient pas du même univers. Non, je parlais de dire de
s'amener... de convaincre quelqu'un de divulguer, dans ce sens-là.
M. Marissal : Non, non, non,
viré, congédié, je veux dire, licencié, oui. C'est ce que je...
Mme LeBel : OK, licencié...
M. Marissal : C'est ce que je
voulais dire.
Mme LeBel : ...congédié.
M. Marissal : Voilà, voilà.
Mme LeBel : Mis à la porte. Mais,
à ce moment-là, la démonstration que c'est en matière d'emploi devrait être
faite. Mais ici, on est juste dans... bien, il faut comprendre, ici, là, c'est
juste dans... Ici, là, c'est juste qu'on a décidé : Le Protecteur du
citoyen, là, doit informer la personne, de lui dire : Ta plainte n'a pas
rapport avec un acte répréhensible, donc tu n'as pas rapport, on va se... on va
se parler franchement, donc je refuse de la traiter. Puis, si tu considères que
c'est en matière d'emploi, ta plainte, ou en matière de stage, là, bien, va
voir le Tribunal administratif du travail.
À titre d'exemple, l'infirmière ou
quelqu'un en lien contractuel vient voir le Protecteur du citoyen puis dire :
J'ai été congédiée parce que j'ai refusé de travailler à telle heure, mettons.
Bien là, le Protecteur du citoyen va dire : Je refuse ta plainte parce que
ça n'a pas... au sens de l'article précédent, ça n'a pas rapport avec les
représailles, et, si tu <considères...
Mme LeBel :
...si tu
>considères que c'est en matière d'emploi, ton recours est devant le Tribunal
administratif du travail. C'est juste ça que ça dit ici.
M. Marissal : Ça va.
Mme LeBel : Puis c'est sûr
qu'une fois devant le Tribunal administratif du travail, la première notion à
établir, c'est que c'est en matière d'emploi, là. C'est toujours le cas. Des
fois c'est plus simple, des fois c'est plus complexe, mais c'est toujours... Le
premier prérequis quand tu te présentes devant le Tribunal administratif du travail,
c'est de dire : Je suis en matière d'emploi, vous avez donc juridiction.
Des fois c'est très simple, des fois c'est plus complexe.
M. Marissal : C'est bon.
Merci. Très bien.
M. Fortin :...tu sais, on... sans vouloir prêter d'intentions à mon
collègue, là, mais je pense que nos questions ici sont un petit peu plus larges
que... puis on comprend que c'est... bien, moi, du moins, moi, je comprends que
c'est un peu plus large que l'article 7, qui effectivement sont sur le...
c'est des plaintes qui n'ont pas rapport. Mais, tu sais, je reviens à
l'exemple, là, une infirmière d'agence qui perd sa job à son agence, est-ce que
cette infirmière-là qui fait une divulgation par rapport à ce qui se passe dans
le réseau de la santé publique qu'elle voit, est-ce qu'elle a les mêmes
protections face à son employeur? Tu sais, c'est-à-dire l'agence ne pourrait
pas lui dire : Heille! là, ça fait deux fois que tu fais des plaintes
face à un réseau de la santé, là, ça n'a pas de sens, tu es un paquet de
trouble, je te mets dehors.
Mme LeBel : Bien, la loi va
s'appliquer. Je prends le cas de figure... L'infirmière divulgue un acte
répréhensible qu'elle voit dans son quart de travail. Elle travaille pour une
agence, OK?
M. Fortin :Oui, exact.
Mme LeBel : Elle divulgue au
Protecteur du citoyen. L'organisme public est au courant et met de la pression
sur l'agence pour dire : Fous-la dehors, elle est protégée. Si, toujours
si, on fait le lien que l'origine de tout ça, c'est sa divulgation de l'acte
répréhensible au départ... On se comprend, on se comprend.
M. Fortin :Oui, mais s'il fait de la pression, effectivement... Là,
là, je comprends ce que vous voulez dire. S'il y a une pression qui vient du...
de l'organisme public...
Mme LeBel : Il faut que ça
soit en lien avec la divulgation.
M. Fortin :Oui, mais il va falloir qu'elle fasse la preuve
éventuellement, qu'il y ait une preuve qui soit...
Mme LeBel : Bien, dans tous
les cas de figure, le lien de causalité doit être fait.
M. Fortin :Je comprends que la pression vient de l'organisme public.
Mme LeBel : Bien, non, mais
que le... qu'il y a le lien de causalité. Il y a un lien de causalité entre sa
divulgation et son exclusion de l'agence. Ça peut être l'agence elle-même qui...
M. Fortin :Qui déciderait : Tu es un paquet de trouble, là,
arrête de faire des divulgations.
Mme LeBel : Bien oui. Bien
oui, mais il faut que ça soit à cause de la divulgation, parce que tes
divulgations me mettent dans le trouble, là. J'allais dire autre chose, là, je
me suis...
M. Fortin :Oui, oui, c'est ça. Oui, oui, ils sont moins intéressés à
travailler par... avec notre agence.
Mme LeBel : ...je me suis
autocensurée, je me suis... ce n'était pas un pléonasme, c'était moins chic, mais...
M. Fortin :On vous l'aurait pardonnée, celle-là.
Mme LeBel : Oui, c'est ça, mais...
mais c'est ça. Mais à partir du moment... on va se comprendre, à partir du
moment que la conséquence est reliée à une divulgation d'un acte répréhensible
à l'égard d'un organisme public, la protection s'applique. Il demeurera
toujours l'obligation de faire le lien de causalité, c'est clair. Des fois ça
va être plus simple, des fois ça va être plus complexe. Mais c'est sûr, si on...
je veux dire, on est dans un...
M. Fortin :Non, non, l'employeur ne peut pas la congédier, parce
qu'elle n'est pas bonne à sa job, puis, à un moment donné, elle se revire de
bord en disant : Bien non, mais c'est parce que j'ai fait une plainte puis
ce n'est pas pantoute ça, là. Il faut qu'il y ait un...
Mme LeBel : Bien non, parce
que, là, le mécanisme est beaucoup plus... disons que la protection, elle est...
Tu sais, quand on parle de quelqu'un qui subit une représaille parce qu'il a
voulu dénoncer quelque chose, on...
M. Fortin :Oui, il faut être capable de le démontrer.
Mme LeBel : ...on n'aborde
pas la situation avec le même prisme qu'un employé congédié pour des raisons x,
y, z, qui va toujours avoir la protection des normes du travail, toujours le Tribunal
administratif du travail, mais on n'est pas dans le même état d'esprit. Ça vous
va?
M. Marissal : ...il risque
d'y avoir des cas comme ceux-là de gens à contrat. L'infirmière, là, ou les
psychologues, là, dans le réseau scolaire ou dans le réseau de la santé, il y
en a un paquet qui ne sont pas à l'emploi du gouvernement, qui sont à l'emploi
du privé, donc d'une agence qui les place ou même d'un bureau qui les place.
Cette personne qui travaille dans un lieu x voit quelque chose de croche,
le dénonce, ça suit son cours. Son patron, qui est son agence, la congédie. Normalement,
elle n'est pas couverte par votre loi parce que ça...
Mme LeBel : Oui, sous réserve
de...
M. Marissal : ...parce que
son lien, il n'est pas avec l'État, son lien est avec...
Mme LeBel : Non, la...
M. Marissal : ...son lien est
avec son agence, qui est parfaitement privée...
Mme LeBel : OK, je reprends.
M. Marissal : ...et qui est
en droit de dire : Moi, je t'ai signé un contrat, j'ai le droit de dire
que tu n'as pas respecté tes clauses de contrat, je te congédie.
Mme LeBel : La divulgation
doit être à l'égard d'un organisme public. Ce n'est pas nécessairement fait par
quelqu'un qui est membre de l'organisme public.
M. Marissal : Oui, mais ce
n'est pas l'organisme public qui va congédier la personne. C'est son patron
d'agence qui va dire : Tu es vraiment une fauteuse de trouble puis je te
mets dehors.
Mme LeBel : Oui. OK, je
répète ce que j'ai dit tantôt. Si la conséquence, sous réserve que la
démonstration du lien entre la divulgation et la conséquence est faite, elle
est couverte, c'est une représaille qui découle d'une divulgation à l'égard
d'un organisme public. Donc, elle est couverte.
M. Marissal : OK. Ça vaut
donc aussi pour un ingénieur qui travaille pour un employeur qui a un contrat
avec le MTQ, qui dit : Il y a <quelque chose...
M. Marissal : Il y a >quelque
chose qui se passe au MTQ de croche.
Mme LeBel : Bien, absolument.
M. Marissal : Bien, c'était...
Pour moi, ce n'était pas si clair que ça. Je... tu sais, je...
Mme LeBel : Bien, c'est la
même chose pour une infirmière. Je veux dire, on vient de parler de quelqu'un
qui est à contrat par une agence ou qui est à contrat. Si la divulgation est à
l'égard d'un organisme public et qu'il y a une représaille faite sur la
personne qui découle directement, dont on peut faire la démonstration, mais qui
a un lien avec la divulgation, la personne, elle est couverte sous réserve de faire
la démonstration que la conséquence découle de la divulgation.
M. Marissal : Même si
l'employé de Broccolini, là, ou de Roxboro n'a jamais touché une cenne de
l'État parce qu'il est toujours à l'emploi de son entreprise, qui divulgue
quelque chose qui touche l'État puis que son patron dit : Tu m'as vraiment
mis dans le trouble puis tu es vraiment... tu fouilles vraiment, là...
Mme LeBel : Bien, je reprends...
M. Marissal : ...je te
congédie parce que tu m'amènes juste du trouble, il est protégé.
Mme LeBel : Bien, il faut que
le trouble en question soit relié à la divulgation, parce que, là, s'il le
congédie parce qu'il est du trouble autrement, là...
M. Marissal : Non, non, bien
sûr, parce que c'est lié à quelque chose qu'il a remarqué venant du donneur
d'ouvrage qui est le gouvernement.
Mme LeBel : Oui, oui, à
partir du moment... à partir du moment où on peut établir le lien de causalité
entre la divulgation d'un acte répréhensible à l'égard d'un organisme public et
une conséquence x, la personne qui subit la conséquence est couverte, si
elle est le divulgateur, naturellement, là, mais ça prend un lien. Oui, oui. Et
je ne parlerai pas d'un cas particulier, je dis juste l'état de la situation.
C'est à partir... mais toujours sous réserve de prouver le lien de causalité
entre les deux.
M. Marissal : OK. Bien, pour
moi, c'est une nuance importante qui est... qui est importante. Oui, je...
Mme LeBel : Oui, et c'est
pour ça que la protection, elle est... Là, on parle vraiment de la protection
contre les représailles et non pas de la divulgation elle-même, là. La protection,
elle se veut le plus large possible, mais il y aura toujours l'obligation de
prouver que a découle de... que b découle de a, disons.
M. Marissal : OK. Merci pour
les précisions.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 7 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : L'article 8.
Mme LeBel : Section III.
Médiation. Article 8 : «Le Protecteur du citoyen peut, avec l'accord
des parties, nommer un médiateur chargé de tenter de régler la plainte à leur
satisfaction.»
Donc, ça permet au Protecteur du citoyen
d'offrir de la médiation aux parties.
Naturellement, c'est avec l'accord des
parties. Donc, si le divulgateur n'est pas à la... Il peut y avoir des cas de
figure où c'est possible de le faire. Il faut se donner la possibilité, mais ça
le dit, c'est avec l'accord des parties. Donc, à partir du moment où le
divulgateur dit non, ça n'arrivera pas.
Puis il a toujours l'obligation première,
je répète, de protéger son identité, donc il ne le fera pas avant d'avoir
l'accord de la partie la plus importante dans l'histoire, c'est-à-dire le
divulgateur. Donc, une fois qu'il aura cet accord-là, il a la possibilité. Non,
il n'y a pas de limite de cas où ça peut faire. La seule limite, c'est d'avoir
l'accord des parties.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des commentaires?
M. Fortin :...tu sais, le divulgateur ou son représentant, là, bien
évidemment?
Mme LeBel : Oui, oui. Oui, il
est partie au dossier, là, vraiment.
• (17 h 30) •
La Présidente (Mme Bogemans) : M.
le député de Rosemont, vous aviez levé la main.
M. Marissal : Non, non, je me...
enfin, je me... Ça existe ailleurs, ça, ce type de médiation, là, qui...
Mme LeBel : Oui, oui. Ça
existe en droit pénal et en droit criminel, mais c'est ça, à un moment donné,
il faut que les gens... Mais la base de la médiation, c'est le consentement, là.
On ne peut pas forcer la médiation, ça devient un peu contreproductif. Mais,
dans ce cas-ci, comme il y a une... comme il faut toujours garder en toile de
fond... Puis on ne le réécrira pas à chaque fois, mais je l'ai dit, il faut
toujours garder en toile de fond le fait que la première... ce n'est pas la
première, mais la... une des premières responsabilités du Protecteur du
citoyen, c'est de garder la... de protéger l'identité. Donc, il ne pourra pas
le faire sans le consentement du divulgateur.
M. Marissal : Je comprends.
C'est bon.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, on est en...
Oui. Bon, bien, en plus, on est en représailles, c'est vrai. Je viens de
moi-même... merci. Oui, je voyais les hochements de tête. Mais en plus, ici...
mais de toute manière, mon commentaire s'applique, il doit toujours protéger la...
Mais ici, la... nécessairement, l'identité est connue.
Alors, je m'amende moi-même, l'identité
est connue, parce qu'on est en matière de représailles, je l'oublie des fois
aussi, là, mais... mais ça prend le consentement pareil. On ne peut pas forcer
la médiation, c'est contreproductif, là.
M. Marissal : OK, ça va.
Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a... l'article 8 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Adopté.
Article 9.
Mme LeBel : Oui. Il faut que
je me remette dans la tête qu'on est vraiment dans la matière de représailles.
Donc, article 9 : «Une médiation ne peut se prolonger au-delà de 30 jours
après la date de la nomination du médiateur, à moins que les parties n'en
conviennent autrement.»
Donc, ça prévoit une limite à la durée de
la médiation, mais les parties ont toujours le loisir de décider qu'elles
continuent, si les deux consentent. Donc, à un moment donné, c'est pour
être capable de faire un état de situation puis de ne pas dire : Ça
perdure, ça perdure, ça perdure. Puis, de la même façon, ça pourrait être à
l'avantage du... je dirais que, moi, c'est le genre d'article qui est à l'avantage
de la personne qui a subi la représaille, qui elle, au bout de 30 jours,
pourrait dire : Moi, ça suffit. Ça lui donne un point où elles <doivent...
elle doit...
>
17 h 30 (version révisée)
<17847
Mme
LeBel :
...ça lui donne un point où elles >doivent...
elle doit consentir à nouveau pour que ça continue. Puis le propre de la
médiation, c'est d'être quelque chose qui se fait le plus rapidement possible,
là.
La Présidente (Mme Bogemans) : Des
commentaires? Est-ce que l'article 9 de la loi édictée est... Est-ce qu'on
a le consentement? Adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Bogemans) : Excusez-moi.
L'article 10.
Mme LeBel : Oui, article 10 :
«À moins que les parties à la médiation n'y consentent, rien de ce qui a été
dit ou écrit au cours d'une séance de médiation n'est recevable en preuve
devant un tribunal judiciaire ou devant une personne ou un organisme de l'ordre
administratif lorsqu'il exerce des fonctions juridictionnelles.
«Toute information verbale ou écrite
recueillie par le médiateur doit demeurer confidentielle. Celui-ci ne peut être
contraint de divulguer ce qui lui a été révélé ou ce dont il a eu connaissance
dans l'exercice de ses fonctions ni de produire un document fait ou obtenu dans
cet exercice devant un tribunal ou devant une personne ou un organisme exerçant
des fonctions juridictionnelles, sauf en matière pénale, lorsque le tribunal
estime cette preuve nécessaire pour assurer une défense pleine et entière.
«Malgré l'article 9 de la Loi sur
l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des
renseignements personnels, nul n'a droit d'accès à un tel document.»
Donc, ça prévoit les dispositions qui
assurent la confidentialité de la médiation. Et c'est standard, là, en matière
de médiation, ça permet aux gens qui sont devant le médiateur de pouvoir
explorer des pistes de solutions. Et, à titre d'exemple, peut-être d'admettre
que je l'ai congédié parce qu'il a parlé, c'est peut-être de pouvoir voir
comment on arrange tout ça. Et si on ne permet pas cette espèce d'immunité là à
la médiation, bien, je vous dirais que les discussions vont être... ne seront
pas productives, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 10? Est-ce que l'article 10
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
L'article 11.
Mme LeBel : Oui. Section IV,
Recours. Section I, Rôles du Protecteur du citoyen.
Article 11. Si... sous-section. «Si
les parties refusent d'entreprendre la médiation ou si aucun règlement
n'intervient au terme de cette dernière, le Protecteur du citoyen peut
représenter le plaignant pour l'exercice de tout recours approprié devant un
tribunal, y compris un recours devant le Tribunal administratif du travail,
afin qu'il soit disposé de l'objet de sa plainte.»
Donc, cet article confère au Protecteur du
citoyen un rôle de représentation des plaignants pour l'exercice de tout
recours approprié devant un tribunal, notamment devant le Tribunal
administratif du travail.
Donc, c'est un peu ce qu'on discutait
tantôt, chers collègues, là, il n'y a pas juste... il ne va pas juste le
conseiller, il peut même le représenter devant le tribunal.
Naturellement, si la personne choisit d'être
représentée par quelqu'un d'autre, elle a le loisir de le faire, mais elle a, d'entrée
de jeu, par défaut, je dirais, pas parce que c'est négatif, mais a la
possibilité de prendre la représentation par le protecteur, mais la personne
aura toujours le loisir du représentant de son choix, là. Ça demeure une notion...
C'est ça.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 11? Non? Oui? M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui, bien,
effectivement, il y a un «peut» ici, là, puis les «peut» laissent toujours une
marge de manœuvre, là. Le Protecteur du citoyen peut représenter le plaignant.
Il peut refuser aussi de le représenter.
Mme LeBel : Bien, c'est parce
que, si on mettait un «doit», ça veut dire qu'on ne donne pas au plaignant le
choix de le faire et il n'y a pas de possibilité, là, au protecteur de refuser
de le faire, mais si on met «doit», ça exige du plaignant d'aller devant...
avec le Protecteur du citoyen, là.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, c'est
exactement ce qu'il y a avec la CNESST, là, qui fonctionne, oui.
M. Marissal : Et «doit
offrir» ne serait pas plus judicieux?
Mme LeBel : Bien, la CNESST a
même chose, a le «peut», puis c'est comme ça que ça fonctionne. Si la personne
le prend, ça va être lui, mais c'est parce qu'on doit laisser à la personne le
loisir de prendre. Et même, à la rigueur, ça pourrait même être son syndicat, l'avocat
de son choix.
Et c'est calqué... ce type de façon de
faire est calqué dans d'autres endroits et ça fonctionne très bien, là.
M. Marissal : Je vais vous
croire sur parole.
Mme LeBel : CNESST, je pense,
ça se fait comme ça. C'est ça?
Des voix : ...
Mme LeBel : Loi sur les
normes du travail, c'est comme ça aussi.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions?
M. Fortin :...je me demande s'il n'y a pas une situation où... puis ce
n'est peut-être pas typique ici, là, mais s'il y a une plainte anonyme, là, par
exemple, qui est... là, je sors un scénario, mais il pourrait y en avoir 50
comme ça, là, plainte anonyme qui dit : L'employeur a systématiquement
volé les employés dans sa division, par exemple, les a sous-payés, peu importe,
là, les a... Donc, est-ce que le Protecteur du citoyen pourrait être le
représentant dans le cadre d'une <médiation...
M. Fortin :
...le
Protecteur du citoyen pourrait être le
représentant dans le cadre d'une >médiation, d'une plainte anonyme, dans
un scénario comme ça?
Mme LeBel : Bien non, parce
que là on est dans la représentation devant le tribunal pour les représailles.
M. Fortin :D'une médiation, oui.
Mme LeBel : Non, mais ici, on
est en matière de représailles, donc il faut qu'il y ait eu une représaille.
Donc, s'il y a eu une représaille, la personne est connue. Donc, on n'est plus
dans l'anonymat, là. On a tout fait le même...
M. Fortin :OK. Oui, il faut que la représaille vienne de la plainte et
non de la situation initiale.
Mme LeBel : C'est ça. Oui,
oui, il faut que...
M. Fortin :Oui, la conséquence, oui.
Mme LeBel : Oui. La
représaille va toujours découler de la divulgation, oui, oui, toujours.
M. Fortin :Oui, c'est ça. OK.
Mme LeBel : Ça fait qu'on est...
Je sais que, des fois, c'est comme... j'ai fait la même... tu sais, on fait...
on passe... mais ici, il n'y a plus d'anonymat possible parce que la personne
allègue : J'ai été victime d'une représaille. Donc, il va falloir qu'elle
sorte de son anonymat. Et ça couvre la personne qui était au préalable... qui
aurait pu être, au préalable, anonyme pendant la première partie du processus
et victime d'une représaille selon son analyse de la situation.
M. Fortin :Et donc sort de son anonymat.
Mme LeBel : Donc, va
devenir... Donc, sort de son anonymat, est protégée et... Elle n'a pas... elle n'est
pas obligée d'avoir été connue depuis le début, là, je veux juste le dire...
M. Fortin :D'accord.
Mme LeBel : ...mais, à un
moment donné, il va falloir.
La Présidente (Mme Bogemans) : Mme
la députée de La Pinière.
Mme Caron : ...Mme la
Présidente. Alors, est-ce que, dans ce cas-ci, puisque le Protecteur du citoyen
peut représenter, bien, ça ouvre la porte aussi à ce que ce soit l'avocat qui
est choisi par la personne? Qu'en est-il du syndicat de la personne? Ça
pourrait...
Mme LeBel : Oui, il pourrait,
en pratique, offrir ses services. Le syndicat décidera si ça fait partie des
services qu'il peut offrir à l'employé, mais oui.
Mme Caron : Il pourrait. OK.
Mme LeBel : Oui, oui, ça peut
être une... Et, encore là, la personne n'est pas obligée de se tourner vers son
syndicat.
Donc, ce qui est important, c'est qu'elle
a un choix. Et le premier choix qu'elle a, on lui dit : Le protecteur va
le faire pour toi, mais maintenant, il peut le faire si tu veux bien. Donc, tu
peux aussi prendre ton avocat, tu peux aussi prendre le rôle de ton syndicat.
Puis, au même titre, le syndicat pourrait
dire : Moi, dans ce cas-là, je ne te représente pas, là, donc prends le
protecteur ou prends ton avocat, là.
Mme Caron : Parfait.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 11 de la loi édictée est adopté?
Mme LeBel : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Article 12.
Mme LeBel : Oui. «12. Sur consentement
du plaignant, le Protecteur du citoyen défère sans délai au Tribunal
administratif du travail la plainte en matière d'emploi ou de stage si les
parties refusent d'entreprendre la médiation ou si aucun règlement n'intervient
au terme de la médiation.»
Donc, c'est à la suite de l'autre, je veux
dire, pour le représenter devant le tribunal. Il faut quand même qu'il défère.
La médiation n'a pas fonctionné, il va l'envoyer devant le Tribunal
administratif du travail.
Encore une fois, la règle première, c'est
d'être en matière d'emploi. Donc, si quelqu'un allègue qu'il est en matière
d'emploi... en fera la démonstration devant le Tribunal administratif du
travail de façon simple ou complexe, dépendamment du cas de figure, mais, encore
là, c'est sur... il faut que ce soit sur le consentement du plaignant, parce
que le Protecteur du citoyen ne pourra... ne peut pas envoyer le plaignant
devant le TAT sans son consentement, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des commentaires?
M. Marissal : S'il n'y a pas
de consentement, c'est la fin de l'histoire?
Mme LeBel : Bien, c'est parce
que la personne va dire : Moi, j'arrête là, de toute façon.
M. Marissal : C'est la fin de
l'histoire, c'est ça.
Mme LeBel : C'est... la
médiation n'a pas fonctionné ou bien je ne veux pas de médiation, je ne veux
pas de tribunal, j'ai subi... je n'ai pas eu ma... je ne sais pas, j'ai un
autre emploi maintenant avec un autre employeur, puis je ne veux plus de
trouble, puis ça ne m'intéresse plus.
Là, à un moment donné, le plaignant doit
avoir quand même la possibilité de faire ses propres choix, là.
• (17 h 40) •
M. Marissal : Sur
consentement, le protecteur défère, donc là, c'est indicatif présent, il n'y a
pas de «peut», là, il le fait, mais est-ce qu'il a le devoir d'informer son...
le plaignant qu'il peut faire ça?
Mme LeBel : Bien, c'est son...
Ça prend son consentement. J'imagine qu'il faut qu'il l'informe pour avoir son
consentement.
M. Marissal : Oui, c'est
implicite, là.
Mme LeBel : Bien oui. Bien,
sur consentement du plaignant.
M. Marissal : On est rendus
là, il n'y a rien qui a marché, je peux envoyer votre dossier au tribunal du
travail<i>.
Mme LeBel : Le souhaitez-vous?
M. Marissal : Le
souhaitez-vous? Mais il faut nécessairement qu'il l'informe qu'on est rendus là.
Mme LeBel : Bien, il n'y a
pas... Bien oui. Oui, parce qu'à un moment donné la médiation n'a pas
fonctionné, ou la personne a refusé la médiation, mais le protecteur doit dire
à la personne : Bien, ce qu'il nous reste, c'est le TAT. Que veux-tu
faire? Ça fait partie de sa notion d'accompagnement et de représentation, là.
Donc, que veux-tu faire? Il ne peut pas juste dire : Il n'y a pas eu de
médiation, va-t'en chez vous, c'est terminé, là. Non, non, il faut qu'il
l'informe de la suite.
M. Marissal : Oui, comme je
dis, c'est implicite qu'il va aller chercher le consentement puisqu'il va lui
offrir. OK. C'est bon.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 12 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Passons
à l'article 13.
Mme LeBel : Article 13, sous-section II,
Recours devant le Tribunal administratif du travail. Article 13.
«13. La présente sous-section s'applique
aux personnes suivantes :
«1° une personne salariée au sens [de
l'article] 10° du premier alinéa de l'article 1 de la Loi sur les
normes du travail conformément à l'article 2 de cette loi;
«2° un stagiaire au sens de l'article 1
de la Loi visant à assurer la protection des stagiaires en milieu de travail
conformément à l'article 2 de cette loi.»
Donc, ça indique les personnes à qui s'adresse
le recours devant le Tribunal administratif du travail prévu à la loi sur la
protection contre les représailles<i> et c'est <exactement...
Mme LeBel :
...administratif
du travail prévu à la loi sur la protection contre les représailles et c'est >exactement
les mêmes définitions qui donnent ouverture au tribunal du travail à des gens.
Donc, ça doit être des salariés au sens de la loi ou des stagiaires au sens de
la loi.
Maintenant, si quelqu'un veut plaider
qu'il est un salarié au sens de la loi dans un cas de figure qui est peut-être
moins évident à la... à sa face même, il aura le loisir de faire la
démonstration qu'il est... qu'il rencontre la définition de l'article 1,
là, qui est déjà dans la Loi sur les normes du travail, la LNT.
La Présidente (Mme Bogemans) : Des
interventions sur l'article 13? Non. Est-ce que l'article 13 de la
loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Passons à l'article 14.
Mme LeBel : Article 14.
Je vous annonce immédiatement un amendement. Je vais lire l'article principal.
Donc :
«Une personne qui croit avoir été victime
de représailles ou de menaces de représailles interdites en vertu de l'article 3
de la part de son employeur ou d'un agent de ce dernier ou, dans le cas du
stagiaire, d'un établissement d'enseignement, d'un ordre professionnel ou d'un
agent de ces derniers, peut déposer une plainte au Tribunal administratif du
travail dans un délai de 90 jours à compter du plus tardif des événements
suivants :
«1° la dernière manifestation de ces
représailles ou de ces menaces;
«2° la réception d'une décision du
Protecteur du citoyen de refuser de traiter sa plainte.
«La plainte peut être adressée, pour le
compte du plaignant qui y consent par écrit, par toute personne, tout organisme
ou toute association.
«Une plainte adressée après l'expiration
du délai prévu au premier alinéa n'est pas pour ce motif irrecevable si le
retard est causé par le fait que la plainte a d'abord été adressée dans ce
délai à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du
travail, à la Commission municipale du Québec ou au ministre de la Famille.»
Cet article prévoit la possibilité pour
une victime de représailles ou de menaces de représailles de déposer une
plainte au Tribunal administratif du travail, de même que les délais pour le
faire. Il précise par qui la plainte peut être adressée et prévoit une
exonération relative au délai pour porter plainte.
Amendement à cet article : À
l'article 14 de la Loi sur la protection contre les représailles liées à
la divulgation d'actes répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet
de loi :
1° remplacer, par le paragraphe 1° du
premier alinéa, «dernière manifestation» par «connaissance»;
2° supprimer le troisième alinéa.
Donc, cet amendement a pour objet
d'apporter une modification de concordance avec la précision que le point de
départ du délai pour porter plainte au Protecteur du citoyen est la
connaissance par le plaignant de représailles, qu'on a vu dans un article précédent,
de menaces de représailles, qui a été proposée, donc, à l'article 5 de la loi
sur la protection contre les représailles<i>.
Cet amendement, également, a pour objet de
retirer la règle de non...
Des voix : ...
Mme LeBel : Oui, c'est non
irrecevable, c'est... hein, c'est comme... Donc, c'est recevable... de la règle
de non-irrecevabilité en cas d'erreur de destinataire de la plainte prévue à
cet article, par concordance avec le remplacement de cette règle proposé à
l'article 5 de cette loi par l'octroi du... au Protecteur du citoyen d'un
pouvoir de relever une personne de son défaut d'avoir porté plainte dans le
délai de 90 jours pour un motif raisonnable, qu'on a vu à l'article
précédent.
Donc, il n'est pas nécessaire d'octroyer
ce pouvoir au Tribunal administratif du travail puisqu'il dispose déjà d'un
pouvoir semblable sur l'article 15 de la Loi instituant le Tribunal
administratif du travail.
M. Fortin :...la seule chose, c'est dans le... Ce qu'on vient dire
essentiellement, c'est que le Protecteur du citoyen peut rendre cette
plainte-là recevable pour un motif qu'il juge raisonnable.
Vous, votre estimation, c'est que le fait
qu'une plainte a été d'abord adressée à une autre instance, c'est un motif
raisonnable pour être hors délai, disons.
Mme LeBel : Oui. Oui, mais...
M. Fortin :OK. Parce que, là, disons que l'article précédent était
plus précis un peu, là, il venait dire : dans cette circonstance a, b, c,
d...
Mme LeBel : Oui, mais c'est
parce que là... mais il était plus précis, mais il était précis par rapport à
des situations extrêmement... Ça fait que c'est-à-dire si tu as fait une... si
tu t'étais adressé à ces entités-là, là, on lui donne un pouvoir un peu plus
large, c'est-à-dire on peut... Là, j'essaie de revoir, parce qu'avec
l'amendement, là, comment on a...
M. Fortin :Non, mais vous avez raison, ça dit, je pense, avec... ça
dit «un motif raisonnable», là. Donc...
Mme LeBel : Oui, c'est ça.
Donc, ce n'est pas nécessairement d'être passé par une autre entité avant.
Parce que, là, ce qu'on disait, c'est : OK. Il faut que tu le fasses dans
un délai x, mais on va te pardonner. Ça veut dire, on va comprendre... si tu
t'es trompé, admettons, puis que tu es passé par une autre entité, bien, ce
délai-là, on ne te le calculera pas.
M. Fortin :Oui, ça va être x plus.
Mme LeBel : Oui, c'est ça, exact.
M. Fortin :Oui, oui. Mais je veux juste qu'on se comprenne bien, là,
le... d'avoir fait une plainte au mauvais endroit, c'est un motif raisonnable?
Mme LeBel : Bien oui.
M. Fortin :OK. Ça marche. C'est bon. Je ne veux juste pas que personne
n'y perde au change dans ses possibilités de...
Mme LeBel : Non, non, non. On
ne vient pas enlever le fait que de faire une plainte à la mauvaise porte,
disons-le comme ça, n'est pas un motif raisonnable.
Et je dirais même, je vais oser dire qu'on
serait malavisé de reprocher à quelqu'un qui a fait cette plainte-là à une
mauvaise porte que ce délai-là lui est imputable, là, de façon négative.
Mais là on parle de quelqu'un qui a
vraiment fait un... qui a posé le geste de faire une plainte, on s'entend, là.
M. Fortin :Je partage votre <avis...
M. Fortin :
Je partage votre >avis.
Mme LeBel : Oui, et on vient
rajuster le fait que ce n'est pas la... ce n'est pas au moment de l'acte ou la
dernière manifestation parce qu'un acte peut durer dans le temps. Et là on
mettait le point de départ à la fin de la représaille pour partir le compteur,
mais là on le met au moment de la connaissance pour ajuster avec l'autre avant.
M. Fortin :Oui, ça, c'est... oui, ça, c'est premier point, là, sur la
connaissance...
Mme LeBel : Oui, exactement.
M. Fortin :...mais ça, on a fait ce débat-là. Il n'y a pas de... il
n'y a pas de stress.
La Présidente (Mme Bogemans) : Mme
la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, dans le cas de menace de représailles, est-ce que la
connaissance des menaces de représailles doit nécessairement être directe,
c'est-à-dire que... on va dire, l'employeur menace la personne de représailles,
il n'a peut-être pas passé aux actes encore, mais il le menace, ou est-ce que
ça peut... ça comprend aussi le fait qu'un collègue, par exemple, de la
personne qui sera victime de représailles apprend qu'il va y avoir... que cette
personne-là va être congédiée, admettons? Est-ce que... est-ce que ça compte
quand même?
Mme LeBel : Bien oui, ça...
Bien, si on peut faire le lien, là, correctement, si ça devient une menace de
représailles... mais là, si j'apprends que je vais être congédiée, je suis
probablement rendu pas loin de la représaille elle-même, là.
Mais oui, je veux dire, la menace de
représailles n'a pas nécessairement besoin d'être directe, là, mais elle doit
être avérée, par contre, comme étant une menace de représailles, et là ça va
devenir une notion de preuve, rendu là, là.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, ça va...
C'est ça, ça va devenir une... Exact.
Mme Caron : OK. Parce que...
Par exemple, qu'un collègue dit «je viens d'apprendre que tu vas être congédié»,
mais que ça se passe deux semaines plus tard, que le congédiement arrive deux
semaines plus tard, est-ce que le délai de 90 jours, il part du moment où la...
la victime de représailles a connaissance de ce... que ça va arriver?
Mme LeBel : Bien, ça peut
partir à partir de la connaissance de la représaille. Elle peut être avérée ou
juste menacée, là, il décidera d'intervenir. Mais, tu sais, s'il ne prend pas
le collègue au sérieux, là, parce que c'est un collègue puis il dit : Bien
là, voyons, ça ne se peut pas, ça ne se peut pas, là, ça ne se peut pas.
Mme Caron : On va attendre
que ça se produise, c'est ça.
Mme LeBel : Parce que, là,
c'est sûr que quand c'est l'employeur directement qui dit : Je vais te...
Si tu continues ou si tu ne retires pas ta divulgation, je vais te congédier,
bien là, le délai va commencer à partir de là parce que c'est vraiment très
direct. Mais admettons qu'il ne prend pas son collègue au sérieux puis il
attend la représaille, ça va partir à partir de la connaissance de la
représaille, là, tu sais, mais tout ça va devenir un cas de figure devant les
tribunaux, là. Puis il faudrait vraiment qu'il ait attendu à la fin du 90 jours
pour qu'un délai si court lui soit fatal, là, en termes de délai de 90 jours,
là.
La Présidente (Mme Bogemans) : M.
le député de Rosemont.
Des voix : ...
Mme LeBel : Est-ce que ça
vous va ou on suspend?
M. Marissal : Bien, s'il y a
un proposeur, moi, je... S'il y a un appuyeur, je proposerais une pause pour
des raisons...
Mme LeBel : De santé?
M. Marissal : Quasiment, oui.
Rendu là, oui, quasiment, là.
Mme LeBel : Parfait.
M. Marissal : Mais non, je
n'ai pas d'autre question. C'est bon. J'ai...
Mme LeBel : Non, mais...
M. Marissal : Je pense que
j'ai répondu à ma propre... J'ai un peu...
Mme LeBel : On peut prendre
un cinq minutes, peut-être, si ça va à tout le monde.
La Présidente (Mme Bogemans) : Oui,
sans problème.
M. Marissal : J'ai un peu de
mal avec le texte du commentaire, là, sur la non-irrecevabilité. Je pense, je
n'ai pas le...
Mme LeBel : C'est bon, hein?
M. Marissal : Non, c'est ça,
je n'ai pas le cerveau formaté pour ça parce que deux négatifs feraient un
positif. Donc, on retire la règle de recevabilité?
Mme LeBel : On pourra en
parler pendant la pause.
M. Marissal : Je comptais
aller ailleurs pendant la pause, mais c'est bon.
Mme LeBel : Ou non. Ou non.
C'est au choix du chef.
M. Marissal : Je vais régler...
je vais régler mes affaires. C'est bon. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : On
suspend pour cinq minutes.
(Suspension de la séance à 17 h 50)
(Reprise à 18 heures)
La Présidente (Mme Bogemans) :
On est prêts à démarrer. Est-ce qu'il y avait d'autres commentaires sur
l'amendement de l'article 14? Non? Donc, est-ce que l'article 14 de
la loi édictée... Est-ce que l'amendement de l'article 14 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Parfait. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 14 tel
qu'amendé? Est-ce que la... Est-ce que l'article 14, tel qu'amendé, est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Maintenant, passons à l'article 15. Je crois que vous avez un
amendement également.
Mme LeBel : Oui, j'ai
l'article 15. Donc, je vais lire l'article d'origine et j'ai un amendement...
j'aurai un amendement à déposer également, Mme la Présidente. Donc,
l'article 15 :
«Lorsqu'une personne fait une divulgation,
collabore à une vérification, à une inspection ou à une enquête visée au
premier alinéa de l'article 3 ou exerce un droit que lui confère la
présente loi et allègue être victime de représailles visées au
paragraphe 1° du premier alinéa de l'article 4, il y a présomption
simple en sa faveur que la sanction lui a été imposée ou que la mesure a été
prise contre elle à cause de cette divulgation, de cette collaboration ou de
cet exercice d'un droit. Il incombe à l'auteur de la sanction ou de la mesure
de prouver que cette dernière a été imposée ou prise pour une autre cause juste
et suffisante.»
Des voix : ...
Mme LeBel : Cet article
établit en faveur de l'employé ou du stagiaire une présomption simple que la
sanction ou la mesure dont il se plaint constitue des représailles interdites.
Ça l'aide...
À partir du moment où il allègue... il
prouve qu'il a fait une divulgation d'un acte répréhensible et qu'il a une
représaille, bien, c'est à l'employeur ou la personne de prouver que ce n'était
pas une représaille, mais plutôt une sanction disciplinaire x, y, z. C'est un
renversement de fardeau pour l'aider à faire sa démonstration du lien de
causalité.
La Présidente (Mme Bogemans) :
...de l'amendement.
Mme LeBel : Oh! oui, j'ai un amendement.
Merci. Mon Dieu! je... mémoire d'écureuil. Donc : Supprimer, <dans
l'article 15 de la Loi sur la protection...
>
18 h (version révisée)
<17847
Mme
LeBel :
...oh oui! J'ai un... Merci. Mon Dieu! Je... Mémoire d'écureuil.
Donc : Supprimer, >dans l'article 15 de la Loi sur la
protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet de loi, «, à une
inspection».
Cet amendement a pour objet de retirer la
notion d'inspection, laquelle ne s'applique que dans le cadre de la Loi sur les
services de garde éducatifs à l'enfance. Donc, c'est un retrait de concordance
avec le retrait de la possibilité de divulguer au ministère de la famille.
Comme on a ramené vers le Protecteur du citoyen, on a nettoyé, si on veut, pour
faire la concordance nécessaire.
Une voix : ...
Mme LeBel : J'ai un autre
amendement?
La Présidente (Mme Bogemans) : On
va le présenter tout à l'heure.
Mme LeBel : Après, oui, c'est
ça.
La Présidente (Mme Bogemans) : Oui.
Mme LeBel : OK, excusez-moi.
Excusez-moi, Mme la Présidente, j'ai eu un petit «sidebar».
La Présidente (Mme Bogemans) : Pas
de problème. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'amendement? Oui.
Mme Caron : Merci. Alors,
simplement, donc, c'est maintenant le... ça va être l'employeur qui va avoir le
fardeau de la preuve. Ce n'est pas la personne qui se dit victime d'une
représaille?
Mme LeBel : Bien, il y a...
Bon, l'amendement, là, c'est plutôt sur la famille, mais ce n'est pas grave. Je
veux juste le dire que mon commentaire n'est pas sur l'amendement. Donc, on
revient à l'article principal pour notre discussion.
Effectivement, ce que ça fait, c'est qu'à
partir du moment où... Il y aura toujours bien l'obligation de faire... au
départ, de prouver que tu as fait une divulgation, c'est quand même assez
simple, là. J'ai divulgué un acte répréhensible et j'ai eu la conséquence y,
donc j'ai été congédié, à titre d'exemple. À partir de ce moment-là, la balle
est dans le camp de l'employeur ou de la personne ayant effectué la représaille
de démontrer... et je prends toujours le congédiement comme exemple, mais je
réitère qu'il y a une foule de représailles possibles, mais c'est plus simple à
conceptualiser. Quand on parle de congédiement, ce sera donc à l'employeur de
démontrer : Bien, ce n'est pas parce que tu as fait une divulgation, c'est
parce que tu es toujours en retard, genre.
Donc, ce sera à l'employeur de démontrer
que le congédiement est relié à une autre cause que la divulgation et que c'est
le fait du hasard que la divulgation et la représaille cohabitent en même temps.
Je vais le dire comme ça.
Mme Caron : Parfait. Merci.
Mme LeBel : Et ça, c'est pour
l'article principal. L'amendement, naturellement, on... je le redis juste pour
les fins d'enregistrement, là, c'est plutôt de... un article de concordance qui
ne change pas la substance, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : Y
a-t-il d'autres interventions sur l'amendement? Est-ce que l'amendement est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'article 15 tel qu'amendé? Est-ce que l'article 15,
tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Maintenant,
il y a un...
Mme LeBel : 15.1.
La Présidente (Mme Bogemans) : Exactement,
l'introduction d'un amendement pour l'article 15.1.
Mme LeBel : Et voilà, auquel
je faisais référence tantôt prématurément. Donc, article 1, qui insère l'article 15.1
de la Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles : Insérer, après l'article 15 de la Loi sur la
protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet de loi, le suivant :
«15.1. Le président du Tribunal
administratif du travail détermine qu'un recours exercé en vertu de la présente
loi et portant sur un congédiement allégué doit être instruit et décidé d'urgence
lorsqu'il est d'avis que ce recours apparaît fondé à sa face même.»
Donc, ce que ça a pour but ici, là, ça a
pour objet d'accélérer le traitement par le Tribunal administratif du travail
des recours exercés en vertu de la Loi sur la protection contre les
représailles. Ce qu'on veut ici, le... je vais... vous me corrigerez, si je me
trompe, mais le président du tribunal administratif a déjà le pouvoir, dans sa
loi, de prioriser ou de donner des traitements pour certains motifs, mais on
voulait lancer le message très clair ici qu'un congédiement... et là c'est...
là, je ne donne pas l'exemple... je donne l'exemple à dessein, parce qu'on
parle de congédiement, pour une représaille, est quelque chose d'extrêmement
grave et qu'il faut que ce soit traité en priorité.
Parce que, je dirais, en matière de droit
du travail, le congédiement est souvent la peine de mort, hein? C'est-à-dire, c'est
la pire sanction qu'on peut... bien, en tout cas, peut-être qu'on peut en
imaginer d'autres, mais la pire sanction qu'on peut imaginer, c'est que... c'est
de perdre notre emploi pour une action qu'on a commise. Donc, ici, on ne
voudrait pas que le congédiement vienne dissuader, quelqu'un, exemple... à
titre d'exemple, qui est menacé d'un congédiement ou qui est congédié, dise :
Bien, moi, je vais retirer ma plainte. Donc, on veut s'assurer que la divulgation
demeure.
Et, en plus, dans le congédiement, il y a
quelque chose d'assez définitif. Il n'y a plus de traitement, il n'y a plus de...
il n'y a plus de salaire, il n'y a plus de moyens de vivre. Ça pourrait inciter
indirectement quelqu'un à retirer sa plainte pour dire : Moi, je m'excuse,
là, mais ça ne fonctionne pas, puis je vais aller voir mon employeur, puis je
vais lui dire que je vais retirer ma plainte, puis, un, je n'ai plus les moyens
de vivre, et tout ça.
Donc, ce qu'on voulait lancer ici comme
message, c'est que, quand, naturellement, à sa face même, le congédiement est
relié à une divulgation, donc il y a une première évaluation à faire, prima
facie, le tribunal administratif doit y accorder un traitement accéléré. Ça a
été quelque chose qui est sorti dans le cadre des consultations. Il y a souvent
la notion d'un tribunal juste pour la notion de représailles, mais on ne veut
pas mettre une autre entité en place ici qui traite de ces notions de façon <accélérée...
Mme LeBel :
...mais
on ne veut pas mettre une autre entité en place ici qui traite de ces notions
de façon >accélérée. Il y avait donc... C'était... c'est quelque chose
qui a été relevé dans les consultations comme étant une lacune au projet de
loi, de dire : Bien là, ça ne peut pas rentrer dans le pipeline, en bon
français, de la même façon, que toutes les autres causes. Il faut lancer le
message et que... le gouvernement doit lancer le message au tribunal et...
qu'on doit traiter ces plaintes-là avec sérieux.
Et, en matière de congédiement, pourquoi
congédiement uniquement? C'est parce qu'à un moment donné on ne veut pas
embourber le Tribunal administratif du travail dans des priorités, et le
congédiement étant la sentence de mort, ou la peine de mort, ou la représaille
ultime, dans mon livre à moi, peut-être qu'on pourrait en imaginer une autre,
mais, dans mon... dans notre livre à nous, bien, je pense qu'il faut lui donner
une résolution le plus rapidement possible pour s'assurer que ça ne vient pas
dissuader les gens de divulguer, surtout quand le congédiement est effectif, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...
Mme Caron : Oui, merci.
Alors, quand on dit «décider d'urgence», l'urgence, ça peut représenter, dans
ce cas-ci, combien de jours ou de semaines?
Mme LeBel : Bien, on ne peut
pas imposer de jours à un tribunal...
Mme Caron : On ne peut pas.
Mme LeBel : ...mais il faut
qu'il lui donne un traitement accéléré. Donc, c'est sûr que...
Mme Caron : Mais dans les...
actuellement, dans un... les causes, avec la charge de travail qui se trouve
devant le Tribunal administratif du travail, est-ce que ça pourrait, même si
l'urgence est décrétée, que le cas, le dossier est priorisé... est-ce que la
personne peut s'attendre à ce que ça prenne des semaines, des mois quand même,
ou ça peut...
Mme LeBel : Moi, je ne
parlerais pas de mois, peut-être quelques semaines, mais je ne parlerais pas de
mois, parce qu'on parle d'une urgence. Donc, le tribunal doit prioriser ce
dossier-là. Donc, ça veut dire... ça pourrait même vouloir dire, à la rigueur, de
tasser un dossier pour faire passer celui-là, là. Est-ce qu'on pourrait parler
de semaines? La réponse est oui, là, mais...
Mme Caron : Et, dans le
nombre... si, admettons, ça prend deux semaines, trois semaines avant que la
cause soit entendue, est-ce qu'il y a des... une compensation, à ce moment-là,
à l'employé pour les semaines qu'il aura perdues?
Mme LeBel : Bien, ça va
dépendre du résultat du dossier. Si le congédiement est avéré pour une
divulgation, il y aura, et on le verra un peu plus loin... le Tribunal
administratif du travail a... hein?
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, il y a des
mesures de réparation. Le Tribunal administratif du travail pourra avoir des
mesures. Aujourd'hui, les mesures possibles, c'est la réintégration dans
l'emploi et la compensation pour le salaire perdu. Vous allez voir, dans la
suite du projet de loi, qu'on ouvre l'éventail des mesures possibles pour le tribunal
administratif, qui pourrait aller, même, à la rigueur, par un autre type de
compensation en plus de la réintégration dans l'emploi et de la récupération du
salaire perdu, là. Mais la notion d'urgence est interprétée par les tribunaux
comme une notion d'urgence, et on ne peut pas lier un tribunal en disant «dans
les deux jours, dans les quatre jours», mais, à partir du moment où on instruit
le tribunal de traiter en urgence quand des conditions sont remplies, il doit
traiter en urgence.
Mme Caron : D'accord. Et
pourquoi on ne le fait pas pour d'autres types de représailles autres que le
congédiement?
• (18 h 10) •
Mme LeBel : C'est parce que,
là, il y a la notion d'être... la capacité de traiter. Puis, après ça, on a
toute la notion aussi d'équité envers les autres travailleurs qui ont des... en
termes de normes du travail, qui ont des conséquences. On est conscients de ça,
ils ont des impacts, eux aussi, mais nous, on... Moi, je suis dans la loi
contre les représailles, et on a... avec discussion avec tout le monde, et le
ministère du Travail, on a convenu qu'il fallait donner une notion de priorité.
Et la représaille ultime qui pourrait dissuader ou mettre dans... le
divulgateur dans une situation extrêmement périlleuse pour continuer sa
plainte, c'est nécessairement le congédiement.
On ne dit pas que les autres n'ont pas de
conséquence, là. Ce n'est pas ça qu'on dit et ce n'est pas ça que je veux. La
personne aura toujours le recours, mais la notion d'urgence et de priorisation
est dans le cas d'un congédiement parce que les conséquences sont très grandes.
On perd son salaire, on perd beaucoup de choses quand on est congédié, donc ça
peut impacter de beaucoup la capacité du divulgateur à poursuivre la
divulgation ou même son... je dirais, sa motivation à poursuivre la plainte.
Mme Caron : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions?
M. Marissal : Donc, «le
président du tribunal administratif détermine qu'un recours», qu'est-ce qu'il
aura en main, à ce moment-là, pour déterminer ça?
Mme LeBel : Bien, on devra
faire une preuve, une démonstration prima facie devant lui. Quand on fait la
demande en recours à... devant le tribunal administratif, le demandeur, le
divulgateur, accompagné du Protecteur du citoyen, et/ou de son avocat, ou de
quelqu'un d'autre, devra démontrer qu'il a été congédié, naturellement, et
qu'il veut que ce soit instruit en urgence parce que c'est relié à une
démonstration. Il n'y a pas une... C'est une preuve prima facie, les tribunaux
ont... sont habitués de recevoir ça. Le Protecteur du citoyen va être habilité
à faire ce type de démonstration là, mais ce qu'on doit dire, c'est qu'à sa face
même ce n'est pas frivole, c'est...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, ça va se
faire souvent sur dossier, sans audition de témoin. Donc, c'est une procédure
assez rapide, là.
M. Marissal : Sans audition de
témoin.
Mme LeBel : Non. La plupart
du temps, c'est sans audition, oui.
M. Marissal : Et ça, ça
suffit pour appuyer sur le bouton...
Mme LeBel : Bien, à partir du
moment où, suite à cette réception d'information là, le président du tribunal
est d'avis... Et là ce sera son jugement, sa décision que ce recours <apparaît...
Mme LeBel :
...le
président du tribunal est d'avis... Et là ce sera son jugement, sa décision que
ce recours >apparaît fondé à sa face même, donc, que prima facie il y a
un lien entre le congédiement et la divulgation. Bien, il va devoir l'instruire
d'urgence.
M. Marissal : OK. Mais
là vous avez volontairement hiérarchisé les sanctions.
Mme LeBel : Oui.
M. Marissal : C'est vrai
que le congédiement, ça... difficilement ce qui peut être pire que ça, là. Mais
quoique, tu sais, une rétrogradation humiliante peut être assez souffrante
aussi, se retrouver devant une occasion unique d'avancement de carrière, et se
voir bloqué en raison d'une représaille, puis que cette chance-là ne repasse
pas. Pensez à quelqu'un en fin de carrière, là, qui le veut, le poste, là, puis
que, là... qui ne l'aura pas puis qui va être dans le pipeline dont vous
parliez tantôt pendant des mois, peut-être, c'est... Pour moi, c'est aussi grave.
Parce que le congédiement, quand c'est
rendu là, après représailles, ça me paraît assez évident que le plaignant a de
bonnes chances, hein? Il a eu un assez bon dossier. Mais, si tu es encore à l'emploi
puis que le boss dit : Bien, je ne lui ai pas donné, le poste, le
superposte à Londres, là, je ne lui ai pas donné parce que je ne voulais pas
lui donner parce qu'elle n'est pas compétente, cette personne-là, ce n'est pas
du tout une représaille. Là, ça s'en va dans le fond de la pile, puis tu attends
pendant un an et demi.
Mme LeBel : Non, non.
L'instruction d'urgence, ce n'était pas... et n'est pas de la nature de la
qualité du dossier. Je veux dire, si la personne a une représaille, quelle
qu'elle soit, elle va être entendue par le tribunal administratif et devra
faire la preuve que c'est relié, c'est sûr. Et le tribunal administratif ne met
pas au pied du rôle un dossier en disant : Tu n'as pas la preuve que ton...
que ta rétrogradation ou ton non-avancement n'est pas relié. Il va décider, il
va dire : C'est relié à la divulgation ou ce n'est pas relié à la
divulgation.
Ce qu'on vient dire ici, c'est que, dans
le cas d'un congédiement... et c'est vrai qu'on hiérarchise, mais, dans le cas
d'un congédiement, cette même décision là doit se faire en urgence, parce que,
là, il y a vraiment une perte de salaire, là. Je ne dis pas que les... Et je
veux bien être claire, là, les autres représailles vont peut-être... vont
sûrement donner, si elles sont avérées, notion à une compensation, et le
tribunal décidera de la réparation appropriée. Mais le tribunal ne va pas dire :
Oui, ce n'est pas clair ton affaire, je te mets au pied du rôle. Le tribunal va
décider que le non-avancement ou l'absence de promotion est relié à la
divulgation ou non et va l'entendre, la cause, dans les délais où il entend
toutes les autres causes qui sont reliées à des matières en matière de travail.
Là où le congédiement devient, à mon sens,
beaucoup plus patent, c'est qu'il vient priver la personne qui a fait une divulgation
de son salaire, de sa substance, tu sais, de vie. Dans les autres cas, là,
c'est sûr que c'est grave, mais là on vient de le priver de son salaire. Donc,
pour moi, ça vient handicaper potentiellement sa capacité de poursuivre le
dossier, et c'est ça qu'on ne veut pas, donc, mais les autres plaintes vont
être traitées aussi, là. Puis ça peut arriver qu'elles soient traitées
rapidement, parce que, pour plein de raisons, le tribunal administratif a sa
capacité de faire le traitement de ces plaintes et de prioriser ces plaintes.
Il a déjà la capacité. Je dois le dire, hein, le tribunal administratif a déjà
la capacité de priorité... de prioriser un dossier. Donc, quelqu'un pourrait
alléguer, en fonction de la capacité actuelle du président du tribunal, bien,
pour telle raison, moi, je voudrais que tu priorises mon dossier, et il peut
accepter de le faire. Ce qu'on lui lance ici, c'est que, dans le cas d'un
congédiement relié à une divulgation, il doit le faire.
M. Marissal : C'est une
obligation, je comprends.
Mme LeBel : Mais il l'a
déjà, la capacité, là. Je veux que ce soit très clair. Ce n'est pas qu'on... Ce
n'est pas à l'exclusion des autres. Dans tous les autres cas de figure, il a la
capacité de le faire, mais on veut lancer un message très clair que, dans ce
cas-là, il doit le faire.
M. Marissal : Ah! Bien,
j'apprécie la nuance que le président du tribunal administratif peut
dire : Ça me semble être assez grave. Par exemple, pour le maintien d'une
certaine harmonie au sein d'une organisation, ça peut être... ça peut être
assez pénible, tout ça. Est-ce qu'il y a des liens formels entre le Protecteur
du citoyen puis le tribunal administratif, ou ils ne se parlent pas, ou ils se
parlent par...
Mme LeBel : Formels? Non.
M. Marissal : C'est-à-dire
que le protecteur n'intervient pas dans un cas de congédiement pour dire au TAT :
Ça, tu comprends, il faut que tu ailles... il faut que tu ailles plus vite, là.
Mme LeBel : Non, non.
Bien, dans ce cas-là, il va représenter la personne puis il va alléguer ça
devant le tribunal, mais le protecteur devient quelqu'un devant le tribunal. Il
n'y a pas de lien... il n'y a pas de lien d'autorité, il n'y a pas de lien
formel, puis le protecteur ne peut pas dire au tribunal administratif : traite
en priorité. Il va représenter la personne, comme un avocat le ferait, et il va
devenir une partie devant le tribunal. Et il va alléguer, en vertu de 15.1,
bien, les conditions sont remplies de traiter en urgence. Il n'a pas de
position d'autorité face au tribunal administratif.
M. Marissal : Très bien.
Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Est-ce que l'amendement introduisant l'article 15.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : L'amendement
est adopté, et donc l'article 15.1 est adopté. Maintenant, l'article 16.
Mme LeBel : Article 16 :
«Les dispositions du Code du travail et de la Loi <instituant
Mme LeBel :
Article 16 :
«Les dispositions du Code du travail et de la Loi >instituant le
Tribunal administratif du travail qui sont applicables à un recours relatif à
l'exercice par une personne salariée d'un droit lui résultant de ce code
s'appliquent, avec les adaptations nécessaires, à un recours au Tribunal
administratif du travail prévu par la présente loi.
«En outre des ordonnances qu'il peut rendre
en vertu de ces dispositions, le Tribunal administratif du travail peut rendre
toute autre ordonnance qui lui paraît juste et raisonnable, compte tenu de
toutes les circonstances de l'affaire, notamment :
«1° ordonner à l'employeur de verser à la
personne salariée une indemnité pour perte d'emploi;
«2° il peut ordonner le financement du
soutien psychologique requis par la personne salariée ou le stagiaire pour une
période raisonnable qu'il détermine.
«Le Tribunal administratif du travail ne
peut toutefois ordonner la réintégration d'un domestique ou d'une personne dont
la fonction exclusive est d'assumer la garde ou de prendre soin d'un enfant,
d'un malade, d'une personne handicapée ou d'une personne âgée dans le logement
de l'employeur.»
On parle ici d'un lien de confiance, puis
on comprend que ça peut être très difficile de faire ça, donc, mais pour
ordonner tout autre type de dédommagement dans ces cas de figure... Cet article
énonce donc les pouvoirs du TAT lorsqu'un salarié ou un stagiaire exerce un
recours à la suite de représailles. De plus... et il apporte des précisions
concernant les ordonnances que peut prendre le tribunal.
Je pense que le cas de figure est
important ici, parce que, comme on vient d'intégrer en plus la famille dans ce
système-là, je veux dire, si quelqu'un a perdu la... une place en CPE, je veux
dire, de forcer la réintégration dans... En tout cas, moi, personnellement, je
ne renverrais pas mon enfant, mais toute autre forme de dédommagement pourrait être
accordée à ce moment-là. Et on comprend que les cas de figure, là, du dernier
paragraphe, c'est des cas où il y a vraiment un lien d'intimité ou de confiance
entre les personnes, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions? Oui.
Mme Caron : ...la personne,
la victime ne peut pas se payer, par exemple, un avocat pour les procédures,
est-ce qu'il peut y avoir...
Mme LeBel : C'est le
Protecteur du citoyen. Oui, c'est l'article où il peut, là... oui, tantôt...
Mme Caron : C'est le
Protecteur du citoyen qui va y aller avant... D'accord.
Mme LeBel : ...ou ça peut...
ou son syndicat, c'est selon... ou son avocat, s'il préfère le faire lui-même.
Mme Caron : OK. Parfait. OK.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...commentaires?
Oui.
M. Marissal : Oui, merci.
Mais en quoi ça, c'est différent de ce que le TAT peut déjà faire?
Mme LeBel : En matière de
représailles, il pouvait juste... il pouvait juste compenser pour...
Une voix : ...
Mme LeBel : ...réintégrer,
réintégrer et verser le salaire, c'est tout ce qu'il pouvait faire. Maintenant,
l'article 2, le deuxième alinéa donne des exemples. Naturellement, c'est
un «notamment», ce n'est pas limitatif, mais «peut», ce que ça vient ouvrir,
c'est la possibilité en matière de représailles, là. On ne parle pas de... On
parle, en matière de représailles, la possibilité pour le tribunal
administratif de même donner une indemnité, de faire autre chose que simplement
dire : Je te réintègre et je... Ça a pris six mois et je compense les...
et j'ordonne à l'employeur de te verser les six mois de salaire perdus, genre.
C'était juste ça qu'il pouvait faire jusqu'à présent. Là, on vient d'ouvrir
l'éventail puis on doit comprendre que le deuxième alinéa, c'est un exemple de
ce qui peut être fait, mais l'éventail est ouvert maintenant pour le TAT, à
part le dernier de... qu'il ne peut pas faire, là.
• (18 h 20) •
M. Marissal : OK. Je sors de
cette... je sors de cette loi-ci, je vais dans les normes du travail, là. Un
congédiement abusif, là, le TAT peut aller plus loin que juste réintégrer, il
peut...
Mme LeBel : Ah! là, là,
vous...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, oui. On vient
de donner au TAT, en matière de représailles, le même pouvoir qu'il avait en
matière de normes de travail, le congédiement, oui.
M. Marissal : Le congédiement
abusif ou le congédiement injustifié. OK, et puis...
Mme LeBel : Il était vraiment
encarcané en matière de représailles sur un cas de figure, une seule action
possible, réintégrer et compenser le salaire perdu. Et la personne qui a perdu
son travail, qui a subi la représaille de congédiement, n'est peut-être pas
intéressée à retourner dans le milieu de travail, donc, pour cette... parce
qu'on parle d'une représaille, on parle d'un milieu de travail, ou peut-être
qu'elle ne veut pas réintégrer, là, peut-être que les... peu importe, il y a
plein de situations. Et là la seule réparation vers... devant laquelle elle se
trouvait, c'est d'être réintégrée et récupérer le salaire perdu. C'était un peu
limitatif, là.
M. Marissal : OK, alors que,
là, on peut compenser le salaire perdu puis compenser pour le congédiement.
Mme LeBel : On peut donner
une indemnité pour perte d'emploi, oui. L'éventail est ouvert.
M. Marissal : OK. Et pourquoi
il n'y a pas quelque chose qui ressemblerait à perte d'opportunité de carrière,
là? Ce que je vous disais, par exemple, tout à l'heure, que quelqu'un a été
bloqué...
Mme LeBel : Bien, «peut
rendre toute autre ordonnance qui lui paraît juste et raisonnable, compte tenu
de toutes les circonstances de l'affaire», elle peut.
M. Marissal : C'est possible
aussi.
Mme LeBel : Oui, oui, c'est
possible. C'est juste que, là, on donne des exemples, là, pour guider, mais
on... je pense qu'on reprend ce qui est dans le... On adapte, mais l'idée, c'est
que l'éventail est ouvert maintenant et c'est au Tribunal administratif du
travail d'évaluer la réparation la plus appropriée à la représaille.
M. Marissal : Bien, moi, je
vois ça comme une avancée. En tout cas, ça m'apparait être un plus, là, oui.
Mme LeBel : Bien oui. Bien,
moi, en tout cas, je vous le dis, on le propose comme un élargissement, donc,
des possibilités pour le TAT de rendre des ordonnances de réparation. Je vais
le dire comme ça.
M. Marissal : Oui. C'est bon
pour moi. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 16 de la loi édictée est <adopté...
La Présidente (Mme Bogemans) :
Est-ce
que l'article 16 de la loi édictée est >adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Passons à l'article 17. Vous avez un amendement également.
Mme LeBel : Oui, mais on...
Oui, absolument. Donc, article 17... Attends un petit peu, je veux juste
être sûre que je suis à la bonne place. Oui. OK. Article 17 : «Avec
l'accord du plaignant, le Protecteur du citoyen peut effectuer une vérification
ou une enquête afin de déterminer si la plainte est fondée et faire les
recommandations qu'il estime appropriées à l'une des personnes suivantes :
«1° dans le cas où l'organisme public
concerné est visé au paragraphe 9° de l'article 2 de la Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics, au ministère
de la Famille et, si les circonstances le justifient, au conseil
d'administration de cet organisme public ou à la personne physique titulaire
d'un permis de garderie;
«2° dans le cas où l'organisme public
concerné est visé au paragraphe 9.1° de cet article, à la personne ayant la
plus haute autorité administrative au sein de cet organisme public ou, si les
circonstances le justifient, au ministre des Affaires municipales, des Régions
et de l'Occupation du territoire, de même que, si les circonstances le
justifient, au conseil de l'organisme public ou à toute municipalité locale
ayant un lien avec celui-ci lorsqu'il n'est pas une municipalité locale;
«3° dans les autres cas, à la personne
ayant la plus haute autorité administrative au sein de l'organisme public
concerné ou, si les circonstances le justifient, au ministre responsable de cet
organisme public.
«Toutefois, si le Protecteur du citoyen ne
peut effectuer une vérification ou une enquête ni faire des recommandations
lorsque le plaignant exerce un recours devant un tribunal afin qu'il soit
disposé de l'objet de sa plainte. Si le plaignant exerce un tel recours après
qu'une vérification ou une enquête a débuté, le Protecteur du citoyen doit
mettre fin à celle-ci.
«Pour l'application de la présente loi, la
personne ayant la plus haute autorité administrative correspond à celle responsable
de la gestion courante de l'organisme public, tels le sous-ministre, le
président ou le directeur général. Toutefois, cette personne correspond :
«1° dans le cas d'un organisme public visé
au paragraphe 5° de l'article 2 de la Loi facilitant la divulgation
d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics, au conseil
d'administration ou, dans le cas d'une commission scolaire, au conseil des
commissaires;
«2° dans le cas d'un établissement visé à
l'annexe II de la Loi visant à rendre le système de santé et de services
sociaux plus efficace, au président et chef de la direction de Santé Québec.»
Commentaires. Le premier alinéa de cet
article octroie donc au Protecteur du citoyen le pouvoir de faire une
vérification ou une enquête afin de déterminer si une plainte de représailles
est fondée et de faire par la suite des recommandations aux personnes indiquées.
Le deuxième alinéa restreint ce pouvoir afin qu'il ne puisse être exercé
concurremment à l'exercice d'un recours devant le tribunal par le plaignant.
Donc, on ne veut pas entrer en concurrence avec un recours déjà exercé. Et le
troisième alinéa précise la notion de personne ayant la plus haute autorité
administrative qui est nécessaire pour l'application du premier alinéa.
Toutefois, il y a un amendement, Mme la
Présidente, tel que mentionné précédemment. Donc, amendement à
l'article 17 : À l'article 17 de la Loi sur la protection contre
les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles, proposé par l'article 1
du projet de loi :
1° remplacer, dans ce qui précède le
paragraphe 1° du premier alinéa, «Avec l'accord du plaignant, le Protecteur du
citoyen» par «Si les parties refusent d'entreprendre la médiation ou si aucun
règlement n'intervient au terme de cette dernière, le Protecteur du citoyen,
avec l'accord du plaignant,»;
2° remplacer, dans le deuxième alinéa, «un
recours devant un tribunal afin qu'il soit disposé de l'objet de sa plainte»
par «ou a exercé un recours devant le Tribunal administratif du travail en
vertu de la présente loi ou un recours civil portant sur des représailles ou
des menaces de représailles alléguées interdites en vertu de la présente loi».
Cet amendement a pour objet de préciser
les circonstances dans lesquelles le Protecteur du citoyen peut effectuer une
vérification ou une enquête afin de déterminer si une plainte est fondée et
faire les recommandations qu'il estime appropriées.
Donc, on ajoute, si on veut, la... voyons,
l'obligation ou la notion précédente de passer par la médiation ou, à tout le
moins, de considérer la médiation avant d'enclencher tout le reste. Ça, c'est
l'alinéa...
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que... Oui, Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : En fait, c'est
sur l'article 17 même. Donc, je vais attendre.
Mme LeBel : On va attendre
peut-être, oui, de... Parfait. Sur l'alinéa comme tel, ça va?
La Présidente (Mme Bogemans) : Commentaires
sur l'amendement?
Mme LeBel : Pas... l'amendement,
oui.
La Présidente (Mme Bogemans) : Oui.
Donc...
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Oui,
l'amendement est adopté. Des commentaires sur l'article 17?
Mme LeBel : Donc, sur
l'article...
Mme Caron : ...donc,
paragraphe 1°, on... «dans le cas où l'organisme public concerné visé au
paragraphe 9°», on fait encore référence au ministre de la Famille. Est-ce
que c'est... est-ce qu'on doit conserver ça? Puisque...
Mme LeBel : Oui, oui, oui.
Une voix : ...
Mme LeBel : OK. Là, je vais
vous laisser le dire à haute voix, parce que, si je répète ça... Avec votre
permission, peut-être laisser répondre...
Mme Caron : Consentement.
Mme LeBel : ...mais il y a
une <justification...
Mme LeBel :
...mais
il y a une >justification pour laquelle, à cette étape-là, on garde la
référence au ministre de la Famille, mais on va...
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a un consentement pour donner la parole? Parfait. Est-ce que vous
pouvez vous présenter, s'il vous plaît?
M. Bettez Quessy (Philippe) :
Oui, Philippe Bettez
Quessy, coordonnateur gouvernemental en éthique au Secrétariat du Conseil du
trésor.
Alors, au niveau de la nécessité de
garder, dans le paragraphe 1°, la notion de ministère de la Famille, bien,
c'est pour prévoir... parce que, même si c'est le Protecteur du citoyen qui va
être habilité maintenant comme canal unique à recevoir les plaintes à l'égard
des... du réseau de services de garde éducatifs à l'enfance, le Protecteur du
citoyen doit tout de même transmettre les rapports, une fois qu'il les a. Donc,
il faut garder la mécanique de rapports.
Et tout ce que vous avez ici, aux
paragraphes 1°, 2° et 3°, c'est un copier-coller de la mécanique qu'il y a dans
la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles, qu'on est venus retranscrire
ici pour avoir exactement la même mécanique de rapports. Donc, c'est la même
chose, lorsque le Protecteur du citoyen fait une enquête en matière de
divulgation d'actes répréhensibles, ça va être la même mécanique de rapports
que ce que vous avez ici aux articles... aux paragraphes 1°, 2° et 3°, donc, du
présent article 17.
Mme LeBel : Donc, ce n'est
pas le traitement de la plainte comme tel, c'est vraiment la mécanique du
rapport... des rapports à la fin.
M. Bettez Quessy (Philippe) :
Exact. Tout à fait.
Mme LeBel : Parfait.
Mme Caron : ...qu'au
paragraphe 2°, on conserve les Affaires municipales, Régions, Occupation du
territoire.
Mme LeBel : Oui.
Mme Caron : Puis, si on va
plus bas... plus loin dans l'article, donc, pour l'application de la présente
loi, la... Et le paragraphe 1°, là, on parle de commissions scolaires et de
conseil des commissaires. Ça, est-ce qu'on doit conserver ça? Puisque, là,
c'est le centre de services scolaire, il n'y a plus de conseils de commissaires.
Mme LeBel : Bien, il y a encore
des commissions scolaires anglophones.
Mme Caron : Bien, anglophones.
Mais est-ce qu'on inclut, dans commissions scolaires, les centres de services
scolaires francophones?
Mme LeBel : Bien, les centres
de services ont maintenant des conseils... Ils ont-tu des...
Mme Caron : Puis ils ont des
conseils d'administration, mais ils n'ont plus de conseil de commissaires, les
centres de services scolaires.
Mme LeBel : Non, mais les
centres de services scolaires vont être dans les... C'est un organisme public
avec un conseil d'administration. Et on prévoit aussi le cas de la commission
scolaire pour... parce que, si on n'avait pas prévu le cas de la commission
scolaire qui subsiste, il n'y aurait pas eu cette notion-là, hein, je ne me
trompe pas?
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est ça, c'est
ça. On me dit oui. On me dit oui. Donc, elles sont...
Mme Caron : Elles sont
incluses.
Mme LeBel : Les anciennes
commissions scolaires, les centres de services, sont dans la notion de conseil
d'administration et on garde la notion de commission scolaire et de conseil des
commissaires pour les commissions scolaires encore existantes.
Mme Caron : Anglophones.
Mme LeBel : Oui.
Mme Caron : D'accord, merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...d'autres
interventions?
M. Marissal : Dans quel cas
il serait justifié de faire rapport directement au ministre responsable?
Mme LeBel : Je reviens.
Des voix : ...
Mme LeBel : L'important, là,
c'est que ça appartient au protecteur, mais on lui a donné l'éventail des
possibilités. Donc, je n'ai pas de cas de figure en tête qui pourrait faire en
sorte, mais ce que j'ai vérifié, c'est que c'est vraiment le Protecteur du citoyen,
là, qui peut effectuer ça. Donc, il n'y a pas... je n'y vois pas, là,
d'obligation, là. Il n'y a pas d'obligation, mais on lui donne l'éventail des
personnes à qui il peut... auprès de qui il peut le faire. Mais ça va toujours
lui appartenir, la décision, mais on ne voulait pas mettre de barrière à ses possibilités,
là.
• (18 h 30) •
M. Marissal : Puis tous les
cas des paragraphes sont toujours avec l'accord du plaignant.
Mme LeBel : Oui, mais...
M. Marissal : L'accord du plaignant...
Allez-y, peut-être que vous vouliez compléter...
Mme LeBel : Non, mais
j'allais dire, on parlait du... Là, on parlait quand est-ce qu'on pourrait
aller au ministre responsable, cet organisme public. Bien, si c'est la tête de
la plus haute dirigeante administrative, c'est le sous-ministre, disons, qui
est visé ou si c'est le président de quelque chose qui est sous la
responsabilité du ministre qui est visé, bien, on... je pense qu'il faut être
capable d'aller à la plus haute autorité. Mais encore là, c'est le Protecteur
du citoyen qui va décider de l'opportunité de le faire, là.
M. Marissal : Et avec
l'accord du plaignant.
Mme LeBel : Oui, c'est ça, et
en étant... en ayant passé par la mécanique de médiation avant, là, mais oui,
avec l'accord du plaignant, absolument, absolument.
M. Marissal : Qui s'applique
à chacun des paragraphes.
Mme LeBel : Oui. Parce que le
17, là, le départ de l'article 17, là, on a ajouté... on a ajouté la
notion de médiation, là, mais le départ, c'est l'accord du plaignant.
M. Marissal : Très bien.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 17? Est-ce que
l'article 17, tel qu'amendé, de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Maintenant, je vais introduire l'article... bien, l'amendement pour introduire
l'article 17.1 de la loi sur la protection. Donc, allez-y.
Mme LeBel : Merci, Mme la
Présidente. Alors, article 17.1 de la loi sur la protection : Insérer,
après l'article 17 de la Loi sur la protection contre les représailles
liées à la divulgation d'actes répréhensibles, proposé par l'article 1 du
projet de loi, le suivant :
«17.1. Si après avoir fait des
recommandations, le Protecteur du citoyen considère qu'aucune mesure
satisfaisante n'a été prise dans un délai raisonnable par l'organisme public,
il doit en <aviser par écrit le ministre responsable...
>
18 h 30 (version révisée)
<17847
Mme
LeBel :
...par l'organisme public, il doit en >aviser
par écrit le ministre responsable de cet organisme. S'il le juge à propos, il
peut exposer le cas à l'Assemblée nationale dans un rapport spécial ou dans son
rapport d'activités visé à l'article 28 de la Loi sur le Protecteur du
citoyen.»
Donc, cet amendement a pour objet de
maintenir le devoir du Protecteur du citoyen de s'adresser au ministre
responsable d'un organisme public n'ayant pris aucune mesure satisfaisante dans
un délai raisonnable à la suite de recommandations faites par le Protecteur du
citoyen dans le cas d'une plainte en matière de représailles, donc on maintient
cette obligation-là qui existait, et a également pour objet de permettre au Protecteur
du citoyen d'exposer le cas à l'Assemblée nationale, s'il le juge à propos.
Donc, on maintient cette obligation qui
existait déjà. Si on maintient, c'est parce que ça existait. Et là on lui donne
la possibilité d'aller à l'Assemblée nationale, de déposer un rapport si jamais
il constate que, malgré ça, ça... il n'y a pas de... finalement, ses
recommandations sont restées sans objet, là.
Mme Caron : ...«il doit en
aviser par écrit le ministre responsable», donc il est obligé de le faire.
Mme LeBel : Oui, oui.
Mme Caron : Mais, pour
exposer le cas à l'Assemblée nationale... il n'est pas obligé, c'est juste s'il
décide.
Mme LeBel : C'est à lui de
juger. C'est à lui de juger.
Mme Caron : On lui laisse... On
lui laisse décider.
Mme LeBel : Oui, on lui
laisse le... Oui, il aura toujours son rapport, à la fin de l'année, qui pourra
exposer certaines situations, mais là on parle d'exposer un cas particulier
pour lequel il a avisé par écrit un ministre et que lui considère, pour toutes
sortes de circonstances, que ce n'est pas suffisant, qu'il doit aller devant l'Assemblée
nationale aussi. Mais ça appartient au Protecteur du citoyen.
Mme Caron : Puis est-ce que c'est
dans un... puisque c'est un cas précis, est-ce qu'il y a comme une notion d'urgence
qui est reliée à ça? Parce que ça va être connu dans le rapport à la fin, mais...
Mme LeBel : Bien, c'est... s'il
le juge à propos, c'est le Protecteur du citoyen qui décidera de qu'est-ce qui
est à propos... de le faire devant l'Assemblée nationale, là. On ne veut pas
lui donner l'obligation de le faire juste dans des cas où il y a une urgence.
Ça pourrait être une notion... Ça pourrait être beaucoup de choses, là, mais c'est
à lui de l'évaluer, la décision de le faire devant l'Assemblée nationale. Et on
parle d'exposer un cas particulier, là, on n'est pas dans ses rapports annuels
et dans ses... C'est en dehors.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui. C'est un
rapport spécial, finalement, là, qu'il pourrait décider de faire.
Mme Caron : OK. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...M.
le député de Rosemont.
M. Marissal : Je suis curieux.
Puisque le législateur ne parle pas pour ne rien dire, là, puis que vous avez
ajouté le 17.1, est-ce que... est-ce qu'il y a... on peut connaître la source
de l'inspiration de 17.1?
Mme LeBel : Oui. Bien, c'est
parce qu'il est dans la <i>loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles. Donc, comme on fait une loi, présentement, juste pour les
représailles, dans le fond, on le transfère pour être sûrs que cette notion-là
existe encore, mais ça existe déjà dans la loi actuelle. Mais là on édicte une
loi spécialement pour la notion de protection, donc on veut s'assurer que ça,
ça revient ici.
M. Marissal : Ça existait tel
quel?
Mme LeBel : Oui, oui. C'est
pour ça qu'on maintient le devoir du Protecteur du citoyen, on le... Donc, on
le remet dans cette loi-là pour s'assurer qu'il n'est pas perdu en chemin,
compte tenu qu'on fait une loi spéciale... pas une loi spéciale, mais une loi
particulière.
M. Marissal : C'est bon.
Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'amendement introduisant l'article 17.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Passons maintenant à l'article 18 de la loi édictée.
Mme LeBel : Article 18 :
Supprimer, dans l'article 18 de la Loi sur la...
Une voix : ...
Mme LeBel : Ah! c'est l'amendement.
Mon Dieu, je suis partie par la fin. Je commence. Donc, je vous annonce qu'il y
aura un amendement. Donc :
«Chapitre III
«Sanctions
«Section I
«Sanctions disciplinaires»
Article 18 :
«18. Constitue un manquement pouvant
donner lieu à l'imposition, par l'employeur, d'une sanction disciplinaire
pouvant aller jusqu'au congédiement le fait pour un employé d'exercer des
représailles ou des menaces de représailles interdites en vertu de l'article 3
ou de chercher à identifier une personne pour le motif qu'elle a fait une
divulgation ou qu'elle a collaboré à une vérification, à une inspection ou à
une enquête visée au premier alinéa de cet article.»
Cet article prévoit que le fait pour un
employé d'exercer des représailles ou des menaces de représailles interdites en
vertu de l'article 3 ou de chercher à identifier une personne notamment
pour le motif qu'elle a fait une divulgation constitue un manquement pouvant
donner lieu à l'imposition d'une sanction disciplinaire par l'employeur.
Donc, conformément à leur pouvoir de
gestion, là, les employeurs ont déjà le loisir de déterminer quels
comportements constituent un manquement pouvant... donnant lieu à l'imposition
d'une sanction disciplinaire. Donc, ce que ça fait, c'est que ça vise à
faciliter l'imposition de sanctions. Les manquements énoncés, donc, constituent
une... On vient évoquer que les manquements constituent une conduite fautive.
Ça pourrait couvrir un peu le cas de figure de tantôt, de celui qui reçoit la
confidence et qui peut-être pas... peut-être empêche la divulgation en faisant
des menaces de représailles, là. Disons qu'il faudrait que ça rentre dans la
définition qu'on a là, mais... ou quelqu'un qui commence à vouloir interroger
tout le monde pour essayer de découvrir qui est le divulgateur, là. Ça va
couvrir ces cas de figure là entre autres.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Est-ce que vous avez...
Mme LeBel : Ah! l'amendement,
oui. Mon Dieu! Seigneur! Je les <annonce...
Mme LeBel : Mon Dieu!
Seigneur! Je les >annonce, et aussitôt fait, aussitôt oublié, hein?
Donc, je trouvais que vous étiez très attentifs.
Donc, amendement : Supprimer, dans l'article 18
de la Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet de loi, «, à une
inspection».
Donc, ça vient... ça a pour objet de
retirer la notion d'inspection. Et, encore une fois, c'est la même chose que
tantôt par rapport aux services de garde et au fait qu'on ramène tout ça en
concordance avec le retrait de la possibilité d'effectuer une divulgation au
ministre de la Famille, donc la notion d'inspection. Je propose qu'on adopte
l'amendement puis qu'on parle de l'article comme tel. Est-ce que ça vous va ou...
Des voix : ...
Mme LeBel : Oui? Donc...
La Présidente (Mme Bogemans) : Donc,
est-ce que l'amendement de l'article 18 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 18 de la loi édictée?
Oui, madame...
Mme Caron : Alors, on parle
d'un employé qui exercerait des représailles ou des menaces de représailles
interdites. Est-ce qu'on... dans «employé», on comprend des cadres ou des
personnes haut placées dans l'organisme?
Mme LeBel : Oui, oui, un
cadre, absolument.
Mme Caron : Oui?
Mme LeBel : Oui. Je veux
juste m'en assurer, là, mais oui.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...
M. Marissal : ...dans la même
veine, là. Si c'est la personne en plus haute autorité... c'est un cadre, là,
mais c'est comme le sommet de la pyramide, là, cette personne-là... bien, si
oui, parce que cette personne... mettons que le président d'une grande société
d'État se lance dans une chasse aux sorcières, là, mais qui va dire...
Mme LeBel : Oui. Bien là, on
parle de l'organisme qui congédie quelqu'un de l'organisme. Donc, dans votre
cas de figure, si c'est la plus haute autorité, la personne, bien là, ça va
probablement être la recommandation du Protecteur du citoyen. Ça pourrait être
le ministre, ça pourrait être le gouvernement qui le démet de ses fonctions.
Là, ça...
M. Marissal : D'où ma
question.
Mme LeBel : Là, ça va devenir
une recommandation du Protecteur du citoyen, là, dépendamment de l'acte en
question, et ça va faire partie... Mais là on parle de quelqu'un dans
l'organisation qui est... un employeur, là, qui a une... qui est dans un sommet
d'une certaine pyramide, qui constate qu'un de ses employés essaie de trouver
c'est qui qui a divulgué. Bien, lui, on lui donne l'autorité... Il l'a déjà,
cette autorité-là, à toutes fins pratiques, là, mais on lui donne des cas de
figure où ça va être clair qu'il va pouvoir agir. Mais il pourrait agir, là, en
vertu de la loi actuelle puis dire : Bien, moi, je m'excuse, là, mais,
pour moi, là, c'est inacceptable.
On vient camper le fait... Puis ce qui est
plus... je dirais, ce qui est plus... ce qui était peut-être moins clair, c'est
le fait de chercher à connaître l'identité. C'est sûr qu'à partir du moment où
tu menaces quelqu'un... Puis, pour menacer de représailles, il faut que tu aies
une certaine position d'autorité sur la personne qui a divulgué, là, on
s'entend, là. Bien, ça, pour moi, c'était beaucoup plus clair, l'intervention, mais
on vient la camper. Mais de chercher à connaître l'identité d'un divulgateur,
c'est un peu plus flou, disons, comme action, mais on vient camper le fait
qu'il peut y avoir des... pas des représailles, mais des manquements, des
impositions de sanctions. Parce que là on est vraiment... on tombe dans... plus
dans une notion de normes du travail ou de droit du travail, là, mais il faut
couvrir le cas où on essaie de trouver c'est quoi, le divulgateur, de façon
active, là, pas juste : Heille! «by the way», tu penses-tu c'est qui? Tu
sais, non, on parle d'une recherche, là.
• (18 h 40) •
M. Marissal : OK. Ça va.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Est-ce que l'article 18, tel qu'amendé,
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Passons
à l'article 19.
Mme LeBel : Section III,
les sanctions pénales. Donc, on entre dans les pénalités. Article 19 :
«19. Quiconque contrevient aux
dispositions de l'article 3 est passible d'une amende de 5 000 $
à 30 000 $ dans le cas d'une personne physique et de
15 000 $ à 250 000 $ dans les autres cas.»
Donc, cet article prévoit, pardon, une
infraction pour quiconque exerce des représailles ou des menaces de
représailles interdites et les amendes auxquelles s'expose le contrevenant.
Donc, en plus de donner au... à la
personne qui a subi la représaille la possibilité d'avoir une représentation,
on fait une infraction... on crée... une infraction du fait de faire des représailles,
d'exercer des représailles.
La Présidente (Mme Bogemans) :
...
Mme Caron : ...préciser «dans
les autres cas»?
Mme LeBel : Bien, dans les
cas que ce n'est pas une personne physique, tous les autres cas qui n'est pas
une personne physique.
Mme Caron : Tous les autres, OK.
Mme LeBel : Oui.
La Présidente (Mme Bogemans) : D'autres
interventions? Est-ce que l'article 19 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : L'article 20.
Mme LeBel : Oui. «Quiconque
entrave ou tente d'entraver l'action du Protecteur du citoyen, refuse de
fournir un renseignement ou un document qu'il doit transmettre ou de le rendre
disponible ou cache ou détruit un document utile à une vérification ou à une
enquête est <passible...
Mme LeBel :
...cache
ou détruit un document utile à une vérification ou à une enquête est >passible
d'une amende de 5 000 $ à 30 000 $ dans le cas d'une
personne physique et de 15 000 $ à 100 000 $ dans les
autres cas.»
Donc, c'est la même définition que tantôt.
Donc, ça prévoit une infraction en matière d'entrave à l'égard du Protecteur du
citoyen. Ça existe dans d'autres cas de figure, de possibilités de faire des
enquêtes. Donc, on vient dire ici que la destruction de documents, de refuser
de transmettre, d'essayer de dissuader quelqu'un de refuser de transmettre, de
dissuader quelqu'un de participer à l'enquête, etc., etc., là, les cas de
figure sont nombreux, ça, c'est passible d'une amende.
Mme Caron : La plage
d'amendes pour une personne physique, de 5 000 $ à 30 000 $,
c'est la même que dans l'article précédent.
Mme LeBel : Oui.
Mme Caron : Pourquoi, pour
les autres cas, on est de... entre 15 000 $ et 100 000 $,
tandis qu'à l'article précédent on est entre 15 000 $ et 250 000 $?
Mme LeBel : C'est parce que,
dans ce cas-là, on est dans une notion beaucoup plus variable, où on n'a pas
nécessairement commis la représaille nous-même. Dans l'autre notion, il y a
quand même une gravité. Pour la personne physique, naturellement, on garde la
même échelle, mais, pour la personne...
Des voix : ...
Mme LeBel : Oui, c'est le
100 000 $ puis le 250 000 $. Juste... je vais revérifier.
Mme Caron : Oui, c'est ça.
Mme LeBel : Mais habituellement,
là, c'est par rapport à la gravité, là, par rapport... mais on va...
(Consultation)
Mme LeBel : On a repris
textuellement les mêmes montants dans la... que dans la loi actuelle. Ça répond
en partie à votre question, mais moi, je serais portée à vous dire : Il y
a une gradation dans le type d'infractions. Dans l'autre cas, là, la personne
physique ou l'entité... Vous allez me dire : On pourrait mettre ça plus
grave, la personne physique, mais probablement que, dans les cas de figure de
l'article 19, elle va être plus proche du 5 000 $ que du 30 000 $,
dans les autres cas de figure, elle va être dans le 30 000 $. Mais,
vous avez raison, on est plus sévères pour les autres entités, qui ont
probablement une capacité de payer plus grande aussi. Donc, il faut que ça soit
dissuasif, hein, qu'une personne physique... dans le cas où on est dans l'acte
répréhensible lui-même, versus l'entrave auprès du Protecteur du citoyen.
Mme Caron : OK. Oui, je
comprends. Je comprends cette différence-là, mais on pourrait appliquer la même
différence, la même explication aux amendes des personnes physiques.
Mme LeBel : On pourrait, mais
on a repris... honnêtement, on a repris les sanctions qui existaient dans la
loi précédente pour les réintégrer ici, donc on ne s'est pas... on ne s'est pas
mis à vouloir revoir ces amendes-là puis à les rediscuter, là. Il faudrait voir
pourquoi, à l'époque, dans la loi... dans la LFDAROP, on a... en 2017, c'est
ça, pourquoi on a décidé de faire une nuance entre les deux.
Mme Caron : Oui. Une autre
question.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Parfait.
Mme Caron : Est-ce que... parce
qu'à l'article 20, qu'on regarde, c'est «quiconque entrave ou tente
d'entraver l'action du Protecteur du citoyen». À l'article précédent, c'était
«quiconque contrevient aux dispositions de l'article 3». Est-ce que c'est
deux choses qui peuvent être cumulatives? Est-ce que ces amendes-là pourraient
être cumulatives si...
Mme LeBel : Bien, c'est deux
articles différents, donc, oui, ça pourrait être deux amendes différentes. Ce
n'est pas des articles... Ce n'est pas le même... Ce n'est pas la même action,
donc il n'y a pas... il n'y a pas de notion de chose jugée ou de même... de
même affaire, là, où on ne peut pas le faire, mais on est vraiment dans deux
choses différentes, là. On peut... Dans un cas, on applique la représaille et,
dans l'autre cas, on entrave l'enquête. Et la même personne pourrait faire les
deux, là, mais c'est deux infractions différentes...
Mme Caron : OK. Qui seront
jugées.
Mme LeBel : ...qui pourraient
être commises par la même personne, oui.
Mme Caron : OK. Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions?
M. Marissal : À qui revient
la tâche de faire la démonstration qu'il y a entrave? Est-ce que c'est le
protecteur lui-même qui lève la main puis...
Mme LeBel : C'est le DPCP qui
va déposer l'accusation. C'est du droit pénal, là, on va aller devant les
tribunaux de... c'est un peu ça que j'allais... de droit commun. Le protecteur
va porter sa plainte, là, parce qu'il va dire : J'ai été entravé. Le DPCP
va évaluer la plainte, va déposer la plainte devant les tribunaux de droit
pénal, là.
Des voix : ...
Mme LeBel : Non. Je réponds à
la question, ce n'est pas un poursuivant, le protecteur, non. C'est le DPCP qui
est le poursuivant en l'espèce.
M. Marissal : ...prenne la
parole.
Mme LeBel : Oui, je lis sur
les lèvres.
M. Marissal : Bien, merci. On
gagne du temps.
Mme LeBel : Mais, en
l'espèce, le poursuivant, c'est le Protecteur du citoyen,pas le DPCP.
M. Marissal : DPCP, oui.
Mme LeBel : Je m'amende.
M. Marissal : C'est bon, merci,
pour moi.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 20? Est-ce que l'article 20
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : L'article 21.
Mme LeBel : «Quiconque,
notamment un administrateur ou un dirigeant d'une personne morale ou d'un
employeur, par un acte ou une omission, aide une personne à commettre une
infraction à la présente loi ou, par un encouragement, un conseil, un
consentement, une autorisation ou un ordre, amène une autre personne à la
commettre commet lui-même cette infraction.»
C'est quand même assez particulier parce
que c'est également un article 21 auquel... mais donc c'est celui quand tu...
quand tu donnes de l'aide, là, ou que tu <tentes...
Mme LeBel :
...mais
donc c'est celui quand tu... quand tu donnes de l'aide, là, ou que tu >tentes,
là. Tu peux le... Tu peux être... aider, encourager, tu peux être passible
d'une infraction au même titre que de commettre.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions?
Mme Caron : Oui. Alors là, on
n'est pas du tout dans le cas où un collègue de travail recommande à un autre
collègue de ne pas divulguer ou de bien y penser avant de...
Mme LeBel : Bien, on pourrait.
Mme Caron : On pourrait
l'être?
Mme LeBel : Bien, on pourrait.
On pourrait considérer que c'est un acte qui aide la personne à commettre
l'infraction, c'est-à-dire l'acte... Non, on parle des infractions.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, on est
ailleurs. Excusez-moi, là. Wo! Je reprends, je reprends. On n'est pas dans le
même cas de figure. On est vraiment dans le cas de la loi sur les représailles,
on est dans le cas de la représaille.
Mme Caron : De la représaille.
OK. Parfait.
Mme LeBel : Oui. Merci. Des
fois, de passer d'une notion à l'autre, ça devient...
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est une
complicité, c'est ça, c'est une notion de complicité à commettre des
représailles. On va la situer dans le cadre des représailles. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : D'autres
questions? Est-ce que l'article 21 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Passons
maintenant à l'article 22 de la loi édictée.
Mme LeBel : Donc, toujours
dans le cas des représailles dans le cadre de cette loi-là, article 22 :
«En cas de récidive, le montant des amendes minimales et maximales prévues par
la présente loi est porté au double.»
Donc, c'est la même notion qu'on a vue
tantôt pour d'autres types d'amendes.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des commentaires? Est-ce que l'article 22 de la loi édictée est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : L'article 23.
Mme LeBel : «23. Une
poursuite pénale pour une infraction à une disposition de la présente loi se
prescrit par trois ans depuis la date de la connaissance par le poursuivant de
la perpétration de l'infraction. Toutefois, aucune poursuite ne peut être
intentée s'il s'est écoulé plus de sept ans depuis la date de la perpétration
de l'infraction.»
Donc, c'est un peu la même notion qu'on a
mais dans le cadre des représailles, donc l'ajustement de la prescription.
Actuellement, c'est-tu un an?
Une voix : ...
Mme LeBel : Non, ce n'était
pas prévu, mais... c'est vrai, mais on ajuste, c'est ça.
La Présidente (Mme Bogemans) : Oui,
Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : ...
La Présidente (Mme Bogemans) : Ah!
parfait. D'autres interventions?
Des voix : ...
Mme LeBel : C'est bon? OK.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce que l'article 23 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Article 24.
Mme LeBel : Article 24 :
«Chapitre IV
«Dispositions diverses et finale»
Article 24 : «Le Protecteur du
citoyen doit informer le public de la protection contre les représailles prévue
par la présente loi.»
Donc, ce que ça fait ici, c'est que ça
confie au Protecteur du citoyen le rôle de faire connaître la notion de
protection, parce qu'on parle de cette... de cette loi-là, contre les
représailles, prévue par la <i>loi sur la protection contre les
représailles qui est liée à la divulgation d'actes répréhensibles. Ça va nécessairement
appartenir au Protecteur du citoyen de déterminer les moyens qui sont
appropriés pour informer le public, mais il a cette obligation-là de le faire.
Donc, ce n'est pas un «peut», c'est un «doit», mais sa... la façon de le faire
lui appartiendra.
• (18 h 50) •
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions? Oui, madame...
Mme Caron : Est-ce qu'on
parle, par exemple, de campagnes d'information générale ou...
Mme LeBel : Oui, campagnes de
sensibilisation, promotion sur les médias sociaux. Ça pourrait être des séances
de formation. Il pourrait faire des entrevues. Je veux dire, le choix lui
appartient, mais l'obligation existe...
Mme Caron : De le faire.
Mme LeBel : ...est la sienne.
M. Marissal : Puis est-ce que
les moyens qui viennent avec sont prévus ou... parce que ça arrive, des fois,
que les officiers de l'État nous disent qu'ils n'ont pas les moyens de
l'ambition des lois qui les sous-tendent.
Mme LeBel : D'après moi, il a
les moyens de faire des entrevues.
M. Marissal : Non, non, mais
de la... Oui. Je parle plus de sensibilisation au grand public.
Mme LeBel : Oui, oui, oui.
Mais on parle, là, vraiment de faire de la diffusion d'information, là. On ne
parle pas... On n'est pas dans le traitement des plaintes. Et on va
naturellement discuter... là, je fais un aparté. On discutera avec le Protecteur
du citoyen des besoins qu'il aura et on déterminera les... ce qu'on pourra ou
non lui attribuer en fonction des demandes et discussions qu'on aura. Je ne
m'engagerai pas à donner quoi que ce soit. Mais ici on parle vraiment de
diffusion d'information, là, donc... et il a déjà des rapports, il peut déjà
faire des rapports, il peut... il peut, dans le cadre de ses rapports, faire de
la promotion, il en parle. Il a déjà une façon de sensibiliser le public sur
d'autres aspects. C'est un sujet où il doit faire... mais qui s'ajoutera à ses
campagnes d'information et formation.
M. Marissal : Et ça, c'est en
sus de ce qu'il doit faire dans le milieu de travail, où une personne doit être
nommée, puis la personne doit faire de la sensibilisation...
Mme LeBel : Oui, oui. Ça,
c'est... c'est son obligation à lui. Et il y aura, dans les milieux de travail,
les responsables, d'où la... on parlait tantôt du Conseil du trésor et des
directives qui seront données. Et ça, ces responsables-là, c'est vraiment sur
le processus de divulgation, et aussi sur les représailles, mais on présume
qu'on ne mettra pas de l'avant la possibilité de faire des représailles dans le
milieu de travail, là. Mais l'idée, c'est de venir dire aux <gens...
Mme LeBel :
...dans
le milieu de travail, là. Mais l'idée, c'est de venir dire aux >gens :
Voici, si vous avez... témoin d'un acte répréhensible, on vous dit de divulguer
et voici le processus approprié pour le faire, là. Et ça, ça va appartenir à la
fois au Protecteur du citoyen, ici, plus particulièrement, c'est la protection,
mais... et aussi aux responsables dans les organismes qui sont maintenant
créés, là, quand l'adoption de la loi soit faite.
M. Marissal : Très bien.
Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 24? Est-ce que
l'article 24 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Passons
à l'article 25 de la loi édictée.
Mme LeBel : Avec un
amendement, que je tenterai de ne pas oublier, dans les prochaines secondes.
Donc, article 25 : «Les
articles 11.1, 14, 14.1 et 27 à 29.1 de la Loi facilitant la divulgation
d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics s'appliquent au
Protecteur du citoyen, avec les adaptations nécessaires, à l'égard des
fonctions qu'il exerce privément en vertu de la présente loi.»
Dans le fond, ça rend applicables au Protecteur
du citoyen certaines dispositions de la Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard des organismes publics.
Amendement de l'article 25, donc :
Remplacer l'article 25 de la Loi sur
la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet de loi, par le suivant :
«25. Les articles 11, 11.1, les
premier et deuxième alinéas de l'article 13, les articles 14, 14.1,
17.0.1, 26.2 à 29, le premier alinéa de l'article 29.1 et l'article 32
de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics s'appliquent au Protecteur du citoyen, avec les adaptations
nécessaires, dans le cadre de fonctions qu'il exerce en vertu de la présente
loi.»
Donc, ça a pour objet de rendre
applicables au Protecteur du citoyen l'article 11 et tous ceux qui sont
mentionnés, là, dans l'article. Cette disposition qui vise à... qui vise les
pouvoirs d'enquête du Protecteur du citoyen, son pouvoir de commettre... de
commentaire public et son immunité de poursuites liée à la publication d'un
rapport... Cet amendement a également pour objet d'ajuster par concordance les
renvois faits à cette loi afin de tenir compte des modifications qui sont
proposées par amendement.
La Présidente (Mme Bogemans) : Oui?
Mme Caron : ...cet
amendement-là, je remarque, vient enlever la notion de «privément» qui était...
qui est dans l'article. Pourquoi on enlève ça?
Mme LeBel : Oui, mais il est
rendu à... il est inclus dans 26.2 à 29, là, donc...
Mme Caron : Ah! plus loin.
Mme LeBel : Compte tenu qu'on
a... Non, dans l'article, vous allez voir... c'est ça, je suis en train de
regarder la comparaison des deux articles, vous allez voir qu'on ajoute, dans
la nomenclature des articles qui s'appliquent au Protecteur du citoyen,
l'article 26.2, et le fait de le faire privément, c'est prévu dans
l'article 26.2. Ça fait qu'on l'a réécrit différemment. Donc, c'est inclus.
Ça serait devenu redondant de le refaire. Donc, on n'a plus besoin de le
préciser à l'article 25 d'origine.
La Présidente (Mme Bogemans) : D'autres
interventions?
Mme LeBel : Sur l'amendement.
La Présidente (Mme Bogemans) : Sur
l'amendement, effectivement. Merci. Est-ce que l'amendement de
l'article 25 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 25 tel qu'amendé?
Mme LeBel : Adopté. Oh!
excusez.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 25 de la loi édictée est adopté?
Des voix
: Adopté.
Mme LeBel : Oui, adopté. Je
commence à être déphasée.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Passons à l'article 26.
Mme LeBel : Merci, Mme la
Présidente. Article 26 : «Les dispositions de la présente loi
s'appliquent à l'Assemblée nationale dans la mesure et aux conditions
déterminées par règlement du Bureau de l'Assemblée nationale.»
Donc, ça rend la Loi sur la protection
contre les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles
applicable à l'Assemblée nationale selon ce que déterminera le Bureau de
l'Assemblée nationale.
Donc, c'est ça, c'est une reprise de
l'article 3 de la loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à
l'égard des organismes, là, qui prévoyait que c'était applicable à l'Assemblée
nationale, si le BAN le déterminait. Donc, on vient juste ramener cette
notion-là dans la loi, vu qu'on fait une loi particulière pour la protection
contre les représailles. Ce n'est pas une notion nouvelle, on la récupère.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 26? Oui?
M. Marissal : Donnez-moi une
seconde, s'il vous plaît.
Des voix : ...
M. Marissal : Oui, bien, la
question est à savoir, avec la loi actuelle, est-ce que le BAN avait décidé de
le...
Mme LeBel : Oui.
M. Marissal : Oui?
Mme LeBel : Oui. Le 17 avril
2022, par la décision n° 2217.
M. Marissal : Vous étiez
prête.
Mme LeBel : Heille! hein?
Mais là il... naturellement, il devra refaire... reprendre une décision en
vertu de la nouvelle loi, par contre, pour que la loi sur la protection
s'applique. Mais oui, il avait pris la décision, avec les adaptations
nécessaires, de se soumettre... ce n'est pas la bonne... ce n'est pas le bon
terme, là, mais de se soumettre à la loi ou d'être visé.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 26 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Maintenant, à l'article 17... à l'article 27, pardon, il y a aussi
des amendements.
Mme LeBel : Oui,
article 27. Article 27, et 27 aura <également...
Mme LeBel :
Oui,
article 27. Article 27, et 27 aura >également un amendement. Donc :
«27. Le vice-protecteur à l'intégrité
publique, nommé en application de l'article 4 de la Loi sur le Protecteur
du citoyen, prépare une fois par année un rapport dans lequel il indique :
«1° le nombre de plaintes reçues;
«2° le nombre de médiations ayant eu lieu;
«3° le nombre de cas où un règlement est
intervenu au terme d'une médiation;
«4° le nombre de cas où le Protecteur du
citoyen représente un plaignant pour l'exercice d'un recours;
«5° le nombre de règlements et le nombre
de désistements intervenus dans le cadre de ces recours;
«6° le nombre de cas où le Protecteur du
citoyen a fait des recommandations conformément à l'article 17 de la
présente loi;
«7° les recommandations qu'il estime
appropriées.
«Le Protecteur du citoyen inclut ce
rapport à son rapport d'activités visé à l'article 29 de la Loi sur le
protecteur du citoyen.»
Amendement à l'article 27 : À l'article 27
de la Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet de loi :
1° insérer, à la fin du paragraphe 1°
du premier alinéa, «réparti par catégorie d'entité à laquelle ces plaintes se
rapportent»;
2° supprimer, dans le deuxième alinéa,
«visé à l'article 28 de la Loi sur le protecteur du citoyen».
Ça fait suite, je pense, aux
consultations, si ma mémoire est bonne, et à des demandes de précisions. On
avait certaines notions plus précises dans d'autres rapports qu'on semblait
perdre, là, dans la nouvelle rédaction. Ça fait qu'on réintroduit la notion de
précision par organisme ou par entité, et non pas à plus haut niveau. Et ça
précise, donc, que le nombre de plaintes reçues, qui devrait être indiqué dans
le rapport d'activité, devrait être vérifié par catégorie d'entité. Tel que
c'était rédigé à l'article 27 d'origine, il aurait pu faire un amalgame et
dire : J'en ai 10, mais là on veut qu'il précise dans telle entité tant,
dans telle entité tant. Il le faisait déjà sur d'autres aspects.
Donc, on... dans le fond, on introduit une
notion encore plus détaillée... je dirais de granularité, mais je n'irai pas
jusque-là, encore plus détaillée au rapport du Protecteur du citoyen, qui
existait déjà mais qu'on avait peut-être perdue un peu dans la rédaction
actuelle. Puis on... je pense que ça a été, si ma mémoire est bonne, une... en
consultations, un commentaire, peut-être pas du protecteur, mais de certaines
autres personnes qui disaient : On semble avoir perdu cette possibilité
d'avoir le détail par entité. On le constate, et ce n'était pas... ce n'était
pas délibéré, là. On le constate, donc on réintroduit.
La Présidente (Mme Bogemans) : Oui,
allez-y.
Mme Caron : Donc, «par
catégorie d'entité», on pourrait dire «par organisme public», ou «par
commission scolaire», ou... C'est ce qu'on veut dire par...
Mme LeBel : Oui, oui, mais on
est comme plus larges pour être inclusifs puis ne pas faire une énumération...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, organismes...
C'est ça, par les catégories, organismes, etc., etc., oui.
Mme Caron : Oui. OK.
La Présidente (Mme Bogemans) : D'autres
interventions?
M. Marissal : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Ça, ça existait déjà dans la loi actuelle, de toute façon, ou à
peu près.
Mme LeBel : Oui, hein? Bien,
dans... peut-être pas sous cette forme-là.
• (19 heures) •
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui. Ce n'était
pas... peut-être pas sous cette forme-là, mais, dans la pratique, il le faisait
plus... de façon plus détaillée. Le commentaire qu'il y a eu en consultations,
c'est que, si vous regardez l'article 27, qui parlait du nombre de
plaintes, na, na, na, ça ne précisait pas qu'il pouvait le faire par catégorie
d'entité. Donc, on vient le préciser, qu'il doit le faire par catégorie
d'entité. On ajoute une notion un peu plus détaillée, disons, dans l'information
à son rapport, au rapport du vice-protecteur au départ, qui, lui, va être
intégré dans le rapport d'activité, je dirais, annuel, là, du Protecteur du
citoyen.
M. Marissal : OK. Deuxième
question. À tout moment, là, rien n'empêche au protecteur d'émettre un rapport
spécial?
Mme LeBel : À tout moment, il
peut faire un rapport spécial s'il le juge à propos.
M. Marissal : S'il juge qu'il
y a une urgence ou quelque chose, il peut le faire.
Mme LeBel : S'il le juge à
propos, il peut faire un rapport spécial.
M. Marissal : OK. Puis...
Mme LeBel : Mais ça, on parle
de ce qui va apparaître dans son rapport annuel.
M. Marissal : Les rapports
spéciaux sont toujours déposés à l'Assemblée nationale aussi?
Des voix : ...
M. Marissal : On me dit que
oui. On me dit que oui...
Mme LeBel : Oui, oui.
J'aurais répondu oui spontanément, mais là, à un moment donné...
M. Marissal : Et vous auriez
eu la bonne réponse.
Mme LeBel : Oui, mais elle
aurait pu ne pas être la bonne.
M. Marissal : Et puis
pourquoi pas un rapport sur la mise en œuvre, ce qu'on fait parfois, un rapport
sur la mise en œuvre de la loi? Parfois, on dit : Dans cinq ans ou chaque
cinq ans. Bon, c'est quelque chose qui revient quand même assez... c'est usité,
là.
Mme LeBel : Habituellement,
le rapport sur la mise en œuvre d'une loi, c'est lors d'une première...
l'existence d'une première loi. Là, on est dans l'amélioration de la loi sur...
le régime de divulgation suite à une loi. Le rapport... Le Protecteur du
citoyen ne... fera, de façon annuelle, des recommandations et il pourrait
recommander des modifications à sa loi... à ces lois-là, là, et qui seront...
qui seront divulguées devant l'Assemblée nationale. Donc...
M. Marissal : Est-ce qu'on
avait prévu un rapport de mise en œuvre dans la loi précédente?
Mme LeBel : Dans la première
loi, en 2017, oui. Souvent, dans les premières lois, on le fait au bout de
trois ans ou quatre ans, on prend... mais des rapports répétés ne sont pas si
fréquents que ça. Ici, on a un Protecteur du citoyen qui a l'obligation de
faire un rapport annuel et qui pourrait, dans ses recommandations, suggérer des
modifications à la loi, comme le fait la <Commissaire à l'éthique
et à la déontologie...
>
19 h (version révisée)
<17847
Mme
LeBel :
...recommandations, suggérer des modifications à la
loi, comme le fait la >Commissaire à l'éthique et à la déontologie pour
sa propre loi, donc.
M. Marissal : OK. Mais ça
existait, donc on a... on en aurait eu un en 2022 ou en 2023, là.
Mme LeBel : On en a eu un
dans cette loi-là. Il y a... Il devait être déposé en 2020. À cause de la
pandémie, il a été déposé en 2021... 2022... 2020. Non, c'est l'étude devant la
commission appropriée... c'est l'étude. Il a été déposé en 2020, mais le Protecteur
du citoyen a quand même, lui, fait un rapport sur la loi et ses propres
recommandations, qui ont été d'ailleurs intégrées, je ne dirais pas en
totalité, mais en très grande partie, dans le projet de loi actuel. Donc, il a
eu son influence sur la modification de la loi, effectivement.
M. Marissal : Très bien. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 27, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Maintenant,
j'introduis l'amendement.
Mme LeBel : Oui, 27.1. C'est-tu
ça?
La Présidente (Mme Bogemans) : Exactement,
27.1.
Mme LeBel : Donc, toujours à
la même <i>loi sur la protection, article 27.1 : Insérer, après
l'article 27 de la Loi sur la protection contre les représailles liées à la
divulgation d'actes répréhensibles, proposé par le projet de loi, le suivant :
«27.1. La plainte d'une personne qui croit
avoir été victime de représailles ou de menaces de représailles interdites en
vertu de l'article 3 de la part du Protecteur du citoyen est traitée par
le commissaire à l'éthique et à la déontologie dans le respect des articles 1
à 17.1, 20, 25 et 27, avec les adaptations nécessaires.»
Donc, ça vient juste appliquer tout ce qu'on
fait là au <i>commissaire à la déontologie et à l'éthique quand il s'agit
d'une divulgation qui est faite à l'égard du Protecteur du citoyen.
La Présidente (Mme Bogemans) : Des
interventions? Oui. M. le député.
M. Marissal : C'est quelque
chose qu'on a vu ailleurs dans le projet de loi, là, d'ailleurs. C'est ce qui
revient tout le temps.
Mme LeBel : Oui, oui. À
chaque fois qu'on a... À chaque fois qu'on fait un régime, bien, on fait le
corollaire en donnant ça au <i>commissaire à l'éthique, parce que, si la
plainte vise le Protecteur du citoyen, bien, il faut qu'il ait les mêmes... le
même univers, je vais le dire comme ça, d'action.
M. Marissal : Très bien.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'amendement qui introduit l'article 27.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Passons
à l'article 28.
Mme LeBel : Oui. Article 28 :
«Le ministre qui est président du Conseil du trésor, est responsable de l'application
de la présente loi.»
Donc, ça confère au président du Conseil
du trésor la responsabilité de la loi. Je pense, ça parle de... C'est assez
clair. Parce qu'il faut dire que le président du Conseil du trésor est déjà
responsable de la loi actuelle, donc on réitère la même responsabilité dans la
nouvelle loi qu'on va édicter, c'est-à-dire la Loi sur la protection contre les
représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles, de son grand nom.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des interventions? Donc, est-ce que l'article 28 de la
loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Adopté.
Est-ce que les intitulés des chapitres et des sections et des sous-sections
introduits par l'article 1 du projet de loi sont adoptés? Adopté?
Des voix
: Adopté.
Mme LeBel : Oui, adopté. Excusez.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que le titre de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 1 du projet de loi, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Adopté.
Merci beaucoup. C'est ce qui conclut notre deuxième bloc de travail.
Nous passons maintenant au troisième, sur
l'éthique et l'intégrité du Protecteur du citoyen. Comme entendu entre les
groupes, nous commençons à l'article 6.
Mme LeBel : Oui, oui. Article 6,
Loi sur l'administration publique, donc on change de loi. 6. La Loi sur
l'administration publique est modifiée par l'insertion, après l'article 72,
du suivant :
«72.1. Le Conseil peut établir des politiques
en matière d'éthique et d'intégrité publique applicables aux ministères et aux
organismes de l'Administration gouvernementale, en tenant compte des normes
d'éthique, de déontologie et de discipline prévues par la loi.»
Donc, l'article 72.1 de la Loi sur l'administration
publique, proposé par l'article 6 du projet de loi, octroie au Conseil du
trésor le pouvoir d'établir des politiques en matière d'éthique et d'intégrité
publique applicables aux ministères et aux organismes de l'Administration gouvernementale.
Il précise que le Conseil du trésor doit tenir compte des normes d'éthique, de
déontologie et de discipline prévues par la loi dans l'établissement de la
politique.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des interventions?
Mme Caron : ...qui se fait
déjà? Est-ce que ce n'est pas... Est-ce que ça ne se fait pas déjà?
Mme LeBel : Oui, mais là,
comme on vient d'établir la nouvelle responsabilité aussi des organismes...
Oui?
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, c'est ça que
j'allais... C'est ça, cette matière-là, où les gens... il y avait des
responsables de l'éthique, on parlait tantôt des responsables, on vient créer
le pouvoir de faire cesdites directives-là, spécifiques, dans ce domaine-là,
qui n'était pas là avant, compte <tenu...
Mme LeBel :
...qui
n'était pas là avant, compte >tenu que cette... on n'était pas dans le...
il n'y avait pas la même responsabilité, je vais le dire comme ça, là.
Mme Caron : En lien avec leur
nouveau rôle.
Mme LeBel : Oui, en
lien, entre autres, avec leur nouveau rôle. Bien, ce n'est pas juste ça, mais
en lien avec tout ça, avec cette nouvelle notion là, là.
La Présidente (Mme Bogemans) :
D'autres questions? Est-ce que l'article 6 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Maintenant, l'article 7.
Mme LeBel : 7. L'article 77
de cette loi est modifié par l'insertion, après le paragraphe 6°, des suivants :
«7° de soutenir les ministères et organismes
l'Administration gouvernementale dans la mise en oeuvre des politiques établies
par le Conseil du trésor en matière d'éthique et d'intégrité publique et de
coordonner leurs actions en ces matières en vue d'en assurer la cohérence;
«8° de conseiller le gouvernement et les
ministères et organismes de l'Administration gouvernementale en matière
d'éthique et d'intégrité publique;».
Donc, ce que cet article-là fait, ça
octroie au président du Conseil du trésor les fonctions de soutien, de
coordination et de conseil en matière d'éthique et d'intégrité. C'est comme la
suite des directives, donc sa mise en place de tout ça et le soutien. On va
aider le déploiement des directives, la mise en oeuvre et l'application, etc.,
etc. Donc, on ne fait pas juste leur donner des directives, on doit faire des
suivis et leur donner du soutien.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Est-ce qu'il y a des interventions, des commentaires? Non. Parfait. Est-ce
que l'article 7 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Parfait. Nous passons maintenant à l'article 46.
Mme LeBel : Oui. Donc,
on est dans l'article 46, dans la Loi sur le Protecteur du citoyen. Donc,
46 : L'article 4 de la Loi sur le Protecteur du citoyen est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «deux» par «trois»;
2° par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, de «L'autre vice-protecteur» par «L'un des vice-protecteurs»;
3° par l'insertion, après le deuxième
alinéa, du suivant :
«L'un des vice-protecteurs, qui porte le
titre de vice-protecteur à l'intégrité publique, est principalement responsable
de l'exercice des fonctions du Protecteur du citoyen prévues par la Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes
publics et par la Loi sur la protection contre les représailles liées à la
divulgation d'actes répréhensibles (indiquer ici l'année et le numéro de
chapitre de la présente loi ainsi que le numéro de l'article de cette loi qui
édicte la Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles).»
Donc, ça prévoit la nomination, là, du
troisième vice-protecteur du citoyen, qui va porter le titre de de vice-protecteur
à l'intégrité publique, qui sera chargé de la nouvelle fonction de traitement
des plaintes. Et c'est à lui qu'on faisait référence tantôt dans... Il va
produire le rapport, et c'est le Protecteur du citoyen qui va le produire dans
son rapport annuel. Donc, ça prévoit donc les fonctions dont il sera
principalement responsable. En gros, ça correspond à toute la branche qui va
être le traitement... la réception et le traitement des plaintes, entre autres.
Tout ce qu'on vient de transférer au Protecteur du citoyen, bien, on lui donne
une structure pour le faire.
• (19 h 10) •
La Présidente (Mme Bogemans) :
Est-ce qu'il y a des interventions? Est-ce que l'article 46 est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) :
L'article 47.
Mme LeBel : L'article 11
de cette loi est modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par l'insertion, après «(chapitre D-11.1)»,
de «, de la Loi sur la protection contre les représailles liées à la
divulgation d'actes répréhensibles (indiquer ici l'année et le numéro de
chapitre de la présente loi ainsi que le numéro de l'article de cette loi qui
édicte la Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation
d'actes répréhensibles)»;
b) par la suppression de «qui établit les
barèmes suivant lesquels ils sont rémunérés»;
2° par l'insertion, après le premier
alinéa, du suivant :
«Sous réserve des dispositions d'une
convention collective, le Protecteur du citoyen détermine les normes et les
barèmes de rémunération, les avantages sociaux et les autres conditions de
travail de ses fonctionnaires et employés conformément aux conditions définies
par le gouvernement.»
Donc, ça prévoit une modification de
concordance à l'article 11 de la Loi sur le Protecteur du citoyen afin de
tenir compte de la nouvelle loi, celle sur la protection contre les
représailles. De plus, il confère au Protecteur du citoyen le pouvoir de
déterminer, conformément aux conditions définies par le gouvernement, les
normes de rémunération, les avantages sociaux, les autres conditions de travail
de son personnel. On vient juste faire en sorte qu'il a tout ce qu'il faut pour
s'occuper de sa nouvelle branche. C'est très, très, très simplement résumé.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Oui.
Mme Caron : ...le nombre
de personnes sera nommé par le gouvernement... sera indiqué par le gouvernement,
mais tout ce qui a rapport aux barèmes de rémunération, et tout ça, c'est le
protecteur qui va suivre... C'est ça qui va...
Mme LeBel : Bien, c'est
lui qui va déterminer les conditions.
Mme Caron : En fonction de
s'il y a une convention, et tout ça.
Mme LeBel : Oui. Il y a
quand même un cadre dans lequel il peut le faire, là. Ce n'est pas «bar open»,
là, on va dire, bar ouvert, ,ais, je veux dire, il a déjà... De toute façon, je
ne me trompe pas en <disant...
Mme LeBel :
De toute
façon, je ne me trompe pas en >disant qu'il y a déjà cette
possibilité-là pour ses employés actuels, là?
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, c'est ça, c'est
en vertu d'un pouvoir qui existe déjà... C'est ça, mais on lui... on le précise,
là, dans sa loi, mais, dans le fond, on ne réinvente pas la roue, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...est-ce
que l'article 47 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : L'article 48.
Mme LeBel : L'article 13
de cette loi est modifié par l'insertion, dans le troisième alinéa et après
«(chapitre D-11.1)», de — et là je pars — «et de la
Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles (indiquer ici l'année et le numéro du chapitre de la présente
loi ainsi que le numéro de l'article de cette loi qui édicte la Loi sur la
protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles),».
Cet article prévoit une modification de
concordance afin de tenir compte des nouvelles fonctions attribuées au Protecteur
du citoyen.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions? Non. Est-ce que l'article 48 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : L'article 49.
Mme LeBel : 49. L'article 33
de cette loi est modifié par le remplacement de «commet une infraction et est
passible d'une amende de 300 $ à 1 000 $» par «est passible
d'une amende de [500 $] à 30 000 $».
Donc, c'est toujours une modification de
concordance à l'article 33 sur la <i>loi du Protecteur du citoyen,
compte tenu des fourchettes d'amendes qu'on a prévues à l'article 33.1 de
la <i>loi sur... facilitant la divulgation. Donc, c'est de la concordance.
On vient ajuster, comme je disais tantôt, actualiser, là, une fourchette qui
date.
Mme Caron : ...5 000 $
à 30 000 $ pour une personne physique, toujours? Quand on parle de
«quiconque», ici, c'est une personne physique?
Mme LeBel : Oui. Quiconque...
Oui, oui, oui.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Oui.
M. Marissal : Bien, je
comprends qu'on ne va pas refaire la marche arrière, là, sur tout le projet de
loi, là. Puis on a vu plusieurs augmentations d'amendes, là, à certains
moments, là, mais, tu sais, dans ce cas-ci, c'est vraiment à la base même de la
confiance de toute l'affaire, là. Et je ne veux pas faire une explosion
d'amendes juste pour faire de la surenchère, là, mais ça me paraît relativement
peu pour l'infraction qui serait reprochée à des gens sur qui tout le système
repose.
Mme LeBel : Bien, en fonction
de la gravité de tout ça, on parle d'une amende de 5 000 $ à
30 000 $ sur une personne physique, là. Ce n'est pas une organisation
qui va payer ça.
M. Marissal : Non, mais c'est
les vice-protecteurs, là. C'est...
Mme LeBel : Oui. Bien, c'est
ça, ça n'exclut pas tout type de recours. Mais, même si c'est le
vice-protecteur, c'est quand même une personne physique qui sera passible d'une
amende de, potentiellement, jusqu'à 30 000 $, là. Et c'étaient
300 $ à 1 000 $, à l'époque, là.
M. Marissal : Bien, ça,
c'était clairement ridicule, là.
Mme LeBel : Bien, peut-être
pas à l'époque de la loi. Je ne sais pas elle date de...
M. Marissal : À sa face même,
aujourd'hui, c'est...
Mme LeBel : Elle date de
1968, la Loi sur le Protecteur du citoyen. Donc, ces amendes-là, à l'époque,
étaient quand même assez...
M. Marissal : Mais faire les...
Il faudrait faire les calculs actuariels, là, ça représentait combien. Mais, tu
sais, comme je dis, je ne veux pas rentrer dans une surenchère.
Mme LeBel : Non. Mais on
vient mettre le même...
M. Marissal : Mais on parle
ici de la clé même de la chose, là. Le vice-protecteur qui vendrait ou
diffuserait des renseignements, on ne peut pas imaginer bien, bien plus pire
que ça.
Mme LeBel : Moi, je pense,
là, qu'il va... il va avoir cette amende-là, mais je suis prête à parier que,
si c'est avéré, il ne sera plus vice-protecteur très longtemps.
M. Marissal : J'espère.
Mme LeBel : Mais je dis ça...
si c'est avéré, les personnes responsables... mais on s'entend, là, je parle,
si c'est avéré.
La Présidente (Mme Bogemans) : En
fonction de l'heure, on va pouvoir continuer les discussions dans un prochain
temps.
Donc, on ajourne les travaux sine die.
Merci.
(Fin de la séance à 19 h 16)