(Quinze
heures vingt-cinq minutes)
La Présidente (Mme
Bogemans) : Donc, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des finances publiques ouverte.
Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 53, Loi
édictant la Loi sur la protection contre les représailles liées à la
divulgation d'actes répréhensibles et modifiant d'autres dispositions
législatives.
Donc, Mme la
secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Simard (Montmorency) est
remplacé par Mme Bogemans (Iberville); M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys), par M. Fortin (Pontiac); Mme Rizqy
(Saint-Laurent), par Mme Caron (La Pinière); et M. Bouazzi
(Maurice-Richard), par M. Marissal (Rosemont).
Étude détailéée (suite)
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Lors de l'ajournement de nos travaux, jeudi le
8 mai, nous étions à l'étude de l'amendement proposé par la ministre à
l'article 37. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'amendement proposé?
Ou voulez-vous reprendre la lecture de l'amendement, Mme la ministre?
Mme LeBel : ...en
souhaitant bonjour à tout le monde. Heureux de vous retrouver. D'ailleurs, je
vais en profiter pour saluer mes collègues de la banquette gouvernementale et
souhaiter un joyeux anniversaire à mon collègue de René-Lévesque, dont c'est la
fête aujourd'hui. Donc, ceci est votre «surprise». Donc, profitez-en pour les
prochaines trois heures.
Puis
on peut... Non, je pense qu'on avait lu l'article 37 principal, Mme la
Présidente. J'avais lu l'amendement également. Je pense qu'on peut
peut-être ouvrir les... Je peux... pas le relire nécessairement, mais si vous
avez des questions... Mais là ça va prendre
peut-être un petit temps avant de se remettre dedans, là, donc, j'implore
l'indulgence pour répondre aux questions, mais on peut y aller sur la
discussion. Allons-y, plongeons.
M.
Fortin : ...mais considérez-vous salués,
comme l'a fait la ministre, et considérez-vous souhaité un joyeux
anniversaire... mais pas sur l'amendement, Mme la Présidente. Il n'y a pas de
commentaire de notre part.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Pour le deuxième groupe de l'opposition? Donc, est-ce
que...
Une voix : ...
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Est-ce que l'article 37... Est-ce que l'amendement
de l'article 37 est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 37 de manière générale?
Parfait.
M.
Fortin : ...
La Présidente (Mme
Bogemans) : Ah! oui.
M.
Fortin : Effectivement, là,
l'article 37, il vient dire essentiellement que c'est le Conseil du trésor
qui peut établir les deux. À l'amendement 1 ou l'alinéa 1 :
«Établir des modalités relatives à la désignation des responsables de la gestion de l'éthique et de l'intégrité.»
Donc, pourquoi ce serait le Conseil du trésor qui viendrait établir les... des modalités
pour le commissaire à l'éthique?
Mme LeBel : Non,
ce n'est pas pour le commissaire à l'éthique, c'est pour les responsables qui
étaient dans chacune des organisations.
M. Fortin : Oui, c'est ça.
Mme LeBel :
C'est ça, hein? Je ne veux pas me tromper parce que, là, on reprend... on
reprend puis il faut que ma tête reprenne. Les responsables actuels, en vertu
de la loi actuelle, qui sont responsables de recevoir les plaintes et de traiter les plaintes, on va leur
attribuer des nouvelles fonctions, qui vont s'appeler responsables de la
gestion de l'éthique et de l'intégrité. Donc, ils vont avoir... comme on
l'expliquait dans les conversations précédentes, qu'on a eues avant le
départ pour nos circonscriptions respectives, on a eu... on avait discuté du
fait que ces gens-là vont se voir attribuer
un nouveau rôle, entre autres un rôle de prévention, potentiellement un rôle
d'accompagnement, même s'ils n'ont pas le rôle officiel de recevoir des
dénonciations ou des divulgations, plutôt, compte tenu de la loi sur laquelle on travaille. Ils vont quand même
avoir un rôle d'information, d'explication du processus et d'accompagnement
minimal, naturellement, là, le cas échéant, si quelqu'un se tourne vers eux
encore spontanément. Donc, naturellement, il va... ce sont des employés
des ministères, des différents organismes qui sont sous la loi sur la
divulgation des actes répréhensibles, donc
c'est le Conseil du trésor qui devra rétablir les directives concernant leur
nouveau rôle, finalement.
M. Fortin : Très bien. Merci de nous remettre dans le bain collectif.
Mme LeBel : Oui. Bien, je l'ai fait,
comme vous voyez, au fur et à mesure, hein? Ça ne paraissait pas trop? C'est
parfait.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires? Oui, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Au deuxième paragraphe, là : «Préciser les fonctions des
responsables de la gestion de l'éthique et de l'intégrité ainsi que les
conditions — je
ne sais pas pourquoi j'essaie de lire sans mes lunettes, ce sera bien mieux — ainsi
que les conditions et modalités de leur exercice.» Ça, c'est dans le but, Mme
la ministre, je présume, d'uniformiser.
Mme LeBel : Ah! absolument.
M. Marissal : Ce ne sera pas à la
pièce, là, c'est...
Mme LeBel : Non, non, ce ne sera pas
à la pièce. On veut que le rôle de ces... Comme à l'instar du rôle qu'il avait
dans... qu'ils avaient dans l'ancienne loi, qui était uniforme, on veut que
leur nouveau rôle, leur nouvelle fonction soit identique, parce qu'on ne
voudrait pas qu'il y ait un déficit de... je dirais, dans certaines
organisations, par rapport à l'autre, sur l'information ou sur le rôle qu'on va
leur attribuer, qui deviendra principalement, je dois le dire, non pas
uniquement, mais notamment et principalement un rôle d'information,
d'éducation, parce que, dans le fond, ce
qu'on veut, c'est favoriser un environnement de divulgation. Dans le cadre de
la confiance, il y avait naturellement la façon de divulguer le
processus. On vient... on s'attaque, je trouve que c'est un peu intense comme
terme, là, mais on vient répondre à cette préoccupation-là en envoyant ça vers
le guichet unique.
Mais l'information, hein, l'éducation, la
sensibilisation, la prévention va demeurer au sein des organismes publics, et ces gens-là auront ce rôle-là, et on
veut qu'il y ait quand même une certaine uniformité. On ne les empêchera
jamais d'en faire plus, mais je pense qu'il faut avoir une certaine base.
• (15 h 30) •
M. Marissal : Mais vous faites bien
de le dire, parce que, tu sais, je fais un parallèle, par exemple, avec la loi d'accès à l'information, là, qui n'a rien à voir
ici avec le cas échéant, là, mais c'est parce que c'est supposé être uniforme, puis
ça s'est uniformisé aussi... que l'information ne sort à peu près plus. Ça fait
que, quand c'est trop uniformisé puis qu'il
n'y a pas d'initiative prise par quelqu'un qui voudrait justement faire plus,
on a tendance à niveler par le bas, donc, c'est «top-down». Le Conseil
du trésor dit : C'est comme ça que ça va marcher, puis dans chaque
organisation, il va y avoir un responsable qui est nommé. Ça va jusque-là?
Mme LeBel : Bien, c'est... oui, ces
gens-là. Donc, on va établir les modalités relatives à la désignation d'un
responsable et, par la suite, préciser les fonctions qu'ils auront à occuper.
M. Marissal : OK. Très bien. Et qui
conseille le Conseil du trésor? Est-ce que c'est des gens...
Mme
LeBel : Bien, le Conseil du trésor, c'est conseillé par le
secrétariat au Conseil du trésor qui... bon, je dis, ce
n'est pas un ministère, le secrétariat, et le Conseil du trésor et
cinq ministres qui vont se faire soumettre des directives, en
l'occurrence, et qui vont prendre une décision.
M. Marissal : OK. Est-ce qu'on part
essentiellement de ce qu'on connaît déjà, ou on va plus loin, ou est-ce qu'on...
Est-ce qu'on part de ce qu'on a déjà dans la loi sur les lanceurs d'alerte puis
qu'on dit : Le Conseil du trésor va reprendre ce qu'on a déjà comme base?
Mme LeBel : Bien, ça n'existe pas
actuellement dans cette fonction-là. Au moment où on se parle... parce que ce ne sera peut-être pas nécessairement la
même personne, là, mais... dans le sens de la personne physique, mais, au
moment où on se parle, il y a, dans chacune des organisations prévues par la
loi... il y a peut-être des directives qui viennent soutenir ça, là, je m'en
excuse si... Mais disons qu'il y a un cadre qui prévoit, à la fois dans la loi,
dans les directives,
que ces gens-là sont là pour recevoir les plaintes et traiter les divulgations.
Ils ont aussi un rôle d'information, mais
on s'entend que le rôle principal, c'est de traiter les plaintes... de recevoir
la divulgation et de traiter les plaintes, ce qui va être dirigé
maintenant vers le Protecteur du citoyen.
Maintenant, on veut s'assurer de recadrer leurs
fonctions, ou la fonction d'une telle personne, et on veut une certaine
uniformité parce que... Je viens de laguer, comme dirait mon fils. L'important,
c'est de... L'important, c'est de s'assurer
que l'environnement de divulgation est bien connu et que les gens connaissent
leurs droits et dans quelles circonstances ils peuvent divulguer pour
bien profiter des protections de la loi, là.
M. Marissal : OK. Puis l'information
qui va partir ou les directives qui vont partir du Conseil du trésor vers les
organismes, les ministères?
Mme LeBel : Oui, bien, le
secrétariat va s'assurer de faire la diffusion des directives adoptées par le
Conseil du trésor.
M. Marissal : Est-ce qu'elles seront
publiques?
Mme LeBel : En principe, oui.
M. Marissal : Elles seront
publiques.
Mme LeBel : En principe, oui. Oui,
oui.
M. Marissal : OK. C'est bon. Ça va
pour moi.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Parfait. S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 37, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La
Présidente (Mme Bogemans) : Parfait. Donc, nous allons passer à
l'article 38. Mme la ministre, voulez-vous en faire la lecture?
Mme LeBel : Oui, absolument, Mme la
Présidente. Article 38 : L'article 33 de cette loi est
modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par la suppression, dans ce qui précède le
paragraphe 1°, de «Commet une infraction et»;
b) par le
remplacement, dans le paragraphe 2°, de «aux dispositions de
l'article 30» par «à une interdiction imposée en application de
l'article 11.2»;
2° par la suppression du deuxième alinéa.
Commentaire.
Cet article propose trois modifications à l'article 33, qui est la loi...
de la loi facilitant la divulgation d'actes... répréhensibles, pardon, à
l'égard des organismes publics :
1° la suppression d'un pléonasme;
2°
l'introduction d'une infraction pénale en cas de contravention à une
interdiction de communication imposée en
vertu de l'article 11.2 de cette loi proposée par l'article 20 du
projet de loi. Cette nouvelle infraction remplace l'infraction relative
aux représailles prévue à l'article 30 de cette loi, remplacé par
l'article 37 du projet de loi étant donné qu'une nouvelle infraction
pénale équivalente est proposée par l'article 19 de la Loi sur la
protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles,
proposé à ce projet de loi, qu'on verra d'ailleurs dans le bloc II;
3° la
suppression de la règle applicable en cas de récidive, étant donné que cette
règle est réintroduite à l'article 35.1 proposé par
l'article 42 du projet de loi. Donc, c'est un déplacement, dans ce cas-là.
Et je ne pensais jamais que je procéderais à la
suppression d'un pléonasme, mais c'est fait. Bien, en tout cas, c'est proposé.
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est pour toujours. Ce
sera fait.
M. Fortin : Ce
sera fait, si c'est adopté, oui.
Mme LeBel : Ce sera dans mon CV.
M.
Fortin : Dans vos mémoires, d'accord. Bien, si je comprends
bien, là, les trois... les trois modifications, il y en a une qui,
effectivement... qui est pour supprimer le pléonasme, au grand plaisir de la
ministre, et les deux autres, c'est pour simplement remplacer des trucs
ailleurs dans le projet de loi.
Mme LeBel : Exactement, qu'on va
voir ailleurs.
M.
Fortin : Donc, il n'y a aucun changement
de substance, là.
Mme LeBel : Non. Il n'y a rien qui
disparaît comme tel en termes de substance, effectivement.
M. Fortin : Ça va, Mme la Présidente. Très bien.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...est-ce
qu'il y a d'autres commentaires ou interventions?
M. Marissal : ...à la suppression
d'un pléonasme ici, en pleine commission. Ça manquait à ma culture.
Mme LeBel : Mais vous m'avez
introduite à un amendement par bloc... un rejet par bloc de...
M. Marissal : C'est vrai, mais ce
n'était pas nécessairement un pléonasme. En tout cas...
Mme LeBel : Non, pas nécessairement.
M. Marissal : Ça me va. Ça me va,
merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 38 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Mme LeBel : Adopté, oui.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Passons maintenant à l'article 39.
Mme LeBel : Oui.
Article 39 : Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 33, du suivant :
«33.1.
Quiconque, sans y être dûment autorisé, révèle un renseignement qu'il a obtenu
dans l'exercice des fonctions de vice-protecteur,
de fonctionnaire ou d'employé du Protecteur du citoyen est passible d'une
amende de 5 000 $ à 30 000 $.»
L'article 33.1
de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics, proposé par
l'article 39 du projet de loi, est une disposition semblable à celle de
l'article 33 de la Loi sur le Protecteur du citoyen, applicable à
la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics en vertu d'un renvoi qui y est fait à l'article 29 de
cette loi.
Donc, ce nouvel article 33.1 est proposé
dans le cadre du remplacement du renvoi aux dispositions de la Loi sur le
Protecteur du citoyen... est fait à cet article 29 par l'incorporation de
ces dispositions dans la loi facilitant d'actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics proposé par le projet de loi. Bon, la fourchette actuelle de
l'amende est de 300 $ à 1 000 $, tandis que celle proposée est
de 5 000 $ à 30 000 $, donc, on... Le fait brut... Le
principe brut d'avoir une amende pour une telle infraction existe déjà dans la
Loi sur le Protecteur du citoyen. On fonctionnait par renvoi.
Ce qu'on fait, c'est qu'on l'incorpore. Au lieu
d'en faire un renvoi, on l'incorpore comme tel dans la loi facilitant la divulgation des actes répréhensibles
et on augmente... on actualise, je vous dirais, la fourchette des amendes
pour bien faire comprendre l'importance de
ne pas divulguer de tels renseignements, qui pourraient mettre en péril soit l'identité
du divulgateur, soit l'enquête en cours, soit bien des choses.
M.
Fortin : ...Mme la ministre, un peu plus tôt, là, dans
l'exercice, on s'est dit que, si la plainte était envers le Protecteur
du citoyen ou l'organisme, là, lui-même, la plainte, elle allait à...
Mme LeBel : Le commissaire
à l'éthique.
M. Fortin : C'était au commissaire à l'éthique, hein?
Mme LeBel : Oui, oui.
M.
Fortin : Alors, est-ce que les employés du commissaire à
l'éthique ne devraient pas être inclus de la même façon pour un cas
similaire?
Mme LeBel : C'est déjà couvert. Il y
a déjà un renvoi...
M. Fortin : OK. Dans ce cas-là,
c'est... Dans ce cas-là...
Mme LeBel : C'est déjà couvert. Le
principe est déjà couvert.
M. Fortin : OK. Mais, si la pénalité est la même, là?
Une
voix : ...
Mme LeBel : Oui.
M.
Fortin : Très bien.
Mme LeBel : J'entends,
oui, mais effectivement on a l'effet miroir quelque part, là.
M.
Fortin : Une bonne nouvelle.
Mme LeBel : C'est
bon.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Super. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Oui.
M. Marissal :
...curiosité. Tu sais, on passe
de 300 $, à 1 000 $, à 5 000 $, à 30 000 $.
Ça, j'imagine, ce n'est pas totalement aléatoire. C'est les barèmes
généralement utilisés quand on modernise les lois ces jours-ci?
Mme LeBel : Bien, dans le texte actuel... Attends un petit
peu. Je vais juste aller voir, là. Dans le texte actuel, effectivement, on
est... on passe de... Le texte actuel était de 5 000 $ à
30 000 $. Non, attends un petit peu. Je veux juste être sûre,
là.
M. Marissal :
La loi précédente, elle date de quand?
Mme LeBel : Bien,
c'est ça... Bien, c'est une loi dont les amendes ont été fixées il y a très,
très longtemps, la Loi sur le Protecteur du
citoyen, là. Donc, on est, je dois dire... je ne veux pas dire qu'on est
identique, mais on est dans... on l'amène à des barèmes similaires qui
existent dans d'autres lois. Il faut comprendre qu'à l'époque, quand la Loi du
Protecteur du citoyen a été mise en place, c'était beaucoup, là, ces
amendes-là. Donc, je ne dirais pas que c'est une actualisation parfaite, mais
on ramène dans un giron d'amendes similaires pour ce même type d'infractions
dans d'autres lois, là. Je ne dirais pas que
c'est identique, je me garde une petite marge de manoeuvre, là, mais on actualise
pour le rendre dans les mêmes eaux.
M. Marissal :
OK. Ça va. Merci.
Mme LeBel : Il
faut que ce soit dissuasif, hein?
M. Marissal :
...ça, la question, un peu, c'est... Quand on veut vraiment que ce soit
dissuasif, parfois, on va vraiment passer le message puis appuyer plus fort sur
le crayon.
Mme LeBel : Non,
mais on est dans le barème dissuasif, mais qui demeure dans un barème qui est
éprouvé dans d'autres lois, et similaire, là. On ne veut pas... On ne se sort
pas non plus du corpus général, là.
M. Marissal :
OK. Ça va.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Donc, est-ce que l'article 39 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Passons maintenant à l'article 40.
Mme LeBel : Oui.
Merci. Article 40 : L'article 34 de cette loi est modifié :
1° dans le premier
alinéa :
a)
par le remplacement de «d'un responsable du suivi des divulgations» par «du
commissaire à l'éthique et à la déontologie»;
b) par la suppression
de «commet une infraction et»;
2° par la suppression
du deuxième alinéa.
• (15 h 40) •
Donc,
cet article propose trois modifications à l'article 34 de la Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics. Donc :
1° rendre applicable
l'infraction prévue par cet article au Commissaire à l'éthique et à la
déontologie et non plus au responsable du
suivi des divulgations par concordance avec la suppression du rôle de
responsable de suivi des divulgations
et avec le rôle confié au commissaire de traiter les obligations qui mettent en
cause le Protecteur du citoyen,
qui est proposé par le présent projet de loi;
2° encore, c'est mon
deuxième pléonasme que je supprime, alors ça devient une habitude;
3° la
suppression de la règle applicable en cas de récidive, étant donné que cette
règle est réintroduite à l'article 35.1 proposé par
l'article 42 du projet de loi.
La
Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
M.
Fortin : Vous savez que plus vous en
supprimez, tu sais, ça devient de moins en moins spécial à chaque fois, quand
même, là. Ça...
Mme LeBel : Oui,
je sais, hein? J'ai déjà un petit... Oui, c'est presque banal.
M.
Fortin : Enfin, c'est tout, Mme la
Présidente.
M. Marissal :
...fâcheuse tendance de se répéter...
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Donc, est-ce que l'article 40 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Donc, passons à l'article 41.
Mme LeBel : Article 41 :
L'article 35 de cette loi est modifié par le remplacement de «aux
articles 33 et 34» par «à l'un des articles 33, 33.1 ou 34».
Donc,
dans le fond, c'est une modification de concordance qui vient prendre acte de
l'article 33.1 qu'on vient d'ajouter.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Des commentaires?
M.
Fortin : ...Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Donc, est-ce que l'article 41 est adopté?
Des voix : Adopté.
Mme LeBel : Je
prendrais un extrait du procès-verbal sur cet article.
Alors,
article 42... avec votre permission, naturellement : Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 35, des suivants :
«35.1.
En cas de récidive, le montant des amendes minimales et maximales prévues par
la présente loi est porté au double.
«35.2. Une poursuite
pénale pour une infraction à une disposition de la présente loi se prescrit par
trois ans depuis la date de la connaissance par le poursuivant de la
perpétration de l'infraction. Toutefois, aucune poursuite ne peut être intentée
s'il s'est écoulé plus de sept ans depuis la date de la perpétration de
l'infraction.»
Donc, ce que
l'article 35.1 de la loi fait... proposé par l'article 42 du projet
de loi. Donc, il prévoit que la règle
applicable en cas de récidive en matière pénale, par concordance avec les
suppressions faites aux articles 33 et 34 de cette loi et afin de
tenir compte de la nouvelle infraction qui est prévue à 33.1 de cette loi,
proposé par l'article 39 du projet de loi... Donc, on vient tenir compte
des modifications qu'on vient de faire.
Et
l'article 35.2 de cette loi, proposé par l'article 42 du projet de
loi, augmente le délai de prescription pour intenter une poursuite pénale pour
une infraction à la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à
l'égard des organismes publics.
Et c'est... Peut-être
pour compléter, là, le délai de prescription proposé est identique à celui qui
est mis en place par la loi transférant au commissaire au lobbyisme la
responsabilité du registre du lobbyisme, qu'on a faite, et c'était une
proposition de la commission Charbonneau. C'est toujours difficile d'avoir des
prescriptions, dans ce type d'infractions là, qui ne tiennent pas compte de la
connaissance. Donc, c'est pour ça que le premier jalon du départ de la
prescription est la connaissance, qui est trois ans, mais, tout de même, si
sept ans s'est passé, de la perpétration, ça devient
également prescrit et ça donne le temps. Dans ce genre d'infractions là,
souvent, il y a la connaissance et il y a l'enquête à faire. Ça donne le
temps d'agir sans qu'on soit forclos d'agir pour un simple délai de
prescription. Donc, ça donne du temps
nécessaire. Et, au fur et à mesure qu'on progresse dans ce genre de lois là, on
ajuste, je vous dirais, les délais de prescription. On ne fait pas des
projets de loi spécifiques pour les délais de prescription, mais on les ajuste.
C'est comme les pléonasmes, on ajuste au fur et à mesure.
M. Fortin : ...Mme
la Présidente, il n'y a pas de problème, là. On l'a vu que c'était... c'est le
texte qui reconduit les articles précédents.
Pour
le 35.2, est-ce que c'est... est-ce que ça... Si j'ai bien compris ce que la
ministre disait, là, c'est un article miroir, là, ce qui a été proposé
pour le Commissaire au lobbyisme?
Mme LeBel : Oui,
tout à fait.
M.
Fortin : Alors, c'est la même... les
délais sont les mêmes?
Mme LeBel : Oui, tout à fait.
M. Fortin : Et ils sont prolongés, si
j'ai bien compris... ils sont prolongés dans les deux cas... c'est-à-dire le
délai de prescription pour intenter la poursuite et le délai, là, à
partir de l'acte comme tel, les deux sont prolongés.
Mme
LeBel : Oui. Actuellement, là, c'est un an de l'infraction
pure, peu importe la connaissance, donc. Et dans... Puis je peux en parler avec
beaucoup d'affirmation parce que j'ai été la ministre qui a été responsable de
la modification dans la loi sur le commissaire au lobbyisme et je
connais légèrement quelques recommandations de la commission. Donc, ça fait
partie effectivement... pour donner le temps à ce genre d'organismes là,
surtout le Protecteur du citoyen ou d'autres
types de commissaires, de porter les enquêtes. Et souvent, la connaissance,
malheureusement, était... dépassait le délai de prescription lui-même.
Donc, c'est... On ajuste, là, suivant les recommandations, pour permettre...
mais on met quand même, je dirais, une date de fin. C'est qu'à un moment donné,
connaissance ou pas connaissance, après sept ans, ça devient prescrit.
M. Fortin : Est-ce que c'était... rappelez-moi, là, dans les
recommandations de la commission Charbonneau, est-ce
que c'était... est-ce qu'il y avait des délais spécifiques d'inscrits ou, ces
délais-là, c'est vous qui les avez choisis au moment, par exemple, des
modifications sur le...
Mme
LeBel : Je pense que c'est ce type de délais là qu'on
proposait, mais là j'avoue que c'est... Là, je mentirais de...
Des voix : ...
Mme LeBel : Oui, c'est ça. C'était
exactement ça, d'appliquer un délai de prescription de poursuite pénale de
trois ans après la connaissance de l'infraction par le poursuivant, sans excéder
sept ans depuis sa perpétration. On parlait de la loi sur les contrats publics
à l'époque, la loi sur la transparence et l'éthique... la Loi électorale, les
lois municipales... des contrats, le code des... Tu sais, on nommait plusieurs
types de lois similaires, mais naturellement, le type de lois qui étaient
nommées là étaient en fonction de nos mandats spécifiques. Mais je vous dirais
que, compte tenu qu'on parle de la divulgation, que la protection des
divulgateurs ou des lanceurs d'alerte était au coeur, quand même, de nos
préoccupations. Je vous dirais que...
M. Fortin : OK. Je comprends que ce n'est pas exactement toujours les
mêmes cas, mais, depuis que ça a été mis en place au Commissaire au lobbyisme,
il n'y a pas eu... Est-ce que vous avez eu vent, par exemple... vous ne le
savez peut-être pas exactement, mais est-ce que vous avez eu vent d'instances
où on s'est dit : Ah! bien, ça aurait peut-être été bien d'avoir quelques
années de plus parce qu'on en a échappé une, là?
Mme LeBel : Bien, pas depuis que ça
a été mis en place parce que... Vous parlez de la nouvelle prescription?
M. Fortin : Oui.
Mme LeBel : Non, parce qu'au
contraire... Mais je vous dirais qu'à l'époque où on l'a mise en place... et
là, sous toute réserve de ma mémoire, là, il
y avait quelques cas de figure, je pense, où la connaissance avait été dépassée,
le un an de la commission de l'infraction. Mais là, avec un trois et sept ans,
je vous dirais que...
M. Fortin : On met les chances de notre bord.
Mme
LeBel : Bien, je n'ai pas d'information précise, en toute
transparence, là, mais quand ça... Sept ans, là, c'est sept ans, quand
même, là.
M. Fortin : Ça va.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...d'autres
interventions?
M. Fortin : On avait un an actuellement.
Mme LeBel : Oui, c'est ça, c'était
un an, c'est-à-dire un an tous azimuts, actuellement, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce que l'article 42 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Pour
conclure le bloc I, est-ce qu'on a le consentement pour reprendre
l'article 22, qui avait été suspendu?
Mme LeBel : Oui. Il a été suspendu,
compte tenu qu'on a eu des discussions, Mme la Présidente, avec mes collègues
d'en face sur la possibilité pour le gouvernement, suite à nos discussions puis
à nos réflexions, de soumettre un amendement. Je sais qu'on l'a envoyé au
Greffier, si je ne trompe pas.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Absolument.
Mme LeBel : Est-ce que mes collègues
veulent le suspendre pour en prendre connaissance?
M. Fortin : ...ce serait apprécié.
La Présidente (Mme Bogemans) : Pas
de problème.
Mme LeBel : Si tout le monde est
d'accord, ça me va.
La Présidente (Mme Bogemans) : Donc,
nous allons suspendre pour quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 48)
(Reprise à 15 h 54)
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, nous reprenons avec l'amendement de l'article 22.
Mme LeBel : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Alors, on avait procédé à la lecture de l'article 22
principal. Suite aux discussions qui avaient
eu lieu avant la suspension précédente, on avait convenu que la partie
gouvernementale proposerait un amendement pour venir éclaircir le cas de
figure qui est proposé dans l'article 22. Alors, voici l'amendement qui
est proposé, Mme la Présidente : Remplacer l'article 22 du projet de
loi par le suivant :
Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 13, du suivant :
«13.1. Le
Protecteur du citoyen peut suspendre le traitement d'une divulgation d'un acte
répréhensible lorsqu'il constate, en
cours de vérification, que cet acte est déjà connu et que la situation est
prise en charge au sein de l'organisme public concerné; il en informe
alors la personne ayant la plus haute autorité administrative au sein de cet
organisme public de même que la personne ayant fait la divulgation, si son
identité est connue.
«La personne ayant la plus haute autorité
administrative au sein de l'organisme public doit informer le Protecteur du
citoyen de toute mesure correctrice pour remédier à la situation.
«Si le Protecteur du citoyen considère que
l'organisme public a pris des mesures satisfaisantes dans un délai raisonnable,
il met fin au traitement de la divulgation; dans le cas contraire, il reprend
le traitement.
«Malgré la suspension du traitement de la
divulgation, le Protecteur du citoyen transmet les avis prévus au deuxième
alinéa de l'article 10 à la personne ayant fait les divulgations, si son
identité est connue.»
Donc, ce que ça a pour objet... Cet article-là a
pour objet de permettre au Protecteur du citoyen de suspendre le traitement
d'une de ses... le traitement d'une enquête qui est faite suite à une
divulgation. C'était l'essence derrière l'article 22 qui était proposé. On
est d'accord et on en avait discuté, que l'article 22, tel que libellé
précédemment, qu'on vous demande de retirer par l'amendement et de remplacer,
pouvait porter à... pouvait laisser à penser que le Protecteur du citoyen
déléguait à la plus haute autorité le fait d'enquêter, ce qui n'est pas le cas.
Ce qui est visé ici, c'est le Protecteur du
citoyen, qui, dans le cadre de son enquête ou de sa vérification sur la
divulgation, constate, parce qu'il ne faut pas présumer que les plus hautes
autorités des organismes publics sont tous des
gens qui veulent camoufler des choses... constate, et c'est le Protecteur du
citoyen qui fait ce constat et qui décide de ça, constate que la
situation est prise en charge. Je fais un raccourci qui est un... qui est un
raccourci court, donc je fais un
raccourci... mais constate que la situation est prise en charge, continue à
garder un oeil sur la situation, demande d'être informé des correctifs
le cas échéant, naturellement, ou de la conclusion, le cas échéant, et, s'il
n'est pas satisfait, a tout le loisir de continuer son traitement et de faire,
naturellement, les constats qu'il souhaitera faire sur la façon dont
l'organisme public s'est comporté, sur le processus qui a été mis en place
et/ou les résultats, et de faire les recommandations qu'il juge appropriées.
Donc, ça permet donc au Protecteur du citoyen de ne pas dédoubler la situation,
si elle semble prise en charge, mais il ne se lave pas du tout les mains de sa
responsabilité. Il garde un oeil et aura toujours le... tout le loisir de
reprendre sa propre enquête, s'il le souhaite approprié. J'ai essayé de résumer
un peu nos discussions.
M. Fortin : ...j'apprécie la proposition, là, qui est faite par la ministre.
Si je comprends bien, et parce que la... L'enjeu qui nous inquiétait, là,
c'est, par exemple, la personne qui fait une divulgation et qui se tourne vers
le Protecteur du citoyen. Elle veut peut-être protéger son identité, elle n'est
peut-être pas prête à le faire à l'intérieur de son propre... sa propre
organisation.
Alors là, ce qu'on vient dire, c'est :
Quand cet acte est déjà connu et que la situation est déjà prise en charge au sein de l'organisme public concerné... Ça, ça
veut dire essentiellement que le Protecteur du citoyen reçoit la plainte,
il commence son enquête ou il va voir
qu'est-ce qui est en train de se passer dans l'organisme public, il se rend
compte que, ah oui, OK, bien, ils sont déjà en train de travailler là-dessus,
là, il retourne voir, de un, la personne qui a fait la divulgation, si son identité est connue, pour lui
dire : Je suis allé voir, c'est déjà en train de se faire, ils sont
là-dessus, il y a ça qui se passe. Mais est-ce qu'il doit... À ce
moment-là, il a encore son obligation de protéger la personne?
Mme LeBel : Oui, tout à fait.
M.
Fortin : Tout ça, ça ne change jamais.
Mme LeBel : Non.
M.
Fortin : Donc, l'organisme
en tant que tel n'aura jamais une... n'aura jamais un rapport qui lui
dit : Corrige ça ou tu es en train de corriger ça, bravo, parce
qu'on a reçu une plainte de telle, telle, telle personne. Alors, elle, elle est
quand même protégée. Mais cette personne-là, elle n'a pas la possibilité de
dire : Non, non, je veux que ce soit vous autres qui le traitiez, là. Tu
sais, c'est l'organisme qui fait les changements quand même.
Mme LeBel : Bien, elle a la
possibilité de dire au Protecteur du citoyen, bien, dans ses échanges... puis
on jase un cas de figure. Dans le cas de
figure actuel, ce que l'ancien libellé pouvait porter à croire, c'est que le
Protecteur du citoyen transférait son dossier.
M. Fortin : Exact.
Mme
LeBel : Donc, dans le transfert du dossier vient un
transfert potentiel d'informations, même si sa posture de base est toujours, d'abord et avant tout, de
protéger l'identité du divulgateur. On le dit, mais c'est ça... mais ça pouvait
donner à penser qu'on transférait le dossier, alors que, là, le
Protecteur du citoyen ne transfère aucune information vers l'organisme public. Il ne fait que constater que le... je dirais,
l'événement sur lequel il enquête est déjà en train d'être enquêté, ce n'est pas le bon terme, là, mais
traité par l'organisme. Donc, ça n'implique aucun transfert d'informations.
La personne, si elle existe, parce que ça prend... s'il y a un divulgateur
connu, là, pourrait dire au Protecteur du citoyen : Moi, je n'ai pas
confiance en l'organisme public, puis le Protecteur du citoyen fera ses propres
constats.
M. Fortin : Exact.
Mme
LeBel : Mais il demeure, de toute façon, toujours maître
de ses propres constats. C'est pour ça qu'on parle, au troisième alinéa, je
pense, que... s'il considère qu'il a pris des mesures satisfaisantes dans un
délai raisonnable. Donc, ce sera à lui de juger des mesures
satisfaisantes, et j'imagine qu'il aura cette discussion-là de toute façon,
avec le divulgateur, sur les mesures qui ont été prises.
M. Fortin : OK. Donc, le... Un instant, là. Le Protecteur du citoyen,
qui constate qu'il y a déjà quelque chose qui
est en train de se produire, là, il y a déjà des changements qui sont en train
de faire, là, au cours de sa vérification, que cet acte est déjà connu
et que la situation est prise en charge, il suspend, comme on l'indique, là, au
premier alinéa... il suspend le traitement de la divulgation. Et donc il dit à
la personne ayant la plus haute autorité administrative au sein de l'organisme : Je suspends. C'est ça?
Quand on dit «il en informe», c'est... ça veut dire qu'il s'informe de la
suspension.
Mme LeBel : Oui, de la suspension,
pas de...
• (16 heures) •
M.
Fortin : Alors, je vous informe de ça. Mais, au troisième
paragraphe, il vient essentiellement dire : Je vais quand même
aller vérifier pour voir si ce que vous avez fait, c'est satisfaisant à mes
yeux, là.
Mme LeBel : Bien, donc, je suspends,
mais je ne me décharge pas. Donc, je suspends et je continue, dans le fond, je suspends puis je vous surveille sur ce
que vous allez faire. C'est un peu ça qui est... Tu sais, c'est pour cette
raison-là qu'il informe la personne ayant la plus haute autorité
administrative, c'est-à-dire : Je constate que vous travaillez sur le même
dossier que moi, disons-le comme ça, je suspends, mais je vous...
M. Fortin : Je vais aller voir si ce que vous faites, ça marche, là.
Mme
LeBel : Mais oui, mais... Je vais voir si ce que vous
faites, ça marche, mais donc je ne me décharge pas. Ce n'est pas :
Je vous transfère. Je suspends, mais je vous... mais je m'attends à un
résultat. C'est un peu ça que le troisième alinéa dit.
M. Fortin : Ce texte répond aux préoccupations initiales qu'on avait,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Bogemans) : Mme
la députée de La Pinière.
Mme Caron : ...alors, au premier
alinéa, quand on dit que le Protecteur en informe alors la personne ayant la plus haute autorité administrative au sein de cet
organisme public, qu'arrive-t-il dans le cas où la divulgation viserait cette
personne-là, la plus haute autorité administrative?
Mme LeBel : Bien, je serais portée à
vous répondre que le Protecteur du Citoyen va continuer sa propre enquête. Je veux dire, il ne va pas constater que
le plus haut dirigeant s'en occupe, il est la personne visée. Donc, ça ne donne aucune obligation au Protecteur du citoyen.
Et je serais portée à vous répondre, chère collègue, que, si la personne
ayant la plus haute
autorité administrative est visée par la divulgation, elle ne sera certainement
pas en train d'enquêter sur
elle-même. Donc, le Protecteur du citoyen ne constatera pas qu'une enquête est déjà prise
en charge, je vais le dire comme ça. Et moi, j'ose penser, là, et je ne
présumerai pas des actions du protecteur, mais j'ose penser qu'il ne...
l'article 22... non, 13.1, plutôt, ne sera pas enclenché, là.
Mme Caron : Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. D'autres interventions? Oui.
M. Marissal :
Merci. J'essaie de voir pourquoi on a rajouté «si son identité est connue»,
parce qu'il y a nécessairement... si le...
Mme LeBel : Non,
parce que ça peut être anonyme. On a précisé ou on va préciser, si ce n'est pas
déjà fait...
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est
déjà prévu que la divulgation peut être anonyme. La personne n'est pas obligée
de s'identifier quand elle... Donc, si elle n'est pas identifiée, je ne peux
pas l'aviser de quoi que ce soit.
M. Marissal :
Donc, ça peut se rendre jusqu'au
Protecteur du citoyen, mais que ce soit totalement anonyme, qu'on ne
puisse pas...
Mme LeBel : Ah!
tout à fait. Puis on va même prévoir, si ce n'est pas déjà fait, qu'un tiers
peut divulguer à la place de la personne.
M. Marissal :
OK. Et, dans le cas où c'est
anonyme, là, ça devient tout simplement... parce que, si le divulgateur
est connu du Protecteur du citoyen, il y a un triangle, puis c'est là que c'est
intéressant parce qu'il y a un échange dans
le triangle. Si on fait disparaître une des pointes du triangle, qui est le
divulgateur, parce qu'il est anonyme, là, ça devient un dialogue entre
la haute direction et le protecteur. Ça fait que la personne qui a fait la
plainte ne le saura jamais, là, que ça avance, ou que ça n'avance pas, ou c'est
rendu où.
Mme LeBel : Non,
mais elle a choisi d'être anonyme, donc c'est très difficile. Une personne
qui... C'est parce qu'on ne peut pas se priver de divulgation. Le bassin de
divulgation anonyme est un... puis c'est vrai dans tous les... j'allais dire,
toutes les catégories d'enquête possibles et tous les tous les organismes
chargés d'enquêtes, la divulgation anonyme, l'informateur anonyme, des choses
comme ça. Ça existe. Donc, on ne peut pas se priver de ce bassin d'informations
là, et je ne voudrais pas que les organismes publics... les actes
répréhensibles qui existent au sein des organismes publics, qu'on exige à
toutes les fois que le divulgateur soit connu. Je pense qu'on va limiter la
divulgation d'actes répréhensibles, et moi, je vous dis qu'on veut assainir ou,
à tout le moins, rendre... donner la confiance non seulement au divulgateur,
mais au public envers nos organismes publics. Donc, il faut être capable de
donner la possibilité à quelqu'un de divulguer de façon anonyme. À partir du
moment où il choisit d'être anonyme, on peut respecter ça, mais c'est très
difficile d'informer quelqu'un qui demeure anonyme, là, je veux dire.
M. Marissal :
Mais c'est très difficile de le protéger aussi.
Mme LeBel : Bien
oui, mais... Tout à fait, mais il a fait le choix d'être anonyme. Mais si un
jour une personne — on
jase — divulgue
de façon anonyme, puis tu me corrigeras si je trompe, là, la protection
s'applique pareil, là, si quelqu'un devine son identité.
Une voix : ...
Mme LeBel : Bien
oui, pour le motif. Bien, il faut faire le lien de causalité. Il faut faire le
lien de causalité. Si une personne X divulgue de façon anonyme, et les
renseignements, la nature des renseignements... même si le Protecteur du
citoyen a quand même l'obligation de protéger, donc va faire attention aux
renseignements qu'il expose pour être sûr que ça ne cible pas une personne et
qu'une personne subit des représailles en disant : J'ai divulgué de façon
anonyme et j'ai quand même été congédié à cause de ma divulgation anonyme. Elle
jouit de la protection de la loi. Il va toujours demeurer le lien de causalité
entre la divulgation et le congédiement, qu'il faudrait établir devant les
tribunaux, mais elle va jouir de la protection. Mais à partir du moment où elle
choisit, au départ, de divulguer de façon anonyme, bien, c'est difficile pour
le Protecteur du citoyen de l'informer de quoi que ce soit, là.
M. Marissal :
OK. Mais cas d'espèce où...
Mme LeBel : Mais
la protection va être là.
M. Marissal : Je comprends, mais, à
un moment donné, le dossier va être clos. Cas d'espèce, le divulgateur est
anonyme, le protecteur commence néanmoins son enquête ou, enfin, commence à se
mettre le nez dans le dossier. Il se fait dire par la société d'État, mettons, X, là : On est au
courant, on est là-dessus, faites-nous confiance. Le Protecteur du citoyen dit : Très bien, je ne dédoublerai
pas, allez-y; dans un délai raisonnable, j'aimerais avoir une réponse. La
société revient avec une réponse x ou y. Fin de l'histoire?
Mme LeBel : Bien,
le protecteur...
M. Marissal :
Si ça convient au protecteur, fin de l'histoire.
Mme LeBel : Oui.
M. Marissal :
OK. Trois mois plus tard, le divulgateur se fait mettre dehors.
Mme LeBel : Bien,
si c'est relié à sa divulgation, il jouit de la protection, mais il faudra
toujours qu'il prouve que c'est relié à sa divulgation, là. Mais si c'est
relié... si le congédiement est relié au fait d'avoir divulgué, il va jouir de
la protection contre les représailles, il est protégé. D'ailleurs, on va le
voir dans... on va faire une loi sur la protection
des représailles, qui est liée à la divulgation. Ce n'est pas lié à son statut
de connu ou pas connu, c'est lié au fait que la représaille est reliée à la divulgation.
Mais je comprends tout à fait ce que vous me dites, mais il n'y a pas de...
M. Marissal :
Il n'y a aucune façon de communiquer, entre le Protecteur du citoyen... à
un divulgateur? Puis comprenez-moi bien, assurément protéger... Je vais me
jeter en avant d'un autobus pour protéger un divulgateur, là. Mais il n'y a
aucune façon d'assurer un contact...
Mme LeBel : Bien,
à part exiger qu'il se fasse connaître et éliminer la possibilité d'être
anonyme, la réponse est non, et je pense que ce n'est pas judicieux d'éliminer
la possibilité de faire des...
M. Marissal :
Absolument pas. Mais il n'y a aucune façon de le faire en gardant le
divulgateur anonyme?
Mme LeBel : Mais ce n'est pas le fait... Là, on n'est pas dans
le... garder le divulgateur anonyme. On est dans le divulgateur qui choisit d'être anonyme auprès du
Protecteur du citoyen. Ce n'est pas la... on n'est pas dans le Protecteur
du citoyen doit garder l'anonymat du
divulgateur. Ça, c'est vrai dans tous les cas de figure, parce qu'il doit
protéger...
M. Marissal :
OK, je m'exprime mal, là. Tous
les journalistes d'enquête ont tous des informateurs anonymes, ils ont tous une boîte courriel où ils peuvent
communiquer néanmoins. Ça peut se faire, là, puis la police fait ça aussi, là.
Je ne cherche pas des poux, je veux juste voir si, dans une petite
organisation, là, où tout le monde sait tout sur tout le monde, là, puis que finalement on règle le problème, et que le
divulgateur, lui, il retourne à son bureau, dans son cubicule, il
retourne faire son affaire, il se fait congédier après, parce que tout le monde
le sait que c'était lui... Là, il faut qu'il sorte de son anonymat puis qu'il
dise : Heille! Je pense que je me suis fait congédier... pas «je pense»,
je suis sûr que je me suis fait congédier parce que j'ai dit telle, telle,
telle chose.
Mme LeBel : Bien,
il n'aura pas le choix, là, s'il veut faire valoir ses droits, effectivement,
mais il aura déjà subi la représaille puis il aura déjà... Son allégation de
base va être : J'ai été congédié, ou je n'ai pas eu la promotion, ou peu
importe, là, parce que j'ai divulgué quelque chose. Donc, il va... Je veux
dire, le postulat de base, c'est que son identité est connue par son employeur
qui a fait... Il ne peut pas dire : Il m'a fait une représaille sans
savoir qui j'étais, là. Je veux dire, son postulat de base, c'est — je
vais parler de congédiement, là, pour avoir un terme : J'ai été congédié
parce que j'ai divulgué. Donc, en partant, si j'ai été congédié parce que j'ai
divulgué, il faut que son identité ait été devinée, je vais le dire comme ça,
devinée. Puis c'est ça, son argument, là. Il faut qu'il sorte de son anonymat,
à quelque part, s'il veut faire valoir ses droits.
Des voix : ...
Mme LeBel : J'ai
peut-être une idée par rapport à ce que vous dites. Si on peut suspendre
quelques minutes, je voudrais l'explorer. Mais on va continuer à penser que,
quand c'est anonyme, c'est difficile, hein?
M. Marissal :
Oui, puis c'est le moins pire des
deux mondes, là. S'il faut absolument arriver là parce qu'on veut la
divulgation puis protéger... mais il y a peut-être une autre façon de le faire
aussi, là. OK.
Mme LeBel : Oui,
peut-être.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'on a un consentement pour faire une suspension, pour suspendre?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Suspension. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 09)
(Reprise
à 16 h 19)
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, est-ce qu'il y a d'autres interventions ou est-ce que Mme la
ministre a des...
Mme LeBel : ...d'autres
choses à ajouter, malgré la suspension, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, est-ce qu'il y a d'autres commentaires? On est prêts à mettre
l'article... Parfait. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce que... Donc, est-ce que l'article amendé, il est adopté également?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Passons maintenant à l'article 26...
Mme LeBel : Oui. De la même façon que l'article 22, c'est
un amendement que l'on propose à un article qu'on avait suspendu,
madame...
La Présidente (Mme
Bogemans) : Tout d'abord, Mme la présidente, est-ce que vous me
permettez, comme il y a un nouvel amendement, de retirer l'ancien amendement
qui avait été soumis?
Mme LeBel : Oui,
on peut retirer, oui. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, il y a consentement pour le retrait de l'ancien amendement?
Mme LeBel : Oui,
pour déposer le nouveau.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Numéro un.
• (16 h 20) •
Mme LeBel : Est-ce que mes collègues... C'était sur Greffier.
Est-ce que mes collègues désirent une suspension, ou je le lis et on
suspend après, ou je lis et ne suspends pas? Tout est prêt.
M.
Fortin : ...
Mme LeBel : C'est
la quatrième option, que je n'avais pas proposée.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, nouvel amendement suite au retrait du
précédent. Article 26 qui concerne l'article 17 de la Loi facilitant
la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics. À
l'article 26 du projet de loi :
1° remplacer le
sous-paragraphe c du paragraphe 1° par le sous-paragraphe suivant :
c) par le
remplacement des paragraphes 7° et 8° par les suivants :
«7° le nombre de
divulgations dont le traitement a été suspendu en application de
l'article 13.1;
«8° le nombre de
divulgations visées au paragraphe 7° dont le Protecteur du citoyen a repris le
traitement;
«8.1° le
nombre de divulgations visées au paragraphe 7° dont le Protecteur du citoyen a
mis fin au traitement;»;
2° remplacer le
paragraphe 2° par le suivant :
2° par le
remplacement du deuxième alinéa par les suivants :
«Les
renseignements visés aux paragraphes 1°, 2°, 4°, 5°, 8.1° et 9° doivent être
répartis par organisme public concerné,
sauf pour les organismes publics visés au paragraphe 9° ou 9.1° de
l'article 2 ou ceux qui... pour qui, notamment en raison de leur taille, une telle indication ne
permettrait pas de préserver la confidentialité de l'identité d'une personne
ayant divulgué des renseignements ou collaboré à une vérification ou à une
enquête menée en raison d'une divulgation. Le Protecteur du citoyen doit
également faire rapport sur le respect des délais de traitement des
divulgations.
«Le Protecteur du
citoyen inclut le rapport dans son rapport d'activités.»
Donc, cet amendement
a pour objet d'exiger que certains renseignements relatifs aux divulgations
dans le rapport d'activité du Protecteur du citoyen soient indiqués pour chaque
organisme public, sauf pour les organismes municipaux et pour les organismes
visés par la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance, de même que
pour les organismes pour qui une telle
indication pourrait porter atteinte à la confidentialité de l'identité d'un divulgateur
ou d'un collaborateur à une inspection ou à une enquête menée en raison
d'une divulgation.
Et ça tient compte également, là, du
remplacement de l'article 22 du projet de loi, donc le... entre autres, le
nombre de suspensions qu'il aura... auquel
il aura procédé, là, en vertu de l'article 13.1 qu'on a étudié... 22
qui insère 13.1, qu'on aurait étudié précédemment, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Est-ce qu'il y a des interventions?
M.
Fortin : ...j'hésite à avancer en reculant, mais je vais le
faire quand même, Mme la Présidente. Tantôt, là, au dernier article, la
ministre...
Mme LeBel : À 22?
M.
Fortin : ...oui, la ministre a mentionné la possibilité de
faire une plainte par un tiers, qu'on verrait ça plus tard. C'est quand
est-ce qu'on va voir ça?
Mme
LeBel : C'est l'histoire de pouvoir... C'est dans la loi
sur... contre les représailles, la loi sur la protection, dans le
bloc 2.
M.
Fortin : Dans le bloc 2? OK. C'est bon. C'est juste
parce qu'on approche la fin de ce bloc-là. Je voulais juste m'assurer
que ça s'en venait.
Mme LeBel : Non, c'est ça, c'était
mon... d'instinct, c'est le bloc 2, mais je voulais être certaine. C'est
dans le bloc 2.
M. Fortin : On ne vous reprochera jamais de vérifier, Mme la ministre.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce que l'amendement... Est-ce qu'on a un consentement pour l'amendement?
Est-ce que c'est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Parfait. Super. Est-ce que l'article, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, l'article 26 est adopté, ce qui met fin au bloc de travail 1.
Nous passons maintenant au bloc de
travail 2. Donc, permets-moi... permettez-moi d'introduire
l'article 1 du projet de loi édicté, la
Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles. Est ensuite introduit, à l'article 1, le texte de
la loi édictée qui comporte 28 articles. Nous procéderons à l'étude
article par article de chacun de ces 28 articles, de la même manière que
s'il s'agissait d'articles du projet de loi n° 53 lui-même. Nous étudierons ensuite le titre du projet de loi, et
les intitulés de chapitre, et les sections, avant de mettre aux voix
l'article 1 dans son entièreté.
Mme la
ministre, je vous invite donc à nous faire la lecture de l'alinéa introductif
de l'article 1 et de l'article 1 qui est proposé.
Mme LeBel : C'est ça, ici, oui.
Bien, effectivement, Mme la Présidente, juste pour me mettre moi-même en contexte, là, donc, on va travailler sur la
section du projet de loi actuel qui vient mettre en place la Loi sur la
protection contre les représailles
liées à la divulgation d'actes répréhensibles, et c'est un bloc qui va parler
de cette nouvelle loi là qui va être édictée, lorsque le projet de loi
actuel est adopté, par la mise en place de ces nouveaux articles. Donc :
Partie I.
Édiction de la Loi sur la protection contre les
représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles.
1. La
Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles, dont le texte figure à la
présente partie, est édictée. «Loi sur la protection contre les représailles
liées à la divulgation d'actes répréhensibles».
Donc, ce que
ça propose, c'est l'édiction de la Loi sur la protection contre les
représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles en
remplacement de la protection contre les représailles, qui est prévue par le
chapitre VII de la Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics et de celle
prévue par la section III du chapitre VII.2 de la Loi sur les
services de garde éducatifs à l'enfance, de même que du recours à l'encontre de
la pratique interdite prévue au paragraphe 11° du premier alinéa de
l'article 122 de la Loi sur les normes du travail.
Donc, on vient faire une loi en elle-même de
sections déjà existantes et on va naturellement bonifier, au fur et à mesure,
là, cette protection.
La Présidente (Mme Bogemans) : OK.
Est-ce que vous êtes à l'aise pour poursuivre la lecture de l'article 1 du
chapitre I?
Mme LeBel : Donc, chapitre I,
dispositions introductives... celui-là? Avec plaisir.
«Chapitre I.
«Dispositions introductives
«1. Pour l'application de la présente
loi :
«1° une divulgation s'entend :
«a) d'une
communication de renseignements effectuée conformément à l'article 6 ou 7
de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics;
«b) d'une communication, par une personne à
l'organisme public au sein duquel elle exerce une fonction, de renseignements
pouvant démontrer qu'un acte répréhensible a été commis ou est sur le point de
l'être à l'égard de cet organisme public;
«c) d'une communication, par une personne à
toute personne, toute société de personnes, toute entité ou tout regroupement au sein duquel elle exerce une
fonction, de renseignements pouvant démontrer qu'un acte répréhensible a
été commis ou est sur le point de l'être à
l'égard d'un organisme public et qui concerne cette personne, cette société de
personnes, cette entité ou ce regroupement;
«2° un
organisme public s'entend au sens de l'article 2 de la Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics;
«3° un acte répréhensible s'entend au sens
de l'article 4 de cette loi.» Donc, ce que ça prévoit, là,
c'est les définitions de «divulgation», d'«organisme public» et d'«acte
répréhensible» pour son application.
Et la
définition proposée de «divulgation» inclut celles effectuées conformément à
l'article 6 de la Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics, soit au Protecteur du citoyen, à la Commission
municipale du Québec, au ministre de la Famille ou, en conformité avec
l'article 16 du projet de loi, au Commissaire à l'éthique et à la
déontologie. Et cette définition inclut également celles effectuées
conformément à l'article 7 de cette loi, soit celles faites au public
selon les conditions prévues par cet article. Et enfin, cette définition inclut
les divulgations faites au sein d'un organisme public par une personne qui y
exerce une fonction et celles faites au sein de toute entité, lorsque l'acte
répréhensible concerne l'entité et un organisme public.
Donc, on est
toujours dans la protection, donc, qu'est-ce qu'une... quel type de divulgation
enclenche une protection. C'est la définition. Est-ce que je dois lire
un autre article avant qu'on...
La
Présidente (Mme Bogemans) : Non, c'était... On a eu un amendement de déposé,
on voulait savoir si vous étiez à l'aise de le lire.
Mme
LeBel : C'est moi, hein, qui dépose ça? Je devrais être à
l'aise. Amendement, article 1. Au paragraphe 1° de l'article 1
de la Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation
d'actes répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet de loi :
1° insérer, dans le sous-paragraphe a et
après «ou», «au premier alinéa de l'article»;
2° remplacer, dans le sous-paragraphe c,
«et qui» par «et que cet acte».
Donc, l'amendement a pour objet, Mme la
Présidente, de faire... de ne pas faire dépendre la protection contre les
représailles d'une personne ayant effectué une divulgation conformément à
l'article 7 de la Loi facilitant la divulgation d'actes à l'égard des
organismes publics du respect, là, des deux exigences, là, qui sont prévues — donc,
ce n'est pas un «et» nécessairement, à cet
article — soit
de communiquer au préalable les renseignements à un corps de police ou
au Commissaire à la lutte contre la corruption et s'assurer que la
communication de ces renseignements n'a pas
comme effet prévisible de nuire aux mesures d'intervention pour parer au risque
grave pour la santé ou la sécurité... personne puis l'environnement.
C'est une
discussion qui a eu lieu, entre autres, pendant les consultations, du fait que
c'était très difficile pour le divulgateur qui se voyait devant la
situation d'urgence, là, qui est le premier critère, je vais le dire comme ça,
d'avoir en plus l'obligation de divulguer à
un corps de police. Donc, on laisse dans l'article 7 la notion de
divulgation à un corps de police, parce qu'on veut quand même que les
gens se tournent vers les autorités compétentes pour enquêter, le cas échéant,
mais on n'en fait plus une condition sine qua non pour se tourner vers une
divulgation publique, dans le cadre de l'article 7.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des commentaires? Parfait. Est-ce... Parfait. Avons-nous...
Est-ce que...
Mme LeBel : Sur l'amendement?
La Présidente (Mme Bogemans) : ...l'amendement
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 1 de la loi édictée?
M.
Fortin : ...ça, est-ce que c'est... est-ce que c'est
complètement nouveau, cette...Non, hein, c'était déjà là, ça?
• (16 h 30) •
Mme
LeBel : Oui. C'est parce que, comme on fait une loi, je
vais dire, autoportante en matière de représailles, de protection contre
les représailles, on reprend les notions qui étaient dans la loi actuelle, qui
est la...
Une voix : ...
Mme LeBel : Mais... oui, c'est ça,
mais on ajoute b et c, là.
M. Fortin : Bien, c'est ça, vous
venez rajouter... parce que moi, je ne me souviens pas d'avoir vu une définition
si large, disons, de «divulgation».
Mme LeBel : Non, non. Bien, donc, on
vient assurer une protection beaucoup plus large.Donc, la notion de divulgation devient plus large, effectivement,
pour s'assurer d'une protection. Et en l'essence, là, l'article est le même,
sauf b et c où on a rajouté une notion beaucoup plus large.
M. Fortin : Bien, parlons-en, de b et c, là, parce que oui, ça vient
avec une protection pour le divulgateur.Ça vient aussi avec une
responsabilité pour la personne qui reçoit cette divulgation-là. Et là, par
exemple, dans le paragraphe c, là, d'une communication... et là on ne vient pas
de dire quelle forme de communication, là, c'est correct, «d'une communication,
par une personne à toute personne, toute société de personnes [...] au sein
duquel elle exerce une fonction, de renseignements pouvant démontrer qu'un acte
répréhensible a été commis», alors ça, ça peut être... tu sais, ça peut être
aussi large qu'un employé qui dit à son collègue : J'ai une preuve que
Jean-Louis vole l'organisme, là.
Mme LeBel : Oui.
M.
Fortin : OK. Bien, donc, ce
collègue-là qui, lui, reçoit cette information-là... Tu sais, par exemple, je
ne le sais pas, moi, j'ai une... j'ai
des preuves que Jean-Louis vole. Bien, cette personne-là qui entend cette
communication-là qui n'a pas besoin d'être très, très, très élaborée,
là, si je comprends bien, elle ne peut pas dire : Louise m'a dit que
Jean-Louis vole. Elle ne peut jamais dire ça.
Mme LeBel : Non, l'idée, bien...
M. Fortin : C'est parce que, là, on rentre dans des communications qui
ne sont plus une plainte officielle, là, qui est faite, là.
Mme LeBel : Non, mais l'idée, là,
c'est qu'on ne veut pas... on ne veut pas que la protection ne s'applique que
si la personne prend le canal officiel du Protecteur du citoyen. Et ça peut
arriver que dans le cadre d'une discussion... On ne pourrait pas lui reprocher
d'en avoir parlé à quelqu'un d'autre. Naturellement, c'est la seule personne qui a la capacité de faire des
ordonnances de non-divulgation. Je vais le dire comme ça. Bien, on va prendre
pour... On va tenir pour acquis que la personne qui divulgue à quelqu'un...
toute personne, a confiance dans cette personne-là, de base, là, ou n'a pas de
crainte de représailles. Mais ça, ça lui appartient, cette évaluation-là, mais
on ne peut pas la... Mais par contre, même
si elle ne craint pas les représailles et qu'il y en a une quand même, on ne
pourrait pas lui reprocher de ne pas avoir suivi le canal officiel du
Protecteur du citoyen. Ce n'est pas l'enjeu, et, encore une fois, on revient à
la notion, tantôt, de plainte anonyme pour illustrer mon propos. On veut
favoriser la divulgation.
M. Fortin : Mais c'est parce que le canal officiel du Protecteur du
citoyen, il y a aussi des gens, à l'intérieur de leur organisme, qui sont
habilités à encadrer, à épauler...
Mme LeBel : Oui, mais en
général...
M. Fortin : ...ce qui est un canal officiel, si je comprends bien. Mais
là, ici, on vient inclure la notion de canal très, très, très non officiel, là.
Mme LeBel : Non. Pour la
protection et non pas pour la... pas pour le traitement de la plainte, mais
pour la notion de protection contre les représailles. Donc, si quelqu'un
divulgue un acte répréhensible qui rentre dans la catégorie actuelle des actes
répréhensibles, on ne change pas ces modifications...
M. Fortin : On s'entend.
Mme LeBel : ...et ces
définitions-là, et que, pour une raison x, y, z, ça se sait immédiatement et
elle est congédiée, même si elle n'a pas eu le temps, l'opportunité, le loisir
ou le choix, peu importe, de passer par le canal officiel du Protecteur du
citoyen, la protection contre les représailles va s'appliquer. Donc, elle
pourra, cette personne-là, faire la démonstration qu'elle a été... qu'elle a
été congédiée ou victime de représailles. Je prends toujours le congédiement, mais vous savez que les représailles peuvent
être multiples, là, mais je vais dire congédiée, là, parce qu'elle a
communiqué le fait qu'elle était au fait d'un acte répréhensible. Donc, on
voulait que la protection soit la plus large possible. Maintenant...
M. Fortin : Mais la protection, c'est une chose. La protection, là, on
va s'entendre là-dessus, là, il faut qu'elle soit la plus large et englobante
possible. C'est la notion de responsabilité, là, qui vient nous inquiéter, là,
tu sais. Si je pense que mon employeur, là... tu sais, disons, mon patron
direct vole l'entreprise puis que j'en parle à un collègue, je lui
montre : Vois-tu les mêmes chiffres que moi? Tu vois-tu la même affaire?
Cette collègue-là, est-ce qu'elle a toutes les mêmes obligations que la
personne qui prend ma plainte officielle?
Mme LeBel :
Non. Personne n'a l'obligation de divulguer. On est dans la notion de
protection.
M. Fortin : Non, au contraire. Non, pas l'obligation de divulguer.
Mme LeBel :
Je ne suis pas sûre de comprendre.
M. Fortin : Est-ce qu'elle a l'obligation de protéger, par exemple, mon
identité?
Mme LeBel :
Non, non. Non, parce que, je veux dire...
M. Fortin : Mais parce que c'est une divulgation quand même.
Mme LeBel :
C'est une communication.
M. Fortin : Ça rentre dans la définition de divulgation, ça, cette...
Mme LeBel :
Oui, elle n'est pas... Je ne peux pas... Je ne peux pas avoir cette
obligation-là. Il faudrait que j'aie une ordonnance de non-communication de
tout ce type de renseignements là, et cette communication-là pourrait être
faite par inadvertance...
M. Fortin : Absolument.
Mme LeBel : ...parce que quelqu'un ne réalise pas l'ampleur
du renseignement qu'on vient de lui donner. Donc...
M. Fortin : Absolument.
Mme LeBel :
Et le niveau d'aisance d'un divulgateur, bien, ça va être à géométrie
variable. Quelqu'un peut être très à l'aise d'en parler, ne voudra pas être
anonyme et n'aura... pourrait subir des représailles quand même, mais n'aurait
pas cette crainte-là en lui ou elle au départ et en parle à un collègue. Et là
le collègue, je veux dire, le jour où... Je reprends. Le jour où le Protecteur
du citoyen est mis au courant... pourrait venir par en arrière après ça puis
dire : Bien, à qui tu en as parlé?, puis de revenir avec des ordonnances
de non-communication envers cette personne-là. Mais d'entrée de jeu, au jour
zéro de la communication, je veux dire, on ne peut pas avoir, dans le projet de
loi, une ordonnance de communication qui dit... parce que, là, ça demande à la
personne d'évaluer elle-même que c'est un acte répréhensible, d'évaluer si elle
est soumise à l'ordonnance. Ça devient... et d'être... de faire face parce
que... et qui dit ordonnance ou interdiction de faire dit conséquences, donc,
de peut-être subir une conséquence parce qu'elle a mal évalué l'acte
répréhensible.
C'est sûr que dans
les responsables dont on a parlé plus tôt, pour lequel le Conseil du trésor va
définir par directive une nouvelle responsabilité, l'une des choses qu'ils
auront à faire, c'est d'éduquer les gens dans ce genre de circonstances là.
Peut-être que la personne pourra diriger, dire : Bien, moi, j'ai eu la
formation, j'en ai entendu parler, et elle va parler au Protecteur du citoyen.
Mais je vois mal comment je pourrais mettre une interdiction d'en parler. D'entrée de jeu, ça demande... Ça met sur
la... Je dirais que ça met sur... Tu sais, c'est confident, confidence, là. Ça
met sur la tête de celui qui reçoit la confidence une lourde responsabilité,
là. Par contre, ce que ça fait, ça vient dire... c'est que, si ça fuit puis
s'il y a une conséquence, bien, la personne va être protégée, là.
M. Fortin : Non, mais ça, on est... je pense qu'on est d'accord sur
l'idée générale, là, qui est de protéger le divulgateur.
Mme LeBel :
Oui, peu importe où il se tourne.
M. Fortin : L'inquiétude
qu'on avait, c'est que la personne informée devienne... ait toutes sortes
d'obligations mises sur elle alors
que, justement, elle a reçu cette information-là sans nécessairement le
vouloir, là, sans nécessairement comprendre
l'ampleur ou la... ou tout ça. Alors, si vous me dites que le divulgateur...
que le paragraphe b et c, là, qui rendent la divulgation beaucoup plus
large...
Mme LeBel : Bien,
c'est pour ça...
M.
Fortin : ...protège tous ces gens-là qui vont exprimer, par
exemple, une appréhension, une crainte, une... tu sais, une situation, qui vont exprimer une situation, bien, eux sont
protégés, mais la personne qui les reçoit, là, elle ne vient pas de
recevoir 50 000 obligations en même temps.
Mme LeBel : Non.
M.
Fortin : OK, dans ce cas-là.
Mme
LeBel : Non, parce que ce serait difficile de lui mettre ce fardeau-là
sur les épaules, et c'est pour ça qu'ici on... qu'on ne parle pas... à dessein,
bien, on parle d'une divulgation, on s'entend, mais qu'on parle d'une communication dans ce cas-ci, parce que ce n'est
pas un canal de divulgation. La personne ne reçoit pas une divulgation...
M.
Fortin : Bien, c'est ça.
Mme LeBel : ...elle
reçoit une confidence, une information, une communication. Ça fait qu'on ne
peut pas, au récepteur, attribuer une responsabilité...
M. Fortin : Non,
non. Je ne suis pas allé voir ma collègue pour, justement, enclencher le
processus de plainte. Je suis allé voir ma collègue soit pour...
Mme LeBel : Peut-être
lui demander son avis.
M.
Fortin : ...tester quelque chose, oui,
c'est ça.
Mme LeBel : Oui,
voilà. Ça fait qu'on ne pourrait pas transférer à la collègue qui reçoit cette
information-là et qui est partie à notre réflexion, comme divulgateur
potentiel, le fardeau de dire : Heille! moi, je peux-tu en parler, je
peux-tu ne pas en parler? Puis peut-être que cette personne-là va en parler à
un autre collègue en disant : Moi... Savais-tu
que ce que l'autre vient de me dire? Je trouve ça assez grave, tu sais. Peu
importe. Et peut-être que la collègue en question deviendra le
divulgateur auprès du protecteur. On ne le sait pas, ce n'est pas impossible
non plus, là.
M.
Fortin : Mais, si la collègue en question
va voir quelqu'un d'autre pour tester l'idée, ça devient une divulgation, ça
aussi.
Mme LeBel : Non,
ça devient une communication, qui peut s'entendre une divulgation, mais ça
dépend, là. À un moment donné, on...
M.
Fortin : Oui, mais...
Mme LeBel : On
protège, oui, on protège, mais...
M. Fortin : Oui, c'est ça. Il y a une protection pour cette personne-là
aussi, hein?
Mme LeBel : Bien,
si elle subit des représailles...
M.
Fortin : C'est le même... C'est le même...
Oui.
Mme LeBel : Bien
oui, parce qu'elle devient comme... elle communique une information...
M.
Fortin : C'est ça.
Mme LeBel : ...qui
est un acte répréhensible, et si la personne, la collègue en question qui a eu
le bonheur de recevoir la confidence, subit, elle aussi, des représailles parce
qu'elle est au courant puis elle en a parlé...
M.
Fortin : Il faut qu'elle soit protégée,
elle aussi.
Mme LeBel : ...bien oui, elle est protégée, parce que cette
communication-là... Dans le fond, ce n'est pas... ce n'est pas l'origine qui
est protégée, c'est le fait de parler d'un acte répréhensible et de... parce
qu'on a communiqué un acte répréhensible, on a subi une représaille,
c'est ça qui est protégé, là. Mais je ne peux pas lui donner...
M.
Fortin : Ça va pour l'instanté Ça va.
Mme LeBel : ...je
ne peux pas lui donner l'obligation de se taire.
M.
Fortin : Non, non, c'est bon. Ça va pour
l'instant.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Merci. On va faire un peu de sémantique. Dans les deux cas, là, une
divulgation s'entend, a, d'une communication de renseignements effectuée
conformément à l'article 6, 7, je comprends que ça réfère...
Mme LeBel : Ça,
c'est identique à ce qui existe actuellement.
M.
Marissal : Oui. Non, excusez-moi, je ne suis pas à la bonne place, là.
Je reprends. Premier paragraphe, une divulgation s'entend... allons à b, «d'une
communication par une personne à l'organisme public au sein duquel elle exerce
une fonction, de renseignements pouvant démontrer qu'un acte répréhensible a
été commis ou est...»
Moi,
c'est le «renseignements pouvant démontrer» qui... sur lequel j'accroche un
peu, puis ça revient à c aussi, c'est la même formulation. Donc, on demande
à la... au divulgateur ou à la personne divulgatrice d'apporter un
renseignement pouvant démontrer qu'un acte répréhensible... Il me semble que le
seuil est quand même élevé de ce qu'on demande à la personne. La personne n'est
pas nécessairement placée pour...
• (16 h 40) •
Mme LeBel : Ce
n'est pas la personne qui doit faire ça, c'est le renseignement qui doit le
démontrer. C'est parce qu'à un moment donné,
il faut que le renseignement... pour donner lieu à une représaille, il faut que
le renseignement soit de nature... qu'il ait un certain poids. Donc, on
ne peut pas parler de n'importe quelle rumeur qui est divulgué au... sur le
coin de la machine à café. On va se parler. Ce n'est pas la personne qui va
évaluer si son renseignement peut le démontrer,
on devra évaluer la qualité du renseignement par la suite. Donc, la personne
n'a pas cette capacité-là de voir si son renseignement peut démontrer...
Mais il faut que ce renseignement-là ait une certaine crédibilité, parce qu'on
ne peut pas protéger...
M. Marissal :
Mais le «pouvant démontrer» revient donc, Mme la ministre, au protecteur...
Mme LeBel : ...standard
qu'on n'a pas introduit, hein?
M. Marissal :
La capacité de démontrer si ça peut démontrer... Ça aussi, c'est un
pléonasme. La capacité de qualifier la divulgation, à savoir si elle démontre
un acte répréhensible, ça, ça appartient au protecteur, à la personne qui
reçoit?
Mme LeBel : Bien,
ça va appartenir à la personne ou ça va appartenir à... le lien qu'on fera, un
jour, pour dire : Bien, j'ai été... Tu
sais, il faut qu'il y ait une certaine substance au renseignement qui est
véhiculé pour, après ça, dire : J'ai été... C'est à cause de ce
renseignement-là que j'ai été congédié, etc. Mais on n'introduit pas une
nouvelle notion, là, ce standard-là existe
déjà dans la loi actuelle. Ce qu'on introduit ici, c'est l'élargissement des
communications et non pas... La nature
du renseignement qui donne lieu à une protection, c'est-à-dire pouvant
démontrer un acte répréhensible,
c'est une notion qui est déjà dans la loi actuelle. Ça prend un renseignement
d'une certaine... j'allais dire d'une certaine substance, là, si je peux
le dire comme ça.
M. Marissal :
Est-ce qu'il y a une nuance, à votre esprit, entre «qui peut démontrer»,
«qui démontre» ou «pouvant démontrer»?
Mme LeBel : Bien, «qui démontre», oui... qui démontre, c'est
beaucoup plus... il faut que ça le démontre. «Pouvant démontrer», c'est
la capacité de le faire, donc le succès n'est peut-être pas avéré mais...
M. Marissal :
OK. Je comprends bien. Et, même
si on importe quelque chose qui existe déjà, il n'est pas interdit
d'améliorer une nouvelle loi.
Mme LeBel : Non,
mais je ne voulais juste pas qu'on pense que je... qu'on introduisait une
nouvelle notion étrangère à...
M. Marissal :
Je comprends bien. Moi, je ne voudrais pas... Tu sais, je... ma crainte
ici, là, puis «crainte» est un gros mot, là, mais je ne voudrais pas qu'on
donne l'impression que le fardeau de la preuve est sur les épaules de la personne divulgatrice qui, dans le doute, va se
dire : Je vais m'abstenir parce que je suis ne pas sûre que mon affaire
est assez grosse, parce que je ne voudrais
pas être accusée de déposer des plaintes futiles. Parce que j'imagine que ça,
il y a des... il y a des mesures contre ça, là. Évidemment, on veut...
Mme LeBel : Bien,
malheureusement, ça existe dans notre société.
M. Marissal :
Oui, oui. Ah oui! ça existe. Mais, tu sais, je ne veux pas qu'on... je ne
voudrais pas qu'on mette un poids trop grand
sur quelqu'un qui, au pire, dépose quelque chose, puis on lui dit : Il n'y
a rien là ou ce n'est pas recevable, tu sais. C'est...
Mme LeBel : Voilà.
Elle n'a pas à faire l'évaluation préalable de sa communication, en
disant : Ah! je peux-tu y aller, ça démontre-tu ou non? Ce n'est pas à
elle de l'évaluer, là.
M. Marissal :
Oui, cette personne-là est
protégée dans les cas... dans le cas où sa plainte ne serait pas retenue
ou, en fait, la divulgation ne serait pas retenue...
Mme
LeBel : Bien, si elle est... si elle subit une... si c'est
un acte répréhensible, oui. Tu sais, au départ, il faut que ce soit un
acte répréhensible. Il faut que... puis il y aura toujours, malheureusement,
l'obligation de faire un lien de causalité entre la... là, je... l'action, le
congédiement, et la divulgation, et l'acte répréhensible, là.
M. Marissal : Oui,
je vois.
Mme
LeBel : Je veux dire, il y a beaucoup de raisons de
congédier, là. Il faut s'assurer que c'est fait parce que... tu sais,
ça, c'est un incontournable, là.
M. Marissal : Dans un cas comme...
Oui, dans un cas comme celui-là.
Mme LeBel : Oui.
M. Marissal : OK. Bien, je e peux
vivre avec la formulation, là. Je comprends mieux quel est l'esprit de la
lettre ici, là.
Par ailleurs, un... «qu'un acte répréhensible a
été commis — ça,
ça va, ça a été fait, c'est dans le passé — ou est sur le point de
l'être». Pourquoi vous avez choisi cette formulation-là? Parce que «est sur le
point de l'être», moi, littérairement, si je
le lis, j'ai l'impression que c'est... ça va se passer demain ou ça va se
passer bientôt. Je ne sais pas s'il y a un facteur temps dans votre...
Mme LeBel : ...temps, mais il y a un
certain facteur temps, parce que, je veux dire, à un moment donné, ça te prend une substance. Ce n'est pas juste :
Peut-être, je pense que dans cinq ans, mon boss va faire un acte répréhensible.
Donc, tu as des renseignements qui démontrent... Puis on ne veut pas...
on ne voulait pas... Puis ça existe déjà dans la loi actuelle.
L'idée, c'est que tu n'as pas besoin d'attendre
que ça ait été commis pour intervenir, mais il faut quand même... Quand on dit
«sur le point de l'être», ce n'est pas genre demain matin ou dans
24 heures, mais il y a quand même une substance qui dit qu'il y a quelque
chose qui est en marche, qui va avoir un aboutissement, là. Il faut le
comprendre. Mais il n'y a pas un facteur temps du genre «sur le point de
l'être». Ça ne veut pas dire dans 24 heures, dans deux jours, dans quatre
jours. Ce n'est pas ça, mais il faut quand même que le renseignement que je
transmets démontre que ce n'est pas juste
une vue de l'esprit, qu'il y a quelque chose de concret qui s'apprête à être
commis. On n'a pas besoin d'être assuré que l'acte est consommé,
disons-le comme ça.
M.
Marissal : Oui, je comprends bien l'explication. Moi,
j'accrochais un petit peu sur «le point de l'être». Pourquoi
n'aurions-nous pas choisi, par exemple, de dire «risque de l'être»? Parce que,
là, il n'y a pas...
Mme LeBel : Parce que c'est la
rédaction qui est employée dans la plupart des cas où on parle de quelque chose qui est commis ou sur le point de l'être.
C'est vraiment une... et ce n'est pas interprété comme étant, genre, dans
24 heures, là. C'est d'usage dans tout
ce qui est pénal, dans ce qui est... ce n'est pas... ce n'est pas une
formulation qui est absente du corpus législatif pénal, pour dire :
C'est fait ou c'est sur le point d'être fait, là.
M. Marissal : Ça va.
La Présidente (Mme Bogemans) : Donc,
est-ce que l'article 1, tel qu'amendé, de la loi édictée, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Maintenant, nous pouvons procéder à la lecture de l'article 2 de la loi
édictée, comme l'article 1 de la loi édictée est adopté.
Mme LeBel : Donc, article 2?
La Présidente (Mme Bogemans) : Article 2.
Mme LeBel : Article 2. «La
présente loi lie l'État.»
Cet article
prévoit que la loi sur la protection contre les représailles... d'État... lie
l'État. Et c'est... Je ne sais pas quel commentaire faire,
supplémentaire, sur l'explication de cette phrase.
Une voix : ...
Mme LeBel : Non, il n'y a pas de
pléonasme, et ce n'est pas très... C'est assez direct.
La Présidente (Mme Bogemans) : Donc,
l'article 2 de la loi édictée est-il adopté?
Mme LeBel : Adopté. À moins que mes
collègues ne veuillent pas que ça lie l'État. Non? Ça va.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Bogemans) : La
lecture de l'article 3, maintenant.
Mme
LeBel : Je me trouve drôle. Je vais lire l'article
principal. Il y aura un amendement. Donc, je m'autodéclare.
«Chapitre II.
«Protection contre les représailles.
«Section I.
«Interdiction.
«3. Il est interdit d'exercer des représailles
contre une personne pour l'un des motifs suivants :
«1° elle a fait une divulgation;
«2° elle a collaboré à une vérification ou à une
enquête menée pour l'application de la présente loi ou pour celle de la Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes
publics;
«3° elle a collaboré à une inspection ou à une
enquête menée en raison d'une divulgation pour l'application de la Loi sur les
services de garde éducatifs à l'enfance;
«4° elle a exercé un droit que lui confère la
présente loi.
«Il est [...] interdit de menacer une personne
de représailles pour qu'elle s'abstienne de faire une divulgation, de collaborer à une vérification, à une inspection
ou à une enquête visée au premier alinéa ou d'exercer un droit que lui confère
la présente loi.»
Donc, ça
prévoit l'interdiction d'exercer des représailles ou de menacer d'exercer des
représailles pour les motifs que cet article énumère.
J'ai un amendement. Ah! il est ici. Excuse-moi...
C'est celui-là? OK. Parfait.
Des voix : ...
Mme LeBel : Ah! OK, excusez,
excusez-moi. Je m'excuse, Mme la Présidente, j'ai eu un petit moment de
confusion momentanée. Donc :
À l'article 3 de la Loi sur la protection
contre les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles, proposé
par l'article 1 du projet de loi:
1° dans le premier alinéa :
a) supprimer le paragraphe 3°;
b) ajouter, à la fin, les paragraphes suivants :
«5° elle a
conseillé à une personne de faire une divulgation ou d'exercer un droit que lui
confère la présente loi, l'y a encouragé ou l'a renseignée sur ces
possibilités;
«6° elle a des liens notamment personnels ou
familiaux avec une personne ayant fait une divulgation ou exercé un droit que
lui confère la présente loi.»;
2° supprimer, dans le deuxième alinéa, « , à une
inspection». Commentaires. Cet amendement a pour objet d'ajouter deux motifs
d'interdiction de représailles. Il a également pour objet de retirer des motifs
d'interdiction de représailles à la collaboration à une inspection ou à une
enquête menée en raison d'une divulgation pour l'application de la Loi sur les
services de garde éducatifs à l'enfance, par concordance avec le retrait de la
possibilité d'effectuer une divulgation au
ministre de la Famille, proposé par l'amendement au projet de loi. Donc, comme
on ramène au Protecteur du citoyen, il faut faire les... c'est de la
concordance par rapport à cette décision initiale.
Et enfin, cet amendement a pour objet de retirer
une référence à la notion d'inspection, laquelle ne s'applique que dans le cadre de la Loi sur les services de
garde éducatifs à l'enfance. Donc, ça aussi, c'est de la concordance, compte
tenu de la décision qui a été prise de ramener ça vers le Protecteur du
citoyen, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme Bogemans) : Commentaires sur l'amendement? Est-ce que
l'amendement de l'article 3 est adopté?
M. Fortin : Sur le nouveau... le nouveau 5°, là, «elle a conseillé à
une personne de faire une divulgation ou d'exercer
un droit que lui confère la présente loi, l'y a encouragé ou l'a renseignée sur
ses possibilités», là, je comprends que
le scénario typique, là, c'est de dire, essentiellement : J'ai demandé
conseil à quelqu'un, elle m'a dit de divulguer... On ne veut pas qu'il y
ait de répercussions sur la personne qui m'a conseillé de...
Mme LeBel : La collègue en question,
à titre d'exemple, pourrait vous dire : Heille! moi, c'est assez sérieux, je pense que tu devrais aller divulguer au
Protecteur du citoyen. Par ricochet, cette personne-là, si on sait qu'elle vous
a conseillé d'aller voir le Protecteur du citoyen, sera également... et
qu'elle n'a pas divulgué le renseignement, là, on ne parle pas qu'elle a fait une communication elle aussi, qu'elle a...
bien, je dirais «simplement», c'est quand même bien, là, mais qu'elle a
dit à la personne : Va, go, bien, elle est protégée par le fait même
d'avoir dit à la personne : Vas-y.
• (16 h 50) •
M.
Fortin : À l'inverse, est-ce qu'il peut y avoir des
représailles contre une personne qui découragerait quelqu'un de faire
des divulgations?
Mme
LeBel : Bien, je vois mal comment l'employeur va congédier
quelqu'un qui a découragé son collègue de se plaindre contre
l'employeur.
M.
Fortin : Bien, ça dépend de la situation, là. Mais, tu
sais, c'est parce que les gens évoluent de rôle, avec le temps, dans une
organisation, là. Les gens changent un peu. Il peut y avoir des liens, il peut
y avoir toutes sortes de choses. Puis je ne dis pas nécessairement, là, que ça pourrait être un
motif de l'employeur actuel, là, mais éventuellement, il pourrait y
avoir des changements.
Mme LeBel : Bien, c'est parce que je
vois mal le cas de figure où ça pourrait s'appliquer, honnêtement, rapidement,
comme ça. Et je vois mal de mettre dans un article de loi : Tu peux
déconseiller d'aller voir le Protecteur du citoyen.
M.
Fortin : Mais, à l'inverse, est-ce qu'il pourrait y avoir
des... est-ce qu'il pourrait y avoir des mesures prises contre quelqu'un
qui décourage un plaignant potentiel de divulguer?
Mme LeBel : Oui, bien... mais je
suis un peu... Je ne sais pas quel genre... qui prendrait les mesures et quel
type de mesures? Puis je ne suis pas... C'est juste que j'essaie de réfléchir
rapidement avec vous, là, mais...
M. Fortin : Non, non. Je ne sais pas, mais, tu sais, un... Je ne sais
pas, moi, je vous donne un exemple, là, je vais
voir un collègue, le collègue me dit : Ne fais pas ça, ne va pas
divulguer. Puis ce collègue-là, bien, il est en relation avec le patron,
là. Pas tout le monde qui sait tout ce qui se passe, là, tu sais.
Alors, est-ce qu'il y a une... est-ce qu'il peut
y avoir des mesures de... des sanctions, par exemple, sur un collègue qui...
Mme LeBel : Bien, il pourrait être
partie... Il pourrait... On a-tu de la...
M. Fortin : ...tu sais, d'emblée, parce qu'il a des relations
personnelles ou peu importe.
Des voix : ...
M. Fortin :
Oui? OK.
Mme LeBel : ...de complicité. Cette
personne-là pourrait être accusée de complicité avec... parce qu'elle a défavorisé l'acte répréhensible, donc, par
ricochet... là, j'allais dire l'article 21, mais je suis dans mon Code criminel, là, par le... le fait d'avoir des conseillers devient complice
de l'acte répréhensible, et moi, je pense qu'il pourrait y avoir, dans le cadre de l'enquête du Protecteur du
citoyen, ce constat. Ce constat, là, j'emploie des mots qui sont durs quand
je parle de complicité, mais on comprend...
Mais on ne pourrait pas... mais ce n'est pas dans la loi sur... dans le cadre
de la loi sur les représailles.
M.
Fortin : Non, je comprends. Mais c'est parce qu'ici on
vient dire : OK, il va y avoir... il peut... il est interdit
d'exercer des représailles contre quelqu'un qui encourage. Ça, on se comprend.
Mme LeBel : Oui.
M. Fortin : Mais quelqu'un qui fait l'inverse pour une raison ou une
autre, il faut qu'il y ait...
Mme LeBel : Bien, moi, je pense qu'il
deviendrait potentiellement complice de la représaille... non, de l'acte répréhensible. Mais comme on parle de la
protection contre les représailles, ici, l'employeur va probablement lui donner
une promotion plutôt que de... hein, ça va être le contraire.
M.
Fortin : Bien, ça dépend de l'employeur, effectivement.
Mais dans la... tant que vous me dites, dans la situation qu'on décrit,
là, qu'effectivement cette personne-là peut se retrouver complice...
Mme LeBel : Bien, il pourrait y
avoir des mesures disciplinaires aussi, là. Je veux dire, il pourrait être...
OK, on jase. Il pourrait être potentiellement complice de l'acte répréhensible,
dépendamment de ce qu'il a dit puis de la conclusion que le Protecteur du citoyen
aura éventuellement. Exemple, je vais divulguer, puis je le dis au Protecteur
du citoyen, puis, en plus, untel m'a déconseillé de le faire. Bon, est-ce qu'il
m'a déconseillé de le faire juste parce qu'il
se dit : Tu es fou, fais-le pas, tu vas être congédié? Ça, c'est une
chose, on s'entend. C'est plutôt... j'exprime des craintes de ne pas le
faire.
M. Fortin : Bien, tu es fou, fais-le pas, je suis à veille d'avoir une
promotion puis, tu sais, je ne veux pas m'embarquer là-dedans.
Mme LeBel : Exact. Bon, exact,
peut-être. Bien là, à ce moment-là, tous les cas de figure pourraient...
plusieurs situations pourraient répondre aux cas de figure en question, un,
dépendamment du motif du conseil de ne pas faire, et de la motivation, et tout
ça, bien, ça pourrait être quelqu'un qui pourrait devenir, par association,
associé à l'acte répréhensible. Il pourrait y avoir, d'un employeur... parce
qu'on peut penser qu'au sein de l'organisation, je veux dire, il y a des
employeurs qui veulent que l'organisation fonctionne et ne tolèrent pas les
actes répréhensibles. Il pourrait il y avoir une mesure disciplinaire contre
cette personne-là, qui dit : Heille! moi, là, moi, je suis la tête dirigeante de mon
organisme, là, j'ai un de mes cadres ou, peu importe, une personne qui commet
des actes répréhensibles, puis toi, bien... Donc, il est passible,
j'imagine, de la même... d'une conséquence au même titre que la personne qui a
commis elle-même l'acte répréhensible.
M. Fortin : Même s'il n'y a pas de bénéfice personnel pour cette
personne-là.
Mme LeBel : Bien là, j'imagine que
chaque cas de figure verra la conséquence appropriée. Est-ce que c'est juste
quelque chose à son dossier? Est-ce que c'est juste l'annulation de sa... je ne
sais pas, là, je nomme des choses, mais ce sera à l'employeur de
l'organisation, qui n'est pas impliqué dans l'acte répréhensible et qui
constate que non seulement il y a un acte répréhensible, mais il y a des
employés autour qui étaient au courant et qui ont... j'allais dire une entrave,
une entrave, c'est très grave aussi comme terme, mais ont déconseillé, pas par
crainte, parce que ça, ce n'est pas la même chose, là, mais qui ont
déconseillé, par intérêt personnel, de ne pas faire, bien...
M. Fortin : Ou par... ça peut être par intérêt personnel,
organisationnel aussi, là. Tu sais, on l'entend encore, cette espèce de...
Mme LeBel : Dans sa vision, dans sa
vision.
M. Fortin : Oui, tu sais, je n'en veux pas, dans mon secteur, de
plainte, là, puis je ne veux pas que rien ne bouge, là.
Mme LeBel : Oui, oui. À ce moment
là, je veux dire, le Protecteur du citoyen fera ledit constat, fera des
recommandations qui pourront également, par ricochet, viser la personne qui a
déconseillé de faire. Mais ça fait... là, il y a autant de conséquences
possibles que de cas de figure aussi dans ce cas là.
M. Fortin : Parce que dans un cas comme dans l'autre... ce qu'on est en
train de faire ici, puis je pense que l'objectif visé, c'est le même, là, c'est
que, tu sais, des gens qui veulent dénoncer, qui veulent divulguer, qu'il n'y
ait pas d'entrave nulle part.
Mme LeBel : Non.
M. Fortin :
Puis on l'entend encore, là, la question de l'omerta. On l'entend encore, tu
sais, dans le réseau de la santé, on
l'entend encore dans plusieurs organismes gouvernementaux. Alors, il y en a des
gens qui, pour une raison ou une autre, là...
Mme LeBel : Défavorisent.
M. Fortin : ...tentent encore de mettre le couvercle sur la marmite,
des fois. Alors, il faut juste s'assurer que ces gens-là font face à une
certaine conséquence.
Mme LeBel : Mais ça fera partie de
l'enquête du Protecteur du citoyen puis du constat qu'il aura fait. Puis on
parle toujours d'actes répréhensibles. Donc, ce qu'on veut ici, c'est favoriser
la divulgation, vous avez raison. Ce qu'on veut ici, c'est de lancer le message
très clair qu'on ne tolérera pas d'acte répréhensible. Puis après ça, bien,
l'intervention de l'intermédiaire qui aura déconseillé de faire sera jugée à sa
valeur, c'est-à-dire compte tenu des circonstances, de l'intérêt, de la
motivation. Et ça fera partie, très certainement, des constats du Protecteur du
citoyen sur la... je veux dire, la... mais
est-ce que l'organisation est saine ou non, là, dans ce sens-là, là, puis à
quel point il y a une une culture,
dans l'organisation, ou non de cacher les choses. Ça peut être très, très
momentané, ça peut être très personnel, ça peut être... ou ça peut être
une culture, là. Tous les cas de figure sont possibles, et le Protecteur du
citoyen fera ses recommandations en conséquence, là.
M. Fortin : Ça va pour l'instant, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Bogemans) : Commentaires?
Mme LeBel : Là, on était-tu sur
l'amendement?
M.
Marissal : Je n'ai pas autant d'imagination que mon collègue
de Pontiac ou l'esprit aussi tordu, mais j'allais à la même
place, là. Mettons que Monique va luncher avec Roger puis qu'elle lui
dit : Je pense que la vice-présidente a fait quelque chose de
croche, je pense que je vais la dénoncer. Puis Roger dit à Monique : Es-tu
folle? Tu es à un an de ta retraite, tu vas
te faire défoncer pour ça, ne fais pas ça, laisses passer, c'est correct. Puis
que, finalement, ça sort quand même
puis que la présidente de l'organisme démet la vice-présidente fautive puis dit
à Roger : Pourquoi tu as dit ça à Monique?
Mme LeBel : Bien
là, ça va dépendre du cas de figure. Tu sais, Roger dit : C'est parce que
moi, je craignais puis j'avais peur que
Monique... Là, c'est toute la question de l'éducation, de favoriser la culture
de divulgation. Est-ce que la présidente pourra
dire à Roger : Bien, la prochaine fois, j'aimerais mieux que tu ne dises
pas quelque chose de même? Mais, tu sais, s'il le fait pour... on jase, mais
dans les circonstances, il l'aurait fait pour protéger Monique, là. Je veux
dire, à un moment donné, on ne peut pas lui en vouloir d'être son ami et
d'avoir, peut-être, une mauvaise compréhension, mais c'est... d'où les
responsables dans chacun des organismes qui vont devoir donner, favoriser,
expliquer le processus, d'expliquer que la personne est protégée. Parce que
dans le cas de figure que vous me... que vous me décrivez, Roger le fait pour
protéger Monique, là
M. Marissal :
Oui, mais la présidente zélée qui veut vraiment faire le ménage puis laver
plus blanc que blanc pourrait dire à Roger : Tu es fautif parce que tu as
protégé. Alors, moi, j'aurais juste mis : Elle a conseillé une personne
dans son cheminement...
Mme LeBel : Bien
là, c'est parce que si la présidente veut laver plus blanc que blanc, là, elle
ne punira pas quelqu'un qui, de bonne foi, a voulu protéger Monique qui a
divulgué, là.
M. Marissal :
Oui, je suis dans un cas de figure extrême, là.
Mme LeBel : Bien,
oui...
M. Marissal :
Je comprends juste qu'il ne faut jamais, jamais minimiser les risques dans
une... Tu sais, là, on parle toujours, là,
dans les cas qu'on parle depuis tantôt, là, depuis qu'on étudie le projet de
loi, là, on parle d'endroits où ça va mal, hein, ce n'est pas... ce
n'est pas l'harmonie, là, c'est des lieux de travail pourris, hein? Ça fait
qu'il faut s'assurer que la communication soit bonne.
Mme LeBel : Il peut y avoir des gens aussi qui sont impliqués
sans le lieu de travail au grand complet, là. Je veux garder, quand
même, une certaine naïveté, une foi, en mes organismes publics, si vous
permettez.
M. Marissal :
Ça vous honore.
Mme LeBel : Oui,
tout le monde, il n'est pas méchant dans la vie.
M. Marissal :
Non, non, je ne crois pas ça. Non, non, j'ai un bon fond. J'ai un bon fond,
moi aussi.
Mme LeBel : Non,
mais ici, là... On va reprendre. Ici, là, ça veut donner une protection, là,
contre la divulgation, là. Ça ne peut pas prendre tous les cas de figure. On
est dans la protection contre les représailles suite à une divulgation. Donc,
on peut parler de ces cas de figure là, puis il y en a autant que l'imagination
nous le permet, et il y aura autant de conséquences possibles ou pas possibles.
Mais là, je m'excuse,
mais si Roger a été congédié par la présidente qui est trop zélée parce qu'il a
conseillé à sa chum de ne pas faire ça parce
qu'il voulait la protéger, bien là, ça va rentrer dans le droit du travail,
puis la... tu sais, les normes du travail puis... Et ça ne tiendra pas,
éventuellement, ce congédiement-là, mais ça ne sera pas une représaille suite à
une divulgation. Donc, ça ne sera pas ce mécanisme-là qui va s'appliquer, mais
là Roger va dire : Ma présidente, là,
elle est... j'ai juste... puis le tribunal du travail, le TAT, va probablement
le réintégrer dans ses choses puis en disant : La présidente,
franchement... puis là ça lave vraiment plus blanc que blanc, elle ne fera pas
ça.
M. Marissal :
C'est bon, je...
Mme LeBel : Mais
il y a une protection, il y a son syndicat, il y a les normes du travail, il y
a la protection contre les... j'allais dire congédiements abusifs ou, en tout
cas, démotions ou, en tout cas, toutes les choses qu'il pourrait y avoir, suspensions non fondées. Il y a tout ce qu'il faut
comme outils dans les conditions de travail et dans le droit du travail,
à ce moment-là, pour réagir à ça.
M. Marissal :
C'est bon, c'est ce qu'on fait, on retourne toutes les pierres.
Mme LeBel : Exact.
M. Marissal :
Je préfère être plus sûr qu'avoir un doute. Merci.
• (17 heures) •
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'amendement? Est-ce que...
Mme LeBel : Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : C'est adopté. Donc, l'amendement de l'article 3 est
adopté.
Mme LeBel : Avec
notre imagination, il nous emporte ailleurs.
La
Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur
l'article 3? Est-ce que l'article 3, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Donc,
l'article 3 de la loi édictée est adopté. Passons maintenant à
l'article 4.
Mme LeBel : Oui,
merci, Mme la Présidente. Article 4 :
«Constituent des
représailles au sens de l'article 3, notamment :
«1° le fait de
déplacer, de suspendre, de rétrograder ou de congédier une personne ou de
mettre fin à son stage, d'exercer à son
endroit toute autre mesure disciplinaire ou portant atteinte à son emploi, à
ses conditions de travail ou à son stage, y compris des mesures
discriminatoires, ou de lui imposer toute autre sanction;
«2° dans le cas où la
personne visée à cet article est le parent d'un enfant à qui des services de
garde sont fournis par un organisme public
visé au paragraphe 9° de la loi 2 de la Loi facilitant la divulgation
d'actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics, le fait de priver cette personne ou son enfant de droits,
de lui appliquer un traitement différent ou de procéder à la suspension
ou à l'expulsion de l'enfant de cette personne.
«Pour l'application
de la présente loi :
«1°
un stage s'entend au sens de l'article 1 de la Loi visant à assurer la
protection des stagiaires en milieu de travail;
«2° est assimilée à
un parent la personne qui assume de fait la garde de l'enfant, sauf en cas
d'opposition du titulaire de l'autorité parentale.»
Donc,
on fait référence à des notions qui existent déjà dans d'autres lois pour la
définition de ces choses-là. Donc, ce
que le premier alinéa fait, c'est de prévoir des exemples de représailles. On
essaie d'englober tous les cas de figure, mais on ajoute «et de lui imposer toute autre sanction», pour être sûr
qu'on n'en échappe pas, qui pourrait faire l'objet, là, de... qui pourrait être une représaille liée à
la divulgation. Alors, malgré le fait que mon exemple récurrent est le
congédiement, on comprend qu'il y a toute une panoplie de représailles,
et c'est l'article 4, 1°, qui vient les énumérer.
Et le deuxième alinéa
de cet article, bon, donne des précisions de définition, là, pour l'application
de la loi, mais toujours en faisant référence à des définitions déjà connues
dans d'autres lois sur ces notions-là.
M.
Fortin : Je comprends que ça vient
d'autres lois, là, mais la... puis on prend quand même le temps d'aller
assez... de façon assez précise, là. On vient parler des stages, entre autres,
tout ça. Qu'est-ce qui arrive avec un consultant?
Parce que le gouvernement utilise quand même beaucoup, beaucoup de gens de
l'externe, par exemple, là... Alors, quelqu'un qui est... qui est
utilisé, qui a sa firme de consultants, qui arrive, est-ce que c'est mettre fin
à son... mettre fin à son contrat, ça? Parce
que, de la façon que c'est écrit, moi, ça me donne l'impression que c'est pour
des gens qui sont à l'interne dans l'organisation.
Mme LeBel : Non.
M.
Fortin : Non?
Mme LeBel : Non,
non, ce n'est pas des... Non, c'est vraiment la représaille, puis ça pourrait
être de lui imposer toute autre sanction, parce que la divulgation, c'est à
l'égard d'un organisme public. Donc, c'est quelqu'un qui divulgue, donc c'est
sûr que ça prend un lien entre l'organisme public et le divulgateur pour qu'il
puisse y avoir une sanction. Et le lien contractuel, là, dans le cas de figure,
bon, outre le fait qu'on peut aller contester devant les tribunaux la fin d'un
contrat prématuré, je vais le dire comme ça, bien, il y aurait aussi l'option
de le faire par... comme étant toute autre
sanction, là, mais il y aurait toujours aussi l'option de venir... même pas, il
y aurait une option encore plus
simple, quant à moi, de ne... de passer par le fait de la fin d'un contrat sans
respecter les clauses, où il n'y a même pas besoin de faire un lien de
causalité avec une représailles ou une divulgation, là, mais là je ne donnerai
pas de conseil juridique ici. Mais je ne passerais pas par cette loi, je
passerais par la loi sur les contrats...
M.
Fortin : OK. Puis je...
Mme LeBel :
...je passerais sur le contrat.
M. Fortin : Mais, encore là, ça, ça marche pour si c'est... le contrat est avec la
personne directement. C'est une...
Mme LeBel : Bien,
ça prend un lien. Pour qu'il y ait une représaille, il faut que l'organisme
public ait un moyen d'action sur la personne qui divulgue. C'est sûr que, si
moi...
M. Fortin : Une
infirmière d'agence, par exemple, là, le contrat est signé avec l'agence,
disons, là, et là, dans ce cas-ci, ce serait, j'imagine, exercer toute
autre mesure disciplinaire.
Mme LeBel : Bien,
l'infirmière pourrait être bannie. On pourrait dire à l'agence : Cette
infirmière-là, je ne la veux plus.
M. Fortin : On ne la veut plus. Tu sais... oui. Donc là, c'est... oui.
Mme
LeBel : Bien, c'est ça. Bien là, oui, ça serait toute autre sanction
et ce serait couvert, sans mettre fin au contrat, mettons, dans le cas de
figure où on dit, là, où on parle... mais là il faudrait qu'on prouve que
l'agence qui, en général, a le choix de ses
infirmières, j'imagine, là, je ne veux pas... je ne suis pas au fait de tous
les détails des contrats, de la
relation, mais j'imagine que l'agence pourrait dire : Bien, moi, en vertu
de mon contrat, je peux t'envoyer qui je veux.
Donc,
on pourrait toujours avoir cette contestation-là en vertu des clauses de son
contrat, qui, quant à moi, n'implique pas de faire un lien de causalité
avec une divulgation, ou l'infirmière elle-même, qui aime travailler dans cet
hôpital-là, à titre d'exemple, pourrait toujours bien dire : Bien, on
m'interdit de venir en fonction de, parce que j'ai divulgué quelque chose dont
j'ai été témoin, mais ce serait couvert, à ce moment-là, par cette loi-là,
parce qu'elle a une relation, il y a une conséquence à sa divulgation.
M. Fortin : Très bien.
Mme LeBel : Et
on pourrait aussi... on pourrait aussi l'engager dans le secteur public dans
une autre région. Non, mais c'était mon petit... c'était mon petit «stunt»
publicitaire, mais oui, ce serait couvert, là.
La Présidente (Mme
Bogemans) : D'autres commentaires? Est-ce que l'article 4 est
adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Passons à l'article 5.
Mme LeBel :
Oui. J'ai l'article 5 et j'aurai un amendement également à déposer. Donc,
je vais faire la lecture de l'article principal. Section II,
Plaintes, article 5 :
«Une personne qui
croit avoir été victime de représailles ou de menaces de représailles interdites
en vertu de l'article 3 peut porter plainte au Protecteur du citoyen dans
les 90 jours de ces représailles ou de ces menaces.
«La plainte peut être
adressée, pour le compte du plaignant qui y consent par écrit, par toute
personne, tout organisme ou toute association.
«Une plainte adressée
après l'expiration du délai prévu au premier alinéa n'est pas pour ce motif
irrecevable si le retard est causé par le
fait que la plainte a d'abord été adressée dans ce délai à la Commission des
normes, de l'équité, de la santé ou
de la sécurité du travail, à la Commission municipale du Québec, au ministre de
la Famille ou au Tribunal administratif du travail.»
Donc,
ce que ça confère ici... à toute personne se croyant victime de représailles ou
de menaces de représailles, le droit
de porter plainte au Protecteur du
citoyen. Il précise par qui la
plainte peut être adressée et prévoit une exonération relative au délai
pour porter plainte.
Donc, ça vise à
assurer que les personnes qui sont victimes de représailles dénoncent la
situation de manière suffisamment contemporaine, là, pour permettre le
traitement de la situation. On se comprend, il n'y a pas ici d'enjeux de
connaissance. Habituellement, quand tu subis une représaille, c'est porté à ta
connaissance au moment où tu la subis.
Maintenant, ce qu'on... Et, pour les représailles en matière d'emploi et de
stage, le délai passe de 45 à 90 jours. Il y avait déjà un délai, mais on le fait passer à 90 jours. Et
plus c'est contemporain, plus c'est... ça préserve la capacité de faire
un lien, là, avec la divulgation ou non.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce que vous pouvez faire la lecture de l'amendement?
Mme LeBel : Oh
oui! Absolument, Mme la Présidente. Merci de me ramener à l'ordre. Donc, à l'article...
amendement : À l'article 5 de la
Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet de loi :
1° insérer, dans
le premier alinéa et après «dans les 90 jours», «de la connaissance»;
2° remplacer le
troisième alinéa par le suivant :
«Le
Protecteur du citoyen peut, pour un motif raisonnable, relever une personne du
défaut de respecter le délai prévu au premier alinéa.»
Donc, on l'élargit
encore plus. Même si ce que j'ai dit tantôt demeure exact, il pourrait y
arriver un cas de figure où quelqu'un ne réalise pas que la mesure ou l'absence
d'une promotion, à titre d'exemple... qui pourrait être une représaille, donc
on introduit quand même «de la connaissance», pour être sûrs de ne pas faire
s'écouler un délai à son insu, là.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Est-ce qu'il y a des commentaires sur
l'amendement?
M.
Fortin : Ça, ça appartient au Protecteur
du citoyen et, j'imagine, dans le cas d'une plainte au Protecteur du citoyen,
au commissaire à l'éthique, là, qu'il ait cette
possibilité-là de relever une personne du délai de 90 jours.
Mme LeBel : Oui,
on va voir l'adaptation nécessaire, effectivement, là. Si la personne est un
employé du Protecteur du citoyen, tout ça se
tourne vers... lire «commissaire à l'éthique», à la place de «Protecteur du
citoyen», dans ce qui va venir.
M. Fortin : OK. C'est bon pour l'amendement, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme Bogemans) : Parfait. Est-ce que l'amendement de
l'article 5 est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 5 tel
qu'amendé?
M.
Fortin : ...dire, là, la personne... «la
plainte peut être adressée, pour le compte du plaignant, là, par toute
personne, tout organisme, toute association, ça inclut son syndicat, j'imagine?
Le syndicat peut...
Mme LeBel : Oui,
oui, tout, tout, tout.
M.
Fortin : Tout le monde, n'importe qui, là.
Mme LeBel : Bien,
voilà.
M.
Fortin : Par toute personne qui y consent
par écrit. OK. Donc, n'importe qui peut le faire pour nous.
Mme LeBel :
Oui.
M.
Fortin : Il n'y a pas de... il n'y a aucune restriction.
Mme LeBel : Non.
M. Fortin : Et
quand on dit : «la plainte peut être adressée, pour le compte du
plaignant», j'imagine, ça s'applique aussi tout le long du processus,
là. Tu sais, là, ici, il y a une...
Mme LeBel : Bien,
l'interface pourrait devenir la personne qui le fait, là, si la...
M.
Fortin : Oui, c'est ça.
Mme LeBel : ...si le plaignant désire demeurer anonyme, à
titre d'exemple, là. Ça va devenir l'interface, donc ça va... la personne va
devenir le divulgateur, finalement, pour les fins de...
M. Fortin : C'est
ça. Si, par écrit, on désigne quelqu'un d'autre pour cette personne-là, ou ce
groupe-là, ou ce... OK, ça devient...
Mme LeBel : Bien,
c'est ça que je viens de parler, d'anonyme, puis il y a... il y a du par écrit,
là, mais on se comprend que ça peut devenir
l'interface, là. Je ne dirais pas que c'est une procuration, là, mais on est
dans ce genre de... et ça vient couvrir la situation. Je vous disais tantôt que
les syndicats peuvent porter place... plainte en lieu et place, mais on ne
voulait pas être restrictif au syndicat, parce qu'une personne pourrait, ça
existe, ne pas vouloir se tourner vers son syndicat.
M.
Fortin : Oui. Non, non, on pourrait
dire : Ça va être mon avocat, ça va être mon...
Mme LeBel :
Ça peut être... c'est ça.
M.
Fortin : Peu importe.
Mme LeBel : C'est ça, c'est ça. Donc, il ne fallait pas le
limiter, mais ça inclut la demande d'être... de pouvoir le faire par les
syndicats. Donc, ils sont inclus, mais ce n'est pas limité à.
M.
Fortin : Très bien.
• (17 h 10) •
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Oui, député de Rosemont.
M. Marissal :
Est-ce qu'il y a un...
M.
Fortin : ...
Mme LeBel : Oui,
oui, on est en représailles. Oui, c'est ça, parce qu'on est vraiment dans le
compte des représailles. Donc, il y a une certaine connaissance pour savoir
pour... Comme je disais tantôt, si tu as... tu es victime de représailles, à
quelque part, il faut que tu sois connu, mais on parle vraiment dans le
processus de représailles.
M. Fortin : ...l'idée que ce soit plus large que le syndicat. Le
syndicat, ça peut être... ça peut marcher dans certains cas, mais dans d'autres
cas, ce n'est pas des syndicats comme tels. Ça peut être une fédération de
médecins, peu importe, là, ça peut être une...
Mme
LeBel : Oui, puis il faut que la personne demeure... il faut... On ne
peut pas imposer un choix à une personne de se diriger vers quelqu'un.
M.
Fortin : Non, non, c'est ça. Non, ça va.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Oui. Et, dans le cas où la personne est fin seule, ça, ça peut arriver, ou
qu'elle ne souhaite pas être représentée, là, est-ce qu'il y a... est-ce qu'il
y a une forme d'assistance qui lui est donnée?
Mme LeBel : Oui,
par le Protecteur du citoyen.
M. Marissal :
Par le protecteur?
Mme LeBel :
On va le voir un peu... mais il y a de... pour l'aider à se... devant les
tribunaux, à faire valoir... parce que là on est toujours dans le cas où la
personne pense avoir été victime de représailles, souvent, suite à une
divulgation d'actes répréhensibles. Oui, le Protecteur du citoyen va
l'assister.
M. Marissal :
OK. Pour fins de mémoire, là, est-ce qu'on a vu ça les dernières semaines
ici, ou j'ai vu ça dans un autre projet de loi, par exemple, l'intégrité dans
les sports?
Mme LeBel : Non,
mais on a peut-être...
M. Marissal :
On a... Est-ce qu'on a parlé...
Mme LeBel :
Mais que le Protecteur du citoyen avait assisté?
M. Marissal :
...parce qu'il y a un autre
projet de loi sur lequel je travaille, l'intégrité dans les sports. Il y a une
commissaire qui a aussi mandat de médiateur et d'assistance. Je me demande si
c'est ici que j'ai vu ça.
Mme LeBel : On
n'en a pas parlé encore ici. J'ai peut-être mentionné qu'il y aurait de
l'accompagnement. On en a parlé un peu dans les consultations, parce que le
protecteur est venu parler de cet article-là où il allait y avoir de l'accompagnement, et s'en disait satisfait, on
se comprend, vu que c'était une de ses demandes, entre autres. J'ai déjà...
Je sais que, dans les consultations, j'en ai parlé avec les syndicats, qui
disaient : On veut accompagner. Nous, on disait :
Bien, le Protecteur du citoyen fait déjà le travail, a l'obligation, puis on
veut garder quand même la possibilité de... que ce soit fait... que tu
n'es pas obligé de passer par ton syndicat, donc, tu peux avoir
l'accompagnement, mais tu peux l'avoir aussi
ici, là, si tu décides que c'est ton... un avocat ou... Donc, on donne la
possibilité, mais on ne le met pas exclusif. Peut-être qu'on en a
parlé...
M. Marissal :
C'est l'impression que oui, mais...
Mme LeBel : ...mais on n'a pas vu l'article comme tel, c'est
ça que je veux dire. Mais le fait d'en avoir... de l'avoir mentionné, ce
n'est pas impossible, mais des fois...
M. Marissal :
On y arrivera, de toute façon.
Mme LeBel : Tu
sais, j'y ai-tu pensé, je l'ai-tu dit? Je ne sais plus.
M. Marissal :
Très bien. Mais, de toute façon, vous me dites qu'on y arrivera,
éventuellement.
Mme LeBel : Oui.
On est dans le coeur de ça, là.
M. Marissal :
C'est bon. C'est bon pour moi.
Mme LeBel : L'accompagnement,
puis on est toujours dans le coeur de la protection sur les représailles... On n'est plus dans la divulgation, on est
dans : malheureusement, s'il y a eu une représaille, il faut quand même
trouver des solutions pour accompagner et réparer.
M. Marissal :
Bueno. Merci. C'est bon, merci.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce que l'article 5, tel qu'amendé, de la loi
édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
L'article 6 maintenant.
Mme LeBel : Oui.
Article 6 : «Le Protecteur du citoyen peut refuser de traiter une
plainte frivole, vexatoire ou [...] de mauvaise foi.»
Donc, ça
prévoit les motifs pour lesquels le Protecteur du citoyen peut refuser de
traiter une plainte. Donc, je pense qu'il faut lui donner la possibilité
d'évaluer le poids de la plainte, là. Ça lui appartient.
La Présidente (Mme Bogemans) : C'est
beau?
Une voix : ...
Mme LeBel : Bien, ça,
malheureusement...
M. Fortin :
Ça va arriver.
Mme
LeBel : On aimerait qu'il n'y ait pas de représailles puis
on aimerait que toutes les plaintes soient solides, mais ça peut
arriver.
La Présidente (Mme Bogemans) : Des
commentaires?
M. Marissal : ...est quelque part,
dans le corpus législatif du Québec, est définie?
Mme LeBel : Oh oui! Ce n'est pas une
notion qui a été inventée pour les fins de la protection, là.
M. Marissal : Oui, mais est-ce qu'il
y a... est-ce qu'il y a une définition de ce qui est frivole?
Mme LeBel : C'est les tribunaux qui
ont cette évaluation-là.
Une voix : ...
Mme LeBel : Ah! il y a un exemple
ici. Ah! une plainte pourrait être jugée frivole, si, par exemple — coup de théâtre, j'avais un exemple pour votre question — un
plaignant prétendait ne pas être... ne prétend... attends un peu, un
plaignant ne prétendait pas être victime de représailles et faisait une demande
relative à une situation totalement étrangère
à la... Oui, bien, exemple, je fais une demande, puis ça n'a rien à voir avec
un acte répréhensible, mais moi, je veux
quand même que le protecteur m'accompagne. Là, il pourrait dire : Bien,
regarde, c'est frivole, ça n'a pas rapport. Ce n'est manifestement... aucun lien avec une représaille. Pas quelqu'un
qui a de la difficulté à le prouver, mais quelqu'un qui, de par sa
demande, là, à sa face... sa «face value»... C'est en anglais, hein?
M. Marissal : À sa face même.
Mme LeBel : Sa face même, merci.
M. Marissal : C'est bon. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 6 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Donc, l'article 6 de la loi édictée est adopté. L'article 7.
Mme LeBel : Oui.
Article 7 : Le Protecteur du citoyen... «Lorsque le Protecteur du
citoyen refuse de traiter une plainte, il notifie au plaignant sa décision et
les motifs sur lesquels celle-ci est fondée.
«Si la plainte est en matière d'emploi ou de
stage, la décision doit faire état de la possibilité pour le plaignant, dans un délai de 90 jours de sa
réception, de déposer sa plainte auprès du Tribunal administratif du travail.»
Donc, ça prévoit l'obligation pour le Protecteur
du citoyen d'aviser le plaignant de sa décision de refuser, donc, c'est un
suivi à l'article précédent, là, ou de traiter la plainte, de même que le
contenu de la décision.
La Présidente (Mme Bogemans) : Des
interventions?
M. Fortin : Bien, encore là, emploi et stage, ça comprend, tu sais,
contrats, là, j'imagine.
Mme LeBel : Non, bien... Non, le
premier... oui... non. Le premier comprend cette notion-là. Donc, s'il y a... il y a
une plainte qui est faite par quelqu'un, de représailles, qui est faite par
quelqu'un, dans le cas de figure dont vous parliez, c'est le premier
alinéa, mais précisément, si c'est en matière d'emploi et de stage, on lui...
on l'avise du fait qu'il doit faire état de
la possibilité, pour le plaignant, quand même d'aller devant le tribunal du travail...
administratif du travail, qui est une possibilité qui n'existe pas.
M. Fortin : Ah oui!
Parce qu'on n'amènera pas... OK. Oui, ça va. OK.
Mme LeBel : Non,
c'est ça. C'est ça, ça n'existera... il faut que ce soit un salarié au sens de
la loi. Donc, ça ne pourrait pas s'appliquer, mais le premier cas de figure est
prévu par l'alinéa 1.
M.
Fortin : Très bien.
La Présidente (Mme
Bogemans) : ...
Mme Caron : Merci,
Mme la Présidente. Alors, on comprend que la personne qui a porté plainte, une
plainte qui est jugée frivole, n'est nécessairement pas anonyme puisque le
protecteur va lui... doit...
Mme LeBel : Bien, dans ce cas-ci, on parle d'une personne qui
se plaint d'une représaille, et non pas qui porte une divulgation. Donc,
à partir du moment où elle se plaint d'une représaille, elle est connue.
Mme Caron : Elle
est connue.
Mme LeBel : Oui.
Mme Caron : Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme
Bogemans) : ...
M. Marissal :
Bien, je veux revenir, Mme la Présidente, sur ce que disait mon collègue de
Pontiac, là. Dans le cas d'un contrat... C'est parce que moi, j'ai un exemple
dont je ne peux pas parler ici, là, parce que c'est en cour, puis je ne peux
pas vous donner les détails, là, mais c'est dans un CIUSSS, puis c'est
trois personnes...
Mme LeBel : Il
commence à y avoir beaucoup de détail.
M. Marissal :
Non, non, pas... Si vous trouvez la personne, vous êtes vraiment forte, là,
les trois personnes... je vais même vous dire qu'il y a
trois personnes, vous êtes vraiment forte, très, très forte. Dans ce
cas-là, où c'est un contrat et non pas un...
et non pas un lien d'emploi direct, là, il faut d'abord faire la preuve que le
contrat, de sa durée, de par sa durée, de par sa nature, représente un
lien d'emploi avant de bénéficier de...
Mme LeBel : Non.
M. Marissal :
...autrement tu n'es pas couvert.
Mme LeBel : Bien oui, on le... Bon, OK, il y a
deux notions, là. Il y a la notion d'être couvert, d'être protégé,
je vais le dire comme ça, si vous divulguez un acte répréhensible à l'égard
d'un organisme public. Donc, si tu es, je vais prendre un cas de figure, une
infirmière qui travaille pour une agence de placement et qui, dans le cadre de
ses quarts de service qu'elle fait dans un hôpital public... elle constate un
acte répréhensible, elle se tourne vers le Protecteur du citoyen. Si elle pense
avoir subi une représaille quelconque, genre...
M. Marissal :
La fin du contrat.
Mme LeBel : Hein?
M. Marissal :
La fin du contrat.
Mme LeBel : Bien,
la fin de son... de sa présence à elle dans l'hôpital. La fin du contrat, là,
c'est la MOI qui va réagir, j'imagine, mais va devoir prouver le lien. Tout ça,
c'est couvert. C'est couvert, tout ça. Là, on parle ici... c'est couvert, donc
ça devient une représaille. Et là ce qu'on expliquait tantôt, c'est qu'il y a
deux cas de figure. Ou bien la MOI va parler de la fin... d'une fin de
contrat prématurée puis va choisir d'aller devant les tribunaux de droit commun
pour dire : Mon contrat a été mis fin pour des raisons qui ne sont pas
prévues au contrat, donc je conteste, et la raison pour laquelle... c'est parce
que mon infirmière y a divulgué la... elle peut y aller par la
contestation de la fin de son contrat devant les tribunaux de droit commun, ou
l'infirmière elle-même, qui est victime de la représaille, pourrait dire :
Bien, moi, je n'ai plus l'occasion de travailler dans l'hôpital Y parce
que j'ai divulgué quelque chose dont j'ai été témoin, et ça ne fonctionne pas.
Donc là, à ce moment-là... mais c'est couvert, ça.
Ici, ce n'est pas la
même chose, là. Ce qu'on dit, là, c'est que l'infirmière Y en question va
voir le... va voir le Protecteur du citoyen puis dit... Ah! j'essaie de trouver
un cas de figure, là, mais dit : Moi, je pense que telle situation est
arrivée. Pourquoi? Bien, parce que je n'ai pas dit salut à mon boss, mettons,
OK? Je n'ai pas dit... bon, non, mes collègues me trouvent bête sur l'étage,
puis c'est pour ça que je n'y vais plus. Bien là, le Protecteur du citoyen, je
vais dire : Je m'excuse, là, mais ça... ce n'est pas un acte répréhensible
puis c'est frivole à sa face même. Donc, moi, je ne traiterais pas ce
dossier-là. C'est ça que ça dit, là.
M.
Marissal : Oui. Non, non, mais c'est parce que moi...
Mme LeBel : Je
cherche le...
M. Marissal :
...je m'en remets au texte de la loi, là. Si la plainte est en matière
d'emploi ou de stage emploi, ça veut dire
qu'il y a un lien d'emploi. Les CIUSSS, là, ils ont un paquet de monde à
contrat et parfois depuis des années.
Mme LeBel : Oui.
Oui, mais ce n'est pas des salariés au sens de la loi.
M. Marissal :
Oui, oui, c'est encore drôle, c'est...
Mme LeBel : Bien
là, on... Bien là, à ce moment-là...
M. Marissal :
Il y a une zone d'ombre ici, là, et c'est pareil dans d'autres domaines
d'ailleurs, là. Il y a... Parfois, il y a une zone d'ombre et tu es capable de
démontrer que ton contrat, sur la base de sa durée, représentait un lien
d'emploi et que tu as le droit à un dédommagement, donc...
Mme LeBel : Bien,
alors, à ce moment-là, la plainte sera en matière d'emploi. Là, c'est parce que...
M. Marissal :
Bien, il faut d'abord faire la démonstration que c'est bel et bien un lien
d'emploi.
• (17 h 20) •
Mme LeBel : Bien
oui, bien oui, bien oui. Bien oui, mais là, oui, oui.
M. Marissal :
Oui. OK.
Mme LeBel :
Mais, tu sais, si à sa face même... Moi, ma compréhension, c'est que ce n'est
pas... il n'y a pas de lien d'emploi pour le contrat, bien, elle ne le sera pas
en matière d'emploi. Mais la première étape sera de dire que c'est en matière
d'emploi, c'est sûr.
M. Marissal :
Oui, mais on comprend que c'est plus facile de virer quelqu'un qui est à
contrat parce qu'il n'est pas syndiqué, il n'est pas représenté...
Mme LeBel : Oui,
mais là on n'est pas dans quelqu'un qui est viré. La divulgation est déjà
faite, là.
M. Marissal :
Non, mais il a eu des représailles, donc il est viré.
Mme LeBel : Ah!
viré dans le sens...
M. Marissal :
De congédié...
Mme LeBel : ...dans
le sens de congédié.
M. Marissal :
...licencié, remercié.
Mme LeBel : Moi,
je disais viré dans le sens... le flipper pour le faire parler. On n'est pas
dans la même... on ne vient pas de la même... du même univers.
M. Marissal :
Je ne sais pas quel genre de... Je ne sais pas quel genre de méthodes
d'interrogatoire vous avez, mais moi, en journalisme, je ne fonctionnais pas
comme ça.
Mme LeBel : Non,
non, mais on se comprend. On ne vient pas du même univers. Non, je parlais de
dire de s'amener... de convaincre quelqu'un de divulguer, dans ce sens-là.
M. Marissal :
Non, non, non, viré, congédié, je veux dire, licencié, oui. C'est ce que
je...
Mme LeBel : OK,
licencié...
M. Marissal :
C'est ce que je voulais dire.
Mme LeBel : ...congédié.
M. Marissal :
Voilà, voilà.
Mme LeBel : Mis à la porte. Mais, à
ce moment-là, la démonstration que c'est en matière d'emploi devrait être faite. Mais ici, on est juste dans... bien,
il faut comprendre, ici, là, c'est juste dans... Ici, là, c'est juste qu'on a
décidé : Le Protecteur du citoyen, là, doit informer
la personne, de lui dire : Ta plainte n'a pas rapport avec un acte
répréhensible, donc tu n'as pas
rapport, on va se... on va se parler franchement, donc je refuse de la traiter.
Puis, si tu considères que c'est en matière d'emploi, ta plainte, ou en
matière de stage, là, bien, va voir le Tribunal administratif du travail.
À titre d'exemple, l'infirmière ou quelqu'un en
lien contractuel vient voir le Protecteur du citoyen puis dire : J'ai été
congédiée parce que j'ai refusé de travailler à telle heure, mettons. Bien là,
le Protecteur du citoyen va dire : Je
refuse ta plainte parce que ça n'a pas... au sens de l'article précédent, ça
n'a pas rapport avec les représailles, et, si tu considères que c'est en matière d'emploi, ton recours est devant le Tribunal administratif du travail. C'est juste ça que ça dit ici.
M. Marissal : Ça va.
Mme
LeBel : Puis c'est sûr qu'une fois devant le Tribunal
administratif du travail, la première notion à établir, c'est que c'est en matière d'emploi, là. C'est
toujours le cas. Des fois c'est plus simple, des fois c'est plus complexe, mais
c'est toujours... Le premier prérequis quand tu te présentes devant le Tribunal
administratif du travail, c'est de dire : Je suis en matière d'emploi,
vous avez donc juridiction. Des fois c'est très simple, des fois c'est plus
complexe.
M. Marissal : C'est bon. Merci. Très
bien.
M.
Fortin : ...tu sais, on... sans vouloir prêter d'intentions
à mon collègue, là, mais je pense que nos questions ici sont un petit
peu plus larges que... puis on comprend que c'est... bien, moi, du moins, moi,
je comprends que c'est un peu plus large que l'article 7, qui
effectivement sont sur le... c'est des plaintes qui n'ont pas rapport. Mais, tu
sais, je reviens à l'exemple, là, une infirmière d'agence qui perd sa job à son
agence, est-ce que cette infirmière-là qui fait une divulgation par rapport à ce qui se passe dans le réseau de la santé
publique qu'elle voit, est-ce qu'elle a les mêmes protections face à son employeur? Tu sais,
c'est-à-dire l'agence ne pourrait pas lui dire : Heille! là, ça fait
deux fois que tu fais des plaintes face à un réseau de la santé,
là, ça n'a pas de sens, tu es un paquet de trouble, je te mets dehors.
Mme
LeBel : Bien, la loi va s'appliquer. Je prends le cas de
figure... L'infirmière divulgue un acte répréhensible qu'elle voit dans
son quart de travail. Elle travaille pour une agence, OK?
M. Fortin : Oui, exact.
Mme LeBel : Elle divulgue au Protecteur
du citoyen. L'organisme public est au courant et met de la pression sur l'agence pour dire : Fous-la dehors, elle
est protégée. Si, toujours si, on fait le lien que l'origine de tout ça, c'est
sa divulgation de l'acte répréhensible au départ... On se comprend, on
se comprend.
M. Fortin : Oui, mais s'il fait de la pression, effectivement... Là,
là, je comprends ce que vous voulez dire. S'il y a une pression qui vient du...
de l'organisme public...
Mme LeBel : Il faut que ça soit en
lien avec la divulgation.
M. Fortin : Oui, mais il va falloir qu'elle fasse la preuve
éventuellement, qu'il y ait une preuve qui soit...
Mme LeBel : Bien, dans tous les cas
de figure, le lien de causalité doit être fait.
M. Fortin : Je comprends que la pression vient de l'organisme public.
Mme
LeBel : Bien, non, mais que le... qu'il y a le lien de
causalité. Il y a un lien de causalité entre sa divulgation et son
exclusion de l'agence. Ça peut être l'agence elle-même qui...
M. Fortin : Qui déciderait : Tu es un paquet de trouble, là,
arrête de faire des divulgations.
Mme LeBel : Bien oui. Bien oui, mais
il faut que ça soit à cause de la divulgation, parce que tes divulgations me
mettent dans le trouble, là. J'allais dire autre chose, là, je me suis...
M. Fortin : Oui, oui, c'est ça. Oui, oui, ils sont moins intéressés à
travailler par... avec notre agence.
Mme LeBel : ...je me suis
autocensurée, je me suis... ce n'était pas un pléonasme, c'était moins chic,
mais...
M. Fortin : On vous l'aurait pardonnée, celle-là.
Mme LeBel : Oui, c'est ça, mais...
mais c'est ça. Mais à partir du moment... on va se comprendre, à partir du
moment que la conséquence est reliée à une divulgation d'un acte répréhensible
à l'égard d'un organisme public, la protection s'applique. Il demeurera toujours
l'obligation de faire le lien de causalité, c'est clair. Des fois ça va être
plus simple, des fois ça va être plus complexe. Mais c'est sûr, si on... je
veux dire, on est dans un...
M. Fortin : Non, non,
l'employeur ne peut pas la congédier, parce qu'elle n'est pas bonne à sa job,
puis, à un moment donné, elle se revire de bord en disant : Bien non, mais
c'est parce que j'ai fait une plainte puis ce n'est pas pantoute ça, là. Il
faut qu'il y ait un...
Mme LeBel : Bien
non, parce que, là, le mécanisme est beaucoup plus... disons que la protection,
elle est... Tu sais, quand on parle de quelqu'un qui subit une représaille
parce qu'il a voulu dénoncer quelque chose, on...
M.
Fortin : Oui, il faut être capable de le
démontrer.
Mme LeBel : ...on n'aborde pas la situation avec le même
prisme qu'un employé congédié pour des raisons x, y, z, qui va toujours
avoir la protection des normes du travail, toujours le Tribunal administratif
du travail, mais on n'est pas dans le même état d'esprit. Ça vous va?
M. Marissal :
...il risque d'y avoir des cas
comme ceux-là de gens à contrat. L'infirmière, là, ou les psychologues, là, dans le réseau scolaire ou dans le réseau de
la santé, il y en a un paquet qui ne sont pas à l'emploi du gouvernement,
qui sont à l'emploi du privé, donc d'une agence qui les place ou même d'un
bureau qui les place. Cette personne qui travaille dans un lieu x voit
quelque chose de croche, le dénonce, ça suit son cours. Son patron, qui est son
agence, la congédie. Normalement, elle n'est pas couverte par votre loi parce
que ça...
Mme LeBel : Oui,
sous réserve de...
M. Marissal :
...parce que son lien, il n'est pas avec l'État, son lien est avec...
Mme LeBel : Non,
la...
M. Marissal :
...son lien est avec son agence, qui est parfaitement privée...
Mme LeBel : OK,
je reprends.
M. Marissal :
...et qui est en droit de dire : Moi, je t'ai signé un contrat, j'ai
le droit de dire que tu n'as pas respecté tes clauses de contrat, je te
congédie.
Mme LeBel : La
divulgation doit être à l'égard d'un organisme public. Ce n'est pas
nécessairement fait par quelqu'un qui est membre de l'organisme public.
M. Marissal :
Oui, mais ce n'est pas
l'organisme public qui va congédier la personne. C'est son patron d'agence
qui va dire : Tu es vraiment une fauteuse de trouble puis je te mets
dehors.
Mme LeBel : Oui.
OK, je répète ce que j'ai dit tantôt. Si la conséquence, sous réserve que la
démonstration du lien entre la divulgation
et la conséquence est faite, elle est couverte, c'est une représaille qui
découle d'une divulgation à l'égard d'un organisme public. Donc, elle
est couverte.
M. Marissal :
OK. Ça vaut donc aussi pour un ingénieur qui travaille pour un employeur
qui a un contrat avec le MTQ, qui dit : Il y a quelque chose qui se passe
au MTQ de croche.
Mme LeBel : Bien,
absolument.
M. Marissal :
Bien, c'était... Pour moi, ce n'était pas si clair que ça. Je... tu sais,
je...
Mme LeBel : Bien,
c'est la même chose pour une infirmière. Je veux dire, on vient de parler de
quelqu'un qui est à contrat par une agence ou qui est à contrat. Si la
divulgation est à l'égard d'un organisme public et qu'il y a une représaille faite sur la personne qui découle
directement, dont on peut faire la démonstration, mais qui a un lien avec
la divulgation, la personne, elle est couverte sous réserve de faire la
démonstration que la conséquence découle de la divulgation.
M. Marissal :
Même si l'employé de Broccolini, là, ou de Roxboro n'a jamais touché une
cenne de l'État parce qu'il est toujours à
l'emploi de son entreprise, qui divulgue quelque chose qui touche l'État puis
que son patron dit : Tu m'as vraiment mis dans le trouble puis tu
es vraiment... tu fouilles vraiment, là...
Mme LeBel : Bien,
je reprends...
M. Marissal :
...je te congédie parce que tu m'amènes juste du trouble, il est protégé.
Mme
LeBel : Bien, il faut que le trouble en question soit
relié à la divulgation, parce que, là, s'il le congédie parce qu'il est
du trouble autrement, là...
M. Marissal : Non,
non, bien sûr, parce que c'est lié à quelque chose qu'il a remarqué venant du
donneur d'ouvrage qui est le gouvernement.
Mme LeBel : Oui, oui, à partir du
moment... à partir du moment où on peut établir le lien de causalité entre la
divulgation d'un acte répréhensible à l'égard d'un organisme public et une
conséquence x, la personne qui subit la conséquence est couverte, si elle
est le divulgateur, naturellement, là, mais ça prend un lien. Oui, oui. Et je
ne parlerai pas d'un cas particulier, je dis
juste l'état de la situation. C'est à partir... mais toujours sous réserve de
prouver le lien de causalité entre les deux.
M. Marissal : OK. Bien, pour moi,
c'est une nuance importante qui est... qui est importante. Oui, je...
Mme LeBel : Oui, et c'est pour ça
que la protection, elle est... Là, on parle vraiment de la protection contre les représailles et non pas de la divulgation
elle-même, là. La protection, elle se veut le plus large possible, mais il y
aura toujours l'obligation de prouver que a découle de... que b découle
de a, disons.
M. Marissal : OK. Merci pour les
précisions.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 7 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : L'article 8.
Mme LeBel : Section III.
Médiation. Article 8 : «Le Protecteur du citoyen peut, avec l'accord
des parties, nommer un médiateur chargé de tenter de régler la plainte à leur
satisfaction.»
Donc, ça permet au Protecteur du citoyen
d'offrir de la médiation aux parties.
Naturellement,
c'est avec l'accord des parties. Donc, si le divulgateur n'est pas à la... Il
peut y avoir des cas de figure où
c'est possible de le faire. Il faut se donner la possibilité, mais ça le dit,
c'est avec l'accord des parties. Donc, à partir du moment où le
divulgateur dit non, ça n'arrivera pas.
Puis il a toujours l'obligation première, je
répète, de protéger son identité, donc il ne le fera pas avant d'avoir l'accord
de la partie la plus importante dans l'histoire, c'est-à-dire le divulgateur.
Donc, une fois qu'il aura cet accord-là, il a la possibilité. Non, il n'y a pas
de limite de cas où ça peut faire. La seule limite, c'est d'avoir l'accord des
parties.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des commentaires?
M. Fortin : ...tu sais, le divulgateur ou son représentant, là, bien
évidemment?
Mme LeBel : Oui, oui. Oui, il est
partie au dossier, là, vraiment.
• (17 h 30) •
La Présidente (Mme Bogemans) : M. le
député de Rosemont, vous aviez levé la main.
M. Marissal : Non, non, je me...
enfin, je me... Ça existe ailleurs, ça, ce type de médiation, là, qui...
Mme
LeBel : Oui, oui. Ça existe en droit pénal et en droit
criminel, mais c'est ça, à un moment donné, il faut que les gens... Mais
la base de la médiation, c'est le consentement, là. On ne peut pas forcer la
médiation, ça devient un peu
contreproductif. Mais, dans ce cas-ci, comme il y a une... comme il faut
toujours garder en toile de fond... Puis on ne le réécrira pas à chaque fois, mais je l'ai dit, il faut toujours
garder en toile de fond le fait que la première... ce n'est pas la
première, mais la... une des premières responsabilités du Protecteur du
citoyen, c'est de garder la... de protéger l'identité. Donc, il ne pourra pas
le faire sans le consentement du divulgateur.
M. Marissal : Je comprends. C'est
bon.
Une voix : ...
Mme
LeBel : Oui, on est en... Oui. Bon, bien, en plus, on est
en représailles, c'est vrai. Je viens de moi-même... merci. Oui, je
voyais les hochements de tête. Mais en plus, ici... mais de toute manière, mon
commentaire s'applique, il doit toujours protéger la... Mais ici, la...
nécessairement, l'identité est connue.
Alors, je
m'amende moi-même, l'identité est connue, parce qu'on est en matière de
représailles, je l'oublie des fois
aussi, là, mais... mais ça prend le consentement pareil. On ne peut pas forcer
la médiation, c'est contreproductif, là.
M. Marissal : OK, ça va. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a... l'article 8 de la loi édictée est adopté?
Des
voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Adopté. Article 9.
Mme LeBel : Oui.
Il faut que je me remette dans la tête qu'on est vraiment dans la matière de
représailles. Donc, article 9 :
«Une médiation ne peut se prolonger au-delà de 30 jours après la date de
la nomination du médiateur, à moins que les parties n'en conviennent
autrement.»
Donc, ça prévoit une
limite à la durée de la médiation, mais les parties ont toujours le loisir de
décider qu'elles continuent, si les
deux consentent. Donc, à un moment donné, c'est pour être capable de faire
un état de situation puis de ne pas dire : Ça perdure, ça perdure,
ça perdure. Puis, de la même façon, ça pourrait être à l'avantage du... je
dirais que, moi, c'est le genre d'article qui est à l'avantage de la personne
qui a subi la représaille, qui elle, au bout de
30 jours, pourrait dire : Moi, ça suffit. Ça lui donne un point où
elles doivent... elle doit consentir à nouveau pour que ça continue.
Puis le propre de la médiation, c'est d'être quelque chose qui se fait le plus
rapidement possible, là.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Des commentaires? Est-ce que l'article 9 de la loi
édictée est... Est-ce qu'on a le consentement? Adopté?
Des voix :
...
La Présidente (Mme
Bogemans) : Excusez-moi. L'article 10.
Mme LeBel : Oui,
article 10 : «À moins que les parties à la médiation n'y consentent,
rien de ce qui a été dit ou écrit au cours d'une séance de médiation n'est
recevable en preuve devant un tribunal judiciaire ou devant une personne ou un
organisme de l'ordre administratif lorsqu'il exerce des fonctions
juridictionnelles.
«Toute information
verbale ou écrite recueillie par le médiateur doit demeurer confidentielle.
Celui-ci ne peut être contraint de divulguer
ce qui lui a été révélé ou ce dont il a eu connaissance dans l'exercice de ses
fonctions ni de produire un document fait ou obtenu dans cet exercice devant un
tribunal ou devant une personne ou un organisme exerçant des fonctions
juridictionnelles, sauf en matière pénale, lorsque le tribunal estime cette
preuve nécessaire pour assurer une défense pleine et entière.
«Malgré
l'article 9 de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et
sur la protection des renseignements personnels, nul n'a droit d'accès à un tel
document.»
Donc, ça prévoit les
dispositions qui assurent la confidentialité de la médiation. Et c'est
standard, là, en matière de médiation, ça permet aux gens qui sont devant le
médiateur de pouvoir explorer des pistes de solutions. Et, à titre d'exemple, peut-être d'admettre que je l'ai congédié parce
qu'il a parlé, c'est peut-être de pouvoir voir comment on arrange tout
ça. Et si on ne permet pas cette espèce d'immunité là à la médiation, bien, je
vous dirais que les discussions vont être... ne seront pas productives, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 10? Est-ce que l'article 10
est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. L'article 11.
Mme LeBel : Oui.
Section IV, Recours. Section I, Rôles du Protecteur du citoyen.
Article 11.
Si... sous-section. «Si les parties refusent d'entreprendre la médiation ou si
aucun règlement n'intervient au terme de cette dernière, le Protecteur du
citoyen peut représenter le plaignant pour l'exercice de tout recours approprié
devant un tribunal, y compris un recours devant le Tribunal administratif du
travail, afin qu'il soit disposé de l'objet de sa plainte.»
Donc, cet article
confère au Protecteur du citoyen un rôle de représentation des plaignants pour
l'exercice de tout recours approprié devant un tribunal, notamment devant le Tribunal
administratif du travail.
Donc, c'est un peu ce
qu'on discutait tantôt, chers collègues, là, il n'y a pas juste... il ne va pas
juste le conseiller, il peut même le représenter devant le tribunal.
Naturellement, si la
personne choisit d'être représentée par quelqu'un d'autre, elle a le loisir de
le faire, mais elle a, d'entrée de jeu, par
défaut, je dirais, pas parce que c'est négatif, mais a la possibilité de
prendre la représentation par le
protecteur, mais la personne aura toujours le loisir du représentant de son
choix, là. Ça demeure une notion... C'est ça.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 11? Non? Oui? M. le député de
Rosemont.
M. Marissal :
Oui, bien, effectivement, il y a un «peut» ici, là, puis les «peut»
laissent toujours une marge de manoeuvre, là. Le Protecteur du citoyen peut représenter
le plaignant. Il peut refuser aussi de le représenter.
Mme LeBel : Bien,
c'est parce que, si on mettait un «doit», ça veut dire qu'on ne donne pas au
plaignant le choix de le faire et il n'y a pas de possibilité, là, au
protecteur de refuser de le faire, mais si on met «doit», ça exige du plaignant
d'aller devant... avec le Protecteur du citoyen, là.
Une
voix : ...
Mme LeBel : Oui,
c'est exactement ce qu'il y a avec la CNESST, là, qui fonctionne, oui.
M. Marissal :
Et «doit offrir» ne serait pas plus judicieux?
Mme LeBel : Bien,
la CNESST a même chose, a le «peut», puis c'est comme ça que ça fonctionne. Si
la personne le prend, ça va être lui, mais c'est parce qu'on doit laisser à la
personne le loisir de prendre. Et même, à la rigueur, ça pourrait même être son
syndicat, l'avocat de son choix.
Et c'est calqué... ce
type de façon de faire est calqué dans d'autres endroits et ça fonctionne très
bien, là.
M. Marissal :
Je vais vous croire sur parole.
Mme LeBel : CNESST,
je pense, ça se fait comme ça. C'est ça?
Des voix :
...
Mme LeBel : Loi
sur les normes du travail, c'est comme ça aussi.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M.
Fortin : ...je me demande s'il n'y a pas
une situation où... puis ce n'est peut-être pas typique ici, là, mais s'il y a
une plainte anonyme, là, par exemple, qui est... là, je sors un scénario, mais
il pourrait y en avoir 50 comme ça, là, plainte anonyme qui dit : L'employeur
a systématiquement volé les employés dans sa division, par exemple, les a
sous-payés, peu importe, là, les a... Donc, est-ce que le Protecteur du citoyen
pourrait être le représentant dans le cadre d'une médiation, d'une plainte
anonyme, dans un scénario comme ça?
Mme LeBel : Bien
non, parce que là on est dans la représentation devant le tribunal pour les
représailles.
M.
Fortin : D'une médiation, oui.
Mme LeBel : Non,
mais ici, on est en matière de représailles, donc il faut qu'il y ait eu une
représaille. Donc, s'il y a eu une
représaille, la personne est connue. Donc, on n'est plus dans l'anonymat, là.
On a tout fait le même...
M.
Fortin : OK. Oui, il faut que la
représaille vienne de la plainte et non de la situation initiale.
Mme LeBel : C'est
ça. Oui, oui, il faut que...
M.
Fortin : Oui, la conséquence, oui.
Mme LeBel : Oui.
La représaille va toujours découler de la divulgation, oui, oui, toujours.
M.
Fortin : Oui, c'est ça. OK.
Mme LeBel :
Ça fait qu'on est... Je sais que, des fois, c'est comme... j'ai fait la même...
tu sais, on fait... on passe... mais ici, il n'y a plus d'anonymat possible
parce que la personne allègue : J'ai été victime d'une représaille. Donc, il va falloir qu'elle sorte de son anonymat.
Et ça couvre la personne qui était au préalable... qui aurait pu être, au préalable, anonyme pendant la première partie du
processus et victime d'une représaille selon son analyse de la situation.
M.
Fortin : Et donc sort de son anonymat.
Mme LeBel : Donc, va devenir... Donc, sort de son anonymat,
est protégée et... Elle n'a pas... elle n'est pas obligée d'avoir été
connue depuis le début, là, je veux juste le dire...
M.
Fortin : D'accord.
Mme LeBel : ...mais,
à un moment donné, il va falloir.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : ...Mme
la Présidente. Alors, est-ce que, dans ce cas-ci, puisque le Protecteur du
citoyen peut représenter, bien, ça ouvre la porte aussi à ce que ce soit
l'avocat qui est choisi par la personne? Qu'en est-il du syndicat de la
personne? Ça pourrait...
Mme LeBel : Oui,
il pourrait, en pratique, offrir ses services. Le syndicat décidera si ça fait
partie des services qu'il peut offrir à l'employé, mais oui.
Mme Caron : Il
pourrait. OK.
Mme LeBel :
Oui, oui, ça peut être une... Et, encore là, la personne n'est pas obligée de
se tourner vers son syndicat.
Donc,
ce qui est important, c'est qu'elle a un choix. Et le premier choix qu'elle a,
on lui dit : Le protecteur va le faire pour toi, mais maintenant,
il peut le faire si tu veux bien. Donc, tu peux aussi prendre ton avocat, tu
peux aussi prendre le rôle de ton syndicat.
Puis, au même titre,
le syndicat pourrait dire : Moi, dans ce cas-là, je ne te représente pas,
là, donc prends le protecteur ou prends ton avocat, là.
Mme Caron : Parfait.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce que l'article 11 de la loi édictée est adopté?
Mme LeBel : Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Article 12.
Mme LeBel : Oui.
«12. Sur consentement du plaignant, le Protecteur du citoyen défère sans délai
au Tribunal administratif du travail la plainte en matière d'emploi ou de stage
si les parties refusent d'entreprendre la médiation ou si aucun règlement
n'intervient au terme de la médiation.»
Donc, c'est à la
suite de l'autre, je veux dire, pour le représenter devant le tribunal. Il faut
quand même qu'il défère. La médiation n'a pas fonctionné, il va l'envoyer
devant le Tribunal administratif du travail.
Encore une fois, la
règle première, c'est d'être en matière d'emploi. Donc, si quelqu'un allègue
qu'il est en matière d'emploi... en fera la démonstration devant le Tribunal
administratif du travail de façon simple ou complexe, dépendamment du cas de figure, mais, encore là, c'est sur... il faut que
ce soit sur le consentement du plaignant, parce que le Protecteur du citoyen ne pourra... ne peut pas envoyer le plaignant
devant le TAT sans son consentement, là.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce qu'il y a des commentaires?
M. Marissal :
S'il n'y a pas de consentement, c'est la fin de l'histoire?
Mme LeBel : Bien,
c'est parce que la personne va dire : Moi, j'arrête là, de toute façon.
M. Marissal :
C'est la fin de l'histoire, c'est ça.
Mme LeBel : C'est...
la médiation n'a pas fonctionné ou bien je ne veux pas de médiation, je ne veux
pas de tribunal, j'ai subi... je n'ai pas eu ma... je ne sais pas, j'ai un
autre emploi maintenant avec un autre employeur, puis je ne veux plus de
trouble, puis ça ne m'intéresse plus.
Là, à un moment
donné, le plaignant doit avoir quand même la possibilité de faire ses propres
choix, là.
• (17 h 40) •
M. Marissal :
Sur consentement, le protecteur
défère, donc là, c'est indicatif présent, il n'y a pas de «peut», là, il
le fait, mais est-ce qu'il a le devoir d'informer son... le plaignant qu'il
peut faire ça?
Mme LeBel : Bien, c'est son... Ça prend son consentement.
J'imagine qu'il faut qu'il l'informe pour avoir son consentement.
M. Marissal :
Oui, c'est implicite, là.
Mme LeBel : Bien
oui. Bien, sur consentement du plaignant.
M. Marissal :
On est rendus là, il n'y a rien
qui a marché, je peux envoyer votre dossier au tribunal du travail.
Mme LeBel : Le
souhaitez-vous?
M. Marissal :
Le souhaitez-vous? Mais il faut nécessairement qu'il l'informe qu'on est
rendus là.
Mme LeBel : Bien, il n'y a pas... Bien oui. Oui, parce qu'à un
moment donné la médiation n'a pas fonctionné, ou la personne a refusé la
médiation, mais le protecteur doit dire à la personne : Bien, ce qu'il
nous reste, c'est le TAT. Que veux-tu
faire? Ça fait partie de sa notion d'accompagnement et de représentation, là.
Donc, que veux-tu faire? Il ne peut pas juste dire : Il n'y a pas
eu de médiation, va-t'en chez vous, c'est terminé, là. Non, non, il faut qu'il
l'informe de la suite.
M. Marissal : Oui,
comme je dis, c'est implicite qu'il va aller chercher le consentement puisqu'il
va lui offrir. OK. C'est bon.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce que l'article 12 de la loi édictée est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Passons à l'article 13.
Mme LeBel : Article 13,
sous-section II, Recours devant le Tribunal administratif du travail.
Article 13.
«13. La présente
sous-section s'applique aux personnes suivantes :
«1°
une personne salariée au sens [de l'article] 10° du premier alinéa de
l'article 1 de la Loi sur les normes du travail conformément à
l'article 2 de cette loi;
«2°
un stagiaire au sens de l'article 1 de la Loi visant à assurer la
protection des stagiaires en milieu de travail conformément à l'article 2
de cette loi.»
Donc, ça indique les
personnes à qui s'adresse le recours devant le Tribunal administratif du
travail prévu à la loi sur la protection
contre les représailles et c'est exactement les mêmes définitions qui donnent
ouverture au tribunal du travail à des gens. Donc, ça doit être des
salariés au sens de la loi ou des stagiaires au sens de la loi.
Maintenant,
si quelqu'un veut plaider qu'il est un salarié au sens de la loi dans un cas de
figure qui est peut-être moins
évident à la... à sa face même, il aura le loisir de faire la démonstration
qu'il est... qu'il rencontre la définition de l'article 1, là, qui
est déjà dans la Loi sur les normes du travail, la LNT.
La Présidente (Mme Bogemans) : Des
interventions sur l'article 13? Non. Est-ce que l'article 13 de la
loi édictée est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Passons à l'article 14.
Mme LeBel : Article 14. Je vous annonce
immédiatement un amendement. Je vais lire l'article principal. Donc :
«Une personne qui
croit avoir été victime de représailles ou de menaces de représailles
interdites en vertu de l'article 3 de la part de son employeur ou d'un
agent de ce dernier ou, dans le cas du stagiaire, d'un établissement d'enseignement, d'un ordre professionnel ou d'un
agent de ces derniers, peut déposer une plainte au Tribunal
administratif du travail dans un délai de 90 jours à compter du plus
tardif des événements suivants :
«1° la dernière
manifestation de ces représailles ou de ces menaces;
«2° la réception
d'une décision du Protecteur du citoyen de refuser de traiter sa plainte.
«La plainte peut être
adressée, pour le compte du plaignant qui y consent par écrit, par toute
personne, tout organisme ou toute association.
«Une plainte adressée
après l'expiration du délai prévu au premier alinéa n'est pas pour ce motif
irrecevable si le retard est causé par le fait que la plainte a d'abord été
adressée dans ce délai à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail, à la Commission
municipale du Québec ou au ministre de la Famille.»
Cet article prévoit
la possibilité pour une victime de représailles ou de menaces de représailles
de déposer une plainte au Tribunal administratif du travail, de même que les délais pour le faire. Il précise
par qui la plainte peut être adressée et prévoit une exonération
relative au délai pour porter plainte.
Amendement
à cet article : À l'article 14 de la Loi sur la protection contre les
représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles, proposé par
l'article 1 du projet de loi :
1° remplacer, par le
paragraphe 1° du premier alinéa, «dernière manifestation» par «connaissance»;
2° supprimer le
troisième alinéa.
Donc, cet amendement
a pour objet d'apporter une modification de concordance avec la précision que
le point de départ du délai pour porter
plainte au Protecteur du citoyen est la connaissance par le plaignant de
représailles, qu'on a vu dans
un article précédent, de menaces de représailles, qui a été proposée, donc, à
l'article 5 de la loi sur la protection contre les représailles.
Cet amendement,
également, a pour objet de retirer la règle de non...
Des voix :
...
Mme LeBel :
Oui, c'est non irrecevable, c'est... hein, c'est comme... Donc, c'est recevable...
de la règle de non-irrecevabilité en cas d'erreur de destinataire de la plainte
prévue à cet article, par concordance avec le remplacement de cette règle
proposé à l'article 5 de cette loi par l'octroi du... au Protecteur du
citoyen d'un pouvoir de relever une personne de son défaut d'avoir porté
plainte dans le délai de 90 jours pour un motif raisonnable, qu'on a vu à
l'article précédent.
Donc, il n'est pas
nécessaire d'octroyer ce pouvoir au Tribunal administratif du travail puisqu'il
dispose déjà d'un pouvoir semblable sur l'article 15 de la Loi instituant
le Tribunal administratif du travail.
M.
Fortin : ...la seule chose, c'est dans
le... Ce qu'on vient dire essentiellement, c'est que le Protecteur du citoyen
peut rendre cette plainte-là recevable pour un motif qu'il juge raisonnable.
Vous, votre estimation, c'est que le fait qu'une
plainte a été d'abord adressée à une autre instance, c'est un motif raisonnable
pour être hors délai, disons.
Mme LeBel : Oui. Oui, mais...
M.
Fortin : OK. Parce que, là, disons que l'article précédent
était plus précis un peu, là, il venait dire : dans cette
circonstance a, b, c, d...
Mme LeBel : Oui, mais c'est parce
que là... mais il était plus précis, mais il était précis par rapport à des situations extrêmement... Ça fait que c'est-à-dire
si tu as fait une... si tu t'étais adressé à ces entités-là, là, on lui donne un pouvoir un peu plus large, c'est-à-dire on
peut... Là, j'essaie de revoir, parce qu'avec l'amendement, là, comment on a...
M. Fortin : Non, mais vous avez raison, ça dit, je pense, avec... ça
dit «un motif raisonnable», là. Donc...
Mme
LeBel : Oui, c'est ça. Donc, ce n'est pas nécessairement
d'être passé par une autre entité avant. Parce que, là, ce qu'on disait, c'est : OK. Il faut que
tu le fasses dans un délai x, mais on va te pardonner. Ça veut dire, on va comprendre...
si tu t'es trompé, admettons, puis que tu es passé par une autre entité, bien,
ce délai-là, on ne te le calculera pas.
M. Fortin : Oui, ça va être x plus.
Mme LeBel : Oui, c'est ça, exact.
M. Fortin : Oui, oui. Mais je veux juste qu'on se comprenne bien, là,
le... d'avoir fait une plainte au mauvais endroit, c'est un motif raisonnable?
Mme LeBel : Bien oui.
M. Fortin : OK. Ça marche. C'est bon. Je ne veux juste pas que personne
n'y perde au change dans ses possibilités de...
Mme LeBel : Non, non, non. On ne
vient pas enlever le fait que de faire une plainte à la mauvaise porte,
disons-le comme ça, n'est pas un motif raisonnable.
Et je dirais même, je vais oser dire qu'on
serait malavisé de reprocher à quelqu'un qui a fait cette plainte-là à une
mauvaise porte que ce délai-là lui est imputable, là, de façon négative.
Mais là on parle de quelqu'un qui a vraiment
fait un... qui a posé le geste de faire une plainte, on s'entend, là.
M. Fortin : Je partage votre avis.
Mme LeBel : Oui, et on vient
rajuster le fait que ce n'est pas la... ce n'est pas au moment de l'acte ou la
dernière manifestation parce qu'un acte peut durer dans le temps. Et là on
mettait le point de départ à la fin de la représaille pour partir le compteur,
mais là on le met au moment de la connaissance pour ajuster avec l'autre avant.
M. Fortin : Oui, ça, c'est... oui, ça, c'est premier point, là, sur la
connaissance...
Mme LeBel : Oui, exactement.
M. Fortin : ...mais ça, on a fait ce débat-là. Il n'y a pas de... il
n'y a pas de stress.
La Présidente (Mme Bogemans) : Mme
la députée de La Pinière.
Mme
Caron : Merci, Mme la Présidente. Alors, dans le cas de
menace de représailles, est-ce que la connaissance des menaces de représailles doit nécessairement
être directe, c'est-à-dire que... on va dire, l'employeur menace la personne de
représailles, il n'a peut-être pas passé aux actes encore, mais il le menace,
ou est-ce que ça peut... ça comprend aussi le fait qu'un collègue, par
exemple, de la personne qui sera victime de représailles apprend qu'il va y
avoir... que cette personne-là va être congédiée, admettons? Est-ce que...
est-ce que ça compte quand même?
Mme LeBel : Bien oui, ça... Bien, si
on peut faire le lien, là, correctement, si ça devient une menace de
représailles... mais là, si j'apprends que je vais être congédiée, je suis
probablement rendu pas loin de la représaille elle-même, là.
Mais oui, je
veux dire, la menace de représailles n'a pas nécessairement besoin d'être
directe, là, mais elle doit être
avérée, par contre, comme étant une menace de représailles, et là ça va devenir
une notion de preuve, rendu là, là.
Une
voix : ...
Mme LeBel : Oui,
ça va... C'est ça, ça va devenir une... Exact.
Mme Caron : OK. Parce que... Par exemple, qu'un collègue dit
«je viens d'apprendre que tu vas être congédié», mais que ça se passe
deux semaines plus tard, que le congédiement arrive deux semaines plus tard,
est-ce que le délai de 90 jours, il part du moment où la... la victime de
représailles a connaissance de ce... que ça va arriver?
Mme LeBel : Bien,
ça peut partir à partir de la connaissance de la représaille. Elle peut être
avérée ou juste menacée, là, il décidera d'intervenir. Mais, tu sais, s'il ne
prend pas le collègue au sérieux, là, parce que c'est un collègue puis il
dit : Bien là, voyons, ça ne se peut pas, ça ne se peut pas, là, ça ne se
peut pas.
Mme Caron : On
va attendre que ça se produise, c'est ça.
Mme LeBel : Parce
que, là, c'est sûr que quand c'est l'employeur directement qui dit : Je
vais te... Si tu continues ou si tu ne retires pas ta divulgation, je vais te
congédier, bien là, le délai va commencer à partir de là parce que c'est
vraiment très direct. Mais admettons qu'il ne prend pas son collègue au sérieux
puis il attend la représaille, ça va partir à partir de la connaissance de la
représaille, là, tu sais, mais tout ça va devenir un cas de figure devant les
tribunaux, là. Puis il faudrait vraiment qu'il ait attendu à la fin du
90 jours pour qu'un délai si court lui soit fatal, là, en termes de délai
de 90 jours, là.
La Présidente (Mme
Bogemans) : M. le député de Rosemont.
Des voix : ...
Mme LeBel : Est-ce
que ça vous va ou on suspend?
M. Marissal :
Bien, s'il y a un proposeur, moi,
je... S'il y a un appuyeur, je proposerais une pause pour des raisons...
Mme LeBel : De
santé?
M. Marissal :
Quasiment, oui. Rendu là, oui, quasiment, là.
Mme LeBel : Parfait.
M. Marissal :
Mais non, je n'ai pas d'autre question. C'est bon. J'ai...
Mme LeBel : Non,
mais...
M. Marissal :
Je pense que j'ai répondu à ma propre... J'ai un peu...
Mme LeBel : On
peut prendre un cinq minutes, peut-être, si ça va à tout le monde.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Oui, sans problème.
M. Marissal :
J'ai un peu de mal avec le texte
du commentaire, là, sur la non-irrecevabilité. Je pense, je n'ai pas le...
Mme LeBel : C'est
bon, hein?
M. Marissal :
Non, c'est ça, je n'ai pas le
cerveau formaté pour ça parce que deux négatifs feraient un positif. Donc,
on retire la règle de recevabilité?
Mme LeBel : On
pourra en parler pendant la pause.
M. Marissal :
Je comptais aller ailleurs pendant la pause, mais c'est bon.
Mme LeBel : Ou
non. Ou non. C'est au choix du chef.
M. Marissal :
Je vais régler... je vais régler mes affaires. C'est bon. Merci.
La Présidente (Mme
Bogemans) : On suspend pour cinq minutes.
(Suspension de la séance à
17 h 50)
(Reprise à 18 heures)
La Présidente (Mme Bogemans) : On
est prêts à démarrer. Est-ce qu'il y avait d'autres commentaires sur
l'amendement de l'article 14? Non? Donc, est-ce que l'article 14 de
la loi édictée... Est-ce que l'amendement de l'article 14 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 14 tel qu'amendé? Est-ce
que la... Est-ce que l'article 14, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La
Présidente (Mme Bogemans) :
Maintenant, passons à
l'article 15. Je crois que vous avez un amendement également.
Mme LeBel : Oui,
j'ai l'article 15. Donc, je vais lire l'article d'origine et j'ai un
amendement... j'aurai un amendement à déposer également, Mme la
Présidente. Donc, l'article 15 :
«Lorsqu'une personne fait une divulgation,
collabore à une vérification, à une inspection ou à une enquête visée au premier alinéa de l'article 3 ou
exerce un droit que lui confère la présente loi et allègue être victime de
représailles visées au paragraphe 1° du premier alinéa de
l'article 4, il y a présomption simple en sa faveur que la sanction lui a été imposée ou que la mesure a été prise contre
elle à cause de cette divulgation, de cette collaboration ou de cet exercice
d'un droit. Il incombe à l'auteur de la
sanction ou de la mesure de prouver que cette dernière a été imposée ou prise
pour une autre cause juste et suffisante.»
Des voix : ...
Mme
LeBel : Cet article établit
en faveur de l'employé ou du stagiaire une présomption simple que la sanction
ou la mesure dont il se plaint constitue des représailles interdites. Ça
l'aide...
À partir du moment où il allègue... il prouve
qu'il a fait une divulgation d'un acte répréhensible et qu'il a une
représaille, bien, c'est à l'employeur ou la personne de prouver que ce n'était
pas une représaille, mais plutôt une sanction
disciplinaire x, y, z. C'est un renversement de fardeau pour l'aider à faire sa
démonstration du lien de causalité.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...de
l'amendement.
Mme
LeBel : Oh! oui, j'ai un amendement.
Merci. Mon Dieu! je... mémoire d'écureuil. Donc : Supprimer, dans
l'article 15 de la Loi sur la protection contre les représailles liées à
la divulgation d'actes répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet
de loi, «, à une inspection».
Cet amendement a pour objet de retirer la notion
d'inspection, laquelle ne s'applique que dans le cadre de la Loi sur les services de garde éducatifs à
l'enfance. Donc, c'est un retrait de concordance avec le retrait de la possibilité
de divulguer au ministère de la famille.
Comme on a ramené vers le Protecteur
du citoyen, on a nettoyé, si on veut,
pour faire la concordance nécessaire.
Une voix : ...
Mme LeBel : J'ai un autre
amendement?
La Présidente (Mme Bogemans) : On va
le présenter tout à l'heure.
Mme LeBel : Après, oui, c'est ça.
La Présidente (Mme Bogemans) : Oui.
Mme LeBel : OK, excusez-moi.
Excusez-moi, Mme la Présidente, j'ai eu un petit «sidebar».
La
Présidente (Mme Bogemans) : Pas de problème. Est-ce qu'il y a des commentaires
sur l'amendement? Oui.
Mme
Caron : Merci. Alors, simplement, donc, c'est maintenant
le... ça va être l'employeur qui va avoir le fardeau de la preuve. Ce
n'est pas la personne qui se dit victime d'une représaille?
Mme
LeBel : Bien, il y a... Bon, l'amendement, là, c'est
plutôt sur la famille, mais ce n'est pas grave. Je veux juste le dire que mon commentaire n'est pas sur
l'amendement. Donc, on revient à l'article principal pour notre discussion.
Effectivement, ce que ça fait, c'est qu'à partir
du moment où... Il y aura toujours bien l'obligation de faire... au départ, de prouver que tu as fait une
divulgation, c'est quand même assez simple, là. J'ai divulgué un acte
répréhensible et j'ai eu la conséquence y, donc
j'ai été congédié, à titre d'exemple. À partir de ce moment-là, la balle est
dans le camp de l'employeur ou de la
personne ayant effectué la représaille de démontrer... et je prends toujours le
congédiement comme exemple, mais je réitère qu'il y a une foule de
représailles possibles, mais c'est plus simple à conceptualiser. Quand on parle de congédiement, ce sera donc à
l'employeur de démontrer : Bien, ce n'est pas parce que tu as fait une
divulgation, c'est parce que tu es toujours en retard, genre.
Donc, ce sera à l'employeur de démontrer que le
congédiement est relié à une autre cause que la divulgation et que c'est le
fait du hasard que la divulgation et la représaille cohabitent en même temps.
Je vais le dire comme ça.
Mme Caron : Parfait. Merci.
Mme
LeBel : Et ça, c'est pour l'article principal.
L'amendement, naturellement, on... je le redis juste pour les fins
d'enregistrement, là, c'est plutôt de... un article de concordance qui ne
change pas la substance, là.
La
Présidente (Mme Bogemans) : Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement?
Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La
Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce qu'il y a des commentaires sur
l'article 15 tel qu'amendé? Est-ce que l'article 15, tel
qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Maintenant,
il y a un...
Mme LeBel : 15.1.
La Présidente (Mme Bogemans) : Exactement,
l'introduction d'un amendement pour l'article 15.1.
Mme
LeBel : Et voilà, auquel je faisais référence tantôt
prématurément. Donc, article 1, qui insère l'article 15.1 de la Loi
sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles : Insérer, après l'article 15 de la Loi sur la protection contre les représailles
liées à la divulgation d'actes répréhensibles, proposé par l'article 1 du
projet de loi, le suivant :
«15.1. Le président du Tribunal administratif du
travail détermine qu'un recours exercé en vertu de la présente loi et portant
sur un congédiement allégué doit être instruit et décidé d'urgence lorsqu'il
est d'avis que ce recours apparaît fondé à sa face même.»
Donc, ce que ça a pour but ici, là, ça a pour
objet d'accélérer le traitement par le Tribunal administratif du travail des
recours exercés en vertu de la Loi sur la protection contre les représailles.
Ce qu'on veut ici, le... je vais... vous me corrigerez, si je me trompe, mais
le président du tribunal administratif a déjà le pouvoir, dans sa loi, de
prioriser ou de donner des traitements pour certains motifs, mais on voulait
lancer le message très clair ici qu'un congédiement...
et là c'est... là, je ne donne pas l'exemple... je donne l'exemple à dessein,
parce qu'on parle de congédiement, pour une représaille, est quelque
chose d'extrêmement grave et qu'il faut que ce soit traité en priorité.
Parce que, je
dirais, en matière de droit du travail, le congédiement est souvent la peine de
mort, hein? C'est-à-dire, c'est la pire sanction qu'on peut... bien, en
tout cas, peut-être qu'on peut en imaginer d'autres, mais la pire sanction
qu'on peut imaginer, c'est que... c'est de perdre notre emploi pour une action
qu'on a commise. Donc, ici, on ne voudrait pas que le congédiement vienne
dissuader, quelqu'un, exemple... à titre d'exemple, qui est menacé d'un congédiement ou qui est congédié, dise :
Bien, moi, je vais retirer ma plainte. Donc, on veut s'assurer que la divulgation
demeure.
Et, en plus, dans le congédiement, il y a
quelque chose d'assez définitif. Il n'y a plus de traitement, il n'y a plus de... il n'y a plus de salaire, il n'y a plus
de moyens de vivre. Ça pourrait inciter indirectement quelqu'un à retirer
sa plainte pour dire : Moi, je m'excuse, là, mais ça ne fonctionne pas,
puis je vais aller voir mon employeur, puis je vais lui dire que je vais
retirer ma plainte, puis, un, je n'ai plus les moyens de vivre, et tout ça.
Donc, ce
qu'on voulait lancer ici comme message, c'est que, quand, naturellement, à sa
face même, le congédiement est relié
à une divulgation, donc il y a une première évaluation à faire, prima facie, le
tribunal administratif doit y accorder un traitement accéléré. Ça a été
quelque chose qui est sorti dans le cadre des consultations. Il y a souvent la
notion d'un tribunal juste pour la notion de représailles, mais on ne veut pas
mettre une autre entité en place ici qui traite de ces notions de façon
accélérée. Il y avait donc... C'était... c'est quelque chose qui a été relevé
dans les consultations comme étant une lacune au projet de loi, de dire :
Bien là, ça ne peut pas rentrer dans le pipeline, en bon français, de la même façon, que toutes les autres causes. Il
faut lancer le message et que... le gouvernement doit lancer le message
au tribunal et... qu'on doit traiter ces plaintes-là avec sérieux.
Et, en matière de congédiement, pourquoi
congédiement uniquement? C'est parce qu'à un moment donné on ne veut pas
embourber le Tribunal administratif du travail dans des priorités, et le
congédiement étant la sentence de mort, ou
la peine de mort, ou la représaille ultime, dans mon livre à moi, peut-être
qu'on pourrait en imaginer une autre, mais, dans mon... dans notre livre
à nous, bien, je pense qu'il faut lui donner une résolution le plus rapidement possible pour s'assurer que ça ne vient pas dissuader les
gens de divulguer, surtout quand le congédiement est effectif, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...
Mme
Caron : Oui, merci. Alors, quand on dit «décider
d'urgence», l'urgence, ça peut représenter, dans ce cas-ci, combien de
jours ou de semaines?
Mme LeBel : Bien, on ne peut pas
imposer de jours à un tribunal...
Mme Caron : On ne peut pas.
Mme LeBel : ...mais il faut qu'il
lui donne un traitement accéléré. Donc, c'est sûr que...
Mme Caron : Mais dans les...
actuellement, dans un... les causes, avec la charge de travail qui se trouve devant le Tribunal administratif du travail,
est-ce que ça pourrait, même si l'urgence est décrétée, que le cas, le dossier
est priorisé... est-ce que la personne peut
s'attendre à ce que ça prenne des semaines, des mois quand même, ou ça peut...
Mme LeBel : Moi, je ne parlerais pas
de mois, peut-être quelques semaines, mais je ne parlerais pas de mois, parce qu'on parle d'une urgence. Donc, le tribunal
doit prioriser ce dossier-là. Donc, ça veut dire... ça pourrait même vouloir
dire, à la rigueur, de tasser un dossier
pour faire passer celui-là, là. Est-ce qu'on pourrait parler de semaines? La
réponse est oui, là, mais...
Mme Caron : Et, dans le nombre...
si, admettons, ça prend deux semaines, trois semaines avant que la cause soit entendue, est-ce qu'il y a des... une
compensation, à ce moment-là, à l'employé pour les semaines qu'il aura perdues?
Mme LeBel : Bien, ça va dépendre du
résultat du dossier. Si le congédiement est avéré pour une divulgation, il y
aura, et on le verra un peu plus loin... le Tribunal administratif du travail
a... hein?
Une voix : ...
Mme
LeBel : Oui, il y a des mesures de réparation. Le Tribunal
administratif du travail pourra avoir des mesures. Aujourd'hui, les
mesures possibles, c'est la réintégration dans l'emploi et la compensation pour
le salaire perdu. Vous allez voir, dans la
suite du projet de loi, qu'on ouvre l'éventail des mesures possibles pour le
tribunal administratif, qui pourrait aller, même, à la rigueur, par un
autre type de compensation en plus de la réintégration dans l'emploi et de la
récupération du salaire perdu, là. Mais la notion d'urgence est interprétée par
les tribunaux comme une notion d'urgence, et on ne peut pas lier un tribunal en
disant «dans les deux jours, dans les quatre jours», mais, à partir du
moment où on instruit le tribunal de traiter en urgence quand des conditions
sont remplies, il doit traiter en urgence.
Mme Caron : D'accord. Et pourquoi on
ne le fait pas pour d'autres types de représailles autres que le congédiement?
• (18 h 10) •
Mme LeBel : C'est parce que, là, il
y a la notion d'être... la capacité de traiter. Puis, après ça, on a toute la notion aussi d'équité envers les autres
travailleurs qui ont des... en termes de normes du travail, qui ont des
conséquences. On est conscients de ça, ils ont des impacts, eux aussi,
mais nous, on... Moi, je suis dans la loi contre les représailles, et on a... avec discussion avec tout le monde, et
le ministère du Travail, on a convenu qu'il fallait donner une notion de
priorité. Et la représaille ultime qui pourrait dissuader ou mettre dans... le
divulgateur dans une situation extrêmement périlleuse pour continuer sa
plainte, c'est nécessairement le congédiement.
On ne dit pas que les autres n'ont pas de
conséquence, là. Ce n'est pas ça qu'on dit et ce n'est pas ça que je veux. La personne aura toujours le recours, mais
la notion d'urgence et de priorisation est dans le cas d'un congédiement parce
que les conséquences sont très grandes. On perd son salaire, on perd beaucoup
de choses quand on est congédié, donc ça peut impacter de beaucoup la
capacité du divulgateur à poursuivre la divulgation ou même son... je dirais,
sa motivation à poursuivre la plainte.
Mme Caron : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions?
M.
Marissal : Donc, «le président du tribunal administratif
détermine qu'un recours», qu'est-ce qu'il aura en main, à ce moment-là,
pour déterminer ça?
Mme LeBel : Bien, on devra faire une
preuve, une démonstration prima facie devant lui. Quand on fait la demande en
recours à... devant le tribunal administratif, le demandeur, le divulgateur,
accompagné du Protecteur du citoyen, et/ou
de son avocat, ou de quelqu'un d'autre, devra démontrer qu'il a été congédié,
naturellement, et qu'il veut que ce soit instruit en
urgence parce que c'est relié à une démonstration. Il n'y a pas une... C'est
une preuve prima facie, les tribunaux
ont... sont habitués de recevoir ça. Le Protecteur du citoyen va être habilité
à faire ce type de démonstration là, mais ce qu'on doit dire, c'est qu'à
sa face même ce n'est pas frivole, c'est...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui,
ça va se faire souvent sur dossier, sans audition de témoin. Donc, c'est une
procédure assez rapide, là.
M. Marissal :
Sans audition de témoin.
Mme LeBel : Non.
La plupart du temps, c'est sans audition, oui.
M. Marissal :
Et ça, ça suffit pour appuyer sur le bouton...
Mme LeBel : Bien,
à partir du moment où, suite à cette réception d'information là, le président
du tribunal est d'avis... Et là ce sera son
jugement, sa décision que ce recours apparaît fondé à sa face même, donc, que
prima facie il y a un lien entre le congédiement et la divulgation.
Bien, il va devoir l'instruire d'urgence.
M. Marissal :
OK. Mais là vous avez volontairement hiérarchisé les sanctions.
Mme LeBel :
Oui.
M. Marissal : C'est vrai que le
congédiement, ça... difficilement ce qui peut être pire que ça, là. Mais quoique,
tu sais, une rétrogradation humiliante peut
être assez souffrante aussi, se retrouver devant une occasion unique
d'avancement de carrière, et se voir bloqué en raison d'une représaille,
puis que cette chance-là ne repasse pas. Pensez à quelqu'un en fin de carrière, là, qui le veut, le poste, là,
puis que, là... qui ne l'aura pas puis qui va être dans le pipeline dont vous
parliez tantôt pendant des mois, peut-être, c'est... Pour moi, c'est aussi
grave.
Parce que le
congédiement, quand c'est rendu là, après représailles, ça me paraît assez
évident que le plaignant a de bonnes chances, hein? Il a eu un assez bon
dossier. Mais, si tu es encore à l'emploi puis que le boss dit : Bien, je
ne lui ai pas donné, le poste, le superposte à Londres, là, je ne lui ai pas
donné parce que je ne voulais pas lui donner
parce qu'elle n'est pas compétente, cette personne-là, ce n'est pas du tout une
représaille. Là, ça s'en va dans le fond de la pile, puis tu attends
pendant un an et demi.
Mme LeBel :
Non, non. L'instruction d'urgence, ce n'était pas... et n'est pas de la
nature de la qualité du dossier. Je veux
dire, si la personne a une représaille, quelle qu'elle soit, elle va être
entendue par le tribunal administratif et devra faire la preuve que
c'est relié, c'est sûr. Et le tribunal administratif ne met pas au pied du rôle
un dossier en disant : Tu n'as pas la
preuve que ton... que ta rétrogradation ou ton non-avancement n'est pas relié.
Il va décider, il va dire : C'est relié à la divulgation ou ce
n'est pas relié à la divulgation.
Ce qu'on vient dire
ici, c'est que, dans le cas d'un congédiement... et c'est vrai qu'on
hiérarchise, mais, dans le cas d'un congédiement, cette même décision là doit
se faire en urgence, parce que, là, il y a vraiment une perte de salaire, là.
Je ne dis pas que les... Et je veux bien être claire, là, les autres
représailles vont peut-être... vont sûrement donner, si elles sont avérées,
notion à une compensation, et le tribunal décidera de la réparation appropriée.
Mais le tribunal ne va pas dire : Oui, ce n'est pas clair ton affaire, je
te mets au pied du rôle. Le tribunal va décider que le non-avancement ou
l'absence de promotion est relié à la divulgation ou non et va l'entendre, la
cause, dans les délais où il entend toutes les autres causes qui sont reliées à
des matières en matière de travail.
Là où le congédiement
devient, à mon sens, beaucoup plus patent, c'est qu'il vient priver la personne
qui a fait une divulgation de son salaire, de sa substance, tu sais, de vie.
Dans les autres cas, là, c'est sûr que c'est grave, mais là on vient de le
priver de son salaire. Donc, pour moi, ça vient handicaper potentiellement sa
capacité de poursuivre le dossier, et c'est ça qu'on ne veut pas, donc, mais
les autres plaintes vont être traitées aussi, là. Puis ça peut arriver qu'elles soient traitées rapidement,
parce que, pour plein de raisons, le tribunal administratif a sa capacité
de faire le traitement de ces plaintes et de prioriser ces plaintes. Il a déjà
la capacité. Je dois le dire, hein, le tribunal administratif a déjà la capacité de priorité... de prioriser un dossier.
Donc, quelqu'un pourrait alléguer, en fonction de la capacité actuelle
du président du tribunal, bien, pour telle raison, moi, je voudrais que tu
priorises mon dossier, et il peut accepter de le faire. Ce qu'on lui lance ici,
c'est que, dans le cas d'un congédiement relié à une divulgation, il doit le
faire.
M. Marissal :
C'est une obligation, je comprends.
Mme LeBel :
Mais il l'a déjà, la capacité, là. Je veux que ce soit très clair. Ce n'est
pas qu'on... Ce n'est pas à l'exclusion des autres. Dans tous les autres cas de
figure, il a la capacité de le faire, mais on veut lancer un message très clair
que, dans ce cas-là, il doit le faire.
M. Marissal : Ah!
Bien, j'apprécie la nuance que le président du tribunal administratif peut
dire : Ça me semble être assez grave. Par exemple, pour le maintien
d'une certaine harmonie au sein d'une organisation, ça peut être... ça peut être assez pénible, tout ça. Est-ce qu'il y a des liens
formels entre le Protecteur du citoyen puis le tribunal administratif, ou ils
ne se parlent pas, ou ils se parlent par...
Mme LeBel : Formels? Non.
M. Marissal : C'est-à-dire
que le protecteur n'intervient pas dans un cas de congédiement pour dire au
TAT : Ça, tu comprends, il faut que tu ailles... il faut que tu
ailles plus vite, là.
Mme LeBel : Non, non. Bien,
dans ce cas-là, il va représenter la personne puis il va alléguer ça devant le
tribunal, mais le protecteur devient quelqu'un devant le tribunal. Il n'y a pas
de lien... il n'y a pas de lien d'autorité, il n'y a pas de lien formel, puis
le protecteur ne peut pas dire au tribunal administratif : traite en
priorité. Il va représenter la personne, comme un avocat le ferait, et il va
devenir une partie devant le tribunal. Et il va alléguer, en vertu de 15.1, bien, les conditions sont remplies
de traiter en urgence. Il n'a pas de position d'autorité face au tribunal administratif.
M. Marissal : Très bien. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'amendement introduisant l'article 15.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : L'amendement
est adopté, et donc l'article 15.1 est adopté. Maintenant,
l'article 16.
Mme
LeBel : Article 16 : «Les dispositions du Code
du travail et de la Loi instituant le Tribunal administratif du travail
qui sont applicables à un recours relatif à l'exercice par une personne
salariée d'un droit lui résultant de ce code
s'appliquent, avec les adaptations nécessaires, à un recours au Tribunal
administratif du travail prévu par la présente loi.
«En outre des ordonnances qu'il peut rendre en
vertu de ces dispositions, le Tribunal administratif du travail peut rendre toute autre ordonnance qui lui paraît
juste et raisonnable, compte tenu de toutes les circonstances de l'affaire,
notamment :
«1° ordonner à l'employeur de verser à la
personne salariée une indemnité pour perte d'emploi;
«2° il peut ordonner le financement du soutien
psychologique requis par la personne salariée ou le stagiaire pour une période
raisonnable qu'il détermine.
«Le Tribunal administratif du travail ne peut
toutefois ordonner la réintégration d'un domestique ou d'une personne dont la fonction exclusive est d'assumer
la garde ou de prendre soin d'un enfant, d'un malade, d'une personne
handicapée ou d'une personne âgée dans le logement de l'employeur.»
On parle ici d'un lien de confiance, puis on comprend
que ça peut être très difficile de faire ça, donc, mais pour ordonner tout
autre type de dédommagement dans ces cas de figure... Cet article énonce donc
les pouvoirs du TAT lorsqu'un salarié ou un
stagiaire exerce un recours à la suite de représailles. De plus... et il
apporte des précisions concernant les ordonnances que peut prendre le
tribunal.
Je pense que le cas de figure est important ici,
parce que, comme on vient d'intégrer en plus la famille dans ce système-là, je
veux dire, si quelqu'un a perdu la... une place en CPE, je veux dire, de forcer
la réintégration dans... En tout cas, moi,
personnellement, je ne renverrais pas mon enfant, mais toute autre forme de
dédommagement pourrait être accordée à ce moment-là. Et on comprend que
les cas de figure, là, du dernier paragraphe, c'est des cas où il y a vraiment
un lien d'intimité ou de confiance entre les personnes, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions? Oui.
Mme Caron : ...la personne, la
victime ne peut pas se payer, par exemple, un avocat pour les procédures,
est-ce qu'il peut y avoir...
Mme LeBel : C'est le Protecteur du
citoyen. Oui, c'est l'article où il peut, là... oui, tantôt...
Mme Caron : C'est le Protecteur du
citoyen qui va y aller avant... D'accord.
Mme LeBel : ...ou ça peut... ou son
syndicat, c'est selon... ou son avocat, s'il préfère le faire lui-même.
Mme Caron : OK. Parfait. OK.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...commentaires?
Oui.
M. Marissal : Oui, merci. Mais en
quoi ça, c'est différent de ce que le TAT peut déjà faire?
Mme LeBel : En matière de
représailles, il pouvait juste... il pouvait juste compenser pour...
Une
voix : ...
Mme
LeBel : ...réintégrer,
réintégrer et verser le salaire, c'est tout ce qu'il pouvait faire. Maintenant,
l'article 2, le deuxième alinéa donne des exemples. Naturellement,
c'est un «notamment», ce n'est pas limitatif, mais «peut», ce que ça vient
ouvrir, c'est la possibilité en matière de représailles, là. On ne parle pas
de... On parle, en matière de représailles, la possibilité pour le tribunal
administratif de même donner une indemnité, de faire autre chose que simplement
dire : Je te réintègre et je... Ça a pris six mois et je compense les...
et j'ordonne à l'employeur de te verser les six mois de salaire perdus, genre.
C'était juste ça qu'il pouvait faire jusqu'à présent. Là, on vient d'ouvrir
l'éventail puis on doit comprendre que le deuxième alinéa, c'est un exemple de
ce qui peut être fait, mais l'éventail est ouvert maintenant pour le TAT, à
part le dernier de... qu'il ne peut pas faire, là.
• (18 h 20) •
M. Marissal :
OK. Je sors de cette... je sors
de cette loi-ci, je vais dans les normes du travail, là. Un congédiement
abusif, là, le TAT peut aller plus loin que juste réintégrer, il peut...
Mme LeBel : Ah!
là, là, vous...
Une voix :
...
Mme LeBel :
Oui, oui. On vient de donner au TAT, en matière de représailles, le même pouvoir
qu'il avait en matière de normes de travail, le congédiement, oui.
M. Marissal :
Le congédiement abusif ou le congédiement injustifié. OK, et puis...
Mme LeBel : Il
était vraiment encarcané en matière de représailles sur un cas de figure, une
seule action possible, réintégrer et compenser le salaire perdu. Et la personne
qui a perdu son travail, qui a subi la représaille de congédiement, n'est
peut-être pas intéressée à retourner dans le milieu de travail, donc, pour
cette... parce qu'on parle d'une représaille, on parle d'un milieu de travail,
ou peut-être qu'elle ne veut pas réintégrer, là, peut-être que les... peu importe, il y a plein de situations. Et
là la seule réparation vers... devant laquelle elle se trouvait, c'est d'être
réintégrée et récupérer le salaire perdu. C'était un peu limitatif, là.
M. Marissal :
OK, alors que, là, on peut compenser le salaire perdu puis compenser pour
le congédiement.
Mme LeBel : On
peut donner une indemnité pour perte d'emploi, oui. L'éventail est ouvert.
M. Marissal :
OK. Et pourquoi il n'y a pas
quelque chose qui ressemblerait à perte d'opportunité de carrière, là? Ce
que je vous disais, par exemple, tout à l'heure, que quelqu'un a été bloqué...
Mme LeBel : Bien,
«peut rendre toute autre ordonnance qui lui paraît juste et raisonnable, compte
tenu de toutes les circonstances de l'affaire», elle peut.
M. Marissal :
C'est possible aussi.
Mme LeBel :
Oui, oui, c'est possible. C'est juste que, là, on donne des exemples, là, pour
guider, mais on... je pense qu'on reprend ce
qui est dans le... On adapte, mais l'idée, c'est que l'éventail est ouvert
maintenant et c'est au Tribunal administratif du travail d'évaluer la
réparation la plus appropriée à la représaille.
M. Marissal :
Bien, moi, je vois ça comme une avancée. En tout cas, ça m'apparait être un
plus, là, oui.
Mme LeBel : Bien oui. Bien, moi, en tout cas, je vous le dis,
on le propose comme un élargissement, donc, des possibilités pour le TAT
de rendre des ordonnances de réparation. Je vais le dire comme ça.
M. Marissal :
Oui. C'est bon pour moi. Merci.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce que l'article 16 de la loi édictée est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Passons à l'article 17. Vous avez un
amendement également.
Mme LeBel : Oui,
mais on... Oui, absolument. Donc, article 17... Attends un petit peu, je
veux juste être sûre que je suis à la bonne
place. Oui. OK. Article 17 : «Avec l'accord du plaignant, le
Protecteur du citoyen peut effectuer une vérification ou une enquête
afin de déterminer si la plainte est fondée et faire les recommandations qu'il
estime appropriées à l'une des personnes suivantes :
«1° dans le cas où l'organisme public concerné
est visé au paragraphe 9° de l'article 2 de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics, au ministère de la Famille et, si les circonstances
le justifient, au conseil d'administration de cet
organisme public ou à la personne physique titulaire d'un permis de garderie;
«2° dans le cas où l'organisme public concerné
est visé au paragraphe 9.1° de cet article, à la personne ayant la plus haute
autorité administrative au sein de cet organisme public ou, si les
circonstances le justifient, au ministre des Affaires municipales, des Régions
et de l'Occupation du territoire, de même que, si les circonstances le
justifient, au conseil de l'organisme public
ou à toute municipalité locale ayant un lien avec celui-ci lorsqu'il n'est pas
une municipalité locale;
«3° dans les autres cas, à la personne ayant la
plus haute autorité administrative au sein de l'organisme public concerné ou,
si les circonstances le justifient, au ministre responsable de cet organisme
public.
«Toutefois, si le Protecteur du citoyen ne peut
effectuer une vérification ou une enquête ni faire des recommandations lorsque le plaignant exerce un recours devant un
tribunal afin qu'il soit disposé de l'objet de sa plainte. Si le
plaignant exerce un tel recours après qu'une vérification ou une enquête a
débuté, le Protecteur du citoyen doit mettre fin à celle-ci.
«Pour l'application de la présente loi, la
personne ayant la plus haute autorité administrative correspond à celle responsable de la gestion courante de
l'organisme public, tels le sous-ministre, le président ou le directeur général.
Toutefois, cette personne correspond :
«1° dans le
cas d'un organisme public visé au paragraphe 5° de l'article 2 de la Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles
à l'égard des organismes publics, au conseil d'administration ou, dans le cas
d'une commission scolaire, au conseil des commissaires;
«2° dans le
cas d'un établissement visé à l'annexe II de la Loi visant à rendre le
système de santé et de services sociaux plus efficace, au président et
chef de la direction de Santé Québec.»
Commentaires. Le premier alinéa de cet article
octroie donc au Protecteur du citoyen le pouvoir de faire une vérification ou
une enquête afin de déterminer si une plainte de représailles est fondée et de
faire par la suite des recommandations aux personnes indiquées. Le deuxième
alinéa restreint ce pouvoir afin qu'il ne puisse être exercé concurremment à l'exercice d'un recours devant le
tribunal par le plaignant. Donc, on ne veut pas entrer en concurrence avec un recours déjà exercé. Et le troisième
alinéa précise la notion de personne ayant la plus haute autorité
administrative qui est nécessaire pour l'application du premier alinéa.
Toutefois, il y a un amendement, Mme la
Présidente, tel que mentionné précédemment. Donc, amendement à l'article 17 : À l'article 17 de la
Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet de loi :
1° remplacer,
dans ce qui précède le paragraphe 1° du premier alinéa, «Avec l'accord du
plaignant, le Protecteur du citoyen» par «Si les parties refusent
d'entreprendre la médiation ou si aucun règlement n'intervient au terme de
cette dernière, le Protecteur du citoyen, avec l'accord du plaignant,»;
2° remplacer,
dans le deuxième alinéa, «un recours devant un tribunal afin qu'il soit disposé
de l'objet de sa plainte» par «ou a exercé un recours devant le Tribunal
administratif du travail en vertu de la présente loi ou un recours civil
portant sur des représailles ou des menaces de représailles alléguées
interdites en vertu de la présente loi».
Cet amendement a pour objet de préciser les
circonstances dans lesquelles le Protecteur du citoyen peut effectuer une
vérification ou une enquête afin de déterminer si une plainte est fondée et
faire les recommandations qu'il estime appropriées.
Donc, on
ajoute, si on veut, la... voyons, l'obligation ou la notion précédente de
passer par la médiation ou, à tout le moins, de considérer la médiation
avant d'enclencher tout le reste. Ça, c'est l'alinéa...
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que... Oui, Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : En fait, c'est sur
l'article 17 même. Donc, je vais attendre.
Mme LeBel : On va attendre
peut-être, oui, de... Parfait. Sur l'alinéa comme tel, ça va?
La Présidente (Mme Bogemans) : Commentaires
sur l'amendement?
Mme LeBel : Pas... l'amendement,
oui.
La Présidente (Mme Bogemans) : Oui.
Donc...
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Oui,
l'amendement est adopté. Des commentaires sur l'article 17?
Mme LeBel : Donc, sur l'article...
Mme
Caron : ...donc, paragraphe 1°, on... «dans le cas où
l'organisme public concerné visé au paragraphe 9°», on fait encore
référence au ministre de la Famille. Est-ce que c'est... est-ce qu'on doit
conserver ça? Puisque...
Mme LeBel : Oui, oui, oui.
Une
voix : ...
Mme LeBel : OK. Là, je vais vous laisser le dire à haute voix,
parce que, si je répète ça... Avec votre permission, peut-être laisser
répondre...
Mme Caron : Consentement.
Mme LeBel : ...mais
il y a une justification pour laquelle, à cette étape-là, on garde la référence
au ministre de la Famille, mais on va...
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce qu'il y a un consentement pour donner la parole?
Parfait. Est-ce que vous pouvez vous présenter, s'il vous plaît?
M. Bettez Quessy
(Philippe) :
Oui,
Philippe Bettez Quessy, coordonnateur gouvernemental en éthique au Secrétariat
du Conseil du trésor.
Alors,
au niveau de la nécessité de garder, dans le paragraphe 1°, la notion de
ministère de la Famille, bien, c'est pour prévoir... parce que, même si
c'est le Protecteur du citoyen qui va être habilité maintenant comme canal
unique à recevoir les plaintes à l'égard
des... du réseau de services de garde éducatifs à l'enfance, le Protecteur du
citoyen doit tout de même transmettre les rapports, une fois qu'il les
a. Donc, il faut garder la mécanique de rapports.
Et tout ce que vous
avez ici, aux paragraphes 1°, 2° et 3°, c'est un copier-coller de la mécanique
qu'il y a dans la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles, qu'on
est venus retranscrire ici pour avoir exactement la même mécanique de rapports. Donc, c'est la même chose, lorsque le
Protecteur du citoyen fait une enquête en matière de divulgation d'actes répréhensibles, ça va être
la même mécanique de rapports que ce que vous avez ici aux articles...
aux paragraphes 1°, 2° et 3°, donc, du présent article 17.
Mme LeBel : Donc, ce n'est pas le traitement de la plainte
comme tel, c'est vraiment la mécanique du rapport... des rapports à la
fin.
M. Bettez Quessy
(Philippe) :
Exact.
Tout à fait.
Mme LeBel : Parfait.
Mme Caron : ...qu'au paragraphe 2°, on conserve les Affaires
municipales, Régions, Occupation du territoire.
Mme LeBel : Oui.
Mme Caron : Puis, si on va plus bas... plus loin dans
l'article, donc, pour l'application de la présente loi, la... Et le paragraphe 1°, là, on parle de commissions
scolaires et de conseil des commissaires. Ça, est-ce qu'on doit conserver
ça? Puisque, là, c'est le centre de services scolaire, il n'y a plus de
conseils de commissaires.
Mme LeBel : Bien,
il y a encore des commissions scolaires anglophones.
Mme Caron : Bien,
anglophones. Mais est-ce qu'on inclut, dans commissions scolaires, les centres
de services scolaires francophones?
Mme LeBel : Bien,
les centres de services ont maintenant des conseils... Ils ont-tu des...
Mme Caron : Puis
ils ont des conseils d'administration, mais ils n'ont plus de conseil de
commissaires, les centres de services scolaires.
Mme LeBel : Non,
mais les centres de services scolaires vont être dans les... C'est un organisme
public avec un conseil d'administration. Et
on prévoit aussi le cas de la commission scolaire pour... parce que, si on
n'avait pas prévu le cas de la commission scolaire qui subsiste, il n'y
aurait pas eu cette notion-là, hein, je ne me trompe pas?
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est
ça, c'est ça. On me dit oui. On me dit oui. Donc, elles sont...
Mme Caron : Elles
sont incluses.
Mme LeBel : Les
anciennes commissions scolaires, les centres de services, sont dans la notion
de conseil d'administration et on garde la
notion de commission scolaire et de conseil des commissaires pour les
commissions scolaires encore existantes.
Mme Caron : Anglophones.
Mme
LeBel : Oui.
Mme Caron : D'accord,
merci.
La Présidente (Mme
Bogemans) : ...d'autres interventions?
M. Marissal :
Dans quel cas il serait justifié de faire rapport directement au ministre
responsable?
Mme LeBel : Je
reviens.
Des voix : ...
Mme LeBel : L'important,
là, c'est que ça appartient au protecteur, mais on lui a donné l'éventail des
possibilités. Donc, je n'ai pas de cas de figure en tête qui pourrait faire en
sorte, mais ce que j'ai vérifié, c'est que c'est
vraiment le Protecteur du citoyen, là, qui peut effectuer ça. Donc, il n'y a
pas... je n'y vois pas, là, d'obligation, là. Il n'y a pas d'obligation,
mais on lui donne l'éventail des personnes à qui il peut... auprès de qui il
peut le faire. Mais ça va toujours lui appartenir, la décision, mais on ne
voulait pas mettre de barrière à ses possibilités, là.
• (18 h 30) •
M. Marissal :
Puis tous les cas des paragraphes sont toujours avec l'accord du plaignant.
Mme LeBel :
Oui, mais...
M. Marissal :
L'accord du plaignant... Allez-y, peut-être que vous vouliez compléter...
Mme LeBel : Non,
mais j'allais dire, on parlait du... Là, on parlait quand est-ce qu'on pourrait
aller au ministre responsable, cet organisme public. Bien, si c'est la tête de
la plus haute dirigeante administrative, c'est le sous-ministre, disons, qui
est visé ou si c'est le président de quelque chose qui est sous la
responsabilité du ministre qui est visé,
bien, on... je pense qu'il faut être capable d'aller à la plus haute autorité.
Mais encore là, c'est le Protecteur du citoyen qui va décider de
l'opportunité de le faire, là.
M. Marissal :
Et avec l'accord du plaignant.
Mme LeBel : Oui, c'est ça, et en étant... en ayant passé par
la mécanique de médiation avant, là, mais oui, avec l'accord du
plaignant, absolument, absolument.
M. Marissal :
Qui s'applique à chacun des paragraphes.
Mme LeBel : Oui.
Parce que le 17, là, le départ de l'article 17, là, on a ajouté... on a
ajouté la notion de médiation, là, mais le départ, c'est l'accord du plaignant.
M. Marissal :
Très bien.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 17? Est-ce que
l'article 17, tel qu'amendé, de la loi édictée est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Maintenant, je vais introduire l'article... bien, l'amendement pour
introduire l'article 17.1 de la loi sur la protection. Donc, allez-y.
Mme LeBel : Merci, Mme la Présidente. Alors, article 17.1
de la loi sur la protection : Insérer, après l'article 17 de
la Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet de loi, le
suivant :
«17.1.
Si après avoir fait des recommandations, le Protecteur du citoyen considère
qu'aucune mesure satisfaisante n'a été prise dans un délai raisonnable
par l'organisme public, il doit en aviser par écrit le ministre responsable de
cet organisme. S'il le juge à propos, il peut exposer le cas à l'Assemblée
nationale dans un rapport spécial ou dans son rapport d'activités visé à
l'article 28 de la Loi sur le Protecteur du citoyen.»
Donc, cet amendement
a pour objet de maintenir le devoir du Protecteur du citoyen de s'adresser au
ministre responsable d'un organisme public n'ayant pris aucune mesure
satisfaisante dans un délai raisonnable à la suite de recommandations faites
par le Protecteur du citoyen dans le cas d'une plainte en matière de
représailles, donc on maintient cette obligation-là qui existait, et a
également pour objet de permettre au Protecteur du citoyen d'exposer le cas à
l'Assemblée nationale, s'il le juge à propos.
Donc, on maintient
cette obligation qui existait déjà. Si on maintient, c'est parce que ça
existait. Et là on lui donne la possibilité d'aller à l'Assemblée nationale, de
déposer un rapport si jamais il constate que, malgré ça, ça... il n'y a pas
de... finalement, ses recommandations sont restées sans objet, là.
Mme Caron : ...«il
doit en aviser par écrit le ministre responsable», donc il est obligé de le
faire.
Mme LeBel : Oui, oui.
Mme Caron : Mais, pour exposer le
cas à l'Assemblée nationale... il n'est pas obligé, c'est juste s'il décide.
Mme LeBel : C'est à lui de juger.
C'est à lui de juger.
Mme Caron : On lui laisse... On lui
laisse décider.
Mme LeBel : Oui, on lui laisse le...
Oui, il aura toujours son rapport, à la fin de l'année, qui pourra exposer
certaines situations, mais là on parle d'exposer un cas particulier pour lequel
il a avisé par écrit un ministre et que lui considère,
pour toutes sortes de circonstances, que ce n'est pas suffisant, qu'il doit
aller devant l'Assemblée nationale aussi. Mais ça appartient au
Protecteur du citoyen.
Mme Caron : Puis est-ce que c'est
dans un... puisque c'est un cas précis, est-ce qu'il y a comme une notion
d'urgence qui est reliée à ça? Parce que ça va être connu dans le rapport à la
fin, mais...
Mme LeBel : Bien, c'est... s'il le
juge à propos, c'est le Protecteur du citoyen qui décidera de qu'est-ce qui est à propos... de le faire devant l'Assemblée
nationale, là. On ne veut pas lui donner l'obligation de le faire juste dans
des cas où il y a une urgence. Ça pourrait être une notion... Ça pourrait être
beaucoup de choses, là, mais c'est à lui de l'évaluer, la décision de le faire
devant l'Assemblée nationale. Et on parle d'exposer un cas particulier, là, on
n'est pas dans ses rapports annuels et dans ses... C'est en dehors.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui. C'est un rapport
spécial, finalement, là, qu'il pourrait décider de faire.
Mme Caron : OK. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...M.
le député de Rosemont.
M. Marissal : Je suis curieux.
Puisque le législateur ne parle pas pour ne rien dire, là, puis que vous avez
ajouté le 17.1, est-ce que... est-ce qu'il y a... on peut connaître la source
de l'inspiration de 17.1?
Mme LeBel : Oui. Bien, c'est parce
qu'il est dans la loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles. Donc,
comme on fait une loi, présentement, juste pour les représailles, dans le fond,
on le transfère pour être sûrs que cette notion-là existe encore, mais ça
existe déjà dans la loi actuelle. Mais là on édicte une loi spécialement pour
la notion de protection, donc on veut s'assurer que ça, ça revient ici.
M. Marissal : Ça existait tel quel?
Mme LeBel : Oui, oui. C'est pour ça
qu'on maintient le devoir du Protecteur du citoyen, on le... Donc, on le remet
dans cette loi-là pour s'assurer qu'il n'est pas perdu en chemin, compte tenu
qu'on fait une loi spéciale... pas une loi spéciale, mais une loi particulière.
M. Marissal : C'est bon. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'amendement introduisant l'article 17.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Passons maintenant à l'article 18 de la loi édictée.
Mme LeBel : Article 18 :
Supprimer, dans l'article 18 de la Loi sur la...
Une voix : ...
Mme
LeBel : Ah! c'est
l'amendement. Mon Dieu, je suis partie par la fin. Je commence. Donc, je vous
annonce qu'il y aura un amendement. Donc :
«Chapitre III
«Sanctions
«Section I
«Sanctions disciplinaires»
Article 18 :
«18. Constitue un manquement pouvant donner lieu
à l'imposition, par l'employeur, d'une sanction disciplinaire pouvant aller
jusqu'au congédiement le fait pour un employé d'exercer des représailles ou des
menaces de représailles interdites en vertu de l'article 3 ou de chercher
à identifier une personne pour le motif qu'elle a fait une divulgation ou
qu'elle a collaboré à une vérification, à une inspection ou à une enquête visée
au premier alinéa de cet article.»
Cet article prévoit que le fait pour un employé
d'exercer des représailles ou des menaces de représailles interdites en vertu
de l'article 3 ou de chercher à identifier une personne notamment pour le
motif qu'elle a fait une divulgation
constitue un manquement pouvant donner lieu à l'imposition d'une sanction
disciplinaire par l'employeur.
Donc, conformément à leur pouvoir de gestion,
là, les employeurs ont déjà le loisir de déterminer quels comportements
constituent un manquement pouvant... donnant lieu à l'imposition d'une sanction
disciplinaire. Donc, ce que ça fait, c'est que ça vise à faciliter l'imposition
de sanctions. Les manquements énoncés, donc, constituent une... On vient
évoquer que les manquements constituent une conduite fautive. Ça pourrait
couvrir un peu le cas de figure de tantôt, de celui qui reçoit la confidence et
qui peut-être pas... peut-être empêche la divulgation en faisant des menaces de
représailles, là. Disons qu'il faudrait que ça rentre dans la définition qu'on
a là, mais... ou quelqu'un qui commence à vouloir interroger tout le monde pour
essayer de découvrir qui est le divulgateur, là. Ça va couvrir ces cas de
figure là entre autres.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Est-ce que vous avez...
Mme
LeBel : Ah! l'amendement, oui. Mon Dieu! Seigneur! Je les annonce, et aussitôt fait, aussitôt oublié, hein? Donc,
je trouvais que vous étiez très attentifs.
Donc, amendement : Supprimer, dans
l'article 18 de la Loi sur la protection contre les représailles liées à
la divulgation d'actes répréhensibles, proposé par l'article 1 du projet
de loi, «, à une inspection».
Donc, ça vient... ça a pour objet de retirer la
notion d'inspection. Et, encore une fois, c'est la même chose que tantôt par rapport aux services de garde et au
fait qu'on ramène tout ça en concordance avec le retrait de la possibilité
d'effectuer une divulgation au ministre de
la Famille, donc la notion d'inspection. Je propose qu'on adopte l'amendement
puis qu'on parle de l'article comme tel. Est-ce que ça vous va ou...
Des voix : ...
Mme LeBel : Oui? Donc...
La Présidente (Mme Bogemans) : Donc,
est-ce que l'amendement de l'article 18 est adopté?
Des voix : Adopté.
La
Présidente (Mme Bogemans) : Parfait. Est-ce qu'il y a des interventions sur
l'article 18 de la loi édictée? Oui, madame...
Mme Caron : Alors, on parle d'un
employé qui exercerait des représailles ou des menaces de représailles
interdites. Est-ce qu'on... dans «employé», on comprend des cadres ou des
personnes haut placées dans l'organisme?
Mme LeBel : Oui, oui, un cadre,
absolument.
Mme Caron : Oui?
Mme LeBel : Oui. Je veux juste m'en
assurer, là, mais oui.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...
M. Marissal : ...dans la même veine,
là. Si c'est la personne en plus haute autorité... c'est un cadre, là, mais c'est
comme le sommet de la pyramide, là, cette personne-là... bien, si oui, parce
que cette personne... mettons que le président d'une grande société d'État se
lance dans une chasse aux sorcières, là, mais qui va dire...
Mme LeBel : Oui. Bien là, on parle
de l'organisme qui congédie quelqu'un de l'organisme. Donc, dans votre cas de
figure, si c'est la plus haute autorité, la personne, bien là, ça va
probablement être la recommandation du Protecteur
du citoyen. Ça pourrait être le ministre, ça pourrait être le gouvernement qui
le démet de ses fonctions. Là, ça...
M. Marissal : D'où ma question.
Mme LeBel : Là, ça va devenir une
recommandation du Protecteur du citoyen, là, dépendamment de l'acte en
question, et ça va faire partie... Mais là on parle de quelqu'un dans
l'organisation qui est... un employeur, là, qui a une... qui est dans un sommet
d'une certaine pyramide, qui constate qu'un de ses employés essaie de trouver
c'est qui qui a divulgué. Bien, lui, on lui donne
l'autorité... Il l'a déjà, cette autorité-là, à toutes fins pratiques, là, mais
on lui donne des cas de figure où ça va être clair qu'il va pouvoir agir. Mais
il pourrait agir, là, en vertu de la loi actuelle puis dire : Bien, moi,
je m'excuse, là, mais, pour moi, là, c'est inacceptable.
On vient camper le fait... Puis ce qui est
plus... je dirais, ce qui est plus... ce qui était peut-être moins clair, c'est
le fait de chercher à connaître l'identité. C'est sûr qu'à partir du moment où
tu menaces quelqu'un... Puis, pour menacer de représailles, il faut que tu aies
une certaine position d'autorité sur la personne qui a divulgué, là, on
s'entend, là. Bien, ça, pour moi, c'était beaucoup plus clair, l'intervention,
mais on vient la camper. Mais de chercher à connaître l'identité d'un
divulgateur, c'est un peu plus flou, disons, comme action, mais on vient camper
le fait qu'il peut y avoir des... pas des représailles, mais des manquements,
des impositions de sanctions. Parce que là on est vraiment... on tombe dans... plus dans une notion de normes du travail
ou de droit du travail, là, mais il faut couvrir le cas où on essaie de trouver
c'est quoi, le divulgateur, de façon active, là, pas juste : Heille! «by
the way», tu penses-tu c'est qui? Tu sais, non, on parle d'une recherche,
là.
• (18 h 40) •
M. Marissal : OK. Ça va.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Est-ce que l'article 18, tel qu'amendé,
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Passons
à l'article 19.
Mme LeBel : Section III, les
sanctions pénales. Donc, on entre dans les pénalités. Article 19 :
«19.
Quiconque contrevient aux dispositions de l'article 3 est passible d'une
amende de 5 000 $ à 30 000 $ dans le cas d'une
personne physique et de 15 000 $ à 250 000 $ dans les
autres cas.»
Donc, cet article prévoit, pardon, une
infraction pour quiconque exerce des représailles ou des menaces de
représailles interdites et les amendes auxquelles s'expose le contrevenant.
Donc, en plus
de donner au... à la personne qui a subi la représaille la possibilité d'avoir
une représentation, on fait une infraction... on crée... une infraction
du fait de faire des représailles, d'exercer des représailles.
La Présidente (Mme Bogemans) : ...
Mme Caron : ...préciser «dans les
autres cas»?
Mme LeBel : Bien, dans les cas que
ce n'est pas une personne physique, tous les autres cas qui n'est pas une
personne physique.
Mme Caron : Tous les autres, OK.
Mme LeBel : Oui.
La
Présidente (Mme Bogemans) : D'autres interventions? Est-ce que
l'article 19 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : L'article 20.
Mme
LeBel : Oui. «Quiconque entrave ou tente d'entraver l'action
du Protecteur du citoyen, refuse de fournir un renseignement ou un
document qu'il doit transmettre ou de le rendre disponible ou cache ou détruit
un document utile à une vérification ou à une enquête est passible d'une amende
de 5 000 $ à 30 000 $ dans le cas d'une personne physique
et de 15 000 $ à 100 000 $ dans les autres cas.»
Donc, c'est la même définition que tantôt. Donc,
ça prévoit une infraction en matière d'entrave à l'égard du Protecteur du citoyen. Ça existe dans d'autres cas
de figure, de possibilités de faire des enquêtes. Donc, on vient dire ici
que la destruction de documents, de refuser
de transmettre, d'essayer de dissuader quelqu'un de refuser de transmettre,
de dissuader quelqu'un de participer à l'enquête, etc., etc., là, les cas de
figure sont nombreux, ça, c'est passible d'une amende.
Mme
Caron : La plage d'amendes pour une personne physique, de
5 000 $ à 30 000 $, c'est la même que dans l'article
précédent.
Mme LeBel : Oui.
Mme
Caron : Pourquoi, pour les autres cas, on est de... entre
15 000 $ et 100 000 $, tandis qu'à l'article précédent
on est entre 15 000 $ et 250 000 $?
Mme LeBel : C'est
parce que, dans ce cas-là, on est dans une notion beaucoup plus variable, où on
n'a pas nécessairement commis la représaille nous-même. Dans l'autre notion, il
y a quand même une gravité. Pour la personne physique, naturellement, on garde
la même échelle, mais, pour la personne...
Des voix : ...
Mme LeBel : Oui, c'est le
100 000 $ puis le 250 000 $. Juste... je vais revérifier.
Mme Caron : Oui, c'est ça.
Mme LeBel : Mais habituellement, là,
c'est par rapport à la gravité, là, par rapport... mais on va...
(Consultation)
Mme LeBel : On a repris
textuellement les mêmes montants dans la... que dans la loi actuelle. Ça répond
en partie à votre question, mais moi, je serais portée à vous dire : Il y
a une gradation dans le type d'infractions. Dans l'autre cas, là, la personne
physique ou l'entité... Vous allez me dire : On pourrait mettre ça plus
grave, la personne physique, mais
probablement que, dans les cas de figure de l'article 19, elle va être
plus proche du 5 000 $ que du 30 000 $, dans les
autres cas de figure, elle va être dans le 30 000 $. Mais, vous avez
raison, on est plus sévères pour les autres entités,
qui ont probablement une capacité de payer plus grande aussi. Donc, il faut que
ça soit dissuasif, hein, qu'une personne physique... dans le cas où on
est dans l'acte répréhensible lui-même, versus l'entrave auprès du Protecteur
du citoyen.
Mme Caron : OK. Oui, je comprends.
Je comprends cette différence-là, mais on pourrait appliquer la même
différence, la même explication aux amendes des personnes physiques.
Mme LeBel : On pourrait, mais on a
repris... honnêtement, on a repris les sanctions qui existaient dans la loi
précédente pour les réintégrer ici, donc on ne s'est pas... on ne s'est pas mis
à vouloir revoir ces amendes-là puis à les rediscuter, là. Il faudrait voir
pourquoi, à l'époque, dans la loi... dans la LFDAROP, on a... en 2017, c'est
ça, pourquoi on a décidé de faire une nuance entre les deux.
Mme Caron : Oui. Une autre question.
La Présidente (Mme Bogemans) :
Parfait.
Mme Caron : Est-ce que... parce qu'à l'article 20, qu'on
regarde, c'est «quiconque entrave ou tente d'entraver l'action du Protecteur du citoyen». À l'article
précédent, c'était «quiconque contrevient aux dispositions de
l'article 3». Est-ce que c'est
deux choses qui peuvent être cumulatives? Est-ce que ces amendes-là pourraient
être cumulatives si...
Mme LeBel : Bien, c'est deux
articles différents, donc, oui, ça pourrait être deux amendes différentes. Ce
n'est pas des articles... Ce n'est pas le même... Ce n'est pas la même action,
donc il n'y a pas... il n'y a pas de notion de chose jugée ou de même... de
même affaire, là, où on ne peut pas le faire, mais on est vraiment dans deux
choses différentes, là. On peut... Dans un
cas, on applique la représaille et, dans l'autre cas, on entrave l'enquête. Et
la même personne pourrait faire les deux, là, mais c'est deux
infractions différentes...
Mme Caron : OK. Qui seront jugées.
Mme LeBel : ...qui pourraient être
commises par la même personne, oui.
Mme Caron : OK. Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions?
M.
Marissal : À qui revient la tâche de faire la démonstration
qu'il y a entrave? Est-ce que c'est le protecteur lui-même qui lève la
main puis...
Mme LeBel : C'est le DPCP qui va
déposer l'accusation. C'est du droit pénal, là, on va aller devant les tribunaux de... c'est un peu ça que j'allais... de
droit commun. Le protecteur va porter sa plainte, là, parce qu'il va dire :
J'ai été entravé. Le DPCP va évaluer la plainte, va déposer la plainte
devant les tribunaux de droit pénal, là.
Des voix : ...
Mme LeBel : Non. Je réponds à la
question, ce n'est pas un poursuivant, le protecteur, non. C'est le DPCP qui
est le poursuivant en l'espèce.
M. Marissal : ...prenne
la parole.
Mme LeBel : Oui, je lis sur les
lèvres.
M. Marissal : Bien, merci. On gagne
du temps.
Mme LeBel : Mais, en l'espèce, le
poursuivant, c'est le Protecteur du citoyen,pas le DPCP.
M. Marissal : DPCP, oui.
Mme LeBel : Je m'amende.
M. Marissal : C'est bon, merci, pour
moi.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 20? Est-ce que
l'article 20 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : L'article 21.
Mme LeBel : «Quiconque, notamment un
administrateur ou un dirigeant d'une personne morale ou d'un employeur, par un
acte ou une omission, aide une personne à commettre une infraction à la
présente loi ou, par un encouragement, un conseil, un consentement, une
autorisation ou un ordre, amène une autre personne à la commettre commet
lui-même cette infraction.»
C'est quand même assez particulier parce que
c'est également un article 21 auquel... mais donc c'est celui quand tu... quand tu donnes de l'aide, là, ou que
tu tentes, là. Tu peux le... Tu peux être... aider, encourager, tu peux être passible
d'une infraction au même titre que de commettre.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions?
Mme
Caron : Oui. Alors là, on n'est pas du tout dans le cas où
un collègue de travail recommande à un autre collègue de ne pas
divulguer ou de bien y penser avant de...
Mme LeBel : Bien, on pourrait.
Mme Caron : On pourrait l'être?
Mme LeBel : Bien, on pourrait. On
pourrait considérer que c'est un acte qui aide la personne à commettre
l'infraction, c'est-à-dire l'acte... Non, on parle des infractions.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, on est ailleurs.
Excusez-moi, là. Wo! Je reprends, je reprends. On n'est pas dans le même cas de
figure. On est vraiment dans le cas de la loi sur les représailles, on est dans
le cas de la représaille.
Mme Caron : De la représaille. OK.
Parfait.
Mme LeBel : Oui. Merci. Des fois, de
passer d'une notion à l'autre, ça devient...
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est une complicité,
c'est ça, c'est une notion de complicité à commettre des représailles. On va la
situer dans le cadre des représailles. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : D'autres
questions? Est-ce que l'article 21 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Passons
maintenant à l'article 22 de la loi édictée.
Mme LeBel : Donc, toujours dans le
cas des représailles dans le cadre de cette loi-là, article 22 : «En
cas de récidive, le montant des amendes minimales et maximales prévues par la
présente loi est porté au double.»
Donc, c'est la même notion qu'on a vue tantôt
pour d'autres types d'amendes.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce qu'il y a des
commentaires? Est-ce que l'article 22 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : L'article 23.
Mme LeBel : «23. Une poursuite
pénale pour une infraction à une disposition de la présente loi se prescrit par
trois ans depuis la date de la connaissance par le poursuivant de la
perpétration de l'infraction. Toutefois, aucune poursuite ne peut être intentée
s'il s'est écoulé plus de sept ans depuis la date de la perpétration de
l'infraction.»
Donc, c'est
un peu la même notion qu'on a mais dans le cadre des représailles, donc
l'ajustement de la prescription. Actuellement, c'est-tu un an?
Une voix : ...
Mme LeBel : Non, ce n'était pas
prévu, mais... c'est vrai, mais on ajuste, c'est ça.
La Présidente (Mme Bogemans) : Oui,
Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : ...
La Présidente (Mme Bogemans) : Ah!
parfait. D'autres interventions?
Des voix : ...
Mme LeBel : C'est bon? OK.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce que l'article 23 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Article 24.
Mme LeBel : Article 24 :
«Chapitre IV
«Dispositions diverses et finale»
Article 24 : «Le Protecteur du citoyen doit
informer le public de la protection contre les représailles prévue par la
présente loi.»
Donc, ce que ça fait ici, c'est que ça confie au
Protecteur du citoyen le rôle de faire connaître la notion de protection, parce
qu'on parle de cette... de cette loi-là, contre les représailles, prévue par la
loi sur la protection contre les
représailles qui est liée à la divulgation d'actes répréhensibles. Ça va
nécessairement appartenir au Protecteur du citoyen de déterminer les
moyens qui sont appropriés pour informer le public, mais il a cette
obligation-là de le faire. Donc, ce n'est pas un «peut», c'est un «doit», mais
sa... la façon de le faire lui appartiendra.
• (18 h 50) •
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions? Oui, madame...
Mme Caron : Est-ce qu'on parle, par
exemple, de campagnes d'information générale ou...
Mme
LeBel : Oui, campagnes de sensibilisation, promotion sur
les médias sociaux. Ça pourrait être des séances de formation. Il
pourrait faire des entrevues. Je veux dire, le choix lui appartient, mais
l'obligation existe...
Mme Caron : De le faire.
Mme LeBel : ...est la sienne.
M.
Marissal : Puis est-ce que les moyens qui viennent avec sont
prévus ou... parce que ça arrive, des fois, que les officiers de l'État
nous disent qu'ils n'ont pas les moyens de l'ambition des lois qui les
sous-tendent.
Mme LeBel : D'après moi, il a les
moyens de faire des entrevues.
M. Marissal : Non, non, mais de
la... Oui. Je parle plus de sensibilisation au grand public.
Mme
LeBel : Oui, oui, oui. Mais on parle, là, vraiment de
faire de la diffusion d'information, là. On ne parle pas... On n'est pas
dans le traitement des plaintes. Et on va naturellement discuter... là, je fais
un aparté. On discutera avec le Protecteur du citoyen des
besoins qu'il aura et on déterminera les... ce qu'on pourra ou non lui
attribuer en fonction des demandes et discussions qu'on aura. Je ne m'engagerai
pas à donner quoi que ce soit. Mais ici on parle vraiment de diffusion
d'information, là, donc... et il a déjà des rapports, il peut déjà faire des
rapports, il peut... il peut, dans le cadre
de ses rapports, faire de la promotion, il en parle. Il a déjà une façon de
sensibiliser le public sur d'autres aspects. C'est un sujet où il doit
faire... mais qui s'ajoutera à ses campagnes d'information et formation.
M. Marissal :
Et ça, c'est en sus de ce qu'il doit faire dans le milieu de travail, où
une personne doit être nommée, puis la personne doit faire de la
sensibilisation...
Mme LeBel : Oui, oui. Ça, c'est... c'est son obligation à lui.
Et il y aura, dans les milieux de travail, les responsables, d'où la...
on parlait tantôt du Conseil du trésor et des directives qui seront données. Et
ça, ces responsables-là, c'est vraiment sur le processus de divulgation, et
aussi sur les représailles, mais on présume qu'on ne mettra pas de l'avant la
possibilité de faire des représailles dans le milieu de travail, là. Mais
l'idée, c'est de venir dire aux gens : Voici, si vous avez... témoin d'un
acte répréhensible, on vous dit de divulguer et voici le processus approprié
pour le faire, là. Et ça, ça va appartenir à la fois au Protecteur du citoyen,
ici, plus particulièrement, c'est la protection, mais... et aussi aux
responsables dans les organismes qui sont maintenant créés, là, quand
l'adoption de la loi soit faite.
M. Marissal :
Très bien. Merci.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 24? Est-ce que l'article 24 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Passons à l'article 25 de la loi édictée.
Mme LeBel : Avec
un amendement, que je tenterai de ne pas oublier, dans les prochaines secondes.
Donc,
article 25 : «Les articles 11.1, 14, 14.1 et 27 à 29.1 de la Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics s'appliquent au Protecteur du citoyen, avec les adaptations
nécessaires, à l'égard des fonctions qu'il exerce privément en vertu de la
présente loi.»
Dans le fond, ça rend applicables au Protecteur du
citoyen certaines dispositions de la Loi facilitant la divulgation
d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics.
Amendement de
l'article 25, donc :
Remplacer
l'article 25 de la Loi sur la protection contre les représailles liées à
la divulgation d'actes répréhensibles, proposé par l'article 1 du
projet de loi, par le suivant :
«25.
Les articles 11, 11.1, les premier et deuxième alinéas de
l'article 13, les articles 14, 14.1, 17.0.1, 26.2 à 29, le
premier alinéa de l'article 29.1 et l'article 32 de la Loi facilitant
la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics
s'appliquent au Protecteur du citoyen, avec les adaptations nécessaires, dans
le cadre de fonctions qu'il exerce en vertu de la présente loi.»
Donc, ça a pour objet
de rendre applicables au Protecteur du citoyen l'article 11 et tous ceux
qui sont mentionnés, là, dans l'article. Cette disposition qui vise à... qui
vise les pouvoirs d'enquête du Protecteur du citoyen, son pouvoir de commettre...
de commentaire public et son immunité de poursuites liée à la publication d'un
rapport... Cet amendement a également pour
objet d'ajuster par concordance les renvois faits à cette loi afin de tenir
compte des modifications qui sont proposées par amendement.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Oui?
Mme Caron : ...cet amendement-là, je remarque, vient enlever
la notion de «privément» qui était... qui est dans l'article. Pourquoi
on enlève ça?
Mme LeBel : Oui,
mais il est rendu à... il est inclus dans 26.2 à 29, là, donc...
Mme Caron : Ah!
plus loin.
Mme LeBel : Compte
tenu qu'on a... Non, dans l'article, vous allez voir... c'est ça, je suis en
train de regarder la comparaison des deux
articles, vous allez voir qu'on ajoute, dans la nomenclature des articles qui
s'appliquent au Protecteur du citoyen, l'article 26.2, et le fait
de le faire privément, c'est prévu dans l'article 26.2. Ça fait qu'on l'a
réécrit différemment. Donc, c'est inclus. Ça serait devenu redondant de le
refaire. Donc, on n'a plus besoin de le préciser à l'article 25 d'origine.
La Présidente (Mme
Bogemans) : D'autres interventions?
Mme LeBel : Sur
l'amendement.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Sur l'amendement, effectivement. Merci. Est-ce que
l'amendement de l'article 25 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 25 tel qu'amendé?
Mme LeBel : Adopté. Oh! excusez.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 25 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Mme LeBel : Oui, adopté. Je commence
à être déphasée.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Passons à l'article 26.
Mme LeBel : Merci, Mme la Présidente.
Article 26 : «Les dispositions de la présente loi s'appliquent à l'Assemblée nationale dans la mesure et aux
conditions déterminées par règlement du Bureau de l'Assemblée nationale.»
Donc, ça rend la Loi sur la protection contre
les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles applicable à
l'Assemblée nationale selon ce que déterminera le Bureau de l'Assemblée
nationale.
Donc, c'est ça, c'est une reprise de
l'article 3 de la loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à
l'égard des organismes, là, qui prévoyait que c'était applicable à l'Assemblée
nationale, si le BAN le déterminait. Donc, on vient juste ramener cette
notion-là dans la loi, vu qu'on fait une loi particulière pour la protection
contre les représailles. Ce n'est pas une notion nouvelle, on la récupère.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 26? Oui?
M. Marissal : Donnez-moi une
seconde, s'il vous plaît.
Des voix : ...
M. Marissal : Oui, bien, la question
est à savoir, avec la loi actuelle, est-ce que le BAN avait décidé de le...
Mme LeBel : Oui.
M. Marissal : Oui?
Mme LeBel : Oui. Le 17 avril
2022, par la décision n° 2217.
M. Marissal : Vous étiez prête.
Mme LeBel : Heille! hein? Mais là
il... naturellement, il devra refaire... reprendre une décision en vertu de la
nouvelle loi, par contre, pour que la loi sur la protection s'applique. Mais
oui, il avait pris la décision, avec les adaptations nécessaires, de se
soumettre... ce n'est pas la bonne... ce n'est pas le bon terme, là, mais de se
soumettre à la loi ou d'être visé.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 26 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Maintenant, à l'article 17... à l'article 27, pardon, il y a aussi
des amendements.
Mme LeBel : Oui, article 27.
Article 27, et 27 aura également un amendement. Donc :
«27. Le vice-protecteur à l'intégrité publique,
nommé en application de l'article 4 de la Loi sur le Protecteur du
citoyen, prépare une fois par année un rapport dans lequel il indique :
«1° le nombre de plaintes reçues;
«2° le nombre de médiations ayant eu lieu;
«3° le nombre de cas où un règlement est
intervenu au terme d'une médiation;
«4° le nombre de cas où le Protecteur du citoyen
représente un plaignant pour l'exercice d'un recours;
«5° le nombre de règlements et le nombre de
désistements intervenus dans le cadre de ces recours;
«6° le nombre de cas où le Protecteur du citoyen
a fait des recommandations conformément à l'article 17 de la présente loi;
«7°
les recommandations qu'il estime appropriées.
«Le
Protecteur du citoyen inclut ce rapport à son rapport d'activités visé à
l'article 29 de la Loi sur le protecteur du citoyen.»
Amendement à
l'article 27 : À l'article 27 de la Loi sur la protection contre
les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles, proposé par
l'article 1 du projet de loi :
1° insérer, à la fin
du paragraphe 1° du premier alinéa, «réparti par catégorie d'entité à
laquelle ces plaintes se rapportent»;
2° supprimer, dans le
deuxième alinéa, «visé à l'article 28 de la Loi sur le protecteur du
citoyen».
Ça fait suite, je
pense, aux consultations, si ma mémoire est bonne, et à des demandes de
précisions. On avait certaines notions plus précises dans d'autres rapports
qu'on semblait perdre, là, dans la nouvelle rédaction. Ça fait qu'on réintroduit la notion de précision par
organisme ou par entité, et non pas à plus haut niveau. Et ça précise, donc,
que le nombre de plaintes reçues, qui devrait être indiqué dans le rapport
d'activité, devrait être vérifié par catégorie d'entité. Tel que c'était rédigé à l'article 27 d'origine, il
aurait pu faire un amalgame et dire : J'en ai 10, mais là on veut
qu'il précise dans telle entité tant, dans telle entité tant. Il le faisait
déjà sur d'autres aspects.
Donc, on... dans le
fond, on introduit une notion encore plus détaillée... je dirais de
granularité, mais je n'irai pas jusque-là, encore plus détaillée au rapport du
Protecteur du citoyen, qui existait déjà mais qu'on avait peut-être perdue un peu dans la rédaction actuelle. Puis
on... je pense que ça a été, si ma mémoire est bonne, une... en consultations,
un commentaire, peut-être pas du protecteur, mais de certaines autres personnes
qui disaient : On semble avoir perdu cette
possibilité d'avoir le détail par entité. On le constate, et ce n'était pas...
ce n'était pas délibéré, là. On le constate, donc on réintroduit.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Oui, allez-y.
Mme Caron : Donc,
«par catégorie d'entité», on pourrait dire «par organisme public», ou «par
commission scolaire», ou... C'est ce qu'on veut dire par...
Mme LeBel : Oui,
oui, mais on est comme plus larges pour être inclusifs puis ne pas faire une
énumération...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui,
organismes... C'est ça, par les catégories, organismes, etc., etc., oui.
Mme Caron : Oui.
OK.
La Présidente (Mme
Bogemans) : D'autres interventions?
M. Marissal :
Oui. Merci, Mme la Présidente.
Ça, ça existait déjà dans la loi actuelle, de toute façon, ou à peu près.
Mme LeBel : Oui,
hein? Bien, dans... peut-être pas sous cette forme-là.
• (19 heures) •
Une voix : ...
Mme LeBel :
Oui. Ce n'était pas... peut-être pas sous cette forme-là, mais, dans la
pratique, il le faisait plus... de façon plus détaillée. Le commentaire
qu'il y a eu en consultations, c'est que, si vous regardez l'article 27,
qui parlait du nombre de plaintes, na, na, na, ça ne précisait pas qu'il
pouvait le faire par catégorie d'entité. Donc, on vient le préciser, qu'il doit
le faire par catégorie d'entité. On ajoute une notion un peu plus détaillée,
disons, dans l'information à son rapport, au rapport du vice-protecteur au
départ, qui, lui, va être intégré dans le rapport d'activité, je dirais,
annuel, là, du Protecteur du citoyen.
M. Marissal :
OK. Deuxième question. À tout
moment, là, rien n'empêche au protecteur d'émettre un rapport spécial?
Mme LeBel : À
tout moment, il peut faire un rapport spécial s'il le juge à propos.
M. Marissal :
S'il juge qu'il y a une urgence ou quelque chose, il peut le faire.
Mme LeBel : S'il
le juge à propos, il peut faire un rapport spécial.
M. Marissal :
OK. Puis...
Mme LeBel : Mais
ça, on parle de ce qui va apparaître dans son rapport annuel.
M. Marissal :
Les rapports spéciaux sont toujours déposés à l'Assemblée nationale aussi?
Des voix : ...
M. Marissal :
On me dit que oui. On me dit que oui...
Mme LeBel : Oui, oui. J'aurais
répondu oui spontanément, mais là, à un moment donné...
M. Marissal : Et vous auriez eu la
bonne réponse.
Mme LeBel : Oui, mais elle aurait pu
ne pas être la bonne.
M. Marissal : Et puis pourquoi pas
un rapport sur la mise en oeuvre, ce qu'on fait parfois, un rapport sur la mise
en oeuvre de la loi? Parfois, on dit : Dans cinq ans ou chaque cinq ans.
Bon, c'est quelque chose qui revient quand même assez... c'est usité, là.
Mme LeBel : Habituellement, le
rapport sur la mise en oeuvre d'une loi, c'est lors d'une première...
l'existence d'une première loi. Là, on est dans l'amélioration de la loi sur...
le régime de divulgation suite à une loi. Le
rapport... Le Protecteur du citoyen ne... fera, de façon annuelle, des
recommandations et il pourrait recommander des modifications à sa loi... à ces
lois-là, là, et qui seront... qui seront divulguées devant l'Assemblée
nationale. Donc...
M. Marissal : Est-ce qu'on avait
prévu un rapport de mise en oeuvre dans la loi précédente?
Mme
LeBel : Dans la première loi, en 2017, oui. Souvent, dans
les premières lois, on le fait au bout de trois ans ou quatre ans, on
prend... mais des rapports répétés ne sont pas si fréquents que ça. Ici, on a
un Protecteur du citoyen qui a l'obligation de faire un rapport annuel et qui
pourrait, dans ses recommandations, suggérer des modifications à la loi, comme
le fait la Commissaire à l'éthique et à la déontologie pour sa propre loi,
donc.
M. Marissal : OK. Mais ça existait,
donc on a... on en aurait eu un en 2022 ou en 2023, là.
Mme LeBel : On en a eu un dans cette
loi-là. Il y a... Il devait être déposé en 2020. À cause de la pandémie, il a été déposé en 2021... 2022... 2020. Non,
c'est l'étude devant la commission appropriée... c'est l'étude. Il a été déposé
en 2020, mais le Protecteur du citoyen a quand même, lui, fait un rapport sur
la loi et ses propres recommandations, qui ont été d'ailleurs intégrées, je ne
dirais pas en totalité, mais en très grande partie, dans le projet de loi
actuel. Donc, il a eu son influence sur la modification de la loi,
effectivement.
M. Marissal : Très bien. Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
que l'article 27, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Maintenant,
j'introduis l'amendement.
Mme LeBel : Oui, 27.1. C'est-tu ça?
La Présidente (Mme Bogemans) : Exactement,
27.1.
Mme
LeBel : Donc, toujours à la même loi sur la protection,
article 27.1 : Insérer, après l'article 27 de la Loi sur la
protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles, proposé par le projet de loi, le suivant :
«27.1. La plainte d'une personne qui croit avoir
été victime de représailles ou de menaces de représailles interdites en vertu
de l'article 3 de la part du Protecteur du citoyen est traitée par le
commissaire à l'éthique et à la déontologie dans le respect des articles 1
à 17.1, 20, 25 et 27, avec les adaptations nécessaires.»
Donc, ça vient juste appliquer tout ce qu'on
fait là au commissaire à la déontologie et à l'éthique quand il s'agit d'une
divulgation qui est faite à l'égard du Protecteur du citoyen.
La Présidente (Mme Bogemans) : Des
interventions? Oui. M. le député.
M.
Marissal : C'est quelque chose qu'on a vu ailleurs dans le
projet de loi, là, d'ailleurs. C'est ce qui revient tout le temps.
Mme LeBel : Oui, oui. À chaque fois
qu'on a... À chaque fois qu'on fait un régime, bien, on fait le corollaire en donnant ça au commissaire à l'éthique, parce
que, si la plainte vise le Protecteur du citoyen, bien, il faut qu'il ait les mêmes...
le même univers, je vais le dire comme ça, d'action.
M.
Marissal : Très bien.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce que l'amendement qui introduit l'article 27.1
est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Passons à l'article 28.
Mme LeBel : Oui. Article 28 : «Le ministre qui est
président du Conseil du trésor, est responsable de l'application de la
présente loi.»
Donc, ça confère au
président du Conseil du trésor la responsabilité de la loi. Je pense, ça parle
de... C'est assez clair. Parce qu'il faut
dire que le président du Conseil du trésor est déjà responsable de la loi
actuelle, donc on réitère la même
responsabilité dans la nouvelle loi qu'on va édicter, c'est-à-dire la Loi sur
la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles, de son grand nom.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Est-ce qu'il y a des interventions? Donc, est-ce
que l'article 28 de la loi édictée est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Adopté.
Est-ce que les intitulés des chapitres et des sections et des sous-sections
introduits par l'article 1 du projet de loi sont adoptés? Adopté?
Des voix :
Adopté.
Mme LeBel : Oui,
adopté. Excusez.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce que le titre de la loi édictée est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce que l'article 1 du projet de loi, tel
qu'amendé, est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Adopté.
Merci beaucoup. C'est ce qui conclut notre deuxième bloc de travail.
Nous
passons maintenant au troisième, sur l'éthique et l'intégrité du Protecteur du
citoyen. Comme entendu entre les groupes, nous commençons à
l'article 6.
Mme LeBel : Oui, oui. Article 6, Loi sur l'administration publique, donc on change de loi. 6. La Loi sur
l'administration publique est modifiée par l'insertion, après
l'article 72, du suivant :
«72.1.
Le Conseil peut établir des politiques en matière d'éthique et d'intégrité
publique applicables aux ministères et
aux organismes de l'Administration gouvernementale, en tenant compte des normes
d'éthique, de déontologie et de discipline prévues par la loi.»
Donc,
l'article 72.1 de la Loi sur l'administration publique, proposé par
l'article 6 du projet de loi, octroie au Conseil
du trésor le pouvoir d'établir des politiques en matière d'éthique et
d'intégrité publique applicables aux ministères et aux organismes de l'Administration gouvernementale. Il précise que le Conseil du trésor doit tenir
compte des normes d'éthique, de déontologie et de discipline prévues par
la loi dans l'établissement de la politique.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Est-ce qu'il y a des interventions?
Mme Caron : ...qui
se fait déjà? Est-ce que ce n'est pas... Est-ce que ça ne se fait pas déjà?
Mme LeBel : Oui,
mais là, comme on vient d'établir la nouvelle responsabilité aussi des
organismes... Oui?
Une voix :
...
Mme LeBel :
Oui, c'est ça que j'allais... C'est ça, cette matière-là, où les gens... il y
avait des responsables de l'éthique, on
parlait tantôt des responsables, on vient créer le pouvoir de faire cesdites
directives-là, spécifiques, dans ce domaine-là, qui n'était pas là
avant, compte tenu que cette... on n'était pas dans le... il n'y avait pas la
même responsabilité, je vais le dire comme ça, là.
Mme Caron : En
lien avec leur nouveau rôle.
Mme LeBel : Oui,
en lien, entre autres, avec leur nouveau rôle. Bien, ce n'est pas juste ça,
mais en lien avec tout ça, avec cette nouvelle notion là, là.
La Présidente (Mme Bogemans) : D'autres
questions? Est-ce que l'article 6 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Maintenant,
l'article 7.
Mme LeBel : 7.
L'article 77 de cette loi est modifié par l'insertion, après le paragraphe
6°, des suivants :
«7° de soutenir les ministères et organismes
l'Administration gouvernementale dans la mise en oeuvre des politiques établies
par le Conseil du trésor en matière d'éthique et d'intégrité publique et de
coordonner leurs actions en ces matières en vue d'en assurer la cohérence;
«8° de
conseiller le gouvernement et les ministères et organismes de l'Administration
gouvernementale en matière d'éthique et d'intégrité publique;».
Donc, ce que
cet article-là fait, ça octroie au président du Conseil du trésor les fonctions
de soutien, de coordination et de conseil en matière d'éthique et d'intégrité.
C'est comme la suite des directives, donc sa mise en place de tout ça et
le soutien. On va aider le déploiement des
directives, la mise en oeuvre et l'application, etc., etc. Donc, on ne fait pas
juste leur donner des directives, on doit faire des suivis et leur
donner du soutien.
La
Présidente (Mme Bogemans) :
Est-ce qu'il y a des
interventions, des commentaires? Non. Parfait. Est-ce que
l'article 7 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Nous passons maintenant à l'article 46.
Mme LeBel : Oui.
Donc, on est dans l'article 46, dans la Loi sur le Protecteur du citoyen.
Donc, 46 : L'article 4 de la Loi sur le Protecteur du citoyen
est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier alinéa,
de «deux» par «trois»;
2° par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «L'autre vice-protecteur» par «L'un
des vice-protecteurs»;
3° par l'insertion, après le deuxième alinéa, du
suivant :
«L'un des vice-protecteurs, qui porte le titre
de vice-protecteur à l'intégrité publique, est principalement responsable de
l'exercice des fonctions du Protecteur du citoyen prévues par la Loi facilitant
la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics et par
la Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles (indiquer ici l'année et le numéro de chapitre de la présente
loi ainsi que le numéro de l'article de cette loi qui édicte la Loi sur la
protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles).»
Donc, ça
prévoit la nomination, là, du troisième vice-protecteur du citoyen, qui va
porter le titre de de vice-protecteur à l'intégrité publique, qui sera
chargé de la nouvelle fonction de traitement des plaintes. Et c'est à lui qu'on
faisait référence tantôt dans... Il va produire le rapport, et c'est le
Protecteur du citoyen qui va le produire dans son rapport annuel. Donc, ça
prévoit donc les fonctions dont il sera principalement responsable. En gros, ça
correspond à toute la branche qui va être le
traitement... la réception et le traitement des plaintes, entre autres. Tout ce
qu'on vient de transférer au Protecteur du citoyen, bien, on lui donne
une structure pour le faire.
• (19 h 10) •
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions? Est-ce que l'article 46 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Bogemans) : L'article 47.
Mme LeBel : L'article 11
de cette loi est modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par l'insertion, après
«(chapitre D-11.1)», de «, de la Loi sur la protection contre les
représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles (indiquer ici l'année et le numéro de chapitre de la présente
loi ainsi que le numéro de l'article
de cette loi qui édicte la Loi sur la protection contre les représailles liées
à la divulgation d'actes répréhensibles)»;
b) par la suppression de «qui établit les
barèmes suivant lesquels ils sont rémunérés»;
2° par l'insertion, après le premier alinéa, du
suivant :
«Sous réserve
des dispositions d'une convention collective, le Protecteur du citoyen
détermine les normes et les barèmes de rémunération, les avantages
sociaux et les autres conditions de travail de ses fonctionnaires et employés
conformément aux conditions définies par le gouvernement.»
Donc, ça prévoit une modification de concordance
à l'article 11 de la Loi sur le Protecteur du citoyen afin de tenir compte de la nouvelle loi, celle sur la
protection contre les représailles. De plus, il confère au Protecteur du
citoyen le pouvoir de déterminer, conformément aux conditions définies
par le gouvernement, les normes de rémunération, les avantages sociaux, les autres conditions de travail
de son personnel. On vient juste faire en sorte qu'il a tout ce qu'il faut
pour s'occuper de sa nouvelle branche. C'est très, très, très simplement
résumé.
La Présidente
(Mme Bogemans) : Oui.
Mme Caron : ...le
nombre de personnes sera nommé par le gouvernement... sera indiqué par le
gouvernement, mais tout ce qui a
rapport aux barèmes de rémunération, et tout ça, c'est le protecteur qui va
suivre... C'est ça qui va...
Mme LeBel :
Bien, c'est lui qui va déterminer les conditions.
Mme Caron : En
fonction de s'il y a une convention, et tout ça.
Mme LeBel :
Oui. Il y a quand même un cadre dans lequel il peut le faire, là. Ce n'est
pas «bar open», là, on va dire, bar ouvert, mais, je veux dire, il a déjà... De
toute façon, je ne me trompe pas en disant qu'il y a déjà cette possibilité-là
pour ses employés actuels, là?
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, c'est ça, c'est en vertu d'un pouvoir qui
existe déjà... C'est ça, mais on lui... on le précise, là, dans sa loi,
mais, dans le fond, on ne réinvente pas la roue, là.
La Présidente (Mme
Bogemans) : ...est-ce que l'article 47 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : L'article 48.
Mme LeBel : L'article 13 de cette loi est modifié par l'insertion, dans le
troisième alinéa et après «(chapitre D-11.1)», de — et là
je pars — «et
de la Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation
d'actes répréhensibles (indiquer ici l'année et le numéro du chapitre de la
présente loi ainsi que le numéro de l'article de cette loi qui édicte la Loi
sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles),».
Cet article prévoit
une modification de concordance afin de tenir compte des nouvelles fonctions
attribuées au Protecteur du citoyen.
La Présidente (Mme Bogemans) : Est-ce
qu'il y a des interventions? Non. Est-ce que l'article 48 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : L'article 49.
Mme LeBel : 49.
L'article 33 de cette loi est modifié par le remplacement de «commet une
infraction et est passible d'une amende de 300 $ à 1 000 $» par
«est passible d'une amende de [500 $] à 30 000 $».
Donc, c'est toujours
une modification de concordance à l'article 33 sur la loi du Protecteur du
citoyen, compte tenu des fourchettes d'amendes qu'on a prévues à
l'article 33.1 de la loi sur... facilitant la divulgation. Donc, c'est de
la concordance. On vient ajuster, comme je disais tantôt, actualiser, là, une
fourchette qui date.
Mme Caron : ...5 000 $
à 30 000 $ pour une personne physique, toujours? Quand on parle de
«quiconque», ici, c'est une personne physique?
Mme LeBel : Oui.
Quiconque... Oui, oui, oui.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui.
M. Marissal :
Bien, je comprends qu'on ne va pas refaire la marche arrière, là, sur tout
le projet de loi, là. Puis on a vu plusieurs augmentations d'amendes, là, à
certains moments, là, mais, tu sais, dans ce cas-ci, c'est vraiment à la base
même de la confiance de toute l'affaire, là. Et je ne veux pas faire une
explosion d'amendes juste pour faire de la surenchère, là, mais ça me paraît
relativement peu pour l'infraction qui serait reprochée à des gens sur qui tout
le système repose.
Mme LeBel : Bien,
en fonction de la gravité de tout ça, on parle d'une amende de
5 000 $ à 30 000 $ sur une personne physique, là. Ce n'est
pas une organisation qui va payer ça.
M. Marissal :
Non, mais c'est les vice-protecteurs, là. C'est...
Mme
LeBel : Oui. Bien, c'est ça, ça n'exclut pas tout type de
recours. Mais, même si c'est le vice-protecteur, c'est quand même une
personne physique qui sera passible d'une amende de, potentiellement, jusqu'à
30 000 $, là. Et c'étaient 300 $ à 1 000 $, à
l'époque, là.
M. Marissal : Bien, ça, c'était
clairement ridicule, là.
Mme LeBel : Bien, peut-être pas à
l'époque de la loi. Je ne sais pas elle date de...
M. Marissal : À sa face même,
aujourd'hui, c'est...
Mme
LeBel : Elle date de 1968, la Loi sur le Protecteur du
citoyen. Donc, ces amendes-là, à l'époque, étaient quand même assez...
M.
Marissal : Mais faire les... Il faudrait faire les calculs
actuariels, là, ça représentait combien. Mais, tu sais, comme je dis, je
ne veux pas rentrer dans une surenchère.
Mme LeBel : Non. Mais on vient
mettre le même...
M. Marissal : Mais on parle ici de
la clé même de la chose, là. Le vice-protecteur qui vendrait ou diffuserait des
renseignements, on ne peut pas imaginer bien, bien plus pire que ça.
Mme
LeBel : Moi, je pense, là, qu'il va... il va avoir cette
amende-là, mais je suis prête à parier que, si c'est avéré, il ne sera
plus vice-protecteur très longtemps.
M. Marissal : J'espère.
Mme
LeBel : Mais je dis ça... si c'est avéré, les personnes
responsables... mais on s'entend, là, je parle, si c'est avéré.
La Présidente (Mme Bogemans) : En
fonction de l'heure, on va pouvoir continuer les discussions dans un prochain
temps.
Donc, on ajourne les travaux sine die. Merci.
(Fin de la séance à 19 h 16)