Journal des débats (Hansard) of the Committee on Public Finance
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
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Wednesday, May 27, 2026
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Vol. 49 N° 7
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Cybersécurité et du Numérique
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Intervenants par tranches d'heure
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Laframboise, Mario
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Setlakwe, Michelle
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Duranceau, France-Élaine
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Duranceau, France-Élaine
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Setlakwe, Michelle
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Laframboise, Mario
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Bouazzi, Haroun
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Setlakwe, Michelle
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Duranceau, France-Élaine
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Laframboise, Mario
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Paradis, Pascal
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Setlakwe, Michelle
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Laframboise, Mario
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Duranceau, France-Élaine
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St-Louis, François
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Duranceau, France-Élaine
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Setlakwe, Michelle
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Laframboise, Mario
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Bouazzi, Haroun
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Bouazzi, Haroun
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Duranceau, France-Élaine
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Laframboise, Mario
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Bélanger, Gilles
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Setlakwe, Michelle
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Bouazzi, Haroun
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Duranceau, France-Élaine
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Laframboise, Mario
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Setlakwe, Michelle
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Duranceau, France-Élaine
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Setlakwe, Michelle
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Laframboise, Mario
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St-Louis, François
14 h 30 (version révisée)
(Quinze heures)
Le Président (M. Laframboise) :
À l'ordre s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission des finances publiques ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Cybersécurité et Numérique pour
l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de 3 h 15 min a
été allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par M. Gagnon
(Jonquière); Mme Mallette (Huntingdon), par Mme Picard (Soulanges);
et Mme Zaga Mendez (Verdun), par M. Bouazzi (Maurice-Richard).
Discussion générale
Le Président (M. Laframboise) : Merci,
M. le secrétaire. Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par
blocs incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits
sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit vers 18 h 15.
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange.
Mme la députée de Mont-Royal—Outremont, la parole est à
vous pour 19 min 29 s.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Bien, écoutez, salutations d'usage, là. Bonjour à vous tous, vous-même,
le... M. le Président, et toute l'équipe de la commission. Mme la ministre, plaisir
de me retrouver avec vous. C'est la première fois qu'on aura la chance d'échanger
au sujet de la cybersécurité et du numérique. Salutations. Salutations à toutes
les personnes qui vous accompagnent, vous êtes nombreux, nombreuses.
Salutations à mes collègues de la banquette gouvernementale, évidemment.
Salutations... il va sûrement y avoir des membres des autres groupes d'opposition
et le député indépendant.
Donc, allons-y. Écoutez, c'est un... c'est
un sujet, moi, que j'ai le privilège de porter depuis que je suis à l'opposition
officielle, cybersécurité et numérique. C'est un dossier excessivement
important. Et, d'entrée de jeu, je veux réitérer, et je l'ai souvent mentionné
puis je pense que c'est important de le redire encore aujourd'hui, nous, à l'opposition
officielle, on est évidemment pour la modernisation. Il y a des choses
importantes qui se font, des dossiers, des chantiers importants en cours.
Alors, les questions qu'on pose aujourd'hui et que je pose aujourd'hui, c'est
dans un... c'est dans un esprit de transparence, de s'assurer que le public ait
confiance. Parce qu'il faut absolument qu'on avance dans la transformation
numérique, mais il faut que ça se fasse sans dérapage. On s'inquiète évidemment
du dépassement de coûts, des délais qui s'allongent. Il y a eu des dossiers qui
ont été excessivement chaotiques, pour ne pas dire qu'ils n'ont pas... certains
ont entraîné des fiascos, un fiasco, certainement.
Donc, je réalise, Mme la ministre, que
vous êtes nouvelle dans ces fonctions. Malheureusement, là, il y a... il y a un
certain bagage que vous... que vous devez porter. Et certaines des questions
que je vais poser aujourd'hui n'ont pas trait à votre implication personnelle
dans le dossier, mais ces questions sont importantes, doivent être posées pour
comprendre où sont... où en sont ces projets importants et comment on... le
gouvernement s'organise pour la suite des choses, si, dans certains dossiers,
il y a des redressements qui sont... qui sont en cours. C'est important pour le
bénéfice de la population, là, qu'on... que le gouvernement soit transparent.
Donc, c'est un exercice de reddition de comptes, de transparence qui est
excessivement important, mais je voulais... je voulais, d'entrée de jeu,
réitérer à quel point la modernisation de l'État est importante pour nous aussi.
Donc, depuis votre arrivée en poste... En
fait, je vais aller directement. Ce n'est pas une question d'il y a combien de
grands projets numériques majeurs sur lesquels vous vous investissez
personnellement, mais c'est un peu ce vers quoi je m'en vais, mais ma question
précise serait : Combien de projets font actuellement l'objet d'un audit?
Mme Duranceau : OK. Les... la
notion d'audit, évidemment, c'est une des façons pour le MCN d'intervenir, là.
Alors, c'est une des façons d'intervenir. Là, il y a eu un <audit...
>
15 h (version révisée)
<19257
Mme
Duranceau :
...intervenir, là, alors c'est une des façons d'intervenir.
Là, il y a eu un >audit. On va me dire le chiffre exact, là.
Une voix : ...
Mme Duranceau : En fait, il y
en a que... Ce qui a été... Il y a eu un audit sur le projet informatique SIFA
qui a été fait. Ça, ça a déjà été fait. Ensuite de ça, on discute d'un audit
sur le projet informatique Lexius, OK, parce que c'est un projet... Et ensuite
on a eu un audit sur...
Une voix : ...
Mme Duranceau : ...Votre Santé
et...
Une voix : ...
Mme Duranceau : ...oui, le DSN
aussi. Alors, je n'ai pas les rapports sur tout ça actuellement. Donc, ça en
fait quatre. Alors, ces quatre dossiers-là, on s'y attarde. Puis, quand je dis :
C'est un des pouvoirs qui est donné au MCN, de faire des audits, quand les
délais s'allongent, quand des questions sont posées à travers les discussions,
là, avec les collègues des ministères concernés... Ça fait que, des fois, c'est
de l'accompagnement, d'autres fois, c'est pour constater ce qui se passe, là.
Je pense, c'est une saine... c'est une saine pratique, là.
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce
que vous seriez consentante à les rendre publics, ces audits?
Mme Duranceau : Bien là, j'ai
vu, effectivement, que vous aviez posé cette question-là hier, ou je ne sais
pas trop, aux crédits, là, de Santé. Nous, on n'a rien à cacher, honnêtement,
là. Ça fait que je n'ai pas d'enjeu à rendre public. La seule chose, c'est qu'on
va s'assurer... Il y a quand même de l'information sensible dans ces rapports-là.
Alors, il ne faut pas non plus qu'on se tire collectivement une balle dans le
pied à ce sujet-là. Ça fait que, donc, on va regarder... Les rapports d'audit
qui sont... qui sont finaux, qui a été déposé, on va regarder le contenu, puis,
après ça, on va voir dans quelle forme on peut rendre disponible.
Mme Setlakwe : Merci. Vous
avez parlé... et ça tombe bien, parce que c'était le dossier que je souhaitais
aborder en priorité, le dossier SIFA, qui était SIFARH au départ. La partie RH,
ma compréhension, c'est qu'elle a été abandonnée, donc on parle aujourd'hui de
SIFA, dossier pour lequel, donc, il y a un audit qui a été rendu en 2025, c'est
ma compréhension, et, de ce que je comprends, mis à part certaines informations
excessivement sensibles, vous vous engagez à le rendre public.
Donc, SIFA, allons-y. Est-ce que vous avez
lu l'audit interne, là, de SIFA? Personnellement, vous, vous en avez pris
connaissance?
Mme Duranceau : Oui. J'ai
surtout pris connaissance de l'ensemble de l'œuvre, hein, ensemble de l'œuvre
qui débute en février 2015. Ça fait que ça, je pense, c'est important.
Mme Setlakwe : Ah oui? SIFARH
en 2015?
Mme Duranceau : SIFARH, 2015.
En fait, en 2015, on a eu l'abolition des agences régionales de la santé, puis
là ça prenait une solution administrative plus moderne pour... pour consolider
les systèmes. Puis, en juin 2016, c'est le CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean
qui a été désigné comme mandataire d'un... du... tu sais, de l'embryon de ce
projet informatique là, du côté financier, alors que c'était le CIUSSS du Centre-Sud
qui, en novembre 2016, chapeautait, je pense, l'aspect RH. Et tout ça s'est...
tu sais, ça a commencé à évoluer à ce moment-là. Les deux DO, donc, sur l'aspect
financier puis sur l'aspect RH, ont été autorisés par le ministère de la Santé
en février 2018.
Ça fait que, tu sais, je... moi, je pense,
ce qui est... ce qui est fascinant, là, dans tous les projets informatiques, en
ce moment, c'est que, bien, tu sais, un, ça fait longtemps que tout ça est en
branle, ça prend beaucoup trop de temps à s'exécuter. Évidemment, les besoins d'affaires
évoluent quand on est sur des périodes aussi longues.
Puis ça me permet de revenir, là... malheureusement,
on n'a pas eu la chance d'en parler, de ça, mais le rapport de l'AMP, là, qu'on
a demandé sur la veille des projets technologiques, honnêtement, c'est une bible,
là, cette affaire-là. Puis le travail de l'AMP... Moi, j'étais très... C'est ma
prédécesseure qui avait demandé ça, là...
Le Président (M. Laframboise) :
...
Mme Duranceau : Ah! oui, je...
Le Président (M. Laframboise) :
...un petit peu plus vite, là, que...
Mme Duranceau : OK. Bien, ce
rapport-là couvre 15 années de projets informatiques au gouvernement du Québec.
Mme Setlakwe : Oui. On va y
revenir, à ça.
Mme Duranceau : On va y
revenir? OK, parfait.
Mme Setlakwe : Oui, oui, l'AMP.
Là, restons sur SIFA. Puis, en fait, vous me surprenez un peu de revenir aussi
loin en arrière. Là, il y a un contrat qui a été signé. Donc, est-ce qu'on peut
parler du contrat actuellement signé avec LGS? Il y a... Vous <confirmez...
Mme Setlakwe : ...actuellement
signé avec LGS ? Il y a... Vous >confirmez qu'il y a... il y a un
contrat... il y a un contrat?
Mme Duranceau : Il y avait
un... Il y a un contrat avec LGS, oui.
Mme Setlakwe : Est-ce que le
MCN a été consulté avant la signature du contrat?
Mme Duranceau : Là, je vais
poser la question, parce que, là, je n'ai pas tout en mémoire.
Une voix : ...
Mme Duranceau : Non? OK. Non.
Mme Setlakwe : Donc, à quel
moment est-ce que le MCN a été impliqué dans le dossier?
Mme Duranceau : Bien, ça doit
être quand le... puis vous me corrigerez, là, je demanderais à mon
sous-ministre de corriger, mais quand le dossier d'affaires est passé... a été
approuvé initialement, c'est-à-dire en 2022. Ça fait qu'après ça le dossier a
continué de cheminer. En 2022, il y a un dossier d'affaires qui a été approuvé,
qui visait l'ensemble de l'oeuvre. Après ça, le projet a continué de cheminer,
et d'évoluer, et de se redéfinir. Et il y a un contrat qui a été signé avec
LGS, qui visait une portée différente.
• (15 h 10) •
Mme Setlakwe : OK. Et là
l'audit recommande... essentiellement, l'audit recommande quoi, de l'arrêter,
de le suspendre, ce projet-là?
Mme Duranceau : Dans la forme
initialement présentée, c'était ça, la recommandation, oui.
Mme Setlakwe : OK. Et là, dans
la forme... donc, dans la forme actuelle, donc SIFA, qu'est-ce que le
gouvernement compte faire maintenant? Est-ce que vous le poursuivez ou vous
l'arrêtez?
Mme Duranceau : Bien, on est
en discussion actuellement sur ça, parce que, je pense, vous avez dû voir aussi
l'autre... les autres recommandations de l'AMP sur ce dossier-là, qui avait
enquêté, là, sur le sujet. Puis ce que l'AMP note, c'est qu'il y a vraiment un
redressement... bien, il y a des choses qui devaient être redressées mais que, par
ailleurs, il y a vraiment un redressement dans l'approche de gouvernance. Puis,
du fait que l'expertise, maintenant, elle est centralisée à Santé Québec, des
gens qui connaissent ça, qui ont l'expertise de faire des gros... des projets
d'une ampleur comme celle-là, on est beaucoup plus confiants, au niveau de la
gouvernance, que l'équipe en place est capable d'exécuter un tel projet.
Donc, ça, c'est selon le rapport émis par...
je ne sais pas comment on l'appelle, ce rapport-là, le rapport émis par l'AMP
dernièrement, là, pas mon rapport de veille mais les ordonnances que l'AMP a
données. Tu sais, quand ils ont enquêté sur ce projet-là spécifiquement, ils
en... il y a quelques semaines, ils sont...
Mme Setlakwe : Oui, oui, oui,
mais là est-ce que... Là, on a un contrat qui est contraignant, là, qui lie le
gouvernement, et vous dites : On est en discussion pour la suite des
choses. Donc, doit... est-ce qu'on doit comprendre que le gouvernement est en
négociation avec le fournisseur externe LGS?
Mme Duranceau : Non, on n'est
pas là, là. Là, on a des discussions internes sur prendre en compte ce que
l'AMP nous a... a donné comme ordonnances à Santé Québec puis au ministère de
la Santé. Santé Québec considère que c'est un projet qui devrait aller de
l'avant. Alors là, les discussions ont lieu, en ce moment, avec le gouvernement
pour voir si ça doit se poursuivre ou pas.
Mme Setlakwe : OK. Moi, étant
avocate, là, je me pose la question. Dans le contrat... Actuellement, là, c'est
un contrat qui est signé, qui a... qui engage le gouvernement et qui impose des
obligations et des paiements au gouvernement, et donc aux contribuables
québécois. Est-ce vrai de dire qu'actuellement on paie 723 000 $ par
mois pour ce projet, pour lequel il y a des discussions internes?
Mme Duranceau : Combien...
Mme Setlakwe : ...bien, c'est
à vous de me dire, là.
Mme Duranceau : Oui. Non, non,
mais je n'avais pas entendu.
Mme Setlakwe : Est-ce que
c'est... Est-ce qu'on paie mensuellement 723 000 $?
Mme Duranceau : Je pense que
c'est dans ces eaux-là, effectivement. Bien, le but, ce n'est pas que ça
traîne, là, mais le but, c'est de prendre la bonne... la bonne décision. C'est
un dossier de Santé Québec. Il y a des... Il y a une demande qui nous a été
soumise. Alors là, j'ai des discussions avec la ministre de la Santé et la
ministre du MCN.
Mme Setlakwe : Qu'est-ce que
c'est exactement, le 723 000 $? C'est des... C'est des frais de
licence? C'est... Qu'est-ce que c'est exactement?
Une voix : ...
Mme Duranceau : Oui, c'est ça,
c'est qu'il y a... il y a des ressources qui sont en place. Les contrats
informatiques, là, en gros, c'est... ce sont des salaires, hein, c'est des ressources
qui sont en place pour faire le travail. Alors là, on maintient des ressources
en place. Là, de manière spécifique, il faudrait que je réfère à mon
sous-ministre, là, mais...
Mme Setlakwe : Est-ce qu'il se
pourrait que le... que la décision soit prise de mettre fin... de résilier le
contrat? Est-ce que c'est une des options qui est envisagée?
Mme Duranceau : Bien, ça fait
partie des options, mais, encore là, on va regarder l'ensemble de l'oeuvre, les
alternatives, les impacts au niveau contractuel, comme vous avez souligné, puis...
Puis, tu sais, l'enjeu, c'est qu'il faut avancer, là. Il y a quand même des <projets...
Mme Duranceau :
...Puis,
tu sais, l'enjeu, c'est qu'il faut avancer, là. Il y a quand même des >projets
de... il y a quand même un système financier, là, qui doit être mis à jour.
Alors, quelle est la meilleure
alternative? Est-ce que c'est SIFA? Est-ce que c'est une alternative
complètement différente? Si c'est le cas, il y a des impacts contractuels. Combien
ça coûte? Alors, on est là-dedans.
Mme Setlakwe : Non, je
comprends, et je comprends que la modernisation doit se faire, mais
actuellement il y a un cadre légal, il y a un cadre contractuel qui semble
difficile, où on fait des paiements mensuels pour des ressources qui sont...
qui sont mises...
Mme Duranceau : En fait,
j'aimerais préciser. J'ai dit pour des ressources, là, mais c'est pour le
paiement de licences et maintien de la solution en place. Je m'excuse. Je n'ai
pas donné la bonne...
Mme Setlakwe : OK. OK.
On maintient une solution... On maintient une solution en place, qui,
peut-être, ne sera pas retenue. Est-ce qu'on peut élaborer un peu sur la clause
de résiliation dans le contrat? Si le gouvernement décidait de le résilier,
combien ça coûterait pour se sortir de ce contrat-là?
Des voix : ...
Mme Duranceau : ...autour
de 150 millions, tel qu'indiqué dans le contrat. Ceci dit, est-ce que ça
coûterait ça? Là, il y a des choses... Ça aussi, ça fait partie des discussions.
Mme Setlakwe : Bien,
c'est... c'est dans ce sens-là que je dis : Est-ce qu'il y a des
négociations en cours avec le fournisseur? Donc, actuellement, il y a des... si
je comprends bien vos réponses, il y a des discussions internes pour savoir
comment on va mener ce dossier-là dans le futur ou dans les... là, là, parce que
je pense que la décision est assez urgente à prendre, parce que ça coûte cher à
chaque mois. Et également il y a des... il y a des entretiens avec le... ce
n'est pas clair s'il y a des entretiens ou pas, en ce moment, avec le
fournisseur. Et est-ce que... Il y a même une... Est-ce que vous avez retenu
des avocats pour tenter de voir qu'est-ce que dit la jurisprudence? Est-ce
qu'il y a une analyse contractuelle qui est faite pour, justement, qu'une
recommandation vous soit faite, à savoir est-ce que... quel est l'impact si on
résilie le contrat?
Mme Duranceau : Bien là,
sur cet élément-là, tu sais, c'est vraiment Santé Québec, là, qui a repris le
flambeau. Alors, on me dit qu'ils ont des conversations avec le fournisseur, là.
Puis, s'il y avait décision de ne pas aller de l'avant, bien, il y a des
négociations qui vont avoir lieu au niveau contractuel.
Mme Setlakwe : Oui. Là,
vous parlez de Santé Québec puis que c'est leur dossier, mais je pense que,
dans la ligne du temps... pas «je pense», dans la ligne du temps, dans la
chronologie, c'est un contrat qui a été signé avant la création de Santé Québec.
Vrai ou faux?
Mme Duranceau : Vrai.
Mme Setlakwe : Donc, c'est le
MSSS, ministère de la Santé, qui signe ce contrat-là, mais, de ce que je
comprends, c'est... la négociation, la signature est confiée à un mandataire,
le CIUSSS du Lac-Saint-Jean. Et là le rapport de l'AMP dit... essentiellement
reproche au MSSS d'avoir manqué de surveillance, manqué de rigueur, a levé la
tête, est en train de s'assurer que... ou, en tout cas, de s'occuper de la
création de Santé Québec, et là Santé Québec hérite de ce dossier-là.
Là, il y a quelqu'un qui est responsable à
quelque part, là, de la situation dans laquelle on se trouve, où on est
potentiellement... on, les contribuables québécois, potentiellement exposés à
une pénalité de 150 millions, pour vous citer. Il y a des discussions
internes, discussions internes qu'on espère qui ne se prolongeront pas trop, parce
que ça coûte cher à chaque mois.
Combien d'avertissements ont émané du MCN
vers le MSSS ou Santé Québec dans ce dossier-là? Combien d'avertissements
d'arrêter, de freiner ou de suspendre le projet?
Mme Duranceau : Là, il
faudrait que je pose la question, là.
Une voix : Trois.
Mme Duranceau : Trois?
Mme Setlakwe : Trois
avertissements. Est-ce que ça, ça inclut l'audit?
Une voix : ...
Mme Duranceau : OK.
Mme Setlakwe : Donc,
trois avertissements plus l'audit de...
Mme Duranceau : Non,
incluant l'audit.
Mme Setlakwe : Incluant
l'audit. Donc, ça, on parle de...
Mme Duranceau : Du ministre,
du... Du ministre de l'époque, du sous-ministre puis l'audit qui a été fait.
Une voix : ...
Mme Duranceau : Bon, cinq.
Mme Setlakwe : Oh! c'est
trois, ce n'est pas cinq... ce n'est pas trois, c'est cinq maintenant, cinq
avertissements.
Mme Duranceau : On va me
préciser, là, exactement.
Mme Setlakwe : Mais là
est-ce qu'on peut conclure que le MCN n'est pas entendu, n'a pas été entendu
dans ce dossier-là, oui ou non?
Mme Duranceau : Moi, je
pense que tout ce qui est gouvernance puis façon de fonctionner dans le passé,
ce n'était pas optimal puis que, là, il y a des recommandations formulées et
par Gallant et par l'AMP, sur lesquelles on travaille pour changer les choses.
Je pense, ce qui est surtout important — heureusement,
là, on peut dire — c'est que Santé Québec, ça a structuré comment on
fait les projets en... du moins, du côté de la Santé. Tu sais, mon expertise
n'est pas diffuse partout dans le réseau, avec des gens qui, finalement... Tu
sais, c'était énorme, là, ça, SIFA, là. Alors, je pense que ça prend des gens
qui en ont déjà fait puis qui ont les... de l'expertise en la matière, puis
cette expertise-là maintenant. Alors, c'est une bonne chose que ça ait tardé,
parce que, là, on a les bonnes personnes au sein de <Santé Québec...
Mme Duranceau :
...ça
ait tardé, parce que, là, on a les bonnes personnes au sein de >Santé
Québec pour poursuivre... avec la solution qu'il faudra confirmer, mais pour
poursuivre la transformation.
Mme Setlakwe : OK. Là, vous
dites : On a les bonnes personnes, puis je comprends que vous n'étiez pas...
vous n'occupiez pas la fonction que vous occupez aujourd'hui, mais vous faisiez
quand même partie de... du Conseil des ministres, du gouvernement...
Mme Duranceau : Bien, je
tiens à mentionner, le projet, il a été suspendu, puis, bon, il y avait des
augmentations de coûts qui étaient prévisibles, parce que la... bien, la portée
a changé, on n'était plus en... on n'était plus en 2022... en 2020 ou 2022 avec
nos DO, on est rendus en 2025, mais ce dossier-là a arrêté de cheminer à un
moment donné parce que, justement, tout le gouvernement a dit : Ayons une
vision claire de ce qui se passe, notamment...
Mme Setlakwe : Oui, je
comprends...
Mme Duranceau : ...sachant
que l'AMP était là-dedans aussi. Donc...
Mme Setlakwe : Oui, oui, je
me souviens, puis on posait des questions en PDQ, puis même que, le même jour,
on s'est fait dire par les deux ministres, MCN et Santé : Il n'y a pas
lieu de s'inquiéter, il n'y a pas lieu de paniquer, et, quelques heures plus
tard, Santé Québec tirait la plug sur le projet et également sur DSN.
Le Président (M. Laframboise) : ...de
Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Laframboise) :
Maintenant, nous passons au député de Maurice-Richard,
pour 13 minutes.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Très heureux d'être ici. Comme vous le savez, Mme la ministre, il y
a beaucoup d'inquiétude dans la population concernant tous les projets
informatiques en cours en ce moment. Je vais peut-être commencer par une
question simple. Ça fait 100 jours exactement aujourd'hui que le rapport
Gallant a été déposé. La recommandation n° 1 du rapport Gallant, c'est de mettre en place un groupe
d'experts dans votre propre ministère pour permettre la réussite des
transformations numériques. Qu'avez-vous fait?
• (15 h 20) •
Mme Duranceau : Bien, je peux
vous dire que je n'étais pas ministre du MCN à l'époque, puis c'est un mandat
qui m'a été confié par l'ancien premier ministre. Et, depuis ce jour-là, mon
équipe au Secrétariat du Conseil du trésor, avec l'équipe du MCN, avec le
ministère des Finances, se penche là-dessus.
Alors, la recommandation n° 1,
ça ne nécessite pas nécessairement un changement législatif, c'est
administratif. Donc, c'est répartition des rôles et responsabilités entre les
entités. Puis on est en train de finaliser ces... ce travail-là, là.
M. Bouazzi : Donc...
Mme Duranceau : Donc, dans les
prochaines semaines, on va être en mesure de donner plus de détails, mais je
peux vous assurer que, chacune des recommandations, on a un plan de match.
M. Bouazzi : Donc, juste pour
être sûr, on demande la création d'un groupe. Il y a combien de personnes dans
le groupe? Est-ce que vous avez créé un groupe qui...
Mme Duranceau : Bien là, j'ai...
comme je vous dis, c'est... je n'ai pas à créer un groupe, là, j'ai déjà un
MCN, j'ai déjà un Secrétariat du Conseil du trésor, on est en train de voir
comment on finalise tout ça puis on structure tout ça.
M. Bouazzi : Je suis d'accord
avec vous qu'on n'a pas besoin de projet de loi. C'est une bonne nouvelle.
L'idée, c'est de créer une équipe dans votre ministère. Combien il y a de
personnes dans l'équipe qu'il fallait créer, au jour d'aujourd'hui,
100 jours après le dépôt du rapport Gallant?
Mme Duranceau : Bien, combien
de personnes vous voulez, là? Moi, ce n'est pas un nombre de personnes, c'est
de bien identifier les tâches qui sont à... sous la... et sous quelle
responsabilité ces tâches-là ou ces suivis-là doivent s'organiser, puis, après
ça, on procède, là. Alors, quand... Comme je vous dis, je ne suis pas prête à
le dire aujourd'hui, mais on est là-dessus. Il y a une... Il y a un comité de
suivi qui s'occupe de ça. Moi, j'ai rapport là-dessus à chaque semaine, et
puis, dans les prochaines semaines, on va être capables de sortir publiquement
sur ça.
M. Bouazzi : Mme la ministre,
vous savez probablement que j'ai été 20 ans dans l'industrie et que j'ai
été vice-président adjoint à la BDC en charge de l'architecture...
Mme Duranceau : Bien, je ne
savais pas ça, non.
M. Bouazzi : ...et donc
j'aurais un avis certain de vous dire combien de personnes mettre dans cette
équipe-là, mais je ne suis pas ministre, c'est à vous d'avoir un avis. Vous
avez combien de personnes aujourd'hui, 100 jours plus tard, alors que...
Mme Duranceau : Bien... Mais
combien de personnes dans quoi, là?
M. Bouazzi : Dans l'équipe.
Mme Duranceau : Dans mon... Dans
ma nouvelle équipe que je veux... qu'il faudrait créer, là, ou dans le MCN, ou
au Secrétariat du Conseil du trésor pour chapeauter... pour chapeauter la
gouvernance? Tu sais, soyons plus précis si on veut être précis, là.
M. Bouazzi : Bien, est-ce que
vous avez lu le rapport Gallant?
Mme Duranceau : Bien oui, je
l'ai lu, j'ai...
M. Bouazzi : La
recommandation n° 1 parle de créer une équipe, dans
votre propre ministère, en charge de faire l'accompagnement de toutes les
transformations numériques à travers les différents ministères. Combien de
personnes... Est-ce que vous avez créé cette équipe? Et, si oui, combien de
personnes?
Moi, je comprends qu'il n'y a pas d'équipe
créée, il n'y a personne à l'intérieur. À moins que vous puissiez me prouver
l'inverse, la réponse me semble assez claire. Mais, si vous voulez, on passe à
une autre question, là, je...
Mme Duranceau : Bien, moi, la
recommandation, là, c'est mettre en place une entité centralisée qui doit faire
telle, telle, telle affaire. Alors là, le nombre de personnes... Bien, moi, je
suis en charge des ETC, là, puis de m'assurer qu'on est le plus efficace
possible avec les ressources qu'on a. Donc, dans les
prochaines semaines, on va être en mesure de <préciser...
Mme Duranceau :
...Donc,
dans les prochaines semaines, on va être en mesure de >préciser comment
on va y arriver, mais je pense que le nombre de personnes, ce n'est pas une
finalité en soi, là, bien franchement.
M. Bouazzi : Bien, d'accord,
mais, je ne sais pas, y en a-tu deux? Il y en a combien? Je veux bien que...
Vous pouvez faire moins avec plus, là.
Mme Duranceau : Bien, je vous
assure, probablement qu'on a besoin de plus que deux personnes, oui.
M. Bouazzi : Bon. Donc, au
bout de 100 jours, on est d'accord, vous n'êtes pas capables de donner le
nombre de personnes qui sont assignées à cette...
Mme Duranceau : Bien non. Je
pense, c'est accessoire, le nombre de personnes. Je suis plus intéressée à
savoir, moi, qu'est-ce que chacune des personnes va faire, puis j'ai-tu les
bons talents, puis où je vais les prendre.
M. Bouazzi : Mme la ministre,
SAAQclic nous a coûté plus que 1 milliard, plus de 600 millions de
dépassement de coûts. La recommandation n° 1, au bout
de 100 jours, on se serait attendus à avoir une réponse plus précise, mais
passons, continuons sur...
Mme Duranceau : Bien, je
comprends que c'est ça, votre clip, là, mais moi, je vous dis que, dans les
prochaines semaines, je vais sortir avec le... comment on applique les
recommandations et de Gallant et de l'AMP, et...
M. Bouazzi : Mme la ministre...
Mme Duranceau : ...ce sera
satisfaisant, je pense.
M. Bouazzi : ...je vais
parler en tant qu'ancien gestionnaire, là. 100 jours, là, tout le monde qui ont
déjà eu des postes de gestion savent que c'est critique et qu'au bout de 100
jours il y a quelque chose qui se met en place.
Aujourd'hui, vous n'êtes pas capable de
donner la moindre information. Donc, ce n'est pas une question de clip, c'est
une question de responsabilité par rapport à des dépenses délirantes qu'il y a
eu aujourd'hui dans tous les ministères, dans toutes les transformations
numériques, mais continuons.
Vous avez parlé du rapport de l'Autorité
des marchés financiers, vous avez décrit comme une bible et vous avez dit :
On se sent mieux actuellement parce que la gouvernance à l'intérieur de Santé
Québec est en train d'être reprise en marche, c'est bien ça?
Mme Duranceau : Bien, je
pense que, si on veut parler du rapport Gallant, qu'on prend très au sérieux,
comme celui de l'AMP d'ailleurs, on parle d'expertise puis de centraliser
l'expertise. Alors, évidemment, l'expertise, pour l'ensemble du gouvernement,
elle ne sera pas centralisée chez Santé Québec, mais c'est déjà... clairement,
par des actions qu'on a prises en créant Santé Québec, bien avant tout ça, bien,
c'était de mettre à un endroit les différentes expertises. Puis là on en a au
niveau des projets informatiques, bien, je pense, c'est beaucoup plus structuré
que c'était. Alors, des histoires comme on a vécu, là, bien là, on va être pas
mal plus structurés pour le futur que ce que c'était dans le passé, où c'était
très diffus.
M. Bouazzi : Mais... Alors, je
veux juste être sûr, c'était votre réponse à ma collègue ici, du Parti libéral,
vous avez dit : La gouvernance aujourd'hui est en train d'être améliorée à
l'intérieur de Santé Québec. Je vous ai peut-être mal citée, là, mais je
comprenais que c'était ça que vous disiez et que, donc, pour le projet SIFA, ça
allait... ça allait répondre, entre autres, aux questions de gouvernance qui
sont, on l'entend, bien développées à l'intérieur du rapport de l'AMP... de...
Mme Duranceau : AMP.
M. Bouazzi : ...oui, l'AMP.
Mme Duranceau : Mais je... OK.
M. Bouazzi : Bien, j'essaie de
vous suivre, Mme la ministre. C'est ça que vous avez dit.
Mme Duranceau : Bien, moi
aussi, j'essaie de vous suivre.
M. Bouazzi : Donc, c'est ça...
Moi, c'est juste que vous avez donné cette réponse-là par rapport à la
gouvernance qui centralise dans Santé Québec, et moi, je vous avouerais que ça
m'inquiète, parce qu'encore une fois la recommandation n° 1
du rapport que vous avez décrit comme une bible ne dit pas qu'il faut
centraliser la gouvernance chez Santé Québec, elle dit, et je lis :
«Repositionner la gouvernance centrale des projets numériques au sein du Secrétariat
du Conseil du trésor.» Ça, c'est... Et, parce qu'il y en a deux dans la même
recommandation n° 1 :
«Accentuer l'expertise du ministère de la Cybersécurité et du Numérique auprès
des organismes.»
Mme Duranceau : Oui, oui,
mais là il y a une nuance, là, c'est deux choses. C'est parce qu'on parle de
SIFA, qui est un projet numérique de la Santé. Ça fait que, déjà, dans tout le
grand ensemble de gouvernance qu'il faut avoir dans nos projets, bien, la bonne
nouvelle, là, c'est qu'au niveau de la Santé ma gouvernance est maintenant
centralisée à Santé Québec. On n'est pas partout dans le Québec, avec des gens
qui ont fait des projets, pas fait de projets, on a une équipe technique qui
est compétente.
D'ailleurs, on va revenir sur le
déploiement du dossier numérique, là, de... du DSN. Ça a bien été. Vous avez vu
comment c'était structuré. On n'en a plus réentendu parler après le «go live».
Donc, ça, c'est un des éléments, c'est la
moitié de l'État, la Santé. Après ça, oui, une entité centralisée, oui, un
partage de responsabilités entre le MCN, le Secrétariat du Conseil du trésor,
le DPI. On est là-dessus. Je vous invite à rester attentif.
M. Bouazzi : Je comprends, je
suis très attentif et puis j'ai lu le rapport, et la première recommandation,
ce n'est pas exactement ce que vous aviez dit, mais continuons. On reviendra,
hein, sur le DSN après.
Votre ministère a donné cinq avis, des
«warnings», voire demandé d'abandonner le projet. Est-ce que vous êtes prête à
rendre publics ces avis, Mme la ministre?
Mme Duranceau : Non. Là, on a
parlé des rapports d'audit. C'est des... ce sont des <documents...
Mme Duranceau :
...Non.
Là, on a parlé des rapports d'audit. C'est des... Ce sont des >documents,
là, qui sont étoffés. Je veux m'assurer du contenu sensible, être sûre qu'on ne
se tire pas collectivement une balle dans le pied en rendant ça public. Mais
là, après ça, on va... Vous ferez des demandes d'accès à l'information si vous
voulez faire des demandes d'accès à l'information, mais, tu sais, on ne va pas
toutes rendre nos communications publiques, là.
M. Bouazzi : Merci, Mme la
ministre. Est-ce que je pourrais garder le reste de mon temps pour la prochaine
intervention?
Le Président (M. Laframboise) :
...
M. Bouazzi : Merci beaucoup.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
maintenant, nous retournons avec Mme la députée de Mont-Royal—Outremont,
pour 19 min 29 s.
Mme Setlakwe : Merci. Je
pense, c'est important qu'on comprenne bien, là, il y a des avis du DPI, du
dirigeant principal de l'information. Je pense qu'il est assis à votre gauche.
Ses avis sont prévus dans la loi, dans la LGGRI. Et il y a aussi, sur certains
projets, des audits. Là, on a dit qu'il y avait un certain nombre d'audits, en
début d'études des crédits, puis ceux-là, mis à part des informations
sensibles, seraient rendus publics. Mais là comment ça fonctionne,
expliquez-nous, là, les avis versus les audits?
Mme Duranceau : Est-ce que je
peux demander...
Mme Setlakwe : Oui.
Mme Duranceau : ...comme ça,
on va avoir le...
Mme Setlakwe : Oui.
Le Président (M. Laframboise) : Consentement.
Et puis vous vous nommez et votre titre, s'il vous plaît.
• (15 h 30) •
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Stéphane
Le Bouyonnec, sous-ministre au ministère de la Cybersécurité et du Numérique et
dirigeant principal de l'information du gouvernement du Québec.
Donc, dans la situation de SIFA,
effectivement, il y a eu un audit suite à des problématiques qu'on avait vues
poindre, et on remonte ici en 2024. L'audit a été conduit. Suite à l'audit...
Avant l'audit, une demande de suspension avait été demandée. Après l'audit, la
demande, ça a été d'arrêter le projet dans la facture où il était à ce
moment-là. Depuis lors, Santé Québec a travaillé à redéfinir la portée, à
redéposer un dossier d'affaires pour répondre en partie aux problématiques qui
avaient été soulevées. Et ce dossier d'affaires est sous analyse en ce moment.
Et donc le DPI devra, une fois l'information colligée et analysée, réémettre un
avis pour permettre ou non à ce dossier-là de cheminer vers le Conseil des
ministres en respect de la LGGRI. Et là le Conseil des ministres pourra prendre
une décision.
Mme Setlakwe : Merci. Il n'en
demeure pas moins qu'il y a un contrat qui lie le gouvernement. Là, je vous
entends, là, il y a eu un certain nombre d'avis, il y a un audit, ça va prendre
une analyse, un nouveau dossier d'affaires, ça va remonter au Conseil des
ministres, je veux bien, là, mais là il y a un contrat qui a été signé, puis il
y a clairement eu une décision au Conseil des ministres, puis il y a eu des
avertissements qui ont émané du MCN. Est-ce que ces avertissements... puis là
je me tourne vers la ministre, est-ce que vous les jugez... vous jugez qu'ils
étaient fondés?
Mme Duranceau : Honnêtement,
je ne veux pas me placer dans... à cette époque-là où... je pense qu'il y a des
avertissements qui ont été faits...
Mme Setlakwe : Mais il faut.
Mme Duranceau : Oui. Non, mais
il... le contexte était différent du contexte d'aujourd'hui. Moi, je pense, c'est
ça qu'il faut... qu'il faut dire.
Mme Setlakwe : En quoi... En
quoi il est différent?
Mme Duranceau : Bien, en
termes de qui porte le projet au... tu sais, Santé Québec versus le CISSS du...
le CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Mme Setlakwe : OK, je
comprends.
Mme Duranceau : On n'a plus
les mêmes personnes au dossier, on n'a plus la même approche pour gouverner,
pour suivre des projets informatiques.
Alors, ils étaient peut-être... ils étaient
sans doute fondés, là, puis je ne peux pas me... tu sais, ce n'est pas moi,
l'experte en TI, là. Ça fait que, si le DPI dit que... à ce moment-là, c'était
sa recommandation, c'était ça. Là, je pense qu'on a un contexte aujourd'hui qui
est différent, là.
Mme Setlakwe : Mais là est-ce
que le gouvernement a écouté? Là, il semblerait que non.
Mme Duranceau : Bien, le
gouvernement a écouté, parce qu'ultimement, là, tout ça se passe en même temps,
OK? Le contrat, il est signé, il est signé par le CIUSSS du
Saguenay—Lac-Saint-Jean, OK? Donc, ça, c'est...
Mme Setlakwe : Oui, mais
vos... Oui, mais c'est votre gouvernement qui en a décidé ainsi, qui a délégué
cette tâche importante pour un contrat significatif à un mandataire, un CIUSSS,
qui, peut-être, n'avait pas l'expertise, la compétence, la rigueur nécessaire
pour engager le gouvernement dans un contrat aussi important. Est-ce que... Vous
semblez confirmer que ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire.
Mme Duranceau : Bien, je
suis... je suis <d'accord...
>
15 h 30 (version révisée)
Mme Setlakwe : ...peut-être
pas la meilleure chose à faire.
Mme Duranceau : Bien, je suis...
je suis d'accord avec vous que, d'un point de vue de la gouvernance... Et il y
a beaucoup de règles en place, qui sont en place, tu sais, au niveau
directives, au niveau seuils d'approbation, ce qui doit aller au Conseil du
trésor, ce qui doit aller au Conseil des ministres. C'était là, là, ça, ça n'a
pas changé, mais...
Mme Setlakwe : Donc, c'était
là, mais... Et là juste pour nous situer, là, là, on est en 2024, n'est-ce pas,
2024‑2025?
Mme Duranceau : Oui, c'est ça.
Mais ce que je veux dire...
Mme Setlakwe : Oui, allez-y,
je vais vous laisser finir.
Mme Duranceau : Ce que je
veux dire, c'est que tout ça continue d'évoluer, mais le dossier, là, il n'a
plus progressé, à un moment donné. Il y avait eu un...
Mme Setlakwe : Non, le mal
était fait.
Mme Duranceau : Il y a un DA...
Je suis d'accord qu'il y a un contrat qui avait été signé, mais après ça, là, à
un moment donné, on a dit : Wo! Il y a des choses qu'il y a... Il y a des
gens qui n'ont pas... Il y a des gens qui étaient là, qui ne sont plus là, qui
n'ont pas respecté la chaîne de commande.
Mme Setlakwe : OK. Je
comprends, je comprends. Oui, mais...
Mme Duranceau : Donc, on a mis
un stop à ça. On a demandé à l'AMP de faire sa vigie pour nous conseiller. Et
après ça Santé Québec a mis un stop au dossier, puis là on est rendus en 2026,
on a toute cette information-là, on a... le contexte est différent, puis on va
prendre une décision avec les faits qu'on a.
Mme Setlakwe : Oui, je
comprends. Là, vous nous amenez en 2026, avec les faits actuels, mais je dois
vous ramener en 2024, lors de la signature du contrat. Je veux dire, la
population compte sur son gouvernement pour agir avec prudence. On parle de
fonds publics, il faut agir avec rigueur. Et rappelons-nous qu'à ce moment-là,
qu'est-ce qui se passe en trame de fond, bien, c'est SAAQclic. SAAQclic, moi,
je me rappelle très bien du déploiement, en 2023. Puis là, en 2024, on est déjà...
ça a déjà été qualifié de fiasco, et si la commission d'enquête n'a pas été
déclenchée, elle est sur le point de l'être. C'est ça qu'il y a en trame de
fond. Puis, pendant ce temps-là, le même gouvernement, je suis désolée, Mme la
ministre, vous n'étiez pas au MCN, mais vous étiez au gouvernement... le même
gouvernement semble répéter les mêmes erreurs, lève la tête et laisse ce genre
de choses passer. Vous dites : Bien là, c'étaient des personnes, ils ne
sont plus là, ils ne savaient pas, ça n'aurait pas dû être eux autres, puis là
aujourd'hui on va gérer ça puis on a demandé à l'AMP... Mais posons-nous la
question : Est-ce qu'on a affaire à un gouvernement qui répète les mêmes
erreurs et n'apprend pas de ses erreurs?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Bien,
regardez, si vous faites une comparaison avec SAAQclic, dans le cas de SAAQclic
ça a été : On continue le projet coûte que coûte. Dans le cas du dossier SIFA,
ça a été : Il y a un problème qu'a reconnu Santé Québec quand ils ont
hérité... Il y avait les avis du MCN, et Santé Québec s'est dit : Oh! effectivement,
nous avons un problème, qu'est-ce qu'on peut faire maintenant pour le redresser?
Et, en attendant, nous le suspendons.
Et, la réalité, c'est là où nous en sommes.
Et vous avez raison de dire qu'il y a des sommes, mensuellement, qui sont
déboursées, mais c'est une partie infinitésimale, comparé à si nous avions
continué le projet sans effectuer le redressement potentiel. La question
résiduelle qui reste : Ce dossier-là peut-il être redressé? Et c'est sur
quoi travaille Santé Québec en ce moment pour nous soumettre un dossier d'affaires
complet pour permettre au DPI de porter un jugement.
Mme Setlakwe : Je comprends,
de porter un deuxième jugement, si on veut, mais...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Sur
la nouvelle portée puis le nouveau dossier d'affaires.
Mme Setlakwe : Oui, mais là on...
le contrat est signé, le contrat lie le gouvernement et le MCN a émis des
avertissements sur ce contrat, sur ce dossier. Est-ce que le MCN considérait
que le projet était récupérable dans sa... dans sa forme actuelle, dans la
forme pour laquelle le projet a été suspendu? Est-ce que...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Non.
Mme Setlakwe : Non. La réponse,
c'est non. Donc, avertissements...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) :
À l'époque.
Mme Setlakwe : ...cinq avertissements,
projet pas récupérable, on s'en va vers un mur. Et moi, ce que je retiens, c'est
que le gouvernement n'a pas écouté les avis, les avertissements.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Bien,
en fait, c'est... puisque le projet est suspendu, quelque part, en fait, ce n'est
pas le gouvernement...
Mme Setlakwe : Bien, c'est Santé
Québec.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : ...parce
que ce n'est pas remonté au gouvernement. Ceux qui ont écouté, ça a été Santé
Québec, qui a suspendu le projet pour l'instant.
Mme Setlakwe : Oui, oui, mais
je me rappelle encore me lever en chambre, en PDQ, et parler de ce dossier-là, puis
on dit que tout va bien, et, quelques heures plus tard, c'est Santé Québec.
Alors, la question se pose : Qui chapeaute tout ça? Qui s'assure qu'on ne
l'échappe pas? Qui s'assure... Ultimement, c'est le Conseil des ministres dans
son ensemble, il me semble, c'est le premier ministre et aujourd'hui c'est la
première ministre. Il faut qu'on s'assure que les voix, les bonnes voix soient
entendues à temps. Il faut qu'on s'assure qu'on ne laisse pas passer ce genre
de dossier là, ce genre de contrat là avec lequel on est... on semble être
prisonniers <aujourd'hui.
Mme Duranceau :
Bien,
peut-être... Tu sais, le MCN...
Mme Setlakwe : on semble
être prisonniers >aujourd'hui.
Mme Duranceau : Bien,
peut-être... Tu sais, le MCN, on a créé ça en 2022, OK, ça fait que ça
n'existait pas, le MCN. Là, on crée ça, on lui donne des pouvoirs, en 2022, on
lui donne des pouvoirs, mais on reconnaît quand même l'autonomie ministérielle.
Donc, un projet de santé est porté par Santé, un projet d'éducation est porté
par Éducation, puis le MCN donne son avis. Mais il demeure que c'est au niveau
de chacun des ministères qu'il y a des porteurs de ballon. Alors, vous avez
raison, ultimement, c'est l'ensemble du gouvernement, là, quand ça va bien,
c'est l'ensemble du gouvernement, quand ça va mal aussi. Mais, si on regarde la
gouvernance puis comment les choses sont faites, bien, c'est au niveau de
chacun des ministères. Puis on a accepté ça en 2022, quand on a créé le MCN,
d'avoir une autonomie ministérielle qui demeure.
Mme Setlakwe : Croyez-vous
que... Croyez-vous que le MCN a suffisamment de pouvoirs et a les leviers
suffisants?
Mme Duranceau : Bien, je
pense que force est d'admettre qu'il y a des situations où on pourrait
souhaiter que le MCN ait plus de pouvoir, tu sais, je pense qu'on en a parlé,
là. Donc, ça fait que ça fait partie des choses qu'on revoit aussi sur
l'ensemble de la gouvernance.
Mme Setlakwe : Vous avez dit
que pour SIFA, en 2022, il y avait bien un dossier d'affaires, n'est-ce pas?
Mme Duranceau : ...SIFARH.
Mme Setlakwe : SIFARH.
Mme Duranceau : L'ensemble de
l'oeuvre avait son dossier d'affaires.
• (15 h 40) •
Mme Setlakwe : Mais comment
ça se peut qu'on ait... qu'il y ait un contrat qui ait pu être signé avec une
clause... Puis là corrigez-moi, là, c'est une clause de résiliation... bien,
pour mettre fin au contrat, quand on veut se sortir d'un contrat, c'est une clause
de résiliation où, si je comprends bien, vous me corrigerez... Le
150 millions ou le 175 millions, vous semblez dire que c'est 150, la
pénalité, ça représente six ans d'honoraires. Donc, tout le risque repose sur
l'État, dans ce contrat-là? Si on s'en sort, on leur paie, aux fournisseurs
externes, le même, soit dit en passant, que dans le dossier SAAQclic, LGS, le
même... on leur paie six ans d'honoraires à venir. Est-ce que c'est ça?
Mme Duranceau : Deux...
deux... Bien, évidemment, présenté comme ça, ça a l'air vraiment cabochon, là.
Mme Setlakwe : Ah! mais, si
ce n'est pas ça, dites-le-moi.
Mme Duranceau : Non, mais
c'est ça...
Mme Setlakwe : Moi, je ne
l'ai pas sous les yeux, mais si vous voulez bien me le donner, le contrat, je
vais le réviser.
Mme Duranceau : Il y a quand
même un... Il y a quand même un contexte de négociation. Puis je n'étais pas
là, là, mais je vais y aller au mieux de ce que... ce que je connais. Mais il y
a un contexte de négociation où il y a un appel d'offres, il y a, finalement,
un seul soumissionnaire qui répond à l'appel d'offres puis qui est prêt à faire
le projet, c'est LGS. LGS qui, en passant, tu sais, n'a pas... L'AMP n'avait
pas d'enjeu dans SIFA, avec le contrat de LGS, là, au niveau de comment tout ça
a été octroyé. Donc, on a un seul soumissionnaire, on veut aller de l'avant, au
niveau du ministère de la Santé, avec ce projet-là, et là les gens qui sont au
dossier disent : OK, bien, j'ai un seul soumissionnaire, je ne veux pas
qu'il quitte. Puis là, une fois que tu lui dis : Je ne veux pas que tu me
laisses tomber, bien, lui, il dit : Moi, non plus, je ne veux pas que tu
me laisses tomber. Alors, c'est comme ça qu'une clause de non-résiliation s'est
retrouvée dans le... Bon, est-ce que c'était la meilleure négo? Là, on peut
remettre en question.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Si
je peux me permettre, Mme la députée...
Mme Setlakwe : Oui, bien... Oui,
allez-y, rapidement, parce que, là, j'aimerais ça poser des questions à la
ministre, là.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Rapidement.
Le gouvernement, quand même, attend les travaux du DPI pour savoir si le projet
peut se poursuivre dans la forme actuelle. C'est l'étape où le gouvernement est,
à ce moment. Selon moi, le gouvernement a quand même agi... ou Santé Québec, en
ne permettant pas un projet qui était mal barré, à cause, entre autres, de ces
clauses de résiliation, mais d'autres choses, de se poursuivre. Donc, c'est le
premier geste, c'est d'arrêter, d'analyser et puis de prendre une décision.
C'est l'étape à laquelle on est maintenant.
Mme Setlakwe : Quel est le
rôle de LGS, là? Il est un intégrateur? Et est-ce que le rôle qu'on a octroyé à
LGS en vertu du contrat... est-ce que c'est un rôle qui pourrait être assumé au
sein même du MCN?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Un
rôle d'intégrateur à ce niveau-là? Non, pas avec l'état des ressources. Dans ce
genre de contrat, il y a un éditeur. Dans ce cas-là, c'est Oracle, donc, le logiciel.
L'intégrateur se charge de l'intégration. C'est beaucoup de ressources. Le MCN
n'a pas cette capacité-là.
Mme Setlakwe : Donc, il faut
absolument aller à l'externe. Et là actuellement, quand vous dites qu'il y a
des ressources qui sont allouées aux projets pour lesquels le gouvernement...
ou que l'État, donc les contribuables, paie 700 000 $ par mois,
comment ça se passe actuellement, là? Je comprends qu'il y a une décision à
prendre, mais actuellement, dans l'état actuel des choses, étant donné ce
contrat qui a été signé, <quand même, sous le... sous...
Mme Duranceau :
...
dans l'état actuel des choses, étant donné ce contrat qui a été signé, >quand
même, sous le... sous l'actuel gouvernement, qu'est-ce qui se passe, là, dans
le concret, avec ces personnes à l'externe?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) :
Compte tenu... Compte tenu qu'il y avait un contrat et puis que, justement, le
gouvernement ne peut pas le résilier, il est obligé, dans l'intérim, de
l'honorer. Donc, l'honorer de manière minimale, c'est les licences, hein, dans
le fond, entre autres, ce qui fait... Et, l'implantation actuelle, ce qui s'est
passé, c'est qu'au niveau de l'ensemble des ressources d'intégration qui
auraient fait que le projet se serait développé à vitesse grand V, bien, tout
ça a été retenu. Donc, il y a une minimisation des dépenses, là, en ce moment. Mais
effectivement ça coûte quand même de l'argent sur une base... sur une base
mensuelle.
Mme Setlakwe : Comment est-ce
que vous évaluez le risque d'échec avec le contrat dans sa forme actuelle?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : C'est
la question clé : Est-ce que, dans sa forme actuelle, le dossier peut être
redressé ou pas?
Mme Setlakwe : Mais quel est
le plan de redressement? Là, vous êtes en train de plancher sur le plan de
redressement?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : C'est
ce qu'on regarde. C'est ce qu'a soumis Santé Québec.
Mme Duranceau : Santé Québec
a soumis sa demande pour pouvoir poursuivre le projet. Santé Québec a soumis sa
demande en s'appuyant sur des recommandations, notamment, de l'AMP. Il y avait
des ordonnances qu'il fallait... Puis l'AMP nous dit : Écoutez, on est
très confiants. Eux sont très confiants que le projet peut... pourrait se
poursuivre, considérant la gouvernance renouvelée par rapport au projet... à la
façon de faire, là, de Santé Québec. Maintenant, ça, c'est un avis. Là, nous,
on est en train, au gouvernement, de regarder quel est notre avis.
Mme Setlakwe : Donc, très
bien. Et vous, à titre de nouvelle ministre, je comprends, dans ce dossier-là,
nouvelle ministre de la Cybersécurité et du Numérique, quel suivi avez-vous
demandé, là, qu'est-ce... Vous vous attendez à quoi, directement, et de qui,
là? Est-ce que vous vous investissez personnellement dans le dossier?
Mme Duranceau : Bien oui. Oui,
tout à fait. Alors...
Mme Setlakwe : Et quelle
est... quelle est l'échéance?
Mme Duranceau : Ça veut dire lire
ce qui s'est passé dans le passé, puis lire ce qui est déposé pour le futur,
puis... Et tout ça en... parce que la vie continue, là, alors qu'on est quand
même en train d'essayer de tout mettre ensemble, les recommandations de
Gallant, les recommandations de l'AMP, alors, de voir comment tout ça peut
avancer en parallèle, alors... Puis Santé Québec, honnêtement, ils connaissent
leur affaire sur ça, là, donc on... C'est un dossier qui est entre leurs mains,
donc on prend aussi leurs avis puis leurs recommandations là-dedans.
Mme Setlakwe : Bien. OK. Mais
là revenons sur le... sur le fond. Parce que, sur la... sur la forme, sur le
contrat avec lequel on semble être prisonniers, ce n'est pas... ce n'est pas
avantageux, mais sur le fond on a combien de temps, là, pour... avec les
systèmes actuels? Quel genre de marge de manœuvre avons-nous, là? Tu sais, il
faut quand même penser à l'objet de ce contrat-là. Ça fait des années que vous
en parlez, SIFARH, SIFA, c'est des systèmes internes, là, au niveau des
finances, de l'approvisionnement. À quel moment est-ce que ces systèmes-là
doivent être... absolument être changés?
Mme Duranceau : C'est plus
technique. Je référerais à...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Ce
qui avait été prévu, 2030, les contrats, entre autres, avec les entreprises qui
actuellement font le service, nommément LGI et MediSolution, le but était que
ces systèmes-là soient remplacés même avant 2030. Maintenant, avec la nouvelle
mouture du plan, du dossier d'affaires de Santé Québec, ce serait plutôt 2032.
Donc, effectivement, il y a un autre décalage qui va nécessiter, éventuellement,
d'autres ententes de prolongation des contrats actuels.
Mme Setlakwe : Au tout... Au
départ, je vous avais demandé aussi : Est-ce que le MCN a été impliqué
dans l'établissement, là, du dossier d'acquisition? Est-ce que vous voyez une
faille à ce niveau-là? Est-ce que vous... Est-ce que vous revendiquez, Mme la
ministre, là, que votre ministère soit impliqué davantage, au stade du dossier
d'acquisition, dans ces gros projets là puis est-ce que vous pensez que ça
change les choses?
Mme Duranceau : Honnêtement,
tout ça, là, tu sais, c'est à revoir, toute la question de gouvernance, là.
C'est vrai pour l'ensemble des projets, c'est vrai pour l'ensemble des projets.
Il y avait quand même des niveaux d'approbation, des règles qui sont en place,
au Conseil du trésor puis avec la LGGRI, mais après ça, dans l'exécution, là,
ça prend des gens qui sont imputables, ça prend des suivis, c'est assez de
base, mais ça prend de l'expertise, puis, ça, on a vu que c'était aussi
manquant.
Mme Setlakwe : Là, vous
dites... à revoir la gouvernance. En tout cas, votre prédécesseur, le
ministre... le député de La Peltrie, il disait : Non, non, tout est là, la
gouvernance, c'est beau, il n'y a pas d'ajustement à faire dans la loi. Il a
quitté. Après ça, on a continué l'étude du projet de loi n° 82, dans
lequel votre prédécesseur immédiat, le député d'Orford, a fait inscrire dans la
loi une modification pour justement <permettre au DPI...
Mme Setlakwe :
... député d'Orford, a fait inscrire dans la loi une modification pour
justement >permettre au DPI d'intervenir puis donner des avis sur le dossier
d'acquisition. Est-ce qu'actuellement vous êtes en train d'évaluer des dossiers
d'acquisition de certains grands projets?
Le Président
(M. Laframboise) : ...c'est tout le temps qu'on avait. On pourra
répondre à la prochaine intervention. Donc, M. le député de Jean-Talon, pour
12 min 45 s.
M. Paradis : Bonjour,
Mme la ministre, à vous et à toute votre équipe. Vous l'avez évoqué tout à
l'heure, avant 2022, le ministère de la Cybersécurité et du Numérique, c'était
plutôt un secrétariat qui était sous la tutelle du Conseil du trésor. Le
gouvernement, votre gouvernement de la CAQ, a créé le ministère. Puis c'est
d'ailleurs dans la foulée d'un de vos grands engagements électoraux de 2018,
faire le ménage des contrats informatiques, avec le shérif en chef des contrats
informatiques et député de La Peltrie. Ça a été vraiment un de vos gros thèmes
électoraux en 2018. Alors, vous avez créé le ministère de la Cybersécurité et
du Numérique en 2022, et là il y a un virage important, avez-vous dit, votre
gouvernement a dit, qui s'est opéré à ce moment-là. Est-ce que vous pourriez
nous préciser le nombre de fonctionnaires et les coûts liés à la création du
nouveau ministère en 2022?
Mme Duranceau : On va
vous trouver ça.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Bien,
en fait, c'est à peu près 2 000 personnes, le ministère, mais
rappelons que ça comprend plusieurs entités. Puis pour... pour le commun des
mortels, ce n'est peut-être pas évident, mais, entre autres, tous les systèmes
administratifs du gouvernement du Québec, hein, le SAGIR, SAGIP, le réseau...
• (15 h 50) •
M. Paradis : Très bien.
Si je vous dis, Mme la ministre, que, selon le rapport annuel de gestion de
votre ministère 2022-2023, pour cette année-là, c'est 118 300 000 $.
Pour l'année suivante, toujours selon vos rapports, c'est 162 300 000 $.
Toujours selon votre rapport, 2024-2025, 205 600 000 $. Et,
cette année, dans les cahiers de crédits qu'on a eus, à l'annexe 1, page 2
du cahier 1, c'est 566 700 000 $ de coûts pour 2025-2026.
Ça nous fait un total de 1 milliard...
Mme Duranceau : ...annuelle
pour tout ce monde-là, là?
M. Paradis : Des coûts
du ministère, juste du ministère. Je ne parle pas des projets informatiques, je
parle du ministère. Est-ce que vous... c'est les chiffres que vous avez
fournis? 1 milliard?
Mme Duranceau : Bien, si
c'est les... si c'est les chiffres que vous avez, on va travailler avec vos
chiffres.
M. Paradis : Très bien.
Mme Duranceau : Alors, où
vous vous en allez avec ça?
M. Paradis : Donc,
1 milliard pour le ministère. Très bien...
Mme Duranceau : Bien,
des salaires annuels, là. Est-ce qu'on pourrait définir ce que ces gens-là
font? Parce que c'est une chose de dire ça, mais... bien, après ça, est-ce
qu'on peut expliquer à la population les besoins?
M. Paradis : Bien, je
vous suis, mais là on va arriver, donc, à... au mandat du ministère, hein. Parce
que le ministère est créé, «il veille à la protection des données publiques,
assure la cybersécurité et développe des services numériques pour moderniser
l'administration et faciliter l'accès aux services. Il soutient l'innovation et
la transformation numérique dans l'appareil gouvernemental.»
Bon, donc là, les Québécois sont au
courant de plusieurs scandales : SAAQclic, budget estimé initial de
600 millions, c'est devenu 1,1 milliard, dépassement de 500 à
900 millions; le DSN, budget initial de 265 millions, on est rendus
actuellement à 403 millions, un dépassement de 138 millions; SIFA, de
96 millions à 280 millions; le programme de modernisation des
systèmes de justice, dont je parlais avec votre collègue ministre de la
Justice, budget annoncé, 500 millions, on ne sait pas ce que ça va coûter. Sur
180 projets actifs, plusieurs sont en retard et dépassent les coûts.
Est-ce que vous êtes satisfaite de la performance du ministère de la
Cybersécurité et du Numérique depuis sa création?
Mme Duranceau : Bien là,
je pense, c'est un peu vague, là, votre question. Moi, dans votre... dans...
dans les... les projets...
M. Paradis : Non, non,
elle est très simple, ma question. Êtes-vous satisfaite?
Mme Duranceau : Bien, je
suis satisfaite de beaucoup de choses. Puis il faut revenir à c'est quoi, le
rôle du... du MCN aussi, là. Tu sais, il y a deux choses. SAAQclic, c'est une
affaire, là, mais le... la consolidation des centres de traitement de
l'information, le... le nuage gouvernemental, le réseau gouvernemental de
télécommunications, la radiocommunication pour la police, tout ce qui est
bureautique, tout ce qui est cybersécurité, ce qui est le Service
d'authentification gouvernementale, c'est un succès, ça. Personne n'en parle,
parce que les gens voyaient un lien avec SAAQclic, là. Il y a 3,5 millions
d'utilisateurs, il n'y a aucun enjeu. C'est un... c'est un succès. Ministère de
la Famille qui a fait son guichet unique, un succès. Commission de la
construction, un succès.
Ça fait que ma... ma réponse, là, oui, je
suis satisfaite d'un ensemble de réussites et de bons coups du ministère de la
Cybersécurité et du Numérique. Après ça, je ne peux pas leur imputer toutes les
<problématiques...
Mme Duranceau : ...
Cybersécurité et du Numérique. Après ça, je ne peux pas leur imputer toutes les
>problématiques numériques. Puis ce que j'ai dit, puis je l'assume
pleinement : il faut revoir la gouvernance des gros projets informatiques.
Ça nous prend une maturité numérique dans les organisations qui entreprennent
des projets puis ça nous prend...
M. Paradis : Je vais... Je
vais... Vous avez nommé plusieurs projets. Vous dites : Ah! je suis
satisfaite de tel projet. Mais est-ce que vous pouvez identifier un des grands
projets de transformation numérique du Québec, des grands projets, qui a respecté
son budget, son échéancier et ses objectifs depuis la création du ministère?
Mme Duranceau : Bien, on va
vous trouver ça, là, mais je pense que, tu sais, vous prenez un malin...
M. Paradis : Non, mais là
vous êtes la ministre, là...
Mme Duranceau : Oui, non, je
le sais, mais je vous ai nommé, là...
M. Paradis : Il n'y en a
pas... Il n'y en a pas 195, là, des grands projets.
Mme Duranceau : Bien non, le
SAG, ça a été un très bon projet. Le ministère de la Famille...
M. Paradis : Dans les budgets?
Dans les délais? Respectait les objectifs?
Mme Duranceau : Oui. Oui.
M. Paradis : Oui, vraiment?
Mme Duranceau : Bien là, on
confirme, là, je vais vous le dire, mais le SAG, c'en est un bon. Ensuite de
ça, le ministère de la Famille, c'en est un bon. Ensuite, on a parlé de... de
SEAO, qui était en bas du budget, donc tout... de détenir nous-mêmes la
plateforme de SEAO au lieu de payer des licences à CGI.
M. Paradis : Là, vous me
confirmez que ces projets ont été réalisés dans les délais, dans les budgets et
avec les objectifs fixés initialement? C'est dans... C'est ça, là, que vous
êtes en train de me dire, de tous ces projets-là que vous me donnez?
Mme Duranceau : Bien, je
confirme que ça, ça a bien été, là. S'il y a... S'il y a des nuances à
apporter, on va me les apporter.
M. Paradis : Ma question,
c'est : Combien de projets, depuis la création du ministère de la
Cybersécurité et du Numérique, ont été réalisés conformément aux objectifs?
Parce que des fois, c'est bien de dire qu'on n'a pas dépassé le budget, mais on
n'a pas atteint les objectifs du tout. C'est le cas du programme, par exemple,
de modernisation des systèmes de justice. On a abandonné tout un paquet de
modules en cours de route. Donc, aujourd'hui, on dit : Pour l'instant, il
n'y a pas de dépassement, mais en réalité, on n'atteint pas les objectifs.
Donc, ma question : Combien de projets, depuis 2022, ont été réalisés dans
les budgets, dans les délais et en respectant les objectifs?
Mme Duranceau : On va vous
trouver les chiffres exacts, mais... Puis on pourra peut-être faire intervenir
un... Alexandre Mailhot, qui est un des SMA, si vous voulez entrer dans ce
niveau de détail là. Mais quand on regarde...
M. Paradis : Mais ce n'est
pas... ce n'est pas un détail, Mme la ministre, c'est le mandat de votre
ministère.
Mme Duranceau : Non, non, mais
c'est pour ça que je vais vous sortir les chiffres. Mais moi, quand je regarde
le tableau de bord, actuellement, sur les 139 projets actifs, bien, j'en
ai 91 % qui respectent au niveau des coûts, puis, au niveau des
échéanciers, ça, j'en ai 62 % qui sont verts, 28 %... c'est ça,
62 % qui sont dans le vert. Donc, tu sais, là, c'est qu'on focusse sur le
gros qui a mal été, mais il y a un ensemble de projets à tous les jours qui
vont bien, là.
M. Paradis : Mais quel gros,
quel gros, là? Là, les gros, là, c'est SAAQclic, c'est le DSN, c'est SIFA,
c'est le programme de modernisation des systèmes de justice. Cette semaine,
c'était Votre Santé, qui est sorti. Toute l'information qui est sortie...
Mme Duranceau : Bien, le
DSN... le DSN, là, on n'a pas dû regarder les mêmes nouvelles, là, parce que ça
va bien, le DSN.
M. Paradis : Bien, vous avez
dépassé les budgets de 183 millions.
Mme Duranceau : On a changé la
portée aussi, là.
M. Paradis : Je vous demande
combien de projets ont été livrés par votre ministère dans les budgets, dans
les délais et dans les objectifs fixés. Puis il me semble que c'est une
question assez simple et assez importante, ce n'est pas un détail, parce que
c'est le mandat de votre ministère. Il a été créé... Il a été créé pour ça.
1 milliard de dollars pour faire ça.
Mme Duranceau : Non, bien là,
si... si vous me le... je suis d'accord... Oui.
Le Président (M. Laframboise) :
...s'il vous plaît.
Mme Duranceau : Oui, ça fait
que là vous allez me dire sur quelle période vous voulez l'information, puis on
va vous la sortir. Là, en date d'aujourd'hui, quand je regarde sur le tableau
de bord, j'ai seulement 4 % des 139 projets qui dépassent les coûts puis
j'ai 18 % qui excèdent l'échéancier. OK? Après ça, je le sais qu'on
donne... que souvent les oppositions, là, font un «wrap-up» de plein d'affaires
qui ne vont pas nécessairement ensemble. Mais c'est sûr que, quand tu changes
la portée d'un projet, bien, ça ne coûte pas nécessairement ce qui était prévu
au début. Mais l'exemple de cette semaine sur la vitrine santé, ça a été un
succès. On a décidé d'ajouter des fonctions à ce qu'on offrait comme
plateforme. Alors, bien sûr, ça n'a pas coûté ce qui était prévu au début, on
l'a ajouté... des volets.
M. Paradis : Est-ce que vous
êtes satisfaite des résultats du ministère de la Cybersécurité et du Numérique
depuis sa création en 2022? Quand vous regardez ça, là, puis vous vous adressez
aux Québécois, êtes-vous satisfaite? Trouvez-vous que le milliard investi pour
la création du ministère...
Mme Duranceau : Bien, je
pense...
M. Paradis : ...dans le but
de gérer les contrats de transformation informatique... Vous êtes satisfaite,
oui ou non?
Mme Duranceau : Je suis
satisfaite de l'ensemble des projets qui étaient sous la pleine gouvernance du
ministère de la Cybersécurité, du Numérique. OK? Quand... Parce qu'il y a deux
choses. Le ministère de la Cybersécurité et du Numérique est en charge de
livrer un paquet de projets, comme la feuille de temps d'horaire variable,
comme le Projet urbain de <radiocommunication...
Mme Duranceau :
...
la feuille de temps d'horaire variable, comme le Projet urbain de >radiocommunication,
comme le nuage gouvernemental, comme... Ça a l'air niaiseux, mais le
déploiement de Teams, là, ça s'est fait sans heurt, avec la pandémie. Tout le
monde a Teams. Ça a l'air... Là, aujourd'hui, c'est comme... c'est un acquis,
mais il fallait le faire, à ce moment-là. Cybersécurité, en entendez-vous
parlez souvent? Je suis satisfaite de ça aussi. Là, ce qu'il faut... Ça fait
que quand on n'en entend pas parler, c'est parce que ça va bien. Les éléments
qui n'ont pas bien été, la gouvernance de ça, elle doit être revue. C'est le
passé. On a parlé de SAAQclic, on a parlé de SIFA, on a parlé des projets de
santé. Là, les choses ont évolué.
M. Paradis : Bon, alors parlons
de gouvernance. L'ancien ministre... l'ancien ministre, maintenant député d'Orford,
a affirmé publiquement que le ministère de la Cybersécurité et du Numérique
était un, je le cite, «chien de garde sans pouvoirs» et que... Il a nommé un
certain nombre de projets qui, a-t-il dit, s'en allaient droit dans le mur
malgré les... les avertissements du ministère. C'est cité dans le rapport du
commissaire Gallant, à la suite de la commission d'enquête sur le scandale
SAAQclic. Donc, l'ancien ministre, son prédécesseur, le député de La Peltrie,
s'est décrit comme un triste spectateur, c'est entre guillemets, comme ministre
du... de la Cybersécurité et du Numérique dans ce dossier.
Est-ce que votre gouvernement a créé un
ministère de la Cybersécurité et du Numérique sans donner à ce ministère les
leviers nécessaires pour agir? Est-ce que c'est un chien de garde sans
pouvoirs?
• (16 heures) •
Mme Duranceau : Bon, là, je
pense que c'est facile... tu sais, on dit en anglais, je ne sais pas, «with
insight», là, c'est facile de dire qu'on aurait dû. Je pense que de plus en...
on aura de plus en plus de projets informatiques. Je pense que la preuve a été
faite que la gouvernance n'était pas adéquate à l'intérieur du gouvernement.
Quand on regarde l'échantillon que l'AMP a analysé, 2010 à 2025,
15 années, sur 15 ans de projets informatiques, tous gouvernements
confondus, on a les mêmes enjeux. La Vérificatrice générale, en 2010, elle a
parlé d'enjeux de gouvernance aussi. Alors là, là, la CAQ, là, nous, on se retrouve
avec tous les projets informatiques qui ont commencé, certains sous notre
gouvernement, d'autres sous les précédents gouvernements. Je tiens à rappeler
que, SAAQclic, le PQ, avait enlevé des pouvoirs au Trésor, à l'époque. Donc, on
se retrouve avec plein de projets informatiques. Pourquoi? Parce que ça évolue.
Puis, le numérique, on en a de plus en plus. Alors, on sera le gouvernement qui
aura mis la bonne gouvernance en place pour pouvoir livrer des projets
adéquatement.
M. Paradis : ...parlons-en
parce qu'une autre... il y a une autre... Combien de temps il me reste?
Le Président (M. Laframboise) : 20 secondes.
M. Paradis : Une des grandes
recommandations du... de la... du commissaire Gallant, c'est d'avoir de
l'expertise additionnelle au sein du ministère. Et voyez comme on a tourné en
rond, j'ai un tableau didactique ici, avec le gouvernement de la CAQ : on
est partis du secrétariat, hein, de... Secrétariat sur le Conseil du trésor, on
a créé, pour 1 milliard, un ministère, des dépassements de coûts, et on
revient...
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, M. le député de Jean-Talon. La parole est à... maintenant à Mme la
députée de Mont-Royal—Outremont, pour 19 min 29 s.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Je change un peu de sujet temporairement. Ma collègue me disait que,
dans l'étude des crédits en Habitation, elle avait un échange avec les gens du
TAL, le Tribunal administratif du logement, que vous connaissez, et on a appris
qu'il y a une licence pour un logiciel, Foxit Software Inc., qui est utilisé
par le TAL. Puis apparemment que, bon, au fil des questions, ça semblait être
une bonne chose, d'après la personne qui répondait, d'avoir sorti Adobe... oui,
c'est ça, Adobe Acrobat, il me semble, là. Mais comment se fait-il que cet...
ce logiciel soit utilisé dans l'appareil gouvernemental? Ce n'est pas quelque
chose qui est... qui est mal à avisé?
Mme Duranceau : Mais là c'est
quoi, l'enjeu que votre collègue de...
Mme Setlakwe : Mais Foxit, ça
ne vous inquiète pas?
Mme Duranceau : Qu'est-ce
qu'elle a énoncé, comme enjeu?
Mme Setlakwe : Foxit
Software, ça, ça ce n'est pas... Est-ce que c'est un logiciel avec lequel vous
êtes à l'aise?
Mme Duranceau : Bien, moi,
personnellement, là, je ne l'utilise pas, là.
Mme Setlakwe : Est-ce qu'il
est utilisé dans l'appareil gouvernemental?
Mme Duranceau : Bien là,
c'est votre collègue, là, qui m'apprend ça, là. Évidemment, je suis au courant
de la liste des... des logiciels utilisés.
Des voix : ...
Mme Setlakwe : Donc, c'est
permis ici que ce...
Mme Duranceau : Vu que c'est
une question plus technique, là, je vais référer à qui de droit, si on est à
l'aise pour répondre, ou on va valider.
Mme Setlakwe : Donc, vous, on
ne vous a pas... on ne vous a pas parlé de ça? Depuis les crédits en
Habitation, ça n'a pas été porté à votre attention que, potentiellement, il y
avait un enjeu avec Foxit?
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Bon, est-ce que...
Mme Setlakwe : Bien, je pense
que la ministre allait me répondre...
16 h (version révisée)
<15357
Le
Président (M. Laframboise) :
Est-ce qu'on...
Mme Setlakwe :
Bien,
je pense que la ministre allait me >répondre.
Le Président (M. Laframboise) : Non,
c'est ça, là, c'est... parce que j'ai besoin du consentement.
Mme Duranceau : Non, non,
mais au MCN ce n'est pas un logiciel qu'on utilise, là. Alors, moi, c'est ça
que j'ai comme information. J'avais entendu ce que votre collègue a dit, là, mais,
tu sais, pour ce qui est de la cybersécurité, je ne me fie pas à elle, là.
Mme Setlakwe : Ah! Bien là, non,
ça fait quelques fois vous dites «votre collègue», bien non...
Mme Duranceau : Bien, c'est
votre...
Mme Setlakwe : Là, l'important
ici, ce n'est pas ce que ma collègue a dit. Oui, c'est important qu'elle ait posé
les questions, mais je pense qu'il faut surtout s'attarder sur les réponses qui
ont été fournies...
Mme Duranceau : Bon...
Mme Setlakwe : ...et moi, ma
question, c'est à savoir : Est-ce qu'il y a un enjeu avec Foxit? Là,
les... on a les experts, on a les gens du MCN. Est-ce que c'est un enjeu que
Foxit soit utilisé dans l'appareil gouvernemental?
Le Président (M. Laframboise) :
...pour que les experts...
Mme Setlakwe : Bien sûr.
Le Président (M. Laframboise) : ...bon,
vous présenter et nommer votre titre, s'il vous plaît
M. Goulet (Sylvain) :
Sylvain
Goulet, sous-ministre adjoint aux infrastructures technologiques et à la
bureautique.
Dans le cas du MCN, comme ça a été
mentionné, le logiciel avait été utilisé par un client, deux postes, pour
lequel il y a eu des mesures qui ont été mises en place, des mesures d'isolation,
notamment pour empêcher toute communication avec l'Internet. Donc, c'est des
logiciels qui avaient été expérimentés puis ces logiciels-là vont être retirés,
si ce n'est pas déjà fait au moment où on se parle.
Par ailleurs, ce qui mériterait d'être
mentionné, c'est que le ministère procède quand même à l'analyse des
vulnérabilités. On a la liste de l'inventaire des logiciels qui sont installés
au niveau des équipes de cyberdéfense, puis il y a une veille qui est... qui
est faite au niveau des vulnérabilités en lien avec ces logiciels-là et il y a
des avis qui sont émis en fonction de ce qui peut être découvert.
Donc, pour résumer, dans le cas du MCN et
de ses clients, il y avait uniquement deux postes sur lesquels le logiciel
avait été utilisé, pour lequel il y a des mesures de mitigation qui ont été
déployées.
Mme Setlakwe : Quels sont ces
deux postes? Merci beaucoup pour votre réponse. Quels sont ces deux postes?
M. Goulet (Sylvain) : C'étaient
des postes qui étaient au ministère de l'Emploi et à la Solidarité sociale.
Mme Setlakwe : Donc, pas le TAL?
M. Goulet (Sylvain) :
Non,
le TAL ne fait pas partie des clients en plan actuellement...
Une voix : ...
M. Goulet (Sylvain) :Bien, les
autres... En fait, on n'a pas l'inventaire précis de ces installations-là sur
les organisations qui ne sont pas clients du MCN. Donc, l'offre de bureautique
actuelle du MCN ne couvre qu'un sous-ensemble de ministères et organismes, ils
sont une quinzaine, grosso modo.
Mme Setlakwe : Je comprends.
Donc, le TAL n'est pas assujetti ou n'est pas... Vous ne donnez pas de conseil
au TAL?
M. Goulet (Sylvain) :
Bien,
on donne des conseils au niveau de la cyber s'il y a des vulnérabilités qui
sont découvertes. Puis là je pourrais passer la parole à M. Fournier, là, qui
est au niveau de la sécurité, mais, s'il y a des vulnérabilités qui sont... qui
sont découvertes ou qu'il y a des avertissements qui doivent être faits par
rapport à l'utilisation de certains logiciels en fonction de ces veilles-là, c'est
sûr qu'il y a des avis qui sont émis.
Mme Setlakwe : Et là je pense
qu'il faut juste revenir. Là, soyons clairs, là, est-ce qu'il y a un problème
avec Foxit, oui ou non? Est-ce que... La question est claire. Est-ce qu'on
cherche à ne plus l'utiliser ou on ne veut pas l'utiliser...
M. Goulet (Sylvain) : Dans le
cas...
Mme Setlakwe : ...ou on le
continue, puis ce n'est pas un enjeu, c'est...
M. Goulet (Sylvain) :
Bien, moi,
je peux parler au niveau du MCN. Là, je vais laisser la parole à Yvan...
Le Président (M. Laframboise) : ...le
consentement pour que l'expert en cybersécurité...
Mme Setlakwe : Oui.
Le Président (M. Laframboise) :
Vous vous présentez, monsieur, avec votre titre.
M. Fournier (Yvan) : Bonjour.
Yvan Fournier, je suis le sous-ministre adjoint, mais je suis aussi le chef gouvernemental
de la sécurité de l'information.
Alors, votre question est très pertinente.
Comment ça se passe? Ce qu'on fait, c'est que, tous les logiciels qu'on a l'inventaire
au niveau du gouvernement, qui sont sous la LGGRI, nous, on fait ce qu'on appelle
un scan, un balayage de vulnérabilités, et on tient à jour tous les... Donc,
chaque organisme gouvernemental ont des titres, des CISO, donc des chefs
responsables de la sécurité de l'information, des COMSI, qui sont des
coordonnateurs opérationnels, qui reçoivent de nous toutes les vulnérabilités.
Et, sur Foxit, bien, il n'y a pas d'enjeu. Il y a des éléments de cybersécurité
qui ont été annoncés. Si tout le monde utilise la version 2025.3, tous les
éléments de cyber sont corrects.
Là, les gens disent : Ah! mais là, il
y a des... il y a des pays, il y a des entités qui l'ont interdit parce qu'il y
avait un soutien chinois. Nous, on a vérifié avec le fédéral. J'ai vérifié moi-même
directement avec le fédéral qu'est-ce qu'il en est, et tout ça. Et, en général,
le Québec est plus rapide que le fédéral pour bloquer ou fermer des entités.
Aujourd'hui, on est encore en analyse. Je pense que mon collègue l'a bien
expliqué. Ce qu'on fait, quand on a une demande de l'installer, parce que, pour
des raisons x, y, z, c'est essentiel, on ferme toute communication de cet outil-là
vers l'Internet. Donc, elle est installée localement et elle ne parle à
personne, elle ne peut pas envoyer d'information ou rien. C'est comme ça qu'on
les gère.
Parce que vous comprenez pourquoi ces
outils-là sont utilisés, c'est que ça coûte vraiment moins cher qu'un produit
comme Adobe, par exemple. Donc, nous, ce qu'on fait, c'est, quand on l'autorise,
on met un mécanisme autour du logiciel pour ne pas qu'il ne communique avec
personne. On en a deux à notre... à notre connaissance, là, dans l'inventaire.
Mais par contre, vous pouvez être certain que le TAL reçoit de nous toutes les
informations relatives aux enjeux de sécurité, des vulnérabilités connues et
quelle est la version que nous, on recommande de mettre en <place...
M. Fournier (Yvan) :
...des
vulnérabilités connues et quelle est la version que nous, on recommande de
mettre en >place.
Mme Setlakwe : Très bien.
Bien, merci. Ça a été... Ça a été très clair. Donc, je comprends que ça peut
être utilisé de façon sécuritaire?
M. Fournier (Yvan) : Absolument.
Mme Setlakwe : Mais est-ce
que vous encouragez ou... Donc, ce n'est pas... ce n'est pas prohibé, ce n'est
pas interdit dans les organismes qui tombent sous votre surveillance?
M. Fournier (Yvan) : Aujourd'hui,
il n'est pas interdit. Est-ce que, demain, il le sera? Si nous, on est en train
de faire des analyses de... puis pas seulement celui-là, mais il y a d'autres
produits. Donc, à l'interne, on a développé des logiciels qui nous permettent
de tout lire le code, même faire du «reverse engineering», excusez
l'anglicisme, des produits pour s'assurer qu'il n'y a pas d'enjeu. Et on est
connectés avec l'Europe et le fédéral pour voir si des gens trouvent des
éléments. Aujourd'hui, il n'y a pas d'alerte ni du fédéral ni de l'Europe à
l'empêcher de fonctionner. Alors, on suit ça de très proche.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
mais, aux États-Unis, c'est... ce serait... ça se trouve sur une liste de
logiciels proscrits.
M. Fournier (Yvan) : Parce
qu'il est chinois. Il y a une tonne de logiciels chinois aux États-Unis, qu'ils
interdisent non pas parce qu'il y a des risques, parce que c'est chinois
seulement.
• (16 h 10) •
Mme Setlakwe : Merci beaucoup.
M. Fournier (Yvan) : Merci.
Mme Setlakwe : Il y a... Lors
du bloc précédent, je posais la question puis je pense qu'elle est vraiment
importante, là, de... Je veux savoir, suite aux modifications qui ont été
faites l'an dernier, une modification, un amendement au projet de loi
n° 82 sur l'identité numérique dans lequel il y a un pouvoir additionnel
qui a été octroyé au MCN pour permettre au DPI d'émettre des avis au stade... à
un stade plus en amont, à un stade du développement du dossier d'acquisition,
combien de... combien d'interventions ont été... ont été faites, là, de votre
part, de la part du MCN, depuis l'adoption de cet amendement?
Mme Duranceau : Bien, il
semble qu'il n'y ait aucun... il n'y a aucune intervention de cette nature-là
qui a été faite, parce qu'il n'y a pas de projets de gros projets qui auraient
nécessité une intervention comme celle-là, là.
Mme Setlakwe : Depuis un an,
il n'y a aucun nouveau projet qui a été amorcé dans lequel le MCN aurait été
impliqué en amont? Aucun?
Mme Duranceau : De... Selon
les seuils, là.
Mme Setlakwe : Il n'y avait
pas de seuils de mentionnés dans le... l'article de loi.
Mme Duranceau : Non, mais qui
doivent venir au MCN selon la taille du projet.
Mme Setlakwe : C'est vrai.
Oui.
Mme Duranceau : Ça fait que,
je pense, c'est ça, la nuance.
Mme Setlakwe : OK. Et est-ce
que les projets qui ont été mentionnés au début, là, ceux qui font l'objet ou
qui ont fait l'objet d'un audit, SIFA, Lexius, Votre Santé, DSN... est-ce que
ça, c'est tous des dossiers où il aurait été avantageux d'impliquer le MCN plus
en amont?
Mme Duranceau : Oui, la
réponse, c'est oui, hein? Je pense, c'était l'objectif des amendements, là,
d'essayer de capturer justement plus en amont.
Mme Setlakwe : Ça a été
difficile d'amener ça. En tout cas, il y avait vraiment, de la part de vos
anciens... bien, c'est toujours vos collègues, là. Le député de La Peltrie ne
voulait pas... ne voyait pas de... ne voyait pas que c'était opportun de
changer les... changer les choses. Finalement, votre prédécesseur immédiat, le
député d'Orford, on a eu tellement de discussions, il y avait une ouverture à
apporter cette modification-là. En tout cas, moi, ce que je retiens, c'est que
le MCN, bon, oui, c'est une bonne chose d'avoir ajouté ça, moi, c'est ce que je
pense, a vraiment un rôle-conseil ou a eu un rôle-conseil et n'est pas toujours
entendu. Alors là, je réalise que ma question n'est pas assez précise. Est-ce
que le MCN a suffisamment de pouvoirs, selon vous?
Mme Duranceau : Bien, comme
je mentionnais tantôt, là, je pense que le passé a révélé beaucoup de choses.
Encore une fois, tu sais, si je m'appuie sur le rapport Gallant puis sur le
rapport de l'AMP, il y a des choses à revoir, c'est sûr. Puis le... dans les
pouvoirs d'intervention du MCN, tu sais, on dit, bon, il y a... il y a la
possibilité d'intervenir ou de signaler une situation par une lettre du
ministre, du sous-ministre, d'avoir un pouvoir d'audit, de créer un comité de
vigie puis de... Pour pouvoir arrêter un projet, bien là, c'est un pouvoir qui
est partagé entre le ministre sectoriel et le ministre du MCN.
Mme Setlakwe : Exact.
Mme Duranceau : Donc, ça,
bien, tu sais, ça peut créer des tensions, je présume, là.
Mme Setlakwe : Bien oui. Puis
là voilà où je veux en venir. Donc là, jusqu'à maintenant, ce n'était pas
optimal, parce que ça... la formule qui a prévalu dans les dernières années a
donné lieu, malheureusement, à des dossiers qui ont dérapé, qui ont... qui ont
donné lieu à des...
Mme Duranceau : Mais, ces
dossiers-là, on était même avant le MCN, là.
Mme Setlakwe : Ma question...
Mme Duranceau : Tu sais,
quand tu penses SIFA, là, SIFARH, c'est bien avant, là.
Mme Setlakwe : Oui. Le
contrat a été <signé en...
Mme Setlakwe :
...question...
Mme Duranceau :
Tu
sais, quand tu penses SIFA, là, SIFARH, c'est bien avant, là.
Mme Setlakwe :
Oui.
Le contrat a été >signé en 2024. Mais ma question est la suivante. Là,
on a une nouvelle première ministre...
Mme Duranceau : Oui, mais l'ensemble
de l'oeuvre...
Mme Setlakwe : ...il y a une
nouvelle première ministre qui vous a nommée ministre de la Cybersécurité et du
Numérique. Est-ce que... dans votre mandat, est-ce qu'il y a eu des
discussions? Est-ce que vous avez clairement une... Est-ce que vous avez senti
une intention politique de la part de la première ministre, justement, de faire
les choses différemment pour s'assurer qu'il n'y ait pas ces confrontations,
qu'il n'y ait pas ces tensions entre le ministère qui porte le dossier et le
MCN?
Mme Duranceau : Ah! bien là,
on a plein pouvoir de recommandation sur ça, là. En fait, j'ai plein pouvoir de
recommandation avec mes deux chapeaux, là, de MCN et de présidente du Conseil
du trésor. Je m'appuie sur les recommandations qu'on a eues et de Gallant et de
l'AMP. Puis on va prochainement statuer, là, sur quelle est la meilleure... la
meilleure approche. Mais, on est d'accord, là, des enjeux de gouvernance qu'on
a connus, il ne faut plus en connaître. Il y a des choses à mettre en place
pour pallier à ça. Toute la notion de maturité numérique dans les entités, tu
sais, ce n'est pas normal que le CIUSSS du Lac-Saint-Jean s'occupe d'un projet
aussi massif que ce qui était prévu. Ça prend beaucoup plus d'expertise autour
de la table, là, pour réaliser ces projets-là, là.
Mme Setlakwe : Depuis que
vous êtes en poste, est-ce que... Vous avez sûrement fait une vigie, là. Il y a
combien de projets que vous avez identifiés comme étant potentiellement à
risque? Puis là je ne veux pas vous mettre des mots dans la bouche, mais vous
avez dû. Expliquez-nous le processus par lequel vous êtes passée en arrivant,
là. Vous avez dû demander tout de suite un état de situation, là. Combien de
projets sont actuellement en opération et qui ont une attention plus
particulière de votre part?
Mme Duranceau : ...ceux qui
ont une attention plus particulière de ma part, c'est ceux dont on a parlé au
tout début, là, qui font déjà l'objet d'audit de la part du MCN. Évidemment, il
y a, sur les tableaux de bord, là... il y a des éléments, il y a des projets qui
sont en retard. Puis là on suit ça. Ce n'est pas tous pour des raisons... Il y
a des projets en retard, parce que, bon, il y a des décisions qui ont été
prises de reporter pour x, y raison, budgétaire, priorité, disponibilité de la
main-d'oeuvre ou des équipes.
Mme Setlakwe : Oui, vous
parlez des équipes, il y a combien de... combien de ressources, combien il y a
d'équivalent temps complet au MCN?
Mme Duranceau : On parlait
autour de 2 000.
Mme Setlakwe : Autour de 2000.
Combien de programmeurs?
Une voix : ...
Mme Duranceau : Pas beaucoup?
On va chercher le chiffre. Puis... Mais nos ressources informationnelles ou, tu
sais, dans le numérique, c'est plus que ça. Sur l'ensemble du gouvernement,
c'est combien? C'est 18 000? 18 000 dans l'ensemble du gouvernement.
C'est bien du monde. Alors, ça aussi, on est en train de voir comment on
rapatrie l'expertise. Elle est trop diffuse dans l'ensemble du gouvernement.
Puis chaque ministère a ses... a son champion de quelque chose, mais chaque
ministère protège un petit peu son territoire, et donc, là, on ne mutualise pas
nos ressources comme on le devrait. Puis notre expertise, bien, comme je le
répète depuis tantôt, elle est trop diffuse, puis on ne s'aide pas. Alors là,
il faut que, pour ça, le MCN prenne plus de... prenne plus le «lead», là.
Mme Setlakwe : Mais ça n'a
pas été fait, là, dans les dernières années?
Mme Duranceau : Bien, ça a
été amorcé, ça a été amorcé. C'est beaucoup un changement de culture, hein?
Alors là, la gestion du changement, c'est quelque chose aussi dans des grosses
organisations.
Mme Setlakwe : Dans le DSN,
le MCN, est-ce qu'il a émis un avis favorable avant le lancement du 9 mai?
Mme Duranceau : Dans... Oui,
oui, l'avis était favorable dans ce... dans ce cas. Au début, il y a eu un
comité de vigie, il y a eu des recommandations de faites, j'ai ça quelque part,
notamment en matière de cybersécurité. Et, attendez, en matière de
cybersécurité, il y avait la souveraineté numérique qui avait été soulevée
comme enjeu potentiel. On s'est rassurés sur cet élément-là. Puis il y aura
migration vers le nuage gouvernemental dans un avenir plus ou moins rapproché.
Et c'est ça.
Mme Setlakwe : Bien, mais à
peu près quand? Vous visez quelle... quelle date pour la migration?
Mme Duranceau : Bien, ce qui
est important, là, c'est la protection des données de manière générale. Puis
les données Protégé C, ils sont sur notre nuage gouvernemental déjà. Alors,
dans le... dans le dossier Epic, ce n'est pas des données qui sont... qui sont
Protégé C, pour la... donc, le... ou, en tout cas, pas en totalité, là, si je
ne me trompe pas. Et l'horizon, là, c'est... Je ne peux pas donner un horizon.
C'est-tu 18, c'est-tu <24 mois...
Mme Duranceau :
...pas.
Et l'horizon, là, c'est... Je ne peux pas donner un horizon. C'est-tu 18,
c'est-tu >24 mois? Par contre, ce qu'on a dit, c'est que c'est sur
des serveurs ici, c'est encrypté. Oui, il y a le CLOUD Act. Il y a, par contre,
contractuellement, une obligation de...
Mme Setlakwe : Merci. Mais
qu'est-ce qui a changé? Donc, l'avis était favorable juste avant le lancement,
mais votre prédécesseur, lui, avait des réserves. Vous venez même d'en
identifier.
Mme Duranceau : Bien là,
peut-être que mon prédécesseur, il avait des réserves.
Mme Setlakwe : Qu'est-ce qui a
changé?Qu'est-ce qui a changé, substantiellement, là, pour que l'avis
change? Parce que ce n'est pas... Tu sais, je veux dire, c'est... lui, son avis
n'était pas isolé, là, c'était l'avis... ça devait être appuyé par le DPI. Ce
n'était... ce n'était pas un...
• (16 h 20) •
Mme Duranceau : Bien, ça a
continué d'évoluer, tout ça, là. Alors là, les propos de mon collègue... je
vais le laisser commenter sur ses propos. Mais, en termes de... en termes de
moment où les choses se sont dites puis au... de moment où les premiers avis
ont été émis... L'exemple de cybersécurité en est un bon. Au début, le MCN
n'était pas confortable. Finalement, Santé Québec a fait tout ce qu'il y avait
à faire, puis là on est très confortables avec ce qui peut rester comme
éléments plus vulnérables. Donc là, il y a un... il y a un échéancier ou il y a
un timing dans les choses qui se sont dites, puis qui ont été analysées
entre-temps, puis la conclusion à laquelle on a pu en venir, là.
Mme Setlakwe : Est-ce que...
Combien ça a coûté, le déploiement de ces deux vitrines?
Mme Duranceau : Là, il y a le...
Ça, c'est... ça, c'est les chiffres de Santé, là. Bien, je ne vais pas donner
de chiffre. Honnêtement, c'est la réponse de Santé, là, ça. Parce qu'il y a le
volet vitrines, qui est le... ce dont on parle cette semaine, là, les
rendez-vous, qui est Votre Santé, puis il y a Epic. Epic, c'est quoi, les...
Mme Setlakwe : Non, les
vitrines, ce n'est pas... ce n'est pas les rendez-vous. Vitrines, ce n'est pas
les rendez-vous.
Mme Duranceau : Hein?
Mme Setlakwe :
Vitrines, ce n'est pas les rendez-vous. Vitrines...
Mme Duranceau : C'est Votre
Santé, là, c'est celui...
Mme Setlakwe : Vitrines, les
deux... les vitrines, il me semble, c'est le nouveau nom de votre projet, le
DSN?
Des voix : ...
Mme Duranceau : Là, on est
mélangés dans les trois. Le DSN, c'est trois... c'est trois projets, celui
Epic, après ça, il y a le dossier Votre Santé, puis il y a un autre dossier, qui
n'est pas déployé.
Une voix : ...
Mme Setlakwe : C'est ça.
Mme Duranceau : Vitrines,
c'est Epic.
Mme Setlakwe : Oui. Alors, ça
a coûté combien, le déploiement des vitrines Epic?
Mme Duranceau : Bien là, je
vais vérifier ce que Santé vous a donné comme chiffre, là, je ne l'ai... On
était en bas du budget qui avait été autorisé, donc...
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup. Donc, c'est tout le temps qu'on avait pour le moment. Donc, on
poursuit avec le député de Joliette, pour 9 min 10 s. M. le
député.
M. St-Louis : Merci beaucoup,
M. le Président. Salutations aux collègues des oppositions, salutations à mes
collègues de la banquette gouvernementale, ainsi qu'à l'équipe ministérielle
et, naturellement, Mme la ministre. Donc, dans un contexte géopolitique et
budgétaire complexe, la cybersécurité ne se gère plus en vase clos. Les
cybermenaces sont sans frontières, et la réponse doit l'être aussi. Le
ministère de la Cybersécurité et du Numérique a compris cela et a... et a posé
des gestes concrets, dis-je bien, pour positionner le Québec comme un acteur
sérieux sur la scène canadienne et internationale.
Le 3 octobre 2025, les
14 gouvernements, provinciaux, territoriaux, et fédéral signaient une
entente intergouvernementale canadienne en matière de cybersécurité, un
engagement collectif pour échanger de l'information sur les cybermenaces,
mettre en commun les expertises et partager les outils.
Quelques mois plus tôt, le CRET-QC
devenait un membre du forum... du Forum of Incident Response and Security
Teams, le FIRST. Le Québec est la première province canadienne à adhérer à
cette organisation internationale dédiée à la gestion des incidents de sécurité
et à la résilience face aux cybermenaces. Les collaborations se poursuivent et
s'élargissent. Une déclaration d'intention sur la souveraineté numérique a été
conclue avec la France en mars 2026 et un accord de coopération opérationnelle
a été signé avec la Belgique en octobre 2025.
Mme la ministre, ma question. Le Québec
multiplie les partenariats en matière de cybersécurité tant au Canada qu'à
l'international; pouvez-vous nous expliquer en quoi ces collaborations
renforcent la capacité du Québec à faire face aux cybermenaces et à protéger
les données des Québécois et des Québécoises?
Mme Duranceau : ...je pense,
l'environnement de cybersécurité, là, on ne peut pas, le Québec, être en vase
clos là-dedans. Alors, tous les partenariats avec les partenaires... les
partenariats avec les partenaires étrangers... avec les juridictions étrangères
sont importants, et puis c'est vrai, bon, avec ce qu'on fait avec la France.
D'ailleurs, en octobre 2025, 14 gouvernements, <fédéraux...
Mme Duranceau :
...bon,
avec ce qu'on fait avec la France. D'ailleurs, en octobre 2025,
14 gouvernements, >fédéraux, provinciaux, territoriaux, ont partagé
de l'information, là, justement, en matière de cybersécurité. Ça fait qu'il y a
la France, avec qui on a des partenariats, il y a... pas l'Islande, mais
l'Estonie, aussi, qu'on suit de très proche. Puis l'importance de partager l'information
puis de s'abreuver de ce que les autres font, c'est que c'est une menace qui
est... qui est mondiale, les cyberattaques. Alors, il faut aller chercher
l'information partout puis la partager. Ensuite de ça, on a l'Alberta qui est
très avancée, aussi, à cet égard-là, avec qui on travaille. Puis, d'ailleurs,
en matière de cybersécurité, je pense que c'est un sujet sur lequel il faut
demeurer très, très humbles, parce que... parce qu'on ne sait jamais quand est-ce
que ça peut arriver, mais qu'on est très... on est très résilients, au Québec, puis
très performants de ce côté-là.
Quand on me demandait : Est-ce que
vous êtes satisfaite du MCN? Bien, moi, ce que j'ai appris, depuis que je suis
en poste, c'est qu'on... on était très solides de ce point de vue là. Peut-être
que je pourrais laisser M. Le Bouyonnec commenter aussi.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Bien,
le Québec a fait preuve de leadership depuis des années, est reconnu comme un
expert canadien de la cybersécurité. C'est pour ça qu'on a eu la première
entente de partage d'information, de partage de systèmes, avec le fédéral, on a
pu faire en sorte que cette entente-là soit augmentée à l'ensemble des
provinces canadiennes et des territoires. La défense canadienne a supporté, par
exemple, la candidature du Québec pour faire partie du centre de cyberdéfense
de l'OTAN. On est le seul gouvernement non souverain à faire partie du centre
de cyberdéfense. Donc, il y a une communauté... communauté gouvernementale qui
est très reconnaissante, si on veut, là, des capacités du Québec.
On a une entente gouvernementale aussi
avec la Belgique au niveau de la cybersécurité. Bref, c'est un des axes forts
du MCN. Puis honnêtement, avec toutes les menaces que l'on voit, l'augmentation
des menaces, et c'est connu, vous le voyez dans les journaux, le Québec devra
continuer à avoir les meilleurs, les meilleurs éléments pour pouvoir se
défendre adéquatement contre... contre des menaces, qui ne sont pas simplement
des menaces d'individus, mais des menaces d'États, d'États renégats qui
attaquent, finalement, le Québec, comme le Canada, comme les États-Unis. Donc,
la collaboration pour le partage d'information, le partage de ressources, le
partage de développement pour mettre en place des systèmes automatisés de
défense en relation avec les armées, justement, parce qu'avec la France, aussi,
c'est en relation avec la défense, c'est souvent la cybersécurité liée à la
défense, comme la défense canadienne. Donc, c'est un enjeu qui est... qui est
important, et le ministère de la... de la Sécurité intérieure aussi est bien
conscient de cette dynamique-là, au niveau de la cybersécurité, pour laquelle
on investit puis on devra sûrement, dans le futur, même investir davantage.
M. St-Louis : Merci. Je vous
amène sur un autre sujet. La radiocommunication, comme on le sait, Mme la
ministre, les radiocommunications, c'est la colonne vertébrale des
interventions de sécurité publique, au Québec. Que ce soit un policier ou un
pompier, lorsqu'un intervenant d'urgence a besoin de communiquer sur le
terrain, le réseau doit être fiable, sécurisé et présent partout, que ce soit
en forêt ou en plein coeur d'une ville.
Le 2 décembre 2025, le transfert
complet de la desserte policière sur le Réseau national intégré de
radiocommunication, le RENIR, a été complété. Le projet a mené un partenariat
avec la Sûreté du Québec et a permis de migrer la totalité des 114 postes
de police et des 298 unités organisationnelles de la Sûreté du Québec,
ainsi que plus de 4 000 véhicules vers les services de
radiocommunication numérique du RENIR. Le réseau policier provincial est
désormais entièrement intégré à une... une infrastructure, dis-je, bien moderne
et unifiée.
Mme la ministre, ma question, avec le transfert
de la desserte policière sur le RENIR et les avancées du projet urbain de
radiocommunication, pouvez-vous nous expliquer ce que ces réalisations
signifient concrètement pour la sécurité des intervenants sur le terrain pour...
et pour la population du Québec?
Mme Duranceau : ...je vais
laisser M. Le Bouyonnec, là, donner le détail où c'est plus technique, mais,
quand on me demandait : Êtes-vous satisfaite de ce que le MCN a fait?
Bien, tu sais, ça, c'est une belle réussite aussi. Ça fait qu'il ne faut pas
ramener ça à trois projets, là, qui ont été plus compliqués en termes de
gouvernance, là. Je pense qu'il y a plein de choses qui relèvent du MCN puis
qui ont été livrées par le MCN. Et RENIR, qui est le réseau de télécommunication,
là, en cas d'urgence, est un bel exemple.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Puis,
là aussi, Québec fait figure de leader à travers le Canada. Grâce au
déploiement du RENIR, on a vraiment une infrastructure de base qui devait
évoluer pour, en plus de la radiocommunication, inclure les communications LTE,
donc l'équivalent du téléphone cellulaire, pour permettre à un policier non <seulement...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) :
...donc
l'équivalent du téléphone cellulaire, pour permettre à un policier non >seulement
de pouvoir communiquer en région, mais même à l'intérieur des villes, où la
pénétration des ondes est beaucoup plus compliquée, afin de pouvoir faire en
sorte qu'il puisse y avoir des communications complètement intégrées.
Le Québec a demandé au fédéral de pouvoir
gérer seul la bande 14, dans le spectre du 700 mégahertz, qui
permettrait, à ce moment-là, au Québec d'avoir une communication complètement
sécuritaire, intégrée et réservée. C'est important. Donc, en cas de cataclysme,
en cas de grand concert où les ondes sont saturées, tu ne peux pas avoir de
ligne de communication, les forces de l'ordre, les pompiers sont coupés de
leurs communications. Donc, la gestion de la bande 14 ferait en sorte que
le Québec, encore une fois, serait la province la plus avancée en termes de
radiocommunication et communication de sécurité publique. Donc, ça, c'est un
dossier qui est actif en ce moment, et on attend des réponses du fédéral à cet
effet-là.
• (16 h 30) •
M. St-Louis :
Merci
beaucoup.
Le Président (M. Laframboise) : Ça
va? Donc, nous allons poursuivre avec Mme la députée de Mont-Royal—Outremont,
pour 19 min 29 s.
Mme Setlakwe : Merci. Juste
pour boucler la boucle sur RENIR, ça devait coûter combien, initialement, puis
ça a coûté combien à la fin du projet?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Chose
certaine, la partie PUR du RENIR, parce que le RENIR a commencé il y a très
longtemps, puis il y a eu... je n'aurai pas la réponse exacte, mais la partie
du PUR, c'est-à-dire l'amélioration qui permet aux policiers, justement,
d'avoir des communications de mobilité cellulaire normales, était de
80 millions, puis on va le terminer à 50 millions, donc
30 millions, à peu près, grosso modo, sous le budget. C'est un exemple où
non seulement on n'a pas dépassé les budgets, mais, même, on les a... on les a
coupés de manière significative.
Mme Setlakwe : OK. Mais là
vous parlez d'une partie PUR. Est-ce qu'il y a un autre volet, donc, qu'il
faudrait qu'on...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Non.
Bien, le... c'est... Le RENIR, c'est vraiment l'infrastructure de base
initiale, etc. Puis, après, bien, il y a eu des étapes subséquentes. La
dernière étape importante, c'était le projet PUR qui se réalise, justement, à
l'intérieur des...
Mme Setlakwe : Puis le...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Et
éventuellement il y aura d'autres étapes en plus qui vont venir pour continuer
à améliorer ces infrastructures-là avec des couches logicielles. Parce que
c'est des projets sur du très, très long terme, donc c'est davantage un
programme, si vous voulez, qu'un projet en tant que tel, parce qu'il y a des
couches de technologies qui doivent s'ajouter au fil du temps.
Mme Setlakwe : Puis la
Vérificatrice générale s'était penchée sur RENIR. Sur quel volet exactement?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : À
l'époque, sur la première partie, le RENIR que... dans le fond, ça fait quand
même presque 15 ans, là, je dirais, que le projet est commencé. Donc, il y
a eu des difficultés au projet au début et à certaines époques, mais ça, c'est
vraiment loin derrière nous. La démonstration a été, justement, que, maintenant,
la totalité de la Sûreté du Québec est le client du RENIR, et même avec des
acteurs fédéraux, là, comme les agents transfrontaliers, par exemple, la GRC,
qui considèrent de faire partie du RENIR aussi pour sa radiocommunication en
sol québécois.
Mme Setlakwe : Merci.
Revenons à ma question sur le DSN. Je demandais combien avait coûté les deux
vitrines Epic.
Mme Duranceau : J'ai retrouvé
mon chiffre justement puis là je le recherche. C'était 402 millions qui
étaient approuvés puis on était à 300... Voyons...
Une voix : ...
Mme Duranceau : 353 millions.
Mme Setlakwe : Oui, mais là
est-ce qu'on... est-ce qu'on compare des pommes avec des pommes ou on compare
des pommes avec des oranges? Parce qu'il y a eu un changement de portée dans ce
dossier-là, non?
Mme Duranceau : Il y a eu un
changement de portée, mais, ultimement, le chiffre qui est finalement... En
fait, les augmentations entre le coût initial, puis ça, c'était deux choses. Il
a fallu réaugmenter le budget qui avait été approuvé pour l'élément formation.
Donc, coûts, là, au niveau de la formation, ça fait que ça, c'est des salaires.
Il y avait ce bout-là puis il y avait le volet accompagnement, accompagnement
dans la livraison du dossier, qui n'était pas prévu dans le DA original, là, je
dirais. Ça fait qu'une fois que ça, ça a été ajouté puis qu'on est... on a
augmenté d'à peu près 95 millions, on s'est retrouvé... on s'est retrouvé
à 402 millions. Puis là, en date d'il y a... bien, d'avril 2026, j'étais à
353 millions sur mon 402 approuvé.
Mme Setlakwe : 402 approuvé,
mais là aujourd'hui... Ça, c'est pour deux vitrines, 353, mais le 402, c'était
à l'époque où c'était... c'était pour combien de... tu sais, c'était pour quel
pourcentage du déploiement complet?
Mme Duranceau : Bien là, ça,
je n'ai pas ça, mais mon chiffre, là, c'était pour... bien, pourcentage de
déploiement complet... c'est pour les deux établissements, là, qu'on avait...
pour lesquels on avait choisi de déployer.
Mme Setlakwe : Donc, on est
sous le budget pour les...
Mme Duranceau : Oui.
Mme Setlakwe : Ah oui? OK, ça
fait que, là, ce serait... ça coûterait combien pour le déploiement complet
national du DSN?
Mme Duranceau : Bien, je <pense
qu'il reste...
>
16 h 30 (version révisée)
<19285
Mme
Setlakwe : ...ça coûterait combien pour le déploiement complet, national
du DSN?
Mme Duranceau : Bien, je >pense,
il reste... il reste des... bien là, le déploiement national, à l'ensemble de l'oeuvre,
là, on n'est pas rendus là parce que... Epic, c'est une excellente solution. On
a décidé de déployer dans deux établissements pour... Si on avait décidé de
déployer à l'ensemble du Québec, je pense qu'on se serait fait critiquer aussi,
hein? Je vous regarde, sans doute qu'on aurait eu des critiques qu'on n'aurait
pas fait preuve de suffisamment de prudence.
Mme Setlakwe : Non, non, mais il
faut y aller en étapes, je suis d'accord, mais là il faut qu'on comprenne les
chiffes parce que c'est difficile de s'y retrouver.
Mme Duranceau : Oui. Non, non,
je comprends, je comprends.
Mme Setlakwe : Ce n'est pas le
tableau de bord qui nous donne les informations sur... pour suivre les coûts.
Mme Duranceau : Celui-là
aussi, il faut qu'il soit mis à jour.
Mme Setlakwe : Mais donc aidez-moi,
là. Le 402 millions, c'était une... c'est une estimation pour... pour quoi?
Mme Duranceau : Bien, c'était...
le 402, c'était pour livrer les deux premières phases d'Epic, c'est-à-dire les
deux premiers... les deux premiers établissements. Le projet pilote, c'était
pour ça. Puis là je réponds pour Santé Québec, là, je vous dis ça, là, mais le
402, c'était le DA pour les deux premières phases, qui sont les deux qu'on a
livrées.
Mme Setlakwe : Oui, oui, je
comprends, mais vous dites... Vous répondez pour Santé Québec, mais, je veux
dire, c'est un projet de votre gouvernement puis...
Mme Duranceau : Oui, mais c'est
un projet qui relève de la Santé. Tu sais, c'est ça, l'histoire du MCN, c'est
qu'on peut tout mettre sur les épaules du MCN. Là, moi, aujourd'hui, je suis
ici pour le MCN, ça fait que...
Mme Setlakwe : Je comprends, bien,
allons-y, là, justement, essayons de décortiquer tout ça. Donc, il y a sûrement
un dossier d'affaires. Là, vous remontez... Remontons en novembre 2025. Votre
gouvernement a injecté 95 millions supplémentaires pour la formation juste
de ces deux vitrines. C'est ce que je comprends?
Mme Duranceau : Oui, oui.
Mme Setlakwe : OK. Est-ce que
les règles applicables, là, notamment ce qui est prévu dans la LGGRI, ont été
suivies à la lettre lors de cette injection de fonds?
Mme Duranceau : Bien là, ça,
ça a été approuvé... C'est passé au Conseil du trésor, là, selon les règles de
l'art, cet élément-là, ce décret-là, et au Conseil des ministres, oui.
Mme Setlakwe : OK, donc, ça
passe au Conseil des ministres, mais, quand je parle des règles applicables, là...
Je relisais la LGGRI ce matin. Donc, ça prend un dossier d'affaires puis ça
prend un avis du DPI. Est-ce que ça a été... ça a été fourni?
Mme Duranceau : Là, dans ce
cas-là, est-ce que vous vous souvenez, M. le sous-ministre... Il n'y avait pas
eu... Pour cette modification de décret là, il n'y avait pas eu un avis
additionnel du DPI. Bon, il y en a eu un sur le projet initial, mais pas sur
cet élément-là, qui est allé directement en approbation au gouvernement.
Mme Setlakwe : Mais est-ce que
le MCN respecte entièrement la LGGRI?
Mme Duranceau : Il y avait un
avis de SDEC sur la question, oui.
Une voix : ...
Mme Duranceau : OK. S'il n'y a
pas de dossier d'affaires, il n'y a pas d'avis de DPI. Ça fait que, là, ça...
Mme Setlakwe : Est-ce que le...
est-ce que... quand il y a eu cette injection de fonds additionnelle de 95 millions,
est-ce qu'un nouveau dossier d'affaires aurait dû être produit?
Mme Duranceau : Oui, quand il
y a des écarts par rapport aux seuils... Puis là on pourra peut-être me donner,
là, les montants, mais, quand un dossier d'affaires est modifié dans ses
délais, dans sa portée ou dans ses chiffres d'une... je pense, c'est 10 %,
là, je ne veux pas me tromper avec les projets de brique, mais, effectivement,
généralement, il est supposé y avoir un nouveau dossier d'affaires qui a été...
qui est soumis. Alors là, est-ce que c'est pour... Est-ce qu'à ce moment-là le
ministère de la Santé a accéléré les choses parce que tout ça était en branle?
Ça explique peut-être la situation. Est-ce que c'était justifiable? Là, ça, c'est
une autre question.
Mme Setlakwe : OK. Donc, je
comprends qu'il n'y a pas eu un nouveau dossier d'affaires. C'est bien ça? Il n'y
en avait pas?
Mme Duranceau : Bien, tu sais,
c'est que...
Mme Setlakwe : Mais c'est oui
ou non. Je veux juste être sûre que j'ai bien compris la réponse. Non, il n'y a
en pas eu, OK.
Mme Duranceau : Il n'y a pas
eu de nouveau dossier. Pour l'augmentation de coûts, sur ça, qui était très
ciblé, là, qui était l'aspect accompagnement puis qui était l'aspect formation,
il n'y a pas eu... Là, on me dit qu'il n'y a pas eu d'autre dossier d'affaires.
C'est ça? C'est ça, mais il y a un avis de SDEC à ce moment... du MCN. Donc...
Mme Setlakwe : OK. Est-ce que votre
gouvernement considère maintenant le DSN comme un nouveau projet, étant donné
que même... Je veux dire, même son nom a été modifié pour Déploiement Vitrine Dossier
santé numérique. C'est considéré comme un nouveau projet?
Mme Duranceau : Bien là, est-ce
qu'on le considère comme un nouveau projet? Il est nouveau ou... il est projet déploiement...
c'est un nouveau projet en date de... du moment où cet avis-là a été... pas avis,
mais...
Mme Setlakwe : Donc,
c'est un nouveau projet. Il a changé de nom.
Mme Duranceau : Bien,
c'est ça.
Mme Setlakwe : Puis, je
pense, ça avait été rapporté dans les médias, mais moi, je me demande :
OK, donc, nouveau projet égale nouveau dossier d'affaires, mais il n'y en avait
pas, nouveau dossier d'affaires égale aussi un nouvel avis du DPI. Pourquoi
c'était si urgent? Vous avez mentionné, dans une réponse précédente : Peut-être
que, là, ça pressait à la Santé, peut-être... Est-ce qu'il y avait une pression,
au Conseil des ministres, de faire passer... de faire passer ça?
Mme Duranceau : Là, moi,
ce que j'ai, tu sais, c'est... Au mois d'août 2025, il y a eu autorisation d'un
changement significatif à la portée du projet Vitrine Dossier santé numérique.
Donc, c'est l'augmentation de coût dont je parle. Là, ça, c'était au Trésor
puis, après ça, ça, c'est le décret qui était présenté au Conseil du ministre...
des ministres. Après ça, tu sais, tout ça a été en branle. L'objectif, je
pense, initial, c'était que tout ça soit effectif à l'automne 2025. Alors...
• (16 h 40) •
Mme Setlakwe : Oui, je
comprends, mais, oui...
Mme Duranceau : Donc là,
je pense que, oui, il y a un facteur temps qui... qu'on voulait que ça avance.
Alors, ça a avancé, puis on ne reculait pas sur ce dossier-là, tu sais, il
suivait... Est-ce que... est-ce que tout a été fait dans les règles de l'art?
Clairement pas, là, le dossier d'affaires... Il aurait dû y avoir un autre
dossier d'affaires. Il n'a pas été fait, mais là je ne peux pas répondre pour
Santé, là, tu sais, je vous dis l'état des choses.
Mme Setlakwe : Santé
Québec est-elle assujettie à la LGGRI?
Mme Duranceau : Oui.
Mme Setlakwe : Oui? OK.
Donc, le gouvernement a procédé par décret pour cette injection de fonds
supplémentaires sans dossier d'affaires et...
Mme Duranceau : Mais là,
tu sais, les dossiers d'affaires, aussi, tu sais, je veux dire, il y a des...
tu sais, ce qui...
Mme Setlakwe : Oui, mais
c'est prévu dans la loi, là.
Mme Duranceau : Non,
non, je sais, mais ce qui ressort...
Mme Setlakwe : Ce n'est pas un
caprice.
Mme Duranceau : Ce qui ressort
de... mais ce qui ressort de Gallant, aussi, là, puis de l'AMP, c'est que, tu
sais, il y a trop... ça prend trop de temps, ça, ces dossiers-là, puis il faut
revoir la façon de faire autour des dossiers d'opportunité puis dossiers
d'affaires, là, pour que les choses évoluent rondement puis que les besoins
n'aient pas le temps de changer entre les deux, là. Ça fait que ça... Mon
commentaire ne s'applique pas spécifiquement à ça ici, là. Ce que je dis, c'est
qu'il faut... il faut revoir toute l'approche. Ça fait partie de tout revoir
l'approche de gouvernance, là, au sujet des projets.
Mme Setlakwe : Mais
pourtant... Oui, mais comment est-ce qu'on va faire... parce que, pourtant, les...
Oubliez les députés de l'opposition, là. L'AMP, le juge Gallant, là, tout ce
qu'on... tout ce qui émane de ces réflexions-là puis de ces enquêtes, c'est
resserrer la gouvernance. Alors, je vois ça comme étant incompatible, pas vous?
Mme Duranceau : Bien,
qu'est-ce qui est incompatible, là?
Mme Setlakwe : Bien,
vous dites : Bien là, il faut aller plus vite, puis là il faut être plus
agile, puis là il faut produire, il faut livrer.
Mme Duranceau : Oui, bien...
Mme Setlakwe : Ça fait qu'il y
a des étapes qui sautent, bien que ce soient des étapes puis des documents qui
sont prévus dans la loi, là, la LGGRI, le dossier d'affaires et...
Mme Duranceau : Non,
mais, je pense, je me suis mal exprimée. Ce qui est évoqué, c'est que tout le
processus de DO, DA, identification des besoins... souvent, identification
davantage d'une solution technologique avant de bien cadrer les besoins puis
les bénéfices attendus, tout ça, c'est une... La façon actuelle de monter les
DO puis les DA ne permet pas de capturer, tel que recommandé, les besoins, les
bénéfices. Alors, ça fait... Ce que je dis, c'est que ça fait partie de notre
exercice de revoir la gouvernance puis de s'assurer qu'il ne se passe pas cinq
ans entre... Tu sais, quand je dis «les DO dans SIFA», c'est en 2016, puis on
est rendu, après ça, à un appel d'offres en 2022. Tu sais, on est loin du
premier dossier d'opportunité qui a été... qui a été déposé. Alors,
collectivement, il va falloir réfléchir à faire les choses différemment, puis
on va proposer ça prochainement.
Mme Setlakwe : Quel est
le coût projeté du déploiement national du DSN?
Mme Duranceau : Oui, là,
il y a toutes sortes de chiffres qui circulent là-dessus. Honnêtement, moi...
Mme Setlakwe : Bien,
c'est pour ça qu'on s'attend que le gouvernement nous donne des chiffres.
Mme Duranceau : Non, je le
sais, je le sais, mais moi, je ne vais pas donner de chiffres, parce que ce
qu'on a dit, c'est qu'on en déployait deux. On regarde comment ça va. Ça va
bien. «So far, so good.» Après ça, est-ce qu'on veut que tous les
établissements soient sur la solution Epic? Est-ce qu'il y a d'autres
alternatives aussi performantes ou... Tu sais, ce n'est pas moi, l'experte, là,
sur ce sujet, sur ce dossier-là, spécifiquement, sur le plan technique. Alors,
on va attendre les recommandations, les constats de Santé Québec, puis, rendus
là, quand on aura les constats puis leurs recommandations ou leur appréciation
de la <situation, là, on va décider, mais, clairement, ça a du bon...
Mme Duranceau :
...ou
leur appréciation de la >situation, là, on va décider, mais, clairement,
ça a du bon, là. Tu sais, on le voit, le personnel soignant puis les employés,
dans les deux établissements visés, sont satisfaits, là, du déploiement.
Mme Setlakwe : Oui, mais là
vous dites : On attend les recommandations de Santé Québec, d'une part, et
là Santé Québec va émettre ses recommandations au ministère, et donc au Conseil
des ministres et à vous, j'ose espérer, mais vous aussi, de votre côté, vous
avez dit précédemment que vous avez demandé un audit. Il y a un audit qui est
en cours. Pourquoi il y a un audit qui est en cours?
Mme Duranceau : ...
Mme Setlakwe : Bien oui, on a
dit, au début, qu'il y avait un audit qui est en cours.
Mme Duranceau : Bien là, non,
mais, sur DSN, Epic, là, votre vitrine, là, Déploiement Vitrine DSN, il a été
fait, l'audit. Je n'ai pas le rapport, par contre, encore.
Mme Setlakwe : Mais là on
attend quoi de qui? Donc, il y a un audit en cours. On ne sait pas combien ça
va coûter pour déployer tout ça. Il y a un contrat avec Epic, mais ça se peut,
de ce que je comprends, qu'on ne poursuive pas le déploiement avec Epic.
Mme Duranceau : Non, mais là
je pense qu'on met un peu la charrue avant les bœufs sur ça, OK? Ça a bien été,
le déploiement du dossier Votre Vitrine... Déploiement Vitrine DSN, ça a bien
été, là, il y a deux semaines. Là, on regarde, on se laisse un peu le temps de
voir comment ça va fonctionner, puis Santé Québec va nous faire ses
recommandations. Est-ce que c'est la technologie qu'on doit déployer sur tout
le territoire du Québec? Est-ce que c'est seulement dans les... dans les
centres hospitaliers universitaires? Est-ce qu'il y a d'autres technologies qui
peuvent faire l'affaire, qui sont moins chères? Donc, ça, on va attendre leurs
recommandations. Bien sûr que le MCN va être... va être impliqué, puis Santé va
être impliqué, puis on va regarder quelle est la meilleure solution pour la
suite des choses, mais il faut qu'on passe à ce dossier, au dossier numérique,
partout au Québec, dans le... aussi dans le respect de notre capacité de payer.
Tu sais, c'est ça, l'enjeu aussi, là.
Mme Setlakwe : Qu'est-ce que
vous pensez de la solution qui a été déployée à l'Hôpital général juif?
Mme Duranceau : Oui, j'ai
entendu parler de ça, puis c'est une solution qui est différente, je pense,
d'Epic, qui fonctionne aussi. C'est pour ça que je vous dis...
Mme Setlakwe : Ça a coûté
combien? Le savez-vous?
Mme Duranceau : Ça, là, je ne
m'étais pas préparée pour les crédits Santé, mais... Je ne le sais pas, mais
j'ai eu des bons échos de cette solution-là. C'est pour ça que je vous dis :
Est-ce qu'on déploie la même solution partout? Est-ce qu'il y a des
alternatives viables qui sont autres, mais qui sont... il y a une
interopérabilité entre les... entre les différentes solutions? Tout ça... Je
pense que, là, il faut... il faut tabler sur le beau succès qu'on a dans la
première étape, puis on va voir pour la suite.
Mme Setlakwe : Mais qui
souhaitait Epic? Comment ça se fait qu'on ait eu Epic, finalement, comme
solution?
Mme Duranceau : Bien, Epic,
là, c'est dans combien de pays, là? C'est comme dans 15... Combien de pays? Il
y a plus de...
Une voix : ...
Mme Duranceau : C'est ça, 15
ou 16 pays. Ça marche partout. Je veux dire, c'est une solution qui est
reconnue. Tu sais, c'est probablement la Cadillac du dossier de santé numérique.
Il y a eu un appel d'offres. C'est cette... c'est cette solution-là qui a été
choisie. Maintenant, ce n'est peut-être pas la seule, hein? Il y a...
Mme Setlakwe : Mais là vous
dites, d'une part, que c'est la Cadillac, mais que, potentiellement, ce n'est
pas... ce n'est pas forcément celle-là qui va être retenue pour le déploiement
complet au national.
Mme Duranceau : Bien là, il
va falloir faire l'évaluation de ce qu'on en retire. Est-ce qu'on a besoin de
cette formule-là partout? Est-ce que c'est ça qui est... qui est la nécessité?
Est-ce qu'on veut être avec un seul fournisseur puis dépendant d'un seul
fournisseur? On se souvient que, tu sais, on veut s'affranchir aussi des fournisseurs
uniques puis avoir, tu sais, un plan B si besoin est. Alors, encore une fois,
sur ce dossier-là, là, on va attendre les... Tu sais, je pense, Santé Québec,
ils ont démontré leur professionnalisme là-dedans, puis leur expertise. On va
attendre de les entendre. Ils ne doivent pas faire ça en vase clos non plus.
Bon, il y a des établissements qui ont décidé d'aller eux-mêmes avec leurs
solutions. Ça fait que je pense que tout ça va être mis ensemble, puis on va
prendre une décision.
Mme Setlakwe : Puis, OK, mais
donc le... mais, entre-temps, il y a aussi un rapport qui est préparé par vos
équipes, là. Il y a des... il y a des auditeurs. L'audit, ça se fait comment? Ça
se fait par des employés du MCN?
Mme Duranceau : Oui.
Mme Setlakwe : Ils se
penchent sur quels facteurs exactement? Justement, par exemple, est-ce que ça,
le risque de dépendance envers un seul fournisseur, c'est un des éléments?
Est-ce que c'est les coûts? J'aimerais ça que vous élaboriez là-dessus. L'audit
porte sur quoi?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Bien,
d'abord, l'audit porte sur l'ensemble du programme DSN. Le programme DSN, il y
a... il y a trois pattes. Il y a la vitrine, il y a Votre Santé puis il y a le
visualisateur <d'imagerie. En ce moment, la partie qui...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) :
...vitrine, il y a
Votre Santé puis il y a le visualisateur >d'imagerie.
En ce moment, la partie qui a été terminée, c'est la partie Votre Santé. La
partie qui est toujours en cours, c'est la partie, justement, sur la vitrine,
parce que la décision avait été prise, justement, pour être capable
d'intercepter des éléments, pour nous permettre d'évaluer le déploiement
provincial, de faire un audit un peu avant la mise en ondes du 9 mai, de
poursuivre ça pendant que, finalement, l'application est utilisée dans les
différents... dans les vitrines puis compléter l'audit pour être en mesure de
faire des recommandations ou des observations à Santé Québec sur le déploiement
en général.
Donc, c'est pour ça que l'audit sur la
vitrine n'est pas terminé, mais il nous a permis quand même de donner un...
donner un avis positif sur certains éléments importants d'architecture, de
cybersécurité avant le lancement du 9 mai, qui a permis, finalement, à Santé
Québec d'être plus rassurée sur certains aspects. Donc, ça va prendre encore un
certain temps avant qu'on puisse décanter l'ensemble, là, des constats qu'on
puisse faire sur le déploiement de la vitrine.
Mme Setlakwe : Mais est-ce que...
• (16 h 50) •
Le Président (M. Laframboise) :
Merci beaucoup. C'était tout le temps pour cette portion-ci. Donc, M. le député
de Maurice-Richard, pour 14 min 52 s.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Peut-être, avant de continuer sur les gros projets, je vais poser
une question et je m'en voudrais de l'oublier. Est-ce qu'à votre connaissance,
Mme la ministre, les services de sécurité utilisent des logiciels de
reconnaissance faciale?
Mme Duranceau : Ça, je vais
laisser les experts commenter, mais ce n'est pas quelque chose qu'on a... qu'on
a approuvé... qu'on a approuvé au gouvernement du Québec, là.
M. Bouazzi : Et des IA
prédictives?
Mme Duranceau : Là, ça dépend
pour quoi, là, je... précisez votre question.
M. Bouazzi : Pour prévoir...
prévoir où vont...
Une voix : ...
Mme Duranceau : Non? OK.
M. Bouazzi : Non? OK, merci
beaucoup. Peut-être aller sur la transformation numérique en justice, qui est
un projet qui a démarré en 2019. On a appris qu'il serait fini en 2029. Donc,
il prendrait 10 ans. Le ministre de la Justice a expliqué que, malgré les cinq
ans de retard, il n'y aurait pas de dépassement. Est-ce que c'est votre avis
aussi?
Mme Duranceau : Pour
l'instant...
Une voix : ...
Mme Duranceau : Oui, pour
l'instant, c'est ça. Ceci dit, tu sais, j'ai mentionné qu'on ferait un audit.
Évidemment, tout ce qui traîne dans le temps, ce n'est jamais, jamais
souhaitable, là, mais je pense que ce projet-là est beaucoup mieux encadré par
la LGGRI qu'un CASA, par exemple, et puis, justement, on est en avance...
M. Bouazzi : Bien, est-ce que...
est-ce qu'on peut s'entendre, vous et moi, que... En tout cas, moi, je n'en ai
jamais vu, des projets avec cinq ans de retard qui finissent dans le budget.
Est-ce que vous, vous en avez vu?
Mme Duranceau : Bien, c'est
ce que je dis, là, tout ce qui... tout ce qui traîne se salit. Je suis d'accord
avec vous. C'est pour ça qu'il y a une... qu'on va faire un audit aussi pour
encadrer ou recadrer, s'il le faut, là.
M. Bouazzi : Est-ce que vous...
Avec les annonces de tous ces retards, honnêtement, je m'étonne que l'audit
n'ait pas encore commencé. Je comprends que vous vous engagez à en faire un.
Est-ce que vous vous engagez à ce que le résultat soit rendu public avant les
prochaines élections?
Mme Duranceau : Bien, il va
falloir que... Tu sais, ce sera quand il sera terminé, l'audit, là, ça fait que...
M. Bouazzi : Bien, ma
question, c'est : Est-ce que vous pouvez vous assurer, Mme la ministre, ou
vous engager... parce que vous comprenez que, pour SAAQclic, il y a eu toutes
sortes de choses qui ont... sont bien décrites dans le rapport, qui ont fait en
sorte que les Québécoises et Québécois ont été tenus dans le néant à escient.
Il y a des gens qui ont effacé des documents, qui ne sont pas au gouvernement.
Il y avait, ceci étant dit, un chef de
cabinet d'un ministre de votre gouvernement qui avait participé à s'assurer que
l'information que nous avons reçue était erronée. Ce ministre-là, d'ailleurs, a
quitté le Conseil des ministres au moment du scandale du rapport, mais... a été
jugé bon de ramener, maintenant, avec la nouvelle première ministre, comme,
carrément, leader parlementaire, mais il y a eu de la complicité large, là, pas
de vos ministres, dans le rapport, mais au moins d'un des chefs de cabinet des
ministres, et on a été tenus dans le néant, entre autres choses, en s'assurant
de ne pas donner les vrais coûts d'augmentation.
Vous savez comme moi qu'il y a eu, au
minimum, comment décrire ça, beaucoup de... d'inventivité comptable pour
s'assurer que les tranches d'augmentation soient moins de 10 % la veille
des élections, pour que ça ne paraisse pas, justement, au niveau de la
gouvernance, et on a appris, après coup, que les dépassements dépassaient le
demi-milliard. Donc, ma question est claire. Maintenant que vous savez déjà
depuis quelque temps qu'il va y avoir cinq ans de retard sur un projet qui a
démarré, donc, en 2019, est-ce que vous vous engagez à ce <qu'on ait
l'heure juste avant les...
M. Bouazzi :
...est-ce
que vous vous engagez à ce >qu'on ait l'heure juste avant les prochaines
élections?
Mme Duranceau : Bien, moi, je
m'engage... Premièrement, l'audit n'avait pas été signé avant que j'arrive, là,
tu sais, la demande d'audit. Ça fait que, là, ça a été transmis. J'ai donné mes
directives la semaine dernière. Donc, je m'engage, une fois que l'audit sera
terminé, à rendre publique l'information dans la mesure où je n'ai pas
d'informations sensibles, là, pour le gouvernement.
M. Bouazzi : Donc, vous vous
n'engagez pas à ce que l'audit soit terminé avant? Parce que les prochaines
élections...
Mme Duranceau : Bien là, ils
sont indépendants, là, dans leur façon de procéder, là.
M. Bouazzi : Combien ça prend
de temps en général, un audit, Mme la ministre?
Mme Duranceau : Bien, ça
prend plusieurs, plusieurs mois, là.
M. Bouazzi : Bien, octobre,
c'est dans plusieurs, plusieurs, plusieurs mois. Est-ce qu'on peut... on peut
obtenir un audit dans un délai raisonnable? Encore une fois, Mme la ministre,
il y a clairement un bris de confiance avec la population sur les projets
informatiques. Là, on sait qu'il y a cinq ans de retard. On le sait depuis
quelque temps. Ce serait bien... Est-ce que ce que vous le démarrez cette
semaine, l'audit? C'est quand que vous le démarrez?
Mme Duranceau : Bien, je
pense, c'est en cours, là. On a donné les instructions. Tu sais, moi, je suis
d'accord, là, il faut que les choses... Un, premièrement, on va faire les
choses comme il faut. Là, c'est important de dire que, dans ce projet-là, outre
le fait que ça prend trop de temps, il n'y a pas de dépassement de coût. Puis
on peut dire une chose, là, mais il faudrait aussi le mentionner pour la
population, un dépassement de coût, ça ne veut pas nécessairement dire que tu
n'as pas eu un service en contrepartie puis que tu n'as pas quelque chose qui
se bâtit, là, à ces... suite au paiement de ces montants-là.
Alors, quand on change... C'est comme
quand tu construis une maison, tu sais, si tu pensais faire un étage puis que
tu en rajoutes un deuxième, c'est sûr que tu as des dépassements de coût, mais
tu as une maison à deux étages. Alors, c'est ce qui arrive dans beaucoup de
projets informatiques. C'est une problématique, mais on a deux étages à la fin.
On a quand même obtenu quelque chose en contrepartie. Ce n'est pas de l'argent
qui est dans le drain, là.
M. Bouazzi : Je vous entends,
Mme la ministre, mais, dans le projet qui touche à la justice particulièrement,
à ma connaissance, il n'y a pas eu d'expansion qui ferait en sorte qu'on ait un
nouvel étage et puis il n'y a aucun projet qui dépasse de cinq ans le temps
prévu. 10 ans, c'est long en titi, Mme la ministre, si je peux me permettre. C'est
évident, je vous annonce tout de suite que, dans votre audit, le résultat va
dire qu'il va y avoir des dépassements de coût. Je veux dire, si votre audit
dit quelque chose d'autre, il va falloir se poser la question sur la valeur des
audits, Mme la ministre.
Dans ce projet-là, les données, en tant
que telles, sont stockées dans le cloud de Microsoft, qui est assujetti, entre
autres, au CLOUD Act, qui permet, donc, au gouvernement américain, sous
certaines conditions, de demander les informations au «provider», au... à la...
au nuage de Microsoft, et, s'il le fait, il ne nous informerait pas. Est-ce que
ça vous inquiète que les données de la justice se retrouvent sur un... sur un
nuage américain?
Mme Duranceau : Bien là, on
va vérifier quelles données, là. Premièrement, les données protégées C, on les...
sont sur notre nuage gouvernemental, hein, dans nos CTI, dans nos CTI. Là, le
CLOUD Act, c'est pour... dans des circonstances aussi qui sont... qui sont
particulières, là. Tu sais, je veux dire, ce n'est pas... ce n'est pas comme
ils veulent, puis... Oui, allez-y.
M. Bouazzi : Ma question... ma
question est claire, puis je suis un peu étonné que vous ne sachiez pas c'est
lesquelles, les données qui sont dans le... dans le cloud d'Azure. Aujourd'hui,
donc, c'est ça, la décision qui a été prise. Donc, ma question... En fait, je
vous dirais qu'en juillet 2025 le représentant de Microsoft en Europe, en
commission parlementaire, à l'Union européenne, a bien admis qu'il ne pouvait
pas protéger les données de l'Union européenne qui se retrouvaient dans son
cloud à cause, entre autres, de la législature américaine. Je pense qu'on peut
être d'accord — vous êtes ministre de la Cybersécurité — que
c'est effectivement parce que c'est la loi. La loi américaine fait en sorte que
c'est ça. Donc, est-ce que... Je vois que vous avez une réponse à me donner.
Mme Duranceau : Oui, bien,
premièrement, concernant le projet Lexius, il n'y a aucune donnée protégée C.
Ça, c'est notre plus... notre niveau de criticité le plus élevé des... Donc,
c'est ça, c'est celles qui... qui présenteraient un préjudice, là, si elles
n'étaient pas hébergées chez nous, puis les données hautement sensibles et
confidentielles du programme Lexius sont sur leurs... nos serveurs physiques et
non dans l'infonuagique publique.
M. Bouazzi : Et une décision
de justice concernant un mineur, par exemple, c'est C?
Mme Duranceau : Ah! bien là,
vous poserez vos <questions à Justice, là, sur ça, honnêtement...
Mme Duranceau : ...là vous
poserez vos >questions à Justice, là, sur ça, honnêtement.
M. Bouazzi : En 2019, votre
gouvernement, le... votre prédécesseur ministre de la... du... qui est
aujourd'hui député de La Peltrie, et l'ancien ministre de la Santé avaient
annoncé une stratégie infonuagique qui devait rapporter 100 millions par
an à terme et commencé à rapporter au bout de trois ans, d'après leurs dires,
au bout de trois ans, c'est-à-dire depuis 2021. On est en 2026. Combien de
millions a rapporté la stratégie infonuagique du gouvernement?
Mme Duranceau : On va... Bien,
je vais vous confirmer le chiffre, mais, tu sais, tout ça, évidemment, il y a...
ça fait partie de notre... je pense, ça fait aussi partie de notre stratégie de
gestion de dépenses, là, donc, de consolider dans les CTI... puis aussi en
matière de sécurité, consolider dans les CTI l'information, là, l'hébergement
de l'information. Évidemment, les bénéfices sont évidents, mais...
M. Bouazzi : Ils sont
évidents, mais ils sont de combien, juste...
Mme Duranceau : Je vais vous
donner le chiffre.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) :
428 millions sur 22 ans.
• (17 heures) •
Mme Duranceau : Bon, ça fait
que les bénéfices sont évidents, puis ils se réalisent au fur et à mesure où tu
migres, là, ça fait que ça dépend de la vitesse de migration.
M. Bouazzi : Donc, cette
année, ils sont de combien? C'est en 22 ans qu'ils s'en viennent, là, je veux
bien, mais, depuis... Donc, c'était censé rapporter de l'argent au bout de
trois ans, donc, depuis 2021. En 2026, à terme, c'était censé être 100 millions
par an. Sur 22 ans, je comprends que 400 millions, c'est beaucoup moins
que 100 millions par an, mais, cette année, par exemple, pour l'année qui
vient de terminer, en 2025, ça a rapporté combien?
Mme Duranceau : Bien, je vais
vous confirmer... Est-ce qu'on a 2025?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : En
fait, puisque la consolidation n'est pas terminée, tous les bénéfices escomptés
ne sont pas, au moment où on se parle, aujourd'hui, à cause des retards, au
rendez-vous. Donc, finalement, tout le programme a décalé la possibilité
d'avoir des... d'avoir des bénéfices et les a réduit un peu aussi sur la durée,
mais ça demeure un programme qui, à terme, génère des économies significatives.
Mme Duranceau :
Puis
non seulement... Ce que j'aimerais ajouter, c'est que c'est une chose, les
bénéfices et les économies de coût, mais il y a tout l'aspect cybersécurité
qu'on ajoute à ça, là, qui pourrait représenter des milliards de dollars si on
ne s'en occupe pas, donc.
M. Bouazzi : De pertes?
Mme Duranceau : De pertes,
effectivement.
M. Bouazzi : Oui, restons sur
les revenus. Votre gouvernement...
Mme Duranceau : Non, mais
c'est important.
M. Bouazzi : Oui, oui. Alors,
ce n'est pas à moi que vous allez dire que la sécurité est importante. Je suis
bien d'accord avec vous. Je veux juste être clair. En 2019, votre gouvernement
a annoncé un gros programme de transformation en infonuagique. On est en 2026. C'est
une éternité, Mme la ministre, en informatique, là, de 2019 à 2026. Si vous
étiez sur Windows je ne sais pas trop quoi, il n'y aurait presque plus de
support dans deux ans. Bon, vous avez promis plus de 100 millions par an
de retour sur investissement. J'entends que vous promettez encore, sur 22 ans,
400 et quelques millions. J'imagine qu'il y a un compte. En 2025, on est
largement plus tard que 2019, c'est combien, 1 million, 10 millions, 10 $,
c'est une perte?
Mme Duranceau : Répétez ça,
là, je n'ai pas compris.
M. Bouazzi : Votre stratégie,
vous avez... Votre gouvernement a annoncé un retour sur investissement de votre
stratégie infonuagique, à terme, de 100 millions par an. Là, je vois que les
chiffres ont été revus à la baisse parce qu'on parle de 450 millions sur
22 ans, ce qui... 450 divisé par 22, on s'entend que c'est moins de
100 millions par an, mais imaginons... En 2025, si vous avez promis
100 millions, j'imagine qu'il y a une métrique quelque part qui calcule ça.
C'est combien, 10 $? Je ne sais pas.
Mme Duranceau : Il y a des
économies. Tu sais, initialement, c'était estimé à 675, puis là on est rendus à
428 sur la période de 2019 à 2040. C'est ça...
M. Bouazzi : D'accord.
Mme Duranceau : Ça fait que
c'est un modèle qui fonctionne, puis ça, ça ne prend pas en compte les... ce
que ça pourrait nous coûter en matière de cybersécurité défaillante.
M. Bouazzi : Il n'y a pas de
problème, ça, j'ai compris. On économise sur ce qu'on... ce qu'on...
Mme Duranceau : Ce qu'on ne
paie pas.
M. Bouazzi : ...ce qu'on ne
paie pas, bon, mais je reste quand même... Je m'excuse, là, vous me dites :
C'est une stratégie qui fonctionne. Entre 2019 jusqu'à 2040, vous avez revu à
la baisse le retour. Vous devez calculer le retour d'une manière ou d'une autre.
En 2025, est-ce qu'il y a eu au moins 1 $ de retour sur investissement de cette
stratégie?
Mme Duranceau : On réalise...
puis vous pourrez compléter, là, mais je pense qu'on réalise... Ça devient
positif à partir de 2030-2031, c'est ça.
M. Bouazzi : Donc, au bout de
11 ans.
Mme Duranceau : Bien, écoute,
il faut investir, là, puis ça ne se fait pas... Les bénéfices, on ne les
récolte pas tous du premier coup.
M. Bouazzi : Je veux juste...
je veux être sûr être sûr...
Mme Duranceau : Bien,
dites-moi c'est quoi, votre proposition, parce que, là, je pense, il faut vraiment...
M. Bouazzi : Bien, ma proposition,
c'est d'avoir des métriques, en tout <respect...
>
17 h (version révisée)
<19257
Mme Duranceau :
...votre proposition, parce que là, je pense il faut vraiment...
M. Bouazzi :
Bien,
ma proposition, c'est d'avoir des métriques. En tout >respect, Mme la
ministre, quand on fait une annonce où on dit qu'au bout de trois ans on va
commencer à avoir un retour sur investissement qui, à terme, ferait 100 millions
par an, c'est de l'argent, là, ce n'est pas rien, là. Je comprends, là, mais
concrètement, ce n'est ni visionnaire ni comptable, ce n'est rien, là, c'est
des pertes. Ça fait que, si vous n'êtes pas capable de nous dire, en 2025, ce
que vous avez fait avec l'argent des contribuables, mis à part dépenser de l'argent,
je ne comprends pas ce que vous avez fait. Est-ce que vous avez ne serait-ce qu'une
métrique qui est capable de nous dire combien ça a rapporté d'argent? Parce que
vous pouvez promettre jusqu'à 2040, 600 millions, 700 millions, 1 milliard,
si vous voulez, mais, si vous n'êtes même pas capable d'avoir une métrique... Ça
fait cinq minutes qu'on en parle.
Mme Duranceau : Là, je
pense que c'est important de dire que le but, c'est de ramener ça dans le nuage
gouvernemental, dans nos CTI, et le temps...
M. Bouazzi : Donc, vous
n'avez aucune idée, concrètement.
Mme Duranceau : Non,
non, un instant, là, OK?
M. Bouazzi : Allez-y.
Mme Duranceau : Parce que
c'est beau de dire n'importe quoi de votre côté, là, mais moi aussi, j'ai le
droit de parler.
M. Bouazzi : M. le...
Mme Duranceau : Donc là, tout
ça, ça ne se fait pas en cliquant des doigts. Il y a une transition puis,
pendant que tu fais la transition, il y a deux systèmes en parallèle, puis tu
continues de payer pour l'ancien puis tu as le nouveau qui est là puis pour
lequel tu paies. Alors, cette transition-là se fait.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci. C'est tout... c'est tout le temps que nous avons. Maintenant,
passons au député d'Orford pour 4 min 15 s. M. le député d'Orford.
M. Bélanger : Merci.
Merci, M. le Président. Bon, comme j'ai quatre minutes puis... dans le fond, j'en
aurais besoin de quatre heures...
Mme Duranceau : Tu aurais
dû rester.
M. Bélanger : Je vais
prendre une approche... une approche différente. Un, je veux saluer... saluer
mes collègues de l'Assemblée nationale, mais je veux aussi saluer mon ancienne
équipe à la direction générale et puis les différents sous-ministres avec qui j'ai
eu beaucoup de plaisir à travailler, le sous-ministre aussi, et même ma
collègue qui était... qui était au trésor. J'ai passé 30 ans de ma vie à
faire du... de la transformation numérique. Dans les années 90, on
enlevait le papier dans les entreprises, puis je peux vous dire que ces
personnes avec qui j'ai travaillé ont une... ont une compétence de très haut
niveau. Demain, je les prendrais pour partir n'importe quelle business. Ça fait
que je tiens à saluer vraiment ce qu'ils ont... ce qu'ils ont fait, ce qu'ils
ont accompli.
Pour répondre à une question tantôt, depuis
2018, en avril... avril 2026, j'ai demandé un rapport sur des... sur des
données, les projets qui étaient débutés depuis 2018 et puis qui étaient
terminés. 500 000 et... 500 000 et plus étaient à 15 % sous les
budgets. Ceux qui étaient débutés à 2022 et terminés, c'était 16 % sous
les... sous les budgets. Et ça, c'est sous le chapeau du MCN, des projets qui
sont sous le radar du MCN, donc qu'ils pouvaient contrôler. Donc, je pense que le
MCN, c'est une solution qui est intéressante, puis il ne faut pas revenir en
arrière.
Ceci étant dit, la business a changé. L'intelligence
artificielle permet de coder avec du logiciel libre 20 fois moins cher que
des systèmes traditionnels ou les éditeurs. Puis, on le voit aujourd'hui, les
éditeurs perdent en termes de valeur... de valeur de leur... de leur entreprise.
Donc, le marché a changé puis on doit s'orienter vers l'open source ou logiciel...
logiciel libre.
Les systèmes administratifs qu'on parlait...
justement, SIFARH est un système administratif. Un système administratif, c'est
mutualisable. Le gouvernement a des enjeux au niveau budgétaire. L'estimation
du temps que j'étais là, c'était 20 milliards au niveau du PQI-RI et on
dispose de... d'à peu près 9 milliards au niveau du PQI-RI. Je vais avoir
deux questions. Une question, c'est... parce qu'on... il y avait un plan au
niveau du MCN qui rencontrait beaucoup... parce qu'il avait été fait avant
Gallant, qui rencontrait beaucoup les recommandations de Gallant et, entre
autres, la mutualisation au niveau des systèmes administratifs, SAGIR, SIFARH et...
Ça, c'est une des questions : Est-ce que, Mme la ministre, c'est une voie
que vous envisagez? Et ma deuxième question... bien, il va vous rester une
minute... une minute pour répondre...
Une voix : ...
M. Bélanger : Oui. Ma
deuxième question, c'est... Le rôle du MCN, actuellement, est un rôle qui est
limité avec peu de pouvoir. Quelle est votre vision ou quelles sont vos
intentions au niveau du MCN, dans le futur, considérant les recommandations de
Gallant et recommandations au niveau de, justement... de création de
compétences? Parce qu'actuellement il y a peut-être juste 200 personnes
sur les 2 000 qui sont en transformation numérique.
Mme Duranceau : Bon...
Le Président (M. Laframboise) :
...secondes, mais, si vous en prenez plus, je le prendrai sur le temps du
gouvernement, Mme la ministre.
Mme Duranceau : OK. Bon,
merci, M. le député d'Orford. Contente de vous... de vous voir, non par médias
interposés, mais directement. Donc, je vous... je vous sens de tout à fait
bonne foi dans tout <ça...
Mme Duranceau : ...mais
directement. Donc, je vous... je vous sens de tout à fait bonne foi dans tout >ça.
Puis merci d'avoir souligné le beau travail des équipes, parce que, quand ça va
bien, en général c'est... ce n'est pas souligné, hein? Donc, bravo, moi aussi,
je suis contente de travailler avec eux.
Au niveau de la mutualisation, bien, deux
volets. Tu sais, je pense que vous aviez commencé aussi à travailler sur une
mutualisation des outils à l'interne pour que tous les ministères et organismes
puissent développer, c'est ça, une plateforme moderne de développement pour que
tous les ministères et organismes puissent développer puis organiser leurs
outils numériques à partir d'un dénominateur commun pour faire en sorte de
réduire les vulnérabilités aussi ou les portes d'entrée pour... au niveau de la
cybersécurité. Alors, ça, c'est un des éléments que je veux, bien sûr, mettre
de l'avant puis poursuivre. Je pense que ça va... ça va accélérer le
développement de solutions numériques à l'interne.
• (17 h 10) •
Et ce qui était votre proposition, là, au
niveau de partenariats externes pour mutualiser des... bien, développer un
système ou détenir le code source sur des systèmes qui pourraient, après ça,
être utilisés à l'interne, moi, je pense qu'il faut qu'on continue cette
idée-là. Je pense qu'il faut... il faut la pousser plus loin. J'ai déjà évoqué
l'idée d'avoir des discussions transpartisanes si on allait de l'avant avec des
partenariats, évidemment, québécois sur la question. Puis il va falloir que,
comme province, comme pays... pas comme pays, mais comme nation — je
vais utiliser le bon terme — qu'on se donne le droit de penser nos
projets différemment. Puis on était sur une bonne... on était sur une bonne
lancée ensemble là-dessus. Alors, ça, au niveau de la mutualisation, je pense
qu'il faut poursuivre ça maintenant dans les règles de l'art, de tout ce que
les marchés publics nous demandent au niveau de l'intégrité, de la pleine
transparence. Donc, soyez assurés qu'on va poursuivre le travail là-dessus.
Puis, pour revenir aux recommandations du
rapport Gallant, aussi le rapport de veille que l'AMP nous a produit, là, puis
qui couvre 15 ans de contrats gouvernementaux, on aime ça se flageller ou
s'autoflageller au Québec, là. Puis l'important dans la vie, ce n'est pas de se
comparer aux pires, c'est de se comparer aux meilleurs. Mais, tu sais, c'est
une difficulté dans plein d'États américains, dans d'autres pays. Les projets
informatiques, ce n'est pas nouveau, mais il y en a de plus en plus. Donc, il
faut mieux s'organiser pour les livrer. Il faut... Quand on dit «une meilleure
gouvernance», c'est que c'est une chose les approuver, mais, après ça, il faut
les suivre. Moi, j'ai vu ça en habitation, là, des projets qui étaient
approuvés : Ah! je l'ai approuvé, ça respecte les... ça coche toutes les
cases, mais, après ça, plus personne qui suit le projet. Bien, ça a donné ce
que ça a donné en habitation, les logements ne sortaient pas.
Bien, je pense qu'au niveau des projets
informatiques, le parallèle peut se faire aussi. Beaucoup de projets qui
passent dans la machine, mais, après ça, l'important, puis si on ne veut pas
que ça dérape puis qu'il y ait des coûts qui deviennent incontrôlables, des
délais incontrôlables, des portées qui changent, bien, il faut suivre ça de
manière rigoureuse. Puis, dans les prochaines semaines, on... il n'en reste pas
tant que ça, là, mais, dans les prochaines semaines, on va arriver avec notre
plan de match, qui, j'espère, pourra tracer la voie convenablement pour la
suite des choses.
Le Président (M. Laframboise) :
...M. le député d'Orford. Donc, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont,
pour 19 min 15 s.
Mme Setlakwe : Merci.
Avant de poursuivre sur DSN, je vous entendais, province, pays, faire un
lapsus, revenir à nation. Êtes-vous, oui ou non, à la question au référendum
éventuellement?
Mme Duranceau : ...ça
n'intéresse pas les Québécois de savoir ce que France-Élaine pense. Il n'y a
pas personne qui parle de référendum, alors... À part le PQ, là... ils ne sont
pas là, c'est ça. Donc, on va les laisser...
Mme Setlakwe : Une
députée s'essaie.
Mme Duranceau : On va...
on va les laisser nous vendre leur illusion, là, tant qu'ils veulent.
Mme Setlakwe : Revenons au
DSN puis à la suite des choses. Est-ce que... comment vous évaluez, là, le
risque de dépendance envers Epic?
Mme Duranceau : Bien, le
risque de dépendance, là, on a deux établissements. Ça fait que je ne pense pas
qu'on... Pour ces deux établissements-là, évidemment, il y a une relation d'affaires
avec Epic. Ensuite de ça... Epic est très intéressant aussi, hein, une
entreprise américaine, société privée, en tout cas, il y a un... je vous ferai
part d'un podcast sur la propriétaire de cette entreprise-là, qui... à la
limite, c'est ça, qui a des visées très communautaires sur la chose. Donc, tout
ça pour dire que la dépendance, là, elle existe dans le cas de deux entités.
Après ça, si on étend à plus, je pense que c'est un des éléments dont il va
falloir tenir <compte...
Mme Duranceau :
...si
on étend à plus, je pense que c'est un des éléments dont il va falloir tenir >compte,
là.
Mme Setlakwe : Oui,
bien, je pense... Oui, ça vaut... Merci, je... ça vaut la peine qu'on élabore
un peu, parce que là, actuellement, on a un contrat avec Epic, on l'a déployé
dans deux CIUSSS, ou un CIUSSS puis un CISSS, en tout cas, deux établissements.
Là, il y a des... évidemment, il y a des données interopérables derrière tout
ça, derrière ces vitrines. Qui en est propriétaire?
Mme Duranceau : Là,
c'est technique, ça, comme question. Bien, est-ce...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Bien,
tu sais, ce n'est certainement pas Epic qui en a la propriété. Ça, c'est... ça,
c'est...
Mme Setlakwe : La
propriété demeure entre les mains de l'utilisateur, là, c'est nos données. Mais
est-ce que... OK, donc il n'y a pas de... il n'y a pas d'enjeu à ce niveau-là.
Mais le... On s'est engagés à quoi, là, en termes de coûts annuels, au niveau
des licences par utilisateur? Parce que, si le gouvernement envisage de ne pas
poursuivre avec Epic pour le reste du déploiement, on ne veut certainement pas
avoir juste deux établissements, là, qui fonctionnent au numérique. C'est
certain que l'objectif...
Mme Duranceau : Non, non,
c'est ça.
Mme Setlakwe : Mais
alors, quel est le coût... le coût annuel, là, des licences? On est... on est
contraints de payer quoi? Il faut quand même se poser la question.
Contractuellement, on est... on est liés pour combien? On est exposés à quoi?
Mme Duranceau : Bien là,
on n'est pas...
Mme Setlakwe : Combien ça
coûte?
Mme Duranceau : Là,
j'attends qu'on me précise, mais Santé Québec a mentionné que c'était
36 millions par année. Ça fait qu'on est exposés pour ces deux... ces deux
établissements-là.
Mme Setlakwe : 36
millions par année fois deux ou c'est 36 millions pour les deux?
Mme Duranceau : Pour
l'ensemble. Pour les deux.
Mme Setlakwe : Pour les
deux... pour les deux... Et, dans la durée, on est... on est liés pour combien
d'années?
Des voix : ...
Mme Duranceau : 15 ans. 15
ans, qu'on me dit.
Mme Setlakwe : OK, donc
là, 36 millions par année sur 15 ans ferme, donc...
Mme Duranceau :
Évidemment, on remplace d'autres licences qu'on payait par ailleurs pour les
anciennes solutions qui étaient en place, là.
Mme Setlakwe : Je
comprends. Et quel est l'impact si on décidait de rompre avec Epic? Quelle...
les clauses de résiliation prévoient quoi exactement?
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, là, ça, c'est un contrat qui relève de Santé Québec, là. Je n'ai pas...
je n'ai pas l'information avec moi, là, à moins que quelqu'un puisse me
préciser, là.
Mme Setlakwe : Est-ce que
c'est habituel de lancer un projet comme celui-là alors qu'il y a... il y a un
audit qui est en cours?
Mme Duranceau : Bien, je
pense que, comme tout est une première, là, dans... dans tout ce qu'on fait,
là, en ce moment... Tu sais, un projet d'une telle ampleur dans le réseau de la
santé, tu sais, ça fait longtemps qu'il y en a eu un, là.
Mme Setlakwe : Oui, mais
bon, est-ce que...
Mme Duranceau : Puis des
audits, c'est nouveau de la création du MCN, donc tout ça, c'est nouveau.
Mme Setlakwe : Mais, en
tout cas, dans le dossier SAAQclic, il y avait eu un lancement qui, finalement,
a été jugé prématuré, là. Il y avait... il y avait des... il y avait des
enjeux, clairement, il y avait des... il y avait des risques. Puis la décision
d'aller de l'avant a été... était mal avisée, clairement. Et là, ici, ce que
j'ai entendu de votre part ou de la part de M. Le Bouyonnec, c'est qu'il y
avait un niveau de satisfaction adéquat au niveau de Santé Québec pour... un
niveau de réconfort adéquat qui leur permettait de dire : On y va, puis de...
puis que le MCN aussi a donné le feu vert, mais il y a dû y avoir certains
compromis qui ont été faits, là, pour autoriser le lancement. Est-ce que vous
pouvez élaborer là-dessus? On a fait des compromis sur quoi, là? Est-ce qu'il y
avait... Je comprends qu'il y a des éléments qui ont été repoussés, la
migration des données, mais on a fait un compromis sur quels éléments
exactement?
Mme Duranceau : Bien, tu
sais, du point de vue, là, du MCN, le premier élément, il y avait la notion de
souveraineté numérique. Alors là, si on parle de compromis, on s'est assuré que
les données étaient protégées, qu'il n'y avait pas d'enjeu. Le compromis, c'est
la notion du CLOUD Act qui existe et de prévoir un plan de transition vers le
nuage gouvernemental, vers nos CTI, on verra le... dans un avenir rapproché.
Donc, ça, c'est en travail entre le MCN puis Santé Québec. Ça fait que ça,
c'est le premier élément. Deuxième élément, c'était... c'était de voir est-ce
qu'il y a un déploiement national ou pas. Bien là, on n'est pas rendus à
déployer nationalement. On a deux projets pilotes. On verra subséquemment le
déploiement national. Ensuite, bien, on avait un comité de vigie qui a été mis
en place pour <suivre...
Mme Duranceau :
...bien,
on avait un comité de vigie qui a été mis en place pour >suivre ça,
puis, après ça, bien, on a conduit un audit. Puis, tu sais, audit, là, c'est
sûr que, dans le contexte de tous les projets, ça a toujours l'air négatif,
mais, tu sais, c'est correct de vérifier, de valider, c'est un mécanisme qui
existe. Ça fait qu'on s'assure... on a voulu s'assurer que la bonne gouvernance
était en place.
Puis, dernier élément, bien, il y avait...
et non le moindre, là, l'aspect de cybersécurité. On a eu des préoccupations à
un certain moment. Peut-être que c'est pour ça qu'il y a eu des commentaires de
faits par mon prédécesseur, mais là, sur cet élément-là, ça, il n'y a pas de
compromis à faire en termes de cybersécurité, et ça a été réglé à notre
satisfaction.
• (17 h 20) •
Mme Setlakwe : Donc, la
gestion des accès, il n'y a eu aucun enjeu, puis vous n'entrevoyez pas qu'il
puisse y avoir des personnes non autorisées qui pourraient accéder au système?
Mme Duranceau : Bien, il
y a eu des enjeux de lancement... Là, sur l'aspect technique de cybersécurité,
je peux peut-être référer aux experts là-dessus, mais on n'aurait pas donné le
go, là, s'il y avait une problématique, là. Au début, il y en a qui n'étaient
pas capables de rentrer, qui n'avaient pas leurs accès, leurs mots de passe ou...
Ça, c'est normal dans une première utilisation. Est-ce qu'on a quelque chose
d'autre à ajouter?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) :
Non.
Mme Duranceau : Non.
Mme Setlakwe : Donc, au
niveau de la gestion des accès, vous avez un niveau de réconfort assez élevé,
là, qu'actuellement ce n'est que les personnes autorisées qui ont accès aux
dossiers médicaux?
Mme Duranceau : Bien là,
écoutez, à ce niveau-là, le déploiement, tu sais, c'est vraiment la
responsabilité de Santé Québec. Puis eux, ce qu'ils disent, c'est qu'ils
n'auraient jamais donné le go si la sécurité, là, ils n'avaient pas été
satisfaits avec ça. Peut-être que vous avez quelque chose à préciser...
Mme Setlakwe : Bien, je
pense que c'est important, parce qu'on parle de données sensibles, on parle de
nos... de nos données médicales, donc...
Mme Duranceau : ...puis
je tiens à... juste à souligner que l'autre alternative, c'est le dossier
papier qui traîne sur le comptoir, tu sais.
Mme Setlakwe : ...
Mme Duranceau : Hein?
Mme Setlakwe : Je ne suis
pas sûre que c'est censé traîner sur le comptoir, mais bon, on se...
Mme Duranceau : Non,
mais, tu sais, façon de... évidemment, c'est ma façon colorée de parler, là,
comme d'habitude, mais on va laisser peut-être l'expert en cybersécurité et
sécurité des données.
Mme Setlakwe Oui, je pense
que ce serait intéressant, parce qu'il y a toutes sortes de choses qui ont été
dites, puis qu'au niveau de la cybersécurité il y avait peut-être encore des
enjeux qui demeuraient ou qui semblaient n'être peut-être pas réglés de façon
pleinement satisfaisante ou qui... Proche du lancement, il y avait encore
potentiellement des problématiques avec... de gestion d'accès. Donc, je pense
que c'est important que la population entende que les données médicales ne sont
vraiment accessibles qu'aux bonnes personnes.
M. Fournier (Yvan) : Oui.
Alors, pour répondre à votre question, on va y aller en deux volets. Premier
volet : la cybersécurité. Vous avez mentionné qu'il y avait peut-être des
éléments qui n'étaient pas satisfaisants. Ce n'est pas le cas. J'ai
personnellement travaillé avec l'équipe de Santé Québec, l'équipe du COCD, pour
s'assurer, valider. On a fait les tests, et tout ça, et il reste effectivement
des éléments à... qu'on a mitigés de manière très satisfaisante. Le changement
pour y arriver... Puis ça ne touche pas au DSN, je veux qu'on se comprenne bien.
Le DSN, Epic n'avait pas d'enjeu de cybersécurité, c'était sur le socle de
l'hébergement à Santé Québec qu'il y avait des éléments à corriger. Ils ont été
corrigés. Et les trois éléments qui nous restent à poursuivre vont prendre des
mois à faire. Et c'est... excusez l'anglicisme, là, mais c'est «over». Ce qu'on
demande, c'est... ce n'était pas nécessaire, mais on va jusque-là parce qu'on
sait qu'il y a d'autres éléments. Donc, il n'y a pas d'inquiétude aux citoyens
du Québec à savoir s'il y a des enjeux de cyber sur l'hébergement et les
connexions avec le DSN. De ce côté-là, il n'y en a pas.
Du côté de la GIA, donc, il y a eu
beaucoup d'articles dans les journaux, puis je tiens... qu'il faut mentionner
les différences entre les enjeux de GIA et ce que le syndicat a amené...
Une voix : ...
M. Fournier (Yvan) : Gestion
des identités et des accès. Donc, la gestion des identités et des accès à Santé
Québec, elle est très bien fait, on l'a auditée, c'est correct. Entre, je donne
accès à Dr Lemay, qui peut avoir accès à Epic de telle façon. Je donne accès à
un autre profil, une infirmière qui, elle, a le droit d'accéder Epic de telle
façon. Toute cette partie de gestion de GIA là, elle est parfaite.
Maintenant, ce qu'on a vu dans les
journaux, puis c'est important qu'on le clarifie... Si, par exemple, je suis
une infirmière qui travaille au premier sud-est de l'hôpital et que je suis
appelée à aller au quatrième sud-est, bien, il faut que, quand j'arrive au
quatrième sud-est, que j'aie accès à aller voir les patients qui sont au
quatrième sud-est. Vous savez, des logiciels comme Epic, ça gère par unité de
soins, par étage, premier étage, unité de soins, et tout ça. Donc, si on ne
donne pas accès à tout le monde, bien, quand l'infirmière arrive sur l'étage ou
le médecin, il n'a pas accès au patient, le patient est au quatrième étage.
Donc, comment Epic gère ça? Il y a des
moyens très intéressants. C'est qu'actuellement chaque personne, chaque
spécialiste de tout acabit dans l'hôpital qui a accès à Epic, qui touche à un
dossier patient, c'est audité. Et, si, par exemple, moi, je suis un
utilisateur, je vais prendre Dr Lemay, Dr Lemay, qui a accès à tous les
dossiers de l'hôpital parce qu'il peut se promener d'un étage à l'autre pour
aider, et tout ça, bien, quand j'arrive... puis moi, je vais voir le dossier du
patient, je vais voir que Dr Lemay l'a <vu...
M. Fournier (Yvan) :
...bien,
quand j'arrive... puis moi, je vais voir le dossier du patient, je vais voir
que Dr Lemay l'a >vu, mais je vais voir également tous les autres
professionnels qui l'ont vu. Donc, c'est comme ça qu'on arrive à balancer entre
la performance pour un professionnel de la santé qui se promène d'un étage à
l'autre versus une gestion trop serrée de GIA, qui ferait en sorte qu'on
n'aurait plus de performance puis on n'aurait plus d'accès. Est-ce que ça
répond à votre question?
Mme Setlakwe : Merci.
Oui, merci.
M. Fournier (Yvan) : Disons
que le MCN n'a pas d'inquiétude sur cette gestion-là actuellement.
Mme Setlakwe : Merci.
J'apprécie votre réponse.
M. Fournier (Yvan) : Ça
fait plaisir.
Mme Setlakwe : Vous avez
évoqué le CLOUD Act. Ça a été porté à mon attention qu'il y a des
fonctionnaires aux Pays-Bas, dont les noms, les courriels auraient eu...
auraient été rendus accessibles au gouvernement américain. J'aimerais ça vous
entendre là-dessus, là. Comment vous réagissez à ça?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : La
question du CLOUD Act est une préoccupation importante pour le... pour le
gouvernement du Québec, le gouvernement fédéral, la plupart des pays européens
depuis l'événement avec le Tribunal pénal international, où, par un «executive order»,
la Maison-Blanche a coupé les communications Teams des juges du TPI et ont
coupé aussi les cartes de crédit Visa, MasterCard, AMEX. Donc, ce n'est pas
juste une question d'accès aux données.
La préoccupation, éventuellement, c'est
aussi la notion de «kill switch», c'est-à-dire, est-ce que le gouvernement
américain peut faire en sorte que des systèmes, qui sont des systèmes
critiques, ça pourrait être nos systèmes, nous aussi, de bureautique ou
d'autres types de systèmes, puissent être arrêtés. Donc, cette
préoccupation-là, elle est réelle. Et ça inclut aussi la préoccupation de cette
obligation-là sur demande d'une institution fédérale américaine. Généralement,
initialement, on pensait que c'était que les tribunaux; par la suite, on a
réalisé que ce n'était pas que les tribunaux. Et ces demandes-là pour
l'information peuvent se faire sans que le pays en question ou la province soit
averti, ce qui fait que notre loi n° 25 de PRP ne
pourrait pas s'appliquer, parce que, si on est averti qu'on va venir fouiller
dans nos données, bien là, on peut se protéger avec nos dispositifs
législatifs, mais ça ne peut pas être le cas.
Donc, c'est une source de préoccupation
pour toutes les démocraties qui utilisent l'ensemble de ces systèmes-là. Donc,
la nouvelle aux Pays-Bas n'a pas... n'est pas surprenante, probablement que les
Européens vont prendre des mesures, les Canadiens vont aussi prendre des
mesures de mitigation. Mais ça fait partie d'à peu près... de toutes les
discussions que nous avons avec le fédéral en ce moment sur l'intégrité et la
résilience de nos systèmes d'information.
Mme Setlakwe : Merci.
Bien, justement, sur cet élément-là que je considère... nous aussi, on
considère que c'est extrêmement important. Puis l'idée, c'est de travailler sur
notre souveraineté numérique puis réduire notre risque par rapport à tout ça.
J'essayais de trouver l'amendement, mais je vais y aller de mémoire. Justement,
quand on étudiait le projet de loi n° 82, l'autre amendement que j'avais
jugé important, c'était, justement... c'était la première fois qu'on enchâssait
la notion de souveraineté numérique et on donnait plus de pouvoir au
gouvernement pour poser des gestes, prendre des actions. Alors, qu'est-ce qui a
été fait dans la dernière année en vertu de cet... de cet amendement?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Un
des principaux éléments, la ministre en a parlé tout à l'heure en réponse à la
question du député d'Orford... qui concerne une plateforme de développement qui
nous permet de normaliser, standardiser puis travailler la cybersécurité en
amont, mais surtout de faire en sorte que les outils qui sont utilisés sont des
outils basés sur du logiciel libre et qui nous permettent de nous rendre moins
dépendants de certains joueurs, duquel on est en ce moment, on peut appeler une
dépendance même toxique, que le gouvernement du Québec a face à certains
joueurs. On pourrait nommer, par exemple, la firme Broadcom, et ça, c'est de
notoriété publique, qui a augmenté ses coûts de licence de 300 % à
400 % en ayant un impact budgétaire énorme et qui fait en sorte qu'on a de
la difficulté, après, à déplacer des charges d'un nuage à un autre ou de
ramener ces charges-là à l'intérieur du nuage gouvernemental pour, par exemple,
davantage protéger... protéger les données. Donc, c'est un des gestes.
Dans le PL n° 82,
justement, le ministère de la Cybersécurité et du Numérique devait prendre une
série de mesures pour augmenter la souveraineté numérique, mais, en même temps,
on doit le faire en faisant en sorte de... Ça a un prix éventuellement, la
souveraineté numérique. Certains diraient que ça n'a pas de prix, peu importe.
Alors, on essaie d'atteindre la souveraineté numérique en économisant en même
temps, comme l'ont fait des pays comme l'Estonie et d'autres pays comme ça.
Mme Setlakwe : Merci, merci.
Je vous entends. Est-ce que... Mais vous avez aussi dit : Bien, il faut
s'affranchir de cette dépendance, mais, en revanche, donc, en parallèle, depuis
ces initiatives-là, est-ce qu'on a <continué...
Mme Setlakwe :
...en
revanche, donc, en parallèle, depuis ces initiatives-là, est-ce qu'on a >continué
de contracter ou de renouveler des ententes avec Microsoft, par exemple?
Mme Duranceau : La
réponse, c'est oui, là. Tu sais, c'est ça, c'est un... c'est un...
Mme Setlakwe : Oui? À la
hauteur de... Oui, mais à la hauteur de combien?
Mme Duranceau : Bien, tu sais...
je veux dire, on est sur des applications de Microsoft, là.
Mme Setlakwe : Bien oui,
vous avez dit tout à l'heure : Le déploiement de Teams, ça s'est bien
passé, tout le monde... Mais c'est... ça coûte une fortune, puis c'est
Microsoft, puis...
Mme Duranceau : Bien,
c'est Microsoft, mais on ne peut pas... Tu sais, il demeure que Microsoft, ils
sont au pays, tu sais, ils sont au Canada depuis... depuis 25 ans, ils ont
5 000 employés au Canada. Oui, ultimement, la compagnie est détenue à
l'étranger, mais ces entreprises-là... Tu sais, je pense qu'il faut être
prudent. La question de souveraineté numérique... puis on a, d'ailleurs, émis
un énoncé en décembre dernier... je veux dire, la question de souveraineté
numérique, elle n'était pas sur toutes les lèvres avant le contexte
géopolitique dans lequel on vit depuis... depuis deux ans, là. Donc, oui, il
faut être souverains, notre nuage souverain, notre... nos CTI, il faut réduire
notre dépendance aux différents fournisseurs étrangers, mais, en même temps, on
ne peut pas non plus s'isoler, parce que, tu sais... Puis l'intelligence
artificielle, c'est ces compagnies-là aussi, là, qui investissent des milliards...
pas Microsoft... oui, ça en est une d'entre elles.
• (17 h 30) •
Alors, il faut juste avoir toujours en
tête que nos données sensibles, il faut qu'elles soient bien protégées, puis,
après ça, ce qui n'est pas sensible, bien, c'est moins... c'est moins
dramatique. Bien, c'est maintenant une nouvelle considération, puis l'énoncé
qu'on a rendu public en décembre dernier, je pense, fait part de notre
préoccupation à ce sujet-là, là.
Mme Setlakwe : Merci.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) :
En collaboration avec Trésor, l'autre geste très important que vous avez
peut-être perçu, c'est le bloc de 1,2 milliard qui a été réservé pour des
appels d'offres limités, sous l'égide des objectifs légitimes des accords
internationaux, de telle sorte... c'est des appels d'offres où on limite,
finalement, les gens pour des questions de souveraineté numérique, entre
autres, qui peuvent soumissionner. Donc, c'est un bloc significatif, et ça doit
être pour des éléments critiques de l'architecture des ressources
informationnelles du gouvernement. Donc, ça, c'est quelque chose qui a été
négocié avec Trésor, parce que, justement, ça doit se faire dans le respect de
nos ententes internationales.
Mme Setlakwe : Rapidement,
là, dans... encore sur DSN, les données qui... Je comprends que, là, il y a un
objectif d'amener des données sur le nuage gouvernemental, mais est-ce que les
structures, les serveurs sont compatibles avec Epic pour une utilisation
directe? Est-ce que... est-ce qu'on a une copie, une redondance des données
d'Epic? Comment ça fonctionne?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : C'est
un... ça va être un travail qui ne se fera pas en quelques semaines, d'être
capable d'avoir une architecture dans le nuage gouvernemental qui va être en
mesure d'héberger toute la solution Epic, particulièrement si la solution Epic
est étendue dans l'ensemble du Québec. Donc, c'est un chantier, en ce moment,
qui est en train d'être travaillé. Ce n'est pas une histoire de trois semaines.
Mme Setlakwe : Merci.
Rapidement, avant... avant...
Le Président (M. Laframboise) :
...Maintenant, M. le député de Maurice-Richard, pour
14 min 40 s. Merci.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Peut-être rester sur Epic. Je veux juste être sûr d'avoir bien
compris. Ce qu'on a lu dans le journal, c'est que tous les travailleuses et
travailleurs de... dans le comté... Centre-du-Québec ou du nord de l'île... de
ceux du nord de l'île ont accès à tous les dossiers des patients.
Mme Duranceau : ...réécouter
M. Fournier, si vous voulez, parce que je pense qu'il a... il a rendu ça très,
très clair, que les accès sont limités puis que c'était parfait au niveau de la
gestion des accès, là.
M. Fournier
(Yvan) :
Bonjour. En fait... puis la question est pertinente, comment on a
géré ça puis les décisions qu'on a prises...
M. Bouazzi : Bien, je
veux juste être... Parce que je vous ai entendu...
M. Fournier (Yvan) : Oui.
La réponse, c'est non.
M. Bouazzi : La réponse,
c'est non. Donc, quelqu'un qui est, par exemple, à l'hôpital, on a lu, par
exemple, que même les gens qui font le service de nettoyage, par exemple,
auraient accès au système et donc accès à des fiches des patients. La réponse
est non.
M. Fournier (Yvan) : En
fait, la réponse, c'est oui, dans ce cas-ci, parce que la personne qui fait le
ménage doit aller voir si, dans la chambre, il y avait du C. difficile ou un
autre virus. Il est obligé d'aller dans le système pour savoir est-ce qu'il faut
qu'il s'habille en scaphandre pour aller nettoyer la chambre ou pas. Ça fait
qu'effectivement... Mais c'est important d'entendre «least privilege». Ce qu'on
travaille, puis comment Santé Québec le fait, c'est qu'ils analysent le profil
du travailleur et lui ont donné le minimum de droits pour qu'il puisse faire
son travail. Maintenant, la personne qui fait le ménage de toutes les chambres,
bien, il faut qu'il accède à l'information de toutes les chambres, donc...
M. Bouazzi : Et il a-tu
accès à l'information du CLSC à côté?
M. Fournier (Yvan) : Non.
Il a accès...
M. Bouazzi : C'est juste...
juste à l'hôpital.
M. Fournier (Yvan) : ...sur
ce que lui a comme son profil de travail.
M. Bouazzi : Donc,
toutes les personnes qui sont passées à l'hôpital, même si elles ne sont plus
là, il a accès pareil.
M. Fournier (Yvan) : C'est
contextuel. Votre question, elle est bonne, mais c'est contextuel, c'est-à-dire,
moi, je suis dans une chambre et il a accès à mes données de la chambre.
Lorsque j'ai <quitté, puis je ne suis...
>
17 h 30 (version révisée)
< M. Fournier (Yvan) :
...moi,
je suis dans une chambre et j'ai accès à mes données de la chambre. Lorsque j'ai
>quitté puis je ne suis plus dans la chambre, il n'a plus accès à mes
données.
M. Bouazzi : Il détecte où je
suis, genre?
M. Fournier (Yvan) : Absolument.
Le système gère... Tout à fait. Tout à fait.
M. Bouazzi : OK. Donc, moi,
si je suis infirmier, et je suis au deuxième étage, et je veux rentrer sur le
dossier de quelqu'un qui est au quatrième étage, si je ne me déplace pas, je n'ai
pas accès. C'est ça que vous dites?
M. Fournier (Yvan) : Ça
pourrait être comme ça. Et, si je suis un infirmier de l'équipe volante qui
remplace quand il y a des maladies, bien, on lui a prédonné des droits parce qu'on
sait qu'il va aller au quatrième étage, là, il va y avoir accès. Mais, si une
personne ne se déplace jamais, elle n'a pas accès à d'autres données.
M. Bouazzi : Et ça, c'est
déjà configuré comme ça. Donc, ce qu'on a lu dans...
M. Fournier (Yvan) : C'est fait
comme ça. C'est fait comme ça.
M. Bouazzi : Bien, moi, je
veux bien croire que ça peut marcher comme ça, mais ce qu'on a lu dans le
journal, ce n'est pas ça. On est d'accord? Donc, ce que vous dites, c'est :
Ce qu'on a lu dans le journal n'est pas vrai, là?
Mme Duranceau : Il ne faut
pas tout croire ce que vous lisez dans le journal, là.
M. Bouazzi : Oui. Malheureusement,
des fois, il ne faut pas tout croire ce qu'on écoute tout court, là, mais allez-y,
oui.
M. Fournier (Yvan) : ...je
vous invite à faire une rencontre avec Santé Québec, ils vont tout vous
démontrer ça.
M. Bouazzi : Alors, restons sur
Santé Québec. On a une rencontre avec Santé Québec. On a parlé de la question
du CLOUD Act, et ils nous ont dit : Ne vous inquiétez pas, on a une lettre
signée par la compagnie qui nous dit que, si on reçoit une demande du
gouvernement américain, on ne va pas divulguer les données. Est-ce qu'il y a
quelqu'un ici qui pense que c'est une sécurité satisfaisante?
Mme Duranceau : Bien, écoutez,
il ne faut pas oublier que, quand ce contrat-là a été octroyé, là, rappelez-moi
la date, c'était bien avant qu'on s'inquiète de la souveraineté numérique.
M. Bouazzi : ...
Mme Duranceau : Non, je le
sais, mais, à un moment donné, on est dans le temps, dans l'ère où on est aussi.
Donc, est-ce que c'est parfait? Ce n'est pas parfait. Est-ce que c'est une
précaution qui a été prise pour mitiger un risque le temps de passer au nuage...
à un nuage souverain? Oui, donc...
M. Bouazzi : Je comprends,
mais c'est parce que votre spécialiste, à côté de vous, Mme la ministre, nous a
expliqué que, si une telle demande arrive, vous ne le saurez même pas. Ça fait
que moi, je veux bien poser des questions à Santé Québec, mais, en tout
respect, ce qu'ils nous ont raconté, pour n'importe qui de sérieux... je ne poserai
pas la question à la personne de sécurité, mais pour... n'importe qui de
sérieux en sécurité ne prendrait pas ça au sérieux, là, je veux dire. Est-ce
que vous connaissez une multinationale américaine qui est rentrée en
désobéissance civile par rapport à une demande du gouvernement américain? Parce
que nous, à Québec solidaire, on n'est pas contre la désobéissance civile. Vous,
vous êtes contre. C'est ce que vous demandez à une multinationale étrangère. Je
veux bien... je veux bien vous croire, là, mais il faudrait au moins que vous
me donniez un exemple où ça a déjà été vrai, là, parce que, sinon, c'est de la
communication, là, on s'entend, là, ce n'est pas...
Mme Duranceau : Non, mais
Santé Québec a bien dit que, si Epic recevait une demande, elle va refuser de
transmettre l'info au gouvernement américain, puis nous, on va être avisés.
M. Bouazzi : ...ne vont pas
respecter la loi. C'est ça qu'ils vous ont promis, et vous, vous êtes dit :
C'est vrai.
Mme Duranceau : Non, mais la
loi, là, reconnaît au fournisseur le droit de contester une demande
conflictuelle avec une loi étrangère.
M. Bouazzi : Quelle... De
quoi vous parlez, au juste? Parce que la société, elle a son «head office» aux
États-Unis, la loi est américaine, la demande se fait à la société américaine.
De quoi vous parlez, au juste? Je ne suis pas sûr de comprendre.
Mme Duranceau : Bien là, ce
qu'on... Quand Epic reçoit une demande, ils ont quand même un délai pour
pouvoir répondre, puis nous, on va être avisés pendant ce délai-là s'il y a un
enjeu. Ceci dit, ça va prendre, préalablement à tout ça, une autorité
américaine, comme le F.B.I., qui va soumettre une demande de mandat à un juge
indépendant, le juge va devoir confirmer, a, s'il y a une cause probable qu'un
crime spécifique est en cours, b, que les données demandées contiennent des
preuves de ce crime, puis, une fois le mandat émis, le fournisseur américain
est légalement contraint de produire les données sans notification préalable à
l'utilisateur ni au gouvernement étranger concerné.
M. Bouazzi : Votre employé
juste à côté de vous vient de nous dire : Il y a ça et d'autres choses. Il
a donné des exemples qui sont vrais, qui sont... Il y a des juges de la Cour internationale
ou des rapporteurs de l'ONU contre qui M. Trump est fâché, à qui il a
coupé toutes les cartes de crédit et des accès aux outils de Microsoft. Donc,
je veux bien que vous ayez dit ça, mais je ne dirais pas que c'est inexact, disons
que c'est largement insuffisant par rapport à l'éventail de ce que cette loi-là
fait. Et, aujourd'hui, je veux juste que ce soit clair pour que... les gens qui
nous écoutent, votre défense par rapport à cette situation et celle de Santé
Québec, c'est de nous dire : Ne vous inquiétez pas, une multinationale
américaine va entrer en désobéissance civile si elle reçoit une telle demande,
alors que, même d'après cette loi-là, elle n'est même pas censée vous le dire.
Ça veut dire, vous ne le saurez même pas si elle ne respecte pas sa parole.
Mme Duranceau : Bien, je
pense que... puis je vais passer la parole à mon collègue, mais...
M. Bouazzi : Non, pas besoin.
Mme Duranceau : Non? Bien, ce
que j'aimerais dire, par contre, c'est que, là, vous me parlez de ça aujourd'hui,
concernant Epic, mais vous auriez pu me parler de ça concernant bien d'autres
logiciels depuis bien longtemps, là.
M. Bouazzi : Ah bien, je peux
vous en parler depuis bien longtemps, ça fait depuis 2018 qu'il y a cette loi.
Et puis je comprends qu'avec Trump, tout d'un coup, vous pensez que c'est
dangereux. Je veux dire, la dépendance aux multinationales américaines, c'est
un véritable <problème de fond depuis longtemps...
M. Bouazzi :
...la
dépendance aux multinationales américaines, c'est un véritable >problème
de fond depuis longtemps et ces lois-là, les lois antiterroristes, les lois du
CLOUD Act, etc., sont un véritable danger pour notre démocratie depuis
longtemps, effectivement. C'est vous qui, maintenant, y accordez plus
d'importance.
Maintenant, je vais peut-être aller sur...
il y a déjà maintenant deux ans, si je ne me trompe pas, les... il y a un
logiciel de prédiction qui a commencé à ramasser des informations sur tous les
enfants du Québec, à savoir leur genre, leur âge, leur lieu de naissance, leur
code de difficulté d'apprentissage, d'adaptation, de handicap, le langage parlé
à la maison, le résultat scolaire, le redoublement, l'école fréquentée,
l'indice de défavorisation, l'absence, les retards, les troubles de
comportement, etc. Pour rouler de l'intelligence artificielle, est-ce que ces
données continuent à être... à être ramassées sur tous les enfants du Québec?
• (17 h 40) •
Mme Duranceau : Si vous me
permettez, je pense que c'est une question importante, je laisserais la
personne... la bonne personne répondre.
M. Bouazzi : Bien, j'aimerais
bien savoir si vous, Mme la ministre, vous savez qu'on récolte toutes les
données sur tous les enfants du Québec.
Mme Duranceau : Bien, si vous
voulez que je vous réponde, d'abord, je vais obtenir la réponse puis, après
ça...
M. Bouazzi : Allez-y.
Mme Duranceau : Quoi? Vous
voulez qu'il me le dise?
M. Bouazzi : Obtenez la
réponse, je vous attends.
Le Président (M. Laframboise) :
...la procédure. Mme la ministre a le droit de prendre le temps pour prendre...
pour aller chercher la réponse.
(Consultation)
Mme Duranceau : OK. Bon,
bien, écoutez, ce n'était pas sous la juridiction du MCN, c'était un
fournisseur externe qui faisait ça en lien avec l'Éducation...
Une voix : Les garderies.
Mme Duranceau : Les
garderies, c'est Famille, à ce moment-là.
M. Bouazzi : Ce n'est pas
les... ce n'est pas les garderies, c'est dans les écoles primaires, Mme la
ministre.
Mme Duranceau : Ah! écoles
primaires? Bon, excusez-moi, je n'ai pas eu le bon... la bonne précision. Si
vous voulez plus de détails, par contre, je pense que ça serait intéressant
d'entendre les experts sur la question.
M. Bouazzi : Allez-y.
M. Fournier (Yvan) : Bon,
c'est une excellente question. Lorsque ça, ça a été mis à nos... on a été mis
au courant de ça, on a réagi tout à fait comme vous avez réagi : Voyons,
ils se servent de l'IA pour récolter. Alors, on a rapidement validé.
Juridiquement parlant, ce n'était pas sous LGGRI, on n'avait pas de pouvoir,
mais on a discuté avec les gens pour que la sécurité de la donnée soit tout à
fait bien faite et que la future version soit anonymisée. Et, à ce jour, on
attend toujours une orientation de l'éducation, mais leur plan est d'anonymiser
la donnée. Et, même si elles sont anonymisées, ils vont la sécuriser davantage
selon nos commentaires.
M. Bouazzi : Mais comme
l'idée, c'est de prédire la réussite scolaire des gens, j'ai du mal à
comprendre exactement comment tout ceci va être anonymisé. Mais, ceci étant
dit, donc je comprends qu'on est trois ans plus tard, on continue à ramasser
ces données-là. Vous ne savez pas si c'est anonymisé et on continue à rouler de
l'intelligence artificielle sur les données de nos enfants. Et d'ailleurs on
continue de ne pas avoir de «opt-out», c'est-à-dire nous, en tant que parents,
on n'est pas capables de dire : Ne faites pas cette grosse base de données
avec les informations de nos enfants ou, en tous cas, au moins du mien, si
c'est moi qui... on n'est pas capables de faire de «opt-out».
M. Fournier (Yvan) : On n'a
pas parlé de dénomination, mais on a parlé de rendre la donnée anonyme. Donc,
comment ça fonctionne? C'est qu'une fois que la donnée est anonyme, on associe,
par exemple, un numéro à un enfant. Donc, ils vont être en mesure de faire le
même travail sans avoir la vraie donnée, qui pourrait être exfiltré par une
attaque ou quoi que ce soit. Donc, c'est ça, nos recommandations.
M. Bouazzi : Est-ce que cette
intelligence artificielle fonctionne? Est-ce que ça vaut le coup? Parce que,
pour l'éducation de nos enfants, le mieux, c'est de trouver des enseignants,
mais là on a décidé de rouler de l'intelligence artificielle sur les données de
nos enfants et faire une énorme base de données avec toutes les centaines de
milliers d'enfants et toutes sortes d'informations personnelles, y compris sur
les parents, d'ailleurs, parce qu'il y a le divorce ou des choses comme ça.
Est-ce que ça fonctionne? Vous êtes en charge quand même de protéger les
données des Québécoises et Québécois, Mme la ministre.
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, je pense qu'on a répondu à votre question, là. Là, après ça, c'est un
dossier du côté...
M. Bouazzi : Mais, vous, ça
ne vous inquiète pas qu'il y ait une immense base de données avec toutes les
données que je vous ai dit, là, qui sont toutes des... Je ne sais pas si c'est
le pire classement que vous avez du risque, mais c'est clairement dans les
plus... dans les plus importants, là, très, très personnels.
Mme Duranceau : Bien, moi, je
pense qu'il faut s'assurer de la sécurité des données puis de la
confidentialité des données, puis de la protection de l'information... de
l'information personnelle, <ça, c'est certain...
Mme Duranceau :
...confidentialité
des données, puis de la protection de l'information... de l'information
personnelle, >ça, c'est certain.
M. Bouazzi : Et, en trois
ans, ceci n'est pas arrivé, Mme la ministre. Comment vous voulez qu'on pense
que ça va être fait dans l'avenir? Je comprends que vous avez des
recommandations. Je comprends aussi que, les recommandations, pour l'instant, vous
n'avez aucune preuve qu'elles ont été suivies. Donc, on fait quoi? Parce que je
vous avouerai que, moi, utiliser les données des enfants des Québécois, y
compris les miens, pour rouler de l'intelligence artificielle dans une grosse
base de données qui pourrait se faire voler en plus, c'est quelque chose dont
je me passerais. Ça fait qu'à moins que vous me disiez que la réussite de nos
enfants dépend de ça, il faudrait arrêter ce programme, Mme la ministre.
Mme Duranceau : OK. Bien, je
vais vous relancer la question, là. Avez-vous posé la question à la Commission
d'accès à l'information?
M. Bouazzi : Bien, Mme la
ministre, vous êtes ministre du Numérique et de la Cybersécurité, je...
Mme Duranceau : Bien, nous,
on a émis nos recommandations, là, sur ce dossier-là.
M. Bouazzi : Mais vous ne
faites pas le suivi pour savoir si elles ont été appliquées?
Mme Duranceau : Ça, c'est
vous qui dites que je ne fais pas le suivi.
M. Bouazzi : Bien, quel est
le suivi qui a été fait?
Mme Duranceau : Bien, on a un
ensemble de dossiers qu'on suit, dont celui-là.
M. Bouazzi : Quelle est la
dernière fois que vous avez fait le suivi? Je vous dirais...
Mme Duranceau : Bien là, je
suis en poste depuis quoi, là, le 12 avril? Ça fait que je me fais mettre
au courant des dossiers...
M. Bouazzi : Bien, peut-être
quelqu'un autour de vous qui était déjà là depuis longtemps, je reconnais les
visages, peut nous dire, sur la dernière année, en 2025, quel suivi a été fait
sur cette base de données.
Des voix : ...
M. Bouazzi : Donc, il n'y a
aucun suivi.
Mme Duranceau : Un instant.
M. Fournier (Yvan) : Désolé,
je pensais que je n'avais plus d'intervention. Nous, on... comment on est... on
est structuré au gouvernement du Québec, c'est qu'on a...
M. Bouazzi : J'ai très peu de
secondes. Est-ce qu'en 2025 il y a eu un suivi?
M. Fournier (Yvan) : OK. Oui.
Il y a eu un suivi avec le ROCD.
M. Bouazzi : Et est-ce qu'ils
ont fait quelque chose?
M. Fournier (Yvan) : Ils sont
en train d'analyser avec la firme ce qui a été fait pour nous revenir avec un
rapport.
M. Bouazzi : C'est un projet
qui a démarré il y a trois ans, si mes souvenirs sont bons.
M. Fournier (Yvan) : Trois
ans, tout à fait.
M. Bouazzi : Et donc ils sont
à l'étape d'analyse au bout de trois ans?
M. Fournier (Yvan) : Bien, en
fait, ils parlent avec la compagnie pour voir les possibilités de changer
l'architecture pour y arriver. C'est la compagnie privée, là, qui tarde à
arriver avec une proposition.
M. Bouazzi : C'est une très
longue conversation qui contient les données de nos enfants.
Pour le Portail d'inscription aux services
de garde, Mme la ministre, toutes les données, si j'ai bien compris, sont aussi
sur un cloud, sur un cloud étranger américain.
Mme Duranceau : Bien là,
honnêtement, là, est-ce qu'on sait si les données...
M. Bouazzi : Bien, moi, je...
Mme Duranceau : Vous, vous
affirmez ça, là?
M. Bouazzi : Bien, c'est ce
que je comprends.
Mme Duranceau : La même
logique partout, puis on peut vérifier avec la personne en charge de la
sécurité des données, mais on s'assure que les données qui sont... qui sont
classées C sont bien protégées.
M. Bouazzi : Bien, juste pour
être sûr, là, dans les données où on inscrit nos enfants des services de garde,
il y a énormément de données personnelles. Je ne sais pas ce que vous classez C,
mais je comprends que c'est Salesforce qui est utilisé et toutes les données
sont dans le cloud...
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Maurice-Richard, c'est tout le temps que vous aviez. Donc, Mme la
députée de Mont-Royal—Outremont, pour 19 min 16 s.
Mme Setlakwe : Merci. C'est
le dernier bloc déjà. Je vais peut-être passer d'un sujet à l'autre, mais il y
a une question importante que je n'ai pas posée plus tôt quand on parlait de
SIFA puis des avis qui ont émané du MCN puis qui n'ont pas été... qui n'ont pas
été entendus, si on peut dire, c'est-à-dire que le gouvernement a pris une
décision contraire à l'avis du MCN. Est-ce qu'il y a d'autres exemples autres
que SIFA où des avis qui émanent du MCN n'auraient pas été entendus et que,
donc, il y a des projets qui ont été de l'avant à l'encontre des avis du MCN?
Mme Duranceau : Bien là, pas
à ma connaissance. Non, non, non.
Mme Setlakwe : Non. Donc,
SIFA, c'est un cas unique?
Mme Duranceau : Oui. Moi, ce
qu'on me confirme, c'est qu'il n'y en a pas d'autre, là.
Mme Setlakwe : OK. Dans
Lexius, pourquoi il y a un audit? Qu'est-ce qui vous préoccupe dans la Lexius?
Mme Duranceau : Bien, je
pense que c'est les délais, là. À un moment donné, ça fait longtemps. Ce
dossier-là avait été approuvé par Stéphanie Vallée, qui était, hein, du temps
de votre dernier mandat. Donc là, je pense qu'il est judicieux de... puis ça
vient avec les... avec les pouvoirs du MCN, puis qu'il est judicieux de se
poser les questions. Ça ne veut pas dire... à part le temps qui est trop long
dans ce dossier-là, ça ne veut pas dire que... je pense, ne nous mettons pas la
tête dans le sable, il y a des choses à revoir, tu sais, en termes d'expertise
sur le dossier, en termes de gouvernance, de suivi du dossier. Ça fait que je
pense que c'est ce qu'on veut aller clarifier, puis surtout appuyer le
ministère de la Justice, là, dans sa transformation numérique avec les bons...
les bons outils.
Mme Setlakwe : Merci.
Qu'est-ce qui se passe dans le dossier Petal? Est-ce que c'est un dossier <que
vous suivez d'une façon particulière?
Mme Duranceau :
Oui,
un autre dossier de la santé, oui...
Mme Setlakwe :
...que
c'est un dossier >que vous suivez d'une façon particulière?
Mme Duranceau : Oui, un autre
dossier de la santé, oui.
Mme Setlakwe : Vous êtes
impliqué?
Mme Duranceau : Oui, oui,
tout à fait.
Mme Setlakwe : Puis là,
celui-là, il s'appelle comment maintenant?
Mme Duranceau : C'est Votre Santé,
ça fait que c'est un autre... c'est l'autre... l'autre patte du projet dossier
numérique.
Mme Setlakwe : Il y a trois
pattes au projet?
Mme Duranceau : Oui. Donc, Petal,
c'était la solution qui existait, qui avait été mise en place, je pense, à peu
près en même temps que la pandémie pour des rendez-vous, et puis qui est une
solution où on paie une licence à chaque fois... bien, pas à chaque fois, mais,
oui, sur l'utilisation. Puis Santé Québec, encore là, on a une équipe
compétente qui regarde ça puis qui a dit : Bien, je pense qu'on serait
mieux d'avoir une solution où on va détenir le code et où, ultimement, les
coûts d'exploitation seront moindres que ce qu'on a actuellement.
• (17 h 50) •
Mme Setlakwe : Mais là, ici,
est-ce que les avis de votre ministère ont été respectés? Est-ce que vous étiez
en accord avec...
Des voix : ...
Mme Setlakwe : Votre
ministère n'est pas d'accord avec l'arrêt. Est-ce que vous pouvez confirmer ça?
Mme Duranceau : ...pour
clarifier les étapes.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : En
fait, à l'époque, puisque le... ce qu'on appelle l'orchestrateur, était une
composante de Votre Santé, c'était considéré comme un élément technologique,
donc une licence, une composante technologique. Donc, il n'y avait pas de
nécessité pour la Santé d'avoir un dossier d'affaires en bonne et due forme. Ce
qui fait que, lorsqu'ils sont retournés finalement pour remplacer
l'orchestrateur de Petal, ils sont allés en appel d'offres avec un nouveau
projet, puis ce projet-là, donc, n'apparaissait pas dans le tableau de bord.
Puis donc il n'y a pas eu d'autorisation ou de consultation avec le MCN pour
toute la dynamique du remplacement de l'orchestrateur.
Mme Setlakwe : Combien ça
peut coûter, là, dans le futur, là, cette licence?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Bien,
dans le futur, c'est qu'il n'y aura plus de licence, justement. La posture de
Santé Québec, c'est de développer, avec l'aide d'un intégrateur, une nouvelle
solution, dont Santé Québec serait propriétaire pour limiter les coûts de
licences à terme. Maintenant, on n'a pas de visibilité véritablement sur le
coût du développement, etc., les étapes, l'échéancier. On a une certaine
visibilité, mais il est déjà clair que l'orchestrateur devra rester...
l'orchestrateur de Petal devra rester en place un petit peu plus longtemps que
prévu initialement, compte tenu des délais impartis.
Mme Setlakwe : Juste pour
revenir. Donc, l'audit est en cours ou l'audit... puis il sera... il sera rendu
public selon l'engagement de la ministre. Est-ce qu'on...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) :
Oui, la ministre l'a transmis, il a été transmis à Santé Québec. L'audit, la
version finale est en cours... elle est en cours de... on attend les derniers
commentaires de Santé Québec. Puis, quand la ministre le jugera à-propos...
bien, si elle le juge à-propos, il pourra être rendu public.
Mme Setlakwe : J'ai compris
que les... tous les audits qui ont été mentionnés au début de l'étude de
crédits seront rendus publics en... après retrait de quelques informations sensibles.
Mme Duranceau : C'est ça.
Moi, j'ai dit que je n'avais rien à cacher, qu'on va rendre l'information
publique, sauf l'information sensible. Peut-être juste mentionner que Santé
Québec a aussi précisé que cet... ce passage-là, là, de Petal au nouvel... je
ne sais pas comment vous avez appelé ça, là, outil technologique, qu'ils
voyaient des économies de 22 millions par année à faire ça. Donc, d'où
leur... Bien qu'il y avait une solution qui existait, ils en préconisent une
autre parce qu'ils voient les économies. On voit un réel désir de Santé Québec
de gérer les coûts puis d'être plus efficients, là.
Mme Setlakwe : Mais l'avis du
MCN, c'était tout de même de ne pas arrêter.
Mme Duranceau : Bien, ça, il
n'y avait pas d'avis d'arrêter, en fait. Là, l'avis, quand il sera public, on
le verra, là, mais, encore là, c'est... Non, c'est ça.
Mme Setlakwe : Parce que
pourquoi ne pas avoir négocié avec Petal plutôt que de vouloir recréer son IPC
pour des économies?
Mme Duranceau : Ah! bien là,
honnêtement, cet élément-là, il faudrait que je pose la question à Santé
Québec, qui a... tu sais, qui a dû évaluer les deux options, là, j'imagine.
Mme Setlakwe : Là, est-ce que
vous connaissez la position de Santé Québec par rapport au projet de refonte de
l'orchestrateur?
Mme Duranceau : Qu'est-ce que
vous voulez dire?
Mme Setlakwe : Ils sont
d'accord? Ils sont... C'est quoi, leur position sur la...
Mme Duranceau : Bien, ça
vient...
Mme Setlakwe : ...sur la
refonte de l'orchestrateur?
Mme Duranceau : Bien, je
pense que ça vient d'eux, là. Vous voulez dire de changer de technologie, là?
Mme Setlakwe : Oui.
Mme Duranceau : Oui, ça vient
d'eux. Donc...
Mme Setlakwe : OK. Donc, on
va attendre de... on va attendre l'audit. Vous pensez qu'il va être rendu
public à quel moment?
Mme Duranceau : Bien là, on
est dans le... on est dans les derniers milles d'analyse.
Mme Setlakwe : OK. Est-ce que
le MCN a été impliqué dans l'appel d'offres de la nouvelle solution?
Mme Duranceau : Non. Non.
Mme Setlakwe : Non? <Donc,
parce que...
Mme Setlakwe :
...est-ce
que le MCN a été impliqué dans l'appel d'offres de la nouvelle solution?
Mme Duranceau :
Non.
Mme Setlakwe :
Non?
>Donc, parce que ce n'était pas jugé... ça n'excédait pas le seuil de
matérialité que vous....
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Ça
fait le lien, Mme la députée, avec votre intervention sur l'intervention du
MCN, potentiellement dans des stratégies, finalement, de...
Mme Setlakwe : Oui,
d'acquisition.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) :
...d'acquisition. Donc, si ça avait été un projet qualifié, il y aurait eu un
DO, un DA, puis là on aurait pu se prononcer sur la pertinence ou non de
retourner en appel d'offres pour le changer. Mais, compte tenu que ça n'a pas
été le cas, parce que c'est une composante technologique, le MCN n'a eu aucune
visibilité sur l'ensemble du processus. Par la suite, lorsqu'on a lancé un
appel d'offres sur l'ensemble du programme, c'est à ce moment-là qu'en faisant
l'analyse de la partie Votre Santé, en creusant l'ensemble, qu'on s'est rendu
compte qu'il y avait eu cette dynamique de changement d'orchestrateur, etc.,
pour laquelle nous n'avions pas été impliqués. Et, si on l'avait été, peut-être
qu'on aurait eu des commentaires, mais ça, c'est hypothétique.
Mme Setlakwe : Mais là, si
c'était à refaire, vous, avec ce que vous connaissez du dossier, Mme la
ministre, est-ce que vous auriez souhaité que le MCN soit impliqué?
Mme Duranceau : Bien là, ce
dossier-là n'est pas problématique, là, de ce que... de ce que j'ai vu. Tu
sais, il y a eu un appel d'offres, c'était sur SEAO. Ça, c'est public. Là,
après ça, c'est vraiment de se questionner : Est-ce qu'à chaque projet
puis pour chaque composante... Tu sais, il y a l'autonomie ministérielle, il y
a le MCN. Là, c'est sûr que tu peux avoir des avis divergents. Tu sais, il
faut... Ça fait partie de toute la gouvernance, là. Est-ce qu'à chaque projet
il va falloir que le MCN se prononce? Je pense que ça va dépendre de l'ampleur,
ça va dépendre des répercussions. On ne peut pas non plus tout centraliser par
le MCN. Tu sais, son rôle, c'était de donner un avis, mais il demeure qu'on a
laissé, dans l'état actuel du droit, là... puis on a laissé l'autonomie dans
chaque ministère.
Mme Setlakwe : ...combien d'argent
a été... Vous dites que ce n'est pas problématique, mais, au fil des ans, il y
a eu de l'argent qui a été investi dans la première mouture. Il y a eu beaucoup
de... il y a eu une revue de presse assez extensive, là.
Mme Duranceau : Bien, il y a...
Mme Setlakwe : Vous qualifiez
quand même ce dossier-là de non problématique? Combien d'argent a été... a été
investi dans la première mouture?
Mme Duranceau : Là, un
instant.
(Consultation)
Mme Duranceau : Ça fait que le
premier contrat avec Petal, c'est une valeur de 36 millions. On n'est pas
propriétaires de la solution. OK. Puis c'est un premier contrat qui avait été
adopté le 15 juillet 2020.
Mme Setlakwe : Est-ce que ça
se peut que ça avoisine 100 millions de dollars?
Mme Duranceau : Bon, il y a
plusieurs contrats, là, c'est ça. Ça fait que j'ai 36, 57... On est autour de
90, là, de ce que je vois ici, là. C'est 20 millions par année sur... au
niveau de l'exploitation, c'est ça.
Mme Setlakwe : C'est assez
substantiel comme... comme montant investi, là. On est en droit de se demander
comment ça qu'il n'y a pas une analyse comparative des différentes solutions
qui... Je pense que ce serait important que ce soit mis de l'avant, que ce soit
rendu public pour que la population comprenne pourquoi on passe à autre chose.
Mme Duranceau : Quoi, exactement?
Mme Setlakwe : Bien, elle est
où, l'analyse comparative des solutions?
Mme Duranceau : Bien, Santé Québec
l'a fait, là, l'analyse comparative. Là, je ne l'ai pas ici, là. Tu sais, l'ensemble
de l'oeuvre, c'est 150 millions. Ils ont obtenu des services en
contrepartie, puis là, bien, ils choisissent d'aller vers une autre... une
autre technologie, puis ils pensent qu'ils vont sauver 22 millions par
année, malgré ce changement de technologie là.
Mme Setlakwe : OK. Donc là,
l'appel d'offres, initialement, c'était bien en 2020? Est-ce que... ou, c'est-à-dire,
l'octroi du contrat initial, est-ce que ça a été fait avec l'appel d'offres ou
sans appel d'offres?
Une voix : De gré à gré.
Mme Setlakwe : Donc, de gré à
gré, donc sans appel d'offres.
Une voix : Durant la
pandémie.
Mme Setlakwe : Oui, durant la
pandémie, <il y a bien des choses qui ont été faites...
Mme Setlakwe :
Donc,
de gré à gré, donc sans appel d'offres.
Une voix :
Durant
la pandémie.
Mme Setlakwe :
Oui,
durant la pandémie, >il y a bien des choses qui ont été faites, mais...
Donc, on parle de plus de 100 millions, sans appel d'offres, puis là, cinq
ans plus tard, on change de direction.
Mme Duranceau : Bien là...
Bien, ce qu'on m'indique, c'est que, tu sais, il y a beaucoup un coût de
licence dans ça, là. Ce n'est pas de l'infrastructure sur laquelle on investit,
du moins pas l'ensemble de l'oeuvre, là.
Mme Setlakwe : Les licences
de Petal, à chaque année, coûtent combien?
• (18 heures) •
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Petal,
il y a des frais de licence, mais il y a aussi un support, hein? Parce qu'on
comprend que la... en fait, l'orchestrateur est implanté dans toutes les
cliniques médicales, à toutes fins pratiques, puis permet de trouver des
rendez-vous où est-ce qu'il y a des disponibilités puis d'offrir aux citoyens
des plages de rendez-vous. Donc, ça présuppose un support aussi qui est inclus
dans les coûts pour supporter les cliniques médicales si jamais il y a des
implantations ou des problématiques, etc. Donc, faire une comparaison entre le
dossier A puis le dossier B, en termes de coût, on n'a pas cette capacité au
MCN parce qu'on n'a pas la visibilité sur la stratégie qui a été utilisée ou
déterminée. C'est Santé Québec qui pourrait répondre à la question.
Mme Setlakwe : Bon. Alors, je
pense qu'il y a beaucoup de réponses à venir dans ce dossier-là.
Mme Duranceau : Oui, puis il
y a... il y a surtout beaucoup de changements à la gouvernance à venir aussi,
pour éviter d'autres dossiers comme ceux-là, où...
Mme Setlakwe : Ça commence à
en faire beaucoup, là, des dossiers...
Mme Duranceau : Bien, je
pense, c'est les... ça n'en fait pas tant que ça, là. On a les dossiers de
Santé puis on a Lexius du côté du MJQ, puis je ne pense pas que c'est la même
chose, là.
Mme Setlakwe : Puis celui en
famille, est-ce que...
Mme Duranceau : Hein?
Une voix : ...
Mme Duranceau : C'est ça,
puis on ne parle pas de ce qui va bien.
Mme Setlakwe : Celui en
famille, il y a des... il y a des dépassements de coûts importants.
Mme Duranceau : Lequel?
Mme Setlakwe : En famille, le
portail, là, 0-5 ans, ou ce qui permet aux familles d'inscrire leurs
enfants en garderie.
Mme Duranceau : Bon,
dépassements de coûts, mais?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Bien,
j'y vais de mémoire. Des fois, les dépassements de coûts sont considérés, dans
les circonstances, pouvant être raisonnables. De mémoire, c'est de l'ordre de
30 % en termes de dépassements de coûts pour un projet, finalement, qui
était un petit peu plus long, un petit peu plus compliqué à mettre de l'avant,
donc il a été retardé de presque un an pour s'assurer que... justement, que le
lancement serait un lancement sans accroc, ce qui a été le cas. Et, là-dessus,
le MCN est intervenu pour faire des demandes additionnelles en cours de
processus pour ne pas que le projet soit relâché trop rapidement, entre autres
au niveau des éléments de cybersécurité. Ça fait qu'on a pu, même nous, en
faisant ça, induire des dépassements de coûts pour s'assurer que la solution
allait être adéquate au moment du lancement, ce qui a été le cas.
Le cas de la CCQ est un autre cas où il y
a un dépassement de coûts de significatif, mais, en réalité, c'est un projet
énorme qui a été livré à la satisfaction des différentes parties prenantes. Puis,
pour nous, c'est important aussi. Un peu comme le disait la ministre, il faut
qu'une fois que ce soit lancé, ça fasse la job, comme on dit. Alors, les
dépassements de coûts, des fois, peuvent s'expliquer.
Mme Duranceau : Bien, je
pense que j'aimerais ça juste commenter deux petites secondes sur les
dépassements de coûts. Puis, tu sais, moi, là, au Trésor, je les surveille, les
coûts, puis, comme citoyenne aussi, là. Tu sais, je n'en veux pas, des
dépassements de coûts. Mais il y a beaucoup de choses qu'on appelle des... pour
les lire, les dossiers, il y a beaucoup de choses qu'on appelle dépassements de
coûts dans les dossiers informatiques. Puis l'AMP le dit dans son rapport, les
coûts ne sont pas bien évalués du début, puis la portée puis les besoins, ils
ne sont pas bien évalués, puis les bénéfices attendus non plus.
Donc, qu'est-ce que ça fait? Après ça, tu
regardes ça en rétrospective, puis tu te dis : Bien, ce que vous avez dit
que ça coûterait au début, ce n'est pas ça en bout de ligne. Donc, je pense que
la gouvernance va être revue, maturité numérique des organisations. S'ils ne
connaissent pas ça, ce n'est pas eux qui le font. Donc, tout ça... Là, nous, on
est le gouvernement qui hérite de plein de dossiers puis qui est dans la pleine
maturité au développement numérique, puis, avec l'IA, on va en avoir plein. Il
faut être plus structuré, puis c'est ce qui s'en vient dans les prochaines
semaines.
Mme Setlakwe : Le temps... le
temps commence à manquer, là, pour faire tous ces changements-là. Vous
dites : La gouvernance doit changer. Vous avez fait souvent allusion au
rapport de l'AMP. Puis je comprends que vous n'êtes pas là depuis longtemps,
là, dans vos fonctions actuelles pour lesquelles on échange, mais je ne peux
pas m'empêcher de dire, avec tout respect, on dirait que vous parlez... vous en
parlez un peu comme à la troisième personne, comme si vous ne faisiez pas trop
partie de ces dossiers-là. Il faut changer les choses, il faut changer les
choses. Moi, sur ma chaise, je vais le dire avec beaucoup d'assurance, ça fait quand
même <huit ans que le gouvernement...
>
18 h (version révisée)
<19285
Mme
Setlakwe :
...Moi, sur ma chaise, je vais le dire avec beaucoup
d'assurance : Ça fait quand même >huit ans que le gouvernement
de la CAQ est au pouvoir. Avec toutes les critiques qui avaient été faites par
le précédent ministre, là, à l'époque, qui était député dans l'opposition, le
député de La Peltrie, le shérif, comme on l'a... comme... je ne sais plus qui l'avait
baptisé comme ça, là, mais il allait, donc... il allait, donc, tout changer.
Puis, plusieurs années plus tard, on est en train d'avoir un échange où, encore
une fois, on entend : Bien, il faut changer les choses, il faut mieux
partir les projets. Il y a quand même beaucoup de projets qui ont été partis
sous la CAQ depuis que la CAQ est au pouvoir.
Avec le temps qu'il me reste, moi, j'aimerais
venir revenir quand même sur des contrats, à moins que vous vouliez réagir,
quand même.
Mme Duranceau : Juste ajouter,
il y en a beaucoup qui ont été partis puis il y en a beaucoup qui ont bien été.
Le député d'Orford le mentionnait, là, un paquet de projets qui sont sortis en
bas des budgets. Évidemment, on parle juste de ceux qui ne vont pas bien. Moi,
je suis là depuis un mois puis j'aligne les affaires, puis il y a beaucoup
de travail à faire. On a quand même été le gouvernement qui a créé le MCN. On a
demandé, en amont, à l'AMP de nous donner des recommandations, on a déclenché
la commission d'enquête sur Gallant. Alors, ce n'est pas parfait, mais je pense
qu'il y a beaucoup de gestes qui ont été posés pour améliorer les choses. Puis
ça fait... le rapport de l'AMP, ça fait 15 ans que les dossiers
informatiques, ce n'est pas optimal, là.
Mme Setlakwe : Comment vous
expliquez qu'il y ait encore des contrats de gré à gré, là, qu'on a de la
difficulté à suivre? Je regarde les réponses qui nous ont été données ou de...
nos recherches dans le SEAO, un contrat de 41 millions conclu de gré à
gré, donc sans appel d'offres, pour de l'infonuagique. 41 millions.
Mme Duranceau : Oui. Bien, si
c'est déjà dans le... Parce qu'il y a des appels d'intérêt qui sont faits pour
le courtier infonuagique. À partir du moment où c'est dans les entreprises qui
sont présélectionnées, qui font partie de l'offre du courtier infonuagique, l'appel
d'offres, lui, devient direct avec les fournisseurs présélectionnés et qui se
sont qualifiés en matière de cybersécurité de qualité.
Mme Setlakwe : C'est Azure,
oui...
Le Président (M. Laframboise) :
...de Mont-Royal—Outremont, c'est tout le temps que nous
avions. Maintenant, M. le député de Joliette, pour 7 min 15 s.
M. St-Louis : Merci beaucoup,
M. le Président. Mme la ministre, j'aimerais qu'on revienne, justement, sur la
souveraineté numérique, le nuage gouvernemental. Donc, depuis mai 2024, le
nuage est accessible aux ministères et aux organismes publics. C'est une
infrastructure sécurisée, conçue spécifiquement pour héberger les données
sensibles de l'État, située au Québec, dans des centres de données sous la
responsabilité de l'État, répliquée par plusieurs sites pour en assurer la
résilience.
Ma question, Mme la ministre : Le
nuage gouvernemental représente un jalon important pour la souveraineté
numérique, pouvez-vous nous expliquer en quoi cette structure protège les
données des Québécois et des Québécoises et de quelle façon elle positionne le
Québec pour les défis numériques à venir?
Mme Duranceau : Bon. Je pense
qu'on a... on a signifié, là, que c'était important pour nous, la souveraineté
numérique, énoncé de souveraineté numérique en décembre dernier. Puis je vais
laisser M. Goulet préciser, de manière plus technique, je pense, ça peut être
intéressant.
M. Goulet (Sylvain) : Oui,
tout à fait. Donc, le nuage gouvernemental, il est en place depuis 2024,
accessible à la clientèle. Il est conçu, dès le départ, pour héberger les charges
sensibles du gouvernement du Québec. C'est une offre de services que les
ministères et organismes peuvent consommer en mode libre-service, donc, comme
les services qu'ils consomment auprès des fournisseurs d'infonuagique. C'est
sous la responsabilité des équipes du MCN. Donc, c'est gouverné par les gens à
l'interne, chez nous, donc on a le contrôle sur cette infrastructure-là, sur l'offre
de services. En somme, les infrastructures sont implantées dans trois sites,
évidemment, situés au Québec, qui sont exploités, encore une fois, par nos
équipes sur les trois sites.
Les processus qu'on a mis en place suivent
les meilleures pratiques. Les processus sont exécutés conformément aux normes
dans l'industrie, donc ISO 27001 puis CIDSS notamment. Les consoles d'administration
du nuage, évidemment, ne sont pas exposées à l'Internet, donc ça diminue la
surface d'attaque. Donc, c'est un avantage significatif pour cet actif-là.
De façon plus spécifique, bien,
évidemment, on gère à partir d'une zone qui est complètement isolée. Donc, l'utilisation
des services par nos exploitants est limitée, et c'est accessible uniquement
par nos réseaux gouvernementaux. Donc, à cet égard-là, avantage certain, c'est un
environnement isolé, sécurisé. On fait une gestion indépendante et spécifique
de cette zone-là. On gère évidemment tout ce qui est accès privilégié,
mécanisme d'authentification multifacteur <notamment...
M. Goulet (Sylvain) :
...multifacteur
>notamment. On a mis en place des mécanismes de journalisation qui sont
performants. On a également une infrastructure d'émission de certificats qui
est propre au nuage gouvernemental. En somme, là, je vous dirais
qu'actuellement, en plus, on procède à des tests d'intrusion. On fait des
balayages de vulnérabilités périodiques pour s'assurer qu'on respecte les
standards de sécurité. Je mentionnerais également que la Sûreté du Québec effectue
des enquêtes de sécurité au niveau des ressources qui ont accès au nuage
gouvernemental. Donc, à cet égard-là, c'est également contrôlé.
Donc, on a une offre de services qui est
publiée sur Québec.ca, qui comprend des services d'infrastructure en tant que
services. Il y a deux moutures disponibles actuellement dans l'offre. On a
également un service de stockage d'objets qui est disponible pour, notamment,
aller placer des grands volumes de données, des copies de sécurité
inaltérables, par exemple. Et on travaille également à faire évoluer le nuage avec
une nouvelle plateforme où on va offrir d'autres services sous forme de
services de plateforme. M. Le Bouyonnec mentionnait notamment qu'ils vont
servir à des outils de développement qu'on entend rendre disponibles à la
communauté gouvernementale. Donc, en somme, c'est un actif qui est là, il est
disponible, donc, il est là pour appuyer la transformation numérique en
considérant tous les enjeux liés au contexte géopolitique, souveraineté
numérique.
• (18 h 10) •
Le Président (M. Laframboise) :
Il reste trois minutes.
M. St-Louis : Mme la
ministre, tantôt, vous avez parlé de ce qui fonctionne bien, naturellement,
c'est la prérogative des oppositions de souligner ce qui ne va pas bien.
J'aimerais vous entendre sur le service, le SAG, le Service d'authentification
gouvernementale. Je pense que ça, c'est un bon exemple de ce que... l'économie
d'échelle à moyen terme puis le service, qui est de plus en plus utilisé, de
plus en plus populaire.
Mme Duranceau : Oui, bien,
effectivement, le SAG, on en parle peu, là, mais 3,6 millions de
Québécoises et Québécois qui ont déjà validé leur identité sur le SAG, ça
fonctionne superbien. Moi-même, pour aller chercher mon avis de cotisation
dernièrement, Revenu Québec, j'ai tout fait le processus moi-même, et ça a
très, très bien fonctionné. Et ça va devenir la porte d'entrée, tu sais, parce
qu'on en a-tu assez, des mots de passe puis des sites où il faut... il faut accéder,
là. Donc là, on va avoir une porte d'entrée sécurisée pour les différents
ministères ou différents points de service du gouvernement. Ça fait que je
pense que ça, c'est superpositif. Et, bien, malheureusement, ça, on n'en a pas
parlé. Ça fait que, quand on me demande : Est-ce que tu es satisfaite du
MCN? Avec le mois et demi, là, ou, à peine, le mois et 10 jours où j'ai
été là, bien, ça, j'ai compris que c'était un projet qui avait superbien
fonctionné. D'ailleurs, je laisserais M. Fournier commenter parce qu'il était
aux premières loges lors du déploiement.
M. Fournier (Yvan) : Alors,
merci de la question. On espérait pouvoir parler de ce beau succès là. Alors,
le SAG, évidemment, va générer plus de 50 millions de bénéfice annuel. Il
sert surtout... puis Mme la ministre l'a bien expliqué, c'est de permettre aux
citoyens d'avoir une seule authentification pour tous les services
gouvernementaux. Actuellement, on a plus de 33 services, qu'on appelle une
PES, la prestation de services qui sont connectés. Ça va vraiment très, très
bien. Bonne nouvelle, on parlait de souveraineté numérique tout à l'heure,
c'est un produit développé à Québec par des programmeurs de Québec, tous des
employés du MCN. On a évidemment un partenaire qui vient nous aider, là, pour
accélérer le rythme. Donc, c'est 100 % souverain. Aujourd'hui, il est
hébergé dans l'infonuagique, on le ramène localement au NGQ dans les prochains...
prochains mois.
Alors, c'est la preuve qu'on est en
mesure, au gouvernement du Québec, d'en faire des projets souverains avec du
code ouvert dans lequel on est mesure de le... excusez l'anglicisme, de le
challenger, pour s'assurer qu'il répond à tous les besoins. Ça fait que, donc,
ça protège mieux l'information du citoyen. Puis on arrive... là, on... avec le
sous-ministre, on a un projet de plan triennal pour le faire grandir, et on a
des... vraiment des belles caractéristiques modernes pour que le citoyen, ce
soit encore plus simple pour lui lorsqu'il veut s'identifier et accéder à des
services multigouvernementaux du Québec et hors Québec.
M. St-Louis : Je vous
remercie.
Adoption des crédits
Le Président (M. Laframboise) :
...merci beaucoup. Merci, Mme la ministre et toute votre équipe. Merci,
collègues. Le temps alloué à l'étude des crédits budgétaires de portefeuille
Cybersécurité et Numérique étant presque écoulé, nous allons maintenant
procéder à la mise aux voix des crédits.
Le programme 1, intitulé Direction et
administration, est-il adopté?
Des
voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté sur division. Le programme 2, intitulé Gestion des ressources
informationnelles spécifiques, est-il adopté?
Des
voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté sur division. Le programme 3, intitulé Internet haute <vitesse...
Le Président (M. Laframboise) :
...Internet haute >vitesse et projets spéciaux de
connectivité, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Laframboise) : Adopté
sur division. Finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille
Cybersécurité et Numérique pour l'exercice financier 2026‑2027 est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Laframboise) : Adopté
sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Compte tenu de l'heure, la commission,
ayant accompli son mandat, ajourne ses travaux sine die. Merci.
(Fin de la séance à 18 h 15)