Journal des débats (Hansard) of the Committee on Institutions
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
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Thursday, April 27, 2023
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Vol. 47 N° 20
Étude des crédits budgétaires du ministère des Finances, volet Relations avec les Québécois d'expression anglaise
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Intervenants par tranches d'heure
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Bachand, André
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Kelley, Gregory
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Kelley, Gregory
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Bachand, André
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Girard, Eric
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Zaga Mendez, Alejandra
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Girard, Eric
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Kelley, Gregory
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Bachand, André
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Zaga Mendez, Alejandra
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Kelley, Gregory
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Bachand, André
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Girard, Eric
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Boivin Roy, Karine
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Lemieux, Louis
14 h 30 (version révisée)
(Quatorze heures cinquante-neuf minutes)
Le Président (M.
Bachand) :Bonjour, tout le monde. Bon
après-midi. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des
institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude détaillée du... du volet Relations avec les Québécois d'expression
anglaise des crédits budgétaires du portefeuille Finance pour l'exercice
financier 2023-2024. Une enveloppe de 1 h 30 min a été allouée
pour cette étude de crédits.
Avant de débuter, Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Asselin (Vanier-Les Rivières) est remplacé par M. Tremblay
(Dubuc); Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), par M. Sainte-Croix
(Gaspé); M. Morin (Acadie), par M. Kelley (Jacques-Cartier); M. Zanetti
(Jean-Lesage), par Mme Zaga Mendez (Verdun).
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Nous allons
donc procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'échanges incluant
les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à
la fin du temps qui leur alloué, soit vers 16 h 30.
Donc, il me fait plaisir de céder la
parole au député de Jacques-Cartier pour une période de 18 min 26 s.
M. le député, s'il vous plaît.
• (15 heures) •
M. Kelley : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour à tous mes collègues. Bonjour, M. le
ministre. Bonjour à votre équipe et les fonctionnaires qui sont avec vous, que
je connais un petit peu. Merci pour votre travail, pour toute la préparation
qui a été faite pour l'exercice des études des crédits. Il y a beaucoup de
notes dans le cahier.
J'ai hâte de vraiment de commencer notre
discussion parce qu'il y a plusieurs enjeux devant la communauté de l'expression
anglaise qui sont très importants. Puis je suis content, M. le ministre, que c'est
vous qui... qui êtes en charge de ce dossier parce que vous avez aussi la
responsabilité d'être le ministre des Finances. C'est sûr qu'autour de la table
de le Conseil des ministres vous avez un rôle extrêmement important. Puis j'espère
que vous êtes capable aussi d'aider la communauté d'expression anglaise dans
certains secteurs où je pense qu'on peut faire...
15 h (version révisée)
M. Kelley : ...d'aider la
communauté d'expression anglaise dans certains secteurs où je pense qu'on peut
faire des gains importants pour la communauté, mais je veux juste commencer sur
un sujet, parce que, je pense, c'est important pour la communauté et pour le
Québec et la démocratie en général, et je veux juste avoir peut-être un petit
peu de votre opinion ou vision sur l'avenir des médias anglophones... des médias
en général au Québec. Particulièrement, je pense un petit peu à qu'est-ce qu'on
a vu avec la Gazette. Ce n'est pas facile. Je peux penser aussi à des
autres médias qui existent au Québec, comme le Sherbrooke Record, mais,
quand même, dans les dernières couple d'années, on a vu des coupures à des
autres places, des médias, et je peux penser un petit peu à CTV, CJAD, et, quand
même, des fois, ce n'est pas facile pour CBC Montréal, Global.
Bref, c'est important de rappeler, pour
la communauté d'expression anglaise, que les médias qui viennent du Québec, des
journalistes qui comprend le Québec, c'est très important pour la communauté.
On ne veut pas juste des nouvelles qui viennent de Toronto puis qui se passent
dans le reste du Canada.
Alors, je veux savoir un petit peut,
peut-être, la... qu'est-ce que le ministre pense de la vitalité... les médias
de la communauté expression anglaise. Est-ce qu'il y a des façons que le
secrétariat peut aider dans les discussions pour s'assurer le succès de ces
médias? Parce que c'est très important, il y a des programmes de journalisme, à
Concordia, des jeunes, présentement, qui veut poursuivre une carrière en
journalisme. Alors, je veux juste entendre le ministre là-dessus.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Girard (Groulx) : Merci. Et,
M. le Président, on suit la tradition, les longueurs des échanges symétriques?
Le Président (M.
Bachand) :S'il vous plaît. S'il vous
plaît.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Et merci au député... vous êtes le député de...
M. Kelley : ...
M. Girard (Groulx) : Jacques-Cartier.
J'allais dire «Robert-Baldwin», mais je savais que ce n'était pas
Robert-Baldwin. Alors, merci. Merci pour la question. En fait, les médias
jouent un rôle très important dans la société, et on apprécie, et on valorise
leur contribution à la démocratie.
Et donc le ministère des Finances a amené
deux crédits d'impôt qui visent à aider l'ensemble des médias. Alors, il y a un
crédit d'impôt à la transformation technologique, pour aider les journaux à se
numériser, puis il y a un crédit d'impôt basé sur la masse salariale, puisque
la masse salariale est le coût d'opération le plus élevé des médias. Alors, ces
crédits d'impôt là sont disponibles pour tous les médias, incluant, bien sûr,
ceux de langue anglaise. Et, si votre question est plus philosophique, qu'est-ce
que je pense de l'importance des médias anglophones au Québec, la réponse, je
pense, c'est qu'ils sont très importants. Et, oui, c'est important que la Gazette
soit présente, et je pense qu'elle a prouvé durant, notamment... durant la
pandémie, toute la qualité de ses... toute la qualité de la tradition
journalistique qui est là. Et puis je connais moins le Record, auquel vous avez
référé, mais moi, j'ai beaucoup de respect pour le travail des journalistes, et
ça inclut les médias anglophones. Et nous, on essaie d'avoir une position
neutre, par rapport à ça, ce sont les crédits d'impôt.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup. Puis c'est un dossier en évolution, je comprends très, très bien, la
situation change pratiquement chaque mois. Il y a la compétition avec les
médias sociaux, et tout ça. Je comprends, merci pour votre réponse, puis on va
suivre de près, mais une autre chose que je veux discuter avec le ministre, c'est
la question de l'intégration au marché du travail de la communauté d'expression
anglaise puis, vraiment, l'employabilité des membres de la communauté d'expression
anglaise.
Je sais que votre ministère a reçu,
pendant la consultation de le budget plusieurs documents, documents des
différents groupes de la communauté d'expression anglaise, mais une... et je ne
sais pas si vous avez eu la chance encore de rencontrer ce groupe, mais... la Table
ronde provinciale sur l'emploi, puis eux autres ont plusieurs suggestions très,
très intéressantes, mais aussi des chiffres qui sont un petit peu inquiétants.
Et ce n'est rien de nouveau, M. le ministre, que, dans certaines régions du
Québec, le gap entre les francophones puis les anglophones, en termes de le chômage,
c'est plus élevé pour les anglophones. Je pense spécifiquement... comme dans la
région des Îles-de-la-Madeleine puis la Gaspésie, c'est une réalité depuis
plusieurs années, mais eux autres... On a des chiffres de 2016, je pense
qu'avec le dernier recensement, on va voir plus d'informations. C'est <sûr...
M. Kelley :
...des
chiffres de 2016, je pense qu'avec le dernier recensement, on va voir plus
d'informations. C'est >sûr qu'il y a eu une évolution, mais, quand même,
je m'en doute, que le gap a probablement fermé complètement.
Bien, eux autres ont une couple de
solutions qui sont sur la table, mais une chose qui revient souvent, c'est
l'accès à de la formation et les cours en français. J'imagine, M. le ministre,
vous vous souvient que j'ai déposé un projet de loi pour modifier la Charte de
la langue française pour rendre les cours en français gratuits pour tout le
monde sur le territoire du Québec, mais, quand même, dans le mémoire qu'ils ont
déposé pour vous pendant la période de la consultation prébudgétaire, ils ont
souligné que ça demeure toujours un défi. Il y a beaucoup d'argent qui a été
mis de l'avant pour la francisation des immigrants, mais l'accès pour la
communauté d'expression anglaise demeure difficile.
Je sais qu'il y a certains articles qui
étaient dans le projet de loi n° 96, là-dessus, mais je veux juste savoir :
est-ce qu'il y a eu des avances? Puis aussi, depuis qu'il est rendu comme
ministre, est-ce qu'il a regardé un petit peu la question, commencé à discuter
avec les experts sur le terrain sur comment on peut s'assurer que tous les
membres des communautés d'expression anglaise sont pleinement employés dans la
province puis on peut, peut-être, fermer des gaps dans certaines régions du
Québec où on voir une différence pas mal significante entre les deux
communautés?
M. Girard (Groulx) : Bon.
Alors, merci de souligner ce fait qui est peu connu, parce qu'on a souvent
tendance à... lorsqu'on parle de la communauté d'expression anglaise au Québec,
on a souvent tendance à penser à Montréal. Et, oui, il y a une proportion
importante de la population qui est à Montréal, mais il y a des anglophones
dans toutes les MRC du Québec, et c'est certain que le phénomène auquel vous
référez, où le taux de chômage des Québécois d'expression anglaise est plus
élevé que des autres Québécois, c'est beaucoup associé aux 45 % de
Québécois qui sont en dehors de l'île de Montréal ou de la région de Montréal.
Et ce phénomène-là, il est peu connu, mais il est réel.
Ce que vous dites, je suis parfaitement
d'accord avec ça, et on a une responsabilité envers la communauté anglaise, de
lui donner accès, par exemple... l'aider à l'accès à la fonction publique
québécoise. J'ai rencontré l'organisme communautaire dans le cadre des
consultations budgétaires. Et puis on a mis des sommes, à peu près
1,4 million, pour ça, en 2022‑2023, mais je pense que là où c'est très
prometteur, c'est Francisation Québec, qui va être créé par la ministre de
l'Immigration. J'ai donné des fonds pour ça dans le dernier budget, et
Francisation Québec aura un volet immigration, mais les cours gratuits seront
disponibles pour la communauté d'expression anglaise.
Et bref, l'économie du Québec est
performante, nous sommes au plein emploi, il serait vraiment mal avisé de ne
pas utiliser tous les gens qui sont ici et qui veulent travailler. Et vous avez
raison de souligner que la communauté anglaise en région a un taux de chômage
plus élevé que la moyenne du Québec.
M. Kelley : Parfait, M.
le ministre. Et est-ce que vous avez une idée c'est quoi, l'échéancier pour ce
programme qui va être créé par Immigration... par votre... Francisation Québec?
• (15 h 10) •
M. Girard (Groulx) : Laissez-moi
regarder mon budget. Ça, c'est dans la section économique.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Comment?
Une voix : B.66.
M. Girard (Groulx) : B.66.
OK. Alors là, je réfère au budget, M. le député de Jacques-Cartier, alors...
Non, ça, c'est la régionalisation des immigrants. Francisation Québec, B.65.
Francisation Québec, alors il y a 42 millions par année, pour un total de
213 millions. Ça commence dès cette année. Alors, les sommes ont été
allouées dans le dernier budget, et là on est dans la mise en application de cela,
et ces cours-là seront disponibles pour les immigrants, mais aussi pour les
membres de la communauté anglophone du Québec. Ce sera comme un guichet unique
d'accès à des cours de français. Il y aura aussi... ce n'est pas le sujet
d'aujourd'hui, M. le Président, mais il y aura aussi la possibilité de suivre
des cours avant d'immigrer au Québec.
M. Kelley : Parfait.
C'est important, c'est sûr, la question et puis le volet pour les immigrants,
mais je veux souligner que c'est très important qu'encore c'est accessible pour
tout le monde qui... vous... vient de <confirmer...
M. Kelley :
...je
veux souligner que c'est très important qu'encore c'est accessible pour tout le
monde qui... vous... vient de >confirmer. Puis aussi, votre
sous-ministre adjoint, il siège sur un comité interministériel de francisation
du Québec, alors je veux juste s'assurer aussi que, le moment que c'est lancé,
on va peut-être aussi avoir une campagne publicitaire pour... mais en anglais,
juste parce que, souvent... C'est sûr que, sur le terrain, présentement, il y a
des places pour prendre un cours en français, mais, des fois, des gens ne
savent pas où aller exactement, puis ça, c'est une plainte que j'ai entendue
souvent sur le terrain.
Alors, si le plan de communication du
gouvernement peut inclure des messages en anglais puis faire de la promotion...
Moi, je veux juste s'assurer que c'est un succès, parce que je pense que, le
moment que c'est disponible, les gens vont l'utiliser, mais il faut aussi
s'assurer que le secrétariat peut faire un suivi avec les chiffres pour savoir :
est-ce que la communauté utilise ces ressources-là?
M. Girard (Groulx) : Bien, on
va faire le suivi. Là, d'abord, la ministre doit créer Francisation Québec et
livrer sur le terrain, mais on crée des services pour qu'ils soient utilisés et
on... C'est certain qu'il va falloir aller rejoindre la communauté. Pour les
plus jeunes, on a... c'est peut-être un peu plus simple, on a nos institutions
d'enseignement, mais vous avez raison que, pour les personnes qui ne
fréquentent pas les milieux scolaire ou académique, il faudra faire connaître
nos programmes.
M. Kelley : Parfait. Et un
autre document que, j'imagine, vous avez vu ou votre équipe a vu, ça a été
déposé par Y4Y, Youth for Youth, c'est une organisation qui travaille avec la
communauté des jeunes d'expression anglaise. Eux autres ont déposé un document
pour la consultation prébudgétaire, puis il y a une chose qu'ils ont dit encore.
On vient d'avoir la discussion sur l'accès aux cours et la formation en
français, mais aussi c'est : comment on peut envoyer un message à nos
jeunes qui ont une barrière psychologique, qui ont un petit peu peur de
travailler en français, comment on peut déployer des stratégies pour encourager
des jeunes de rester ici, de ne pas quitter pour une autre province ou, quand
même, pour un autre pays? On a beaucoup de talents au sein de notre communauté.
Ils sont bilingues, mais, des fois, ils ne sont pas nécessairement bilingues
pour travailler dans chaque domaine. Des fois, de maîtriser une langue, pour
une profession... des fois, c'est très spécifique. Alors, je ne sais pas si le
ministre a des idées sur comment il peut attaquer à ce problème pour s'assurer
qu'on garde le plus grand nombre de nos jeunes de communauté d'expression
anglaise ici, au Québec.
M. Girard (Groulx) : Bien,
d'abord, il y a la fonction publique, où la communauté anglophone est
sous-représentée, puis on a un programme, avec l'ENAP, l'École nationale
d'administration publique, pour aider à rejoindre cette communauté, mais vous
soulignez un thème général qui est vrai, que la communauté anglophone du Québec
connaît de plus en plus le français. Et la question, c'est : Puisqu'elle
connaît de plus en plus le français, pourquoi il y en a encore qui pensent
qu'ils doivent quitter le Québec pour avoir des opportunités de carrière, puis,
etc.?
Alors, nous, on a des ambitions
économiques extrêmement élevées pour le Québec. On a des ambitions sociales
aussi, et la communauté anglophone fait partie de ce projet-là. Et c'est
certain que, d'abord, il y a l'État qui... Et, quand je dis «la fonction
publique», c'est aussi les conseils d'administration, où la communauté
anglophone est sous-représentée, dans les conseils d'administration de nos 46
sociétés d'État.
Et, bref, tous les gestes comptent, et je
pense qu'on doit valoriser les succès, et ce serait important que les leaders
de la communauté anglophone reconnaissent ou disent qu'il y a des opportunités
au Québec pour nos jeunes. Et, bien sûr, on veut les garder ici.
M. Kelley : Parfait. M. le
ministre, est-ce que vous avez devant vous les chiffres, les derniers chiffres
de votre collègue? J'imagine, c'est le secrétariat au Trésor qui suit un petit
peu les anglophones au sein de la fonction publique. Est-ce qu'on a vu une
différence, depuis les derniers <cinq...
M. Kelley :
...anglophones
au sein de la fonction publique. Est-ce qu'on a vu une différence, depuis les
derniers >cinq ans, ou je peux quand même mettre ça depuis la création
du secrétariat de... qui représente les communautés d'expression anglaise?
M. Girard (Groulx) : ...les
chiffres exacts parce qu'aux Finances on aime les chiffres exacts.
M. Kelley : Moi aussi, j'aime
les chiffres exacts, mais, en tout cas, je pose la question.
M. Girard (Groulx) : Le
secrétariat est pleinement intégré au ministère des Finances, là.
M. Kelley : Exactement. Comme
votre équipe cherche les chiffres...
M. Girard (Groulx) : Alors,
1 %... Alors, selon les récentes données du Conseil du trésor, la fonction
publique québécoise dénombre 518 anglophones sur un total de 57 000
employés, soit 1 % de l'effectif. Mais là ça, ce n'est pas les 500 000
employés de la fonction publique, là. Il n'y a pas Santé et Services sociaux,
là-dedans, il faudrait... Est-ce qu'on a le chiffre... Ça, c'est juste les
professionnels de la fonction publique, là. C'est les seuls chiffres qu'on a?
Bien, on a les chiffres exacts, mais on n'a pas tous les chiffres.
M. Kelley : C'est bien
correct, M. le ministre. C'est une des missions du secrétariat, c'est de
travailler un petit peu sur les chiffres. Je comprends, pour les statistiques
en général, il y a toujours... le plus d'information qu'on peut aller chercher...
M. Girard (Groulx) : ...d'avoir
un chiffre qui comprend l'ensemble de la fonction publique et je pourrai vous
le communiquer la semaine prochaine, si vous permettez.
M. Kelley : Ça, c'est bon.
M. Girard (Groulx) : Est-ce
qu'on déposerait une telle information à la commission ou...
Le Président (M.
Bachand) :S'il vous plaît, M. le
ministre, oui. Effectivement.
M. Girard (Groulx) : Alors,
on va regarder si on peut trouver une statistique plus globale.
M. Kelley : Puis, si vous
êtes capable, M. le ministre, déposez aussi une cible que vous voulez frapper
dans les prochaines couples des années pour augmenter le nombre des anglophones
au sein de la fonction publique. Ça, ça va être bien apprécié aussi, M. le
Président.
Je sais que vous... vient de juste
terminer le processus, le budget, et tout ça, mais je pense qu'une autre
chose... Je vais continuer dans le prochain bloc parce qu'on n'a pas de temps,
mais je pense qu'on peut réfléchir un peu sur les stratégies... L'ENAP, c'est
un bon départ pour la formation pour certains jeunes qui veut s'intégrer à la
fonction publique du Québec, mais je pense qu'il y a un travail qu'on peut
faire avec nos grandes universités aussi pour essayer de convaincre eux autres
d'avoir un plus grand intérêt dans la fonction publique du Québec aussi.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Donc, Mme la
députée de Verdun, pour 9 min 13 s, s'il vous plaît.
• (15 h 20) •
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Je veux commencer par saluer le ministre, les collègues ainsi que
le collègue de Jacques-Cartier, à l'opposition.
Puis, tout d'abord, je pense qu'une chose
qu'on partage, c'est le fait qu'on reconnaît que la minorité historique
anglophone a toujours eu un droit à ces institutions au Québec, elle doit les
maintenir. On doit continuer à financer ces institutions-là par l'État, mais...
Puis je vous entendais, là, les droits des anglophones sont reconnus par notre
Charte de la langue française, puis ça doit continuer ainsi.
Tantôt, le collègue parlait de la
situation socioéconomique des Québécois d'expression anglaise, qui est quand
même frappante... je commencerais à, peut-être, entendre le ministre un peu
plus là-dessus, là, quand on voit que les Québécois anglophones sont, en
proportion, plus nombreux à vivre avec un faible revenu, on parle de grands
écarts de richesse, et que, même, des jeunes peuvent demeurer sans emploi. Puis
c'est une des choses que je vois également dans ma circonscription, parce qu'il
y a quand même une représentativité des personnes anglophones et qui sont en
situation de pauvreté.
Donc, ma première question pour le
ministre, c'est de voir comment on va adresser, comment on va s'attaquer à ces
enjeux de pauvreté.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
veux dire, lorsqu'on fait des politiques publiques, au gouvernement du Québec,
on le fait évidemment pour tous les Québécois. Alors, la lutte à la pauvreté,
c'est un objectif qui n'a pas de caractéristique linguistique. On veut vraiment
amener le Québec à un autre niveau économiquement. Et ça, lorsque l'économie
est forte, non seulement ça donne un marché du travail qui est dynamique, qui
favorise l'employabilité de tous les citoyens, mais aussi ça donne des moyens
au gouvernement pour investir dans les missions de l'État, telles que santé et éducation,
et la communauté anglophone bénéficie de... si le gouvernement a plus de
moyens.
Quant à l'employabilité, bien, on
travaille avec les organismes communautaires. Et c'est connu qu'en région le
taux de chômage des anglophones est plus élevé que des autres Québécois, puis
on va continuer de les aider, puis, puisque le marché du travail est fort,
bien, c'est le meilleur moment pour avoir des politiques qui <favorisent...
M. Girard (Groulx) :
...puis,
puisque le marché du travail est fort, bien, c'est le meilleur moment pour
avoir des politiques qui >favorisent l'embauche des citoyens qui ne
travaillent pas.
Mme Zaga Mendez : Merci. Peut-être
pour continuer sur le rôle des organismes communautaires, surtout les
organismes communautaires qui sont propres à la communauté anglophone, que c'est
des lieux de rassemblement, je vous dirais même, une des choses que j'observe...
que c'est des organismes communautaires que, même s'ils viennent de la
communauté historique anglophone, bon, dans le cas de Verdun, ils offrent aussi
des services à la population plus largement et qu'ils sont au cœur de nos
communautés.
Est-ce que le ministre puis... en tout cas,
puis je veux faire un lien aussi avec la lutte contre la pauvreté puis
l'exclusion, est-ce que le ministre s'engage à ne pas réduire le financement
des organismes communautaires de la communauté anglophone pendant la
législature?
M. Girard (Groulx) : Bien, je
veux être clair, là, notre gouvernement a augmenté le financement des
organismes communautaires de façon extrêmement significative. Au budget 2022‑2023,
on a répondu aux demandes des groupes communautaires pour avoir du financement
à la mission, et les missions des groupes communautaires n'ont pas de
connotation linguistique, elles visent à servir les citoyens.
Et, bref, non seulement je m'engage à ne
pas réduire le financement des groupes communautaires, mais on a prouvé dans le
premier mandat que c'était extrêmement important. Les groupes communautaires
ont été un partenaire extrêmement important du gouvernement durant la pandémie
parce qu'ils ont prouvé qu'ils rejoignaient des clientèles que les institutions
publiques avaient parfois de la difficulté à rejoindre.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
suis contente d'entendre que vous vous engagez à ne pas réduire l'engagement...
le financement des groupes communautaires.
M. Girard (Groulx) : Bien,
comme je vous ai dit, nous avons augmenté le financement des organismes
communautaires. Je pourrais vous donner les chiffres, là. C'est quelle page,
ça, Mme la sous-ministre?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Non,
mais pour le total des groupes communautaires, c'est... attendez.
Le Président (M.
Bachand) : ...peut-être poser...
Mme Zaga Mendez : Oui, je peux
continuer.
Le Président (M.
Bachand) : Oui. S'il vous plaît, oui.
Mme Zaga Mendez : Je peux
continuer avec mes autres questions. On parlait d'employabilité, on parlait de
la place des communautés anglophones au cœur de la fonction publique. Une des
choses que nous, on a discutées, dans le passé, avec ma formation politique,
c'est donner plus de pouvoirs à la Commission des droits de la personne et des
droits de la jeunesse pour avoir un regard, des suivis, mais plus... avec des
contraintes en ce qui concerne nos programmes d'accès à l'égalité. On parlait
tantôt d'une cible et... mais, au-delà de la cible, d'avoir des mécanismes qui
font en sorte que la représentation de toutes nos communautés, incluant, bien
sûr, la communauté anglophone, soit plus accrue. Est-ce que le ministre est
d'accord avec cette proposition de donner plus de pouvoirs de contrainte à la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour arriver
à des cibles de représentation dans la fonction publique?
M. Girard (Groulx) : Oh! là,
vous me posez une question pour laquelle je n'ai aucune compétence, OK? Je suis
économiste, ministre des Finances, et j'ai à cœur que la communauté anglaise
participe au développement économique et social du Québec, mais là vous me
posez une question sur la Commission des droits de la personne, qui ne relève
pas de moi, et pour... Je regrette de vous dire que je ne suis pas qualifié
pour ces questions. J'en prends acte et je vous entends.
Et pour ce qui est des organismes
communautaires, le financement a augmenté de 59 % depuis 2019‑2020. Alors,
on parle d'augmentations historiques, et c'était mérité. Les organismes communautaires
font un travail exceptionnel au Québec.
Mme Zaga Mendez : Merci.
J'aurais aimé ça, quand même, avoir la réponse. Je comprends que le ministre
est plus au courant de ce qui se passe au niveau économique. Ceci dit, dans le
cadre des relations avec les Québécois d'expression anglaise, étant eux, comme
je disais, reconnus par la Charte de la langue française comme ayant des
droits, les droits des anglophones, ce sont aussi des groupes qui doivent être
représentés dans la fonction publique, n'est-ce pas? Et c'est pour ça que
j'amenais l'idée que la Commission des droits de la personne, qui veille à la
représentativité, puis ça va au-delà de la communauté anglophone, on peut
penser aussi à des Québécois et Québécoises comme moi, issus de l'immigration,
de minorités visibles... soient mieux représentés dans la fonction publique.
Est-ce que c'est une réflexion que vous avez déjà eue?
M. Girard (Groulx) : Bien, je
pense que c'est une question... je pense qu'on est tous d'accord que l'ensemble
de la diversité n'est pas suffisamment représentée dans la fonction publique <québécoise...
M. Girard (Groulx) :
...de
la diversité n'est pas suffisamment représentée dans la fonction publique >québécoise,
et donc le gouvernement doit faire mieux, notamment avec la communauté
d'expression anglaise.
Alors, ces questions sont, je dirais, plus
pour la présidente du Conseil du trésor, qui pourrait vous donner des réponses
plus éclairées, mais moi, je peux vous donner une orientation générale : Nous
sommes conscients qu'il n'y a pas suffisamment de membres de la communauté
d'expression anglaise dans la fonction publique québécoise, et, oui, on
souhaite qu'il y en ait plus.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Le Président (M.
Bachand) :Une minute, s'il vous plaît.
Mme Zaga Mendez : Une minute.
Donc, pour continuer à partir de cette conclusion-là que je viens d'entendre de
la part du ministre, pour en avoir plus, je vous relance l'idée de peut-être
parler avec les collègues, de voir comment on peut donner plus de mordant à
notre Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, je
vous lance l'idée comme ça.
Est-ce possible de, le temps qu'il me
reste, l'utiliser dans mon prochain bloc, pour ne pas me lancer sur une
nouvelle idée?
Le Président (M.
Bachand) :Oui, oui, on va le transférer,
il n'y a pas de problème. Merci beaucoup. M. le député de Jacques-Cartier, s'il
vous plaît.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. M. le ministre, je vais continuer un petit peu sur la thématique des
priorités des jeunes membres de la communauté d'expression anglaise. Une autre
chose qui a été soulevée dans leur mémoire pour vous et pour votre ministère,
c'étaient les besoins en santé mentale. Et je sais que vous n'êtes pas le
ministre responsable pour livrer ces services, exactement, mais, sur le
terrain, on sait que des groupes communautaires sont souvent interpelés, M. le
Président, pour donner un coup de main pour lier des gens, des fois, à des
services de la santé mentale. Mais c'est sûr, sur l'île de Montréal, c'est une
chose, la grande région de Montréal, c'est une chose, la communauté est proche
des institutions, mais il y a quand même des enjeux pour tout le monde,
présentement, au Québec, de toutes les façons... les langues qu'on parle ici,
d'avoir accès à des services de santé mentale.
Mais je pense souvent à des jeunes qui
sont en région. Si vous habitez dans la région comme... je vais le mentionner
encore, les Îles-de-la-Madeleine, la Gaspésie, quand même, la Côte-Nord, vous
êtes un membre de la communauté d'expression anglaise à Val-d'Or, vous êtes
loin des grandes institutions de la communauté qui sont à Montréal, mais des
fois, les services sont plus difficiles.
Alors, je ne sais pas s'il y a certains
programmes, financements que le secrétariat a faits pour aider ces groupes sur
le terrain, mais aussi est-ce que le ministre veut peut-être prendre engagement
pour discuter avec Y4Y sur comment le gouvernement du Québec peut mieux
répondre à un besoin qui a augmenté? Et, des fois, c'est juste une réalité, des
services en anglais sont moins présents en région parce qu'il n'y a pas
nécessairement un psychologue qui parle anglais. Comment on peut trouver des
solutions pour aider ces jeunes qui ont vécu des moments très difficiles dans
leur vie avec un enjeu de la santé mentale?
• (15 h 30) •
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, la santé mentale, c'est extrêmement important. Et puis on a eu une
pandémie, avec, d'abord, des conséquences médicales physiques et puis, ensuite,
à mesure que la pandémie durait beaucoup plus longtemps que nous avions prévu,
nous avons tous été conscients qu'il y avait des répercussions mentales sur
l'ensemble des citoyens.
Et puis c'est pour ça que nous, on a
augmenté le financement, approximativement, de 200 millions par année en
santé mentale au Québec. Puis là, quand je dis «santé mentale», j'inclus
itinérance et dépendance, là, j'y vais au sens large parce que, souvent, les
problématiques... pas toujours, mais les problématiques sont liées. Et bien sûr
que, dans le travail que le ministre Carmant fait, qui est une approche
pluridisciplinaire, c'est-à-dire qu'on n'a pas assez de psychologues au Québec,
donc on doit travailler avec les intervenants en milieu scolaire, les
travailleurs sociaux, les médecins, les infirmières... La santé mentale, c'est
l'affaire de tous, et le ministre Carmant est conscient, et, oui, il y a des
sommes qui ont été accordées pour des organismes communautaires en santé
mentale qui favorisent la clientèle anglophone. Et vous avez raison de
souligner que l'accès aux soins de santé mentale en région, c'est plus
difficile que dans les grands centres et c'est également plus difficile pour la
communauté anglophone. Vous avez raison.
M. Kelley
: Et je vais quand
même ajouter, dans la région des Cantons-de-l'Est, c'est aussi une réalité...
15 h 30 (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...anglophone.
Vous avez raison.
M. Kelley : Et je vais quand
même ajouter, dans la région de les Cantons-de-l'Est, c'est aussi une réalité.
Il y a une grosse population, là. C'est sûr que ce n'est pas aussi loin de la
ville de Montréal, mais quand même, je sais que, M. le Président, vous êtes au
courant de les réalités des petites communautés. Je sais, ce n'est pas
nécessairement dans vos comtés, mais la petite ville de Bury et les places
comme ça, des petites places, des petites villes, il y a une forte présence de
la communauté d'expression anglaise, et c'est difficile. Je sais que le CIUSSS
de l'Estrie travaille très bien en collaboration avec la communauté. Mais, je
pense, c'est important de continuer de juste regarder cette question à large
avec la communauté, quand vous faites vos rencontres avec les différents
groupes communautaires, si c'est les Townshippers, si c'est CASA ou quand même
le QCGN. Mais c'est sûr que c'est quelque chose qui revient dans toutes mes
discussions, c'est juste l'accès qui, des fois, est un peu difficile en région.
Mais merci de quand même prendre connaissance puis de noter que c'est une
réalité de la communauté.
M. Girard (Groulx) : Et juste
pour... Le secrétariat lui-même, au-delà de ce qui est fait dans le cadre du
plan du PSOC, là, le plan de soutien aux organismes communautaires, avec le
ministre Carmant, le secrétariat lui-même, pour 840 000 $ par année,
là, finance des organismes en santé mentale de langue anglaise. Mais l'accès
aux soins en santé mentale, en région, c'est déjà difficile, alors en langue
anglaise c'est également difficile. Et puis, oui, étant donné que les besoins
augmentent en santé mentale, nous en sommes tous conscients, bien, il faut
faire des efforts.
M. Kelley : Parfait. Je veux
maintenant, M. le ministre, poser une question. Je comprends que le
gouvernement a pris une décision sur l'agrandissement de Dawson, mais je sais
qu'à l'époque il y a eu des discussions parce qu'il y a une réalité qu'à Dawson
il y a un manque d'espace pour les étudiants. C'est des critères de... le
ministère qui le dit. Puis le gouvernement était en train de regarder des
autres options. C'est sûr que nous, on demeure toujours en faveur de ce projet.
Mais je ne sais pas si le ministre a une mise à jour pour nous sur le projet à
Dawson, pas nécessairement l'agrandissement, mais le projet de trouver plus d'espace
pour les étudiants là. Parce que, de mémoire, les programmes liés à cet
agrandissement, c'était pour les sciences et la santé. On a besoin des
infirmières, des recherchistes, des gens qui travaillent dans le domaine, c'est
important. Alors, je ne sais pas si le ministre a juste quelque chose, une... comme
j'ai dit, une mise à jour pour nous sur ce sujet.
M. Girard (Groulx) : Bien, d'abord,
au niveau de l'enveloppe totale, le gouvernement a augmenté le PQI de 50 %,
depuis 2018, c'est un effort important, à 150 milliards, d'autant plus
que, vous le savez, les taux d'intérêt ont augmenté, le financement marginal
est beaucoup plus élevé que le financement moyen.
Pour ce qui est d'Enseignement supérieur,
des sommes importantes ont été mises. Ce qui se passe au niveau des cégeps...
Et je comprends que la décision sur l'agrandissement de Dawson, je l'ai déjà
dit à plusieurs reprises, aurait pu être mieux communiquée. Mais ce qui se
passe, c'est que la population... c'est que les cégeps en banlieue de Montréal
débordent parce qu'il y a eu un... une... Comment je pourrais dire, donc? Il y
a moins de gens sur l'île puis il y en a plus en couronne de l'île. La pandémie
a accéléré ça. Et ce qui fait qu'on a des cégeps à Longueuil, à Sainte-Thérèse,
dans ma circonscription, qui débordent littéralement et qui dépassaient leurs devis.
Et donc un gouvernement, ça maximise sous contrainte et incertitude. Et on a
donc priorisé des cégeps, je vais dire, dans le 450, par rapport aux cégeps sur
l'île de Montréal.
Là où je veux être clair... Parce que la
décision de favoriser, par exemple, Longueuil ou Sainte-Thérèse par rapport à
Dawson n'est pas nécessairement une décision linguistique. Parce que, si vous
regardez les universités, bien, dans le PQI 2023-2033... Puis c'est
ponctuel. Si vous auriez regardé il y a cinq ans, vous auriez vu que le campus MIL
de l'Université de Montréal recevait la majorité des sommes. Bien là, on voit
qu'en Enseignement supérieur c'est le Royal Vic, avec un investissement de plus
de 600 millions sur la montagne, dans <des édifices...
M. Girard (Groulx) :
...
avec un investissement de plus de 600 millions sur la montagne, dans >des
édifices patrimoniaux. C'est McGill qui reçoit la part la plus importante du
financement en infrastructures en enseignement supérieur. Et, bien sûr,
quand... c'est des investissements qui sont importants. Donc, il y a eu moins
d'investissements dans les cégeps anglophones. Je vous dirais qu'il y en a plus
dans les universités anglophones. C'est un équilibre. Et les investissements
qu'on fait au Royal Vic sont très importants, puis ça va bénéficier Montréal,
le Québec, tout le monde.
M. Kelley : Merci, M. le
ministre et M. le Président. Moi, je veux juste être clair que, si c'est un
investissement à Dawson, Terrebonne, je pense que l'important, c'est qu'on fait
des investissements dans l'enseignement supérieur. Parce que, comme un
ministre... un économiste puis le ministre des Finances, on sait que nos
adversaires économiques... l'économie de demain, ça va prendre des gens qui
sont bien formés, bien éduqués, alors il faut faire les investissements dans
toutes les institutions. Je comprends, le gouvernement a des décisions à faire,
mais, pour moi, français, anglais, là... Le fait que des cégeps débordent, ce
n'est pas une bonne chose, mais, en même temps, c'est important qu'on ait plein
de monde qui sont dans nos cégeps, puis il y a des investissements à faire.
Mais, quand même, merci, M. le ministre, pour la mise à jour.
Je vais passer maintenant à un autre sujet,
c'est un peu en lien avec la question de la santé mentale, mais c'est pour nos
aînés anglophones. Les aînés de la communauté d'expression anglaise, souvent,
ils sont isolés, et c'est là qu'on va trouver plus des anglophones qui sont
unilingues. Si on regarde les chiffres, les aînés sont souvent eux qui n'ont
pas appris le français, pour plein de raisons. Mais ce n'est pas quelque chose
qui est nécessairement facile à changer, après 70 ans, que quelqu'un va
maîtriser une deuxième langue. Des fois, ils ont peur d'aller vers une
institution parce qu'ils ne savent pas si quelqu'un va parler dans leur langue,
c'est juste une réalité. Il y a un groupe, Seniors Action Quebec, qui travaille
fort pour briser l'isolation, mais aussi de s'assurer que les CHSLD livrent des
services à domicile dans la fois... dans la langue anglaise, et tout ça. C'est
un travail important.
Mais je veux juste avoir la vision, un
petit peu, de le ministre sur comment il peut travailler avec des différents
groupes communautaires pour s'assurer qu'il y a un soutien, que, les gens qui
travaillent sur le terrain avec nos aînés, on a toutes les ressources
nécessaires. Parce qu'on sait que, pour la communauté, beaucoup de nos aînés,
leurs enfants ont quitté pour une autre province ou ils habitent dans une autre
ville et ils ne sont pas nécessairement là chaque jour pour prendre soin d'eux.
Alors, c'est un enjeu difficile, mais il y a plein de gens sur le terrain qui
travaillent fort. Alors, je ne sais pas si le ministre peut expliquer... Je
sais qu'il y a des «wellness centers», qu'il a mis l'argent dedans, mais
expliquer comment lui, il veut travailler avec ces groupes-là pour briser
l'isolation de nos aînés anglophones dans notre société.
• (15 h 40) •
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bon, moi,
j'arrive, hein, j'ai appris, de la part du premier ministre, que je serais
responsable des Québécois d'expression anglaise au même moment que j'étais
reconfirmé ministre des Finances, et puis c'était une belle surprise pour moi.
Et puis là, dans le... autour de Noël, on a rencontré tous les groupes
communautaires, en fait, tous les... j'exagère un peu — tous les
groupes — on en a rencontré plusieurs et on en supporte plusieurs, au
secrétariat. Mais on m'a mentionné que les «wellness centers» étaient d'excellentes
institutions pour rejoindre les personnes âgées qui sont plus isolées en
région. Et on m'a parlé de ça, j'ai vérifié avec le secrétariat, et puis, au
budget, on s'est entendus que de donner un coup de main aux «wellness centers»,
ça permettrait d'aller vers ces gens-là. Alors, on a mis 5 millions dans
le budget. Puis il y en a 65, «wellness centers», au Québec, et ça permet de
briser le vieillissement... bien, l'isolement social qui accompagne la
vieillesse. Et bref on s'est fait dire que les «wellness centers», c'était
vraiment très bon pour rejoindre la communauté. Le secrétariat a confirmé. J'écoute.
Le budget du Québec, 148 milliards... on a décidé de mettre 5 millions
dans le budget pour ça.
M. Kelley : Parfait. Je sais
que... C'est vrai, M. le ministre vient juste d'arriver en poste, je comprends
ça très bien. <Mais aussi...
M. Kelley :
...
que... C'est vrai, M. le ministre vient juste d'arriver en poste, je comprends
ça très bien. >Mais aussi, dans la suite des choses, quand vous avez des
chances de parler avec votre collègue le ministre de la Santé, qui est
responsable pour tous des différents plans d'action pour les services en santé
et les services sociaux dans la langue anglaise, il y a des différents comités
qui existent. Je veux juste toujours garder en tête que le service à domicile,
des fois, je sais qu'il y a beaucoup des agences qui sont embauchées, ça change
beaucoup, mais dans mon comté, où j'ai beaucoup des aînés anglophones, des
fois, ils trouvent que les services ne sont pas toujours... c'est très «inconsistent»,
là, dans le sens que ce n'est jamais la même personne. Alors bref, quand ils
parlent avec... avec le ministre de la Santé mais aussi son collègue le ministre
responsable pour les Aînés... que ça, ça demeure toujours un enjeu, c'est les
soins à domicile. Ils ont un droit d'avoir les services en anglais; des fois,
ce n'est pas toujours le cas. Je ne dis pas que c'est intentionnel, c'est juste
la réalité, de temps en temps, mais juste un petit message pour le ministre.
Je veux passer rapidement juste à une
autre question. C'est dans le cahier des crédits, il y a des dépenses avec un
programme avec Bishop's, l'Université de Bishop's, qui m'intéresse beaucoup, de
mémoire, c'est pour environ 200 000 $... 225 000 $, et
c'est sur l'économie et employabilité. Alors, on revient à ce sujet dans le
premier bloc, est-ce que vous pouvez juste expliquer un petit peu ce projet?
Est-ce que ça a eu un succès? Bishop's fait quoi exactement, dans la région,
pour l'intégration des anglophones dans l'économie locale?
M. Girard (Groulx) : Est-ce
qu'on a quelqu'un qui connaît ce programme-là, le programme à Bishop's?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Est-ce
que vous permettez qu'un sous-ministre prenne la parole?
M. Kelley : Oui.
Le Président
(M. Bachand) :Consentement?
Des voix : ...
Le Président
(M. Bachand) : Donc, j'inviterais le sous-ministre à
s'avancer, et d'abord en s'identifiant, bien sûr, et par la suite prendre la
parole.
M. Girard (Groulx) : Allez-y.
Vous vous présentez d'abord.
M. Floch (William) : Oui.
Je m'appelle William Floch, sous-ministre adjoint pour le Secrétariat aux
relations avec les Québécois d'expression anglaise.
Oui, le projet avec... avec le consortium
des cégeps et universités de langue anglaise, le partenaire, le fiduciaire,
c'est l'Université Bishop's, mais c'est un projet qui touche toutes les
institutions postsecondaires. Et eux autres sont en train de travailler vers un
programme coprésenté avec l'ENAP pour améliorer l'accès aux fonctions publiques
pour les personnes d'expression anglaise. En plus, eux autres travaillent sur
plusieurs projets sur le terrain pour améliorer les chances d'employabilité des
jeunes Québécois d'expression anglaise, un peu pour freiner l'exode des
cerveaux.
M. Kelley :
Merci, M. Floch. Puis, dans
ce programme, dans toutes les recherches qui ont été faites, est-ce que
Bishop's puis l'ENAP étaient capables de cibler certaines barrières qui sont
peut-être... qui existent un petit peu pour les Anglais... les anglophones qui
veulent accéder à la fonction publique?
M. Floch (William) : Il
y a des projets de recherche en cours pour comprendre où sont les barrières, où
sont les obstacles, est-ce que c'est des questions de processus ou est-ce que
c'est, par exemple, les attitudes de groupes minoritaires mêmes. Dans ce sens,
on ne sait pas toutes les réponses, mais beaucoup des activités de recherche et
analyse sont en cours.
M. Kelley : Puis est-ce
qu'il y a un échéancier pour le projet ou est-ce que c'est un peu «ongoing»?
M. Floch (William) : Non,
c'est... c'est comme un projet de recherche ponctuel. On va voir le résultat,
je pense, en 2023-2024, mais je peux confirmer ça de mémoire, je pense que
c'est le cas.
M. Kelley : Parfait.
Merci beaucoup. Ça répond à cette question. Je ne sais pas si, M. le Président,
j'ai une minute...
Le Président
(M. Bachand) :...transférer sur
votre troisième et dernier bloc, si vous voulez.
M. Kelley : Oui,
pourquoi ne pas ajouter 40 secondes.
Le Président
(M. Bachand) :Merci beaucoup. Mme la
députée de Verdun... Oui, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : M.
le Président, j'aurais juste voulu dire 10 secondes sur les soins à
domicile : Comme vous le savez, les soins à domicile, c'est extrêmement
important, on a mis 1 milliard, dans le dernier budget, 6,5 milliards,
pour augmenter les services, les heures, et c'est certain que là-dedans il doit
y avoir des heures pour la communauté anglophone.
Le Président
(M. Bachand) :Merci beaucoup. Mme la
députée de Verdun, pour 10 minutes, s'il vous plaît.
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup. J'ai quelques questions concernant le Secrétariat aux relations avec
les Québécois d'expression anglaise, secrétariat qui a été mis sur pied il y a
quelques années. Je voulais savoir si le ministre, ou d'autres, ou les
personnes... les ministres qui étaient en charge de ce secrétariat-là, ils
ont... s'ils ont eu la <chance de faire un...
Mme Zaga Mendez :
...
ministres qui étaient en charge de ce secrétariat-là, ils ont... s'ils ont eu
la >chance de faire un bilan des actions qui ont été faites par le Secrétariat
aux relations avec les Québécois d'expression anglaise.
M. Girard (Groulx) : Est-ce
qu'il y a un bilan qui a été fait? Moi, je n'ai pas fait de bilan.
M. Floch (William) : ...
M. Girard (Groulx) : Vous
allez devoir reprendre le micro. Il y a déjà eu consentement pour que vous
preniez la parole. Est-ce que vous acceptez que le sous-ministre...
Mme Zaga Mendez : Bien sûr.
M. Girard (Groulx) : Allez-y.
M. Floch (William) : On a été
appelés pour reconduire notre programme de financement, de préparer un bilan
pour le Secrétariat du Conseil du trésor, qui était très exhaustif, pour
démontrer les investissements, selon les secteurs, selon les régions, et les
impacts, etc., et le résultat était positif, le Secrétariat du Conseil du
trésor a accepté de continuer notre programme. Dans ce sens, c'est quelque
chose qu'on fait à le minimum chaque trois ans.
Mme Zaga Mendez : Donc, si je
comprends bien, le programme va être reconduit. Mais ma question, peut-être,
pour le ministre, c'est que... c'est de savoir si le ministre peut s'engager à
nous présenter un bilan des actions qui ont été menées par ce secrétariat-là.
Je suis certaine que des membres de la communauté anglophone auraient des
choses intéressantes à dire sur le fonctionnement. Et c'est aussi des... Vous
êtes... devriez être intéressé de voir comment ce secrétariat, il a été... qu'est-ce
qu'il a fait, qu'est-ce qu'il a mis en œuvre.
M. Girard (Groulx) : Bien, en
fait, lorsqu'il a été créé, en 2017-2018, le budget était 2 millions, et
cette année, on y va de 13,7. Alors, je pense que le... bon, là, je vais de
dire un anglicisme une fois dans le débat sur les Québécois d'expression
anglaise, «money talks». Alors, le budget est rendu à 13,7 millions, je
pense que ça montre notre... Le fait qu'on continue d'augmenter le budget
montre qu'on a confiance que le secrétariat remplit sa mission. Et moi, je vois
le secrétariat aller, depuis novembre 2022, puis je suis très satisfait de ce
que je vois. Puis on va continuer à l'améliorer puis à rejoindre le plus de
monde possible.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Bien, je suis contente de voir le montant, mais est-ce que... Ma question,
c'est pour le ministre, de savoir s'il veut s'engager aujourd'hui à nous
présenter un bilan en bonne et due forme de comment ces montants-là ont été
utilisés, quelles sont les actions qui ont été menées et les résultats, bien
sûr, du Secrétariat aux relations avec les Québécois d'expression anglaise.
M. Girard (Groulx) : Oui. Et
là je vais regarder ma sous-ministre aux Finances : Est-ce que, dans le
nouveau plan stratégique des Finances, on va inclure des indicateurs de
performance pour le secrétariat?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Alors, ça
va faire partie du plan stratégique du ministère des Finances qui va être
déposé pour la période 2024-2027... C'est cinq ans?
• (15 h 50) •
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : 2023-2024
à 2027-2028. Là-dedans, il y aura les objectifs du secrétariat et, donc, une
reddition de comptes, lorsqu'on révisera ce plan stratégique.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
suis contente de voir l'engagement puis que ces choses-là vont arriver.
M. Girard (Groulx) : Je suis
engagé.
Mme Zaga Mendez : Merci. Sur
un autre ordre d'idée, on parlait tantôt de la Commission des droits de la
personne. Il pourrait y avoir d'autres mécanismes pour augmenter la
représentativité et la voix des Québécois et Québécoises d'expression anglaise,
puis ça touche le mode de scrutin. Je m'explique.
Je sais que la CAQ a abandonné cette
promesse-là. On sait que d'autres collègues... bien, les autres oppositions, on
s'est engagés à amener au bout le mode... la réforme du mode de scrutin. Parce
qu'on le sait que les Québécois d'expression anglaise se concentrent dans
certaines circonscriptions, mettons, en Gaspésie ou dans l'ouest de l'île et
qu'il y a eu des... ils aimeraient que leur voix compte. Puis il y a eu
plusieurs... qu'on parle de partis politiques. Est-ce que vous seriez d'accord
qu'une réforme du mode de scrutin pourrait aider à améliorer la représentation?
M. Girard (Groulx) : Vous
êtes une députée très talentueuse qui semblez vouloir m'amener dans des
domaines que je ne connais pas du tout. Je suis économiste, financier,
responsable du cadre financier du gouvernement. La réforme du mode de scrutin,
je m'excuse, ce n'est vraiment pas mon expertise.
Mme Zaga Mendez : Je
comprends. Mais votre opinion comme ministre qui représente les communautés
anglophones?
M. Girard (Groulx) : Bien,
mon opinion, c'est qu'un ministre doit se concentrer sur son carré de sable, et
si <chacun se...
M. Girard (Groulx) :
...
mon opinion, c'est qu'un ministre doit se concentrer sur son carré de sable, et
si >chacun se concentre sur son carré de sable, on a des bons ministres.
Alors, moi, c'est le cadre financier et les politiques économiques du
gouvernement.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Et, dans le cadre de votre carré de sable, dont la responsabilité des relations
avec les Québécois d'expression anglaise, quelle est votre opinion de la
réforme du mode de scrutin? Je veux juste savoir : Est-ce que c'est dans
votre champ de vision, comme ministre responsable?
M. Girard (Groulx) : Non.
Mme Zaga Mendez : Du tout?
OK.
M. Girard (Groulx) : Non, ce
n'est pas dans mon champ de vision.
Mme Zaga Mendez : Donc, on a
une réponse claire. Peut-être, pour...
M. Girard (Groulx) : Vous
pouvez compter sur moi pour des réponses claires.
Mme Zaga Mendez : Bon, au
moins, il y a ça. Peut-être, je vais vous diriger sur des questions plus
générales. Comme nouveau ministre, quelles sont vos priorités à titre de
ministre responsable des Relations avec les Québécois d'expression anglaise?
M. Girard (Groulx) : Bien, la
première priorité, c'est d'améliorer les relations. J'ai déjà dit que, dans le
premier mandat, certaines de nos politiques avaient été mal comprises ou... Puis
la communication, c'est important. Alors, ma... la première chose que je
voulais accomplir, comme nouveau ministre responsable, c'est de tendre la main
à la communauté d'expression anglaise pour réaffirmer que nous avons des
objectifs extrêmement ambitieux, économiquement et socialement, et que la
communauté anglaise fait partie de ces objectifs.
Mme Zaga Mendez : Alors,
comment on améliore les relations, comment... Parce que je suis d'abord sur le
principe d'inclure les communautés anglaises. Je pense, c'est l'objectif.
M. Girard (Groulx) : Bien,
d'abord, il y a le message, le message du gouvernement. Alors là, c'est un...
notre message est positif, d'inclusion. Le premier ministre l'a dit à plusieurs
reprises, qu'il avait une ouverture, que la communauté anglophone avait une
contribution importante à la société québécoise. Et, bref, on doit d'abord
améliorer les communications ou les relations entre le gouvernement et les
communautés d'expression anglaise.
Beaucoup de gens, lorsqu'ils parlent de la
communication, pensent qu'il s'agit de parler. Je vous dirais que c'est
beaucoup mieux d'écouter, et c'est ce que j'ai fait. J'ai rencontré les
groupes, je les écoute. Puis dans le fond, moi, mon rôle... Je ne suis pas un
lobbyiste de la communauté anglophone au Conseil des ministres. Mon rôle, c'est
de comprendre ce qui est important pour eux et de m'assurer que, dans nos
décisions au Conseil des ministres, au gouvernement, on prend... on est
conscients de la communauté anglophone, et qu'ils sont... ils font partie de la
société, puis qu'on est conscients de leur présence dans nos décisions.
Mme Zaga Mendez : Parfait...
M. Girard (Groulx) : Alors,
je vous laisse la parole.
Mme Zaga Mendez : J'ai peur
qu'il ne reste qu'une minute. Donc, est-ce que je comprends bien, les premières
actions vont surtout être des actions de communication, de votre part? Parfait.
Ça fait que je vous invite à avoir, dans votre champ d'action, que ce soient
des programmes pour lutter contre la pauvreté — on parlait des
organismes communautaires. Mais rapidement est-ce qu'il y a des nouveaux
programmes, pour la communauté anglophone, qui vont être développés par le
gouvernement du Québec?
M. Girard (Groulx) : Bien, en
fait, ce que j'ai dit, là, c'est qu'avec l'introduction du projet de loi n° 96,
qui est maintenant la loi n° 14, les modifications à la Charte de la langue
française, ces modifications ont créé une insécurité dans la communauté quant à
l'accès aux soins de santé en anglais. Alors, le premier ministre a dit, le
ministre... l'ancien ministre de la Langue française, qui est le ministre de la
Justice, le ministre de la Langue française, le ministre de la Santé, le
ministre des Finances, le ministre responsable des Québécois d'expression
anglaise, nous avons dit et redit que la loi... les modifications à la Charte
de la langue française en aucun cas ne réduisent l'accès aux soins de santé
pour la communauté anglaise au Québec.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup.
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député de
Jacques-Cartier, pour 18 min 51 s.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. M. le ministre, ça fait plusieurs années maintenant que le projet de
loi n° 40 est maintenant en vigueur, sauf que la cour a suspendu les parties
qui touchent les commissions scolaires anglophones. Alors, maintenant, depuis
une couple des années, les commissions scolaires anglophones existent puis les
services existent. Je sais que votre collègue a <mentionné...
M. Kelley :
...
scolaires anglophones existent puis les services existent. Je sais que votre
collègue a >mentionné peut-être une autre réforme à des centres de
services. Mais peut-être, avant ça, est-ce que le ministre peut peut-être
réfléchir avec son collègue sur une façon de peut-être permettre des
commissions scolaires anglophones de continuer d'exister? Parce que, comme j'ai
mentionné, ça fait plusieurs années maintenant, ça semble que ça marche, et la
communauté n'était pas contente avec l'ancien projet de loi. Alors, avant qu'on
avance sur une autre réforme, est-ce qu'il peut peut-être convaincre le
ministre responsable de l'Éducation de peut-être laisser les commissions
scolaires exister puis respecter les droits de la communauté d'expression
anglaise?
M. Girard (Groulx) : Bien
là, je ne veux pas botter en touche une question très précise, de grande
qualité, d'un bon député, mais c'est un dossier qui est judiciarisé, alors ce
serait malhabile pour moi de commenter. Mais, lorsqu'on aura le jugement, on en
prendra acte et je pourrai vous donner une réponse plus précise.
M. Kelley : Merci.
Merci. Vous être un ministre très habile avec des bonnes réponses aussi. Mais,
quand même, j'ai pensé, c'était important de mettre ça sur la table.
M. Girard (Groulx) : C'est
entendu. Je comprends votre point de vue.
M. Kelley : Je veux...
reviens maintenant... Parce que vous êtes quelqu'un qui aime les chiffres, et
c'est un petit peu en lien avec les questions de ma collègue de Verdun. C'est
un petit peu le bilan de le secrétariat, mais encore plus précis. Alors, vous
êtes quelqu'un qui aime les chiffres exacts, mais c'est une chose qui est
difficile pour la communauté de l'expression anglaise, de temps en temps, c'est
d'avoir les statistiques qui viennent du Québec, qui expliquent le... qui
donnent le portrait un petit peu de la communauté, si c'est socioéconomique et
des autres indicateurs. On doit attendre toujours pour le recensement. Ça,
c'est plusieurs années entre un recensement à l'autre, alors d'agir puis de
mettre en place des politiques pour peut-être régler un problème qui existe sur
le terrain, c'est un petit peu difficile. Mais, dans la mission et les mandats
de le secrétariat, une chose, c'est de faciliter l'accès aux statistiques
pertinentes pour, notamment, documenter les enjeux auxquels les Québécoises et
les Québécois d'expression anglaise sont confrontés. Est-ce qu'on a eu des
progrès, au sein de le gouvernement du Québec, pour mieux garder les
statistiques sur la communauté d'expression anglaise ou est-ce que c'est
toujours un travail qui est en train d'être fait?
M. Girard (Groulx) : Bien
là, vous me surprenez un peu avec votre question. Est-ce que vous connaissez ce
dossier, M. Floch ou...
M. Floch (William) : ...
M. Girard (Groulx) : On
a l'expertise, aussi bien l'utiliser.
• (16 heures) •
M. Floch (William) : Pour
la question des statistiques, c'est sûr, là, que le secrétariat a certaines
capacités, mais limitées. Le fait qu'on est maintenant rendus chez le ministre
des Finances, ça nous aide beaucoup parce qu'il y a beaucoup d'expertise chez
le ministère et, en plus, l'Institut de statistique du Québec, dont... sous la
responsabilité de M. le ministre. Mais, en plus, avec nos... notre programme de
financement et la capacité d'appuyer des organismes qui sont dédiés à un
secteur, santé, emploi, etc., eux autres ont quand même un mandat et des moyens
pour entamer des projets de recherche. Dans ce sens, il y a comme plusieurs
moyens dans lesquels on peut avoir accès aux données.
M. Girard (Groulx) : Il
y a aussi l'Office québécois de la langue française qui va publier des
bulletins puis faire des enquêtes démolinguistiques, et puis on aura un
portrait linguistique, au Québec, plus fréquemment, là.
M. Kelley : Ça, oui, ça,
ça va être intéressant à suivre aussi, aussi tout le travail que le Commissaire
de la langue française va faire aussi. J'imagine, certaines études vont toucher
la communauté d'expression anglaise.
Mais aussi, M. Floch, juste dans le
cahier que votre secrétariat a préparé, Demande des renseignements — ou
M. le ministre — généraux, sur la question 006, Liste ventilée
par bénéficiaire et par mode d'octroi de tous les contrats octroyés par un
ministère ou organisme, y compris le cabinet ministériel, de 2022-2023, c'est
la page 1 de 1, on a deux contrats qui ont été donnés. Puis je n'ai pas de
problème avec les contrats qui ont été donnés ni les montants. Mais il y en a
un qui était pour Communications Qu'Anglo... deux contrats, excusez-moi. Mais
un parle de... le «développement de séries de données sur les programmes des
ministères et organismes du gouvernement du Québec et du gouvernement du Canada»
puis de «mettre à jour la base de données institutionnelle du Secrétariat aux
relations...
16 h (version révisée)
M. Kelley : ...du gouvernement
du Québec et du gouvernement du Canada puis de mettre à jour la base de données
institutionnelle du secrétariat aux relations de l'expression anglaise, puis ça
dit : «Elle contribue à la mise à jour d'un sondage.»
Alors, première chose, est-ce que vous
pouvez expliquer le premier contrat? Puis, pour le deuxième, est-ce que c'est
possible d'avoir une copie de le sondage... que c'était déjà public?
M. Floch (William) : Oui, une
copie, c'est possible. Juste pour expliquer rapidement... Oui?
Le Président (M.
Bachand) :...faire parvenir une copie au
secrétariat de la commission, s'il vous plaît, le sondage?
M. Floch (William) : Oui.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup.
M. Floch (William) : Et juste
pour expliquer rapidement, si vous voulez...
Le Président (M.
Bachand) :Allez-y.
M. Girard (Groulx) : ...le
temps du gouvernement pour bien répondre à monsieur.
M. Floch (William) : Oui,
oui. Le sondage qui est écrit ici était une analyse. On a utilisé un peu les
organismes en région comme un panel des experts communautaires, M. Kelley est
au courant de CASA, Townshippers, etc., pour évaluer leur appréciation des
services offerts par d'autres organismes financés par le gouvernement du Québec
et aussi d'analyser leurs connaissances et leurs relations avec ces organismes,
et, dans ce sens, on est capables de comprendre mieux la situation et la
relation entre les organismes des communautés d'expression anglaise avec les
organismes qui desservaient toute la population. Juste en passant, la raison
pour une analyse comme ça, c'était... c'est pour souligner que notre vision n'était
jamais de créer un monde parallèle, c'est... On cherche une participation, une
intégration des communautés d'expression anglaise dans les autres réseaux des
autres programmes.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup. Je pense que c'est important juste de poser des questions sur les
crédits qui sont dans le cahier, et merci pour les réponses, M. Floch. J'ai une
question, M. le ministre, quand même, pour M. Floch, le fameux PSOC. Tout le
monde veut avoir l'accès à le PSOC partout sur le territoire du Québec, mais je
sais que, des fois, les critères de le PSOC sont tellement difficiles, puis c'est
une des raisons pour quoi le secrétariat a été créé.
Souvent, des groupes de la communauté
anglophone font plusieurs choses et ont plusieurs missions. Ils ne sont pas
juste responsables pour aider les aînés. Des fois, en région, ils travaillent
pour mettre en lien les citoyens avec les services pour le... ici, c'est l'employabilité,
les services en santé, accès à la justice. Des fois, ils ont une mission qui
est de cinq différentes choses ou plus, puis ce n'est pas nécessairement le cas
pour les autres organisations qui existent en région. Alors, des fois, ils sont
hors des critères, et c'est non.
Alors, je sais qu'il y a énormément de
différents contrats avec le PSOC, mais est-ce que le secrétariat a analysé à un
certain moment... Est-ce que la communauté a du misère, des fois, à accéder à l'argent
au PSOC parce qu'ils ont, des fois, des missions qui ne sont pas directes ou un
focus sur juste... enjeu spécifique?
M. Girard (Groulx) : Bon, alors,
votre question, c'est : Est-ce que... parce que les organismes
communautaires qui servent la communauté anglophone sont souvent
multivocationnels, est-ce qu'ils reçoivent moins d'argent parce que le PSOC a
tendance à y aller par mission, et donc ça désavantage les organismes qui sont
soit nationaux soit multivocationnels, etc.?
M. Kelley : Et je ne dis pas
nécessairement moins d'argent, mais dans le sens que... le fait qu'ils ont une
mission plus «at large», ils ne sont pas admissibles, pour certains, au programme
de PSOC.
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est
pour ça qu'on donne de l'argent au secrétariat directement, qui, lui, ensuite,
va le transférer à des organismes communautaires. Ça permet, nous, de
reconnaître ces organismes-là et de les aider, et c'est certain qu'on n'ira pas
donner de l'argent à ceux qui sont déjà adéquatement financés par le PSOC.
Donc, je dirais que le secrétariat effectue une vigie parce qu'il connaît la
communauté, il est en contact avec la communauté de cette... est au courant de
cette question, et que le financement que nous, on accorde compense en partie
pour ça.
M. Kelley : Parfait. C'est
quelque chose, j'espère, qu'on va regarder avec les membres de la communauté,
parce que, des échos que j'ai eus sur le terrain, c'est toujours, des fois, juste
difficile d'avoir accès à le PSOC, des fois, grâce à leur mission, qui, comme
je dis, est plus «at large», mais je vais aller...
Maintenant, M. le ministre, juste de <bien
comprend...
M. Kelley :
...maintenant,
M. le ministre, juste de >bien comprend... Vous avez mis
31,5 millions de dollars dans le volet de soutenir la vitalité des
communautés d'expression anglaise, puis, je vois, l'argent, c'est
1 million de dollars pour l'année prochaine, 1 million pour l'année
après, puis, après ça, 8, 8,6, après ça, 12,9. Juste bien comprendre pourquoi
la tendance est vers la fin... Est-ce que c'est parce qu'un programme vient
vers la fin... l'argent qui était dédié dans les budgets précédents. C'est dans
le tableau...
M. Girard (Groulx) : E.51.
M. Kelley : Oui.
M. Girard (Groulx) : Alors,
c'est simplement pour pérenniser le financement. C'est-à-dire qu'on avait... Le
financement de ces groupes-là... de ces programmes-là se terminait en
2024-2025. Et là ce que vous voyez, c'est qu'on l'a bonifié de 1 million
en 2023-2024 et 2024-2025. Et là on se trouve à pérenniser le financement,
alors accorder du financement jusqu'en 2027-2028. Alors, c'est pour ça que les
sommes augmentent significativement en 2025-2026, parce qu'à partir de
2025-2026 c'est l'ensemble du financement, alors que, pour 2023-2024 et
2024-2025, c'est simplement la bonification du financement actuel. Il me semble
que j'ai utilisé beaucoup de mots pour dire que le financement se terminait en
2024-2025 et qu'on l'a prolongé.
M. Kelley : Merci beaucoup
pour la précision et pour la réponse. Je veux aller maintenant sur un autre
sujet. C'est parti, j'imagine, de toutes les annonces que vous avez faites,
mais on ne parle pas de ça trop, mais c'est la culture puis le patrimoine de la
communauté d'expression anglaise. Je sais, M. le Président, dans votre coin, il
y a une longue histoire et patrimoine anglophones qui existent, les sites
touristiques, des artistes qui sont toujours populaires si c'est au Québec,
mais quand même mondial.
Alors, pour lui, c'est quoi, un petit peu,
la mission de le secrétariat pour, oui, investir dans les talents anglophones
qui existent ici, qui, je note, sont spécifiques de les artistes canadiens? Je
veux dire que, quand même, nous, on est un petit peu différents grâce à, je
pense, le fait qu'on a une société où la langue française, c'est notre langue
commune, puis il y a une influence, je pense, sur nos artistes, mais, quand
même, c'est un fleuron, je trouve, et quelque chose qu'on peut peut-être
exploiter un petit plus.
Alors, est-ce que le ministre a des idées
sur... ou il peut parler un petit peu des investissements que le secrétariat a
fait dans la culture puis patrimoine de la communauté d'expression anglaise?
• (16 h 10) •
M. Girard (Groulx) : Bien, le
secrétariat a fait des investissements de 655 000 $ dans des
organismes, mais je pense que c'est beaucoup plus le ministère de la Culture
qui a un budget important. La culture, c'est important au Québec. On a donné
des sommes importantes en culture, et, humblement, je dirais qu'on est le
gouvernement qui a le plus aidé son industrie de la culture durant la pandémie,
et puis qu'on travaille avec les organismes qui connaissent la culture, la
SODEC et le CALQ, et puis, dans ces... tous ces programmes-là, il y a des
volets pour la communauté anglophone.
Vous avez dit très subtilement que les
musiciens anglophones du Québec étaient meilleurs que ceux du reste du Canada,
mais je suis d'accord avec vous. C'était bien dit puis c'est vrai. C'est vrai
qu'on a des bons artistes anglophones au Québec, et, bien, on... Le ministère
de la Culture fait des investissements pour le numérique, pour les entreprises,
puis la communauté anglophone est éligible à tout ça. Et puis, vous le savez,
il y aura un nouveau musée de l'Holocauste, je crois, et ça, c'est des
investissements extrêmement importants, et puis on a tous un devoir de mémoire,
et puis ce sera une institution dont Montréal, le Québec et nous tous seront
fiers.
M. Kelley : Parfait. Puis une
dernière question encore dans la mission de le secrétariat, une des choses... le
rôle de le secrétariat, c'est de bien coordonner puis — je vais juste
lire — «d'interagir avec le gouvernement fédéral sur les enjeux, les
ententes, les programmes ou les politiques pouvant avoir une incidence directe
ou indirecte sur les Québécoises et les Québécois d'expression anglaise, et ce,
en collaboration avec le secrétariat des Québécois... du <Québec aux
relations...
M. Kelley :
...le secrétariat
des Québécois... du >Québec aux relations canadiennes et avec les
ministères et des organismes».
Mais, bref, je sais que le gouvernement
fédéral vient d'annoncer beaucoup d'argent avec le plan d'action. Est-ce que le
ministre a eu une chance de discuter avec son équipe sur comment le secrétariat
peut jouer... peut s'assurer que l'argent va dans les priorités de la
communauté... et le secrétariat joue un rôle primordial dans le transfert de
cet argent pour s'assurer que c'est dépensé dans toutes les choses qu'on a
discutées aujourd'hui, pour aider des aînés, aider pour la francisation des
anglophones, des membres de la communauté d'expression anglaise, si c'est pour
les programmes de rétention de talent?
Je pense qu'il y a plusieurs places qu'on
va avoir une situation gagnante-gagnante pour le Québec, mais je crois que le secrétariat
doit jouer un rôle important, interlocuteur avec la communauté, puis je pense
qu'il y a une façon... Particulièrement, je sais que votre collègue a parlé de
la francisation. Bien, j'ai déjà parlé, puis dans les mémoires de tous les
différents groupes... de l'accès à des cours de français ou... quand même, si
c'est des stages en français, c'est important. C'est la recette pour s'assurer
que tout le monde est capable de travailler ici, au Québec.
Alors, je ne sais pas si le ministre a des
commentaires là-dessus, puis, c'est sûr, nous avons nos compétences, puis on va
respecter ça, c'est important, mais il y a des défis pour la communauté, c'est
sûr.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
suis d'accord qu'il y a des défis pour la communauté, et notre gouvernement a
une responsabilité d'aider la communauté dans son développement économique et
social.
Et, quant au rôle du secrétariat, le secrétariat
vient de s'entendre avec le fédéral pour le financement 2023-2024, et là,
hier, le gouvernement fédéral a annoncé des sommes en grande pompe. Alors, il
faudrait d'abord que le gouvernement fédéral précise exactement ce qu'ils ont
en tête, et puis ensuite le secrétariat sera impliqué avec... le secrétariat
aux relations canadiennes du gouvernement du Québec, et puis, en temps et lieu,
on va s'asseoir puis s'assurer que le financement est bien utilisé.
Puis, comme vous savez, on a mentionné
qu'on aurait aimé qu'il y ait aussi des sommes pour le français. Je comprends
que ce n'est pas l'objet de la discussion aujourd'hui, mais, bref, le fédéral a
fait une annonce hier. On va laisser le fédéral divulguer exactement ce qu'il
veut faire, et puis ensuite on va négocier avec le fédéral pour s'assurer que
les sommes sont bien allouées, et, notamment, nous aimerions que des sommes
soient allouées pour le français, mais tout ça, ça vient juste d'être annoncé
hier et puis c'est en développement.
M. Kelley : Parfait. Je pense
que je n'ai pas beaucoup de temps. Alors, merci, M. le ministre, merci à votre
équipe, et merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Girard (Groulx) : Bien,
merci pour vos excellentes questions.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
s'il vous plaît.
Mme Boivin Roy : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, j'aimerais nous entretenir sur le dossier des
aînés d'expression anglophone pour faire le suivi sur notre collègue de
Jacques-Cartier. Donc, il nous a parlé des «wellness centres», mais on va y
aller un peu plus largement, puisque la société québécoise vit des changements
démographiques importants. Le rythme accéléré du vieillissement de la
population nous incite à changer nos façons de faire pour améliorer et
accroître le soutien apporté aux aînés d'aujourd'hui et de demain.
Alors, la majorité des aînés québécois
sont en santé. Je rencontrais, lundi, l'AQDR, qui nous disait justement que
plus de 80 % de leurs membres étaient en pleine forme et qu'ils
souhaitaient vivre à domicile, vieillir à domicile, continuer de participer
activement à leur vie dans la communauté. Alors, l'approche du gouvernement du
Québec en matière de vieillissement actif et les ressources qui y sont
consacrées dans le cadre de ses responsabilités se veulent autant de leviers
pour édifier une société où règne l'équité intergénérationnelle, où l'âge n'est
pas un frein et où les personnes aînées peuvent se sentir respectées, engagées
et reconnues.
Dans notre plan d'action 2018-2023, Un
Québec pour tous les âges, alors il y a trois objectifs principaux qu'on
souhaite atteindre : premièrement, il s'agit de favoriser la participation
des aînés à la société et leur vieillissement actif; deuxièmement, de permettre
aux personnes aînées de bien vieillir en santé dans leur communauté; et,
troisièmement, d'offrir aux personnes aînées des environnements sains,
sécuritaires et accueillants.
Alors, dans ce plan, notre gouvernement
s'était engagé à maintenir sa collaboration avec les différents paliers
d'intervention, que ce soient des paliers au niveau local, régional ou
nationaux. Le plan comporte 85 mesures portées par 20 organismes et
ministères. Alors, les mesures touchent toutes les sphères de la vie des aînés,
soit l'engagement social, citoyen, professionnel, le transport, l'habitation <accessible
et adaptée...
Mme Boivin Roy :
...le
transport, l'habitation >accessible et adaptée, le soutien aux proches
aidants, les services de santé et de soutien à domicile, le respect des droits
ainsi que la solidarité et le dialogue intergénérationnel.
Alors, dans cette foulée, les
préoccupations qui ont été exprimées par les aînés du Québec et les partenaires
qui ont été concernés ont conduit notre gouvernement à miser sur cinq priorités.
Principalement dans le cadre de la question que j'aurai pour vous, M. le
ministre, sur l'engagement social des aînés, on parle, dans ces cinq priorités,
d'améliorer le soutien aux organismes locaux et régionaux qui favorisent la
participation sociale des aînés et contribuent à l'amélioration de leur qualité
de vie.
Alors, j'arrive à ma question en vous
disant les derniers commentaires suivants, M. le ministre. Que ce soit pour
l'engagement dans la vie culturelle, le bénévolat, la vie associative, la vie
démocratique, les relations intergénérationnelles, les aînés qui s'y
investissent en ressentissent un sentiment d'accomplissement, d'utilité et
d'appartenance. Ils y trouvent les conditions propices à l'apprentissage, à
l'exercice de leur pouvoir d'agir ainsi qu'à l'établissement des liens qui
préviennent l'isolement, en fin de compte, et la communauté s'en trouve ainsi
dynamisée et plus riche de leur contribution. Alors, le garde... le gouvernement
garde en vue cette importance et il répond également de ce désir des personnes
d'être considérées comme parties prenantes de la société.
Alors, M. le Président, ma question pour
M. le ministre : Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment vous
souhaitez mobiliser et comment vous comptez mobiliser les acteurs de la société
civile en vue d'encourager la participation sociale des personnes âgées
d'expression anglaise et de valoriser leur contribution?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Merci
beaucoup pour la question. Alors, dans les groupes que j'ai rencontrés, là, il
y a un organisme qu'on appelle CHSSN, c'est-à-dire Community Health and Social
Services Network, et c'est un organisme communautaire qui, lui-même, est en
relation avec une vingtaine d'organismes sur le terrain en région, et c'est là
qu'on finance ce qu'on a appelé les «wellness centres», et puis, là, on a
65 «wellness centres», et puis on a tendance à penser que c'est
65 sites, mais c'est plutôt 65 organismes qui organisent des
activités dans différents sites. C'est important de le dire, là, parce qu'on a
une espèce de vision des «wellness centres» comme s'il y avait 65 lieux
physiques, mais c'est plutôt 65 organismes qui ont des activités.
Les activités visent le bien-être, ce que
vous avez décrit comme la vie active des aînés. Alors, il y a la santé physique
et psychologique. On organise des activités ou des ateliers pour les personnes
âgées d'expression anglaise. Il y a des activités sur la santé physique,
psychologique, les saines habitudes de vie, la nutrition, gestion du stress,
qualité du sommeil, bienfaits de l'activité physique. Il y a des activités
physiques, éducation et littératie numérique. On parle de 65 sites,
4 120 activités, 538 bénévoles, 5 150 participants.
Et, bien, CHSSN... En anglais, il y a
beaucoup d'acronymes, puis, au gouvernement du Québec, il y a beaucoup
d'acronymes. Alors, CHSSN Community Health and Social Services Network, c'est
notre partenaire, et eux nous ont recommandé, lors des consultations
prébudgétaires, qu'un investissement supplémentaire dans les «wellness centres»
ferait une grande différence sur le terrain, d'où le million par année,
1 million par année, cinq ans, 5 millions dans le budget.
• (16 h 20) •
Mme Boivin Roy : M. le
Président, il me reste combien de temps?
Le Président (M. Bachand) :Sept minutes.
Mme Boivin Roy : Parfait. Merci
beaucoup.
M. Girard (Groulx) : Combien?
Sept?
Le Président (M.
Bachand) :Sept minutes total.
M. Girard (Groulx) : D'accord,
sept minutes.
Le Président (M. Bachand) :Sept minutes total pour le gouvernement.
M. Girard (Groulx) : Pour le
gouvernement?
Le Président (M.
Bachand) :Oui, monsieur.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Le Président (M.
Bachand) :Vous en voulez plus?
M. Girard (Groulx) : Je suis
à votre disposition si vous avez besoin...
Le Président (M.
Bachand) :Je pense qu'on va respecter
l'horaire initial. Ça va bien aller...
M. Girard (Groulx) : Si vous
avez besoin de huit minutes, il y a 16 % de boni.
Le Président (M.
Bachand) :Alors, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Boivin Roy : Merci
beaucoup. M. le ministre, on <va continuer sur...
Mme Boivin Roy :
...M.
le ministre, on >va continuer sur les «wellness centres», juste pour
revenir sur l'annonce de juin 2021, lorsqu'on avait parlé que l'aide financière
qui était alors octroyée allait consolider le financement de
43 établissements existants dans la province, mais on parlait également de
la mise en œuvre de 32 nouveaux centres dans des régions plus éloignées
comme la Gaspésie, la Côte-Nord, également des parties en Estrie et en
Outaouais.
Alors là, j'entends ce que vous nous dites
aujourd'hui, 65 sites. Peut-être allez-vous nous donner la même réponse,
mais, puisqu'on parlait d'une échéance sur trois ans, on y arrive au mois de
juin prochain, est-ce que vous pouvez nous faire un état de situation sur la
mise en œuvre des 32 nouveaux centres en région plus éloignées?
M. Girard (Groulx) : Je pense
que, si vous permettez, s'il y a consentement, M. Floch pourrait venir nous
parler de ses...
Le Président (M.
Bachand) :Alors, M. Floch, vous
connaissez le groupe. Alors, vous êtes encore le bienvenu.
M. Floch (William) : Évidemment,
c'est toujours à négocier — merci — avec l'organisme
fiduciaire dans cette industrie, mais on pourrait avoir 125 sites d'ici
trois ans. Je pense, il faut expliquer que ce ne sont pas des sites qui offrent
des services sur une base quotidienne. Des fois, c'est comme une fois par
semaine, des fois deux fois par mois. Il n'y a pas nécessairement une masse
critique des aînés d'expression anglaise dans ces villes et villages, mais,
dans ce sens, c'est quand même une... d'avoir plus de sites, c'est comme... le
service est plus proche à la population.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. J'aurais le
député de Saint-Jean, s'il vous plaît. M. le député.
M. Lemieux : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. M. le ministre, je retiens qu'un gouvernement doit maximiser,
sous contrainte et incertitude... Je me suis pris ça en note. J'ai retenu ça
cette année. D'ailleurs, je me permets une parenthèse pour dire que l'exercice
de... cet exercice-ci, dans cette commission-ci, pour la communauté... le
secrétaire des communautés de langue anglaise, est toujours intéressant et
enrichissant, mais, grâce au député de Jacques-Cartier, est aussi
rafraîchissant. Merci beaucoup. On en ressort toujours avec beaucoup plus que
quand on est entrés. Petite question rapide avec combien de temps, M. le
Président?
M. Girard (Groulx) : ...de
plus, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Non, il n'aura pas une minute
de plus.
M. Lemieux : Non, non, pas...
Le Président (M.
Bachand) :Allons-y avec un maximum de
cinq minutes, M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : Merci. Il m'aime
beaucoup, mais pas tant que ça. Bon, j'y vais tout de suite avec la loi n° 96, parce que vous avez cité les autres ministres, le
premier ministre, et vous vous êtes autocité en disant que, pour la communauté
de langue anglaise, il n'y aurait pas de changement en santé, mais je veux
élargir ce débat de la loi n° 96, qui, à mon
avis, a été réussi parce qu'on ne s'est pas retrouvés dans le marasme
anglo-franco dans lequel on aurait pu tomber, puis, quand on a mon âge, on se
souvient des années 70, et du référendum de 80, et de tout ça. Alors, moi,
j'ai trouvé que ça s'était très bien passé, au-delà de ce que vous avez cité,
sur la santé.
Alors, puisque vous n'êtes pas un
lobbyiste pour la communauté anglophone, mais que vous êtes un peu leur
conscience au gouvernement, quand vous regardez les relations
anglophones-francophones au Québec en 2023 et vous regardez en avant, c'est
quoi, le rôle et la responsabilité de la communauté anglophone, revu et corrigé,
aujourd'hui, dans... moi, j'appellerais ça le nouveau monde, là, avec la
loi n° 96, et tout ça, mais, dans la nouvelle
réalité dans laquelle on se retrouve, c'est quoi, l'espèce de communauté
anglophone d'aujourd'hui, à vos yeux, ce que c'est, ce que ça devrait être?
M. Girard (Groulx) : Bon, alors,
la communauté anglophone est ici. Ils sont des citoyens québécois, et, au
Québec, on a une belle société, puis on a une société démocratique, pacifique,
avec une économie dynamique, et les... Et nous, notre gouvernement, on veut
amener le Québec à un autre niveau économique, et, lorsqu'on atteint d'autres
niveaux économiques, ça nous donne plus de moyens pour avoir des meilleures
écoles, puis on veut un système de santé plus humain, plus efficace, et on veut
un système scolaire qui permet aux jeunes de réaliser leur potentiel, meilleure
économie, plus de moyens, des meilleurs services. La communauté anglaise fait partie
de tout ce projet. Mais là où j'ai... Votre question est aspirationnelle.
Qu'est-ce que la communauté anglaise... Qu'est-ce que je souhaiterais?
D'abord, la communauté anglaise qui est
ici, clairement, elle aime le Québec puisqu'elle est ici, et on a besoin que...
le <Québec a besoin que...
M. Girard (Groulx) :
...et
on a besoin que... le >Québec a besoin que la communauté anglaise du
Québec dise à Toronto, à Boston, à Vancouver, à New York, en Europe, en
Australie qu'il fait bon vivre au Québec, et que c'est une société
démocratique, ouverte, ouverte pour les affaires, ouverte pour les gens, pour
les citoyens. Et, dans un certain sens, les... la communauté anglophone du
Québec est... ce sont des excellents ambassadeurs pour le Québec, parce que, si
eux disent qu'il fait bon vivre au Québec, et que la loi n° 96
n'a d'aucune façon, par exemple, modifié les services, l'accès aux services de
santé en langue anglaise au Québec, bien, moi, je peux le dire, vous, vous
pouvez le dire, mais, si eux le disent, ils sont... ils sont des ambassadeurs
exceptionnels pour le Québec, et ils sont ici, font partie de la société
québécoise. La société québécoise... On est chanceux de vivre au Québec, et on
est ambitieux pour le Québec, et la communauté anglophone fait partie de ce
projet de société.
M. Lemieux : «You're darn
right».
Le Président (M.
Bachand) :...dernier commentaire?
M. Lemieux : Il me reste
moins d'une minute. J'en profite pour vous dire que, quand on parle des
communautés anglophones traditionnelles, les ayants droit sur le territoire
québécois, c'est vrai qu'il y a des poches en Gaspésie ici et là, mais il y en
a une que je ne voudrais pas que vous oubliiez, bien plus qu'une, mais la
mienne est à Saint-Jean-sur-Richelieu, c'est les militaires. Il y en a
énormément. J'ai des centaines de militaires anglophones qui arrivent à chaque
année, et, on le sait, ils passent seulement deux ans puis ils s'en vont. Ils
ne font pas les racines qu'on voudrait qu'ils fassent puis ils ne peuvent pas
le faire. Ils ont besoin de services. On les aide. Les militaires les aident.
Ils ne manquent pas de moyens, le gouvernement, l'armée, mais ils ont quand
même besoin qu'on pense à eux. Si on était capables de tisser des liens de la
communauté anglophone «at large» jusqu'à cette communauté anglophone de
passage, on y gagnerait tous. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
compte sur les militaires francophones pour faire ces liens-là avec ces
militaires anglophones.
M. Lemieux : On travaille
là-dessus.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Vous me
permettrez, avant de terminer, de saluer la communauté anglophone du comté de
Richmond. Je les salue.
Alors, le temps alloué à l'étude du volet
Relations avec les Québécois d'expression anglaise des crédits budgétaires du
portefeuille Finances étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à
la mise aux voix des crédits.
Est-ce que le programme 4, intitulé
Relations avec les Québécois d'expression anglaise, est adopté?
Des voix : Adopté.
M. Kelley : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Alors, compte tenu...
Sur division? Merci.
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mardi 2 mai, à 9 h 45, où elle va
entreprendre l'étude du volet Relations canadiennes et Francophonie canadienne
des crédits budgétaires du portefeuille Conseil exécutif. Merci beaucoup. Bonne
soirée.
(Fin de la séance à 16 h 29)