(Quatorze
heures cinquante-neuf minutes)
Le
Président (M. Bachand) : Bonjour, tout le
monde. Bon après-midi. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission des institutions ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude détaillée du volet Relations avec les
Québécois d'expression anglaise des crédits
budgétaires du portefeuille Finance pour l'exercice financier 2023‑2024.
Une enveloppe de 1 h 30 min a été allouée pour cette
étude de crédits.
Avant de débuter, Mme
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président.
M. Asselin (Vanier-Les Rivières) est remplacé par M. Tremblay (Dubuc);
Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
par M. Sainte-Croix (Gaspé); M. Morin (Acadie), par M. Kelley
(Jacques-Cartier); M. Zanetti (Jean-Lesage), par Mme Zaga Mendez
(Verdun).
Relations avec les Québécois d'expression anglaise
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Nous allons donc procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'échange
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur alloué, soit vers 16 h 30.
Discussion générale
Donc,
il me fait plaisir de céder la parole au député de Jacques-Cartier pour une
période de 18 min 26 s. M. le député, s'il vous plaît.
• (15 heures) •
M. Kelley : Merci beaucoup, M. le
Président. Bonjour à tous mes collègues. Bonjour, M. le ministre. Bonjour
à votre équipe et les fonctionnaires qui sont avec vous, que je connais un
petit peu. Merci pour votre travail, pour toute la préparation qui a été faite
pour l'exercice des études des crédits. Il y a beaucoup de notes dans le
cahier.
J'ai
hâte de vraiment... de commencer notre discussion parce qu'il y a plusieurs
enjeux devant la communauté de
l'expression anglaise qui sont très importants. Puis je suis content, M. le
ministre, que c'est vous qui êtes en charge de ce dossier parce que vous
avez aussi la responsabilité d'être le ministre des Finances. C'est sûr
qu'autour de la table de le Conseil des ministres vous avez un rôle extrêmement
important. Puis j'espère que vous êtes capable aussi d'aider la communauté
d'expression anglaise dans certains secteurs où je pense qu'on peut faire des
gains importants pour la communauté. Mais je
veux juste commencer sur un sujet, parce que, je pense, c'est important pour la
communauté et pour le Québec et la démocratie en général, et je veux
juste avoir peut-être un petit peu de votre opinion ou vision sur l'avenir des
médias anglophones... des médias en général au Québec. Particulièrement, je
pense un petit peu à qu'est-ce qu'on a vu avec la Gazette. Ce n'est pas
facile. Je peux penser aussi à des autres médias qui existent au Québec, comme
le Sherbrooke Record, mais, quand même, dans les dernières couple
d'années, on a vu des coupures à des autres
places, des médias, et je peux penser un petit peu à CTV, CJAD, et, quand même,
des fois, ce n'est pas facile pour CBC Montréal, Global.
Bref,
c'est important de rappeler, pour la communauté d'expression anglaise, que les
médias qui viennent du Québec, des journalistes qui comprend le Québec, c'est
très important pour la communauté. On ne veut pas juste des nouvelles qui
viennent de Toronto puis qui se passent dans le reste du Canada.
Alors, je veux savoir
un petit peu, peut-être, la... qu'est-ce que le ministre pense de la
vitalité... les médias de la communauté expression anglaise. Est-ce qu'il y a
des façons que le secrétariat peut aider dans les discussions pour s'assurer le succès de ces médias? Parce que c'est
très important. Il y a des programmes de journalisme, à Concordia, des jeunes, présentement, qui veut poursuivre une
carrière en journalisme. Alors, je veux juste entendre le ministre là-dessus.
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Girard (Groulx) : Merci. Et, M. le
Président, on suit la tradition, les longueurs des échanges symétriques?
Le
Président (M. Bachand) : S'il vous plaît.
S'il vous plaît.
M. Girard
(Groulx) : D'accord. Et merci au député... vous êtes le député de...
M. Kelley : ...
M.
Girard (Groulx) : Jacques-Cartier. J'allais dire Robert-Baldwin, mais
je savais que ce n'était pas Robert-Baldwin. Alors, merci. Merci pour la
question. En fait, les médias jouent un rôle très important dans la société, et
on apprécie, et on valorise leur contribution à la démocratie.
Et donc le ministère des Finances a amené deux
crédits d'impôt qui visent à aider l'ensemble des médias. Alors, il y a un
crédit d'impôt à la transformation technologique, pour aider les journaux à se
numériser, puis il y a un crédit d'impôt basé sur la masse salariale, puisque
la masse salariale est le coût d'opération le plus élevé des médias. Alors, ces
crédits d'impôt là sont disponibles pour tous les médias, incluant, bien sûr,
ceux de langue anglaise. Et, si votre question est plus philosophique,
qu'est-ce que je pense de l'importance des médias anglophones au Québec, la
réponse, je pense, c'est qu'ils sont très importants. Et, oui, c'est important
que la Gazette soit présente, et je pense qu'elle a prouvé durant,
notamment... durant la pandémie, toute la qualité de ses... toute la qualité de
la tradition journalistique qui est là. Et puis je connais moins le Record,
auquel vous avez référé, mais moi, j'ai beaucoup de respect pour le travail des
journalistes, et ça inclut les médias anglophones. Et nous, on essaie d'avoir
une position neutre, par rapport à ça, ce sont les crédits d'impôt.
M. Kelley : Parfait. Merci beaucoup.
Puis c'est un dossier en évolution. Je comprends très, très bien, la situation
change pratiquement chaque mois. Il y a la compétition avec les médias sociaux,
et tout ça. Je comprends, merci pour votre
réponse, puis on va suivre de près, mais une autre chose que je veux discuter
avec le ministre, c'est la question
de l'intégration au marché du travail de la communauté d'expression anglaise
puis, vraiment, l'employabilité des membres de la communauté
d'expression anglaise.
Je sais que votre ministère a reçu, pendant la
consultation de le budget, plusieurs documents, documents des différents
groupes de la communauté d'expression anglaise, mais une... et je ne sais pas
si vous avez eu la chance encore de rencontrer ce groupe, mais... la Table
ronde provinciale sur l'emploi, puis eux autres ont plusieurs suggestions très, très intéressantes, mais aussi
des chiffres qui sont un petit peu inquiétants. Et ce n'est rien de nouveau,
M. le ministre, que, dans certaines régions
du Québec, le gap entre les francophones puis les anglophones, en termes de le chômage, c'est plus élevé pour les anglophones. Je
pense spécifiquement... comme dans la région des Îles-de-la-Madeleine puis la Gaspésie, c'est une réalité depuis
plusieurs années, mais eux autres... On a des chiffres de 2016, je pense qu'avec le dernier recensement, on va voir plus
d'informations. C'est sûr qu'il y a eu une évolution, mais, quand même,
je m'en doute que le gap a probablement fermé complètement.
Bien, eux autres ont une couple de solutions qui
sont sur la table, mais une chose qui revient souvent, c'est l'accès à de la
formation et les cours en français. J'imagine, M. le ministre, vous vous...
souvient que j'ai déposé un projet de loi pour modifier la Charte de la langue
française pour rendre les cours en français gratuits pour tout le monde sur le
territoire du Québec, mais, quand même, dans le mémoire qu'ils ont déposé pour
vous pendant la période de la consultation prébudgétaire, ils ont souligné que
ça demeure toujours un défi. Il y a beaucoup d'argent qui a été mis de l'avant
pour la francisation des immigrants, mais l'accès pour la communauté
d'expression anglaise demeure difficile.
Je sais qu'il y a certains articles qui étaient
dans le projet de loi n° 96, là-dessus, mais je veux juste savoir : est-ce
qu'il y a eu des avances? Puis aussi, depuis qu'il est rendu comme ministre,
est-ce qu'il a regardé un petit peu la
question, commencé à discuter avec les experts sur le terrain sur comment on
peut s'assurer que tous les membres des communautés d'expression anglaise sont
pleinement employés dans la province puis on peut, peut-être, fermer des
gaps dans certaines régions du Québec où on voit une différence pas mal
significante entre les deux communautés?
M. Girard (Groulx) : Bon,
alors, merci de souligner ce fait qui est peu connu, parce qu'on a souvent
tendance à... lorsqu'on parle de la communauté d'expression anglaise au Québec,
on a souvent tendance à penser à Montréal. Et, oui, il y a une proportion
importante de la population qui est à Montréal, mais il y a des anglophones
dans toutes les MRC du Québec, et c'est certain que le phénomène auquel vous
référez, où le taux de chômage des Québécois d'expression anglaise est plus
élevé que des autres Québécois, c'est beaucoup associé aux 45 % de Québécois qui sont en dehors de l'île de Montréal
ou de la région de Montréal. Et ce phénomène-là, il est peu connu, mais
il est réel.
Ce que vous dites, je suis parfaitement d'accord
avec ça, et on a une responsabilité envers la communauté anglaise, de lui donner accès, par exemple...
l'aider à l'accès à la fonction publique québécoise. J'ai rencontré l'organisme
communautaire dans le cadre des consultations budgétaires, et puis on a mis des
sommes, à peu près 1,4 million, pour
ça, en 2022‑2023, mais je pense que là où c'est très prometteur,
c'est Francisation Québec, qui va être créé par la ministre de
l'Immigration. J'ai donné des fonds pour ça dans le dernier budget, et
Francisation Québec aura un volet immigration, mais les cours gratuits seront
disponibles pour la communauté d'expression anglaise.
Et bref, l'économie du Québec est performante.
Nous sommes au plein emploi. Il serait vraiment malavisé de ne pas utiliser
tous les gens qui sont ici et qui veulent travailler. Et vous avez raison de
souligner que la communauté anglaise en région a un taux de chômage plus élevé
que la moyenne du Québec.
M. Kelley : Parfait,
M. le ministre. Et est-ce que vous avez une idée c'est quoi, l'échéancier pour
ce programme qui va être créé par Immigration... par votre...
Francisation Québec?
• (15 h 10) •
M. Girard (Groulx) : Laissez-moi
regarder mon budget. Ça, c'est dans la section économique.
Une voix : ...
M. Girard
(Groulx) : Comment?
Une voix : B.66.
M. Girard
(Groulx) : B.66. OK. Alors là, je réfère au budget, M. le député de
Jacques-Cartier, alors... Non, ça, c'est la régionalisation des immigrants.
Francisation Québec, B.65. Francisation Québec, alors il y a 42 millions par année, pour un total de 213 millions. Ça
commence dès cette année. Alors, les sommes ont été allouées dans le dernier
budget, et là on est dans la mise en application de cela, et ces cours-là
seront disponibles pour les immigrants, mais aussi
pour les membres de la communauté anglophone du Québec. Ce sera comme un
guichet unique d'accès à des cours de français. Il y aura aussi... ce
n'est pas le sujet d'aujourd'hui, M. le Président, mais il y aura aussi la
possibilité de suivre des cours avant d'immigrer au Québec.
M. Kelley :
Parfait. C'est important, c'est sûr, la question et puis le volet pour les
immigrants, mais je veux souligner que c'est très important qu'encore c'est
accessible pour tout le monde qui vous... vient de confirmer. Puis aussi, votre sous-ministre adjoint, il siège sur
un comité interministériel de francisation du Québec, alors je veux juste s'assurer
aussi que, le moment que c'est lancé, on va peut-être aussi avoir une campagne
publicitaire pour... mais en anglais, juste parce que, souvent... C'est sûr
que, sur le terrain, présentement, il y a des places pour prendre un cours en
français, mais, des fois, des gens ne savent pas où aller exactement, puis ça,
c'est une plainte que j'ai entendue souvent sur le terrain.
Alors, si le plan de
communication du gouvernement peut inclure des messages en anglais puis faire
de la promotion... Moi, je veux juste s'assurer que c'est un succès, parce que
je pense que, le moment que c'est disponible, les gens vont l'utiliser, mais il
faut aussi s'assurer que le secrétariat peut faire un suivi avec les chiffres
pour savoir est-ce que la communauté utilise ces ressources-là.
M. Girard
(Groulx) : Bien, on va faire le suivi. Là, d'abord, la ministre doit
créer Francisation Québec et livrer sur le
terrain, mais on crée des services pour qu'ils soient utilisés et on... C'est
certain qu'il va falloir aller rejoindre la communauté. Pour les plus
jeunes, on a... c'est peut-être un peu plus simple, on a nos institutions
d'enseignement, mais vous avez raison que, pour les personnes qui ne fréquentent
pas les milieux scolaires ou académiques, il faudra faire connaître nos
programmes.
M. Kelley : Parfait.
Et un autre document que, j'imagine, vous avez vu ou votre équipe a vu, ça a
été déposé par Y4Y, Youth for Youth. C'est
une organisation qui travaille avec la communauté des jeunes d'expression
anglaise. Eux autres ont déposé un document pour la consultation
prébudgétaire, puis il y a une chose qu'ils ont dit encore. On vient d'avoir la discussion sur l'accès aux cours
et la formation en français, mais aussi c'est comment on peut envoyer
un message à nos jeunes qui ont une barrière psychologique, qui ont un petit
peu peur de travailler en français, comment on peut déployer des stratégies
pour encourager des jeunes de rester ici, de ne pas quitter pour une autre
province ou, quand même, pour un autre pays?
On a beaucoup de
talents au sein de notre communauté. Ils sont bilingues, mais, des fois, ils ne
sont pas nécessairement bilingues pour
travailler dans chaque domaine. Des fois, de maîtriser une langue, pour une
profession... des fois, c'est très spécifique. Alors, je ne sais pas si le
ministre a des idées sur comment il peut attaquer à ce problème pour s'assurer
qu'on garde le plus grand nombre de nos jeunes de communauté d'expression anglaise ici, au Québec.
M. Girard (Groulx) : Bien, d'abord, il y a la
fonction publique, où la communauté anglophone est sous-représentée,
puis on a un programme, avec l'ENAP, l'École nationale d'administration
publique, pour aider à rejoindre cette communauté, mais vous soulignez un thème
général qui est vrai, que la communauté anglophone du Québec connaît de plus en plus le français. Et la question, c'est :
Puisqu'elle connaît de plus en plus le français, pourquoi il y en a
encore qui pensent qu'ils doivent quitter le Québec pour avoir des opportunités
de carrière, puis etc.?
Alors, nous, on a des
ambitions économiques extrêmement élevées pour le Québec. On a des ambitions
sociales aussi, et la communauté anglophone fait partie de ce projet-là. Et
c'est certain que, d'abord, il y a l'État qui...
et, quand je dis «la fonction
publique», c'est aussi les conseils d'administration, où la communauté
anglophone est sous-représentée, dans les conseils d'administration de
nos 46 sociétés d'État.
Et bref, tous les
gestes comptent, et je pense qu'on doit valoriser les succès, et ce serait
important que les leaders de la communauté
anglophone reconnaissent ou disent qu'il y a des opportunités au Québec pour
nos jeunes. Et, bien sûr, on veut les garder ici.
M. Kelley : Parfait.
M. le ministre, est-ce que vous avez devant vous les chiffres, les derniers
chiffres de votre collègue? J'imagine, c'est le secrétariat au Trésor qui suit
un petit peu les anglophones au sein de la fonction publique. Est-ce qu'on a vu une différence, depuis les derniers cinq
ans, ou je peux quand même mettre ça depuis la création du secrétariat
de... qui représente les communautés d'expression anglaise?
M. Girard
(Groulx) : ...les chiffres exacts parce qu'aux Finances on aime les
chiffres exacts.
M. Kelley : Moi
aussi, j'aime les chiffres exacts, mais, en tout cas, je pose la question.
M. Girard (Groulx) : Le secrétariat
est pleinement intégré au ministère des Finances, là.
M.
Kelley : Exactement. Comme votre équipe cherche les chiffres...
M. Girard
(Groulx) : Alors, 1 %... Alors, selon les récentes données du
Conseil du trésor, la fonction publique québécoise dénombre
518 anglophones sur un total de 57 000 employés, soit 1 % de
l'effectif. Mais là, ça, ce n'est pas les 500 000 employés de la fonction
publique, là. Il n'y a pas Santé et Services sociaux, là-dedans, il faudrait... Est-ce qu'on a le chiffre... Ça, c'est
juste les professionnels de la fonction publique, là. C'est les seuls chiffres qu'on
a? Bien, on a les chiffres exacts, mais on n'a pas tous les chiffres.
M. Kelley : C'est
bien correct, M. le ministre. C'est une des missions du secrétariat, c'est de
travailler un petit peu sur les chiffres. Je
comprends, pour les statistiques en général, il y a toujours... le plus
d'information qu'on peut aller chercher...
M. Girard
(Groulx) : ...d'avoir un chiffre qui comprend l'ensemble de la
fonction publique, et je pourrai vous le communiquer la semaine prochaine, si
vous permettez.
M. Kelley : Ça,
c'est bon.
M. Girard
(Groulx) : Est-ce qu'on déposerait une telle information à la
commission ou...
Le
Président (M. Bachand) : S'il vous plaît,
M. le ministre, oui, effectivement.
M. Girard
(Groulx) : Alors, on va regarder si on peut trouver une statistique
plus globale.
M. Kelley : Puis,
si vous êtes capable, M. le ministre, déposez aussi une cible que vous voulez
frapper dans les prochaines couples des années pour augmenter le nombre des
anglophones au sein de la fonction publique. Ça, ça va être bien apprécié
aussi, M. le Président.
Je sais que vous...
vient de juste terminer le processus, le budget, et tout ça, mais je pense
qu'une autre chose... Je vais continuer dans le prochain bloc parce qu'on n'a
pas de temps, mais je pense qu'on peut réfléchir un peu sur les stratégies...
L'ENAP, c'est un bon départ pour la formation pour certains jeunes qui veut
s'intégrer à la fonction publique du Québec, mais je pense qu'il y a un travail
qu'on peut faire avec nos grandes universités aussi pour essayer de convaincre
eux autres d'avoir un plus grand intérêt dans la fonction publique du Québec
aussi.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Donc, Mme la députée de Verdun, pour
9 min 13 s, s'il vous plaît.
• (15 h 20) •
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. Je veux commencer par saluer le
ministre, les collègues ainsi que le collègue de Jacques-Cartier, à
l'opposition.
Puis
tout d'abord, je pense qu'une chose qu'on partage, c'est le fait qu'on
reconnaît que la minorité historique anglophone a toujours eu un droit à ces
institutions au Québec. Elle doit les maintenir. On doit continuer à financer
ces institutions-là par l'État, mais... Puis je vous entendais, là, les droits
des anglophones sont reconnus par notre Charte de la langue française, puis ça
doit continuer ainsi.
Tantôt, le collègue
parlait de la situation socioéconomique des Québécois d'expression anglaise,
qui est quand même frappante... je commencerais à, peut-être, entendre le
ministre un peu plus là-dessus, là, quand on voit que les Québécois anglophones
sont, en proportion, plus nombreux à vivre avec un faible revenu, on parle de
grands écarts de richesse, et que, même, des jeunes peuvent demeurer sans
emploi. Puis c'est une des choses que je vois également dans ma
circonscription, parce qu'il y a quand même une représentativité des personnes
anglophones et qui sont en situation de pauvreté.
Donc,
ma première question pour le ministre, c'est de voir comment on va adresser...
comment on va s'attaquer à ces enjeux de pauvreté.
M. Girard (Groulx) : Bien, je veux dire,
lorsqu'on fait des politiques publiques, au gouvernement du Québec, on le fait évidemment pour tous les Québécois.
Alors, la lutte à la pauvreté, c'est un objectif qui n'a pas de caractéristique
linguistique. On veut vraiment amener le Québec à un autre niveau
économiquement. Et ça, lorsque l'économie est forte,
non seulement ça donne un marché du travail qui est dynamique, qui favorise
l'employabilité de tous les citoyens, mais
aussi ça donne des moyens au gouvernement pour investir dans les missions de
l'État, telles que santé et éducation, et la communauté anglophone
bénéficie de... si le gouvernement a plus de moyens.
Quant à
l'employabilité, bien, on travaille avec les organismes communautaires. Et
c'est connu qu'en région le taux de chômage des anglophones est plus élevé que
des autres Québécois, puis on va continuer de les aider. Puis, puisque le marché du travail est fort, bien, c'est
le meilleur moment pour avoir des politiques qui favorisent l'embauche des
citoyens qui ne travaillent pas.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Peut-être pour continuer sur le rôle des organismes
communautaires, surtout les organismes
communautaires qui sont propres à la communauté anglophone, que c'est des lieux
de rassemblement, je vous dirais même, une des choses que j'observe...
que c'est des organismes communautaires que, même s'ils viennent de la
communauté historique anglophone... bon, dans le cas de Verdun, ils offrent
aussi des services à la population plus largement et qu'ils sont au coeur de
nos communautés.
Est-ce que le ministre
puis, en tout cas... puis je veux faire un lien aussi avec la lutte contre la
pauvreté puis l'exclusion. Est-ce que le ministre s'engage à ne pas réduire le
financement des organismes communautaires de la communauté anglophone pendant
la législature?
M. Girard (Groulx) : Bien, je veux
être clair, là, notre gouvernement a augmenté le financement des organismes
communautaires de façon extrêmement significative. Au budget 2022‑2023, on
a répondu aux demandes des groupes communautaires
pour avoir du financement à la mission, et les missions des groupes
communautaires n'ont pas de connotation linguistique. Elles visent à
servir les citoyens.
Et bref, non seulement je m'engage à ne pas
réduire le financement des groupes communautaires, mais on a prouvé dans le premier mandat que c'était
extrêmement important. Les groupes communautaires ont été un partenaire extrêmement important du gouvernement durant la
pandémie parce qu'ils ont prouvé qu'ils rejoignaient des clientèles que
les institutions publiques avaient parfois de la difficulté à rejoindre.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Je suis contente d'entendre que vous vous
engagez à ne pas réduire l'engagement... le financement des groupes
communautaires.
M. Girard (Groulx) : Bien, comme je
vous ai dit, nous avons augmenté le financement des organismes communautaires.
Je pourrais vous donner les chiffres, là. C'est quelle page, ça, Mme la
sous-ministre?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Non, mais pour
le total des groupes communautaires, c'est... attendez.
Le Président (M.
Bachand) : ...peut-être poser...
Mme Zaga Mendez : Oui, je peux
continuer.
Le Président (M.
Bachand) : Oui, s'il vous plaît, oui.
Mme Zaga Mendez : Je peux continuer
avec mes autres questions. On parlait d'employabilité, on parlait de la place
des communautés anglophones au coeur de la fonction publique. Une des choses
que nous, on a discutées, dans le passé,
avec ma formation politique, c'est donner plus de pouvoirs à la Commission des droits de la personne et des
droits de la jeunesse pour avoir un regard, des suivis, mais plus...
avec des contraintes en ce qui concerne nos programmes d'accès à l'égalité. On
parlait tantôt d'une cible et... mais, au-delà de la cible, d'avoir des
mécanismes qui font en sorte que la représentation de toutes nos
communautés, incluant, bien sûr, la communauté anglophone, soit plus accrue.
Est-ce que le ministre est d'accord avec cette
proposition de donner plus de pouvoirs de contrainte à la Commission des droits
de la personne et des droits de la jeunesse pour arriver à des cibles de
représentation dans la fonction publique?
M. Girard (Groulx) : Oh! là, vous me
posez une question pour laquelle je n'ai aucune compétence, OK? Je suis
économiste, ministre des Finances, et j'ai à coeur que la communauté anglaise
participe au développement économique et social du Québec, mais là vous me
posez une question sur la Commission des droits de la personne, qui ne relève pas de moi, et pour... Je regrette
de vous dire que je ne suis pas qualifié pour ces questions. J'en prends acte
et je vous entends.
Et pour ce qui est des organismes
communautaires, le financement a augmenté de 59 % depuis 2019‑2020. Alors, on parle d'augmentations historiques, et
c'était mérité. Les organismes communautaires font un travail exceptionnel
au Québec.
Mme Zaga Mendez : Merci. J'aurais
aimé ça, quand même, avoir la réponse. Je comprends que le ministre est plus au
courant de ce qui se passe au niveau économique. Ceci dit, dans le cadre des
relations avec les Québécois d'expression anglaise, étant eux, comme je disais,
reconnus par la Charte de la langue française comme ayant des droits, les
droits des anglophones, ce sont aussi des groupes qui doivent être représentés
dans la fonction publique, n'est-ce pas? Et c'est pour ça que j'amenais l'idée
que la Commission des droits de la personne, qui veille à la représentativité,
puis ça va au-delà de la communauté anglophone, on peut penser aussi à des
Québécois et Québécoises comme moi, issus de
l'immigration, de minorités visibles... soit mieux représentée dans la fonction
publique. Est-ce que c'est une réflexion que vous avez déjà eue?
M. Girard
(Groulx) : Bien, je pense que c'est une question... je pense
qu'on est tous d'accord que l'ensemble de la diversité n'est pas suffisamment
représentée dans la fonction publique québécoise, et donc le gouvernement doit
faire mieux, notamment avec la communauté d'expression anglaise.
Alors, ces questions sont, je dirais, plus pour
la présidente du Conseil du trésor, qui pourrait vous donner des réponses plus
éclairées, mais moi, je peux vous donner une orientation générale. Nous sommes
conscients qu'il n'y a pas suffisamment de
membres de la communauté d'expression anglaise dans la fonction publique
québécoise, et, oui, on souhaite qu'il y en ait plus.
Mme
Zaga Mendez : Parfait.
Le
Président (M. Bachand) : Une minute, s'il
vous plaît.
Mme Zaga Mendez : Une minute. Donc, pour
continuer à partir de cette conclusion-là que je viens d'entendre de la part du ministre, pour en avoir plus, je
vous relance l'idée de peut-être parler avec les collègues, de voir comment
on peut donner plus de mordant à notre Commission des droits de la personne et
des droits de la jeunesse. Je vous lance l'idée comme ça.
Est-ce possible de,
le temps qu'il me reste, l'utiliser dans mon prochain bloc, pour ne pas me
lancer sur une nouvelle idée?
Le Président (M. Bachand) : Oui, oui, on va le transférer, il n'y a pas de problème. Merci beaucoup.
M. le député de Jacques-Cartier, s'il vous plaît.
M. Kelley : Merci,
M. le Président. M. le ministre, je vais continuer un petit peu sur la
thématique des priorités des jeunes membres de la communauté d'expression
anglaise. Une autre chose qui a été soulevée dans leur mémoire pour vous et
pour votre ministère, c'étaient les besoins en santé mentale. Et je sais que
vous n'êtes pas le ministre responsable pour
livrer ces services, exactement, mais, sur le terrain, on sait que des groupes
communautaires sont souvent interpelés, M. le Président, pour donner un
coup de main pour lier des gens, des fois, à des services de la santé mentale.
Mais c'est sûr, sur l'île de Montréal, c'est une chose, la grande région de
Montréal, c'est une chose, la communauté est proche des institutions, mais il y
a quand même des enjeux pour tout le monde, présentement, au Québec, de toutes
les façons... les langues qu'on parle ici, d'avoir accès à des services de
santé mentale.
Mais je pense souvent
à des jeunes qui sont en région. Si vous habitez dans la région comme... je
vais le mentionner encore, les Îles-de-la-Madeleine, la Gaspésie, quand même,
la Côte-Nord, vous êtes un membre de la communauté d'expression anglaise à
Val-d'Or, vous êtes loin des grandes institutions de la communauté qui sont à
Montréal, mais des fois, les services sont plus difficiles.
Alors, je ne sais pas
s'il y a certains programmes, financements, que le secrétariat a faits pour
aider ces groupes sur le terrain. Mais aussi est-ce que le ministre veut
peut-être prendre engagement pour discuter avec Y4Y sur comment le gouvernement du Québec peut mieux répondre à un besoin
qui a augmenté? Et, des fois, c'est juste une réalité, des services en
anglais sont moins présents en région parce qu'il n'y a pas nécessairement un
psychologue qui parle anglais. Comment on
peut trouver des solutions pour aider ces jeunes qui ont vécu des moments très
difficiles dans leur vie avec un enjeu de la santé mentale?
• (15 h 30) •
M. Girard (Groulx) : Oui. Bien, la santé
mentale, c'est extrêmement important. Et puis on a eu une pandémie avec,
d'abord, des conséquences médicales physiques, et puis ensuite, à mesure que la
pandémie durait beaucoup plus longtemps
que nous avions prévu, nous avons tous été conscients qu'il y avait des
répercussions mentales sur l'ensemble des citoyens.
Et puis c'est pour ça
que nous, on a augmenté le financement, approximativement, de 200 millions
par année en santé mentale au Québec. Puis là, quand je dis «santé mentale»,
j'inclus itinérance et dépendance, là. J'y vais au sens large parce que, souvent,
les problématiques... pas toujours, mais les problématiques sont liées. Et bien
sûr que, dans le travail que le ministre Carmant fait, qui est une approche
pluridisciplinaire, c'est-à-dire qu'on n'a pas assez de psychologues au Québec,
donc on doit travailler avec les intervenants en milieu scolaire, les
travailleurs sociaux, les médecins, les infirmières... La santé mentale, c'est
l'affaire de tous, et le ministre Carmant est conscient, et, oui, il y a des sommes qui ont été accordées pour des
organismes communautaires en santé mentale qui favorisent la clientèle
anglophone. Et vous avez raison de souligner que l'accès aux soins de santé
mentale en région, c'est plus difficile que dans les grands centres et
c'est également plus difficile pour la communauté anglophone. Vous avez raison.
M. Kelley :
Et je vais quand même ajouter, dans la région des Cantons-de-l'Est, c'est aussi
une réalité. Il y a une grosse population, là. C'est sûr que ce n'est pas aussi
loin de la ville de Montréal, mais quand même, je sais que, M. le Président,
vous êtes au courant de les réalités des petites communautés. Je sais, ce n'est
pas nécessairement dans vos comtés, mais la petite ville de Bury et les places
comme ça, des petites places, des petites villes, il y a une forte présence de
la communauté d'expression anglaise, et c'est difficile. Je sais que le CIUSSS
de l'Estrie travaille très bien en collaboration avec la communauté. Mais, je
pense, c'est important de continuer de juste regarder cette question à... large avec la communauté, quand vous
faites vos rencontres avec les différents groupes communautaires, si c'est les Townshippers, si c'est CASA ou, quand
même, le QCGN. Mais c'est sûr que c'est quelque chose qui revient dans
toutes mes discussions. C'est juste l'accès qui, des fois, est un peu difficile
en région, mais merci de quand même prendre connaissance puis de noter que
c'est une réalité de la communauté.
M. Girard
(Groulx) : Et juste pour... Le secrétariat lui-même, au-delà de ce qui
est fait dans le cadre du plan du PSOC, là, le plan de soutien aux organismes
communautaires, avec le ministre Carmant, le secrétariat lui-même, pour
840 000 $ par année, là, finance des organismes en santé mentale de
langue anglaise. Mais l'accès aux soins en santé
mentale, en région, c'est déjà difficile, alors, en langue anglaise, c'est
également difficile. Et puis, oui, étant donné que les besoins
augmentent en santé mentale, nous en sommes tous conscients, bien, il faut faire
des efforts.
M. Kelley : Parfait.
Je veux maintenant, M. le ministre, poser une question. Je comprends que le
gouvernement a pris une décision sur l'agrandissement de Dawson, mais je sais
qu'à l'époque il y a eu des discussions parce qu'il y a une réalité qu'à
Dawson il y a un manque d'espace pour les étudiants. C'est des critères de...
le ministère qui le dit, puis le gouvernement était en train de regarder des
autres options.
C'est sûr que nous,
on demeure toujours en faveur de ce projet. Mais je ne sais pas si le ministre
a une mise à jour pour nous sur le projet à Dawson, pas nécessairement
l'agrandissement, mais le projet de trouver plus d'espace pour les étudiants, là, parce que, de mémoire, les
programmes liés à cet agrandissement, c'était pour les sciences et la santé.
On a besoin des infirmières, des
recherchistes, des gens qui travaillent dans le domaine. C'est important.
Alors, je ne sais pas si le ministre a juste quelque chose, une... comme
j'ai dit, une mise à jour pour nous sur ce sujet.
M. Girard
(Groulx) : Bien, d'abord, au niveau de l'enveloppe totale, le
gouvernement a augmenté le PQI de 50 %, depuis 2018. C'est un effort
important, à 150 milliards, d'autant plus que, vous le savez, les taux
d'intérêt ont augmenté, le financement marginal est beaucoup plus élevé que le
financement moyen.
Pour ce qui est
d'enseignement supérieur, des sommes importantes ont été mises. Ce qui se passe
au niveau des cégeps... Et je comprends que
la décision sur l'agrandissement de Dawson, je l'ai déjà dit à plusieurs
reprises, aurait pu être mieux communiquée. Mais ce qui se passe, c'est
que la population... c'est que les cégeps en banlieue de Montréal débordent parce qu'il y a eu un...
Comment je pourrais dire, donc? Il y a moins de gens sur l'île puis il y en a
plus en couronne de l'île. La pandémie a accéléré ça, et ce qui fait qu'on a
des cégeps à Longueuil, à Sainte-Thérèse, dans ma circonscription, qui débordent littéralement et qui dépassaient leurs
devis. Et donc un gouvernement, ça maximise sous contrainte et incertitude, et on a donc priorisé des cégeps, je
vais dire, dans le 450, par rapport aux cégeps sur l'île de Montréal.
Là où je veux être
clair... parce que la décision de favoriser, par exemple, Longueuil ou
Sainte-Thérèse par rapport à Dawson n'est
pas nécessairement une décision linguistique. Parce que, si vous regardez les
universités, bien, dans le PQI 2023‑2033... puis c'est ponctuel. Si vous auriez regardé il
y a cinq ans, vous auriez vu que le campus MIL de l'Université de Montréal
recevait la majorité des sommes. Bien là, on voit qu'en enseignement supérieur
c'est le Royal Vic, avec un investissement de plus de 600 millions sur la
montagne, dans des édifices patrimoniaux. C'est McGill qui reçoit la part la plus importante du financement en
infrastructures en enseignement supérieur. Et, bien sûr, quand... c'est
des investissements qui sont importants. Donc, il y a eu moins
d'investissements dans les cégeps anglophones.
Je vous dirais qu'il y en a plus dans les universités anglophones. C'est un
équilibre, et les investissements qu'on fait au Royal Vic sont très
importants, puis ça va bénéficier Montréal, le Québec, tout le monde.
M. Kelley : Merci, M. le ministre et M. le Président. Moi, je
veux juste être clair que, si c'est un investissement à Dawson, Terrebonne, je
pense que l'important, c'est qu'on fait des investissements dans l'enseignement
supérieur. Parce que, comme un ministre... un économiste puis le
ministre des Finances, on sait que nos adversaires économiques... l'économie de demain, ça va prendre des gens qui
sont bien formés, bien éduqués, alors il faut faire les investissements dans toutes les institutions. Je comprends, le
gouvernement a des décisions à faire, mais, pour moi, français, anglais, là...
Le fait que des cégeps débordent, ce n'est
pas une bonne chose, mais, en même temps, c'est important qu'on ait plein de
monde qui sont dans nos cégeps, puis il y a des investissements à faire. Mais,
quand même, merci, M. le ministre, pour la mise à jour.
Je vais passer
maintenant à un autre sujet. C'est un peu en lien avec la question de la santé
mentale, mais c'est pour nos aînés
anglophones. Les aînés de la communauté d'expression anglaise, souvent, ils
sont isolés, et c'est là qu'on va trouver plus des anglophones qui sont
unilingues. Si on regarde les chiffres, les aînés sont souvent eux qui n'ont
pas appris le français, pour plein de raisons. Mais ce n'est pas quelque chose
qui est nécessairement facile à changer,
après 70 ans, que quelqu'un va maîtriser une deuxième langue. Des fois,
ils ont peur d'aller vers une institution parce qu'ils ne savent pas si
quelqu'un va parler dans leur langue. C'est juste une réalité. Il y a un
groupe, Seniors Action Quebec, qui travaille fort pour briser l'isolation, mais
aussi de s'assurer que les CHSLD livrent des services à domicile dans la...
dans la langue anglaise, et tout ça. C'est un travail important.
Mais je veux juste
avoir la vision, un petit peu, de le ministre sur comment il peut travailler
avec des différents groupes communautaires pour s'assurer qu'il y a un soutien,
que, les gens qui travaillent sur le terrain avec nos aînés, on a toutes les ressources nécessaires. Parce qu'on sait que,
pour la communauté, beaucoup de nos aînés, leurs enfants ont quitté pour une autre province ou ils habitent dans une
autre ville et ils ne sont pas nécessairement là chaque jour pour
prendre soin d'eux. Alors, c'est un enjeu difficile, mais il y a plein de gens
sur le terrain qui travaillent fort.
Alors, je ne sais pas
si le ministre peut expliquer... Je sais qu'il y a des «wellness centers»,
qu'il a mis l'argent dedans, mais expliquer comment lui, il veut travailler
avec ces groupes-là pour briser l'isolation de nos aînés anglophones dans notre
société.
• (15 h 40) •
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
ministre.
M. Girard (Groulx) : Bon, moi, j'arrive, hein,
j'ai appris, de la part du premier ministre, que je serais responsable
des Québécois d'expression anglaise au même moment que j'étais reconfirmé ministre
des Finances, et puis c'était une belle
surprise pour moi. Et puis là, dans le... autour de Noël, on a rencontré tous
les groupes communautaires, en fait, tous les... j'exagère un peu, tous
les groupes... on en a rencontré plusieurs et on en supporte plusieurs, au
secrétariat. Mais on m'a mentionné que les
«wellness centers» étaient d'excellentes institutions pour rejoindre les
personnes âgées qui sont plus isolées
en région. Et on m'a parlé de ça, j'ai vérifié avec le secrétariat, et puis, au
budget, on s'est entendus que de donner un coup de main aux «wellness
centers», ça permettrait d'aller vers ces gens-là.
Alors,
on a mis 5 millions dans le budget, puis il y en a 65, «wellness centers»,
au Québec, et ça permet de briser le
vieillissement... bien, l'isolement social qui accompagne la vieillesse. Et
bref, on s'est fait dire que les «wellness centers», c'était vraiment
très bon pour rejoindre la communauté. Le secrétariat a confirmé. J'écoute. Le
budget du Québec, 148 milliards... on a décidé de mettre 5 millions
dans le budget pour ça.
M. Kelley : Parfait. Je sais que...
C'est vrai, M. le ministre vient juste d'arriver en poste, je comprends ça très bien. Mais aussi, dans la suite des choses,
quand vous avez des chances de parler avec votre collègue le ministre de la
Santé, qui est responsable pour tous... des différents plans d'action pour les
services en santé et les services sociaux dans la langue anglaise, il y
a des différents comités qui existent.
Je veux juste toujours garder en tête que le
service à domicile, des fois... je sais qu'il y a beaucoup des agences qui sont
embauchées, ça change beaucoup, mais dans mon comté, où j'ai beaucoup des aînés
anglophones, des fois, ils trouvent que les
services ne sont pas toujours... c'est très «inconsistent», là, dans le sens
que ce n'est jamais la même personne.
Alors, bref, quand ils parlent avec le ministre de la Santé mais aussi son
collègue le ministre responsable pour les Aînés... que ça, ça demeure toujours
un enjeu, c'est les soins à domicile. Ils ont un droit d'avoir les
services en anglais; des fois, ce n'est pas
toujours le cas. Je ne dis pas que c'est intentionnel, c'est juste la réalité, de
temps en temps, mais juste un petit message pour le ministre.
Je veux passer rapidement juste à une autre
question. C'est dans le cahier des crédits, il y a des dépenses avec un
programme avec Bishop's, l'Université de Bishop's, qui m'intéresse beaucoup, de
mémoire, c'est pour environ 200 000 $... 225 000 $, et
c'est sur l'économie et employabilité. Alors, on revient à ce sujet dans le
premier bloc. Est-ce que vous pouvez juste expliquer un petit peu ce projet?
Est-ce que ça a eu un succès? Bishop's fait quoi, exactement, dans la région,
pour l'intégration des anglophones dans l'économie locale?
M. Girard (Groulx) : Est-ce
qu'on a quelqu'un qui connaît ce programme-là, le programme à Bishop's?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Est-ce que
vous permettez qu'un sous-ministre prenne la parole?
M. Kelley : Oui.
Le Président
(M. Bachand) : Consentement? Donc,
j'inviterais le sous-ministre à s'avancer, et d'abord en s'identifiant, bien
sûr, et par la suite prendre la parole.
M. Girard (Groulx) : Allez-y.
Vous vous présentez d'abord.
M. Floch
(William) : Oui. Je
m'appelle William Floch, sous-ministre adjoint pour le Secrétariat aux
relations avec les Québécois d'expression anglaise.
Oui, le projet avec le consortium des cégeps et
universités de langue anglaise, le partenaire, le fiduciaire, c'est
l'Université Bishop's, mais c'est un projet qui touche toutes les institutions
postsecondaires. Et eux autres sont en train de travailler vers un programme
coprésenté avec l'ENAP pour améliorer l'accès aux fonctions publiques pour les personnes d'expression anglaise. En plus,
eux autres travaillent sur plusieurs projets sur le terrain pour améliorer
les chances d'employabilité des jeunes Québécois d'expression anglaise, un peu
pour freiner l'exode des cerveaux.
M. Kelley :
Merci, M. Floch. Puis, dans
ce programme, dans toutes les recherches qui ont été faites, est-ce que Bishop's puis l'ENAP étaient capables de
cibler certaines barrières qui sont peut-être... qui existent un petit peu pour
les Anglais... les anglophones qui veulent accéder à la fonction
publique?
M. Floch (William) : Il y a des
projets de recherche en cours pour comprendre où sont les barrières, où sont
les obstacles, est-ce que c'est des questions de processus ou est-ce que c'est,
par exemple, les attitudes de groupes minoritaires
mêmes. Dans ce sens, on ne sait pas toutes les réponses, mais beaucoup des
activités de recherche et analyse sont en cours.
M. Kelley : Puis est-ce qu'il y
a un échéancier pour le projet ou est-ce que c'est un peu «ongoing»?
M. Floch (William) : Non, c'est
comme un projet de recherche ponctuel. On va voir le résultat, je pense, en 2023‑2024,
mais je peux confirmer ça de mémoire, je pense que c'est le cas.
M. Kelley : Parfait.
Merci beaucoup. Ça répond à cette question. Je ne sais pas si, M. le Président,
j'ai une minute...
Le Président
(M. Bachand) : ...transférer sur
votre troisième et dernier bloc, si vous voulez.
M. Kelley : Oui, pourquoi ne
pas ajouter 40 secondes.
Le Président
(M. Bachand) : Merci beaucoup. Mme la
députée de Verdun... Oui, M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : M. le Président, j'aurais juste voulu dire 10 secondes
sur les soins à domicile. Comme vous le
savez, les soins à domicile, c'est extrêmement important. On a mis
1 milliard, dans le dernier budget, 6,5 milliards, pour
augmenter les services, les heures, et c'est certain que là-dedans il doit y
avoir des heures pour la communauté anglophone.
Le
Président (M. Bachand) : Merci
beaucoup. Mme la députée de Verdun, pour 10 minutes, s'il vous plaît.
Mme Zaga
Mendez : Merci beaucoup. J'ai quelques questions concernant le
Secrétariat aux relations avec les Québécois d'expression anglaise, secrétariat
qui a été mis sur pied il y a quelques années. Je voulais savoir si le ministre, ou d'autres, ou les personnes... les
ministres qui étaient en charge de ce secrétariat-là, ils ont... s'ils ont eu
la chance de faire un bilan des actions qui ont été faites par le
Secrétariat aux relations avec les Québécois d'expression anglaise.
M. Girard
(Groulx) : Est-ce qu'il y a un bilan qui a été fait? Moi, je n'ai pas
fait de bilan.
M. Floch
(William) : ...
M. Girard (Groulx) : Vous allez devoir
reprendre le micro. Il y a déjà eu consentement pour que vous preniez la
parole. Est-ce que vous acceptez que le sous-ministre...
Mme Zaga
Mendez : Bien sûr.
M. Girard
(Groulx) : Allez-y.
M. Floch (William) :
On a été appelés pour reconduire notre programme de financement, de
préparer un bilan pour le Secrétariat du Conseil du trésor, qui était très
exhaustif, pour démontrer les investissements, selon les secteurs, selon les régions, et les impacts, etc.,
et le résultat était positif. Le Secrétariat
du Conseil du trésor a accepté de
continuer notre programme. Dans ce sens, c'est quelque chose qu'on fait à, le
minimum, chaque trois ans.
Mme Zaga Mendez : Donc, si je comprends
bien, le programme va être reconduit. Mais ma question, peut-être, pour le
ministre, c'est que... c'est de savoir si le ministre peut s'engager à nous
présenter un bilan des actions qui ont été menées par ce secrétariat-là.
Je suis certaine que des membres de la communauté anglophone auraient des
choses intéressantes à dire sur le fonctionnement. Et c'est aussi des... Vous
êtes... devriez être intéressé de voir comment ce secrétariat, il a été...
qu'est-ce qu'il a fait, qu'est-ce qu'il a mis en oeuvre.
M. Girard (Groulx) :
Bien, en fait, lorsqu'il a été créé, en 2017‑2018, le budget était
2 millions, et cette année, on y va de 13,7. Alors, je pense que le...
bon, là, je vais de dire un anglicisme une fois dans le débat sur les Québécois
d'expression anglaise, «money talks». Alors, le budget est rendu à
13,7 millions. Je pense que ça montre notre... Le fait qu'on continue
d'augmenter le budget montre qu'on a confiance que le secrétariat remplit sa
mission. Et moi, je vois le secrétariat
aller, depuis novembre 2022, puis je suis très satisfait de ce que je vois,
puis on va continuer à l'améliorer puis à rejoindre le plus de monde
possible.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Bien, je suis contente de voir le montant, mais est-ce
que... Ma question, c'est pour le ministre,
de savoir s'il veut s'engager aujourd'hui à nous présenter un bilan en bonne et
due forme de comment ces montants-là ont été utilisés, quelles sont les
actions qui ont été menées et les résultats, bien sûr, du Secrétariat aux
relations avec les Québécois d'expression anglaise.
M. Girard (Groulx) : Oui. Et là je vais
regarder ma sous-ministre aux Finances. Est-ce que, dans le nouveau plan stratégique
des Finances, on va inclure des indicateurs de performance pour le secrétariat?
Une voix :
...
M.
Girard (Groulx) : Alors, ça
va faire partie du plan stratégique du ministère des Finances qui va être
déposé pour la période 2024‑2027... C'est cinq ans?
• (15 h 50) •
Une voix : ...
M. Girard
(Groulx) : 2023‑2024 à 2027‑2028. Là-dedans, il y aura les objectifs
du secrétariat et, donc, une reddition de comptes, lorsqu'on révisera ce plan
stratégique.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Je suis contente de voir l'engagement puis que ces
choses-là vont arriver.
M. Girard
(Groulx) : Je suis engagé.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Sur un autre ordre d'idée, on parlait tantôt de la Commission des droits de la personne. Il pourrait y avoir d'autres mécanismes
pour augmenter la représentativité et la voix des Québécois et Québécoises
d'expression anglaise, puis ça touche le mode de scrutin. Je m'explique.
Je sais que la CAQ a abandonné cette
promesse-là. On sait que d'autres collègues... bien, les autres oppositions, on
s'est engagés à amener au bout le mode... la réforme du mode de scrutin. Parce
qu'on le sait que les Québécois d'expression anglaise se concentrent dans
certaines circonscriptions, mettons, en Gaspésie ou dans l'ouest de l'île et qu'il y a eu des... ils aimeraient que
leur voix compte. Puis il y a eu plusieurs... qu'on parle de partis politiques.
Est-ce que vous seriez d'accord qu'une réforme du mode de scrutin
pourrait aider à améliorer la représentation?
M. Girard
(Groulx) : Vous êtes une députée très talentueuse qui semblez
vouloir m'amener dans des domaines que
je ne connais pas du tout. Je suis économiste, financier, responsable du cadre
financier du gouvernement. La réforme du mode de scrutin, je m'excuse,
ce n'est vraiment pas mon expertise.
Mme Zaga Mendez : Je comprends. Mais
votre opinion comme ministre qui représente les communautés anglophones...
M. Girard
(Groulx) : Bien, mon opinion, c'est qu'un ministre doit se
concentrer sur son carré de sable, et si chacun se concentre sur son carré de
sable, on a des bons ministres. Alors, moi, c'est le cadre financier et les
politiques économiques du gouvernement.
Mme Zaga
Mendez : Parfait. Et, dans le cadre de votre carré de
sable, dont la responsabilité des relations avec les Québécois d'expression
anglaise, quelle est votre opinion de la réforme du mode de scrutin? Je veux
juste savoir : Est-ce que c'est dans votre champ de vision, comme
ministre responsable?
M. Girard (Groulx) : Non.
Mme Zaga Mendez : Du tout? OK.
M. Girard (Groulx) : Non, ce n'est pas
dans mon champ de vision.
Mme Zaga Mendez : Donc, on a une
réponse claire. Peut-être, pour...
M. Girard (Groulx) : Vous pouvez
compter sur moi pour des réponses claires.
Mme Zaga
Mendez : Bon, au moins, il y a ça. Peut-être, je vais vous
diriger sur des questions plus générales. Comme nouveau ministre, quelles sont
vos priorités à titre de ministre responsable des Relations avec les Québécois
d'expression anglaise?
M. Girard (Groulx) : Bien, la
première priorité, c'est d'améliorer les relations. J'ai déjà dit que, dans le
premier mandat, certaines de nos politiques avaient été mal comprises ou...
puis la communication, c'est important. Alors,
ma... la première chose que je voulais accomplir, comme nouveau ministre
responsable, c'est de tendre la main à la
communauté d'expression anglaise pour réaffirmer que nous avons des objectifs
extrêmement ambitieux, économiquement et socialement, et que la
communauté anglaise fait partie de ces objectifs.
Mme Zaga Mendez : Alors, comment on
améliore les relations, comment... parce que je suis d'abord sur le principe d'inclure les communautés
anglaises. Je pense, c'est l'objectif.
M. Girard (Groulx) : Bien, d'abord,
il y a le message, le message du gouvernement. Alors là, c'est un... notre
message est positif, d'inclusion. Le premier ministre l'a dit à plusieurs
reprises qu'il avait une ouverture, que la communauté
anglophone avait une contribution importante à la société québécoise. Et bref,
on doit d'abord améliorer les communications ou les relations entre le
gouvernement et les communautés d'expression anglaise.
Beaucoup de gens, lorsqu'ils parlent de la
communication, pensent qu'il s'agit de parler. Je vous dirais que c'est
beaucoup mieux d'écouter, et c'est ce que j'ai fait. J'ai rencontré les
groupes, je les écoute. Puis dans le fond, moi, mon rôle... Je ne suis pas un
lobbyiste de la communauté anglophone au Conseil des ministres. Mon rôle, c'est
de comprendre ce qui est important pour eux et de m'assurer que, dans nos
décisions au Conseil des ministres, au gouvernement,
on prend... on est conscients de la communauté anglophone, et qu'ils sont...
ils font partie de la société, puis qu'on est conscients de leur
présence dans nos décisions.
Mme Zaga Mendez : Parfait...
M. Girard (Groulx) : Alors, je vous
laisse la parole.
Mme Zaga
Mendez : J'ai peur qu'il ne reste qu'une minute. Donc,
est-ce que je comprends bien, les premières actions vont surtout être
des actions de communication, de votre part? Parfait. Ça fait que je vous
invite à avoir, dans votre
champ d'action, que ce soient des programmes pour lutter contre la pauvreté... on
parlait des organismes communautaires, mais rapidement, est-ce qu'il y a
des nouveaux programmes, pour la communauté anglophone, qui vont être
développés par le gouvernement du Québec?
M. Girard (Groulx) : Bien, en fait, ce que
j'ai dit, là, c'est qu'avec l'introduction du projet de loi n° 96, qui est
maintenant la loi n° 14, les modifications à
la Charte de la langue française, ces modifications ont créé une insécurité dans
la communauté quant à l'accès aux soins de santé en anglais. Alors, le premier
ministre a dit, le ministre... l'ancien ministre de la Langue française, qui
est le ministre de la Justice, le ministre de la Langue française, le ministre
de la Santé, le ministre des Finances, le
ministre responsable des Québécois d'expression anglaise, nous avons dit et
redit que la loi... les modifications à la Charte de la langue
française, en aucun cas, ne réduisent l'accès aux soins de santé pour la
communauté anglaise au Québec.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Mme Zaga
Mendez : Merci beaucoup.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M. le député de Jacques-Cartier, pour 18 min 51 s.
M. Kelley : Merci, M. le Président. M. le ministre, ça fait
plusieurs années maintenant que le projet de loi n° 40 est maintenant en vigueur, sauf que la cour a
suspendu les parties qui touchent les commissions scolaires anglophones. Alors,
maintenant, depuis une couple des années, les commissions scolaires anglophones
existent puis les services existent. Je sais
que votre collègue a mentionné
peut-être une autre réforme à des
centres de services. Mais peut-être, avant ça, est-ce que le ministre
peut peut-être réfléchir avec son collègue sur une façon de peut-être permettre
des commissions scolaires anglophones de
continuer d'exister? Parce que, comme j'ai mentionné, ça fait plusieurs années
maintenant, ça semble que ça marche, et la communauté n'était pas contente avec
l'ancien projet de loi. Alors, avant qu'on avance sur une autre réforme,
est-ce qu'il peut peut-être convaincre le ministre responsable de l'Éducation
de peut-être laisser les commissions scolaires exister puis respecter les
droits de la communauté d'expression anglaise?
M. Girard
(Groulx) : Bien là, je ne veux pas botter en touche une question très
précise, de grande qualité, d'un bon député, mais c'est un dossier qui est
judiciarisé, alors ce serait malhabile pour moi de commenter. Mais, lorsqu'on
aura le jugement, on en prendra acte, et je pourrai vous donner une réponse
plus précise.
M. Kelley :
Merci. Vous être un ministre très habile avec des bonnes réponses aussi,
mais, quand même, j'ai pensé, c'était important de mettre ça sur la table.
M. Girard
(Groulx) : C'est entendu. Je comprends votre point de vue.
M. Kelley : Je
veux... reviens maintenant... parce que vous êtes quelqu'un qui aime les
chiffres, et c'est un petit peu en lien avec
les questions de ma collègue de Verdun. C'est un petit peu le bilan de le
secrétariat, mais encore plus précis.
Alors,
vous êtes quelqu'un qui aime les chiffres exacts, mais c'est une chose qui est
difficile pour la communauté de
l'expression anglaise, de temps en temps... c'est d'avoir les statistiques qui
viennent du Québec, qui expliquent le... qui donnent le portrait un petit peu de la communauté, si c'est
socioéconomique et des autres indicateurs. On doit attendre toujours pour le
recensement. Ça, c'est plusieurs années entre un recensement à l'autre, alors
d'agir puis de mettre en place des politiques pour peut-être régler un
problème qui existe sur le terrain, c'est un petit peu difficile. Mais, dans la
mission et les mandats de le secrétariat, une chose, c'est de faciliter l'accès
aux statistiques pertinentes pour, notamment, documenter les enjeux auxquels
les Québécoises et les Québécois d'expression anglaise sont confrontés. Est-ce
qu'on a eu des progrès, au sein de le gouvernement du Québec, pour mieux garder
les statistiques sur la communauté d'expression anglaise ou est-ce que c'est
toujours un travail qui est en train d'être fait?
M. Girard
(Groulx) : Bien là, vous me surprenez un peu avec votre question.
Est-ce que vous connaissez ce dossier, M. Floch ou...
M. Floch
(William) : ...
M. Girard
(Groulx) : On a l'expertise, aussi bien l'utiliser.
• (16 heures) •
M. Floch
(William) : Pour la question des statistiques, c'est sûr, là, que le
secrétariat a certaines capacités, mais
limitées. Le fait qu'on est maintenant rendus chez le ministre des Finances, ça
nous aide beaucoup parce qu'il y a beaucoup d'expertise chez le
ministère et, en plus, l'Institut de statistique du Québec, dont... sous la
responsabilité de M. le ministre. Mais, en
plus, avec nos... notre programme de financement et la capacité d'appuyer des
organismes qui sont dédiés à un secteur, santé, emploi, etc., eux autres
ont quand même un mandat et des moyens pour entamer des projets de recherche.
Dans ce sens, il y a comme plusieurs moyens dans lesquels on peut avoir accès
aux données.
M. Girard
(Groulx) : Il y a aussi l'Office québécois de la langue française qui
va publier des bulletins puis faire des enquêtes démolinguistiques, et puis on
aura un portrait linguistique, au Québec, plus fréquemment, là.
M. Kelley : Ça, oui, ça, ça va
être intéressant à suivre aussi, aussi tout le travail que le Commissaire de la
langue française va faire aussi. J'imagine, certaines études vont toucher la
communauté d'expression anglaise.
Mais aussi, M. Floch, juste dans le cahier
que votre secrétariat a préparé, Demande des renseignements — ou M. le ministre — généraux, sur la question 006, Liste ventilée
par bénéficiaire et par mode d'octroi de tous les contrats octroyés par
un ministère ou organisme, y compris le cabinet ministériel, de 2022‑2023,
c'est la page 1 de 1, on a deux contrats qui ont été donnés. Puis je n'ai
pas de problème avec les contrats qui ont été donnés ni les montants. Mais il y
en a un qui était pour Communications Qu'Anglo... deux contrats, excusez-moi.
Mais un parle de... le «développement de séries de données sur les programmes
des ministères et organismes du gouvernement du Québec et du gouvernement du
Canada» puis de «mettre à jour la base de données institutionnelle du
secrétariat aux relations de l'expression anglaise», puis ça dit : «Elle
contribue à la mise à jour d'un sondage.»
Alors, première chose, est-ce que vous pouvez
expliquer le premier contrat? Puis, pour le deuxième, est-ce que c'est possible
d'avoir une copie de le sondage... que c'était déjà public?
M. Floch (William) : Oui, une copie,
c'est possible. Juste pour expliquer rapidement... Oui?
Le
Président (M. Bachand) :
...faire parvenir une copie au
secrétariat de la commission, s'il vous plaît, le sondage?
M. Floch (William) : Oui.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup.
M. Floch (William) : Et juste pour
expliquer rapidement, si vous voulez...
Le Président (M.
Bachand) : Allez-y.
M. Girard (Groulx) : ...le temps du
gouvernement pour bien répondre à monsieur.
M. Floch
(William) : Oui, oui. Le sondage qui est écrit ici était une
analyse. On a utilisé un peu les organismes en région comme un panel des experts communautaires, M. Kelley est au
courant de CASA, Townshippers, etc., pour évaluer leur appréciation des
services offerts par d'autres organismes financés par le gouvernement du Québec
et aussi d'analyser leurs connaissances et leurs relations avec ces organismes,
et, dans ce sens, on est capables de comprendre
mieux la situation et la relation entre les organismes des communautés
d'expression anglaise avec les organismes qui desservaient toute la
population.
Juste en passant, la raison pour une analyse
comme ça, c'était... c'est pour souligner que notre vision n'était jamais de créer un monde parallèle, c'est... On
cherche une participation, une intégration des communautés d'expression
anglaise dans les autres réseaux des autres programmes.
M. Kelley : Parfait. Merci beaucoup.
Je pense que c'est important juste de poser des questions sur les crédits qui
sont dans le cahier, et merci pour les réponses, M. Floch. J'ai une question,
M. le ministre, quand même, pour M. Floch, le fameux PSOC. Tout le monde
veut avoir l'accès à le PSOC partout sur le territoire du Québec, mais je sais
que, des fois, les critères de le PSOC sont tellement difficiles, puis c'est
une des raisons pour quoi le secrétariat a été créé.
Souvent, des groupes de la communauté anglophone
font plusieurs choses et ont plusieurs missions. Ils ne sont pas juste
responsables pour aider les aînés. Des fois, en région, ils travaillent pour
mettre en lien les citoyens avec les
services pour le... ici, c'est l'employabilité, les services en santé, accès à
la justice. Des fois, ils ont une mission qui est de cinq différentes
choses ou plus, puis ce n'est pas nécessairement le cas pour les autres
organisations qui existent en région. Alors, des fois, ils sont hors des
critères, et c'est non.
Alors, je sais qu'il y a énormément de
différents contrats avec le PSOC, mais est-ce que le secrétariat a analysé, à
un certain moment... Est-ce que la communauté a du misère, des fois, à accéder
à l'argent au PSOC parce qu'ils ont, des fois, des missions qui ne sont pas
directes ou un focus sur juste... enjeu spécifique?
M. Girard
(Groulx) : Bon, alors, votre question, c'est : Est-ce
que... parce que les organismes communautaires qui servent la communauté
anglophone sont souvent multivocationnels, est-ce qu'ils reçoivent moins
d'argent parce que le PSOC a tendance
à y aller par mission, et donc ça désavantage les organismes qui sont soit
nationaux, soit multivocationnels, etc.?
M. Kelley : Et je ne dis pas
nécessairement moins d'argent, mais dans le sens que... le fait qu'ils ont une
mission plus «at large», ils ne sont pas admissibles, pour certains, au programme
de PSOC.
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est
pour ça qu'on donne de l'argent au secrétariat directement, qui lui, ensuite,
va le transférer à des organismes communautaires. Ça permet, nous, de
reconnaître ces organismes-là et de les aider, et c'est
certain qu'on n'ira pas donner de l'argent à ceux qui sont déjà adéquatement
financés par le PSOC. Donc, je dirais que le secrétariat effectue une vigie
parce qu'il connaît la communauté, il est en contact avec la communauté de
cette... est au courant de cette question, et que le financement que nous, on
accorde compense en partie pour ça.
M. Kelley : Parfait. C'est quelque
chose, j'espère, qu'on va regarder avec les membres de la communauté, parce que, des échos que j'ai eus sur le terrain,
c'est toujours, des fois, juste difficile d'avoir accès à le PSOC, des fois,
grâce à leur mission qui, comme je dis, est plus «at large», mais je vais
aller...
Maintenant, M. le ministre, juste de bien
comprend... Vous avez mis 31,5 millions de dollars dans le volet de soutenir la vitalité des communautés d'expression
anglaise, puis je vois, l'argent, c'est 1 million de dollars pour l'année
prochaine, 1 million pour l'année après, puis, après ça, 8, 8,6, après ça,
12,9. Juste bien comprendre pourquoi la tendance est vers la fin...
Est-ce que c'est parce qu'un programme vient vers la fin... l'argent qui était
dédié dans les budgets précédents. C'est dans le tableau...
M. Girard (Groulx) : E.51.
M. Kelley : Oui.
M. Girard (Groulx) : Alors, c'est
simplement pour pérenniser le financement, c'est-à-dire qu'on avait... Le financement de ces groupes-là... de ces
programmes-là se terminait en 2024‑2025, et là ce que vous voyez, c'est qu'on l'a bonifié de 1 million en 2023‑2024
et 2024‑2025. Et là on se trouve à pérenniser le financement, alors
accorder du financement jusqu'en 2027‑2028. Alors, c'est pour ça que les
sommes augmentent significativement en 2025‑2026, parce qu'à partir de 2025‑2026
c'est l'ensemble du financement, alors que, pour 2023‑2024 et 2024‑2025, c'est
simplement la bonification du financement actuel. Il me semble que j'ai utilisé
beaucoup de mots pour dire que le financement se terminait en 2024‑2025 et
qu'on l'a prolongé.
M. Kelley : Merci beaucoup pour la
précision et pour la réponse. Je veux aller maintenant sur un autre sujet.
C'est parti, j'imagine, de toutes les annonces que vous avez faites, mais on ne
parle pas de ça trop, mais c'est la culture
puis le patrimoine de la communauté d'expression anglaise. Je sais, M. le
Président, dans votre coin, il y a une longue histoire et patrimoine
anglophones qui existent, les sites touristiques, des artistes qui sont
toujours populaires, si c'est au Québec, mais quand même mondial.
Alors, pour lui, c'est quoi, un petit peu, la
mission de le secrétariat pour, oui, investir dans les talents anglophones qui existent ici, qui, je note, sont
spécifiques de les artistes canadiens? Je veux dire que, quand même, nous, on
est un petit peu différents grâce à, je pense, le fait qu'on a une société où
la langue française, c'est notre langue commune,
puis il y a une influence, je pense, sur nos artistes, mais, quand même, c'est
un fleuron, je trouve, et quelque chose qu'on peut peut-être exploiter
un petit plus.
Alors, est-ce
que le ministre a des idées sur... ou il peut parler un petit peu des
investissements que le secrétariat a fait dans la culture puis
patrimoine de la communauté d'expression anglaise?
• (16 h 10) •
M. Girard (Groulx) : Bien, le
secrétariat a fait des investissements de 655 000 $ dans des
organismes, mais je pense que c'est beaucoup plus le ministère de la Culture
qui a un budget important. La culture, c'est important au Québec. On a donné des sommes importantes en
culture, et, humblement, je dirais qu'on est le gouvernement qui a le plus aidé
son industrie de la culture durant la pandémie et puis qu'on travaille avec les
organismes qui connaissent la culture, la SODEC et le CALQ, et puis, dans
ces... tous ces programmes-là, il y a des volets pour la communauté anglophone.
Vous avez dit très subtilement que les musiciens
anglophones du Québec étaient meilleurs que ceux du reste du Canada, mais je
suis d'accord avec vous. C'était bien dit puis c'est vrai. C'est vrai qu'on a
des bons artistes anglophones au Québec, et, bien, on... Le ministère de la
Culture fait des investissements pour le numérique, pour les entreprises, puis
la communauté anglophone est éligible à tout ça. Et puis, vous le savez, il y
aura un nouveau musée de l'Holocauste, je
crois, et ça, c'est des investissements extrêmement importants, et puis on a
tous un devoir de mémoire, et puis ce sera une institution dont
Montréal, le Québec et nous tous seront fiers.
M. Kelley : Parfait. Puis une
dernière question encore dans la mission de le secrétariat, une des choses...
le rôle de le secrétariat, c'est de bien coordonner puis — je
vais juste lire — «d'interagir
avec le gouvernement fédéral sur les enjeux,
les ententes, les programmes ou les politiques pouvant avoir une incidence
directe ou indirecte sur les Québécoises et les Québécois d'expression
anglaise, et ce, en collaboration avec le secrétariat [des Québécois...] du
Québec aux relations canadiennes et avec les ministères et des
organismes».
Mais, bref, je sais que le gouvernement fédéral
vient d'annoncer beaucoup d'argent avec le plan d'action. Est-ce que le
ministre a eu une chance de discuter avec son équipe sur comment le secrétariat
peut jouer... peut s'assurer que l'argent va dans les priorités de la
communauté... et le secrétariat joue un rôle primordial dans le transfert de
cet argent pour s'assurer que c'est dépensé dans toutes les choses qu'on a
discutées aujourd'hui, pour aider des aînés,
aider pour la francisation des anglophones, des membres de la communauté
d'expression anglaise, si c'est pour les programmes de rétention de
talent?
Je pense qu'il y a plusieurs places qu'on va
avoir une situation gagnante-gagnante pour le Québec, mais je crois que le
secrétariat doit jouer un rôle important, interlocuteur avec la communauté,
puis je pense qu'il y a une façon... Particulièrement,
je sais que votre collègue a parlé de la francisation. Bien, j'ai déjà parlé,
puis dans les mémoires de tous les différents
groupes... de l'accès à des cours de français ou... quand même, si c'est des
stages en français, c'est important. C'est la recette pour s'assurer que tout
le monde est capable de travailler ici, au Québec.
Alors, je ne sais pas si le ministre a des
commentaires là-dessus, puis, c'est sûr, nous avons nos compétences, puis on va
respecter ça, c'est important, mais il y a des défis pour la communauté, c'est
sûr.
M. Girard (Groulx) : Bien, je suis
d'accord qu'il y a des défis pour la communauté, et notre gouvernement a une
responsabilité d'aider la communauté dans son développement économique et
social.
Et, quant au
rôle du secrétariat, le secrétariat vient de s'entendre avec le fédéral pour le
financement 2023‑2024, et là, hier, le gouvernement fédéral a
annoncé des sommes en grande pompe. Alors, il faudrait d'abord que le
gouvernement fédéral précise exactement ce qu'ils ont en tête, et puis ensuite
le secrétariat sera impliqué avec... le secrétariat aux relations canadiennes
du gouvernement du Québec, et puis, en temps et lieu, on va s'asseoir puis
s'assurer que le financement est bien utilisé.
Puis, comme vous savez, on a mentionné qu'on
aurait aimé qu'il y ait aussi des sommes pour le français. Je comprends que ce
n'est pas l'objet de la discussion aujourd'hui, mais bref, le fédéral a fait
une annonce hier. On va laisser le fédéral divulguer exactement ce qu'il veut faire,
et puis ensuite on va négocier avec le fédéral pour s'assurer que les sommes
sont bien allouées. Et notamment, nous aimerions que des sommes soient allouées
pour le français, mais tout ça, ça vient juste d'être annoncé hier et puis
c'est en développement.
M. Kelley : Parfait. Je pense que je
n'ai pas beaucoup de temps. Alors, merci, M. le ministre, merci à votre équipe
et merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup, M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Girard (Groulx) : Bien, merci
pour vos excellentes questions.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
s'il vous plaît.
Mme Boivin Roy : Merci beaucoup, M.
le Président. Alors, j'aimerais nous entretenir sur le dossier des aînés
d'expression anglophone pour faire le suivi sur notre collègue de
Jacques-Cartier. Donc, il nous a parlé des «wellness centres», mais on va y
aller un peu plus largement, puisque la société québécoise vit des changements
démographiques importants. Le rythme accéléré du vieillissement de la
population nous incite à changer nos façons de faire pour améliorer et
accroître le soutien apporté aux aînés d'aujourd'hui et de demain.
Alors, la majorité des aînés québécois sont en
santé. Je rencontrais, lundi, l'AQDR, qui nous disait justement que plus de
80 % de leurs membres étaient en pleine forme et qu'ils souhaitaient vivre
à domicile, vieillir à domicile, continuer de participer activement à leur vie
dans la communauté. Alors, l'approche du gouvernement du Québec en matière de
vieillissement actif et les ressources qui y sont consacrées dans le cadre de
ses responsabilités se veulent autant de leviers pour édifier une société où
règne l'équité intergénérationnelle, où l'âge n'est pas un frein et où les
personnes aînées peuvent se sentir respectées, engagées et reconnues.
Dans notre plan d'action 2018‑2023, Un
Québec pour tous les âges, alors il y a trois objectifs principaux qu'on souhaite atteindre : premièrement, il
s'agit de favoriser la participation des aînés à la société et leur vieillissement
actif; deuxièmement, de permettre aux personnes aînées de bien vieillir en
santé dans leur communauté; et, troisièmement, d'offrir aux personnes aînées
des environnements sains, sécuritaires et accueillants.
Alors, dans ce plan, notre gouvernement s'était
engagé à maintenir sa collaboration avec les différents paliers d'intervention,
que ce soient des paliers au niveau local, régional ou nationaux. Le plan
comporte 85 mesures portées par 20 organismes et ministères. Alors,
les mesures touchent toutes les sphères de la vie des aînés, soit l'engagement social, citoyen, professionnel, le transport,
l'habitation accessible et adaptée, le soutien aux proches aidants, les
services de santé et de soutien à domicile, le respect des droits ainsi
que la solidarité et le dialogue intergénérationnel.
Alors, dans cette foulée, les préoccupations qui
ont été exprimées par les aînés du Québec et les partenaires qui ont été
concernés ont conduit notre gouvernement à miser sur cinq priorités.
Principalement, dans le cadre de la question que j'aurai pour vous, M. le
ministre, sur l'engagement social des aînés, on parle, dans ces cinq priorités,
d'améliorer le soutien aux organismes locaux et régionaux qui favorisent la
participation sociale des aînés et contribuent à l'amélioration de leur qualité
de vie.
Alors, j'arrive à ma question en vous disant les
derniers commentaires suivants, M. le ministre. Que ce soit pour l'engagement dans la vie culturelle, le bénévolat,
la vie associative, la vie démocratique, les relations intergénérationnelles,
les aînés qui s'y investissent en ressentissent un sentiment d'accomplissement,
d'utilité et d'appartenance. Ils y trouvent les conditions propices à
l'apprentissage, à l'exercice de leur pouvoir d'agir ainsi qu'à l'établissement
des liens qui préviennent l'isolement, en fin de compte, et la communauté s'en
trouve ainsi dynamisée et plus riche de leur contribution. Alors, le garde...
le gouvernement garde en vue cette importance et il répond également de ce
désir des personnes d'être considérées comme parties prenantes de la société.
Alors, M. le Président, ma question pour M. le
ministre : Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment vous souhaitez
mobiliser et comment vous comptez mobiliser les acteurs de la société civile en
vue d'encourager la participation sociale des personnes âgées d'expression
anglaise et de valoriser leur contribution?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Merci
beaucoup pour la question. Alors, dans les groupes que j'ai rencontrés, là, il
y a un organisme qu'on appelle CHSSN,
c'est-à-dire Community Health and Social Services Network, et c'est un
organisme communautaire qui, lui-même, est en relation avec une
vingtaine d'organismes sur le terrain en région, et c'est là qu'on finance ce
qu'on a appelé les «wellness centres». Et puis, là, on a 65 «wellness
centres» et puis on a tendance à penser que c'est 65 sites, mais c'est
plutôt 65 organismes qui organisent des activités dans différents sites.
C'est important de le dire, là, parce qu'on
a une espèce de vision des «wellness centres» comme s'il y avait 65 lieux
physiques, mais c'est plutôt 65 organismes qui ont des activités.
Les activités visent
le bien-être, ce que vous avez décrit comme la vie active des aînés. Alors, il
y a la santé physique et psychologique. On organise des activités ou des
ateliers pour les personnes âgées d'expression anglaise. Il y a des activités sur la santé physique,
psychologique, les saines habitudes de vie, la nutrition, gestion du stress,
qualité du sommeil, bienfaits de l'activité physique. Il y a des
activités physiques, éducation et littératie numérique. On parle de
65 sites, 4 120 activités, 538 bénévoles,
5 150 participants.
Et,
bien, CHSSN... En anglais, il y a beaucoup d'acronymes puis, au gouvernement du
Québec, il y a beaucoup d'acronymes. Alors, CHSSN Community Health and
Social Services Network, c'est notre partenaire, et eux nous ont recommandé,
lors des consultations prébudgétaires, qu'un investissement supplémentaire dans
les «wellness centres» ferait une grande
différence sur le terrain, d'où le million par année, 1 million par année,
cinq ans, 5 millions dans le budget.
• (16 h 20) •
Mme Boivin
Roy : M. le Président, il me reste combien de temps?
Le
Président (M. Bachand) : Sept minutes.
Mme Boivin
Roy : Parfait. Merci beaucoup.
M. Girard
(Groulx) : Combien? Sept?
Le
Président (M. Bachand) : Sept minutes
total.
M. Girard
(Groulx) : D'accord, sept minutes.
Le
Président (M. Bachand) : Sept minutes
total pour le gouvernement.
M. Girard
(Groulx) : Pour le gouvernement?
Le
Président (M. Bachand) : Oui, monsieur.
M. Girard
(Groulx) : D'accord.
Le
Président (M. Bachand) : Vous en voulez
plus?
M. Girard
(Groulx) : Je suis à votre disposition, si vous avez besoin...
Le
Président (M. Bachand) : Je pense qu'on va
respecter l'horaire initial. Ça va bien aller...
M. Girard
(Groulx) : Si vous avez besoin de huit minutes, il y a 16 % de
boni.
Le
Président (M. Bachand) : Alors, Mme la
députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Boivin
Roy : Merci beaucoup. M. le ministre, on va continuer sur les
«wellness centres», juste pour revenir sur
l'annonce de juin 2021, lorsqu'on avait parlé que l'aide financière qui était
alors octroyée allait consolider le financement
de 43 établissements existants dans la province, mais on parlait également
de la mise en oeuvre de 32 nouveaux centres dans des régions plus éloignées comme la Gaspésie, la Côte-Nord,
également des parties en Estrie et en Outaouais.
Alors là, j'entends
ce que vous nous dites aujourd'hui, 65 sites. Peut-être allez-vous nous
donner la même réponse, mais, puisqu'on parlait d'une échéance sur trois ans,
on y arrive au mois de juin prochain, est-ce que vous pouvez nous faire un état
de situation sur la mise en oeuvre des 32 nouveaux centres en régions plus
éloignées?
M. Girard (Groulx) : Je pense que, si vous
permettez, s'il y a consentement, M. Floch pourrait venir nous parler de ses...
Le Président (M. Bachand) : Alors, M. Floch, vous connaissez le groupe. Alors, vous êtes encore le
bienvenu.
M. Floch
(William) : Évidemment, c'est toujours à négocier — merci — avec
l'organisme fiduciaire dans cette industrie, mais on pourrait avoir
125 sites d'ici trois ans. Je pense, il faut expliquer que ce ne sont pas
des sites qui offrent des services sur une
base quotidienne. Des fois, c'est comme une fois par semaine, des fois deux
fois par mois. Il n'y a pas
nécessairement une masse critique des aînés d'expression anglaise dans ces
villes et villages, mais, dans ce sens, c'est quand même une... d'avoir
plus de sites, c'est comme... le service est plus proche à la population.
Le Président (M. Bachand) : Merci
beaucoup. J'aurais le député de Saint-Jean, s'il vous plaît. M. le député.
M. Lemieux : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. M. le ministre, je retiens qu'un gouvernement
doit maximiser, sous contrainte et
incertitude... Je me suis pris ça en note. J'ai retenu ça cette année.
D'ailleurs, je me permets une parenthèse pour dire que l'exercice de...
cet exercice-ci, dans cette commission-ci, pour la communauté... le secrétaire
des communautés de langue anglaise est toujours intéressant et enrichissant,
mais, grâce au député de Jacques-Cartier,
est aussi rafraîchissant. Merci beaucoup. On en ressort toujours avec beaucoup
plus que quand on est entrés. Petite question rapide avec combien de
temps, M. le Président?
M. Girard
(Groulx) : ...de plus, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Non, il n'aura
pas une minute de plus.
M. Lemieux : Non,
non, pas...
Le
Président (M. Bachand) : Allons-y avec un
maximum de cinq minutes, M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : Merci.
Il m'aime beaucoup, mais pas tant que ça. Bon, j'y vais tout de suite avec la
loi n° 96, parce
que vous avez cité les autres ministres, le premier ministre, et vous vous êtes
autocité en disant que, pour la communauté de langue anglaise, il n'y
aurait pas de changement en santé. Mais je veux élargir ce débat de la
loi n° 96, qui, à mon avis, a été réussi parce
qu'on ne s'est pas retrouvés dans le marasme anglo-franco dans lequel on aurait
pu tomber. Puis, quand on a mon âge, on se souvient des années 70, et du
référendum de 80, et de tout ça. Alors, moi, j'ai trouvé que ça s'était très
bien passé, au-delà de ce que vous avez cité, sur la santé.
Alors, puisque vous
n'êtes pas un lobbyiste pour la communauté anglophone, mais que vous êtes un
peu leur conscience au gouvernement, quand
vous regardez les relations anglophones-francophones au Québec en 2023 et vous
regardez en avant, c'est quoi, le rôle et la responsabilité de la communauté
anglophone, revu et corrigé, aujourd'hui, dans... moi, j'appellerais ça le nouveau monde, là, avec la loi n° 96 et tout ça, mais, dans la nouvelle réalité dans laquelle on se retrouve, c'est quoi, l'espèce de communauté
anglophone d'aujourd'hui, à vos yeux, ce que c'est, ce que ça devrait
être?
M. Girard
(Groulx) : Bon, alors, la communauté anglophone est ici. Ils sont des
citoyens québécois, et, au Québec, on a une
belle société puis on a une société démocratique, pacifique, avec une économie
dynamique, et les... Et nous, notre gouvernement, on veut amener le
Québec à un autre niveau économique, et, lorsqu'on atteint d'autres niveaux
économiques, ça nous donne plus de moyens pour avoir des meilleures écoles,
puis on veut un système de santé plus humain, plus efficace, et on veut un
système scolaire qui permet aux jeunes de réaliser leur potentiel, meilleure
économie, plus de moyens, des meilleurs services. La communauté anglaise fait
partie de tout ce projet. Mais là où j'ai...
Votre question est aspirationnelle. Qu'est-ce que la communauté anglaise...
Qu'est-ce que je souhaiterais?
D'abord, la
communauté anglaise qui est ici, clairement, elle aime le Québec puisqu'elle
est ici, et on a besoin que... le Québec a besoin que la communauté anglaise du
Québec dise à Toronto, à Boston, à Vancouver, à New York, en Europe, en Australie qu'il fait bon vivre au Québec et que
c'est une société démocratique, ouverte, ouverte pour les affaires, ouverte
pour les gens, pour les citoyens. Et, dans un certain sens, la communauté
anglophone du Québec est... ce sont des excellents ambassadeurs pour le Québec,
parce que, si eux disent qu'il fait bon vivre au Québec, et que la loi n° 96 n'a d'aucune façon, par exemple, modifié les
services, l'accès aux services de santé en langue anglaise au Québec... bien,
moi, je peux le dire, vous, vous pouvez le dire, mais, si eux le disent, ils
sont des ambassadeurs exceptionnels pour le
Québec, et ils sont ici, font partie de la société québécoise. La société
québécoise... On est chanceux de vivre au Québec, et on est ambitieux pour le
Québec, et la communauté anglophone fait partie de ce projet de société.
M. Lemieux : You're
darn right.
Le
Président (M. Bachand) : ...dernier
commentaire?
M. Lemieux : Il
me reste moins d'une minute. J'en profite pour vous dire que, quand on parle
des communautés anglophones traditionnelles, les ayants droit sur le territoire
québécois, c'est vrai qu'il y a des poches en Gaspésie, ici et là, mais il y en
a une que je ne voudrais pas que vous oubliiez, bien plus qu'une, mais la
mienne est à Saint-Jean-sur-Richelieu, c'est les militaires. Il y en a énormément.
J'ai des centaines de militaires anglophones qui arrivent à chaque année, et,
on le sait, ils passent seulement deux ans puis ils s'en vont. Ils ne font pas
les racines qu'on voudrait qu'ils fassent puis ils ne peuvent pas le faire. Ils
ont besoin de services. On les aide. Les militaires les aident. Ils ne manquent
pas de moyens, le gouvernement, l'armée, mais ils ont quand même besoin qu'on
pense à eux. Si on était capables de tisser
des liens de la communauté anglophone «at large» jusqu'à cette communauté
anglophone de passage, on y gagnerait tous. Merci beaucoup, M. le
Président.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M.
Girard (Groulx) : Bien, je compte sur les militaires francophones
pour faire ces liens-là avec ces militaires anglophones.
M. Lemieux : On travaille là-dessus.
Le
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Vous me
permettrez, avant de terminer, de saluer la communauté anglophone du
comté de Richmond. Je les salue.
Adoption des crédits
Alors, le temps alloué à l'étude du volet
Relations avec les Québécois d'expression anglaise des crédits budgétaires du portefeuille Finances étant
presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Est-ce que le programme 4, intitulé Relations
avec les Québécois d'expression anglaise, est adopté?
Des voix : Adopté.
M. Kelley : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Alors, compte tenu...
Sur division? Merci.
Compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses
travaux au mardi 2 mai, à 9 h 45, où elle va entreprendre
l'étude du volet Relations canadiennes et Francophonie canadienne des crédits
budgétaires du portefeuille Conseil exécutif. Merci beaucoup. Bonne soirée.
(Fin de la séance à 16 h 29)