Journal des débats (Hansard) of the Committee on Institutions
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, May 12, 2026
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Vol. 49 N° 3
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Justice, volet Justice
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Intervenants par tranches d'heure
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Jolin-Barrette, Simon
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Bouazzi, Haroun
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Bouazzi, Haroun
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Bachand, André
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Jolin-Barrette, Simon
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Morin, André Albert
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Bachand, André
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Jolin-Barrette, Simon
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Morin, André Albert
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Paradis, Pascal
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Morin, André Albert
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Jolin-Barrette, Simon
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Bachand, André
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Bogemans, Audrey
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Bouazzi, Haroun
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Jolin-Barrette, Simon
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Bachand, André
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Bouazzi, Haroun
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Morin, André Albert
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Paradis, Pascal
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Jolin-Barrette, Simon
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Jolin-Barrette, Simon
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Lecours, Isabelle
15 h 30 (version révisée)
(Quinze heures quarante-quatre minutes)
Le Président (M. Bachand) :Bon après-midi, tout le monde. À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Justice des crédits budgétaires du portefeuille Justice pour
l'exercice financier 2026-2027. Une enveloppe originale de 3 h 15 min
a été allouée pour l'étude de ces crédits. Cela dit, vu qu'on commence avec un
léger retard et afin de préserver le temps de l'opposition, nous allons
réajuster le temps du gouvernement.
Alors, avant de débuter, Mme la secrétaire,
y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Lemieux (Saint-Jean) est remplacé par Mme Lachance
(Bellechasse); Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), par M. Bouazzi
(Maurice-Richard); et Mme Laflamme (Chicoutimi), par M. Paradis
(Jean-Talon).
Justice
Discussion générale
Le Président (M. Bachand) :
Alors, comme vous savez, nous allons procéder à une discussion d'ordre général
par blocs d'environ 20 minutes, incluant les questions et les réponses. La
mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est
alloué, soit... soit vers 18 h 45 cet après-midi.
Alors, M. le député l'Acadie, à vous la
parole pour un premier bloc de 15 min 33 s, s'il vous plaît...
excusez, 16 minutes. Désolé.
M. Morin : Très bien. Merci, M.
le Président. Alors, M. le ministre, collègues des oppositions, je salue
également les collègues de la banquette gouvernementale et toute l'équipe qui
vous accompagne, M. le ministre, des gens excessivement dévoués, certainement
nombreux quand se réunit ici, au salon rouge, pour faire l'étude de vos crédits.
Alors, sans surprise, je vais commencer en
vous parlant de transformation numérique. Je suis à peu près convaincu que vous
vous attendiez à ça, parce qu'on apprenait, de la plume de M. Thomas Gerbet,
que le mégaprojet informatique de la Justice était sous surveillance. D'ailleurs,
on a appris aussi que vous aviez reporté des échéanciers du projet Lexius
jusqu'en... en fait, jusqu'en 2029, si mon souvenir est bon.
On a fait une demande d'accès à une
information, M. le ministre, on a obtenu des centaines de pages de documents, mais
il y a un élément, en fait, une des notes qu'on a obtenues, une note sous-ministérielle
d'une mise à jour du projet Lexius, et qui disait, entre autres, et je cite :
«Le ministère a révisé la planification globale du projet, notamment en
fonction des travaux avec le prestataire de services pour la réalisation, entre
autres, des matières criminelle et pénale, l'analyse des différents éléments en
cours de réalisation pour le soutien de l'instance, la gestion des salles, la
mise au rôle.» Tout a été pris en compte de révision, et donc le nouvel
échéancier est au 30 juin 2029. Pourtant, lors des crédits de l'an passé,
je ne me souviens pas que vous nous ayez parlé d'un report de l'échéancier.
Alors, que s'est-il passé, M. le ministre?
M. Jolin-Barrette : Alors,
merci, M. le Président. Effectivement, c'est un exercice... exercice important,
l'étude des crédits <budgétaires...
M. Jolin-Barrette :
...alors,
merci, M. le Président. Effectivement, c'est un exercice... exercice important,
l'étude des crédits >budgétaires 2026-2027. Je tiens à remercier
l'ensemble des partenaires du portefeuille Justice qui sont présents avec nous.
Donc, on a les gens du... les sous-ministres au ministère de la Justice, le
Directeur des poursuites criminelles et pénales, ainsi que les directeurs adjoints
au Directeur des poursuites criminelles et pénales, le président de la Commission
des services juridiques, incluant la secrétaire de la Commission des services
juridiques, ainsi que les membres de la Commission des droits de la personne et
des droits de la jeunesse, donc la présidente et les deux vice-présidentes.
Alors, merci à toutes les équipes du ministère de la Justice également qui ont
travaillé sur les crédits au cours des derniers mois.
Alors, M. le Président, en lien avec le
projet Lexius, notamment, il y a beaucoup d'éléments à dire sur ce dossier-là,
notamment le fait que, lorsqu'on parle de Lexius, il y a plusieurs volets dans
Lexius. Donc, en 2018, lorsque l'ancien gouvernement libéral avait octroyé
500 millions dans le budget, il n'y avait pas de planification à savoir
qu'est-ce qu'allait être Lexius avec les 500 millions. Donc, le montant
accordé à l'informatisation du système de justice, sur le 500 millions, on
parle de 135 millions qui concerne la modernisation du système de justice,
donc en ce qui concerne les auditions totalement numériques.
Et pourquoi Lexius a été mis sur pied? Et
pourquoi est-ce qu'on vise à moderniser puis à rendre la cour numérique? C'est
notamment pour les délais en matières criminelle et pénale. Donc, le volet qui
a été entrepris et ce qui va se poursuivre jusqu'en 2029 en matière pénale... là,
en matière criminelle, ça va être livré cette année, en 2026, bien, ça, c'est
un montant de 135 millions.
Sur le reste du 500 millions, il y
avait des mesures pour le PMRG, qui vise la déjudiciarisation du traitement de
certaines infractions. Il est déployé depuis le 30 novembre 2020 dans tous
les districts judiciaires. Donc, ça, c'était dans le plan pour moderniser le
système de justice.
Donc, outre ça, vous aviez le Programme de
modernisation des infrastructures technologiques, le PMIT qui a pris fin le
29 septembre 2023, mais qui est dans l'enveloppe de 500 millions. Et
la totalité du PMIT, le Programme de modernisation des infrastructures
technologiques, a été réalisée. De 2018 à 2023, le PMIT a permis la réalisation
de 36 projets et activités majeurs. Le programme prévoyait notamment
l'implantation de centres de traitement informatique permettant de sauvegarder
et de protéger les données deux fois par jour, parce que le système
informatique du ministère de la Justice, il y en avait un qui est existant,
mais il fallait qu'il soit rehaussé, donc, ça, c'était dans le cadre du PMIT, également
de disposer de capacités de stockage afin de permettre d'accueillir les dossiers
judiciaires numériques, également de remplacer l'essentiel de nos équipements
bureaucratiques.
• (15 h 50) •
Donc, globalement, le 500 millions
que vous aviez en 2018, à l'intérieur duquel on est à l'intérieur des budgets,
dans ce 500 millions là, vous aviez différents volets pour la
modernisation de la justice. Et la partie auquel le député de l'Acadie fait
référence, c'est le 135 millions de Lexius. Et, Lexius, il y a des
livrables qui ont déjà été faits actuellement, et ça se poursuit jusqu'en 2029
pour le volet pénal. Le volet criminel, c'est 2026, et il va être livré
prochainement, on est en phase de test actuellement pour la livraison de Lexius
en salle de cour. Voulez-vous... voulez-vous me poser une autre question? Parce
que j'ai d'autres éléments à dire là-dessus.
M. Morin : ...en fait,
jusqu'à maintenant, vous avez dépensé combien d'argent pour l'ensemble des
projets de la transformation numérique?
M. Jolin-Barrette : Exemple,
le PMIT, il y avait un budget de 96 millions, et il a été livré dans un
budget de 65,5 millions. Donc, 31 millions en dessous du montant que
ça avait coûté. Donc, ça...
M. Morin : Le montant total
que vous avez dépensé jusqu'à maintenant pour la transformation numérique...
M. Jolin-Barrette : À ce
jour?
M. Morin : ...sur le budget
de 500 millions dont vous avez fait référence.
M. Jolin-Barrette : Sur le
500 millions total... Ce ne sera pas bien long, je vais vous dire ça. Dans
le programme Lexius, là, donc celui sur le 135 millions, là, donc...
M. Morin : M. le ministre, si
je vous suggère le montant de 349 millions à date, est-ce que c'est
possible?
M. Jolin-Barrette : Donc, la
réponse s'en vient sur le montant précis. Exemple, sur le coût de Lexius, au
31 mars 2026, là on est à 136,2 millions sur 195,1 millions.
Donc, au niveau de Lexius, à partir d'avril 2020, on a livré le greffe
numérique de la Cour d'appel du Québec; en novembre 2021, on a livré le dépôt
numérique d'un changement de plaidoyer pénal; à l'automne 2021, on a livré
la réception numérique des données du Bureau des infractions et amendes, donc
le BIA; en juin 2022, on a livré les formulaires interactifs, notamment pour
les <véhicules...
M. Jolin-Barrette :
...en
juin 2022, on a livré les formulaires interactifs, notamment pour les >véhicules;
en avril 2023, on a fait la première livraison de la procédure non
contentieuse, donc le dossier judiciaire de bout en bout. Puis ça, c'est fort
important, parce que le dossier des formules non contentieuses, c'est, exemple,
une séparation ou une... en termes de divorce ou, exemple, une homologation de
mandat en cas d'inaptitude. Donc, la procédure non contentieuse est
complètement informatisée maintenant.
En juin 2024, on a eu la deuxième
livraison de la procédure non contentieuse avec certaines bonifications; au
printemps 2025, on a fait le déploiement du projet de gestion des
assignations de la Cour du Québec. Donc, ils peuvent assigner maintenant à la
Cour du Québec de façon informatique. Donc, on est passés de l'ancien système
au nouveau système relativement à la gestion des assignations. Avant, on était
avec SIRA, je pense, ça s'appelle. Là, on est rendus avec le nouveau...
M. Morin : Alors, si...
si vous permettez, M. le Président...
M. Jolin-Barrette : Puis
peut-être un dernier élément.
M. Morin : Oui, dernier
élément, allez-y.
M. Jolin-Barrette : Les
actions collectives ont été livrées en décembre 2025. Donc là, on est rendus à
livrer le criminel pour 2026.
M. Morin : Alors, dans
l'article qui était publié ce matin, il y avait un diagramme qui faisait état
des projets, notamment gestion de l'audience numérique, services financiers,
exécution des jugements, services transversaux. Il y a également mettre en
place des environnements de développement, qui normalement auraient dû se
terminer en automne 2024. Alors, je comprends qu'au niveau de la gestion
de l'audience numérique, les services financiers, exécution des... des
jugements et des services transversaux, ce n'est pas encore terminé.
M. Jolin-Barrette : Bien,
c'est en évolution, le programme Lexius. Parce que ce qu'il faut comprendre,
là, c'est qu'avant, dans le système de justice, puis je pense que le député de
l'Acadie est bien au fait, 2018, 2019, 2020, là, de la visiocomparution, il n'y
en avait pas. On promenait tous les dossiers papier. La pandémie est arrivée,
puis ça a donné un bon coup au système de justice pour, justement, utiliser
davantage la visio, l'informatisation, les... le numérique aussi. Donc, le
ministère de la Justice, au début de la pandémie, était... focalisait sur le
criminel et pénal, comme c'était prévu en 2018. Du fait que la pandémie est
arrivée, il y a eu énormément de demandes, notamment des tribunaux, pour que
tout soit informatisé en même temps, donc notamment une partie civile,
notamment jeunesse.
M. Morin : Et ça... et
ça, je le comprends bien, je le comprends bien, M. le Président, mais,
justement, tout à l'heure, M. le ministre, vous parliez que, pour le volet
criminel et pénal, ça allait être reporté en 2029. Donc, il y a eu comme un
gros boum, là c'est arrêté puis ça va vous prendre jusqu'en 2029. Puis je vous
posais aussi la question, d'après le diagramme qui... en fait, qui apparaît
dans le texte de M. Gerbet, gestion de l'audience numérique, services
financiers, exécution des jugements, services transversaux, ça va continuer, ce
n'est pas terminé. Puis mettre en place les environnements de développement, ça
devait se terminer à l'automne 2024.
Alors, j'aimerais savoir où vous en êtes
rendus et qu'est-ce qui fait... Parce que vous parlez justement des
comparutions et de la visio en matières criminelle et pénale, qu'est-ce qui
fait que vous reportez tout ça en 2029?
M. Jolin-Barrette : Bien,
dans le fond, on a segmenté l'échéancier pour être en mesure de livrer des
modules qui fonctionnent. Donc, tout à l'heure, je vous informais des phases du
développement de Lexius qui ont été livrées. Exemple, le greffe de la Cour
d'appel est livré depuis quelques années. Depuis ce temps-là, quand vous
déposez une procédure à la Cour d'appel pour un citoyen ou pour un avocat, il
le fait numériquement, il ne se présente plus au greffe pour le déposer. Alors...
M. Morin : Oui, je... je
comprends ça, M. le ministre, vous nous l'avez dit, mais ma question, ce n'est
pas ça. En matière criminelle, je vous disais tout à l'heure, et vous l'avez
dit vous-même, il y a eu un bond avec la pandémie. Oui, effectivement, il y a
eu de la visiocomparution, mais là vous avez reporté l'échéancier. J'aimerais
savoir qu'est-ce qui s'est passé pour ce report, qui n'est quand même pas de
trois mois, on parle de 2029.
M. Jolin-Barrette : Ce
qui se passe, c'est qu'on déploie Lexius par phases. Chacun des modules vient
s'ajouter à la construction, supposons, de la maison. Prenez l'équivalent d'une
fondation. Là, on a fait la fondation puis on construit étage par étage, donc
on livre module par module. Est-ce que les délais ont été respectés? La réponse
à ça, bien entendu, non, parce que la capacité de livraison n'a pas été remplie.
Alors, plutôt que de garder l'échéancier original, bien, on y va dans une
méthode d'agilité pour justement faire en sorte de lancer projet par projet, et
ils s'imbriquent les uns par la suite des autres. Donc, exemple, on va faire le
criminel en premier, en 2026, et ultimement le pénal complet va être livré en
2029.
Donc, il y a différentes phases. Plutôt
que d'attendre le grand soir pour tout livrer, bien, à ce moment-là, lorsqu'un
module est prêt, les utilisateurs l'utilisent, et il y a des <phases...
M. Jolin-Barrette :
...bien, à ce moment-là, lorsqu'un module est prêt, les utilisateurs
l'utilisent, et il y a des >phases de test. Ça fait que si les phases de
test ne sont pas concluantes...
M. Morin : M. le Président,
ce n'est pas ma question.
M. Jolin-Barrette : Bien,
votre question, c'est : Pourquoi est-ce que ça a été reporté?
M. Morin : ...bien non, vous
ne répondez pas, vous me dites...
M. Jolin-Barrette : Ça a été
reporté parce que ce n'est pas prêt. Puis, vu que ce n'est pas prêt, on définit...
M. Morin : Mais pourquoi ce
n'est pas prêt? C'est ce que j'aimerais savoir. Là, vous me parlez du grand
soir, je n'ai pas parlé du grand soir.
M. Jolin-Barrette : Bien...
bien oui, mais...
M. Morin : Puis d'ailleurs il
y en a plusieurs, phases, vous nous l'avez expliqué.
M. Jolin-Barrette : Bien,
exactement. Donc, quand une phase...
M. Morin : Quels sont les
enjeux que vous avez rencontrés, qui fait en sorte que vous avez été obligés de
le reporter?
M. Jolin-Barrette : Bien, les
enjeux, c'est des enjeux de développement. Lorsque vous développez des outils
informatiques, il faut que ça fonctionne. Si ça ne fonctionne pas, on ne peut
pas le déployer. Donc, pour construire le système Lexius... Parce que, je le
réitère, en 2018, quand ça a été annoncé, il n'y avait pas de plan, là, il y
avait une feuille de papier, puis «let's go», on y va. Ça fait que les équipes
du ministère de la Justice ont créé Lexius, ont développé la vision, ont fait
en sorte aussi de se donner des outils pour le déployer. Donc, on y a été
graduellement et on déploie, phase par phase, chaque modalité en lien avec les
livrables.
Alors, voyez-vous, dans les années
passées, il y a certains livrables que je vous ai annoncés qui ont été décalés
dans le temps parce que les phases tests ne fonctionnaient pas. Donc, plutôt
que de dire aux utilisateurs : Bien, on le lance, même si ça ne marche
pas, au contraire, on l'a reporté dans le temps, le temps que les équipes
fassent les réparations nécessaires sur le système ou le... les ajustements
nécessaires pour que le système fonctionne. Parce qu'on ne veut pas que les
utilisateurs aient une mauvaise expérience lorsque le système est lancé et il
est mis en marche. Donc, lorsqu'on lance les différentes phases, on veut qu'il
fonctionne, et c'est ce qu'on fait graduellement.
Donc, nécessairement, on a pris du retard
dans la livraison de l'échéancier. Et, pour avoir un échéancier réaliste, ça
nous amène en 2029 jusqu'au pénal. Est-ce que je suis satisfait que ça prenne
autant d'années? La réponse, c'est non, mais je ne pense pas que c'est une
bonne idée non plus de tout garrocher pour faire en sorte qu'on dépasse les
coûts et les échéanciers. Là, on a replanifié notre échéancier pour être en
mesure de livrer et pour faire en sorte aussi de respecter les coûts. Et
actuellement on est dans nos coûts, sur notre échéancier pour livrer en 2026 en
matière criminelle.
M. Morin : Je vous demandais
tout à l'heure, et je ne sais pas si vous l'avez obtenu, quel est le montant
total que vous avez dépensé jusqu'à maintenant. Je vous suggère que vous avez
dépensé 349 millions jusqu'à maintenant sur un projet de 500 millions.
Est-ce que c'est exact?
M. Jolin-Barrette : Non,
c'est 236,1 millions qu'on a dépensés pour le volet Justice.
M. Morin : Sur l'enveloppe
globale de 500 millions, vous avez dépensé 241 millions?
M. Jolin-Barrette : Parce
que, dans le plan de modernisation, ce n'est pas 500 millions pour Justice
au total. Ça fait que je vais vous faire sortir le chiffre. Dans le fond, il y
a d'autres ministères également qui étaient concernés par ça, mais, pour ce
qu'on a dépensé à date, pour Justice, c'est 236,1 millions.
M. Morin : 236 millions?
M. Jolin-Barrette : 236,1.
M. Morin : 236,1 millions.
Parfait. Excellent.
Le Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. M. le député de Maurice-Richard, pour 16 minutes,
s'il vous plaît.
M. Bouazzi : Cinq minutes?
Le Président (M. Bachand) :
16.
• (16 heures) •
M. Bouazzi : Oui. Merci.
Merci, M. le Président. Peut-être rapidement, avant de passer à un autre sujet,
je demanderais... Je veux dire, mon collègue ici, du Parti libéral, a demandé
au début c'était combien, les dépenses totales. Je pense que le ministre s'attendait
à avoir cette question-là. Et, au bout de 17 minutes d'échanges, on n'a
toujours pas une idée des dépenses totales. Tout ce que nous dit le ministre,
c'est : Ne vous inquiétez pas, on rentre dans le budget, malgré le fait
que, plutôt que livrer en 2023, on va livrer en 2029. Donc, le projet, plutôt
que finir en 2023, finit en 2029.
Vous savez, M. le Président, j'ai passé
15 ans dans l'industrie et je n'ai jamais vu un projet finir avec cinq ans
de retard dans les budgets. Et, dans les faits, on ne le saura que s'il y a une
seule chose qui se fait, c'est un audit, le plus vite possible. Et laissez-moi
quand même rappeler que, pour SAAQclic, une des choses qu'il y a eu, c'était un
exercice comptable, pour le moins qu'on puisse dire, inventif, qui a été écrit
dans le rapport Gallant, où on a fait bien attention à faire une première
dépense de moins de 10 % du coût total pour que les Québécoises et
Québécois ne voient pas la dépense avant les prochaines élections.
Est-ce que le gouvernement, le ministre
ici, s'engage à avoir le résultat du fameux audit avant les prochaines
élections? Parce que, pour l'instant, nous n'avons que sa parole pour les
dépassements de coûts.
Le Président (M. Bachand) :
M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bien, M.
le Président, je veux être bien clair, le ministère de la Cybersécurité n'a pas
déclenché d'audit. Alors, s'il veut déclencher un audit, il peut le faire.
D'ailleurs, on travaille en collaboration avec le ministère de la Cybersécurité
depuis fort longtemps, puis on... leur entière... on a notre entière
collaboration.
M. Bouazzi : C'est bon.
M. Jolin-Barrette : Alors, ça
appartient au ministère de la Cybersécurité, au ministre responsable, de
déclencher un audit, s'il veut le faire ou non, et nous, on va toujours
collaborer avec eux. Cela étant, d'ailleurs, on leur <demande...
>
16 h (version révisée)
<15359
M.
Jolin-Barrette :
...s'il veut le faire ou non. Et nous, on va
toujours collaborer avec eux. Cela étant, d'ailleurs,
on leur >demande des conseils justement sur le suivi du dossier Lexius
pour que ça fonctionne bien. Et d'ailleurs le ministère de la Cybersécurité a
mandaté un observateur pour participer aux rencontres du comité directeur de
Lexius. Donc, ils sont déjà dans le dossier et dans le projet.
M. Bouazzi : C'est bon. Merci.
Donc, si on n'a pas d'audit, de toute façon, on n'aura pas les coûts. Combien
il me reste de temps? Excusez-moi, je n'ai pas commencé mon chronomètre.
Le Président (M. Bachand) :Il vous reste presque 14... 13 min 54 s.
M. Bouazzi : Parfait. Donc, M.
le ministre de la Justice, dans votre projet de constitution, vous avez décidé
de hiérarchiser entre l'égalité entre les hommes et les femmes et la liberté
religieuse, c'est bien ça?
M. Jolin-Barrette : Pouvez-vous
répéter la question? Je n'ai pas entendu.
M. Bouazzi : Vous avez proposé,
dans votre projet de constitution, de hiérarchiser entre des droits
fondamentaux, à savoir l'égalité entre les hommes et les femmes, et la liberté
religieuse, c'est bien ça?
M. Jolin-Barrette : Dans le
fond, si jamais il y a un conflit entre la liberté de religion et l'égalité
entre les femmes et les hommes, bien, effectivement, l'égalité entre les femmes
et les hommes va primer sur la liberté de religion, parce qu'au Québec c'est
une valeur importante, l'égalité entre les femmes et les hommes.
M. Bouazzi : On est...
M. Jolin-Barrette : Et, dans
ce cas-ci, je pense que les fondamentaux de la société québécoise sont
illustrés par cette proposition-là.
M. Bouazzi : M. le ministre,
je vais donner des questions courtes. J'espère que vous aurez des réponses
courtes. On a eu toutes sortes de spécialistes en droit, nous dire que,
attention, ça va contre les principes fondamentaux du droit, à la Commission des
droits de la personne, un certain nombre de juristes contre la Déclaration de
Vienne, qui nous disent, en gros, que les droits fondamentaux, c'est un tout
qui s'interprète tous ensemble et que les hiérarchiser, ça vient les affaiblir
tous, y compris l'égalité entre les hommes et les femmes.
Mais vous, vous dites non, parce qu'effectivement...
Est-ce que vous pouvez nous rappeler... Vous faites tout le temps référence à
un cas, qui a eu lieu en 2019, qui est un cas qui s'est passé à la... à la SAAQ,
où une personne a refusé de... je vous cite, là, «où un homme a refusé de se
faire servir par une femme». Déjà, est-ce que, depuis 17 ans, vous avez un
autre cas qui s'est posé dont vous êtes au courant, où la liberté religieuse a
primé sur l'égalité entre les hommes et les femmes?
M. Jolin-Barrette : Je pense
que c'est fort important de revenir à la proposition, parce que, dans le projet
de constitution, on fait une place également aux droits collectifs de la nation
québécoise, mais les droits collectifs induisent aussi à des droits individuels.
Je vous donne un exemple. L'égalité entre
les femmes et les hommes, ça appartient à l'ensemble de la collectivité, mais
aussi à chacun des individus...
M. Bouazzi : M. le ministre,
ma question était claire : Est-ce que vous avez un autre cas que celui...
M. Jolin-Barrette : Ma
réponse, elle est claire aussi. Laissez-moi terminer. Arrêtez de m'interpeller.
Le Président (M. Bachand) :...M. le ministre, donnons le temps le plus égaux possible des
deux côtés. Alors, M. le ministre, rapidement, en terminant votre réponse.
M. Jolin-Barrette : Oui. Alors,
ce que je vous dis, c'est un choix collectif de société sur les fondamentaux et
quels types de droit on veut faire en sorte de faire respecter au Québec,
notamment l'égalité entre les femmes et les hommes. Et ce n'est pas normal que,
dans une société, si un tribunal fait face à une situation où il doit pondérer
entre la liberté de religion et l'égalité entre les femmes et les hommes, qu'il
donne priorité à la liberté de religion. C'est ce qu'on dit.
M. Bouazzi : On est d'accord, M.
le ministre, les exemples dans la jurisprudence pullulent, où, quand il y a,
rarement, effectivement, de l'égalité entre les hommes et les femmes et les
droits... la liberté religieuse s'affrontent, eh bien, c'est l'égalité entre
les hommes et les femmes qui prime. Il y a des cas sur les questions de divorce
religieux, par exemple, ou il y a des cas sur les manifestations devant les
cliniques, qui permettent aux femmes d'avoir accès à l'avortement. Il y avait
des manifestations devant pour empêcher ces femmes-là ou, en tout cas, les
dissuader, et la cour a décidé que la liberté religieuse des manifestants
passait après le droit aux femmes de jouir de leur corps et décider de leur
santé.
Donc, je comprends que vous n'avez aucun
autre exemple à part celui qui date d'il y a 17 ans, où vous alléguez «un
homme a refusé de se faire servir par une femme». Est-ce que, M. le ministre...
J'ai ici la décision de la Commission de droits de la personne à laquelle vous
faites référence, que je vais déposer, M. le Président. Est-ce que vous avez lu
la décision à laquelle vous faites référence à chaque fois, la seule?
Le Président (M. Bachand) :Merci. Peut-être la faire parvenir, la décision, à la
commission. Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, est-ce que le député de Maurice-Richard est contre le fait que,
comme société, on se dote de paramètres clairs de comment est-ce qu'on organise
la société québécoise? Est-il contre le fait que l'égalité entre les femmes et
les hommes, c'est une valeur fondamentale? Moi qui pensais que le député de
Maurice-Richard était dans un parti féministe. Alors, pour le député de
Maurice-Richard, dans le fond, la liberté de religion, c'est même plus
important que l'égalité entre les femmes et les hommes.
M. Bouazzi : M. le ministre...
M. Jolin-Barrette : Or, au
Québec, M. le Président...
M. Bouazzi : M. le Président, s'il
vous plaît...
M. Jolin-Barrette : ...désaccord,
mais ce n'est pas vrai qu'on devrait choisir de vivre de cette façon-là.
L'égalité entre les <femmes...
M. Jolin-Barrette :
...désaccord,
mais ce n'est pas vrai qu'on devrait choisir de vivre de cette façon-là.
L'égalité entre les >femmes et les hommes, c'est un droit tout aussi
important que la liberté de religion. Et, la liberté de religion, M. le
Président, il doit y avoir certaines limites à ça dans une société libre et
démocratique comme le Québec.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de
Maurice-Richard, s'il vous plaît.
M. Bouazzi : M. le Président,
laissez-moi dire que mon parti est pour augmenter le salaire minimum parce
qu'effectivement ça diminue les inégalités entre les hommes et les femmes. Il
est pour une contraception gratuite parce que ça diminue les inégalités entre
les hommes et les femmes. Il est pour une meilleure application de l'équité
salariale parce que ça diminue les inégalités entre les hommes et les femmes.
Et, tout ceci, c'est ce que ce ministre... Et d'ailleurs plus de places en
garderie parce que ça diminue les inégalités entre les hommes et les femmes.
Et, tout ceci, évidemment, ce n'est pas ce que ce gouvernement fait. Et, par
ailleurs, il est évident que... et le député que je suis et mon parti pensons
que l'égalité entre les hommes et les femmes sont fondamentaux, et pas juste cela,
d'ailleurs, il y a toutes sortes de droits fondamentaux.
Ma question était claire : Il y a une
décision à laquelle vous faites référence à chaque fois, qui date d'il y a
17 ans, de la Commission des droits de la personne. L'avez-vous lue?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : La
réponse, M. le Président, c'est oui. Et, par ailleurs, je m'explique mal
pourquoi le député de Maurice-Richard nous fait la litanie des mesures pour
lesquelles lui-même et sa formation politique est en faveur pour la défense des
droits des femmes, mais est incapable de dire que, face à une situation où la
liberté de religion est en cause par rapport à l'égalité entre les hommes et
les femmes, il n'est pas capable d'affirmer qu'au Québec on devrait dire que
l'égalité entre les femmes et les hommes devrait primer sur la liberté de
religion.
M. Bouazzi : Alors...
M. Jolin-Barrette : Il me
semble que, pour le Québec, c'est fondamental. Avec toutes les avancées
sociales qu'on a faites, M. le Président, depuis les 60 dernières années,
un député de Québec solidaire ne soit pas capable de dire : Moi, je suis
d'accord avec ce qui est écrit dans le projet de constitution sur le fait qu'on
va faire primer l'égalité entre les hommes et les femmes sur la liberté de
religion, M. le Président. Il me semble...
M. Bouazzi : M. le Président,
je veux juste être clair...
M. Jolin-Barrette : ...que si
on est féministe, puis si on défend des valeurs féministes, puis si on veut une
égalité, puis qu'on ne veut pas qu'il y ait notamment, M. le Président, des
situations où on va brimer le droit des femmes pour des questions religieuses,
il devrait être fier de le dire, M. le Président.
M. Bouazzi : M. le Président,
c'est long, là.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de
Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Ah! je veux
juste être clair, toutes les décisions de jurisprudence ont fait valoir
l'égalité entre les hommes et les femmes avant le droit religieux quand ils
s'affrontent. Et nous sommes d'accord avec toutes ces décisions-là qui ont été
prises, il n'y a aucun contre-exemple.
Donc, M. le ministre, vous dites que vous
avez lu cette analyse de la Commission des droits de la personne concernant
l'accommodement qui a été donné à la SAAQ. Est-ce que vous êtes sûr que c'est
un homme qui a demandé de ne pas se faire servir par une femme?
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, dans quelles circonstances le député de Maurice-Richard...
M. Bouazzi : Ma question est
claire, M. le Président.
M. Jolin-Barrette : ...trouve
que la liberté de religion devrait primer sur l'égalité entre les femmes et les
hommes? Parce qu'un de ses rôles, au député de Maurice-Richard, ici, là, c'est
d'être un législateur...
M. Bouazzi : M. le Président...
M. Jolin-Barrette : ...d'écrire
des lois et de voter pour des lois qui vont déterminer de quelle façon
s'organise la société québécoise. Alors, s'il est en désaccord avec la
disposition, ça veut dire qu'il est en accord avec le fait que la liberté de
religion prime sur l'égalité entre les femmes et les hommes.
M. Bouazzi : M. le Président...
M. Jolin-Barrette : Pourquoi
est-ce que le député de Maurice-Richard, sincèrement, ne veut pas appuyer ce
principe?
• (16 h 10) •
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Merci, M. le ministre. M.
le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : M. le Président,
je vais le répéter une dernière fois : Toutes les jurisprudences ont fait
valoir l'égalité avant la liberté religieuse, et le député de Maurice-Richard
ainsi que sa formation politique sont d'accord avec la jurisprudence.
Maintenant, ma question était claire, et je sais pourquoi il ne veut pas y
répondre, parce qu'il a répété ici même, à la chaîne de M. Masbourian, il
y a quelque... ne serait-ce que la semaine dernière, qu'un homme a refusé de se
faire servir par une femme. C'est le seul exemple qu'il... qu'il donne, qui
date de 17 ans. Or, M. le Président, en fait, c'était une femme qui ne
voulait pas se retrouver seule dans une voiture avec un homme. Est-ce que c'est
vrai?
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, est-ce que le député de Maurice-Richard, au nom de sa formation
politique, est en désaccord avec le fait d'inscrire, dans nos lois, qu'au
Québec la liberté de religion ne prime pas sur l'égalité entre les femmes et
les hommes? C'est une question toute simple, mais, chez Québec solidaire, on
fait des...
M. Bouazzi : M. le Président,
c'est moi qui pose les questions, en tout respect.
M. Jolin-Barrette : ... — comment
on dit ça? — des circonvolutions autour... autour du sujet pour ne
jamais répondre à la question. Est-ce que le député de Maurice-Richard est
toujours d'accord avec les décisions des tribunaux?
M. Bouazzi : Alors...
M. Jolin-Barrette : Est-ce
qu'il a confiance en lui-même? Est-ce qu'il a confiance en son rôle de
législateur pour dire : Dans notre société, on va définir quels sont les
paramètres de la société?
Le Président (M. Bachand) :
Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Bouazzi : Donc, d'abord,
c'est la dernière fois que je le répète, effectivement, aujourd'hui, la
jurisprudence privilégie l'égalité entre les hommes et les femmes sur la
liberté religieuse, et nous sommes d'accord avec cela. M. le ministre, pourquoi
vous répétez, sur chaque tribune, qu'un homme a refusé de se faire <servir...
M. Bouazzi : ...tribune,
qu'un homme a refusé de se faire >servir par une femme, alors qu'en fait
c'est une femme qui ne voulait pas se retrouver seule dans une voiture avec un
homme?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, moi, je pense qu'au Québec on doit être très clair sur, notamment,
la place de l'égalité entre les femmes et les hommes. Et c'est ce que le
gouvernement essaie de bâtir, M. le Président, pour s'assurer que, non, la
liberté de religion n'entrave pas l'exercice de ce droit collectif qui
appartient à tous les Québécois et à toutes les Québécoises.
Le Président (M. Bachand) :
Merci. M. le député.
M. Bouazzi : Donc, je
comprends que même le seul exemple qui date d'il y a 17 ans, en fin de
compte, n'existe pas. Donc, je lis, hein, la décision, elle ne fait pas... elle
n'est pas longue, hein, elle fait sept pages. Dans la première page, il y a
écrit que «l'accommodement ne s'applique pas lorsque la demande vient
contredire un droit, par exemple le droit à l'égalité des sexes». Ça, ça veut
dire que votre projet de loi, ça, ça veut dire que votre projet de loi, même
s'il passe, la décision à laquelle... la seule, qui date d'il y a 17 ans,
à laquelle vous faites référence, ne changerait en aucun cas.
Donc, ma question est simple : Avez-vous...
Celui-là, clairement, vous l'avez... vous dites que vous l'avez lu, bon, donc,
j'imagine, vous ne l'avez pas compris. Maintenant, est-ce que vous avez un
autre cas qui vous permet de dire que la liberté religieuse a primé sur
l'égalité entre les hommes et les femmes? Un cas réel, pas une «fake news», là,
un cas réel où vous êtes capable d'affirmer, pour pouvoir chambouler notre
système, que tous les juristes, y compris des féministes, la Fédération des
femmes du Québec, par exemple, qui vous ont dit que ça affaiblissait tous les
droits fondamentaux, y compris l'égalité, de faire ce que vous essayez de faire.
Le Président (M. Bachand) :
M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Au
contraire, M. le Président, et la Société de l'assurance automobile du Québec a
été très claire sur son obligation d'analyser les dispositions de la Charte des
droits et libertés de la personne en faisant en sorte d'accommoder la personne
qui fait cette demande-là. Alors, le député de Maurice-Richard
est d'accord avec le fait qu'on accommode un individu pour des raisons
religieuses, en contravention avec l'égalité entre les femmes et les hommes.
C'est ça, la position de Québec solidaire, comme la position de Québec
solidaire sur la laïcité. Dans le temps de Françoise David puis d'Amir Khadir,
M. le Président, ils étaient d'accord avec le fait que l'État et la religion
étaient séparés. Mais sous...
Le Président (M. Bachand) :
Merci...
M. Jolin-Barrette : ...ce
leadership-là de Québec solidaire...
Le Président (M. Bachand) :
Merci. M. le député de Maurice-Richard. Il reste 1 min45 s.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. J'entends une évolution. J'entends le ministre parler d'un individu
plutôt qu'un homme qui refuse de se faire servir par une femme. Dans les faits,
dans la décision, il faut quand même le dire, ils ont refusé, en fait, le fait
d'accommoder la personne, la femme en question. Ils lui ont demandé de refaire
la file indéfiniment, jusqu'à tant qu'elle tombe sur le sexe qui l'arrange. Ils
ont refusé parce qu'elle voulait qu'il y ait quelqu'un d'autre avec eux dans la
voiture, ce qui n'était pas acceptable.
Est-ce que vous vous engagez, M. le
ministre, de ne plus dire qu'un homme a demandé de ne pas se faire servir par
une femme, vu que, maintenant, vous savez que ce que vous répétez depuis
maintenant des semaines, voire des mois, est tout simplement faux?
Le Président (M. Bachand) :
On fait attention à son choix de mots, vous savez, M. le député de
Maurice-Richard.
M. Jolin-Barrette : Il doit
retirer M. le Président.
Le Président (M. Bachand) :
Je vous demanderais de le retirer, s'il vous plaît.
M. Bouazzi : Bien,
honnêtement, le ministre me complique la... Je le retire...
Le Président (M. Bachand) :
Je vous demande de le retirer.
M. Bouazzi : ...je le retire.
Le Président (M. Bachand) :
Merci.
M. Bouazzi : Je rappelle que
le...
M. Jolin-Barrette : M. le
Président... Je pense que c'était à moi à répondre.
Le Président (M. Bachand) :
Oui, allez-y.
M. Jolin-Barrette : Est-ce
que le député de Maurice-Richard...
M. Bouazzi : Ah! non, non.
M. Jolin-Barrette : ...s'engage,
M. le Président...
M. Bouazzi : C'est moi qui
pose les questions, M. le Président, en tout respect.
M. Jolin-Barrette : ...est-ce
que le député de Maurice-Richard s'engage à défendre l'égalité entre les femmes
et les hommes, notamment par la laïcité, ou va-t-il, d'une façon détournée,
s'assurer que ça n'arrive pas au Québec...
Le Président (M. Bachand) :
Merci.
M. Jolin-Barrette : ...en
tentant de bloquer le projet de constitution, en bloquant cet article-là...
Le Président (M. Bachand) :
Alors, M. le député de Maurice-Richard, il reste 35 secondes.
M. Bouazzi : Oui, merci.
Le Président (M. Bachand) :
Merci, M. le ministre.
M. Bouazzi : D'abord, j'ai
passé plus de 10 ans à me battre pour une réelle laïcité, pas une laïcité
falsifiée, on aura la chance d'en parler. Et, oui, je vais continuer à me
battre pour l'égalité entre les hommes et les femmes. Est-ce que vous engagez
d'arrêter de dire une «fake news» que la SAAQ a accommodé un homme qui refusait
de se faire servir par une femme, maintenant que vous savez que c'est faux, M.
le ministre?
Le Président (M. Bachand) :
Merci. Alors, il reste...
M. Jolin-Barrette : M. le
Président...
Le Président (M. Bachand) :...cinq secondes.
M. Jolin-Barrette : ...c'est
un récidiviste, encore une fois. Je vous demande de le rappeler à l'ordre, il
utilise des mots non parlementaires.
Le Président (M. Bachand) :
M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Maintenant que
vous savez que c'est inexact, est-ce sais ce que vous vous engagez...
Le Président (M. Bachand) :
M. le député, s'il vous plaît, le temps est écoulé. Je vous demande de faire
très attention à vos propos, s'il vous plaît. Alors, M. le député de l'Acadie,
vous avez la parole pour 16 min 40 s.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors...
Le Président (M. Bachand) :
Excusez-moi. Vous avez retiré?
M. Bouazzi : Oui, je retire.
Le Président (M. Bachand) :
Parfait. Merci. M. le député d'Acadie.
M. Morin : Merci. Alors,
continuons avec la transformation numérique au ministère de la Justice, et
j'aimerais attirer votre attention, M. le ministre, sur un des volets, projet 5,
Gestion de l'audience numérique. Sur le tableau de bord de votre ministère, on
indique que l'avancement du projet s'est réalisé jusqu'à maintenant à
36 %. Ça vise à <permettre...
M. Morin :
...de
votre ministère, on indique que l'avancement du projet s'est réalisé jusqu'à
maintenant à 36 %. Ça vise à >permettre la gestion de l'audience numérique
tenue en salle physique ainsi qu'en salle virtuelle et semi-virtuelle. Et ce
qu'on apprend, dans les commentaires, c'est que, depuis l'approbation du
dossier, les choix de solutions technologiques et leurs essais, ainsi que
l'arrivée du prestataire de services en 2024, on a assisté à une révision de la
planification globale pour couvrir l'ensemble du processus judiciaire de bout
en bout. Et le résultat de ça, c'est que la planification globale révisée du
projet est maintenant au 30 juin 2029.
Alors, ce que j'aimerais savoir : C'est
qui, le prestataire de services qui est arrivé en 2024? Qu'est-ce qui a été
fait pour la révision de la planification globale? Et comment se fait-il que — maintenant,
votre échéancier, c'est 2029 — comment se fait-il que l'avancement du
projet, c'est uniquement 36 %?
Le Président (M. Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors, M.
le Président, si le député d'Acadie me permet, je vais revenir avec les
chiffres de la question qu'il m'a posée à l'autre bloc.
M. Morin : Oui.
M. Jolin-Barrette : Donc,
dans le budget total du programme de modernisation, pour le système de justice,
il y avait 313,7 millions au MJQ; le Fonds des registres,
51,4 millions; au DPCP, 72,4 millions; au ministère de la Sécurité
publique, 54,6 millions. Avant le PMSJ, il y avait seulement
7,6 millions en informatisation. Donc, ça, ce sont les budgets et pas les
dépenses. Donc, pour le MJQ, à ce jour, on a dépensé 236,1 millions sur
313,7 millions. Donc, ça, c'est pour le plan pour la modernisation du
système de justice. Tout à l'heure, je vous ai dit : On a dépensé 136 sur
195,1 pour Lexius. Ça fait que Lexius, c'est 195 sur... 313,7 — pardon.
M. Morin : Exact, mais il y a
aussi d'autres... d'autres volets. Et, si j'ai bien compris votre réponse, vous
avez dépensé, jusqu'à maintenant, 236 millions.
M. Jolin-Barrette : Pour la
somme du MJQ...
M. Morin : Du MJQ.
M. Jolin-Barrette : ...du 313.
M. Morin : Sur un budget du
313.
M. Jolin-Barrette : Puis, sur
le 236, dans le fond, de Lexius, Lexius, on a dépensé 136,2 sur 236,1. Donc, il
y a 100 millions qui sont des mesures du plan de modernisation de justice
qui sont autres que Lexius.
M. Morin : Et là vous
reportez différents volets du projet, dont on a parlé tantôt, du volet en
matière criminelle ou GESTE. Là, je vous parle du projet n° 5
qui est l'audience numérique. Vous reportez ça, en 2029, sur votre total de 313.
Vous allez respecter vos coûts?
• (16 h 20) •
M. Jolin-Barrette : Oui, on
va respecter les coûts et le prestataire de services, c'est CGI. On a conclu un
contrat, en 2024, avec eux, donc, pour un montant de 43,5 millions, donc,
pour la réalisation du programme Lexius. Donc, il y a des ressources externes
qui sont nécessaires pour accompagner nos professionnels.
M. Morin : Donc, le contrat
de CGI, 43 625 232, pour une durée de trois ans.
M. Jolin-Barrette : Oui, et
d'ailleurs ça respecte la recommandation n° 13
de la commission Gallant, qui indique : «Introduire, dans les règles
relatives à la gestion des projets en ressources informationnelles, une limite
de coût inférieure à 50 millions pour les projets».
M. Morin : Très bien. Mais je
reviens à ma question...
M. Jolin-Barrette : Et peut-être
ajouter...
M. Morin : Très rapidement.
M. Jolin-Barrette : ...depuis
plusieurs années, il y a un observateur de l'audit interne du MJQ qui y siège
pour s'assurer de l'indépendance.
M. Morin : Mais alors,
qu'est-ce que CGI a constaté? D'abord, CGI, ils ont eu le contrat suite à un
appel d'offres.
M. Jolin-Barrette : Suite à
un appel d'offres, oui.
M. Morin : OK. Alors,
qu'est-ce qui clochait avec la transformation numérique pour que vous soyez
obligé de faire un appel d'offres, que vous êtes maintenant obligé de dépenser
un montant de 43 625 000 et qu'en plus vous reportez l'échéancier au
30 juin 2029? Qu'est-ce qui ne fonctionnait pas?
M. Jolin-Barrette : Bien,
pour l'échéancier, je vous l'ai dit, la capacité de livraison des différents
dossiers... Il y avait du retard dans les dossiers. Donc, nécessairement, si
vous reportez l'échéancier, l'échéancier décale. Pour CGI, dans le fond, il
fallait avoir des accompagnateurs pour livrer le projet. Mais, si vous voulez,
je céderais la parole à Me Rancourt qui va pouvoir vous expliquer ça.
M. Morin : Alors, je
préférerais que ce soit M. le ministre qui réponde.
Le Président (M. Bachand) :
Continuez, M. le député.
M. Morin : Merci.
M. Jolin-Barrette : Il n'y a
pas de consentement pour que le responsable du dossier puisse <prendre...
M. Jolin-Barrette :
...le responsable du dossier puisse >prendre la parole?
M. Morin : Il n'y a pas de
consentement.
Le Président (M. Bachand) :
Allez-y, M. le député.
M. Morin : Alors, voilà.
Donc, autre élément que j'ai pris sur votre tableau de bord, l'infrastructure à
clés publiques gouvernementale, l'ICPG. D'après votre tableau de bord,
maintenant, la date estimée, c'est 2028, mais l'avancement du projet, c'est
9 %. Et j'aimerais savoir comment se fait-il que le projet ait avancé
seulement de 9 %, parce qu'il me semble, enfin, bref, que des clés
publiques gouvernementales, ça doit servir, entre autres, à échanger de
l'information en toute sécurité. Comment se fait-il que l'avancement du projet
soit seulement de 9 %?
M. Jolin-Barrette :
Présentement, il y a un appel d'offres pour justement l'ICPG. Donc, le projet
va être développé. Puis, comme je vous l'ai dit, le projet Lexius, on l'a
déployé par phases. Donc, lorsqu'on est prêt, lorsque les équipes sont prêtes à
travailler sur une phase, on y va, on attaque le projet. Ça s'imbrique dans
l'ensemble du projet global. L'idée, c'est d'avoir la structure de base pour
que les différents modules s'imbriquent. Donc, c'est pour ça qu'on a livré
graduellement les différents projets comme le greffe numérique de la Cour
d'appel, le dépôt numérique d'un changement de plaidoyer, la réception
numérique des données de Bureau des infractions et amendes, les formulaires
interactifs, la livraison de la procédure non contentieuse, le déploiement du
projet de gestion des assignations à la Cour du Québec, l'intégration des
actions collectives aussi.
M. Morin : Vous l'avez déjà
dit. Moi, je vous parle, ce volet-là en particulier, comment vous expliquez
qu'il y a seulement 9 %? Qu'est-ce qui ne fonctionne pas avec votre
transformation numérique? Parce que, de deux choses, il y a des retards, puis
l'avancement, bien, ça n'avance pas, carrément. Et vous avez quand même,
pourtant, un montant autorisé de 9 millions pour ça. Il me semble que
transmettre de l'information confidentielle avec des clés de chiffrement
sécuritaires, c'est essentiel. Comment se fait-il qu'il n'y en ait pas plus que
ça, d'avancement dans votre volet?
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, est-ce qu'on nous reproche d'y aller par étapes, de faire en sorte, M.
le Président...
M. Morin : M. le Président...
M. Jolin-Barrette : ...d'y
aller graduellement et, lorsque les équipes sont prêtes à travailler sur un
module, bien, on consacre les ressources pour travailler sur le module et aller
de l'avant avec chacun des modules. Est-ce que le député est contre le fait
qu'on ait une structure ordonnée, M. le Président...
Le Président (M. Bachand) :
Merci...
M. Morin : Bon. Alors là, M.
le Président, mon temps est compté. Le ministre nous a déjà expliqué... C'est
l'opposition qui pose les questions, M. le Président, j'aimerais que le
ministre...
Le Président (M. Bachand) :
La présidence s'assure le plus possible d'avoir un équilibre. Alors, M. le
député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui, voilà. Donc,
on voit qu'il y a des retards. Maintenant, on constate également que, dans les
réponses qu'on a eues du gouvernement en préparant les crédits, en ce qui a
trait à la transformation numérique, votre nombre d'employés temps complet a
diminué de 30 à 26. Est-ce que vous pouvez m'expliquer pourquoi, et est-ce que
c'est ce qui explique les retards?
Le Président (M. Bachand) :
M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, je ne peux pas être plus clair que ça. Lorsqu'on a un dossier
informatique, OK, c'est quand même complexe, la modernisation du système de
justice, ce qui a été laissé en... En 2018, il n'y avait rien, OK. Donc, on
structure le projet. La pandémie a ralenti d'une façon importante...
M. Morin : M. le Président,
c'est pourquoi il y a moins d'employés temps complet, là, dans le projet? Je ne
parle pas de pandémie, avec respect.
M. Jolin-Barrette : Bien, est-ce
que vous voulez que je vous explique la livraison...
M. Morin : Mais vous me
l'avez dit sur M. le ministre...
M. Jolin-Barrette : Non.
M. Morin : ...j'ai compris.
Alors, la question, ce n'est pas ça. Moi, je veux savoir... Parce qu'on fait
des demandes de crédits à chaque année, là on constate, cette année, que le
nombre d'employés temps complet a diminué. Vous avez des retards partout.
Est-ce que ça explique vos retards? Puis si c'est si important puis que vous
procédez par étapes, comment ça se fait que vous n'avez pas plus d'employés?
Parce que vous devez bien constater, sur vos tableaux de bord, qu'il y a des
retards partout. Puis je reviens à ce que je vous disais, clés de chiffrement,
l'avancement du projet, 9 %, ça ne vous inquiète pas?
Le Président (M. Bachand) :
M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Je peux
répondre, M. le Président?
Le Président (M.
Bachand) :Oui, allez-y.
M. Jolin-Barrette : Oui. Bon,
alors je reviens. À l'époque de la pandémie, ça a fait en sorte de ralentir le
projet Lexius au complet, parce qu'il y a eu de multiples facettes qui ont été
ouvertes en même temps. On a recentré le projet Lexius pour y aller
graduellement. Là, à certains moments, on livre certaines unités du produit et,
par la suite, on fait des appels d'offres lorsqu'on est rendus. Pour réaliser
les différents volets du programme, il y a le dossier d'affaires à faire
autoriser, OK, parce que ce n'est pas parce que vous avez eu le
500 millions dans le budget en 2018 que le Trésor vous donne
500 millions cash, puis vous commencez à <embaucher...
M. Jolin-Barrette :
...puis
vous commencez à >embaucher des fournisseurs. Non, au contraire, vous
embauchez des ressources à l'interne...
Le Président (M.
Bachand) :En terminant, en terminant, M.
le ministre... En terminant, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : ...des
ressources à l'externe. Graduellement, pour être en mesure de livrer...
M. Morin : Oui, mais... mais
ça, M. le Président, ma question, elle est claire et...
Le Président (M.
Bachand) :S'il vous plaît! S'il vous
plaît! En terminant, M. le ministre, rapidement. Ça va? Vous avez terminé.
M. Jolin-Barrette : Non, je
n'ai pas terminé, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de l'Acadie... M.
le député de l'Acadie.
M. Morin : Pourquoi il y a moins
d'employés temps complet, qui travaillent sur la transformation numérique?
C'est ce que le gouvernement nous donne dans les cahiers de crédits puis, après
ça, bien, évidemment, ça n'avance pas. Comment se fait-il qu'on ait moins...
C'est juste ça que je veux savoir. Est-ce qu'ils ont quitté? Est-ce qu'ils sont
en maladie? Est-ce que c'est des coupures budgétaires? Ce n'est pas compliqué,
là, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : ...je
peux terminer mon explication?
Le Président (M.
Bachand) :Rapidement, oui.
M. Jolin-Barrette : Il y a
une partie du volet du développement qui est pris par le fournisseur externe.
Donc, lorsqu'on va en impartition avec le fournisseur externe, en l'occurrence
CGI, M. le Président, bien, on donne un contrat pour qu'il travaille sur le
projet. Et donc les employés de CGI ne sont pas comptabilisés en ETC à
l'intérieur du ministère de la Justice, parce que CGI, c'est séparé du
gouvernement. On leur a donné un contrat de services pour travailler sur la
mesure. Donc, nécessairement, vous ne voudriez pas qu'on conserve des
fonctionnaires pour travailler en double sur ce qu'on a donné à un fournisseur
externe.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Voilà. Alors,
voilà la réponse à ma question. Merci. Merci, M. le Président.
Donc, autre chose. Dans les documents
qu'on a obtenus suite à une demande d'accès à l'information, il y a plusieurs
contrats de service qui ont été octroyés, notamment, parmi les documents, il y
a eu un contrat de service à COFOMO pour des ressources spécialisées en soutien
à la gestion de projet. Le montant total qui est alloué, c'est 11 483 000 $.
Est-ce que vous pouvez m'en dire davantage? Et qu'est-ce que COFOMO a réalisé?
Ce contrat-là a été signé il y a quelques années, mais vos projets n'avancent
pas rapidement. Donc, quelle était la nature de ce contrat, et qu'est-ce qui a
été réalisé par COFOMO?
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : OK.
Alors, chez COFOMO, c'est des analystes d'affaires qui accompagnent les équipes
du ministère de la Justice pour définir les besoins en lien avec les appels
d'offres, entre autres, sur ce qui doit être planifié, en termes de besoins, de
solutions d'affaires, et de comment est-ce qu'est construit l'appel d'offres,
et comment est-ce que les besoins des utilisateurs, que ce soit les procureurs,
juges, greffiers, comment est-ce que c'est vulgarisé, je vous dirais, dans
l'appel d'offres, notamment.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député d'Acadie.
• (16 h 30) •
M. Morin : Le contrat signé,
en 2022, par COFOMO, c'était suite à un appel d'offres?
M. Jolin-Barrette : La
réponse, c'est oui.
M. Morin : Vous avez signé un
autre contrat, en octobre 2025, avec COFOMO, cette fois-ci, pour une valeur de
1 235 000 $, pour la mise en oeuvre des solutions infonuagiques,
pour la migration et l'intégration des solutions infonuagiques, d'outils de
collaboration et de bureautique. En clair, qu'est-ce que COFOMO a fait pour le
ministère?
M. Jolin-Barrette : Voulez-vous
avoir la réponse directement de Me Rancourt, qui s'occupe du projet, ou
non?
M. Morin : Non. J'aimerais
que vous puissiez répondre, M. le ministre.
(Consultation)
M. Jolin-Barrette : Alors,
les gens qui sont chez COFOMO accompagnent le ministère de la Justice,
notamment, comme vous l'avez dit, pour développer les besoins en matière
d'infonuagique à l'intérieur des solutions qui vont être choisies.
M. Morin : Et qu'est-ce que
vous contemplez comme solution infonuagique? Votre nuage, il est à quel endroit,
il est au Québec, au Canada?
M. Jolin-Barrette : Il est au
Canada. Puis, vous savez, à la Justice, contrairement, supposons, à d'autres
données hébergées au sein du gouvernement, bien, nous, on fonctionne avec
l'indépendance de la magistrature, l'indépendance judiciaire. Donc, vous
comprenez que, dans nos solutions d'affaires qu'on développe puis dans ce qu'on
met à la disponibilité de tous les utilisateurs du ministère de la Justice, il
y a des volets auxquels le ministère de la Justice n'a pas accès, des volets
qui concernent uniquement la magistrature...
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de
l'Acadie, il reste 1 min 40 s.
M. Morin : Oui, rapidement.
Si je réfère aux crédits de l'an passé, on a posé des questions sur
l'infonuagique. Et, l'an passé, on nous a répondu que c'était Microsoft Azure,
et que Microsoft avait des liens avec les États-Unis d'Amérique. Est-ce que ça
a été corrigé ou si c'est vraiment 100 % au Canada?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors, on
me dit que toutes nos <données...
>
16 h 30 (version révisée)
<19253
M. Morin :
...ou si c'est vraiment 100 % au Canada.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Alors, on me dit que toutes nos >données
sont hébergées au Canada.
M. Morin : Parfait. Je
vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de Jean-Talon
pour 16 minutes, s'il vous plaît.
M. Paradis : M. le
ministre, bonjour à vous, de même qu'à toutes les personnes qui représentent
les différentes institutions de la justice au Québec.
J'aimerais continuer à discuter avec vous
du Plan pour moderniser le système de justice, compte tenu, notamment, des
révélations de ce matin par Radio-Canada. Vous avez évoqué le ministère de la
Cybersécurité et du Numérique, mais vous confirmez que le maître d'oeuvre de ce
projet, c'est bien vous, comme ministère, comme ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : La
responsabilité du projet, comme dans n'importe quel ministère, en matière
informatique, relève de chacun des ministères. Puis on va être clairs sur les
révélations de ce matin, auxquelles vous faites référence. Les soi-disant
révélations, c'est qu'on a fait en sorte d'ajuster l'échéancier pour livrer
jusqu'en 2029, vu l'incapacité de respecter la date de 2023, et on est à l'intérieur...
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Jean-Talon. M.
le député de Jean-Talon, s'il vous plaît. Oui. Allez-y.
M. Paradis : Oui. Ce
faisant, vous confirmez qu'il y a un problème de délai, c'est-à-dire que la
livraison était prévue en 2023 et que ça a été reporté en 2029. Bon, le... vous
avez eu une longue série de questions et, je dirais, sans réponse sur le
montant où on est rendus dans ce projet-là. Radio-Canada, Radio-Canada, aujourd'hui,
dit 349 millions sur l'enveloppe initiale de 500 millions.
Confirmez-vous ce chiffre, oui ou non?
M. Jolin-Barrette : Alors,
le député de Jean-Talon ne m'écoutait pas, tantôt, je vais le répéter pour son
bénéfice. Donc, dans l'enveloppe de 500 millions, ce n'était pas 500 millions
uniquement pour le ministère de la Justice. Il y avait 313,7 millions pour
le ministère de la Justice, 51,4 millions pour le Fonds des registres,
72,4 millions pour le DPCP, 54,6 millions pour le ministère de la
Sécurité publique. Et donc, pour le ministère de la Justice, à ce jour, il y a 236,1 millions
sur 313,7 millions de dépensés pour le PMSJ, le plan de la modernisation
du système de justice, qui ne concerne pas uniquement Lexius. Donc, pour Lexius,
c'est 136 millions qui ont été dépensés sur 195.
Le Président (M.
Bachand) : Merci...
M. Jolin-Barrette :
Donc, dans l'enveloppe...
M. Paradis : Est-ce que vous
pourriez...
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que
vous pourriez...
M. Jolin-Barrette :
...du MJQ, c'est 136 sur 236.
M. Paradis : Est-ce que
vous pourriez me donner... là, vous avez évoqué que je n'écoute pas. J'écoute,
puis vous savez que, là, vous me prêtez des intentions. J'aimerais avoir un
chiffre, l'ensemble du plan. Il y a un Plan pour moderniser le système de
justice, c'est la modernisation informatique. J'espère que vous avez un chiffre.
Là, les Québécois vous écoutent. C'est quoi, ce chiffre, vous êtes rendus à
combien pour l'ensemble du plan? Je ne veux pas la ventilation, je veux le
montant total de l'ensemble du plan. Combien?
M. Jolin-Barrette : M.
le Président, à la fin de ma prise de parole, pendant que le député de
Jean-Talon essayait d'embarquer par-dessus moi, j'étais en train de le dire, M.
le Président.
Le Président (M.
Bachand) : ...alors, on vous écoute.
M. Jolin-Barrette :
Peut-être ne l'a-t-il pas entendu, parce qu'il essayait de m'enterrer, M. le
Président.
Le Président (M.
Bachand) : On vous écoute. Rapidement.
M. Jolin-Barrette :
Donc, sur le 313,7 millions de dollars consacrés au MJQ, sur 500 millions,
il y a 236,1 millions de dollars de dépensés. Et sur le 236 millions,
il y en a 136 qui sont sur Lexius. Donc, il y a 100 millions qui ont été
dépensés sur le PMSJ, qui ne concerne pas Lexius, et Lexius, son budget, c'est
195, et il y a 136 sur 195 qui est dépensé.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que
vous pourriez donner une réponse qui est un chiffre? Parce que, là, vous faites
encore de... Vous dites bien des chiffres, vous dites bien des mots. Je veux un
chiffre. Dites-moi le montant total du Plan pour moderniser le système de
justice, de modernisation informatique. Je veux que les Québécois vous entendent
le dire. Vous êtes rendus à combien? Total. Je veux un chiffre. Un chiffre.
M. Jolin-Barrette : 236,1 millions de
dollars.
M. Paradis : Très bien,
merci.
M. Jolin-Barrette : Ça
fait quatre fois que je... ce chiffre-là.
Le Président (M.
Bachand) : Merci...
M. Jolin-Barrette : Et d'ailleurs,
je vous l'ai ventilé pour parler de Lexius...
M. Paradis : 236, c'est...
236 millions, c'est le total? Il n'y a pas d'autres chiffres ailleurs, à
côté, là, dans d'autres colonnes, le total, c'est 236 millions?
M. Jolin-Barrette : C'est
le total du ministère de la Justice.
M. Paradis : Très bien.
Donc, vous n'êtes pas d'accord avec l'analyse de Radio-Canada à 349 millions.
M. Jolin-Barrette : Le
plan pour la modernisation du système de justice, qui ne relève pas uniquement
du ministère de la Justice. Exemple, le Fonds des registres. Exemple, le
ministère de la Sécurité publique. Eux aussi ont des crédits en lien avec le
500 millions total. C'est ce que je vous explique.
M. Paradis : Donnez-moi
le montant total, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Pour
le portefeuille qui relève de moi, de Justice, c'est 236,1 millions.
M. Paradis : Un des
problèmes qu'on a dans toute cette question-là, c'est le manque de transparence.
Dans SAAQclic, on a entendu, ici, dans la Chambre, là, bien des <choses...
M. Paradis :
...dans
SAAQclic, on a entendu, ici, dans la Chambre, là, bien des >choses,
jusqu'à ce qu'on ait le rapport du commissaire Gallant, jusqu'à ce qu'on ait le
rapport de la Vérificatrice générale. Je vous demande le montant total, je vous
demande de la transparence. Là, vous me dites : Ah! il y a peut-être
d'autres... La modernisation des systèmes informatiques du système de justice
au Québec, c'est combien, le montant total? 236? Mais vous me dites : Ah!
il y a peut-être d'autres choses qui ne sont pas dans mon portefeuille. Je vous
demande de me donner le montant total. C'est quoi, le montant total? Parce que
ce serait dommage qu'on arrive, dans quelques mois encore, puis qu'on apprenne
que ce n'était pas ça, le vrai chiffre. C'est combien, le montant total?
M. Jolin-Barrette : Bon,
dans le 500 millions, là, il y a le PMRG, le Programme de mesures de
rechange général, hein? Ça, ça fait partie du plan de modernisation de la
justice, que la députée de Gatineau, ancienne ministre de la Justice, avait
demandé. Ça fait que dans le 500 millions, là, le PMRG, il est là. C'est
quoi, le PMRG? C'est une liste d'infractions pour faire en sorte d'éviter la
judiciarisation des contrevenants, notamment, qui sont en situation, parfois,
de vulnérabilité. Donc, lorsqu'on parle de...
Le Président (M. Bachand) :
Merci, M. le ministre, je vais... M. le député de Jean-Talon. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Vous
continuez... M. le ministre, vous continuez à essayer de noyer le poisson. Je
vous dis...
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Non, non, mais, M. le député Jean-Talon, on est en...
on est en crédits budgétaires, alors, donc, faites attention un peu, merci.
Alors, M. le député de Jean-Talon, s'il vous plaît.
M. Paradis : Je vais
faire attention, mais je comprends que ce n'est pas un... ce n'est pas une
expression qui est au lexique. Mais là, vous dites beaucoup de choses, je vous
demande un chiffre. Je vous demande le montant total qui a été investi dans la
modernisation informatique des systèmes de la justice. Je vous demande le
chiffre global. Et à chaque fois, vous me dites bien des choses. C'est quoi, le
montant global? Pour Radio-Canada, ce matin, c'est 349 millions. C'est ça
ou ce n'est pas ça? Puis si ce n'est pas ça, c'est quoi, le chiffre global?
Les Québécois, là, ils vous ont entendu
répondre sur SAAQclic pendant un an puis, à la fin, ils ont su que ce n'était
pas ça, la réalité. Ça a pris des rapports puis ça a coûté cher aux Québécois.
Êtes-vous capable de me donner la réponse? L'avez-vous? Le savez-vous? Moi,
j'espère que vous le savez. Donnez-moi la réponse, je veux juste un chiffre, je
ne veux pas des longues phrases, je veux un chiffre. M. le député de
Jean-Talon, le montant total, jusqu'à maintenant, qu'on a dépensé, c'est ceci,
c'est ça que je veux, comme réponse.
• (16 h 40) •
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : M.
le Président, tout à l'heure, le député de Jean-Talon m'a dit : Combien
vous avez dépensé en projets informatiques? 236,1 millions de
dollars. Le ministère de la Justice a dépensé 236,1 millions de
dollars.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
M. Jolin-Barrette : En
projets informatiques.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que,
relié au Plan pour moderniser le système de justice, il y a d'autres choses que
le budget du ministère de la Justice dont vous me parlez? Et, si oui, combien?
Et donc, montant total.
M. Jolin-Barrette : M.
le Président, j'ai fait une erreur, dans le 236 millions, ça inclut toutes
les dépenses du MJQ, incluant le PMRG. Donc, pour Lexius, c'est 136 sur 195 qui
a été dépensé. C'est la réponse que je peux offrir à mon collègue. Et
d'ailleurs, je le trouve intéressant, sa réaction sur la commission Gallant,
parce qu'il critiquait fortement, à l'époque...
Le Président (M.
Bachand) : Merci...
M. Jolin-Barrette : ...M. le
Président, le choix du commissaire Gallant, qui est allé au fond des choses. Il
critiquait le choix que j'ai fait.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le député Jean-Talon.
M. Paradis : Belle
tentative de diversion, mais je n'ai toujours pas le chiffre.
M. Jolin-Barrette : 236,1
sur...
M. Paradis : Est-ce que
oui ou non, il y a d'autres montants?
M. Jolin-Barrette : ...307 millions
de dollars.
M. Paradis : Est-ce que
oui ou non, il y a d'autres montants qui ont été dépensés par d'autres
institutions de la justice pour la modernisation des systèmes informatiques en
fonction du Plan pour moderniser le système de justice? Oui ou non?
M. Jolin-Barrette : Le
ministère de la Sécurité publique avait un budget de 54,6 millions de
dollars, dont il est responsable. Alors, je vous invite à aller aux crédits du
ministère de la Sécurité publique, si vous voulez avoir le contenu des
54,6 millions de dollars du ministère de la Sécurité publique.
M. Paradis : Donc, vous
m'avez indiqué, tout à l'heure, que vous êtes le maître d'oeuvre de cette
réforme-là, mais vous n'êtes pas capable de me donner le montant total investi
sur ce plan dont vous dites être le maître d'oeuvre. C'est bien ça?
M. Jolin-Barrette : M.
le Président, le député de Jean-Talon essaie bien de mettre des pièges à ours
un peu partout, M. le Président, ça a été très clair que le ministère de la
Justice est responsable du projet Lexius. Il est responsable et maître d'oeuvre
du volet qui touche la Justice. Il n'est pas responsable des dépenses qui sont
faites dans les autres entités gouvernementales. Chacun a un projet à lui, qui
lui appartient. C'est fort différent, M. le Président, d'un dossier comme, à
titre d'exemple, SAAQclic, où c'est le même projet. Nous, là, ce n'est pas le
ministère de la <Sécurité...
M. Jolin-Barrette :
...c'est
le même projet. Nous, là, ce n'est pas le ministère de la >Sécurité
publique qui s'occupe des rôles d'audience, ce n'est pas le ministère de la
Sécurité publique qui assigne les juges, comme ce n'est pas plus le ministère
de la Justice. Ce sont les juges qui assignent les juges...
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de Jean-Talon. M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Alors, moi,
je fonctionne, M. le ministre, si... Il n'y a rien de compliqué dans ce que je
demande. Si, au Québec, pour ce gouvernement de la CAQ, c'est rendu que
demander le total qui a été investi dans un projet informatique alors qu'on a
un historique d'échecs et de fiascos, ça, c'est un piège à ours, on est rendus
vraiment très loin dans les problèmes de transparence. Je ne fais que demander
le montant total qui a été investi sur ce projet, qui fait les manchettes
aujourd'hui, et le ministre dit que c'est un piège à ours. Je suis stupéfait.
Je vais essayer sur un autre angle,
maintenant. L'ancien ministre de la Cybersécurité et du Numérique dit que le
morcellement de ce projet-là en plusieurs contrats est un problème. Ce qu'on
sait aujourd'hui, dans les révélations de Radio-Canada, c'est que le projet est
divisé en trois axes, eux-mêmes déclinant différents programmes, eux-mêmes
divisés en plusieurs projets, et l'un de ces programmes compte 36 projets.
Dans les recommandations, justement, sur le scandale SAAQclic, on nous
dit : Il faut faire attention de ne pas avoir des trop gros contrats, mais
il ne faut pas non plus tomber dans le saucissonnage ou dans le morcellement.
J'aimerais savoir si le ministre est capable de me dire combien de contrats il
y a, au complet, dans ce projet-là, actuellement. Il y a combien de contrats,
là?
On sait ici, dans cet article-là, il y a
un axe qui est divisé en plusieurs projets, puis l'un de ces programmes en
compte 36, de ces projets-là. Il y en a combien, en tout, de ces contrats-là?
Parce que ce qu'on voit, c'est que cette façon de procéder peut nuire à la
transparence et peut nuire à la capacité, pour le public, de comprendre combien
ça coûte, au total. Puis là, aujourd'hui, j'ai bien de la misère à avoir une
réponse, puis mon collègue de l'Acadie a passé 17 minutes à avoir, aussi,
cette réponse-là, puis il ne l'a pas eue encore. Est-ce que, sur le nombre de
contrats, on est capables de savoir il y a combien de contrats, en tout, dans
tous les services, là? Le PMSJ c'est combien de contrats, en tout?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : M.
le Président, je suis heureux que le député de Jean-Talon me parle de 36 projets
et activités majeurs, parce que ça, c'était dans le cadre du Programme de
modernisation des infrastructures technologiques, le PMIT, comme j'ai expliqué
au collègue de l'Acadie en début de séance. Donc, ça a pris fin le
29 septembre 2023, et la totalité des projets du PMIT ont été
réalisés. En quoi ça consistait, notamment, dans les 36 projets?
L'implantation des centres de traitement informatique permettant de sauvegarder
et protéger des données deux fois par jour. Disposer des capacités de stockage
afin de permettre d'accueillir les dossiers judiciaires numériques. Remplacer
l'essentiel de nos équipements bureautiques. La visio, également, dans les
palais de justice, qui a été mise en place. Dans 41 palais de justice, on
a de la visio permanente. Ça, ça rentrait dans le Programme de modernisation
des infrastructures technologiques. Savez-vous quoi? Il était doté d'une
enveloppe de 96 millions, puis les équipes du ministère de la Justice ont
conclu le tout pour 65 millions de dollars.
Alors ça, M. le Président... je veux juste
terminer là-dessus...
Le Président (M.
Bachand) : Rapidement.
M. Jolin-Barrette : Quand
je parlais avec le député de l'Acadie tantôt, des phases, notamment, puis avec
le député de Maurice-Richard, bien, voyez-vous,
ils ont fait le PMIT avant de faire Lexius. Lexius prend un peu de retard,
alors on y va par phases et on livre graduellement les choses.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Alors, pour
les Québécoises et les Québécois qui nous écoutent, là, qui nous regardent,
voyez qu'est-ce que ça veut dire, un exercice de transparence. On est dans un
exercice d'étude des crédits. J'ai posé une simple question au ministre, la
première. Après 11 minutes d'échange, je n'avais pas de réponse, c'est
combien, le montant total, puis ça, ça s'ajoute aux 17 minutes du député
de l'Acadie. Aucune réponse. Puis là, je viens de poser la question au
ministre. C'est ça, de la transparence puis de... de l'imputabilité. Je lui
demande : Combien de contrats? Parce que j'espère que le ministre, il le
sait, il y a combien de contrats, dans ce projet-là. Parce qu'actuellement, on
dit qu'on a perdu le contrôle, au gouvernement du Québec, au gouvernement de la
CAQ, des contrats en matière de modernisation informatique. Je lui pose deux
questions très simples : Combien, puis combien de contrats? Je n'ai pas
encore de réponse.
Je vous repose la question, M. le ministre.
C'est mentionné, ce matin, que c'est un problème. Les médias disent que le
morcellement en plusieurs contrats est un problème de transparence. Donnez-moi
une réponse. Vous avez combien de contrats, en tout, pour la mise en œuvre du
PMSJ, le programme de modernisation des systèmes <informatiques...
M. Paradis :
...modernisation
des systèmes >informatiques. Combien de contrats? J'espère que vous
savez ça, puis j'espère que vous êtes capable de me répondre avec un chiffre
plutôt que des longues phrases qui ne sont pas une réponse.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre. Une minute.
M. Jolin-Barrette : M.
le Président, c'est la... le programme de modernisation du système de justice.
Et comme je l'ai dit à de nombreuses reprises au député de Jean-Talon, je
comprends qu'il veut avoir sa clip, le député de Jean-Talon, mais, comme je
l'ai dit à de nombreuses reprises, il n'y a pas uniquement des contrats
informatiques, là-dedans, ce n'est pas uniquement les systèmes informatiques.
Le PMRG, le programme de mesures générales, est-ce qu'il sait c'est quoi? C'est
pour faire en sorte que les individus se retrouvent déjudiciarisés, M. le
Président. Alors, pour Lexius, on a 40 contrats, avec un contrat principal
de CGI, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : ... pas de
réponse sur combien de contrats, puis s'il y a des contrats qui sont des
contrats informatiques...
M. Jolin-Barrette : Je
viens de vous le dire! J'ai dit 40 contrats plus celui de Lexius...
M. Paradis : M. le
ministre, s'il y a des contrats informatiques puis il y a des contrats qui ne
sont pas informatiques, donnez-moi la réponse à cette question-là, parce que la
question qui suit...
M. Jolin-Barrette : Bien,
ce n'était pas ça, votre question. Ce n'était pas ça votre question.
M. Paradis : ...c'est :
Est-ce que vous avez... est-ce que vous avez retenu quelque chose...
Le Président (M.
Bachand) :S'il vous plaît! M. le député
de Jean-Talon, M. le ministre...
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre! M. le ministre,
M. le député de Jean-Talon, je vais vous appeler à l'ordre, si vous continuez!
Merci. M. le député d'Acadie, s'il vous plaît, pour 17 min 9 s,
s'il vous plaît.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Toujours en lien avec la demande d'accès qu'on avait fait, on a
obtenu une note sous-ministérielle qui parle d'une mise à jour, c'est en
février 2025, mais en... dans l'ensemble des différents volets, et on parle,
entre autres, dans la lettre, bien sûr, de ce nouveau prestataire de services
qui arrive. À la fin de la lettre ou de la note, il y a une recommandation :
«Il est recommandé à la DI et sous-ministre associée du sous-ministériat des
services à l'organisation d'autoriser la publication de l'état de santé, mis à
jour au 28 février 2025, pour les projets ciblés du MJQ.» Bien, c'est
d'ailleurs ce qu'on a vu. Ce dont on a discuté, là. Mais, après ça, c'est
caviardé. Qu'est-ce... Pourquoi c'est caviardé? Qu'est-ce que... qu'est-ce que
vous avez à cacher?
Et j'ai une autre question. Dans le même
document, il y a une note de service, un courriel qui dit, du 10 avril
2025 à 16 h 28 : «Tu trouveras en pièce jointe l'état de santé
des projets au 28 février 2025. Cette publication comporte les
informations suivantes : Lexius. Report projet 2 au 30 juin 2029 — c'est
là qu'on apprend que ça va être reporté — indicateur d'échéancier va
passer au rouge. Report projet 4 au 30 juin 2025. Indicateur
d'échéancier passe au jaune. Report projet 5 au 30 juin 2029, indicateur
d'échéancier passe au rouge». Mais, par la suite, c'est caviardé. Et moi,
j'aimerais bien savoir qu'est-ce qu'on n'a pas. Parce que quand on regarde le
document, ça ne semble pas être des grands secrets d'État. Après ça, ça
dit : «Sur approbation de ta part, ta signature sera apposée sur la note
et elle sera soumise au BSM pour signature du SM.» Et c'est signé Mme Pelletier.
Moi, j'aimerais savoir, M. le ministre, qu'est-ce qu'il y a ici, quel est le
problème. Pourquoi c'est caviardé?
• (16 h 50) •
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bien,
M. le Président, si le collègue veut me donner la demande d'accès à
l'information, je vais pouvoir demander, parce que c'est la première fois que
j'entends parler de cette demande à l'accès à l'information là. Et j'imagine
que le député de l'Acadie ne souhaite pas que les ministres, ce soit eux qui
gèrent les demandes d'accès à l'information. Alors, s'il me soumet le document,
je vais pouvoir le vérifier, demander des explications aux gens du MJQ. Et on
pourra revenir à la commission avec la réponse.
M. Morin : Ça va... ça
va me faire plaisir de soumettre le document...
Le Président (M.
Bachand) :Vous allez déposer le document
à la commission?
M. Morin : ...je vais le
déposer. Cependant, je comprends qu'il y a un engagement du ministre de me
revenir avec les explications, parce que quand on regarde le document, au fond,
c'est ce qu'on retrouve dans ce qui a été publié par la suite. Alors, je
comprends très mal pourquoi ces volets-là ont été caviardés.
Le Président (M.
Bachand) :Et, juste pour compléter, M. le
député de l'Acadie, le ministre s'est engagé à répondre par la commission.
M. Morin : Parfait.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Et, M. le Président, sous réserve de la possibilité pour la loi de répondre et
de donner l'information.
M. Morin : Si tel est le
cas, puis s'il y a des exceptions qui sont appliquées, bien, qu'on nous le
dise, puis à ce moment-là, on verra, parce que là, il n'y a rien. Voilà.
Donc, on continue avec le projet de
transformation numérique. Dans les documents qu'on a aussi obtenus, il y a eu
un contrat avec CIAO Technologies pour la gestion de dossiers pour le
volet I, et ma compréhension du volet I, dans les <projets...
M. Morin :
...et
ma compréhension du volet I, dans les >projets, c'est le dépôt des
actes de procédure et des demandes, services professionnels en support. Et, ce
qu'on nous dit, c'est une continuité des systèmes de mission du ministère. Le
coût, c'est 3 692 304 $, ça a été signé en avril 2024. Alors,
pourquoi ça a été nécessaire? Est-ce que c'est un contrat qui a été donné suite
à un appel d'offres? En quoi consistait exactement le mandat de cette firme-là
et pourquoi on y a... on a fait affaire avec la firme? Il n'y avait pas des...
d'expertise au sein de votre ministère?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : M.
le Président, pouvez-vous préciser, pour les équipes, pour qu'ils puissent
vérifier la date du contrat, et puis...
M. Morin : Oui.
M. Jolin-Barrette :
C'est CIAO et?
M. Morin : CIAO Technologies.
La date... ça a été signé en avril 2024, pour un coût de
3 692 304 $, et ce serait pour des services professionnels en
support. Et là, je comprends que tout à l'heure, vous nous avez parlé d'un
contrat avec CGI pour plusieurs dizaines de millions de dollars. D'ailleurs, le
document fait référence à ce nouveau... cette nouvelle compagnie. Donc là, en
plus, vous avez besoin de cette entreprise-là. Moi, je veux savoir pourquoi et
qu'est-ce qu'ils ont fait.
Le Président (M.
Bachand) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui,
bien, on va pouvoir répondre à cette question-là. Les équipes sont en train de
chercher, justement, le contrat. Donc, on vous revient dès qu'ils l'ont.
M. Morin : Parfait. J'en
ai un autre. Un contrat avec Astek, A-s-t-e-k, Canada inc. Encore là, c'est un
support de continuité des systèmes, toujours dans le volet de la transformation
numérique, contrat qui a été signé en avril 2024 pour une durée de trois ans.
Et là, le coût, c'est 4 522 980 $. Et là, on ne dit pas avec
quel volet. Donc là, on a CGI pour plus de 40 millions. On a... je viens
de vous parler de CIAO pour plusieurs millions. Maintenant, on a Astek Canada
pour 4,5 millions, toujours pour un support en continuité des systèmes.
Alors, est-ce que vous avez une idée pourquoi ces contrats-là sont essentiels
pour la progression de la transformation numérique qui, par ailleurs, dans
certains volets, les échéanciers ont été reportés de plusieurs années?
M. Jolin-Barrette : Oui.
Bien, écoutez, on est en train de chercher également ce contrat-là. Juste à
titre d'information pour le collègue, là, c'est des contrats qui ont été signés
en 2024, donc ils sont dans l'année financière 2024-2025. Là, on fait les
crédits 2026-2027. Ça fait que ça va prendre juste quelques minutes pour
ressortir les contrats parce que les équipes se sont préparées pour ce qui a
été signé cette année, donc...
M. Morin : Sauf que le
contrat est d'une durée de trois ans, donc...
M. Jolin-Barrette : Effectivement,
sauf que lorsqu'il y a appel d'offres puis il y a le contrat, il est octroyé à
l'année du contrat. Ce que je vous dis, c'est que ça s'en vient, mais les
équipes ont priorisé les contrats de cette année.
M. Morin : Mais j'imagine
que, quand le contrat est pour une durée de trois ans, vous ne payez pas l'entièreté
du contrat avant que les services soient rendus. Donc, normalement, dans votre
budget puis dans vos crédits de cette année, il devrait y avoir un montant, j'imagine,
que vous allez dépenser pour ces entreprises-là. Mais ce n'est...
M. Jolin-Barrette :
Alors, pour CIAO, il y a plusieurs volets...
M. Morin : Oui, alors
là, on parle de CIAO volet I.
M. Jolin-Barrette : ...les
appels d'offres publics qu'il y a eu avec CIAO, il y a analyste programmeur
Dynamics 365 intermédiaire, analyste programmeur Power
Platform 365 intermédiaire, conseiller en architecture
dynamique 365 Power Platform, administrateur 365, conseillers en
architecture d'infrastructure infonuagique pour Azure DevOps et PaaS, analyste
en infrastructure infonuagique Azure DevOps et PaaS. Donc, ce sont des
ressources auxquelles... qu'on utilise pour la programmation, pour la création
de Lexius, pour les différents modules qui sont créés. Et vous comprendrez
qu'au MJQ, on a certaines ressources en informatique, mais l'activité
principale du ministère de la Justice n'est pas de créer des projets de
transformation numérique, donc, nécessairement, il faut aller en appel
d'offres.
M. Morin : Ça... ça, M.
le Président, je le <comprends...
M. Jolin-Barrette :
...donc,
nécessairement, il faut aller en appel d'offres.
M. Morin :
Ça... ça, M. le Président, je le >comprends très bien.
Cependant, vous avez aussi accordé un contrat de 43 millions à CGI.
M. Jolin-Barrette : Oui.
M. Morin : Puis, eux
autres aussi, ils sont dans le domaine, n'est-ce pas, de la... Donc, CGI, pour
43 millions...
M. Jolin-Barrette : Bien,
le... le projet...
M. Morin : ...ils ne
sont pas capables de faire ça?
M. Jolin-Barrette : C'est
des volets qui sont complémentaires. Dans le fond, Lexius, au complet, ce qui
est budgété, c'est 195 millions pour développer les différents volets. Le
volet de CGI, à 43, c'est une partie. Et la base de la plateforme, c'est
Dynamics et Power Platform. Donc, c'est les technologies sur lesquelles sont
basées Lexius. Puis CGI est en train de développer... Donc, il y avait à la
base, comme je vous disais... puis pour l'opérationnalisation, le
développement, c'est CGI qui le fait. Donc, le ministère... Et ça explique
aussi pourquoi on y va par phases. On est allés avec le solage de la maison, ensuite,
le contrat avec CGI est arrivé plus tard pour la construction de la solution
informatique pour répondre. Puis, dans la construction de Lexius, là, il faut
comprendre aussi que les besoins du système de justice, la solution, on doit
prendre en compte les besoins des utilisateurs. Dans le fond, là, ce qu'il est
nécessaire de faire dans la plateforme Lexius, quand le juge en chef va faire
ses assignations avec la plateforme, bien, dans le fond, il faut que ça soit
analysé. Qu'est-ce qu'il a de besoin? C'est quoi, l'interface? Les procédures
non contentieuses, ça va être quoi? C'est quoi, les procédures, la réception?
M. Morin : Si vous
permettez, M. le Président...
M. Jolin-Barrette :
Quand on va être dans Lexius, sur les audiences virtuelles, bien, la preuve qui
rentre, les déclarations assermentées, tout ça, la gestion du dossier.
M. Morin : Oui, je
comprends ça, M. le Président. Mais donc, ce que vous dites, c'est qu'Astek Canada
va aller rencontrer les utilisateurs pour être capable de bâtir le programme?
M. Jolin-Barrette : Voyez-vous,
exemple, là, dans Astek, c'est A-s-s-t-e-k, donc, exemple, pour le volet II,
là, là-dedans, on avait des conseillers en architecture, des conseillers en
architecture d'information, des conseillers en architecture de solutions, des
conseillers en architecture fonctionnelle, des conseillers en architecture
organique et des conseillers en architecture de données, donc des ressources utilisées
en support sur les différents projets pour développer la plateforme Lexius.
M. Morin : Bien. Donc,
après ça, vous avez un contrat avec CIAO Technologies, encore une fois, pour
des services professionnels, pour le volet III. Et ça, c'est au coût de
2 285 000 $. Encore là, c'est... ça a tout été signé en avril
puis ça s'échelonne toute sur trois ans. Donc, c'est aussi pour des services
professionnels, en plus des services d'Astek? Et vous avez un autre contrat,
encore avec CIAO Technologies, cette fois-ci pour 1 676 829 $,
mais là, c'est beaucoup plus vague, c'est pour des services professionnels.
Donc, vous signez une multitude de contrats pour différents services.
• (17 heures) •
M. Jolin-Barrette : Oui.
Alors, les ressources qu'on utilise à l'externe accompagnent les équipes du
ministère de la Justice, notamment pour construire les solutions
technologiques, pour arriver à terme avec Lexius qui fonctionne.
M. Morin : Vous avez
aussi un autre contrat avec CIAO Technologies, mais cette fois-ci pour le volet V,
636 000 $. Et, finalement, vous avez un contrat avec M. Richard Audet
pour des conseils de services stratégiques, volet Affaires, pour le programme
Lexius. Alors, en plus de toutes ces entreprises-là, en plus de CGI, vous avez
eu besoin de M. Audet pour des services stratégiques. Alors, qu'est-ce
qu'il a fait, M. Audet?
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Alors, M. Audet a été... il a eu un contrat pour participer, notamment, à
l'analyse de Lexius et orienter le ministère. Donc, je comprends que c'est
quelqu'un qui dispose de connaissances et d'expertise en matière informatique.
M. Morin : Et est-ce que
c'était un contrat par appel d'offres ou de gré à gré?
M. Jolin-Barrette : C'est
un contrat de gré à gré.
M. Morin : Donc, vous
avez eu besoin de CGI, de toutes les entreprises plus M. Audet pour être
capable de naviguer dans votre transformation numérique.
M. Jolin-Barrette : Bien,
je comprends que c'était nécessaire pour avoir l'expertise requise, au
ministère de la Justice, pour mener à bien ce projet-là. Puis le fait d'avoir
recours à des ressources supplémentaires, parce qu'au ministère de la Justice,
vous comprenez qu'on est un ministère composé majoritairement de <juristes...
>
17 h (version révisée)
<15359
M.
Jolin-Barrette :
...parce qu'au ministère de la Justice, vous
comprenez qu'on est un ministère composé majoritairement de >juristes,
et donc... mais qui utilisent les plateformes informatiques, notamment Lexius, pour
l'informatisation, donc, il faut aller chercher des personnes qui ont des
compétences, qui ont des aptitudes en matière informatique pour, justement,
conseiller le ministère pour faire les bons choix. Et la démonstration de cela,
c'est pour faire en sorte qu'on puisse orienter Lexius dans la bonne direction.
M. Morin : Bien, maintenant,
j'aimerais qu'on parle du programme GESTE, parce que, si je vous ai bien
compris un peu plus tôt, GESTE, ça n'avance pas et ça va finalement se terminer
vers 2029. Est-ce que je vous ai bien compris?
M. Jolin-Barrette : Bien, le
projet... Dans le fond, là, dans Lexius, vous avez ce qui est en salle de cours,
donc, exemple, en matière criminelle et pénale. En fait, le criminel, c'est
cette année, c'est 2026. Le pénal va s'étirer sur plusieurs années, il y a
plusieurs phases au pénal, puis, au pénal, on parle des constats d'infraction,
tout type de loi que vous connaissez. Le volet de GESTE du DPCP, c'est un autre
projet informatique, mais qui concerne les procureurs aux poursuites criminelles
et pénales pour faire en sorte que le dossier entre le corps de police, le DPCP
puis la cour également, donc, les demandes d'intenter la preuve, tout ça, ça se
retrouve...
M. Morin : M. le Président, ça,
je le connais très bien, ce n'est pas un enjeu, mais le projet GESTE a été
suspendu depuis 2023. Vous aviez investi de l'argent. Pourquoi ça a été
suspendu depuis 2023?
M. Jolin-Barrette : Bien,
dans le cadre du projet GESTE, il y a des enjeux au niveau de l'opérationnalité
du projet qui est sous la gouverne du Directeur des poursuites criminelles et
pénales. Si vous souhaitez, on peut passer la parole à Me Michel qui va
pouvoir vous expliquer les...
M. Morin : Bien, j'aimerais
que vous m'expliquiez les enjeux. Vous devez être courant. C'est vous qui
parlez d'enjeux. Alors, quels sont les enjeux qui a fait en sorte que vous avez
suspendu le projet GESTE depuis 2023?
M. Jolin-Barrette : Le Directeur
des poursuites criminelles et pénales a suspendu le projet, le temps qu'il soit
analysé par le ministère de la Cybersécurité, pour faire en sorte, justement,
qu'en termes de sécurité informatique, le projet puisse garantir les intrusions
et puisse s'assurer que, considérant le rehaussement technologique, bien, dans
le fond, le projet puisse fonctionner et être à l'abri de toute, comment je
pourrais dire, invasion technologique à l'intérieur du projet.
M. Morin : Et combien d'argent
a été dépensé dans le projet GESTE jusqu'à maintenant?
M. Jolin-Barrette : Le projet
GESTE, je pense qu'on est à 16...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : 18,8 millions.
M. Morin : 18,8 millions.
Si je vous suggère que, dans la question 88 des renseignements
particuliers du DPCP, le chiffre serait de 67 millions...
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors,
pour GESTE, c'est 18 millions. Le 60 millions inclut les mesures du
PMSJ, un peu comme j'expliquais à votre collègue de Jean-Talon tout à l'heure,
où ce n'est pas uniquement des projets informatiques. Donc, exemple, pour le
volet DPCP, ça comprenait, entre autres, dans le PMSJ, quoi d'autre?
Le Président (M.
Bachand) :En terminant. M. le ministre,
rapidement.
M. Jolin-Barrette : Bien, juste
un instant.
(Consultation)
M. Jolin-Barrette : Bon. Exemple,
ça comprenait la mise en place d'un programme d'offre de règlement rapide. Vous
le savez, pour éviter que les gens règlent à la dernière minute à la cour, il a
été développé par le DPCP un projet pour faire en sorte que les procureurs en
poursuites criminelles et pénales puissent s'asseoir plus rapidement avec les
procureurs de la défense pour, justement, leur présenter...
Le Président (M.
Bachand) :Merci, M. le ministre. Je dois céder
la parole à la députée d'Iberville pour... du côté gouvernemental, pour neuf
minutes.
Mme Bogemans : Merci beaucoup,
M. le Président. En décembre 2024, M. le ministre, vous adoptiez un règlement
pour contrer le partage d'images intimes sans consentement. La nouvelle
procédure simplifiée est maintenant en vigueur depuis le mois de juin dernier.
On sait que c'est un fléau, particulièrement autour des jeunes. On en a parlé
beaucoup aussi lors de la Commission sur les jeunes et les écrans. Puis je
voulais, M. le ministre, que vous nous rappeliez comment le nouveau service
fonctionne, qu'est-ce qu'il prévoit puis, concrètement, c'est quoi, les
résultats jusqu'ici.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui. Alors,
pour les images intimes, bien, vous savez, c'est un projet de loi qui a été
développé l'an passé, donc, qui a été adopté, donc, en décembre 2024.
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Oui. Et
donc on avait un certain délai avant l'entrée en vigueur, donc six mois plus
tard, en <juin...
M. Jolin-Barrette :
...Oui.
Et donc on avait un certain délai avant l'entrée en vigueur, donc six mois plus
tard, en >juin, qu'il a été mis en vigueur.
Puis je dois vous dire que je suis assez satisfait
du travail qui a été réalisé parce que ça touche énormément de jeunes. Donc, le
partage d'images non consensuelles, ça ne touche pas juste les jeunes, mais on
voit qu'il y a beaucoup de dossiers en matière au secondaire, également chez
les jeunes adultes. Parce que, bon, l'utilisation du numérique, des appareils
photo, des réseaux sociaux, tout ça, il y a parfois une absence de conscience
que lorsqu'on envoie une photo, elle peut circuler.
Donc, il y avait deux effets au projet de
loi, un effet pédagogique, l'effet de faire en sorte de sensibiliser les gens à
ne pas diffuser... ou, avant de diffuser une image intime de soi-même, bien,
d'y penser, qu'elle peut se retrouver ailleurs, mais aussi, à partir du moment
où vous l'avez diffusée à quelqu'un puis que cette personne-là la partage, que
ce soit sur les réseaux sociaux ou par texto, on voulait avoir un outil complet
qui permettait justement de cesser la propagation de l'image. Parce qu'on sait,
à la vitesse à laquelle c'est diffusé, bien, il faut avoir les moyens pour que
ça cesse. Et il s'agit d'une infraction criminelle, mais on voulait avoir des
outils en matière... en matière civile pour éviter ce partage-là, c'est pour ça
qu'on a créé l'ordonnance à la Cour du Québec. Et, depuis que le projet de loi
est en vigueur, bien, on a, en moyenne, une demande de cessation, d'ordonnance
de cessation de partage ou de destruction d'images.
Alors, ça fonctionne très bien. C'est un
formulaire en ligne qui est disponible sur le site du ministère de la Justice
pour envoyer directement au juge. Et là c'est confidentiel, et là le juge émet
l'ordonnance, peut émettre l'ordonnance à l'encontre de la personne qui est en
possession de la photo, de la personne qui diffuse, mais également des réseaux
sociaux. Puis on a contacté les plateformes numériques, notamment, puis on a
une bonne collaboration de leur part justement pour retirer ce type d'images là
au bénéfice des personnes qui en sont victimes.
Le Président (M.
Bachand) :Merci.
Mme Bogemans : Parfait. Puis
ensuite, depuis quelques années, on a dénoncé, à multiples reprises, les peines
Netflix, surtout les peines qui sont purgées à la maison quand il est question,
par exemple, de personne qui est reconnue coupable d'agression sexuelle. Vous
avez fait plusieurs représentations auprès des homologues fédéraux à ce
sujet-là. Est-ce que vous êtes capable de nous expliquer c'est quoi, les
résultats de ces échanges-là?
• (17 h 10) •
M. Jolin-Barrette : Oui.
Merci. Bien, écoutez, plusieurs avancées. Puis je suis heureux. Lorsqu'on parle
de collaboration avec le gouvernement fédéral, à ce niveau-là, les pressions du
gouvernement du Québec, du ministère de la Justice, mais aussi de l'Assemblée
nationale, ont été entendues par le ministre Fraser, le ministre de la Justice,
et le gouvernement fédéral. Parce que c'est un peu un non-sens avec la loi qui
avait été adoptée par l'ancien ministre Lametti, de la Justice, avec le projet
de loi C-5, de faire en sorte que, désormais, les peines de prison pour
agressions sexuelles, bien, on permettait le sursis, alors qu'auparavant ce
n'était pas possible de le faire.
Donc, vous savez, pour nous,
l'accompagnement des personnes victimes d'agression sexuelle, de violence
conjugale, est très important. Alors, on visait à faire en sorte que cet
emprisonnement-là, à la maison, donc avec sursis, donc on dit avec sursis... on
a qualifié ça de peine Netflix, parce que ce n'est pas normal que pour des
gestes d'une si grande gravité, qui vont dans l'intimité des personnes, bien,
que les gens puissent purger la peine dans le confort de leur foyer. Puis souvent,
on entend le fait de dire : Bien, écoutez, c'est vraiment une peine de
prison, mais avec sursis. Il y a une grande différence entre se retrouver en
prison puis se retrouver avec des conditions à respecter à la maison. Ce n'est
pas du tout la même chose.
Puis, dans notre société, si on veut
démontrer la gravité de l'infraction en lien avec le geste posé et aussi pour
envoyer un message aux personnes victimes qui ont été victimes de ce type
d'infraction là, qui ont eu le courage de dénoncer, de dire : Bien,
écoutez, moi, j'ai fait la croix et la bannière dans le système de justice,
j'ai eu le courage de dénoncer mon agresseur, il a été condamné pour ultimement
se retrouver à purger une peine avec sursis à la maison, bien, écoutez, pour
nous, ça nous apparaissait que ça n'avait pas de bon sens. Et, à ce jour, avant
les modifications qui sont envisagées par le gouvernement fédéral suite aux
pressions que nous avons faites puis suite à la bataille que nous avons faite,
c'est 800 agresseurs sexuels qui ont pu bénéficier d'une peine Netflix au
cours des dernières années, alors... et qui n'auraient pas pu purger leur peine
à la maison avant la modification à C-5. Puis, lorsqu'on parle de... Souvent,
le gouvernement fédéral utilise ça, la surjudiciarisation. Écoutez, lorsqu'on
parle de gestes graves comme ceux-là, peu importe les facteurs <antérieurs...
M. Jolin-Barrette :
...la surjudiciarisation. Écoutez, lorsqu'on parle de gestes graves comme
ceux-là, peu importe les facteurs >antérieurs associés à ça, je pense
qu'il faut très clairement démontrer que la collectivité envoie une forme de
réprobation par rapport aux gestes posés lorsqu'on parle de violence sexuelle
et de violence conjugale, et le gouvernement fédéral avait pris ça à la légère.
Heureusement, suite aux démarches que le Québec a faites, ils sont en train de
rectifier le tir. Donc, ça, c'est le premier élément.
L'autre élément également où est-ce qu'on
a fait preuve de leadership, c'est l'inscription du contrôle coercitif dans le Code
criminel comme forme de violence conjugale, donc une nouvelle infraction à
insérer dans le Code criminel. Donc, le gouvernement fédéral suit les
recommandations du gouvernement du Québec que nous avons posées.
Autre point aussi, dans le cadre du projet
de loi C-9, on a beaucoup travaillé pour amener l'abrogation de
l'exemption religieuse relativement aux discours haineux. Donc, on a travaillé
en collaboration, entre autres, avec les députés du Bloc québécois, le député
Rhéal Fortin, notamment, et le ministre Fraser s'est rangé à nos arguments en
ce sens-là.
Donc, à la fois, dans le projet de
loi C-9, où on a eu une influence, le projet de loi C-14 pour les
peines Netflix, le projet de loi C-16, également, sur le contrôle
coercitif, pour moi, il m'apparaît très clairement que le gouvernement fédéral
est en train d'entendre la voix du Québec, notamment, également avec le retour
des peines minimales obligatoires. Vous vous souviendrez que la Cour suprême
avait rendu une décision, une décision par rapport au leurre d'enfant, où il y
avait une peine minimale obligatoire et où la Cour suprême avait invalidé la
peine minimale obligatoire. Alors, le ministre Fraser a proposé, dans le cadre
de C-16, un retour des peines minimales obligatoires avec une discrétion pour le
juge. C'était une demande du Québec de faire en sorte que, pour des crimes
d'infraction grave, le législateur puisse imposer... c'est ça, c'était dans
l'arrêt Bertrand Marchand, que le législateur intervienne, puis on avait
demandé, ici, à l'Assemblée nationale... vous vous souviendrez, on avait adopté
une résolution à l'unanimité pour demander au gouvernement fédéral d'utiliser
la disposition de souveraineté parlementaire, justement pour contourner la
décision de la Cour suprême.
Alors, ça va intéresser beaucoup le député
de Maurice-Richard, que lui-même avait voté en faveur de la disposition de
souveraineté parlementaire, justement pour que des agresseurs sexuels d'enfants
aient une peine minimale obligatoire. Donc, je vois beaucoup d'avantages au maintien
de cet outil parlementaire là au bénéfice des élus lorsqu'il y a des dérapages
qui sont...
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup, M. le ministre. M. le député d'Acadie,
pour 15 min 28 s, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui, je vous
remercie, M. le Président. J'aimerais maintenant, M. le ministre, qu'on puisse
discuter un peu des... souvent des situations difficiles avec lesquelles les
procureurs de l'État, donc les procureurs du DPCP, doivent remplir leur mandat.
Vous le savez, il y a un sondage qui a été fait auprès des membres du DPCP, et
leur association a publié des pourcentages à la suite des réponses qui ont été
données par les procureurs. Et, parmi les résultats, j'aimerais attirer votre
attention sur certains de ces pourcentages-là.
Entre autres, on souligne, à la suite de
l'analyse du sondage, que 45 % des procureurs confirment avoir déjà
renoncé à autoriser des poursuites criminelles ou abandonner des poursuites en cours
en raison d'un manque de ressources, 45 %. Et ce qu'on dit dans le
sondage, c'est que cette proportion est de près de 55 % pour les
procureurs qui exercent leur fonction en tout ou en partie dans un tribunal
spécialisé en matière de violence sexuelle et conjugale.
Donc, si je me fie aux résultats du
sondage, vous avez souvent parlé des tribunaux spécialisés, c'est une bonne
initiative, je le reconnais, mais je vous ai souvent posé des questions à
savoir : Oui, mais est-ce que vous avez le personnel pour les faire
fonctionner adéquatement? Et là, ce qu'on apprend, c'est que, dans ces
tribunaux-là, c'est 55 % des procureurs qui disent qu'ils ont déjà renoncé
à <autoriser...
M. Morin :
...c'est
que, dans ces tribunaux-là, c'est 55 % des procureurs qui disent qu'ils
ont déjà renoncé à >autoriser des poursuites criminelles ou à abandonner
des poursuites en raison d'un manque de ressources. Quand on voit de telles
statistiques, ce n'est pas rassurant pour la population. Quels sont les gestes
que vous allez poser pour corriger cette situation, M. le ministre?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Alors, M.
le Président, le collègue de l'Acadie fait référence notamment au tribunal
spécialisé. Hein, on a presque fini son déploiement sur l'ensemble du
territoire québécois, et je pense que c'est un beau succès. Puis on peut être
fiers, comme nation, d'être le seul endroit dans le monde à avoir développé un
tribunal spécialisé, à la fois en matière de violence sexuelle et de violence
conjugale. Écoutez, il y a des observateurs de la France, du Royaume-Uni, de
l'Irlande qui...
M. Morin : M. le Président,
écoutez, ma question, elle est précise. J'ai reconnu d'emblée, pour éviter ce
genre de discours, que c'était une bonne chose. C'est une bonne chose. Mais mon
point, ce n'est pas ça. Les questions que je pose à M. le ministre, depuis
longtemps déjà, c'est : Mais est-ce qu'il y a assez de personnel pour les
faire fonctionner? On reconnaît que c'est une bonne chose, mais à condition
qu'il y ait suffisamment de procureurs et d'employés pour que ça fonctionne
pour les victimes.
Là, j'attire l'attention de M. le ministre
sur le fait qu'il y a près de 55 % des procureurs, un procureur sur deux,
qui confirment avoir déjà renoncé à autoriser des poursuites criminelles.
Alors, moi, ce que je comprends de ça, puis j'aimerais que M. le ministre
réassure la population, moi, ce que je comprends de ça, c'est que, dans vos
tribunaux spécialisés, particulièrement en matière, bien sûr, de violence
sexuelle, sexuelle et conjugale, vous avez des procureurs qui n'autoriseront
pas de poursuites, un sur deux, parce qu'il n'y a pas assez de ressources. Et
il y en a un sur deux qui vont abandonner des poursuites en cours en raison
d'un manque de ressources. Je trouve cette statistique-là alarmante pour la
sécurité de la population, M. le ministre. Or, ma question est la
suivante : Qu'allez-vous faire pour corriger cette situation? Quel est
votre plan?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
• (17 h 20) •
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, lorsqu'il y a une infraction criminelle qui est commise au Québec,
elle est poursuivie, c'est la mission du Directeur des poursuites criminelles
et pénales, et les procureurs aux poursuites criminelles et pénales font un
travail qui est difficile, qui est... qui est dur et qui est chargé d'émotions,
mais ils s'acquittent bien de leur tâche.
Alors, pour le tribunal spécialisé, on a
rajouté, à ce jour, 58 procureurs aux poursuites criminelles et pénales de
plus, plus 27 ressources en soutien. Donc, si vous faites le calcul, là,
c'est plus qu'un procureur par district par rapport aux tribunaux spécialisés
annoncés par districts parce qu'il y a 36 districts judiciaires. À terme,
on va avoir 81 nouveaux procureurs d'ajoutés dans le réseau. Là, on se
retrouve dans une situation, là, où, au DPCP, là, avec les procureurs-chefs,
procureurs-chefs adjoints, on est à plus de 900 postes au DPCP. Il n'y a
pas si longtemps, au DPCP, à l'époque du gouvernement libéral, on était à 634,
quand vous avez quitté en 2018...
M. Morin : Bon. Alors là, M.
le Président, ce n'est pas du tout ma question.
M. Jolin-Barrette : ...donc
634 à plus de 900...
M. Morin : Le gouvernement
libéral était là il y a huit ans...
Le Président (M.
Bachand) :Attendez un petit peu, attendez
un petit peu, là...
M. Morin : ...qu'est-ce qu'il
fait, notre ministre, depuis?
Le Président (M.
Bachand) : M. le député d'Acadie, s'il vous plaît! M. le
ministre, en terminant.
M. Jolin-Barrette : Qu'est-ce
qu'il fait, votre ministre, depuis huit ans? Qu'est-ce qu'il fait? Il a rajouté
300 postes de procureurs aux poursuites criminelles et pénales. Le
budget... le budget de la justice a plus...
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :S'il vous plaît! S'il vous
plaît!
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Je veux juste vous dire que vos
micros sont fermés puis le temps s'écoule. Alors donc, je vous demande votre
collaboration, on a un temps, et puis, si ça continue comme ça, les micros vont
rester fermés et le temps va continuer à s'écouler. Alors, M. le ministre, très
rapidement, en terminant, après ça je cède la parole au député d'Acadie.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, on a augmenté le budget du DPCP de près de 30 %. Il y a moins
d'infractions criminelles qui sont poursuivies, il y a plus de ressources. On a
intégré la poursuite verticale, on s'est assuré d'avoir des ressources
supplémentaires pour les personnes victimes. Et partout, dans nos palais de
justice, M. le Président, les victimes étaient les dernières considérées.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
M. Jolin-Barrette : Maintenant,
ce sont les personnes victimes qui sont considérées en priorité.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui. Merci, M. le
Président. Donc, quand on regarde les informations qu'on a obtenues en lien
avec le <nombre...
M. Jolin-Barrette :
...en priorité.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député
d'Acadie,
s'il vous plaît.
M. Morin :
Oui. Merci,
M. le Président. Donc, quand on regarde les informations qu'on a obtenues en
lien avec le >nombre de procureurs, le nombre de procureurs serait passé
de 924 à 875. Et, quand on regarde les réponses qu'on a obtenues par district,
dans le district de Québec, on est passés de 135 à 125; Rimouski, de 21 à 17;
Chicoutimi, de 22 à 17; Trois-Rivières, 27 à 25; Saint-François, 28 à 26, et ça
continue, Montréal, 252 à 243.
Alors, moi, quand je regarde les chiffres,
M. le Président, le nombre baisse. Quand je regarde le sondage que les
procureurs ont répondu, ils disent qu'ils renoncent à autoriser des poursuites
criminelles. Qu'est-ce que le ministre va faire pour contrer cette baisse? Il
me dit qu'il a augmenté le nombre de postes, je le crois, le nombre de postes,
mais, quand on regarde le nombre de procureurs, bien, il y en a moins. Et ça,
c'est inquiétant.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, on a 810 procureurs présentement au Directeur des poursuites
criminelles et pénales, plus 34 postes qui sont en affichage ou en
processus de comblement... en processus de dotation actuellement, plus avec les
mesures budgétaires de cette année, on va avoir 24 postes de procureurs
aux poursuites criminelles et pénales supplémentaires, puis il y a
74 procureurs en chef puis procureurs en chef adjoints, pour un total de
942. Je pense que le gouvernement du Québec déploie les ressources, en termes
de procureurs aux poursuites criminelles et pénales, pour accompagner les
personnes victimes, poursuivre et réprimer les infractions criminelles.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député.
M. Morin : Bien. Alors, selon
un sondage, ça ne semble pas être l'avis des procureurs eux-mêmes qui font le
travail sur le terrain, mais voilà une autre réponse qu'on a obtenue à nos
questions, question 57 des renseignements particuliers, il y a
14 procureurs qui auraient démissionné. Est-ce qu'ils ont été remplacés?
Le Président (M. Bachand) :
M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors,
les procureurs qui démissionnent sont remplacés. Alors, les postes sont
ouverts. Puis il ne faut pas oublier qu'il y a beaucoup de procureurs aux
poursuites criminelles et pénales qui sont nommés à la magistrature aussi,
notamment dans une année. Donc, les postes par la suite sont ouverts. Et
d'ailleurs, et d'ailleurs, en termes d'échelle salariale, là, au maximum de
l'échelle, après 16 ans, niveau expert, à compter du 1er avril 2026,
le salaire de base est de 192 424 $ pour un procureur aux poursuites
criminelles et pénales. S'il est au bureau de la grande criminalité, il... le
salaire de base est à 211 666 $, s'ajoutent à cela les primes qui
peuvent s'ajouter.
Le Président (M.
Bachand) : En terminant, en terminant.
M. Jolin-Barrette : Donc, on
parle des mandats spéciaux entre 5 % et 10 %...
M. Morin : Alors, M. le
Président, je ne me souviens pas d'avoir posé une question sur les primes. On
parle...
M. Jolin-Barrette : Je vous
donne des... Je vous donne des... le portrait global des conditions de travail
des procureurs aux poursuites criminelles. Vous demandez : Est-ce que les
postes sont comblés? Moi, je vous dis que le DPCP est très attractif comme
employeur.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député.
M. Morin : Est-ce qu'il est
exact que les procureurs qui partent en congé de maternité ou qui quittent en
maladie ne sont pas remplacés?
M. Jolin-Barrette : Les
postes pour les maternités et les maladies...
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : Donc,
actuellement, on a 19 maternités de remplacées sur 40, actuellement, puis
on est en processus de dotation pour 34 postes.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député d'Acadie.
M. Morin : Parce que, selon
les renseignements particuliers qu'on a obtenus, effectivement, il y aurait
présentement 72 procureurs en congé de maternité sans salaire ou sous
l'assurance salaire. Il y en a combien, de ce nombre-là, qui ont été remplacés?
M. Jolin-Barrette : Bien,
comme je vous dis, parce qu'on fonctionne avec un nombre d'heures rémunérées,
les ETC notamment, équivalents temps complet. Donc, actuellement, on a
810 procureurs, plus 34 postes en dotation, plus 24 avec le dernier
budget qui vont être... qui vont être octroyés, et nos 74 procureurs en chef,
procureurs en chef adjoints pour 942.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui. Au niveau...
M. Jolin-Barrette : Ça dépend
de la photo au moment où elle est prise, parce que les crédits, dans les livres
de crédits, c'est au 31 janvier.
M. Morin : D'accord. Merci.
Dans... Je reviens... je reviens au sondage. On nous indique qu'il y a
46 % des procureurs, presque un sur deux, qui affirment avoir souvent
l'impression de devoir accepter ou négocier un règlement ou une peine moindre
en <raison...
M. Morin :
...qui
affirment avoir souvent l'impression de devoir accepter ou négocier un
règlement ou une peine moindre en >raison du manque de ressources. Les
97 % des procureurs qui sont confrontés à ces situations affirment
craindre que cela abaisse les standards jurisprudentiels. Qu'est-ce que vous
avez à dire aux procureurs qui vivent cette situation-là?
M. Jolin-Barrette : Je
comprends que le sondage a été commandé par l'Association des procureurs. Une
chose est claire, la mission du DPCP, elle est très claire, et les procureurs
aux poursuites criminelles et pénales exercent leur travail avec rigueur, avec
sérieux et vont continuer de le faire.
M. Morin : Oui, c'est clair
que c'est la mission, et les procureurs qui font leur travail le font avec un
grand professionnalisme, ont a de la misère des fois à joindre les deux bouts,
puis c'est ce que le sondage nous dit. Et d'ailleurs, si vous regardez le
nombre de jours de maladie par personnel, ce qu'on nous donne comme chiffres
dans le cas des cahiers de crédits, ça serait passé de 3 052 à
6 338... ou demandes d'accès, pardon, je corrige.
M. Jolin-Barrette : Alors, en
termes de congés, ça diminue, là.
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :M. le député d'Acadie,
avez-vous une autre question en attendant?
M. Morin : Oui. Alors donc,
vous me dites que ça diminue?
M. Jolin-Barrette : Oui, le
taux d'invalidité diminue.
M. Morin : OK.
M. Jolin-Barrette : Puis,
juste pour les démissions, on est en diminution de 40 % aussi. L'année
précédente, c'était 23, puis c'est 14 cette année.
M. Morin : D'accord.
M. Jolin-Barrette : Mais
n'oubliez jamais que, lorsque vous êtes nommé à la magistrature, vous devez
démissionner.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui, clairement.
C'est clair.
M. Jolin-Barrette : Donc,
regardez le nombre de procureurs aux poursuites criminelles et pénales qui ont
été nommés, supposons, dans les trois dernières années à des postes à la
magistrature.
M. Morin : OK. Toujours dans
le même sondage, on dit qu'il y a plus de la moitié des répondants qui sont
inconfortables avec les directives sur la priorisation des dossiers. 41 %
des procureurs affirment que leurs décisions d'aller de l'avant avec un dossier
sont toujours influencées par le manque de ressources, et ça augmente à
50 % pour ceux impliqués dans un tribunal spécialisé, notamment en matière
de violence sexuelle et conjugale.
Quelles sont les directives sur la
priorisation des dossiers? Et pourquoi êtes-vous obligés de prioriser des
dossiers, puisque vous nous avez dit que l'ensemble des procureurs
remplissaient leurs mandats? Donc, pourquoi ils priorisent? Parce qu'il n'y a
pas assez de monde?
• (17 h 30) •
Le Président (M.
Bachand) : Rapidement, M. le ministre, s'il vous plaît. Le
temps file.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Bien, comme le député de l'Acadie le sait, ce n'est pas le ministre de la
Justice qui donne les directives sur la priorisation des dossiers en raison de
l'indépendance du Directeur des poursuites criminelles et pénales. Alors,
est-ce que le député de l'Acadie souhaite que je réponde à la question ou veut
parler à la personne qui donne la directive en toute indépendance?
M. Morin : J'aimerais que le
ministre réponde. Je sais très bien que le ministre n'a pas donné une directive
qui n'a pas été publiée. Ce n'est pas ça, ma question, et vous le savez. Mais
vous, comme ministre, c'est vous qui représentez le DPCP en Chambre, alors...
Le Président (M.
Bachand) : Très, très rapidement. En quelques secondes, M. le
ministre.
M. Morin : Voilà.
Le Président (M.
Bachand) :Ça va? Alors, M. le...
M. Jolin-Barrette : Alors, je
réponds ou je...
M. Morin : J'attends la
réponse.
M. Jolin-Barrette : Donc, en
matière de violence conjugale, violence sexuelle, effectivement, ce sont des
dossiers qui sont prioritaires, les dossiers aussi de victimes vulnérables. Et
les dossiers, supposons, contre les aînés, les dossiers touchant... contre les
enfants, ce sont des dossiers qui sont prioritaires, exemple les infractions
contre la propriété...
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le député de Maurice-Richard,
pour 16 min 17 s, s'il vous plaît.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Peut-être, avant de passer à un autre sujet, pour conclure sur tout
l'aspect numérique du... de la transformation numérique de la justice, vous
avez tout à l'heure nommé toute une liste de spécialistes que vous payez. Ce
n'étaient que des spécialistes qui se rapportent au cloud de Microsoft. On
comprend que les données de justice sont stockées dans le nuage de Microsoft
Azure?
M. Jolin-Barrette : Alors, la
réponse, c'est oui, mais elles sont stockées au Canada.
M. Bouazzi : M. le ministre
de la Justice, vous êtes ministre de la Justice, vous devez probablement savoir
que le CLOUD Act des États-Unis s'applique sur tous les serveurs partout, y
compris quand ils sont au Canada. Ça ne change absolument rien que les serveurs
soient au Canada ou aux États-Unis. À partir du moment où la compagnie est
américaine, le gouvernement a le droit de demander l'accès à ces données-là
sous certaines conditions, et vous ne le saurez même... Est-ce que vous étiez
au courant, d'abord? Peut-être vous n'étiez pas au courant.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, M. le député de Maurice-Richard veut surtout
savoir sur quoi on est <éduqués...
>
17 h 30 (version révisée)
<17859
Le Président (M. Bachand) :
...M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, le député de
Maurice-Richard veut
surtout savoir sur quoi on est >éduqués ou non, alors je vais réserver
mes commentaires à savoir ce dont on est au courant ou non. S'il a des
questions factuelles à me poser en lien avec les dossiers du ministère de la
Justice, ça va me fait plaisir d'y répondre.
Le Président (M. Bachand) :Merci. M. le député, s'il vous plaît.
M. Bouazzi : Alors, les données
de justice vont se retrouver sur un nuage qui appartient à une compagnie
américaine qui est assujettie au CLOUD Act, ce qui donne le droit au
gouvernement, celui de Trump, de faire des demandes et d'accéder aux données, et
c'est très grave. Donc, je ne sais pas... je n'ai pas de question, en fait, c'est
un fait. À moins que vous pensiez que ceci est faux, là?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors, M.
le Président, le député de Maurice-Richard s'exprime et dépose un fait dans les
écritures de la commission. Alors, nous prenons acte de son affirmation.
M. Bouazzi : Et donc c'est
très bien. Et vous, ça ne vous inquiète pas que vous allez stocker les données
de justice des Québécois et Québécois sur des serveurs qui appartiennent aux
compagnies assujetties aux lois américaines?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, le ministère de la Cybersécurité est en discussion, notamment, avec
Microsoft. Et j'informerais aussi le député de Maurice-Richard que le plumitif
est une donnée publique au Québec. Donc, exemple, si le député de
Maurice-Richard aurait commis une infraction criminelle, ce serait possible de
consulter en ligne le dossier de cour relativement au plumitif, et,
éventuellement, de se rendre au palais de justice, et de consulter le contenu
du dossier, à part certaines matières, M. le Président, notamment en matière de
protection de la jeunesse, en matière familiale, où les dossiers sont
confidentiels. Et même, dans le système de justice, il y a du huis clos dans
certaines situations, certaines occasions, à l'exception des parties et des
représentants, notamment avocats.
Le Président (M. Bachand) :Merci. M. le député.
M. Bouazzi : Donc, vous m'avez
informé que les décisions sont publiques, sauf celles qui sont confidentielles,
qui sont donc assujetties au CLOUD Act, et je comprends que ça ne vous inquiète
pas plus que ça. Et on comprend aussi que le ministre du Numérique a
démissionné, entre autres, sur les questions de stockage qui entouraient ceci.
Bon, moi, je voudrais vous parler
maintenant de la commission...
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, juste une rectification. Je ne pense pas que le ministre de la
Cybersécurité a démissionné.
Le Président (M. Bachand) :Alors, M. le député de Maurice-Richard, allez-y.
M. Bouazzi : Donc, je
voudrais parler maintenant de la... de la commission droits de la personne, de la
jeunesse. La commission joue un rôle important pour protéger les droits
fondamentaux des Québécoises et Québécois. Elle a fait toutes sortes de sorties
sur les dernières années concernant des questions sur le droit des... de la
jeunesse, par exemple, sur la gestion de la DPJ, sur le profilage politique qu'il
y a eu par exemple, pendant les manifestations de 2012, sur le profilage racial.
Elle est, actuellement, d'ailleurs, partie dans le... dans les plaintes qu'il y
a contre la police... les politiques de la police. Est-ce que vous pensez que
la Commission des droits de la personne doit... D'abord, est-ce que vous pensez
qu'elle fait bien sa job?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : La Commission
des droits de la personne remplit une mission importante qui lui a été confiée
par la Charte des droits et libertés de la personne, adoptée en 1975.
M. Bouazzi : Est-ce que vous
pensez qu'elle doit être indépendante et jouir de la liberté qui lui permet,
justement, de défendre les droits de la personne, y compris contre des
décisions de l'exécutif ou des différents ministères?
M. Jolin-Barrette : Bien, la
Commission des droits de la personne et droits de la jeunesse bénéficie de l'indépendance
associée, notamment, au fait que ses membres sont nommés ici, à l'Assemblée
nationale, aux deux tiers des membres de l'Assemblée nationale. Donc, cette
notion d'indépendance là, elle est incarnée notamment par les membres de la
Commission des droits de la personne.
M. Bouazzi : Vous aviez
proposé, dans votre Constitution, l'article 5, que vous avez, en fin de
compte, retiré au mois... le 1er avril 2026, qui empêcherait de facto
la Commission des droits de la personne d'utiliser des fonds publics pour
contester des lois du gouvernement, des lois du Québec, de l'Assemblée
nationale. Le 27 mars... le 25 mars, vous avez déposé, dans le cadre...
pas vous, là, mais votre gouvernement, dans le cadre du projet de loi n° 7, un amendement 24 heures avant son... son
adoption et, évidemment, qui n'a pas été sujet à conversation dans la société
civile, qui avait pour objectif d'assujettir la Charte des droits et libertés à
la loi de la fonction publique. Est-ce que vous pensez que ça augmente son
indépendance, M. le ministre?
M. Jolin-Barrette : Dans tous
les cas, ça ne la <diminue...
M. Bouazzi :
...que ça augmente son indépendance, M. le ministre?
M. Jolin-Barrette :
Dans
tous les cas, ça ne la >diminue pas. Ça ne la diminue pas, parce qu'on
est face à une situation, pour la Commission des droits de la personne, où les
employés, les fonctionnaires de la Commission des droits de la personne, dans
le fond, n'avaient pas de possibilité de mobilité, donc ils étaient cantonnés à
travailler, leur vie durant, à la Commission des droits de la personne et à ne
pas pouvoir migrer dans la fonction publique québécoise. Alors, ce que ça a
fait, en assujettissant la Commission des droits de la personne et des droits
de la jeunesse à la Loi sur la fonction publique, ça leur permet d'avoir une
certaine mobilité à l'intérieur des différents ministères, organismes, et
autres, et ça ne change absolument rien au mode de nomination des membres de la
commission qui sont choisis. Donc, la Commission des droits de la personne
bénéficie de son entière indépendance.
M. Bouazzi : La loi de la
fonction publique à laquelle votre gouvernement a décidé d'assujettir, sans
débat, la Commission des droits de la personne stipule, à l'article 5, que
le fonctionnaire est tenu, d'office, d'être loyal, de porter allégeance à
l'autorité constituée, l'article 10, que le fonctionnaire doit faire
preuve de neutralité politique dans l'exercice de ses fonctions,
l'article 11, le fonctionnaire doit faire preuve de réserve, dans les
manifestations publiques, de ses opinions politiques. Ça, pour vous, vous
pouvez regarder la caméra et dire : Ça ne diminue pas l'indépendance de la
commission, toutes ces questions de loyauté?
• (17 h 40) •
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Ça ne
diminue pas l'indépendance de la commission, le fait d'être assujetti à la Loi
sur la fonction publique. Les employés de la Commission des droits de la
personne étaient assujettis à leurs obligations en lien avec leur employeur, la
Commission des droits de la personne. Ils se retrouvent dans une situation où
le partage d'expertise, la mutualisation, aussi, de certains services, ça,
c'est important aussi. La commission va pouvoir les partager, notamment avec
les personnes désignées ou avec les ministères et organismes, notamment. Alors,
je ne crois pas qu'un service de paie, à titre d'exemple ça fait partie de
l'indépendance d'une organisation en termes de services administratifs. Même
chose également...
M. Bouazzi : Ça vous a été
demandé par la... par la commission, ce changement? Parce que, je veux dire, il
est décrié par tous les spécialistes, tout le monde, à part vous. Je comprends
que vous, vous êtes le spécialiste des spécialistes, mais les autres, là, ils
pensent qu'effectivement ça participe à miner l'indépendance de la Commission
des droits de la personne, qui, rappelons-le, a toutes sortes de rapports qui
touchent directement aux questions politiques, y compris comment on traite les
jeunes à la DPJ, comment la police traite les manifestants ou les personnes
racisées. Vous, vous dites : Tous ces spécialistes-là se trompent, je l'ai
fait pour leur bien, pour le bien des fonctionnaires et pas pour diminuer...
Alors, ça vient avec une loyauté, mais, bon, ça ne vient pas diminuer leur
liberté. C'est ça que vous dites?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Est-ce
que le député de Maurice...
M. Bouazzi : Ah! pas de questions,
là, j'attends des réponses, là.
Le Président (M.
Bachand) : Allez-y, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Je peux
m'exprimer, M. le Président?
Le Président (M. Bachand) :
Oui, allez-y.
M. Jolin-Barrette : Je pense
que je suis encore élu, je suis encore député de Borduas, puis je pense que je
suis dans une chambre de l'Assemblée, ça fait que je pense que, lorsque vous me
donnez le droit de parole, je peux m'exprimer. Est-ce que le député de
Maurice-Richard se souvient du rapport Verreault, suite à la présidence de
l'ancienne présidente, Tamara Thermitus, et des recommandations du rapport
Verreault? Dans le cadre du rapport Verreault, ça avait été demandé, comme
recommandation, d'assujettir les employés de la Commission des droits de la
personne à la Loi sur la fonction publique. Justement, vous vous souviendrez de
la nature et du climat qui existait, à l'époque, à la Commission des droits de
la personne. Alors, on fait suite à une des recommandations. Et les règles
d'éthique étaient applicables aussi aux employés de la Commission des droits de
la personne et des droits de la jeunesse.
M. Bouazzi : Je ne peux pas
croire, monsieur...
M. Jolin-Barrette : Alors,
écoutez, ça disait, dans le rapport, là, Rapport sur la situation qui
prévaut à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse,
de Lise Verreault, qui a été rendu public en 2018... la recommandation se
lisait comme suit : «Prévoir la possibilité de permettre que la mobilité
du personnel au sein de la fonction publique québécoise soit analysée avec les
ministères et les syndicats concernés.»
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Monsieur...
M. Jolin-Barrette : Alors, on
a répondu au rapport de la commission de Lise Verreault, et d'ailleurs, une
haute fonctionnaire qui est efficace.
M. Bouazzi : Alors, moi, je
suis toujours impressionné, quand même, par la capacité du ministre... Le 7 mai...
et je suis sûr qu'il voit des revues de presse... je lis le titre : La
Cour supérieure annule le rapport d'enquête vicié sur Tamara Thermitus.
M. Jolin-Barrette : C'est le
rapport du...
M. Bouazzi : C'est bien ça. Est-ce
que vous l'avez lu? Est-ce que vous avez lu la décision de justice qui a annulé,
justement, cette enquête-là, quand vous parlez du climat, ou alors les
décisions de justice ne comptent pas?
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, c'est ça, le problème, Québec solidaire, ils manquent de rigueur.
Moi, je lui parle du rapport de Lise Verreault, qui a été chargée d'enquêter
sur le climat puis les sources de la problématique à la Commission des droits
de la personne, puis le député de Maurice-Richard me parle du rapport du Protecteur
du citoyen, deux rapports complètement distincts. Bien, on n'est pas à un
amalgame près auprès de Québec solidaire.
D'ailleurs, juste pour l'information du
député de <Maurice-Richard...
M. Jolin-Barrette :
...auprès
de Québec solidaire.
D'ailleurs, juste pour l'information du
député de >Maurice-Richard, puisqu'il souhaite éduquer cette Assemblée, bien,
écoutez, regardez les organismes indépendants dont les employés sont déjà
assujettis à la Loi sur la fonction publique. Le Vérificateur général du Québec...
J'étais assis ici tantôt, là, puis, à la période des questions, toutes les
formations politiques ont posé des questions sur le Commissaire au
développement durable puis son rapport. Est-ce que le Commissaire au
développement durable, qui œuvre au sein du Vérificateur général du Québec,
vous pensez qu'il soit... le fait qu'il soit assujetti à la Loi sur la fonction
publique, ça a changé quelque chose dans son travail pour critiquer le
ministère de l'Environnement? Le Directeur général des élections, qui a
poursuivi la loi qui a été adoptée par toutes les formations politiques à
l'Assemblée nationale, le Commissaire à la langue française, le Commissaire au
lobbyisme , le Commissaire à l'éthique et à la déontologie, le Commissaire au
bien-être et aux droits des enfants...
Le Président (M.
Bachand) :Merci...
M. Jolin-Barrette : ...le Conseil
de la magistrature, le Conseil de la...
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le ministre.
Alors, M. le député de Maurice-Richard, s'il vous plaît, vous avez la
parole.
M. Bouazzi : Merci. On va
parler de la clause dérogatoire, M. le Président. La clause dérogatoire permet
de déroger à tous les droits fondamentaux, sans exception, qui se retrouvent
dans la charte. Pensez-vous qu'il y a juste une limite possible à l'utilisation
de la clause, M. le ministre?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Juste
pour terminer ma réponse, M. le Président, le Tribunal administratif du Québec...
M. Bouazzi : Ah! non, non. Il
me reste trois minutes, M. le Président.
M. Jolin-Barrette : ...le Tribunal
administratif du travail...
Le Président (M.
Bachand) :Non. M. le ministre... M. le
ministre, s'il vous plaît!
M. Jolin-Barrette : ...Commission
de l'accès à l'information, Commission de la fonction publique.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre, s'il vous plaît!
Il y a une question.
M. Jolin-Barrette : Oui, j'y
arrive, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Allez-y.
M. Jolin-Barrette : Donc, ça,
c'est pour l'indépendance.
Pour votre question sur... en lien avec le
projet de loi que vous avez déposé sur la disposition de souveraineté
parlementaire, c'est gravissime, ce que le député de Maurice-Richard a fait. En
tant que parlementaire élu comme ayant la responsabilité de défendre les
intérêts de ses concitoyens, de défendre les intérêts de la nation québécoise,
de vouloir limiter le pouvoir du seul organe au Québec qui est dépositaire des
droits du peuple et de la nation québécoise... c'est gravissime de proposer un
projet de loi comme ça.
Au contraire, ce qui est prévu à l'article 9,
la partie II de la Loi constitutionnelle de 2025, c'est, justement, de
réaffirmer la position que tous les gouvernements successifs et tous les
membres de cette Assemblée ont eue ici, que la souveraineté parlementaire, elle
est importante, et de ne pas s'en remettre à des forces externes.
Le Président (M.
Bachand) :...M. le député.
M. Bouazzi : ...parlementaire
est, effectivement, importante, et c'est pour cela que je pense que c'est à
l'Assemblée qu'il faut le débattre et pas devant les juges. Aujourd'hui, le
droit à l'avortement est défini par toutes sortes de droits fondamentaux qui se
retrouvent dans la charte. Un gouvernement qui voudrait limiter le droit de
l'accès... limiter l'accès à l'avortement pourrait tout simplement utiliser la
clause dérogatoire. Est-ce que vous pensez que ça grandit la nation de
permettre ça?
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, le député de Maurice-Richard reprend les arguments du gouvernement
fédéral...
M. Bouazzi : M. le Président...
M. Jolin-Barrette : ...notamment
sur des arguments ésotériques, M. le Président, comme quand le Procureur
général du Canada a été plaider en Cour suprême, dans les auditions de la loi n° 21, sur, notamment, la disposition de souveraineté
parlementaire, que les États fédérés pourraient ramener l'esclavage, M. le
Président, ce qui, M. le Président...
Le Président (M.
Bachand) :Rapidement, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : ...ce
n'est pas un débat d'idées lorsqu'on amène des exemples farfelus comme ça.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député, il reste 1 min 40 s.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Je rappelle au ministre que la Charte des droits et libertés, ce
n'est pas le fédéral qui nous l'a imposée. On l'a votée ici à l'unanimité en 1975,
sept ans avant le fédéral, la clause aussi, et je parle de la clause québécoise
dans la charte québécoise. Et je comprends que c'est facile de dire que c'est
une question de... Je ne sais pas les arguments, mais moi, l'argument, il est
sérieux. Vous nous avez introduit dans la Constitution un article dont aucune
femme, aucun spécialiste de droit ne voulait, sur l'idée de dire : Moi, le
droit à l'avortement, c'est important, je veux le légaliser. Tous les gens sont
venus pour nous dire : Non, il est bétonné, il est protégé par trois
décisions de la cour sur la question... cinq, c'est très bien, cinq, qui se
basent pratiquement toutes ou sinon toutes sur des droits fondamentaux qui se
retrouvent dans les chartes.
Donc, c'est un sujet sérieux. J'imagine
que, s'il a déposé un article pour protéger le droit à l'avortement, c'est
qu'il pense que c'est un sujet sérieux. Or, on pourrait déroger, limiter le
droit à l'avortement en utilisant la clause dérogatoire. Est-ce que vous pensez
que c'est normal, oui ou non?
Le Président (M.
Bachand) :35 secondes, M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : ...Président,
lorsque cette Assemblée, en 1975, a adopté la Charte des droits et libertés de
la personne, ils l'ont adoptée avec la disposition de souveraineté
parlementaire.
M. Bouazzi : Mais ça, je suis...
M. Jolin-Barrette : Et je
vous rappellerais, M. le Président, que l'enjeu majeur que nous avons, c'est
par rapport à la Charte canadienne des droits et libertés, parce que la...
M. Bouazzi : ...très bien. Le
projet de loi que je dépose ne touche pas à la clause, M. le Président.
M. Jolin-Barrette : Si les
tribunaux interprétaient le droit québécois à la lumière de la <charte...
M. Jolin-Barrette :
...
québécois à la lumière de la >charte québécoise, on aurait
beaucoup moins d'enjeux, parce que le droit qui est voté au Québec devrait être
appliqué au Québec.
M. Bouazzi : ...sait très bien,
le projet de loi que je dépose ne touche pas à la clause fédérale. Il le sait
très bien...
Le Président (M. Bachand) :
Merci. C'est tout le temps qu'on avait pour... avec M. le député de
Maurice-Richard. Alors, M. le député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : ...M. le Président.
Alors, on va continuer avec la situation au DPCP. Tout à l'heure, je vous demandais
combien il y avait de procureurs et puis combien il y a d'employés qui ont
démissionné. Quand vous m'avez donné des chiffres, est-ce que c'est des
permanents ou si ça inclut également les occasionnels?
M. Jolin-Barrette : Dans les
totalités de 942, ça inclut les permanents et les occasionnels.
M. Morin : Et les
occasionnels également?
M. Jolin-Barrette : ...dans
les 942 procureurs, ça inclut les occasionnels aussi.
M. Morin : Également qui ont
démissionné.
M. Jolin-Barrette : Non, moi,
je vous parle de la quantité totale de procureurs qui vont être à l'emploi du
DPCP. Vous, dans les démissions, votre question, c'est : Est-ce que ça
inclut les occasionnels aussi?
M. Morin : Exact.
M. Jolin-Barrette : Oui,
c'est inclus, les occasionnels aussi.
M. Morin : Très bien. Je vous
remercie. Si on revient au sondage, il y a d'autres éléments que j'aimerais
explorer avec vous. On demandait, entre autres, aux procureurs s'ils étaient
contraints, parfois, d'accepter des peines moindres en raison de la charge de
travail ou du manque de ressources. Pour l'ensemble des dossiers, il y a
68 % des procureurs qui ont dit «souvent», 28 % qui ont dit «parfois»
pour l'ensemble de leurs dossiers, ce qui donne un total de 96 %. C'est
énorme. Donc, ce que je comprends, c'est que, présentement, il y a des
procureurs qui sont contraints d'accepter des peines moindres. Alors, qu'est-ce
que vous allez faire, M. le ministre, pour corriger cette situation?
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, les infractions qui sont commises et qui doivent être poursuivies
sont poursuivies par le Directeur des poursuites criminelles et pénales, alors
je ne m'ingère pas dans la conduite des poursuites. Mais le gouvernement du
Québec octroie les ressources pour faire en sorte d'avoir les outils
nécessaires pour que le DPCP réalise sa mission.
M. Morin : Donc, si vous
donnez des budgets suffisants, c'est ce que vous venez de nous dire, comment
vous expliquez ces réponses-là à un sondage qui a été fait auprès des
procureurs? Parce que là il y a vraiment un écart. Si vous me dites :
J'accorde toutes les ressources nécessaires au DPCP, puis que, dans le sondage,
je ne sais pas, moi, il y a 3 %, 4 % ou 5 % des procureurs qui
disent : Bien oui, des fois, on peut accepter des peines moindres, bien,
je vous suis, mais là on parle de 96 %, puis la question, c'était pour
l'ensemble de leurs dossiers. L'écart est énorme, alors il manque sûrement des
ressources ou il manque du monde. Alors, qu'est-ce que vous allez faire pour
s'assurer que le DPCP va pouvoir remplir son mandat adéquatement?
• (17 h 50) •
Le Président (M. Bachand) :
M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, le Directeur des poursuites criminelles et pénales a les ressources
nécessaires, et nous octroyons les sommes à la réalisation de ce qui est prévu
par la Loi sur le Directeur des poursuites criminelles et pénales. Et
d'ailleurs, M. le Président, toutes les questions du collègue de l'Acadie sont
basées sur un sondage qui a été fait par l'association syndicale des procureurs.
Le Président (M. Bachand) :M. le député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : D'accord. Donc, ça...
mais ça veut dire... ça veut dire quoi? Ça veut dire que ce n'est pas crédible?
C'est parce que vous me répondez ça. Donc, les procureurs qui répondent à leurs
associations ne donnent pas les vraies réponses? Qu'est-ce que vous essayez de
dire, M. le ministre?
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, il faut mettre les choses en contexte, et c'est ce que je fais.
M. Morin : OK. Donc, vous
avez des procureurs qui répondent à un sondage, puis votre réponse, c'est de dire :
Vous mettez ça dans le contexte parce que le sondage a été fait par l'association
des procureurs.
M. Jolin-Barrette : Moi, M.
le Président, je peux vous affirmer que je ne connais pas la méthodologie de ce
sondage, je ne connaissais pas l'échantillonnage. Alors, peut-être que le
député de l'Acadie va nous communiquer le tout.
M. Morin : ...oui.
M. Jolin-Barrette : Mais il
semble affirmer, le député de l'Acadie, que tout ce qui s'y trouve est le
reflet de la réalité concrète au quotidien.
M. Morin : M. le Président,
je suis en désaccord avec mon collègue. Ce n'est pas ce que j'ai dit. Moi, je
me fie à des chiffres. M. le ministre semble mettre en doute la méthodologie du
sondage. Moi, je me fie aux chiffres qui sont là, tout simplement. Puis ce
n'est pas la première fois qu'on discute de ce cas-là, alors qu'on ne me prête
pas d'intention.
Par ailleurs, par ailleurs, je vous
réfère, M. le ministre, à un article qui a été publié... bon, ça date un petit
peu, mais où le DPCP, Me Michel, s'interrogeait, justement, sur le <travail...
M. Morin :
...qui a
été publié... bon, ça date un petit peu, mais où le DPCP, Me Michel,
s'interrogeait, justement, sur le >travail qu'il y a à faire et évidemment,
tout le travail des procureurs. Et il trouvait, dans un article de Daniel
Renaud, préoccupant que des policiers dénoncent la lenteur dans les
autorisations d'accusation, dans les dossiers de meurtre notamment. Il souligne...
il croit que ce sentiment est parfois fondé, parfois non. Il souligne également
qu'il dirige... travaille à ajouter des ressources aux assises, même si le
recrutement n'est pas facile.
Donc, tout à l'heure, M. le ministre, vous
me parliez des conditions salariales, mais il semble y avoir un problème, parce
que le directeur lui-même a de la difficulté à recruter des procureurs pour
plaider des causes aux assises, et si je me fie à la réponse de Me Michel, qui
est rapportée dans l'article de M. Renaud, il trouve ça préoccupant, il
croit que ce sentiment est parfois fondé. Alors, qu'est-ce que vous allez faire
pour aider le Directeur des poursuites criminelles et pénales dans le cadre de
sa mission? On parle ici, je le répète, des dossiers de meurtre notamment.
Le Président (M. Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : ...est-ce
que le député de l'Acadie veut une réponse par ouï-dire ou avoir une réponse
directement de Me Michel?
M. Morin : Je serai d'accord,
M. le Président, pour avoir une réponse du directeur dans ce cas-là.
Le Président (M. Bachand) :
OK. Donc, est-ce qu'il y a consentement?
M. Morin : Il y a
consentement.
Le Président (M. Bachand) :Consentement. Peut-être d'abord vous présenter, s'il vous plaît.
Merci.
M. Michel (Patrick) : Oui...
Patrick Michel, Directeur des poursuites criminelles et pénales.
Je remercie les députés de me donner
l'occasion de prendre la parole pour répondre à cette question-là. Alors, si je
me permets de remettre les propos que j'ai tenus dans le cadre de cette
entrevue-là avec M. Renaud, on discutait des difficultés d'attraction ou de
rétention de procureurs aux assises, donc pour les procès devant juge et jury,
parce que, sinon, autrement, on n'a pas d'enjeu d'attraction ou de rétention de
procureurs au Directeur des poursuites criminelles et pénales. On a
actuellement une bande de 421 candidats qui sont susceptibles d'appliquer
sur des postes qu'on va bientôt... qu'on va bientôt ouvrir ou qui sont en cours
de... qui sont en cours de dotation actuellement.
Mais c'est vrai qu'aux assises c'est plus
difficile de recruter. Il était une époque où les procureurs voulaient se
consacrer à faire des dossiers aux assises à temps plein. C'est moins vrai
aujourd'hui. On trouve des procureurs pour en faire, mais ils veulent moins s'y
consacrer à temps plein que c'était le cas auparavant.
M. Morin : Oui, alors, merci,
M. le directeur, pour votre réponse. D'ailleurs, quand je vous citais, je
parlais, effectivement, des assises. Cependant, vous dites plus loin dans
l'article : «Il va falloir revoir notre façon d'affecter des ressources
aux assises, où sont traités, évidemment, les dossiers de meurtre, il faut
arrêter de voir ça comme une équipe dédiée.» Est-ce que... Et là vous avez deux
options. Donc, l'article date de quelque temps déjà. Est-ce que vous avez fait
des progrès pour constituer vos équipes qui vont plaider aux assises?
Le Président (M. Bachand) :
Oui, allez-y, monsieur...
M. Michel (Patrick) : Merci,
M. le Président. Alors, si on parle de situation de... Parce que le contexte de
l'entrevue que j'ai accordée à M. Renaud, c'était surtout la situation des
assises à Montréal. Alors, à ce moment-là, on était... il y avait 11 procureurs
qui occupaient des postes aux assises, à Montréal, sur une équipe de,
potentiellement, 14 procureurs. Depuis, on a ajouté... on a comblé deux
postes de procureur aux assises, donc l'équipe n'est pas encore complète, mais,
au moins, on a augmenté les ressources aux assises de deux postes de procureur.
Lorsque je parlais d'une nouvelle façon de
concevoir la gestion des dossiers d'assises, c'est d'en faire des dossiers qui
sont, je vous dirais, à vocation provinciale ou d'organiser une espèce de
coordination provinciale des dossiers d'appel... des dossiers d'assises,
pardon, où on devrait constituer des équipes, je vous dirais, plus régionales
que des équipes fragmentées par points de services.
Le Président (M. Bachand) :
M. le député.
M. Morin : Dans le même
article, M. le directeur, vous reconnaissez que la fonction de procureur n'a
jamais été aussi exigeante qu'elle l'est depuis des <décennies...
M. Morin :
...qu'elle
l'est depuis des >décennies mais vous soulignez également que les
dossiers sont de plus en plus complexes. Il y a, bien sûr, la criminalité
émergente. La criminalité, en plus, a tendance à se déplacer. Il y a maintenant
des membres de groupes de crime organisé qui sont beaucoup plus présents dans
l'est du Québec, par ailleurs. Et donc il y a des budgets supplémentaires qui
ont été accordés à la police, entre autres, pour mettre fin aux conflits entre
des gangs, les Hell's Angels, dans l'est. Quand il y a des ressources qui sont
accordées à la police, est-ce que vous avez automatiquement un nombre
additionnel de postes de procureur?
Le Président (M. Bachand) :
M. le directeur, oui.
M. Michel (Patrick) : Oui, merci, M. le Président. Alors, pour répondre à la
question de M. le député de l'Acadie, la réponse est : oui et non. C'est
selon le corps de police qui attribue des ressources. Alors, par exemple, dans
un projet comme CENTAURE, qui visait à lutter contre la criminalité armée liée...
liée à la criminalité organisée, c'était une initiative provinciale, où il y
avait du financement à la fois pour la Sûreté du Québec, mais aussi pour des...
des escouades spécialisées qui impliquaient des corps de police municipaux.
Alors là, on était, effectivement, de la partie, c'est-à-dire pour obtenir,
nous aussi, des ressources en conséquence. D'ailleurs, dans les dernières
mesures budgétaires, il y a trois postes de procureur, sur les 24 dont M. le
ministre faisait état tantôt, il y a trois postes de procureur qui vont être
ajoutés à l'équipe CENTAURE. Alors, quand on est dans un contexte d'initiatives
provinciales, oui, on a voix au chapitre au niveau des ressources, mais,
évidemment, on ne contrôle pas la création... bien, «on», je vous parle, au
DPCP, évidemment pas, mais on n'est pas toujours en mesure de suivre le tempo,
si vous me permettez l'expression, de la constitution de nouvelles escouades
d'enquête dans les corps de police municipaux, où les budgets, évidemment, sont...
sont des budgets qui ne sont pas les budgets du gouvernement.
M. Morin : Et quel est
l'impact chez vous quand vous n'êtes pas capables de suivre le tempo?
M. Michel (Patrick) : Bien,
évidemment, on travaille... on travaille pour y arriver. Alors, dans un monde
idéal, on serait, je vous dirais, toujours en arrimage avec l'octroi des
ressources aux services... aux services policiers municipaux. Alors, on va
formuler... on va formuler des demandes, on va faire des représentations par
les voies officielles, comme on l'a fait pour l'obtention des mesures
budgétaires qu'on a obtenues au budget actuel. Alors, on va faire des
représentations, on va... On a développé des canaux de communication assez
étroits avec les directeurs de corps de police pour, je vous dirais, voir un
peu plus en amont, voir venir en amont les intentions qu'on a dans les corps de
police, soit de créer des nouvelles escouades ou les priorités sur lesquelles
ils ont l'intention d'investir en matière de sécurité... de sécurité publique
locale pour que nous, on puisse ajuster nos demandes de ressources en
conséquence puis, aussi, l'affectation de nos ressources en conséquence.
• (18 heures) •
M. Morin : Et est-ce que
c'est ce qui fait que, parfois, vous êtes obligés de prioriser ou de donner des
directives sur la priorisation des dossiers?
M. Michel (Patrick) : ...excusez-moi,
M. le Président.
Le Président (M. Bachand) :
Allez-y, allez-y.
M. Michel (Patrick) : Oui,
merci. Alors, cette question de la priorisation, je suis bien... je suis bien
reconnaissant de pouvoir m'exprimer sur cette question de la priorisation. On
parle, bon, d'une directive qu'on a donnée sur la priorisation des dossiers.
Cette directive-là, elle date, de mémoire, de février 2023, c'était avant
qu'on se retrouve dans le contexte de rationalisation budgétaire qu'on connaît.
C'était dans un contexte de gestion des délais judiciaires dans nos dossiers à
la cour, lorsque la Cour du Québec avait restreint... avait diminué les ratios
jours siégés/jours délibérés. On a, depuis, donné des précisions, là, sur
l'application de cette... de cette pratique-là, de cette directive-là. Et puis
on a décidé — en fait, j'ai décidé, comme directeur, mais je ne
décide pas ça tout seul — avec un comité de direction, on a décidé de
maintenir cette directive de priorisation là en place, même si la situation des
délais judiciaires s'est améliorée.
Ce n'est pas incongru pour moi qu'on demande
aux procureurs de prioriser. Ça a toujours été le propre de la fonction de procureur
aux poursuites criminelles et pénales, dans un contexte où les ressources sont,
nécessairement, limitées. La Cour suprême l'a dit, le système de justice n'est
pas destiné à traiter, par les voies traditionnelles du système de justice,
tous les dossiers devant les tribunaux. Alors, c'est le propre du rôle du
procureur, qui exerce un pouvoir discrétionnaire, et c'est ça qui le distingue
de bien d'autres employés de l'État, le fait de décider quels dossiers doivent
ou pas faire l'objet d'accusations, selon un ensemble de facteurs, des facteurs
qui sont liés à l'appréciation de l'intérêt public.
M. Morin : Mais je comprends
qu'il n'y a pas de formule automatique. Par exemple, au Conseil du trésor, où,
si, dans le cadre d'une initiative, on accorde tant de ressources à un corps de
<police...
>
18 h (version révisée)
<19253
M. Morin :
...tant de ressources à un corps de >police, il y a un ratio qui
fait que, vous, on vous accorderait automatiquement une ressource pour être
capables de suivre. Est-ce que c'est le type de formule qui vous aiderait dans
le cadre de votre travail?
Le Président (M. Bachand) :
M. le directeur, allez-y.
M. Michel (Patrick) : Oui,
merci, M. le Président. Alors, pour répondre à la question, non, il n'y a pas...
il n'y a pas cette formule-là qui existe. Est-ce que ça nous aiderait? Écoutez,
là, je... je vais reprendre mon rôle de directeur, je n'ai pas les... je n'ai
pas les cordons de la bourse, et ça ne m'appartient pas, évidemment, de me
prononcer sur ce genre d'initiative qui pourrait nécessiter des mesures
législatives, des mesures... des mesures budgétaires. Mais il est certain que l'octroi
de ressources aux services de police, c'est un facteur externe qui crée de la
pression sur nos ressources à nous. Puis, comme je vous disais, on essaie de
voir... de voir, en amont, venir, puis on adresse les demandes de mesures
budgétaires en conséquence.
M. Morin : Je vous
remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, merci beaucoup.
M. le député de Jean-Talon, pour 16 min 4 s, s'il vous plaît.
M. Paradis : M. le
ministre, j'aimerais vous parler d'indemnisation des victimes d'actes criminels.
C'est un dialogue qu'on a, vous et moi, depuis quelques années, et je voudrais
commencer de nouveau par saluer les avancées que vous avez permises avec votre
réforme. Je le sais, vous allez me le dire, grâce à votre réforme, notamment,
on a élargi le type de crimes qui sont visés par le programme d'indemnisation.
Vous avez aussi élargi le type de personnes qui peuvent avoir le statut de victime.
Je tiens à le reconnaître, parce que je sais que vous me répondez toujours ça
quand je vous amène sur un angle mort de cette réforme-là. Parce que, des fois,
on fait des bonnes choses et, des fois, avec le temps, on s'aperçoit que la
réforme a peut-être manqué son coup ou a laissé des angles morts. Et un de ces
angles morts, M. le ministre, c'est celui des personnes qui subissent les
conséquences d'un acte criminel grave dont les séquelles ne sont pas jugées
permanentes, mais elles dépassent la durée de trois ans. Et j'ai rencontré une
de ces personnes hier, M. le ministre. Je vais l'appeler Isabelle. Ce n'est pas
son vrai nom, c'est un nom d'emprunt. Je vais l'appeler Isabelle, mais son...
son cas a été mentionné récemment dans les médias. Et Isabelle, c'est une
victime de violence conjugale extrême. Elle a survécu de justesse à ces années
de violence conjugale extrême. Elle est sur le chemin de la guérison, mais elle
n'est pas jugée comme ayant des séquelles permanentes. Mais elle est dans cette
zone où ça lui prend plus que trois ans. Son soutien vient d'être... vient d'être
coupé, les traitements dont elle a besoin pour revenir sur le marché du travail.
Elle travaille dans le domaine de la construction et elle est vraiment
déterminée à... à revenir, mais elle n'a pas terminé son processus de guérison.
Et elle est dans une situation dramatique, et elle fait appel à vous, et elle
est donc une des personnes. Puis il y en a d'autres, des cas, vous le savez, M. le
ministre, des personnes qui tombent dans cet angle mort. Le Protecteur du
citoyen, au moment de la réforme, vous l'avez indiqué, il avait dit : Il y
aurait moyen de ne pas faire du mur-à-mur puis il y a des personnes peut-être
qu'on devrait avoir un suivi plus particulier pour permettre d'excéder cette
période de trois ans puis de se rendre à la guérison pour redevenir des
citoyens et des citoyennes qui contribuent à notre société.
Que répondez-vous à Isabelle, que j'ai...
que j'ai rencontré hier, et qui se trouve dans cette situation-là, qui est
vraiment désespérante pour elle, là? Qui la place, aussi, dans une situation où
elle n'a plus de domicile fixe, elle n'est pas capable de gagner sa vie. Elle
est dans une situation très difficile. Qu'est-ce que vous lui répondez? Qu'est-ce
qu'on peut faire, M. le ministre?
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui,
M. le Président. Ce n'est jamais facile d'être victime d'une infraction
criminelle. Alors, je salue Mme Isabelle. Le député de Jean-Talon a raison
de dire que c'est une réforme importante qu'on a faite, parce qu'à l'époque c'était
un an, le délai de prescription. Après ça, c'était deux ans, avec le ministre
St-Arnaud. Nous, on a aboli le délai de prescription. Même chose, on l'a rendu
rétroactif aussi pour les gens qui s'étaient fait dire non pour une période
transitoire de trois ans. Et donc, en matière de violence conjugale, violence
sexuelle, violence subie pendant l'enfance, il n'y a plus de délai pour obtenir
du soutien financier.
Bon, là, dans le cadre de la réforme de l'IVAC,
puis on en a beaucoup parlé, lorsqu'une personne a des séquelles permanentes, la
personne est admissible à jusqu'à environ 300 000 $, sur le montant.
Pour obtenir ces sommes-là, elle doit être diagnostiquée. Pour les gens qui
sont victimes d'une infraction criminelle puis qui sont inaptes à travailler,
il y a une période de trois ans qui s'applique. Au bout de la période de trois
ans, il y a une possibilité de prolongation aussi lorsque la <personne...
M. Jolin-Barrette :
...à
travailler, il y a une période de trois ans qui s'applique. Au bout de la
période de trois ans, il y a une possibilité de prolongation aussi lorsque la >personne
entreprend une démarche de réinsertion professionnelle ou lorsqu'il y a un
professionnel qui atteste qu'elle est incapable d'assumer les tâches
quotidiennes associées à une personne, les tâches de la vie courante. On est
dans un régime qui est passé d'environ 135 millions puis, cette année, on
est à peu près à 600 millions d'indemnisations, le double des victimes.
Alors, l'État québécois est le plus généreux de tous les autres États au Canada
réunis. Alors, c'est un choix collectif qu'on fait...
Le Président (M. Bachand) :
Merci, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : ...et les
victimes sont fortement indemnisées.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Jean-Talon, parce
que le temps file rapidement. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je... Là, vous
me sortez encore les statistiques positives, que je reconnais, M. le ministre,
c'est vrai qu'il y a eu des avancées en matière d'indemnisation des victimes
d'actes criminels et c'est vrai que l'État québécois fait bien les choses sur
plusieurs plans, mais là vous en avez plusieurs, des cas qui s'accumulent. Et
je pense qu'en politique c'est bien de dire : Bon, il y a peut-être des
angles morts, puis là, après quelques années, j'ai une meilleure idée de
peut-être ce qu'il reste à travailler.
Est-ce que vous ne pouvez pas admettre
avec moi aujourd'hui qu'il y a de ces cas comme Isabelle? Parce qu'Isabelle
elle me l'a raconté, là. Au-delà de tout ce que vous me dites, elle me le dit :
J'ai tout essayé — c'est ses mots — c'est pratiquement
impossible d'obtenir une prolongation au-delà de trois ans, puis moi, j'ai
l'impression que je suis presque rendue, il ne me reste pas grand-chose, mais
là on me coupe tous mes services. Je lui ai parlé hier, là, puis il y en a
d'autres qui ont été rapportés dans les médias. Est-ce que vous n'êtes pas
ouverts à ce qu'on regarde ces cas-là et qu'on assouplisse un peu la rigidité
de ce critère de trois ans?
Parce que, là, l'évaluation complète de sa
situation physique, sa situation mentale, manifestement, ne correspond pas à
son état réel. Elle a besoin encore d'accompagnement, elle a été coupée, et
elle m'a dit à quel point c'est difficile de faire face à la machine dans ce
cas-là, qu'il y a beaucoup de professionnels, d'ailleurs, qui ne sont pas
encore parfaitement à l'aise avec la réforme. Est-ce que vous ne voudriez pas
admettre avec nous aujourd'hui qu'il y a quelque chose à faire sur ces cas-là
plutôt que de simplement... de célébrer les avancées? On les célèbre. Mais ça,
c'est un angle mort. Est-ce qu'il y a moyen de revenir à ce que le Protecteur
du citoyen, qui connaît lui aussi ces dossiers-là, vous a suggéré puis de dire :
Oui, on va revenir à une évaluation plus individualisée de ces cas-là qui sont
entre les deux. Ce n'est pas permanent, mais ce n'est pas terminé en dedans de
trois ans.
• (18 h 10) •
Le Président (M. Bachand) :
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui, M.
le Président. C'est un choix collectif qu'on a fait. On consacre près de
600 millions de dollars. Est-ce que le député de Jean-Talon me
suggère, à titre d'exemple, de supprimer des infractions contre la personne
pour prolonger le délai de trois ans? Non, mais parce que c'est ça, la question.
M. Paradis : Non, ce n'est
pas ça, la question.
M. Jolin-Barrette : La
question, c'est il y a des choix qui sont faits dans le cadre de la réforme de
l'IVAC, on a fait le choix de rendre imprescriptibles les infractions. On a
fait le choix de doubler le nombre de personnes victimes, on est passés de 28 000
à 63 000 personnes. Toutes les personnes victimes ont du soutien
pendant les trois premières années, et il peut y avoir une prolongation jusqu'à
deux ans, mais il y a des critères à... à remplir et notamment si un
professionnel atteste que la personne n'est pas capable de remplir ses
activités quotidiennes. Ce n'est pas le ministre qui décide.
Le Président (M. Bachand) :
Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Jolin-Barrette : Et l'autre
point qui est important...
M. Paradis : Je comprends...
je comprends, M. le ministre... Bien, je... Le temps file. Le temps file, M. le
ministre, je comprends que la...
Le Président (M. Bachand) :Juste... juste... M. le député de...
M. Jolin-Barrette : ...
M. Paradis : M. le Président?
Le Président (M. Bachand) :
Allez-y, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je comprends,
donc, puis je... Bon, là, sur le... sur la modification aux infractions, M. le
ministre, là, on n'est pas là du tout. Je comprends que la réponse, c'est non.
Je suggère toujours, M. le ministre, qu'il y a moyen de regarder ce qu'on peut
faire pour ces personnes qui tombent dans les mailles du filet actuellement.
Je voudrais vous amener sur un autre
sujet, il y a une application qui a été conçue par une entreprise québécoise,
c'est sur celui aussi... un sujet où je veux reconnaître votre travail, parce
que je ne veux pas que vous me disiez aussi que vous avez fait beaucoup de
travail sur la violence basée sur le genre, la violence sexuelle. Là aussi, je
pense que vous avez été très actif, mais il y a un sujet sur lequel je... je
voudrais vous amener. Il y a une application mobile qui a été conçue par une
entreprise québécoise, à l'aide de fonds québécois, d'ailleurs, là, Investissement
Québec et différents fonds d'investissement québécois ont investi dans
l'application, qui s'appelle Robine. Ça permet, donc, d'activer un téléphone
mobile qui devient, à ce moment-là, un appareil de surveillance,
d'enregistrement pour constituer de la <preuve...
M. Paradis :
...à ce
moment-là, un appareil de surveillance, d'enregistrement pour constituer de la >preuve
puis d'assistance en cas de danger.
Actuellement, il semblerait que cette
application-là, donc, n'est... n'est pas recommandée par les institutions
québécoises et qu'une autre pourrait être recommandée, qui est une technologie
française. Il y a eu plusieurs articles sortis dans les médias là-dessus.
J'aimerais que vous me disiez ce qu'il en est. Est-ce qu'on est en train
d'exclure un produit qui a été conçu québécois et qui pourrait servir les
femmes victimes de violence conjugale, des femmes... donc, victimes de violence
basée sur le genre ou de violence sexuelle? Est-ce qu'on est en train de
l'écarter au profit d'une entreprise étrangère? J'aimerais ça que vous
m'éclairiez sur ce qu'on a entendu dans les médias relativement à cette
application mobile.
Le Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui,
j'arrive avec votre entreprise, là. Le député de Jean-Talon a dit, par rapport
au cas d'Isabelle, elle est craintive de perdre son soutien totalement des
services qu'elle va recevoir. Or, dans la réforme qu'on a faite, hein, les
autres aides financières auxquelles la personne a droit de lui être versées,
sans égard à la fin du versement, l'indemnité de remplacement de revenu, sur la
précédente question, donc les médicaments, le suivi psychothérapique, la
réadaptation, la réinsertion sociale, ce sont des aides financières qui
continuent. Ça, c'est important de le dire. C'est l'indemnité de remplacement
de revenu. Ce n'est pas vrai que les services sont coupés, c'est fort important.
Bon. Puis la somme forfaitaire aussi va être là si la personne a des
incapacités permanentes.
Sur la question de l'entreprise auquel
vous faites...
M. Paradis : Mais je... je
m'excuse, là, mais vous... est-ce que vous niez, M. le ministre, le
témoignage que j'ai reçu hier avec une personne qui me dit : On m'a coupé
des traitements, on m'a coupé des services? Je comprends que vous dites qu'il y
a peut-être d'autres choses qui sont maintenues, là, mais est-ce que... est-ce
que vous niez ça dans un cas particulier?
M. Jolin-Barrette : Ce que...
ce que je vous dis... Bien, écoutez, je ne connais pas ce cas-là, hein, je ne
connais pas ce cas-là. Vous comprendrez que je ne commente pas les cas. Ce que
vous dites, c'est que l'indemnité de remplacement de revenu se termine. Dans
l'éventualité où une personne est indemnisée par l'IVAC, les autres aides
financières continuent. Donc, ça, c'est important de le dire à la population.
C'est l'indemnité de remplacement de revenu qui prend fin après trois... après
trois ans, qui peut être prolongée une quatrième et une cinquième année.
M. Paradis : Mais vous ne
répondez pas sur ce qui est arrêté dans le cas de cette femme et comme
plusieurs autres qui ont témoigné. Bon. Mais j'ai... mais j'ai bien compris vos
réponses. Maintenant, j'aimerais vous entendre sur l'application, parce que ça
aussi, c'est un domaine où vous avez été actifs. Et je voudrais vous entendre
sur cette... sur cette application.
M. Jolin-Barrette : Chacun
des dossiers d'IVAC est individualisé et chaque cas mérite une attention
particulière. Alors, j'invite toutes les personnes à appeler à la Direction des
indemnisations des victimes d'actes criminels.
Pour le dossier que vous me parlez, de
l'entreprise, écoutez, je... je ne pense pas que je devrais cibler une
entreprise particulière. Lorsqu'il y a des appels d'offres, cette entreprise-là
peut soumissionner. Et notamment, lorsqu'on développe une application, on
consulte les groupes sur le terrain, les groupes de soutien aux personnes
victimes, et on recherche aussi le soutien et l'adhésion des groupes et des
utilisateurs par rapport au produit, par rapport à l'appel d'offres et par
rapport à ces différents éléments là.
Le Président (M. Bachand) :M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Donc... mais
vous connaissez l'application dont je vous parlais. Est-ce que... Parce qu'elle
est... je le réitère, là, elle a obtenu, notamment pour son développement, le
soutien de l'État québécois. Est-ce que cette application est toujours
considérée comme une solution par le gouvernement du Québec? Et est-ce qu'on
lui préfère, par contre, d'autres applications qui ont été développées ailleurs
dans le monde?
Le Président (M. Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, vous me permettrez d'être prudent, je ne veux pas commenter sur la
qualité d'un produit commercial d'une entreprise qui est en affaires, à but
lucratif.
Le Président (M. Bachand) :
Député Jean-Talon, s'il vous plaît.
M. Paradis : Très bien. Je
vous amène sur un autre sujet, la nomination des juges, M. le ministre. Pour
que les gens qui nous regardent comprennent, c'est qu'actuellement les juges
des cours, des cours supérieures du Québec, de la Cour supérieure du Québec et
de la Cour d'appel, et de la Cour suprême du Canada, bien sûr, sont nommés par
le gouvernement fédéral. Il y a des comités qui existent, mais au sein desquels
les personnes nommées par le gouvernement du Québec sont minoritaires. En fait,
il y a une seule personne, et, à la fin, c'est le gouvernement fédéral qui a le
veto sur qui est nommé comme juge. Et ces personnes-là, ensuite, <évidemment...
M. Paradis :
...sur
qui est nommé comme juge. Et ces personnes-là, ensuite, >évidemment,
sont ceux qui décident de l'avenir des lois et des contestations judiciaires
devant les tribunaux supérieurs.
M. le ministre, vous avez promis, vous
vous êtes engagé, vous aviez dit que vous aviez une nouvelle stratégie pour
qu'enfin le gouvernement du Québec puisse avoir une petite participation dans
la nomination des juges. Est-ce que vous avez réussi? Est-ce qu'il y a du
nouveau? Est-ce que la CAQ va enfin satisfaire à cette promesse-là, ou ça va
être un échec, après huit ans de gouvernement? Comme, malheureusement, cette
promesse-là, elle a été présentée plusieurs fois par des gouvernements du
Québec, et ça... la réponse, ça a toujours été non. Actuellement, j'ai une
longue revue de presse, là, je pourrais vous les nommer, mais où le ministre de
la Justice ou le premier ministre du Canada vous dit non.
Le Président (M.
Bachand) :Il reste 1 min 15 s.
M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Je suis
un peu déçu, M. le Président. Je m'attendais que le député de Jean-Talon allait
nous féliciter pour la démarche qu'on a faite, parce que c'est la première fois
que le gouvernement fédéral reconnaît son obligation de négocier. En droit
constitutionnel, c'est extrêmement important. Je me suis assis avec le ministre
Fraser, représentant du gouvernement fédéral, et ils ont reconnu leur
obligation de négocier lorsque vous utilisez la formule d'amendement qui est
prévue à la Constitution. Et d'ailleurs on a bâti un front commun, l'Alberta
veut la même chose que nous, la Saskatchewan, l'Ontario aussi. Ça, c'est des
relations canadiennes pour faire en sorte de changer les choses.
Est-ce que ça se fait en claquant des
doigts? Non, mais la prise de la pleine expansion de l'État québécois à
l'intérieur du Canada, c'est des combats de tous les jours. Puis je suis fier
que l'Assemblée nationale ait adopté cette résolution à l'unanimité. Et ça
démontre aussi qu'on est capables de faire des gains et qu'on va réussir à
participer davantage. Ce sujet-là, on n'en parlait pas, et il y a des avancées.
D'ailleurs, on est en négociation. Mais je comprends que le député de
Jean-Talon continue de m'appuyer pour faire en sorte que le Québec ait son mot
à dire dans le processus de nomination des juges à la Cour supérieure, à la
Cour d'appel.
Le Président (M. Bachand) :Merci. M. le député de Jean-Talon, un dernier commentaire.
Rapidement, commentaire.
M. Paradis : Bien, malheureusement,
la réponse que vous avez eue, c'est non. Et le fédéral a dit :
L'obligation de négocier n'est pas une obligation de résultat. Alors, vous
n'avez pas de nouveaux pouvoirs sur la nomination des juges. C'est ça, les
résultats.
Le Président (M.
Bachand) :Merci, merci beaucoup. M. le
député de l'Acadie, pour 16 min 10 s, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui, je vous remercie,
M. le Président. Dans le dernier bloc qui m'est alloué, j'aimerais...
Le Président (M.
Bachand) :Excusez, monsieur...
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Le temps...OK. Alors,
on va suspendre.
M. Morin : Alors, mon temps
est suspendu?
Le Président (M.
Bachand) :On va... oui, on va suspendre,
mais, après ça, je... je comprends que ça va être sur le temps du gouvernement.
Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 20)
(Reprise à 18 h 23)
Le Président (M. Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux
après cette pause humanitaire. Alors, M. le député de l'Acadie, pour, toujours,
16 min 4 s, s'il vous plaît.
M. Morin : Merci. Merci, M.
le Président. C'est mon dernier bloc de questions. Dans ce bloc-là, j'aimerais
explorer avec vous et vous décrire, M. le ministre, que... des témoignages que
j'ai reçus de certaines victimes d'actes criminels. Je comprends que mon
collègue le député de Jean-Talon en a également parlé, mais moi, j'ai d'autres...
j'ai d'autres volets à vous soumettre. Et... et je le dis d'emblée, M. le
Président, là, je suis très conscient que M. le ministre a fait une réforme... (Panne
de son) ...que le ministre a fait en sorte qu'il y a plus d'actes criminels qui
sont visés par la réforme, qui permettent une indemnisation. C'est très bien.
Cependant, il y a encore des éléments qui, je vous le soumets, M. le Président,
méritent l'attention de M. le ministre.
Et voici un des cas, d'une victime qui m'a
écrit, de violence conjugale et d'agression sexuelle. Elle estime qu'elle est
pénalisée directement par le système dans sa forme actuelle et elle estime que
le système de justice, finalement, lui demande de se reconstruire plus vite que
le fonctionnement même du système de justice. Elle souligne également qu'elle
n'est pas un cas isolé et qu'il y a un très grand nombre de victimes qui vivent
à travers le Québec ce qu'elle vit présentement — procédures
judiciaires longues, épuisantes, qui dépassent des délais et qui ont un impact.
Dans le cas de cette personne-là, elle a
fui son domicile avec ses deux enfants pour survivre, une nuit à l'hôtel, des
mois en maison d'hébergement et un retour fragile à une vie marquée par la peur.
Elle a eu le courage de déposer plainte en juin 2022. Le système judiciaire
s'est terminé et la sentence a été rendue en janvier 2026. Donc, c'est un cas
qui est récent. Il y a eu des reports. Elle a témoigné. Évidemment, c'est un
exercice, c'est un... c'est un devoir qui est très stressant. Mais ce qu'elle
nous dit, c'est que, pendant ce temps-là, la vie ne s'arrête pas et qu'elle a
tenté de se tenir debout, qu'elle a élevé ses enfants, qu'elle est allée au
tribunal, mais qu'en... qu'en mai 2023 son corps a complètement lâché, qu'elle
a été dans l'obligation de cesser de travailler : hospitalisation,
épuisement sévère, incapacité de fonctionner. Et ses symptômes ont persisté :
vomissements, douleurs, insomnie, hypervigilance.
Aujourd'hui, elle souligne que, malgré la
condamnation de son agresseur, ce n'est pas terminé. Il y a des répercussions
sur ses enfants. Elle est en thérapie plusieurs heures par semaine. Elle a des
appels fréquents. Ça a eu un impact sur ses enfants. Elle souligne que son
quotidien est instable, imprévisible, épuisant. Et elle rajoute que c'est à ce
moment précis que ses prestations de l'IVAC ont été modifiées. On lui accordait
trois ans pour se reconstruire. «On m'en offre maintenant deux pour retourner
travailler», mais elle souligne que ce cycle est appelé à se répéter. Elle va
revivre ces événements-là et elle souligne que, dans ces conditions, il est
légitime de se demander comment une personne de sa situation peut espérer
conserver un emploi.
Et elle demande, M. le Président, si on
peut exiger d'une victime qu'elle guérisse dans un délai plus court que celui
des procédures judiciaires elles-mêmes. Elle continue de se battre pour obtenir
des services de base : thérapie individuelle introuvable, listes d'attente
interminables, coûts non couverts. Et ça fait référence, M. le Président, à une
réponse que donnait tout à l'heure M. le ministre au député de Jean-Talon.
Oui, il faut dire, il y a certains services qui sont offerts, mais c'est
excessivement difficile, et c'est difficile d'y avoir accès. Et il y a des
coûts qui sont non couverts. Elle doit se battre pour obtenir de l'aide. Et
elle comprend qu'un encadrement soit nécessaire pour éviter des abus, mais
appliquer une règle uniforme à des réalités aussi complexes crée des injustices,
et elle a le <sentiment...
M. Morin :
...crée
des injustices, et elle a le >sentiment de vivre une injustice. Les
victimes qui traversent l'ensemble du processus judiciaire ne peuvent pas
guérir pendant qu'elles sont en train de se battre pour être entendues. Elles
survivent, elles tiennent, et puis après elles s'effondrent. Elle dit que ça
peut même mettre un frein à la dénonciation.
Et voilà ce qu'elle demande, M. le
Président : une adaptation des prestations lorsque les délais judiciaires
dépassent la période prévue, donc faire en sorte que des prestations
continuent, un délai minimal de soutien postsentence pour des victimes qui ont
complété le processus judiciaire et un accès réel et suffisant à des services
thérapeutiques spécialisés. Parce que, dans le cas de cette dame-là, c'est un
enjeu de taille. Elle veut continuer à faire évoluer le système pour les
victimes et elle veut éviter à ses propres enfants de devoir traverser un tel
parcours. Elle nous remercie pour l'attention de porter cette demande à
l'attention de vous, la présidence, et du ministre. Alors, c'est un cas...
c'est un cas qui est très concret, qui est précis. Puis pourtant elle, elle est
obligée, cette dame, de vivre avec des prestations de l'IVAC qui sont modifiées.
Et il y a d'autres victimes qui m'ont
écrit. Il y en a une autre ici qui dit que, là, présentement, ses traitements
ont été suspendus sans avertissement, elle ne peut pas demander un montant pour
des séquelles permanentes non plus. C'est ce qu'elle nous dit. Elle ne peut pas
prendre les deux ans additionnels non plus dont parlait M. le ministre, car
elle dit qu'elle n'est pas apte et elle ne connaît même pas ses limitations,
parce qu'elle n'a pas accès à des services médicaux, et qu'elle va même
recevoir une coupure de ses paiements. Donc, elle demande à ce que son cas soit
pris en considération.
Et je comprends que M. le ministre ne va
probablement pas commenter des cas spécifiques ici, en commission, M. le
Président, mais je tiens à porter ces faits-là à l'attention du ministre. Et ce
que j'aimerais savoir, c'est : Est-il prêt à revoir sa réforme pour
s'assurer que des gens, des personnes, des femmes ici, qui vivent de tels
traumatismes pourront au moins avoir l'espoir de s'assurer qu'il y aura des
services qui leur seront offerts?
• (18 h 30) •
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, je suis très sensible à ce que le député de l'Acadie nous communique
comme message puis je salue toutes les victimes qui, malheureusement, sont dans
cette situation-là puis qui n'ont pas choisi de l'être, hein, parce qu'il n'y a
personne qui choisit d'être une victime d'infraction criminelle.
Cela étant, M. le Président, il faut voir
d'où on part puis d'où on est rendus. On est dans une situation où on a doublé
le nombre de personnes victimes. Ça a un coût important pour la collectivité,
135 millions à près de 600 millions cette année, projetés, en termes
d'indemnisations. Et là, M. le Président, avant, là, ce n'étaient pas toutes
les infractions contre la personne qui étaient couvertes. Maintenant, toutes
les infractions contre la personne sont couvertes. Vous êtes un Québécois, une
Québécoise à l'étranger, vous êtes victime d'infraction criminelle, maintenant
c'est couvert. Vous avez été agressé sexuellement il y a plus de deux ans, vous
êtes couvert désormais. Vous êtes victime de violence conjugale depuis plus de
deux ans, vous êtes couvert désormais. Vous avez subi de la violence pendant
l'enfance, vous êtes couvert, vous êtes indemnisé maintenant. Toutes des
circonstances qui faisaient en sorte que les personnes victimes n'étaient pas
indemnisées.
Et il ne faut pas oublier, M. le
Président, que l'aide palliant la perte de revenus, c'est une aide qui est
temporaire. Donc, oui, effectivement, trois ans, elle peut être prolongée pour
une période de deux ans. Et les services de réinsertion professionnelle sont
couverts, M. le Président. Et ce qu'il est important de dire aussi, c'est que
le programme d'indemnisation des victimes d'actes criminels ne va pas
nécessairement de pair avec les procédures judiciaires, parce qu'une personne
victime qui déciderait de ne pas avoir recours aux tribunaux peut être
indemnisée quand même par le régime d'indemnisation des victimes d'actes
criminels.
Alors, bien entendu, il y a des situations
où est-ce que l'indemnité prend fin après trois ans. Cela étant, j'invite les
personnes qui sont dans cette situation-là à contacter la <direction...
>
18 h 30 (version révisée)
<15359
M.
Jolin-Barrette :
...cela étant, j'invite les personnes qui sont
dans cette situation-là à contacter la >direction de l'Indemnisation des
victimes d'actes criminels pour voir les possibilités qui leur sont offertes.
Mais les autres aides palliant la perte de revenus continuent la vie durant. Et
il ne faut pas oublier aussi qu'on a élargi le panier de services en
catégorisant aussi d'autres victimes qui n'étaient pas des victimes directes,
donc visées par l'infraction, lorsqu'on parle des parents, lorsqu'on parle des
enfants, lorsqu'on parle des proches aussi, notamment en matière de décès.
Alors, c'est un sujet qui n'est pas
simple, qui n'est pas facile. Cela étant, le gouvernement du Québec a consacré
des centaines de millions de dollars supplémentaires à l'indemnisation des
victimes d'actes criminels.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de
l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Merci, M. le
Président. J'ai d'autres questions relativement, maintenant, aux baux pour les
espaces occupés par le ministère et les organismes. Ce qu'on apprend dans les
renseignements généraux du ministère, M. le Président, le coût d'aménagement de
l'espace à Alma, il serait passé de 8 559 $ à 59 805 $. Qu'est-ce
qui explique cette hausse?
M. Jolin-Barrette : De
combien à combien?
M. Morin : De 8 559 $
à 59 805 $.
M. Jolin-Barrette : Bien,
dans le fond, je pense que les activités judiciaires avaient été... quand le palais
de justice de Roberval avait... avait passé au feu. Je pense qu'on les a relocalisés,
c'est-tu ça?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : On va
vous revenir avec la réponse, là.
M. Morin : Bien.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député.
M. Morin : Oui...
M. Jolin-Barrette : Mais il y
avait eu plus d'activités judiciaires à Alma avant l'ouverture de... du palais
de justice de Roberval, qu'on a ouvert l'année passée.
M. Morin : D'accord. De Gatineau,
c'est passé de 216 012 $ à 392 676 $. À Granby, de
102 866 $ à 201 776 $.
M. Jolin-Barrette : À Granby,
ça?
M. Morin : Oui, à Granby.
M. Jolin-Barrette : Ça, ça
doit être... bien, sous réserve, là, mais on a fait des travaux pour aménager
le centre d'aide aux victimes d'actes criminels, ça fait que c'est probablement
dans nos loyers.
M. Morin : D'accord. Lac-Mégantic...
M. Jolin-Barrette : Ah! voyez-vous,
Alma, l'augmentation des loyers s'explique par le début du remboursement, à
compter de mars 2025, des coûts liés au projet de réaménagement des locaux des
CAVAC en lien avec le tribunal spécialisé.
M. Morin : OK.
M. Jolin-Barrette : Parce que,
dans le fond, là, à chaque... On a un budget, notamment, pour mieux aménager
les palais de justice pour faire des coins victimes, donc, avec des sanitaires,
des toilettes, avec une zone réservée le plus possible éloignée des salles de
cour, pour ne pas que les victimes croisent les accusés. Faque, dans le fond,
sur chaque tribunal spécialisé, il y a un budget d'amélioration locative, puis,
dans le fond, c'est... c'est ajouté dans les loyers qui sont payés dans le
temps.
M. Morin : D'accord. À Lac-Mégantic,
de 9 697 $ à 92 943 $.
M. Jolin-Barrette : Oui, c'est
les travaux pour le tribunal spécialisé.
M. Morin : OK. Longueuil, de
152 000 $ à 431 000 $. Il y a également Saint-Jérôme, de 80 673 $
à 284 831 $, et Shawinigan, de 51 683 $ à 197 832 $.
M. Jolin-Barrette : Oui, Shawinigan,
on a un tribunal spécialisé.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, M. le député.
M. Morin : Et je comprends
que les aménagements que vous faites...
M. Jolin-Barrette : Donc,
Longueuil, c'est l'augmentation des... résulte de la poursuite du remboursement
d'un projet majeur d'aménagement d'agrandissement débuté en 2018, combinée à l'ajout
de nouveaux travaux récents liés à la visiocomparution, au renforcement des
mesures de sécurité, dont les paiements débutent en 2025... 2024‑2025. Donc, à
Longueuil, vous avez notamment les... le déploiement des arches de sécurité.
Vous vous souvenez, on a installé huit... dans huit palais de justice, il y a
des arches de sécurité, maintenant, en plus de Montréal, donc Québec, Gatineau...
Ah! c'est peut-être ça, Gatineau, parce qu'on l'a fait récemment, Gatineau.
M. Morin : D'accord.
M. Jolin-Barrette : Faque,
dans le fond, c'est des améliorations locatives. Shawinigan, c'est le tribunal
spécialisé, par exemple.
M. Morin : Très bien.
Maintenant, quand on regarde les aménagements que vous faites, par ailleurs, et
qu'on regarde l'état des palais de justice, dans le document des crédits, il y
avait six palais de <justice...
M. Morin :
...
palais de justice, dans le document des crédits, il y avait six palais de >justice
classés E et sept classés D. Là, on est rendu à sept classés E et 13 classés D
cette année. Donc, quel est votre plan? Je comprends que vous faites des
aménagements, mais quel est votre plan pour s'assurer que l'ensemble du
bâtiment va tenir debout?
M. Jolin-Barrette : Oui,
bien, ça, c'est des frais annuels qui sont chargés par la SQI. Parce que, vous
le savez, dans le fond, la propriété des bâtiments appartient à la SQI au
niveau des palais de justice. Puis je ne vous cacherai pas qu'il y a bien des
palais de justice au Québec qui ont été construits dans les années 60 ou
70, qu'il y a eu des...
M. Morin : Alors, il me reste
peu de temps...
M. Jolin-Barrette : ...des
défauts d'entretien, mais...
M. Morin : Très bien. En
rafale, avec les modifications que vous avez faites, vous avez acheté pour
1 507 704 $ en biens meubles, auparavant, mais là, cette année,
on est rendu à 6 405 704 $. Est-ce que c'est parce que c'est les
arches qui ont coûté ce montant-là?
Le Président (M.
Bachand) :15 secondes, M. le
ministre.
M. Morin : Et finalement,
l'an passé, j'avais posé plusieurs questions sur les comités, et cette année le
ministère n'aurait participé à aucun comité.
M. Jolin-Barrette : Attendez,
je reviens juste sur votre...
Le Président (M.
Bachand) : Merci, le temps... le temps est écoulé...
M. Jolin-Barrette : Pour les
meubles, c'est entre autres des bureaux de juge.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée de Lotbinière-Frontenac, pour
six minutes, s'il vous plaît.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Merci, M. le Président. On sait que le
gouvernement a mis beaucoup d'efforts ces dernières années pour mieux
accompagner et mieux soutenir les personnes victimes de violence sexuelle ou de
violence conjugale. En tant que ministre de la Justice, vous avez fait... vous
en avez fait l'une de vos missions principales. Un geste important que vous
avez posé, c'est la création du tribunal spécialisé. Où en êtes-vous dans le
déploiement? Et avons-nous un aperçu des résultats?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : OK. Je
remercie la députée de Lotbinière. Un aparté, en lien avec le député de
l'Acadie, sur la demande d'accès à l'information. Le ministère de la Justice a
vérifié, puis, dans le fond, ce qui était caviardé, c'est que ça concerne un
autre objet. Donc, dans le fond, la partie qui est en noir, ça ne concerne pas
l'objet de la demande d'accès à l'information.
Donc, pour Mme la députée de Lotbinière,
bien, écoutez, on est rendu à 29 des 36 districts judiciaires. Il en reste
sept, districts judiciaires pour lesquels on va développer le tribunal
spécialisé. Donc, on va réussir à respecter la loi qui prévoit qu'autour du 1er,
2, 3 novembre 2026 tout doit être déployé à la grandeur du Québec. Vous
vous souviendrez, on avait commencé par cinq projets pilotes, puis, au fur et à
mesure, lorsque les tribunaux spécialisés étaient prêts dans chacun des districts
judiciaires, bien, on allait de l'avant.
• (18 h 40) •
Donc, il y a 48 500 personnes
victimes de violence sexuelle et de violence conjugale qui ont reçu un des
services offerts de la part des CAVAC dans le cadre du tribunal spécialisé. On
parle de 63 postes, au Directeur des poursuites criminelles et pénales,
12 000 personnes qui ont reçu des formations, qui sont susceptibles
d'intervenir auprès des personnes victimes, liées à la violence sexuelle et
conjugale; 97 postes d'intervenantes sociojudiciaires de liaison dans les
CAVAC, des postes créés spécifiquement pour le tribunal spécialisé; et neuf
chiens d'assistance judiciaire présents dans les équipes des CAVAC aux palais
de justice de Salaberry-de-Valleyfield, Drummondville, Baie-Comeau, Rouyn-Noranda,
Trois-Rivières, Laval, Granby, Québec et Chicoutimi. Et je crois que, Mme la
députée de Lotbinière, vous avez eu l'opportunité d'inaugurer le tribunal
spécialisé dans le district judiciaire de Frontenac, n'est-ce pas?
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Oui, c'est exact, j'ai eu le plaisir de faire ça. Donc, on vous a aussi
souvent entendu faire la mention que le modèle québécois du tribunal spécialisé
suscite beaucoup d'intérêt dans les autres États du monde. Pouvez-vous nous en
dire plus? Puis est-ce que les autres États ont suivi notre modèle?
M. Jolin-Barrette : Oui.
Bien, effectivement, vous avez raison. Notamment, l'ancien ministre de la
Justice, le ministre français, le ministre Dupond-Moretti, était venu au Québec
pour constater ce que nous faisions en matière de lutte contre la violence
sexuelle et la violence conjugale. Il s'est inspiré de ça pour la France. Même
chose pour le Royaume-Uni, le Québec a été invité à présenter le tribunal
spécialisé. Et plus récemment, en Irlande du Nord, également, le ministre
responsable des Régions a présenté l'initiative québécoise.
Et ce qui est frappant, dans le cadre des
pays qui s'intéressent au tribunal spécialisé, c'est à quel point le <Québec...
M. Jolin-Barrette :
...dans
le cadre des pays qui s'intéressent au tribunal spécialisé, c'est à quel point
le >Québec est en avance par rapport aux réalités en termes de preuve,
d'admissibilité de la preuve, autant en matière civile, comme on a fait avec le
projet de loi n° 73, qu'on a déposé... qu'on a fait adopter l'an passé,
sur la façon de contre-interroger les personnes victimes, sur les passés, les
antécédents de nature sexuelle, sur également les comportements de la victime,
que ce n'est pas admissible, ici, sur le fait aussi de comment est-ce qu'on
approche la poursuite verticale, l'accompagnement des personnes victimes. Alors,
je pense que, dans... les États occidentaux, ils font face aux mêmes réalités
de #moiaussi. En France, il y a eu des mouvements aussi, et c'est...
En fait, le Québec cherche, suite au
rapport Rebâtir, à ce que les victimes se sentent à l'aise dans le
système de justice, ne se sentent pas intimidées et que le système de justice
soit accueillant. Parce qu'au final, et on travaille tous pour la même chose,
je le crois, c'est qu'on est là pour que justice soit rendue, et que les
victimes puissent s'exprimer, et qu'elles puissent obtenir réparation mais
aussi obtenir le sentiment de justice, qui est fort important. Parce qu'au
final, au-delà d'une condamnation ou d'un acquittement, le parcours de la
personne qui s'adresse aux tribunaux, à ce service public là, il faut que la
personne au bout de la ligne se soit sentie écoutée avec humanité. Puis c'est
ce qu'on cherche à faire puis c'est ce que les procureurs aux poursuites
criminelles et pénales, les intervenants, le personnel de justice, les
intervenants dans les CAVAC cherchent à accomplir en accompagnant les personnes
victimes.
Adoption des crédits
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Alors, le temps
alloué à l'étude du volet Justice des crédits budgétaires du portefeuille
Justice étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à leur mise aux
voix.
Donc, le programme 1, intitulé
Administration de la justice, est-il adopté?
Des voix
:
Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté sur division.
Le programme 2 est intitulé...
intitulé Activités judiciaires, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Bachand) :
Adopté sur division.
Le programme 3, intitulé Justice
administrative, est-il adopté?
Des voix
:
Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté sur division.
Le programme 4, intitulé
Indemnisations et reconnaissance, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté sur division.
Le programme 6, intitulé Poursuites
criminelles et pénales, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté sur division.
Adoption de l'ensemble
des crédits
Finalement, l'ensemble des crédits
budgétaires du portefeuille Justice pour l'exercice financier 2026-2027
est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 18 h 55, où elle va entreprendre l'étude
du volet Institutions démocratiques des crédits budgétaires du portefeuille
Conseil exécutif. Merci beaucoup. À tantôt.
(Fin de la séance à 18 h 45)